Imbroglio de l’OTAN au Moyen-Orient: Le néo-colonialisme de la Turquie et la France sous le feu pour leur soutien à la guerre et l’EI/Daesh…

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Très bonne analyse de Meyssan qui nous éclaire sur le chronologie des évènements du Moyen-Orient depuis 5 ans (et plus), sur le rôle de chacun dans les crimes commis contre les populations civiles en Libye, en Syrie, en Irak et démontre que la France a du sang, beaucoup de sang sur les mains une fois de plus et a eu sa part ans la création et le contrôle de la légion mercenaire pseudo-djihadiste de l’EIIL/EI/Daesh ou peu import le nom que donne l’empire à sa progéniture… Meyssan reconfirme aussi ce que nous avions dit au moment de la dernière réunion Bilderberg, à savoir que Juppé est le choix des banksters en charge de toutes ces turpitudes et crimes, pour contrôler la France pour eux. Juppé sera la prochaine marionnette présidente…

Petite ombre au tableau sur l’analyse de Meyssan que nous désirons corriger ici: en bon républicain imbu du système, Meyssan ne fait pas une analyse correcte des récentes évolutions du PKK (parti ouvrier kurde) d’Ocalan. Si le PKK fut effectivement longtemps d’obédience marxiste-léniniste, il a radicalement changé de position ces dernières années se rendant compte de l’impasse à laquelle mène une telle position idéologique. Sous les influences politiques du sociologue activiste Murray Bookchin (ex-marxiste devenu anarchiste avec quelques “nuances” notables), le PKK est devenu une entité politique prônant le confédéralisme démocratique fondé sur la confédération de communes libres, autogérées et autonomes. Nous avons publié quelques articles sur la mise en place de la démocratie directe dans le kurdistan syrien et sa région du Rojava et de Kobané. Le PYG syrien lutte contre les mercenaires de l’OTAN (EIIL/Daesh) dans le nord de la Syrie et a fait un pacte de non agression avec l’état syrien qu’il ne soutient pas, mais en a fait son allié de raison au vu de la circonstance de terrain. La révolution sociale kurde du nord de la Syrie représente un danger pour le consensus du statu quo oligarchique et l’État, ainsi que pour ceux qui le soutienne, fera tout pour éventuellement écraser toute véléité de changer de paradigme politique, surtout si ce changement impique la disparition de l’État et des institutions criminelles et obsolètes au profit des conseils populaires de confédération. Plus l’expérience des communes libres confédérées kurdes est connue du grand public et plus elle aura une chance de survie face au “plus froid des monstres froids.”
Si son analyse géopolitique semble correcte, Thierry Meyssan devrait rapporté le fait que le PKK n’est plus marxiste mais anarchiste… Pourquoi ne le fait-il pas ? Et ne pas le faire sert quels intérêts ?…

~ Résistance 71 ~

 

Clinton, Juppé, Erdogan, Daesh et le PKK

 

Thierry Meyssan

 

3 Août 2015

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article188313.html

 

La reprise de la répression contre les Kurdes en Turquie n’est que la conséquence de l’impossibilité de réaliser le plan Juppé-Wright de 2011. Alors qu’il a été facile de déployer Daesh dans le désert syrien et dans les provinces de Ninive et d’al-Anbar (Irak), à majorité sunnite, il s’est avéré impossible de prendre le contrôle des populations kurdes de Syrie. Pour réaliser son rêve d’un Kurdistan hors de Turquie, Recep Tayyip Erdoğan n’a pas d’autre choix que la guerre civile.

En arrivant au pouvoir à Ankara, en 2003, le parti islamiste AKP a modifié les priorités stratégiques de la Turquie. Plutôt que de se baser sur les rapports de force post-« Tempête du désert », Recep Tayyip Erdoğan ambitionnait de sortir son pays de l’isolement dans lequel il se trouvait depuis la chute de l’Empire ottoman. S’appuyant sur les analyses de son conseiller, le professeur Ahmet Davutoğlu, il préconisa de régler les problèmes en suspens depuis un siècle avec ses voisins et de devenir progressivement l’incontournable médiateur régional. Il lui fallait pour cela à la fois devenir un modèle politique et construire des relations avec ses partenaires arabes sans perdre son alliance avec Israël.

Débutée avec succès, cette politique —dite de « zéro problème »— conduisit Ankara non seulement à ne plus craindre Damas et son soutien au PKK, mais à lui demander de l’aider à négocier une sortie de crise. En octobre 2006, le parti kurde déclara une trêve unilatérale et débuta des négociations avec le gouvernement Erdoğan. En mai 2008, Ankara organisa des négociations indirectes entre Damas et Tel-Aviv, les premières depuis le rejet par Ehud Barack du plan de Bill Clinton et d’Hafez el-Assad. Mais le président Bachar el-Assad y mit fin lorsque Israël attaqua Gaza, en décembre 2009.

Réalisant qu’il n’était pas possible de maintenir de bonnes relations avec tous les États de la région compte tenu du conflit palestinien, Ankara choisit de soutenir les Palestiniens face à Israël. Ce furent les épisodes de Davos et de la Flottille de la Liberté. Disposant alors d’un vaste soutien populaire dans le monde musulman, Ankara se rapprocha de Téhéran et accepta, en novembre 2010, de participer à un marché commun Turquie-Iran-Irak-Syrie. Les visas furent abrogés ; les droits de douanes considérablement réduits ; un consortium fut constitué pour gérer les pipe-lines et gazoducs ; une autorité fut créée pour gérer en commun les ressources en eau. L’ensemble était si attractif que le Liban et la Jordanie s’y portèrent candidat. Une paix durable semblait possible au Levant.

Alors qu’en 2011 le Royaume-Uni et la France se lançaient dans une double guerre contre la Libye et la Syrie, à la demande et sous le contrôle des États-Unis, la Turquie s’y opposa logiquement. Ces guerres, entreprises sous couvert de protection des populations, étaient trop visiblement des entreprises néo-coloniales. En outre, elles portaient atteinte aux intérêts turcs, la Libye étant un de ses principaux partenaires économiques et la Syrie en devenant un à travers le nouveau marché commun régional.

C’est alors que tout bascula…

Comment la France a fait basculer la Turquie

À l’initiative du ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, Paris proposa secrètement à Ankara, en mars 2011, de soutenir sa candidature à l’Union européenne et de l’aider à régler son problème kurde si la Turquie entrait en guerre à ses côtés contre la Libye et la Syrie. Côté français cette proposition était radicalement nouvelle, Alain Juppé s’étant fermement opposé à l’entrée de la Turquie dans l’Union à l’époque où il dirigeait le parti gaulliste et était un collaborateur de Jacques Chirac. Mais, condamné pour corruption en France, il s’était exilé en Amérique en 2005 et avait donné des cours au Québec tout en suivant un stage au Pentagone. Converti au néo-conservatisme, il était revenu en France et avait été choisi par Nicolas Sarkozy comme ministre de la Défense, puis des Affaires étrangères.

Rétrospectivement, le plan Juppé révèle les intentions françaises : il y est question de créer un Kurdistan en Irak et en Syrie selon la carte qui sera publiée deux ans plus tard par Robin Wright dans le New York Times et mise en œuvre conjointement par l’Émirat islamique, le Gouvernement régional du Kurdistan irakien et d’anciens collaborateurs de Saddam Hussein liés aux Frères musulmans. Le document, cosigné par Alain Juppé et son homologue turc Ahmet Davutoğlu, ne laisse aucun doute : la France entendait se reconstituer un empire colonial en Syrie. En outre, elle avait des connexions au sein des mouvements terroristes islamistes et prévoyait la création de Daesh. Pour garantir le plan Juppé, le Qatar s’engageait à investir massivement à l’Est de la Turquie, en espérant que les Kurdes turcs abandonnent le PKK.

Ce plan est resté secret jusqu’à ce jour. Si des parlementaires français ou turcs parvenaient à s’en procurer légalement une copie, il suffirait amplement à poursuivre MM. Juppé et Davutoğlu devant la Cour pénale internationale pour crime contre l’humanité.

Contrairement à une idée répandue, les Kurdes sont profondément divisés. En Turquie et en Syrie, le PKK d’origine marxiste-léniniste a toujours défendu un point de vue anti-impérialiste. Tandis que les Kurdes d’Irak, liés à Israël depuis la Guerre froide, ont toujours été des alliés des États-Unis. Les deux groupes ne parlent pas la même langue et ont des histoires très différentes.

Il est probable que, de leur côté, les États-Unis apportèrent dans la corbeille de mariage le fait de promouvoir le modèle politique turc dans le monde arabe et d’aider l’AKP à encadrer les partis politiques issus des Frères musulmans, de sorte que la Turquie devienne le centre du prochain Moyen-Orient. En tous cas, Recep Tayyip Erdoğan soutint in extremis le projet de l’Otan qui releva l’AfriCom après la révolte de son commandant [1]

Immédiatement, Ankara mobilisa les habitants de Misrata en Libye. Ceux-ci sont majoritairement des descendants de soldats juifs de l’Empire ottoman, les Adghams, et de nomades marchands d’esclaves noirs, les Muntasirs, qui avaient soutenu les Jeunes Turcs. Ils formèrent le seul groupe significatif de Libyens pour attaquer Tripoli [2].

Simultanément, Ankara organisa plusieurs réunions de l’opposition syrienne à Istanbul à partir d’août 2011. En définitive, les Frères musulmans constituent le Conseil national syrien en octobre, en associant des représentants de divers groupes politiques et de minorités.

L’Otan renonce à envahir la Syrie

Constatant l’implication de l’Otan en Libye, Ankara escomptait logiquement une implication identique de l’Alliance atlantique en Syrie. Mais, malgré de nombreux attentats et une campagne de presse internationale soutenue, il fut impossible à la fois de soulever la population et d’attribuer de manière crédible des crimes de masse au président el-Assad. Surtout, Moscou et Pékin, échaudés par l’affaire libyenne, s’opposèrent par trois fois au Conseil de sécurité à toute résolution prétendant « protéger » les Syriens de leur gouvernement (octobre 2011, février et juillet 2012).

Washington et Londres abandonnèrent donc la partie, même si Paris et Ankara continuaient à y croire [3]. Les deux États mirent sur pied une étroite collaboration, allant même jusqu’à planifier en septembre 2012 une tentative d’assassinat du ministre syrien des Affaires étrangères Walid al-Mouallem et du président Bachar el-Assad.

L’attentat qui frappa à Riyad le prince Bandar ben Sultan en rétorsion de l’assassinat des membres du Conseil national de sécurité syrien, en juillet 2012, laissa le mouvement jihadiste international orphelin. Même si le prince survécu à ses blessures, il ne sortit qu’un an plus tard de l’hôpital et ne fut plus jamais en mesure de jouer le rôle qu’il tenait jusque-là. Recep Tayyip Erdoğan se saisit de l’occasion pour le remplacer. Il noua des relations personnelles avec Yasin al-Qadi, le banquier d’al-Qaïda, qu’il reçut de nombreuses fois en secret à Ankara. Il supervisa les nombreux groupes jihadistes, initialement créés par les États-uniens, les Britanniques et les Français.

En janvier 2013, en intervenant au Mali, la France s’éloigna des jihadistes syriens et donc abandonna sur le terrain les opérations militaires à la Turquie, même si elle maintint quelques légionnaires sur place. Peu après, l’émir de Qatar, cheikh Ahmad, fut contraint à l’abdication par Washington qui lui reprochait —sur dénonciation russe— d’utiliser ses facilités contre des intérêts économiques états-uniens. Avant même que son fils, cheikh Tamim, ne lui succède, l’essentiel du financement de la guerre contre la Syrie était repris par l’Arabie saoudite.

Pour bénéficier de ce soutien et de celui d’Israël, Recep Tayyip Erdoğan commença à promettre aux uns et aux autres que les États-Unis passeraient outre les vétos russes et chinois et lanceraient l’Otan à l’assaut de Damas. Profitant de la confusion, il organisa le pillage de la Syrie, démantelant toutes les usines d’Alep, la capitale économique, et volant les machines-outils. De même, il organisa le vol des trésors archéologiques et mit en place un marché international à Antioche [4]. Ne voyant toujours rien venir, il organisa avec l’aide du général Benoît Puga, chef d’état-major de l’Élysée, une opération sous faux drapeau pour provoquer l’entrée en guerre de l’Alliance atlantique : le bombardement chimique de la Ghoutta de Damas, en août 2013. Mais, Londres découvrit immédiatement la supercherie et refusa de s’engager [5].

La Turquie participa à l’opération de nettoyage ethnique et de partition de l’Irak et de la Syrie, connu sous le nom de « plan Wright ». La présence des services secrets turcs aux réunions préparatoires de Daesh à Amman est attestée par la publication d’un relevé de décision par le PKK. Au demeurant, le « plan Wright » reprend le « plan Juppé » qui avait convaincu la Turquie d’entrer en guerre. Par la suite, Recep Tayyip Erdoğan prit lui-même le commandement de l’organisation terroriste, assurant aussi bien son approvisionnement en armes que la vente de son pétrole.

Observant avec angoisse les pourparlers entre Washington et Téhéran, Ankara s’inquiéta d’un accord de paix qui le laisse sur le bord du chemin. Sollicité par son homologue russe, Vladimir Poutine, M. Erdoğan accepta de participer au projet de gazoduc Turkish Stream visant à casser le monopole états-unien et à contourner l’embargo européen. Puis, prenant son courage à deux mains, il s’en alla visiter son homologue iranien, cheikh Hassan Rohani. Celui-ci l’assura qu’il n’avait pas à redouter l’accord en cours de négociation. Mais lorsqu’il fut signé, le 14 juillet 2015, il fut évident qu’il ne laissait aucune place à la Turquie dans la région.

Sans surprise, Recep Tayyip Erdoğan reçut le 24 juillet un ultimatum du président Obama lui enjoignant 
 de renoncer immédiatement au gazoduc russe ; 
 de cesser son soutien à Daesh —dont il est devenu le chef exécutif derrière le paravent du calife Abou Bakr al-Baghdadi— et d’entrer en guerre contre lui. 
Pour accentuer la pression, Barack Obama évoqua la possibilité de renvoyer la Turquie de l’Otan, en concertation avec le Royaume-Uni, bien que cette situation ne soit pas prévue par le Traité.

Après s’être confondu en excuses et avoir autorisé les États-Unis et l’Otan à utiliser la base d’Incirlik contre Daesh, M. Erdoğan entra en contact avec l’envoyé spécial pour la Coalition anti-Daesh, le général John Allen, connu pour son opposition à l’accord avec l’Iran. Les deux hommes convinrent d’interpréter les propos du président Obama comme un encouragement à lutter contre le terrorisme, rubrique dans laquelle ils rangèrent le PKK. Outrepassant ses fonctions, le général s’engagea à créer une zone de non-survol de 90 km de large, en territoire syrien tout au long de la frontière turque, prétendument au profit des réfugiés syriens qui seraient menacés par leur gouvernement, en réalité pour appliquer le « plan Juppé-Wright ». Le Premier ministre turc Ahmet Davutoğlu révéla le soutien états-unien au projet sur la chaîne A Haber en lançant des bombardements contre le PKK.

Le général John Allen avait déjà par deux fois réussi à prolonger la guerre contre la Syrie. En juin 2012, il complota avec le général David Petraeus et la secrétaire d’État Hillary Clinton pour saboter l’accord conclu à Genève entre Washington et Moscou pour la paix au Proche-Orient. Cet accord prévoyait, entre autres, la paix en Syrie —bien que Damas n’ait pas été invité à cette conférence—, mais il était inacceptable à la fois pour les néo-conservateurs et pour les « faucons libéraux » états-uniens. Le trio Clinton-Allen-Petraeus s’appuya sur le nouveau président français, François Hollande, et son nouveau ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, pour convoquer une conférence des « Amis de la Syrie » et rejeter le Communiqué de Genève. En pleine campagne électorale, le président Obama ne put sanctionner ses collaborateurs, mais dès le lendemain de sa réélection, il fait arrêter David Petraeus et John Allen qu’il avait fait tomber dans un piège sexuel. Hillary Clinton se maintint quelques semaines et dut soudain se retirer après un « accident ». En définitive, seul Petraeus fut condamné tandis qu’Allen fut blanchi et que Clinton —comme Juppé— se prépare à sa prochaine campagne électorale présidentielle.

Le trio Clinton-Allen-Petraeus tenta une seconde opération en décembre 2014 qui parvint à saboter la Conférence de Moscou. En promettant aux Frères musulmans de mettre en œuvre le « plan Juppé-Wright », ils convainquirent la Coalition nationale syrienne de refuser toute discussion de paix. Au passage, cet épisode atteste que le but de la Coalition nationale syrienne n’est pas de changer de régime en Syrie, mais bien de détruire ce pays et son État.

Apprenant les faits durant son voyage en Afrique, le président Obama fit démentir officiellement l’engagement du général Allen, reconnût le droit de la Turquie à combattre le PKK, mais dénonça toute action contre lui hors de la Turquie. Le président Erdoğan convoqua alors une réunion du Conseil atlantique pour l’informer de son entrée dans la Coalition anti-terroriste et de sa double action contre Daesh et le PKK. Le 29 juillet, les Alliés lui répondirent froidement qu’ils le soutenaient dans son action, mais ne lui reconnaissaient le droit de bombarder le PKK en Irak et en Syrie qu’en cas de « poursuite » —c’est-à-dire si le PKK utilisait des bases à l’étranger pour lancer ou replier des troupes contre la Turquie—.

En outre, le président Obama a relevé de ses fonctions son envoyé spécial pour la Syrie, Daniel Rubinstein, et l’a remplacé par Michael Ratney, un spécialiste à la fois du Proche-Orient et de la communication. Il sera prioritairement en charge de surveiller les agissements du général Allen.

La Turquie entre en guerre civile

À ce jour, les actions de l’armée turque contre le PKK en Irak et en Syrie n’ont aucune justification légale en droit international. Les deux gouvernements ont dénoncé une attaque de leur territoire. Du point de vue états-unien, le PKK et l’Armée arabe syrienne —c’est-à-dire celle de la République— sont les seules forces efficaces au sol contre Daesh. La relance de la guerre contre la minorité kurde illustre la volonté de l’AKP de poursuivre la mise en œuvre du « plan Juppé-Wright », même après les retraits partiels du Qatar et de la France.

Cependant, un élément fondamental a profondément changé la donne : Israël et l’Arabie saoudite, qui soutenaient il y a peu de temps encore l’idée de créer un Kurdistan et un Sunnistan en Irak et en Syrie, y sont désormais opposés. Tel-Aviv et Riyad savent désormais que ces deux nouveaux États, s’ils devaient voir le jour, ne seraient pas contrôlés par eux, mais par une Turquie qui ne cache plus son ambition impériale et deviendrait de facto un géant régional.

Par un retournement dont le Proche-Orient a le secret, Israël et l’Arabie saoudite ont donc conclu un accord pour s’opposer à la folie du président Erdoğan et pour soutenir en sous-main le PKK, malgré son identité marxiste. En outre, Israël s’est déjà rapproché des ennemis traditionnels de la Turquie, la Grèce d’Aléxis Tsípras et Chypre de Níkos Anastasiádis.

Que l’on ne s’y trompe pas, Recep Tayyip Erdoğan a choisi la guerre civile comme seule issue politique personnelle. Après avoir perdu les élections législatives et réussi à bloquer la création d’un nouveau gouvernement, il tente de faire peur à son peuple de sorte soit à convaincre le MHP (nationaliste) à soutenir l’AKP (islamistes) pour former un gouvernement de coalition, soit à convoquer de nouvelles élections et à les gagner.

L’opération anti-terroriste censée lutter à la fois contre Daesh et contre la population kurde est presque exclusivement ciblée contre le PKK et le PYG (son alter ego syrien). Les bombardements prétendument contre l’Émirat islamique n’ont rien détruit. Simultanément, M. Erdoğan a lancé des instructions judiciaires contre les leaders kurdes du HPD, Selahattin Demirtaş et Figen Yüksekdağ. Le parquet les accuse, pour le premier, d’avoir appelé à commettre des violences contre les non-Kurdes —ce qui est une ineptie— et, pour la seconde, de soutenir le PYG, milice de la République arabe syrienne et donc, selon le magistrat, organisation terroriste.

Le guerre civile qui débute ne sera pas la même que celle des années 90. Elle sera beaucoup plus vaste et meurtrière. À la fois parce que la Turquie n’a plus aucun allié à l’extérieur et parce que la politique islamiste a divisé la société turque. Il n’y aura donc pas d’un côté les institutions turques soutenues par l’Otan et de l’autre le PKK soutenu par la Syrie, mais une fragmentation de la société turque : laïques contre islamistes ; modernes contre traditionalistes ; alévis contre sunnites ; Kurdes contre Turcs.

 

[1] Initialement dénommée « Aube de l’Odysée », l’opération contre la Libye était commandée par le général Carter Ham en sa qualité de chef de l’AfriCom. Cependant, il s’insurgea contre le rôle attribué au sol à al-Qaïda pour renverser la Jamahiriya arabe libyenne tandis que la Coalition prétendait uniquement protéger les civils. Il fut relevé de ses fonctions au profit de l’Otan et l’opération fut alors dénommée « Protecteur unifié ».

[2] Les habitants de Benghazi refusèrent d’attaquer Tripoli une fois obtenu leur indépendance de facto. Les Misratas furent encadrés par les combattants d’al-Qaïda.

[3] Pour être plus précis, Paris se retira de la guerre en mars 2012 après la chute de l’Émirat islamique de Baba Amr et la restitution des légionnaires français qui avaient été faits prisonniers. Mais le président Sarkozy ne parvint pas à se faire réélire en mai et son successeur, François Hollande, reprit la guerre en juillet.

[4] Ville également connue sous les noms d’Antakya ou de Hatay.

[5] Le Premier ministre mit en scène avec le chef de son opposition un débat aux Communes dans lequel les deux leaders se donnèrent la réplique en lisant un même texte. Le Royaume-uni put ainsi se retirer de la guerre sans avoir à accuser publiquement la Turquie. Les États-Unis lui emboîtèrent le pas.

Résistance au colonialisme: Le Canada et ses églises, génocidaires, doivent être traduits en justice et démantelés (Kevin Annett)

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Kevin Annett évoque ici très clairement l’option/choix de la désobéissance civile qui échoit aux peuples. Lorsqu’un gouvernement, un état, est avéré criminel, selon la loi internationale, son peuple est en droit légitime de ne plus obéir à ses institutions. Si ceci est parfaitement valide pour le Canada génocidaire des peuples indigènes, il en va de même pour l’état français et ses atrocités commises lors de la colonisation, mais aussi bien plus récemment, de sa participation aux massacres de milliers de civils libyens sous ses bombes en 2011… Ceci est en fait valable pour TOUS LES ÉTATS !!

D’un manière ou d’une autre, à un moment donné, se posera pour tout citoyen, le choix de la désobéissance civile, c’est la masse pacifique des peuples qui refuseront d’obéir à la fange étatico-entrepreneuriale et ses institutions obsolètes et criminelles, qui fera tomber l’empire et ses oligarques eugénistes… Ceci n’est plus qu’une question de temps et… L’horloge attend au salon, elle dit oui, elle dit non, en fait elle les attend (clin d’œil au grand Jacques..)…

— Résistance 71 —

 

Des excuses n’y changent rien

Le Canada et ses églises doivent être traduits en justice et démantelés pour leurs crimes prouvés contre l’humanité

http://youtu.be/crcoqquD6Oo

(A Special Op Ed piece submitted to major world media)

 

par Rev. Kevin D. Annett, M.A., M.Div.

 

24 Juillet 2015

 

url de l’article original:

http://itccs.org/2015/07/24/an-apology-changes-nothing/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Récemment, le gouvernement canadien a reconnu officiellement que des milliers d’enfants indiens sont morts sous la responsabilité et la grande “attention” du tristement célèbre système de pensionnats pour indiens géré par l’église (New York Times du 3 Juin 2015). La juge de la cour suprême du Canada, Berverley McLachlan, a déclaré publiquement qu’un génocide avait effectivement eu lieu dans ces pensionnats. Et pourtant, malgré tous ces avœux et l’intention prouvée par les églises et l’état du Canada de décimer et éliminer les Indiens non-chrétiens sous couvert d’écoles paroissiales, les perpétrateurs de ce crime contre l’humanité ne feront apparemment pas face aux conséquences de leurs crimes.

Dans ce qui représente une très sévère obstruction à la justice, le Canada et ses églises (catholique, anglicane et unifée) se sont indemnisés eux-mêmes depuis 2008 de toute responsabilité dans les décès de ces enfants, ont réduit au silence des témoins occulaires et caché ou détruit des preuves essentielles ainsi empêché qu’une véritable enquête (indépendante) sur les atrocités commises dans les pensionnats pour Indiens n’ait lieu. Comme le nota l’an dernier un observateur de cette farce orchestrée qu’est la “Commission Vérité et Réconciliation” (CVR) :

Le Canada dépense 68 millions de dollars du contribuable pour créer l’illusion de transparence alors qu’il censure toute preuve des archives de la CVR qui pourrait l’impliquer lui et les églises dans la mort des enfants. N’ayant même pas le pouvoir d’auditionner ou de mettre en accusation les responsables de ce génocide évident, la CVR peut-être au mieux décrite comme l’échec d’une tentative de maquillage des faits.

De manière réaliste, on peut s’attendre à ce qu’une telle manipulation et camouflage de faits se produise dans un régime piégé dans sa propre malfaisance. Le Canada est loin d’être le seul dans ce cas ; mais sous la convention contre le génocide de l’ONU, que le Canada ratifia en 1952 et à laquelle il doit obéissance, tous les signataires de cette convention doivent activement “mettre en accusation et punir” le génocide une fois qu’il a été prouvé. Non seulement le Canada n’a pas rempli cette obligation sous la loi internationale, mais il a activement subverti ce requis moral et légal et a entravé la justice.

Pour de plus en plus de Canadiens, il devient difficile de justifier une allégeance à un gouvernement qui opère de manière renégate sous la Loi des Nations. Cette loi, spécifiquement le statut de Rome du Tribunal Pénal International, absout les citoyens de toute obéissance à leur propre gouvernement lorsque celui-ci commet ou cache des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité, comme le Canada le fait actuellement. Ce fait devrait être un trait d’espoir et un grand encouragement pour les près de 60% de Canadiens qui veulent mettre fin à la liaison du Canada et la Couronne d’Angleterre (NdT: dont nous le répétons, la famille royale n’est que la vitrine, la véritable “couronne” étant de fait et par conception, la City de Londres et la Banque d’Angleterre/Vatican), un des acteurs principaux du génocide canadien.

Plus largement, l’autorité du “Canada” et ses tribunaux de la couronne sont en question, car ils opèrent en tant qu’entités incontrôlés et irresponsables qui pervertissent la règle de la loi. Encore et toujours, ces tribunaux ont nié et contourné les litigations amenées par les peuples indigènes qui tentèrent d’accuser le Canada et la Couronne de génocide. Comme me le confia un plaignant natif en 1998:
“Auschwitz n’était-il qu’au sujet de viols et de tortures ? Comment se fait-il donc que le génocide de nos peuples le soit?…

C’est un fait avéré que le Canada, la Couronne britannique, le Vatican et l’église catholique, l’église anglicane et l’église unifiée du Canada furent responsables d’avoir maintenu un taux de mortalité annuel dans les pensionnats pour Indiens dans la zone des 50% durant une période de plus d’un demi siècle: un fait qui rend parfaitement suspect le chiffre “officiellement” reconnu de 4000 morts dans ces pensionnats. La contagion routinière et délibérée des enfants par voie de tuberculose, le viol, les tortures et assassinats systémiques d’enfants indiens non-chrétiens, la practique devenue standard de la stérilisation forcée d’enfants pré-pubères dans des hôpitaux spéciaux pour Indiens et la destruction sans relâche des familles indigènes, de leurs terres et de leurs ressources, tous ces crimes prouvés dénoncent le fait d’un énorme génocide tout à fait intentionnel.

Les Indiens au Canada aujourd’hui continuent de mourir dans les mêmes proportions qu’ils le faisaient dans l’ère des pensionnats pour Indiens. Le trafic d’enfants autochtones est devenu routinier, les assassinats d’Indiens par la police et la profanation des terres ancestrales par des corporations avides de ressources et de profits, sont autant de caractértistiques clichées du Canada que ne le sont les uniformes rouges si stéréotypés de sa police montée.

Personne n’est obligé d’obéir ni de financer les lois d’un régime criminel comme l’est celui du Canada. Les précédents établis au procès de Nüremberg établissent qu’un tel régime a perdu son droit de gouverner légalement: un fait qui alimente un mouvement croissant pour créer une république constitutionnelle du Canada qui serait libre de l’héritage meurtrier de l’église et de la couronne.

Sir Edward Coke, champion du droit coutumier contre la règle arbitraire de la monarchie britannique, a déclaré au roi Charles en 1628:
“Puissiez-vous être si haut placé, vous n’êtes pas au-dessus de la loi.”

Cette vérité inaliénable est bien plus qu’un avertissement aux tyrans et aux criminels du pouvoir: cela peut et foit-être un principe opérant lorsqqu’on gère nos crimes de guerre domestiques. La seule question est maintenant de savoir quelle entité va rendre une telle justice et faire répudier les institutions criminelles comme celles régissant le Canada ?

La réponse à cette question est bien entendu, nous, le peuple: La source absolue de tout gouvernement, de toute justice et de toute loi.

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: La Turquie (OTAN) armée de l’air de l’EIIL contre les communes libres kurdes autogérées…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 3 août 2015 by Résistance 71

Comme le fut également l’aviation israélienne côté Golan syrien, l’aviation turque, pays membre de l’OTAN et qui ne peut pas agir sans consentement des « instances », est devenue à son tout l’armée de l’air de la légion mercenaire de l’OTAN connue sous le nom d’EIIL/EI ou Daesh. La révolution sociale kurde de la confédération de communes libres est une plus que sérieuse épine dans le pied de l’empire. Le danger de voir des régions et peuples entiers s’affranchir des tutelles des états obsolètes et criminels devient une fois de plus, et à juste titre, au goût du jour. Les États vont devoir (essayer) d’écraser la liberté. C’est la seule chose qu’ils savent bien faire !… Soutien aux peuples émancipés, que leur exemple gagne le reste du monde occidental !

Il n’y a pas de solutions au sein du système ! La ou les seules solutions viables au marasme de l’agonie de la société étatique résident en nous, les peuples, unis et coopérant entre nous, sans intermédiaires, sans institutions étatiques, en confédération des communes libres comme le font avec succès les communes zapatistes du Chiapas au Mexique et depuis quelques années, la zone nord du Kurdistan syrien de la région de Kobané.

La Turquie est membre de l’OTAN et agit en tant que tel. N’oublions jamais que OTAN = Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord…

— Résistance 71 —

 

Communiqué du Congrès National du Kurdistan suite aux raids aériens menés par l’armée turque contre la guérilla kurde

 

Anarsist Faaliyet, KNK

 

31 Juillet 2015

 

url de l’article en français:

http://www.lavoiedujaguar.net/Communique-du-Congres-national-du

 

L’aviation turque bombarde intensivement des positions de la guérilla kurde et des zones d’habitation civile au Sud-Kurdistan (Irak).

La nuit dernière, 24 juillet 2015, des avions de chasse appartenant à l’armée turque ont massivement bombardé des zones où se trouvent des positions de la guérilla kurde ainsi que d’importantes habitations civiles, dans les régions de Qandil, Xakurke, Behdinan, Zap, Gare, Haftanin, Basya, Metina et Avaşin.

Selon des sources locales, ces bombardements auraient fait des morts parmi la population civile ainsi que des dégâts matériels importants.

Cette offensive de grande envergure menée par le gouvernement AKP marque la rupture unilatérale du cessez-le-feu qui avait été maintenu jusque-là grâce aux efforts répétés du peuple kurde et de son leader Abdullah Öcalan. Alors qu’il fait preuve d’une persévérance inouïe pour faire avancer les pourparlers de paix avec l’État turc, Abdullah Öcalan subit un isolement carcéral total depuis le 5 avril. Depuis 2013, l’armée turque a mené plusieurs opérations contre les forces de défense kurdes (HPG) alors même que celles-ci étaient en position de cessez-le-feu. Cependant, le HPG n’a pas répondu aux provocations. Avec ces derniers bombardements, l’État turc a de nouveau déclaré la guerre aux Kurdes et rompu le cessez-le feu.

La Turquie a ajouté un nouvel échelon à sa coopération avec l’organisation terroriste Daech en Syrie. Soutenant déjà cette organisation dans le but de briser la révolution du Rojava, l’État turc frappe aujourd’hui lourdement la guérilla kurde qui résiste contre les gangs de Daech, et procède par ailleurs à de grandes vagues d’arrestations dans les milieux kurdes en Turquie.

Le Congrès national du Kurdistan (KNK) appelle le gouvernement régional du Kurdistan d’Irak, les partis politiques, les organisations de la société civile et la population du Sud-Kurdistan à s’opposer à l’intervention armée de la Turquie sur leur territoire.

Il appelle également la communauté internationale, l’ONU en particulier, à juger les crimes contre l’humanité commis par Daech avec la complicité de la Turquie, à Suruç, à Kobané et dans le reste du Rojava.

Conseil exécutif du KNK
l e 25 juillet 2015

Traduction : Ne var ne yok ?

Communiqué de l’Action révolutionnaire anarchiste suite au massacre de Suruç

Notre tristesse sera notre colère, Kobané sera reconstruite

Hier, près de trois cents personnes étaient parties de différentes villes [de Turquie], à l’appel de la Fédération des associations de jeunes socialistes afin de reconstruire Kobané que Daech a essayé de réduire en cendres. Aujourd’hui, en arrivant à Suruç (Pîrsus), juste avant de partir pour Kobané, ces jeunes réalisaient une conférence de presse en face du centre culturel Amara de la ville de Suruç (Pîrsus). À la fin de la lecture du communiqué de presse, une bombe a explosé au milieu de la foule, faisant taire de nombreux cœurs qui avaient battu avec l’espoir de la reconstruction.

Selon les informations disponibles pour l’instant, trente et une personnes sont mortes et des centaines ont été blessées dans l’explosion.

Après cette explosion aujourd’hui, nous entendons, depuis les hôpitaux de Suruç (Pîrsus), les noms de ceux qui sont tombés. Ceux qui sont venus de nombreuses villes différentes, ceux qui avaient de grands espoirs dans leurs cœurs sont maintenant ceux qui sont tombés, comme les cibles des assassins. Les gens qui sortent dans les rues afin de demander des comptes pour ceux qui sont tombés, ceux qui attendant devant les hôpitaux, sont menacés par les TOMA [véhicule avec canon à eau] et la police qui sont arrivés du centre culturel Amara avant les ambulances. À Mersin, à Sert, à Istanbul… Les gens qui descendent dans les rues sont pourchassés pour être massacrés par l’État meurtrier, par les collaborateurs des assassins.

Ceux qui ont massacré de nombreuses vies, depuis le premier jour de la résistance de Kobané, essaient maintenant de nous décourager en assassinant nos frères et sœurs.

Nous essayons de reconstruire une nouvelle vie contre Daech, contre l’État qui collabore avec Daech, contre la politique de guerre sans fin de l’État. Quoi qu’il en coûte, nous allons convertir notre douleur en rage, nous allons reconstruire Kobané et recréer une vie sur cette géographie dévastée !

(Aujourd’hui, Alper Sapan de l’Initiative anarchiste Eskişehir a été assassiné au cours de l’attaque. Et un ami appelé Evrim Deniz Erol a été grièvement blessé.)

Biji Berxwedana Kobanê ! Vive la résistance de Kobané !
Biji Şoreşa Rojava ! Vive la révolution du Rovaja !

Action révolutionnaire anarchiste
 Devrimci Anarşist Faaliyet (DAF)
 le 20 juillet 2015

Traduction : OCLibertaire

 

Syriza et fumisterie: Blablabla financier et pacte militaire avec Israël en sous-main…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , on 2 août 2015 by Résistance 71

Pacte militaire Grèce-Israël

 

Manlio Dinucci

 

28 Juillet 2015

 

url de l’article en français:

http://www.mondialisation.ca/pacte-militaire-grece-israel/5465256

 

Quand Tsipras est arrivé au gouvernement en Grèce, l’alarme a sonné en Israël : Syriza, soutien de la cause palestinienne, demandait de mettre fin à la coopération militaire de la Grèce avec Israël. Face à la brutale répression israélienne contre les Palestiniens, prévenait Tsipras, « nous ne pouvons pas rester passifs, parce que ce qui arrive aujourd’hui sur l’autre rive de la Méditerranée, peut arriver sur notre rive demain ». Sept mois plus tard, fin de l’alarme : Panos Kammenos, ministre de la défense du gouvernement Tsipras, est allé en visite officielle à Tel Aviv, où le 19 juillet il a signé avec le ministre israélien de la défense, Moshe Ya’alon, un important accord militaire. Pour ce déplacement, Kammenos, fondateur du nouveau parti de droite Anel, a choisi le moment où la Grèce était prise en tenailles par la question de la dette. L’ «Accord sur le statut des forces », communique le Ministère grec de la défense, établit le cadre juridique qui permet au « personnel militaire de chacun des deux pays de se rendre et résider dans l’autre pour participer à des exercices et activités de coopération ». Un accord semblable n’a été signé par Israël qu’avec les Etats-Unis. Dans l’agenda des entretiens on trouve aussi la « coopération dans le domaine de l’industrie militaire » et la « sécurité maritime », notamment des gisements offshore de gaz qu’Israël, Grèce et Chypre considèrent comme leur « zone économique exclusive », en repoussant les revendications de la Turquie.

Sur la table de la rencontre « les questions de la sécurité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ». Faisant écho à Ya’alon qui a dénoncé l’Iran comme « générateur de terrorisme, dont l’ambition hégémonique mine la stabilité d’autres Etats », Kammenos a déclaré : « La Grèce aussi est dans le rayon des missiles iraniens ; si un seul réussit à atteindre la Méditerranée, ce pourrait être la fin des Etats de cette région ». Il a ensuite rencontré les dirigeants des forces armées israéliennes pour établir une coordination plus étroite avec celles grecques. En même temps le chef de la marine militaire hellène, le vice-amiral Evangelos Apostolakis, a signé avec la contrepartie israélienne un accord de coopération sur des « services hydrographiques » non mieux précisés. Le pacte militaire avec Israël, stipulé au nom du gouvernement Tsipras, n’est pas seulement un succès personnel de Kammenos. Il entre dans la stratégie USA/Otan qui, dans l’offensive vers l’Est et vers le Sud, vise à intégrer toujours plus étroitement la Grèce non seulement dans l’Alliance mais dans la coalition plus ample comprenant des pays comme Israël, Arabie Saoudite, Ukraine et autres.

Le secrétaire général  Stoltenberg a déclaré que le « paquet de sauvetage » Ue pour la Grèce est « important pour toute l’Otan », la Grèce étant un « solide allié qui dépense plus de 2% de son PIB pour la défense »  (niveau atteint en Europe seulement par la Grande-Bretagne et l’Estonie). Particulièrement importante pour l’Otan la base aéronavale de la baie de Suda en Crète, utilisée de façon permanente par les Etats-Unis et d’autres alliés, dans ces dernières années pour la guerre contre la Libye et les opérations militaires en Syrie. Maintenant utilisable, grâce au pacte avec la Grèce, également par Israël surtout en fonction anti-Iran.

Dans ce cadre stratégique se recomposent les conflits d’intérêt entre Grèce et Israël, d’un côté, et Turquie de l’autre. La Turquie, où l’Otan a plus de 20 bases et le Commandement des forces terrestres, au nom de la « lutte contre l’Isis » bombarde les Kurdes du PKK (vrais combattants anti-Isis) et, avec les USA et les « rebelles », se prépare à occuper la bande septentrionale du territoire syrien. En vertu de l’article 4 du Pacte Atlantique, car elle considère que sont menacées sa sécurité et son intégrité territoriale.

 

Résistance au colonialisme: Questions aux chrétiens sur leur doctrine de la découverte fondement du colonialisme

Posted in altermondialisme, colonialisme with tags , , , on 31 juillet 2015 by Résistance 71

Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance à être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

Question pour les chrétiens: Demander pardon sera t’il suffisant ?

 

Peter d’Errico

 

29 Juillet 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/07/29/question-christians-will-saying-sorry-be-enough

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

La demande de “pardon” du pape François 1er le 9 Juillet 2015, pour les “crimes commis contre les peuples natifs durant la soi-disante conquête des Amériques” indique combien a évolué la discussion sur la complicité chrétienne dans la domination coloniale (de l’occident), éperonnée par la critique croissante de la doctrine chrétienne de la découverte.

En 1993, lorsque Birgil Kills Straight, Steven Newcomb et Maria Braveheart Jordan envoyèrent une “lettre ouverte” au pape Jean-Paul II, appelant pour la révocation de la bulle papale vieille de 500 ans qui mettait en œuvre la doctrine chrétienne de la découverte (NdT: Inter Caetrera, pape Alexandre VI, Mai 1493), leur action paraissait être don quichotesque pour le moins. Beaucoup de gens (ré)agirent comme si les documents de l’ère coloniale étaient en quelque sorte sans importance dans le monde moderne.

Maintenant, près d’une génération plus tard, la révocation de la doctrine chrétienne de la découverte est passée d’un projet utopiste à une cible largement comprise et entendue dans le mouvement de libération des peuples et nations indigènes des Amériques (NdT: et d’ailleurs) comme ayant des effets continus et permanents incluant des programmes de domination. Aux Etats-Unis par exemple, la doctrine chrétienne de la découverte est sous-jacente à la loi fédérale sur les Indiens jusqu’à ce jour.

Le pape François n’a pas mentionné la doctrine chrétienne de la découverte, mais il a été plus loin que le pape Jean-Paul II, dont “les excuses” de l’an 2000 blâmaient en fait des individus, plutôt que l’église elle-même, pour la violence contre les peuples et nations indigènes et autres. François a demandé le “pardon” pour “les offenses de l’église elle-même”. Notez également que François a parlé de “crimes” ; il ne s’est pas limité à la douce rhétorique des “pêchés”.

Le pape François a également contribué à une importante clarification au sujet du rôle de la doctrine de l’église dans la colonisation lorsqu’il s’est référé à une “soi-disant conquête” de l’Amérique. Comme la Cour Suprême des Etats-Unis l’a déclaré dans sa décision dans l’affaire Johnson contre McIntosh de 1823, la doctrine chrétienne de la découverte sert de “prétention” à la conquête. Là où une conquête réelle possède des implications légales de domination justifiable, la doctrine chrétienne de la découverte n’est justifiable que pour ceux qui placent la discrimination religieuse contre les païens non-chrétiens comme fondation même de la loi.

D’après le New York Times, “les excuses pour la complicité de l’église dans l’ère coloniale a reçu une ovation immédiate de la foule présente”, foule qui était constituée “d’environ 200 activistes sociaux, fermiers, éboueurs et activistes de voisinages”, à Santa Cruz en Bolivie.

Comment les gens autochtones qui se considèrent chrétiens vont-ils répondre à la critique de la domination coloniale chrétienne ? Vont-ils demeurer satisfaits avec une demande du pape pour le pardon ? Ou vont-ils insister pour qu’une demande de pardon soit suivie par une action démontrant un changement réel, comme une révocation papale des décrets pontificaux offensants ?

Beaucoup de gens ont critiqué la canonisation plannifiée de Junipero Serra, le moine du XVIIIème siecle qui fut une force vive de la colonisation espagnole sur la côte ouest de l’amérique du Nord (Californie). Serra organisa l’effort de conquête spirituelle et temporelle de la conquête des peuples natifs en “Nouvelle Espagne”. Il fut responsable de la plupart de la violence qui eut lieu pour l’évangélisation au nom du christ alors qu’il cornaquait la force de travail native pour remplir les demandes de tributs et de trésors de la couronne espagnole.

Les autochtones chrétiens seront-ils capables de voir et de comprendre que Junipero Serra ne peut pas être un “saint” si ce qu’il fit est un crime ? Les natifs chrétiens lèveront-ils leurs voix pour défier la canonisation et verront-ils la “sainteté” de Serra comme la continuation des mêmes actes pour lesquels le pape François et d’autres papes ont demandé pardon ?

Y aura t’il plus de natifs chrétiens qui appelleront l’église à prendre l’étape suivante après la demande de pardon et qui est d’officiellement révoquer les bulles papales vieilles de 500 ans, qui ont autorisées la violence et la domination contre les peuples et nations indigènes ?

L’histoire de la résistance indigène au colonialisme espagnol en Amérique du Sud ne laisse aucun doute sur la capacité des peuples indigènes à aller au-delà de l’allégeance à l’église dans leur lutte pour l’auto-détermination.

Lorsque Tupac Amaru a commencé sa campagne contre le joug espagnol dans le Pérou du XVIIIème siècle, il croyait que l’église soutiendrait son mouvement de libération des peuples Incas de l’oppression des officiels coloniaux et des grands propriétaires terriens, qui maintenaient des communautés entières de peuples autochtones dans des conditions d’esclavage. Les demandes initiales de Tupac Amaru pour la fin de la domination espagnole étaient souvent faites depuis les marches des églises où il appelait ses suiveurs à respecter les prêtres tandis qu’il défiait les autorités séculières.

Malgré la volonté de quelques prêtes d’œuvrer avec les leaders natifs, la hiérarchie de l’église prit alors un rôle définitivement antagoniste. L’évêque Moscoso de Cuzco ordonna aux prêtres de prêcher contre les forces indigènes. Moscoso prit le rôle de leader dans l’assistanat de la réponse militaire espagnole à la rébellion. Il excommunia Tupac Amaru dans un effort de le dépeindre comme un païen plutôt qu’un héros.

Lorsque Tupac Amaru réalisa que les plus hautes instances de l’église ne lui étaient pas acquises et complotaient avec les officiels séculiers pour détruire la révellion incas, il fut abassourdi. L’excommunication l’affaiblit autant qu’elle le rendit fou de rage, car elle minimisait le soutien parmi les indigènes convertis, qui se distancièrent de la rébellion et rejoignirent mêmes pour certains, des milices espagnoles.

Dans un livre récent: “— »The Tupac Amaru rebellion« , l’auteur Charles F. Walker écrit ceci: “Hautement religieux, les leaders rebelles ne pouvaient pas concevoir le monde sans l’église et ne pouvaient pas parvenir à réduire au silence des leaders de l’église comme l’évêque Moscoso.

Walker écrit aussi: “Le plus grand ou du moins, le défi le plus inattendu auquel durent faire face les chefs rebelles fut de savoir comment réconcilier leur religiosité avec les efforts intensifs contre-révolutionnaires…. de l’église.

Aujourd’hui, les critiques de la doctrine chrétienne de la découverte ont le vent en poupe, atteignant même l’ONU et son Forum Permanent pour les Affaires Indigènes dont “l’étude” sur les impacts de la doctrine de la découverte appelle pour “des mécanismes, des processus et des instruments de redressement des torts” infligés aux peuples indigènes.

Comme l’a écrit Steven Newcomb, la pape François 1er “a pris un premier pas très important vers la révocation des bulles papales d’empire et de domination”. Newcomb mérite de recevoir les plus grandes accolades et le plus grand crédit pour avoir tant aider à forger les fondations de ce travail. Il fit suivre son rôle de co-auteur de la “lettre ouverte” au pape de 1993 avec un livre publié en 2008: “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”, ouvrage qui met à nu la fondation religieuse chrétienne toujours active de la loi fédérale sur les Indiens des Etats-Unis.

Le pape François 1er semble parfaitement au courant de la non-viabilité ou tout au moins de l’inacceptabilité de régimes fondés sur le schéma de la domination chrétienne. Il faudra voir si l’église, ses leaders et ses membres, sauront faire face à l’énorme tâche de construire un monde sans de tels schémas.

Science technologie et totalitarisme: Lettre ouverte de chercheurs en intelligence artificielle contre les « armes autonomes »…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 31 juillet 2015 by Résistance 71

Le monde de « Terminator » est programmé… Saurons-nous arrêter la folie avant qu’il ne soit trop tard ou la réalité, une fois de plus, dépassera t’elle la fiction ?

Où est Sarah Connor ?…

— Résistance 71 —

 

Armes autonomes: des chercheurs en intelligence artificielle publient une lettre ouverte

 

Source RT, BBC

 

30 uillet 2015

 

url de l’article en français:

http://ilfattoquotidiano.fr/armes-autonomes-des-chercheurs-en-intelligence-artificielle-publient-une-lettre-ouverte/#.VbrYzihZFS8

 

Un groupe mélangeant de nombreux chercheurs, scientifiques et personnalités publiques – parmi lesquels on trouve Stephen Hawking(i), Elon Musk(ii) ou encore Steve Wosniak(iii) – vient de publier une lettre ouverte contre le développement des armes dite « autonomes », c’est-à-dire ces armes qui utilisent l’intelligence artificielle et sont en mesure d’agir en dehors de tout contrôle humain.Voici la traduction de cette lettre :

Les armes autonomes sélectionnent et affrontent leurs cibles sans aucune intervention humaine. Ces armes sont, par exemple, les quadricoptères armés capables d’identifier et d’éliminer les personnes sur la base de critères prédéfinis, mais elles ne recouvrent pas les armements tels que les missiles Cruise ou les drones pilotés à distance, pour lesquels c’est au final l’homme qui prend la décision de tirer.

La technologie de l’Intelligence artificielle a atteint un niveau tel qu’elle pourrait permettre de réaliser de tels systèmes – en termes pratiques, sinon légaux – en l’espace de quelques années, et non plus de quelques décennies. Le défi est énorme, puisque les armes autonomes ont été qualifiées de troisième révolution dans le domaine de la guerre, après la poudre et la bombe atomique.[…]

Des arguments ont été avancés aussi bien en faveur que contre les armes autonomes. Par exemple, le fait de remplacer les soldats humains par des machines est positif dans le sens où il permet de réduire le nombre de victimes, mais il est négatif en cela qu’il abaisse le seuil menant à l’ouverture d’un conflit. La question cruciale pour l’humanité aujourd’hui est de savoir si elle permet le lancement d’une course globale aux armes autonomes, ou si elle stoppe cette course avant qu’elle ne commence. Si une grande puissance militaire pousse au développement des armes autonomes, la course globale à de tels armements deviendra inévitable, et la conclusion de ce parcours technologique est évidente : les armes autonomes deviendront les Kalashnikov de demain.

A la différence des armes nucléaires, ces armements ne requièrent pas de matériels particulièrement couteux ni difficiles à obtenir. Cela signifie qu’on en retrouvera partout et qu’elles seront peu chères à la production, pour n’importe quelle puissance militaire.  Ce n’est donc qu’une question de temps avant de voir circuler ces armes au marché noir, puis entre les mains des terroristes, des dictateurs qui veulent garder leur peuple sous contrôle, des chefs de tribus décidés à mener une « purification ethnique », etc., etc.

Les armes autonomes sont aussi idéales pour assassiner quelqu’un, pour déstabiliser des nations, pour soumettre des populations, et pour éliminer de façon sélective un groupe ethnique en particulier. Par conséquent, nous pensons qu’une course au développement militaire des armes autonomes ne serait pas bénéfique pour l’humanité. Il y a quantité de façons d’utiliser l’IA pour rendre le champ de bataille plus sûr pour les êtres humains – surtout pour les civils – sans avoir besoin de créer de nouveaux outils pour tuer.

Tout comme les chimistes et les biologistes n’ont aucun intérêt à construire des armes chimiques ou biologiques, la majeure partie des chercheurs en Intelligence artificielle n’ont aucun intérêt à construire des armes autonomes, et ne veut pas voir salir la réputation de leur domaine de recherche, en créant une réaction négative du public qui pourrait impacter négativement les futurs bienfaits issus de l’Intelligence artificielle. De fait, les chimistes et les biologistes ont fortement soutenu les accords internationaux interdisant les armes chimiques et biologiques, tout comme la plupart des physiciens ont soutenu les traités interdisant les armes nucléaires dans l’espace et les armes aveuglantes à laser.

En conclusion, nous croyons que l’intelligence artificielle représente un formidable potentiel bénéfique pour l’humanité, et que le but ultime de ce domaine de recherches est précisément cela. Le fait de lancer une course aux armes autonomes serait une très mauvaise idée, et devrait être stoppé par l’interdiction de toute arme capable d’agir en dehors du contrôle humain.

Technologie et Nouvel Ordre Mondial: Windows 10… La pourriture nouvelle est arrivée

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Le degré zéro du totalitarisme technocratique…

— Résistance 71 —

 

Microsoft propose une migratgion gratuite vers Windows 10 en échange de votre vie privée

 

Numerama

 

30 juillet 2015

 

url de l’article:

http://fawkes-news.blogspot.jp/2015/07/microsoft-propose-une-migration.html

 

Saviez-vous qu’en utilisant Windows 10, un identifiant publicitaire unique vous est attribué, exploitable par les développeurs et les annonceurs ? Ou que par défaut, Microsoft envoie tous vos mots de passe vers ses serveurs lorsque vous associez l’ordinateur à un compte Microsoft ? Ce sont quelques unes des informations figurant dans la nouvelle Déclaration de Confidentialité de Microsoft, dont nous citons les principaux extraits.

Microsoft a écrit ce jeudi à ses clients français pour leur annoncer qu’il avait mis à jour son Contrat de Services et sa Déclaration de Confidentialité, non seulement pour rendre les informations plus accessibles en un seul endroit, de façon visible et plus précise, mais également pour ajouter « plusieurs informations supplémentaires en matière de confidentialité relatives aux nouvelles fonctionnalités que nous proposerons bientôt, telles que celles disponibles sous Windows 10« . Elles prendront effet au 1er août 2015.

Nous avons donc lu l’intégralité de la nouvelle Déclaration de Confidentialité (qu’il nous a été impossible de comparer à l’ancienne, faute de réussir à mettre la main dessus), pour en ressortir les passages qui nous semblent les plus importants à connaître. Il faut reconnaître à Microsoft un effort que nous n’avions jamais vu jusqu’ici, conforme à la législation européenne, de précision sur les données collectées et l’utilisation qui en est faite. C’est encore parfois perfectible, mais beaucoup mieux que le flou que l’on trouve dans les conditions de Google, par exemple.

Il n’y a aucune prétention à l’exhaustivité dans notre sélection forcément subjective des passages clés, mais elle nous semble instructive. Elle concerne aussi bien les services de Microsoft dans leur quasi intégralité, que le système Windows 10 qui débarque le 29 juillet prochain.

Plutôt qu’un long commentaire, le mieux est de copier-coller les extraits qui parlent d’eux-mêmes.

L’ESSENTIEL A SAVOIR

  • Par défaut, « lorsque vous vous connectez à Windows grâce à un compte Microsoft,Windows synchronise certains de vos paramètres et de vos données avec les serveurs Microsoft« , dont « l’historique de votre navigateur, vos favoris et les sites web que vous avez ouverts» ainsi que « les noms et mots de passe pour la sauvegarde de vos applis, sites web, borne portables et réseau Wi-Fi« . Pour désactiver ce transfert vers les serveurs de Microsoft, il faut penser à se rendre dans la section « Comptes de Paramètres / Paramètres de synchronisation ».
  • « Windows génère un identifiant publicitaire unique pour chaque utilisateur d’un appareil. Votre identifiant publicitaire peut être utilisé par les développeurs d’applications et les réseaux publicitaires pour proposer des publicités plus pertinentes» ;
  • « Lorsque le dispositif de cryptage est activé, Windows chiffre automatiquement le disque dur sur lequel Windows est installé et génère une clé de récupération. La clé de récupération de BitLocker pour votre appareil est automatiquement sauvegardée en lignedans votre compte Microsoft OneDrive » (en clair, si vous utilisez l’outil de chiffrement fourni par Microsoft, Microsoft conserve la clé chez lui, et pourra donc la mettre à disposition de toute autorité publique qui demande par voie légale à y avoir accès) ;
  • « Microsoft recueille régulièrement des informations basiques à propos de votre appareil Windows. (…) Ces données sont transmises à Microsoft et stockées à l’aide d’un ou plusieurs identifiants uniques« . Il s’agit notamment « données d’utilisation des applispour les applis qui fonctionnent sur Windows », ou des « données sur les réseaux auxquels vous vous connectez, comme les réseaux mobiles, Bluetooth, les identifiants (BSSID et SSID), les critères de connexion et la vitesse des réseaux Wi-Fi auxquels vous êtes connecté« . Microsoft précise que « certaines données diagnostiques sont essentielles au fonctionnement de Windows et ne peuvent pas être désactivéessi vous utilisez Windows » ;
  • Dans le nouveau navigateur Microsoft Edge, lorsque AutoSearch et Search Suggestions sont activés, le navigateur envoie à Bing « les informations que vous entrez dans la barre d’adresse du navigateur« , « même si vous avez sélectionné un autre fournisseur de recherche par défaut« . Microsoft ajoute que « les données de navigation recueillies en relation avec ces fonctionnalités sontutilisées dans les données globales« , c’est-à-dire qu’elles participent à établir le profil publicitaire de l’utilisateur ;

DIVERS SUR CORTANA, WINDOWS 10, MICROSOFT EDGE, OUTLOOK…

  • « Pour permettre à Cortana de fournir des expériences personnalisées et des suggestions pertinentes, Microsoft recueille et utilise différents types de données, comme la localisation de votre appareil, les données de votre calendrier, les applis que vous utilisez, les données de vos emails et de vos messages textes, les personnes que vous appelez, vos contacts et la fréquence de vos interactions avec eux sur votre appareil. Cortana en apprend également à votre sujet en recueillant des données sur votre manière d’utiliser votre appareil et d’autres services Microsoft, comme votre musique, vos réglages d’alarme, si l’écran verrouillé est activé, ce que vous regardez et achetez, votre historique de navigation et de recherche Bing, et bien plus.«
  • « Lorsque vous utilisez OneDrive, nous recueillons des données sur votre utilisation du service, ainsi que sur le contenu que vous stockez» (c’est ici très flou sur ce qu’il fait des « informations sur le contenu) ;
  • « Pour fournir une reconnaissance vocale personnalisée, nous enregistrons l’entrée de votre voix, ainsi que vos nom et surnom, les événements récents de votre calendrier et les noms des personnes avec qui vous avez rendez-vous, et des informations sur vos contacts, notamment leurs noms et surnoms» ;
  • « Microsoft n’utilise pas ce que vous dites dans les emails, les discussions, les appels vidéo ou la messagerie vocale, ni vos documents, photos ou autres fichiers personnels pour vous envoyer des annonces ciblées« , mais il utilise tout de même « d’autres informations que nous recueillons à votre sujet au fil du tempsen utilisant vos données démographiques, vos requêtes de recherche, vos centres d’intérêt et vos favoris, vos données d’utilisation, et vos données de localisation » ;
  • « Nous accéderons à, divulguerons et préserverons les données personnelles, notamment votre contenu (comme le contenu de vos emails, d’autres communications privées ou des fichiers de dossiers privés), lorsque nous pensons de bonne foi qu’il est nécessaire de le faire« , notamment pour « répondre à des requêtes légales valides »;
  • « Les données personnelles recueillies par Microsoft peuvent être stockées et traitées aux États-Unis ou dans tout autre paysdans lequel Microsoft, ses filiales ou prestataires de services sont implantés » ;

« Dans Outlook.com, lorsque votre dossier Éléments supprimés est vidé, ces éléments effacés restent dans notre système pendant 30 jours maximum avant suppression définitive » ;

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