Archive pour août, 2013

3ème guerre mondiale: Obama va t’il se condamner lui-même à être un criminel de guerre avéré ?… (Paul Craig Roberts)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 31 août 2013 by Résistance 71

Deux billets en un de Paul Craig Roberts qui, a juste titre, n’y va pas avec le dos de la cuillère concernant le gouvernement totalement discrédité de l’empire du goulag levant…

Nous avons dit plus tôt que la véritable question était de savoir si les banquiers voulaient la guerre ? Considérant que Wall Street est inféodée à la City de Londres et non l’inverse.  Le « non » retentissant du parlement britannique (bien sûr à la botte de la City…) à l’intervention, ne constitue t’il pas une réponse à cette question essentielle ?

A suivre…

— Résistance 71 —

 

L’Amérique totalement discréditée

 

Paul Craig Roberts

 

30 Août 2013

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2013/08/30/america-totally-discredited-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Un stupide président Obama et un ministre des affaires étrangères imbécile John Kerry ont fait gagner au gouvernement américain sa plus lourde défaite diplomatique de l’histoire et ont détruit la crédibilité de la fonction même du présidfent, du ministère des affaires étrangères et de l’entière branche exécutive. Tous sont mis à nus comme des menteurs de troisième zone.

Complètement intoxiqué par l’arrogance néfaste des mensonges passés qui ont été avalés par qui de droit pour détruire l’Irak et la Libye, Obama a cru que les Etats-Unis, cette “super-puissance”, ce pays “exceptionnel et indispensable”, auraient encore pu en remettre une couche, cette fois-ci contre la Syrie.

Mais le reste du monde a maintenant appris à éviter la course à la guerre de Washington surtout quand il n’y a aucune preuve de quoi que ce soit. Un stupide Obama a été poussé trop loin par une conseillère à la sécurité nationale incompétente, Susan Rice, et la meute de néo-conservateurs qui la soutient, ainsi le parlement britannique a amputé le membre gangréné.

Quel imbécile se mettrait dans une telle position ?

Maintenant, Obama est seul, isolé, essayant de se sortir de cette menace d’attaque d’un pays souverain sans autorisation de personne, ni de l’ONU, ni de l’OTAN, ni du congrès qu’il a ignoré. Sous les standards de Nüremberg, l’agression militaire est un crime de guerre. Washington a jusqu’ici réussi à passer aux travers des mailles du filet en se cachant derrière les acquiescements de l’ONU et de l’OTAN ; malgré ces accords, ce qui a été fait demeure des crimes de guerre.

Mais sa conseillère à la sécurité et les va t’en guerre néoconservateurs lui disent qu’il doit prouver qu’il est le vrai dur à cuire qui peut se tenir seul et commettre des crimes de guerre comme un grand sans la couverture de l’ONU ou de l’OTAN et d’un congrès américains couard. Il n’en tient quà Obama, insistent-ils, d’établir à tout jamais que le président des Etats-Unis est au-dessus de la loi. Que lui et lui seul est le “décideur”, le César, qui détermine ce qui est permis ou non. Le César de la seule “super-puissance” mondiale doit maintenant affirmer son autorité sur toute loi ou l’hégémonie de Washington sur le monde est terminée.

Comme je l’ai fait remarquer dans un autre billet (NdT: voir sous celui-ci), si Obama le fait seul, il sera harcelé pour le reste de sa vie comme un criminel de guerre qui n’osera plus quitter les Etats-Unis. En fait, un effondrement économique qui pointe à l’horizon pourrait aussi altérer le pouvoir et l’attitude des Etats-Unis, Obama se retrouvant ainsi possiblement devant des tribunaux pour ses crimes de guerre.

N’importe comment, le gouvernement américain a perdu sa crédibilité de par le monde et ne la regagnera jamais, à moins de traduire les régimes Bush et Obama devant la justice pour leurs crimes de guerre (NdT: et tant qu’on y sera, ceux de Clinton, Bush père, Reagan, Carter, Ford, Nixon et les précédents à titre posthume…)

La destruction par Obama de la crédibilité américaine va  bien au-delà de la diplomatie. Il est plus que probable que cet automne, ou cet hiver et très certainement en 2014, les Etats-Unis feront face à une crise économique encore plus dévastarice

L’abus par la banque de la réserve fédérale et le ministère du budget et des finances du dollar en tant que monnaie de réserve, l’émission sans fin de nouvelle dette et l’impression (création de l’air du temps) de dollars pour la financer, le point de focus des Etats-Unis de sauver les “banques trop grosses pour se planter” et ce en se moquant éperdument des conséquences négatives que cela a sur l’économie intra muros ainsi que sur les économies mondiales et les créanciers de la dette des Etats-Unis, l’attente de la crise politique sur le problème non résolu du déficit et de la limite du plafond de la dette auxquels devra faire face le congrès à la rentrée de Septembre, l’effondrement de l’emploi et une économie sombrant corps et âme, présentent dans l’ensemble une crise pour le gouvernement de Washington, qui est bien trop importante pour la somme d’intelligence, de connaissance, de maîtrise et de courage à disposition.

Lorsque la proverbiale m…. touchera le ventilateur (NdT: idiôme américain de l’expression “when the shit will hit the fan”, littéralement “quand le merde touchera le ventilateur”… vous avez l’image…), les entités incompétentes et corrompues que sont la réserve fédérale et le ministère des finances, n’auront alors pas plus de crédibilité qu’Obama et Kerry.

Le reste du monde, spécifiquement les états marionnettes de Washington que constituent l’OTAN, prendront grand plaisir de l’embarras de la seule “super-puissance” du monde, qui n’a fait que fonctionner sur du vent et son arrogance depuis la chute de l’URSS.

Le monde ne viendra pas à la rescousse de Washington, maintenant universellement détesté, avec des swaps de monnaies, toujours plus d’emprunts et d’aides étrangères. Les Américains vont chèrement payer leur négligence, leur inattention, leur manque d’intérêt et leur croyance ignorante que rien ne peut aller mal pour eux et que si cela arrive cela ne peut-être que très temporaire.

Deux décennies complètes de délocalisation ont laissé les Etats-Unis avec une force de travail similaire à un pays du tiers monde, employée intra muros dans des boulots a bas salaires de services non-commerciaux, une force de travail comparable à celle de l’Inde il y a 40 ans. D’ores et déjà la “seule super-puissance au monde” est affligée avec un très grand secteur de sa population qui dépend du gouvernement pour sa survie. Alors que l’économie se désintègre, la capacité du gouvernement à satisfaire la demande croissante de biens de survie diminue. Les riches vont demander que les pauvres soient sacrifiés dans l’intérêt des riches et les partis politiques acquiesceront.

Est-ce pour cela que le département de la sécurité de la patrie (NdT: la tristement célèbre DHS, Stasi, Securitate de l’empire du goulag levant…), une institution gestapiste, possède maintenant une force para-militaire qui s’accroît, équippée de chars d’assaut, de drones et de milliards de cartouches (NdT: vous avez bien lu !.. Il s’agit de milliards de cartouches commandées et documentées par la DHS aux usines de munitions…) ?

Combien de temps cela prendra t’il encore avant que les citoyens américains soient abattus dans leurs propres rues par “leur” gouvernement comme cela se passe très souvent dans les pays proches alliés de Washington comme l’Egypte, la Turquie et le Bahreïn ?

Les Américains ont négligé les requis de la liberté. Ils sont si patriotiques et naïfs, que tout ce qu’un gouvernement a à faire est de s’enrouler dans le drapeau, et le peuple, ou en tout cas, bien trop de citoyens, croient quelque mensonge que leur raconte le gouvernement. Ces gens si naïfs défendront le mensonge du gouvernement jusqu’à la mort, et de fait, jusqu’à la mort de la Terre entière.

Si les Américains continuent de croire les mensonges du gouvernement, ils n’ont aucun futur. Si la vérité est connue, les Américains ont déjà perdu un futur vivable. Le “siècle américain” des néoconservateurs est terminé avant même d’avoir commencé.

Mise à jour: J’ai entendu venant d’amis éduqués et conscients de ce qui se passe, que la pressetituée bat les tambours de la guerre ce soir aux informations. Ceci ne fait que montrer ce que sont ces putes des médias américains et leur déconnexion totale avec la réalité. Quiconque perd son temps à regarder les médias de masse américains est un idiot lobotomisé, un danger pour l’humanité.

Mise à jour du 30 Août 2013 à 20:52:

L’imbécile de la Maison Blanche va t’il être la victime de ses propres stupides nominations présidentielles ? N’a t’il vraiment personne pour lui dire comment échapper à ce dilemne où l’ont placé ses abrutis de ministre des affaires étrangères et conseillère à la sécurité ? Quelqu’un doit dire au bouffon de la Maison Blanche qu’il doit dire qu’il accepte les conditions de la communauté internationale qu’il n’y a en fait pas suffisamment de preuves pour lancer une attaque militaire contre la Syrie et de tuer encore plus de gens qui ont été tués dans la soi-disant attaque chimique, toujours non prouvée et qu’il attend de plus amples preuves. Que dieu aide l’imbécile et le pauvre pays qu’il représente.

 

=  =  =

 

Obama va t’il se damner lui-même comme criminel de guerre ?

 

Paul Craig Roberts

 

30 Août 2013

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Obama, poussé par ses maîtres néoconservateurs et israéliens, spécifiquement sa conseillère à la sécurité Susan Rice, qui de fait fonctionne comme une agent israélienne, a poussé le bouchon bien trop loin pour voir la ligne se faire couper par le parlement britannique.

En réponse, le président soi-disant “socialiste” français Hollande, qui lui, manque totalement de soutien pour une participation de la France à une attaque militaire sur la Syrie orchestrée par l’axe américano-israélien, a rampé hors du chaudron disant que bien que toute option soit toujours sur la table, il doit d’abord voir les preuves.

Comme Cameron et Obama l’ont rendu clair, il n’y a pas de preuve. Même le renseignement américain a déclaré qu’il n’y avait pas de preuve concluante qu’Assad avait utilisé des armes chimiques ou qu’il ait même contrôle de ces armes.

Même le gouvernement marionnette américain du Canada a désavoué participer dans le crime de guerre annoncé d’Obama/Israël.

Ce qui ne laisse à Obama que le soutien de la Turquie et d’Israël (NdT: Roberts oublie ici l’Arabie Saoudite… Grande instigatrice du chaos régional, quand même !…). Récemment, la Turquie a tué dans ses rues plus de ses propres citoyens pacifiques et non pas des mercenaires importés, essayant de renverser leur gouvernement turc, que ce qu’a tué la soi-disante attaque aux armes chimiques d’Assad.

Comme le monde entier le sait, le gouvernement israélien a commis des crimes de guerre contre le peuple de Palestine depuis des décennies. Un juriste juif distingué a conclus dans un rapport officiel que le gouvernement israélien a commis des crimes de guerre dans ses attaques contre les populations civiles palestiniennes de Gaza.

Aucun pays ne regarde les états criminels de Turquie et d’Israël comme couverture pour un crime de guerre. Si Obama est poussé par Susan Rice et les diaboliques néoconservateurs, qui sont fortement alliés avec Israël, à agir seul et à attaquer militairement la Syrie, Obama se sera fait lui-même un criminel de guerre sous le coup des conventions de Nüremberg créées par le gouvernement américain. Une agression militaire non provoquée sur une nation souveraine est un crime de guerre sous la loi internationale. Ceci est clair et net. Il n’y a aucun doute la dessus.

Si Obama attaque maintenant la Syrie, alors qu’il n’a aucun mandat de l’ONU, ni de l’OTAN, ni du peuple américain, ni de son congrès, car il a superbement ignoré parlement et sénat, Obama sera devant le monde entier, un criminel de guerre avéré. A moins que le monde ne soit préparé à tirer la chasse d’eau complètement sur la loi internationale, des ordres d’arrestation du criminel de guerre devront être émis par le tribunal de la Hague. Obama devra alors être remis à la CPI pour y être jugé et il n’aura pas plus de jambes pour faire tenir son cas qu’en avaient les nazis.

Les néoconservateurs maléfiques disent à Obama qu’il doit prouver qu’il est un homme et qu’il doit y aller seul. Simple, si Obama y va, il prouvera à la face du monde qu’il est un criminel de guerre.

Guerre de l’information: Les médias alternatifs mondiaux ont-ils empêché (temporairement..) la 3ème guerre mondiale ?

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Les médias alternatifs bloquent la tentative des mondialistes pour lancer la 3ème guerre mondiale

 

Le public est bien plus éveillé aux mensonges et aux constantes contradictions du gouvernement

 

Julie Wilson


 

29 Août 2013

 

url de l’article original:

http://www.infowars.com/alternative-media-blocks-globalist-attempt-to-launch-ww3/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il y a une guerre que le peuple américain est en train de gagner et c’est la guerre de l’information.

Le gouvernement et les merdias ont perdu toute crédibilité, donnant une opportunité pour les médias alternatifs de s’engouffrer dans la brèche et d’exposer la vérité, de réveiller la masse des gens à travers le monde.

Le découverte non-stop des scandales gouvernementaux le tout sur fond de narratif médiatique clairement biaisé voient les Américains en avoir marre et de ne plus consentir à une autre guerre.

Il y a presque un mois, InfoWars avait rapporté que le ministère de la défense avait annoncé des plans pour augmenter ses efforts sur les affaires publiques à cause des effets dévastateurs qu’ont les médias indépendants sur sa capacité à contrôler les informations négatives. Le ministère de la défense avait spécifiquement nommé le DrudgeReport ( DrudgeReport.com ) et les citoyens journalistes comme étant les raisons de ce que le ministère n’avait plus le soutien populaire.

“Le public devient de plus en plus rapidement au courant des constantes contradictions et de mensonge habituel d’un gouvernement qui a été capturé il y a bien longtemps par un groupe d’intérêts particuliers”, avions-nous rapporté.

Dans un effort d’étendre l’audience des médias alternatifs, Alex Jones s’est lié avec Storyleak. D’Anthony Gucciardi. Le mois dernier, le secrétaire aux affaires publiques du ministère de la défense, George Little, a admis “nous ne pouvons pas cacher nos mauvaises nouvelles. Ces histoires négatives sortent au grand jour d’une manière ou d’une autre et nous devons nous rendre à l’évidence qu’il faut dire les mauvaises histoires tout come les bonnes.”

Pendant une réunion à la Maison Blanche, l’adjoint secrétaire à la presse Josh Earnest a désespérément essayé de convaincre le public d’un besoin d’une nouvelle guerre en Syrie. Earnest a réitéré l’importance du besoin des Etats-Inis de répondre à l’utilisation d’armes chimiques afin de “renforcer une norme crirtique internationale”.

“Ce n’est pas OK pour des dictaeurs totalitaires de se servir d’armes chimiques en toute impunité”, a dit Earnest.

“La communauté mondaile veut que cette norme soit appliquée”, a déclaré Earnest ; il ne fit néanmoins pas de parallèle entre les meurtres d’innocents par les Etats-Unis, hommes, femmes et enfants sous le programme secret d’assasinat par drone et la soi-disant attaque chimique du régime d’Al-Assad contre des civils.

Bien sûr cette comparaison ne peut pas vraiment être faite car l’occident et ses alliés sont sûrement responsables de cette attaque aux armes chimiques et non pas Assad.

Lorsqu’on a demandé si Obama planifiait d’avoir un vote au congrès pour autoriser le déclenchement d’une attaque sur la Syrie, Earnest a dit que le président chercherait “une consultation robuste avec le congrès” et qu’il agira pour “protéger les normes internationales contre les armes de destruction massive”.

Earnest rejeta la comparaison avec l’invasion de l’Irak, persistant à dire que ce n’est pas le rôle des Etats-Unis de changer le régime en Syrie, comme ce fut le cas en Irak.

L’adjoint secrétaire à la presse a maintenu qu’une attaque sur la Syrie serait “limitée et discrète”. Il a aussi dit que le gouvernement américain ne croit pas qu’il ait besoin d’attendre la fin de la mission d’étude de l’ONU sur l’attaque chimique parce qu’il savait déjà qu’Assad est le responsable et que tout autre détail n’a aucune importance. Les journalistes qui assistaient à la conférence de la Maison Blanche ont manifestement poussé le plus loin possible pour avoir plus d’information, disant que ce que le gouvernement appelait “preuve” n’était en fait qu’évidence circonstantielle.

Les journalistes ont demandé si le gouvernement avait l’intention de faire connaître les preuves en sa possession, mais Earnest s’est refermé comme un coquillage disant que l’information était classifiée secret défense et a exprimé son incapacité à en discuter.

Il a dit aux journalistes que cette information classifiée se devait d’être maintenue secrète à cause de raison de sécurité nationale, mais les journalistes continuèrent à pousser, demandant si le gouvernement Obama croyait vraiment qu’Assad avait utilisé des armes chimiques et si cela était vraiment “un danger imminent et immédiat pour les Etats-Unis”.

“La volonté d’Assad d’utiliser des armes chimiques met en danger l’ensemble de la commuanuté internationale.” A dit Earnest.

Le scepticisme croissant du public quant au narratif du gouvernement ne peut être qu’attribué à la croissance explosive des médias alternatifs.

D’après un rapport de Story Leak: “… l’ancien conseiller national à la sécurité et co-fondateur (NdT Avec David Rockefeller son maître…) de la commission trilatérale, Zbigniew Brzezinski, a commenté sur l’inefficacité croissante de la guerre dû en grande partie à l’augmentation dramatique de la connaissance politique du public.”

Les Américains sont en train de se réveiller. Si notre gouvernement voyou décide d’entrer en guerre contre la Syrie, cela sera certainement contre la volonté et les désirs du peuple américain, qui continue à nourrir son scepticisme et à développer son manque de confiance dans les médias de masse.

Résistance politique au Nouvel Ordre Mondial

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La première guerre civile mondiale

 

Lionel Dricot

 

29 Août 2013

 

url de l’article:

http://www.legrandsoir.info/la-premiere-guerre-civile-mondiale.html

 

Chaque jour qui passe apporte son lot de confirmation sur une vérité que beaucoup voudraient ignorer : nous sommes en guerre. Une guerre larvée, relativement calme mais une guerre tout de même.

Contrairement à une guerre traditionnelle, une guerre civile n’a pas de front bien tracé, de belligérants clairement identifiables à la couleur de leur uniforme. Chaque camp est partout, au sein d’une même ville, d’un même quartier, d’une même famille.

D’un côté, nous avons une classe de pouvoir. Riches, puissants, ils ont l’habitude de contrôler, ils ne connaissent pas le doute. Ils décident et sont intimement persuadés de le faire dans l’intérêt général. Beaucoup, ni riches ni puissants, les soutiennent. Par peur du changement. Par habitude. Par intérêt personnel. Par crainte de perdre certains acquis. Ou par incapacité intellectuelle de comprendre la révolution à l’œuvre.

De l’autre, voici la génération numérique. Issus de tous les sexes, tous les âges, toutes les cultures, tous les emplacements géographiques. Ils discutent entre eux, s’échangent des expériences. Découvrant leurs différences, ils se cherchent des points communs en remettant tout en question, jusqu’à la foi et aux valeurs profondes de leurs parents.

Cette population a développé des valeurs qui lui sont propres mais également une intelligence analytique hors du commun. Les outils dont elle dispose lui permettent de pointer très vite les contradictions, de poser les questions pertinentes, de soulever le voile des apparences. À travers des milliers de kilomètres de distance, ses membres peuvent ressentir de l’empathie pour tous les humains.

Un fossé grandissant

Longtemps, j’ai été persuadé qu’il ne s’agissait que d’une question de temps. Que la culture numérique imprégnerait de plus en plus chaque individu et que les plus réfractaires finiraient par disparaître, au fil des générations et du renouvellement naturel.

Malgré la popularisation des outils tels que le smartphone ou Twitter, cette fracture ne s’est pas résorbée. Au contraire, elle n’a fait que s’empirer. L’ancienne génération n’a pas adopté la culture numérique. Elle s’est contentée de manipuler aveuglement les outils sans les comprendre, en une parodie désespérée du culte du cargo. Résultats : des musiciens qui insultent leurs propres fans, des journaux dont le site web, envahi de publicités, semble être une copie conforme de la version papier, des jeunes politiciens qui utilisent Facebook ou Twitter comme une machine à publier des communiqués de presse sans jamais tenter de communiquer avec leur électorat.

Il y a 40 ans, deux journalistes révélaient au monde que le président de la nation la plus puissante utilisait les services secrets pour mettre sur écoute ses adversaires politiques. Ce travail d’investigation leur vaudra le prix Pulitzer et mènera à la démission du président.

Aujourd’hui, des acteurs imprégnés de culture numérique révèlent au monde que le président à mis le monde entier sur écoute ! Qu’il envoie des hommes massacrer cyniquement des civils. Ces révélations leur vaudront 35 ans de prison pour l’un et une traque à travers le monde entier pour l’autre. Le président en question est, quant à lui, titulaire d’un prix Nobel de la paix.

La mort du journalisme

Contrairement au Watergate, il n’est plus possible de compter sur la presse. Une grand partie des journalistes ont tout simplement cessé tout travail de fond ou d’analyse. Les journaux sont devenus des organes de divertissement ou de propagande. Un esprit un peu critique est capable de démonter la majorité des articles en quelques minutes de recherches sur le web.

Et lorsque certains journalistes commencent à creuser, ils voient leur famille se faire arrêter et détenir sans raison, ils reçoivent des menaces politiques et sont forcés de détruire leur matériel. Le site Groklaw, qui fut un site déterminant dans la publication d’actualités liées à des grands procès industriels, vient de fermer car sa créatrice a pris peur.

La classe dirigeante a décidé que le journalisme devait se contenter de deux choses : faire craindre le terrorisme, afin de justifier le contrôle total, et agiter le spectre de la perte d’emplois, afin de donner une impression d’inéluctabilité face aux choix personnels.

Bien sûr, tout cela n’a pas été mis en place consciemment. La plupart des acteurs sont intiment persuadés d’œuvrer pour le bien collectif, de savoir ce qui est bon pour l’humanité.

On vous fera croire que l’espionnage des mails ou l’affaire Wikileaks sont des détails, que les questions importantes sont l’économie, l’emploi ou les résultats sportifs. Mais ces questions dépendent directement de l’issue du combat qui est en train de se jouer. Les grandes crises financières et les guerres actuelles ont été créées de toutes pièces par la classe actuellement au pouvoir. La génération numérique, porteuse de propositions nouvelles, est bâillonnée, étouffée, moquée ou persécutée.

L’état de panique

En 1974, pour la classe dirigeante il est plus facile de sacrifier Nixon et de faire tomber quelques têtes avec lui. Le parallèle avec la situation actuelle est troublant. La classe dirigeante a peur, elle est dans un état de panique et n’agit plus de manière rationnelle. Elle cherche à faire des exemples à tout prix, à colmater les fuites en espérant qu’il ne s’agit que de quelques cas isolés.

Ils n’hésitent plus à utiliser les lois anti-terroristes de manière inique, contre les journalistes eux-mêmes. Ceux qui prédisaient de telles choses il y a un an étaient traités de paranoïaques. Mais les plus pessimistes ne les avaient probablement pas imaginées aussi rapidement, aussi directement.

La destruction des disques durs du Guardian est certainement l’événement le plus emblématique. Son inutilité, son absurdité totale ne peuvent masquer la violence politique d’un gouvernement qui impose sa volonté par la menace à un organe de presse reconnu et réputé.

Cet épisode illustre la totale incompréhension du monde moderne dont fait preuve la classe dirigeante. Un monde qu’elle pense diriger mais qui échappe à son contrôle. Se drapant dans la ridicule autorité de son ignorance, elle déclare ouvertement la guerre aux citoyens du monde entier.

Une guerre qu’elle ne peut pas gagner, qui est déjà perdue. Mais qu’elle va tenter de faire durer en entraînant dans leur chute de nombreuses victimes qui seront injustement emprisonnées pendant des années, torturées, arrêtées, harcelées, détruites moralement, poussées au suicide, traquées à travers le monde.

C’est déjà le cas aujourd’hui. Et parce que vous aurez eu le malheur d’être sur le mauvais avion ou d’avoir envoyé un email à la mauvaise personne, vous pourriez être le prochain sur la liste. Il n’y a pas de neutralité possible. Nous sommes en guerre.

 http://ploum.net/la-premiere-guerre-civile-mondiale/

D’une actualité brûlante: Quand l’anthropologie réfute le dogme du pouvoir étatique…

Posted in actualité, autogestion, économie, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 29 août 2013 by Résistance 71

“L’Homme n’a pas créé la société, la société est antérieure à l’Homme. L’anthropologie a parfaitement démontré que le point de départ de l’humanité ne fut pas la famille mais bien le clan, la tribu… Dans la commune libre, la lutte était pour le maintien de la liberté de l’individu, pour le principe fédératif, pour le droit de s’unir et d’agir ; tandis que les guerres des États avaient pour but d’anéantir ces libertés, de soumettre l’individu, d’annihiler la libre entente, d’unir les Hommes dans la même servitude vis-à-vis du roi, du juge, du prêtre et de l’État.”

~ Pierre Kropotkine, “L’État et son rôle historique” (1906)~

“C’est selon la présence ou l’absence de l’État que l’on opère un premier classement des sociétés, au terme duquel elles se répartissent en deux groupes: les sociétés sans État et les sociétés avec État… Toutes les sociétés à État sont divisées, en leur être, en dominants et dominés, tandis que les sociétés sans État ignorent cette division: déterminer que les sociétés primitives sont sans État, c’est énoncer qu’elles sont en leur être, homogènes parce qu’elles sont indivisées, ainsi on retrouve ici la définition ethnologique de ces sociétés: elles n’ont pas d’organe séparé du pouvoir, le pouvoir n’est pas séparé de la société.”

~ Pierre Clastres “L’anthropologie anarchiste, la question du pouvoir dans les sociétés primitives” (1976) ~

 

Société, chefferie, pouvoir et histoire

Retrouver le paradigme perdu

 

Résistance 71

 

29 Août 2013

 

Les deux citations que nous avons utilisées ci-dessus posent la question du pouvoir dans la société. Cette question est une des questions essentielles depuis l’aube de l’humanité, question qui a été posée le plus souvent en des termes complacents avec l’idéologie dominante dont nous subissons toujours aujourd’hui les effets politiques et économiques dévastateurs à l’échelle mondiale.

L’anthropologie et la sociologie politiques ont tentés d’y répondre au moyen de deux grands “mouvements” qui se veulent antagonistes, mais qui semble t’il, ne sont de fait que les deux faces de la même pièce idéologique en phase avec la pensée oligarchique: le structuralisme évolutioniste et le marxisme (surtout dans sa tendance engelsienne qui se pencha plus sur la question), nous allons y revenir.

Il est évident à tout à chacun aujourd’hui que le monde moderne se trouve dans une impasse politique totale pour résoudre les problèmes inhérents à nos sociétés étatiques déclinantes et dégénérées, du moins si nous cherchons les solutions dans le “classissisme” des méthodes oligarchiques qui nous ont été imposées. Marshall Sahlins, professeur de Pierre Clastres ne nous dit-il pas que: “Dans une ligne de pensée qui s’étend de la théologie de St Augustin à la sociologie d’Emile Dürkheim, la société est conditonnée à ce qu’il se fait de pire en nous Du Moyen-Age aux temps modernes, la société a toujours été vue comme un antidote coercitif nécessaire à notre égoïsme inhérent”. A cet égard, la question du pouvoir et de la “chefferie”, de qui assume ce pouvoir, redevient d’une actualité brûlante pour qui désire vraiment y voir plus clair et proposer des solutions viables localement et dans la sphère plus étendue du politique.

Si nous pouvons reconnaître aux Grecs antiques d’avoir énoncé que l’Homme était un “animal politique”, leur contribution à l’émancipation politique de l’humain s’arrête a peu près là dans la mesure où pour le bastion philosophique primordial composé d’Aristote et de Platon dont la vision politique était aristocratique (à savoir, réservée à une élite menant le peuple idiot et incapable et symbolisée dans le concept de la “République” platonicienne), la société était impensable sans une division dominant/dominé, maître/esclave, fonctionnant sous l’égide de rois ou de quelque chef au pouvoir séparé et coercitif. Pour les Grecs anciens, une société où le pouvoir n’aurait pas de représentant officiel n’en serait pas une, nous serions dans le domaine de “l’infrasocial”.

Cette vision a perduré et fut une des constantes dans la conquête des nouveaux mondes et de la pensée colonialiste occidentale en développement dès le XVème siècle. Voici ce qu’en dit l’ethonologue politique Pierre Clastres, qui après avoir été l’élève de Claude Lévi-Strauss puis de Marshall Sahlins, se démarqua des deux courants “classiques” de l’éthnologie pour révolutionner, à l’instar de Sahlins, la recherche et la pensée ethnologique du XXème siècle.

C’est à peu près en ces termes que les premiers Européens jugèrent les Indiens d’Amérique du Sud, à l’aube du XVIIème siècle. Constatant que les “chefs” ne possédaient aucun pouvoir sur les tribus, que personne n’y commandait ni n’y obéissait, ils déclaraient que ces gens n’étaient point policés, que ce n’était point de véritables sociétés: des sauvages sans foi, sans loi, sans roi.

Dans son excellent ouvrage ethnologique résumant ses deux années de vie parmi les Indiens Guayakis du Paraguay en 1963 et 1964: “Chronique des Indiens Guayaki” (1972), Pierre Clastres nous dit ceci à propos de la chefferie des tribus indiennes, s’appliquant aussi aux Guayakis:

Pour la première fois, je fus capable d’observer directement, car ceci fonctionnait de manière transparente devant mes yeux, l’institution politique des Indiens. Un chef pour eux n’est pas quelqu’un qui domine les autres, un homme qui donne des ordres et qui est obéi, aucun Indien n’accepterait cela et la plupart des tribus sud-américaines ont choisi la mort ou l’annihilation plutôt que de se soumettre à l’oppression de l’Homme blanc. Les Guayakis, qui croient également en cette philosophie politique de “sauvage”, font une très claire distinction entre le pouvoir et la violence: afin de prouver qu’il était digne d’être un chef, Jyvukugi a dû démontrer, qu’à l’encontre des Paraguayens, il n’exerçait aucune autorité au moyen de la coercition, mais au travers de ce qui était le plus opposé à la violence, le monde du discours, de la parole.”

Avant de parler aux membres de sa communauté, le chef Jyvukugi fait ce discours pour réaffirmer sa véritable position au sein de la tribu, voici ce qu’il dit, reproduit par Pierre Clastres:

Moi, Jyvukugi, suis votre Beerugi, votre chef. Je suis heureux d’être votre chef, car les Atchei ont besoin d’un guide, et je désire être ce guide. J’ai eu le plaisir de vous mener auparavant et je désire prolonger ce plaisir. Je continuerai à être votre leader aussi longtemps que vous me reconnaîtrez comme votre chef. Vais-je vous imposer cette reconnaissance par la force, entrer en conflit avec vous, mélanger la loi de mon désir avec la loi du groupe afin de vous faire faire ce que je veux ? Non, parce que cette violence ne m’aidera pas du tout: vous refuserez cette subversion et vous ne me verrez plus comme votre Beerugi. Vous choisirez une autre personne et ma chute sera encore plus dure parce qu’une fois que vous m’aurez rejeté, je serai condamné à la solitude. La reconnaissance que je dois obtenir de vous en permanence ne peut pas être gagnée au moyen de conflits, mais par la paix, pas par la violence, mais par les mots. C’est pour cela que je parle. Je fais ce que vous voulez que je fasse, parce que la loi du groupe est une avec mon propre désir, vous voulez savoir qui je suis: Je parle, on m’écoute, je suis le chef.

Et nous appelons ces gens des “sauvages” ? De qui se moque t’on ? Ainsi le pouvoir incarné par le chef n’est en aucun cas autoritaire. Il ne fait que représenter son peuple qui lui, prend les décisions sur tout, directement et sans représentation. Nous entendons déjà des voix s’élever pour dire: “oui mais cela ne peut se faire que dans de petites communautés, on vote toujours à main levée dans quelques cantons suisses, mais cela est impossible à plus grande échelle…” Objection des plus classiques s’il en est, prouvée fausse par les sociétés indiennes d’Amérique du Nord (entre autre) où la “démocratie participative directe” a régit des nations et confédérations de nations de dizaines, centaines de milliers d’individus répartis en clans et nations autonomes décidant de manière décentralisée dans des sociétés non-étatiques, non coercitives et souvent (pas toujours) de structure sociale matrilinéaire.

Pierre Clastres poursuit:

Les chefs sont empêchés d’utiliser leur position à des fins personnelles; ils doivent faire particulièrement attention que leurs désirs personnels n’interfèrent aucunement avec les intérêts de la communauté, ils sont au service entier de la communauté, ils sont son instrument. En permanence sous le contrôle du groupe, les leaders ne peuvent pas transgresser les normes sur lesquelles la vie entière de leur société est fondée. Le pouvoir corrompt a t’il été dit. Ceci est un danger que les Indiens n’ont pas à redouter, pas à cause de rigueur éthique particulière, mais simplement à cause d’une impossibilité sociologique. Les sociétés indiennes ne furent pas faites pour cela et c’est pourquoi elles n’ont pas pu survivre.”

Les sociétés dites non-étatiques sont des sociétés où la division dominant/dominé n’a pas eu lieu, c’est une société sans riches exploitants des pauvres donc une société sans classes et sans organe séparé du pouvoir par rapport au commun de ses membres.

Pierre Clastres posa la qustion ainsi: “La séparation entre chefferie et pouvoir signifie t’elle que la question du pouvoir ne s’y pose pas ? Que ces sociétés sont apolitiques ? A cette question la pensée évolutionaiste et sa variante en apparence la moins sommaire, le marxisme (surout la pensée d’Engels), répond qu’il en est bien ainsi et que cela tient au caractèrre primitif, c’est à dire premier des sociétés: elles sont dans l’enfance de l’humanité, le premier âge de son évolution et comme telles, sont incomplètes, inachevées, destinées par conséquent à grandir, à devenir adultes, à passer de l’apolitque au politque. En cela, le destin de toute société c’est sa division, c’est le pouvoir séparé de la société, c’est l’État comme organe qui sait et dit le bien commun à tous et se charge de leur imposer. Telle est la conception traditionnelle, quasi générale, des sociétés primitives comme sociétés sans État. L’absence d’État marque l’incomplétude, le stade embryonaire de leur existence, leur a-historicité. Mais en est-il bien ainsi ? On voit bien qu’un tel jugement n’est en fait qu’un préjugé idéologique, d’impliquer le mouvement de l’Histoire comme mouvement nécessaire de l’humanité à travers des figures du social qui s’engendrent et s’enchaînent mécaniquement… Libérée de ce peu innocent exotisme, l’anthropologie peut alors se prendre au sérieux.. La vraie question du politique: Pourquoi les sociétés primitives sont-elles des sociétés sans État ? Comme sociétés achevées, complètes et adultes et non plus comme embryons infra-politiques, les sociétés primitives n’ont pas l’État parce qu’elles le refusent, parce qu’elles refusent la division du corps social en dominants et dominés. Détenir le pouvoir c’est l’exercer et l’exercer c’est dominer ceux sur qui il s’exerce. Voilà ce que ne voulurent pas les sociétés sans État, voilà pourquoi les chefs sont sans pouvoir, pourquoi le pouvoir ne se détache pas du corps de la société. Le refus du pouvoir c’est le refus de l’inégalité.

Comme nous l’avons vu plus haut dans le narratif de l’étude de Clastres au Paraguay chez les Indiens Guayaki, le chef est dans la société sans État sous haute surveillance de la communauté et il y est quasiment impossible de dominer parce que la division de la société ne peut pas primordialement s’y opérer. Le pouvoir est détenu constamment par le corps social qui l’exerce dans toute prise de décision communautaire.

Comme nous l’avons dit à maintes reprises sur ce blog: le pouvoir est très soluble dans le peuple et une fois dilué, il est très difficile pour ceux qui y ont goûtés de revenir en arrière et de redéléguer ce pouvoir à une clique de privilégiés, qui par instinct de préservation personnelle, engageront l’État dans toute mesure possible pour le maintien d’un statu quo politique oligarchique. C’est la nature même de l’État, sa fonction est l’instrumentalisation de la division de la société achevée pour le bien du plus petit nombre, d’une “élite éclairée” guidant au forceps un peuple ignorant et maintenu dans cette ignorance à dessein.

En cela la société est organique et peut en tant que telle maintenir l’indivision de son être même (le concept de la société organique est un thème cher à l’anarchie et à un de ses théoriciens: Gustav Landauer). De nombreuses études anthropologiques ont montré que dans les sociétés sans État, si le chef essaie d’accaparer le pouvoir, la procédure est simple: il est abandonné, souvent même banni, voire tué par les membres de la communauté.

Clastres nous dit encore: “L’exemple des sociétés primitives nous enseigne que la division n’est pas inhérente à l’être du social, qu’en d’autres termes, l’État n’est pas éternel, qu’il a ici et là une date de naissance. Pourquoi a t’il émergé ? La question de l’origine de l’État doit se préciser ainsi: A quelles conditions une société cesse t’elle d’être primitive ?.. La lumière que nous pourrons jeter sur le moment de la naissance de l’État éclairera peut-être les conditions de possibilité de sa mort.

A la fin de sa courte vie (il décéda dans un accident de voiture en 1977 à l’âge de 43 ans…), Clastres écrivit son œuvre maîtresse, résultat de la mise en place des pièce du puzzle qui s’offrait à lui au fil de ses recherches: “La Société contre l’État”, c’est dans ce livre qu’il reformula de manière plus concrète ses pensées sur la société et l’état ou plutôt donc… contre l’État.

Il y fit la connexion entre l’ethnologie et l’histoire, entre les questions essentielles se posant au sujet du pouvoir:

On ne peut pas répartir les sociétés en deux groupes: sociétés à pouvoir et sociétés sans pouvoir. Nous estimons au contraire (en toute conformité avec les données ethnographiques), que le pouvoir politique est universel, immanent au social (que le social soit déterminé par les “liens de sang” ou les “liens de classes sociales”), mais qu’il se réalise en deux modes principaux:

  • Pouvoir coercitif
  • Pouvoir non coercitif

[…] Si le pouvoir politique n’est pas une nécessité inhérente à la nature humaine, c’est à dire à l’Homme comme être naturel (et là Nietzsche se trompe…), en revanche il est une nécessité à la vie sociale. On peut penser le politique sans la violence, on ne peut pas penser le social sans le politique: en d’autres termes, il n’y a pas de société sans pouvoir.

Sur l’histoire, Clastres conclut ceci:

… Le pouvoir politique comme coercition ou comme violence est la marque des sociétés historiques, c’est à dire des sociétés qui portent en elles la cause de l’innovation, du changement, de l’historicité. Et l’on pourrait ainsi disposer des sociétés selon un nouvel axe: les sociétés à pouvoir non coercitif sont les sociétés sans histoire, les sociétés à pouvoir politique coercitif sont les sociétés historiques… Question qui s’énonce plus brièvement et en forme plus virulente: Pourquoi y a t’il pouvoir politique ? C’est là en somme de définir la tâche d’une anthropologie politique générale et non plus régionale, tâche qui se détaille en deux grandes interrogations:

  • Qu’est-ce que le pouvoir politique ? C’est à dire… Qu’est-ce que la société ?
  • Comment et pourquoi passe t’on du pouvoir politique non coercitif au pouvoir politique coercitif ? C’est à dire… qu’est-ce que l’histoire ?

Nous nous limiterons à constater que Marx et Engels, malgré leur grande culture ethnologique, n’ont jamais engagé leurs réflexions sur ce chemin, à supposer même qu’ils aient clairement formulé la question.

[…] Que l’on ne puisse comprendre le pouvoir comme violence (et sa forme ultime: l’État centralisé…) sans le conflit social, c’est indiscutable. Mais qu’en est-il des sociétés sans conflits, celles où règnent le “communisme primitif” ? Et le marxisme peut-il rendre compte (auquel cas il serait en effet la théorie universelle de la société et de l’histoire et donc l’anthropologie) de ce passage de la non-histoire à l’historicité et de la non-coercition à la violence ? Quel fut le premier moteur du mouvement historique ?..”

La notion de pouvoir coercitif ou non coercitif est donc centrale dans la compréhension de l’évolution de nos sociétés. Intimement lié à cela est bien sûr la localisation du pouvoir dans les sociétés et donc le sujet très épineux de la chefferie. Clastres lève le voile et balaye toute incertitude à ce propos:

l’Amérique du sud offre à cet égard une illustration assez remarquable de cette tendance à inscrire les sociétés primitives dans le cadre d’une macrotypologie dualiste: et l’on oppose, au séparatisme anarchique de la majorité des sociétés indiennes, la massivité de l’organisation incaïque, empire totalitaire du passé… Les premiers voyageurs du Brésil et les ethnographes qui les suivirent l’ont maintes fois souligné: la propriété la plus remarquable du chef indien consiste en son manque à peu près complet d’autorité.

En 1948, R. Lowie, cité par Clastres, isole trois propriétés du chef indien:

  • Le chef est un “faiseur de paix”. Il est l’instance modératrice du groupe comme le prouve la division fréquente du pouvoir civil et militaire.
  • Il doit être généreux de ses biens et ne peut se permettre sans se déjuger, de repousser les incessantes demandes des gens de sa communauté.
  • Seul un bon orateur peut accéder à la chefferie

Nous l’avons vu, le chef est un parleur, un médiateur, totalement contrôlé et serviteur de la communauté. Il n’est aucunement l’embryon du tyran. L’anthropologie classique postule que les sociétés sans État sont des sociétés incomplètes, en devenir, qui sont en marche vers la maturité politique et sociale qui ne survient que lorsque la société passe à l’État. Pour l’anthropologie structuraliste évolutioniste ou marxiste, l’état est le destin de toute société. Rien de plus faux ! Cette vision ethnocentrique, eurocentrique même n’est qu’une projection, n’est que prendre ses désirs pour des réalités à des fins de duperie et de tirer des avantages évidents pour l’oligarchie aux commandes de la société divisée et dominée par le plus petit nombre.

Les recherches ethnologiques de Clastres (et de Sahlins) nous apprennent que le travail devient travail lorsqu’il est assimilé à une dette fantasmagorique que le commun aurait contracté en regard de son oligarchie dirigeante, à ce sujet Clastres explique:

Dans la société primitive, société égalitaire par essence, les hommes sont maîtres de leurs activités, maîtres de la circulation des produits de ces activités: ils n’agissent que pour eux-mêmes, quand bien même la loi d’échange des biens médiatise le rapport direct de l’homme à son produit. Tout est boulerversé par conséquent, lorsque l’activité de production est détournée de son but initial, lorsque au lieu de produire pour lui-même, l’homme primitif produit aussi pour les autres, sans échange et sans réciprocité. C’est alors que l’on peut parler de travail: quand la règle égalitaire d’échange cesse de constituer le “code civil” de la société, quand l’activité de production vise à satisfaire les besoins des autres, quand à la règle échangiste se substitue la terreur de la dette. C’est bien là en effet qu’elle s’inscrit la différence entre le sauvage amazonien et l’Indien de l’empire inca. Le premier produit pour vivre, tandis que le second travaille en plus pour faire vivre les autres, ceux qui ne travaillent pas, les maîtres qui lui disent: il faut payer ce que tu nous dois, il faut éternellement rembourser ta dette a notre égard.

[…]

La division majeure de la société, celle qui fonde toutes les autres, y compris sans doute la division du travail, c’est la nouvelle disposition verticale entre la base et le sommet, c’est la grande coupure politique entre les détenteurs de la force, qu’elle soir guerrière ou religieuse, et ceux assujettis à cette force. La relation politique de pouvoir précède et fonde la relation économique d’exploitation. Avant d’être économique, l’aliénation est politique, le pouvoir est avant le travail, l’économique est une dérive du politique, l’émergence de l’État détermine l’apparition des classes.”

Ceci est une révélation empirique majeure qui revient à dire qu’effectivement les sociétés “primitives” ne sont de fait pas des embryons de sociétés étatiques en devenir, mais bel et bien des sociétés ayant atteint une pleine maturité politique.

Clastres poursuit: “Tout cela se traduit sur le plan économique, par le refus des sociétés primitives de laisser le travail et la production les engloutir… A quoi servirait-il dans une société primitive d’être riche parmi les pauvres ? En un mot, cela revient à l’interdiction non formulée mais dite cependant de l’inégalité.”

Si l’anthropologie classique voit la “révolution agricole” du néolithique comme la pierre angulaire du changement sociétaire vers une société dite d’abondance en contraste de la société à dominante chasseur-cueilleur vue, a tort (cf les travaux de Marshall Sahlins et de Pierre Clastres), comme survivaliste, Pierre Clastres brise le consensus en analysant:

… C’est donc  bien la coupure politique qi est décisive et non le changement économique. La véritable révolution dans la protohistoire de l’humanité, ce n’est pas celle du néolithique, puisqu’elle peut très bien laisser intacte l’ancienne organisation sociale, c’est la révolution politique, c’est cette apparition mystérieuse, mortelle pour les sociétés primitives, ce que nous connaissons sous le nom d’État. Et si l’on veut conserver les concepts marxistes d’infrastructure et de superstructure, alors faut-il accepter de reconnaître que l’infrastructure c’est le politique et que la superstructure c’est l’économique…

Ce que l’on sait maintenant des sociétés primitives ne permet plus de rechercher au niveau de l’économique l’origine du politique. Ce n’est pas sur ce sol là que s’enracine l’arbre de l’État. […]

La société primitive, première société d’abondance, ne laisse aucune place au désir de surabondance. Les sociétés primitives sont des sociétés sans État parce que l’État y est impossible.

[…] Il n’y a donc pas de roi dans la tribu, mais un chef qui n’est pas un chef d’État. Qu’est-ce que cela signifie ? Simplement que le chef ne dispose d’aucune autorité, d’aucun pouvoir de coercition, d’aucun moyen de donner un ordre. Le chef n’est pas un commandant, les gens de la tribu n’ont aucun devoir d’obéissance. L’espace de la chefferie n’est pas le lieu du pouvoir. Et la figure (bien mal nommée) du “chef” ne préfigure en rien celle d’un futur despote. Ce n’est certainement pas de la chefferie primitive que peut se déduire l’appareil étatique en général.”

La conclusion anthropologique de Clastres est vitale, car elle nous aide à comprendre où le dérapage despotique s’est opéré pour arriver où nous en sommes aujourd’hui: une hégémonie eurocentrique telle, que le despotisme s’est généralisé par ramification tentaculaire. Les conclusions de Clastres nous permettent de comprendre que si l’économique joue aujourd’hui un rôle primordial dans la domination d’une caste, il n’est pas l’origine de la turpitude régnante, il n’en est que l’outil devenu indispensable, ainsi le capitalisme et les dogmes de marché, nouvelle religion planétaire, doivent être éradiqués certes, mais cela ne changera de fait pas grand chose, la véritable révolution doit s’opérer à la racine du problème, qui est et a toujours été politique. Il faut sortir de la spirale infernale de la division politique de la société et retrouver un paradigme égalitaire ou la société forte de son évolution technologique, s’adaptera politiquement et reviendra à l’égalitarisme “primitif”, disons plutôt originel, dont l’humanité n’aurait jamais dû se départir.

Cela veut-il dire que nous devons “retourner à l’état sauvage” ? Vu de l’angle oligarchique: oui… Mais ce ne serait en fait qu’un retour aux sources politiques de l’humanité avant le grand fléau de l’avènement de l’État, sources qui existent toujours aujourd’hui dans bon nombre de sociétés traditionnelles africaines, nord et sud américaines et asiatiques.

Dans le domaine politique, tout est lié au pouvoir et à qui le détient. Nous avons sombré dans le coercitif, nous devons ensemble, restaurer le pouvoir non coercitif qui ne peut émaner que du peuple par la participation directe en assemblée populaire au sein de communes libres confédérés entre elles. Nous devons retirer le pouvoir de la chefferie aux psychopathes et sociopathes qui nous oppriment depuis trop longtemps et rediluer le pouvoir dans le peuple, là où il est très soluble et garant de l’égalité.

De fait nous pourrions également extropoler légèrement sur cette étude et poser une simple question, une question sur laquelle beaucoup pensent avoir une réponse, qui diffère selon de quel côté de la ligne de division se trouvent les personnes: Qu’est-ce que l’anarchisme ? Pourrait-on concevoir la société libertaire comme une évolution de la société primitive, originelle dans son organisation politique fondamentale, adaptée à l’évolution technologique inhérente à la société ? Peut-on dire que l’anarchie, qui se définit comme le refus de tout pouvoir coercitif et donc du refus de l’état selon l’anthropologie de Clastres et Sahlins, ce qui est en faveur de la pratique d’un pouvoir décisionnaire participatif et non coercitif, serait la fenêtre de l’humanité sur son origine politique galvaudée, sur son paradigme perdu ? Si Pierre Clastres avait vécu, aurait-il conclus de la sorte sa vie de recherche ? Peut-être, il nous donne en tout cas un grand espoir pour l’humanité, car la possibilité existe toujours, la porte est toujours ouverte, nous sommes simplement perdus dans le noir, sans lumière et sans repères. Quelqu’un saura t’il trouver la lampe que l’oligarchie prend soin de bien planquer ?

Nous laisserons les mots de la fin à Pierre Clastres et Marshall Sahlins, certainement les deux plus grands inovateurs de l’anthropologie politique moderne, connus dans leur domaine, mais inconnus du grand public… On se demande bien pourquoi…

En aucune manière la société ne laisse le chef passer au-delà de sa compétence technique oratoire et ne la laisse pas se transformer en autorité politique. Le chef est au service de la société, c’est la société en elle-même, lieu véritable du pouvoir, qui exerce comme telle son autorité sur le chef. C’est pourquoi il est impossible pour le chef de renverser ce rapport à son profit, de mettre la société à son propre service, d’exercer sur la tribu ce qu’on nomme: le pouvoir. Jamais la société primitive n’acceptera que son chef se transforme en despote.”

~ Pierre Clastres ~

“Il n’y a rien dans la nature de plus pervers que notre idée de la nature humaine. C’est une affabulation de notre imagination… Tout ceci n’a été qu’une énorme erreur. Ma modeste conclusion est que la civilisation occidentale a été construite sur une idée fausse et perverse de la nature humaine. Désolé, je m’excuse, mais tout cela ne fut qu’une erreur. Il est probablement vrai du reste, que cette idée perverse de la nature humaine mette en danger notre existence même.”

~ Marshall Sahlins ~

 

=  =  =

 

Bibliographie

 

Pierre Clastres, “Chronique des Indiens Guayaki”, 1972

 

Pierre Clastres, “La Société contre l’État”, 1974

 

Pierre Clastres, “La question du pouvoir dans les sociétés primitives”, 1974

 

Marshall Sahlins, “L’illusion occidentale de la nature humaine”, 2005

 

Marshall Sahlins, “The Original Affluent Society” in “Stone Age Economics”, 1974

 

Pierre Kropotkine, “L’État et son rôle historique”, 1906

3ème guerre mondiale: La Russie surenchérit la mise…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, neoliberalisme et fascisme with tags , , , , , , , , on 29 août 2013 by Résistance 71

… de cette partie de poker, plus que d’échec maintenant. A notre sens, si ceci se vérifiait, cela servirait à aider les occidentaux à sortir de cette galère, car maintenant, plus personne ne peut plus reculer: L’empire a trop gesticulé à tort, les décisions tardent car beaucoup de monde dans le politique se rend compte que c’est une grosse galère, de l’autre côté, la Russie ne peut pas se désengager sans perdre la face et de toute façon elle ne le désire pas… Donc que fait-on ? Il est à parier que derrière le rideau les conversations ne sont plus de savoir si on bombarde ou pas la Syrie, mais plutôt: comment fait-on pour désamorcer le truc avant que çà nous retombe dessus ?

Avec cette déclaration (si cela se confirme), les Russes ouvrent une porte de sortie éventuelle pour l’occident, bien qu’après l’entretien entre Poutine et Bandar bin Sultan et les menaces non voilées proférées par ce dernier envers la Russie, on peut comprendre que Poutine soit particulièrement énervé…

Si  tout c ela en vient aux mains, avec les missiles syriens pointés sur Israêl et les navires de l’empire et les bombardiers/missiles russes pointés vers l’Arabie Saoudite, on est parti pour un sacré feu d’artifice !

Question essentielle: Les banquiers veulent-ils la guerre ? Tout est assujetti à la réponse à cette question, le reste n’est que blablabla…

— Résistance 71 —

 

Guerre contre la Syrie: Poutine prèt à attaquer l’Arabie Saoudite !

 

IRIB

 

28 Août 2013

 

url de l’article:

http://french.irib.ir/info/moyen-orient/item/272215-guerre-contre-la-syrie-poutine-prêt-à-attaquer-l-arabie-saoudite

 

Selon les sources syriennes, le président russe Poutine est déterminé à prendre pour cible l’Arabie saoudite, si les Etats Unis attaquaient militairement la Syrie ! Suivant la campagne médiatique intense entretenue depuis quelques jours par les médias mainstream contre la Syrie, les Etats Unis et leurs alliés seraient prêts à lancer des raids aux missiles contre la Syrie d’ici quelques heures.

Dampress affirme que le chef du Kremlin est prêt à donner aux gros bombardiers russe l’ordre de bombarder l’Arabie saoudite, si les Etats Unis prennent pour cible de leurs missiles la Syrie. les tensions sont à leur plus haut point entre la Eussie et les Etats Unis depuis que Washington s’est mis en ordre de bataille et a mobilisé ses alliés contre Damas.

Lavrov a qualifié toute attaque contre la Syrie d’erreur historique et Moscou dit ne pas croire un seul mot à la version US avancée sur les raids chimiques du 21 août contre la banlieue de Damas. les analystes ont mis en garde l’Arabie saoudite et les Etats Unis , deux protagonistes de la guerre contre une troisième guerre mondiale qui pourrait être déclenchée si Washington tire en direction de la Syrie .

Guerre Syrie: Téhéran pèse dans le bras de fer des axes

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme with tags , , , , , , , , on 28 août 2013 by Résistance 71

Pour Téhéran, l’affaire est plus simple: Avec ou sans la Russie, l’effet domino enclenché par l’empire veut qu’après la Syrie c’est le tour de l’Iran, çà fait 34 ans que les yankees n’en dorment plus !…

Plus dure sera la chute… pour Washington !

— Résistance 71 —

 

Feltmann à Téhéran: le piège

 

L Mazboudi (Al Manar)

 

27 Août 2013

 

url de l’article original:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=127213&cid=86&fromval=1&frid=86&seccatid=28&s1=1

 

Tout observateur avisé ne peut fermer les yeux devant la visite à Téhéran de Jeffrey Feltmann, le secrétaire général adjoint aux affaires politiques des Nations Unies. La question cruciale qui se pose étant de savoir non pas ce qui s’est passé, mais surtout son réel objectif. Sachant qu’il existe une grande différence entre les deux. Et ce qui en a découlé.

Les Iraniens ne sont pas dupes. Ils savent très bien que cette visite, n’a rien à voir avec le poste onusien de Feltmann, mais est inhérente à celle de « haut-commissaire » de son pays pour le Moyen Orient. Ils savent très bien ses réelles affinités politiques, loin des convenances diplomatiques, dont son soutien indéfectible à l’entité sioniste, et son aversion pour tous ceux qui la menacent. Leur nouveau ministre des affaires étrangères, Mohammad-Jawad Zarif est bien placé pour savoir tout cela : il est le politicien iranien qui connait le mieux les Etats-Unis, les Américains, les Nations Unies et les fonctionnaires internationaux.

Quoiqu’il s’agisse « de la première expérience d’un dialogue directe et indirect avec les Etats Unis », cette visite est perçue comme une tentative de tâter le pouls iranien et de transmettre des messages  américains. Au moment où battent au plus fort les tambours d’une guerre occidentalo-golfique contre la Syrie, son alliée indéfectible.

Dans les faits, des sources iraniennes rapportent pour le quotidien libanais AsSafir qu’il y a eu trois tournées de discussions entre les deux diplomates. Leurs thèmes centraux ayant été la conférence de Genève II, et la présumée attaque chimique en Syrie.

S’agissant de la première, les questions de Feltmann se sont concentrées sur la vision iranienne de cette conférence et sur l’initiative de 6 points que Téhéran à mise au point pour régler la crise syrienne.
Après avoir émis certaines remarques sur la proposition iranienne, (les sources ne précisent pas lesquelles) il a dit que Téhéran pouvait jouer un rôle important, en raison de ses liens privilégiées avec le président syrien et son régime.

Paroles trop belles pour être vraies. Elles font croire que Feltmann et par derrière son administration américaine soutiennent un rôle iranien dans la crise syrienne et une solution discutée avec le président syrien. Compte tenu des véritables tendances de la politique américaine, qui veut se débarrasser catégoriquement de Bachar el-Assad, banni pour ses affinités avec Téhéran et le camp de la Résistance, ces suggestions semblent totalement fallacieuses. Leur formulation pourrait en revanche avoir pour but d’amadouer les Iraniens, pour mieux les tromper, sur le deuxième thème de la discussion .

Car s’agissant de l’attaque chimique, les discussions se sont crispées et sont devenues mois officielles. Les deux diplomates n’ont pas manqué de marquer leur divergences : le responsable iranien a pris la défense du pouvoir syrien excluant l’éventualité qu’il l’ait commise et accusant les rebelles syriens. Et son homologue américain onusien l’a imputé au régime, arguant qu’il a commis une erreur historique et qu’il doit être puni.

Selon les sources iraniennes, Feltmann a opéré un lien entre le châtiment et Genève II et a laissé entendre qu’il a pour but de réajuster l’équilibre des forces sur le terrain, profondément altéré à l’avantage des forces gouvernementales, en réalisant des frappes limitées, qui ne cassent pas le dos du régime, mais permettent à l’opposition armée de réaliser des points.

Dès lors, on comprend que ce sont les avancées de l’armée syrienne qui agacent les occidentaux. Raison pour laquelle l’ordre de l’attaque chimique a été donné, aux rebelles bien sûr, pour justifier leur intervention. 
On comprend aussi que les Américains demandent indirectement aux Iraniens de ne pas aider la Syrie, leur allié, de les laisser la bombarder tout juste pour l’affaiblir, en leur faisant croire que leur intervention sera concise. Une énième tentative de séparer l’Iran de la Syrie.

Ce n’est pas par hasard que le chef d’Etat-major américain Martin Dempsey a pris le soin le 19 aout dernier, avant que l’administration américaine ne prenne la décision de bombarder la Syrie, voire avant que la présumée attaque chimique n’ait lieu de signaler « qu’une intervention militaire de quelque nature que ce soit, même limitée, engagerait les Etats-Unis encore plus profondément dans le conflit syrien et aiderait des groupes d’opposition qui ne soutiennent pas les intérêts des Etats-Unis dans la région ».

Depuis les réticences russes et chinoises dans le dossier syrien et leur double veto, l’administration américaine joue l’indifférence, comme si elle a été acquise à leur version des faits et affiche une position préoccupée envers les extrémistes d’Al-Qaïda. Une position qui relève du faux-semblant, à voir leurs alliés européens, arabes et turcs les faire entrer par milliers en Syrie, financés, entrainés et armés jusqu’aux dents.

Quant aux positions de Dempsey, exprimées alors que l’ordre de l’attaque chimique a été donné aux rebelles syriens, elles semblent vouloir préparer les décisions belliqueuses de son administration, -planifiées pour être prises après l’attaque-, et surtout donner du crédit aux assertions d’une frappe limitée.
 
Deux possibilités découlent des propos de Feltmann et Dempsey: Soit ils sont sincères, soit ils relèvent du mensonge et de l’arnaque, et visent à neutraliser les alliés du pouvoir syrien, pour mieux s’en débarrasser.

A voir la position russe molle de lundi, exprimée par le ministre des AE Serguei Lavrov et selon lequel son pays ne veut pas aller en guerre en Syrie, il semble que Moscou ait été acquise à la cause américaine.

Mais c’est du côté des Iraniens que le doute subsiste encore.

Leur position décidera non seulement du sort de la région, mais aussi de celui de l’intervention occidentale. Quitte à avoir compris le message tacite des Américains. 
Selon Assafir, leur réponse à la proposition de Feltmann a été de lui dire : «  si vous êtes sérieux dans votre tentative de faire réussir Genève II, vous devez aller à Damas ». A bon entendeur salut.

3ème guerre mondiale: Le deux poids deux mesures de l’empire sur la question des armes chimiques …

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Les Etats-Unis donnèrent leur accord à Saddam Hussein d’utiliser des armes chimiques contre l’Iran

 

RT

 

26 Août 2013

 

url de l’article original:

http://rt.com/news/chemical-weapons-iran-iraq-980/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Alors que Washington se casse la tête de savoir s’il faut marteler Damas militairement à propos de l’utilisation non identifiée d’agents chimiques en Syrie, des documents déclassifiés de la CIA révèlent qu’il y a 25 ans, les Etats-Unis ont permis au sanguinaire Saddam Hussein d’utiliser des armes chimiques dans sa guerre contre l’Iran.

Les documents récemment déclassifiés aux archives nationales de College Park dans le Maryland, suggèrent que les Etats-Unis suivaient de près l’utilisation d’armes chimiques par le régime de Saddam Hussein à la fois contre l’ennemi dans la guerre Irak-Iran (1980-1988) mais aussi contre la population kurde, rapporte le magazine Foreign Policy.

Malgré le fait que l’establishment américain regardait Saddam Hussein comme anathème et ses officiels comme des “voyous”, la politique du président Ronald Reagan dans les années 80 était de s’assurer que l’Irak gagnerait la guerre contre l’Iran, a écrit le magazine.
L’ancien membre de la CIA et colonel de l’armée de l’air US en retraite Rick Francona a dit en exclusivité pour Foreign Policy qu’à partir de 1983 les Etats-Unis n’avaient aucun doute sur le fait que Saddam Husein utilisait des armes prohibées comme le gaz moutarde contre ses adversaires, tandis que l’Iran manquaient de preuves solides et n’a pas pu amener le cas devant l’ONU.

Rick Francona, un linguiste arabe expérimenté, qui a travaillé pour la NSA et le renseignement militaire (DIA), a partagé le fait qu’il avait eut pour la première fois la preuve que l’Irak utilisait des armes chimiques contre les Iraniens en 1984, alors qu’il servait comme attaché de l’armée de l’air à Aman en Jordanie. Il a eu la preuve tangible que les Irakiens utilisaient le neurotoxique Tabun contre les troupes iraniennes qui avançaient dans le sud de l’Irak.

Il a aussi été révélé que le complexe industriel militaire de Saddam Hussein ne pouvait pas produire les obus contenant les substances chimiques toxiques et qu’il était lourdement dépendant d’équipement étranger, l’Italie étant mentionnée comme une des sources de cet équipement spécial.

Mais le gouvernement Reagan voulait que Baghdad gagne la guerre, alors il a détourné le regard sur l’utilisation irakienne d’agents chimiques dans sa guerre contre l’Iran, car cela pouvait renverser la marée dans la bonne direction, rapporte toujours le magazine Foreign Policy.

Durant la guerre avec son voisin, l’Iran était dans un état d’isolement international avancé après l’avènement de la révolution islamique de 1979 et l’armée iranienne était à la traîne en comparaison de l’armée irakienne.

Et pourtant, avec sa population soutenant de manière fanatique son leadership islamique, l’Iran utilisa des tactiques “inhumaines” de “vagues humaines” pour attaquer, tournant ses soldats en chair à canon et annulant ainsi la supériorité militaire de l’Irak. En 1987, les données des satellites de renseignement américains suggérèrent que l’Iran concentrait ses troupes pour une puissante offensive sur la péninsule de Fao au sud de l’Irak dans la direction de la ville clef de Bassora. Les Etats-Unis pensèrent que les Iraniens pourraient attaquer décisivement au printemps 1988, capitalisant sur des erreurs tactiques faites par l’armée irakienne qui auraient pu résulter en la défaire de l’Irak.

D’après Francona, après avoir pris connaissance des données du renseignement, le président Reagan écrivit une note de marge pour le ministre de la défense Frank Carlucci: “Une victoire iranienne est inacceptable”.

Ainsi, les Américains optèrent pour le partage de l’information avec Bagdhad, autorisant la DIA à donner des données détaillées sur l’emplacement exact des unités de combat iraniennes, des mouvements de l’armée de l’air, des systèmes de défense anti-aérienne et des renseignements logistiques clef.

Rick Francona a décrit l’imagerie satellite et le renseignement électronique fournis aux Irakiens comme des “ensembles de données de ciblage” permettant aux forces aériennes irakiennes de détruire les cibles iraniennes.

En 1988, L’Irak conduisit 4 attaques chimiques successives sur les troupes iraniennes avec du gaz sarin, tuant des centaines de combattants, si pas des milliers sur place. Les attaques furent conduites avant des tirs nourris d’artillerie classiques et furent déguisées en étant accompagnées d’obus fumigènes.

Les statistiques officielles iraniennes des morts durant ces attaques ne sont toujours pas disponibles.

A l’époque, Francona servait comme attaché militaire à Bagdhad et il fut témoin de l’après de ces attaques lui-même. Il visita Fao peu de temps après que la péninsule fut reprise par les Irakiens. Sur le champ de bataille, il vit des centaines de seringues d’atropine utilisées, que les troupes irakiennes, elles aussi gazés, avaient utilisé comme antidote contre les effets mortels du gaz sarin. Francona prit plusieurs de ces seringues comme preuve d’utilisation d’armes chimiques.

Francona a dit au magazine Foreign Policy que Washington “était très satisfait” que les Iraniens avaient été frappés préemptivement afin de les empêcher de lancer leur offensive.

Aussi, en mars 1988, L’Irak lança une attaque au gaz neurotoxique contre le village kurde séparatiste de Halabja, à 240km au nord-est de Baghdad, tuant 5000 personnes, tandis que 7000 autres souffrirent de problèmes de santé récurrents à cette attaque.
La dernière des attaques chimiques lancées par l’Irak en 1988 fut celle nommée l’Offensive du Ramadan Sacré, qui devint la plus grosse utilisation d’armes chimiques de l’histoire moderne, et ce probablement jusqu’à cette attaque récente lancée dans la banlieue de Damas, dont les morts se compteraient de l’ordre de quelques douzaines à plus de 1300.