Archives de octobre, 2016

Au cœur du mensonge historique (suite)… Où sont passées les pyramides dans les contes bibliques ?… (Dr Ashraf Ezzat)

Posted in actualité, documentaire, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 30 octobre 2016 by Résistance 71

Lire notre dossier sur la mythologie biblique

 

Pourquoi ne trouve t’on aucune mention des pyramides d’Egypte dans la bible ?

Et si toute l’histoire de l’exode d’Egypte n’était qu’une fadaise et si nous pouvions le prouver ?

 

Dr. Ashraf Ezzat

 

24 juillet 2016

 

url de l’article original:

https://ashraf62.wordpress.com/2016/07/24/why-are-the-pyramids-not-mentioned-in-the-bible/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Je ne me rappelles pas une époque où je n’ai pas été mal à l’aise au sujet de l’histoire de l’exode des israélites d’Egypte. En fait, mal à l’aise est une sous-estimation, car j’ai toujours été vraiment irrité par cette fameuse histoire de Moïse et le pharaon d’Egypte. Quelque part, ce conte israélite ne semblait pas coller avec l’histoire ancienne de l’Egypte, ni avec ma façon de voir la chose. A l’encontre de bien des gens, je n’ai jamais pu accepter cette incroyable conte comme vérité.

A chaque fois qu’on prononce le mot “exode”, tout le monde, inconsciemment et instantannément reconnaît l’histoire des Israélites fuyant la poigne du Pharaon sanguinaire, emmenés par Moïse hors d’Egypte. Grâce à l’église, la synagogue, la mosquée et bien sûr les films d’Hollywood, l’histoire de l’exode (biblique) s’est profondément ancré dans l’inconscient collectif des masses, si profondément que l’histoire de Moïse et du Pharaon est devenue presque une vérité innamovible que tout le monde croit s’être déroulée dans l’ancienne Egypte.

Mais en fait, rien dans cette histoire et son contexte n’indique que ceci s’est produit en Egypte, mis à part peut-être la fausse association entre le mot “pharaon” et “roi” d’Egypte.

De la même manière, il n’y a rien dans les archives de l’ancienne Egypte ou dans ses traditions orales qui ne fasse ne serait-ce qu’allusion à ce conte de Moïse se produisant en Egypte. Plus choquant même est le fait que les archives de l’Egypte antique ne réfèrent JAMAIS aux rois d’Egypte comme étant des “pharaons”. Et oui, pharaon n’a jamais été le titre porté par un roi d’Egypte. Associer le mot pharaon à l’Egypte antique n’est qu’un mythe propagé par des siècles de mensonge amené par une interprétation erronée de l’histoire biblique.

La seule et unique raison pour laquelle nous savons que l’histoire de l’exode des Israélites s’est produite en Egypte est parce que la bible le dit. Nous continuons à croire que ceci est le cas parce que les égyptologues acceptèrent le narratif biblique et désignèrent inconsidérément les rois d’Egypte comme “pharaons”. Mais si nous examinons ce que le texte hébraïque de la bible ancienne (que nous avons en ce moment même entre nos mains…) a utilisé en référence, nous ne trouvons alors bizarrement pas l’Egypte mentionnée dans ce texte comme le site, la terre de l’histoire de l’exode. Toute cette sombre affaire, cette tromperie s’est produite durant la traduction des histoires bibliques écrites en hébreu et en araméen vers le grec au IIIème siècle AEC. C’est à ce moment que l’Egypte fut placée de force dans la bible hébraïque comme le théâtre des histoires israélites. Ironiquement, cet acte de duplicité fut perpétré sur le sol égyptien, plus spécifiquement dans sa légendaire grande bibliothèque d’Alexandrie.

Et si la bible telle que nous la connaissons avait été falsifiée ?

  • Et si la toute première traduction occidentale des soi-disantes histoires des israélites, ce que nous connaissons comme étant la bible des septantes ou bible septante, était en fait une traduction déformée ?
  • Et si toutes les histoires des Israélites que nous croyons tous s’être passées en Egypte, simplement ne se déroulèrent pas là ?
  • Et si l’Egypte fut frauduleusement introduite dans la bible comme le théâtre de l’action des histoires des Israélites ?
  • Et si la patrie du judaïsme et des anciens Israélites n’était pas la Palestine ?
  • Et si l’Egypte antique n’avait jamais connu aucun soi-disant pharaon ?
  • Et si Abraham, Joseph et Moïse n’avaient en fait jamais mis un pied en Egypte, ni même rêver de le faire ?

Et si toute l’histoire de l’Exode d’Egypte était fausse et que nous pouvions le prouver ?

Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi les pyramides égyptiennes et les grands temples ne sont pas mentionnés dans la bible ? Savez-vous que l’Egypte est mentionnée dans la bible environ 600 fois ? Ce chiffre est phénoménal et laisse perplexe en même temps, car personne ne peut revisiter l’Egypte tant de fois et ne jamais se référer une seule fois à ses icônes passées: Les Pyramides.

D’un autre côté avez-vous une idée du nombre de fois où Israël et les Israélites furent mentionnés dans les archives (NdT: très complètes et méticuleuses) égyptiennes antiques?
Préparez-vous à une surprise: seulement une fois ! Ne sautez pas à une conclusion hâtive, ceci n’est pas notre preuve que l’Egypte ne fut pas la terre de l’Exode, ceci n’est qu’un prélude à notre recherche (comme détaillée dans notre livre “Egypt knew no Pharaos nor Israelites”).

On nous a gavé de l’idée que les Israélites furent maintenus captifs, en esclavage pendant près de 400 ans (certains disent 260 ans) en Egypte et pourtant toutes leurs histoires n’ont aucune trace de l’influence égyptienne. De plus et à notre grand étonnement, l’esclavage ne fut pas une pratique commune et courante dans l’Egypte antique dans un premier temps. A l’encontre de la culture répandue de l’esclavage dans les histoires israélites, l’Egypte antique n’a jamais eu de marché public pour commercer les esclaves.

Tout au sujet de la culture antique égyptienne, son art, son architecture, ses monuments, son peuple, sa théologie, sa mythologie et son panthéon des dieux, est de manière unique fort et culturellement marquant et ce même encore de nos jours. Après un tel long séjour dans le pays de la vallée du Nil, on pourrait s’attendre à trouver quelques traces d’influence culturelle égyptienne dans l’histoire et le narratif israélite, mais ce ne fut pas le cas. Bien que les Israélites ne passèrent qu’environ 70 ans durant la “captivité babylonienne”, et bien cette période fut documentée à la fois par les Israélites et les Babyloniens et des références à cette période se trouvent toujours dans les archives perses.

D’un autre côté, la bible hébraïque clâme que les Israélites séjournèrnet 400 ans en Egypte et nous ne trouvons aucune documentation en dehors de la bible, ni aucune mention du séjour des Israélites en Egypte, ni même de leur exode dans les archives égyptiennes ou même non-égyptiennes.

Il n’y a même pas eu une mention des pyramides, une des merveilles du monde ancient, dans les histoires israélites. Vous ne pouvez pas demeurer si longtemps en Egypte sans remarquer les pyramides. La très vaste majorité des historiens et des leaders militaires qui vinrent en Egypte depuis l’antiquité comme Alexandre le Grand, Strabo, Diodorus Siculus et bien sûr Hérodote, tous mentionnèrent et documentèrent leurs souvenirs et commentaires au sujet de ce site si célèbre.

“Le huitième roi, Chemmis de Memphis, régna pendant 50 ans et construisit la plus grande des trois pyramides, qui sont parmi les sept merveilles du monde”, Diodorus Siculus (90-30 AEC), Librairie de l’histoire

Mais quand on en vient aux Israélites, leur bible hébraïque est complètement silencieuse non seulement au sujet des pyramides mais aussi de toute caractéristique de l’ancienne culture ou architecture égyptienne ancienne.

70 ans de captivité à Babylone ont laissé leur marque sur la culture hébreue, le talmud et la bible hébraïque. Des thèmes de la mythologie summérienne et babylonienne comme ceux du déluge, d’Adam et Eve et de l’arbre de la connaissance peuvent être reconnus dans la bible hébraïque. Bien des parallèles pourraient être tracés entre la légende de la naissance du roi Sargon d’Akkad et celle de Moïse.

Le séjour de 400 ans en Egypte aurait dû laisser une empreinte sur les Israélites et leur culture, mais on ne la trouve nulle part pour la simple et bonne raison qu’ils n’ont jamais mis les pieds en Egypte. Et non, l’argument disant que les Israélites résistèrent à être affectés par des croyances païennes et une telle culture ne peut pas être considéré comme valide, car toutes sortes d’influences summériennes, assyriennes et babyloniennes (toutes païennes) et références culturelles en cela connectées furent bourrées dans leur torah.

La comparaison pas si fréquente entre le monothéisme du roi Akhenaten et celui des Israélites n’est pas non plus valide par essence car le culte juif est tribal, militariste et manque (en fait par interdit) de toutes manifestations artistiques véritables, tandis que celui d’Akhenaten était universel par nature (bâti sur la croyance ancienne égyptienne d’un dieu suprême), qui fut célébré et marqué par des travaux artistiques et architecturaux révolutionnaires. De plus, le dieu Aten d’Akhenaten était une déité inclusive qui embrassait tous ses enfants et non pas une seule tribu bien spécifique dans le désert.

Peu importe la profondeur à laquelle vous creusez dans les histoires israélites, vous ne trouverez aucune influence égyptienne, pas un gramme d’impact culturel, à part peut-être la seule mention du mot “pharaon”. Devinez la nouvelle: l’Egypte n’a pas non plus connu de “pharaons”. Ré-examinez vos propres croyances pour réaliser comment elles en sont venues à vous définir. De fait, vous êtes limité, si pas pré-conditionné, par nos vieilles croyances et histoires. Comme elles ont jadis marqué notre histoire ces mêmes vielles histoires continuent de façonner notre présent. Seule une observation critique de quelques unes de nos vieilles croyances décidera si elles garderont leur autorité (injustifiée) sur nous dans le futur.

Si vous recherchez la vérité et désirez mettre à jour la vérité qui a été bloquée pendant plus de deux mille ans, alors vous pourriez être intéressé de lire le livre du Dr Ashraf Ezzat: “Egypt Knew no Pharaohs nor Israelites” (sur plateforme Kindle en anglais)

On nous a donné des mensonges à têter depuis bien trop longtemps. Il est grand temps d’être sevré.

Resistance politique: « Le gouvernement est l’ennemi du peuple » nous disait l’ami du peuple…

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“Nous croyons que le journal de Marat [“L’Ami du Peuple”] est le document le plus précieux, le plus indispensable qu’on puisse consulter pour une histoire de la Révolution française.”
~ Alfred Bougeart, historien et biographe de Marat ~

“Marat a formulé sa défiance à l’égard du régime représentatif d’assemblée et de ce qui le menace: la corruption, l’accaparement du pouvoir par les riches ou par les suppôts du prince. Le thème du nécessaire contrôle des élus par leurs mandants, leitmotiv sous sa plume de journaliste, est déjà en place.”
~ Michel Vovelle, historien ~

Épitaphe sur la tombe de Marat au club des Cordeliers:

“Ci-gît Marat, l’ami du peuple, assassiné par les ennemis du peuple le 13 juillet 1793.”

 

Textes de Jean Paul Marat

“L’Ami du Peuple” (extraits 1789-1792)

 

Le gouvernement est l’ennemi du peuple

Il est une vérité éternelle dont il est important de convaincre les hommes : c’est que le plus mortel ennemi que les peuples aient à redouter est le gouvernement. A la honte éternelle des princes de la terre et de leurs ministres, presque toujours les chefs qu’une nation se choisit pour assurer sa liberté ne songent qu’à lui forger des fers ; presque toujours les mains auxquelles elle a remis le soin de sa félicité ne s’occuppent qu’à consommer son malheur. Telle est l’ardeur de la soif de dominer que les hommes les mieux famés lui sacrifient jusqu’à leur réputation. Vous l’avez vu ce monstre autrefois populaire, jaloux de commander, oublier la justice, le devoir, l’honneur, presser continuellement le travail sur les impositions et le rétablissement du pouvoir exécutif, c’est-à-dire du pouvoir de la tyrannie, pousser le prince à n’accorder qu’à cette condition son consentement aux décrets de l’Assemblée nationale et à se montrer en despote. Vous les avez vus pareillement, ces hommes petits et vains que nous avons honorés de notre confiance, oublier au bout de quelques jours qu’ils dépendent de nous, s’ériger en tyranneaux, et pousser la folie jusqa’à vouloir maltraiter leur maître avant que l’Ami du peuple les remît à leur place.

O mes concitoyens, hommes frivoles et insouciants, qui n’avez de suite ni dans vos idées, ni dans vos actions, qui n’agissez que par boutades, que pour chasser un jour avec intrépidité les ennemis de la patrie, et qui le lendemain, vous abandonnerez aveuglément à leur foi, je vous tiendrai en haleine, en dépit de votre légèreté, vous serez heureux, ou je ne serai plus.

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Corruption de l’Assemblée Nationale

C’est une maxime bien fausse, de croire qu’il faille toujours dissimuler les maux de l’Etat et cacher la profondeur de ses plaies ; car si ceux qui tiennent les rênes du gouvernement sont toujours intéressés à combler la mesure des calamités publiques ; si les représentants de la nation sacrifient prêsque toujours ses intérêts à leur ambition ou à leur cupidité, et si le peuple seul veut toujours le bien, comment le porter à chercher le remède à ses maux, quand on lui dissimule les dangers de son état ? Je n’aurai donc point de secret pour le public, et quoi qu’il arrive, je déchirerai le voile dont on couvre l’abîme où l’on cherche à nous précipiter. (Note de R71: C’est bien pour cela que Marat fut assassiné…)

Tout ce qui s’est fait à l’Assemblée nationale depuis huit jours peut être contenu dans une page, aux règlements près qui fixent le traitement des ministres de la religion. A l’ouverture de chaque séance, ce sont toujours de ridicules adresses d’adhésion aux augustes décrets, suivis du serment de les défendre jusqu’au dernier soupir; indiscrète adhésion, serment téméraire d’une aveugle multitude, incapable de distinguer dans l’ouvrage du législateur ce qui est digne d’éloges, de ce qui est digne de blâme. Sans doute les décrets faits pour le bonheur public doivent être maintenus au prix de tout notre sang, mais ceux qui enlèvent aux citoyens leurs droits sacrés, et ceux qui sacrifient au monarque la souveraineté de la nation, doivent être proscrits avec la même ardeur.

Peuple inconsidéré, ce n’était donc pas assez pour ruiner ta cause et t’arracher le fruit de tes victoires, de l’avarice, de la rapacité, de l’ambition, de la haine, de la rage, de la fureur dévorent le sein des députés des ordres abolis ; ce n’était pas assez de leurs intrigues, de leurs menées, de leurs complots, de leurs trames odieuses ; ce n’était pas assez de la vénalité, de l’astuce, de la perfidie, de la trahison de tes propres représentants; il fallait encore que ta crédulité, que ta sotte confiance, que tes adulations, que ton idolâtrie encourageassent au crime et poussassent aux derniers attentats une lâche majorité prostituée à la cour ; il fallait êncore que son ingratitude envers tes fidèles représentants te fît compter pour rien leurs généreux efforts et leurs réclamations. Ah ! je le vois trop, c’en est fait des intérêts de la liberté pendant le reste de cette législature. Sourd à la voix des remords et de la pudeur, elle suit avec opiniâtreté ses noirs projets ; n’attendez plus d’elle que fausses promesses, bienfaits illusoires, pièges, prévarications et perfidies ; sans cesse des comités vendus forgeront des projets de décrets funestes qu’elle adoptera avec acclamation; sans cesse elle entraînera le peuple de chute en chute jusqu’au moment de sa dissolution …

Jugeons de l’avenir par le présent et le passé. Vous la verrez cette assemblée rien moins qu’auguste, au moment où elle cherchera à organiser le pouvoir judiciaire, mettre tous ses soins à éviter l’institutition d’un vrai tribunal d’Etat, et se donner garde de le composer d’un petit nombre de patriotes distingées comme l’exigerait le salut de la patrie … Vous la verrez, imposant silence aux spectateurs témoins de prévarications, enlever aux électeurs le droit de surveiller le pays, le droit de déstituer ceux qui seront suspêcts, le droit de punir ceux qui seront corrompus.

Vous la verrez aussi, l’Assemblée nationale, au moment où elle cherchera à organiser l’armée, mettre tous ses soins à enlever aux soldats le droit incontestable qu’ils ont de nommer leurs officiers, de les surveiller, de les contrôler, de les déstituer; ou si elle craint de le leur enlever, vous la verrez affranchir les troupes de ligne du pouvoir civil, attribuer à un conseil de guerre la reconnaissance des délits qui n’appartiennent qu’aux tribunaux, soumettre à l’état-major le jugement des actes d’indiscipline et des abus d’autorité, qui n’appartient qu’à un conseil nommé par le régiment et remettre dans les mains du ministre le dur joug sous lequel le soldat gémit depuis si longtemps.

C’est ainsi que, dans l’organisation des municipalités, elle s’est étudiée à enlever à la commune le droit incontestable qu’elle a de toujours rester assemblée ou de s’assembler toutes les fois qu’elle juge à propos pour s’occuper des affaires publiques; le droit de surveiller, de contrôler, de destituer, de réprimer, de punir ses mandataires, droit essentiel, sans lequel tous les autres ne sont qu’illusoires. Le moyen d’en être sur pris ! Elle s’êst bien attribué à elle-même ceux que la nation a sur ses représentants.

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Lire “Les chaînes de l’esclavage” de Jean-Paul Marat (1774) sur Résistance 71,

Les assemblées communales sous la révolution: 1789-1793

L’anti-“Prince” de Machiavel

Dans son “Prince”, Niccolo Machiaveli écrivait le modus operandi de la domination tyrannique du prince au service de celui-ci. Dans ses “chaînes de l’esclavage”, Marat écrit, dénonce les mécanismes tyranniques étatiques pour instruire le peuple sur le plan de domination politique dont il est victime. Écrit en 1774, soit 15 ans avant la révolution française, “Les chaînes de l’esclavage” est un essai visionnaire et compréhensif de la tyrannie non seulement des “princes” d’état, mais de l’État tout court.

Marat, “L’Ami du Peuple”, du nom de son journal révolutionnaire, était un visionnaire, proche des hébertistes et des “sections” populaires municipales sans-culottes, il avait la confiance du peuple et aurait vraisemblablement amené un élan politique menant la république française à devenir une confédération de communes dirigées de facto par ses citoyens. En cela, il était un ennemi mortel de l’oligarchie, des spéculateurs, des accapareurs, des corrupteurs et donc de la bourgeoisie dirigeant la nation depuis 1789 et ayant relégué le peuple au rang d’administrés se devant être serviles. Celle-ci le savait et devait se débarrasser de ce trublion politique.

Dès lors, Marat devait mourir. Personne n’aurait osé le guillotiner. L’assassinat politique fut de mise.

On pourra spéculer longtemps, mais il est plus que probable que Marat vivant, la France révolutionnaire n’aurait jamais connu Napoléon ni l’empire et que sa destinée aurait été toute autre.

De toutes les figures de la révolution française, de Danton l’escroc à Robespierre le gourou du culte de “l’être suprême”, Marat est sans aucun doute celui qui fut le plus diabolisé et sali afin que son héritage politique s’efface devant la république oligarchique du pouvoir commercial et financier, celle du pouvoir de l’argent et de la corruption institutionnalisée qui a atteint au XXIème siècle des sommets inégalés.

Relire, comprendre et réhabiliter Marat, c’est aussi et sûrement être l’ami du peuple…

~ Résistance 71 ~

Pas de guerre majeure en vue malgré le vent brassé… La Russie réalise un véritable coup de maître !

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Si ce qui est dit ci-dessous et la source du Pepe (Escobar) est juste, ce qu’ont réalisé Poutine et son équipe est tout simplement époustoufflant et digne de la plus haute stratégie, le tout en blousant les « affiliés nouveaux cons » de son propre camp, à savoir la Banque Centrale de Russie inféodée par essence même à la City de Londres et Wall Street !… Du grand art, si cela se confirme à terme. Poutine a t’il mis le Nouvel Ordre Mondial anglo-américain échec et mat ??…

~ Résistance 71 ~

 

Notre analyse sur la probabilité de guerre du 18 octobre 2016

A suivre…

 

La Russie a désamorcé le bluff du parti de la guerre

Une guerre ouverte n’éclatera pas après les élections américaines du 8 novembre et ce grâce à une fine et remarquable préparation de la part de Moscou

 

Pepe Escobar

 

27 octobre 2016

 

url de l’article:

http://www.informationclearinghouse.info/article45746.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La guerre froide 2.0 a atteint des niveaux d’hystérie sans précédent et pourtant une guerre totale ne va pas éclater avant ou après le 8 novembre, date des élections présidentielles américaines.

Depuis la machine (à fric) Clinton, soutenue par le complexe des médias et think tanks nouveaux cons(ervateurs) et nouveaux cons libéraux (soi-disant de gôche), à l’establishment britannique en passant par ses grandes gueules des merdias corporatistes, les Anglo-américains, auto-proclamés “leaders du monde libre” montent de plusieurs crans la diabolisation de la Russie et de son “poutinisme” à un niveau de pure incandescence.

Et pourtant, une guerre chaude et déclarée ne vas pas éclater avant ou après le 8 novembre, date des élections présicentielles américaines. Tant de couches de peur et de dégoût ne font en fait que voiler un bluff. Commençons avec la force navale spéciale russe en Syrie, emmenée par l’officiellement désigné “croiseur lourd porte-avions” Amiral Kousnetzov, qui sera stationné dans la Méditerranée orientale au moins jusqu’en février 2017, pour soutenir les opérations militaires contre toutes les branches de djihadisme salafiste.

L’Amiral Koustnetzov est complètement équipée avec des systèmes de défense anti-naval, anti-aérien, de l’artillerie lourde et un système anti-sous-marins ; il peut se défendre contre un très vaste rayon d’attaques les plus variées imaginables, ce qui n’est pas du tout le cas des navires de l’OTAN.

De manière prévisible, l’OTAN pirouette avec cris d’orfraie que “toute le flotte russe septentrionnale”, avec la flotte de la Mer Baltique, est en route pour la Méditerranée. Faux ; ce n’est qu’une partie de la flotte nord et les navires de la Mer Baltique… ne vont nulle part. Le cœur de l’affaire est que lorsque les capacités de cette flotte russe sont couplées avec les systèmes de missiles S300/S-400 déjà déployés en Syrie, la Russie rivalise d’ores et déjà avec la puissance de feu de la 6ème flotte yankee.

Pour parachever le tout, comme cette analyse militaire compréhensive le rend plus clair, la Russie a “techniquement déjà établi sa propre zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie” ; et une zone d’exclusion aérienne américaine, telle qu’elle est viscéralement promue par Hillary Clinton “est maintenant impossible à réaliser”.

Ceci devrait être plus qu’assez pour mettre en perspective l’incapacité transformée en colère exhibée par le Pentagone et ses vassaux nouveaux cons / nouveaux cons libéraux.

Ajoutez à cela la guerre déclarée entre le Pentagone et la CIA sur le théâtre de la guerre en Syrie, où le Pentagone soutient les Kurdes syriens du YPG/YPJ, qui ne sont pas nécessairement en faveur d’un changement de régime à Damas, tandis que la CIA, elle, soutient toujours plus avant les “rebelles modérés”, comme les rebelles infiltrés liés à Al-Qaïda. Renforçant la marque de fabrique de l’école de politique étrangère des Trois Corniauds de l’administration Obama, les menaces américaines ont volé plus librement que la trique pulvérisatrice sanglante de crâne de Negan dans la nouvelle saison de “the Walking Dead”.

Le boss du Pentagone Ash Carter, un nouveau con certifié conforme, a menacé de “conséquences”, comme des frappes “potentielles” contre l’Armée Arabe Syrienne (AAS) pour “punir le régime” après que le Pentagone eût lui-même violé le cessez-le-feu Kerry-Lavrov. Puis finalement, s’est rétracté.

Donc, ce sera le boulot de la virtuellement élue par l’establishement yankee, Hillary Clinton de prendre la décision fatale. Elle ne pourra pas faire établir une zone d’exclusion aérienne parce que la Russie le fait déjà. Et si elle décide de punir le régime, Moscou a déjà télégraphié, au travers de son porte-parole du ministère de la défense, le Major-General Igor Konachenkov, qu’il y aura définitivement des “conséquences” pour imposer une guerre active “de l’ombre”.

Sun Tzu ne frappe pas en premier

Wahsington bien entendu, se réserve le droit à une capacité de “première frappe nucléaire”, que Clinton soutient totlament (Trump non et pour cela il est diabolisé). Si nous permettons l’hystérie actuelle de passer littéralement nucléaire, alors nous devons considérer le système anti-missile russe S-500, qui scelle efficacement l’espace aérien russe ; Moscou ne l’admettra pas officiellement parce que cela déclencherait une course effrennée à l’armement sans répis.

Une source américaine au sein du renseignement qui a de très proches connexions avec les Maîtres de l’Univers, mais en même temps qui est opposé à la guerre froide 2.0 comme étant “contre-productive”, ajoute cette nuance nécessaire: “Les Etats-Unis ont perdu la course à l’armement, dépensant inconsidérément des milliers de milliards de dollars dans des guerres sans fin et absolument inutiles en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie, ne sont plus maintenant une super-puissance globale et ils ne peuvent même plus se défendre eux-mêmes avec leurs obsolètes missiles THAAD, Patriot et Aegis Land Based Balistic Defense System, contre les missiles intercontinentaux russes, alors même que les Russes ont scellé leur espace aérien. Les Russes sont très probablement quatre générations d’armement en avance sur les Etats-Unis.”

De plus, dans les profondes places fortes secrètes de la planification de la guerre de l’ombre, le Pentagone sait pertinemment ainsi que le ministère russe de la défense, que dans l’éventualité où un quelconque Dr Folamour déclenchait une attaque préventive contre la Russie, la population russe serait protégée par leur massif système de défense anti-aérien, ainsi que par un grand nombre d’abris nucléaires dans toutes les grandes villes. Les avertissement à la télévision russe n’ont pas été étouffés, la population saurait exactement quoi faire, où aller dans l’éventualité épouvantable où une guerre nucléaire éclaterait.

Pas la peine d’ajouter, l’horrible possibilité d’une attaque nucléaire primordale américaine tourne tous ces jeux de guerre, planification de l’OTAN de style seconde guerre mondiale en Europe de l’Est en un monceau de conneries propagandistes totalement inutiles.

Comment Moscou a t’elle pu planifier pour tout cela ? D’après une source du renseignement américain, “Ils ont retiré pratiquement tout leur budget militaire de la déclaration de leur budget fédéral, leurrant l’occident à penser que la Russie ne pouvait plus se permettre financièrement une construction militaire massive et que donc il n’y avait plus rien à craindre de la Russie car elle était finie en tant que grosse puissance mondiale.
Le budget militaire (déclaré) était réduit à une peau de chagrin, il n’y avait donc plus rien à se soucier aussi loin que la CIA était concernée. Si Poutine montrait en public, son énorme construction militaire, l’occident aurait pu immédiatement remédier et agir comme en 2014 lorsqu’il a fait baisser drastiquement le prix du pétrole.”

Le point important alors révèlerait le Pentagone comme étant totalement pris au dépourvu pour une guerre directe, alors même qu’il menace la Russie quotidiennement et bluffe son monde ; “Comme Brzezinski l’a fait remarquer, si c’est le cas, cela veut dire que les Etats-Unis ont cessé d’être une puissance mondiale. Les Etats-Unis peuvent continuer à bluffer, mais ceux qui s’allient avec eux n’auront nulle part où aller si ce bluff est démasqué, comme cela se produit maintenant en Syrie.”

La source du renseignement US est formelle pour dire qu’ une des plus grosses constructions militaires de l’histoire s’est passée au nez et à la barbe du chef de la banque centrale de Russie Elvira Nabioulina et du ministère russe des finances tandis que la CIA attend elle, ce qu’elle pense qui sera l’inévitable effondrement de la Russie.
La CIA va devoir attendre toute l’éternité pour voir la Russie s’effondrer. Cette gigantesque manœuvre d’enfumage est d’une facture de pur génie et démontre bien que la CIA, qui est totalement noyée dans les données collectées de partout et qui est absolument incapable de relier les points entre eux, a besoin d’être complètement réorganisée (NdT: Abolie est le mot plus juste !… La CIA étant le bras armé de Wall Street et ne rendant de comptes qu’à ses maîtres de la haute-finance, l’ensemble du système doit être aboli !). De plus le système américain de fourniture d’armement doit aussi être complètement réorganisé ; il ne pourra jamais continuer si des programmes d’armement nouveaux comme celui du tristement célèbre F-35, prennent 20 ans à développer et sont obsolètes à leur mise en service. Les Russes ont un plan quinquénal de développement pour chaque système d’armement et ils sont bien en avance sur nous dans tous les domaines clef.

Si cette analyse est correcte, cela va contre même les estimations les plus précises russes, disant que leur potentiel militaire est peut-être fort, asymétriquement, mais toujours bien inférieur à la puissance militaire américaine.

Les analystes occidentaux bien informés savent que Moscou ne crâne jamais au sujet de ses développements militaires et a maîtrisé l’élément de surprise. Bien plus que d’exposer le bluff, c’est la tactique de Moscou à la Sun Tzu qui fait vraiment bafouiller la grande gueule de Washington.

Internet et dérive totalitaire… Pour les indécrottables des pétitions en ligne…

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Cela fait des années que nous le disons. Les pétitions en ligne ne sont que des attrapes couillons. Depuis le temps çà devrait pourtant être clair ! Au mieux, les fichiers clients sont vendus, au pire et c’est aussi le côté « parallèle » de l’affaire, les gens signant ces pétitions aussi dérisoires qu’illusoires, sont fichés, catégorisés et classés dans les tiroirs électroniques oligarchiques, fichage qui sera utilisé lorsque les cerveaux malades des psychopathes aux manettes déclencheront les rafles pour les camps. Qui sera dans les premiers trains ? Quelles pétitions avez-vous signé ?… Quels bouquins achetez-vous en ligne ? Quels sites visitez-vous ?…

~ Résistance 71 ~

 

Ce que valent nos adressent emails lorsque nous signons une pétition

 

Stefania Maurizo

 

27 octobre 2016 (article de juillet 2016 traduit de l’italien)

 

url de l’article en français:

http://arretsurinfo.ch/ce-que-valent-nos-adresses-quand-nous-signons-une-petition/

 

Le chant des sirènes de la bonne conscience est hypnotique, et rares sont ceux qui n’ont jamais cédé à la tentation de signer des pétitions en ligne… Surtout quand il s’agit de ces « bonnes causes » qui font appel à nos réactions citoyennes et humanistes, à nos convictions les mieux ancrées ou bien sûr à notre indignation, notre compassion… Bref, dès qu’il nous semble possible d’avoir une action sur le monde avec un simple clic, nous signons des pétitions. Il ne nous semble pas trop grave de fournir notre adresse mail pour vérifier la validité de notre « signature ». Mais c’est alors que des plateformes comme Change.org font de notre profil leur profit…

Voilà ce que dénonce, chiffres à l’appui, la journaliste de l’Espresso Stefania Maurizi. Active entre autres dans la publication en Italie des documents de Wikileaks et de Snowden, elle met ici en lumière ce qui est d’habitude laissé en coulisses : comment Change.org monétise nos données les plus sensibles.

Dans le cadre de notre campagne Dégooglisons, nous sommes sensibles à ce dévoilement, c’est un argument de plus pour vous proposer prochainement un Framapétitions, un outil de création de pétitions libre et open source, respectueux de vos données personnelles…

Voilà comment Change.org vend nos adresses électroniques

L’Espresso a obtenu les tarifs de l’entreprise (de 1,50 euro à 85 centimes) et a contacté certains clients. Entre les réponses embarrassées et les reconnaissances du bout des lèvres, nous avons étudié l’activité de l’« Amazon des pétitions en ligne ». Elle manipule des données extrêmement sensibles telles que les opinions politiques et fait l’objet en Allemagne d’une enquête sur le respect de la vie privée.

On l’a appelée le « Google de la politique moderne ». Change.org, la plateforme populaire pour lancer des pétitions sur les questions politiques et sociales, est un géant qui compte cent cinquante millions d’utilisateurs à travers le monde et ce nombre augmente d’un million chaque semaine : un événement comme le Brexit a déclenché à lui seul 400 pétitions. En Italie, où elle a débarqué il y a quatre ans, Change.org a atteint cinq millions d’utilisateurs. Depuis la pétition lancée par Ilaria Cucchi pour demander l’approbation d’une loi sur la torture, qui a jusqu’à présent recueilli plus de 232 000 signatures, jusqu’à celle sur le référendum constitutionnel, que celui qui n’a jamais apposé une signature sur Change.org dans l’espoir de faire pression sur telle ou telle institution pour changer les choses lève la main. Au 21e siècle, la participation démocratique va inévitablement vers les plateformes en ligne. Et en effet on ne manque pas d’exemples dans lesquels ces pétitions ont vraiment déclenché des changements.

Il suffit de quelques clics : tout le monde peut lancer une pétition et tout le monde peut la signer. Mais il y a un problème :  combien de personnes se rendent-elles compte que les données personnelles qu’elles confient à la plateforme en signant les soi-disant « pétitions sponsorisées » — celles qui sont lancées par les utilisateurs qui paient pour les promouvoir (https://www.change.org/advertise) — seront en fait vendues et utilisées pour les profiler ? La question est cruciale, car ce sont des données très sensibles, vu qu’elles concernent des opinions politiques et sociales.

L’Espresso est en mesure de révéler les tarifs que Change.org applique à ceux qui lancent des pétitions sponsorisées : des ONG aux partis politiques qui payent pour obtenir les adresses électroniques des signataires. Les prix vont de un 1,5 € par adresse électronique, si le client en achète moins de dix mille, jusqu’à 85 centimes pour un nombre supérieur à cinq cent mille. Notre journal a aussi demandé à certaines des ONG clientes de Change.org s’il est vrai qu’elles acquièrent les adresses électroniques des signataires. Certaines ont répondu de façon trop évasive pour ne pas susciter d’interrogations. D’autres, comme Oxfam, ont été honnêtes et l’ont confirmé.

Beaucoup croient que Change.org est une association sans but lucratif, animée d’idéaux progressistes. En réalité, c’est une véritable entreprise, Change.org Inc, créée dans le Delaware, un paradis fiscal américain, dont le quartier général est à San Francisco, au cœur de cette Silicon Valley où les données ont remplacé le pétrole. Et c’est vrai qu’elle permet à n’importe qui de lancer gratuitement des pétitions et remplit une fonction sociale : permettre jusqu’au dernier sans domicile fixe de s’exprimer. Mais elle réalise des profits avec les pétitions sponsorisées, là où le client paie pour réussir à contacter ceux qui seront probablement les plus enclins à signer et à donner de l’argent dans les campagnes de récolte de fonds. Comment fait Change.org pour le savoir ? Chaque fois que nous souscrivons à un appel, elle accumule des informations sur nous et nous profile. Et comme l’a expliqué clairement la revue américaine Wired : « si vous avez signé une pétition sur les droits des animaux, l’entreprise sait que vous avez une probabilité 2,29 fois supérieure d’en signer une sur la justice. Et si vous avez signé une pétition sur la justice, vous avez une probabilité 6,3 fois supérieure d’en signer une sur la justice économique, 4,4 d’en signer une sur les droits des immigrés et 4 fois d’en signer une autre encore sur l’éducation. »

Celui qui souscrit à une pétition devrait d’abord lire soigneusement les règles relatives à la vie privée, mais combien le font et combien comprennent réellement que, lorsqu’ils signent une pétition sponsorisée, il suffit qu’ils laissent cochée la mention « Tenez-moi informé de cette pétition » pour que leur adresse électronique soit vendue par Change.org à ses clients qui ont payé pour cela ? Ce n’est pas seulement les tarifs obtenus par L’Espresso qui nous confirment la vente des adresses électroniques, c’est aussi Oxfam, une des rares ONG qui a répondu de façon complètement transparente à nos questions : « c’est seulement au moment où les signataires indiquent qu’ils soutiennent Oxfam qu’il nous est demandé de payer Change.org pour leurs adresses », nous explique l’organisation.

Nous avons demandé ce que signifiait exactement « les signataires ont indiqué vouloir soutenir Oxfam », l’ONG nous a répondu en montrant la case cochée par le signataire, par laquelle il demande à rester informé de la pétition. Interpellée par L’Espresso, l’entreprise Change.org n’a pas démenti les tarifs. De plus elle a confirmé qu’ « ils varient selon le client en fonction du volume de ses achats » ; comme l’a expliqué John Coventry, responsable des Relations publiques de Change.org, une fois que le signataire a choisi de cocher la case, ou l’a laissée cochée, son adresse électronique est transmise à l’organisation qui a lancé la pétition sponsorisée. Coventry est convaincu que la plupart des personnes qui choisissent cette option se rendent compte qu’elles recevront des messages de l’organisation. En d’autres termes, les signataires donnent leur consentement.

Depuis longtemps, Thilo Weichert, ex-commissaire pour la protection des données du Land allemand de Schleswig-Holstein, accuse l’entreprise de violation de la loi allemande en matière de confidentialité. Weichert explique à l’Espresso que la transparence de Change.org laisse beaucoup à désirer : « ils ne fournissent aucune information fiable sur la façon dont ils traitent les données ». Et quand nous lui faisons observer que ceux qui ont signé ces pétitions ont accepté la politique de confidentialité et ont donc donné leur consentement en toute conscience, Thilo répond que la question du consentement ne résout pas le problème, parce que si une pratique viole la loi allemande sur la protection des données, l’entreprise ne peut pas arguer du consentement des utilisateurs. En d’autres termes, il n’existe pas de consentement éclairé qui rende légal le fait d’enfreindre la loi.

Suite aux accusations de Thilo Weichert, la Commission pour la protection des données de Berlin a ouvert sur Change.org une enquête qui est toujours en cours, comme nous l’a confirmé la porte-parole de la Commission, Anja-Maria Gardain. Et en avril, l’organisation «Digitalcourage », qui en Allemagne organise le « Big Brother Award » a justement décerné ce prix négatif à Change.org. « Elle vise à devenir ce qu’est Amazon pour les livres, elle veut être la plus grande plateforme pour toutes les campagnes politiques » nous dit Tangens Rena de Digitalcourage. Elle explique comment l’entreprise s’est montrée réfractaire aux remarques de spécialistes comme Weichert : par exemple en novembre dernier, celui-ci a fait observer à Change.org que le Safe Harbour auquel se réfère l’entreprise pour sa politique de confidentialité n’est plus en vigueur, puisqu’il a été déclaré invalide par la Cour européenne de justice suite aux révélations d’Edward Snowden. Selon Tangens, « une entreprise comme Change.org aurait dû être en mesure de procéder à une modification pour ce genre de choses. »

L’experte de DigitalCourage ajoute qu’il existe en Allemagne des plateformes autres que Change.org, du type Campact.de : « elles ne sont pas parfaites » précise-t-elle, « et nous les avons également critiquées, mais au moins elles se sont montrées ouvertes au dialogue et à la possibilité d’opérer des modifications ». Bien sûr, pour les concurrents de Change.org, il n’est pas facile de rivaliser avec un géant d’une telle envergure et le défi est presque impossible à relever pour ceux qui choisissent de ne pas vendre les données des utilisateurs. Comment peuvent-ils rester sur le marché s’ils ne monétisent pas la seule denrée dont ils disposent : les données ?

Pour Rena Tagens l’ambition de l’entreprise Change.org, qui est de devenir l’Amazon de la pétition politique et sociale, l’a incitée à s’éloigner de ses tendances progressistes initiales et à accepter des clients et des utilisateurs dont les initiatives sont douteuses. On trouve aussi sur la plateforme des pétitions qui demandent d’autoriser le port d’armes à la Convention républicaine du 18 juillet, aux USA. Et certains l’accusent de faire de l’astroturfing, une pratique qui consiste à lancer une initiative politique en dissimulant qui est derrière, de façon à faire croire qu’elle vient de la base. Avec l’Espresso, Weichert et Tangens soulignent tous les deux que « le problème est que les données qui sont récoltées sont vraiment des données sensibles et que Change.org est située aux Etats-Unis », si bien que les données sont soumises à la surveillance des agences gouvernementales américaines, de la NSA à la CIA, comme l’ont confirmé les fichiers révélés par Snowden.

Mais Rena Tangens et Thilo Weichert, bien que tous deux critiques envers les pratiques de Change.org, soulignent qu’il est important de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, car ils ne visent pas à détruire l’existence de ces plateformes : « Je crois qu’il est important qu’elles existent pour la participation démocratique, dit Thilo Weichert, mais elles doivent protéger les données ».

par Stefania Maurizi | 7 juillet 2016

Article original paru dans L’Espresso : Così Change.org vende le nostre email

Traduction Framalang : Marie-Odile, Vincent, goofy, Lyn.

 

Mise à jour du 22 juillet : la traduction de cet article a entraîné une réaction officielle de Change.org France sur leur page Facebook, suite auquel nous leur avons bien évidemment proposé de venir s’exprimer en commentaire sur le blog. Ils ont (sympathiquement) accepté. Nous vous encourageons donc à prendre connaissance de leur réponse, ainsi que les commentaires qui le suivent, afin de poursuivre le débat.

Source: https://framablog.org/2016/07/20/ce-que-valent-nos-adresses-quand-nous-signons-une-petition/

Centenaire de l’ignominie: 11 Novembre 1916 ~ 11 Novembre 2016… Verdun et la der des der qui jamais ne le fut alors… CROSSES EN L’AIR !

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crosse_en_lair

Centenaire de l’ignominie de Verdun: 11 Novembre 1916 ~ 11 Novembre 2016

 

Source:

 

Crosses en l’air

 

25 octobre 2016

 

http://sans-nom.net/tous-les-articles/action/11-novembre-2016-crosses-en-l-air

 

Le 11 novembre 2016, les chorales révolutionnaires les Sans Nom (Nancy) et Les Mauvais Jours Finiront (Verdun) proposent trois concerts. Elles seront accompagnées de choristes ami.e.s d’autres chorales de France et d’Europe. Entre autres, les ZAD Vengeurs (Amiens), la Lutte Enchantée (Marseille), Il Coro dei Malfatorri (Parme), Coro di Micene (Milan), les Barricades (Grenoble), la Barricade (St Étienne), Strawberry Thieves (Londres), la Rue de la Victoire (Bruxelles), la Canaille du Midi (Toulouse), les Mauvaises Pentes (Lyon), Espèce de Chorale (Brest)… Au total plus de 120 choristes réuni.e.s à Verdun pour un autre 11 novembre !

Les chants antimilitaristes, de luttes et d’espoirs que les chorales interpréteront viendront rappeler l’hypocrisie des commémorations annuelles des massacres guerriers organisés pour la survie du capitalisme.

Il ne tient qu’à nous de foutre en l’air cette triste mascarade. En abattant d’abord ces monstruosités :

L’armée qui n’a été, n’est et ne sera que le protecteur du seul pouvoir du moment.

L’idée de nation qui nous pousse à nous trouver plus de similitudes avec les vampires qui nous exploitent chez nous qu’avec les « collègues » d’outre frontières.

Le travail salarié qui nous fait aimer notre maître pour la gamelle presque vide qu’il condescend à nous tendre.

Le capitalisme, cet ennemi triomphant, […].

Les religions qui nous apprennent l’obéissance et l’acceptation de notre condition contre une très très très hypothétique part de tarte céleste…

Mettons à bas ces mascarades, ces défilés.C’est à nous de marcher dans les rues.C’est à nous d’être les garants de notre avenir.
 À bas toutes les armées.À bas tous les exploiteurs.
 Ni dieu ni maître ni patrie !

A Alep aujourd’hui ou à Verdun il y a 100 ans, c’est à la même barbarie que nous assistons. Le peuple de Syrie ou d’ailleurs qui tombe sous les mêmes balles que leurs frères français. Pour le plus grand profit des marchands d’armes et des milliardaires capitalistes. Tous ces gros qui font la foire !

« Les bandits qui sont cause des guerres n’en meurent jamais » dit La Butte Rouge. Parce que nous voulons chanter et parler sans gêne, nous chanterons La Chanson de Craonne* encore interdite il y a quelques mois par l’obscur secrétaire d’État aux anciens combattants, Jean-Marc Todeschini.

(*) Note de Résistance 71: Nous mettons les paroles de la chanson de Craonne sous l’article et une superbe vidéo qui remue les tripes grave en commentaire… A diffuser sans modération !

Ce sont les mêmes va-t-en-guerre qui aujourd’hui nous assomment de commémorations larmoyantes aux accents de patriotisme et de nationalisme. Les mêmes qui ne peuvent supporter que tous les sans-papiers, tous les migrants, tous les étrangers sont nos frères pourtant. L’histoire et leurs bruits de bottes qui ont si souvent retenti devraient pourtant discréditer à jamais ces bouchers cupides. S’ils veulent remettre ça, ce sera « Crosses en l’air et rompons les rangs ! ».

Pas de guerre entre les peuples.

Pas de paix entre les classes !

 

Concerts des Chorales Révolutionnaires
11 novembre 2016

Place Stanislas – Porte Héré11 h 11 – Nancy

Rue Mazel – Monument à la Victoire17 h 30 – Verdun

12 novembre 201616 h 00 – Bonzée

Télécharger, imprimer et diffuser le tract A5, le fly A5 couleur, le fly A5 noir et blanc !

Télécharger, imprimer et diffuser  l’affiche A3 couleur, l’affiche A3 noir et blanc !

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La Chanson de Craonne

1917

Auteur inconnu

Quand au bout d’huit jours, le r’pos terminé,
On va r’prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c’est bien fini, on en a assez,
Personn’ ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot
On dit adieu aux civ’lots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s’en va là haut en baissant la tête.

Refrain

Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes.
C’est bien fini, c’est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne, sur le plateau,
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C’est nous les sacrifiés !

au Refrain

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r’lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu’un qui s’avance,
C’est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l’ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

Au Refrain

C’est malheureux d’voir sur les grands boul’vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c’est pas la mêm’ chose.
Au lieu de s’cacher, tous ces embusqués,
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendr’ leurs biens, car nous n’avons rien,
Nous autr’s, les pauvr’s purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr’ les biens de ces messieurs-là.

Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront,
Car c’est pour eux qu’on crève.
Mais c’est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l’plateau,
Car si vous voulez faire la guerre,
Payez-la de votre peau!

Piratage totalitaire d’internet: Le ministère de l’Intérieur « traite » les données personnelles interceptées chez les opérateurs…

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Le délire totalitaire continue, sous couvert de « sécurité anti-terrotiste » bidon, surveillance du quidam, abus de pouvoir, listes noires, fichage, flicage et détournement d’info privée, tout est bon pour l’État totalitaire par essence pour fliquer sa population plus avant. 

Nous l’avons déjà dit à maintes reprises et le redirons sans cesse: il n’y a pas de différence fondamentale entre la république française et tout régime hitléro-stalinien, car l’État est coercitif et totalitaire par nature, ce n’est qu’une question de degré et le bouton du thermostat n’est accessible que par le plus petit nombre pour satisfaire à la demande des intérêts privés dirigeant le grand cirque ambiant. Tout n’est qu’illusion démocratique. La seule porte de sortie viable et durable: la mise en place de la société des sociétés, celle de la confédération des associations libres.

~ Résistance 71 ~

 

L’incident chez Orange qui révèle le traitement des données personnelles par le ministère de l’intérieur

 

Exégètes.org

 

21 octobre 2016

 

url de l’article original:

https://exegetes.eu.org/orange-redirection-cazeneuve/

 

Lundi matin, une fausse manipulation chez Orange a entraîné le blocage de nombreux sites, comme Google.fr et Wikipedia, ainsi que la redirection des personnes tentant d’y accéder vers une page du ministère de l’intérieur dénonçant l’apologie du terrorisme. Beaucoup d’internautes ont sans doute été très surpris par l’apparition de ce message. Mais, au-delà de la fausse manipulation chez Orange, de quoi s’agit-il?

Depuis l’adoption de la loi Cazeneuve en 2014, l’administration a désormais le pouvoir de dresser une liste de sites destinés à être bloqués afin de lutter contre l’apologie du terrorisme. Cette liste, élaborée en secret et sans aucun contrôle judiciaire, est ensuite transmise aux opérateurs, lesquels sont chargés de mettre en place la censure sur leurs réseaux (dans la plus grande confidentialité)1.

Mais, en plus de ce dispositif de blocage, déjà fort critiquable, le gouvernement a également décidé d’imposer aux opérateurs la redirection des visites interceptées vers une page du ministère de l’Intérieur. De ce fait, le gouvernement a créé de sa propre initiative (la loi ne l’ayant pas prévu) un système permettant techniquement au ministère de l’intérieur de savoir qui voudrait visiter tel site bloqué.

Nous avions fortement critiqué cette obligation de redirection lors d’une procédure devant le Conseil d’État. Par une décision du 15 février 2016, ce dernier a rejeté nos arguments, considérant que cette obligation de redirection, bien que permettant au ministère de recevoir des données identifiant les visiteurs interceptés, n’implique pas que le ministère fasse un traitement des données interceptées et n’est donc pas en soit susceptible de constituer une atteinte à la vie privée.

Or, qu’observe-t-on aujourd’hui?

Suite à l’évènement de lundi et à la réaction publique qui a suivi, le ministère de l’intérieur a été contraint de reconnaitre qu’il « dispose d’un prestataire pour le suivi statistique des consultations […] de cette page de blocage » (et de la page « recours » y étant liée) et que ce prestataire conserve les « adresses IP collectées lors des consultations redirigées » (à l’exception de celles collectées durant l’incident de lundi et qui ont été, elles seules, supprimées). Cette collecte de données est précisément ce que nous dénonçions comme étant l’unique raison d’être de l’obligation de redirection, mais que le Conseil d’État a feint de ne pouvoir anticiper.

Or, d’une part, le traitement de données personnelles ici reconnu par le ministère n’a pas été autorisé validement. Pour ce faire, son autorisation aurait au moins dû être précédée par un examen préalable de la CNIL (tel que cette dernière le rappelait dans son avis concernant l’obligation de redirection2), ce qui n’a pas été le cas. D’autre part — et c’est l’essentiel — un tel traitement, même s’il respectait les formalités légales, resterait illicite en ce qu’il constituerait une atteinte à la vie privée et à la liberté d’information disproportionnée par rapport à l’objectif initialement prévu par le législateur.

Nous avons déjà saisi la CNIL d’une plainte à ce sujet. La récente déclaration du Ministère de l’Intérieur nous ouvre probablement une autre voie contentieuse… À suivre !

  1. Pour les explications techniques de cette censure par DNS, voir notamment http://www.bortzmeyer.org/google-detourne-par-orange.html. «Par blocage, filtrage ou prévention de l’accès à des contenus sur Internet, on entendra en général des mesures techniques visant à restreindre l’accès à des informations ou ressources le plus souvent hébergées dans une autre juridiction. Ces actions son en général menées par le fournisseur d’accès à Internet grêce à des produits logiciels ou matériels qui bloquent des contenus ciblés et les empêchent d’être reçus ou affichés sur les dispositifs des clients des fournisseurs d’accès à Internet. Un certain nombre de techniques peuvent être employées, par exemple le blocage du DNS (Système de noms de domaine -Domain Name System) ou de l’URL (Uniform Resource Locator). La suppression ou le retrait de contenus en ligne, en revanche, couvrent de manière générale des demandes ou mesures concernant l’opérateur du site web (ou « hébergeur ») afin que celui-ci retire ou supprime les contenus en ligne ou pages web litigieux. Les fournisseurs d’accès à Internet et les hébergeurs peuvent tous deux être considérés comme des « intermédiaires d’Internet ». » Source : Extrait d’une étude du 1er juin 2016 sur le blocage, le filtrage et le retrait des contenus illégaux qui a été réalisée à partir des législations de 47 États membres du Conseil de l’Europe. Préparée par l’Institut suisse de droit comparé, elle met sur le même plan la France, la Russie et la Turquie. https://rm.coe.int/CoERMPublicCommonSearchServices/DisplayDCTMContent?documentId=0900001680657b4d (p. 3) ↩

Dans sa délibération n° 2015-001, la CNIL « rappelle que si des traitements de données à caractère personnel spécifiques étaient alimentés par ces données [, recueillies via la page de blocage], ils devraient être soumis à l’examen préalable de la commission ». ↩

État, institutions et coercition… De l’inefficacité des persécutions (Pierre Kropotkine)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, documentaire, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, police politique et totalitarisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 26 octobre 2016 by Résistance 71

L’effet des persécutions

 

Pierre Kropotkine

 

Les Temps Nouveaux (1895)

 

Pendant quinze mois on a tout mis en mouvement pour étouffer l’anarchie. On a réduit la presse au silence, supprimé les hommes, fusillé à bout portant en Guyane, transporté dans les îles en Espagne, incarcéré par milliers en Italie, sans même se donner le luxe de lois draconiennes ou de comédies judiciaires. On a cherché partout jusqu’à affamer la femme et l’enfant en envoyant la police faire pression sur les patrons qui osaient encore donner du travail à des anarchistes.

On ne s’est arrêté devant aucun moyen afin d’écraser les hommes et étouffer l’idée.

Et, malgré tout, jamais l’idée n’a fait autant de progrès qu’elle en a fait pendant ces quinze mois.

Jamais elle n’a gagné si rapidement des adhérents.

Jamais elle n’a si bien pénétré dans des milieux, autrefois réfractaires à tout socialisme.

Et jamais on n’a si bien démontré que cette conception de la société sans exploitation, ni autorité, était un résultat nécessaire de tout le monceau d’idées qui s’opère depuis le siècle passé ; qu’elle à ses racines profondes dans tout ce qui a été dit depuis trente ans dans le domaine de la jeune science du développement des sociétés, dans la science des sentiments moraux, dans la philosophie de l’histoire et dans la philosophie en général.

Et l’on entend dire déjà : ― « L’anarchie ? Mais, c’est le résumé de la pensée du siècle à venir ! Méfiez-vous-en, si vous cherchez à retourner vers le passé. Saluez-la si vous voulez un avenir de progrès et de liberté ! »

Alors que l’étiquette seule d’anarchiste valait, de par la loi, la relégation en Guyane et la mort lente sous les fièvres paludéennes et la crapaudine des gardes-chiourme, ― qu’est-ce qui occupait surtout la presse ?

On se souvient de l’enquête sur l’anarchie faite par un grand journal de Paris, ― « Pour porter le front haut et serein, comme ils le portent, ils doivent être inspirés d’un grand idéal » ― disait-on. « Il faut le connaître ! » Et on a lu les centaines d’articles de la presse quotodienne et mensuelle, commencés peut-être avec le désir d’écraser « l’hydre aux cent têtes », mais terminés souvent par la justification des idées et des hommes.

La jeunesse des écoles si longuement réfractaire à un socialisme qui, commencé glorieusement, finissait par une loi de huit heures ou une expropriation des chemins de fer par l’État, ― a salué la nouvelle venue. Les jeunes y ont aperçu une conception large, puissante de la vie des sociétés, embrassant tous les rapports humains et portant dans tous ces rapports la fierté, la force, l’initiative de l’homme libre ― essence même de tout progrès. Et, dans leurs meilleurs représentants, les jeunes se sont passionnés pour une conception qui leur fait comprendre comment l’affranchissement du travailleur devient l’affranchissement de l’homme ; comment communisme et anarchie brisent toutes les entraves dans lesquelles une société chrétienne, droit-romain et jacobine étouffait la liberté de l’être humain.

La presse anglaise, ― surtout le journal hebdomadaire qui parle aux paysans et aux travailleurs ― a pris sa part dans la discussion des principes, de l’idéal, des voies et des moyens anarchistes. Pendant des mois et des mois, cinq ou six des journaux les plus lus par les masses dans les provinces donnaient une ou deux colonnes de correspondance sur l’anarchie. ― « Assez, s’écriaient les éditeurs ; désormais nous cessons cette correspondance ! » Mais dès le numéro suivant, elle était rouverte à nouveau sur une nouvelle issue quelconque : individualisme et communisme, l’État et l’individu… On en ferait déjà des volumes, et elle dure encore !

En même temps, en Allemagne et en Russie, des travaux élaborés paraissent dans les revues sur les rapports entre la société et l’individu, les droits de l’État, le fait de l’individu se plaçant en dehors de la morale courante et l’influence de ce fait, les progrès de la morale publique, et ainsi de suite. On déterrait Godwin et Max Stirner ; on étudiait et commentait Nietsche et on montrait comment l’anarchiste qui meurt sur l’échafaud se rattache au courant philosophique qui s’est traduit dans l’oeuvre du philosophe allemand.

Et enfin Tolstoï, parlant à tout le monde civilisé, montrait dans ses réponses aux critiques suscitées par son dernier livre, comme quoi, non seulement le chrétien, mais tout homme intelligent, quelle que soit sa philosophie, forcément doit rompre entièrement avec l’État qui organise l’exploitation du travailleur, ― doit refuser de prendre la moindre part dans les crimes, l’exploitation économique et les atrocités militaires commis par chaque État, quelle que soit son étiquette.

Pour résumer en quelques mots ― dans tous les domaines multiples de la pensée il s’est produit une poussée vers l’anarchie ; un profond travail d’idées s’accomplit, qui mène à l’anarchie et donne une force nouvelle au communisme.

Nous enregistrons ce travail avec bonheur. Mais nos idées se portent surtout ailleurs.

Nous cherchons les indices qui nous montrent que le même travail s’opère dans les classes qui peinent pour tout produire, sans jouir d’aucune des merveilles d’art, de science et de luxe qu’elle entasse sur la terre.

Nous trouvons partout de ces indices : dans les meetings, les congrès ouvriers, dans le langage même de ces réunions. Mais nous ne cessons de nous demander : « L’écho de ces discussions pénètre-t-il dans la demeure, le taudis du travailleur, la chaumière du paysan ? Le paysan et le travailleur entrevoient-ils la route qui les mènera à leur double affranchissement du Capital et de l’État ? Ou bien , leurrés par les savants, les prêtres, les journalistes, les admirateurs du pouvoir et toute la marmaille entretenue par l’État, ― maintiennent-ils encore la foi inébranlable dans les bienfaits du jacobinisme gouvernemental ? »

Leur critique de ce qui les fait souffrir, dépasse-t-elle la critique des individus ? S’élève-t-elle à la critique des principes sur lesquels le Capital, le salariat et leur créature ― l’État ― résident ?

L’idée d’union internationale de tous les opprimés s’implante-t-elle parmi eux, et leurs cœurs saignent-t-ils également à la nouvelle de massacres commis à Fourmies ou à Berlin, à Chicago ou à Vienne. Englobent-t-ils dans une même haine la bande internationale des exploiteurs, qu’ils s’appellent patriotes japonais ou français, allemands ou anglais ?

Née au sein du peuple, sous l’inspiration du peuple dans l’Association Internationale des Travailleurs et forte maintenant de tout l’appui qu’elle trouve dans l’étude, l’idée doit retourner au peuple, grandir dans son sein, l’inspirer de son souffle irrésistible.

Là seulement elle atteindra tout son développement. Là seulement, elle prendra corps et trouvera ses formes pour se substituer au monde ancien qui s’en va et reconstruire la société sur des bases d’égalité, de liberté entière de l’individu, de fraternité entre tous les hommes.

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Lire Pierre Kropotkine sur Résistance 71