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Gilets Jaunes résistance politique : 8 décembre 2018 ~ 4ème round ~

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 7 décembre 2018 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

7 décembre 2018

 

Face à nous, face au peuple, une oligarchie délétère, arrogante et aux abois, servant un système politico-économique qui n’a aucune raison d’être et protégée par des milices d’état de moins en moins volontaires. Compagnon(e)s de lutte, Gilets Jaunes, ne cédons pas aux chants des sirènes. Le temps vient où nous devons mettre en place  une nouvelle société répondant aux critères du seul bien commun, de la solidarité, de la complémentarité, de la justice et de l’égalité réelle.

Revendiquer hausses de salaires, du SMIC et l’abandon des taxes sur les carburants est une chose certes de la vie de tous les jours, mais cela ne fait que gérer à court terme la conjoncture de la merde du quotidien ; pour ne plus revenir dans la rue à intervalles de plus en plus réguliers, changeons radicalement de système et de mode décisionnaire.

Il n’y a pas de solutions au sein du sytème, il n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

A bas l’État (société de la division politique induite), à bas la société marchande, à bas l’argent, à bas les salaires, pour que vive la société des sociétés dans notre complémentarité achevée.

 

 


Pour la Commune des communes

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Entité sioniste: « Lobby USA », le documentaire que le lobby israélien veut cacher… (The Electronic Intifada)

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Pour visionner les deux parties du documentaire, cliquez sur le lien menant au site Orient XXI au début de l’article. Visionnez les avant qu’elles ne « disparaissent »…

Lecture récente intéressante, notre traduction de l’article de Kevin Barrett: sur l’arnaque planétaire de l’état d’Israël…

~ Résistance 71 ~

“Lobby USA” voilà le film que le lobby israélien veut vous cacher

 

The Electronic Intifada

 

3 novembre 2018

 

url de l’article en français:

https://www.legrandsoir.info/lobby-usa-voila-le-film-que-le-lobby-israelien-veut-vous-cacher-the-electronic-intifada.html

 

The Electronic Intifada a obtenu une copie intégrale du film Lobby – USA, une enquête en quatre parties menée sous couverture par Al Jazeera sur la campagne secrète israélienne de lobbying aux Etats-Unis.

Nous diffusons aujourd’hui les deux premiers épisodes. Le site Orient XXI, basé à Paris, a diffusé les mêmes épisodes sous-titrés en français.

Le film, commencé par Al Jazeera en 2016, a été terminé en octobre 2017.

Mais il a été censuré suite aux intenses pressions du lobby israélien sur le Qatar, l’émirat du Golfe riche en gaz qui finance Al Jazeera.

Le directeur général d’Al Jazeera a affirmé le mois dernier que le film posait des problèmes juridiques mais il a été contredit par ses propres journalistes.

En mars, The Electronic Intifada a été le premier à révéler le contenu spécifique du film. Nous avons ensuite publié le premier extrait du film en août, et, peu après, Max Blumenthal du Grayzone Project en a publié d’autres.

Depuis, The Electronic Intifada a publié trois autres extraits, et plusieurs autres journalistes ont vu le film en entier et en ont parlé, dont Alain Gresh et Antony Loewenstein.

The Electronic Intifada a maintenant réussi à se procurer les quatre parties du film.

Vous pouvez voir les deux premières parties de la vidéo (sous-titrées en Français ici et ici, ndt).

Pour avoir un accès sans précédent aux rouages internes du lobby israélien, le journaliste sous couverture ’Tony’ s’est fait passer pour un volontaire pro-israélien à Washington.

Le film qui en résulte montre les efforts d’Israël et de ses lobbyistes pour espionner, salir et intimider les citoyens américains qui soutiennent les droits de l’homme palestiniens, en particulier le BDS – le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions.

Il montre la collusion entre l’agence gouvernementale d’opérations plus ou moins clandestines d’Israël, le ministère des Affaires stratégiques, et un vaste réseau d’organisations basées aux États-Unis, notamment la Coalition Israël sur les campus, The Israel Projet et la Fondation pour la défense des démocraties.

Censuré par le Qatar

Le film n’a pas été diffusé à cause des pressions que le gouvernement du Qatar a subies de la part, ironiquement, du lobby même dont le film dénonce l’influence et les manœuvres.

Clayton Swisher, chef des enquêtes d’Al Jazeera, arévélé dans un article paru dans The Forward en mars qu’Al Jazeera avait envoyé plus de 70 lettres à des individus et des organisations qui apparaissent dans le film ou qui y sont mentionnés pour qu’ils puissent réagir.

Seulement trois l’ont fait. Au lieu de répondre, des groupes pro-israéliens ont essayé de faire interdire le film qui dévoile les activités du lobby.

En avril, la direction d’Al Jazeera a été obligée de réfuter l’affirmation de the Zionist Organization of America, une organisation d’extrême droite, selon laquelle la diffusion du film avait été absolument interdite.

En juin, The Electronic Intifada a appris qu’une source de haut niveau à Doha avait déclaré que le retard indéfini du film était dû à des préoccupations de ’sécurité nationale’ du gouvernement qatari.

Opérations secrètes

Comme l’a révélé un clip publié par l’Intifada électronique plus tôt cette semaine, dans le film on voit Julia Reifkind – alors employée d’une ambassade israélienne – expliquer que sa journée de travail consiste principalement à ’recueillir du renseignement, pour le compte d’Israël… en lien avec le ministère des Affaires étrangères et/ou le ministère des Affaires stratégiques’.

Elle dit que le gouvernement israélien ’apporte, dans les coulisses,son soutien’ aux groupes qui sont au front.

Reifkind admet également avoir utilisé de faux profils Facebook pour infiltrer les cercles de militants de la solidarité palestinienne sur le campus.

Le film révèle également que des groupes basés aux États-Unis coordonnent leurs efforts directement avec le gouvernement israélien, en particulier avec son ministère des Affaires stratégiques.

Dirigé par un ancien officier du renseignement militaire, le ministère est responsable de la campagne internationale secrète de sabotage du mouvement BDS menée par Israël.

Le film montre des images de cet ex-officier du renseignement militaire, Sima Vaknin-Gil, en train d’expliquer qu’elle a dressé la carte de l’activisme palestinien en faveur des droits de l’homme ’dans le monde entier. Pas seulement aux États-Unis, pas seulement dans les campus, mais dans les campus, l’intersectionnalité, les syndicats et les églises.’

Elle dit qu’elle va utiliser ces données pour mener des ’actions offensives’ contre les militants palestiniens.

On voit Jacob Baime, directeur exécutif de l’Israel on Campus Coalition, affirmer dans la vidéo cachée que son organisation utilise ’un excellent logiciel de surveillance des médias sociaux, du type de ceux utilisés dans les grandes entreprises’ pour repérer les événements liés à la Palestine organisés par les étudiants sur le campus, ’généralement dans les 30 secondes, parfois moins’ de leur publication en ligne.

Baime dit également devant la caméra cachée que son groupe se ’coordonne’ avec le ministère israélien des Affaires stratégiques.

Baime déclare que ses chercheurs ’envoient des alertes immédiates à nos partenaires’ – dont les ministères israéliens.

Le collègue de Baime, Ian Hersh, dit dans le film qu’il ajoute le ’ministère des Affaires stratégiques d’Israël à nos briefings sur les opérations et le renseignement’.

’Une guerre psychologique’

Baime décrit la manière dont son groupe utilise des sites Web anonymes pour cibler des militants.

’Avec les opposants à Israël, ce qui est le plus efficace, ainsi que nous l’avons constaté l’année dernière du moins, c’est de faire des recherches sur l’opposition, créer un site Web anonyme, puis y poster des publicités Facebook ciblées, explique Baime dans la troisième partie du film.

’Canary Mission en est un bon exemple, dit-il. ’C’est une guerre psychologique.’

Le film révèle que c’est Adam Milstein, le multimillionnaire condamné pour évasion fiscale, qui a financé et administré Canary Mission – un site de diffamation anonyme ciblant des étudiants activistes.

The Electronic Intifada l’avait déjà révélé dans un clip en août.

On voit aussi Eric Gallagher, alors directeur de la collecte de fonds pour The Israel Project, dire que ’Adam Milstein, c’est lui qui finance’ Canary Mission.

Milstein finance également The Israel Project, selon Gallagher.

Gallagher se vante dans le film d’avoir ’ échangé des courriels avec [Adam Milstein] pendant qu’il était en prison’, lorsque, lui, Gallagher travaillait pour l’AIPAC, le groupe de pression israélien le plus puissant de Washington.

Bien qu’il n’ait pas répondu à la demande de commentaires d’Al Jazeera, Milstein a nié que lui et sa fondation familiale ’aient financé Canary Mission’ le jour où The Electronic l’Intifada a publié le clip.

Depuis, Josh Nathan-Kazis de The Forward a identifié beaucoup d’autres groupes étasuniens qui financent Canary Mission.

L’interdiction du film

En mars, The Electronic Intifada a publié les premiers détails sur le film.

Nous avons dévoilé qu’on y voyait Sima Vaknin-Gil expliquer qu’elle avait réussi à faire travailler pour son ministère l’influent think tank néoconservateur, la Fondation for défense of démocraties working.

Sur le film en caméra cachée, on voit Vaknin-Gil affirmer : ’Nous avons FDD. Nous avons d’autres personnes qui travaillent’ sur des projets, ’incluant la collecte de données, l’analyse de l’information, le travail sur les organisations militantes et la piste financière. C’est quelque chose que seul un pays, avec ses ressources, peut faire.’

Comme cela est indiqué dans la première partie du documentaire, l’existence du film et l’identité du journaliste infiltré ont été révélées après la diffusion, début 2017, d’images qu’il avait tournées pour le film The Lobby d’Al Jazeera – sur la campagne d’influence clandestine d’Israël au Royaume-Uni.

Depuis, les lobbyistes israéliens exercent de fortes pressions sur le Qatar pour empêcher la diffusion du film réalisé aux Etats-Unis.

’Agent étranger’

Clayton Swisher, chef des enquêtes d’Al Jazeera, a confirmé pour la première fois en octobre 2017 que la chaîne avait, au même moment, un journaliste infiltré dans le lobby israélien américain et un autre au Royaume-Uni.

Swisher avait promis que le film sortirait ’très bientôt’, mais il n’est jamais sorti.

De nombreuses sources israéliennes ont déclaré au journal israélien Haaretz en février que des dirigeants qataris leur avaient assuré à la fin de l’année dernière que le documentaire ne serait pas diffusé.

Le Qatar l’a démenti, mais Swisher n’est pas revenu sur son annonce.

L’article de Swisher dans The Forward de mars dernier a été son premier commentaire public sur le sujet depuis qu’il avait annoncé le documentaire en 2017.

Il y réfute les allégations du lobby israélien sur le film et exprime sa frustration qu’Al Jazeera ne l’ait pas diffusé, apparemment à cause de pressions extérieures.

Plusieurs députés pro-israéliens à Washington ont multiplié les pressions sur le ministère de la Justice pour qu’il force Al Jazeera à s’enregistrer comme ’agent étranger’ en vertu d’une loi de contre-espionnage datant des années 1930.

Le lobby israélien se rend à Doha

Bien que la diffusion du film ait été repoussée, une vague de personnalités pro-israéliennes a déferlé sur le Qatar à l’invitation de son dirigeant, l’Emir Tamim bin Hamad Al Thani.

On y a vu certaines des figures les plus à droite et les plus extrémistes parmi les défenseurs d’Israël aux États-Unis, comme Alan Dershowitz, professeur de droit à Harvard, et Morton Klein, directeur de l’Organisation sioniste d’Amérique.

Swisher a écrit dans The Forward qu’il a rencontré Dershowitz dans un restaurant de Doha lors d’une de ces visites, et a invité le professeur à une projection privée du film.

Swicher rapporte que Dershowitz lui a dit, aprèscoup : ’Je n’ai aucun problème avec les tournages en caméra cachée ; et ça ne me dérangerait pas que ce film soit diffusé sur PBS’ – la télévision publique étasunienne.

Pourtant, il semble bien que les efforts du lobby israélien pour interdire le film aient été couronnés de succès – jusqu’à présent.

 

Résistance politique: Les dernières élections au Brésil sont une nouvelle preuve de l’illusion démocratique ! (CrimethInc)

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Un autre appel pour le développement d’un Réseau de Résistance et de Rébellion International. Mettons à bas l’illusion démocratique !

Pour que se mette en place la société des sociétés égalitaire, anti-autoritaire, non coercitive, solidaire, émancipée et donc… libre !

~ Résistance 71 ~

Les historiens et les économistes aux gages de l’État nous ont enseigné, sans doute, que la commune de village, étant devenue une forme surannée de la possession du sol, forme qui entravait les progrès de l’agriculture, dut disparaître sous l’action des forces économiques naturelles. Les politiciens et les économistes bourgeois ne cessent de le répéter jusqu’à nos jours ; et il y a même des révolutionnaires et des socialistes — ceux qui prétendent être scientifiques — qui récitent cette fable convenue, apprise à l’école.

Eh bien, jamais mensonge plus odieux n’a été affirmé dans la science. Mensonge voulu, car l’histoire fourmille de documents pour prouver à qui veut les connaître — pour la France, il suffirait presque de consulter Dalloz — que la commune de village fut d’abord privée par l’Etat de toutes ses attributions ; de son indépendance, de son pouvoir juridique et législatif ; et qu’ensuite ses terres furent, ou bien tout bonnement volées par les riches sous la protection de l’Etat, ou bien directement confisquées par l’Etat…

~ Pierre Kropotkine ~

“La relation politique de pouvoir précède et fonde la relation économique d’exploitation. Avant d’être économique, l’aliénation est politique, le pouvoir est avant le travail, l’économique est une dérive du politique, l’émergence de l’État détermine l’apparition des classes.”
~Pierre Clastres, directeur de recherche en anthropologie politique au CNRS, 1974~

“Le peuple consent parce qu’on le persuade de la nécessité de l’autorité ; on lui inculque l’idée que l’homme est mauvais, virulent et trop incompétent pour savoir ce qui est bon pour lui. C’est l’idée fondamentale de tout gouvernement et de toute oppression. Dieu et l’État n’existent et ne sont soutenus que par cette doctrine.”

“L’État n’a pas plus de réalité que n’en ont les dieux ou les diables. Ce ne sont que des reflets, des créations de l’esprit humain, car l’homme, l’individu est la seule réalité. L’État n’est que l’ombre de l’homme, l’ombre de son obscurantisme, de son ignorance et de sa peur.”

“Plus encore, l’esprit de l’homme, de l’individu, est le premier à se rebeller contre l’injustice et l’avilissement; le premier à concevoir l’idée de résistance aux conditions dans lesquelles il se débat. L’individu est le générateur de la pensée libératrice, de même que de l’acte libérateur. Et cela ne concerne pas seulement le combat politique, mais toute la gamme des efforts humains, en tout temps et sous tous les cieux.”
~ Emma Goldman ~

Brésil: l’alternative au fascisme n’est pas la démocratie [parlementaire]

Extrait

 

CrimethInc

 

29 octobre 2018

 

url de l’article original:

https://crimethinc.com/2018/10/29/brazil-the-alternative-to-fascism-is-not-democracy-from-democracy-to-freedom-in-portuguese-greek-and-german

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Au Brésil, Jair Bolsonaro, avocat fasciste de la dictature et du massacre de masse a gagné les élections. Qui a besoin d’un coup d’état quand on peut accomplir la même chose par le vote ?… Nous avons déjà expliqué comment les partis politiques centristes et de gauche ont pavé la route de ce succès. Du Brésil à la France, tous les partis du spectre politique ont perdu toute prétention d’offrir une solution aux problèmes sociaux autre qu’en augmentant la violence étatique. Dans ce contexte, il ne peut être surprenant que les politiciens représentant explicitement la police et l’armée arrivent au pouvoir alors qu’ils sont devenus eux-même les goupilles du système et de l’état lui-même.

Nos cœurs sont avec nos camarades au Brésil, qui ont déjà fait l’expérience d’une énorme répression de l’état et de violence capitaliste et vont devoir faire face à encore plus et pire. Peut-être que la résistance immédiate qui a reçu l’élection de Trump peut servir de point de référence utile. Pourtant, à cause des manières spécifiques du Brésil d’être le récipient de la violence colonialiste, la vague de nationalisme qui est déjà formée aux Etats-Unis et en Europe va impliquer considérablement plus de violence là-bas. Nous en appelons à toux ceux autour du monde qui veulent se préparer à se mobiliser en solidarité avec tous ceux qui sont et seront ciblés par les attaques que Bolsonaro a promis de mener.

En tant qu’anarchistes, nous ne croyons pas que les élections donnent une légitimité quelconque à quelque parti politique dirigeant que ce soit. Aucune élection ne devrait pouvoir légitimer la violence policière, le racisme, l’homophobie ou le féminisme à nos yeux, ni les prisons, les frontières ou la destruction du monde naturel dont dépend la survie de tous. Aucun vote ne pourrait donner un mandat à quiconque voulant dominer les autres. La règle de la majorité est aussi répugnante pour nous que la dictature: toutes deux font de la coercition la base fondamentale de la politique.

La question importante n’est pas comment peut-on améliorer la démocratie ; fondamentalement, la démocratie est un moyen de légitimer des gouvernements afin que les gens acceptent leurs impositions, leurs diktats et ce sans compter à quel point ceux-ci peuvent être tyranniques et oppresseurs. La question importante est de comment pouvons nous nous défendre de la violence (pseudo-légitime) de l’État, comment trouver les voies pour remplir nos besoins ne dépendant pas de la majorité ni de la coercition, comment collaborer et co-exister plutôt que d’entrer en concurrence pour le pouvoir. Alors que des régimes de plus en plus oppresseurs se retrouvent au pouvoir autour du monde, nous devons en finir avec nos illusions au sujet d’un “bon” gouvernement démocratique et nous organiser pour nous protéger les uns les autres par tous les moyens nécessaires.

L’opposé du fascisme n’est pas la démocratie. L’opposé du fascisme est la liberté, c’est la solidarité, c’est l’action directe, c’est la résistance. Mais ce n’est pas la démocratie. Démocratie, encore une fois, a été le mécanisme qui a amené et amène le fascisme au pouvoir !

[…]

Note de Résistance 71: Nous mettons ci-dessous le lien vers le livre publié par CrimethInc (sa version PDF), malheureusement en anglais, mais qui vaut le coup d’être lu pour ceux qui peuvent le faire. Excellente analyse, bien illustrée. Nous le traduirons peut-être dans le futur, ce n’est pas l’envie qui nous manque, mais le temps.

“From Democracy to Freedom” (220 pages), téléchargeable gratuitement ici:

https://cloudfront.crimethinc.com/assets/books/from-democracy-to-freedom/from-democracy-to-freedom_screen_single_page_view.pdf 

Lectures complémentaires:

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

L’anarchisme-africain-histoire-dun-mouvement-par-sam-mbah-et-ie-igariwey

Inevitable_anarchie_Kropotkine

Que faire ?

Illusion démocratique

 

Brésil et néo-féodalisme… Le Nouvel Ordre Mondial a un visage… de plus…

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Comment peut-on encore penser que l’élection puisse apporter quelque solution que ce soit dans un système à la dérive complète…
Il n’y a pas de solution au sein du système. il n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir. Voter c’est abdiquer, voter c’est être complice des crimes commis, où que ce soit pour quelque parti que ce soit. Il faut arrêter de gober les mouches et de céder à l’illusion démocratique.
A bas l’État, à bas la dictature marchande, pour que vive enfin la société des sociétés ! Soutien au peuple brésilien qui entre dans une période bien sombre.
Il est temps de former le Réseau de Résistance et de Rébellion International à l’appel de l’EZLN et des Caracoles de bon gouvernement du Chipas !
Deixa disso! / ¡Ya Basta!

~ Résistance 71 ~

 


Conscientização ~ Resistência 

 

L’élection d’un chef de gang d’extrême droite ouvre la porte à “un nettoyage jamais vu dans l’histoire dub Brésil”

 

Samil Hadj Ali

 

29 octobre 2018

 

url de l’article:

https://www.investigaction.net/fr/bresil-lelection-dun-chef-de-gang-dextreme-droite-ouvre-la-voie-a-un-nettoyage-jamais-vu-dans-lhistoire-du-bresil/

 

Bolsonaro a été élu ce dimanche avec 56% de voix environ, contre 44% de voix pour Fernando Haddad, à l’heure où ces lignes sont rédigées.  Son programme  se résume, pour reprendre ses propos, à : «  un nettoyage jamais vu dans l’histoire du Brésil ».

Quelques figures de la barbarie néo-fasciste

Voici de manière abrégée le portrait- et celui de quelques membres de son gang- de celui qui va gouverner par la terreur et l’écrasement le Brésil, au profit des classes exploiteuses, des néo-esclavagistes du 21ème siècle, de l’impérialisme US, et le conduire fatalement vers l’abîme.

Réélu systématiquement, Bolsonaro a siégé 26 années au Parlement durant lesquelles il a présenté 170 propositions de lois, dont deux seulement ont été discutées.

Au Parlement, il s’est abjectement distingué en votant pour une loi considérant la torture comme une pratique légitime, mais aussi en appelant à la répression contre les homosexuels, tout en tenant  régulièrement discours racistes, et discriminatoires des femmes. Ces agissements et propos lui ont valu trente poursuites judiciaires et trois condamnations. En 2003, il fut condamné par la justice à une amende de 150 000 reais, pour propos racistes, homophobes et incitation au viol, suite à l’agression verbale, dans l’enceinte du Parlement, de la députée du PT, Maria Rosario : « Tu ne mérites pas d’être violée. Tu es trop laide pour ça !

D’autres condamnations furent prononcées contre lui pour propos racistes à l’encontre des Afro-Brésiliens et des Quilombolas. (Communautés d’anciens esclaves afro-brésiliens qui réclament à ce jour la reconnaissance par l’État des terres sur lesquelles ils vivent et travaillent).

Au Parlement, il a systématiquement voté pour les lois antisociales, proposées par le gouvernement de l’usurpateur, golpiste et mouchard de l’ambassade US, Temer.

Il fut un ardent défenseur de la loi imposant le gel des dépenses publiques dite « de loi de la mort et de la fin du monde », en 2017, pour une durée de 20 ans.

L’un de ses votes les plus odieux, expression de sa haine de classe, concerne le rejet de la création d’une législation protégeant les droits des femmes de ménages, – « trabalhadoras domesticas », une profession surexploitée dans un Brésil non libéré des stigmates de l’héritage esclavagiste. Au plan économique il voté avec enthousiasme pour la vente des puits de pétrole off-shore aux multinationales.

Un anti-corruption corrompu jusqu’à l’os

Anti-corruption autoproclamé, la justice électorale a pu néanmoins établir contre lui l’existence entre 2000 et 2014 d’une « caixa dois », –caisse noire– pour ses campagnes électorales, renflouée par des dons financiers  non déclarés et  des pots-de-vin –propina-. À cet effet son nom figurait sur la liste des hommes politiques véreux, publiée par le site du Tribunal Supérieur Électoral en 2014.

Entre 2006 et 2018, soit en 12 ans, son patrimoine, sur la base de sa déclaration de biens pour l’élection présidentielles au TSE, augmenté de 168%, passant de 434 000 reais -100 000 euros environ-, à environ à 2 millions 287 000 reais, alors que son salaire de député est de 24 000 reais nets.

En 2009, une de ses ex-épouses, Cristina Siqueira, s’est refugiée avec leur fils en Norvège, et demandé l’Ambassadeur du Brésil, Carlos Henrique Cardim, de l’aider à obtenir l’asile politique, suite aux menaces de mort proférées par son mari.  Elle a certes démenti ses propres aveux, en septembre 2018, soit neuf années plus tard, malgré les documents consulaires confirmant ses aveux et sa démarche, publiés par ailleurs par la presse.

Dans une enquête s’appuyant sur les documents de la Policia civil de Rio de Janeiro, la presse brésilienne relate par ailleurs l’accusation faite par cette même ex-épouse du vol commis par Bolsonaro en octobre 2007, alors que le couple s’était engagé dans une procédure de divorce, de 30 mille dollars, de 800 mille reais – en bijoux, -200 000 euros-, et 200 mille reais en espèces-50000 euros-. Ces sommes et ces bijoux avaient été déposés dans le coffre-fort d’une agence de la banque du Brésil, à Rio de Janeiro, par son ex-épouse.

Son fils Eduardo, député fédéral, n’est pas en reste. De 2014 à 2018, le patrimoine de cet homme de haine et d’Ordre nouveau, a augmenté de plus de 430%, passant de 205 000 reais -50 000 euros-, à 1milion 400 mille reais – 400.000 euros environ-

Le général Mourâo. Le colistier adorateur des tortionnaires

Ce lugubre personnage, qui aime traiter les Indiens du Brésil de fainéants et les Afro-Brésiliens de bandits, est un adepte de la torture.

En activité dans l’armée lors de l’opération, constitutionnellement illégale, de destitution de Dilma, Roussef, il déclara à des officiers de réserve que le remplacement du PT n’entraînerait pas de « changement significatif dans le pays. L’avantage de ce changement aura pour avantage d’éliminer l’incompétence, la mauvaise gestion et la corruption ». La même année, il rendra un vibrant hommage, à titre posthume, toujours devant un public d’officiers de réserve, au colonel Carlos Alberto Brilhante Ustra, ancien commandant de DOI-CODI de l’État de São Paulo -Détachement d’opérations et d’information et centre d’opération de défense interne, structures spécialisées dans la répression et la torture des opposants-, en déclarant « Il a combattu le terrorisme et la guérilla, il est donc un héros ».


Brésil 1964

Le colonel Ustra fut le premier militaire dont la justice brésilienne a établi en 2008 le rôle de tortionnaire pendant la dictature. Il a été reconnu coupable de la mort et de la disparition de 60 personnes et d’avoir torturé 500 femmes et hommes, parfois devant leur enfants. Autant de chiffres à mettre sous le nez du spécialiste des questions internationales de CNews,  quant son commentaire sur la « torture non excessive » sous la dictature militaire au Brésil.

Le gang du psychopathe

Dans cette galerie, il y a d’abord le chef du parti néo-fasciste Parti social-libéral, Gustavo Bebianno. Cet homme qui déclare détester la politique, est un mixte d’avocat et d’homme de main. Ceinture noire de jiujitsu et homme de confiance de Bolsonaro, il est pressenti pour le ministère de la justice. À côté de lui se tient le député fédéral Juliano Bezzera. Doté d’un physique de videur, violent et grossier, il est réputé pour user de méthodes expéditives.  Lui aussi est appelé à de hautes responsabilités À ces deux individus prêts à tout, il faut ajouter Fernando Franceschini. Policier, aujourd’hui député fédéral, il fut Secrétaire à la sécurité publique de l’État de Parana. En 2015, il coordonna la violente répression de la police militaire et fédérale contre des enseignants qui manifestait pacifiquement devant l’Assemblée législative de l’État, provoquant 200 blessés graves par balles de caoutchouc et bombes lacrymogènes.  Ce tableau serait incomplet sans l’inévitable figure théocratique et obscurantiste attitrée du gang, le pasteur et ex-sénateur néo-pentecôtiste, Magno Pereira Malta.

Enfin, citons un autre général, en l’occurrence Elieser Girao, député fédéral, donné comme futur ministre de la défense. Partisan d’une moralisation-épuration des institutions du pays, il milite pour l’emprisonnement des juges du Tribunal supérieur fédéral, une institution pourtant totalement acquise à la destitution de Dilma Roussef et au gouvernement de Temer.

L’allié politico-idéologique privilégié

Un parti politique fait totalement corps idéologiquement avec Bolsonaro, au point de constituer une phalange. Il s’agit du Parti de la rénovation travailliste du Brésil -PRTB, dirigé par Fidelix Levy. Ce ramassis de politiciens aventuriers et corrompus a pour originalité d’entretenir des liens fraternels avec les groupes néo-fascistes et néonazis du Brésil, parmi lesquels le Frente Nacionalista- Front nationaliste-

Le parti agit fanatiquement pour une plus grande participation de l’armée dans la vie publique,  pour l’union entre l’État et la religion, et pour l’annulation de la Constitution de 1988.

En 2007, la presse démocratique révéla que le journal d’extrême droite, la Folha Politica, spécialisé dans la fabrication de fausses nouvelles et la falsification des faits historiques était financé par ce parti.

 Les fils Bolsonaro

Il y a Flavio Bolsonaro. Sénateur fédéral, il s’est fait une spécialité dans la promotion de la généralisation du port d’armes et la baisse de l’âge légal pour les peines pénales. Il s’est distingué récemment dans la destruction d’une plaque en hommage à la militante et élue progressiste de Rio de Janeiro, la sociologue Marielle Franco, assassinée en mars 2018 par un groupe armé, équivalent des Escadrons de la mort. À ce jour aucune trace des assassins de Marielle, dans une ville qui a donné 60% de suffrages à Bolsonaro

L’autre fils, Eduardo Bolsonaro, député fédéral, milite pour la criminalisation des idées communistes, la répression des homosexuels, et pour l’interdiction de la politique des quotas, qui a permis à de nombreux Afro-brésiliens d’accéder aux études supérieures. Il a été le contact permanent du suprémaciste Steve Bannon pour l’organisation des manipulations électorales.

Ce gang et ces hommes, dont les valeurs sentent et suintent la mort, dont la langue est celle de la torture, de la terreur, de l’exclusion, du racisme, de l’exploitation économique et de l’oppression, ont inauguré cette nuit l’ère de la bestialité politique au Brésil. Leur bestialité.

 

Nouvel Ordre Mondial et élections… Brésil, retour à la caserne ?…

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BRÉSIL : RETOUR À LA CASERNE

(TRADUCTION RENÉ BERTHIER)

 

Leonardo Brito (historien) et Luiz Merino (sociologue) Rio de Janeiro – Brésil. 

 

20 octobre 2018

 

Pour Le Monde Libertaire

 

url de l’article: 

https://www.monde-libertaire.fr/?article=Bresil_:_Retour_a_la_caserne

 

Le Brésil aujourd’hui est parcouru de tensions extrêmes qui peuvent être interprétées de manière différente. Le ml en ligne entend présenter aux lecteurs des points de vue différents sur la situation dans ce pays et se faire le lieu d’un débat en proposant ses colonnes aux camarades brésiliens. C’est pourquoi le présent article ne représente que l’opinion de son/ses auteurs

L’arrivée imminente au pouvoir du néofasciste Jair Messias Bolsonaro montre l’approfondissement de la scission qui existe dans le pays depuis près de deux décennies, résultant des contradictions, des limites et des erreurs de la gauche institutionnelle (soulignées par nous, anarchistes, toujours!). Pactiser avec la bourgeoisie a permis l’émergence des forces les plus autoritaires possibles au Brésil. Pour que vous ayez une idée, le nouveau gouvernement d’extrême droite probable suggère la nomination de plusieurs généraux de l’armée pour occuper des ministères à Brasilia (cinq sont déjà envisagés). Le plus grave est le fait que le gouvernement Michel Temer a, ces derniers mois, laissé le soin de créer un tel « groupe de travail » qui crée une vaste communauté d’information, de contrôle et de répression par de l’État brésilien. 

Comme si les contradictions de la très fragile démocratie bourgeoise libérale du Brésil, depuis la transition d’un gouvernement militaire à un gouvernement civil, dans ce que nous appelons la « nouvelle République », ne suffisaient plus, le processus aigu de militarisation de l’État et de la société civile brésilienne avance à grandes pas. Depuis la seconde moitié des années 1980, l’ordre politique établi au Brésil à partir de la charte constitutionnelle de 1988 a imposé certaines contraintes juridiques aux forces armées pour qu’elles agissent dans le paysage politique du pays. Malgré cela, les opportunités n’ont pas manqué aux gouvernements élus par le vote populaire d’avoir recours à ces mêmes forces pour agir dans le domaine de la sécurité publique dans les États brésiliens, largement soumis au trafic de drogue et au modèle avorté de « guerre contre la drogue », au cycle d’interventions violentes dans les quartiers pauvres des grands centres urbains du pays.

L’usage politique des forces de sécurité fédérales a toujours été l’objectif de tous les gouvernements brésiliens depuis la prétendue « ouverture » politique de l’avant-dernière décennie du siècle dernier. Des événements tels que la grève des travailleurs de la Companhia Siderúrgica Nacional (CSN) en 1988 et la très violente répression subie par les Métallos – comme le Massacre de Volta Redonda – ; le mouvement national de 1995 visant à paralyser les employés de Petrobrás dont l’un des principaux objectifs était d’empêcher la privatisation de Petrobrás, en application des ordonnances néolibérales du gouvernement Fernando Henrique Cardoso ; et plus récemment la paralysie des camions dans le pays (un mélange de grève des chauffeurs routiers autonomes et de lock-out) alimentée par la politique libérale perverse de prix du carburant, en vigueur dans le pays depuis la prise du pouvoir par le gouvernement Michel Temer : tous ces événements ont été clairement marqués par le recours à l’appareil répressif de l’État brésilien, illustrant comment le recours aux militaires a toujours été utilisé pour résoudre les conflits de classes au Brésil.

Cela illustre comment le recours aux militaires a toujours été utilisé pour résoudre les conflits de classes au Brésil. Au cours de la présente décennie, la période qui a précédé les grands événements du pays (la Coupe du monde de football de 2014 et les Jeux olympiques de Rio de Janeiro en 2016) a été marquée par d’importantes manifestations populaires contre le coût très élevé de ces événements et mettant l’accent sur le processus de gentrification [De l’anglais « gentry ». Dans une traduction libre, la réévaluation des zones dégradées de la ville qui, par le biais d’opérations public-privé (utilisant une grande quantité de ressources de l’État), a encouragé des interventions et des déplacements importants de communautés d’origine établies il y a plusieurs décennies dans certaines régions de villes comme Rio de Janeiro. Le meilleur et le plus tragique exemple d’enlèvement a été la communauté de «Vila Autódromo», un ancien village de pêcheurs qui a résisté autant que possible aux politiques d’enlèvement violent menées par la ville de Rio de Janeiro.] et la spéculation immobilière élevée dans plusieurs zones des centres urbains où eurent lieu ces événements sportifs.

En 2014, afin de statuer sur la possibilité de manifestations populaires semblables à celles de l’année précédente, le gouvernement Dilma Roussef (Parti des travailleurs) – une sorte de version « soft » du modèle néolibéral en vigueur depuis la décennie précédente – fit « cadeau » à la société civile de l’institution du GLO (Garantie de la loi et de l’ordre). Des attitudes comme celle-ci montrent que le PT, à travers ses gouvernements, a abandonné son projet politique, qualifié de « démocrate populaire » : cours des années qui ont précédé et marqué les gouvernements Lula et Dilma, ils sont devenus de moins en moins populaires et démocratiques.

Ainsi, l’instrument juridique et policier prévu par une interprétation plus large de la Constitution de 1988 permettrait en pratique l’intervention et la militarisation de zones où ont lieu des conflits et des protestations populaires contre toute mesure antipopulaire prise par le gouvernement fédéral. La « boîte à pandore » est ouverte dans les casernes brésiliennes. Les forces armées, en particulier les forces fédérales (marine, armée de terre, aéronautique et forces de sécurité nationales [Appareil répressif créé en 2004 par le gouvernement Lula da Silva (2003-2010) et constitué de policiers et pompiers militaires désignés par les services de sécurité publique de l’État.] ) se voyaient ouvrir les portes ouvertes et offrit toute la garantie légale afin d’agir en tant que pouvoir de police, ce qui est interdit par l’ordre constitutionnel actuel. En bref, cette maxime est vraie, qui dit qu’il est toujours possible de rejeter la démocratie libérale quand se trouve menacé le contrôle des fractions de classe dominante. C’est sans aucun doute la dimension principale de la domination autocratique de la bourgeoisie brésilienne, coloniale, autoritaire et caricaturale. Ce sont des caractéristiques communes aux élites dominantes des pays périphériques comme le Brésil.

Juste après le coup d’État de 2016 qui a renversé le pouvoir de l’ancienne présidente Dilma Rousseff et mis fin au gouvernement de coalition contradictoire, contre-réformiste et social libéral dirigé par le Parti des travailleurs, les  » hommes nouveaux du gouvernement » (pas si nouveaux!), pour la plupart des agents politiques parasites qui ont soutenu le gouvernement Rousseff et l’ont abandonné à son destin lorsque son taux d’impopularité a augmenté et lorsque sont devenus plus évidents les effets d’inversion du modèle économique des années Lula et Dilma, ces « hommes nouveaux » ont continué d’occuper des espaces dans l’appareil d’État brésilien.

L’illusion démocratique [Empruntant le titre du grand article de Michel D. publié dans Le Monde Libertaire 1798 de septembre 2018.] s’était dissipée. Toutes les contraintes (s’il en existait) des institutions démocratiques bourgeoises sont tombées à terre. Quelques mois après le coup d’État, la capitale du pays, Brasilia, a été le théâtre de manifestations populaires importantes en novembre 2016, contre l’approbation de l’amendement constitutionnel qui établissait un plafond pour les dépenses fiscales de l’Etat, point culminant de l’agenda ultra néolibéral de l’actuel président de la République, Michel Temer (ancien vice-président élu et réélu sous Dilma Rouseff).

La bourgeoisie brésilienne a ses tours et ses astuces. Elle a établi un plafond progressif principalement pour les dépenses sociales de l’État [ Il est important de rappeler que ce n’est qu’en 2016 que la capitale du Brésil a été le théâtre de 151 manifestations, appartenant toutes deux à des groupes de gauche, de droite et d’extrême droite. Les données proviennent du portail de la métropole. Disponible à l’adresse https://www.metropoles.com/distrito-f Federal/o-ano-dos-protestos-2016-teve-151-manifestacoes- en-planada. Consulté le 20 octobre 2018.] , qui sont fondamentales dans un pays foncièrement inégalitaire comme le Brésil. Quelques mois plus tard, après les protestations à grande échelle (et qui donnèrent lieu ensuite à des épisodes d’action directe par les secteurs les plus radicaux) le 24 mai 2017, le gouvernement Temer édicta un nouveau décret de GLO, permettant l’usage ostensible de l’armée, à Brasilia et dans d’autres villes du pays où auraient lieu des manifestations violentes. Face aux vigoureuses répercussions, même parmi les groupes politiques réactionnaires, le gouvernement Temer révoqua le lendemain le décret de « Garantie de la loi et de l’ordre ».

Le flirt avec l’autoritarisme était passé. Il y eut un nouveau retour à la caserne. Ce processus s’est considérablement développé et a créé un environnement favorable à la croissance électorale de l’extrême droite brésilienne, représentée par le néo-fasciste Jair Bolsonaro. Sur le point de parvenir à la présidence de la République par le vote populaire, Bolsonaro a reçu un cadeau du gouvernement moribond de Michel Temer. Il convient également de mentionner le rôle fondamental des grands médias et des réseaux sociaux virtuels, qui ont joué un rôle clé dans la propagation de fausses informations, principal instrument de campagne du candidat, qui représente l’ultra-droite néofasciste lors de l’élection présidentielle actuellement en cours au Brésil.

Temer, il faut le rappeler, est une marionnette des fractions rentières de la bourgeoisie brésilienne, un cadavre sans sépulture, qui vient d’être inculpé par la police fédérale pour son implication dans des groupes d’entreprises qui contrôlent les activités économiques dans le port de Santos, dans l’état de São Paulo [Pour plus de détails sur le scandale du « décret sur les ports » qui entraînera très probablement l’emprisonnement de Michel Temer, voir: https://www.cartacapital.com.br/politica/a-policia-federal-aperta-o-cerco-a-temer. Consulté le 20 octobre 2018.] .

À la suite de ces récents événements, le gouvernement brésilien a publié le 15 septembre un décret qui devrait être l’embryon d’un nouveau système organisé d’information et de « contrôle de l’ordre public », déjà désigné dans le pays comme le premier acte institutionnel [Il s’agit ici d’une référence historique à des actes institutionnels, à des décrets-lois limitant les libertés politiques minimales et approfondissant la dictature civil-militaire établie au Brésil le 1er avril 1964.] du probablement futur gouvernement Bolsonaro. Le décret présidentiel 9527/18 « crée le groupe de travail du renseignement pour lutter contre le crime organisé au Brésil ».

Ce groupe de travail est composé de divers organismes de répression, de police, d’information et de contrôle fiscal de l’État brésilien. [agence de renseignement brésilienne, centre de renseignement de la marine du commandement de la marine du ministère de la Défense, centre de renseignement de l’armée du commandement de l’armée Ministère de la défense, centre de renseignement aéronautique du commandement aéronautique du ministère de la défense, conseil de contrôle des activités financières du ministère des finances, secrétariat des recettes fédérales du ministère de la défense, département de la police fédérale du ministère de la sécurité publique, Police fédérale des autoroutes du ministère de la Sécurité publique, département des pénitenciers nationaux du ministère de la Sécurité publique, secrétariat national de la Sécurité publique, également de ce dernier ministère.]

Cette mesure est sans précédent dans l’histoire du Brésil depuis la création du tristement célèbre Système national d’information (SNI), institué par les secteurs militaire et d’affaires arrivés au pouvoir avec le coup d’État d’avril 1964. Une telle « communauté de l’information » avait été dans les années de dictature militaire, une sorte de grande Hydre de Lerne, personnage mythique très bien adapté pour comprendre ce que le SNI représentait pour tous ceux qui s’opposaient – et s’opposent – aux régimes autoritaires d’autrefois et d’aujourd’hui. Le fait est que, dans une interprétation large du décret du 15 octobre 2018, toute organisation qui « affronte l’État brésilien » (il s’agit d’une transcription textuelle de ce décret), incluant les organisations de gauche, les syndicats et autres organisations classiques, peut être compris comme des éléments constitutifs du « crime organisé » dans son rôle historique d’affrontement contre les maux sociaux et contre ’État brésilien lui-même.

Des temps sombres se dessinent à l’horizon pour les organisations de la gauche populaire en général et les libertaires / anarchistes en particulier. Faisons de ce retour à la caserne, exécuté par l’extrême droite brésilienne, un moment propice à réaction et l’organisation autonome de mouvements sociaux luttant contre la montée de cette autocratie bourgeoise si persistante, typique de notre formation sociale et historique. La grande leçon que la gauche institutionnelle dans son ensemble a tirée de ce processus a été de reconnaître les insuffisances et les limites évidentes des sphères représentatives que la démocratie libérale bourgeoise propose à la classe ouvrière.

Nos aspirations ne sont pas et (et ne le seront jamais !) dans les urnes. Cela fait au moins deux siècles que le militantisme socialiste libertaire le dit ! La situation au Brésil exige maintenant la construction d’un grand front antifasciste, puisqu’un éventuel succès électoral du néo-fasciste Jair Messias Bolsonaro n’est qu’une étape dans un long processus de régression politique et sociale qui tendra à s’étendre dans le pays au cours des prochaines décennies. Seule la résistance des travailleurs auto-organisés pourra changer le cours de cette histoire.

Leonardo Brito (historien) et Luiz Merino (sociologue) Rio de Janeiro – Brésil. 20 octobre 2018

Pour Le Monde Libertaire

Reprise en main impérialiste en Amérique du Sud ?… Le Brésil et une « Opération Condor » 2.0…

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Il semblerait que les Yanks remettent sur la table une « Opération Condor » 2.0 pour une reprise en main fasciste de l’Amérique du sud et centrale. Reprise en main fasciste, soutenu par la CIA, les évangélistes (qui dirigent la CIA et une partie du Pentagone) et églises de tout poil dont les prélats se tiennent toujours du « bon côté » de la gégène bien entendu… Suffit de demander à l’ensoutané en chef, Jorge Bergoglio, grand pote de l’autre Jorge… Videla celui-là, qui délivra ses bienfaits humanitaires au peuple argentin entre 1976 et 1981…
L’Opération Condor de la CIA fut menée en Amérique centrale et du sud sous la direction de la CIA employant les tortionnaires militaires locaux formés pour la plupart à la tristement célèbre « École des Amériques », alors sise au Panama et aujourd’hui intégrée au centre des opérations spéciales de Fort Benning en Georgie. Cette opération visait à éradiquer toute résistance au néo-libéralisme par quelques forces populaires que ce soit, élues ou non élues. Cette opération a occasionné des dizaines de milliers de morts et de disparus entre la fin des années 60 et la fin des années 80 au Brésil, au Chili, en Argentine, en Uruguay, en Bolivie, au Paraguay.
Question simple: qui est derrière Bolsonaro ? D’où vient le fric qui l’entretient lui et ses sbires ?
~ Résistance 71 ~


Opération 3B: Brésil-Bible-Bolsonaro

 

Les Bolsonaro annoncent déjà la guerre contre le Vénézuéla

 

Smail Hadj Ali

 

23 octobre 2018

 

source:

https://www.investigaction.net/fr/les-bolsonaro-annoncent-deja-la-guerre-contre-le-venezuela/ 

 

Certes ce fascisme-là n’est ni le décalque, ni la copie conforme, historiquement située et datée, du fascisme mussolinien, mais le “bolsonarisme” tout comme le fascisme italien, porte aussi en lui “la guerre, comme la nuée l’orage“, et ce indépendamment de la guerre terroriste -tout comme le fascisme mussolinien par ailleurs- qu’il s’est promis de mener contre les forces progressistes, démocratiques, et révolutionnaires du Brésil.

Après que son père eut promis sang, terreur, exil, prison aux forces démocratiques et progressistes, dans un discours d’une fureur de fürher, un de ses fils s’est adressé à la même foule d’adorateurs fanatisés et de futurs miliciens néo-fascistes en hurlant, la rage et la haine aux tripes, qu’ une fois le pouvoir aux mains de son géniteur pousse-au-crime, le Brésil déclarera la guerre au Venezuela, en mettant en avant l’accord du général Mourâo, candidat de l’armée brésilienne à la vice-présidence  et nostalgique des années de chape de plomb de la dictature militaire (1964-1984)

Après avoir dit qu’il suffisait d’un soldat et d’un trouffion pour mettre fin à l’existence du Tribunal Fédéral Supérieur (Conseil Constitutionnel), qui, pourtant, depuis plus de deux ans a légitimé la prise de pouvoir par les parlementaires golpistes et travaillé avec enthousiasme à la légitimation des néo-fascistes brésiliens et au processus de fascisation des institutions d’État, entre autres judiciaires, le fils du candidat d’extrême-droite a  gu….lé dans une vidéo retransmise Avenida Paulista le dimanche 21 octobre :

La prochaine opération de paix du Brésil aura lieu au Venezuela. Nous allons libérer nos frères vénézuéliens de la faim et du socialisme Nous allons donner une leçon au “narcodictateur” du Venezuela, Nicolás Maduro”. D’ailleurs , a-t-il vociféré,  le général Mourâo co-listier pour la vice-présidence- en a déjà parlé . 

En vérité, ces propos ne font que confirmer les plans d’invasion du Venezuela* planifiés par les États-Unis depuis quelques années, et ses États-Clients du continent, pour reprendre le concept, qui n’a jamais été aussi actuel, forgé par Noam Chomsky dans les années 70 -Plan Condor- la Colombie, le Paraguay, et le Brésil, si ce gang d’aventuriers néo-fascistes prenait le pouvoir le 28 octobre prochain.

Société contre l’État: Justice et droit positif ou l’organisation de la vindicte (Pierre Kropotkine)

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Quelques réflexions fondamentales sur ce qu’est la « justice » étatique et pourquoi elle ne peut être qu’une mascarade au service du pouvoir et de la classe dominante oppressive. Une analyse faite il y a 117 ans et toujours d’une brûlante actualité simplement parce que depuis tout ce temps nous n’avons absolument rien résolu, bien au contraire, nous n’avons fait qu’acquiescer aux « réformes » maintenant le consensus du statu quo oligarchique sur nos vies et nos existences.
~ Résistance 71 ~

 

Organisation de la vindicte appelée justice

 

Pierre Kropotkine

“Les temps nouveaux” n19, 1901

 

Le saint-simonien Adolphe Blanqui avait eu parfaitement raison de faire ressortir, dans son Histoire de l’économie politique, l’importance que les formes économiques ont eue dans l’histoire de l’humanité, pour déterminer les formes politiques de la société et même ses conceptions sur le droit, la morale et philosophie. À cette époque, les libéraux et les radicaux donnaient toute leur attention au régime politique et méconnaissaient les conséquences du régime bourgeois qui s’intronisait alors en France, sur les ruines de la Première République. Il était donc tout naturel que, pour faire ressortir l’importance du facteur économique, et pour attirer l’attention sur un sujet méconnu par les meilleurs esprits, ainsi que sur un immense mouvement socialiste qui commençait à peine (son Histoire est datée de 1837), il exagérât même l’importance du facteur économique et qu’il cherchât à construire toute l’histoire comme une superstructure sur les relations économiques. C’était nécessaire, ou en tout cas inévitable. Cela se répète continuellement dans l’histoire des sciences. « À d’autres », devait-il se dire, « la tâche de faire ressortir l’importance des autres facteurs : formes politiques du gouvernement, idées sur la justice, conceptions théologiques et le reste. Moi, je dois faire ressortir toute l’importance de mon sujet. L’importance des autres facteurs n’est déjà que trop démontrée. »

On sait jusqu’à quelles exagérations cette idée fut portée depuis par l’école social-démocratique allemande, et on connaît les efforts que nous, anarchistes, faisons pour attirer l’attention et l’étude sur cet autre facteur de la vie des sociétés, l’Etat.

Il faut reconnaître cependant que nous-mêmes, en luttant pour l’abolition de la structure nécessairement hiérarchique, centralisée, jacobine et anti-libertaire par principe, qui a nom Etat, — que nous aussi nous avons forcément négligé jusqu’à un certain point dans notre critique des institutions actuelles la ci-nommée Justice. Nous en avons souvent parlé, les journaux anarchistes ne cessent de la critiquer, et cependant nous ne l’avons pas encore suffisamment sapée dans ses fondements mêmes.

C’est pour attirer davantage l’attention et pour provoquer la discussion sur ce sujet, que ce rapport fut écrit.

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L’étude du développement des institutions amène forcément à la conclusion que l’Etat et la Justice — c’est-à-dire le juge, le tribunal, institués spécialement pour établir la justice dans la société — sont deux institutions qui, non seulement coexistent dans l’histoire, mais sont intimement liées entre elles par des liens de cause et effet. L’institution de juges spécialement désignés pour appliquer les punitions de la loi à ceux qui l’auront violée, amène nécessairement la constitution de l’Etat. Et quiconque admet la nécessité du juge et du tribunal spécialement désignés pour cette fonction, avec tout le système de lois et de punitions qui en découlent, admet par cela même la nécessité de l’Etat. Il a besoin d’un corps qui édicte les lois, de l’uniformité des codes, de l’université pour enseigner l’interprétation et la fabrication des lois, d’un système de geôles et de bourreaux, de la police et d’une armée au service de l’Etat.

En effet, la tribu primitive, toujours communiste, ne connaît pas de juge. Dans le sein de la tribu, entre membres de la même tribu, le vol, l’homicide, les blessures n’existent pas. L’usage suffit pour les empêcher. Mais dans le cas excessivement rare où quelqu’un manquerait aux usages sacrés de la tribu, toute la tribu le lapiderait ou le brûlerait. Chacun lui jettera alors sa pierre, chacun apportera son fagot de bois, afin que ce ne soit pas un tel ou un autre, mais bien la tribu entière qui l’aura mis à mort.

Et si un homme d’une autre tribu a blessé un des nôtres, ou lui a infligé une blessure, toute notre tribu doit, ou bien tuer le premier venu de cette autre tribu, ou bien infliger à n’importe qui de cette autre tribu une blessure absolument du même genre et de la même grandeur : pas un grain de blé (le millimètre d’alors) plus large ou plus profonde.

C’était leur conception de la justice.

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Plus tard, dans la commune villageoise des premiers siècles de notre ère, les conceptions sur la justice changent. L’idée de vengeance est abandonnée peu à peu (avec beaucoup de lenteur et surtout chez les agriculteurs, mais survivant dans les bandes militaires), et celle de compensation à l’individu ou à la famille lésée se répand. Avec l’apparition de la famille séparée, patriarcale et possédant fortune (en bétail ou en esclaves enlevés à d’autres tribus), la compensation prend de plus en plus le caractère d’évaluation de ce que « vaut » (en possessions) l’homme blessé, lésé de quelque façon, ou tué : tant pour l’esclave, tant pour le paysan, tant pour le chef militaire ou roitelet que telle famille aura perdu. Cette évaluation des hommes constitue l’essence des premiers codes barbares.

La commune de village se réunit et elle constate le fait par l’affirmation de six ou douze jurés de chacune des deux parties qui veulent empêcher la vengeance brutale de se produire et préfèrent payer et accepter une certaine compensation. Les vieux de la commune, ou les bardes qui retiennent la loi (l’évaluation des hommes de différentes classes) dans leurs chants, ou bien des juges invités par la commune, déterminent le taux de la lésion : tant de bétail pour telle blessure ou pour tel meurtre. Pour le vol, c’est simplement la restitution de la chose volée ou de son équivalent, plus une amende payée aux dieux locaux ou à la commune.

Mais peu à peu, au milieu des migrations et des conquêtes, les communes libres de beaucoup de peuplades sont asservies ; les tribus et les fédérations aux usages différents se mêlent sur un même territoire, il y a les conquérants et les conquis. Et il y a en plus le prêtre et, l’evêque — sorciers redoutés — de la religion chrétienne qui sont venus s’établir parmi eux. Et peu à peu, au barde, au juge invité, aux anciens qui déterminaient jadis le taux de la compensation, se substitue le juge envoyé par l’évêque, le chef de la bande militaire des conquérants, le seigneur ou le roitelet. Ceux-ci, ayant appris quelque chose dans les monastères ou à la cour des roitelets, et s’inspirant des exemples du Vieux Testament, deviendront peu à peu juges dans le sens moderne du mot. L’amende qui était jadis payée aux dieux locaux — à la commune — va maintenant à l’évêque, au roitelet, à son lieutenant, ou au seigneur. L’amende devient le principal, tandis que la compensation allouée aux lésés pour le mal qui leur fut fait, perd de son importance vis-à-vis de l’amende payée à ce germe de l’Etat. L’idée de punition commence à s’introduire, puis à dominer. L’Eglise chrétienne surtout ne veut pas se contenter d’une compensation ; elle veut punir, imposer son autorité, terroriser sur le modèle de ses devancières hébraïques. Une blessure faite à un homme du clergé n’est plus une simple blessure ; c’est un crime de lèse-divinité. En plus de la compensation, il faut le châtiment, et la barbarie du châtiment va en croissant. Le pouvoir séculier fait de même.

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Aux dixième et onzième siècles se dessine la révolution des communes urbaines. Elles commencent par chasser le juge de l’évêque, du seigneur ou du roitelet, et elles font leur « conjuration ». Les bourgeois jurent d’abandonner d’abord toutes les querelles surgies de la loi du talion. Et lorsque de nouvelles querelles surgiront, de ne jamais aller vers le juge de l’évêque ou du seigneur, mais d’aller vers la guilde, la paroisse, ou la commune. Les syndics élus par la guilde, la rue, la paroisse, la commune ou, dans les cas plus graves, la guilde, la paroisse, la commune, réunies en assemblée plénière, décideront la compensation à accorder à la personne lésée.

En outre, l’arbitrage à tous les degrés — entre particuliers, entre guildes, entre communes — prend une extension réellement formidable.

Mais, d’autre part, le christianisme et l’étude renouvelée du droit romain font aussi leur chemin dans les conceptions populaires.Le prêtre ne fait parler que des vengeances d’un dieu méchant et vengeur. Son argument favori (il l’est encore jusqu’à ces jours) est la vengeance éternelle qui sera infligée à celui qui aura péché envers les prescriptions du clergé. Et, s’appuyant sur les paroles des évangiles concernant les possédés par le diable, il voit un possédé dans chaque criminel et invente toutes les tortures pour chasser le diable du corps du « criminel ». Il le brûle au besoin. Et comme, dès les premiers siècles, le prêtre conclut alliance avec le seigneur, et que le prêtre lui-même est toujours un seigneur laïque, et le pape un roi, le prêtre fulmine aussi et poursuit de sa vengeance celui qui a manqué à la loi laïque imposée par le chef militaire, le seigneur, le roi, le prêtre-seigneur, le roi-pape. Le pape lui-même, auquel on s’adresse continuellement comme à un arbitre suprême, s’entoure de légistes versés dans le droit impérial et seigneurial romain. Le bon sens humain, la connaissance des us et coutumes, la compréhension des hommes, ses égaux, — qui faisaient jadis les qualités des tribunaux populaires — sont déclarés inutiles, nuisibles, favorisant les mauvaises passions, les inspirations du diable, l’esprit rebelle.

(Note de R71: ceci constituait ce qu’on appelle le “droit coutumier” ou “common law” en anglais. Les anglo-saxons reconnaissent toujours ce droit même s’il est de nos jours tombés en désuétude, il connaît néanmoins une certaine résurgence depuis quelques années devant la méfiance croissante des personnes envers le droit positif fondateur des lois gérant les états…)

 Le « précédent », la décision de tel juge, fait loi, et pour lui donner plus de prise sur les esprits, on va chercher le précédent dans les époques de plus en plus reculées — dans les décisions et les lois de la Rome des empereurs et de l’Empire hébraïque.

L’arbitrage disparaît de plus en plus à mesure que le seigneur, le prince, le roi, l’évêque et le pape deviennent de plus en plus puissants et que l’alliance des pouvoirs temporel et clérical devient de plus en plus intime. Ils ne permettent plus à l’arbitre d’intervenir et exigent par la force que les parties en litige comparaissent devant leurs lieutenants et juges. La compensation à la partie lésée disparaît presque entièrement des affaires « criminelles », et se trouve bientôt presque entièrement remplacée par la vengeance, exercée au nom du Dieu chrétien ou de l’Etat romain. Sous l’influence de l’Orient, les punitions deviennent de plus en plus atroces. L’Eglise, et après elle le pouvoir temporel, arrivent à un raffinement de cruauté dans la punition, qui rend la lecture ou la reproduction des punitions infligées aux quinzième et seizième siècles presque impossibles pour un lecteur moderne.

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Les idées fondamentales sur ce point essentiel, cardinal de tout groupement humain, ont ainsi changé du tout au tout entre le onzième et le seizième siècle. Et lorsque l’Etat, en vertu des causes que nous avons cherché à éclaircir dans l’étude sur L’État et son rôle historique [2], lorsque l’Etat s’empare des communes qui ont renoncé déjà, même dans les idées, aux principes fédératifs d’arbitrage et de justice compensative populaire (essence de la commune du douzième siècle) — la conquête est relativement facile. Les communes, sous l’influence du christianisme et du droit romain, étaient déjà devenues de petits Etats, elles étaient déjà devenues étatistes dans leurs conceptions dominantes.

Certainement, il est extrêmement intéressant de tracer comment les changements économiques intervenus pendant ces cinq siècles, comment le commerce lointain, l’exportation, la création de la banque et les emprunts communaux, les guerres, la colonisation et les germes de production sous la conduite d’un entrepreneur capitaliste, se substituent à la production, la consommation et le commerce communaux — il est très intéressant, disons-nous, de tracer comment ces divers et nombreux facteurs économiques influaient sur les idées dominantes du siècle. De superbes recherches dans ce sens ont été disséminées, en effet, par les historiens des communes dans leurs œuvres, de même que quelques recherches (beaucoup plus difficiles, cependant, et toujours hétérodoxes) sur l’influence des idées dominantes, chrétiennes et romaines se trouvent aussi disséminées dans ces œuvres. Mais il serait tout aussi faux et anti-scientifique d’attribuer une influence exagérée, déterminante, au premier de ces facteurs, comme il serait faux en botanique de dire que la somme de chaleur reçue par une plante détermine seule ou surtout sa croissance, et d’oublier l’influence de la lumière ou de l’humidité. D’autant plus faux s’il s’agissait de préciser les facteurs qui déterminent les variations dans telle espèce.

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Ce court aperçu historique permet déjà d’apercevoir jusqu’à quel point l’institution pour la vengeance sociétaire, nommée Justice, et l’Etat sont deux institutions corrélatives, se supportant mutuellement, s’engendrant l’une l’autre et historiquement inséparables.

Mais il suffirait aussi d’une calme réflexion pour comprendre combien les deux sont logiquement inséparables ; combien toutes deux ont une origine commune dans un même cercle d’idées sur l’autorité veillant à la sécurité de la société et exerçant vengeance sur ceux qui rompent les précédents établis — la Loi.

Donnez-nous des juges, spécialement nommés par vous ou par vos gouvernants, pour nous venger contre ceux qui auront manqué aux précédents légaux réunis dans les codes, — ou seulement pour venger la Société au nom de la Loi contre les infractions aux coutumes sociables — et l’Etat en est la conséquence logique. Et, d’autre part, retenez l’institution pyramidale, centralisée, s’immisçant dans la vie des sociétés, que nous nommons l’Etat — et vous avez nécessairement les juges nommés ou sanctionnés par l’Etat, soutenus par le pouvoir exécutif pour se venger au nom de l’Etat contre ceux qui auront enfreint ses règlements.

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Nous vivons aujourd’hui dans une époque où une révision complète se fait de toutes les bases, de toutes les idées fondamentales sur lesquelles repose la société moderne. Nous qualifions de vol ou d’usurpation légalisée les droits de propriété sur le sol et le capital social ; nous nions ces droits. Nous qualifions de monopoles, constitués par une Mafia gouvernante, les droits acquis par les sociétés d’actionnaires des chemins de fer, de gaz, etc. Nous qualifions d’usurpateurs nos gouvernants puissamment organisés pour nous tenir sous leur tutelle. Et nous qualifions de brigands les Etats qui se ruent les uns sur les autres avec des buts de conquête.

Et il dépend aujourd’hui de nous-mêmes, soit de nous arrêter à moitié chemin et, payant tribut à notre éducation de vengeance chrétienne et romaine, respecter l’enfant bâtard de ces deux courants d’idées — la ci-nommée Justice — ou bien porter la hache tranchante de notre critique à cette institution qui est la vraie base du capitalisme et de l’Etat.

Ou bien, imbus de préjugés de vengeance, d’un Dieu vengeur dont nous devons alléger la tâche, et d’un Etat divinisé au point de le considérer comme l’incarnation de la justice, nous garderons l’institution — le bras séculier du Dieu — que nous nommons Justice. Nous nous donnerons des juges, nommés par nous-mêmes ou par nos gouvernants, et nous leur dirons : « Veillez à ce que les us et coutumes et les précédents judiciaires connus sous le nom de Loi soient respectés. Frappez, vous, incarnations de la justice, ceux qui auront manqué aux usages sociaux de la communauté. Nous vous donnerons les moyens physiques de coercition nécessaire ainsi que notre appui moral… Faites. »

Alors l’Etat — la force qui est placée au-dessus de la Société et qui fatalement cherche à centraliser, à agrandir ses pouvoirs — est constitué et durera, jusqu’à ce qu’une nouvelle révolution vienne le renverser.

L’arbitre pouvait juger et jugeait selon sa compréhension de la justice dans chaque cas séparé, sa connaissance et sa compréhension des rapports humains existants, sa conception de la conscience individuelle et sociétaire. Le juge nommé pour juger, le spécialisé pour punir, doit avoir un code. Donc, il faut une machine législative, une organisation pour fabriquer le code, pour choisir entre les divers précédents et cristalliser sous forme de loi ceux d’entre eux qu’elle trouvera utile à conserver. Le gouvernement direct, c’est-à-dire la nation questionnée sur la manière de formuler le précédent obligatoire (la loi), est évidemment une chimère à laquelle les partisans mêmes du gouvernement direct ne croient pas. Il faut le gouvernement indirect, les hommes supérieurs, les Übermensch (héros) de Nietzsche, nommés pour formuler les lois.

Il faut aussi des hommes pour interpréter les formules des lois, l’université des légistes. Et ces hommes deviendront nécessairement les maniaques du verbe et de la lettre ; ils feront peser sur la société tout le poids des survivances héritées de nos ancêtres. Ils nous crieront « Arrière ! » quand nous voudrons marcher de l’avant.

Il faut, en outre, le licteur armé de verges et de la hache — le pouvoir exécutif — la force mise au service du « Droit », comme disent les apologistes de leurs propres vertus. Il faut la police, le mouchard, l’agent provocateur et leur aide, la prostituée [3] ; il faut le bourreau ; il faut la prison, le gardien de prison, les travaux dans les prisons et tout le reste — toute la saleté inimaginable qui entoure et fait tache d’huile autour des universités du crime, des pépinières de tendances antisociales que deviennent fatalement toutes les prisons.

Et il faut enfin le gouvernement pour surveiller, organiser, grader l’armée de surveillants. Il faut un impôt formidable pour maintenir cette machine, une législation pour la faire marcher, et encore des juges, de la police et des prisons pour faire respecter la législation pénitentiaire.

Le juge amène avec lui l’Etat, et quiconque voudra étudier dans l’histoire la croissance des Etats verra quelle part immense, fondamentale, primordiale le juge a jouée dans la constitution de l’Etat centralisé moderne.

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Ou bien, après avoir révolutionné nos idées sur tant de points fondamentaux, que l’on croyait très sincèrement constituer la base même de toute société (propriété, mission divine des rois, etc.), nous descendrons encore plus, jusqu’aux fondements mêmes, jusqu’à l’origine de toutes les oppressions. Nous porterons la torche de notre critique jusqu’à l’application de la justice confiée à une caste spéciale, jusqu’au ramassis de précédents antiques : le Code.

Nous verrons alors que le Code (tous les codes) représente un rassemblement de précédents, de formules empruntées à des conceptions de servitude économique et intellectuelle, absolument répugnantes aux conceptions qui se font jour parmi nous — socialistes de toutes écoles [4]. Ce sont des formules cristallisées, des « survivances », que notre passé esclave veut nous imposer, pour empêcher notre développement. Et nous répudierons le Code — tous les codes. Peu nous importe qu’ils contiennent certaines affirmations de morale dont nous partageons nous-mêmes l’idée générale. Une fois qu’ils imposent des punitions pour les affirmer, nous n’en voulons pas — sans parler des nombreuses affirmations serviles que chaque code mêle à son œuvre de moralisation de l’homme par le fouet. Tout code est une cristallisation du passé, écrite pour entraver le développement de l’avenir.

Continuant notre critique, nous découvrirons sans doute que toute punition légale est une vengeance légalisée, rendue obligatoire ; et nous nous demanderons si la vengeance est nécessaire. Sert-elle à maintenir les coutumes sociables ? Empêche-t-elle la petite minorité de gens enclins à les violer d’agir à l’encontre des coutumes ? En proclamant le devoir de la vengeance, ne sert-elle pas à maintenir dans la société précisément les coutumes anti-sociables ? Et quand nous nous demanderons si le système de punitions légales, avec la police, le faux témoin, le mouchard, l’éducation criminelle en prison, le maniaque du code et le reste, ne sert pas à déverser dans la société un flot de perversité intellectuelle et morale, bien plus dangereux que les actes anti-sociables des « criminels » — quand nous nous serons seulement posé cette question et aurons cherché la réponse dans l’étude de l’actualité, nous verrons tout de suite qu’il ne peut y avoir d’hésitation sur la réponse à donner. Nous rejetterons alors le système de punitions, comme nous aurons rejeté les codes.

Affranchis intellectuellement de cette « survivance » — la plus mauvaise — nous pourrons alors étudier (sans nous préoccuper de ce que firent pour cela l’Eglise et l’Etat) quels sont les moyens les plus pratiques (étant donnés les hommes, ce qu’ils sont) pour développer en eux les sentiments sociables et entraver le développement des sentiments anti-sociables.

Eh bien ! quiconque aura fait cette étude, après s’être débarrassé de la tradition judiciaire, n’arrivera certainement pas à conclure en faveur du juge et du système pénitentiaire. Il cherchera ailleurs.

Il verra que l’arbitrage par un tiers, choisi par les parties en litige, serait amplement suffisant dans l’immense majorité des cas. Il comprendra que la non-intervention de ceux qui assistent à une bagarre, ou à un conflit qui se prépare, est simplement une mauvaise habitude que nous avons acquise depuis que nous avons le juge, la police, le prêtre et l’Etat, — et que l’intervention active des amis et des voisins empêcherait déjà une immense majorité de conflits brutaux.

Il comprendra aussi que se donner une police, des gendarmes, des bourreaux, des gardes-chiourmes et des juges, seulement pour opérer la vengeance légale sur cette petite minorité de gens qui rompent les coutumes sociables ou deviennent agressifs, au lieu de veiller tous pour soi et pour chacun à empêcher l’agression ou à en réparer les torts ; qu’agir de cette façon est aussi irraisonnable et antiéconomique que de laisser le soin de diriger l’industrie à des patrons, au lieu de se grouper entre soi pour satisfaire ses besoins. Et si nous croyons l’homme capable d’arriver un jour à se passer de patrons, c’est simplement par habitude et par paresse de la pensée que nous ne sommes pas arrivés à comprendre que les hommes qui se passeront de patrons seront assez intelligents pour se passer de patrons en morale — des juges et de la police. Tout comme ils chercheront et trouveront le moyen de satisfaire leurs besoins sans patrons, ils sauront trouver les moyens (déjà amplement indiqués) d’augmenter la sociabilité humaine et d’empêcher les êtres trop emportés ou anti-sociables par nature (existent-ils seulement ?) d’être un danger pour la société. L’éducation, l’existence plus ou moins garantie, le contact plus étroit entre hommes, et surtout l’adoucissement des peines ont déjà opéré bien des changements frappants dans cette direction. Serions-nous, dans une société collectiviste ou communiste, socialiste ou anarchiste, moins capables de pousser encore plus loin ces changements ? Serions-nous inférieurs en cela à nos chers gouvernants actuels ?

Conclusions

La vindicte sociétaire organisée, appelée Justice, est une survivance d’un passé de servitude, développée d’une part par les intérêts des classes privilégiées et d’autre part par les idées du droit romain et celles de vengeance divine qui font tout aussi bien l’essence du christianisme que ses idées de pardon et sa négation de la vengeance humaine.

L’organisation de la vengeance sociétaire sous le nom de Justice est corrélative dans l’histoire avec la phase Etat. Logiquement aussi, elle en est inséparable. Le juge implique l’Etat centralisé, jacobin ; et l’Etat implique le juge nommé spécialement pour exercer la vengeance légale sur ceux qui se rendent coupables d’actes antisociaux.

Issue d’un passé de servage économique, politique et intellectuel, cette institution sert à le perpétuer. Elle sert à maintenir dans la société l’idée de vengeance obligatoire, érigée en vertu. Elle sert d’école de passions antisociales dans les prisons. Elle déverse dans la société un flot de dépravation qui suinte autour des tribunaux et des geôles par le policier, le bourreau, le mouchard, l’agent provocateur, les bureaux pour la moucharderie privée, etc. — ce flot grandissant tous les jours. Le mal excède en tout cas le bien que la justice est supposée accomplir par la menace de punition.

Une société qui trouverait antiéconomique et sociétairement nuisible la présente organisation de la vie économique livrée au patron capitaliste, découvrirait certainement aussi que livrer le développement des sentiments sociables à une organisation de vengeance judiciaire est aussi antiéconomique et anti-libertaire. Elle comprendrait que le Code n’est qu’une cristallisation, une divinisation de coutumes et de conceptions appartenant à un passé que tous les socialistes répudient. Elle saurait se passer de l’institution judiciaire.

Elle trouverait les moyens de s’en passer dans l’arbitrage volontaire, dans les liens plus serrés qui surgiraient entre tous les citoyens et les moyens puissants éducatifs dont disposerait une société qui n’abandonnerait pas le soin de son hygiène morale au gendarme.

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Lectures complémentaires:

Marshall-Sahlins-La-nature-humaine-une-illusion-occidentale-2008

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

La_Conquête_du_Pain_Kropotkine

Manifeste pour la Société des Sociétés

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

L’anarchisme-africain-histoire-dun-mouvement-par-sam-mbah-et-ie-igariwey

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

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Clastres_Préface_Sahlins

La Morale Anarchiste de Kropotkine)

le-prince-de-levolution-Dugatkin

Appel au Socialisme Gustav Landauer