Lutte anti-coloniale : pas de place pour les juifs arabes dans le sionisme

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 18 septembre 2021 by Résistance 71

fratrie
Complémentarité dans la diversité…
Telle est l’humanité, l’antagonisme est une fabrication

“Israël”… colonie européenne implantée en Palestine

Hadar Cohen

17 septembre 2021

Source:
http://mcpalestine.canalblog.com/archives/2021/09/17/39132732.html

Le sionisme n’a pas de place pour une juive arabe comme moi.

L’Etat d’Israël nous a conditionnés à voir comme impossible l’intersection de «juif» et «arabe» — alors même que ma famille maintient cette identité depuis des générations.

A chaque fois que je me retrouve dans une manifestation de gauche contre l’occupation, il y a toujours quelqu’un tenant une pancarte qui dit: «Les juifs et les Arabes refusent d’être ennemis».

Cette phrase est devenue, d’une certaine façon, le socle de l’idéologie de gauche promouvant la coexistence en Israël/Palestine. Mais quand je vois cette phrase, je me sens immédiatement désorientée. De quel côté suis-je?

Si je suis sur le côté juif», est-ce que je perds l’identité arabe à l’intérieur de moi ? Est-ce que je peux m’identifier comme une Arabe, alors même que je jouis des privilèges d’une citoyenne juive israélienne? Qui a décidé d’opposer une ethnie à une religion?

La colonisation agit sur nos esprits pour déformer notre compréhension de l’identité et perpétuer son agenda propre. A cause de cela, mon identité a été une grande source de confusion interne, qu’il m’a pris des années à déballer et à démêler.

Récemment, j’ai commencé à comprendre comment ce dialogue interne avec moi-même représente un dilemne politique né dans la colonisation de la Palestine.

Je m’identifie comme juive arabe. Ma famille a vécu à Jérusalem pendant plus de 10 générations et les autres cités de mes ancêtres incluent Alep en Syrie, Baghdad en Iraq et Shiraz en Iran, ainsi qu’un petit village dans le Kurdistan.

J’ai grandi dans des traditions et des cultures principalement syro-palestiniennes. Ma grand-mère était une peintre féministe, passionnée de cinéma et de littérature. Mon grand-père était un imam, expert dans l’art du maqamat, un cadre mélodique arabe unique, et qui récitait les prières dans la tradition syro-hiérosolymitaine

Ma famille priait en hébreu et en arabe, avec un fort accent qui roulait sur nos langues quand nous prononcions les bénédictions juives. J’ai grandi avec [le chanteur arabe] Mohamed Abdel Wahab et avec les piyyouts du Shabbat, les poèmes liturgiques juifs, chantés ensemble. Jusqu’à la génération de mes parents, l’arabe était le langage dominant dans ma famille.

Dans notre foyer juif traditionnel, observer notre héritage et notre culture syro-palestiniens se faisait facilement. La judéité et l’arabité s’accordaient parfaitement — il n’y avait pas de contradiction. Mais hors de notre maison, ma religion et ma culture étaient en conflit.

L’Etat d’Israël m’a conditionnée à voir l’intersection de «juive» et «arabe» comme non-existante, ou impossible, même alors que les juifs arabes ont vécu pendant des années à cette intersection. J’ai appris que pour appartenir à la société israélienne et participer au projet sioniste, j’avais à rejeter des parties de moi-même — les parties arabes.

Le sionisme enseigne que les «Arabes» sont les ennemis des juifs, et ce faisant, il a complètement fragmenté mon identité. Ces subtils changements se sont accumulés graduellement pour subvertir mon identité originelle. Cela a créé une dissonnance entre la réalité que je vivais intérieurement et le narratif attendu du projet colonial, à l’extérieur.

Je me retrouve constamment à devoir choisir entre ma judéité et mon arabité. Est-ce que je fais partie de la vaste communauté juive, étant donné que je suis sa foi et ses coutumes? Ou est-ce que j’appartiens à la communauté arabe, dont les traditions culturelles et les styles de vie sont plus en résonnance avec les miennes?

Le sionisme a créé un système de castes raciales, plaçant les juifs d’origine européenne, connus sous la dénomination d’ashkenazes, au-dessus de tous les autres. Les communautés juives qui étaient arabes ou ressemblaient aux communautés arabes étaient catégorisées comme des Mizrahim, juifs orientaux, et traitées comme inférieures.

Non seulement nous avons été dépouillés des foyers de nos ancêtres depuis des milliers d’années, mais à l’avénement de l’Etat nouvellement fondé d’Israël, les immigrants miszrahim ont fait l’expérience d’un racisme brutal et ont été placés dans les ma’abarot, les camps de transit.

Il y a d’innombrables exemples du racisme continu de l’Etat d’Israël envers les Mizrahim. Dans les années 1950, les autorités israéliennes ont kidnappé des milliers de bébés mizrahim, et les ont placés illégalement en vue d’une adoption dans des familles ashkénazes sans enfants. On a dit aux parents que leurs enfants étaient morts.

A peu près au même moment, un médecin israélien confirmé a soumis à des radiations expérimentales des milliers d’enfants juifs arabes, contre la teigne, une infection de la peau non mortelle, et on a découvert plus tard que ce traitement provoque des cancers et d’autres maladies.

La vision d’une «libération juive» sous le sionisme n’incluait clairement pas tous les juifs, et ne traitait pas tous les juifs en égaux. Le sionisme européen était ancré dans une attitude impérialiste coloniale qui visait à créer un pays européen en Palestine.

Cela ne signifiait pas seulement une guerre contre les communautés palestiniennes autochtones sur ces terres, mais aussi une guerre culturelle contre les identités et les traditions des juifs arabes. L’arabité elle-même est devenue ennemie de l’Etat, et tout ce qui ressemblait à l’arabité devait être rabaissé, masqué ou détruit.

C’est une identité compliquée à maintenir parce que, d’un côté, je jouis des privilèges juifs de la part de l’Etat; de l’autre côté, je dois haïr ma part arabe pour devenir une part intégrante de la société israélienne.

Il n’y a pas de place pour l’arabité dans le sionisme. Je dois réprimer, effacer et cacher mon style de vie arabe et m’assimiler aux notions européennes de judéité. Sous un tel système de castes raciales, vous ne pouvez jamais vous intégrer, peu importe à quel point vous vous assimilez.

Il y a quelques semaines, j’ai décidé de partager l’histoire de ma famille sur Instagram. J’ai posté des photos de famille et des anecdotes sur la lignée de mes ancêtres — mais aussi sur mes façons de lutter avec mon identité.

Le post d’origine s’est depuis multiplié dans sa propre communauté internationale, intersectionnelle. Des milliers de followers de diverses identités et de différentes ethnies ont partagé leurs histoires et leurs luttes avec leurs propres identités. C’est devenu un lieu de solidarité et d’avancée en commun vers la guérison.

J’ai été particulièrement émue par les histoires de musulmans des pays arabes partageant leur sentiment de perte et leur chagrin après le départ des communautés juives de leur pays d’origine.

L’étymologie sémitique du mot «arabe» est «mixte», étant donné que pour la plus grande partie de son histoire, la région arabe a été un lieu où les peuples de différents continents venaient vivre ensemble. C’est en partie pourquoi la culture arabe est centrée sur l’hospitalité et l’accueil des étrangers. Nous étions un lieu de bras ouverts, acceptant les voyageurs et les réfugiés avec amour et attention.

Pourtant avec les puissances impérialistes européennes qui ont construit des frontières et des murs pour séparer les pays et les communautés, nous avons perdu notre chemin.

Je choisis de m’identifier comme juive arabe parce que cela met à bas les murs qui entourent l’identité que le sionisme a créée. Cela brise le cadre colonial et crée la possibilité d’un narratif différent. Pour moi, c’est essentiel dans l’évolution du discours.

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Fusionner, la différence est une illusion…

De l’antagonisme à la complémentarité : Nietzsche et la tradition anarchiste 8ème partie « Nietzsche et les anarchistes » (Max Leroy)

Posted in actualité, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 17 septembre 2021 by Résistance 71

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« Querelles de clochers, orthodoxie, militantisme austère, foi sacrificielle, sectarisme, postures moralisatrices et culpabilisantes… Chacun chasse le déviant et l’hérétique, traque le mot en trop, guette celui qui manque. Tel groupuscule exclut et tel journal évince. Les chapelles s’entre-déchirent sous les lazzis de l’adversaire. Le socialisme radical a passé trop de temps à épurer ses rangs et à chercher des poux dans la tête de ses partisans, toujours en quête d’un Homme qui n’existe que dans les manuels. »
~ Max Leroy ~

Nietzsche et les anarchistes

Max Leroy

2014

2ème partie

1ère partie

3ème partie

4ème partie

5ème partie

6ème partie

7ème partie

8ème partie

Ce texte est la très belle conclusion du livre de Max Leroy “Dionysos au drapeau noir, Nietzsche et les anarchistes” (Résistance 71 )

Le compagnonnage ne fait plus de doute. La diversité de ces parcours peut cependant étonner : syndicalistes espagnols, activistes anti-fascistes, poètes, chanteurs, fils d’ouvriers ou héritiers, philosophes et bourlingueurs… Plusieurs d’entre eux connurent la prison. Certains l’exil. D’autres la mort violente. Mais en dépit de leur diversité et de leurs dissonances évidentes, des lignes de force émergent sans peine : l’insoumission, la solitude, l’élan, la vitalité, le refus des carcans idéologiques, la méfiance à l’endroit des foules, l’autonomie, le rejets des utopies et de l’Absolu. Révolte et mélancolie. Cœurs écorchés mais fiers. Tous, surtout, partagèrent la même passion pour la liberté. Mot fanfaron et creux ? Le prix payé par trop d’entre eux dénie tout droit à l’interrogation. Leur liberté, cela s’entend, mais aussi celle de tous ceux qui, le dos fourbu ou les yeux baissés, n’aimeraient jurer que par elle.

Ces libertaires aiment la vie, pourtant si dure, cette vie qui brise les plus démunis et broie si souvent les âmes moins aguerries. La vie pleine, ascendante, hardie et ardente. La vie contre les passions tristes et la main froide du temps. La vie envers et contre tout. Sans commander ni s’incliner, sans diriger ni obéir.

Loin des machines, des garde-chiourmes, des patrons.

Loin des agioteurs, des affairistes, des usuriers.

Loin des trônes, des transactions, des princes.

Loin du pouvoir.

Loin de l’avoir.

Nietzsche a escorté, d’un pas posthume, ces trajectoires incandescentes. Sa présence ne fut jamais de tout repos : on ne peut aimer le philosophe allemand d’un cœur béat. Il y a des âmes qui éraflent ceux qui tentent de s’y lover. Nombre de ces héritiers luttèrent contre ce père coupable d’avoir écrit que les anarchistes n’étaient que “le déchet de la société présente”.

Note de résistance 71 : L’auteur se réfère ici selon sa propre note, à un écrit de la “Volonté de puissance” de Nietzsche, publié chez Gallimard en 2004. Hors, Nietzsche n’a JAMAIS écrit “La volonté de puissance”, il n’en avait que des notes éparses. C’est sa sœur Elisabeth (1846-1935), qui a “compilé” et “écrit” ce qui devait être la continuité du testament philosophique de Nietzsche après “Ainsi parlait Zarathoustra”. Tout texte publié sous le titre “La volonté de puissance” par Nietzsche est une falsification et ce texte a grandement participé à la mauvaise interprétation que bien des gens ont fait de Nietzsche et de sa philosophie. La sœur de Nietzsche s’est rapprochée des nazis et a sans aucun doute trahi la pensée de son frère en long en large et en travers, elle se maria avec un activiste antisémite… Nietzsche refusa d’aller au mariage de sa sœur. Celle-ci partit un temps avec son mari fonder une communauté “aryenne” au Paraguay, qui fut un échec. Elisabeth manipula les archives et écrits non publiés de son frère de sa mort en 1900 à la sienne en 1935. Elle n’autorisa la publication de l’autobiographie de son frère “Ecce homo” qu’après que celle-ci n’ait été caviardée de quelques écrits très critiques à son égard. La liste est longue…

Ainsi de Landauer, Rocker ou bien de Serge qui tinrent explicitement à reléguer ce qui, dans son œuvre, ébrèche la dignité humaine et s’oppose à l’émancipation de tous, et spécialement des plus humbles. Trier sans trahir, prélever sans renier — tâche impossible ?

Camus dit de la servitude qu’elle fut la grande passion du XXème siècle. Les barbelés et les tranchées, les bombes à fission et les déportations, les corvées de bois et les pelotons d’exécution, tel fut, de fait, la funeste valse du siècle. Il y eut des républiques qui torturèrent au nom des droits de l’Homme et des pays socialistes qui remplirent leurs camps de travail de révolutionnaires. Il y eut des révolutionnaires qui aimèrent le pouvoir qu’ils condamnaient naguère et des démocraties qui bombardèrent des populations entières, il y eut des innocents crevés dans le fond des prisons et des coupables élus à la tête de nations. Il y eut tout cela et plus encore… “La vérité est que nous ne sommes que quelques-uns à ne pas pouvoir se passer de liberté”, écrivit un jour Louis Calaferte, nous aimerions tant qu’il se soit trompé.. La vérité ? Parlons-en ! Ceux qui glosent en son nom et trop souvent vendent leur esprit comme d’autres vendent leur corps, ceux-là suivirent souvent  la marche ou l’air du temps : intellectuels fascistes, staliniens, maoïstes hier et néoconservateurs aujourd’hui, grands libéraux ou chantres de la mondialisation heureuse… Colonnes de chars ou de journaux… Croupions d’État ou des marchands…

Nos anarchistes eurent au moins un mérite : celui de ne jamais gagner. Perdants magnifiques au grand jeu de la gloire et des galons. Leur honneur ne s’achète pas d’une légion. Bien sûr, ils furent parfois confus et excessifs. Bien sûr ils eurent du mal à se faire entendre de leur vivant. Bien sûr. Mais leur voix nous rappelle à jamais que la révolte sera sans répit : toute révolution aura besoin de ces électrons insolemment libres pour lui rappeler qu’elle risque encore comme de juste, de trahir ses propres idéaux.

Nietzsche agit comme antidote à la médiocrité, à la rancœur, à l’apathie, à la désinvolture et à la dérision. Mais que l’on y prenne garde : l’élixir tourne parfois les têtes plus que de raison…

Si l’individualisme peut à l’évidence être entendu comme la possibilité pour chaque individu d’exister réellement, en pleines possessions de son autonomie, et non plus comme sujet et rouage d’une machine politique, cléricale ou marchande, et, s’il peut s’articuler sans la moindre peine avec des agencements collectifs et révolutionnaires, il peut aussi prêter main forte au système capitaliste en ce que ce dernier se réjouit de l’éclatement des sociétés et des peuples en électrons égotistes.

Dans sa formulation stirnienne, l’individualisme n’est  qu’une modalité, esthétisée et lyrique, de la guerre de tous contre tous, ce qu’Engels mit pertinemment en évidence dans “La situation de la classe laborieuse en Angleterre” : “Cette indifférence brutale, cet isolement insensible de chaque individu au sein de ses intérêts particuliers, sont d’autant plus répugnants et blessants que le nombre de ces individus confinés dans cet espace réduit est plus grand. Et même si nous savons que cet isolement de l’individu, cet égoïsme borné sont partout le principe fondamental de la société actuelle, ils ne se manifestent nulle part avec une impudence, une assurance si totales qu’ici, précisément dans la cohue de la grande ville. La désagrégation de l’humanité en monades dont chacune a un principe de vie particulier et une fin particulière, cette atomisation du monde est poussée ici à l’extrême.

Une mise en garde que l’on retrouve aussi sous la plume d’un révolutionnaire désenchanté formé au matérialisme historique, nous nommons Régis Debray, lorsqu’il écrivit dans “A l’ombre des lumières”, qu’un certain nietzschéisme de gauche, dans son expression la plus individualiste, “peut faire bon ménage avec le consumérisme ambiant”. Les questions de société s’avancent ainsi sur la scène et relèguent le combat social, par trop fané, dans les loges de l’Histoire : on ne veut plus changer de vie mais vivre la sienne.. Plus de normes, plus de limites, de règles et d’interdits, plus d’institutions — ontologiquement répressives — ni d’autorité — par essence fasciste — seulement le pur instant de jouissance sans entraves et supposément subversive. “Si la mondialisation libérale c’est le marché sans l’État, la critique ultra-gauche de l’État lui aura bien servi la soupe.

Il est des anarcho-nietzschéens qui se complaisent dans l’élitisme et le dédain. Frisson de celui qui se croit seul contre tous, dandy et damné, martyr et outlaw. Caprices de l’individu autocentré et auto-réalisé, sans passé ni parents, sans attaches ni ancrages et mu par ses seuls désirs. Orgueil du petit maître, radicalisme chic et mépris du plouc. Le rejet définitif qu’ils affichent parfois pour la morale et non point seulement la morale monothéiste et bourgeoise, les coupe durablement du peuple dont ils peuvent, par ailleurs, se faire les défenseurs, sécession d’autant plus dommageable qu’il œuvrent à renverser la société capitaliste et qu’un tel projet ne se fera jamais sans la participation, plus ou moins active, dudit peuple. Si la toxicité du bien et du mal, en tant qu’ils forment un ordre moral venu d’en haut, n’est plus à démontrer, on aurait tort de faire litière de toutes appréciations éthiques, nous ne pouvons vivre en société sans recourir à un socle minimal de valeurs communes et partagées de tous, ce qu’Orwell, ce tory anarchiste, remarquable, nommait la “common decency” ou la décence ordinaire et que Bruce Bégoût dans un de ses ouvrages, a défini comme une catégorie politique et anthropologique an-archiste puisqu’elle inclut en elle “la critique de tout pouvoir institué au profit d’un accomplissement sans médiation du sens du juste et de l’injuste.” L’hubris nietzschéenne appliquée à l’anarchisme produit de périlleuses mixtions, d’où l’invitation salutaire de Camus à penser la liberté dans une perspective collective : la liberté absolue fait en dernière instance la loi du plus fort…

Le grand mal de la gauche, c’est l’anesthésie de la vie”, écrit Paul Ariès dans son appel au “Bien vivre” et au “Socialisme gourmand”. Querelles de clochers, orthodoxie, militantisme austère, foi sacrificielle, sectarisme, postures moralisatrices et culpabilisantes… Chacun chasse le déviant et l’hérétique, traque le mot en trop, guette celui qui manque. Tel groupuscule exclut et tel journal évince. Les chapelles s’entre-déchirent sous les lazzis de l’adversaire. Le socialisme radical a passé trop de temps à épurer ses rangs et à chercher des poux dans la tête de ses partisans, toujours en quête d’un Homme qui n’existe que dans les manuels.

Nous aimons mieux miser sur l’homme fait de chair et d’os. Sortons de l’ombre les mesquineries, les jalousies, les passions tristes, les faiblesses, les égoïsmes, les avarices, les petitesses et les incompréhensions — celles qui échappent à la pureté catégorique des hommes sans mains et des slogans platoniciens. Ne rechignons pas à plonger les concepts dans le bain de solvant du réel, quitte à risquer leur éventuelle et parcellaire décomposition. Le déclin d’une illusion n’est jamais un recul, bien au contraire, il assure le seul chemin qui existe pour nous, matérialistes déniaisés : la concrétude d’un monde terrestre, sans cieux ni limbes, sans anges ni démons. Les paradis, qu’ils soient rouges ou noirs, sont voués à l’enfer.

La littérature anarchiste contemporaine reste trop souvent gorgée de vœux pieux : ouvrons séance tenante, toutes les prisons et les frontières, abolissons la papier monnaie et l’argent, supprimons le travail, abattons l’État, mettons fin au salariat etc. Demain matin, l’Homme nouveau déjeunera à la table fraîchement purgée de l’oppression, de la méchanceté, du malheur et du verglas. Nous signons certes ; voilà qui est sans risques (et amuse les nantis). L’absolutisme et la pureté condamnent toute action et l’isolent dans dans le gel des bonnes intentions. Parier sur l’utopie  entrave les luttes effectives : le premier songe-creux venu qui, par crainte de disconvenir à la blancheur de ses idéaux, refuse de se mêler à la boue du vivant fait, qu’il le veuille ou non, l’affaire du système qu’il entend briser…

Les raisons de désespérer ne manquent pas.

L’avenir semble sans issue, sinon celle de nos maîtres, de droite comme de gauche, ont tracé, tracent et traceront sans nous.

Le navire humain prend l’eau de toutes parts, l’eau glacée du calcul marchand.

Restera t’il assez de ces perdants magnifiques ?

Ceux qui, depuis que la terre tourne, disent non.

Non comme un Oui.

= = =

L’intégrale de Nietzsche en PDF sur Résistance 71

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Pistes pour trouver la voie de la société des sociétés : paléolithisme et technologie… une réflexion critique ~ 1ère partie ~

Posted in actualité, altermondialisme, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 16 septembre 2021 by Résistance 71

HakimBey1

Reconnaître, analyser et contre-carrer l’écrasement technologique totalitaire qui mène le monde à la perte de l’humanité et à la dictature technotronique en proposant une solution pour la réalisation de notre être et donc de notre humanité. Dans ce monde qui s’enferme dans la dictature sanitaire, outil de l’oppression finale par une « élite » auto-proclamée, psychopathe et hors sol, ce texte de Hakim Bey résonne on ne peut plus juste.
~ Résistance 71 ~

Paléolithisme et Technologie : un papier engagé 

par Hakim Bey

2008

Ce n’est pas parce que l’A.O.A. (1) parle sans cesse de « Paléolithisme » que vous devez penser que nous avons l’intention de nous projeter en arrière dans l’Âge de la Pierre.

Nous n’avons aucun intérêt à revenir « à la campagne » si le deal doit comprendre la vie barbante d’un enfoiré de paysan – nous ne voulons pas non plus du « tribalisme » s’il nous vient avec les tabous, les fétiches et la malnutrition. Nous n’avons aucune querelle avec le concept de culture – en ce compris la technologie ; pour nous le problème commence avec la civilisation.

Ce que nous aimons dans la vie paléolithique a été résumé par l’École des Peuples Sans Autorité de l’anthropologie : l’élégante nonchalance de la société de chasseurs/cueilleurs, la journée de travail de deux heures, l’obsession de l’art, la danse, la poésie et l’amour, la « démocratisation du chamanisme », la culture de la perception – en bref, la Culture.

Ce que nous n’aimons pas au sujet de la civilisation peut être réduit à la progression suivante : la « Révolution Agraire » ; l’émergence des castes ; la Cité et son culte du contrôle hiérarchique (« Babylone ») ; l’esclavage ; le dogme ; l’impérialisme (« Rome »). La suppression de la sexualité au « travail » sous l’égide de l’« autorité ». « L’Empire n’a jamais pris fin ».

Un paléolithisme psychique basé sur la haute technologie – post-agraire, post-industrielle, « Zéro-travail », nomade (ou « Cosmopolite sans Racine ») – une Société du Paradigme Quantique – ceci constitue la vision idéale du futur selon la Théorie du Chaos aussi bien que de la « Futurologie » (selon le sens du terme donné par R.A. Wilson & T. Leary).

Pour le présent : nous rejetons toute collaboration avec la Civilisation de l’Anorexie et de la Boulimie, avec les personnes, si honteuses de ne jamais souffrir, qu’elles s’inventent des tuniques de pénitence pour elles-mêmes et pour les autres – ou avec ceux qui se gargarisent sans compassion et ensuite gerbent le vomi de leur culpabilité réprimée par de longs joggings et de longues diètes. Tous nos plaisirs et toutes nos auto-disciplines nous appartiennent par la Nature – nous ne nous nions jamais nous-mêmes, nous n’abandonnons jamais rien ; mais certaines choses nous ont abandonnés et nous ont quittés, car nous sommes trop grands pour elles. Je suis à la fois l’homme des cavernes et le mutant explorateur d’étoiles, homme de confiance et le prince libre. Un jour, un chef indien fut invité à la Maison Blanche pour un banquet. Alors que la nourriture circulait, le Chef remplit son plateau, trois fois. À la fin, la personne à côté de lui dit, « Chef, he he, ne pensez-vous pas que c’est un peu beaucoup ? » « Ugh » répond le chef, « un peu beaucoup c’est juste assez pour le Chef ! »

Néanmoins, certaines doctrines de la « Futurologie » restent problématiques. Par exemple, même si nous acceptons le potentiel libératoire de nouvelles technologies comme la télé, les ordinateurs, la robotique, l’exploration spatiale, etc., nous voyons toujours un gouffre entre le potentiel et la réalité. La banalisation de la télé, la yuppification des ordinateurs et la militarisation de l’espace suggèrent que ces technologies en elles-mêmes ne fournissent aucune garantie « déterminée » par leur utilisation libératoire.

Même si nous rejetons l’holocauste nucléaire comme une autre Diversion Spectaculaire orchestrée afin de distraire notre attention des problèmes réels, nous devons néanmoins admettre que la « Destruction Mutuelle Assurée » et la « Guerre Propre » tendent à enflammer notre enthousiasme pour certains aspects de l’Aventure High-Tech. L’Anarchisme Ontologique garde son affection pour le Ludique en tant que tactique : si une technologie donnée, peu importe combien admirable soit-elle en potentiel (dans le futur), est utilisée afin de m’opprimer ici et maintenant, alors je dois soit utiliser les armes de sabotage ou bien me saisir des moyens de production (ou peut-être, encore plus important, des moyens de communication). Il n’y a pas d’humanité sans technique – mais, il n’y a aucune technique qui vaille plus que mon humanité.

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Nous rejetons l’anarchisme anti-technologie irréfléchi – pour nous-mêmes, du moins (il y en a qui aiment jouer aux cultivateurs) – et nous rejetons le concept de déterminisme technologique. Pour nous, toutes les formes de déterminisme apparaissent tout aussi bêtes – nous ne sommes les esclaves ni de nos gènes ni de nos machines. Ce qui est « naturel » est ce que nous imaginons et ce que nous créons. « La Nature n’a pas de Lois – seulement des habitudes ».

La vie pour nous n’est ni le Passé – ce pays de fantômes légendaires amassant leurs biens sépulcraux ternis – ni le Futur, dont les citoyens mutants aux cerveaux bulbeux gardent si jalousement les secrets de l’immortalité, du vol au-delà de la vitesse de la lumière, du génie génétique et de la disparition de l’État. Aut nunc aut nihil (2). Chaque moment contient une éternité qui doit être pénétrée – cependant, nous nous perdons dans des visions perçues au travers des yeux du corps, dans une nostalgie de perfections à naître.

Les réalisations de mes ancêtres et de mes descendants ne sont rien de plus pour moi qu’un conte amusant ou instructif – je ne les appellerai jamais mes réussites, même pour excuser ma propre petitesse. Je me forge à moi-même une licence pour leur voler tout ce dont j’ai besoin – le paléolithisme psychique ou la haute technologie – ou, pour ce qui concerne le splendide détritus de la civilisation elle-même, les secrets des Maîtres Occultes, les plaisirs de la frivole noblesse et la vie bohème (3).

La décadence (4) joue un grand rôle dans la santé de l’Anarchie Ontologique – nous prenons ce que nous voulons de chaque côté. Les esthètes décadents n’engagent pas de guerres stupides ou ne submergent pas leur conscience avec une avidité et un ressentiment microcéphaliques. Ils cherchent l’aventure dans l’innovation artistique & dans la sexualité non-ordinaire plutôt que dans la misère des autres. L’A.O.A. admire et est l’émule de leur paresse, de leur dédain pour la stupidité de la normalité, de leur expropriation des sensibilités aristocratiques. Pour nous, ces qualités s’harmonisent paradoxalement avec celles de l’Antique Âge de la Pierre et de sa santé débordante, de son ignorance de la hiérarchie, de la culture de la vertu plutôt que de la Loi. Nous demandons la décadence dans la maladie, et la santé dans l’ennui !

Ainsi, l’A.O.A. offre un support sans réserve à tous les peuples indigènes et tribaux dans leurs luttes pour une autonomie complète – et en même temps, aux plus sauvages et plus irréalistes spéculations et demandes des futurologues. Le paléolithisme du futur (qui pour nous, en tant que mutants, existe déjà) sera atteint sur une grande échelle uniquement au travers d’une technologie massive pour l’Imagination & d’un paradigme scientifique qui va au-delà de la mécanique quantique dans le royaume de la théorie du chaos et des hallucinations de la fiction spéculative.

En tant que Cosmopolites sans Racine nous posons la réclamation pour toutes les beautés du passé, de l’orient, des sociétés tribales – tout cela doit et peut être nôtre, même les trésors de l’Empire : à nous de les partager. Et, en même temps, nous demandons une technologie qui transcende l’agriculture, l’industrie, la simultanéité même de l’électricité, un hardware qui se recoupe avec le corps spongieux de la conscience, qui embrasse la puissance des quarks, des particules voyageant en arrière dans le temps, des quasars et des univers parallèles.

Les idéologues querelleurs de l’anarchisme & du libertarianisme prescrivent tous la même utopie congénitale à leurs diverses marques de visions étriquées, allant de la commune de paysans à la Cité Spatiale L-5. Nous disons que mille fleurs éclosent – sans jardinier pour tailler leurs tiges et lutter pour quelque schéma moralisateur ou eugénique. Le seul véritable conflit est celui entre l’autorité du tyran et l’autorité du moi réalisé – tout autre conflit est une illusion, une projection psychologique, un verbiage pompeux.

En un sens, les fils & les filles de Gaïa n’ont jamais quitté le paléolithique ; en un autre sens, toutes les perfections du futur sont déjà nôtres. Seule l’insurrection « résoudra » ce paradoxe – seul le soulèvement contre la fausse conscience en nous-mêmes et dans les autres balayera la technologie de l’oppression et de la pauvreté du Spectacle. Dans cette bataille, un masque peint ou un fouet de chamane peut se révéler aussi vital que la confiscation des communications satellites ou du réseau d’ordinateurs secret.

Notre seul critère pour juger d’une arme ou d’un outil est sa beauté. Les moyens sont déjà la fin, en un certain sens ; l’insurrection est déjà notre aventure ; Devenir C’EST Être. Passé et Futur existent en nous et pour nous, l’alpha et l’oméga. Il n’y a pas d’autres dieux devant ou après nous. Nous sommes libres dans le TEMPS – et nous serons libres dans l’ESPACE aussi.

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

SlogBD1

Requête spéciale…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerres hégémoniques, pédagogie libération, politique et social, politique française, presse et média, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 14 septembre 2021 by Résistance 71

CoVmonde

Nous demandons expressément que le coronavirus SRAS-CoV-2 donne une conférence de presse en mondovision (sans POM-POM girls si possible…) afin qu’il explique aux peuples du monde comment il va nous sauver des gouvernements étatiques marionnettes du grand cirque marchand et de la dictature sanitaire et technotronique qui se met en place à travers la planète.

Bébert, l’heure est venue de nous expliquer tout ça…

Résistance 71
14 septembre 2021

500M
« Maintenir l’humanité sous les 500 000 000 de personnes
en équilibre perpétuel avec la nature… »
~ 1er 
commandement gravé dans la pierre des Georgia Guidestones
dans l’état de Georgie, USA ~

Ce qui correspond à une réduction de la population mondiale de l’Ordre
de 93% ce qui pose 2 questions essentielles :
– Qui va vivre et mourir ?
– Question corollaire : qui va décider de qui vit et qui meurt ?

Ne nous leurrons pas : La « grande Réinitialisation », c’est ça !
et les injections OGM mortifères COVID sont un des moyens !…

Voyage personnel au fin fond du terrier du lapin blanc du 11 septembre avec Gordon Duff (New Eastern Outlook, Veterans Today)

Posted in 11 septembre, 3eme guerre mondiale, actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 13 septembre 2021 by Résistance 71

Gordon Duff raconte pas mal de conneries au sujet du COVID et des soi-disant vaccins, injections OGM depuis un moment, mais sur les affaires d’état profond, de renseignement et du 11 septembre, il est des plus pointus…
Un article comme celui que nous avons traduit ci-dessous ne passerait pas / plus en France, il y aborde à un moment donné la question qui “tue” ces derniers temps : “Qui ?”, “qui ?” est derrière toutes les turpitudes géopolitiques et guerres planétaires et il y répond en toute franchise et connaissance. Pourquoi Duff n’a t’il pas encore fait la connexion entre le 11 septembre, la fausse guerre contre le terrorisme, leurs commanditaires et toute cette affaire fabriquée et manipulée de toute pièce du COVID19 alors que ce sont les mêmes oligarques aux manettes ? En mars 2020, VT et Duff publient un article que nous avons traduit et publié (voir ici), montrant que le SRAS-CoV-2 responsable de la COVID19 a été créé dans un laboratoire de l’université de Caroline du Nord entre 2006 et 2015 avant d’être récupéré et conditionné en arme biologique par le Pentagone et quelques mois plus tard, il soutient cette arnaque criminelle totale de la “vaccination généralisée” sous injection OGM mortifère ? Qui croit-il a travaillé à ces “vaccins”, injections OGM ? Alors sa femme est infirmière, y a t’il eu des pressions ? possible, probable. Cependant, Duff nous montre encore de quoi il est capable dans l’article ci-dessous. Il y a à boire et à manger chez VT, on le sait, il faut faire le tri. Nous ne pensons pas nous tromper… et faisons le tri attendu. La question demeure néanmoins : pourquoi Duff et sa femme divulguent-ils et soutiennent la propagande pro-injection OGM anti-COVID ? Mystère…
~ Résistance 71 ~

Notre page : « Au sujet d’un 11 septembre nucléaire »

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NEO : Un voyage personnel au fin fond du terrier du lapin blanc du 11 septembre

Gordon Duff

12 septembre 2021

Publié sur New Eastern Outlook (NEO), journal de l’académie des sciences russe depuis 1816

Source:
https://www.veteranstoday.com/2021/09/12/neo-9-11-a-personal-journey-down-the-rabbit-hole/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Nous nous rappelons tous de cette journée du 11 septembre 2001, comme nous nous rappelons de bien d’autres jours marquants, comme le désastre de la navette spatiale Challenger, les assassinats des Kennedy et pour moi, la chute de Saïgon.

En ce qui me concerne, le 11 septembre 2001 fut le commencement d’un tout nouveau voyage. J’avais essayé quelques années auparavant de changer ma carrière de ces affaires de défenses et de renseignement vers le monde sain, réel avec des gens réels. Le boulot dans le système de la défense et du renseignement n’a que très peu à voir avec le réel, cela implique plateforme sur plateforme de mensonges et d’affabulations. Toute l’affaire est une illusion ; les espions, les guerres, le terrorisme, tout le monde multi-polaire n’est que pur théâtre.

Faisons un retour en arrière en ce jour fatidique. Cela commença avec des avions détournés. Il y a eu des détournements d’avions depuis des décennies, mais il y a aussi eu des efforts pour y mettre (techniquement) fin. Des marshals de l’air furent mis dans les vols pour rassurer le public, mais bien d’autres choses furent également entreprises, incluant des procédures d’”abattage des avions en vol” de tout appareil survolant les Etats-Unis et l’Amérique du Nord et ayant été pris sous contrôle terroriste.

Cette décision fut prise et mise en place il y a bien des années fondée sur un scénario à la “Black Sunday” d’un avion s’écrasant sur la finale Super Bowl de football américain ou cible similaire, tuant 100 000 personnes.

Les Etats-Unis maintiennent des avions supersoniques en état d’alerte permanente sur les aérodromes militaires un peu partout sur le territoire national, avions qui peuvent selon leur lieu de décollage atteindre un avion détourné, en vitesse supersonique, où que ce soit dans le ciel américain en quelques minutes et il n’y a aucune échappatoire pour que le ou les appareils détournés ne soient abattus. C’est pourquoi le 11 septembre n’est pas ancré dans le réel. Puis il y a cette autre petite chose technologique appelée le “fly by wire” ou télécommande des avions à distance. Ceci est en fait une procédure de prise en charge électronique externe des commandes de tout appareil commercial volant. Ceci fait partie du système de contrôle de la gestion motrice, qui permet de faire atterrir les avions de manière télécommandée en cas de besoin. Ce système est géré à distance par la CIA. Des communications satellites peuvent prendre en compte les systèmes de vol des appareils et permettre l’atterrissage contrôlé de tout appareil technologiquement pourvu. Le vol MH370 avait un de ces systèmes tout comme les autres appareils “détournés” en ce 11 septembre 2001. Tous les personnels militaires et du renseignement savent cela. Partout dans le monde. On se demande bien pourquoi ceci ne fut jamais mentionné ?

Puis le Pentagone et cette idée qu’il y ait eu un avion de ligne commercial volant juste au dessus de la rivière Potomac à quelques 750 km/h. Problème ici : sous les 25 000 pieds ou 7500m, tout avion avec des ailes remplis de carburant, comme celles d’un avion de ligne commerciale, tomberait en morceaux. Tous les avions ayant participé aux attentats du 11 septembre ont violé les lois de la physique.

Ils ne peuvent pas voler si vite et si bas et s’ils le pouvaient, les surfaces de contrôle auraient été mise hors service ce qui veut dire que les avions se seraient simplement écrasés au sol, hors de contrôle.

Bien sûr, je sais tout cela grâce à de vieux amis, pilotes de longue date, dont un pilote de ligne aujourd’hui chef de la sécurité d’une compagne aérienne importante. Deux de mes amis proches sont des ingénieurs chez Boeing.

Puis un groupe d’architectes et d’ingénieurs ont affirmé que même des avions volant à des vitesses incroyables percutant les tours n’auraient pas pu endommager sérieusement les bâtiments, plus de cent d’entre eux, des personnes hautement qualifiées.

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atomisation de la structure d’acier… effarant !

Mais ensuite, même eux ont commencé à donner des solutions bien étranges affirmant que les démolitions furent le fait pour certains d’armes à énergie dirigée qui n’existent pas ou pour d’autres d’une poudre de (nano)thermite. Leur point le plus important étant que le WTC7, la 3ème tour effondrée qui ne fut pas touchée par un avion et n’était que très peu endommagée, s’effondra à son tour. Leurs autres affirmations, comme celle de la poudre de thermite ne sont pas seulement improbables, elles sont tout simplement fausses. Il y a toujours le problème du “mais comment ont-ils fait ?” qui montre que l’hypothèse ne peut être correcte.

Alors que tout ceci se passe, de manière prévisible, le monde est immergé dans la guerre. Les Etats-Unis ont mis en place des prisons secrètes et un gros programme d’enlèvement et de torture de “suspects de terrorisme” voit le jour. (NdT: Dans cette sombre histoire, le programme de rendition de la CIA a utilisé des services par procuration pour effectuer la sale besogne de séquestration et de torture de “suspects de terrorisme”, ces pays ont participé à ce programme et ont torturé essentiellement des innocents enlevés contre des sommes d’argent : les pays baltes, la Pologne, le Kosovo, la Syrie, la Thaïlande et certains pays d’Amérique centrale et du Sud…)

Pour ceux travaillant dans la sphère de la défense et du renseignement, la guerre mondiale contre le terrorisme a mené tout le monde vers un effort unique, non pas celui de battre le terrorisme mais plutôt de faire la queue pour engranger une portion des milliards de dollars dépensés pour quiconque voulant bien rejoindre ce cirque de folie furieuse, à savoir une guerre contre un terrorisme imaginaire. (NdT: ou plutôt, un terrorisme contrôlé par ceux-là même qui paient pour le “combattre”, la sempiternelle histoire du pompier pyromane toujours recommencée…)

Voyez-vous, certains d’entre nous étaient dans le système au moment de la guerre en Afghanistan qui commença il y a bien des années. Les Etats-Unis alors aidés par le Pakistan, créèrent des groupes terroristes pour renverser le gouvernement pro-soviétique de Kaboul et entrer en guerre par procuration contre l’URSS.

Presque dans le même temps, les Etats-Unis mirent aussi en place une capacité similaire, secrètement hébergée en Libye, pour mener une guerre terroriste en Europe au cas où l’URSS mènerait une offensive réussie et une invasion contre l’Europe occidentale. Cet effort particulier fut appelé “L’opération Gladio” (NdT: l’armée “Stay Behind” de l’OTAN), qui vit alors l’armement de groupes terroristes qui reçurent une formation d’artificiers poseurs de bombe et furent mis au frais en cas de nécessité.

Ceux-ci sortirent de la glacière où ils avaient été mis. Ils avaient pour noms “Septembre Noir”, “Les Brigades Rouges”, ainsi que d’autres organisations crées par la CIA comme Al Qaïda et plus tard l’EIIL / Daesh.

Durant les 20 années qui suivirent, ils kidnappèrent, posèrent des bombes et terrorisèrent l’Europe. Ils firent de même en Amérique Centrale et du Sud. Ceci nous ramène aux questions habituelles : Pourquoi les Etats-Unis feraient-ils cela ? Quelles capacités rendent tout ceci possible ? Ce genre d’opération ou série d’opérations demanderaient une très grande corruption au sein à la fois de l’armée et du renseignement.

Ce qui est évident est que quel que soit le niveau de corruption et de mauvaise gestion des Etats-Unis dans le passé, et la guerre du Vietnam est la preuve d’une corruption massive et de contrôle du gouvernement par ceux qui profitent grassement des guerres, ce cas de figure est pire.

A un moment donné, la presse stoppa de soutenir la guerre du Vietnam et, alors que des anciens combattants activistes, groupe que je rejoignit à mon retour de la guerre, commencèrent à mener les manifestations de rues contre la guerre, et celle-ci fut exposée au grand jour pour ce qu’elle était. Alors qu’y a t’il de changé ? Pourquoi n’y a t’il plus de manifestations dans les rues ? Pourquoi n’y a t’il plus de presse indépendante ? Où est donc partie la “gauche” américaine ?

Il est facile de répondre à cette dernière question. C’est Benjamin Netanyahou qui nous a dit que les attentats du 11 septembre étaient très bon pour Israël. Et bien, les juifs américains, avec quelques 1 million d’entre eux disposant d’un passeport israélien, constituent la “gauche” américaine.

Ce qui s’est passé en Amérique est qu’après la présidence Reagan, le dernier américain suffisamment fort pour tenir tête à Israël, chaque président depuis lors a dû rendre des comptes aux milliardaires qui contrôlent les deux partis politiques aux Etats-Unis, des milliardaires qui sont dans la plupart des cas, également des citoyens israéliens.

S’opposer à la volonté de ces milliardaires et aux organisations qu’ils gèrent, Google, Facebook, Wikipedia ainsi que le Congrès des Etats-Unis, la Cour Suprême, n’oublions pas non plus qu’ils gèrent la bourse, n’est que suicide.

Voyez-vous, ils contrôlent aussi la presse, ils en sont propriétaires et ceci n’est en rien une supputation, ce sont des faits avérés et vérifiables.

Ainsi donc, quiconque s’oppose à l’islamophobie ou à la russophobie ou qui remet en question qui gère vraiment les groupes terroristes comme l’EIIL / Daesh ou ceux qui ont vraiment mis en place les attentats du 11 septembre 2001, sera accusé systématiquement d’antisémitisme.

Personne ne peut survivre politiquement à ce genre de campagne de diffamation. Demandez à Jeremy Corbyn ce qu’il en pense.

Conclusion

Depuis 20 ans, le réalité même a été attaquée. Nous avons une dualité mondiale, les ignorants et ceux qui se font “mener” contre ceux qui comprennent mais choisissent de rester silencieux et de survivre.

Des avions ne peuvent pas faire s’effondrer des bâtiments constitués de larges poutres en acier.

L’acier ne fond pas des suites de la combustion de kérosène et d’ethylene glycol, ni de feux de kérosène, de carburant d’avions.

On ne peut pas détourner un avion aux Etats-Unis, il serait soit abattu en l’air ou, depuis les années 1990, il serait simplement amené au sol gentiment par contrôle robotisé.

On voit ces choses à la télé tout le temps et ce n’est pas nouveau. Si une voiture Tesla robotisée peut traverser New York aux heures de pointes sans problème, un avion de ligne commercial peut être amené au sol en utilisant la télécommande “fly by wire”, qui existe depuis… “toujours” en tout cas depuis un bon moment.

De Wikipedia:

Les surfaces de contrôle servo-commandées furent en premier lieu testés dans les années 1930 sur un Tupolev soviétique ANT-20. Les connexions mécanico-hydrauliques furent remplacés par des câbles et des commandes servo-électriques. En 1941, un ingénieur de Siemens, Karl Otto Altvater, développa et testa le tout premier système de “fly-by-wire” pour l’avion Heinkel He-111, qui voyait l’avion totalement contrôlé par des impulsions électroniques.

En 1934, Karl Otto Altvater breveta un système électronique automatique qui “allumait” l’avion lorsqu’il était proche du sol.

Le premier engin équipé du système fly-by-wire purement électronique sans aucun support ou soutien mécanique ni hydraulique fut le Véhicule d’Entraînement à l’Alunissage Apollo qui vola en 1968.

Le premier appareil non expérimental qui fut conçu et vola en 1958 avec le système de contrôle électronique fly-by-wire fut le Avro Canada CF-105 Arrow, ce qui ne se reproduisit plus sur un avion de production en série jusqu’au Concorde en 1969, qui devint le tout premier avion de ligne capable de voler avec le système fly-by-wire.

[…]

Aujourd’hui, la dernière fausse controverse est au sujet du rôle de l’Arabie Saoudite dans le financement et l’organisation des attentats du 11 septembre. Ceci, bien entendu, est une imposture tout aussi fondée sur la fausse croyance que la famille royale saoudienne, qui est “L’Arabie Saoudite”, soit “l’ennemi de sang” d’Israël.

Depuis toutes ces années, l’association, le partenariat entre les deux pays est ouvert et ne se cache même plus, ce par exemple dans leur alliance contre la Syrie, contre l’Irak, contre le Liban, tout ceci est factuel depuis bien longtemps, bien que non “histoire officielle”. (NdT: Des pilotes israéliens font des missions contre le Yémen aux commandes de F-16 saoudiens. Les armes nucléaires tactiques qui ont été utilisées au Yémen ont été larguées par des avions saoudiens pilotés par des Israéliens…)

Lorsqu’on retourne dans le temps, sachant ce que nous savons, regardant les vidéos des avions volant à 700km/h près du niveau de la mer et les explosions massives qui ont fait s’effondrer les trois tours du WTC de New York, l’effroi que certains d’entre nous ont ressenti ce jour là ne fut pas au sujet de ceux qui périrent.

Non, ce fut au sujet de ceux qui allaient mourir, peut-être même par millions et cet assaut sur l’ordre mondial, les droits de l’Homme et la raison elle-même, qui allait s’ensuivre.

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

sionismepyromane

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Certitudes et incertitudes sur le SRAS-CoV-2 et ses « vaccins » / injections OGM (Pr. Luc Montagnier)

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resistance1

CoVmonde

Certitudes et incertitudes sur le coronavirus/vaccins

Professeur Luc Montagnier

Août 2021

Source: lettre d’information du Pr Henri Joyeux

1/ Les Coronavirus d’une manière générale ne sont pas dangereux.

Ils sont responsables de syndromes grippaux. Mais le SARS-Cov2 peut en outre être responsable de troubles temporaires de certains sens (goût, odorat et même audition). Ils peuvent se compliquer s’ils ne sont pas traités précocement. Les complications les plus dangereuses sont surtout au niveau respiratoire (infection et insuffisance respiratoire nécessitant assistance) et au niveau cardiaque (myocardites et péricardites) mettant la vie en danger. Ils atteignent surtout des personnes en co-morbidités (surpoids-obésité, diabète, hypertension artérielle, immunodépressions connues ou inconnues…).

En mutant le virus original se transforment en ”variants”. Ceux-ci heureusement diminuent leur dangerosité (charge pathogène) au fur et à mesure de leur évolution à partir du virus original.

2/ Le Coronavirus SARS-COV2 a une origine naturelle qui a été modifiée dans un laboratoire d’où il est sorti. C’est une chimère pathogène.

Quel laboratoire, je ne sais pas. Celui de Wuhan en Chine désormais très connu a été inauguré en présence des plus hautes personnalités françaises.

Ce SARS-Cov2 est un virus à ARN. Il contient deux parties qui appartiennent étonnamment :

a) l’une au virus du Sida, virus également à ARN, très instable contre lequel depuis 1982 la science cherche encore un vaccin efficace d’importance mondiale.

Des morceaux d’ARN du coronavirus sont identiques à des séquences présentes dans le génome des virus du Sida VIH-1 et VIH-2. Elles sont localisées dans la région du gène codant pour la protéine de fixation (protéine Spike) du coronavirus sur les cellules où le virus peut se multiplier.

Bien que petites les séquences des VIH peuvent coder pour un motif antigénique de la protéine d’enveloppe du VIH.

b) l’autre au plasmodium du parasite du Paludisme contre lequel aussi les chercheurs s’acharnent pour mettre au point un vaccin efficace d’importance mondiale.

New Microbes New Infect. 2020 Nov; 38: 100817. Published online 2020 Nov 19. doi: 10.1016/j.nmni.2020.100817
SARS-CoV-2 and Plasmodium falciparum common immunodominant regions may explain low COVID-19 incidence in the malaria-endemic belt – M.A.M. Iesa, and al.

Ces deux parties que viennent-elles faire là ? Peut-être pour la recherche dans un but vaccinal contre le Sida et le Paludisme. Une forte probabilité.

Tout ceci implique des manipulations expertes d’origine humaine.

A la différence du virus de la grippe dont le génome est fait de 8 chaines d’ARN qui le rendent très instable, le SARS-COV2, possède une seule chaîne d’ARN, ce qui est rare.

3/ Les virus à ADN comme à ARN sont constitués des bases azotées qui appartiennent à des nucléotides.

Dans tout organisme vivant existent 5 bases azotées (molécules contenant plusieurs atomes d’azote) symbolisées par des lettres (A, T, G, C, U) : A pour Adénine, T pour Thymidine, G pour Guanine, C pour Cytosine et U pour Uracile.

L’ADN ou acide désoxyribonucléique est dans le noyau de la cellule.

L’ARN ou acide ribonucléique est fabriqué par transcription à partir de l’ADN du noyau cellulaire. A partir de l’ARN, les ribosomes, petites usines, présente s dans la cellule, fabriquent par traduction des protéines.

ADN et ARN sont constitués d’un enchaînement de nucléotides. Chaque nucléotide contient un groupe phosphate, un sucre (le ribose ou le desoxyribose) et une base azotée (ou base nucléique).

Les nucléotides s’accrochent les uns aux autres pour constituer les brins d’ARN et/ou d’ADN. C’est la base azotée qui fait la différence des nucléotides.

Une base ne peut se lier qu’à une autre base.

Dans l’ADN, les 4 bases azotées qui se succèdent sont A-T et G-C. Elles sont fixées au sucre, le desoxyribose, d’où le nom Acide Désoxy…

L’ADN a une structure très stable de double hélice constituée de 2 brins entrelacés.

La densité de l’ADN est à 1,7 car elle contient une molécule d’eau supplémentaire avec le desoxyribose.

Dans l’ARN, les 4 bases azotées ou ”lettres” qui se succèdent sont A-U et G-C. Elles sont fixées au sucre qu’est le ribose, d’où le nom Acide Ribo…

L’ARN est une copie d’une région de l’un des 2 brins de l’ADN. L’ARN a généralement un seul brin indépendant.

Les liaisons G-C sont plus fortes, plus solides que les liaisons A-U.

Ces liaisons G-C sont présentes dans les vaccins à ARN messager pour se maintenir plus longtemps dans l’organisme.

Le génome du coronavirus est constitué de 30 000 lettres, publié pour la première fois le 11 janvier 2020, tandis que le génome humain est constitué de 3 milliards de lettres.

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4/ Les variants sont d’autant plus fréquents que les vaccins se généralisent.

Le coronavirus comme tous les virus à ARN, a une forte capacité à changer, se modifier, varier, on dit aussi muter.

Il vit et se reproduit après avoir pénétré dans les cellules humaines. Pour cela il copie son génome au sein de la cellule qu’il a infectée, ce qui consiste à recopier chaque lettre (base) de son brin d’ARN. De nouvelles particules de virus vont être formées dans la cellule infectée, contenant ces copies d’ARN et vont rentrer dans d’autres cellules et les infecter à leur tour.

L’entrée du virus dans la cellule se fait à l’aide de la protéine Spike du coronavirus qui se fixe sur certains récepteurs de la cellule du patient, dits ACE2, localisés en particulier au niveau du poumon et de l’intestin grêle.

Sur ces récepteurs, la protéine Spike fonctionne comme une clef pour ouvrir une porte.

Les nouveaux variants se forment d’autant plus que l’on vaccine. Ils sont causés par des mutations sur la protéine Spike. Le virus sait parfaitement contourner les vaccins dont l’efficacité se réduit au fur et à mesure de leur utilisation. Les vaccins ont déjà perdu 50% de leur efficacité face au variant delta.

Lors de la copie du génome du coronavirus, des erreurs sont observées : une lettre peut être remplacée par une autre (substitution), rajoutée (insertion) ou effacée (délétion). Ce sont les mutations et elles apparaissent aléatoirement. On ne sait pas quand, ni où elles vont apparaître dans la molécule d’ARN, sur quelle molécule de protéine, ni quelle erreur va être créée. C’est un phénomène normal que l’on observe dans tous les virus.

Les vaccins à ARN messager (ARNm) injectent dans le corps du vacciné de l’ARNm qui va faire fabriquer la protéine Spike en grande quantité. En réaction les défenses immunitaires de l’organisme (si elles sont robustes) produisent des anticorps anti-protéine Spike pour éviter les complications de la maladie.

Les mutations affectant la protéine Spike sont très suivies par les scientifiques. Au 15 décembre 2020, les chercheurs qui analysent les coronavirus britanniques avaient déjà identifié 1777 mutations différentes qui modifient la protéine Spike.

On a mesuré que pour SARS-CoV-2, environ 2 mutations apparaissent chaque mois.

Le virus est plus malin que les vaccins. Quand il mute, il mute sur la protéine Spike fabriquée après vaccination. La vaccination favorise donc la fabrication des variants.

Ainsi les variants peuvent devenir plus contagieux, mais ne l’oublions pas, ils sont moins dangereux.

5/ Les vaccins à ARN messager ont pour but de fabriquer un antigène toxique : la protéine Spike.

Après un vaccin à ARNm (vaccins Pfizer et Moderna) ou à protéine recombinante (Johnson & Johnson), le système immunitaire peut contrer cette protéine en fabricant des anticorps anti-protéine Spike dont la durée de vie risque d’être courte, d’où les revaccinations prévues chaque année, et déjà la 3ème puis on voit venir la 4ème dose.

Les vaccinés ont donc un système immunitaire qui va fabriquer essentiellement des anticorps anti-protéine Spike (anti-S) qui seront libérés dans leur circulation sanguine.

Les non-vaccinés qui ont développé la Covid, avec ou sans symptômes, ont dans leur circulation sanguine, dosables dans une simple prise de sang deux types d’anticorps :

– les anticorps anti-protéines Spike (anti-S) ;

– les anticorps anti-protéine N (anti-N) contre la Nucléocapside du virus laquelle protège son génome : ces anticorps anti-protéine N (anti-N) peuvent persister longtemps (au moins 8 mois*) et peut être à vie (l’avenir nous le dira), si le système immunitaire de la personne fonctionne bien.

* Immunological memory to SARS-CoV-2 assessed for up to 8 months after infection. Dan JM, et al. Science. 2021. PMID: 33408181

Ainsi la protection immunitaire après avoir eu la Covid peut être meilleure et plus longue qu’après la vaccination.

Chez ces personnes, au moins 10 millions, c’est une aberration scientifique d’imposer même une seule injection d’un vaccin à ARN messager. Ils ont suffisamment d’anticorps pour neutraliser un nouveau variant, et éventuellement développer une nouvelle Covid à minima en accueillant un nouveau variant.

OGMa

6/ Le devenir du virus

Isolé, il meurt. Dans une cellule, il peut se multiplier et muter en devenant un variant, virus plus contagieux mais moins dangereux.

Les cellules infectées par le virus deviennent inflammatoires et peuvent en outre être infectées par les bactéries présentes dans le microbiote respiratoire.

Le SARS-Cov2 et ses vaccins ne sont en rien comparables aux virus et vaccins contre les diphtérie-tétanos-polio (DTP), les rougeole-oreillons-rubéole (ROR) ou la variole ou même le bacille de la tuberculose.

Pour être efficace, le vaccin a besoin d’un bon système immunitaire.

Chez les personnes fortement immuno-déprimées, les vaccins ne sont pas efficaces.

7/ Vacciner en période épidémique est un non-sens, augmentant les effets indésirables : les épidémiologistes le savent.

En Europe actuellement, il est très difficile de savoir le nombre exact dans chaque pays des effets secondaires et des éventuels décès liés aux différents vaccins.

Plusieurs raisons permettent de comprendre :

– les services de pharmacovigilance partout en Europe ont toujours minimisé les effets indésirables des médicaments et des vaccins en particulier.

– les décès liés aux vaccins sont systématiquement contestés : les ”experts”parlent de temporalité et jamais de causalité.

– les contrôles post mortem sont rarement réalisés et même quand ils sont faits, il serait très difficile de relier la mort à la vaccination.

– au ”pays de Pasteur”, la politique de santé est parvenue à imposer cette affirmation : ”vaccins=vie” avec l’argument majeur du rapport ”bénéfices/risques”, sans expliquer que les bénéfices sont financiers pour peu de personnes et les risques pour tous.

Dans l’European Economic Area (EEA), 5 décès sont rapportés aux vaccins, évidemment en soulignant que les personnes étaient âgées ou en comorbidités.

En Belgique, l’agence fédérale des médicaments des produits de santé (afmps) le 10 août fait état de :

– 6788 cas graves du fait « d’une incapacité de travail temporaire ou de l’impossibilité de quitter la maison à cause de la fièvre, de douleurs musculaires, d’un malaise et de réactions au point d’injection ».

– 199 rapports de décès : il n’y a pas de tableau clinique commun (situations médicales différentes) et les délais entre l’administration et le décès diffèrent. Comme on pouvait s’y attendre pas plus de 4 décès sont reconnus comme étant liés aux vaccins…

En France, l’ANSM fait état de 33 296 cas d’effets indésirables :

– 64 cas de myocardites et 111 cas de péricardites dont on minimise les effets.

– des cas de polyarthrite rhumatoïde (22 cas graves depuis le début de la vaccination, dont 15 avaient des antécédents de polyarthrite) et des cas de néphropathie glomérulaire, un trouble rénal (12 cas depuis le début de la vaccination, dont 8 sont des récidives), conduit le comité à considérer qu’il s’agit de signaux potentiels, communs aux vaccins à ARNm (Comirnaty de Pfizer et Spikevax de Moderna).

La majorité des cas sont survenus chez des personnes de plus de 50 ans. Ces évènements font l’objet d’une surveillance spécifique et seront partagés au niveau européen.

Il est également précisé : « depuis le 3 avril 2021, les femmes enceintes, à partir du 2e trimestre, sont prioritaires pour accéder à la vaccination avec un vaccin à ARNm (Comirnaty des laboratoires Pfizer BioNtech et Moderna). Un suivi spécifique des effets indésirables rapportés avec l’ensemble des vaccins chez les femmes enceintes a donc été mis en place. » Les femmes enceintes jouent le rôle de cobaye.

Evidement les agences de santé dans le monde entier affirment sans complexe : ”tous les effets indésirables ne remettent pas en cause le rapport bénéfices/risques des vaccins. »

En Suisse l’Institut des produits thérapeutiques au 10 août 2021 compte chez les personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin :

« 34,7% des déclarations sont considérés comme des cas graves.

Les personnes concernées étaient âgées en moyenne de 57,7 ans (au sein d’une fourchette allant de 16 à 101 ans), et parmi elles, 21,9 % avaient 75 ans ou plus. Dans les cas considérés comme graves l’âge moyen était de 61,3 ans, et dans les déclarations faisant état de décès concomitants à la vaccination la moyenne s’établissait à 80,7 ans. Dans 133 de ces cas graves, l’on a dû déplorer le décès de la personne vaccinée après un laps de temps plus ou moins long. Malgré la concordance temporelle, rien n’indique concrètement que le vaccin est à l’origine du décès. »

Pour les USA, le Docteur Jessica Rose, de l’Institute for Pure and Applied Knowledge (IPAK) – Public Health Policy Initiative (PHPI) publie en mai 2021 les différents effets indésirables des vaccins en analysant les données officielles du Vaccine Adverse Event Reporting System (VAERS) de la Food & Drug Administration (FDA) américaine.**

En résumé, elle rapporte 34 décès par million de personnes vaccinées en comparaison à 1500 décès par million de personnes infectés de la Covid. Cependant elle donne les références démontrant que les effets secondaires rapportés dans cette base de données sont sous-évalués, estimés à seulement 1% de la réalité. Cela porterait le taux réel de décès à 3400 cas par million, soit plus que la Covid.

L’analyse suggère que les vaccins sont probablement aussi la cause de fausses couches, de réactions allergiques anaphylactiques, de maladies auto-immunes, cardiovasculaires et neurologiques. La vaccination des femmes enceintes n’est certainement pas conseillée.

8/ La nature est plus forte que les scientifiques : l’immunité collective est un leurre.

La nature a choisi de s’adapter en utilisant les séries harmoniques de nombres, que les artistes connaissent mais peu les scientifiques.

Il s’agit surtout de la série Fibonacci que l’on retrouve dans les coronavirus, comme dans la nature.

De quoi s’agit-il ? La suite de Fibonacci (Leonardo Fibonacci, mathématicien italien, 1175-1250) apparaît sous de nombreuses formes biologiques : la répartition de la ramification des arbres, la disposition des feuilles sur une tige, la disposition d’une pomme de pin, la coquille d’escargot, le nombre de pétales des marguerites, le nombre d’or…

Le nombre d’or est appelé « divine proportion » ou « rectangle d’or ». Il explique entre autres qu’une structure a trois qualités, la force, l’utilité et la beauté, et surtout que l’architecture peut être une imitation de la nature.

Etonnamment, tous les variants du SARS-Cov2 ont de plus en plus de séries Fibonacci à partir du rapport des nucléotides A-U sur G-C ; mais pas les vaccins parce qu’ils sont enrichis en liaisons fortes G-C.

Les vaccins ont donc des difficultés à s’adapter, d’où la prévision des fabricants de vaccins qui promettent de changer l’ARNm autant de fois que nécessaire.

9/ Le passe sanitaire impose la vaccination quasi obligatoire à trop de personnes, pour éviter la responsabilité du gouvernement ou des fabricants.

Il y aura de plus en plus d’accidents car on ne sait rien à l’heure actuelle des effets indésirables des vaccins expérimentaux à ARNmessager, à moyen et long terme.

Vacciner les femmes enceintes dès le premier trimestre de la grossesse est une erreur scientifique énorme, qui utilise femmes et enfants à naître comme des cobayes.

Aux USA, les membres du CDC (Center for Diseases d’Atlanta), chargés du registre ”sécurité des femmes enceintes”, rapportent en juin les premiers résultats*** du taux des fausses couches post vaccination. Entre le 14 décembre 2020 et le 28 février 2021, les taux sont les mêmes chez les femmes vaccinées ou pas. En conclure qu’il est nécessaire de vacciner les femmes enceintes n’est ni scientifique ni honnête quand on sait comme vu plus haut que seulement 1% du nombre des effets indésirables sont rapportés.

***Preliminary Findings of mRNA Covid-19 Vaccine Safety in Pregnant Persons – June 17, 2021 – N Engl J Med 2021; 384:2273-2282 DOI: 10.1056/NEJMoa2104983

10/ Messages à 227 300 médecins français

– comportez-vous en vrai médecin, soignez avec des médicaments peu coûteux qui on fait leur preuve : Hydroxychloroquine, Ivermectine, Antibiotiques (Azithromycine) selon l’état infectieux du malade; anticoagulants selon le bilan biologique (D-Dimères); et anti-inflammatoires (corticoïdes).

De plus, complémentez vos patients en Zinc, Vitamines D et C en plus d’une alimentation très végétale de qualité.

– ne vous faites pas vacciner, ne vaccinez pas, entrez en RESISTANCE et unisssez-vous

– ne vaccinez ni les enfants, ni les jeunes, ni les femmes enceintes TOUS en bonne santé.

Les risques de la vaccination pour ces populations sont supérieures aux bénéfices attendus.

 Leurs défenses immunitaires suffisent pour qu’ils développent la covid à minima et sans danger.

= = =

Lire notre page « Coronavirus, guerre contre l’humanité »

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11 septembre 2001-11 septembre 2021, 20 ans de continuité de l’imposture absolue : Du 11 septembre au COVID19… la mascarade continue ! (Résistance 71)

Posted in 11 septembre, 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 10 septembre 2021 by Résistance 71

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Un 11 septembre nucléaire…

“Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre les personnes, médiatisé par des images.”
~ Guy Debord, “La société du spectacle”, 1967

“L’anarchisme a réellement conduit, en 1936, une révolution sociale et l’ébauche de la plus grande avancée qui fut jamais, d’un pouvoir prolétarien.”
~ Ibid. ~

“Quand l’idéologie, devenue absolue par la possession du pouvoir absolu, s’est changée d’une connaissance parcellaire en un mensonge totalitaire, la pensée de l’histoire a été si parfaitement anéantie que l’histoire elle-même, au niveau de la connaissance empirique ne peut plus exister.”
~ Ibid. ~

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Du 11 septembre 2001 au Coronavirus 2019… La continuité de l’imposture absolue et criminelle de la société marchande et du spectacle étatique

Résistance 71

10 septembre 2021

20 ans !… 20 ans de mensonge, de supercherie, de mascarade qui ont débouché sur une imposture de guerre planétaire contre un terrorisme qui ne sait qu’être d’État et donc qui ne peut être combattu par son propre créateur, si ce n’est que dans une grande mascarade contrôlée, un grand cirque de l’intoxication des masses pour toujours plus de contrôle, d’exploitation et d’oppression de la clique oligarchique sur les peuples anesthésiés et KO debout.

Une mascarade réussie en mène toujours à une autre, on ne change pas une recette qui marche et les faux-drapeaux pseudo-terroristes ont fleuri pour justifier l’expansionnisme impérialiste occidental au moyen de son bras armé, le bras armé de la haute finance et du gros business transnationaux, L’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord ou OTAN, celle la même qui nous avait donné déjà l’”Opération Gladio” dans les années 70-80 dites “années de plomb” et qui en a mené une extension avec Al CIAda dans un premier temps puis son clone plus virulent de l’EIIL ou Daesh, sous contrôle des “frères musulmans” wahabbo-sionistes du MI6 britannique.

Ainsi, de mensonges assénés aux attentats faux-drapeaux et en agression par procuration de hordes mercenaires “djihadistes” interposées (Al CIAda, et autre  EIIL / Daesh), sont tombées l’Irak, la Libye, le Soudan et sont toujours en guerre la Syrie et le Yémen… La cerise sur le gâteau étant l’Iran. Ceci est une autre histoire…

Mais tout cela ne suffit pas, le contrôle doit être absolu et l’occident doit se plier aux diktats d’un Nouvel Ordre Mondial néo-malthusien mis en marche pour sauver l’oligarchie du marasme inhérent du capitalisme et de son outil étatique, marasme lui aussi inévitablement en marche. A grand renfort d’escroquerie pseudo-scientifique menant à des politiques sciemment désastreuses comme celle de la gestion d’un soi-disant “réchauffement climatique anthropique” et celle d’une menace croissante, parce que créée de toute pièce, concernant des “pandémies” de tout poil, voici venu le temps du nouveau croquemitaine aussi invisible et insaisissable que les barbus d’Al CIAda, nous avons nommé: l’horrible virus “tueur” issu des labos universitaires yankees et du Pentagone : le SRAS-CoV-2, alias Bébert Corona. Virus gentillet mais sous stéroïde propagandiste, qui ne tue que 0,03% des gens qu’il infecte (en moyenne ayant 80 ans et plus de 2 facteurs de co-mortalité..), personnes infectées qui constituent à ce jour quelque 0,4% de la population mondiale ; ce qui dans un élan humaniste “sans précédent”, a incité l’oligarchie et ses sbires politiques à la botte, à proposer sa solution à la “menace Bébert” ne connaissant soi-disant pas de cure : l’injection de la planète entière au moyen d’une soupe vénéneuse à base d’OGM, de nanoparticules et d’oxyde de graphène. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes piloté par une “science” inféodée à des milliardaires psychopathes et mégalomanes arrosant la “recherche” d’un fric puant l’eugénisme dégoulinant des années 1930…

Le 11 septembre est passé, la “crise sanitaire” devenue dictature planétaire est actuelle et en marche, nous sommes dedans et en subissons les conséquences génocidaires directes et indirectes quotidiennement. Mais cette mascarade COVID19, cette imposture visant à imposer la dictature technotronique sans laquelle l’oligarchie ne peut plus survivre, ne peut exister aujourd’hui que parce qu’il y a eu le 11 septembre, parce que cet évènement fondateur est à l’origine de la 3ème guerre mondiale : celle de l’oligarchie néo-malthusienne à velléité transhumaniste contre les peuples du monde, le 0,0001% contre le reste de l’humanité. Les attentats nucléaires du 11 septembre 2001 à New York, organisé par ce qui est appelé “l’état profond”, sont l’origine de tout ce qui s’est produit depuis, menant à ce glissement inexorable vers le Nouvel Ordre Mondial dystopique salvateur d’une oligarchie consciente de la fin proche du système étatico-capitaliste qui les maintient en haut de cette pyramide factice du pouvoir usurpé.

Les attentats du 11 septembre ont été perpétrés par une faction de l’élite politique de l’empire sous contrôle d’une cabale financière puisant sa source au cœur même de l’empire financier impérialiste : la City de Londres dont Wall Street n’est qu’une succursale de luxe.

Tracer et exposer la vérité sur le 11 septembre est une des clefs de notre libération, du chemin vers notre émancipation définitive et de la mise à bas de l’État, de la marchandise, de l’argent et du salariat. Tracer et exposer la vérité sur le 11 septembre, c’est faire comprendre à des millions de gens à travers la planète de la supercherie, de l’illusion et du niveau de malfaisance dans lesquels une petite clique d’initiés est étroitement impliquée et comment finalement elle nous contrôle et contrôle nos sociétés, sans qu’elle même n’en ait le choix en définitive, car l’engrenage systémique crée les circonstances et demande un flot incessant de crimes et de mensonges pour les couvrir.

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Cela fera comprendre une fois pour toute à des millions, des milliards de gens sur la planète qu’il n’y a pas de solution au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu, et qu’il ne saurait y en avoir, tout n’est qu’illusion et poudre aux yeux sous le plus grand chapiteau criminel du monde. Aussi nous vous engageons à lire et diffuser toutes les informations que vous pourrez collecter afin d’exposer au grand large ces crimes contre l’humanité et inciter le plus de gens possible à anticiper ceux à venir, car ne vous y trompez pas… Ils n’en ont pas fini avec nous. Ils ne s’arrêteront qu’une fois la population mondiale réduite à moins de 500 millions d’individus et que seront établies leurs “zones vertes” de villégiature trans-humaniste.

Si vous pensez toujours 20 ans plus tard, que les responsables des attentats du 11 septembre sont Ben Laden et ses barbus planqués dans les grottes de Tora Bora en Afghanistan, il ne fait aucun doute que vous vous êtes faits injecter de cette merde OGM “anti-COVID” avec le sourire béat du mouton en route pour l’abattoir.

Il est important de bien comprendre que sans le 11 septembre, ce cirque criminel COVID19 ne serait sans aucun doute pas possible. La crise fabriquée de toute pièce de ce “COVID19” est la résultante directe de l’attentat faux-drapeau du 11 septembre qui a amené monde et peuples là où les marionnettes du système veulent qu’ils soient…

Qui avale des couleuvres peut sans aucun doute avaler des virus et les conditions fabriquées qui les mettent en place n’est-il pas ?

Entre la réflexion critique et l’action directe, il ne doit pas y avoir l’épaisseur d’un cheveu.

L’heure est venue ! 

Dans l’esprit de Cheval Fou…

rEVOLUTION

Lectures complémentaires :

“Un 11 septembre nucléaire”

Notre dossier “11 septembre”

Notre page : “Coronavirus, guerre contre l’humanité”

Et n’oublions jamais :

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

QU’ON SE LE DISE !

“Dans le pouvoir des Conseils [ouvriers], qui doit supplanter internationalement tout autre pouvoir, le mouvement prolétarien est son propre produit, et ce produit est le producteur même. Il est à lui-même son propre but. Là seulement la négation spectaculaire de la vie est niée à son tour.”
~ Guy Debord, “La société du spectacle” ~

“L’histoire du terrorisme est écrite par l’État. Elle est donc éducative.”
~ Guy Debord, “Commentaires sur la société du spectacle”, 1988 ~

“On entend dire que la science est maintenant soumise à des impératifs de rentabilité économique, cela a toujours été vrai. Ce qui est nouveau, c’est que l’économie en soit rendue à faire ouvertement la guerre aux humains. ; non plus seulement aux possibilités de leur vie, mais aussi à celles de leur survie.”
~ Ibid. ~

“La désinformation se déploie maintenant dans un monde où il n’y a plus de place pour aucune vérification.”
~ Ibid. ~

“Autrefois, on ne conspirait jamais que contre un ordre établi. Aujourd’hui, conspirer en sa faveur est un nouveau métier en grand développement. Sous la domination spectaculaire, on conspire pour la maintenir et pour assurer ce qu’elle seule pourra appeler la bonne marche des choses. Cette conspiration fait partie de son fonctionnement même.”
~ Ibid. ~

PD_Saalambo

Vaincre le colonialisme, mettre fin à l’empire du vampire (Mohawk Nation News)

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“Vous ne serez et ne demeurerez que des commodités, aussi longtemps que l’empire existera.”
~ Russell Means, Lakota, Oglala activiste et résistant ~

La fin de l’empire du vampire

Mohawk Nation News

4 septembre 2021

url de l’article original:
https://mohawknationnews.com/blog/2021/09/03/end-of-the-empire-of-the-vampire-audio/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Nous devrions maintenant nous tenir debout ensemble, par les coudes, planter un arbre de paix et y enterrer nos armes pour toujours. Quand il n’y a pas d’armes, personne n’est blessé. Les gens se convertissent à la paix. Les Américains ont saboté les équipements militaires qu’ils ont laissé derrière eux en Afghanistan. Ces gens pourraient en faire quelque chose de bien plus utile que d’attendre pour tirer sur quelqu’un. La Nature n’a aucun besoin d’armes. Nous avons juste besoin de travailler et de (sur)vivre. Sans armes, nous devons utiliser notre intelligence.

Le pouvoir de détruire est toxique pour les impérialistes, c’est une drogue. Les Etats-Unis ont perdu la guerre non déclarée illégale et les plans de déstabilisation de l’Afghanistan en finançant et en armant le désordre et le chaos comme ils l’ont fait ces 100 dernières années dans bien des pays. Des organisations militaires voyous de l’empire ont toujours œuvré derrière des Indiens marionnettes et les conseils de tribus coloniaux pour diviser, nous affaiblir et nous exterminer. Les ministères de la guerre, les églises et les ONG mettent en place les guerres civiles et la terreur. Ce système a créé de toute pièce le plus grand holocauste de l’histoire de l’humanité, celui de plus 100 millions d’indigènes au continent des Amériques [depuis le XVème siècle).

Les empires étrangers affirment qu’ils ont droit au pillage, à l’exploitation, à la mise en esclavage, au viol et à la terreur des populations autochtones depuis plus de 500 ans sur l’Île de la Grande Tortue. Comme l’a dit Joe Biden après l’attentat contre les Américains en déroute à l’aéroport de Kaboul : “Ceux qui ont perpétré ces attaques ne seront pas pardonné, nous n’oublierons pas. Nous vous traquerons et vous ferons payer.” En clair, “Nous vous aurons avec un drone”.

Lorsque les Américains ont saboté les armes laissées en Afghanistan, ils doivent les détruire eux-mêmes, comme nous le demandons depuis plus de 500 ans de façon à ce que nous ayons enfin la paix. En accord avec Kaianerekowa, nous enterrons toutes les armes de guerre qui se produisent dans les esprits des uns des autres, ces pensées mêmes qui nous rendent haineux, agressifs, violents et qui nous font nous entre-tuer. Tout acte hostile deviendra alors inconnu. Le monde entier doit procéder de la sorte. Seul la massue de guerre n’est pas enterrée afin qu’on puisse tuer les traîtres avec elle. La hache de défense n’est pas enterrée.

La république de la guerre (USA) a dépensé 2000 millards de dollars pour détruire l’Afghanistan : pour corrompre et armer une armée afghane corrompue, pour mettre en place des infrastructures de gouvernance fascistes, ainsi les envahisseurs pouvaient vivre confortablement parmi le peuple indigène appauvri qu’ils attaquaient, volaient et réduisaient en esclavage. Le reste fut siphonné par des groupes étrangers complices, des mercenaires appelés des “sous-traitants civils privés” et des consultants exogènes.

Les avoirs financiers afghans ont été gelés et les Yankees ont pris le reste. Le président afghan fut le premier à se sauver, laissant derrière lui des bout de papier de monnaie absolument sans aucune valeur sur la piste de décollage. Le FMI ne prêtera rien. Pas de nourriture. Des infrastructures détruites, une hausse des prix vertigineuse, des sanctions économiques, aucune aide, plus de salaires. Le système de santé est hors de service.

Les manipulateurs du pouvoir ne sont en aucun cas responsables publiquement et sont au-delà de toute scrutinité. Le Canada est en ce moment en train de présider pompeusement à la  mort de nos enfants, aucunement mentionnés bien entendu dans la campagne électorale en vigueur. Les électeurs s’en foutent de toute façon. Les échafauds qu’ils construisent pour nous sont en fait pour eux-mêmes. L’empire est humilié par les Afghans, les Syriens, les Irakiens, les Libyens, les Cubains, les Vietnamiens et tous les peuples indigènes qui continuent de résister encore et toujours. L’empire constate le déclin de sa force, de son incompétence et de sa sauvagerie. Tout tourne autour de l’industrie de la guerre et rien d’autre. Les bureaucrates observent. Les critiques du système sont assassinés. Les médias sont complices. Les gens sont désespérés. Tout espoir est perdu.

Il n’y a aucun esprit de rétribution ni de droiture. Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix, guérit les viols de l’ordre naturel des choses et le mal que cela cause. Un empire demande impérativement l’anéantissement de la véritable démocratie afin de produire des dictatures militaires, une énorme armée et des guerres perpétuelles sous présidence impériale. Ils sont accrocs aux flingues, au meurtre et au fric.

Le MI5 britannique et la CIA sont des organisations militaires voyous qui supervisent la construction de cet empire secret. La GRC (NdT: la police montée du Canada) a perpétré le kidnaping de millions de nos enfants afin que les gouvernements et les églises puissent réaliser la “solution finale au problème indien” et de cette résistance au vol de l’Île de la Grande Tortue et de ses ressources. La GRC s’est amalgamée avec les services secrets canadiens du CSIS pour créer l’Equipe de Réponse Aborigène (ERA), qui est la gestapo moderne de ce IVème Reich. Aujourd’hui, ils nous suivent toujours dans leurs voitures noires lorsque nous quittons nos “réserves” / camps de détention.

Les camps de la mort que furent les pensionnats pour Indiens furent des sites d’interrogations d’expérimentation, de torture et d’assassinats ciblés d’enfants indigènes innocents et sans aucune défense ainsi que de civils désarmés.

Nous, les peuples indigènes, sommes craints parce que nous exposons la vérité au sujet de cet empire. L’homicide volontaire et le génocide commis par les Etats-Unis et le Canada sur nous n’est mentionné nulle part parce que nous les avons humiliés. Ils veulent que nous payons de nos vies le prix d’avoir déballonné leur mythe fabriqué de grand pouvoir. Nous ne serons jamais pardonnés pour avoir exposé au grand jour leur immoralité, leur faiblesse et le travail interne sordide faisant fonctionner l’empire. Comment éliminer les empires ? Suivez la philosophie instillée par Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix, de chacun étant souverain, égal à quiconque et ayant une voix. Les envahisseurs ont introduit des armes à feu et ont amené les guerres. Retournons à 1491 lorsque nous avions tout pour chasser et nous nourrir. L’armement est la seule manière dont tout empire existe. Lorsqu’il n’y a plus d’armes, ils perdent. Lorsque chacun est souverain, il n’y a absolument aucun besoin d’un président ou d’un premier ministre. Nos esprits, la nature et la grande loi de la paix nous guident.

= = =

Lire nos pages:

« Colonialisme, doctrine chrétienne de la découverte »

Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix

« Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada »

« Russell Means et l’activisme résistance de l’American Indian Movement »

« Textes fondateurs pour un changement de paradigme politique »

« Taiaiake Alfred et l’anarcho-indigénisme »

« Manifeste pour la société des sociétés »

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La mascarade de la guerre perpétuelle contre le terrorisme… D’Al CIAïda à l’EI-K en passant par les Talibans, construire la terreur mondiale et surfer sa vague (Pepe Escobar)

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TalebaNI-MOSSAD-CIA

Endurer la terreur pour toujours : d’Al Qaïda à L’EI-K

Une collaboration entre le Pentagone et les Talibans est établie, les éternelles guerres de l’ombre de la CIA sont une toute autre paire de manches

Pepe Escobar

6 septembre 2021

Source :
https://www.mondialisation.ca/endurer-la-terreur-pour-toujours-dal-qaida-a-lei-k/5659943

C’était il y a 20 ans aujourd’hui. Asia Times a publié « Attrapez Osama ! Maintenant ! Ou bien… » Le reste appartient à l’histoire.

Rétrospectivement, cela ressemble à des nouvelles d’une autre galaxie. Avant la planète 11 septembre. Avant la GWOT (Guerre mondiale contre le Terrorisme). Avant les guerres éternelles. Avant l’ère des réseaux sociaux. Avant le partenariat stratégique Russie-Chine. Avant la Dronification de la Violence d’État. Avant le techno-féodalisme.

Permettez-moi d’être un peu plus personnel. J’étais de retour à Peshawar – la Rome islamique, capitale des zones tribales – il y a 20 ans, après une boucle vertigineuse autour du Pakistan, des territoires tribaux, une opération de contrebande ratée à Kunar, un séjour au Tadjikistan, une arrivée en hélicoptère soviétique dans la vallée du Pandjchir, un voyage en voiture éprouvant jusqu’à Faizabad et un vol de l’ONU qui a mis des siècles à arriver.

Dans le Pandjchir, j’avais enfin rencontré « le Lion », le commandant Massoud, qui préparait alors une contre-offensive contre les Taliban. Il m’a dit qu’il combattait une triade : les Taliban, Al-Qaïda et l’ISI pakistanaise. Moins de trois semaines plus tard, il a été assassiné – par deux opérations d’Al-Qaïda déguisées en équipe de tournage, deux jours avant le 11 septembre.

Personne, il y a 20 ans, n’aurait pu imaginer la fronde et les flèches de la fortune scandaleuse – de la terreur – qui ont suivi. Deux décennies, 2,3 trillions de dollars et au moins 240 000 morts afghans plus tard, les Taliban sont de retour là où ils étaient : au pouvoir en Afghanistan. Massoud Jr dirige en théorie une « résistance » dans le Pandjchir – en réalité une opération de la CIA canalisée par l’intermédiaire d’un agent de la CIA, Amrullah Saleh, ancien vice-président afghan.

Al-Qaïda est un squelette inoffensif, même réhabilité en Syrie en tant que « rebelles modérés » ; le nouveau croquemitaine en ville est l’État islamique au Khorassan (EI-K), une émanation de l’État islamique en Syrie.

Après avoir négocié un accord global stupéfiant avec les Taliban, l’Empire du Chaos conclut une évacuation humiliante du pays qu’il a bombardé en démocratie et soumis pendant deux décennies. Une fois de plus, les États-Unis ont été expulsés de facto par une armée de guérilla paysanne, cette fois-ci principalement composée de Pachtounes, descendants des Huns blancs – une confédération de nomades – ainsi que des Sakas, peuples iraniens nomades des steppes eurasiennes.

L’armée de l’ombre de la CIA

L’EI-K, le nouveau nid de vipères, ouvre de multiples boîtes de Pandore qui pourraient conduire à la nouvelle incarnation des guerres éternelles. L’EI-K a revendiqué la responsabilité de l’horrible attentat suicide de Kaboul.

L’EI-K est apparemment dirigé par un émir fantôme, Shahab al-Mujahir (pas de photo, pas de biographie détaillée), censé être un expert en guerre urbaine qui a travaillé auparavant comme simple commandant de niveau intermédiaire pour le réseau Haqqani.

En 2020, L’EI-K, qui connaît bien les médias, a publié l’un de ses messages audio en pachtou. Pourtant, il n’est peut-être pas pachtoune, mais originaire d’une certaine région du Moyen-Orient, et il ne parle pas couramment cette langue.

Même le commandant du CENTCOM, le général Mackenzie, a admis que l’armée américaine partageait des informations sur L’EI-K avec les Taliban – ou plutôt l’inverse : le porte-parole des Taliban, Zahibullah Mujahid, à Kaboul, a souligné qu’ils avaient préalablement averti les Américains d’une menace imminente pour l’aéroport.

La collaboration entre le Pentagone et les Taliban est désormais établie. Les éternelles guerres de l’ombre de la CIA sont une toute autre paire de manches.

J’ai montré dans cette enquête approfondie comment la priorité absolue des Taliban est de cibler les ramifications de l’armée de l’ombre de la CIA en Afghanistan, déployée via la Force de Protection de Khost (KPF) et au sein de la Direction nationale de la Sécurité (NDS).

L’armée de la CIA, comme je l’explique, était une hydre à deux têtes. Les unités les plus anciennes remontaient à 2001 et étaient très proches de la CIA. La plus puissante était la KPF, basé au Camp Chapman de la CIA à Khost, qui opérait totalement en dehors de la loi afghane, sans parler du budget.

L’autre tête de l’hydre était constituée par les forces spéciales afghanes de la DNS : quatre unités principales, chacune opérant dans sa propre région. La DNS était financée par la CIA et, à toutes fins utiles, ses agents étaient formés et armés par la CIA.

La DNS était donc de facto un mandataire de la CIA. Et voici le lien direct avec Saleh, qui a été formé par la CIA aux États-Unis lorsque les Taliban étaient au pouvoir à la fin des années 1990. Par la suite, Saleh a pris la tête de la DNS, qui travaillait en étroite collaboration avec le RAW, les services secrets indiens. Aujourd’hui, il est un « leader de la résistance » dans le Pandjshir.

Mon enquête a été confirmée immédiatement par le déploiement de la Task Force Pineapple la semaine dernière, une opération menée par la CIA/Forces spéciales pour extraire de Kaboul les derniers agents de renseignement sensibles qui étaient poursuivis par les Taliban.

En parallèle, de sérieuses questions s’accumulent concernant l’attentat suicide de Kaboul et la réponse immédiate du MQ-9 Reaper visant un « planificateur de l’EI-K » dans l’est de l’Afghanistan.

Cette page a suivi avec attention les informations de première importance concernant ce qui pourrait être décrit comme le massacre d’Abbey Gate, et qui a été, sans surprise, enterré par les grands médias occidentaux.

La chaîne YouTube Kabul Lovers, par exemple, pratique un journalisme de rue qui fait honte à toutes les chaînes de télévision multimillionnaires. Un officier militaire qui a examiné les corps de nombreuses victimes de l’attentat à l’hôpital d’urgence de Kaboul a affirmé que la plupart n’étaient pas des victimes de l’attentat-suicide : « Toutes les victimes ont été tuées par des balles américaines, sauf peut-être 20 personnes sur 100 ». Le rapport complet et original, en dari, se trouve ici.

Scott Ritter, pour sa part, a souligné la nécessité d’une « perspective » sur la prétendue frappe de drone contre l’EI-K « de la part d’un véritable expert en drones comme Daniel Hale, mais ils l’ont mis en prison pour avoir dit la vérité sur la faiblesse de notre programme de drones lorsqu’il s’agit de tuer les bonnes personnes ».

Il est maintenant établi que, contrairement aux affirmations du Pentagone, la frappe de drone a touché une maison au hasard à Jalalabad, et non un véhicule en mouvement, et qu’il y a eu des « dommages collatéraux » : au moins 3 civils.

Et le bilan civil d’une frappe de missile ultérieure sur un autre « planificateur de l’EI-K » présumé dans une voiture à Kaboul est déjà de 9 morts, dont 6 enfants.

La filière Syrie-Afghanistan

L’offensive tant vantée du Pentagone contre l’État islamique en Syrie a été tournée en dérision dans tout l’Axe de la Résistance comme une énorme farce.

Au fil des ans, des exposés ont été présentés par Moscou, Téhéran, Damas, le Hezbollah et certaines des Unités de Mobilisation populaire (UPM) en Irak.

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé à plusieurs reprises que « les États-Unis ont utilisé des hélicoptères pour sauver les terroristes de l’EI de l’anéantissement complet en Irak/Syrie et les ont transportés en Afghanistan pour les garder comme insurgés en Asie centrale contre la Russie, la Chine et l’Iran ».

L’envoyé présidentiel spécial russe pour l’Afghanistan, Zamir Kabulov, extrêmement bien informé, a souligné que la Russie avait reçu les mêmes informations des chefs tribaux locaux. Même l’ancien président Hamid Karzai – aujourd’hui négociateur clé pour la formation du prochain gouvernement dirigé par les Taliban à Kaboul – a qualifié l’EI-K d’ »outil » des États-Unis.

Il est important de se rappeler que l’EI-K est devenu beaucoup plus puissant en Afghanistan depuis 2020 en raison de ce que je décris comme une filière obscure de transport entre Idlib en Syrie et Kunar et Nangarhar dans l’est de l’Afghanistan.

Bien sûr, il n’y a pas encore de preuve irréfutable, mais nous avons une hypothèse de travail sérieuse selon laquelle l’EI-K pourrait n’être qu’une autre armée fantôme de la CIA, en collaboration avec la DNS.

Tout cela, si cela se confirme, laisse présager un avenir sombre : la poursuite des guerres éternelles par d’autres moyens – et tactiques. Pourtant, ne sous-estimez jamais le contre-pouvoir de ces descendants des Huns blancs et des Sakas, qui n’ont pas froid aux yeux.

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Critique autochtone des sociétés coloniales et le mythe du progrès 1ère partie (David Graeber)

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DG1

La sagesse de Kondiaronk : La critique indigène, le mythe du progrès et la naissance de la gauche

David Graeber

2019

Source :
http://www.journaldumauss.net/?La-sagesse-de-Kandiaronk-la-critique-indigene-le-mythe-du-progres-et-la

1ère partie

2ème partie

L’anthropologue David Graeber travaille depuis sept années, avec l’archéologue David Wengrow, sur un ouvrage consacré à une histoire des inégalités. Un premier extrait de cet ouvrage a été publié sur internet en 2018 (https://www.eurozine.com/comment-changer-le-cours-de-lhistoire/). Cet extrait montrait que la narration habituelle selon laquelle l’inégalité des hommes était le prix à payer pour les sociétés développées et leur confort est un mensonge. En effet, dans une analyse de l’histoire de la très longue durée, sur environ 50,000 ans, David Graeber et David Wengrow [1] montrent qu’il existait aussi bien des petites sociétés de chasseurs-ceuilleurs inégalitaires que des grandes villes extrêmement égalitaires. De manière plus étonnante encore, il existait des sociétés qui pouvaient être égalitaires l’été et inégalitaire pendant l’hiver, ou inversement. Cet extrait avait été largement commenté dans les milieux intellectuels et notamment en France par Emmanuel Todd [2].

Ce second extrait du même ouvrage, encore inédit en français comme en anglais, traite de l’influence des sociétés amérindiennes sur les penseurs des Lumières en Occident. Il y apparaît que les textes fondateurs des Lumières et de la Révolution Française, et notamment le texte de Rousseau sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes, ont été fortement influencés par des livres qui relataient la critique des indiens d’Amérique vis-à-vis de la société occidentale. Parmi ces indiens d’Amérique, la personnalité de Kondiaronk ressort comme celle d’une sorte de Socrate amérindien, un brillant orateur qui a fasciné l’élite occidentale française et qui a perverti la jeunesse occidentale à mesure que ses critiques de la société occidentale et de la religion chrétienne se diffusaient au sein de la susdite société. Le texte montre que l’idéologie du progrès apparaît alors comme une réaction conservatrice contre la diffusion de ces idées afin de justifier les inégalités occidentales puisque selon cette idéologie, l’inégalité des hommes serait le prix à payer pour le progrès technique et le confort qu’il apporte. Nous commenterons cet extrait au sein du MAUSS prochainement et nous invitons les personnes intéressées à proposer leurs analyses afin de tenter d’ouvrir un débat convivial à la hauteur – vertigineuse – de ce texte.

Christophe Petit

Dans le dernier chapitre, nous avons décrit quelque chose de l’héritage de Jean-Jacques Rousseau – dont l’histoire sur les origines de l’inégalité sociale ne cesse d’être racontée en des variations infinies jusqu’à nos jours. Pourtant, comment cette histoire a-t-elle vu le jour ?

Les historiens des idées n’ont jamais vraiment abandonné la théorie de l’histoire du Grand Homme. Ils écrivent souvent comme si toutes les idées importantes d’une époque donnée pouvaient être rapportées à un individu hors du commun, que ce soit Platon, ou Confucius, Adam Smith ou Karl Marx, plutôt que de considérer leurs écrits comme des interventions particulièrement brillantes sur des sujets déjà largement débattus dans des tavernes ou des soirées ou des jardins publics, ou n’importe quel autre lieu. Comme si William Shakespeare avait en quelque sorte inventé la langue anglaise. En fait, bon nombre des tournures de phrases les plus brillantes de Shakespeare se sont avérées être des expressions courantes de l’époque. N’importe quel Anglais ou Anglaise élisabéthain aurait pu probablement les lancer dans une conversation informelle. Et si ces auteurs restent aussi obscurs que ceux de blagues de mauvais goût, sans Shakespeare, ces expressions auraient probablement disparu depuis longtemps et auraient été oubliées.

Tout cela a été tout à fait vrai pour Rousseau. Les historiens des idées écrivent parfois comme si Rousseau avait personnellement lancé le débat sur les inégalités sociales avec son essai. En fait, Rousseau l’a écrit pour se soumettre à un concours de rédaction sur le sujet.

En mars 1754, l’Académie Dijonnaise des Arts et Sciences avait annoncé un concours national d’essais sur la question ’Quelle est l’origine de l’inégalité entre les hommes, et est-elle autorisée par la loi naturelle ? Ce que nous aimerions faire dans ce chapitre, c’est de nous poser la question suivante : pourquoi un groupe d’universitaires de l’Ancien Régime organisant un concours national de dissertation aurait-il jugé que c’était une question appropriée en tout premier lieu ? La façon dont la question est posée suppose, après tout, que l’inégalité sociale a une origine, c’est-à-dire qu’il va de soi qu’il fût un temps où les êtres humains étaient égaux, puis que quelque chose est arrivé pour changer cette situation, ce qui est en fait une chose assez surprenante à penser pour les gens vivant sous la monarchie absolue de Louis XV. Après tout, ce n’est pas comme si quelqu’un en France à l’époque avait une expérience personnelle de la vie en société d’égal à égal. C’était une culture dans laquelle presque tous les aspects de l’interaction humaine, qu’il s’agisse de manger, de boire, de travailler, de socialiser, étaient marqués par des ordres hiérarchiques élaborés et des rituels de respect social. Les auteurs des essais étaient des hommes qui avaient passé leur vie à faire soigner tous leurs besoins par des serviteurs, ils vivaient du patronage des ducs et des archevêques, ils entraient rarement dans un bâtiment sans connaître l’ordre précis de l’importance de chacun. Rousseau lui-même, un jeune philosophe ambitieux, était à l’époque engagé dans un projet élaboré qui consistait à essayer d’exercer son influence à la cour. Son expérience qui se rapprochait le plus de l’égalité sociale, c’était quelqu’un qui distribuait des parts égales de gâteau lors d’un souper. Pourtant, à l’époque, tout le monde s’entendait pour dire que cette situation n’était pas naturelle, qu’il n’en avait pas toujours été ainsi.

Si nous voulons comprendre pourquoi c’était le cas, nous devons nous pencher non seulement sur la France, mais aussi sur la place de la France dans un monde beaucoup plus vaste. La fascination pour la question de l’inégalité sociale est relativement nouvelle, et elle a tout à voir avec le choc et la confusion qui ont suivi l’intégration soudaine de l’Europe dans une économie mondiale dont elle avait longtemps été un acteur très mineur. Au Moyen Âge, la plupart des gens dans d’autres parties du monde qui savaient quoi que ce soit sur l’Europe du Nord la considéraient comme une réserve obscure et peu invitante remplie de fanatiques religieux qui, à part des attaques occasionnelles contre leurs voisins (’les croisades’) étaient largement sans rapport avec le commerce mondial et la politique mondiale. Les intellectuels européens de l’époque ne faisaient que redécouvrir Aristote et le monde antique et n’avaient que très peu d’idée de ce à quoi les gens pensaient et se disputaient ailleurs. Tout cela a bien sûr changé lorsque les flottes portugaises ont commencé à contourner l’Afrique et ont fait irruption dans l’océan Indien, et surtout, avec la conquête espagnole des Amériques. Soudain, quelques-uns des royaumes européens les plus puissants se sont retrouvés aux commandes de vastes étendues du globe, et les intellectuels européens se sont retrouvés en communication directe non seulement avec les anciennes civilisations de la Chine et de l’Inde, mais exposés à une pléthore d’idées sociales, scientifiques et politiques non imaginées jusque-là. Le résultat final de ce flot d’idées nouvelles a été connu sous le nom des Lumières.

Bien sûr, ce n’est pas non plus la façon dont les historiens des idées racontent généralement l’histoire. Non seulement on nous enseigne à penser l’histoire des idées comme étant largement le fait de ’grands penseurs’ individuels écrivant de grands livres ou pensant de grandes pensées, mais on suppose que ces grands penseurs le font presque exclusivement en référence les uns aux autres. Par conséquent, même dans les cas où les penseurs des Lumières eux-mêmes insistaient ouvertement sur le fait qu’ils obtenaient leurs idées de sources étrangères – comme par exemple, le philosophe allemand Gottfried Wilhelm Leibniz. a fait lorsqu’il a exhorté ses compatriotes à adopter des modèles chinois d’art politique – il y a une étrange tendance à insister sur le fait qu’ils n’étaient pas vraiment sérieux, ou encore, que lorsqu’ils disaient embrasser des idées chinoises, persanes ou indigènes américaines, ce n’étaient pas vraiment des idées chinoises, persanes ou indigènes américaines mais des idées qu’eux-mêmes avaient créées et simplement attribuées aux autres exotiques étrangers.

C’est une hypothèse remarquablement arrogante, comme si la ’pensée occidentale’ (comme on l’appellera plus tard) était un ensemble d’idées si puissant et si monolithique que personne d’autre ne pourrait y exercer une influence significative. C’est aussi assez manifestement faux. Prenons le cas de Leibniz mentionné ci-dessus. Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, les gouvernements européens en sont venus progressivement à adopter l’idée que chaque gouvernement devait présider correctement une population de langue et de culture largement uniforme, présidée par un fonctionnaire bureaucratique formé aux arts libéraux qui avait réussi les concours. Il peut paraître surprenant qu’ils l’aient fait, car rien de tel n’avait existé à une époque antérieure de l’histoire européenne. Pourtant, c’était presque exactement le système qui existait depuis des siècles en Chine. Devons-nous vraiment insister sur le fait que la défense des modèles chinois d’art politique par Leibniz et ses alliés et partisans n’a rien à voir avec le fait que les Européens ont, en fait, adopté quelque chose qui ressemble beaucoup aux modèles chinois d’art politique ? Ce qui est vraiment inhabituel dans cette affaire, c’est que Leibniz était si honnête au sujet de ses influences intellectuelles ; dans la plupart des pays d’Europe, les autorités de l’Église détenaient encore beaucoup de pouvoir et quiconque soutenait que les voies non chrétiennes étaient supérieures pourrait être accusé d’athéisme, qui était potentiellement un crime capital. [3]

C’est à peu près la même chose avec la question de l’inégalité. Si nous ne nous demandons pas ’ quelles sont les origines de l’inégalité sociale ’, mais ’ quelles sont les origines de la question de l’origine de l’inégalité sociale ’ – comment en serait-il venu à penser qu’en 1754, l’Académie de Dijon trouvait cette question appropriée – nous sommes immédiatement confrontés à une longue histoire de débats entre Européens sur la nature des sociétés éloignées : dans ce cas, particulièrement les sociétés des forêts de l’est d’Amérique du Nord. De plus, beaucoup de ces conversations font référence à des arguments que les Européens avaient eus avec les Amérindiens eux-mêmes, au sujet de la nature de la liberté, de l’égalité ou même de la rationalité et de la religion révélée – en fait, la plupart des thèmes qui allaient devenir centraux dans la pensée politique du siècle des Lumières. De nombreux penseurs influents du siècle des Lumières ont en effet affirmé que certaines de leurs idées sur le sujet provenaient directement de sources amérindiennes – même si, comme on pouvait s’y attendre, les historiens des idées insistent sur le fait que cela ne peut pas vraiment être le cas. On suppose que les peuples autochtones ont vécu dans un univers complètement différent, qu’ils ont même habité une réalité différente. Tout ce que les Européens disent d’eux, selon la logique, doit donc être de simples projections de jeux d’ombres, des fantasmes ’nobles et sauvages’ tirés de la tradition européenne elle-même. [4] Il s’agit généralement d’une critique de l’arrogance occidentale (’comment pouvez-vous suggérer que les impérialistes génocidaires étaient réellement à l’écoute de ceux dont ils étaient en train d’éradiquer les sociétés ? ’), mais cette critique, pourrait-elle être tout aussi bien considérée comme une forme d’arrogance occidentale en soi ? Il est incontestable que les commerçants, les missionnaires et les colons européens ont, en fait, engagé des conversations prolongées avec les gens qu’ils ont rencontrés dans ce qu’ils ont appelé le Nouveau Monde, et ont souvent vécu parmi eux pendant de longues périodes, même s’ils ont également participé à leur destruction. Nous savons que nombre de ceux qui vivent en Europe et qui en sont venus à adhérer à des principes de liberté et d’égalité qui n’existaient à peine dans leur pays que quelques générations auparavant ont affirmé que les récits de ces rencontres avaient une profonde influence sur leur pensée. Nier simplement qu’il est possible qu’ils aient eu raison, c’est, en fait, insister sur le fait que les peuples autochtones ne peuvent pas avoir d’impact réel sur l’histoire. C’est une forme d’infantilisation des non-occidentaux que ces auteurs prétendent critiquer.

Ces dernières années, un nombre croissant d’universitaires, la plupart d’origine autochtone, ont remis en question ces hypothèses. [5] Ici, nous suivons leurs traces. Essentiellement, nous allons relater l’histoire en supposant que toutes les parties prenantes à la conversation étaient des adultes et qu’ils s’écoutaient, au moins à l’occasion. Si nous faisons cela, même les histoires prennent soudainement un air très différent. En fait, les Amérindiens, confrontés à des étrangers étranges et inconnus, ont progressivement développé leur propre critique, étonnamment cohérente, des institutions européennes, et ces critiques ont été prises très au sérieux en Europe. Elles ont été prises tellement au sérieux, en fait, que l’histoire du progrès ambivalent de la civilisation que nous avons résumée dans le dernier chapitre a dû être inventée, en grande partie, pour neutraliser la menace que représentait la critique autochtone.

C’est d’ailleurs précisément la raison pour laquelle l’Académie de Dijon se posait la question, mais ici, bien sûr, nous anticipons.

Alors, comment les Européens en sont-ils venus à s’interroger sur les origines des inégalités sociales ?

La première chose à souligner, c’est que ce problème n’est pas un problème qui aurait eu un sens pour quiconque au Moyen Âge. Les rangs et les hiérarchies étaient supposés exister depuis le tout début. Même dans le jardin d’Éden, comme l’a observé saint Thomas d’Aquin, Adam dépassait clairement Ève. L’’ égalité sociale ’ – et donc, c’est le contraire, l’inégalité – n’existait tout simplement pas en tant que concept. Une étude récente de la littérature médiévale par deux chercheurs italiens [6] n’a trouvé aucune preuve que les termes latins aequalitas ou inaequalitas, ou leurs équivalents anglais, français, espagnol, allemand ou italien, étaient utilisés pour décrire les relations sociales avant l’époque de Colomb. On ne peut donc même pas dire que les penseurs médiévaux aient rejeté la notion d’égalité sociale : l’idée qu’elle puisse exister ne leur est jamais venue à l’esprit.

Les auteurs observent que les termes ’égalité’ et ’inégalité’ n’ont commencé à devenir monnaie courante qu’au début du XVIIe siècle, sous l’influence de la théorie du droit naturel. La théorie de la loi naturelle, à son tour, a surgi en grande partie au cours des débats sur les implications morales et juridiques de la découverte européenne du Nouveau Monde. [7]

Il est important de se rappeler que des aventuriers espagnols comme Cortes et Pizarro ont mené leurs conquêtes en grande partie sans l’autorisation des autorités supérieures ; par la suite, il y a eu d’intenses débats chez nous pour savoir si une telle agression sans fard contre des personnes qui, après tout, ne représentaient aucune menace pour les Européens, pouvait vraiment se justifier. [8] Le principal problème était que, contrairement aux non-chrétiens de l’Ancien Monde, dont on pouvait supposer qu’ils avaient eu l’occasion d’apprendre les enseignements de Jésus et donc de les rejeter activement, il était assez évident que les habitants du Nouveau Monde n’avaient jamais été exposés aux idées des chrétiens. Ils ne peuvent donc pas être considérés comme des infidèles. Les conquistadors ont généralement mis au point cette question en lisant une déclaration en latin appelant les Indiens à se convertir avant de les attaquer ; les juristes des universités comme Salamanque en Espagne n’ont pas été impressionnés par cet argument. En même temps, les tentatives visant à considérer les habitants des Amériques comme si totalement étrangers qu’ils se trouvaient hors des frontières de l’humanité, et pouvaient donc être traités littéralement comme des animaux, n’ont pas non plus eu beaucoup de succès. Même les cannibales, ont noté les juristes, avaient des gouvernements, des sociétés et des lois, et étaient capables de construire des arguments pour défendre la justice de leurs arrangements sociaux ; donc, ils étaient clairement des humains, investis par Dieu de pouvoirs de raison.

La question était alors de savoir de quels droits les êtres humains disposent simplement à force d’être humains, c’est-à-dire de quels droits on pourrait dire qu’ils disposent ’naturellement’, même s’ils existaient dans un ’état de nature’, innocent des enseignements de la philosophie écrite et de la religion révélée et sans lois codifiées ? La question a fait l’objet de vifs débats. Il n’est pas nécessaire de s’attarder ici sur les formules exactes qu’ils ont trouvées (il suffit de dire qu’ils ont permis aux Américains d’avoir des droits naturels, mais qu’ils ont fini par justifier leur conquête, à condition que leur traitement ultérieur ne soit pas trop violent ou oppressif) : l’important dans ce contexte est qu’ils aient ouvert une porte conceptuelle. Elle a permis à des écrivains comme Thomas Hobbes, Hugo Grotius ou John Locke de passer outre les récits bibliques que tout le monde avait l’habitude d’utiliser comme point de départ et de commencer par des expériences de pensée similaires : comment les humains auraient-ils pu être dans un état de nature, quand ils avaient seulement leur humanité  ?

Dans tous les cas, ces auteurs ont tiré leurs exemples de cet état de la nature de ce qu’ils supposaient être les sociétés les plus simples de l’hémisphère occidental et ont donc conclu que, pour le meilleur ou pour le pire (Hobbes, par exemple, l’a certainement trouvé pire), l’état original de l’humanité était celui de liberté et d’égalité.

Il est important de s’arrêter ici un instant et d’examiner pourquoi ils l’ont fait parce que ce n’était pas du tout une conclusion évidente ou inévitable.

Tout d’abord, le fait qu’ils se soient fixés sur des sociétés apparemment simples comme exemples d’époques primordiales, des sociétés comme les Algonquins des forêts orientales de l’Amérique du Nord, ou les Caraïbes, ou les Amazoniens, plutôt que sur des civilisations urbaines comme les Aztèques, les Mayas ou les Incas, bien que cela nous semble évident, n’aurait pas semblé évident à ce moment-là. Les auteurs de la Renaissance, confrontés à une population d’habitants de la forêt sans roi et n’employant que des outils de pierre, n’avaient guère de chances de les considérer comme primordiaux. La plupart des penseurs de la Renaissance auraient conclu qu’ils regardaient les vestiges tombés au champ d’honneur d’une civilisation ancienne, ou des réfugiés qui, au cours de leurs errances, avaient oublié les arts de la métallurgie et la gouvernance civile. Une telle conclusion aurait eu un sens commun évident pour les gens qui supposaient que toutes les connaissances vraiment importantes avaient été révélées par Dieu au début des temps, que les villes existaient déjà avant le Déluge, et que leur propre vie intellectuelle était essentiellement considérée comme une tentative de récupérer la sagesse perdue des Grecs et des Romains. L’histoire n’est pas une histoire de progrès. Il s’agissait en grande partie d’une série de catastrophes.

Introduire le concept d’état de nature n’a pas vraiment tout changé, du moins immédiatement, mais cela a permis aux philosophes politiques d’imaginer les gens dépourvus des attributs de la civilisation non comme des sauvages dégénérés, mais comme une sorte d’humanité à l’état brut. Cela leur a permis de poser une foule de questions nouvelles et sans précédent sur ce que cela signifiait d’être humain. Quelles formes sociales existeraient encore, même parmi les personnes qui n’avaient pas de forme reconnaissable de loi ou de gouvernement ? Le mariage existerait-il ? Quelles formes pourrait-elle prendre ? L’Homme naturel aurait-il tendance à être naturellement grégaire, ou les gens auraient-ils tendance à s’éviter les uns les autres ? La religion naturelle existait-elle ?

Mais pourquoi se sont-ils fixés sur l’idée de liberté primordiale, ou, surtout, d’égalité ? Cela semble d’autant plus étrange que l’égalité sociale n’avait pas été considérée comme une possibilité par les intellectuels médiévaux.

Tout d’abord, une précision s’impose. Alors que les intellectuels médiévaux avaient du mal à imaginer des relations sociales égales, les paysans médiévaux semblent avoir eu beaucoup plus de facilité à le faire. Il y a toujours eu un certain égalitarisme populaire brutal et prêt à l’emploi, qui s’est particulièrement manifesté lors de fêtes populaires comme le Carnaval, le 1er mai ou les fêtes de Noël, qui ont souvent révélé l’idée d’un ’monde à l’envers’, où tous les pouvoirs et autorités étaient renversés ou bafoués. Souvent, les célébrations étaient présentées comme un retour à un âge primordial de l’égalité : l’âge de Chronos, ou Saturne, ou le pays de Cocagne. Parfois aussi, ces idéaux ont été invoqués lors de révoltes populaires.

Certes, il n’est jamais tout à fait clair à quel point de tels idéaux égalitaires sont vraiment autonomes, ou un simple effet secondaire des arrangements sociaux hiérarchiques qui existaient pendant les temps ordinaires. Notre idée que tout le monde est égal devant la Loi, par exemple, remonte à l’origine à l’idée que tout le monde est égal devant le Roi, ou l’Empereur : puisque si un homme est investi d’un pouvoir absolu, alors évidemment, tous les autres sont égaux en comparaison. Le christianisme primitif a également insisté sur le fait que tous les croyants étaient (dans un sens ultime) égaux par rapport à Dieu, qu’ils appelaient ’Le Seigneur’. Comme cet exemple l’illustre, le pouvoir primordial par rapport auquel les mortels ordinaires sont tous, de facto, égaux, n’a pas besoin d’être lui-même un véritable être humain de chair et de sang ; par conséquent, l’un des points essentiels de la création d’un roi de carnaval ou d’une reine de mai est qu’ils existent afin d’être détrônés. [9] Comme nous le verrons, ce genre de création d’une autorité fictive est très important dans l’histoire.

Comme les spéculations sur les ordres égalitaires heureux d’il y a longtemps apparaissent également dans la littérature classique, même les Européens instruits étaient familiers avec ce concept. Mais tout cela pour dire qu’un état d’égalité n’était pas inconcevable pour eux. Cela n’explique nullement pourquoi ils supposaient presque universellement que des êtres humains innocents de civilisation existeraient dans un tel état. [10] Il faut ici revenir à l’argument qui a été déployé pour établir les habitants des Amériques comme compatriotes humains au départ : le fait que, aussi exotiques ou même pervers que puissent paraître leurs coutumes, ils étaient capables de construire des raisonnements logiques pour leur défense.

Ce que nous suggérons alors, c’est que les intellectuels américains-et ici et dans ce qui suit, nous utilisons le terme ’américain’ comme il l’était à l’époque, pour désigner les habitants autochtones de l’hémisphère occidental, et ’intellectuel’ comme toute personne ayant l’habitude de discuter d’idées abstraites-, ont en fait joué un rôle dans ce processus. Il est très étrange que cela soit considéré comme une idée particulièrement radicale, mais dans la littérature scientifique, c’est une véritable hérésie.

Personne ne nie que de nombreux explorateurs, missionnaires, commerçants, colons et autres résidents européens sur les côtes américaines ont passé des années à apprendre des langues autochtones et à perfectionner leurs compétences en conversation avec des locuteurs natifs, tout comme les autochtones américains ont appris l’espagnol, l’anglais ou le français. Nous ne pensons pas non plus qu’une personne qui a déjà appris une langue vraiment étrangère nie que cela exige beaucoup de travail conceptuel, essayant de saisir des concepts inconnus. Nous savons que les missionnaires menaient généralement de longs débats philosophiques dans le cadre de leurs fonctions professionnelles ; beaucoup d’autres, des deux côtés, se disputaient soit par simple curiosité, soit parce qu’ils avaient des raisons pratiques immédiates de comprendre le point de vue de l’autre. Enfin, personne ne nie que la littérature de voyage et les relations missionnaires, qui contenaient souvent des résumés ou même des extraits de ces échanges, étaient des genres littéraires populaires suivis avec avidité par des Européens instruits : tout ménage de classe moyenne à Amsterdam ou à Grenoble au XVIIIe siècle aurait probablement eu sur ses tablettes au moins un exemplaire des Relations jésuites de la Nouvelle-France et un ou deux témoignages écrits par des voyageurs vers des pays éloignés. De tels livres étaient appréciés en grande partie parce qu’ils contenaient des idées surprenantes et sans précédent.

Les historiens des idées du courant dominant sont conscients de tout cela, mais l’écrasante majorité conclut néanmoins que même lorsque les auteurs européens disent explicitement qu’ils empruntent des idées, des concepts et des arguments aux penseurs autochtones, on ne devrait pas les prendre au sérieux. Tout cela n’est qu’un malentendu, une fabrication ou, au mieux, une projection naïve d’idées européennes préexistantes. Les intellectuels américains, lorsqu’ils apparaissent dans les récits européens, sont supposés n’être que de simples représentants d’un archétype occidental préexistant du ’ noble sauvage ’, une marionnette utilisée pour fournir un alibi plausible à un auteur qui pourrait autrement avoir des difficultés à présenter ce qui était considéré subversif (le déisme, par exemple, le matérialisme raisonnable, ou des vues non traditionnelles sur le mariage). Certes, si l’on rencontre un argument attribué à un sauvage dans un texte européen qui ressemble un tant soit peu à ce que l’on trouve dans Cicéron, ou Érasme, il faut supposer qu’aucun sauvage n’aurait pu vraiment le dire – ou même que la conversation en question n’a jamais vraiment eu lieu du tout. [11]

Cette habitude de pensée est tout au moins très commode pour les étudiants en littérature occidentale, eux-mêmes formés à Cicéron et à Érasme, qui pourraient autrement être contraints d’essayer d’apprendre quelque chose sur ce que les peuples indigènes pensent réellement du monde et, surtout, de ce qu’ils font des Européens. Nous irons dans la direction opposée. Nous examinerons les premiers récits de missionnaires et de voyageurs de la Nouvelle-France – le Québec d’aujourd’hui -, car c’est avec ces récits que Rousseau lui-même était le plus familier, pour se faire une idée de ce que ses habitants autochtones pensaient de la société française et comment ils en sont venus à penser différemment à leur propre société en conséquence. Nous dirons que les Amérindiens ont en effet développé une vision très critique des institutions de leurs envahisseurs, qui s’est d’abord concentrée sur leur manque de liberté, puis, plus tard, sur l’inégalité, à mesure qu’ils se familiarisaient avec les arrangements sociaux européens. L’une des raisons pour lesquelles la littérature de missionnaire et de voyage est devenue si populaire en Europe est précisément parce qu’elle a exposé ses lecteurs à ce genre de critiques, en plus de leur donner un sentiment de possibilité sociale, la connaissance que les voies familières n’étaient pas les seules voies, puisque des sociétés existaient qui faisaient les choses très différentes. Enfin, nous dirons qu’il y a peut-être une raison pour laquelle tant de penseurs des Lumières ont insisté sur le fait que leurs idéaux de liberté individuelle et d’égalité politique étaient inspirés par des sources et des exemples amérindiens. C’est peut-être parce qu’ils l’étaient vraiment.

L’’Âge de la raison’ était un âge de débat. Le siècle des Lumières était enraciné dans la conversation ; il se déroulait en grande partie dans les cafés et les salons. Beaucoup de textes classiques des Lumières prirent littéralement la forme de dialogues, la plupart cultivés dans un style facile, transparent, conversationnel et clairement inspiré du salon. (Ce sont les Allemands, à l’époque, qui avaient tendance à écrire dans le style obscur pour lequel les intellectuels français sont devenus célèbres depuis). Le recours à la ’raison’ était avant tout un style d’argumentation. Les idéaux de la Révolution française, Liberté, Égalité et Fraternité, ont pris la forme qu’ils avaient prise au cours d’une longue série de débats et de conversations. Tout ce que nous suggérons ici, c’est que ces conversations se sont étendues plus loin que nous ne l’avions supposé.

Huron

Huronie, Algonkie : le communisme au service de la liberté.

Alors : qu’est-ce que les habitants de la Nouvelle-France ont fait des Européens qui ont commencé à arriver sur leurs rives au XVIe siècle ?

À cette époque, la région connue sous le nom de Nouvelle-France était principalement habitée par des Montagnais-Neskapis, des Algonquins et des Iroquoiens. Ceux qui se trouvaient plus près de la côte étaient en grande partie des fourragers semi-nomades, bien que certains pratiquaient aussi l’agriculture ; les Wendats (’ Hurons ’ [12]), concentrés dans les principales vallées fluviales plus à l’intérieur, cultivaient le maïs, la courge et les haricots autour des villes fortifiées. Il est intéressant de noter que les premiers observateurs français attachaient peu d’importance à ces distinctions économiques, d’autant plus que, dans les deux cas, la recherche de nourriture ou l’agriculture étaient essentiellement le fait des femmes ; les hommes, ont-ils noté, étaient principalement occupés à la chasse et, parfois, à la guerre, ce qui signifiait qu’ils pouvaient être considérés dans un sens comme des aristocrates naturels.

L’idée du ’noble sauvage’ remonte à de telles estimations – il ne s’agissait pas, à l’origine, de noblesse de caractère, mais simplement du fait que les Indiens s’occupaient eux-mêmes de la chasse et du combat, qui, chez eux, étaient en grande partie l’affaire des ducs et comtes. Les appréciations françaises sur le caractère des ’sauvages’ tendent à être très mitigées. L’évaluation indigène du caractère français était nettement moindre. Le père Pierre Biard, par exemple, était un ancien professeur de théologie affecté en 1608 à l’évangélisation des Mi’kmaq algonquophones de la Nouvelle-Écosse, qui vivaient depuis quelque temps près d’un fort français. Biard n’avait pas beaucoup d’estime pour les Mi’kmaq, mais il a déclaré que ce sentiment était réciproque :

Ils se considèrent mieux que les Français : ’Car, disent-ils, vous êtes toujours en train de vous battre et de vous disputer entre vous, nous vivons en paix. Vous êtes envieux et vous vous calomniez sans cesse ; vous êtes des voleurs et des trompeurs ; vous êtes cupides, et vous n’êtes ni généreux ni bons ; quant à nous, si nous avons un morceau de pain, nous le partageons avec notre prochain.’ Ils disent cela et aiment les choses continuellement. [13]

Plus scandaleux encore, selon Biard, les Mi’kmaqs affirmaient constamment qu’ils étaient par conséquent plus riches que les Français.

Vingt ans plus tard, le frère Gabriel Sagard, frère de Récollection, écrivit des choses similaires sur les Wendats. Sagard était d’abord très critique à l’égard de la vie des Wendats, qu’il qualifiait de péché en soi (il était obsédé par l’idée que les femmes wendates avaient toutes l’intention de le séduire), mais à la fin de son séjour, il avait conclu que leurs arrangements sociaux étaient à bien des égards supérieurs à ceux de son pays. Ici, il faisait clairement écho à l’opinion des Wendats :

Ils n’ont pas de procès et se donnent peu de peine pour acquérir les biens de cette vie, pour laquelle nous, chrétiens, nous nous tourmentons tant, et pour notre avidité excessive et insatiable à les acquérir, nous sommes justement et avec raison reprochés par leur vie tranquille et leurs dispositions tranquilles. [14]

Tout comme les Mi’kmaqs de Biard, les Wendats étaient particulièrement offensés par le manque de générosité des Français les uns envers les autres :

Ils se font l’écho de l’hospitalité et s’entraident pour que les nécessités de tous soient satisfaites sans qu’il y ait de mendiants indigents dans leurs villes et villages ; et ils considéraient que c’était une très mauvaise chose quand ils entendaient dire qu’il y avait en France un grand nombre de ces mendiants dans le besoin, et pensaient que cela était par manque de charité en nous, et nous blâment sévèrement pour cela. [15]

Wendat jette un regard tout aussi critique sur les habitudes de conversation des Français. Sagard a été surpris et impressionné par l’éloquence et la capacité de raisonnement de ses hôtes, des compétences affinées par des discussions quasi quotidiennes sur les affaires communes ; ses hôtes, en revanche, lorsqu’ils ont pu voir un groupe de Français réunis, ont souvent remarqué la façon dont ils semblaient constamment se bousculer les uns les autres et s’entretuer dans la conversation, utilisant des arguments faibles, et surtout (le sous-texte semblait être), ne se montrant pas très intelligents. Ceux qui essayaient de s’emparer de la scène, refusant aux autres les moyens de présenter leurs arguments, agissaient à peu près de la même manière que ceux qui s’emparaient des moyens matériels de subsistance et refusaient de les partager ; on a l’impression que les Américains considéraient les Français comme vivant dans une sorte de guerre hobbésienne de tous contre tous. [16]

Le récit de Sagard sur son séjour parmi les Wendats est devenu la base d’un livre largement lu chez lui ; Locke et Voltaire l’ont cité comme l’une de leurs principales sources pour leur description des sociétés américaines. Les Relations jésuites, parues entre 1633 et 1673, et qui ont également été largement lues et débattues en Europe, comportent de nombreuses remontrances similaires. Dans les 71 volumes des Relations jésuites, par exemple, les mots « égal’ ou ’égalité’ apparaissent à peine [17]- et dans ces rares cas, c’est presque toujours en référence à ’l’égalité des sexes’ (que les jésuites ont trouvé particulièrement scandaleuse). Cela semble être le cas si les jésuites en question se disputaient avec les Wendats, qui ne semblaient peut-être pas tout à fait égalitaires sur le plan anthropologique, puisqu’ils avaient des fonctions politiques officielles et une strate de prisonniers de guerre que les jésuites, du moins, appelaient ’esclaves’, ou les Mi’kmaq ou les Montagnais-Neskapi, qui étaient organisés en bandes de chasseurs-cueilleurs que les anthropologues ultérieurs considéreraient égalitaires. Au lieu de cela, nous entendons les Américains se plaindre de la compétitivité et de l’égoïsme des Français, et plus encore, peut-être, de leur hostilité à la liberté.

Le fait que les Amérindiens vivent dans une société généralement libre, ce qui n’était pas le cas des Européens, n’a jamais vraiment fait l’objet d’un débat – les deux parties ont convenu que c’était le cas. Ils ne s’entendaient pas sur la question de savoir si la liberté individuelle était souhaitable. C’est un domaine où les premiers récits de missionnaires ou de voyageurs des Amériques posent souvent un véritable défi conceptuel. La plupart des lecteurs contemporains ont l’habitude de tenir pour acquis que les observateurs ’occidentaux’, même ceux du XVIIe siècle, ne sont qu’une version antérieure de nous-mêmes, contrairement aux indigènes américains qui représentent un Autre essentiellement étranger, peut-être méconnaissable. En fait, à bien des égards, les auteurs de ces textes ne nous ressemblaient en rien et, du moins en ce qui concerne les questions de liberté personnelle, d’égalité des hommes et des femmes, de mœurs sexuelles ou de souveraineté populaire – ou même de théorie de la psychologie profonde [18]- les attitudes autochtones américaines sont susceptibles d’être beaucoup plus près de celles du lecteur.

La liberté individuelle est un exemple particulièrement frappant parce qu’aujourd’hui, il est presque impossible pour quiconque vit dans une démocratie libérale de dire qu’il est contre la liberté, du moins dans l’abstrait (dans la pratique, bien sûr, nos idées sont généralement beaucoup plus nuancées). C’est l’un des héritages durables du siècle des Lumières, des révolutions américaine et française. La liberté est intrinsèquement bonne. Les jésuites du XVIIe siècle ne partageaient certainement pas cette hypothèse. Ils avaient tendance à considérer la liberté individuelle comme animaliste. En 1642, le missionnaire jésuite Le Jeune parle des Montagnais-Neskapi :

Ils s’imaginent qu’ils doivent, de par leur droit de naissance, jouir de la liberté des ânons sauvages, sans rendre hommage à qui que ce soit, sauf quand bon leur semble. Ils m’ont reproché cent fois que nous avons peur de nos capitaines, pendant qu’ils rient et se moquent des leurs. Toute l’autorité de leur chef est dans la fin de sa langue ; car il est puissant dans la mesure où il est éloquent ; et, même s’il se tue à parler et à haranguer, on ne lui obéira que s’il plaît aux sauvages. [19]

De l’avis des Montagnais-Neskapi, en revanche, les Français n’étaient guère mieux que des esclaves, vivant dans la peur constante de se mettre en difficulté avec leurs supérieurs. De telles critiques apparaissent régulièrement dans les récits des jésuites, non seulement de la part de ceux qui vivaient dans des bandes nomades, mais aussi de citadins comme les Wendat. De plus, les missionnaires étaient prêts à admettre que ce n’était pas que de la rhétorique. Même les hommes d’État wendats ne pouvaient forcer personne à faire ce qu’ils ne voulaient pas faire. Comme le père Lallemant l’a noté en 1644 :

Je ne crois pas qu’il y ait des gens sur terre plus libres qu’eux, et moins capables de permettre l’assujettissement de leur volonté à quelque pouvoir que ce soit, au point que les Pères ici présents n’ont aucun contrôle sur leurs enfants, ni sur leurs sujets, ni sur les capitaines, ni sur les lois du pays, sauf dans la mesure où chacun est disposé à se soumettre à eux. Il n’y a pas de punition infligée au coupable, et aucun criminel qui n’est pas sûr que sa vie et ses biens ne sont pas en danger…. [20]

Ce récit mérite d’être longuement cité, parce qu’il donne une idée du défi politique que devait représenter, pour le public européen de l’époque, une partie du matériel que l’on trouvait dans les Relations jésuites, et pourquoi tant de gens le trouvaient si fascinant. Après avoir expliqué à quel point il était scandaleux que même les meurtriers s’en tirent indemnes, le bon père a admis que, simplement considéré comme un moyen de maintenir la paix, le système judiciaire wendat n’était pas inefficace. En fait, ça a étonnamment bien marché. Plutôt que de punir les coupables, les Wendats ont insisté pour que l’ensemble de la lignée ou du clan du coupable paie une compensation. C’est pourquoi il était de la responsabilité de chacun de garder ses semblables sous contrôle :

Ce ne sont pas les coupables qui sont punis. C’est le public qui doit faire amende honorable pour les offenses des individus ; afin que, si un Huron a tué un Algonquin ou un autre Huron, tout le pays se rassemble ; et ils s’entendent sur le nombre de cadeaux à donner à la tribu ou aux parents de celui qui a été tué, pour suspendre la revanche qu’ils pourraient prendre. Les capitaines exhortent leurs sujets à fournir ce qui est nécessaire ; personne n’y est contraint, mais ceux qui le veulent apportent publiquement ce qu’ils veulent apporter ; il semble qu’ils se soient disputés les uns les autres en fonction de leurs richesses, et que le désir de gloire et de sollicitude pour le bien public les pousse à faire de même. Or, bien que cette forme de justice restreigne tous ces peuples, et semble plus efficacement réprimer les troubles que le châtiment personnel des criminels en France, il s’agit néanmoins d’une procédure très légère, qui laisse les individus dans un tel esprit de liberté qu’ils ne se soumettent à aucune loi et ne suivent aucune autre impulsion que celle de leur propre volonté. [21]

Il y a un certain nombre de choses dignes de mention dans ce passage. L’une d’entre elles est qu’il est clair que certaines personnes étaient effectivement considérées comme riches. La société wendat n’était pas ’économiquement égalitaire’ dans ce sens. Cependant, il y avait une différence entre ce que nous considérions comme des ressources économiques, comme la terre, qui appartenait à des familles, qui était exploitée par des femmes et dont les produits étaient en grande partie gérés par des collectifs de femmes, et le genre de ’ richesse ’ dont il est question ici, comme le wampum, qui existait essentiellement à des fins politiques. Les riches Wendats accumulaient des objets précieux pour pouvoir les donner lors d’occasions dramatiques comme celle-ci. Ni dans le cas des terres et des produits agricoles, ni dans celui des wampums et autres objets de valeur similaires, il n’y avait aucun moyen de transformer l’accès aux ressources matérielles en pouvoir – ou du moins, le pouvoir de faire travailler les autres pour vous ou de les contraindre à faire ce qu’ils ne veulent pas faire. Au mieux, l’accumulation et la distribution adroite des richesses pourraient rendre un homme plus susceptible d’accéder à une fonction politique (devenir ’chef’ ou ’capitaine’ – les sources françaises ont tendance à utiliser ces termes sans discernement pour désigner les chefs de la lignée wendat, les orateurs qui transmettent les décisions collectives et les chefs de guerre temporaires) -, mais comme les Jésuites l’ont constamment souligné, le seul fait de remplir une fonction politique ne donne à personne le droit de donner des ordres. Ou, pour être tout à fait exact, un titulaire de bureau peut donner tous les ordres qu’il veut, mais personne n’a l’obligation particulière de les suivre.

Pour les Jésuites, bien sûr, tout cela était scandaleux. En fait, leur attitude à l’égard des idéaux autochtones de liberté est exactement le contraire de l’attitude que la plupart des Français, ou des Canadiens, ont tendance à avoir aujourd’hui. Comme nous l’avons observé, presque tous ceux qui ont grandi dans une démocratie libérale insisteront pour considérer la liberté comme un idéal tout à fait admirable, en principe, même s’ils ont l’impression qu’une société fondée sur la liberté individuelle totale – certainement, une société qui est allée jusqu’à éliminer la police, les prisons ou tout autre appareil coercitif – tomberait instantanément dans un chaos violent. Le père Lallemant était prêt à admettre qu’en pratique, un tel système fonctionnait assez bien ; il créait ’beaucoup moins de désordre qu’il n’y en a en France’. Mais les jésuites étaient opposés à la liberté en principe. Lallemant continue :

C’est, sans aucun doute, une disposition tout à fait contraire à l’esprit de la Foi, qui nous oblige à soumettre non seulement notre volonté, mais aussi notre esprit, nos jugements et tous les sentiments de l’homme à une puissance inconnue de nos sens, à une Loi qui n’est pas terrestre, et qui est entièrement opposée aux lois et sentiments de nature corrompue. Ajoutez à cela que les lois du Pays, qui leur paraissent les plus justes, attaquent la pureté de la vie chrétienne de mille manières… surtout en ce qui concerne leurs mariages…. [22]

Les Relations jésuites sont pleines de ce genre de choses : les missionnaires scandalisés ont souvent rapporté, par exemple, que les femmes étaient considérées comme ayant le plein contrôle de leur propre corps, et que les femmes non mariées avaient donc la liberté sexuelle, et les femmes mariées pouvaient divorcer à volonté. C’était un scandale. Mais pour eux, cette conduite pécheresse n’était que le prolongement d’un principe de liberté plus général, enraciné dans des dispositions naturelles, qu’ils considéraient comme pernicieuses en soi. La ’méchante liberté des sauvages’, insistait-on, était le plus grand obstacle à leur ’soumission au joug de la loi de Dieu’ [23]. Il était même extrêmement difficile de trouver des termes permettant de traduire des concepts tels que ’seigneur’, ’commandement’, ’obéissance’, ’obéissance’, dans les langues indigènes ; il était pratiquement impossible d’expliquer les concepts théologiques sous-jacents. [24]

Sur le plan politique, donc, les Français et les Américains ne se disputaient pas sur l’égalité, mais sur la liberté. À peu près la seule référence à l’égalité spécifiquement politique qui apparaît dans les 71 volumes de The Jesuit Relations se passe presque comme un aparté, dans un récit d’un événement de l’année 1648, qui s’est passé dans un établissement de Wendat christianisés autour de la ville de Québec. Après une perturbation causée par l’entrée d’une cargaison d’alcool illégal dans la communauté, le gouverneur a persuadé les dirigeants wendats d’accepter l’interdiction des boissons alcoolisées, et a publié un édit à cet effet, ce qui est crucial, note-t-il, appuyé par la menace d’une punition. Le père Lallemant, encore une fois, enregistre l’histoire. Pour lui, ce fut un événement marquant :

Du début du monde jusqu’à l’arrivée des Français, les sauvages n’ont jamais su ce qu’il était si solennel d’interdire quoi que ce soit à leur peuple, sous aucune peine, même minime. Ce sont des gens libres, dont chacun se considère aussi important que les autres, et ils ne se soumettent à leurs chefs que dans la mesure où cela leur plaît. [25]

L’égalité est ici un prolongement direct de la liberté ; en effet, elle en est l’expression. Elle n’a presque rien en commun avec la notion plus familière (eurasienne) d’’égalité devant la loi’, qui est en fin de compte l’égalité devant le souverain, c’est-à-dire l’égalité dans la soumission commune une fois encore. Les Américains, en revanche, étaient égaux dans la mesure où ils étaient également libres d’obéir ou de désobéir aux ordres comme bon leur semblait. La gouvernance démocratique des Wendats et des Cinq Nations des Haudenosaunee, qui a tant impressionné les lecteurs européens ultérieurs, était une expression du même principe : si aucune contrainte n’était permise, il était évident qu’une telle cohérence sociale qui existait devait être créée par un débat raisonné, des arguments persuasifs et l’établissement du consensus social.

Nous revenons ici à la question par laquelle nous avons commencé : les Lumières comme l’apothéose du principe du débat ouvert et rationnel. J’ai déjà mentionné le respect à contrecœur de Sagard pour les installations de Wendat lors d’une argumentation logique. Il s’agit d’un thème que l’on retrouve dans la plupart des récits jésuites. Il est important de garder à l’esprit, ici, que les jésuites étaient les intellectuels du monde catholique. Formés à la rhétorique classique et aux techniques de disputatio [26], ils avaient appris les langues des Américains avant tout pour pouvoir argumenter avec eux, pour les convaincre de la supériorité de la foi chrétienne. Pourtant, ils ont été régulièrement surpris et impressionnés par la qualité des contre-arguments auxquels ils ont dû faire face. Comment une telle facilité rhétorique a-t-elle pu arriver à ceux qui n’avaient aucune connaissance des œuvres de Varro et Quintilian ? En examinant la question, les jésuites ont presque toujours noté l’ouverture dans la conduite des affaires publiques. Ainsi Lejeune :

Il n’y en a presque aucun qui soit incapable de converser ou de raisonner très bien, et en bons termes, sur des sujets dont ils ont connaissance. Les conseils, qui se tiennent presque tous les jours dans les Villages, et sur presque tous les sujets, améliorent leur capacité de dialogue’.

Ou encore Lallemant :

Je peux dire en vérité qu’en matière d’intelligence, ils ne sont en rien inférieurs aux Européens et à ceux qui habitent en France. Je n’aurais jamais cru que, sans instruction, la nature aurait pu fournir une éloquence des plus promptes et vigoureuses, que j’ai admirée chez de nombreux Hurons ; ou une clairvoyance plus claire dans les affaires publiques, ou une gestion plus discrète dans les choses auxquelles ils sont habitués. [27]

Certains sont allés plus loin et ont fait remarquer, non sans frustration, que les sauvages du Nouveau Monde semblaient plus intelligents, dans l’ensemble, que les gens avec lesquels ils avaient l’habitude de traiter à la maison (par exemple, ’ ils sont presque tous plus intelligents dans leurs affaires, leurs discours, leurs politesses, leurs rapports, leurs tours et leurs subtilités que les citoyens et marchands les plus avisés en France ’. [28]) Le point clé pour les fins de la présente étude est que les Jésuites ont reconnu une relation intrinsèque entre le refus du pouvoir arbitraire, un débat politique ouvert et inclusif, et le goût de l’argumentation raisonnée. Pourtant, attribuer cette facilité comme le fait Lallemant à la ’nature’, comme si les compétences en argumentation logique n’étaient que le résultat inévitable d’arrangements politiques non coercitifs, ignore le fait qu’il existe de nombreux moyens d’être persuasif.

Certes, il est vrai que les dirigeants politiques autochtones de ce qui allait devenir les États-Unis, qui dans la plupart des cas n’avaient aucun moyen de contraindre qui que ce soit à faire ce qu’ils n’avaient pas accepté de faire, étaient connus pour leurs pouvoirs rhétoriques. Même les généraux américains qui mènent des campagnes génocidaires contre les peuples autochtones se sont souvent vus réduits en larmes par la force de leur éloquence. Pourtant, la persuasion ne doit pas nécessairement prendre la forme d’une argumentation logique ; elle peut tout aussi bien faire appel aux sentiments, attiser les passions, déployer des métaphores poétiques, faire appel aux mythes ou à la sagesse proverbiale, employer l’ironie et la dissimulation, l’humour, l’insulte, les appels à la prophétie ou la révélation ; et le degré auquel on insiste, par-dessus toute autre méthode, a tout rapport avec la tradition rhétorique dont sort l’orateur et les dispositions présumées de l’audience. Ce sont surtout les locuteurs de langues iroquoiennes comme les Wendats, ou les Cinq Nations au sud, qui semblent avoir accordé une telle importance au débat raisonné – même, comme nous le verrons, il s’agissait d’une forme de divertissement agréable en soi. Si c’est le cas, cela ne peut être que le résultat d’une histoire culturelle particulière. De telles choses sont notoirement difficiles à reconstituer, même si nous ferons quelques spéculations à ce sujet plus tard. Pour l’instant, il suffit de dire qu’ils l’ont fait, et le fait qu’ils l’aient fait, a eu des répercussions historiques majeures. Parce qu’il semble que c’est précisément cette forme de débat – rationnel, sceptique, empirique, conversationnel – qui, peu de temps après, a été identifiée aux Lumières, et tout comme les Jésuites, les penseurs des Lumières et les révolutionnaires démocratiques l’ont considérée comme intrinsèquement liée au rejet de l’autorité arbitraire – en particulier, celle des autorités religieuses comme les Jésuites eux-mêmes.

Rassemblons les pièces du puzzle éparpillées jusqu’ici. Au milieu du XVIIe siècle, les penseurs juridiques et politiques européens commençaient à jouer avec l’idée d’un état de nature égalitaire : au moins dans le sens minimal où les sociétés qu’ils supposaient dépourvues de gouvernement, d’écriture, de religion ou de propriété privée étaient égalitaires par défaut, puisque ceux qui vivaient dans ces sociétés n’auraient aucun moyen significatif pour se distinguer les uns des autres. Des termes comme ’égalité’ et ’inégalité’ commençaient à peine à devenir d’usage courant, dans les milieux intellectuels, à l’époque où les premiers missionnaires français se sont mis à évangéliser les habitants de ce qui est maintenant la Nouvelle-Écosse et le Québec. [29] Le public des lecteurs européens était de plus en plus curieux de savoir à quoi pouvaient ressembler de telles sociétés primordiales. Mais ils n’avaient aucune disposition particulière à imaginer les hommes et les femmes vivant dans un état de nature comme étant particulièrement ’nobles’, et encore moins comme des sceptiques rationnels et des champions de la liberté individuelle. [30] Ce dernier est le produit de la rencontre dialogique.

Comme nous l’avons vu, au début, aucune des deux parties n’avait beaucoup à dire sur l’’égalité’. L’argument portait plutôt sur la liberté et l’entraide, ou, ce qu’on pourrait encore mieux appeler liberté et communisme. Nous devons être clairs sur ce que nous entendons par ce dernier terme. Depuis au moins le début du XIXe siècle, il y a eu des débats animés sur la question de savoir s’il y a jamais eu une chose que l’on pourrait légitimement appeler ’ communisme primitif ’, et les sociétés autochtones des forêts du nord-est ont toujours été au centre de ces débats, puisque Frederich Engels a utilisé les Iroquois comme un de ses principaux exemples de communisme primitif dans The Origins of the Family, Private Property et the State. Dans les arguments sur le communisme primitif, cependant, le ’communisme’ fait toujours référence à la propriété communautaire, en particulier des ressources productives. Comme nous l’avons déjà observé, de nombreuses sociétés américaines peuvent être considérées comme quelque peu ambiguës dans ce sens ; les femmes possédaient et travaillaient les champs individuellement, même si elles entreposaient et éliminaient les produits collectivement ; les hommes possédaient leurs propres outils et armes individuellement, même si elles partageaient généralement le jeu et le butin.

Cependant, il y a une autre façon d’utiliser le mot ’communisme’ : non pas comme régime de propriété, mais dans le sens original de ’de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins’. Il y a aussi un communisme minimal qui s’applique en toutes circonstances, le sentiment que si les besoins d’une autre personne sont assez grands (disons qu’elle se noie), et/ou que le coût pour y répondre est assez modeste (disons qu’elle demande des directions, ou une lumière), alors bien sûr toute personne honnête s’y conformerait. Ce communisme de base pourrait même être considéré comme le fondement même de la sociabilité humaine, puisque ce ne sont que les ennemis acharnés que l’on ne traiterait pas de cette façon. Ce qui varie d’une société à l’autre, c’est la mesure dans laquelle on estime que ce communisme de base devrait s’étendre correctement. Dans de nombreuses sociétés – et les sociétés américaines de l’époque semblent en faire partie – il aurait été inconcevable de refuser une demande de nourriture. Pour les Français du XVIIe siècle, ce n’était manifestement pas le cas ; l’éventail du communisme de base semble avoir été très restreint ; il ne s’étendait certainement pas à la nourriture et au logement ; les Américains étaient donc scandalisés par leur comportement.

Mais comme nous l’avons vu tout à l’heure avec la confrontation de deux conceptions très différentes de l’égalité, nous assistons en fin de compte à un affrontement entre des conceptions très différentes de l’individualisme. Les Européens se disputaient constamment l’avantage. Les Américains se garantissaient mutuellement les moyens d’une vie autonome, ou du moins s’assuraient qu’aucun homme ou femme n’était subordonné à un autre. Dans la mesure où nous pouvons parler de communisme, il n’existait pas en opposition à la liberté individuelle, mais en soutien à celle-ci. On pourrait en dire autant du système politique. Tout ce qui fonctionnait pour s’assurer que la volonté de personne ne serait soumise à celle de personne d’autre.

Ce n’est qu’avec le temps, à mesure que les Américains en apprenaient davantage sur l’Europe et que les Européens commençaient à réfléchir à ce que signifierait la transposition des idéaux américains de liberté individuelle dans leurs propres sociétés, que le mot ’égalité’ a commencé à faire régulièrement son apparition.

Pour comprendre l’évolution de la critique indigène et son impact sur la pensée européenne, il faut d’abord comprendre le rôle de deux hommes : un aristocrate français appauvri, le baron Louis-Armand de Lom d’Arce de la Hontan, et un homme d’État wendat exceptionnellement brillant, Kandiaronk.

A suivre…

kandiaronk
Kondiaronk