Archive pour février, 2012

Ingérence impérialiste en Syrie: les « démocraties » occidentales isolées sur la question syrienne…

Posted in actualité, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, N.O.M, politique française, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 29 février 2012 by Résistance 71

Excellent article, lucide et novateur, il amène quelque lumière supplémentaire quant à l’implication de la France dans les affaires intérieure d’une nation souveraine… Une chose est certaine: Sarkozy a réussi sa mission pour ses maîtres de l’empire anglo-américano-sioniste: ramener la France dans le giron du pays du goulag levant ((USA) et discréditer la France au Moyen-Orient et en Afrique pour au moins 20 ans.

Récompense pour le caniche à sa mémère: on l’enverra pantoufler dans les conseils d’administration de grosses boîtes privées où son incompétence n’aura plus aucune espèce d’importance.

Le grand guignol Hollande qui lui succédera vraisemblablement, continuera la besogne pour ses maîtres banquiers et enterrera plus avant le peuple français, qui, a part pour mettre un papelard dans la boîte à suggestions des esclaves au mois de Mai, ne sera plus jamais consulté pour quoi que ce soit.

Faites confiance aux ordures à qui vous déléguez votre souveraineté, car eux ils n’en ont aucune: ils rampent et lèchent le cul de l’oligarchie qui les met à leur poste !

Votez braves gens, votez ! Vous allez changer le monde ! Puisqu’on vous le dit…

— Résistance 71 —

 

Syrie: la caravane passe, les chiens aboient

 

Par Pierre Khalaf

Le 28 Février 2012

New Orient News (Liban) 
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf (*) 
Tendances de l’Orient No 72, 27 février 2012

Source: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29527

 

Les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et les pays occidentaux en général ont offert au monde entier une bonne leçon de démocratie à l’occasion de la réunion des « Amis de la Syrie ». Organisée en Tunisie, cette rencontre a groupé une soixantaine de pays, d’organisations internationales et d’ONG, mais a été boycottée par la Russie, la Chine, l’Inde, l’Iran, le Liban, les pays d’Amérique latine… une bonne moitié de l’humanité quoi !
 



C’est ainsi que la réunion a imposé le Conseil national syrien (CNS) comme seul représentant de l’opposition syrienne, premier pas avant pour l’imposer comme représentant légitime et unique de tout le peuple syrien. Plus besoin donc d’organiser des consultations populaires et des élections, le représentant du peuple syrien est connu et a été désigné par l’Occident et par les pétromonarchies du Golfe, qui non seulement n’ont jamais connu d’élections, mais ne disposent même pas de Constitutions au XXIème siècle.

Cette attitude anti-démocratique a poussé une grande partie de l’opposition, regroupée au sein du Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND) -dirigé par Hassan Abdel Azim et Haïtham Mannaa, et qui compte des personnalités indépendantes et des partis nationalistes arabes, kurdes, socialistes et marxistes-, à boycotter la réunion de Tunis, contestant la reconnaissance du Conseil national syrien.

Le CCCD a également accusé la réunion de Tunis de vouloir « laisser la question de l’armement ouverte et ouvrir la voie à l’acceptation par la communauté internationale de l’idée d’une intervention militaire étrangère », en « contradiction claire et nette avec les intérêts du peuple syrien ».

Effectivement, la réunion de Tunis a posé les jalons pour une officialisation de l’armement de l’opposition, qui a commencé, en réalité, il y a près d’un an. Mais le rythme de l’ingérence dans les affaires syriennes a été jugé trop lent et insuffisant par le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Séoud Al-Fayçal – il faut rappeler au passage que l’Arabie saoudite est le seul pays au monde où les femmes n’ont pas le droit de conduire -, qui s’est retiré de la réunion en signe de protestation.

La réunion de Tunis est en fait un échec de plus (pour les adversaires du président Bachar Al-Assad – nda) dans la confrontation avec la Syrie.

Les divergences étaient claires aussi bien entre les pays participants qu’entre les différentes factions de l’opposition syrienne. Sans compter les manifestations organisées par le peuple tunisien pour dénoncer la tentative de détruire un des derniers bastions de l’arabité.

Pendant que l’Occident et les monarchies absolutistes du Golfe choisissaient à la place du peuple syrien son représentant, le gouvernement à Damas organisait, dimanche, un referendum sur la nouvelle Constitution. Le projet répond à presque toutes les revendications de l’opposition : abolition de l’article 8 qui impose le monopole du parti Baas sur le pouvoir, instauration du multipartisme et limitation les mandats présidentiels à deux seulement…

Comme l’avait annoncé dès le départ le président Bachar al-Assad, les réformes se poursuivront en parallèle à la lutte contre les groupes extrémistes armés qui tentent de détruire l’État syrien et de morceler la géographie du pays.

En Syrie : la France, alliée des passeurs clandestins

L’ambassadeur de France à Beyrouth, Denis Pietton, a visité la région de Baalbeck, à l’est du Liban, la semaine dernière. La vérité est que le diplomate a transporté dans les voitures portant des plaques d’immatriculation de son ambassade une délégation militaire et sécuritaire française dans le Nord de la Békaa, près de la région frontalière limitrophe à la province syrienne de Homs. Dans cette zone, en territoire syrien, se trouvent des officiers et des experts militaires travaillant pour le compte des services de renseignements français, certains usurpant l’identité de journalistes, tous entrés illégalement en Syrie.

Denis Pietton s’est rendu à Baalbeck pour couvrir la mission de cette délégation qui visait à évacuer, par des voies de passage illégales, les morts et les blessés ainsi que d’autres membres de services de renseignement français pris au piège à Homs après l’effondrement des groupes extrémistes armés auprès desquels ils étaient détachés pour leur fournir une expertise dans les domaines des tactiques militaires et des techniques de guérilla urbaine.

Des rapports et des articles de presse occidentaux ont évoqué à plusieurs reprises ces derniers mois les interventions françaises directes en Syrie, en utilisant le Liban comme base de départ pour ces ingérences. De nombreux articles ont fait état d’officiers des renseignements français supervisant l’organisation et la structuration des groupes armés dans le Liban-Nord, en prévision à leur envoi en Syrie. Ces derniers mois, de véritables filières de passeurs clandestins ont été mises en place pour introduire en Syrie des ressortissants occidentaux, sous couvert de journalistes, mais qui sont souvent des agents de liaison ou des experts militaires.

Nous sommes donc devant un pays qui se considère comme une grande puissance et qui a recours aux contrebandiers et aux trafiquants sans foi ni loi pour introduire ses agents en Syrie, et qui tente de les faire sortir par les mêmes moyens après l’encerclement des groupes extrémistes par l’armée syrienne. Cependant, les troupes régulières syriennes avaient aussi resserré l’étau autour des passages clandestins à la frontière syro-libanaise, rendant impossible toute évacuation par ces voies.

Les autorités françaises se sont finalement résignées à faire ce qu’elles tentaient d’éviter à tout prix : parler au pouvoir damascène pour évacuer morts, blessés et détenus. C’est pour cela que l’ambassadeur Eric Chevallier a été renvoyé d’urgence à Damas pour négocier les modalités de cette opération. Cependant, il est apparu que ce sont les derniers groupes armés, encore retranchés dans certaines ruelles de Bab Amr, qui entravent la conclusion d’un accord pour l’évacuation des blessés.

Les autorités françaises et d’autres pays européens devront calmer leur nerf et faire preuve d’une plus grande modestie lorsque la Syrie commencera à divulguer, preuves à l’appui, le nombre et la nationalité des agents « undercover » arrêtés ces derniers temps en territoire syrien : des Français, bien entendu, mais aussi des Allemands, des Britanniques, des Turcs, des Saoudiens et des Qataris.

Déclarations de Sayyed Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah

« Il faut chercher les doigts d’Israël derrière tout ce qui se passe, notamment derrière les tentatives de semer le chaos dans la région.

Israël ne veut pas d’un Irak fort, ce serait donc la raison des attaques actuelles, même si les exécutants sont parfois des extrémistes. Selon les données des services irakiens, ces mouvements sont infiltrés par les services américains et israéliens.

C’est aussi dans cette optique qu’il faut placer les dernières menaces d’effacer le Liban de la carte du monde attribuées au Premier ministre israélien. Mais de telles menaces n’effraient nullement la Résistance qui a affronté Israël même lorsque celui-ci était considéré comme très puissant.

La région traverse actuellement une période très sensible. Après la décennie 2000-2010, au cours de laquelle il s’agissait de liquider la cause palestinienne et de créer un Nouveau Moyen-Orient, c’est désormais la période où il s’agit de morceler la région et de l’entraîner dans des conflits interminables. C’est pourquoi il faut tout faire pour encercler, étouffer et empêcher l’extension de la discorde vers d’autres scènes.

Au Liban, cela signifie que tout le monde peut exprimer son opinion, sur la crise syrienne et sur tous les points qu’il souhaite évoquer, mais en évitant d’exacerber les sentiments confessionnels. Le gouvernement devrait se pencher sur le dossier des ressources pétrolières et gazières pour mettre un terme à l’endettement en utilisant la richesse que Dieu nous a donnée. Regardez un peu : pendant que certains discutent des armes du Hezbollah, les Israéliens construisent des installations et veulent les protéger des armes du Hezbollah. Ils pillent systématiquement les ressources qui appartiennent aux Palestiniens.

Il ne faut surtout pas compter sur l’aide de la communauté internationale qui ne donne rien sans contrepartie. La décision souveraine ne peut être garantie si on est lié à l’étranger. Regardez comment les États-Unis sont en train d’utiliser l’arme économique contre l’Égypte et indirectement contre Gaza privée d’électricité.

Les accusations portées contre le Hezbollah et le Hamas qui, selon l’ancien ministre de l’Intérieur égyptien actuellement sous les verrous, auraient tiré contre les manifestants place Tahrir, sont ridicules. Elles sont si énormes qu’elles n’ont même pas été reprises par certains ici… On a ensuite accusé le Hezbollah d’édifier des bases en Amérique latine, puis en Afrique et bientôt en Inde. Ne vous laissez pas influencer par de telles grossièretés. Le Hezbollah n’intervient pas dans les affaires internes d’un pays. Il ne prend en compte que les considérations stratégiques.

Dans ce contexte, les États-Unis et leurs alliés veulent laisser la Syrie plonger dans le chaos, en poussant vers une lutte entre les Syriens ou entre les Arabes, sans vouloir envoyer un seul soldat américain ou de l’Otan en Syrie, mais en interdisant toute solution politique. Il faut donc écouter, comme ils disent, le peuple en Syrie, mais pourquoi pas à Bahreïn ou en Arabie saoudite, où il est interdit de s’exprimer, notamment à Katif et Awamiya, la région la plus riche en ressources du royaume, mais la plus pauvre économiquement.

Le régime syrien a proposé le dialogue, mais l’opposition a rejeté cette offre. Les Américains et les Israéliens ne parviendront pas à leurs fins, car il existe une prise de conscience dans le monde arabo-islamique de la réalité de leurs projets et les Américains ne parviendront pas à redorer leur image, tant qu’ils continueront à ne tenir compte que d’Israël. »

 

Résistance politique: Crise, politique et solutions… Sortir du capitalisme !

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Le patronat, premier bénéficiaire de la crise ?

 

Alternative Libertaire

 

Le 27 Février 2012

 

url de l’article original:

http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article4669

 

 

Les responsables et les profiteurs de la crise ne sont pas seulement les banquiers qui ont bâti des fortunes sur des bidouillages financiers, mais tous les capitalistes. Représentés par cette fameuse Troïka ultralibérale, ils tâchent d’imposer la « compétitivité » et l’austérité sous l’argument massue de la dette. En réalité ils ne font que profiter d’une certaine conjoncture pour durcir à leur profit le rapport de force.

Refuser de se soumettre aux marchés, refuser de payer la dette.

A l’UMP comme au PS, les élites politiques pensent que couper le robinet de la dette, c’est sabrer les dépenses sociales, retarder le départ à la retraite et saigner à blanc tous les salarié-e-s pour « rassurer » les prêteurs et les créanciers… et avec eux l’ensemble du patronat ! Car c’est bien pour épargner les patrons, et surtout les plus grands, que tous les états d’europe s’infligent des cures d’austérité qui se matérialisent en une libéralisation du travail à grande échelle. Or, outre les banquiers, c’est aussi à eux que nous devions l’explosion de la dette, puisque les etats ont fait le choix d’augmenter cette dernière plutôt que d’augmenter les impôts des plus riches (capital) et les cotisations des sociétés. Cette dette n’est pas la notre et nous refusons de la payer littéralement de nos vies.

Résister au projet des capitalistes

Il va donc falloir s’armer contre l’offensive de la classe capitaliste. Les mesures qui pleuvent sur les salarié-e-s de toute l’europe sous prétexte de compétitivité doivent être refusées, car elles servent la logique de pompage et d’usage de toute la richesse par une minorité. La tVA antisociale n’est qu’une exonération de plus pour les patrons, dispensés de financer la branche « familles » de la Sécurité Sociale. Les « accords de compétitivité » quant à eux, prévoient de négocier par des baisses de salaires le maintien de l’emploi dans une entreprise donnée, savonnant la pente du chantage à l’emploi, grâce à l’épouvantail de la concurrence mondialisée de la main d’oeuvre. Mais depuis l’expérience de Continental en 2009, on sait ce que vaut ce type de pari avec les patrons. Les mesures de flexibilité s’étendent à toute l’europe, avec leur lot de contrats défavorables, d’horaires irréguliers, et de diminution de la responsabilité des entreprises en matière de santé et de sécurité.

Mais les énormes manifestations qui se dressent contre elles montrent que les populations sont de plus en plus conscientes de l’inégalité foncière du système. Nous n’encaisserons pas les coups sans contre-attaquer. il va falloir multiplier les résistances dans nos lieux de travail comme dans nos lieux de vie. Contre les licenciements, la flexibilisation de l’emploi et sa précarisation, et par suite contre l’ensemble du système capitaliste, nous devons entrer en lutte. Car même un capitalisme « moralisé », parce qu’il repose sur le profit et l’exploitation, cherchera toujours à faire pencher le compromis social en sa faveur, et aucune taxe sur les produits financiers, aucun nationalisme économique n’empêchera les capitalistes de préférer le profit à tout autre objectif.

Changer de système et changer la société

Les politiciens et leur austérité n’ont qu’un seul projet : réformer le système afin de le maintenir en place. Mais contre la dictature patronale, nous revendiquons une économie sociale, directement contrôlée et organisée par la population et les travailleurs-ses. Plutôt que de surproduire pour dégager des marges, plutôt que d’exploiter la main d’oeuvre à bas coûts pour inonder les sociétés riches de produits les plus divers, une économie tournée vers la satisfaction des besoins. Le capitalisme n’est pas une fatalité et nous pouvons nous en débarrasser si nous commençons dès aujourd’hui à construire une alternative et à inventer une société réellement démocratique, bâtie sur la solidarité et débarrassée des oppressions.

L’illusion démocratique: comprendre l’état, son obsolescence et la nécessité de son remplacement…

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“Ou bien l’état pour toujours, écrasant la vie individuelle et locale, prenant en charge tous les secteurs de l’activité humaine, amenant avec lui toutes ses guerres et luttes internes pour le pouvoir, ses palaces de révolutions qui ne font que remplacer un tyran par un autre et inévitablement à la fin de ce développement il y a… la mort !

ou, la destruction des états et une nouvelle vie commencera de nouveau dans des milliers de centres sur les principes d’initiatives vivifiantes des individus et des groupes ainsi que de l’association libre.

Le choix est vôtre ! “

 

~ Pierre Kropotkine en conclusion de “L’État et son rôle historique”, 1897 ~

 

 

Le remplacement de l’État (extraits)

 

Ceci constitue le 9ème et dernier chapitre du livre de Gaston Leval “L’État dans l’histoire”, 1983, ouvrage post-mortem au manuscrit inachevé.

 

 

* * Par Gaston Leval * *

 

 

Depuis son apparition, l’école libertaire, autrement appelée an-archiste, ou anti-autoritaire, s’est déclarée contre l’état dans lequel elle a vu non seulement un facteur parasitaire, mais la plus grande source de maux dont l’humanité a souffert…

Non seulement l’état, vole, pille, envahit, détruit anéantit, mais il impose aux populations, aux nations, aux civilisations, le droit du plus fort, le règne du despotisme unipersonnel ou collectif. C’est pourquoi les libertaires ont toujours pris soin de ne pas confondre l’état, même dans les périodes trop courtes où il n’a pas fait la guerre, et la société. “La société, écrivait Bakounine, c’est la réunion, le regroupement des Hommes, unis pour satisfaire leurs nécessités, elle se dirige par des lois spécifiques, des traditions dont elle n’a pas toujours conscience mais qui sont effectives; elle se maintient par la conjonction des intérêts et elle est aussi vieille que l’humanité, car l’Homme est le fruit de la société et il ne se civilise que parce qu’il est un être social. La société est l’œuvre de la sociabilité, elle a existé avant l’état, qui n’est qu’une forme transitoire d’organisation sociale et elle continuera d’exister après lui.”

[…] Cet amalgame provient du fait que l’état a été, dans l’immense majorité le résultat de l’invasion et de la conquête. Les guerriers fondateurs d’états ont constitué des nations et historiquement une nation c’était, nous dit même le dictionnaire, “une communauté humaine”, le plus souvent installée sur le même territoire et qui possède une unité historique, linguistique, religieuse, économique plus ou moins forte. Souvent, l’état n’est pas encore constitué mais les conglomérats humains le sont. Les Francs, les Suèves, les Alamans, les Bourguignons, les Ibères, les Basques, les Gaulois ou les Germains étaient des nations. L’unité politique viendra plus tard, surtout complétée par le renfort gouvernemental et centralisateur. Elle sera l’œuvre de pillards qui, pour assurer leur emprise, constitueront des institutions coercitives exerçant leur contrôle sur les peuples vaincus et imposant leur loi, les dépouillant de leurs biens ou les exterminant.

Généralement, le vainqueur ne produira pas; il se contentera de rançonner après avoir asservi. Mais il ne sait pas produire, il sait organiser la collecte de l’impôt, un système de contributions, le ramassage des biens produits par les populations agraires; et tous les organes de contribution, les équipes de ramassage, les forces de surveillance ne tarderont pas à s’unifier, à s’organiser, à constituer un appareil d’oppression et de domination: l’État.

Nous persistons donc à combattre une confusion que l’on se plaît à entretenir, car si nous voulons détruire l’état et le changer pour un autre mode d’organisation, fruit d’une étape supérieure de l’ascension humaine, nous ne voulons, bien au contraire, détruire ni la nation, au sens original du mot, ni moins encore, la civilisation […]

 

[…] Si les hommes se sont cambattus ils se sont aussi entr’aidés. Pierre Kropotkine a écrit un grand et beau livre pour montrer que, chez les espèces vivantes, parmi lesquelles l’espèce humaine, la loi de la narure a été l’entr’aide et la solidarité. Comme l’on fait remarquer maintes fois les sociologues libertaires, si la lutte de tous contre tous avait prévalu, il n’y aurait pas eu de survivants, il n’y aurait pas eu de développement de la race humaine et il n’y aurait pas eu de société.. La véritable histoire de l’humanité n’est pas résumée ou symbolisée par les luttes et les guerres. Nous y voyons au contraire, une tendance irrépressible à l’union, à l’association. L’Homme isolé n’est qu’une vue de l’esprit. Mis à part les causes géographiques, génétiques ou d’environnement, les hommes, tous les vestiges de la préhistoire le confirment, se sont groupés, selon leur degré d’évolution, en hordes, qui suivaient les troupeaux, en clans, en tribus, en phratries, en nations. Ils ont vécu en collectivité…

la société a été le résultat de tous les efforts déployés par les générations qui se sont succédées, de la conjonction d’innombrables activités qui ont pu se déployer et se perfectionner, parce que les hommes, individuellement et collectivement considérés, ont eu besoin les uns des autres, parce que, avant l’existence de la loi officialisée par le pouvoir d’état, les promesses faites ont été tenues, les paroles données respectées. Il en est encore de même aujourd’hui. C’est dans ce sens que Proudhon opposait le contrat bilatéral et synallagmatique à la législation et Bakounine les lois inhérentes aux codes inventés par l’état… Le premier souci de l’état a toujours été d’implanter non pas l’ordre général au bénéfice de tous, mais d’appeler ordre ce qui n’était que l’exploitation des plus nombreux par les plus habiles et les plus forts.

On peut dire que le rôle de l’état, né de l’initiative des plus entreprenants, des plus hardis, des plus audacieux, a été d’officialiser le rançonnement et l’injustice. Ce n’est pas lui qui a créé la société: que les pratiques de libre-entente et le respect des engagements pris viennent à manquer et la société disparaît, malgré l’état, la décadence de tant de civilisations le prouve.

Nous ne sommes pas de ceux qui, plus littérateurs que sociologues et ignorant tout de la vie économique et sociale, demandent purement et simplement la disparition de l’état. Nous reconnaissons que celui-ci déploie, dans la société actuelle, certaines activités utiles ou qui peuvent être considérées comme telles. Cela lui est facile et ne fait qu’augmenter son pouvoir. Car il accapare de plus en plus les rouages de la machine sociale, et veille à sa façon à l’ensemble des intérêts qui s’y coudoient ou s’y combattent. Mais parmi ces intérêts, nous voyons d’abord deux parties: la première comprend ceux de la classe exploiteuse privilégiée, la deuxième ceux de la classe exploitée. Et au stade où en sont les choses, l’état ne défend pas que les intérêts des détenteurs de la richesse: il compose en réalité une troisième classe dont les intérêts peuvent, selon les circonstances, être solidaires tantôt de ceux de la première catégorie, tantôt de la seconde. C’est une question d’opportunité […]

 

[…] Il n’y eu cependant pas que les têtes couronnées qui eurent recours à ces procédés, mais quels que fussent ces personnages qui en furent les maîtres, l’état en soi, monarchique, républicain ou socialiste, entité dominatrice et dévorante dont l’appétit est insatiable, fut toujours le “monstre froid qui mord avec des dents volées”, que dénonçait Nietzsche. Qu’on en change ou non d’étiquette, c’est la même chose. Le monstre insatiable qui compose ce grand dévoreur hermaphrodite n’a pas plutôt pris conscience de sa force et de ses capacités, qu’il commence à étendre son pouvoir, ses attributions et ses abus. Il devient sa propre raison d’être et c’est cela, plus que l’intérêt pour la société, qui explique sa participation aux affaires économiques et financières; cela et sa volonté de domination politique aussi absolue que possible.

Toujours l’état a tout fait pour accaparer des fonctions publiques qui, le plus souvent, avaient leur utilité. On y a vu et on y voit s’épanouir la lenteur bureaucratique, le non respect des délais fixés, la mauvaise qualité de service, l’élévation si souvent exorbitante des coûts établis et l’apparition d’une caste proliférante et imbue de son pouvoir. C’est pourquoi le problème est que la société assume ces fonctions quand elles sont utiles, et pour cela il faut que des idées claires, issues d’analyses précises et de principes basés sur l’expérience des siècles guident les hommes. Il faut que la société humaine prenne en main son devenir en se refusant à toute confusion entre le froid mécanisme administratif dominateur qui prétend s’imposer et qui est situé en dehors et au-dessus d’elle; il faut que la collectivité humaine se gouverne elle-même selon les normes que l’expérience lui aura montré être les meilleures, s’auto-organise sans le concours d’un système qui gravite sur elle et qui possède à un degré extrême la force brutale lui permettant d’imposer sa volonté et son appétit.

Mais quelles normes établir et comment procéder ? Telle est la question que pose l’immense majorité des gens auxquels nous nous adressons. Absorbés et mentalement déboussolés, incapables d’observer les ressorts et mécanismes de la société, les professeurs de droit continuent d’être ce qu’ils ont toujours été: les serviteurs de l’état qui a pourtant causé tant de maux dans les rangs de l’humanité. Ils ont servi l’état et non la nation. Tel fut généralement le cas des légistes.

Il faut donc aller au-delà de l’état, plus loin et plus haut que cette structure, qui risque à juger d’après les préparatifs de guerre auxquels nous assistons de faire tomber la civilisation. Mais comment ? Essayons de répondre.

[…] Nous avons le souvenir vécu du remplacement de l’État par un autre mode d’organisation auquel du reste nous avons pris part et dont l’expérimentation, quoique incomplète, permet des hypothèses fécondes si l’on sait et si l’on veut bien en tirer toutes les conséquences.

Il s’agit de la révolution libertaire espagnole de 1936-1939. Les thuréfaires de l’étatisme en nieront la véracité soit par mauvaise foi, soit par myopie, soit encore parce que les arbres les ont empêché de voir la forêt. Comme toute personne informée le sait, il y avait en Espagne un mouvement anarchiste puissant né en 1870 sous l’influence de Bakounine ert de ses disciples de l’Alliance de la Démocratie Socialiste, cette dénomination dénotant clairement le caractère social de ce courant révolutionnaire.

Celui-ci poursuivait des buts concrets, que Bakounine avait du reste définis:

1)    Eliminer l’exploitation et l’oppression de l’homme par l’homme

2)    Construire une société où les contradictions et les éléments négatifs disparaîtraient et où les hommes pratiqueraient la solidarité érigée en norme générale. Une simple phrase de Ricardo Mella, le penseur le plus original de ce mouvement, mettait en relief les buts fixés: “la liberté comme base, l’égalité comme moyen, la fraternité comme but”.

Dès leur démarrage historique, les anarchistes sociaux espagnols cherchèrent des solutions constructives aux problèmes essentiels. Ils avaient fait leur la formule de Saint Simon: “remplacer le gouvernement des hommes par l’administration des choses” ou celle de Proudhon: “l’atelier remplacera le gouvernement”, ce qui impliquait que la production devait être régie par les producteurs et que l’organisation politico-administrative incarnée par l’État, devait être remplacée par la gestion directe et l’autodirection.

C’est ce dont eurent conscience les membres du congrès constitutif de 1870, qui discutèrent profondément sur le rôle constructif des coopératives, des “unions de métiers”, aujourd’hui appelées syndicats ouvriers, des fédérations nationales et internationales des métiers ou des associations coopératives.On décida même de créer dans les villes des fédérations locales qui précédèrent les bourses du travail françaises et dont le but était de maintenir la solidarité des différentes corporations de métiers, la solidarité ouvrière et paysanne dans les conflits et les luttes qui s’annonçaient alors […]

[…] En 1911 fut fondée la CNT (Confederacion Nacional del Trabajo ou Confédération National du Travail), qui regroupait de façon cohérente tous les syndicats d’accord avec ces postulats fondamentaux insérés en 1920 dans les statuts par le congrès de la comedia: “le but de la confédération national du travail est le communisme libertaire.” Et pour appliquer la méthode fédéraliste, on décida de la constitution d’un comité national composé de membres des diverses organisations régionales.

Dans les congrès, les désaccords qui surgissaient et qui n’avaient rien à voir avec le régionalisme, se résolvaient gràce au principe de solidarité que l’on plaçait au premier plan. Tous les syndicats et les syndiqués avaient le droit d’intervenir et de décider. C’étaient eux qui, représentés par leurs délégués et après consultation des assemblées locales analysaient les problèmes et décidaient. Pas de manigances bureaucratiques, pas de comités exerçant une dictature habilement orchestrée, décidant pour la cause des adhérents sans même les consulter; et dans chaque syndicat, c’étaient les individus qui se prononçaient avec le maximum d’information.

Ce mouvement se complétait par un autre: celui, aujourd’hui appelé vertical, des fédérations industrielles, qu’avaient précédés les fédérations de métiers que l’on rêvait d’étendre à toute l’Europe. Si l’on veut se donner la peine de réunir toutes les pièces de l’appareil social en construction, on trouvera un ensemble cohérent, de caractère à la fois unitaire et fédéraliste, car se fédérer c’est s’unir, ayant une structure organique de première importance tant par le nombre des adhérents que par leur orientation théorique fermement et pratiquement assimilée.

Nous avons vu que le but principal qui résumait toutes les aspirations idéales de la CNT et du mouvement anarchiste, était le communisme libertaire. La déformation du sens des mots fait évoquer immédiatement les régimes totalitaires et rend surprenant le fait d’accoler des éléments qui semblent se repousser. Parler de communisme suggère l’organisation de “haut en bas” par l’État tout-puissant, propriétaire de tous les biens de la société, comme dans la Russie actuelle et dans les pays où elle domine, ou dans des institutions où le centralisme sévit, anéantissant la liberté et niant les droits de l’individu.

Mais l’esprit communiste véritable était tout autre chose. Il impliquait un mode d’organisation économique dont voici la définition de principe: “à chacun selon ses besoins, à chacun selon ses forces”. Pendant longtemps, l’école marxiste lui a opposé, après Louis Blanc, le collectivisme formulé de la façon suivante: “à chacun selon ses œuvres”. C’est à dire selon son apport social. Loin d’impliquer la négation des droits de l’individu, la formule communiste les défendait, toujours du point de vue économique. Mais le socialisme, dans son ensemble, subordonnait tous les autres problèmes (droits de l’individu, structure sociale, fonctionnement administratif, liberté politique) aux mesures prises par l’état. C’est pourquoi nous voyons presque toujours le socialisme du XIXème siècle, Proudhon excepté, préconiser des solutions qui font appel au “dictateur”, au “guide”, au “bienfaiteur”, à l’organisation officielle et qui, de ce point de vue, méritent d’être qualifiés d’utopiques.

Le communisme anti-étatique défendait le droit économique de tout membre de la société qui ne serait pas un parasite volontaire, à la quote-part des biens matériels qu’on pourrait lui accorder, quelle que fut la valeur de son apport personnel. La femme occupée aux travaux du logis, l’enfant, le vieillard, l’infirme qui ne produisaient pas de biens mesurables auraient non seulement leur vie assurée, mais accéderaient à la jouissance de tout ce que fournirait la société au mème titre que les producteurs. Le problème était la méthode d’organisation et de distribution et la non-introduction d’un facteur autoritaire, qui en tuant la liberté, soumettait l’individu, tous les individus au despotisme d’un appareil organisateur. Sur ce point se heurtèrent Proudhon d’une part et de l’autre Etienne Cabet, Louis Blanc, Pierre Leroux comme un peu plus tard allaient se heurter l’école marxiste et l’école fédéraliste libertaire et bakouninienne.

Il était donc logique de parler d’un communisme anti-autoritaire et ces deux conceptions étaient compatibles.

Forts de leurs conceptions où les droits de l’individu concordaient avec ceux de la société et en même temps qu’ils enrayaient la marche du “caudillo”, les anarchistes espagnols et membres de la CNT, qui était leur œuvre, se lancèrent dans la construction d’une société nouvelle, quand en Juillet 1936, le fascisme dont Franco allait devenir le chef entreprit la conquête armée du pouvoir et du pays. Les nouveaux principes qui déterminaient les fondements d’un droit nouveau peuvent se résumer ainsi:

1)    Droits de l’individu dans l’organisation syndicale locale

2)    Droits de la collectivité dans la fédération cantonale où la solidarité intercollectiviste décide dans des assemblées générales des solutions à trouver et les mesures à prendre

3)    Droits de la fédération régionale industrielle, qui groupe les fédérations locales ou cantonales de même composition

4)    Droits de la fédération régionale agraire, constituée sur la base des fédérations cantonales paysannes

5)    Droits de la fédération régionale industrielle, composée de fédérations locales

6)    Droits des fédérations nationales agraires et industrielles, l’une et l’autre composant la confédération nationale économique

[…] Très souvent, les intoxiqués des solutions officielles ne voient, pour assurer la marche de la société et maintenir la cohésion nécessaire entre les parties qui la composent, que les organismes d’état. Une des raisons en est que ce qu’on appelle l’économie libérale cause des désordres continus et qu’un appareil autoritaire semble nécessaire pour y mettre fin. Mais ici, parce que depuis longtemps préparés par des idées très nettes et la pratique permanente des solutions solidaristes dans le travail et dans les relations sociales, les libertaires improvisèrent la construction d’une organisation sociale d’ensemble et la coordination de l’activité générale. Ils ont prouvé qu’il n’était pas besoin d’état, dans lequel Marx ne voyait qu’une “superstructure parasitaire”, ou de toute autre organisme spécialisé dans le gouvernement des hommes, pour que les agriculteurs fassent venir les produits de la terre, pour que les travailleurs industriels fassent tourner les machines, pour que les spécialiste divers: médecins, vétérinaires, ingénieurs, instituteurs, professeurs, dûment groupés en associations spécialisées et cordonnant leurs efforts avec les travailleurs manuels de la ville et des campagnes, fassent fonctionner les services publics dont le développement est un indice certain de la civilisation.

Tout cela a été réalisé dans et par la révolution libertaire espagnole de 1936-1939, s’est articulé, non sans erreurs et sans faux-pas, car de telles expériences ne peuvent pas être des réussites à cent pour cent et le prétendre serait inepte. Mais les résultats positifs l’ont largement emportés sur les négatifs avec l’augmentation des surfaces emblavées et le doublement du niveau de vie dans les campagnes; avec aussi une tendance  générale à l’égalisation des salaires et une discipline du travail volontaire assurée par les syndicats libertaires dans la mesure où le permirent les ressources en matières premières, en énergie et les antifascistes ennemis de la révolution.

Voilà bien à notre avis le chemin qu’il faut prendre, si nous ne voulons pas que l’humanité de l’avenir soit enchaînée par l’État. L’étatolâtrerie, qui n’a jamais été poussée aussi loin qu’à notre époque, fait croire aux gens non informés que nous voulons une société sans organisation ce qui évidemment est considéré comme une absurdité. Comme s’il n’existait pas de conception organisationnelle autre ! […]

[…] A force de promettre des solutions pratiques au peuple, qui ne voit pas le danger pour la liberté et qui veut des résultats matériels concrets, les socialistes auto-intoxiqués jusqu’à la moëlle ont, en contaminant l’esprit public, fini par arracher des réformes sociales. Mais un des résultats dont on ne voit pas les conséquences c’est que l’appareil étatique étend ainsi son emprise sur la société, en absorbe la substance non seulement physique mais mentale et morale, la “décharge” de ses responsabilités et est en train de transformer les hommes en animaux jouisseurs, en imbéciles heureux, quand ils le sont, le tout pouvant ne conduire qu’à une humanité dégradée. L’État pense pour nous, décide pour nous, veut pour nous. Or l’homme n’est pas tel parce qu’il produit sa nourriture contrairement à ce qu’écrivait Marx dans ses livres de jeunesse, mais parce qu’il a accédé à la faculté de penser, de décider, de vouloir. L’état n’est pas qu’une machine insensible agissant mécaniquement; il est composé d’inombrables rouages pensants, tous solidaires, qui font corps et s’attribuent des droits supérieurs. L’exemple des bolchéviques qui construisirent si rapidement le leur, doit nous éclairer. La sainte bureaucratie rouge mène la Russie dix fois plus que ne l’a jamais mené la bureaucratie tsariste. C’est elle qui fait la loi et d’abord à son avantage. Elle est maîtresse de tout et même si elle n’en est pas propriétaire, elle en dispose par le truchement de l’état hypertrophié. Cette dialectique permet de jouer sur les apparences et nous assistons actuellement en URSS à l’apparition des privilèges individuels pour les bénéficiaires du pouvoir qui furent dès le début, principalement quand il s’agissait de charges importantes, de hauts personnages de l’état. Traitements élevés, possession d’une “datcha” (résidence secondaire de luxe), automobile, chauffeur, femme de service, domestique. La propriété personnelle ne saurait tarder, comme il est toujours arrivé dans de tels processus.

Les matériaux pour une organisation sociale non étatique existent pourtant. Ils sont assez abondants et efficaces pour refouler l’état. Il ne manque que l’observation des faits, l’initiative, le vouloir. Syndicats, coopératives, associations de toutes sortes, peuvent non seulement constituer l’ossature d’une société nouvelle, mais également apporter l’essentiel d’une éthique supérieure.

Cela est indispensable et amènerait une nouvelle étape de l’humanité. Car l’état apparaît dans l’histoire comme le résultat du droit du plus fort, de la violence, de la barbarie. Un état qui ne s’appuierait pas sur le glaive serait une contradiction. L’état c’est la guerre en dehors, l’oppression à l’intérieur. C’est même aussi la guerre à l’intérieur, entre les dynasties, les familles royales, les groupements d’intérêts, les partis politiques et l’humanité n’a que faire des rivalités pour s’élever. Mieux:

Elle progressera dans la mesure où elle puisera dans la richesse profonde des facultés de socialbilité, les valeurs morales, les normes et les inspirations. Mais il y faut plus que les facultés matérielles: il y faut l’esprit, l’espoir, la volonté. Jamais les grands-progrès ne se sont faits sans vaincre la pusillanimité des sous-hommes paralysés. Si les libertaires espagnols avaient sagement réfréné leur élan, ils n’auraient jamais fait la magnifique expérience que nous avons résumée.

Nous ne préconisons pas la lutte armée contre la pure force d’oppression et d’exploitation de l’histoire et qui, au sein de chaque nation, dispose de moyens d’extermination incomparablement supérieurs à ceux dont peut disposer la population. Mis à part l’exception révolutionnaire égyptienne, qui eut lieu deux mille ans avant l’ère chrétienne, les peuples qui se sont attaqués à l’état ont toujours été écrasés. Car c’est se placer sur son terrain, favoriser son jeu et donner à la lutte le caractère de violence qui lui convient […]

[…] Il faut plus d’héroïsme pour se battre avec les moyens civils. L’action constructive créatrice que préconisaient les grands libertaires qui eurent nom Godwin, Proudhon, Tolstoï à laquelle se rallia sur le tard Bakounine et que nous avons vu triompher avec Gandhi en Inde, cette action créatrice, disons-nous est la seule qui peut aboutir à des résultats positifs. Nous sommes dans une situation qui, quels que soient les aspects défavorables, justifie aussi beaucoup d’espoir, à condition que les combattants de l’histoire sachent et veuillent. La conscience humaine a, malgré les insuffisances qu’on peut enregistrer et malgré la progression de l’étatisme, atteint un degré qui permet ou faciliter bien des réalisations nouvelles.

Encore faut-il mettre les chances à profit et au lieu de faire la somme des impossibilités, faire celle des possibilités. Si les quelques trois cents millions de coopérateurs qui existent dans le monde faisaient vraiment du coopératisme, si tous les syndicats ouvriers, toutes les associations d’entr’aide orientée vers la disparition des classes sociales s’attelaient à la même tâche, aucun État ne pourrait empêcher l’œuvre de transformation sociale. Mais il faut, comme nous l’avons dit auparavant, l’esprit, l’ardeur, l’élan, la ferveur sans lesquels la situation la plus favorable ne sera jamais mises à profit.

Nous sommes entrés dans une phase de l’histoire où il faut choisir: ou l’État, ou la société.. Le progrès des techniques de production précipite la diminution de la masse des producteurs et il y a transfert de cette population vraiment active aux activités parasitaires, le tout s’amalgamant avec le secteur tertiaire, où, à côté d’activités sociales parfaitement utiles, pullulent les fausses activités et les fausses professions et ce n’est pas délirer que de craindre qu’avant un siècle le nombre de parasites ne dépassent le nombre des vrais producteurs […]

[…] Voyez les inventeurs, eux aussi si souvent “bricoleurs de génie” et d’origine plébéienne, voyez les collectivités de travail, de navigation, inventant le droit en dehors de la légalité officielle; tout cela n’a pas été dû à l’état, mais à l’espèce humaine que l’état a, généralement, et comme nous l’avons montré au cours de ce livre, volée, pillée, rançonnée. Tout a été réalisé comme fruit du dur labeur tandis que non seulement l’état n’inventait rien que des systèmes d’impôts, rançonnait, faisait la guerre, saccageait les villes, où souvent le beffroi servait surtout pour annoncer la proximité des “grandes compagnies” des troupes du roi, qui massacraient autant que les troupes ennemies. Et quels massacres ! Le dictionnaire de la diplomatie, publié vers 1930, donnait le détail et le total des tués sur les champs de batailles dans les guerres du XIXème siècle. Il atteignait les 50 millions de morts, mais cela n’émouvait pas les historiens officiels. L’État a si bien domestiqué les peuples, que ceux-ci peuvent considérer ces chiffres sans s’indigner […]

[…] Il est parfaitement possible d’envisager une société sans état, si l’on tient compte de ce qui assure les activités nécessaires à la vie de tous, et l’agencement, la concertation de ces activités. Cela implique l’équilibre entre de vastes organisations ou secteurs d’activités industrielles et agraires, entre zones de production répartissant géographiquement les activités selon ce que détermineraient la nature et les besoins de la société et des peuples la composant…

Dans cette société, la parasitisme centro-étatique ou politico-administratif qui semble inspirer les architectes et les constructeurs d’aujourd’hui n’aurait pas sa place, car l’humanité doit renaître et vivre selon les besoins qui lui sont propres, vivre enfin grâce à la participation créatrice du plus grand nombre.

Les impératifs de la vie doivent unir les humains en de vastes ensembles fraternels dans le temps et l’espace, tout en évitant que l’effort collectif fasse surgir de nouveaux cadres où l’être humain serait mécanisé dans de vastes “armées du travail” comme recommande le Manifeste du Parti Communiste. Il faut savoir donner aux organismes un contenu et un sens humanistes, la nécessaire liberté de fonctionnement qui empêcheraient de nouvelles formes d’autoritarisme d’étrangler la libre initiative.

On peut très bien concevoir des organismes de libre entente, la cohésion indispensable entre les races et les continents, grâce aux moyens d’information dont l’humanité dispose de nos jours, car il faut que les techniques nouvelles soient employées dans ces grands buts de libération et d’intégration qui rendraient les familles humaines solidaires, sans quoi et ne l’oublions jamais, elles ne seraient que des instruments d’asservissement aux mains de nouveaux et habiles dominateurs.

On criera, comme on a généralement crié avant toute réalisation politique et sociale, au rêve et à l’utopie. Mais ce que nous préconisons maintenant n’est pas plus impossible que ne le fut la disparition de la société basée sur le servage. Et on nous demande dans les détails comment fonctionnerait une société non basée sur le salariat, nous répondrons que ceux qui ont renversé l’absolutisme royal ne se préoccupaient pas de la façon dont, dans la société constitutionnaliste, fonctionneraient tous les rouages de l’état qui succéderaient à celui qu’ils attaquaient. Il existe même comparativement, plus de facteurs pouvant servir à la construction d’une société nouvelle, qu’il n’en existait dans la société ancienne. L’importance du mouvement coopératif mondial en est une preuve. Selon l’alliance coopérative internationale, on compte aujourd’hui dans le monde environ trois cents millions de coopérateurs qui n’ont pas besoin de l’attrait du profit.

 

*  *  *

 

Gaston Leval: (1895-1978) pseudonyme de Pierre Robert Piller, est un théoricien et militant anarcho-syndicaliste, également historien de la révolution espagnole.

Fils de communard, il se réfugie en Espagne pour échapper à la conscription en 1915. Il entre dans le mouvement anarcho-syndicaliste avec la CNT. En 1921, il est nommé par la Fédération des groupes anarchistes de Barcelone délégué-adjoint de la C.N.T. pour assister et prendre part, à Moscou, au Congrès constitutif de la IIIe Internationale des syndicats rouges. En 1924, il quitte l’Espagne pour l’Argentine où il sera journaliste, puis professeur de français. Il publie alors ses premiers livres. Il revient en Espagne quelques mois après le début de la guerre civile. Il rejoint la France en 1938 après avoir participé aux expériences agraires des collectivités libertaires ; il est alors condamné à quatre ans et demi de prison militaire pour insoumission en 1914-1918. Il parvient à s’échapper de la Centrale de Clairvaux, en août 1940, après deux années d’incarcération.

Il participe en décembre 1953 à la reconstitution de la Fédération anarchiste. Il fonde Les Cahiers du socialisme libertaire dont le premier numéro paraît en octobre 1955.

(Source Wikipedia)

Ingérence française en Syrie…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, France et colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, politique française, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 28 février 2012 by Résistance 71

çà devient une routine quotidienne !

Toujours silence sur les ondes… Les négociations vont bon train… Y en a certains qui vont avoir de l’avancement…

— Résistance 71 —

 

Un 19ème agent français arrêté en Syrie

 

Réseau Voltaire

 

Le 28 Février 2012,

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/Un-19eme-agent-francais-arrete-en

 

 

Le Réseau Voltaire a appris de source sure qu’un agent français a été fait prisonnier par l’Armée nationale syrienne, lundi 27 février 2012, à Azouz (district d’Idlib, à proximité de la frontière turque).

Cette arrestation porte à 19 (dix-neuf) le nombre de prisonniers français détenus par Damas.

Des négociations pour leur restitution sont en cours via la Fédération de Russie, les Emirats arabes unis et le Sultanat d’Oman.

Durant cette période, les Émirats arabes unis ont pris leur distance avec la position commune du Conseil de Coopération du Golfe, et ont décidé d’adopter une attitude de stricte neutralité. Ils ont donc interdit toute manifestation pro ou anti-syrienne sur leur territoire.

Renverse de marée pour le Nouvel Ordre Mondial ?… La Russie de Poutine garante d’une multipolarité politique mondiale pacifique… En attendant mieux !

Posted in actualité, crise mondiale, guerres hégémoniques, ingérence et etats-unis, résistance politique with tags , , , , , , , on 28 février 2012 by Résistance 71

Nous avons traduit ici le résumé du dernier article de Vladimir Poutine. Pensées et écrits directs d’un homme d’état, qui, en revenant aux affaires en Russie en reprenant la présidence le mois prochain, sera vraisemblablement ce qui est arrivé de mieux au monde politique c’est 5 dernières années.

Notre position anti-étatique ne changera jamais, mais en l’état actuel des choses et devant le chien fou occidental et son impérialisme / néo-colonialisme débridé, la Russie de Poutine se pose comme le nouveau médiateur, le nouveau garant d’une certaine stabilité du moins en évitant le pire: la guerre…

Nous ne pouvons que l’espérer. Ceci ne résoudra pas les problèmes de nos sociétés, mais nous donnera un peu d’air pour continuer à organiser l’alternative à la doctrine de l’étatisme tout-puissant, garde-chiourme des marchés et des oligarques de la finance et de la grosse industrie transnationales.

— Résistance 71 —

“La sécurité mondiale échouera sans la Russie” – Poutine

 

RT

 

Le 27 Février 2012,

url de l’article original:

http://rt.com/politics/putin-russia-world-politics-265/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans son dernier article en date avant les élections, le premier ministre Vladimir Poutine définit la niche idéologique de la Russie dans un “monde changeant”, en discutant les défis modernes auxquels Moscou doit faire face sur la scène internationale.

Poutine a insisté sur le fait que la Russie va établir ses propres buts et intérêts, plutôt que de suivre les décisions imposées par quelqu’un d’autre. Quant aux buts de sa politique étrangère, ils sont stratégiques plutôt qu’à court terme.

“Nous devrons sans aucun doute continuer nos efforts actifs et constructifs pour renforcer la sécurité mondiale, pour éviter la confrontation et de neutraliser effectivement les défis tels ceux de la prolifération nucléaire, des crises et conflits régionaux, du terrorisme et de la drogue” a dit Poutine. “Nous ferons tout ce que nous pourrons pour aider la Russie à obtenir le dernier avantage technologique et aider nos commerces à se positionner décemment sur le marché mondual”.

D’après Poutine, la position de la Russie à l’égard du nouvel ordre mondial émergeant est basée sur de nouvelles réalités géopolitiques et sur l’idée que tout tumulte non nécessaire doit-être évité.

Qui diminue la confiance ?

Vladimir Poutine a également insisté sur le fait que la stabilité internationale est impossible à imaginer sans une sécurité indivisible pour toutes les nations, le respect du droit international ou quand une force disproportionnée est utilisée.

“Ceci ne suit pas la logique du développement moderne et est basé sur les stéréotypes de la mentalité de bloc”, a t’il dit. “Tout le monde sait ce à quoi je fais référence. C’est l’expansion de l’OTAN, incluant le déploiement de nouvelles structures militaires et le plan du bloc soutenu par les Etats-Unis de créer un bouclier anti-missile en Europe… et ce dans la proximité immédiate des frontières de la Russie.”

Il a aussi expliqué que les droits de l’Homme, si nécessaires soient-ils, ne doivent pas être un prétexte pour diminier la souveraineté nationale.

“La protection des droits de l’Homme, quoi qu’il en soit, devient de la pure démagogie, quand elle est utilisée comme excuse pour une violation présomptueuse de la souveraineté nationale et si les droits de l’Homme sont protégés de manière sélective par des forces armées étrangères et si en ‘protégeant ces droits’, elles violent les droits de nombreuses autres personnes, incluant le droit le plus sacré d’entre tous, le droit à la vie,” a expliqué Poutine.

Ici, Poutine a fustigé l’OTAN et son goût pour “l’exportation de la démocratie à coups de missiles”. Il a dit que personne n’a le droit de détourner les prérogatives et le pouvoir des Nations-Unies, particulièrement quand cela en vient à utiliser la force contre des nations souveraines.

“Il semble que les pays de l’OTAN, et particulièrement les Etats-Unis, ont développé une compréhension très singulière de la sécurité, qui est fondamentalement différente de notre point de vue”, a dit Poutine. “Les Américains sont obsédés par l’idée d’acquérir et de maintenir une invulnérabilité absolue pour eux-mèmes, ce qui de manière incidentelle, est une utopie complète, à la fois pour des raisons technologiques et géopolitiques.”

Le printemps arabe

Le premier ministre Poutine insiste sur le fait que le peuple russe a sympathisé avec ceux qui recherchaient des réformes démocratiques dans les pays arabes. Quoi qu’il en soit, il est devenu clair finalement que des évènements dans beaucoup de ces pays “ne suivaient pas un scenario civilisé”.

“Au lieu de confirmer la démocratie et de protéger les droits de la minorité, des tentatives furent faites de déposer un ennemi et de faire un coup d’état, ce qui n’eut pour résultat que le remplacement d’une force dominante par une autre, peut-être même plus agressive que la précédente”, a t’il dit.

Poutine pense que la position partiale des puissances étrangères qui interféraient dans de tels conflits a contribué au développement d’une aura négative.

“Un certain nombre de pays se sont débarassés du régime libyen en utilisant la puissance aérienne au nom d’un soutien humanitaire. L’assassinat révoltant de Mouamar Kadhafi, pas juste médiéval mais primaire, a été l’incarnation de ces actions.” Ajoutant que “Personne ne doit être autorisé à utiliser le scenario libyen en Syrie.”

La communauté internationale se doit de travailler pour parvenir à une réconciliation syrienne interne, a insisté Poutine, faisant remarquer que la Russie était contre l’adoption de quelques résolutions par l’ONU, qui pourraient être interprêtées comme un signal pour une interférence armée dans les affaires intérieures syriennes.

A la lumière de la réaction contre le veto russo-chinois à l’ONU, qu’il a qualifié de “quasi-hystérique”, Poutine a mis en garde l’occident contre la tentation à utiliser “la tactique simple utilisée auparavant: si le conseil de sécurité approuve d’une action, c’est bien.. si non, nous réunirons une coalition des états concernés et attaqueront quand-même.”

“Je ne peux pas comprendre ce qui peut bien causer cette démangeaison pour une intervention militaire”, s’est-il demandé.

“Il apparaît qu’avec les pays du printemps arabe, tput comme avec l’Irak, les entreprises russes sont en train de perdre des positions commerciales gagnées au prix d’un effort de décennies et sont privées de gros contrats commerciaux”, a t’Il observé. “Ces trous commerciaux sont maintenant remplis par des firmes provenant d’´états qui ont été mêlés aux changements de régime dans les pays concernés.” Ayant ceci présent à l’esprit, dit Poutine, il serait raisonnable de conclure que ces évènements tragiques ont été encouragés par l’intérêt de quelqu’un dans une redivision du marché commercial, plutôt que pour un souci des droits de l’Homme.

Mentionant le conflit israélo-arabe, le premier ministre a regretté que la “recette magique” pour une résolution finale n’a pas encore été inventée, mais il croit que ce serait inacceptable d’abandonner ce projet.

“Considérant nos relations proches avec les leaders Israëliens et Palestiniens, la diplomatie russe va continuer à travailler pour que se résume le processus de paix sur une base bilatérale et au sein du format du quartet sur le Moyen-Orient, tout en coordinant l’action avec la ligue arabe”, a t’il continué.

“L’axe du mal”: Iran, Corée du Nord, Afghanistan

“La Russie est inquiète des menaces d’intervention armée contre l’Iran. Si cela se produit, les conséquences seront désastreuses”, dit Poutine, ajoutant que le cas du programme nucléaire iranien doit être résolu de manière pacifique.

“Nous proposons de reconnaître le droit de l’Iran à un programme nucléaire civil, incluant celui d’enrichir de l’uranium”, a t’il dit. “Mais, ceci doit être fait en échange de mettre toutes les activités nucléaires iraniennes sous une observation pour la sécurité de la part de l’AIEA. Si ceci est fait, alors les sanctions contre l’Iran, incluant celles déclarées unilatéralement, doivent être levées.”

Poutine a utilisé cette opportunité pour fustiger encore l’occident  en disant que celui-ci a utilisé un peu trop de volonté à “punir” certains pays.

“Quelque soit le développement minime, l’occident se résout à plus de sanctions, si pas une intervention armée. Laissez-moi vous rappeler ici que nous ne sommes plus au XIXème siècle, ni même au XXème”, a t’il dit.

Poutine a aussi reconnu le fait que les développements concernant le programme nucléaire nord-coréen sont tout aussi sérieux.

“Violant le régime de non-prolifération, Pyongyang clâme ouvertement le droit de développer un ‘nucléaire militaire’,” a t’il dit. “Nous ne pouvons pas accepter le statut nucléaire de la Corée du Nord. Nous avons été les avocats consistants de la dénuclarisation de la péninsule coréenne et ce de manière exclusivement politique et diplomatique.”

Vladimir Poutime a fait le lien entre le besoin pressant de certains états à posséder l’arme nucléaire avec “les cas plus fréquents d’interférences brutales et même armées dans les affaires intérieures des nations” de ces pays et bien d’autres. Les régimes autoritaires a t’il dit, réalisent qu’à moins qu’ils aient leur propre bombe, “ils devront attendre leur tour pour une ‘intervention humanitaire’ chez eux.”

Le premier ministre russe a aussi exprimé son inquiétude quant au futur de l’Afghanistan.

“Nous avons soutenu l’opération militaire pour assister internationalement ce pays, quoi qu’il en soit le contingent militaire emmené par l’OTAN n’a pas rempli ses objectifs”, a t’il dit. “Les menaces de terrorisme et de traffic de drogue n’ont pas diminué. Après avoir annoncé son retrait d’Afghanistan en 2014, les Etats-Unis ont construit, là-bas et dans d’autres pays voisins, des bases militaires sans un mandat précis d’objectifs et de durée d’opération”.

Un tel développement ne convient pas du tout à la Russie, a déclaré Poutine. Une des principales raisons étant l’augmentation de la production de drogues afghanes de près de 40% pour 2011. “La Russie subit une agression vicieuse liée à l’héroïne, qui détruit la santé de notre peuple”, a t’il dit.

“La menace de la drogue afghane ne peut être résolue que par un effort global en coordination avec les Nations-Unies et les organisations internationales comme le Collective Security Treaty Organization, l’Organisation de Coopération de Shangaï et le CIS” a t’il dit.

D’après Poutine, le contingent international en Afghanistan doit prendre des mesures concrètes afin de résoudre ce problème. Celles-ci doivent inclure la destruction physique des cultures de pavot et des laboratoires clandestins, le blocage des routes de transport de l’opiacé sur les marchés extérieurs, l’arrêt du flot financier et de la logistique sur les substances chimiques utilisées dans la production de l’héroïne.

La région asie-pacifique

“Je suis convaincu que la croissance économique de la Chine n’est pas une menace, mais un défi qui comporte un grand nombre potentiel de coopérations commerciales, une chance de faire souffler le vent chinois dans les voiles de notre économie”, conclut Poutine dans son article. “L’attitude de la Chine sur la scène internationale ne donne aucune raison de parler d’aspirations de dominance.”

Pékin partage la vision de la Russie sur un ordre mondial émergent équitable, a dit Poutine et la Russie embrasse le fait que la voix de la Chine sur la scène internationale résonne de manière plus confiante.

Poutine a exprimé sa satisfaction sur l’état des affaires russo-chinoises, faisant remarquer que les deux états avaient résolu leurs différents politiques majeurs dans leur relation, ceci incluant les problèmes de frontières, ajoutant que le modèle de realtion russo-chinois avait un bel avenir.

Le premier ministre a néanmoins reconnu que les relations entre les deux pays ne sont pas sans problèmes.

“Nos intérêts commerciaux dans d’autres pays ne sont pas toujours convergents et nous ne sommes pas totalement satisfaits avec la structure commerciale émergente et le niveau assez vbas d’investissements mutuels; nous allons également surveiller le flot d’immigration en provenance de la Chine”, a t’il expliqué.

Ceci dit, il a reconfirmé sa croyance en le fait que la Russie a besoin d’une Chine prospère et stable et il a ajouté “Je suis convaincu que la Chine a besoin d’une Russie forte et propspère”.

Poutine a ensuite brièvemement mentionné l’Inde, appelant les relations de la Russie avec ce pays “un partenariat stratégique privilégié”.

Il a aussi reconnu l’importance grandissante de la région Asie-Pacifique sur la scène mondiale et a confirmé que la Russie “se prépare activement” pour la réunion des leaders de l’APEC à Vladivostok, qui doit se tenir en Septembre sur l’île de Russky.

BRICS & G20

Vladimir Poutine a ensuite félicité les progrès dans la coopération avec les autres pays du BRICS

“Cette structure unique, créée en 2006, est un symbole marquant de la transition d’un monde unipoliare vers un ordre mondial plus juste”, a t’il dit. “BRICS réunit cinq pays dont la population commune est de l’ordre de près de trois milliards d’êtres humains avec les plus gros pays émergents ayant des ressources humaines et naturelles colossales et des marchés intérieurs très importants. Avec la venue de l’Afrique du Sud, BRICS a vraiment acquis un format mondial et compte maintenant pour environ 25% du PIB mondial.”

Poutine a aussi évalué de manière positive les relations générales de la Russie avec les nations asiatiques, latino-américaines et africaines, disant que l’intensification de la coopération avec ces régions dans les domaines de l’énergie, de l’infrastructure, des investissements, de la science et de la technologie, de la banque et du tourisme est parmi les priorités de Moscou.

D’après Poutine, le rôle grandissant de ces régions se reflète dans le travail du G20, que la Russie présidera en 2013. “Nous devons utiliser cette opportunité pour mieux coordonner le travail du G20 et des autres structures multilatérales, le G8 en particulier et l’ONU.”

Le facteur européen

“La Russie est une partie organique et inaliénable de la grande Europe et de la civilisation européenne”, a dit le premier ministre russe. “C’est pourquoi la Russie propose de bouger vers la création d’un espace économique et humain commun de l’Atlantique au Pacifique, une communauté réferrée par les experts russes comme ‘l’Union de l’Europe”.

En parlant de la crise économique européenne, Poutine a dit que cela affectait également les intérêts russes et a promis que Moscou ferait de son mieux pour aider.

« La crise qui a frappé la zone euro ne peut pas ne pas affecter les intérêts de la Russie, spécifiquement si on considère que l’UE est notre partenaire économique et commercial principal”, a t’il dit. “De la même manière, il est clair que les projets de la structure économique globale dépendent lourdement de l’état des affaires en Europe.”

“La Russie participe activement aux efforts internationaux pour soutenir les économies européennes malades et travaille constemment aves ses partenaires pour formuler des décisions collectives sous les auspices du FMI,” a continué Poutine. “La Russie n’est pas opposée au principe d’assistance financière directe dans certains cas.”

Poutine a insisté sur le fait que la Russie a besoin d’une UE forte. “C’est dans notre intérêt que de réaliser le pitentiel énorme d’un partenariat Russie-UE”, a t’il dit. Mais a t’il continué, un partenariat réel entre la Russie et l’UE est impossible tant qu’il y aura des barrières qui empêcheront les contacts humains et économiques, telles les mesures variées faites pour “évincer” les compagnies russes, ainsi que les procédures de visa.

Les affaires russo-américaines

Le premier ministre Poutine remarque que beaucoup a été fait dans les années récentes pour développer les relations russo-américaines, mais que ce n’est un secret pour personne qu’elles sont loin d’être stables.

“L’instabilité de la relation avec l’Amérique est dûe en partie à la ténacité de quelques stéréotypes et de phobies”, explique Poutine, “Mais le problème principal est que le dialogue politique et la coopération bilatéraux ne reposent pas sur une base économique solide.”

Le niveau actuel de commerce bilatéral est loin du potentiel des deux économies. La même chose peut-être dite sur les investissements mutuels.

“Il n’y a pas non plus de renforcement de la compréhension mutuelle du fait des tentatives régulières des Etats-Unis à s’engager dans de ‘l’ingénierie politique’, incluant des régions qui sont traditionnellement importantes pour nous,” s’est plaint Poutine, mentionnant le fait que le bouclier anti-missile américain est un des obstacles majeurs pour briser la mise au point mort des relations bilatérales.

“On ne voudrait pas voir le déploiement du système américain à une échelle qui demanderait la mise en application de nos contre-mesures dont nous avons fait état,” a t’il ajouté.

“En général, noius sommes préparés à faire de grands pas en avant dans nos relations avec les Etats-Unis afin d’obtenir une avancée qualitative, mais à la condition que les américains soient guidés par les principes d’un partenariat égalitaire et mutuellement respectueux,” a conclu Vladimir Poutine.

La diplomatie économique

Poutine a exprimé sa satisfaction pour l’accession finalement réussie de la Russie à l’OMC en Décembre 2011. Il a particulièrement noté que la Russie avait déjà intégré les principes légaux de l’OMC dans l’espace économique commun de la Russie, de la Biélorussie et du Kazakhstan.

En même temps, il a exprimé ses regrets sur le fait que les partenaires et investisseurs russes soient ostracisés assez communément.

“Nous ouvrons les zones les plus attractives de notre économie aux investiseurs étrangers, leur donnant accès aux morceaux de choix, en particulier ceux de notre complexe pétrolier et énergétique, mais nos investisseurs ne sont pas les bienvenus à l’étranger et sont souvent mis à l’écart.”, s’est-il plaint, citant quelques exemples.

Le soutien pour nos compatriotes et la culture russe à l’étranger

Poutine a noté que l’état russe reconnaît l’importance et les intérêts de millions de citoyens russes qui vivent et voyagent à l’étranger, montrant particulièrement du doigt les états baltes.

“Nous sommes déterminés à ce que les autorités latvienne et estonienne suivent les recommandations multiples des organaisations internationales réputées pour observer les droits généralement acceptés des minorités ethniques,” a t’il dit. “Nous ne pouvons pas tolérer le statut infâmant de ‘non-citoyen’. Comment pourrions-nous accepter qu’à cause de leur statut de non-citoyens, un résident latvien sur six et un résident estonien sur treize voient leurs droits fondamentaux politique, électoral, socio-économique et leur capacité à utiliser la langue russe librement, restreints ?”

Se référant au referendum sur le statut de la langue russe qui eut lieu en Latvie il y a un an, il fut outré du résultat du vote, adressant le fait que quelques 300 000 soi-disant “non-citoyens”, pour la plupart d’ethnicité russe, ne furent pas admis à participer au referendum.

Poutine a également recommandé que l’état russe se doive de travailler plus dur à l’expansion de la présence culturelle et éducative russe dans le monde, spécifiquement dans les pays où une partie substantielle de la population parle ou comprend le russe.

En conclusion, le premier ministre russe Poutine a promis que Moscou “a l’intention de continuer à promouvoir la sécurité et de protéger ses intérêts nationaux en s’engageant de manière active et constructive dans ;la politique mondiale et dans des efforts pour résoudre les problèmes mondiaux et régionaux.”

“Nous sommes prêts à une coopération mutuelle bénéfique et au dialogue ouvert avec nos partenaires étrangers. Notre but est de comprendre et de prendre en considération les intérêts de nos partenaires et nous demandons que nos propres intérêts soient également respectés”, a t’il conclu.

Crise économique… Fatalité ou arme de destruction massive ?

Posted in actualité, économie, crise mondiale, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française with tags , , , , , , , , , , , on 27 février 2012 by Résistance 71

La crise de la dette européenne : véritable manne financière pour les argentiers

 

24 février 2012 par Christine Vanden Daelen

 

url de l’article original:

http://www.cadtm.org/La-crise-de-la-dette-europeenne

 

L’Union européenne, qui formait autrefois avec les États-Unis un bloc de prospérité pour les détenteurs de capitaux suscite désormais le doute ! Cette crédibilité bafouée est en grande partie imputable à l’extraordinaire expansion de sa dette publique.

La dette ou comment s’enrichir sans risque ?

L’accroissement de la dette publique européenne est la conséquence directe de décennies de politiques fiscales favorables aux grosses fortunes et aux grandes entreprises. Suite à la crise des subprimes aux États-Unis, de nombreuses banques européennes qui détenaient des actifs toxiques se sont trouvées au bord de la faillite. Les plans de sauvetage mis en place par les États n’ont rien amélioré, tout du contraire ! Entre 2008 et 2009, pas moins de 2.000 milliards d’euros ont été injectés pour contrer la déroute des banques |1|. Résultat : les dettes massives du secteur privé (des banques) ont été transférées vers le secteur public (Les Etats), sans que la moindre contrepartie réelle ne soit exigée. Partout les gouvernements européens ont augmenté la dette publique pour « sauver » le système bancaire de la zone euro sans nullement en profiter pour prendre le contrôle du secteur financier afin d’en changer radicalement les pratiques.

L’un des effets les plus pervers de la crise est dû aux décisions politiques qui ont permis aux banques de l’ouest européen (principalement françaises et allemandes mais aussi belges, néerlandaises, luxembourgeoises, britanniques, irlandaises…) de faire du profit sur la dette des Etats, largement creusée par le sauvetage de ces mêmes banques. Le mécanisme est simple : les fonds massivement prêtés à très bas taux d’intérêts par la Réserve fédérale des États-Unis et par la BCE (Banque Centrale Européenne) sont à leur tour prêtés aux États (Grèce, Irlande, Portugal, Espagne) |2| mais à des taux d’intérêt largement supérieurs.

L’allégeance aux banques : règle d’or de la BCE

Au centre de la gestion de la crise de la dette de l’Union européenne, la BCE est très largement assujettie aux intérêts des banques privées. Deux mécanismes parmi tant d’autres permettent d’en témoigner. Tout d’abord, les statuts de la BCE ainsi que le Traité de Lisbonne lui interdisent de prêter directement aux États. Elle prête donc aux banques privées et autres investisseurs institutionnels (les assurances, les grandes banques, fonds spéculatifs, les fonds de pension…) qui à leur tour prêtent aux États en prélevant au passage une juteuse commission. Ainsi, les banques empruntent à la BCE à du 1 ou 1,5% pour prêter à certains États à un taux qui varie entre 3,75 et 5% |3|.

Grâce à ces taux d’intérêt plus élevés, les banques privées avaient devant elles la perspective de juteux profits et ont encouragé les États, notamment de la périphérie de la zone euro, à emprunter sans compter |4| !

Elles ont indéniablement une grande part de responsabilité dans l’endettement massif des pays européens. Les banques n’ont pas hésité à prendre des risques estimant que les grands pays européens voleraient à leur secours dès qu’elles seraient menacées par le défaut de paiement d’un État sur-endetté. L’histoire leur a donné raison : jusqu’à présent, les gouvernements, la BCE et la Commission européenne leur ont apporté un soutien sans faille au prix du saccage des finances publiques.

Cependant, l’accumulation de dettes dans les pays européens de la périphérie constitua progressivement une réelle menace pour les banques ouest-européennes |5|.

Inquiètes à l’idée de se voir imposer un rééchelonnement des paiements ou une réduction de la valeur de leurs créances (dans le cadre d’éventuelles renégociations de dettes) détenues sur les titres de la dette des pays dits « à risque » (essentiellement la Grèce et l’Irlande), les banques privées et autres acteurs des marchés financiers ont exigé de ces pays des taux d’intérêt de plus en plus élevés |6|.

Parallèlement, les banques ont pris soin de diminuer leur exposition sur les dettes souveraines. Les banques françaises et allemandes se sont ainsi défaites de titres grecs pour des sommes non négligeables (coté français, en 2010, leurs engagements sont passés de 27 à 15 milliards d’euros et pour les banques allemandes de 16 à 10 milliards d’euros entre mai 2010 et février 2011). Toujours à la rescousse des banques, qui sans son intervention étaient contraintes de vendre au rabais les titres grecs et ceux d’autres États en difficulté, la BCE, à partir du 8 aout 2011, racheta nettement au-dessus du prix du marché et en très grosse quantité les obligations de ces États « à risque ». Cette énième manœuvre au service des intérêts privés illustre bien la totale soumission de la BCE aux marchés financiers.

Un pour tous, tous pour un ! Le FMI, fidèle destrier de la finance 

Outre la BCE, les banques privées peuvent compter sur le soutien inconditionnel de deux autres alliés d’importance : le FMI et la Commission européenne. Après avoir mis à genoux les populations du Sud, après avoir perdu toute sa légitimité entre 2004 et 2008, le FMI, suite au G20 de Londres en 2009, sévit désormais en Europe. Il y applique exactement les mêmes recettes empoisonnées que celles assénées pendant près de trente années aux pays du Sud |7|. Si les acronymes diffèrent (les plans d’ajustement structurels se sont mués en politique d’austérité…), la logique mortifère demeure. Toujours fort soucieux de la sauvegarde des intérêts privés au détriment de ceux des peuples, le FMI alloue des prêts aux pays en difficulté afin que ceux-ci puissent rembourser les banques privées en contrepartie d’une austérité brutale et injuste. Si ces États n’avaient été renfloués, ils n’auraient pu « honorer » leur dette … détenue à 80% par les banques et d’autres compagnies d’assurance, leur occasionnant ainsi des pertes sèches. On comprend dès lors que ces prêts ne servent nullement les intérêts des populations des États « aidés ». Au nom d’une dette publique estimée pléthorique, ces plans d’ « aide » sont la courroie d’imposition de mesures d’austérité drastiques portant atteintes aux droits sociaux des peuples.

Non à la servitude du système dette ! Les peuples s’opposent et auditent

Face à ces politiques néolibérales qui touchent les plus vulnérables et épargnent les différents responsables de la crise, face à cette dette détenue par les marchés financiers qui détruit l’Etat social et spolie les populations, nous devons réagir. Il nous faut auditer les comptes publics des Etats pour décider si les peuples doivent ou non continuer à payer une dette en grande partie illégitime car consécutive d’une politique ayant favorisé une infime minorité au détriment de la majorité des citoyen-ne-s.

L’objectif d’un audit, réalisé sous contrôle citoyen, est d’aboutir à une annulation de la partie illégitime ou odieuse et illégale de la dette publique et d’en réduire fortement le reste.

Progressivement, l’exigence de la réalisation d’audits gagne du terrain en Europe. En 2011, un collectif national pour un audit citoyen de la dette publique s’est mis en place en France (www.audit-citoyen.org). Cette initiative rassemble de nombreux mouvements sociaux et politiques, et l’appel à sa constitution a été signé par des dizaines de milliers de personnes. Dans plus de la moitié des départements français, des collectifs locaux se sont créés. Le collectif pour un audit citoyen de la dette publique réfute le discours sur la nécessite de « rembourser la dette » et de « rassurer les marchés financiers ». Il remet en cause la culpabilisation de la population qui aurait « trop dépensé » alors que les dépenses sociales n’ont pas augmenté depuis des décennies et que c’est la baisse des recettes (consécutive des cadeaux fiscaux aux riches et aux grandes entreprises et des sauvetages des banques) qui a creusé les déficits publics.

Le collectif entend impulser un large débat démocratique sur la façon dont sont gérés les fonds publics. De la sorte, il incarne la volonté des citoyen-ne-s d’exercer un contrôle démocratique sur les affaires publiques et donc communes[[D. Millet et E. Toussaint, « L’audit citoyen de la dette : comment et pourquoi ? » , 30 décembre 2011. En Grèce, en Irlande, en Espagne, au Portugal, en Italie et en Belgique des initiatives pour la mise en place d’audits citoyens progressent également. L’annulation des dettes illégitimes, odieuses et illégales et la réduction de l’endettement public est un premier pas pour sortir par le haut de la crise. De nombreuses mesures complémentaires sont indispensables pour avancer vers un monde socialement et écologiquement juste : arrêt des plans d’austérité, réforme fiscale redistributive, transfert du secteur de la finance dans le domaine public, resocialisation des secteurs clés, réduction du temps de travail avec maintien des revenus et embauche compensatoire, etc. Seules des mobilisations citoyennes fortes et radicales dans la rue permettront de changer le rapport de forces et dès lors, de rendre tous ces changements possibles.

 

 

Notes

|1| Commission européenne, « Document de travail des services de la Commission, Résumé de l’analyse d’impact accompagnant le document Proposition de Règlement du Parlement européen et du Conseil concernant les exigences prudentielles applicables aux établissements de crédit et aux entreprises d’investissement », 20 juillet 2011.

|2| Entre Juin 2007 (début de la crise des subprimes) et septembre 2008 (faillite de Lehman Brothers), les prêts des banques d’Europe occidentale à la Grèce ont augmenté de 33% passant de 120 à 160 milliards d’euros. Voir E. Toussaint, « Dans l’œil du cyclone. La crise de la dette de l’Union européenne », octobre 2011, http://www.cadtm.org/Dans-l-oeil-du-cyclone-la-crise-de

|3| Ce mécanisme est toujours d’actualité : le 21 décembre 2011, la BCE a accordé le plus gros prêt de son histoire aux banques. Au total, 523 banques lui ont emprunté près de 500 milliards d’euros pour 3 ans à un taux voisin de 1%. http://www.france.attac.org/articles/noel-la-banque-centrale-europeenne-des-cadeaux-pour-les-banques-la-rigueur-pour-les-peuples. Tout laisse présager que cet argent va être replacé sur les marchés à des taux élevés dans une logique purement financière. Il servira ni à desserrer le crédit ni à financer le secteur productif mais seulement à permettre aux banques d’engranger encore plus de profits.

|4| En octobre 2009, la Grèce a émis des titres du Trésor à 3 mois avec un rendement très bas : 0,35%. Le gouvernement grec cherchait alors à réunir la somme de 1,5 milliard d’euros. Les banquiers et autres zinzins (investisseurs institutionnels ) ont proposé plus de 7 milliards, soit près de 5 fois cette somme. Finalement, le gouvernement a décidé d’emprunter 2,4 milliards d’euros.

|5| Elles détiennent plus de 80% de la dette totale d’un ensemble de pays européens en difficulté comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Italie, l’Espagne et les pays de l’Est européen. Cf. E. Toussaint, Op. Cit.

|6| En mai 2011, les taux grecs à dix dépassaient 16,5%, ce qui a obligé ce pays à n’emprunter qu’à trois ou six mois, ou à s’en remettre au FMI et aux autres gouvernements européens. Cf. D. Millet et E. Toussaint, Op. Cit.

|7| Les plans d’ajustement structurel furent synonymes : de réduction drastique des budgets sociaux, de privatisations massives, de la libéralisation absolue de l’économie, d’ouverture des marchés favorisant les multinationales au détriment des producteurs locaux…

Ingérence française en Syrie: La France prise la main dans le sac, négocie pour récupérer 18 de ses agents prisonniers des Syriens…

Posted in actualité, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, N.O.M, politique française, presse et média, résistance politique with tags , , , , , , , , , on 27 février 2012 by Résistance 71

Eclaircissement sur la situation en Syrie, à la fois sur les agents français détenus par les autorités syriennes, comme expliqué ci-dessous, mais également sur la situation des journalistes confinés dans la zone rebelle de Homs.

Des explications claires de quelqu’un qui est sur place, contrairement aux « sources fiables » basées à Londres qui abreuvent à dessein les médias de la propagande idoine.

Vidéo / interview sur la situation des journalistes retenus à Homs

 

— Résistance 71 —

 

La France ouvre des nécociations avec la Syrie pour récupérer ses 18 agents

 

Réseau Voltaire

 

Le 26 Février 2012,

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/La-France-ouvre-des-negociations

 

 

Le 13 février 2012, Thierry Meyssan révélait sur la première chaîne de télévision russe que la Syrie avait fait prisonniers une douzaine de militaires français. Le Réseau Voltaire est en mesure de confirmer qu’au 26 février, le nombre de prisonniers français s’élève à 18 (dix-huit).

Si Paris admet qu’ils ont agi en mission, ils bénéficieront du statut des prisonniers de guerre et seront protégés par la Convention de Genève, mais si Paris dénie les avoir envoyés, ils seront considérés comme des civils étrangers, ils seront jugés en Syrie pour leurs crimes et encourent la peine de mort.

La France a ouvert trois canaux de négociation via la Fédération de Russie, les Émirats arabes unis et le Sultanat d’Oman. 
L’ambassadeur de France, Éric Chevallier, est reparti le 23 février d’urgence à Damas. 
Kofi Annan a été appelé comme médiateur par l’ONU et la Ligue arabe.

Conscient de l’usage qu’il peut faire de ces prises en période électorale française, Damas a demandé aux médias publics syriens de ne pas aborder cette affaire pour le moment. Il se réserve ainsi la possibilité de la traiter en secret si cette option est plus avantageuse. Tout en admettant le caractère exceptionnel de cette situation, les journalistes syriens, qui se sont rapidement habitués à la liberté d’expression garantie par la nouvelle loi sur la presse, déplorent que des limites soient à nouveau posées pour des motifs de sécurité nationale.

Si les négociations restent secrètes, la France devra payer en sous-main des indemnités de guerre particulièrement lourdes, soit en numéraire, soit sous forme de privilèges économiques. Si elles deviennent publiques, la France peut espérer des indemnités moins onéreuses, mais Nicolas Sarkozy et Alain Juppé devront s’expliquer devant leurs concitoyens. Leur camp hypothéquerait alors ses chances de gagner l’élection présidentielle, le président risquant même d’être traduit devant la Haute Cour (articles 35 et 68 de la Constitution).

Dans l’affaire du Rainbow Warrior (1985), où il y avait eu un bateau coulé et une personne tuée, la France avait présenté des excuses officielles, puis avait payé des indemnités de 7 millions de dollars à la Nouvelle-Zélande et de 8,16 millions de dollars à Greenpeace. Surtout, Paris avait dû autoriser l’importation d’ovins néo-zélandais détruisant en partie sa propre filière ovine. En échange, les deux agents français prisonniers avaient été libérés. Ironie de l’Histoire, Laurent Fabius, le Premier ministre dont le gouvernement avait ordonné l’attaque du Rainbow Warrior est pressenti comme ministre des Affaires étrangères de François Hollande, en cas d’élection du candidat socialiste à la présidence de la République. Ce dernier est l’ex-beau-frère du lieutenant-colonel Gérard Royal, le commandant de cette opération.

Dans la guerre secrète contre la Syrie, la France et ses alliés sont responsables d’un conflit ayant entraîné la mort d’au moins 3 000 soldats syriens et 1 500 civils, auxquelles s’ajoutent des pertes économiques et des sabotages d’infrastructures estimés à au moins 3 milliards de dollars.