Archive for the politique et lobbyisme Category

Temps de mettre les héros officiels de l’histoire au placard ?… (Howard Zinn)

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 25 mai 2015 by Résistance 71

Ce que décrit avec précision Howard Zinn ci-dessous ne concerne pas que l’histoire du pays du goulag levant (ex-USA), mais pourrait être celle de tous les états-nations et leurs litanies mythologiques, idolâtries officielles. Mention spéciale à la France dans le domaine…

Qui sont les « héros » français à déboulonner et ceux dont le peuple et non l’oligarchie serait fier ?… La liste est sans doute longue.

— Résistance 71 ~

 

Les héros autour de nous

 

 Howard Zinn

 

 7 Mai 2000

 

 url de l’article:

http://howardzinn.org/the-heroes-around-us/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Récemment, j’ai rencontré un groupe d’élèves de Lycée, l’un d’eux m’a demandé: “J’ai lu dans votre livre “Une histoire populaire des Etats-Unis”, au sujet des massacres des Indiens, la longue histoire du racisme, la persistance de la pauvreté dans ce qui est devenu le pays le plus riche du monde, les guerres insensées. Comment puis-je me préserver d’être complètement aliéné et déprimé ?

Cette question m’a été posée bien des fois sous des formes différentes, l’une de ces formes étant: “Comment se fait-il que vous ne soyiez pas déprimé ?” Qui a dit que je ne le suis pas ?… Du moins brièvement ; pour une fraction de seconde, de telles questions me dépriment jusqu’à ce que je pense: la personne qui a posé cette question est la preuve vivante de l’existence partout de bonnes personnes, qui se sentent véritablement concernés par les autres. Je pense à toutes les fois où quelqu’un demande depuis l’audience des conférences que je fais dans ce pays: Où est le mouvement populaire aujourd’hui ? L’audience qui entoure cette personne, même dans une petite ville de l’Arkansas ou du New Hampshire ou de Californie, consiste en un millier de personnes !

Une autre question que me posent souvent des élèves ou des étudiants: Vous cassez souvent nos héros nationaux comme les pères fondateurs, Andrew Jackson, Abraham Lincoln, Theodore Roosevelt, Woodrow Wilson, John F. Kennedy. N’avons-nous pas besoin d’idoles nationales ? Oui je suis d’accord, il est bon d’avoir quelques figures historiques que l’on puisse admirer et émuler. Mais pourquoi tenir pour modèle les 55 hommes blancs et riches qui ont écrits la constitution des Etats-Unis comme une manière d’établir un gouvernement qui protégerait toujours les intérêts de leur classe, celle des propriétaires terriens propriétaires d’esclaves, des marchants, des industriels, des détenteurs de bons du trésor et des spéculateurs fonciers et autres ?

Pourquoi ne pas se rappeler de l’humanitarisme d’un William Penn, un des premiers colons qui fit la paix avec les Indiens Delaware au lieu de les harceler comme le firent les autres colons ? Pourquoi ne pas citer John Woolman, qui dans les années avant la révolution, refusa de payer ses impôts qui soutenaient les efforts de guerre de l’Angleterre et qui critiqua et s’en prit à l’esclavagisme. Pourquoi ne pas citer le capitaine Daniel Shays, vétéran de la guerre d’indépendance, qui mena une révolte de fermiers dans l’ouest du Massachussetts contre les impôts levés par les riches qui contrôlaient totalement la législature du Massachussetts ? Pourquoi glorifier comme le font nos livres d’histoire Andrew Jackson l’esclavagiste et massacreur d’Indiens ? Jackson fut un des architectes de la tristement célèbre piste des larmes, qui vit 4000 des 16 000 Indiens Cherokees mourir durant le voyage de leur déportation depuis leurs terres ancestrales en Georgie vers l’Oklahoma. Pourquoi ne pas le remplacer comme héro national par John Ross, un chef Cherokee qui résista à la déportation de son peuple et dont l’épouse mourut sur la piste des larmes ? Ou par le leader de la nation Seminole Osceola, emprisonné puis finalement assassiné pour avoir mené une campagne de guerilla pour empêcher lui ausi la déportation de son peuple de Floride ? Le memorial/musée Lincoln ne devrait-il pas être enrichi par la présence d’un memorial pour Frederick Douglass, qui a bien mieux représenté la lutte contre l’esclavage que Lincoln ? Ce fut cette croisade menée par les abolitionnistes noirs et blancs, ensemble, qui devint un mouvement national, qui poussa un Lincoln d’abord bien reluctant, à émettre une proclamation d’émancipation peu motivée et persuada le congrès de passer les 13ème, 14ème et 15ème amendements à la constitution.

Prenez un autre héros présidentiel, Theodore Roosevelt, qui est toujours près du top de l’infatigable liste de “nos meilleurs présidents”. Le voilà sculpté sur le Mont Rushmore, comme une réminiscence permanente de notre amnésie nationale, oubliant son racisme, son militarisme, son amour de la guerre. Pourquoi ne pas le remplacer comme héro, même si le virer du Mont Rushmore représente un gros boulot, par Mark Twain ? Roosevelt a félicité un général de l’armée qui, en 1906, a ordonné le massacre de 600 hommes, femmes et enfants sur une île des Philippines. Mark Twain l’a dénoncé et il a continuellement dénoncé les cruautés commises dans la guerre américaine aux Philippines sous le slogan de “Pour mon pays, à tort ou à raison”.

Quant à Woodrow Wilson, occupant lui aussi une place importante au Panthéon du libéralisme américain, ne devrions-nous pas rappeler à ses admirateurs qu’il insista sur l’application des lois de la ségrégation raciale dans les bâtiments fédéraux, qu’il fit bombarder la côte mexicaine, envoya une armée d’occupation en Haïti et en République Dominicaine, mena notre pays dans l’enfer de la 1ère guerre mondiale et fit jeter les manifestants anti-guerre en prison. Ne devrions-nous pas amener au statut de héros de la nation quelqu’un comme Emma Goldman, une de celles et ceux que Wilson fit jeter en prison, ou Helen Keller, qui parla sans peur et sans reproche contre la guerre ? Assez de l’idolâtrie pour JF Kennedy, un guerrier de la guerre froide, qui commença la guerre secrète en Indochine, fut d’accord avec le plan d’invasion de Cuba et fut très, très lent à agir contre la ségrégation raciale dans le sud des Etats-Unis. Ce ne fut que lorsque le peuple noir des états du sud prit les rues, firent face aux Sheriffs et forces de répression du sud, leurs passages à tabac et leurs assassinats, que tout cela mît finalement la conscience nationale en émoi, que les administrations de Kennedy et de Lyndon Johnson furent finalement suffisamment embarassées pour qu’elles interviennent dans la mise en place de la loi sur les Droits Civils et sur le vote.

Ne devrions-nous pas remplacer les portraits de nos présidents, qui souvent prennent trop de place sur les murs de nos salles de classe, par ceux de héros venus du peuple comme Fannie Lou Hamer, la partageuse de récolte du Mississippi ? Elle fut expulsée de sa ferme, arrêtée et torturée en prison après qu’elle eut rejoint le mouvement des droits civils, mais elle devint une voix très éloquente pour la liberté ; ou Ella Baker, dont les conseils avisés et le soutien guidèrent la jeunesse noire du Student Nonviolent Coordinating Committee, le bras militant du mouvement dans le sud profond des Etats-Unis ?

En 1992, année du cinq-centième anniversaire de l’arrivée de Christophe Colomb sur ce continent, il y eu des réunions partout dans le pays pour célébrer Colomb, mais aussi et pour la première fois, pour défier cette exaltation coutumière du “Grand Découvreur”. J’étais dans un symposium dans le New Jersey où je fis remarquer les terribles crimes commis par Colomb et ses sbires espagnols sur l’île d’Hispaniola. Après mon intervention, l’autre personne sur la scène avec moi, qui était le président de l’association du jour de la célébration de Colomb pour l’état du New Jersey me dit: “Vous ne comprenez pas… Nous, italo-américains avons besoin de nos héros.” Je lui ai répondu que oui, je comprenais parfaitement le désir d’avoir des héros, mais pourquoi choisir un assassin et un kidnapper pour de tels honneurs ? Pourquoi ne pas choisir Joe Di Maggio ou Toscanini ou Fiorello la Guardia ou Sacco et Vanzetti ? L’homme ne fut pas convaincu. Les mêmes fausses valeurs qui ont mis des propriétaires d’esclaves, des tueurs d’Indiens et des militaristes dans nos livres d’histoire ne sont-elles pas à l’œuvre aujourd’hui? Nous avons entendu les constantes références au sénateur John McCain, surtout lorsqu’il fut candidat à la présidentielle, comme un “héro de guerre”. Oui il est possible d’éprouver de la sympathie pour les souffrances de McCain lorsqu’il fut prisonnier de guerre et soumis à une certaine cruauté. Mais devons-nous appeler un héros quelqu’un qui a participé à l’invasion d’un pays si loin du notre et qui en tant que pilote, largua des bombes sur des hommes, femmes et enfants, dont le seul crime était de résister à l’invasion américaine ?

Je n’ai rencontré qu’une seule voix dans les médias de masse qui manifesta son désaccord avec l’admiration générale pour McCain, celle du poète, romancier et journaliste au Boston Globe, James Carroll. Carroll contrasta l’”héroisme” de McCain, le guerrier, avec celui de Philip Berrigan, qui a été en prison une bonne douzaine de fois pour avoir manifesté d’abord contre la guerre durant laquelle McCain largua des bombes sur des civils, puis contre le dangereux arsenal nucléaire maintenu par notre gouvernement. Jim Carroll écrivit alors: “Berrigan en prison est le véritable homme libre, tandis que McCain demeure emprisonné dans un sens de l’honneur martial qui n’est pas examiné…

Notre pays est rempli de héros et de gens héroïques qui ne sont ni présidents, ni commandants militaires, ni magiciens de Wall Street, de gens qui maintiennent en vie l’esprit de résistance à l’injustice et à la guerre. Je pense à Kathy Kelly et à toutes ces voix de Voices in the Wilderness, qui, défiant la loi fédérale (NdT: désobéissance civile…), ont voyagé en Irak plus d’une douzaine de fois pour y amener des vivres et des médicaments aux gens souffrant des sanctions économiques imposées par les Etats-Unis.

Je pense aussi à ces milliers d’étudiants de plus de cent universités et collèges du pays qui manifestent contre la connexion de leurs universités avec des fournisseurs de produits venant des usines d’exploitation du tiers monde. Récemment à l’université de Wesleyan, des étudiants ont squatté le bureau du président de l’université pendant trente heures jusqu’à ce que l’administration soit d’accord avec toutes leurs revendications. A Minneapolis, il y a le cas des quatre sœurs McDonald, nonnes de leur état, qui ont été incarcérées à plusieurs reprises pour avoir manifesté contre la production de mines anti-personnels de l’entreprise Alliant . Je pense aussi aux milliers de personnes qui se sont déplacées à Fort Benning en Georgie pour demander la fermeture de la tristement célèbre et meurtrière School of the Americas (NdT: l’école des forces spéciales de “contre-insurrection”, qui y enseignent les techniques de contre-guerilla et de contrôle des populations. Des programmes de torture scientifiquement contrôlé y sont enseignés. Parmi les premiers instructeur de cette “école” furent les intervenants militaires français ayant mené la “bataille d’Alger” en 1957. Le général Aussarès y enseigna, car le modèle français est resté longtemps le top de la contre-insurrection. Tous les tortionnaires des juntes militiares fascistes ayant exercé en Amérique du Sud de Pinochet à Videla sont passés par la School of the Americas…) et les pêcheurs de la côte ouest qui participèrent à un blocage de huit heures pour protester contre la peine infligée à Mumia Abu-Jamal et tant d’autres…

Nous connaissons tous des personnes, la plupart des sans-noms, non reconnues, qui ont, le plus souvent bien modestement, parlé ou agit pour leurs croyances en une société plus égalitaire, plus juste et plus pacifiste. Pour éloigner toute aliénation et noirceur, il faut juste se rappeler de ces héros du passé et rechercher autour de nous les héros non remarqués du présent.

Cameroun: Un maire dans la tourmente néo-coloniale de républiques… bananières.

Posted in actualité, France et colonialisme, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 24 mai 2015 by Résistance 71

Le Maire Kingué dénonce les sociétés négrières françaises à la cour suprême

 

Paul Eric Kingué

 

22 Mai 2015

 

url de l’article original:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-18919.html

 

La première décision de la cour suprême est tombé ce jeudi 21 mai 2015. L’ancien Maire de Njombé Penja, M. Paul Eric Kingué, devra encore attendre jusqu’au 18 juin 2015 pour être fixé sur son sort. Les juges statuaient sur deux recours en cassation introduits depuis cinq ans par l’ancien Maire de Njombé-Penja. Paul Eric Kingué avait auparavant quitté sa cellule de la prison centrale de Douala-New-bell à destination de la Cour suprême à Yaoundé.

Paul Eric Kingué s’est exprimé devant la cour à la demande de la présidente avec les mots suivants :  « Ce qui me fait tenir depuis 08 ans, bien qu’il y ai eu des violations ostentatoires dans mon affaire, c’est que j’ai toujours eu confiance en la cour suprême. Depuis 08 ans, nous étions 40, il y a eu 11 morts et d’autres ont eu des AVC ».

Cameroonvoice vous propose de nouveau ci-dessous, la plaidoirie de l’élu du peuple et Maire Paul Eric Kingue.

=====================

Lettre Ouverte de Paul Eric Kingué au monde libre écrite en 201o

Mesdames et Messieurs,

Je saisis l’opportunité qui m’est divinement offerte, pour vous souhaiter mes vœux les meilleurs, en ce début d’année 2010. Je prie à cet effet le seigneur Tout- Puissant, de vous couvrir de ses grâces afin que vous et vos familles récoltiez les justes fruits de vos efforts durant ces 365 jours qui viennent de s’ouvrir. Vous accompagnent également, mes vœux de santé et de réussite.

Je suis Paul Eric KINGUE, Maire de Njombé-Penja, légitimement élu, mais incarcéré pour des raisons politiques depuis Février 2008, aux motifs que je suis l’instigateur des émeutes de la faim à Njombé-Penja, dans le Moungo au Cameroun.

A la suite d’un procès qui ressemblait à une véritable scène de théâtre mal conçue, j’ai été condamné à Nkongsamba, à 06 ans de prison ferme. Torturé, humilié, menacé dans cette prison par un groupe de responsables judiciaires et pénitentiaires caporalisés, c’est-à-dire à la solde de certains opérateurs économiques et hommes politiques, tirant les ficelles dans l’ombre, je n’avais pour seul soutien que Dieu, et vous tous qui m’avez soutenu partout dans le monde.

Jugé dans un procès pour des infractions que je connais ni d’Adam ni d’Eve, je suis écroué depuis bientôt deux ans, incapable d’encadrer mes jeunes enfants, parce que sans moyens et, coupé de ma famille.

UN PAN DE MA VERITE

Tout commence alors que j’avais 09 ans. Secoué par une révolte intérieure du fait de la misère profonde des parents, frères et sœurs de Njombé-Penja, (toutes tribus et religions confondues), je ruminais sans cesse, le rêve d’être en position un jour, d’apporter ma contribution dans l’amélioration des conditions de vie de cette grande famille devenue plus tard, mes électeurs.

Il faut dire que ma révolte s’accentuait au fil du temps avec la paupérisation grandissante de ces populations que j’ai tant aimées pour leurs efforts quotidiens. Une population en somme travailleuse qui, toutes les 04 heures du matin, est éveillée et en route pour les champs qu’elle ne quitte qu’à 22 heures, quelques fois avec des lampes tempêtes. Ce sont sans doute, ces efforts qui font de Njombé-Penja, un des multiples greniers agricoles du Cameroun.

EXPROPRIATION DES TERRES, SOURCE DE LA MISERE DES POPULATIONS DE NJOMBE-PENJA

Dès les années 1960, plusieurs exploitants agricoles venus de l’Europe et plus précisément de la France ont, par la puissance financière et par des jeux de passe-passe indescriptibles, fait main basse sur de larges étendues de terre, soit pour y cultiver de la banane, soit du poivre (prisé dans le monde), soit alors des fleurs ou des ananas … Conséquence, il ne restait plus qu’aux riverains, quelques bandes de terres parsemées de cailloux et sans grande fertilité. Ce qui n’a pas manqué d’effets sur la production traditionnelle et donc, sur l’autosatisfaction alimentaire des populations de Njombé-Penja.

Vers les années 1988, s’installent à Njombé-Penja, après la mort artificielle de l’OCB (Organisation Camerounaise de la Banane) vendue alors qu’elle dégageait des marges bénéficiaires non négligeables (environ 2 milliards de nos francs par an), le tandem SBM-PHP-SPNP, à capitaux français en majorité, avec quelques actionnaires camerounais dont je tais pour l’instant, les noms.

Choqué par cette privatisation qui ne visait qu’à satisfaire des intérêts d’un certain nombre d’individus, parfois insoupçonnés, et face à la misère quotidienne dans laquelle plongeaient chaque jour les populations locales, je n’ai pu supporter un tel drame :

LE GROUPE SBM – SPNP – PHP : DES ESCLAVAGISTES SANS CŒUR

En ce moment, s’il vous arrive de descendre à Njombé-Penja, la première des choses qui vous touchera c’est l’impraticabilité des routes et pistes rurales, jonchées de nids de poules après tous les 10 mètres. Le pire c’est la poussière enveloppante dont se nourrissent tous les jours, les populations de Njombé-Penja. Vous n’y compterez pas une trentaine de maisons passablement édifiées, faute de moyens financiers d’une population meurtrie, exploitée au quotidien par les colons de nos plantations.

La localité compte 40 000 taudis construits en planches mal rabotées. Parfois sans portes, ni fenêtres. Les salaires avant mon arrestation, tournaient autour de 37 euros (ce qui me bouleversait profondément) , qu’on gagne parfois, après avoir fait des heures supplémentaires c’est-à-dire, environ 12 à 15 heures de travail par jour. Au finish, impossible pour un ouvrier, père de deux enfants, de payer son loyer et surtout, de nourrir sa famille pour ne citer que ces devoirs.

Les conditions de travail sont telles qu’il ne faut pas y penser. Très souvent sans matériel de travail, bottes, casques et autres, les ouvriers de ces plantations épandent des produits toxiques dangereux sans protection, curent des caniveaux bras et pieds nus, parfois sous les menaces des « chefs d’équipes » toujours à la solde des « chefs blancs ». Le plus curieux ici, est qu’au terme des journées de travail exténuant, ceux-ci n’ont aucun point d’eau dans la ville pour leur bain. La commune dont j’avais la charge ne pouvait s’y investir, faute de moyens financiers. Face à ce désastre qui impose que les organisations qui financent ces entreprises s’interrogent, le Maire élu que j’étais, bien que du RDPC, ne pouvait rester insensible. Qui mieux qu’un Maire dans une localité, peut mesurer le niveau de souffrance d’une population ? Quel humain peut rester indifférent aux salaires de catéchistes que ces exploitants d’un autre genre reversent aux ouvriers de leurs plantations ?

MAIRE DU RDPC, MAIS PERE ET CHEF DE FAMILLIl peut paraître curieux que mes fonctions politiques (Président Sous-Section RDPC et Maire) donnent du tournis à tous ceux qui pensent que, militer dans le RDPC est un délit, que non ! Non parce que je pense n’avoir jamais reçu de ce parti que j’ai servi avec passion, une doctrine de destruction, de déstabilisation de l’autre. Non aussi parce qu’en réalité il existe dans ce parti, des responsables plus proches de Dieu que du diable. Seulement, les rapports des forces en son sein finissent toujours par donner raison aux serviteurs du diable, c’ est-à-dire à ceux là qui, dans la course effrénée aux pouvoirs mondains, ont volontairement vendu leurs âmes, devenant par ricochet, des serviteurs irréversibles du mal.

Quant à moi, rien, mais alors rien ne passe avant la personne humaine. Fils de veilleur de nuit, je peux apprécier la misère, pour l’avoir vécue. Parce que l’ayant vécue, je ne peux jamais être complice des malheurs d’un peuple, des malheurs d’une population travailleuse qui ne demande qu’à vivre. Aucune fonction politique, aucune fonction administrative n’est assez forte pour me couper du paysan, du peuple et c’est sans doute pourquoi, je croupis injustement aujourd’hui, au fond d’une cellule, à la prison de Douala.

AVANT LES EMEUTES DE FEVRIER 2008

Dès ma prise de fonction à la tête de la commune de Penja, je fais un constat amer. Le bâtiment abritant la commune était semblable à une usine à café abandonnée, sans entretien, sans électricité. La commune accumulait alors quatre mois d’impayés de lumière. Elle était dans le noir. Les employés, pères et mères de famille accusaient des arriérés de salaire de 03 (trois) mois (que je m’empresse d’éponger trois semaines seulement après mon installation) .

Paradoxalement, le Préfet du Moungo d’alors percevait 250 000 (Deux cent cinquante mille) FCFA par mois, à la commune de Njombé-Penja ; le Sous-préfet aussi. Ces deux administrateurs délestaient la commune de 500 000 (Cinq cent mille) FCFA tous les mois. La Secrétaire du Sous-préfet était payée par la commune, son chauffeur aussi. Curieux de comprendre les raisons de ces dépenses qui en réalité ne cadrent pas avec les missions de la commune, j’ai été sommé par le Préfet devenu Gouverneur aujourd’hui (comme si les promotions au Cameroun ne visent que des voleurs), de ne faire aucune dénonciation. Révolté parce que je considérais déjà comme des abus, j’ai décidé en ma qualité de juge d’opportunité et de gestionnaire de cette collectivité, d’arrêter cette saignée financière qui ne s’expliquait pas, tout en redéployant à la commune ces personnels, mis indûment à la disposition du Sous-préfet et payés par ma commune.

Les réactions du Préfet et du Sous-préfet n’ont pas tardé, l’un et l’autre décidés de me faire payer chère, mon audace. Pour moi en réalité, cet argent devrait être orienté dans la construction des points d’eau potable communaux pour le bien des populations locales. J’étais alors devenu la bête à abattre pour avoir osé fermer le robinet qu’était devenue cette commune au détriment des populations écrasées par la misère.

En poussant plus loin ma curiosité, je constate, non sans réunir mes collaborateurs, que les plantations PHP, SPM et SPNP ne payent ni patente, ni enregistrements sur leurs différents baux, bref, aucune taxe communale. Dans le but d’y voir clair, je saisis par téléphone Monsieur François Armel (DG PHP), Monsieur Brethes (DG SPM), Dame Caplain (DG sociétés Caplain) leur faisant tenir parallèlement, des courriers à cet effet.

Malgré mes démarches conciliatrices, aucune des sociétés n’a daigné faire le moindre pas, si ce n’est des propositions de corruption. C’est ainsi que Sieurs Brethes et François Armel me proposent des pots de vin de 20 millions de francs CFA / Trimestre au cas où j’abandonnais ma pression pour le payement par eux, des impôts locaux. Il faut dire qu’au terme d’une expertise fiscale que j’ai commandée, la commune se voyait délester 2 755 000 000 (Deux milliards sept cent cinquante cinq millions) FCFA par an, d’impôt communaux : (sur les salaires, enregistrement, patente, taxes sur la dégradation de la chaussée, taxes agricoles, différentes délibérations …).

Dans l’unique souci d’aider ma commune et ses populations, j’ai décliné l’offre de corruption qui m’a été faite par ces négriers. Pour rétablir la commune et les populations dans leurs droits, j’ai saisi le Premier Ministre d’alors, Sieur INONI Ephraim, qui a instruit le Directeur Général des Impôts (Sieur Laurent NKODO) de reverser ces entreprises au régime de droit commun, en procédant à l’annulation des différentes exonérations dont elles se targuaient et qui, en réalité, étaient illégales, conformément au Code Général des Impôts du Cameroun (Voir lettre attachée).

En effet, ces sociétés, pour bénéficier de ces exonérations, se sont fait déclasser et enregistrer par quelques zélés de l’administration fiscale et sans doute contre pots de vin, comme sociétés coopératives agricoles qui, selon le Code Général des Impôts sont exonérées d’un certain nombre de taxes. Ce qui naturellement est une tricherie, une délinquance fiscale qui ne permet pas à la commune de Njombé-Penja d’asseoir une véritable autonomie financière.

Il était désormais évident, qu’après avoir mis fin à la spoliation par le Préfet et le Sous-préfet de fonds de la commune de Penja, après avoir traqué les entreprises esclavagistes associées à ces deux administrateurs entretenus par les premiers (carburant, avantage divers), mes jours étaient comptés à la tête de cette commune où je devenais un empêcheur de « bouffer ».

L’ALLIANCE DU MAL

L’alliance entre les administrateurs aigris (Préfet et Sous-préfet) et les DG des bananeraies contre moi, était devenue palpable. C’est ainsi que le 12 février 2008, après la fête de la jeunesse, j’ai été reçu par le Gouverneur actuel, de la région du Littoral, qui m’informait qu’il lui a été rapporté (le Comité de Coordination du Moungo) que la veille, c’est-à-dire le 11 février, j’étais assis au moment où on exécutait l’hymne nationale. Grâce à la technologie occidentale, j’ai pu imprimer les CD-R de ladite fête, pour confondre les manipulateurs et initiateurs de ce rapport grossièrement mensonger.

Quelques CD-R remis au Gouverneur lui ont permis de se rendre compte de cette manipulation. C’est ce qui a fait ajourner mon arrestation, qui avait déjà été instruite pour ce 12 février 2008.

L’EVENEMENT FATAL

Alors que je croyais avoir échappé à l’arrestation ordonnée le 12 février 2008, les évènements du 25 février sont venus servir de prétexte pour régler une fois pour toute, les problèmes du Maire « empêcheur de bouffer ». Cloîtré chez moi les 25 et 26 février 2008 parce que n’ayant aucune force de l’ordre à ma disposition pour contenir les évènements, je n’ai pu sortir que le 27 février 2008 à la faveur de l’arrivée à Penja, d’un renfort de plus de 300 hommes du GMI et du BIR. Ce jour, le Sous- préfet et moi curieusement, avons associé nos forces pour nous adresser à une jeunesse en furie, qui a fini par nous comprendre, abandonnant la grève.

Ce jour même, la paix a été établie en présence du Colonel ALKASSOUM, venu de la légion du Littoral, qui, impressionné par nos interventions (le Sous-préfet et moi) m’avoue qu’il est à Penja depuis le 22 février 2008 (avant la grève), pour mon arrestation.

Que l’on veuille lier mon arrestation aux évènements de février 2008, n’est que manipulation politicienne. Pourtant je suis jugé pour ces évènements que je ne connais ni d’Adam ni d’Eve. Pendant 09 mois de simulacre de procès, aucun des 22 témoins du Ministère public pourtant préalablement préparés par le Parquet du Moungo n’a déposé contre moi, encore moins les 30 co-accusés qui m’ont été collés et que je ne suis venu connaître qu’en prison.

FUITE EN AVANT

Après une parodie de procès ne reposant sur rien, et manipulé par certains haut fonctionnaires de Yaoundé, « noyé par la banane sucrée de Njombé-Penja » (suivez mon regard) et sentant le jugement de Nkongsamba non fondé juridiquement et donc susceptible d’être qualifié de politique, un nouveau procès m’a été collé sur le dos, vide comme le premier : Accusation de détournement de la somme de 1 400 000 (Un million quatre cent mille) FCFA. Après le jugement politique rendu à Nkongsamba, l’accélérateur est mis sur une accusation non prouvée par pièce, d’un détournement de 1 400 000 FCFA. De quoi s’agit-il ?

Ici, je suis accusé de « détournement » du simple fait qu’il m’est reproché d’avoir engagé une dépense sans le visa préalable du Préfet. Le Maire est l’ordonnateur du budget de la commune, juge d’opportunité de la commune. En septembre 2007, pour installer l’exécutif communal local, les conseillers municipaux arrêtent un budget à 7 000 000 (Sept millions) FCFA. Les caisses de la commune sont vides, c’est-à-dire sans argent. La tutelle exige et instruit le Receveur Municipal de procéder aux recouvrements afin de rendre possible ladite installation, à laquelle je suis opposée parce que héritant d’une commune pauvre.

En parcourant le budget communal de 2007, je m’aperçois que la ligne prévue pour les « fêtes et cérémonies » c’est-à-dire la ligne 612-112 à la commune est épuisée. Les procédures administratives et comptables exigent que, pour engager une dépense dans une ligne, il faut se rassurer que le crédit dans cette ligne est suffisant et disponible. Je me rends compte, qu’il ne reste plus que 400 000 (Quatre cent mille) FCFA seulement, disponibilité s dans cette ligne. Je procède à un virement de crédit par arrêté que je prends, et le fait viser par la tutelle (le Préfet).

L’arrêté est bel et bien visé par la tutelle. Une fois visé, je décide d’engager les dépenses liées à l’installation projetée. Conformément à la loi, le Maire est l’unique ordonnateur du budget de la commune voir loi n°18-2004/22 Juillet 2004, et donc juge d’opportunité. Pour masquer mon arrestation afin de la dépouiller de l’estampille politique, il m’est reproché de n’avoir pas fait viser une décision que j’ai prise portant dépense de 1 400 000 FCFA par le Préfet.

Il faut dire qu’aucune loi, n’oblige le Maire à faire viser ses décisions par le Préfet et seuls certains actes, limitativement énumérés par la loi n° 18-2004/22 Juillet 2004 article 70 sont soumis à l’approbation préalable du Préfet. Par ailleurs, défini dans le cadre strict de l’article 184 du code pénal, détourner c’est obtenir ou retenir frauduleusement les biens appartenant à l’Etat, aux collectivités etc.…

Autrement dit, même s’il était arrivé que la procédure comptable eût été violée, ceci ne serait pas pénal. Pour le dire aisément, la violation d’une procédure ou d’une règle de loi relève de la pure et unique compétence du juge administratif que ne sont pas les magistrats du TGI du Moungo. Dans le cas de cette procédure, aucune violation légale ne peut être soulevée car le Maire reste l’unique ordonnateur du budget de la commune et par conséquent, le juge d’opportunité. Dans ce procès, il n’est versé aucune pièce prouvant que j’ai obtenu ou retenu frauduleusement les biens de la commune.

Pourtant, le législateur a été clair, « le Juge ne peut fonder sa décision que sur les preuves administrées au cours des débats ». Aucune preuve dans ce procès n’est apportée, ou mieux, n’est administrée pour prouver que le 1 400 000 FCFA a été perçu par le Maire que j’étais. Au contraire, les reçus des prestataires sont là, pour prouver que les destinataires finaux de cette somme sont bien, les prestataires grâce auxquels, les cérémonies d’installation ont été rendues possibles. CD-R et photos le prouvant.

HARCELEMENT JUDICIAIRE

Pas trop rassurés de retenir la culpabilité dans ce procès de 1 400 000 FCFA inventé par mes persécuteurs, le Ministère Public, a engagé un second dossier de détournement, sans me faire comparaître chez un juge d’instruction et ce, en violation de la loi, mais me renvoyant devant le juge de jugement. 2e Accusation de détournement portant sur les sommes imaginaires.

Comme un rouleau compresseur, tout est mis en branle pour me maintenir en prison. Après le 1 400 000 FCFA dont on ne peut prouver ma décharge, je suis accusé d’avoir détourné 4 960 000 FCFA donnés par la SPM et destinés à l’extension du réseau d’eau SNEC à l’hôtel de ville de Penja.

Parlant de cette somme d’argent, elle a effectivement été versée par la SPM au prestataire de service (contre décharge) pour les travaux d’installation du réseau d’eau potable à l’hôtel de ville de Penja. Seulement, conformément aux procédures comptables et administratives, pour recevoir un don, le Conseil Municipal siégeant comme organe délibérant doit l’autoriser. Or pour l’autoriser, il doit se réunir en session ordinaire ou extraordinaire. Mais, chaque fois que se réuni le Conseil Municipal de la commune de Penja, 3 000 000 (Trois millions) FCFA doivent être déboursés pour ladite session (frais de secrétariat, frais de réception, carburant, indemnités de session des conseillers municipaux).

Pour installer l’eau à l’hôtel de ville, le coût des travaux est de 4 960 555 Francs CFA (Quatre millions neuf cent cinquante cinq mille francs CFA). La SPM s’est engagée, à ma demande, à financer cette opération qui était d’ailleurs, la première pour cette entreprise. Partagé entre réunir le Conseil Municipal et dépenser 3 000 000 FCFA qui n’ont aucun rapport avec l’eau que je veux voir installer à l’hôtel de ville, je décide de faire verser cette somme aux entreprises prestataires des travaux d’installation d’eau. Ces sociétés installent de manière effective, le réseau d’eau à l’hôtel de ville pour la somme totale de 4 960 500 (Quatre millions neuf cent soixante mille cinq cent) FCFA. L’hôtel de ville est connecté depuis novembre 2007 au réseau d’eau SNEC, au grand bonheur du personnel communal.

Question : Qu’en serait-il si sur les 4 960 555 obtenus de la SPM, j’avais déboursé 3 000 000 pour le Conseil Municipal qui n’était nullement l’objet de ce don ? (Voir attaché procès verbal de réception des travaux, constat d’effectivité des travaux par Huissier de justice, autres pièces prouvant que cet argent n’a jamais été détourné).

Où est le détournement ici ? La violation d’une règle de procédure comptable est-elle un détournement ? L’eau peut-elle exister à l’hôtel de ville et que j’en sois accusé de détournement ? Qu’est ce qui donc, a été détourné ? Rigoureux dans la gestion de la chose publique, je ne pouvais, nullement réorienter cet argent vers un objet auquel il n’était pas destiné c’est-à-dire le conseil municipal ; mais plutôt pour des travaux objet du don de la SPM (chacun peut vérifier que l’eau est bel et bien installé à l’hôtel de ville de Penja).

DES RAPPORTS MENSONGERS, BASE DE MA REVOCATION

Pour obtenir ma suspension puis ma révocation, le stratagème que le Préfet, le Sous-préfet et les négriers des bananeraies ont arrêté est le suivant : Demander la descente à la commune d’un contrôle mixte MINFI (Ministère des Finances) MINATD (Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation) courant décembre 2007. Une commission mixte MINATD-MINFI descend à la commune après avoir passé la nuit dans les plantations de bananes. Arrivée à la commune le lendemain, la commission dirigée par Joseph KUETE, sans m’entendre, décide de s’en prendre à la Secrétaire Générale de la commune contre toute attente. Je leur dis qu’il m’a été rapporté qu’ils ont passé la nuit dans la bananeraie. Sans se gêner, ils sont passés aux aveux. Que sont-ils allés faire dans la bananeraie alors qu’ils venaient pour des contrôles à la commune ? Dieu seul le sait jusqu’à nos jours. Après avoir passé 48 heures à Penja, aucune question ne m’a été posée sur ma gestion, ceux-ci se bornaient à vérifier les actes administratifs de la Secrétaire Générale.

Au terme de leur séjour, le rapport manipulé déposé auprès du MINATD porte sur des supposées sommes d’argent que j’aurais prises à la PHP et à la SPM, sommes que je n’ai pas reversées à la commune selon les contrôleurs et les propriétaires des bananeraies de Njombé Penja. Ceci est confirmé dans le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune du 05 Juin 2008 page 3, sur le titre : Pourquoi le Maire de Penja a-t-il été révoqué !

DES ALLEGATIONS MENSONGERES COMME ARME DE DESTRUCTION DU MAIRE ELU

Dans un entretien accordé à Monsieur Sébastien Moreigne d’Amnesty International, Sieur Patrice O’Quin, propriétaire des bananeraies de la SPM, bourreau de LAPIRO de MBANGA et Paul Eric KINGUE, affirme ce qui suit : « Le Maire Paul Eric KINGUE, je ne le connais pas personnellement. Je sais qu’il est corrompu. Une fois élu Maire, il a été trouvé les sociétés bananières pour leur demander des financements pour la mise en eau de Penja. Les PHP lui ont donné 17 millions de francs CFA, et la SPM 7 millions de francs CFA. Il ne les a pas reversés, et la Société Nationale des Eaux du Cameroun (SNEC) a déposé plainte contre lui, voyez la SNEC à ce sujet … »

Cette déclaration qui coïncide curieusement avec l’article paru dans Cameroon Tribune, vient conforter ma conviction selon laquelle ma révocation vient des bananeraies. Pourquoi en douter quand on sait que pour motiver ma révocation, le décret Présidentiel dit ce qui suit : « … révoqué pour irrégularités constatées dans la gestion de la commune … ». Cameroon Tribune a bien titré : « Voici pourquoi le Maire de Njombé-Penja a été révoqué ».

Dans l’article incriminé, il est écrit, noir sur blanc « qu’une fois installé à la tête de la commune, j’ai été collecté des sommes d’argent dans les plantations bananières, que je n’ai pas reversées. Sous réserve qu’il me soit prouvé devant les juridictions pénales françaises que j’ai perçu des supposées sommes d’argent dans ces plantations, j’ai le devoir d’informer les communautés nationale et internationale que jamais, mais alors jamais, il n’a existé aucune promiscuité entre ces sociétés et moi. Autrement dit, je n’ai jamais traité des questions de moindres sous avec ces sociétés. Qu’il s’agisse des 17 millions dont a parlé Monsieur O’Quin, venant de la PHP, qu’il s’agisse des 7 millions supposés avoir été perçu par moi dans son entreprise. Jamais la SPM n’a versé 7 millions de francs CFA à Paul Eric KINGUE, jamais la PHP n’a versé 17 millions à Paul Eric KINGUE en tant qu’individu, ni en tant que Maire. La seule dépense effectuée par la SPM au profit de la commune, c’est celle se rapportant à l’extension du réseau d’eau SNEC installée de façon effective, visible, palpable, constatable à l’hôtel de ville et vérifiable par tous. Et cette somme était de 4 960 555 FCFA.

A la lecture de cette enquête menée par Sébastien Moreigne, il ressort clairement un gros tissu de mensonges venant d’un homme qualifié de patriarche, qui semble ne pas avoir la maîtrise de ses affaires en Afrique. Il transpire par ailleurs que les Directeurs Généraux des plantations de Njombé-Penja et Mbanga, quand ils veulent détourner, inventent n’importe quelle potion à faire avaler à Robert Fabre (Propriétaire de la PHP) et à Patrice O’Quin (Propriétaire SPM).

LA GOUTTE D’EAU QUI DEBORDE LE VASE

Le 27 février 2008, alors que le Sous-préfet et moi venions d’obtenir le calme à Njombé Penja, je reçois un appel téléphonique d’une chaîne de télévision privée de la place, qui voulait avoir des précisions sur le bilan des émeutes dans ces localités. Encerclés (le Sous-préfet, le Commandant, le Maire, le Colonel) par au moins 5 000 (cinq mille) jeunes portant encore des gourdins et menaçant de reprendre les émeutes si je ne disais pas la vérité, je suis contraint de déclarer ce qui suit : « … Njombé-Penja compte un mort, et Loum 6 victimes dont des blessés et des morts … »

Cette déclaration qui n’a pas été appréciée par la hiérarchie politique de la République est la goutte d’eau qui déborde le vase. C’est elle qui scelle mon sort. Une déclaration, une opinion. Une seule déclaration a suffi pour que je sois arbitrairement arrêté. Une déclaration faite sous la menace des assaillants, une menace telle que, nul ne pouvait faire autrement.


CONCLUSION

Cette mise au point est faite d’une part, pour permettre la compréhension de ce feuilleton qui, le 25 février prochain entrera dans sa 3e année, d’autre part, les manipulations politiciennes qui ont conduit à mon arrestation. Il était évident que ma présence à la commune de Penja hantait les opérateurs économiques propriétaires des bananes, que je mets au défi, du fond de la prison où je croupis injustement, d’apporter la moindre preuve du payement de leurs patentes, des enregistrements des baux (dont 90% de paiement reviennent aux communes), les paiements des taxes agricoles, des taxes communales fixées par délibérations approuvées pourtant par la tutelle administrative (Préfet, Gouverneur).

 Ma présence à la tête de cette commune menaçait également les intérêts financiers d’un Préfet et d’un Sous-préfet corrompus et sans hauteur, qui des années durant, ont fait mains basse sur les ressources d’une commune qui n’arrivait pas à retrouver ses repères et dont j’étais décidé de renflouer les caisses, pour le bien des populations de Njombé-Penja qui m’ont accordé leur suffrage pendant les

Quelle est cette logique qui veut qu’au Cameroun, seuls les voleurs de la fortune publique, les déstabilisateurs de l’équilibre social soient récompensés ? Ne méritais-je pas d’être soutenu dans mes nobles ambitions de redonner à une commune ce qu’elle a perdu depuis plus de 3 décennies ? Devrais-je forcement m’aligner dans la logique de corruption en acceptant les propositions faites par ces Directeurs coloniaux qui me proposaient 20 millions FCFA par trimestre. Peut être en acceptant cet argent, j’aurais été financièrement heureux, mais j’en suis sûr malheureux moralement pour avoir été complice des malheurs d’une population qui souffre au quotidien. « J’ai préféré moi, de souffrir financièrement et vraiment, je souffre dans la Prison de New Bell où je suis arbitrairement incarcéré ».

Paul Eric Kingué

Maire légitime de la Commune de Njombé-Penja,

Détenu politique des Bananeraies PHP & SPM

Paroles et faits autogestionnaires: Comment en finir avec le processus électoral inique (EZLN)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 23 mai 2015 by Résistance 71

Texte d’un porte-parole de ceux qui s’autogèrent et s’auto-déterminent dans le sud du Mexique depuis 1994. Sagesse autochtone et réalisme politique, que nous devrions absorber et adapter à nos vies. Pour que triomphent enfin “ceux d’en bas” pour l’égalité et la justice pour tous. Les paroles du sub Moisès sont d’or…

~ Résistance 71 ~

 

“Ce n’est plus d’être heureux que je souhaite maintenant, mais seulement d’être conscient.” (Albert Camus)

“Omettre ou minimiser ces voix de la résistance est créer l’idée que le pouvoir ne réside qu’avec ceux qui ont les armes, possèdent la richesse, les journaux et les stations de radio et télévision. Je désire montrer que les gens qui paraissent n’avoir aucun pouvoir, soient-ils des travailleurs, des gens de couleurs, des femmes, une fois qu’ils s’ORGANISENT et créent des mouvements, ont une voix qu’aucun gouvernement ne peut supprimer.” (Howard Zinn)

« Tout comme il y a une globalisation capitaliste néolibérale, il y a une globalisation de la rébellion. » (EZLN)

 

Au moment des élections organisez la résistance

 

Avril~Mai 2015

 

Par le Subcomandante Insurgente Moisés

Aux compas de la sixième:

 

url de l’article:

http://bsnorrell.blogspot.com/2015/05/zapatistas-in-times-of-elections.html?spref=bl

 

~ Traduction Résistance 71 ~

 

A ceux qui lisent ces mots parce qu’ils les intéressent, alors même qu’ils ne font pas partie de la 6ème:

Ces jours, à chaque fois que se produit ce qu’ils appellent un “processus électoral”, on entend et on voit les choses qui sortent immanquablement disant que l’EZLN appelle à l’abstention, que l’EZLN dit que les gens ne devraient pas voter. Ils disent cela et d’autres idioties, ces grosses têtes qui n’étudient pas l’histoire ni même n’essaient de comprendre quoi que ce soit. Et ils mettent même toutes ces absurdités dans les livres d’histoire et les biographies, ils font payer pour cela en plus. C’est à dire qu’ils font payer pour des mensonges. Comme les politiciens.

Bien sûr on sait qu’ils ne sont pas du tout intéressés en ces choses, que ceux d’en-haut inventent afin d’essayer de convaincre ceux d’en-bas qu’ils sont concernés à leur sujet.

En tant que Zapatistes, nous n’appelons pas les gens à ne pas voter, nous ne les appelons pas non plus à voter. En tant que Zapatistes, à chaque fois que nous en avons l’opportunité, nous disons aux gens qu’ils doivent s’organiser pour résister et pour lutter afin d’obtenir ce dont ils ont besoin.

Nous, comme bien des peuples originels de ces terres, savons déjà comment les partis politiques opèrent et c’est une mauvaise histoire de gens mauvais.

Et pour nous Zapatistes, ceci est une histoire appartenant déjà au passé.

Je pense que feu le père Juan Chavez Alonso a dit que les partis politiques séparent et divisent les gens, créant confrontation et conflits entre eux, même au sein des membres d’une même famille,

Et nous nous voyons ceci se produire encore et toujours.

Nous savons tous que dans beaucoup de communautés où nous vivons, il y a des gens qui ne sont pas Zapatistes et qui ne sont pas organisés, qui survivent en espérant que le mauvais gouvernement leur donnera quelques broutilles en échange de quelques photos pour la RP qui présente le gouvernement sous un bon jour.

Ainsi nous voyons qu’à chaque fois qu’il y a des élections, certains s’habillent en rouge, d’autres en bleu, d’autres encore en vert ou en jaune, certains en couleurs délavées etc… Et ils se battent entre eux ; parfois ils se battent entre membres d’une même famille. Pourquoi se disputent-ils ? Et bien ils se battent au sujet de qui va les diriger, d’à qui ils vont obéir, qui va leur donner des ordres.. Ils pensent que quelque soit la couleur qui gagne, les gens qui ont soutenu cette couleur vont recevoir plus. Nous voyons bien qu’ils disent qu’ils sont très au courant et décisifs dans leur choix de parti politique et parfois même ils se trucident pour une putain de couleur. C’est la même chose pour tous ceux qui veulent obtenir une position politique, peu importe qu’ils soient habillés en rouge, vert ou bleu ou même s’ils ont parfois une nouvelle couleur à faire valoir.

Et ils disent qu’ils appartiennent et viennent du peuple et donc que le peuple les soutient. Mais ils ne viennent pas du peuple, ils viennent des mauvais gouvernements qui un jour sont les représentants locaux et le jour suivant les leaders des syndicats, puis les fonctionnaires des partis et les présidents municipaux, c’est comme cela qu’ils fonctionnent, sautant d’une position à une autre et aussi souvent d’une couleur à une autre. Ce sont les mêmes personnes, avec les mêmes noms de famille comme toujours, les fils, petits-fils, oncles, neveux, parents, beaux-frères, petits-amis, amants, amis des mêmes tricheurs et des mêmes caïds de cour de récré, comme toujours. Ils disent toujours la même chose: qu’ils vont sauver les gens, que cette fois-ci ils vont faire attention et bien se comporter, qu’ils ne voleront pas trop, qu’ils vont aider ceux qui n’ont rien, qu’ils vont les sortir de la pauvreté…

Et puis, ils dépensent leur argent qui n’est bien sûr pas le leur mais celui qui vient des impôts, mais ces petites frappes et ces tricheurs ne dépensent pas tout cet argent pour aider ceux qui sont au fond du trou. Non, non. Ils le dépensent dans leur propagande politique, affichant posters et photos, faisant des pubs électorales à la radio à la télévision, mettant des pages de pub dans les journaux et les magazines et même passant des spots dans les cinémas.

Les gens dans les communautés qui sont des partidistas (personnes qui s’identifient à un parti politique) pendant le temps des élections sont très conscients de la couleur qu’ils supportent et dès qu’il devient clair qui a gagné, alors ils changent de couleur car ils croient qu’ils recevront aussi des dividendes pour leur “soutien”.

Supposez par exemple qu’ils reçoivent une télévision. Et bien, en tant que Zapatistes nous disons qu’on leur a donné une poubelle, parce qu’avec cette télé, ils vont recevoir une montagne d’ordure et de détritus.

Peu importe que les partis leur ont donné ce qui fut promis auparavant, maintenant ils ne vont rien leur donner du tout.

Et si les partis leur ont donné quoi que ce soit, ce fut pour les rendre encore plus fainéants. Ils ont oublié comment travailler la terre. Ils sont juste là, attendant le prochain chèque du gouvernement pour le dépenser en picole. Ils sont dans leurs maisons, se moquant de nous parce que nous cultivons la terre, tandis qu’ils s’assoient attendant tranquillement que leurs femmes ou leurs filles reviennent avec la pitance du gouvernement.

Il en est ainsi jusqu’au jour où la paie promise ne vient pas. Pas de préavis, ce n’est pas annoncé par la presse soudoyée, personne ne vient leur dire qu’ils sont leur propre sauveur. Il n’y a simplement plus de soutien, alors ces frères et sœurs comprennent qu’ils n’ont rien, qu’il n’y a plus d’argent pour la picole, mais qu’il n’y en a plus non plus pour le maïs, les haricots, le savon ou des sous-vêtements. Alors ils doivent retourner vers le petit lopin de terre fermière qu’ils avaient abandonné et qui est si rempli de mauvaises herbes qu’ils ne peuvent plus le traverser et parce qu’ils ont oublié comment travailler, bientôt leurs mains sont couvertes d’ampoules et ils ne peuvent plus tenir leur machette. Ils sont devenus inutiles à ce point en ne vivant que des subsides du gouvernement au lieu de travailler.

Ceci se produit déjà. Ils n’en parlent pas aux infos contrôlées de toutes façons par le mauvais gouvernement. Au contraire, les infos disent qu’il y a beaucoup de soutien et de subsides du gouvernement, mais rien ne vient pour les gens. Où va donc cet argent que le gouvernement dit qu’il dépense en subsides dans sa campagne contre la pauvreté ? Et bien nous savons déjà que ceux au dessus ont dit qu’il y allait avoir de moins en moins de sous, voire même plus du tout. Pensez-vous que si tous les paysans habitués aux subsides cessent de travailler cela va faire travailler ceux au dessus ? Non, non. Le mec plus haut est habitué à recevoir pour ne rien donner en échange. Il ne sait pas comment vivre honorablement de son travail, la seule chose qu’il connaisse est de vivre s’il a une position qui lui est assignée par son gouvernement.

Donc maintenant qu’il y a moins d’argent, il n’y a plus de distributions. Tout l’argent reste plus haut dans les échelons et ne redescend plus vers le bas. Le gouverneur prend sa part du butin, le juge également, puis la police, un peu va aux représentants locaux, un peu au président municipal, des miettes aux fiduciaires, des poussières au dirigeants syndicaux et il n’y a plus rien pour les partidistas et leurs familles.

Avant il y avait un petit quelque chose, maintenant, plus rien. “Que se passe t’il ?” demande le partidista. Il pense que c’est à cause de la couleur, que ça ne marche plus alors.. il essaie une autre couleur. Pareil. Dans leurs assemblées les partidistas sont en colère, ils crient, accusent, s’accusent les uns les autres de choses, ils s’appellent traîtres, s’invectivent, se traitent de vendus, de corrompus, mais en fin de compte c’est toujours ceux qui hurlent et ceux sur qui on crie qui sont les traîtres, les vendus et les corrompus.

Ainsi donc, ceux qu’ils appellent la base du parti perdent espoir, se font du souci et se sentent mal. Ils arrêtent de plaisanter parce qu’ils comprennent que dans les maisons des Zapatistes, il y a du maïs, des haricots, des légumes, il y a un peu d’argent pour des médicaments et des vêtements. Notre travail collectif nous aide à nous soutenir les uns les autres quand nous sommes dans le besoin. Il y a une clinique, il y a une école et ce n’est pas gràce au gouvernement qui ne nous aide en rien, Nous, par nous-mêmes nous sommes aidés les uns les autres en tant que compañeros et compañeras zapatistes de la 6ème.

Alors le frère partidista vient vers nous tout triste et nous demande ce qu’il doit faire, disant qu’il s’est fait baiser.

Savez-vous ce que nous lui disons alors:

Nous ne lui disons pas qu’il doit changer de parti, pour celui qui est maintenant le moindre mal.

Nous ne lui disons pas de voter.

Nous ne lui disons pas de ne pas voter.

Nous ne lui disons pas qu’il devrait devenir zapatiste, parce que nous savons tous déjà, au travers de notre propre histoire, que tout le monde n’a pas le cœur ni la force d’être un Zapatiste.

Nous ne nous moquons jamais de lui.

Nous lui disons qu’il doit simplement s’organiser.

“Alors que dois-je faire?” demande t’il.

Alors nous lui disons: “Tu vas voir par toi-même ce qu’il y a à faire, ce qui émerge de ton cœur et de ta tête, personne d’autre ne va te dire ce qu’il faut faire.”

Alors il dit: “La situation est vraiment, vraiment mauvaise.”

Nous ne lui mentons pas, ni ne lui faisons de grands discours, nous lui disons la simple vérité qui est: “Cela va empirer.”

– * –

On sait comment çà se passe.

Mais aussi, en tant que Zapatiste, nous savons très bien qu’il y a encore des gens dans d’autres parties de la ville et de la campagne qui se laissent piéger à devenir des partidistas.

Bien qu’être impliqué avec un parti semble être attractif parce que vous pouvez faire de l’argent sans travailler, sans être harassé de travail pour faire quelques sous ; mais ceux d’au-dessus trompent les gens. C’est leur boulot et c’est comme çà qu’ils survivent.

Nous voyons bien qu’il y a des gens qui y croient, que oui, maintenant la situation va s’améliorer que ce leader politique va arranger les choses et leurs problèmes, qu’il va bien se comporter, qu’il ne va pas trop voler, qu’il ne sera impliqués que dans quelques scandales seulement et que bon, ils doivent lui donner une chance…

Nous disons que tout ceci n’est que la petite histoire qui doit se produire. Que les gens doivent apprendre d’eux-mêmes que personne ne va résoudre leurs problèmes pour eux, et que bien au contraire nous devons prendre les affaires en main pour les résoudre nous-mêmes en tant que collectifs organisés.

Ce sont les gens qui créent les solutions, jamais les partis politiques ou les leaders.

Nous ne disons pas cela pour faire bien, parce que ça “sonne bien”. Nous disons cela parce que nous le voyons tous les jours dans la réalité, parce que nous le faisons déjà, ceci est notre quotidien.

– * –

On pourrait dire qu’il y a longtemps, avant qu’ils ne deviennent partie intégrante de l’appareil institutionnel, certains partidistas de la gauche cherchèrent à construire une conscience chez les gens. Qu’ils ne cherchaient pas le pouvoir au travers des élections, mais qu’ils désiraient faire bouger les gens pour qu’ils s’organisent, qu’ils luttent et changent le système. Pas seulement le gouvernement, mais le système dans son entièreté.

Pourquoi dis-je les partidistas de la gauche institutionnelle ? Et bien parce que nous savons qu’il y a des partis de gauche qui ne sont pas impliqués dans les affaires présentée ci-dessus, ils ont leur forme, mais ne se vendent pas, ni n’abandonnent, ni ne changent leur croyance que nous devons en finir avec le système capitaliste. Parce que nous savons et en tant que Zapatistes nous n’oublions pas, que l’histoire de la lutte d’en-bas est aussi écrite avec leur sang.

Mais l’argent est l’argent et au-dessus c’est au-dessus et les partidistas de la gauche institutionnelle ont changé leur façon de penser et maintenant ils recherchent des positions payées. C’est aussi simple que cela: le fric, ou en d’autres termes: la paye, le salaire.

Croyez-vous vraiment qu’il soit possible de créer une conscience politique en dédaignant, en humiliant et en calmomniant ceux d’en-bas ? En leur disant qu’ils ne sont qu’une bande de “bouffeurs de sandwich” qui ne pensent pas ? qu’ils sont ignorants ?

Pensez-vous vraiment pouvoir créer une conscience politique en demandant aux gens de voter pour vous tout en leur disant simultanément qu’ils sont des imbéciles qui se vendraient pour une télé ?

Pensez-vous créer une conscience politique si vous leur dites “Hé vous les partidistas de la gauche, ce tricheur et cette petite frappe qui dit être l’espoir pour le futur bossait pour une autre couleur auparavant et ce n’est qu’un rat”, alors les gens vous répondent que vous êtes vendu à Peña Nieto ?

Pensez-vous que vous créez de la conscience politique si vous mentez au peuple, leur disant que nous, les Zapatistes, disons de ne pas voter, parce que vous voyez que vous n’aurez peut-être pas assez d’électeurs dans vos registres, ou en d’autres termes, fini de payer et vous chercher quelqu’un sur qui rejeter le blâme ?

Pensez-vous créer de la conscience politique si vous avez maintenant les mêmes personnes bossant pour votre parti qui étaient avant des rouges, des bleus ou des jaunes ?

[…]

Si au Chiapas, Velasco frappe les gens de la main, ses partidistas frappent les gens alentours avec leur racisme non-voilé.

Il est très clair que la seule chose pour laquelle les partidistas créent de la conscience est qu’en plus d’être arrogants, ce sont aussi de parfaits imbéciles.

Que pensent-ils?

Qu’après avoir été insultés, trompés et calominiés, que les gens d’en-bas vont se mettre à genoux devant cette couleur politique, voter pour eux et implorer d’être sauvés ?

Ce que nous, Zapatistes, disons est ceci: Vous avez la preuve que pour être un politicien de parti d’en-haut, vous devez être sans honte, imbécile ou un criminel… ou les trois à la fois.

-*-

Nous, Zapatistes, disons que nous ne devrions pas être effrayés d’avoir le peuple qui gouverne. C’est la voie la plus saine et le plus juste. Parce que ce sont les gens eux-mèmes qui vont procéder au changement qui est vraiment nécessaire et cela est la seule façon pour qu’un nouveau système de gouvernement se mette à exister.

Ce n’est pas que nous ne savons ce que choisir un candidat ou des élections sont. Nous, les Zapatistes, avons un calendrier et une géographie différents pour le comment avoir des élections en territoire rebelle, en résistance.

Nous avons nos propres méthodes où les gens choisissent et cela se fait sans dépenser des millions, encore moins en produisant des tonnes de détritus en plastique, des bannières, photos, posters représentant des rats et des criminels.

Il est vrai que cela fait juste 20 ans que nous avons choisi notre système autonome, de manière véritablement démocratique. C’est comme cela que nous avons marché ensemble, dans la liberté que nous avons obtenue pour nous-mêmes et avec une “autre” justice d’un peuple organisé dans le processus du choix. Où tout le monde trouve un accord et organise le politique pour s’assurer que les gens obéissent à leur mandat. Où les gens s’organisent pour déterminer le travail qui sera effectué par les représentants. En d’autres termes: le peuple commande au gouvernement (NdT: Dans la plus pure tradition ancestrale amérindienne des sociétés à la chefferie sans pouvoir, où le chef est endetté vis à vis du peuple et n’est qu’un porte-parole sans aucun pouvoir, celui-ci étant dilué dans le peuple qui décide en assemblées…)

Le peuple s’organise en assemblées, où les gens commencent par exprimer leur avis, de là des propositions émergent sur un sujet donné et ces propositions sont étudiées en évaluant avantages et inconvénients, pour analyser ce qui est le mieux pour le bien commun. Avant de prendre une décision, les propositions sont renvoyées vers le peuple et l’assemblée pour être approuvées de façon à ce qu’une décision puisse être prise en accord avec la majorité des communautés (NdT: petite différence ici mais notoire avec les nations natives plus au nord du sous-continent où les décisions sont prises à l’unanimité…).

Ceci est la vie zapatiste dans les communautés. Ceci est une véritable culture.

Est-ce que cela vous semble lent ? C’est pourquoi nous disons que cela se fait en accord avec notre calendrier.

Pensez-vous que c’est parce que nous sommes des peuples indigènes ? C’est pourquoi nous disons que ceci est en accord avec notre géographie.

Il est vrai que nous avons commis bien des erreurs et avons connu bien des échecs. Et il est aussi vrai que nous en connaîtrons encore d’autres.

Mais ce sont NOS ECHECS.

Nous les commettons, nous en payons le prix.

Ce n’est pas comme dans les partis politiques où les leaders se plantent, où ils font même payer pour leurs erreurs et ce sont ceux du dessous qui paient les pots cassés.

Voilà pourquoi les élections qui pointent au moins de Juin ne nous concernent pas en quoi que ce soit.

Nous n’appelons pas les gens à voter, ni à ne pas voter. Cela ne nous intéresse tout simplement aucunement.

Mieux, cela ne nous inquiète nullement.

Pour nous, Zapatistes, ce qui nous intéresse est de savoir comment résister et confronter les têtes multiples du capitalisme et de son système qui nous exploite, nous opprime, nous réprime, nous fait disparaître et nous vole,

Le capitalisme n’opprime pas dans un seul endroit et d’une seule façon. Il vous opprime si vous êtes une femme, il vous opprime si vous êtes un col bleu ou un col blanc, il vous opprime si vous êtes un paysan, si vous êtes jeune, si vous êtes un enfant. Il vous opprime si vous êtes un enseignant, un élève, un étudiant, si vous êtes un artiste ; il vous opprime si vous pensez, si vous êtes humain, si vous êtes une plante, un animal, de l’eau ou la terre.

Il importe peu le nombre de fois où il le lave ou le parfume, le système capitaliste “dégouline de la tête aux pieds, de chaque pore de la peau, de sang et de saleté” (vous pouvez vous amuser à chercher qui a écrit cela et où…)

Ainsi notre idée n’est pas du tout de promouvoir le vote.

Ni de promouvoir l’abstention ou le vote blanc.

Ni de donner des recettes sur le comment confronter le capitalisme.

Ni d’imposer notre façon de penser aux autres.

Le séminaire est afin de voir les différentes têtes du système capitaliste, d’essayer de comprendre s’il y a de nouvelles façons de nous attaquer ou si les méthodes sont les mêmes qu’avant.

Si nous sommes intéressés par d’autres façons de penser, c’est afin de voir si nous avons raison sur ce que nous pensons qui arrive, qu’il va y a voir une crise économique terrible et dévastatrice qui va se connecter avec d’autres mauvaises choses et que cela occasionnera des dégàts énormes partout et à tout le monde, dans le monde entier.

S’il est vrai que cela arrive, ou que cela est déjà en train de se produire, nous devons penser pour savoir si cela marchera de continuer à faire les mêmes choses qui ont été faites avant.

Nous croyons que nous avons l’obligation de penser, d’analyser, de réfléchir, de critiquer, de trouver notre propre vitesse d’exécution, notre mode de fonctionnement, dans nos endroits et en notre temps.

Maintenant je demande à ceux d’entre vous qui lisent ceci: que vous votiez ou non, est-ce un mal de penser à ce qui se passe dans le monde dans lequel nous vivons, de l’analyser, de le comprendre ? Est-ce que penser de manière critique empêche de voter ou de s’abstenir de voter ? Est-ce que cela nous aide à nous organiser ou pas ?

– * –

Pour en finir avec les élections:

Pour que ce soit clair et que vous ne soyez pas induits en erreur par ce que nous disons et ne disons pas.

Nous comprenons qu’il y a ceux qui pensent que c’est possible de changer le système de l’intérieur par le vote dans les élections.

Nous disons que cela est difficile parce que c’est le même dominant qui organise les élections, qui décide qui seront les candidats, qui dit comment, quand et où voter, qui annonce qui a gagné et qui dit si les élections furent légales ou pas.

Mais eh, il y a des gens qui pensent que cela peut marcher. Okay, nous ne disons pas non, mais nous ne disons pas oui non plus.

Alors, votez pour une couleur ou un autre délavée, ou ne votez pas, ce que nous disons en revanche est que nous devons NOUS ORGANISER et prendre la décision de qui gouverne entre nos mains et les faire obéir au peuple !

Si vous avez déja décidé que vous n’irez pas voter, nous ne disons pas que c’est bien ou mal. Nous disons simplement que ce n’est pas suffisant, que vous devez vous organiser. Et bien sûr que vous devez vous préparer à ce qu’ils vous accusent pour les misères des partis de la gauche institutionnelle.

Si vous avez décidé que vous allez voter et aussi déjà pour qui, alors pareil, notre opinion est que ce n’est ni bien ni mal. Mais ce que nous disons clairement néanmoins est que vous devez vous préparer parce que vous allez être sérieusement en colère quand viendra le temps des fraudes et des trahisons de paroles données. Ceux du pouvoir sont des experts en triche. Ce qui va se passer a déjà été décidé par ceux d’en-haut.

Nous savons aussi qu’il y a des leaders qui mentent et trompent les gens. Ils disent qu’il n’y a que deux voies pour changer le système: la lutte électorale et la lutte armée.

Ils disent cela parce qu’ils sont ignotants et sans honte, ou les deux.

En premier lieu, ils ne se battent pas pour changer le système ou prendre le pouvoir, mais pour être au gouvernement. Ce n’est pas la même chose. Ils disent qu’une fois en place au gouvernement, ils feront les bonnes choses, mais ils font très attention de bien clarifier qu’ils ne vont pas changer les système, qu’ils vont juste se débarrasser de ce qui est mauvais.

Peut-être devraient-ils étudier un peu mieux et apprendre qu’être au gouvernement ne veut pas dire avoir le pouvoir.

Vous pouvez constater qu’ils ne réalisent pas que s’ils se débarrassaient des mauvaises parties du capitalisme, il n’y aurait alors plus de capitalisme et je vais vous dire pourquoi: parce que le capitalisme est l’exploitation de l’homme par l’homme et du grand nombre par le petit nombre. Même en incluant les femmes, c’est la même chose. C’est le système où les uns s’enrichissent du travail des autres. Si ces partidistas disent que cela est bien et qu’ils doivent juste faire attention que leurs élus ne poussent pas le bouchon trop loin, ok, laissez les dire.

Mais il y a plus que les deux voies décrites (la voie électorale et la voie armée) pour entrer au gouvernement. Ils oublient que le gouvernement peut tout aussi bien être acheté, pas seulement cela, mais peut-être ont-ils aussi oublié qu’il est parfaitement possible de gouverner sans même être au gouvernement.

Si ces gens disent que cela n’est possible qu’avec des armes ou des élections, la seule chose qu’ils nous disent en fait, est qu’ils ne connaissent rien à leur histoire, qu’il n’ont pas bien étudié, qu’ils n’ont aucune imagination et qu’ils n’ont aucune honte.

Ce serait suffisant pour eux de voir juste un peu de ce qu’il se passe en-bas. Mais leurs cous sont déjà courbaturés de trop regarder en haut.

C’est pourquoi nous, les Zapatistes, ne sommes jamais fatigués de dire organisez-vous, organisons-nous, chaque personne là où elle est, luttons et organisons-nous, travaillons pour nous organiser, commençons par penser comment commencer à nous organiser et rassemblons nous afin d’unifier nos organisations pour vivre dans un monde où le peuple commande et le “gouvernement” obéit.

En résumé, comme nous l’avons dit au préalable et nous le redisons maintenant: que vous votiez ou non… ORGANISEZ-VOUS

Et bien, nous, Zapatistes, pensons que nous devons avoir de bonnes idées afin de nous organiser. Ce qui revient à dire nous avons besoin de théorie, de pensée critique.

Avec la pensée critique, nous pouvons analyser les modes de l’ennemi, de celui qui nous opprime, nous exploite, nous réprime, nous méprise et nous vole.

Mais avec la pensée critique nous pouvons également analyser et critiquer notre propre chemin.

Pour cette raison, nous appelons toute la 6ème à se rassembler pour penser, analyser, théoriser et de voir comment nous voyons le monde, notre lutte et notre histoire.

Nous en appelons à ce que vous ayez vos propres séminaires et partagiez avec nous ce que vous y cultivez.

– * –

En tant que Zapatistes, nous allons continuer à nous gouverner nous-mêmes comme nous le faisons déjà, là où le peuple dirige et le gouvernement obéit.

Comme le disent si bien nos compañeros: Hay lum tujbil vitil ayotik. Ce qui veut dire: comme il est bon le chemin que nous empruntons.

Une autre: Nunca ya kikitaybajtic bitilon zapatista. Ce qui veut dire: nous ne cesserons jamais d’être zapatistes.

Encore une: Jatoj kalal yax chamon te yax voon sok viil zapatista. Même mort, on m’appelera toujours zapatiste.

Depuis les montagnes du sud-est mexicain.

Au nom de l’EZLN, des femmes, hommes, enfants et anciens de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (Ejercito Zapatista de Liberacion Nacionale)

Subcomandante Insurgente Moisés

Mexico, April-May of 2015.

[i] The text uses “cabrón,” like bully or asshole, and “cabra,” (literally “goat”), playing with the feminine form of gendered nouns in Spanish. We will use “cheats and bullies” throughout the rest of the translation for this phrase.

[ii] The text uses “compañeroas,” to give a range of possible gendered pronouns including male, female, transgender and others.

[iii] A reference to those who accept gifts or handouts—often a sandwich at a rally—from the political parties in return for support.

[iv] A reference to the slap Chiapas governor Manuel Velasco gave to an assistant at a December 9, 2014, public event, which was caught on camera.

[v] From Karl Marx’ Capital Volume 1, Chapter 31.

[vi] The text uses “unoas” (some) and “otroas,” (others) to give a range of possible gendered pronouns including male, female, transgender and others.

Comprendre pour mieux agir: La bataille contre le système… 4ème partie

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , on 22 mai 2015 by Résistance 71

4ème partie: L’«infestation», ou la guerre du Système contre les citoyens(La bataille contre le Système, épisode IV)

12/11/2013

1ère partie
2ème partie
3ème partie
4ème partie

Dans le chef d’œuvre d’anticipation qu’est le film de Terry Gilliam «Brazil», les barbouzes qui viennent arrêter par erreur Archibald Buttle font irruption chez lui par un trou percé dans son plafond. L’effet est glaçant. C’est l’idée de la violence étatique qui peut surgir de partout ; que même la matière ne peut contenir, qui se dissémine à travers vos murs pour envahir votre intimité. La sécurité du foyer n’est plus qu’une illusion. Il n’y a plus de refuge. Tout est perméable à la force intrusive de l’Etat. Simple fiction ? Plus maintenant. Les stratèges du Système (1) appellent cela l’«infestation», et elle constitue aujourd’hui le fin du fin de la pensée militaire contemporaine. Cette tactique a aussi son clone virtuel avec l’«infestation» de l’Internet citoyen par les agences de renseignements. Au moment où l’Hyper-Titanic néolibéral amorce son naufrage, le Système adapte donc fort opportunément sa doctrine et ses moyens sécuritaires à la contre-insurrection, c’est-à-dire à la guerre contre les citoyens.

Avertissement Ce texte constitue le quatrième épisode de notre série d’essais «De la bataille contre le Système». Il complète le précédent opus (dont nous recommandons la lecture préalable) dans lequel nous évoquions, entre autres, la probable criminalisation puis répression de la contestation au Système une fois celui-ci entré dans la phase critique de son effondrement.

Changement de paradigme


Avec la fin de la Guerre Froide et la globalisation, la menace de conflits entre Etats s’est amenuisée au profit du risque de guerres asymétriques, c’est-à-dire contre des acteurs non-étatiques. On parle de guerre de quatrième génération (G4G), ou de guerre du «faible au fort» car elle oppose un Etat à des combattants «irréguliers», disposant d’un armement plutôt limité, dans un conflit de basse intensité qui se déroule essentiellement en milieu urbain.
 La recherche de profondeur informationnelle (surveillance, écoutes, espionnage) et le développement d’armements et de stratégies de contre-guérilla et de contre-insurrection représentent donc désormais les axes principaux des nouvelles doctrines sécuritaires du Système.
 Nous nous situons de plus en plus dans le champ d’opérations de police plutôt que militaires (les Suisses assument officiellement ce changement de paradigme), et la force d’écrasement massif à disposition des Etats ne représente qu’un dernier recours pour des circonstances de moins en moins probables.
Le Système adapte ainsi sa doctrine et ses moyens sécuritaires à la menace insurrectionnelle car, comme nous le relevions dans notre précédent épisode, tout système complexe a pour premier objectif de «persévérer dans son être». Et la capitainerie de notre Hyper-Titanic est parfaitement consciente que seules la violence et la répression lui permettront de faire perdurer ses privilèges au moment où le vaisseau commencera véritablement à couler.

La Palestine, principal laboratoire d’expériences du Système


Chaque guerre conduite par le Système, que ce soit en Irak, en Afghanistan, en Libye ou en Syrie, représente bien évidemment autant de laboratoires d’expériences militaires. Mais pour ce qui est de la contre-guérilla ou de la contre-insurrection, son principal laboratoire d’expériences à ciel ouvert est la Palestine. 
Depuis 60 ans, la puissance occupante israélienne y conduit en effet une guerre de basse intensité qui lui permet de tester et de développer un armement et un savoir-faire que les armées du Système s’arrachent sans état d’âme. Ceci expliquant peut-être, au moins partiellement, l’impunité totale dont jouit l’entité sioniste dans son interminable agression du peuple palestinien.
Il faut dire que l’expérience israélienne est des plus précieuses pour le Système. Elle prouve qu’avec un savant dosage de très haute technicité et de barbarie, il est parfaitement possible d’asservir et de contrôler, dans la plus grande pauvreté, une population gigantesque alors même qu’elle compte de nombreux groupes d’insurgés armés et entraînés.
En d’autres termes, l’expérience israélienne confirme qu’avec les moyens modernes de répression, une minorité de nantis peut survivre et même prospérer au milieu d’un océan de pauvreté et d’hostilité.
De quoi rassurer la capitainerie du Système donc, banksters et prédateurs en tête.

La «tondeuse à gazon» israélienne


Pour ce qui est de la théorisation des nouvelles doctrines contre-insurrectionnelles, l’entité sioniste est donc à la pointe du «progrès».
Le premier défi pour un système cherchant à perdurer dans un environnement hostile est de toujours garder l’initiative pour contrôler l’intensité du conflit et le maintenir à un niveau «acceptable» pour lui.
La stratégie développée par Israël à cet égard est celle dite de la «tondeuse à gazon».
Il s’agit ici d’épuiser matériellement, physiquement et moralement les insurgés en lançant périodiquement des campagnes d’assassinats ou de bombardements pour «tondre» littéralement la résistance de son matériel et de ses cadres ou combattants les plus éclairés ou aguerris.
De la sorte, les dotations et les capacités de nuisance des insurgés restent toujours sous le seuil désiré.
Dans l’intervalle des campagnes militaires, la stratégie appliquée est celle de n’importe quelle puissance occupante depuis l’aube des temps : arrestations et détentions arbitraires, torture, intimidation, meurtres épisodiques et harcèlement. Ce climat de terreur permet de garder le contrôle du territoire en gérant au quotidien le niveau d’asservissement voulu.
Toute initiative des insurgés sert ensuite de prétexte au déclenchement d’une opération préalablement prévue (la fameuse tondeuse à gazon donc), ou alors est sanctionnée par une intensification immédiate du degré des atrocités pour faire porter à la résistance la responsabilité des souffrances accrues de la population et accentuer ainsi la division interne.

L’infestation de la matière

Pour ce qui est des opérations de contre-insurrection en milieu urbain proprement dites : les élites militaires israéliennes s’inspirent aujourd’hui de philosophes tels que Deleuze ou Guattari pour élaborer des stratégies mortifères de plus en plus complexes.
La ville y est totalement repensée, déstructurée, re-conceptualisée et le comportement des soldats calqué sur celui de virus franchissant toutes les barrières physiques d’une cité devenue organique, poreuse, ou l’inversion du réel est totale : l’intérieur devient extérieur, le haut devient le bas ; les ruelles, les fenêtres ou les portes ne sont plus franchissables alors que le sol, les murs et les plafonds sont devenus perméables. Tout est mouvant, presque liquide, déstructuré.
Le soldat avance dans la ville insurgée comme un vers dans une pomme. Il creuse pour surgir d’en haut, d’en bas, de gauche ou de droite, pour tuer ou kidnapper puis disparaître. C’est l’«infestation» (2).
Si vous n’êtes pas une cible, vous êtes un moyen, un passage, vous n’existez plus ni en tant qu’individu ni en tant que collectivité ; vous êtes comme les briques du mur que je peux pénétrer, traverser. La chair de l’homme et celle de la ville se confondent. Tout est matière malléable, soumise à la violence du Système.
La portée symbolique, et même philosophique, de cette nouvelle forme de guerre est terrible. Il n’y a plus d’abri, plus de distance de fuite. Ni votre toit ni vos murs ne vous protègent plus de la violence d’Etat, de la violence du Système, qui peut y pénétrer librement, contaminer votre espace, se l’approprier.
Ces méthodes et produits sécuritaires expérimentés par l’entité sioniste en Palestine sont aujourd’hui le nec plus ultra de la barbarie répressive des armées du Système. Les téléjournaux du monde entier font la promotion quasi permanente de leur extraordinaire efficacité et ils se vendent donc à prix d’or. On les utilise déjà à large échelle pour la contre-insurrection en Colombie, en Irak ou en Afghanistan bien sûr, mais ils servent aussi à l’édification des villes-bunkers du futur destinées aux riches, comme on en trouve déjà en Afrique du Sud, en Amérique latine ou aux Etats-Unis (3).
Demain, ce sont ces méthodes qui seront utilisées pour réprimer la révolte généralisée des naufragés de notre Hyper-Titanic.

L’infestation de l’Internet


Il existe un parallèle évident entre cette «infestation» basée sur la perméabilité de la matière, et l’«infestation» de l’Internet citoyen par les technologies des Services de renseignements (cf. PRISM et ses avatars).
Là aussi, les vers informatiques de la NSA ou de ses clones, ses écoutes, sa surveillance, son espionnage pénètrent totalement le web, s’appropriant chaque octet de la sphère privée virtuelle des citoyens.
Là encore, il n’y a plus de distance de fuite, plus de sanctuaire ni de refuge. Tout est poreux, transparent, perméable aux intrusions et aux agressions du Système.
Il faut encore ajouter à cet arsenal la banalisation des drones pour le contrôle des cités désormais, et bien entendu pour l’assassinat extra-judiciaire dont est si friand le glorieux Obama. Dans ce dernier cas, une nouvelle doctrine tout aussi nihiliste que celle de «l’infestation» est en train d’émerger : la «frappe sur signature».
Il suffit d’injecter des paramètres comportementaux dans les logiciels «statistico-probabilistes» des drones, et ces derniers peuvent alors sanctionner les «comportements suspects» par une frappe automatique le cas échéant, l’échelon «humain» du système n’étant informé de l’assassinat qu’a posteriori. Bien sûr, les paramètres comportementaux en question sont d’autant plus larges et souples que la situation d’engagement est tendue.
Dans le cas d’une guerre contre-insurrectionnelle, cette menace «automatisée» venue du ciel complète alors idéalement les capacités de projection de la force létale du Système depuis toutes les dimensions possibles : par ses soldats-virus surgit du sol, des murs ou du plafond ; par ses snipers autonomes opérant du ciel.
D’ores et déjà, différents arsenaux législatifs sont en train d’être construits pour soutenir l’activation de ces méthodes en criminalisant l’activisme et la dissidence. Aux Etats-Unis, l’assassinat extra-judiciaire de citoyen US soupçonnés de terrorisme (par qui, sur quelles bases ?) n’est même plus un tabou.


L’infestation des sociétés


A vrai dire, cet arsenal répressif patiemment élaboré par le Système pour «perdurer dans son être», en prévision de l’éventuel naufrage à venir, n’est qu’une excroissance «militarisée» de sa violence intrinsèque.
Dans les précédents épisodes de notre «bataille contre le Système », nous nous sommes attachés à dénoncer cette essence totalitaire du Système néolibéral qui a abouti à l’édification d’une véritable contre-civilisation «imposant aux sociétés qui lui sont soumises la décadence des mœurs, le desséchement de la pensée et de l’âme, le meurtre de l’environnement. Dans cette [contre-]civilisation, les licenciements de masse font donc s’envoler les actions des entreprises; les catastrophes naturelles sont considérées comme des aubaines pour relancer l’économie; le principe de précaution est sacrifié aux exigences du profit immédiat; la privatisation et la manipulation du vivant n’est qu’une perspective de plus d’enrichissement ; le mensonge et la propagande imprègnent les discours ; la rhétorique a remplacé la dialectique et, enfin, des générations entières ont finalement régressé au genre pour prendre possession de la Cité et y semer la terreur en pratiquant, hilares, une ultra-violence devenue ludique. Une barbarie qui n’est somme toute que le reflet à peine déformé des lois d’une économie de marchés où le patron d’une multinationale, qui ne jalouse de la puissance d’un Etat que son monopole de la force, ne se sent jamais aussi vivant, aussi puissant que lorsqu’il démembre et absorbe un concurrent, c’est-à-dire lorsqu’il qu’il le détruit et le tue. La batte de base-ball comme métaphore de l’OPA agressive en somme.» (4)
L’infestation des sociétés par la violence intrinsèque du Système représente ainsi la marque du développement de notre contre-civilisation, mais aussi celle de sa ruine.

Tentative de reformatage du monde 


Aujourd’hui, le Système arrive en effet au bout de ses contradictions et sa dynamique de destruction s’est logiquement muée en dynamique d’autodestruction. Miné par les impasses économique ou écologique qui le rongent, il anticipe dès lors sa chute et cherche désormais à développer des stratégies sécuritaires adaptée à la menace insurrectionnelle à venir.
Ce faisant, il développe des doctrines, des stratégies et des moyens visant à rendre le monde absolument perméable à sa violence.
Plus rien ne doit être hors de sa portée, plus rien ne doit échapper à son intrusion.
De manière métaphorique (mais peut-être pas seulement), on pourrait même voir dans la banalisation des manipulations génétiques l’aboutissement ultime de son désir d’étendre son emprise, d’«infester» jusqu’aux replis les plus sacrés du monde et de la vie.
Avec cette nouvelle stratégie d’«infestation», tout se passe finalement comme si le Système, rendu invincible par son hyperpuissance technologique (5), tentait désormais de reformater le monde pour le plier à la flexibilité de ses propres lois numériques et, ainsi, se l’approprier, le manipuler, le contraindre jusqu’au plus intime de la vie.
Et cela dans le seul but de pouvoir y projeter sa violence et la mort.
En ce sens, jamais Système n’aura peut-être incarné si profondément, si passionnément, si dangereusement, le mal absolu.

(1) Le «Système» tel que nous l’entendons désigne un Tout formé par l’ensemble des structures politico-économico-médiatiques soumises au nihilisme néolibéral et qui constituent la mécanique de notre contre-civilisation. Ce Système s’appuie sur une puissante narrative destinée à le présenter pour vertueux, alors qu’il projette une violence inégalée dans l’Histoire contre les sociétés humaines et l’environnement. Il s’appuie essentiellement sur la magie anesthésiante de sa toute-puissance médiatique, combinée au mirage de ses prouesses technologiques. Pour plus de détails, nous renvoyons à la définition élaborée par Philippe Grasset que nous adoptons sans réserve.

(2) Cette tactique a notamment été appliquée à large échelle à Naplouse en 2002 pour la première fois. Une Palestinienne interviewée par le «Palestinian Monitor» raconte: «Imaginez çà : vous êtes assise dans votre séjour que vous connaissez bien; c’est la pièce où la famille se rassemble pour regarder la télévision après le repas du soir, et soudain le mur disparaît dans un fracas assourdissant, la pièce se remplit de poussière et de gravas, et du mur sortent des soldats les uns après les autres, hurlant des ordres. Vous ne savez pas s’ils en ont après vous, s’ils viennent vous prendre votre maison ou si votre maison est seulement sur leur route. Les enfants crient, en proie à la panique. Est-il possible de commencer même à imaginer l’horreur ressentie par un enfant de 5 ans, quand 4, 6, 8 ou 12 soldats, la figure peinte en noir, tous avec des mitraillettes pointées dans tous les sens, avec des antennes sortant de leur sacs à dos et qui les font ressembler à des insectes géants d’une autre planète, font exploser un passage dans ce mur?»

(3) Comme l’explique Yotam Feldman, auteur du documentaire «The lab» sur le complexe militaro-industriel israélien, «Israël offre aujourd’hui un modèle politique complet de guerre asymétrique. (…) Il exporte des missiles Rafael utilisées pour les assassinats [ciblés] à Gaza, des drones IAI, des méthodes de combat et des murs de séparation Magal. Mais il exporte aussi des experts juridiques, des experts en administration des populations sur le modèle de l’administration civile israélienne en Cisjordanie.» Tant de technique et de savoir-faire rapporte d’ailleurs gros, très gros. Durant la dernière décennie, les exportations militaires israéliennes ont ainsi triplé, passant de deux milliards de dollars par an, au début des années 2000, à sept milliards en 2012. Bon an mal an, l’entité sioniste se situe aujourd’hui entre le quatrième et le sixième exportateur d’armement au monde. Pour cette minuscule puissance nucléaire de 6 millions d’habitants construite sur une base religieuse, l’exploit a quelque-chose d’effrayant. D’autant que la guerre en Palestine est désormais devenue une nécessité économique qui «fait partie du système de gouvernance israélien».
Vous avez dit «Processus de paix» ?

(4) Au sujet de la violence qui gangrène les villes, nous dirions même notre conviction qu’elle est savamment entretenue par le Système, grâce à des artifices législatifs eux aussi poreux, comme moyen de pression supplémentaire sur les populations.
C’est la vieille technique du pompier-incendiaire où le Système se présente comme le dernier rempart à une barbarie dont il maintient pourtant savamment un certain niveau dans une sorte de «stratégie de tension» revisitée. Ce n’est pas un hasard si, chaque fois qu’un despote est menacé par une insurrection, l’une de ses premières mesures est d’ouvrir grand les prisons pour laisser déferler la pègre dans les cités. C’est ce qu’a fait Ben Ali en Tunisie, puis Moubarak en Egypte aux premières heures des révolutions qui ont touché ces pays, espérant bien évidemment que cette soudaine poussée de la criminalité urbaine allait inciter les populations à réclamer leur protection et discréditer les insurgés.
De leur côté, les médias-Système sont devenus les vecteurs de la violence intrinsèque du Système au travers d’une contre-culture de masse d’une vulgarité abyssale favorisant l’individualisme, l’égoïsme et la violence à tous les niveaux des rapports sociaux.

(5) Depuis l’aube des temps, toute civilisation décadente allait cahin-caha vers l’effondrement au profit d’une civilisation-relais (selon Toybnee, il y a eu à ce jour une vingtaine de civilisations s’enchaînant selon ce principe) qui permettait à l’Histoire et aux sociétés humaines d’avancer. Sauf que pour la première fois de l’Histoire, une civilisation, un Système, a acquis une telle puissance qu’il en est devenu littéralement invincible, de sorte que seul son effondrement sur lui-même peut entraîner sa disparition.

Résistance au colonialisme: La planification génocidaire au Canada (et au pays du goulag levant)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 20 mai 2015 by Résistance 71

Abolir l’empire: Mouvement pour la répudiation de la doctrine chrétienne de la découverte

 

Dix étapes d’un changement de régime

 

Mohawk Nation News

 

18 Mai 2015

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2015/05/18/ten-steps-to-regime-change/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les lois sur les Indiens et la terre de 1924 établirent les camps de prisonniers de guerre appelés “réserves indiennes” ou RI à travers le Canada. Le projet de loi liberticide actuel C-51 est la dernière tentative en date du Canada pour légaliser le génocide. Voici les 10 étapes illégales pour démanteler Ongwe’hon:we (peuples et nations indigènes) au moyen d’un changement de régime corporatiste, de relocation ou de procédures létales sans témoins.

  1. L’unité de réponse militaire est située dans la “salle d’état-major” hi-tech au ministère des Affaires Indiennes, dirigée par un chef de surveillance, enquêteur très bien informé. Il rapporte à un officier de l’armée. Les entitités fédérales, d’état et des provinces travaillent ensemble pour le bénéfice de l’élimination d’Ongwe’hon:we. Les pontes de l’armée, toutes les unités du détail et les conseils de bandes locaux travaillent ensemble. Des équipes d’intervention militaires encerclent toutes les RI. Les opérations sont planifiées des années par avance.
  2. Tous les incidents sont rapportés en détail, incluant les rumeurs et les histoires inventées. La surveillance est constante. Des agents infiltrent les communautés sous des déguisements variés. Une liste de “ceux à éliminer” est établie.
  3. Des militaires et des agents des services de renseignement de la CSIS/CIA sont intégrés dans les médias afin de contrôler l’information (NdT: extension de l’opération “Mockingbird” aux Etats-Unis…), de retourner le public contre la cible, de filmer les opérations à des fins d’étude et d’identification.
  4. Les médias instillent la peur dans les communautés (blanches) environnantes faisant la promotion de la peur, de la colère vers tout autochtone Ongwe’hon:we. En 1990, les communautés environnantes firent la requête pour que l’armée attaque les Mohawks. Des postes de commandement sont établis en un instant pour pénétrer les RI une fois que le conflit a été créé. Alors une “nouvelle gestion” ou une force létale est demandé. Ce cycle historique se perpétue.
  5. “L’assassin économique” soudoie le conseil de bande (au Canada) ou de tribu (aux Etats-Unis) pour leur coopération. Les chefs (élus du système corporatiste et colonial) sont en liaison constante avec l’armée. Des réunions secrètes se déroulent sur les parcours de golf locaux. Le commandant est impliqué au cours de l’opération “réelle”.
  6. Les professions indépendantes, les anciens, les femmes et les enfants sont ciblés pour les réduire au silence. Certains sont bannis. Les commerces sont mis sous contrôle ou brûlés, détruits.
  7. Des provocateurs, des indics, des espions, des cerbères surveillent et font leur rapport à l’enquêteur. Ils sont formés pour être amicaux, faire les liens sociaux, créer de la discorde, disséminer des rumeurs, pacifier ou perpétrer des attaques locales ou entrer en conflit pour diviser les gens et ce en toute impunité.
  8. Les conseils de bandes signent des mandats d’arrêt en blanc. Les flics locaux attendent tandis que les habitants ciblés sont menacés. Certains incidents se déroulent sous fausse-bannière afin de tromper les gens et de faire monter la tension. Le chaos qui s’ensuit éventuellement discrédite les flics et les conseils de bandes. L’armée entre pour contrôler la situation.
  9. Les conseils de bandes et de tribus acceptent de se retrouver sous le contrôle d’une corporation économique et politique pour créer la “paix”. La loi martiale est déclarée. Les routes sont fermées. Les maisons sont fouillées. Le couvre-feu est institué. Les droits civiques et la liberté individuelle sont levés. Les fauteurs de trouble sont évacués. Une combinaison de théâtre, de coercition et de menaces de contrôler tout le monde et d’établir un régime corporatiste désiré, est mise en place. Les perpétrateurs rapportent ultimement qu’ils ne faisaient que “suivre les ordres” et ne peuvent pas se rappeler avoir fait quoi que ce soit de répréhensible, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent accusés d’abus des droits de l’Homme et de génocide !
  10. La loi de la terre sur l’Île de la Grande Tortue est Kaianereko:wa et elle prévaudra.

2001 interrogation of Dennis Blythe, BCI Bureau of Criminal Investigation on the INDIAN Detail conducted May 18, 1997, by the Onondaga Council of Chiefs Inc. and New York State against the Rotinoshonni. US District Court, Northern District of NY. [Ronald Jones vs. NYS 98 CV 374.]  

Grille de lecture géopolitique en 2015

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, désinformation, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, presse et média, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , on 19 mai 2015 by Résistance 71

Résistance 71

 

19 Mai 2015

 

Cette réflexion sur le monde en marche nous a été inspirée par les analyses récentes lues dans les médias alternatifs anglophones et francophones. Ce qui va suivre est une réflexion issue de la combinaison de près de 15 ans d’étude et de recherche de la part de nos intervenants sur la mise en place continuelle par l’oligarchie contrôlant le pouvoir, d’une grille de contrôle planétaire pour une société mondialisée fasciste (au sens mussolinien du terme c’est à dire fusionnant l’état et de la grande entreprise financière et industrielle) supranationale où une élite oligarchique infime vivra dans des “zones vertes” ultra-protégées, oasis de jouvence connectées au milieu d’un monde brutal et sauvage néo-féodal sous contrôle totalitaire.

Cette oligarchie richissime toute puissante est passée en phase de mise en application terminale de ce projet et pour mieux pouvoir le réaliser, renforce la diffusion de son écran de fumée dissimulateur. Ce qui suit est notre vue de l’affaire en tentant d’expliquer certains évènements géopolitiques se déroulant actuellement. Nous ne détenons aucune information secrète de quelque sorte que ce soit et ceci ne reflète qu’une réflexion de fond sur la conjoncture actuelle. Notre point de vue est donc en cela parfaitement critiquable.

Passons sur l’ineptie propagandiste des médias de masse, rien à en attendre. Ce qui nous chagrine est le contenu analytique des médias alternatifs dans leur très vaste majorité. Pourquoi ? Parce qu’ils semblent vouloir s’obstiner qu’à ne commenter l’action des marionnettes qu’on nous met devant les yeux: les politiciens, élus des peuples, hauts-fonctionnaires d’états corrompus. Savoir ce qui se dit dans les réunions politiciennes ouvertes et plus secrètes est bien, mais il ne faut à notre sens jamais perdre de vue que tout cela n’est que poudre aux yeux.

Quoi qu’il se dise ou se fasse, rien ne se fait par la volonté des intervenants mis sur le devant de la scène. Qui peut encore croire aujourd’hui que les Obama, Harper, Cameron, Merkel, Hollande et dans une grande mesure les Poutine, Rohani, Al-Assad, Xin Pin et tous leurs ministres respectifs (aussi bons soient-ils, nous avons de fait un très grand respect pour le ministre russe des AE Sergeï Lavrov ainsi que pour son patron Vladimir Poutine), soient les maîtres des décisions prises pour l’avenir de la planète ? Qui décide de la guerre ou de la paix ? Depuis au moins les guerres napoléoniennes, ce sont les banquiers et la haute finance qui décident. Ce sont les intervenants des grandes familles de la haute finance et de la grosse industrie monopolistes qui décident de la plus et du beau temps sur les “marchés” fictifs et aléatoires, sur les pays, qui décident de qui va vivre, survivre ou mourir. Ces gens où qu’ils soient dans le monde ont toujours financé les deux côtés des belligérences et n’ont pas vraiment besoin de réunion formelle pour décider ce qui est bien pour eux, car il y a une convergence d’intérêt au plus haut niveau. Ces gens vont dans les mêmes écoles, mêmes universités, se marient entre eux et savent ce qui est bon et profitable pour eux. Bien sûr de temps à autre il leur faut mettre certains points sur les “i” avec leurs larbins des échelons inférieurs à qui on fait miroiter le fait qu’ils “appartiennent” à la même caste, ou peuvent la “rejoindre” s’ils se comportent suffisamment bien… C’est la fonction des réunion style Bilderberg, Commission Trilatérale, Forum de Davos etc… mais globalement, les grandes familles oligarques agissent par convergence d’intérêt pure et simple. Comme ils sont peu nombreux, cela se gère facilement, l’organisation coule de source. Ceci est plus difficile à réaliser tout en bas, pour nous, surtout lorsque nous sommes maintenus artificiellement par cette même oligarchie dans la division, la confusion et les rapports de haine conflictuels.

Ainsi donc ce sont les, grandes familles de la finance, du pétrole et de la grosse industrie qui prennent toutes les décisions géopolitiques en considérant leur convergence d’intérêt dynastique.

Depuis le début des années 1970, l’empire anglo-américain n’a eu de cesse de brosser la manche et de féliciter le régime maoïste chinois pour sa grande ingénuosité et sa faculté de contrôle de la nation. David Rockefeller soi-même s’était fendu d’un éditorial extatique dans le New York Times en 1971, félicitant le “Timonier Mao de sa grande efficacité”, puis Rockefeller envoya son mignon Kissinger discutailler des conditions de la reconnaissance par l’empire de la République Populaire De Chine. Kissinger s’en revint, briefa Richard “je ne suis pas un escroc” Nixon, qui s’en fut normaliser les relations en 1973. Mao est arrivé au pouvoir avec l’appui de Wall Street et de la City de Londres, qui lâchèrent Chang Kaï Chek, lui permirent d’aller s’installer à Formose (aujourd’hui Taïwan) avec quelques milliards tirés du commerce de la drogue (les troupes du Kuomintang contrôlaient la production d’opium et d’héroïne du fameux “triangle d’or” Birmanie/Thaïlande/Laos jusqu’à ce que l’Afghanistan devienne le premier producteur mondial d’opium depuis 2001, sous contrôle de la CIA et des Marines protégeant les champs de pavots…) et mirent Mao au pouvoir. Le chemin ne fut pas simple, mais le développement de la Chine vers ce qu’elle est aujourd’hui a été planifié de longue date. Les plans quinquennaux économiques soviétiques émananaient en grande partie des économistes de Wall Street et du gouvernement fédéral américain, il en fut de même pour le développement économique chinois. Lors de la guerre secrète au Cambodge et ses bombardements massifs par les yankees durant la guerre du Vietnam, un certain Pol Pot attendait son heure en Chine, l’heure de son retour au bercail minuté avec l’arrêt des bombardements américains sur son pays. La voie était libre pour la grande expérience du “Kampuchéa Démocratique”. Le Vietnam résistant sous les tapis de bombes, les milliers de tonnes d’agent orange et les crimes de l’opération “Phœnix” des forces spéciales yankees, n’obtint aucune aide de son grand voisin communiste chinois. Seule l’URSS, elle-même marché captif de Wall Street et de la City de Londres depuis Lénine et Trotski, aida le Vietnam dans ses efforts de résistance à l’envahisseur.

Le faramineux développement économique de la Chine depuis le dernier quart de siècle n’a pu se faire que parce la caste privilégiée des apparatchiks du PCC et la caste des grandes familles de la haute finance chinoise, voient depuis toujours la même convergence d’intérêt avec les familles de la haute finance occidentale. Les cercles de la banque de Shanghaï ont plus que vraisemblablement conclu un marché avec leur homologue occidental. La mise en place d’une banque asiatique d’investissement, annoncée en 2012 à Djakarta, majoritairement à fonds chinois, au capital nominé en dollar US ne représente pas à nos yeux une menace pour l’hégémonie anglo-saxonne de la finance, mais en fait une forme de consolidation asiatique de l’empire existant et un couloir ouvert pour le siphonnage plus avant de fonds occidentaux vers des cieux financiers plus cléments et sécures…

En bref, à la lumière de cette toile d’évènements historiques qu’on ne peut ignorer qu’à nos risques et périls, nous pensons qu’il existe une collusion de la haute finance globaliste et des cercles de la haute finance chinoise et que tout cela concourt à renforcer la poussée vers le Nouvel Ordre Mondial tant attendu par l’oligarchie et ses marionnettes politiques.

La Chine est pieds et poings liés avec l’empire. Pourquoi ? Parce qu’elle est devenue le premier créditeur de celui-ci ! La Chine possède, a acheté des milliers de milliards de dollars de la dette yankee, elle a acheté de la dette en échange de devenir “l’usine du monde”… S’est-elle faite piéger ? Pas à notre sens. Les élites de la haute finance chinoise savaient très bien ce qu’elles faisaient !… Résultat ? La Chine ne peut-être qu’un allié de long terme de l’empire. Elle n’a AUCUN intérêt a voir l’économie américaine imploser, sauf si elle s’est sécurisée au préalable en garantissant les fonds des oligarques occidentaux. Le bouchon de la grande baignoire de l’économie mondiale sera retiré de concert par les grands oligarques quand ils le décideront, s’ils le décident un jour.

Depuis le scandale de la corruption et des détournements de fonds de l’affaire du programme de l’ONU “pétrole contre nourriture” en Irak, un des responsables de ce projet, ancien fondateur de PetroCanada, ancien haut fonctionnaire de l’ONU, un des “pères fondateurs” du GIEC (connexion avec Big Oil ?…), protégé des Rockefeller, le Canadien Maurice Strong est réfugié en Chine, multi-millionnaire sinon milliardaire de son état, Strong n’est pas en Chine pour y passer une “retraite dorée”, mais pour y travailler de l’intérieur pour ses maîtres de longue date: la famille Rockefeller. Coïncidence ? Qui peut-y croire ?…

Alors le tout ramené au plan géopolitique çà donne quoi ?

L’occident est assujetti à l’oligarchie financière et industrielle, nous avons vu que la Chine peut difficilement échapper à être aspirée dans le tourbillon, ses élites ont vraisemblablement déjà rallié le principe de gouvernance mondiale. Le Moyen-Orient et l’Eurasie sont, il est vrai, les enjeux de demain avec le contrôle des ressources naturelles.

Qu’en est-il de la Russie ? Les oligarques mis en place par les pieds nickelés Gorbatchev/Eltsine avaient pour mission de siphonner l’ensemble de l’ex-URSS dans le giron de l’empire anglo-américain. Ils en ont été empêché par un homme: Vladimir Poutine, qui depuis a ramené la Russie à une place de valeur internationale. La Russie de Poutine n’a pas acheté la dette yankee, elle ne dépend pas de l’occident, du moins l’occident (surtout l’Europe) dépend d’elle tout autant sur un plan énergétique. La Russie se trouve à une certaine croisée des chemins: ostracisée, elle a fait une alliance stratégique naturelle avec la Chine et l’Iran. La Chine gravite dans le giron de la haute finance transnationale, au vu des derniers évènements moyen-orientaux, il semblerait que l’Iran et l’empire aient conclu des accords de derrière le rideau. Le but de l’empire est de briser une quelconque alliance sino-russo-iranienne. La Russie encerclée doit s’ouvrir à de nouveaux alliés en connexion avec la zone Eurasienne. La Chine est énergétiquement très dépendante et a besoin de la Russie et de l’Iran en ce domaine. L’empire est donc en train d’utiliser la Chine pour essayer de rendre la Russie dépendante de ses marchés pétroliers et gaziers envers elle et de l’amener par la bande, économiquement contrainte, à rallier le Nouvel Ordre Mondial.

Les oligarques occidentaux et chinois n’ont absolument aucun intérêt à une guerre thermonucléaire qui les condamneraient eux et leurs rejetons dégénérés à vivre dans des bunkers sous-terrains pour les 3 ou 4 prochains milliards d’années. Pas bon pour le business tout çà ! La propagande de l’empire gonfle à outrance les risques de guerre mondiale et de guerre nucléaire (comme en 1962 et la crise de Cuba) pour finalement faire retomber le soufflet et dire aux foules angoissées: “Ouf les gars! On vous a évité la guerre thermonucléaire.. pour que ceci ne se reproduise plus, voici ce que nous allons faire…” et arrive la gouvernance mondiale gérée par le cartel banquier transnational flanquée de l’infrastructure bureaucratique et militaire sino-onuso-otanesque… Les peuples heureux d’avoir échappé à l’armaguedon nucléaire disent: “Cool, ok, faites ce que vous voulez et merci pour tout !…” et le Nouvel Ordre Mondial se met en place par “consentement”. Les grincheux seront envoyés au goulag…

Voilà à notre sens le scenario qui se joue devant nos yeux, nous ne maîtrisons bien sûr pas tous les détails narratifs, ceci se veut être une ligne générale de ce qu’il se passe géopolitiquement de notre point de vue, mais une chose est certaine en ce qui nous concerne: les médias alternatifs regardent et commentent trop le spectacle qu’on leur met sciemment sous les yeux, celui des politiciens gesticulant pour la galerie allant de réunions en réunions, de leurre en leurre.

La nécessité de regarder derrière le rideau n’a jamais été aussi importante.

Quand le sage montre la lune, seul le fou regarde le doigt”, dit le proverbe chinois. Nous disons: “Quand le sage montre la lune… regardez ce que fait l’autre main, parce que vous savez où est la lune non ?….

 

 

Nouvel Ordre Mondial: La Chine est-elle le cheval de Troie du néo-colonialisme mondial ?… Il y a de quoi se poser des questions !…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 18 mai 2015 by Résistance 71

Une pierre de plus dans la confirmation du fait que la Chine est partie prenante dans le Nouvel Ordre Mondial que les banquiers et industriels transnationaux mettent en place. Le sous-titre de cet article pourrait bien être “La Chine, cheval de Troie du Nouvel Ordre Mondial” dans un effet “tiroir” sans doute pertinent…

Il suffit de se référer au fait que le milliardaire et criminel canadien Maurice Strong, fondateur de Petro Canada et impliqué dans les fraudes onusiennes du programme “pétrole contre nourriture” qui affligea l’Irak durant l’embargo lors de la fin de l’ère Saddam Hussein (lui-même agent de terrain de la CIA), se trouve en Chine depuis plus de 10 ans pour piloter le projet, afin d’être convaincu que toute cette affaire pue l’embrouille à plein nez. Strong est un agent des Rockefeller, dont le patriarche David admirait ouvertement et se languissait de la méthode politique et du contrôle du pays que Mao utilisait dans les années 60-70… La Chine, le modèle chinois est le modèle de gouvernance du Nouvel Ordre Mondial. Les “élites” auto-proclamées ne s’en sont jamais cachées…

Les Premières Nations du Canada en lutte contre le colonialisme l’ont dit depuis longtemps: Le Canada, entreprise commerciale de la City de Londres déguisée en pays pour la circonstance, est à vendre. Il sera racheté et ses nouveaux “propriétaires”, ignorants des affaires de souveraineté et de territorialité ancestrales, gèreront toujours plus coercitivement la chose. Grande différence néanmoins: les colons européens, jusqu’ici à l’abri et privilégiés du système, qui n’auront pas les moyens de vendre et de prendre une retraite dorée comme leurs banquiers et industriels, seront eux-aussi colonisés, d’abord subrepticement, puis de manière plus ouverte.

L’évidence n’en est que plus criante: Le véritable salut du Canada passe par l’alliance du peuple colon avec les peuples et nations premiers. Faute de quoi, la seconde colonisation en marche mettra tout le monde sous le joug étatico-capitaliste, parce que c’est de cela qu’il s’agit ne nous leurrons pas: le Nouvel Ordre Mondial est la mise en place d’une grille de contrôle supranationale, qui verra la fusion globale de la haute finance et haute industrie transnationales avec un super état planétaire dans le plus pur style mussolinien. La Chine en est le modèle, elle est obligée de passer par le stade impérialiste car elle est le premier créditeur de l’empire ! La Chine est complice et le système banquier international, les charognards en chef, y compris les grands banquiers chinois, se sont ligués contre le reste du monde. Cela devient de plus en plus évident.

L’article ci-dessous ne fait qu’apporter une brique de plus dans le mur de certitudes se construisant pas à pas… Il suffit de dire non… en masse !

~ Résistance 71 ~

 

Le Canada, cheval de Troie de la Chine

 

Ariel Noyola Rodriguez

 

15 Mai 2015

 

url de l’article:

http://www.voltairenet.org/article187605.html

 

Dans son processus d’internationalisation, la monnaie chinoise gagne de plus en plus d’adeptes. Après avoir reçu des soutiens venant de la région Asie-Pacifique et de l’Europe via l’installation de centres d’imputation directe, et après avoir permis les investissements en actifs financiers libellés en yuans, elle brise désormais les résistances du Canada, vieil allié des États-Unis appelé à devenir la plateforme de « yuanisation » du continent américain.

Le yuan est devenu un des composants du « soft power » (moyens idéologiques, culturels et diplomatiques utilisés par une nation pour influer sur les actions des acteurs du système international) de la Chine pour recevoir l’appui des pays les plus alignés sur la politique étrangère des États-Unis.

Chaque fois que son taux de croissance annuel tourne autour de 7 % et que les attentes en matière de rentabilité dans les Zones économiques spéciales se réduisent précipitamment, la Chine tente de changer les termes de sa relation économique avec les pays industrialisés.

Alors que la demande, de la part du consommateur chinois, en produits à haute valeur ajoutée progresse, des centaines d’entrepreneurs occidentaux se montrent très intéressés pour augmenter leur commerce avec le géant asiatique.

Le rôle croissant de la Chine dans les flux de capital (investissements directs étrangers, investissements de portefeuille, etc.) et le commerce mondial élargissent en parallèle la sphère d’influence du yuan comme moyen de paiement, instrument d’investissement et monnaie de réserve dans de plus en plus d’espaces de l’économie mondiale.

Il en est ainsi avec le Canada, pays faisant partie avec le Mexique et les États-Unis de l’Accord de libre-échange nord-américain (désigné en anglais par le sigle NAFTA). De façon surprenante, le Premier ministre, Stephen Harper, ne s’oppose pas à l’internationalisation du yuan mais, bien au contraire, il ne ménage pas ses efforts pour transformer la ville de Toronto en la plateforme la plus importante de la monnaie chinoise au-delà de la région Asie-Pacifique.

En fait, bien que le gouvernement chinois ait commencé par privilégier l’utilisation de la « monnaie du peuple » (renminbi) uniquement sur le territoire asiatique, le yuan a ensuite dépassé les frontières continentales et est arrivé en Amérique latine, en Afrique, au Proche-Orient et en Europe.

Dans le cas du continent américain, jusqu’à la fin de l’année dernière, l’internationalisation du yuan n’allait pas au-delà de la signature d’accords bilatéraux swap (échange de devises) avec les banques centrales du Brésil et d’Argentine (les deux économies les plus puissantes de l’Amérique du Sud).

S’il est bien vrai que depuis plusieurs mois, la Chine a engagé des discussions avec de hauts fonctionnaires du gouvernement uruguayen pour faire de Montevideo la « capitale latino-américaine du yuan » [1], il n’existe pas encore de projets destinés à promouvoir l’utilisation de la monnaie chinoise dans les pays de l’Amérique latine et des Caraïbes.

En revanche, dans les six derniers mois, le gouvernement du Canada a réussi à concrétiser trois accords importants. Premièrement, les deux pays ont accepté l’installation du premier centre d’imputation directe pour faciliter l’utilisation du yuan sur le continent américain. Auparavant, cela n’avait été fait que dans la région asiatique et en Europe.

Sous le contrôle de la Banque industrielle et commercial de Chine (désignée en français par le sigle BICC), située à Toronto, le centre d’imputation directe permet de mener des opérations de convertibilité entre le dollar canadien et la monnaie chinoise sans prendre en compte le cours du dollar américain. Cela permet ensuite de diminuer les coûts de transaction et de resserrer les liens entre les entreprises de chaque pays en augmentant les échanges de marchandises et services [2].

Selon les estimations faites par la Chambre de Commerce du Canada, grâce à la mise en place du centre d’imputation en yuan, les entreprises canadiennes pourront économiser environ 6,2 milliards de dollars dans la prochaine décennie, et par conséquent, les exportations atteindront un montant inédit d’entre 21 et 32 milliards de dollars.

Deuxièmement, la Banque populaire de Chine et la Banque centrale du Canada ont conclu un swap de change à échéance au bout de trois ans pour un total de 30 milliards de dollars canadiens (200 milliards de yuans).

Une fois que la Réserve fédérale (Fed) eût conclu ses programmes d’assouplissement quantitatif (Quantitative Easing), plusieurs pays ont souffert de la dévalorisation de leur monnaie face à la devise états-unienne : il en fut de même avec le Japon et les membres de la zone euro, mais aussi avec des pays développés exportateurs de matières premières (commodities) comme l’Australie et le Canada, sans bien entendu laisser pour compte les économies périphériques en situation de plus grande fragilité financière.

Cependant, le gouvernement états-unien refuse de plus en plus de tolérer l’appréciation du dollar à cause de ses effets secondaires sur la croissance économique. Il suffit de se rappeler qu’il y a quelques semaines, la Fed a renforcé ses critiques contre la politique monétaire accommodante de la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque du Japon.

Par conséquent, tous les signaux paraissent indiquer que les tensions entre les devises devraient augmenter dans les prochains mois [3]. En fin de compte, par le biais de l’accord swap, la Chine et le Canada abandonnent l’utilisation du dollar et ainsi, diminuent les effets de la volatilité de type de change sur les flux de commerce et les investissements bilatéraux.

Troisièmement, le gouvernement chinois a octroyé un quota d’investissement aux entrepreneurs canadiens dont la limite est de 50 milliards de yuans (8 milliards de dollars) pour participer au Programme chinois d’investisseurs étrangers agréés en Renminbi (désigné en anglais par le sigle RQFII) [4].

De cette manière, comme c’était déjà le cas avec les entrepreneurs de Londres, Paris, Francfort et Luxembourg, maintenant les investisseurs canadiens ont l’aval des autorités de régulation chinoises pour acheter des actifs financiers libellés en yuans.

Il ne fait aucun doute que les accords de coopération entre le Chine et le Canada ont donné d’excellents résultats, tant pour les perspectives de commerce et d’investissement des entreprises canadiennes, que pour initier l’internationalisation du yuan avec l’appui du Canada en Amérique du Nord.

Inévitablement, en conséquence l’importance croissante de la région Asie-Pacifique en Amérique du Nord, le yuan occupe actuellement la 2ème position (10,2 %) dans le « classement » des devises les plus utilisées par le Canada dans ses transactions avec la Chine et Hong Kong : il est 8,5 fois plus utilisé que le dollar états-unien (1,2 %) et est dépassé uniquement par le dollar canadien (75,4 %).

En accord avec la société pour les communications interbancaires et financières internationales (désignée en anglais par le sigle SWIFT), en mars 2015, et par rapport à 2013, les entreprises canadiennes ont augmenté leurs opérations en yuans de 213% [5].

L’enthousiasme suscité par la monnaie chinoise au Canada est si grand que le 16 juin prochain se déroulera pour la première fois le Sommet Asie-Pacifique sur les finances, au centre de conférence de Vancouver, sous l’égide de CityAgeMedia, AdvantageBC et la province de la Colombie-Britannique [6].

La rencontre entre des universitaires et l’élite du monde de l’entreprise aura pour but de construire de nouveaux schémas de collaboration avec la Chine pour mettre en place l’utilisation du yuan dans plus de villes canadiennes que Toronto (Vancouver, Montréal et Calgary, entre autres) et en même temps, donner des cours de de formation a des exportateurs et importateurs pour ainsi tirer le meilleur profit des accords conclus en novembre 2014 [7].

En conclusion, alors que le Président Barack Obama échoue dans sa tentative de détruire les victoires diplomatiques du gouvernement de Xi Jinping à l’échelle mondiale. Armés du « cheval de Troie » du Canada, les Chinois consolident le processus de « yuanisation » au « nez et à la barbe » de la Maison-Blanche.

 

[1] « ¿Montevideo, la capital latinoamericana del yuan ? », por Ariel Noyola Rodríguez, Red Voltaire, 7 de octubre de 2014.

[2] “China Names ICBC for Yuan Clearing in Canada. Industrial & Commercial Bank of China Becomes the First Yuan-Clearing Bank in North America”, by William Kazer, The Wall Street Journal, November 9, 2014.

[3] « The Dollar Joins the Currency Wars », Nouriel Roubini, Project Syndicate, May 1, 2015.

[4] « China Awards $8.2 Billion RQFII Quota, Swap Deal to Canada », Nicholas Wadhams, Bloomberg, November 8, 2014.

[5] « Canada takes off as official RMB clearing centre », SWIFT, April 30, 2015.

[6] « Yuan’s role highlights Summit », Talia Beckett & Hatty Liu, China Daily, April 18, 2015.

[7] « Canada steps up efforts to become hub for yuan trade settlement », Jeanny Yu, The South China Morning Post, April 24, 2015.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 474 autres abonnés