Résistance au colonialisme: Breloques pour collabos…

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“Les peuples indigènes ont vécu d’innombrables siècles sans déséquilibre ni destruction ; puis en seulement environ 6000 années de patriarcat, la Terre a été amenée au bord de la destruction totale. Pour le patriarcat, le meurtre de masse et la destruction de toute forme de vie sont justifiés par les bénéfices de quelques privilégiés se situant en haut de la pyramide et de la chaîne de causalité. Wall Street n’est pas différent de toutes les tyrannies et de tous les royaumes de l’histoire.”

~ Russell Means ~

 

L’Ordre du Canada

 

Mohawk Nation News

 

3 Mai 2016

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2016/05/03/order-of-canada/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’histoire a prouvé que lorsque des gens prédateurs ont une licence pour être des monstres, il n’ont qu’un désir, celui d’être des monstres. La loi (canadienne) sur les indiens ou Indian Act est l’outil dans les mains des monstres afin qu’ils puissent finaliser leur “solution finale au problème indien”.

La médaille de “l’Ordre du Canada” ou OC, créée en 1967, est la plus grande distinction civile pour récompenser un service public d’excellence au Canada le tout en parachevant ses objectifs fascistes. Ceux récompensés de cette breloque ont aidé à faire du Canada un pays presque sans Indiens.

L’objectif du programme entrepreneurial a toujours été la fin de l’existence d’Onkwe’hon:weh (NdT: peuples autochtones de l’Île de la Grande Tortue). En premier lieu fut l’extermination. Quelques uns survécurent. Depuis l’internet, d’autres façons sont mises en place pour nous exterminer. La communauté mondiale observe. Les banquiers sont préoccupés de ce que nous ne dérangions pas leur économie basée sur les ressources. Les vieux plans déclarés du Canada pour notre “relocation” est la vieille politique de la déportation et de l’extermination connue sous le vocable de génocide. Les peuples originels de partout (NdT: y compris d’Europe…) sont en train d’être extirpés.

Les Canadiens sont totalement conditionnés à se voir eux-mêmes comme étant “gentils”, un “peuple sympa”, bien qu’ils fassent si peu pour stopper le génocide toujours en cours. Ils bénéficient grandement de toute cette affaire, ce qui les rend complices.

Les traîtres INDIENS du système entrepreneurial sont honorés avec des médailles de l’OC et sont frauduleusement représentés comme les défenseurs de nos droits. Ils ne sont que les associés coupes-gorge aidant à l’annihilation de leurs propres peuples.

Des plans de bataille ont toujours été tirés pour contrer toute résistance. Tout le monde veut continuer à faire des affaires avec l’entreprise CANADA. Ils doivent nous virer du chemin. Ceci est de la même veine que l’économie de ressources volées qui a créé l’EIIL/EI, un de ses nombreux masques.

L’extirpation d’Onkwe’hon:weh commence en plaçant des industries en amont de nos communautés qui larguent tout un tas de toxines détruisant toute vie. Notre responsabilité est de prévenir toute destruction environnementale. On nous extirpe. Nos biens et possessions nous sont volés. Les bénéfices des ventes de ces biens et ressources sont déposés sur des comptes en banque offshore (paradis fiscaux). Les soi-disants “chefs” ferment leur gueule. Ils fournissent le strict minimum de biens et services pour maintenir la survie [Attawapiskat, Kasachewan etc…]. Ils aident à faciliter la politique d’assimilation afin de détruire nos ligne de sang, nos clans et nos vies.

Hitler avait les médailles de “Judenfrei” pour les juifs qui collaboraient avec lui sur la “solution finale du problème juif”. Le Canada honore la trahison des INDIENS qui aident à faire la même chose. Comme ces vendus à l’armée yankee qui aidèrent à la capture de Géronimo et qui se retrouvèrent dans les mêmes trains en direction de la prison avec le reste d’entre nous.

Bo Diddley nous rappelle de toujours faire mieux que de regarder la couverture “You can’t judge an apple by looking at a tree. You can’t judge a fish by looking in the pond. You can’t judge right by looking at the wrong. You can’t judge one by looking at the other. You have misjudged me. I look like a farmer, but I am a lover. You can’t judge a book by looking at the cover”.[Can’t judge a book].

Occident et guerres impérialistes: Le marketing occidental de la guerre sans fin….

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Les guerres sont vendues avec de la décoration comme on vend une bagnole

Michel Collon

3 Mai 2016

url de l’article:

http://www.investigaction.net/les-guerres-sont-vendues-avec-de-la-decoration-comme-on-vend-une-bagnole/

Les pays qui interviennent – que ce soient les USA, la France, la Grande-Bretagne, etc. – n’apporteront pas la solution des problèmes, car en général, ils en sont la cause principale (…) On peut constater quasiment chaque fois que, après leurs interventions, les problèmes sont bien pires encore.”

Q: Concernant les difficultés et conflits entre ce qu’on nomme l’Orient et l’Occident, on invoque différentes causes, dans les médias : désœuvrement des jeunes de milieux défavorisés, incompréhensions entre culture chrétienne et musulmane, conflit chiites-sunnites… On parle aussi un peu de géopolitique. Pensez-vous que l’une ou l’autre de ces causes (ou d’autres encore) seraient déterminantes ?

Concernant les guerres en tant que tel, leurs vraies causes sont systématiquement économiques ; il s’agit de guerres pour le fric, on peut l’observer depuis de nombreuses années :

Soit, leur but est directement qu’une multinationale puisse s’emparer d’une matière première (pétrole bien sûr, mais aussi gaz, minerais, eau,…)

Soit – et c’est une motivation très fréquente des USA –, il peut s’agir de contrôler l’approvisionnement des rivaux en ce qui concerne les matières premières (par exemple, la Chine n’a quasiment pas de matières premières). C’est important de comprendre ce deuxième point, car, par exemple, les USA n’ont pas besoin du pétrole du Moyen-Orient. S’ils cherchent sans cesse à contrôler cette région, c’est pour pouvoir exercer un chantage sur leurs rivaux.

Ou encore, il y a des guerres qui sont seulement indirectement pour l’argent ; en particulier, du fait que les USA sont financièrement en déclin, ils veulent rester la seule superpuissance. De tels objectifs sont dits explicitement dans les écrits de gens comme Brezinski et Kissinger.

Il y a aussi un motif plus discret : attaquer un pays pour empêcher certaines alliances potentielles. Brezinski l’a dit sans détour : il s’agit d’empêcher des vassaux de s’allier (il utilise exactement cette terminologie de la vassalité). Cette stratégie vise la Chine, l’Allemagne, la Russie,…

Voilà donc les vraies raisons de tous ces conflits. Et les guerres sont vendues avec de la décoration, comme on vend une bagnole. Cette décoration est le plus souvent la démocratie. Mais si c’était vraiment ça, le motif, pourquoi alors les USA et leurs collaborateurs protègent-ils bec et ongle leurs alliés saoudiens, dont le régime compte parmi les plus dictatoriaux du monde ? Pourquoi ont-ils soutenus – et, bien souvent, soutiennent-ils encore – l’ensemble des dictateurs africains ? Idem pour les dictatures d’Amérique latine, jusqu’aux changements de régime dans ces pays (suite à la seule pression des peuples) ?

On met aussi en avant les risques des armes de destructions massives, mais alors pourquoi avons-nous fourni la bombe atomique à Israël et à d’autres pays ? Il y a aussi l’argument qu’il s’agirait de contrer le terrorisme – argument spécialement efficace, surtout quand les médias le gonflent. Mais on oublie ici que les USA, en particulier, sont ceux qui ont le plus promu et instrumentalisé le terrorisme (que ce soit contre Cuba, le Nicaragua des sandinistes, en Afghanistan, etc.) D’autant qu’on ne combat pas le terrorisme avec des bombes et des drones ; de cette manière, on ne peut que le renforcer. Si on voulait agir sur ses causes réelles, il faudrait s’attaquer à son financement par l’Arabie Saoudite et le Qatar ; et bien sûr, éliminer la pauvreté, qui est un des premiers terreaux du terrorisme.

Concernant l’opposition chiites-sunnites, et son utilisation pour soi-disant expliquer de nombreux conflits : c’est une manière de se dédouaner, de tenter de faire passer des guerres économiques et stratégiques pour des guerres de religion ; c’est 100% bidon. Notamment car, en réalité, beaucoup des conflits locaux entre sunnites et chiites proviennent de la stratégie de diviser pour régner, qui a toujours été celle des puissances coloniales (Grande-Bretagne et autres). L’existence même de l’entité de l’Arabie Saoudite découle de cette stratégie. Si les Saoud ont été choisi comme allié par les anglo-saxons, c’est parce qu’ils étaient honnis et isolés, au Moyen-Orient, ce qui se prêtait bien à les mettre dans un rapport de dépendance à l’égard des puissances occidentales, dont la protection est donc la bienvenue (j’ai pu développer ça dans le livre « La Stratégie du chaos »).

Pourquoi étaient-ils honnis ? Ils ont développé une version délirante de l’islam, qui prêche la haine, et leur société présente à la base de fortes tendances au fanatisme et à l’inculture. Le pouvoir saoudien cherche à dominer le monde arabe, pour pouvoir garder ses privilèges ; pour atteindre ce but, il est indiqué que ce monde arabe reste dans la pauvreté, et non que le niveau de vie et donc de culture s’élèvent. On peut ainsi comparer le pouvoir saoudien (et d’autres pouvoirs arabes qui profitent de stratégies occidentales), on peut le comparer aux milieux qui possèdent le plus de pouvoir et de richesses en Amérique Latine – milieux sur lesquels les USA se sont constamment appuyés, là aussi, pour chercher à contrôler le plus possible ce continent.

Plus généralement, notons bien que, s’il y a des sunnites qui collaborent avec les USA et leurs alliés – comme les Saoudiens justement –, il y en a d’autres qui les combattent – comme par exemple les Palestiniens du Hamas.

Q: Concernant les interventions liées à ce qu’on a nommé les printemps arabes, les motifs humanitaires affichés pour justifier ces interventions ne correspondent pas non plus à la réalité ?

Il faut bien comprendre ceci : on ne peut plus aujourd’hui utiliser des arguments comme ceux de l’époque coloniale (apporter la civilisation à des « sauvages », etc.) Il faut donc trouver des alternatives, et la justification de l’intervention humanitaire en est une qui est très efficace. Et ce dont il faudrait prendre conscience, c’est que les pays qui interviennent – que ce soient les USA, la France, la Grande-Bretagne, etc. – n’apporteront pas la solution des problèmes, car en général ils en sont la cause principale, ou l’une des causes principales. Et car, de plus, on peut quasiment chaque fois constater qu’après leurs interventions, les problèmes sont bien pires encore (que ce soit pour l’Irak, la Lybie, la Syrie, etc.) Aucune des guerres des dernières décennies n’était motivée par les raisons humanitaires affichées. Les exactions des dictateurs sont de purs prétextes.

Q: N’y a-t-il pas, à ce propos, un manque important de nuances, et une tendance à mettre dans le même sac tous les gouvernements concernés ? (Sauf tant qu’on décide de continuer à collaborer avec eux). Ce, en ce qui concerne l’idée d’une concentration des richesses par une classe dirigeante au détriment du reste de la population, le rejet du pouvoir par la majeure partie de celle-ci, etc. Ce jugement négatif global est notamment ce qui justifie, bien souvent, une certaine absence de positionnement de la part d’une gauche se voulant critique, mais dont l’attitude ressemble finalement plus à une forme de neutralité.  

En effet, les situations présentent bien plus de diversité que l’image qu’en donnent les médias classique.

Si on prend la Tunisie et l’Egypte, les situation de départ étaient bien celle de la concentration des richesses par une classe favorisée, au détriment d’une majorité appauvrie, et l’ensemble des populations de ces pays s’étaient en effet révoltées contre leurs pouvoirs.

Par contre, en Libye et en Syrie, les situations étaient très différentes : si Kadhafi n’était pas un démocrate, il redistribuait les richesses d’une façon très avantageuse pour l’ensemble de la population (même si le résultat sur l’économie pouvait être critiqué, car cela ne l’a pas précisément dynamisée. Comme me l’avait fait remarquer un ministre libyen, que j’ai rencontré dans ce pays pendant le conflit : « En Libye, notre problème est que nous avons trop d’argent »). De cette manière, et par d’autres méthodes, qu’on peut discuter, le gouvernement s’était attiré un réel soutien populaire – celui d’une légère majorité, je pense, de la population.

Souhaiter un progrès démocratique du pays aurait été tout à fait justifié, mais il faut noter que les milieux qui ont mené la rébellion n’étaient absolument pas des progressistes et des humanistes démocrates : c’était la mafia de l’est du pays, enrichie par le trafic de migrants, et qui a été achetée par l’étranger pour faire tomber le régime (cette chute l’intéressait car elle devait lui permettre de mener ses trafics tranquillement).

Les groupements concernés avaient si mauvaise réputation que la CIA avait déclaré l’est de la Libye comme la région du monde présentant la plus grande concentration de terroristes. Un signe que le soutien populaire au gouvernement était réel a été que ce gouvernement a résisté durant 8 mois, malgré la force de frappe de l’OTAN, les forces de la mafia évoquée, ainsi que celle d’Al-Qaïda, utilisées elles aussi pour l’occasion par la coalition occidentale, une fois de plus. En disant ça, je suis bien conscient que beaucoup de choses auraient mérité d’être changées et améliorées, en Libye. Mais au lieu de contribuer à cela, l’action de l’OTAN et de la rébellion n’ont mené qu’à une situation bien plus négative qu’au départ, sur tous les plans.

Concernant la Syrie, là, il y a en effet eu un appauvrissement du peuple. Il est cependant intéressant de noter que ce phénomène a résulté de l’application par le gouvernement de directives issues du FMI, dans la seconde moitié des années 2010… (Ce qu’on s’est bien gardé de rappeler au cours du conflit dans ce pays, en général). Et là aussi, des revendications pour une démocratisation étaient tout à fait légitimes, et portées en effet par de nombreuses personnes. Néanmoins, si des changements étaient souhaités, une majorité de la population ne souhaitait pas, pour autant, un changement de gouvernement.

Un institut d’étude Qatari l’a montré fin 2012 (selon cet institut, 55% des Syriens soutenaient alors leur président – information relayée par le Guardian) ; puis, en juin 2013, une étude de l’OTAN a conclu que 70% des Syriens soutenaient alors Bachar El-Assad. Il faut aussi insister sur le fait que si, à la veille du conflit, les manifestations étaient animées par une véritable volonté de démocratisation, et étaient globalement pacifiques, elles ont été rapidement récupérées pour d’autres buts, instrumentalisées à partir de l’étranger, et qu’on y a trouvé alors le type d’extrémistes n’hésitant pas à tuer qu’on utilise dans ces circonstances.

On a fait les étonnés quand le pouvoir a mené des répressions, et on a parlé de paranoïa du régime. Mais on n’a pas relayé les déclarations de Roland Dumas, qui a affirmé que deux ans déjà avant ces événements, d’anciens collègues anglo-saxons lui avaient proposé de s’associer à une entreprise en préparation contre le gouvernement syrien. Idem pour les déclarations du général Wesley Clark (ancien commandant des forces armées de l’OTAN), qui affirmé qu’on lui a montré, au Pentagone, des plans suivant lesquels les USA prévoyaient de déstabiliser 7 pays (dont l’Irak, la Libye et la Syrie). Il a commencé à tenter de faire connaître ces faits dès le début des années 2000, et tout le monde peut voir ses conférences sur Internet. Mais aucun média classique n’en a parlé, à ma connaissance.

On peut aussi mentionner l’utilisation d’armes chimiques, attribuée tout de suite au gouvernement syrien, et suite à laquelle plusieurs pays de l’ouest voulaient intervenir encore plus directement. Le prestigieux MIT a montré que ces attaques avaient eu lieu à partir d’une zone contrôlée par les rebelles. Ça ne permettait pas encore d’identifier les responsables avec certitudes mais, pour le moins, montrait qu’on ne pouvait en aucun cas attribuer sans hésitation cette responsabilité au gouvernement (d’autant qu’il était alors dans une situation avantageuse, où un tel acte n’aurait eu aucun sens). Mais ce rapport a été superbement ignoré, chez les politiques européens, jusqu’à aujourd’hui – même si des journaux classiques en ont parlé, comme le Point.

Ces faits font suffisamment apparaître à quel point on nous livre des représentations tronquées des événements. Et il faudrait aussi qu’on comprenne qu’on peut relever de tels faits sans être pour autant partisan des gouvernements qui sont visés par ces manipulations.

Ceci dit, j’insiste sur ce point : pour moi, les ingérences sont à rejeter en tous les cas, que les pouvoirs qu’elles visent bénéficient ou non du soutien de leur population. Puisque, comme évoqué, les motifs des puissances interventionnistes sont systématiquement intéressés et non humanitaires, et que ce ne sont pas les responsables principaux des problèmes qui vont les arranger, je le dis encore une fois.

Au sujet de l’absence de positionnement d’une certaine gauche, je l’ai toujours critiquée : il s’agit de l’attitude du « ni, ni » (par exemple : « ni l’OTAN, ni le régime libyen »), du fait de renvoyer dos à dos l’agresseur et l’agressé (agressé qui inclut le gouvernement officiel d’un pays attaqué). Ma conviction est que cette attitude ne permet pas de s’opposer efficacement aux politiques concernées, à cette utilisation de la guerre comme instrument économique. Et il est évident qu’on peut parfaitement être très critique sur l’agressé tout en refusant catégoriquement l’agression.

Si un changement de gouvernement doit se faire par la force, cela ne peut avoir lieu qu’à travers le peuple concerné lui-même. Il s’agit d’un droit essentiel d’un peuple. Et en général, s’il n’y parvient pas, c’est que l’opposition au pouvoir en question ne rassemblait pas l’ensemble de ce peuple. En Tunisie, par exemple, l’opposition était assez large pour mener à un changement – malgré, d’ailleurs, le soutien de la France au président Ben Ali, soutien qui a eu lieu jusqu’au bout. Il s’agit cependant d’un cas complexe car, dans ce pays comme dans d’autre, les USA avaient anticipé la fin de ce président ; ainsi, ils ont acheté une série de bloggeurs (certes, pas tous), pour pouvoir avoir un contrôle sur le changement, de sorte à éviter le plus possible que celui-ci soit pas piloté par de vraies forces de transformation (Ahmed Ben Saada l’a démontré dans son livre « Arabesques »).

Q: Des outils médiatiques, des chercheurs, des ressources spécialement qualitatives, une meilleure compréhension mutuelle des cultures concernées – en particulier du côté des médias classiques (Ce, concernant les médias occidentaux comme des médias orientaux en vue, comme par exemple Al-Jazeera)… Est-ce sur leur base qu’on peut le mieux discuter avec des personnes peu averties ? 

Si on prend une chaîne comme Al-Jazeera, on peut constater que, au départ, il y a eu là des journalistes valables et courageux – Bush fils s’est arrangé pour que plusieurs d’entre eux soient assassinés – la situation en Irak se prêtait bien à tenter de masquer ça en « dégâts collatéraux ». Mais la plupart de ces journalistes ont fini par quitter Al-Jazeera, pour fonder Al-Mayadeen, un média bien plus intéressant. Le but premier d’Al-Jazeera était, pour le Qatar, de se donner une image moderne tout en disposant d’un média pouvant être mis au service de ses intérêts.

Pour mieux comprendre ces intérêts, il est très intéressant de revenir encore une fois à la Libye. Vers la fin du conflit, le Qatar a organisé, avec Al-Jazeera, une opération médiatique d’envergure en lien avec les événements dans ce pays. On a beaucoup parlé d’une place, à l’époque, censée avoir accueilli de grandes manifestations d’opposition, la place Verte. En réalité, c’était des manifestations de soutien au gouvernement, que cette place avait accueillie, et leur ampleur avait été très considérable (peut-être un million de personnes, au moins des centaines de milliers). Al-Jazeera a créé une fausse place Verte, avec de fausses manifestations, et tout le monde y a cru. On rejoint ici en partie la mise en scène de l’agence de communication payée par le gouvernement des USA pour faire croire que des soldats irakiens avaient tué volontairement des bébés koweïtiens (supercherie entretemps reconnue par des médias mainstream, mais trop tard, une fois de plus).

On trouve cependant des informations intéressantes dans les médias classiques, même sur des événements actuels. Concernant le conflit syrien, on constate une division de l’élite, actuellement. Au départ, elle était unanime. Maintenant, une partie d’entre elle se rend compte que les plans ne fonctionnent pas, et c’est ce qui explique que, dans des journaux comme le Figaro et le Point, on trouve depuis un certain temps des informations qui contredisent les versions du pouvoir. Concernant le Figaro, plus particulièrement, si ce n’est bien sûr pas un journal que j’apprécie spécialement, ce n’est pas du tout la première fois qu’on peut y lire des choses qui ne s’accordent pas avec les politiques officielles. Et notamment, c’est dans ce journal qu’un bon reporter, Renaud Girard, a publié des informations importantes à l’époque du conflit en ex-Yougoslavie, informations qui prouvaient qu’un massacre attribué aux Serbes était une pure invention (j’ai traité ce sujet dans le livre « Poker menteur et Monopoli »).

Q: Quelles recommandations, revendications, action ou plaidoyer mettriez-vous en avant ?

Une démarche qui me semblerait particulièrement valable : créer une commission d’enquête indépendante sur l’ensemble des guerres des dernières décennies, où nos pays ont été impliqués. Il s’agirait là d’entendre les journalistes pour tenter de voir pourquoi ils n’ont pas dit la vérité, de voir s’ils ont subi des pressions ; d’entendre également les responsables politiques, ainsi qu’un maximum de témoins importants. Et tout cela sans croire personne sur parole – y compris moi –, mais en établissant les faits avec toute la rigueur nécessaire. Et si des responsabilités étaient clairement établies, il y aurait alors lieu d’entamer des actions en justices contre les personnes impliquées. Ce serait d’autant plus faisable après les attentats en France, vu leurs liens directs avec les politiques irresponsables concernées.

Une telle démarche pourrait être portée par des individus comme par des réseaux d’associations ; et au plus nombreux seraient les citoyens qui y participeraient, au mieux ce serait. Je pense que de telles actions seraient nécessaires pour pouvoir mettre fin aux politiques criminelles que nous avons abordées ici.

Guerre psy et lavage de cerveau: CIA, programme MK Ultra, Canada et université McGill de Montréal…

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Pour mieux comprendre ce qui suit, nous avons traduit quelques extraits du livre “The Shock Doctrine” de Naomi Klein qui adresse superbement le sujet du Dr Cameron et des ses expériences MKUltra à l’université McGill de Montréal dans les années 1950 et jusqu’en 1963, date où le projet fut officiellement stoppé. Voici ce que dit Klein à ce sujet:

“Un memorandum déclassifié de la CIA a expliqué que le programme [MKUltra] ‘a examiné et évalué un nombre de techniques inhabituelles d’interrogatoire incluant le harcèlement psychologique et des sujets tel que la mise en isolement sensoriel et l’utilisation de produits chimiques et de drogues.’ D’abord appelé ‘Projet Bluebird’, puis ‘Projet Artichaud’, il fut finalement renommé ‘Projet MKUltra’ en 1953. Durant la décennie suivante de 1953 à 1963, le projet MKUltra dépensera plus de 25 millions de dollars sur des recherches impliquant des méthodes pour briser la résistance psychologique des prisonniers suspectés d’être des communistes ou des agents doubles. 80 institutions furent impliquées dans le programme, incluant 44 universités [dont McGill] et 12 hôpitaux.”

“… Bien qu’il fut en contact avec la CIA depuis des années, le Dr Cameron reçut en 1957 ses premiers fonds de la CIA via sa filiale de façade de la Society for the Investigation oh Human Ecology. Alors que l’argent de la CIA ruisselait dans l’Allan Memorial Institute de l’université McGill, l’institut ressemblait de plus en plus à une prison macabre et de moins en moins à un hôpital… Dans un article publié en 1960, le professeur Cameron a dit qu’il y a deux facteurs majeurs qui nous permettent de maintenir une imagerie dans l’espace-temps, qui nous permettent en bref de savoir où nous sommes et qui nous sommes. Ces deux forces sont a) notre perception sensorielle continue et b) notre mémoire. Au moyen d’électrochocs, Cameron annihilait la mémoire chez ses patients et avec ses boîtes d’isolation sensorielle il leur faisait perdre le sens complet de leurs sens et de la notion d’espace-temps..”

“Le travail de Cameron fut financé par la CIA jusqu’en 1961 et il ne fut pas du tout clair pendant des années ce que le gouvernement américain fit des résultats de ces recherches…. La CIA produisit un manuel appelé le ‘Kubark Counterintelligence Interrogation’ ou simplement ‘Kubark’, c’est un manuel secret de 128 pages sur ‘l’interrogatoire de sources résistantes’ qui est lourdement imprégné des résultats des recherches du projet MKUltra et des expériences de Ewen Cameron et de Donald Hebb. Les méthodes vont de la privation sensorielle, aux positions de stress, de l’encapuchonage à la douleur (le manuel reconnaît dès le début que les techniques employées sont illégales et demande aux interrogateurs d’obtenir l’aval de leur hiérarchie. Le manuel est daté de 1963, l’année de la fin des subventions de la CIA au projet MKUltra et 2 ans après l’arrêt des expériences de Cameron. Le manuel affirme que si les techniques sont bien utilisées, elle briseront la résistance de la source d’information et détruiront toute capacité de résister. Ainsi. Il s’avéra que le véritable objectif du projet MKUltra n’était pas un programme de recherche sur le lavage de cerveau, mais de mettre au point et d’entretenir un système scientifiquement étudié d’extraction d’information depuis des ‘sources résistantes’. En d’autres termes: un programme de torture scientifique…”

“Les théories du Dr Cameron étaient fondées sur l’idée que si on choquait électriquement le patient dans un état de régression psychologique chaotique, ceci créerait pour lui les préconditions pour une ‘renaissance’ en tant que citoyen modèle… De ce côté là Cameron fut un monumental échec. Quelque soit le degré où il fit régresser ses patients, ils n’absorbèrent ou n’acceptèrent jamais les messages sans fin répétés au moyen de bandes magnétiques. Bien qu’il fut un génie du comment détruire psychologiquement une personne, il n’a jamais pu les reconstruire.

Le problème si évident avec le recul, fut que tout était basé sur l’entière théorie de dire qu’avant qu’une guérison ne soit possible, tout ce qui avait existé auparavant devait être effacé. Cameron était convaincu que s’il pulvérisait les habitudes, les schémas de comportement et les mémoires, les souvenirs de ses patients, il arriverait à un moment donné à une ardoise psychologique vierge sur laquelle il pourrait réécrire à sa guise. Mais quelques furent les électrochocs, les drogues et la désorientation induits, il n’y parvint jamais. Pire, l’opposé s’avéra: plus il pulvérisait et plus fracassés devenaient ses patients. Leurs esprits n’étaient pas ‘nettoyés’, mais devenaient chaotiques, dérangés, leurs mémoires se fracturaient, leur confiance était trahie…”

~ Naomi Klein, 2007 ~

Le Canada la CIA et le programme MKUltra

 

Dan Dicks

 

19 avril 2016

 

url de l’article original:

https://pressfortruth.ca/top-stories/canada-cia-and-mkultra/

 

Press for Truth vidéo:

http://www.youtube.com/watch?v=slMn2nqgitA#t=674

 

Note de Résistance 71: Bien des gens connaissent l’acronyme du programme MKUltra mais ne savent pas que les lettres “MK” viennent de “Mind Kontrol” ou contrôle de l’esprit. Le mot “Ultra” parle de lui-même…

Le projet MKUltra fut le nom de code d’un projet illégal de contrôle des esprits qui fut mis en place par la CIA. Ceux qui furent impliqués dans ce programme furent continuellement soumis à des traitements comme l’administration de puissante drogues (LSD, amphétamines etc…), de thérapies à l’électrochoc, de comas induits par voie médicamenteuse. Quelques milliers de personnes furent soumises à des expériences immorales et cruelles, expériences scientifiques qui eurent lieu jusqu’à ce que le programme soit officiellement arrêté [en 1963]. Ces expériences ne prirent pas seulement place aux Etats-Unis, quelques-unes furent délocalisées et exportées au Canada.

Il a été découvert plus tard que le gouvernement canadien a été plus que certainement au courant que la CIA avait financé le psychiâtre écossais Donald Ewen Cameron pour être celui qui conduirait l’initiative au nord de la frontière. Cameron a sévi à l’Allan Memorial Institute de l’université McGill de Montréal et il fut payé des dizaines de milliers de dollars afin de piloter un programme totalement illégal et non éthique d’expériences psychologiques sur des humains. Il est dit que le professeur Cameron ne savait pas que les fonds provenaient de la CIA parce qu’il les recevait d’une organisation de façade appelée la société pour l’ Investigation of Human Ecology.

Le Dr Cameron a aussi été un membre du tribunal médical de Nüremberg dans les années 1940 et fut à la tête des associations psychiâtriques du Canada et des Etats-Unis et il fut le tout premier président de l’association Psychiatrique mondiale. Une de ses plus importantes expériences était de plonger un patient dans un coma induit pendant des semaines. La plupart des gens qui entrèrent à l’Institut le firent pour des problèmes mineurs comme des désordres anxiogènes ou des dépressions postpartum pour les femmes. Beaucoup de ces sujets furent alors abusés mentalement et physquement, torturés, bon nombre souffrant de manière permanente après les expériences. La plupart des documents concernant le projet MKUltra furent détruits dans les années 1970 et pour les quelques documents qui furent découverts, on laissa le soin à la Commission Rockefeller et autres d’enquêter sur les activités domestiques de la CIA et autres parties impliquées.

Une artiste de Winnipeg, Sarah Ann Johnson a récemment créé une expérience artistique MKUltra qui fut inspirée par sa propre grand-mère qui fut une des victimes des recherches psychologiques de la CIA. La grand-mère d’Anne, Velma Orlikow, entra à l’Allan Memorial Institute en 1956 suite à une dépression postpartum et fut une des nombreuses patientes qui furent traitées par le Dr Cameron. Elle fut soumise à des comas induits par de puissantes drogues et à une thérapie d’électrochocs. Anne dit que sa grand-mère voulut quitter le traitement à plusieurs reprises, mais que sa famille lui disait sans cesse qu’elle devait faire confiance au médecin et qu’elle devait suivre ses recommandations. Elle finit alors toujours par y retourner alors même qu’elle ne le désirait plus. Elle fit plusieurs tentative de suicide et décéda alors qu’Anne n’avait que 14 ans. Avant de mourir, elle se décida à mener une action en justice et attaqua à la fois l’hôpital et la CIA. L’affaire fint par trouver une résolution hors des tribunaux. (NdT: ce qui veut dire en termes juridiques anglo-saxons, que des dommages et intérêts furent proposés et acceptés… en échange de la fin des poursuites, ceci est une procédure légale anglo-saxonne classique…)

Dans ses récentes créations artistiques inspirées du programme MKUltra, Johnson a utilisé la sculture, la photographie, la performance d’acteur et la vidéo afin de démontrer comment la torture physique et psychologique a affecté sa famille. “Je ne peux aucunement savoir ce que ma grand-mère a ressenti. Ceci est ma tentative d’essayer de comprendre et d’essayer aussi d’accepter pourquoi elle fut ce qu’elle fut, pourquoi ma mère est ce qu’elle est et pourquoi je suis ce que je suis.” a dit Johnson. Ses deux plus récentes créations Hospital Hallway (2015) and The Kitchen (2016), sont montrées au le festival de l’image de Toronto.

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Note de Résistance 71 : De fait il est aussi parfaitement envisageable de concevoir que le programme secret de rendition de la CIA qui a suivi le 11 Septembre 2001, l’invasion de l’Irak et le scandale de la tristement célèbre prison d’Abou Ghraïb et l’horreur de Falloujah (voir ici la confession d’un tortionnaire américain de l’entreprise privée CACI: http://www.agenceinfolibre.fr/confessions-dun-tortionnaire-dabou-ghraib/ ), les prisons secrètes de la CIA en Afghanistan et dans des pays qui sous-traitèrent la torture pour les Etats-Unis comme la Pologne, la Lithuanie, la Thaïlande, la… Syrie (et oui…) et d’autres, furent des extensions pratiques du projet MKUltra.

En fait, quand on lit Naomi Klein et l’article de Dan Dicks ci-dessus et qu’on écoute le tortionnaire yankee, on se rend compte que tout ceci a toujours des implications bien réelles et actuelles dans le monde d’aujourd’hui, dans la bulle crypto-fasciste de l’impérialisme occidental piloté par le monstrueux empire anglo-américain.

Ce qu’il faut comprendre c’est qu’à terme cette sauvagerie sans nom est faite pour se refermer sur nous, les peuples…

Orwell disait: “… vous voulez connaître la société du futur ? Imaginez une botte écrasant un visage… pour toujours…” La question a toujours été: les laisserons-nous faire ?… Il n’y a pas d’autre véritable question dans l’immédiat.

Batailles de rues du 1er Mai: témoignage de solidarité dans le combat social…

Posted in actualité, altermondialisme, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 4 mai 2016 by Résistance 71

Témoignage d’une street medic 
lors de la manifestation du 1er mai 2016 à Paris

 

Paris Lutte Info

 

mardi 3 mai 2016

 

url de l’article:

https://paris-luttes.info/temoignage-d-une-streetmedic-lors-5552?lang=fr

 

Un communiqué collectif sera publié très bientôt. En attendant, je tenais à écrire ce témoignage pour que ce que l’on a vécu durant la journée de mobilisation du 1er mai contre la loi travail soit rendu public rapidement.

Cette manifestation a été, de mon point de vue, une des plus violemment réprimées depuis le début du mouvement. Néanmoins, c’est aussi lors de cette journée que j’ai pu assister à des pratiques collectives de solidarité, d’une ampleur et d’une force que je n’avais jamais connues auparavant.

En tant que street medic, nous avons eu à soigner, rassurer, prendre en charge d’innombrables blessé·e·s. Et quels que soient nos efforts de comptabilité, nous ne pouvons avoir accès qu’à un nombre restreint des victimes de la police, tant les affrontements sont massifs et étendus. Nous avons vu et soigné des blessé·e·s graves, des tirs tendus au flash-ball, aux grenades lacrymogènes, aux grenades de désencerclement. Des tirs au visage, dans les yeux, les mains, sur les membres, sur tout le corps. Nous avons vu des doigts à demi sectionnés, de la peau brûlée, des personnes sous le choc, terrorisées.

De manière générale, les blessé·e·s nous arrivent par salves. La première fois, c’était dans une grande nasse avant d’arriver à Nation : quatre blessé·e·s graves, beaucoup d’autres plus léger·e·s. Nous avons dû improviser un triage, dans un poste de soin avancé malgré les affrontements tout proches.

Là, j’ai vu les manifestant·e·s nous protéger, faire barrage de leur corps lorsque les charges de CRS sont arrivées sur nous. Beaucoup de personnes sont restées là, à se mettre en danger, à prendre le risque de se faire arrêter, matraquer, tirer dessus. Par solidarité. Et c’est cette attitude qui a continué de me marquer tout au long de la journée.

Plus tard, à Nation, nous avons pris en charge une personne dont une artère avait été sectionnée au niveau de la cheville, par un tir tendu de la police. Elle avait donc une hémorragie pulsatile, ce qui la rendait indéplaçable, pour pouvoir maintenir un point de compression. Nous sommes donc resté·e·s avec elle, à la soigner au centre de la place, pendant que les grenades lacrymogènes pleuvaient partout et que les tirs tendus sifflaient. Rapidement, d’autres blessé·e·s nous ont été amené·e·s.

Un périmètre de sécurité formé par une trentaine de personnes s’est établi autour de nous. Nous agitions un grand drapeau street medic dans l’espoir que la police ne charge pas et laisse parvenir jusqu’à nous les secours que l’on avait appelés pour évacuer les blessé·e·s les plus grièvement touché·e·s.

Mais une pluie ininterrompue de grenades lacrymogènes s’est mise à pleuvoir sur notre petit périmètre. Nous étions quasiment les dernier·e·s sur la place. J’étais aveuglée et asphyxiée. Une main comprimant l’artère d’un·e des blessé·e·s, l’autre protégeant sa tête des tirs. Mais même les deux mains immobilisées, sans rien voir et sans pouvoir respirer, je savais que l’on me protégeait.

Toutes ces personnes, street medics, manifestant·e·s, inconnu·e·s sont resté·e·s autour de nous et ont gardé la ligne. Certaines ont placé leurs corps au-dessus de nous pour faire barrage aux palets de lacrymogène brulants qui tombaient en pluie sur nous. L’une d’entre elles a d’ailleurs vu son sac commencer à flamber. Mais elles sont toutes restées jusqu’à la fin.

Je ne veux pas faire ici une apologie de martyr, et je pense que nous aurons beaucoup à nous questionner sur la façon que nous avons eue de nous mettre en danger, physiquement, nous, manifestants, et particulièrement les street medics.

Mais à l’issue de cette journée, je tenais à dire à quel point j’ai été touchée par la solidarité collective, massive dont j’ai été témoin, et ce, tout au long de cette journée. J’ai vu des manifestant·e·s de tendances très différentes prendre soin les uns des autres. Individuellement, en groupes ou en tant que cortèges. Et ce, malgré un degré de répression intense et soutenu.

De mon point de vue de street medic, cette journée a été un bain de sang. Nos interventions tiennent de plus en plus de la médecine de guerre. Mais, paradoxalement, le sentiment le plus fort, le plus présent chez moi à l’issue de cette journée, c’est la gratitude, un sentiment fort de cohésion, de solidarité, de force, de convergence et de détermination. La preuve en acte que nous, étudiant·e·s, travailleurs, chômeurs, précaires nous pouvons être plus fort·e·s face aux patrons, à l’État, à sa police.

La solidarité est une arme inestimable.

Grand Barnum électoral yankee: La face cachée et le candidat « Eisenhower »…

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Cet analyse intéressante de Meyssan ne reflète évidemment pas notre position, elle est un constat de ce qui se trame en coulisse et si cela se confirmait, le monde irait de mal en pis. Nous réitérons ici  notre position politique: fi de toute cette fange étatico-criminelle, que les peuples reprennent l’initiative, réabsorbe le pouvoir en eux et que les sociétés redeviennent organiques, librement associatives et confédérées depuis la base. Nous devons reprendre l’initiative politique du choix et de la décision. Pour ce faire nous devons démanteler à tout jamais la pyramide de contrôle oligarchique n’offrant qu’une illusion désormais clairement pathétique et mortifère aux yeux de tous. Il est nécessaire néanmoins de savoir ce qui se trame dans notre dos en France comme ailleurs, afin de prendre les décisions informées qui s’imposent d’elles-mêmes…

~ Résistance 71 ~

 

Mattis contre Trump

 

3 Mai 2016

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article191558.html

 

Alors que les médias traitent les primaires US comme une compétition entre Trump et Cruz d’un côté, Clinton et Sanders de l’autre, toute une machine est en train de se former pour faire barrage au promoteur immobilier qui menace les intérêts de la classe dirigeante WASP. Thierry Meyssan expose ici ce qui est en jeu et dont personne ne parle publiquement pour le moment. 
Cet article s’adresse à un lectorat averti.

Les primaires états-uniennes qui devaient être la préparation d’un affrontement entre Républicains et Démocrates ont progressivement dérivé pour devenir une compétition pour le contrôle du Parti républicain.

Alors que, chez les Démocrates, le duel entre Hillary Clinton et Bernie Sanders se résume à celui de l’expérience au service des riches contre l’idéalisme au service du plus grand nombre, toute l’attention s’est focalisée sur le combat opposant chez les Républicains Donald Trump et Ted Cruz.

Cruz est un pur produit d’une agence militaire privée d’« opérations psychologiques ». En matière de politique étrangère, il s’est entouré d’une équipe composée de personnes formées durant la Guerre froide autour du sénateur Henry Scoop Jackson, hystériquement anti-soviétiques. Il a pris des positions contre toute forme de limitation juridique de la puissance états-unienne, donc contre le principe même du droit international.

Jusqu’à la semaine dernière, on ignorait les positions de Donald Trump. Tout au plus l’avait-on vu tenir des propos contradictoires sur la question israélienne. Il a vivement dénoncé le parti pris pro-israélien des administrations successives, s’est déclaré neutre face au conflit israélo-palestinien, puis est allé tenir une profession de foi ultra-sioniste devant l’AIPAC.

En définitive, Trump a été invité la semaine dernière par The National Interest à prononcer son premier discours de politique étrangère. Cette revue est issue du Nixon Center regroupant les survivants de l’équipe d’Henry Kissinger. À la surprise générale —mais probablement pas à celle des organisateurs—, « le » Donald n’a pas égrené de positions sur divers sujets, visant à satisfaire tel ou tel lobby, mais a décliné une véritable analyse de la politique états-unienne et décrit sa complète refonte.

Selon lui, c’est une erreur fondamentale que d’avoir tenté d’exporter par la force le modèle démocratique occidental à des peuples qui n’y avaient aucun intérêt. Il s’est donc livré à une critique de l’idéologie néo-conservatrice, au pouvoir depuis le coup d’État du 11 septembre 2001. Dès lors, on comprend mieux pourquoi la scène avait été organisée par les amis d’Henry Kissinger, partisans du « réalisme » politique (realpolitik) et boucs-émissaires des néo-conservateurs.

Après avoir dénoncé les gigantesques dégâts humains et économiques, pour les pays concernés autant que pour les États-Unis eux-mêmes, il a embrayé sur une attaque indirecte du « complexe militaro-industriel », mettant en cause le trop d’armes en général dans le monde. Personne ne s’y est trompé : pour la première fois depuis l’assassinat de John Kennedy, un candidat à la présidence dénonçait la toute-puissance des fabricants d’armes qui ont phagocyté la presque totalité de l’industrie US.

Il peut paraître surprenant de prendre ainsi le taureau par les cornes devant les amis d’Henry Kissinger qui contribua plus que d’autres au développement de ce complexe. Cependant, l’histoire récente des États-Unis explique ce retournement. Tous ceux qui ont combattu le complexe militaro-industriel ont été bridés ou éliminés : John Kennedy fut assassiné lorsqu’il s’opposa à la guerre contre Cuba ; Richard Nixon fut éliminé par l’affaire du Watergate lorsqu’il conclut la paix au Vietnam et mena la détente avec la Chine ; Bill Clinton fut paralysé par l’affaire Lewinsky lorsqu’il tenta de s’opposer au réarmement et à la guerre au Kosovo.

Avec un certains sens de la provocation, Donald Trump a placé son projet de nouvelle politique étrangère sous le slogan « America First », par référence à l’association homonyme d’avant la Seconde Guerre mondiale. Ce groupe est resté dans les mémoires comme un lobby nazi tentant d’empêcher le « pays de la liberté » de voler au secours des Britanniques attaqués par les génocidaires des juifs. En réalité, « America First », qui a effectivement été détourné de sa mission par l’extrême droite US, était originellement une vaste association, créée par des Quakers, dénonçant la Guerre mondiale comme un affrontement entre puissances impérialistes et refusant à ce titre de s’y impliquer.

C’est de manière mensongère que ses adversaires présentent donc Donald Trump. Celui-ci n’est absolument pas un isolationniste comme Ron Paul, mais bien un réaliste.

Donald Trump n’était pas jusqu’ici un politicien, mais un promoteur immobilier, un commerçant et un présentateur de télévision. Cette absence de passé politique lui permet d’envisager l’avenir de manière complètement nouvelle sans être lié par aucun engagement antérieur. C’est un dealmaker comme l’Europe en a connu avec Bernard Tapie en France et Silvio Berlusconi en Italie. Deux hommes qui, non sans défaut, ont renouvelé l’exercice du pouvoir dans leur propre pays en bousculant les classes dirigeantes.

Pour faire barrage à Donald Trump, le Parti républicain a organisé une alliance entre Ted Cruz et le dernier autre candidat en lice, l’ancien présentateur de télévision John Kasich. Tous deux ont accepté de renoncer à la présidence et de s’allier pour empêcher Trump d’obtenir la majorité absolue des délégués à la Convention. De la sorte, le Parti pourra proposer lors de sa convention un nouveau candidat, jusqu’ici inconnu du public.

D’ores et déjà des sondages d’opinions confidentiels sont réalisés, des fonds sont collectés, une équipe de campagne a été constituée autour du général James Mattis, bien que celui-ci jure la main sur le cœur ne pas envisager de carrière politique. Cependant, à l’évidence, l’ancien patron du CentCom se verrait bien en nouvel Eisenhower. En effet, en 1952, le vainqueur de la Seconde Guerre mondiale n’avait pas participé aux primaires car il était encore commandant des Forces en Europe. Il s’était glissé dans la compétition presque à la fin et avait été massivement désigné par la Convention du Parti républicain pour le représenter.

Le général Mattis est réputé être un intellectuel. Il a collectionné une vaste et célèbre bibliothèque privée de stratégie militaire, mais semble ne s’être intéressé à l’Histoire uniquement sous cet angle. Aujourd’hui chercheur à la Hoover Institution (université de Stanford), il est venu à Washington mener des consultations et a donné une conférence au CSIS. Ce think-tank, traditionnellement proche de l’industrie pétrolière est aujourd’hui principalement financé par l’Arabie saoudite.

Après avoir annoncé un avenir « horrible » pour le Proche-Orient, le « moine-soldat » (selon le surnom que lui ont donné ses subordonnés) s’est appliqué à dénoncer le péril de la Révolution iranienne et à appeler à la guerre contre elle. Ce faisant, il reprenait à son compte le programme auquel George W. Bush et Dick Cheney furent contraints de renoncer devant la fronde de leurs autres généraux.

De facto, l’affrontement qui se dessine oppose d’un côté les partisans de la realpolitik d’Henry Kissinger, attachés aux principes de la Paix de Westphalie, c’est-à-dire à un ordre international fondé sur des États-Nations, aux partisans de la démocratisation globale des néo-conservateurs, c’est-à-dire à la destruction des identités nationales et à l’imposition d’un régime universel de gouvernance. En un mot, c’est la vision de Richard Nixon contre celle des putchistes du 11-Septembre.

À retenir :

-Donald Trump, candidat à la présidence US, veut limiter la puissance du complexe militaro-industriel. Il reprend le flambeau de John Kennedy (assassiné), de Richard Nixon (Watergate) et de Bill Clinton (Lewinsky).

-Selon Trump, il est néfaste pour les États-Unis et pour les peuples étrangers de tenter d’exporter par la force le modèle démocratique occidental qui ne correspond pas à leurs aspirations.

-Le complexe militaro-industriel prépare la candidature du général James Mattis et une guerre contre la Révolution iranienne.

Résistance au colonialisme: Quand une petite trahison sémantique a de grandes conséquences coloniales (Steven Newcomb)

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Les nations amérindiennes luttent contre le terrorisme depuis 1492…

~ Résistance 71 ~

 

L’héritage: Les pensionnats américains de la domination et le vote des autochtones

Steven Newcomb

25 Avril 2016

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/04/25/legacy-us-boarding-schools-domination-native-vote

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans son “Doubts About Voting? Just Think Montana, »
le journaliste Mark Trahant, Shoshone-Bannock, dit: “Les électeurs amérindiens sont enregistrés pour voter dans l’état du Montana à un ratio plus important que tout autre groupe ethnique.” Ainsi, il échoue totalement à nous classifier comme appartenant à des nations autochtones distinctes des Etats-Unis d’Amérique ; il nous définit en revanche comme un “groupe ethnique” parmi la multitude de groupes de la sorte existant aux Etats-Unis.

L’article de Trahant nous rappelle une phrase du président Obama invoquée lors d’une réunion des leaders des nations natives indiennes à la Maison Blanche: “E Pluribus Unum”, qui en latin veut dire “Unité dans la multitude”. Parce que les Etats-Unis furent fondés comme l’empire américain (Richard Van Alstyne, The Rising American Empire, 1962), la phrase est en fait plus précisément: “E Pluribus Unum Imperium”, c’est à dire “de la multitude à l’unicité d’un empire”. Un “imperium” légal note René Maunier dans son livre “La sociologie coloniale”, volume 1, 1942, est “une domination ou une subjection au sens propre”. Maunier observe plus loin: “Lorsque nous parlons du pouvoir qu’un État exerce, nous pourrions impliquer une réelle domination” (Ibid).

L’Imperium, ou empire américain, comme l’ont conçu George Washington, James Madison, John Marshall et bien d’autres, a travaillé sans relâche pour diminuer et éventuellement mettre un terme à l’existence de nos nations et peuples originels sur ce continent. Lorsque des écrivains/journalistes autochtones décident d’écrire au sujet de notre appartenance à quelque “groupe ethnique” des Etats-Unis (de l’empire américain), ils jouent directement la main de l’agenda anti-nation native qui remonte à la fondation même des Etats-Unis. Cela a été un objectif de longue durée pour cette entité de mettre un terme à toute velléité de conscience nationale de nos nations autochtones et de la remplacer par la conscience nationale des Etats-Unis.

Les preuves de la guerre états-unienne contre nos nations originelles afin de nous garder sous le joug et de nous détruire, abondent. Une telle preuve est par exemple trouvée dans le rapport annuel d’Ely Parker, haut-commissaire aux affaires indiennes, qui fut publié le 23 décembre 1869. Une partie de ce rapport s’adresse à l’élaboration de traités entre les Etats-Unis et les nations indiennes, une chose que Parker tend à ridiculiser.

Parker était un Seneca (NdT: membre de la Confédération des 6 Nations Iroquoises, Haudenosaunee) qui est devenu plus dévoué apparemment aux Etats-Unis qu’aux nations autochtones. Il devint un général de l’armée nordiste lors de la guerre de sécession et un avocat dans le système légal de l’homme blanc. Il a servi de haut-commissaire en chef aux Affaires Indiennes de 1869 à 1871. Parker écrivit ce qui suit comme négation de toute idée de nationalité/nation indienne:

“Les tribus indiennes des Etats-Unis ne sont pas des nations souveraines capables de faire des traités car aucune d’elles n’a un gouvernement organisé ayant un pouvoir et une force inhérente tels, que cela sécuriserait une fidèle observation des composants de ce caractère. Elles sont tenues pour être pupilles du gouvernement des Etats-Unis et le seul titre que la loi leur concède envers la terre qu’ils occupent est à peine celui de la possession.”

Parker épousait bien évidemment la vision que les nations indiennes ne sont pas des nations souveraines parce qu’elles ne possèdent ni la force politique, ni la force militaire pour forcer les Etats-Unis à se plier aux accords de traité que les Etats-Unis avaient juré de suivre. Le commissaire Parker dit plus loin:

“Mais, parce que ces traités ont été faits avec elles, généralement en vue de l’extinction de leur supposé titre absolu de propriété de la terre qu’ils habitent, ou sur laquelle ils èrent, elles ont reçu la fausse impression de la notion d’indépendance nationale.”

Aujourd’hui, l’idée d’indépendance nationale pour les nations indiennes, c’est à dire “un désir d’exister indépendamment de la domination politique des Etats-Unis”, semble être la chose la plus éloignée dans l’esprit de bien des autochtones.

En 1882, une décennie après la déclaration de Parker sur les traités avec les Indiens, un autre haut-commissaire aux Affaires Indiennes, Hiram Price, se fit l’avocat “d’utiliser des sociétés religieuses à des fins régulières et missionnaires parmi les Indiens”. Il proposa d’utiliser ces sociétés religieuses:

Pour le plus haut et noble but d’aider ces gens sans tuteurs et non-civilisés vers une plus haute et meilleure place dans l’existence. Il n’y a pas d’autre façon ni d’autre moyen, à mon avis, pour que notre population indienne soit rapidement et de manière permanente récupérée et sauvée de la barbarie, de l’idolâtrie et de la vie sauvage, que par les opérations éducatives et missionnaires du peuple chrétien de notre pays (Prucha, p.157).

En 1889, un an avant le massacre du chef Big Foot et de son peuple Hunkpapa à Wounded Knee, Thomas J. Morgan, commissaire aux Affaires Indiennes, introduisit une nouvelle politique indienne. Morgan lança ce que je nommerais une forme de guerre psychologique faite pour assimiler les enfants indiens dans la mentalité de la société (coloniale) dominante. Il appela cela “l’inculcation du patriotisme dans les écoles pour Indiens”. Le mot “inculquer” remonte au sombre mot “calcare” ou “marcher sur, piétiner”. Cela veut généralement dire “enseigner ou imprégner par de fréquentes répétitions”. Par un tel processus, a dit Morgan “les Indiens sont destinés à être absorbés dans la vie nationale, non pas comme Indiens, mais comme Américains.” Morgan annonça que:

Sur le campus de toutes les écoles les plus importantes devra être érigé un poteau pour les couleurs sur lequel flottera, lorsque la météo est bonne, le drapeau américain. Dans toutes les écoles quelques soient leur taille et leur caractère, soutenues totalement ou partiellement par le gouvernement, la “bannière étoilée” devrait être un objet familier et les élèves seront enseignés de respecter le drapeau comme symbole de la puissance et de la protection de leur nation.

La grande poussée pour “le vote autochtone” dans les élections américaines m’a frappé quant au succès sur le long terme, du plan américain de laver le cerveau des enfants indiens avec ce moyen du patriotisme envers les Etats-Unis et afin de retirer de nos nations autochtones originelles toute conscience nationale en relation de ce que nous sommes. Aujourd’hui, le vote autochtone en “pays indien” est une conséquence directe de la guerre psychologique qui a été engagée contre nos ancêtres lorsqu’ils étaient enfants dans les pensionnats américains de la domination coloniale. L’indépendance originelle et l’existence politique de nos nations indigènes sont ignorées de manière routinière en faveur du vocable péjoratif de “tribus” et de “tribal” ; nos propres frères nous caractérisent d’une manière subordonnée en nous qualifiant de n’être qu’un “groupe ethnique” des Etats-Unis, ceci en parfaite adéquation et continuité de la politique de Parker ; de fait le drapeau américain est souvent traité comme s’il était le drapeau de toutes nos nations natives de cette terre.

Les Amérindiens votant dans les élections américaines en tant “qu’Américains” avait été prédit par le commissaire Morgan lorsqu’il écrivit: “Les Indiens sont destinés à être absorbés dans la vie nationale, non pas en tant qu’Indiens mais en tant qu’Américains.” Le “vote autochtone” crée la fausse impression que nous avons donné notre consentement libre à l’adhésion au système américain de domination qui nous a été et nous est toujours imposé, à nous, nos peuples et nos nations.

Résistance au colonialisme: l’hypocrisie totale du Forum Permanent des Affaires Indigènes de l’ONU quand les institutions protègent la Doctrine Chrétienne de la Découverte fondement du colonialisme occidental (Peter d’Errico)

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Le Forum Permanent de l’ONU va t’il prendre position pour les peuples indigènes ?

Peter d’Errico

25 Avril 2016

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/04/26/will-permanent-forum-stand-indigenous-peoples

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71~

 

Le Forum Permanent sur les Affaires Indigènes (FPAI) de l’ONU (UNPFII) semble complice dans l’enterrement de ce qui avait été jusqu’ici son action la plus profonde et significative en la matière: la critique de la Doctrine Chrétienne de la Découverte qu’il avait émise dans sa 13ème session de Mai 2014 et intitulée: « Study on the impacts of the Doctrine of Discovery on indigenous peoples, including mechanisms, processes and instruments of redress. » [UN Doc E/C.19/2014/3]

Le Forum Permanent, comme la plupart des corps constitués conventionnels, a évité de nommer la base religieuse de la doctrine ; mais l’étude elle-même a ciblé la racine: “La présomption de supériorité raciale des chrétiens européens.” La Doctrine a pour origine “les bulles pontificales émise durant la soi-disante période de l’âge de la découverte en Europe. Elle était composée de réglementations, comme le Requirimiento, qui émanaient de royauté d’états européens chrétiens.”

L’étude a montré comment la présomption de la supériorité chrétienne incarnée par la doctrine de la découverte alimente les saisies coloniales des terres et le génocide des peuples autochtones. “Dans toutes ses manifestations, la ‘découverte’ a été utilisée comme cadre justificatif pour déshumaniser, exploiter, réduire en esclavage et subjuguer les peuples indigènes ainsi que de les déposséder de leurs droits les plus fondamentaux, de leurs lois, de leur spiritualité, de leur vision du monde et du mode de gouvernance de leurs terres et de leurs ressources. Ce fut en fait la véritable fondation du génocide.

L’étude se concluait avec un diagnostique réaliste et une recommandation:

“On ne peut pas effacer l’histoire. Son cours, quoi qu’il en soit, peut-être changé pour assurer le bien-être présent et futur, la dignité et la survie des peuples indigènes. La diginité et le respect des droits de l’Homme doivent être garantis, spécifiquement à la lumière de vulnérabilités existantes. Il doit y avoir une reconnaissance complète et honnête du passé afin d’assurer que les doctrines coloniales ne continuent pas à se perpétrer. Un changement clair de paradigme et critique des doctrines coloniales vers un cadre de principe axé sur les droits de l’Homme consistant avec la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU (DDPI) et autres lois internationales sur les droits de l’Homme.”

Le Forum Permanent a félicité l’auteur de l’étude et a affirmé que toutes les doctrines, incluant celle de le découverte, qui se font les avocates de la supériorité sur une base d’origine nationale ou raciale, religieuse, ethnique ou de différences culturelles sont racistes, scientifiquement fausses, légalement invalides, moralement condamnables et socialement injustes et se doivent d’être répudiées tant en parole qu’en action.

Le rapport final de la 13ème session [UN Doc E/C.19/2014/11] a recommandé que l’étude “soit soumise au président de l’assemblée générale de l’ONU et des états membres en tant que guide de référence dans les discussions concernant la réunion plénière de haut-niveau/Conférence Mondiale sur les Peuples Indigènes programmée pour Septembre 2014.”

La soi-disante Conférence Mondiale sur les Peuples Indigènes, nommée ainsi de manière erronée puisque c’était une conférence de l’AG de l’ONU et non pas des peuples indigènes, s’est déroulée sans même que la Doctrine Chrétienne de la Découverte ne fusse nommée une fois. Malgré la recommandation on ne peut plus explicite du Forum Permanent, l’étude ne fut pas discutée et aucunes recommandation pour futures actions ne fut émise ni même mentionnée.

Malgré tout, bien des observateurs ont déclaré cette réunion de haut-niveau comme étant une “victoire” pour les peuples indigènes. Il apparaît que bien des gens peuvent être embrouillés au sujet de la différence entre parler et agir. Dans ce cas précis, il n’y eut même pas de discussion dans le document de conclusion de la conférence. L’étude sur la Doctrine Chrétienne de la Découverte fut passée à la trappe.

La base de données des recommandations du FPAI de l’ONU catégorise la 13ème session et sa recommandation comme une “méthode de travail” pour le président de l’AG de l’ONU et les pays membres. Le “statut de mise en application” montre un espace blanc. Le statut de mise en application des recommandations préalables de la 11ème session critiquant la Doctrine et appelant pour sa révocation est montrée comme étant “en cours”.

Avant sa 14ème session de Mai 2015, le FPAI avait requis que ses états membres donnent leurs réponses à la 13ème session. Cinq états ont répondu: l’Australie, le Danemark, le Mexique, le Paraguay et les Etats-Unis. De ceux-ci, seul le Paraguay a rapporté une quelconque action mise en place en ce qui concerne la propriété indigène de la terre, le problème fondamental qui affecte les peuples indigènes au travers de la Doctrine Chrétienne de la Découverte. Les autres états répondant ont discuté de nombreuses affaires sociales et de programmes de services fournis aux personnes indigènes.

Le rapport final de la 14ème session [UN Doc E/2015/43] n’a pas attiré l’attention sur ce manque évident de réponse et de suivi de l’étude et de ses recommandations. En fait, le rapport a “encensé le document de clôture” de la réunion plénière de haut-niveau, sans même faire allusion au fait que la réunion n’avait aucunement adressé la Doctrine Chrétienne de la Découverte. Le rapport a néanmoins réitéré le droit des peuples indigènes à avoir leur mot à dire dans le développement de leurs terres.

Peut-être de manière édifiante, la 14ème session a aussi reconnu “le besoin de réduire le nombre de recommandations tout en renforçant le suivi et la mise en place des recommandations les plus remarquables.” Le Forum a promis de prendre une “initiative de réforme”.

L’urgence du problème du titre de propriété indigène a été accru par la reconnaissance que, comme l’a rapporté la 14ème session, le suicide au sein des peuples indigènes “est lié à la perte par les peuples indigènes de leurs droits à la terre et à leurs territoires ancestraux, leurs ressources naturelles, leurs modes de vie traditionnels et l’utilisation traditionnelle des ressources naturelles.

Bien que le rapport ait fait suivre ces trouvailles d’une volée de propositions pour des actions sur la santé, il a aussi appelé “l’envoyé du SG de l’ONU pour la jeunesse… d’informer le Forum sur les progrès en ce domaine dans la 15ème session.”

Celle-ci aura lieu en Mai 2016. L’agenda publié s’ouvre avec “Un suivi des recommandations du Forum Permanent: a) Mise à jour sur la mise en place des recommandations du FP.” Après une subséquente “réunion d’expert internationale sur le thème “Langues indigènes: préservation et revitalisation”, l’agenda continue sur deux “études préparées par des membres du FP.” La liste n’inclut pas d’étude sur la Doctrine Chrétienne de la Découverte.

Dans quelques semaines, nous saurons si le FP de l’ONU a oublié la Doctrine Chrétienne de la Découverte ou s’il va insister sur la question de la terre pour les peuples indigènes et leurs droits devant inclure une révocation de la Doctrine et des bulles pontificales desquelles les schémas de domination de la doctrine ont émergé.

L’ONU, tout comme ses états membres, fait fonctionner une énorme bureaucratie ce qui augmente la possibilité pour bien des sujets de passer à la trappe. Les états membres ne regardent pas les peuples indigènes comme des participants à part entière de l’organisation. De plus, quelques états membres, particulièrement les Etats-Unis, ont pris des mesures pour mettre une limite entre les droits des peuples indigènes et les droits des peuples. En fait, l’effort parallèle pour définir un “nouveau statut” pour les peuples indigènes à l’ONU indique autant un effort de les enterrer et de les mettre au placard que de les élever à être membre à part entière du corps général de l’organisation.

Le ministère des affaires étrangères des Etats-Unis, au moment où ceux-ci changeaient leur vote sur la DDPI d’un non à un oui, avait dit que la déclaration crée une catégorie spéciale de droits qui n’est pas équivalente à une participation complète au concert des nations. Le ministère a poussé le bouchon aussi loin que de déclarer que le système de “loi fédérale indienne”, basé sur la doctrine Chrétienne de la Découverte, est identique au système de droit mis en place dans la déclaraton de l’ONU.

En mettant ces développements bout à bout, l’étude du FPAI de l’ONU sur le Doctrine Chrétienne de la Découverte passant à la trappe et l’effort de maintenir les peuples indigènes dans un statut subordonné en rapport avec les états, peut faire facilement conclure que les droits des peuples indigènes sont non seulement sous attaque des états coloniaux, mais que les termes de l’attaque n’ont pas même changé. Les peuples indigènes ont un “forum permanent” pour leurs “affaires”, mais leurs affaires sont toujours subordonnées aux préoccupations des états qui clâment une supériorité sur eux.

Dans la tragédie de Shakespeare “Jules César”, Marc Antoine cache son amour de César: “Je suis venu pour enterrer César et non pas pour l’encenser”. L’inverse marche tout aussi bien: un ennemi peut bien dire: “Je viens pour encenser et pas pour enterrer”. Attention aux manifestations d’amitié aux peuples indigènes… à moins que ce ne soit confirmé par des actions.

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