La guerre est un racket (Paul Craig Roberts avec l’aide du général Smedley Butler)

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“Ce sont toujours des rivalités pour des marchés et pour le droit à l’exploitation des nations arriérées en industrie, qui sont la cause des guerres modernes. On ne se bat plus en Europe pour l’honneur des rois. On lance les armées les unes contre les autres pour l’intégrité des revenus de Messieurs les Très-Puissants Rothschild ou Schneider, la Très Honorable Compagnie d’Anzin, ou la Très Sainte Banque Catholique de Rome…”
~ Pierre Kropotkine ~ “La Guerre”, 1912

 

Le jour de la commémoration est une supercherie

 

Paul Craig Roberts

 

21 Mai 2015

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2015/05/21/memorial-day-hoax-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le jour national de la commémoration sert à se rappeler des soldats morts à la guerre. On nous dit que ceux morts à la guerre furent tués pour nous et notre liberté. Le général du corps des Marines Smedley Butler défia grandement ce point de vue. Il a dit que nos soldats sont en fait morts pour les bénéfices des banquiers, de Wall Street, de la Standard Oil (NdT: des Rockefeller) et de l’United Fruit Company (NdT: des frères Dulles). Voici un extrait d’un discours qu’il fit en 1933:

“La guerre est juste un racket. Un racket est le mieux décrit je pense, comme quelque chose qui n’est pas ce qu’elle semble être à la majorité des gens. Seul un petit groupe d’initiés sait de quoi il retourne. Cela se fait pour le profit du petit nombre et aux dépends des masses.

Je crois en une défense efficace et adéquate de nos côtes et en rien d’autre. Si une nation vient ici pour nous combattre, alors nous nous battrons. Le problème avec l’Amérique est que lorsque le dollar ne gagne que 6% ici, alors il devient impatient et va à l´étranger pour gagner 100%. Puis le drapeau suit le dollar et les soldats bien sûr suivent le drapeau.

Je n’irai plus faire la guerre comme je l’ai fait par le passé pour protéger des investissements minables de banquiers. Il n’y a que deux choses pour lesquelles nous devons nous battre. L’une est la défense de nos maisons et l’autre le code civil (Bill of Rights en anglais). La guerre pour quelqu’autre raison que cela n’est qu’un racket.

Il n’y a pas un truc du sac à malices du racket que le gang militaire ignore. Il a ses “montreurs du doigt” des ennemis, ses “Mr muscles” pour les détruire, ses “cerveaux” pour préparer les guerres et un “grand patron” en ce qu’est le super capitalisme nationaliste.

Cela peut sembler bizarre qu’un militaire comme moi adopte ce type de comparaison. L’honnêteté me le dicte. J’ai passé trente trois ans et quatre mois en service actif en tant que membre de la force militaire la plus agile et rapide de ce pays, le corps des fusiliers marins (Marines). J’ai servi dans tous les grades de sous-lieutenant à Major-General (NdT: équivalent à général d’armée pour la France) et durant cette période, j’ai passé le plus clair de mon temps à être un Mr Muscle de luxe pour le monde des affaires, pour Wall Street et pour les banquiers. En bref, j’ai été un racketeur, un gangster du capitalisme.

Je me doutais que je faisais partie d’une sorte de racket à cette époque. Maintenant, j’en suis absloument convaincu. Comme tous les membres de la profession militaire, je n’ai jamais eu une seule pensée par moi-même jusqu’à ce que je quitte le service actif. Mes facultés mentales étaient suspendues tandis que j’obéissais aux ordres venant d’en-haut. Ceci est tout à fait typique pour quiconque est dans les rangs de l’armée.

J’ai aidé à rendre le Mexique, surtout Tampico, sécure pour les intérêts pétroliers américains en 1914. J’ai aidé à rendre Haïti et Cuba un endroit décent pour que les gars de la National City Bank puissent y collecter des revenus. J’ai aidé au viol de plus d’une demie-douzaine de pays d’Amérique du Sud et Centrale pour les bénéfices exclusifs de Wall Street. La liste et les archives du racket sont longues et fastidieuses. J’ai aidé à purifier le Nicaragua pour la firme banquière internationale des frères Brown entre 1909 et 1912 (où ai-je entendu ce nom auparavant ?). J’ai apporté la lumière en République Dominicaine pour les intérêts sucriers américains en 1916. J’ai aidé à ce que la Standard Oil (NdT: des Rockefeller, aujourd’hui Exxon-Mobil) et ses intérêts ne soient pas mollestés en Chine.

Pendant toutes ces années, comme diraient les gars des salles d’état-major, j’ai bien racketté. En y réfléchissant bien maintenant, je pense que j’aurai même pu donner quelques bons conseils à Al Capone. Le mieux qu’il ait pu faire fut d’opérer ses opérations de racket sur trois districts. J’ai racketté sur trois continents !”

La très vaste majorité des soldats américains qui sont morts, ont été tués en combattant des ennemis qui ne posaient absolument aucune menace aux Etats-Unis. Nos soldats sont morts pour des agendas secrets desquels ils étaient totalement ignorants. Les capitalistes cachent leurs intérêts derrière les drapeaux et nos gars sont morts pour le profit du 1%.

Jade Helm, un exercice de sécurité qui va jeter les forces militaires américaines contre le public américain, doit débuter le 15 Juillet et se derouler jusqu’au 15 septembre. Quel est l’agenda secret derrière Jade Helm ?

L’URSS fut une mise en échec partielle du pillage capitaliste dans les années 1950, 60, 70, 80 ; mais avec l’effondrement de l’URSS, le pillage capitaliste s’est intensifié sous les régimes Clinton, Bush et Obama.

La globalisation néolibérale pille maintenant ses propres parties de la planète. Les Américains, Grecs, Irlandais, Britanniques, Italiens, Ukrainiens, Irakiens, Libyens, Syriens, Argentins, Espagnols et Portugais se font piller leurs économies, leurs fonds de retraite, leurs services sociaux et de sécurité sociale, des possibilités d’emploi. Comme l’écrit fort justement Claudia Von Werlhof, le capitalisme prédateur (NdT: ce qui est un pléonasme à notre sens…) consume le monde.

http://www.globalresearch.ca/neoliberal-globalization-is-there-an-alternative-to-plundering-the-earth/24403


Nous avons besoin d’un jour de commémoration des victimes de la globalisation néolibérale. Nous en sommes toutes et tous les victimes et à la fin, les capitalistes aussi.

Comprendre pour mieux agir: La bataille contre le système… 4ème partie

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4ème partie: L’«infestation», ou la guerre du Système contre les citoyens(La bataille contre le Système, épisode IV)

12/11/2013

1ère partie
2ème partie
3ème partie
4ème partie

Dans le chef d’œuvre d’anticipation qu’est le film de Terry Gilliam «Brazil», les barbouzes qui viennent arrêter par erreur Archibald Buttle font irruption chez lui par un trou percé dans son plafond. L’effet est glaçant. C’est l’idée de la violence étatique qui peut surgir de partout ; que même la matière ne peut contenir, qui se dissémine à travers vos murs pour envahir votre intimité. La sécurité du foyer n’est plus qu’une illusion. Il n’y a plus de refuge. Tout est perméable à la force intrusive de l’Etat. Simple fiction ? Plus maintenant. Les stratèges du Système (1) appellent cela l’«infestation», et elle constitue aujourd’hui le fin du fin de la pensée militaire contemporaine. Cette tactique a aussi son clone virtuel avec l’«infestation» de l’Internet citoyen par les agences de renseignements. Au moment où l’Hyper-Titanic néolibéral amorce son naufrage, le Système adapte donc fort opportunément sa doctrine et ses moyens sécuritaires à la contre-insurrection, c’est-à-dire à la guerre contre les citoyens.

Avertissement Ce texte constitue le quatrième épisode de notre série d’essais «De la bataille contre le Système». Il complète le précédent opus (dont nous recommandons la lecture préalable) dans lequel nous évoquions, entre autres, la probable criminalisation puis répression de la contestation au Système une fois celui-ci entré dans la phase critique de son effondrement.

Changement de paradigme


Avec la fin de la Guerre Froide et la globalisation, la menace de conflits entre Etats s’est amenuisée au profit du risque de guerres asymétriques, c’est-à-dire contre des acteurs non-étatiques. On parle de guerre de quatrième génération (G4G), ou de guerre du «faible au fort» car elle oppose un Etat à des combattants «irréguliers», disposant d’un armement plutôt limité, dans un conflit de basse intensité qui se déroule essentiellement en milieu urbain.
 La recherche de profondeur informationnelle (surveillance, écoutes, espionnage) et le développement d’armements et de stratégies de contre-guérilla et de contre-insurrection représentent donc désormais les axes principaux des nouvelles doctrines sécuritaires du Système.
 Nous nous situons de plus en plus dans le champ d’opérations de police plutôt que militaires (les Suisses assument officiellement ce changement de paradigme), et la force d’écrasement massif à disposition des Etats ne représente qu’un dernier recours pour des circonstances de moins en moins probables.
Le Système adapte ainsi sa doctrine et ses moyens sécuritaires à la menace insurrectionnelle car, comme nous le relevions dans notre précédent épisode, tout système complexe a pour premier objectif de «persévérer dans son être». Et la capitainerie de notre Hyper-Titanic est parfaitement consciente que seules la violence et la répression lui permettront de faire perdurer ses privilèges au moment où le vaisseau commencera véritablement à couler.

La Palestine, principal laboratoire d’expériences du Système


Chaque guerre conduite par le Système, que ce soit en Irak, en Afghanistan, en Libye ou en Syrie, représente bien évidemment autant de laboratoires d’expériences militaires. Mais pour ce qui est de la contre-guérilla ou de la contre-insurrection, son principal laboratoire d’expériences à ciel ouvert est la Palestine. 
Depuis 60 ans, la puissance occupante israélienne y conduit en effet une guerre de basse intensité qui lui permet de tester et de développer un armement et un savoir-faire que les armées du Système s’arrachent sans état d’âme. Ceci expliquant peut-être, au moins partiellement, l’impunité totale dont jouit l’entité sioniste dans son interminable agression du peuple palestinien.
Il faut dire que l’expérience israélienne est des plus précieuses pour le Système. Elle prouve qu’avec un savant dosage de très haute technicité et de barbarie, il est parfaitement possible d’asservir et de contrôler, dans la plus grande pauvreté, une population gigantesque alors même qu’elle compte de nombreux groupes d’insurgés armés et entraînés.
En d’autres termes, l’expérience israélienne confirme qu’avec les moyens modernes de répression, une minorité de nantis peut survivre et même prospérer au milieu d’un océan de pauvreté et d’hostilité.
De quoi rassurer la capitainerie du Système donc, banksters et prédateurs en tête.

La «tondeuse à gazon» israélienne


Pour ce qui est de la théorisation des nouvelles doctrines contre-insurrectionnelles, l’entité sioniste est donc à la pointe du «progrès».
Le premier défi pour un système cherchant à perdurer dans un environnement hostile est de toujours garder l’initiative pour contrôler l’intensité du conflit et le maintenir à un niveau «acceptable» pour lui.
La stratégie développée par Israël à cet égard est celle dite de la «tondeuse à gazon».
Il s’agit ici d’épuiser matériellement, physiquement et moralement les insurgés en lançant périodiquement des campagnes d’assassinats ou de bombardements pour «tondre» littéralement la résistance de son matériel et de ses cadres ou combattants les plus éclairés ou aguerris.
De la sorte, les dotations et les capacités de nuisance des insurgés restent toujours sous le seuil désiré.
Dans l’intervalle des campagnes militaires, la stratégie appliquée est celle de n’importe quelle puissance occupante depuis l’aube des temps : arrestations et détentions arbitraires, torture, intimidation, meurtres épisodiques et harcèlement. Ce climat de terreur permet de garder le contrôle du territoire en gérant au quotidien le niveau d’asservissement voulu.
Toute initiative des insurgés sert ensuite de prétexte au déclenchement d’une opération préalablement prévue (la fameuse tondeuse à gazon donc), ou alors est sanctionnée par une intensification immédiate du degré des atrocités pour faire porter à la résistance la responsabilité des souffrances accrues de la population et accentuer ainsi la division interne.

L’infestation de la matière

Pour ce qui est des opérations de contre-insurrection en milieu urbain proprement dites : les élites militaires israéliennes s’inspirent aujourd’hui de philosophes tels que Deleuze ou Guattari pour élaborer des stratégies mortifères de plus en plus complexes.
La ville y est totalement repensée, déstructurée, re-conceptualisée et le comportement des soldats calqué sur celui de virus franchissant toutes les barrières physiques d’une cité devenue organique, poreuse, ou l’inversion du réel est totale : l’intérieur devient extérieur, le haut devient le bas ; les ruelles, les fenêtres ou les portes ne sont plus franchissables alors que le sol, les murs et les plafonds sont devenus perméables. Tout est mouvant, presque liquide, déstructuré.
Le soldat avance dans la ville insurgée comme un vers dans une pomme. Il creuse pour surgir d’en haut, d’en bas, de gauche ou de droite, pour tuer ou kidnapper puis disparaître. C’est l’«infestation» (2).
Si vous n’êtes pas une cible, vous êtes un moyen, un passage, vous n’existez plus ni en tant qu’individu ni en tant que collectivité ; vous êtes comme les briques du mur que je peux pénétrer, traverser. La chair de l’homme et celle de la ville se confondent. Tout est matière malléable, soumise à la violence du Système.
La portée symbolique, et même philosophique, de cette nouvelle forme de guerre est terrible. Il n’y a plus d’abri, plus de distance de fuite. Ni votre toit ni vos murs ne vous protègent plus de la violence d’Etat, de la violence du Système, qui peut y pénétrer librement, contaminer votre espace, se l’approprier.
Ces méthodes et produits sécuritaires expérimentés par l’entité sioniste en Palestine sont aujourd’hui le nec plus ultra de la barbarie répressive des armées du Système. Les téléjournaux du monde entier font la promotion quasi permanente de leur extraordinaire efficacité et ils se vendent donc à prix d’or. On les utilise déjà à large échelle pour la contre-insurrection en Colombie, en Irak ou en Afghanistan bien sûr, mais ils servent aussi à l’édification des villes-bunkers du futur destinées aux riches, comme on en trouve déjà en Afrique du Sud, en Amérique latine ou aux Etats-Unis (3).
Demain, ce sont ces méthodes qui seront utilisées pour réprimer la révolte généralisée des naufragés de notre Hyper-Titanic.

L’infestation de l’Internet


Il existe un parallèle évident entre cette «infestation» basée sur la perméabilité de la matière, et l’«infestation» de l’Internet citoyen par les technologies des Services de renseignements (cf. PRISM et ses avatars).
Là aussi, les vers informatiques de la NSA ou de ses clones, ses écoutes, sa surveillance, son espionnage pénètrent totalement le web, s’appropriant chaque octet de la sphère privée virtuelle des citoyens.
Là encore, il n’y a plus de distance de fuite, plus de sanctuaire ni de refuge. Tout est poreux, transparent, perméable aux intrusions et aux agressions du Système.
Il faut encore ajouter à cet arsenal la banalisation des drones pour le contrôle des cités désormais, et bien entendu pour l’assassinat extra-judiciaire dont est si friand le glorieux Obama. Dans ce dernier cas, une nouvelle doctrine tout aussi nihiliste que celle de «l’infestation» est en train d’émerger : la «frappe sur signature».
Il suffit d’injecter des paramètres comportementaux dans les logiciels «statistico-probabilistes» des drones, et ces derniers peuvent alors sanctionner les «comportements suspects» par une frappe automatique le cas échéant, l’échelon «humain» du système n’étant informé de l’assassinat qu’a posteriori. Bien sûr, les paramètres comportementaux en question sont d’autant plus larges et souples que la situation d’engagement est tendue.
Dans le cas d’une guerre contre-insurrectionnelle, cette menace «automatisée» venue du ciel complète alors idéalement les capacités de projection de la force létale du Système depuis toutes les dimensions possibles : par ses soldats-virus surgit du sol, des murs ou du plafond ; par ses snipers autonomes opérant du ciel.
D’ores et déjà, différents arsenaux législatifs sont en train d’être construits pour soutenir l’activation de ces méthodes en criminalisant l’activisme et la dissidence. Aux Etats-Unis, l’assassinat extra-judiciaire de citoyen US soupçonnés de terrorisme (par qui, sur quelles bases ?) n’est même plus un tabou.


L’infestation des sociétés


A vrai dire, cet arsenal répressif patiemment élaboré par le Système pour «perdurer dans son être», en prévision de l’éventuel naufrage à venir, n’est qu’une excroissance «militarisée» de sa violence intrinsèque.
Dans les précédents épisodes de notre «bataille contre le Système », nous nous sommes attachés à dénoncer cette essence totalitaire du Système néolibéral qui a abouti à l’édification d’une véritable contre-civilisation «imposant aux sociétés qui lui sont soumises la décadence des mœurs, le desséchement de la pensée et de l’âme, le meurtre de l’environnement. Dans cette [contre-]civilisation, les licenciements de masse font donc s’envoler les actions des entreprises; les catastrophes naturelles sont considérées comme des aubaines pour relancer l’économie; le principe de précaution est sacrifié aux exigences du profit immédiat; la privatisation et la manipulation du vivant n’est qu’une perspective de plus d’enrichissement ; le mensonge et la propagande imprègnent les discours ; la rhétorique a remplacé la dialectique et, enfin, des générations entières ont finalement régressé au genre pour prendre possession de la Cité et y semer la terreur en pratiquant, hilares, une ultra-violence devenue ludique. Une barbarie qui n’est somme toute que le reflet à peine déformé des lois d’une économie de marchés où le patron d’une multinationale, qui ne jalouse de la puissance d’un Etat que son monopole de la force, ne se sent jamais aussi vivant, aussi puissant que lorsqu’il démembre et absorbe un concurrent, c’est-à-dire lorsqu’il qu’il le détruit et le tue. La batte de base-ball comme métaphore de l’OPA agressive en somme.» (4)
L’infestation des sociétés par la violence intrinsèque du Système représente ainsi la marque du développement de notre contre-civilisation, mais aussi celle de sa ruine.

Tentative de reformatage du monde 


Aujourd’hui, le Système arrive en effet au bout de ses contradictions et sa dynamique de destruction s’est logiquement muée en dynamique d’autodestruction. Miné par les impasses économique ou écologique qui le rongent, il anticipe dès lors sa chute et cherche désormais à développer des stratégies sécuritaires adaptée à la menace insurrectionnelle à venir.
Ce faisant, il développe des doctrines, des stratégies et des moyens visant à rendre le monde absolument perméable à sa violence.
Plus rien ne doit être hors de sa portée, plus rien ne doit échapper à son intrusion.
De manière métaphorique (mais peut-être pas seulement), on pourrait même voir dans la banalisation des manipulations génétiques l’aboutissement ultime de son désir d’étendre son emprise, d’«infester» jusqu’aux replis les plus sacrés du monde et de la vie.
Avec cette nouvelle stratégie d’«infestation», tout se passe finalement comme si le Système, rendu invincible par son hyperpuissance technologique (5), tentait désormais de reformater le monde pour le plier à la flexibilité de ses propres lois numériques et, ainsi, se l’approprier, le manipuler, le contraindre jusqu’au plus intime de la vie.
Et cela dans le seul but de pouvoir y projeter sa violence et la mort.
En ce sens, jamais Système n’aura peut-être incarné si profondément, si passionnément, si dangereusement, le mal absolu.

(1) Le «Système» tel que nous l’entendons désigne un Tout formé par l’ensemble des structures politico-économico-médiatiques soumises au nihilisme néolibéral et qui constituent la mécanique de notre contre-civilisation. Ce Système s’appuie sur une puissante narrative destinée à le présenter pour vertueux, alors qu’il projette une violence inégalée dans l’Histoire contre les sociétés humaines et l’environnement. Il s’appuie essentiellement sur la magie anesthésiante de sa toute-puissance médiatique, combinée au mirage de ses prouesses technologiques. Pour plus de détails, nous renvoyons à la définition élaborée par Philippe Grasset que nous adoptons sans réserve.

(2) Cette tactique a notamment été appliquée à large échelle à Naplouse en 2002 pour la première fois. Une Palestinienne interviewée par le «Palestinian Monitor» raconte: «Imaginez çà : vous êtes assise dans votre séjour que vous connaissez bien; c’est la pièce où la famille se rassemble pour regarder la télévision après le repas du soir, et soudain le mur disparaît dans un fracas assourdissant, la pièce se remplit de poussière et de gravas, et du mur sortent des soldats les uns après les autres, hurlant des ordres. Vous ne savez pas s’ils en ont après vous, s’ils viennent vous prendre votre maison ou si votre maison est seulement sur leur route. Les enfants crient, en proie à la panique. Est-il possible de commencer même à imaginer l’horreur ressentie par un enfant de 5 ans, quand 4, 6, 8 ou 12 soldats, la figure peinte en noir, tous avec des mitraillettes pointées dans tous les sens, avec des antennes sortant de leur sacs à dos et qui les font ressembler à des insectes géants d’une autre planète, font exploser un passage dans ce mur?»

(3) Comme l’explique Yotam Feldman, auteur du documentaire «The lab» sur le complexe militaro-industriel israélien, «Israël offre aujourd’hui un modèle politique complet de guerre asymétrique. (…) Il exporte des missiles Rafael utilisées pour les assassinats [ciblés] à Gaza, des drones IAI, des méthodes de combat et des murs de séparation Magal. Mais il exporte aussi des experts juridiques, des experts en administration des populations sur le modèle de l’administration civile israélienne en Cisjordanie.» Tant de technique et de savoir-faire rapporte d’ailleurs gros, très gros. Durant la dernière décennie, les exportations militaires israéliennes ont ainsi triplé, passant de deux milliards de dollars par an, au début des années 2000, à sept milliards en 2012. Bon an mal an, l’entité sioniste se situe aujourd’hui entre le quatrième et le sixième exportateur d’armement au monde. Pour cette minuscule puissance nucléaire de 6 millions d’habitants construite sur une base religieuse, l’exploit a quelque-chose d’effrayant. D’autant que la guerre en Palestine est désormais devenue une nécessité économique qui «fait partie du système de gouvernance israélien».
Vous avez dit «Processus de paix» ?

(4) Au sujet de la violence qui gangrène les villes, nous dirions même notre conviction qu’elle est savamment entretenue par le Système, grâce à des artifices législatifs eux aussi poreux, comme moyen de pression supplémentaire sur les populations.
C’est la vieille technique du pompier-incendiaire où le Système se présente comme le dernier rempart à une barbarie dont il maintient pourtant savamment un certain niveau dans une sorte de «stratégie de tension» revisitée. Ce n’est pas un hasard si, chaque fois qu’un despote est menacé par une insurrection, l’une de ses premières mesures est d’ouvrir grand les prisons pour laisser déferler la pègre dans les cités. C’est ce qu’a fait Ben Ali en Tunisie, puis Moubarak en Egypte aux premières heures des révolutions qui ont touché ces pays, espérant bien évidemment que cette soudaine poussée de la criminalité urbaine allait inciter les populations à réclamer leur protection et discréditer les insurgés.
De leur côté, les médias-Système sont devenus les vecteurs de la violence intrinsèque du Système au travers d’une contre-culture de masse d’une vulgarité abyssale favorisant l’individualisme, l’égoïsme et la violence à tous les niveaux des rapports sociaux.

(5) Depuis l’aube des temps, toute civilisation décadente allait cahin-caha vers l’effondrement au profit d’une civilisation-relais (selon Toybnee, il y a eu à ce jour une vingtaine de civilisations s’enchaînant selon ce principe) qui permettait à l’Histoire et aux sociétés humaines d’avancer. Sauf que pour la première fois de l’Histoire, une civilisation, un Système, a acquis une telle puissance qu’il en est devenu littéralement invincible, de sorte que seul son effondrement sur lui-même peut entraîner sa disparition.

Société contre l’État: Retrouver la société organique…

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“L’État, c’est ainsi que s’appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement et ce mensonge sort de sa bouche: ‘Moi, l’État, je suis le peuple’.”
~ Friedrich Nietzsche ~

“Quand les hommes et les femmes deviendront raisonnables au point de suivre leurs instincts naturels, ils s’uniront au-delà des frontières et constitueront le Cosmos. Ils n’auront pas besoin de tribunaux ni de police. Ils n’auront aucun temple ni lieu public d’adoration, il n’y aura plus besoin d’argent, le don prenant la place de l’échange.”
~ Xénon ~

 

La translation des valeurs

 

Robert Graham

 

11 Mai 2015

 

url de l’article original:

http://robertgraham.wordpress.com/2015/05/11/3796/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Quand Alexandre Berkman et Emma Goldman arrivèrent en Russie en 1919, ils eurent de la sympathie pour les bolchéviques, qu’ils considéraient comme des révolutionnaires sincères. Ils commencèrent à prendre une attitude bien plus critique après avoir pris contact avec ces anarchistes qui restaient encore en liberté. Ils finirent par comprendre que les bolchéviques étaient en train d’établir leur propre dictature sous le prétexte de combattre la contre-révolution. Berkman nota comment “la guerre civile aidait vraiment les bolchéviques. Cela servait à maintenir en vie l’enthousiasme populaire et à nourrir l’espoir qu’avec la fin de la guerre, le parti dominant au pouvoir rendra effectifs les nouveaux principes révolutionnaires et sécurisera le peuple dans la jouissance des fruits de la révolution.” Au lieu de cela, la fin de la guerre civile mena à la consolidation d’une dictature d’un parti politique despotique caractérisé par “l’exploitation du travail, la mise en esclavage des ouvriers et des paysans, l’annulation du citoyen en tant qu’être humain et sa transformation en une infime partie d’un mécanisme économique universel contrôlé et possédé par le gouvernement, la création d’un groupe de privilégiés ayant les faveurs de l’État et le système de service de travail obligatoire ainsi que ses organes coercitifs et répressifs.”

“Oublier les valeurs éthiques, introduire des pratiques et des méthodes inconsistantes avec ou opposées aux hauts buts moraux de la révolution veut dire inviter la contre-révolution et le désastre… Là où les masses sont conscientes que la révolution et toutes ses activités sont entre leurs mains, qu’elles gèrent elles-mêmes les choses et qu’elles sont libres de changer leurs méthodes lorsque cela devient nécessaire, alors la contre-révolution ne peut pas trouver de soutien ni de point d’appui et devient sans danger… le traitement thérapeutique pour le mal et le désordre est plus de liberté et non pas sa suppression,” avait écrit Berkman.

Emma Goldman fit un constat similaire des leçons à tirer de la révolution russe, argumentant que “s’écarter des méthodes de concepts éthiques veut dire sombrer dans les profondeurs de la démoralisation sans borne… Aucune révolution ne peut réussir en tant que facteur de libération à moins que les MOYENS utilisés pour ce faire soient identiques en esprit et en tendance avec les OBJECTIFS à atteindre.” Pour Goldman, l’essence de la révolution ne peut pas être “un changement violent des conditions sociales au travers duquel une classe sociale, la classe ouvrière, devient dominante sur une autre classe”, comme le veut le concept marxiste. Pour que la révolution sociale réussisse, il doit y avoir “un transfert fondamental des valeurs… guidant une transformation des relations de base d’homme à homme et de l’homme envers la société,” établissant ainsi “la sanctification de la vie humaine, la dignité de l’être humain, le droit pour chaque être humain à la liberté et au bien-être.”

En concevant la révolution sociale comme “le régénérateur mental et spirituel” des valeurs humaines et des relations, Goldman adoptait une position alors très proche de celle de Gustav Landauer, le socialiste anarchiste mort en martyr durant la courte expérience de la révolution bavaroise de 1919. Avant la guerre, il critiqua ces révolutionnaires qui regardaient l’état comme une chose “physique, comme un fétiche, que quelqu’un peut écraser pour le détruire.” Au lieu de c ela, “L’État est une relation entre les êtres humains, une façon par laquelle les gens se situent les uns par rapport aux autres.” Si l’État est une sorte de relation sociale, alors “nous sommes l’État” et le demeurerons “aussi longtemps que nous ne changerons pas, aussi longtemps que nous ne créerons pas les institutions qui constituent une véritable communauté et une société d’êtres humains.

Cette conception positive de la révolution sociale en tant que création de communautés égalitaires fut plus tard développée par l’ami de Landauer, le philosophe juif Martin Buber (1878-1965). Cherchant consciemment à construire sur l’héritage de son ami Landauer. Buber appela pour la création d’une “communauté des communautés” ( “Société des sociétés”), une fédération de communes villageoises “où la vie communale est basée sur l’amalgame de la production et de la consommation, la production étant comprise comme l’union organique de l’agriculture avec l’industrie et l’artisanat.” Une telle vision était tirée à la fois de la pensée de Landauer et de celle de Kropotkine, spécifiquement de l’œuvre de ce dernier Fields, Factories and Workshops. (“Champs, usines et ateliers”, 1910) Cette vision fut partagée par la plupart des premiers pioniers du mouvement kibboutzim en Palestine (cf Horrox, 2009) et par Gandhi et ses suiveurs en Inde. Un sang neuf souffla sur le concept après la seconde guerre mondiale avec le développement des concepts du communalisme écologique inspirés des idées anarchistes de gens comme Paul Goodman et Murray Bookchin.

Résistance au colonialisme: La planification génocidaire au Canada (et au pays du goulag levant)

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Abolir l’empire: Mouvement pour la répudiation de la doctrine chrétienne de la découverte

 

Dix étapes d’un changement de régime

 

Mohawk Nation News

 

18 Mai 2015

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2015/05/18/ten-steps-to-regime-change/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les lois sur les Indiens et la terre de 1924 établirent les camps de prisonniers de guerre appelés “réserves indiennes” ou RI à travers le Canada. Le projet de loi liberticide actuel C-51 est la dernière tentative en date du Canada pour légaliser le génocide. Voici les 10 étapes illégales pour démanteler Ongwe’hon:we (peuples et nations indigènes) au moyen d’un changement de régime corporatiste, de relocation ou de procédures létales sans témoins.

  1. L’unité de réponse militaire est située dans la “salle d’état-major” hi-tech au ministère des Affaires Indiennes, dirigée par un chef de surveillance, enquêteur très bien informé. Il rapporte à un officier de l’armée. Les entitités fédérales, d’état et des provinces travaillent ensemble pour le bénéfice de l’élimination d’Ongwe’hon:we. Les pontes de l’armée, toutes les unités du détail et les conseils de bandes locaux travaillent ensemble. Des équipes d’intervention militaires encerclent toutes les RI. Les opérations sont planifiées des années par avance.
  2. Tous les incidents sont rapportés en détail, incluant les rumeurs et les histoires inventées. La surveillance est constante. Des agents infiltrent les communautés sous des déguisements variés. Une liste de “ceux à éliminer” est établie.
  3. Des militaires et des agents des services de renseignement de la CSIS/CIA sont intégrés dans les médias afin de contrôler l’information (NdT: extension de l’opération “Mockingbird” aux Etats-Unis…), de retourner le public contre la cible, de filmer les opérations à des fins d’étude et d’identification.
  4. Les médias instillent la peur dans les communautés (blanches) environnantes faisant la promotion de la peur, de la colère vers tout autochtone Ongwe’hon:we. En 1990, les communautés environnantes firent la requête pour que l’armée attaque les Mohawks. Des postes de commandement sont établis en un instant pour pénétrer les RI une fois que le conflit a été créé. Alors une “nouvelle gestion” ou une force létale est demandé. Ce cycle historique se perpétue.
  5. “L’assassin économique” soudoie le conseil de bande (au Canada) ou de tribu (aux Etats-Unis) pour leur coopération. Les chefs (élus du système corporatiste et colonial) sont en liaison constante avec l’armée. Des réunions secrètes se déroulent sur les parcours de golf locaux. Le commandant est impliqué au cours de l’opération “réelle”.
  6. Les professions indépendantes, les anciens, les femmes et les enfants sont ciblés pour les réduire au silence. Certains sont bannis. Les commerces sont mis sous contrôle ou brûlés, détruits.
  7. Des provocateurs, des indics, des espions, des cerbères surveillent et font leur rapport à l’enquêteur. Ils sont formés pour être amicaux, faire les liens sociaux, créer de la discorde, disséminer des rumeurs, pacifier ou perpétrer des attaques locales ou entrer en conflit pour diviser les gens et ce en toute impunité.
  8. Les conseils de bandes signent des mandats d’arrêt en blanc. Les flics locaux attendent tandis que les habitants ciblés sont menacés. Certains incidents se déroulent sous fausse-bannière afin de tromper les gens et de faire monter la tension. Le chaos qui s’ensuit éventuellement discrédite les flics et les conseils de bandes. L’armée entre pour contrôler la situation.
  9. Les conseils de bandes et de tribus acceptent de se retrouver sous le contrôle d’une corporation économique et politique pour créer la “paix”. La loi martiale est déclarée. Les routes sont fermées. Les maisons sont fouillées. Le couvre-feu est institué. Les droits civiques et la liberté individuelle sont levés. Les fauteurs de trouble sont évacués. Une combinaison de théâtre, de coercition et de menaces de contrôler tout le monde et d’établir un régime corporatiste désiré, est mise en place. Les perpétrateurs rapportent ultimement qu’ils ne faisaient que “suivre les ordres” et ne peuvent pas se rappeler avoir fait quoi que ce soit de répréhensible, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent accusés d’abus des droits de l’Homme et de génocide !
  10. La loi de la terre sur l’Île de la Grande Tortue est Kaianereko:wa et elle prévaudra.

2001 interrogation of Dennis Blythe, BCI Bureau of Criminal Investigation on the INDIAN Detail conducted May 18, 1997, by the Onondaga Council of Chiefs Inc. and New York State against the Rotinoshonni. US District Court, Northern District of NY. [Ronald Jones vs. NYS 98 CV 374.]  

Comprendre pour mieux agir: La bataille contre le système… 3ème partie

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 20 mai 2015 by Résistance 71

3ème partie: ESSAI : POURQUOI NOTRE HYPER-TITANIC VA COULER
(De la bataille contre le Système, épisode III)

27/09/2012

1ère partie
2ème partie
3ème partie
4ème partie

Rien ni personne ne pourra infléchir la trajectoire implacable de notre hyper-Titanic. Le paquebot est trop lourd, trop grand, impossible à manœuvrer sur une courte distance et glisse trop vite sur l’arête d’un iceberg écologique qui déchire déjà son flanc. De surcroît, aveuglée par les prouesses du monstre qu’elle croit encore contrôler, sa capitainerie n’en finit plus de pousser les moteurs à fond en hurlant si fort «Progrès ! Progrès !», qu’elle parvient à couvrir le vacarme de l’eau s’engouffrant dans les brèches béantes. Seule une panne totale des moteurs pourrait encore éviter le naufrage.
C’est que la feuille de route choisie par les élites du Système est tragiquement simple. Postulat de base : il est hors de question de réduire la voilure d’un vaisseau conçu dans l’illusion d’une croissance infinie dans un monde pourtant fini. Solution : les nouvelles technologies sont la seule option pour réparer les dégâts provoqués par les précédentes.
Fameux pari s’il en est, où se joue la survie même de l’espèce. Non pas que les individus censés présider à nos destinées soient particulièrement fous, déviants ou mal-intentionnés mais, simplement, ils sont les premiers adeptes hallucinés d’une idéologie qui a réussi à berner tout le monde, à commencer par eux-mêmes, et qui a accouché d’un monstre aujourd’hui aussi autonome qu’indomptable.

Avertissement : Pour les lignes qui suivent, nous avons puisé nombre d’arguments chez divers auteurs auxquels nous rendons d’emblée hommage pour éviter de fréquentes références, méritées mais typographiquement pénibles. Il s’agit pour l’essentiel de «La condition inhumaine» d’Ollivier Dyens; du «Paradoxe du Sapiens», de Jean-Paul Baquiast, de «L’homme unidimentionnel», de Herbert Marcuse, ou encore de la «Politique de l’oxymore», de Bertrand Méheust.

Premier constat :
La démocratie libérale n’est pas écolo-compatible

Le modèle proposé par la démocratie libérale prétend offrir à l’ensemble des peuples de notre petite planète le niveau de vie, et donc de consommation, du standard occidental d’aujourd’hui. Une simple mise en parallèle des besoins que nécessiterait la réalisation de cet objectif avec les ressources réellement disponibles suffit à le définir comme insensé, intenable.
C’est pourtant le principal mythe fondateur de notre Système, et son principal slogan à l’exportation. 
La mécanique de la démocratie libérale repose en effet sur l’idéologie consumériste, qui place l’individu au cœur du système, avec pour fonction première de consommer et de consommer encore pour garantir cette croissance éternelle seule à même d’assurer la pérennité du modèle.
Ce faisant, ce système impose un déchaînement de la matière permanent, un pillage constant des ressources, une surenchère ininterrompue dans la production pour assurer le gavage de ses ouailles.
Ce n’est pas un hasard si aucune démocratie libérale ne peut se prévaloir d’une empreinte écologique avouable.

Saturation, érotisation


Concrètement, le Système fonctionne aujourd’hui sur le mode de la saturation, de l’hyper-stimulation pour susciter un désir permanent, obsessionnel de consommer. La passion de la possession n’est plus contenue, elle est encouragée à l’extrême. Elle est même devenue le sens premier de la vie pour beaucoup d’individus (parce-que je le vaux bien)… 
Or en tant qu’acte fondamentalement dénué de sens, il en va de la possession des objets comme de la sexualité sur internet : elle ne peut que susciter des désirs, toujours davantage de désirs, sans jamais pouvoir les assouvir. C’est la multiplication sans fin du désir et de son impossibilité.
Le consommateur est donc maintenu en quelque sorte en état d’érotisation permanente face à un acte d’achat qui ne le satisfait jamais, condamné qu’il est dès lors à combler cette absence de sens, de véritable jouis-sance, par d’acquisition de nouvelles possessions (voir l’hystérie suscitée par l’arrivée de l’Iphone 5 à l’heure où nous écrivons ces lignes). C’est un peu le schéma de l’addiction aux drogues avec une phase d’excitation voire d’exaltation à l’approche de la prise (achat), qui procure un bref plateau de satisfaction (plaisir de la découverte du produit) immédiatement suivi d’une lente phase de dépression (habitude puis désintérêt, renaissance du désir).

Epuiser l’univers


Le déchaînement de la matière ainsi imposé par le consumérisme exerce donc une pression dite «de confort» de plus en plus insoutenable pour la biosphère, entraînant l’épuisement accéléré des ressources et le saccage du vivant.
Il faut créer de la richesse, croître, produire toujours davantage pour alimenter la mécanique du Système et gaver le conso-citoyen de choses en plastique à l’obsolescence programmée, d’objets technologiques rapidement démodés.
La voracité du Système a aujourd’hui bel et bien de quoi «épuiser l’univers».

Les déjections du Système


Et puis il faut aussi considérer les dégâts provoqués par les immenses masses de déjections générées par ce processus. Des ordures dont le Système organise un recyclage minimum pour son «image», sa narrative, mais dont l’essentiel, l’incommensurable masse est silencieusement déversée dans les pays en voie de développement ou dans les abysses des océans, formant autant de bombes à retardement écologiques. 
Enfin, il faut encore considérer la manipulation du vivant au vu de son appropriation. Pour le Système, la gratuité du vivant est en effet une aberration de la nature qu’il convient de corriger. Alors, abandonnant un principe de précaution anachronique, on fouille, on dissèque, on manipule les ADN de tout ce qui passe pour y coller un brevet et faire du profit, toujours du profit, avec des résultats (déjà) et des perspectives effrayantes pour l’écosystème.
En soixante ans, le capitalisme et son dernier avatar, le système néolibéral, ont donc ainsi orchestré un meurtre systématique de l’environnement* d’une telle ampleur que beaucoup de spécialistes doutent de la possibilité d’un retour en arrière.

Abdication du conso-citoyen
Structurellement incapable de s’engager dans un processus de décroissance qui aurait, seul, une chance de faire légèrement dévier notre Hyper-Titanic, le Système s’emploie dès lors à calmer l’angoisse de ses conso-citoyens grâce à une armée de scientifiques grassement payés pour minimiser, voire à démentir l’état d’urgence auquel nous sommes parvenus écologiquement parlant.
Parallèlement, il s’est approprié les slogans écologiques pour se poser en sauveur du désastre dont il est la matrice et l’artisan appliqué, provoquant une confusion efficacement paralysante desdits conso-citoyens (Grenelle de l’environnement, Sommets sur le climat, campagne pédagogie à 2 balles en faveur de l’environnement sur Cartoon TV etc… etc…). Aujourd’hui, même les pubs de l’industrie pétrolière ressemblent à des campagnes de collecte de fonds de Greenpeace. 
Prisonniers de leur quotidien, psychologiquement minés par le brouillage des messages, les conso-citoyens abdiquent alors devant cet apaisant mensonge qui leur murmure que le Système prend la question au sérieux, qu’il est le seul à pouvoir réparer les dégâts et qu’à la fin, on trouvera bien le moyen de s’en sortir, de colmater la brèche.
Les derniers pécheurs s’émeuvent bien de savoir que les poissons du Rhône sont désormais impropre à la consommation ; chacun s’inquiète de savoir qu’un tiers des terres émergées sont menacées de désertification ; que les calottes glaciaires fondent à un rythme effarant ; que les abeilles sont en train de mourir ; que plus du quart des espèces animales auront disparu à plus ou moins brève échéance.
Mais on ne s’inquiète plus que confusément.
Et puis, on s’inquiète surtout de savoir quand sortira la nouvelle version du dernier MacdoPhone.
Ce qui nous amène tout naturellement au deuxième constat.

Deuxième constat :
L’hyper-technologie comme illusion du salut

On l’a bien compris, le Système ne peut envisager la décroissance des pays les plus riches – qui permettrait par exemple aux pays les plus pauvres d’approcher du standard sans augmentation exponentielle des dégâts sur l’environnement–, car ce serait tout simplement trahir sa principale promesse de campagne.
La panacée pour le Système, c’est donc toujours davantage de technologie, l’hyper-technologie, la fuite en avant vers la complexité**.

Abdication du politique


Mais le progrès comme solution unique implique l’abdication du politique. 
C’est un moyen supplémentaire de transférer les derniers résidus de pouvoir qui subsistent chez les politiques vers la machine-Système, vers le Marché, devenu le réel mais insaisissable centre de pouvoir de notre monde marchandisé.
Le degré de maîtrise formidable de l’outil technologique auquel est parvenu le Système nourrit en effet l’illusion d’une maîtrise des choses, d’une maîtrise des risques et d’une capacité d’infléchir le cours des évènements par toujours davantage de technologies.
Sauf que, là encore, le Système ne fait qu’entretenir une illusion apaisante.
Car même une transition réussie vers des énergies non polluantes, par exemple, prendrait des décennies que nous n’avons plus, et ne résoudrait de toute façon en rien les ravages provoqués par l’hyper-consommation de notre vertueux modèle en termes d’épuisement des ressources et de saccage du vivant.
La technologie comme solution n’est qu’un slogan.

Virtualité contre réalité


En revanche, insidieusement, l’invasion des technologies du quotidien détache de plus en plus les individus de la nature*, ce qui permet sans doute de leur faire accepter plus sereinement son recul progressif de nos vies.
On pourrait même dire que le monde technologique célébré par la démocratie libérale nous permet de faire peu à peu le deuil de l’ancien monde, le monde biologique. Et cela même si la disparition du monde biologique implique fatalement la nôtre. Ce n’est que l’une des contradictions du Système, contradiction facilement résolue par le déni.
Les productions de science-fiction hollywoodiennes sont à cet égard un miroir intéressant des utopies du Système avec, par exemple, la vision récurrente d’un monde hyper-technologique qui a totalement remplacé une nature confinée sous serres pour de simples besoins nutritionnels. 
Dans les faits, la civilisation technologique est tout simplement en train d’absorber l’humanité en nous, de la pénétrer, de la modifier, de transformer la nature de ses perceptions, sa façon de «se» penser.
Elle crée une distance, un gouffre, entre l’humain et le réel.

Troisième constat :
le Système n’est pas réformable.

«Je constate qu’il pleut, alors je prends mon parapluie.»
Cet exemple de décision volontaire est devenu impossible à un système complexe comme celui qui nous gouverne.
Les échecs qui ont ponctué absolument tous les Sommets organisés sur le climat en fournissent une preuve indiscutable.
Comment est-il possible, se dit-on naïvement, que la gravité de la crise climatique (il pleut), empêche les décideurs de prendre des mesures concrètes (un parapluie). C’est le Paradoxe du Sapiens.

Survivre et prospérer


C’est que tous les Systèmes complexes qui combinent humain et technologie sont mus par des forces qui échappent au contrôle des individus qui les composent, même de ceux qui les ont créés. Dans ces systèmes dits anthropotechniques, l’humain ne peut plus être distingué de l’outil. L’humain et l’outil forment une nouvelle entité avec sa propre détermination, ses logiques propres.
Autrement dit, un système complexe fonctionne de manière quasi autonome car, ayant été conçu pour performer, il est dès l’origine pensé et placé en compétition darwinienne permanente avec son environnement. Tout système complexe n’a ainsi qu’un seul objectif : survivre et prospérer. Dans ce super-organisme, la «nature» humaine est une composante parmi d’autres, et son pouvoir de décision devient très relatif. 
Mettez José Bové à la tête de Monsanto et, à la fin de l’année, Bové aura été digéré ou rejeté comme un improbable greffon par le Conseil d’administration de la multinationale, et Monsanto aura multiplié ses profits.
On objectera qu’un tel système luttant pour sa survie devrait alors nécessairement éviter de poursuivre dans une voie qui le voue à sa perte à moyen-terme. Sauf que le moyen terme n’existe plus dans la «psychologie» du système.

Présent absolu et plaisir immédiat


Notre modernité, et à plus forte raison celle du Marché qui gouverne, ne se pense que dans l’immédiateté (cours de l’action à la cloche ; chiffres du mois ; bonus).
La Système ne peut plus penser l’avenir..
L’iceberg qui déchire la coque de son flanc n’a pas encore touché son cœur, il a donc le temps de faire encore quelques profits pour devancer la concurrence. Dans une société figée dans le présent absolu et l’obsession de la satisfaction immédiate de ses envies, les quelques décennies qui nous séparent du naufrage sont une éternité qui suffit à faire du danger à venir une totale abstraction.
Quand l’eau sera montée jusqu’à recouvrir notre bouche, pensent nos chers CEO, on respirera par le nez et il sera toujours temps de prendre des mesures car la concurrence devra alors faire de même.
La machine néo-libérale est désormais insensible à la logique, aux faits, à l’argument, à l’argument «humain» en particulier. En ce sens, le fantasme de la domination de la machine sur l’homme, habituellement confiné aux récits de science-fiction, est bel et bien une réalité tangible, mesurable, monstrueuse de notre modernité.
Le Système, en tant que machine, commande son évolution.

L’exemple des subprimes

Une preuve de ce mécanisme a été fournie lors de la crise des subprimes de 2008. Le Système a opéré un véritable hold-up sur les contribuables, avec la complicité unanime de tout l’appareil politique qui lui est soumis, sans rien chercher à régler des problèmes structurels qui l’avait conduit au bord de l’abîme. Se promettant donc à lui-même de nouveaux éclatement toujours plus spectaculaires, mais plus tard.
Dans l’immédiateté du raisonnement que lui impose sa nature, le contrat était donc rempli puisque la menace d’effondrement était écartée de l’instant présent.
En résumé, même face à la perspective de sa ruine totale, le système néolibéral n’est pas en mesure de se réformer, prisonnier qu’il est de ses déterminismes.

Quatrième constat :
la démocratie libérale est d’essence totalitaire.

L’affirmation peut paraître excessive, elle ne l’est pas.
Selon Francis Fukuyama, la démocratie libérale doit ainsi marquer la fin de l’Histoire, chacun étant occupé à faire des affaires plutôt que la guerre. Ambition d’apparence inoffensive, voire vertueuse, mais qui renferme pourtant une réalité effrayante en pronostiquant l’avènement d’un Système unique qui a dévoré tous les autres, réduit toute opposition, annihilé toute alternative. Une «grande société unique» ayant incorporé, digéré toutes les autres ; un hyper-monde en somme, gouverné par un Système unique, une idéologie unique, une pensée unique.
Ce qui correspond en tout point à la définition du totalitarisme.
Et c’est uniquement le jugement de valeur implicitement contenu dans le pronostic de Fukuyama – à savoir que la démocratie libérale serait bonne et vertueuse pour l’humanité – qui annihile l’effroi que l’avènement de ce totalitarisme devrait naturellement susciter en nous.
Or ce jugement de valeur est faux.

La part sombre du projet libéral 


La démocratie libérale, aujourd’hui irrémédiablement placée sous la dictature des marchés, est un Système violent, qui soutient son expansion par la violence, qui réduit ses opposants par la violence, et dont l’essence totalitaire ne peut, au fur et à mesure que grandira sa domination, que conduire à une forme élaborée de dictature. L’avènement de la société libérale interdit en effet l’alternative. Les divergences de pures formes, qui opposent ce que l’on nomme les «sensibilités politiques», se discutent à l’intérieur du statuquo qu’elle impose. C’est à cela que se réduit l’opposition. Dans une société qui prétend pourvoir de manière satisfaisante aux besoins du plus grand nombre, l’opposition n’a en effet plus aucune raison d’être, elle est même une menace pour la collectivité.Les plus grands auteurs d’anticipation, d’Orwell à Philipp K. Dick surtout (ce génie), ont été les premiers à avoir eu l’intuition que la part sombre, la part cachée et inavouable du projet capitaliste*** (devenu néolibéral) finirait par dominer le monde de demain, une fois l’effort de séduction rendu inutile par la victoire globale. 
Or les signes de ce grand retournement à venir sont déjà là.

Guerres de conquête…


A l’extérieur de ses frontières, on constate ainsi que la démocratie libérale n’hésite jamais à porter le fer dans les régimes et les ensembles territoriaux ou idéologiques qui lui résistent. Passons sur une guerre froide durant laquelle la défense du projet capitaliste a nécessité le déploiement d’une violence inouïe. Nous pourrions cyniquement accepter que c’était «de bonne guerre».
Sauf qu’après la chute de l’URSS,  le sang n’a jamais cessé de couler «pour la bonne cause».
La tentative d’incorporation du Moyen-Orient, entamé avec la première guerre du Golfe, puis relancée sous couvert de guerre contre le terrorisme, a ainsi impliqué le meurtre de plus d’un million et demi de personnes déjà, et la dévastation totale de plusieurs pays.
Actuellement, la guerre sous-traitée en Syrie par le Bloc occidental est le dernier exemple en date de la poursuite d’une expansion du Système par le fer et le feu, expansion exercée au demeurant avec le soutien uniforme de médias de masse désormais totalement incorporés, digérés par le Système.

…et violence intérieure


A l’intérieur de sa sphère d’influence, on a également pu constater la brutalité du Système vis-à-vis des manifestants du mouvement des Indignés en Espagne par exemple, ou les méthodes quasi staliniennes déployées vis-à-vis d’un Julian Assange dès l’instant où il est apparu comme une menace pour la stabilité du Système. 
Une police de la pensée s’installe parallèlement de manière toujours plus invasive dans nos démocraties libérales, imposant la doxa du Système grâce au contrôle exercé par le plus formidable ensemble d’outils de propagande de tous les temps.
Des instruments de contrôle d’internet sont en train d’être mis en place (p.ex. lois Acta, Sopa, Pipa, et consorts…), non pas pour en éjecter les déjections culturelles qui y pullulent (comme par exemple la pornographie la plus extrême que le Système tolère voire encourage puisqu’elle fait partie de ces «libertés» destinées à distraire le conso-citoyens), mais bien en tant qu’instrument de contrôle de la Toile.
Comme n’importe quel Etat, comme n’importe quel Système, la démocratie libérale est un monstre froid qui écrase pour se propager, qui finira par écraser même ses adeptes pour persévérer dans son être.

L’ultime menace


Tous les Systèmes complexes ont en effet une tendance naturelle à l’emballement, à aller au bout de leur logique. Et une fois les oppositions annihilées, une fois le triomphe global réalisé, une fois l’en-dehors incorporé, l’agressivité du Système ne pourra que se retourner contre son espace intérieur. Il s’agira en effet pour lui de prévenir la perversion de son «être» et l’éclatement, qui représenteront alors l’ultime menace à réduire.
A terme, la liberté humaine sera donc contrainte d’abdiquer à l’échelle individuelle face à la toute-puissance du Système, comme elle l’a déjà fait à l’échelle politique.

Conclusions :
l’effondrement comme espérance

Si l’on fait l’impasse sur les meurtres de masse qui lui ont permis de prospérer et sur son essence totalitaire, il est incontestable que grâce à son insouciance criminelle, à son inculpabilité, le Système capitaliste, devenu néolibéral, a réussi à créer une bulle de justice et de prospérité inégalée dans l’histoire de l’humanité. Il serait également stupide d’en nier les conquêtes et les acquis remarquables aux niveaux social ou médical notamment. Même un banlieusard français peut se prévaloir aujourd’hui d’un confort dont n’aurait jamais osé rêver Louis XIV.

La menace d’une ruine totale


Mais en même temps, la construction de cette bulle a provoqué le saccage de la biosphère et de tout l’éco-système de notre planète en quelques décennies, au point de menacer l’humanité d’une ruine totale.
Ce Système a fait de nous de vulgaires traders du monde vivant, capables de dévaster jusqu’aux abysses des océans pour s’assurer des bonus confortables, pour pouvoir aller en avion grignoter des tapas à Barcelone pour le prix d’une place de ciné.
La dette ainsi léguée aux générations futures est si énorme, si gigantesque qu’il faudra sans doute des siècles pour la rembourser, si tant est qu’elle puisse l’être un jour. 
A l’heure où nous écrivons ces lignes, la machine-Système est plus que jamais emballée sur elle-même, plus que jamais en phase d’expansion de son modèle mortifère, et rien ne semble pouvoir l’arrêter. 
A moyen terme, de nouvelles grandes guerres vont sans aucun doute opposer les acteurs de cette triste farce pour capter les dernières ressources disponibles, tirant ainsi définitivement la chasse sur l’utopie ridicule de Fukuyama.
Mais à la fin, rien n’empêchera notre paquebot de s’écraser définitivement contre l’iceberg écologique et de couler corps et biens.
Sauf si…

Les moteurs toussent


Sauf si, comme nous le disions en préambule, une panne totale des moteurs vient stopper la course folle de notre Hyper-Titanic. 
Les lecteurs d’entrefilets le savent bien, nous sommes persuadés que, face à l’hyper-puissance d’un Système que personne n’est en mesure de combattre, seul l’effondrement intérieur dudit Système, par indigestion de lui-même, offre une perspective de salut. 
Or nous avons atteint des seuils limites où l’utopie d’une richesse illimitée partagée par tous se fracasse désormais contre les réalités d’un modèle économique qui craque de toutes parts. Les Etats-Unis, matrice du Système, sont au bord de la faillite. Plus de 15% de la population y survit déjà grâce à des bons d’alimentation. L’American dream, vitrine du projet néolibéral, a du plomb dans l’aile. La zone euro part de son côté en lambeaux sous les coups de boutoir d’une crise de la dette, mère de toutes les crises, qui devrait bientôt entrer dans sa phase explosive (dettes US et mondiale, ici seulement la dette publique). 
Même dans sa zone d’influence, d’abondance, le Système n’est donc plus en mesure de résoudre ses contractions, de gaver tout le monde. Chômage, paupérisation, marginalisation : un pourcentage sans cesse grandissant des populations occidentales rejoignent peu à peu les laissés-pour-compte du Système. Autant d’Indignés en puissance.
La supercherie d’un projet néolibéral définitivement insensé et intenable, est devenue impossible à cacher.

Répression à venir


Mais comme tous les systèmes, le Système néo-libéral cherchera donc à persévérer dans son être. Tant que ses moteurs ne seront pas totalement à l’arrêt, la violence va aller grandissant à l’intérieur de sa zone d’influence et les hordes de laissés-pour-compte qui vont vouloir affronter sa machine de répression seront criminalisées et combattues. 
Ce sera une étape difficile, dangereuse, car l’hyper-puissance technologique du Système est capable de permettre à une très petite minorité de se maintenir au pouvoir par la violence.
Il suffit d’observer le modèle israélien et sa capacité de contenir, militairement, une insurrection quasi permanente à l’intérieur même de son périmètre (d’aucuns pensent d’ailleurs qu’Israël est un champ d’expériences dans le domaine particulier des techniques de répression des insurrections massives). 
Mais des alternatives sont possibles pour un autre monde, si tant est que la panne totale des moteurs du vaisseau ne tarde pas trop.
Un monde qui saura certainement préserver les acquis valables de l’ancien, tout en se délestant de sa toxicité et de ses logiques mortifères.
Des projets, il y en a plein les cartons des Indignés.
La décroissance raisonnée, la dissolution des Marchés, la primauté du pouvoir politique sur le pouvoir économique et, enfin, l’élaboration d’une Déclaration universelle des DROITS DE LA VIE apparaissent toutefois comme les conditions premières et minimales d’une renaissance.

*Dans une lettre datée de mai 68, l’écrivain et poète suisse Maurice Chappaz écrivait : «J’ai localisé le pouvoir réel, brutal dans l’économie et vu les velléités, les complicités, les mensonges, le blanc qui devient noir dans les partis politiques, tous les partis. Et le social a comporté pour moi un élément de dégoût que tu ne peux imaginer : le nazisme. Le commercial totalitaire le resuce en lui : cette tuerie d’arbres, de phoques, cet empoisonnement de l’air, des eaux, ces massacres divers et cette propagande, cette réclame pour l’englobant industriel, le «progrès» carrément détachés de l’humain. Les vrais parasites modernes ne sont pas les clochards, les beatniks, mais justement les activistes de la construction inutile, du gaspillage des sources et des ressources, spéculateurs, menteurs en tous produits et appétits. Nous connaissons aussi ces volontés de puissance à l’œil parfois très intelligent de Surmorts, qui délèguent aux fonctions publiques les bureaucrates, des types, des espèces de chauves graisseux moins costaux qu’eux-mêmes. Les Surmorts ont besoin d’otages, de médiocres qui limitent toujours un pays aux affaires. »

** Dans The Singularity is near, Ray Kurzweil relève que «selon la loi du retour accéléré, la croissance est maintenant telle que nous parviendrons bientôt à un état de transformations si profondes, si rapides, si denses que toute l’existence humaine basculera. Les cent années du XXème siècle, par exemple, équivalent à vingt ans d’innovations à la vitesse des transformations des années 2000. A ce rythme, les cent années du XXIème siècle seront l’équivalent de ving mille ans de progrès au rythme d’aujourd’hui.»

***Dans « La politique de l’oxymore », Bertrant Méheust relève combien il est étrange de constater que le Système néolibéral a recyclé avec zèle l’héritage nazi : autoroutes, fusées, avions à réaction, voiture pour tous, propagande de masse, politique spectacle, guerre spectacle, grand’messe sportive, voyages organisés, exaltation narcissique du corps… D’où la question : le nazisme comme préfiguration paroxystique du triomphe néolibéral ?

>>Tous les épisodes « De la bataille contre le Système ».

PS: Dans le sublime film de Lars von Trier, Melancholia, une planète menace de heurter la Terre.
Toute l’intrigue se déroule à huis-clos dans une famille.
Le père, figure moderne et rationnelle, ne cesse de rassurer tout le monde, scrutant Melancholia jour et nuit au téléscope pour « profiter du spectacle« , affirmant qu’elle ne fera que passer « tout près » de la Terre sans la toucher, comme l’attestent « tous les vrais scientifiques« .
Une fois seulement il confiera son doute sur leurs calculs, avant de replonger dans le confort du déni.
Puis il découvre que l’astre va bel et bien frapper la Terre de plein fouet.
Il abandonne alors sa famille sans un mot et va se suicider.
Dernier dialogue du film entre Léo et Justine:
- J’ai peur, j’ai peur que la planète nous heurte quand même.
- Faut pas. Je t’en prie.
- Papa a dit qu’il n’y aurait rien à faire. Nulle part où se cacher.
- Si ton père a dit ça, c’est qu’il y a une chose qu’il a dû oublier. Il a oublié la cabane aux pouvoirs magiques.
- Aux pouvoirs magiques ?
- Oui. 
- C’est une cabane que tout le monde sait fabriquer ?
- Super-Tatie sait.
- Okay.
- Allez, on va chercher des branches.
- Comme ça.
- C’est super dur.
- Donne ta main. Ferme les yeux.

Grille de lecture géopolitique en 2015

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Résistance 71

 

19 Mai 2015

 

Cette réflexion sur le monde en marche nous a été inspirée par les analyses récentes lues dans les médias alternatifs anglophones et francophones. Ce qui va suivre est une réflexion issue de la combinaison de près de 15 ans d’étude et de recherche de la part de nos intervenants sur la mise en place continuelle par l’oligarchie contrôlant le pouvoir, d’une grille de contrôle planétaire pour une société mondialisée fasciste (au sens mussolinien du terme c’est à dire fusionnant l’état et de la grande entreprise financière et industrielle) supranationale où une élite oligarchique infime vivra dans des “zones vertes” ultra-protégées, oasis de jouvence connectées au milieu d’un monde brutal et sauvage néo-féodal sous contrôle totalitaire.

Cette oligarchie richissime toute puissante est passée en phase de mise en application terminale de ce projet et pour mieux pouvoir le réaliser, renforce la diffusion de son écran de fumée dissimulateur. Ce qui suit est notre vue de l’affaire en tentant d’expliquer certains évènements géopolitiques se déroulant actuellement. Nous ne détenons aucune information secrète de quelque sorte que ce soit et ceci ne reflète qu’une réflexion de fond sur la conjoncture actuelle. Notre point de vue est donc en cela parfaitement critiquable.

Passons sur l’ineptie propagandiste des médias de masse, rien à en attendre. Ce qui nous chagrine est le contenu analytique des médias alternatifs dans leur très vaste majorité. Pourquoi ? Parce qu’ils semblent vouloir s’obstiner qu’à ne commenter l’action des marionnettes qu’on nous met devant les yeux: les politiciens, élus des peuples, hauts-fonctionnaires d’états corrompus. Savoir ce qui se dit dans les réunions politiciennes ouvertes et plus secrètes est bien, mais il ne faut à notre sens jamais perdre de vue que tout cela n’est que poudre aux yeux.

Quoi qu’il se dise ou se fasse, rien ne se fait par la volonté des intervenants mis sur le devant de la scène. Qui peut encore croire aujourd’hui que les Obama, Harper, Cameron, Merkel, Hollande et dans une grande mesure les Poutine, Rohani, Al-Assad, Xin Pin et tous leurs ministres respectifs (aussi bons soient-ils, nous avons de fait un très grand respect pour le ministre russe des AE Sergeï Lavrov ainsi que pour son patron Vladimir Poutine), soient les maîtres des décisions prises pour l’avenir de la planète ? Qui décide de la guerre ou de la paix ? Depuis au moins les guerres napoléoniennes, ce sont les banquiers et la haute finance qui décident. Ce sont les intervenants des grandes familles de la haute finance et de la grosse industrie monopolistes qui décident de la plus et du beau temps sur les “marchés” fictifs et aléatoires, sur les pays, qui décident de qui va vivre, survivre ou mourir. Ces gens où qu’ils soient dans le monde ont toujours financé les deux côtés des belligérences et n’ont pas vraiment besoin de réunion formelle pour décider ce qui est bien pour eux, car il y a une convergence d’intérêt au plus haut niveau. Ces gens vont dans les mêmes écoles, mêmes universités, se marient entre eux et savent ce qui est bon et profitable pour eux. Bien sûr de temps à autre il leur faut mettre certains points sur les “i” avec leurs larbins des échelons inférieurs à qui on fait miroiter le fait qu’ils “appartiennent” à la même caste, ou peuvent la “rejoindre” s’ils se comportent suffisamment bien… C’est la fonction des réunion style Bilderberg, Commission Trilatérale, Forum de Davos etc… mais globalement, les grandes familles oligarques agissent par convergence d’intérêt pure et simple. Comme ils sont peu nombreux, cela se gère facilement, l’organisation coule de source. Ceci est plus difficile à réaliser tout en bas, pour nous, surtout lorsque nous sommes maintenus artificiellement par cette même oligarchie dans la division, la confusion et les rapports de haine conflictuels.

Ainsi donc ce sont les, grandes familles de la finance, du pétrole et de la grosse industrie qui prennent toutes les décisions géopolitiques en considérant leur convergence d’intérêt dynastique.

Depuis le début des années 1970, l’empire anglo-américain n’a eu de cesse de brosser la manche et de féliciter le régime maoïste chinois pour sa grande ingénuosité et sa faculté de contrôle de la nation. David Rockefeller soi-même s’était fendu d’un éditorial extatique dans le New York Times en 1971, félicitant le “Timonier Mao de sa grande efficacité”, puis Rockefeller envoya son mignon Kissinger discutailler des conditions de la reconnaissance par l’empire de la République Populaire De Chine. Kissinger s’en revint, briefa Richard “je ne suis pas un escroc” Nixon, qui s’en fut normaliser les relations en 1973. Mao est arrivé au pouvoir avec l’appui de Wall Street et de la City de Londres, qui lâchèrent Chang Kaï Chek, lui permirent d’aller s’installer à Formose (aujourd’hui Taïwan) avec quelques milliards tirés du commerce de la drogue (les troupes du Kuomintang contrôlaient la production d’opium et d’héroïne du fameux “triangle d’or” Birmanie/Thaïlande/Laos jusqu’à ce que l’Afghanistan devienne le premier producteur mondial d’opium depuis 2001, sous contrôle de la CIA et des Marines protégeant les champs de pavots…) et mirent Mao au pouvoir. Le chemin ne fut pas simple, mais le développement de la Chine vers ce qu’elle est aujourd’hui a été planifié de longue date. Les plans quinquennaux économiques soviétiques émananaient en grande partie des économistes de Wall Street et du gouvernement fédéral américain, il en fut de même pour le développement économique chinois. Lors de la guerre secrète au Cambodge et ses bombardements massifs par les yankees durant la guerre du Vietnam, un certain Pol Pot attendait son heure en Chine, l’heure de son retour au bercail minuté avec l’arrêt des bombardements américains sur son pays. La voie était libre pour la grande expérience du “Kampuchéa Démocratique”. Le Vietnam résistant sous les tapis de bombes, les milliers de tonnes d’agent orange et les crimes de l’opération “Phœnix” des forces spéciales yankees, n’obtint aucune aide de son grand voisin communiste chinois. Seule l’URSS, elle-même marché captif de Wall Street et de la City de Londres depuis Lénine et Trotski, aida le Vietnam dans ses efforts de résistance à l’envahisseur.

Le faramineux développement économique de la Chine depuis le dernier quart de siècle n’a pu se faire que parce la caste privilégiée des apparatchiks du PCC et la caste des grandes familles de la haute finance chinoise, voient depuis toujours la même convergence d’intérêt avec les familles de la haute finance occidentale. Les cercles de la banque de Shanghaï ont plus que vraisemblablement conclu un marché avec leur homologue occidental. La mise en place d’une banque asiatique d’investissement, annoncée en 2012 à Djakarta, majoritairement à fonds chinois, au capital nominé en dollar US ne représente pas à nos yeux une menace pour l’hégémonie anglo-saxonne de la finance, mais en fait une forme de consolidation asiatique de l’empire existant et un couloir ouvert pour le siphonnage plus avant de fonds occidentaux vers des cieux financiers plus cléments et sécures…

En bref, à la lumière de cette toile d’évènements historiques qu’on ne peut ignorer qu’à nos risques et périls, nous pensons qu’il existe une collusion de la haute finance globaliste et des cercles de la haute finance chinoise et que tout cela concourt à renforcer la poussée vers le Nouvel Ordre Mondial tant attendu par l’oligarchie et ses marionnettes politiques.

La Chine est pieds et poings liés avec l’empire. Pourquoi ? Parce qu’elle est devenue le premier créditeur de celui-ci ! La Chine possède, a acheté des milliers de milliards de dollars de la dette yankee, elle a acheté de la dette en échange de devenir “l’usine du monde”… S’est-elle faite piéger ? Pas à notre sens. Les élites de la haute finance chinoise savaient très bien ce qu’elles faisaient !… Résultat ? La Chine ne peut-être qu’un allié de long terme de l’empire. Elle n’a AUCUN intérêt a voir l’économie américaine imploser, sauf si elle s’est sécurisée au préalable en garantissant les fonds des oligarques occidentaux. Le bouchon de la grande baignoire de l’économie mondiale sera retiré de concert par les grands oligarques quand ils le décideront, s’ils le décident un jour.

Depuis le scandale de la corruption et des détournements de fonds de l’affaire du programme de l’ONU “pétrole contre nourriture” en Irak, un des responsables de ce projet, ancien fondateur de PetroCanada, ancien haut fonctionnaire de l’ONU, un des “pères fondateurs” du GIEC (connexion avec Big Oil ?…), protégé des Rockefeller, le Canadien Maurice Strong est réfugié en Chine, multi-millionnaire sinon milliardaire de son état, Strong n’est pas en Chine pour y passer une “retraite dorée”, mais pour y travailler de l’intérieur pour ses maîtres de longue date: la famille Rockefeller. Coïncidence ? Qui peut-y croire ?…

Alors le tout ramené au plan géopolitique çà donne quoi ?

L’occident est assujetti à l’oligarchie financière et industrielle, nous avons vu que la Chine peut difficilement échapper à être aspirée dans le tourbillon, ses élites ont vraisemblablement déjà rallié le principe de gouvernance mondiale. Le Moyen-Orient et l’Eurasie sont, il est vrai, les enjeux de demain avec le contrôle des ressources naturelles.

Qu’en est-il de la Russie ? Les oligarques mis en place par les pieds nickelés Gorbatchev/Eltsine avaient pour mission de siphonner l’ensemble de l’ex-URSS dans le giron de l’empire anglo-américain. Ils en ont été empêché par un homme: Vladimir Poutine, qui depuis a ramené la Russie à une place de valeur internationale. La Russie de Poutine n’a pas acheté la dette yankee, elle ne dépend pas de l’occident, du moins l’occident (surtout l’Europe) dépend d’elle tout autant sur un plan énergétique. La Russie se trouve à une certaine croisée des chemins: ostracisée, elle a fait une alliance stratégique naturelle avec la Chine et l’Iran. La Chine gravite dans le giron de la haute finance transnationale, au vu des derniers évènements moyen-orientaux, il semblerait que l’Iran et l’empire aient conclu des accords de derrière le rideau. Le but de l’empire est de briser une quelconque alliance sino-russo-iranienne. La Russie encerclée doit s’ouvrir à de nouveaux alliés en connexion avec la zone Eurasienne. La Chine est énergétiquement très dépendante et a besoin de la Russie et de l’Iran en ce domaine. L’empire est donc en train d’utiliser la Chine pour essayer de rendre la Russie dépendante de ses marchés pétroliers et gaziers envers elle et de l’amener par la bande, économiquement contrainte, à rallier le Nouvel Ordre Mondial.

Les oligarques occidentaux et chinois n’ont absolument aucun intérêt à une guerre thermonucléaire qui les condamneraient eux et leurs rejetons dégénérés à vivre dans des bunkers sous-terrains pour les 3 ou 4 prochains milliards d’années. Pas bon pour le business tout çà ! La propagande de l’empire gonfle à outrance les risques de guerre mondiale et de guerre nucléaire (comme en 1962 et la crise de Cuba) pour finalement faire retomber le soufflet et dire aux foules angoissées: “Ouf les gars! On vous a évité la guerre thermonucléaire.. pour que ceci ne se reproduise plus, voici ce que nous allons faire…” et arrive la gouvernance mondiale gérée par le cartel banquier transnational flanquée de l’infrastructure bureaucratique et militaire sino-onuso-otanesque… Les peuples heureux d’avoir échappé à l’armaguedon nucléaire disent: “Cool, ok, faites ce que vous voulez et merci pour tout !…” et le Nouvel Ordre Mondial se met en place par “consentement”. Les grincheux seront envoyés au goulag…

Voilà à notre sens le scenario qui se joue devant nos yeux, nous ne maîtrisons bien sûr pas tous les détails narratifs, ceci se veut être une ligne générale de ce qu’il se passe géopolitiquement de notre point de vue, mais une chose est certaine en ce qui nous concerne: les médias alternatifs regardent et commentent trop le spectacle qu’on leur met sciemment sous les yeux, celui des politiciens gesticulant pour la galerie allant de réunions en réunions, de leurre en leurre.

La nécessité de regarder derrière le rideau n’a jamais été aussi importante.

Quand le sage montre la lune, seul le fou regarde le doigt”, dit le proverbe chinois. Nous disons: “Quand le sage montre la lune… regardez ce que fait l’autre main, parce que vous savez où est la lune non ?….

 

 

Pays du goulag levant: « Bienvenue dans la réserve » (Russell Means)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 19 mai 2015 by Résistance 71

Présentation de la vidéo entretien avec Russell Means “Bienvenue dans la réserve”

 

Source:

http://www.youtube.com/watch?v=-LA-S64QY3o

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Note: La vidéo sera affichée pour visionnage dans la partie commentaire de ce billet. Elle est en anglais, activez le sous-titrage français.

Les Etats-Unis sont une grande réserve indienne et nous sommes tous dedans. Ainsi pense Russell Means, acteur légendaire, activiste politique et leader de l’American Indian Movement (AIM). Means a menee la saisie et l’occupation du QG du Bureau des Affaires Indiennes à Washington D..C en 1972, en 1973, il fut un des meneurs de la rébellion de Wounded Knee dans le Dakota du Sud, sur la réserve Lakota (Sioux) de Pine Ridge. Ceci fut une réponse au massacre d’au moins 150 hommes, femmes, enfants, vieillards par le 7ème de cavalerie dans un camp près de Wounded Knee en 1890.

Russell Means nous donne un entretien de 90 minutes qui ouvre l’esprit, dans lequel il explique comment les premières nations et les colons américains en général sont tous de fait emprisonnés dans cette énorme réserve que sont les Etats-Unis. Means est un des leaders de la République des Lakota, un mouvement qui a déclaré son indépendance des Etats-Unis et a refusé de reconnaître l’autorité des présidents ou des gouvernements des Etats-Unis, se retirant unilatéralement de tous les traités établis avec le gouvernement fédéral et définissant ses frontières sur un territoire qui couvre des milliers et des milliers de Km2 s’étendant sur les territoires occupés de Dakota du Nord, du sud, du Nebraska, du Wyoming et du Montana.

Means y explique comment les Amérindiens ont été réduit en esclavage virtuel dans des de facto camps de prisonniers de guerre en résultat de la restriction du gouvernement fédéral sur les ressources alimentaires et l’application de tactiques coloniales, un processus qui a aussi maintenant été appliqué au reste des Etats-Unis qui ont été transformés en une “gigantesque réserve indienne”, d’après Means.

Means met en garde les Américains du fait que ceux-ci ont perdu leur capacité de pensée critique et deviennent de plus en plus irresponsables au fil des générations qui passent. Ils deviennent par conséquent moins libres, négligents de l’observation d’un document presque parfait qu’est la constitution, qui est elle-même dérivée de la loi native indienne. Means chronique les pertes de libertés depuis les années 1840 jusqu’à ce jour, de la naissance de la corporation et la déclaration de Lincoln de la loi martiale, en passant par la fin du XIXème siècle et le XXème siècle lorsque le Congrès des Etats-Unis “commença à donner aux banques le droit de régner”, et du jour où les intérêts banquiers privés commencèrent à imprimer l’argent pour le gouvernement et à lui prêter avec intérêt (NdT: 1913 et le vote de la loi sur la réserve fédérale, votée en catimini un soir de Noël 1913 alors qu’une poignée d’élus siégeaient à l’assemblée… cela devrait vous rappeler un évènement très récent en France… Les modus operandi se suivent et se ressemblent, puisqu’ils émanent des mêmes criminels…)

Source: 
‪http://www.prisonplanet.tv/

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