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Continuité colonialiste et impérialiste vaticane: Secouer le criminel Bergoglio alias pape François 1er lors de la visite au pays du goulag levant (ex-USA) en ce mois de Septembre…

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Rejoignez le mouvement pour la répudiation des bulles papales colonialistes, plus nous mettrons de pression sur la hiérarchie cléricale jusqu’au Vatican et plus ces diktats papaux auront de chance d’être répudiés.

— Résistance 71 ~

 

Enterrons l’empereur sanglant et ne faisons pas ses louanges: Au sujet de la visite à venir du pape François 1er aux Etats-Unis

 

Kevin Annett

 

25 Août 2015

 

url de l’article original:

http://itccs.org/2015/08/25/let-us-bury-the-bloody-emperor-not-praise-him-on-the-impending-american-visit-of-pope-francis/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ce n’est pas tous les jours que le chef d’un syndicat du crime mondial qui est personnellement impliqué dans la disparition et le traffic d’enfants se retrouve être honoré et invité à parler à la fois à l’assemblée générale de l’ONU et au congrès joint des Etats-Unis.

Le pape François 1er, alias Jorge “chic type” Bergoglio, s’en vient aux Etats-Unis ce prochain 22 Septembre dans un des volets coûtant des millions de dollars de l’opération redorer le blason à la fois de l’entreprise transnationale du Vatican Inc. et du gouvernement Obama. Après avoir piétiné la constitution des Etats-Unis et canonisé un missionnaire génocidaire californien, Bergoglio fera un discours en mondiovision devant tout le corps diplomatique et de la presse mondiaux pour expliquer comment gérer notre planète.

Jorge, dont le surnom de cardinal était “l’entremetteur”, a fait un sacré bout de chemin depuis ses premiers jours de porte-flingue clérical et de docteur la pirouette pour justifier son meurtrier homonyme, dictateur argentin de son état, le général Jorge Videla. Les “deux Georges” étaient de bons amis apparemment, ce qui expliquerait le penchant de Bergoglio à ignorer tout le sang dans lequel il baignait lors de la “sale guerre” de Videla dans les années 1970 et pour le traffic des enfants des prisonniers politiques internés ou assassinés dans les geôles du général. Comment expliquer sinon qu’un prêtre de basse classe comme Bergie pourrait devenir archevêque en tout juste 14 ans ?

Bergoglio a toujours été un grimpeur, sur des cadavres ou pas, et il est certainement devenu le parfum du mois pour la mafia de Rome toujours si susceptible de son image, surtout dans le sillage du désastre total généré par son prédécesseur Joseph Ratzinger alias pape Benoît XVI. Le besoin évident d’avoir un nouveau visage sympathique du “bon flic” à la papauté a dû gérer avec le malaise grandissant de beaucoup de catholiques traditionnels et de l’entière curie italienne des cardinaux concernant la tendance de Bergoglio d’être bien trop libéral parmi les libéraux.

Peut-être est-ce pourquoi le premier acte officiel du pape Françouet durant son séjour états-unien, avant même que de s’adresser au congrès, sera de réaffirmer les fières traditions génocidaires du Vatican en “canonisant” un missionnaire franciscain du nom de Junipero Serra, qui supervisa la mise en esclavage et le meurtre de milliers d’Indiens californiens sur les plantations appartenant à l’église. La conquête obligatoire et l’extermination des non-catholiques, spécifiquement s’ils étaient indigènes, est après tout le fondement même de la foi de l’église romaine et donc juste pour rassurer tous ces traditionnalistes de l’église, Jorge Bergoglio va publiquement sanctifier Junipero Serra, “le boucher de Monterey”.

On pourrait penser que ce fait pourrait quand même provoquer une certaine réflexion au sein de la foule des groupies placardant “Jorge on t’aime”, à l’odeur de quelques cadavres. Mais la crédulité humaine semble t’il, ne connaît pas de limites, spécifiquement lorsqu’il s’agit de l’église catholique romaine. Le refus de Bergoglio de révoquer la politique de protection criminelle des prêtres catholiques violeurs d’enfants n’a pas même causé à ses fans, y compris les plus farouches athées, de douter de leur nouveau messie.

Toute myopie à part, Bergoglio sera à la maison, entouré de la foule catholique la plus libérale d’Amérique et bien entendu tout le monde aux Etats-Unis adore une bonne parade, spécifiquement durant une année électorale. Mais alors que l’entourage papal se prépare à aller du congrès des Etats-Unis aux nations-unies en passant par la messe larmoyante obligatoire qui se tiendra au mémorial du 11 septembre dans le centre de Manhattan, la véritable question demeure: pourquoi maintenant et pourquoi là ?

La spéculation au sujet de ce voyage de Bergoglio va bon train, surtout entretenue par ceux qui ne savent rien ; mais il est évident que l’administration Obama désirait profondément que cette visite pontificale se fasse et a fait pression sur les deux parties pour que cela se produise, dans le sillage de la visite personnelle d’Obama à Bergoglio plus tôt cette année à Rome. Il est certain que les Etats-Unis et l’occident sont très nerveux au sujet des ouvertures du Vatican vers l’axe Moscou-Pékin et le soi-disant transfert de millions d’Euros de la Banque du Vatican vers la nouvelle Banque d’Investissement Asiatique qui espère concurrencer le FMI pour la suprématie financière mondiale.

Toujours un politicien jésuite consommé, Jorge Bergoglio sait comment jouer des deux côtés du Grand Échiquier en feignant la loyauté à chaque faction. Tous ses mots prononcés et son instinct de gestion à jouer la foule, doivent être vus sous cette lumière.

Malgré ce que les gens peuvent entendre ou vouloir, il n’y a pas de grand mouvement de réforme en cours au Vatican ; au contraire, le pape François 1er n’a défié aucune des politiques du Vatican. En vérité, ce que son régime est en train de faire, est de choisir un côté dans la nouvelle guerre froide en cours en réalignant l’église catholique romaine vers le bloc de l’Est en influençant l’Amérique de faire pareil. Après tout, les trois-quarts des catholiques sont maintenant dans le tiers-monde et venant lui-même de là, Jorge Bergoglio sait que le vieil imperium suprême de l’Europe occidentale et des Etats-Unis est en train de sérieusement s’éffilocher.

L’Amérique officielle doit comprendre sa condition crépusculaire, nonobstant la rhétorique électorale actuelle, considérant l’abjecte prostitution à la fois des démocrates et des républicains à l’entremetteur de Rome. Mais les Etats-Unis sont bien plus que leurs politiciens verreux et en tant que peuple continue de croire, bien naïvement, à la séparation de l’église et de l’état et le besoin de mener devant la justice et non pas protéger les criminels de guerre avérés comme Jorge Bergoglio et sa mafia.

Peut-être que la visite pontificale fin Septembre sera une chance de réévaluer cette âme américaine somnolente et en fait d’arrêter plutôt que de permettre ce crime perpétuel contre l’humanité qui s’appelle lui-même le Vatican.

Terrorisme d’état: L’unité Kidon israélienne d’assassinats…

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L’unité Kidon, une unité israélienne pour les assassinats

Al Manar

31 Août 2015

url de l’article:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=256507

 

Au cours des 3 dernières décennies, l’unité d’assassinats d’Israël, appelé Kidon a mené au moins 40 opérations d’assassinats à travers le monde, dont certaines en Iran.

La chaîne 2 de la télévision israélienne a reconnu, pour la première fois lors d’une émission, la présence de l’unité Kidon, au sein de l’Organisation d’espionnage israélienne du Mossad.
 

Dernièrement, certains scientifiques nucléaires iraniens ont été assassinés par cette unité. Sans oublier Mahmoud al-Mabhouh, le commandant des brigades d’Ezzedine Qassam, la branche militaire du Mouvement de Résistance palestinien Hamas. Cette unité est aussi derrière l’assassinat en 1995 à Malte de Fathi Chaqaqi, le secrétaire général d’un autre mouvement de résistance palestinien, le Jihad islamique.

Pendant longtemps, les autorités israéliennes cachaient leurs opérations secrètes transfrontalières et l’assassinat des dirigeants palestiniens, mais il semble que cette fois-ci, le régime sioniste revendique ouvertement ces assassinats. Le but étant sans aucun doute de faire une démonstration de force.

Associant cette unité au Mossad, Ronen Bergman, l’expert dans les questions stratégiques du quotidien israélien  Yediot Aharonot révèle que les membres du Kidon sont totalement inconnus des autres membres du personnel de cette organisation d’espionnage. Quoique ses membres sont choisis parmi le personnel du Mossad, mais avec de noms factices.

Ils s’entraînent dans la plus grande clandestinité, aux kidnappings, aux attentats à la bombe et aux assassinats dans un endroit inconnu.

L’unité d’assassinat  Kidon  est la seule unité terroriste dans le monde qui mène officiellement des opérations d’assassinats. 

Au cours des 67 ans d’occupation de la Palestine, le régime sioniste a mené des dizaines d’opérations d’assassinats contre des dirigeants et personnalités palestiniennes, et contre d’autres opposants.

Les opérations terroristes ou bien l’élimination physique ont toujours été l’une des méthodes courantes employées par les services de sécurité et de renseignement internes et étrangers du régime sioniste pour éliminer ses opposants.

Les assassinats en série perpétrés par Israël dans la décennie 1990 au Liban, dans les territoires occupés de la Palestine et dans des pays, comme la Syrie, Malte, Chypre, la Tunisie, l’Egypte et la Jordanie, montrent clairement que le Mossad et ses sous-ensembles, Shabak, Shin Beth et les unités des « Escadrons de la mort », sont toujours actifs en Israël.

Rarement ses agents sont poursuivis par la Justice dans les pays où ils opèrent.

Le Mossad a été créé en avril 1951 par le premier Premier ministre israélien, David Ben Gourion.

Le premier noyau du Mossad et de l’armée israélienne a été formé par les groupes d’assassinats de l’Irgun, Ashtran et Haganah.

Avant la formation d’Israël, ces groupes terroristes jouaient, dans les décennies 1930 et 1940, un rôle crucial dans les opérations terroristes et le massacre des Palestiniens, pour ainsi les intimider et les contraindre à quitter leurs foyers.

Empire occidental et imbécilité universelle…

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Très bonne analyse de Vitchek. Reste ensuite à déterminer la suite. comment faire tomber l’empire et surtout, surtout, par quoi le remplacer hors de la fange étatique sclérosée, archaïque, inégalitaire et totalement obsolète.

— Résistance 71 —

 

L’occident répand l’idiotie intellectuelle universelle

 

André Vitchek

 

21 Août 2015

 

url de l’article en français:
http://lesakerfrancophone.net/loccident-repand-lidiotie-intellectuelle-universelle/

 

Est-ce qu’un dictateur pourrait désirer mieux? La population entière de l’Empire, ou presque, pense maintenant de la même manière!

La population est instruite dans les écoles et le personnel des universités est composé d’enseignants et de professeurs soumis et lâches.

La population est informée par des centaines de milliers de journalistes et d’analystes serviles. Il n’y a pratiquement pas d’écart par rapport au récit officiel.

Félicitations, l’Empire occidental! Vous avez réussi là où d’autres ont échoué. Vous avez obtenu une obéissance et une discipline presque absolues, une servilité totale.

Et encore mieux, la plupart des gens pensent réellement qu’ils sont libres, qu’ils ont le contrôle. Ils croient qu’ils peuvent choisir, qu’ils peuvent décider. Ils sont convaincus que leur civilisation est la plus grande civilisation que la Terre ait jamais connue!

***

Des dizaines de millions font la queue, volontairement, demandant à être instruits pour obtenir à la fin un de ces diplômes impériaux officiels. Ils veulent être acceptés, certifiés et loués par les dirigeants.

Les gens offrent leurs propres têtes courbées à une intervention complexe et prolongée de lobotomie. En échange de chiffons de papier timbré nommés diplômes, des hommes et des femmes perdent, pour toujours, leur capacité à penser de manière indépendante, à analyser et à voir le monde de leurs propres yeux. En guise de récompense pour leur soumission, leurs chances d’obtenir des postes prestigieux dans les bataillons d’élite du régime, institutions, universités et autres, augmentent de manière spectaculaire.

Le degré extrême de conformité de la majorité des hommes et des femmes vivant dans nos sociétés rend les vieux livres comme Fahrenheit 451 et 1984 modérément dérangeants. Notre réalité de 2015 est beaucoup plus psychédélique, bizarre et effroyable… et scandaleuse aussi!

La plupart des citoyens sont même prêts maintenant à payer de leur poche (ou de celle de leur famille) pour ces chirurgies du cerveau éducatives et propagandistes; ils sont désireux de s’endetter lourdement pour être soigneusement programmés et endoctrinés. Plusieurs années plus tard, lorsque tout est fini et que rien n’est resté de leur individualité, ils bombent le torse avec orgueil et souvent ils pleurent lorsqu’ils reçoivent ce morceau de papier timbré qui ne signifie en fait qu’une chose: «Admis, accepté et certifié – prêt à servir et à être utilisé par l’Empire et son régime fasciste.»

Des millions d’étrangers se bousculent pour bénéficier aussi de cette lobotomie. Ceux qui viennent des pays colonisés et détruits sont souvent les plus impatients. Les enfants des élites sont excités à la perspective de recevoir le sceau d’approbation de l’Empire, pour être moulés, pour se fondre dans les masses en Europe ou en Amérique du Nord. Après l’obtention de leur diplôme et après leur retour à la maison, ils ajoutent leurs titres partout sur leurs cartes de visite, ils augmentent leurs tarifs et demandent du respect pour leurs manières occidentales et leur collaboration intellectuelle avec l’Empire. Ensuite, beaucoup d’entre eux s’occupent à voler et à endoctriner leurs compatriotes pour le compte de l’Occident.

Dans de nombreux pays, il n’y a même aucune raison de quitter la maison. Le lavage de cerveau occidental est facilement accessible par le biais des innombrables écoles privées, chrétiennes et internationales, des églises, des institutions culturelles et, bien sûr, du divertissement.

Même des pays comme la Chine, qui peuvent compter sur des cultures beaucoup plus grandes et plus anciennes que la culture occidentale, sont maintenant terriblement influencés par leurs propres fils et filles, qui ont été programmés à croire dans la grandeur de la civilisation occidentale. Ils ont été endoctrinés soit dans les établissements éducatifs à l’étranger, soit par les armées d’éducateurs occidentaux, savants et prédicateurs, de plus en plus occupés à voyager et à répandre leur évangile toxique partout dans le monde.

Au lieu que soit dispensé un savoir diversifié et multiculturel, les écoliers et les étudiants ont reçu des doses d’endoctrinement calculées avec précision, bien éprouvées au cours des siècles d’impérialisme et de colonialisme. Maintenant, l’Empire sait extrêmement bien comment manipuler l’esprit humain. Celles et ceux qui sont violés sont forcés de croire qu’ils ont fait l’amour. A ceux qui ont été dépouillés indistinctement, on enseigne à encenser les puissances coloniales pour avoir construit leurs bâtiments administratifs et leurs chemins de fer, et on enseigne aux gens sur place à ne ressentir aucune honte pour leur passé et leur présent.

Au lieu d’être encouragés à penser de manière indépendante, au lieu d’être invités à révolutionner leur pensée elle-même, les gens sont ligotés, prisonniers de carcans intellectuels austères.

Le courage et l’indépendance d’esprit sont systématiquement dénigrés et rabaissés. Les âmes rebelles sont étiquetées inemployables, presque comme antisociales.

La couardise, la soumission et la médiocrité sont promues et commercialisées par le système extrêmement complexe et diversifié de la propagande, la publicité, les événements culturels et de divertissement et les médias.

Dans un monde totalement uniforme, où même la culture et les médias sont au service de l’Empire et de ses intérêts commerciaux néolibéraux, le Nouvel Homme et la Nouvelle Femme sont pétris dans l’argile intellectuelle, et ensuite placés sur des socles massifs : tous sont grands et minces, tous régurgitent éloquemment et bruyamment des clichés, évitant soigneusement les véritables questions, communiquant intensément avec les autres à propos de rien, tout en restant incroyablement ignorants du monde.

Les Nouveaux Humains sont tous souriants et ont l’air très cool. Ils conduisent les derniers modèles de voitures et tiennent des gadgets modernes dans leurs mains. Ils ont confiance en eux et sont constamment égoïstes. Leurs fesses sont de plus en plus parfaites, et stéréotypées.

Beaucoup d’entre eux prennent des sédatifs, des antidépresseurs ou des drogues, la plupart d’entre eux sont malheureux, peu sûrs d’eux, mécontents de leur travail, malheureux dans leur famille, incapables de trouver ou de chercher leur deuxième moitié. Tout cela, bien sûr, ne se montre pas! En apparence, d’innombrables hommes et femmes occidentaux ont l’air ravissants!

Les fascistes italiens et allemands ont essayé désespérément de créer cette race de super-humains en apparence sûrs d’eux, mais obéissants.

Ils ont échoué.

Mais cet Empire est en train de réussir! Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, il existe une chance que les robots remplacent finalement les êtres humains. Pas les robots de plastique et de métal, mais des humains reconditionnés, recyclés en robots.

Le fascisme italien, le nazisme allemand, le corporatisme des États-Unis, l’impérialisme, le racisme, le colonialisme, l’exceptionnalisme, la propagande, la publicité, l’éducation – tout cela a été habilement entrelacé.

Félicitations, l’Empire! Vous êtes le premier à avoir réussi à standardiser les êtres humains et leur façon de penser!

***

Ce n’est pas facile de combattre un tel Empire, avec des paroles et des idées.

Ce n’est pas seulement la logique ou la philosophie générale des concepts qu’il faut affronter, et défier.

Il y a aussi des milliers de perceptions, de dogmes, de codes, tous poursuivant le même but – maintenir les gens loin de la réalité et d’un mode de pensée et d’analyse indépendants.

La plupart des citoyens de l’Empire occidental sont en fait beaucoup plus endoctrinés que les membres de groupes tels que les talibans ou État islamique, parce que l’Empire travaille très dur et emploie des millions de professionnels qui créent des concepts extrêmement efficaces destinés à contrôler les esprits humains: des idéologues aux psychologues, en passant par les propagandistes, les éducateurs, les artistes, les journalistes et d’autres personnes hautement spécialisées.

Des médias sociaux aux séries télévisées, en passant par les films de Hollywood, la musique pop et les chaînes de télévision, presque tout mène dans la même direction – entraîner les gens loin des principes de base de l’humanisme. Les forcer à ne pas penser comme un groupe de personnes rationnelles, bienveillantes, compassionnelles.

La réalité est soit banalisée soit portée à des niveaux fantasmagoriques auxquels nulle logique ne peut être efficacement appliquée.

Le destin le plus important de la pensée humaine – réfléchir, rêver et concevoir de nouvelles formes bien meilleures et plus douces pour la société – est totalement absent du récit auquel les hommes, les femmes et les enfants de l’Empire et de ses colonies sont confrontés quotidiennement.

Les citoyens de l’Empire sont empêchés de penser et d’agir de manière naturelle. Résultat, ils sont frustrés, déprimés et confus. Mais au lieu de se rebeller (la plupart d’entre eux n’en sont pas capables, de surcroît), ils deviennent de plus en plus agressifs. Tandis que les victimes de l’Empire, dans le monde entier, sont assassinées, exploitées et humiliées, l’organisation du monde apporte en fait très peu de joie (malgré de nombreux bénéfices matériels) aux citoyens de l’Empire – les Européens et les Nord-Américains.

À l’autre extrême: des milliards de gens dans les anciennes colonies et dans les néo-colonies sont aussi bombardés, constamment, par les mêmes messages tordus, recyclés et modifiés [et trop souvent des vraies bombes, NdT]. Ils sont confrontés à une avalanche perpétuelle de propagande (légèrement modifiée pour chaque région particulière), ruisselant jour et nuit des canaux d’endoctrinement de l’empire : les feuilletons télévisés, le plus bas niveau des films et des jeux vidéo (la même chose, vraiment), la musique pop avec des paroles répétitives relevant de la mort cérébrale, l’art décoratif inoffensif et les reportages publiés par les agences de presse dominantes. Ces messages sont diffusés via les organes de presse locaux qui sont à leur tour principalement contrôlés par des intérêts commerciaux qui collaborent résolument avec le régime mondial occidental.

L’Empire et son organisation du monde sont outrageusement racistes et brutaux, mais la plupart de ses citoyens, même ses sujets dans les territoires dévastés, sont forcés de croire qu’il ont effectivement le système le plus tolérant et progressiste sur terre.

***

Y a-t-il un espoir que l’humanité survive à cette production de masse de l’idiotie?

Oui, bien sûr qu’il y en a un!

La bataille a commencé.

Ce ne sont pas seulement les manœuvres des marines russes, chinoises et iraniennes qui contestent actuellement l’impérialisme occidental.

Ce ne sont pas seulement les Latino-américains et les Sud-Africains qui ont fait des efforts décisifs pour récrire l’histoire et pour armer le peuple avec des connaissances plutôt qu’avec des diplômes.

Peut-être le plus grand cinéaste européen actuellement en vie, Emir Kusturica, a récemment écrit, sarcastique, que «la Troisième Guerre mondiale commencera avec le bombardement de RT par le Pentagone», en se référant au puissant réseau de télévision Russia Today. RT a commenté :

«RT est une réelle menace pour la propagande états-unienne puisqu’elle atteint les Américains chez eux, dans un anglais parfait, meilleur que celui qu’ils utilisent sur CNN.» Et c’est pourquoi, selon le directeur, Washington pourrait en avoir assez et chercher à faire taire RT par la force – un peu comme l’Otan l’a fait avec la télévision d’État serbe en avril 1999.

À son tour, Kusturica prédit que Moscou détruirait CNN, qu’il considère comme le porte-drapeau de la propagande pro-américaine: «CNN, dans ses transmissions en direct, assure que depuis les années 1990, l’Amérique a mené des actions humanitaires, et non des guerres, et que ses avions militaires font pleuvoir des anges, pas des bombes!»

Bien que quelques-uns des plus grands penseurs qui affrontaient l’Empire – Saramago, Galeano et Pinter – soient récemment décédés, il en y a encore beaucoup qui parviennent à échapper à l’endoctrinement. Certains se regroupent autour des chaînes de télévision non occidentales comme TeleSUR, RT et PressTV.

C’est comme le Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, de nouveau. Certaines personnes, obstinément, refusent de brûler leurs livres.

Même en Occident, certains médias puissants – CounterPunch, Dissident Voice, ICH, VNN, Global Research, et d’autres – gardent le cap. Ils ne gagnent pas encore, loin de là, mais ils ne meurent pas non plus!

Tant que la pensée indépendante est vivante, tout n’est pas perdu.

«Je me révolte ; donc nous existons», a écrit le philosophe français Albert Camus. Il a ajouté aussi : «Le sentiment de révolte est né dans l’oppression.»

L’Empire nie qu’il opprime le monde. Il endoctrine à la fois les oppresseurs et les opprimés, redéfinissant, et en fait convertissant l’oppression en liberté.

Ceux d’entre nous qui parviennent à échapper à son endoctrinement se révoltent aujourd’hui. Par conséquent, l’humanité existe encore.

Le champ de bataille devient très bien défini : il se passe maintenant sur le plan de l’information et de la connaissance.

Les actes, les ruses pratiqués par l’Empire sont sales, horribles, mais très transparents. Ils peuvent être acceptés ou tolérés par des milliards de gens uniquement grâce à la répétition permanente des mensonges, et à cause des concepts tordus martelés dans les cerveaux des gens au travers de l’enseignement dominant.

La guerre pour la survie de l’humanité est déjà en cours. C’est la Grande Guerre humaniste – la guerre sur les esprits et les cœurs des gens, pas sur un territoire. On peut aussi l’appeler la guerre de l’information, une guerre de désintoxication, ou une guerre pour ramener les êtres humains à la vie en les sortant de leur intoxication, de leur torpeur et de leur servilité, une guerre pour un monde bien meilleur, une guerre qui mettrait la connaissance au-dessus des diplômes tamponnés, la chaleur humaine et la gentillesse au-dessus de la violence et de l’agression, et les êtres humains au-dessus des profits et de l’argent.

La victoire ne pourra intervenir qu’accompagnée par la connaissance, la pensée indépendante, l’humanisme rationnel, la compassion, la solidarité, et enfin la chaleur humaine.

Andre Vltchek est philosophe, romancier, réalisateur et journaliste d’investigation. Il a couvert guerres et conflits dans des dizaines de pays. Ses derniers livres parus sont : Exposing Lies Of The Empire et Fighting Against Western Imperialism. Discussion avec Noam Chomsky : On Western TerrorismPoint of No Return est un roman politique acclamé par la critique. Oceania traite de l’impérialisme occidental dans le Pacifique sud. Enfin, son livre provocateur sur l’Indonésie : Indonesia – The Archipelago of Fear.

Andre réalise aussi des films pour teleSUR et Press TV. Après avoir passé de nombreuses années en Amérique Latine et en Océanie, Vltchek réside et travaille aujourd’hui en Extrême-Orient et au Moyen-Orient. Vous pouvez le contacter sur son site Internet ou sur Twitter.

Nouvel Ordre Mondial et asservissement de la science: De la primauté des gènes juifs (Gilad Atzmon)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, désinformation, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 29 août 2015 by Résistance 71

« Je suis venu à terme, de considérer une vision intéressante en ce qui concerne l’antisémitisme. On peut le dire comme ceci: Tandis que dans le passé un antisémite était quelqu’un qui haïssait les juifs, de nos jours, c’est dans l’autre sens que cela fonctionne: un antisémite est quelqu’un que les juifs détestent… »

« Aussi loin que va mon expérience personnelle, ce sont toujours les soi-disants fils , filles et petits-enfants des survivants qui exploitent l’holocauste comme argument politique ou comme une affirmation d’une sorte d’exceptionalisme. L’historien américain Norman Finkelstein a raison lorsqu’il dit qu’Israël a transformé l’Holocauste en un outil politique après 1967, lorsqu’il eut besoin d’une excuse ‘éthique’ en tant qu’occupant immoral d’une terre. »

~ Gilad Atzmon (2011) ~

 

La primauté des gènes juifs

 

Gilad Atzmon

 

25 Août 2015

 

url de l’article original:

http://www.gilad.co.uk/writings/2015/8/25/the-primacy-of-jewish-genes

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le quotidien britannique “The Guardian” a rapporté cette semaine qu’une étude sur les survivants de l’holocauste a révélé que le traumatisme juif est communiqué aux enfants juifs par les gènes. La conclusion d’une recherche par une équipe menée par Rachel Yehuda du Mount Sinai Hospital de New York émane de l’étude génétique de 32 hommes et femmes juifs qui ont été internés dans un camp de concentration nazi, qui ont été les témoins ou ont fait l’expérience eux-mêmes de torture ou qui ont dû se cacher pendant la seconde guerre mondiale.

A l’encontre du Guardian qui n’a fait que publier un rapport très sec et austère de cette “révélation scientifique”, je suis très troublé. Quelle est la signification de cette nouvelle scientifique ? Cela suggère t’il que les enfants des survivants de l’holocauste nazi sont mieux adaptés pour le prochain holocauste ou cela suggère t’il alternativement que les héritiers des survivants de la Shoah ont hérité du traumatisme et sont en droit de recevoir les réparations allemandes en espèces sonnantes et trébuchantes jusqu’à la fin des temps ?

D’un autre côté, si les sionistes nous disent la vérité et que les juifs ont été persécutés au travers de leurs histoire et que le passé juif est constellé d’holocaustes, alors on pourrait s’attendre à ce que le “gène traumatique” soit largement diffusé parmi les juifs de toute façon. Je ne comprends pas bien.

Il est évident que Rachel Yehuda, son équipe juive et l’hôpital juif pour lequel ils travaillent étaient particulièrement intéressés en les gènes juifs et la souffrance juive, mais cette nouvelle découverte est-elle universelle ? Qu’en est-il des Africains-Américains qui ont survécus à l’esclavage et qui sont toujours sujets à la discrimination institutionnelle et à des abus constants, passent-ils aussi leur traumatisme génétiquement à leur descendance ou bien ne serait-ce qu’une capacité physiologique seulement possédée par les juifs ? Quid des gens qui ont souffert au main du nationalisme juif et de la terreur israélienne ? Yehuda s’est-elle préoccuppée de savoir si les Palestiniens passent aussi cette information génétique à leur descendance ? (NdT: nous mentionnerons ici les nations et peuples originels des Amériques et d’Océanie) Non de manière évidente et ceci pour une bonne raison. A l’encontre du judéocide nazi qui a eu un commencement et a eu une fin temporels, ce qui échoit aux Palestiniens n’a pas de fin anticipable. Les bébés nés à Gaza aujourd’hui n’ont pas besoin d’hériter d’un traumatisme génétique de leurs parents, le traumatisme leur sera délivré directement par l’armée et l’aviation israéliennes.

Dans les années qui ont suivi la Shoah, quelques psychologues et écrivains juifs ont décortiqué le sujet de la signification du désordre de stress post-traumatique (DSPT). J’ai toujours eu de la peine à comprendre le terme. J’ai grandi en Israël et j’étais entouré de beaucoup de survivants de l’holocauste, de gens qui avaient des numéros tatoués sur leurs bras. Certains d’entre eux avaient énormément souffert durant la guerre et pourtant ils étaient en fait des gens ordinaires. Certains étaient très gentils, d’autres beaucoup moins, certains étaient charmants et intelligents, d’autres pas tellement. L’holocauste n’était pas tellement un problème pour eux aussi loin que je pouvais le dire. Ils voulaient sortir de cette vie. S’il y a une chose qu’ils essayaient de faire, c’était d’oublier. Mais souvent leurs enfants étaient un peu différents. Un bon nombre d’entre eux étaient possédés de manière débordante par la Shoah et en firent une nouvelle religion. Mon étude personnelle de la religion de l’holocauste m’a amené à définir la notion de “désordre de stress PRÉ-traumatique”, qui est cette capacité unique d’être traumatisé et tourmenté par un évènement fictif imaginaire prenant place dans un futur fantasmagorique. C’est cette condition pré-traumatique qui rend la politique juive contemporaine une affaire dangereuse à la fois pour les juifs et pour le reste d’entre nous. C’est ce pré-traumatisme qui permet à ceux qui souffrent de voir une menace potentielle partout et en tout.. Si j’ai raison au sujet de la condition pré-traumatique, nous pourrions bien même apprendre que dans le contexte particulier du traumatisme juif, ce serait les enfants qui passent le gène pré-traumatique à leurs parents survivants. Je suis certain que Rachel Yehuda et le Mont Sinai Hospital pourraient trouver au moins 32 sujets de cette communauté qui soutiendraient de telles trouvailles post-épigénétique.

Dans le même temps, nous allons clairement vers une nouvelle phase dans l’étude de la phobie collective juive. Le traumatisme juif réside maintenant dans les gènes rapporte le Guardian. Si c’est vrai, la religion de l’holocauste est maintenant et à tout jamais, gravée dans la physiologie juive. Ceci est une très mauvaise nouvelle pour les antisémites et les porteurs de la haine des juifs, en effet, il n’y a plus besoin désormais de tourmenter les juifs, car ceux-ci sont nés tourmentés.

Entretien avec l’historien suisse Daniele Ganser sur les armées secrètes de l’OTAN et le terrorisme manipulé…

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Résistance 71

28 Août 2015

Nous mettons ci-dessous en commentaire la vidéo d’un entretien (en français) avec l’excellent et sympathique historien suisse Daniele Ganser, spécialiste de l’OTAN et de ses armées secrètes, sujet sur lequel il a fait sa thèse de doctorat en histoire contemporaine. Nous avons déjà publié certains de ses écrits, son livre sur les armées secrètes de l’OTAN (en fait la publication de sa thèse formatée pour la publication) a été publié chapitre par chapitre il y a quelques années sur le Réseau Voltaire.

Un entretien réalisé par UsfProd à voir et à diffuser sans modération. La vidéo est en 13 parties variant de 3 à 8 minutes pour une durée d’environ une heure. Éteignez la télé et visionnez cet entretien, vous apprendrez bien des choses !

Source: ArrêtsurInfo.ch
http://arretsurinfo.ch/video-interview-de-daniele-ganser-guerres-manipulees-et-terrorisme-detat/

Note: Lorsque vous visionnez la première partie, les autres parties vont s’enchaîner automatiquement vous n’avez rien à faire, cliquez « play » sur le 1er épisode de 1min30 minutes, calez-vous et… restez assis, çà décoiffe !…

Guerre impérialiste financière: Le Shanghaï Stock Exchange (SSE) attaqué de l’extérieur… Guerre économique et géopolitique…

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Déstabilisation économique, effondrement financier et le bidouillage de la bourse de Shanghaï ?

 

Michel Chossudovsky

 

26 Août 2015

 

url de l’article original:

http://www.globalresearch.ca/economic-destabilization-financial-meltdown-and-the-rigging-of-the-shanghai-stock-market/5471533

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’effondrement spectaculaire de la bourse de Shanghaï a été présenté à l’opinion publique comme étant le résultat d’un “mécanisme de marché” spontané, déclenché par la faiblesse de l’économie chinoise.

Le chœur consensuel des médias occidentaux (WSJ, Bloomberg, FT etc…) prétend que les actions chinoises se sont effondrées à cause de “l’incertitude” en réponse à des données récentes “suggérant une baisse dans la seconde économie mondiale”.

Cette interprétation est erronée. Elle déforme le fonctionnement des marchés boursiers qui est l’objet d’opérations spéculatives absolument routinières. Un déclin programmé de l’indice Dow Jones par exemple, peut-être accompli de plusieurs façons: ventes à court terme, paris sur le déclin du Dow Jones Industrial Average dans le marché des options etc… [1]

De manière amplement documentée, les marchés financiers sont pipés par les méga-banques. Des institutions financières très puissantes incluant la JP Morgan Chase, HSBC, Goldman Sachs, Citigroup et toute la fine équipe habituelle, suivie de leurs hedge funds affiliés, à la capacité de “pousser à la hausse” le marché boursier, puis de le “tirer vers le bas”. Elles engrangent à la fois sur la spéculation à la hausse et sur la spéculation à la baisse. Cette procédure s’applique également au marché des commodités en général et du pétrole et des métaux en particulier.

Ceci constitue une fraude financière ou ce que l’ex-membre de haut niveau de Wall Street et ancienne assistante secrétaire fédérale de la HUD Catherine Austin Fitts appelle “pomper et larguer” et définit comme: “Gonfler artificiellement le prix d’une action ou autre sécurité par la promotion, afin de vendre à ce prix surgonflé, puis profiter encore plus à la baisse avec l’achat-vente à très court terme”. Cette pratique est illégale sous les lois boursières et pourtant ceci se pratique très couramment.”  (See Stephen Lendman, Manipulation: How Financial Markets Really Work, Global Research, March 20, 2009

L’effondrement de la bourse de Shanghaï (SSE)

Le SSE Composite Index a progressé cette dernière année de 2209 en Août 2014 à plus de 5166 au 21 Juin 2015 (environ 140% d’augmentation); puis à partie du 21 Juillet, il s’est effondré de plus de 30% en environ deux semaines à 3507 (le 8 Juillet)

Un effondrement supplémentaire s’est produit le 10 Août, dans la semaine qui a suivi l’explosion de Tianjin (le 12 Août 2015), culminant avec le Lundi noir du 24 Août (avec à la clef une baisse spectaculaire de 7,63% en une journée…) NdT: l’explosion de Tianjin serait-elle un acte criminel servant à masquer l’attaque financière sur le SSE ?…

L’explosion de Tianjin a t’elle contribué à exacerber cette “incertitude” en regard du marché des équités chinois ? L’évolution de l’index du SSE sur cette période d’un an n’a rien à voir avec les forces spontanées du marché ou des marqueurs de l’économie réelle. Ceci présente toutes les apparences d’un massacre spéculatif savamment planifié, une poussée vers le haut puis une forte secousse vers le bas.

La possibilité d’une fraude a été l’objet d’une enquête des autorités chinoises en Juillet 2015 suivant l‘effondrement du 21 Juin du SSE (voir le graphe dans l’article original en anglais).

Le régulateur a dit dans son rapport du 3 Juillet qu’il allait étudier si des acteurs avaient fraudé dans les ventes de produits financiers… La China Securities Regulatory Commission (CSRC) a dit qu’elle baserait son enquête sur des rapports de mouvements anormaux du marché en provenance de la bourse et des futures exchanges.

Certains rapports ont accusé des investisseurs étrangers d’avoir tiré les prix vers le bas en vendant des actions sur le très court terme dans les bourses chinoises, ce qui veut dire qu’ils pariaient sur la chute des cours.

Tout fait criminel sera transféré à la police a dit le régulateur.

Le China Financial Futures Exchange (CFFEX) a suspendu 19 comptes pour avoir vendu dans le très court terme (short-selling) pour un mois, rapporte l’agence de presse Reuters, citant des sources anonymes (BBC, August 25, 2015, emphasis added)

Le consensus médiatique (ainsi que les déclarations venant des autorités chinoises) était que des acteurs financiers chinois plutôt que des banques étrangères seraient derrière ce processus de fraude du marché boursier: “les investisseurs étrangers n’ont qu’un accès très limité aux marchés chinois”. La manipulation du marché ne provient pas de sources étrangères d’après le Global Times

Cette analyse ne prend néanmoins pas en considération le fait que de grands acteurs financiers comme la Goldman Sachs, JP Morgan Chase, HSBC et autres sont très actifs en Chine, opérant depuis Shanghaï au travers de banques paravents chinoises associées dans leurs aventures financières.

De plus, ces institutions financières occidentales sont bien connues pour avoir eu un rôle déterminant dans la manipulation des marchés boursiers ainsi que des marchés des changes :

Des régulateurs ont mis à l’amende six banques majeures pour un total de 4,3 millliards de dollars pour ne pas avoir empêcher des courtiers d’essayer de manipuler le marché des changes (Forex), à la suite d’une enquête mondiale sur un an.

HSBC Holdings Plc, Royal Bank of Scotland Group Plc, JP Morgan Chase & Co, Citigroup Inc, UBS AG et la Bank of America Corp ont toutes été mises à l’amende à la suite de cette enquête, qui a bridé ce marché auparavant largement non régulé de 5000 milliards de dollars quotidiens, accélérant ainsi la poussée vers le marchandage automatisé et piégea la Banque d’Angleterre (NdT: cœur de la matrice financière de la City de Londres, la véritable “couronne” britannique…)

Les courtiers utilisaient des noms de code pour identifier les clients sans les nommer et échangeaient l’information dans des chatrooms en ligne en utilisant des pseudonymes comme “les joueurs”, “les 3 mousquetaires” ou “1 équipe, 1 rêve”. Ceux qui n’étaient impliqués étaient ridiculisés et les courtiers utilisaient un langage obscène pour se féliciter des gains rapides faits grâce à leurs escroqueries ont dit les autorités.

La Goldman Sachs, de toutes ces institutions financières majeures, opère de Shanghaï depuis 2004 sous un arrangement de partenariat avec la Beijing Gao Hua Securities Company.

Goldman est connue pour utiliser des soi-disants “programmes d’échanges à haute fréquence” dans les transactions boursières:

“Les marchés peuvent être falsifiés avec des High-Frequency Trading Programs ou HFT, qui composent maintenant 70% des échanges boursiers. Goldman Sachs est le champion indiscuté de cette nouvelle technique de jeu. (Voir Ellen Brown,  Stock Market Collapse: More Goldman Market Rigging, Global Research, May 8, 2010)

Un autre facteur qui a facilité les opérations spéculatives sur le SSE a été l’intégration des marchés boursiers de Hong-Kong et de Shanghaï en 2014 sous l’égide du soi-disant lien de “Stock Connect”. La procédure permet aux étrangers d’acheter des actions A chinoises listées sur le SSE depuis Hong-Kong avec des “restrictions limitées”, à savoir un accès complet au marché des équités de la Chine.

Guerre financière

Ces mouvements de balancier vers le haut et vers le bas du Shanghai Composite Index ont pour résultat ultime la confication de milliards de dollars de richesse monétaire incluant des capitaux de fonds d’état chinois fournis par la Banque Populaire de Chine pour renflouer le marché boursier de Shanghaï. Où va ce fric ? Qui sont les récipiendaires de ces échanges d’une valeur de multi-milliards de dollars ?

En réponse à l’effondrement du mois d’Août, la Banque Populaire de Chine a “offert 150 milliards de Yuan (23,43 milliards de dollars) en avoir pour 7 jours d’accord de rachats de renverse, une forme de prêts à court-terme pour les prêteurs commerciaux.” Cet argent fut gaspillé. Cela n’a pas renversé la tendance de l’effondrement du SSE.

Geopolitique

Des considérations géopolitiques sont aussi pertinentes. Tandis que le Pentagone et l’OTAN coordonnent des opérations militaires contre des pays étrangers souverains, Wall Street perpétue des actions de déstabilisation sur les marchés financiers incluant le trucage des marchés du pétrole, de l’or et des changes et ce directement contre la Russie et la Chine.

Est-ce que la falsification du SSE fait partie d’un package plus large d’actions des Etats-Unis contre la Chine consistant en affaiblissant son système économique et financier ?

Est-ce que l’effondrement financier de la Chine sert de plus grand intérêts concernant la politique étrangère états-unienne incluant des menaces régulières contre elle, sans même mentionner les déploiements militaires américains dans la Mer de Chine du Sud ?

Sommes-nous en face d’une “guerre financière” dirigée contre une puissance économique mondiale concurrente ?

Cela vaut-il la peine d’être noté que des procédures spéculatives (fraudes) ont aussi été utilisées dans les marchés du pétrole et des changes contre la Fédération de Russie. Combinées avec le régime des sanctions économiques, l’objectif était de tirer vers le bas le prix du pétrole brut (ainsi que la valeur du rouble russe), ceci devant affaiblir l’économie russe.

Le ‘Pivot Asiatique’ d’Obama contre la Chine est renforcé par des actions de déstabilisation concommitantes sur le SSE. Le but ultime est d’affaiblir, au moyen de méthode non-militaire, l’économie nationale de la République Populaire de Chine”. (Michel Chossudovsky, US-NATO Military Deployments, Economic Warfare, Goldman Sachs and the Next Financial Meltdown, Global Research, August 8, 2015

 

Note 

  1. The latter is one among several instruments used by speculators. There is no buy sell transaction of shares of company listed on the stock exchange: a bet is placed on an upward or downward movement of the DJIA. It’s an index fund:  ask and put options.

Résistance au colonialisme: L’oppression française de l’intérieur vers l’extérieur est conforme aux fonctions perverses de l’État…

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Très bonne analyse de Bouamama qui montre bien ce que nous disons depuis longtemps ici: “Nous sommes tous des colonisés !” Ce n’est qu’une question de degré coercitif en fait, mais pour qu’un État devienne colonial sur l’extérieur, il a d’abord dû passé par le stade de la colonisation interne. C’est en fait la condition sine qua non pour que l’État, né de la division politique de la société civile en dominant et en dominé, perdure et phagocyte les populations. L’État est une machine ethnocidaire qui à terme devient également une machine génocidaire, l’histoire est pavée des preuves de cette chaîne évènementielle. Si les citations de Césaire et Fanon par Bouamama sont judicieuses, nous rajouterons ceci de l’anthropologue politique anarchiste Pierre Clastres (1934-1977) qui est un de ceux qui a le mieux analysé la relation État/Société. Comme d’habitude tout bon marxiste qui se respecte ne citera pas de source anarchiste. Il est vrai que Clastres avait particulièrement démonté les deux branches “classiques” de l’anthropologie: le structuralisme évolutionniste de son professeur Lévi-Strauss en exposant les faiblesses et les manques, mais surtout la pseudo-anthropologie marxiste niant l’apartenance à l’histoire tout ce qui n’est pas “lutte des classes”, ce qui avait fait dire à Clastres: “Cela doit être si simple d’être un marxiste”…

Sur l’État Clastres disait ceci (entre autre), ce qui fait mieux comprendre la finalité colonialiste intrinsèque de l’État:

“Un rapide coup d’œil à l’histoire de notre pays est suffisant pour nous montrer que l’ethnocide en tant que la plus ou moins suppression autoritaire des différences socio-culturelles, est déjà inscrit dans la nature même et la fonctionalité de la machine étatique, qui standardise ses rapports avec les individus: pour l’État, tous les citoyens sont égaux devant la loi. Affirmer que l’ethnocide, à commencer avec cet exemple de l’État français, fait partie de l’essence unificatrice de l’État, mène logiquement à la conclusion que toutes les formations étatiques sont ethnocidaires… La violence ethnocidaire, comme la négation par l’État de la différence, est clairement une partie de l’essence de l’État des empires barbares tout comme des sociétés civilisées d’occident: toutes les formations étatiques sont ethnocidaires. L’ethnocide fait partie du mode d’existence normal de l’État. Il y a ainsi une certaine universalité à l’ethnocide, ne le rendant pas en cela une seule caractéristique du “monde blanc”, mais d’un ensemble de sociétés qui sont les sociétés étatiques. Une réflexion sur l’ethnocide implique nécessairement une réflexion sur l’État. Mais l’analyse doit-elle s’arrêter là ? Doit-elle se limiter à l’observation que l’ethnocide est l’État et que de ce point de vue, tous les États sont égaux ? […] Nous notons que dans le cas des états occidentaux, la capacité ethnocidaire est sans limite. C’est pour cette bonne raison que cela peut mener au génocide et donc nous pouvons parler du monde occidental comme étant absolument ethnocidaire. Ce qui différencie l’occident est son système économique de production… Ce qui différencie l’occident est le capitalisme et son incapacité à demeurer au sein de ses frontières. Que ce soit un système capitaliste libéral, privé comme en Europe de l’Ouest, ou planifié comme en Europe de l’Est, la société industrielle, la plus formidable machine de production est pour cette même raison, la plus horrible machine de destruction.” (“Recherches d’anthropologie politique”, Seuil, 1980)

Note: définition de l’ethnocide (Pierre Clastres): “L’ethnocide est donc la destruction systématique des modes de vie et de pensée des peuples différents de ceux qui mènent cette aventure de destruction. En somme, le génocide tue les gens en masse dans leurs corps, l’ethnocide les tue dans leur esprit.”

~ Résistance 71 ~

 

La logique coloniale française: Des Basques aux Algériens, de la “colonisation intérieure” à la “colonisation extérieure”

Saïd Bouamama

 

26 Août 2015

 

url de l’article:

http://www.michelcollon.info/La-logique-coloniale-francaise-Des.html?lang=fr

 

Le discours sur la République et les « valeurs de la république » ont connu un retour fulgurant sur le devant de la scène politique et médiatique à l’occasion des attentats de janvier 2015 et de leur instrumentalisation idéologique par Manuel Valls. Le roman national construit par la classe dominante, comme idéologie de justification et de légitimation de son pouvoir, s’est de nouveau déployé avec ses concepts lourds et ses oppositions binaires (universalisme contre particularisme, modernité contre réaction, lumières contre obscurantisme, assimilation contre communautarisme, etc.). Nous nous sommes expliqués à maintes reprises sur les enjeux de cette séquence historique qu’a été « je suis Charlie[i] ». Nous voulons aujourd’hui faire le point sur ce qui rend possible une telle instrumentalisation : l’intériorisation massive dans une partie importante de la gauche du mythe de la « mission civilisatrice » comme outil d’émancipation des peuples de France à l’interne de l’hexagone, puis des peuples et nations d’Asie, d’Afrique et d’Amérique à l’externe. Les logiques, buts et processus qui ont présidé à la colonisation externe sont ainsi de même nature que ceux qui se sont déployés dans ce qu’il faut bien appeler une « colonisation interne ».

La colonisation comme processus de généralisation du rapport social capitaliste

Dans son historique « discours sur le colonialisme », Aimé Césaire analyse le capitalisme comme une « forme de civilisation qui, à un moment de son histoire, se constate obligée, de façon interne, d’étendre à l’échelle mondiale la concurrence de ses économies antagonistes[ii] ». Cette concurrence et cette logique extensives sont consubstantielles au capitalisme. Elles se sont d’abord déployées dans les périphéries proches des centres d’émergence du nouveau mode de production capitaliste avant que de s’étendre à des périphéries plus lointaines. 

Rosa Luxemburg souligne à juste titre que cette logique extensive suppose et nécessite la destruction des « économies naturelles », des « économies paysannes » et des cultures populaires dans lesquelles elles se sont historiquement élaborées[iii]. Marx a décrit précisément l’enjeu pour le nouveau mode de production capitaliste de cette lutte : « On avait eu une production dont seul le surplus était valeur d’échange, et qui était présupposée à la circulation ; on passe maintenant à une production qui ne fonctionne qu’en liaison avec la circulation et dont le contenu exclusif est la valeur d’échange[iv] ». Ce n’est donc pas par « méchanceté » ou par « vice » que se déploient la logique extensive et la guerre contre les « économies » périphériques (d’abord de proximité puis plus éloignées). Elles sont tout simplement la conséquence logique du nouveau mode de production. Réduire l’extension coloniale du mode de production capitaliste à une lutte contre le féodalisme en occultant qu’elle est aussi une lutte contre des « économies naturelles » et des « économies paysannes » pour reprendre les expressions de Rosa Luxemburg, conduit à la cécité face à la résistance hier comme aujourd’hui, dans l’hexagone comme à l’échelle internationale, à l’arasement et à l’uniformisation capitaliste. L’Etat français centralisateur n’a pas été qu’un outil de guerre contre le féodalisme mais aussi une machine de destruction des économies antérieures et des cultures qui les portaient. 

Parlant des périphéries extra-hexagonales colonisées, Aimé Césaire résume comme suit les caractéristiques qui en font des obstacles à détruire pour le capitalisme : 

« C’étaient des sociétés communautaires, jamais de tous pour quelques-uns. C’étaient des sociétés pas seulement anté-capitalistes, comme on l’a dit, mais aussi anticapitalistes. C’étaient des sociétés démocratiques, toujours. C’étaient des sociétés coopératives, des sociétés fraternelles[v]. » 

Il y a bien sûr, idéalisation assumée de ces sociétés par Aimé Césaire car son écrit est une œuvre de lutte et de dénonciation, mais cela n’enlève rien aux principales caractéristiques de ces « économies naturelles et paysannes ». Rappeler ces faits ne veut pas dire que l’avenir est à construire par un retour vers ces formes du passé. L’histoire ne se réécrit pas en gommant certaines de ces phases mais en les dépassant vers un horizon d’émancipation. 

La prise en compte de cette base matérielle de la colonisation est essentielle pour ne pas dériver vers une opposition idéaliste (et donc impuissante) à la colonisation. Cette dernière est dotée d’un mouvement historique l’amenant à prendre différents visages en fonction du rapport des forces. Les discours sur la nation, sur l’assimilation, sur l’intégration, sur l’universalisme abstrait, etc., ne sont que des accompagnements idéologiques d’un processus d’assujettissement total d’une périphérie à un centre au profit de ce dernier. 

Ces discours ont d’abord été tenus dans le cadre de la construction nationale française avant que s’étendre à des nations ultramarines. Ils ont été des instruments de la mise en dépendance économique et de l’assimilation culturelle et linguistique des cultures de l’hexagone, avant que de servir les mêmes buts (avec des moyens plus brutaux encore) pour les autres continents. La colonisation intérieure a précédé et a rendu possible la colonisation extérieure.

L’assimilation comme outil idéologique de la construction nationale française

Frantz Fanon souligne pertinemment que le processus colonial est indissociable du racisme. Il suppose pour se déployer l’émergence et l’intériorisation de deux complexes : le complexe de supériorité pour les uns et le complexe d’infériorité pour les autres[vi]. Le rôle de l’appareil d’Etat en France a justement été de produire, de favoriser et d’étendre ces deux complexes par tous les moyens disponibles de l’inculcation idéologique à la violence ouverte. 

Dans ce processus d’assujettissement la question de la culture en général et de la langue en particulier, revêt une importance particulière. Il s’agit pour justifier l’assujettissement économique d’une périphérie à un centre de hiérarchiser les cultures et les langues. Le penseur des Lumières Denis Diderot pose ainsi comme une évidence indiscutable : « Il est légitime dans un Etat unifié politiquement, de ne trouver qu’une seule langue, et de devoir considérer les autres formes linguistiques comme étant des patois qu’on abandonne à la populace des provinces[vii]. » La confusion entre langue commune partagée et langue unique imposée révèle le processus d’assujettissement et de colonisation des périphéries. La langue étant indissociable de la culture qui lui a donné naissance, l’infériorisation linguistique est pour le mieux une infériorisation culturelle et pour le pire une destruction culturelle. Nous parlons de « mieux » et de « pire » en nous situant du point de vue des périphéries car pour le centre le « mieux » est la disparition totale de l’altérité c’est-à-dire l’assimilation. 

Suzanne Citron a mis en évidence la logique de raisonnement conduisant à ce messianisme de destruction des altérités. Elle se base sur la réduction des protagonistes de la révolution française à une lutte binaire : bourgeoisie contre féodalité. Or une telle binarité est une simplification de la réalité sociale des habitants de l’hexagone. Elle élimine le troisième protagoniste : le monde paysan, ses peuples et ses langues : 

« En amont culture aristocratique franque, monarchique, catholique, en aval culture bourgeoise et urbaine, culture de la Raison, culture des lumières ; le système de représentation qui la sous-tendait n’intégrait pas le monde rural, ses patois, ses solidarités villageoises[viii]. » 

Qu’une telle attitude suppose un complexe de supériorité du centre est évident. Il s’agit ni plus ni moins que de poser le caractère universel de la langue française en l’argumentant d’une supériorité d’essence. Voici comment en parle Bertrand Barrère de Vieuzac, député aux Etats généraux puis à la convention nationale, pour en appeler à une guerre pour éradiquer les autres langues de l’hexagone : 

« Le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton ; l’émigration et la haine de la République parlent allemand, la contre-révolution parle italien et le fanatisme parle basque. Cassons ces instruments de dommages et d’erreurs […]. Il n’appartient qu’à la langue française qui depuis quatre ans se fait lire par tous les peuples […], il n’appartient qu’à elle de devenir la langue universelle. Mais cette ambition est celle du génie de la liberté[ix]. » 

Cette logique de pensée déjà hégémonique au moment de la révolution bourgeoise (qui rappelons-le se déploie à la fois contre le féodalisme et contre les économies et cultures populaires), l’est encore plus ensuite, avec comme summum la troisième république qui est tout à la fois celle de la guerre à la diversité interne et celle de la colonisation externe. La construction nationale française se bâtit en conséquence par une négation des peuples de l’hexagone (occitan, basque, breton, etc.) par une confusion entre l’unité politique et l’unicité culturelle et par une guerre à l’altérité. Mais cette négation n’est pas sans fondements matériels : elle s’enracine dans le besoin d’imposer les rapports sociaux capitalistes à des contrées fonctionnant jusque-là selon une autre logique économique. C’est pourquoi libération nationale et lutte des classes sont indissociables.

Libération nationale et lutte des classes

Parler de lutte de libération nationale à propos des peuples de l’hexagone fait courir en France un danger : celui d’être accusé de réactionnaire, de partisan d’un retour à la féodalité. Nous considérons au contraire que ne pas le faire revient à laisser le champ libre à l’extrême-droite qui sait à merveille canaliser des révoltes légitimes pour les détourner de leurs cibles réelles. Il convient donc de préciser de quoi il s’agit, non pas dans l’abstraction pure, mais dans les conditions concrètes du capitalisme français d’aujourd’hui. 

Aborder la lutte de libération nationale sans la relier à la lutte des classes est selon nous un non-sens. Elle est de fait un combat contre une classe sociale qui hiérarchise le territoire en centres et périphéries, qui ne peut que le faire, qui a besoin de le faire pour maintenir ses profits. C’est pourquoi limiter le combat à la question linguistique ne peut que produire de l’impuissance politique. A l’inverse se contenter de parler de lutte anticapitaliste sans l’ancrer dans les conséquences concrètes d’assujettissement économique et d’oppression culturelle, conduit à la même impasse. Une telle approche, encore majoritaire à gauche en France, aboutit, consciemment ou non, à un regard méprisant sur les formes de révolte qui émergent spontanément face à la domination. 

Ne soyons pas naïfs pour autant. Nos luttes contemporaines se déploient dans un cadre précis, celui de la mondialisation capitaliste et d’une Europe qui en est un des principaux pôles. Cette Europe est parcourue de contradictions, les Etats les plus puissants voulant y occuper une place hégémonique (la France et l’Allemagne en particulier). C’est pour cette raison que nous assistons pour l’Europe du Sud à un retour de mécanismes coloniaux c’est-à-dire à une logique d’assujettissement de ces économies aux centres que sont la France et l’Allemagne. L’épisode grec que nous venons de vivre en est une expression significative. Dans ce contexte nouveau des aspirations justes peuvent être instrumentalisées, des luttes légitimes peuvent être canalisées vers des objectifs réactionnaires, des réactions à l’oppression peuvent être manipulées pour asseoir d’autres oppressions. C’est ainsi au nom de la défense des droits des « minorités » que sont légitimées plusieurs des guerres impérialistes contemporaines au Moyen-Orient et en Afrique. 

En définitive la question qui est posée est celle du combat pour la fin de l’assujettissement colonial (et donc aussi du capitalisme qu’il sert) et de la conception de l’Etat qui l’accompagne. La solution n’est pas, selon nous, dans un retour au passé mais dans l’invention d’un avenir. Pour ce faire regarder ailleurs peut aider à développer un imaginaire de la libération. La Bolivie par exemple et son « Etat plurinational » peut nous aider à penser l’avenir.

NOTES : 

[i] Voir nos articles : 1) Le discours des « valeurs de la république » : Un nouveau masque de l’idéologie dominante, 2) Les fondements historiques et idéologiques du racisme « respectable » de la « gauche » française, 3) La prise en otage des enseignants ou l’instrumentalisation de l’école publique, 4) Les premiers fruits amers de l’unité nationale : Guerres, peurs, humiliation, mises sous surveillance, 5) L’attentat contre Charlie Hebdo : l’occultation politique et idéologique des causes, des conséquences et des enjeux, etc., 
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[ii]Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, Présence africaine, Paris, 2004 [rééd.], p. 9. 

[iii]Rosa Luxemburg, l’accumulation du capital, tome 2, Maspero, Paris, 1976, pp. 43-91. 

[iv]Karl Marx, Fondement de la critique de l’économie politique, Anthropos, Paris, 1968, tome 1, pp. 203-204. 

[v]Aimé Césaire, op.cit. 

[vi]Frantz Fanon, Racisme et Culture, in Pour la révolution africaine, La Découverte, Paris, 2001 [rééd.], pp. 37-53. Voir aussi Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, Seuil, Paris, 1952. 

[vii]Denis Diderot, Langue, Œuvres, La Pléiade, Paris, 1946, p. 210. 

[viii]Suzanne Citron, Enseigner l’histoire aujourd’hui. La mémoire perdue et retrouvée, Editions ouvrières, Paris, 1984, p. 67. 

[ix]Bertrand Barrère de Vieuzac, Rapport au comité de salut public, in Michel Certeau, Dominique Julia et Jacques Revel, Une politique de la langue, Gallimard, Paris, 1975.

 

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