Archives de septembre, 2013

Crise économique planifiée et impérialisme: Obama l’homme de Goldman Sachs…

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Larry Summers: Goldman saqué (sacked)

 

Greg Palast

 

16 Septembre 2013

 

url de l’article original:

http://www.gregpalast.com/larry-summers-goldman-sacked/#more-8494

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Joseph Stiglitz ne pouvait pas en croire ses oreilles. Ils étaient à la Maison Blanche, le président Bill Clinton demandant des conseils aux patrons du trésor (finances) américain au sujet de la vie et de la mort de l’économie américaine, lorsque le vice-secrétaire aux finances d’alors Larry Summers se tourna vers son patron, le secrétaire, ministre des finances Robert Rubin et dit: “Qu’est-ce que Goldman (Sachs) penserait de cela ?”

Hein ?

Ensuite, à une autre réunion, Summers dit encore: Que penserait de cela Goldman ? Un Stiglitz choqué, alors chef des conseillers en économie du président Clinton, me dit qu’il se tourna vers Summers et demanda si Summers pensait que cela était approprié de décider de la politique économique américaine basé sur ce que “Goldman Sachs penserait”, au lieu de considérer les faits, ou du moins, les besoins des citoyens américains, Vous savez, ce genre de truc qu’on entend dire dans les réunions de cabinet de l’aile Ouest (de la Maison Blanche).

Summers regarda alors Stiglitz comme s’il était une espèce de demeuré qui avait trop lu de livres d’instruction civique.

Repose en paix Larry Summers

Dimanche après-midi, faisant face à une révolte des sénateurs de son propre parti, Obama largua Larry Summers comme remplacement possible de Ben Bernanke comme directeur du comité de la banque de la réserve fédérale.

Jusqu’à ce que la nouvelle se fisse jour que la torche Summers avait été étouffée, je devais écrire un autre article sur Larry, le Marie Typhoïde de l’économie. (mon premier article dans le Guardian il y a 15 ans prévenait que “Summers est en fait, une colonie d’extra terrestres, envoyés sur terre pour transformer les humains en une source bon marché de protéines” ~ NdT: à prendre au second degré… Palast a un très bon sens de l’humour…)

Mais le simple fait qu’Obama a essayé de nous gaver avec Summers, nous ainsi que la planète, nous en dit plus au sujet d’Obama qu’au sujet de Summers et pour qui Obama travaille. Indice: vous n’en faites pas partie.

Toutes ces discussions de cabinets ministériels dans les années 1990, demandant la bénédiction de Goldman Sachs tournaient autour de l’idée de mettre fin aux régulations du système bancaire américain. Pour libérer l’économie américaine, argumentait Summers, tout ce que vous aviez à faire était de permettre aux banques commerciales de parier des épargnes garanties par le gouvernement sur de “nouveaux produits dérivés”, de laisser les banques vendre des sécurités d’emprunts subprimes à haut risque et de diminuer leurs réserves contre les pertes.

Qu’est-ce qui pourrait arriver de mal?

Stiglitz, qui finira par obtenir le prix Nobel d’économie, essaya de leur dire exactement ce qui allait se passer de mal. Mais quand il essaya, il fut remplacé et exilé.

Summers fit plus que de demander à Rubin de mettre à l’ordre du jour l’esprit de Goldman Sachs: Summers appela et rencontra secrètement le PDG de Goldman Sachs d’alors, Jon Corzine, afin de planifier la dérégulation financière de la planète. Je ne fais pas ici de supposition: J’ai en ma possession le mémo personnel confidentiel de Summers lui rappelant d’appeler Corzine.

[ Pour l’histoire complète de ce memo et une copie de celui-ci veuillez lire « The Confidential Memo at the Heart of the Global Financial Crisis« .]

Summers, en tant qu’officiel des Finances, peut appeler n’importe quel banquier qu’il désire… Mais pas secrètement. Et certainement pas pour planifier les détails de politiques qui feraient  engranger à la banque des milliards et Goldman Sachs a gagné des milliards sur ces plans.

Exemple: Goldman Sachs et ses clients ont empoché 4 milliards de dollars sur l’effondrement “de la dette des obligations synthétiques collatéralisées”, du pipeau vendu aux imbéciles et aux idiots patentés comme les banquiers de la RBS (Royal Bank of Scotland) – Voir Did Fabrice Tourre Really Create The Global Financial Crisis?

Goldman Sachs a aussi touché gros sur l’implosion de la dette grecque par des échanges dérivatifs secrets permis par Summers et sa décriminalisation de telles opérations internationales de casinos financiers.

L’effondrement de la zone-Euro et le marché des emprunts américains causé par les banquiers-qui-ont-pétés-un-plomb fut rendu exclusivement possible par la pression mise par le ministre des finances Summers sur la loi de la “modernisation des futures commodités”, qui interdit les régulateurs de contrôler l’augmentation de 100 000 % des biens dérivatifs, spécifiquement les “naked” credits default swaps super-risqués.

Le CMFA était l’équivalent financier des pompiers qui interdiraient les détecteurs de fumée.

Summers reprît les brides des finances de Rubin qui s’en alla devenir le directeur d’une étrange hydre financière: la fusion de Citibank avec une banque d’investissement, Travelers. La nouvelle banque monstrueuse fit faillite et demanda 50 milliards de dollars de finances de sauvetage. (Goldman Sachs n’eut pas besoin de ces fonds mais prît 10 milliards de dollars d’aide quand même…)

D’autres banques devenues des casinos suivirent Citi dans la faillite et l’insolvabilité. La vaste majorité furent sauvées et obtinrent Larry Summers, ou du moins ses “services de consulation” ou ses piges de discours plaqués-or.

Le trader en dérivatifs D.E Shaw a payé Summers 5 millions de dollars pour quelques années de boulot “à temps partiel”. Ceci ajouté aux paiements de Citigroup, Goldman et autres maisons financières, augmentant la valeur nette de cet ancien professeur dans la dèche à plus de 31 millions de dollars.

Les repossessions remplissent les sacs de Goldman

Quand Summers a quitté le ministère des finances en 2000, le New York Times rapporte qu’un Rubin plus que reconnaissant lui fît donner la présidence de l’université de Harvard, de laquelle Summers fut viré. Il paria plus d’un demi-milliard de dollars de fonds de l’université dans ces marchés dérivatifs fous qu’il avait légalisé. (étant donnée l’incapacité quasi pathologique de Summers à comprendre la finance, ce fut très bizarre que, alors qu’il était président de l’université, il suggéra que les humains dotés de vagins n’étaient pas très bons avec les chiffres…)

En 2009, Summers, la papa poule du désastre de la dérégulation, retourna au ministère triomphalement. Barack Obama le couronna “Tzar de l’économie”, ce qui permît à Summers de gérer les finances sans avoir à répondre au congrès dans une audition formelle de confirmation au poste.

Summers s’est-il racheté une conduite en tant que Tzar de l’économie durant le premier terme d’Obama ?

Aucune chance.

En 2008, à la fois la démocrate Hillary Clinton et le républicain John McCain demandèrent pour utiliser les 300 milliards de dollars restant du “package de sauvetage” des banques pour lancer un programme de blocage des repossessions identiques à un de ceux que F. D. Roosevelt avait utilisé pour sortir les Etats-Unis de la grande dépression. Mais le Tzar Larry ne voulut rien entendre, bien que les banques reçurent 400 milliards de dollards de ce même fond.

En fait, sur le conseil de Summers et de son petit assistant, le ministre des finances Tim Geithner, Obama ne dépensa que 7 milliards de dollars des 300 milliards disponibles pour sauver les petits propriétaires américains.

Que penserait Goldman Sachs ?

Comme noté plus haut, Goldman Sachs et ses clients ont engrangé des milliards en résultat de l’abandon par Obama des 3,9 millions de familles américaines dont les maisons furent repossédées pendant son premier mandat à la présidence. Pendant que les petits propriétaires américains se noyaient, le Tzar Summers torpilla leur radeau de survie: un plan de prévention des repossessions en forçant les banques à inscrire, de déduire leurs surcharges dans leurs emprunts subprimes prédateurs. De manière notable, l’action de Summers (et l’inaction d’Obama) ont fait économiser des milliards à la Citibank.

Larry le prêteur usurier requin

La machine du désastre de la dérégulation ne se contente pas de massacrer, de mutiler la vie des Américains. Tandis que les unions de crédit à but non lucratif, les prêteurs de derniers recours pour la classe laborieuse et les pauvres aux Etats-Unis, ont été légalement attaqués, une nouvelle mouture d’opérations bancaires s’est faite jour tout droit sortie des cerveaux des escrocs cherchant une manière de rendre légal le prêt à taux usurier.

Une de ces nouvelles facilités par exemple, appelée “Lending Club” ou “Club de Prêt” a inventé une façon de collecter des dividendes en prêtant à des taux d’intérêt allant jusqu’à 29%. Le Lending Club clâme à qui veut l’entendre qu’il ne devrait pas et ne peut pas être régulé par la réserve fédérale ou toute autre police de la banque. Une nouvelle addition à son bureau diecteur: Larry Summers en personne…

Si vous voulez savoir pourquoi Obama choisirait un tel escroc et flambeur pour diriger la banque fédérale, vous devez demander ceci: Qui a choisi Obama ? Il y a 10 ans Barry Obama était Mr Personne, un obscur sénateur d’état du sud de Chicago.

Alors, il a eu du pot… Une banque locale, Superior, fut fermée par des régulateurs pour une escroquerie de prêts bidons à des noirs américains. La présidente de la banque, Penny Pritzker fut si en colère après ces régulateurs, qu’elle décida de les éliminer: et ceci demandait un nouveau président.

Les milliardaires ont connecté Obama avec Jamie Dimon de J.P Morgan, mais de manière plus importante avec Robert Rubin, ancien ministre des finances et encore plus important, l’ancien PDG de Goldman Sachs et mentor de Larry Summers. Sans la bénédiction de Rubin et sa puissance de levée de fonds époustoufflante, Obama serait encore en train de discuter au sujet du zonage de Halsted Street.

Rubin a choisi Obama et Obama choisit qui Rubin choisit pour lui.

Parce qu’au bout du compte, Obama sait qu’il doit choisir un patron de la Fed basé sur la réponse à une seule question pertinente: Qu’en penserait Goldman Sachs ?

 

Crise économique, réserve fédérale et la fin du pétrodollar…

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Une analyse très intéressante dans le contexte du système. Ne perdons pas de vue que LA solution est de mettre un terme à toute cette fumisterie, mais cela donne une bonne perspective de ce qu’il se passe dans la « réalité » de la matrix…

— Résistance 71 —

 

Le “moment syrien” de Ben Bernanke (Réserve Fédérale)

 

Fabrice D. Ristori

 

29 Septembre 2013

 

url de l’article:

http://french.irib.ir/analyses/articles/item/276868-le-«-moment-syrien-»-de-ben-bernanke,-par-fabrice-d-ristori

 

La confiance des intervenants de marché et des investisseurs, au sens large, en Ben Bernanke et en la Fed est rompue.

L’annonce de Ben Bernanke, président de la Fed, de continuer le plan de rachat d’actifs (QE) semble avoir surpris beaucoup de monde. A tel point que, désormais, les principaux intervenants sur les marchés annoncent avoir perdu toute confiance en Ben Bernanke. Il est vrai que Ben Bernanke n’a cessé depuis 4 ans d’annoncer la fin des plans d’assouplissement monétaire pour mieux affirmer l’inverse lors des réunions de la Fed (FOMC meetings). La Fed a imprimé 3 Trillions de dollars depuis 2007.

La confiance des intervenants de marché et des investisseurs, au sens large, en Ben Bernanke est rompue.

Ben Bernanke ne peut pas stopper le QE et ne le stoppera pas. Au contraire, il l’augmentera prochainement car les marchés ainsi que la solvabilité des banques dépendent directement des plans de rachat d’actifs réalisés par la Fed.

Pourquoi Bernanke ne peut pas stopper le QE

Si la Fed arrête ses rachats d’actifs, les taux d’intérêts vont augmenter et le prix de tous les produits financiers basés sur de la dette vont plonger, la bulle des dérivés de crédit, qui atteint la valeur astronomique de 489,7 Trillions de dollars, soit 7 fois le PIB mondial, va exploser, l’insolvabilité des banques fera à nouveau surface et le marché des bons US s’effondrera. Sans compter l’impact d’une augmentation des taux sur l’immobilier et la consommation.

Le G7, ou les sept pays les plus industrialisés, représentent 50% d’un PIB mondial qui s’élève à 30 trillions de dollars. La dette totale de ces sept pays s’élève à 140 trillions de dollars. Toute augmentation des taux d’intérêts de 1% entraînerait un coût supplémentaire de 1,4 trillion de dollars.

Dans ce contexte, Ben Bernanke ne peut pas stopper le QE.

Le « moment Syrien » de Ben Bernanke

Le parallèle est saisissant avec la perte de crédibilité du président Américain Barack Obama, suite aux événements récents en Syrie. La majorité des pays ne font tout simplement plus confiance de manière aveugle aux annonces et arguments avancés par le gouvernement américain pour justifier ses interventions militaires.

L’opinion publique mondiale commence à s’interroger sérieusement sur les motifs réels des guerres déclenchées ces dernières années. De nombreux pays, comme la Chine et la Russie, savent pertinemment que la tentative de déstabilisation de la Syrie (tout comme en Irak et en Lybie) a beaucoup plus à voir avec la survie du pétrodollar qu’à l’utilisation d’armes chimiques, dont les USA ont été les pionniers (Vietnam, Iran, Irak, etc.).

Sun Tzu disait que « toute guerre est un mensonge ». On constate que les États remettant en cause l’hégémonie du dollar ont systématiquement été déclarés « terroristes » sur la base d’arguments douteux, ces dernières années. Mais les temps changent et les dirigeants internationaux, ceux qui n’ont aucun intérêt à voir le dollar survivre, ont bloqué l’intervention en Syrie.

Ben Bernanke et Barack Obama ont très certainement basculé un peu plus vers une défiance totale, ces dernières semaines. Cette défiance a et aura des conséquences radicales pour le dollar et le système monétaire international dont on sait qu’il repose sur la confiance…

Ces deux évènements sont liés, et ces deux décisions doivent être comprises comme des tentatives de continuer à imposer le dollar comme monnaie de réserve internationale et, donc, de protéger le système monétaire de monnaie-papier.

Mais l’inverse est en train de se produire : rejet massif du dollar, perte de confiance globale dans le dollar et isolement des USA.

L’affrontement international actuel non avoué est un affrontement pour la maîtrise des réserves naturelles (gaz naturel et pétrole), mais surtout pour la détermination de la monnaie dans laquelle ces énergies vitales seront échangées (monnaie-papier ou actifs tangibles).

Au sens large, nous assistons à un affrontement entre deux « factions » : l’une, de plus en plus isolée, défendant un système monétaire basé sur une monnaie-papier non convertible et l’autre, ne bénéficiant en aucune manière de la capacité d’émettre la monnaie de réserve internationale, d’un système monétaire basé sur une monnaie tangible, fiable et qui ne supporte les intérêts d’aucune nation en particulier : l’or.

Analyser ces événements économiques et géopolitiques à travers une grille de lecture centrée sur le dollar permet de mieux comprendre l’enchaînement des événements récents (économiques ou géopolitiques) et d’anticiper les conséquences d’un effondrement de la monnaie de réserve au niveau global.

Rappel historique monétaire :

L’or a été utilisé comme forme de monnaie depuis plus de 5,000 ans. Nous vivons, depuis la fin de la convertibilité du dollar en or en 1971, une expérience monétaire unique dans l’histoire de l’humanité, puisque c’est la première fois qu’aucune monnaie n’est convertible en actifs tangibles à l’échelle mondiale.

En résumé, depuis 1971, nous remettons en cause 5,000 ans d’expérience monétaire humaine. 5,000 ans pendant lesquels l’humanité est systématiquement revenue à une forme de monnaie basée sur l’or. 5,000 ans au cours desquels toute expérience de monnaie-papier s’est traduite par la destruction totale de la valeur de la monnaie-papier.

Il est saisissant, aujourd’hui, de constater que la majorité des individus a aujourd’hui complètement oublié l’intérêt de posséder une monnaie convertible en actif tangible. Ces mêmes individus qui ne comprennent pas d’où vient l’inflation ravageuse qui détruit leur pouvoir d’achat et les appauvrit un peu plus tous les ans.

Le système du pétrodollar :

Un système de monnaie-papier ne peut survivre que tant que la confiance dans la capacité de cette monnaie à retenir sa valeur réelle (son pouvoir d’achat) est effective et reconnue par les utilisateurs de ce moyen d’échange.

Dès que cette confiance est rompue, le système s’effondre, d’où l’intérêt pour les émetteurs d’une monnaie fiduciaire d’assurer une demande permanente permettant de soutenir la valeur ce cette monnaie non convertible. (La valeur d’une monnaie-papier est déterminée par l’offre et la demande.)

Cette demande permanente (qui soutient le cours du dollar) est rendue possible par le fait que le pétrole est vendu en dollars, c’est le système du « pétrodollar ».

On comprend la volonté des USA et des tenants du système financier actuel de rendre obligatoire la vente du pétrole en dollars, mais également de tout faire pour qu’aucun pays producteur de pétrole ne décide de vendre son pétrole dans une autre monnaie que le dollar. Et surtout pas en échange d’or, véritable antithèse de toute forme de monnaie-papier.

L’Irak souhaitait vendre son pétrole en euros, la Libye contre de l’or, et l’Iran également (via l’intermédiation de la Turquie). La Russie souhaite vendre son gaz naturel en échange d’une monnaie qui ne soit pas imprimée à hauteur de 85 milliards tous les mois, détruisant d’autant le pouvoir d’achat de ses réserves de change. La Chine paiera ses importations de pétrole en provenance d’Iran en Yuan, dont j’anticipe qu’il deviendra à terme convertible en or.

La valeur de la monnaie de réserve internationale et le privilège exorbitant de l’émettre sont défendus coûte que coûte depuis 1971, que ce soit par des accords négociés (avec l’Arabie Saoudite, notamment), par l’intervention militaire ou par la manipulation du cours de l’actif reflétant la dévaluation du dollar : l’or.

Changement de paradigme monétaire en cours :

Trois piliers de protection du dollar s’effondrent progressivement sous nos yeux.

1) La Syrie marque très certainement la fin de la capacité des USA à défendre le pétrodollar par la force. La Chine et surtout la Russie s’y étant opposées très fermement avec succès, on constate que nous avons basculé dans un monde de puissances multipolaires. Le système du pétrodollar prend fin et, avec lui, la confiance dans la monnaie de réserve internationale, le dollar.

2) De nombreux accords commerciaux sont conclus entre les BRICS sans aucune référence à l’utilisation du dollar comme moyen de paiement. La Chine, la Russie, le Brésil et nombre d’autres pays rejettent le dollar comme mode de règlement de leur factures énergétiques ou de leurs échanges commerciaux. Historiquement c’est toujours le commerce qui a fait évoluer le secteur financier. Les accords bilatéraux signés entre les BRICS sont à analyser dans un contexte de rejet global du dollar.

3) La manipulation du cours de l’or, qui doit être comprise comme un mécanisme de défense du dollar, prendra fin en parallèle à une ré-introduction de l’or physique comme mode de règlement des échanges internationaux, sous l’impulsion de la Chine et de la Russie. Manipulation qui dure, certes, depuis beaucoup plus de temps que je ne l’avais anticipé, mais dont la fin ne fait aucun doute devant l’épuisement des réserves d’or que les banques centrales s’autorisent à vendre sur les marchés, La chute vertigineuse des stocks d’or disponibles sur le COMEX (de 11,059 Millions d’onces au début de l’année à 665, 000 à ce jour) le démontre et les preuves s’accumulent que les actifs de type or « papier » émis par les banques ne sont pas convertibles en or physique. En rapport: « L’ETF GLD refuse de livrer l’or physique à ses clients« 

Un changement de paradigme monétaire se produit en ce moment-même. Ben Bernanke a connu son « moment Syrien », perdant toute crédibilité aux yeux de ceux qui lui en accordaient encore.

Les évènements s’accélèrent, tout comme la vitesse à laquelle le pouvoir d’achat des monnaies est détruit.

L’issue de ce changement, appuyée par 5,000 ans d’histoire, ne fait aucun doute : un retour au standard-or au cours ré-évalué à plus de 7,000 dollars l’once pour éviter toute crise déflationniste. Un changement monétaire imposé par les nouvelles puissances mondiales (les ex-émergents), qui ne cessent d’acquérir des quantités massives d’or physique en anticipation de l’effondrement du système monétaire international basé sur le dollar.

La Chine a importé 517,92 tonnes d’or physique via Hong Kong lors des six premiers mois de 2013, et 116,4 tonnes au mois de juillet. La Chine, premier producteur mondial d’or, n’exporte aucune once d’or…

En août, la banque centrale de Turquie a fait l’acquisition de 23 tonnes d’or, celle de Russie de 12,7 tonnes, celles d’Ukraine, d’Azerbaijan et du Kazakhstan ont acheté, quant à elles, deux tonnes d’or chacune.

Parenthèse finale :

Le fait que des milliards de dollars, d’euros et de yens puissent être imprimés et créés à partir de rien tous les mois devrait nous faire réfléchir, et révèle en réalité quelque chose qui semble échapper à beaucoup d’entre nous : dans un système de monnaie-papier il y a potentiellement suffisamment d’argent pour tout le monde. Suffisamment d’argent pour régler la majorité des problèmes auxquels fait face l’humanité aujourd’hui.

Les sommes créées (que ce soit par la Fed, la BoE, la BCE ou la BoJ) sont astronomiques, mais toutes dédiées à sauver un système monétaire qui ne peut mathématiquement pas survivre.

Quand on y pense sérieusement, le « manque » monétaire n’existe que parce que l’émission monétaire sert principalement des intérêts privés. Il est temps que le privilège de « battre monnaie » retourne dans la sphère publique, mais qu’une discipline (un garde-fou) soit mise en place afin d’éviter toute dérive hyperinflationniste : une convertibilité en actifs tangibles (dont l’or).

En théorie, si nous étions responsables et disciplinés, la convertibilité en or ne serait même pas nécessaire, mais en attendant une évolution globale qui, je l’espère, viendra suite à cette dernière expérience catastrophique de monnaie-papier, l’or, et d’autres actifs tangibles, apporteront la discipline que l’humanité ne sait pas s’imposer pour le moment.

 

Hommage à Thomas Sankara…

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En mémoire de Thomas Sankara, le Che Guevara africain

 

Mikhaïl Gamandiy Egorov

 

29 Septembre 2013

 

url de l’article original:

 

http://french.ruvr.ru/2013_09_29/En-memoire-de-Thomas-Sankara-le-Che-Guevara-africain-3200/

 

Il y a bientôt 26 ans était assassiné le « père de la révolution burkinabé », Thomas Isidore Noël Sankara. Un des plus grands dirigeants d’Afrique. En plus d’être un vrai révolutionnaire, Thomas Sankara était aussi et surtout un grand visionnaire, aussi bien pour sa nation que pour toute l’Afrique.

Né en 1949 dans la Haute-Volta (nom que portait le pays durant la colonisation) dans une famille catholique, il opte pour une carrière militaire. Il suivra une formation d’officier à l’Ecole militaire inter-armée (EMIA) de Yaoundé, au Cameroun, puis à l’Académie militaire d’Antsirabe, à Madagascar. Il devient en 1976 commandant du Centre national d’entrainement commando (CNEC).

Il sera nommé secrétaire d’Etat à l’information en septembre 1981, dans le gouvernement du colonel Saye Zerbo. Mais moins d’un an plus tard, il démissionnera en déclarant : « Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple ! ». Il deviendra Premier ministre en janvier 1983 dans le gouvernement du médecin militaire Jean-Baptiste Ouédraogo (arrivé au pouvoir à la suite d’un putsch). Pourtant, quelques mois plus tard, il est limogé et mis aux arrêts après une visite dans le pays de Guy Penne, franc-maçon et conseiller de François Mitterrand pour les affaires africaines. Selon plusieurs sources, le limogeage et l’arrestation de Sankara n’étaient pas liés au hasard mais bien l’œuvre d’une intervention française en raison des idées progressistes de Thomas Sankara qui déplaisaient beaucoup à l’ancienne métropole coloniale.

Le 4 août 1983, un nouveau coup d’Etat place Thomas Sankara (déjà très populaire au sein de la population) à la tête du pays. Il forme dès lors le Conseil national de la Révolution (CNR) et définit son programme politique dans la lignée anti-impérialiste. Il change le nom du pays qui devient le Burkina-Faso, signifiant « la patrie des hommes intègres ». Il devient également l’un des principaux leaders du Mouvement des non-alignés bien qu’il sympathise ouvertement avec l’URSS (où il se rendit notamment en 1986). Il dénoncera fermement le colonialisme et le néo-colonialisme, notamment de la France, ainsi que les régimes africains servant les intérêts néocoloniaux (« les régimes clients »). Souhaitant à tout prix redonner le pouvoir au peuple, il créera durant sa présidence les Comités de défense de la révolution (CDR) qui permettront la participation de tous les citoyens aux prises de décision.

Cette politique de démocratie participative a permis de réduire considérablement des fléaux tels que la malnutrition, le manque d’eau (grâce à la construction massive de puits et retenues d’eau). Sa politique de « vaccinations commandos » a quant à elle permit de diminuer la propagation des maladies. Sans oublier la lutte contre l’analphabétisme, dont les résultats ont plus que convaincants (diminution de près de 20%). Par ailleurs, Thomas Sankara contribuera grandement à l’émancipation de la femme burkinabé, voulant à tout prix une place égale pour elle dans la société. Il luttera avec succès contre le tribalisme féodal et la désertification, combattra très efficacement la corruption et améliora l’agriculture. Autre fait majeur : il sera le seul président africain et un des rares au monde à vendre toutes les luxueuses voitures de fonctions de l’Etat afin de les remplacer par de modestes et basiques Renault 5. Il réduira les salaires des fonctionnaires dont le sien (dont une partie importante était destiné aux projets publics et aux œuvres caritatives). Lors de ses déplacements à l’étranger, il voyagera toujours avec ses collaborateurs en classe touriste.

Le problème est que malgré toutes ses réalisations pour son peuple et étant un vrai modèle pour les autres nations africaines, Sankara gênait considérablement les intérêts impérialistes. Il sera assassiné le 15 octobre 1987 lors d’un coup d’Etat organisé par un certain Blaise Compaoré, que Sankara considérait pourtant comme son propre frère, et qui prendra le pouvoir pour le monopoliser jusqu’à aujourd’hui, étant par la même occasion un des meilleurs agents du système mafieux de la Françafrique et un des acteurs principaux de la crise actuelle en Côte d’Ivoire.

A l’image de Patrice Lumumba en République démocratique du Congo, Thomas Sankara est et restera un martyr africain et un combattant acharné pour la justice. Autre point qui les rassemble : ils ont été tous deux assassinés par des pantins locaux sous les ordres et avec la complicité de forces extérieurs. En effet et selon plusieurs sources, dont le journaliste d’investigation italien Silvestro Montanaro qui a réalisé un célèbre film sur l’assassinat de Thomas Sankara (« Ombres africaines ») et a interviewé plusieurs personnalités influentes de l’époque, dont les proches de l’ex-président libérien Charles Taylor, qui affirment avec assurance l’implication de la CIA et des services secrets français dans cet assassinat. Peu surprenant, à dire vrai. De grands leaders progressistes inspirant leurs nations et même leurs continents finissent souvent soit assassinés, soit dans des geôles de ceux qui affirment « défendre la démocratie et les droits de l’homme partout et toujours »…

Une semaine avant son assassinat,Thomas Sankara avait déclaré : « On peut tuer un homme, mais on ne peut pas tuer ses idées ».C’est ce que les assassins oublient trop souvent, de même qu’une autre chose : les héros ne meurent jamais. Surtout dans les cœurs des millions d’hommes et femmes qui chérissent et continueront de chérir celui qui s’est toujours battu pour leurs droits. Quant à son combat, d’autres s’en inspireront et poursuivront certainement la lutte.

« Ceux qui veulent exploiter l’Afrique sont les mêmes qui exploitent l’Europe ! »

« Tuez Sankara, des milliers de Sankara naîtront !

« Le système néocolonial tremble quand le peuple devenu maître de sa destinée veut rendre sa justice ! »

Thomas Sankara

 

Escroquerie du réchauffement climatique anthropique: Le GIEC continue de falsifier les données dans son nouveau « rapport »…

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Directeur du GIEC Pachauri: “Nous n’avons pas besoin de cette sale sensitivité climatique.”

 

Dr. Roy Spencer

 

27 Septembre 2013

 

url de l’article original:

http://www.drroyspencer.com/2013/09/ipcc-we-dont-need-no-stinking-climate-sensitivity/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le nouveau résumé pour législateurs du GIEC et de son groupe I pour le rapport AR5 (Summary for Policymakers) révèle une tentative de sauvegarder la crédibilité du GIEC parmi les preuves toujours plus nombreuses qu’il a exagéré dans sa tentative de faire peur au public ce dernier quart de siècle.

La dernière stagnation du réchauffement global depuis une quinzaine d’années n’y est presque pas mentionnée (circulez y a rien à voir..)

Une meilleure estimation pour la sensibilité du climat, ce qui est sans aucun doute la variable de changement climatique la plus importante, n’est plus donnée, à cause de la montée de l’évidence contradictoire de savoir si le système climatique s’intéresse vraimentà ce qu’’il y ait 2 ou 3 ou 4 parts de CO2 par 10 000 parts dans l’atmosphère.

Et pourtant… Le GIEC clâme que sa confiance a doublé (facteur d’incertitude réduit de 10% à 5%) en ce qui concerne leur affirmation que les humains sont la cause derrière le réchauffement de ces quelques 50 dernières années:

 “Il est extrêmement probable que l’influence humaine sur le climat a causé plus de la moitié de l’augmentation observée de la température de surface entre 1951 et 2010.”

Examinons cette affirmation une minute. Juste pour l’occasion, disons que 60% du réchauffement de surface (et augmentation de la chaleur océanique, comme révélée par un soi-disant réchauffement de centièmes de degré) soit en fait dûe à une augmentation du taux de CO2. Qu’est-ce que cela nous dirait sur la sensibilité du système climatique ?

On pourrait penser que cette question serait adressée par le GIEC, puisque cela ne demande pas de modèle climatique en 3D pour y répondre.

Mais je suspecte qu’ils savent que la réponse est: “très basse sensibilité climatique” (nous révèlerons plus à ce sujet dans quelques semaines). Même si les humains sont responsables de 60% du réchauffement des océans ces 60 dernières années, cela suggère un niveau de réchauffement futur bien en-deçà de ce que ce rapport implique qu’il sera.

Je dis “implique” parce que le nouveau rapport est phrasé de telle façon que le GIEC peut-être techniquement correct et toujours pourvoyer un grand sentiment d’alarme (ce qui a été le modus operandi du GIEC depuis plus de 20 ans…). Ils laissent toujours la porte ouverte pour une sensibilité climatique de moins de un degré Celsius, car ils peuvent toujours dire “nous n’avons pas dit que nous étions certains à 100%… seulement à 95%.”

Et probablement la plus grande omission de ce rapport continue d’être la presque totale ignorance des mécanismes de forces naturelles du changement climatique. Le système climatique est au moins un peu chaotique, avec des variations naturelles dûes aux non-linéarités inhérentes au système et aux délais dans le temps (à cause des océans). Comme je continue sans cesse de le dire, l’augmentation de température des océans observée ces dernières 60 années (si nous pouvons croire que quelques centièmes de degré est une mesure précise) est égale à un déséquilibre énergétique global de seulement 1 part pour 1000. Croire que mère nature est incapable de causer de tels petits déséquilibres, comme le croit implicitement le GIEC, n’est pas fondé sur des observations mais sur des suppositions.

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Le GIEC refuse de dire que la température globale est stagnante

 

La Global Warming Policy Foundation critique le GIEC pour sa tentative délibérée de masquer la réalité d’une stagnation persistante de la température globale et son échec de se démarquer des fausses informations données par ses modèles.

 

Global warming Policy Foundation

 

27 Septembre 2013

 

url de l’article:

http://www.thegwpf.org/ipcc-fails-clean-global-temperature-standstill/

 

Le GIEC a décidé de ne pas tenir compte de la stagnation de la température globale depuis 1997 et considère ce fait comme n’étant pas important et a effacé de son document final sa reconnaissance originale (dans son brouillon du 7 juin), que les modèles du climat ont échoué de “reproduire la réduction observée de la tendance de réchauffement de surface ces 10-15 dernières années.”

Non seulement le GIEC a échoué à prédire la stagnation de température actuelle, mais ses modèles informatiques climatiques ont en fait prédit une accélération du réchauffement dûe à l’augmentation des émissions de CO2.

Au lieu que de reconnaître des faits empiriques et des incertitudes grandissantes, le GIEC essaie de détourner l’attention de ces facteurs clés en clâmant une augmentation de la certitude au sujet de la justesse des modèles climatiques et de leurs résultats.

“Aujourd’hui le GIEC a parié gros et ce pari va bientôt déterminer si l’organisation est toujours à même de remplir le but fixé. A moins que les températures globales ne commencent de nouveau à augmenter dans les prochaines années, le GIEC va certainement perdre beaucoup sur le plan de la crédibilité”, a dit le Dr Benny Peiser, directeur de la Global Warming Policy Foundation.

 

Résistance aux crimes du néocolonialisme français en Afrique…

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Non à l’intervention en Syrie, non au néocolonialisme français

 

Le Monde Libertaire

 

26 Septembre 2013

 

url de l’article:

http://www.monde-libertaire.fr/antimilitarisme/16620-non-a-lintervention-en-syrie-non-au-neocolonialisme-francais

 

L’opinion publique internationale fait en ce moment l’objet d’un matraquage médiatique sans précédent destiné à la convaincre de la légitimité d’une attaque contre le régime de Bachar al-Assad en Syrie. Le prétexte d’une telle intervention est l’usage de gaz toxiques dont aucune enquête pour l’instant n’a fourni la preuve qu’elle a été ordonnée par le gouvernement syrien.

Rappelons-nous les « armes de destruction massive » irakiennes que personne n’a jamais réussi à trouver.

Les États soumis au pouvoir des grandes multinationales bafouent la légalité juridique qu’ils ont eux-mêmes instituée, puisqu’ils veulent engager les attaques sans avoir consulté les Nations unies. Le président français dispose du pouvoir invraisemblable de lancer des agressions contre d’autres pays sans consulter ni le Parlement ni les électeurs !

Le gouvernement français joue dans cette affaire le rôle de supplétif du gouvernement des États-Unis, François Hollande cherchant sans nul doute à faire oublier le bilan catastrophique de son mandat, le déni de toutes les promesses qu’il avait faites et la régression sans précédent des droits sociaux qu’il met en place. Fort de son aventure néocoloniale au Mali, qui n’a jamais été motivée par le souci de la démocratie mais par la nécessité de protéger les nombreuses sociétés françaises qui exploitent le pays, il veut maintenant jouer à la grande puissance avec des moyens qu’il n’a pas.

Une intervention prétendument humanitaire des États-Unis et de la France ne pourra conduire qu’à une extension de la guerre civile en Syrie. Des forces politiques extrêmement complexes, des intérêts économiques violemment antagoniques s’affrontent dans une véritable guerre qui oppose les puissances occidentales, États-Unis en tête, d’une part, et de l’autre l’Iran, la Syrie et le Hezbollah libanais, avec la Russie et la Chine jouant les arbitres. D’ores et déjà, nous n’avons plus affaire à une guerre civile mais à une guerre internationale larvée qui ne demande que le bombardement de la Syrie pour devenir une guerre ouverte. Pour les États-Unis il s’agit d’éliminer toutes les forces qui s’opposent encore à leur mainmise sur la région. L’élimination de la Syrie, puis du Hezbollah libanais, est une étape vers une guerre contre l’Iran. Ce dont il s’agit aujourd’hui, c’est d’une guerre non déclarée entre les États-Unis et l’Iran alors même que le nouveau président Rohani a été élu sur la promesse de retisser des liens avec l’Ouest et de rechercher un accord sur la question syrienne, ce dont l’administration US ne veut tenir aucun compte.

En restant indifférents aux menaces de guerre auxquelles le gouvernement Hollande s’associe stupidement, nous nous ferions les complices d’une escalade sans précédent : il faut être d’une naïveté extrême pour imaginer qu’on peut renverser un régime comme celui de la Syrie sans envoyer des troupes au sol. Si cette éventualité devait survenir, les troupes occupantes auront alors à faire face à une grande multiplicité de factions armées opposées qui les pousseront à un embourbement inévitable. En Syrie, certaines de ces factions qui animent la révolte oppriment aujourd’hui la population aussi durement que ne le faisait le régime d’al-Assad : corruption, racket, enlèvements et exécutions sommaires.

Des groupes proches d’Al-Qaïda se voient renforcés par des djihadistes surentraînés venant d’Irak, d’Arabie saoudite, de Libye, de Tchétchénie, voire de Tunisie.

La guerre civile en Syrie n’est pas une manifestation du « Printemps arabe », qui a soulevé une sympathie générale, mais qui a été dévoyé par les mouvements intégristes musulmans. Jamais nous n’avons été si près d’une guerre régionale généralisée dont les victimes seront la population syrienne, y compris les nombreuses minorités religieuses et culturelles du pays, mais aussi l’ensemble des populations du Proche et du Moyen-Orient.

L’histoire a révélé que la guerre du Golfe de 1990-1991 aurait pu être évitée car des propositions de négociation avaient été faites par les différentes parties en présence, en particulier l’Égypte, mais que l’administration américaine a tout fait pour les écarter. De telles propositions de négociation et de compromis existent aujourd’hui sur la question syrienne, mais elles sont, elles aussi, écartées par les États-Unis et leur industrie de guerre.

Nous, anarchistes, nous opposons fermement à une intervention militaire. Malgré notre faculté minime à intervenir concrètement, nous exprimons notre solidarité la plus totale envers l’ensemble des populations opprimées de Syrie, des deux côtés, et exprimons le vœu qu’elles seront en mesure un jour de prendre en main leur destin après avoir, ensemble, renversé leurs oppresseurs.

Non au bombardement de la Syrie.

Non au néocolonialisme français.

La France ne doit pas devenir un supplétif des États-Unis.

 

Le 8 septembre 2013

Secrétariat aux relations internationales

 

 

Guerre en Syrie et processus de recolonisation…

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Excellente analyse de Michel Collon à laquelle nous adhérons dans l’ensemble. En ce qui nous concerne: il n’y a pas de solutions au sein du système, de l’état qui est lui-même une grande part du ou des problèmes. Il faut en sortir ou il n’y aura pas de solutions.

— Résistance 71 —

 

La guerre en Syrie est un plan de recolonisation dont fait partie l’Algérie

 

Michel Collon

 

27 Septembre 2013

 

url de l’article:

http://www.michelcollon.info/Michel-Collon-a-Algeriepatriotique.html?lang=fr

 

Algeriepatriotique : Comment évaluez-vous le développement de la situation en Syrie en ce moment ?


Michel Collon : Je crois que l’on assiste à un tournant historique. On voit que les Etats-Unis, qui ont été, jusqu’à présent, très arrogants et se permettaient de déclencher des guerres assez facilement, sont maintenant face à une résistance très forte en Syrie, face aussi à un refus de la Russie et face à la résistance croissante des pays du Sud. Le sentiment qui se développe en Amérique latine, en Afrique, dans le monde arabe aussi et en Asie bien entendu, est que les Etats-Unis sont une puissance déclinante, qu’ils mènent une politique égoïste visant seulement à voler les richesses pendant que les peuples restent dans la pauvreté, et qu’il est donc temps de résister à ces guerres qui sont purement économiques, des guerres du fric, et qu’il faut construire un front par rapport aux Etats-Unis et à leurs alliés européens, puisque l’Europe suit les Etats-Unis de manière très docile et hypocrite et est impliquée dans ce système.

Nous avons réalisé une série d’entretiens avec des personnalités aussi divergentes les unes que les autres, notamment Paul Craig Roberts qui fut conseiller de Reagan. Un point revient souvent : dans le monde occidental, aujourd’hui, les anti-guerre par rapport à ceux qui dénonçaient la guerre du Vietnam, par exemple, sont à droite. Pourriez-vous nous faire un commentaire à ce sujet ?


Nous avions, en Europe, un mouvement anti-guerre extrêmement puissant qui s’était développé justement pendant la guerre du Vietnam. Ce mouvement a été très affaibli. On en a vu encore une pointe en 2003 au moment où Bush a attaqué l’Irak et où nous étions des millions dans la rue, mais il faut bien constater que quand les Etats-Unis ont attaqué la Libye, quand ils sont intervenus en Yougoslavie et en Afghanistan, il n’y a pas eu de forte résistance. Je pense qu’il faut analyser le problème en se demandant comment la Gauche européenne qui avait toujours été en principe anti-guerre, anti-coloniale, anti-injustices sociales, se retrouve maintenant, à de très rares exceptions, aux côtés des Etats-Unis et de l’Otan, dans une grande alliance qui englobe Israël, l’Arabie Saoudite, le Qatar et toutes ces dictatures épouvantables qui prétendent qu’elles vont apporter la démocratie en Syrie. Et la gauche européenne marche avec ça ? C’est une comédie et il est très important d’expliquer d’où cela provient. Je pense qu’on a perdu le réflexe de se méfier du colonialisme, de refuser la guerre et de rechercher des solutions politiques aux problèmes. On a perdu cette idée que les nations ont le droit de décider de leur système social, de leur avenir, de leurs dirigeants et que ce n’est pas à l’Occident colonial de dire qui doit diriger tel ou tel pays. Nous avons un grand examen de conscience et une analyse à faire : comment se fait-il que ceux qui devraient être à gauche se retrouvent avec ceux que je considère, moi, comme l’extrême droite, à savoir Israël, l’Arabie Saoudite et le Qatar ?

D’après les informations que nous avons récoltées à travers nos entretiens et qui se confirment, Barack Obama serait otage du lobby israélien, notamment via l’Aipac et ses partisans, comme Susan Rice, Lindsay Graham, etc., et les néo-conservateurs pro-israéliens. Qu’en pensez-vous ?


C’est une thèse très répandue que les Etats-Unis sont dirigés par Israël et je ne suis pas d’accord avec cette position. Je pense, en fait, que c’est le contraire. Ce n’est pas le chien qui commande à son maître, c’est le maître. Quand vous regardez l’économie israélienne et son budget, vous voyez bien que la force est aux Etats-Unis et qu’Israël est ce que j’appelle le « porte-avions » des Etats-Unis au Moyen-Orient. Bien sûr, le lobby est un phénomène qui joue, mais le jour où l’élite des Etats-Unis décidera qu’Israël ne nous est plus utile ou qu’il nous fait du tort parce que tout le monde arabe est en train de résister et nous allons perdre notre crédit et notre marge de manœuvre au Moyen-Orient, ce jour-là, les Etats-Unis lâcheront Israël. Il y a des fantasmes sur le lobby juif qui dirigerait le monde, mais je ne crois pas à cette théorie.

L’Aipac n’est pas une vue de l’esprit…


Nous sommes dans un monde dirigé par les multinationales. Quand vous voyez qui a le pouvoir de contrôler les richesses, de décider l’économie, de contrôler Wall Street, la City, Frankfurt, etc., ce sont des multinationales. Et le fait qu’il y ait quelques patrons juifs n’est pas le problème. Je pense vraiment que l’on doit s’en prendre au système des multinationales et ne pas prendre la conséquence pour la cause.

Vous avez dit dans l’émission de Taddéï : « Vous m’inviterez un jour car ce sera au tour de l’Algérie d’être ciblée par une frappe ou une guerre. » Le pensez-vous toujours ?


Oui, je pense que ce qu’il se passe en Tunisie et au Mali et l’attaque contre la Syrie annoncent qu’effectivement les Etats-Unis sont en train d’exécuter un plan de recolonisation de l’ensemble du monde arabe et des pays musulmans – puisqu’il y a l’Iran aussi – qui ont échappé au colonialisme classique. Clairement, l’Algérie fait partie des cibles, comme l’Iran, et donc il est très important de voir qu’en défendant l’autodétermination du peuple syrien, on empêche les Etats-Unis d’attaquer les cibles suivantes. Ce que je dis dans ce cas, c’est que, en fait, il s’agit toujours de la même guerre. Nous sommes dans les différents chapitres d’une même guerre de recolonisation.

Entretien réalisé par Mohsen Abdelmoumen

Source : Michel Collon pour Algérie Patriotique

Résistance politique et désobéissance civile…

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Ce discours qu’Howard Zinn fit à Boston en 1971 en pleine guerre du Vietnam est d’une actualité on ne peut plus brûlante. Il est pathétique de constater que depuis plus de 40 ans, rien n’a changé. Il ne tient qu’à nous en fait de le faire et de reprendre la société en main…

— Résistance 71 —

 

Discours contre la guerre du Vietnam (larges extraits)

Discours donné au parc central du Boston Common le 5 Mai 1971

 

Howard Zinn

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~ Septembre 2013 ~

 

Six jeunes personnes furent jettés en prison avec moi hier à Washington DC, ils le furent pour avoir marché dans la rue ensemble en chantant “America is Beautiful”. Si Thomas Jefferson avait été à Washington hier marchant dans la rue, il aurait été arrêté également. Il était trop jeune et il avait de long cheveux et si Jefferson avait porté avec lui la Déclaration d’Indépendance hier à Washington, il aurait été inculpé pour conspirer de renverser le gouvernement avec ses co-complotistes George Washington, John Adams, Tom Paine et bien d’autres. De manière évidente, les mauvaises personnes sont en charge de la machine de la justice et les mauvaises personnes sont derrière les barreaux tandis que les mauvaises personnes sont aussi en position de prendre les décisions à Washington D.C […]

Beaucoup de gens sont troublés par la désobéissance civile. Dès que vous parlez de commettre des actes de désobéissance civile, ils deviennent énervés. Mais cela est exactement le but de la désobéissance civile, énerver les gens, de les déranger dans leur confort. Ceux qui commettent la désobéissance civile sont également perturbés et nous avons besoin de déranger ceux qui sont en charge de la guerre, parce que le président, par ses mensonges, essaie de créer une atmosphère de calme et de tranquilité dans l’esprit des gens alors qu’il n’y a aucun calme ni aucune tranquilité en Asie du Sud-Est et nous ne pouvons pas laisser les gens oublier cela.

Les gens qui s’engagent dans la désobéissance civile, s’engagent dans le plus petit dérangement de l’ordre qui soit afin de protester contre le meurtre, les assassinats de masse. Ces gens violent de petites lois insignifiantes, comme celles du passage sur la voie publique ou privée, ou celles du code de la route, afin de protester contre  la violation par leur gouvernement de la plus sacrée des lois, “tu ne tueras point”. Ces gens qui commettent la désobéissance civile ne font de mal à personne, ils ne font que protester contre la violence du gouvernement.

[…]

Nous grandissons dans une société sous contrôle et le langage même que nous utilisons est corrompu depuis le temps où nous apprenons à parler et à écrire. Ceux qui ont le pouvoir décident du sens des mots que nous utilisons. Ainsi on nous dit que si une personne tue une autre personne, cela s’appelle un meurtre, mais si un gouvernement tue des centaines de milliers de personnes, c’est du patriotisme.

On nous dit que si une personne entre sans invitation dans la maison d’une autre personne, ceci représente une entrée en force ou une effraction, mais que si un gouvernement envahit un autre pays, cherche et détruit les villages, les maisons de ce pays, ceci est en fait la marque qu’il remplit sa responsabilité vis à vis du monde.

[…]

Alors les anciens combattants vont jeter leurs médailles et les soldats vont refuser de se battre et les jeunes hommes refuseront de se laisser enrôler et les femmes défieront l’état et nous refuserons de payer nos impôts et nous désobéirons. Et ils diront que nous perturbons la paix publique, mais il n’y a pas de paix. Ce qui les dérange vraiment est que nous dérangeons la guerre.

[…]

Soyons non-violents. Nous allons manifester et protester contre la violence. Nous enfreindrons quelques lois dans le processus. Nous allons interférer avec le statu quo. Mais ceci ne représente pas de terribles crimes. Il y a en revanche de terribles crimes commis, mais s’assoir en se tenant les bras, ce n’est pas un terrible crime. La guerre est le grand crime de notre âge.

Nous serons peut-être mis en état d’arrestation, mais il n’y a aucune honte d’être arrêté et d’aller en prison pour une juste cause. La honte c’est de faire le boulot de ceux qui perpétuent la guerre. Vous les policiers, vous tous policiers ici présents à qui on demandera demain de procéder à des arrestations, rappelez-vous que ce sont vos fils qui sont également enrôlés pour aller se faire tuer à la guerre et que ce sont vos fils aussi bien que les nôtres, qui iront mourir pour le grand profit de General Motors et de Lockheed Martin. Que ce sont vos fils également dont ils veulent la mort pour le profit politique de maires comme Daleys and Spiro Agnews…

Ainsi vous les policiers devez jeter vos matraques, vos armes et vos gaz lacrymogènes. Devenez non-violents et apprenez à désobéir aux ordres de la violence pour la violence. Vous, les agents du FBI, qui circulez en civil dans la foule ici présente, hey, ne voyez-vous pas que vous violez l’esprit même de la démocratie par vos actions ? Ne voyez-vous pas que vous vous comportez comme la police secrète d’un état totalitaire ? Pourquoi obéissez-vous à J. Edgar Hoover ? Pourquoi obéissez-vous aux mensonges d’un bourreau, qui agit comme le dictateur d’un pays comme le Paraguay au lieu d’un fonctionnaire au service du public dans un état soi-disant démocratique ? Rappelez-vous membres du FBI, vous êtes les membres d’une police secrète et vous devez apprendre ce que la police secrète allemande n’a pas appris à temps: désobéir.

Donc vous policiers et vous membres du FBI, si vous voulez arrêter des gens qui ont violés et violent toujours les lois, alors vous ne devriez-pas être ici. Vous devriez être à Washington DC… Vous devriez y aller immédiatement et mettre en état d’arrestation le président des Etats-Unis et ses conseillers et les faire inculper pour dérangement et de bris la paix du monde.

Source: “Howard Zinn Speaks, collected speeches 1963-2009” Anthony Arnove, 2012, Haymarket Books

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Howard Zinn (1922-2010), historien, dramaturge, activiste américain. Professeur d’histoire et de science politique à l’université de Boston, il est l’auteur de nombreux livres dont celui qui revolutionna l’enseignement de l’histoire aux Etats-Unis: “Une histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours. Il a été grandement impliqué dans le mouvement des droits civiques dans les années 1960 et dans le mouvement contre la guerre du Vietnam dont il fut un des leaders marquant dans les années 1970.

Zinn se définissait comme un “socialiste démocrate”, proche de l’anarchisme sans le dire. De ses propres mots: “Un socialisme sans prisons”. Il dira aussi qu’il “prendrait de l’anarchisme sa contestation de l’autorité et la pratique de la société décentralisée”.

A voir sur la philosophie politique d’Howard Zinn, cet entretien en anglais (activez le sous-titrage français…)

http://www.youtube.com/watch?v=RF7GoDYEbfQ