Marionnettes, état profond, maîtres de l’univers et le facteur « X » de la présidence Trump (Pepe Escobar)

Posted in actualité, canada USA états coloniaux, chine colonialisme, colonialisme, crise mondiale, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 23 janvier 2017 by Résistance 71

Voici comment va se danser la présidence de Trump

 

Pepe Escobar

 

20 janvier 2017

 

url de l’article:

http://www.informationclearinghouse.info/46278.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’ère Trump commence dès maintenant, avec la géopolitique et la géoéconomie programmées pour une série à suspense imminente et imprévisible.

J’ai argumenté que la stratégie du gourou en politique étrangère de Trump, Henry Kissinger, qui s‘intéresse à l’intégration du formidable trio eurasiatique que constituent la Russie, la Chine et l’Iran, va le faire dans un remix de la vieille règle du diviser pour mieux régner ; séduire la Russie et l’éloigner de son alliance stratégique avec la Chine, tout en continuant à harceler le chaînon faible de l’alliance: l’Iran.

En fait, tout ceci est déjà en cours comme vu dans les éruptions des membres sélectionnés du cabinet de Trump lors de leur audition au sénat. Des factions du pays des think tanks de Yankland, se référant à la politique chinoise sous Nixon, qui fut élaborée par Kissinger, sont aussi excitées avec les possibilités d’encerclement en regard d’au moins une des ces puissances “potentiellement rangées contre les Etats-Unis”.
Kissinger et le Dr Zbig “grand échiquier” Brzezinski sont les deux auto-proclamés marionnettistes occidentaux les plus en vue de l’arène géopolitique. En opposition à Kissinger, le mentor en politique étrangère d’Obama, Brzezinski, en continuation de sa russophobie légendaire, propose un diviser pour mieux régner basé sur la séduction de la Chine.

Pourtant, une source très influente du monde des affaires et de la finance de New York, très proche des véritables et discrets maîtres de l’univers, qui avait correctement prédit la victoire de Trump avant les faits, après avoir examiné mon argument a offert non seulement une sévère évaluation des ces dalangs très estimés, mais il s’est aussi porté volontaire pour détailler comment la nouvelle normalité a été mise en place par les Maîtres directement à Trump. Appelons cette source “X”.

L’observation sans fin de la Chine

“X” commence par faire ce que les réguliers connectés avec l’état profond américain et qui révèrent leurs idoles, n’osent jamais faire du moins publiquement: “Il est important de ne pas trop faire attention à Kissinger et Brzezinski dans la mesure où ils ne sont que les vitrines de ceux qui prennent les décisions et cela fait partie de leur boulot de maquiller les décisions prises d’une bonne couche d’intellectualisme. Ce qu’ils disent n’a pratiquement aucune signification réelle. J’utilise leurs noms de temps en temps car je ne peux pas utiliser les noms de ceux qui prennent de fait les décisions.

C’est le signe d’”X” pour détailler la nouvelle normalité: “Trump a été élu avec le soutien des maîtres afin de pencher vers la Russie. Les maîtres ont leurs outils dans les médias et au congrès pour maintenir la campagne de diabolisation contre la Russie et aussi d’avoir la marionnette Brzezinski aboyer contre elle en disant ‘que l’influence mondiale des Etats-Unis dépend de la coopération avec la Chine’. Le but est de menacer la Russie pour coopérer et de placer ces pions sur la table des négociations pour Trump. Dans une approche des plus traditionnelle du “bon flic, méchant flic”, Donald est mis dans le rôle du bon flic voulant de bonnes relations avec la Russie et le congrès, les médias et Brzezinski sont les sales flics. Ceci a pour but d’aider Trump dans les négociations avec la Russie alors que Poutine voit la ‘situation précaire de son ami et devrait vouloir faire des concessions majeures au fil du temps.”

Ceci nous amène au comment Taïwan et le Japon ont été embarqués dans l’affaire: “Donald montre aux Russes le penchant amorcé et discutant avec Taïwan, montre que le glissement est sérieux. Mais il fut décidé de jeter le Japon dans le mélange comme prédateur contre l’industrie des Etats-Unis avec une attaque sur Toyota parfaitement méritée. Ceci modéra la position alors que les maîtres prirent peur avec le perception que notre façon de monter le Japon contre la Chine serait une trop forte provocation.

Attendez-vous donc à ce que la Chine, comme l’a prescrit le “sans trop d’importance” Kissinger, soit sous observation attentive non-stop: “Les maîtres ont décidé de réindustrialiser les Etats-Unis et veulent reprendre les boulots à la Chine. Ceci est même très bien du point de vue de la Chine, car pourquoi voudraient-ils vendre leur travail aux Etats-Unis pour un dollar qui n’a plus de valeur intrinsèque et ne rien recevoir en retour pour ce travail. La Chine devrait avoir une voiture dans chaque garage de chaque ouvrier chinois ainsi ils deviendront un gros producteur de voitures, plus gros que l’UE, les USA et la Japon réunis et ainsi leur propre nation garderait sa propre richesse dans le pays.

Pourquoi donc la Chine plus que la Russie ? “ En ce sens, la Russie est un pays ayant de gigantesques ressources naturelles et complexe militaro-industriel (ce dernier étant la seule raison pour laquelle elle est secrètement respectée…) qui est exemptée de toute rhétorique commerciale belliqueuse car elle n’exporte quasiment rien mis à part ses ressources naturelles et son équipement militaire. Les maîtres veulent le boulot de retour du Mexique, d’Asie, incluant le Japon, Taïwan etc et vous voyez cela poindre dans l’attaque de Trump sur le Japon. La raison sous-jacente principale est que les Etats-Unis ont perdu le contrôle des mers et ne peuvent plus assurer leurs composants militiares éparses en cas de guerre majeure. C’est tout ce qui a de l’importance maintenant et c’est la grosse affaire qui se trame derrière toute la scène.

En seulement quelques mots, “X” détaille la renverse d’un cycle économique: “Les maîtres ont gagné beaucoup d’argent en transférant l’industrie en Asie (Bain Capital s’est spécialisé là-dedans), et Wall Street a gagné plein de pognon avec les taux d’intérêt très bas sur les dollars recyclés des déficits commerciaux. Mais maintenant, l’affaire est stratégique et ils vont faire de l’argent sur le retour des industries diminuant leurs investissents en Asie et les ramenant aux Etats-Unis alors que nous allons reproduire ici.” “X” est toujours un admiratur d’Henry Ford et de sa stratégie affairiste et ceci est le signal pour lui d’adresser un thème crucial: celui de la défense nationale.
D’après “X”, “Ford a doublé les salaires qu’il payait et a fait plus d’argent que tout autre manufacturier. La raison était qu’un salaire où une mère pouvait avoir plusieurs enfants sur le salaire de son mari était psychologiquement un bon point pour la productivité de ses usines et ainsi ses ouvriers pouvaient aussi se permettre d’acheter ses autos. Il reconnaissait ainsi que dans une société, il devait y avoir une juste redistribution de la richesse, ce que son admirateur futur Steve Jobs n’a jamais pu faire.
La productivité de masse d’Henry Ford fut alors la merveille du monde et c’est ce qui a fait gagner la seconde guerre mondiale aux Etats-Unis. Amazon ne contribue en rien à la défense nationale, n’étant qu’un service de marketing et de vente sur internet fondé sur des logiciels informatiques, Google n’ont plus, bien qu’ils organisent mieux les données. Rien de tout cela ne construit un meilleur missile ou un meilleur sous-marin sauf peut-être pour des raisons très très marginales.

C’est le Pentagone, idiots

Alors oui, tout ceci est en lien direct avec la réorganisation de l’armée des Etats-Unis. “X” a insisté à se référer sur un rapport du CNAS que j’avais cité dans un article préalable: “C’est très important pour ce qui apparaît entre les lignes. C’est à dire que nous sommes très en retard technologiquement sur la Russie et ce de plusieurs générations en terme d’armement, ce qui est le suivi de ce que Brzezinski avait dit à savoir que nous ne sommes plus une puissance globale.

Ceci est une analyse très précise et balayant très large sur le comment la Russie a réussi à organiser la meilleure force armée au monde et ceci ne prend même pas en compte les derniers modèles de missiles défense S-500, qui sont maintenant déployés et sont en train de verrouiller tout l’espace aérien russe. Que dire de la nouvelle génération S-600 qui va bientôt arriver ? (NdT: Les russes ont déployé des S-300 en Syrie, ce qui fait déjà trembler toute les armées de l’air impérialistes et ces S-300, terreurs des pilotes ont déjà été remplacés par les S-400 et maintenant les S-500 sortent pour l’armée russe…) Elle sera encore plus puissante.

“X” s’aventure en territoire étatique profond généralement tabou, sur le comment la Russie cette dernière décennie, a réussi à se hisser bien au-delà et à prendre une grande avance sur les Etats-Unis, “l’éclipsant en tant que plus puissante force militaire au monde”. Mais le jeu n’est peut-être pas encore fini, vœu pieux ou autre: “Nous espérons que le ministre de la défense James Mattis va comprendre cela et que son adjoint possède une très bonne connaissance de la technologie de pointe, qu’il a un sens aigu de l’organisation et la prévoyance de comprendre que les armes de la troisième guerre mondiale ne seront plus la puissance aérienne, les chars et les porte-avions, mais les missiles de défense et d’attaque et les sous-marins.

Réaliste, “X” admet que le statu quo des va t’en guerre nouveaux cons et nouveaux cons libéraux, représentés par la plupart des factions de l’état profond, ne va jamais abandonner la position prise par défaut d’une hostilité sans relâche envers la Russie. Mais il préfère se concentrer sur le changement: “Laissons Tillerson (NdT: le ministre des affaires étrangères de Trump, CEO d’Exxon-Mobil…) réorganiser le ministère en utilisant l’efficacité d’Exxon (NdT: maison Rockefeller, dont à la fois Kissinger et Brzezinski sont les protégés). Il sera peut-être une valeur en cela. Lui et Mattis sont sans doute des sans couilles, mais si vous dites la vérité au sénat, il est possible que vous ne soyez pas confirmé dans votre poste, Donc ce qu’ils disent ne veut rien dire du tout. Mais notez ceci au sujet de la Libye. La CIA avait pour objectif de virer la Chine d’Afrique tout comme AFRICOM. Ceci fut un des secrets du pourquoi de l’intervention libyéenne.

Pas que çà ait marché du reste ; AFRICOM et l’OTAN ont transformé la Libye en un tas de ruines géré maintenant par des milices et la Chine n’a toujours pas été virée du reste de l’Afrique.

“X” admet aussi: “La Syrie et l’Iran sont des lignes rouges infranchissables pour la Russie, tout comme l’Ukraine orientale a partir du Dniepr.” Il a parfaitement conscience que Moscou ne permettra pas de changement de régime à Téhéran. Il est aussi conscient que “les investissements de la Chine dans le pétrole et le gaz iranien impliquent que la Chine également ne permettra pas à Washington de renverser le gouvernement iranien.

Çà devient vraiment dur dur quand on parle de l’OTAN ; “X” est convaincu que la Russie “envahira la Roumanie et la Pologne si ces missiles américains ne sont pas retirés. L’important n’est pas le système de défense inutile et obsolète des américians mais la possibilité de sa substitution par des missiles nucléaires dans ces silos. La Russie ne tolèrera pas ce risque. Ceci n’est pas sujet à négociation.

En contraste avec la propagande perpétuelle de “la menace perpétuelle” par le gang guerrier américain, Moscou se focalise sur les faits de terrain depuis les années 1990 ; la destruction de son allié historique slave la Serbie, les nations de l’ex-pacte de Varsovie et même des anciennes républiques de l’URSS annexées par l’OTAN, sans mentionner les tentatives de récupération de la Georgie et de l’Ukraine par le déploiement des révolutons colorées US ; le fiasco total du “Assad doit partir” dans une tentative de changement de régime forcé en Syrie incluant même des djihadistes salafistes armés, des sanctions économiques, une guerre des prix du pétrole et des raids sur la monnaie russe le rouble, sans parler du harcèlement sans relâche fait par l’OTAN à ses frontières.
“X”, parfaitement au courant de tous ces faits, ajoute : “La Russie a toujours voulu la paix. Mais ils ne vont pas jouer le jeu des maîtres de l’univers qui font jouer à Trump le rôle du bon gars et le congrès, la CIA etc les sales types, le tout comme plan de négociation. C’est comme çà qu’ils le voient. Ils ne voient pas ce cirque comme étant réel.”

Ce cirque n’est peut-être qu’une illusion ou un wayang, théâtre de marionnette balinais, comme je l’ai déjà suggéré ; “X” avance une sèche interprétation de ce jeu de l’ombre depuis le point de vue de Moscou, permettant “plusieurs mois pour voir si Poutine peut travailler à une détente avec Trump, qui créerait essentiellement une zone autonome en Ukraine orientale, un traité de paix en Syrie avec Assad en place et une sortie des forces de l’OTAN d’Europe de l’Est jusqu’à la ligne de défense occupée sous Reagan.

Qui va prévaloir, les maîtres de l’univers ou l’état profond ? préparez-vous pour l’impact !

Résistance politique: Le syndicat anarchiste IWW en Belgique

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 23 janvier 2017 by Résistance 71

Industrial Workers of the World IWW l’anarcho-syndicalisme en Belgique

 

Revue Ballast

 

15 janvier 2017

 

url de l’article original:
http://www.revue-ballast.fr/iww-belgique-renoncer-a-lobjectif-plein-emploi/

 

Le syndicalisme a perdu de son aura. Vilipendé par les grands médias (pour sa « violence » et ses « prises en otage des usagers »), accusé par ceux d’en haut d’entraver la bonne marche libérale — le « comportement archaïque des syndicats », titrait Le Figaro à l’occasion de grèves, pourtant droit constitutionnel — et par les franges les plus critiques du mouvement social de se perdre en magouilles et compromis, bureaucratisation et liens avec le pouvoir obligent. L’IWW — Industrial Workers of the World — est un syndicat international, pour partie libertaire, fondé en 1905, à Chicago ; le préambule de sa Constitution s’avance ainsi : « La classe ouvrière et la classe patronale n’ont rien en commun. Il ne peut y avoir de paix tant que la faim et le besoin touchent des millions de travailleurs et que les quelques privilégiés, qui forment la classe patronale, jouissent de toutes les bonnes choses de la vie. » Le refus de la professionalisation et l’horizontalisme comptent au nombre de ses pilliers : un syndicat qui, jure-t-il, entend porter sans louvoyer les revendications populaires, d’hier et de demain. Entretien avec sa section belge.

Dans quel but créer un syndicat aussi minoritaire ? Vous ne vouliez pas peser à l’intérieur du syndicat socialiste majoritaire, la FGTB ?

L’IWW partage avec la Fédération générale du travail de Belgique la finalité principale de l’abolition du salariat, en tant que mécanisme de subordination au patronat. Un objectif présent à la fois dans la charte d’Amiens (1906) et dans son équivalent belge, la charte de Quaregnon (1894). Certains de nos membres sont, ou ont été, membres de la FGTB ou d’autres syndicats reconnus. Nous avons de bons rapports avec les camarades délégués de base dans les trois syndicats reconnus en Belgique. Par rapport à la France, le taux de syndicalisation est beaucoup plus élevé en Belgique (50 % contre 11 % pour la France), parce que les syndicats gèrent les prestations de chômage. Les syndicats reconnus sont donc de grosses structures « politicianisées » — un problème majeur de conflit d’intérêts se pose souvent… Il arrive régulièrement que des mandataires syndicaux aient par ailleurs des mandats dans des conseils d’administration d’organes parastataux [en Belgique, organismes d’intérêts publics, ndlr], ou soient liés de près ou de loin à des mandataires politiques.

Par ailleurs, les trois organisations syndicales reconnues au niveau national (FGTB, CSC et CGSLB) mettent elles-mêmes en lumière un problème majeur de légitimité lorsqu’elles disent être « dépassées par la base ». Dans les faits, les mandats syndicaux sont de moins en moins légitimes — et ce pour plusieurs raisons : la gestion des militants comme d’un public adhérent à un service sans dimension politique ; la représentativité dans les instances paritaires sans informations ni débats sur les points qui y sont discutés et signés ; la priorité absolue et aveugle donnée à la « concertation » et l’abandon de l’objectif d’émancipation de la classe ouvrière au profit du « maintien de l’emploi ». Mentionnons également que, dans le public, les délégués syndicaux sont choisis par cooptation par la hiérarchie syndicale ; dans le privé, ce n’est pas le cas, mais le résultat est le même puisque les structures syndicales rentrent les listes des candidats et peuvent les modifier.

Pour illustrer l’incurie dans lequel le mouvement ouvrier est plongé, il suffit de voir le mot d’ordre de l’avant-dernière manifestation nationale contre l’équivalent belge de la loi « Travaille ! » : « Pour une meilleure concertation ! » Il est vrai que l’IWW est aujourd’hui très minoritaire en Belgique. Pour autant, il n’a pas vocation à le rester (comme le rappelle notre slogan « One big union »). Rejoindre ce syndicat est avant tout un choix politique : doit répondre, à la mondialisation de lois non légitimes, dont l’ambition manifeste est de détruire les acquis obtenus après une longue lutte par les salariés — il n’y a qu’à voir les manifestations ou les grèves qui s’ensuivent —, un mouvement tout aussi mondial de revendications originales et communes. Ce qui nous a amenés à l’IWW, c’est l’horizontalité revendiquée, la centralité des luttes de base dans une perspective internationaliste. L’IWW a une histoire des luttes qui remonte à 1905. Cette expérience est utile dans un contexte de régression sociale qui nous ramène au XIXe siècle.

On voit, en Grande-Bretagne, que le Labour de Corbyn fait revenir des syndicats dans son giron, créant une dynamique allant à l’encontre du blairisme…

Nous observons avec intérêt l’expérience en cours au Royaume-Uni, mais ce n’est pas notre approche. De par nos statuts, nous devons rester indépendants de tous partis politiques — ce qui est aussi, théoriquement, le cas de la FGTB.

Le seul couple travail versus capital n’est-il pas en voie d’être dépassé par la pluralité des luttes ? L’« ouvriérisme » historique a-t-il encore un avenir ?

L’action de l’IWW s’inscrit dans le champ du travail et de la répartition de la richesse, dans la perspective traditionnelle de la lutte des classes — qui est la réalité politique d’aujourd’hui et dont les manifestations sont multiples : lois Travail en Belgique et en France, répression des chômeurs, traités de libre-échange… Le système capitaliste valorise les communautarismes pour, d’une part, permettre l’expansion du capitalisme dans des marchés de niche (les « tribus » créés par le marketing, ciblant les adolescents, voire des adultes, les communautés culturelles, religieuses, de genre ou de couleur, etc.) et, d’autre part, nier l’existence de classes en permettant l’accès à l’élite bourgeoise d’une partie des communautés en lutte. Qu’a donc fait Barack Obama pour améliorer la situation des Afro-Américains ? Ou encore Laurence Parisot pour les conditions de travail des femmes ? En Belgique, une stratégie de mise en tension des Flamands et des Wallons permet l’instauration de politiques antisociales en détournant l’attention de la population de ses intérêts. Il est donc fondamental pour nous de contrer cette grille de lecture en centrant notre action sur la lutte des classes. Nous concevons cependant qu’il est nécessaire de lutter conjointement sur d’autres terrains que celui du travail, pour l’avènement d’une société juste : il y a parmi nous des camarades qui s’intéressent à l’intersectionnalité, au croisement des luttes.

Vous faites partie d’un syndicat international. Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ?

Cela permet de partager les ressources et les efforts, en particulier ceux des militants qui se déplacent entre les pays — ce qui correspond à la tradition internationaliste. Pour donner un exemple, cette année, un « wobbly » (camarade IWW) d’Allemagne a passé quelques mois à Bruxelles pour son travail : il a participé aux réunions IWW Belgique dès son arrivée et s’est impliqué dans notre section en apportant son expérience (l’IWW est bien implantée depuis dix ans en Allemagne). Nous avons également pu organiser deux formations de base avec des camarades de France et d’Allemagne. Nous avons des contacts avec les militants d’autres syndicats en Belgique, ou avec les camarades de la CNT en France, dont la perspective est proche de la nôtre. Le fait d’être un syndicat international induit une décentralisation importante, ce qui permet une grande autonomie d’action et de décision. Cela implique également une réflexion sur les modes de lutte, qui ne doivent pas monter les travailleurs les uns contre les autres. Autrement dit, des luttes qui ne jouent pas la victoire des salariés de Belgique au détriment des camarades ailleurs dans le monde.

Quels sont les principes et démarches qui vous différencie des autres syndicats ?

Nous suivons le préambule de la constitution IWW, qui décrit brièvement et simplement nos méthodes et objectifs : la lutte des classes y est menée par l’auto-organisation des travailleurs dans un syndicat unitaire, pour en finir avec l’esclavage salarial. L’émancipation de la classe ouvrière passe obligatoirement par la lutte, avec deux objectifs majeurs : le partage des ressources et l’autonomie dans l’activité. La lutte nous paraît nécessaire pour l’acquisition de droits salariaux et politiques. Nous n’avons jamais vu de salariés obtenir de droits sans passer par la lutte. Il est cependant nécessaire de penser à la manière dont ces droits sont maintenus, et donc de réfléchir la question des institutions.


Dans cette perspective internationaliste, y a-t-il des communiqués unitaires sur de grandes questions transversales, d’ordre géopolitique ?

L’IWW soutient par exemple BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) et a une tradition critique vis-à-vis de l’impérialisme depuis, au moins, la Première Guerre mondiale ; il a soutenu les victimes de l’impérialisme américain au Nicaragua ou au Chiapas, mais aussi les victimes des régimes dits communistes en Europe de l’Est dans les années 1980.

Y a-t-il une volonté d’influencer les autres syndicats ?

Notre mode de fonctionnement étant centré sur les actions locales, cela ne peut qu’influer sur l’action syndicale traditionnelle dans les collectifs de travail. Si « influencer les autres syndicats » signifie les rendre plus combatifs, moins perméables aux compromis, bref, leur rappeler à quel point ils doivent être porteurs de projets émancipateurs et progressistes, alors la réponse est oui. À gauche, tout à gauche.

Comment se positionne un syndicat comme le vôtre, entre l’engagement politique et la défense des travailleurs ? Par exemple, comment mener la transition énergétique, ou militaire, tout en préservant l’emploi ?

La défense des travailleurs est notre engagement politique ! Nous réfutons la contradiction entre les deux termes. L’émancipation de la classe ouvrière passe nécessairement par l’abolition de l’emploi comme mode d’accaparement de l’activité, et par l’appropriation des moyens de production par les travailleurs. Il y a deux façons de concevoir cet engagement politique : en tant que lobby, auprès des décideurs (ce qui revient à les légitimer comme tels), ou en tant que construction d’une alternative. Nous nous inscrivons évidemment dans cette perspective-là. Nous pensons qu’en renforçant le pouvoir et la conscience des travailleuses et travailleurs, ces questions trouveront une réponse démocratique. Nous sommes évidemment convaincus de la nécessité de la transition énergétique et de la nécessité de mettre fin à l’industrie de l’armement, sans que ce soient les salariés de ces secteurs qui en paient le prix.

Quel est votre rapport aux idées qui émergent dans la sphère militante, telles que le salaire à vie ou les propositions de gauche sur un revenu de base, qui tendent à approfondir la séparation entre la citoyenneté et le salaire plutôt qu’à abolir le salariat ?

On veut abolir le salariat, mais pas le salaire ! En fait, salaire à vie et abolition du salariat paraissent antinomiques mais reviennent largement à la même chose (en passant les détails pratiques qui peuvent être importants, mais dont on reparlera quand ce sera le moment propice) : à savoir le socialisme originel, autrement dit, à chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins. On peut considérer le salariat comme un rapport de subordination ou comme une modalité de répartition des richesses. Notre objectif est de mettre fin à l’aliénation que constitue le rapport de subordination, et non à la modalité de partage de la valeur économique. En ce qui concerne le revenu de base, on y voit un problème : il n’y a aucune remise en cause de la propriété lucrative, et donc de la violence du rapport de subordination. Mais toutes les modalités permettant de dissocier le travail du revenu sont pour nous à considérer. Cela oblige à renoncer à l’objectif du plein emploi, en visant à ce que chacun.e puisse vivre en dehors de l’emploi salarié. Bien entendu, le montant versé doit être important, ce dernier conditionnant ses effets : trop faible, la subordination à un employeur reste inévitable. Ces questions font toujours l’objet de débats internes.


Pour finir : la grève est-elle encore subversive ?

La base de la lutte syndicale, c’est l’organisation. Ça implique de ne pas rester seul devant son ordinateur, de participer aux réunions, de payer ses cotisations, et même de faire parfois des concessions vis-à-vis du groupe. Nous sommes convaincus que la majorité n’a aucune chance de profiter de l’individualisme promu par le capital sans luttes collectives. En ce qui concerne les moyens d’action, il faut envisager les choses sous deux points de vue : la lutte pour l’établissement ou le rétablissement des droits, et les moyens pour maintenir ces droits. Cela nécessite de réfléchir tant sur les types d’actions de lutte que sur la maîtrise des outils légaux. La grève et le blocage restent des moyens forts : il suffit de constater avec quelle violence les actions de blocage contre la loi « Travaille ! » ont été réprimées pour se rendre compte à quel point elles pourraient être efficaces. Nous pensons également que l’émancipation ne peut pas se passer de l’éducation populaire pour que chacun.e puisse connaître ses droits et trouver des ressources en cas de nécessité. Faire des effets de manche en ôtant sa cravate comme Tsipras ou en arborant un nœud papillon rouge comme Di Rupo ne semble pas être efficace… (rires)

Le bonheur est dans le pré… champ, usine et atelier confédérés

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 22 janvier 2017 by Résistance 71

“La science moderne ouvre une autre issue aux hommes qui réfléchissent. Elle leur dit que pour devenir riches il ne leur est pas nécessaire d’arracher le pain de la bouche des autres. La solution rationnelle serait une société où les hommes, grâce au travail de leurs mains et de leur intelligence, et, avec l’aide des machines déjà inventées et de celles qui le seront demain, créeraient eux-mêmes toutes les richesses imaginables. Soyez absolument certains que la technique et la science ne resteront point en retard, si la production prend une telle direction. Guidées par l’observation, l’analyse et l’expérimentation, elles répondront à toutes les demandes possibles. Elles réduiront de plus en plus le temps nécessaire pour produire la richesse, de façon à laisser à chacun autant de loisir qu’il pourra en demander. Certes, elles ne peuvent pas garantir le bonheur, parce que le bonheur dépend autant, sinon plus, de l’individu lui-même que de son milieu. Mais elles garantissent au moins le bonheur que l’on peut trouver dans l’exercice varié de ses différentes facultés, dans un travail qui n’a pas besoin de devenir du surmenage, et dans le sentiment qu’on ne s’efforce pas de fonder son propre bonheur sur la misère des autres.”

~ Pierre Kropotkine, “Champs, usines et ateliers”, 1910 ~

 

« Burn-out »

Ou la fin annoncée de la lutte des classes

 

Zénon

 

21 janvier 2017

 

Une fois n’est pas coutume : je vais aborder le sujet par un constat positif… N’en déplaise aux farouches partisans de la dépopulation volontaire, les découvertes technologiques et scientifiques de l’humanité depuis la 1ère révolution industrielle, ainsi que les immenses étendues de terres arables non-cultivées sur le globe, pourraient permettre à plus de neuf milliards d’êtres humains de s’alimenter sans problème. Mieux : l’essor de la robotique et de l’intelligence artificielle devrait réduire la somme de travail nécessaire à la subsistance d’autant de gens à tout au plus trois, quatre heures par jour et par personne. Nous serions en mesure de consacrer tout ce temps au partage, à l’éducation de nos enfants, au voyage, à la recherche, d’apprendre continuellement tout au long de la vie et même, pourquoi pas, de nous interroger un peu davantage sur son sens.

Instruits de toutes les erreurs du passé, nous pourrions réfléchir aux moyens de rétablir une juste équité entre les devoirs et les droits. Nous pourrions redéfinir complètement la manière dont décider des questions publiques et du bien commun. Nous pourrions nous pencher sérieusement sur la réparation des dégâts du nucléaire et résoudre bien d’autres problèmes encore insolubles. Nous pourrions enfin viser l’épanouissement de tous au lieu du profit de quelques-uns. Mais en la situation actuelle, c’est impossible. Car comme nous le savons, le système prédateur de l’oligarchie mondialiste nous l’interdit.

Il semble même qu’au contraire, l’élite autoproclamée ait choisi l’élimination progressive de toutes ses petites mains devenues l’une après l’autre surnuméraires. Malgré les piètres tentatives des statisticiens chargés d’enfumer l’auditoire, le chômage de masse continue à se répandre et gagner de plus larges couches de la société. Dans quasiment tous les corps de métiers, le travail tel que nous le connaissions, devenu dans une large mesure inutile, est en passe de disparaître… Mais au lieu de libérer de son astreinte ceux qui jusqu’alors l’occupaient, l’emploi s’est petit à petit tourné vers un autre but. S’il se perpétue de nos jours, ce n’est plus seulement pour l’enrichissement d’une petite caste de privilégiés, mais aussi et surtout afin d’occuper tout un pan de l’espèce Humaine à l’éradication des autres. Cela peut sembler brutal énoncé de la sorte, mais grattons sans nous mentir le vernis de nos fonctions respectives : nous ne pouvons que reconnaître œuvrer en l’état actuel des choses à notre autodestruction.

Commençons par ordre alphabétique (c’est une manie) avec l’agroalimentaire. En vue de produire la nourriture au rabais qu’exige la grande distribution, l’agriculture industrielle, aujourd’hui principalement d’exportation, empoisonne durablement les sols et précarise tout l’écosystème planétaire. Parallèlement, toute une armada d’ingénieurs s’adonne à la chimie amusante en cherchant quelle combinaison d’additifs peut mieux camoufler leur toxicité, tandis que fonctionnaires de France et d’Europe veillent à l’application de règles encadrant l’appauvrissement des produits de la Terre en nutriments. Tout ce petit monde s’active à généraliser les carences pour le plus grand bonheur des labos pharmaceutiques. Quant au FMI et à ses relais gouvernementaux, ses programmes d’ajustements structurels affament les populations à l’échelle de pays entiers.

L’artisanat, jadis premier employeur de France, se trouve en phase terminale d’extinction. Ces micro-entreprises étranglées par le RSI ferment boutique par centaines chaque mois, laissant pour seuls souvenirs des rangées de rideaux fermés dans les rues. L’ébéniste avec encore des années à cotiser finira sa carrière salarié chez un des grands groupes qui l’ont coulé. Et déconseillera le plus souvent aux jeunes de s’aventurer dans la profession.

Si les instituteurs, professeurs des collèges et lycées n’en peuvent plus, ce n’est pas pour cause de salaires insuffisants, de manque d’effectifs ni de moyens matériels. S’ils craquent, c’est car leurs élèves les renvoient chaque jour à l’inutilité de cours et de leçons pour eux vides de sens. Parce qu’engagés le plus souvent dans le métier par vocation d’enseigner, ils se retrouvent plus ou moins consciemment à formater les jeunes et non les instruire.

Si autant de policiers se foutent en l’air chaque année, ce n’est sûrement pas par remord d’avoir malmené untel ou untel au cours d’une intervention, mais parce qu’au quotidien confronté à une violence endémique, délibérément permise et encouragée par l’autorité publique, ils réalisent fatalement que, loin de défendre la veuve et l’orphelin, leur boulot consiste essentiellement à compter les points.

La désindustrialisation et la disparition de la classe ouvrière dans les pays occidentaux ne sont pas nouvelles. En revanche, on observe désormais la mécanisation grandissante des services : robots ménagers, livraisons par drones, dématérialisation des démarches et fin des guichets administratifs, calculs de résultats prévisionnels et infographies réalisés par des algorithmes… Tout ce dont nous avions le savoir-faire se voit remplacé par des tâches de supervision, de communication, ou encore, plus confusément, de « prospective ». Dans le meilleur des cas, sans aucun intérêt pour soi ni utilité commune.

Cette déliquescence est la même partout… Aussi bien chez l’emblème du capitalisme que sont les chaînes de fast-food, où les ados employés ont pour consigne d’orienter le client vers les automates qui les supplantent, que dans les services publics, où les effectifs ne se maintiennent une raison d’être qu’à travers l’artificielle et permanente complexification des procédures. Cette inefficience programmée sert d’ailleurs à justifier la délégation des missions régaliennes au secteur privé : l’objectif étant que dans un avenir proche, il nous faille payer pour obtenir certificat de naissance ou livret de famille.

Toute la science que nous mettons à nous cacher la réalité n’y change rien : le travail est aussi condamné que ce modèle social finissant… Les cadres pressurisés par l’injonction à la performance ont autant la tête dans le guidon que le petit personnel enrôlé à l’abus des clients pour le profit à court terme, et ne peuvent s’apercevoir de l’absurdité suicidaire de continuer à faire tourner la roue du système… Combien suent sang et eau à quelque chose qu’ils ne comprennent pas ? Combien font semblant d’être utiles et s’occupent pour éviter de regarder tomber les autres ?

Beaucoup d’entre nous demeurent sincèrement convaincus de pouvoir, par leur présence et leur action, infléchir la tendance depuis l’intérieur du système… Mais le verrouillage des leviers de commande est tel que meilleure soit la volonté, et si grands ou nobles soient les efforts en ce sens, nous n’y récoltons au mieux qu’une volée de bois vert. Et que même par la contestation officielle, nous y participons malgré nous. Au point de dépendance où nous sommes rendus, il nous est devenu impossible de tirer nos marrons du feu sans concourir à ce grand sabotage.

Nous observons au quotidien toutes les conséquences, les ravages de notre suivisme et de nos réticences à nous remettre en cause… Mais nous continuons, continuons, à tourner en boucle comme des hamsters dans leur roue. Non tant par lâcheté que par inconscience, et par culpabilité judéo-chrétienne à l’idée de compter parmi les inactifs, « assistés » et autres poids morts de la société. En somme, par peur de se désolidariser de la norme et peut-être aussi de perdre nos petits niveaux de vie. Nous avons renoncé l’un après l’autre aux droits et protections durement acquis par un siècle de luttes, sous prétexte de ne pas perdre nos pitoyables indemnités journalières ou notre place dans la société. Nous avons, au prétexte d’avoir quand même des gosses à nourrir, toléré pour ce faire l’hypothèque de leur avenir. Comme des grenouilles dans la casserole, nous restons dans l’eau frémissante croyant que le printemps arrive… Nous sommes pourtant voués à mourir un jour. Jusqu’où irons-nous dans l’avilissement pour nous convaincre d’y échapper ?

In fine, l’intelligentzia globaliste entend à la fois nous faire accepter la mise au ban de tous les inadaptés à sa cause, et le contrôle total de ses derniers bons petits soldats. Tandis que nos métiers s’éteignent l’un après l’autre, faute d’être rentables au système en place, nous devenons de plus en plus nombreux à dépendre des aides sociales pour subsister. Croyez-vous qu’un tel gouffre financier puisse être le fait d’une quelconque philanthropie d’État ? Ou bien celui-ci cherche-t-il à tuer dans l’œuf toute insurrection en s’assurant que nous ne puissions plus vivre sans lui ?

Le fameux revenu universel que l’on essaye de nous vendre à différentes sauces relève du même procédé. Devant l’impossibilité d’essorer toujours davantage les contribuables, son financement supposerait soit de mettre fin à l’évasion fiscale, soit de taxer les transactions boursières ou les profits des multinationales. Ne soyons pas dupes. Si celles-ci consentent à lâcher ne seraient-ce que quelques milliards pour le projet, c’est que les tenanciers de la haute finance y ont intérêt. Et quel autre, sinon celui de réduire la main-d’œuvre obsolète à une soumission totale et définitive ? « Si c’est gratuit, c’est vous le produit ». Après deux, trois expériences dans quelques pays-laboratoires, ce revenu de base sera probablement la meilleure façon de faire accepter la disparition du cash déjà en cours, mais également la mise en circulation d’une monnaie mondiale numérique… D’abord « inconditionnel », il sera peu à peu soumis à l’acceptation de nouvelles contraintes. Puis fera l’objet d’un chantage à propos de la vaccination des enfants, de l’euthanasie forcée, du puçage, clonage, du don et marché d’organes… L’idée est de contenir à feu doux la grogne des peuples pour se donner le temps d’exterminer en douceur, sans trop que ça tâche, les marées humaines oisives et dangereuses que nous sommes… Notre nombre est trop grand pour qu’ils nous éliminent d’une traite, ou qu’ils nous contraignent de force à de telles mesures. C’est pourquoi nous maintenir individualistes, indifférents à l’autre et perpétuellement divisés est la condition sine qua non à leur réussite.

Le peuple supporte pour l’instant la situation sous prozac, mais le jour approche où il n’y aura plus assez de rustines pour que la roue tourne. Alors se multiplieront les pétages de plombs, violences et immolations sur les lieux de travail… Dans le paradigme actuel, nous n’y pouvons rien. La catastrophe restera inéluctable tant que nous continuerons de croire en un changement venu d’en-haut, ou bien que la situation s’arrangera d’elle-même. Nous avons en revanche tout le pouvoir et toutes les clefs en main pour nous affranchir du joug multiséculaire des maîtres du capital. Eux savent mutuellement s’entraider à nous spolier depuis la nuit des temps. Mais ils seraient incapables de se préparer une omelette si nous les laissions entre eux. Nous avons quant à nous les savoirs qui nous permettent, bien que chacun spécialisé dans sa branche, de nous organiser pour survivre par la solidarité et par la complémentarité de nos talents.

La grève du vote n’est que d’une portée symbolique, puisque les politiciens sont capables de s’auto-élire. Mais elle est une première étape nécessaire : celle de leur adresser, ainsi qu’au reste de la population, le message clair que nous refusons de cautionner les forfaits commis en notre nom.

La grève du travail n’a d’avenir et d’impact possible que tant que celui-ci conditionne la survie du système. Sur une chaîne de montage entièrement automatisée, l’ultime ouvrier promu superviseur n’a plus d’autre choix que de fermer sa gueule ou de dégager. La fin du travail telle que programmée met un terme à la lutte des classes, au sens où sa victoire est alors définitivement acquise aux possédants… Mais nous avons encore une étroite fenêtre par où sortir du piège où nous sommes pris. Celle de la désertion massive de tous les lieux d’exploitation publics ou privés, sans préavis, pour investir notre volonté et notre énergie à construire autre chose. Tant que nous sommes valides et que notre coopération leur est nécessaire, la grève est une des armes dont nous disposons pour les affaiblir. Nous devons mutualiser localement les produits de base pour pallier la perte de nos salaires. Ainsi s’est toujours organisée la résistance. Ainsi se sont vues couronnées de succès toutes nos luttes passées. La solidarité, l’amour et la reconnaissance possèdent une force incommensurable et inconnue dans leur équation. L’expérience humaine ne saurait se réduire à une variable statistique : en cela, les mécanistes aux abois ont perdu d’avance.

Il est en France pénalement répréhensible d’appeler à la grève de l’impôt, et nos élus ont de toutes façons prévenu l’occurrence par le prélèvement à la source… Mais rien n’interdit d’assumer la conséquence de celle du travail en échappant légalement à toute taxation par absence de revenu. Cela représente le sacrifice d’un confort auquel beaucoup d’entre nous étions habitués. Toutefois, il faut bien comprendre que celui-ci est de toutes façons voué à disparaître. 2017 et les suivantes marqueront la fin douloureuse de l’illusion d’une société solvable à crédit. Plus personne parmi le peuple ne peut se croire intouchable… La zone de turbulences et de chaos qui s’annonce nous impose d’organiser d’ores et déjà des réseaux de solidarité pour nous abriter de l’orage. Qu’ils soient par la même occasion le moyen de ne plus financer notre suicide collectif.

Mais de toutes, la grève de la consommation, à commencer par le boycott généralisé de tout le superflu, de tout ce qui porte la marque d’une expropriation, d’une exploitation ou d’une pollution quelle qu’elle soit, est sans doute la plus efficace manière de faire plier les empires de l’industrie et de la finance. Qu’ils comprennent une bonne fois pour toutes que sans nous, ils ne sont rien. Et même s’ils ne plient pas, même si le système se défendra bec et ongles jusqu’au bout, la grève de la consommation suppose de recouvrir une autonomie alimentaire locale, ce qui serait en soi une victoire… Par tous nos choix, jusque dans notre absence ou notre passivité, notre attitude influe sur le cours des évènements. Choisissons d’investir un terrain où l’adversaire ne nous attend pas. Là encore, personne ne peut nous coller à tous un flingue sur la tempe pour nous obliger d’acheter… Le peu de libertés dont nous disposons encore doivent être assumées comme les responsabilités qu’elles sont. Et utilisées en toute conscience tant qu’elles existent.

L’idée de l’entraide comme remède aux maux actuels pourra sembler utopiste à ceux qui n’ont jamais connu que le climat compétitif et délétère du salariat. Qui pourtant n’a jamais frémi devant la beauté d’un travail réalisé par et avec amour ? Qui n’a jamais senti en lui la satisfaction d’œuvrer au bien commun ? Cette chaleur et cette énergie surpassent tous les combustibles fossiles : elles sont le moteur de la perpétuation de l’espèce humaine depuis des millions d’années, et la source-même de la Vie. Nulle intelligence artificielle ne saurait s’y substituer.

Énormément d’épreuves nous attendent. Nous ne pourrons revenir du jour au lendemain à l’équilibre des forces. Mais puisque nos décideurs procèdent par étapes, allons de même progressivement, chacun selon ses possibilités, vers une solidarité seule à-même de nous éviter le funeste sort qu’ils nous réservent… Nous disposons de l’opportunité d’inverser le cours des choses. Pour nous et pour le salut des générations futures, nous devons agir non plus idéologiquement, mais de façon concrète à réaliser le désir des 99% contre celui des 1%… Certes, nous sommes encore de grands enfants, et tout nous restera à apprendre une fois redevenus maîtres de nos destins. Mais qu’est donc notre peur de la liberté comparée à cette ineffable joie d’être en vie ?… Nous avons tous été portés durant neuf mois. Nourris et pour les plus chanceux aidés à devenir ce que nous sommes. Ne valons-nous pas mieux qu’un rouage de machine ou de la chair à canons ? La route n’existe que par notre marche. Elle n’attend plus que d’être empruntée.

= = =

 

 

Mise en place du nouveau clown Donald à la tête de la plantation USA SARL

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 21 janvier 2017 by Résistance 71

Voici ce que nous avons lu de plus intelligent et de loin, sur l’inauguration du clown Donald à la tête de la “nation indispensable”, de cette plantation USA Inc/SARL.

Lucide, aiguisée comme un bon couteau, une pensée vérité coup de poing comme on les aime et qui maintient le cap de sortie de la supercherie politique que représente la forme étatique d’agencement de la société humaine…

Nous l’avons et le répèterons sans cesse, à plus forte raison dans la perspective du grand cirque électoral obsolète franchouillard à venir de 2017: Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais ! Il faut en sortir en créant pas à pas la société parallèle des sociétés, celle de la confédération des associations libres de producteurs et consommateurs, au sein d’une société égalitaire et non-coercitive, qui rendra de facto obsolète État et institution.

 ~ Résistance 71 ~

 

Un autre jour dans la même plantation

 

Mohawk Nation News

 

20 janvier 2017

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/01/20/same-plantation-different-day/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Aujourd’hui, pour les néoconservateurs malfaisants, fut inauguré Donald Trump comme le nouveau CEO de l’occupation militaire “temporaire” que sont les “Etats-Unis d’Amérique Inc.” C’était le 45ème concours de beauté. Les esclaves de maison étaient assis derrière lui sur le podium et les esclaves des champs se tenaient devant lui, attendant leur pitance.

Cette plantation se tient de manière illégale sur notre terre-mère, sur Ono’ware:keh ou Île de la Grande Tortue. Celle-ci ne fut jamais reconnue par la colonie USA qui a été construite sur le génocide et le vol qui continuent à ce jour. Trump a rassuré les esclaves coloniaux sur le fait que nos ressources naturelles seront toujours volées et notre terre détruite.

Trump a fait un discours de “guerre perpétuelle”, basé sur une fausse histoire, une économie en échec, des marchés financiers frauduleux, une culture populaire ouvertement immorale poir dire que les Américains ne seront plus des couards. L’armée et la police vont s’assurer que tout le monde obéisse. L’État va essayer d’améliorer les valeurs familiales et religieuses. “Le carnage américain s’arrête ici” a t’il dit, ce qui veut dire pour nous qu’ils débarassent le plancher de la Grande Tortue !…

Provocations et sanctions iront en augmentant contre ceux qui seront jugés être désagréables aux intérêts américains. Il a annoncé quer la guerre allait continuer. Comme il l’a dit dans sa campagne électorale, il est un politicien menteur, et alors ?… Il admet être un tyran pour gagner et d’être sans pitié s’il perd. Il a choisi minutieusement des militaires va t’en guerre et des hommes d’affaire blancs pour gouverner.

Trump a prêté serment à la constitution/charte de l’entreprise coloniale que sont les Etats-Unis d’Amérique Inc.

En fait, les mots les plus emprunts de sens qu’ils pourraient nous dire seraient: “Good-bye !!”
Le grand activiste Lakota Russel Means nous rappelle que si tout le monde vivait en accord avec kaia’nere:kowa, la Grande Loi de la Paix iroquoise, nous aurions la paix sur terre.

Note de R71: De fait les nations iroquoises confédérées par kaia’nere:kowa n’ont fait aucune expérience de guerre entre elles depuis le XIIème siècle. A un moment donné, avant l’invasion européenne du XVIème siècle, il y a eu jusqu’à 58 nations autochtones, libres et indépendantes, vivant en accord avec la Grande Loi de la Paix, ceci représentait déjà quelques millions de personnes…

Les smart-phones, iPads, médias sociaux (facebook, twitter etc), la pop culture et autres diversions ludiques sont l’opium des masses.

Résistance au colonialisme: Masque et fierté ancestrale

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, canada USA états coloniaux, colonialisme, démocratie participative, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 20 janvier 2017 by Résistance 71

 

 

Sans visage

 

Ancestral Pride

 

18 janvier 2017

 

url de l’article original:

http://ancestralpride.org/faceless/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ce que je sais du fait que je porte un masque. Il y a des fois, lorsque les gens sont en actions “politiques” ou regardent des photos, des vidéos d’actions directes se rapportant à la défense de la terre indigène ou toute forme de résistance au gouvernement ou aux entreprises, nous sommes masqués. Il y a alors toujours des personnes pour vous questionner comme si elles étaient ces grands arbitres, sur le pourquoi, comment et si vous pouvez participer à la résistance.

Ils ont l’audace de vous demander de la manière la plus abrupte “pourquoi portez-vous un masque ?” “Avez-vous honte de vous-mêmes ?” ou bien “Nos ancêtres ne portaient pas de masques” ou encore “Si vous ne faites rien de mal pourquoi vous cacher ?” et toute la litanie de commentaires usuels relevant de l’ignorance et faite pour nous faire honte, nous diaboliser ou nous tourner en dérision en tant que guerriers. Malgré le fait que cela ne soit en rien leurs affaires et le fait que personne n’a à se justifier envers personne sur les raisons du pourquoi on s’engage dans le combat contre le colonialisme, l’oppression, les extractions minières et de ressources naturelles etc, la façon dont ces personnes le font leur font penser qu’elles ont toujours le droit de recevoir une explication. Ce qui est rageant est que lorsque vous prenez le temps d’expliquer le pourquoi du comment, pourquoi les gens portent des masques, vous vous rendez vite compte qu’en fait leur problème n’est pas l’affaire du masque, mais de ce que vous faites en termes de résistance.

Ceux d’entre nous qui portent un masque n’ont en aucun cas honte de quoi que ce soit, porter un masque signale notre intention, cela ne veut pas dire que nous avons peur, bien au contraire. Le masque est notre vrai visage, le visage du guerrier (NdT: en terme amérindien au travers des difféentes nations, le mot “guerrier” n’existe pas, c’est une invention sémantique occidentale. Le “guerrier” amérindien est “celui qui porte la responsabilité de la paix”…) qui est pleinement éveillé et attentif, qui sait que ce qu’ils font est bien au-delà de leur ego et de tout gain personnel. Le masque montre notre totale engagement, que nous sommes parfaitement conscients du sérieux de la tâche qui nous incombe de protéger la sacralité ancestrale de nos terres, de protéger nos enfants et leur futur.
Je ne peux parler que pour moi-même, mais je pense grandement que ceci peut bien être un sentiment tout à fait partagé par ma famille de la résistance. Je porte un masque parce que lorsque je suis sur la ligne de front, non seulement dois-je me protéger de la guerre chimique en cours, mais je dois aussi me protéger et par extension protéger ma famille d’être reconnus, parce que dans l’état policier fasciste dans lequel nous vivons qui se révèle absolument dans son système judiciaire totalement corrompu et obsolète, miné par un racisme rampant, ils nous détiendront comme prisonnier de guerre simplement pour défendre nos droits inhérents et ceux de défendre la terre et l’eau. Trop de personnes de nos peuples sont déjà en prison et nous ne pouvons plus nous permettre d’avoir toujours plus des nôtres incarcérés et intégrés dans ce complexe militaro-industriel et de la sécurité, créant les esclaves modernes.
Les statistiques montrent clairement que les autochtones constituent une très grande majorité de la population carcérale. (NdT: chiffre encore plus énorme lorsqu’on le rapporte sous forme de ratio par rapport à la population incriminée)

Plus important encore dans mon esprit est que porter un masque est un acte d’amour pour la terre-mère, c’est une façon de montrer notre profond respect d’avoir l’honneur de la protéger. Lorsque vous vous engagez comme guerrier de la terre mère, vous laissez votre identité et votre ego derrière vous. Vous êtes sans nom et sans visage et n’avez besoin d’aucune gloire à rattacher à vos faits d’armes, après tout, vous êtes un guerrier, vous ne faires pas cela pour les selfies et la reconnaissance, en tout cas vous ne le devriez pas. La raison du combat est la protection de la terre ancestrale, l’eau et votre mère, vous combattez pour le futur de votre peuple et non pas pour être reconnu pour que les gens viennent vous lècher les bottes lorsqu’ils vous voient. Ce genre d’arrogance et de prétention n’a aucune place sur les lignes de front des sociétés des guerriers.

Le devoir qui vous incombe en tant que Protecteur est celui d’assurer la continuité de votre culture, de vos traditions et de votre façon de vivre en tant que membre de votre nation ; lorsque vous combattez le colonialisme, l’oppression, le racisme, le néocolonialisme, l’extraction minière et des ressources, le gouvernement illégal (colonial) et parfois votre propre peuple dans sa partie corrompue, cela vous oblige à montrer un front uni avec vos frères et sœurs guerriers qui se tiennennt à côté de vous, quelle est la meilleure façon de montrer au monde, à l’ennemi que vous êtes seul, mais connecté d’une façon qu’ils ne comprendront jamais. Sur le front, où que ce soit, vous devez faire face à des racistes, une police raciste, et d’autres agences dont le seul agenda est de continuer le génocide et de protéger les entreprises, les corporations qui veulent ruiner notre planète avec leur veulerie. Ainsi afin de vous sauvegarder vous et vos camarades de lutte, se masquer est une protection pour tous,

La résistance indigène n’est pas au sujet de l’identité personnelle, de ma propre expérience, ceux qui veulent être le visage de la résistance ou veulent toujours être sous les feux de la rampe sont en général impliqués dans une forme passive de résistance rattachée à de quelconques ONG et ils reçoivent en général une forme de paiement compensatoire pour leur “action de porte-parole natif” et pour délivrer un narratif qui est sûr et bien politiquement correct, dans le moule des paramètres d’une désobéissance civile ou d’une justice sociale acceptables si vous voulez. Ils ou elles ont un bon fond mais ces personnes sont lourdement investies dans le statu quo (oligarchique) et maintiennent de bonnes relations avec les envahisseurs colonisateurs.

La différence entre ce type de natifs et ceux d’entre nous qui se sont dédiés à l’abolition du colonialisme est que nous savons parfaitement que nous sommes un seul guerrier, nous n’essaypns pas de maintenir des relations avec les gens qui gèrent et dirigent les institutions coloniales ou autres, parce que nous savons pertinemment que ces gens ne nous respectent pas, ni nos tactiques et nous ne voulons pas nous inscrire en faux avec des gens qui pensent qu’ils peuvent continuer à nous écraser, parce qu’en réalité nous savons qu’ils ne sont pas d’accord avec une complète décolonisation et qu’ils ne sont en fait engagés que dans ce vieux jeu des conflits d’intérêts et de gains de pouvoir et de contrôle sur autrui. Lorsque nous nous masquons, nous nous protégeons les uns les autres dans les grandes largeurs et nous avons une vision panoramique des choses. Nous sommes une voix et un corps collectifs ayant un but commun. Nos identités n’ont plus aucune importance et n’influent pas sur le résultat et objectif finaux: la libération totale de nos peuples et de nos terres.

Construire une communauté et une culture de résistance n’est pas chose aisée et il y aura toujours des personnes négatives qui questionneront et remettront en cause ce que nous faisons, disons, pourquoi nous masquons-nous, nos actions directes, comment nous créons une économie durable et viable. Ce genre de personnes essaiera même de vous lancer les lois en pleine figure afin de masquer leur propre peur de ce à quoi ressemble un monde en changement. Les lois anti-masques qui ont été passées par le parlement colonial du KKKanada en juin 2013, condamnent jusqu’à 10 ans d’emprisonnement si prouvé coupable ; tout ceci n’est qu’une tactique et une tentative de nous empêcher de faire notre boulot de protecteur et de créer des espaces de sécurité souverains pour nous tous coexister librement de toute forme de surveillance de la part de l’occupation militaire illégale de la terre communément appelée Canaduh…

Ils peuvent bien faire toutes les lois qu’ils veulent pour tenter de nous contrôler, mais le fait est que NOUS N’AVONS PAS PEUR des gouvernements (coloniaux) et des tentatives citoyennes de toujours plus nous opprimer et de nous supprimer en tant que peuple indigène de la terre. Nous ne nous sommes jamais rendus ni n’avons jamais céder nos droits d’exister en tant que Nations. Malgré leurs meileures tentatives de nous éradiquer de la surface de la Terre, de nous contrôler par le programme génodidaire des pensionnats pour Indiens ou de nous briser au moyen de lois scélérates telle la loi sur les Indiens (Indian Act pour la Canada) et ses politiques racistes, nous sommes toujours là, nous avons fleuri et nous ripostons. Nous sommes des prières de chair et de sang.

Nous nous masquons pour être libres, nous nous masquons pour être nous-même de la manière la plus authentique, nous nous masquons pour nous protéger, nous nous masquons pour protéger les êtres qui nous sont chers, nous nous masquons par amour et par respect l’un envers l’autre et envers notre terre-mère, nous nous masquons pour honorer nos ancêtres qui portaient des masques et des peintures de guerre, ainsi le ferons-nous également.

Ne pas avoir peur du masque, mais le respecter.

Avec amour et rage

Ancestral Pride

Red Warrior Society

http://ancestralpride.org/faceless/

Socrate et la maïeutique du réchauffement climatique anthropique

Posted in actualité, altermondialisme, média et propagande, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, réchauffement climatique anthropique, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 19 janvier 2017 by Résistance 71

 

Ceci est un dialogue hypothétique qui aurait pu avoir lieu entre Socrate et un membre de la secte “réchauffiste” anthropique mondiale…

Socrate
 Content de vous rencontrer Mr Smith. On me dit que vous êtes très préoccupé au sujet d’un réchauffement climatique dangereux.

Mr Smith
 Oui en effet, nous devons faire face à la conjoncture alarmante d’une catastrophe de réchauffement climatique mondial.

Socrate
Qu’est-ce qui vous préoccupe tant ?

Mr Smith
Les émissions de gaz carbonique en provenance des combustibles de source fossile.

Socrate
 Comment ces sources fossiles furent-elles formées ?

Mr Smith
 Une grande variété de plantes a poussé, puis sont mortes et ont formé des sources de carburants fossiles pendant la période géologique du carbonifère.

Socrate
 Y a t’il eu un réchauffement mondial dangereux avant la période du Carbonifère ?

Mr Smith
 Non. Il n’y a aucune preuve d’un réchauffement mondial dangereux avant la période du Carbonifère.

Socrate
 D’où provient le carbone des carburants d’origine fossile ?

Mr Smith
 Les plantes ont absobé le gaz carbonique de l’atmosphère avant la formation des combustibles fossiles.

Socrate
 Alors le gaz carbonique absorbé par les plantes est maintenant relâché dans l’atmosphère au cours de la combustion de ces carburants fossiles ?

Mr Smith 
Cela doit être çà.

Socrate
 Vous avez observé qu’il n’y avait pas eu de réchauffement dangereux avant que le CO2 ne fut absorbé pour former le combustible fossile, donc comment ce même gaz carbonique maintenant relâché peut-il provoquer un réchauffement mondial dangereux ?

Mr Smith
 Je trouve l’implication de votre question très provocatrice et dérangeante. Vous devez savoir qu’il y a en ce moment même une action attentée contre vous pour corruption de la jeunesse avec vos questions philosophiques.

Socrate
 Je suis très sensible au fait que les gens sont dérangés par mes questions philosophiques qui révèlent la vérité au moyen d’une logique irréfutable et des faits qui réfutent des croyances ayant cours depuis bien longtemps. Notre conversation n’a pas été une exception.

Mr Smith
 Je dois partir maintenant.

Source: Climate Study Group

https://s3.amazonaws.com/jo.nova/guest/aust/academic/climate-study-group/The%20Australian%20Socrates%20Advertorial%20final%20to%20print%2013%20%26%2020.1.17.pdf

Traduction Résistance 71 le 19 jannvier 2017

Résistance politique: Ingérence directe d’Israël dans la vie politique britannique et d’ailleurs…

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , on 19 janvier 2017 by Résistance 71

Combien de députés britanniques (et français) travaillent pour Israël?

 

Jonathan Cook

 

18 janvier 2017

Source: https://www.legrandsoir.info/combien-de-deputes-britanniques-et-francais-travaillent-pour-israel.html

« Jadis, personne n’aurait hésité à appeler les politiciens britanniques agissant dans l’intérêt d’une puissance étrangère, et obtenant très probablement des avantages financiers pour le faire, des « traîtres ». Et pourtant, comme le montrent les vidéos secrètement filmées par Al Jazeera, les espions israéliens comme Shai Masot peuvent facilement rencontrer et conspirer avec le proche assistant d’un ministre conservateur pour discuter de la meilleure façon de « faire tomber » le ministre adjoint des Affaires étrangères, Alan Duncan, à cause de ses critiques contre les colonies illégales d’Israël dans les territoires occupés. Maria Strizzolo, l’assistante du ministre de l’éducation Robert Halfon, suggère de façonner un « petit scandale » pour porter préjudice à Duncan. »

Cet article concerne la Grande-Bretagne, mais un pays qui organise une conférence pour la paix en Palestine et décommande les Palestiniens, dont la capitale arbore le drapeau israélien, dont le candidat socialiste à la présidentielle se targue d’être « éternellement lié à Israël, quand même ! », où la Ligue de Défense Juive, classée organisation terroriste par Washington et Tel-Aviv, peut jouer les vigilantes (et les vigiles) en toute impunité (fi des promesses gouvernementales de démanteler la miliceMeyer Habib veille au grain), où un Président de région finance la colonisation israélienne avec l’argent public, et où la dénonciation de l’influence du premier lobby américain (l’AIPAC, ouvertement sioniste) équivaut à un arrêt de mort politique (liste non exhaustive) devrait certainement se poser la question : des élus français feraient-ils passer les intérêts d’Israël – et leurs intérêts personnels – avant ceux de la France ? Et qu’en est-il des médias ? La France reste-t-elle le pays des droits de l’homme ou le pays collaborationniste par excellence ?

Voir la liste interminable des « Amis Français d’Israël » où gauche et droite rivalisent de servilité : votre élu en fait-il partie ? N’hésitez pas à l’en féliciter : les valeurs racistes, colonialistes et suprématistes se perdent, et les criminels de guerre et criminels contre l’humanité sont par trop décriés. Heureusement que des hommes et femmes courageux savent reconnaître le mérite et portent haut nos couleurs. Mention spéciale pour le Front de Gauche François Asensi, Député-maire de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis, qui conjugue la vice-présidence du groupe France-Palestine avec celle du groupe d’Amitié France-Israël. Comme disait l’autre, « Ce ne sont pas les girouettes qui tournent, c’est le vent. »

Sayed Hasan

* * *

Al Jazeera doit être félicitée pour une enquête clandestine exposant quelque chose que la plupart d’entre nous aurions probablement pu deviner : que certains membres du personnel de l’ambassade d’Israël au Royaume-Uni – ne faisons pas les vierges effarouchées, des agents du Mossad – travaillent avec des militants et de hauts responsables politiques des Partis conservateur et travailliste afin de subvertir leurs propres partis de l’intérieur, et réorienter la politique étrangère britannique pour qu’elle profite aux intérêts d’Israël au lieu des intérêts britanniques.

On ne peut pas vraiment blâmer Israël pour cela. La plupart des États promeuvent leurs intérêts du mieux qu’ils peuvent. Mais on peut et doit exposer et faire honte aux politiciens britanniques qui collaborent avec Israël pour nuire davantage à la démocratie représentative de la Grande-Bretagne.

Ce n’est pas comme si ces personnes ne pouvaient pas être facilement identifiées. Ils annoncent même ce qu’ils vont faire. Ils sont membres du groupe parlementaire des Amis conservateurs d’Israël et des Amis travaillistes d’Israël. Ils dominent les deux partis du Parlement, mais surtout les conservateurs. Selon les chiffres des Amis conservateurs d’Israël, 80% des députés conservateurs appartiennent au groupe des Amis d’Israël du parti.

Jadis, personne n’aurait hésité à appeler les politiciens britanniques agissant dans l’intérêt d’une puissance étrangère, et obtenant très probablement des avantages financiers pour le faire, des « traîtres ». Et pourtant, comme le montrent les vidéos secrètement filmées par Al Jazeera, les espions israéliens comme Shai Masot peuvent facilement rencontrer et conspirer avec le proche assistant d’un ministre conservateur pour discuter de la meilleure façon de « faire tomber » le ministre adjoint des Affaires étrangères, Alan Duncan, à cause de ses critiques contre les colonies illégales d’Israël dans les territoires occupés. Maria Strizzolo, l’assistante du ministre de l’éducation Robert Halfon, suggère de façonner un « petit scandale » pour porter préjudice à Duncan.

Masot et les services de renseignement d’Israël ne peuvent pas influencer la politique étrangère britannique à travers le parti d’opposition travailliste, mais cela ne les empêche pas d’avoir aussi un vif intérêt pour les députés travaillistes. Masot est filmé en train de parler au Président des Amis travaillistes d’Israël, Joan Ryan, à propos de « beaucoup d’argent » – plus d’un million de livres sterling – qu’il a reçu du gouvernement israélien pour envoyer encore une autre brochette de députés travaillistes dans un voyage tous frais payés en Israël, où ils seront choyés, cajolés, et apprêtés par de hauts fonctionnaires israéliens pour qu’ils adoptent des positions pro-israéliennes encore plus extrêmes. Les Amis travaillistes d’Israël sont connus pour envoyer la plus grande proportion de députés en Israël dans ces genres de voyages.

Est-ce que cela a un effet sur la politique intérieure britannique ? Vous pouvez le parier ! Israël n’est pas un organisme de bienfaisance.

Un grand nombre de ceux qui ont rendu infernale la vie du leader travailliste Jeremy Corbyn font partie des Amis travaillistes d’Israël. Ce sont les mêmes députés qui ont fait tout un tapage sur une prétendue « crise d’antisémitisme » dans le parti travailliste – basée sur zéro preuve tangible – depuis que Corbyn est devenu le chef du parti. Suivaient-ils alors ce que leur dictait leur conscience ? Craignaient-ils vraiment qu’une épidémie d’antisémitisme ait soudainement frappé leur parti ? Ou jouaient-ils une politique profondément cynique pour évincer un leader qui soutient la justice pour le peuple palestinien et est considéré par le gouvernement de droite d’Israël, qui n’a aucun intérêt à faire la paix avec les Palestiniens, comme de mauvaises nouvelles pour Israël ?

L’enquête menée par Al Jazeera n’a pas encore été diffusée, et nous ne pouvons donc nous baser que sur les extraits publiés jusqu’à présent, soit par Al Jazeera elle-même, soit d’autres fuites de l’enquête fournies par le Mail on Sunday.

Il vaut la peine d’écouter un ministre conservateur du gouvernement de David Cameron, qui nous a récemment quittés, qui s’exprime anonymement dans le Mail on Sunday. Il nous avertit d’un double coup dur pour la politique du Royaume-Uni causé par Israël et ses partisans britanniques – et qui commence à se rapprocher des dommages causés au système politique des États-Unis par Israël.

Le gouvernement britannique biaise sa politique étrangère pour éviter de contrarier les donateurs juifs, dit-il. Les députés, quant à eux, agissent comme des agents d’une puissance étrangère – à leur insu, suppose-t-il généreusement – plutôt que des représentants du peuple britannique. Oubliez le droit international, ces politiciens ne promeuvent pas même les intérêts britanniques.

Voici ce que le ministre écrit :

La politique étrangère britannique est soumise à l’influence israélienne au cœur de notre politique, et les personnes en autorité ont ignoré ce qui se passe.

Pendant des années, les Amis conservateurs d’Israël et les Amis travaillistes d’Israël ont travaillé avec – et même pour – le gouvernement israélien et leur ambassade de Londres pour promouvoir la politique israélienne et contrecarrer la politique du gouvernement du Royaume-Uni et les actions des ministres qui tentent de défendre les droits des Palestiniens.

Beaucoup de pays essaient d’imposer leurs points de vue aux autres, mais ce qui est scandaleux au Royaume-Uni est que, au lieu d’y résister, les gouvernements successifs s’y sont soumis, ont pris l’argent des donateurs, et ont permis au trafic d’influence israélien de façonner la politique et même de déterminer le sort des ministres.

Même maintenant, si je devais révéler qui je suis, je serais soumis à un barrage incessant d’injures et à une mise à mort politique. […]

Il semble maintenant clair que les membres des Partis conservateur et travailliste ont travaillé avec l’ambassade d’Israël, qui les a utilisés pour diaboliser et honnir les députés qui critiquent Israël ; une armée d’idiots utiles d’Israël au Parlement.

C’est quelque chose de politiquement corrompu et de diplomatiquement indéfendable. La conduite de certains députés doit être exposée au grand jour, de même que l’infiltration toxique et trompeuse de notre politique par les agents involontaires d’un autre pays. […]

Nous avons besoin d’une enquête complète sur l’ambassade d’Israël, les liens, les accès et le financement des Amis conservateurs d’Israël et des Amis travaillistes d’Israël. Il est rare que je sois d’accord avec un ministre du gouvernement conservateur, mais une telle enquête ne peut pas être diligentée trop tôt.

Notez également que le fait qu’Al-Jazeera, plutôt que le quatrième pouvoir britannique, ait exposé les agissements d’Israël pour subvertir le système politique britannique constitue un acte d’accusation contre les médias du Royaume-Uni. Ce n’est pas comme si les journalistes de la BBC, du Guardian, du Times et du Mail n’avaient pas vu des ministres comme celui/celle citée précédemment se plaindre à eux durant des années au sujet des interférences en provenance d’Israël. Alors pourquoi n’ont-ils pas envoyé depuis longtemps des équipes d’infiltration pour exposer cette collusion entre Israël et les députés britanniques ?

Nous avons eu des semaines d’histoires sur les efforts supposés de la Russie et de Poutine pour subvertir l’élection américaine, sans encore le moindre soupçon d’aucune preuve, et sur la base d’une allégation centrale contre les Russes selon laquelle ils auraient compromis le résultat des élections en diffusant des informations véridiques sur des actes répréhensibles du Parti démocrate. Des diplomates russes ont été expulsés sur la base de ces affirmations infondées, et le Président Obama a promis d’autres mesures secrètes contre la Russie.

Ici, nous avons des preuves documentées que le gouvernement israélien complote secrètement avec des députés britanniques « amis » pour évincer un ministre du gouvernement britannique. Si ce n’est pas là de l’ingérence dans le système politique britannique, je ne sais pas ce qui en serait. Aurons-nous de même des semaines de couverture de cette histoire dans les médias au Royaume-Uni, ou sera-t-elle rapidement classée et oubliée ?

Et au-delà du renvoi de Masot, une quelconque action sera-t-elle exigée par le gouvernement britannique ? Cela semble peu probable. Le Ministère des Affaires étrangères a déjà publié une déclaration disant que, après le renvoi de Masot, il considérait l’affaire close.

Jonathan Cook

Jonathan Cook est un journaliste britannique indépendant basé à Nazareth, lauréat du prix spécial Martha Gellhorn pour le journalisme, et spécialiste du conflit israélo-palestinien.

Article en anglais : http://www.jonathan-cook.net/blog/2017-01-08/how-many-british-mps-are-…

Épisodes du documentaire d’Al-Jazeera (en anglais) :
https://youtu.be/ceCOhdgRBoc
https://youtu.be/Vuk1EhkEctE
https://youtu.be/L3dn-VV3czc
https://youtu.be/pddH2sfNKNY

Traduction : Sayed Hasan