Archive pour août, 2017

Réflexions (optimistes) sur l’histoire et son sens… (Howard Zinn)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 29 août 2017 by Résistance 71

Ce qui suit est la traduction par nos soins d’extraits de réflexions, d’interventions publiques et d’entretiens de l’historien américain Howard Zinn, publiés dans son livre “Failure to Quit, Reflections of an Optimistic Historian”, ouvrage paru en 1993 aux éditions CCP (Common Courage Press)

Nous laissons nos lecteurs absorber ces pertinentes réflexions d’un grand historien et nous nous éclipsons de nouveau jusqu’au 10 septembre prochain environ…

Les PDF à lire et partager sans modération

Bonne lecture et à bientôt !…

~ Résistance 71 ~

 

“Ne pas connaître l’histoire, c’est comme être né hier.”
 » On ne peut pas être neutre dans un train en marche. »
(Howard Zinn)

 

Quelques réflexions d’un historien optimiste (1972-1993)

 

Howard Zinn

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 (août 2017) ~

 

Extrait d’un entretien avec David Barsamian (DB), journaliste, hôte d’émission de radio alternative politique émettant depuis Boulder, Colorado, en 1992…

DB: Vous êtes très friand de citer souvent la fameuse phrase de George Orwell: “Qui contrôle le passé contrôle le futur. Qui contrôle le présent, contrôle le passé.”

HZ: […] Ce que je pense qu’Orwell veut dire est l’observation très importante que si vous pouvez contrôler l’histoire, le narratif, ce que les gens savent de l’histoire, si vous pouvez décider de ce qui sera (ou non) dans l’histoire des gens, alors vous pouvez ordonner leur façon de penser ; vous pouvez ordonner leurs valeurs. Vous pouvez de facto organiser les cerveaux en contrôlant la connaissance. Les gens qui peuvent faire cela, qui peuvent contrôler le passé sont de fait les gens qui contrôlent le présent. Les gens qui dominent les médias, qui font publier les livres scolaires et universitaires, qui décident de ce que sont et seront les idées dominantes de notre culture, ce qui sera dit et ce qui ne le sera pas.

DB: Qui sont-ils ? Qui sont ces “gardiens du passé” ? Pouvez commenter là-dessus…

HZ: Ils sont essentiellement riches et blancs. Parfois on réfère à l’histoire des riches hommes blancs. Il y a une histoire qui est faite, écrite par des hommes blancs riches. Non pas que les historiens soient riches et blancs, mais les gens qui font publier les livres le sont, les gens qui contrôlent les médias qui décident quel historien inviter sur les chaînes de grande écoute. Tous ces gens qui contrôlent les grands médias sont riches. […]

DB: Vous avez fait cet époustouflant commentaire disant que l’objectivité et l’érudition dans les médias et ailleurs ne sont pas seulement “dangereuses et trompeuses, mais qu’elles ne sont pas désirables”.

HZ: J’ai en fait dit deux choses à ce sujet que un, elles n’étaient pas possibles et deux elles n’étaient pas désirables.. Pas possible parce que toute l’histoire est une sélection d’un nombre infinis de faits. Dès que vous commencez à sélectionner, vous sélectionnez en rapport avec ce que vous croyez qui est important. Ce n’est déjà plus objectif. […]

Certaines personnes affirment être objectives. C’est la pire des choses à affirmer. Pourquoi ? Parce que vous ne pouvez pas l’être. […] Devant l’étendue des faits historiques, il n’est pas possible d’être objectif et quand bien même cela soit possible, ce n’est pas désirable. […] Nous devrions avoir l’histoire qui mette en valeur l’humain, les valeurs humaines et de fraternité, de paix, de justice et d’égalité. […]

DB: Comment filtrez-vous ces biais ? Le pouvez-vous ?

HZ: Comme je l’ai dit je possède mes propres penchants, ainsi si je parle ou écris quelque chose au sujet de Christophe Colomb, je vais essayer de ne pas cacher le fait que Colomb a fait une chose remarquable en traversant l’Atlantique et en s’aventurant dans des eaux et endroits inconnus. Cela demandait un grand courage physique à cette époque et de grandes qualités de marin et de navigation. L’évènement fut remarquable en bien des points. Je dois dire tout cela  afin de ne pas omettre ce que la plupart des gens voient de positif en Colomb, mais je dois aussi continuer pour dire et expliquer certaines choses à son propos qui sont bien plus importantes que ses qualités de marin, que le fait qu’il ait été très religieux. Je dois parler du traitement qu’il réserva aux gens qu’il trouva sur ce continent. La mise en esclavage, la torture, les exécutions, les assassinats gratuits, la déshumanisation de ces peuples. C’est aussi une chose très importante.

Il y a une façon très intéressante par laquelle vous pouvez formuler une phrase et qui va montrer ce sur quoi vous mettez plus d’importance et ceci aura deux résultats bien différents. Vous pouvez cadrer l’affaire Christophe Colomb de la façon dont l’a fait l’historien de Harvard Samuel Elliot Morison: Colomb a commis un génocide, mais c’était un marin extraordinaire. Il a accompli une chose absolument remarquable en trouvant ces îles de ce nouveau continent. Où est placée l’emphase ici ? Il a commis un génocide mais…. c’était un excellent marin. Moi je dis, il fut un bon marin, mais il a traité les autochtones avec la plus grande des cruautés et a commis un vaste génocide. Ceci représente deux façons bien différentes de narrer le même évènement. Tout dépend de quel côté du “mais” vous vous trouvez, vous montrez là votre penchant. Je pense qu’il est bon pour nous de mettre nos biais, nos penchants en direction d’une vision humaine de l’histoire.

DB: En plus d’annihiler la population indigène, les Européens ont dû mettre en place le marché des esclaves et amener des Africains pour travailler la terre.

HZ: Lorsque les Indiens furent décimés comme esclaves, c’est alors que le marché intercontinental prit place et qu’un autre génocide eut lieu, des dizaines de millions d’esclaves noirs furent amenés, mourant par millions dans le trajet au gré du temps, mourant aussi en grand nombre une fois à destination.

DB: Dans un article de l’intellectuel Alan Dershowitz, celui-ci parle de l’unicité de l’holocauste juif en termes de génocide, qu’il est la référence. Acceptez-vous cela ?

HZ: Chaque génocide est unique. Chaque génocide possède ses propres caractéristiques historiques. Mais je pense que c’est faux et nous devrions tous comprendre cela ; prendre un génocide et se concentrer dessus au prix de négliger les autres et agir comme s’il n’y avait eu qu’un seul grand génocide dans l’histoire du monde et que personne ne devrait rapporter les autres sous prétexte que c’est une pauvre analogie. […]

Il y a un point de vue qui perpétue une vision, une notion élitistes de l’histoire, l’idée que l’histoire est faite par le haut et que si nous voulons faire des changements, nous devons dépendre et faire confiance à nos présidents, à nos tribunaux, conseils d’état, notre congrès d’élus. Si l’histoire me montre quelque chose, c’est bien que nous ne pouvons en aucun cas dépendre de ces gens du haut de la pyramide pour qu’ils opèrent les changements nécessaires vers la justice, la paix ; non,  pour cela nous devons dépendre des mouvements sociaux, c’est ce que l’histoire nous enseigne.

Objections à l’objectivité (1989)

[…] Je ne pouvais possiblement pas étudier l’histoire de manière neutre. Pour moi, l’histoire a toujours été une bonne manière de comprendre et d’aider à changer ce qui n’allait pas dans le monde.

[…] Ainsi, le grand problème au sujet de l’honnêteté historique n’est pas le mensonge éhonté ; mais c’est l’omission ou la mise sous étiquette de trivialité de données importantes. Et là, de la définition du mot “important” va bien entendu dépendre des valeurs de chacun. […] Ainsi les historiens n’ont-ils pas été “objectifs” en regard de la guerre. […] Un bon nombre d’historien, dans l’atmosphère frigorifique de la guerre froide dans les années 1950, sélectionnèrent leurs faits historiques pour se conformer à la position du gouvernement.

[…] Ainsi, dans le cas des Etats-Unis, l’assassinat de plus d’un million de Vietnamiens et le sacrifice de la vie de 55 000 jeunes Américains furent perpétrés par des hommes hautement éduqués gravitant autour de la Maison Blanche, des gens qui auraient impressionné lors de l’examen du New York Times. Ce fut un Phi Beta Kappa McGeorge Blundy, qui fut un des chefs responsables du bombardement des civils en Asie du Sud-Est. Ce fut un professeur de Harvard, Henry Kissinger, qui fut le stratège derrière la guerre de bombardement secrète de pauvres villages paysans au Cambodge.

Arrières pensées sur le premier amendement de la constitution (1989)

Une des choses que j’ai vraiment tirée en lisant et étudiant l’histoire fut de commencer à être sérieusement désabusé par la notion de ce qu’est la démocratie. Plus je lis l’histoire, et plus il me semble que clairement quelque soit le progrès qui a été fait dans ce pays sur bien des points, quoi qu’il ait été fait pour le peuple, quelque droit qui ait été gagné, ceci n’a pas été fait par la délibération et la vision du congrès du peuple ni par la sagesse des différents présidents, ni des décisions ingénieuses de la Cour Suprême. Tout progrès accompli dans ce pays l’a été par les actions des gens ordinaires, par les citoyens, les mouvements sociaux. Pas de la Constitution…

En fait la constitution n’a eu aucune importance. Elle fut ignorée pendant plus d’un siècle. Le 14ème amendement (NdT: celui sur l’égalité des droits raciaux, qui n’existait pas dans la constitution originale puisque tous ceux qui l’ont écrite, à de très rares exceptions près, étaient blancs, riches et propriétaires d’esclaves…) n’a eu quasiment aucune signification jusqu’à ce que les noirs américains se soulèvent dans les années 1950 et 1960 dans le sud et créèrent des mouvements de masse dans les endroits les plus difficiles, plus durs, plus dangereux pour quiconque de se soulever, où que ce soit.

[…] En fait voilà ce qu’est la démocratie. C’est ce que des gens font au nom de besoins humains en dehors, parfois même contre la loi, même contre la constitution. Lorsque la constitution était en faveur de l’esclavage, les gens durent aller non seulement contre la loi mais aussi contre la constitution elle-même dans les années 1850 lorsqu’ils pratiquaient toute cette désobéissance civile contre la loi sur les esclaves fugitifs. Les gens doivent créer le désordre, ce qui va à l’encontre de ce qu’on nous a appris au sujet de la loi et de l’ordre dans la société  car “vous devez obéir à la loi” et “force reste à la loi”. Obéissez à la loi, obéissez à la loi. C’est une merveilleuse façon de contenir les choses n’est-ce pas ?…

[…] Au sujet de la liberté de parole (1er amendement de la constitution américaine), où allez-vous obtenir votre information ? Le gouvernement vous ment. Il dissimule l’information, la maquille, vous induit en erreur. Vous devez toujours avoir quelque chose à dire. Vous devez avoir des sources indépendantes d’information (NdT: Zinn écrivait ceci en 1989, si l’internet existait, il n’en était qu’à ses balbutiements et n’avait pas l’audience d’aujourd’hui. L’info indépendante était très rare. L’internet est la presse de Gütemberg 2.0, une seconde révolution de l’information…)

Il y a encore beaucoup à faire pour parler, dire ce que nous pensons… Nous avons besoin d’une information. Les gens doivent savoir, s’informer. Les gens doivent répandre l’information. C’est un boulot qui doit nous engager individuellement, tous autant que nous sommes, quotidiennement et non pas seulement de temps en temps.

C’est çà le boulot de la démocratie.

A quel point l’enseignement supérieur est-il libre ? (1991)

[…] L’environnement de l’éducation supérieure est unique dans notre société. C’est la seule situation où un adulte, qu’on regarde comme un mentor, est seul avec un groupe de jeunes gens pour une période de temps établie, définie, agréée et peut assigner n’importe quelle lecture qu’il ou elle choisit aussi bien que de discuter avec ces jeunes gens de quelque sujet que ce soit sous le soleil. Il est vrai que le sujet peut être défini dans le cadre d’un curriculum, par le catalogue de la description du cours et des prérogatives éducatives, mais ceci est bien peu de chose comme obstacle pour un enseignant direct et imaginatif, spécifiquement en littérature, philosophie et en sciences sociales comme l’histoire, qui offrent des possibilités illimitées de discussions libres sur des sujets d’ordre politique et social. Pourtant, c’est exactement cette situation, dans les salles de classe de l’enseignement supérieur, qui effraie au plus haut point les gardiens, les cerbères du statu quo.

Et pourtant, lorsque les professeurs utilisent de facto cette liberté, introduisant de nouveaux sujets, de nouvelles lectures, des idées folles, défiant l’autorité, critiquant la “civilisation occidentale”, perturbant la classification des “grands livres de la littérature occidentale” comme établie par certaines autorités éducatives du passé, alors les “gardiens de la haute culture” auto-proclamés deviennent des chiens enragés.

[…] Lorsque j’ai enseigné l’histoire américaine, j’ai ignoré les canons de l’orthodoxie, ces livres dans lesquels les personnes héroïques étaient systématiquement les présidents, les généraux, les industriels, les grands entrepreneurs. Dans ces manuels, les guerres étaient traitées comme des problèmes de stratégie militaire et aucunement des problèmes moraux. Christophe Colomb, Andrew Jackson et Theodore Roosevelt étaient vus comme des héros de la “démocratie” en marche, sans un mot sur les objets de leur violence.

J’ai suggéré que l’on approche Colomb et Jackson du point de vue de leurs victimes, que nous regardions plus en détail la réussite magnifique du chemin de fer transcontinental du point de vue des ouvriers irlandais et chinois, qui moururent par milliers en le construisant.

Commettais-je alors ce terrible pêché qui fait bouillir les fondamentalistes d’aujourd’hui: “politiser le programme d’histoire ?..” Y a t’il un seul rendu d’une loi constitutionnelle, une seule narration d’un fait historique ayant trait aux Etats-Unis, qui puissent échapper à être vu depuis un angle politique ?

[…] Dans mon enseignement, je n’ai jamais caché mes vues politiques: mon dégoût de la guerre et du militarisme, ma colère contre l’inégalité raciale, ma croyance en un socialisme démocratique, en une distribution juste de la richesse du monde. Prétendre à une “objectivité” qui soit à la fois impossible et indésirable me semblait être malhonnête.

Je disais le plus clairement du monde au début de chaque cours que je donnerai mon point de vue sur le sujet que nous discuterions, que je serai le plus équitable possible avec les autres points de vue et que je respecterai au plus haut point le droit des élèves d’être en désaccord avec moi…

L’éducation supérieure, bien qu’ayant quelques privilèges spéciaux, est toujours bien entendu partie intégrante du système américain, qui est un système de contrôle ingénieux et très sophistiqué. Il n’est pas totalitaire ; ce qui permet toujours de l’appeler une “démocratie” est qu’il permet des fenêtres de liberté sur la base établie que rien ne mettra en danger la forme générale que prend le pouvoir et la richesse dans la société… Et oui, il y a en fait une certaine liberté d’expression dans le monde universitaire et académique. Comment puis-je à l’université de Boston ou Noam Chomsky au MIT ou David Montgomery à Yale, nier que nous avons plus de liberté à l’université que n’en aurions jamais eu dans le monde des affaires ou toute autre profession ? Mais ceux qui nous tolèrent savent très bien que nous sommes peu nombreux, que nos élèves aussi excité(e)s soient-ils/elles par les idées nouvelles, sortiront de l’université pour affronter un monde fait de pression et d’exhortations à la prudence. Ils savent aussi qu’ils peuvent nous citer comme des exemples de l’ouverture d’esprit du monde académique et du système à toutes les idées possibles.

[…] Ai-je eu une liberté d’expression dans mes salles de classes ? J’en ai eu une parce que j’ai suivi le précepte d’Aldous Huxley: “Les libertés ne sont pas données, elles sont saisies.”

Guerres justes et injustes (1991)

[…] Ce qui souvent se cache derrière cette affaire du “on ne peut rien faire au sujet de la guerre…” et du “la guerre, soyez réalistes, acceptez-la, essayez juste de rester en périphérie…” Le plus souvent, quelques minutes dans une discussion au sujet de la guerre ou d’une guerre, quelqu’un va dire: “de toute façon, c’est dans la nature humaine.” N’entendez-vous pas cela souvent ? Vous mettez un groupe de gens à parler de la guerre et à un moment donné, quelqu’un va dire: “c’est la nature humaine.” Il n’y a de fait absolument aucune preuve de cela. Il n’y a aucune évidence, aucune preuve génétique, pas de preuve biologique. Tout ce que nous avons ce sont des faits historiques et ceci n’est en rien la preuve d’une quelconque “nature humaine”, par contre c’est la preuve de circonstances.

Il n’y a pas de preuve biologique, génétique ni anthropologique. Quelle est la preuve anthropologique ? Vous étudiez ces “tribus primitives” comme les anthropologues les appellent, regardez ce qu’elles font et dites: “ah ! ces tribus sont féroces”, ou “ah ces tribus sont gentilles et pacifiques.” Rien n’est clair.

Et l’histoire alors ? Et bien il y a une histoire des guerres et il y a aussi une histoire de la gentillesse et de la compassion, de l’empathie.

[…] On n’a pas besoin d´étudier longtemps l’histoire des Etats-Unis pour voir et comprendre qu’elle est une longue histoire d’agression. De fait, une longe histoire d’agression ouverte et sans fioritures. […]

Christophe Colomb, les Indiens et le progrès humain de 1492 à 1992

George Orwell, qui était d’une grande sagesse, écrivit: “Qui contrôle le passé contrôle le futur et qui contrôle le présent contrôle le passé.” En d’autres termes, ceux qui dominent notre société sont en position de faire écrire nos histoires. Et s’ils peuvent faire cela, ils peuvent alors décider de nos futurs. Voilà pourquoi l’histoire, le narratif de l’affaire Christophe Colomb est très important.

Laissez-moi faire une confession. J’en savais très peu au sujet de Colomb jusqu’à il y a environ 12 ans quand j’ai commencé à écrire mon livre “Une histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours”. J’avais un doctorat en histoire de l’université de Colombia, c’est à dire que j’avais l’entraînement et la formation adéquats d’un historien, mais ce que je savais de Colomb était grosso modo ce que je savais de lui depuis l’école primaire. Quand j’ai décidé d’écrire “Une histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours”, j’ai aussi décidé d’en savoir plus sur lui. J’avais déjà conclus que je ne voulais pas écrire un survol de plus de l’histoire des Etats-Unis, je savais que mon angle d’approche serait différent. J’allais écrire au sujet des Etats-Unis depuis l’angle de vue de ces gens qui avaient été largement négligés par l’histoire classique et ses livres d’histoire: les indigènes de l’endroit, les esclaves africains importés, les femmes, les ouvriers et paysans, qu’ils soient natifs ou immigrants.

Je voulais raconter l’histoire du progrès industriel de la nation non pas du point de vue des Rockefeller, Carnegie et des Vanderbilt, mais du point de vue de ces gens qui travaillaient pour eux, dans leurs mines, dans leurs champs pétroliers et qui ont perdu leurs membres, leur santé ou leur vie en construisant leurs chemins de fer.

[…] Ainsi donc, comment devais-je raconter l’histoire de Colomb ? J’en conclus alors que je devais la raconter vue des yeux de ceux qui étaient là lorsqu’il arriva, ces gens qu’on appela “Indiens” parce qu’il croyait qu’il était en Asie.

[à lire pour plus de détails, notre traduction d’Howard Zinn: “Christophe Colomb et la civilisation occidentale” en deux parties, publiées en Septembre 2012 ~ https://resistance71.wordpress.com/2012/09/12/howard-zinn-ou-lhistoire-sous-bonne-influence-christophe-colomb-et-la-civilisation-occidentale1ere-partie/ )

[…] Les expéditions de Colomb ont-elles marqué la transition de la sauvagerie à la civilisation ? Quid de la civilisation amérindienne qui s’est construite au cours des millénaires avant l’arrivée de Colomb (NdT: dans la période dite “pré-colombienne”…) ? Las Casas et autres se sont émerveillés de l’esprit de partage et de générosité qui marqua les sociétés indiennes, les bâtiments communaux dans lesquels ils vivaient, leur sensibilité esthétique, l’égalitarisme notamment entre les hommes et les femmes.

Les colons britanniques d’Amérique du Nord furent stupéfaits du niveau de démocratie de la confédération des nations iroquoises, qui occupaient les terres de ce qui est aujourd’hui les états de New York et de Pennsylvanie, (NdT: l’Ontario et le Québec dans leurs parties aujourd’hui canadiennes). L’historien américain Gary Nash décrit la culture iroquoise: “Pas de lois ni de décrets ni d’ordonnances, pas de sheriffs ni de policiers, pas de juges no de jurés, pas de tribunaux ni de prisons, cet appareil autoritaire des sociétés européennes, ne pouvaient être trouvés dans les forêts du nord-est avant l’arrivée des Européens. Et pourtant, des limites de comportement acceptable étaient bien établies. Bien qu’étant très fiers de l’autonomie individuelle, les Iroquois maintenaient néanmoins un strict sens du bon et du mauvais…

Au cours de son expansion territoriale vers l’Ouest, la nouvelle nation des Etats-Unis vola les terres indiennes, massacra les indigènes lorsqu’ils résistèrent, détruisit leurs ressources en nourriture et leurs abris, les poussa dans des sections territoriales de plus en plus petites et organisa la destruction systémique de la société indienne.

[…] Ainsi, regarder le passé et Colomb de manière critique, c’est lever toutes ces questions au sujet du progrès, de la civilisation, de nos relations les uns avec les autres, de notre relation avec le monde naturel.

Vous avez probablement déjà entendu, comme cela m’est souvent arrivé, qu’il est en fait mal pour nous de traiter l’histoire de Colomb de la façon dont nous le faisons. Ce qu’ils nous disent en substance est ceci: “Vous prenez Colomb hors de son contexte, vous le regardez et l’analysez avec vos yeux et votre pensée du XXème siècle. Vous ne devez pas superposer les valeurs de notre temps sur des évènements qui ont eu lieu il y a plus de 500 ans. C’est a-historique.

Je trouve cet argument bizarroïde. Veut-il dire que la cruauté, l’exploitation, la veulerie, la mise en esclavage, la violence systémique contre des peuples sans défense ou presque, sont des valeurs péculières au XVème et XVIème siècles ? Que nous au XXème siècle sommes bien au-delà de tout çà ?… N’y a t’il pas certaines valeurs qui sont communes de l’époque de Colomb et de la nôtre ? La preuve de cela est que de son temps comme du nôtre, il y a eu des esclavagistes, des exploiteurs, de son temps comme du nôtre, il y a aussi eu ceux qui ont protesté contre ces ignominies, au nom de la dignité et des droits humains.

[…] Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour regarder le monde et son histoire d’un autre point de vue que celui sans cesse proposé. Nous devons le faire si nous voulons ce nouveau siècle qui vient être différent, si nous ne voulons pas qu’il soit un siècle américain, ou un siècle occidental ou un siècle blanc, ou un siècle mâle ou celui de quelque nation ou quelque groupe que ce soit, mais enfin un siècle de l’humanité.

Refus d’abandonner (1990)

Je peux comprendre le pessimisme, mais je n’y crois pas. Ce n’est pas simplement une affaire de croyance, mais de preuve historique. Juste suffisamment pour donner espoir, car pour l’espoir nous n’avons pas besoin de certitude mais seulement de possibilité.

[…] Il est certain que l’histoire ne recommence pas avec chaque décennie qui passe. Les racines d’une ère poussent et fleurissent dans des ères subséquentes. Des êtres humains, des écrits, des transmissions invisibles de toutes sortes, portent des messages au travers des générations. J’essaie d’être pessimiste pour faire comme certains de mes amis. Mais je pense aux décennnies passées et regarde autour de moi et là il m’apparaît que si le futur n’est pas certain, il est néanmoins possible.

= = =

Repose en paix Howard Zinn, grand historien de notre temps, ton héritage de pensée critique et humaniste est intarissable. 

Résistance 71

“Ce que l’histoire révisionniste nous enseigne est que notre inertie de citoyens à abandonner le pouvoir politique à une élite a coûté au monde environ 200 millions de vies humaines entre 1820 et 1975. Ajoutons à cela la misère non dite des camps de concentration, des prisonniers politiques, de l’oppression et de l’élimination de ceux qui essaient de faire parvenir la vérité en pleine lumière… Arrêtons le cercle infernal du pillage et des récompenses immorales et les structures élitistes s’effondreront. Mais pas avant que le majorité d’entre nous trouve le courage moral et la force intérieure de rejeter le jeu frauduleux qu’on nous fait jouer et de le remplacer par les associations volontaires ou des sociétés décentralisées, ne s’arrêteront le pillage et le massacre.”

~ Antony Sutton, historien, et professeur de sciences politiques, Stanford U, 1977 ~

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Résistance au colonialisme: Sortir de la torpeur idéologique et de la peur (Mohawk Nation News)

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Les éclaireurs de l’Amérique

 

Mohawk Nation News

 

24 août 2017

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/08/24/scouts-of-america/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les immigrants se disputent au sujet d’une pureté raciale immorale sur notre terre. Ils ont tout volé, nous ont assassiné pour ce faire et veulent que cela passe inaperçu.

Les fascistes ne sont pas intéressés à gagner une bataille ni dans la liberté d’expression ni dans de justes procès. Ils ont des intentions assassines et œuvrent pour le mondialisme sous le contrôle du petit nombre.

La résistance et la légitime défense sont de notre devoir pour protéger la terre et le peuple. Leurs agents à chemise brune ou noire ne viendront pas à notre secours. Charlottesville fut une opération psychologique afin de diviser les gens et pour les faire se battre les uns contre les autres.

Leur scenario est de nous faire peur et de nous briser. Ils ont peur d’entrevoir la vérité à leur propre sujet. Bien malheureusement, nos longues maisons (NdT: habitations traditionnelles iroquoises et par extension le lieu des assemblées populaires et des réunions de conseils) ont été infiltrées par de fausses croyances qui minimisent Kaianerekowa ou la Grande Loi de la Paix, qui est fondée sur l’authentique philosophie naturelle. Les adorateurs du culte religieux de Handesome Lake sont trop fainéants pour penser par eux-mêmes.

Tout comme les éclaireurs qui aidèrent l’armée à nous attaquer, ils sont utilisés jusqu’à ce qu’ils ne soient plus utiles. Lorsque Géronimo fut arrêté et envoyé en prison, ces éclaireurs furent emprisonnés avec lui.

Ils suivent leur leader fasciste qui est formé à conditionner leurs esprits avec des pensées de chaos et de destruction. La photo du leader et sa voix sont constamment flashés dans les médias afin de conditionner les masses.

Ils sont confortables à suivre un leader prédateur. Ils les attire et les insulte pour qu’ils fassent ce qu’on leur dit de faire. L’intonation calculée de la voix du leader crache des mensonges, des ordres et des fausses nouvelles. Il annonce la haine du jour à la foule ignorante, debout dans la pénombre et buvant chacune de ses paroles.

Ces suiveurs qui sont allongés au sol, saignant, se lèvent et prétendent que rien ne leur est arrivé ainsi le leader ne passe pas pour avoir tort. Photo op et manchettes de journaux.

Il rappelle à tout le monde qu’il possède la bombe qui peut annihiler le monde. La Russie, la Corée du Nord et d’autres ont aussi la bombe.

Il profère de fausses accusations diabolisantes contre quiconque le critique.

Beaucoup d’Américains sont SDF, ont faim, sont sans emploi ou en prison. Ils ont peur d’être poussés dans un autre monde, parmi des étrangers, sans argent. Leur vie n’a aucun sens sans leur leader prédateur.

Ils ne peuvent pas échapper à l’humiliation d’être virés, insultés et étiquetés comme terroristes.

Contrôle et guerre impérialiste perpétuelle… Modus operandi

Posted in actualité, altermondialisme, économie, canada USA états coloniaux, CIA et traffic de drogue, colonialisme, crise mondiale, documentaire, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 27 août 2017 by Résistance 71

Le plan de guerre de l’Empire

Résistance 71

Août 2017

Il suffit de regarder et d’analyser le modus operandi de l’empire anglo-américano-sioniste pour détruire un pays qui résiste à son hégémonie afin d’en tirer la trame standard. Voici comment l’affaire se déroule pas à pas même si tout n’est pas systématiquement employé, l’adaptation et l’innovation au fil tu temps étant aussi d’usage:

  • Envoyer un “assassin économique” dont le rôle est de pousser à la dette le pays concerné, le tout suivi de l’envoi de barbouzes de la CIA ayant pour fonction de former des agents provocateurs intra muros et de les superviser (principe de la corruption par la dette, qui si il échoue est remplacé par un coup d’état, ou une “révolution colorée”)
  • Commencer une campagne de propagande contre les dirigeants et le pays, campagne de diffamation et de diabolisation
  • Les accuser de posséder des armes de destruction massive
  • Dépeindre le pays et le régime comme refusant les plus simples des droits à son peuple
  • Pousser le monde à soutenir un embargo, des sanctions et/ou une zone d’interdiction de survol pour établir un “couloir humanitaire”
  • Commencer les bombardements, ainsi que le soutien et la formation au sol d’une “opposition” armée et d’escadrons de la mort, les protéger des atrocités commises pour terroriser la population et faire glisser la responsabilité sur le régime en place dont il veut se débarrasser
  • Faire ouvrir une banque centrale pour les Rothschild (sous contrôle de la Banque des Règlements Internationaux – BRI – basée à Bâle et dépendante de la City de Londres)
  • Privatiser à outrance et vendre les ressources naturelles à ses sbires des entreprises transnationales
  • Y établir des bases militaires américaines qui contrôleront le pays, instaureront un climat mafieux de terreur et favoriseront tous les trafics en tout genre générant une masse de fric à recycler par les banques et pour financer les opérations ne devant pas être connues ( trafic d’armes, de drogues, d’humains, d’organes)
  • Mettre un régime/gouvernement marionnette

Regardez simplement depuis la fin de la seconde guerre mondiale comment ce modus operandi s’est perfectionné au fil des années pour parvenir à sa plénitude actuelle:

Guatemala (1953), Iran (1956), Congo (1961), Vietnam (1962), Brésil (1964), Grèce (1967), Thaïlande (1971), Chili (1973), Argentine (1978), Nicaragua (1985), Panama (1989), Irak (1991), Afghanistan (2001), Irak (2003), Tunisie-Egypte-Libye (2011), Syrie (2011), Soudan (2013)

En préparation: Iran, Corée du Nord, Vénézuéla, Russie… Aucun pays, même “allié” n’est à l’abri.

Que ce soit clair pour tout le monde: l’empire (l’oligarchie eugéniste qui le mène) n’a pas vraiment d’alliés ou d’ennemis… il n’a que des intérêts à court, moyen et long termes…

Colonialisme, empire, sémantique et hégémonie culturelle (Steven Newcomb)

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Au sujet des idées qui ont émergé de la mentalité envahissante des colonisateurs

 

Steven Newcomb

 

4 août 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/ideas-emerged-invading-mentality-colonizers/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il y a plusieurs années, j’ai écrit au sujet d’une déclaration faite par L.C. Green dans son livre: The Law of Nations and the New World (1989). Dans une section titrée “Saisies de territoire dans l’Amérique coloniale”, le professeur Green disait qu’il était devenu “de plus en plus commun d’assumer pour les peuples aborigènes et ce depuis la fin de la seconde guerre mondiale, dans une variété de pays incluant le Canada, qu’ils sont les véritables propriétaires souverains des territoires qu’ils occupent.”

En réponse à cette assertion, Green disait que “Les peuples aborigènes (sa propre terminologie) tendent à ignorer le fait que le titre d’état ne dépend pas de la coutume locale ou de la morale, mais de la loi internationale.” Etant donné que le système politique appelé “l’État” est un système de domination. L’expression de Green dans sa phrase “le titre d’état” est en fait plus précisément le “titre de domination”.

Parce que le terme de “souverain” se traduit pas “dominor” en latin, ce qui est “dominateur” en anglais/français, la phrase de Green “les véritables propriétaires souverains” est en fait “les véritables dominateurs” (“dominorum”).

Quoi qu’il en soit, Green a esquivé le fait que les idées qu’il appelle “la loi internationale” ont émergé de l’esprit et du langage de “l’homme blanc” colonisateur. Green semble suggérer que seul l’esprit du colonisateur doit décider si des nations originelles du continent sont “les véritable propriétaires souverains” de leurs territoires traditionnels. Il semble même suggérer plus avant que les colonisateurs envahisseurs ont décidé il y a des générations de cela et que les nations originelles de ce continent ne sont pas les véritables propriétaires souverains de leurs territoires et que nous, peuples natifs, sommes maintenant et pour toujours sellés de cette décision faite par les colons.

Voici comment je lis et interprète l’argumentation de Green: Lorsqu’il s’agit d’évaluer les droits territoriaux des nations originelles et des peuples de ce continent, ces sujets ne seront JAMAIS décidés sur ce que nos ancêtres pensaient eux-mêmes de tout cela. Au lieu de cela, tout sera toujours décidé selon ce que les ancêtres de l’homme blanc pensaient et assumaient. C’est comme si Green disait que les idées de l’homme blanc devront prévaloir de manière PERMANENTE en tant que système de domination exercé sur nos nations et sur leurs territoires.

Pour être précis, Green n’a pas utilisé l’expression “homme blanc” dans ses écrits. Mais il a dit à un moment donné, “il est nécessaire de regarder l’histoire de l’établissement [colonial] vers l’ouest et la base légale de l’appropriation de territoire et de la souveraineté dans la loi internationale.” J’interprète ceci comme voulant dire qu’afin de répondre correctement aux questions au sujet des nations originelles de ce continent, “l’homme blanc” colonisateur doit observer les idées appelées “loi internationale”, créée par ses ancêtres. Green dit de surcroit que “la loi internationale telle qu’on la connaît aujourd’hui” est le résultat du “développement de la pratique des états chrétiens européens”. De manière plus spécifique, ceci réfère à ce qui était connu collectivement à l’époque comme la “chrétienté” ‘“christendom” en anglais ou “domination chrétienne”) ou “la communauté des richesses chrétiennes”,

Il y a une conséquence pour assumer que les nations et peuples natifs sont obligés d’obéir aux idées et aux jugements que les hommes blancs européens chrétiens ont créés il y a longtemps et légués à leurs descendants. Cette obligation assumée interdit les idées et les jugements créés par nos ancêtres, nos nations et nos peuples. Green apparaît dire que seules les idées du colonisateur seront utilisées pour juger si les idées des colonisateurs du passé étaient valides. En d’autres termes,, comme les colonisateurs du passé assumèrent que leurs idées, leurs jugements et leurs arguments étaient valides, nous sommes maintenant obligés d’accepter cette vision que leurs idées et arguments passés étaient et sont valides aujourd’hui, que nous sommes liés par cet état de fait.

Si nous demandons sur quelle base nos nations originelles sont dites obligées d’accepter sans rien dire les idées que l’invasion de l’homme blanc a créé dans le passé, la réponse est en fait assez simple: Les colonisateurs ont mentalement créé la vision [opinion] que leur dieu chrétien a rendu l’homme blanc “supérieur” et destiné à régner sur nos vies en créant tout un système de domination pour nous isoler et nous dominer. Les colons s’attendirent ensuite  à ce que nos ancêtres acceptent l’idée que “l’activité mentale imaginative” des colons fut la cause en quelque sorte de l’obligation de nos ancêtres d’accepter et de se conformer à cette activité mentale imaginative des colons.

Parce qu’aujourd’hui règne une acceptation générale des idées et arguments colonisants que les colons européens chrétiens créèrent il y a des siècles, il est typiquement assumé que nous, les peuples natifs, avons hérité de nos ancêtres, une obligation d’accepter servilement les idées et les jugements de domination des colonisateurs. En se référant à ces idées et jugements de l’homme blanc colonisateur comme étant “la loi” ou “la loi internationale”, les descendants actuels des colons ont rendu le système de domination colonial comme étant valide et non questionnable. Ceci veut dire que c’est maintenant à nous de décider comment et sur quelle base allons-nous défier les idées et jugements coloniaux.

Et si nous commencions déjà par montrer qu’il n’existe absolument pas de droit de domination.

= = =

A lire: « Païens en terre promise: décoder la doctrine chrétienne de la découverte »

Guerres impérialistes: Une intervention militaire yankee au Vénézuela semble se préparer…

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… Nous pensons que va se mettre en place (est déjà mis en place), le même type de scénario qu’en Ukraine, en Libye et en Syrie, ce sera une nouvelle intervention par procuration, forces spéciales et mercenaires à l’appui. Seul Chavez pouvait faire du Chavez et sa grande erreur fut de s’accrocher à l’État au lieu de l’abolir et de rendre le pouvoir aux assemblées populaires. Au bout du compte, le peuple vénézuélien seul, va encore payer.

= Résistance 71 ~

 

Les grandes manœuvres autour du Vénézuéla

 

Manlio Dinucci

 

22 août 2017

 

url de l’article en français:

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article8921 

 

Les projecteurs politico-médiatiques, focalisés sur ce qui se passe à l’intérieur du Venezuela, laissent dans l’ombre ce qui se passe autour du Venezuela. Dans la géographie du Pentagone, celui-ci entre dans l’aire du U.S. Southern Command (Southcom), un des six “commandements combattants unifiés” entre lesquels les USA divisent le monde.

Le Southcom, qui couvre 31 pays et 16 territoires de l’Amérique latine et des Caraïbes, dispose de forces terrestres, navales et aériennes et du corps des marines, à quoi s’ajoutent des forces spéciales et trois spécifiques task force : la Joint Task Force Bravo, basée dans la base aérienne de Soto Cano au Honduras, qui organise des exercices multilatéraux et autres opérations ; la Joint Task Force Guantanamo, basée dans la base navale homonyme à Cuba, qui effectue des “opérations de détention et interrogatoire dans le cadre de la guerre au terrorisme” ; la Joint Interagency Task Force South, basée à Key West en Floride, avec la mission officielle de coordonner les “opérations anti-drogue” dans toute la région. L’activité croissante du Southcorn indique que ce qu’a déclaré le président Trump le 11 août -“ Nous avons de nombreuses options pour le Venezuela, y compris une possible action militaire”- n’est pas une simple menace verbale.

Une force spéciale des marines, dotée d’hélicoptères de guerre, a été déployée en juin dernier au Honduras pour des opérations régionales avec une durée prévue de six mois. Dans le cadre toujours du Southcorn s’est déroulé en juin à Trinidad et Tobago l’exercice Tradewinds, avec la participation de forces de 20 pays des Amériques et des Caraïbes. En juillet s’est déroulé au Pérou l’exercice naval Unitas, avec la participation de 18 pays, et, au Paraguay, la compétition-exercice de forces spéciales de 20 pays. Du 25 juillet au 4 août, des centaines d’officiers de 20 pays ont pris part à la Panamax, exercice officiellement destiné à la “défense du canal de Panama”. Du 31 juillet au 12 août s’est déroulé à la Joint Base Lewis-McChord (Washington) le Mobility Guardian, “le plus grand et réaliste exercice de mobilité aérienne” avec la participation de 3000 hommes et 25 partenaires internationaux, en particulier les forces aériennes colombiennes et brésiliennes qui se sont exercées dans des missions diurnes et nocturnes avec des forces étasuniennes, françaises et britanniques. Le “scénario réaliste” est celui d’une grande opération aérienne, pour transporter rapidement des forces et armements dans la zone d’intervention. En d’autres termes, la répétition de l’intervention militaire au Venezuela menacée par Trump.

La base principale serait la Colombie voisine, reliée à l’Otan en 2013 par un accord de partenariat. “Du personnel militaire colombien – documente l’Otan- a pris part à de nombreux cours à l’Académie de Oberammergau (Allemagne) et au Nato Defense College à Rome, en participant aussi à de nombreuses conférences militaires de haut niveau”.

Qu’un plan d’intervention militaire au Venezuela existe déjà est confirmé par l’amiral Kurt Tidd, commandant du Southcom : dans une audition au sénat, le 6 avril 2017, il déclarait que “la crise humanitaire croissante au Venezuela pourrait rendre nécessaire une riposte régionale”. Pour réaliser la menace de l’”option militaire” de Trump, pourrait être adoptée, même dans un contexte différent, la même stratégie que celle mise en acte en Libye et Syrie : infiltration de forces spéciales et de mercenaires qui jettent de l’huile sur les foyers intérieurs de tension, en provoquant des affrontements armés ; accusation contre le gouvernement de massacrer son propre peuple et l’ “intervention humanitaire” qui en résulte par une coalition armée conduite par les USA.

Escroquerie du Réchauffement Climatique Anthropique: Vatican, réchauffement, terre plate et imbécilité ensoutanée…

Posted in actualité, réchauffement climatique anthropique, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 25 août 2017 by Résistance 71

Pour un archevêque du Vatican tout le monde devrait accepter que le réchauffement global est un fait

 

Lisa Bourne

 

19 juillet 2017

 

Source: https://wattsupwiththat.com/2017/07/22/vatican-archbishop-all-should-accept-that-global-warming-is-a-fact/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le grand ponte de l’académie des sciences pontificale du Vatican a encore interféré en disant que le déni du réchauffement climatique anthropique correspond à la mentalité de dire que “la terre est plate” (NdT: ce que soutenait l’église en son temps du reste et qui mena le physicien Bruno au bûcher pour  avoir refuser le dogme, et forçant la rétractation de Galilée…): “d’un point de vue scientifique, la phrase disant que la Terre est réchauffée par l’activité humaine est aussi vraie que la phrase: la Terre est ronde !” a dit l’archevêque Marcelo Sanchez Sorondo.

L’archevêque a été un promoteur zèlé et très constant de la théorie du réchauffement climatique anthropique comme étant une vue de l’église non-négociable, malgré le statut de protection de l’environnement soit une affaire de business et de gros sous.

L’idéologie du changement climatique [anthropique] continue à être contestée comme étant un plan perpétré avec des données manipulées par la gauche pour faire passer des législations environnementalistes et de nouveaux impôts.

L’archevêque Sorondo a désavoué les “négationnistes climatiques” dans un entretien récent avec Radio Vatican, comme étant “un infime minorité”.

L’entretien qui se tint en allemand contenait cette manchette: “Vatican: le changement climatique est un fait”, et se concentra sur la réception de l7encyclique du pape François “Laudato Si”, deux ans après sa diffusion.

L’archevêque Sorondo expliqua dans l’entretien pour dire que le changement climatique provoqué par l’Homme était considéré comme scientifique. Il ajouta que le pape avait non seulement le droit mais aussi le devoir de se reposer sur la cience en plus de la doctrine et philosophie en recherchant la vérité.

Si le pape s’exprimait sur un tel sujet, alors cela n’était pas arbitraire, a t’il dit, car la parole du pape n’est pas restreeinte au domaine de “la doctrine de la foi et de la morale”.

Le pape utilise les vérités de la science et de la philosophie non seulement pour expliquer aux hommes comment parvenir au paradis, a dit l’archevêque, mais aussi ce qu’il doit faire sur terre.

Toutes les activités humaines ont un rapport avec l’éthique. a dit l’archevêque argentin, elles sont donc déjà dans la juridiction du pape. Sorondo est un proche conseiller du pape François 1er et le chancelier à la fois de l’académie des sciences pontificale et l’académie pontificale des sciences sociales. Il a accueilli à plusieurs reprises des avocats pro-avortement et du contrôle de la population (NdT: idéologies pourtant diamétralement opposées et antimomiques du dogme catholique) au Vatican pour des conférences sous le prétexte de l’affaire climatique.

Le mois dernier, juste avant que le président Trump ait annoncé que les Etats-Unis se retireraient du controversé accord de Paris, l’archevêque a assimilé les sceptiques de l’idéologie climatique a des “croyants de la terre plate”. Un retrait de l’accord de Paris “ serait non seulement un désastre mais complètement anti-scientifique,” a t’il dit.

“Dire que nous devons nous reposer sur le charbon et le pétrole c’est  dire que la terre n’est pas ronde”, a déclaré Sorondo. “C’est une absurdité dictée par le besoin de faire de l’argent.”

Il a aussi répétitivement déclaré que ceux qui ne souscrivent pas au changement climatique anthropique sont soudoyé par l’industrie du pétrole. Il l’a réaffirmé dans un entretien avec Radio Vatican.

“Bien sûr, certains secteurs qui dépendent du lobby pétrolier, incluant quelques institutions catholiques ! – ne sont pas d’accord avec Laudato si”, a déclaré l’archevêque. “Avec cela ils génèrent des dégâts sérieux parce que le climat se détériore et même les opposants du changement climatique seront parmi les victimes à court ou long terme.”

Guerres impérialistes: Israël danger permanent pour le monde…

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D’après l’ancien officier de la CIA Philip Girardi Israël est vraiment dangereux

 

Jonas Alexis

 

21 août 2017

 

Url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2017/08/21/former-cia-officer-philip-giraldi-israel-is-really-dangerous/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Philip Giraldi a récemment écrit un article intéressant révélant quelques faits très compromettants pour Israël et le gouvernement turc. Il y a dit: “l’ancien conseiller à la sécurité Michael Flynn a été récemment obligé de s’enregistrer comme un agent de la Turquie après qu’il ait reçu 530 000 US$ de pots-de-vin afin de soutenir la vue d’Ankara en regard de ceux que le gouvernement turc pense être derrière le coup d’état de l’an dernier.”[1]

Ok, Flynn est un salaud. Mais qu’en est-il d’Israël, dit Giraldi ? “ironiquement, écrit-il, le lobby de gouvernement étranger le plus puissant et le plus influent à Washington est si dominant, qu’il a pu négliger de s’enregistrer ces 55 dernières années. L’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) a été en dernier lieu confronté par la FERA lorsque son prédécesseur, l’American Zionist Council fut mis sous pression par le ministère de la justice du président Kennedy en 1962 et 1963. “La mort de Kennedy a stoppé cet effort abruptement et mit fin aux tentatives de la Maison Blanche de tenir Israël pour responsable du développement de son programme d’armement nucléaire secret qui dépendait de matériel nucléaire quittant illégalement les Etats-Unis avec la complicité d’une entreprise privée locale en Pennsylvanie du nom de NUMEC [2]”

On peut débattre qu’israël a ses empreintes digitales partout sur la scène de l’assassinat de Kennedy. Israël, continue de dire Giraldi, continue de sucer le sang de l’Amérique sur un plan financier:

“Le pouvoir du lobby israélien et de l’AIPAC n’est pas gratuit pour le public américain. Les 3 milliards de dollars annuels qu’Israël reçoit bien qu’étant une économie de premier ordre, comme assistance militaire des Etats-Unis viennent s’ajouter aux 130 milliards de dollars qu’il a déjà reçu depuis 1949..

Protéger Israël dans les organisations internationales comme l’ONU a parfois marginalisé les Etats-Unis dans ces assemblées et l’influence du lobby sur la politique étrangère américaine a souvent été bien remarquée. En 2010, le général David Petraeus a déclaré que la politique d’Israël mettait les personnels militaires américains au Moyen-Orient en danger, il s’est néanmoins vite rétracté.” [3]

Ceci n’est pas rien. Et que diable ont donc fait les politiciens israéliens avec tout ce fric ? L’ont-ils utilisé d’une manière qui protègerait les Etats-Unis ? Non. En fait, ils ont historiquement et diaboliquement utilisé les propres armes de l’Amérique ainsi que l’argent du contribuable pour bombarder des soldats et vaisseaux américains. Vous rappelez-vous de l’affaire de l’USS Liberty ?

Le 8 juin 1967, pendant la guerre des six jours, Israël a bombardé le navire USS Liberty, tuant 34 militaires américains à son bord et en blessant des centaines d’autres. Israël attaqua le navire américain de logistique et de “recherche électronique” USS Liberty parce qu’ils pensèrent pouvoir blâmer l’attaque sur leur ennemi et ainsi forcer les Etats-Unis à entrer en guerre. Une fois pris la main dans le sac, les Israéliens déclarèrent que l’attaque fut une erreur, argumentant qu’ils n’avaient pas pu identifier le vaisseau, mais les preuves montèrent contre eux. [4] John J. Mearsheimer de l’université de Chicago et Stephen W. Walt d’Harvard appelèrent cet évènement “une tragique attaque” dans l’histoire. [5]

Bryce Lockwood, un sergent du corps des Marines, expert en langue russe, récipiendaire de l’étoile d’argent pour bravoure au combat et prêtre baptiste était à bord du USS Liberty.

“Pour Lockwood et bien d’autres survivants, la colère se mélange à l’incrédulité: qu’Israël puisse attaquer un allié important, puis attribuer l’attaque à une erreur d’identification par ses pilotes qui ont confondu ce navire américain si caractéristique avec un transporteur de chevaux de cavalerie égyptien qui était la moitié de cette taille et ne lui ressemblait pas du tout.

Et ils sont si incrédules que, pendant des années, leur propre gouvernement allait rejeter leurs appels pour que soit menée une enquête minutieuse.” “Ils ont essayé de s’en sortir en mentant !” crie Lockwood. “Je n’y crois pas une seule minute. Vous ne vous mettez simplement pas à tirer sur un navire en mer sans l’avoir identifié, vous être assurés que c’est la bonne cible !” Quatre décennies plus tard, beaucoup des quelques deux douzaines de survivants de l’USS Liberty localisés et interviewés par le journal de La Tribune ne peuvent toujours parler de cette attaque sans crier ou sangloter.”[6]

Les officiels américains ont largement accepté les affirmations que l’attaque fut un accident. Portant, le ministre des AE Dean Rusk et l’amiral Thomas Moorer ne virent absolument aucune preuve de cela et les documents montrent très clairement que les Israéliens savaient qui ils attaquaient, écrit James Barnford.

“Dès 10:55 du matin, les pontes israéliens savaient qu’ils avaient un navire espion américain dans leur entourage. Non seulement le vaisseau était clairement visible de l’ennemi depuis El Arish, mas il avait aussi positivement identifié par le QG de la marine israélienne.”

Avant l’incident, le commandant américain Prichas Pinchasy “envoya un rapport au chef des opérations navales au QG de la marine israélienne à Haïfa. Le rapport clairement stipulait que le navire américain qui croisait lentement au large d’El Arish était un navire de collecte d’informations électroniques de la marine américaine du nom de Liberty dont le numérotage de coque était GTR-5. Ce numéro d’identification était non seulement peint en grand des deux côtés de la proue et de la poupe, mais il avait aussi son nom peint en grand “USS Liberty” 146. Tout le monde à bord du navire croyait que les Israéliens savaient pertinemment ce qu’ils faisaient.

A 2:09, le porte-avions américain l’USS Saratoga, croisant au large de la Crète, confirma l’appel de détresse de l’USS Liberty. “Stand by pour plus de communication”, signala t’il. Après avoir mis les tourelles de tir hors d’usage, les pilotes israéliens visèrent les antennes du navire afin de couper sa voix et le rendre sourd ainsi il ne put plus demander de l’aide ni recevoir de communications. “C’est comme s’ils connaissaient leurs positions exactes” a dit Stan White, Senior Chief.

Le commandant de la NSA Dave Lewis en charge des opérations de surveillance sur le navire fut d’accord. “ Il me semble que chaque section pivotante de chaque antenne haute fréquence avait un trou dedans”, dit-il. Cela a demandé une grosse planification pour embarquer des missiles à détection thermique pour éliminer toutes nos communications au tout début de l’attaque…”

“Alors que les Israéliens continuaient leur massacre, ni eux, ni l’équipage du Liberty n’avaient idée que des témoins de la scène étaient présents très haut-dessus. Jusque maintenant. D’après les informations, les entretiens et les documents obtenus du corps secret pendant près de 35 ans, la NSA a caché le fait qu’un de ses avions étaient en train de voler au dessus de la zone au moment de l’incident, espionnant ce qu’il se passait dessous.”[7]

Le journal israélien Haaretz a rapporté que “les avions de l’armée de l’air  et les bateaux de la marine d’Israël qui ont attaqué le USS Liberty le 8 juin 1967, au sommet de la guerre des six jours, étaient parfaitement au courant qu’il s’agissait d’un navire de renseignement américain. Le rapport déclara que la NSA américaine, à laquelle appartenait le navire attaqué, fut capable d’intercepter les communications de l’armée de l’air israélienne durant lesquelles en plusieurs points les pilotes israéliens identifièrent le navire comme étant américain mais furent pousser à continuer l’attaque quoi qu’il en soit.”[8]

Quelques unes de ces transcriptions de communications sont dans les archives du gouvernement des Etats-Unis et prouvent sans l’ombre d’un doute que les Israéliens savaient pertinemment ce qu’ils faisaient.

“Le directeur adjoint des opérations de la NSA au temps de l’attaque sur l’USS Liberty, Oliver Kirby, est cité par le journal de la Tribune comme confirmant l’existence de ces transcriptions, disant également les avoir personnellement lues. “Ils disaient, nous l’avons dans le zéro.”  a dit Kirby, “quoi que cela veuille dire, je pense le visuel de quelque chose”, puis l’un d’entre eux a dit “Pouvez-vous voir le drapeau ?” Les pilotes ont dit “oui, c’est un américain, américain.” Ils l’ont dit plusieurs fois, il n’y avait donc aucun doute qu’ils le savaient.”[9]

Kirby est même allé jusqu’à dire que l’attaque était “quelque chose qui m’a gêné, perturbé toute ma vie, je suis prêt à jurer sur une pile de bibles que nous savions qu’ils savaint.”[10]

Pourtant, à la lumière de ces faits, “le gouvernement américain, soucieux et anxieux d’épargner la réputation d’Israël et de préserver son alliance avec les Etats-Unis, clôtura le dossier avec ce que les participants même disent maintenant avoir été une enquête particulièrement rapide et bâclée.”[11] Barnford note “Malgré les preuves accablantes qu’Israël avait délibérément attaqué le navire et tué tant de militaires, l’administration du président Johnson et le congrès couvrirent totalement l’incident.”[12] Q. Tony Hart, officier subalterne stationné au Maroc au moment des faits a déclaré après une grande réflexion sur l’incident: “Le président Johnson ne va pas entrer en guerre ou embarrasser un allié des Etats-Unis suite à la mort de quelques marins américains.”[13]

Le journal Haaretz a descendu la maisonnée sioniste le mois dernier en publiant un document d’archives prouvant sans l’ombre d’un doute que seul Israël fut derrière l’attaque sur l’USS Liberty.

“Dans le document, également publié sur le site internet de la CIA, une source anonyme est citée pour dire: “Ils ont dit que le ministre de la défense d’alors, Moshé Dayan, avait personnellement ordonné l’attaque sur le navire et qu’un de ses généraux, totalement opposé à l’opération s’était exclamé: “Ceci n’est que pur assassinat !”[14]

Il y avait bien plus au sujet de cette attaque que ce qu’on a bien voulu dire.

“Le nouveau livre cite une histoire rapportée par l’ambassadeur américain au Liban, Dwight Porter, que se rappelait d’une conversation entre un pilote israélien et la salle de commandement de l’armée de l’air israélienne, qui fut apparemment enregistrée par un avion de la NSA et câblé par inadvertance aux bureaux de la CIA à travers le monde:

– Pilote israélien à la Salle de commandement de l’armée de l’air israélienne (SCAAI): “C’est un navire américain, voulez-vous toujours que nous attaquions ?…”

– SCAAI au pilote: “Oui, suivez les ordres.”

-Pilote: “Mais c’est un navire américain… Je peux voir son drapeau !”

– SCAAI: “Aucune importance, attaquez-le.”[15]

Alors, Israël devrait-elle toujours être traitée comme allié des Etats-Unis ? Ne devrait-elle par être plutôt considérée comme un ennemi de l’Amérique et du reste du monde ?…

Notes:

[1] Philip Giraldi, “Should AIPAC Register as a Foreign Agent?,” American Conservative, July 28, 2017.

[2] Ibid.

[3] Ibid.

[4] See A. Jay Cristol, The Liberty Incident (Annapolis, MD: Naval Institute Press, 2013); James Scott, The Attack on the Liberty The Untold Story of Israel’s Deadly 1967 Assault on a U.S. Spy Ship (New York: Simon & Schuster, 2009); James M. Ennes, Assault on the Liberty: The True Story of the Israeli Attack on an American Intelligence Ship (New York: Ballantine Books, 1987).

[5] Mearsheimer and Walt, The Israel Lobby, 42.

[6] John Crewdson, “New Revelation in Attack on American Spy Ship,” Chicago Tribune, October 2, 2007.

[7] James Bamford, Body of Secrets: Anatomy of the Ultra-Secret National Security Agency (New York: Anchor Books, 2002), 212.

[8] Yossi Melman, “Israeli Communications Said to Prove IAF Knew Liberty was US Ship,” Haaretz, April 10, 2007.

[9] Ibid.

[10] Ibid.

[11] Crewdson, “New Revelation in Attack on American Spy Ship,” Chicago Tribune, October

2, 2007.

[12] Bamford, Body of Secrets, 229.

[13] Melman, “Israeli Communications Said to Prove IAF Knew Liberty was US Ship,” Haaretz, April 10, 2007.

[14] Ofer Aderet, “’But Sir, It’s an American Ship.’ ‘Never Mind, Hit Her!’ When Israel Attacked USS Liberty,” Haaretz, July 11, 2017.

[15] Ibid.