Résistance politique au colonialisme: La chrétienté source de la chienlit colonialiste moderne…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , on 1 mars 2015 by Résistance 71

« Transposer un sens éthique et cette idée sur un plan de philosophie politique concise est difficile, car cela résiste l’institutionnalisation…  Je pourrai suggérer un point de départ en conceptualisant une forme d’anarcho-indigénisme. Pour prendre racine dans l’esprit des gens, la nouvelle éthique doit capturer l’esprit du guerrier dans la bataille et l’amener en politique. Comment peut-on décrire cet esprit en terme contemporain en relation à un mouvement politique ? Les deux éléments qui viennent à l’esprit sont « indigène », évoquant l’enracinement culturel et spirituel dans cette terre et la lutte Ongwehonwe pour la justice et la liberté et le philosophie politique et le mouvement qui est fondamentalement anti-institutionnel, radicalement démocratique et focalisé à agir pour forcer un changement de société: l’anarchisme.« 

~ Taiaiake Alfred ~

 

Le contexte des traités avec les nations indiennes

 

Steven Newcomb

 

27 Février 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/02/27/context-indian-nation-treaties

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le National Museum of the American Indian (NMAI) a créé une exhibition importante et visuellement captivante appelée “De nation à nation: Les traités entre les Etats-Unis et les nations amérindiennes”. Cette exposition s’est ouverte le 21 Septembre 2014 et durera jusqu’à l’automne 2018. Un résumé sur le site internet du NMAI stipule: “Les traités sont au cœur de la relation entre les nations indiennes et les Etats-Unis,” et que l’exhibition sur les traités explique “l’histoire de cette relation, incluant l’histoire et l’héritage de la diplomatie états-uno-amérindienne de la période coloniale à nos jours.

Il y a, quoi qu’il en soit, une importante question qui n’est bien évidemment pas posée par l’exposition du musée: Pourquoi les traités avec les nations indiennes ne sont-ils pas classifiés de la même manière que les traités des Etats-Unis avec des nations comm,e par exemple, la Grande-Bretagne, la France ou l’Espagne ? Une explication du cadre utilisé par les Etats-Unis, et toujours utilisé aujourd’hui, pour interpréter les traités établis avec nos nations indiennes “originelles” a été publiée en 1848. Elle fut publiée “sous l’autorité du congrès des Etats-Unis” dans le Volume II des statuts publics généraux des Etats-Unis: “The Public Statutes at Large of the United States of America,” qui fut mise en page et éditée par l’avocat Richerd Peters.

Le Volume II est intitulé “Traités entre les Etats-Unis et les tribus indiennes” / “Treaties Between the United States and the Indian Tribes,” caractérisant de la sorte les traités avec les Indiens comme n’ayant pas été faits avec des nations indiennes… A leur crédit, disons que les curateurs de l’exposition du NMAI mettent en contradiction dans leur exhibition sur les traités, cette attitude vis à vis des termes “nation à nation” et “Nations Indiennes Américaines”.

Dans la table des matières du Volume VII des “statuts généraux”, sous la “Liste des traitées entre les Etats-Unis et les tribus indiennes”, Peters écrit: “ les principes généraux reconnus (sic) par la cour suprême des Etats-Unis en relation avec les tribus indiennes” et note en page une qu’il s’était senti obligé de commencer le livre avec une information expliquant comment “des traités entre les Etats-Unis et des tribus indiennes” sont interprétés du point de vue des Etats-Unis. Une partie de cette explication implique ce qu’il appelle “les principes généraux qui ont été reconnus (sic) par la cour suprême des Etats-Unis et les tribus indiennes”, et “le titre indien des terres qu’ils occupent”.

Le corps de ce VIIème volume des statuts généraux commence avec “l’affaire de Johnson et de Graham Lessee contre William McIntosh, rapports de Wheaton 8”, dont le rendu fut écrit par le juge de cour suprême John Marshall. Il reproduit ensuite, presque verbatim, la quasi totalité de la décision de l’affaire Johnson contre M’Intosh en 1823. Cette décision est bien évidemment conçue et fondée sur ce que le juge Marshall a appelé “le droit à la découverte, confiné aux pays chrétiens, des terres alors inconnues du peuple chrétien”.

Plus tard, citant Etats-Unis contre Clarke, 9 Peters, 168, Peters écrivit que “le prix ultime était dans la couronne et ses allotements”, sujet au “droit de possession indien” . Le terme “prix ultime” d’après le dictionnaire légal Black, veut dire “titre complet et absolu”. “un “prix” (NdT: “fee” dans le texte original anglais…) est “propriété permanente et absolue, détenue par un seigneur supérieur.” Il continue: “ceci a la même signification que celle du domaine féodal et son concept de seigneurs féodaux et leurs sujets ainsi que dans l’idée de la relation du roi avec des terres “vacantes”, c’est à dire des terres de nations non-chrétiennes.

Peters, citant toujours Etats-Unis contre Clarke, se réfère à “une règle légale établie en Angleterre, qui de par sa prérogative, disait que le roi etait l’occupant universel de toutes terres vacantes dans ses domaines et avait le droit de les donner comme bon lui semblait, prérogative également valide au travers de la volonté de ses administrateurs dûment autorisés.” Cette explication est en accord avec la déclaration du juge suprême Marshall dans le rendu de Johnson contre M’Intosh: “D’après la théorie de la constitution britannique, toutes les terres vacantes sont reversées à la couronne, comme représentante de la nation et le pouvoir exclusif de le faire est admis résider dans la Couronne en tant que branche de la prérogative royale. Il a déjà été montré que ce principe était aussi reconnu en Amérique que sur l’île de Grande-Bretagne.

Marshall dit plus avant à la cour: “En virginie donc, aussi bien que n’importe où ailleurs dans les dominions britanniques, le titre complet de la Couronne sur les terres vacantes était reconnu. Aussi loin que va le respect de l’autorité de la couronne, aucune distinction ne fut faite entre les terres vacantes et les terres occupées par les Indiens. Le titre de propriété, soumis seulement aux limites du droit d’occupation des sols par les Indiens, fut admis être investi dans la personne du roi, tout comme ce fut son droit d’attribuer ce titre. Les terres auxquelles cette proclamation se référait étaient donc des terres que le roi avait le droit d’attribuer ou de réserver aux Indiens.

La déclaration de la cour suprême des Etats-Unis disant que la couronne britannique n’avait fait aucune “distinction” “entre les terres vacantes et les terres occupées par les Indiens”, fut clarifiée plus avant par Benjamin Munn Ziegler dans son livre: The International Law of John Marshall. Comme le dit alors Ziegler: “Aussi loin que fut respectée l’autorité de la couronne, aucune distinction ne fut faite entre les terres vacantes et les terres occupées par les Indiens” (p.46). Il nota ensuite en passant: “Le terme “terres inoccupées”, réfère bien sûr aux terres en Amérique qui “étaient occupées par les Indiens” lorsqu’eles furent découvertes, mais elle étaient “inoccupées” par des chrétiens…”

Voilà… Les territoires traditionnels de nos nations originelles étaient des “terres inoccupées par des chrétiens” (NdT: conformément aux bulles papales du XVème siècle, elles pouvaient être saisies, volées, usurpées..) est la réponse à la question du pourquoi le gouvernement des Etats-Unis ne classifie pas les traités avec nos nations de la même manière que ceux qu’ils établirent avec des nations comme la Grande-Bretagne, France ou l’Espagne ou tout autre pays. Les traités établis par les Etats-Unis avec les nations indiennes furent des traités établis avec des nations non-chrétiennes. L’historien Francis Jennings a résumé cette attitude de manière succinte dans son “The Invasion of America” lorsqu’il y dit ceci: “ La condition de sauvagerie impliquait plus qu’une sensibilité esthétique et le juge suprême (Marshall) d’un pays embrassant la séparation de l’église et de l’état pouvait montrer aucune préoccupation officielle au sujet de manque de chrétienté des Indiens comme critère de leur statut légal.” Nous devrions ajouter ici “et de leur statut politique”.

Les Etats-Unis ont utilisé le “manque de chrétienté” de nos ancêtres comme critère de jugement du statut politique de nos nations et des traités, le tout devant être subordonné à la “souveraineté” et la “domination” prévalentes des Etats-Unis. Tandis que les curateurs du NMAI méritent des félicitations pour avoir cadré l’exposition dans les termes de nos “Nations”, un grand pas en avant serait de parvenir à focaliser l’attention publique sur le fondement religieux chrétien bigot issus de la bible qui est sous-jacent à la loi et la politique fédérales indienne et qui fut rendu possible par le moyen des décisions de la cour suprême des Etats-Unis dans les affaires Johnson contre McIntosh (1823) et Tee-Hit-Ton Indians vs United States de 1955.

Continuité du génocide en Palestine: La guerre promise de Gaza…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, neoliberalisme et fascisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 1 mars 2015 by Résistance 71

Guerre sans merci

 

Israël se précipite vers la prochaine guerre à Gaza

 

Israël se dirige vers la prochaine éruption de violence avec les Palestiniens comme s’il s’agissait d’une sorte de catastrophe naturelle qui ne peut pas être évitée.

 

Par Gidéon Lévy – 26 février 2015

 

Scènes de l’été 2015 ? Une frappe israélienne à Gaza, juillet 2014

 

Source : http://normanfinkelstein.com/2015/02/26/war-without-mercy/ (http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.644219)

 

Traduction : http://www.sayed7asan.blogspot.fr

 

La prochaine guerre éclatera cet été. Israël lui donnera un autre nom puéril et elle aura lieu à Gaza. Il y a déjà un plan pour évacuer les communautés israéliennes le long de la frontière de la bande de Gaza.

Israël sait que cette guerre va éclater, et Israël sait aussi pourquoi – et il s’y précipite au grand galop les yeux bandés, comme si c’était un rituel cyclique, une cérémonie périodique ou une catastrophe naturelle qui ne peut être évitée. Ici et là, on perçoit même de l’enthousiasme.

Peu importe l’identité du Premier ministre et du ministre de la Défense – il n’y a aucune différence entre les candidats en ce qui concerne Gaza. Isaac Herzog et Amos Yadlin ne disent bien évidemment rien, et Tzipi Livni se vante du fait que grâce à elle, aucun port n’a été ouvert à Gaza. Le reste des Israéliens ne sont pas non plus intéressés par le sort de Gaza et bientôt, Gaza sera obligée de leur rappeler à nouveau sa situation tragique de la seule manière qui lui est laissée, les roquettes.

La situation de Gaza est désastreuse, épouvantable. Aucune mention n’en est faite dans le discours israélien, et certainement pas dans la campagne électorale la plus minable, la plus creuse qui se soit jamais tenue ici. Il est difficile de le croire, mais les Israéliens ont inventé une réalité parallèle, coupée du monde réel, une réalité cynique, insensible, enfouie dans le déni, alors que tous ces malheurs, la plus grande partie étant de leur propre fait, se déroulent à une courte distance de leurs maisons. Les nourrissons gèlent à mort sous les décombres de leurs maisons, les jeunes risquent leur vie et franchissent la clôture frontalière juste pour obtenir une portion de nourriture dans une cellule israélienne. Quelqu’un a-t-il entendu parler de cela ? Est-ce que quiconque s’en préoccupe ? Quelqu’un comprend-il que cela conduit à la prochaine guerre ?

Salma n’a vécu que 40 jours, comme l’éternité d’un papillon. C’était un bébé de Beit Hanoun, au nord-est de la bande de Gaza, qui est décédé le mois dernier d’hypothermie, après que son corps frêle ait gelé sous le vent et la pluie qui ont pénétré dans la hutte de contreplaqué et de plastique où elle vivait avec sa famille, depuis que leur maison a été bombardée.

« Elle a été gelée comme de la crème glacée », a déclaré sa mère au sujet de la dernière nuit de la vie de son nourrisson. Le porte-parole de l’UNRWA, Chris Gunness, a raconté l’histoire de Salma la semaine dernière dans le journal britannique The Guardian. Mirwat, sa mère, lui a dit que quand elle est née, elle pesait 3,1 kg. Sa sœur Ma’ez, âgée de trois ans, est hospitalisée pour des gelures.

Ibrahim Awarda, 15 ans, qui a perdu son père dans un bombardement israélien en 2002, fut plus chanceux. Il a décidé de traverser la barrière entre Gaza et Israël. « Je savais que je serais arrêté », a-t-il déclaré au journaliste du New York Times à Gaza la semaine dernière. « Je me suis dit, peut-être que je vais trouver une vie meilleure. Ils m’ont donné de la nourriture décente et m’ont renvoyé à Gaza. »

Ibrahim a été détenu pendant environ un mois dans deux prisons en Israël avant d’être rejeté vers la destruction, la misère, la faim et la mort. Trois cents habitants de Gaza se sont noyés dans la mer en Septembre dernier, dans une tentative désespérée de quitter la prison de Gaza. Quatre-vingt-quatre habitants de Gaza ont été arrêtés par les Forces de défense israéliennes dans les six derniers mois après avoir tenté d’entrer en Israël, la plupart d’entre eux seulement pour fuir l’enfer dans lequel ils vivaient. Neuf autres ont été arrêtés ce mois-ci.

Atiya al-Navhin, 15 ans, a également tenté d’entrer en Israël en Novembre, juste pour échapper à son sort. Des soldats de Tsahal ont ouvert le feu sur lui, il a été traité dans deux hôpitaux israéliens et est retourné à Gaza en Janvier. Maintenant, il est couché dans son domicile, paralysé et incapable de parler.

Quelques 150 000 personnes sans-abris vivent dans la bande de Gaza et environ 10 000 réfugiés sont dans les abris de l’UNRWA. Le budget de l’organisation a été dépensé après que le monde ait totalement ignoré son engagement à contribuer à hauteur de 5,4 milliards de dollars à la reconstruction de Gaza. L’engagement à négocier la levée du blocus sur Gaza – la seule façon d’éviter la prochaine guerre et celle d’après – a également été rompu. Personne n’en parle. Ce n’est pas intéressant. Il y a eu une guerre, des Israéliens et des Palestiniens y ont été tués pour rien, passons donc à la prochaine guerre.

Israël fera de nouveau semblant d’être surpris et offensé – les cruels Arabes l’attaquent à nouveau avec des roquettes, sans raison.

Société organique contre l’État: le déplacement et le remplacement de l’État et de ses institutions (Gustav Landauer)

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Peu traduit de son allemand maternel, Gustav Landauer est à nos yeux un grand penseur anarchiste pour qui la société organique prime sur l’État et toute institution. Nous sommes proches de sa pensée dans ses applications pratiques. La vision de la société de Landauer est également très proche de la vision des sociétés traditionnelles amérindiennes dont la forme traditionnelle de vie pré-colombienne était en fait une forme de gigantesque Kibboutz à l’échelle d’un continent ou plutôt le mouvement kibboutzim serait plus l’émanation des associations de sociétés organiques traditionnelles amérindiennes.

Dans un article du journal anarchiste londonien « Freedom » datant de 1962, on peut y lire ceci: « Le Kibboutz est un des meilleurs exemples de démocratie et certainement la chose la plus proche de l’anarchisme pratique qui existe… Ici on peut voir en microcosme les débuts de ce qui se passerait dans une société véritablement libre. » Il est bien évident, et l’histoire l’a prouvé à maintes reprises, que tout projet d’auto-organisation de la société a été pris dans la spirale d’interactions des différents réseaux de pouvoir. Ceci a considérablement compliqué l’existence de tels projets. Il en va de même avec le mouvement Kibboutzim, qui, s’il part d’un bon principe sociétaire et organisationnel, n’en est pas moins directement lié au fonctionnement d’un état hautement colonial, coercitif et répressif de par son projet politique qu’est le sionisme. Le modèle interne de ce mode de fonctionnement n’en demeure pas moins valide, sorti de son contexte colonial.

– Résistance 71 –

 

La pensée de Gustav Landauer résumée: La société organique déplaçant puis remplaçant l’État et ses institutions

Extrait de l’introduction au livre de James Horrox: “A Living Revolution, Anarchism in the Kibbutz Movement” (AK Press, 2009)

 

Traduit par Résistance 71 en Mars 2012

 

Source:

https://resistance71.wordpress.com/2012/03/16/revolution-sociale-un-exemple-pratique-de-societe-libertaire-le-mouvement-des-kibboutz/

 

[…] La liste des admirateurs de Kropotkine au sein du mouvement ouvrier juif à cette époque, inclut quelques noms des plus célèbres de l’histoire socialiste sioniste. L’homme qui fut sans doute à l’origine de la plus grande propagation des idées de Kropotkine dans ce milieu fut l’anarchiste et intellectuel allemand Gustav Landauer (1870-1919).

Au travers de l’amitié étroite avec le théologien juif Martin Buber, ses idées en regard de la transformation sociale devinrent centrales au mode de pensée des membres du mouvement de la jeunesse, qui vint en Palestine pour établir les kibboutz au début de années 1920 et en particulier de Hashomer Harzait (La jeune garde), dont les communautés devinrent plus tard la fédération du kibboutz Artzi.

L’influence de Landauer monta dans la gauche européenne dans les années 1890, avec le groupe radical d’étudiants berlinois (la jeunese berlinoise). Comme rédacteur en chef du journal du groupe: “Der Sozialist”, Landauer devînt une figure de proue du mouvement pour la jeunesse et des révolutionnaires de la classe moyenne du groupe “fin de siècle” à Berlin. Il se fît rapidement un nom. Au tournant du siècle, Landauer s’était affirmé une réputation européenne de romancier, de conférencier, de dramaturge, de journaliste, de critique de théâtre et de théoricien politique. Bien que son origine bourgeoise et son opposition à la lutte des classes le mirent en porte-à-faux avec le mouvement des travailleurs, ses contributions à la culture allemande de “Fin de siècle” furent telles que la liste de ses admirateurs inclut quelques unes des plus éminentes figures de l’intelligentsia allemande.

Influencé par les idées de Friedrich Nietzsche, Pierre Kropotkine, Léon Tolstoï et Pierre Joseph Proudhon, tout aussi bien que par les romantiques allemands et les icônes de la littérature de langue anglaise tels Oscar Wilde, Walt Whitman et William Shakespeare, la vision politique de Landauer s’orienta fermement contre le grain matérialiste de la fin du XIXème et début du XXème siècles de la gauche anarchiste européenne. Sa forme pacifiste, non doctrinaire d’anarchisme fut définie par sa croyance en ce que l’état n’est pas une entité abstraite existant au delà de la portée des humains, une entité qui pourrait être “écrasée” par une révolution violente, mais comme étant un organisme vivant complexe composé d’inter-relations individuelles multiples, variées et directes, comme il l’écrivit fameusement en 1910:

“L’État est une condition, une certaine forme relationnelle entre les Hommes, un mode de comportement, nous le détruisons en contractant d’autres relations, en nous comportant différemment les uns envers les autres… Nous sommes l’État, et nous continuerons à l’être jusqu’au jour où nous aurons créé les institutions qui formeront une véritable communauté.”

Pour Landauer, c’est la corruption de l’esprit humain (Geist), qui maintient les humains dans des relations antagonistes, compétitives, qui perpétuent le capitalisme et l’état. Si les gens sortaient de cette construction sociale artificielle, rajeunissaient l’esprit communal qui a, dans les temps pré-modernes, lié la société en une entité pleine à part entière et entraient dans un nouveau cercle relationnel entre tout à chacun, alors le capitalisme et l’état ne pourraient plus survivre.

La révolution doit donc de fait être une régénération complète, une reconstruction générale spirituelle commençant avec l’individu et s’étendant à toute la vie de la société.

Plutôt que de viser au renversement révolutionnaire de l’état capitaliste bourgeois et de ses institutions, Landauer croit que pour supplanter le capitalisme et l’état, les individus doivent s’unifier dans une communauté, “se regrouper, grandir dans un cadre pour ne faire qu’un avec lui, développer un sens d’appartenance, comme un corps avec des segments et des organes innombrables.” Si cela venait à se produire, “la création et le renouvellement d’une véritable structure organique” pourrait commencer et c’est cette structure organique qui dans le temps détruira l’état en le déplaçant. Avec la croissance des individus en familles, des familles en communautés et des communautés en associations, une infrastructure alternative verrait le jour au sein même de l’état, ce qui éventuellement surclasserait l’ordre existant en le remplaçant par la société des sociétés volontariste et librement constituée.

Landauer argumenta que le mouvement anarchiste devrait ainsi concentrer ses efforts sur la restructuration de la société depuis le bas en utilisant une auto-émancipation constructrice par le moyen de l’établissement de relations autogérées, pacifiques et coopérativement autosuffisantes comme fondements d’un futur non aliéné. Ultimement, ce futur verra ses alliances de communes s’entrelacer et se lier entr’elles avec les communautés industrielles; cet entrelacement constituera la “société des sociétés”. Au sein de ces communes, les formes artisanales de production et les traditions communales rurales des sociétés pré-modernes seront restaurées en tandem avec une industrie à petite échelle; l’unité organique entre l’agriculture, l’industrie et l’artisanat ainsi qu’entre le travail manuel et intellectuel sera ré-établie.

Avec une résonnance très kropotkinienne, Landauer décrivit une telle communauté comme “un village socialiste, aves ses ateliers et des usines de village, avec ses prés, ses champs et ses jardins potagers, avec un élevage à petite ou grande échelle. Vous autres prolétaires urbains devez vous habituer à cette pensée, aussi étrange et bizarre qu’elle puisse paraître au premier abord, parce que cela constitue et reste le seul début du véritable socialisme qu’il nous reste.” […]

James Horrox

Avertissement à notre jeunesse: L’armée vous apprend à assassiner mais pas à mourir !…

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Pouvez-vous m’enseigner comment mourir ?

 

Mohawk Nation News

 

26 février 2015

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2015/02/26/can-you-teach-me-how-to-die/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Un recruteur de l’armée alla dans un lycée pour inciter les enfants à s’enrôler dans l’armée et ainsi devenir des tueurs. Il décrivit comment les soldats alliés de la seconde guerre mondiale avaient appris comment casser des mâchoires tout en crevant les yeux, à écraser les larynx et à briser les cous ; généralement appliquant une force létale vers les parties les plus vulnérables du corps humain pour tuer ou estropier. L’ennemi peut-être un bébé, un enfant, une femme, un jeune, un homme ou un ancien. Les flics sont devenus experts à ces méthodes. En 2008, des gardes frontières m’ont menotté (NdT: l’auteure de ces lignes avait alors 69 ans…) à Akwesasne de telle manière que cela puisse provoquer une attaque cardiaque et donc me tuer. L’armée apprend à tuer mais pas à mourir. Les enfants d’aujourd’hui apprennent à combattre dans les sports, les films et la télé. Ils ne sont pas au courant de la dure réalité de la question de vie ou de mort en combat réel. Mis à part cet enfant qui demanda alors au sergent recruteur: “Pouvez-vous m’apprendre à mourir ?” Le militaire ne répondit pas.

Harper veut que des jeunes gens portant un équipement pesant plus de 30 kg tuent des civils, violent et profanent leurs corps. Ils sont mis de force dans des situations où ils auront à tuer, à assassiner pour survivre. Que feront-ils lorsqu’ils seront frappés en travers de la gorge, qu’on les aveuglera ou qu’ils seront touchés en pleine poitrine, faisant ainsi face à la mort ?

Des jeunes gens de 19 ans sont utilisés comme chair à canons pour continuer le jeu politique d’Ottawa. Notre route économique est délibérément mise sur un chemin qui mènera nos jeunes vers trois voies obligées: bidasse, flic ou maton. S’ils n’aiment rien de tout cela, ils seront emprisonnés. Dans l’armée, ils seront en premières lignes.

Dans la formation de base, on leur apprend les bases du meurtre, mais pas comment mourir. Ils seront envoyés en Irak, en Ukraine, en Russie et au Moyen-Orient pour se battre au profit de la machine de guerre corporatiste et entrepreneuriale, et dans des endroits où nous n’avons strictement rien à faire ; là ils feront face à des gens qui n’abandonneront jamais. Pour la première fois d’aussi loin que je me souvienne, des sergents recruteurs sont envoyés dans des écoles (canadiennes) pour nous voler nos enfants, pour les enlever à leurs mères afin qu’ils assassinent et soient tués.

Les appâts sont: plus d’éducation (NdT: l’armée paie les études post-service de ceux qui s’enrôlent, idem au pays du goulag levant et sa “GI Bill”…), des voyages, de l’argent, des bonus etc… Malheureusement, lorsqu’ils terminent, leurs bénéfices sont bien maigres, tardifs ou non-existants. Beaucoup se suicident. (NdT: le nombre d’anciens combattants modernes se suicidant de retour a la vie civile et même lorsqu’ils sont toujours d’active a quintuplé depuis la guerre du Vietnam…)

A toutes les mères: NE LAISSER PAS L’ARMEE ENTRER DANS LES ECOLES ET Y VOLER VOS ENFANTS !
Listen to the Beatles, “Your Mother Should Know’: “Lift up your hearts and sing me a song. That was a hit before your mother was born. So she was born a long, long time ago. Your mother should know. Your mother should know. Your mother should know”.

Entraînement de base pour tuer:

Read: War, words, terrorists, Nazis & concocted threats.

Nouvel Ordre Mondial et eugénisme: L’OMS et l’UNICEF se liguent pour stériliser les femmes kényanes au moyen d’une campagne de vaccination contre le tétanos !…

Posted in actualité, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, santé, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 27 février 2015 by Résistance 71

Ceci n’est plus un secret depuis bien longtemps. Même le criminel eugéniste Bill Gates l’a ouvertement dit: avec de bonnes campagnes de vaccinations (auxquelles lui et sa fondation participent généreusement à financer…) on peut réduire de plus de 10% la population mondiale. Le but n’étant bien sûr de ne pas s’en arrêter là.

Nous l’avions déjà écrit en 2010 dans cette article « Élite globaliste, eugénisme et contrôle des populations » alors publié sur « Le Gaulois Déchaîné »

Une confirmation de plus, une après bien d’autres dont celles ayant eu lieu dans le nord de la Thaïlande et aux Philippines.

– Résistance 71 –

 

L’OMS et l’UNICEF viennent de stériliser des populations du tiers monde sous couvert de vaccinations

 

Réseau Voltaire

 

26 février 2015

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article186917.html

 

Après les scandales qui ont déjà secoué le Mexique, le Nicaragua et les Philippines, l’OMS et l’Unicef sont à nouveau mis en cause au Kenya pour avoir administré des produits stérilisants à l’insu des patients qu’ils prétendaient vacciner contre le tétanos.

La Conférence épiscopale catholique du Kenya, qui administre de nombreux hôpitaux, a participé à la campagne de vaccination contre le tétanos organisée par l’OMS et l’Unicef en mars et octobre 2014 pour les patients de 14 à 49 ans. Face aux rumeurs qui circulaient, la Conférence épiscopale a demandé au ministre kenyan de la Santé, James Wainaina Macharia, de vérifier la composition des vaccins. Devant son refus, la Commission épiscopale a mandaté le laboratoire AgriQ Quest Ltd pour procéder à des expertises. Les expert ont constaté la présence de 24 à 37,5 % d’hormones beta humaines chorioniques gonadotrophiques (βhCG), une quantité largement suffisante pour provoquer la stérilité des patientes. Le ministre de la Santé a réfuté ces résultats, affirmant qu’il était impossible d’introduire des βhCG dans ces vaccins.

La Commission parlementaire de la Santé a alors invité le ministère d’une part et la Conférence épiscopale d’autre part à lui présenter leurs travaux. Contrairement aux déclarations antérieures du gouvernement, il s’est avéré que celui-ci n’avait pas testé les vaccins avant leur inoculation. Aussi fournit-il alors 10 échantillons du vaccin qui s’avérèrent négatifs, tandis que la Conférence épiscopale en présenta 9, dont 3 s’avérèrent positifs. Le ministère de la Santé se retira du débat.

Mgr Paul Kariuki Njiru, évêque d’Embu et président de la Commission de la Santé de la Conférence épiscopale catholique du Kenya, a alors largement communiqué, accusant l’OMS, l’Unicef et le gouvernement kenyan d’avoir délibérément inoculé à leur insu du βhCG à des patientes afin de les stériliser à leur insu.

Le vaccin du tétanos s’administre en trois prises. Un tiers des doses étaient empoisonnées.

L’Organisation mondiale de la santé n’a pas souhaité communiquer.

Résistance au colonialisme: Génocide et esclavage frères jumeaux mortifères de la colonisation du « nouveau monde »…

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Génocide et esclavage Les jumeaux malfaisants du colonialisme

 

Dina Gilio-Whitaker

 

23 février 2015

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2015/02/23/genocide-and-slavery-evil-twins-colonialism

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le mois de Février est le mois de l’histoire afro-américaine, le temps de reconnaître les contributions afro-américaines envers les Etats-Unis et célébrer l’identité noire. Cela veut aussi dire d’inévitablement revisiter l’histoire très dérangeante de ce pays pour comprendre comment le pouvoir européen et américain fut utilisé pour construire les Etats-Unis d’Amérique en se fondant sur une idéologie de l’infériorité des races non-blanches. La colonisation, la doctrine coloniale, en son cœur même, est l’exploitation des autres non-blancs pour faire avancer les agendas politiques et économiques de ceux qui se prétendent supérieurs. Les jumeaux malfaisants du colonialisme sont le génocide et l’esclavage ; les nations indiennes natives et les poulations noires importées payèrent un très lourd tribut à la construction et au développement des Etats-Unis et nous savons tous pertinemment que l’héritage de cette exploitation est bel et bien en vie aujourd’hui.

Une photo circule actuellement sur internet. Elle est un montage dénonçant l’impact du colonialisme sur les afro-américains et les nations et peuples indiens natifs du continent. Elle montre une photo de style rétro en noir et blanc montrant un visage à deux côtés. D’un côté le demi-visage d’un homme noir (de manière présummée un esclave ou un esclave émancipé), tandis que l’autre moitié du visage montre la moitié du visage du grand chef Lakota Sitting Bull/Taureau Assis. La légende de l’image dit ceci:

Name the country built on the genocide of one race and the enslavement of another” (“Nommez le pays bâti sur le génocide d’une race et la mise en esclavage d’une autre”… NdT: pour trouver l’image, faites un copier/coller de la phrase en anglais dans votre navigateur…). L’image nous rappelle non seulement la dévastation des processus coloniaux portée aux nations indiennes et aux Africains forcés à venir sur le continent, mais aussi que la colonisation et le traumatisme historique qu’elle a infligé à ces deux groupes ethniques signifient un lien commun né de l’oppression et de son héritage persistant.

Le colonialisme a nécessité le génocide pour nettoyer la terre de ses occupants pour permettre l’installation des colons blancs tandis que l’esclavage a fourni la main d’œuvre pour refaçonner le paysage à l’image de l’homme blanc. L’histoire de l’esclavagisme américain n’est pas controversive en ce que le fait de son authenticité historique est indiscutable. Le génocide par contre, n’a pas été reconnu dans les grandes largeurs, certainement pas comme un évènement historique reconnu par le gouvernement des Etats-Unis. Le pays a fait passer quelques résolutions et déclarations reconnaissant les “mauvais traitements” et la violence utilisée contre les Indiens et s’est même fendu d’une excuse officielle (risiblement enterrée en page 45 de la loi de la defense appropriations bill…), mais nulle part trouverez-vous le mot “génocide”.

Les universitaires et érudits voient le génocide comme un aspect du but des intervenants du colonialisme pour éliminer les natifs de l’endroit. Mais en général, l’élimination des peuples autochtones prend plusieurs formes insérées dans la société coloniale. Historiquement, cela met les peuples natifs dans une relation complexe avec les noirs. L’exemple le plus flagrant est le comment la propriété esclavagiste devint intégrée aux nations natives du sud. Les dites “Cinq tribus civilisées” devinrent connues sous ce vocable à cause de leur adoption des pratiques blanches, qui incluaient le fermage de grandes terres et l’esclavage. Si elles pouvaient être perçues comme “civilisées”, raisonnèrent ces tribus, peut-être ne seraient-elles alors pas forcées hors de leurs terres comme le furent tant d’autres nations. La pratique de la possession d’esclaves fut donc adoptée du moins en bonne partie en tant que mécanisme de survie des nations indiennes du sud au XVIIIème siècle. (NdT: Ces cinq tribus considérées “civilisées” selon les normes européennes étaient les nations: Cherokee, Choctaw, Chickasaw, Creek et Seminole)

Une étude en profondeur de l’esclavage tel qu’il fut pratiqué par les nations Cherokee, Creek, Chickasaw, Seminole et Choctaw révèle bien des différences en comparaison de la pratique des blancs. Les universitaires ont argumenté que les propriétaires d’esclaves indiens avaient une forte tendance à être bien moins cruels que leur contre-partie blanche. Ils incorporaient également des pratiques coutumières tribales fondées sur les relations de semblable à semblable et de cette façon, la distinction entre un esclave et un membre de la famille pouvait devenir quelque peu floue, comme ce fut le cas avec le célèbre Shoe Boots.

Shoe Boots était un Cherokee pur-sang d’une classe familiale de petits propriétaires mais néanmoins aisée pour les standards de l’époque ; en 1794, il acheta une femme africaine nommée Doll (Poupée). Non seulement était-elle sa propriété, mais il s’avéra qu’ils eurent une relation intime consensuelle, qu’on pourrait qualifier de relation maritale. Cette relation qui dura des décennies produisit cinq enfants qui seraient impliqués dans les histoires complexes de l’expulsion des Indiens, de la politique Cherokee, de la guerre civile et de l’émancipation, parfois expérimentant la liberté, parfois l’esclavage fondé sur leur statut de métis. Les descendants de Shoe Boots et de Doll sont aujourd’hui parmi les Freedman (émancipés) qui se battent toujours pour l’inclusion au sein de la nation Cherokee.

Le gouvernement des Etats-Unis a exploité le besoin survivaliste des peuples indiens et noirs. Alors que la survie indienne dépendait en partie de l’esclavage, ce fut le cas pour la survie noire pendant et après la guerre civile avec une dépendance des boulots offerts par les régiments de cavalerie de l’armée des Etats-Unis. Plus de 200 000 noirs ont combattu dans la guerre civile ( dite de sécession). Après leur émancipation, les noirs étaient enrôléss pour cinq ans dans l’armée et pouvait gagner plus que dans la vie civile. Les régiments de Buffalo Soldiers furent créés spécifiquement pour répondre aux besoins de l’expansion américaine vers l’Ouest (NdT: Il n’y a jamais eu autant de terres indiennes volées et d’Indiens déplacés et massacrés dans l’Ouest que pendant la guerre de sécession…) et parce qu’ils n’étaient admis qu’à l’Ouest du Mississippi, ils furent instrumentaux pour la protection des colons pendant les guerres indiennes. Ainsi les deux groupes les plus opprimés furent montés l’un contre l’autre.

Le contentieux relationnel entre les Indiens et les Afro-Américains a persité depuis la guerre civile et le problème récurrent des Freedmen illustre la complexité à laquelle doit faire face le peuple mixte, spécifiquement ceux qui ont un héritage à la fois indien et noir. Bien que cela ne constitue aujourd’hui qu’un petit pourcentage de la population noire américaine, d’après Henry Louis Gates, l’effort pour construire les passerelles de la compréhension est pris très sérieusement par les membres du National Congress of Black Indians qui, en 2014, a tenu sa première réunion annuelle à Washington D.C

Ceux dont la génétique appartient aux deux cultures sont les porteurs du flambeau de l’union entre les Africains-Américians et les peuples natifs américains. Ils personnalisent une vérité importante: au final, à cause de nos histoires avec le colonialisme, nous avons plus en commun l’un avec l’autre que nous avons de différences. Ainsi, à tous nos frères et sœurs afro-américains, le pays Indien est solidaire de vous en ce mois de l’histoire afro-américaine. Nous avons tous beaucoup pour être fiers.

Résistance stratégique à l’empire: Nouvelle donne au Moyen-Orient…

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La mutation de la résistance libanaise

 

Amal Saad

 

24 février 2015

 

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15219

 

L’intervention du Hezbollah en Syrie a été critiquée par beaucoup dans le monde arabe comme un signe « qu’il a abandonné la résistance pour lutter contre d’autres musulmans. » Son attaque efficace et récente à Chebaa contre un convoi militaire israélien, cependant, sert comme un rappel que le mouvement n’a pas détourné son attention d’Israël et qu’il est capable de lutter sur plusieurs fronts à la fois.

Le fait que le Hezbollah conserve en priorité son activité de résistance, tout engagé qu’il puisse être dans plusieurs théâtres militaires dans la région, indique qu’il a transcendé son origine, sa mission de résister à Israël.

Faire face à Israël est maintenant un des rôles, parmi d’autres, assumé par le Hezbollah dans la période qui a suivi les bouleversements régionaux et marqué le début de la montée du takfiri-djihadisme. Dépassant son rôle d’organisation de la résistance, le Hezbollah assume maintenant la responsabilité de garder les frontières du Liban, de faciliter la sécurité intérieure et la lutte antiterroriste, ainsi que de mener des opérations de contre-insurrection en Syrie et en Irak.

La résistance ne se limite plus à expulser les occupants sionistes et à empêcher toute nouvelle agression israélienne, mais aussi à présent de préserver le cadre politico-territorial et l’environnement stratégique dont elle a besoin pour poursuivre ses missions. La déstabilisation de ces deux sphères par les takfiris-djihadistes a contraint le Hezbollah à se transformer en un mouvement post-résistance.

Le préfixe « post » ici ne signifie pas la fin de la résistance, ou ce qui vient après, mais doit être compris de la même manière que la notion de « post » dans postcolonial, peut être interprétée comme « la persistance du colonialisme, quoique par de différentes ou nouvelles relations concernant le pouvoir ».

La résistance, loin d’être terminée, s’est maintenant transformé en une armée de résistance transnationale dont la direction et la mission restent attachées à sa raison d’être qui est de résister à Israël, mais qui est également engagée dans la protection de « l’épine dorsale » de la Résistance, comme l’explique Nasrallah. À cette fin, le Hezbollah a cherché à extraire les territoires syriens, libanais et irakiens du contrôle djihadiste.

En substance, le Hezbollah est confronté à une insurrection transnationale qui cherche à étendre son proto-état. Tout comme le mouvement avait créé son modèle « hybride » de guérilla en 2006 en fusionnant les méthodes conventionnelles et non conventionnelles de combat, il a créé à présent un nouveau modèle de contre-insurrection dans lequel sa propre armée de résistance, irrégulière et hybride, cherche à supprimer l’activité d’insurgés appartenant à une autre force irrégulière et hybride.

Bataille existentielle avec ISIS

La guerre avec ISIS et le front al-Nusra est considérée comme une bataille existentielle face à une force qui ne fait pas de compromis et qui est bien décidée à éliminer tous les chiites, et par extension, la résistance. Alors que l’idéologie takfiri n’est pas délégitimé politiquement de la même manière que l’est le sionisme, ni son droit d’exister en tant que doctrine religieuse n’est remis en question, le militantisme takfiri ou djihadiste est sans équivoque assimilé aux intérêts d’Israël. Dans son discours, le Hezbollah compare le danger posé par ISIS et al-Nusra à Israël. Nasrallah lui-même a invoqué l’oppression israélienne comme une analogie pour la perte des terres, la destruction des maisons, la capture des femmes, le meurtre des enfants et l’humiliation que les djihadistes pourraient infliger.

Dans son discours à l’occasion de la « Journée de la résistance et de la libération » l’année dernière, Nasrallah est même allé au-delà de cette analogie quand il a établi des parallèles entre la migration de masse de colons juifs en Palestine avec l’aide des puissances coloniales au XXe siècle et la mobilisation et le déploiement des jihadistes dans la région, qui, selon lui avait été facilité par les impérialistes d’aujourd’hui.

Les djihadistes ne sont pas seulement moralement et politiquement assimilés à Israël, selon cette interprétation, mais stratégiquement liés. ISIS est décrit comme le serviteur volontaire ou « involontaire » du projet américano-israélien de diviser la région et de fomenter la guerre, tandis que al-Nusra – dont la coopération militaire et dans le renseignement avec Israël a été bien documenté par l’ONU et la presse occidentale, ainsi que par les médias sionistes – est considéré comme une incarnation de l’ex-armée collaborationniste du Sud-Liban armée par Israël. C’est sur cette base que le Hezbollah considère les frappes aériennes de la coalition menées sous la conduite des États-Unis sur des cibles ISIS en Syrie et en Irak, comme rien de plus qu’une opération de « coups de griffes » conçue pour « contenir » l’organisation, plutôt que de la vaincre.

Une guerre offensive

Même si des arguments soutenus empiriquement comme ceux-ci ont permis au Hezbollah de théoriser sa guerre contre le djihadisme comme une extension de sa campagne de résistance, la nature de son intervention militaire en Syrie et en Irak l’a obligé à repenser et à développer son concept de la guerre de résistance. La résistance a maintenant été étendue pour englober les stratégies militaires qui n’étaient pas traditionnellement associées à la guérilla classique ou à la guerre de résistance – combattre des groupes qui ne sont pas considérés comme des forces d’occupation, défendre ses alliés en dehors de ses frontières nationales, en pratiquant la guerre de contre-insurrection.

Avancer en territoire ennemi ou dans un territoire contesté par un adversaire sur le sol d’un voisin qui est un allié, n’est ni typique des mouvements de résistance armés, ni d’une stratégie militaire défensive, sauf en étant vu comme un acte de légitime défense « préventive » que Nasrallah expose avec précision. Craignant une attaque jihadiste en territoire libanais, le Hezbollah a souscrit au vieil adage que « la meilleure défense est une bonne attaque » en Syrie et dans une mesure plus limitée, en Irak.

En 2013, le rôle militaire du Hezbollah en Syrie a changé de façon spectaculaire, d’une petite mission consultative à un rôle de combat direct avec un grand nombre de combattants. À partir de Qusayr, la présence militaire élargie du Hezbollah a aidé le gouvernement syrien à reprendre l’offensive dans les zones qui avaient été perdues au profit des rebelles. En fait, les attaques au sol dans Qusayr et Qalamoun ont été essentiellement menées par les forces du Hezbollah, tandis que l’armée syrienne fournissait artillerie et couverture aérienne à son principal partenaire. En outre, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), le Hezbollah est en train de prendre « l’initiative en menant l’armée [syrienne] et les forces iraniennes dans le triangle du territoire reliant Daraa, Quneitra et les provinces du sud-ouest de Damas. »

Dans d’autres secteurs tels que des quartiers de Damas, à l’Est de Ghouta et à Kassab, les forces du Hezbollah sont engagées directement dans les combats aux côtés des forces armées syriennes, améliorant ainsi les performances de ces dernières au combat. A Homs, Alep et sur le Golan, le Hezbollah a déployé des forces d’opérations spéciales pour aider, former, conseiller et organiser les forces régulières syriennes et les forces paramilitaires. Compte tenu de l’expérience de combat du mouvement dans la guerre non conventionnelle et sa formation au combat en zone urbaine, l’unité des forces spéciales du Hezbollah a de façon significative amélioré les capacités des troupes syriennes.

Les opérations extraterritoriales comme celles-ci ont généralement été l’apanage des grandes puissances plutôt que d’acteurs non étatiques, habituellement plutôt les bénéficiaires de cette aide. Telle que définie par le Commandement militaire des opérations spéciales des États-Unis, la guerre non conventionnelle, habituellement, « implique des parties externes qui aident les acteurs indigènes contre les gouvernements. Cette aide peut s’appliquer à la formation,l’organisation, le recrutement, [l’envoi de] conseillers opérationnels … » En d’autres termes, des forces d’opérations spéciales affiliées à des armées conventionnelles, étatiques, sont habituellement déployées pour aider les forces non conventionnelles, plutôt que l’inverse.

L’intervention militaire du Hezbollah en Syrie et en Irak a profondément remanié son rôle classique d’organisation de la résistance et l’a placé sur un pied d’égalité avec son mentor de longue date en Iran, les Forces al-Qods pour les opérations spéciales, elles-mêmes un partenaire actif en Syrie et en Irak.

L’axe de la Résistance

Dans la phase post-résistance, la politique de la résistance a été supplantée par la politique de l’Axe de la Résistance. L’alliance stratégique entre l’Iran, le Hezbollah, la Syrie et l’Irak est maintenant caractérisée par une unité des forces militaires et une unité des théâtres militaires contre ISIS et Israël.

En Syrie, l’intégration forcée entre l’Armée de résistance du Hezbollah, les Gardiens de la révolution (IRGC), les forces armées syriennes et des milices irakiennes, a conduit à l’émergence d’un front militaire. Quelques jours avant l’assassinat par Israël de combattants du Hezbollah et d’un commandant iranien dans le gouvernorat de Quneitra dans le Golan, Nasrallah avait menacé de riposter aux attaques israéliennes sur des cibles en Syrie comme s’il s’agissait d’attaques contre « tout l’Axe de la Résistance. »

Nasrallah a déclaré plus tard que « la fusion du sang libanais et iranien sur le sol syrien [de Quneitra], reflète l’unité de la cause et l’unité du destin des pays de l’Axe de la Résistance. » Mohammed Ali Jaafari, commandant du CGR, a fait écho à ce sentiment quand il a laissé entendre que l’attaque de représailles du Hezbollah au Chebaa, avait valeur de réponse commune : « Nous sommes un avec le Hezbollah. Partout où le sang de nos martyrs est versé sur la ligne de front, notre réponse sera unie. »

Couplés avec sa défense de la Syrie et de l’Irak contre les forces djihadistes, les représailles du Hezbollah – après l’agression israélienne sur le Golan – avec un attaque à Chebaa au Liban occupé, ont montré que les territoires de l’Axe de la Résistance constituent désormais un seul front. Nasrallah a introduit cette nouvelle doctrine de sécurité quand il a annoncé que la résistance n’était « plus préoccupée par des règles d’engagement [avec Israël]. Nous ne reconnaissons plus de séparation des arènes ou des champs de bataille ».

Cette nouvelle architecture de sécurité régionale aura des implications désastreuses pour Israël. Dans la prochaine guerre, Israël devra non seulement composer avec les opérations militaires offensives dans la Galilée et « au-delà de la Galilée », comme Nasrallah l’a récemment promis, mais aussi avec la participation éventuelle d’autres membres de l’Axe de la Résistance, en particulier l’Iran. Comme la guerre à l’échelle régionale contre les takfiris-djihadistes l’a démontré, toute agression israélienne sur la Syrie, le Liban ou l’Iran, sera considérée comme une guerre contre l’Axe Résistance dans son ensemble.

* Amal Saad est un analyste universitaire et politique libanaise. Elle est l’auteur du Hezbollah : Politique et Religion, publié par Pluto Press.

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