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Médias, Rojava, censure et propagande ou le maquillage d’une trahison…

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Articles connexes à lire et diffuser sans modération:

« Que se passe t’il au Rojava ? » (Résistance 71)

« Kurdistan et le voile de mensonge » (VT)

 

Tout “Le Monde” déteste le PKK

 

Pierre Bance

 

21 septembre 2017

 

url de l’artice:

http://www.autrefutur.net/Tout-Le-Monde-deteste-le-PKK 

 

En juin 2017, Pierre Bance, auteur de « Un Autre Futur pour le Kurdistan ? » contactait Le Monde. Après lui avoir réservé une tribune libre sur le Rojava, le quotidien rejetait sa publication… Retour sur cette censure.

Le 13 juin 2017, j’envoyais au quotidien Le Monde une tribune libre avec pour titre « Après Rakka, l’ambition démocratique de la Fédération de la Syrie du Nord ». Son objet était de montrer que la conquête de Rakka par les Forces démocratiques syriennes n’est pas seulement une opération militaire, mais qu’elle porte aussi le projet politique d’installer, dans la Syrie septentrionale, un système fédéral basé sur des communes autonomes. Cette « auto-administration démocratique », phase préalable au confédéralisme démocratique du leader kurde Abdullah Öcalan, lui-même inspiré par le municipalisme libertaire du philosophe américain Murray Bookchin, est déjà une réalité dans les trois cantons du Kurdistan de Syrie (Rojava). Elle est actée dans deux documents de nature constitutionnelle. Le premier qui date du 14 janvier 2014 est connu sous le nom de Charte du Rojava. Le deuxième en date du 29 décembre 2016 renforce le fédéralisme avec pour vocation de l’étendre aux territoires libérés. D’où son nom, Contrat social de la Fédération démocratique de la Syrie du Nord. Comme vous pourrez le lire ci-dessous en annexe, ce libre propos n’est pas une apologie du projet, les critiques qui peuvent lui être adressées comme les interrogations qu’il soulève ne sont pas cachées.

Le 14 juin, Le Monde me répond qu’il souhaite réserver cet article et « qu’une date sera fixée pour sa parution dans le quotidien et, ou, sur son site ». Mais, le 25 juin, c’est une tribune de Jean-Pierre Filiu intitulée « Le vrai visage des libérateurs de Rakka » que Le Monde publie sur la page « Débats » de son site [1]. Je signale aussitôt aux journalistes du Monde que pour nourrir le débat, il serait bon de publier mon texte en contrepoint car il propose une toute autre lecture du contexte kurde.

  • Le personnage Filiu et sa relation avec Le Monde méritent qu’on s’y arrête un instant. Ce spécialiste des pays arabes, professeur à Science Po, membre de divers cabinets ministériels socialistes dont celui de Lionel Jospin entre 2000 et 2002, s’est pris de passion pour les révolutions arabes, spécialement pour l’opposition démocratique syrienne bien que celle-ci ne représente qu’elle-même et la fantomatique Armée syrienne libre. Concomitamment, Filiu s’est pris d’aversion envers le Mouvement révolutionnaire kurde en général, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et son organisation sœur en Syrie, le Parti de l’union démocratique (PYD) en particulier [2]. Le soutien aux premiers n’impliquait pas, au premier regard, la détestation des seconds. Or, l’homme ne se contente pas de critiquer les Kurdes, ses propos frôlent le délire complotiste quand il voit la main malfaisante du PKK partout. Pour s’en convaincre on regardera ses tribunes publiées, plus souvent qu’à leur tour, dans la page « Débats » du Monde.fr. Le Monde qui en fait d’ailleurs sa référence préférée pour le Proche-Orient [3]. Outre sa dernière livraison, « Le vrai visage des libérateurs de Rakka », précitée, on lira avec délice jusqu’où peut conduire l’enferment idéologique dans « La question kurde dans l’impasse » [4] et la sottise en politique dans « Comment le PKK de Cemil Bayik a trahi les Kurdes de Syrie ». Écrits tous démentis par les faits, [5].

Cela étant, ma tribune n’est pas publiée en réponse. Je laisse passer les vacances et relance Le Monde le 4 septembre lui demandant les raisons de son abstention. Je fais valoir que le sujet est plus que jamais d’actualité. Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont étendu leur territoire, libérant le canton d’al-Shabba, la région de Mambij et celle de Rakka, encerclant la ville sur le point de tomber, tout en faisant une percée vers Deir ez-Zor. Que, par ailleurs, la Fédération démocratique de la Syrie du Nord a réorganisé son administration en conséquence et que des élections se dérouleront dans quelque quatre mille communes le 22 septembre, et sont prévues aux assemblées des six cantons le 3 novembre, des trois régions et de la Fédération le 29 janvier 2018. Aucune réponse de la rédaction du Monde.

Comment ne pas conclure à une censure ? Certes Le Monde est libre de publier les tribunes qu’il veut, mais il perd cette liberté une fois qu’il s’est engagé sur leur parution. Pourquoi alors cette décision de retrait et ce silence ? Certes, dans mon livre Un autre futur pour le Kurdistan. Municipalisme libertaire et confédéralisme démocratique [6], je reconnais ne pas avoir été tendre pour un journaliste du Monde, Alan Kaval.

  • J’ai dit que certains écrits d’Alan Kaval pourraient l’avoir été par une agence de presse pro-gouvernementale turque [7]. Kaval, qui connaît bien son sujet, n’ignore pas que le PKK a abandonné le marxisme-léninisme pour « son idéologie propre » [8] mais jamais il ne précise honnêtement le projet du confédéralisme démocratique, car un tel exposé ruinerait ses dénigrements. Tout est ramené à des « fantasmes utopiques » [9], une intention démocratique qui « masque mal la mainmise du parti sur les institutions et l’éviction de ses rivaux  » [10] quand il ne se lance pas dans une (perfide) présentation de ce qu’il qualifie d’« assemblage labyrinthique » : « En se retirant de la région, le régime a permis au mouvement kurde de se servir des territoires passés sous son contrôle pour imposer son modèle, celui dit de “l’autonomie démocratique”, la grande idée théorique d’Abdullah Öcalan. Elle est censée aboutir, selon la vulgate diffusée par le PKK, à la construction d’un “système politique sans État où la société se gouverne elle-même”. Sa mise en pratique se traduit concrètement par la construction d’un assemblage institutionnel labyrinthique composé de “maisons du peuple”, de communes, de municipalités, d’assemblées locales, de comités divers et de ministères autoproclamés, où tous les postes à responsabilités sont soumis à une règle de parité stricte entre hommes et femmes. En réalité, chacune de ces institutions, prétendument représentatives, est noyautée par des cadres du PYD, qui ont fait leurs armes au sein du PKK face à l’armée turque durant les décennies précédentes. » [11].

Mais Filiu et Kaval ne sont pas les seuls à abhorrer le PKK, à s’obstiner à voir en lui une organisation nationaliste, autoritaire et terroriste.

  • Quelques exemples. Marie Jégo, correspondante permanente du Monde à Istanbul, continue de qualifier le PYD et le PKK d’organisations marxistes [12] et Alain Frachon, spécialiste du Proche-Orient, de partis marxistes-léninistes [13]. Erdogan pourra aussi remercier Louis Imbert qui explique que les Forces démocratiques syriennes sont une alliance « dominée par les cadres issus du PKK » [14] et encore Pierre Breteau qui écrit à peu près la même chose en s’appuyant sur Jean-Pierre Filiu [15]. Enfin, et c’est tout dire de la philosophie générale du journal, dans un récent éditorial à propos du procès de journalistes turcs, Le Monde écrit : «  À qui fera-t-on croire que ces femmes et ces hommes, patriotes responsables, ont maille à partir avec le terrorisme que pratique le mouvement kurde PKK ? » [16].

Y aurait-il un lobby anti-PKK au Monde qui serait intervenu pour stopper la publication de ma tribune préalablement décidée par des imprudents ? Sans doute non, mais plus certainement un groupe de pression qui se fédère naturellement autour de préjugés.

Ainsi, les lecteurs du Monde, s’ils n’ont pas eu la curiosité d’aller voir ailleurs, ne sauront rien de la société sans État des Kurdes. Un projet nouveau pour un Proche-Orient nationaliste, étatiste et si peu démocratique, un projet qui s’adresse également à toute l’humanité. Même si tout n’est pas rose au Kurdistan, loin de là, et je renvoie encore à Un autre futur pour le Kurdistan comme à la tribune ci-dessous, il y a beaucoup à apprendre de l’expérience de la Syrie du Nord, non seulement pour les révolutionnaires tombés dans un trou noir mais pour tous ceux qui, à gauche, souhaitent se libérer du carcan partidaire et étatique. Le vieux monde de la démocratie représentative n’est pas une fatalité. La Commune n’est pas morte, le Mouvement kurde le prouve en Syrie et en Turquie.

Aussi, pour conclure et préciser mon propos, je ne dirai pas que « Tout « Le Monde » déteste le PKK », mais bien que « Tout Le Monde déteste la démocratie directe ».

Paris, le 20 septembre 2017

La tribune censurée par Le Monde.

Après Rakka, l’ambition démocratique de la Fédération de la Syrie du Nord

En entrant dans Rakka, les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance de milices kurdes et arabes, ne libèrent pas seulement la population de la dictature et de l’obscurantisme, elles lui proposent l’adhésion à une société progressiste fondée sur le fédéralisme. Leur ambition démocratique est inscrite dans deux textes de nature constitutionnelle : la Charte du Rojava du 29 janvier 2014 appliquée dans les cantons kurdes de Syrie et le Contrat social de la Fédération démocratique de la Syrie du Nord adopté par une assemblée multi-ethnique le 29 décembre 2016. Comme elles le furent pour les soldats de l’an II, les idées émancipatrices expliquent mieux la bravoure des miliciennes et miliciens, que la soif d’exploits militaires ou de conquêtes territoriales.

Rappelons-nous. Au début des années 2000, Abdullah Öcalan et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) firent le constat d’une double impasse : le marxisme-léninisme n’est pas une idéologie en mesure de répondre à la modernité capitaliste ; la guerre de libération nationale pour fonder un État-nation kurde est sans issue. S’inspirant des travaux d’un philosophe américain, Murray Bookchin, fondateur de l’écologie sociale et théoricien du municipalisme libertaire, ils imaginent le confédéralisme démocratique. À la faveur de la révolution syrienne de 2011, les révolutionnaires du Kurdistan de Syrie avancent cette théorie et mettent en place de nouvelles institutions civiles et politiques. Chaque communauté ethnique, culturelle, économique, professionnelle, politique… a la possibilité de s’organiser en conseils autonomes lesquels s’unissent au sein de la commune d’un village ou d’un quartier. Les communes se fédèrent aux divers niveaux utiles à la gestion des affaires collectives en observant une stricte parité entre les femmes et les hommes, en garantissant la représentation des minorités. On ne crée pas un État nouveau, on marginalise l’idée même d’État en étendant le champ des autonomies, en s’appropriant ses missions de service public (santé, éducation, infrastructures, transports, énergie, etc.) et en réduisant le plus possible ses fonctions régaliennes. Par exemple, le maintien de l’ordre public et la justice de proximité sont assurés par les citoyens eux-mêmes. Comme l’État est progressivement subverti par la commune, le capitalisme le sera par une économie sociale, écologique et autogérée, initiée par les coopératives de producteurs et de consommateurs. L’utopie prend vie au Rojava (Kurdistan de l’Ouest). Elle s’étend aujourd’hui dans tout le Nord de la Syrie et se présente comme une solution pour la paix au Proche-Orient.

On se doute que mettre en œuvre ces fichues idées, droit venues de la Commune de Paris, n’est pas chose facile avec Bachar al-Assad en embuscade, avec une lutte intense contre l’État islamique, contre les milices nationalistes ou djihadistes de l’opposition syrienne et les menaces récurrentes d’invasion du gouvernement turc. Comment un tel contexte de guerre n’exacerberait-il pas les contradictions ? La Charte du Rojava et le Contrat social de la Syrie du Nord, en maintenant les institutions d’une démocratie occidentale avec la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, ne consacrent pas le modèle fini de démocratie directe qu’ils invoquent, même si le gouvernement se nomme pudiquement « auto-administration démocratique » parce qu’il estime que son seul devoir est d’exécuter les directives venues d’en bas, des communes. L’organisation sur un mode représentatif, en septembre et novembre, des élections locales puis, en janvier 2018, des élections régionales et nationales, n’est pas non plus une preuve de démocratie directe. On objectera encore que le Parti de l’union démocratique (PYD) est omniprésent dans les institutions politiques, civiles et militaires, qu’une petite-bourgeoise s’installerait volontiers au pouvoir, que les Unités de protection du peuple (YPG, YPJ) et les FDS sont plus proches d’une armée classique avec son décorum militariste que des milices anarchistes de la guerre d’Espagne, que la propriété privée des moyens de production et d’échange n’est pas remplacée par l’autogestion généralisée, etc. L’autonomie démocratique du Nord de la Syrie n’est pas encore le confédéralisme démocratique où l’État n’a plus de légitimité parce qu’il n’a plus d’utilité, elle est une phase intermédiaire d’État fonctionnel nécessitée par les contraintes géopolitiques.

Il reste qu’elle est porteuse d’espoir et à ce titre mérite attention. Que le Mouvement pour une société démocratique (TEV-DEM), fédération des communes et commu-nautés diverses, assure le fonctionnement de la société civile et régule l’économie. Que la plupart des porteurs de délégations, de mandats, de missions ou de commandements, Kurdes, Arabes, Assyriens ou Turkmènes manifestent la volonté de vivre ensemble, en paix, pour aller vers « cette étrange unité que se dit multiple » que Gilles Deleuze et Félix Guattari dans Mille plateaux n’imaginaient pas qu’elle fleurirait au cœur de ce Proche-Orient si peu libertaire.

Pierre Bance

Docteur d’État en droit, ancien directeur des éditions Droit et Société. Auteur d’Un autre futur pour le Kurdistan ? Municipalisme libertaire et confédéralisme démocratique, Les Éditions Noir & Rouge, février 2017, 400 pages.

Texte libre de droits avec mention de l’auteur : Pierre Bance, et de la source : Autre futur.net, espace d’échanges pour un syndicalisme de base, de lutte, autogestionnaire, anarcho-syndicaliste, syndicaliste révolutionnaire (www.autrefutur.net).

[1] Le Monde.fr, 25 juin 2017 (http://filiu.blog.lemonde.fr/2017/06/25/le-vrai-visage-des-liberateurs-de-rakka/). Lire la réponse cinglante et argumentée d’André Métayer sur le site des Amitiés kurdes de Bretagne (http://www.akb.bzh/spip.php?article1217)

[2] Voir la notice que consacre Wikipédia à Jean-Pierre Filiu (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Filiu).

[3] Pas moins de six mentions entre juillet 2017 et aujourd’hui, sans compter les rappels fréquents à son blog en page d’accueil (http://lemonde.fr/recherche/?keywords=filiu&page_num=1).

[4] Le Monde.fr, 30 avril 2017 (http://filiu.blog.lemonde.fr/2017/04/30/la-question-kurde-dans-limpasse/)

[5] Le Monde.fr, 4 septembre 2016 (http://filiu.blog.lemonde.fr/2016/09/04/comment-le-pkk-de-cemil-bayik-a-trahi-les-kurdes-de-syrie/).

[6] Noir et Rouge, 2017, 400 pages (http://www.autrefutur.net/Un-Autre-Futur-pour-le-Kurdistan).

[7] Un autre futur pour le Kurdistan, page 180, note 717. Est plus spécialement visé un article, « La guerre perdue du PKK », paru dans Le Monde du 25 septembre 2016,

[8] « Les Kurdes préparent l’après-EI à Rakka », Le Monde, 30 août 2017. Malgré le titre de l’article, on ne saura rien de ce que préparent les Kurdes sinon des manœuvres de couloir avec les tribus arabes et, toujours, sous le contrôle sans partage du PKK.

[9] « Kobané, “ville musée” de la résistance kurde », Le Monde, 24 mai 2016.

[10] « Les Kurdes, combien de divisions ? », Le Monde diplomatique, novembre 2014

[11] « Les Kurdes, combien de divisions ? », Le Monde diplomatique, novembre 2014

[12] « Les Kurdes de Syrie voient l’intervention russe d’un bon œil », Le Monde, 3 octobre 2015.

[13] « Poutine s’en va-t-en guerre », Le Monde, 2 octobre 2015.

[14] « De l’Irak au Liban, l’organisation État islamique seule sur tous les fronts », Le Monde, 26 août 2017.

[15] « Syrie : jour par jour, les combats pour la reprise de Rakka en cartes », Le Monde, 27 juillet 2017.

[16] « Les procès du Bosphore », éditorial du Monde du 26 juillet 2017.

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Quand l’empire assassine bien l’histoire… (John Pilger)

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Assassiner l’histoire

 

John Pilger 

 

21 septembre 2017

 

Url de l’article en français:

https://www.legrandsoir.info/assassiner-l-histoire.html 

L’un des « événements » les plus en vogue de la télévision américaine, The Vietnam War (La guerre du Vietnam), a débuté sur la chaîne de télévision PBS. Les auteurs sont Ken Burns et Lynn Novick. Acclamé pour ses documentaires sur la guerre de Sécession, la Grande Dépression et l’histoire du jazz, Burns dit que ses films sur le Vietnam « vont encourager notre pays à commencer à parler et à réfléchir sur la guerre du Vietnam d’une manière entièrement nouvelle ».

Dans une société souvent dépourvue de mémoire historique et en proie à la propagande sur son « exceptionnalisme », la guerre du Vietnam « entièrement nouvelle » de Burns est présentée comme une « œuvre historique épique ». Sa campagne de publicité luxueuse fait la promotion de son plus grand bailleur de fonds, Bank of America, qui, en 1971, a été incendié par les étudiants de Santa Barbara, en Californie, comme symbole de la guerre haïe au Vietnam.

M. Burns dit qu’il est reconnaissant envers « toute la famille de Bank of America », qui « a longtemps soutenu les anciens combattants de notre pays ». Bank of America était le soutien d’une entreprise à une invasion qui a peut-être tué jusqu’à quatre millions de Vietnamiens et a ravagé et empoisonné une terre autrefois fertile. Plus de 58 000 soldats américains ont été tués, et on estime qu’environ autant se seraient suicidés.

J’ai regardé le premier épisode à New York. Dès le départ, il ne laisse planer aucun doute sur ses intentions. Le narrateur dit que la guerre « a été déclenchée de bonne foi par des gens décents à cause de malentendus fatals, d’une confiance excessive des Américains et de malentendus liés à la guerre froide ».

La malhonnêteté de cette déclaration n’est pas surprenante. La fabrication cynique de ’faux drapeaux’ qui ont conduit à l’invasion du Vietnam est un fait historique – l’’incident’ du golfe du Tonkin en 1964, que Burns soutient comme vrai, n’en était qu’un parmi d’autres. Les mensonges jonchent une multitude de documents officiels, notamment les Pentagon Papers, que le grand lanceur d’alerte Daniel Ellsberg a publiés en 1971.

Il n’y avait pas de bonne foi. La foi était pourrie et cancéreuse. Pour moi – comme cela doit être le cas pour beaucoup d’Américains – il est difficile de regarder ce fouillis de cartes sur le ’péril rouge’, d’interviews inexpliquées, d’archives montées de façon incompétente et de séquences de champs de bataille américains malhonnêtes.

Dans le communiqué de presse de la série en Grande-Bretagne – la BBC a l’intention de la diffuser — il n’y a aucune mention des morts vietnamiens, seulement des morts Américains. « Nous sommes tous à la recherche d’un sens à cette terrible tragédie », aurait dit Novick. Très post-moderne.

Tout cela sera familier à ceux qui ont observé comment les médias américains et le mastodonte de la culture populaire ont révisé et nous ont servi le grand crime de la seconde moitié du XXe siècle : des films comme Les Bérets verts, Voyage au Bout de l’Enfer et Rambo ont légitimé les guerres d’agression qui ont suivi. Le révisionnisme ne s’arrête jamais et le sang ne sèche jamais. L’envahisseur se voit apitoyé et lavé de toute culpabilité, tout en « cherchant un sens à cette terrible tragédie ». Pour citer Bob Dylan :’Où étais-tu, mon fils aux yeux bleus ?’ [paroles de la chanson A Hard Rain’s A-Gonna Fall – NdT]

J’ai pensé à la « décence » et à la « bonne foi » en me souvenant de mes premières expériences en tant que jeune reporter au Vietnam : je regardais hypnotiquement la peau des enfants touchés par le napalm tomber comme du vieux parchemin, et les pluies de bombes qui laissaient les arbres pétrifiés et ornés de chair humaine. Le général William Westmoreland, le commandant américain, qualifiait les gens de « termites ».

Au début des années 1970, je me suis rendu dans la province de Quang Ngai, où, dans le village de My Lai, entre 347 et 500 hommes, femmes et enfants ont été assassinés par les troupes américaines. À l’époque, cela fut présenté comme une aberration : une « tragédie américaine » (Newsweek). Dans cette province, on estime que 50 000 personnes avaient été massacrées à l’époque des ’zones franches’ américaines [zones où il était permis de tirer sur tout ce qui bougeait – NdT]. Un homicide collectif. Ce n’était pas nouveau.

Au nord, dans la province de Quang Tri, plus de bombes ont été larguées que dans toute l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Depuis 1975, les munitions non explosées ont causé plus de 40 000 morts dans le ’Sud Vietnam’, le pays que l’Amérique prétendait ’sauver’ et, avec la France, conçu comme une ruse singulièrement impériale.

Le ’sens’ de la guerre du Vietnam n’est pas différent de celui de la campagne génocidaire contre les Amérindiens, des massacres coloniaux aux Philippines, des bombardements atomiques du Japon, du nivellement de toutes les villes de la Corée du Nord. L’objectif fut décrit par le colonel Edward Lansdale, le célèbre homme de la CIA qui inspira Graham Greene pour son personnage central dans son roman Un Américain bien tranquille .

Citant The War of the Flea de Robert Taber, Lansdale a dit : « Il n’y a qu’un seul moyen de vaincre un peuple insurgé qui ne veut pas se rendre, c’est de l’exterminer. Il n’y a qu’une seule façon de contrôler un territoire qui résiste, c’est de le transformer en désert. »

Rien n’a changé. Lorsque Donald Trump s’est adressé à l’Organisation des Nations Unies le 19 septembre – un organisme créé pour épargner à l’humanité le « fléau de la guerre » -, il a déclaré qu’il était « prêt, disposé et capable » de « totalement détruire » la Corée du Nord et ses 25 millions d’habitants. Son auditoire fut ébahi, mais le langage de Trump n’était pas inhabituel.

Sa rivale pour la présidence, Hillary Clinton, s’était vantée qu’elle était prête à « totalement anéantir » l’Iran, une nation de plus de 80 millions d’habitants. C’est la Voie Américaine ; il ne manque plus que les euphémismes.

De retour aux Etats-Unis, je suis frappé par le silence et l’absence d’opposition – dans la rue, dans la presse et les arts, comme si la dissidence, autrefois tolérée dans le ’mainstream’, avait régressé en une dissidence métaphorique et clandestine.

Il y a beaucoup de bruit et de fureur dirigés contre Trump l’odieux, le « fasciste », mais pratiquement aucun contre Trump le symptôme et la caricature d’un système durable de conquête et d’extrémisme.

Où sont les fantômes des grandes manifestations anti-guerre qui ont déferlé sur Washington dans les années 1970 ? Où est l’équivalent du mouvement qui a envahi les rues de Manhattan dans les années 1980, réclamant que le président Reagan retire les armes nucléaires des champs de bataille d’Europe ?

L’énergie et la persévérance morale de ces grands mouvements ont largement réussi ; en 1987, Reagan négocia avec Mikhaïl Gorbatchev un traité sur les forces nucléaires de portée intermédiaire (INF) qui mit fin à la guerre froide.

Aujourd’hui, selon des documents secrets de l’OTAN obtenus par le journal allemand Suddeutsche Zetung, ce traité vital est susceptible d’être abandonné car « le recours aux armes nucléaire est de plus en plus envisagé ». Le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel a mis en garde contre « la répétition des pires erreurs de la guerre froide… Tous les bons traités sur le désarmement et la maîtrise des armements de Gorbatchev et Reagan sont en péril. L’Europe est à nouveau menacée de devenir un terrain d’entraînement militaire pour les armes nucléaires. Nous devons élever la voix contre ça. »

Mais pas en Amérique. Les milliers de personnes qui se sont ralliées à la « révolution » du sénateur Bernie Sanders pendant la campagne présidentielle de l’an dernier sont collectivement muettes sur ces dangers. Le fait que la majeure partie de la violence des États-Unis à travers le monde a été perpétrée non pas par des Républicains ou des mutants comme Trump, mais par des Démocrates libéraux, demeure un tabou.

Barack Obama a fourni l’apothéose, avec sept guerres simultanées, un record présidentiel, dont la destruction de la Libye en tant qu’État moderne. Le renversement par Obama du gouvernement élu ukrainien a eu l’effet escompté : une concentration de forces de l’OTAN dirigées par les Américains sur la frontière occidentale de la Russie, par laquelle les nazis ont envahi le pays en 1941.

Le ’pivot vers l’Asie’ d’Obama en 2011 a marqué le transfert de la majorité des forces navales et aériennes américaines vers l’Asie et le Pacifique, sans autre but que de confronter et de provoquer la Chine. La campagne mondiale d’assassinats du lauréat du prix Nobel de la paix est sans doute la plus vaste campagne de terrorisme depuis le 11 septembre 2001.

Ce que l’on appelle aux Etats-Unis « la gauche » s’est effectivement alliée aux plus sombres secteurs du pouvoir institutionnel, notamment au Pentagone et à la CIA, pour empêcher un accord de paix entre Trump et Vladimir Poutine et pour réintégrer la Russie en tant qu’ennemie, sur la base d’aucune preuve de son ingérence présumée dans l’élection présidentielle de 2016.

Le véritable scandale est l’arrivée insidieuse au pouvoir d’intérêts sinistres et guerriers pour lesquels aucun Américain n’a voté. L’ascension rapide du Pentagone et des agences de surveillance sous Obama a représenté un changement historique de pouvoir à Washington. Daniel Ellsberg a à juste titre qualifié cela de coup d’État. Les trois généraux qui dirigent Trump en sont témoins.

Tout cela ne parvient pas à pénétrer ces « cerveaux libéraux marinés dans le formaldéhyde de la politique identitaire », comme l’a noté Luciana Bohne de façon mémorable. C’est la « diversité », devenue un produit de grande consommation et testée sur les marchés, qui est la nouvelle marque du progressisme, et non pas l’appartenance à une classe sociale, indépendamment de son sexe et de leur couleur de sa peau, ni la responsabilité de tous d’arrêter une guerre barbare pour mettre fin à toutes les guerres.

Michael Moore dans son spectacle à Broadway, Terms of My Surrender, un vaudeville pour les désaffectés sur fond de Trump dans le rôle de Big Brother, dit « Comment sommes-nous tombés dans ce merdier ? »

J’ai admiré le film de Moore, Roger & Me, sur la dévastation économique et sociale de sa ville natale de Flint, Michigan, et Sicko, son enquête sur la corruption des soins de santé aux Etats-Unis.

Le soir où j’ai vu son spectacle, son public était joyeux et applaudissait sa réassurance que « nous sommes la majorité » et les appels à « destituer Trump, un menteur et un fasciste ». Son message semblait être que si vous vous bouchez le nez et votez pour Hillary Clinton, la vie serait à nouveau prévisible.

Il a peut-être raison. Au lieu de bousculer le monde comme Trump, le Grand Obliterator aurait peut-être attaqué l’Iran et lancé des missiles sur Poutine, qu’elle a comparé à Hitler : un blasphème particulier étant donné les 27 millions de Russes morts dans l’invasion d’Hitler.

« Ecoutez, a dit Moore, mis à part ce que font nos gouvernements, les Américains sont vraiment aimés du monde entier ! »

Il y eut un silence dans la salle.

Guerre coloniale au Moyen-Orient: La forfaiture de la vraie fausse indépendance du Kurdistan sous l’égide impérialiste… (Veterans Today)

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A lire: “Que se passe t’il au Rojava ? Le Confédéralisme Démocratique a t’il été trahi ?”

« Manifeste pour un Confédéralisme Démocratique » 2011

Gordon Duff de VT est un spécialiste de l’endroit où il a vécu (nord de l’Irak, “Kurdistan d’Irak”) et a travaillé. Duff nous rejoint tout à fait pour confirmer que le nœud de l’affaire est le “Kurdistan” mafieux de Barzani à la solde de la CIA depuis des lustres et que ce qu’il se passe au Rojava est une trahison du Confédéralisme Démocratique du peuple kurde de cette région et de l’autonomie kurde par quelques mafieux corrompus du PYD. Le but pour l7empire, étant de relier le “Kurdistan occidental” (syrien) au “Kurdistan oriental” (irakien) sous la même bannière mafieuse contrôlée par l’empire. 

Duff le dit clairement, la corruption et le chantage sont à l’œuvre et le plan israélo-yankee ne pouvait pas fonctionner avec le CD des assemblées populaires en place. Il fallait impérativement casser le CD et imposer une forme étatique “édulcorée” pour donner le change, ceci fut fait l’an dernier avec l’application de cette escroquerie qu’est le “contrat social du Rojava” (suffit de le lire pour s’en convaincre… ce n’est qu’un document constitutif d’un état n’ayant rien à voir avec le CD établi et renforcé depuis 2012 au Rojava). Une fois ce “contrat social” en place, le CD devient impossible et la jonction avec le Kurdistan d’Irak et sa mafia devient une réalité voulue et planifiée par l’empire. Tel est le plan et il est impossible pour tout anarchiste ayant les idées en place, de soutenir une telle forfaiture ! Telle est notre vision de la chose et G. Duff confirme notre position avec cet article ci-dessous.

~ Résistance 71 ~

 

Kurdistan et le voile de mensonges

 

Gordon Duff

 

20 septembre 2017

 

url de l’article:

https://www.veteranstoday.com/2017/09/20/neo-kurdistan-and-the-veil-of-lies/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Avec le vote au referendum kurde à venir (NdT: en Irak le 25 septembre), plusieurs choses sont claires, “claires comme du jus de chaussettes” comme on dit. Après tout, tout le monde aime bien les Kurdes, les gens les plus charmants et gentils de la planète. Est-ce pour ça que les Turcs les ont massacrés ou que Baghdad est sens dessus-dessous à ce sujet ou pourquoi, lorsqu’on remonte un peu dans le temps, le président américain George H.W Bush (le père) a permis à un Saddam Hussein vaincu de gazer à mort 30 000 Kurdes avec l’accord tacite des Américains ?

Peut-être que ce n’est pas en fait le peuple kurde en lui-même, mais quelque chose d’autre. Nous allons analyser ce vote à venir et ceux qui sont impliqués derrière le rideau. Commençons.

Le referendum kurde est, peut-être, l’évènement le plus mal documenté et le plus mal rapporté des temps récents. Pour l’avide consommateur de fausses nouvelles, le peuple kurde veut avoir un gouvernement indépendant et ne plus être dirigé par Baghdad. Ceci est vrai, bien que saupoudré de faits alternatifs, de pirouettes et de conjecture. En réalité, nous assistons à l’escroquerie du siècle.

Allons droit au but sans perdre de temps inutilement. La nouvelle nation kurde sera un “fourre-tout” pour les clients qui ont manipulé le peuple kurde comme des marionnettes  au travers de leur leadership oligarchique. Et oui, nous parlons ici de gros comptes en banque suisses et de bien des années d’affiliation avec les agences de renseignement israélienne, américaine, turque et saoudienne.

Le peuple kurde lui-même, peut-être parmi les peuples les plus décents et les plus enclins au pardon de la planète, possède quelques uns des biens les plus précieux sur Terre. Il est assis sur d’énormes réserves de pétrole et de gaz naturel, est sur la route des oléoducs et, peut-être de manière plus importante, peut–être modelé en une nation en forme de serpent s’étendant de la Méditerranée en Syrie, à travers cette nation, à travers l’Irak, vers l’Iran et la Mer Caspienne.. Les Kurdes qui ne désirent que leur diaspora disséminée dans le monde, retourne à la maison, vers la sécurité et la stabilité, vont se retrouver une nouvelle fois “dans la panade”. Voyez-vous, il n’y aurait jamais eu d’EIIL/Daesh en Irak sans ll’accord fait entre les anciennes forces baathistes de Saddam, l’armée construite par le général américain David Petraeus (NdT: avant qu’il ne devienne directeur de la CIA sous Obama, aujourdhui en “disgrâce”..), le tout combiné avec le fric saoudien (NdT: et qatari), l’entraînement fourni par la CIA et les conseillers militaires en armement d’Israël.

Les excellents hôtels de la ville d’Erbil et non plus le seul hôtel d’il y a 10 ans le “Erbil International”, ont depuis des années maintenant été les lieux d’hébergement des équipes des ISR (Intelligence/Reconnaissance and Surveillance), qui ont aidé l’EIIL à devenir cette force militaire crainte.

Erbil, avec son aéroport international, était le véritable QG de l’EIIL/Daesh. Des “hommes d’affaire” travaillant pour des compagnies pétrolières imaginaires entraient et sortaient sans cesse, des agences de sécurité les escortaient au “front”, eux et leur expertise, leur équipement haute technologie, les yeux et les oreilles et la planification stratégique de l’Etat Islamique, d’Al Nosra (NdT: Al Qaïda en Syrie), de l’Armée Libre Syrienne et de douzaines d’autres groupes.

De l’équipement lourd qui ne fut pas seulement suppléé par des traîtres payés par la CIA en Syrie et en Irak et qui détournèrent des milliards de matos militaire vers les terroristes, inondèrent les ratières, Aqaba en Jordanie, Israël, l’Arabie Saoudite, mais surtout la route des Balkans à travers la Turquie, tout y passa, des gaz chimiques jusqu’aux missiles les plus avancés TOW (anti-chars).

Derrière tout ceci est l’histoire, pas seulement de ces 20 dernières années, mais de milliers d’années, alors que le Moyen-Orient fut martelé par un empire après l’autre, les plus importants comme l’Egypte, l’empire perse, l’empire ottoman ou les derniers “acteurs colioniaux vif-argent” en date comme les Français, les Britanniques et maintenant les Américains. Le Kurdistan était Sumaria et Chaldea, Ur et Nineveh, 6000 ans d’histoire commençant avant les contes de la création des derniers venus israélites.

Nous reconnaissons les Kurdes comme une ethnicité unique et ce dès le XVème siècle lorsque commença leur relation bancale avec la Turquie et l’empire Ottoman ; un de ces épisodes étant combattu aujourd’hui, quelques 500 ans plus tard, dans le nord de la Syrie actuelle.

Alors que l’occident divisait le Moyen-Orient à la fin de la grande guerre, créant de telles entités telles que la Turquie moderne et le royaume des Saoud, il n’y eut pas de patrie pour les Kurdes, un peuple laissé à la dérive de l’histoire, un peu beaucoup comme les Palestiniens dans l’après seconde guerre mondiale. Là où les Palestiniens furent expulsés et marginalisés, les Kurdes existaient comme une petite épine dans le pied du géant turc jusqu’à ce que l’heure sonne pour la CIA de se servir d’eux contre Saddam Hussein.

De là, La CIA a infiltré les régions kurdes de l’Iran, fomentant la discorde dans l’après révolution islamique de 1979, évènement qui fut si catastrophique pour les intérêts des Etats-Unis.

Israël a utilisé les Kurdes pour infiltrer l’Irak, espionnant sur les programmes d’armement de Saddam en achetant son chemin au sein des tribus dissidentes qui joueraient un rôle lorsque Saddam serait parti. Est-ce que ce fut Israël qui manœuvra Saddam dans l’invasion du Koweît, servant de relais à l’accord des Américains pour l’incursion de Saddam et qui fut complètement soutenu par Bush (père), du moins initialement ?

Est-ce un des premiers évènements où le nexus israélo-saoudien montra sa sale tête ? Ceci serait-il aussi un signe montrant à quel point est importante la pénétration des affaires étrangères américaines par les entités israélienne, saoudienne et turque ? La montée des nouveaux cons à la fin des années 1990 fut-elle un autre signe ? Quid du 11 septembre ?…

La “situation” kurde aujourd’hui n’est peut-être qu’un “plan de secours” considérant la défaite à venir de l’EIIL. Si Trump est contrôlé par une agence de renseignement étrangère, ne serait-ce pas bien plus possible que ce soit celle d’Israël plutôt que celle de la Russie ? Est-ce que l’action de l’Amérique, poussant les Kurdes sur Deir Ezzor et vers une confrontation directe avec l’Armée Arabe Syrienne et la Russie sur place, ne va pas bien servir les intérêts d’Israël ? L’effort simultané saoudien offrant ses “bons services” pour régler la dispute Erbil/Baghdad n’est-il pas aussi cousu de fil blanc ?…

Si l’Amérique de Trump est, comme bon nombre le suspecte, un état-client israélo-saoudien, l’effort concerté de l’AS, d’Israël et des Etats-Unis pour utiliser un état kurde comme un tremplin pour bouger contre l’Iran et renouveler le terrorisme dans toute la région, ne serait-il pas une certitude ?…

La Turquie d’Erdogan va t’ellle laisser passer, minimisée, dépassée, bloquée qu’elle est par sa demande d’intégration dans l’UE ou une alliance rivale va t’elle se former ?… Est-ce que le Pakistan, maintenant en porte-à-faux avec les Etats-Unis, va t’il finir pas se séparer de l’AS ? Reconnaissant l’effort de cette nation en Afghanistan et le rôle négatif qu’il a eu sur la sécurité pakistanaise ?…

Quand on examine les intérêts nationaux et le contexte historique, on ignore souvent trop simplement la simple corruption et le chantage et le rôle que joue de tels efforts sur la scène internationale ?

La plupart de la “magie” derrière l’EI était simplement cela, corruption et chantage, les généraux Irakiens et Syriens et même des gouvernements entiers siégeant à Washington, Erbil et Ankara. Sans une plus grande “boîte à outils”, le referendum à venir va peut-être bien fournir le terreau pour une nouvelle génération de massacres, la dernière des choses que veuille le peuple kurde…

Résistance au colonialisme: Mettre fin à l’occupation militaire du sous-contient nord-américain (Mohawk Nation News)

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L’occupation militaire du Canada

 

Mohawk Nation News

 

16 septembre 2017

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/09/16/military-occupation-of-canada/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Lire notre dossier sur la “sémantique coloniale” et notre analyse de mai 2013 : “Nous sommes tous colonisés!”

 

Nous avons un droit de nous défendre, nous et notre patrie. Il n’y a absolument aucune justification pour abattre nos arbres, inonder nos terres et nous en retirer, nous et toutes nos relations de la terre. C’est un massacre d’humains et de toute vie. Nous refusons de bouger de terres convoitées par de veules entreprises commerciales, malfaisantes et mortifères. Les occupants ravageant la terre vont la quitter.

L’aile droite politique du Canada envoie ses politiciens pour justifier de notre retrait et de la transformation de l’Île de la Grande Tortue en cimetière. Ils défient onkwe’onweh, le véritable peuple naturel endémique à cette terre avec un tissu de mensonges.

Ils ne veulent pas que quiconque questionne l’occupation illégale à laquelle ils se livrent, le fait que nous ayons un droit sur notre terre, nos ressources et de protéger toute vie naturelle sur l’Île de la Grande Tortue.

On trompe le monde au sujet de la réalité des blessures et des morts nous concernant, nous et notre terre-mère, infligées par l’occupation entrepreneuriale coloniale illégale.

On nous présente comme un peuple idiot et l’occupant comme le bon œuvrant pour le bien. Hé, ils nous ont quasiment exterminé, violé et pillé notre mère. Le Canada refuse d’enquêter et de traduire ces criminels devant la justice.

Les tombes et les montagnes de nos os se trouvent sous leurs villes, sous ou derrière leurs pensionnats pour Indiens. Le Canada doit expliquer où sont les morts, les disparus et les assassinés parmi nos enfants et nos peuples.

La véritable réponse est qu’ils admettent nous avoir assassiné nous et nos enfants, mais qu’ils ne s’accuseront jamais eux-mêmes. Ils admettent leurs atrocités. Ils pensent être immunisés contre le karma universel, ils ne le sont pas.

Nos langues disent et expliquent les histoires véritables, La langue anglaise est la langue forcée sur nous pour que l’entreprise puisse tout contrôler. Notre lien avec la terre est au travers de nos langues et de leur fréquence. On nous force à penser sur nous-mêmes et sur le monde dans un patois mondialiste, un jargon artificiel, inventé par ceux qui nous contrôlent. Nos esprits sont colonisés au travers des mensonges répétés sans cesse dans le système éducatif de l’État et son système de communication.

Des mensonges écrits pleuvent constamment sur nous.

Finance et Nouvel Ordre Mondial: l’axe Rockefeller / Morgan et le monopole financier (Dean Henderson)

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A lire du même auteur: Les huit familles de la réserve fédérale

Lire « Le dossier Rockefeller »

 

L’axe Rockefeller / Morgan

 

Dean Henderson

 

1er septembre 2017

 

url de l’article original:

https://hendersonlefthook.wordpress.com/2017/09/01/the-rockefellermorgan-axis/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En 1904, John Moody, fondateur de la Moody’s Investor Services, a déclaré qu’il était impossible de parler des intérêts des familles Rockefeller et Morgan comme séparés. En 1975, des 14,5 milliards de dollars de revenus en provenance du pétrole moyen-oriental arrivant aux Etats-Unis, 78% étaient déposés dans juste 6 mega-banques: Chase Manhattan, Morgan Guaranty Trust, Citibank, Bank of America, Manufacturers Hanover Trust et Chemical Bank. Dans les années 1960, l’économiste Peter Dooley identifia 15 groupes financiers majeurs aux Etats-Unis. Le groupe Rockefeller/Morgan faisait passer les 14 autres pour des nains. Il contrôlait 5 ou 6 des mega-banques mentionnées ci-dessus. La Bank of America quant à elle était contrôlée par les Rothschild. Le groupe contrôlait également le fond banquier du Banker’s Trust et Master Card.

Une étude faite en 1980 par le comité sénatorial sur les affaires gouvernementales intitulée “La structure de la concentration entrepreneuriale”, dit ceci: “Les institutions financières, parties ou extensivement inter-reliées  avec le complexe Rockefeller/Morgan, sont les forces dominantes de l’économie.” L’axe Rockefeller/Morgan contrôlait la télévision américaine au travers de 23% des parts de CBS, 25% des parts d’ABC et 7% de NBC. Le groupe contrôlait la 20th Century Fox, le New York Times, Columbia House, et AOL Time Warner. Il possédait les compagnies aériennes Northwest, American et United Airlines. Dans le secteur minier, le conglomérat contrôlait ASARCO, Reynolds et Kennicott. Leur Citigroup menait la charge dans la formation de holdings bancaires, qui permettaient aux mega-banques de consolider leur contrôle sur le monde et son économie au travers une propriété directe des actions des multinationales.

Le sénateur Lee Mercalf (D-MT) a fait une enquête au milieu des années 1970 sur la concentration du pouvoir économique aux Etats-Unis. Il a trouvé que la Chase Manhattan Banks des Rockefeller était parmi les 10 premiers actionnaires de 42 entreprises utilitaires de haut niveau américaines. Citibank une des 10 top propriétaires de 41 de ces entreprises. Manufacturers Honover était parmi les top 10 actionnaires de 31 entreprises. Ces trois là plus Chemical Bank contrôlaient 38% de tous les dépôts étrangers aux Etats-Unis Un rapport de la banque fédérale de 1973 a dit que 9 mega-bannques de New York détenaient 90% de la dette de l’industrie pétrolière, 75% de la dette des industries du caoutchouc et chimique et 66% de la dette de la sidérurgie et de la métallurgie.

Presque tous les présidents de la Fed sont venus des rangs du conglomérat Rockefeller/Morgan. Paul Volcker venait de la Chase Manhattan. Lorsqu’il est parti de la Fed il est devenu le président de la Commission Trilatérale fondée par David Rockefeller. Assumons qu’il ait eu une promotion… Alan Greenspan a succédé à Volcker comme président de la Fed. Il venait du Morgan Guaranty Trust  et a servait au comité directeur d’Exxon-Mobil des Rockefeller. Le premier gouverneur de la Fed fut Paul Warburg de la dynastie banquière allemande, tandis que le premier gouverneur de la Fed de New York fut Benjamin Strong de chez Morgan.

Le conglomérat Rockefeller/Morgan contrôle trois des quatre cavaliers du pétrole, essentiellement au travers de sa holding banquière et des comités directeurs inter-reliés, Il n’était que naturel qu’en 2000, la Chase Manhattan, qui avait déjà absorbée Manufacturer’s Hanover Trust et Chemical Bank, fusionne avec la descendante de la banque Morgan la Morgan Stanley et le Morgan Guaranty Trust et J.P. Morgan & Company pour former la JP Morgan Chase. Les géants banquiers Morgan et Rockefeller, grands recycleurs des pétrodollars en provenance d’Iran, d’Arabie Saoudite et des autres émirats membres du CCG, étaient maintenant unifiées.

Avec l’évènement du marché des futurs pétroliers en 1973, l’industrie pétrolière devint de plus en plus sous le contrôle des banquiers d’investissement. Comme l’a si bien dit une ancienne source de l’industrie du transport pétrolier du Fearnly’s Research de Norvège: “Aujourd’hui, entre le moment où un pétrolier est chargé disons à Dubaï et le moment où il est déchargé disons dans une raffinerie de Rotterdam, ce chargement pourrait être vendu 15 ou 20 fois ou même plus. Les marchés dérivatifs ont rendu tout cela possible… soit sur le London International Petroleum Exchange où se négocie le Brent de la Mer du Nord ou sur le Nymex (New York Mercantile Exchange), à New York, où les contrats du west Texas Intermediate sont négociés. Aujourd’hui le marché est complètement dominé par les traders, les courtiers.

En 2000, le raffineur de pétrole Tosco, qui avait acheté bien des raffineries obsolètes suite au passage de la loi sur l’air pur de 1990, a enregistré une action légale de 10 millions de dollars dans le district sud de New York et son tribunal fédéral. L’affaire accuse Arcadia petroleum, la compagnie commerciale pétrolière du japonais Mitsui, ainsi que le courtier pétrolier suisse Zug, d’utiliser des dérivatifs et des futurs pour étouffer le marché sur le London Exchange, ce qui a fait s’envoler le prix de l’essence.

Une semaine plus tard,  le président vénézuélien de l’OPEP Ali Rodriguez contra la propagande des médias américains disant que l’OPEP était responsable du pic des prix pour 2000, en émettant un rapport documentant que 8 US$ par baril est pompé par les courtiers sur la spéculation des marchés futurs. Le rapport argumentait que “la spéculation sur les marchés futurs et la manipulation des cours du marché du Brent sont les véritables causes de l’explosion des prix du pétrole ces derniers 15 mois…”

Les joueurs dominants des marchés futurs du pétrole sont les géants de l’investissement de Wall Street Morgan Stanley Dean Witter, Lehman Brothers, Golsman Sachs (par sa filiale de J.Aron), Citigroup’s Salomon Smith Barney (par Philbro), Merrill Lynch, UBS Warburg et Banker’s Trust.

Que se passe t’il au Rojava ? Le Confédéralisme Démocratique y est-il trahi ?

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“Le confédéralisme démocratique est le paradigme contrasté du peuple opprimé. Le confédéralisme démocratique est un paradigme social non-étatique. Il n’est aucunement contrôlé par un état. Dans le même temps, il est le modèle d’organisation culturel d’une nation démocratique.”

“Le confédéralisme démocratique est fondé sur la participation de la base du peuple. Ses processus de décision reposent sur les communautés. Les plus hauts niveaux de représentation ne servent uniquement qu’à la coordination et la mise en application de la décision des communautés qui envoient des délégués dans les assemblées générales.

~ Abdullah Ocalan ~

 

Lire notre dossier Rojava et notre traduction du “Manifeste du Confédéralisme Démocratique”

Merci à « Bertrand / La Cariatide »

 

Que se passe t’il au Rojava ?

 

Résistance 71

 

15 septembre 2017

 

La révolution sociale du Rojava est-elle en train d’être assassinée par l’empire ?…

Bref récapitualtion pour ceux qui prendraient le train en marche: le Rojava est la province du nord de la Syrie où vit une conséquente population kurde. Sous l’influence politique de transfuges du PKK (Parti Ouvrier Kurde) turc, les Kurdes de Syrie se sont regroupés de manière autonome en appliquant depuis déjà une dizaine d’années un modèle de société égalitaire, géré sur le modèle du Confédéralisme Démocratique (CD, dont l’analyse et le plan général fut écrit en 2011 par le leader du PKK, emprisonné en Turquie: Abdullah Ocalan) et de ses assemblées populaires.

La mise en pratique du CD s’est amplifiée dans la région du Rojava depuis les débuts de l’agression par procuration de l’empire occidental et ses alliés régionaux (Turquie, Jordanie, Israël, Qatar, Arabie Saoudite) sur le peuple syrien afin de s’emparer des ressources naturelles du pays et contrôler l’acheminement du gaz qatari (Exxon-Mobil) vers l’Europe. Ainsi depuis 2012, les milices combattantes de la province autonome kurde du Rojava ont combattu les incursions de l’EIIL (Daesh), libérées les populations Yézidis dans les montagnes des massacres à leur encontre perpétrés par les “djihadistes” de l’armée mercenaire de l’OTAN qu’est Daesh, repoussées les assauts de ces mêmes mercenaires sur la ville principale de Kobané et maintenues actifs les modes de fonctionnements de la société autonome, autogérée et égalitaire mise en place au Rojava par ses populations depuis 2004.

Le CD est le résultat de la profonde réflexion politique d’Abdullah Ocalan, qui à la fin des années 1990 abandonna, ainsi que le PKK, peu à peu l’idéologie marxiste-léniniste ne pouvant mener qu’à la dictature du capitalisme d’état, pour adopter un mode organisationnel directement inspiré du communalisme écologique et municipalisme libertaire, pensé par l’ex-marxiste devenu anarchiste Murray Bookchin et soutenu par sa compagne Janet Biehl, qui s’est rendue au Rojava à plusieurs reprises. Le CD, tel qu’envisagé par Ocalan, est une société fondée sur l’association libre confédérée des communes, où les décisions politiques et économiques sont prises par les conseils et assemblées populaires et où les délégués n’ont aucun pouvoir, seulement le mandat d’expliquer et d’écouter pour rendre compte.

Les circonstances de la guerre en Syrie et les interactions multiples auxquelles ont dû faire face les communautés avec les différents intervenants, a rendu nécessaire la mise en place d’une entité de “communication” issue d’un parti le PYD (2003), branche du PKK turc au Rojava. Techniquement, les cadres du PYD rendent des comptes aux assemblées populaires de leur lieu de fonction.

Avec la poussée et incrustation américaine dans le nord de la Syrie depuis 2015, le Rojava a décidé en 2016 de se donner une constitution de 96 articles, appelée “Contrat Social du Rojava”, qui a été provisoirement mis en application et qui doit être ratifié par une assemblée constituante cette année.

Or, lorsqu’on lit ce “contrat social” du Rojava (2016) après avoir lu le “Manifeste pour un Confédéralisme Démocratique” d’A. Ocalan (2011), on se rend très vite compte que le “contrat social” émergeant n’est en rien issus du modèle de CD tel que l’a pensé son fondateur et tel qu’il fut mis en pratique sur le terrain du Rojava, dans les communes autonomes, depuis plus de 10 ans et surtout depuis 2011. Il s’agit en fait de la constitution d’un état sur un modèle occidental centralisé, bien sûr édulcoré et mis au “goût local” avec ses provisions pour la multi-ethnicité et le féminisme, bonnes choses en elles-mêmes, mais noyées dans une structure d’assemblée législative aux mandats non révocables de 4 ans, avec un contrôle de la dite assemblée par un comité soi-disant indépendant mais… néanmoins nommé par l’assemblée, avec des gouverneurs nommés, des commissions, ces conseils supérieurs de l’exécutif, judiciaire, aucune mention faite aux assemblées populaires ; bref à notre sens, une véritable mascarade qui ne mènera à terme qu’à l’établissement d’un état kurde, d’un “Kurdistan Occidental”, sur un modèle politique hiérarchique classique dit “pyramidal”, qui verra les décisions à terme, être prises en haut pour redescendre et être appliquées “en bas”.

De fait, le “contrat social” du Rojava est si éloigné du “Manifeste pour un CD” d’Ocalan, qu’on peut légitimement se demander s’il n’a pas été pondu dans les burlingues de Washington par quelques juristes impérialistes à la solde. Pourquoi donc ?

La vaste région historique du “Kurdistan” s’étale en fait sur 4 pays et leurs frontières modernes: la Turquie (ex-empire Ottoman défait en 1918), la Syrie (dont les frontières modernes sont le résultat du détricotage de l’empire Ottoman au profit de deux autres empires: l’anglais et le français de l’époque), l’Irak (ex-empire Ottoman) et l’Iran et possède sa population endémique à l’endroit depuis le néolithique. Cette région de nos jours est toujours l’enjeu du grand cirque du contrôle géopolitique entre les “grandes puissances” pour des raison d’accès, de communication, de ressources naturelles (gaz et pétrole) et de contrôle des populations au profit de l’entité coloniale sioniste locale. La guerre par procuration en Syrie fait partie d’un aussi vaste projet de déstabilisation de la région au profit de l’empire anglo-américano-sioniste et de ses satellites ; depuis 2011, l’empire y utilise, ainsi qu’en Irak, son armée mercenaire djihadiste de l’EIIL ou Daesh, Ne pouvant évincer militairement le régime de Damas, aidé par la Russie, l’Iran et le Hezbollah, l’empire s’est résolu à une partition de la Syrie, concertée avec ses alliés. Le but de l’empire est de contrôler un couloir de terres allant de l’Iran à la Méditerranée, celui-ci passe par les Kurdistans irakien et syrien. L’affaire se complique dans la mesure où le Kurdistan indépendant irakien n’a absolument rien à voir avec le CD du Rojava. Le Kurdistan irakien est géré depuis l’après Saddam Hussein par un chef de guerre mafieux local du nom de Barzani. Le but de l’empire est de lier les deux entités kurdes du nord. Ceci n’est pas possible dans le contexte du CD, il faut donc court-circuiter le système démocratique en place et y mettre ses pions corrompus qui à terme, s’allieront avec les Kurdes d’Irak.

C’est le but non avoué de cette “constitution / contrat social” de mascarade pour entériner un “sous-état” kurde au nord de la Syrie, sous contrôle de l’empire, qui y installera ses bases militaires et contrôlera les ressources pétrolières via la mafia locale à y établir comme ce fut fait au Kurdistan irakien.

De fait, il devient assez clair que le Confédéralisme Démocratique du Rojava a été trahi, et se retrouve étouffé pas à pas jusqu’à son estompage total au fil du temps au profit d’en entité étatique dont il sera aisé de faire varier le degré de dictature comme dans tout état existant, le tout au profit des intérêts impérialistes et coloniaux occidentaux dans la région. Ceci fait partie du plan impérialiste de partition de la Syrie, état moderne résultant lui-même d’un précédent détricotage colonial et aux “frontières” factices tout comme les états voisins.

Peu d’information filtre depuis l’an dernier du Rojava. Nous avons soutenu et soutenons la véritable initiative du  CD du Rojava depuis quelques années et pensons qu’elle devrait être considérée par le peuple syrien et tous les peuples de la région, arabes, turc, assyrien, arménien et autres comme le mode d’interaction et d’organisation sociales pour l’avenir. Puissent les peuples du monde en venir à considérer ces expériences du Rojava, du Chiapas, et celles à plus petite échelle comme à plus grande, comme expériences politiques d’intérêt à adapter dans et pour chaque société. Au demeurant, il nous est impossible de soutenir l’initiative fantoche du “contrat social” du Rojava tel qu’il est mis en place aujourd’hui et qui ne peut mener à terme qu’à l’étatisation, à la centralisation définitive du système politique et économique de cette région qui se veut autonome et sans État et qui verrouillera le peuple de nouveau dans un système à pouvoir divisé, oligarchique et coercitif, principe de la dictature à géométrie variable constitutif de tout état.

Nous remercions en cette occasion de mise au point un de nos lecteurs et commentateur assidu, “La Cariatide / Bertand”, qui par son titillement critique nous a incité à revisiter cette affaire du Rojava au sujet de laquelle les infos fiables se faisaient de plus en plus rares… et pour cause… Ce qui nous laissa assoupis dans ce secteur d’analyse.

C’est en prenant le temps de lire les textes officiels, que peu de gens lisent en fait, qu’on apprend les choses qui permettent, avec le recul nécessaire, de se forger un avis critique.

En l’occurence, nous révisons notre positon sur le Rojava en affirmant toujours avec passion: Vive le Rojava du véritable confédéralisme démocratique ! et dans le même temps: Non à la mascarade étatique pro-impérialiste du “contrat social du Rojava”, trahison dans le fond et dans la forme, sous l’égide yankee, du confédéralisme démocratique tel qu’il a été pensé et doit continuer à être mis en application pour et par le peuple constitué en assemblées populaires seules habilitées à la prise de décision depuis la base, localement, régionalement et confédérativement !

= = =

confederalisme_democratique (Version PDF en français)

Résistance au colonialisme: Pouvoir naturel et société organique… (Mohawk Nation News)

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Pouvoir naturel

 

Mohawk Nation News

 

14 septembre 2017

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/09/14/natural-power/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Notre famille est les plantes, la terre, les animaux, les eaux et tout ce qu’il y a dans l’air. Nous ne pouvons pas tuer ou blesser l’un d’entre eux. Nous devons éviter et essayer d’arrêter tout ce qui tue la véritable vie naturelle.

Au début, nous avons essayé d’adopter les envahisseurs pour qu’ils vivent comme nous. Mais ils ne purent pas car ils amenèrent des filets, des pièges et des poisons pour tuer toute vie sur l’île de la Grande Tortue.

Pour les colons nous ne sommes que poussière. Notre esprit ne peut être camouflé ni capturé. Nous apparaissons hors de la poussière, ils nous regardent mais ne nous voient pas. Puis nous disparaissons et retournons vers notre famille.

La Nature/création nous a placé au sein de nos territoires. Les envahisseurs ont inventé des histoires à notre sujet et les ont transformées en histoires à dormir debout.

Les gens, les animaux et le paysage, la terre, sont inséparables. Tous suivent le cheminement des nuages. Nous portons en nous-mêmes nos véritables histoires.

Pour survivre, nous envoyons nos enfants. Ils vont et viennent à une fréquence que personne sauf nous peut entendre. Les immigrants qui occupent leurs cellules nous regardent au travers de leurs barreaux, en essayant constamment de nous attirer dans leurs prisons [leur société]. Nous nous approchons d’eux, les observons et retournons dans notre monde. Notre pouvoir naturel est la Nature elle-même.

Nous envoyons des messages aux êtres non-naturels pour les aider à enlever les barreaux autour de leur société. Nous tirons sur leurs cordes. Pour survivre et échapper à la colère des occupants anti-naturels, nous nous confondons dans l’environnement et nous réapparaissons. Ils font des statues de ciment et de marbre pour se rappeler de leurs mensonges à leur et notre sujets.

Nous évaluons constamment les situations pour voir s’ils adhèrent au pouvoir naturel. Certains d’entre nous les imitent. La plupart ne sont pas empoisonnés [à leur contact]. Nous remettons tout en cause. Nos esprits n’auront jamais les caractéristiques de ces esprits anti-naturels qui ressemblent à l’esprit du mouton.

Nous survivrons en tant que partie intégrante de notre véritable famille naturelle. Le monde moderne et artificiel continue d’essayer de tuer nos modes de vies anciens. Ils nous attaquent volontairement. Nous vivons sur nos territoires. Nous les patrouillons. Nos relations avec nos frères ailés, à quatre pattes, les arbres, les plantes, dépendent de nous pour suivre les instructions originelles. Nous survivrons et co-existerons sur notre terre-mère en tant que frères et sœurs.

Nous revenons sans cesse afin de nous rappeler que nous ne voulons rien avoir à faire avec leur veulerie et leur malfaisance.