Dr Ashraf Ezzat: Entité sioniste et colonisation de la Palestine… Pour que Trump et la ligue mafieuse comprennent que…

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Jerusalem n’est pas la capitale de l’Israel biblique

 

Dr Ashraf Ezzat

 

8 décembre 2017

 

url de l’article original:

https://ashraf62.wordpress.com/2017/12/08/mr-trump-jerusalem-is-not-the-capital-of-biblical-israel/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Si historiquement Jerusalem était bien la ville du roi David, la décision idiote de Trump d’y faire transférer l’ambassade des Etats-Unis ne m’aurait pas irrité outre mesure et je n’aurais pas écrit l’article que vous êtes en train de lire. Mais la vérité est que la Jerusalem moderne n’a jamais été la capitale du royaume de David.

Bien des gens ont pensé que l’idée de construire un mur à la frontière américano-mexicaine fut la promesse électorale la plus stupide de Trump. Mais en fait ça ne l’était pas, transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jerusalem le fut. La décision de Trump a ravivé l’idéologie sioniste de l’occupation illégale et d’apartheid et quelques sionistes fanatiques ont perçu l’affaire comme étant “plus grosse que Balfour” et tant pis pour ces analystes qui ont soutenu Trump en le voyant comme le candidat qui allait devenir le président anti-establishment. Ils ne semblaient pas vouloir comprendre que le seul establishment auquel Trump est attaché, c’est le sien.

Bouger l’ambassade vient-il vraiment comme une surprise ? En fait non, car contrairement à ses prédécesseurs, Trump veut être le premier président des Etats-Unis à remplir ses promesses électorales (aussi stupides furent-elles…). Peut-être veut-il que cela soit mémorisé comme son héritage présidentiel.

Mais ceci ne peut pas être le seul but de cette action si mal avisée, car relocaliser l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jerusalem va sûrement accordé à Trump le soutien (si nécessaire) du lobby juif et de ses organisations pleines de fric ainsi que le droit religieux sionistes et des évangélistes chrétiens (NdT: les plus sionistes de tous les chrétiens…)

Sans mentionner que cette pitrerie d’ambassade servira de diversion car un paquet de scandales sont en train de menacer la présidence de Trump et de transformer la Maison Blanche en un cirque.

Il semble que rien ne peut sauver Trump sauf de rendre Israël “encore plus grand”…

L’action de Trump, bien que stupide, va sans doute soulever de séreuses répercussions politiques et possiblement de la violence (et toujours plus d’extrémisme et de terrorisme) au Moyen-Orient et au-delà. Dans le même temps, peut-être pas, considérant que l’UE et le monde arabo-islamique s’opposent à cette décision scandaleuse.

Mais ce que ne réalise pas vraiment Trump, c’est que sa décision est extraordinairement ignorante du point de vue historique et c’est pourquoi je pense qu’elle est en même temps dangereuse. Ignorante parce que ni lui ni sont entourage de conseillers n’ont été éduqués, informés par des érudits et/ou universitaires impartiaux sur l’histoire ancienne du Proche Orient pour comprendre que Jerusalem n’est pas la ville historique de l’ancien Israël biblique. Décision dangereuse parce que cette décision inconsidérée va aider à consolider ce concept totalement falsifié au sujet de Jerusalem dans l’inconscient collectif des masses non informées dans le monde.

Le narratif/prétexte classique et déformé pour la justification de l’occupation de la ville palestinienne de Jerusalem (ainsi que du reste de la Palestine…) est qu’elle fut la capitale de ce magnifique royaume du roi David et de son fils Salomon.

Ce prétexte apparemment indiscutable parmi les pères du mouvement sioniste est que la Palestine est leur terre historique, terre sur laquelle eut lieu les histoires des patriarches. Ils voient aussi Jerusalem de manière non équivoque comme la ville établie par le roi David au 10ème siècle avant notre ère.

La construction de ce faux prétexte par le mouvement sioniste (aidé en cela par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis dans la première moitié du XXème siècle) ont encouragé les Européens convertis au judaïsme de voir la terre arabe de Palestine comme leur ancienne terre perdue qui fut promise à Abraham et ses descendants israélites. Le plus marrant qui a échappé à des milliers de juifs européens qui se sont ensuite installés en Palestine est qu’ils ne sont en rien les descendants d’Abraham ou de sa tribu israélite, mais qu’ils sont les descendants du royaume khazar.

Si les musulmans de Chine et des Philippines ne peuvent affirmer aucun droit historique sur la ville de La Mecque comme étant leur ancienne capitale, il en va ainsi de même pour les juifs européens et la ville de Jerusalem. La même logique s’applique.

La ville sainte de Jerusalem apparaît d’abord dans les descriptions de la bible pendant l’époque d’Abraham (vers 1850 avant notre ère). Ce fut dans cette ville qu’Abraham fut reçu par un mystérieux prêtre/prophète de dieu nominé comme le plus haut gradé Melchizedek (roi honnête dans l’ancienne langue arabe/hébraïque) et qui fut aussi le roi d’Ur-Salem. Salem en arabe veut dire paix et Ur-Salem / Jerusalem signifie la cité de la paix. Voyez-vous, tout le vocabulaire des histoires du patriarche israélite est véritablement arabe.

Un autre détail édifiant que nous donne la bible est qu’avant que David ne conquît la ville biblique de Jerusalem, celle-ci était habitée par une tribu appelée les Jebusites (2 Samuel 5:6-7) et que Jerusalem était sécurisée, placée au sommet d’une montagne, comme une forteresse.

Mais ce qui laisse perplexe, est que durant à la fois le temps d’Abraham (19ème siècle AEC) jusqu’au temps de la conquête de la ville par David (10ème siècle AEC), Jerusalem n’a pas existé comme une entité territoriale sur la carte de l’ancien Proche Orient et spécifiquement du Levant. Simplement la ville n’y existait pas encore.

Il n’y a pas eu de Jerusalem pouvant accommoder l’histoire d’Abraham datant du 19ème siècle AEC ni de David et de son fils Salomon aux 10ème – 9ème siècles avant notre ère.

Sans même mentionner que l’histoire antique de la Palestine n’a jamais été témoin d’un peuple ou d’une tribu répondant au nom des Jebusites et desquels on ne peut trouver de trace historique que dans l’Arabie et le Yémen antiques avec leurs terrains montagneux et leurs villages cadrant parfaitement avec le narratif géographique biblique.

““La montée des états territoriaux au Levant fut le résultat de l’expansion vers l’ouest de l’empire assyrien vers le 9ème siècle avant notre ère. De plus, ni les archives assyriennes, ni les archives égyptiennes ne font une quelconque référence au soi-disant royaume de David et Salomon. En fait, des sources extra-bibliques laissent peu de doute sur le fait que tous les états majeurs de la région comme par exemple Damas, Moab et bien sûr Jerusalem, émergèrent après le 9ème siècle AEC. Il est très difficile de concevoir un royaume unifié israélite qui aurait gouverné depuis Jerusalem plus d’un siècle avant ce processus. Le plus ennuyeux de tout après un siècle de recherches et d’excavations à Jerusalem, la (supposée) capitale de la monarchie unifiée d’israël si glamour, c’est que celles-ci ont échoué à montrer des preuves de toute construction notoire sur place au 10ème siècle. Il n’y a aucune trace de palais magnifiques ou de grands états, rien ne fut archéologiquement trouvé sur place concernant cette période. Bref, Jerusalem au 10ème siècle AEC, période de David et Salomon n’était rien de plus qu’un village perché et non pas cette capitale exquise et décorée d’un grand empire”, a éciri le professeur Israël Finkelstein, l’archéologue israélien de l’université de Tel Aviv et de l’académie des sciences israélienne dans son livre “The Bible Unearthed” (2001).

Quant à l’endroit de la Jerusalem biblique, d’autres universitaires de l’antiquité nous donnent certaines indications sur là où nous devrions regarder pour la trouver: sur la carte ancienne/antique de l’Arabie et du Yémen. La ville de Jérusalem d’après la Torah est située sur une montagne, c’est pour cela que le site le plus saint du judaïsme est nommé “Le Mont du Temple”. Mais lorsque nous regardons la carte de la Jerusalem actuelle, nous sommes surpris de découvrir qu’elle n’est pas située sur une montagne mais plutôt entre deux collines. N’est-ce pas un peu étrange ?

La mosquée Al-Aqsa et le dôme de la pierre (Le Mont du Temple pour les juifs) sont situés au point le plus bas de la topographie de Jérusalem. La question est: où est la montagne qui est mentionnée dans la bible ? Va t’elle venir avec l’ambassade de Trump ? Aucune intention de sarcasme ici.

Jerusalem pourrait être l’endroit où le temple d’Hérode (37 AEC ~ 70 EC) se situa mais elle n’est définitivement pas la terre du premier temple ou de la ville qui aurait été témoin des histoires des patriarches israélites.

Jerusalem n’est pas la ville historique du roi David ni la capitale de l’Israël biblique. Voilà pourquoi elle ne devrait jamais être reconnue ou acceptée comme la capitale de l’Israël moderne.

L’endroit réel du Mont du Temple et de la totalité de “l’état d’Israël” est basé sur une idéologie, à la fois fausse, mensongère et trompeuse. La décision fondée sur une ignorance crasse de Donald Trump, de transférer l’ambassade des Etats-Unis à Jerusalem ne fait que rendre l’affaire encore plus trompeuse.

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Guerre colonialiste au Moyen-Orient: Trump voudrait allumer la mèche qu’il ne s’y prendrait pas autrement…

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Hezbollah: La décision de Trump met fin à la solution politique et à celle de deux états pour la Palestine

 

Al Manar

 

7 décembre 2017

 

Source: http://french.almanar.com.lb/685529

 

Le vice-secrétaire général du Hezbollah, Cheikh Naim Qassem, a déclaré que « la position de Trump signifie la fin de la solution des deux États et du processus de règlement pacifique, voire la fin  de toute discussion concernant  une solution politique ».

Dans une interview avec la chaine satellitaire libanaise alMayadeen, cheikh Qassem a déclaré que « la position du président américain Donald Trump concernant alQods dévoile ce que Washington a depuis toujours caché dans son for interieur », ajoutant « nous devons soutenir l’option de la résistance sur tous les niveaux à partir de maintenant ».

Et de poursuivre : »Trump affirme qu’Israël est une priorité et ne reconnait aucune existence à la présence de la Palestine, ni n’accorde de valeur à tout compromis ».

Cheikh Qassem a rappelé que « grâce à la libération du sud du Liban par la résistance, il est clair pour Israël qu’il peut être vaincu » qualifiant « les actions d’Israël , notamment ses raids contre la Syrie, de signes d’impuissance, car il bombarde des lieux désertés, juste pour prouver qu’il est présent sur le terrain ».

Cheikh Qassem a déclaré qu’ »il y a une chance aujourd’hui pour un dialogue avec les pays avec qui le parti était en désaccord », soulignant que « le rassemblement autour de la cause palestinienne supprime les différends entre l’unité parmi les pays islamiques et sabote les plans américains dans la région ».

Il a assuré que « le Hezbollah est prêt aujourd’hui à  raccourcir les distances entre les Etats et entre tous les mouvements qui sont prêts à résister contre Israël ».

Cheikh Qassem a affirmé qu’ »il faut distinguer entre les dignitaires religieux  qui ont travaillé pour le bien de la Palestine et les autres qui aspirent à la normalisation », appelant « les dignitaires religieux qui travaillent pour le compte des sultans  au repentir et à saisir l’occasion de soutenir le peuple palestinien ».

Cheikh Qassem a souligné que « le Hezbollah est devenu plus nombreux et plus expérimenté , suite à sa lutte contre le terrorisme -takfiriste » ajoutant « il est révolu l’ère où les dignitaires religieux qui hésitent entre le blanc et le noir, choisissent le gris. Désormais,  leurs choix  doivent être clair dans leur soutien à la Palestine ».

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Lecture complémentaire:

Hezbollah son histoire de linterieur naim qassem

Palestine et colonialisme: Qods, l’étau se resserre sur Israël

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Qods… Le piège se referme sur Israël

 

Press TV

 

8 décembre 2017

 

Source: 

http://www.presstv.com/DetailFr/2017/12/08/544929/Le-pige-se-referme-sur-Isral

 

D’une évolution à l’autre, pas un jour ne passe sans qu’un nouveau fait ne se produise au Moyen-Orient avec son cortège de surprises et d’inattendus. Or, ce tourbillon stratégique renvoie à une crainte profonde : les plans concoctés depuis plusieurs décennies au Moyen-Orient n’ont pas abouti ; pis, ce sont des effets inverses qui se sont produits à tous les coups.

On veut piéger la Résistance, on tombe dans le piège. Mais pourquoi cette panique généralisée dans le camp américain ? Primo, l’axe de la Résistance a repris le contrôle de régions entières en Syrie et en Irak, régions que contrôlaient auparavant Daech et d’autres groupes terroristes. Et par malheur pour les adversaires de la Résistance, ces régions englobent les zones frontalières syro-irakiennes. Ce sont là des corridors géostratégiques qui offrent une vaste liberté d’action aux combattants de la Résistance au moment voulu.

De plus, les forces qui se réclament de l’axe précité sont placées désormais sous un commandement uni, et suivent une stratégie aux contours bien précis et agissent suivant un modus operandi homogène. C’est là l’émergence d’une « armée transfrontalière » qui sait non seulement s’engager dans des missions à caractère supranational, mais aussi à les accomplir dûment. Au bout de sept ans de guerre en Syrie et en Irak contre Daech et ses commanditaires, l’axe de la Résistance a réussi à s’imposer sur un double plan militaire et politique. Il faut compter avec sa puissance militaire et son poids géopolitique à l’échelle de la région.

Tous ces constats, les Américains, les Israéliens et leurs alliés arabes sont les premiers à s’en inquiéter. D’où leurs agissements précipités qui génèrent erreur sur erreur : une première erreur a été commise au Liban où les Saoudiens croyaient pouvoir affaiblir le Hezbollah en effaçant Saad Hariri de l’équation des forces. Et c’est justement l’inverse qui s’est produit. Sorti largement renforcé de sa guerre contre le terrorisme en Syrie et au Liban, le Hezbollah a défendu Hariri, comme se doit de le faire une force politique de dimension nationale. Mais l’erreur encore plus grande, Riyad l’a commise au Yémen : militairement parlant, l’Arabie saoudite a perdu la guerre contre les forces yéménites, dont la capacité balistique s’est transformée en un véritable cauchemar pour les Saoud. Seul un homme politique né de la dernière pluie, comme l’est ben Salmane, aurait pu croire pouvoir mettre au pas tout un peuple qui résiste depuis trois ans au prix de son sang en jouant la carte « Saleh ».

Au Yémen, Riyad a commis la même erreur qu’au Liban. Désormais le pion Saleh n’est plus et le Yémen est entièrement acquis à la cause de la Résistance. Mais le feuilleton des faux pas de l’axe Riyad–Washington–Tel-Aviv vient de franchir un nouveau palier avec l’annonce par Trump de la ville éternellement palestinienne de Qods comme capitale d’Israël.

En allumant ainsi la mèche des décennies de colères et de ressentiments anti-israéliens du monde musulman, Trump a crevé un abcès à la figure d’Israël : le périmètre de sécurité que Tel-Aviv croyait s’être offert sur les ruines de la Syrie risque à tout instant de voler en éclats. Sa sécurité à jamais remise en cause, Israël aura à faire avec l’armée de la Résistance qui l’attend de pied ferme au tournant…

Résistance politique: « L’idéologie sioniste est un racisme envers les juifs » (Daniel Vanhove)

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L’idéologie sioniste: Un racisme envers les juifs qui en cache d’autres

 

Daniel Vanhove

 

3 décembre 2017

 

Source:

http://chroniquepalestine.com/lideologie-sioniste-un-racisme-envers-les-juifs-qui-en-cache-dautres/

 

Je reprends un sujet que j’ai déjà abordé à travers différents billets parce qu’il me semble important, d’autant quand certains acteurs de la classe politico-médiatique y reviennent régulièrement et entretiennent la confusion.

C’est ainsi que l’on peut lire, voir et entendre les ténors des médias habituels – et non des moindres ! – nous expliquer que l’antisionisme serait le nouveau déguisement de l’antisémitisme. Odieux mensonge, largement repris par certaines associations telles le CRIF (Conseil Représentatifs des Institutions juives de France) et autres officines du même acabit. Or, rien n’est plus faux ! Il s’agit donc d’établir clairement la responsabilité de ces incompétents/inconscients qui, entretenant une telle confusion, ne font qu’alimenter une tension raciale dont ils se nourrissent et utilisent comme leur fonds de commerce. Leur position inacceptable doit être dénoncée sans relâche parce qu’elle est le signe bien enfoui et camouflé d’un racisme latent qui ne dit pas son nom.

Aujourd’hui en Europe – et particulièrement en France – nous assistons à une exacerbation des tensions identitaires entre ceux que l’on nomme d’une part « les musulmans » et d’autre part « les juifs ». Or, avec recul, l’Histoire nous rappelle que la cohabitation entre ces deux communautés a toujours existé en pays arabes, sans que cela ne crée de problèmes majeurs. Et cela pendant des siècles. Le judaïsme et l’islam, tout comme la chrétienté cohabitaient librement et de manière relativement harmonieuse. Et dans les pays arabes ainsi qu’en Iran ou en Turquie, les autorités musulmanes se faisaient un honneur et avaient soin de protéger les communautés minoritaires. Sous la domination ottomane, les juifs et les musulmans vivaient ensemble en Palestine. Et faut-il rappeler que les juifs pourchassés en Europe au siècle passé, ont trouvé refuge dans les pays arabes où ils vivaient en paix et dans le respect de la diversité ?!

Jusqu’au moment de l’imposition par les États impérialistes via l’ONU, de l’État d’Israël en terres arabes de Palestine en 1947, ce qui signa le début des problèmes graves de la région qui quelques décennies plus tard, se trouve complètement dévastée.

Faut-il rappeler que le judaïsme est millénaire et s’identifie à une appartenance religieuse, quand le sionisme a cent ans et est une idéologie politique ? Idéologie qui s’inscrit en opposition majeure avec les principes essentiels du judaïsme. Au point que les partisans du sionisme ne supportent pas ce rappel de la part de juifs attachés aux strictes prescriptions de leur religion, le judaïsme, dans lequel il n’est jamais question de création d’un quelconque État, mais d’une dispersion des juifs de par le monde et d’une intégration de chacun d’eux dans les pays où ils vivent. Ainsi, il n’est pas rare que des juifs soient agressés et violentés par des groupes sionistes animés, il faut le rappeler, par le seul esprit colonial qui les obsède. Or, qu’est-ce que l’esprit colonial sinon s’approprier les biens d’autrui, en général au moyen de la force ? Ce que pratiquent tous les sionistes qui se sont installés sur les terres de Palestine avec l’objectif d’en chasser les Arabes qui y vivaient paisiblement depuis des siècles, et qui contrevient de manière flagrante avec l’éthique de justice du judaïsme. Le sionisme, dit l’un des rabbins dans la vidéo ci-dessous est « l’ennemi de la Torah ». Et il ajoute : « L’islamophobie n’est pas uniquement un exutoire de l’extrême droite dépositaire du nazisme, elle provient bien plutôt du fascisme à col blanc de milieux libéraux qui se disent bien-pensants – je pense à la présidence française – liés au néo-conservatisme américain et aux lobbies sionistes ».

Sur ce point, il est peut-être utile d’ouvrir une parenthèse : oui, la plupart des gouvernements français et ceux qui les soutiennent ont amplement exprimé leur désamour des Arabes. L’époque coloniale pas si lointaine et les horreurs commises en Algérie sont encore dans les mémoires de ceux qui veulent bien les voir (pour une approche chiffrée des crimes). D’aucuns n’ont jamais avalé la défaite de la France qui a dû quitter l’Algérie. Pas besoin d’en rajouter. Mais pour certains, soutenir le sionisme, ne serait-ce pas une revanche sur ces insoumis d’Arabes ? Je referme la parenthèse.

Dans la perspective de création d’un État réservé aux seuls juifs – sous le prétexte fallacieux et combien récupérateur d’être à l’abri d’éventuels nouveaux pogroms qui menaceraient les juifs comme ce fut le cas en Europe pendant les années de peste brune – il apparaît de manière claire et évidente que l’expulsion de tout habitant qui ne peut attester de sa judéité et le vol de ses biens pour les redistribuer à des étrangers qui viennent en profiter – les colons juifs – est une démarche d’un racisme avéré. Y adhérer et y souscrire rend donc complice et dès lors, coupable.

Comme l’exprime un rabbin dans la vidéo : « Le judaïsme prêche la compassion et le respect des voisins dans leur intégrité physique et dans ce qui leur appartient, ce qui est à l’exact opposé de l’idéologie sioniste qui s’impose par la force aux Palestiniens (…) dès lors, les sionistes ne représentent pas les juifs, ils n’en n’ont pas le droit, et l’antisionisme n’est pas l’antisémitisme ». Un autre rabbin ira jusqu’à dire : « Les sionistes, bien loin d’être les protecteurs des juifs et les garants d’un havre de sécurité pour eux sont en réalité les principaux responsables de l’antisémitisme dans l’ensemble du monde. Là où l’antisémitisme n’existe pas, les sionistes le fabriquent » !

Le rabbin Hirsch, président du mouvement orthodoxe Neturei Karta et vivant au cœur de Jérusalem, déclare pour sa part : « Les sionistes ne sont pas juifs et n’appartiennent en aucun cas à la terre de la Palestine historique… nous sommes des palestiniens juifs et voulons vivre sous le pouvoir palestinien qui sera créé bientôt et gouvernera toutes les régions de la terre sacrée ». Pour ces juifs de longue tradition, la célébration de l’anniversaire de la création de l’État d’Israël est un jour de deuil où ils manifestent leur opposition au sionisme en brûlant des drapeaux israéliens.

Le rabbin Weiss, porte-parole de Neturei Karta et invité sur le plateau télévisé d’une chaîne aux USA déclare : « Le judaïsme est l’obéissance à Dieu, le sionisme est une rébellion contre Dieu à tous points de vue (…) mais les sionistes utilisent la bible et la brandissent à la main en disant : ‘Nous étions en exil pendant 2000 ans et nous sommes enfin de retour en terre sainte, nous sommes les successeurs du roi David’… ce qui nous ferait vomir tant c’est abject et à l’encontre des 10 commandements de la Torah (…), les sionistes détestent les juifs religieux (…) et par crainte d’être traités d’antisémites, les médias ont peur de dénoncer les sionistes ou de montrer de la compassion pour les Palestiniens ». Il terminera son intervention en déclarant : « Parce que nous sommes juifs, nous sommes contre l’existence de l’État d’Israël, et nous compatissons, nous pleurons avec le peuple palestinien dans sa souffrance (…) les sionistes sèment la confusion et veulent faire croire que c’est un conflit religieux, mais cela n’a rien à voir avec la religion, au contraire les musulmans et les arabes étaient nos amis et nos protecteurs et ne doivent pas être victimes de ce mouvement diabolique qu’est le sionisme ».

Tout discours qui alimente donc cette contre vérité que l’antisionisme serait une manière de cacher son antisémitisme est scandaleux et mensonger. Et ne doit jamais être passé sous silence, d’où qu’il vienne. Au contraire, il faut le dénoncer et pointer ce qui se cache derrière : un racisme qui aujourd’hui s’en prend la plupart du temps aux musulmans et ceux qui en dénoncent l’imposture… comme il s’en prenait aux juifs dans l’entre-deux guerres. Après les juifs, voici donc le tour des musulmans… et après les musulmans, qui y aura-t-il ? Retour à la case départ ?…

Les représentants et responsables de l’UE et ceux des USA – je rappelle que les sionistes les plus nombreux et les plus agressifs sont des chrétiens-évangélistes et non des juifs – devraient avoir le courage et l’honnêteté de balayer devant leur porte, et faire le travail nécessaire pour remettre les pendules à l’heure en reconnaissant et signifiant l’erreur commise en 1947 sur le dos des Palestiniens. Un État israélien réservé aux seuls juifs est par sa définition même un État d’essence raciste puisqu’il exclut d’emblée les autres identités et les traite comme on peut le voir aujourd’hui, sous un régime d’apartheid. C’est aussi évident qu’un nez au milieu de la figure. Et certains jeunes loups de gouvernements européens devraient y réfléchir à deux fois avant de se lancer dans des déclarations irresponsables. Et se demander si en lieu et place de ces prises de positions malheureuses, ils ne devraient pas s’insurger avec force et détermination contre les conditions infra-humaines que l’État sioniste qu’ils protègent tant, persiste à maintenir à l’encontre de millions de citoyens arabes, particulièrement à Gaza, véritable camp d’extermination ! Tant qu’une telle injustice perdurera, ils ne seront pas crédibles dans leurs déclarations et les citoyens ne reconnaîtront pas ces critères de justice à géométrie variable selon que l’on soit juif ou musulman.

Si les dirigeants du monde aspirent tellement à une paix au Moyen-Orient, il y a une solution : revoir cette déplorable décision de 1947 coupable de tant de sang versé, démanteler l’État israélien sous ses formes actuelles et revenir à la Palestine historique que géreront les autorités palestiniennes dans le respect des différentes communautés qui la peupleront, comme cela existe dans n’importe quelle démocratie digne de ce nom.

Voir la vidéo ici.

Guerres impérialistes: Mensonges et propagande toujours à l’origine des guerres de l’OTAN, entretien avec l’historien suisse Daniele Ganser

Posted in Uncategorized on 8 décembre 2017 by Résistance 71

Une fois de plus, ne jamais oublier que l’OTAN est l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord, que cette organisation criminelle, bras armé de la mafia étatico-capitaliste, n’existe que pour pousser la violence et le chaos de l’agenda du Nouvel Ordre Mondial fasciste supranational. Pour que toute cette fumisterie criminelle s’arrête, il suffit de dire NON ! Ensemble, en masse et de remplacer ces institutions obsolètes et mortifères par les confédérations des associations libres qui formeront la structure de la société des sociétés du futur. Ceci n’est en rien une utopie, mais la seule voie politico-sociale viable pour l’humanité. Croire que le système peut toujours être réformé de l’intérieur est soit utopique et naïf, soit complice des crimes commis par les oligarques à travers le monde.
Il n’y a pas de solutions au sein du système, il n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais. Qu’on se le dise…

~ Résistance 71~

 

La plupart des guerres menées par des membres de l’OTAN commencent par des mensonges (historien suisse Daniele Ganser, spécialiste de l’OTAN)

Daniele GANSER, brillant historien et écrivain suisse allemand – spécialisé dans les opérations secrètes, le terrorisme sous faux pavillon et la géostratégie – expose ici en toute clarté et simplicité le cadre géopolitique conduisant aux conflits dont il est question dans son dernier ouvrage Les Guerres illégales de l’OTAN. Vendu à plus de 50 000 exemplaires en Allemagne, cet ouvrage est le cri d’un citoyen qui n’accepte pas que les règles de l’ONU soient violées, foulées aux pieds. Un ouvrage fort instructif et facile à lire qui devrait, à l’approche des Fêtes où chacun aspire à la paix, trouver sa place sous l’arbre de Noël. [Arrêt sur info].

Entretien traduit de l’allemand par Laurent Bénac et Jonas Lismont le 29 novembre 2017 et repris sur Arrêt sur info

4 décembre 2017

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article9273

Question : M. Ganser, vous êtes un historien, spécialiste de l’Histoire contemporaine depuis 1945 et expert en politique internationale. Au sein de l’Institut SIPER que vous avez créé et que vous dirigez, vous vous intéressez à de très nombreux sujets comme l’énergie et la géostratégie, les conflits pour les ressources et la politique économique, les mises en œuvre de guerres secrètes, et (je dirais presque paradoxalement) la paix. Votre nouveau livre est intitulé Les Guerres illégales de l’OTAN ; donc parlons-en pour commencer. Qu’est-ce qui rend une guerre légale, ou illégale ?

Daniele GANSER : De manière générale, toutes les guerres sont illégales. La Charte de l’ONU, signée en 1945, énonce explicitement que les États doivent résoudre leurs différends sans avoir recours à la violence ou aux armes. Les guerres sont donc clairement illégales. Il existe toutefois deux exceptions à cette règle : premièrement, la légitime défense ; si un pays est agressé, il a le droit de se défendre militairement. Deuxièmement, une guerre est légale si le Conseil de Sécurité de l’ONU a voté un mandat explicite en ce sens.

Question : Dans votre livre, vous parlez des États-Unis comme d’un « Empire »… Pourquoi ce terme ? En France, la classe médiatique et/ou politique va immédiatement crier à « l’anti-américanisme primaire ». D’ailleurs, ce réflexe pavlovien a-t-il cours également dans les pays de langue allemande ?

Daniele GANSER : Je suis un historien. Pour moi, le terme d’Empire est celui usité pour décrire le pays le plus puissant à un moment donné. Il y eut ainsi l’Empire romain au début de notre ère ; ce n’est pas je crois « anti-italien » de parler de l’Empire romain ! Au xixe siècle, l’Empire britannique connut son apogée. Il n’est pas « anti-britannique » d’évoquer cet Empire… Depuis 1945, donc depuis plus de 70 ans, les États-Unis sont le pays le plus puissant. Il n’est pas « anti-américain » de dire cela. C’est un fait. Il existe environ 200 pays dans le monde aujourd’hui. Mais si nous examinons les 5 Membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU – sans doute les 5 pays les plus puissants ou influents – une vérité saute aux yeux : les dépenses militaires US s’élèvent à 600 milliards de dollars par an, infiniment plus que n’importe quel autre pays. La Chine dépense environ 200 milliards annuellement, la Russie 70, la France et le Royaume-Uni à peu près 50 milliards chacun. En outre, les États-Unis disposent de 10 porte-avions, la France d’un seul (le Charles de Gaulle) comme la Russie et le Royaume-Uni, et la Chine en a 2 depuis peu (le second n’étant pas encore en service). Les USA entretiennent des bases militaires dans plus de 40 pays (dont par exemple Guantanamo à Cuba, et Ramstein en Allemagne). La France compte des bases militaires dans 11 pays différents (parmi lesquels l’Allemagne, et des pays africains comme le Mali, le Niger, le Tchad, Djibouti, …) Par ailleurs, le dollar américain est la monnaie de référence au niveau mondial. La devise la plus importante dans l’économie mondiale n’est ni l’Euro, ni le Rouble, le Renminbi ou le Franc suisse ! Enfin, depuis 1945, les États-Unis ont bombardé plus de pays que n’importe quel autre État dans le monde. La liste des pays bombardés inclut l’Afghanistan, la Libye, la Syrie, l’Irak, le Soudan, la Serbie, la Corée, le Vietnam, le Laos, le Cambodge, le Nicaragua, le Pakistan, la Somalie, le Yémen, Cuba… et cette liste n’est pas exhaustive. Pour ces raisons, et d’autres encore, les États-Unis sont clairement un Empire ; il n’y a aucun doute à ce sujet. Je ne regarde pas la télévision française, et ne lis pas la presse française, je ne sais donc pas si ce terme est d’usage fréquent en France… Mais les experts en géopolitique français ne peuvent ignorer que les États-Unis sont la seule et unique superpuissance. Ici, en Suisse alémanique où je vis, ce terme d’Empire US n’est pas beaucoup utilisé, parce que les gens ont peur que cela crée des problèmes avec l’Empire, ou nuisent aux relations commerciales.

Question : D’autant que vous allez plus loin : vous affirmez aussi que les États-Unis sont une oligarchie…

Daniele GANSER : Oui, bien sûr. L’ancien Président Jimmy Carter a dit en 2015 que les États-Unis ne sont plus une démocratie mais une oligarchie, c’est-à-dire un pays dirigé par une petite classe supérieure riche qui constitue au plus 1% de la population totale. Carter expliquait qu’un candidat à l’élection présidentielle US avait besoin d’au moins 300 millions de dollars pour concourir. Il y a plus de 320 millions d’habitants aux USA, mais combien d’après vous peuvent disposer d’une telle somme ? Si vous n’appartenez pas à l’oligarchie, vous n’avez aucune chance d’être un jour élu Président des États-Unis. Le Président est toujours choisi parmi les riches. Les 100 sénateurs aussi appartiennent à l’oligarchie : ils ne siègent pas au Sénat qui n’est pas un cénacle de « vieux sages », mais une assemblée de riches ! En moyenne la fortune d’un sénateur est de 3 millions de dollars. Ceux qui occupent des fonctions exécutives sont encore plus riches : certains des membres de l’Administration Trump ne sont pas des millionnaires, mais des milliardaires. Leurs intérêts est de défendre leur fortune et de devenir encore plus riches. Ce qui est classique dans un système oligarchique. C’est donc l’oligarchie US qui dirige l’Empire US.

Question : Pourtant, citoyen suisse, vous n’êtes pas « anti-américain ». Vous expliquez même que vous avez été stupéfait de constater « non sans effroi » que « ce sont les pays de l’OTAN, qui, conduits depuis 70 ans par les États-Unis, ont déclenché le plus de guerres illégales, et ce dans une impunité totale. »

Daniele GANSER : Quand j’étais étudiant en histoire, j’ai voyagé à de nombreuses reprises aux USA. Je suis allé à New York, Boston, Miami, Los Angeles, Seattle, et bien d’autres villes encore. Les paysages américains et la nature en particulier sont merveilleux. La plupart des citoyens aux Etats-Unis sont des gens formidables ; ce sont les oligarques qui initient les guerres. Le citoyen lambda, aux États-Unis comme ailleurs est trompé par la propagande véhiculée par les médias qui répètent sans cesse que l’Amérique combat pour la liberté et la démocratie. Mais c’est un mythe. Cela n’est pas vrai. Les oligarques se battent pour leurs intérêts commerciaux et dans le but d’étendre la puissance de l’Empire US. J’ai beaucoup appris des universitaires américains comme Noam Chomsky ou des journalistes comme William Blum, que j’ai rencontrés, et qui critiquent l’Empire de manière virulente. En fait, les critiques les mieux informés et les plus pertinents vivent aux USA. La liberté d’expression existe, et il leur est donc possible de s’exprimer publiquement et de publier des livres.

Question : Tout au long de votre livre, vous insistez sur l’importance du droit international. Vous citez de nombreux professeurs de droit qui tous sont unanimes… Pourtant, en Occident, la presse acquise à l’OTAN n’en parle jamais. Ou plutôt, elle l’ignore méthodiquement quand des États membres de l’OTAN le viole, et ne fait mine de s’en souvenir que si elle estime que des pays ennemis le bafoue. Pour prendre un exemple, je n’ai pas connaissance d’un média français qui ait expliqué à nos compatriotes que MM. Hollande ou Obama commettent un acte d’agression quand ils ordonnent à leur aviation de bombarder des objectifs en Syrie sans l’aval du gouvernement syrien, alors que M. Poutine reste, lui, dans le strict cadre du droit international quand les avions russes interviennent dans ce même pays, avec l’accord du gouvernement. Autre exemple notable : personne en France ne s’est étonné que trois ministres successifs des Affaires étrangères français (MM. Juppé, Fabius et Ayrault) aient appelé à un changement de régime en Syrie, alors même que cela est en complète violation de la Charte des Nations Unies qui régit le droit international…

Daniele GANSER : Oui, il y a vraisemblablement un problème dans la presse française si le public n’est pas informé qu’il est illégal de renverser un gouvernement étranger, ou même simplement d’essayer de fomenter un changement de régime dans un pays tiers. Les dirigeants français, avec leurs homologues britanniques, états-uniens, saoudiens et qataris ont tenté de renverser le gouvernement syrien. Jusqu’à présent, ces tentatives ont échoué : M. Assad est toujours au pouvoir. Clairement, cela était illégal au regard du droit international. Au cours de l’Histoire, les Russes aussi ont mené des opérations illégales. L’URSS a envahi la Tchécoslovaquie en 1968 et l’Afghanistan en 1979, sans mandat du Conseil de Sécurité. Les guerres illégales sont malheureusement fréquentes… En 1956, la France, en accord avec la Grande-Bretagne et Israël a attaqué l’Égypte durant la crise du canal de Suez, un autre exemple de guerre illégale. Mais la presse le plus souvent n’utilise même pas ce terme, et lorsqu’un concept n’est pas débattu dans les journaux, ou jamais présenté à la télévision, alors il ne faut pas s’étonner que les gens ne se posent pas la question pourtant toute simple de savoir si ces guerres sont légales ou pas… Ou s’il n’est pas illégal d’armer des groupes militants dans des pays comme la Syrie ou le Nicaragua ? Dans mon livre, je montre comment les pays membres de l’OTAN se sont engagés dans de telles guerres dites secrètes, et oui bien sûr, tout cela est souvent absent des journaux (ou complètement falsifié) mais les gens qui lisent des livres peuvent apprendre énormément de choses factuelles.

Question : Les manifestations monstres qui eurent lieu partout dans le monde pour s’opposer à l’invasion de l’Irak par les États-Unis et leurs alliés britanniques en 2003 ont, depuis, été quelque peu oubliées. Elles ont révélé à la fois l’arrogance de l’Empire US, et l’impuissance du mouvement pacifiste. Depuis, malgré le désastre total qui a suivi la destruction de l’appareil d’État irakien, le revirement des dirigeants français, (mais aussi italiens, allemands, etc.) a été aussi rapide que complet : ces pays ont mené, directement ou indirectement des guerres néocoloniales en Libye puis en Syrie, plongeant au nom des « droits de l’Homme » et de la « défense de la démocratie » deux pays stables et indépendants dans le chaos. Il est très difficile de savoir si l’opinion publique est entièrement dupe de la propagande qui a précédé et accompagné ces guerres illégales… Quelle est votre opinion ?

Daniele GANSER : La France et l’Allemagne se sont en effet opposées à l’attaque illégale de l’Irak par les États-Unis et le Royaume-Uni en 2003. Et oui, effectivement, il y eut d’énormes manifestations contre la guerre à Paris, New York, Londres, Berlin, Rome et même ici en Suisse. J’ai participé à la manifestation à Berne, l’une des plus imposantes que la Suisse ait jamais connue. Cela montre que des millions de personnes sont contre les guerres illégales d’agression. Et puis, en 2011, quand la France, le Royaume-Uni et les USA ont bombardé la Libye, il n’y eut presque aucune manifestation pacifiste. Pourquoi ? C’est difficile à dire. Car là aussi les règles de l’ONU ont été violées. La France, le Royaume-Uni et les USA avaient un mandat du Conseil de Sécurité pour établir une zone de restriction de vol au-dessus de la Libye. Et ils l’ont détourné pour effectuer un changement de régime au cours duquel Kadhafi a été assassiné. Ce n’était absolument pas ce qu’autorisait le mandat onusien. Ces « jeux d’influence » (pardonnez la litote !) déstabilisent des régions entières. Beaucoup en France pensent qu’il est acceptable que Sarkozy ait fait bombarder la Libye. Mais imaginez un instant la situation inverse : que Kadhafi ait fait bombarder Paris ! La Charte de l’ONU est claire sur ce point : aucun pays n’a le droit d’en bombarder un autre sans avoir un mandat explicite en ce sens du Conseil de Sécurité. Tous les États doivent obéir à ces règles. Sinon, nous courrons le risque que plus personne ne respecte le droit international, ce qui signifierait le chaos.

Question : Vous citez des exemples concrets de mensonges de guerre, et vous vous intéressez aussi à cette propagande pluriquotidienne et multicanaux dont nous sommes bombardés. Vous commentez notamment l’usage qui est fait d’expressions orwelliennes comme « opérations », « frappes chirurgicales », « guerres humanitaires »…

Daniele GANSER : Oui, toutes ces guerres illégales sont vendues à l’opinion publique des pays qui les mènent, en l’occurrence la population des pays membres de l’OTAN, sous la forme appétissante de nobles missions humanitaires. Mais cela n’a aucun sens : il ne peut y avoir de guerres humanitaires, c’est impossible car les deux termes sont absolument contradictoires. Les guerres sont toujours brutales, horribles et meurtrières. Dans certains cas, comme en 2011 en Libye ou en 1999 en Serbie, des commandos des Forces spéciales ont même attisé les tensions en armant des groupes militants dans le pays cible. Le plus souvent, une guerre secrète précède la phase médiatisée de la guerre. Mais les gens assis devant leur téléviseur ne voient rien de cette phase préalable, la guerre secrète et se laissent duper et manipuler. J’ai écrit ce nouveau livre pour expliquer ces choses d’une manière simple mais pas simpliste, agréable, de sorte à ce que même des adolescents puissent le lire et comprendre ce que sont les guerres illégales.

Question : Vous êtes l’auteur des Armées secrètes de l’OTAN [1] un ouvrage traduit dans 10 langues, qui a établi votre réputation auprès de vos pairs, et qui a été salué par des nombreuses personnalités impliquées dans le mouvement pacifiste. Vous avez enseigné à la prestigieuse ETH de Zurich, et à l’Université de Bâle. Puis vous avez publié un article sur le 11-Septembre, critique de la version donnée par l’administration Bush, et à partir de là, les ennuis ont commencé…

Daniele GANSER : C’est vrai. Ma thèse de doctorat portait sur le Réseau Gladio et les armées secrètes de l’OTAN. Je suis donc un historien spécialisé dans les opérations secrètes, le terrorisme sous faux pavillon, et la géostratégie. Ce livre a été bien reçu, mais en 2006, j’ai publié un article dans un journal suisse, dans lequel je plaidais pour une nouvelle enquête sur les attentats du 11-Septembre car la narration de Bush n’est pas crédible. L’ambassade des États-Unis en Suisse m’a immédiatement attaqué en disant que tous ceux qui se posent des questions sur ce sujet colportent des théories complotistes. Aujourd’hui encore, le mot « complotiste » est utilisé pour stigmatiser les chercheurs et les historiens comme moi et les empêcher de poser des questions sur le 11-Septembre. Mais cette interdiction n’est pas acceptable. Les historiens et les scientifiques en général doivent toujours avoir le droit de poser des questions ! Sinon, c’est la fin de la science. Imaginez que l’on ait interdit à Descartes de penser, ou à Galilée ou Socrate de réfléchir. Poser des questions est nécessaire. Dans mon article, j’invitais chacun à s’intéresser au bâtiment 7 du World Trade Center, la 3e tour qui s’est effondrée à New York ce jour-là, bien qu’aucun avion ne l’ait percutée. Pourquoi s’est-il effondré ? Cela n’est pas clair. Il n’y a que 2 possibilités : l’incendie ou la démolition contrôlée. J’ai cité un expert suisse de la sécurité des bâtiments qui disait que cela ressemblait beaucoup à une démolition contrôlée. Deux ans plus tard, en 2008, le NIST (l’Institut national des Normes et de la Technologie) publia un rapport niant cette possibilité et donnant l’incendie comme explication de l’effondrement. Je ne sais pas si cela est vrai ou si c’est un mensonge. A ce jour, plus de 2 000 architectes et ingénieurs regroupés dans l’association AE911Truth de Richard Gage exigent une nouvelle enquête sur les causes de cet effondrement, car selon eux, de nombreux éléments prouvent la thèse de la démolition contrôlée. Je ne sais pas ce qui s’est passé le 11-Septembre, ni les raisons de l’effondrement du WTC 7, mais je soutiens la demande d’une nouvelle enquête car nous avons vraiment besoin de connaître toute la vérité.

Question : La version allemande de Wikipedia (et dans une moindre mesure les versions anglaise et française) vous ont longtemps présenté (voire vous présentent encore) comme une « théoricien du complot ». À ce sujet, le documentaire Le côté obscur de Wikipédia démontre de manière passionnante comment fonctionne « la police de la pensée » en vigueur sur le site. On y comprend comment une poignée de personnes anonymes ont détourné les règles éthiques de l’encyclopédie en ligne pour soi-disant « protéger » les lecteurs du site d’idées qu’ils jugent inadéquates. Dans le chapitre concernant l’Afghanistan, vous revenez à la charge sur les attentats du 11-Septembre, et citez des analyses de David R. Griffin, Richard Gage… Comme l’édition française des Guerres illégales de l’OTAN est publiée aux éditions Demi-Lune, il est évident que les journalistes en France – qui tireraient pourtant grand profit à vous lire ! – vont vous ignorer consciencieusement, même si l’édition originale a été publiée chez l’un des plus anciens et des plus sérieux éditeurs suisses…

Daniele GANSER : Wikipedia attaque toute personne qui pose des questions sur le 11-Septembre. C’est assez étrange. Pendant des années, l’article qui me concerne sur Wikipedia (en allemand) était plutôt bon. Puis j’ai fait part publiquement de mes doutes sur le 11-Septembre et le WTC 7 en particulier, et ai appelé à une nouvelle enquête, et alors soudainement l’article me concernant est devenu accusatoire : j’étais devenu un « théoricien du complot » ! Bien sûr, je ne suis rien de tel : je suis simplement un historien suisse qui fait son boulot. Mais cela doit vraiment vous inciter à réfléchir, quand vous vous rendez compte qu’un tout petit groupe de personnes contrôle l’encyclopédie la plus utilisée dans le monde, et qu’il est capable d’effacer les corrections d’un public beaucoup plus grand s’il en décide ainsi. Le film que vous mentionnez l’explique très bien. Pour ce qui est des médias français, je ne sais pas s’ils parleront du nouveau livre, cela ne dépend pas de moi !

Question : Votre livre est un best-seller dans les pays de langue allemande. La presse s’en est-elle fait l’écho ? Sinon comment expliquez-vous un tel succès, vraiment remarquable pour un ouvrage traitant de géopolitique, d’Histoire militaire et de relations internationales ? J’imagine que vous ne vous attendiez pas à un tel engouement…

Daniele GANSER : Plus de 50 000 exemplaires du livre se sont vendus en moins d’un an. J’en suis évidemment très content, et profite de l’occasion pour remercier mes lecteurs de leur intérêt. Je pense que la raison pour laquelle tant de gens ont acheté et lu ce livre est d’abord qu’il est écrit dans un style simple, accessible à tous. Ensuite, il offre à chacun un regard en coulisses : beaucoup de gens savent que les politiciens leur mentent, que la télévision et les médias leur mentent, mais ils ne savent pas très bien comment sont élaborés ces mensonges ni comment est disséminée la propagande des guerres illégales. Et les gens se sont emparés du livre pour s’instruire, s’informer sur le sujet, ce qui me réjouit profondément. J’ai énormément de retours très positifs, ce qui est toujours plaisant.

Question : Vous donnez en outre des conférences devant des salles combles, et celles qui ont été filmées et mises en ligne sur le Net cartonnent (en VO) avec des centaines de milliers de vues chacune. Cela doit vous réjouir profondément de constater qu’une grande partie de vos lecteurs sont de jeunes adultes, qu’ils cherchent à comprendre le monde dans lequel ils vivent, et que le thème de la paix leur semble de la plus haute importance ? Je serais tenté d’ajouter : contrairement aux médias alignés qui ne sont plus que les porte-paroles de dirigeants bellicistes et qui battent constamment les tambours de guerre (Yougoslavie, Kosovo, Afghanistan, Libye et Syrie).

Daniele GANSER : C’est vrai, beaucoup de jeunes gens, entre 15 et 25 ans, assistent à mes conférences et regardent mes vidéos sur Internet. Ce ne sont pas les médias allemands qui ont fait le succès du livre, plutôt l’Internet et ces présentations données dans les pays de langue allemande et qui sont accessibles sur YouTube. Les compteurs des 10 conférences les plus populaires totalisent plus de 5 millions de vues, ce qui est beaucoup pour ce type de sujets. Cela a aidé fortement à faire connaître le livre. Mais la plupart sont en allemand malheureusement. Je n’ai donné qu’une présentation en français, à Paris en 2016, visible ici. Je ne me sens pas très à l’aise quand je m’exprime en français. Cela m’est plus facile en allemand ou en anglais, et je donne donc la priorité au monde germanophone.

Question : Il semble qu’il y ait également un réel intérêt du public, en Allemagne, pour une profonde remise en cause du bien-fondé de l’existence même de l’OTAN. Vous rappelez d’ailleurs qu’après la chute du mur de Berlin et au moment où l’Allemagne s’est réunifiée, puis à plus forte raison quand l’Union soviétique s’est effondrée et que le Pacte de Varsovie a disparu, de nombreuses voix ont appelé à la dissolution de l’Alliance atlantique. Non seulement cela ne s’est pas produit, mais l’OTAN est alors devenue une Alliance offensive, notamment en Serbie… Puis elle s’est rapidement agrandie (elle compte maintenant 29 États membres) et étendue à l’Est, jusqu’à la frontière avec la Russie. Cette évolution est pour le moins préoccupante…

Daniele GANSER : C’est très juste. L’OTAN s’est agrandie après la chute du mur de Berlin en 1989. À l’origine, l’Alliance Atlantique se présentant comme strictement défensive, affirma qu’elle n’attaquerait jamais un État, mais qu’elle réagirait en cas d’attaque d’un de ses membres. Mais ensuite, l’Empire US a changé de doctrine, et les pays membres lui ont emboîté le pas. La Serbie a été bombardé en 1999. En toute illégalité. En Allemagne, le parti Vert de Joschka Fischer et le Chancelier social-démocrate Gerhard Schröder ont participé à l’attaque, aux côtés du Président Clinton. Cela se fit au grand désarroi de beaucoup de militants à l’intérieur du mouvement pacifiste allemand.

Question : J’ai pu lire dans certaines recensions de votre livre que l’on vous reproche de citer Kadhafi (quelques brefs extraits de son fameux discours à l’ONU)… une critique pour le moins incongrue puisqu’un chapitre des Guerres illégales de l’OTAN traite justement de la Libye. Êtes-vous aussi catalogué comme un ami de Poutine et de « Bachar » du fait que vous portez un regard critique sur l’OTAN et n’adhérez pas entièrement aux récits des médias concernant la crise en Ukraine et la guerre en Syrie ?

Daniele GANSER : Ce que j’explique dans mon livre est simple : des pays puissants comme les États-Unis et la France ne devraient pas en attaquer de plus petits comme la Libye ou la Syrie. Cela n’est ni juste ni légal et n’apporte que le chaos. Je m’exprime en tant que citoyen de la Suisse qui comme vous le savez est un tout petit pays. Nous n’aimons pas voir le droit international foulé aux pieds. Que va-t-il se passer si les grandes puissances décident de ne plus respecter la Charte de l’ONU ? Ou si les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité s’attaquaient, notamment les États-Unis et la Russie par exemple ? Il pourrait en résulter une guerre nucléaire. Personne ne veut cela n’est-ce pas ? Pourtant, en Syrie, chasseurs et bombardiers US et russes évoluent dans le même espace, menant leurs opérations séparément, et il existe des risques de confrontation directe. C’est une situation dangereuse. J’espère que tout se passera bien, mais il est fondamental d’exiger le respect par tous de la Charte onusienne : c’est l’intérêt du mouvement pacifiste partout dans le monde comme de l’humanité dans son ensemble.

Question : En tant qu’historien, comment expliquez-vous que la propagande de guerre fonctionne toujours aussi bien, à la fois avant le conflit pour le préparer, et pendant, pour que la population des États « démocratiques » soutienne des actions non seulement illégitimes mais surtout illégales ? Comment des procédés aussi grossiers (par exemple diaboliser l’ennemi du jour comme le « nouvel Hitler ») peuvent-ils ne pas être totalement éculés ? Je mets « démocratiques » entre guillemets, car vous écrivez que la population allemande n’a pas été consultée par rapport à la décision historique – qui viole la Constitution – de faire participer la Bundeswehr à la guerre en Syrie (pas plus que les populations française, britannique, canadienne, états-unienne, etc. vis-à-vis de leur propre armée).

Daniele GANSER : La base de la propagande de guerre est toujours d’utiliser l’arme de la peur. Les gens sont vulnérables à la peur. C’est pourquoi on a recours à ce sentiment. Qui va de pair avec la haine. En associant les deux, il est facile de mobiliser des populations entières en faveur de la guerre. En divulguant des histoires sur le fait que Saddam Hussein possède des armes de destruction massive, vous créez de la peur chez les gens, indépendamment du fait que cela soit vrai ou pas. Quand a été pointée du doigt la responsabilité de Saddam dans les attentats du 11-Septembre – un moment de peur intense – c’est le levier de la haine qui était activé. Plus tard, avec le recul, les historiens arrivent et expliquent que M. Hussein n’avait rien à voir avec le 11-Septembre et qu’il ne disposait pas d’ADM, mais évidemment, il est déjà trop tard ! La guerre illégale a commencé et énormément de gens sont morts. Il s’agit d’une véritable politique qui allie la peur à la haine et aux mensonges ; et elle fonctionne très bien. Dans un chapitre de mon livre, je traite de la guerre du Vietnam qui a commencé (pour les USA) en 1964. L’Empire US affirma alors que les Nord-Vietnamiens avaient attaqué un bateau américain dans le Golfe du Tonkin., ce qui contribua à créer un sentiment de peur et de haine dans le pays. Bien des années plus tard, les historiens découvrirent que l’attaque n’avait jamais eu lieu, c’était un autre mensonge. La plupart des guerres illégales commencent par des mensonges. Je consacre également un chapitre à Cuba. En 1961, les États-Unis affirmèrent devant le Conseil de Sécurité de l’ONU que des pilotes cubains avaient bombardé leur propre pays avant de se réfugier aux USA, parce qu’ils haïssaient le régime de Fidel Castro. Cette histoire aussi était fausse.

Question : J’insiste sur votre courage politique, car malheureusement, à part quelques exceptions notables (Mme Lacroix-Riz, MM. Jacques Pauwels ou Michael Parenti viennent – entre autres – immédiatement à l’esprit), les historiens ne se distinguent pas en général par leur intégrité. Le récent documentaire américain (de Burns & Novick) sur la guerre du Vietnam diffusé par Arte en est un exemple caricatural : alors qu’il dure presque 9 heures dans sa version « courte », les réalisateurs réussissent l’exploit de ne pas présenter les incidents du golfe du Tonkin comme une manipulation de l’administration Johnson, et de ne jamais simplement mentionner que la guerre au Vietnam, tout comme les bombardements au Laos et au Cambodge étaient purement et simplement illégaux au regard du droit international. Alors que ces événements datent de 50 ans et plus, ils se contentent ainsi de dire que l’implication des forces armées US au Cambodge fut « gardée secrète », ce qui est très différent. On est donc en droit de penser que ce documentaire – partout présenté comme admirable, radical et presque révolutionnaire car il donne aussi la parole aux Vietnamiens ( !) – tient plus de la propagande de guerre (John Negroponte, présenté comme un diplomate, y intervient de manière récurrente), et est coupable de dissimulations de crimes d’agression (le plus grave selon le Tribunal de Nuremberg)…

Daniele GANSER : Je n’ai pas vu cette série documentaire. Ce que je peux dire, sans risque de me tromper, c’est que si un documentaire sur la guerre du Vietnam n’explique pas à son audience que cette guerre était illégale, et qu’elle a débuté par un mensonge, alors soit le propos est manipulateur soit le travail de recherche est réellement insuffisant.

Question : Malgré tous ces mensonges, et toutes ces guerres, parvenez-vous encore malgré tout à rester optimiste ?

Daniele GANSER : Absolument. Je suis le père de deux jeunes enfants. Je garde l’espoir que la « famille humaine » sera capable de mettre un terme à la plupart des mensonges et à la brutalité qui définissent encore les relations internationales. Je suis pleinement conscient que de nombreux défis se posent à nous en ce xxie siècle. Mais aucun ne pourra être résolu par la violence. Et je réalise que de plus en plus de gens comprennent cela. Des réseaux se créent sur le Net, pour inventer des solutions alternatives, pour en finir avec les cycles et autres spirales de violence, en boycottant les chaines de télévision et les journaux qui appellent à la guerre ou la soutiennent. Donc oui, il y a de l’espoir. L’être humain peut toujours progresser, s’élever dans la voie de la conscience. La France a connu la royauté ; elle vit maintenant en démocratie : c’est un progrès historique. Il fut un temps où les femmes n’avaient pas le droit de vote (en Suisse, en France, en Angleterre, aux USA, etc.). Elles le peuvent maintenant, ce qui est aussi un progrès historique. J’espère que dans un futur proche, nous saurons respecter la Charte onusienne et le progrès historique qu’elle constitue. Cela est possible, et cette excellente idée produirait des bénéfices mutuels pour l’intégralité de la grande famille humaine.

Question : En conclusion, j’aimerais vous poser deux questions en phase avec l’actualité. La présente situation au Venezuela n’est pas sans rappeler celle des mois qui ont précédé le renversement de Salvador Allende au Chili (pays non traité dans le livre) ou celle juste après la Révolution cubaine, avec l’opération Mangouste qui visait à miner la popularité du nouveau pouvoir, en sabotant l’économie de l’île.

Daniele GANSER : C’est certain, la situation au Venezuela aujourd’hui est extrêmement instable. Mais je ne suis pas un expert, et je me garderai donc de tout commentaire. Bien sûr, il est historiquement avéré qu’à maintes reprises, l’Empire US a renversé des gouvernements étrangers en toute illégalité, et le coup d’État de 1973 au Chili en est un exemple flagrant.

Question : Même si le contexte historique (et géopolitique) est très différent, en lisant le chapitre sur Cuba (et le long développement sur la crise des missiles) on ne peut s’empêcher de penser à la crise « actuelle » (si l’on peut dire, car elle a débuté en 1993) entre la Corée du Nord et l’Empire US… Cette crise me semble illustrer le propos même de votre livre, à savoir que la violation récurrente du droit international et de la Charte de l’ONU sur l’interdiction de la violence conduit à toujours plus de conflits. (Le régime nord-coréen – qui a déjà connu une guerre contre les USA, au cours de laquelle l’usage de l’arme atomique a été envisagé – se sentirait sans doute moins menacé dans sa survie si des pays membres de l’OTAN n’étaient pas intervenus pour procéder à des changements de régime en Irak, en Libye et en Syrie, sans compter tous les autres cas que vous décrivez dans le livre.)

Daniele GANSER : Il existe actuellement de fortes tensions entre l’Empire US et la Corée du Nord. Fort heureusement, elles n’ont pas abouti à une guerre entre ces deux pays. Quand ils voient les États-Unis bombarder des pays illégalement et en toute impunité, certains petits États peuvent être tentés de penser que l’arme atomique les protégera, que c’est le seul moyen de se défendre, la seule chose qui arrêtera l’Empire US. Mais je pense que ce n’est pas un bon calcul. Il me semble qu’il serait plus avisé de respecter la Charte des Nations Unies. Neuf pays sont des puissances nucléaires : les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité (USA, Russie, Chine, Royaume-Uni et France) et l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord. Plus il y aura d’États nucléarisés, et plus le système sera fragile. L’ICAN dénombre actuellement plus de 16 000 têtes nucléaires dans le monde. Une telle puissance de feu est capable de détruire plusieurs fois la planète. Mais nous n’en avons qu’une seule, et je pense que nous ne devons pas la détruire.

Merci à vous, M. Ganser.

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: L’entité sioniste morfle… On lui donne un sucre d’orge… empoisonné ?…

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Les sionistes perdent du terrain et vite, la manœuvre de Donnie « mains d’enfants » pour reconnaître Jérusalem comme « capitale d’Israël » est-elle un enfumage de plus pour compenser la perte de vitesse croissante de l’empire ?…. Possible, probable… A suivre.

~ Résistance 71 ~

 

Syrie: Israël le mauvais perdant

 

Press TV

 

5 décembre 2017

 

Source: http://www.presstv.com/DetailFr/2017/12/05/544530/Syrie-Isral-le-mauvais-perdant

 

Pour la deuxième fois en l’espace de trois jours, Israël fait profil bas: trois des six missiles tirés cette fois contre Jamraya à l’ouest de Damas ont été interceptés. Samedi, une autre localité dans la périphérie de la capitale avait été prise pour cible et là aussi, deux des cinq missiles tirés, avaient été détruits.

Alors que le journal israélien Yediot Aharonot présentait dans un récent article « ces tirs de missiles » illégaux comme étant « un carton rouge » brandi à l’adresse de l’Iran, les analystes y voient surtout « une alerte »: les batteries de défense anti-aériennes Pantsir S1 qui protègent la capitale, fonctionnent visiblement de mieux en mieux au grand dam d’Israël qui devrait sans doute revoir son système de feu.

Car il ne s’agissait pas de n’importe quel missile israélien! Tel-Aviv a utilisé les  » LORA », un système de missiles tactiques sol-sol qui « atteignent leurs cibles à plus de 400 kilomètres, avec une précision de 10 mètres » ! Les israéliens disent que le système peut se camoufler sur des navires commerciaux, et peut tirer jusqu’à 16 missiles avant détection. Or les Pantsir syriens ont eu raison de trois des six LORA.

Rai al-Youm revient d’ailleurs sur cet énorme progrès à portée à la fois politique et militaire qui prouve que « la stratégie de Damas reste toujours la même, et ce, après sept ans de guerre: l’État repoussera toute agression étrangère même s’il vient de sortir de sept années de guerre acharnée contre les terroristes et leurs sponsors.

Dans ces attaques hystériques qu’Israël lance contre la Syrie, un point retient particulièrement l’attention: qu’elles visent ou non les cibles syriennes, iraniennes ou le Hezbollah, aucune partie proche de Tel-Aviv ne réagit : pas un seul mot n’est prononcé par Washington pourtant si prompt à soutenir Israël à chaque fois qu’il commet un crime. Idem du côté des Européens qui ne soufflent mot comme si de rien n’était. Et à ce silence, il y a une raison: Israël est parfaitement seul dans ce nouvel aventurisme qui vise à provoquer l’Iran et le Hezbollah voire la Russie. Ni les Américains ni les Européens ne croient au discours maladivement alarmiste de Netanyahu quant à l’existence d’un danger iranien en Syrie, un discours qui, tout compte fait, est tenu dans l’objectif entre autres d’édulcorer les effets des problèmes domestiques de Netanyahu, le corrompu.

Et puis, les Américains et leurs alliés occidentaux n’ont nullement envie d’avoir à faire face à un Hezbollah particulièrement aguerri à la sortie de son expérience guerrière en Syrie. Les seules parties qui soutiennent à demi-mot Tel Aviv restent les régimes arabes du golfe Persique, eux-mêmes bien empêtrés dans des crises multiples.

S’il y a une chose que les Israéliens ont intérêt à ne pas commettre, c’est de vouloir mettre à l’épreuve la patience de l’axe de la Résistance: après sa victoire quasi acquise en Syrie et en Irak, cet axe, bien revigoré, ne souhaite vraisemblablement pas ouvrir un nouveau front. En d’autres termes, des « feux d’artifices » que Netanyahu fait tirer au dessus de Damas, ne l’impressionne guère. Maintenant cela dépend d’Israël: s’il veut réellement aller jusqu’au bout et provoquer une confrontation, qu’il le fasse, au risque évidemment de voir, comme le disait le défunt commandant Al Kuntar (tué en 2015 en Syrie, NDLR), débarquer par centaine les commandos du Hezbollah dans la Galilée. Ce jour là, Israël sera encore plus seul. Il ne peut compter ni sur les Américains ni sur les Saoudiens, encore moins sur les Russes dont les officiers ont été bien à l’œuvre au QG des unités de la DCA syrienne, ces trois derniers jours.

Société occidentale en phase terminale de cancer: Le capitalisme de pillage et la mort annoncée du système (Paul Craig Roberts)

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 6 décembre 2017 by Résistance 71

L’analyse de PCR est bonne, mais une fois de plus, pas de solution apportée si ce n’est le cynisme. Pour entrevoir la porte de sortie…

Manifeste de la societe des societes

~ Résistance 71 ~

 

Le capitalisme de pillage

 

Paul Craig Roberts

 

4 décembre 2017

 

url de l’article:

http://www.informationclearinghouse.info/48341.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Je fustige l’exonération d’impôts qu’a passée le congrès. Ce n’est pas une politique économique de coupe dans les impôts et cela n’a absolument rien à voir avec une économie dite du ruissellement (NdT: l’idiotie qui dit que si on taxe moins les riches… le fric disponible va redescendre vers le bas… cette imposture était un des piliers des “Reaganomics” dont PCR fut un des chantres dans les années 1980, il revient de loin…). Le but est de faire croître le prix des équités boursières (equity) en offrant à leurs propriétaires plus de gains sur capital et plus de dividendes. En d’autres termes, c’est une législation qui va rendre les propriétaires d’équités plus riches, polarisant toujours plus avant la société vers une vaste zone de pauvreté et de quasi-pauvreté pour la masse tandis qu’une fraction des 1% va se gorger de milliards de dollars… A moins que nos maîtres ne puissent continuer à contrôler le narratif explicatif, cette (nouvelle) exonération d’impôts pour les plus riches nous rapproche encore plus d’une révolution qui résultera du rejet et du manque total de confiance dans le gouvernement.

La nouvelle législation fait chuter le taux d’imposition sur les entreprises à 20%. Ceci veut dire que les entreprises/corporations mondialistes, transnationales enregistrées aux Etats-Unis vont payer moins d’impôts sur le revenu qu’une infirmière diplômée qui fait 50 000 US$ par an. L’Infirmière, si elle est célibataire, va payer en 2017, à un taux marginal de 25% pour tout revenu supérieur à 37 950 US$ par an.

Un(e) célibataire est imposé(e) à un taux de 33% sur tous les revenus s’ils dépassent 191 651 US$ par an. 33% était la tranche maxime d’imposition tirée des serfs médiévaux et approche la taxe sur les esclaves aux Etats-Unis au XIXème siècle. Un tel revenu de classe moyenne supérieurs de 191 651 US$ paraît extraordinaire pour la plupart des Américains qui sont loin de gagner cela, mais c’est toujours très très loin des multi-millions annuels des riches. En Amérique (NdT: et pas seulement…), c’est la classe moyenne, fondant comme beurre au soleil, qui porte le fardeau de l’impôt. Les riches avec leurs gains sur capital réalisés sur leur détention d’equity ne sont taxés eux, qu’à 15%.

Même les personnes célibataires qui gagnent entre 1 et 9325 US$ par an sont imposés à 10% sur leur pitance.

Les économistes néo-libéraux qui sont les faire-valoir des riches, de Wall Street et des banques “trop importantes pour se planter”, affirment de manière totalement erronée qu’en diminuant l’impôt d’entreprise à 20%, plein de bénéfices maintenus offshore (NdT: à l’étranger ou dans des paradis fiscaux) seront ramenés aux Etats-Unis et que cela aura pour résultat un boum économique et une augmentation des salaires. Ceci est un non-sens total. L’argent ne reviendra pas, parce qu’il est investi à l’étranger où le coût du travail est moindre, s’il est même investi au lieu de racheter les actions de l’entreprise ou d’acheter celles d’autres entreprises. Après 20 ans de délocalisation de l’industrie et des techniques professionnelles vendables ainsi que les revenus à l’avenant, qui va investir aux Etats-Unis ? La population américaine n’a absolument aucun revenu avec lequel acheter les biens et les services en provenance d’un nouvel investissement, de plus les cartes de crédit de la population sont à leur maximum d’endettement.

Il va se produire la chose suivante: Wall Street va calculer le plus bas taux d’imposition au plus haut prix d’équité (equity). Wall Street peut le faire sans avoir à rapatrier un sou du fric investi ou planqué à l’étranger. Ainsi d’un seul coup, ceux qui possèdent ces titres vont faire l’expérience d’une croissance de leur richesse, à moins que cette croissance n’ait déjà eu lieu en anticipation de la manne à venir.

Les républicains, concernés par le déficit, ont mis dans cette loi du Enhancement of the Rich’s Wealth, des coupes drastiques dans les services sociaux afin de “protéger les travailleurs de plus hauts taux d’intérêt émanant des déficits budgétaires”. Ceci représente toujours plus de malhonnêteté. Si la Fed laisse les vrais taux d’intérêt augmenter de manière signifiante, les dérivatifs vont dévisser et la Fed va devoir créer, de l’air du temps, des milliers de milliards de dollars juste pour maintenir leur escroquerie en place. Le déficit qui résulte de la coupe d’imposition sera couvert par la Fed qui va acheter de la trésorerie et non pas augmenter les taux d’intérêt.

Ce à quoi nous assistons aux Etats-Unis et en fait dans tout le monde occidental est ni plus ni moins que l’échec total du capitalisme. Celui-ci n’est plus maintenant qu’exclusivement une machine à piller. Le secteur financier ne fournit plus de capital pour la production depuis belle lurette. Ce que le secteur de la finance fait est de transformer le revenu du consommateur à discrétion en intérêt et en frais bancaires.. La demande générale ne peut augmenter que par l’expansion de la dette et les consommateurs atteignent un point où ils ne peuvent plus étendre leur dette. (Ndt: comme nous l’avons dit à maintes reprises, le capitalisme arrive au bout du bout du banc…)

Le capitalisme, se cachant derrière le “mondialisme”, qui est mal représenté comme étant une bonne chose alors qu’il ne représente que la mort elle-même, localise la production là où le travail est le meilleur marché, privant ainsi le monde industrialisé des bons salaires et des opportunités de carrière, le mettant ainsi sur la voie de la tiers-mondisation. Les hauts bénéfices à court terme et les dividendes à payer aux CEOs et autres membres des conseils d’administration des entreprises ainsi que les récompenses en stock options, sont maximisés au prix de la destruction du marché de la consommation domestique.

Le capitalisme de pillage privatise aussi le plus possible le secteur public, comme l’armée, si possible, ce qui a pour effet de booster le budget du Pentagone. Les travaux qui étaient accomplis par les soldats eux-mêmes, sont donnes à des entreprises privées connectées au système. Ce qui était connu avant sous le vocable de la Patrouille de Cuisine (KP pour “Kitchen Patrol”, la bonne vieille cantine) est maintenant sous-traité à une firme privée. Les services de mercenaires sont loués par le Pentagone, ceux-ci collectent plus en un mois de service qu’un soldat sur un an. Je ne suis pas sûr que l’armée possède encore ses régiments de logistique (NdT: l’équivalent des régiments de commandement et de soutien de l’armée française) ou une organisation privée de soutien logistique en contrat avec le Pentagone (NdT: genre Halliburton, chère à Dick Cheney et Donald Rumsfeld… et autres). La sécurité sociale du Medicare et du Medicaid sont les prochains à être privatisés. La coupe dans l’imposition aura pour conséquence un déficit et une course aux plus hauts taux d’intérêt et ces mensonges seront utilisés pour sauver les travailleurs d’un plus haut taux d’intérêt sur leurs emprunts fonciers, sur la dette de leur carte de crédit et des emprunts étudiants en réajustant ou en privatisant la sécurité sociale et assurances maladies.

L’environnement et les terres publiques seront sacrifiés pour les profits privés dans les domaine du bois, de l’exploitation minière et des entreprises d’énergie. Les ours grizzly et les loups sont en train de perdre leur protection en tant qu’espèces en voie de disparition afin que les états puissent vendre des licences de chasse à trophée à des hommes qui doivent prouver leur “virilité” en tuant un animal avec un puissant fusil depuis une distance garantissant toute la sécurité nécessaire a ces grands courageux.

Ce à quoi nous assistons est le pillage total de l’Amérique et du monde occidental dans son entièreté. Tandis que le monde occidental s’effondre, le peuple soumis et insouciant est assis à sucer son pouce tandis que sa ruine est en cours.

Il n’y a plus rien en occident si ce n’est le pillage à l’œuvre.

Cette loi sur l’impôt des entreprises est une abomination, un acte de pillage brutal et sans vergogne. Ses promoteurs devraient être sur le champ passés au goudron et aux plumes et expulsés des villes à cheval sur un rail (NdT: merde !… PCR a lu Lucky Luke…), sinon pendu haut et court au premier réverbère venu.