Résistance au colonialisme occidental: retrouver l’esprit des peuples…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique with tags , , , , , , , , , on 24 février 2018 by Résistance 71

« La société est aussi vieille que l’Homme, elle est le tout premier fait. […] Nous possédons la réalité du vivant, l’esprit communal individuel en nous et nous devons le laisser émerger créativement. […] ainsi, la confiance et la mutualité ont dégénéré en capital. L’intérêt commun a été remplacé par l’État. »
« La vaste majorité des humains est déconnectée de la terre et de ses produits, de la terre et de ses moyens de production, de travail. Ils vivent dans la pauvreté et l’insécurité… Là où il n’y a aucun esprit (social) et aucune compulsion interne, il y a forcément une force externe, une réglementation, un État. Là où il y a un esprit (Geist), il y a société. La forme dénuée d’esprit engendre l’État. L’État est le remplacement de l’esprit. [..] L’esprit est une compréhension de l’entièreté dans un universel vivant. L’esprit est une unité de choses séparées, de concepts et d’humains. L’esprit est une activité constructrice… »

~ Gustav Landauer ~

 

Comment nos esprits furent volés

 

Mohawk Nation News

 

21 février 2018

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2018/02/21/how-our-minds-were-stolen/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Lorsque nos esprits sont forcés dans les systèmes de lavage de cerveaux de la machine entrepreneuriale colonialiste par les églises, les écoles, les institutions militaires et gouvernementales, le but est de détruire notre connexion avec la Nature/création.

Comment avons-nous perdu notre esprit et comment le regagner ?

Notre langage nous a été extirpé. Notre langage nous guide tetsikwahnikonra. Le lavage de cerveaux colonial a été inventé pour nous empêcher d’utiliser notre esprit afin de décrire les détails complets de notre monde, comment vivre nos vies et comment nous définir.

Notre langage nous montre ce qui est réel, comment fonctionne la nature, la lune, les étoiles, le soleil et tout autre chose continuent d’exister et comment nous en faisons partie. La nature/création nous donne des outils mentaux onikonra pour prendre des décisions en utilisant notre raison pour disséquer tashatorehton, tous les sujets qui nous affectent. Nous prenons des décisions avec notre esprit et non pas avec nos tripes.

Nous ne prenons pas les choses pour ce qu’elles paraissent être, car cela crée des décisions incomplètes. Nous apprenons de milliers de générations d’esprits onkwehonwe et non pas de mots humains fondés sur des fables non prouvées (NdT: comme la bible par exemple et tout autre texte religieux…) La pensée onkwehonwe est naturellement scientifique, utilisant les deux parties de notre cerveau. Nos parents, nos familles, nos clans et peuple seriwakwenies nous guident pour l’apprentissage.

Nous nous concentrons sur ce que le langage nous dit effectivement, et non pas sur les fausses compréhensions changées par des mots issus d’une langue étrangère esclave. Nous l’utilisons pour ce à quoi elle a été créée, pour nous aider à avoir une véritable compréhension au sujet de tous les aspects de la vie. Nous essayons de comprendre plusieurs aspects en toutes choses. Nous réfléchissons sur ces choses qui nous rendent heureux ou non.

Ainsi, nous en arrivons à nous comprendre nous-mêmes. Tout dans la création est positif, la météo, la pluie, le soleil, la neige et les éléments naturels. En anglais (ou tout autre langage occidental) tout est haineux, ce qui fait partie de notre expérience du lavage de cerveau.

Pour que de bonnes choses se produisent, nous devons être responsables ! Les colonisateurs ont essayé d’extirper notre volonté d’entraide. On nous a dit d”  “attendre les experts” de ceci ou cela et de payer pour ce service. C’est ça la loi entrepreneuriale !

Une adjudication après l’autre n’est en rien respectueux ni égalitaire. Les conseils de bandes et de tribus peuvent vendre leur droit de naissance s’ils le veulent mais pas le notre. La terre, la rivière, les ressources, tout nous appartient. On ne peut pas les laisser donner tout cela en échange de privilèges imbéciles que les immigrants ont érodés.

Les conseils de bandes (Canada) et de tribus (USA) et leur clique de suiveurs sont des automates entraînés à la falsification et conditionnés à la fausse spiritualité, payés pour faire le sale boulot du gouvernement colonial.

Pour retrouver nos vies, nous devons nous focaliser sur qui nous sommes.

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Nouvelle ingérence israélienne dans la politique française…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, presse et média, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 24 février 2018 by Résistance 71

On aimerait voir les merdias franchouillards en parler. Que l’oligarchie se rassure, ça n’arrivera pas, car la pressetituée française est 100% sous contrôle… Alléluia !!
~ Résistance 71 ~

 

Le journal libanais Al Akhbar publie la photo de l’agente du Mossad qui recrutait de hauts dirigeants français

 

Al Manar avec Al Akbar (Liban)

 

23 février 2018

 

Source: http://french.almanar.com.lb/790645

 

France

Le quotidien libanais AlAkhbar a publié la photo de l’espionne du Mossad, qui selon Le Canard enchaîné, est entré en contact avec de hauts fonctionnaires du ministère de la Défense. Depuis deux ans, selon l’hebdomadaire, l’employée des renseignements extérieurs israéliens aurait en effet aurait même réussi à lier des contacts avec des hauts fonctionnaires.

Le ministère de la Défense a-t-il été infiltré par une espionne du Mossad ?

La quadragénaire franco-israélienne, appelé Laurence Bendenir  (la transcription du nom pas certaine), a réussi à sympathiser avec un haut gradé du ministère de la Défense, auprès de qui elle se faisait passer pour une consultante dans les réseaux djihadistes (takfiristes). Mais l’espionne aurait réussi à tisser sa toile au-delà de la Défense, en se rapprochant de trois hauts fonctionnaires du Quai d’Orsay, de Matignon et du ministère de l’Intérieur.

Il aura fallu l’intervention des services de renseignement français pour démasquer l’espionne. La DGSI et la DGSE ont en effet mis sous surveillance la quadragénaire. Une affaire sérieuse puisque, toujours selon Le Canard enchaîné, les personnalités qu’elle aurait approchées ont depuis changé de fonctions. Malgré la gravité des faits, la justice française n’aurait pas donné son aval à des poursuites.

En 2010 déjà, la France avait découvert une tentative du Mossad de recruter des agents français présent en Syrie, lors de l’opération Ratafia lancée par l’entité sioniste et l’Hexagone. En mars dernier, plusieurs agents de la DCRI avaient été mutés après avoir été suspectés de fournir des renseignements au Mossad et deux membres de l’ambassade d’Israël avaient dû quitter la France. Enfin, en 2011 et 2012, le Mossad avait essayé de faire acheter au renseignement intérieur français et à la direction de la police des moyens techniques piégés.

Guerre du gaz au MO: gaz sioniste en Arabie Saoudite ?

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 24 février 2018 by Résistance 71

La guerre du gaz… toujours la guerre du gaz au MO, cela fait plusieurs années que nous le disons. Le fil conducteur du chaos impérialiste occidental dans la région
~ Résistance 71 ~

 

Le gaz israélien en Arabie Saoudite ?

 

Al Manar

 

22 février 2018

 

Source: http://french.almanar.com.lb/789505 

 

L’Égypte se transformera bientôt en un portail permettant l’exportation du gaz israélien vers les pays arabes, dont l’Arabie saoudite.

Le quotidien Rai al-Youm a évoqué le récent accord gazier scellé entre l’Égypte et ‘Israël’, ajoutant que cet accord permettrait à l’entité sioniste d’exporter le gaz vers les pays arabes, notamment l’Arabie saoudite.

Et d’ajouter: « Quand le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié de “journée historique” le jour où Israël et l’Égypte ont scellé un accord gazier, cela voulait dire que la normalisation des relations économiques entre Israël et les pays arabes venait de prendre une nouvelle dimension. L’Égypte se transformera-t-elle en un portail permettant les exportations gazières d’Israël vers l’Arabie saoudite ? Ceux qui ont constaté les signes d’une joie profonde sur le visage de Netanyahu, lorsqu’il faisait part de la conclusion d’un contrat gazier avec l’Égypte, savent bel et bien que ce contrat de 15 milliards de dollars revêt une importance toute particulière pour Israël. Ce document permet à Israël d’exporter 64 milliards de mètres cubes de gaz naturel vers l’Égypte, qui est un pays arabe de poids. L’importance toute particulière de cet accord a été bien saisie par le Premier ministre israélien. En réalité, Netanyahu n’a pas exagéré en qualifiant de “journée historique” le jour de la conclusion du contrat, car cet événement permettra à Tel-Aviv d’empocher des milliards de dollars, d’autant plus que cet accord est de nature politique plutôt qu’économique et rendra largement le terrain propice à une normalisation entre ‘Israël’ et l’Égypte.

Par ailleurs, ledit accord servira de portail via lequel le ‘gaz israélien’ sera vendu non seulement à l’Égypte, mais en plus à d’autres pays arabes, dont et surtout l’Arabie saoudite. La preuve : aucun détail n’a été rendu public.

Reste à savoir pourquoi l’Égypte doit avoir besoin d’importer du gaz alors qu’elle possède, elle-même, de riches gisements d’hydrocarbure.

En Égypte, le delta du Nil abrite plusieurs vastes gisements gaziers. En 2015, un gisement gazier a été découvert, dans cette région, par le groupe énergétique italien ENI, qui a annoncé, à ce moment, que l’extraction du gaz, à partir de ce gisement, pourrait atteindre un milliard de mètres cubes au mois de juin. Les seuls gisements gaziers du delta permettent à l’Égypte de subvenir à ses besoins intérieurs et elle pourrait acheter du gaz à Chypre, à l’Algérie, à la Grèce, à l’Iran et à la Libye, si nécessaire. Étant donné que les autorités égyptiennes cherchent toujours à tirer le maximum de profit des accords d’achat de gaz, il serait plutôt dans leur intérêt d’acheter du gaz auprès des pays arabo-musulmans qui sont en mesure de vendre leur gaz à un prix plus abordable.

En effet, l’accord conclu entre ‘Israël’ et l’Égypte n’est pas uniquement destiné à la vente de ‘gaz israélien’ au Caire, mais aidera ‘Israël’ à vendre son gaz naturel à plusieurs pays, car Tel-Aviv fait face à plusieurs problèmes économiques et politiques qui l’empêchent d’exporter son gaz en Europe. Il faudrait au moins huit ans et sept milliards de dollars pour construire un réseau de gazoducs destiné à transférer le gaz israélien vers l’Europe alors que ce transfert pourrait facilement avoir lieu pour un demi-milliard de dollars, grâce à un portail qui s’appelle l’Égypte. Cela dit, il est très probable que l’Égypte vendra le gaz israélien à d’autres pays, dont et surtout l’Arabie saoudite. À ce propos, le gouvernement égyptien a préféré rester silencieux, disant qu’il n’était pas en mesure de s’exprimer au sujet des accords signés par le secteur privé.

Mais le groupe égyptien Delphinus ne pouvait nullement signer un tel méga-contrat avec ‘Israël’ sans le feu vert du Caire. »

« Il semblait inimaginable que des pays comme la Jordanie et l’Égypte, qui étaient par le passé des critiques farouches d’’Israël’, achèteraient un jour du gaz volé aux Palestiniens par les Israéliens, versant ainsi des milliards de dollars à Tel-Aviv, des dollars qui risquent d’être utilisés pour armer les militaires israéliens au détriment des pays arabo-islamiques », a conclu Rai al-Youm.

Source: PressTV

Néo-libéralisme et Nouvel Ordre Mondial: Petit coup d’œil sur le dernier projet en date: le traité Mercosur

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Après le CETA signé le 21 septembre 2017, après le JEFTA signé le 8 décembre 2017, voilà le MERCOSUR, que l’UE veut signer le 2 mars 2018

 

Auteur anonyme

 

Reçu par courriel

 

le 23 février 2018

 

On est étonné de voir qu’il n’y a aucune mobilisation contre le Mercosur qui est en cours.

C’est un nouveau traité de libre échange qui est en train d’avoir lieu entre l’Union Européenne et le quatuor d’Etats d’Amérique Latine Brésil, Paraguay, Uruguay, Argentine.http://www.rfi.fr/economie/20170205-accord-entre-ue-le-mercosur-merkel-appelle-reprise-négociations

On sait déjà que cela va être catastrophique avec le Brésil, qui utilise tous les pesticides interdits http://www.liste-hygiene.org/arcpesticbresil.htmlhttp://alimentation-generale.fr/nature/bio/au-bresil-champion-du-monde-des-pesticides-le-bio-progresse-a-vue-doeil, et un insecticide contre les moustiques super dangereux qui est la vraie cause de la déformation des fœtus injustement reporté sur le virus zika https://www.lexpress.fr/actualite/societe/virus-zika-le-role-trouble-d-un-insecticide-dans-les-cas-de-microcephalie_1763407.html, qui est lui même une fabrication breveté par Rockefeller https://www.naturalnews.com/052896_Zika_virus_Rockefeller_Foundation_purchased_online.html, et introduit par les moustiques génétiquement modifiés d’oxitec, entreprise britannique, financé par Bill gates, université d’oxford et racheté par intrexon lui même dirigé par l’ex pdg de Monsanto.

En 2014, le Brésil et l’Argentine sont les 2 plus gros producteurs d’OGM au monde après les Etats Unis.Les 10 pays ayant le plus produit d’OGM en 2014 sont les États-Unis (40,3 %), le Brésil (23,3 %), l’Argentine(13,4 %), l’Inde (6,4 %), le Canada (6,4 %), la Chine (2,1 %), le Paraguay, l’Afrique du Sud, le Pakistan et l’Uruguay. Les Philippines arrivent en 12e position, avec 688 218 hectares de maïs transgénique en 2014 7. Les OGM sont cultivés à plus de 86 % sur le continent américain.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Surfaces_cultiv%C3%A9es_en_OGM

A notre avis, avec les traités de libre échange avec le Mercosur, il y a de fortes chances que des moustiques OGM d’Oxitec s’invitent dans la cargaison des avions vers l’Europe. N’oublions pas que ces moustiques OGM se nourrissent de tétracycline, la tétracycline tue le gène tueur, et leur permettent de se reproduire dans la nature, remplaçant les autres moustiques, et créant le virus zika. Bref, comme, justement l’échange qui se discute c’est la viande, Mercosur et UE discutent de l’export de la viande, et comme justement Oxitec donnait de la  tétracycline en laboratoire à ses moustiques pour qu’ils survivent https://neveragainkw.wordpress.com/2016/09/05/leaked-oxitec-document-confirms-15-survival-rate-of-sterile-gmo-mosquitoes/, et que tous les animaux de bétail au Brésil sont nourris avec des antibiotiques de tétracycline, présents aussi dans les eaux sales, et utilisé chez McDdonald, bref, les moustiques pourront se nourrir dans la cargaison des avions et arriver en Europe. Oxitec a toujours voulu imposer ses insectes OGM en europe, il a déjà voulu pour les tomates, dont un insecte parasite de tomate était aussi arrivé du Brésil en Europe en 2006 https://www.corsematin.com/article/corse/un-papillon-ravageur-de-tomates-sabat-sur-la-corse-du-sud, là ce sera le passager clandestin.

Syngenta a fait un partenariat avec Oxitec au Brésil pour créer des insectes OGM soit disant pour l’agriculture.Donc tout le monde va bouffer des insectes OGM (présents dans les fruits et légumes exportés) à ses dépends à défaut de moustiques OGM.https://www.swissaid.ch/fr/insectes-OGM

En ce moment, il n’y a que les agriculteurs qui combattent contre le Mercosur,

Ce matin, les agriculteurs manifesteront une fois de plus. Et une fois de plus, ils auront raison. Après la suppression unilatérale des aides accordées par l’État aux zones les plus défavorisées, ils défileront pour la protection de nos territoires et contre la politique libre-échangiste d’Emmanuel Macron.

Dans leur série de hashtag « L’Addition Macron » lancés à grandes bottes sur les réseaux sociaux, afin de détourner l’attention des propos grossiers de son président, les Républicains auraient été bien inspirés d’attaquer le gouvernement sur ce terrain-là et de rappeler à Emmanuel Macron ces deux mots qu’il n’ose plus lire, et qui pourtant ont fait le tour de nos campagnes : CETA, MERCOSUR.

C’est peu dire que les promesses pieuses du nouveau Président, adressées au secteur lors de ses vœux à Saint-Genès-Champanelle, paraissent bien loin pour les agriculteurs français, aujourd’hui plongés dans une situation plus que jamais exsangue.

Et pour cause : malgré les engagements d’Emmanuel Macron, force est de constater que les négociations de l’UE et du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) avancent à marche forcée. Les deux parties se sont retrouvées mardi 20 février à Asunción et un accord politique pourrait être annoncé, avec l’accord implicite du gouvernement français, le 2 mars, avant le début de la campagne pour les élections générales au Brésil.

En plein Salon International de l’Agriculture, cet accord qui porterait à 99 000 tonnes le contingent d’importation tarifaire de bœuf, constituerait un véritable scandale pour notre filière bovine, aujourd’hui à bout de souffle.

Il viendrait s’ajouter aux 240 000 tonnes de bœuf que l’UE importe déjà du Mercosur et aux 60 000 tonnes de bœufs prévu dans le cadre du CETA signé en grandes pompes par Emmanuel Macron au lendemain de son élection. Au total, ces importations du Canada et du Mercosur représenteront plus de la moitié de la production européenne.

Le tout venant d’animaux à la traçabilité quasi inexistante, élevés en batterie dans des feedlots, nourries aux OGM et aux farines animales, et, bourrés aux antibiotiques.

Dire oui au Mercosur, ce serait remettre en cause un modèle de société, que nous voulons ouverte, certes, mais aussi respectueuse des attentes des citoyens en matière sécurité alimentaire, de protection de l’environnement et de bien-être des animaux.

Dire oui au Mercosur, c’est favoriser un modèle agricole intensif, responsable à 80 % de la destruction de la forêt amazonienne.

Dire oui au Mercosur, c’est signer à coup sûr l’arrêt de mort de nos contrées les plus reculées, avec la disparition à moyen terme de nos modèles d’élevages, ces contrées dans lesquelles le Ministre de l’Agriculture ne va plus et qui participent pourtant à la cohésion et aux équilibres sociaux-économiques de nos territoires.

Le silence assourdissant du Président de la République, hier sur le CETA, aujourd’hui sur le Mercosur, sont symptomatiques de l’inconstance d’Emmanuel Macron sur les questions agricoles et environnementales.

Le jour où l’on importera tout ce que l’on consomme, on aura perdu tout contrôle sur nos modes de vie. C’est un choix qui n’est pas le mien !

A l’heure où il s’apprête à enfiler pour la première fois son costume de Président pour se rendre à la grande messe de l’agriculture française, et où l’Europe se prépare à aborder la réforme de la PAC, dans laquelle la France a toujours joué un rôle prépondérant, il serait temps qu’Emmanuel Macron habille sa politique d’une vision claire sur l’avenir de l’agriculture.

https://blogs.mediapart.fr/eric-andrieu-depute-europeen/blog/210218/ceta-mercosur-emmanuel-macron-doit-arreter-de-livrer-nos-agriculteurs-en-pature-2

Depuis plusieurs semaines, les agriculteurs se mobilisent un peu partout en France. Ils manifestent notamment contre le projet de réforme de la carte des zones défavorisées qui doit être présentée prochainement par le ministère de l’Agriculture. Dans ce contexte tendu, le président de la République recevra les Jeunes Agriculteurs pour une réception à l’Elysée à l’heure du déjeuner jeudi 22 février. Ce sont plus de 1000 exploitants âgés de moins de 35 ans et s’étant installés en 2017 qui ont été conviés.

Une génération d’agriculteurs qui, selon l’Elysée, va opérer la bascule et le changement souhaité par le président de la République lors de ses vœux aux agriculteurs, ce sont eux qui représentent l’avenir de l’agriculture.

Une rencontre dont le timing n’a rien d’anodin, puisque ce rendez-vous intervient deux jours avant l’inauguration du salon de l’Agriculture auquel le Président se rendra le samedi 24 février. C’est une façon d’anticiper une potentielle grogne qui pourrait s’exprimer dans les allées du Salon. Une subtilité d’agenda qui n’est pas sans rappeler la réception organisée pour les édiles au Palais le 22 novembre dernier, remontés par la suppression des contrats aidés, quelques jours seulement avant le Congrès des Maires de France.

https://www.quotidien-libre.fr/agriculteurs-elysee-macron/

ils vont aller voir Macron à l’Elysée qui a promis d’en rencontrer 1000, il veut calmer tout le monde, pour signer le traité de libre échange, tranquillos. A part les agriculteurs, les français ne font rien, ils ne s’intéressent plus à l’agriculture depuis que la population est à 80% citadine et concentrée dans les smart city, et que le pourcentage de paysans diminue sans cesse, les préoccupations environnementales sont de moins en moins. Les citadins préfèrent s’embourber dans des histoires de religions ou de couleur de peau plutôt que de s’occuper d’environnement. C’est plus simple pour eux. cela fait moins réfléchir.

Ah dur, d’ici quelques générations, la race humaine sera complètement génétiquement modifié, déformé avec tous les pesticides, OGM qu’elle sera obligée de bouffer à son insu, et tous les virus répandus par les moustiques génétiquement modifiés. Toutes les espèces naturelles, l’homme inclus, seront tous remplacés par des êtres vivants génétiquement modifiés.

Le saumon génétiquement modifié est fait par la même société Intrexon qui a acheté Aquabunty et Oxitec qui produit les insectes génétiquement modifiés avec Syngenta. Il y a aussi les huitres génétiquement modifiés, ces huitres génétiquement modifiés à Noel, car normalement la saison des huitres c’est au printemps pas à Noel, mais pour hausser le commerce, l’Ifremer institut public français a créé des huitres génétiquement modifiés pour toutes les saisons même à Noel http://www.lepoint.fr/societe/un-plateau-d-huitres-modifiees-pour-noel-08-12-2012-1547258_23.php, mais que les ostréiculteurs ont accusé ces huitres OGM d’être la cause d’un herpès ravageur détruisant les huitres naturelles. https://reporterre.net/Les-huitres-sont-malades-l-Ifremer Ces huitres OGM représentent 1/3 du marché français, mais n’ont aucun étiquetage

http://www.journaldelenvironnement.net/article/la-discretion-des-huitres-triploides,58666

3 individus sont morts après avoir mangé ces huitres OGM, mais la France refuse de reconnaître le lien dans le dernier cas, ici, on voit qu’il y a une mutation http://lechodelaboucle.fr/2014/12/31/huitre-tueuse-jurassien-parmi-les-premieres-victimes/

http://www.leparisien.fr/societe/huitres-d-arcachon-deces-suspect-de-deux-consommateurs-07-09-2006-2007307809.php

https://www.lexpress.fr/actualites/1/societe/les-huitres-a-noel-combien-de-chromosomes-dans-vos-assiettes_1971286.html

Evidemment, il n’y a aucune étude scientifique là, dessus, la majorité des étudiants font des thèses sur l’intelligence artificielle, ou autres qui rapportent aux entreprises, ils vont pas se risquer à faire des études, qui peut entrainer des poursuites de multinationales. Parce qu’il faut du courage pour dénoncer toutes ces choses. Voilà, pourquoi, il faut que tous les Français se mettent à l’université, abolir la sélection, pour qu’un groupe de chercheurs mobilisés avertisse de tous les dangers présents dans nos assiettes et soit assez fort et nombreux pour résister aux menaces.

« Les entreprises n’hésitent plus à attaquer les chercheurs en justice. Après les ONG et les lanceurs d’alerte, c’est au tour de la communauté scientifique de faire l’objet de procédures abusives en diffamation. Une instrumentalisation de la justice qui met à mal la liberté d’expression »https://www.franceculture.fr/droit-justice/procedures-baillons-les-chercheurs-vises-par-lintimidation-judiciaire

Avec la loi sur le secret des affaires, on a vu luxleaks, bon, bah imaginez qu’un chercheur scientifique dénonce oxitec, le problème c’est qu’il achète les chercheurs pour qu’ils soutiennent son commerce, donc voilà, abolir la sélection c’est vraiment important pour lutter contre ce NVO. Sinon on restera dans ce système pyramidal, et on aura ça! des robots et des humains artificiels génétiquement modifiés en partie cyborg.

L’empathie est ce qui sauvera l’humanité; voilà pourquoi ils commencent tous par nous rendre autistes par les pesticides et vaccins obligatoires à l’aluminium et les survivants, deviendront des haineux fascistes

Effort de complémentarité du XIème siècle… Trois poèmes classiques arabes athées…

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique with tags , , , , on 21 février 2018 by Résistance 71

… de Abu-l-Ala al-Maarri

Quelques poèmes sur la religion d’un des plus grands poètes et philosophes arabes classiques du XIème siècle, né près de la ville d’Alep, aujourd’hui en Syrie, al-Maari était athée et acerbe contre la connerie humaine. Il a publié l’essentiel de son œuvre à Baghdad. Il est sceptique, rationaliste et pessimiste sur la nature humaine, caractéristiques que nous ne partageons pas mais qui rendent ses écrits sans doute plus virulents et attachants.

Al-Maari  a de nouveau défrayé la chronique en 2013, lors de sa seconde mort, après que les psychopathes du Front al-Nosra (les barjots d’Al Qaïda en Syrie, mercenaires de l’empire, dont le ministre de la défense français de l’époque, Laurent Fabius, vantait leur “bon boulot sur le terrain”…) aient mis à bas et décapité sa statue érigée dans sa ville natale de Maarat al-Nouman près d’Alep en Syrie.

~ Résistance 71 ~

Religion

« Les hommes sont poèmes récités par leur destin

Parmi eux le vers libre et le vers enchaîné. »

Réveillez-vous, réveillez-vous, ô égarés !

Vos religions sont subterfuges des Anciens.

Ils disent que le Temps mourra bientôt,

Que les jours sont à bout de souffle.

Ils ont menti – ils ignorent son échéance.

N’écoutez pas ces champions de fourberie.

Les gens voudraient qu’un imam se lève

Et prenne la parole devant une foule muette.

Illusion trompeuse – il n’est d’imam que la raison,

Notre guide de jour comme de nuit.

Peut-être dans les temples se trouvent-ils des gens

qui procurent la terreur à l’aide de versets,

Comme d’autres dans les tavernes

Procurent le plaisir.

Les lois divines ont semé parmi nous la rancune

Et nous ont apporté toutes sortes de malheurs,

Les corps vont à la poussière.

Aucun savant ne sait où va l’âme.

Malgré moi, je suis sorti en ce bas monde,

Et mon voyage est pour un monde ailleurs.

Cela malgré moi aussi, et Dieu m’en est témoin !

Suis-je prédestiné, entre ces deux mondes,

A accomplir une tâche,

Ou suis-je libre de mes choix ?

Raison – demeures laissées à l’abandon

Ignorance – solides demeures habitées.

La religion – commerce de morts.

Pour cette raison, c’est un objet invendable

parmi les vivants.

L’ égaré appelle impie celui qui ne partage pas sa foi.

Malheur à lui ! Quel homme n’a pas connu l’impiété ?

Le Livre est devenu trompettes des égarés,

Et les versets, mélodies.

Ils en ont joué, puis, dans leur infamie,

Les ont agitées comme des épées

Sur l’homme paisible qui veille

Au clair de lune.

Je ne blâme pas l’athée ?

Mais plutôt celui qui, craignant l’enfer,

Persiste dans sa furie.

La raison ne peut que s’étonner des lois,

Qu’elles soient païennes, musulmanes,

juives ou chrétiennes.

Vos temples et vos bordels se valent.

Loin de moi, Ô genre humain !

Puissé-je rester sous terre et ne pas me lever

Quand Dieu vous appellera à la résurrection !

Quant à la certitude, elle n’existe pas.

L’apogée de mes efforts se trouve

Dans l’intuition et les pressentiments.

J’ai poussé loin mes recherches

Et mes investigations.

J’affirme, malgré cela,

Que je suis perdu et ignorant.

Le mensonge a détruit

Les habitants de la terre.

Leurs descendants se sont groupés en sectes

Qui ne peuvent fraterniser.

Si l’inimitié n’avait été dans leur nature,

Dès l’origine,

Mosquée, église et synagogue

N’auraient fait qu’une.

La vérité est soleil recouvert de ténèbres –

Elle n’a pas d’aube dans les yeux des humains.

La raison, pour le genre humain

Est un spectre qui passe son chemin.

Foi, incroyance, rumeurs colportées,

Coran, Torah, Évangile

Prescrivant leurs lois …

A toute génération ses mensonges

Que l’on s’empresse de croire et consigner.

Une génération se distinguera-t-elle, un jour,

En suivant la vérité ?

Deux sortes de gens sur la terre :

Ceux qui ont la raison sans religion,

Et ceux qui ont la religion et manquent de raison.

Tous les hommes se hâtent vers la décomposition,

Toutes les religions se valent dans l’égarement.

Si on me demande quelle est ma doctrine,

Elles est claire :

Ne suis-je pas, comme les autres,

Un imbécile ?

Abu-l-Ala al-Maari

Autres pensées

Les hommes sont paroles du temps,

Il est inévitable qu’elles subissent

modification et changement.

Les destins m’ont dépassé sur la route et s’en sont allés.

Me voici éternel, à en lasser l’éternité.

Dans l’exil et l’éloignement,

L’homme est à l’image d’une étincelle

Se séparant de son feu.

Si elle tombe sur une terre lisse,

Elle te montrera son extinction.

Si elle rencontre des brindilles,

Tu verras son embrasement.

O homme, tu es pareil à la fourmi

Levée de bon matin pour chercher

Un grain de blé à traîner.

Le temps est un oiseau qui prend l’espace –

Attrape-le ! Toute la sagesse tiendra dans ta main.

c’est au milieu de la foule

Que je m’ensauvage –

Ma solitude n’est autre

Que livre de mon humanité.

Ces nuits nous emportent

Comme vaisseaux au large

Naviguant sans amarres.

Comme si la tristesse n’était que cendres

Répandues sur ton front,

Mais c’est ton cœur qui brûle.

La pensée est une corde.

Si on en saisit un bout,

Ce même bout sera relié

Aux pléiades.

La pensée voit que la lumière

Est créée dans l’éternité

Et que l’essence du temps n’est autre

Que son obscurité.

Des gens prétendent diriger leurs semblables,

Cette direction, pour moi, est tyrannie.

Abu-l-Ala al-Maari

———

Pareils vos mosquées et bordels

Gens infréquentables !

Ni bonne plante, ni palmier

Ni gommier vous êtes

Mais épine que nul ne cueille

Nuisible, délétère.

Ho ! imbéciles, réveillez-vous ! Les sites que tu crois sacrés

ne sont qu’impostures inventées par les anciens

Avides de pouvoir, qui vécurent dans la luxure

Et moururent dans la bassesse et leur loi n’est que poussière.

Les gens viennent des contrées les plus lointaines

pour jeter des cailloux (à Satan) et pour baiser la Pière Noire.

Combien étranges sont les choses qu’ils disent !

Est-ce que l’humanité tout entière devient aveugle à la vérité ?

Parmi les ruines croulantes de la religion

L’éclaireur sur son chameau joua de la flûte

Et appela les siens : « Restons ici !

La pâture regorge de mauvaises herbes. »

Les musulmans trébuchent, les chrétiens sont égarés

Les juifs sont dévoyés, les mages sont dans l’erreur.

Nous les mortels nous répartissons en deux catégories

Les crapules initiées et les dévots stupides.

Le mensonge à tant corrompu le monde

Que jamais nulle dispute n’aura divisé de vrais amis

Comme les sectes l’ont fait

Mais la haine étant dans la nature humaine

Les églises et les mosquées se sont élevées côte à côte.

Abu-l-Ala al-Maari

Résistance au colonialisme: Vision et analyse de la colonisation en 1912 (Jean Grave)

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Grand texte d’analyse visionnaire de Jean Grave écrit en 1912 que d’aucuns jugeront sans aucun doute de référence “archaïque” (elle est pour toi celle-là para…), mais dont l’actualité, 106 ans plus tard, est confondante et assourdissante pour la simple et bonne raison que cette analyse touche à l’universalité de la malfaisance de l’État, aidé en cela par son comparse capitaliste.

Il est plus que grand temps que nous adressions cette ignominie qui perdure et que nous nous unissions dans la complémentarité de nos cultures pour foutre toute cette fange par dessus bord et pour reprendre la barre du bateau ivre.

Quelques fragments de solution:

Manifeste de la societe des societes

~ Résistance 71 ~

 

La colonisation

 

Jean Grave

 

Les Temps Nouveaux no15, 1912

 

La colonisation prend trop d’expansion à notre époque pour que les anarchistes ne disent pas leur mot sur cette question. À l’heure où les nations dites civilisées se disputent des zones d’influence en Afrique : en Tripolitaine[1], au Congo, au Maroc, se partageant les peuples comme un bétail, tout cela cachant les plus louches combinaisons financières ; les pasteurs de peuples, n’étant plus que les chargés d’affaires des requins de la finance, des tripoteurs d’affaires véreuses, nous devons nous élever contre ce produit hybride du patriotisme et du mercantilisme combinés – brigandage et vol à main armée, à l’usage des dirigeants.

Un particulier pénètre chez son voisin ; il brise tout ce qui lui tombe sous la main, fait la rafle de ce qu’il trouve à sa convenance, c’est un criminel ; la « Société » le condamne. Mais qu’un gouvernement se trouve acculé à une situation intérieure où le besoin d’un dérivatif extérieur se fasse sentir ; qu’il soit encombré chez lui de bras inoccupés, dont il ne sait comment se débarrasser, de produits qu’il ne sait comment écouler, que ce gouvernement aille porter la guerre chez des populations lointaines, qu’il sait trop faibles pour pouvoir lui résister, qu’il s’empare de leur pays, les soumette à tout un système d’exploitation, leur impose ses produits, les massacre si elles tentent de se soustraire à l’exploitation qu’il fait peser sur elles, oh ! alors, ceci est moral ! Du moment que l’on opère en grand, cela mérite l’approbation des honnêtes gens ; cela ne s’appelle plus vol ni assassinat ; il y a un mot honnête pour couvrir les malhonnêtes choses que la société commet ; on appelle cela « civiliser » les populations arriérées !

Et que l’on ne crie pas à l’exagération ! Un peuple n’est réputé colonisateur que quand il a su tirer, d’une contrée, le maximum des produits qu’elle peut rendre. Ainsi, l’Angleterre est un pays colonisateur, parce qu’elle sait faire « rendre » à ses colonies le bien-être pour ceux qu’elle y envoie, qu’elle sait faire rentrer dans ses coffres les impôts dont elle les frappe.

Dans les Indes, par exemple, ceux qu’elle y envoie font des fortunes colossales ; le pays, il est vrai, est bien ravagé de temps à autre par des famines épouvantables, qui déciment des centaines de milliers d’hommes : qu’importent les détails, si John Bull[2] peut y écouler ses produits manufacturés, en tirer, pour son bien-être, ce que le sol de la Grande-Bretagne ne peut lui fournir. Ce sont les bienfaits de la civilisation !

Aujourd’hui, il est vrai, il faut déchanter. L’Inde fait concurrence aux produits de la « Mère Patrie ». Qu’à cela ne tienne, les capitalistes y transporteront leurs capitaux et leurs usines, et, comme les Hindous se nourrissent d’une poignée de riz, on pourra encore édifier des fortunes ; tant pis si les ouvriers anglais paient la différence. Pour leur faire prendre patience, on leur promettra l’empire du monde, et on les lancera contre les Boers ou les Allemands.

En France, c’est autre chose, on n’est pas colonisateur. Oh ! rassurez-vous, cela ne veut pas dire que l’on soit moins brigand, que les populations conquises soient moins exploitées, non ; seulement, on est moins « pratique ». Au lieu d’étudier les populations que l’on conquiert, on les livre aux fantaisies du sabre, on les soumet au régime de la « Mère Patrie » ; si les populations ne peuvent s’y plier, tant pis pour elles, elles disparaîtront petit à petit, sous l’action débilitante d’une administration à laquelle elles n’étaient pas habituées. Qu’importe ? Si elles se révoltent, on leur fera la chasse, on les traquera comme des fauves, le pillage sera alors non seulement toléré, mais commandé ; cela s’appellera une « razzia ».

La bête féroce que l’on élève et entretient sous le nom de soldat est lâchée sur des populations inoffensives qui se voient livrées à tous les excès que pourront imaginer ces brutes déchaînées : on viole les femmes, on égorge les enfants, des villages sont livrés aux flammes, des populations entières sont chassées dans la plaine où elles périront fatalement de misère. Ce n’est rien que cela, laissez passer, c’est une nation policée, qui porte la civilisation chez des sauvages !

Certes, à bien examiner ce qui se passe tous les jours autour de nous, tous cela n’a rien d’illogique ni d’anormal ; c’est bien le fait de l’organisation actuelle ; rien d’étonnant à ce que ces « hauts faits » d’armes obtiennent l’assentiment et les applaudissements du monde bourgeois. La bourgeoisie est intéressée à ces coups de brigandage, ils lui servent de prétexte à entretenir des armées permanentes, cela occupe les prétoriens qui vont, dans ces tueries, se faire la main pour un « travail » plus sérieux ; ces armées elles-mêmes servent de débouché à toute une série d’idiots et de non-valeurs dont elle serait fort embarrassée et qui, au moyen de quelques mètres de galons, deviennent ses plus enragés souteneurs. Ces conquêtes lui facilitent toute une série de tripotages financiers, au moyen desquels elle écumera l’épargne des gogos à la recherche des entreprises véreuses, elle accaparera les terrains volés aux vaincus ; ces guerres occasionnent des tueries de travailleurs dont le trop-plein la gêne chez elle. Les pays conquis ayant « besoin » d’une administration, nouveau débouché à toute une armée de budgétivores et d’ambitieux qu’elle attache ainsi à son char, tandis qu’inemployés, ils pourraient la gêner sur sa route.

Plus encore, ce sont des populations à exploiter, qu’elle pourra courber sous le travail, auxquelles elle pourra imposer ses produits, qu’elle pourra décimer sans avoir à en rendre compte à personne. En vue de ces avantages, la bourgeoisie n’a donc pas à hésiter, et la bourgeoisie française l’a tellement bien compris qu’elle s’est lancée à toute vapeur dans les entreprises coloniales.

Mais ce qui nous étonne, ce qui nous écœure, c’est qu’il y ait encore des travailleurs qui approuvent ces infamies, ne ressentent aucun remords de prêter la main à ces canailleries, et n’aient pas compris cette injustice flagrante de massacrer des populations chez elles, pour les plier à un genre de vie qui n’est pas le leur. Oh ! nous connaissons les réponses toutes faites qu’il est d’usage de débiter lorsqu’on s’indigne des faits trop criants : « Ils se sont révoltés, ils ont tué des nôtres, nous ne pouvons pas supporter cela… Ce sont des sauvages, il faut les civiliser… Nous avons besoin des terres qu’ils ne savent pas cultiver… Les besoins du commerce l’exigent… Oui, peut-être, on a eu tort d’aller chez eux, mais les colonies nous ont trop coûté d’hommes et d’argent pour les abandonner, etc., etc. »

« Ils se sont révoltés, ils ont tué des nôtres. » Eh bien ! après ? Qu’allait-on chercher chez eux ? Que ne les laissait-on tranquilles ? Est-ce qu’ils sont venus nous demander quelque chose ? On a voulu leur imposer des lois qu’ils ne veulent pas accepter, ils se révoltent, ils font bien, tant pis pour ceux qui périssent dans la lutte, ils n’avaient qu’à ne pas prêter la main à ces infamies.

« Ce sont des sauvages, il faut les civiliser. » Que l’on prenne l’histoire des conquêtes et que l’on nous dise après quels sont les plus sauvages, de ceux que l’on qualifie de la sorte ou des « civilisés » ? Quels sont ceux qui auraient le plus besoin d’être « civilisés », des conquérants ou des populations inoffensives qui, la plupart du temps, ont accueilli les envahisseurs à bras ouverts et, pour prix de leurs avances, en ont été torturées, décimées ? Prenez l’histoire des conquêtes de l’Amérique par l’Espagne, des Indes par l’Angleterre, de l’Afrique, de la Cochinchine et du Tonkin[3] par la France, et, à l’heure actuelle, la Tripolitaine par l’Italie, et venez, après, nous vanter la civilisation ! Bien entendu, dans ces historiques, vous n’y trouverez que les « grands faits » qui, par leur importance, ont laissé une trace dans l’histoire ; mais s’il fallait vous faire le tableau de tous les « petits faits » dont ils se composent, et qui passent inaperçus, s’il fallait mettre au jour toutes les turpitudes qui disparaissent dans la masse imposante des faits principaux, que serait-ce alors ? On reculerait écœuré devant ces monstruosités.

J’ai, pour ma part – ayant passé quelque temps dans l’infanterie de marine – entendu raconter une foule de scènes qui prouvent que le soldat qui arrive dans un pays conquis s’y considère, par le fait, comme un maître absolu ; pour lui, les habitants sont des bêtes de somme qu’il peut faire mouvoir à son gré ; il a droit de prise sur tout objet à sa convenance, malheur à l’indigène qui voudra s’y opposer, il ne tardera pas à apprendre que la loi du sabre est la seule loi ; l’institution qui défend la Propriété en Europe ne la reconnaît pas sous une autre latitude. Le soldat, en cela, est encouragé par les officiers qui prêchent d’exemple, par l’administration qui lui met la trique en main pour surveiller les indigènes qu’elle emploie à ses travaux.

Que de faits répugnants vous sont racontés là, naïvement comme choses très naturelles, et, lorsque, par hasard – si l’indigène s’est révolté, a tué celui ou ceux qui l’opprimaient –, vous dites qu’il a bien fait, il faut entendre les cris de stupeur qui accueillent votre réponse : « Comment ? puisque nous sommes les maîtres ! puisque l’on nous commande ! il faut bien nous faire obéir ; si on les laissait faire, ils se révolteraient tous, ils nous chasseraient. Après avoir dépensé tant d’argent et tant d’hommes, la France perdrait le pays, elle n’aurait plus de colonies ! »

Voilà où la discipline et l’abrutissement militaires amènent l’esprit des travailleurs ; ils subissent les mêmes injustices, les mêmes turpitudes qu’ils aident à faire peser sur les autres ; et ils ne sentent plus l’ignominie de leur conduite, ils en viennent à servir, inconsciemment, d’instruments au despotisme, à se vanter de ce rôle, à ne plus en comprendre toute la bassesse et l’infamie.

Les civilisateurs européens, Italiens, Français ou autres, feraient bien mieux de tirer partie des terres qui sont incultes chez eux, avant d’aller voler celles des autres.

Quant aux besoins du commerce, voilà bien le vrai motif : Messieurs les bourgeois s’étant embarrassés de produits qu’ils ne savent comment écouler, ils ne trouvent rien de mieux que d’aller déclarer la guerre, pour imposer ces produits à de pauvres diables impuissants à se défendre.

Certes, il serait facile de s’entendre avec eux, on pourrait trafiquer par la voie des échanges ; comme ils ne sont pas très ferrés sur la valeur des objets, ceux-ci n’ayant, pour eux, de valeur qu’autant qu’ils leur tirent l’œil, il serait facile de les « enfoncer » et de réaliser de beaux bénéfices ; n’en était-il pas ainsi avant que l’on pénétrât dans le continent noir ? N’était-on pas, par l’intermédiaire des peuplades de la côte, en relation avec les peuplades de l’intérieur ? N’en tirait-on pas déjà les produits que l’on en tire à présent ?

Oui, cela est possible, cela a été, mais voilà le diable ! Pour opérer de la sorte, il faut du temps, de la patience, impossible d’opérer en grand, il faut compter avec la concurrence : « Le commerce a besoin qu’on le protège ! » On sait ce que cela veut dire : vite, deux ou trois cuirassés en marche, une demi-douzaine de canonnières, un corps de troupes de débarquement, saluez, la civilisation va faire son œuvre. Nous avons pris une population forte, robuste et saine, dans quarante ou cinquante années d’ici nous vous rendrons un troupeau anémié, abruti, misérable, décimé, corrompu, qui en aura pour très peu de temps à disparaître de la surface du globe. Alors sera complète l’œuvre civilisatrice !

Si l’on doutait de ce que nous avançons, que l’on prenne les récits des voyageurs, qu’on lise la description des pays où les Européens se sont installés par droit de conquête, partout la population s’amoindrit et disparaît, partout l’ivrognerie, la syphilis et autres importations européennes les fauchent à grands coups, atrophient et anémient ceux qui survivent. Et peut-il en être autrement ? Non, étant donnés les moyens que l’on emploie. Voilà des populations qui avaient un autre genre de vie que nous, d’autres aptitudes, d’autres besoins ; au lieu d’étudier ces aptitudes et ces besoins, de chercher à les adapter à notre civilisation, graduellement, insensiblement, en ne leur demandant de prendre, de cette civilisation, que ce qu’ils pouvaient s’assimiler, on a voulu les plier d’un coup ; on a tout rompu ; non seulement elles ont été réfractaires, mais l’expérience leur a été fatale.

Que le rôle de l’homme soi-disant civilisé aurait pu être beau, s’il avait su le comprendre, et si lui-même n’avait été affligé de ces deux pestes : le gouvernement et le mercantilisme, deux plaies affreuses dont il devrait bien songer à se débarrasser avant de chercher à civiliser les autres.

La culture des peuplades arriérées pourrait se poursuivre pacifiquement et amener à la civilisation des éléments nouveaux susceptibles, en s’y adaptant, de la revivifier. Que l’on ne vienne pas nous parler de la duplicité et de la férocité des barbares ! Nous n’avons qu’à lire les récits de ces hommes, vraiment courageux, qui sont partis au milieu de populations inconnues, poussés par le seul idéal de la science et le désir de connaître. Ceux-là ont su s’en faire des amis, ont pu passer chez eux sans en avoir rien à craindre ; la duplicité et la férocité ne sont venues que de ces misérables trafiquants qui se décorent faussement du nom de voyageurs ; ne voyant, dans leurs voyages, qu’une bonne affaire commerciale ou politique, ils ont excité, contre le blanc, l’animosité de ces populations, en les trompant dans leurs échanges, en ne tenant pas les engagements consentis, en les massacrant, au besoin, quand ils pouvaient le faire impunément.

Faut-il apporter des faits ? Qu’on lise les livres de Vigné d’Octon[4] ; Chez les Hova, de Jean Carol[5]. Les atrocités des Chanoine et des Voulet[6] ne sont pas si loin de nous que l’on ne se les rappelle encore. Quant aux exploits des « civilisateurs » italiens en Tripolitaine, ils sont de l’heure présente.

Allons, allons, philanthropes du commerce, civilisateurs du sabre, rengaînez vos tirades sur les bienfaits de la civilisation. Ce que vous appelez ainsi, ce que vous déguisez sous le nom de colonisation a un nom parfaitement défini dans votre Code, lorsqu’il est le fait de quelques individualités obscures ; cela s’appelle : « Pillage et assassinats en bandes armées ». Mais la civilisation n’a rien à voir avec vos pratiques de bandits de grands chemins.

Ce qu’il faut à la classe dirigeante, ce sont des débouchés nouveaux pour ses produits, ce sont des peuples nouveaux à exploiter ; c’est pour cela qu’elle envoie les Soleillet, les de Brazza, les Crampel, les Trivier, les Fourreau, les Lamy[7], etc., à la recherche de territoires inconnus pour y ouvrir des comptoirs qui livreront ces pays à son exploitation sans bornes ; elle commencera par les exploiter commercialement, pour finir par les exploiter de toutes les façons lorsqu’elle aura placé ces peuplades sous son protectorat ; ce qu’il lui faut, ce sont des terrains immenses qu’elle s’annexera graduellement, après les avoir dépeuplés ; ne faut-il pas beaucoup de place pour y déverser le trop-plein de la population qui l’embarrasse ? Et acheter les parlementaires qui se font leurs complices à la Chambre ?

Vous, dirigeants, des civilisateurs ? Allons donc ! Qu’avez-vous fait de ces peuplades qui habitaient l’Amérique et qui disparaissent tous les jours, décimées par les trahisons, auxquelles, au mépris de la foi jurée, vous arrachez, peu à peu, les territoires de chasse que vous aviez dû leur reconnaître ? Qu’avez-vous fait de ces peuplades de la Polynésie, que les voyageurs s’accordaient à nous montrer comme des populations fortes, vigoureuses – de vrais types de beautés – et qui, maintenant, disparaissent sous votre domination ?

Vous des civilisateurs ? Mais du train dont marche votre civilisation, si les travailleurs devaient succomber dans la lutte qu’ils vous livrent, vous ne tarderiez pas à périr à votre tour, sous votre indolence et votre paresse, comme sont tombées les civilisations grecque et romaine, qui, ayant perdu toutes les facultés de lutte pour ne conserver que celle de jouir, ont succombé bien plus sous le poids de leur avachissement que sous les coups des barbares, qui, venant à prendre part à la lutte, dans la plénitude de leurs forces, n’ont pas eu grand peine à renverser cette civilisation en pleine décomposition.

Comme vous avez pris à tâche de détruire les races, non pas inférieures, mais seulement retardataires, vous tendez de même à détruire la classe des travailleurs, que vous qualifiez aussi d’inférieure. Vous cherchez tous les jours à éliminer le travailleur de l’atelier, en le remplaçant par des machines. Votre triomphe serait la fin de l’humanité ; car, perdant peu à peu les facultés que vous avez acquises par la nécessité de lutter, vous retourneriez aux formes ancestrales les plus rudimentaires, et l’humanité n’aurait bientôt plus d’autre idéal que celui d’une association de sacs digestifs, commandant à un peuple de machines, servies par des automates, n’ayant plus d’humain que le nom.

Notes:

[1] Possession ottomane depuis le xvie siècle, la Libye, dont la Tripolitaine est une des trois grandes régions, est colonisée par l’Italie en 1912.

[2] Personnage représentant l’Anglais typique.

[3] Après avoir colonisé la Cochinchine, région du Vietnam sud, et le Tonkin, région du Vietnam nord, les Français les intègrent en 1887 à l’Union indochinoise.

[4] Médecin de la Marine, écrivain et homme politique, Paul Vigné d’Octon (1859-1943) est l’auteur d’un pamphlet anticolonialiste, La Sueur du burnous (1911).

[5] Dans Chez les Hova. Au pays rouge (1898), Jean Carol (1848-1922), de son vrai nom Gabriel Lafaille, critique l’attitude des colons français à Madagascar.

[6] Appelée Mission Voulet-Chanoine, l’expédition française menée par les capitaines Paul Voulet et Julien Chanoine part en Afrique en 1899 pour la conquête coloniale du Tchad et se révèle particulièrement sanguinaire.

[7] Paul Soleillet (1842-1886), Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905), Paul Crampel (1864-1891), Élisée Trivier (1842-1912), Fernand Foureau (1850-1914), François Lamy (1858-1900), explorateurs français qui ont participé activement à la conquête coloniale de l’Afrique.

Justice coloniale: Procès Ahed Tamimi à huit-clos en Palestine occupée…

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L’occupant israélien impose un procès à huis-clos pour l’adolescente Ahed Tamimi

 

Jaclynn Ashly

 

15 février 2018

 

Source:

http://www.chroniquepalestine.com/occupant-israelien-impose-proces-huit-clos-adolescente-ahed-tamami/

 

Les procès d’une jeune militante palestinienne et de sa mère ont commencé à huis clos après qu’un juge militaire israélien ait interdit aux médias d’entrer dans la « cour de justice ».

Ahed Tamimi, 17 ans, a été kidnappée par les forces israéliennes d’occupation en décembre dernier, après qu’une vidéo de sa gifle et de ses coups contre deux soldats israéliens à l’extérieur de sa maison dans le village de Nabi Saleh, soit devenue virale. Sa mère, Nariman, a été enlevée à son tour, peu de temps après.

Les procédures judiciaires ont débuté mardi au centre de détention israélien d’Ofer, avec seulement des membres de famille autorisés à être présents à l’audience après que le juge ait interdit les journalistes, malgré une demande de procès public par Gaby Lasky, l’avocate de la famille Tamimi.

« Le tribunal a décidé de fermer les portes parce qu’ils prétendent que ce n’est pas bon pour Ahed, mais ce que je pense, c’est que le tribunal ne pense pas que ce soit bon pour le tribunal », a déclaré Gaby Lasky aux journalistes.

L’audience était la première session du tribunal depuis que le juge a décidé le mois dernier de garder la mère et la fille dans une prison israélienne toute la durée de leurs procès.

L’audience d’Ahed a duré deux heures et sa prochaine audience est prévue le 11 mars. Elle est jugée séparément de sa mère, dont la prochaine audience aura lieu le 6 mars.

L’adolescent, qui a eu 17 ans alors qu’elle était en détention, fait face à 12 chefs d’accusation, y compris des allégations de voies de fait et « d’incitation », et pourrait passer jusqu’à 10 ans de prison si elle est déclarée « coupable ».

La vidéo devenue célèbre a été filmée peu de temps après qu’Ahed ait été informée que son cousin de 15 ans avait été grièvement blessé par les forces israéliennes qui lui avaient tiré une balle en acier enduite de caoutchouc.

« Complètement routinier »

Amit Gilutz, porte-parole du groupe israélien de défense des droits de l’homme, B’Tselem, a déclaré que toutes les pratiques utilisées contre Ahed et Nariman « sont complètement routinières » pour les Palestiniens en Cisjordanie occupée.

« Les tribunaux militaires eux-mêmes sont l’un des mécanismes les plus violents de l’occupation et ne sont pas mis en place pour rechercher la justice ou la vérité, mais pour maintenir l’occupation », a déclaré M. Gilutz à Al Jazeera.

Ahed et sa mère sont détenues à la prison HaSharon d’Israël depuis près de deux mois.

Ahed est depuis devenue une icône pour les 330 enfants palestiniens actuellement détenus dans les prisons israéliennes, et des groupes de défense des droits de l’homme ont exigé sa libération immédiate.

« En tant que jeune fille désarmée, Ahed n’a présenté aucune menace lors de l’altercation avec les deux soldats israéliens lourdement armés et portant des gilets pare-balles », a déclaré Magdalena Mughrabi, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique d’Amnesty International.

Mughrabi a déclaré qu’Ahed n’avait rien fait qui puisse justifier sa détention prolongée et « les longues et agressives séances d’interrogatoires qu’elle a dû subir ».

« Une fois de plus, les autorités israéliennes ont répondu aux actes de défi lancés par un enfant palestinien avec des mesures totalement disproportionnées par rapport à l’incident en question », a-t-elle ajouté.

Human Rights Watch (HRW) a également condamné la détention de l’adolescente.

Le procès de Tamimi « est une violation du droit international et sans justification aucune », a déclaré Bill Van Esveld, un chercheur de HRW, dans un communiqué publié lundi.

« Son cas soulève des inquiétudes. Le système de justice militaire israélien, qui détient des centaines d’enfants palestiniens chaque année, est incapable de respecter les droits des enfants. »

Depuis l’enlèvement d’Ahed, les forces israéliennes ont continué de sévir contre les habitants de Nabi Saleh, selon Manal Tamimi, une proche de l’adolescente et de sa mère.

Les deux fils de Manal sont restés emprisonnés en Israël depuis leur arrestation par les forces israéliennes le mois dernier.

Depuis le kidnapping d’Ahed, au moins neuf autres membres de la famille Tamimi ont été enlevés, dont cinq sont toujours détenus par Israël. La plupart ont été enlevés pendant les raids de l’armée israélienne durant la nuit.

Dans ce contexte, Manal a déclaré que les résidents de Nabi Saleh ont organisé des sessions de formation et de réflexion pour les enfants et les jeunes adultes de la communauté, afin de les préparer à d’éventuelles arrestations et interrogatoires par les forces israéliennes d’occupation.

Pendant la formation, les enfants ont eu les yeux bandés et les mains liées derrière le dos – une scène typique lors des raids israéliens de nuit en Cisjordanie occupée.

Manal a déclaré à Al Jazeera que les exercices étaient nécessaires pour « préparer nos enfants aux tactiques de détention israéliennes et s’assurer qu’ils savent quels étaient leurs droits ».

Le village a également fait face à des menaces grandissantes de la part des colons résidant dans la colonie illégale de Halamish, située à côté du domicile de la famille Tamimi.

Plus tôt ce mois-ci, les habitants ont déclaré que les colons israéliens s’étaient infiltrés à Nabi Saleh au milieu de la nuit pour laisser des graffitis [appels au meurtre] sur les murs du village, notamment « Mort à Ahed Tamimi » et « Il n’y a pas de place dans ce monde pour Ahed Tamimi ».