Archive pour avril, 2019

Gilets Jaunes: 1er mai et 25ème round… Qui ose gagne !…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 30 avril 2019 by Résistance 71


Tout le pouvoir aux Ronds-Points !…

 

Tout est possible !

 

Paris Luttes Info

 

30 avril 2019

 

url de l’article: https://paris-luttes.info/tout-est-possible-12073?lang=fr

 

1er mai 2019, une journée pour tout tenter, une journée pour tout rêver.

Le 25e rendez-vous des GJ n’est pas comme les autres. Et c’est tant mieux. Le mouvement a besoin de sortir de sa routine et de sa ritualisation des manifs du samedi. Planifié, non pas un samedi, mais un jour férié, date historique pour les luttes sociales à travers le monde, ce nouveau rendez-vous devrait voir de nouvelles personnes venir collaborer à la chute du système : syndicalistes, écolos, anarchistes, mais aussi et surtout des milliers de citoyens anonymes en colère.

Cette date du premier mai arrive quelques jours après l’annonce des « décisions » de Macron suite au Grand Débat. Des annonces qui n’ont convaincu personne en dehors de la République en marche. Une allocution qui a confirmé le mépris de classe et la position ultra-autoritaire et inflexible du pouvoir, aussi bien le pouvoir politique que le pouvoir économique, policier et judiciaire.

Le message est clair : vous pourrez gesticuler encore des mois, la politique du gouvernement ne changera pas. Et le système encore moins. Si cette posture tient d’une tactique pour décourager les GJ et autres forces révolutionnaires, on sait qu’après avoir vraiment tremblé en novembre et décembre, le système a réussi à reprendre la main sur la gestion des révoltes, qui n’ont quasiment plus connu de caractère insurrectionnel en 2019, y compris lors des ultimatums du 16 mars et 20 avril. La force du système ultra libéral, c’est de comprendre les nouvelles situations et de s’y adapter ultra rapidement.

Il faudra donc beaucoup plus qu’un premier mai massif et déterminé pour réussir à ébranler le système. Mais ce 1er mai est essentiel pour que la lutte continue, qu’elle mute pour tromper encore le système, pour le faire dérailler. Ouvrir des brèches, tenter des expériences, se rencontrer, échanger, créer des alliances de rue éphémères…

Mercredi, chaque citoyen dans la rue aura les clés de la réussite de cette journée. Ce ne sont pas les syndicats qui ont les clés, ce ne sont pas les associations, ce ne sont pas les « figures » des GJ. Non, c’est chaque citoyen, qui, selon ses choix, ses paroles, ses actes, déterminera l’évolution de cette journée et donc de la suite du mouvement : une tentative de manif sauvage, lancer un chant repris par des milliers de manifestants, refuser d’entrer dans la nasse de fin de manif (prévue Place d’Italie a priori), se déguiser pour tourner en dérision le pouvoir, monter des barricades, repeindre la rue en jaune, entrer dans un bâtiment pour une occupation éphémère….

Tout est possible. La journée, la nuit et la vie nous appartiennent. N’ayons pas peur de l’inconnu, car seul cet inconnu peut nous permettre de vivre différemment.

La solution ne viendra pas d’un transpalette ou d’une banque en feu. Elle ne viendra pas non plus d’un manifestant déguisé en clown ou d’une fanfare invisible. Mais elle viendra de tout cela et des brèches que toutes ces individualités pourront créer. Des brèches dans lesquelles il appartiendra de s’engouffrer et d’improviser.

Le pouvoir craint plus qu’il ne le dit cette journée du 1er mai. Sa stratégie est connue d’avance : contrôler l’ensemble du cortège pour l’amener dans la nasse géante de fin de manif. Avant cela, dès que possible, scinder le cortège pour isoler les manifestants les plus déterminés et faire un max de répression et d’arrestation. Tout faire pour obliger les milliers de citoyens en colère à choisir leur camp : celui des gentils manifestants qui respectent les règles de la République, et les méchants anarchistes black bloc assoiffés de feu et de sang.

Ne leur offrons pas cette chance de nous séparer, idéologiquement, mais aussi physiquement dans la rue. Soyons soudés dans nos différences de pratiques et de tactiques. Respectons-nous, car nous avons le même adversaire, et que la différence ne nous fait pas peur.

Mercredi : chaque personne dans la rue aura le pouvoir de changer les choses. Le mouvement des GJ a prouvé la force de l’horizontalité et de l’action individuelle dans une lutte collective. Alors, n’ayez pas peur de vous lancer dans des initiatives. Parlez-en à vos proches et à vos camarades de lutte. Il reste quelques heures pour préparer ce 1er mai. C’est largement suffisant pour réfléchir et proposer des actions surprises, qu’elles soient festives, musicales ou offensives. Mercredi, chaque initiative sera une reprise éphémère de liberté et d’existence. Chaque acte subversif sera une victoire face à ce système qui veut nous faire croire que rien ne pourra jamais changer et qu’il faut retrouver nos « vies d’avant ».

Nous savons que nos vies d’après peuvent être bien plus joyeuses et solidaires. Et nous sommes prêts à nous battre pour cet horizon. Cela commence mercredi.

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Tract_Gilets_Jaunes

Gilets Jaunes !

Les cinq mois de lutte écoulés nous montrent on ne peut plus clairement qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a en fait jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir !

Ceci se doit de devenir une évidence incontournable pour toutes et tous, membres de notre lutte organique pour une société enfin libre.

Ainsi, toute négociation avec l’État et les représentants de l’oligarchie est non seulement futile mais contre-productive. Ignorons-les !

Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action

Devenons S.U.P.R.A Gilets Jaunes !

Reprenons le pouvoir par les Assemblées Populaires et ainsi:

  • Boycottons les institutions
  • Boycottons l’élection et l’impôt absorbant l’intérêt de la dette odieuse
  • Boycottons les entreprises du CAC40 et des transnationales criminelles
  • Achetons et promouvons les produits locaux
  • Réaménageons nos campagnes et nos communautés agricoles
  • Rassemblons-nous en comités populaires de voisinage, de travail…
  • Restons incontrôlables et imprévisibles !

Tout le Pouvoir aux Ronds-Points !

Pour une société émancipée et donc libre !

Groupe Gilets Jaunes de _______________

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Rappel vital de Jo en ce 1er mai sur l’enfumage total dont nous sommes victimes sur les retraites entre autre…

https://jbl1960blog.wordpress.com/2019/04/30/mensonges-de-decembre-davril/

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 


L’autonomie c’est la vie…
La soumission c’est la mort !

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Le New York Times, voix de la CIA, se lâche sur Donnie « mains d’enfant » et Bibi le sanguinaire…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 29 avril 2019 by Résistance 71

 

Dessin “antisémite” dans le New York Times: les choses bougent aux USA ?

 

Leila Mazboudi

Rédactrice en chef, Al Manar

 

28 avril 2019

 

Source: http://french.almanar.com.lb/1343663

 

La publication par le quotidien américain The New York Times du dessin montrant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en chien-guide portant un collier avec une étoile de David et menant un Trump aveugle et coiffé d’une kippa n’a rien d’anodin.


Dessin du New York Times International, 25 avril 2019
Bibi & Donnie « Mains d’enfant »

Un journal comme lui ne peut qu’être parfaitement conscient qu’il lui attirera la taxation d’antisémite, et donc les foudres du lobby pro israélien, d’une puissance inégalable au pays de l’Oncle Sam, et qu’il va en conséquent être obligé de présenter ses excuses.

C’est d’ailleurs déjà fait. Le dessin « comprenait des clichés antisémites…L’image était offensante, et c’était une erreur de jugement de la publier », a regretté la section Opinion du NYT. Ses excuses publiées sur Twitter seront reprises dans l’édition de lundi du journal.

Mais « le mal » est déjà fait… Si «mal » est. Avec l’effet inverse qui va avec. Une gaffe médiatique suivie d’une excuse contribue à la propager davantage.

Et le dessin passé inaperçu jusque-là a fait le tour du monde avec les excuses qui l’ont suivi.

Ces regrets ne sauraient toutefois cacher que la publication d’une caricature pareille relève d’un acte volontaire de la part de sa rédaction. Il va de soi de s’interroger quelles sont les réelles intentions qui la motivent.

D’autant qu’aux Etats-Unis les choses bougent. Concernant justement cette mainmise pro sioniste sur la politique américaine sur le traitement du conflit arabo-israélien et qui s’est accrue avec le président actuel.

La preuve en est la montée de l’étoile de la sénatrice musulmane Elhane Omar, qui s’est fait remarquer avec son discours qui brave les interdits de la politique américaine en matière de conflit arabo-israélien. Au coeur du Congrès.

Sans oublier non plus la rhétorique hostile à la politique israélienne du sénateur Bernie Sanders, dont la judaïté devrait en principe débarasser le traitement de ce conflit politique des projections religieuses aux effets hypocrites.

Avec ce dessin, il faut croire que le NYT  rejoint à son tour cette tendance…  Affaire à suivre…

Gilets Jaunes: Sortir de l’obéissance aveugle… qui mène dans le mur

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 28 avril 2019 by Résistance 71

Ce qui est dit ci-dessous du 23ème round du Mouvement des Gilets Jaunes est aussi vrai pour ceux d’avant et d’après… et ce sera rebelote le 1er mai en marchant avec les foies jaunes syndicaux de la CGT et consorts, réformistes béats mangeant dans la main de l’état et du patronat, subventions obligent…
Rien n’a jamais bougé dans le conformisme et la soumission à quelque système que ce soit. Si on veut réellement en sortir, il faut nous tenir la main, ensemble, boycotter état et institutions, former partout les assemblées populaires telles que mises en place à Commercy, St Nazaire et ailleurs. On ne peut pas négocier avec le système et ses gardes-chiourme, la chienlit étatico-capitaliste. Y croire est au mieux utopiste, au pire complice de l’oppression menée envers nous tous.

Tout le pouvoir aux ronds-points !!

« Nous n’avons pas de problème avec la désobéissance civile, le problème est l’obéissance civile. » (Howard Zinn) – quelques textes complémentaires pour comprendre et en sortir sous cet article –

« Le plus grand des dangers vient de l’obéissance civile, de la soumission de la conscience individuelle à l’autorité gouvernementale. Une telle obéissance, soumission a mené aux horreurs dont nous a vous été les témoins dans les états totalitaires et dans les états libéraux, cela mène à l’acceptation publique de la guerre à chaque fois qu’un soi-disant gouvernement démocratique le décide… Dans le monde dans lequel nous vivons, le règle de la loi ne fait que maintenir les choses telles qu’elles sont. Ainsi pour changer les choses, il est nécessaire d’enfreindre la loi, de commettre des actes de désobéissance civile, comme les noirs des états du sud et les pacifistes le firent. »
~ Howard Zinn ~

L’historien Howard Zinn termine sont autobiographie de cette façon:

« Être rempli d’espoir dans les mauvaises périodes n’est simplement pas folie romantique. C’est basé sur le fait que l’histoire humaine n’est pas seulement une histoire de cruauté, mais aussi de compassion, de sacrifice, de courage et de gentillesse.
Ce sur quoi nous choisissons d’insister dans cette histoire complexe va déterminer nos vies… Le futur est une infinie succession de présents et vivre maintenant comme nous pensons que l’humain devrait vivre, en défi de tout le mal qui nous entoure, est déjà en soi, une merveilleuse victoire. »

Zinn et bien d’autres le disent: c’est une affaire de choix, mais pour faire le bon choix, encore faut-il avoir la bonne vision des choses, pour ce faire, être bien informé. C’est notre point de vue et notre mission depuis près d’une décennie…

A bas l’État, à bas les institutions, à bas l’argent, à bas le salariat pour que s’établisse la Société des Sociétés dans la complémentarité de notre diversité et hors antagonisme forcément induit par les institutions de la division politique de la société.

~ Résistance 71 ~

 

 

A force d’être traités comme des animaux

 

Paris-Luttes Info

 

25 avril 2019

 

url de l’article original:

https://paris-luttes.info/a-force-d-etre-traite-comme-des-12044?lang=fr

 

Réflexion, suite à l’acte XXIII des Gilets jaunes, sur la nécessité de dépasser les classiques – et inoffensives – manifestations déclarées type Bercy/Bastille/République. Face à un pouvoir de plus en plus autoritaire, il devient vital d’agir en primitif et de prévoir en stratège afin que vive ce mouvement

L’acte XXIII laisse le goût amer de l’inachevé. Des milliers de GJ se sont une nouvelle fois déplacés à Paris, peut-être plus que le 16 mars lors du premier ultimatum. Au-delà du nombre, c’est la détermination qui frappe et qui trouble le pouvoir. Semaine après semaine, la population dans la rue semble déterminée à ne pas reculer. À ne plus reculer. Pourtant, ce samedi 20 avril, la stratégie policière fut plus forte que la détermination de dizaines de milliers de citoyens. Mais à quel prix ? Et pour quels résultats dans les semaines et mois à venir ?

Dès le début de la matinée, nous comprenons que cette journée ne ressemblera en rien à celle de l’acte XVIII. Les premiers rassemblements non déclarés de 10h ne comptent pas assez de GJ pour empêcher les policiers présents de nasser puis de pousser tout le monde à se disperser (y compris dans le métro). La très grosse majorité des GJ se retrouve donc vers 12h pour le départ de la manif déclarée de Bercy.

Le monde est là. La détermination aussi. On sent une vraie dynamique. Sauf qu’il s’agit d’une manif déclarée Bercy/Bastille/République. Le parcours ultra classique des manifs syndicales. Les forces de l’ordre ont donc préparé le terrain et savent exactement comment gérer la situation, au point de prendre l’initiative de couper le cortège en plusieurs groupes (au moins trois différents). Le tout, très loin des quartiers des ultras riches et des lieux de pouvoir. Surtout, elles arrivent à pousser tous les GJ sur la place de la République, lieu officiel de fin de manif. Il est 15h15, l’acte XXIII parisien touche déjà à sa fin.

Car tous les Parisiens savent que terminer à République signifie désormais s’enfermer dans une nasse géante. S’enfermer au sens propre puisque, comme par le passé, la préfecture donne la consigne d’empêcher toute sortie de la place, et ce pendant plus de 3 heures !

Non seulement il n’est plus possible de manifester. Non seulement plus personne sur la place ne peut sortir. Mais les forces de l’ordre se prêtent à un jeu totalement abject consistant à inonder la place de lacrymo. Pire : des groupes de 15 à 20 policiers font des incursions au centre même de la place, remplie de milliers de manifestants. Au moindre projectile, c’est la charge, avec comme but d’attraper (et de frapper) ceux qui ne seront pas assez rapides (rarement ceux ayant lancé des projectiles).

On est loin, très loin du maintien de l’ordre. S’il s’agissait de maintenir une situation sans débordement, il suffisait de laisser la place de la République ouverte et sans charge ni gaz. Non, l’objectif de la préfecture (et donc du pouvoir) était bien d’enfermer en plein soleil des milliers de personnes, de les nasser, de les compresser, de les gazer et de les charger. Dans quel but ? Probablement les terroriser et les dissuader de revenir manifester les actes suivants. Il s’agit bien d’une stratégie de la terreur.

Il y avait de nombreuses personnes âgées, de nombreux enfants. La plupart novices quant aux pratiques de manifestations, notamment de manif de GJ parisiennes. Plusieurs personnes ont perdu leurs nerfs, se sont mises à pleurer, à crier, à paniquer. Et forcément, certains se sont énervés aussi. Car c’est une sensation très bizarre de se sentir enfermé dans un espace rempli de milliers de personnes avec des mouvements de foule importants à chaque gazage et charge. De quoi vraiment paniquer et/ou devenir fou. Certains étaient prêts à se mettre en danger pour pouvoir sortir. D’autres, jusqu’ici pacifiques, rejoignaient les GJ les plus offensifs. Plus la journée passait, plus la panique se faisait sentir, plus la tension devenait palpable. Des centaines de citoyens voulaient absolument sortir, coûte que coûte. Plusieurs GJ ont alerté les forces de l’ordre que cela pouvait se terminer en drame. On sentait qu’à la moindre étincelle, une personne pouvait véritablement péter un plomb. Et ce n’était pas les GJ les plus offensifs qui étaient potentiellement ceux qui auraient pu totalement vriller sous le coup de la panique et d’une crise de nerfs.

Mais à force d’être traités comme des animaux, comment s’étonner que certains commencent à agir comme des bêtes féroces ? À une époque, lorsqu’on voulait se débarrasser d’un chien, on l’énervait pour qu’à son tour il s’énerve et morde. On pouvait alors l’accuser d’avoir la rage, d’être dangereux… et le piquer.

La grande leçon de cette journée, c’est qu’il n’est plus possible de composer avec le pouvoir et son bras armé. Dans un pays démocratique, protester de façon concertée avec les autorités, cela a du sens. Dans un pays qui bafoue jour après jour les libertés fondamentales, cela revient à capituler.

Aujourd’hui, tenter d’accepter les règles de manifestation du pouvoir revient simplement à lui faciliter la tâche pour casser le mouvement et le meurtrir, y compris physiquement. D’autant que lui, ne se prive pas pour s’affranchir de ses propres « règles » : Les GJ qui avaient déclaré la manif (jusqu’à 22h) se sont fait insulter et gazer. Ce 20 avril a d’ailleurs fait monter d’un cran la violence aveugle et gratuite de la part des forces de l’ordre, avec des passages à tabac et des GAV totalement abusives, y compris de journalistes. Jamais, depuis 5 mois, les reporters qui suivent le mouvement n’avaient autant été la cible de la répression.

Face à cette situation, il apparait de plus en plus évident que la stratégie des manifestations déclarées ne peut aboutir à autre chose que faire mourir le mouvement : elles n’empêchent en rien les violences, les gaz et les arrestations abusives. Mais elle permet au pouvoir de contenir la colère. Agir en primitif, prévoir en stratège. Cette maxime du poète résistant René Char est plus que jamais d’actualité.

Car l’espoir reste là, la flamme brûle plus que jamais : samedi, au milieu des lacrymos et des charges successives, des centaines de GJ se sont mis à chanter « Nous on est là », tout en avançant face aux CRS. Charge de la police, matraquage, gazage. Et rebelote : les GJ revenaient, chantaient et avançaient. Si la démarche peut sembler vouée à l’échec, c’est la dynamique créée qui importe. Et cette dynamique résiste au gaz et aux matraques.

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Sept textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Fiscalité sur les retraites: la preuve par 9 de l’enfumage macronien (JBL1960)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 27 avril 2019 by Résistance 71


Le trou noir fiscal, Gargantua de l’inutile

 

Résistance 71

 

27 avril 2019

 

L’enfumage macronien sur les retraites et autres aspects de la fiscalité présentés ci-dessous en format PDF par Jo de JBL1960 qui en préambule déclare:

“Dans ce PDF, je vous démontre en chiffres, que les retraités sont bien la cible, parce que les plus fragiles, les premiers sur la liste à, logiquement, débarrasser le plancher des vaches ;

  • Preuve que la hausse de la CSG et de la CRDS n’a nullement été annulée et que par effet de seuil les petites retraites (1 200 €) sont impactées ;
  • Que les retraites complémentaires sont également impactées, et que les organismes collecteurs ponctionnent au mépris des petites gens qui se retrouvent ainsi dans des situations tellement intenables qu’elles en accélèreront leur sortie ;
  • Que les Merdias mainstream se font bien le relais du gouvernement qui ment ; “

A lire et à diffuser sans aucune modération afin de savoir à quelle sauce on va tous être mangés par ce système inique et criminel du tout marchand.

Avec-ou-sans-gilet-jaune-pour-la-societe-des-societes
(version pdf)

Il suffit de dire NON à ce terrorisme d’État !…
Ensemble !…

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser également sans aucune modération:

 

Gilets Jaunes et le chemin de l’ultime émancipation… Pour une abolition totale de l’argent, du salariat et de l’État (Internationale Incontrôlable)

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Gilets Jaunes… contre l’état
et la société marchande

 

Pour une abolition totale de l’argent, du salariat et de l’état

 

Internationale In-contrôlable

 

Avril 2019

 

url de l’article:

http://guerredeclasse.fr/2019/04/23/pour-une-abolition-totale-et-definitive-du-salariat-de-letat-et-de-largent/

 

“ En même temps, et tout à fait en dehors de l’asservissement général qu’implique le régime du salariat, les ouvriers ne doivent pas s’exagérer le résultat final de cette lutte quotidienne. Ils ne doivent pas oublier qu’ils luttent contre les effets et non contre les causes de ces effets, qu’ils ne peuvent que retenir le mouvement descendant, mais non en changer la direction, qu’ils n’appliquent que des palliatifs, mais sans guérir le mal. Ils ne doivent donc pas se laisser absorber exclusivement par les escarmouches inévitables que font naître sans cesse les empiétements ininterrompus du capital ou les variations du marché. Il faut qu’ils comprennent que le régime actuel, avec toutes les misères dont il les accable, engendre en même temps les conditions matérielles et les formes sociales nécessaires pour la transformation économique de la société. Au lieu du mot d’ordre conservateur: «Un salaire équitable pour une journée de travail équitable», ils doivent inscrire sur leur drapeau le mot d’ordre révolutionnaire: «Abolition du salariat».”

Karl Marx – Salaire, prix et profit – 1865

“… le passage de la propriété foncière au travail salarié constitue un véritable mouvement dialectique en tant que processus historique accompli puisque le dernier produit de la propriété foncière moderne est bien l’instauration généralisée du travail salarié qui, ensuite, apparaît comme la base de toute la merde contemporaine.”

Karl Marx – Lettre à Engels du 2 avril 1858

“ Mais la lutte reprendra sans cesse, avec une ampleur toujours croissante, et il ne peut y avoir de doute quant au vainqueur final – le petit nombre des accapareurs, ou l’immense majorité travailleuse. Et la classe ouvrière française n’est que l’avant-garde du prolétariat moderne.”

Karl Marx, La guerre civile en France – 1871

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Actuellement en cette crise gigantesque et fantastique des Gilets Jaunes, nous voyons circuler des revendications arbitraires concernant le salariat : certains réclament plus d’argent, une meilleure retraite, de meilleures conditions de travail ! Autant le dire de suite, ces revendications n’obtiendront pas satisfaction et c’est tant mieux ! 

Le salariat n’a pas toujours existé, cependant il contient en lui tous les modes d’exploitation antérieurs (Antique, féodal, etc..) en réalisant la synthèse supérieure qui est la pire de toutes ! 

Pour imposer le salariat, le Capital a du passer par une période d’accumulation primitive qui, arrachant les paysans féodaux à leurs terres, consista à les déporter vers les villes au sein des corporations sous le joug du travail libre, n’hésitant pas à massacrer les plus récalcitrants. Cette réalité sociale historique constitue ainsi la base de notre société actuelle. Citons Marx à cette occasion.

“Le début des manufactures fut marqué en même temps par une période de vagabondage, causé par la disparition des troupes armées féodales et par le renvoi des armées que l’on avait rassemblées et que les rois avaient utilisées contre leurs vassaux, et causé également par l’amélioration de l’agriculture et la transformation en pâturage de larges zones de terres de culture. Il découle déjà de ces faits que ce vagabondage est exactement lié à la décomposition de la féodalité. Dès le XIII° siècle, on trouve quelques périodes de ce genre, mais le vagabondage ne s’établit de façon permanente et généralisée qu’à la fin du XV° siècle et au début du XVI° siècle. Les vagabonds étaient en tel nombre que le roi Henri VIII d’Angleterre, entre autres, en fit pendre 72 000 et il fallut une misère extrême pour arriver à les mettre au travail, et cela au prix de difficultés énormes et après une longue résistance. La prospérité rapide des manufactures, surtout en Angleterre, les absorba progressivement. La création du prolétariat sans feu ni lieu – licenciés des grands seigneurs féodaux et cultivateurs victimes d’expropriations violentes et répétées – allait nécessairement plus vite que son absorption par les manufactures naissantes. D’autre part, ces hommes brusquement arrachés à leurs conditions de vie habituelles ne pouvaient se faire aussi subitement à la discipline du nouvel ordre social. Il en sortit donc une masse de mendiants, de voleurs, de vagabonds. De là, vers la fin du XV° siècle et pendant tout le XVI°, dans l’ouest de l’Europe, une législation sanguinaire contre le vagabondage. Les pères de la classe ouvrière actuelle furent châtiés d’avoir été réduits à l’état de vagabonds et de pauvres. La législation les traita en criminels volontaires; elle supposa qu’il dépendait de leur libre arbitre de continuer à travailler comme par le passé et comme s’il n’était survenu aucun changement dans leur condition.”

Karl Marx – L’idéologie Allemande – 1845

“C’est ainsi que la population des campagnes, violemment expropriée et réduite au vagabondage, a été rompue à la discipline qu’exige le système du salariat par des lois d’un terrorisme grotesque, par le fouet, la marque au fer rouge, la torture et l’esclavage. […] Voilà de quel prix nous avons payé nos conquêtes; voilà ce qu’il en a coûté pour dégager les « lois éternelles et naturelles » de la production capitaliste, pour consommer le divorce du travailleur d’avec les conditions du travail, pour transformer celles-ci en capital, et la masse du peuple en salariés, en pauvres industrieux (labouring poor), chef-d’œuvre de l’art, création sublime de l’histoire moderne . Si, d’après Augier, c’est « avec des taches naturelles de sang, sur une de ses faces » que « l’argent est venu au monde », le capital y arrive suant le sang et la boue par tous les pores”
Karl Marx – Le Capital – livre 1 – Section 8 – l’accumulation primitive – 1867

Soyons clairs : le salariat c’est pire que l’esclavage ! c’est l’exploitation humaine la plus insidieuse, c’est la réalité la plus inhumaine et la plus dégradante qui soit ! Elle fait de chaque humain une marchandise qui chaque jour doit à nouveau se vendre si il ne veut pas crever de faim… Nous vivons actuellement la consécration absolue du Capitalisme dans sa domination planétaire enfin réalisée, et cette réalité que nous vivons est celle de sa crise terminale qui rend impossible tout réformisme dans une revalorisation marchande des conditions d’existence… 

Nous devons comprendre cela et le saisir comme une chance inouïe ! Ce qu’il y aurait de pire pour nous Gaulois réfractaires, c’est de pouvoir à nouveau rénover les conditions d’exploitation et ainsi retourner dans une dynamique de soumission et de revalorisation capitaliste… Notre vie n’est pas une marchandise ! Il existe aujourd’hui dans ce rapport social malade un amour de la servitude jamais atteint… Et comme nous le rappelait Paul Lafargue dans «Le droit à la paresse» : “Honte au prolétariat Français! Des esclaves seuls eussent été capables d’une telle bassesse. Il faudrait vingt ans de civilisation capitaliste à un Grec des temps héroïques pour concevoir un tel avilissement.”

En un mot, nous n’avons jamais été autant domestiqués et aussi inconscients sur notre propre réalité de vie asservie… Le prolétariat, c’est à dire la classe laborieuse que nous sommes reproduit le rapport social capitaliste qui programme notre mort… Débarrassons-nous en une fois pour toutes ! A bas toutes les restructurations économiques et politiques ! Battons-nous sur une frontière de classe clairement établie et libérons-nous de notre enfermement ! Nous n’avons rien à perdre d’autre que nos chaînes, et nous avons un monde à gagner !

Nous devons saisir RADICALEMENT que si nous voulons une vie humaine nous devons détruire ce rapport social de soumission qui reproduit le capital… Ce qui reproduit le Capital est le rapport prolétarien salarié qui créé la valeur nécessaire à la réalité capitaliste. Il ne faut donc pas se battre sur une base de revalorisation horaire de notre condition d’esclaves ou quémander misérablement un peu plus d’argent… Il convient bien d’abolir une fois pour toutes le salariat ! Demander un peu plus d’argent est une revendication illusoire quant à notre vie humaine ! L’Argent est un asservisseur et un rapport social de domination ! Il apporte la mort et la division, tout comme il apporte l’inversion des qualités et perceptions naturelles et humaines en toutes circonstances. 

L’Argent, c’est notre dépossession, et l’Etat n’est en réalité que le chef d’orchestre ostentatoire de cette dépossession. Nous n’avons pas à négocier la longueur de nos chaînes ! Si nous conservons le salariat nous conserverons obligatoirement et nécessairement toute la merde qui en découle. Cette crise sociale qui intervient, c’est aussi la fin de ces illusions stupides… 

Il est temps de commencer à comprendre que ce qui nous arrive est aussi ce qui nous ressemble. Pour cesser de ressembler à la pourriture capitaliste il conviendra d’abolir la condition prolétarienne. 

Si l’énergie vitale de la lutte du prolétariat qui advient comprend cela, alors tout est possible… 

Si nous persistons dans l’erreur alors c’est pour l’éternité que nous serons brisés, et les générations futures hériteront naturellement de toute la dégradation liée à cette aberration mentale de conscience fausse. Le capitalisme est l’anti-naturalisme achevé ! 

Toutes les guerres, les famines, les horreurs sont le produit de cette merde gigantesque qu’est l’accumulation du capital… Retrouvons le chemin humain de la communauté universelle pour une vie enfin humaine ! Toutes les cliques capitalistes de l’extrême gauche à l’extrême droite du capital comptent nous enfermer dans cette logique de l’économie politique pour l’éternité ! Nous le disons clairement : nous n’aurons jamais de vie humaine si nous conservons l’Argent le salariat et l’Etat… 

Notre vie nous est volée en permanence, et nous ne voulons assurément plus d’une sur-vie augmentée… Nous voulons la véritable vie humaine débarrassée de la marchandisation du monde et de l’Être, dans une absolue récusation de la chosification d’accumulation d’avoirs…
___________
«Le combat ou la mort la lutte sanguinaire ou le néant. C’est ainsi que la question est invinciblement posée.»
George Sand

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Note de lectures complémentaires R71:

Bien des penseurs anarchistes sont aussi arrivés à ces conclusions, l’abolition de l’état et du salariat fut même source de tension entre anarchistes et communistes autoritaires d’état, emmenés par Marx et Engels, durant la 1ère internationale. Sur le fond, il y a concordance, la divergence fut sur les moyens d’y parvenir, l’heure n’est plus à la division idéologique mais au regroupement dans l’essence de la lutte pour retrouver l’essence de la vie tant malmenée par les tares cancéreuses que son l’État et le capitalisme.

Aujourd’hui, la forme achevée du capitalisme veut ultimement se débarrasser de son compère l’État pour mettre en place la grille eugéniste de contrôle planétaire gérée par le capital transnational.

Nous sommes entrés dans la phase de vérité pour l’humanité: l’esclavage sous sa forme moderne généralisée ou réalisation de la communauté universelle de l’Être, embrassant la complémentarité de sa diversité et rejetant les antagonismes induits n’ayant plus lieu d’être. Ce qu’avec Gustav Landauer nous appelons: la Société des Sociétés

Il en est de même pour le salariat ; car après avoir proclamé l’abolition de la propriété privée et la possession en commun des instruments de travail, comment peut-on préconiser, sous une forme ou sous une autre, le maintien du salariat ? Et c’est bien, cependant, ce que font les collectivistes lorsqu’ils nous préconisent les bons de travail.
Si les socialistes anglais du commencement de ce siècle ont prêché les bons de travail, cela se comprend. Ils cherchaient simplement à mettre d’accord le Capital et le Travail. Ils répudiaient toute idée de toucher violemment à la propriété des capitalistes. Ils étaient si peu révolutionnaires qu’ils se déclaraient prêts à subir jusqu’au régime impérial, pourvu que ce régime favorisât leurs sociétés de coopération. Au fond, ils restaient bourgeois, charitables si l’on veut, et c’est pourquoi — Engels nous le dit dans sa préface au manifeste communiste de 1848 — à cette époque les socialistes étaient des bourgeois, tandis que les travailleurs avancés étaient communistes.”

~ Pierre Kropotkine, “La conquête du pain”, 1892 ~

Lectures complémentaires:

Abolition du salariat et de l’État:

https://resistance71.wordpress.com/2018/11/18/resistance-politique-communisme-et-anarchie-1ere-partie-pierre-kropotkine/

La_Conquête_du_Pain_Kropotkine

Notre page « Pierre Kropotkine »

Kropotkine_Entraide_facteur_de_levolution

Un monde sans argent: le communisme

Ecrits-choisis-anarchistes-sebastien-faure-mai-2018

Appel au Socialisme Gustav Landauer

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

 


VIVE LA COMMUNE !…

Pédagogie critique de libération des opprimés avec Paulo Freire (suite): Extension ou Communication

Posted in actualité, altermondialisme, gilets jaunes, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 25 avril 2019 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

25 avril 2019

 

Nous vous proposons de larges extraits d’un essai de l’éducateur radical brésilien Paulo Freire qu’il rédigea en 1969 peu avant sa « Pédagogie des opprimés », cet essai représente le second volet de la genèse de son œuvre phare pédagogique.

Dans cet essai il est question d’extension [de zone rurale] et de la communication à véritablement employer pour communiquer avec les paysans des zones impliqués. Ceci est un exemple lié à la nature agraire de la société brésilienne de cette époque, mais est parfaitement adaptable, intégrable plutôt, à toute conjoncture socio-politique.

Dans cet essai il mentionne certains thèmes clef qu’il développera plus avant dans sa « pédagogie des opprimés »:

« Les êtres humains sont humains parce qu’ils existent dans et avec le monde. Cette existence implique une relation permanente au monde aussi bien qu’une action exercée sur celui-ci. Ce monde, parce que c’est un monde d’histoire et de culture, est un monde d’hommes et de femmes, pas seulement un monde de “nature”. »

« […] Le véritable humanisme qui sert les êtres humains, ne peut en aucun cas accepter la manipulation sous quelque forme que ce soit. Pour l’humanisme, il n’y a aucune autre voie que celle du dialogue. S’engager dans le dialogue, c’est être véritable. Pour le véritable humanisme, s’engager dans le dialogue n’est pas s’engager sans implication réelle. « 

« Avec le dialogue, l’invasion culturelle ne peut pas exister. Il n’y a pas de manipulation dialogique ni de conquête, cette démarche est impossible. Ces termes sont exclusifs l’un de l’autre. »

« L’éducation est communication et dialogue. Elle n’est pas le transfert de connaissances, mais la rencontre de sujets en dialogue à la recherche de la signification de l’objectif de savoir et de penser. »

 

Paulo_Freire_Extension ou Communication
(version PDF de Jo)

Bonne lecture !…

 

Lectures complémentaires:

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

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Francis_Cousin Ce n’est qu’un début…

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Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Manifeste pour la Société des Sociétés

 

 

Message zapatiste pour le centenaire de l’assassinat d’Emiliano Zapata… (EZLN)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 24 avril 2019 by Résistance 71

 

 


SCI Moisès

 

Message de l’armée zapatiste de libération nationale à l’occasion du centenaire de l’assassinat du général Emiliano Zapata

 

ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE

 

MÉXICO

 

Avril 2019

 

À la famille et aux amis de Samir Flores Soberanes,

À l’Assemblée de la résistance d’Amilcingo,

Au Front des peuples en défense de la terre et de l’eau Morelos-Puebla-Tlaxcala,

Au Congrès national indigène,

Au Conseil indigène de gouvernement,

À la Sexta nationale et internationale,

Aux réseaux de soutien au CIG et aux réseaux en résistance et rébellion,

À celles et ceux qui luttent contre le système capitaliste,

Frères et sœurs,

Compañeros et compañeras,

C’est le sous-commandant insurgé Moisés qui vous écrit au nom des femmes, des hommes, des enfants et des anciens zapatistes. Les mots que nous vous envoyons sont collectifs et c’est à moi, en tant que porte-parole de l’EZLN, qu’il revient de les écrire.

De la même manière, l’accolade envoyée depuis les montagnes de sud-est mexicain et qui arrive aujourd’hui aux dignes terres d’Emiliano Zapata et de ses successeurs – comme l’a été et l’est Samir Flores Soberanes, notre frère et compañero de lutte dans la défense de la vie – n’est pas seulement la mienne mais celle de tous les peuples zapatistes tzotziles, choles, tojolabales, zoques, mames, métisses et tzeltales.

Recevez-la, frères et sœurs, car c’est une accolade que nous vous envoyons nous, les zapatistes de l’EZLN, parce que nous vous respectons et nous vous admirons.

Nous n’avons pas pu être présents avec vous mais c’est ce que nous aurions voulu. La raison [de notre absence] est très simple et elle porte le drapeau du mauvais gouvernement. En effet, dans nos montagnes et vallées, la présence militaire, policière, paramilitaire ainsi que celle d’espions, de taupes et d’informateurs a augmenté. Les survols d’avions et d’hélicoptères militaires ont fait leur réapparition et avec eux, les opérations des véhicules d’assaut, comme au temps de Carlos Salinas de Gortari ; d’Ernesto Zedillo Ponce de León, tuteur politique de l’actuel titulaire du pouvoir exécutif ; de Vicente Fox Quesada après la trahison des Accords de San Andrés ; du psychopathe Felipe Calderón Hinojosa ; et du voleur à cravate et à mèche Enrique Peña Nieto. C’est la même chose mais aujourd’hui avec une plus grande fréquence et une plus grande agressivité.

Et les patrouilles et les survols ne suivent pas les routes du narcotrafic, ni les caravanes épuisées des frères et sœurs migrants fuyant une guerre qui refuse de dire son nom…pour entrer dans une autre que cache un pouvoir exécutif fédéral bavard et querelleur. Non, cette menace de mort parcourt les airs et les terres des communautés indigènes qui ont décidé de se maintenir en résistance et rébellion pour défendre la terre car la vie est en elle.

De plus, aujourd’hui, des membres de l’Armée fédérale et des Forces aériennes s’aventurent dans les montagnes et apparaissent dans les communautés en disant que la guerre arrive et qu’ils n’attendent que les ordres du “grand chef”. Et certains se font passer pour ce qu’ils ne sont pas, et qu’ils ne seront jamais, afin de connaitre les supposés “plans militaires” de l’EZLN, ignorant peut-être que l’EZLN dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit… Ou peut-être leur plan consiste-t-il à monter une provocation pour ensuite rendre coupable l’EZLN de ses conséquences, selon la même méthode qu’utilisèrent à leur époque Ernesto Zedillo Ponce de León et son larbin Esteban Moctezuma Barragán, aujourd’hui chargé de tendre une embuscade au corps enseignant démocratique.

En réalité, le mauvais gouvernement actuel ne se distingue pas de celui de ses prédécesseurs. Ce qui change maintenant, c’est la justification : aujourd’hui la persécution, le harcèlement et les attaques à nos communautés sont réalisées au nom “du bien de tous” et se font sous le drapeau de la supposée “IVème transformation”.

Mais ce n’est pas de cela dont nous voulions vous parler. Après tout, n’importe quelle dénonciation est ensuite discréditée par le pouvoir exécutif fédéral, qui la range dans la catégorie “radical de gauche conservatrice”. Est-ce à dire que quiconque n’ayant pas de salaire et critique le suprême gouvernement n’arrive même pas à être un “fifi” [utilisé par López Obrador pour désigner les “jeunes conservateurs”, les “fils à papa”, qui s’opposent à sa politique] ? Serait-ce ça ? À moins que la réalité ne réside dans les déclarations matinales dévorées ensuite en festin par ses légions sur les réseaux sociaux, dites “modernes” seulement parce que le fanatisme qu’elles suscitent est digital ; n’utilisent-ils pas les mêmes arguments que ceux qui ont applaudi et applaudissent encore les excès des tyrannies qui ont existé dans le monde? On pourrait bien leur répéter les mots d’Emiliano Zapata Salazar : “En tous temps, l’ignorance et l’obscurantisme n’ont produit que des troupeaux d’esclaves pour la tyrannie.“

Concernant ce qui se passe sur ces terres chiapanèques, et bien, c’est exactement la même chose que ce que nous endurons depuis déjà plus de 25 ans. Et nous répétons ce que nous avons déjà signalé : là-bas en-haut, c’est la même chose…et ce sont les mêmes. Et la réalité leur enlève le maquillage grâce auquel ils voudraient simuler un changement.


3RI

Frères et sœurs,

Compañeros et compañeras,

Ce que nous voulons vous dire, vous faire remarquer, c’est à quel point votre résistance est grande.

Non seulement en tant que symbole parce que vous la portez face à ceux d’en-haut qui célèbrent une trahison, celle qui a assassiné un individu du nom d’Emiliano Zapata Salazar et qui a échoué dans la tentative de mettre fin à une cause ; celle qui aujourd’hui subsiste dans de nombreux sigles sur tout le territoire que nous appelons encore le Mexique : le zapatisme.

Votre cause est source d’inspiration pour n’importe quelle personne honnête de ce monde, car votre lutte est pour la vie. Ce n’est pas un pari pour de l’argent, des postes ou des cadeaux. Elle se bat pour les générations futures qui ne pourront pas exister si l’arrogance du Chef triomphe et que les communautés sont détruites.

C’est pour cela que votre lutte mérite non seulement d’être saluée et soutenue, mais qu’elle elle devrait être reproduite dans tous les recoins de la planète où, sous le drapeau des supposés “ordre et progrès”, la nature et ceux qui l’habitent sont détruits.

Il y a des fois où les causes se concrétisent en une personne, un homme, une femme ou un.e autre. Et alors cette cause porte un prénom, un nom, un lieu de naissance, une famille, une communauté, une histoire. Comme pour Emiliano Zapata Salazar, c’est le cas pour le frère et compañero Samir Flores Soberanes qu’ils ont voulu acheter, qu’ils ont voulu faire se rendre, qu’ils ont voulu convaincre d’abandonner ses idéaux. Et puisqu’il ne s’est pas laissé faire, ils l’ont assassiné. Parce qu’il ne s’est pas vendu, parce qu’il ne s’est pas rendu et parce qu’il n’a pas capitulé.

Ceux qui se sont sentis soulagés par son assassinat, et qui ont ensuite réalisé une supposée “consultation”, se moquant ainsi de la tragédie, ont pensé que tout était terminé, que la résistance contre un mégaprojet, criminel comme tous les mégaprojets, s’éteindrait avec les larmes qu’ont arrachées l’absence de notre frère et compañero.

Ils se sont trompés, comme se sont trompés Carranza et Guajardo quand ils ont cru que Chinameca était la fin de Zapata.

Tout comme se trompe l’actuel pouvoir exécutif fédéral quand, étalant son ignorance sur l’histoire et la culture du pays qu’il dit “diriger” (son livre de chevet n’est pas “Qui gouverne” mais “Qui dirige”), prétend rendre amis Francisco I. Madero et Emiliano Zapata Salazar. Car, tout comme Madero a voulu acheter Zapata, le mauvais gouvernement a voulu acheter Samir et les peuples qui résistent avec des aides, des projets et bien d’autres mensonges.

Les peuples et Samir ont répondu avec leur détermination à la résistance, et cela aurait rendu fier Emiliano Zapata qui faisait remarquer qu’on ne l’achetait pas avec de l’or et qu’ici (en terres de Morelos) il restait encore des hommes – et nous ajoutons “et des femmes et des autres” – avec un peu de vergogne.

L’ignorance et l’arrogance qui donnent une identité à l’actuel chef du mauvais gouvernement, ne sont pas non plus nouvelles. Comme ce n’est pas non plus nouveau qu’il ait une cour d’adulateurs, un groupe de canailles qui arrangent l’histoire pour le compte du tyran et le présentent comme le point culminant de tous les temps. Et ils l’applaudissent et répètent, avec une lèche sans pudeur, toutes les idioties qui sortent de sa tête. Lui, il décrète que le néolibéralisme est terminé et sa cour arrange les chiffres, les faits, les projets pour les occulter derrière la scène de l’auto-dénommée “Quatrième transformation”, qui n’est rien de plus que la continuation et l’approfondissement de l’étape la plus brutale et sanguinaire du système capitaliste.

Mais, en plus, le groupe d’adulateurs que le tyran convoque, est rejoint par des larbins de tous types et de toutes conditions, ceux qui n’ont plus de vie, et tuent, pour satisfaire les désirs manifestes ou supposés du cerbère de service.

C’est pour ça que le titulaire de l’exécutif n’a pas besoin d’ordonner qu’on assassine, qu’on fasse disparaître, qu’on dénigre, qu’on calomnie, qu’on emprisonne, qu’on renvoie, qu’on bannisse ceux qui ne lui rendent pas de culte.

Il suffit que sur l’estrade ou dans les médias ou dans les réseaux sociaux, il exerce ce que lui appelle le “droit de réplique” pour que les larbins voient de quelle manière accomplir les désirs de leur maître et seigneur.

Mais tous les tyrans ont peur quand se lève une cause juste et humaine, comme la vôtre – qui est la nôtre.

Ils pensent qu’en assassinant les leaders et les visages visibles, les causes meurent avec eux.

Nous ne savons pas qui a assassiné le compañero Samir. Nous savons qui l’a signalé. Qui, avec une voix geignante et hystérique, l’a fait remarqué pour qu’ensuite des sicaires, soucieux de faire plaisir au chef des forces armées fédérales, accomplissent la sentence prononcée sur l’estrade convertie en tribunal.

Il n’y a pas eu de “droit de réplique” pour Samir Flores Soberanes, il n’y en a pas non plus pour les peuples qui résistent contre le projet de mort appelé “Projet intégral Morelos”, alors que ce mégaprojet n’apportera de bénéfices qu’aux grands capitalistes basés en Italie et en Espagne, le même pays auquel on réclame de demander pardon pour la conquête qui a commencé il y a 500 ans et qu’aujourd’hui le mauvais gouvernement poursuit.

Tout cela, vous, vous le savez déjà, sœurs, frères, compañeros, compañeras. Mais nous le répétons à cause de l’assassinat de Samir qui nous met en colère et en rage et à cause de l’arrogance de celui qui là-bas en haut croit qu’il dirige mais ne gouverne même pas.

Nous sommes en colère, nous sentons cette rage parce qu’à ceux d’en bas ne sont offerts que le mépris des aumônes déguisées en programmes d’assistance ou les menaces pour qui refuse de se plier ; et que pour ceux d’en-haut, qui trahissent ensuite ceux qu’ils caressent aujourd’hui, il y a des sourires, des acclamations et des déclarations tranquillisantes.

Compañeros et compañeras,

Frères et sœurs,

Nous savons aussi que celui-ci, tout comme les mauvais gouvernements antérieurs, veut détourner l’image d’Emiliano Zapata Salazar pour que, avec sa mort, meure aussi la défense de la terre, qui est ce que nous, peuples originaires, appelons la vie.

Et nous savons le plus important, ce qui compte vraiment : nous, peuples originaires, poursuivrons la rébellion et la résistance.

Peu importe qu’ils nous appellent “conservateurs” ou qu’ils appelaient “bandits” les zapatistes de l’Armée libératrice du Sud il y a 100 ans.

Comme ses prédécesseurs, le mauvais gouvernement actuel et ses larbins “modernes” peuvent nous dire ce qu’ils veulent.

Notre parole et notre silence sont plus grands que leurs petits cris hystériques.

La lutte zapatiste persistera, les peuples originaires continueront à vivre.

Partout sur la planète, dans les villes et les campagnes, se construit aussi la lutte de groupes, collectifs et organisations de femmes, d’occupants, d’artistes, de jeunes, de scientifiques, de travailleurs, d’employés, d’enseignants, d’étudiants, d’autres.

Ce n’est pas leur taille qui compte mais leur fermeté. Avec eux, elles, elleux, avec respect et solidarité, il faudra ériger un réseau mondial de rébellion et de résistance contre la guerre qui, si le capitalisme triomphe, signifiera la destruction de la planète.

Les mauvais gouvernements viendront et s’en iront, mais la couleur de la terre persistera et avec elle toutes les couleurs de ceux qui dans le monde se refusent à la résignation et au cynisme, ceux qui n’oublient pas et ne pardonnent pas, ceux qui tiennent les comptes des dommages, des enfermements, des disparitions, des morts, des oublis.

Dans cette pensée et ce cœur collectifs, le monde qui aujourd’hui agonise renaîtra.

Les tyrans de toutes les couleurs tomberont avec le système qu’ils servent.

Et pour le monde, il y aura finalement une vie, comme la vie doit être, c’est-à-dire libre.

En attendant qu’arrive ce moment, chaque jour qui passe, nous ne cesserons de porter la vie de lutte d’Emiliano Zapata Salazar et de Samir Flores Soberanes.

Et dans notre lutte quotidienne, le cri qui est aujourd’hui notre drapeau deviendra réel : Zapata et Samir vivent, et la lutte continue pour…

LA TERRE ET LA LIBERTÉ !

Depuis les montagnes du sud-est mexicain,

Sous-commandant insurgé Moisés,

Mexique, avril 2019.

Source:

http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2019/04/21/message-de-larmee-zapatiste-de-liberation-nationale-a-loccasion-du-centenaire-de-lassassinat-du-general-emiliano-zapata/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+EnlaceZapatista+%28Enlace+Zapatista%29

 

 

Lectures complémentaires:

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