Ingérence de l’empire en Syrie: Le pays du goulag levant (ex-USA) est ses alliés aident au ravitaillement de leur progéniture EIIL via la Turquie, la Jordanie et Israël…

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Comment les Etats-Unis peuvent arrêter l’EIIL sans mettre un pied en Syrie

 

Tony Cartalucci

 

1er Septembre 2015

 

url de l’article original:

http://landdestroyer.blogspot.fr/2015/08/how-us-can-stop-isis-without-setting.html#more

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il est de plus en plus difficile de camoufler ou de pirouetter l’info, cela devient apparent même dans les médias occidentaux et leur couverture des évènements que le soi-disant “État Islamique” (EIIL/EI) ne maintient pas sa capacité de combat depuis l’Irak ou la Syrie intra muros, mais plutôt grâce à une ligne logistique qui va et vient entre les nations voisines. Ces nations incluent la Jordanie, le Liban, Israël et de maniìere encore plus évidente, ce membre de l’OTAN qu’est la Turquie.

Ce fut la chaîne d’info allemande Deutsche Welle (DW) qui a dit dans son rapport « ‘IS’ supply channels through Turkey, » que des centaines de camions destinés à l’EI et aux territoires qu’il contrôle ont été filmés en attente à Oncupinar en Turquie, de passer la frontière avec la Syrie et ce sans aucune supervision apparente du gouvernement turc. Plus tard, le magazine TIME admettrait la dépendance de l’EI de la ville syrienne frontalière de Tal Abyad pour les ravitaillements et la grande importance de la perte de cette ville au profit des combattants kurdes, car cette place maintient la capacité au combat de l’EI à la fois sur la frontière mais aussi plus profondément sur le territoire syrien.

Un rapport d’AP du mois de Juin « Kurds move to cut off ISIS supply lines in Syria, » affirmait: “ Les combattants kurdes syriens se sont rapprochés des banlieues d’une ville tenue par l’EIIL à la frontière turque samedi, coupant potentiellement la route cruciale de ravitaillement des terroristes,” ont dit des officiels kurdes et un groupe activiste. La prise de la ville de Tal Abyad à quelques 70km de la place forte de l’EIIL, Raqqa, voudrait dire que le groupe n’aurait plus de route directe (avec la Turquie) pour leur faire parvenir de nouvelles troupes et du ravitaillement. L’avance kurde, venant sous couvert d’une importante assistance aérienne menée par la coalition américaine, joindrait égalemnt leur deux fronts et mettrait plus de pression sur la place de Raqqa alors que les forces irakiennes ont bien du mal à contenir le groupe dans leur pays.

Tandis que les frappes aériennes américaines sont créditées pour le succès de l’avance kurde contre l’EIIL, on se demande pourquoi les Etats-Unis, dont une de leur base est à Incirlik, la Turquie et les forces spéciales commandos américaines et celles de la CIA opérant le long de la frontière syrienne en Turquie, n’ont rien fait pour interdire les lignes de ravitaillement de l’EIIL avant qu’elles n’atteignent la Syrie où l’attendent les terroristes.

Les Kurdes et l’armée syrienne réalisent tous deux l’importance de restreindre les armées terroristes en Syrie en les coupant de leurs lignes logistiques de ravitaillement aux frontiéres syriennes. Mais les kurdes et les forces syriennes sont de plus en plus limitées pour sécuriser ces zones frontalières à cause d’une toujours plus étendue “zone de sécurité” que les Etats-Unis et leurs alliès régionaux mettent en place sur le territoire syrien près des frontières. La Turquie et Israël ont tous deux attaqué les forces syriennes dans ces “zones de sécurité refuge”, créant un véritable sanctuaire pour les affiliés d’Al Qaïda, incluant Al Nosra et l’EIIL.

Les efforts pour “assister” les Kurdes ne semblent avoir été qu’un prétexte pour violer l’espace aérien syrien en premier lieu, puis le territoire syrien en second lieu. La pathétique “Division 30” américaine comprenant moins de 60 combattants entraînés en Turquie, puis envoyés pour combattre des milliers et des milliers de terroristes que les Etats-Unis et leurs alliés ont aussi armé, entraîné et envoyé par-delà les frontière syriennes depuis des années, fut une autre tentative de faire paraître les gains de l’EIIL et d’Al Nosra comme un résultat de la folie occidentale plus que comme sa création.

Comment l’occident peut arrêter l’EIIL sans mettre un pied en Syrie

Une vieille maxime militaire dit ceci: “une armée marche sur son estomac”. La logique dicte qu’une armée avec l’estomac vide est incapable de continuer de marcher et de fonctionner. Napoléon Bonaparte, qui est crédité de cette citation, l’a vérifié en toute première main lorsque son armée s’est retrouvée profondément enfoncée en territoire russe sans vivre ni ravitaillement de toute sorte, ceci menant ultimement à une défaite des plus catastrophique.

De la même façon, la capacité de combat de l’EIIL dépend entièrement de ses lignes de ravitaillement. Couper ces lignes mènera à une défaire inévitable. Pour les Etats-Unis, qui sont soit alliés, soit ont des troupes dans les pays frontaliers à la Syrie, couper les lignes de ravitaillement de l’EIIL serait chose très simple, si de fait, les US étaient VRAIMENT intéressés à battre l’EIIL et autres affiliés d’AQ.

Tandis que les Etats-Unis ont assisté la Turquie à ériger une défense de missiles le long de sa frontière avec la Syrie afin de créer une de facto “zone d’interdiction de vol” donnant ainsi à Al Nosra et l’EIIL un santuaire tombé du ciel, très peu d’efforts ont été faits pour sécuriser la frontière, spécifiquement pour la recherche et l’interdiction du transit de combattants étrangers, d’armes, de vivres et de munitions. Comme le rapport de DW l’a illustré, il apparaît que les frontières turques sont non seulement complètement ouvertes, mais qu’elles le sont de manière intentionnelle, il n’y a en conséquence peu ou pas d’efforts de la part de la Turquie pour couper le torrent de ravitaillement qui passe de son territoire vers la Syrie.

DW filmerait sûrement une situation similaire se déroulant en Jordanie près de sa frontière avec la Syrie, près de la ville syrienne de Daraa qui est devenue un champ de bataille alors que les forces syriennes tentent désespérement de couper le flot logistique de combattants et d’armes transitant par cette frontière, visant ultimement Damas.

Les Etats-Unis pourraient arrêter l’EIIL en un mois… S’ils le voulaient vraiment…

En coupant l’EIIL de son argent, de ses vivres, renforts de combattants et d’équipement essentiel, il serait très rapidement défait par les forces syriennes et irakiennes. Sans argent pour payer ses combattants et sans nouvelles recrues pour remplacer ceux perdus au combat, le moral chuterait bien vite. Sans un flot torrentiel constant d’armes, de munitions de toutes sortes et de carburant, l’EIIL et autres affiliés d’Al Qaïda perdraient très vite leur capacité tactique. Les combattants incapables de s’enfuir seraient vite encerclés et détruits comme cela s’est déjà produit profondément à l’intérieur de la Syrie où les forces syriennes ont été capables de couper les lignes de soutien logistique aux villes clef et affamer les armées terroristes retranchées.

La Syrie est intentionnellement empêchée de sécuriser ses frontières au travers d’une “zone tampon” qui ne fait que s’élargir, havre de paix que les Etats-Unis et leurs alliés créent afin de protéger des “rebelles modérés” clairement non-existants. Ce que ces “zones de sécurité” offre en revanche est d’assurer les lignes de ravitaillement de l’EIIL et que celles-ci demeurent intactes. Avec les Kurdes, la seule force réellement efficace à la frontière syro-turque, pouvant menacer ces ligne logistiques de l’EIIL, se retrouvant maintenant attaqués directement par les forces turques, le peu d’obstacles qu’il y a eu au transfert logistique à l’EIILest en train d’être rapidement éliminé.

Les Etats-Unis et leurs alliés pourraient facilement augmenter la sécurité le long de la frontière syrienne et couper de manière permanente la ravitaillement de l’EIIL et autres affiliés d’AQ sans jamais avoir à entrer l’espace aérien ni même le territoire syriens. Avec la même facilité que les Etats-Unis ont bâti cette ligne de défense de missiles à la frontière turco-syrienne, ils pourraient créer des points de contrôle frontaliers et des patrouilles en Turquie pour interdire et donc effectivement stopper le flot d’armes, de munitions et de combattants se rendant en Syrie depuis la Turquie. Ils pourraiemt le faire, mais ne le font pas et ce de manière tout à fait intentionnelle.

Les implications de ceci sont évidentes, l’EIIL est à la fois une création et une perpétuation intetntionnelle de la politique étrangère des Etats-Unis. De la même manière que les Etats-Unis il y a bien des années ont comploté avec l’Arabie Saoudite pour créer Al Qaïda dans les montagnes d’Afghanistan en première instance ; les Etats-Unis jusqu’à ce jour, complotent avec leurs alliés régionaux pour utiliser AQ et ses nombreuses affiliations, incluant l’EIIL/EI, pour faire des guerres que les troupes occidentales ne peuvent pas mener. Ceci comprend la division et la destruction de la Syrie, l’objectif réel et ouvertement explicité des politiciens américains.

La Syrie et ses alliées pourront-ils créer leur propre “zone tampon” au nord de la Syrie ? Est-ce que des troupes internationales pourront être amenées, incluant des observateurs de l’ONU, pour sécuriser les frontières de la Syrie et mettre en échec les tentatives de la Turquie et des Etats-Unis d’engager les forces syriennes et kurdes essayant de restaurer l’ordre dans cette région ?

La stratégie expansionniste en Syrie du nord, affirmant protéger des “rebelles modérés” tandis que cela sécurise mieux les lignes de ravitaillement de l’EIIL et lui donne une zone de protection toujours plus grande d’où il eput lancer de plus vastes opérations en Syrie profonde, s’avère payante et cela se fait au détriment de l’intégrité du territoire syrien, de sa stabilité et peut-être même de son existence en tant qu’état fonctionnel si aucunes mesures ne sont prises pour contrer cette conspiration.

Les bases de la logistique et le simple fait que les Etats-Unis pourraient à la fois combattre et vaincre l’EIIL en sécurisant simplement la frontière turco-syrienne ainsi que la frontière jordano-syrienne, doivent être constamment rappeler par les médias non-occidentaux et les cercles diplomatiques, soulignant le fait que le conflit en Syrie est un conflit d’INVASION ETRANGERE et non pas une guerre civile. Ce conflit peut être terminé, ainsi que toutes les horreurs qui lui sont associées, en faisant un contrôle des “bagages” de l’EIIL à la frontière turque (et jordanienne). Si les Etats-Unis et la Turquie refusent de faire cela, quelqu’un doit interpeler et vérifier les convois de l’autre côté de la frontière, quelqu’un que les Etats-Unis et la Turquie hésiteraient à attaquer comme ils l’ont fait des forces syriennes et kurdes.

Nouvel Ordre Mondial: La vague de migration forcée par l’occident est une phase de l' »Ordo ab Chao » du N.O.M

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N’oublions pas non plus que cette vague massive de migrants provient à la source des crimes et du chaos menés délibérément par l’occident au Moyen-Orient. Cette vague de misère humaine est, elle aussi, voulue et sciemment perpétrée par tous les criminels qui nous « gouvernent ». Le slogan du N.O.M est « Ordo ab Chao », ils l’appliquent à la lettre depuis un bon moment déjà…

— Résistance 71 —

 

Notre humanité perdue ?

 

Robert Fisk

 

1er Septembre 2015

 

url de l’article en français:

http://francophone.sahartv.ir/infos/commentaire-i2897-notre_humanité_perdue_par_robert_fisk

 

Des barbelés, le long de la frontière hongroise. Des barbelés, à Calais. Avons-nous perdu ce que nous, Européens, avions appris de la Seconde Guerre mondiale : la compassion ?

La Grande Muraille de Chine, les murs de Rome et dans chaque ville du Moyen-âge, la ligne Siegfried, la Ligne Maginot, le Mur de l’Atlantique… Les nations – empires, dictatures, démocraties – ont exploité toutes les chaînes naturelles de montagnes et de fleuves, pour stopper les armées étrangères. Et maintenant, nous, les Européens, traitons tous ces malheureux et innocents, venus de Syrie et d’Irak, d’Afghanistan et d’Éthiopie, comme s’ils étaient des envahisseurs étrangers déterminés à piller et liquider notre souveraineté, notre Heimat, notre terre si verte et si douce. Des barbelés, le long de la frontière hongroise. Des barbelés, à Calais. Avons-nous perdu ce que nous, Européens, avions appris de la Seconde Guerre mondiale : la compassion ?Depuis que notre dernier cliché est de dire au monde que la «crise» des réfugiés est la plus grande, depuis la Seconde Guerre mondiale, je me suis souvenu de la façon dont Winston Churchill parlait des colonnes de réfugiés allemands fuyant à travers les neiges de l’Europe de l’Est, en 1945, devant l’avance vengeresse des armées soviétiques. Ceux-ci, rappelez-vous, étaient les civils du Troisième Reich – ceux qui avaient amené Hitler au pouvoir, qui s’étaient réjoui des génocides barbares et des victoires militaires de l’Allemagne nazie sur des nations pacifiques. Ils étaient le peuple d’une nation coupable, ramenée à l’année zéro.

Cela faisait des années que j’avais lu la lettre que Churchill écrivit à sa femme, Clémentine, alors qu’il était sur le chemin de la conférence de Yalta, en février 1945. Mais je l’ai relue, ce week-end, et voici le passage le plus important : «Je suis libre de vous avouer que mon cœur est attristé par les récits de masses de femmes et d’enfants allemands, fuyant partout le long des routes, en colonnes longues de 40 milles vers l’Ouest, devant la progression des armées. Je suis convaincu que, clairement, ils le méritent, mais cela ne les met pas à l’écart de nos yeux. La misère du monde entier me consterne et je crains de plus en plus que de nouvelles guerres ne découlent de celles que nous concluons avec succès aujourd’hui». Churchill aurait appelé son sentiment «magnanimité». C’était la compassion. Incroyablement, c’est l’Allemagne – la nation d’où des dizaines de milliers de réfugiés se sont enfuis, avant la Seconde Guerre mondiale, et dont les armées en ont fait fuir des millions d’autres, après le début du conflit – qui est maintenant la destination de choix, pour les centaines de milliers de personnes en errance, à travers l’Europe. La générosité de l’Allemagne brille comme un phare, à côté de la réponse du Premier ministre Dave, [PR Dave] et ses copains. N’a-t-il jamais lu notre Premier ministre Churchill ? Ou a-t-il trop lu Tennyson, [poète de l’époque victorienne] ? Il aime à citer une ligne extraite de Ulysse de Tennyson – «Lutter, chercher, trouver et ne pas céder» – qui a été inscrite sur le mur du village des athlètes, aux Jeux Olympiques de Londres, en 2012. Mais a-t-il, aussi, je me demande, profité du sonnet préféré de Tennyson, Monténégro, dans lequel notre cher poète victorien se réjouit des «guerriers [monténégrins], repoussant l’essaim de l’Islam turc …» ? Un bon mot, «essaim».

Il y a plus de 30 ans, à Jérusalem, je rencontrai un prince du journalisme, James Cameron. Il avait défendu mes reportages sur l’Irlande du Nord – et ainsi, bien sûr, il était un de mes héros – mais lui, comme Churchill, était un homme de grande compassion. Je pensais à lui, il y a peu de temps, quand je me plaignais d’un groupe de jeunes réfugiés syriens et accrocheurs, qui me suivaient dans une rue de Beyrouth. Il y a près de 40 ans Cameron parlait, pour la BBC, d’un autre flot de réfugiés cherchant le salut sur des embarcations de fortune. «C’était une tournure journalistique malhonnête que de nommer les réfugiés vietnamiens «boat people», écrivait-il, dans son article, «qui a un son presque confortable, comme [s’il s’agissait] de gens sur une croisière de vacances. Ce sont de réfugiés … des fugitifs, des évadés, des victimes. Ils sont perdus et seuls … Les réfugiés juifs, les réfugiés arabes, les réfugiés allemands, les réfugiés indiens, les réfugiés pakistanais, les réfugiés russes, les réfugiés du Bangladesh, les réfugiés coréens». Cameron nous rappelait les Huguenots du 17e siècle, qui avaient fui vers la Grande-Bretagne, les Juifs persécutés, qui avaient fui l’Europe de l’Est, pour aller en Amérique, dans les années 1900. Et puis vint le moment où Cameron s’est rapproché des propos de «PR Dave». «En ces jours, le monde était un endroit assez vide ; il y avait de la place presque partout, pour l’étranger sans-abri. Chaque endroit où un étranger pouvait souhaiter trouver refuge est, maintenant, surpeuplé, et, déjà, avec des problèmes, pour lui-même». Et certains réfugiés «sont ingrats, certains veulent sauver leur peau, certains sont sur un train en marche. Mais je dois, encore, maintenant, trouver un bébé de réfugié, qui a quitté sa maison, pour une autre raison que parce qu’il y était obligé». Il n’y a pas «d’Ordre divin», a affirmé Cameron, «qui impose que vous devez rester là où vous êtes né». […] Une ironie très particulière de notre tragédie moderne est qu’un navire de la marine irlandaise a sauvé la vie de milliers de réfugiés naufragés, à quelques miles de la côte libyenne.

Il y a un siècle et demi, la famine et l’exode irlandais qui a suivi, déposait ses réfugiés, sur la côte du Canada. Des bateaux, remplis d’hommes, de femmes et d’enfants mourants ou morts du typhus, reçus avec compassion – mais aussi, avec la peur que leur maladie mortelle n’aille contaminer les habitants des côtes canadiennes. Il revint à Pol Ó Muirí, l’éditeur du journal de langue irlandaise, « The Irish Times », dont le père était un migrant travaillant dans le bâtiment, en Grande-Bretagne, de souligner, la semaine dernière, combien d’Irlandais ont aidé à la construction du tunnel sous la Manche – et la façon dont aujourd’hui «les migrants sont de l’autre côté, en essayant de passer à travers». Oui, «quelque chose doit être fait», pour les réfugiés, conclut Ó Muirí. Et d’ajouter : «Le tout est un peu effrayant, non ? Tous ces gens se jetant sur les clôtures, à l’entrée du tunnel, que ceux de Donegal ont aidé à construire … C’est lorsque la caméra est revenue vers l’arrière, pour nous montrer ces hommes debout et nous regardant avec toute la dignité qu’ils pouvaient rassembler, que je réalisai, soudain, que je voyais … mon père, en Angleterre … Voyez-vous, vous aussi, votre famille dans leurs visages ? Regardez un peu plus près. N’ayez pas peur». Comme ils le disent, nécessité fait loi. Mais la compassion, non…

Continuité colonialiste et impérialiste vaticane: Secouer le criminel Bergoglio alias pape François 1er lors de la visite au pays du goulag levant (ex-USA) en ce mois de Septembre…

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Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance d’être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

Enterrons l’empereur sanglant et ne faisons pas ses louanges: Au sujet de la visite à venir du pape François 1er aux Etats-Unis

 

Kevin Annett

 

25 Août 2015

 

url de l’article original:

http://itccs.org/2015/08/25/let-us-bury-the-bloody-emperor-not-praise-him-on-the-impending-american-visit-of-pope-francis/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ce n’est pas tous les jours que le chef d’un syndicat du crime mondial qui est personnellement impliqué dans la disparition et le traffic d’enfants se retrouve être honoré et invité à parler à la fois à l’assemblée générale de l’ONU et au congrès joint des Etats-Unis.

Le pape François 1er, alias Jorge “chic type” Bergoglio, s’en vient aux Etats-Unis ce prochain 22 Septembre dans un des volets coûtant des millions de dollars de l’opération redorer le blason à la fois de l’entreprise transnationale du Vatican Inc. et du gouvernement Obama. Après avoir piétiné la constitution des Etats-Unis et canonisé un missionnaire génocidaire californien, Bergoglio fera un discours en mondiovision devant tout le corps diplomatique et de la presse mondiaux pour expliquer comment gérer notre planète.

Jorge, dont le surnom de cardinal était “l’entremetteur”, a fait un sacré bout de chemin depuis ses premiers jours de porte-flingue clérical et de docteur la pirouette pour justifier son meurtrier homonyme, dictateur argentin de son état, le général Jorge Videla. Les “deux Georges” étaient de bons amis apparemment, ce qui expliquerait le penchant de Bergoglio à ignorer tout le sang dans lequel il baignait lors de la “sale guerre” de Videla dans les années 1970 et pour le traffic des enfants des prisonniers politiques internés ou assassinés dans les geôles du général. Comment expliquer sinon qu’un prêtre de basse classe comme Bergie pourrait devenir archevêque en tout juste 14 ans ?

Bergoglio a toujours été un grimpeur, sur des cadavres ou pas, et il est certainement devenu le parfum du mois pour la mafia de Rome toujours si susceptible de son image, surtout dans le sillage du désastre total généré par son prédécesseur Joseph Ratzinger alias pape Benoît XVI. Le besoin évident d’avoir un nouveau visage sympathique du “bon flic” à la papauté a dû gérer avec le malaise grandissant de beaucoup de catholiques traditionnels et de l’entière curie italienne des cardinaux concernant la tendance de Bergoglio d’être bien trop libéral parmi les libéraux.

Peut-être est-ce pourquoi le premier acte officiel du pape Françouet durant son séjour états-unien, avant même que de s’adresser au congrès, sera de réaffirmer les fières traditions génocidaires du Vatican en “canonisant” un missionnaire franciscain du nom de Junipero Serra, qui supervisa la mise en esclavage et le meurtre de milliers d’Indiens californiens sur les plantations appartenant à l’église. La conquête obligatoire et l’extermination des non-catholiques, spécifiquement s’ils étaient indigènes, est après tout le fondement même de la foi de l’église romaine et donc juste pour rassurer tous ces traditionnalistes de l’église, Jorge Bergoglio va publiquement sanctifier Junipero Serra, “le boucher de Monterey”.

On pourrait penser que ce fait pourrait quand même provoquer une certaine réflexion au sein de la foule des groupies placardant “Jorge on t’aime”, à l’odeur de quelques cadavres. Mais la crédulité humaine semble t’il, ne connaît pas de limites, spécifiquement lorsqu’il s’agit de l’église catholique romaine. Le refus de Bergoglio de révoquer la politique de protection criminelle des prêtres catholiques violeurs d’enfants n’a pas même causé à ses fans, y compris les plus farouches athées, de douter de leur nouveau messie.

Toute myopie à part, Bergoglio sera à la maison, entouré de la foule catholique la plus libérale d’Amérique et bien entendu tout le monde aux Etats-Unis adore une bonne parade, spécifiquement durant une année électorale. Mais alors que l’entourage papal se prépare à aller du congrès des Etats-Unis aux nations-unies en passant par la messe larmoyante obligatoire qui se tiendra au mémorial du 11 septembre dans le centre de Manhattan, la véritable question demeure: pourquoi maintenant et pourquoi là ?

La spéculation au sujet de ce voyage de Bergoglio va bon train, surtout entretenue par ceux qui ne savent rien ; mais il est évident que l’administration Obama désirait profondément que cette visite pontificale se fasse et a fait pression sur les deux parties pour que cela se produise, dans le sillage de la visite personnelle d’Obama à Bergoglio plus tôt cette année à Rome. Il est certain que les Etats-Unis et l’occident sont très nerveux au sujet des ouvertures du Vatican vers l’axe Moscou-Pékin et le soi-disant transfert de millions d’Euros de la Banque du Vatican vers la nouvelle Banque d’Investissement Asiatique qui espère concurrencer le FMI pour la suprématie financière mondiale.

Toujours un politicien jésuite consommé, Jorge Bergoglio sait comment jouer des deux côtés du Grand Échiquier en feignant la loyauté à chaque faction. Tous ses mots prononcés et son instinct de gestion à jouer la foule, doivent être vus sous cette lumière.

Malgré ce que les gens peuvent entendre ou vouloir, il n’y a pas de grand mouvement de réforme en cours au Vatican ; au contraire, le pape François 1er n’a défié aucune des politiques du Vatican. En vérité, ce que son régime est en train de faire, est de choisir un côté dans la nouvelle guerre froide en cours en réalignant l’église catholique romaine vers le bloc de l’Est en influençant l’Amérique de faire pareil. Après tout, les trois-quarts des catholiques sont maintenant dans le tiers-monde et venant lui-même de là, Jorge Bergoglio sait que le vieil imperium suprême de l’Europe occidentale et des Etats-Unis est en train de sérieusement s’éffilocher.

L’Amérique officielle doit comprendre sa condition crépusculaire, nonobstant la rhétorique électorale actuelle, considérant l’abjecte prostitution à la fois des démocrates et des républicains à l’entremetteur de Rome. Mais les Etats-Unis sont bien plus que leurs politiciens verreux et en tant que peuple continue de croire, bien naïvement, à la séparation de l’église et de l’état et le besoin de mener devant la justice et non pas protéger les criminels de guerre avérés comme Jorge Bergoglio et sa mafia.

Peut-être que la visite pontificale fin Septembre sera une chance de réévaluer cette âme américaine somnolente et en fait d’arrêter plutôt que de permettre ce crime perpétuel contre l’humanité qui s’appelle lui-même le Vatican.

Terrorisme d’état: L’unité Kidon israélienne d’assassinats…

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L’unité Kidon, une unité israélienne pour les assassinats

Al Manar

31 Août 2015

url de l’article:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=256507

 

Au cours des 3 dernières décennies, l’unité d’assassinats d’Israël, appelé Kidon a mené au moins 40 opérations d’assassinats à travers le monde, dont certaines en Iran.

La chaîne 2 de la télévision israélienne a reconnu, pour la première fois lors d’une émission, la présence de l’unité Kidon, au sein de l’Organisation d’espionnage israélienne du Mossad.
 

Dernièrement, certains scientifiques nucléaires iraniens ont été assassinés par cette unité. Sans oublier Mahmoud al-Mabhouh, le commandant des brigades d’Ezzedine Qassam, la branche militaire du Mouvement de Résistance palestinien Hamas. Cette unité est aussi derrière l’assassinat en 1995 à Malte de Fathi Chaqaqi, le secrétaire général d’un autre mouvement de résistance palestinien, le Jihad islamique.

Pendant longtemps, les autorités israéliennes cachaient leurs opérations secrètes transfrontalières et l’assassinat des dirigeants palestiniens, mais il semble que cette fois-ci, le régime sioniste revendique ouvertement ces assassinats. Le but étant sans aucun doute de faire une démonstration de force.

Associant cette unité au Mossad, Ronen Bergman, l’expert dans les questions stratégiques du quotidien israélien  Yediot Aharonot révèle que les membres du Kidon sont totalement inconnus des autres membres du personnel de cette organisation d’espionnage. Quoique ses membres sont choisis parmi le personnel du Mossad, mais avec de noms factices.

Ils s’entraînent dans la plus grande clandestinité, aux kidnappings, aux attentats à la bombe et aux assassinats dans un endroit inconnu.

L’unité d’assassinat  Kidon  est la seule unité terroriste dans le monde qui mène officiellement des opérations d’assassinats. 

Au cours des 67 ans d’occupation de la Palestine, le régime sioniste a mené des dizaines d’opérations d’assassinats contre des dirigeants et personnalités palestiniennes, et contre d’autres opposants.

Les opérations terroristes ou bien l’élimination physique ont toujours été l’une des méthodes courantes employées par les services de sécurité et de renseignement internes et étrangers du régime sioniste pour éliminer ses opposants.

Les assassinats en série perpétrés par Israël dans la décennie 1990 au Liban, dans les territoires occupés de la Palestine et dans des pays, comme la Syrie, Malte, Chypre, la Tunisie, l’Egypte et la Jordanie, montrent clairement que le Mossad et ses sous-ensembles, Shabak, Shin Beth et les unités des « Escadrons de la mort », sont toujours actifs en Israël.

Rarement ses agents sont poursuivis par la Justice dans les pays où ils opèrent.

Le Mossad a été créé en avril 1951 par le premier Premier ministre israélien, David Ben Gourion.

Le premier noyau du Mossad et de l’armée israélienne a été formé par les groupes d’assassinats de l’Irgun, Ashtran et Haganah.

Avant la formation d’Israël, ces groupes terroristes jouaient, dans les décennies 1930 et 1940, un rôle crucial dans les opérations terroristes et le massacre des Palestiniens, pour ainsi les intimider et les contraindre à quitter leurs foyers.

Société contre l’État: Société celtique et gauloise, le « Défi Celtique » d’Alain Guillerm ~ 2ème partie ~

Posted in actualité, politique et social, militantisme alternatif, guerres imperialistes, autogestion, résistance politique, terrorisme d'état, guerres hégémoniques, pédagogie libération, colonialisme with tags , , , , , , , , , on 31 août 2015 by Résistance 71

“La société primitive, en bref, est la matérialisation du concept de la thèse qu’un autre monde est possible ; qu’il y a une vie au-delà du capitalisme, tout comme il y a une société en dehors de l’État. Il y en a toujours eu et, c’est pour cela que nous luttons, il y en aura toujours.”
~ Eduardo Viveiros de Castro ~

“Qu’est-ce que la société primitive ? C’est une société homogène, non divisée, de telle façon, que si elle est ignorante de la différence entre le riche et le pauvre a fortiori, c’est parce que l’opposition entre les exploiteurs et les exploités est totalement absente. Ce qui est notablement absent est la division politique en dominant et dominé: les chefs ne sont pas là pour commander, personne n’est destiné à obéir. Le pouvoir n’est pas séparé de la société qui, en tant que totalité une, est la seule détentrice du pouvoir.”
~ Pierre Clastres ~

 

Société celtique société contre l’État: à l’origine de la culture européenne

 

“Le Défi Celtique” d’Alain Guillerm, 1986 (larges extraits)

 

Compilés par Résistance 71

 

15 Août 2015

 

Introduction

1ère partie: Les Celtes contre l’État

2ème partie: Les Celtes après l’État

3ème partie: La société celtique

Conclusion de Résistance 71

 

Ce type de société, la société contre l’État, a toujours disparu devant la violence externe, il n’a jamais suscité l’État en son sein et lui a toujours trouvé des anticorps quand il est apparu des risques qu’il se crée par des différenciations sociales. Celles-ci, il les a toujours limitées au maximum au lieu de les cristalliser et de les légitimer dans l’État.

C’est pourquoi il est absurde de parler de la Gaule avant César ou des Gallo-Romains sous l’empire dans les mêmes termes. Si des traits culturels subsistent, l’inégalité et l’exploitation esclavagiste ont été inscrites par l’État au cœur même de la société. C’est pourquoi il est vain, comme le font pourtant d’excellents auteurs (Pernoud, Thévenot) de chercher une continuité entre Gaulois (ou Celtes) et ce qu’on nomme abusivement Gallo-Romains.

[…]

Quand Ausone (grand propriétaire terrien romain en Gaule) nous énumère la splendeur et la démesure de sa “villa”, que Régine Pernoud lie à l’amour des Gallo-Romains pour la campagne et leur répulsion des villes, comment ne pas penser à l’exploitation féroce des troupeaux d’esclaves et de colons, les deux régimes ont subsisté ensemble, gaulois eux-aussi, dans ces grands domaines ? R. Martin parle à leur sujet “d’univers concentrationnaire”: “la hiérarchisation et l’encadrement sont poussés à l’extrême. Même si la plupart des dépendants du domaine n’étaient pas des esclaves, le sort des paysans “libres” soumis à l’aristocratie foncière n’avait probablement rien d’enviable…”

[…]

Ajoutons que, non seulement les paysans mais les artisans, si vénérés dans la société celtique, sont eux aussi devenus esclaves et logés dans des cabanes de la “villa” ou “colons” travaillant comme “serfs” en ville pour leurs maîtres, comme dans la Russie du XVIIème siècle.

[…]

La structure de classe des villae et sa hiérarchie sont vérifiées par la confrontation des textes des agronomes latins et des photos aériennes modernes. Jamais l’archéologie n’a montré une telle dépendance, un tel cloisonnement et une telle hiérarchisation des activités. Cela consacre un fond de vérité, le fossé, l’abîme, qu’il y avait entre la société gallo-celtique et la société gallo-romaine, fossé aussi démesuré que celui existant entre les soviets de Cronstadt et de Léningrad en 1917-18 et la Russie stalinienne contemporaine (Note de R71: excellente comparaison à notre sens…). Le fossé n’est autre que la différence entre le non-état et l’état qui, à sa naissance, s’impose toujours sous les formes les plus totalitaires et avec une infinie cruauté. Cela montre aussi la différence la Gaule et la Grande-Bretagne de la part des Romains. La Gaule conquise à l’apogée de la République et, si l’on ose dire, sans grand mal (en juste huit ans), fut entièrement intégrée au mode de production dominant de l’empire et de son déclin, en quarante ans, de 43 ap. J.C à 83 Ap. J.C , ne fut qu’une zone d’occupation militaire, qu’un glacis. Jamais les Romains n’y firent dominer le mode de production esclavagiste. Leurs villes ne furent que des gros bourgs militaires et marchands (l’équivalent justement des oppida celtiques). Quant aux villae rurales esclavagistes, importantes dans le bassin de Londres et de l’Est Anglie, elles furent beaucoup moins denses qu’en Gaule et quasi inexistantes dans la moitié ouest de l’île, laissant la place aux commuautés agraires primitives. Tandis qu’en Gaule l’esclavage fit disparaître la société celtique, en Irlande, langue et société celtiques ont vécu sans l’État jusqu’au XIIème siècle de notre ère, l’île ayant échappé de peu à la conquête romaine. En Bretagne (l’Angleterre), Galles et en Écosse, il en fut différemment, ces pays durent constituer un État pour lutter contre les Francs et les Anglo-Saxons, ils durent aussi assimiler des territoires pris à l’ennemi, Haute-Bretagne, Lowlands, ou se transformer à son image pour survivre (Wales au XIIème siècle et l’état gallois).

Créer un État pour lutter contre l’État, c’était la mort de la vieille société celtique, gentilice et égalitaire. Ce ne sont ni le polythéisme, ni le monothéisme, ni les “Juifs”, ni les “Grecs”, qui ont tué la société celtique comme société contre l’État, mais Rome, d’abord comme “Empire”, puis comme “Église”.

En effet, si à l’époque où les Celtes établissaient leur civilisation sur la moitié de l’Europe, les Grecs constituant les pricipales “bases” de “notre” civilisation (entre le VIIIème et le Vème siècles ils créent la science, la philosophie, la notion même de politique, mais aussi la stratégie, la marine de guerre, la forticfication et la poliorcétique), les Romains vont reprendre aux Grecs eurs concepts en les vidant de tout contenu “démocratique”. A la liberté, ils vont substituer son image abstraite: le droit romain (Note de R71: qui perdure aujourd’hui et est le fondement “légal” de la société occidentale…).

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Les Romains eux ont liquidé les Celtes, morceau par morceau, en leur inculquant de force une culture étatique à l’opposé de la leur: Ils ont instauré l’esclavage productif chez un peuple “libre”, alors que les Germains, comme les Celtes, vivaient en communautés “primitives”.

Ce génocide culturel des Celtes marque encore notre présent en ce qu’il est l’élan refoulé de notre passé. Le massacre de la civilisation celtique en Europe est comprable en bien des points au massacre des Indiens en Amérique, quinze siècles plus tard.

Mais il a néanmoins existé un trait spécifique de l’attitude romaine, il s’est agi d’introduire de force un nouveau mode de production, non pas de détruire physiquement les populations mais plutôt de les réduire en esclavage, si l’on veut bien considérer avec Pierre Dockès que l’esclave est un mort en sursis. D’où les traits culturels celtiques qui sont demeurés après quatre siècles de “civilisation”, malgré le vernis latin dans une Gaule devenue franque au Moyen-Age.

[…]

Note de Résistance 71: Une fois de plus à cet endroit, Guillerm fait une excellente description technique, stratégique et historique de la flotte romaine de Bretagne, la Classis Britannica Romania ou CLBR. Puis il passe à l’historiographie de l’établissement des Bretons, venus de l’actuelle Angleterre, en Armorique au IIIème et IVème siècles de notre ère pour y développer une “renaissance celtique”. Le cas de l’Irlande mérite une certaine attention…

[…] L’Irlande celtique devient chrétienne sans créer d’État ni d’Église

La seule société celtique qui ait évolué sans influences extérieures, influences matérielles s’entend, c’est l’Irlande. Les textes irlandais que nous possédons, vont du VIIIème au XVème siécles. Juste avant la christianisaton, la société essentiellement composée d’hommes libres (aire) se divisait en trois catégories: les drués ou druides, prêtres, les flaith nobles, guerriers et les aithrech ou agriculteurs. Avec la conversion de l’Irlande au christianisme, la fonction de druide s’est dédoublée, donnant d’une part le prêtre chrétien, d’autre part le “poète” (file) à la fois scribe, juriste et voyant, dont la fonction est immense. Les catégories de guerriers et de paysans armés sont restées les mêmes, mais il s’est produit la même chose que sous la société laténienne: un immense essor de l’artisanat, ce qui a entraîné l’apparition d’une catégorie mixte et intermédiaire entre les “nobles” et les cultivateurs: les hommes de l’art (oes dana) regroupant à la fois les filid et les artisans.

[…]

En Irlande, les guerriers sont devenus des “nobles”, leurs “clients” ne sont plus seulement composés d’ambractes, de camarades de combat, mais aussi de fermiers libres, certes mais redevables envers eux. Ce qui est par contre remarquable est que ce début de différenciation sociale n’entraîne nullement la création de l’État et cela dans aucun domaine. C’est ce que nous allons voir à propos du “roi”, mais auparavant, il nous faut poser le problème du druide et du roi, de leurs attributions et de leurs pouvoirs, clefs de toute compréhension de la fonction anti-étatique de la “royauté”.

Faisons un tableau comparatif selon Christian Guyonvarc’h des droits et pouvoirs descriptifs du druide et du roi.

DRUIDE

ROI

Il est prêtre; il rend la justice, il enseigne, ses fonctions découlent de son sacerdoce Il n’est pas prêtre, il n’a de droits sacerdotaux que la couleur blanche, autant dire son simulacre.
Il est entièrement libre: il n’est soumis à aucun impôt, n’a aucune obligation militaire Il est d’origine guerrière même s’il ne combat plus
Le recrutement n’est soumis qu’à des critères et des contrôles de qualités intellectuelles Il est élu par ses pairs sous le contrôle des druides pour servir d’équilibreur et de régulateur social
Le druide peut se marier à son gré, se déplacer, porter les armes etc… Il n’est jamais libre:

·      Il est désigné pour seulement 1 an en Gaule

·      Il ne doit pas quitter le territoire de la civitas

·      Il est soumis à une masse d’interdits et d’obligations (gleasa irlandais)

Source: C. Guyonvarc’h

On voit que le terme roi (ri) ne doit en aucun cas être comparé à la monarchie absolue ni même à la royauté médiévale (où le roi est presqu’un prêtre). Ici, le roi n’est pas un intermédiaire entre les dieux et les hommes, mais entre les druides et les hommes. En outre, il n’est en aucun cas un chef de guerre et encore moins un chef d’état, il pourrait envier les pouvoirs modernes d’un sous-préfet ou d’un général. Il est inutile d’insister sur le fait que si le roi n’a aucun pouvoir, le chef de guerre n’en a pas plus sur ce qu’on appelle, juste titre, la société civile., une simple lecture de la “Guerre des Gaules” de César suffit à nous en convaincre. Les Gaulois n’obéissant qu’au feu, entre deux campagnes, Vercingétorix n’a absolument aucun pouvoir si ce n’est que de prendre la parole, de l’éloquence si chère aux Celtes. (Note de R71: De la même manière que les chefs et chefs de guerre amérindiens qui n’ont aucun pouvoir et sont des portes-paroles souvent réputés pour leur éloquence et leur érudition de la connaissance ancestrale et de la tradition orale..).

Mais alors théocratie, pouvoir démesuré du druide ?

Démesuré si on veut, mais alors comme contre-pouvoir, pouvoir contre l’État (l’inverse d’une théocratie). Les druides, garants de la personnalité de base, garants du groupe, de son identité, sont ce qui existe pour empêcher que ne se mette en place toute une machine étatique. Pour ce, comme les Chamans amérindiens, ils tiennent le discours et la tradition. Discours conservateur et égalitaire visant à conserver l’indivision, nous sommes bien loin d’une prérendue caste sacerdotale comme le furent les Brahmanes aux Indes.

[…]

Les invasions Vikings déferlèrent sur l’Irlande pendant 150 ans (IX-Xème siècle) sans que la question de l’État (et de l’église de type romain) fût tranchée. Mieux, il fallut les Vikings pour introduire au Xème siècle ce que la société celtique laténienne avait connu mille ans auparavant sur le continent: la ville et la monnaie.

[…]

Or, que voyons-nous tout au long des XIème et XIIème siècles ? La charge de Haut-Roi subsiste bien, mais personne ne l’occupe en Irlande. Ces 180 ans sont passés en lutte entre deux familles royales, celle de Casher (Munster) au Sud et celle de Tara d’Ulster au Nord pour occuper ce poste. Cette position devint si synonyme d’impuissance que tous les rois irlandais la laisseront vacante sans aucune peine, et la donneront sans savoir ce qu’ils faisaient, au roi Anglais Henri II Plantagenêt lorsqu’il débarqua à Dublin… L’Irlande resta juqu’à la pénétration anglaise, une société contre l’État.

[…]

C’est donc de l’extérieur, malgré l’apparition d’une certaine différenciation sociale, que fut introduit l’État en Irlande et ce en deux temps, par l’église romaine d’abord, la réforme cistercienne au milieu du XIIème siècle de Saint Malachie(*), puis par la pénétration anglaise ensuite, l’expédition d’Henri II Plantagenêt en 1171 et l’action incessante de ses successeurs, mais cela à partir du XIIème siècle seulement. C’est de l’Irlande qu’il nous faudra parler pour bien comprendre ce que fut cette renaissance celtique du Vème siècle.

Note(*): note de bas de page que nous trouvons tout à fait digne d’intérêt et qui dit ceci: L’église celto-irlandaise avait une organisation différente de l’église chrétienne romaine, qui était hiérarchisée du pape à l’évêque, de l’évêque au curé, les monastères du monde romain étaient des moyens de pression de la papauté sur les évêques ; tandis qu’en Irlande, où il n’y avait pas assez de paroisses, le pouvoir appartenait aux monastères dont les abbés, héréditaires, tenaient le rôle de l’évêque sans en avoir les contraintes hiérarchiques. Mais en 1111, l’Irlande à son tour fut divisée en évêchés (24 en tout). 40 ans plus tard, saint Malachie, après avoir rencontré le pape et saint Bernard, lança la réforme cistercienne a partir du monastère irlandais de Mellifont. Désormais, l’évêque gouverne au nom du pape, les ordres religieux appliquent la règle de saint Benoît (pauvreté-chasteté-obéissance). Ainsi, la vieille organisation celtique, autonome et libertaire, est balayée...

… c’est en Irlande que la société celtique est restée la plus vierge, c’est de là que nous trouvons les textes en langue celtique les plus anciens datant pour certains, peu nombreux il est vrai, des VIIème et VIIIème siècle de notre ère. Absence de monnaie, abscence d’oppida, la société irlandaise peut paraître trop archaïque pour être comparée à la société laténienne du 1er siècle avant notre ère ; mais cela ne doit pas nous tromper sur leur identité profonde.

C’est seulement l’isolement géographique de l’Irlande qui l’a tenue à l’écart de la révolution marchande.

[…]

Ce n’est pas de la société irlandaise marchande mais de l’église romaine qu’allait venir l’émergence étatique. En 1148, sous l’influence de saint Malachie, l’église d’Irlande se “romanise” en effet et en 1152, le légat cardinal Paparo peut dire au pape que l’Irlande possède maintenant une organisation ecclésiastique normalisée. Trois ans plus tard, le même pape Adrien poussait Henri II à envahir l’Irlande pour “proclamer la vérité du christianisme chez un peuople rude et ignorant !C’est donc l’église qui fit jusqu’au milieu du XIIème siècle la spécificité celtique de l’Irlande sur les autres contrées d’Europe, jusqu’à ce qu’elle soit supplantée par l’église romaine. Cette spécificité quelle est-elle, d’où vient-elle ?

L’Irlande en adoptant le christianisme n’avait pas toutefois une organisation ecclésiastique calquée sur les diocèses, propre à l’Empire romain auquel l’Irlande n’a jamais appartenu. En effet, il n’y avait plus au IVème siècle aucune différence dans la Romania entre organisation de l’Église et organisation de l’État. Les diocèses sont les mêmes circonscriptions pour le préfet et pour l’évêque, les provinces pour le gouverneur et l’archevêque (ainsi pour l’Armorique entre Seine et Loire, la métropole de Tours) et au sommet le pape et l’empereur se disputent le pouvoir à Rome ou Milan. Gouverneurs et préfets disparus, évêques et archevêques concentreront les pouvoirs civils, militaires et religieux. En 478 le pape aurait sans doute pu cumuler ces mêmes pouvoirs au niveau central de Rome. C’est le pape qui avait éloigné Attila d’Italie et non l’empereur. Mais les papes eurent l’habileté de ne pas tenter de créer de théocratie et de favoriser l’émergence d’États barbares orthodoxes (Clovis), formule infiniment plus adaptée aux rapports sociaux de la moitié occidentale de “l’Empire”.

Il est évident qu’une société sans État ne pouvait adopter ce style d’organisation ecclésiastique. Aussi ce fut le coup de génie de l’église d’Irlande d’adopter le seul type d’orgsanisation anti-étatique que secrétait la société chrétienne: le monachisme. (Note de R71: mode de vie religieux reclut dans des monastères. La vie monacale des moines et des moniales (femmes moines) bouddhistes et chrétiens.). Dans ce monde où triomphe partout l’État, romain puis barbare et église, ce surcodage de l’État ; l’Irlande trouva un antidote à l’État à travers le monachisme, cette “anomalie” (selon Karl Marx). Seul le célibat pouvait permettre la communauté dans un monde où la propriété et l’héritage formaient l’essentiel du droit.

Il y a une espèce d’horreur de l’État dans ces milliers de moines qui fuyaient le monde et l’église séculière qui a “trahi”, lors de son alliance monstrueuse avec César, la parole du Christ. Si dans la Romania, l’élan monachique fut au départ un simple retrait du monde, dans l’Irlande antique il fut au contraire la force motrice de la société ! Il n’y avait pas d’État à fuir; “rois”, “chefs” et “bardes” se firent les “vasseaux” des grands monastères et des grands abbés ; leur pouvoir était en effet purement spirituel. De même que le christianisme triompha en Irlande, au grand étonnement des historiens de l’église, sans aucune espèce de persécution (on ne voit pas d’où cela aurait pu venir en l’abscence de tout pouvoir), de même il s’imposa sans aucune violence, contrairement au reste du monde antique ! par simple persuasion morale. Ce “pouvoir moral” d’une caste sacerdotale doit nous rappeler quelque chose: celui des druides. Et en effet, le triomphe foudroyant du christianisme à l’échelle du monde connu, entraîna la conversion massive des druides à la religion nouvelle. Il y avait sans doute pas mal de points de convergence entre le druidisme et un certain christianisme.

[…]

Les druides-moines portèrent le combat non sur le terrain de la théorie, mais sur celui de l’organisation. C’est à dire sur le terrain du réel. Certes on trouvera ici que nous parlons en termes trop modernes en faisant des moines irlandais des sortes de La Boétie avant la lettre. Mais seules ces catégories modernes permettent de les comprendre, car leur ennemi dans l’Europe du Vème siècle ou celui de La Boétie dans l’Europe du XVIème siècle était le même, l’État “moderne”.

[…]

L’Irlande, la navigation comme fuite de l’État

… De pirates, les Irlandais se sont faits moines, mais ils naviguent toujours, cette fois pour porter le message. Il n’y a donc qu’à armer un coracle (navire de bois et de cuir), le remplir de saints hommes bénis par dieu et aller à la recherche du paradis.

C’est ce que fit saint Brandan au VIème siècle, qui, théoriquement, “découvrit” l’Amérique. […] Dans le récit du Navigatio Sancti Brendani Abbatis dont il nous reste plus de 120 manuscrits latins (sans compter ceux en langue vulgaire), il est fait état d’îles de l’Atlantique déjà habitées par les ermites irlandais, les Féroé et peut-être l’Islande, qui ne sont donc pas des découvertes de Brandan.

[…]

Quant à la découverte de l’Amérique proprement dite par les Norvégiens, le fait est maintenant reconnu par tous les historiens de la marine, depuis que l’ont authentifié les Sagas, que l’on considéra longtemps comme des fables à l’instar des contes d’Ossian. Tout le monde sait de nos jours que dans la Saga d’Erik le Rouge, celui-ci alla du Groënland au Vinland que l’on identifie à la région de Boston et où en effet poussait la vigne sauvage à l’arrivée des Anglais au XVIème siècle. Quand on connait les qualités nautiques des drakkars vikings, dont de nombreux exemplaires ont été retrouvés et dont on a reconstruit et fait naviguer plusieurs (Note: dont un qui fit sans peine la traversée de l’Atlantique Nord en 28 jours dès 1893. Les musées d’Oslo et de Copenhague contiennent chacun trois navires Vikings complets authentiques…) et quand on connaît les courants et les vents qui descendent depuis Terre-Neuve vers le cap Cod et Newport, la chose ne pose aucun problème.

Ce qui en cause plus, c’est pourquoi les Norvégiens ne se sont pas installés là malgré le vin, les saumons et le gibier. La seule raison qu’allègue la Saga d’Erik, est l’hostilité des indigènes, des “Skraelings”, mais quand on connaît la soif de terre des Vikings, on comprend mal leur manque de combativité contre les Indiens. On a allégué aussi de trop grandes distances, mais cela est faux, du Groënland à la Nouvelle-Angleterre, les communications à bord de navires aussi marins qu’un Drakkar pouvaient être maintenues sans mal entre la nouvelle colonie et la métropole. Force est de remarquer alors les allusions, certes très brèves, que font les Sagas à la présence hostile des Irlandais dans le Nouveau Monde. Dans la Saga d’Erik, deux Indiens leur parlent d’hommes près de leur tribu, qui étaient vêtus de blanc et marchaient en procession en portant devant eux de grands bâtons auxquels étaient fixées des étoffes et en criant d’une voix forte. A l’époque, les Norvégiens pensèrent immédiatement qu’il s’agissait d’Irlandais et qu’eux, encore païens et coupables de tant de mises à sac de l’Irlande, n’avaient pas envie de rencontrer. Ceci est encore confirmé par une autre Saga, celle du Landmamabok où il est question d’une contrée que “quelques-uns appelent la Grande-Irlande ; elle se situe à l’Ouest de la mer près du bon vignoble (le Vinland)”, identifié comme la région de Boston.

[…]

Selon les Sagas, de 983 à 1029, soient 46 ans, les Norvégiens tenterent sans succès de s’implanter en Amérique et surtout au Vinland. C’était de petites expéditions. Ainsi Leif hiverna en 1003-1004 avec 35 hommes, soit un Drakkar ; toujours ils sont chassés par les Indiens. Quarante ans d’expédition, cela est suffisant pour se mettre en état de défense permanente. Les Indiens auraient-ils seuls fait preuve d’un tel acharnement, contre si peu de colons, rien ne les a montré ultérieurement si intraitables à ce point ? De là à penser que les successeurs de Brandan sont arrivés en Amérique, il n’y a qu’un pas à franchir et quelques preuves à apporter, nous verrons plus loin quelles pourraient être ces preuves.

Selon le Navigatio, Brandan fit trois voyages. Les deux premiers en coracle et le dernier à bord d’un navire de bois.

[…]

Jacques Cartier, sur ordre du jeune état français, alla aux Amériques chercher de l’or sur le nouveau continent, les Vikings y allèrent chercher des terres et les moines irlandais y cherchaient dieu, là était la différence. Seuls les Irlandais trouvèrent ce qu’ils cherchaient, mais leur quête n’eut pas de récompense pratique, ils n’allaient pas dépouiller ni réduire les Indiens en esclavage, ni même les évangéliser ; l’évangélisation de l’Irlande elle-même, puis d’une partie de l’Europe pour les Irlandais se fit toujours sans violence. Les “papas” trouvèrent chez les indigènes ce qu’ils y cherchaient, une société sans roi ni loi, une société contre l’État, comme la leur. Peut-être les Indiens assimilèrent-ils, comme le montrent les Sagas, des rites du christianisme; c’était suffisant pour que les Irlandais se fondent dans la population ! De leur aventure il restera un livre, le Navigatio. Une société contre l’État ne pouvait aller dans le sens de ce progrès-là. Les Vikings, grands créateurs d’États, eux, auraient pu le faire, mais ils ne purent pas prendre pied au Vinland. Reste à nous demander pourquoi, en Irlande même, les Irlandais qui furent les premiers navigateurs océaniques, ne purent repousser ni les Vikings, ni les Anglo-Normands, ni jamais au cours de leur longue et sanglante histoire, les Anglais tout court. C’est qu’il ne suffit pas d’habiter une île pour être marins. Les moines et leurs coracles (note de bas de page: faute de forêts, l’Irlande ne pouvait guère avoir une marine en bois, la seule décisive au point de vue militaire et marchand !), ces monastères flottants, étaient une anomalie. Le voyage en coracle représentait en effet tous les aspects souhaités de la mortification et de la pénitence, alliant la plus grande solitude à la plus grande promiscuité, sans oublier le travail manuel: ramer ! Si le mot “labor”, “labeur”, veut dire torture, les rameurs de Brandan n’en manquaient pas ! C’est pourquoi ils ont été les meilleurs marins qui aient jamais posé le pied sur des bateaux, hommes capables de vivre quarante jours de désert comme les prophètes bibliques, fiers de souffrir pour le christ, bénissant le rationnement qui les mortifiait. Et de quoi auraient-ils eu peur quand dieu était si près ? Parfois le vent et la tempête terrifiaient l’équipage ; alors, dit la légende, le saint ordonnait à la houle de se calmer et elle se calmait.

[…]

Mais le coracle, ce monastère flottant, n’est ni un outil de guerre, ni un outil de colonisation. Il ne peut se battre avec sa “coque” en peau contre le robuste Drakkar, ni emmener des femmes et des enfants avec le minimum de confort nécessaire comme le Snekkar, ces deux instruments de l’expansion Viking, il allait donc et avec lui les “colonies” monastiques irlandaises succomber devant eux. Les Irlandais vainquirent bien les Vikings, mais ce fut sur terre, en 1014 à Dublin.

[…]

Il faut se résigner à ce fait, hormis dans la zone d’influence bretonne, les Celtes ne furent pas des marins, sauf dans le cas de la marine Vénète, héritière, nous l’avons vu, des proto-états mégalithiques.

Les moines et leurs coracles représentent une anomalie mystique. Jamais, face aux Norvégiens, comme plus tard face à l’Angleterre, l’Irlande ne pourra opposer de marine pour défendre son insularité.

Note de Résistance 71: Guillerm fait ensuite une excellente analyse comparative sur 10 pages entre les marines bretonne et viking. Là encore pour intéressante que soit l’analyse, elle nous éloigne quelque peu de notre objectif politique, même si le lien existe bien entendu. A lire dans le texte original…

L’échec des petits états celtiques

Il a existé en Europe un autre modèle de société historique que la société étatique, ce modèle, nous l’avons appelé “la société celtique”, une société contre l’État mais une société de développement passant même, de l’égalité à une certaine inégalité sans qu’il lui soit besoin de l’État.

La société celique a été un “challenge” à la romanité en occident, comme l’a bien montré Toynbee. D’abord de la Tène (500 Av. J.C) au massacre des druides à Holy Island en 61 ap. J.C, pendant plus de cinq siècles parsemés de sanglantes défaites (Télamon en 225 Av. J.C face à l’île d’Elbe, Arzon dans le golfe du Morbihan en 56 av J.C, Alésia, Numance etc…), elle a tenu tête à l’Urbs mais en vain. Ce qu’il y a de “surprenant”, c’est que ces peuples que les Romains rencontraient dans presque tous les temps, se laissaient détruire les uns après les autres, sans jamais connaître, chercher ni prévenir la cause de leurs malheurs.

[…]

Pendant près de huit siècles, nous dit Toynbee, les Celtes furent les maîtres spirituels de l’Occident. Si bien qu’on pourrait appeler le Moyen-Age l’ère celtique de son début au commencement de son déclin ; jusqu’à l’extrême centralisation du XIIIème siècle, qui entraîna la catastrophe du XIVème siècle. Maîtrise spirituelle mais aussi indépendance réelle, car en même temps qu’ils dominaient culturellement l’Europe, les Celtes savaient rester maîtres chez eux pendant que les péninsules et les îles celtiques restaient des bases d’où partaient des moines, des philosophes et des conteurs, d’abord fonder des monastères, ensuite créer les cours carolingiennes, enfin dominer les universités et les châteaux. Or au XIIIème siècle tout va changer.

Le XIIIème siècle s’ouvre sur la chute de l’empire angevin en 1215. Son bilan de 45 années avait été ambigu pour les Celtes, pour la première fois réunis dans une même mouvance. Politiquement le centralisme angevin, fruit direct de l’invasion normande en Angleterre, était négatif et impérialiste.

Néanmoins les Celtes étaient en passe de “civiliser leurs farouches vainqueurs”: les barons normands de Galles du sud arrivés en Irlande se celtisaient fortement, quant à la Bretagne, fief d’Arthur, petit-fils d’Henri II, portant un nom prédestiné, elle tendait à reconstituer l’ancien royaume de Bretagne englobant tout le massif armoricain.

[…]

L’an 1283 voit la chute de la Galles du Nord, restée indépendante des Anglo-Normands et contrôlant le centre du pays.

[…]

Puis vint le tour de l’Irlande. En effet, la première moitié du XIIème siècle fut marquée par l’effort de saint Malachie pour introduire dans l’île la règle cistercienne, l’île fut ainsi divisée en quatre archevêchés et trente-six diocèses, les quatre provinces et les 36 comtés actuels. Cette soumission de l’église celtique à Rome sapa toute velléité de résistance ouverte aux Anglais car dans les années 1170-1175, Henri II, à l’appel du pape, intervient en Irlande pour la “christianiser”. Une telle intervention, impensable auparavant sans une résistance sanglante de l’église celtique, se fit sans mal contre une église mise au pas au préalable. En 1175, par le traité de Windsor, Henri II était proclamé Haut-Roi d’Irlande.

[…]

Mais l’État anglais n’avait pas les moyens d’occuper ce bout du monde au XIIème et XIIIème siècles: négligée par la plupart des souverains anglais, l’Irlande fut abandonnée aux ardeurs belliqueuses des barons anglo-normands… qui s’emparèrent des meilleures terres, dépossédant les anciennes familles irlandaises. Au milieu du XIIIème siècle, ils contrôlaient les trois-quarts du pays, principalement les côtes, les vallées et les plaines.

Cependant, les relations inter-ethniques, économiques, les alliances politico-militaires, les mariages inter-ethniques, commencèrent une véritable assimilation. La plupart des Normands finirent par adopter peu à peu les normes et les coutumes du pays. Ils gaélisaient leurs costumes, leur parler et jusqu’à leurs noms (ainsi les Du Bourg se faisaient appeler Marc William…) “Ils devinrent bientôt plus irlandais que les Irlandais”. Ainsi au XIVème siècle, le renouvau gaélique (celtique) bat son plein dans les arts et la littérature. Les Plantagenêts n’ont donc pas remporté une victoire culturelle mais une victoire sociale. En effet, les barons normands, s’ils ont adopté les coutumes gaéliques, ont accaparé les terres et le pouvoir, en un mot, importé le régime féodal à leur profit et à celui de leurs alliés celtiques. L’Irlande n’est plus celtique, gaélique que de nom et de langue, en fait, la vieille société gaélique ne survit plus que dans la littérature ; l’État féodal l’a supplanté dans la réalité: l’anéantissement de la société celtique, commencé en 200 Av. J.C en Cisalpines et’achevant en 1200 Ap. J.C en Irlande, la dernière société contre l’État d’Europe avait définitivement disparue.

A suivre: 3ème partie “La société celtique”…

 

Résistance au colonialisme: Empire, Couronne, Genocide au Canada et sur le continent des Amériques…

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15 minutes de célébrité

 

Mohawk Nation News

 

27 Août 2015

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2015/08/27/15-minutes-of-fame/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il n’y a pas eu de battage médiatique en long en large et en travers pour les quelques 150 millions de bébés, enfants, adolescents, femmes, hommes et anciens, assassinés, coupés en morceaux, brûlés, affamés, violés, torturés, ou morts sous le régime de travaux forcés, de nos peuples Ongwe’hon:weh (peuples originels du continent américain). La COURONNE nous a fait cela. Les colons furent partie prenante de ceci. Aujourd’hui Vester Flanagan a eu ses 15 minutes de célébrité pour avoir tué ces deux employés d’une chaîne de télévision, se filmant en direct.

Il nous est constamment rappelé par ses démonstrations militaires, que l’empire romain occidental est la république de la guerre qui commet le génocide quotidiennement sans aucun scrupule ni remord. Vesper Flanagan a appris de ces gens. Nous, Ongwe’hon:weh, sommes vus comme des moins qu’humains et sommes délibérément oubliés de façon à ce qu’ils puissent continuer à bénéficier du génocide qu’ils commettent toujours à notre encontre. Les lois sur le scalpage non pas été répudiées. Comme toutes leurs lois et réglementations entrepreneuriales, elles reviennent à la surface quand ils en ont besoin, comme par exemple durant le sommet du G20 à Toronto en 2010.

Vesper Flanagan voyait ses victimes comme moins qu’humaines. De la même manière que lors des massacres de Norridgewoc, Wounded Knee, Sand Creek et des milliers d’autres commis à l’encontre de nos peuples. L’armée disaient aux colons “Prenez toute la terre que vous voulez et tuez les Indiens qui vivent dessus.” Leur politique continue de nos jours (NdT: même si menée de manière moins… “directe”.)

Les noirs furent libérés de leur mise en esclavage pour former ces régiments appelés “Buffalo Soldiers” ayant pour seul but de tuer les Indiens. (NdT: Créé en 1866, le premier régiment entièremement “noir” fut le 10ème régiment de cavalerie. Puis suivirent le 9ème de cavalerie et les 24ème et 25ème régiments d’infantrie. Leur rôle fut la “protection rapprochée” des colons blancs migrants vers l’Ouest des Etats-Unis, volant et s’établissant sur les terres ancestrales des différentes nations indiennes. Bref, le gouvernement des Etats-Unis envoya les ex-esclaves noirs payés 13 US$ par mois enrôlés dans l’armée yankee, massacrer les “hommes rouges” luttant pour leur indépendance et leur liberté de droit…) Le génocide est le moyen par lequel eux-mêmes et leurs maîtres ont obtenu tout ce qu’ils ont. Les peuples du monde mettront finalement un terme à ce génocide lorsque nous adressons ce problème d’Ono’ware:geh ou de l’Île de la Grande Tortue.

La feuille de route de la COURONNE réécrit l’histoire pour couvrir leur crime, ainsi peuvent-ils échapper à l’accusation de génocide. La COURONNE (l’empire romain occidental NdT: dont le siège est à la City de Londres avec sa banque d’angleterre/vatican) cherche à commettre un génocide dès qu’elle en a besoin, mais personne d’autre ne peut le faire. Au Canada la Commission Vérité & Réconciliation (CVR) a rassemblé les preuves de la culpabilité absolue de la COURONNE dans la perpétration du génocide de nos enfants (NdT: dans les pensionnats pour Indiens entre 1867 et 1996, plus de 50 000 enfants indigènes sont morts des suites de maltraitements institutionnalisés par les églises et l’état canadiens. La CVR n’avait pas, de manière fort utile, de prérogative pour inculper quelque responsable que ce soit, même si son président était un juge…)

Les médias sont le ministère de la propagande. Leur boulot principal est de faire la promotion de la peur et de la colère dans la population dans la direction exigée par la matrice entrepreneuriale à laquelle nous sommes tous et toutes soumis. Leur rôle secondaire est de réécrire l’histoire pour couvrir et camoufler le génocide qui a été commis sur Ono’wareh:geh par l’empire romain occidental. Ils ont réussi à s’en tirer jusqu’ici parce que cela n’a jamais été mentionné dans les médias. (NdT: selon le vieil adage qui fonctionne en disant que “ce dont on ne parle pas, n’existe pas…”)

Vesper Flanagan a bossé dans le monde de l’information à un tel point, qu’il a décidé de devenir lui-même l’information. (de fait divers…)

Empire occidental et imbécilité universelle…

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, presse et média, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 29 août 2015 by Résistance 71

Très bonne analyse de Vitchek. Reste ensuite à déterminer la suite. comment faire tomber l’empire et surtout, surtout, par quoi le remplacer hors de la fange étatique sclérosée, archaïque, inégalitaire et totalement obsolète.

— Résistance 71 —

 

L’occident répand l’idiotie intellectuelle universelle

 

André Vitchek

 

21 Août 2015

 

url de l’article en français:
http://lesakerfrancophone.net/loccident-repand-lidiotie-intellectuelle-universelle/

 

Est-ce qu’un dictateur pourrait désirer mieux? La population entière de l’Empire, ou presque, pense maintenant de la même manière!

La population est instruite dans les écoles et le personnel des universités est composé d’enseignants et de professeurs soumis et lâches.

La population est informée par des centaines de milliers de journalistes et d’analystes serviles. Il n’y a pratiquement pas d’écart par rapport au récit officiel.

Félicitations, l’Empire occidental! Vous avez réussi là où d’autres ont échoué. Vous avez obtenu une obéissance et une discipline presque absolues, une servilité totale.

Et encore mieux, la plupart des gens pensent réellement qu’ils sont libres, qu’ils ont le contrôle. Ils croient qu’ils peuvent choisir, qu’ils peuvent décider. Ils sont convaincus que leur civilisation est la plus grande civilisation que la Terre ait jamais connue!

***

Des dizaines de millions font la queue, volontairement, demandant à être instruits pour obtenir à la fin un de ces diplômes impériaux officiels. Ils veulent être acceptés, certifiés et loués par les dirigeants.

Les gens offrent leurs propres têtes courbées à une intervention complexe et prolongée de lobotomie. En échange de chiffons de papier timbré nommés diplômes, des hommes et des femmes perdent, pour toujours, leur capacité à penser de manière indépendante, à analyser et à voir le monde de leurs propres yeux. En guise de récompense pour leur soumission, leurs chances d’obtenir des postes prestigieux dans les bataillons d’élite du régime, institutions, universités et autres, augmentent de manière spectaculaire.

Le degré extrême de conformité de la majorité des hommes et des femmes vivant dans nos sociétés rend les vieux livres comme Fahrenheit 451 et 1984 modérément dérangeants. Notre réalité de 2015 est beaucoup plus psychédélique, bizarre et effroyable… et scandaleuse aussi!

La plupart des citoyens sont même prêts maintenant à payer de leur poche (ou de celle de leur famille) pour ces chirurgies du cerveau éducatives et propagandistes; ils sont désireux de s’endetter lourdement pour être soigneusement programmés et endoctrinés. Plusieurs années plus tard, lorsque tout est fini et que rien n’est resté de leur individualité, ils bombent le torse avec orgueil et souvent ils pleurent lorsqu’ils reçoivent ce morceau de papier timbré qui ne signifie en fait qu’une chose: «Admis, accepté et certifié – prêt à servir et à être utilisé par l’Empire et son régime fasciste.»

Des millions d’étrangers se bousculent pour bénéficier aussi de cette lobotomie. Ceux qui viennent des pays colonisés et détruits sont souvent les plus impatients. Les enfants des élites sont excités à la perspective de recevoir le sceau d’approbation de l’Empire, pour être moulés, pour se fondre dans les masses en Europe ou en Amérique du Nord. Après l’obtention de leur diplôme et après leur retour à la maison, ils ajoutent leurs titres partout sur leurs cartes de visite, ils augmentent leurs tarifs et demandent du respect pour leurs manières occidentales et leur collaboration intellectuelle avec l’Empire. Ensuite, beaucoup d’entre eux s’occupent à voler et à endoctriner leurs compatriotes pour le compte de l’Occident.

Dans de nombreux pays, il n’y a même aucune raison de quitter la maison. Le lavage de cerveau occidental est facilement accessible par le biais des innombrables écoles privées, chrétiennes et internationales, des églises, des institutions culturelles et, bien sûr, du divertissement.

Même des pays comme la Chine, qui peuvent compter sur des cultures beaucoup plus grandes et plus anciennes que la culture occidentale, sont maintenant terriblement influencés par leurs propres fils et filles, qui ont été programmés à croire dans la grandeur de la civilisation occidentale. Ils ont été endoctrinés soit dans les établissements éducatifs à l’étranger, soit par les armées d’éducateurs occidentaux, savants et prédicateurs, de plus en plus occupés à voyager et à répandre leur évangile toxique partout dans le monde.

Au lieu que soit dispensé un savoir diversifié et multiculturel, les écoliers et les étudiants ont reçu des doses d’endoctrinement calculées avec précision, bien éprouvées au cours des siècles d’impérialisme et de colonialisme. Maintenant, l’Empire sait extrêmement bien comment manipuler l’esprit humain. Celles et ceux qui sont violés sont forcés de croire qu’ils ont fait l’amour. A ceux qui ont été dépouillés indistinctement, on enseigne à encenser les puissances coloniales pour avoir construit leurs bâtiments administratifs et leurs chemins de fer, et on enseigne aux gens sur place à ne ressentir aucune honte pour leur passé et leur présent.

Au lieu d’être encouragés à penser de manière indépendante, au lieu d’être invités à révolutionner leur pensée elle-même, les gens sont ligotés, prisonniers de carcans intellectuels austères.

Le courage et l’indépendance d’esprit sont systématiquement dénigrés et rabaissés. Les âmes rebelles sont étiquetées inemployables, presque comme antisociales.

La couardise, la soumission et la médiocrité sont promues et commercialisées par le système extrêmement complexe et diversifié de la propagande, la publicité, les événements culturels et de divertissement et les médias.

Dans un monde totalement uniforme, où même la culture et les médias sont au service de l’Empire et de ses intérêts commerciaux néolibéraux, le Nouvel Homme et la Nouvelle Femme sont pétris dans l’argile intellectuelle, et ensuite placés sur des socles massifs : tous sont grands et minces, tous régurgitent éloquemment et bruyamment des clichés, évitant soigneusement les véritables questions, communiquant intensément avec les autres à propos de rien, tout en restant incroyablement ignorants du monde.

Les Nouveaux Humains sont tous souriants et ont l’air très cool. Ils conduisent les derniers modèles de voitures et tiennent des gadgets modernes dans leurs mains. Ils ont confiance en eux et sont constamment égoïstes. Leurs fesses sont de plus en plus parfaites, et stéréotypées.

Beaucoup d’entre eux prennent des sédatifs, des antidépresseurs ou des drogues, la plupart d’entre eux sont malheureux, peu sûrs d’eux, mécontents de leur travail, malheureux dans leur famille, incapables de trouver ou de chercher leur deuxième moitié. Tout cela, bien sûr, ne se montre pas! En apparence, d’innombrables hommes et femmes occidentaux ont l’air ravissants!

Les fascistes italiens et allemands ont essayé désespérément de créer cette race de super-humains en apparence sûrs d’eux, mais obéissants.

Ils ont échoué.

Mais cet Empire est en train de réussir! Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, il existe une chance que les robots remplacent finalement les êtres humains. Pas les robots de plastique et de métal, mais des humains reconditionnés, recyclés en robots.

Le fascisme italien, le nazisme allemand, le corporatisme des États-Unis, l’impérialisme, le racisme, le colonialisme, l’exceptionnalisme, la propagande, la publicité, l’éducation – tout cela a été habilement entrelacé.

Félicitations, l’Empire! Vous êtes le premier à avoir réussi à standardiser les êtres humains et leur façon de penser!

***

Ce n’est pas facile de combattre un tel Empire, avec des paroles et des idées.

Ce n’est pas seulement la logique ou la philosophie générale des concepts qu’il faut affronter, et défier.

Il y a aussi des milliers de perceptions, de dogmes, de codes, tous poursuivant le même but – maintenir les gens loin de la réalité et d’un mode de pensée et d’analyse indépendants.

La plupart des citoyens de l’Empire occidental sont en fait beaucoup plus endoctrinés que les membres de groupes tels que les talibans ou État islamique, parce que l’Empire travaille très dur et emploie des millions de professionnels qui créent des concepts extrêmement efficaces destinés à contrôler les esprits humains: des idéologues aux psychologues, en passant par les propagandistes, les éducateurs, les artistes, les journalistes et d’autres personnes hautement spécialisées.

Des médias sociaux aux séries télévisées, en passant par les films de Hollywood, la musique pop et les chaînes de télévision, presque tout mène dans la même direction – entraîner les gens loin des principes de base de l’humanisme. Les forcer à ne pas penser comme un groupe de personnes rationnelles, bienveillantes, compassionnelles.

La réalité est soit banalisée soit portée à des niveaux fantasmagoriques auxquels nulle logique ne peut être efficacement appliquée.

Le destin le plus important de la pensée humaine – réfléchir, rêver et concevoir de nouvelles formes bien meilleures et plus douces pour la société – est totalement absent du récit auquel les hommes, les femmes et les enfants de l’Empire et de ses colonies sont confrontés quotidiennement.

Les citoyens de l’Empire sont empêchés de penser et d’agir de manière naturelle. Résultat, ils sont frustrés, déprimés et confus. Mais au lieu de se rebeller (la plupart d’entre eux n’en sont pas capables, de surcroît), ils deviennent de plus en plus agressifs. Tandis que les victimes de l’Empire, dans le monde entier, sont assassinées, exploitées et humiliées, l’organisation du monde apporte en fait très peu de joie (malgré de nombreux bénéfices matériels) aux citoyens de l’Empire – les Européens et les Nord-Américains.

À l’autre extrême: des milliards de gens dans les anciennes colonies et dans les néo-colonies sont aussi bombardés, constamment, par les mêmes messages tordus, recyclés et modifiés [et trop souvent des vraies bombes, NdT]. Ils sont confrontés à une avalanche perpétuelle de propagande (légèrement modifiée pour chaque région particulière), ruisselant jour et nuit des canaux d’endoctrinement de l’empire : les feuilletons télévisés, le plus bas niveau des films et des jeux vidéo (la même chose, vraiment), la musique pop avec des paroles répétitives relevant de la mort cérébrale, l’art décoratif inoffensif et les reportages publiés par les agences de presse dominantes. Ces messages sont diffusés via les organes de presse locaux qui sont à leur tour principalement contrôlés par des intérêts commerciaux qui collaborent résolument avec le régime mondial occidental.

L’Empire et son organisation du monde sont outrageusement racistes et brutaux, mais la plupart de ses citoyens, même ses sujets dans les territoires dévastés, sont forcés de croire qu’il ont effectivement le système le plus tolérant et progressiste sur terre.

***

Y a-t-il un espoir que l’humanité survive à cette production de masse de l’idiotie?

Oui, bien sûr qu’il y en a un!

La bataille a commencé.

Ce ne sont pas seulement les manœuvres des marines russes, chinoises et iraniennes qui contestent actuellement l’impérialisme occidental.

Ce ne sont pas seulement les Latino-américains et les Sud-Africains qui ont fait des efforts décisifs pour récrire l’histoire et pour armer le peuple avec des connaissances plutôt qu’avec des diplômes.

Peut-être le plus grand cinéaste européen actuellement en vie, Emir Kusturica, a récemment écrit, sarcastique, que «la Troisième Guerre mondiale commencera avec le bombardement de RT par le Pentagone», en se référant au puissant réseau de télévision Russia Today. RT a commenté :

«RT est une réelle menace pour la propagande états-unienne puisqu’elle atteint les Américains chez eux, dans un anglais parfait, meilleur que celui qu’ils utilisent sur CNN.» Et c’est pourquoi, selon le directeur, Washington pourrait en avoir assez et chercher à faire taire RT par la force – un peu comme l’Otan l’a fait avec la télévision d’État serbe en avril 1999.

À son tour, Kusturica prédit que Moscou détruirait CNN, qu’il considère comme le porte-drapeau de la propagande pro-américaine: «CNN, dans ses transmissions en direct, assure que depuis les années 1990, l’Amérique a mené des actions humanitaires, et non des guerres, et que ses avions militaires font pleuvoir des anges, pas des bombes!»

Bien que quelques-uns des plus grands penseurs qui affrontaient l’Empire – Saramago, Galeano et Pinter – soient récemment décédés, il en y a encore beaucoup qui parviennent à échapper à l’endoctrinement. Certains se regroupent autour des chaînes de télévision non occidentales comme TeleSUR, RT et PressTV.

C’est comme le Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, de nouveau. Certaines personnes, obstinément, refusent de brûler leurs livres.

Même en Occident, certains médias puissants – CounterPunch, Dissident Voice, ICH, VNN, Global Research, et d’autres – gardent le cap. Ils ne gagnent pas encore, loin de là, mais ils ne meurent pas non plus!

Tant que la pensée indépendante est vivante, tout n’est pas perdu.

«Je me révolte ; donc nous existons», a écrit le philosophe français Albert Camus. Il a ajouté aussi : «Le sentiment de révolte est né dans l’oppression.»

L’Empire nie qu’il opprime le monde. Il endoctrine à la fois les oppresseurs et les opprimés, redéfinissant, et en fait convertissant l’oppression en liberté.

Ceux d’entre nous qui parviennent à échapper à son endoctrinement se révoltent aujourd’hui. Par conséquent, l’humanité existe encore.

Le champ de bataille devient très bien défini : il se passe maintenant sur le plan de l’information et de la connaissance.

Les actes, les ruses pratiqués par l’Empire sont sales, horribles, mais très transparents. Ils peuvent être acceptés ou tolérés par des milliards de gens uniquement grâce à la répétition permanente des mensonges, et à cause des concepts tordus martelés dans les cerveaux des gens au travers de l’enseignement dominant.

La guerre pour la survie de l’humanité est déjà en cours. C’est la Grande Guerre humaniste – la guerre sur les esprits et les cœurs des gens, pas sur un territoire. On peut aussi l’appeler la guerre de l’information, une guerre de désintoxication, ou une guerre pour ramener les êtres humains à la vie en les sortant de leur intoxication, de leur torpeur et de leur servilité, une guerre pour un monde bien meilleur, une guerre qui mettrait la connaissance au-dessus des diplômes tamponnés, la chaleur humaine et la gentillesse au-dessus de la violence et de l’agression, et les êtres humains au-dessus des profits et de l’argent.

La victoire ne pourra intervenir qu’accompagnée par la connaissance, la pensée indépendante, l’humanisme rationnel, la compassion, la solidarité, et enfin la chaleur humaine.

Andre Vltchek est philosophe, romancier, réalisateur et journaliste d’investigation. Il a couvert guerres et conflits dans des dizaines de pays. Ses derniers livres parus sont : Exposing Lies Of The Empire et Fighting Against Western Imperialism. Discussion avec Noam Chomsky : On Western TerrorismPoint of No Return est un roman politique acclamé par la critique. Oceania traite de l’impérialisme occidental dans le Pacifique sud. Enfin, son livre provocateur sur l’Indonésie : Indonesia – The Archipelago of Fear.

Andre réalise aussi des films pour teleSUR et Press TV. Après avoir passé de nombreuses années en Amérique Latine et en Océanie, Vltchek réside et travaille aujourd’hui en Extrême-Orient et au Moyen-Orient. Vous pouvez le contacter sur son site Internet ou sur Twitter.

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