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Merdia et pressetituée: degré zéro du crétinisme propagandiste marchand atteint avec succès…

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De nuisance à menace: le prix de la vérité

 

Paul Craig Roberts

 

16 mars 2017

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2017/03/16/nuisance-threat-high-cost-truth-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Je suis convaincu que les Etats-Unis et probablement tout le monde occidental, c’est à dire l’empire américain, sont maintenant entrés dans une ère dans laquelle le respect de la vérité n’existe ni dans les institutions publiques, ni dans les institutions privées. Nous avons pu observer cet avènement depuis déjà un certain temps. Pensez par exemple au 3 août 2002, une époque récente en ce qui nous concerne, mais une période hors de la conscience politique de tous ceux plus jeunes que 33 ans aujourd’hui. A l’été 2002, le monde a été préparé par la propagande américaine à l’invasion de l’Irak. Le 3 août de cette année là, la prestigieuse publication britannique de “The Economist” résuma la pensée consensuelle de l’opinion dominante en deux phrases lapidaires: “Les choix honnêtes sont d’abandonner et d’accepter ou alors de retirer Mr Hussein du pouvoir en Irak avant qu’il n’ait sa bombe atomique. Aussi douloureux que cela nous soit, notre vote va à la guerre.

Comme Lewis Lapham, moi-même et bien d’autres demandions à l’époque: quelle bombe ? La seule preuve de l’existence d’une bombe était fabriquée et tout le monde savait qu’elle l’était. Les inspecteurs du nucléaire de l’ONU avaient conclu que les fameuses armes de destruction massive irakiennes étaient une création de la propagande américaine. Le président George W. Bush reconnut éventuellement que l’Irak n’avait pas de telles armes. Le ministre des AE Colin Powell a dit que les mensonges qui lui furent imposés par déception par le régime Bush pour dire devant l’ONU que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive, furent une tâche indélébile sur sa carrière. (NdT: sauf que Powell n’a pas été trompé, il savait pertinemment ce qu’il faisait…)

Bien qu’il fut connu que l’invasion de l’Irak en 2003 par les Etats-Unis avait entièrement été fondée sur des mensonges, les troupes américaines n’en furent pas évacuées pour autant et ce jusqu’en 2011 et qu’elles furent retirées ou pas, elles sont bel et bien de retour maintenant. Rien de ces faits avérés n’eut d’impact sur la bonne opinion que Washington et les médias ont d’eux-mêmes.

Enhardis, Washington et sa horde pressetituée ont menti au sujet de la Libye et ont détruit ce pays prospère. Ils ont menti au sujet de l’utilisation par Assad d’armes chimiques pour “gazer son propre peuple” et auraient détruit aussi la Syrie si la Russie ne s’était pas interposée.

Bloqués par la Russie, Obama, Hillary et Victoria Nuland se sont retournés contre elle, d’abord en renversant le gouvernement démocratiquement élu d’Ukraine et lorsque le peuple de Crimée vota massivement et pratiquement à l’unanimité pour son rattachement à la Russie, le régime Obama et ses putes des médias ont fabriqué une “invasion russe de l’Ukraine”.

Cette fausse accusation, répétée inlassablement jusqu’à aujourd’hui par la pressetituée occidentale, est devenue la justification pour des sanctions économiques contre la Russie que Washington a fait imposer par ses vassaux européens et ce entièrement à leurs dépends, ce qui montrent parfaitement le niveau crasse de couardise des gouvernements impliqués. Si Washington leur ordonne “sautez!”, le premier ministre britannique, le chancelier allemand et le président français demandent en chœur: “de quelle hauteur ?…”

Une des raisons pour laquelle Donald Trump a été élu président fut son implication à normaliser les relations avec la Russie et à reconsidérer la prolongation de l’OTAN, un quart de siècle après que son objectif de départ eut cessé d’exister après l’effondrement de l’URSS. L’implication de Trump constitua une menace directe au pouvoir et aux sources de profit du complexe militaro-industriel et de la sécurité américain, dont les 1000 milliards de dollars de budget annuel demandent l’existence justificative d’une menace majeure que seule la Russie peut fournir.

En conséquence, la Russie et son président ont été diabolisés. La propagande américaine et ses mensonges éhontés, a semé la peur de la Russie et de Poutine au travers de l’empire américain. Le réponse de l’empire à ceux qui confrontent cette propagande avec des faits et la vérité est de les dénoncer comme des “agents russes” ou des “dupes de Poutine”. La haine de la Russie qui a été inculquée par les nouveaux cons et la pressetituée a eu pour résultat de voir le sénateur républicain McCain, représentant l’Arizona (à la grande honte des Arizoniens), étiqueter lors d’une session sénatoriale le sénateur Rand Paul du Kentucky, comme quelqu’un qui “travaille maintenant pour Vladimir Poutine”, parce qu’il objectait qu’un tout petit pays comme le Montenegro devinsse un membre de l’OTAN.

http://news.antiwar.com/2017/03/15/sen-john-mccain-rand-paul-is-working-for-vladimir-putin/

Lorsque mon site internet a été inclus dans la liste de plus de 200 sites soi-disant “agents ou dupes des Russes” par un groupe secret appelé “PropOrNot”, j’ai questionné l’origine du financement d’une telle entreprise aussi bien camouflée qu’une opération de blanchiment d’argent offshore. J’en ai fait une blague qui a beaucoup amusé les Russes.

Comme personne ne sait ce qu’est PropOrNot, le site n’a aucune crédibilité. Alors les forces va t’en guerre ont monté l’affaire de plusieurs crans avec l’affaire de la bibliothèque de l’université d’Harvard. Sur ce site internet, quelqu’un a posté ce qui est essentiellement la liste de PropOrNot. Harvard ne dit rien de cette liste ni n’explique pourquoi quiconque devrait la croire. Cette liste est attribuée à une assistante professeur en média et communication du nom de Melissa Zindars, enseignant dans une institution qui n’est pas citée. C’est une liste, dit-elle, qu’elle utilise dans ses classes pour enseigner aux élèves comment ils peuvent éviter les “mensonges et fausses nouvelles”. En d’autres termes, la liste est un reflet de sa propre ignorance et de ses préjugés.

Comme l’a observé un lecteur, Melissa ne fait que montrer sa propre endoctrination par les médias pressetitués, les médias de masse américains, putes de la CIA: “Je lis, regarde, écoute très largement des sources d’information des médias de masse (New York Times, Washington Post, Boston Globe, Wall Street Journal, Forbes) et aussi de The Atlantic de la NPR et d’autres sources locales et alternatives ayant une perspective différente (Truth Out).”

Donc, nous avons le monde occidental informé par la bibliothèque de l’université de Harvard de qui il peut prendre ses informations sûres, le tout sur la base des préjugés d’une sombre inconnue. Ceux qu’on peut lire et écouter en toute sécurité sont les médias pressetitués qui mentent à tour de bras et qui servent la cause de la guerre et de l’état policier.

Quand on est le témoin d’un tel niveau de corruption de ce qui prétend être la meilleure université des Etats-Unis et qui est au sommet de 24 années de rien d’autres que des mensonges en provenance des trois derniers présidents ayant fait deux tours en fonction et qui entre eux ont massacré et disloqué des millions de personnes dans bien des pays et qui ne sont aucunement tenus pour responsables des millions de vies détruites, on ne peut cesser de réellement comprendre que pour les Etats-Unis et ses états vassaux corrompus, la vérité est quelque chose qui doit être évitée à tout prix.

Lorsque Trump s’est effondré sous la pression et a viré son conseiller à la sécurité, le gén. Flynn, il donna sans le vouloir un certain crédit à l’accusation de dire que quiconque cherche à normaliser les relations avec la Russie est un “agent russe2 et qu’être un “agent russe” veut dire que vous êtes coupable de trahison et méritez d’être destitué si vous êtes le président des Etats-Unis.

La conséquence du départ de Flynn a été de permettre aux forces russophobes de définir comme trahison le simple désir d’une détente avec la Russie. Si ceci avait été imposé aux présidents américains durant la première guerre froide, la vie sur la planète terre n’existerait probablement plus aujourd’hui.

Ce qui fait peur au sujet des Etats-Unis et de l’Europe n’est pas simplement la naïveté et l’insouciance d’un grand pourcentage de leurs populations ; ce qui fait peur est la volonté des médias, des hauts-fonctionnaires, des militaires et des membres des organsiations professionnelles de mentir pour préserver leur carrière. Essayez de trouver un quelconque remord parmi tous ces menteurs au sujet du fait que leurs mensonges exposent l’humanité a l’annihilation thermo-nucléaire. On ne le trouve nulle part. Ils n’en ont rien à cirer. Laissez moi ma Mercédès et ma mansion pour une autre année.

Le Saker, être particulièrement observateur, dit que la révolution colorée menée par les nouveaux cons, le parti démocrate, la pressetituée, la gôche libérale bobo/progressiste et par quelques républicains contre le président Trump ne fait que “délégitimer le processus démocratique complet qui mena Trump au pouvoir et sur lequel les Etats-Unis ont construit leur société.” La conséquence de cela, poursuit le Saker, est que “l’illusion de la démocratie et du pouvoir du peuple” a été détruite à la fois intra muros et à l’étranger. L’image propagandiste de la “démocratie américaine” a perdu sa crédibilité. Alors que la fausse image s’effondre, ainsi s’effondre aussi le pouvoir qui fut fondé sur l’autorité construite par la propagande.

Le Saker demande: “Faisons nous face à une horreur sans fin ou à une fin horrible ?”

Comme l’a dit George Orwell il y a quelques décennies: “Dans une époque de mensonge universel, dire la vérité est un acte révolutionnaire.

C’est comme çà que le voient les criminels qui nous dirigent et c’est aussi la façon dont ces putes des médias le voient. Si vous dites la vérité en Amérique (NdT: et en France et partout dans l’empire du crime occidental), vous êtes le pourvoyeur de fausses nouvelles et possiblement un traître. (NdT: pourquoi Roberts ne dit-il pas ici que ce sont toutes ces ordures du pouvoir et facilitant le pouvoir qui sont les traîtres à leurs peuples et que nous les tiendront pour responsables de leurs crimes…)

Aussi longtemps que vous soutiendrez ce site, je continuerai à faire face aux conséquences évidentes que cela implique. Et qui sait… peut-être que Néo va pointer le bout de son nez ?

Analyse politique: la « gauche » étatique occidentale complice de l’empire (Paul Craig Roberts)

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Les révolutions sont sanglantes… tout comme ne rien faire

 

Paul Craig Roberts

 

14 mars 2017

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2017/03/14/revolutions-bloody-nothing-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Graeme MacQueen, un professeur d’université au Canada, fait remarquer l’incapacité de la gauche américaine à être imaginative en regard des rapports de la commission Warren (NdT: sur l’assassinat de JFK) et de la commission sur le 11 septembre. Une tripotée d’individus et de publications, vus comme étant de gauche, ont prouvé être des agents actifs de l’état conspirateur contre la véritable dissidence.

Lien vers l’article de Graeme (en anglais): https://truthandshadows.wordpress.com/2017/03/14/911-and-american-left/#more-4073

Les Etats-Unis n’ont plus de “gauche” (NdT: la gauche radicale a été annihilée sous le règne du tsar du contrôle étatique yankee: Edgard J. Hoover, grand patron tout puissant du FBI qui fut à la tête du bureau de 1935 à … 1972…), l’Europe non plus, encore moins la Grèce, pays dont le gouvernement soi-disant de “gauche” a accepté que les créditeurs de la Grèce puissent piller son peuple et les biens publics au profit du 1%. Le parti travailliste britannique est aussi à droite que son homologue conservateur et le parti socialiste français est bien plus de droite et en acceptance de ses seigneurs américains que ne le fut la droite, surtout celle du général Charles DeGaulle.

En Allemagne, l’électorat a mis en place comme chancelier une marionnette américaine qui représente Washington et non pas le peuple allemand. Et elle va continuer de représenter Washington, même si cela signifie la guerre avec la Russie.

La gauche, qui fut autrefois une force politique (NdT: dans le contexte du consensus du statu quo oligarchique bien entendu, c’est à dire la perpétuation du cirque étatico-capitaliste de la domination et de l’exploitation, qu’à terme Roberts soutient sans se rendre compte que toute réforme est vaine et irresponsable. Il faut sortir de cercle vicieux et prendre la tangente qui mène à la société des sociétés) qui tenta de rendre les gouvernements responsables, a fusionné avec l’empire américain. La “gauche” américaine a maintenant rejoint le complexe militaro-industriel pour enterrer le projet de détente avec la Russie, par exemple:

http://www.counterpunch.org/2017/03/14/trump-and-russia-the-shortest-reset-ever/

La “gauche” américaine s’est jointe aux nouveaux cons(ervateurs), aux médias de la pressetituée et au complexe militaro-industriel dans un accord commun, disant que quiconque favorise de meilleures relations avec la Russie est un agent russe ou un dupe de Vladimir Poutine et que si vous en savez assez pour douter des rapports de la commission Warren et de celle sur le 11 septembre, vous êtes un frapadingue et devez être mis sur la liste de l’université de Harvard des pourvoyeurs de “fake news”. Quiconque n’est pas d’accord avec la ligne éditoriale de l’establishment est étiqueté “fake news” et ceci bien sûr dans une “démocratie de la libre parole et de la libre pensée”. L’Amérique est devenue une sombre mascarade !!…

En d’autres termes, la “gauche” a accepté la ligne néo-conservatrice affirmant que ceux qui se font les avocats de la paix avec la Russie, autre que celle imposée par les termes des Etats-Unis, sont des traîtres à la nation, ceci incluant le président. (NdT: qui par ailleurs a monté d’un ton la rhétorique belliqueuse envers l’Iran, et envoie des troupes au sol en Syrie, est-ce bien surprenant ?… En adoucissant la rhétorique anti-russe, il a acheté l’aval de la Russie pour envoyer des troupes au sol dans le nord de la Syrie… Les Russes sont-ils dupes ?…) L’université de Harvard vient de sortir son type de liste des sites internet jugés suspects pour l’establishment (NdT: un “déconneurex” sauce yankee). Tous ceux qui sont en faveur de relations normales avec la Russie sont sur cette liste.

Nous avons atteint le point où, même pour une institution comme Harvard, aucune dissidence à la haine de la Russie n’est possible, admise. Ceci ne laisse que la guerre comme seule option.

Êtes-vous prêts à mourir pour le complexe militaro-industriel et son énorme budget ? (NdT: et afin de le perpétrer…)

Parce que c’est tout ce pourquoi vous mourrez.

Technologie et totalitarisme: Fichage des contestataires au compteur Linky par la gendarmerie…

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Fichage de citoyens contestant les compteurs Linky

 

Source anonyme

 

14 mars 2017

 

Samedi 11 mars, alors qu’avait lieu à Ardin (79) une réunion d’information citoyenne sur les compteurs communicants Linky et cie, les participants se sont aperçus que la gendarmerie était en train de relever les plaques d’immatriculation des véhicules garés sur le parking de la salle municipale.

Aussitôt, les gens sont sortis de la salle et ont bloqué (pacifiquement) le véhicule de gendarmerie, exigeant la restitution de la liste. Les gendarmes ont appelé à la rescousse leur supérieure hiérarchique qui a accepté la destruction de la dite liste… mais après l’avoir discrètement photographiée.

La vidéo de la destruction de la liste, qui prouve donc bien la réalité du fichage des citoyens qui osent s’informer sur les nombreux problèmes causés par les compteurs communicants, est visible ici :

Video : https://youtu.be/RIQ4oBHM-lM

Le quotidien la Nouvelle République a couvert cette affaire le jour même :

Article La Nouvelle République

http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2017/03/12/Linky-on-releve-aussi-les-immatriculations-3030212

D’après les informations que nous avons pu recueillir, il apparait que cette pratique totalement antidémocratique, qui relève aussi de l’intimidation, est mise en oeuvre à chaque réunion publique concernant les compteurs Linky et que ce sont les préfets qui, en coordination avec l’entreprise Enedis, ordonnent aux gendarmes d’établir de telles listes.

Il est nécessaire que les autorités françaises, responsables du déploiement imposé des compteurs communicants, et confrontées au refus de plus en plus généralisé sur tout le territoire, s’expliquent sur ces méthodes indignes.

De même, pour une parfaite édification des citoyens-électeurs, il est nécessaire que les candidats à l’élection présidentielle se positionnent sur ces méthodes policières injustifiables mais aussi, plus généralement, sur la question des compteurs communicants Linky, Gazpar et cie.

Pour mémoire, un rassemblement est organisé mercredi 22 mars (11h30/15h) à Paris, devant la maison de la Radio où tous les candidats ayant déposé les fameuses 500 signatures seront interviewés à tour de rôle.

Les citoyens exigent le droit de refuser les compteurs communicants pour chaque commune et, lorsque la commune ne prend pas cette position, le droit de refus pour les particuliers.

Rassemblement national “STOP LINKY” le 22 mars 2017 de 11h30 à 15h devant la Maison de la Radio, 116 Av. Du Pdt Kennedy à Paris

Tous les pitres candidats à la présidentielle seront là !

Venez nombreux !

Guerre cybernétique… Big Brother, CIA et arsenal informatique…

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Des sociétés privées ont récupéré l’arsenal informatique de la CIA

 

Réseau Voltaire

 

8 mars 2017

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article195566.html

 

Selon Wikileaks, l’arsenal informatique de la CIA lui permet de hacker tout système contenant un micro. Cela s’applique aussi bien aux téléphones mobiles, aux ordinateurs qu’à certaines télévisions, mais uniquement sous Windows et Android.

La CIA peut également lire les messages sur Signal, Telegram, Confide et WhatsApp, bien qu’ils soient cryptés et qu’elle ne dispose pas des clés d’encodage. Elle parvient en effet a espionner avant le cryptage des données.

Cet arsenal peut être utilisé même parfois lorsque ces systèmes sont hors ligne.

Wikileaks assure que cet arsenal est passé aux mains de sociétés privées.

L’État profond états-unien aurait donc la possibilité d’espionner quiconque, via des sociétés privées, et non plus via la CIA.

Nouvel Ordre Mondial: L’état profond yankee plus que jamais en contrôle…

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Marrant… Alors que bien des analystes pensaient et pensent toujours Trump comme un « anti-système » bataillant contre les forces du mal, il est de plus en plus évident que le nouveau clown de la Maison Blanche était et est parfaitement au courant de la manière dont se danse l’affaire géopolitico-économique mondiale et n’est qu’un affabulateur professionnel de plus. Alors « l’équipe Trump » est-elle vraiment divisée ? Ou n’est-ce que stratagème pour sauver un peu les apparences en donnant une fois de plus l’illusion? Rien n’est sincère… Rien ne peut être sincère dans un monde du mensonge perpétuel.

La grande illusion du spectacle fonctionne toujours à merveille, dormez et espérez braves gens, pendant que les parasites nous bouffent le peu qui nous reste… Bientôt le même spectacle affligeant en France, qui par la mascarade du vote, mènera une fois de plus, quel que soit le lapin sorti du chapeau, à toujours plus de marasme, de division et de chaos socio-politique pour le peuple et de la concentration du pouvoir et des richesses dans toujours le moins de mains possible pour la caste des privilégiés.
Rien ne se perd jamais, c’est bien connu…

~ Résistance 71 ~

 

Les trois administrations de Trump

 

Wayne Madsen

 

24 février 2017

 

source de l’article en français:

http://lesakerfrancophone.fr/les-trois-administrations-de-trump

 

Les ministères de la Défense nationale et des Affaires étrangères, ainsi que les ambassades à Washington D.C., se battent pour savoir qui est effectivement en charge du gouvernement américain un mois après que Donald Trump a été assermenté en tant que président des États-Unis. C’est une bonne question, compte tenu des déclarations contradictoires émanant de la Maison Blanche, du Département d’État et du Pentagone.

Il est inutile de préciser qu’il y a essentiellement trois administrations Trump, toutes à des degrés divers de pouvoir.

La première administration, la plus visible et puissante est le cercle intime de Trump. À l’heure actuelle, ce sont Trump lui-même, le stratège en chef Stephen Bannon, la fille de Trump, Ivanka Trump, et son mari Jared Kushner, l’assistant spécial du président Stephen Miller et le procureur général Jeff Sessions. Bien que Bannon ait rejoint Trump en venant de la campagne présidentielle du sénateur Ted Cruz, l’ancien éditeur de Breitbart News est devenu un « Raspoutine » virtuel, influençant Trump sur les politiques étrangère et intérieure.

La deuxième administration représente l’establishment républicain qui a adoubé Trump après qu’il a obtenu la nomination présidentielle républicaine. Ce cercle comprend le chef de cabinet de la Maison Blanche Reince Priebus, ancien président du Comité national républicain, et Sean Spicer, le secrétaire de presse de Trump qui avait le même travail au Comité national républicain sous Priebus. La conseillère de Trump et l’ancienne directrice de la campagne présidentielle Kellyanne Conway, qui, comme Bannon, venait de la campagne de Cruz, se finance souvent à l’extérieur du cercle intime de Trump et surtout en compagnie des républicains Priebus et Spicer. Priebus, Conway, et, dans une moindre mesure, Spicer, sont les yeux et les oreilles des républicains du Congrès, tels que le leader de la majorité au Sénat Mitch McConnell et le président de la Chambre des représentants Paul Ryan, à la Maison Blanche.

La troisième administration représente, de longue date, les intérêts de l’État profond. C’est une combinaison des administrations de George W. Bush et Ronald Reagan, des activistes néocons, et des puissants patrons de Wall Street et de l’industrie pétrolière, à Houston et Dallas, traditionnellement liés à la politique républicaine. Alors que les néocons et les intérêts commerciaux ne s’accordent pas sur grand chose, ils profitent de la désorganisation de l’administration Trump pour sécuriser leurs propres centres de pouvoir. Récemment, des responsables de cette troisième administration ont été vus, rivaux en influence et en stature, lors de la Conférence de 2017 sur la sécurité à Munich.

Il est clair que la troisième administration Trump est celle qui espère prendre les rênes du pouvoir si Trump est forcé de quitter la présidence suite à une mise en accusation, une condamnation ou un problème de santé. Représentant le statu quo international, la troisième administration Trump, principalement en la personne du vice-président Mike Pence et du secrétaire à la Défense James Mattis, a été très active dans la promotion de l’OTAN, de l’Union européenne et des sanctions contre la Russie à Munich. Les déclarations de Pence et Mattis vont à l’encontre des opinions diffusées précédemment par Trump. Le secrétaire du Département d’État Rex Tillerson, ayant choisi de ne pas assister à la conférence de Munich, a assisté à un sommet des ministres des Affaires étrangères du G20 à Bonn, tenu avant le rassemblement de Munich. Ce pilier de la triade présidentielle de Trump est celui avec laquelle les élites mondiales se sentent le plus à l’aise.

Tillerson, originaire du Texas, ami de la famille Bush et de l’ancien secrétaire d’État James Baker, a montré que les néocons continuent d’avoir du poids dans l’administration Trump quand il a osé proposer Elliott Abrams, un criminel de l’affaire Iran-Contra durant l’administration Reagan, pour être son secrétaire d’État adjoint. La rhétorique d’Abrams lors de la campagne électorale, au cours de laquelle il a critiqué Trump, a conduit le président à opposer son veto à Abrams pour le poste de numéro deux du Département d’État. Mais cela n’a pas empêché un autre archi-néocon, l’ancien ambassadeur des États-Unis à l’ONU, John Bolton, d’être envisagé comme le numéro deux du Département d’État et, plus récemment, comme conseiller de sécurité nationale de Trump.

L’ambassadeur de Tillerson aux Nations Unies, l’ancien gouverneur de la Caroline du Sud, Nikki Haley, a publiquement condamné la Russie sur la situation en Ukraine, même si Trump a indiqué qu’il voulait un rapprochement avec la Russie. La troisième administration de Trump est pleine de contradictions semblables, avec les paléo-conservateurs comme Tillerson disposés à embaucher des néocons comme Abrams. D’autres acteurs de l’État profond dans ce troisième pilier de la triade Trump comprennent, d’une part, le directeur de l’Agence centrale de renseignement Mike Pompeo – qui n’a pas perdu de temps pour voyager en Turquie et en Arabie saoudite afin de rendre hommage aux intérêts politiques acquis dans ces deux nations – et d’autre part, l’ancien sénateur Dan Coats de l’Indiana, un ami de longue date de Pence.

L’ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, ancien directeur de la Defense Intelligence Agency et général trois étoiles à la retraite, n’a jamais été membre du cercle intime de Trump. En fait, Flynn était plus proche des néocons s’infiltrant dans l’administration de Trump. Flynn était le co-auteur d’un livre intitulé « Le champ de bataille : comment on peut gagner la guerre mondiale contre l’islam radical et ses alliés », avec l’un des néocons les plus dangereux des environs, Michael Ledeen, un co-conspirateur d’Abrams dans l’affaire Iran-Contra, et un autre néocon qui se bat pour influencer la Maison Blanche de Trump, Frank Gaffney.

Présents avec Mattis à Munich, il y avait les deux sénateurs républicains les plus faucons, qui voulaient voir Trump adopter des sanctions encore plus drastiques contre la Russie : les sénateurs John McCain, président du Comité des forces armées du Sénat, et Lindsey Graham, également membre du comité. McCain a utilisé Munich pour éreinter non seulement la Russie, mais aussi Trump, tandis que son ami proche Graham a promis que 2017 serait « l’année où l’on bottera le cul de la Russie ». Le seul fait que McCain et Graham aient été autorisés à représenter à Munich une politique anti-russe à couteaux tirés, pendant que Pence demeurait silencieux et que Mattis défendait les engagements de l’Amérique envers l’OTAN et l’UE, montre au monde que le gouvernement des États-Unis parle maintenant par des voix différentes. Se joignant à McCain et à Graham pour renforcer les engagements financiers et de défense des États-Unis, on trouve le président du Comité des relations extérieures du Sénat, Bob Corker, et l’ancien commandant des troupes de l’OTAN – proposé comme conseiller de sécurité nationale de Trump –, le général David Petraeus, précédemment déshonoré par un scandale sexuel.

Munich a fourni, au troisième pilier de l’administration, une plateforme pour renforcer l’« ordre mondial » contre lequel Trump avait fait campagne. Les gouvernements étrangers, qui avaient fait des dons généreux à la Fondation Clinton, et n’avaient pas caché leur aversion pour Trump en tant que candidat, étaient présents à Munich pour embrasser chaleureusement Pence et Mattis. Parmi les personnes présentes figuraient le ministre des Affaires étrangères d’Arabie saoudite – anti-iranien rusé ; l’ancien ambassadeur à Washington Adel bin Ahmed al-Jubeir ; le plus sournois des anciens chefs de renseignement de l’Arabie saoudite, le prince Turki al-Faisal bin Abdulaziz ; le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Shaikh Mohammed bin Abdulrahman al-Thani et Khalid bin Mohammed al-Attiyah, le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, Shaikh Khalid bin Ahmed bin Mohammed al Khalifa ; le vice-Premier ministre koweïtien Shaikh Khaled al Jarrah al-Sabah et le Marocain Youssef Amrani, ministre du cabinet royal, accompagné du conseiller du roi du Maroc, André Azoulay. Sans aucun doute, ces potentats arabes distribueront bientôt leurs largesses pour les membres de la famille Trump et leurs combines internationales.

Pence et Mattis étaient également au coude à coude à Munich avec des personnages anti-Trump influents tels que Bono, la célébrité du groupe de rock U2, l’ancienne secrétaire d’État américaine Madeleine Albright, l’ancien secrétaire à la Sécurité intérieure Michael Chertoff, le gouverneur de l’Ohio John Kasich, l’ancien secrétaire à la Défense William Cohen, Bill Gates, fondateur de Microsoft, Woodrow Wilson directeur du Centre Jane Harman, Robert Kagan de la Brookings Institution et son épouse et architecte en chef du coup d’État ukrainien de 2014, Victoria Nuland, l’ancien sénateur Joseph Lieberman, le directeur du Comité international de sauvetage David Miliband, le sénateur républicain du Nebraska Ben Sasse, le démocrate de haut rang au sein du Comité de renseignement de la Chambre Adam Schiff, et Frank Wisner Jr., un diplomate américain de longue date bien introduit dans l’État profond et le fils de Frank Wisner Senior, le producteur de « fausses nouvelles » – propagande de la CIA déguisée en actualité réelle.

Et si les partisans acharnés et anti-mondialistes de Trump croient que leur président « draine le marais » de leurs ennemis les plus amers, ils pourraient être surpris que Pence et Mattis aient été vus en compagnie de Lady Lynn Forester de Rothschild, du vice-président de la Commission trilatérale Michael Fuchs et de George Soros.

Le troisième pilier de l’administration Trump, personnifié par Pence, Mattis et Tillerson a signalé au monde que l’administration réelle de Trump, celle représentant l’État profond de l’Amérique, continuera à diriger le gouvernement américain. C’est la partie de l’administration Trump qui continuera à conspirer avec l’élite mondiale dans des endroits tels que Bilderberg, Davos, Bohemian Grove, Cernobbio, APEC et G7. Trump n’a pas « drainé le marais » comme il l’avait promis. Il a simplement rejoint les crocodiles qui y sont déjà. En fait, Eric et Donald Trump Jr., qui dirigent maintenant l’Organisation Trump, ont récemment ouvert un terrain de golf luxueux à Dubaï. Cela a jeté les bases d’une réunion très aimable lors de la réunion du G20 à Bonn entre Tillerson et son homologue des Émirats arabes unis. Les Français ont un dicton pour la révolution de Trump : « plus ça change, plus c’est la même chose » ou « plus les choses changent, plus elles restent les mêmes ».1.

 

[1] Phrase prononcée par Tancrède dans le film Le Guépard de Visconti d’après le roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa

Vérité, lucidité, engagement et combat… Le journalisme d’Albert Camus ou l’idéal bafoué

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“Résister, c’est ne pas consentir au mensonge.”

~ Albert Camus ~

 

“Le journalisme, c’est imprimer ce que quelqu’un d’autre ne veut pas imprimer. Tout le reste n’est que relation publique.”
~ George Orwell ~

 

camus

 D’Alger à Paris, Albert Camus journaliste

 

Téo Cazenaves

 

Octobre 2016

 

Source: https://ledesk.ma/grandangle/dalger-paris-albert-camus-journaliste/

 

D’Alger Républicain à Combat, le prix Nobel de Littérature 1957 est aussi un journaliste de talent. Dans « Albert Camus, periodista », Maria Santos-Sainz – docteur en sciences de l’information et professeur de journalisme – rappelle toute l’actualité des combats brûlants de l’intellectuel algérois pour l’indépendance de la presse.

« Nous pensions alors qu’un pays vaut souvent ce que vaut sa presse. Et s’il est vrai que les journaux sont la voix d’une nation, nous étions décidés, à notre place et pour notre faible part, à élever ce pays en élevant son langage. » Albert Camus, 31 août 1944.

Financé par crowdfunding et publié en octobre 2016 aux Éditions Libros.com, « Albert Camus, periodista » est un manuel de combat, selon son auteur, Maria Santos-Sainz. L’ancienne journaliste reconvertie dans l’enseignement, qui a dirigé pendant six ans l’Institut de Journalisme de Bordeaux, poursuit sa démarche auto-réflexive après avoir publié en 2006 « L’élite journalistique et son pouvoir » aux Éditions Apogée. Préfacé par Edwy Plenel, le président et co-fondateur de Mediapart, l’ouvrage met en lumière une dimension oubliée de l’œuvre d’Albert Camus, dont les romans L’Étranger et La Peste constituent désormais des monuments du patrimoine littéraire international. Journaliste à plein temps à certaines étapes de sa vie, Albert Camus est aussi l’un des premiers à tenter de cerner les risques qui pèsent sur la profession et à définir des règles déontologiques afin de « libérer les journaux de l’argent et de leur donner un ton et une vérité qui mettent le public à la hauteur de ce qu’il y a de meilleur en lui ».

Né en 1913 à Mondovi, près de l’actuelle Annaba, en Algérie, dans une famille du prolétariat pied-noir, Albert Camus ne connaît pas son père, qui meurt en 1914 alors qu’il sert l’armée française lors de la Première Guerre mondiale. Élevé dans une famille analphabète, en proie aux silences de sa mère sourde et muette et aux coups répétés de sa grand-mère, c’est son instituteur algérois, Louis Germain, qui l’aide à dépasser sa condition. Admis au lycée, il découvre la philosophie et évolue comme gardien de but au RCA Alger. Lorsque sa tuberculose chronique se déclare, il abandonne à regret les terrains de football. Il adhère en 1935 au Parti Communiste algérien et rédige la même année sa première œuvre littéraire, L’Envers et l’Endroit, qui sera publiée deux ans plus tard. Il quitte le PC en 1937 en raisons de divergences sur la question de la solidarité envers les camarades indépendantistes, et est alors recruté par Pascal Pia au sein d’ Alger Républicain, qui entend donner un souffle nouveau à une presse coloniale dont l’indépendance n’est pas le souci premier. Il y publie notamment en 1939 une enquête détaillée sur l’échec de la réforme agraire, Misère de la Kabylie, qui le fait connaître. Mais le pouvoir colonial et les soucis économiques ont raison de l’aventure journalistique algéroise.

Camus s’installe dans un Paris en guerre l’année suivante. Après un bref passage à Paris-Soir, il continue d’écrire L’Étranger et Le Mythe de Sisyphe, qui paraissent en 1942. En 1943, il succède à son ami Pascal Pia à la tête du quotidien clandestin Combat. Pendant plus de trois années, il multiplie les éditoriaux, dans la France occupée puis libérée, et met toute son ardeur à défendre la nécessité d’une presse libre et indépendante face aux égarements du journalisme français durant l’Occupation.

La suite appartient désormais au panthéon de l’histoire intellectuelle : le succès littéraire, la relation conflictuelle avec Jean-Paul Sartre, le prix Nobel de Littérature en 1957, des silences qui dérangent lors de la Guerre d’Algérie puis l’accident tragique du 4 janvier 1960 qui met brutalement fin à une vie d’engagements. Mais loin des fastes de la grande littérature, Camus est aussi un journaliste amoureux de la profession dont les articles et éditoriaux sont riches d’enseignements. A cet égard, l’ouvrage de Maria Santos-Sainz rend toute sa grandeur à une facette méconnue mais infiniment actuelle du personnage.

EXTRAIT I

À Alger, « dialoguer avec le réel »

Le journalisme lui permet de bénéficier de son premier emploi stable et de réaliser son rêve de « dialoguer avec le réel » au travers de l’écriture. Cet engagement pour la réalité – qu’il n’abandonnera jamais -, il le révèle déjà dans ses confidences formulées dans les Carnets en novembre 1936, lorsqu’il annote : « Je préfère tenir les yeux ouverts ». Et c’est précisément le journalisme qui va le rapprocher de la réalité, de ce qui se passe réellement sur le terrain. Il décrit ce qu’il voit avec les mêmes rigueur et exactitude qu’il met à retransmettre l’ambiance sensorielle et vivante de la ville d’Alger. Ses chroniques transportent le lecteur sur les lieux des événements par les cinq sens : il leur fait voir, sentir et ressentir, toucher et comprendre ce qu’il se passe devant ses yeux. Avec un style d’écriture dans lequel il mêle parfois le charnel et le sensuel au dramatique et au tragique. […] Camus choisit là une conception éthique du journalisme qui ne le quittera plus. Il convient de souligner qu’à cette époque, « il règne en Algérie une presse coloniale qui réunit tout ce que Camus rejette : le racisme, la vulgarité intellectuelle, le despotisme capitaliste et la bonne conscience des conformistes ».

EXTRAIT II

Un éditorialiste dans la Résistance

“Camus se dévoile tout de suite comme le « leader moral d’une génération qui exige le changement ». Son passage par le journalisme à cette époque laisse une marque indélébile. Symbole de la jeunesse dans sa lutte antifasciste, ses premiers éditoriaux dans Combat incarnent la voix du mouvement populaire de la Résistance, et délivrent des appels combatifs pour une France juste et libre. Comme nous l’avons déjà souligné, l’originalité de Combat réside dans son indépendance, libre de la main-mise de partis politiques ou d’intérêts financiers des entreprises. Les journalistes sont les uniques actionnaires, propriétaires de leur média : le journal leur appartient.

Et ils choisissent la ligne éditoriale qu’ils souhaitent donner au journal, grâce à un traitement critique de l’information. Ils ouvrent ainsi la voie à un nouveau journalisme qu’ils appellent – selon les mots de Camus – le journalisme critique, un journalisme de société qui recoupe les sources et les témoignages et remet en cause tous les pouvoirs. Tout cela conduit à l’émergence d’un journal d’analyses et d’idées, qui aspirer à régénérer la société par une information rigoureuse et objective. […]

Camus a publié dans Combat un total de 165 textes, parmi lesquels 138 éditoriaux et 27 articles, sans conter les cinq chroniques signées sous le pseudonyme de « Suétone ». Tous ses écrits journalistiques mettent en lumière la voix passionnée d’un auteur engagé face aux grandes horreurs du vingtième siècle, dans une période européenne turbulente marquée par de fortes divisions idéologiques. Ses éditoriaux expriment « espérances et déceptions » pour les événements historiques de son temps. Ils plaident aussi, de manière intemporelle, en faveur de la « lucidité et de la vigilance ». Il y développe ses réflexions sur la liberté, la justice, le rôle des médias, la vérité et la démocratie, dans des textes qui ont laissé « une résonance incroyable dans la conscience contemporaine ». La modernité de Camus réside également en sa facette de précurseur dans la revendication d’une déontologie journalistique, nécessaire à son époque tout autant qu’aujourd’hui. Précisément, son regard critique transcende les débats de son temps. Au final, la postérité lui donnera raison dans ses combats idéologiques en faveur de causes justes, pour lesquelles il a toujours mis en avant la morale plutôt que les convenances politiques.”

EXTRAIT III

Le rôle du journaliste

“Camus considère le rôle journalistique comme celui du chien de garde plus que comme simple vecteur de l’information. Le rôle du journaliste ne se réduit pas à celui de témoin de l’Histoire : il exerce aussi comme « avocat » et « justicier », met ses idées au service de la vérité dans une logique journalistique active et interventionniste. Il développe ici sa conception du journalisme critique – ou journalisme d’idées, comme il le nomme – qui consiste en un commentaire politique et moral de l’actualité. Camus définit le journaliste comme « un homme qui d’abord est censé avoir des idées ». Une conception différente du modèle journalistique anglo-saxon, construit sur un système de valeurs professionnelles basées sur l’objectivité.

Pour Camus, le rôle du journaliste est caractérisé par sa responsabilité sociale, et c’est pourquoi il doit être attentif au langage, en proposant une véritable réflexion sur sa dimension éthique : « En face des forces désordonnées de l’Histoire, dont les informations sont le reflet, il peut être bon de noter, au jour le jour, la réflexion d’un esprit ou les observations communes de plusieurs esprits. Mais cela ne peut pas se faire sans scrupules, sans distance et sans une certaine idée de la relativité. Certes, le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » […]

L’auteur de l’Étranger et de la Peste considère que le journaliste est « un historien au jour le jour, et son premier souci doit être de vérité ». Camus estime que la recherche de la vérité est la première obligation du journaliste. La vérification des faits – que l’on nomme aujourd’hui fact-checking suite à l’invasion des anglicismes – n’est autre que l’un des fondamentaux et piliers du journalisme d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Il recommande ainsi : « Il revient au journaliste, mieux renseigné que le public, de lui présenter, avec le maximum de réserves, des informations dont il connaît bien la précarité. À cette critique directe, dans le texte et dans les sources, le journaliste pourrait ajouter des exposés aussi clairs et aussi précis que possible qui mettraient le public au fait de la technique d’information ».

Il exprime également dans plusieurs éditoriaux le rôle important dévolu au journaliste envers les lecteurs, à qui il doit procurer une information fiable mais aussi les moyens de développer un esprit critique : « L’avantage serait de mettre en garde son sens critique au lieu de s’adresser à son esprit de facilité ». Entre autres qualités essentielles du journalistes, il met l’honnêteté au premier rang, puisque selon lui « Résister, c’est ne pas consentir au mensonge ». Il plaide ainsi pour un journalisme honnête qui permettrait de sauver la crédibilité des médias.”

EXTRAIT IV

Camus l’iconoclaste et ses deux pays

“Le sens de l’engagement mène Camus à l’analyse et au décryptage des événements de son temps, détaché des courants idéologiques et des partis. Esprit libre, fidèle à sa conscience morale et toujours fidèle à ceux qu’il appelle les siens, ceux qui « souffrent et subissent ». Un héritage influencé par les écrivains qui l’ont le plus marqué : Pascal, Simone Weil, Tolstoï, Dostoievsky et Nietzche. La pensée et l’univers intellectuel de Camus gravitent autour de ces cinq auteurs. D’autre part, son absence d’affiliation à quelque courant de pensée que ce soit fait sentir ses effets dans une époque propice à l’engagement partisan. C’est ainsi qu’à certaines périodes, certaines sphères de l’intelligentsia parisienne, plus proches du marxisme, l’ont voué à un véritable ostracisme accompagné de critiques acerbes. Mais c’est aussi la trajectoire biographique atypique d’Albert Camus, loin de la voie traditionnelle de formation tracée par les élites françaises, où la reproduction sociale est la règle, qui le constitue en oiseau rare du paysage intellectuel français. Camus n’a appartenu à aucun clan, tribu ou école.

Il a forgé son bagage intellectuel avec l’effort d’une pupille de la République, sans passer par les instances consacrées de l’excellence dans lesquelles la France forme ses élites. Autodidacte, il obtient son seul diplôme à la faculté de philosophie de l’Université d’Alger. Il n’a pas été éduqué à la manière d’autres intellectuels, dans les écoles élitistes de Paris, comme Jean-Paul Sartre ou Raymond Aron qui étaient normaliens, diplômés de la prestigieuse École Normale Supérieure. […]

Dans une posture de pédagogue, face aux préjugés qu’il attribue à la presse métropolitaine vis-à-vis de l’Algérie, il se rappelle son enfance et évoque la mémoire du pays qui l’a vu grandir. Quand il emploi le « nous », il se réfère aux français métropolitains. Il critique dans ses chroniques les fractures qui se sont succédées pour aboutir à la situation actuelle : la mauvaise gestion coloniale, les rendez-vous manqués, les injustices, etc. Nombreuses de ses propositions énoncées là se font l’écho des reportages qu’il a réalisé pendant la période Alger Républicain, en particulier son grand reportage Misère de la Kabylie, dans lequel il avait dénoncé le désastre engendré par la politique agraire.

Il fait référence à tout ceci dans une autre chronique, publiée le 23 juillet 1955 et intitulée « L’avenir algérien ». Il renforce son analyse par une contextualisation historique qui permet de comprendre l’accumulation des échecs de la politique coloniale en Algérie. Il promeut le dialogue entre les deux camps dans ses articles du 9 juillet et du 16 octobre 1955. Camus vise à mettre sur pied une conférence pour réunir tous les acteurs engagés dans le conflit, une proposition de dialogue qui peut   toujours s’appliquer à tout processus de paix : « Le monde aujourd’hui est celui de l’ennemi invisible  le combat y est abstrait et c’est pourquoi rien ne l’éclaire ni ne l’adoucit. Voir l’autre, et l’entendre, peut donner sens au combat, et peut-être aussi le rendre vain. »

De la puissance subversive de l’art: Albert Camus, prix Nobel de littérature 1957 (discours du gala de réception)

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Discours de réception du Prix Nobel de Littérature d’Albert Camus

10 décembre 1957

Le prix Nobel de littérature a été décerné à Albert Camus pour «l’ensemble d’une œuvre qui met en lumière les problèmes se posant de nos jours à la conscience des hommes ».

Source:

http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/1957/camus-speech-f.html

Sire, Madame, Altesses Royales, Mesdames, Messieurs,

En recevant la distinction dont votre libre Académie a bien voulu m’honorer, ma gratitude était d’autant plus profonde que je mesurais à quel point cette récompense dépassait mes mérites personnels. Tout homme et, à plus forte raison, tout artiste, désire être reconnu. Je le désire aussi. Mais il ne m’a pas été possible d’apprendre votre décision sans comparer son retentissement à ce que je suis réellement. Comment un homme presque jeune, riche de ses seuls doutes et d’une œuvre encore en chantier, habitué à vivre dans la solitude du travail ou dans les retraites de l’amitié, n’aurait-il pas appris avec une sorte de panique un arrêt qui le portait d’un coup, seul et réduit à lui-même, au centre d’une lumière crue ? De quel cœur aussi pouvait-il recevoir cet honneur à l’heure où, en Europe, d’autres écrivains, parmi les plus grands, sont réduits au silence, et dans le temps même où sa terre natale connaît un malheur incessant ?

J’ai connu ce désarroi et ce trouble intérieur. Pour retrouver la paix, il m’a fallu, en somme, me mettre en règle avec un sort trop généreux. Et, puisque je ne pouvais m’égaler à lui en m’appuyant sur mes seuls mérites, je n’ai rien trouvé d’autre pour m’aider que ce qui m’a soutenu tout au long de ma vie, et dans les circonstances les plus contraires : l’idée que je me fais de mon art et du rôle de l’écrivain. Permettez seulement que, dans un sentiment de reconnaissance et d’amitié, je vous dise, aussi simplement que je le pourrai, quelle est cette idée.

Je ne puis vivre personnellement sans mon art. Mais je n’ai jamais placé cet art au-dessus de tout. S’il m’est nécessaire au contraire, c’est qu’il ne se sépare de personne et me permet de vivre, tel que je suis, au niveau de tous. L’art n’est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l’artiste à ne pas se séparer ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. Et celui qui, souvent, a choisi son destin d’artiste parce qu’il se sentait différent apprend bien vite qu’il ne nourrira son art, et sa différence, qu’en avouant sa ressemblance avec tous. L’artiste se forge dans cet aller retour perpétuel de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s’arracher. C’est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s’obligent à comprendre au lieu de juger. Et s’ils ont un parti à prendre en ce monde ce ne peut être que celui d’une société où, selon le grand mot de Nietzsche, ne règnera plus le juge, mais le créateur, qu’il soit travailleur ou intellectuel.

Le rôle de l’écrivain, du même coup, ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd’hui au service de ceux qui font l’histoire : il est au service de ceux qui la subissent. Ou sinon, le voici seul et privé de son art. Toutes les armées de la tyrannie avec leurs millions d’hommes ne l’enlèveront pas à la solitude, même et surtout s’il consent à prendre leur pas. Mais le silence d’un prisonnier inconnu, abandonné aux humiliations à l’autre bout du monde, suffit à retirer l’écrivain de l’exil chaque fois, du moins, qu’il parvient, au milieu des privilèges de la liberté, à ne pas oublier ce silence, et à le relayer pour le faire retentir par les moyens de l’art.

Aucun de nous n’est assez grand pour une pareille vocation. Mais dans toutes les circonstances de sa vie, obscur ou provisoirement célèbre, jeté dans les fers de la tyrannie ou libre pour un temps de s’exprimer, l’écrivain peut retrouver le sentiment d’une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu’il accepte, autant qu’il peut, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté. Puisque sa vocation est de réunir le plus grand nombre d’hommes possible, elle ne peut s’accommoder du mensonge et de la servitude qui, là où ils règnent, font proliférer les solitudes. Quelles que soient nos infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s’enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir : le refus de mentir sur ce que l’on sait et la résistance à l’oppression.

Pendant plus de vingt ans d’une histoire démentielle, perdu sans secours, comme tous les hommes de mon âge, dans les convulsions du temps, j’ai été soutenu ainsi : par le sentiment obscur qu’écrire était aujourd’hui un honneur, parce que cet acte obligeait, et obligeait à ne pas écrire seulement. Il m’obligeait particulièrement à porter, tel que j’étais et selon mes forces, avec tous ceux qui vivaient la même histoire, le malheur et l’espérance que nous partagions. Ces hommes, nés au début de la première guerre mondiale, qui ont eu vingt ans au moment où s’installaient à la fois le pouvoir hitlérien et les premiers procès révolutionnaires, qui furent confrontés ensuite, pour parfaire leur éducation, à la guerre d’Espagne, à la deuxième guerre mondiale, à l’univers concentrationnaire, à l’Europe de la torture et des prisons, doivent aujourd’hui élever leurs fils et leurs œuvres dans un monde menacé de destruction nucléaire. Personne, je suppose, ne peut leur demander d’être optimistes. Et je suis même d’avis que nous devons comprendre, sans cesser de lutter contre eux, l’erreur de ceux qui, par une surenchère de désespoir, ont revendiqué le droit au déshonneur, et se sont rués dans les nihilismes de l’époque. Mais il reste que la plupart d’entre nous, dans mon pays et en Europe, ont refusé ce nihilisme et se sont mis à la recherche d’une légitimité. Il leur a fallu se forger un art de vivre par temps de catastrophe, pour naître une seconde fois, et lutter ensuite, à visage découvert, contre l’instinct de mort à l’œuvre dans notre histoire.

Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. Héritière d’une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd’hui tout détruire mais ne savent plus convaincre, où l’intelligence s’est abaissée jusqu’à se faire la servante de la haine et de l’oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d’elle, restaurer, à partir de ses seules négations, un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir. Devant un monde menacé de désintégration, où nos grands inquisiteurs risquent d’établir pour toujours les royaumes de la mort, elle sait qu’elle devrait, dans une sorte de course folle contre la montre, restaurer entre les nations une paix qui ne soit pas celle de la servitude, réconcilier à nouveau travail et culture, et refaire avec tous les hommes une arche d’alliance. Il n’est pas sûr qu’elle puisse jamais accomplir cette tâche immense, mais il est sûr que partout dans le monde, elle tient déjà son double pari de vérité et de liberté, et, à l’occasion, sait mourir sans haine pour lui. C’est elle qui mérite d’être saluée et encouragée partout où elle se trouve, et surtout là où elle se sacrifie. C’est sur elle, en tout cas, que, certain de votre accord profond, je voudrais reporter l’honneur que vous venez de me faire.

Du même coup, après avoir dit la noblesse du métier d’écrire, j’aurais remis l’écrivain à sa vraie place, n’ayant d’autres titres que ceux qu’il partage avec ses compagnons de lutte, vulnérable mais entêté, injuste et passionné de justice, construisant son œuvre sans honte ni orgueil à la vue de tous, sans cesse partagé entre la douleur et la beauté, et voué enfin à tirer de son être double les créations qu’il essaie obstinément d’édifier dans le mouvement destructeur de l’histoire. Qui, après cela, pourrait attendre de lui des solutions toutes faites et de belles morales ? La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir. La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu’exaltante. Nous devons marcher vers ces deux buts, péniblement, mais résolument, certains d’avance de nos défaillances sur un si long chemin. Quel écrivain, dès lors oserait, dans la bonne conscience, se faire prêcheur de vertu ? Quant à moi, il me faut dire une fois de plus que je ne suis rien de tout cela. Je n’ai jamais pu renoncer à la lumière, au bonheur d’être, à la vie libre où j’ai grandi. Mais bien que cette nostalgie explique beaucoup de mes erreurs et de mes fautes, elle m’a aidé sans doute à mieux comprendre mon métier, elle m’aide encore à me tenir, aveuglément, auprès de tous ces hommes silencieux qui ne supportent, dans le monde, la vie qui leur est faite que par le souvenir ou le retour de brefs et libres bonheurs.

Ramené ainsi à ce que je suis réellement, à mes limites, à mes dettes, comme à ma foi difficile, je me sens plus libre de vous montrer pour finir, l’étendue et la générosité de la distinction que vous venez de m’accorder, plus libre de vous dire aussi que je voudrais la recevoir comme un hommage rendu à tous ceux qui, partageant le même combat, n’en ont reçu aucun privilège, mais ont connu au contraire malheur et persécution. Il me restera alors à vous en remercier, du fond du cœur, et à vous faire publiquement, en témoignage personnel de gratitude, la même et ancienne promesse de fidélité que chaque artiste vrai, chaque jour, se fait à lui-même, dans le silence.