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Illusion démocratique: Sur les élections (Pierre Kropotkine)

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Dossier « Illusion Démocratique »

 

Sur les élections

 

Pierre Kropotkine

1880

 

Les vices des Assemblées représentatives ne nous étonneront pas, en effet, si nous réfléchissons, un moment seulement, sur la manière dont elles se recrutent et dont elles fonctionnent.

Faut-il que je fasse ici le tableau, si écœurant, si profondément répugnant, et que nous connaissons tous – le tableau des élections ? Dans la bourgeoise Angleterre et dans la démocratique Suisse, en France comme aux États-Unis, en Allemagne comme dans la République Argentine, cette triste comédie n’est-elle pas partout la même ?

Faut-il raconter comment les agents et les Comités électoraux « forgent », « enlèvent », canvass une élection (tout un argot de détrousseurs de poches !), en semant à droite et à gauche des promesses, politiques dans les réunions, personnelles aux individus : comment ils pénètrent dans les familles, flattant la mère, l’enfant, caressant au besoin le chien asthmatique ou le chat de « l’électeur » ? Comment ils se répandent dans les cafés, convertissent les électeurs et attrapent les plus muets en engageant entre eux des discussions, comme ces compères d’escroquerie qui vous entraînent au jeu « des trois cartes » ? Comment le candidat, après s’être fait désirer, apparaît enfin au milieu de ses « chers électeurs », le sourire bienveillant, le regard modeste, la voix câline – tout comme la vieille mégère, loueuse de chambres à Londres, qui cherche à capter un locataire par son doux sourire et ses regards angéliques ? Faut-il énumérer les programmes menteurs – tous menteurs, qu’ils soient opportunistes ou socialistes-révolutionnaires – auxquels le candidat lui-même, pour peu qu’il soit intelligent et connaisse la Chambre, ne croit pas plus qu’aux prédictions du « Messager Boiteux » et qu’il défend avec une verve, un roulement de voix, un sentiment, dignes d’un fou ou d’un acteur forain ? Ce n’est pas en vain que la comédie populaire ne se borne plus à faire de Bertrand et de Robert Macaire de simples escrocs, des Tartufe, ou des filouteurs de banque, et qu’elle ajoute à ces excellentes qualités celle de « représentants du peuple », en quête de suffrages et de mouchoirs à empocher.

Faut-il enfin donner ici les frais des élections? Mais tous les journaux nous renseignent suffisamment à cet égard. Ou bien reproduire la liste de dépenses d’un agent électoral, sur laquelle figurent des gigots de mouton, des gilets de flanelle et de l’eau sédative, envoyés par le candidat compatissant « à ces chers enfants » de ses électeurs. Faut-il rappeler aussi les frais de pommes cuites et d’œufs pourris, « pour confondre le parti adverse », qui pèsent sur les budgets électoraux aux États-Unis, comme les frais de placards calomnieux et de « manœuvres de la dernière heure », qui jouent déjà un rôle si honorable dans nos élections européennes ?

Et quand le gouvernement intervient, avec ses « places », ses cent mille « places » offertes au plus donnant, ses chiffons qui portent le nom de « crachats », ses bureaux de tabac, sa haute protection promise aux lieux de jeu et de vice, sa presse éhontée, ses mouchards, ses escrocs, ses juges et ses agents…

Non, assez ! Laissons cette boue, ne la remuons pas ! Bornons-nous simplement à poser cette question : Y a-t-il une seule passion humaine, la plus vile, la plus abjecte de toutes, qui ne soit pas mise en jeu un jour d’élections ? Fraude, calomnie, platitude, hypocrisie, mensonge, toute la boue qui gît au fond de la bête humaine – voilà le joli spectacle que nous offre un pays dès qu’il est lancé dans la période électorale.

* * *

C’est ainsi, et il ne peut pas en être autrement, tant qu’il y aura des élections pour se donner des maîtres. Ne mettez que des travailleurs en présence, rien que des égaux, qui un beau jour se mettent en tête de se donner des gouvernants – et ce sera encore la même chose. On ne distribuera plus de gigots ; on distribuera l’adulation, le mensonge – et les pommes cuites resteront. Que veut-on récolter de mieux quand on met aux enchères ses droits les plus sacrés ?

Que demande-t-on, en effet, aux électeurs ? 

De trouver un homme auquel on puisse confier le droit de légiférer sur tout ce qu’ils ont de plus sacré : leurs droits, leurs enfants, leur travail ! Et on s’étonnerait que deux ou trois mille Robert Macaire viennent se disputer ces droits royaux ? On cherche un homme auquel on puisse confier, en compagnie de quelques autres, issus de la même loterie, le droit de perdre nos enfants à vingt et un ans ou à dix-neuf ans, si bon lui semble ; de les enfermer pour trois ans, mais aussi pour dix ans s’il aime mieux, dans l’atmosphère putréfiante de la caserne ; de les faire massacrer quand et où il voudra en commençant une guerre que le pays sera forcé de faire, une fois engagée. Il pourra fermer les Universités ou les ouvrir à son gré ; forcer les parents à y envoyer les enfants ou leur en refuser l’entrée. Nouveau Louis XIV, il pourra favoriser une industrie ou bien la tuer s’il le préfère ; sacrifier le Nord pour le Midi ou le Midi pour le Nord ; s’annexer une province ou la céder. Il disposera de quelque chose comme trois milliards par an, qu’il arrachera à la bouche du travailleur. Il aura encore la prérogative royale de nommer le pouvoir exécutif, c’est-à-dire un pouvoir qui, tant qu’il sera d’accord avec la Chambre, pourra être autrement despotique, autrement tyrannique que la feu royauté. Car, si Louis XVI ne commandait qu’à quelques dizaines de mille fonctionnaires, il en commandera des centaines ; et si le roi pouvait voler à la caisse de l’État quelques méchants sacs d’écus, le ministre constitutionnel de nos jours, d’un seul coup de Bourse, empoche « honnêtement » des millions.

Et on s’étonnerait de voir toutes les passions mises en jeu, lorsqu’on cherche un maître qui va être investi d’un pareil pouvoir ! Lorsque l’Espagne mettait son trône vacant aux enchères, s’étonnait-on de voir les flibustiers accourir de toutes parts? Tant que cette mise en vente des pouvoirs royaux restera, rien ne pourra être réformé : l’élection sera la foire aux vanités et aux consciences.

* * *

Mais, que demande-t-on maintenant aux électeurs ? – On demande à dix, vingt mille hommes (à cent mille avec le scrutin de liste), qui ne se connaissent point du tout, qui ne se voient jamais, ne se rencontrent jamais sur aucune affaire commune, à s’entendre sur le choix d’un homme. Encore cet homme ne sera-t-il pas envoyé pour exposer une affaire précise ou défendre une résolution concernant telle affaire spéciale. Non, il doit être bon à tout faire, à légiférer sur n’importe quoi, et sa décision fera loi. Le caractère primitif de la délégation s’est trouvé entièrement travesti, elle est devenue une absurdité.

Cet être omniscient qu’on cherche aujourd’hui n’existe pas. Mais voici un honnête citoyen qui réunit certaines conditions de probité et de bon sens avec un peu d’instruction. Est-ce lui qui sera élu ? Evidemment non. Il y a à peine vingt personnes dans son collège qui connaissent ses excellentes qualités. Il n’a jamais cherché à se faire de la réclame, il méprise les moyens usités de faire du bruit autour de son nom, il ne réunira jamais plus de 200 voix. On ne le portera même pas candidat, et on nommera un avocat ou un journaliste, un beau parleur ou un écrivassier qui apporteront au parlement leurs mœurs du barreau et du journal et iront renforcer le bétail de vote du ministère ou de l’opposition. Ou bien ce sera un négociant, jaloux de se donner le titre de député, et qui ne s’arrêtera pas devant une dépense de 10.000 francs pour acquérir de la notoriété. Et là où les mœurs sont éminemment démocratiques, comme aux États-Unis, là où les comités se constituent facilement et contrebalancent l’influence de la fortune, on nommera le plus mauvais de tous, le politicien de profession, l’être abject devenu aujourd’hui la plaie de la grande République, l’homme qui fait de la politique une industrie et qui la pratique selon les procédés de la grande industrie – réclame, coups de tam-tam, corruption.

Changez le système électoral comme vous voudrez : remplacez le scrutin d’arrondissement par le scrutin de liste, faites les élections à deux degrés comme en Suisse (je parle des réunions préparatoires), modifiez tant que vous pourrez, appliquez le système dans les meilleures conditions d’égalité – taillez et retaillez les collèges -, le vice intrinsèque de l’institution restera. Celui qui saura réunir plus de la moitié des suffrages (sauf de très rares exceptions) chez les partis persécutés, sera toujours l’homme nul, sans convictions – celui qui sait contenter tout le monde.

C’est pourquoi – Spencer l’a déjà remarqué – les parlements sont généralement si mal composés. La Chambre, dit-il dans son Introduction, est toujours inférieure à la moyenne du pays, non seulement comme conscience, mais aussi comme intelligence. Un pays intelligent se rapetisse dans sa représentation. Il jurerait d’être représenté par des nigauds qu’il ne choisirait pas mieux. Quant à la probité des députés, nous savons ce qu’elle vaut. Lisez seulement ce qu’en disent les ex-ministres qui les ont connus et appréciés.

Quel dommage qu’il n’y ait pas de trains spéciaux pour que les électeurs puissent voir leur « Chambre », à l’œuvre. Ils en auraient bien vite le dégoût. Les anciens soûlaient leurs esclaves pour enseigner à leurs enfants le dégoût de l’ivrognerie. Parisiens, allez donc à la Chambre voir vos représentants pour vous dégoûter du gouvernement représentatif.

* * *

A ce ramassis de nullités le peuple abandonne tous ses droits, sauf celui de les destituer de temps en temps et d’en nommer d’autres. Mais comme la nouvelle assemblée, nommée d’après le même système et chargée de la même mission, sera aussi mauvaise que la précédente, la grande masse finit par se désintéresser de la comédie et se borne à quelques replâtrages, en acceptant quelques nouveaux candidats qui parviennent à s’imposer.

Mais si l’élection est déjà empreinte d’un vice constitutionnel, irréformable, que dire de la manière dont l’assemblée s’acquitte de son mandat ? Réfléchissez une minute seulement, et vous verrez aussitôt l’inanité de la tâche que vous lui imposez.

Votre représentant devra émettre une opinion, un vote, sur toute la série, variée à l’infini, de questions qui surgissent dans cette formidable machine – l’État centralisé.

Il devra voter l’impôt sur les chiens et la réforme de l’enseignement universitaire, sans jamais avoir mis les pieds dans l’Université ni su ce qu’est un chien de campagne. Il devra se prononcer sur les avantages du fusil Gras et sur l’emplacement à choisir pour les haras de l’État. Il votera sur le phylloxera, le guano, le tabac, l’enseignement primaire et l’assainissement des villes ; sur la Cochinchine et la Guyane, sur les tuyaux de cheminée et l’Observatoire de Paris. Lui qui n’a vu les soldats qu’à la parade, répartira les corps d’armée, et sans avoir jamais vu un Arabe, il va faire et défaire le Code foncier musulman en Algérie. Il votera le shako ou le képi selon les goûts de son épouse. Il protégera le sucre et sacrifiera le froment. Il tuera la vigne en croyant la protéger ; et il votera le reboisement contre le pâturage et protégera le pâturage contre la forêt. Il sera ferré sur les banques. Il tuera tel canal pour un chemin de fer, sans savoir trop dans quelle partie de la France ils se trouvent l’un et l’autre. Il ajoutera de nouveaux articles au Code pénal, sans l’avoir jamais consulté. Protée omniscient et omnipotent, aujourd’hui militaire, demain éleveur de porcs, tour à tour banquier, académicien, nettoyeur d’égouts, médecin, astronome, fabricant de drogues, corroyeur ou négociant, selon les ordres du jour de la Chambre, il n’hésitera jamais. Habitué dans sa fonction d’avocat, de journaliste ou d’orateur de réunions publiques, à parler de ce qu’il ne connaît pas, il votera sur toutes ces questions, avec cette seule différence que dans son journal il amusait le concierge à son réchaud, qu’aux assises il réveillait à sa voix les juges et les jurés somnolents, et qu’à la Chambre son opinion fera loi pour trente, quarante millions d’habitants.

Et comme il lui est matériellement impossible d’avoir son opinion sur les mille sujets pour lesquels son vote fera loi, il causera cancans avec son voisin, il passera son temps à la buvette, il écrira des lettres pour réchauffer l’enthousiasme de ses « chers électeurs », pendant qu’un ministre lira un rapport bourré de chiffres alignés pour la circonstance par son chef de bureau ; et au moment du vote il se prononcera pour ou contre le rapport, selon le signal du chef de son parti.

Aussi une question d’engrais pour les porcs ou d’équipement pour le soldat ne sera-t-elle dans les deux partis du ministère et de l’opposition, qu’une question d’escarmouche parlementaire. Ils ne se demanderont pas si les porcs ont besoin d’engrais, ni si les soldats ne sont pas déjà surchargés comme des chameaux du désert – la seule question qui les intéressera, ce sera de savoir si un vote affirmatif profite à leur parti. La bataille parlementaire se livrera sur le dos du soldat, de l’agriculteur, du travailleur industriel, dans l’intérêt du ministère ou de l’opposition.

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Lectures complémentaires:

zenon_pourquoi suis je anarchiste ?

Patrice Sanchez_Sortir par le Haut !

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

La_Conquête_du_Pain_Kropotkine

Rudolph Rocker_Anarchie de la theorie a la pratique

Discours de la Servitude Volontaire La Boetie 1548

Ecrits-choisis-anarchistes-sebastien-faure-mai-2018

Manifeste pour la Société des Sociétés

champs-usines-et-ateliers-par-pierre-kropotkine-1910

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

Dieu et lEtat_Bakounine

Manifeste contre le travail

Un monde sans argent: le communisme

Inevitable_anarchie_Kropotkine

faramineuse conversation sur l’avenir (Père Peinard 1896)

Errico_Malatesta_écrits_choisis

Exemple_de_charte_confederale_Bakounine

Erich_Mühsam la liberté de chacun est la liberté de tous

La Morale Anarchiste de Kropotkine)

Les_amis_du_peuple_révolution_française

kropotkine_science-etat-et-societé

le-prince-de-levolution-Dugatkin

Appel au Socialisme Gustav Landauer

 

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Gilets Jaunes: Commercy… Le pouvoir au peuple !

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Tout le pouvoir aux Ronds-Points

 

Commercy le pouvoir au peuple

 

Stéphane Burlot

 

30 janvier 2019

 

url de l’article:

https://www.revue-ballast.fr/commercy-le-pouvoir-au-peuple-portfolio/

 

« On s’est vraiment cru à la veille du 10 août 1792 », vient de confier un collaborateur de Macron au JDD. « Eh bien ! que veulent-ils ? » demandait en ce temps un garde des sceaux ; « La déchéance [du roi] », répondait un officier1 : les insurgés s’apprêtaient à prendre les Tuileries puis à emprisonner la famille royale dans une forteresse du Marais. La question, de nos jours, ne se pose même plus ; les rues, unies sous un même gilet, scandent la réponse semaine après semaine : « Macron, démission ! » Quand un régime crève les yeux de citoyens soucieux de justice sociale, c’est là une demande bien raisonnable. Si celle-ci est reprise à Commercy, commune meusienne de moins de 6 000 habitants, ses gilets jaunes voient plus loin que le seul départ du monarque républicain : une Assemblée des assemblées s’est tenue ce week-end et 75 délégations de gilets jaunes, venues de toute la France, ont rédigé un appel afin de structurer le mouvement par la base. « Vive le pouvoir au peuple, pour le peuple et par le peuple ! » Nous y avons passé deux jours, et donnons ici la parole à une dizaine d’entre eux.

Sabrina (professeure des écoles, Paris) : « Je suis là pour porter la parole qu’on m’a autorisée à porter. Et je suis contente des débats qu’il y a ici, sur l’horizontalité, la légitimité et la démocratie. Ce sont des rendez-vous utiles. Certains parlent même d’un moment historique : quand on voit le mot de soutien de la Commune du Rojava, ça a de la valeur pour beaucoup de gens. J’ai jamais été dans un parti, j’ai jamais lutté politiquement. Je regardais les manifestants avec un esprit un peu moqueur… Les gilets jaunes ont extrêmement peur de la centralisation : c’est pour ça que c’est très important pour moi de respecter le mandat qu’on m’a confié, et de tenir la ligne morale qu’on a fixée. Je crois qu’il va y avoir des scissions au sein du mouvement. Entre ceux qui considèrent qu’être “apolitique”, c’est mélanger les gens en patchwork, en fourre-tout, et les autres. Et entre ceux qui veulent à tout prix garder l’horizontalité — comme ici — et les autres, comme Éric Drouet, qui considèrent que la démocratie, c’est aussi déléguer son pouvoir et avoir des porte-parole. »

Renz (Saint-Nazaire) : « Ce week-end, c’est une étape importante du processus révolutionnaire dans lequel on est. Le plus important, c’est de pérenniser le mouvement et de passer l’hiver. On doit au moins faire 100 actes ! On va pas gagner en un jour, je crois pas au Grand soir. On a fait un gros travail d’éducation populaire au sein du mouvement : au début, on en avait “gros”, c’est tout, c’est ça qui a lancé le mouvement. Là, on affine. On se demande dans quelle société on veut vivre. Et ce qui ressort de presque tout le mouvement, c’est le pouvoir au peuple. Qu’on arrête de prendre des décisions à notre place. »

Stéphanie (assistante vétérinaire, Saint-Nazaire) : « On se plaint depuis des années de notre système, mais personne ne bouge. La justice sociale, économique, environnementale et judiciaire, c’est ce qu’on veut. On apprend maintenant à s’écouter, et pas parce qu’une personne va gueuler plus fort que les autres ; ça, on n’avait plus l’habitude. On se sentait seuls, démunis, exploités. On était isolés. »

Renz : « Ce mouvement, ce qu’il a créé, c’est un sentiment familial, une fraternité. En venant ici, on réalise que la famille s’est agrandie. À Saint-Nazaire, on a fait la première Maison du peuple du mouvement ! Comme la préfecture voulait pas qu’on fasse une assemblée dans ses murs, on a pris l’ancienne sous-préfecture : aussi simple, magique ! La BAC est là en permanence et on est tous sur écoute. La pression est permanente, on a les amendes qui pleuvent. On passe bientôt au tribunal. On a même un camarade qui est interdit de Saint-Nazaire. »

Chantal (retraitée technicienne de laboratoire, Ariège) : « Ça fait longtemps que ce système, je ne le supporte pas ! J’ai participé à plein de luttes, mais l’originalité du mouvement des gilets jaunes c’est de faire participer des gens qui, justement, n’étaient pas en lutte avant. Et qui pourraient être désarçonnés si on leur donne des menus et des cartes pré-écrits. C’est aux gens d’écrire eux-mêmes les façons dont ils veulent fonctionner. On peut s’inspirer des choses qui ont été proposées, par le passé, mais surtout pas de projet tout fait de société ! Il y a eu la Commune de Paris, il y a le Chiapas, les gens ne sont pas cons : ils ont su le faire, ils sauront le refaire — même sans avoir lu les livres de Bookchin ! »

Rico (Ariège) : « Ces assemblées, ça me regonfle à bloc. C’est rassurant de voir que, partout en France, on butte tous sur les mêmes problématiques. Mais en discutant on fait avancer le schmilblick. Ça va pas se faire en deux jours, mais ça va se faire. »

Chantal : « Je suis presque venue à Commercy à reculons. J’avais peur qu’ils disent qu’ils sont les plus beaux, les plus forts et qu’ils ont raison. Qu’ils centralisent. Mais, au final, je suis très contente : il s’agit bien d’une coordination, de rencontres. C’est très humain, très chaleureux, ici. Il n’y a pas de diktats, de bureau politique, toutes ces conneries. Il faut se faire confiance, il faut accepter de faire des erreurs. Depuis toutes ces années où, nous, les militants, on a fait tout ce qu’il fallait et qu’on n’a rien gagné, à part rester entre nous ! Eh bien, il faut être ensemble. Je me méfie des avant-gardes : on ne doit pas dire aux gens ce qu’ils doivent faire, on doit être avec eux. Gauche et droite, c’est une place à l’Assemblée nationale, ça ne veut rien dire : les gilets jaunes, c’est les exploités, les humiliés, les gens à qui on vide les poches et pas ceux qui se les remplissent. »

Rico : « Il faut que le mouvement dure, qu’on se démoralise pas. Qu’on continue à secouer toutes les branches de l’arbre, qu’on se renforce, qu’on s’ouvre sur l’extérieur, sur tous les Français. On n’est pas “le peuple”, on est une partie du peuple. Faut ouvrir à fond. »

Chantal : « On est les plus nombreux, donc si on freine, ça fera quelque chose. On doit être contre les institutions. Les syndicats, c’est devenu du carriérisme, c’est des professionnels, mais le syndiqué qui fait grève, c’est important. La “grève générale”, c’est un grand mot, mais c’est comme la “lutte des classes”, il ne faut pas les abandonner. »

Victor (cheminot, Poitiers) : « Je salue l’initiative de Commercy : on doit se rencontrer, se coordonner, se structurer. Je regrette seulement qu’on n’ait pas discuté, d’entrée, la situation sociale et économique, donc de la crise du capitalisme. Il fallait faire un point analytique général : quel est le cadre dans lequel s’inscrit le mouvement des gilets jaunes ? »

Magali (au chômage, Poitiers) : « On a pris de l’information. Mais j’ai l’impression que les syndicats phagocytent, et on ne peut pas parler avec eux. Les gens ne veulent plus faire grève, il y a une défiance généralisée. Les syndicalistes sont très habitués à parler en public, mais pas moi : plein de gens n’ont pas osé prendre la parole donc personne ne les a entendus. C’est impressionnant de voir des gens qui savent parler. Le mouvement est parti des invisibles, des gens qui ne parlaient jamais, alors c’est dommage de voir qu’ils ne peuvent pas toujours s’exprimer dans ce type d’assemblée. Je me dis que la révolution n’est pas pour demain si, déjà, on n’arrive pas à s’écouter. »

Victor : « Il ne faut pas se cacher que, depuis le 17 novembre, la participation, à l’échelle du pays, s’est rétrécie. Il faut une nouvelle vague, un nouveau soulèvement pour apporter un second souffle au mouvement. Mais tout ne dépend pas de nous : l’économie mondiale est proche du lock-out généralisé, et cela produira sans doute bien plus de choses que toutes nos actions et nos appels. »

Magali : « Les petits patrons qui se sont mobilisés en novembre sur le prix de l’essence, ils sont partis depuis que le mouvement a évolué vers l’augmentation du SMIC. Les petits commerçants, qui étaient avec nous au départ, nous reprochent maintenant d’avoir foutu en l’air leur chiffre d’affaires à Noël… Ils ne sont plus avec les gilets jaunes. »

Victor : « Mais on peut converger avec eux en revendiquant l’abolition de la TVA, qui est aussi avantageuse pour eux que pour nous. Un agriculteur est pressuré par les banques au même titre que nous… Quoi qu’il en soit, l’État pourra tordre le cou au municipalisme. Les coopératives, ça montre qu’on peut se passer de patron, sauf qu’une coopérative, même dans un cadre municipaliste libertaire, si on ne touche pas au fondement — à savoir la propriété privée —, ça ne changera pas fondamentalement les choses. »

Adel (agent Transkeo, Île-de-France) : « Il y a ici beaucoup de bonnes choses à prendre pour la suite, en termes d’organisation et de structuration. Nous, en Île-de-France, on est en retard par rapport à la province. On est un peu plus infiltrés que les autres en termes d’extrême droite. Mais on fait le ménage. Ce qu’on voit à Commercy devrait nous aider à faire des actions plus fortes et plus concrètes. »

Torya (agente SNCF, Île-de-France) : « Le vrai souci des gens, c’est l’assemblée générale démocratique, horizontale et transparente. Pas de leader, pas de tête d’affiche. Que tout le monde puisse s’exprimer, qu’on soit d’accord ou pas — l’extrême droite, ce n’est pas une “opinion”, on doit les bannir. On aimerait créer une Maison du peuple pour accueillir les gilets jaunes qui viennent de toute la France sur Paris. Pour les aider, les soigner. Ça nous manque. »

Adel : « L’essentiel, c’est de remettre le peuple au centre des débats. On est dans la rue pour ça depuis plus de deux mois. La grève générale illimitée, à laquelle on appelle, va permettre de toucher des gens plus largement. »

Torya : « Le mouvement des gilets jaunes a mis un coup de pied dans les marches République-Nation, avec le camion de merguez devant. Et dans les appels des syndicats pour les grèves “perlées”. Les gilets jaunes ont dit “Nous, on prend le terrain, on manifeste quand on veut”. Les syndicats vont devoir tous se remettre en question et arrêter d’être des organisations pyramidales. Tant qu’on n’aura pas rasé la moustache de Martinez, on n’arrivera pas à le faire descendre ! »

Christophe (agriculteur, Rennes) : « On adhère parfaitement à la vision de la commune de Saillans : une redéfinition des décisions municipales par la base, un maire révocable et tournant, une concertation permanente de la population et une parfaite lisibilité des engagements pris. Ce qu’il faut, c’est l’abolition de la loi NOTRe : encore une usurpation de démocratie signée par Macron. Aujourd’hui, les communes sont privées de leur autonomie financière, via le renvoi de leurs budgets territoriaux par Bercy, qui les dispatchent à des préfets non élus. Les maires sont dépendants du bras armé de Macron, à savoir ces mêmes préfets. L’autonomie doit être à la base. Le pouvoir n’a pas d’attaches réelles au territoire, et c’est le contraire de ce qu’on veut. »

Steven (éducateur spécialisé, Commercy) : « Sur 15 groupes, en assemblée, 12 ont dit que c’était peut-être prématuré de parler de “municipalisme libertaire”. Sur le papier, c’est une très belle idée, mais comme les communes ont de moins en moins de pouvoir, faut y réfléchir. Des gens ont demandé comment c’était organisable sur une agglomération d’un million d’habitants. Mais il y a un consensus sur le fait qu’on doit réfléchir à cette idée. Le défi qu’on doit relever, c’est que la démocratie elle est pas simple : ça passe par le débat, mais on a une bonne base. Il faut continuer. On doit pas centraliser à Commercy, donc il faut que ça tourne maintenant… Mais comme j’ai peur que ça se perde, qu’on retourne dans notre quotidien, j’aimerais qu’on refasse direct une Assemblée des assemblées ici ! »

Frédérique (mère au foyer, Commercy) : « Il y a encore du taf ! Et ça se fera par la base. »

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

Nouvel Ordre Mondial et ingérence politico-économique: Mieux connaître la maison mère des think tanks… Le Royal Institute of International Affairs (James Corbett)

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Résistance au Nouvel Ordre Mondial

 

Connaître son ennemi: Le Royal Institute of International Affairs (RIIA)

 

James Corbett

 

19 janvier 2019

 

Source:

https://steemit.com/world/@corbettreport/know-your-enemy-the-royal-institute-of-international-affairs

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les lecteurs de cette colonne sauront déjà tout au sujet du Council on Foreign Relations ou CFR. L’influence du CFR sur l’agenda de la politique étrangère américaine était il n’y a pas si longtemps étiquetée comme une “théorie conspirationiste”. Mais, comme c’est le plus souvent le cas, la “théorie conspirationiste” devient simplement avec le temps un truisme de plus que les conspirateurs eux-mêmes tournent en dérision. Ce que vous ne savez peut-être pas en revanche est que le CFR est une succursale d’une organisation un peu plus ancienne et moins connue: le Royal Institute of International Affairs, ou RIIA. L’idée de la formation de ce groupe fut forgée durant une session informelle de la conférence pour la paix de Paris en 1919. L’Institut for créé l’année suivante, d’abord comme le British Institute of International Affairs, puis après avoir reçu une charte royale comme le Royal Institute of International Affairs.

Le groupe est devenu synonyme de Chatham House, son QG se situe sur St James Square à Londres et est  largement reconnu par les experts en politique étrangère comme le think tank ayant le plus d’influence au monde.

Dans les années suivant sa création, le RIIA a ouvert des succursales à travers le Commonwealth britannique et dans le monde, ceci inclut le CFR, né lui aussi en grande partie de cette réunion de Paris en 1919, puis vinrent l’Australian Institute of International Affairs, et les contreparties éponymes en Afrique du Sud, au Pakistan ainsi que le Canadian International Council, toutes des organisations similaires.

Officiellement, le RIIA, comme ses succursales, est une organisation à but non lucratif et non-gouvernementale (sic), qui promeut l’analyse des problèmes internationaux dans des sujets comme l’énergie (NdT: pétrole, pétrole + gaz…), les ressources et l’environnement, l’économie internationale, la sécurité internationale et le droit international. Tout comme pour ses succursales, la vaste majorité des publications du groupe est mise à la disposition du public gratuitement via leur site internet et leur journal, International Affairs. (bien entendu ce n’est pas en accès libre ni gratuit au sens d’une pizza gratuite. Vous aurez besoin d’un compte actif avec “Oxford Academic” si vous voulez avoir accès en ligne au contenu d’International Affairs comme cet article chauds les marrons chauds: « World politics 100 years after the Paris peace conference » by David Lloyd George’s great-granddaughter and former Rhodes Trustee Margaret MacMillan.)

L’organisation est financée par des partenaires, des patrons et la liste de ses membres se lit comme un véritable who’s who de la corporatocratie oligarchique, ces partenaires incluent: Chevron, AIG, Bloomberg, Toshiba, Morgan Stanley, Goldman Sachs, Lockheed Martin, Royal Dutch Shell, ExxonMobil et des douzaines d’autres entreprises, institutions et gouvernements étrangers. Chatham House attire de manière consistante un grand nombre de conférenciers très connus sur des sujets très nombreux, publiant des rapports qui définissent l’agenda politique, pas seulement pour la Grande-Bretagne, mais pour la plus grande partie du monde développé. Bien que la majorité de ses activités soient accessibles publiquement, le groupe conserve malgré tout certaines réunions politiques privées et c’est pour cela que l’association est la plus connue. Cette politique est connue sous le vocable de la règle de Chatham House qui stipule:

“Lorsqu’une réunion ou quelque soit d’autre se tient sous la règle de Chatham House, les participants sont libres d’utiliser les informations reçues librement, mais ne peuvent en aucun cas divulguer l’identité ni l’affiliation du conférencier, ni d’aucun autre participant, rien de cela ne dit être révélé.”

La règle est invoquée de manière ostentatoire afin d’encourager le débat sur des problèmes de contentieux, la théorie voulant que des personnes connues ne voudraient ou ne pourraient pas discuter leurs points de vues sur des sujets épineux, si leur identité et affiliation étaient connues publiquement. Quelques unes des réunions les plus secrètes critiquées à cet égard, comme la réunion annuelle du Club Bilderberg, adhèrent à la règle de Chatham House, invitant les accusations de réunions secrètes et d’influence occulte, cachée dans les agendas.

Quand on parle de groupe comme le RIIA, il est très difficile de balayer d’un revers de la main ces accusations.

Que le groupe publie son magazine International Affairs sous les auspices de l’université d’Oxford nous parle des racines historiques de ce think tank. Né des cendres de la première guerre mondiale, le RIIA fut créé par les mêmes personnes qui menèrent la conspiration de la première guerre mondiale. Ceux qui sont familiers avec mon travail sauront maintenant que la “grande Guerre” fut en partie fabriquée par une société secrète (pas si secrète que ça…), créée formellement en 1891 par Cecil Rhodes.

La société de Rhodes fut faite pour fonctionner sur ce que G. Edward Griffin a nommé “La formule Quigley” où une petite clique crée une plus grande organisation qu’ils peuplent de gens comme eux, des collaborateurs auxquels ils cachent les véritables buts et objectifs de la société. Par cette méthode, des groupes de centaines voire de milliers de personnes peuvent être dirigées vers des objectifs connus des seuls conspirateurs œuvrant au sein d’un petit groupe. Comme le dit G. Edward Griffin, le travail de Carroll Quigley (historien britannique), spécifiquement son ouvrage sur l’establishment anglo-américain, a alerté le public sur l’existence de ce groupe et de quelques uns de ces membres clefs comme Alfred Milner , Lord Esther, Lionel Curtis et Lord Lothian.

Pratiquement exclu des livres d’histoire aujourd’hui, Alfred Milner était un journaliste qui fut sorti de sa condition médiocre par Stead, qui en fit le rédacteur en chef adjoint à la Gazette Pall Mall. Stead et Rhodes usèrent de leur influence pour que Milner soit nommé haut-commissaire en Afrique du Sud en 1897, une position influente et très importante dans les années qui précédèrent la Guerre des Boers. Milner fut le mentor d’un groupe de jeunes avocats et administrateurs, essentiellement affiliés avec l’université d’Oxford qui prit le sobriquet de “garderie Alfred Milner”. Ces personnes devinrent parmi les figures es plus influentes dans le domaine des affaires étrangères au XXème siècle pour l’empire britannique, ce groupe incluait des gens comme Lord Lothian, Philip Henry Karr, Robert Henry Brand de la banque Lazard et Frères, le 1er baron de Tweedsmuir et Lionel Curtis, le fondateur reconnu du RIIA.

Dès sa formation, ce groupe eut pour intention d’être un moulin à paroles pour les leaders de l’establishment anglo-américain, pour décider et mettre en pratique leur agenda, qui pourrait être ensuite livré clef en main à n’importe quels politiciens qui seraient en fonction à ce moment précis, peu importait qui. Cette attitude élitiste envers le mode de gouvernement fut le moule dont tout découlerait dès le moment de la création du groupe. Comme le notent dans leur livre Jim MacGregor et Gerry Docherty  Prolonging the Agony: How the Anglo-American Establishment Deliberately Extended WWI:

“Ils [les membres de la société secrète de Cecil Rhodes] ont pris le groupe à succès de la Table Ronde et l’ont remodelé en ce Royal Institute of International Affairs. Étouffé dans un langage qui une fois décodé signifie qu’ils travailleront ensemble pour déterminer les futures directions d’un monde changeant très rapidement, Lionel Curtis fut l’avocat du fait que “la politique nationale devrait être forgée par une conception des intérêts de la société dans les grandes largeurs.” Par cela il voulait dire les intérêts de l’establishment anglo-américain. Il parla des établissements qui furent faits à Paris en résultat de l’opinion publique de plusieurs pays et exprima le fait q’il devait être établie une différence entre les “bonnes” opinions publiques et les “mauvaises”.

Avec une certitude qui fait froid dans le dos, il annonça que “la bonne opinion publique était essentiellement produite par un petit nombre de gens en contact réel avec les faits, personnes qui ont recherché les problèmes impliqués.” Il parla du besoin de “cultiver une opinion publique dans bien des pays du monde” et proposa la création “d’un think-tank de haut niveau strictement réservé, composé d’experts des délégations anglaise et américaine ayant la même vision, Un comité de sélection, entièrement dominé par des agents secrets de l’élite fut organisé pour éviter “une grande masse de membres incompétents”. Quelle quintessence de la pensée de la classe dominante britannique. Une nouvelle élite anglo-américaine à la participation dûment approuvée s’auto-sélectionna.”

Ces dernières années, le RIIA, le porte-parole le plus visible de l’héritage de cette société secrète, a été responsable de rapports expliquant pourquoi l’or n’est pas une alternative viable au système monétaire international en vigueur, d’une analyse sur l’élection iranienne de 2009 qui informa dans du monde sur “l’irrégularité” de cette élection, un éditorial controversif du ministre des affaires étrangères britannique implorant pour une militarisation du cyberspace et bien d’autres documents, publications, conférences et présentations influents.

Au bout du compte, ce qui est peut-être le plus intriguant pour ceux qui sont intéressés à examiner comment fonctionne le pouvoir dans la société n’est pas nécessairement l’origine secrète d’un groupe comme le RIIA, ni même la façon dont il a manipulé, façonné et contrôlé en catimini la politique étrangère britannique depuis des décennies ou comment il est parvenu à obtenir tant de pouvoir et d’influence sur le monde au travers de ses divers branches et organisations. En lieu et place, ce qui est véritablement fascinant au sujet de Chatham House est qu’elle est si ouverte.

Bon nombre de ses réunions et comptes-rendus sont publiquement disponibles. Ses membres associés et entrepreneuriaux sont publiés sur leur site internet. Son journal est ouvertement publié et rendu public. Son histoire, qui fut à une époque ceinte du voile du secret et du mystère, a été mise à nu depuis maintenant plus d’un demi-siècle. Et pourtant, malgré tout cela, on discute très rarement du RIIA comme d’un centre de pouvoir très important dans la société du XXIème siècle.

Dans un sens, peut-être est-ce un grand succès: cacher son énorme influence et son rôle incessant de direction de la géopolitique mondiale sans se cacher derrière le voile du secret comme le font les groupes Bilderberg et Skull and Bones et autres sociétés secrètes (NdT: comme aussi bien entendu la franc-maçonnerie), mais en se mettant lui même sous les feux de la rampe publics pour que cela paraissent tout ce qu’il y a de plus banal. On doit noter après tout, que c’est précisément la manière dont Cecil Rhodes envisageait le fonctionnement d’une telle organisation et l’existence continuelle, l’influence des idées, manifestées ouvertement par Chatham House, le CFR et leurs frères think-tanks dans le monde entier, pourrait servir servir d’exemple parfait sur le comment quelques unes des plus grosses sociétés secrètes au monde sont cachées en étant à la vue de tous.

 


Libérez l’esprit asservi

Technologie et Nouvel Ordre Mondial: Un tribunal italien condamne l’état à informer les populations sur les dangers de la téléphonie mobile…

Posted in actualité, altermondialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, résistance politique, santé, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , on 23 janvier 2019 by Résistance 71

 

L’état italien condamné à informer la population des risques liés à l’utilisation des téléphones portables.

Et en France ?

 

Robin des Toits

 

20 janvier 2019

 

Article reçu par courriel

 

Résistance 71

 

Par un jugement du 13 Novembre 2018, publié le 15 janvier 2019,  le Tribunal Administratif du Lazio (Rome) a condamné l’Etat italien, l’obligeant à une campagne d’information sur les risques sanitaires liés à l’utilisation des téléphones portables et sans fil. L’Etat italien n’a pas fait Appel de cette décision.

Le Jugement invoque, dans ses motivations, les effets sanitaires provoqués par l’utilisation des téléphones portables et sans fil, et donc les risques à court et long terme sur la santé tels que décrits par la littérature scientifique, notamment sur les jeunes et sur les enfants, ainsi que sur les mesures indispensables à adopter pour leur utilisation. Il insiste également sur les risques environnementaux.

La campagne d’information et d’éducation, objet de la condamnation citée, doit être mise en œuvre dans un délai de six mois à compter de la notification en utilisant les moyens de communication les plus appropriés pour assurer une large diffusion des informations qu’elle contient.

La question du pourquoi de l’omerta française sur le sujet, de la résistance au droit à l’information, que ce soit par les pouvoirs publics ou par des institutions comme l’Education Nationale, se pose de manière encore plus crue au regard de cette décision d’un Tribunal Administratif italien.

Or, de plus en plus de personnes souffrent cruellement de ces effets sanitaires dans un mépris encore très ostensible. Malgré une interdiction des téléphones portables au collège, dont les motivations sont tout sauf sanitaires, l’Education Nationale renforce son développement des technologies sans fil. Les opérateurs ont de plus en plus les mains libres grâce à la déréglementation actuellement en oeuvre. On assiste au développement de la 5G dont les expérimentations se font dans une discrétion coupable, sans aucune étude d’impact sanitaire préalable, malgré les fréquences employées et la généralisation de l’exposition des populations au brouillard électromagnétique.

Il est à rappeler que les avocats de l’association A.P.P.L.E.  – Associazione Per la Prevazione e la Lotta all’ Electrosmog –  se sont appuyés notamment sur les données de l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR) fournies dans le cadre des actions sur le Phone Gate :

https://www.change.org/p/en-signant-vous-prot%C3%A9gez-la-sant%C3%A9-de-millions-d-utilisateurs-de-t%C3%A9l%C3%A9phones-portables

 

Robin des Toits demande :

– le maintien de la téléphonie fixe (RTC);

– un moratoire quant au déploiement de la 5G;

– que le gouvernement prenne ses responsabilités quant à la nécessité d’une réelle information sur les effets sanitaires des technologies sans fil et des codes de bonne utilisation liés à ces appareils, donc de ne pas être acteur d’une crise sanitaire d’importance qui pointe déjà le bout de son nez ;

– qu’il oblige à la transparence quant aux spécificités des appareils mis sur le marché.

ROBIN DES TOITS

Correspondance : 55 rue des Orteaux 75020 Paris

Tél. : 33 1 47 00 96 33

Courriel : contact@robindestoits.org

http://www.robindestoits.org

= = =

170 scientifiques alertent sur les dangers sanitaires de la 5G

« Depuis l’appel de scientifiques de 2015, de nouvelles recherches ont confirmé de manière convaincante les graves risques sanitaires liés aux champs électromagnétiques de radiofréquences (RF-CEM) », déclarent les scientifiques en soulignant des risques de cancer du cerveau chez les humains, de maladie d’Alzheimer, d’infertilité humaine ou de symptômes de l’électro-hypersensibilité (céphalées intenses, troubles de la concentration, troubles du sommeil, épuisement ainsi que des symptômes similaires à ceux de la grippe) ».https://www.actu-environnement.com/ae/news/5g-telephone-risques-saintaires-alerte-robin-toits-29640.php4

 


Grille de contrôle électronique

Gilets Jaunes: Le meilleur entretien d’Etienne Chouard depuis bien longtemps !… (Sputnik)

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Resistance 71

 

4 décembre 2019

 

Cet entretien d’Etienne Chouard de 56 minutes sur la chaîne d’information russe Sputnik (ex-RIA Novosti) est un des tous meilleurs qu’il ait donné depuis longtemps. Pourquoi ? Parce que pour la première fois (à notre connaissance, on n’a pas tout vu de lui…), au fil de la discussion, on arrive enfin à percevoir que ce qu’il propose peut parfaitement être réalisé en DEHORS de l’État, en dehors du système. Est-ce volontaire de sa part ? Possible, mais la discussion s’enchaîne sur la théorie et la méthodologie de la prise de décision populaire sans qu’on soit systématiquement en train de connecter ce qu’il dit à une transformation systémique des institutions étatiques. Il devient apparent que cela peut parfaitement se faire au niveau des communes (s’émancipant) pour s’étendre à plus grande échelle.
Très bon entretien dans lequel il perd aussi de son flegme habituel pour devenir au fil de la discussion plus mordant et « agressif » dans le bon sens du terme. Il devient aussi un combattant.

Étienne… Lâche-prise de l’État, fait glisser ton raisonnement et ta méthodologie valide, non pas pour consolider un énième réformisme étatique, mais pour mettre en place depuis la base, les fondements de la Société des Sociétés du grand Tout politico-social 100% organique.

Entretien à voir et à diffuser sans modération !

 

 

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

 

Terrorisme d’État: l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord prépare une vague d’attentats en Europe (Réseau Voltaire)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 31 décembre 2018 by Résistance 71

Nous avons relayé l’info de RT France sur ce gendarme ex-légionnaire interpellé par la douane gare de Lyon avec des explosifs et avions éclairé la piste OTAN / Gladio 2.0

Ne jamais oublier ceci:
OTAN = Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord

et aussi que, comme le disait Guy Debord en 1988: « L’histoire du terrorisme est écrite par l’État, elle est donc éducative »… Le même Debord disait plus loin dans ce même ouvrage (« Commentaires sur la société du spectacle », 1988): « Et c’est ainsi qu’en Italie, lorsque Aldo Moro était prisonnier de la Potere Due [Loge P2] ; il n’a pas été détenu dans un bâtiment plus ou moins introuvable, mais simplement dans un bâtiment impénétrable. »

~ Résistance 71 ~

 


Gladio 2.0 = Stratégie de la Tension 2.0

 

L’OTAN prépare une vague d’attentats en Europe

 

Réseau Voltaire

 

31 décembre 2018

 

url de l’article: http://www.voltairenet.org/article204559.html

 

Plusieurs sources, situées dans des pays différents, nous signalent que l’Otan prépare des attentats dans des pays de l’Union européenne.

Durant les « années de plomb » (c’est-à-dire de la fin des années 60 à celle des années 80), les services secrets de l’Otan ont mis en œuvre la « stratégie de la tension ». Il s’agissait d’organiser des attentats sanglants, attribués aux extrêmes, afin d’instaurer un climat de peur et d’empêcher la constitution de gouvernements d’alliance nationale incluant les communistes. Simultanément, l’Otan (prétendument défenseur de la « démocratie ») organisa des coups d’État ou tentatives de coups d’État en Grèce, en Italie et au Portugal.

Les services secrets de l’Otan avaient été composés par les Etats-Unis et le Royaume-Uni à partir du Bureau de coordination politique de la CIA. Ils ne rendaient compte qu’à Washington et à Berlin, et pas aux autres membres de l’Alliance atlantique. Ces services étaient dits stay-behind, car susceptible d’agir en cas d’occupation par l’URSS, et intégraient les meilleurs spécialistes de la lutte anti-communiste du Reich nazi.

Des services similaires avaient été créés par les Anglo-Saxons partout dans le monde, soit comme conseiller des gouvernements pro-US, soit clandestinement en URSS et dans les Etats qui lui étaient associés. Ils étaient coordonnés à travers la Ligue anti-communiste mondiale. En 1975, trois commissions US levèrent le voile sur ces pratiques —la Commission Church au Sénat, Pike à la Chambre et Rockfeller à la Maison-Blanche—. En 1977, le président Jimmy Carter nomma l’amiral Stansfield Turner à la tête de la CIA pour nettoyer les services secrets. En 1990, le président du Conseil italien, Giulio Andreotti, révéla l’existence de la branche des services secrets de l’Otan en Italie, le Gladio. Il s’en suivit un gigantesque déballage et des commissions d’enquête parlementaires en Allemagne, Belgique et Italie. l’ensemble du système aurait alors été dissous.

Cependant, des années plus tard, nous avons relevé des indices probants de la responsabilité de l’Otan dans les attentats de Madrid du 11 mars 2004 et de Londres du 7 juillet 2005.

C’est dans ce contexte qu’en France, un gendarme mobile et ancien légionnaire a été arrêté, le 23 décembre 2018, en gare de Lyon (Paris), alors qu’il transportait des explosifs. À l’issue de 96 heures de garde à vue, il a été mis en examen.

 


Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord

Gilets Jaunes: le bon sens et l’éveil sont dans la rue…

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… ça sent de plus en plus le sapin pour l’oligarchie et le système étatico-capitaliste. Quand on commence à parler dans le public de manière générale de chose comme la loi inique Pompidou-Giscard-Rothschild de 1973, on commence à chatouiller là où ça coince vraiment ! Le nœud gordien de l’affaire se trouve à la City de Londres, là où François Hollande lui-même était allé prendre sa feuille de route.

A suivre, parce que c’est pas fini… quand les verrous de la digue pètent..derrière vient le tsunami.

Quelques éléments de compréhension et de solution:

Manifeste pour la Société des Sociétés

Résistance 71

10 décembre 2018