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Ingérence occidentale en Afrique: Boko Haram du Nigéria enfant de la CIA ?

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Boko Haram: Une opération de la CIA pour diviser et régner en Afrique ?

 

Julie Lévesque

 

3 Mars 2015

 

url de l’article en français:

http://www.mondialisation.ca/boko-haram-une-operation-secrete-de-la-cia-pour-diviser-et-regner-en-afrique/5434617

 

Le but de la présence militaire étasunienne en Afrique est bien documenté : contrer l’influence chinoise et contrôler des endroits stratégiques et des ressources naturelles, y compris les réserves de pétrole. Cela a été confirmé il y a plus de 8 ans par le département d’État étasunien :

En 2007, le conseiller du département d’État étasunien, le Dr J. Peter Pham a commenté les objectifs stratégiques d’AFRICOM : « protéger l’accès aux hydrocarbures et autres ressources stratégiques abondantes en Afrique, une tâche qui consiste à protéger la vulnérabilité de ces richesses naturelles et à s’assurer qu’aucune autre tierce partie intéressée, comme la Chine, l’Inde, le Japon ou la Russie, n’obtienne des monopoles ou des traitements préférentiels ». (Nile Bowie,.US AFRICOM Commander Calls for “Huge” Military Campaign in West Africa, Global Research, 11 avril 2012)

Au début février, « de passage au Centre d’études stratégiques et internationales à Washington, D.C., le chef d’AFRICOM, le général David Rodriguez, a appelé à une campagne de « contre-insurrection » de grande envergure menée par les États-Unis contre des groupes en Afrique de l’Ouest ».

Le chef du Commandement des opérations spéciales des États-Unis (SOCOM), le général Joseph Votel, a fait des remarques similaires la semaine dernière à l’Académie West Point de l’Armée étasunienne, affirmant que les équipes de commandos étasuniens doivent se préparer à de nouveaux déploiements contre Boko Haram et l’État islamique. (Thomas Gaist, US AFRICOM Commander Calls for “Huge” Military Campaign in West Africa, World Socialist Web Site, 2 février 2015)

Mark P. Fancher a souligné l’hypocrisie et « l’arrogance impérialiste » des pays occidentaux, qui « malgré la condamnation universelle du colonialisme », sont toujours prêts « à déclarer publiquement (sans excuses) leurs plans d’expansion et de coordination de leur présence militaire en Afrique » (Marc P. Fancher, Arrogant Western Military Coordination and the New/Old Threat to Africa, Black Agenda Report, le 4 février 2015)

Plus de troupes en provenance du Bénin, du Cameroun, du Niger, du Nigeria et du Tchad sont maintenant déployées pour lutter contre Boko Haram.

Cette nouvelle guerre contre une autre entité terroriste obscure en Afrique n’est pas sans rappeler la campagne de propagande ratée de Kony 2012, drapée dans des idéaux humanitaires. Elle est utilisée comme un écran de fumée pour éviter d’aborder la question des victimes de la guerre contre le terrorisme et les causes réelles du terrorisme, et afin de justifier une autre invasion militaire. Il est vrai que Boko Haram fait des victimes, mais le but de l’intervention occidentale en Afrique n’est pas de venir à leur secours.

Le conflit le plus meurtrier dans le monde depuis la Seconde Guerre mondiale, celui qui fait toujours rage, se passe au Congo et l’élite occidentale et leurs médias ne s’en préoccupent pas. Cela démontre que les interventions militaires ne sont pas destinées à sauver des vies.

Pour comprendre pourquoi les médias se concentrent sur Boko Haram, nous avons besoin de savoir qui est derrière cette organisation. Quel est le contexte sous-jacent et quels intérêts sont servis?

Boko Haram : une autre opération clandestine des États-Unis?

Boko Haram est basé dans le nord du Nigeria, le pays le plus peuplé et la plus grande économie d’Afrique. Le Nigeria est le plus grand producteur de pétrole du continent et détient 3,4 % des réserves mondiales de pétrole brut.

En mai 2014, African Renaissance News a publié un reportage détaillé sur Boko Haram et la possibilité que l’organisation soit une autre opération secrète de la CIA visant à prendre le contrôle du Nigeria :

[L]e plus grand prix pour l’AFRICOM, qui vise à implanter une Pax Americana en Afrique, serait de réussir dans le pays africain le plus stratégique, le Nigeria. C’est là qu’entre en perspective la question de Boko Haram qui fait rage actuellement et la prédiction de l’Intelligence Council des États-Unis sur la désintégration du Nigeria en 2015, dont on a beaucoup parlé […] (Atheling P Reginald Mavengira, Humanitarian Intervention” in Nigeria: Is the Boko Haram Insurgency Another CIA Covert Operation? Wikileaks, African Renaissance News, 8 mai 2014)

Dans les années 1970 et 1980, le Nigeria a aidé plusieurs pays africains « défiant ainsi clairement les intérêts des États-Unis et de leurs alliés occidentaux, une opposition ayant entraîné à l’époque un recul des initiatives occidentales en Afrique ». (Ibid.)

Le Nigeria exerce son influence dans la région grâce au leadership du Groupe de contrôle de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (ECOMOG, droite), une armée composée de soldats de divers pays africains et mise en place par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le groupe est intervenu dans la guerre civile au Liberia dans les années 90. Le Liberia a été fondé en 1821 par les États-Unis et a été dirigé par des Américano-Libériens pendant plus d’un siècle.

Les puissances occidentales, en premier lieu les États-Unis, ne sont évidemment pas prêtes à laisser les Africains avoir une armée multinationale dans laquelle ils ne détiennent pas de rôle de premier plan. L’ACRI, qui devint plus tard l’AFRICOM, a été formé en 2000 pour contenir l’influence du Nigeria et contrer l’ECOMOG, évitant ainsi l’émergence d’une force militaire africaine dirigée par des Africains.

Selon les documents de Wikileaks mentionnés dans l’article de Mavengira ci-dessus, l’ambassade étasunienne au Nigeria constitue :

une base d’opérations pour des actes de subversion de grande envergure et à grande portée contre le Nigeria, notamment l’écoute des communications du gouvernement nigérian, l’espionnage financier d’éminents Nigérians, le soutien et le financement de groupes subversifs, d’insurgés, de propagande de discorde entre les groupes disparates du Nigeria et l’utilisation de chantage relié aux visas afin de contraindre et d’amener des Nigérians de haut rang à agir en faveur des intérêts étasuniens. (Mavengira, op. cit., c’est l’auteure qui souligne)

Mavengira fait partie de la GreenWhite Coalition, un « groupe de défense citoyen bénévole composé de Nigérians de tous les groupes ethniques et de toutes les convictions religieuses ». Il écrit que le but ultime des opérations clandestines étasuniennes dans son pays consiste « à éliminer le Nigeria comme potentiel rival stratégique des États-Unis sur le continent africain ». (Ibid.)

Une enquête sur la secte Boko Haram par la Coalition GreenWhite a révélé que la « campagne de Boko Haram est une opération secrète organisée de la Central Intelligence Agency (CIA) étasunienne coordonnée par l’ambassade étasunienne au Nigeria ». Les États-Unis ont déjà utilisé leurs ambassades pour des opérations secrètes. L’ambassade de Benghazi s’est révélée être la base d’une opération secrète de trafic d’armes pour les mercenaires luttant contre Bachar Al-Assad en Syrie. Quant à l’ambassade en Ukraine, une vidéo de novembre 2013 a émergé récemment montrant un parlementaire ukrainien l’exposant comme le point central d’une autre opération clandestine destinée à fomenter des troubles civils et à renverser le gouvernement démocratiquement élu.

L’enquête de GreenWhite Coalition sur Boko Haram révèle un plan en trois étapes du National Intelligence Council des États-Unis visant à « pakistaniser » le Nigeria, internationaliser la crise et diviser le pays en vertu d’un mandat et d’une force d’occupation de l’ONU. Le plan « prédit » la désintégration du Nigeria pour 2015. Il convient de citer l’enquête en détail :

L’ensemble du rapport du [National Intelligence Council] est en réalité une déclaration d’intentions codée sur la façon dont les États-Unis prévoient éventuellement démanteler le Nigeria grâce à des complots de déstabilisation […]

Étape 1: Pakistaniser le Nigeria

Vu la réalité existentielle du fléau de Boko Haram, la vague d’attentats et d’attaques sur les bâtiments publics sont susceptibles de dégénérer dans les mois à venir.

Le but est d’exacerber les tensions et la suspicion mutuelle entre les adeptes des deux religions au Nigeria et de les mener à la violence interconfessionnelle […]

Étape 2: L’internationalisation de la crise

Les États-Unis, l’Union européenne et les Nations Unies appellerons à l’arrêt des violences. […] Pour créer de l’effet, il y aura une couverture importante des médias internationaux sur la crise du Nigeria avec de soi-disant experts pour discuter de toutes les ramifications. Ces experts s’efforceront de créer l’impression que seule une intervention étrangère bienveillante pourrait résoudre la crise.

Étape 3: La grande division en vertu d’un mandat de l’ONU

L’on proposera d’abord l’intervention d’une force internationale de maintien de la paix afin de séparer les groupes belligérants et/ou un mandat de l’ONU assignant différentes parties du Nigeria à des puissances occupantes. Bien sûr, les États-Unis et leurs alliés, guidés par des purs intérêts économiques, auront préalablement discuté dans les coulisses des zones à occuper […] (Ibid., c’est l’auteure qui souligne)

En 2012, le Nile Bowie écrivait:

Le Nigerian Tribune a rapporté que Boko Haram reçoit du financement de différents groupes de l’Arabie saoudite et du Royaume-Uni, en particulier du Fonds fiduciaire Al-Muntada, dont le siège est au Royaume-Uni et à la Société islamique mondiale de l’Arabie saoudite [8]. Lors d’une entrevue menée par Al-Jazeera avec Abou Mousab Abdel Wadoud, le chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) stipule que des organisations dont le siège est en Algérie ont fourni des armes au mouvement Boko Haram au Nigeria « pour défendre les musulmans au Nigeria et arrêter les avancées d’une minorité de croisés » [9] .

Fait amplement documenté, les membres d’Al-Qaïda (AQMI) et du Groupe islamique combattant en Libye (GICL) ont combattu aux côtés des rebelles libyens et reçu directement des pays de l’OTAN des armes [10] et du soutien logistique [11] durant le conflit libyen en 2011 […]

Pour l’administration Obama, l’appui clandestin à des organisations terroristes dans le but d’atteindre ses objectifs de politique étrangère semble être la condition préalable au commandement des opérations à l’étranger. Boko Haram existe comme une division séparée de l’appareil de déstabilisation étasunien, visant à briser le pays le plus peuplé d’Afrique et le plus grand marché potentiel. (Nile Bowie, CIA Covert Ops in Nigeria: Fertile Ground for US Sponsored Balkanization, Global Research, le 11 avril 2012)

Des reportages indiquent également que certains commandants nigérians sont possiblement impliqués dans le financement de l’insurrection.

Selon le reportage, un soldat nigérian dans l’État de Borno a confirmé que Boko Haram a attaqué Gamboru Ngala en leur présence, mais que leur commandant leur a demandé de ne pas repousser l’attaque. Le soldat a dit au Service Hausa de la BBC que des hélicoptères planaient dans le ciel tandis que les attaques étaient en cours. Trois cents personnes ont été tuées, des maisons et un marché brûlés tandis que les soldats regardaient, ayant reçu l’ordre de ne pas prêter assistance à ceux qui étaient attaqués. Le soldat a déclaré que l’insurrection de Boko Haram prendra fin lorsque les officiers supérieurs de l’armée cesseront de l’alimenter.

Lors des enlèvements de filles de Chibok, un soldat a affirmé en entrevue à SaharaReporters,

« Nous avons reçu l’ordre d’arrêter les véhicules transportant les filles, mais dès le début de la mission, nous avons reçu l’ordre contraire, soit de nous retirer. Je peux vous assurer que personne ne nous a demandé de chercher quiconque. »

Certains soldats soupçonnent leurs commandants de révéler les opérations militaires à la secte Boko Haram. (Audu Liberty Oseni, Who is Protecting Boko Haram. Is the Nigerian Government involved in a Conspiracy?, africanexecutive.com, 28 mai 2014)

Ces commandants auraient-ils été contraints par des éléments de l’ambassade étasunienne, tel que le suggère l’enquête de Greewhite Coalition citée auparavant?

Boko Haram: Le prochain chapitre dans la frauduleuse, coûteuse, destructrice et meurtrière guerre au terrorisme?

Il a été clairement démontré que la soi-disant guerre contre le terrorisme a fait croître le terrorisme. Nick Turse explique :

[Dix] ans après que Washington eut commencé à verser l’argent des contribuables dans la lutte contre le terrorisme et les efforts de stabilisation à travers l’Afrique, et que ses forces eurent commencé à exploiter le Camp Lemonnier [Djibouti], le continent a connu de profonds changements, mais pas ceux recherchés par les États-Unis. L’université de Berny Sèbe de Birmingham cite en exemple la Libye post-révolutionnaire, l’effondrement du Mali, la montée de Boko Haram au Nigeria, le coup d’État en République centrafricaine, et la violence dans la région des Grands Lacs de l’Afrique comme preuve de la volatilité croissante. « Le continent est certainement plus instable aujourd’hui qu’il ne l’était au début des années 2000, lorsque les États-Unis ont commencé à intervenir plus directement. » (Nick Turse, The Terror Diaspora: The U.S. Military and Obama’s Scramble for Africa, Tom Dispatch, 18 juin, 2013)

Que veulent les États-Unis en Afrique?

Lorsqu’il est question d’interventions à l’étranger, des décennies d’histoire ont démontré que les objectifs déclarés de l’armée étasunienne et ses véritables intentions ne sont jamais les mêmes. L’intention réelle ne consiste jamais à sauver des humains, mais plutôt à sauver des profits et à gagner du pouvoir. Les interventions des États-Unis et de l’OTAN ne sauvent pas, elles tuent.

Celles menées depuis le début du siècle ont tué des centaines de milliers, si ce n’est plus d’un million d’innocents. Difficile de dire combien, car l’OTAN ne veut pas vraiment savoir combien de civils elle tue. Comme le notait The Guardian en août 2011, il n’y avait « pas de projet international de grande envergure consacré au bilan des décès dans le conflit en Libye », à part durant une brève période.

En février 2014, « on estimait qu’au moins 21 000 civils [étaient] décédés de mort violente en raison de la guerre » en Afghanistan selon Cost of War. En ce qui concerne l’Irak, en mai 2014 on comptait « au moins 133 000 civils tués, victimes de violence directe depuis l’invasion ».

Quant à la Libye, les médias traditionnels ont d’abord menti à propos du fait que Kadhafi avait initié la violence en attaquant des manifestants pacifiques, un faux compte-rendu destiné à diaboliser Kadhafi et galvaniser l’opinion publique en faveur d’une autre intervention militaire. Comme l’explique le Centre Belfer for Science and International Affairs, « ce sont effectivement les manifestants qui ont initié la violence ».

Alan Kuperman écrit :

Le gouvernement a réagi aux gestes des rebelles en envoyant l’armée, mais n’a jamais intentionnellement ciblé de civils ou eu recours à l’usage excessif et aveugle de la force, comme l’ont affirmé les médias occidentaux […]

Le plus grand malentendu à propos de l’intervention de l’OTAN, c’est qu’elle a sauvé des vies et a bénéficié à la Libye et ses voisins. En réalité, lorsque l’OTAN est intervenue à la mi-mars 2011, Kadhafi avait déjà repris le contrôle de presque toute la Libye, alors que les rebelles se retiraient rapidement vers l’Égypte. Ainsi, le conflit était sur le point de se terminer à peine six semaines après avoir éclaté, avec un bilan d’environ 1 000 morts, incluant les soldats, les rebelles et les civils pris entre deux feux. En intervenant, l’OTAN a permis aux rebelles de résumer leur attaque, prolongeant ainsi la guerre pendant encore sept mois et causant la mort d’au moins 7000 personnes de plus. (Alan Kuperman, Lessons from Libya: How Not to Intervene, Belfer Center for Science and International Affairs, septembre 2013)

Malgré ces chiffres, les médias tenteront encore une fois de nous convaincre que ce dont le monde a le plus besoin en ce moment est de se débarrasser du groupe terroriste Boko Haram et qu’une intervention militaire est la seule solution, même si la soi-disant guerre contre la terreur a en fait accru le terrorisme à l’échelle mondiale. Comme le faisait remarquer Washington’s Blog en 2013, « le terrorisme à l’échelle mondiale a diminué entre 1992 et 2004… mais est monté en flèche depuis 2004 ».

Le Guardian rapportait pour sa part en novembre 2014 :

L’ Index mondial du terrorime (Global Terrorism Index) a enregistré près de 18 000 décès l’an dernier, un bond d’environ 60 % par rapport à l’année précédente. Quatre groupes sont responsables de la majorité de ces décès : le groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie; Boko Haram au Nigeria; les talibans en Afghanistan; et Al-Qaïda dans diverses parties du monde. (Ewen MacAskill, Fivefold increase in terrorism fatalities since 9/11, says report, The Guardian, 18 novembre 2014)

Le Guardian omet toutefois de mentionner, que tous ces groupes, y compris Boko Haram et le groupe État islamique, ont été, d’une manière ou d’une autre, armés, entraînés et financés par l’alliance des États-Unis et de l’OTAN, ainsi que leurs alliés au Moyen-Orient.

Grâce à l’appui clandestin des pays occidentaux, des marchands d’armes et des banquiers qui profitent de la mort et de la destruction, la guerre au terrorisme se porte bien. L’Occident prône des interventions militaires sans fin, feignant d’ignorer les causes réelles du terrorisme et la raison pour laquelle il se répand, cachant son rôle et de ce fait indiquant clairement son réel objectif en Afrique : alimenter le terrorisme pour déstabiliser et détruire des pays, justifiant ainsi l’invasion militaire menant à la conquête des terres les plus riches du continent africain, tout en feignant de sauver le monde de la terreur.

Cirque et théâtre géopolitique… La « brouille » Obama-Nétanyahou est programmée depuis 2009… Le but ? Attaquer l’Iran…

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La “brouille” Obama-Netanyahou est du théâtre, elle fut planifiée en 2009

 

Tony Cartalucci

 

2 Mars 2015

 

url de l’article original:

http://landdestroyer.blogspot.fr/2015/03/obama-netanyahu-fallout-is-theater.html#more

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans un document d’analyse politique publié en 2009 par la Brookings Institution, financée par la finance corporatiste, il fut clarifié que les Etats-Unis étaient déterminés à provoquer l’Iran dans un conflit et un changement de régime quel qu’en soit le prix et ce incluant la possibilité d’une invasion et d’une occupation de l’Iran par les troupes américaines.

Mais avant d’en arriver là, les décideurs œuvrant à la Brookings Institution explorèrent d’autres option incluant le déclanchement à distance de troubles sociaux en Iran couplés avec une force violente et secrète, l’utilisation des organisations terroristes listées par le ministère des affaires étrangères US pour perpétrer des assassinats et des attaques en Iran, des raids aériens limités, lancés par Israël, les Etats-Unis ou les deux combinés.

Rétrospectivement, 6 ans plus tard, on peut voir que toutes ces turpitudes ont non seulement été tentées d’une manière ou d’une autre en Iran, mais ont aussi été employées chez le voisin syrien pour diminuer sa force, ce qui d’après la Brookings, est un prérequis nécessaire avant de faire la guerre à l’Iran.

Particulièrement intéressant, si on considère ce qui paraît être une dispute grandissante entre les Etats-Unis et Israël, est de voir comment les US ont planifié de manière précise, de soutenir secrètement ce qui serait maquiller pour être une frappe préventive “unilatérale” d’Israêl sur l’Iran, une attaque qui paraît être dans son processus de justification, au travers d’une campagne de propagande minutieusement orchestrée, qui se déroule sous nos yeux actuellement.

De la bouche des décideurs américains eux-mêmes

L’article de 2009 de la Brookings Institution intitulé: “Quel chemin vers la Perse ?” (« Which Path to Persia? Options for a New American Strategy Toward Iran, »), clarifie le fait que les négociations avec l’Iran au sujet de son programme nucléaire ne sont en fait qu’une pièce de théâtre et que cela sera utilisé pour donner au monde l’impression que les Etats-Unis ont exploré toutes les options “pacifiques” possibles avant de s’en résoudre à un changement de régime violent en Iran.

Le rapport explique ceci plus précisement de cette façon:

“… Toute opération militaire contre l’Iran sera très certainement très impopulaire dans le monde et requiert le contexte international correct à la fois pour assurer que le soutien logistique à l’opération s’opère convenablement mais aussi pour minimiser le retour de flamme potentiel. La meilleure manière de minimiser l’opprobe internationale et maximiser le soutien est de frapper seulement lorsqu’il y a une conviction généralisée que les Iraniens ont eu une superbe occasion à saisir et qu’ils l’ont refusé, une si belle opportunité que seul un régime déterminé à acquérir des armes nucléaires pour les mauvaises raisons pourrait rejeter. Dans ces circonstances, les Etats-Unis (ou Israël) pourraient expliquer que ses opérations sont faites à contre-cœur et les remplissent de tristesse, mais que rien n’est motivé par la colère et qu’au moins quelques personnes dans la communauté internationale conclueraient que les Iraniens “ont amené cette catastrophe sur eux-mêmes”, en refusant cette offre exceptionnelle.”

Bien sûr l’Iran, comme l’admet la Brookings Institution elle-même, n’est pas gouverné par des leaders irresponsables et ne refuserait pas une offre si formidable. La Brookings Institution admet ouvertement que les Etats-Unis sont sur une politique étrangère à deux voies, l’une pour la consommation publique (faire de “superbes offres” qu’on ne peut refuser) et l’autre, ciblée à faire penser que l’Iran est le plus déraisonnable possible.

A un moment l’analyse de Brookings dit ceci:

“La vérité est que tout cela serait des cas difficiles à affirmer. Pour cette raison, il serait bien plus préférable que les Etats-Unis puissent citer une provocation iranienne comme justification de raids aériens avant de les déclencher. Clairement, une action des plus outrageantes, mortelles et non provoquée de la part des Iraniens serait des plus favorables aux Etats-Unis. Bien sûr il sera difficile pour les Etats-Unis d’appâter l’Iran vers une telle provocation sans que le reste du monde ne voit ce petit jeu, ce qui le fragiliserait. (une méthode pourrait cependant avoir du succès: pousser pour un changement de régime dans l’espoir que Téhéran riposte ouvertement ou semi-secrètement, ce qui pourrait ensuite être dépeint comme une action d’agression iranienne non provoquée…)

Ici, les décideurs de la Brookings conspirent ouvertement contre la paix mondiale en “poussant” une autre nation vers la guerre qu’elle ne veut pas et qui ne lui serait d’aucun bénéfice. Provoquer une nation qui ne pose aucune menace à la sécurité nationale des Etats-Unis est une violation claire et nette de la loi internationale, l’article de la Brookings Institution servant même de confession écrite dans ce cas précis.

Et pourtant, malgré cette admission criminelle ouverte, celle de conspirer contre la paix mondiale, ce qui est le plus important sont les plans des Etats-Unis pour désavouer toute responsabilité dans une attaque menée par procuration par son allié régional, Israël. Le document établit dans un chapitre intitulé: « Allowing or Encouraging an Israeli Military Strike, » nous dit que:

“… Le meilleur avantage que cette option possède en lieu et place d’une campagne aérienne américaine est la possibilité que seul Israël soit blâmé pour cette attaque. Si cela était, alors les Etats-Unis n’auaraient même pas à faire face à la riposte iranienne ou au déchaînement diplomatique qui accompagnerait immanquablement une opération militaire américaine contre l’Iran. Cela permettrait à Washington d’avoir sa part de gâteau (le retard dans l’acquisition par l’Iran d’armes nucléaires) et de le manger dans le même temps (en évitant d’endommager d’autres initiatives diplomatiques américaines dans la région).”

Personne n’est du reste surpris que le quotidien du Daily Mail britannique rapporte maintenant dans un article intitulé: “Le président Obama a menacé l’an dernier d’abattre les avions israéliens s’ils attaquaient les centrales nucléaires iraniennes” (« President Obama threatened to shoot down Israeli jets if they attacked Iranian nuclear facilities last year, claim sources, ») que:

“Le président Obama est supposé avoir stoppé une opération militaire israélienne contre l’iran et ses centrales nucléaires en 2014 en menaçant d’abattre les avions israéliens avant qu’ils ne puissent atteindre leurs cibles, d’après des rapports émergeant du Moyen-Orient ce week-end.

La menace américaine a forcé Netanyahou à avorter une attaque planifié sur l’Iran, a rapporté le journal koweitien Al-Jarida.

Netanyahou sera à Washinton pour un discours devant le Congrès Mardi, discours qui a pour but de faire dérailler le projet chéri par Obama de sceller un accord diplomatique avec Téhéran.”

Ici, le Daily Mail répète un narratif grandissant qui s’imbrique impeccablement dans la politique étrangère de longue haleine des Etats-Unis décrite dans le rapport de la Brookings Institution en 2009, et ce quasiment à la lettre… En fait, l’intention “d’abattre” les avions israéliens a été discutée au préalable comme étant une des propositions utilisée dans ce théâtre géopolitique.

Les Etats-Unis, comme prescrit par Brookings, sont dépeints comme désespérément essayant de marteler un accord presque déraisonnable avec l’Iran, tandis que le “chien fou” Israël ne cherche qu’à attaquer l’Iran unilatéralement, donnant ainsi sur un plateau aux Etats-Unis une clause de renoncement plausible qu’ils déclarent ouvertement chercher à obtenir de manière hypocrite si d’aventure Israël attaquait l’Iran. Les actes belliqueux en série, consistants et habituels d’Israël contre à la fois son propre peuple et les Palestiniens dont les terres ont été saisies par Tel Aviv et qui sont continuellement occupées, sont aussi assez remarquables. La nature des ces actes n’est pas celle de l’auto-préservation, mais de la provocation intentionnelle, créant des divisions politiques prévisibles à travers l’occident facilement manipulable particulièrement en des temps comme ceux où une attaque “regrettable” faite contre l’Iran, une nation que ce même occident a jusqu’ici échoué à renverser au moyen du terrorisme, de la sédition fomentée par les Etats-Unis, les sanctions et les provocations masquées, est maintenant sur la table de jeu.

Il est aussi très clair que l’analyse écrite de 2009 “Quel chemin pour la Perse?” représente toujours une fenêtre d’opportunité vers une doctrine plus profonde et retranchée qui est toujours utilisée jusqu’à ce jour pour réorganiser le Moyen-Orient et le réaligner avec les intérêts spéciaux de l’occident. C’est une confession écrite et signée d’une conspiration évidente contre la stabilité et la paix mondiales. Ce document devrait être lu entièrement devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, avant que ceux-là même qui l’ont écrits et ainsi que les intérêts corporatistes et financiers qui l’ont promu et sponsorisé, soient menés devant la justice internationale.

Faire moins que cela prouve que les Etats-Unis et ses proxies régionaux et non pas l’Iran, sont des états voyous, œuvrant contre la paix et la stabilité mondiales, et dont bien des exemples d’atrocités se sont déjà manifestés avec bien plus à venir semble t’il…

Russie, assassinat de Nemtsov et fin de l’empire britannique…

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Nemtsov et la fin de l’empire britannique

 

Dean Henderson

 

28 Février 2015

 

url de l’article original:

https://hendersonlefthook.wordpress.com/2015/02/28/nemtsov-the-end-of-the-british-empire/#more-1256

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’assassinat hier du leader de l’opposition russe et ancien vice-premier ministre Boris Nemtsov, alors qu’il traversait un pont près du Kremlin, sera sûrement utilisé à bon escient par les médias à la botte occidentaux dans leur effort incessant de calominer Vladimir Poutine et la Russie.

Mais toute personne pensante saura que cet assassinat professionnel n’a pas été commandité par Poutine qui par ailleurs a déclaré qu’une enquête en profondeur sera diligentée sur cette affaire. Ceci est en fait et le plus vraisemblablement une autre action désespérée dans une série existante, menée par les services britanniques du MI6, qui travaillent pour la Couronne et donc les banquiers de la City de Londres menés par la famille Rothschild. (NdT: Tout comme la CIA travaille pour Wall Street…)

L’assassinat s’est produit juste trois jours après que la Grande-Bretagne ait annoncé qu’elle allait envoyer des conseillers militaires en Ukraine pour entrainer l’armée de Kiev, qui ces dernières semaines s’est faite considérablement fesser par les révolutionnaires du Donbass, forçant le régime de Kiev à signer les accords de paix de Minsk (NdT; dit de “Minsk II”)

Tandis que les combattants du Donbass ont honoré le cessez-le-feu, l’annonce par la GB d’envoyer ses conseillers des services spéciaux du SAS est une tentative de torpillage des accords de Minsk. Normalement, la Couronne (NdT: La City de Londres et sa Banque d’Angleterre…) reste dans l’ombre et laisse œuvrer les Etats-Unis et Israël pour faire le sale boulot militaire pour les intérêts Rothschild. Qu’ils aient repris le manche dans cette situation se détériorant en dit long sur l’état des choses…

A la fois le contrat sur Nemtsov et l’envoi des conseillers militaires en Ukraine indiquent un certain désespoir de la part de l’empire britannique, qui en fait n’a jamais pris fin. Il s’est juste calmé, est rentré dans sa coquille mais est devenu bien plus sophistiqué dans sa manière de régner sur le monde. (NdT: Comme nous, Henderson pense que l’empire britannique continue de régner sur le monde, de fait comme nous l’avons maintes fois souligner ici-même, Wall Street existe par la City de Londres et non pas l’inverse… Le cœur de l’empire de la haute finance est la City de Londres et la reine pondeuse des atroctités mondiales est la Banque d’Angleterre et ses intérêts appelés… LA COURONNE)

Le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande font toujours partie intégrante de la Couronne. Le Commonwealth, qui comprend 53 nations incluant l’Inde, l’Afrique du Sud (NdT: membres des BRICS, tiens tiens, la bonne vieille technique du cheval de Troie serait-elle de nouveau appliquée ??…) et les trois nations ci-dessus mentionnées, le Commonwealth donc, est une terminologie orwellienne qui sert la Couronne au travers de ressources bon marché, tandis que la plupart des autres nations de cette entité, comme le Bangladesh, le Nigéria, la Papouasie Nouvelle-Guinée etc… demeurent désespérément pauvres.

Israël (par la déclaration de Balfour de 1917) et l’Arabie Saoudite (par le traité de Djeddah de 1922) sont deux pays qui ont été conçus par l’empire britannique à partir de 1917. Ils servent les intérêts pétroliers des Rothschild (NdT: via la Royal Dutch Shell sans oublier que la famille Rockefeller est la représentante des Rothschild au “nouveau monde” avec sa Standard Oil devenue Exxon-Mobil…) au Moyen-Orient, tout en brouillant les cartes du plan colonialiste avec la religion. Mais l’Arabie Saoudite et Israël ne sont pas des nations musulmane et juive respectivement ; ce sont les outils impérialistes des intérêts de la Couronne/Rothschild. La même chose peut-ête dite au sujet du Conseil de Coopération du Golfe (CCG).

Même les Etats-Unis, qui ont combattu une guerre révolutionnaire contre l’empire britannique, demeure sous le joug de la Couronne/Rothschild au travers de sa Réserve Fédérale, la Société des Pèlerins et la Virginia Corporation. Les Etats-Unis sont utilisés par la Couronne/Rothschild comme une force de mercenaires hessois pour protéger leur vaste empire financier. (NdT: Lors de la guerre d’indépendance des Etats-Unis, les Anglais employèrent plus de 30 000 mercenaires hessois/allemands pour lutter contre les 13 colonies en rébellion. Ces mercenaires étaient basés essentiellement au Canada dans ses provinces loyalistes de l’Est…)

Lorsque Netanyahou et Boehner vont s’acoquiner à Washington très bientôt, cela marque en fait une réunion de serviteurs courbés devant la City de Londres. Tous deux sont des traîtres à leurs peuples. (NdT: John Boehner est président de la chambre des représentants américaine, élu Republicain de l’Ohio)

Au contraire de précédemment annoncé, le refus d’Obama de rencontrer Netanyahou représente une autre faille dans la cuirasse de la City de Londres. Il y en a eu plusieurs dernièrement.

Le Yémen, la Hongrie et la Grèce sont les derniers en date à avoir quitté le camp Rothschild, rejoignant la grande partie de l’Amérique du Sud et une partie de l’Afrique.

La Russie a mené une fureur diplomatique pour créer la banque de développement du groupe des BRICS et lance un contre-pouvoir au cartel des banques centrales privées de la Couronne. Obama est en train de parler aux Iraniens. Les Chinois soutiennent la position des Russes sur l’Ukraine et les Iraniens ont développé une arme qui peut couler les portes-avions américains…

Ces trous fait dans le mur de briques franc-maçon se propagent et la City de Londres devient de plus en plus désespérée. L’EIIL, l’assassinat de Nemtsov et la tentative de couler les accords de Minsk peuvent-être vus comme des tentatives de dernier ressort pour éviter l’inévitable: LE COMMENCEMENT DE LA FIN POUR L’EMPIRE BRITANNIQUE.

Avertissement à notre jeunesse: L’armée vous apprend à assassiner mais pas à mourir !…

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Pouvez-vous m’enseigner comment mourir ?

 

Mohawk Nation News

 

26 février 2015

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2015/02/26/can-you-teach-me-how-to-die/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Un recruteur de l’armée alla dans un lycée pour inciter les enfants à s’enrôler dans l’armée et ainsi devenir des tueurs. Il décrivit comment les soldats alliés de la seconde guerre mondiale avaient appris comment casser des mâchoires tout en crevant les yeux, à écraser les larynx et à briser les cous ; généralement appliquant une force létale vers les parties les plus vulnérables du corps humain pour tuer ou estropier. L’ennemi peut-être un bébé, un enfant, une femme, un jeune, un homme ou un ancien. Les flics sont devenus experts à ces méthodes. En 2008, des gardes frontières m’ont menotté (NdT: l’auteure de ces lignes avait alors 69 ans…) à Akwesasne de telle manière que cela puisse provoquer une attaque cardiaque et donc me tuer. L’armée apprend à tuer mais pas à mourir. Les enfants d’aujourd’hui apprennent à combattre dans les sports, les films et la télé. Ils ne sont pas au courant de la dure réalité de la question de vie ou de mort en combat réel. Mis à part cet enfant qui demanda alors au sergent recruteur: “Pouvez-vous m’apprendre à mourir ?” Le militaire ne répondit pas.

Harper veut que des jeunes gens portant un équipement pesant plus de 30 kg tuent des civils, violent et profanent leurs corps. Ils sont mis de force dans des situations où ils auront à tuer, à assassiner pour survivre. Que feront-ils lorsqu’ils seront frappés en travers de la gorge, qu’on les aveuglera ou qu’ils seront touchés en pleine poitrine, faisant ainsi face à la mort ?

Des jeunes gens de 19 ans sont utilisés comme chair à canons pour continuer le jeu politique d’Ottawa. Notre route économique est délibérément mise sur un chemin qui mènera nos jeunes vers trois voies obligées: bidasse, flic ou maton. S’ils n’aiment rien de tout cela, ils seront emprisonnés. Dans l’armée, ils seront en premières lignes.

Dans la formation de base, on leur apprend les bases du meurtre, mais pas comment mourir. Ils seront envoyés en Irak, en Ukraine, en Russie et au Moyen-Orient pour se battre au profit de la machine de guerre corporatiste et entrepreneuriale, et dans des endroits où nous n’avons strictement rien à faire ; là ils feront face à des gens qui n’abandonneront jamais. Pour la première fois d’aussi loin que je me souvienne, des sergents recruteurs sont envoyés dans des écoles (canadiennes) pour nous voler nos enfants, pour les enlever à leurs mères afin qu’ils assassinent et soient tués.

Les appâts sont: plus d’éducation (NdT: l’armée paie les études post-service de ceux qui s’enrôlent, idem au pays du goulag levant et sa “GI Bill”…), des voyages, de l’argent, des bonus etc… Malheureusement, lorsqu’ils terminent, leurs bénéfices sont bien maigres, tardifs ou non-existants. Beaucoup se suicident. (NdT: le nombre d’anciens combattants modernes se suicidant de retour a la vie civile et même lorsqu’ils sont toujours d’active a quintuplé depuis la guerre du Vietnam…)

A toutes les mères: NE LAISSER PAS L’ARMEE ENTRER DANS LES ECOLES ET Y VOLER VOS ENFANTS !
Listen to the Beatles, “Your Mother Should Know’: “Lift up your hearts and sing me a song. That was a hit before your mother was born. So she was born a long, long time ago. Your mother should know. Your mother should know. Your mother should know”.

Entraînement de base pour tuer:

Read: War, words, terrorists, Nazis & concocted threats.

Illusion démocratique: Votard, votard… Es-tu heureux ?

Posted in actualité, altermondialisme, économie, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 26 février 2015 by Résistance 71

Ils ont voté et puis après…. (février 2015)

 

Groupe Aubenas de la Fédération Anarchiste

 

url de l’article original:

http://www.aubanar.lautre.net/ils-ont-vote-et-puis-apres-fevrier-2015/

 

Monsieur ou Madame Lambda a une trachéite, un banal mal de gorge… Le genre de truc à soigner avec ses propres connaissances en automédication ou avec l’aide de son entourage. Mais Monsieur ou Madame Lambda ne se fait pas confiance ni ne fait confiance aux connaissances de ses connaissances… Infusion de feuilles de ronce, cuillerée de miel, cierge à saint Truc… Monsieur ou Madame Lambda décide de ne pas décider, de ne pas prendre sa santé en main. Car Monsieur ou Madame Lambda a appris son impuissance depuis son enfance. Education, médias, conformisme, traditions séculières se sont penchés sur son berceau. Alors Monsieur ou Madame Lambda laisse à un « spécialiste » le soin de le soigner. Le « spécialiste » choisi rejoint d’autres « spécialistes » choisis par d’autres Monsieur ou Madame Lambda. Et loin des gens qui les avaient choisis pour gérer à leur place leurs problèmes de santé, tous ces « spécialistes » se sont regroupés en familles : pro « infusion de feuilles de ronce » contre pro « cierge à saint Truc ». Alors le « grand spécialiste des spécialistes », choisi par le seigneur du château, a fait taire les discussions. Ce sera purge pour tout le monde. Cela peut paraître incongru pour soigner une trachéite mais comme c’était le remède proposé par le favori du « grand spécialiste des spécialistes »…
Monsieur ou Madame Lambda, après avoir été sondé(e), sera purgé(e)…

Monsieur ou Madame Lambda a mal à son vécu, un banal mal à la société… Le genre de truc à soigner avec ses propres connaissances en autogestion et avec l’aide de son entourage. Mais Monsieur ou Madame Lambda ne se fait pas confiance ni ne fait confiance aux connaissances de ses connaissances… Monsieur ou Madame Lambda décide de ne pas décider, de ne pas prendre sa vie en main. Car Monsieur ou Madame Lambda a appris son impuissance depuis son enfance. Education, médias, conformisme, traditions séculières se sont penchés sur son berceau. Alors Monsieur ou Madame Lambda laisse à un(e) « élu(e) » le soin de décider à sa place. L’élu(e) choisi(e) rejoint d’autres élu(e)s choisi(e)s par d’autres Monsieur ou Madame Lambda. Et loin des gens qui les avaient choisis pour gérer à leur place leurs besoins, tous ces spécialistes de la gestion de la vie des autres se sont regroupés en clans. Alors le « grand spécialiste des spécialistes », choisi par le seigneur du château, a fait taire tout le monde. Ce sera purge pour tout le monde. Le 49.3 pour imposer les choix libéraux proposés par le favori du « grand spécialiste des spécialistes »…
Ainsi Monsieur ou Madame Lambda, pour avoir laissé un autre décider à sa place, se voit maintenant dépossédé(e) de toute liberté de choix. Et quand bien même son spécialiste, son élu(e) aurait décidé avec de nombreux autres élu(e)s de mettre en causes les choix du « château »… 49.3 !

Loi Macron : Des dépités socialistes menacent de voter contre, avec la majorité de la droite. Et puis il y a le risque que la loi passe grâce à des voix de députés de droite… pour une loi prétendument socialiste… 49.3 !
L’article 49.3, c’est le « vos gueules !» policé lancé à la face de tous les « Monsieur Lambda » et de toutes les « Madame Lambda » qui ont cru au pouvoir du peuple par procuration. A la représentation de la volonté populaire par des élus à l’écoute et au service de ses électeurs.

Souvenir : Début 91, les pacifistes battent le pavé pour tenter de faire plier la représentation nationale qui va le 16 janvier, en session extraordinaire, voter l’éventuel engagement militaire des forces françaises dans la guerre du Golfe. Dans toute la France, on essaie d’interpeller les députés du cru. 523 d’entre eux resteront sourds en approuvant l’entrée en guerre. 43 votent contre (dont tous les députés communistes et sept socialistes). Il y a 2 abstentions.
Par chez nous, en Basse-Ardèche, le prétendu représentant du peuple était Jean-Marie Alaize, membre du parti prétendument socialiste.
Le gouvernement en place était dirigé par Michel Rocard.
Le député de la circonscription d’Aubenas avait-il été l’un des sept députés socialistes à avoir  voté contre ? L’un des deux abstentionnistes ?
Que nenni… il avait répondu aux militants pacifistes qui avaient jugé utile de le rencontrer : « Je suis député de l’Ardèche en Ardèche mais je suis membre du parti socialiste quand je suis à l’Assemblée nationale… ».
Autrement dit : « Merci d’avoir voté pour moi maintenant lâchez-moi ! » Monsieur ou Madame Lambda a dû apprécier…
Quand bien même une majorité de députés socialistes aurait menacé de voter contre l’entrée en busherie, Rocard aurait alors utilisé le 49.3 pour museler toute opposition dans sa majorité. Et ce n’est pas le dépôt d’une motion de censure par l’opposition du moment qui aurait changé quoi que ce soit. Les récalcitrants de la majorité retrouvent leur clan en cas de danger…
Rocard connaissait parfaitement l’importance de l’article 49.3. Il en aura usé 28 fois en 37 mois de règne à Matignon. Mais Rocard, dites-moi, ce n’est pas dans ses jupes que Manuel Valls a fait ses premiers pas en politique ?

Monsieur ou Madame Lambda a donné sa voix. C’est donc muets, muettes que Messieurs et Mesdames Lambda laisseront le Pouvoir parler à leur place. Et décider.

     Mais que diable allaient-ils faire dans cet isoloir ?

Illusion démocratique: Censure d’internet au pays du goulag levant… La FCC fait passer une réglementation de 332 pages… que personne n’a lue !

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, presse et média, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 26 février 2015 by Résistance 71

Quand nous disons que la démocratie telle que conçue dans le système étatico-corporatiste est une illusion, ce n’est rien de le dire… La réalité dépasse de jour en jour la fiction ! Attention, ceci est le préambule, nous disons depuis longtemps que cela couve et nos baltringues de tout bord politique en France concoctent de concert la même loi liberticide. L’internet est un cauchemar pour l’oligarchie.

« Nous n’aurions jamais dû inventer l’internet » (Sénateur Jay Rockefeller)

– Résistance 71 –

 

Si le texte de la Commission Fédérale de la Communication (FCC) sur la “neutralité de l’internet” est si bon, pourquoi personne ne peut-il le voir?

 

Paul Joseph Watson

 

25 février 2015

 

url de l’article original (avec vidéo):

http://www.infowars.com/if-the-fccs-net-neutrality-plan-is-so-great-why-cant-anyone-see-it/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Si le plan de la FCC pour “protéger” la neutralité de l’internet et de brider le pouvoir et la veulerie des entreprises est si fantastique, pourquoi donc les 332 pages de cette réglementation n’ont-elles pas été rendues publiques ?

Dans un vote qui aura lieu demain, la FCC est attendue de reclassifier l’internet comme étant une utilité publique sous le Titre II de la loi sur la Télécommunication.

Malgré cet énorme changement dans la fonction du web, il n’y a eu aucun débat parlementaire à ce sujet, il n’y a eu aucune proposition de lois introduite et aucune législation n’a été signée. La très grande majorité du public américain n’est absolument pas au courant de ce qui se trame dans la mesure où les merdias de masse n’en offrent qu’une couverture au compte-goutte.

Le changement se passe sous la forme d’une “loi administrative” en accord avec les directives de l’administration Obama, qui clâme haut et fort qu’elle a le soutien de millions d’Américains.

Si cela est le cas, pourquoi ne pouvons-nous donc pas voir ce super plan pour une utopie de l’internet ? Pourquoi donc le président de la FCC, Tom Wheeler, a t’il refusé de témoigner et d’être interrogé par le Congrès des Etats-Unis à ce sujet ?

Pourquoi Wheeler a t’il échoué de s’adresser aux critiques parfaitement légitmes, incluant celles du commissaire de la FCC même Ajit Paj, un des très peu nombreux Américains qui a lu les 332 pages du document, et qui a dit que les nouvelles règles allaient donner aux autorités fédérales la microgestion, la license et la censure de l’internet et que ce plan est une “solution” à un problème qui n’existe même pas.

Pourquoi Wheeler renvoie t’il à la tristement célèbre déclaration de Nancy Pelosi (NdT: représentante des démocrates au congrès et ex-chairwoman de l’assemblée/chambre basse), qui avait dit: “Nous devons passer la loi de façon à ce que vous puissiez en prendre connaissance…”, claire rhétorique refusant de rendre les règles publiques ?

Pourquoi est-ce que la vaste majorité des libéraux et des tech enthousiastes, qui dépensèrent beaucoup d’énergie pour lutter contre les efforts de geler les libertés sur internet par le biais des projets de lois SOPA et PIPA (NdT: équivalent LOPI en France) et qui endorsent maintenant le cadre de réglementation de la FCC sans poser de questions ?

Pensent-ils vraiment qu’une administration gouvernementale qui a prouvé qu’elle est la plus antagoniste et répressive de l’histoire de la Maison Blanche en ce qui concerne les lanceurs d’alerte et la libre circulation des informations, a soudainement viré sa cutie ?

Font-ils confiance à un président qui a dit à la nation: “Si vous aimez votre plan santé, vous pourrez garder votre plan santé” (NdT: Les faits d’implémentation de l’Obamacare prouvent qu’il a menti sur toute la ligne à ce sujet… d’où la réflexion ironique de Watson…), pour qu’il n’abuse pas de ces pouvoirs ?…

Résistance politique: Réflexion sur la Palestine, Israël, le sionisme, le racisme et l’antisémitisme (UJFP)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 25 février 2015 by Résistance 71

“Ma liberté passe par la liberté des autres. Je ne puis être libre si vous ne l’êtes pas.”
~ Michel Bakounine ~

Excellente réflexion de Pierre Stambul sur le sionisme, Israël, l’antisémitisme et la relation à la Palestine. A lire et diffuser sans modération…

– Résistance 71 –

 

Israël contre les juifs

 

Pierre Stambul

Union Juive Française pour la Paix (UJFP)

 

19 février 2015

 

url de l’article original:

http://www.ujfp.org/spip.php?article3885

 

C’est un refrain bien établi. Vous critiquez Israël et le sionisme ? Vous êtes antisémite ! Un Juif français veut pouvoir « vivre son judaïsme » ? On l’invite à faire son « alyah » et à apporter sa pierre à la colonisation de la Palestine. 
On essaie de nous marteler que l’histoire des Juifs s’est achevée et qu’Israël en est l’aboutissement. Israël fonctionne comme un effaceur de l’histoire, de la mémoire, des langues, des traditions et des identités juives. La politique israélienne n’est pas seulement criminelle contre le peuple palestinien. Elle se prétend l’héritière de l’histoire juive alors qu’elle la travestit et la trahit. Elle met sciemment en danger les Juifs, où qu’ils se trouvent. Et elle les transforme en robots sommés de justifier l’injustifiable

Retour sur un passé récent
L’histoire des Juifs français n’a strictement rien à voir avec Israël. Régulièrement spoliés, massacrés ou expulsés par différents rois très chrétiens, les Juifs ont acquis la citoyenneté française avec l’Abbé Grégoire pendant la Révolution. Ces deux derniers siècles ont été marqués par une quête de la citoyenneté et de l’égalité des droits. L’affaire Dreyfus a révélé que, si une partie de la société française était antisémite, une autre partie, finalement majoritaire, considérait que l’acquittement et la réhabilitation de Dreyfus étaient l’objectif de tous ceux qui étaient épris de liberté et refusaient le racisme. L’histoire des Juifs français a été marquée par leur participation importante à la résistance contre le nazisme et le régime de Vichy, puis par l’engagement de nombre d’entre eux dans des luttes progressistes et/ou anticoloniales. Les intellectuels juifs de cette époque s’appelaient Raymond Aubrac, Marc Bloch, Laurent Schwartz, Pierre Vidal-Naquet, Stéphane Hessel. C’était une époque où beaucoup de Juifs pensaient que leur propre émancipation passait par celle de tou-te-s. C’était une époque où le racisme, le fascisme et la haine de l’autre étaient considérés comme des abjections à combattre. Les enfants juifs allaient à l’école publique, jamais il ne leur serait venu à l’idée de se séparer des autres dans des écoles confessionnelles.
On s’efforce aujourd’hui en Israël d’effacer l’histoire des Juifs dans les différents pays où ils ont vécu. Si les Juifs ont longtemps été considérés par les antisémites en Europe comme des parias inassimilables et s’ils ont été persécutés parce qu’ils constituaient un obstacle aux nationalismes fous qui rêvaient de sociétés ethniquement pures, ils n’ont jamais recherché la séparation mais au contraire l’insertion à l’intérieur des sociétés dans lesquels ils vivaient.

Une assignation à la désertion
On fait un saut de quelques années. En tête d’une gigantesque manifestation parisienne censée dénoncer le terrorisme, on trouve trois criminels de guerre, Nétanyahou, Lieberman et Bennet qui viennent de s’illustrer dans le massacre de plus de 2000 Palestinien-ne-s (essentiellement des civil-e-s) à Gaza pendant l’été 2014. Profitant de l’émotion causée par l’attentat antisémite de la Porte de Vincennes, Nétanyahou est autorisé (par le gouvernement français) à déclarer aux Juifs français qu’ils sont en insécurité en France et qu’ils doivent partir dans leur « vrai » pays, Israël. 
En fait, le sionisme n’a jamais combattu l’antisémitisme. Il s’en est toujours nourri avec en permanence un seul et unique but : faire immigrer le maximum de Juifs en Israël. Du coup, Nétanyahou n’hésite pas à mettre en danger les Juifs français. Il en fait des étrangers dans leur propre pays, des « touristes » qui n’ont pas compris que leur « patrie » est là-bas. Les Juifs sont sommés d’être des « traîtres » (à la seule et unique cause, celle du Grand Israël de la mer au Jourdain) ou des complices. La France a toujours été un échec pour Israël : à peine 80000 Juifs sont partis depuis 1948 et une moitié est revenue. Alors la propagande se fait assourdissante. Pourtant, s’il y a bien un pays où les Juifs sont en insécurité, c’est Israël et il sera ainsi tant que la destruction de la Palestine se poursuivra. 
À « l’alyah » (la montée) des vivants vers Israël, s’ajoute à présent celle des morts. Les autorités israéliennes incitent vivement les Juifs français à faire enterrer leurs proches en Israël. Ainsi les victimes de la tuerie de la porte de Vincennes ont été inhumées au cimetière de Givat Shaul. Ce « quartier » de Jérusalem, c’est l’ancien Deir Yassine, le village martyr de la guerre de 1948 où les milices de l’Irgoun dirigées par Menachem Begin ont massacré toute la population avant que le village ne soit, comme tant d’autres, rayé de la carte. Quel symbole !

Israël à l’avant-garde de l’islamophobie
Les Juifs ont vécu pendant des centaines d’années dans le monde musulman. Ils ont même été accueillis par l’empire ottoman après leur expulsion d’Espagne en 1492. Aujourd’hui, Israël participe à la diabolisation des Arabes et des musulmans en se comportant en élève modèle du « choc des civilisations ». Le racisme anti-arabe et l’islamophobie s’expriment ouvertement, des politiciens en ont fait leur fond de commerce et les passages à l’acte sont fréquents. Les crimes de masse comme à Gaza ou la multiplication des propos racistes (Pour le rabbin Rosen, les Palestiniens sont des Amalécites et la Torah autorise qu’on les tue ainsi que leurs femmes, leurs enfants, leurs troupeaux) laisseront des traces. Comment imaginer que ce qui est infligé aux Palestiniens sera sans conséquences ?
En Israël, des propagandistes rivalisent pour expliquer que les Juifs ont vécu l’enfer dans le monde musulman, masquant le fait que l’antisémitisme a été avant tout une invention européenne et chrétienne. Les Juifs orientaux subissent en Israël des discriminations sociales et un mépris raciste. Ils ont souvent été humiliés et discriminés à leur arrivée. Ils sont coupés de leurs racines et poussés à renier leur identité. L’expulsion des Palestiniens de 1948 est présentée comme un « échange de population » alors que le sionisme est le principal responsable, et de la Nakba, et du départ des Juifs orientaux de leurs pays.

Qu’y a-t-il de juif en Israël ?
Les sionistes ont théorisé l’idée que les Juifs et les non-Juifs ne peuvent pas vivre ensemble. C’est totalement contraire à tout ce qui s’est passé pendant des centaines d’années. Cela va à l’encontre de l’aspiration des Juifs à sortir des ghettos, des mellahs et des juderias pour devenir des citoyens normaux.
Les Juifs religieux qui émigrent en Israël y rencontreront rarement la religion telle qu’elle a été pratiquée pendant des siècles. Le courant national-religieux s’est imposé. Ce courant intégriste a totalement révisé la religion. Le « peuple élu », ça n’a jamais voulu dire qu’il a plus de droit que les autres mais au contraire qu’il a plus de devoirs. Parmi les préceptes, il y a « ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse » et « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». « L’an prochain à Jérusalem », ça n’a jamais voulu dire qu’il faut réaliser le nettoyage ethnique en cours, mais « vivement que le Messie vienne ». L’hébreu a toujours été une langue religieuse interdite à l’usage profane. La religion juive est une religion de « l’exil ». L’installation sur cette terre (d’Israël/Palestine) avant l’arrivée du Messie et a fortiori l’établissement d’un Etat juif étaient interdits. D’ailleurs les Juifs expulsés d’Espagne en 1492 ne sont pas allés à Jérusalem. Herzl a rencontré une hostilité quasi unanime des rabbins contre le projet sioniste dès qu’il a été question d’établir un État juif en Palestine.
Pour les Juifs laïques, les valeurs dominantes d’Israël sont à l’antithèse de ce que sont pour eux les valeurs du judaïsme. Où trouve-t-on dans la tradition juive le racisme, le chauvinisme, le militarisme, le négationnisme de l’existence et de la dignité de l’autre ? Qu’y a-t-il de commun entre ce qu’ont représenté les grands intellectuels juifs (Einstein, Freud, Arendt, Kafka, Benjamin …) et les criminels de guerre qui dirigent Israël ? Qu’est devenue en Israël la mémoire de celles et ceux qui ont lutté contre le fascisme et le colonialisme (Marek Edelman, Abraham Serfaty, Henri Curiel …) ? De quel héritage juif peuvent se prévaloir les colons et les militaires qui justifient à l’avance les violences et les crimes commis contre les Palestiniens ? 
Comme l’écrit l’historien israélien Shlomo Sand à propos du livre de Yakov Rabkin Comprendre l’État d’Israël, « celui qui voit dans le sionisme une continuation du judaïsme ferait bien de lire ce livre. Mais celui qui croit que l’État d’Israël est un État juif est obligé de le lire ».
Certains Juifs pensent qu’après le génocide nazi, Israël est l’ultime refuge. Au nom de quoi les dirigeants israéliens peuvent-ils brandir partout l’antisémitisme et le souvenir du génocide ? Les sionistes n’ont joué qu’un rôle marginal dans la lutte contre l’antisémitisme et la résistance au nazisme. Certains dirigeants sionistes ont même eu un comportement honteux pendant la montée du fascisme (Ben Gourion avec les accords de Haavara, 1933) et à l’époque de l’extermination (le groupe Stern assassinant des soldats et des dignitaires britanniques). Comment ne pas comprendre que la mémoire du génocide signifie « que cela n’arrive plus jamais » et pas « que cela ne NOUS arrive plus jamais », ce qui correspond à une vision tribale de l’humanité totalement contraire à toutes les formes d’héritage juif.

Refuser l’assignation et la peur, refuser toutes les formes de racisme et de discrimination.
Il y a des confrontations qui ont du sens : les luttes contre l’oppression, la domination, le colonialisme, pour l’égalité des droits. On nous vend aujourd’hui une guerre qui n’est pas la nôtre : celle d’un monde dit « civilisé » contre le « terrorisme islamique ». Dans cette « guerre », les musulmans sont considérés comme des terroristes en puissance et sont sommés de « prouver » qu’ils ne sont pas des complices de Daesh. 
Et les Juifs sont assignés à soutenir sans réserve une politique israélienne criminelle contre les Palestiniens et suicidaire pour les Juifs. 
Cette fuite en avant criminelle tient par la peur. Ce syndrome assure le consensus à un point tel qu’un négociateur palestinien (le professeur Albert Aghazarian) a pu dire que les Israéliens ont peur de ne plus avoir peur. Cette peur irrationnelle a gagné beaucoup de Juifs français.
Dans le contexte du « choc des civilisations », prétexte des dominants pour ensanglanter le monde, il y a en France une montée générale de toutes les formes de racisme. Contrairement à l’image fabriquée par les principaux médias, le racisme frappe essentiellement tous les « dominés », toutes les victimes de l’apartheid social : Arabes, Noirs, Roms. Il prend une nouvelle tournure en se masquant derrière l’islamophobie. Comme il n’est plus politiquement correct de dire « sale arabe », on diabolise l’islam.
Il y a aussi une incontestable et détestable montée de l’antisémitisme. Mais les différentes formes de racisme ne sont pas traitées de la même façon.
Les dirigeants israéliens et en France le CRIF, participent activement à la stigmatisation des musulmans. Ils affirment contre toute évidence qu’il n’y a qu’un seul racisme à dénoncer (l’antisémitisme) et qu’on est à la veille d’une nouvelle « nuit de cristal ». Ils font apparaître les Juifs comme ceux que le pouvoir protège alors que l’idéologie sécuritaire, les déclarations des principaux dirigeants et le travail nauséabond de pseudo intellectuels, visent une seule population déclarée dangereuse.
Les stéréotypes antisémites se nourrissent aussi de la complicité du CRIF avec la politique israélienne et de la partialité évidente du pouvoir. À l’heure des confusions, l’indignation légitime contre les crimes israéliens fait monter l’antisémitisme et les quelques paumés attirés par la violence effroyable de Daesh commettent des attentats criminels contre les Juifs parce que Juifs.

La lutte contre le racisme ne peut pas être découpée. Choisir certaines « bonnes » victimes contre d’autres est à l’antithèse du combat antiraciste. La politique israélienne et la négation totale des droits du peuple palestinien ne protègent absolument pas les Juifs. Au contraire. Pour créer l’Israélien nouveau, il a fallu « tuer le Juif », celui qui pensait que son émancipation passait par celle de l’humanité. Comme le dit le militant israélien anticolonialiste Eitan Bronstein : « nous ne serons jamais libres tant que les Palestiniens ne le seront pas ». En refusant le tribalisme, les Juifs français réaffirmeront une histoire dont ils peuvent être fiers.
C’est tou-te-s ensemble qu’il faut combattre tous les racismes, toutes les stigmatisations, toutes les discriminations. C’est tou-te-s ensemble qu’il faut défendre le droit, en Palestine comme ici.

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