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Résistance au colonialisme: Université McGill de Montréal et effondrement de la mascarade médiatique de la complicité (Mohawk Nation News)

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“La vérité passe par trois stades, elle est d’abord moquée, puis combattue pour enfin être considérée comme évidence.”

~ Arthur Schopenhauer ~

 

“La vie de l’homme blanc est esclavage. Ils sont prisonniers de leurs villes et de leurs fermes. La vie que désire mon peuple est une vie de liberté.”

“Quel traité a été honoré par l’homme blanc que l’homme rouge a brisé ? Pas un seul. Quel traité les hommes blancs ont-ils fait avec les hommes rouges et qu’ils ont respecté ? Pas un seul.”

~ Tatanka Yotanka (Sitting Bull, Hunkpapa, Sioux) ~

 

La désinformation de l’université McGill

 

Mohawk Nation News

 

9 Février 2016

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2016/02/09/bum-steer-by-mcgill/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

[MNN commentaires aux dires de McGill “Indigenous Community Resistance & Media” Feb. 8, 2016.] 

McGill nous a toujours menti à nous, Onkwe’hon:weh (habitants de l’île de la Grande Tortue/Amérique du Nord). L’université McGill existe sur notre terre jamais cédée, achetée avec de l’argent “emprunté” de notre fond fiduciaire des Six Nations (Confédératon Iroquoise) en 1850. Cet argent ne fut jamais remboursé. Les contribuables canadiens bénéficient grandement de l’investissement de nos dollars dans la construction du Canada de manière générale, de son infrastructure et du vol de nos ressources comme fondement de son économie, tandis qu’il nous maintient dans des réserves.

Toutes les universités sont des corporations, des entreprises dont les propriétaires sont les banquiers qui en sont les actionnaires principaux. McGill fait frauduleusement de l’argent sur le marché boursier en y mettant illégalement notre terre et notre propriété en garantie. Nous désirons que notre université de McGll nous soit retournée et que toutes les dettes, intérêts compris nous soient remboursés. Nous promettons solennellement de faire de McGill une université internationale de la paix mondiale et de protéger notre investissement pour le plus grand intérêt de nos étudiants.

Je révèle aujourd’hui qu’il y a des responsables à l’université de McGill qui travaillent pour les actionnaires et contre les meilleurs intérêts des tenants du titre [de propriété] iroquois. Un réseau d’infiltration a été mis en place envoyant des agents dans nos communautés afin de nous manipuler, de nous démoraliser, de nous induire en erreur et d’aider à “éliminer” ou neutraliser ceux qui les questionnent. Nous sommes en train de faire une enquête sur ces personnes et de rédiger un rapport. Ceux qui sont impliqués dans tout ceci ici à McGill savent qui ils sont. En temps et en heure, vous, les étudiants, serez mis au courant de ce que nous avons trouvé et documenté.

Les médias de masse (NdT: alias les merdias…) ne nous ont jamais vraiment représenté de manière juste et véritable, ni nous ni notre position de propriétaires d’Ono’ware:keh, l’Île de la Grande Tortue.

Ceux d’entre nous qui remettent en question le plan commercial de la COURONNE (NdT: la City de Londres et sa Banque d’Angleterre/Vatican) pour le vol de notre terre et de nos ressources et du programme de génocide attenant sont sur la liste moire de “ceux à qui il ne faut jamais parler” des merdias. C’est pourquoi la station de radio russe Voice of Russia s’est entretenue avec cinq personnes de la nation Kanion’ke:haka (Mohawk), chacune pendant une heure dans un programme de leur radio de diffusion de masse. Ils voulaient une mise à jour sur le génocide toujours en cours.

Quand j’ai été arrêtée à la frontière de notre territoire d’Akwesasne le 14 Juin 2008, les agents du Canada Border Services (CBS) ont essayé de me tuer en utilisant un système d’immobilisation connu pour provoquer des crises cardiaques. (NdT: à l’époque des faits, l’auteure était âgée de 68 ans…). Rien de tout ceci ne fut jamais mentionné dans les médias. Le tribunal fédéral du Canada (TFC) fut chargé d’enquêter sur cette tentative de meurtre. Le tribunal décida que la Police Provinciale de l’Ontario (PPO) et la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) ne pouvaient faire une enquête que si j’acceptais de payer pour les frais d’enquête et judiciaire parce que “je vivais sur le territoire Mohawk de Kahnawake et que je n’étais pas une résidente du Canada !…” Cette décision historique prise par 3 juges reconnaît exlicitement notre souveraineté et ceci ne fut jamais rapporté dans les merdias.

Mohawk Nation News (MNN) ne travaille ni ne représente aucune entité entrepreneuriale de la COURONNE. Le refus de la COURONNE d’enquêter sur les enlèvements et les assassinats de milliers de nos femmes des nations premières vient maintenant au grand jour. Le boulot principal des merdias est de maintenir le maquillage et l’étouffement de ces affaires.

Historiquement, pour une bonne histoire d’Onkwe’hon:weh paraissant dans les médias de masse, s’ensuivent cinq mauvaises histoires. Jusqu’à très récemment, il n’y avait aucune couverture médiatique au sujet des plus de 50 000 morts et “disparitions” de nos enfants des pensionnats pour Indiens, ces camps de la mort gérés par la COURONNE (NdT: et les églises catholique, anglicane et unifiée du Canada). Le public ne fut pas informé parce que le ministère de la propagande, alias les merdias, fit son boulot de désinformation pour lequel il est payé.

Aucun média de pays du continent américain fondés par les entreprises européennes ne mentionne jamais que toute la terre et ses ressources inhérentes sont la propriété du peuple naturel de ces terres qui n’a jamais vendu ni abandonné quoi que ce soit. Nous n’avons jamais été vaincu dans quelque guerre légale que ce soit (NdT: si tant est qu’une guerre puisse être “légale”, puisqu’elle est intrinsèquement d’agression par au moins une des parties…). Ils ne peuvent jamais être des pays “légaux” tout comme ils ne peuvent jamais devenir propriétaire de notre terre.

Note de Résistance 71: Il convient ici de constater que l’auteure se place dans le domaine de compréhension occidental pour faire comprendre ce point de vue, car traditionnellement chez les nations autochtones et bien sûr chez les Iroquois, la terre n’est pas “possédée” par quiconque, elle n’est qu’empruntée aux futures générations. Les concepts de “propriété” privée, d’État etc… sont entièrement étrangers au monde des sociétés traditionnelles ancestrales, qui comme l’a si bien dit l’anthropologue Pierre Clastres, ne sont pas des sociétés en cours de développement, mais des sociétés finies établies, refusant la division de la société et la centralisation du pouvoir. Ce sont des sociétés volontairement contre l’État et tout ce qui s’en approche. On ne peut pas posséder la terre, comme on ne peut posséder ni l’eau, ni l’air, on la partage, on la préserve, on la chérit, on l’améliore pour les générations non nées. Tel est le concept. L’auteure se positionne ici volontairement du côté occidental de la barrière afin de donner un sens “occidental” à ses propos et analyses. La terre n’appartient à personne, elle est simplement, et elle est utilisée respectueusement par ceux qui l’habite dans un soucis de partage et d’équité, C’est le principe fondateur du traité Wampum Deux Rangées que les Hollandais au XVIIème siècle puis les Français et les Anglais acceptèrent en 1701 ; traité qui fut bafoué très tôt et en bien des occasions par les Européens envahisseurs, volant et pillant par “la volonté de dieu” telle qu’exprimée dans les bulles pontificales des papes Nicolas V (1452, 1455) et Alexandre VI (1493a, 1493b).

Mohawk Nation News (MNN) a débuté en 1990 alors que nous étions pris en otages à l’intérieur du centre de traitement de Kanesatake (Oka, Québec), encerclés par l’armée canadienne. Nous résistions à la transformation de nos sites de cérémonie et d’inhumation en un parcours de golf. L’armée mit alors aussi les territoires voisins de Kahnawake et d’Akwesasne sous le siège. Le Canada envoya plus de soldats à Kanesatake en 1990 qu’à la guerre du Golfe en 1991 ! Ceci pour montrer à quel point c’était important ! Les médias se firent le porte-voix du préjudice raciste du gouvernement ; nous fûmes dépeints comme des terroristes et des criminels. (NdT: nous mettons des documentaires sur Oka en section commentaire, à voir et diffuser sans modération…)

Avant que MNN ne poste un article, beaucoup de personnes sont consultées. MNN encourage tout à chacun de questionner, d’enquêter et de penser par soi-même pour parvenir à réunir nos esprits sur la base de la loi naturelle de la terre.

Il en va de la confiance, tout est une question de confiance. La farce touche à sa fin pour les merdias et leurs centres de propagande. Les journaux les plus importants commencent à ressembler à des pamphlets. Les banquiers ne veulent pas que les médias alternatifs exposent leurs actes criminels. Les merdias perdent de jour en jour leurs lecteurs et leur audience. Les médias alternatifs deviennent très importants, une force sur laquelle compter. (NdT: observons comment se démène le pouvoir politique central pour se débarrasser des soi-disant “théories du complot” qui empoisonneraient la jeunesse qui ne croit plus aux fadaises des gouvernements. Le rideau tombe, l’empereur est nu…)

Le plan commercial de la COURONNE dépend de fait des merdias et de leur capacité à masquer la vérité sur le plus grand holocause de l’histoire de l’humanité et de réécrire les faits et l’histoire elle-même. Maintenant tout s’effrite ; la vérité émerge sur l’internet, au travers de gens comme Edward Snowden, Julian Assange, MNN et les gens de tous les jours qui filment et utilisent leur cerveau etc… Les Etats-Unis et le Canada perdent leur réseau majeur de propagande parce que le public n’a plus aucune confiance.

Comme l’écrivit le sage Woody Guthrie : “Cross the country I’ve been looking. Seldom see anyone working. Is the work of the world all done? Come as big rain, come big thunder, come big crop, plow crop under. Indians never waste a one”.  indian-corn-song.html

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Actes de défi (vidéo)

 

Histoire coloniale: L’origine de la Police Montée du Canada… De milice coloniale paramilitaire à la pseudo-respectabilité d’une « gendarmerie »…

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Histoire de la violence d’état et du colonialisme associés à la Gendarmerie Royale du Canada (Police Montée)

Warrior Publications

Originellement publié le 3 décembre 2011

Source: https://copwatchvancouver.wordpress.com/2011/12/03/rcmp-history-of-colonialism-state-violence/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Depuis sa création, la Gendarmerie Royale du Canada (NdT: La GRC ou plus connue sous le vocable de “police montée canadienne”, qui est l’équivalent canadien du FBI, une police fédérale ayant compétence sur tout le territoire contrairement aux polices locales-municipales- ou provinciales) a joué un rôle très important dans la colonisation ainsi que dans la répression des mouvements sociaux. Elle fut en premier établie comme la North West Mounted Police (NWMP ou “Police Montée du Nord-Ouest) en 1873 pour étendre le contrôle du gouvernement sur les territoires du nord-ouest canadien (Saskatchewan & Manitoba). Ceci suivît la rébellion des métis de Red River en 1870 dans ce qui est aujourd’hui la province du Manitoba.

La NWMP fut modelée suivant la Royal Irish Constabulary (RIC), une force de police coloniale utilisée par les Britanniques comme méthode de contre-insurrection en Irlande. Les Britanniques modelèrent également leurs forces de police en Afrique et en Inde sur la RIC (Celles-ci fut rebaptisée Royal Ulster Constabulary en 1920 et gagna une sérieuse réputation comme instrument de coercition britannique en Irlande). Comme la RIC, les “Mounties” ou “policiers montés” furent organisés en tant que force paramilitaire avec des grades militaires, ainsi qu’une organisation, des uniformes et des armes tout aussi militaires. Ils seront plus tard reconnus comme un régiment de Dragons (cavalerie) et permis de porter un drapeau avec leurs “faits d’arme”.

En 1874, la NWMP mena un long raid vers l’ouest à travers les grandes plaines pour établir toute une série de forts aussi loin vers l’Ouest qu’Edmonton & Calgary en 1875. Nommée “la longue marche” (très maoïste cette expression…), cette histoire est vite devenue partie intégrante de la mythologie de cette force policière, exaltant et inspirant courage et détermination contre des circonstances néfastes. Néanmoins, quelques participants décrivirent cette marche comme étant désorganisée, mal planifiée et évitant de peu un total désastre. La colonne se perdit, souffrit de famine, de gros orages et d’une infestation de moustiques.

Une autre partie de la mythologie de la GRC est que la NWMP fut déployée pour arrêter les malversations de la mafia du traffic de whisky au travers des frontières et protégea les peuples et nations autochtones de ce fléau. Une attaque en Mai 1873 par des commerçants américains sur un groupe d’Indiens Cris, appelé le massacre de Cypress Hills, fut utilisée comme prétexte pour officiellement organiser la NWMP en Août de cette année là.

Cette histoire officielle échoue néanmoins à narrer la guerre génocidaire non-stop que les Etats-Unis menait contre les nations et peuples des grandes plaines (Lakota/Dakota, Cheyennes, Arapahos), incluant la quasi extermination des bisons. Le Canada venait juste de former un état-nation en 1867 au moyen du British North America Act ou BNAA et n’était plus une colonie britannique (NdT: en apparence du moins…). Bien que des forces britanniques demeurèrent dans le pays, le Canada avait peu de capacité militaire pour mener une guerre similaire contre les peuples et nations indigènes des grandes plaines (côté canadien). Et pourtant, la décimation des hardes de bisons qui venaient des Etats-Unis ainsi que les épidémies, affaiblissaient sérieusement les nations autrefois si puissantes des grandes plaines du côté canadien de la frontière. (NdT: n’oublions pas que refusant de plier devant les diktats coloniaux, le grand chef Lakota/Humpapa Sitting Bull se refugia avec les siens au Canada avant d’accepter de partir dans une “réserve”, où il y fut assassiné comme Crazy Horse avant lui…)

Bien que le Canada n’ait pas pu se permettre de mobiliser une large force militaire, il pouvait organiser une force de police paramilitaire pour établir des lignes de communication dans la région. Si nécessaire, une plus grande force de milice pouvait aussi être déployée comme ce fut le cas en 1885. A ce moment, le gouvernement pensa imposer son contrôle sur la région en préparation d’une plus ample expansion coloniale, incluant une voie de chemin de fer à travers la plaine et plus d’établissements coloniaux fermiers. Tout ceci demandait sécurité et stabilité (loi et ordre coloniaux). En particulier, les autochtones se devaient d’être forcés à se soumettre, exploitant les effets de la guerre génocidaire des Etats-Unis contre les Indiens des Grandes Plaines. D’après ce qu’écrivirent des historiens de la GRC,

Lorsque la police montée arriva dans l’Ouest, son but était de réguler le processus d’établir les Indiens dans les réserves. Ceci fait, la force reçût pour mission de patrouiller la ligne de construction de la voie de chemin de fer de la Canadian Pacific Railway afin de protéger le projet contre toute atteinte à sa réalisation.

(Red Coats on the Prairies, p. 14)

Dans les plaines, la NWMP fut étroitement impliquée dans la fabrication des traités, incluant le traité no6 de 1877 (couvrant les prairies du nord, incluant les nations Cri, Anicinabe et Assiniboine), ainsi que le traité n07 (couvrant le sud-ouest et les nations Pied-Noir, Bloods, et Peigan) Ces traités prononcèrent l’abandon massif légal de larges portions de territoires en échange de terres de réserves et de loyers annuels payés sous forme de nourriture, d’équipement et d’argent, placé sur compte fiduciaire géré par le gouvernement fédéral…). Dans bien des endroits, des villages furent mis à la limite de la famine, condition qui persista durant de nombreuses années.

Par la loi sur le Indiens de 1876 (Indian Act 1876), les autochtones se trouvèrent sous la jurisdiction imposée du gouvernement fédéral et devaient être confinés dans des réserves et forcés d’accepter des “conseils de bande” (NdT: entités répondant aux gouvernement coloniaux et n’ayant aucun point commun avec la gouvernance traditionnelle des nations indiennes. Aujourd’hui, ces conseils de bande sont réunis par délégation au sein de l’Assemblée des Premières Nations, qui élit régulièrement son “grand-chef”, qui n’a aucun pouvoir réel mais n’est qu’un représentant du gouvernement canadien…). La NWMP fut assignée de faire respecter ce système et toutes autres provisions prévues par L’Indian Act ou loi fédérale sur les Indiens, ceci incluant le système de laisser-passer permettant la circulation de et hors des réserves (NdT: système repris et diaboliquement perfectionné par le régime sioniste pour contrôler la circulation des Palestiniens pourtant sur leurs terres à l’instar des Indiens d’Amérique du Nord…) ; ainsi que de veiller à la suppression des “sociétés de guerrier” et des cérémonies autochtones traditionnelles comme par exemple la Danse du Soleil (Sun Dance) et les potlaches, tradition de redistribution des richesses accumulées. Il était courant pour la NWMP d’incarcérer des Indiens pour non respect de ces lois et de les forcer à des travaux pénibles durant des mois et des mois, les vieilles personnes mourant souvent sous le coup de ces mesures draconiennes. La NWMP, puis plus tard la GRC, fut directement impliquée dans l’enlèvement des enfants indiens et leur placement dans le système des “pensionnats pour Indiens” (NdT: où ils moururent par dizaines de milliers…) alors même que ce système plus pénitenciaire qu’éducatif, servait à faire mourir les enfants sous les multiples abus et les maladies de promiscuité induite (tuberculose essentiellement).

En 1885, la NWMP fut utilisé pour réprimer la rébellion du Nord-Ouest des guerriers Cri et métis (Louis Riel, Poundmaker et Big Bear/Grand Ours). Après avoir été forcés de se replier et ayant observé les postes de la compagnie de l’Hudson Bay être pillés, les agents indiens, la milice et les colons tués, la NWMP fut renforcée de 5000 hommes de la milice. Ils furent transportés par le train de la Canadian Pacific et financés par le HBC durant leur campagne.

Dix ans plus tard, des conflits de basse-intensité continuaient, souvent à cause des conditions de vie dans les réserves. Voix toute puissante, un guerrier Cri, tua par arme à feu trois policiers de la NWMP après avoir été arrêté pour avoir soi-disant tué la vache d’un colon. Il s’échappa et trouva refuge dans bon nombre de villages. La police le traqua pendant plus de deux ans et il fut abattu dans une échange de coups de feu en 1897 lorsque la police finalement ouvrit le feu contre lui avec un canon de 7 livres.

En 1897, un journal régional commentait: “Ce n’est que par la présence d’un grand nombre de policiers dans la région que les Indiens se tiennent un peu tranquilles… Ils ne sont soumis que parce qu’ils savent que se rebeller contre une force bien supérieure serait désastreux pour eux.

(Macleod Gazette, June 4, 1897, quoted in Red Coats on the Prairies, p. 70)

En 1900-02, des officiers de la NWMP furent envoyés servir dans la seconde guerre des Boers en Afrique du Sud, combattant aux côtés de l’empire britannique (ainsi fut épinglé le titre de “royal” à leur dénomination). Deux unités des Canadian Mounted Rifles et des Lord Strathcona’s Horse furent remplies d’anciens policiers de la NWMP. Leur but principal fut la contre-insurrection.

Pendant la première guerre mondiale, un escadron de policiers a servi sur les champs de bataille en Europe de l’ouest et en 1918, un autre escadron fut déployé en Sibérie comme partie d’un corps expéditionnaire contre la révolution russe. En 1919, la NWMP participa à l’attaque sur la grève générale de Winnipeg, ouvrant le feu sur les ouvriers et en tuant deux. En 1920, la NWMP fusionna avec la Dominion Police pour créer la GRC. En 1924, la GRC fut utilisée pour imposer un conseil de bande dans une réserve des Six Nations iroquoises du sud de la province de l’Ontario, qui avait résisté l’Indian Act depuis sa création et sa mise en place. Durant l’entre-deux guerre, la GRC conduisit des opérations de coercition contre les ouvriers, le parti communiste et les immigrants (chinois et ukrainiens). En 1935, elle attaqua la Onto-Ottawa Trek à Regina, ce qui se termina en émeute et vit la mort d’un policier et d’un manifestant.

Pendant les années 1950, la GRC a continué sa répression des mouvements sociaux sous le prétexte de la “guerre froide” et de l’anti-communisme. Pendant les années 60 et 70, elle fut plus active à contrer les mouvements sociaux du Québec. Pendant le période des blocus autochtones des années 1970 et jusqu’à aujourd’hui, à l’exception du Québec et de l’Ontario, c’est la GRC qui est le plus souvent appelée pour leur répression. Dans certains cas, ceci implique des arrestations symboliques pendant des actes de désobéissance civile, mais dans d’autres cas, cela peut impliquer de violents assauts et l’utilisation d’équipes d’intervention d’urgence lourdement armées (NdT: genre GIGN / GIPN / RAID etc…)

En 1988, plus de 200 gendarmes de la GRC envahirent le territoire Mohawk de Kahnawake pendant un raid contre un “trafic illégal” de tabac. Pendant des actions solidaires avec le mouvement d’Oka en 1990, les gens qui bloquèrent la ligne de chemin de fer de St at’imc à Seton Portage en Colombie Britannique, furent attaqués par la GRC armée de matraques et de chiens. Des mois plus tard, 60 personnes bloquant la route de Mont Currie furent violement arrêtés par une grande force de la GRC. A Oka, la GRC renforça la Sûreté du Québec.

En 1995, environ 450 gendarmes de la GRC, incluant un bon nombre de membres des équipes d’intervention, assiégèrent la camp autochtone de Native Sundance dans la région intérieure sud de la Colombie Britannique (Gustafsen Lake/Tspeten) La police utilisa des milliers de cartouches, fit exploser une charge alors qu’un des défenseurs dans son véhicule passait dessus et utilisèrent 9 véhicules VAB “Bison” suppléés par l’armée canadienne. Ce fut la plus grande opération paramilitaire ayant eu lieu dans l’histoire du Canada.

En 1997, la GRC fut chargée de fournir la sécurité au sommet de l’Asia-Pacific Economic Cooperation (APEC) qui se tenait à Vancouver. Elle mena une large campagne de surveillance et de harcèlement contre les mouvements sociaux se terminant par une attaque non provoquée sur des étudiants qui manifestaient pendant le sommet. Des dizaines furent gazés au lacrymo et gaz au poivre (NdT: armes chimiques interdites par la convention de Genève. Il est interdit pour l’armée d’utiliser des gaz lacrymogènes sur les champs de bataille mais nos polices, elles, ont le droit de les utiliser pour gazer leurs populations civiles !!… Cherchez l’erreur…), matraqués et arrêtés, pour beaucoup simplement pour avoir tenus une pancarte contre l’APEC…

En 1998, la GRC sur la réserve Tsuu-T’ina dans la province d’Alberta abattit Connie Jacobs et son fils de 9 ans Ty, après que la mère, énervée, ait tenté d’empêcher la saisie de ses enfants en s’armant d’un fusil de chasse.

En 2000, la GRC en soutien des personnels du bureau de la pêche et des océans, harcela, et surveilla puis attaqua les pêcheurs de homards de la nation Mik’maq à Burnt Church dans la province du Nouveau Brunswick.

En 2001, la GRC fut chargée de la sécurité du sommet des Amériques dans la ville de Québec. Avant les manifestations, des gendarmes conduisirent des opérations de harcèlement et de surveillance des mouvements sociaux pendant plusieurs mois. Pendant les manifestations qui se tinrent au mois d’Avril, la GRC et les brigades anti-émeute de la Sûreté du Québec, tirèrent des milliers de grenades lacrymogènes et des centaines de balles en caoutchouc en juste 48 heures.

En 2002, la GRC partagea de l’information avec les autorités américaines, ce qui eut pour résultat l’enlèvement, l’emprisonnement (rendition program) et la torture de Maher Arar en Syrie pendant plus d’un an. Des années plus tard, le commissaire chef de la GRC fut obligé de démissionner après que le rôle de la GRC fut révélé au grand jour.

Note de R71: Il faut ici constater que la Syrie a participé au programme d’enlèvement et de sous-traitance de la torture mis en place par la CIA suite aux attentats du 11 Septembre 2001, programme connu sous le nom de “Rendition Program”, qui vit l’installation pendant plusieurs années de centres clandestins de la CIA pour faire torturer en sous-traitance les “suspects de terrorisme” enlevés au préalable contre récompenses pour la CIA. Ces centres ont été prouvés avoir existé en Syrie, en Pologne, en Lituanie, en Thaïlande, en Egypte et sur un nombre de bateaux de la marine américaine spécifiquement aménagés et ne naviguant que dans les eaux internationales…

En 2002-3, la GRC avec ses unités d’intervention, fut impliquée dans une série de raids contre les “guerriers indigènes” dans le sud de l’île de Vancouver, à Neskonlith et à Bella coola en CB.

La réputation de la GRC/Police Montée du Canada, qui fut à une époque un symbole de “fièreté nationale” pour le pays, a continué à décliner avec bien plus de controverses et de scandales, incluant des assauts et des meurtres. Un des faits les plus récents et les plus connus de ces dernières années fut le meurtre du citoyen polonais Robert Dziekanski, qui mourut après avoir été attaqué et électrifié au taser par la GRC dans l’aéroport international de Vancouver.

Red Coats on the Prairies: the Northwest Mounted Police 1886-1900, by William Beahen & Stan Horrall & Centrax Books, Print West Publication Services, Regina, Saskatchewan 1998

Grève de la faim (fin) en Palestine occupée… Al Qiq le Bobby Sands de la lutte politique palestinienne ?…

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Parler de grève de la faim en prison en acte ultime de résistance doit évoquer celle, épique, des membres de l’IRA croupissant dans les geôles coloniales et particulièrement celle de Bobby Sands et de ses compagnons de lutte, décédés en 1981 pour récupérer leur statut de prisonnier politique. Nous plaçons en section commentaire un documentaire sur Bobby Sands, et sa grève de la faim terminale ainsi que celle de ses compagnons de détention.

Hommage et respect à tous les Mohamed Al-Qiq et Bobby Sands du monde.

— Résistance 71 —

 

Quand se laisser mourir de faim est un ultime acte de résistance

 

Ramzy Baroud

 

7 Février 2016

 

url de l’article:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15885

 

Le vendredi 29 janvier, le journaliste palestinien Mohammed al-Qiq a franchi les 66 jours de grève de la faim dans les prisons israéliennes. Juste avant qu’il ne soit tombé dans le coma pour la troisième fois, il avait envoyé un jour plus tôt un message public à travers ses avocats, qui résumé à l’essentiel disait : la liberté ou la mort.

Al-Qeq est âgé de 33 ans, marié et père de deux enfants. Des photos de lui circulant en ligne et affichées dans les rues palestiniennes, montrent le visage d’un bel homme, portant des lunettes. La réalité est cependant tout à fait différente. « Il est dans une très mauvaise situation. Il est tombé dans son troisième coma ces derniers jours, et son poids a chuté de 30 kilogrammes, » a dit Ashraf Abu Sneina, l’un des avocats d’al-Qiq, à al-Jazeera. Al-Qiq a été kidnappé et gardé en détention en vertu d’une loi israélienne tristement célèbre appelée la loi de « détention administrative ».

De sinistres prédictions sur la mort imminente d’al-Qiq sont faites chaque jour, avec aucune fin en vue de son martyre. Malheureusement pour cet homme qui a décidé que le seul moyen de défense et de protestation dont il dispose était son corps, il a contre lui l’apartheid israélien, la Croix-Rouge et d’autres groupes internationaux à qui il a fallu de longs délais pour se préoccuper du cas de ce journaliste qui refuse toute alimentaire et traitement médical depuis le 24 novembre 2015.

Al-Qiq travaille pour le réseau saoudien de télévision Almajd, et il a été enlevé à son domicile à Ramallah le 21 novembre. Dans son communiqué, publié plus de 60 jours après qu’il soit entré en grève de la faim, le CICR a décrit la situation comme « critique », indiquant clairement la réalité, à savoir que la vie d’Al-Qiq « est en danger. »

Le 27 janvier, l’Union européenne a également exprimé son point de vue, disant être « particulièrement préoccupée » par la détérioration de la santé d’al-Qiq.

Conformément à sa loi de « détention administrative », Israël retient en détention des prisonniers Palestiniens et arabes sans fournir de raisons et ce depuis que l’État [sioniste] a été fondé en 1948. En fait, cette loi qui est principalement fondée sur des « preuves secrètes » remonte aux mesures d’exception prises par le gouvernement britannique à l’époque du mandat sur la Palestine.

Après qu’Israël ait occupé la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est en 1967, il s’activa frénétiquement pour trouver quelque justification légale que ce soit au fait d’emprisonner les gens sans avoir à les soumettre à un procès. Ces efforts ont finalement abouti à la Loi israélienne des autorités de l’état d’urgence en 1979.

Cette loi était une sorte de compromis entre le renseignement intérieur (Shin Bet), l’État et le système judiciaire, dans le but de fournir une façade et un apparent fondement juridique pour ce qui est considéré par le droit international et par la plupart des pays comme parfaitement illégal. Le Shin Bet a donc été autorisé à utiliser toutes les mesures coercitives possibles – y compris la torture physique et psychologique – pour obtenir des aveux « forcés » de prisonniers palestiniens au cours de ces six mois de détention – renouvelables par simple ordonnance du tribunal – sans procès ni accusations.

Khader Adnan, âgé de 37 ans et originaire de Jénine, est resté sous le coup de la détention administrative pendant des années. Le renseignement israélien n’avait aucune charge pour l’inculper, malgré les accusations selon quoi il aurait été un membre important de l’organisation du Jihad islamique. Il a été libéré le 12 juillet 2015. Il a survécu à plusieurs grèves de la faim, et deux particulièrement longues : au début de 2012, sa grève de la faim a duré 66 jours et en mai 2015, une seconde grève a duré 56 jours.

Chaque fois, Adnan a atteint le point où la mort, comme dans le cas d’al-Qiq, était de plus en plus une possibilité réelle. Lorsque nous lui avons demandé ce qui l’avait obligé à suivre cette voie dangereuse à deux reprises, sa réponse a été immédiate : « les arrestations répétées, la sauvagerie de la façon dont je fus arrêté, la brutalité de l’interrogatoire et enfin la détention administrative prolongée » – bien sûr sans procès.

Les détentions administratives sont comme des trous noirs juridiques. Elles ne permettent aucune échappatoire et le prisonnier ne dispose d’aucun droit, mais donnent du temps aux tortionnaires de briser le moral du prisonnier, de le forcer à renoncer, et même à admettre sous la torture des choses qu’il n’a jamais commises. « C’est notre seul et dernier choix », dit Mohammed Allan, âgé de 33 ans et originaire de Naplouse, qui a suivi une grève de la faim si longues que celle-ci a produit des lésions cérébrales et a failli lui coûter la vie.

« Quand vous sentez que toutes les portes sont fermées, et que vous vous tenez là humilié et seul, sachant à l’avance que le système judiciaire est une mascarade, on se retrouve sans aucune autre option qu’une grève de la faim, » dit-il.

« D’abord, je fis part de mes intentions clairement en refusant trois repas à la file l’un de l’autre, et en envoyant une note écrite par le Dover (prisonnier parlant hébreu qui sert de porte-parole pour un quartier de la prison). Puis, la souffrance commence. C’est comme une guerre psychologique entre les autorités de la prison, L’État et les institutions contre un seul individu » qui – raconte Allan – dure de 50 à 60 jours.

« Presque instantanément un gréviste de la faim est jeté dans l’isolement, se voit refuser le droit à un matelas et à une couverture et à d’autres nécessités de base. Seulement au bout de six semaines environ, les autorités pénitentiaires israéliennes acceptent de parler aux avocats représentant les grévistes de la faim pour discuter de diverses propositions. Mais dans ce laps de temps, le prisonnier est laissé entièrement nu, séparé des autres prisonniers et soumis à une campagne ininterrompue d’intimidation et de menaces. La torture mentale est bien pire que la faim », dit Allan.

« Vous ne pouvez même plus aller aux toilettes ; vous ne pouvez pas tenir debout sans aide et vous êtes même trop faible pour essuyer le vomi qui jaillit involontairement hors de votre bouche et se répand dans votre barbe et sur votre poitrine. »

Allan a failli mourir en prison, et en dépit d’une ordonnance de la cour qui a permis aux autorités pénitentiaires de le gaver (une pratique considérée au niveau internationale comme une forme de torture), les médecins de l’hôpital Soroka ont refusé de suivre cette voie. À la mi-août 2015, Allan a été mis sous perfusion quand il a perdu conscience. Sa très grave malnutrition a entraîné des dommages cérébraux.

Un troisième gréviste de la faim ensuite libéré, Ayman Sharawneh, originaire de Dura près d’Hébron – mais qui a été expulsé à Gaza – parle des grèves de la faim comme de la « dernière balle » dans un combat pour la liberté qui peut conduire à la mort. Sharawneh, comme Adnan et d’autres à qui nous avons parlé, était amer à propos de l’absence d’un soutien adéquat, alors qu’il était mourant en prison.

« Toutes les organisations, palestiniennes ou internationales, font généralement défaut, » dit-il. « Ils finissent par passer à l’action alors que le prisonnier a déjà connu de nombreux jours de torture. »

Deux ans et 8 mois après qu’il ait été expulsé vers la bande de Gaza, il éprouve toujours une sévère douleur dans tout son corps, en particulier au niveau des reins.

En suivant cette grève de la faim prolongée, dit-il : « Je commençais à perdre mes cheveux, à souffrir de nausées constantes et de vives douleurs dans mes intestins, à vomir un liquide jaune, puis sombre, et finalement je ne pouvais plus rien voir. J’ai eu un mal de tête atroce et je commençais à souffrir de crevasses partout sur peau et sur tout le corps ».

Sharawneh est d’accord avec Adnan que les « grèves de la faim individuelles » ne doivent pas être comprises comme un acte auto-centré. « Mohammed al-Qiq n’est pas en grève pour lui-même », dit Adnan. « Il est en grève au nom de tous les prisonniers politiques », dont le nombre est estimé par le groupe Addameer de défense des droits des prisonniers, à près de 7000.

Selon Adnan, la question de la grève de la faim ne doit pas être considérée comme une bataille dans les prisons israéliennes, mais comme faisant partie intégrante de la lutte du peuple palestinien contre l’occupation militaire.

Alors que les trois anciens prisonniers ont affirmé leur solidarité avec al-Qiq, ils ont appelé à une plus grande aide pour le journaliste en grève de la faim et pour des milliers comme lui, dont beaucoup sont également détenus indéfiniment sous le régime de la détention administrative.

La liste des Palestiniens grévistes faim connus, dépasse al-Qiq, Adnan, Allan et Sharawneh et comprend beaucoup d’autres, sans oublier Samir Issawi, Hana Shalabi, Thaer Halahleh et Bilal Thiab. Mais ce que l’ensemble de ces anciens grévistes de la faim semblent avoir en commun, c’est leur insistance pour expliquer que leurs combats ne doivent pas être considérés comme des combats individuels pour la liberté de quelques-uns, mais pour la liberté de tout un peuple désespéré, opprimé et indigné.

 

* Dr Ramzy Baroud écrit sur le Moyen-Orient depuis plus de 20 ans. Il est chroniqueur international, consultant en médias, auteur de plusieurs livres et le fondateur de PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Résistant en Palestine – Une histoire vraie de Gaza (version française), peut être commandé à Demi-Lune. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible sur Scribest.fr. Son site personnel : http://www.ramzybaroud.net

Colonialisme et génocide: Le massacre en règle des Palestiniens continue…

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Assassinats en masse de Palestiniens

 

Rashid Shahin

 

27 janvier 2016

 

url de l’article en français:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15866 (avec vidéos)

 

Ce qui se passe ici ce ne sont pas seulement des assassinats sans procès, ou des assassinats extrajudiciaires, mais des crimes de guerre, ou des crimes contre l’humanité.

Ce qui se passe dans les territoires occupés palestiniens ce ne sont pas des assassinats extrajudiciaires de civils palestiniens, ce sont des exécutions pures et simples sur ordre d’hommes/de femmes politiques haut placés et de généraux militaires.

Lorsque la ministre des affaires étrangères suédoise, Margot Wallstrom a réclamé l’ouverture d’une enquête sur les assassinats extrajudiciaires d’Israël, elle a été méchamment attaquée par des hommes/femmes politiques israéliens ; une campagne de haine et d’incitation fut déchainée contre elle dans les médias de masse israéliens.

Les dirigeants israéliens ne sont pas habitués à de pareilles critiques de la part de dirigeants occidentaux, c’est la raison pour laquelle les déclarations de Mme Wallstrom les ont choqués et perturbés.

Les hommes et femmes politiques israéliens craignent que de telles déclarations n’encouragent d’autres dirigeants du monde à lui emboiter le pas et à leur tour à critiquer Israël et dénoncer ses crimes en prélude à une condamnation d’Israël sur la scène internationale.

Si c’est en effet le cas, cela signifie que l’immunité dont jouissent Israël et ses dirigeants depuis la création de l’état sioniste, prendra fin, ce qui les effraie et les affole.

Ils se croient immunisés contre toute critique depuis sept décennies et pensent qu’Israël est au-dessus du droit international.

Depuis le début de l’actuelle Intifada, les exécutions d’enfants et de jeunes Palestiniens sont quasi quotidiennes. Des vidéos qui ont largement circulé partout dans le monde montrent clairement que des Palestiniens ont été la cible de tirs et ont été tués sans avoir commis de délit. De nombreuses vidéos montrent que les accusations portées par les autorités d’occupation avaient été inventées de toute pièce.

En regardant ces vidéos il n’est pas nécessaire d’être spécialiste pour se rendre compte s’il s’agit d’une exécution sommaire ou d’une mise en scène ; de nombreuses vidéos montrent clairement comment les couteaux ont été placés sur les lieux, et beaucoup d’autres montrent que les victimes palestiniennes ne représentaient aucune menace d’aucune sorte.

Des vidéos montrent que des victimes ont été laissées se vider de leur sang jusqu’à ce que mort s’en suive, d’autres montrent à quel point la société israélienne peut être raciste, surtout lorsque des colons sionistes entonnent des chants et insultent les victimes, comme ce fut le cas pour l’enfant Ahmad Manasrah, qui gisait dans son sang dans la rue, et qui fut injurié, attaqué et battu par la police d’occupation.

Les dirigeants mondiaux doivent avoir les tripes de dire les choses telles qu’elles sont ; ce qui se passe ici ce ne sont pas seulement des assassinats sans procès, ou des assassinats extrajudiciaires, mais des crimes de guerre, ou des crimes contre l’humanité.

Ce que font les forces d’occupation dans les territoires occupés sont des crimes ; appeler les choses par leur véritable nom et qualifier de crimes les actes commis par ces forces d’occupation peut les amener à hésiter à tuer et à tirer sur la base de simples soupçons.

Si l’Occident commence à décrire la réalité de la situation due à l’occupation telle qu’elle est , ceci irritera les dirigeants sionistes d’Israël et les fera reconsidérer leur attitude à l’intérieur des territoires occupés.

 

 

 

Résistance au colonialisme: 26 Janvier… Australia Day pour le grand silence de la honte coloniale… (John Pilger)

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On ne le répètera jamais assez: Le pays du goulag levant (ex-USA) et son satellite du Canada ne sont pas les seuls exemples passés et actuels de pays toujours ACTIVEMENT colonialistes. Nous avons déjà mentionné l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Ici, John Pilger nous (re)fait réfléchir sur l’ignominie coloniale toujours silencieuse de son pays: l’Australie. Les pays sus-mentionnés ainsi que tous les pays du Commonwealth (soi-disantes ex-colonies britanniques toujours pour la plupart sous le joug de la « couronne »/city de Londres) sont toujours des pays colons qui sont LEGALEMENT dépourvus de territoire puisque la terre qu’ils OCCUPENT a été volé aux nations originellement habitant ces contrées au prix d’un génocide de leurs populations.

Pour pouvoir combattre le plus grand fléau de l’histoire de l’humanité: le colonialisme occidental (au fondement religieux chrétien) et changer de paradigme politique pour tous, encore faut-il comprendre les tenants de l’affaire. Ceci n’est pas de « l’histoire ancienne », çà se passe toujours aujourd’hui en 2016. Vaincre le colonialisme, son idéologie, sa pratique, véhiculées, facilitées et protégée par son garde-chiourme: l’État, ces deux fléaux de l’humanité, brandis par l’oligarchie parasite, nous devons comprendre l’histoire, admettre nos erreurs, nos crimes contre l’humanité et nous émanciper de cette spirale mortifère qui nous fait tourner toujours plus vite autour du trou de vidange de la baignoire à infamie qui se vide inexorablement.

Nous devons nous tenir debout, émancipés, côte à côte avec nos frères des nations des cinq continents pour enfin lier les liens de solidarité, d’entr’aide mutuelle, de compassion et de coopération qui nous mèneront ensemble à la création d’une société des sociétés d’associations volontaires, juste, égalitaire, non-coercitive et universelle, fondée de la loi naturelle et l’essence même de la nature humaine: l’entr’aide.

— Résistance 71 —

 

Le jour de l’Australie pour les secrets, les drapeaux et les lâches

 

John Pilger

 

21 janvier 2016

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/australias-day-for-secrets-flags-and-cowards

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 26 janvier, un des jours les plus tristes de l’histoire de l’humanité va être célébré en Australie. Ce sera “un jour des familles”, disent les journaux de la presse de Ruppert Murdoch. Des drapeaux seront mis aux coins des rues et sur des chapeaux rigolos. Les gens répèteront sans cesse combien il sont fiers (d’être Australiens).

Pour beaucoup, ce sera soulagement et gratitude. Dans l’espace de mon temps de vie, l’Australie non-indigène a changé pour passer d’une société anglo-irlandaise à une des plus ethniquement diverses sur terre. Ceux que nous avions l’habitude d’appeler “les nouveaux Australiens”, souvent choisissaient le 26 Janvier, jour d’ Australia Day, pour prêter serment en tant que citoyens (NdT: j’ai personnellement assisté à une de ces cérémonies en plein-air dans les années 1990…). Ces cérémonies peuvent être émouvantes (NdT: je confirme..). Regardez les visages de ces gens du Moyen-Orient et comprenez pourquoi ils serrent leur nouveau drapeau.

C’était au lever du soleil, un de ces 26 janvier il y a bien des années, lorsque je me tenais avec des indigènes et des Australiens non-indigènes et que nous jetions des couronnes de fleurs dans le port de Sydney (Sydney Harbour). Nous étions descendus sur une de ces parfaites petites criques de sable où d’autres se tinrent comme des silhouettes, regardant les navires de la “première flotte” britannique jeter l’ancre le 26 Janvier 1788. Ce fut le moment où la seule île continent de la planète fut prise à ses habitants ; l’euphémisme utilisé fut “établie” (NdT: pour colonisée). Ce fut, écrivit Henry Reynolds, un des seuls honnêtes historiens australiens qui soit, un des plus grand vol de territoire de l’histoire du monde. Il décrivit le massacre qui s’en suivit comme “un murmure dans nos cœurs”.

Les Australiens originels sont la plus vieille présence humaine. Pour les envahisseurs européens (NdT: et chrétiens ne l’oublions pas, ceci est lié encore et toujours à la doctrine de la découverte…), ils n’existaient pas parce que leur continent avait été déclaré terra nullius: terre vide. Pour justifier de cette fiction, un meurtre de masse fut ordonné. En 1838, le journal du Sydney Monitor rapporta: “Il a été résolu d’exterminer toute la race noire dans ce quartier.” Ceci faisait référence au peuple Darug qui vivait le long de la grande Hawkesbury River, pas très loin de Sydney. Avec une toute remarquable ingéniosité et sans armes à feu, ils combattirent et résistèrent de manière épique, ce qui demeure toujours aujourd’hui un quasi secret national. Sur une terre où fleurissent de partout les cénotaphes à la gloire des colons australiens morts dans des guerres impérialistes, personne ne se lève pour ces valeureux guerriers qui se sont battus et sont tombés en défendant l’Australie.

Cette vérité n’a pas sa place dans la conscience australienne. Parmi les nations coloniales à populations indigènes, mise à part une “excuse” facile en 2008, seule l’Australie a refusé d’accepter sa honte passée coloniale (NdT: et toujours présente, car comme les Etats-Unis, le Canada et la Nouvelle-Zélande, l’Australie est toujours en 2016 un pays COLONIAL et à ce titre comme l’empire nord-américain, ne possède aucune terre et est un “pays” fondé sur le vol et le génocide…). Un film d’Hollywood, Soldier Blue, en 1970, a fameusement inversé les stéréotypes raciaux et donné aux Américains un regard éclair sur le génocide dans leur propre “établissement” (colonial) mythique. Près d’un demi-siècle plus tard, il est tput à fait juste de dire qu’un film équivalent ne serait jamais fait en Australie.

En 2014, lorsque mon propre film-documentaire “Utopia”, qui raconte l’histoire du génocide australien, a cherché un distributeur local, Je fus conseillé par une des lumières de ce business: “Jamais on ne pourra distribuer ceci. Les audiences ne l’accepteront jamais.”

Il a eu tort, jusqu’à un certain point. Lorsqu’Utopia fut présenté à Sydney quelques jours avant le 26 janvier, à la belle étoile, sur un terrain vague dans une zone aborigène de la ville connue sous le nom de The Block, plus de 4000 personnes vinrent, la vaste majorité non-indigène. Beaucoup voyagèrent depuis l’autre côté du continent. Les leaders indigènes qui apparaissent dans le film se tinrent devant l’éran et parlèrent dans la “langue”… la leur. Rien de semblable ne s’était jamais produit auparavant, et pourtant, il n’y avait aucun représentant de la presse. Pour la plus vaste communauté blanche du pays, ceci ne se passait pas. L’Australie est une Murdochratie, dominée par l’éthique d’un homme qui changea de nationalité pour le Fox News Network des Etats-Unis.

La vedette du football australien (AFL) indigène Adam Goodes écrivit émotivement au Sydney Morning Herald pour demander que “le silence soit brisé”. “Imaginez”, écivit-il. “regarder un film qui dit la vérité au sujet de terribles injustices commises envers votre peuple, un film qui révèle que les Européens et les gouvernements qui ont dirigé notre pays, ont violé, massacré et volé notre peuple pour leur seul profit. Imaginez maintenant ce qui peut être ressenti lorsque le peuple qui a bénéficié le plus de ces viols, de ces meurtres et de ce vol, le peuple au nom de qui ceci fut perpétré, se tourne avec dégoût lorsque quelqu’un expose les faits.

Goodes lui-même a déjà brisé ce silence lorsqu’il se dressa contre les abus racistes qui lui furent lancés ainsi qu’à d’autres athlètes aborigènes. Cet homme courageux et plein de talent, qui a pris sa retraite du football australien l’an dernier comme s’il était sous un lourd nuage avec, écrivit un commentateur sportif “la nation sportive divisée à son sujet”. En Australie, il est respectable d’être divisé en s’opposant au racisme.

En ce jour d’Australia Day le 26 janvier 2016, le peuple indigène préfère parler de Jour de l’Invasion ou le Jour de Survie, il n’y aura aucune reconnaissance que cette unicité de l’Australie réside en son peuple originel, le tout allant avec une mentalité coloniale infuse qui devrait être un embarras de longue date dans une nation indépendante. Cette mentalité s’exprime de bien des façons, de la prosternation politique sans relâche aux pieds d’Etats-Unis prédateurs en passant par un mépris presque normal pour les Aborigènes d’Australie, un écho de “kaffir”, des abuseurs sud-africains.

L’apartheid est pervasif dans la société australienne (NdT: expérimenté en première main sur place, surtout dans le Queensland et les Territoires du Nord…). Pas très loin de Sydney par avion, le peuple indigène a une espérance de vie des plus courtes. Les hommes meurent souvent avant 45 ans. Ils meurent de maladies remontant au temps de Dickens, comme les maladies cardiaques rhumatiques, les enfants deviennent aveugles de la trachoma et sourds à cause d’otites de l’oreille moyenne, des maladies typiques de la pauvreté. Un médecin m’a dit: “Je voulais donner à une patiente des anti-imflammatoires pour une infection qui aurait été inexistant si les conditions de vie étaient meilleures, mais je n’ai pas pu la traiter parce qu’elle n’avait pas assez de nourriture à manger et ne pouvait pas ingérer les tablettes (sans nourriture). J’ai le sentiment parfois de gérer des conditions similaires que celles de la classe ouvrière anglaise au début de la 1ère révolution industrielle.

Le racisme qui permet cela dans une des sociétés les plus privilégiées de la planète est très profond. Dans les années 1920, un “Protecteur des Aborigènes” supervisa le vol, le kidnapping, d’enfants métis avec pour justificatif de “laver la couleur par le brassage”. Aujourd’hui, un chiffre record d’enfants indigènes sont enlevés de leurs foyers et beaucoup ne revoient jamais leur famille d’origine. Le 11 Février, un groupe qui force le respect appelé “Grandmothers Against Removals” mènera une marche sur le parlement fédéral de Canberra, demandant le retour des enfants volés.

L’Australie est le modèle des gouvernements européens qui cloisonnent leurs frontières auparavant ouvertes tout en facilitant le fascisme, comme en Hongrie. Les réfugiés qui osent faire route par mer vers l’Australie dans des bateaux surchargés en passagers, ont été depuis longtemps traités en criminels, avec les “passeurs” dont la notoriété est pompée hors de proportion par les médias australiens afin de faire diversion sur l’immoralité et les crimes de leur propre gouvernement. Les réfugiés sont parqués derrière du fil de fer barbelé en moyenne pour bien plus d’une année, certains indéfiniment, dans des conditions barbares, qui ont mené certains au suicide, au meurtre, à la maladie mentale. Les enfants ne sont jamais épargnés. Un goulag australien géré par des firmes de sécurité privées sinistres et qui inclut des camps de concentration sur les îles isolées du Pacifique de Manus et Nauru. Les gens n’ont aucune idée de quand ils serot libérés et si même ils le seront un jour.

L’armée australienne, dont les faits d’armes sont le sujet de tomes dénués de toute critique remplissant les pleins rayons des librairies d’aéroports, a joué un rôle important à “refouler les bateaux” des réfugiés fuyant les guerres, comme en Irak, guerre commencée et prolongée par les Américains et leurs mercenaires australiens. Aucune ironie et encore moins de responsabilité, ne sont reconnues dans ce rôle si lâche.

Ce jour de fête nationale de l’Australia Day qui vient, la “fierté des services” sera au balcon. Cette fierté s’étend au département de l’immigration australien qui envoie les gens dans son goulag pour un “service de contrôle au large”, le plus souvent de manière tout à fait arbitraire, laissant ces gens se morfondre, se désespérer et pourrir. La semaine dernière on a annoncé que les hauts fonctionnaires de l’immigration ont dépensé 400 000 dollars pour des médailles qu’ils vont s’attribuer à eux-mêmes pour tant d’héroïsme. Allez, sortez encore plus de drapeaux !…

Résistance politique au colonialisme: Appel au boycott des produits israéliens par des personnalités…

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Face aux menaces de Valls, des personnalités appellent au boycott des produits d’Israël

 

Ali Abinimah

 

23 Janvier 2016

 

url de l’article original:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article15856

 

Un groupe d’intellectuels et de militants renommés défient la répression du gouvernement français sur le mouvement de solidarité avec la Palestine, en appelant publiquement au boycott des produits israéliens.

Cette initiative est prise après que le Premier ministre français ait annoncé que son gouvernement allait intensifier ses restrictions sur la liberté d’expression, visant en particulier la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

« Ce mouvement de boycott qui connaît un succès croissant dans le monde entier est le seul moyen non-violent de faire pression sur Israël, » dit la déclaration des personnalités publiques sur le site Mediapart.

« Ce mouvement pour le boycott rencontre un succès croissant dans le monde, en tant que seul moyen non-violent de faire pression sur Israël. Il permet à toutes celles et tous ceux qui le souhaitent de manifester pacifiquement leur solidarité et de protester par là-même contre le traitement de faveur dont bénéficie ce pays de la part de la communauté internationale en dépit de ses violations constantes du droit international. », ajoute le rapport.

« C’est pourquoi nous appelons à soutenir et renforcer le mouvement BDS et à boycotter les produits israéliens. »

Répression juridique

Les signataires font leur appel au mépris d’une décision prise en octobre par la Cour de cassation.

La plus haute cour d’appel pénale française a confirmé la condamnation d’une douzaine de militants du mouvement de solidarité pour la Palestine, pour avoir appelé publiquement au boycott des produits israéliens.

Cela fait de la France, en plus d’Israël, le seul pays au monde à pénaliser les appels à ne pas acheter les produits israéliens.

Mais la loi française, qui comprend des sanctions pénales, est sans doute plus sévère que celle d’Israël puisque cette dernière prévoit que les partisans du boycott soient poursuivis et financièrement pénalisés, mais pas emprisonnés.

La décision de la Cour de cassation a ajouté aux préoccupations croissantes concernant la sévère répression sur la liberté d’expression mise appliquée par le président français Hollande, depuis les assassinats de journalistes dans les bureaux du magazine Charlie Hebdo en janvier à 2015.

Nouvelles mesures répressives

Le premier ministre Manuel Valls a intensifié la campagne gouvernementale et les menaces de répression contre les partisans des droits des Palestiniens.

Dans un discours devant le lobby pro-israélien du CRIF ce lundi, Valls a déclaré que son gouvernement allait prendre de nouvelles mesures pour interdire les manifestations en appui à la campagne BDS.

« Nous sommes passés de la critique d’Israël à l’anti-sionisme et de l’anti-sionisme à l’antisémitisme », a éructé Valls.

« Nous prendrons des mesures, » a-t-il annoncé, « qui démontrent que cela suffit et que tout n’est pas permis dans notre pays. »

Valls a ajouté qu’il allait livrer des détails bientôt et consulter le ministre de l’Intérieur.

Le mois dernier, Valls a averti que la critique radicale de l’idéologie [raciste et colonialiste] de l’État sioniste d’Israël était considérée comme de l’antisémitisme.

« Une indignité »

La déclaration des personnalités françaises qualifient la décision du tribunal en octobre – qui reposait sur une loi anti-discrimination – une « indignité », en particulier à la lumière des fortes prétentions de la France d’être le plus grand défenseur au monde de la liberté d’expression.

« Cette loi est supposée protéger une personne ou un groupe de personnes victimes d’une discrimination à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion », dit la déclaration.

« Elle ne prévoit nullement de protéger la politique d’un État contre une critique citoyenne, lorsque cette critique prend la forme d’un appel au boycott de produits » est-il encore dit.

« Nous ne nous plierons pas à la décision de la Cour de cassation », déclarent les signataires.

 

Appel paru sur le site de Mediapart

De nombreuses associations s’indignent de la décision de la Cour de cassation du 20 octobre 2015, qui a déclaré illégal l’appel à boycotter des produits israéliens. Voici un nouvel appel signé par plusieurs militants, intellectuels et responsables politiques en défense de la campagne BDS lancé par les Palestiniens le 4 juillet 2005.

Nous ne nous plierons pas à la décision de la Cour de cassation du 20 octobre 2015 ! Le 20 octobre 2015, par deux arrêts, la Cour de cassation a déclaré illégal l’appel à boycotter des produits israéliens et confirmé la lourde condamnation de plusieurs militants du mouvement Boycott désinvestissement sanctions (BDS). Elle a utilisé pour cela, un article de la loi de la presse qui évoque le délit de «   provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race, ou une religion déterminée   ».

Cette décision est plus qu’étonnante, elle est scandaleuse. Cette loi est supposée protéger une personne ou un groupe de personnes victimes d’une discrimination à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion. Elle ne prévoit nullement de protéger la politique d’un Etat contre une critique citoyenne, lorsque cette critique prend la forme d’un appel au boycott de produits. A de nombreuses reprises, des organisations ont appelé dans le monde au boycott de la Birmanie ou de la Russie, de la Chine ou du Mexique, sans que soit jamais évoquée une telle clause.

En dépit de l’insistance du ministère de la justice, la plupart des juridictions françaises saisies ont refusé au cours de ces dernières années de considérer que l’appel au boycott de produits israéliens relevait d’une infraction pénale.

Avec la décision de la cour de Cassation, la France devient le seul pays démocratique du monde où une telle interdiction a été prise. Pour un pays qui, depuis un an, n’a pas cessé de se réclamer son attachement à la liberté d’expression c’est une situation d’autant plus paradoxale, qu’il est plus que probable que la Cour européenne des droits de l’Homme reviendra sur ce jugement malvenu. Même la cour de Cassation doit répondre de ses décisions et se conformer à des principes universels que sont, notamment, le droit d’expression.

Le mouvement BDS s’est créé dans un contexte de démission de la communauté internationale incapable de mettre un terme à la colonisation ni de protéger les Palestiniens des exactions quotidiennes que leur infligent armée et colons israéliens. Ce mouvement pour le boycott rencontre un succès croissant dans le monde, en tant que seul moyen non-violent de faire pression sur Israël. Il permet à toutes celles et tous ceux qui le souhaitent de manifester pacifiquement leur solidarité et de protester par là-même contre le traitement de faveur dont bénéficie ce pays de la part de la communauté internationale en dépit de ses violations constantes du droit international. C’est pourquoi nous appelons à soutenir et renforcer le mouvement BDS et à boycotter les produits israéliens.

Les signataires :

Ahmed Abbes, Directeur de recherche au CNRS, Paris
 Sihame Assbague, militante associative
 Etienne Balibar, Professeur émérite, Université de Paris-Ouest Nanterre
 Saïd Bouamama, sociologue
 Rony Brauman, médecin, essayiste
 Sonia Dayan, Professeure émérite à l’Université Paris Diderot-Paris7
 Christine Delphy, sociologue, cofondatrice de Nouvelles Questions Féministes
 Alain Gresh, journaliste
 Nacira Guénif, sociologue, Université Paris 8
 Christian Salmon, écrivain
 Azzedine Taïbi, maire de Stains
 Marie-Christine Vergiat, députée européenne

Résistance à l’empire colonial: « Opération Chaos »… Quand la CIA espionnait l’American Indian Movement…

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“Entre 1972 et 1976, l’Indian Health Service (IHS) ou Service de Santé pour Indiens a stérilisé 42% des femmes autochtones en âge d’avoir des enfants. Le programme de stérilisation a affecté pratiquement toutes les femmes indiennes fertiles qui se rendaient ou furent emmenés dans un hôptial du IHS. Les femmes enceintes qui venaient accoucher furent trompées et obligées de signer des décharges de responsabilité. Lorsqu’elles sortaient d’anesthésie, elle avaient subi une ligature des trompes. Mème les femmes qui étaient hospitalisées pour des appendicites ou des maux de gorge étaient menacées d’avoir leurs enfants enlevés et placés par l’État ou de perdre leurs services sociaux si elles refusaient de se faire stériliser…”

~ Russell Means, 1995 ~

“En 1979, une révolution se produisit en Iran. A cause de la conférence de Genève et de nos liens amicaux avec l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine), L’American Indian Movement avait une grande crédibilité dans cette partie du monde. Tout comme l’OLP, nous étions vitalement intéressés à récupérer notre pays, notre terre et notre souveraineté.”

~ Russell Means, 1995 ~

 

Quand “l’Opération Chaos” ciblait l’American Indian Movement (AIM)

 

Russell Means a dit que les nations indiennes “vivent dans le ventre du monstre et ce monstre est les Etats-Unis.”

 

Brenda Norrell

Censored News

 

19 janvier 2016

 

url de l’article original:

http://bsnorrell.blogspot.jp/2016/01/operation-chaos-targeted-american.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En 1967, le président Lyndon Johnson créa l’Opération Chaos afin d’espionner les militants de l’American Indian Movement (AIM), les Black Panthers, les mouvements étudiants et les mouvements pacifistes contre la guerre du Vietnam.

Cette opération de la CIA rassembla des documents sur quelques 7200 citoyens américains, traçant leurs contacts avec de soi-disants “dissidents” d’autres pays.

Bien que pas mal de choses aient été divulguées au sujet du programme de contre-espionnage (COINTELPRO), bien peu a été écrit sur l’Opération Chaos. Il n’y a qu’une mention de cette opération espionnant les membres de l’AIM sur Wikileaks et le document n’est pas disponible en ligne.

Quoi qu’il en soit, d’autres documents sur internet révèlent le but de l’Opétation Chaos, un projet de renseignement secret hautement classifié de la CIA.

Les agents ciblèrent l’interaction des activistes américains avec des gens d’autres pays, les déclarant suspicieux et que les troubles sociaux se propageant aux Etats-Unis avaient pour origine l’étranger. Mais en fin de compte, les agents découvrirent que bien des troubles avaient pour origine les Etats-Unis, incluant le mouvement contre la guerre du Vietnam.

Les agents furent séparés des autres agents de la CIA et la première cible furent les mouvements pacifistes et les mouvements afro-américains ; puis l’AIM et les occupants de Wounded Knee furent ciblés.

Le rapport ci-dessous révèle comment la CIA a excédé son autorité en espionnant domestiquement ses citoyens au cours de cette Opération Chaos dans les années 1960 et 1970. (NdT: La loi américaine interdit à la CIA d’intervenir sur le sol américain. Elle ne peut légalement pas agir contre des citoyens américains intra muros.)

Document et historique de l’Opération Chaos: http://www.aarclibrary.org/publib/church/rockcomm/pdf/RockComm_Chap11_CHAOS.pdf

L’AIM fut le point de focalisation de l’espionnage du gouvernement US avant la prise et le siège de Wounded Knee (1973)

Les Amérindiens impliqués dans le mouvement pacifiste anti-guerre du Vietnam furent ciblés pour espionnage durant la période des années 1960 et 1970. Les Etats-Unis mirent en place des opérations domestiques, comme ce fut révélé lorsque le gouvernement US cibla entre autre la chanteuse folk Buffy Sainte Marie. Il y eut aussi des opérations à l’étranger, qui focalisèrent sur l’AIM et le voyage en Europe.

Durant un entretien au Dine’ College, Buffy Sainte Marie a dit que le président Johnson l’avait alors mise hors du circuit de la musique à cause de sa position contre la guerre du Viertnam et de sa chanson “Universal Soldier” http://bsnorrell.tripod.com/id99.html

Les câbles de correspondance américains révèle que le ministère des affaires étrangères US se concentrait sur l’espionnage en particulier de Russell Means.

Le gouvernement prit note et envoya un câble lorsque Russell Means, activiste Lakota, avait dit qu’une délégation d’Europe de l’Est planifiait “de gaver le président Carter comme une oie avec les droits de l’Homme”.

https://wikileaks.org/plusd/cables/1977STATE226024_c.html

Means avait promis d’exposer en Europe l’affaire du génocide des Amérindiens et recherchait un soutien pour “l’occupation étrangère” qui persistait sur le territoire d’Amérique du Nord et du continent. Les Etats-Unis étaient aussi préoccupés par le fait que la délégation de l’AIM en Europe en 1977 utiliserait des passeports de la confédération iroquoise, d’après le câble de l’agence d’espionnage.

Un document de Wikileaks montre qu’après le siège de Wounded Knee, l’AIM planifiait une convention sur les traités indiens près de Mobridge dans le Dakota du Sud en 1974. Les Etats-Unis étaient préoccupés que la Bolivie et le Mexique y participent. “Le gouvernement des Etats-Unis jugerait inappropriée la participation à cet évènement de la part de gouvernements étrangers.” Les Etats-Unis continuèrent d’essayer de savoir qui allait participer.

https://wikileaks.org/plusd/cables/1974STATE101850_b.html

Le gouvernement des Etats-Unis surveillait Russell Means comme montré ci-dessous:

https://wikileaks.org/plusd/cables/1977STATE237305_c.html

La relation de l’AIM avec la Libye créa aussi une alarme et des accusations du ministère des affaires étrangères US, comme révélé dans les câbles de l’époque.

Plus tôt, en 1973, la Confédération Haudenosaunee des 6 Nations Iroquoises avait engagé l’ONU et avait répondu à la requête en provenance de Wounded Knee pour être les médiateurs de paix dans le processus d’occupation.

Ces mots sonnent particulièrement vrais aujourd’hui alors que les médias présentent une version totalement biaisée de la véritable histoire de la Palestine.

NdT: remarque d’autant plus intéressante, que dans les années 1970-80, beaucoup d’argent fut dépensé pour envoyer des délégations amérindiennes (pas l’AIM bien sûr) des conseils de tribus et de bandes, US et canadiens, dépendants des gouvernements coloniaux, en Israël, où on leur bourra le crâne de l’idée suivante: “Vous les Indiens êtes des peuples comme nous en terre promise…” ce qui faisait le lien faussement et artificiellement entre la lutte autochtone amérindienne et le sionisme. Bien des universitaires de l’époque dont Vine Deloria Jr, furent retournés pour soutenir Israël alors qu’il est bien évident que si comparaison il y a, les nations et peuples premiers des Amériques sont les Palestiniens et non pas les envahisseurs coloniaux sionistes. La confusion a régné longtemps dans bien des esprits militants… C’était le but. L’AIM était plus proche du FPLP et de l’OLP, ce qui inquiétait le gouvernement US…

En janvier 1974, le département d’état US s’alarma lorsque des journalistes soviétiques planifièrent de voyager à Minneapolis. Les Etats-Unis les traquèrent pour voir s’ils étaient là pour couvrir le procès de ceux qui avaient occupé Wounded Knee. Une fois de plus le gouvernement US était terrifié que l’AIM puisse gagner un soutien international et par son habilité à le faire. Les Etats-Unis traquèrent aussi les informations diffusées à l’étranger concernant la couverture de l’information sur les problèmes des Indiens et des droits de l’Homme.

https://wikileaks.org/plusd/cables/1974STATE012511_b.html

Un document de Wikileaks vient de Genève en 1977, la déclaration sur la discrimination et les droits indigènes, qui réfère également à la stérilisation des femmes autochtones sans leur consentement. Les câbles de l’époque montrent également que le gouvernement des Etats-Unis traquait les commentaires de Russell Means en regard de la stérilisation des femmes indiennes aux Etats-Unis sans leur consentement.

Lisez plus au sujet de l’espionnage des Indiens aux Etats-Unis et des Premières Nations: http://indigenousresistancejuly2014.blogspot.com/2014/08/texas-spies-ponder-mohawks-stratfor.html

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Note de Résistance 71:

L’AIM envoya un délégué à Téhéran lors du conflit des otages de l’ambassade US sous la présidence Carter. L’Iran avait accepté que l’AIM soit le messager entre les otages américains de l’ambassade et les Etats-Unis. Le délégué de l’AIM fut John Thomas, un ami de Russell Means. Voici ce qu’écrivit Means en 1995 au sujet de cet épisode:

John T. nous servit d’ambassadeur itinérant visitant pour nous le Liban, l’Egypte, l’Iran. Lorsque les gardiens de la révolution islamique prirent l’ambassade US de Téhéran en otage, nous y envoyâmes John T. pour voir ce qu’il pourrait faire. Nous n’avions aucune confiance dans les téléphones, je suis sûr que la CIA et les Iraniens écoutaient chaque conversation téléphonique, il revint donc à New York pour s’entretenir avec Bill et moi…

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