Archive for the police politique et totalitarisme Category

prisons meurtrières pour les activistes politiques au pays du goulag levant (ex-USA)

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , on 28 juillet 2015 by Résistance 71

Le goulag est là et bien là… Prochaine étape: les escadrons de la mort, qui furent créés au PGL et testés sur les activistes de l’American Indian Movement (AIM) dans les années 70 avec les « Goon squads » de la police autochtone des réserves indiennes sous contrôle du FBI, qui assassinèrent bon nombre d’activistes sous couvert (ou non) « d’actions légales ».

Le grand chef Hunkpapa Lakota  Sitting Bull tomba sous les balles des traîtres de son propre peuple fliquant la réserve de Pine Ridge le 15 Décembre 1890, après qu’il fut décidé en « haut-lieu » que le grand résistant au colonialisme occidental devait mourir.

Il semble que la phase « élimination physique » soit entrée en vigueur. Phase qui va s’étendre à tout le monde occidental sous contrôle oligarchique.  Toutes les polices occidentales deviennent pas à pas des police politique dont la mission est de préserver les intérêts privés oligarchiques coûte que coûte, lorsque cela ne sera plus possible, les états-corporations feront appel aux mercenaires. Union et vigilance !

Mise à jour 28 juillet: Une autre femme afro-américaine retrouvée morte dans sa cellule à Cleveland, Ohio…

— Résistance 71 —

 

Un activiste amérindien retrouvé mort dans sa cellule

 

Press TV

 

28 Juillet 2015

 

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/Detail/2015/07/28/422173/US-Rexdale-W-Henry-Sandra-Bland-human-rights

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Un activiste amérindien a été retrouvé mort dans sa cellule aux Etats-Unis dans ce qui semble bien être une nouvelle mort suspecte, similaire à celle de Sandra Bland au Texas.

Rexdale W. Henry, 53 ans, qui avait été arrêté le 9 juillet lors d’un contrôle de routine pour n’avoir pas payé une amende suite à une infraction routière, a été retrouvé mort dans sa cellule de la prison de Neshoba County dans l’état du Mississippi, 5 jours plus tard, d’après les médias locaux (NdT: lieu tristement célèbre qui vît l’assassinat d’activistes blancs anti-ségrégation en 1961, évènements mis en scène dans l’excellent film d’Alan Parker “Mississippi Burning”).

Le corps sans vie d’Henry, qui était membre de la nation Choctaw et un activiste de longue date avec la communauté amérindienne locale, fut découvert une demie-heure après qu’il fut vu en vie pour la dernière fois.

L’état a fait faire une autopsie dans un laboratoire de la police scientifique de la ville de Jackson, mais les résultats n’ont pas encore été divulgués.

Dans le même temps, la famille de Henry a demandé qu’une seconde autopsie indépendante soit faite en Floride.

“Dans un moment où la nation est focalisée sur les terribles circonstances de la mort brutale de Sandra Bland, il est important d’exposer les façons dont les Afro-Américains, les Amérindiens et autres minorités sont ciblées, les membres interpellés pour des infractions mineures et terminent leur vie dans des cellules de prison”, a dit Janis McDonald, professeure de droit à l’université de Syracuse.

La mort d’Henry est intervenue un jour après celle de Bland, 28 ans, retrouvée morte dans sa cellule de la prison de Walter County au Texas. Bland avait été arrêtée le 10 juillet par un Texas Trooper pour ne pas avoir mis son clignotant alors qu’elle changeait de file à bord de son véhicule.

Une autopsie a confirmé le rapport initial d’un examinateur médical, déclarant sa mort un suicide.

Quoi qu’il en soit, sa famille a exprimé de forts doutes quant au fait que Bland aurait mis fin à ses jours alors qu’elle était passionnée par sa lutte pour le droits civils et très motivée au sujet de son nouveau travail qui l’attendait dans un collège près de Houston au Texas.

Les décès d’Henry, de Bland et de Kindra Chapman, une jeune femme noire américaine de 18 ans, qui fut aussi retrouvée morte dans sa cellule de la prison de Jefferson County dans l’état d’Alabama, sont les dernières morts en date dans une série de décès suspicieux impliquant les forces de police et qui ont déclenchés des manifestations dans bon nombre de villes à travers le pays.

Abus et discrimination: L’ONU tape sur les doigts du Canada…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 24 juillet 2015 by Résistance 71

Le Canada doit arrêter sa discrimination contre ses peuples autochtones (ONU)

 

Press TV

 

24 Juillet 2015

 

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/Detail/2015/07/24/421592/Canada-rights-indigenous-aboriginals-UN-Human-Rights-Committee-

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le Comité pour les Droits de l’Homme de l’ONU dit que le Canada doit soutenir les droits des peuples indigènes et arrêter ses mesures discriminatoires contre eux.

Le corps humanitaire basé à Genève a déclaré dans un rapport publié hier jeudi, que le Canada avait toujours un énorme travail à effectuer pour ses peuples et nations premiers, demandant que le gouvernement canadien arrête promptement toute discrimination contre les femmes et les enfants autochtones.

Le comité a aussi fait remarquer le fait de la dispartion et les meurtres de femmes indigènes, notant aussi que le gouvernement canadien devait prendre en compte et s’occuper des abus commis contre les personnes autochtones en prison et devait leur offrir des services de santé essentiels.

Beaucoup de personnes des nations indigènes vivent dans une grande pauvreté au Canada et dans des conditions souvent insalubres, sans eau courante, aux logements délabrés, sujets aux addictions en tout genre et ayant un très haut taux de suicide. (NdT: pour les habitués de Résistance 71, vous savez que ceci est en fait le plan de longue durée: assimilation totale sans espoir de retour ou destruction…). Les quelques 1,4 millions membres des nations premières au Canada constituent environ 4,3% de la population du pays (NdT: aujourd’hui, ce n’était pas le cas dans le passé, génocide colonial et immigration massive étrangère d’Europe et d’ailleurs obligent…)

Dans le même temps, le comité des Droits de l’Homme de l’ONU a également exprimé ses préoccupations sur la nouvelle loi anti-terrorisme qui a été votée par le parlement canadien le mois dernier.

Il a contesté le fait de donner au gouvernemt canadien des pouvoirs trop larges ne donnant pas suffisamment de garanties légales pour protéger les droits politiques et civiques des citoyens.

Le comité de l’ONU a demandé aux officiels canadiens de reconsidérer et de réécrire la loi pour assurer qu’elle ne bafoue pas les standards internationaux des droits de l’Homme.

Un porte-parole du ministre de la sécurité publique Stephen Blaney a dit que le Canada réaffirme cette législation.

Ces mesures sont des mesures raisonnables, similaires à celles employées par nos proches alliés pour protéger leurs citoyens”, a commenté le porte-parole Jeremy Laurin.

Article complémentaire sur le même sujet

 

Guerre par procuration: La légion mercenaire « djihadiste » de l’OTAN s’installe en Bosnie…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , on 24 juillet 2015 by Résistance 71

Trois camps de Daesh en Bosnie

 

Réseau Voltaire

 

23 Juillet 2015

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article188260.html

 

En 2012, des jihadistes ont acquis des terres en Bosnie-Herzégovine, à Gornja Maoča, Ošve et Dubnica, pour y installer des camps de formation, sous le commandement de Nusret Imamović.

D’abord affilié à al-Qaïda, Nusret Imamović est devenu le numéro 3 de sa branche syrienne, le Front al-Nosra. Il a ajourd’hui rejoint l’Émirat islamique (Daesh) et les communautés jihadistes bosniaques l’ont suivi dans sa démarche.

Les jihadistes bosniaques se divisent en deux groupes : 
 d’une part les anciens combattants de la Légion arabe d’Oussama Ben Laden qui participèrent à la guerre de Bosnie de 1992 à 1995 (on se souvient qu’à l’époque Ben Laden était conseiller militaire du président Alija Izetbegović, qui avait également comme conseiller politique Richard Perle et comme conseiller en communication Bernard-Henri Lévy). 
 d’autre part de nouveaux convertis, généralement de moins de 30 ans.

Depuis les Accords de Dayton, la Bosnie-Herzégovine est dirigée par un Haut Représentant international, actuellement l’Autrichien Valentin Inzko, représentant les intérêts de l’union européenne, assisté de l’ambassadeur états-unien David M. Robinson. Ce dernier, après avoir été impliqué dans le soutien aux Contras du Nicaragua a été chargé d’influer sur les élections vénézuéliennes de 2008, puis a poursuivi sa carrière en Afghanistan. Il devrait prendre prochainement d’importantes fonctions au département d’État.

Colonialisme et culture du meurtre: La fabrique des assassins de l’État… Canada cas d’école (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 23 juillet 2015 by Résistance 71

Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance à être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

Aimer… Tuer !

 

Mohawk Nation News

 

Mars 2013

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2013/03/19/like-killing/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’État a conduit des recherches tres intensives sur l’entraînement des humains à tuer d’autres humains. Les peuples indigènes ont très souvent été les victimes de massacres de masse tout à fait calculés. Les Allemands ont étudié de près le génocide nord-américain (Etats-Unis et Canada) des Indiens. Ils ont déshumanisé les juifs afin de créer les conditions de l’holocauste.

Une minorité de psychopathes a développé un système d’entraînement pour aller au delà de l’instinct de reconnaître l’humanité d’autrui. Ils furent particulièrement alarmés de savoir que seulement 15 à 20% des soldats tiraient sur l’ennemi dans les zones de combat et que seulement 2 à 3 % au grand maximum étaient des tueurs nés. Tuer provoque des réactions extrêmes comme des nausées, vomissements et de longues périodes de désordre post-traumatique ou DPT.

Pratiquement tout le monde peut-être entraîné à devenir un meurtrier dans certaines conditions, d’après le colonel Dave Grossman : “On Killing: The Psychological Cost of Learning to Kill in War and Society”, New York; Little, Brown & Co. 1995. 

Comment tuer un humain:

  1. Commande autoritaire: Une hiérarchie crée un “réflexe d’obéissance”.
  2. Psychologie de groupe: Dans un groupe, l’individu évite la responsabilité personnelle. Dans un peloton d’exécution par exemple, le tueur peut imaginer que quelqu’un d’autre a tiré la cartouche fatale.
  3. 3. Distanciation des victimes: sous-estimer leur humanité. Ne pas regarder la victime dans les yeux ou sentir sa peur. Les armes sont faites pour se distancier de l’ennemi. Les drones sans pilotes protègent le tueur de voir l’agonie humaine. Les assassinés sont des moins que rien, personne.
  4. 4. Ne pas regarder les yeux de la victime: Abattre la victime dans le dos lorsqu’elle s’enfuit, pas lorsqu’elle attaque. Les kidnappers sont plus enclins à tuer une victime encagoulée.
  5. Eviter de penser à l’humanité ordinaire: les victimes ne peuvent pas être vues faire des choses de la vie ordinaire comme manger, fumer une cigarette ou jouer avec leurs enfants. La culture de l’ennemi doit rester inconnue. C’est pourquoi les écoles canadiennes n’enseignent rien au sujet de nos cultures indigènes. Nous sommes des cibles qui doivent être éliminées.
  6. Utiliser le bias des médias: Ne rapporter que de la négativité afin de créer une image antipathique des victimes.
  7. Déshumaniser les cibles: Les Américains appelaient les Vietnamiens des “Gooks” (“Niaquoués”), des “geeks” “ineptes” et des “cibles”. Les Arabes sont des “extrémistes”, des “fondamentalistes”, des “islamistes”, des “insurgés”. Le Canada définissait une personne comme “qui que ce soit n’étant pas Indien” entre 1876 et 1952. (NdT: en 1876, des amendements à la loi sur les Indiens, Indian Act, introduisirent le concept “légal” du fait que les “Indiens sont des non-personnes du Canada”…) Le taux de meurtre a augmenté jusqu’à 95% lorsque les soldats ont tiré sur des cibles ayant forme humaine. La police canadienne tire sur des cibles qui ressemble à des femmes autochtones.
  8. Conditionnement: Créer des batailles réalistes. Une réplique de Kahnawake (territoire Mohawk) a été construite pour conditionner les soldats à tuer les Mohawks.
  9. Le “double lien”: Le tueur est mis dans une position où il pense qu’il est à risque et doit tuer pour survivre.

Les agents des services de frontière canadiens d’Akwesasne utilisent souvent le “double lien”. En 2008, deux grands-mères furent arrêtées, leurs cartes d’identité et la clef de la voiture furent confisqués ; elles furent obligées de rester assises dans la voiture pendant plus d’une heure, encerclées par des commandos armés. D’autres indigènes furent contrôlés mais laissés tranquilles. Les gardes restèrent soudés de façon à ce qu’aucun d’entre eux ne succombe aux sentiments d’une humanité commune vis à vis des deux femmes. Aucun ne put prendre la responsabilité pour l’attaque vicieuse qui s’en suivie.

Une voix donna des ordres sur un téléphone portable au commandant de l’unité.

Une des femmes fut tirée hors de la voiture, attrapée par derrière et fut jetée au sol, son visage sur la route jusqu’à ce qu’il soit griffé et égratigné. Ses os furent presque amenés au point de rupture. La seconde femme fut tirée de la voiture et l’agression vint encore de par derrière. Ses mains furent attachées dans son dos. Les gardes avaient pris position là où ils ne pouvaient pas voir son visage alors qu’ils serraient les menottes jusqu’à couper la circulation sanguine. Alors qu’elle était victime d’un malaise cardiaque, un homme l’attrapa par le pantalon, lui ordonna de se pencher en avant et essaya de lui baisser le pantalon. Dans le poste de police, 6 ou 7 autres fonctionnaires intervinrent sur les lieux pour assurer que la pression psychologique demeure.

La folie continua, puis un avocat entra dans la pièce. Soudain, ils devenaient responsables. Ils retirèrent les menottes, lui donnèrent un endroit pour s’assoir et lui offrirent un verre d’eau. On appela une ambulance. Deux policiers autochtones regardaient en silence, pris entre le marteau et l’enclume de deux groupes identitaires.

Ces tactiques pour faire la guerre et tuer sont développer de manière scientifique par les banksters royalistes et leur armée.

Ces tactiques nous rappellent la chanson de Freddie Mercury: Killer Queen “She’s a killer queen. Gun powder, gelatine. Dynamite with a laser beam. Guaranteed to blow your mind, anytime.”

 

Géopolitique et business: La cas d’école de la United Fruit Company (Chiquita) des frères Dulles…

Posted in actualité, économie, CIA et traffic de drogue, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 22 juillet 2015 by Résistance 71

La United Fruit Company

 

David Macadam

 

Mai 2010

 

url de l’article original:

http://theoligarchkings.wordpress.com/2010/05/27/united-fruit-company/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Note de Résistance 71: Cette entreprise en apparence si anodine (l’import-export de fruits, quoi de plus tranquille ?…) existe toujours aujourd’hui sous le nom de “Chiquita”. Elle est un cas d’école pour bien comprendre comment fonctionne le capitalisme monopoliste impérialiste et criminel, ainsi que ses rouages au sein des hautes sphères du pouvoir. Aujourd’hui, les “United Fruit Company” sont les ténors de l’agro-alimentaire, Monsanto en tête, directement liés aux sphères du pouvoir et toutes les grosses industries directement connectées par le jeu des portes tourniquets de coulisses, aux mêmes sphères du pouvoir.
Dans les années 1950, Allen Dulles était le directeur de la CIA et son frère un des gros actionnaires de l’United Fruit Company ; la CIA mit en place un coup d’état pour retirer du pouvoir guatémaltèque un président qui avait renationalisé les terres arables… Depuis, il suffit d’analyser les liens entre les directeurs de la CIA et Wall Street pour se rendre compte que la CIA est un état dans l’état et que depuis sa création, elle travaille DIRECTEMENT pour Wall Street et le grand capital.

= = =

Bien qu’on se rappelle au mieux de Rockefeller pour son argent du pétrole (NdT: Standard Oil devenu aujourd’hui Exxon-Mobil) et sa famille politique, son petit-fils (Nelson Rockefeller) fut le vice-président (de Gerald Ford), il eut aussi des intérêts dans bien d’autres monopoles également tels ceux du cuivre, du tabac et peut-être, ce qui est moins connu: les bananes.

Il était l’argent derrière l’United Fruit Company qui apparaissait en surface comme une bien anodine entreprise, voire même complètement ennuyeuse, engagée dans une campagne de convaincre les enfants des années 1950 aux Etats-Unis des bienfaits pour la santé du lait et des bananes. Pas exactement de quoi faire trembler le monde.

A moins que vous n’ayiez à l’époque, la grande malchance d’être né en Amérique Centrale.

L’United Fruit Company avait des plantations en Colombie, au Costa Rica, à Cuba, en Jamaïque, au Nicaragua, à Panama, à Saint Domingue et de manière plus tristemement célèbre, au Guatémala. Un bon nombre de ces états ont eu des relations troublées avec les Etats-Unis depuis. Au sommet de sa gloire, l’United Fruit Company possédait environ 42% de la totalité du Guatémala et ne payait absolument aucun impôt sur quelque revenu généré que ce soit.

L’entreprise possédait également les chemins de fer du pays, le système des télécommunications, des ports et une très grande flotte de navires construits par les meileurs chantiers navals du monde.

De manière peu surprenante, le peuple guatémaltèque se révolta contre cette domination étrangère et il se rendît aux urnes en 1951 afin de donner son avis. Il vota pour Jacobo Arbentz. Celui-ci avait émis l’idée, pas franchement révolutionnaire, d’acheter quelques terres que l’entreprise n’utilisait pas de façon à ce que les gens sans-terre puissent y faire pousser des cultures pour se nourrir. Ce n’était même pas une expropriation. Arbentz dit alors que le pays rachèterait ces terres au prix déclaré par l’entreprise sur ses déclarations de revenus et de biens. Mignon non ? Une entreprise américaine ne sous-côterait sûrement pas ses propres biens pour évasion fiscale n’est-ce pas ?

L’entreprise prit alors ombrage de cette impertinence ultime en provenance de ce péon arriviste et aida un coup d’état ourdi par un groupe d’officiers de l’armée, qui envahirent à partie du Honduras voisin avec une assistance sous-couvert de la CIA dans une opération connue sous le nom de PBSuccess. Ils avaient réussi à persuader Truman et Eisenhower qu’Arbentz allait emmener le pays vers le côté obscur et s’allier avec l’URSS.

Qui étaient donc ces hommes d’affaire impliqués ? A l’époque du coup au Guatémala, nous trouvons ces personnes étroitement connectées avec le comité directeur d’United Fruit.

John Foster Dulles et l’entreprise Sullivan & Cromwell étaient les conseillers légaux d’United Fruit depuis des décennies et John Foster Dulles était aussi un des actionnaires principaux de l’UFC. Il était aussi à l’époque, le ministre des affaires étrangères du président Dwight D. Eisenhower. Le gand-père de Dulles fut aussi ministre des AE sous le président Ben Harrison.

Allen W. Dulles, le frère de John Foster Dulles était aussi un des actionnaires les plus importants de l’entreprise et remplissait ses heures perdues en tant que directeur de la CIA. Le général Robert Carter, chef du conseil national à la sécurité était un ancien président du conseil d’administration de l’UFC.

Thomas G. Corcorran, le “Mr j’arrange tout” de tout le monde, un homme vil dont la biographie serait à elle seule une histoire d’aventures et qui fut souvent accusé de corruption, travaillait pour la CIA et était un consultant salarié de l’UFC.

Le sénateur Henry Cabot Lodge Jr. était le fils de Henry Cabot Lodge, celui qui détesta tant la Ligue des Nations (NdT: La LDN, précurseuse de l’ONU après la 1ère GM). Sa famille remontant aussi loin que ses connexions avec le président Adams.

Ann Whitman, l’épouse de Edmund Whitman, le directeur de publicité de l’UFC était la secrétaire personnelle du président Eisenhower.

John Moor Cabot du même groupe des vieilles familles bostoniennes dont étaient issues les familles Dulles et Cabot-Lodge, était vice-ministre des AE pour les affaires inter-américaines et était aussi un actionnaire important de l’UFC ; son frère, Thomas Dudley Cabot était le directeur de la sécurité internationale au ministère de la défense et qui fut, tenez-vous bien, un président passé de l’UFC.

John McCoy, président de la banque international pour la reconstruction et le développement était un ancien membre du comité directeur.

Walter Bedell Smith le directeur de la CIA jusqu’en 1953 et Robert Hill, sous-secrétaire d’état à la défense, reçurent tous deux des sièges au comité directeur de l’UFC après leur mise à la retraite.

Ceci constitue un groupe de gens très connectés et très influents dans quelque contexte que ce soit, et tout cela pour une entreprise vendant des bananes ?…

Bien sûr que non.

L’oligarchie a vu depuis bien longtemps que la route vers le pouvoir politique est de toujours avoir un flot constant d’argent et de s’assurer qu’elle ait toujours un pied dans chaque camp ou qu’elle ait des membres compétents et de confiance dans le camp de l’argent. Les zones étrangères où les contrôles des grands trusts étaient faibles étaient toujours d’intérêt et si les locaux objectaient ou s’interposaient, alors on pouvait toujours inventer je ne sais quelle excuse pour que l’oligarchie agite la puissance (militaire) des Etats-Unis pour soutenir ces aventures en pays étrangers. (NdT: a ce sujet le livre du général Smedley Butler “La guerre est un racket” est lumineux…). Dès 1953, l’oligarchie avait réussi à contrôler des pays entiers. Au Guatémala, les intérêts financiers et commerciaux américains tentèrent d’avaler tout rond un pays entier.

Cela ne pourrait jamais se reproduire maintenant n’est-ce pas?…

Résistance politique: Visions d’espoir et de destruction en Amérique Centrale (Dean Henderson)

Posted in actualité, politique et social, N.O.M, économie, écologie & climat, militantisme alternatif, guerres imperialistes, altermondialisme, démocratie participative, autogestion, résistance politique, terrorisme d'état, guerres hégémoniques, ingérence et etats-unis, néo-libéralisme et paupérisation, politique et lobbyisme, pédagogie libération, CIA et traffic de drogue, police politique et totalitarisme, neoliberalisme et fascisme, colonialisme with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 20 juillet 2015 by Résistance 71

¡Ya Basta!

 

Dean Henderson

 

15 Juillet 2015

 

url de l’article original:

http://hendersonlefthook.wordpress.com/2015/07/15/ya-basta/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ma compagne et moi-même sommes juste revenus d’un mois de périple à travers le sud du Mexique, le Guatémala et le Bélize. Comme d’habitude, ceci fut moins des vacances qu’un parcours du combattant rempli de moments d’euphorie et de profonde tristesse.

Du bon côté des choses, les Zapatistes (EZLN) ont établi six zones autonomes où le gouvernement mexicain est occupé à construire de nouvelles lignes à haute tension, des écoles, des sytèmes d’eau potable et de drainage des eaux usées. Malgré n’avoir tiré que quelques coups de feu pendant leur siège de cinq grandes municipalités du Chiapas en 1994 en réponse à la mise en place des accords nord-américians de libre échange (NAFTA), la critique profonde, efficace et cohérente de l’EZLN du capitalisme néo-libéral a payé de véritables dividendes pour le peuple.

Leur message a résonné dans le monde entier alors qu’ils se retiraient dans la jungle de Lacandon. Après le massacre d’Ocosingo par l’armée mexicaine qui assassina 80 personnes, l’opinion publique mondiale s’est renforcée derrière ces rebelles à très vaste majorité indigènes (NdT: peuples descendants directement des Mayas), ce qui força le passage des accords de San Andreas.

D’un autre côté la Guatemalan National Revolutionary Unity (UNRG), qui vît le jour après le coup d’état de la CIA contre le nationaliste Jacobo Arbentz Guzman en 1954 au profit de l’entreprise américain United Fruit Company (aujourd’hui Chiquita dont les gros actionnaires étaient les frères Dulles, dont l’un était… le directeur de la CIA de l’époque), qui opérait dans les plateaux du nord-guatémaltèque depuis plus de 40 ans. L’UNRG luttait dans une guerilla contre les tristement célèbres “sept familles” qui possédaient 80% des terres arables du pays.

En 1996, les rebelles, en grande majorité de nations Maya, ont signé des accords de paix avec le gouvernement guatémaltèque. Et pourtant, quelques 20 ans plus tard, la même oligarchie demeure fermement en place tandis que la plupart des Guatémaltèques semblent être plus pauvres que jamais. Le président Otto Perez Molina est un diplômé de l’École des Amériques, incubatrice des escadrons de la mort des Etats-Unis (NdT: créés par la France lors de la bataille d’Alger en 1957 et dont les cadres de l’armée française enseignèrent les techniques à l’Escuola de las Americas gérée par le Pentagone et alors basée au Panama. Elle est aujourd’hui de retour dans l’état de Georgie, pas très loin de QG de Coca Cola… coïncidence ou pas ?…), qui a servi dans les sanguinaires Kaibiles entraînés par les israéliens et qui fut le directur du renseignement militaire guatémaltèque (bref, un bon larbin/bourreau du système). Il contrôle aussi (pour services rendus à l’empire…) la plus grosse brasserie du pays: Gallo.

En parallèle d’une pauvreté dévastatrice et d’une énorme disparité de revenus, se déroule une vaste pollution de ce qui était auparavant des lacs pristines au Guatémala ainsi que son réseau de rivières. Même le lac Atilan, autrefois un paradis des nations Kachiket et Tzutzil et de quelques hippies occidentaux, est maintenant une zone contaminée et le poisson ne peut plus y être mangé.

Mais il se passe des choses au Guatémala. Le vice-président a été viré sur accusations de corruption lorsque nous visitions le pays, des protestations grondent autour d’un mouvement qui cible ses demandes en attaquant les oligarques et le Volcan Fuego tremble. Avec 38% de la population guatémaltèque étant en dessous de l’âge de 14 ans, quelque chose doit et va se produire…

Le Bélize demeure un havre de transition des cargaisons de drogues pour la couronne britannique. Les familles des triades chinoises, fidèles à la couronne britannique au travers de leur histoire maçonique durant les guerres de l’opium, possèdent pratiquement toutes les affaires inhérentes ensemble avec des familles escrocs brahmanes d’Inde. Des expatriés continuent à acheter les terres, les Mennonites produisent presque toute la nourriture et les Mayas, Créoles et Garifuna se tapent tout le boulot et n’arrivent pas à joindre les deux bouts.

Le gouvernement a reçu des fonds de Petro Caribe du Vénézuéla, une initiative pour aider la région qui commença sous feu le président Hugo Chavez, mais l’argent est le plus souvent détourné par le gang de la drogue qui semble gouverner le Bélize, qui jusqu’en 1981 était connu sous le nom de Honduras Britannique. La reine Elisabeth II figure sur tous les billets du Dollar de Bélize.

Noua avons commencé notre boucle depuis Cancun et sommes retourné au Mexique via Chetumal. Les gens de la péninsule du Yucatan semblent être en meilleure condition qu’avant, mais la crise environnementale n’a pas épargné la Riviera Maya. Les plages de Cancun à Tulum sont recouvertes d’algues après que des années durant des égoûts furent déversés directement dans la Mer des Caraïbes.

Nous avons rencontré des gens très intéressants tout au au long de notre voyage, avons expérimenté une excellente cuisine et avons eu la chance de demeurer avec le superbe peuple Maya pendant près d’un mois ; mais la pauvreté, la corruption et la destruction de l’environnement dont nous fûmes les témoins demeureront dans nos cœurs et nos esprits et ne pourront que nous propulser dans la bataille ici, à la maison, dans le ventre même de la bête.

Ils sont en train de tuer les pauvres, ils sont en train de tuer la Terre-Mère.

Ya Basta!

L’àme de la révolution française: Les sections des communes… ruinées par le centralisme étatique

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, militantisme alternatif, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 16 juillet 2015 by Résistance 71

Un message de la révolution à bien retenir: Ne pas laisser les comités et assemblées populaires se laisser phagocyter par le centralisme ou las politique de la division.

Un jour, nous devrons tous mettre cela en application…

~ Résistance 71 ~

 

L’écrasement des sections

 

Pierre Kropotkine

Chapitre LXIII de “La Grande Révolution 1789-1793” (1909)

Source:

http://www.marxists.org/francais/general/kropotkine/1909/03/kropo.htm#LXIII

Deux puissances rivales se trouvaient en présence à la fin de 1793 : les deux Comités, de salut public et de sûreté générale, qui dominaient la Convention, et la Commune de Paris. Cependant la vraie force de la Commune n’était ni dans son maire Pache, ni dans son procureur Chaumette, ou son substitut Hébert, ni dans son Conseil général. Elle était dans les sections. Aussi voit-on le gouvernement central s’appliquer constamment à soumettre les sections à son autorité.

Lorsque la Convention eut retiré aux sections de Paris «la permanence», c’est-à-dire le droit de convoquer leurs assemblées générales aussi fréquemment qu’elles le voulaient, les sections commencèrent à créer des «sociétés populaires» ou des «sociétés sectionnaires». Mais ces sociétés furent très mal vues des Jacobins, qui devenaient à leur tour des hommes de gouvernement, et à la fin de 1793 et en janvier 1794 on parla beaucoup au club des Jacobins contre ces sociétés, – d’autant plus que les royalistes faisaient un effort concerté pour les envahir et s’en emparer. «Il est sorti du cadavre de la monarchie, disait un des Jacobins, Simond, une infinité d’insectes venimeux qui ne sont pas assez stupides pour en essayer la résurrection», mais qui cherchent à perpétuer les convulsions du corps politique (1). En province, surtout, ces «insectes» ont du succès. Une infinité d’émigrés, continuait Simond, «gens de loi, gens de finance, agents de l’ancien régime», inondent les campagnes, envahissent les sociétés populaires et en deviennent les présidents et les secrétaires.

Il est évident que les sociétés populaires, qui n’étaient à Paris autre chose que des assemblées de sections organisées sous un autre nom (2), se seraient bientôt «épurées», pour exclure les royalistes déguisés, et elles auraient continué l’œuvre des sections. Mais toute leur activité déplaisait aux Jacobins qui voyaient avec jalousie l’influence de ces «nouveaux venus» qui les «dépassaient en patriotisme.» – «A les croire, disait le même Simond, les patriotes de 89… ne sont plus que des bêtes de somme fatiguées ou dépéries qu’il faut assommer, parce qu’ils ne peuvent plus suivre les nouveau-nés dans la route politique de la Révolution.» Et il trahissait les craintes de la bourgeoisie jacobine, en parlant de la «quatrième législature» que ces nouveaux venus auraient cherché à composer, pour aller plus loin que la Convention. «Nos plus grands ennemis, ajoutait Jeanbon Saint-André, ne sont pas au dehors ; nous les voyons : ils sont au milieu de nous ; ils veulent porter plus loin que nous les mesures révolutionnaires»(3).

Là-dessus, Dufourny parle contre toutes les sociétés de sections, et Deschamps les appelle de «petites Vendées.»

Quant à Robespierre, il s’empresse de reprendre son argument favori – les menées de l’étranger. «Mes inquiétudes, dit-il, n’étaient que trop fondées. Vous voyez que la tartuferie contre-révolutionnaire y domine. Les agents de la Prusse, de l’Angleterre et de l’Autriche veulent par ce moyen anéantir l’autorité de la Convention et l’ascendant patriotique de la Société des Jacobins.» (4).

L’hostilité des Jacobins contre les sociétés populaires est évidemment une hostilité contre les sections de Paris et les organisations de même genre en province, et cette hostilité n’est que l’expression de celle du gouvernement central. Ainsi, dès que le gouvernement révolutionnaire fut établi par le décret du 14 frimaire (4 décembre 1793), le droit d’élire les juges de paix et leurs secrétaires – droit que les sections avaient conquis dès 1789,– leur fut retiré. Les juges et leurs secrétaires devaient être nommés désormais par le Conseil général du département (décrets du 8 nivôse, 28 décembre 1793, et du 23 floréal, 12 mai 1794). Même la nomination des Comités sectionnaires de bienfaisance fut enlevée aux sections en décembre 1793, pour être remise aux Comités de salut public et de sûreté générale. L’organisme populaire de la Révolution était ainsi frappé à sa racine.

Mais c’est surtout dans la concentration des fonctions de police que l’on saisit l’idée du gouvernement jacobin. Nous avons vu (chap. XXIV) l’importance des sections comme organes de la vie de Paris, municipale et révolutionnaire ; nous avons indiqué ce qu’elles faisaient pour l’approvisionnement de la capitale, pour enrôler les volontaires, pour lever, armer et expédier les bataillons, pour fabriquer le salpêtre, organiser le travail, prendre soin des indigents, etc. Mais à côté de ces fonctions, les sections de Paris et les sociétés populaires de province remplissaient aussi des fonctions de police. Cela datait, à Paris, déjà du 14 juillet 1789, lorsqu’il se forma des Comités de districts qui se chargèrent de la police. La loi du 6 septembre 1789 les confirma dans ces fonctions, et en octobre suivant, la municipalité de Paris, encore provisoire à cette époque, se donna sa police secrète sous le nom de Comité des recherches. La municipalité, issue de la Révolution, reprenait ainsi une des plus mauvaises traditions de l’ancien régime.

Après le 10 août, la Législative établit que toute la police de «sûreté générale» passait aux Conseils des départements, des districts et des municipalités, et un Comité de surveillance fut établi, avec des Comités subordonnés à lui, dans chaque section. Bientôt, à mesure que la lutte entre les révolutionnaires et leurs ennemis devenait plus ardue, ces Comités furent débordés par la besogne, et le 21 mars 1793, des Comités révolutionnaires, de douze membres chacun, furent établis dans chaque commune et dans chaque section des communes des grandes villes, divisées, comme Paris, en sections. (5)

De cette façon, !es sections, par l’intermédiaire de leurs Comités révolutionnaires, devenaient des bureaux de police. Les fonctions de ces Comités révolutionnaires étaient limitées, il est vrai, à la surveillance des étrangers ; mais bientôt ils eurent des droits aussi larges que ceux des bureaux de police secrète dans les États monarchiques. En même temps on peut voir comment les sections, qui étaient au début des organes de la Révolution populaire, se laissaient absorber par les fonctions policières de leurs Comités, et comment ceux-ci, devenant de moins en moins des organes municipaux, se transformaient en de simples organes subalternes de police, soumis au Comité de sûreté générale (6).

Les Comités de salut public et de sûreté générale les détachaient de plus en plus de la Commune, – leur rivale, qu’ils affaiblissaient de cette façon, – et en les disciplinant  à l’obéissance, ils les transformaient en rouages de l’État. Enfin, sous prétexte de réprimer des abus, la Convention en fit des fonctionnaires salariés ; elle soumit en même temps les 44.000 Comités révolutionnaires au Comité de sûreté générale, auquel elle accorda même le droit de les «épurer» et d’en nommer lui-même les membres.

L’État, cherchant à tout centraliser en ses mains, comme la monarchie l’avait essayé au dix-septième siècle, et enlevant successivement aux organes populaires la nomination des juges, l’administration de la bienfaisance (certainement aussi leurs autres fonctions administratives), et les soumettant à sa bureaucratie en matière le police,– c’était la mort des sections et des municipalités révolutionnaires.

En effet, après cela, les sections à Paris et les sociétés populaires en province étaient bien mortes. L’État les avait dévorées. Et leur mort fut la mort de la Révolution. Depuis janvier 1791, la vie publique à Paris était anéantie, dit Michelet. «Les assemblées générales des sections étaient mortes, et tout le pouvoir avait passé à leurs comités révolutionnaires, qui eux-mêmes, n’étant plus élus, mais simples fonctionnaires nommés par l’autorité, n’avaient pas grande vie non plus.»

Lorsqu’il plut au gouvernement d’écraser la Commune de Paris, il put le faire maintenant sans craindre d’être renversé.

C’est ce qu’il fit en mars 1794 (ventôse an II).

 

(1)Jacobins, t. V, p. 623.

(2) Voyez, par exemple, chez Ernest Mellié, les statuts de la société populaire, organisée par la section Poissonnière.

(3)Jacobins, t. V, pp. 624, 625.

(4)Jacobins, séance du 26 décembre 1793, t. V, p. 578. Le Cordelier Momoro ayant hasardé d’observer que les Cordeliers se sont souvent demandé s’ils avaient le droit d’apporter obstacle à la formation des sociétés populaires, puisque «le droit de s’assembler en sociétés populaires est sacré, Robespierre répond vertement: «Tout ce qui est commandé par le salut public est évidemment dans les principes.»

(5) Voyez les droits donnés par la section du Panthéon à son Comité. Cité par Ernest Mellié, p. 185.

(6) Voyez l’ouvrage d’Ernest Mellié, pp. 189 et suivantes, pour de très intéressants détails sur le «Comité de salut public du département de Paris», organe de la police secrète, et d’autre renseignements.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 490 autres abonnés