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Nouvel Ordre Mondial: Erik Prince (Blackwater), mercenariat, Chine, Trump et mascarade géopolitique…

Posted in actualité, altermondialisme, chine colonialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 22 février 2017 by Résistance 71

Lire notre dossier: « La Chine et le Nouvel Ordre Mondial » … Cette information que nous avons traduite ci-dessous ne fait que confirmer plus avant la mascarade qui se joue devant nos yeux. L’histoire nous le dit: Wall Street (par Rockefeller) a fait normaliser les relations avec la Chine « communiste » via le couple infernal Kissinger/Nixon en 1971-73, Mao fut financé (tout comme Lénine, Trotski et Hitler) par Wall Street et la maison mère de la City de Londres. Ce que nous vivons aujourd’hui n’est que le prolongement d’accords passés de longue date… Le « pivot vers l’Asie » amorcé sous le criminel Obama ne se réfère pas à une attitude belliqueuse de l’empire contre la Chine (l’apparence de conflit est une mascarade) mais à l’intégration de la Chine dans le nouvel empire, celui qui voit le Bernard l’Ermite impérialiste changer de coquille sous nos yeux insouciants pour mieux se protéger…

~ Résistance 71 ~

 

Blackwater en route pour la Chine

 

James Corbett

 

21 février 2017

 

url de l’article original:

https://www.corbettreport.com/blackwater-heads-to-china/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

OK, OK, pas Blackwater. Cette force mercenaire criminelle condamnée pour crime de guerre, fondée par Erik Prince et qui ne pourra jamais aller plus vite que l’infâmie qui la poursuit et ce nonobstant le nombre de fois où elle change de nom (NdT: Xe puis Academi…)

Non, non non ! Pas Blackwater ! Mais Frontier Services Group (FSG), un groupe mercenaire complètement différent présidé par le même Erik Prince et qui lui, se rend en Chine ! Et ils ne vont pas là-bas pour vendre du service mercenaire… Absolument pas !… Ils ne font qu’aller y ouvrir quelques “bases opératrices d’avant-garde” afin d’entraîner des anciens bidasses de l’armée populaire de libération (APL) sur le comment devenir des mercenaires ! Complètement différent n’est-il pas ?…

Maintenant que ceci est bien clair, un peu de mise en contexte: Erik Prince, le mercenaire notoire qui croit être le descendant moderne de “Wild Bill” Donovan (NdT: Après la transformation de l’OSS après la seconde guerre mondiale en CIA, Donovan est considéré par l’agence de renseignement comme un de ses fondateurs.), Prince a même nommé son plus jeune fils Charles Donovan Prince, après lui. La carrière de Prince comme assassin contractant fut descendue en flamme en 2009 après qu’il fut révélé que Blackwater, l’entreprise qu’il créa, n’était qu’une façade de la CIA pour un de ses programmes d’assassinats perpétrés dans le monde entier. Prince a ensuite admis que “Blackwater était devenue une virtuelle extension de la CIA” et qu’il a reçu des ordres directs de l’agence de renseignement, mais à ce moment là, les feux de la rampe de l’info étaient passés sur autre chose.

Note de R71: Il convient ici de rappeler que la CIA est le bras armé de Wall Street. Il suffit du reste d’analyser les portes tourniquets de derrière la scène entre la CIA et les bureaux exécutifs des grandes entités financières et entrepreneuriales de Wall Street pour se rendre compte de la collusion évidente. Combien d’anciens directeurs de la CIA ont siégé dans les conseils d’administration d’entités de Wall Street et inversement?

Comme je l’ai rapporté l’an dernier, ce ne fut certainement pas la fin des machinations de Prince. Il est réapparu sur les radars en 2016 après avoir révélé qu’il était de nouveau l’objet d’une enquête fédérale, cette fois-ci pour avoir essayer de nouer des services mercenaires avec des gouvernements étrangers et avoir blanchi de l’argent des officiels libyens au travers d’une banque chinoise.

Les choses sont devenues encore plus bizarre lorsque Prince s’est embarqué dans le train en marche Trump en faisant un don de 150 000 dollars à la PAC de Trump (campagne présidentielle), devenant également un invité régulier de Steven Bannon sur son programme radio de Breibart où il se fit l’avocat de la résurrection du programme Phœnix, cette campagne d’enlèvement, de torture et de disparition du gouvernement américain au Vietnam, programme officieux du rôdage des escadrons de la mort, testés au Vietnam donc avant d’être appliqué dans le monde entier (sous la houlette de la CIA) et aux Etats-Unis sous celle du DHS (NdT: Ministère de la Sécurité de la Patrie, la Stasi yankee). En retour d’ascenceur, Trump a nommé la sœur de Prince comme secrétaire à l’éducation (Betsy Devos) et a pris Erik Prince lui-même comme conseiller officieux.

Et comme si tout cela n’était pas suffisant, voici les dernières nouvelles: la nouvelle entreprise d’Erik Prince “est en train de mettre en place une armée privée pour la Chine”. Voici ce que nous savons:

Erik Prince est maintenant le président du conseil de Frontier Services Group, uen entreprise publiquement enregistrée à Hong Kong et qui y est quotée en bourse et qui s’annonce comme prestataire de “services de logistique et de sécurité”.

A la fin de l’année dernière, le FSG a émis une note de presse dans laquelle ils se réjouissaient de leur nouvelle stratégie d’affaire: engranger du fric sur le pari du gouvernement chinois et de ses milliers de milliards de dollars d’investissement sur sa “nouvelle route de la soie”.

La nouvelle stratégie inclut de développer des bases opérationnelles dans la province chinoise du Yunnan et dans la région autonome du Xinjiang sujette à des troubles ethniques, afin ostensiblement de fournir “entrainement, communications, évaluation et gestion de risques, collecte d’information, évacuation sanitaire” ainsi que des “services de sécurité, de logistique et de transferts aériens” aux “entreprises des pays environnants”.

Des sources multiples au sein de l’entreprise sont maintenant en train de lancer l’alerte sur la proposition, tout en supputant néanmoins que Prince “a travaillé très dur afin que la Chine achète les services du nouveau Blackwater” et qu’il “est bien décidé à retrouver la tête du hit-parade des plus importants prestataires de services para-militaires privés de la planète.

FSG a nié les alégations de “nouveaun Blackwater”, disant que “Les services de FSG n’impliquent pas de personnels armés ni l’entrainement de personnels armés” ajoutant que les nouvelles bases seraient seulement utilisées pour “aider le personnel non-militaire à rendre des services de sécurité de protection rapprochée sans l’utilisation d’armes”, mais c’est la même entreprise qui a nié les rapports en 2016 disant que Prince courtisait le gouvernement chinois pour des “services de sécurité” en première instance. D’après le nouveau rapport:

“Quand Frontier a dit plus tard à son comité directeur qu’elle se changeait en services de sécurité, dans les grandes largeurs pour assister la politique de développement internatonale de la Chine, ce nouveau jour dégoûta profondément deux exécutifs américains de l’entreprise de Prince à Hong Kong.
Gregg Smith l’ancien CEO de Frontier a dit qu’il était prêt à partir en mars dernier si Erik Prince n’était pas sorti de l’entreprise. Puis, à une réunion du comité directeur à la fin du mois dernier, il a dit qu’un officiel de l’entreprise avait clairifié que Frontier fournirait des services de sécurité en vue du soutien des objectifs du gouvernement chinois.”

Le rapport révèle que l’ancien amiral en retraite américain William Fallon a démissionné avec Smith après que cette nouvelle stratégie fut dévoilée au comité directeur: “Ceci ne correspnd pas du tout ce pour quoi j’étais à bord de cette entreprise.”

Nonobstant ce que le comité directeur de FSG pensait avoir signé pour, il est en fait très peu surprenant qu’une entreprise présidée par Erik “nous avons besoin d’un nouveau programme Phœnix”, “contractant de la CIA”, “Conseiller officieux de Trump”, Prince pousse pour commencer une relation contractuelle (para)militaire avec une puissance étrangère majeure. Bien entendu, il est absolument illégal pour toute entreprise américaine de fournir “des articles ou des services de défense” à la Chine, mais depuis quand de simples lois ont-elle arrêté Erik Prince et ses entreprises de faire ce qu’ils veulent à l’étranger ? De plus, c’est pourquoi l’idée de “la base opérationnelle avancée” a été dite fournir des services aux entreprises des “pays voisins” alors que la base elle-même est en Chine. C’est aussi pourquoi l’entreprise contractera des portes-flingue de l’ex-APL plutôt que l’armée chinoise elle-même.

Mais attendez un peu… Je pensais qu’Ocenaia était supposée être en guerre contre Eastasia ? (NdT: clin d’œil ici à “1984” d’Orwell..). Pourquoi un conseiller de Trump aiderait-il “l’ennemi” principal ? C’est un peu comme si tout le conflit est une mascarade ayant de puissants marionnettistes derrière le rideau en tant que partie d’une guerre froide 2.0 afin de conserver les masses dans une stupeur et une peur constante de ce nouveau croquemitaine (secrètement soutenu par l’empire). Mais ce n’est pas possible n’est-ce pas ?…

Ah oui c’est vrai, j’oubliais: le plus gros actionnaire de l’entreprise Frontier Services Group est CITIC ou la China International Trust Investment Corporation (NdT: le fond d’investissement du gouvernement chinois !!…) et pour ceux qui sont déjà au courant de la relation entre la Chine et le Nouvel Ordre Mondial, la boucle est bouclée…

Il vaut mieux s’habituer à voir Erik Prince et à se familiariser avec le Frontier Services Group car, bien malheureusement, vous allez les voir tous deux bien plus dans les 4 à 8 ans à venir.

De la bible aux évangiles: la falsification typologique servant le mythe religieux et le dogme de la domination (Dr. Ashraf Ezzat)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, pédagogie libération, philosophie, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 21 février 2017 by Résistance 71

“c’est la foi qui rend vraies les reliques et non pas elles qui rendent vraie la foi.”
(Umberto Ecco)

“Le peuple n’a pas plus de voix consultative dans l’État que dans l’église: son rôle est d’obéir et de croire…”
(Pierre-Joseph Proudhon)

A lire: notre dossier sur les falsifications des écrits bibliques et leur origine (Dr. Ashraf Ezzat)

 

La fuite de la sainte famille en Egypte est-elle un mythe ?

Plus grands que les pyramides d’Egypte sont les mythes et les mauvaises conceptions au sujet de cette ancienne terre

 

Dr. Ashraf Ezzat

 

12 février 2017

 

url de l’article original:

https://ashraf62.wordpress.com/2017/02/12/holy-familys-flight-into-egypt-is-myth/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Beaucoup des histoires bibliques ont été faussement et coercitivement associées à l’histoire et la terre de l’Egypte ancienne, comme l’histoire des patriarches israélites, Abraham et Joseph et bien sûr, la célèbre histoire de l’Exode, alias l’histoire du Pharaon et de Moïse.

Une des histoires bibliques les plus connues qui fut également liée de manière mensongère à l’Egypte antique fut celle de “la fuite de la sainte famille en Egypte”. Aussi loin que je sache, il n’y a eu qu’une seule sainte famille avec laquelle l’Egypte antique fut familière, celle du roi Osiris (le dieu assassiné qui ressucita d’entre les morts), mère Isis (l’épouse fidèle qui fut mise enceinte par l’esprit saint d’Osiris) et leur fils Horus, le fils de dieu (vivant).

Alors qu’on nous a fait croire que le dieu des Israélites protégeait Moïse et son peuple alors qu’ils sortaient d’Egypte, on se s’attendait donc pas à ce que ce dieu une fois de plus, envoie ses anges pour protéger l’enfant Jésus et sa mère durant leur voyage à travers l’Egypte.

Mais cette perception commune ne peut pas être plus loin de la vérité, car ni l’histoire de l’Exode, ni celle de la fuite de la sainte famille ne se sont produites en terre d’Egypte. Ces deux contes bibliques sont simplement des mythes qui ont été propagés par les autorités falsificatrices rabbiniques et christologiques.

Le conte populaire de l’évènement de la sainte famille cherchant refuge en Egypte est une de celles dont l’église copte (égyptienne) est particulièrement fière. Les premiers monastères et églises égyptiens furent de fait érigés dans les endroits visités par la sainte famille, selon les dires, lors de son voyage prédestiné en Egypte. La route supposée empruntée par la maman et l’enfant Jésus lors de leur voyage alla des terrains rugueux et escarpés du Sinaï jusqu’au-delà du Nil où ils arrivèrent au Mont Qussqam, environ 325km au sud du Caire, en passant par le delta du fleuve.

Le monastère d’Al-Muharraq se niche au pied de la partie occidentale de la montagne. Il fut construit dans la zone où il fut dit que la sainte famille demeura pendant plus de 6 mois. Leur temps sur place fut passé essentiellement dans une grotte qui devint dans l’ère chrétienne copte, l’autel de l’église de la vierge Marie, construite au bout de l’aile ouest du monastère. L’autel de pierre est devenu un lieu de pélerinage chrétien car il fut dit que l’enfant Jésus l’utilisa pour se reposer pendant les mois qu’il passa dans la grotte.

L’histoire du Christ, la fuite de l’enfant de Bethléem avec sa famille à destination de l’Egypte et l’éventuel retour du Christ de son sanctuaire égyptien n’est pas un évènement historique vérifiable (NdT: comme toute l’affaire du Christ du reste…) mais plutôt toute cette histoire fut construite sur une base mythique, ou sur ce que les érudits bibliques voudraient définir comme une prophétie.

Pour être encore plus spécifique, cette histoire fut concoctée comme une interprétation déformée de ce célèbre verset de la bible hébraïque: “Je rappelle mon fils d’Egypte” (Hosea 11:1)

La raison pour laquelle nous la qualifions d’interprétation déviée est parce que dans le verset de la bible, il n’y a aucune spécification sur qui était ce fils de dieu. En même temps qu’Hosea, bon nombre furent appelés fils de dieu. Même des rois et empereurs reçurent cette sainte qualification. Nous savons par exemple, que les rois assyriens et égyptiens étaient référés en tant que “fils de dieu”. Comme nous l’avons mentionné plus tôt, Horus était un fils de dieu.

Si nous jugions sur un critère typologique auquel les écritures bibliques ont notoirement adhéré dans leurs narratifs, nous devrions penser à Moïse comme étant le personnage du “mon fils” dans ce verset de la bible. Mais il y a un inconvénient dans cette vague prophétie… Dans sa version originale hébreue, le texte ne dit rien de l’Egypte ; en fait, il est plutôt dit ceci: “De Mizraïm vient mon Fils”. Ironiquement, au temps de l’écriture du livre d’Hosea, vers le VIIIème siècle AEC, la terre d’Egypte n’était pas appelée “Mizraïm”.

L’Egypte antique était connue sous le nom de “Copte/Gopte”, qui fut plus tard prononcé en langue grecque “Aegyptus”. Mizraïm était un ancien terme arabe pour désigner n’importe quelle zone urbaine. En ce sens, toute ville majeure de l’ancien proche-orient comme Damas, Tyre et Palmyre étaient appelées “Mizraïm” par les nomades des antiques Arabie et Yémen.

D’une certaine manière, ceci devrait attirer notre attention sur l’origine arabe des Israélites et de leurs lois mosaïques, comme nous l’avons détaillé dans notre livre “Egypt Knew No Pharaohs Nor Israelites”. Contrairement à ce que les masses ont été contraintes de croire tout au long de ces siècles de falsification et de mensonges, toutes les anciennes histoires des Israélites se sont passées dans le Yémen antique et non pas en Palestine. Ceci, bien évidememnt, si tant est qu’elles soient des histoires vraies. Le nom de “Hosea/Hoshea” est autant arabe qu’”Ismaïl” et “Hussein”, tout autant que ses histoires, prophéties et son livre.

La vague prophétie du “d’Egypte vient mon fils” fut plus tard très intelligememnt exploitée par l’église catholique romaine dans ses évangiles (en grec). Seule l’évangile de Mathieu utilise cette vieille prophétie biblique. Employant la même technique littérale de la typologie, Mathieu (ou qui que ce soit qui utilisa ce nom comme couverture) a tissé un drame complètement différent pour l’enfant Jésus et sa mère et ce dès la vieille histoire de Moïse.

Comme la libération de Moïse et de ses Israélites ne s’est produite qu’alors qu’ils quittaient l’Egypte, la même chose (parallèle typologique) se doit de se produire dans l’histoire de Jésus Christ. Juste comme le pharaon d’Egypte ordonna le meurtre de tout enfant premier-né israélite, Mathieu a dû rendre Hérode responsable d’un même ordre ainsi cela servirait d’impératif narratif dramatique pour leur fuite en Egypte.

“… Voyez, un ange de dieu est apparu en rêve à Joseph et lui dit: ‘Lève-toi, prends le jeune enfant et sa mère, fuit vers l’Egypte et restez-y jusqu’à ce que je t’envoie un message ; car Hérode va rechercher le jeune enfant pour Le détruire.” (Mathieu 2:13)

Un schéma de typologie rabbinique ancien était ici à l’œuvre. La typologie en théologie chrétienne et en exégèse biblique est une doctrine ou une technique littérale qui relie (fictivement) l’Ancien Testament au Nouveau Testament. Des évènements, personnes ou prophéties de l’Ancien Testament sont vus comme des préfigurations typiques ou sont surclassés par des anti-types, évènements ou aspects du Christ ou de sa révélation décrits dans le Nouveau Testament.

C’est comme un jeu de mots dans lequel les scribes bibliques ont dupliqué/copié un ancien conte miraculeux. Dans le processus, ils ont fini par créer des parallèles dramatiques et géographiques à une vieille histoire de la bible qui rendront leur nouvelle histoire sacrée aux yeux des masses inéduquées. Le but final de ce truc typologique est de créer l’illusion d’une prophétie qui dit vrai et se réalise.

La fuite en Egypte est un évènement biblique décrit dans les évangiles de Mathieu (Mathieu 2:13-23), dans lequel Joseph s’est enfui en Egypte avec Marie et l’enfant Jésus après une visite magique, car ils ont été mis au courant donc que le roi Hérode avait l’intention de tuer les enfants de cette zone.

L’évangile de Luc ne mentionne pas cet évènement, narrant plutôt que la sainte famille alla au temple de Jérusalem, et de là directement à Nazareth. Certains critiques en tirent ainsi la conclusion que la naissance et la jeunesse de l’enfant Jésus selon Luc et Mathieu sont toutes deux des fabrications. Ce thème qu’on retrouve dans l’évangile de Mathieu est très semblable à celui de Moïse pour une audience judaïque et la fuite en Egypte illustre juste ce thème typologique et mensonger.

Dans leur fuite de la fureur du roi Hérode, la sainte famille, de manière compréhensible, devait éviter les routes fortement empruntées, elles ont donc suivi des chemins inconnus et on a dit qu’ils furent guidés par les anges de dieu. Leur route fut choisie pour eux, jour après jour, par des vallées cachées et des plateaux non répertoriés, dans les vastes étendues désertiques du Sinaï. Comme Moïse et son peuple israélite, Marie et l’enfant Jésus ont dû errer pendant un bon moment dans les étendues sauvages du Sinaï. Le vieux scenario de l’Exode devait servir de storyboard pour la nouvelle histoire de la fuite en Egypte.

Ainsi. doit-on se demander ce qui fut la source de notre information sur la description complète du voyage de la sainte famille en Egypte ? Les voies tortueuses empruntées par celle-ci à travers le Sinaï et leurs voyages subséquents en Egypte furent narrés par le pape Théophile, 23ème patriarche d’Alexandrie (384-412 de notre ère). Il mentiona dans ses annales tant célébrées, qu’au soir du 6 novembre, après une longue et humble prière, la Vierge Marie lui est apparue. Celle-ci lui relata dans les détails le voyage de la sainte famille en Egypte et lui donna pour instruction d’enregistrer par écrit ce qu’il avait vu et entendu.

Voilà, la messe était donc dite : toute cette histoire de “la fuite en Egypte de la sainte famille” n’est en fait rien d’autre qu’un “rêve” et parce que ce fut le rêve du pape Théophile, les masses naïves et fidèles l’acceptèrent simplement comme une réalité, pour un autre miracle divin qui devait une fois de plus se dérouler en Egypte.

Mais, là encore, qui est ce pape Théophile qui a donc eu toute la confiance de la vierge Marie au point tel qu’elle s’est révélée à lui dans un des ses rêves bénis ? Théophile était le pape d’Alexandrie et le patriarche du saint siège de St Marc de l’église copte d’Alexandrie juste au tournant du IVème siècle de notre ère. Il devint pape dans une période de conflit entre les nouvellement dominants chrétiens et l’ancien establishmeent religieux égyptien à Alexandrie, chaque section étant soutenue par un segment de la population d’Alexandrie. Ce fut durant sa papauté, suivie de celle de son neveu, le tristement célèbre pape Cyrille, que la persécution des fervents des anciennes croyances et traditions égyptiennes, devint violente et sans pitié.

Les anciens temples égyptiens furent profanés, fermés ou brûlés. Les Egyptiens furent interdits de maintenir leurs anciens rites et on leur refusa toute autorisation d’entrée dans leurs temples et sanctuaires partout en Egypte et spécifiquement à Alexandrie. Le “Serapeum”, le dernier sanctuaire qui survécut de l’ancienne bibliothèque d’Alexandrie fut détruit et brûlé, car l’éclise copte voulait être la seule source de connaissance et d’autorité pour la nouvelle Egypte chrétienne.

Edward Gibbon a décrit le pape Théophile comme “…l’ennemi perpétuel de la paix et de la vertu, un méchant homme austère, dont les mains furent alternativement polluées par l’or et par le sang.”

Note de Résistance 71: Edward Gibbon, historien anglais (1737-1794), connu pour son œuvre phare: “L’histoire du déclin et de la chute de l’empire romain” (1776), grand critique des églises et de la religion organisée bien que converti au catholicisme. A enseigné à Oxford.

Les parchemins et les livres qui gravèrent la connaissance et la sagesse anciennes de l’humanité furent étiquetés (par Théophile et son neveu Cyrille), crasse et hérésie païennes ne méritant qu’à être livrées aux flammes. Après le départ de Théophile, l’intolérance et la violence religieuses à Alexandrie monta vers de nouveaux sommets sous la papauté de son neveu Cyrille.

Il conserva sa politique de tensions sectaires outrageantes qui menèrent au meurtre de la philosophe héléniste Hypatie par une foule de chrétiens fanatiques. Hypatie était une des dernières érudites de l’ancienne bibliothèque d’Alexandrie. Elle enseignait la philosophie, les mathématiques, la physique et l’astronomie dans la ville ancienne d’Alexandrie (NdT: d’où l’auteur Ashraf Ezzat est originaire et dont il connaît très bien l’histoire…), Hypatie fut kidnappée, dévêtue, mutilée en association et brûlée vive dans une église. La nouvelle de l’assassinat d’Hypatie provoqua une énorme critique et dénonciation de Cyrille qui ne voyait en la grande philosophe qu’une sorcière païenne.

L’assassinat brutal d’Hypatie a d’une certain façon, marqué la fin de l’ancien monde de la connaissance et de la sagesse. Alors que les masses naïves croyaient dans le rêve de Théophile sur la “vierge Marie”, l’aube de l’âge de l’obscurantisme se profilait à l’horizon. Une nouvelle ère naissait du narratif mensonger biblique au sujet de l’Egypte antique, une nouvelle ère obscurantiste, faite de dogmes intolérants, de faux prophètes et de fausses prophéties.

Quand un peuple reprend en compte sa politique et son économie… Le confédéralisme démocratique du Rojava

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A lire à titre complémentaire:

« Le confédéralisme démocratique » (Abdullah Ocalan, 2011, traduit par Résistance 71)

« Le Rojava syrien » sur Résistance 71

 

Economie coopérative: la voie du Rojava

 

X. Haval (dinamopress.it décembre 2016)

 

20 février 2017

 

Source française:

http://www.alternativelibertaire.org/?Economie-cooperative-La-voie-du

 

Encerclé par des forces hostiles, sous-équipé en infrastructures, le Kurdistan syrien doit pourtant relever un défi de taille : produire pour nourrir sa population. Loin des utopies étatistes et de la collectivisation forcée des staliniens de jadis, l’Auto-administration du Rojava encourage la libre association des productrices et producteurs.

L’administration autogérée leur a attribué la terre. Ils produisent sans engrais chimiques et vendent des légumes, du maïs et du lait aux sociétaires de la coopérative à un prix plus bas que celui du marché. Chaque part sociale vaut cent dollars. Celui qui n’a pas cette somme peut offrir sa force de travail ou s’unir à d’autres. Quand il y a besoin, les sociétaires s’entraident en passant une journée ensemble dans les champs. « Nous planterons aussi un bois et quand le projet sera terminé nous nous lancerons dans l’agrotourisme. Nous sommes en train de réaliser notre rêve », raconte Azad, visiblement ému.

Il fait partie d’une coopérative agricole avec 5.000 autres sociétaires dans le canton de la Cizîrê au Rojava. Il y a trois ans, dans ces contrées, les coopératives n’existaient pas. Puis, une révolution a commencé au nord de la Syrie, à seulement 400 km ­d’Alep ; improbable. Et pourtant elle existe, elle grandit et alimente depuis l’espoir dans le monde entier en portant loin son horizon grâce au fait qu’elle a fait de la coexistence la clé pour rendre la communauté plus forte. La voie inexplorée du Rojava est parcourue par beaucoup de personnes diverses et disposées à apprendre et à corriger le tir chaque jour.

« Quand la révolution a commencé en 2011, nous savions que le conflit allait se transformer en une guerre entre chiites et sunnites. Nous autres avons choisi une troisième voie, celle du vivre-ensemble, raconte Haval Jalil, coprésident de Tev-Dem [1]. Notre voie est celle d’une révolution culturelle qui passe avant tout par le renforcement de la communauté. » Nous sommes à Qamislo, 200.000 habitants, capitale du canton de la Cizîrê, non loin de la Turquie.

La région du Rojava s’est déclarée autonome en 2012 et, depuis, elle expérimente une forme d’autogouvernement inspiré des principes du confédéralisme démocratique, la théorie politico-sociale qui représente l’aboutissement de trente années de luttes du mouvement de libération kurde. Le confédéralisme démocratique préconise le dépassement du modèle de ­l’État-nation par des communautés organisées sur un modèle de démocratie directe, et poursuit le projet d’une société fondée sur la coexistence des cultures et des religions diverses, l’écologie, le féminisme, l’économie sociale et l’autodéfense populaire.

Une révolution est en cours

Une expérience unique au monde, au cœur d’un Proche-Orient meurtri par la guerre, la répression brutale et les fondamentalismes. Une expérience qui peut paraître incroyable si on ne la voit pas de ses propres yeux, surtout dans le contexte de l’atroce conflit syrien.

Je n’y suis pas resté longtemps mais je peux témoigner qu’une véritable révolution est en cours. Durant les trois dernières années, l’auto-administration portée par le Tev-Dem, l’organisation qui sert de lien entre les partis kurdes syriens et les mouvements sociaux, a été impliquée dans la réorganisation des institutions et l’élaboration de nouvelles lois.

L’unité organisationnelle et décisionnelle de base de la communauté est le komin (commune). Les komin sont organisés principalement sur une base territoriale, mais il y en a aussi sur des bases féminines et ethno-confessionnelles spécifiques. Dans chaque quartier, Il y a sept ou huit komin qui élisent des représentants dans les conseils de quartiers, puis dans les conseils de ville. Dans les komin on élabore les propositions, les demandes, et on répond collectivement aux besoins de la communauté. Dans les conseils de villes, les propositions de lois de l’Auto-administration démocratique (DSA) circulent pour être améliorées. Chacun des trois cantons du Rojava – Cizîrê, Kobanê et Efrîn – a aujourd’hui une administration séparée.

Il y a juste un an, une bonne partie de ces territoires était contrôlée par Daech. Les milices YPG (mixtes) et YPJ (féminines) ont récupéré une grande partie du territoire au travers de batailles très dures. Aujourd’hui, seul le canton d’Efrîn est encore séparé du reste du Rojava par une étroite zone occupée par l’armée turque, à laquelle Daech a cédé du terrain sans opposer de résistance. Malgré cette discontinuité territoriale, l’élection du premier « gouvernement confédéral du Rojava-Syrie du nord-est » est prévue pour l’an prochain, à travers le système de démocratie directe construit ces trois dernières années.

Mais le cœur battant de la révolution kurde, c’est la stratégie de transition du modèle économique capitaliste vers un nouveau paradigme : l’économie sociale. « Nous voulons une économie constituée à 80 % de coopératives. Nous ne croyons pas à un modèle socialiste qui interdirait l’initiative privée. ­Notre idée est que chaque personne ait un rôle économique actif dans la société et que le changement arrive graduellement à travers la participation des gens », explique Haval Rachid, coprésident du département Économie. Au Kurdistan, chaque charge publique est toujours attribuée à deux représentants, un homme et une femme, qui ont la fonction de coprésidents.

Il y a trois ans de cela, les coopératives n’existaient pas dans cette partie de la Syrie à l’exception de quelques unes, isolées et mal vues car liées au régime d’Assad. Aujourd’hui, dans le canton de Cizîrê, elles sont plus de 100 et elles se multiplient à une vitesse impressionnante. Kasrik est une coopérative agricole fondée il y a quatre mois à 120 kilomètres de Qamislo dans la direction d’Alep. Aujourd’hui, elle compte plus de 5.000 sociétaires et consommateurs ou consommatrices habitant près des villes de Girê Xurma [2] et de Dirbesye. « La DSA nous a attribué 5.000 hectares de terre. Notre projet est de long terme. Dans huit ans, nous prévoyons d’arriver à produire et à transformer la majeure partie des produits agricoles et d’élevage. Déjà, nous vendons des légumes, du maïs et du lait d’un troupeau de 1.250 chèvres. Environ 8% de ce qui est produit va aux travailleurs, le reste est réinvesti dans notre projet jusqu’à ce qu’il soit abouti », nous explique Azad, un des habitants et habitantes qui se sont uni.es pour donner vie à cet ambitieux projet.

Autosuffisance alimentaire

« Nous produisons sans intrants chimiques et vendons les produits à nos sociétaires à un prix plus bas que celui du marché. Chaque part sociale vaut 100 dollars. Celui qui n’a pas l’argent peut devenir sociétaire en offrant sa force de travail en échange, ou en se joignant à d’autres personnes. Quand nous en avons besoin, les sociétaires viennent nous aider par groupes sur une journée dans les champs. Nous comptons planter aussi un bois et, quand le projet sera fini, nous nous lancerons dans l’agrotourisme. Nous sommes en train de réaliser notre rêve », poursuit Azad, visiblement ému.

Les coopératives agricoles sont les seules qui ont un soutien direct de la DSA. À cause de l’embargo et des très faibles ressources économiques, les contributions sont minimes mais symboliquement nécessaires pour marquer l’importance de l’autosuffisance alimentaire. Beaucoup de coopératives sont encouragées par le mouvement des femmes Kongra Star, qui en a déjà formé une cinquantaine. Il s’agit pour la plupart de coopératives à petite échelle : agriculture, élevage, artisanat, restauration, transformation alimentaire.

Lorin est une coopérative qui prépare des conserves en utilisant des produits de saison. « Nous avons commencé il y a six mois. Nous préparons des conserves pour les vendre dans la communauté et au marché. Au début, nos maris n’approuvaient pas mais après ils ont compris. ­L’unique capital que nous avons est celui qui est entre nos mains et nous voulons l’utiliser pour participer », explique Sozda, une des nouvelles travailleuses sociétaires. « Nous avons aussi pour projet de créer une coopérative agricole pour cultiver directement les légumes que nous transformons. »

Havgartin, 26.000 sociétaires

Les coopératives naissent de différentes façons : à l’initiative des mouvements sociaux, des gens, des komin (à qui il est demandé d’en former au moins une), ou par transmission. Dans ce domaine, le rôle le plus actif est joué par Havgartin, la plus grande coopérative de la région qui compte 26.000 sociétaires.

« L’idée est née il y a un an dans le village de Zargan, pendant la crise du sucre. Nous étions sous embargo et les commerçants capitalistes spéculaient sur les prix des produits de base. C’est alors qu’est née l’idée de former une coopérative pour acheter du sucre et le revendre à un prix inférieur à celui du marché. Du sucre, nous sommes passés à beaucoup d’autres produits de première nécessité en proposant à tous les komin d’adhérer, dans chaque ville du canton. Au début, la coopérative agissait seulement comme grossiste, maintenant nous distribuons aussi les produits des autres coopératives et nous investissons 5% des profits dans la création de nouvelles coopératives. Huit coopératives supplémentaires sont nées dans le sillage de Havgartin », explique Zafer, membre du conseil d’administration. « Notre objectif final est de soustraire le marché au contrôle des commerçants et des grossistes qui ne socialisent pas les profits pour la communauté. Pour y parvenir, nous voulons aussi créer une banque pour promouvoir la constitution de nouvelles coopératives. »

Deux choses retiennent fortement notre attention dans ce processus absolument unique : la vitesse avec laquelle la société est en train de se réorganiser à partir d’un modèle jusqu’ici inexploré, et la capacité des gens à apprendre, à échanger et à corriger le tir si besoin. « Nous sommes en train d’expérimenter un nouveau chemin, nous cherchons à apprendre des erreurs que nous faisons chaque jour. Nous n’avons pas les réponses à toutes les demandes. Nous voudrions par exemple connaître davantage les expériences de coopératives dans d’autres pays et les bonnes idées qui peuvent être utiles à notre processus », conclut Zafer tout en nous servant un autre thé, pendant qu’à la télévision défilent, sans interruption, les images de la guerre, avec son atroce brutalité et ses inextricables contradictions.

X. Haval (Dinamopress.it, décembre 2016), traduit par Rémi (AL Lorient)

 

Résistance au colonialisme: Frankenstein et les Indiens (Steven Newcomb)

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Frankenstein et les peuples natifs ou l’expression d’une ironie

Le Frankenstein de Mary Shelley sanglota sur les actes ignobles commis par les chrétiens européens [sur les Indiens]

 

Steven Newcomb

 

14 février 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/frankenstein-native-peoples-expression-irony/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

A lire: « Païens en terre promise, décider la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, Fulcrum, 2008 (version française PDF, traduction Résistance 71, mise en page JBL1960, 2016)

 

Si ce n’était pas à cause de mon bon ami Peter d’Errico, je ne saurais pas que Mary Shelley mentionne les Amérindiens dans son célèbre livre d’horreur “Frankenstein”. Peter est une des seules personnes que je connaisse qui a en fait lu le livre plutôt que de se référer aux films d’Hollywood sur cette histoire. Dans le “Frankenstein” de Shelly, une jeune Arabe du nom de “Safie” est instruite par son tuteur Félix. Un des livres qui est utilisé pour son éducation est “Ruines d’empire” du Comte Volney. Des leçons, le monstre de Shelley dit: “J’ai entendu parler de la découverte de l’Amérique et j’ai pleuré avec Safie sur le triste sort de ses habitants originels.

Quelle parfaite expression de l’ironie: le monstre de Shelley pleure sur les actes monstrueux commis par les chrétiens européens contre les peuples originels de ce continent, connu sous le nom de “Continent des Amériques”. Il y a une autre ironie en regard du Frankenstein de Mary Shelley, livre qui d’après certains érudits, est un des tous premiers livres de science-fiction: son histoire fut joué en premier lieu sous forme de pièce de théâtre en 1823, la même année que la décision de fiction légale par la Cour Suprême des Etats-Unis dans son verdict de l’affaire Johnson c. M’Intosh, décision qui a eu pour résultat tant de destruction pour nos nations originelles et qui est toujours vu et considéré aujourd’hui comme un précédent légal valide et actif.

La fiction de la CS dans sa décision Johnson c. M’intosh suit ce que John Steinbeck appelait “le schéma de la réalité contrôlé et façonné par la pensée de l’écrivain.La décision de Johnson c. M’Intosh est un schéma de réalité créé par l’esprit du juge John Marshall, utilisant des idées préexistantes et sous-jacentes à la sémantique de la domination que l’on trouve dans la langue anglaise. Une idée que Marshall créa dans son rendu de la décision qu’il écrivit pour la cour unanime, est que la liberté des nations originelles de ce continent a été “nécessairement diminuée” par le “peuple chrétien” supposément en “découvrant” des terres “habitées” par des non-chrétiens (“natifs qui étaient païens”).
Etant donné l’effort de la cour de Marshall pour utiliser l’expression d’idées dans la décision de l’affaire Johnson comme moyen d’essayer de mettre un terme à la liberté des nations originelles du continent, quelle ne fut pas l’ironie du sort de voir que la fameuse cloche de la liberté de Philadelphie se fissura lorsqu’elle résonna lors de la processon des funérailles du juge Marshall, comme l’a décrit Alfred Steinberg en 1835:

“Tandis que la dépouille du juge Marshall était portée dans les rues de Philadelphie vers les embarcadères pour qu’elle soit restituée à Richmond en Virginie, les autorités de la ville lui rendirent un grand honneur. Elles ordonnèrent que la Cloche de la Liberté qui avait sonné l’indépendance des Etats-Unis depuis len beffroi de l’Independance Hall le 4 juillet 1776, sonna en l’honneur du juge Marshall. Durant son carillonage, la cloche se fendit soudain et une grande fissure apparut sur son flanc.”

Quelle synchronicité ironique: la Cloche de la Liberté est morte durant un effort de la faire sonner en l’honneur du juge Marshall, que le peuple des Etats-Unis tient en haute estime, mais qui a tant fait pour tuer la liberté de nos nations originelles. Mary Shelley a utilisé son personnage de Frankenstein comme moyen de commenter de telles injustices. Témoin de l’instruction reçue par le jeune Safie, le monstre pose une question qui semble capturer à merveille la contradiction entre l’injustice de la décision de Johnson c. M’Intosh écrite par le juge Marshall et la haute estime que lui porte le peuple américain.

En parlant des leçons d’histoire dont il a été le témoin, Frankenstein déclare: “Ces superbes narrations m’ont rempli de sentiments étranges. L’Homme fut-il en fait à un moment donné si puissant, si vertueux et magnifique et pourtant à la fois si méchant et vil ?” Le monstre continue avec un commentaire qui semble capturer les vues contradictoires de Marshall, dépendant de la perspective de chacun: “Il apparaît à un moment donné comme un héritier du principe du mal et à un autre moment tout ce qui pourrait être considéré de noble et de divin.” Puis le monstre dit: “Pendant très longtemps je n’ai pas pu concevoir comment un homme pouvait aller de l’avant et tuer un de ses semblables ni même pourquoi il y avait des lois et des gouvernements, mais quand j’ai entendu les détails du vice et du massacre, j’ai cessé de me poser la question…

Ici Frankenstein semble suggérer que ces “détails historiques de vice et de massacre” fournissent une réponse à la question du “Pourquoi y a t’il des lois et des gouvernements ?” Ceci ne répond pas en tout cas à ce que les lois et les gouvernements soient utilisés comme moyens de perpétrer le vice et le massacre, comme nous le trouvons fréquemment dans l’histoire des lois et des gouvernements des Etats-Unis (gouvernement fédéral ET les gouvernements des états) qui sont utilisés contre les nations originelles de ce continent et résultant dans le type d’histoires tragiques aur lesquelles sanglota le monstre de Mary Shelley.

Frankenstein continue ses réflexions et dit: “Chaque conversation des villageois ont ouvert maintenant de nouvelles préoccupations pour moi.” Il continue:

Tandis que j’écoutais l’enseignement que Félix donnait à l’Arabe [Safie], l’étrange système de la société humaine me fut expliqué. J’ai appris au sujet de la division de la propriété, d’immense richesse et de pauvreté abjecte ; du rang, de la descendance, de l’ancestralité et du sang noble.

La propriété est le point de focus de la décision de l’affaire Johnson c. M’Intosh. Marshall l’indiqua lorsqu’il écrivit que “le droit de la société de prescrire ces règles par lesquelles la propriété peut être acquise et préservée n’est pas et ne peut pas être remis en cause.Le verdict de Johnson c. M’Intosh, qui fait partie intégrante du système légale foncier des Etats-Unis d’Amérique a eu pour résultat l’accumulation “d’une très grande richesse” pour les Etats-Unis et une “pauvreté abjecte” pour les nations originelles de ce continent.

Le Dr David Nichols dans son livre Lincoln and the Indians, fournit des détails à fendre le cœur sur ce que les peuples originels ont expérimenté comme résultat de leur appauvrissement sous la colonisation états-unienne de ce sous-continent nord-américain. Dans cet exemple au Kansas, le superintendant des affaires indiennes Coffin “a estimé le nombre de réfugiés indiens être entre 10 à 16 000.” Il a dit au haut-commissaire Dole: “Ils sont dans un état de destitution des plus déplorables, certains d’entre eux sont morts de faim et ont gelé [sic] à mort après la désastreuse bataille.” Nichols note “qu’ils manquent de provisions de toute sorte” et cite un médecin de l’armée américaine qui a décrit le degré de pauvreté extrême et la souffrance des Indiens, dans ce cas précis au Kansas:

Il est impossible pour moi de décrire l’état de délabrement de leur condition. Lere seule protection contre la neige sur laquelle ils s’allongent est l’herbe de la prairie et contre le vent des morceaux et lambeaux de tissus fixés et tendus entre deux poteaux. Certains d’entre eux avaient des vêtements mais beaucoup n’avaient que des vêtements en lambeaux qui ne masquaient pas leur nudité et j’ai même vu sept d’entre eux d’un âge variant entre 3 et 15 ans n’ayant absolument rien pour se couvrir.”

Nichols résume en déclarant: “Il y avait très peu de nourriture et la maladie fit des ravages.” Cette information citée nous ramène aux mots du monstre de Mary Shelley:

Les paroles des leçons m’incitèrent à l’introspection. J’ai appris que les possessions les plus estimées par vos semblables sont une belle et pure ascendance unifiée par des richesses. Un humain peut-être respecté avec seulement un seul de ces avantages, mais sans aucun des deux, il était considéré, à de rares exceptions près, comme un vagabond et un esclave, condamné à gaspiller son énergie pour le profit du petit nombre choisi !

La description fournie ci-dessus du Dr Nichols ne nous donne juste qu’un tout petit aperçu de l’incroyable degré de souffrance qui fut infligé aux peuples et nations originels par le verdict de l’affaire Johnson c. M’Intosh et son héritage, ainsi qu’avec la loi et la politique fédérales indiennes de manière générale. Le Frankenstein de Shelley pose une question qui fournit un cadre de référence pour le verdict de l’affaire Johnson c. M’Intosh et le code de la domination. C’est une question que ceux souffrant et mourant dans les vents glacés des prairies du Kansas auraient pu se poser: “Ai-je été un monstre, une vermine sur la terre, que tout le monde fuyait et déshérité de tous ?

Dressez-vous avec nous à Standing Rock !

Mni Wiconi: l’eau c’est la vie !

Résistance politique et changement de paradigme: Réalité historique de la fin de l’État et fenêtre d’ouverture sur le confédéralisme démocratique et l’écologie sociale…

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“Les humains ne seront pas unifiés par la domination, mais comme des frères sans domination: an-archie. Ainsi le slogan doit demeurer: sans domination…”

“Les socialistes ne peuvent pas éviter la lutte contre la propriété foncière de la terre. La lutte pour le socialisme est une lutte pour la terre ; la question sociale est une question agraire.”

“L’État est une condition, une certaine relation entre les individus, un mode de comportement ; nous le détruisons en contractant d’autres relations, en nous comportant différemment les uns envers les autres… Nous sommes l’État et nous continuerons à être l’État tant que nous n’aurons pas créé les institutions qui forment une véritable communauté (société).”

“L’objectif de la société des sociétés est les gens, la société, la communauté, la liberté, la beauté et la joie de vivre. Cet appel au socialisme s’adresse aux Hommes d’action qui veulent y débuter.”

~ Gustav Landauer ~

 

Raison créativité et liberté ou le modèle communaliste

 

Eléanor Finlay*

 

11 février 2017

 

url de l’article original:

https://roarmag.org/essays/communalism-bookchin-direct-democracy/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

(*) Eleanor Finlay est doctorante en anthropologie de l’université du Massachussetts, Amherst

“Que le XXIème siècle devienne l’époque la plus radicale ou la plus réactionnaire… va dépendre en grande partie du type de mouvement social et de programme que les radicaux sociaux créent de leur richesse théorique, organisationnelle et politique, qui fut accumulée ces deux derniers siècles… La direction que nous sélectionnerons déterminera le futur de notre espèce pour les siècles à venir.”

Murray Bookchin, The Communalist Project (2002)

Après l’élection de Donald Trump, des images dévastatrices et des souvenirs des première et seconde guerre mondiales inondèrent nos esprits. L’anti-rationalisme, la violence raciste, la politique du bouc émissaire, la misogynie et l’homophobie ont été lâchés depuis la marge de la société et amenés dans la politique quotidienne.

Dans le même temps, l’humanité se trouve dans une course contre la montre à la vie à la mort. Le trouble impensable qu’est le changement climatique devient maintenant une réalité (NdT: pas pour des raisons anthropiques, lorsque réchauffement – ou refroidissement – il y a, les causes sont essentiellement naturelles, la part de l’Homme dans ces évènements se produisant depuis des milliads d’années, est infinitésimale. Ceci ne veut bien entendu pas dire qu’il ne faut pas se préoccuper des problèmes de pollutions dont nous sommes responsables… mais laissons le CO2 de côté, il n’est ni une pollution, ni une production humaine affectant la planète… Nous nous devions ici d’interjecter car nous n’endorsons aucunement tout discours sur le “changement climatique anthropique”. Ce désaccord n’enlève en rien la pertinence politique des propos de Mlle Finlay par ailleurs.) et rien n’est entrepris par nos instances pour mitiger la catastrophe. Alors que la petite et paradoxale ère du républicanisme américain touche à sa fin, l’expérience de la nature en une créature si créative et consciente que l’humanité arrive à un tournant critique.

Précisément parce que ces cauchemards sont devenus réalité, il est maintenant temps de faire décisivement face à la tâche de créer un système politico-économique libre et juste. Pour la sauvegarde de l’humanité et en fait de toute vie sur terre, nous devons contre-balancer le fascisme aujourd’hui personnalisé par le capitalisme d’état-nation et mettre à jour tout un complexe de problèmes sociaux, économiques, politiques et écologiques tous imbriqués et interdépendants les uns des autres. Mais comment ?

Comme solution à la situation présente, un nombre croissant de gens dans le monde proposent le “communalisme”: le remplacement du capitalisme, de l’état et de la hiérarchie sociale par la ville, le village, les voisinages, réunis en assemblées et en fédérations.
Le communalisme est une idée vivante, organique, qui se construit sur un riche héritage de mouvements socio-politiques historiques.

La Commune du Rojava aux Zapatistes

Le terme de communalisme (libertaire) a émergé du soulèvement des Parisiens en 1871 dans le mouvement qui fut connu sous le nom de “Commune de Paris” et qui fut ravivé à la fin du XXème siècle par le philosophe politique américain Murray Bookchin (1931-2006). Le mot “communalisme” est souvent utilisé de manière interchangeable avec le mot “municipalisme”, ou “municipalisme libertaire” (un terme aussi inventé par Bookchin) et aussi le “confédéralisme démocratique” (inventé plus récemment par le leader emprisonné du parti des Travailleurs Kurdes, PKK, Abdullah Ocalan).

Bien que chacun de ces termes essaie de décrire une démocratie directe de face à face, le communalisme insiste plus sur ses dimensions organiques et vécues. Les communautés civiques en face à face, appelées “communes” historiquement, sont plus que simplement une structure ou un mode de gestion. Elles sont plutôt des communautés sociales et ethniques unifiant des groupes culturels et sociaux divers. La vie communale est un bien en soi.

Il y a d’inombrable précédents historiques qui modèlent les principes institutionnels et éthiques du communalisme. Les communautés tribales à petite échelle fournissent bien des exemples. En Amérique du Nord, la Confédération des Six Nation Haudenosaunee (Iroquoises) a gouverné la région des Grands Lacs par une démocratie directe confédérée pendant plus de 800 ans (NdT: contrairement à ce que laisse entendre l’auteure de ces lignes, cette confédération existe toujours aujourd’hui, nos lecteurs sont au courant de nos relais constants par nos traduction de Mohawk Nation News, traditionnellement ancrés dans la Grande Loi de la Paix, Kaiane’re:kowa dont nous avons traduit en français les 117 wampums/articles). Sur les côtes du Panama, la nation Kuna continue de gérer un archipel d’îles vibrant économiquement. Avant la dévastation amenée par l’esclavage et la colonisation, le peuple Igbo du Delta du fleuve Niger pratiquait une forme hautement cosmopolite de gestion communale. Encore plus récemment, dans la province du Chiapas au Mexique, le mouvement zapatiste de l’EZLN a réinventé les assemblées politiques pré-colombiennes au travers de centaines de municipios autonomes et cinq grandes capitales régionales appelées les Caracoles (escargots) dont les volutes spiralées symbolisent la connexion et la réunification des villages.

Les prédécesseurs des communalistes ont aussi émergés depuis de grandes communautés urbaines. De l’Athènes classique aux villes-états médiévales d’Italie et d’Europe, la démocratie directe s’est trouvée aussi chez elle en ville. En 2015, le mouvement politique de Barcelone “Barcelona en Comú” a gagné la mairie de Barcelone, basé sur un vaste collectif d’assemblées de voisinages richement étagé. Aujourd’hui, ils sont le premier parti siégeant au conseil municipal et continuent de décider leurs politiques et leurs plateformes au travers d’assemblées. En Syrie septentrionnale, le Mouvement de la Liberté Kurde a établi le confédéralisme démocratique, un réseau d’assemblées et de conseils populaires qui gouvernent avec le parti d’Union Démocrate ou PYD.

Ceci ne sont que quelques exemples parmi un grand nombre de traditions politiques qui attestent de “la grande richesse théorique, organisationnelle et politique”, qui est à notre disposition afin de rendre le pouvoir au peuple contre l’autoritarisme forcené qui nous est imposé.

Pouvoir, administration et citoyenneté

L’institution la plus fondamentale du communalisme est l’assemblée populaire. Elles se produisent de manière régulière au cours de rassemblements communaux ouverts à tous les adultes au sein d’une municipalité donnée, comme une ville, un village ou un district (canton) ; le but est de discuter, de débattre et de prendre des décisions au sujet d’affaires qui concernent la communauté dans sa totalité.

Afin de comprendre comment fonctionne une assemblée populaire, on doit d’abord comprendre la distinction subtile mais cruciale entre l’admnistration et le pouvoir décisionnaire politique. L’administration comprend des taches et des plans en rapport à l’exécution des décisions politiques prises. L’administration d’un projet particulier peut prendre quelques décisions mineures, comme par exemple quelle sorte de pierres utiliser pour construire un pont.

Le pouvoir, d’un autre côté, réfère à la capacité de faire une politique et de prendre des décisions majeures, comme par exemple de construire ou non un pont. Dans le communalisme, le pouvoir réside dans le corps collectif, tandis que de plus petits conseils mandatés expressement sont délégues pour l’exécution des décisions prises collectivement. Des experts comme les ingénieurs, ou les praticiens de santé publique jouent un röle important dans les assemblées populaires en informant les citoyens, mais c’est le corps collectif lui-même qui a le pouvoir de prendre de fait les décisions.

Avec cette distinction très claire entre l’administratif et le pouvoir, la nature du leadership individuel change dramatiquement. Les leaders cultivent le dialogue et exécute la volonté de la communauté. Les Zapatistes expriment ceci au travers du terme de “cargo”, ce qui veut dire avoir la charge ou le poids de la réalisation. Les membres du conseil exécutent la volonté de leur communauté, le leadership veut dire “obéir et non pas commander, représenter et non pas supplanter, descendre et non pas monter.”

Une deuxième distinction critique entre la politique pilotée par des professionnels de la politique et le communalisme est la notion de citoyenneté. En utilisant le terme de “citoyen”, les communalistes contredisent volontairement la notion restrictive et vide de tout sens de la citoyenneté invoquée dans les états-nations modernes. Dans les sociétés communales, la citoyenneté est conférée à chaque adulte qui vit au sein de la municipalité. Chaque adulte qui vit au sein de la municipalité a le pouvoir de participer directement, de voter et de participer à tour de rôle aux taches administratives. En fait, cette idée radicale de citoyenneté est fondée sur la résidence et sur les relations de face à face dans la communauté.

Les assemblée populaires sont une tradition vivante qui sont apparues encore et toujours au cours de l’histoire. Il faut ici faire une pause pour considérer les ressources conceptuelles que nous a laissées le démocratie athénienne classique. Il est clair que cette société était loin d’être parfaite, Tout comme le reste du pourtour de la Méditerranée à cette époque, Athènes a été construite sur le dos des esclaves et des femmes au foyer. Quoi qu’il en soit, la démocratie athénienne jusqu’à aujourd’hui est l’exemple historique le mieux documenté d’une auto-gestion communale directe (NdT: la documentation de la gestion des collectifs anarchistes espagnols de 1936 à 1939 est aussi très abondante et utile, cf Gaston Leval, Sam Dolgoff et Diego Abad de Santillan).

Agora: La place publique ou la maison où l’assemblée populaire se tient. L’agora est l’endroit de notre identité publique, là où nous allons pour prendre des décisions, pour soulever des problèmes et nous engager dans des discussions publiques.

Ekklesia: L’assemblée générale, une communauté de citoyens.

Boule: Le corps administratif de 500 citoyens qui tourne une fois par an.

Polis: La ville elle-même. Mais là encore, le terme réfere non pas à une communauté matérielle mais à une communauté multiple, richement peuplée, organique et matérielle. La polis est une entité et une personne par et pour elle-même.

Paeida: L’éducation politique et éthique continue que chacun suit, atteint afin de parvenir à la vertu et/ou l’excellence.

La vision clef de la démocratie classique arthénienne est que l’assemblée politique est un corps organique. Bien plus qu’une simple structure ou faisceau de mécanismes, le communalisme est une véritable synergie d’éléments et d’institutions qui mène à un type particulier de communauté et de processus. Pourtant les assemblées seule n’épuisent pas la politique communale. De la même manière que les communautés sont socialement, économiquement, écologiquement inter-dépendantes, une véritable société libre et éthique doit s’engager dans un robuste dialogue inter-communal, celui-ci menant à des associations libres inter-communes. La confédération permet aux communautés autonomes de s’évaluer et de s’ajuster en vue d’une coordination au niveau régional.

La confédération est différente de la démocratie représentative parce qu’elle est fondée sur des délégués révocables à tout moment par les communautés dont ils dépendent plutôt que sur des représentants individuels qui ont un pouvoir. Les délégués sont des porte-parole et n’ont aucun pouvoir. Ils ne peuvent pas prendre de décision pour la communauté. Ils ramènent les propositions dans leurs assemblées. Des chartes articulent les principes éthiques d’une confédération et définissent les attentes pour chaque membre. De cette façon, les communautés ont une base pour se tenir elles-mêmes et les autres responsables. Sans principes clairs, base d’un débat pour des actions de raison, d’humanisme et de justice, il ne peut y avoir de succès politique.

Note de R71: Nous intervenons ici pour ajouter comme cité plus haut, que la plus vieille charte confédérale au monde, unissant 6 nations amérindiennes (les 6 nations iroquoises des Seneca, Oneida, Onondaga, Cayuga, Tuscarora et Mohawk) et toujours en activité aujourd’hui, Kaianerekowa ou la Grande Loi de la Paix, date du XIIème siècle. Dans l’époque pré-invasion européenne, jusqu’à 58 nations amérindiennes étaient regroupées et suivaient volontairement la “charte” iroquoise. L’arrivée des européens à complètememt changer la donne, mais quoiqu’il en soit et malgré de multiples tentatives des Anglais et des Français de faire entrer en conflit les Iroquois les uns contre les autres, les nations iroquoises ne se sont pas combattues entre elles depuis le XIIème siècle. Kaianerekowa est la loi de la terre sur Onowaregeh (l’Île de la Grande Tortue) et aussi loin que la société traditionnelle iroquoise est concernée, les Européens ont brisé cette loi de longue date et n’ont AUCUNE LEGITIMITE sur les terres ancestrales autochtones. Le système confédéral fonctionne, il fonctionne même très, très bien ! Nous devrions en tirer les conclusions qui s’imposent d’elles-mêmes !…

Dans le Mouvement pour la Liberté Kurde du Rojava dans le nord de la Syrie, le Contrat Social est fondé sur les piliers du féminisme, de l’écologie, de l’économie morale et de la démocratie directe. Ces principes résonnent au travers de tout le mouvement, liant entre elles diverses organisations et communautés sur la base partagée du multi-culturalisme radical, de la bonne direction écologique et du féminisme.

Une société libre

Il n’y a pas de plan de marche à suivre pour un mouvement municipaliste/communaliste. Sans aucun doute, la réalisation de telles communautés politiques ne peut venir que d’un changement fondamental de notre fabrique sociale, culturelle et économique. Les attitudes de racisme, de xénophobie, qui ont alimenté la montée virulente des fascismes aujourd’hui dans des endroits comme les Etats-Unis, doivent être combattues au moyen d’un humanisme radical qui célèbre la diversité ethnique, culturelle et spirituelle. Depuis des millénaires, l’oppression sexiste a dénigré des valeurs et formes sociales attribuées aux femmes. Ces attitudes doivent être supplantées par une éthique égalitaire et une sensibilité d’entraide. (NdT: dans les sociétés traditionnelles nord-américaines, comme dans la confédération Haudenosaunee, mais pas seulement loin s’en faut, les conseils de femmes et d’anciens ont une importance capitale. Les conseils des femmes nomment les chefs, qui comme dans toute société traditionnelle ancestrale n’ont pas de pouvoir, ne commandent pas mais représentent les décision prise par les conseils. Elles ont aussi le pouvoir de révoquer les chefs errants et dérogeant à la charte et sont expressément consultés en prévention de conflits armés…)

La liberté ne peut pas non plus venir sans stabilité économique. Le capitalisme ainsi que toutes les formes d’exploitation économique doivent être abolis et remplacés par des sytèmes de production, de consommation et de distribution pour utilisation nécessaire et de plaisir plutôt que pour la vente et le profit. Les vastes ceintures de béton de nos cités industrielles “modernes”, doivent être réduites en des espaces urbains ayant un sens, étant vivables et durables. Nous devons gérer les problèmes urbains avec une grande attention pour un meilleur développement, une meilleure égalité personnifiant ainsi les espaces urbains.

De la même manière que des individus ne peuvent pas être séparés d’une comunauté politique au sens large de laquelle ils font partie, la société humaine ne peut pas être séparée de notre contexte au sein du monde naturel. La politique coopératrice, humaniste du communalisme fonctionne ainsi main dans la main avec une sensibilité écologique radicale qui reconnaît l’humain comme un être unique, partie intégrante et consciente de la nature.

Tout en gérant nos propres besoins et désirs, nous avons la capacité de penser hors de la boîte et d’être orientés vers le futur. La Confédération Haudenosauné (iroquoise) appelle ceci le “principe de la 7ème génération”. D’après ce principe, toute délibération politique doit être faite pour la communauté actuelle, incluant les animaux et la communauté écologique locale au sens large et toute décision prise doit l’être en pensant à l’impact que la ou des décisions aura sur la 7ème génération.
Bien qu’une petite illustration de tous les changements sociaux dont nous aurions besoin aujourd’hui excède de loin le sujet de ce bref essai, le grand travail de Murray Bookchin et d’autres socioécologistes fournissent de riches discussions au sujet de la signification d’une démocratie directe et d’une société écologique. Pour le mouvement des verts, celui de l’anti-mondialisme, d’Occupy Wall Street et les mouvements des Indignados d’Espagne et du Chili, les idéaux communalistes ont aussi joué un grand et croissant rôle dans les luttes sociales et politiques dans le monde. C’est un mouvement en pleine croissance.

Le communalisme n’est en aucun cas une idéologie rigide, froide et dure, mais plutôt un corps d’idées cohérent et en perpétuel mouvement, construit sur un cœur fondamental de principes et d’institutions. C’est, par définition, un processus, ouvert et adaptable à virtuellement une infinité de contextes culturels, historiques et écologiques. En fait, des précédents historiques du communalisme dans la démocratie tribale primordiale et les assemblées de villes et de villages, peuvent être trouvés dans pratiquement tous les coins de la terre.

L’ère de la politique d’état menée par des professionnels est arrivée à sa fin. Seule la démocratie de la base populaire menée à une échelle mondiale peut s’opposer avec succès au futur dystopique qui nous attend. Tous les outils nécessaires sont disponibles. Une énorme richesse de ressources s’est accumulée au cours des luttes politico-sociales de l’humanité. Avec cette richesse, avec le communalisme, nous pourrons reforger le monde sur le potentiel raisonnable de l’humanité, sur sa créativité et sa liberté.

 

= = =

 

Textes à lire sur le sujet:

 “L’appel au Socialisme”, Gustav Landauer, 1911

3 textes fondamentaux pour un changement de paradigme politique:

 

Bonne lecture !

La présidence Trump est finie !… Trump a plié devant l’état profond en moins d’un mois… Pour les nouveaux cons: « Que la fête continue!… »

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Parce qu’il N’Y A PAS DE SOLUTIONS AU SEIN DU SYSTEME, N’Y EN A JAMAIS EU ET N’Y EN AURA JAMAIS…

France ! Le nouveau tournez manège du mensonge institutionnalisé arrive à grands pas. STOP à la mascarade politique du cirque de la société du spectacle…

BOYCOTT DU VOTE ! MISE EN PLACE DE LA RESISTANCE POLITIQUE PAR LA CONFEDERATION DES ASSOCIATIONS LIBRES !

~ Résistance 71 ~

 

Mise à jour du Saker sur le coup de l’état profond américain contre Flynn et Trump

L’état profond a émasculé Trump et sa présidence, c’est fini les gars!

 

Le Saker

 

14 février 2017

 

Source:

http://www.informationclearinghouse.info/46444.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Note des traducteurs: Nous n’avons traduit que la mise à jour du Saker qui est plus percutante et directe que son analyse précédente. Elle permet de garder les points essentiels de ce qui vient de se produire à Washington. Nous partageons l’analyse du Saker sur cette affaire (mise à part sa position sur le vote bien entendu… nos commentaires nécessaires sont intégrés à la traduction), qui est essentielle et visiblement mal comprise (volontairement ?…) par bien des analystes et “experts” en géopolitique.

 

La première analyse du Saker en français est ici:

http://lesakerfrancophone.fr/les-neocons-et-l-etat-profond-ont-chatre-la-presidence-de-trump-cest-cuit-les-gars

 

Mise à jour de l’article en lien ci-dessus:

 

Ok, il me semble qu’un grand nombre de commentateurs comprennent mal ce qui se passe. Il est donc temps, plutôt que d’écrire une analyse, de cracher le morceau, je vais énumérer les points essentiels dans un style plus abrupt afin d’être plus clair dans mon point de vue. Allons-y donc:

  1. TOUT CECI N’EST PAS A CAUSE DE FLYNN. Laissez-moi encore répéter cela:
    CECI N’EST PAS A CAUSE DE FLYNN !!…
    SVP ne venez pas me dire que Flynn avait tort sur l’Iran, sur l’Islam, sur la Chine. Je suis d’accord, Mais…
    ==>>
    CECI N’EST PAS A CAUSE DE FLYNN !!<<==
  2. C’EST AU SUJET DU POUVOIR. Au sujet de qui est la patron ? Qui est le numéro 1 ? Qui est le top alpha mâle ? Le président ou “l’État Profond” ? Ce n’est qu’à ce propos, montrer clairement à tout le monde qui est en charge.
  3. FLYNN ETAIT UN SYMBOLE. Le symbole de toute cette notion de drainer le marécage de Washington, qui consiste essentiellement en les agences à 3 lettres et le Pentagone. Flynn fut le mec qui osa défier la police de la pensée et être amical avec les Russes. Flynn fut le mec qui voulut ramener la CIA et le grand Etat-Major des armées (Join Chief of Staff) sous le contrôle de la Maison Blanche. Et Flynn était le mec qui avait les contacts avec le SOCOM (NdT: Special Operations Command ou haut commandement des opérations secrètes) et l’Etat-Major des armées. Flynn devait être éliminé.
  4. FLYNN ETAIT AUSSI UNE PIERRE ANGULAIRE. Pour le meilleur ou pour le pire, il est absolument évident que Flynn était le cerveau derrière toute la politique étrangère de Trump. Sur quelques affaires Flynn était super (la Russie), sur d’autres juste OK (le terrorisme takfiri), sur d’autres il était ridicule (la Chine) voire même franchement mauvais (l’Iran). Mais ce n’est pas ce qui est important ici. Ecoutez Kucinich qui nous dit clairement que tout cela n’est pas au sujet de Flynn ou de Trump, mais au sujet d’un coup d’état (silencieux) contre la présidence des Etats-Unis, mené par son “État Profond”. Maintenant que Flynn a été sorti, il ne reste plus rien de la “politique étrangère de Trump”.
  5. FLYNN EST AUSSI UN DOMINO. Ok, ceci est crucial à comprendre, faites maintenant bien attention à ce qui suit… Poutine a souvent été critiqué pour protéger ses amis et ce même quand ses amis sont coupables de malversations. Maintenant laissez-moi vous poser une question très simple: pour qui vous mouilleriez-vous, pour Trump ou Poutine ?… Exactement… Si Trump était un mec loyal, il aurait très bien pu appeler Pence et Flynn dans le bureau ovale, demander à Flynn de s’excuser et dire à Pence de fermer sa gueule. Mais il n’en a rien fait. En acceptant la “démission” de Flynn, Trump a démontré qu’il ne protège et ne protègera pas ceux qui travaillent pour lui. Il y aura donc certainement un effet domino, car tous ceux qui ont de l’importance savent maintenant ceci: Trump est un faible, les nouveaux cons le tiennent par les couilles et Trump va les larguer en rase campagne lorsque le niveau de merde atteindra le ventilateur.
  6. LA CHUTE DE FLYNN EST AUSSI UN MESSAGE. Un message à tous ceux qui détestent Trump et tout ce qu’il représente. Ce message est très simple: Nous sommes revenus en contrôle et la fête continue !... Maintenant que Trump a été brisé et humilié, mainenant qu’il a perdu son haut QI et son allié puissant à la Maison Blanche, les nouveaux cons et l’état profond ont senti le sang et les cercles se rapetissent, il vont doubler l’attaque qui va augmenter en intensité. La prochaine victime sacrificielle des plus symboliques pourrait bien être le très détesté Steve Bannon. Le but est très simple: la chasse est ouverte pour les “penseurs criminels” du contre-état profond.
  7. EN FAIT. TOUT EN VIENT A LA PERSONNALITE DE TRUMP. C’était la grande inconnue non ?… Personne ne savait vraiment quel type de président Trump ferait. Tout le monde, incluant votre dévoué serviteur, se complaisait à spéculer sur son ego, son manque d’expérience politique, sur le fait qu’il ne devait rien à personne, qu’il était celui qui faisait les deals, un pragmatiste de sens commun. Bon, on ne sait toujours pas quel type de président il sera, mais j’ai bien peur que l’on sache déjà quel type de président il NE SERA PAS: il ne VA PAS drainer le marécage de Washington, il ne VA PAS changer la subordination des intérêts nationaux des Etats-Unis à l’empire anglo-sioniste, il NE VA PAS forger un partenariat historique avec la Russie et enfin, IL NE VA PAS renvoyer les nouveaux cons(ervateurs) au placard d’où ils ont rampé il y a quelques 24 années. On ne peut que supputer si Trump manque d’intelligence ou de couilles, mais il est maintenant évident à tous qu’il a bien plus en commun avec le président Yanoukovitch (NdT: l’ancien président ukrainien déposé par le coup d’état néo-nazi piloté par la Maison blanche sous Obama…) qu’avec Poutine.

Comme je l’ai dit précédemment, c’est fini. Pas à cause des vues de Flynn sur l’Iran ou l’Islam ; mais parce que Trump a plié, il a été brisé et maintenant tout ce qu’il reste devant nous sont 4 longues années d’agonie pure. Ceci en assumant que les nouveaux cons ne le fassent pas destituer juste pour se vautrer un peu plus dans leur arrogance et leur sens de la suprématie.

Franchement, mon cœur va à tous ceux et celles qui ont sincèrement cru que Trump serait l’homme de la libération des Etats-Unis de l’emprise des nouveaux cons et de la restauration du pouvoir de ce “panier de déplorables” sur la multitude de minorités des intérêts particuliers. Quelques personnes vont sûrement maintenant se pavaner dans des remarques du style “je vous l’avais bien dit”, mais ils auront tort. Espérer le meilleur fut la meilleure des choses à faire. Ceux qui ont voté pour Trump ont fait la seule chose en leur pouvoir pour empêcher Hillary d’occuper la Maison Blanche (NdT; et au bout du compte, guerre il y aura quand même, peut-être en d’autres termes, mais on est parti pour d’une manière ou d’une autre et çà oui Mr Saker, on l’avait dit, beaucoup avaient prévenu. Une chose est on ne peut plus claire: notre slogan en préambule de l’article…). Ce fut la bonne décision, ils ont fait ce qu’il fallait faire, moralement et pragmatiquement (NdT: bref, le “vote utile” imbécile qui ne sert à rien… la preuve !… C’est çà ta solution Saker ?… Continuer de voter pour les futurs Bozos ad vitam aeternam ?… Pour continuer à en prendre plein la gueule ?… Jusqu’à quand ?… Quand assez est-il assez ?…)

Mais maintenant nous devons rassembler notre courage et accepter la réalité de ce qui s’est produit. Minimiser les implications de ce coup de l’état profond n’a absolument aucun sens, ni moralement, ni pragmatiquement. Et la réalité est la suivante:

Il aura fallu moins d’un mois aux nouveaux cons et à l’état profond pour renverser les résultats de l’élection présidentielle.”

Trump maintenant déclare qu’il “attend que la Russie rende la Crimée.”

C’est fini les gars. Nous vous souhaitons la bienvenue de retour dans la guerre entre la Russie et l’empire.

The Saker

PS: Une chose encore. Trump lui-même a toujours été, bien entendu, le candidat d’une partie de “l’État Profond Américain”. Trump n’est pas tombé de nulle part, ni Flynn du reste. Ce qui se passe est qu’une faction de l’état profond se bat contre une autre. Les élites américaines sont divisées depuis un bon moment. (NdT: ce que nous disons sur R71 depuis des années…) Mais comme Trump a maintenant l’autorité légale, ceux qui essaient de le faire tomber sous le coup d’une révolution colorée, je parle donc ici de l’état profond contre la présidence.

Empire, Standing Rock, DAPL et la preuve par neuf du vol des terres natives (Peter d’Errico)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 14 février 2017 by Résistance 71

Excellentes analyse et démonstration ici de Peter d’Errico qui montre sur quel point d’usurpation et de criminalité se fonde la “loi de la terre” de l’empire. L’écrasement par la domination enracinée dans la falsification et le pseudo-droit de souveraineté “par la découverte chrétienne” de terres païennes. D’Errico taille en pièce cette ignominie de manière magistrale dans cet article que nous avons traduit ci-dessous !…

En fait les Etats-Unis disent ceci pour résumer succintement: la loi suprême de la terre est la loi des traités qui ne peut pas être surclasser ni par les agences gouvernementales, ni par les fonctionnaires, président inclus et les traités font loi.
Mais… par le simple fait de la “découverte” des terres paiennes par les chrétiens d’Europe, les Etats-Unis assument, par héritage, un “droit de domination et de souveraineté totale” inhérent sur toute terre et peuple païens y vivant. Ainsi la loi suprême de la terre aux Etats-Unis est la loi du “droit de domination par la découverte chrétienne”. Ceci a été gravé dans le marbre légal affabulateur et oppresseur zunien depuis 1823 et la décision de l’affaire Johnson contre McIntosh. Tout cela dans cette nation essentielle, ce phare de la liberté et de la démocratie éclairant le monde de sa docte et sage lumière que tous lui envient.
Turlututu, chapeau pointu! nous souffle Kiri le clown dans l’oreillette !…

Effarant non ?…

~ Résistance 71 ~

 

L’affirmation de domination des Etats Unis sur Standing Rock viole le traité de Fort Laramie de 1851

Le traité fait loi et la terre doit être honorée

 

Peter d’Errico

 

7 février 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/u-s-claim-domination-standing-rock-violates-treaty-of-1851/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une déclaration succinte sur les problèmes auxquels doit faire face la nation Sioux à Standing Rock, écrite par Jeffrey Ostler et Nick Estes le 16 janvier 2017, a démontré qu’”il n’y a aucune question sur l’affirmation par Standing Rock qu’un oléoduc est construit à travers des terres reconnues comme étant des terres Sioux en territoire Sioux sous le traité de Fort Laramie de 1851.Ce point particulier au sujet de l’application du traité doit être clarifié haut et fort et de manière continue et répétée. Le traité de 1851 a défini des démarcations qui doivent être prises en compte pour la mesure et l’évaluation de toute route à emprunter de cet oléoduc. La carte fournit sur leur article est claire et montre le projet du DAPL traversant les terres protégées par traité.

Un second point de cet article doit aussi être mis en valeur chaque fois que possible: les traités sont, sous la constitution des Etats-Unis, “la loi suprême de la terre”. Chaque tribunal, chaque agence fédérale, chaque fonctionnaire aux Etats-Unis doit s’en remettre à la constitution fédérale. Ceci veut dire que tous doivent se référer au traité de Fort Laramie de 1851.

Aucune agence ou bureau gouvernementaux, incluant la présidence, n’a l’autorité d’agir contrairement à la “loi suprême de la terre”. Peu importe combien Donald Trump ou quiconque de son entourage, souhaitent qu’il soit un dictateur, leurs actions sont liées par la loi… à moins de faire un coup d’état, auquel cas, il y a aura des choses plus importantes à gérer que Standing Rock.

Ironiquement, d’après l’histoire des Etats-Unis, des violations des droits des peuples natifs, si le président veut utiliser le DAPL comme un véhicule pour fomenter un coup contre la constitution, alors Standing Rock sera en première ligne pour sauver la démocratie à l’américaine, en tant que sous-produit de la défense de l’eau !

Les soi-disants “problèmes indiens” ont historiquement monté les peuples autochtones contre les forces du développement capitaliste colonial. Ce schéma se répète une fois de plus avec le DAPL ; mais cette fois-ci, le conflit s’est étendu en dehors du pays indien, parce que de plus en plus de non-Indiens sont éveillés aux problèsmes sous-jacents, notamment celui de l’eau pour la vie.

Je veux ajouter quelques réflexions aux point établis par Ostler et Estes au-delà du traité de 1851, afin de clarifier les affaires au sujet de l’autorité du gouvernement américain sur les peuples originels.

Résistance 71: Ici, il faut considérer que d’Errico, qui est un juriste et a travaillé durant des années avec les natifs sur des affaires juridiques les concernant, notamment avec la nation Diné (Navajo), offre des conseils sur le comment pousser pour faire appliquer la loi existante. C’est du conseil juridique gratos en quelque sorte…

Leur analyse par trop pertinente se retrouve un peu en difficulté lorsqu’ils discutent des Collines Noires (Black Hills, terres sacrées Lakota). En premier lieu, lorsqu’ils s’en réfèrent à la décision de la Cour Suprême (CS) des Etats-Unis de 1980 sur les Black Hills, celle où la cour déclara “un plus grand cas de grand déshonneur ne peut être trouvé en toute probabilité dans notre histoire”, ils disent “Sous la loi fédérale, le gouvernement fédéral n’a pas l’autorité de retourner les terres illégalement saisies, ainsi la cour remédia à la saisie du territoire des Collines Noires et des terres de l’article 16 en accordant une compensation financière.

Secundo, lorsqu’ils font remarquer que la nation Sioux “a refusé de manière consistante toute compensation financière pour les terres volées et a au lieu de cela argumenté pour un retour de la majorité des terres des Collines Noires”, ils font référence à ces terres comme étant “sous propriété fédérale.”

Nous devons bien comprendre qu’à la fois l’affirmation que la loi américaine interdit le retour de terres et l’affirmation que les Collines Noires sont “sous propriété fédérale des Etats-Unis” sont des manifestations de l’affirmation générale des Etats-Unis d’un droit de domination sur les peuples natifs. Ceci remonte à la décision de la CS en 1823 dans l’affaire Johnson contre M’Intosh, décision basée sur le “droit de la découverte chrétienne”: “Right of Christian Discovery.”

Le “droit” de la découverte chrétienne, comme l’a reconnu la CS elle-même, remonte à des décrets pontificaux (bulles) du XVème siècle qui disent que les colonisateurs chrétiens pouvaient clâmer des terres qu’ils avaient “découvertes” et prendre contrôle des peuples natifs païens qui y vivaient.

Standing Rock ne devrait jamais acquiescer au fait que les Collines Noires sont “sous propriété fédérale”, ni ne devrait accepter l’assertion des Etats-Unis qu’ils ne peuvent pas rendre les terres qu’ils ont envahies et saisies. Le temps est venu de se dresser contre cette violation vieille de plusieurs siècles concernant les terres des nations autochtones et ce par quelque gouvernement que ce soit se réclâmant du “droit de la découverte”.

Je ne parle pas d’un évènement du passé. L’affaire Johnson n’a jamais été déboutée. Une recherche sur Westlaw (au 25 janvier 2016) a montré 330 affaires judiciaires citant Johnson c. M’Intosh, jusqu’au 1er juillet 2015 inclus.

De plus, bien des affaires se reposent sur le “droit de la découverte” sans citer Johnson. Par exemple City of Sherrill, N.Y. v. Oneida Indian Nation of New York (2005) a dit: “le titre de propriété de la terre occupée par les Indiens lorsque les colons arrivèrent changea de mains par la découverte faite par les nations européennes et plus tard les états originaux des Etats-Unis et l’état fédéral.” Le tribunal cita des décisions intermédiaires plutôt que Johnson c. M’Intosh.

Ostler et Estes établissent que “Le congrès des Etats-Unis a autorisé le barrage de Oahe sous la loi du contrôle des inondations de 1944… (mettant en marche) ce que l’universitaire Lakota Standing Rock Vine Deloria Jr a caractérisé par ‘la loi la plus destructrice jamais perpétré sur aucune nation aux Etats-Unis.’ “

Le tribunal de district déclara: “La loi sur le contrôle des inondations de 1944 NE PEUT PAS être la législation nécessaire qui autorise la prise de terres natives indiennes à moins qu’il ne puisse être soutenu qu7une loi générale approuvant une série de projets particuliers puisse s’appliquer à des terres indiennes liées par traitee (en l’occurence le traité de Fort Laramie de 1851). Nous croyons qu’une telle position est intenable. La législation d’ordre général n’est pas suffisante pour y inclure des terres tribales indiennes reconnues par traité.

Néanmoins le juge continua de citer des affaires de “droit de la découverte” et ajouta: “Le congrès des Etats-Unis peut abroger le traité afin d’exercer son droit de souveraineté… il doit ainsi y avoir une claire action congressionnelle qui indique une intention d’abrogation…

Le juge a ensuite conclus: “Afin d’insister sur la problématique dans cette décision, nous désirons réaffirmer que l’autorité du Congrès des Etats-Unis d’exercer le droit de domaine éminent sur les terres tribales indiennes n’est pas mis en question. Nous accordons la demande de la tribu à cause d’un manque d’exercice de cette autorité. Cette affaire peut-être rapidement remédiée en l’apportant à l’attention du Congrès.

Le Congrès des Etats-Unis fut très rapide d’affirmer son “droit souverain” fondé sur la “découverte chrétienne”: le 2 septembre 1958, il passa la loi publique 85-915, “afin de fournir l’acquisition de terres pour les Etats-Unis, terres requises pour le réservoir créé par la construction du barrage de Oahe sur la rivière Missouri et pour la réhabilitation des Indiens de la réserve sioux de Standing Rock dans le Dakota du Nord et du Sud.”

La supposée “autorité du Congrès” de violer le traité de 1851 prend sa racine dans l’assertion des Etats-Unis de son “droit de découverte”,une affirmation faite par le gouvernement fédéral que celui-ci possède les terres natives et peut contrôler les peuples autochtones comme bon lui semble.

Nous voyons ici qu’une fois de plus, Standing Rock doit faire face à l’assertion unilatérale des Etats-Unis de leur affirmation d’un “droit souverain” de dominer les Indiens.

En 1958, Les avocats de Standing Rock ne firent pas appel de cette affirmation des Etats-Unis. Comme l’avait dit le juge: “l’autorité du Congrès n’est pas remise en question…

 

Standing Rock ne devrait pas de nouveau faire cette erreur !!…