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Résistance au colonialisme : « Israël sait qu’il disparaîtra… » (Hassan Nasrallah)

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QS_HN
Qassem Soleimani et Hassan Nasrallah

 

H. Nasrallah : “Israël sait qu’il disparaîtra… Que les colons quittent l’entité avant qu’il ne soit trop tard”

 

Al Manar

 

6 mai 2021

 

Source: https://french.almanar.com.lb/2058674

 

« Le régime sioniste sait que son sort est voué à la disparition et que l’axe de la Résistance déterminera l’avenir de la région », c’est ce qu’a déclaré, mercredi 5 avril, le secrétaire général du Hezbollah libanais.

Dans un discours télévisé dans le cadre d’un forum réalisé à l’approche de la célération de la Journée mondiale de Qods, et diffusé par la chaîne libanaise Al-Mayadeen, Sayed Hassan Nasrallah a appelé tout le monde à exprimer sa position envers la question palestinienne avec sincérité et courage.

Le secrétaire général du Hezbollah a réfuté les propos de ceux qui prétendent que les Palestiniens ont abandonné leurs idéaux et leur patrie, car « les événements qui se produisent ces derniers temps montrent que le peuple palestinien ne renonce absolument pas à ses droits, et cela responsabilise davantage la Oumma islamique ».

Il a dit: « Le soulèvement des Jérusalémites ces dernières semaines à al-Qods prouve l’engagement de la jeunesse palestinienne et sa détermination à faire face à la machine d’oppression sioniste. La solidarité de la Cisjordanie et l’appui militaire limité et réfléchi de Gaza avec les Jérusalémites constitue une évolution importante visant à imposer de nouvelles équations. Le peuple palestinien a toujours été héroïque et le restera. Les jeunes générations palestiniennes portent toujours cet esprit, ce sang, cette foi et cette volonté de sacrifice, et en tout cas, ils sont sur le chemin de la victoire décisive, si Dieu le veut».

Et d’ajouter : « L’étape de l’ex-président US, Donald Trump et son accord du siècle sont révolus ».

Plus loin dans son discours, le numéro un du Hezbollah s’est félicité de la cohérence et de la stabilité de l’axe de la Résistance qui a su surmonter l’étape la plus dangereuse qui visait son existence et son unité:

« Le souffle salvateur du haut commandant Soleimani continue à animer la Résistance à travers toute la région, bien que l’ennemi ait tout fait pour qu’il n’en soit pas ainsi…Son image, son âme et sa pensée resteront éternels et encourageront l’axe de la Résistance sur tous les fronts.  Aussi aujourd’hui se tient derrière le peuple palestinien et derrière la cause palestinienne une autre cause, aussi sincère que véridique qu’est l’axe de la Résistance qui reste aux côtés des Palestiniens ».

Le secrétaire général du Hezbollah a souligné que le processus de normalisation avec l’entité sioniste a permis à l’axe de la Résistance de se faire mieux entendre dans le monde.

« L’axe de la Résistance doit renforcer sa cohésion et augmenter sa puissance, car c’est lui qui déterminera l’avenir de notre région », a-t-il affirmé.

Sayed Nasrallah a en outre abordé les graves crises internes qui secouent l’entité sioniste.

«Les crises profondes secouent l’entité sioniste, les crises sociales, politiques, morales qui ont commencé à apparaître clairement et être portées au grand jour. Désormais, des experts sionistes évoquent leur crainte au sujet de la survie de l’entité face à ces crises … ce sont là des occasions à saisir et qui devraient nous rappeler davantage notre responsabilité ».

Sayed Nasrallah s’est ensuite adressé aux Israéliens en ces termes : « Selon vos croyances religieuses, vos prophéties et vos textes sacrés, voire le discours de vos rabbins, vous savez parfaitement que cette entité n’a aucun avenir et qu’elle est en phase de disparition et de destruction. Et que sa vie restante est courte, très courte. Pourquoi alors gaspiller vos efforts dans cette bataille perdue d’avance, pourquoi gaspiller la vie de votre jeunesse. Vos jeunes, vous les conduisez vers l’anéantissement et vous ferez perdre leur sang. »

Et sayed Nasrallah de conseiller aux sionistes : « laissez la terre que vous occupez  à ses vrais habitants. Retournez d’où vous êtes venus, sinon vous y serez renvoyés de gré ou de force. Cette terre appartient au peuple palestinien, elle appartient aux peuples de cette région, quelles que soient leurs affiliations religieuses ou idéologiques, mais cette terre n’appartient pas à Israël, ni aux colons, qui viennent de tous les coins du monde».

NdR71 : Voyez-vous une similitude avec la colonisation du « Nouveau Monde » ? Frappant non ?

Et de conclure en adressant un dernier mot aux jeunes jérusalémites, à tous les fils du peuple palestinien opprimé, aux résistants et à ceux qui s’accrochent à leurs droits : « tant que le peuple palestinien restera attaché à ses droits et poursuivra sa lutte, personne en ce monde ne pourra liquider la cause palestinienne. Le présence du peuple palestinien sur le champ de bataille constitue le meilleur argument divin pour chaque arabe, chaque musulman et chaque personne libre en ce monde, afin qu’ils se tiennent aux côtés de la Palestine».

Sources : AlMayadeen + PressTV

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A lire : « Hezbollah, son histoire de l’intérieur », Naïm Qassem

 

QS_HN

Invasion zapatiste de l’Europe, rencontres rebelles fructifiantes… Que la fête commence !

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“L’invasion zapatiste” commence !

Jérôme Baschet

27 avril 2021

Source: https://www.lavoiedujaguar.net/L-invasion-zapatiste-commence

Cela avait été annoncé il y a six mois ; maintenant, nous y sommes.

Le voyage zapatiste vers l’Europe a commencé.

La « conquête inversée » a bel et bien débuté.

Lorsque, le 5 octobre 2020, les zapatistes ont publié leur communiqué « Une montagne en haute mer », la surprise fut considérable, à l’annonce d’une tournée de l’EZLN (Ejército Zapatista de Liberación Nacional) sur les cinq continents, en commençant par l’Europe.

Il faut dire que, si les zapatistes n’ont pas été avares d’initiatives tant au Chiapas qu’à l’échelle du Mexique (avec par exemple la Marche de la couleur de la terre, il y a tout juste vingt ans), c’est presque la première fois (à une petite exception près en 1997) qu’ils sortent des frontières de leur pays.

Puis, le 1er janvier dernier, ils ont écrit et cosigné avec des centaines de personnes, collectifs et organisations une « Déclaration pour la vie » exposant les raisons de ce voyage : contribuer à l’effort pour que les luttes contre le capitalisme — qui sont indissociablement des luttes pour la vie — se rencontrent dans la pleine conscience de leurs différences et loin de toute volonté d’homogénéisation ou d’hégémonie.

Au cours de ces six derniers mois, un ample processus d’organisation s’est mis en place à l’échelle européenne, mais aussi dans chaque pays ou « géographie », selon la terminologie zapatiste. Une coordination francophone a ainsi vu le jour, puis, en son sein, huit coordinations régionales fédérant collectifs et initiatives locales. Dans le même temps, l’EZLN a confirmé que se préparait une ample délégation composée de plus d’une centaine de ses membres, aux trois quarts des femmes, et qu’elle serait en outre accompagnée par des membres du Congrès national indien – Conseil indien de gouvernement, qui regroupe des luttes indiennes de tout le Mexique, ainsi que par une délégation du Front des peuples en défense de l’eau et de la terre de Morelos, Puebla et Tlaxcala, s’opposant à la mise en service d’une double centrale thermoélectrique qui menace de détourner les ressources en eau indispensables aux paysans de la région [1].

Le 10 avril dernier — anniversaire de l’assassinat d’Emiliano Zapata — était annoncé le départ de la première partie de la délégation zapatiste, destinée à faire le voyage par la voie maritime. On s’attendait à la voir sortir, ce jour-là, du caracol [2] de Morelia, où ses membres se préparaient depuis des mois. Il y eut bien alors un rituel en bonne et due forme, avec musique traditionnelle, encens et gestes de purification (limpia), sur la réplique d’une proue de navire ; mais la montagne ne s’est pas pour autant déplacée [3]. En effet, il a été annoncé que la délégation se plaçait en quarantaine pendant quinze jours afin d’être assurée de ne pas quitter les territoires zapatistes en étant porteuse d’un autre virus que celui de la rébellion — un choix qui réitère la décision de l’EZLN de prendre (par soi-même et loin de toute injonction étatique) toutes les mesures de précaution sanitaire requises pour éviter la propagation du SARS-CoV-2, ce qui l’avait conduit à déclarer, dès le 15 mars 2020, une alerte rouge et à fermer l’accès à tous les caracoles zapatistes.

On apprit aussi que cette délégation maritime avait été baptisée « Escadron 421 », parce qu’elle est composée de quatre femmes, de deux hommes et d’une personne transgenre (« unoa otroa », dans le lexique zapatiste), présenté·e·s individuellement dans un communiqué du sous-commandant Galeano [4]. Après une nouvelle fête de départ, le dimanche 25, avec exposition de nombreuses peintures et sculptures, paroles d’encouragement du conseil de bon gouvernement et bal populaire [5], ce lundi 26 avril est donc le jour de leur départ effectif de Morelia. De là, ils rejoindront un port mexicain où les attend le bateau dénommé « La Montagne » et, le 3 mai, largueront les amarres pour la traversée de l’Atlantique. L’Escadron 421 sera alors soumis aux impondérables océaniques, sous la compétente conduite de l’équipage du navire. Il devrait arriver en vue des côtes européennes dans la seconde moitié du mois de juin (le pays ne sera connu que plus tard).

Parallèlement, ces derniers jours, de petites fêtes étaient organisées au son des tambours et des encouragements de toutes sortes pour accompagner le départ d’autres membres de la délégation zapatiste qui quittaient leurs villages de la forêt Lacandone, parfois dans des pirogues permettant de descendre les rivières de cette région tropicale, proche de la frontière du Guatemala [6]. Elles et eux feront partie des groupes de la délégation zapatiste qui, en avion cette fois, rejoindront le vieux continent à partir du début juillet.

Commenceront alors des mois d’intenses activités, de rencontres et d’échanges dans toute l’Europe, puisque les zapatistes ont annoncé avoir reçu et accepté des invitations émanant de très nombreuses « géographies » : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Catalogne, Sardaigne, Chypre, Croatie, Danemark, Slovénie, État espagnol, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Pays basque, Pologne, Portugal, Royaume-Uni, Roumanie, Russie, Serbie, Suède, Suisse, Turquie, Ukraine.

Ce sont des centaines de rencontres et d’activités qui ont été proposées aux zapatistes et sont actuellement en cours de préparation. Les collectifs et organisations concernés les feront connaître le moment venu. Il est possible qu’il y ait des rassemblements amples, impliquant toutes les luttes de la période actuelle, des Gilets jaunes aux ZAD et autres résistances territoriales contre les grands projets destructeurs, des collectifs féministes à toutes les formes de soutien aux migrants, des luttes contre les violences policières à celles qui visent à défaire les dominations coloniales, des réseaux d’entraide dans les métropoles aux régions rurales où s’esquissent d’autres manières de vivre, sans oublier la mobilisation prioritaire à laquelle nous obligent, comme le soulignent les zapatistes, les sanglots tragiques de notre planète blessée. La liste est longue (et ici incomplète) au sein de la galaxie des rébellions contre tous les aspects de la barbarie capitaliste et des résistances pour faire émerger d’autres mondes plus désirables.

Surtout, les zapatistes ont expliqué qu’ils venaient pour échanger — c’est-à-dire pour parler et, plus encore, pour écouter — avec toutes celles et ceux qui les ont invités « pour parler de nos histoires mutuelles, de nos douleurs, de nos rages, de nos réussites et de nos échecs » [7]. Des rencontres à petite échelle, pour prendre le temps de se connaître et commencer à apprendre les un·e·s des autres. Cela fait bien longtemps que les zapatistes insistent sur le fait que nos luttes ne peuvent rester isolées les unes des autres, soulignant la nécessité de construire des réseaux planétaires de résistance et de rébellion. Il est inutile de rappeler ici toutes les rencontres internationales qu’ils ont organisées au Chiapas, depuis la Rencontre intercontinentale pour l’humanité et contre le néolibéralisme (dite « Intergalactique »), en 1996, jusqu’au séminaire « La pensée critique contre l’hydre capitaliste », en 2015 [8]. Mais on peut noter qu’en août 2019, au moment d’annoncer une nouvelle avancée de l’autonomie, avec la création de quatre nouvelles communes autonomes et de sept nouveaux conseils de bon gouvernement, ils avaient précisé qu’ils ne proposaient plus d’organiser de grandes rencontres, mais plutôt de faire des « réunions avec les groupes, collectifs et organisations qui travaillent [luttent] dans leurs géographies » [9]. Il n’était pas alors question de voyage sur les cinq continents, mais celui-ci pourrait être — en plus d’autres raisons d’entreprendre un tel périple — une manière d’engager ce processus. Mais, si une telle perspective peut résonner avec le besoin que beaucoup ressentent de tisser davantage entre les luttes existantes, il est clair qu’elle a pour préalable non seulement l’échange qui permet d’identifier ce qui est partagé sans dénier différences et divergences, mais aussi et surtout la rencontre qui crée une interconnaissance réelle.

Le voyage pour la vie sera donc l’occasion pour un nombre bien plus important de personnes de rencontrer les zapatistes et d’en apprendre davantage sur cette expérience d’autonomie et de dignité qui persévère contre vents et marées, depuis plus d’un quart de siècle. Et, espérons-le, de se laisser gagner par la contagion rebelle dont les zapatistes sont de virulents porteurs. Souhaitons donc que toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans la Déclaration pour la vie et pour qui l’autonomie zapatiste brille fort dans le ciel de nos aspirations (et inspirations) soient prêt·e·s à les accueillir, à soutenir leur initiative itinérante (par exemple en contribuant et en faisant circuler la plate-forme de crowdfunding mise en place à cet effet), à participer, de la manière qui conviendra à chacun·e, au VOYAGE POUR LA VIE [10].

Mais revenons à l’Escadron 421. Depuis le début de l’annonce du voyage vers l’Europe, les zapatistes suggèrent qu’il s’agit de refaire à l’envers le processus de la conquête. Ils s’amusent à l’idée d’une invasion inversée (et, cette fois, consentie). C’est de l’humour, bien sûr (mais en est-on bien sûr ?) [11]. En tout cas, ils ont annoncé qu’ils seraient, le 13 août 2021, à Madrid pour célébrer à leur manière les cinq cents ans de la conquête de Mexico-Tenochtitlan par l’armée de Hernan Cortés. Les Indiens du Chiapas, comme ceux de tout le continent américain, éprouvent depuis cinq siècles dans leur chair ce que signifient la colonisation et toutes les formes de colonialisme interne et de racisme qui en sont la prolongation. Mais les zapatistes ont clairement dit qu’ils ne se rendraient pas à Madrid pour exiger que l’État espagnol ou l’Église catholique leur demande pardon. Ils refusent tout autant la condamnation essentialisante d’un « Occident » diabolisé et tout entier assimilé aux colonisateurs que l’attitude consistant à enfermer les colonisés dans la position de victimes. Au contraire, ils entendent dire aux Espagnols « qu’ils ne nous ont pas conquis [et] que nous sommes toujours en résistance et en rébellion ». Refaire le voyage à l’envers, c’est déjouer une histoire toute faite, qui assigne des positions figées et univoques aux vainqueurs et aux vaincus. Il s’agit d’ouvrir par effraction la possibilité d’une autre histoire.

Lorsque la délégation maritime zapatiste touchera terre en un point encore inconnu du continent européen, c’est Marijose, « unoa otroa » de l’Escadron 421 qui débarquera en premier. Voici comment le sous-commandant Galeano décrit par avance la scène, en une inversion du geste par lequel Christophe Colomb — qui pourtant n’a pas débarqué, le 12 octobre 1492, en conquérant ni même en découvreur, puisqu’il ne cherchait au contraire qu’à retrouver les terres déjà connues du Japon et de la Chine — s’est empressé de planter sa croix et d’imposer le nom de San Salvador à l’île de Guanahaní :

Ainsi, le premier pied à se poser sur le sol européen (bien sûr, si on nous laisse débarquer) ne sera ni celui d’un homme ni celui d’une femme. Ce sera celui d’un·e autre.

Dans ce que le défunt SupMarcos aurait décrit comme « une gifle avec un bas noir pour toute la gauche hétéropatriarcale », il a été décidé que la première personne à débarquer sera Marijose.

Dès qu’elle·il aura posé les deux pieds sur le sol européen et se sera remis·e du mal de mer, Marijose criera :

« Rendez-vous, visages pâles hétéropatriarcaux qui persécutez ce qui est différent ! »

Nan, je plaisante. Mais ça serait bien qu’il·elle le dise, non ?

Non, en descendant à terre, l@ compa zapatiste Marijose dira d’une voix solennelle :

« Au nom des femmes, des enfants, des hommes, des anciens et, bien sûr, des zapatistes autres, je déclare que le nom de cette terre, que ses natifs appellent aujourd’hui “Europe”, s’appellera désormais : SLUMIL K’AJXEMK’OP, ce qui signifie “Terre rebelle”, ou “Terre qui ne se résigne pas, qui ne défaille pas”. Et c’est ainsi qu’elle sera connue des habitants et des étrangers tant qu’il y aura ici quelqu’un qui n’abandonnera pas, qui ne se vendra pas et qui ne capitulera pas. »

Bienvenue, compañeroas, compañeras y compañeros zapatistas, dans les diverses géographies du continent bientôt renommé Slumil K’ajxemk’op.

Paris, 25-26 avril 2021

Jérôme Baschet

Source : LundiMatin

26 avril 2021.

P.-S.

[mise à jour : le communiqué « La route d’Ixchel », publié ce 26 avril après la parution du présent article, précise que « La Montaña » doit quitter le Mexique depuis Isla Mujeres, pour arriver en vue des côtes européennes à Vigo (Galice)]

Notes

[1] « Au Mexique, les zapatistes du Chiapas s’opposent aux grands projets nuisibles ».

[2] Escargot, en espagnol. Nom des centres régionaux où siègent les « conseils de bon gouvernement » de l’autonomie zapatiste et où ont lieu notamment les rencontres nationales et internationales organisées par l’EZLN.

[3] « En route vers l’Europe… ».

[4] « Escadron 421 ». On y apprend aussi que cette délégation maritime devait être composée de vingt personnes, mais que les autres n’ont pas réussi à vaincre les obstacles mis à l’obtention de leur passeport. NB : L’Escadron 201 est une unité aérienne mexicaine ayant participé à la Seconde guerre mondiale.

[5] « Réveillez-vous ! » et « Escuadrón 421, la delegación Zapatista : “¡Semillas llevamos, semillas dejamos, semillas germinarán !” ».

[6] « Et pendant ce temps, dans la selva Lacandone… »

[7] « En route vers l’Europe… ».

[8] Voir : « Zapatisme ».

[9] « Et nous avons brisé l’encerclement », voir aussi : « Ici, le peuple dirige, le gouvernement obéit » : au Mexique, le zapatisme est bien vivant.

[10] Les coordinations régionales peuvent être contactées aux adresses suivantes :

Centre Val de Loire : zapatista-centrevaldeloire@siberry.fr

Coordination Nord : zalig@herbesfolles.org

Coordination Nord-Est : zapat-est@riseup.net

Coordination Nord-Ouest : coordnordouest@lists.riseup.net

Coordination Île-de-France : comcomzap-idf@riseup.net

Coordination Auvergne – Rhône-Alpes : zap21_auv_rhon_alp@lists.riseup.net

Coordination PACA : pacaz@riseup.net

Coordination Sud-Ouest : contact-coordSudOuest@riseup.net

La coordination francophone à cette adresse : zap_2021_fr_contact@lists.riseup.net

Et pour la Belgique francophone : razb@collectifs.net

[11] Lors de la fête du 25 avril, à Morelia, des maquettes de bateaux ont été exposées, avec des noms faisant ironiquement référence aux caravelles de Christophe Colomb : « Santa Maria – La Revancha » ; « No soy Niña »…

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Lecture complémentaire :

Du chemin de la société vers son humanité réalisée (Résistance 71)

Nous sommes tous des colonisés (Résistance 71)

6ème déclaratoin zapatiste de la forêt de Lacandon

Ricardo Flores Magon, textes choisis

Chiapas, feu et parole d’un peuple qui dirige et d’un gouvernement qui obéit

Rencontre au sommet…


Gilets Jaunes…


Zapatistes….

De la tradition anarchiste africaine, entretien avec Sam Mbah

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rEVOLUTION

Anarchisme africain : entretien avec Sam Mbah

Chuck Morse

Entretien avec la revue “Perspective on Anarchy Theory”, printemps 1999

Traduit de l’anglais par Résistance 71

Avril 2021

“African Anarchism: The History of a Movement” (Sharp Press, 1997) de Sam Mbah et I.E. Igariwey est le premier traitement de l’anarchisme en Afrique dans un mode livresque. Les auteurs y argumentent que l’anarchisme fournit un cadre tout à fait cohérent dans lequel comprendre et répondre aux multiples crises affectant le continent. J’ai rencontré Mbah le 4 novembre 1998 au début de sa tournée américaine.

Note de R71: Nous avons traduit de très larges extraits de ce livre il y a plusieurs années, nous mettons le lien vers notre PDF sous l’article. Bonne lecture !

Vous déclarez que “la tendance générale de la société humaine a été vers l’égalité sociale et une plus grande liberté individuelle.” Partagez-vous la croyance de Marx sur le capitalisme comme développement progressiste dans l’histoire du monde et une pré-condition nécessaire à des formes sociales plus adéquates ?

La position marxiste n’est pas complètement juste. Le capitalisme fut un développement progressiste durant son époque : il a fourni la base de la radicalisation de la classe travailleuse, ce qui n’était pas possible sous le féodalisme et ce fut définitivement un pas en avant. Ceci fut basé sur le fait que la lutte contre le capitalisme et le système étatique s’intensifiait. Mais je ne pense pas que tout pays ou société doive passer par ce processus ou que le capitalisme soit une pré-condition pour le progrès humain ou son développement.

Je ne pense pas non plus que l’histoire humaine soit prévisible ou qu’elle puisse être liée à des séquences développées par des historiens ou des penseurs/écrivains. Je pense que la capacité des gens ordinaires dans une société donnée est si grande qu’elle peut pratiquement les propulser à prendre leur destinée entre leurs propres mains et ce à n’importe quel point dans le temps. Je ne crois pas en la compartimentation de l’histoire en étapes : je pense que les gens ordinaires sont capables de lutter par et pour eux-mêmes et qu’ils pourront se libérer à n’importe quel moment dans le temps.

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NdR71 : 

Essayons de rétablir ici une “voie du milieu”… Nous pensons en partie comme Mbah, à savoir que l’émancipation peut se produire à n’importe quel moment dans la mesure où la capitalisme, comme tous les autres systèmes avant lui est une fabrication, une construction politico-sociale et que ce que nous construisons, nous pouvons le déconstruire pour reconstruire autre chose.
Ceci dit, une fois certains mécanismes enclenchés, se développe une certaine implacabilité évènementielle. En cela l’analyse de Marx sur les deux phases du capitalisme en sa phase I de domination formelle et sa phase II de domination réelle est juste. Ainsi, une fois un tel processus enclenché, il est plus facile sans aucun doute de mettre le système à bas lorsqu’il est au creux de la vague, ce qui est le cas en ce moment. Le capitalisme est en phase de énième mutation pour pouvoir reproduire son propre mode de production, il peine à le faire, mais la solution vers un Nouvel Ordre Mondial des entreprises transnationales est la seule possible pour survivre encore un peu. Son oligarchie s’emploie à mettre tout ça en place et la crise actuelle du COVID-19 n’en est qu’un des aspects / outils.
Maintenant, le capitalisme est-il nécessaire ? Peut-on arriver à l’émancipation sans lui ? Est-il un passage obligé vers notre émancipation vers notre humanité enfin réalisée ? Nous avons fait le choix (une minorité d’entre nous, il y a longtemps, a fait ce choix) de le mettre en place, il est une réalité et peu importe qu’il soit nécessaire ou non, ce qui est sûr de là où nous en sommes, est que nous devons nous en débarrasser et avec lui, de l’État, de la marchandise et son rapport marchand et donc de ses outils de fonctionnement que sont l’argent et le salariat. Là est le point de convergence de l’idée (r)évolutionnaire, car il n’y a pas et ne saurait y avoir de solution au sein du système. Nous devons prendre une tangente qui nous sortira du cycle infernal, de la révolution nous ramenant sans cesse au point de départ. Il ne s’agit pas de révolution mais d’évolution. Nous devons devenir enfin politiquement adulte.

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Votre livre est ancré dans l’anarcho-syndicalisme, une tradition essentiellement dérivée des expériences historiques européennes. Quelles contributions distinctives de l’expérience africaine peuvent être apportées à l’anarchisme ?

Nous avons tenté d’adresser ce point dans notre livre. Bien que l’anarchisme ne soit pas complet sans l’apport de l’expérience européenne, nous pensons qu’il y a des éléments des sociétés traditionnelles africaines qui peuvent assister à l’élaboration d’idées anarchistes.

L’une d’entre elles est l’auto-aide, l’entraide ou la tradition de coopération qui prévaut dans la société africaine. Cette société est structurée de telle façon que l’individualisme y est réduit et qu’est important l’approche collective de la résolution de problèmes et de vivre : si on le réduit à son essence, je pense que c’est ce que l’anarchisme enseigne.

Les sociétés traditionnelles africaines offrent aussi certaines choses dont nous devrions apprendre. Par exemple sur le leadership, spécifiquement là où le féodalisme ne s’est pas développé. Dans ces sociétés le pouvoir était horizontal et diffusé dans le corps social, il n’est pas vertical, pas hiérarchisé. Pratiquement tout le monde dans une société donné ou un village prenait part au processus décisionnaire et avait la parole sur tout ce qui les affectait directement au quotidien. Les anciens par exemples n’auraient jamais engagé une lutte armée contre le village voisin s’il n’y avait pas un consensus au sein de la population, ce qui était vraiment la force liante de la société africaine. Également le système de la famille étendue par lequel votre neveu pouvait venir vivre avec vous et votre femme, chose que nous définitivement recommandons à l’anarchisme. Ceci sont des exemples de zones qui pourraient être incorporées à l’anarchisme. Ces idées sont durables, elles sont quasiment dans la nature humaine aussi loin que l’Afrique soit concernée.

L’incapacité de combiner une critique cohérente de l’état et du capitalisme avec une critique du racisme a exercé une énorme pression sur l’anarchisme. Dans quel sens une analyse sur le racisme et la suprématie blanche doit-elle complémenter une analyse de classe ?

Le système capitaliste dont nous avons hérité pousse à l’exploitation des travailleurs et autres classes non dominantes et exploite aussi les différences raciales. Il a institué une dichotomie raciale permanente parmi les travailleurs, où il y a un groupe de travailleurs plus privilégiés et un autre groupe de travailleurs moins privilégiés. Il y a une double exploitation de la classe travailleuse non blanche. Ceci ne fut pas même adressé adéquatement par le marxisme, parce qu’il assumait une unité des intérêts au sein de la classe laborieuse sans référence à des types spécifiques d’exploitation et de privation auxquels font face les travailleurs.

Le racisme est un facteur clef dans ce monde et toute analyse de classe qui cherche à nier cela ne fait qu’appliquer une politique de l’autruche. Le racisme est tout simplement endémique au capitalisme.

Les travailleurs doivent impérativement comprendre cela, comme base de leur unité et pour aller de l’avant. Ceci doit être reconnu par les activistes anarchistes et les mouvements sociaux afin d’intégrer toutes les couleurs de la palette du travail pour faire face à l’ennemi commun qui est le capitalisme et les relations sociales de production que le mettent et le maintiennent en place.

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Notre traduction de larges extraits du livre de Mbah et Igariwey “L’anarchisme africain, une histoire du mouvement”, 1997, trad. R71, 2015

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

FranceUranium

Colonialisme historique et récurrent : La doctrine de la domination chrétienne en terre apache, l’affaire d’Oak Flat remet tout le système politico-légal yankee une énième fois sur la sellette (Steven Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, documentaire, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 18 avril 2021 by Résistance 71

Cette traduction suite à notre publication récente d’une écrit de Léon Tolstoï “L’église et l’état”… Une fois de plus, tout se tient.

Dans l’esprit de Cheval Fou et de Géronimo

~ Résistance 71 ~

La doctrine de domination chrétienne et le peuple apache (l’affaire Oak Flat)

Steven Newcomb

Avril 2021

url de l’article original:
https://originalfreenations.com/the-doctrine-of-christian-domination-the-apache-people-and-oak-flat/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

L’affaire de la résistance apache sur leur site sacré de Chi’ Chil Bildagoteel, appelé en anglais “Oak Flat”, est maintenant devant le cour d’appel du 9ème circuit judiciaire. Cette affaire a créé une publicité mondiale et un bon nombre de groupes chrétiens ont enregistré des lettres de soutien amicus curiae (ami de la cour). Ces lettres soutiennent le droit et la liberté des Apaches de s’engager dans leurs traditions et cérémonies ancestrales sur un endroit de leur terre traditionnelle qui leur est particulièrement sacré et qui va être détruit par des compagnies minières. Le peuple et la nation apaches seront irrévocablement blessés si leur terre sacrée est détruite dans un effort entrepreneurial d’accumuler toujours plus de profits avec ce projet d’extraction de minerai de cuivre.

Oak Flat est maintenant menacé par un projet minier d’extraction de cuivre qui va oblitérer en le rayant de la surface de la planète, la totale existence de cette endroit sacré en défonçant sols et sous-sols. Si le projet minier est autorisé, celui-ci laissera à cet endroit un trou béant de quelques 300m de profondeur et de 4 km de diamètre, exactement là où le site sacré apache se situe.

Je trouve positif mais quelque peu ironique que des groupes d’églises chrétiennes se joignent aux Apaches sur le projet de défense de la zone sacrée. Ironique parce que la 9ème cour d’appel va utiliser un processus classique de raisonnement chrétien de domination qui est déshumanisant et raciste, fondé sur les catégories artificiellement et mentalement crées de “païens” et “d’infidèles”. Ce processus de raisonnement qui est vieux de plusieurs siècles, voient les non-chrétiens comme des ennemis du monde de la chrétienté (de l’empire chrétien).

Commençons par examiner le fondement de ce processus bigot de raisonnement que la cour d’appel du 9ème district va appliquer à l’affaire d’Oak Flat. Cela commence avec la croyance que les pouvoirs politiques (alias “les souverains”) du monde chrétien et les successeurs de ces pouvoirs politiques (comme les Etats-Unis entre autres…), ont un droit fondamental de s’engager dans une relation de domination contre ces peuples que les chrétiens ont historiquement appelés “païens” ou “infidèles”.

En conséquence, si ces pouvoirs politiques croient qu’il est nécessaire de détruire la tradition et les zones de cérémonie de ces soi-disants païens et infidèles parce qu’une telle destruction bénéficierait “la civilisation (domination) humaine et chrétienne”, alors ainsi soit-il. Leur sacrifice et leur souffrance sont jugés nécessaires pour le plus grand bien de “la société humaine”. Après tout, c’est une longue tradition de la chrétienté que de regarder les “païens” et les “infidèles” et tous non-chrétiens comme des barbares et donc ne faisant pas partie de la “race humaine” ( forcément chrétienne).

La vérité est que le système politique et légal des Etats-Unis est fondé sur le droit de la domination chrétienne contre les peuples et nations natifs, comme les Apaches. Ceci est basé en partie sur une assertion faite dans le rendu de la Cour Suprême des Etats-Unis (CSEU) dans l’affaire Johnson vs M’Intosh, 1823, à savoir que le “peuple chrétien” (des mots mêmes du juge de la Cour Suprême John Marshall) possède “un génie supérieur” et que le “peuple chrétien” est en droit de s’imposer mentalement sur les peuples natifs “qui étaient païens”, ce des mots mêmes du juge Marshall

Utilisant le “caractère et la religion” des habitants natifs du continent comme d’une justification, le “génie supérieur de l’Europe” put exercer et affirma un “droit d’ascendence”, c’est à dire un droit de domination sur les peuples autochtones. L’affirmation d’un droit de domination par “le peuple chrétien” sur des “païens” non-chrétiens est toujours regardé aujourd’hui comme “la loi suprême de la terre” aux Etats-Unis. Ceci parce que le raisonnement de domination qui est contenu dans le rendu du jugement de l’affaire Johnson vs McIntosh de 1823 est toujours activement utilisé par les tribunaux américains, ce incluant la CSEU.

Cette forme de raisonnement sera celle adoptée par la cour d’appel du 9ème district dans l’affaire d’Oak Flat pour la simple et bonne raison que ces concepts fondamentaux de domination chrétienne sont à la base de tout le système légal américain et de son système de loi et de politique indien, système qui est aussi retracé jusqu’aux mots latins et aux idées de domination exprimés dans les bulles pontificales du Vatican du XVème siècle et des chartes royales émanant d’Angleterre.

Aussi difficile que ce soit de le croire, c’est un fait inéluctable que la cour d’appel du 9ème district va déployer ces catégories et ce type de raisonnement de la domination envers les Apaches de Oak Flat, même si aucun de ces mots en particulier n’est utilisé. Cette façon de raisonner et peu importe à quel point cela peut paraître mal de notre point de vue actuel, sera contenue dans le raisonnement des précédents judiciaires (la jurisprudence) que la cour citera et appliquera à son processus de raisonnement actuel.

Alors que la cour d’appel délibère sur l’affaire d’Oak Flat , elle continuera d’empêcher nos nations originales libres et indépendantes de vivre une existence libre en se reposant sur l’affirmation américaine d’un droit à la domination chrétienne au sein de la loi américaine. Quelque soit la façon dont ceci est caché et maintenu caché, ceci constitue le cadre psychologique au sein duquel l’affaire d’Oak Flat est prise en charge par le système judiciaire des Etats-Unis.

Cette cour d’appel a déjà démontré sa volonté d’appliquer le processus de raisonnement de la domination envers la nation Kumeyaay. Elle l’a fait en 2014 dans l’affaire de vestiges et de restes ancestraux, White v. University of California. Dans la note de bas de page #2 de son compte-rendu écrit, la cour d’appel a cité à la fois Tee-Hit-Ton Indians v. United States (1955) and Johnson v. McIntosh (1823). Le contenu de cette note de bas de page ainsi que la citation par la cour de la décision de justice dans l’affaire Johnson a rendu évident que cette cour utilisait le processus de raisonnement évoqué fondé sur un soi-disant droit de domination chrétien. La note 2 de White v. University of California explique :

L’intérêt aborigène sur la terre est généralement décrit comme un droit tribal d’occupation des sols. Ce n’est pas un droit de propriété, mais revient à un droit d’occupation des sols que le souverain accorde et protège contre l’intrusion de tierces parties ; Tee–Hit–Ton Indians v. United States, 348 U.S. 272, 279 (1955).

L’expression “le souverain” se traduit en “le dominant” (dominor en latin). D’après la règle psychologique et mentale générale du système de domination, Le Dominateur (“le souverain”) “accorde” aux Indiens un simple “droit d’occupation des sols”, qui n’implique aucun pouvoir de domination. Ce langage veut dire que ce sont les Etats-Unis, en tant que “dominateur” ou “souverain” (NdT: en héritage historique des autres souverains… comme la Couronne d’Angleterre ou celle d’Espagne…), qui décident de quel droit il s’agit, s’il y en a un. Ce “souverain” est volontaire pour concéder aux Indiens mais toujours au sein du “monde, de la construction mentale des Etats-Unis”.

Le gouvernement des Etats-Unis a décidé que les “Indiens” comme les Apaches, doivent être catégorisés comme des “tribus” qui n’ont, du point de vue mental des USA, aucun droit de propriété à la terre avec laquelle ils ont traditionnellement et ancestralement exercé une relation spirituelle et culturelle durant des milliers et des milliers d’années.

Le “souverain, dominateur” qu’est le gouvernement des Etats-Unis, refuse d’accepter l’idée que toute nation indienne ou “tribu”, puisse contredire le droit de domination du “dominateur, souverain”, autrement connu sous le vocable de “propriété”. Le dominateur refuse de reconnaître le “droit indien” d’occupation des sols qu’il a mentalement imposé aux nations et peuples natifs comme incluant un droit de propriété.

Pour le dire différemment, le gouvernement américain dominateur refuse de reconnaître les successeurs actuels des “païens et infidèles”, comme les Apaches, comme ayant un droit de domination sur leurs terres traditionnelles et ancestrales. Le gouvernement américain ne veut en rien concéder aux “natifs qui étaient (et sont peut-être toujours) des païens”, le pouvoir immense contenu dans le simple concept de la propriété qui est définie comme “pas l’objet matériel en lui-même, mais le droit.. de domination obtenu de droit sur un tel objet.” (dictionnaire du droit Ballentine, 1969)

En tant que dominateur, les Etats-Unis ont mentalement inventé la doctrine (et la croyance bien acceptée) que les Etats-Unis ne reconnaîtront jamais une nation indienne ou “tribu” comme possédant un droit de domination (“propriété”) sur ses propres terres natives. Le but du gouvernement des Etats-Unis est d’empêcher tout peuple ou nation natifs de ne jamais être capable de déployer un processus de pensée qui puisse contredire avec succès l’affirmation du gouvernement des Etats-Unis d’un droit de domination chrétienne sur ces terres. Dans la décision de l’affaire Johnson, Marshall appelle ce droit de domination affirmée la “domination ultime et définitive” du souverain.

Qui et qu’est-ce qui est “souverain” ? La cour du 9ème circuit nous fournit une réponse à cette question avec sa référence à “la théorie légale disant que la découverte et la conquête ont donné aux conquérants, le droit de posséder la terre mais n’ont pas perturbé le droit des tribus à l’occuper. Voir Johnson v. M’Intosh, 21 U.S. 8 Wheat 543, 588–91 (1823).” “Le souverain” est un des “conquérants” (dominateurs) et “la conquête” est, une fois de plus, la domination.

Une fois traduit cela donne donc “cette conquête et domination ont donné aux dominateurs le droit de dominer la terre mais n’a pas perturbé le droit des tribus de l’occuper.” Ce raisonnement fut aussi la base du CR du gouvernement des EU en date du 5 février 2021, en réponse à une requête de l’Apache Stronghold pour une injonction temporaire sur la proposition minière d’Oak Flat. Nous le savons car dans leur CR, les avocats du gouvernement ont cité le même phrasé de Tee Hit Ton Indians v. United States, citant Johnson v. McIntosh.

Le juge Stanley Reed a écrit la majorité du CR de Tee Hit Ton Indians v. United States. Dans une opinion légale différente qu’il écrivit huit ans plus tard, Reed révéla le fait que la décision dans l’affaire Johnson déploie un processus de raisonnement au sujet du droit de domination (“souveraineté”) assumé être détenu par les “nations chrétiennes” dès qu’elles localisaient et envahissaient des terres non-chrétiennes.

Dans le CR de l’affaire Alcea Band of Tillamooks v. United States (1946), le juge Reed a exprimé son désaccord avec ce que dit le CR de l’affaire Johnson à savoir que “la théorie que la découverte par les nations chrétiennes leur a donné la souveraineté [domination] sur les terres découvertes et donc le titre de propriété.Quand les représentants d’un dominateur chrétien (dominorum christianorum en latin) localise des terres qui ne sont pas encore sous domination chrétienne (dominio en latin), le monde et la perspective mentale du dominateur chrétien est d’immédiatement assumer le contrôle du processus de construction de la réalité dans cette nouvelle zone géographique fraîchement découverte.

La théorie veut que les nations chrétiennes, en tant que “souveraines” chrétiennes auto-proclamées aient affirmé un droit de domination , une souveraineté sur les terres des nations natives. Pour mettre une belle touche finale sur le sujet, nous pouvons citer Jonathan Havercroft dans son “Captives of Sovereignty” (2014), où il définit la souveraineté comme voulant dire “une forme injuste de domination politique qui limite la liberté humaine.

Pour retourner maintenant à la note de bas de page 2 dans White v. University of California,, la cour d’appel du 9ème circuit cite les Indiens Tee Hit Ton comme sa source de “théorie légale” pour dire que “la découverte et la conquête [domination] ont donné aux conquérants [dominateurs] le droit de posséder la terre.” Le mot “posséder” nous rapporte à celui de “propriétaire”, qui est défini dans le dictionnaire de droit Ballantine (1969) comme “Quelqu’un qui a la domination complète sur une propriété particulière”.

Cela nous mène à “propriété” pour Ballantine : “Les droits d’un propriétaire. Titre de propriété. Domination sur la pauvreté.” La propriété nous mène à la définition fournit par l’éminent juriste anglais William Blackstone : la “domination despotique”, ce qui est de manière définitive la domination. Imaginez si les groupes chrétiens qui soutiennent les Apaches avaient défié dans leur amicus briefs l’affirmation extraordinaire et péremptoire imbriquée dans le système légal américain, à savoir que les dominateurs chrétiens ont un droit fondamental de domination chrétienne sur les terres de peuples et nations “païennes et infidèles”.

La question demeure, où sont le sens et le ressenti de scandale au sujet de ce processus de raisonnement bigot, religieux et raciste au plus profond de lui-même de cette domination chrétienne, fondée sur la Bible et qui est la fondation même de tout le système légal et politique du dominateur que sont les Etats-Unis d’Amérique en regard de nos peuples et nations natifs ?

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Le livre de Steven Newcomb « Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte » que nous avons traduit pour son essentiel est le 7ème PDF le plus téléchargé de l’histoire de notre bibliothèque PDF à diffuser sans aucune modération.

Lecture complémentaire : « Affaire Johnson vs M’Intosh », CSEU, 1823

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

Domination, oppression, exploitation, coercition… L’église et l’état de Léon Tolstoï

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , on 16 avril 2021 by Résistance 71

L’église et l’état

Léon Tolstoï,

1882

« Quelle chose extraordinaire ! Il y a des gens qui semblent prêt à grimper dans les rideaux afin que les autres acceptent cette forme-ci de révélation, mais pas celle-là. Ils ne peuvent pas se reposer jusqu’à ce que les autres aient accepté leur forme de révélation, et aucune autre. Ils prononcent des anathèmes, persécutent et tuent ceux qu’ils peuvent des dissidents. D’autres groupes de gens font la même chose — prononcent des anathèmes, persécutent et tuent ceux qu’ils peuvent des dissidents. Et d’autres encore font la même chose. Ainsi, ils prononcent tous des anathèmes, se persécutent et se tuent – demandant que chacun croît comme eux. Et le résultat en est qu’il y a des milliers de sectes s’excommuniant, se persécutant et se tuant les unes les autres.

Au début, j’étais étonné qu’une telle absurdité évidente – une telle grossière contradiction – ne détruise pas la religion elle-même. Comment les gens pieux peuvent-ils rester si abusés ? Et vraiment, considéré d’un point de vue extérieur, général, c’est incompréhensible, et prouve de façon irréfutable que chaque religion est une fraude, et que toute l’affaire est pure superstition, comme le déclare aujourd’hui la philosophie dominante. Et regardant les choses de ce point de vue général, j’en suis venu inévitablement à reconnaître que toute la religion est une fraude. Mais je ne pouvais pas m’empêcher de penser que toute l’absurdité et l’évidence de la fraude, et le fait que néanmoins toute l’humanité y cède, indique que cette fraude doit être basée sur quelque chose qui n’est pas frauduleux. Autrement, nous ne pourrions pas la laisser nous décevoir –ce serait trop stupide. Le simple fait que toute l’humanité qui vit vraiment une vie humaine cède à cette fraude m’oblige à reconnaître l’importance du phénomène sur lequel la fraude est basée. Et, en conséquence de cette réflexion, j’ai commencé à analyser l’enseignement chrétien, lequel, pour toute la chrétienté, fournit la base de cette fraude.

C’était ce qui est apparent du point de vue général. Mais, du point de vue individuel –lequel nous montre que chaque homme (et moi-même) doit, pour vivre, toujours avoir une religion pour lui montrer le sens de la vie – le fait que la violence est employée dans les questions de religion est encore plus étonnant dans son absurdité.

En effet, comment pourrais-ce, et pourquoi devrais-ce concerner qui que ce soit de faire que quelqu’un d’autre, non seulement ait la même religion que lui-même, mais la professe aussi de la même manière qu’il le fait ? Un homme vit, et il doit donc savoir pourquoi il vit. Il a établi sa relation à Dieu, il connaît la vérité des vérités, et je connais la vérité des vérités. Notre expression peut différer ; l’essence doit être la même [ « Par la nature, les hommes se ressemblent ; c’est à la pratique qu’ils diffèrent. », dit Confucius, Ndt 1928] – Nous sommes tous les deux des hommes.

Alors pourquoi devrais-je – qu’est ce qui me pousse à – obliger qui que ce soit ou demander à qui que ce soit d’exprimer absolument sa vérité comme je l’exprime ?

Je ne peux pas contraindre un homme à altérer sa religion, soit par la violence, par la ruse ou par la fraude – les faux miracles.

Sa religion est sa vie. Comment pourrais-je lui prendre sa religion et lui en donner une autre ? C’est comme enlever son cœur et en mettre un autre à sa place. Je ne peux faire cela que si sa religion et la mienne sont des mots, et ne sont pas ce qui lui donne la vie ; si c’est une verrue et pas un cœur. Une telle chose est également impossible, parce qu’aucun homme ne peut tromper ou forcer un autre à croire ce qu’il ne croit pas lui-même ; parce que si un homme à ajusté sa relation à Dieu et sait que cette religion est la relation dans laquelle l’homme se tient envers Dieu, il ne peut pas désirer définir la relation d’un autre homme à Dieu en utilisant la force ou la fraude. C’est impossible, et néanmoins c’est fait et a été fait partout et toujours. C’est-à-dire que ce ne peut pas réellement être fait, parce que c’est en soi impossible ; mais quelque chose a été fait, et est fait qui ressemble à cela. Ce qui a été et est fait, c’est que certaines gens imposent aux autres une religion contrefaite et les autres acceptent cette contrefaçon – cette pseudo-religion.

La religion ne peut pas être forcée et ne peut pas être acceptée dans le but de quoi que ce soit, force, fraude, ou profit. Et cette fraude religieuse est une condition de l’homme qui dure depuis longtemps.

Quelle est cette fraude et sur quoi se base-t-elle ? Qu’est-ce qui induit les trompeurs à la produire ? Et qu’est-ce qui la rend plausible au trompeur ? Je ne vais pas discuter le même phénomène dans le Brahmanisme, le Bouddhisme, le Confucianisme, et le Mahométisme, même si n’importe qui ayant lu à propos de ces religions peut voir que la situation a été comparable à celle dans la chrétienté ; mais je parlerai seulement de cette dernière –étant la religion connue, nécessaire et chère pour nous. Dans la chrétienté, toute la fraude est construite sur la conception fantastique d’une Église ; une conception qui n’est basée sur rien, et qui, aussitôt que nous commençons à étudier la chrétienté nous étonne par son absurdité inattendue et inutile.

De toute les idées et les mots païens il n’y en a pas de plus païen que celui d’une Église. Il n’y a pas d’idée qui ait produit plus de mal, pas de plus opposée à l’enseignement du Christ, que celle d’une Église.

En réalité, le mot ekklesia signifie une assemblée et rien de plus, et c’est ainsi qu’il est utilisé dans les Évangiles. Dans le langage de toutes les nations modernes, le mot ekklesia (ou le mot équivalent « église » ) signifie une maison de prière. Au-delà de cela le mot n’a progressé dans aucun langage – malgré les quinze cents ans d’existence de la fraude-Église. Selon la définition du mot énoncé par les prêtres (pour qui la fraude-Église est nécessaire), ce n’est rien d’autre qu’une préface disant : « Tout ce que je vais dire est vrai, et si tu ne crois pas je te brûlerais, ou dénoncerais, ou te ferais toute sorte de tort. » Cette conception est un sophisme, nécessaire pour certains objectifs dialectiques, et elle est restée la possession de ceux pour qui elle est nécessaire. Parmi les gens, et pas seulement les gens ordinaires, mais aussi dans la société, parmi les gens instruits, il n’y a aucune conception telle qui est tenue, même si elle est enseignée dans les catéchismes. Aussi étrange que ce puisse sembler d’examiner cette définition, il faut le faire parce que tant de gens le proclament comme quelque chose d’important, alors qu’elle est absolument fausse. (Sans parler de l’inclusion fantastique des morts) ; si j’affirme que le chœur est une assemblée de vrais musiciens, je n’ai rien élucider à moins que je dise ce que j’entend par vrais musiciens. En théologie, nous apprenons que les vrais croyants sont ceux qui suivent l’enseignement de l’Église, c’est-à-dire qui font partie de l’Église.

Sans s’étendre sur le fait qu’il y ait des centaines de telles vraies Églises, cette définition ne nous dit rien, et semble au premier abord tout aussi inutile que la définition de « chœur » comme assemblée de vrais musiciens. Mais nous saisissons ici une vue de la queue du renard. L’Église est vraie, et elle est une, et en elle il y a des pasteurs et des troupeaux, et les pasteurs, ordonnés par Dieu, enseignent cette seule vraie religion. Ainsi, ça revient à dire : « Par Dieu, tout ce que nous allons dire est réellement toute vérité. » C’est tout. Toute la fraude tient là-dedans – dans le mot et l’idée d’une Église. Et la signification de la fraude est simplement qu’il y a des gens qui sont à coté d’eux-mêmes avec le désir d’enseigner leur religion aux autres.

Et pourquoi sont-ils si anxieux d’enseigner leur religion aux autres ? S’ils avaient une définition réelle ils sauraient que la religion est la compréhension de la vie, la relation que chacun et chacune établit à Dieu, et qu’en conséquence, vous ne pouvez pas enseigner une religion, mais seulement une contrefaçon de religion. Mais ils veulent enseigner. Dans quel but ? La réponse la plus simple serait que le prêtre veut des petits pains et des œufs, et l’archevêque un palais, des pâtés au poisson, et une soutane de soie. Mais cette réponse est insuffisante. Il n’y a pas de doute que c’est là le motif intérieur, psychologique de la déception – celui qui maintient la fraude. Mais, comme il serait insuffisant, quand on demande pourquoi un homme (un exécuteur) consent à en tuer un autre contre lequel il ne ressent aucune colère, —dire que l’exécuteur tue parce qu’il obtient ainsi du pain, du brandy et un gilet rouge est aussi insuffisant que de dire que le métropolitain de Kiev avec ses moines bourrent des sacs de pailles [Les célèbres catacombes du monastère de Kiev attirent des foules de pèlerins pour adorer les reliques des saints. On raconte qu’un feu s’est un jour déclaré dans une des chapelles, et que ceux qui se sont hâtés de sauver le « corps incorruptible » d’un des saints a découvert que la précieuse relique n’était qu’un sac bourré de pailles. Ceci n’est qu’un exemple parmi plusieurs faits similaires, certains étant vrais et d’autres inventés. —TR], et les appelle les reliques des saints, simplement pour obtenir un revenu annuel de trente milles roubles. L’un et l’autre de ces actes sont trop terribles et trop révoltants à la nature humaine pour qu’une explication si simple et si grossière soit suffisante. L’exécuteur et le métropolitains expliquant leurs actions auraient toute une série d’arguments basés principalement sur la tradition historique. Des hommes doivent être exécutés ; des exécutions ont eues lieu depuis que le monde a commencé. Si je ne le fais pas, un autre le fera. J’espère, par la grâce de Dieu, le faire mieux qu’un autre le ferait. De même, le métropolitain dirait : le Culte extérieur est nécessaire ; les reliques des saints ont été adorés depuis le commencement du monde. Les gens respectent les reliques des catacombes de Kiev et les pèlerins viennent ici ; moi, avec la grâce de Dieu, j’espère faire l’usage le plus pieux de l’argent obtenu de façon ainsi blasphématoire.

Pour comprendre la fraude religieuse, il est nécessaire d’aller à sa source et son origine.

Nous parlons de ce que nous connaissons de la chrétienté. Considérons le commencement de la doctrine chrétienne dans les Évangiles, et nous trouvons un enseignement qui exclu clairement le culte extérieur de Dieu, le condamnant : et qui, avec une clarté particulière, désavoue positivement le statut de maître. Mais depuis le temps du Christ, nous trouvons une déviation de ces principes établis par le Christ. Cette déviation commence à partir du temps des apôtres, et particulièrement avec ce grand envieux du statut de maître —Paul. Et plus la chrétienté avance dans l’histoire, plus elle dévie, et plus elle adopte les méthodes du culte externe et la fonction de maître que le Christ avait si catégoriquement condamnés. Mais dans les premiers temps de la chrétienté, la conception d’une église était employée pour référer à tous ceux qui partageaient les croyances que je considère vraies. La conception d’une église est tout à fait correcte si elle n’incluse pas ceux qui font une expression verbale de la religion plutôt que son expression dans la vie entière – parce que la religion ne peut pas être exprimée en mots.

L’idée d’une vraie Église a aussi été utilisée comme argument contre les dissidents. Mais jusqu’à l’époque de l’empereur Constantin et du concile de Nicée, l’Église était seulement une idée.

Depuis l’empereur Constantin et le concile de Nicée, l’Église devient une réalité et une réalité frauduleuse. La fraude des métropolitains avec les reliques, et des prêtres avec l’eucharistie, la Mère Ibérienne de Dieu [La Mère Ibérienne de Dieu est la plus célèbre des icônes de Moscou.— TR], les synodes, etc. qui nous étonnent et nous horrifient, et qui sont si odieux qu’ils ne peuvent pas être expliqués simplement par l’avarice de ceux qui les perpétuent. La fraude est ancienne et n’avait pas simplement commencée pour le profit d’individus privés. Personne ne serait un tel monstre d’iniquité au point d’être le premier à la perpétrer, si c’était la seule raison. Les raisons qui ont amené la chose à être faite sont le mal : « Par leurs fruits vous les connaîtrez. » La racine était le mal.— haine, orgueil, inimitié contre Arius et les autres ; et un autre mal encore plus grand, l’alliance de la chrétienté avec le pouvoir. Le pouvoir personnifié dans l’empereur Constantin qui, dans sa conception païenne des choses, se tenait au sommet de la grandeur humaine (il a été inscrit parmi les dieux), accepte la chrétienté, donne un exemple à tous les gens, convertis les gens, prête une main secoureuse contre les hérétiques, et au moyen du concile œcuménique établit la seule vraie religion chrétienne.

La religion chrétienne Catholique était établit pour tout le temps. Il était si naturel de se rendre à ses déceptions que, jusqu’à aujourd’hui, il y a des gens qui croient à l’efficacité du salut de cette assemblée. Cependant, ce fut le moment où la majorité des gens ont abandonné leur religion. À ce point tournant, la grande majorité des gens sont entré dans le chemin païen, qu’ils ont suivi depuis. Charlemagne et Vladimir ont continué dans la même direction [Vladimir adopta le christianisme en 988 après J.-C. Plusieurs habitants de la capitale, Kiev, n’étaient pas enclin à suivre son exemple, alors, il « agit vigoureusement » (comme le note un historien russe), c’est-à-dire que les gens furent conduits au fleuve Dniepr pour être baptisés. En d’autres parties du dominion, le christianisme fut répandu parmi la population païenne qui ne le voulait pas « par le feu et l’épée » —TR ]

Et l’Église fraude continue jusqu’à maintenant. La fraude consiste en ceci : que la conversion des autorités constituées au christianisme est nécessaire, pour ceux qui comprennent la lettre mais pas l’esprit du christianisme ; mais l’acceptation du christianisme sans l’abandon du pouvoir politique est une perversion et une satire contre le christianisme.

La sanctification du pouvoir politique par le christianisme est blasphématoire ; c’est la négation du christianisme.

Après quinze cents ans de cette alliance blasphématoire du pseudo-christianisme avec l’État, il faut un effort ferme pour se libérer de toutes les sophismes complexes par lesquels toujours et partout (pour plaire aux autorités), la sainteté et la droiture du pouvoir d’État, et la possibilité qu’il soit chrétien, ont été plaidées.

En vérité, les mots un « État chrétien » ressemblent aux mots « glace chaude ». Soit la chose n’est pas un état utilisant la violence, ou ce n’est pas chrétien.

Afin de comprendre ceci clairement, nous devons oublier toutes ces notions aberrantes dans lesquelles nous avons été si soigneusement élevés, et se demander franchement quel est le but d’une telle science historique et juridique comme il nous a été enseignée ? De telles sciences n’ont aucune base solide ; leur objectif est simplement de suppléer une justification de la violence.

En omettant l’histoire des Perses, des Mèdes etc., prenons l’histoire de ce gouvernement qui le premier forma une alliance avec le christianisme.

Un nid de voleur a existé à Rome. Il a grandi par le vol, la violence, les meurtres, et il a subjugué des nations. Ces voleurs et leurs descendants, conduits par leurs chefs (qu’ils appelaient parfois César, parfois Auguste) ont volé et tourmenté les nations pour satisfaire leurs désirs. L’un des descendants de ces chefs voleurs, Constantin (un lecteur de livres et un homme rassasié par une vie mauvaise), a préféré certains dogmes chrétiens à ceux des vieux credo : plutôt que d’offrir des sacrifices humains il a préféré la messe ; plutôt que du culte d’Apollo, Vénus et Zeus, il a préféré celui d’un Dieu unique avec un fils – Christ. Ainsi, il a décrété que cette religion devait être introduite parmi ceux sous son pouvoir.

Personne ne lui a dit : « Les rois exercent l’autorité parmi les nations, mais parmi vous, il n’en sera pas ainsi. Ne tuez pas, ne commettez pas d’adultère, n’emmagasinez pas de richesses, ne condamnez pas, ne résistez pas [par le mal] à celui qui est mauvais. »

Mais ils lui ont dit : « Tu souhaites être appelé un chrétien et continuer à être le chef du clan des voleurs – tuer, brûler, battre, convoiter, exécuter et vivre dans le luxe ? Tout cela peut être arrangé. »

Et ils ont arrangé un christianisme pour lui, et ils l’ont arrangé très doucement, mieux même que ce qu’ils pouvaient en attendre. Ils ont entrevu que, lisant les Évangiles, il pourrait en venir à réaliser tout cela (i.e. une vie chrétienne) est demandé —et non pas la construction de temples ou le culte en eux. Cela ils l’ont entrevu, et ils ont soigneusement planifié un tel christianisme pour lui qui le laisserait continuer sa vieille vie de païen sans embarras. D’un coté Christ, le Fils de Dieu, est seulement venu pour apporter le salut à lui et à tout le monde. Christ étant mort, Constantin peut vivre comme il veut. Et plus encore, — quelqu’un peut se repentir et avaler un petit morceau de pain et du vin, et cela lui apportera le salut, et tout sera pardonné.

Mais plus encore que cela : ils ont sanctifié son statut de chef du clan des voleurs et dit qu’il procédait de Dieu, et ils l’ont oint d’huile sainte. Et lui, de son coté, a organisé pour eux le congrès des prêtres qu’ils souhaitaient, et leur ordonna de dire quelle devait être la relation de chaque homme à Dieu, et ordonna à chacun de répéter ce qu’ils disaient.

Et ils ont tous commencé à répéter cela, et ils étaient content, et maintenant cette même religion a existé depuis quinze cents ans et d’autres chefs voleurs l’ont adopté, et ils ont tous été lubrifiés avec de l’huile sainte, et tous, ils ont été sacrés par Dieu. Si quelque voyou vole chacun et égorge plusieurs personnes, ils vont le huiler, et il sera alors de Dieu. En Russie, Catherine II, la femme adultère qui a tué son mari, était de Dieu ; il en fut ainsi en France avec Napoléon.

Pour balancer les affaires, les prêtres ne sont pas seulement de Dieu, mais presque des dieux, puisque l’Esprit saint repose en eux de même que dans le pape, et dans notre synode, avec ses officiers commandants.

Et aussitôt qu’un des chefs voleurs oints souhaite que son peuple et un autre commence à s’entre-égorger, les prêtres préparent immédiatement de l’eau bénite, aspergent une croix (que le Christ porta et sur laquelle il mourut parce qu’il désavoua de tels voleurs), prennent la croix et bénissent le chef voleur dans son travail de massacre, de pendaison et de destruction. [En Angleterre, l’eau bénite n’est pas utilisée mais un archevêque récite une sorte de prière pour le succès des armées de la reine, et un aumônier est assigné à chaque régiment pour enseigner aux hommes le christianisme —TR]

Et cela aurait pu être bien si seulement ils avaient été capable de s’entendre là-dessus, et si les oints n’avaient pas commencé à s’appeler les uns les autres voleurs, ce qu’ils sont en fait, et les gens n’avaient pas commencer à les écouter et à cesser de croire aux personnes ointes ou aux dépositaires de l’Esprit Saint, et n’avaient pas appris d’eux à les appeler comme ils s’appellent entre eux, par leur propre nom, i.e. voleurs et trompeurs.

Mais, incidemment, nous avons seulement parlé de voleurs parce que c’était eux qui ont induit les trompeurs en erreur. Ce sont les trompeurs, les pseudo chrétiens que nous devons considérer. Ils sont devenus tels à cause de leur alliance avec les voleurs. Il ne pouvait pas en être autrement. Ils se sont détournés de la route quand ils ont consacré le premier dirigeant en l’assurant que lui, par sa puissance, pourrait aider la religion. – la religion de l’humilité, du sacrifice de soi, et l’endurance au mal. Toute l’histoire, non pas de l’Église imaginaire, mais de la réelle, c’est-à-dire des prêtres sous la coupe des rois est une série d’efforts vains de ces prêtres infortunés pour préserver la vérité de l’enseignement, alors qu’il la prêchent par le mensonge et l’abandonnent en pratique. L’importance de la prêtrise dépend entièrement de l’enseignement qu’ils souhaitent répandre ; cet enseignement parle d’humilité, de sacrifice de soi, d’amour et de pauvreté ; mais il est prêché par la violence et les mauvaises actions.

Afin que le sacerdoce ait quelque chose à enseigner et qu’ils aient des disciples, ils ne peuvent pas se passer de l’enseignement. Mais afin de blanchir et de justifier leur alliance immorale, ils ont, avec les plus astucieux procédés, à cacher l’essence de l’enseignement, et dans ce but, ils ont à déplacer le centre de gravité de ce qui est essentiel dans l’enseignement à ce qui est externe. Et c’est-ce qui est fait par la prêtrise, la source de la fausse religion enseignée par l’Église. La source de l’alliance des prêtres (qui se nomment eux-mêmes l’Église) avec les autorités constituées, c’est-à-dire avec la violence. La source de leur désir d’enseigner une religion aux autres tient au fait que la vraie religion les expose, et ils veulent remplacer la vraie religion par une religion fictive arrangée pour justifier leurs actes.

La vraie religion peut exister n’importe où, sauf où elle est évidemment fausse, c’est-à-dire violente ; ça ne peut pas être une religion d’État.

La vraie religion peut exister dans toutes les soit disante sectes et les hérésies, seulement elle ne peut pas certainement pas exister où elle est jointe à un État utilisant la violence. Assez curieusement les noms de religions « grecque orthodoxe », catholique » ou « protestante », comme ces mots sont couramment utilisés, ne signifient que « religion alliée au pouvoir », — Religion d’État et donc fausse religion.

L’idée d’une religion comme union de plusieurs –de la majorité— en une croyance et dans la proximité de la source de l’enseignement n’était, dans les deux premiers siècles du Christianisme qu’un faible argument externe en faveur de l’exactitude de certaines vues. Paul a dit : « Je connais de Christ lui-même ». Un autre a dit : « Je sais de Luc ». Et tous ont dit : « Nous pensons droitement, et la preuve que nous avons raison est que nous sommes une grosse assemblée, ekklesia, l’Église ». Mais c’est seulement au moment du concile de Nicée, organisé par un empereur, que l’Église est devenu une fraude nette et tangible pratiquée par certaines personnes qui professent cette religion-là.

Ils ont commencé à dire : « Il a plu à nous et au Saint-Esprit ». L’ « Église » ne signifia plus simplement une partie d’un faible argument, mais « puissance dans les mains de certaines gens ». Elle s’est alliée avec les dirigeants, et a commencé à agir comme les dirigeants. Et tout ce qui s’unit au pouvoir et se soumet au pouvoir, cesse d’être une religion et devient une fraude.

Qu’est-ce que le christianisme enseigne, si on le comprend comme l’enseignement de n’importe laquelle de toutes les églises ?

Examinez-le comme vous le voulez, composez-le ou divisez-le, l’enseignement chrétien tombe toujours en deux parties nettement séparées. Il y a l’enseignement des dogmes : du Fils divin, du Saint-Esprit, et de la relation de ces personnes, — à l’eucharistie avec ou sans vin, et avec pain avec ou sans levain ; et il y a l’enseignement moral : d’humilité, liberté sans avidité, pureté de corps et d’esprit, clémence, liberté de l’esclavage et paix. Autant que les docteurs de l’Église ont travaillé pour mélanger ces deux côtés des enseignements, ils ne se sont jamais mélangés, mais comme l’eau et l’huile sont toujours resté séparées dans les plus grands et plus petits milieux.

La différence des deux côtés de l’enseignement est clair à chacun, et tous peuvent voir les fruits de l’un et de l’autre dans la vie des hommes, et par ces fruits peuvent conclure quel côté est le plus important, et (si on peut utiliser une forme comparative) plus vrai. Quelqu’un qui regarde l’histoire de la chrétienté de ce point de vue est saisi d’horreur. Sans exception, du début à la fin, regardez ce que vous voulez, examinez le dogme que vous voulez –du dogme de la divinité du Christ, à la manière de faire le signe de la croix [Un des points majeurs de divergence entre les « vieux croyants » et l’Église russe « orthodoxe » était à savoir si, en faisant le signe de la croix, deux doigts ou trois devaient être tendus.], et à la question de servir la communion avec ou sans vin, — le fruit des labeurs mentaux pour expliquer les dogmes a toujours été l’envie, la haine, les exécutions, les bannissements, le meurtre des femmes et des enfants, les bûcher et les tortures. Regardez de l’autre côté, l’enseignement moral, du fait d’aller dans la nature pour communier avec Dieu, à la pratique de fournir de la nourriture à ceux qui sont en prison : ces fruits là sont tous dans nos conceptions de la bonté, et tout ce qui est joyeux, réconfortant, et qui nous sert de balise dans notre histoire…

Les gens d’autrefois qui n’avaient pas encore pu être témoins des fruits de l’un et de l’autre côté du christianisme pouvaient être trompés. Et les gens pouvaient être égarés qui étaient entraînés dans des disputes à propos des dogmes, ne remarquant pas que de telles disputes servaient non pas Dieu mais le diable, ne remarquant pas que le Christ a dit nettement qu’Il venait pour détruire tout les dogmes ; pouvaient aussi être trompés ceux qui avaient hériter d’une croyance traditionnelle en l’importance de ces dogmes, et qui avaient reçu une formation mentale si perverse qu’ils ne pouvaient pas voir leur erreur ; d’autre part, ces gens ignorants pouvaient être égarés pour qui ces dogmes ne semblaient rien que des mots ou des notions fantastiques. Mais nous à qui le simple sens des Évangiles – répudiant tous les dogmes— est évident, nous devant les yeux de qui sont les fruits de ces dogmes dans l’histoire, ne pouvons pas être trompés. L’histoire est pour nous un moyen –même un moyen mécanique— de vérifier l’enseignement.

Est-ce que le dogme de l’Immaculé conception est nécessaire ou non ? Qu’est-ce qui en est sorti ? La haine, les abus, l’ironie. Et est-ce que cela a apporté quelque bénéfice que ce soit ? Pas du tout.

Est-ce que l’enseignement que l’adultère ne devrait pas être condamné était nécessaire ou non ? Qu’est-ce qui en est sorti ? Des milliers et des milliers de fois les gens ont été ramollis par ce souvenir.

Encore, est-ce que tout le monde s’entend à propos de n’importe lequel des dogmes ? Non. Est-ce que tout le monde est d’accord que cela est bon de donner à celui qui a besoin ? Oui, tous sont d’accord.

Mais d’un côté, les dogmes — à propos desquels tous sont en désaccord, et que personne ne requiert — est ce que le sacerdoce a distribué et distribue encore sous le nom de religion ; alors que de l’autre côté, ce à propos de quoi tous peuvent s’entendre, et qui est nécessaire à tous, et qui sauve les gens, est le côté que le sacerdoce, même s’ils n’ont pas osé le rejeter, n’ont pas osé non plus avancé comme un enseignement, parce que cet enseignement les répudie.

La religion est la signification que nous donnons à nos vies, c’est cela qui donne de la force et la direction à notre vie. Chacun qui vit trouve un tel sens, et vit sur la base de ce sens. Si l’homme ne trouve aucun sens dans la vie, il meurt. Dans cette recherche, l’homme utilise tout ce que les efforts précédents de l’humanité ont fourni. Et ce que l’humanité a atteint, on l’appelle révélation. La révélation est ce qui aide les hommes à comprendre le sens de la vie.
Telle est la relation dans laquelle l’homme se tient envers la religion… »

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Notre page Léon Tolstoï politique et religion, écrits choisis »

COVID-19 n’est pas le virus… La guerre l’est (John Pilger + R71)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, documentaire, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , on 9 avril 2021 by Résistance 71

“Une minorité est impuissante tant qu’elle se conforme à la majorité, ce n’est du reste plus une minorité ; mais elle devient irresistible quand elle la bloque de tout son poids.”
“L’État ne s’adresse jamais intentionnellement à la raison de l’Homme, intellectuelle ou morale, mais seulement à son corps, à ses sens. Il n’est pas armé d’un esprit ou d’une honnêteté supérieure, mais d’une force physique supérieure. Je ne suis pas né pour être contraint.”
~ Henry David Thoreau ~

“Aujourd’hui, pour les neuro-scientifiques, il n’y a pas de “violence naturelle” en l’Homme. La nature humaine n’est ni bonne, ni mauvaise, des facteurs environnementaux (d’ordre familial ou social) étant la cause du recours à la violence.” […]
“Combattre les comportements violents suscités et légitimés après coup par des idéologies qui tiennent que la violence est inhérente à l’Homme, telle doit être notre ardente obligation.”
~ Marylène Patou-Mathis, paléontologue, directrice de recherche CNRS, 2013 ~

L’affaire COVID-19 est planifiée pour : a) masquer le déclin final du capitalisme et pouvoir blamer la crise sur le virus, b) faire passer la pilule de la dictature technotronique du Nouvel Ordre Mondial planétaire sous couvert de “crise sanitaire” et c) faire passer un projet masqué de dépopulation de masse de la planète… projet qui s’évente au fil des jours tant de plus en plus de gens s’éveillent aux mensonges systémiques vomis à tout va par les politiques et médias à la botte.
Tout ceci est en train de partir en sucette et de péter à la tronche de l’oligarchie, qui, comme on le voit partout en toutes les langues (occidentales), redouble de propagande pour diaboliser la Russie et la Chine (et l’Iran), pour créer un nouveau croquemitaine et un fond guerrier dont les tambours de guerre se font de plus en plus entendre. John Pilger a le même ressentis dans cet article de décembre dernier et nous rappelle certains précédents récents comme celui de la guerre d’Irak de 2003 fondée à 100% sur des mensonges d’état divulgués par des médias trompés au mieux ou complices pour la plupart. Idem pour l’affaire de la destruction de la Libye en 2011 et dans la foulée depuis 2011 également, de la Syrie.
Le Capital a besoin d’une grande guerre. C’est de cette façon qu’il a toujours résolu ses “crises” induites depuis au moins la guerre de 1870 et pour sûr les deux grandes guerres mondiales.
La résistance, la dissidence doit dès maintenant changer de cap et anticiper ce qui se prépare. L’heure ne sera pas à sauter de joie quand toute la supercherie de la “crises SRAS-CoV-2 / COVID-19” sera dévoilée au grand jour, mais d’embrayer direct sur la lutte contre ce qui se prépare: la 3ème guerre mondiale qui elle-même n’est qu’une nécessité systémique de la seule guerre qui soit: la guerre de classe, la guerre du 0,00001% contre les 99,99999% du reste de l’humanité, la guerre d’une infime minorité criminelle et arrogante ayant monopolisé au fil du temps le pouvoir par le fric et nous, les peuples qui ne les voyons grands et puissants que parce que nous sommes à genoux (pour la plupart..) et obéissants. Il suffit de dire NON !… Ils commencent à nous vendre leur projet de guerre, les budgets militaires, comme le souligne Pilger ci-dessous, n’ont jamais été si importants, partout, alors que l’appauvrissement des masses se généralise. Pour la classe parasite, l’heure a de nouveau sonné de faire s’entretuer les pauvres par dizaines de millions, avec ou sans armes nucléaires, pour que leur système et leurs privilèges perdurent. Mais il est au bout du rouleau. L’heure des peuples est venue, enfin !

Debout! Union et Rébellion car, plus que jamais sans doute au vu de ce qui se profile à l’horizon :

“C’est la lutte finale,
Groupons-nous et demain,
L’internationale sera le genre humain…”

~ Résistance 71 ~

Le virus mortel n’est pas le COVID mais la guerre

John Pilger

Décembre 2020

url de l’article original:
http://johnpilger.com/articles/the-most-lethal-virus-is-not-covid-it-is-war-

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

9 avril 2021

John Pilger décrit l’arme invisible des guerres passées et présentes et la menace de la guerre nucléaire sous couvert de la pandémie COVID.

Ceci est une propagande, aidée par la censure et l’omission.

Visionner le film de John Pilger (2010)The War You Don’t See here.

Le mémorial des services armés britanniques est un endroit silencieux et hanté. Établi dans la très belle campagne du Staffordshire, dans un arboterum de quelques 30 000 arbres et superbes pelouses, ses figures sculptées célèbrent la détermination et le sacrifice.

Les noms de plus de 16 000 soldats, hommes et femmes y sont enregistrés. La littérature nous dit qu’ils “sont morts sur les théâtres d’opérations ou furent la cible de terroristes.”

Le jour où j’y suis allé, un sculpteur sur pierre y ajoutait les noms de ceux qui étaient tombés dans quelques 50 opérations s’étant déroulées à travers le monde en ce soi-disant “temps de paix”. En Malaisie, en Irlande, au Kenya, à Hong Kong, en Libye, en Irak, en Palestine et bien d’autres endroits, incluant des opérations secrètes, comme en Indochine.

Pas une année ne s’est passée depuis la déclaration de la paix en 1945 où la Grande-Bretagne n’a pas envoyé des forces militaires pour combattre les guerres de l’empire. (NdT: que Pilger ne nomme pas, on le fera à sa place : l’empire anglo-américano-sioniste)

Pas une année ne s’est écoulée sans que des pays, essentiellement pauvres et rivés de conflits, n’aient acheté ou aient “loué” des armes britanniques pour continuer les guerres, ou les “intérêts”, de l’empire.

L’empire _ Quel empire ? Le journaliste d’enquête Phil Miller a récemment révélé dans Declassified que la GB de Boris Johnson maintenait 145 bases militaires dans 42 pays différents. Johnson a clamé que la GB doit être “la plus grande puissance navale d’Europe”.

Dans le plus grande urgence de santé des temps modernes (NdT: vraiment ?… allons, allons John…) ayant retardé plus de 4 millions de procédures chirurgicales rien qu’en GB (NdT : là on est d’accord…), Johnson a annoncé une augmentation record du budget de la “défense” de 16,5 milliards de Livres, un chiffre , une somme qui rétablirait largement le système de santé public en déficit permanent.

Mais ces milliards ne sont pas pour la défense. La GB n’a pas/plus d’ennemis, si ce n’est ceux qui trahissent la confiance des gens ordinaires, de ses infirmières et médecins, de ceux qui s’occupent des personnes âgées, des sans logis et de la jeunesse, comme tous ces gouvernements néo-libéraux successifs l’ont fait, des deux bords, conservateur ou travailliste / socialiste.

Explorant la sérénité du mémorial national de la guerre, j’ai soudain réalisé qu’il n’y avait pas ici un seul monument, ou plaque, ou rosier, honorant les victimes de la Grande-Bretagne, les civils de ces opérations “de temps de paix”.

Il n’y a aucun souvenir pour les Libyens tués  alors que leur pays était sciemment détruit par le premier ministre David Cameron et ses collaborateurs de Paris et de Washington (NdT: Sarkozy et Obama en 2011)

Il n’y a aucun mot de regret pour les femmes et les enfants serbes tués par les bombes britanniques, larguées depuis une hauteur très respectable et sûre sur des écoles, des usines, des ponts, des villes, sur les ordres de Tony Blair ; ou pour les enfants yéménites appauvris exterminés par les pilotes saoudiens (NdT: et israéliens) avec leurs logistiques et cibles fournis par les Britanniques bien en sécurité dans les burlingues climatisés de Ryadh ; ou pour les Syriens affamés par les “sanctions”.

Il n’y a aucun monument pour les enfants palestiniens assassinés par l’élite britannique et son endurante connivance, comme cette campagne récente qui a détruit un modeste mouvement de réforme au sein du parti travailliste (socialiste) et ses accusations trompeuses d’antisémitisme.

Il y a deux semaines, le chef d’état major israélien et son homologue britannique ont signé un accord pour “formaliser et améliorer” la coopération militaire entre les deux pays. Ceci n’est pas nouveau. Toujours plus d’armement britannique et de soutien logistique vont être acheminés vers le régime hors-la-loi de Tel Aviv, dont les tireurs embusqués ciblent les enfants palestiniens et leurs psychopathes interrogent d’autres enfants palestiniens dans des conditions d’isolement extrême. (Allez consulter le rapport récent et choquant de Defense for Children, Isolated and Alone).

Peut-être bien que l’omission la plus frappante au mémorial de Staffordshire est une reconnaissance des millions d’Irakiens dont les vies et le pays furent détruits par l’invasion illégale de Blair et de Bush en 2003.

ORB, un membre du British Polling Council, a chiffré cela à 1,2 millions. En 2013,  l’organisation ComRes a demandé à un grand échantillon de la société britannique combien d’Irakiens pensaient-ils avaient été tués durant l’invasion de 2003. Une grande majorité des gens interrogés ont répondu : “moins de 10 000”.

Comment un tel silence de mort peut-il être maintenu dans une société sophistiquée ? Ma réponse est que la propagande est bien plus effective dans les sociétés qui se voient comme libres que dans des dictatures et des autocraties. J’inclus la censure par omission.

Nos industries de la propagande, à la fois politique et culturelle, incluant la plupart des médias, sont les plus puissantes, les plus présentes et les plus raffinées de la planète. D’énormes mensonges peuvent-être répétés incessamment, en boucle, par ces voix si confortantes de la BBC. Les omissions ne sont en rien un problème.

Une question similaire se réfère à la guerre nucléaire, dont la menace “n’est d’aucun intérêt”, pour citer un célèbre discours d’Harold Pinter (NdT: son discours d’acceptance du prix nobel de littérature en 2005). La Russie, grande puissance nucléaire, est encerclée par ce groupe va t’en guerre notoire connu sous le vocable d’OTAN (NdT: vous savez… Cette Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord…), ayant les troupes britanniques manœuvrant juste à la frontière qu’Hitler avait envahie.

La diffamation constante de tout ce qui est russe, et non des moindres. la vérité historique sur le fait que c’est l’Armée Rouge soviétique qui a gagné la seconde guerre mondiale dans les grandes largeurs, est infusée dans la conscience publique. Les Russes ne sont “d’aucun intérêt”, sauf à être des “démons”.

La Chine, aussi une puissance nucléaire, est la cible d’une provocation incessante, des bombardiers stratégiques et des drones américains constamment fleurtant avec ses frontières et son espace aérien et, hourrah ! le navire de guerre HMS Queen Elisabeth II, un porte-avions britannique de 3 milliards de Livres, va bientôt partir et couvrir quelques 6500 miles nautiques pour renforcer “la liberté de navigation”, ce à une porté de fusil de la côte chinoise.

Il y a quelques 400 bases militaires américaines qui encerclent la Chine, “comme un collet”, m’a confié un planificateur du Pentagone. Ces bases s’étendent de l’Australie, à travers le Pacifique vers le sud et le nord de l’Asie en en Eurasie.

En Corée du Sud, un système de missile connu sous le nom de Terminal High Altitude Air Defense, or THAAD, pointe à bout portant sur la Chine au delà de la toute petite Mer de Chine Orientale. Imaginez un instant des missiles chinois au Mexique ou au Canada ou au large des côtes californiennes. (NdT: il y a quelques années, un sous-marin nucléaire russe d’une classe super furtive, équipé de missiles et torpilles nucléaires, a patrouillé plus d’une semaine aux petit large des côtes ouest américaines sans être détecté. Les Russes l’ont fait savoir aux Yanks, preuve à l’appui…)

Quelques années après l’invasion de l’Irak, j’ai fait un film intitulé “The War You Don’t See”, dans lequel je pose des questions à des journalistes américains et britanniques ainsi qu’à des exécutifs de journaux télévisés, des gens que je connaissais comme collègues, comment et pourquoi Bush et Blair furent autorisés à sortir indemnes de ce grand crime que fut la guerre d’Irak, considérant le fait que les mensonges n’étaient même pas particulièrement intelligents.

Leur réponse m’a surpris. Ils dirent “Si nous avions [les journalistes et les JT] défier les affirmations de la Maison Blanche et de Downing Street, si nous avions enquêté et dénoncé les mensonges au lieu de les amplifier et de nous en faire l’écho, l’invasion de l’Irak en 2003 n’aurait probablement pas eu lieu et un grand nombre de personnes seraient toujours en vie aujourd’hui. 4 millions de réfugiés n’auraient pas fui la guerre. La saloperie Daesh, un produit de l’invasion Bush/Blair n’auraient peut-être pas été conçue.” David Rose, qui était alors avec le London Observer, journal qui soutenait bec et ongles l’invasion, décrivit “le paquet de mensonges dont on m’a gavé par le truchement d’une campagne de désinformation vraiment sophistiquée.”

Rageh Omah, alors l’homme de la BBC en Irak m’a dit : “Nous n’avons pas poussé suffisamment les boutons les plus inconfortables.” Dan Rather, le reporter de terrain de CBS News est d’accord, ainsi que de nombreux autres.

J’ai admiré ces journalistes qui ont brisé le silence. Mais ils sont d’honorables exceptions. Aujourd’hui, les tambours de la guerre ont de nouveaux percussionnistes enthousiastes en GB, en Amérique et en Occident.

Choisissez parmi la légion de critiques de la Russie et de la Chine et les promoteurs de friction comme ceux de la cohorte du Russiagate. Mon oscar personnel va à Peter Hartcher du Sydney Morning Herald, dont la harangue sans relâche au sujet d’une “menace existentielle” (de la Chine et de la Russie mais surtout de la Chine) est sans égal.

Le covid a fourni une couverture pour cette pandémie de la propagande. En Juillet, Morrison a emboité le pas de Trump et a annoncé que l’Australie, qui n’a aucun ennemi, dépenserait 270 millions de dollars pour en provoquer un, incluant des missiles capables d’atteindre la Chine.

Que l’achat par la Chine des minerais et de la production agricole australiens a bel et bien souligné que l’économie australienne “n’avait aucun intérêt” pour le gouvernement de Canberra.

Les médias australiens se sont ralliés en bons petits caniches, délivrant une bordée d’injures à la Chine. Des milliers d’étudiants chinois, qui avaient garanti les gros salaires des vice-chanceliers universitaires australiens, furent conseillés par leur gouvernement d’aller étudier autre part. Les Sino-Australiens ont été insultés et les livreurs chinois ont été agressés. Le racisme colonial n’est jamais bien difficile à raviver.

Il y a quelques années, j’ai interviewé l’ancien patron de la CIA pour l’Amérique Latine, Duane Claridge. En quelques mots honnêtes et rafraîchissants, il résuma la politique étrangère occidentale comme étant directement ordonnée par Washington.

La super-puissance, avait-il dit, pouvait faire ce qu’elle voulait, où que ce soit et quand ses “intérêts stratégiques” le demandaient. Ses mots furent aussi : “Monde, faudra t’y habituer”.

J’ai rapporté depuis le terrain sur de nombreuses guerres. J’ai vu les restes sanguinolents d’enfants et de femmes et de personnes âgées bombardés et brûlés vifs ; leurs villages en ruine, leurs arbres pétrifiés éclaboussés de débris de chair humaine et bien d’autres choses encore.

C’est peut-être pourquoi je réserve un mépris très spécial à ceux qui font la promotion du crime des guerres prédatrices et qui en font l’apologie par leur mauvaise foi et leurs profanités, ne les ayant jamais expérimentées eux-mêmes. Leur monopole doit être brisé.

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Errico Malatesta : Capitalisme et irréconciliable contradiction…

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Nous avons traduit et publié bon nombre de texte d’Errico Malatesta depuis quelques années sur Résistance 71. Ce texte ci-dessous est remarquable dans sa justesse d’analyse et son actualité… 121 ans plus tard. Serait-ce un signe une fois de plus que rien n’a vraiment changé depuis ?…

Malatesta (1853-1932) rejoignit la 1ère Internationale en 1871 à l’âge de 18 ans. En 1872, il rencontra Bakounine et rejoignit l’Internationale Anarchiste du congrès de St Imier. Malatesta fut longtemps un adepte de la “propagande par le fait”, c’est à dire un avocat de l’insurrection armée, mais il changea d’avis avec le temps. Il fut un des leaders anarchistes qui refusa d’accepter la 1ère guerre mondiale, argumentant que tout cela n’était qu’un accord des riches pour faire s’entretuer les pauvres au nom de leur profit et de leur richesse. Mécanicien et électricien de formation, il milita et aida à l’organisation de la lutte ouvrière dans l’optique de l’établissement de la société anarchiste dans bon nombre de pays, en Italie, son pays d’où il dût s’exiler pendant 35 ans, en Belgique, en France, en Suisse, aux Etats-Unis et en Argentine. Il passa 12 années de sa vie en prison et fut condamné 3 fois à mort.

Errico Malatesta est une des grandes figures historiques de l’anarchisme, grand organisateur et fédérateur de volonté. Il maniait le verbe et l’action avec la même efficacité. Ce n’est pas un hasard si nous le sortons du “placard” à intervalles réguliers. Quand on parle de complémentarité osmotique, il est intéressant de lire et de puiser dans les écrits et la pensée de Proudhon, Kropotkine, Bakounine, Landauer et Malatesta, le meilleur de chacun d’entre eux se cristallisera dans la société des sociétés que nous sommes déjà en train de construire, pour beaucoup sans même le savoir…

~ Résistance 71 ~

L’irréconciliable contradiction

Errico Malatesta

Mars 1900

Traduit de l’anglais par Résistance 71

Avril 2021

Ils écrivent depuis Bari en Italie :

Notre ville subit une bien triste crise. La fabrique de tonneaux, qui fut autrefois une industrie flamboyante, est de plus en plus sur le déclin. La cause de ce déclin réside dans l’introduction de nouveaux tarifs pour le transport ferrovier, qui permet le retour de tonneaux vides à un très bas prix, ce qui occasionne un déclin dans la consommation de tonneaux. Il y a quelques temps, les maîtres d’œuvre de la fabrication des tonneaux demandèrent que les prix de transport des tonneaux vides soient augmentés. Dimanche dernier, devant la préfecture, ils ont rencontré les autorités pour leur demander de les aider. Un comité de 12 membres de la corporations des tonneliers, accompagnés d’un inspecteur de la sécurité publique, fut reçu par le préfet, qui a promis de résoudre cette affaire.

Comment diable le préfet va t’il résoudre cela ?

En donnant l’ordre aux compagnies ferrovières d’augmenter encore le prix de transport des tonneaux vides ? Comment cela se peut-il, si les capitalistes sont ceux qui possèdent les chemins de fer, ceux qui commandent aux préfets et qui sont les maîtres de ceux-ci !

Et puis, augmenter le prix du retour des tonneaux vides fera immanquablement augmenter le prix du vin.

Si les consommateurs de vin en venaient à se retourner contre le préfet, leur promettrait-il ces choses aussi ?

Ce pauvre préfet doit se sentir dans la position de dieu tout puissant à qui une personne demande de la pluie et une autre le beau temps. Et il n’est même pas omnipotent !…

Mais nous nous préoccupons en vain de la position des préfets, qui savent parfaitement bien comment se sortir de tels meli-melos… en faisant des promesses à tout le monde et n’en tenant aucune !

Ce sont ces pauvres travailleurs qui méritent bien plus notre considération car, ignorants de la cause initiale de leurs problèmes, se laissent berner et moquer d’eux au point qu’ils se laissent escorter à la préfecture par un inspecteur de la sécurité publique et espèrent que les autorités vont s’occuper de leur fardeau.

Ce cas des tonneliers de Bari est un cas typique, qui montre on ne peut plus clairement la totale absurdité de la société capitaliste.

Dans ces cas similaires, il ne peut pas y avoir d’autre cure que l’abolition du capitalisme et la transformation radicale du système de production. Et chaque corps de métier, chaque forme d’activité humaine doit, tôt ou tard, se retrouver dans le même dilemme, ce qui est déjà abondamment étendu dû au fait de la surabondance de travail.

Les associations ne sont d’aucun secours, ni ne le sont les grèves, ni les coopératives ni toute autre forme de résistance dans le système.

A chaque fois qu’on n’a pas besoin du travail d’un ouvrier, celui-ci ne peut pas imposer quelque sorte d’accord que ce soit : il doit mourir de faim, plus ou moins lentement, plus ou moins convulsivement, mais il doit mourir de faim… à moins qu’il puisse se libérer du système en cours.

De plus, le progrès a la tendance à rendre le travail de plus en plus de personnes inutile.

Ceci est l’ultime et irréconciliable contradiction entre le capitalisme et le progrès. Tous deux empêchent un véritable progrès, glorifiant les castes actuelles, abolissant la concurrence entre les capitalistes, interdisant tout développement de production, toute nouvelle machine, toute application scientifique nouvelle et réduisant les ouvriers au statut d’animaux domestiques auxquels leurs maîtres donnent une pitance rationnée, en bref, un régime tel que celui mis en place par les jésuites au Paraguay. Pour en sortir, nous devons détruire le capitalisme et organiser la production non pas pour le profit du petit nombre, mais pour le plus grand bien-être de tous.

La requête des tonneliers de Bari pour augmenter le tarif de transport des tonneaux vides afin que les marchands de vin trouvent plus faciles de les brûler après usage plutôt que de les renvoyer, est la même chose que de demander aux tonneliers de n’envoyer que 10 tonneaux sur 100 qu’ils fabriquent sur le marché et de détruire les 90 autres avant qu’ils ne soient utilisés.

Est-il possible de faire cela ? Bien sûr que non, et pourtant la structure actuelle de la société est si absurde que cela rendrait bénéfique une telle mesure.

Quand des gens meurent de faim parce qu’il y a trop de choses ou parce que c’est trop facile de le produire ou parce que c’est trop durable, la destruction peut apparaître et bizarrement être plus utile que la production. Un grand incendie ou un tremblement de terre peuvent être une aubaine, amenant du travail et du pain aux sans emplois. [NdT: à noter que toutes les grandes crises modernes se sont “résolues” au sein du système par de non moins grandes guerres, détruisant beaucoup et tuant des millions de gens. Guerre et reconstruction sont faites par les mêmes entités qui profitent de tout et les banques qui les financent plus encore, le contrôle est mis d’amont en aval de toute crise, le plus souvent planifiée, rien ou si peu n’arrive par hasard…]

Mais la destruction de richesse n’est pas la manière dont les travailleurs pourront s’émanciper. Et par bonheur, le temps est passé, du moins dans les pays les plus avancés, durant lequel les ouvriers pensaient pouvoir arrêter le progrès et mettre autant d’énergie à briser les machines que cela aurait demander pour les contrôler.

Nous ne devons pas nous battre contre le progrès, mais au contraire le diriger pour qu’il profite vraiment à tout le monde.

Pour que cela se produise, il faut que les travailleurs prennent possession du capital, de toute la richesse sociale de façon à ce que ce soit dans leur intérêt de voir une abondance de produits et une production demandant le moins d’effort possible.

Voilà pourquoi il est nécessaire de faire une révolution [sociale]

L’organisation du travail, les syndicats, les grèves et toute sorte de résistance peuvent à un certain point de l’évolution capitaliste améliorer les conditions de travail et de vie des travailleurs ou empêcher que ces conditions ne se détériorent ; elles peuvent bien servir à entraîner les travailleurs à la lutte ; ils sont toujours en de bonnes mains, un bon moyen de promotion des idées ; mais ils sont sans espoir et impuissants à résoudre la question sociale. Tout cela doit donc être utilisé de façon à aider à préparer les esprits et le muscle pour la révolution, pour l’expropriation.

Quiconque ne voit pas et ne comprend pas cela en est réduit à aller mendier devant les préfets… et d’en être la risée.

= = =

Lecture complémentaire : Nous conseillons tout particulièrement cette compilation d’écrits de Malatesta qui sont d’une justesse et d’une actualité (hélas !) sans bornes…

Errico Malatesta, écrits choisis

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie


1ère action directe : dire NON !

Appel à la résistance et l’éveil des consciences de la Voix du Pacifique (vidéo, Tahiti)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 2 avril 2021 by Résistance 71

CHEVAL FOU

Resistance 71

2 avril 2021

Nous relayons cette excellente vidéo de La Voix du Pacifique du 31 mars 2021 en provenance de Tahiti: « Appel à la résistance et à l’éveil des consciences ».

Dans l’esprit communard, Gilets Jaunes et de Cheval Fou, gardons présent à l’esprit toutefois qu’il n’y a pas de solution au sein du système et ne saurait y en avoir.

Vidéo Voix du Pacifique (Tahiti), durée : 7min40
https://rumble.com/vf8qx3-urgent-urgent-urgent-.html

GJ_vive_la_commune

Lutte anti-coloniale : La naissance de l’entité sioniste prend sa racine dans l’antisémitisme des pères fondateurs du sionisme (Miko Peled)

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jerusalem

La naissance antisémite de l’état sioniste : une histoire des fondateurs d’Israël et de leur haine envers eux-mêmes

Miko Peled

17 mars 2021

url de l’article original:
https://www.mintpressnews.com/anti-semitic-birth-of-zionism-history-israel-self-hating-jews/276238/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

JERUSALEM — “Les juifs s’auto-détestant”, avec des termes comme “traîtres, Zhid, Kapo, Nazi et petit juif”, sont des épithètes utilisés par les sionistes pour insulter les personnes juives qui s’opposent ou rejettent le sionisme et son idéologie raciste.

Un épisode récent du rabin Yaakov Shapiro en podcast “Committing High Reason “ rappelle l’histoire de Théodore Hertzl, le fondateur du sionisme et de l’état sioniste et met nouvellement en lumière le terme de “juif s’auto-détestant”.

Committing High Reason [note de R71 : nous ne traduisons pas ce sous-titre car il s’agit d’un jeu de mot avec “High Treason” ou “haute trahison” et perd son sens en français…]

Le rabbin Shapiro source toutes ses affirmations méthodologiquement et quand on apprend ce que Hertzl, qui était lui-même juif, écrivait à propos des juifs, la seule conclusion possible est qu’il était le maître étalon du “juif s’auto-détestant”. Il ne peut y avoir aucun doute quant à sa haine de ses semblables et ne voulait rien d’autre que se dissocier du juif “du commun”. Il n’était de plus pas le seul : d’autres leaders sionistes comme Vladimir Jabotinsky, Chaim Weizmann et autres, étaient ouvertement haineux envers leurs frères juifs.

En 2018, le rabbin Shapiro a publié un livre de 1400 pages intitulé “The Empty Wagon, Zionism’s Journey from Identity Crisis to Identity Theft.” (NdT: qui peut se traduite par : “Le wagon vide : Sionisme, de la crise identitaire à l’usurpation d’identité”). Le livre souligne les vastes différences qui existent entre le judaïsme et son ennemi mortel, le sionisme. Le livre a été écrit pour une audience juive orthodoxe et de fait, chaque maison , foyer juif orthodoxe que j’ai visitée ces deux dernières années avait une copie de cet énorme travail. Bien que le livre assume que le lecteur ait une grande connaissance au sujet du judaïsme, il contient une source sans précédent d’information particulièrement bien référencée de façon à ce que même ceux d’entre nous qui n’ont pas une connaissance profonde du judaïsme, puissent grandement apprendre de sa lecture.

L’information présentée par le rabbin Shapiro dans ce podcast particulier peut aussi être trouvé dans le livre et mène au fait indéniable que le fondateur du sionisme (Théodore Hertzl) et beaucoup de ses contemporains, haïssaient absolument tout au sujet des juifs et du judaïsme et détestaient le fait même d’être juifs. D’après le rabbin Shapiro et bon nombre de rabbins orthodoxes du judaïsme qu’il cite, ce fut leur haine des juifs et non pas leur désir de les sauver de l’antisémitisme qui fut la force dominante derrière la création du sionisme et de l’établissement d’un état sioniste.

Le fondateur du sionisme non seulement pensait que les trolls antisémites des juifs étaient réels, mais il les justifiait également. Il affirma que seulement ces accusations racistes s’appliquaient aux “autres” juifs, ceux qui n’étaient pas séculiers et “éveillés” comme lui.

L’histoire de Hertzl, comme elle est racontée dans les écoles sionistes en Israël et dans le monde, le fait ressembler à un sauveur des juifs, un homme motivé par le désir de bonté et de faire le bien. Quoi qu’il en soit, un regard plus en profondeur sur l’homme et ses motivations révèle qu’il méprisait le peuple juif et voulait se séparer des “juifs du commun” en créant un espace, une existence pour des gens comme lui, juifs de naissance mais qui méprisaient ce que cela voulait dire que d’être juif.

Vladimir Jabotinsky, le père du sionisme d’extrême-droite, aujourd’hui représenté par le parti du Likud en Israël, fut un autre cas de juif “s’auto-détestant”. Il écrivit que “Les juifs sont des gens particulièrement malfaisants et leurs voisins les détestent et ils ont raison.” Un autre leader spirituel sioniste, Uri Zvi Greenberg, a écrit : “Ces juifs détestables sont vomis par tout collectif et état sains pas parce qu’ils sont juifs mais à cause de leur laideur juive.

Les sionistes idolâtrent la force physique tandis que le judaïsme orthodoxe la méprise. Dans une conversation que j’ai eue un jour avec un rabbin ultra-orthodoxe, David Feldman de New York, je lui ai posé la question. Je lui ai dit que pour des gens comme moi, élevés dans le sionisme, les juifs orthodoxes avaient l’air faibles, pâles, maladifs et peu attractifs. Le rabbin Feldman me regarda droit dans les yeux et me répondit : “Vous n’avez aucune idée de tout le travail qu’il y a pour maintenir cette apparence. Être juif est une expérience et une existence spirituelles, certainement pas une existence masculine.

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Maushel (ou Moishel)

Dans l’édition du journal sioniste Die Welt du 15 octobre 1897, une publication fondée par Hertzl, celui-ci publia un essai intitulé “Maushe” au sujet d’un juif anti-sioniste. Le point de focus de cet essai était un personnage fictif, un juif que Hertzl appelait “Maushel”, qui était à l’époque un terme péjoratif utilisé par les antisémites pour qualifier les juifs.

Maushel ou Moishel, selon l’accent, est le juif religieux “commun”. L’article fut originellement écrit en allemand avec une version anglaise publiée dans une autre publication sioniste appelée “The Maccabean”. Voici quelques exemples de la manière dont Hertzl décrit les juifs dans son essai :

Maushel est un anti-sioniste. Nous le connaissons bien et en profondeur et nous avons toujours été dégoûté à sa vue.” Hertzl est encore plus écœuré et chagriné d’être obligé de reconnaître que Maushel est en fait “un des nôtres”, bien qu’il n’y ait “absolument  aucune utilité d’en être fier.”, ce qui, se lamente t’il, résulte “d’un mélange durant une sombre époque de notre histoire, d’une basse classe de gens avec notre nation.

Hertzl continue : “Le dégoût que nous avions pour lui était mélangé à la pitié. Nous cherchions à expliquer son apparence misérable et malheureuse. Nous nous sommes dits que nous devions le tolérer, que c’était notre devoir sacré que de le civiliser.” Voulant se dissocier lui-même du juif Maushel, Hertzl dit : “Il est le compagnon terrible des juifs et il leur est si inséparable, qu’on prend toujours l’un pour l’autre.

Hertzl continue avec sa haine ouverte et écrit que Maushel est “l’antithèse d’un être humain, quelque chose d’incroyablement dégradé et d’obstiné… Maushel fait ses sales affaires dans la pauvreté ; Maushel est un misérable mendiant.” Puis, bien tristement, justifiant les attaques antisémites contre les juifs, Hertzl dit : “Maushel fournit toujours les raisons des attaques contre nous.” En d’autres termes, les “véritables” juifs comme Hertzl, sont ciblés par les antisémites à cause de cette personne distante non affiliée que les antisémites confondent et prennent pour un juif.

Plus loin, Hertzl écrit:

Aux yeux de l’antisémite, le juif et Maushel sont liés, alors le sionisme est apparu et le juif et Maushel ont dû définir leur position, et maintenant Maushel a rendu service aux juifs : il s’est séparé de l’union parce qu’il est anti-sioniste.

En d’autres termes, Hertzl affirme que seuls les vrais juifs sont les juifs séculiers sionistes. Il fait ensuite l’amalgame entre antisémitisme et anti-sionisme : “Lorsque les gens disent que les juifs ne soutiennent pas le sionisme, la réponse est non ! Le juif ne peut pas être anti-sioniste, seul Maushel l’est.

Une telle rhétorique est très commune en Israël aujourd’hui, de dire que les véritables juifs sont les sionistes séculiers et les juifs religieux non-sionistes sont dépeints au moyen de termes péjoratifs et dégradants.

Hertzl continue en disant : “C’est bien, soyons délivrés de lui. Ceci est une opportunité de nous purifier de ces éléments dégradants.

La confusion en ce qui concerne l’identité juive et les affirmations que le sionisme fasse partie de l’identité juive est très commune et en fait très inquiétante. Cette profonde incompréhension à la fois du judaïsme et du sionisme peut être clairement retracée au fondateur du sionisme, Théodore Hertzl.

Qu’est-ce qui fait qu’un juif est juif ?

Le grand sage juif, rabbin Sa’adiya Ga’on, dont le nom complet était Sa’id Bin Yousef El-Fayyumi, était une des figures rabbiniques les plus importantes de l’histoire. Né à Fayyum en Egypte supérieure à la fin du IXème siècle, s’en fut étudier à Tabariya en Palestine, qui était un important centre d’étude judaïque ; plus tard, il vécut, travailla et écrivit à Baghdad. Dans ce qui est considéré être son livre le plus important, “Emunot Ve-Deot,” ou “Croyances et opinions”, qu’il écrivit en arabe en utilisant des caractères hébreu, Ga’on écrivit que le peuple d’Israël, donc les juifs, était une nation seulement en vertu de leurs lois religieuses (il utilisa le terme “sharia” en arabe pour lois religieuses). En d’autres termes, un peuple lié par la foi.

D’après Hertzl, les juifs sont une nation parce que, comme il le pense, “Nos ennemis ont fait de nous une unité sans notre consentement ; la détresse nous relie les uns aux autres.” Le premier définit le peuple juif comme un groupe religieux lié par les lois et la foi, le second, comme un groupe indéfini unifié par la haine des non-juifs.

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Une oraison funèbre à Hertzl

L’oraison funèbre de Jabotinsky à Hertzl fut une énorme reconnaissance, une louange voire même une vénération. D’abord publiée sous forme de petit livre à Odessa en Ukraine en 1905, elle était écrite en russe puis fut traduite plus tard en hébreu. Dans celle-ci, Jabotinsky discute de l’héritage de Hertzl, qu’il admirait profondément malgré leurs différences. Dans une section de l’écrit, Jabotinsky loue les superbes caractéristiques d’un Hébreu et les compare à ce qu’il appelle les caractéristiques dégoûtantes d’un juif. Au lieu de dire juif, il utilisa l’horrible terme antisémite dégradant de “Zhid”.

L’oraison commence avec Jabotinsky admettant que personne n’avait jamais vu un véritable Hébreu : “Aucun de nous n’a jamais vu un véritable Hébreu de ses propres yeux” et il continue en disant que le juif que nous voyons aujourd’hui autour de nous n’est pas un Hébreu mais un “Zhid” : “Et aujourd’hui, nous prenons comme point de départ le Zhid et essayons d’imaginer son exact opposé dans nos efforts d’imaginer l’Hébreu”.

Parce que le Zhid est laid, maladif”, écrit le père du parti politique du Likud israélien, “nous donnerons l’image idéale de la beauté masculine hébraïque, la stature, les larges épaules, les mouvements vigoureux”, et Jabotinsky conclut en disant :

Le Zhid est apeuré et opprimé, l’Hébreu fier et indépendant. Le Zhid est dégoûtant pour tout le monde, l’Hébreu devra être charmant pour tous. Le Zhid accepte la soumission, l’Hébreu doit savoir comment commander. Le Zhid aime se cacher des regards étrangers, l’Hébreu possèdera panache et grandeur.

D’après Jabotinsky, Hertzl était le parfait spécimen de cet Hébreu que personne n’avait jamais vu.

Le sionisme… Pour qui ?

Si de fait, Hertzl et les autres leaders du sionisme étaient des juifs “s’auto-détestant” et condescendants envers le “juif du commun”, quelle était leur motivation d’installer le sionisme et de travailler si dur à la fondation d’un état sioniste ?

Dans le premier chapitre de son livre, le rabbin Shapiro cite un des rabbins les plus respecté, rabbin Chaïm Soloveichik, qui vivait en Europe de l’Est à la fin du XIXème siècle. d’après la citation, le rabbin Soloveichik dit que les sionistes voulaient créer un état afin de détruire le judaïsme.

En d’autres termes, les sionistes étaient séculiers et se voyaient comme éveillés et meilleurs que le juif “du commun”. Ils méprisaient les juifs observant la Torah (NdT: rappelons ici que la Torah n’est rien d’autre que le Pentateuque de l’Ancien Testament composé de cinq (penta) livres). Ils voulaient un endroit où les gens les aimeraient, ne vivant pas ni ne ressemblant pas aux juifs “du commun”. et où ils pourraient vivre sans avoir à interagir avec ces juifs croyants et où ils pourraient être comme les autres nations.

L’état d’Israël ne fut pas créé pour le juif “du commun”, celui avec sa longue barbe et ses paillottes dans les cheveux, ceux qui vivent dans des shetl (ghettos) d’Europe. Il ne fut pas non plus créé pour les juifs arabes, mais pour les juifs séculiers européens, qui ne veulent rien d’autre plus que d’être européens.

Dans un livre qui décrit comment les leaders sionistes regardaient les juifs d’Europe, il y a une photo qui montre des juifs sur un marché dans le ghetto de Nalewni à Varsovie. Il y a une citation attribuée à Chaïm Weizmann, leader important du mouvement sioniste et plus tard président de l’état d’Israël. La légende de la photo dit : “Eretz Yisrael (la terre d’Israël ou la Palestine) n’est pas pour ces marchands ambulants de Nalewski à Varsovie.” C’étaient les juifs qu’Hertzl et les autres leaders du sionisme détestaient. Lorsque les victimes du sionisme auront finalement leur heure venue dans les tribunaux, le monde verra alors à quel point les sionistes furent cruels et racistes. Le monde verra qu’Israël, aujourd’hui l’état sioniste, est une parfaite réflexion de ce que furent les premiers sionistes : raciste, violente et emplie de haine.

En Israël aujourd’hui, les juifs ultra-orthodoxes qui s’opposent au sionisme sont méprisés et ridiculisés ; les juifs non-religieux anti-sionistes sont repoussés et les Palestiniens ne sont que des collatéraux dont il faut se débarrasser, c’est le prix à payer pour que la vision de Hertzl et des autres “juifs s’auto-détestant” puisse devenir une réalité.

Miko Peled is MintPress News contributing writer, published author and human rights activist born in Jerusalem. His latest books are”The General’s Son. Journey of an Israeli in Palestine,” and “Injustice, the Story of the Holy Land Foundation Five.”

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Lectures complémentaires :

Le mythe biblique

Effondrer le colonialisme (Résistance 71)

Nous sommes tous des colonisés (Résistance 71)

La Bible déterrée (Israël Finkelstein)

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Handala veille…

Lettre de soutien du Mexique au peuple français en lutte (Front des Peuples)

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Lettre du Mexique pour les manifestations en France contre les violences policières

Front des Peuples en Défense de la Terre et de l’Eau

États de Morelos, Puebla et Tlaxcala, Mexique

31 mars 2021

Source :
https://www.lavoiedujaguar.net/Lettre-du-Mexique-pour-les-manifestations-en-France-contre-les-violences

Compañeras et compañeros,

Recevez un salut combatif des terres de résistance du Mexique. Nous sommes des femmes et des hommes indigènes nahuas habitant sur les versants du volcan Popocatepetl dans les États de Tlaxcala, Puebla et Morelos. Nous sommes les petites-filles et les petits-fils des zapatistes qui ont combattu avec Emiliano Zapata il y a cent ans pour la terre, l’eau et la liberté.

Aujourd’hui, ces acquis gagnés au prix du sang et de la vie de nos grands-mères et grands-pères sont menacés par les politiques extractivistes et les mégaprojets de mort qui s’imposent dans notre pays et dans de nombreuses régions du monde. Dans notre territoire, la dépossession a un nom, il s’agit du Projet intégral Morelos, qui touche plus de 90 villages des États de Tlaxcala, Puebla et Morelos, et qui a pour objectif un processus de méga-industrialisation dans des territoires historiquement agricoles.

Ce projet vise à nous priver de l’eau de la rivière Cuautla qui alimente la vie agricole de milliers d’agriculteurs de l’État de Morelos ; ce projet polluera l’air, la terre et l’eau, et nous obligera à adopter un mode de vie qui n’est pas celui que nous souhaitons, qui n’a rien à voir avec notre façon de vivre et notre relation avec la terre, la nature et les communautés. Ce projet nous expose, les communautés habitant sur les versants du volcan le plus actif de notre pays, au grand risque d’une bombe à retardement que signifie pour nous ce gazoduc. Ce projet considère nos territoires comme de simples marchandises, il a mis à prix nos eaux, nos montagnes, nos terres et même nos propres vies, pour promouvoir les centrales thermoélectriques, les usines et les mines.

C’est pourquoi nous arrêtons depuis presque dix ans tout cet engrenage de dépouillement de nos peuples. Les mauvais gouvernements et leurs patrons, les entreprises, n’ont pas pu nous déposséder. Depuis 2012 ils espéraient démarrer l’opération de leurs projets mais ils n’ont pas réussi jusqu’à présent. Ça n’a pas été facile de les arrêter, nous nous sommes battus avec les lois, l’organisation communautaire et la lutte dans les rues. Pendant ces années, nous avons vécu la répression de trois gouvernements de partis politiques différents, nous avons été emprisonnés, réprimés dans les villes, torturés, menacés, dépouillés de nos radios communautaires et notre frère Samir Flores a été assassiné en 2019. Mais malgré tout cela, malgré la douleur, l’indignation et la fureur que nous ressentons, nous continuons à lutter, nous continuons à défendre nos territoires et l’avenir de nos filles et de nos fils, mais aussi l’avenir en tant que peuples que nous sommes.

Compas, le capitalisme, maître de tous les États-nations, a déclaré la guerre aux populations et au peuple d’en bas. C’est une guerre qui dure depuis des siècles mais qui s’est intensifiée et étendue. Des États qui défendent et génèrent des politiques de mort et d’asservissement de la dignité humaine, qui parlent d’égalité, de droits de l’homme, de justice dans leurs discours, mais qui font tout le contraire dans la réalité et dans l’application de leurs politiques et décisions gouvernementales. Ils utilisent tous les rouages de l’État pour contrôler et dominer les populations, ils perpétuent la haine raciale et de classe, les inégalités économiques et la politique de terreur contre celui qui est différent, pense différemment, a une couleur de peau différente. L’utilisation de la force publique et de la police en toute impunité pour développer cette guerre, pour battre, mutiler, violer, torturer et assassiner, est autorisée par les discours et les lois qui justifient cette violence contre les gens d’en bas, tout en disant « ce n’est pas de la répression, c’est seulement pour maintenir l’ordre ; ce n’est pas un meurtre, la police ne faisait que son travail », et en refusant même le statut de victimes aux personnes qui ont été la cible de cette violence policière.

Les chiens de garde du capitalisme, autrement appelés « police », ont pour seul but de veiller aux intérêts de ce système, de ces mauvais gouvernements ; dire qu’ils sont là pour veiller sur nous c’est un mensonge, nous savons sur quoi ils veillent, nous savons qui protège le monopole de la violence. Dans nos sociétés, nous devons parfois faire davantage attention à la police qu’aux autres risques. Et c’est vrai dans le monde entier, que ce soit au Mexique ou chez vous, en France. Nous sommes tou·te·s confronté·e·s aux mêmes situations avec ces chiens dressés à la haine, à la violence et à l’impunité.

Pour cette raison, compas, vous qui êtes aujourd’hui dans les rues pour exiger que justice soit faite et l’arrêt total de la violence des forces de l’ordre, nous vous adressons notre solidarité, notre courage, notre force et notre espoir. Aucune société ne peut se dire démocratique si elle permet et perpétue cette violence, cette impunité et ce mépris pour les gens d’en bas, pour les travailleurs, pour nous tou·te·s qui ne sommes pas fait·e·s pour les moules de ce qui est normal, acceptable et correct pour le pouvoir.

Nous voulons surtout dire aux familles des victimes de la violence d’État de continuer à avancer, de ne pas se décourager face à tant d’injustice, de mensonges ou d’attaques contre vous, la lutte que vous entreprenez est d’une grande importance pour transformer ce monde, la justice seulement viendra lorsque auront cessé tant d’impunité et de violence. Que votre douleur devienne la force pour continuer, qu’elle soit le cri pour demander justice. La transformation ne viendra pas des gouvernements mais de personnes organisées, avec la dignité et la force de changer ce monde.

Votre lutte et la nôtre sont liées parce que nous luttons pour une vie digne, nous luttons contre la violence de ce système capitaliste, qu’il s’agisse de mégaprojets ou de violence policière, parce que nous croyons qu’il peut y avoir un avenir différent pour nous tous, parce que votre lutte, la nôtre et celle de beaucoup d’autres dans le monde finiront par élargir la fissure qui brisera ce système de mort.

Nous joignons nos voix aux vôtres, nos poings gauches, nos sourires et notre force à vous en ce jour important.

Plus de violence de la part des forces de l’ordre !

Plus de mégaprojets dans le monde !

Vive la dignité rebelle ! Vive les peuples du monde !

Front des peuples en défense de la terre et de l’eau
des États de Morelos, Puebla et Tlaxcala

Source et traduction : CSPCL

25 mars 2021.


¡Viva Zapata!