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Résistance au colonialisme: Amérindiens et Palestiniens même combat…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 20 septembre 2016 by Résistance 71

« A cause de notre conférence à Genève et nos liens très amicaux avec l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), l’American Indian Movement (AIM) possédait une bonne crédibilité dans cette partie du monde. Tout comme l’OLP, nous sommes vitalement intéressé à retrouver notre pays et notre souveraineté. »
~ Russell Means, 1995 ~

 

Amérindiens et Palestiniens un combat commun pour la justice

 

Ramzy Baroud

 

16 septembre 2016

 

url de l’article:

http://chroniquepalestine.com/amerindiens-palestiniens-combat-commun-justice/

 

Note de Résistance 71: Nous avons publié et traduit un nombre conséquant d’article à ce sujet, voir notre dossier “Amérindiens / Palestiniens” ainsi que notre dossier sur la « Résistance au Dakota Access Pipleline de Standing Rock »

 

Des milliers d’Américains autochtones (ou  » Amérindiens « ) ont ressuscité l’esprit combatif de leurs ancêtres alors qu’ils se tenaient dans un rassemblement unitaire sans précédent pour contester la profanation par une compagnie pétrolière de leur terre sacrée dans le Dakota du Nord.

Compte tenu du poids de son contexte historique, ce moment a été l’un des événements les plus émouvants dans l’histoire récente.

Le bras de fer, impliquant 5000 manifestants autochtones américains avec parmi eux les représentants de 200 tribus et groupes de défense de l’environnement, a été largement édulcoré dans les bulletins d’informations en étant réduit à une question de détails techniques – concernant les questions de permis et de poursuites judiciaires.

Un combat inégal

Au mieux, les tribus rassemblées et la compagnie pétrolière sont traitées comme si elles étaient à parties égales dans une lutte prétendument équilibrée.  » ‘Dakota’ signifie ‘amical’ et pourtant, il semble qu’aucune des parties n’a été trop amicale à l’égard de l’autre », écrit Mark Albert sur le site Web du réseau de télévision américain CBS.

La nation Dakota est à juste titre alarmée par la perspective que ses réserves d’eau soient polluées par l’énorme pipeline qui traversera quatre États et s’étirera sur plus de 1100 miles.

L’ « autre côté » est la société Energy Transfer Partners, dont la construction du Dakota Access Pipeline au coût de 3,7 milliards de dollars, porte atteinte aux droits territoriaux des tribus amérindiennes, détruisant des cimetières sacrés et menaçant de polluer les principales ressources en eau de larges communautés amérindiennes.

Craindre de futurs déversements dans la rivière Missouri n’a rien d’une exagération. Les États-Unis sont aujourd’hui aux prises avec des crises de l’eau, en partie à cause de l’abandon d’infrastructures mais aussi à cause de nombreux déversements de pétrole et fuites de gaz naturel.

La récente crise de l’eau à Flint dans le Michigan, et le déversement de pétrole dans un passé récent par la compagnie British Petroleum dans le Golfe du Mexique – dont le corollaire a été de graves crises humanitaires et environnementales – ne sont que deux cas récents parmi les plus notoires.

Mais le problème est beaucoup plus profond et la situation ne cesse de s’aggraver.

La pollution des ressources en eau est devenu un problème à l’échelle nationale

Des données obtenues par le réseau d’informations CNBC auprès de l’Agence gouvernementale de protection de l’environnement, ont montré que « seuls neuf États américains signalent des niveaux tolérables pour la santé, de plomb dans leur approvisionnemhttp://chroniquepalestine.com/amerindiens-palestiniens-combat-commun-justice/ent en eau. Ces États sont l’Alabama, l’Arkansas, Hawaii, le Kentucky, le Mississippi, le Nevada, le Dakota du Nord, le Dakota du Sud et le Tennessee « .

Comme si cela n’était pas suffisamment préoccupant, le gigantesque pipeline de pétrole brut traversera plusieurs de ces mêmes États, pouvant encore limiter leur nombre.

Les débats sur les risques potentiels de la construction du pipeline sont monnaie courante depuis des années. Mais la question, a gagné une couverture nationale et internationale lorsque les tribus amérindiennes se sont mobilisées pour protéger leurs terres et leurs ressources en eau.http://chroniquepalestine.com/amerindiens-palestiniens-combat-commun-justice/

La mobilisation des tribus a été accueillie par une violence étatique. Au lieu de prendre en compte les importants griefs des tribus – en particulier ceux dans la réserve de Standing Rock qui se trouve à seulement un mile au sud de l’oléoduc – le gouverneur de l’État a convoqué tous les organismes d’application de la loi et mobilisé la Garde nationale. Mace Les manifestants ont été battus, arrêtés et chassés par des hommes armés en uniforme.

Aux États-Unis, quand les gens s’opposent aux grandes corporations, il semble que le plus souvent la violence d’État est la seule réponse et est lâchée contre des personnes non armées, dans l’unique but de protéger les grandes entreprises.

Une mobilisation des plus impressionnantes

Mais n’oublions pas un élément essentiel : la mobilisation et l’unité entre les tribus amérindiennes ont été les plus impressionnantes depuis des décennies. Alors que les chefs et les représentants de tribus venus de tous les États-Unis continuaient d’arriver sur les terrains de campement, l’esprit collectif des nations amérindiennes était relancé avec force.

En fait, la mobilisation actuelle des tribus amérindiennes dépasse de beaucoup la lutte contre une corporation avide de gain et soutenue par l’appareil agressif de l’État. Il est question en vérité de l’esprit des peuples autochtones de cette terre, qui ont subi un long génocide visant à leur élimination complète.

Les voir debout une fois de plus, avec leurs familles, montant leurs chevaux drapés de plumes, luttant pour leur identité, est une cause de célébration. Aux peuples opprimés partout dans le monde, ils apportent l’espoir que l’esprit humain ne sera jamais détruit.

Le génocide des Amérindiens, semblable à la destruction ininterrompue de la nation palestinienne, est l’un des points les plus bas atteint par la morale humaine. Il est particulièrement décourageant de voir à quel point il est toujours nécessaire de se battre pour faire reconnaître cette grave injustice.

Un génocide qui n’a jamais cessé

Pendant 500 ans, les Américains autochtones ont subi toutes les tentatives imaginables pour les effacer de la surface de la planète. Leurs nombre est tombé de dix millions avant l’arrivée des Européens en Amérique du Nord, à moins de trois cent mille au début du 20e siècle. Ils ont été exterminés par les guerres coloniales et ravagés par les maladies venues de l’étranger.

Les appels à détruire les Amérindiens n’étaient pas suggérés mais plutôt clairement affichés. Par exemple, Spencer Phips, lieutenant-gouverneur de la province de Bay dans le Massachusetts a publié cette déclaration en 1755 au nom du roi George II: « Les sujets de Sa Majesté doivent saisir toutes les occasions de poursuivre, capturer, tuer et détruire la totalité et chacun des Indiens précités. »

La liste des prix pour les scalps des autochtones assassinés était la suivante : « 50 livres pour les scalps d’adultes de sexe masculin; 25 pour les scalps de femmes adultes, et 20 pour les scalps des garçons et des filles de moins de 12 ans.  »

Cette politique génocidaire contre les Amérindiens s’est poursuivie sans relâche.

Un siècle plus tard, en 1851, le gouverneur de Californie Peter H. Burnett, a fait cette déclaration: « Une guerre d’extermination continuera d’être menée entre les deux races jusqu’à ce que la race indienne ait totalement disparu « .

Les méthodes d’extermination étaient variées, allant de l’assassinat pur et simple et la distribution de couvertures infectées par les maladies, à, comme c’est le cas aujourd’hui, la menace sur leur ressource la plus vitale : l’eau.

Pourtant, d’une certaine manière, l’esprit de Sitting Bull et Crazy Horse et de nombreux et courageux chefs et guerriers parcourent encore les plaines, exhortant leur peuple à se lever et à poursuivre un combat très ancien pour la justice et les droits.

Amérindiens et Palestiniens

Les Palestiniens ont toujours estimé que l’héritage des Amérindiens est semblable au leur.

« Nos noms: les feuilles aux branches de la parole divine; les oiseaux qui montent plus haut qu’un coup de pistolet. Vous qui venez d’au-delà de la mer, voulant la guerre; ne coupez pas l’arbre de nos noms; ne lancez pas vos chevaux enflammés à travers les plaines « .

Ce sont quelques-uns des versets du poème séminal du poète palestinien Mahmoud Darwish : « Discours de l’Indien rouge. »

Je me souviens du jour où cet impressionnant morceau de littérature arabe a été publié intégralement dans le journal palestinien « Al-Qods». A l’époque, j’étais un adolescent dans un camp de réfugiés à Gaza. Je l’ai lu avec beaucoup d’appréhension et de vertige – soigneusement, lentement, et à plusieurs reprises.

Ceux qui ont pu le lire l’ont récité à voix haute à ceux qui ne le pouvaient pas.

Beaucoup de larmes ont été versées ce jour-là, surtout parce que nous savions tous trop bien que nous étions les http://chroniquepalestine.com/amerindiens-palestiniens-combat-commun-justice/« Indiens rouges ». Ils étaient nous-mêmes.

Bien avant que la théorie critique féministe ait inventé le terme « intersectionnalité » qui soutient que l’oppression est interconnectée et qu’une institution oppressive ne peut pas être analysée isolément des autres, les Palestiniens, comme les autres victimes de la colonisation génocidaire, en ont toujours connu cette vérité.

Les Palestiniens perdent leurs vies, leurs terres et leurs oliviers tandis qu’ils résistent aux chars et aux bulldozers israéliens. Leur réalité est la répétition d’expériences similaires auxquelles ont fait face – et continuent de faire face – les Amérindiens. En ce 21e siècle, la lutte des Amérindiens et des Palestiniens reste une seule et même lutte.

« Nos pâturages sont sacrés, nos esprits inspirés,
Les étoiles sont des mots lumineux où notre fable
est lisible du début à la fin ..  »

… a écrit Mahmoud Darwish pour les Amérindiens. Et pour les Palestiniens…

Nouvel Ordre Mondial: L’abrutissement planifié des peuples…

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“La société modernisée jusqu’au stade du spectaculaire intégré se caractérise par l’effet combiné de cinq traits principaux qui sont: le renouvellement technologique incessant ; la fusion économico-étatique ; le secret généralisé ; le faux sans réplique et un présent perpétuel.”
~ Guy Debord, 1988 ~

Excellente analyse de Chris Hedges sur l’état pitoyable de la capacité d’analyse et de prise de décision du citoyen lambda états-unien. Ce processus est en marche à travers les sociétés alliées de l’empire, la France n’échappant bien évidemment pas à la règle. Le fait est que tout ceci est induit, programmé et absolument pas inéluctable. Le jour où nous serons capables de dire ensemble “NON !” à l’ineptie oligarchique qui nous est bourrée dans le crâne du berceau à la tombe, nous reprendrons a la fois notre esprit critique, notre pouvoir de décision que nous ne voudrons plus centralisé et nous serons alors en route sur la voie universelle de la société des sociétés, de la confédération des associations libres. Chris Hedges a raison sur le point éducatif, mais il demeure un chantre du “réformisme” de l’état, il croit toujours, comme bien des dissidents à l’empire qu’il s’agit de rendre le système “vertueux” pour que notre quête de bonheur se satisfasse, soit exaucée. Rien n’est moins vrai, l’État est le cancer de la société humaine ayant sa source dans l’inégalité et la division politiques d’abord et économiques ensuite.
Il ne tient qu’à nous d’y remédier, sans attendre que l’État et ses “réformateurs” le fassent pour nous, parce que cela n’arrivera JAMAIS.

~ Résistance 71 ~

“Le spectacle est le capital à un tel degré d’accumulation, qu’il devient image.”
~ Guy Debord, 1967 ~

“Le droit égal de tous aux biens et aux jouissances de ce monde, la destruction de toute autorité, la négation de tout frein moral, voilà, si l’on descend au fond des choses, la raison d’être de l’insurrection du 18 Mars et la charte de la redoutable association qui lui a fourni une armée.”
~ Enquête parlementaire sur l’insurrection du 18 mars 1871, dite de “La Commune de Paris” ~

“Le faux sans réplique a achevé de faire disparaître l’opinion publique, qui d’abord s’était retrouvée incapable de se faire entendre ; puis très vite par la suite, de seulement se former. […] La désinformation se déploie maintenant dans un monde où il n’y a plus de place pour aucune vérification.”
~ Guy Debord, 1988 ~

Article intéressant de Chris Hedges sur une réalité qui hélas n’est pas cantonnée qu’au pays du goulag levant (ex-USA), mais à l’ensemble des pays satellisés par l’empire anglo-américano-sioniste. Un bémol toutefois, on aimerait quand même savoir d’où Hedges tire les chiffres statistiques de ce qu’il avance. Il gagnerait en crédibilité en citant ses sources. Exemple, il dit que “80% des familles états-uniennes [en 2007] n’ont pas acheté de livres”: d’où provient cette stat ? Cela prend-il en considération la potentialité du téléchargement gratuit de bon nombre de livres ? Une telle stat si drastique est-elle fiable dans un monde numérique où la gratuité devient de plus en plus courant ?… Nous ne défendons pas l’indéfendable, simplement on pense que Hedges devrait citer ses sources statistiques. Si ces chiffres sont justes, c’est énoooorme !

~ Résistance 71 ~

 

L’Amérique illétrée

Par Chris Hedges − Le 4 septembre 2016 − Source ICH

url de l’article en français:

http://lesakerfrancophone.fr/lamerique-illettree

Nous vivons dans deux États-Unis. Une partie des États-Unis, maintenant minoritaire, qui fonctionne dans un monde lettré basé sur l’écriture imprimée, qui est en mesure de faire face à la complexité et possède les outils intellectuels pour différencier l’illusion de la vérité. L’autre partie des États-Unis, qui est majoritaire, évolue dans un système de croyance basé sur  la non-réalité.

Cette seconde Amérique est dépendante des images habilement manipulées pour son information. Elle s’est écartée de la culture basée sur l’écriture imprimée. Elle ne sait pas différencier les mensonges de la vérité. Elle est informée par des narratifs et des clichés simplistes et puérils. Elle est assujettie au désarroi par l’ambiguïté, la nuance et l’auto-réflexion. Cette fracture, plus que la race, la classe ou le sexe, plus que le rural ou l’urbain, le croyant ou l’incroyant, «Républicain» ou «Démocrate», a divisé le pays en entités radicalement distinctes, infranchissables et antagonistes.

Il y a plus de 42 millions d’adultes étasuniens − dont 20% détiennent un diplôme d’études secondaires − qui ne peuvent pas lire, ainsi que les 50 millions qui ont un niveau de lecture de CM1/CM2 [9 ou 10 ans]. Près d’un tiers de la population du pays est illettré ou peu lettré. Et leur nombre croît d’environ 2 millions par an. Mais même les soi-disant lettrés rétrogradent en grand nombre, dans une existence basée sur l’image. Un tiers des diplômés du secondaire, ainsi que 42% des diplômés du collège, ne lisent jamais de livre après la fin de leurs études. L’an dernier [2007 – NdT] 80% des familles étasuniennes n’ont pas acheté de livre.

Les illettrés votent rarement, et quand c’est le cas, ils le font sans la capacité de prendre des décisions fondées sur des informations tex tuelles. Les campagnes politiques étasuniennes ont appris à communiquer dans l’épistémologie réconfortante des images et à contourner les vraies idées et la politique, contre des slogans dérisoires et des narratifs personnels rassurants. La propagande politique a maintenant la mascarade comme idéologie. Les campagnes politiques sont devenues une expérience. Elles ne nécessitent pas de compétences cognitives ou autocritiques. Elles sont conçues pour enflammer les sentiments pseudo-religieux d’euphorie, d’autonomisation et de salut collectif. Les campagnes qui réussissent sont des instruments psychologiques soigneusement fabriqués, qui manipulent l’inconstance de l’humeur du public, ses émotions et ses impulsions, souvent de façon subliminale. Elles entretiennent une extase publique qui annule l’individualité et favorise un état d’abêtissement. Elles nous plongent dans un éternel présent. Elles répondent à une nation qui vit maintenant dans un état d’amnésie permanente. C’est du style et du récit, pas du contenu ni de l’histoire ou de la réalité, qui informent sur notre politique et nos vies. Nous préférons les illusions heureuses. Et cela fonctionne, parce qu’une très grande proportion de l’électorat étasunien, y compris ceux qui devraient être le mieux informés, donnent aveuglément leurs bulletins de vote pour des slogans, des sourires, des tableaux familiaux joyeux, des narrations, pour l’impression de sincérité et l’attractivité des candidats. Nous confondons ce que nous ressentons avec ce que nous savons.

Les illettrés et semi-illettrés, une fois les campagnes terminées, restent impuissants. Ils ne peuvent toujours pas protéger leurs enfants face à des écoles publiques dysfonctionnelles. Ils ne peuvent toujours pas comprendre le caractère prédateur des offres de prêts bancaires, les subtilités des documents hypothécaires, les accords de carte de crédit et les lignes de crédit renouvelable qui les conduisent aux saisies et aux faillites. Ils s’empêtrent toujours dans les tâches les plus élémentaires de la vie quotidienne, de la lecture des instructions sur les flacons de médicaments au remplissage des formulaires des banques, des documents de location de véhicule, de prestations et d’assurance chômage. Ils regardent, impuissants et sans comprendre, la disparition de centaines de milliers d’emplois. Ils sont otages des marques. Les marques viennent avec des images et des slogans. Les images et les slogans, c’est tout ce qu’ils comprennent. Beaucoup mangent dans les fast-food, non seulement parce qu’ils ne sont pas chers, mais parce qu’ils peuvent commander à partir d’images plutôt que de menus. Et ceux qui les servent, également semi-illettrés ou illettrés, tapent les commandes sur une caisse enregistreuse où sont dessinés sur le clavier des symboles et des images. Voilà notre nouveau monde.

Les dirigeants politiques dans notre société post-lettrée n’ont plus besoin d’être compétents, sincères ou honnêtes. Ils ont besoin seulement de paraître avoir ces qualités. Ce dont ils ont le plus besoin c’est d’une histoire, d’une narration. La réalité du narratif est sans importance. Celui-ci peut être complètement en désaccord avec les faits. La consistance et l’attrait émotionnel de l’histoire sont primordiaux. La compétence la plus essentielle dans le théâtre politique et la société de consommation est l’artifice. Ceux qui sont les meilleurs dans l’artifice réussissent. Ceux qui ne maîtrisent pas l’art de l’artifice échouent. À l’ère des images et du divertissement, dans un âge de gratification émotionnelle instantanée, nous ne recherchons, ni ne voulons l’honnêteté. Nous demandons à être satisfaits et divertis par des clichés, des stéréotypes et des récits mythiques, qui nous disent que nous pouvons être celui que nous voulons être, n’importe qui, que nous vivons dans le plus grand pays du monde, que nous sommes dotés de qualités morales et physiques supérieures et que notre glorieux avenir est prédestiné, à cause de nos attributs comme étasuniens ou parce que nous sommes bénis de Dieu, ou les deux.

La capacité à magnifier ces simples et puérils mensonges, à les répéter et à les faire répéter en boucles de cycles d’information sans fin, donne à ces mensonges l’aura d’une vérité incontestée. Nous sommes continuellement nourris de mots ou d’expressions comme «oui nous le pouvons, anticonformisme, changement, pro-vie, espoir ou guerre contre le terrorisme». On se sent bien, à ne pas avoir à réfléchir. Tout ce que nous avons à faire c’est de visualiser ce que nous voulons, croire en nous-mêmes et mobiliser ces ressources intérieures cachées, qu’elles soient divines ou nationales, et faire en sorte que le monde se conforme à nos désirs. La réalité n’est jamais un obstacle à notre marche en avant.

The Princeton Review a analysé les transcriptions des débats Gore-Bush, les débats Clinton-Bush-Perot de 1992, les débats Kennedy-Nixon de 1960 et les débats Lincoln-Douglas de 1858. Il a examiné ces transcriptions en se servant d’une évaluation du vocabulaire courant, indiquant le niveau minimum d’instruction requis pour permettre à un lecteur de comprendre le texte. Au cours des débats de 2000, George W. Bush a parlé à un niveau scolaire de sixième [11 ans] et Al Gore à un niveau de cinquième [12 ans]. Dans les débats de 1992, Bill Clinton a parlé à un niveau de cinquième [12 ans], alors que George H.W. Bush a parlé à un niveau de sixième [11 ans], comme l’a fait H. Ross Perot. Dans les débats entre John F. Kennedy et Richard Nixon, les candidats ont parlé au niveau de la seconde [15 à 16 ans]. Dans les débats d’Abraham Lincoln et Stephen A. Douglas, les niveaux étaient respectivement de première [16 à 18 ans] et de terminale [17 à 18 ans]. En bref, la rhétorique politique d’aujourd’hui est conçue pour être comprise par un enfant de 10 ans ou d’un adulte avec un niveau de lecture de CM2. Elle est adaptée à ce niveau de compréhension, parce que la plupart des Étasuniens parlent, pensent et se divertissent à ce niveau. Voilà pourquoi le cinéma, le théâtre et d’autres expressions artistiques sérieuses, de même que les journaux et les livres, sont mis de côté par la société étasunienne. Au XVIIIe siècle, le personnage le plus célèbre était Voltaire. Aujourd’hui, le «personnage» le plus célèbre est Mickey Mouse.

Dans notre monde post-lettré, parce que les idées sont inaccessibles, il y a un besoin constant de stimuli. Les informations, le débat politique, le théâtre, l’art et les livres sont jugés, non pas sur la puissance de leurs idées, mais sur leur aptitude à divertir. Les produits culturels qui nous forcent à nous examiner nous-mêmes et notre société sont condamnés comme élitistes et impénétrables. Hannah Arendt avait averti que la marchandisation de la culture conduit à sa dégradation, et crée ainsi une nouvelle classe d’intellectuels célèbres, qui, bien qu’ils lisent eux-mêmes et qu’ils soient bien informés, voient leur rôle dans la société se résumer à convaincre les masses que Hamlet peut être aussi divertissant que Le Roi Lion et peut-être aussi éducatif. «La culture, écrit-elle, est détruite afin de produire du divertissement.»

«Il y a beaucoup de grands auteurs du passé qui ont survécu à des siècles d’oubli et de négligence, avait écrit Arendt, mais la question est encore ouverte de savoir s’ils arriveront à survivre à une version divertissante de ce qu’ils ont à dire.»

Le changement d’une société basée sur le texte imprimé en une société basée sur des images, a transformé notre nation. Une part immense de notre population − en particulier ceux qui vivent sous l’emprise de la droite chrétienne et de la culture de consommation− est complètement déconnectée de la réalité. Ils manquent de l’aptitude à rechercher la vérité et à affronter de manière rationnelle nos maux sociaux et économiques croissants. Ils cherchent la clarté, le divertissement et l’ordre. Ils sont prêts à utiliser la force pour imposer cette clarté à d’autres, en particulier à ceux qui ne parlent pas comme ils parlent ou qui ne pensent pas comme ils pensent. Tous les outils traditionnels de la démocratie, y compris la vérité objective scientifique et historique des faits, des nouvelles et d’un débat rationnel, sont des instruments inutiles dans un monde qui n’a pas la capacité pour les utiliser.

Au fur et à mesure que nous sombrons dans une crise économique dévastatrice, une crise que Barack Obama ne peut pas arrêter, il y aura des dizaines de millions d’Étasuniens qui seront impitoyablement mis sur la touche. Alors ils seront expropriés de leurs maisons, ils perdront leurs emplois, ils seront obligés de se déclarer en faillite et d’observer leurs communautés s’effondrer, ils reculeront davantage dans le fantasme irrationnel. Ils seront conduits vers des illusions luisantes et autodestructrices par nos Pied Pipers modernes, 1, nos annonceurs des grandes multinationales, nos charlatans prédicateurs, nos nouvelles télé-célébrités, nos gourous de l’auto-assistance, notre industrie du divertissement et nos démagogues politiques, qui offriront des formes d’évasion de plus en plus absurdes.

Les valeurs fondamentales de notre société ouverte, la capacité de penser par soi-même, de tirer des conclusions indépendantes, d’exprimer la dissidence quand le jugement et le bon sens indiquent que quelque chose ne va pas, d’être autocritique, de défier l’autorité, de comprendre des faits historiques, de séparer la vérité du mensonge, de plaider en faveur du changement et de reconnaître qu’il existe d’autres points de vue, différentes manières d’être, qui sont moralement et socialement acceptables, tout cela est en train de mourir. Obama a utilisé des centaines de millions de dollars de fonds de campagne, pour séduire et manipuler cet illettrisme et cet irrationalisme à son avantage, mais ces forces se révéleront être ses ennemies le plus mortelles, une fois qu’elles entreront en collision avec la réalité terrible qui nous attend.

Chris Hedges a passé près de deux décennies en tant que correspondant à l’étranger en Amérique centrale, au Moyen-Orient, en Afrique et dans les Balkans. Il a fait des reportages dans plus de 50 pays et a travaillé pour The Christian Science Monitor, National Public Radio, The Dallas Morning News et The New York Times, pour lequel il a été correspondant à l’étranger depuis 15 ans.  (Cet article date initialement du 10 novembre 2008).

Traduit par Alexandre Moumbaris, relu Marie-José Moumbaris pour le Saker Francophone

 

1- Légende moyenâgeuse selon laquelle Pied Piper, habitant de la ville de Hamelin en Allemagne, avait été prié de débarrasser la ville de rats. Ce qu’il a fait en les entraînant avec la musique de sa flûte. N’étant pas récompensé, il a fait la même chose avec les enfants de la ville.

Programme de coopération policière Israël-UE… Le Portugal dit « Non! » à l’arbitraire et à la torture…

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Nous l’avons dit ici-même et le répétons: la « démocratie » étatique n’est qu’une illusion, un leurre, une croyance et une sorte de « privilège » temporaire accordé et révocable à souhait par l’oligarchie. Le modèle pratique dictatorial et génocidaire israélien se veut être étendu à l’UE et aux USA (ce qui est déjà bien en cours outre-Atlantique…) pour un contrôle des populations en attendant sa fusion avec le modèle chinois. 

Nous n’avons encore rien vu, car le projet est d’intégrer les deux régimes de contrôle des plus totalitaires de cette planète, ceux de la Chine et d’Israël comme verrou de la grille sécuritaire planétaire du N.O.M. Nous sommes en phase 2 du projet, la phase 3 sera l’intégration au gré d’un chaos politico-économique planifié et la phase 4 sera la période post-chaos qui verra les peuples accepter et se plier à la dictature mondiale, la souhaitant même car présentée sous la forme du salut sécuritaire (illusoire bien entendu…). Il sera alors très très difficile (mais pas impossible) de résister. Nous pouvons plus facilement résister maintenant et reprendre le contrôle du bateau ivre…

— Résistance 71 —

 

Un succès de BDS* le Portugal se retire d’un projet de l’UE impliquant une coopération avec la police israélienne

 

Chronique de Palestine

 

12 septembre 2016

 

url de l’article en français:

http://chroniquepalestine.com/portugal-abandonne-projet-cooperation-police-israelienne/

 

(*) BDS: Boycott Désinvestissement Sanctions est un mouvement international boycottant l’état sioniste pour ses crimes contre l’humanité en Palestine occupée.

 

Communiqué BDS – Le gouvernement du Portugal s’est retiré d’un projet controversé de coopération avec la police israélienne, suite à une pression de la campagne BDS.

Le ministère portugais de la Justice a annoncé qu’il s’était retiré d’un projet conjoint – financé par l’Union Européenne – avec le ministère israélien de la Sécurité publique, la police nationale israélienne et l’université israélienne Bar Ilan. Le projet intitulé Law Train, qui vise à uniformiser les méthodes d’interrogatoire de la police, a suscité la controverse au Portugal en raison de la vive opposition à la participation d’Israël dans le programme européen  » Horizon 2020  » et les violations répétées des droits de l’homme par les institutions et organisations israéliennes qui participent à ce programme.

Le gouvernement portugais a subi une forte pression des groupes de la société civile qui militent pour la fin de la coopération avec Israël. Les partis politiques ont dénoncé au Parlement l’usage systématique de la torture par la police israélienne et le rôle du ministère israélien de la Sécurité publique dans la détention illégale de milliers de prisonniers politiques palestiniens.

Le mouvement BDS salue la décision du Portugal

Jamal Juma’, coordinateur de la campagne Stop the Wall – une organisation membre du Comité national palestinien du BDS (BNC) – a salué la décision de principe prise par le gouvernement de centre-gauche du Portugal :

» Cette décision prise par le Portugal donne de l’espoir à notre peuple et envoie un message fort à Israël qu’il n’y aura pas de business aussi longtemps qu’il poursuivra son agression militaire contre Gaza et sa répression en Cisjordanie. Ce projet de l’UE donne une reconnaissance tacite au contrôle et à la répression du peuple palestinien par Israël, et détourne23 août 2016 – BDS Movement – Traduction : Chronique de Palestine – Lotfallah les yeux des abus notoires d’Israël à l’encontre des Palestiniens, la torture étant considérée comme une « technique d’interrogatoire » de routine.  »

Le projet de cinq millions d’euros vise à développer les techniques pour unifier les méthodes de questionnement par les polices [européennes] par  » l’amélioration des compétences d’interrogatoire  » et en comblant ce que l’on qualifie de  » lacunes dans la culture, la législation, le style des interrogatoires « . Les forces de police impliquées contribueront avec leur  » expérience dans l’interrogatoire et la lutte contre la criminalité, à développer le système « . Le ministère israélien de la Sécurité publique et la police d’Israël sont accusés par les organisations de défense des droits de l’homme et par les Nations Unies, de pratiquer les détentions illégales, d’user de façon routinière la torture lors des interrogatoires, et de se servir d’une violence excessive contre les manifestants palestiniens.

 

Intensifier la campagne pour le Boycott, et mettre un terme aux projets de l’Union Européenne

Le Service Public Fédéral de Justice de Belgique et le ministère de l’Intérieur et la police de l’Espagne, des entreprises privées, des universités et des institutions de recherche, restent impliqués dans le projet dans le cadre de l’initiative européenne pour la recherche :  » Horizon 2020 « . Après cette nouvelle victoire, les groupes soutenant le mouvement BDS en Espagne et en Belgique se sont engagés à intensifier leur campagne pour mettre fin au projet.

» Nous remercions les organisations de la société civile et les partis politiques du Portugal qui ont agi avec nous pour construire une solidarité effective basée sur l’appel au Boycott, au Désinvestissement et aux Sanctions (BDS) et assurer qu’il n’y aura aucun risque de prolifération des pratiques illégales et inhumaines israéliennes dans leur propre système de justice « , a déclaré Juma’.

Une coalition sans précédent au Portugal, faite de groupes de solidarité, d’organisations de défense des droits de l’homme et de militants anti-racistes – avec également l’association représentant les officiers de la Révolution de 1974 – s’est réunie sur la base d’un rapport de Stop The Wall exposant la coopération et ses conséquences sur les droits de l’homme et la liberté des Palestiniens. Le Parti communiste portugais et le Parti des Verts avaient vivement interpellé les ministres des Affaires étrangères et de la Justice sur la question.

Le Movimento Pelos Direitos do Povo Palestino e Pela Paz no Medio Oriente (MPPM), initiateur de la coalition de la société civile contre le projet, a déclaré :

« Nous nous félicitons de la décision du Ministère de la justice de mettre fin à la participation de la police portugaise dans le projet Law Train. Le désengagement par le gouvernement portugais, est une victoire de toutes les forces qui en Palestine, au Portugal et en Europe, ont appelé à mettre fin à ce projet de coopération avec l’appareil répressif d’Israël « .

Aucun partenariat avec L’État de l’Apartheid !

Ces nouvelles ont été diffusées alors que le prisonnier palestinien Bilal Kayed poursuivait sa grève de la faim illimitée depuis le mois de juin 2015. Il y a actuellement plus de 7000 prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes, beaucoup d’entre eux étant incarcérés sans inculpation. Le Comité des Nations unies contre la torture à en mai dernier, une nouvelle fois exhorté Israël à prohiber l’usage de la torture, et a dénoncé son usage courant ainsi que tous les autres mauvais traitements lors des interrogatoires. Les organisations de défense des droits de l’homme ont toujours condamné ces traitements violents, en particulier à l’égard des Palestiniens mineurs.

Riya Hassan, coordinateur européen pour le comité directeur du BDS, a conclu:

« Cette dernière victoire est une nouvelle preuve que les gouvernements européens commencent à se soucier d’avoir Israël comme partenaire dans des projets qui risqueraient alors de porter atteinte aux libertés fondamentales, à la démocratie et aux droits de l’homme. Il y a encore un long chemin à parcourir pour mettre fin à la complicité de l’Europe avec l’Apartheid israélien. Le projet Law Train se poursuit avec les autres participants et ce n’est qu’un des nombreux projets militaires et de sécurité financés par la Commission européenne avec l’argent des contribuables.  »

Notes :

Dans le cadre de la campagne dans le reste de l’Europe, des députés du Portugal, d’Espagne et de Belgique ont écrit à la Commission européenne pour dénoncer le projet. Les groupes de la société civile envisagent des actions de protestation. L’an dernier, 73 députés ont publié une lettre dans une initiative inter-partis, appelant l’UE à mettre fin au financement des entreprises militaires israéliennes impliquées dans des violations graves du droit international.

Depuis le début du cycle de financement  » Horizon 2020  » en 2015, la campagne Stop the Wall, le Comité directeur du mouvement palestinien pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BNC) et la Coordination européenne des comités et associations pour la Palestine (ECCP), ont ciblé conjointement la participation d’Israël au programme  » Horizon 2020 « , en particulier la coopération avec le secteur militaire et répressif d’Israël. Dans le cycle précédent, qui s’est étalé de 2007 à 2013, l’UE a financé plus de 1500 projets de recherche et de développement avec participation israélienne. L’industrie aérospatiale israélienne (IAI) a été à elle seule impliquée dans plus de 16 projets, bénéficiant d’un financement européen et public pour un total de 148,5 millions d’Euros.

La torture est systématique dans les prisons d’Israël. Un rapport récent dévoile que 97% des mineurs palestiniens en détention n’ont eu accès à aucune assistance juridique avant et pendant leur interrogatoire. Durant les interrogatoires, 28,7% d’entre eux ont été soumis à des violences verbales ou à de l’intimidation, à l’isolement ou aux agressions sexuelles, tandis que 27,5% ont été soumis à la violence physique, y compris l’étouffement, les coups de poing, et à la pratique consistant à cogner la tête des enfants interrogés contre les murs.

Comprendre les rouages de notre esclavage pour briser nos chaînes… Le principe de l’État (texte inédit de Bakounine, suite et fin)

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Le Principe de l’État

 

Manuscrit inédit de MICHEL BAKOUNINE

 

1ère partie

2ème partie

Sous cette influence malsaine, l’esprit s’éclipsait et la recherche ardente de la vérité se transformait en un culte complaisant du mensonge ; la dignité humaine s’avilissait, l’homme (un mot illisible) devenait traître, la bonté cruelle, la justice inique et le respect humain se transformait en un mépris croyant pour les hommes ; l’instinct de la liberté aboutissait à l’établissement du servage, et celui de l’égalité à la sanction des privilèges les plus monstrueux. La charité, devenant délatrice et persécutrice, ordonnait le massacre des hérétiques et les orgies sanglantes de l’Inquisition ; l’homme religieux s’appela jésuite, mômier ou piétiste — renonçant à l’humanité il visa à la sainteté — et le saint sous les dehors d’une humanité plus (un mot illisible) devenait hypocrite et de la charité cacha l’orgueil et l’égoïsme immense d’un Moi humain absolument isolé et qui s’aime lui-même dans son Dieu. Car il ne faut pas s’y tromper ; ce que l’homme religieux cherche surtout et ce qu’il croit trouver dans la divinité qu’il aime, c’est encore lui-même, mais glorifié, investi de la toute-puissance et immortalisé. Aussi y a-t-il puisé trop souvent des prétextes et des instruments pour asservir et pour exploiter le monde humain.

Voilà donc le dernier mot du culte chrétien ; c’est l’exaltation de l’égoïsme, qui, rompant toute solidarité sociale, s’aime lui-même dans son Dieu et s’impose à la masse ignorante des hommes au nom de ce Dieu, c’est-à-dire au nom de son Moi humain, sciemment ou inconsciemment exalté et divinisé par lui-même. C’est pourquoi aussi les hommes religieux sont ordinairement si féroces : en défendant leur Dieu, ils prennent part pour leur égoïsme, pour leur orgueil et pour leur vanité.

De tout cela il résulte que le christianisme est la négation la plus décisive et la plus complète de toute solidarité entre les hommes, c’est-à-dire de la société, et par conséquent aussi de la morale, puisqu’en dehors de la société, je crois l’avoir démontré, il ne reste que les rapports religieux de l’homme isolé avec son Dieu, c’est-à-dire avec lui-même.

Les métaphysiciens modernes, à partir du XVIIe siècle, ont essayé de rétablir la morale, en la fondant non sur Dieu, mais sur l’homme. Par malheur, obéissant aux tendances de leur siècle, ils avaient pris pour point de départ non l’homme social, vivant et réel, qui est le double produit de la nature et de la société, mais le Moi abstrait de l’individu, en dehors de tous ses liens naturels et sociaux, celui même que divinisa l’égoïsme chrétien, et que toutes les Églises, tant catholique que protestantes, adorent comme leur Dieu.

Comment est né le Dieu unique des monothéistes ? Par l’élimination nécessaire de tous les êtres réels et vivants.

Pour expliquer ce que nous entendons par là,il devient nécessaire de dire quelques mots sur la religion. Nous voudrions bien ne pas en parler du tout, mais par le temps qui court il devient impossible de traiter les questions politiques et sociales sans toucher à la question religieuse.

C’est bien à tort qu’on a prétendu que le sentiment religieux n’est propre qu’aux hommes ; on en retrouve parfaitement tous les éléments fondateurs dans le monde animal, et parmi ces éléments le principal, c’est la peur. « La crainte de Dieu », disent les théologiens, « est le commencement de la sagesse. » Eh bien ! cette crainte ne se retrouve-t-elle pas, excessivement développée, dans les bêtes, et tous les animaux ne sont-ils pas constamment effarouchés. Tous éprouvent une terreur instinctive vis-à-vis de la toute-puissante nature qui les produit, les élève, les nourrit, il est vrai, mais qui en même temps les écrase, les enveloppe de toutes parts, en menaçant leur existence à chaque heure et qui finit toujours par les tuer.

Comme les animaux de toutes les autres espèces n’ont pas cette puissance d’abstraction et de généralisation dont l’homme seul est doué, ils ne se représentent pas la totalité des êtres que nous appelons la nature, mais ils la sentent et ils en ont peur. C’est là le vrai commencement du sentiment religieux.

L’adoration même ne manque pas. Sans parler du tressaillement d’allégresse qu’éprouvent tous les êtres vivants au lever du soleil, ni de leurs gémissements à l’approche d’une de ces terribles catastrophes naturelles qui les détruisent par milliers, — on n’a qu’à considérer, par exemple, l’attitude du chien en présence de son maître. N’est-ce pas là tout à fait celle de l’homme vis-à-vis de son Dieu ?

L’homme aussi n’a pas commencé par la généralisation des phénomènes naturels, et il n’est arrivé à la conception de la nature comme être unique, qu’après bien des siècles de développement moral. L’homme primitif, le sauvage, peu différent du gorille, partagea sans doute très longtemps toutes les sensations et les représentations instinctives du gorille ; ce ne fut que très à la longue qu’il commença à en faire l’objet de ses réflexions, d’abord nécessairement enfantines, à leur donner un nom, et par là même à les fixer dans son esprit naissant.

Ce fut ainsi que le sentiment religieux qu’il avait en commun avec les animaux des autres espèces prit corps, devint en lui une représentation permanente et comme le commencement d’une idée, celle de l’existence occulte d’un être supérieur et beaucoup plus puissant que lui et généralement très cruel et très malfaisant, de l’être qui lui fait peur, en un mot, de son Dieu.

Tel fut le premier Dieu, tellement rudimentaire, il est vrai, que le sauvage qui le cherche partout pour le conjurer, crut le trouver parfois dans un morceau de bois, dans un torchon, un os ou une pierre : ce fut l’époque du fétichisme dont nous retrouvons encore aujourd’hui des vestiges dans le catholicisme.

Il fallut, sans doute, des siècles encore pour que l’homme sauvage passât du culte des fétiches inanimés à celui des fétiches vivants, à celui des sorciers. Il y arrive par une longue série d’expériences et par le procédé de l’élimination : ne trouvant pas la puissance redoutable qu’il voulait conjurer dans les fétiches, il la cherche dans l’homme-Dieu, le sorcier.

Plus tard et toujours par ce même procédé d’élimination et en faisant abstraction du sorcier, dont l’expérience lui avait enfin démontré l’impuissance, l’homme sauvage adora tour à tour les phénomènes les plus grandioses et les plus terribles de la nature : la tempête, le tonnerre, le vent et continuant ainsi, d’élimination en élimination, il monta enfin au culte du soleil et des planètes. Il paraît que l’honneur d’avoir créé ce culte appartient aux peuples païens.

C’était déjà un très grand progrès. Plus la divinité, c’est-à-dire la puissance qui fait peur, s’éloignait de l’homme et plus elle paraissait respectable et grandiose. Il n’y avait plus qu’un seul grand pas à faire, pour l’établissement définitif du monde religieux, ce fut d’arriver à l’adoration d’une divinité invisible.

Jusqu’à ce salto mortale de l’adoration du visible à l’adoration de l’invisible, les animaux des autres espèces avaient pu, à la rigueur, accompagner leur frère cadet, l’homme, dans toutes ses expériences théologiques. Car eux aussi adorent à leur manière tous les phénomènes de la nature. Nous ne savons pas ce qu’ils peuvent éprouver pour les autres planètes ; toutefois, nous sommes certains que la lune et surtout le soleil exercent sur eux une influence très sensible. Mais la divinité invisible n’a pu avoir été inventée que par l’homme.

Mais l’homme lui-même, par quel procédé a-t-il pu découvrir cet être invisible, dont aucun de ses sens, pas même sa vue n’ont pu l’aider à constater la réelle existence, et au moyen de quel artifice a-t-il pu en reconnaître la nature et les qualités ? Quel est enfin cet être supposé absolu et que l’homme a cru avoir trouvé au-dessus et en dehors de toutes choses.

Le procédé ne fut autre que cette opération bien connue de l’esprit que nous appelons abstraction ou élimination, et le résultat final de cette opération ne peut être que l’abstrait absolu, le rien, le néant. Et c’est précisément ce néant que l’homme adore comme son Dieu.

En s’élevant par son esprit au-dessus de toutes les choses réelles et vivantes, y compris son propre corps, en faisant abstraction de tout ce qui est sensible ou même seulement visible, y compris le firmament avec toutes les étoiles, l’homme se trouve en face du vide absolu, du néant indéterminé, infini, sans aucun contenu, comme sans aucune limite.

Dans ce vide l’esprit de l’homme qui l’avait produit au moyen de l’élimination de toutes choses, ne put rencontrer nécessairement que lui-même à l’état de puissance abstractive qui voyant tout détruit et n’ayant plus rien à éliminer, retombe sur elle-même dans une inaction absolue, et qui, se considérant elle-même dans cette complète inaction, qui lui paraît sublime, comme un être différent d’elle-même, se pose comme son propre Dieu et s’adore.

Dieu n’est donc autre chose que le Moi humain devenu absolument vide à force d’abstraction ou d’élimination de tout ce qui est réel et vivant. C’est précisément de cette manière que l’avait conçu Bouddha, qui de tous les révélateurs religieux, fut certainement le plus profond, le plus sincère, le plus vrai.

Seulement Bouddha ne savait pas et ne pouvait pas savoir que c’était l’esprit humain lui-même qui avait créé ce dieu-néant. C’est à peine vers la fin du siècle dernier qu’on a commencé à s’en apercevoir, et ce n’est que dans notre siècle à nous que grâce à des études beaucoup plus approfondies sur la nature et sur les opérations de l’esprit humain, on est parvenu à s’en rendre compte tout à fait.

Alors que l’esprit humain créa Dieu, il procéda avec la plus complète naïveté ; et sans s’en douter le moins du monde, il put s’adorer dans son dieu-néant.

Cependant il ne pouvait s’arrêter devant ce néant qu’il avait fait lui-même, il devait à toute force le remplir et le faire redescendre sur la terre, dans la réalité vivante. Il arriva à cette fin toujours avec la même naïveté et par le procédé le plus naturel, le plus simple. Après avoir divinisé son propre moi arrivé à cet état d’abstraction ou de vide absolu, il s’agenouilla devant lui, l’adora et le proclama la cause et l’auteur de toutes choses ; ce fut le commencement de la théologie.

Alors il se fit un revirement complet, décisif, fatal, historiquement inévitable sans doute, mais tout de même excessivement désastreux dans toutes les conceptions humaines.

Dieu, le néant absolu, fut proclamé le seul être vivant, puissant et réel, et le monde vivant et, par une conséquence nécessaire, la nature, toutes les choses effectivement réelles et vivantes en tant que comparées à ce dieu, furent déclarées néant. C’est le propre de la théologie de faire du néant le réel, et du réel le néant.

Procédant toujours avec la même naïveté et sans avoir la moindre conscience de ce qu’il faisait, l’homme usa d’un moyen très ingénieux et très naturel à la fois pour remplir le vide effrayant de sa divinité : il lui attribua tout simplement, en les exagérant toutefois jusqu’à des proportions monstrueuses, toutes les actions, toutes les forces, toutes les qualités et propriétés, bonnes ou mauvaises, bienfaisantes ou malfaisantes, qu’il trouva tant dans la nature que dans la société. Ce fut ainsi que la terre, mise au pillage, s’appauvrit au profit du ciel, qui s’enrichit de ses dépouilles.

Il en résulta ceci, que plus le ciel, l’habitation de la divinité, s’enrichit et plus la terre devenait misérable, et qu’il suffit qu’une chose fût adorée dans le ciel, pour que tout le contraire de cette chose se trouvât réalisé dans ce bas monde. C’est ce qu’on appelle les fictions religieuses ; à chacune de ces fictions correspond, on ne le sait que trop bien, quelque réalité monstrueuse ; — ainsi l’amour céleste n’a jamais eu d’autre effet que la haine terrestre, la bonté divine n’a jamais produit que le mal, et la liberté de Dieu signifia l’esclavage ici-bas. Nous verrons bientôt qu’il en est de même pour toutes les fictions politiques et juridiques, les unes comme les autres n’étant d’ailleurs que des conséquences ou des transformations de la fiction religieuse.

Ce n’est pas d’un seul coup que la divinité assuma ce caractère absolument malfaisant. Dans les religions panthéistes de l’Orient, dans le culte des brahmanes et dans celui des prêtres de l’Égypte, aussi bien que dans les croyances phéniciennes et syriennes, elle se présente déjà sous un aspect bien terrible. — L’Orient fut de tout temps et reste encore aujourd’hui, dans une certaine mesure au moins, la patrie de la divinité despotique, écrasante et féroce, négation de l’esprit et de l’humanité. C’est aussi la patrie des esclaves, des monarques absolus et des castes.

En Grèce la divinité s’humanise, — son unité mystérieuse reconnue en Orient seulement par les prêtres, son caractère atroce et sombre sont relégués dans le fond de la mythologie hellénique, — au panthéisme succède le polythéisme. L’Olympe, image de la fédération des villes grecques, est une sorte de république très faiblement gouvernée par le père des dieux, Jupiter, qui lui-même obéit aux décrets du destin.

Le destin est impersonnel ; c’est la fatalité même, la force irrésistible des choses, devant laquelle tout doit plier, hommes et dieux. D’ailleurs, parmi ces dieux, créés par les poètes, aucun n’est absolu ; chacun représente seulement un côté, une partie soit de l’homme, soit de la nature en général, sans pourtant cesser d’être pour cela des êtres concrets et vivants. Ils se complètent mutuellement et forment un ensemble très vivant, très gracieux et surtout très humain.

Rien de sombre dans cette religion, dont la théologie fut inventée par les poètes, chacun y ajoutant librement quelque dieu ou quelque déesse nouvelle, selon les besoins des cités grecques, dont chacune tenait à l’honneur d’avoir sa divinité tutélaire, représentante de son esprit collectif. Ce fut la religion non des individus, mais de la collectivité des citoyens d’autant de patries restreintes et (la première partie d’un mot illisible) …ement libres, liées d’ailleurs entre elles plus ou moins par une sorte de fédération très imparfaitement organisée et très (un mot illisible).

De tous les cultes religieux que nous montre l’histoire ce fut certainement le moins théologique, le moins sérieux, le moins divin et à cause de cela même le moins malfaisant, celui qui entrava le moins le libre développement de la société humaine. — La seule pluralité des dieux à peu près égaux en puissance était une garantie contre l’absolutisme ; persécuté par les uns, on pouvait chercher protection chez les autres, et le mal causé par un dieu trouvait sa compensation par le bien produit par un autre. Il n’y avait donc pas dans la mythologie grecque cette contradiction logiquement aussi bien que moralement monstrueuse, que le bien et le mal, la beauté et la laideur, la bonté et la méchanceté, la haine et l’amour se trouvent concentrés dans une seule et même personne, comme cela se présente fatalement dans le dieu du monothéisme.

Cette monstruosité, nous la trouvons tout active dans le dieu des juifs et des chrétiens. Elle était une conséquence nécessaire de l’unité divine ; et, en effet, cette unité une fois admise, comment expliquer la coexistence du bien et du mal ? Les anciens Perses avaient au moins imaginé deux dieux : l’un, celui de la Lumière et du Bien, Ormuzd ; l’autre, celui du Mal et des Ténèbres, Ahriman ; alors il était naturel qu’ils se combattent, comme le mal et le bien se combattent et l’emportent tour à tour dans la nature et dans la société. Mais comment expliquer qu’un seul et même Dieu, tout-puissant, tout vérité, amour, beauté, ait pu donner naissance au mal, à la haine, à la laideur, au mensonge ?

Pour résoudre cette contradiction, les théologiens juifs et chrétiens ont eu recours aux inventions les plus révoltantes et les plus insensées. D’abord, elles attribuèrent tout le mal à Satan. Mais Satan d’où vient-il ? Est-il, comme Ahriman, l’égal de Dieu ? Pas du tout ; comme tout le reste de la création, il est l’œuvre de Dieu. Donc ce fut Dieu qui engendra le mal. Non, répondent les théologiens, Satan fut d’abord un ange de lumière, et ce ne fut qu’après sa révolte contre Dieu qu’il devint l’ange des ténèbres. Mais si la révolte est un mal, — ce qui est très sujet à caution, et nous croyons au contraire qu’elle est un bien, puisque, sans elle, il n’y aurait jamais eu d’émancipation sociale, — si elle constitue un crime, qui a créé la possibilité de ce mal ? Dieu, sans doute, vous répondront encore les mêmes théologiens, mais il n’a rendu le mal possible que pour laisser aux anges comme aux hommes, le libre arbitre, et qu’est-ce que le libre arbitre ? C’est la faculté de choisir entre le bien et le mal, et de se décider spontanément soit pour l’un soit pour l’autre. Mais pour que les anges et les hommes aient pu choisir le mal, aient pu se décider pour le mal, il faut que le mal ait existé indépendamment d’eux, et qui a pu lui donner cette existence, sinon Dieu ?

Aussi, prétendent les théologiens, après la chute de Satan qui précéda celle de l’homme, Dieu, sans doute éclairé par cette expérience, ne voulant pas que d’autres anges suivent l’exemple fatal de Satan, les priva du libre arbitre, ne leur laissant plus que la faculté du bien, de sorte que désormais ils sont forcément vertueux et ne s’imaginent plus d’autre félicité que de servir éternellement comme valets ce terrible seigneur.

Toutefois, il paraît que Dieu n’a pas été suffisamment éclairé par sa première expérience, puisque, après la chute de Satan, il créa l’homme, et par aveuglement ou méchanceté, ne manqua pas de lui accorder ce don fatal du libre arbitre qui a perdu Satan et qui devait le perdre aussi.

La chute de l’homme, aussi bien que celle de Satan, était fatale, puisqu’elle avait été déterminée, de toute éternité, dans la prescience divine. D’ailleurs, sans remonter si haut, nous nous permettrons d’observer que la simple expérience d’un honnête père de famille aurait dû empêcher le bon Dieu de soumettre ces malheureux premiers hommes à la fameuse tentation. Le plus simple père de famille sait fort bien qu’il suffit qu’on interdît aux enfants de toucher à une chose pour qu’un instinct de curiosité invincible les force à y toucher absolument. Aussi s’il aime les enfants et s’il est réellement juste et bon leur épargnera-t-il cette épreuve aussi inutile que cruelle.

Dieu n’eut ni cette raison, ni cette bonté, ni cette (un mot illisible) et quoiqu’il sut d’avance qu’Adam et Ève devaient succomber à la tentation, aussitôt cette faute commise, ne voilà-t-il pas qu’il se laisse emporter par une fureur vraiment divine. Il ne se contente pas de maudire les malheureux désobéissants, il maudit toute leur descendance jusqu’à la fin des siècles, vouant aux tourments de l’enfer des milliards d’hommes qui étaient évidemment innocents puisqu’ils n’étaient pas même nés lorsque la faute fut commise. Il ne se contenta pas même de maudire les hommes, il maudit avec eux toute la nature, sa propre création, qu’il avait trouvé lui-même si bien faite.

Si un père de famille en avait agi de même, ne l’aurait-on pas déclaré fou à lier ? Comment donc les théologiens ont-ils osé attribuer à leur Dieu ce qu’ils auraient trouvé absurde, cruel, (un mot illisible), anormal de la part d’un homme. Ah c’est qu’ils ont eu besoin de cette absurdité ! Comment donc auraient-ils expliqué l’existence du mal dans ce monde qui devait être sorti parfait des mains d’un ouvrier si parfait, de ce monde créé par Dieu lui-même ?

Mais une fois la chute de l’homme admise, toutes les difficultés s’aplanissent et s’expliquent. Ils le prétendent au moins. La nature, d’abord parfaite, devient tout d’un coup imparfaite, toute la machine se détraque ; à l’harmonie primitive succède le choc désordonné des forces ; la paix qui régnait d’abord entre toutes les espèces d’animaux, fait place à ce carnage effroyable, à l’entre-dévorement mutuel ; et l’homme, le roi de la nature, la surpasse en férocité. La terre devient la vallée de sang et de larmes, et la loi de Darwin — la lutte pour l’existence impitoyable — triomphe dans la nature et dans la société. Le mal déborde le bien, Satan étouffe Dieu.

Et une pareille ineptie, une fable aussi ridicule, révoltante, monstrueuse a pu être sérieusement répétée par de grands docteurs en théologie pendant plus de quinze siècles, que dis-je, elle l’est encore aujourd’hui ; plus que cela, elle est officiellement, obligatoirement enseignée dans toutes les écoles de l’Europe. Que faut-il donc penser de l’espèce humaine après cela ? Et n’ont-ils pas mille fois raison ceux qui prétendent que nous trahissons même encore aujourd’hui notre très proche parenté avec le gorille ?

Mais là ne s’arrête pas l’esprit (un mot illisible) des théologiens chrétiens. Dans la chute de l’homme et dans ses conséquences désastreuses tant pour sa nature que pour lui-même, ils ont adoré la manifestation de la justice divine. Puis ils se sont rappelé que Dieu n’était pas seulement la justice, mais qu’il était encore l’amour absolu et, pour concilier l’une avec l’autre, voici ce qu’ils ont inventé :

Après avoir laissé cette pauvre humanité pendant quelques milliers d’années sous le coup de sa terrible malédiction, qui eut pour conséquence de vouer quelques milliards d’êtres humains à la torture éternelle, il sentit l’amour se réveiller dans son sein, et alors que fit-il ? Retire-t-il de l’enfer les malheureux torturés ? Non, pas du tout ; c’eût été contraire à son éternelle justice. Mais il avait un fils unique ; comment et pourquoi il l’avait, est un de ces mystères profonds que les théologiens, qui le lui ont donné, déclarent impénétrable, ce qui est une manière naturellement commode de se tirer d’affaire et de résoudre toutes les difficultés. Donc, ce père plein d’amour, dans sa suprême sagesse, décide d’envoyer son fils unique sur la terre, afin qu’il s’y fasse tuer pour les hommes, pour sauver non les générations passées, ni même les générations à venir, mais, parmi ces dernières, comme le déclare l’Évangile lui-même, et comme le répète chaque jour l’Église tant catholique que protestante, seulement un fort petit nombre d’élus.

Et maintenant la carrière est ouverte, c’est, comme nous l’avons dit plus haut, une sorte de course au clocher, un sauve-qui-peut, à qui sauvera son âme. Ici les catholiques et les protestants se divisent : les premiers prétendent qu’on n’entre au paradis qu’avec la permission spéciale du saint-père le pape ; les protestants affirment, de leur côté, que la grâce immédiate et directe du bon Dieu seul en ouvre les portes. Cette grave dispute continue encore aujourd’hui ; nous ne nous en mêlerons pas.

Résumons en peu de mots la doctrine chrétienne :

Il est un Dieu : Être absolu, éternel, infini, tout-puissant, il est l’omniscience, la vérité, la justice, la beauté et la félicité, l’amour et le bien absolus. En lui tout est infiniment grand, en dehors de lui le Néant. Il est, à la fin des comptes, l’Être lui-même, l’Être unique.

Mais voici que du Néant, — qui par là même paraît avoir eu une existence à part, en dehors de lui, ce qui implique une contradiction et une absurdité, puisque Dieu existant partout, remplissant de son être l’espace infini, rien, pas même le Néant ne peut exister en dehors de lui, ce qui fait croire que le Néant dont nous parle la Bible fut en Dieu, c’est-à-dire que ce fut l’Être divin lui-même qui fut le Néant ; — de ce Néant, Dieu créa le monde.

Ici se pose d’elle-même une question. La création fut-elle accomplie de toute éternité ou bien dans un moment donné dans l’éternité ? Dans le premier cas, elle est éternelle comme Dieu lui-même et ne peut pas avoir été créée ni par Dieu ni par personne ; car l’idée de la création implique la précédence du créateur à la créature. Comme toutes les idées [théologiques l’idée de la création est une idée tout humaine, prise dans la pratique de l’humaine société. Ainsi l’horloger crée une montre, l’architecte une maison, etc. Dans tous ces cas le producteur existe créant (?) le produit, en dehors du produit, et c’est là ce qui constitue essentiellement l’imperfection, le caractère relatif et pour ainsi dire dépendant tant du producteur que du produit.

Mais la théologie, comme elle le fait d’ailleurs toujours, a pris cette idée et ce fait tout humains de la production, et l’appliquant à son Dieu, l’étendant à l’infini et le faisant sortir par là même de ses proportions naturelles, elle en a fait une imagination aussi monstrueuse qu’absurde.

Donc, si la création est éternelle, elle n’est point création. Le monde n’a pas été créé par Dieu, par conséquent il a une existence et un développement indépendants de lui, — l’éternité du monde est la négation de Dieu même, — Dieu étant essentiellement le Dieu créateur.

Donc le monde n’est plus éternel, — il y eut une époque dans l’éternité où il n’existait pas. Donc il se passa toute une éternité pendant laquelle Dieu absolu, tout-puissant, infini, ne fut pas un Dieu créateur, ou ne le fut qu’en puissance, non dans le fait.

Pourquoi ne le fut-il pas ? Était-ce par caprice de sa part, ou bien avait-il besoin de se développer pour arriver à la fois à la puissance effective de créer ?

Ce sont des mystères insondables, disent les théologiens. Ce sont des absurdités imaginées par vous-mêmes, leur répondons-nous. Vous commencez par inventer l’absurde, puis vous nous l’imposez comme un mystère divin, insondable et d’autant plus profond qu’il est plus absurde.

C’est toujours le même procédé : Credo quia absurdum.

Une autre question : La création, telle qu’elle sortit des mains de Dieu, fut-elle parfaite ? Si elle ne le fut pas, elle ne pouvait être la création de Dieu, car l’ouvrier, c’est l’Évangile lui-même qui le dit, se juge d’après le degré de perfection de son œuvre. Une création imparfaite supposerait nécessairement un créateur imparfait. Donc, la création fut parfaite.

Mais si elle (le) fut, elle ne put avoir été créée par personne, car l’idée de la perfection absolue exclut toute idée de dépendance ou même de relation. En dehors de lui rien ne saurait exister. Si le monde est parfait, Dieu ne peut exister.

La création, répondront les théologiens, fut assurément parfaite, mais seulement par rapport à tout ce que la nature ou les hommes peuvent produire, non par rapport à Dieu. Elle fut parfaite, sans doute, mais non parfaite comme Dieu.

Nous leur répondrons de nouveau que l’idée de la perfection n’admet pas de degrés comme ne l’admettent pas l’idée de l’infini, ni celle de l’absolu. Il ne peut y avoir là ni de plus ni de moins. La perfection est une. Si donc la création fut moins parfaite que le créateur, elle fut imparfaite. Et alors nous reviendrons à dire que Dieu créateur d’un monde imparfait n’est qu’un créateur imparfait, ce serait derechef la négation de Dieu.

On voit que de toutes les manières l’existence de Dieu est incompatible avec celle du monde. Le monde existant, Dieu ne peut être. Passons outre.

Donc, ce Dieu parfait crée un monde plus ou moins imparfait. Il le crée dans un moment donné de l’éternité, par caprice, et sans doute pour désennuyer sa majestueuse solitude. Autrement, pourquoi l’aurait-il créé ? Mystères insondables, nous crient les théologiens. Sottises insupportables, leur répondrons-nous.

Mais la Bible elle-même nous explique les motifs de la création. Dieu est un Être essentiellement vaniteux, il a créé le ciel et la terre pour être par eux adoré et loué. D’autres prétendent que la création fut l’effet de son amour infini. — Pour quoi ? Pour un monde, pour des êtres qui n’existaient pas, ou qui n’existaient d’abord que dans son idée, c’est-à-dire toujours pour lui.

(Fin de la page 36 du manuscrit ; la suite est introuvable.)

« Le bouclier des combattants pour la vérité » le guide pratique des lanceurs d’alerte et des activistes par Kevin Annett

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Truth Tellers’ Shield

(Le Bouclier des Combattants pour la Vérité)

 

par Kevin D. Annett

 

Publié par createspace.com

 

List price: $10 (US) ; 134 pages

 

Pour commander la version anglaise: https://www.createspace.com/6534773

 

Source: http://itccs.org/2016/09/02/a-new-and-indispensable-manual-for-truth-tellers-is-now-available/

 

= Traduit de l’anglais par Résistance 71 =

 

Note de R71: Nous participerons vraisemblablement à l’effort de traduire en français ce manuel théorique et pratique de terrain pour la protection des lanceurs d’alerte et des combattants pour la vérité ; bien entendu, nous allons d’abord… le lire…

Kevin Annett vient d’ajouter une autre arme à l’arsenal du combat pour la Liberté. Son dernier ouvrage, “Truth Tellers’ Shield” est un guide pratique pour les lanceurs d’alerte et les combattants pour la liberté, partout, où qu’ils/elles se trouvent.

Publié le 1er septembre 2016, “Truth Tellers’ Shield” est un manuel définitif et un guide du savoir-faire pour quiconque lutte contre les malversations et les mensonges des pouvoirs institutionnels. Ce manuel tire de grands enseignements de la connaissance et de l’intelligence de terrain afin de servir de support pratique pour les activistes se trouvant au front. L’ouvrage enseigne aux lecteurs comment naviguer et survivre les attaques et les campagnes de diffamation de puissants adversaires tout en mettant au grand jour la vérité au sujet de leurs crimes.

L’auteur est un expert extrêmement bien rôdé sur la question. Lanceur d’alerte canadien de renommée internationale, il a survécu à des décennies d’attaques fomentées et soutenues contre lui à cause de son travail acharné d’exposition et de mise en accusation des crimes contre l’humanité perpétrés au Canada et à l’étranger, Kevin Annett est un ancien combattant, un organisateur politique et de communautés depuis plus de 40 ans. Deux fois nominé pour le Prix Nobel de la Paix, il dirige à l’heure actuelle des programmes d’entraînement pour activistes et est un consultant pour plusieurs groupes de lutte pour les droits de l’Homme, incluant le Tribunal International contre les Crimes de l’Église et de l’État (TICEE)

“Truth Tellers’ Shield” est soutenu et produit par le TICEE et est en ce moment traduit en de nombreuses langues.

=*=

Kevin Annett sur Résistance 71

« Meurtre par décret »

 

Technologie et Nouvel Ordre Mondial: La 5ème génération développement électronique au service du flicage général à distance…

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La Chine le nouveau modèle Policier et Big Brother du Nouvel Ordre Mondial

 

Correspondant anonyme

 

8 septembre 2016

 

La Chine a inventé un moyen pour compter et identifier les personnes en utilisant le WiFi.

 

C’est le Nouvel Ordre Mondial qui va être content!

 

« Le wifi ne sert pas qu’à accéder à Internet.

Des chercheurs chinois ont mis au point un dispositif qui analyse les interférences lorsque quelqu’un traverse le signal wifi, à des fins d’identification.

En 2015, des chercheurs avaient montré que cette technologie de communication sans fil pouvait aussi servir à compter des personnes.

« Du fait des différences dans la forme ou la masse du corps, ainsi que dans la manière de se déplacer, chaque personne a une influence qui lui est propre sur le signal wifi autour de lui » expliquent les chercheurs dans leur publication.

Une équipe de l’Université Polytechnique du Nord-Ouest, en Chine détaille comment elle est parvenue à exploiter les données du wifi pour identifier les personnes présentes dans une pièce.

Pour ce faire, l’équipe a mesuré les interférences dans le signal wifi, entre l’émetteur (un routeur wifi) et le récepteur (un ordinateur portable), lors du passage de quelqu’un entre les deux appareils.

En effet, le signal wifi est fait d’ondes radio qui sont plus ou moins réfléchies ou dispersées par les obstacles.

« Du fait des différences dans la forme ou la masse du corps, ainsi que dans la manière de se déplacer, chaque personne a une influence qui lui est propre sur le signal wifi autour de lui » expliquent les chercheurs dans leur publication. Et cette « empreinte » est enregistrée dans l’ordinateur portable qui analyse les perturbations sur les différents canaux du wifi.

Dans le cadre de cette expérience, réalisée dans des conditions proches du réel (un pièce meublée, avec un routeur et un ordinateur du commerce), une personne devait suivre un trajet l’amenant à passer à trois reprises entre le PC et le routeur. Après une vingtaine de passages, l’ordinateur obtient ainsi une « empreinte » du promeneur.

La publication avance un taux de réussite assez étonnant : ce dispositif baptisé FreeSense est capable de faire la distinction entre deux personnes avec une précision de 95%. Et lorsqu’on lui fait mémoriser 6 « empreintes », les unes après les autres, la capacité d’identification baisse, mais demeure tout de même assez élevée : presque 89%.

Un tel dispositif pourrait avoir de nombreuses applications dans le cadre de la surveillance du domicile ou encore pour les restrictions d’accès à certains appareils. Sauf que pour le moment, FreeSense doit encore progresser. En effet, le dispositif n’a pas encore été confronté à la présence simultanée de plusieurs personnes dans une même pièce. »

Source

http://www.sciencesetavenir.fr/high-tech/informatique/20160822.OBS6639/demain-l-identification-par-le-wifi.html

Elle a déjà inventé des robots policiers qu’elle vendra à tous les pays et qui fonctionneront avec la 5G.

« La Chine dévoile le premier robot policier et de contrôle d’émeutes »

http://www.atlantico.fr/decryptage/chine-devoile-premier-robot-policier-et-controle-emeutes-anbot-robocop-2678673.html

Et les robots auront bientôt les mêmes droits sociaux que les hommes

Voici une proposition de loi qui sera discuté en décembre 2016 au parlement Européen pour « faire accepter les Robots comme des personnes électroniques et qui devraient avoir droit eux aussi à une sécurité sociale. »

Danger des androïdes : Les crimes des robots sur la population resteront impunis

« Les robots tueurs peuvent-ils être coupables de crimes de guerre ?

En commettre, oui. Etre coupable, c’est plus compliqué. «Si les robots produisent les mêmes effets que les armes traditionnelles (destruction, interruption de services vitaux, dommages, blessures ou morts) leur utilisation est régie par les mêmes règles», affirme Caroline Brandao, de la Croix-Rouge, dans Drones et Killer Robots, faut-il les interdire ?

En cas de crime, qui blâmer ? Qui sera poursuivi ? L’entreprise qui a fabriqué la machine, le développeur qui l’a codée, le soldat qui en a la charge, l’autorité qui l’a autorisée ?

«Les mécanismes de responsabilité légale sont inadaptés et insuffisants pour répondre aux préjudices illégaux que pourraient causer les systèmes entièrement autonomes», s’inquiète Human Rights Watch dans un rapport publié en avril 2015. »

http://www.liberation.fr/futurs/2015/07/28/intelligence-artificielle-danger-reel_1355397

Les citoyens seront donc repérés, traqués  et fliqués avec la 5G.

Note de R71: “5G” pour 5ème génération de développement électronique.

Comment la 5G va nous faire basculer dans le monde de l’internet des objets

la 5G permettra aussi  au Nouvel Ordre Mondial de contrôler votre « maison à distance, rendra « intelligent » l’électroménager  »

http://www.wedemain.fr/Comment-la-5G-va-nous-faire-basculer-dans-le-monde-de-l-internet-des-objets_a1857.html

Pour empêcher l’intelligence artificielle de régner sur l’espèce humaine, c’est la 5G qu’il faudra d’abord empêcher car c’est elle qui permet tout:

« De nombreuses entreprises actrices voient en la 5G un marché émergent, potentiellement riche en applications et débouchés nouveaux ; la 5G pourrait par exemple permettre de nouveaux usages numériques dans des domaines variés le déploiement d’objets communicants (dont voitures et autres véhicules sans conducteurs), de détecteurs et senseurs du e-commerce, des smartgrids, de l’intelligence artificielle, de la sécurité (téléprotection, gestion des flux de personnes, véhicules, denrées, biens et services en temps réel…), de l’éducation et de l’accès à l’information. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/5G

« L’Union européenne et la Chine signent un partenariat clé sur la 5G

En 2020, le trafic internet mobile sera plus de 30 fois supérieur à celui de 2010, selon les estimations des experts.

La 5G ne sera pas seulement plus rapide, elle constituera également l’épine dorsale de notre avenir numérique et les bases d’un marché européen d’une valeur de 1 000 milliards d’euros dans le domaine de l’internet des objets, c’est-à-dire des nouvelles fonctionnalités et applications allant des voitures connectées aux maisons intelligentes.

La Commission européenne a décidé d’investir 700 millions d’euros dans le cadre du programme Horizon 2020 pour soutenir la recherche et l’innovation dans le domaine de la 5G. »

http://www.electroniques.biz/component/k2/item/55050-l-union-europeenne-et-la-chine-signent-un-partenariat-cle-sur-la-5g

De plus, la 5G nécessitera des antennes relais tous les 100 mètres.

Les antennes relais sont toujours  installés sur les toits des immeubles ou des écoles des populations pauvres ou moyennes.

« les HLM voient fleurir sur leurs toits des forêts d’antennes-relais »

http://www.on2nocives.com/archives1/index.html

« Bouygues Telecom avait prévu d’implanter des antennes-relais en haut d’un immeuble et face à une crèche. »

http://allocreche.fr/actualite/des-riverains-contre-une-antenne-relais-pres-une-creche-paris-238

« neuf cas de cancer parmi les élèves et les parents d’une école bordée d’antennes-relais »

http://www.leparisien.fr/societe/les-antennes-relais-encore-en-accusation-19-12-2008-347400.php

iIs prévoient d’installer des cellules intelligentes qui serviront d’ antennes relais dans les murs urbains et pour les campagnes, enverront des drones pour faire propager la 5G.

Citation:

« Mais cette technologie présente un inconvénient : plus la fréquence est grande, moins la portée est élevée. La 5G donc se propagera seulement sur quelques centaines de mètres avant de rencontrer des obstacles… l’empêchant de continuer son chemin. »

D’où la nécessité d’une une nouvelle architecture du réseau. Pour être efficace, la 5G devra être associée à de petites antennes, tous les 100-200 mètres, là où celles d’aujourd’hui émettent sur de vastes étendues. Les “small cell ” pourraient aussi être une réponse à cette difficulté technique. Installées dans le mobilier urbain, ces petites antennes de télécommunication pourraient assurer la couverture régulière de la ville.

Quant aux zones rurales, Google et Facebook sont en train de réfléchir à la possibilité d’y amener le réseau par drones. En attendant, leurs habitants devront s’adapter aux ondes plus basses fréquences comme celles utilisées pour la 4G et la 3G, qui cohabiteront, au moins un temps, avec celles utilisées pour la 5G. »

http://www.wedemain.fr/Comment-la-5G-va-nous-faire-basculer-dans-le-monde-de-l-internet-des-objets_a1857.html

Avec la 5G prévu pour 2020, les câbles RJ45 ne seront plus possibles pour se protéger des ondes électromagnétiques ou empêcher des voisins de voler votre Wifi.

« Dans un premier temps, la 5G devrait être limitée à l’intérieur, où il est plus facile d’assurer une bonne couverture. Elle pourrait ainsi se substituer aux traditionnelles connexions par ADSL ou par câble »

En savoir plus sur

http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/07/23/la-5g-nouveau-graal-des-operateurs-telecom-americains_4973805_3234.html#Cq8jpIeHExkOKMac.99

Aussi la 5G mettra fin à l’internet démocratique et bon marché

Elle sera chère et tarifiée contrairement à la 3G et 4G.

Citation:

« D’abord celle du prix. La 5ème génération de standard pour la téléphonie mobile est susceptible de mettre fin à la connexion « gratuite » à Internet que permet aujourd’hui le Wifi, par exemple. Le bluetooth, le Wi-Fi, la 4G… Tout serait fusionné en un seul réseau, dont l’accès, évidemment, serait tarifé. »

http://www.wedemain.fr/Comment-la-5G-va-nous-faire-basculer-dans-le-monde-de-l-internet-des-objets_a1857.html

la 5G a déjà été accepté en France par Arcep.

« En France, le 22 septembre 2015, l’ARCEP a autorisé Orange à tester des technologies 5G[6] dans les bandes de 3,7 GHz, 10,5 GHz et 17 GHz dans la ville de Belfort (Territoire de Belfort, Franche-Comté).

En juillet 2016, l’Institut de recherche technologique B-Com est retenu par l’Arcep pour effectuer un test de la 5G dans la ville de Rennes[7]. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/5G

Alors qu’en Nouvelle Zélande (pays des millionnaires), ils veulent d’abord faire de la recherche pour vérifier qu’il n’y ait aucune conséquence sur la santé.

« Les conséquences de la 5G sur la santé sont aussi source d’interrogation. La multiplication des ondes transmises entre les objets connectés va nous exposer de plus en plus, et personne ne peut prévoir les conséquences que cela aura sur la santé.

En Nouvelle-Zélande  , l’université Massey va lancer une étude pour évaluer les effets de l’exposition aux ondes électromagnétiques l’intensité des futures technologies de connexion. Les recherches vont débuter en 2017. »

http://www.wedemain.fr/Comment-la-5G-va-nous-faire-basculer-dans-le-monde-de-l-internet-des-objets_a1857.html

Resistance au colonialisme… Ici et maintenant au nom de l’eau contre le grand serpent noir…

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“Nous comprenons, comme tous les peuples indigènes, que nous sommes une partie intrinsèque d’un système qui n’est pas au-dessus ou en-dehors ou séparé du monde naturel et de la loi naturelle, nous faisons tous partie d’une mosaïque ou de la toile de la vie.”
~ Russell Means, activiste, philosophe Lakota, 2012 ~

“La Terre est la mêre de tout le monde et tout le monde devrait avoir les mêmes droits en son sein.”
~ Chef Joseph, Nez Percé, 1890 ~

 

Confronter le serpent noir

 

Terri Miles*

 

31 août 2016

 

url de l’article original:
http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2016/08/31/facing-black-snake

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

(*) Terri Miles est une femme de la nation Muscogee, Creek, de descendance Seminole (peuple qui a eté évincé au XIXème siècle de ses terres ancestrales de Floride). Elle est docteur en justice criminelle (Ph.D in Criminal Justice)

Tout s’ajoute et s’amplifie. A un moment ce printemps dernier, la camp des Pierres Sacrées consistaient en environ une centaine de personnes qui voulaient protéger les eaux. Le camp a reçu son nom des pierres sacrées qui provenaient de ces eaux, mais qui ne sont plus créées parce que le corps du génie de l’armée n’a pas observé et respecté les valeurs indigènes.

Lewis et Clark (NdT: fameux explorateurs qui furent les premiers à atteindre la côte Pacifique au début du XIXème siècle) sont passés par ici le 18 octobre 1804 et Clark écrivit dans son journal de bord “au-dessus de l’embouchure de la rivière, un grand nombre de pierres parfaitement rondes au grain fin se trouvent sur les berges escarpées et le long des rivages.” C’est à cause de ces pierres que les trappeurs français (qui étaient alors les seuls blancs aux alentours) ont appelé la rivière “Le Boulet”, que Clark traduisit par Cannonball (qui est le nom colonial de l’endroit aujourd’hui).

Les concrétions de grès qui ont donné leur nom à la rivière font en général moins de 60cm de diamètre, mais certaines ont été rapportés mesurer plus de 3m. Leur perfection géométrique a une signification spirituelle pour les peuples autochtones de la région, mais cette signification fut perdue avec les machines outils de drainage du corps du génie militaire qui ont perturbé les courants uniques nécessaires pour produire ces pierres sacrées.

Piétiner les croyances autochtones, menacer l’eau potable, tout ceci s’ajoute et s’amplifie, bien plus que ce que les gens ne peuvent tolérer. Tout comme la rivière avait pour habitude de produire les pierres sacrées, les menaces répétées envers la rivière ont produit les protecteurs de l’Eau.

Le nombre réel de protecteurs de l’eau dépend maintenant de quel rapport vous lisez. Ils sont entre 2000 et 4000, mais là encore, les chiffres sont utilisés de façon à mitiger ou du moins à masquer. 65 millions de morts en 500 ans d’invasion coloniale et de génocide ou ne sont-ce qu’1 million ? Toujours là après avoir vécu plus de 45 000 ans sur la terre ou ne seraient-ce que “seulement” 12 000 ans ?

Le calculus moral ne s’améliore pas en se disputant sur les chiffres exacts. Ici et maintenant, à Standing Rock, nous avons des milliardaires du pétrole coincés dans un combat politique avec les gens les plus pauvres de tous les Etats-Unis. Ce qui est important est ce qui s’est passé et comment cela façonne ce qui se passe maintenant. Il est difficile de savoir ce qu’il va se passer, mais je suis ici pour vous dire que les gens au front ne se soucient guère de calculer les chances. Ils n’ont choisi ni le temps ni l’endroit, mais le temps est maintenant et l’endroit est ici.

Le peuple autochtone est en train de s’unir. Les nations natives sont solidaires des gens de la réserve sioux de Sanding Rock, les Muscogee (Creek), la nation sac et renard et la nation Meskwaki, ainsi que 90 autres nations jusqu’ici. Alliès de tous les horizons. Des camions, des caravanes et des voitures particulières de nourriture, d’équipement de camping et d’eau arrivent chaque jour plus nombreux.

Des autocars entiers d’anciens, d’anciens combattants, d’hommes, de femmes et d’enfants arrivent ainsi que des chevaux et leurs cavaliers, des chanteurs et des tambours. Les enfants ont couru jusqu’a Washington DC avec des messages au président qui a promis son aide.

Ceux qui ne peuvent pas voyager lèvent des fonds et manifestent localement. Des gens qui ont inspiré les peuples autochtones, se sont battus et ont écrit au sujet des problèmes rencontrés par les indigènes dans leurs communautés sont au camp: Billy Mills, Winona LaDuke, Dennis Banks. Des messages sur Facebook, sur les blogs, les médias autochtones et Twitter remplissent le vide du silence laissé par un public qui ne dait pas ce qui se passe.

Le géant de l’énergie canadien Enbridge Inc et le gouverneur de l’état du Dakota du Nord, Jack Dalrymple, sont gravement compromis.

Ils ont réussi à ce que le corps du génie militaire coupe les angles et ignore les recommandations de l’Environmental Protection Agency (EPA) et le Conseil de Préservation Historique. Le nom fut changé en celui de Dakota Access Pipeline. Cela n’aurait-il pas dû troubler également ?

Ce n’est plus appelé le Keystone XL Pipeline. Il ne traverse plus la frontière internationale (entre le Canada et les USA) et il est construit par segments séparés (NdT: mais si facilement connectables…) Que peut-on faire de plus pour forcer le passage de ce serpent noir ? Ils ont esayé d’utiliser la police. Ils l’ont envoyé arrêter des hommes et des femmes se dressant contre l’entreprise privée.

Ceci n’a fait que déclencher la colère et commencé la vague de soutien pour les protecteurs de l’eau. Comment cela ne se pourrait-il pas ? Comment peut-on regarder les vidéos des arrestations et ne pas sentir qu’on doit faire quelque chose ?

Pour moi, ce fut de voir une personne s’écarter en marchant et être jetée à terre par la police. J’ai regardé cette scène encore et encore. Regardé cette personne tomber à plat sur le sol avec le flic sur elle.

Çà fait mal, çà fait mal à la personne, çà fait mal à ceux qui ont regardé… et peut-être aussi cela a fait mal au policier à qui on a ordonné de le faire. Il y a eu des rapports de policiers quitant es lieux, refusant d’entrer et montrant des signes de respect envers les protecteurs des eaux.

Les gens continuent d’être ce qu’ils sont. Ils offrent de l’eau aux policiers. Les ouvriers et les policiers se sont retranchés vers un barrage plus au nord. Peut-être que les autorités ont compris que leurs tactiques ne vont faire qu’attire toujours plus de soutien aux protecteurs des eaux et attirer toujours plus les feux de la rampe sur cette affaire.

Ils ont empêché quiconque d’aller vers le sud le long de la route 1806. Ils n’ont pas sourcillé lorsque je suis passée au travers me dirigeant vers le nord, partant dans une voiture vide, les filmant.

Ma vidéo favorie st celle qui montre les cavaliers de la Grande Nation Sioux allant à la rencontre de la police à cheval. Cette photo a fait la une du New York Times, J’espère que quelqu’un en fera un poster, quelque chose que les gens pourront accrocher à leur mur pour le regarder quotidiennement et qui leur apportera du bonheur une fois tout cela fini, alors que nous attendrons la prochaine fois.

Une entreprise transnationale ici, un gouvernement d’état là-bas, tout cela s’ajoute et s’amplifie. Nous aurons besoin de toujours plus de personnes pour mettre leurs corps sur la route du serpent noir jusqu’à se qu’il rampe là où il vient: des bureaux feutrés des entreprises où il est né et pour qu’il rapporte à ses maîtres que nous sommes toujours là et que nous sommes toujours puissants.