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Géopolitique, impérialisme et islam politique: les Frères Musulmans, la CIA, le MI6, Mossad et tutti quanti (Thierry Meyssan)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 25 juin 2019 by Résistance 71

Excellente enquête de Thierry Meyssan sur cette fabrication et manipulation de la « confrérie des frères musulmans » et du soi-disant « islam politique » inféodé à l’impérialisme occidental post-première guerre mondiale pour maintenir le statu quo oligarchique en place.
Pour mieux comprendre les turpitudes et les salades officielles qu’on nous fait ingurgiter de (moins en moins) force.

~ Résistance 71 ~

 

Les Frères Musulmans en tant qu’assassins

 

Thierry Meyssan

 

21 juin 2019

 

url de l’article original:

https://www.voltairenet.org/article206724.html

 

Nous poursuivons la publication du livre de Thierry Meyssan, « Sous nos yeux ». Dans cet épisode, il décrit la création d’une société secrète égyptienne, les Frères musulmans, puis sa réactivation après la Seconde Guerre mondiale par les services secrets britanniques. Enfin, l’utilisation de ce groupe par le MI6 pour procéder à des assassinats politiques dans cette ancienne colonie de la Couronne.

Les «  Printemps arabes  », vécus par les Frères musulmans

En 1951, les services secrets anglo-saxons constituèrent, à partir de l’ancienne organisation homonyme, une société secrète politique  : les Frères musulmans. Ils l’utilisèrent successivement pour assassiner des personnalités qui leur résistaient, puis à partir de 1979 comme mercenaires contre les Soviétiques. Au début des années 1990, ils les incorporèrent à l’Otan et dans les années 2010 tentèrent de les porter au pouvoir dans les pays arabes. En définitive, les Frères musulmans et l’Ordre soufi des Naqchbandis furent financés à hauteur de 80 milliards de dollars annuels par la famille régnante saoudienne, ce qui en fait une des armées les plus importantes au monde. La totalité des leaders jihadistes, y compris ceux de Daesh, appartient à ce dispositif militaire.

1— Les Frères musulmans égyptiens

Quatre empires disparaissent durant la Première Guerre mondiale  : le Reich germanique, l’Empire austro-hongrois, la Sainte Russie tsariste, et la Sublime Porte ottomane. Les vainqueurs manquent totalement de mesure en imposant leurs conditions aux vaincus. Ainsi, en Europe, le Traité de Versailles détermine des conditions inacceptables pour l’Allemagne qu’il rend seule responsable du conflit. En Orient, le dépeçage du Califat ottoman se passe mal  : à la conférence de San Remo (1920), conformément aux accords secrets Sykes-Picot-Sazonov (1916), le Royaume-Uni est autorisé à constituer un foyer juif en Palestine, tandis que la France peut coloniser la Syrie (qui incluait à l’époque le Liban actuel). Cependant, dans ce qui reste de l’Empire ottoman, Mustafa Kemal se révolte à la fois contre le Sultan qui a perdu la guerre et contre les Occidentaux qui s’emparent de son pays. À la conférence de Sèvres (1920), on découpe le Califat en petits bouts pour créer toutes sortes de nouveaux États, dont le Kurdistan. La population turco-mongole de Thrace et d’Anatolie se soulève et porte Kémal au pouvoir. En définitive, la conférence de Lausanne (1923) trace les frontières actuelles, renonce au Kurdistan et organise de gigantesques transferts de population qui font plus d’un demi-million de morts.

Mais, de même qu’en Allemagne Adolf Hitler contestera le sort de son pays, au Proche-Orient, un homme se lève contre le nouveau partage de la région. Un instituteur égyptien fonde un mouvement pour rétablir le Califat que les Occidentaux ont vaincu. Cet homme, c’est Hassan el-Banna et cette organisation, ce sont les Frères musulmans (1928).

Le Calife, c’est en principe le successeur du Prophète auquel tous doivent obéissance  ; un titre de fait très convoité. Plusieurs grandes lignées de califes se sont succédées  : les Omeyyades, les Abbassides, les Fatimides et les Ottomans. Le prochain Calife devrait être celui qui s’emparera du titre, en l’occurrence le «  Guide général  » de la Confrérie qui se verrait bien en maître du monde musulman.

La société secrète se développe très rapidement. Elle entend œuvrer de l’intérieur du système pour rétablir les institutions islamiques. Les postulants doivent jurer fidélité au fondateur sur le Coran et sur un sabre, ou sur un revolver. Le but de la Confrérie est exclusivement politique, même si elle l’exprime en termes religieux. Jamais Hassan el-Banna ni ses successeurs ne parleront de l’islam comme d’une religion ou n’évoqueront une spiritualité musulmane. Pour eux, l’islam est uniquement un dogme, une soumission à Dieu et un moyen d’exercer le Pouvoir. Évidemment, les Égyptiens qui soutiennent la Confrérie ne la perçoivent pas ainsi. Ils la suivent parce qu’elle prétend suivre Dieu.

Pour Hassan el-Banna, la légitimité d’un gouvernement ne se mesure pas à sa représentativité comme on évalue celle des gouvernements occidentaux, mais à sa capacité à défendre le «  mode de vie islamique  », c’est-à-dire celui de l’Égypte ottomane du XIXe siècle. Jamais les Frères n’envisageront que l’islam ait une Histoire et que les modes de vie musulmans varient considérablement selon les régions et les époques. Jamais ils n’envisageront non plus que le Prophète a révolutionné la société bédouine et que le mode de vie décrit dans le Coran n’est qu’une étape fixée pour ces hommes. Pour eux, les règles pénales du Coran – la charia – ne correspondent donc pas à une situation donnée, mais fixent les lois immuables sur lesquelles le Pouvoir peut s’appuyer.

Le fait que la religion musulmane se soit souvent diffusée par l’épée justifie pour la Confrérie l’usage de la force. Jamais, les Frères ne reconnaitront que l’islam ait pu se propager aussi par l’exemple. Cela n’empêche pas Al-Banna et ses Frères de se présenter aux élections — et de perdre. S’ils condamnent les partis politiques, ce n’est pas par opposition au multipartisme, mais parce qu’en séparant la religion du politique, ils seraient tombés dans la corruption.

La doctrine des Frères musulmans, c’est l’idéologie de l’«  islam politique  », en français on dit de l’«  islamisme  »  ; un mot qui va faire fureur.

En 1936, Hassan el-Banna, écrit au Premier ministre Mustafa el-Nahhas Pacha. Il exige  : 

  • «  une réforme de la législation et l’union de tous les tribunaux sous la charia  ; 
  • le recrutement au sein des armées en instituant un volontariat sous la bannière du jihad  ; 
  • la connexion des pays musulmans et la préparation de la restauration du Califat, en application de l’unité exigée par l’islam.  »

Durant la Seconde Guerre mondiale, la Confrérie se déclare neutre. En réalité, elle se transforme en un service de Renseignement du Reich. Mais à partir de l’entrée en guerre des États-Unis, lorsque le sort des armes semble s’inverser, elle joue double jeu et se fait financer par les Britanniques pour leur livrer des informations sur son premier employeur. Ce faisant, la Confrérie manifeste son absence totale de principe et son pur opportunisme politique.

Le 24 février 1945, les Frères tentent leur chance et assassinent en pleine séance parlementaire le Premier ministre égyptien. Il s’en suit une escalade de la violence  : une répression contre eux et une série d’assassinats politiques, allant jusqu’à celui du nouveau Premier ministre, le 28 décembre 1948, et en rétorsion d’Hassan el-Banna lui-même, le 12 février 1949. Peu de temps après, un tribunal institué par la loi martiale condamne la plupart des Frères à une peine de détention et dissout leur association.

Cette organisation secrète n’était au fond qu’une bande d’assassins qui ambitionnaient de s’emparer du pouvoir en masquant sa convoitise derrière le Coran. Son histoire aurait dû s’arrêter là. Il n’en fut rien.

2— La Confrérie refondée par les Anglo-Saxons 

et la paix séparée avec Israël

La capacité de la Confrérie à mobiliser des gens et à les transformer en assassins ne peut qu’intriguer les Grandes puissances.

Deux ans et demi après sa dissolution, une nouvelle organisation est formée par les Anglo-Saxons en réutilisant le nom de «  Frères musulmans  ». Profitant de l’incarcération des dirigeants historiques, l’ancien juge Hassan Al-Hodeibi en est élu Guide général. Contrairement à une idée souvent admise, il n’y aucune continuité historique entre l’ancienne et la nouvelle confrérie. Il s’avère qu’une unité de l’ancienne société secrète, l’«  Appareil secret  », avait été chargée par Hassan el-Banna de perpétrer les attentats dont il niait la paternité. Cette organisation dans l’organisation était si secrète qu’elle n’a pas été touchée par la dissolution de la Confrérie et se tient désormais à la disposition de son successeur. Le Guide décide de la désavouer et déclare ne vouloir atteindre ses objectifs que de manière pacifique. Il est difficile d’établir ce qui s’est exactement passé à ce moment-là entre les Anglo-Saxons qui voulaient recréer l’ancienne société et le Guide qui croyait juste récupérer son audience dans les masses. En tous cas, l’«  Appareil secret  » a perduré et l’autorité du Guide s’est effacée au profit de celle d’autres responsables de la Confrérie ouvrant une véritable guerre interne. La CIA introduisit à leur direction le franc-maçon Sayyid Qutb [1], le théoricien du jihad, que le Guide condamna avant de conclure un accord avec le MI6.

Il est impossible de préciser les rapports de subordination interne des uns et des autres, d’une part parce que chaque branche étrangère a sa propre autonomie et d’autre part parce que les unités secrètes au sein de l’organisation ne dépendent plus nécessairement ni du Guide général, ni du Guide local, mais parfois directement de la CIA et du MI6.

Durant la période suivant la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques essayent d’organiser le monde de manière à le tenir hors de portée des Soviétiques. En septembre 1946, à Zurich, Winston Churchill lance l’idée des États-Unis d’Europe. Sur le même principe, il lance la Ligue arabe. Dans les deux cas, il s’agit de faire l’unité d’une région sans la Russie. Dès le début de la Guerre froide, les États-Unis d’Amérique, de leur côté, créent des associations chargées d’accompagner ce mouvement à leur profit, l’American Committee on United Europe et les American Friends of the Middle East [2]. Dans le monde arabe, la CIA organise deux coups d’État, d’abord en faveur du général Hosni Zaim à Damas (mars 1949), puis avec les Officiers libres au Caire (juillet 1952). Il s’agit de soutenir des nationalistes que l’on suppose hostiles aux communistes. C’est dans cet état d’esprit que Washington amène en Égypte le général SS Otto Skorzeny et en Iran le général nazi Fazlollah Zahédi, accompagnés de centaines d’anciens responsables de la Gestapo pour diriger la lutte anticommuniste. Skorzeny a malheureusement modelé la police égyptienne dans une tradition de violence. En 1963, il choisira la CIA et le Mossad contre Nasser. Zahédi quant à lui créera la SAVAK, la plus cruelle police politique de l’époque.

Si Hassan el-Banna avait fixé l’objectif — prendre le pouvoir en manipulant la religion —, Qutb définit le moyen  : le jihad. Une fois que les adeptes ont admis la supériorité du Coran, on peut s’appuyer sur lui pour les organiser en armée et les envoyer au combat. Qutb développe une théorie manichéenne distinguant ce qui est islamiste et ce qui est «  ténébreux  ». Pour la CIA et le MI6, ce bourrage de crâne permet d’utiliser les adeptes pour contrôler les gouvernements nationalistes arabes, puis pour déstabiliser les régions musulmanes de l’Union soviétique. La Confrérie devient un inépuisable réservoir de terroristes sous le slogan  : «  Allah est notre but. Le Prophète est notre chef. Le Coran est notre loi. Le jihad est notre voie. Le martyre, notre vœu  ».

La pensée de Qutb est rationnelle, mais pas raisonnable. Il déploie une rhétorique invariable Allah/Prophète/Coran/Jihad/Martyre qui ne laisse à aucun moment de possibilité de discussion. Il pose la supériorité de sa logique sur la raison humaine.

La CIA organise un colloque à l’Université de Princeton sur «  La situation des musulmans en Union soviétique  ». C’est l’occasion de recevoir aux États-Unis une délégation des Frères musulmans conduite par un des chefs de sa branche armée, Saïd Ramadan*. Dans son rapport, l’officier de la CIA chargé du suivi note que Ramadan n’est pas un extrémiste religieux, mais plutôt un fasciste  ; une manière de souligner le caractère exclusivement politique des Frères musulmans. Le colloque se conclut par une réception à la Maison-Blanche par le Président Eisenhower, le 23 septembre 1953. L’alliance entre Washington et le jihadisme est conclue.

(*) Note de R71: Saïd Ramadan est le père de Tariq Ramadan…

La CIA, qui avait recréé la Confrérie contre les communistes, l’a d’abord utilisée pour aider les nationalistes. À cette époque l’Agence était représentée au Moyen-Orient par des antisionistes, issus des classes moyennes. Ils furent rapidement évincés au profit de hauts fonctionnaires d’origine anglo-saxonne et puritaine, sortis des grandes universités et favorables à Israël. Washington entra en conflit avec les nationalistes et la CIA retourna la Confrérie contre eux.

Saïd Ramadan avait commandé quelques combattants de la Confrérie durant la brève guerre contre Israël en 1948, puis aidé Sayyid Abul Ala Maududi a créer au Pakistan l’organisation paramilitaire de la Jamaat-i-Islami. Il s’agissait alors de fabriquer une identité islamique pour les Indiens musulmans afin qu’ils constituent un nouvel État, le Pakistan. La Jamaat-i-Islami rédigera d’ailleurs la constitution pakistanaise. Ramadan épouse la fille d’Hassan Al-Banna et devient le chef de la branche armée des nouveaux «  Frères musulmans  ».

Alors qu’en Égypte, les Frères ont participé au coup d’État des Officiers libres du général Mohammed Naguib — Sayyid Qutb était leur agent de liaison —, ils sont chargés d’éliminer un de leurs leaders, Gamal Abdel Nasser, qui est entré en conflit avec Naguib. Non seulement ils échouent, le 26 octobre 1954, mais Nasser prend le pouvoir, réprime la Confrérie et assigne Naguib à résidence. Sayyid Qutb sera pendu quelques années plus tard.

Interdits en Égypte, les Frères se replient dans les États wahhabites (Arabie saoudite, Qatar et Émirat de Charjah) et en Europe (Allemagne, France et Royaume-Uni, plus en Suisse neutre). Chaque fois, ils sont reçus comme des agents occidentaux luttant contre l’alliance naissante entre les nationalistes arabes et l’Union soviétique. Saïd Ramadan reçoit un passeport diplomatique jordanien et s’installe à Genève, en 1958, d’où il dirige la déstabilisation du Caucase et de l’Asie centrale (à la fois Pakistan / Afghanistan et vallée soviétique de Ferghana). Il prend le contrôle de la Commission pour la construction d’une mosquée à Munich, ce qui lui permet de superviser presque tous les musulmans d’Europe occidentale. Avec l’aide de l’American Committee for the Liberation of the Peoples of Russia (AmComLib), c’est-à-dire de la CIA, il dispose de Radio Liberty /Radio Free Europe, une station directement financée par le Congrès états-unien pour diffuser la pensée de la Confrérie [3].

Après la crise du Canal de Suez et le spectaculaire retournement de Nasser du côté soviétique, Washington décide de soutenir sans limites les Frères musulmans contre les nationalistes arabes. Un haut cadre de la CIA, Miles Copeland, est chargé — en vain — de sélectionner dans la Confrérie une personnalité qui puisse jouer dans le monde arabe un rôle équivalent à celui du pasteur Billy Graham aux États-Unis. Il faudra attendre les années 1980 pour trouver un prêcheur de cette envergure, l’Égyptien Youssef Al-Qaradâwî.

En 1961, la Confrérie établit une connexion avec une autre société secrète, l’Ordre des Naqchbandis. Il s’agit d’une sorte de franc-maçonnerie musulmane mêlant initiation soufie et politique. L’un de ses théoriciens indiens, Abou Al-Hasan Ali Al-Nadwi, publie un article dans la revue des Frères. L’Ordre est ancien et présent dans de nombreux pays. En Irak, le grand maître n’est autre que le futur vice-président Ezzat Ibrahim Al-Douri. Il soutiendra la tentative de coup d’État des Frères en Syrie, en 1982, puis la «  campagne de retour à la Foi  » organisée par le Président Saddam Hussein pour redonner une identité à son pays après l’instauration de la zone de non-survol par les Occidentaux. En Turquie, l’Ordre jouera un rôle plus complexe. Il comprendra comme responsables aussi bien Fethullah Güllen (fondateur de l’Hizmet), que le président Turgut Özal (1989-93) et que le Premier ministre Necmettin Erbakan (1996-97), responsable du Parti de la Justice (1961) et de la Millî Görüs (1969). En Afghanistan, l’ancien président Sibghatullah Mojaddedi (1992) en fut le grand maître. En Russie, avec l’aide de l’Empire ottoman, l’Ordre avait soulevé la Crimée, l’Ouzbékistan, la Tchétchénie et le Daghestan, au XIXe siècle contre le Tsar. Jusqu’à la chute de l’URSS, on sera sans nouvelle de cette branche  ; de même dans le Xinjiang chinois. La proximité des Frères et des Naqchbandis est très rarement étudiée compte tenu de l’opposition de principe des islamistes à la mystique et aux ordres soufis en général.

En 1962, la CIA encourage l’Arabie saoudite à créer la Ligue islamique mondiale et à financer la Confrérie et l’Ordre contre les nationalistes et les communistes [4]. Cette structure est d’abord financée par l’Aramco (Arabian-American Oil Company)*. Parmi la vingtaine de ses membres fondateurs, on compte trois théoriciens islamistes dont nous avons déjà parlé  : l’Égyptien Saïd Ramadan, le Pakistanais Sayyid Abul Ala Maududi et l’Indien Abou Al-Hasan Ali Al-Nadwi.

(*) Note de R71: Si ARAMCO est officiellement sous contrôle du gouvernement saoudien, ses actionnaires principaux sont Exxon-Mobil (Rockefeller), Royal Dutch Shell (Rothschild), BP-Amoco. Rien ne se fait sans l’aval de la grande puissance financière. La famille Al Saoud n’existe que par ses commanditaires d’origine… Le wahhabisme est le serviteur garde-chiourme du statu quo oligarchique pétrolier et financier.

De facto l’Arabie, qui dispose soudainement d’énormes liquidités grâce au commerce de pétrole, devient le parrain des Frères dans le monde. Sur place, la monarchie leur confie le système d’enseignement scolaire et universitaire, dans un pays où presque personne ne sait lire et écrire. Les Frères doivent s’adapter à leurs hôtes. En effet, leur allégeance au roi les empêche de prêter fidélité au Guide général. Quoi qu’il en soit, ils s’organisent autour de Mohamed Qutb, le frère de Sayyid, en deux tendances  : les Frères saoudiens d’un côté et les «  sourouristes  » de l’autre. Ces derniers, qui sont Saoudiens, tentent une synthèse entre l’idéologie politique de la Confrérie et la théologie wahhabite. Cette secte, dont la famille royale est membre, porte une interprétation de l’islam issue de la pensée bédouine, iconoclaste et antihistorique. Jusqu’à ce que Riyad dispose de pétrodollars, elle jetait l’anathème sur les écoles musulmanes traditionnelles qui, en retour, la considérait comme hérétique.

En réalité, la politique des Frères et la religion wahhabite n’ont rien en commun, mais elles sont compatibles. Sauf que le pacte qui lie la famille des Séoud aux prédicateurs wahhabites ne peut exister avec la Confrérie  : l’idée d’une monarchie de droit divin se heurte à l’appétit de pouvoir des Frères. Il est donc convenu que les Séoud soutiendront les Frères partout dans le monde, à la condition qu’ils s’abstiennent d’entrer en politique en Arabie.

Le soutien des wahhabites saoudiens aux Frères provoque une rivalité supplémentaire entre l’Arabie et les deux autres États wahhabites que sont le Qatar et l’Émirat de Charjah.

De 1962 à 1970, les Frères musulmans participent à la guerre civile du Yémen du Nord et tentent de rétablir la monarchie aux côtés de l’Arabie saoudite et du Royaume-Uni, contre les nationalistes arabes, l’Égypte et l’URSS  ; un conflit qui préfigure ce qui va suivre durant un demi-siècle.

En 1970, Gamal Abdel Nasser parvient à trouver un accord entre les factions palestiniennes et le roi Hussein de Jordanie qui met fin au «  septembre noir  ». Le soir du sommet de la Ligue arabe qui entérine l’accord, il meurt, officiellement d’une crise cardiaque, beaucoup plus probablement assassiné. Nasser avait trois vice-présidents, un de gauche — extrêmement populaire —, un centriste — fort connu —, et un conservateur choisi à la demande des États-Unis et de l’Arabie saoudite  : Anouar el-Sadate. Subissant des pressions, le vice-président de gauche se déclare indigne de la fonction. Le vice-président centriste préfère abandonner la politique. Sadate est désigné comme candidat des Nassériens. C’est le drame de nombreux pays  : le président choisit un vice-président parmi ses rivaux de manière à élargir sa base électorale, mais celui-ci le remplace lorsqu’il meurt et anéantit son héritage.

Sadate, qui avait servi le Reich durant la Seconde Guerre mondiale et professe une grande admiration pour le Führer, est un militaire ultra conservateur qui servait d’alter ego à Sayyid Qutb comme agent de liaison entre la Confrérie et les Officiers libres. Dès son accession au pouvoir, il libère les Frères emprisonnés par Nasser. Le «  Président croyant  » est l’allié de la Confrérie pour ce qui concerne l’islamisation de la société (la «  révolution de rectification  »), mais son rival lorsqu’il en tire un profit politique. Cette relation ambigüe est illustrée par la création de trois groupes armés, qui ne sont pas des scissions de la Confrérie mais des unités extérieures lui obéissant  : le Parti de la libération islamique, le Jihad islamique (du cheikh Omar Abdul Rahman), et Excommunication et immigration (le «  Takfir  »). Tous déclarent appliquer les instructions de Sayyid Qutb. Armé par les services secrets, le Jihad islamique lance des attaques contre les chrétiens coptes. Loin d’apaiser la situation, le «  Président croyant  » accuse les coptes de sédition et emprisonne leur pape et huit de leurs évêques. En définitive, Sadate intervient dans la conduite de la Confrérie et prend position pour le Jihad islamique contre le Guide général, qu’il fait arrêter [5].

Sur instruction du secrétaire d’État US, Henry Kissinger, il convainc la Syrie de se joindre à l’Égypte pour attaquer Israël et restaurer les droits des Palestiniens. Le 6 octobre 1973, les deux armées prennent Israël en tenaille pendant la fête de Yom Kippour. L’armée égyptienne traverse le canal de Suez tandis que la syrienne attaque depuis le plateau du Golan. Cependant, Sadate ne déploie que partiellement sa couverture antiaérienne et arrête son armée à 15 kilomètres à l’est du canal, tandis que les Israéliens se ruent sur les Syriens qui se trouvent piégés et hurlent au complot. Ce n’est qu’une fois les réservistes israéliens mobilisés et l’armée syrienne encerclée par les troupes d’Ariel Sharon, que Sadate ordonne à son armée de reprendre sa progression, puis de la stopper pour négocier un cessez-le-feu. Observant la trahison égyptienne, les Soviétiques qui ont été déjà perdu un allié avec la mort de Nasser, menacent les États-Unis et exigent un arrêt immédiat des combats.

Quatre ans plus tard — poursuivant le plan de la CIA — le Président Sadate se rend à Jérusalem et décide de signer une paix séparée avec Israël au détriment des Palestiniens. Désormais, l’alliance entre les Frères et Israël est scellée. Tous les Peuples arabes conspuent cette trahison et l’Égypte est exclue de la Ligue arabe, dont le siège est déplacé à Alger.

Washington décide de tourner la page, en 1981. Le Jihad islamique est chargé de liquider Sadate, désormais inutile. Il est assassiné lors d’une parade militaire, alors que le Parlement s’apprêtait à le proclamer «  Sixième Calife  ». Dans la tribune officielle 7 personnes sont tuées et 28 blessées, mais, assis à côté du président, son vice-président le général Moubarak en réchappe. Opportunément il était la seule personne de la tribune officielle à porter un gilet pare-balles. Il succède au «  président croyant  » et la Ligue arabe peut être rapatriée au Caire.

[1] « Sayyid Qutb était franc-maçon », Réseau Voltaire, 28 mai 2018.

[2] America’s Great Game : The CIA’s Secret Arabists and the Shaping of the Modern Middle East, Hugh Wilford, Basic Books (2013).

[3] A Mosque in Munich : Nazis, the CIA, and the Rise of the Muslim Brotherhood in the West, Ian Johnson, Houghton Mifflin Harcourt (2010). Version française : Une Mosquée à Munich : les nazis, la CIA et la montée des Frères musulmans en Occident, Jean-Claude Lattès (2011).

[4] Dr. Saoud et Mr. Djihad. La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite, Pierre Conesa, préface d’Hubert Védrine, Robert Laffont (2016).

[5] Histoire secrète des Frères musulmans, Chérif Amir, préface d’Alain Chouet, Ellipses (2015).

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Dictature cybernétique: YouTube, Google, Facebook et la guerre contre la vérité… (VT)

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YouTube et la guerre contre la vérité

 

Gordon Duff

Veterans Today (VT)

 

9 juin 2019

 

url de l’article original:

https://www.veteranstoday.com/2019/06/11/neo-youtube-and-the-war-on-truth/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

A partir de juin 2019, YouTube, propriété de Google Corporation, qui a une très longue histoire de récupérer les données cybernétiques pour des agences de renseignement diverses et des groupes d’extrême-droite, va “faire le ménage”…

Leur affirmation  de retirer tous “discours et propos de haine” et autres “matériaux tendancieux” non spécifiés, est une grande menace pour la liberté d’expression dans le monde.

Voyez-vous, YouTube de Google a littéralement moulé, façonné un monde à lui, s’associant financièrement avec le bidon, l’imbécile et l’absurde, tout en censurant profondément la liberté d’expression et ce dès le tout premier jour de son existence.

Pendant des années, Youtube a géré un système très obscur et opaque de faux-bénévoles financés par des think tanks et des agences d’espionage, des centaines d’entre eux situés dans des bâtiments spéciaux à Haïfa en Israël, interdisant des utilisateurs dont le matériel mis en ligne jette une mauvaise image sur l’apartheid d’Israël.

De plus, YouTube a fourni, en partenariat avec des entreprises très secrètes sous-traitantes dans le domaine militaire comme Idea Groups et Jigsaw, des systèmes de couverture de communication et de renseignement opérationnel à des groupes terroristes comme Al Qaïda et son neveu de l’EIIL / Daesh.

Les mêmes “chambres de trolls” d’Haïfa qui éliminent la libre expression de YouTube, aident à sécuriser des panneaux d’annonces protégés pour Daesh et autres groupes terroristes qui communiquent leur plan d’opération en utilisant ces plateformes pour y poster des vidéos.

Ceci fut le plan de retrait de Daesh lorsque leur système de discussion fut exposé et mis à jour sur Facebook et la NSA commença à tracer les cellules terroristes au travers de leur “chaîne Zuckerman”.

Les membres de l’EIIL et d’Al Qaïda restèrent simplement enregistrés sous leur app YouTube et mirent en place “tear sheet” pour des transmissions codées sous la pleine protection de Google Corporation. Plus que cela, ce processus d’utiliser des discussions YouTube pour planifier des attentats à la bombe, des flingages de masse ou des attaques au gaz toxique est enseigné par des groupes de conseil financés par le programme Jigsaw de Google de promouvoir “la résistance démocratique à la tyrannie”.

Les organisations de “résistance” financées par Google sont actives en soutien de ce qu’ils appellent “les mouvements démocratiques” en Syrie,en Egypte, en Libye, au Soudan, au Ghana, au Cameroun, au Nigéria, en Ukraine, en Georgie, en Turquie, en Iran, en Irak, au Bahreïn, au Sri Lanka, en Italie, en France, en Allemagne, en Belgique et dans deux douzaines d’autres nations.

Nos projections montrent que ces groupes ont été liés à des assassinats, à littéralement des centaines d’attentats à la bombe, des enlèvements et des viols de masse, du vol d’antiquités, d’un énorme trafic d’armes et bien entendu, de la manipulation des médias.

En fait, le partenariat Google-Facebook, qui inclut YouTube, gère 3 cellules sur 3 continents avec un scenario tiré directement de celui du Gladio de l’OTAN qui échoua. Pour ceux qui ne le savent pas, l’opération Gladio fut mis en place par l’OTAN à la fin des années 70 pour entrainer des combattants résistants en cas d’une invasion soviétique de l’Europe. Mais cette opération Gladio devint très vite Septembre Noir, les Brigades Rouges et finalement ISIS / EIIL / Daesh, d’après nos sources. Pendant 20 ans, les attentats terroristes du Gladio, une organisation supposée combattre l’URSS, terrorisèrent l’Europe. L’histoire se répète maintenant, mais à une échelle mille fois plus importante…

Les menteurs décident de ce qui est vrai

Les cibles les plus récentes de YouTube sont le BDS et tous ceux qui y sont affiliés, ce mouvement pour forcer les gouvernements à utiliser le Boycott, Diversion, Sanctions (BDS) pour renforcer l’application des résolutions de l’ONU concernant la Palestine.

Il est bon de noter que plus de 45% de ce qui est communément appelé “Israël”, sans Gaza, le Golan ou la Cisjordanie, est légalement l’état palestinien de Judée et de Samarie en accord avec les résolutions de l’ONU avec les programmes du BDS en direct accord avec la loi internationale comme stipulé dans la 4ème Convention de Genève. YouTube a décidé d’opérer en dehors du cadre de l’ONU et de ses résolutions et de s’opposer à l’autorité de la Cour Pénale Internationale de La Haye et de la Convention de Genève.

Nommer YouTube-Google-Facebook comme “état voyou” peut légalement être soutenu. Les appeler l’état profond serait même encore plus judicieux.

Du New York Times (NdT: la voix de la CIA…) du 5 juin 2019:

“YouTube a annoncé mercredi ses plans de retirer des milliers de vidéos et de chaînes qui se font les avocats du néo-nazisme, de la suprématie blanche et autres idéologies bigotes, ce dans une tentative de nettoyer les propos extrémistes et haineux de son service populaire.

La nouvelle politique interdira les “vidéos faisant allusion qu’un groupe est supérieur afin de justifier la discrimination, la ségrégation ou l’exclusion.”, a dit l’entreprise dans un post de blog (blog post) L’interdiction couvrira aussi les vidéos qui nient que des évènements violents, comme le carnage de l’école primaire de Sandy Hook dans le Connecticut, aient eu lieu.

YouTube n’a pas nommé de chaînes ni de vidéos spécifiques qui feront l’objet de cette mesure. Mais mercredi, un certain nombre de créateurs d’extrême-droite commencèrent à se plaindre que leurs vidéos ont été effacées ou dépouillées de leurs publicités (NdT: source de revenus bien entendu..), sans doute à cause de cette nouvelle politique mise en place.

“Il en va de notre responsabilité de protéger et d’empêcher que notre plateforme ne soit utilisée pour inciter à la haine, au harcèlement, à la discrimination et à la violence”, a précisé le blog.”

Il est intéressant de noter que le NY Times mentionne Sandy Hook. Un universitaire américain de renom est en procès pour diffamation pour avoir publié une série d’articles de journalistes indépendants qui commentent sur les inconsistances du narratif officiel.


Restrictions partout, liberté nulle part

Notre propre enquête sur cet incident, d’un point de vue du contre-terrorisme et contre-espionnage, a trouvé d’énormes irrégularités dans l’enquête et la gestion des preuves et de plus, il y a le fait que les fonds qui ont été utilisés pour punir ou réduire au silence des membres de la presse indépendante, sont d’origine bien mystérieuse.

En fait, bien des enquêtes sont bâclées voire même bidonnées. Pendant des années, j’ai géré des entreprises de sécurité qui, parmi d’autres capacités, enquêtaient sur des incidents critiques, incluant des catastrophes aériennes, des désastres miniers et des actes de terrorisme. La plupart de nos enquêteurs et experts de terrain venaient du FBI ou d’autres agences. Le mécanisme qu’on pense avoir été employé à Sandy Hook fut certainement employé lors du 11 septembre, à Khan Sheikhoun en Syrie, pendant les assassinants de John et Robert Kennedy ainsi que durant le suspecté empoisonnement des Skripal en Grande-Bretagne.

Affaire après affaire, comme il est facile de le constater, des gouvernements sont renversés, des bombardements ordonnés, des pays envahis, des sanctions employées, tout cela basé sur des “résultats” d’enquêtes bidons sur des incidents dont les véritables perpétrateurs sont ceux à qui profite, comme c’est toujours le cas, du chaos et de la souffrance causés.

Bien sûr maintenant YouTube vient de se lancer dans le retrait de vidéos offensantes, ce qui inclut celle du présentateur de CBS News Dan Rather rapportant l’arrestation d’agents du Mossad en possession d’explosifs sous le pont George Washington de New York le 11 septembre 2001, les vidéos d’explosions d’armes nucléaires tactiques utilisées contre le Yémen ou juste hors de Damas en mai 2013 et, par dessus tout, les déclarations de douzaines de témoins décrivant comment les Casques Blancs ont mis en scène des attaques au gaz toxiques en Syrie, incluant une vidéo des dires de 40 Casques Blancs eux-mêmes. Peut-on voir une sorte d’agenda ici ?…

Ceci me rappelle une expérience personnelle. Je venais juste de rentrer de Nairobi au Kenya, lorsqu’on me demanda de faire des recommandations au ministère de l’intérieur après la tristement célèbre attaque de la galerie marchande qui y fit 71 morts.

Lorsque je revins [aux Etats-Unis], un avocat local me demanda une assistance pro bono dans une enquête sur un accident de voiture mortel impliquant deux véhicules qui se télescopèrent frontalement juste hors de Wauseon dans l’état de l’Ohio. L’enquête de police, faite sur place en moins de 30 minutes, trouva la jeune femme conduisant un des véhicules être responsable de l’accident et d’homicide. Notre enquête montra que, sur la scène d’accident, la jeune femme se vit refuser des soins médicaux bien qu’étant dans une condition critique et fut plus tard arrêtée sur la base d’un aveu forcé fait lorsqu’elle était dans un semi-coma aux urgences d’un hôpital local. Elle mourut presque durant son transport en hélicoptère, important de le noter.

Il y avait un gros problème. Les deux véhicules furent retrouvés dans la même voie de circulation, la même que sur laquelle la jeune femme circulait et l’autre conductrice, une femme plus âgée, avait en fait traversé les voies et causé l’accident. L’examen des rapports médicaux montra que la dame âgée était sévèrement sous le coup de la substance Ambien, un sédatif hypnotique et d’un cocktail d’opiacés et de médicament psychothropes. Médicalement parlant, cette femme était un “zombie”.

Pire, lorsque les “boîtes noires” des véhicules furent téléchargés dans un simulateur d’accident “physique”, les animations qui reproduisent exactement les mouvements des voitures, les coups de volant, les freinages, vitesses etc, démontrèrent que la police avait en fait bidonnée l’enquête.

Une évaluation des policiers impliqués dans l’enquête montra qu’ils avaient mené des centaines d’autres enquêtes similaires, toutes sans aucune preuve légiste, le tout simplement fabriqué. Ce n’est pas dans le simple domaine des accidents de la route, mais aussi dans celui des enquêtes criminelles de toutes sortes qui font l’objet de telles négligences procédurières policières, trouver un coupable, fabriquer de fausses preuves et envoyer le/la “coupable” en prison.

Il y a une suite répétitive ici. Si une source officielle se présente, alors nous avons un lanceur d’alerte, un “criminel”. On ne peut pas les croire. En fait, ils doivent être chassés et emprisonnés.

Si c’est un journaliste indépendant, c’est un “complotiste” et YouTube efface son travail. Si la preuve vidéo est si puissante qu’on ne peut pas/plus l’ignorer alors cela devient de “l’incitation à la haine” et elle est virée.

Être fliqué par la police est déjà particulièrement pénible, mais être fliqué par des entreprises haute-technologie contrôlées par des mouvements politiques extrémistes, ce qui décrit parfaitement et justement les fonctions des Google, Facebook et consort, redéfinit carrément la tyrannie.

 

Communiqué des Gilets Jaunes Rungis Île-de-France: On vote pas on lutte !…

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On vote pas on lutte

 

Gilets Jaunes Rungis Île-de-France

 

23 mai 2019

 

Source:

https://paris-luttes.info/gilets-jaunes-rungis-ile-de-france-12205?lang=fr

 

Vendredi 17 mai, Emmanuel Macron, président de la République, a encore parlé de nous. 

Comme d’habitude, il parle de nous pour nous faire taire.

N’empêche, depuis six mois, on existe. 

On est sorti du bois, sorti de la résignation.

Ça fait six mois que le président voudrait qu’on rentre chez nous, qu’on se calme, qu’on rentre dans le rang.

Mais malgré nos divergences, malgré notre hétérogénéité (ou peut-être grâce à elle, dans une certaine mesure ?), on est toujours là.

Il déclare avoir « apporté des réponses aux Françaises et aux Français sur ce qui avait conduit à ce mouvement ». 

Deux possibilités, une seule réponse :

A- Macron est stupide.

B- Macron nous prend pour des cons.

Réponse B bien sûr. Macron n’est pas stupide, il est simplement avide de pouvoir et comme tout bon chef, comme tout bourgeois, il cherche avant tout à préserver ses privilèges, ceux de la classe possédante. 

Pourtant, notre principale revendication est claire depuis le début : MACRON DÉMISSION.

Macron ajoute que pour « celles et ceux qui continuent aujourd’hui [à manifester], il n’y a plus de débouché politique ». Il appelle « au calme », incite chacun·e à « retrouver le cours de sa vie » et « à exprimer ses divergences d’opinions (…) dans les temps que prévoit la démocratie, ceux du vote ». Si on n’a plus de « débouché politique », pourquoi on irait voter ? Hmm ?

On le dit depuis le début du mouvement : on ne veut pas de changement de personnel politique, on ne veut pas remplacer Macron par Le Pen ou Mélenchon ou qui que ce soit. On veut autre chose. On n’a pas besoin de chef, de leader, on ne veut pas de représentants, de pantins opportunistes-carriéristes pour fonder un nouveau parti. On le dit depuis le début : notre mouvement se situe hors de la politique institutionnelle, hors des partis, des syndicats, nous ne voulons pas devenir des « partenaires sociaux » du pouvoir qui ne servent qu’à conforter l’image démocratique du système et préserver l’ordre établi.

Les listes étiquetées « Gilets jaunes » aux Européennes ne sont que pure récupération politique. Ce sont des tentatives de nous faire rentrer dans le rang, tout comme les prétendu·e·s représentant·e·s des Gilets jaunes qui déclarent les manifestations en préfecture. Tout cela vise un retour à la normale en passant par autre chose que la méthode policière : ce qui est recherché est le maintien de l’ordre en changeant simplement quelques têtes.

Mais nous ne voulons pas quelques miettes lâchées à contrecœur par le pouvoir politique, nous voulons une révolution sociale. Un changement profond, qui nous dépasse tout autant que Macron (lui qui voudrait qu’on se contente de dialoguer avec ses sous-fifres, qu’on crée des listes électorales, qu’on perpétue le système contre lequel on lutte…).

Exploité·e·s et dominé·e·s ici et à l’autre bout du monde par les mêmes politicien·ne·s, les mêmes capitalistes, nos perspectives de changement social ne sont pas « simples », car il y a tout à renverser, ici comme ailleurs. Nos solutions n’entrent pas dans les cases légales du système et on a bien compris que le pouvoir nous mettrait des bâtons dans les roues à chaque initiative autonome, à chaque moment qui sort de son contrôle. Mais on ne lâchera pas l’affaire : assemblées, occupation de ronds-points, construction de cabanes, manifestations, actions de toutes sortes, nous vivons désormais à travers la lutte contre ce système basé sur les inégalités sociales, mais nous vivons aussi l’entraide, l’auto-organisation, l’expérimentation sociale. 

Nous sommes le présent et le futur.

Le 26 mai, on n’ira pas voter. 

On a bien mieux à faire !

Mai 2019, Paname, 

Collectif Gilets jaunes Rungis Île-de-France

Guerre impérialiste au Moyen-Orient : La marchandise à tout va… Les mercenaires de Blackwater forment Daesh en Irak…

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Gilets Jaunes !… Le jour où les mercenaires de Blackwater (et autres) viendront faire le « maintien de l’ordre oligarchique » dans les rues des villes de France n’est non seulement plus de la « science-fiction », mais sûrement plus proche qu’on ne le croit…
La dictature marchande ne peut plus qu’employer des mercenaires à tous les niveaux pour faire un boulot de plus en plus sale et qui salira aussi de plus en plus…

Le mercenariat est le passage obligé de la dictature de la marchandise en mouvement, nous le disons depuis des années, les jours de la flicaille d’état sont comptés, bientôt l’ordre fasciste marchand sera maintenu par les hordes de mercenaires qui ne rendront compte qu’aux entreprises transnationales qui les emploient. Blackwater / Academi ou quelque soit le nom actuel de cette entité, en est le meilleur exemple. N’oublions pas que l’entité mercenaire a créé une entreprise en Chine et sera (grassement) payée pour assurer la protection de la « nouvelle route de la soie » chinoise… L’empire en mutation et ses armées privées se mettent en place. La Chine est entrée au capital de Blackwater depuis 2017.

« Blackwater en route pour la Chine » (février 2017)

Il ne tient qu’à nous de dire NON ! Assez ! ¡Ya Basta! En masse…
A bas l’État, à bas les institutions, à bas la société marchande, à bas l’argent, à bas le salariat ! Pour que vive la Commune des communes libres, la société des sociétés de notre humanité émancipée en enfin épanouie. Tout le reste n’est que pisser dans un violon !

~ Résistance 71 ~

 


Erik Prince… Prince de Chine avec Blackwater/Academi

 

Blackwater revient en Irak… pour entraîner les djihadistes takfiristes (Daesh)

 

Al Manar

 

6 mai 2019

 

url de l’article: http://french.almanar.com.lb/1352760

 

Le tristement célèbre groupe paramilitaire américain Blackwater est retourné en Irak pour former des miliciens jihadistes takfiristes contre le gouvernement irakien, a révélé le journal libanais al-Akhbar, le samedi 4 mai.

Selon le rapport, une source proche du chargé de mission étatsunien en Irak, Judy Hood, a déclaré que Blackwater a transféré des équipements militaires étatsuniens depuis la Jordanie à destination de la province occidentale d’al-Anbar, en pleine coordination avec la base de Ain al-Assad, ajoutant que la compagnie forme actuellement les terroristes de l’EI dans cette base.

A la foi de sources sur le terrain, le journal libanais ajoute que durant les affrontements à Baghouz, la dernière poche de Daech à Deir Ezzor, des camions escortés par des véhicules américains ont transporté des miliciens de Daech depuis cette ville en direction de Ain al-Assad.

L’information de retour de Blackwater en Irak avait auparavant été rendue publique par le site en ligne de la télévision qatarie al-Jazeera, se fiant au site américain BuzzFeed News. Selon ce dernier, c’est la sénatrice américaine Jan Schakowski qui est derrière cette révélation, indiquant qu’il s’est fait  cette fois-ci sous une nouvelle appellation, « Frontier Services Group»

Le 29 avril dernier, BuzzFeed  a assuré que le fondateur de cette société Eric Prince a créé une nouvelle société sécuritaire dans le sud de l’Irak, et plus précisément dans la région de Bassorah, riche en pétrole.

Avec son quartier général à Hong Kong et une succursale aux Emirats arabes unis, elle serait financée par des capitaux chinois, d’après BuzzFeed News.

Blackwater avait été expulsé d’Irak en 2007, après des tirs de feu meurtriers perpétrés contre 14  civils à Bagdad.  Pour échapper aux poursuites judiciaires, elle a opéré un premier changement d’appellation vers Academi.

 

Gilets Jaunes: Intox de « l’attaque » sur la Pitié-Salpêtrière, des témoignages…

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“L’État, c’est ainsi que s’appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement et le mensonge que voici sort de sa bouche: ‘Moi, l’État, je suis le peuple !’… Là où le peuple existe encore, il ne comprend pas l’État et il le hait comme un mauvais œil et comme un pêché contre les coutumes et les droits… L’État, lui, ment dans tous les idiomes du bien et du mal ; et quoi qu’il dise, il ment et ce qu’il possède il l’a volé. Tout est faux en lui, il mord avec des dents volées, lui qui mord si volontiers. Fausses sont même ses entrailles… ‘Sur Terre il n’est rien de plus grand que moi: je suis le doigt qui crée l’ordre, le doigt de dieu’, voilà ce que hurle ce monstre…”
~ Friedrich Nietzsche ~

« Être gouverné, c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni titre, ni la science, ni la vertu. Être gouverné, c’est être à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C’est sous prétexte d’utilité publique et au nom de l’intérêt général être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre réclamation, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. »
~ Pierre-Joseph Proudhon ~

 


Gilets Jaunes victimes du terrorisme d’état

 

Des témoignages sur l’intox de la préfecture à propos de l’intrusion à la Pitié-Salpêtrière

 

Publié le 2 mai 2019

 

Source:

https://paris-luttes.info/des-temoignages-sur-l-intox-de-la-12091?lang=fr

 

Toute la classe politique est unanime : des manifestants ont tenté d’entrer en force dans une unité de réanimation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière pendant la manifestation du premier mai. Pour Castaner et compagnie, il ne fait aucun doute qu’il s’agissait d’un acte prémédité et d’une tentative de nuire au service hospitalier. C’est évidemment faux, mais le pouvoir n’en est pas à son premier mensonge…

  • # Mise à jour : aujourd’hui à 12h58
    Un nouveau témoignage pour défaire les mensonges du ministère de l’intérieur

    Un quatrième témoignage (voir en fin d’article) nous est parvenu et confirme les trois précédents.

Vous pouvez encore témoigner en envoyant un mail à paris-luttes-infos(a)riseup.net

Ce n’est pas la première fois que le pouvoir joue sur la corde affective pour criminaliser les mouvements sociaux :

  • Le 14 juin 2016, lors de la plus grosse manifestation contre la Loi travail, la devanture de l’hôpital pour enfants Necker est dégradée. Cet acte isolé (et accidentel) sera monté en épingle afin de condamner l’ensemble des manifestants, ceux-ci étant accusés d’avoir « dévasté l’hôpital Necker » par cet imbécile de Manuel Valls.
  • Le 11 février 2017, pendant les manifestations qui demandaient justice pour Théo, victime d’un viol policier, la préfecture a sorti un gros mytho pour essayer de retourner l’opinion : les manifestants auraient tenté de brûler vive une famille dans une voiture. Evidemment complétement faux mais plus c’est gros, plus ça passe, ça avait fait la une des journaux avant d’être démenti.

Sur cette nouvelle intox à propos de la Salpêtrière, voici quelques témoignages reçus par mail de personnes sur place hier :

Témoignage 1

De ce que j’ai pu voir, mais il s’agit peut être d’un autre épisode de répression policière (????) J’y étais et ai protégé une grand-mère. Deux autres copains parisiens ont été piégés dans cet endroit avec moi. L’un des deux se faisant matraquer, ce sont plusieurs soignants qui, respectant le code de déontologie, ont entrouvert les grilles des jardins de l’hôpital aux manifestants en danger. Ils ont été chaleureusement remerciés par des applaudissements et des mercis. La situation a été tranquille quelques minutes…

Ensuite, honte au gouvernement et à ses sbires, 2 compagnies de CRS et un groupe de bacqueux se sont introduits dans l’enceinte de l’hôpital et ont poursuivi et tabassé des manifestants… La belle affaire a duré entre 3 et 5 minutes de très nombreux photographes de presse ont couvert la sortie de cette nasse…

Témoignage 2

1. Tête de cortège bloquée avenue de l’Hôpital par un cordon de CRS, en face de la Pitié-Salpêtrière. En effet, des affrontements ont lieu, plus haut sur l’avenue, en remontant vers Place d’Italie.

2. Une foule importante de manifestants pacifiques s’agglutine devant le cordon de CRS sans comprendre le blocage alors qu’ils sont, eux aussi, sur le tracé déclaré officiellement. Des discussions s’engagent entre forces de l’ordre et manifestants pacifiques.

3. Après une dizaine de minutes d’attente, un Black Block se forme rapidement au contact des CRS. Des jets de projectiles et une bousculade pour forcer le cordon de CRS provoquent de leur part une riposte : au minimum lacrymogène et grenades de désencerclement (d’où une blessure à la jambe). L’air est saturé par l’utilisation massive de lacrymogène, visibilité extrêmement réduite pendant 2 à 3 minutes, air irrespirable. Les gens suffoquent et se mettent à courir dans tous les sens.

4. Mouvement de foule et de panique, les gens cherchant à échapper à l’asphyxie générale et à la charge violente de la police qui fonce alors dans le tas.

5. Une partie des manifestants fuit alors en franchissant l’enceinte de l’hôpital (ils ne sont pas dans les locaux même, mais à l’extérieur, sur la propriété).

[L’auteur·e entend ensuite des gens se faire taper et crier depuis la cour adjacente où iel s’est réfugié·e]

Témoignage 3

Arrivés à hauteur de l’église Saint-Marcel, un important cordon de CRS bloquait la route. Nous sommes arrivés dans les premiers. Ils nous ont expliqué qu’ils nous laisseraient passer, le temps que des échauffourées, advenues plus haut, avec ceux ayant emprunté la rue Jeanne d’Arc, se calment. Nous attendions tranquillement. Petit à petit, les manifestants sont arrivés en masse. Nous étions proches d’un garage souterrain, au contact du cordon de CRS. Il me semblait évident qu’ils nous laisseraient passer.

Petit à petit, d’autres CRS sont arrivés de l’arrière et ont formé un second cordon, juste derrière leurs collègues. J’ai naïvement pensé qu’ils nous feraient avancer par paliers. Nous avons vu le véhicule équipé des canons à eau manœuvrer et se positionner face à la foule, au centre du boulevard, qui commençait à s’impatienter.

Sans sommation, les palets de lacrymo ont volé dans la foule.

Avec mon ami, nous n’étions pas équipés, comme beaucoup d’autres autour de nous et nous suffoquions. Nous nous sommes retranchés quelques secondes derrière le muret du parking souterrain. Une dame a crié de nous mettre à terre, ce que nous avons fait. C’était effectivement plus respirable [a priori non, ça marche pour la fumée, mais le gaz lacrymo descend (NdPLI)]. Un homme s’est écroulé près de moi, il peinait à respirer. Mes yeux brûlaient, je ne voyais plus rien.

Mon ami m’a dit de le suivre, qu’il fallait que l’on aille plus loin. En me retournant, j’ai aperçu le cordon de CRS ainsi que le camion avec les canons à eau, qui avançaient, à une allure assez rapide, dans une sorte de no man’s land de fumée. La scène était chaotique. Nous avions reculé d’une centaine de mètres. Des Street Medics pulvérisaient du sérum physiologique dans les yeux des manifestants. Ces moments sont pour moi très confus.

Nous sommes passés devant un portail, ouvert, un homme, je pense qu’il était Medics, nous a dit de rentrer nous mettre à l’abri ici. Mon ami n’a pas voulu, et nous sommes partis plus loin.

Avec le recul, après avoir vérifié sur Google Earth, je suis quasi certain que ce portail était celui de l’hôpital de la Salpêtrière.

Avec tout ce qui a été dit, l’emballement médiatique, sans preuves et sans images, j’ai décidé de témoigner. Car si c’est cet incident qu’ils qualifient d’intrusion dans l’hôpital, je peux vous garantir que nous fuyions les lacrymos, sans réellement voir ni comprendre où nous allions. Ces moments étaient chaotiques, et il est plus que probable que ces individus se soient retrouvés pris au piège lorsque les forces de l’ordre ont continué leur route, remontant le boulevard de l’Hôpital en direction du boulevard Saint-Michel et sont allés interpeller ces « assaillants ». Si cette intrusion a été faite aux alentours de 16h30, je suis en mesure d’affirmer que la confusion la plus totale régnait. Je peux aisément comprendre que le personnel de l’hôpital ait pris peur de voir ces gens déboussolés pénétrer dans l’enceinte de l’hôpital, tout comme ils sont allés se réfugier dans plusieurs cours du boulevard, mais je ne comprendrais pas une action délibérée. Je cherche juste à comprendre ce qu’il s’est passé, pour que l’on rétablisse la réalité des faits. C’est assez facile de parler à chaud et sans preuves, sans avoir eu les preuves vidéos, des caméras de surveillance de l’établissement, ce qui pourrait confirmer, ou non, tout ce qui a été avancé. Quant à moi, qui étais sur les lieux, je reste très prudent. Je ne vois pas comment et surtout pourquoi, la plupart des personnes qui étaient autour de moi, qui manifestaient simplement, s’en seraient pris à cet hôpital…

De plus, certains avancent que cette « horde de sauvages » voulait s’en prendre au CRS grièvement blessé. Or, je suivais le déroulé de la manifestation sur Twitter, et cette information est parue beaucoup plus tard. De plus, les Medics ont été les premiers à aller à son chevet.

Témoignage 4

J’étais sur le boulevard de l’Hôpital à ce moment et je confirme ce qui a été précédemment décrit. Comme j’avais des lunettes de plongée et un masque, je n’ai pas subi le choc des gaz et peux donc précisément rapporter ce dont j’ai été témoin.

Les flics bloquent le boulevard de l’Hôpital juste avant le croisement avec la rue Jeanne d’Arc. Une ligne de CRS nous fait face, derrière eux, des camionnettes et un canon à eau nous tournent le dos. Nous apprendrons plus tard que des affrontements avaient lieu plus haut, au niveau du commissariat.

La foule est très compacte : les dizaines de milliers de personnes du cortège continuent d’avancer, et comme il est impossible de voir ce qu’il se passe, tout le monde s’agglutine. Plusieurs lignes de CRS qui remontent le cortège se font copieusement huer et insulter.

La situation stagne quelques dizaines de minutes, quand le canon à eau fait demi-tour et commence à arroser le cortège, et les flics se mettent à balancer des rafales continues de grenades lacrymogènes sur la foule.

Bien que l’on soit dans le cortège de tête, les personnes présentes là sont en majorité des personnes qui n’ont aucune velléité offensive. La plupart n’ont aucun moyen de protection.

Le brouillard de lacrymo est très dense, la panique est complète. Les personnes suffoquent, vomissent, s’évanouissent. Tout le monde pousse pour essayer d’échapper aux gaz, mais il est quasiment impossible de se replier tellement le cortège est dense, et les trottoirs encombrés de jardinières, de mobilier et de vélos. Des medics, au niveau de la terrasse du café L’Intermède, aspergent de Maalox le plus de personnes possible. Juste après ce café, une grille mène à la résidence du CROUS de la Pitié. Elle est fermée, mais elle est forcée pour permettre de se disperser un peu. Il est possible par là de rejoindre le bâtiment d’entrée de l’hôpital.

Les manifestant·e·s continuent de redescendre le boulevard de l’Hôpital, paniqué·e·s. Plusieurs se sont réfugié·e·s devant l’entrée de l’hôpital, mais les flics tirent aussi des grenades sur l’hôpital. Plusieurs palets ricochent contre la façade du bâtiment.

Étant trop loin pour le vérifier, je ne peux que supposer que c’est à ce moment-là que des personnes sont entrées dans l’hôpital pour se protéger d’une violence absolument arbitraire.

Les chiens enragés ont une fois de plus déchaîné leurs armes sur la contestation, et leurs maîtres essayent, comme à leur habitude, de cacher leurs méfaits avec un bel écran de fumée.

Témoignage 5

J’étais dans la foule qui se dirigeait calmement vers la Place d’Italie. 

Je me suis retrouvé bloqué dans une foule compacte au niveau de la librairie « Vernazobres-Grego ». J’étais devant le porche entre le bistro et la librairie. C’était impossible d’avancer, les gens disaient que la police bloquait l’accès à la Place d’Italie. Les gens continuaient à affluait, rapidement, la foule est devenue très compacte. Soudainement, il y a eu des grenades lacrymogènes qui sont tombés du ciel dans la foule devant nous (direction Place d’Italie). 

Le gaz s’est rapidement répandu, on ne pouvait plus respirer. Il y a eu un mouvement de foule qui cherchait à redescendre le boulevard de l’hôpital.

Le problème était qu’il y avait trop de monde, on suffoquait dans le gaz, agglutiné les uns sur les autres comme dans une rame de métro bondé. 

C’était comme se noyer au milieu de la foule. On avançait pas à pas en espérant trouver un filet d’air respirable. J’ai longé le bistro proche de la grille de l’hôpital. En me retournant j’ai vu que quelqu’un avait ouvert la porte du porche où j’étais précédemment. Aussitôt des gens y sont entré pour se réfugier.C’était impossible pour moi de faire demi-tour, j’ai continué à avancer. Arrivé de l’autre coté du bistrot, j’ai vu des gens devant la grille de l’hôpital. Ils appelaient pour qu’on leur ouvre. Ils demandaient à se réfugier du gaz et des charges des CRS. Derrière cette grille, on voyait un espace dégagé avec de l’herbe, protégé des gaz. Sachant que c’était un hôpital public, j’ai moi-même vu ce lieu comme un refuge, un lieu d’assistance et de protection. J’étais en retrait de la grille au niveau des arbres mais entre les barreaux, j’ai aperçu une personne vêtue de noir, assez loin, qui paraissait être un gardien. 

Cette personne est partie sans faire signe aux manifestants devant la grille vers le bâtiment du fond. Les gens continuaient à affluer de la direction de la Place d’Italie. Les gens devant la grille, ont finalement commencé sans trop y croire à forcer la porte pour entrer. La porte à finalement cédé, les gens sont entrés. J’ai moi même fait quelque pas au delà de la porte, j’ai repris mes esprits. A ce moment là, une femme a crié au gens qui entraient : « N’y allez pas, c’est une mauvaise idée ! ». Le groupe qui avait ouvert était déjà loin. En entendant cette femme, j’ai compris que je n’étais plus en danger.

Je suis ressortie, j’ai eu la chance.

 

Message zapatiste pour le centenaire de l’assassinat d’Emiliano Zapata… (EZLN)

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SCI Moisès

 

Message de l’armée zapatiste de libération nationale à l’occasion du centenaire de l’assassinat du général Emiliano Zapata

 

ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE

 

MÉXICO

 

Avril 2019

 

À la famille et aux amis de Samir Flores Soberanes,

À l’Assemblée de la résistance d’Amilcingo,

Au Front des peuples en défense de la terre et de l’eau Morelos-Puebla-Tlaxcala,

Au Congrès national indigène,

Au Conseil indigène de gouvernement,

À la Sexta nationale et internationale,

Aux réseaux de soutien au CIG et aux réseaux en résistance et rébellion,

À celles et ceux qui luttent contre le système capitaliste,

Frères et sœurs,

Compañeros et compañeras,

C’est le sous-commandant insurgé Moisés qui vous écrit au nom des femmes, des hommes, des enfants et des anciens zapatistes. Les mots que nous vous envoyons sont collectifs et c’est à moi, en tant que porte-parole de l’EZLN, qu’il revient de les écrire.

De la même manière, l’accolade envoyée depuis les montagnes de sud-est mexicain et qui arrive aujourd’hui aux dignes terres d’Emiliano Zapata et de ses successeurs – comme l’a été et l’est Samir Flores Soberanes, notre frère et compañero de lutte dans la défense de la vie – n’est pas seulement la mienne mais celle de tous les peuples zapatistes tzotziles, choles, tojolabales, zoques, mames, métisses et tzeltales.

Recevez-la, frères et sœurs, car c’est une accolade que nous vous envoyons nous, les zapatistes de l’EZLN, parce que nous vous respectons et nous vous admirons.

Nous n’avons pas pu être présents avec vous mais c’est ce que nous aurions voulu. La raison [de notre absence] est très simple et elle porte le drapeau du mauvais gouvernement. En effet, dans nos montagnes et vallées, la présence militaire, policière, paramilitaire ainsi que celle d’espions, de taupes et d’informateurs a augmenté. Les survols d’avions et d’hélicoptères militaires ont fait leur réapparition et avec eux, les opérations des véhicules d’assaut, comme au temps de Carlos Salinas de Gortari ; d’Ernesto Zedillo Ponce de León, tuteur politique de l’actuel titulaire du pouvoir exécutif ; de Vicente Fox Quesada après la trahison des Accords de San Andrés ; du psychopathe Felipe Calderón Hinojosa ; et du voleur à cravate et à mèche Enrique Peña Nieto. C’est la même chose mais aujourd’hui avec une plus grande fréquence et une plus grande agressivité.

Et les patrouilles et les survols ne suivent pas les routes du narcotrafic, ni les caravanes épuisées des frères et sœurs migrants fuyant une guerre qui refuse de dire son nom…pour entrer dans une autre que cache un pouvoir exécutif fédéral bavard et querelleur. Non, cette menace de mort parcourt les airs et les terres des communautés indigènes qui ont décidé de se maintenir en résistance et rébellion pour défendre la terre car la vie est en elle.

De plus, aujourd’hui, des membres de l’Armée fédérale et des Forces aériennes s’aventurent dans les montagnes et apparaissent dans les communautés en disant que la guerre arrive et qu’ils n’attendent que les ordres du “grand chef”. Et certains se font passer pour ce qu’ils ne sont pas, et qu’ils ne seront jamais, afin de connaitre les supposés “plans militaires” de l’EZLN, ignorant peut-être que l’EZLN dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit… Ou peut-être leur plan consiste-t-il à monter une provocation pour ensuite rendre coupable l’EZLN de ses conséquences, selon la même méthode qu’utilisèrent à leur époque Ernesto Zedillo Ponce de León et son larbin Esteban Moctezuma Barragán, aujourd’hui chargé de tendre une embuscade au corps enseignant démocratique.

En réalité, le mauvais gouvernement actuel ne se distingue pas de celui de ses prédécesseurs. Ce qui change maintenant, c’est la justification : aujourd’hui la persécution, le harcèlement et les attaques à nos communautés sont réalisées au nom “du bien de tous” et se font sous le drapeau de la supposée “IVème transformation”.

Mais ce n’est pas de cela dont nous voulions vous parler. Après tout, n’importe quelle dénonciation est ensuite discréditée par le pouvoir exécutif fédéral, qui la range dans la catégorie “radical de gauche conservatrice”. Est-ce à dire que quiconque n’ayant pas de salaire et critique le suprême gouvernement n’arrive même pas à être un “fifi” [utilisé par López Obrador pour désigner les “jeunes conservateurs”, les “fils à papa”, qui s’opposent à sa politique] ? Serait-ce ça ? À moins que la réalité ne réside dans les déclarations matinales dévorées ensuite en festin par ses légions sur les réseaux sociaux, dites “modernes” seulement parce que le fanatisme qu’elles suscitent est digital ; n’utilisent-ils pas les mêmes arguments que ceux qui ont applaudi et applaudissent encore les excès des tyrannies qui ont existé dans le monde? On pourrait bien leur répéter les mots d’Emiliano Zapata Salazar : “En tous temps, l’ignorance et l’obscurantisme n’ont produit que des troupeaux d’esclaves pour la tyrannie.“

Concernant ce qui se passe sur ces terres chiapanèques, et bien, c’est exactement la même chose que ce que nous endurons depuis déjà plus de 25 ans. Et nous répétons ce que nous avons déjà signalé : là-bas en-haut, c’est la même chose…et ce sont les mêmes. Et la réalité leur enlève le maquillage grâce auquel ils voudraient simuler un changement.


3RI

Frères et sœurs,

Compañeros et compañeras,

Ce que nous voulons vous dire, vous faire remarquer, c’est à quel point votre résistance est grande.

Non seulement en tant que symbole parce que vous la portez face à ceux d’en-haut qui célèbrent une trahison, celle qui a assassiné un individu du nom d’Emiliano Zapata Salazar et qui a échoué dans la tentative de mettre fin à une cause ; celle qui aujourd’hui subsiste dans de nombreux sigles sur tout le territoire que nous appelons encore le Mexique : le zapatisme.

Votre cause est source d’inspiration pour n’importe quelle personne honnête de ce monde, car votre lutte est pour la vie. Ce n’est pas un pari pour de l’argent, des postes ou des cadeaux. Elle se bat pour les générations futures qui ne pourront pas exister si l’arrogance du Chef triomphe et que les communautés sont détruites.

C’est pour cela que votre lutte mérite non seulement d’être saluée et soutenue, mais qu’elle elle devrait être reproduite dans tous les recoins de la planète où, sous le drapeau des supposés “ordre et progrès”, la nature et ceux qui l’habitent sont détruits.

Il y a des fois où les causes se concrétisent en une personne, un homme, une femme ou un.e autre. Et alors cette cause porte un prénom, un nom, un lieu de naissance, une famille, une communauté, une histoire. Comme pour Emiliano Zapata Salazar, c’est le cas pour le frère et compañero Samir Flores Soberanes qu’ils ont voulu acheter, qu’ils ont voulu faire se rendre, qu’ils ont voulu convaincre d’abandonner ses idéaux. Et puisqu’il ne s’est pas laissé faire, ils l’ont assassiné. Parce qu’il ne s’est pas vendu, parce qu’il ne s’est pas rendu et parce qu’il n’a pas capitulé.

Ceux qui se sont sentis soulagés par son assassinat, et qui ont ensuite réalisé une supposée “consultation”, se moquant ainsi de la tragédie, ont pensé que tout était terminé, que la résistance contre un mégaprojet, criminel comme tous les mégaprojets, s’éteindrait avec les larmes qu’ont arrachées l’absence de notre frère et compañero.

Ils se sont trompés, comme se sont trompés Carranza et Guajardo quand ils ont cru que Chinameca était la fin de Zapata.

Tout comme se trompe l’actuel pouvoir exécutif fédéral quand, étalant son ignorance sur l’histoire et la culture du pays qu’il dit “diriger” (son livre de chevet n’est pas “Qui gouverne” mais “Qui dirige”), prétend rendre amis Francisco I. Madero et Emiliano Zapata Salazar. Car, tout comme Madero a voulu acheter Zapata, le mauvais gouvernement a voulu acheter Samir et les peuples qui résistent avec des aides, des projets et bien d’autres mensonges.

Les peuples et Samir ont répondu avec leur détermination à la résistance, et cela aurait rendu fier Emiliano Zapata qui faisait remarquer qu’on ne l’achetait pas avec de l’or et qu’ici (en terres de Morelos) il restait encore des hommes – et nous ajoutons “et des femmes et des autres” – avec un peu de vergogne.

L’ignorance et l’arrogance qui donnent une identité à l’actuel chef du mauvais gouvernement, ne sont pas non plus nouvelles. Comme ce n’est pas non plus nouveau qu’il ait une cour d’adulateurs, un groupe de canailles qui arrangent l’histoire pour le compte du tyran et le présentent comme le point culminant de tous les temps. Et ils l’applaudissent et répètent, avec une lèche sans pudeur, toutes les idioties qui sortent de sa tête. Lui, il décrète que le néolibéralisme est terminé et sa cour arrange les chiffres, les faits, les projets pour les occulter derrière la scène de l’auto-dénommée “Quatrième transformation”, qui n’est rien de plus que la continuation et l’approfondissement de l’étape la plus brutale et sanguinaire du système capitaliste.

Mais, en plus, le groupe d’adulateurs que le tyran convoque, est rejoint par des larbins de tous types et de toutes conditions, ceux qui n’ont plus de vie, et tuent, pour satisfaire les désirs manifestes ou supposés du cerbère de service.

C’est pour ça que le titulaire de l’exécutif n’a pas besoin d’ordonner qu’on assassine, qu’on fasse disparaître, qu’on dénigre, qu’on calomnie, qu’on emprisonne, qu’on renvoie, qu’on bannisse ceux qui ne lui rendent pas de culte.

Il suffit que sur l’estrade ou dans les médias ou dans les réseaux sociaux, il exerce ce que lui appelle le “droit de réplique” pour que les larbins voient de quelle manière accomplir les désirs de leur maître et seigneur.

Mais tous les tyrans ont peur quand se lève une cause juste et humaine, comme la vôtre – qui est la nôtre.

Ils pensent qu’en assassinant les leaders et les visages visibles, les causes meurent avec eux.

Nous ne savons pas qui a assassiné le compañero Samir. Nous savons qui l’a signalé. Qui, avec une voix geignante et hystérique, l’a fait remarqué pour qu’ensuite des sicaires, soucieux de faire plaisir au chef des forces armées fédérales, accomplissent la sentence prononcée sur l’estrade convertie en tribunal.

Il n’y a pas eu de “droit de réplique” pour Samir Flores Soberanes, il n’y en a pas non plus pour les peuples qui résistent contre le projet de mort appelé “Projet intégral Morelos”, alors que ce mégaprojet n’apportera de bénéfices qu’aux grands capitalistes basés en Italie et en Espagne, le même pays auquel on réclame de demander pardon pour la conquête qui a commencé il y a 500 ans et qu’aujourd’hui le mauvais gouvernement poursuit.

Tout cela, vous, vous le savez déjà, sœurs, frères, compañeros, compañeras. Mais nous le répétons à cause de l’assassinat de Samir qui nous met en colère et en rage et à cause de l’arrogance de celui qui là-bas en haut croit qu’il dirige mais ne gouverne même pas.

Nous sommes en colère, nous sentons cette rage parce qu’à ceux d’en bas ne sont offerts que le mépris des aumônes déguisées en programmes d’assistance ou les menaces pour qui refuse de se plier ; et que pour ceux d’en-haut, qui trahissent ensuite ceux qu’ils caressent aujourd’hui, il y a des sourires, des acclamations et des déclarations tranquillisantes.

Compañeros et compañeras,

Frères et sœurs,

Nous savons aussi que celui-ci, tout comme les mauvais gouvernements antérieurs, veut détourner l’image d’Emiliano Zapata Salazar pour que, avec sa mort, meure aussi la défense de la terre, qui est ce que nous, peuples originaires, appelons la vie.

Et nous savons le plus important, ce qui compte vraiment : nous, peuples originaires, poursuivrons la rébellion et la résistance.

Peu importe qu’ils nous appellent “conservateurs” ou qu’ils appelaient “bandits” les zapatistes de l’Armée libératrice du Sud il y a 100 ans.

Comme ses prédécesseurs, le mauvais gouvernement actuel et ses larbins “modernes” peuvent nous dire ce qu’ils veulent.

Notre parole et notre silence sont plus grands que leurs petits cris hystériques.

La lutte zapatiste persistera, les peuples originaires continueront à vivre.

Partout sur la planète, dans les villes et les campagnes, se construit aussi la lutte de groupes, collectifs et organisations de femmes, d’occupants, d’artistes, de jeunes, de scientifiques, de travailleurs, d’employés, d’enseignants, d’étudiants, d’autres.

Ce n’est pas leur taille qui compte mais leur fermeté. Avec eux, elles, elleux, avec respect et solidarité, il faudra ériger un réseau mondial de rébellion et de résistance contre la guerre qui, si le capitalisme triomphe, signifiera la destruction de la planète.

Les mauvais gouvernements viendront et s’en iront, mais la couleur de la terre persistera et avec elle toutes les couleurs de ceux qui dans le monde se refusent à la résignation et au cynisme, ceux qui n’oublient pas et ne pardonnent pas, ceux qui tiennent les comptes des dommages, des enfermements, des disparitions, des morts, des oublis.

Dans cette pensée et ce cœur collectifs, le monde qui aujourd’hui agonise renaîtra.

Les tyrans de toutes les couleurs tomberont avec le système qu’ils servent.

Et pour le monde, il y aura finalement une vie, comme la vie doit être, c’est-à-dire libre.

En attendant qu’arrive ce moment, chaque jour qui passe, nous ne cesserons de porter la vie de lutte d’Emiliano Zapata Salazar et de Samir Flores Soberanes.

Et dans notre lutte quotidienne, le cri qui est aujourd’hui notre drapeau deviendra réel : Zapata et Samir vivent, et la lutte continue pour…

LA TERRE ET LA LIBERTÉ !

Depuis les montagnes du sud-est mexicain,

Sous-commandant insurgé Moisés,

Mexique, avril 2019.

Source:

http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2019/04/21/message-de-larmee-zapatiste-de-liberation-nationale-a-loccasion-du-centenaire-de-lassassinat-du-general-emiliano-zapata/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+EnlaceZapatista+%28Enlace+Zapatista%29

 

 

Lectures complémentaires:

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Pierre_Kropotkine_La_Commune_de_Paris_PDF

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

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Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

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Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

Manifeste pour la Société des Sociétés

Abdullah-Ocalan-Confederalisme-democratique

Effondrer le colonialisme

6ème_déclaration_forêt.lacandon

 

Gilets Jaunes: Compte Rendu de l’assemblée des assemblées de St Nazaire du 6 avril 2019

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 6 avril 2019 by Résistance 71


2ème Assemblée des Assemblées St Nazaire

 

Résistance 71

 

6 avril 2019

 

Nous avons suivi ce second jour de l’AdA se tenant à la Maison du Peuple de St Nazaire du 5 au 7 avril courant sur le direct retransmis depuis l’assemblée, dont nous saluons l’excellente initiative.

Nous ne ferons ici que mentionner les thèmes qui furent synthétisés par les portes paroles des groupes de travail et ne commenterons pas sur ce qui fut dit, ce n’est pas ici notre fonction.

Les représentants des groupes de travail ont synthétisé et parfois soumis à l’évaluation collective, le travail effectué sur les thèmes suivants:

  • Coordination et communication: interne et externe (régionale, nationale et internationale). Note faite sur le besoin de traductions
  • Refus de l’implication pour les élections européennes: le consensus étant non à l’UE, oui à l’union des peuples…
  • Nécessité d’un développement généralisé des Maisons du Peuple
  • Les revendications du mouvement: pas de consensus
  • Le municipalisme / communalisme populaire ou citoyen: choix de terminologie politique. Les assemblées sont les communes. Doit-on coopérer avec les maires ou entrer en désobéissance civile ?
  • Assemblées constituantes: une proposition (peu claire) fut déboutée en première évaluation
  • L’écologie
  • La session s’est terminée avec la présentation des synthèses de groupes sur les stratégies et actions pour le mouvement: à juste titre, ces synthèses de travail furent faites hors caméras et micros lors de cette phase initiale…

Demain dimanche 7 avril, d’autres synthèses déboucheront sur des votes des délégués et un communiqué officiel de cette Assemblée des Assemblées qui repartira dans les assemblées locales pour débat et vote de validation.

Nous l’avons dit et le répétons alors que Commercy dans un 1er temps et maintenant St Nazaire nous montrent la voie. Nous invitons le plus de personnes possibles à suivre ces débats en direct, pour ceux qui ne connaissant pas le principe et le fonctionnement d’une AG, c’est l’occasion de le découvrir de l’intérieur, ces retransmissions ont une fonction parfaitement éducative en plus de garantir la transparence du processus démocratique réellement en marche, RDV demain à partir de 09h00:

http://giletjaune44.livehost.fr/category/assemblee-des-assemblees/

 


Tout le pouvoir aux Ronds-Points !…

Assemblées Populaires partout, tyrannie nulle part…