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Contre l’imposture traîtresse de la hiérarchie syndicale… GiletJaunissons la grève : Tout le pouvoir aux ronds-points et aux conseils des travailleurs !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 12 décembre 2019 by Résistance 71

 

 

Déclaration de l’AG des Gilets Jaunes de Belleville

 

9 décembre 2019

 

Source:

https://www.platenqmil.com/blog/2019/12/10/une-greve-gilet-jaunee

 

Une grève gilet-jaunée. Voilà la belle surprise de ce jeudi 5 décembre, les trois quarts des centaines de milliers de manifestants (un million et demi dans toute la France, 250 000 à Paris !), lycéens, étudiants, enseignants, travailleurs, chômeurs, grévistes qui ont marché en dehors des syndicats l’ont fait en criant à tue-tête des slogans gilets jaunes. Et, surprise encore, même dans le cortège syndical arrivant finalement avec ses ballons à 20h sur la Place de la Nation (après être parti six heures plus tôt de la Gare de l’Est !), ce sont les classiques chants des Gilets jaunes que l’on entend, à commencer par « Ré-vo-lu-tion ! ». La détermination des Gilets jaunes a fini par imprégner la société toute entière, et en 2019 c’est le dernier style de la contestation. C’est un bon début, mais il manque encore le versant pratique. En particulier ce prodige que constituent la multiplication, la divergence et l’exploration des manifestations sauvages.

Une convergence a déjà eu lieu. C’est la révélation du jeudi 5 et du vendredi 6 décembre au terme d’assemblées générales où l’on a pu mesurer la distance qui sépare les pratiques horizontales des Gilets jaunes et la logique de représentation corporatiste. Un Gilet jaune prend la parole à St Lazare après des prises de parole successives de travailleurs en lutte (enseignants, cheminots, ratp, etc.) : « Pour moi le mouvement des Gj c’est déjà la convergence, c’est un mouvement où il y a des jeunes, des plus anciens, et tous les corps de métiers représentés. Ce que je vois en face de moi, c’est pas des enseignants, des cheminots, c’est des humains ! Et c’est ce qui me plaît ici, c’est de voir des personnes différentes. Maintenant je préfèrerais vous voir devant l’assemblée ou devant l’Elysée. »

C’est ce chemin qu’il reste à faire ! Mais d’abord, il faut bien comprendre que les Gilets jaunes ne se définissent pas par leur profession, ils ne se définissent pas par ce qui les asservit, mais par ce qui les enrichit, par le fait d’être en lutte, par ce sentiment d’appartenir à une communauté d’humains qui partagent un même but, une même finalité. C’est cette force, ce sentiment unitaire qu’il nous faut arriver à partager avec tous.

Ils vont nous la faire à l’envers. Tout le monde, les syndiqués comme les non-syndiqués s’accordent à dire que les représentants des syndicats « vont nous la faire à l’envers », ajoutant : « comme d’habitude ». Nous sommes prévenus. De longue date. Et nous ne les laisserons pas faire.

Désectorialiser la grève. Pour cela, il nous faut faire dérailler le train-train de la négociation syndicale que tentent d’installer médias et gouvernement. Allons dans les AG professionnelles pour les désectorialiser. Créons des assemblées fondées sur la démocratie directe. Créons des lieux ouverts, créons des QG. Généralisons la critique ad hominem de toute forme de représentation comme les Gilets jaunes l’ont fait sur les politiques et les journalistes.


Tout le pouvoir aux ronds-points !

Faisons de décembre 2019 l’aboutissement et la réalisation de décembre 2018.

Pour le retrait de la loi sur les retraites !

Pour la justice fiscale, sociale et pour la démocratie directe !

Pour des lieux publics de rencontre et de délibération !

Dissolution de l’assemblée ! Macron et ta clique, dégagez !

Assemblée des Gilets jaunes de Belleville (9 décembre 2019)

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


L’émancipation réelle c’est: A bas l’État,
A bas la marchandise, A bas l’argent, A bas le salariat !

5 décembre 2019: « Nous sommes là où tout commence… » pour la renaissance de l’humain contre la dictature marchande (Raoul Vaneigem)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 4 décembre 2019 by Résistance 71

Excellent article ci-dessous de Raoul Vaneigem, qui en d’autres termes, réaffirme ce que nous disons depuis bien longtemps également. Il est grand temps pour tout à chacun de comprendre la réalité de notre vie au-delà des guerres de clochers induites afin d’agir ensemble sur un changement radical (à la racine) de notre condition. Nous l’avons dit maintes fois et le répèterons sans cesse: Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir.
Dans la perspective du 5 décembre et des journées, semaines, mois qui suivront, le chemin de l’émancipation de la dictature du fétichisme marchand se dévoile en lâchant prise des antagonismes et en embrassant notre complémentarité naturelle pour clamer haut et fort: A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent ! A bas le salariat !
Ensemble œuvrons pour notre société des sociétés…

~ Résistance 71 ~

 


Guy Debord & Raoul Vaneigem

 

La renaissance de l’humain est la seule croissance qui nous agrée

 

Raoul Vaneigem

 

Novembre 2019

 

Source:

https://www.lavoiedujaguar.net/La-renaissance-de-l-humain-est-la-seule-croissance-qui-nous-agree

 

A lire aussi: “L’État n’est plus rien, soyons tout !”

 

Les coups de boutoir que la liberté porte à l’hydre capitaliste, qui l’étouffe, font fluctuer sans cesse l’épicentre des perturbations sismiques. Les territoires mondialement ponctionnés par le système du profit sont en butte à un déferlement des mouvements insurrectionnels. La conscience est mise en demeure de courir sus à des vagues successives d’événements, de réagir à des bouleversements constants, paradoxalement prévisibles et inopinés.

Deux réalités se combattent et se heurtent violemment. L’une est la réalité du mensonge. Bénéficiant du progrès des technologies, elle s’emploie à manipuler l’opinion publique en faveur des pouvoirs constitués. L’autre est la réalité de ce qui est vécu quotidiennement par les populations.

D’un côté, des mots vides travaillent au jargon des affaires, ils démontrent l’importance des chiffres, des sondages, des statistiques ; ils manigancent de faux débats dont la prolifération masque les vrais problèmes : les revendications existentielles et sociales. Leurs fenêtres médiatiques déversent chaque jour la banalité de magouilles et de conflits d’intérêts qui ne nous touchent que par leurs retombées négatives. Leurs guerres de dévastation rentable ne sont pas les nôtres, elles n’ont d’autre but que de nous dissuader de mener la seule guerre qui nous concerne, la guerre contre l’inhumanité mondialement propagée.

D’un côté, selon l’absurde vérité des dirigeants, les choses sont claires : revendiquer les droits de l’être humain relève de la violence antidémocratique. La démocratie consisterait donc à réprimer le peuple, à lancer contre lui une horde de policiers que pousse à des comportements fascisant l’impunité garantie par le gouvernement et par les candidats d’opposition, avides de lui succéder. Imaginez à quels trémolos se livreront les zombies médiatiques si l’immolation par le feu d’une victime de la paupérisation débouche sur l’incendie du système responsable !

De l’autre, la réalité vécue par le peuple est tout aussi claire. On ne nous fera pas admettre que l’on puisse réduire à un objet de transactions marchandes l’astreinte du travail mal rémunéré, la pression bureaucratique accroissant les taxes, diminuant le montant des retraites et des acquis sociaux, la pression salariale qui réduit la vie à une stricte survie. La réalité vécue n’est pas un chiffre, c’est un sentiment d’indignité, c’est le sentiment de n’être rien entre les griffes de l’État, un monstre qui se racornit en peau de chagrin sous la ponction des malversations financières internationales.

Oui, c’est dans le choc de ces deux réalités — l’une imposée par le fétichisme de l’argent, l’autre qui se revendique du vivant — qu’une étincelle, souvent infime, a mis le feu aux poudres.

Il n’est pas de futilité qui ne soit aujourd’hui de nature à déchaîner la violence de la vie réprimée, de la vie résolue à briser ce qui la menace d’extinction.

L’inertie séculaire, la léthargie si bien confortées par la vieille recette « du pain et des jeux », fondent la formidable puissance de la servitude volontaire. Déjà dénoncée au XVIe siècle par La Boétie, elle demeure notre ennemi le plus implacable. En nous attaquant de l’intérieur, la servitude volontaire favorise une propension qui agit chez beaucoup comme une drogue : la volonté d’exercer un pouvoir, d’endosser le rôle de guide. L’autorité de quelques-uns a bien souvent infesté les milieux libertaires de sa morbidité. Aussi faut-il se réjouir de la détermination des Gilets jaunes et des insurgés de la vie quotidienne à rappeler sans trêve leur refus de chefs, de délégués autoproclamés, de maîtres à penser, de grenouilles de bénitier politiques et syndicales.

Libre à ceux qui souhaitent mourir en paix d’attendre la mort dans le confort conjoint du cercueil et de la télévision, mais nous ne laisserons pas leur gâtisme infester notre volonté de vivre.

Ce que nous voulons, c’est la souveraineté de l’être humain. Rien de plus, rien de moins !

La paupérisation frappe à la porte avec une violence accrue, qui va la défoncer. C’en est fini de l’hédonisme des derniers jours que martèle le slogan consumériste et gouvernemental : « Jouissez d’aujourd’hui car demain sera pire ! » Le pire, c’est maintenant, si nous continuons à nous en accommoder. Cessons de croire à la toute-puissance du capitalisme et du fétichisme de l’argent. Nous avons appris que la grande farce macabre qui fait valser le monde n’obéit plus qu’à un petit ressort sordide, celui du profit à court terme, de l’absurde rapacité d’un boutiquier en faillite raclant les fonds de tiroirs.

Je ne parle pas d’espoir. L’espoir n’est que le leurre de la désespérance. Je parle de la réalité de toutes les régions de la terre où une insurrection de la vie quotidienne — appelez cela comme vous voulez — a entrepris de démanteler la dictature du profit et de jeter à bas les États qui l’imposent à des peuples, censés être représentés par eux. Ce que nous voulons, ce n’est pas demain, c’est maintenant, comme l’expriment très bien les aides-soignants, infirmières, infirmiers, urgentistes, médecins confrontés à la gestion économique qui déshumanise le secteur hospitalier.

Le système d’exploitation de la nature terrestre et de la nature humaine a mondialement plombé l’horizon. La chape de la rentabilité à tout prix ne laisse aucune issue à la générosité de la vie et au sens humain qui en favorise la pratique.

De toute évidence, exploiteurs et exploités sont persuadés que la marmite va exploser. La violence est inéluctable. Le problème n’est pas là. La question à résoudre sans ambiguïté repose sur une alternative.

Allons-nous tolérer que l’explosion sociale débouche sur un état de guerre civile endémique, sur un chaos de vengeances et de haines qui bénéficiera en fin de compte aux mafias multinationales, libres de poursuivre impunément, et jusqu’à l’autodestruction, leur projet de désertification lucrative ?

Ou bien, allons-nous créer des microsociétés affranchies de la tyrannie étatique et marchande, des territoires fédérés où l’intelligence des individus se libère de cet individualisme de troupeau en mal d’un guide suprême qui les mène à l’abattoir ? Allons-nous enfin oser prendre en main notre propre destinée et araser une jungle sociale où les bêtes de somme n’ont d’autre liberté que celle d’élire les bêtes de proie qui les dévorent ?

En 1888, Octave Mirbeau écrivait : « Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne disent rien et n’espèrent rien. Mais du moins, ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des révolutions pour conquérir ce droit. »

N’êtes-vous pas lassés de faire virevolter de génération en génération la même et inusable pièce de monnaie : pile la matraque de l’Ordre, face le mensonge humanitariste ?

Il n’y a pas de « vote du moindre mal », il n’y a qu’une démocratie totalitaire, que seule révoquera la démocratie directe exercée par le peuple et pour le peuple. Je me suis amusé au passage d’un slogan qui, si sommaire qu’il soit, appelle à une réflexion plus poussée : « Macron, Le Pen, Mélenchon, même combat de cons ! » (J’aurais préféré « même combat de capons », mais le rejet de toute forme de pouvoir et de dialogue avec l’État fait partie de ces petits plaisirs d’où viennent les grandes vagues de la jouissance individuelle et collective.)

Autonomie, auto-organisation, autodéfense

Les instances au pouvoir ne vont pas tolérer que le peuple s’affranchisse de leur tyrannie. Nous devons nous préparer à une longue lutte. Celle à mener contre la servitude volontaire ne sera pas la moindre. La seule assise dont le despotisme puisse se prévaloir, c’est la hargne sécuritaire des résignés, c’est le ressentiment suicidaire d’une majorité prétendument silencieuse qui hurle sa haine de la vie.

La meilleure défense est toujours l’offensive. À ce principe, amplement démontré par la tradition militaire, j’aimerais substituer celui de l’ouverture, car, à l’avantage de briser l’encerclement s’ajoute le plaisir de briser l’encasernement.

L’ouverture à la vie, nous la voyons à l’œuvre dans la farouche détermination des insurrections en cours. Même si certaines s’éteignent, elles repartent de plus belle. Nous le sentons dans le caractère festif des manifestations de protestation qui perdurent bien qu’elles se heurtent à l’aveuglement, à la surdité, à la rage répressive des gouvernements. C’est en me fondant sur cette ouverture que j’ai parlé de pacifisme insurrectionnel.

Le pacifisme insurrectionnel n’est ni pacifique, au sens bêlant du terme, ni insurrectionnel, si l’on entend par là les aberrations de la guérilla urbaine et guévariste.

Je n’ai ni vocation de guerrier ni vocation de martyr. Je m’en remets à la vie et à sa poésie du soin de dépasser les contraires afin qu’ils ne deviennent pas contrariétés, afin qu’ils échappent à la dualité manichéenne du pour et du contre. Je mise sur la créativité des individus pour inventer une révolution dont il n’existe aucun exemple par le passé. Le désarroi et les incertitudes d’une civilisation qui naît n’ont rien de commun avec le désarroi d’une civilisation qui n’a que la certitude de crever.

Philosophes, sociologues, experts en pensées, épargnez-nous les sempiternelles discussions sur la malignité du capitalisme qui rentabilise son agonie. Tout le monde est d’accord sur ce point, même les capitalistes. Les vrais problèmes en revanche n’ont pas été abordés. Ce sont ceux de la base, ceux des villages et des quartiers urbains, ceux de notre propre corps, qui est tout de même, faut-il le rappeler, le vrai décideur de notre destinée, non ?

Plus les luttes se répandent planétairement, plus leur sens gagne en radicalité, en profondeur, en expérience vécue, plus elles se passent d’engagement militant, plus elles se moquent des intellectuels, spécialistes en manipulation subversive ou réactionnaire (car la manipulation traite l’une et l’autre comme l’avers et le revers d’une pièce de monnaie). C’est à la fois dans leur vécu existentiel et dans leur fonction sociale que les individus se découvrent sur le terrain où leur aspiration à vivre commence à saper et à déblayer le mur que les chiffres d’affaires leur opposent, comme si là s’arrêtait leur destin.

Non, on ne peut plus parler de l’homme abstrait, le seul que reconnaissent les statistiques, les calculs budgétaires, la rhétorique de celles et ceux qui — laïcs ou religieux, humanistes ou racistes, progressistes ou conservateurs — font matraquer, éborgner, violer, emprisonner, massacrer, tandis que, tapis dans leurs ghettos de lâches, ils comptent sur l’arrogant crétinisme de l’argent pour assurer leur impunité et leur sécurité.

La dictature du profit est une agression contre le corps. Confier à la vie le soin de nous immuniser contre le chancre financier qui corrompt notre chair implique une lutte poétique et solidaire. Rien de tels que les feux de la joie de vivre pour réduire en cendre la morbidité du monde ! La révolution a des vertus thérapeutiques, insoupçonnées jusqu’à nos jours.

Écologistes, qu’allez-vous brailler à l’amélioration climatique auprès d’États qui vous narguent en polluant chaque jour davantage, alors qu’il est urgent d’agir sur un terrain où les questions n’ont rien de mondanités intellectuelles. Des questions telles que :

☀ Comment passer des terres empoisonnées par l’agro-alimentaire à leur renaturation par la permaculture ?

☀ Comment interdire les pesticides sans léser le paysan qui, piégé par Monsanto, Total et consorts, détruit sa santé en détruisant celle des autres ? Comment rebâtir sur des bases nouvelles ces petites écoles de village et de quartier que l’État a ruinées et interdites pour promouvoir un enseignement concentrationnaire ?

☀ Comment boycotter les produits nocifs et inutiles que le harcèlement publicitaire nous enjoint d’acheter ?

☀ Comment constituer des banques d’investissement local où la monnaie d’échange palliera opportunément l’effondrement monétaire et le krach financier programmé ?

☀ Comment couper court aux prélèvements fiscaux que l’État affecte aux malversations bancaires, et entreprendre de les investir dans l’autofinancement de projets locaux et régionaux ?

☀ Surtout, comment propager partout le principe d’une gratuité que la vie revendique par nature et que le fétichisme de l’argent dénature. Gratuité des trains et des transports publics, gratuité des soins, gratuité de l’habitat et de l’autoconstruction, gratuité graduelle de la production artisanale et alimentaire locale.

Utopie ? Y a-t-il pire utopie que le fatras de projets absurdes et délétères que déballent, sous les yeux fatigués des téléspectateurs, ces cabotins sans talent qui agitent le spectre de leurs guerres de commis-voyageurs, réitèrent sans fin la pitrerie du combat des chefs, voilent sous de faux débats les vraies questions existentielles et sociales, éclipsent le terrorisme d’État par un terrorisme de faits-divers où la folie suicidaire croît avec la paupérisation et un air ambiant de plus en plus irrespirable ?

A-t-on assez pris conscience que, dans leur diversité, voire dans leurs divergences, les Gilets jaunes et les mouvements revendicatifs formaient un formidable groupe de pression capable de boycotter, bloquer, paralyser, détruire tout ce qui pollue, empoisonne, appauvrit, menace notre vie et notre environnement ? Nous faire sous-estimer notre puissance et notre créativité relève des mécanismes démocratiques de la tyrannie étatique et marchande. Plus que sur ses gendarmes, la force illusoire de l’État repose sur un effet de propagande qui nous presse à chaque instant de renoncer à la puissance poétique qui est en nous, à cette force de vie dont aucune tyrannie ne viendra à bout.

Or, pendant ce temps-là…

Au Chili, la lutte contre la vermine qui prolifère sur le cadavre de Pinochet a ravivé la conscience que tout doit repartir de la base, que les représentants du peuple ne sont pas le peuple, que l’individualiste manipulé par l’esprit grégaire n’est pas l’individu capable de réfléchir par lui-même et de prendre le parti de la vie contre le parti de l’argent qui tue. Il faut laisser au peuple la conquête d’une intelligence qui lui appartient et que les diverses formes de pouvoir s’attachent à lui ôter.

Il en va de même en Algérie, au Soudan, au Liban, en Irak. Je fais confiance au Rojava pour transformer sa retraite momentanée en offensive. Les zapatistes ont, quant à eux, répondu aux arguments économistes du socialiste López Obrador en accroissant le nombre de leurs bases (caracoles) et de leurs conseils de bon gouvernement, où les décisions sont prises par le peuple et pour le peuple.

La revendication opiniâtre d’une démocratie à Hongkong oscille entre d’une part une colère aveugle, prête à se satisfaire d’un parlementarisme partout remis en cause, et d’autre part une colère lucide qui ébranle et fait trembler par sa persistance la gigantesque pyramide du régime totalitaire chinois (qu’inquiète la menace d’un krach financier.) Qui sait ? Le lierre s’infiltre partout, et le passé insurrectionnel de Shanghai n’est pas loin.

Le Soudan secoue le joug de la tyrannie et du pouvoir militaire, l’Iran vacille. Le Liban est un coup de semonce pour le Hezbollah et pour l’islamisme dont la défroque religieuse ne masque plus l’objectif politico-pétrolier. L’Algérie ne veut pas d’un ripolinage gouvernemental. L’Irak découvre que la réalité sociale l’emporte sur l’importance accordée aux rivalités religieuses. Restent les Catalans, les seuls à vouloir un État alors que le « plus froid des monstres froids » est partout criblé de flèches. Mais il n’est pas impossible que les indépendantistes, engagés dans une impasse par le bras de fer opposant l’État madrilène à la non moins étatique Generalitat, respirent soudain les remugles du cadavre franquiste que l’esprit nationaliste a sorti de ses cimetières. Donc il n’est pas impossible que leur revienne la mémoire des collectivités libertaires de la révolution de 1936 où se forgea une véritable indépendance, avant que le parti communiste et son allié, l’État catalan, les écrasent.

Ce n’est qu’un rêve mais la vie est un songe et nous sommes entrés dans une ère où la poésie est le passage du rêve à la réalité, un passage qui marque la fin du cauchemar et de sa vallée de larmes.

Ouvrir un espace vital à celles et ceux que paralysent le désarroi et l’angoisse du futur, n’est-ce pas la pratique poétique qui fait l’insolente nouveauté de l’insurrection de la vie quotidienne ? Ne la voyons-nous pas dans la déperdition du militantisme, dans l’érosion de ce vieux réflexe militaire qui multiplie les petits chefs et leurs troupeaux apeurés ?

Sous la diversité de ses prétextes, l’unique revendication qui s’exprime aujourd’hui sans réserve, c’est la vie pleine et entière.

Qui s’y tromperait ? Nous ne sommes pas dans le tumulte de révoltes prévisibles ou inattendues, nous sommes au sein d’un processus révolutionnaire. Le monde change de base, une vieille civilisation s’effondre, une civilisation nouvelle apparaît. Les mentalités compassées et les comportements archaïques ont beau se perpétuer sous un ersatz de modernité, une nouvelle Renaissance émerge au sein d’une histoire que son inhumanité met en capilotade sous nos yeux. Et ces yeux se dessillent peu à peu. Ils découvrent chez la femme, l’homme et l’enfant un génie d’expérimenter innocemment des innovations inouïes, des énergies insolites, des formes de résistance à la mort, des univers qu’aucune imagination n’avait osé mettre en branle par le passé.

Nous sommes là où tout commence.

17 novembre 2019

Raoul Vaneigem

L’essentiel-et-l’indispensable-de-Raoul_Vaneigem

Guy_Debord_La_societe_du_spectacle

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Lectures complémentaires:

L’anarchie pour la jeunesse

Erich_Mühsam la liberté de chacun est la liberté de tous

confederalisme_democratique

petit_precis_sur_la_societe_et_letat

Appel au Socialisme Gustav Landauer

Le_monde_nouveau_Pierre_Besnard

Inevitable_anarchie_Kropotkine

Manifeste contre le travail

Un monde sans argent: le communisme

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

L’anarchisme-africain-histoire-dun-mouvement-par-sam-mbah-et-ie-igariwey

Rudolph Rocker_Anarchie de la theorie a la pratique

Un-autre-regard-anarchiste-sur-la-vie-avec-emma-goldman

Louise-Michel_De-la-commune-a-la-pratique-anarchiste

James_C_Scott_Lart_de_ne_pas_etre_gouverne

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

3ri-et-societe-des-societes-du-chiapas-zapatistes-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-le-rojava-fevrier-2019

Guy_Debord_La_societe_du_spectacle

Murray_Bookchin_Le_municipalisme_libertaire

Murray_Bookchin_Ecoute_Camarade

Voline_La_synthese_anarchiste

Alexandre_Skirda_Organisation_anarchiste_de_Proudhon_a_nos_jours

 

 

 

 

Texte utile en ces moments Gilets Jaunes : « La synthèse anarchiste » de Voline (format PDF)

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Résistance 71

 

27 novembre 2019

 

Nous avions publié ce texte déjà en 2013 et Jo nous en a fait un très beau pdf pour une meilleure lecture.
Ce texte de 1934 nous est très proche puisque Voline y affirme la nécessité de comprendre et de renoncer aux antagonismes, le plus souvent induits, minant de l’intérieur la cause de la révolution sociale depuis pratiquement sa suggestion et de converger vers une synthèse de lutte politico-sociale, qui seule mène sur le chemin de la vie telle qu’elle doit être vécue, vers une société organique de l’être ayant vaincu tous les pièges et les chants de sirènes de la dictature marchande. Il est plus que jamais important pour nous, gens du commun, aujourd’hui cristallisés dans ce mouvement des racines profondes (radical) qu’est le mouvement des Gilets Jaunes, de comprendre et d’intégrer le fait que toute division nourrit le système étatico-capitaliste et que nous devons impérativement penser et agir (praxis) au-delà de tous les antagonismes et artifices de la division créés par la société marchande et sa dictature de tous les instants.

Voline, sans doute parce qu’il rallia sur le tard (avant 1914) le mouvement anarchiste alors qu’il participa activement à la création du premier conseil ouvrier (soviet en russe) de St Petersbourg en 1905, est celui qui manifesta le plus de recul sur les faiblesses du mouvement anarchiste et essaya de sensibiliser ses compagnons de lutte sur le besoin d’une « synthèse anarchiste » mettant bas tous les antagonismes et guéguerres de clochers autant futiles que stériles. Ce texte de Voline est d’une actualité poignante et ne peut que nous inciter à plus de réflexion en vue d’une action concertée toujours plus efficace vers notre émancipation finale…

Version PDF
Voline_La_synthese_anarchiste

 

 

Lectures complémentaires:

Voline_La revolution inconnue 3 livres

Murray_Bookchin_Ecoute_Camarade

Nestor Makhno Anarchie dans la Revolution Russe

Murray_Bookchin_Le_municipalisme_libertaire

Guy_Debord_La_societe_du_spectacle

TAZ_Fr

Charles-Macdonald_Anthropologie_de_l’anarchie

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

Patrice Sanchez_Sortir par le Haut !

zenon_pourquoi suis je anarchiste ?

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

 

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

 

Message Mohawk: Arrêtons les squatters de nos vies et leur culte de la mort… (Mohawk Nation News)

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“Après avoir souffert au-delà de la souffrance, la nation rouge se relèvera de nouveau et ce sera alors une bénédiction pour un monde devenu bien malade. Un monde empli de promesses brisées, d’égoïsme et de séparations. Un monde se languissant de lumière. Je vois une époque de sept générations lorsque toutes les couleurs de l’humanité se rassembleront sous l’arbre sacré de la vie et la terre entière redeviendra de nouveau un cercle unique. Ce jour là, il y aura ceux parmi les Lakota qui porteront la connaissance et la compréhension de l’unité parmi tous les êtres vivants et les jeunes gens blancs viendront vers ceux de mon peuple pour leur demander de leur dispenser leur sagesse. Je salue la lumière dans tes yeux, là où réside l’univers entier. Car quand tu es au centre de toi-même et que je suis également en cet endroit en mon sein, alors nous serons un.”
~ Tasunke Witko, Crazy Horse, chef de guerre Oglala, Sioux ~

“Toute la tradition européenne, marxisme inclus, a conspiré pour défier l’ordre naturel de toutes choses. La terre-mère a été abusée, les pouvoirs ont été abusés et tout ceci ne peut pas continuer indéfiniment. Aucune théorie ne peut venir changer ce simple fait. La terre-mère va riposter, l’environnement va riposter et ceux qui abusent seront éliminés. Les choses reviennent au point de départ. C’est çà la révolution. C’est aussi une prophétie faite par mon peuple, par le peuple Hopi et bien des autres peuples corrects. Les Indiens des Amériques ont essayé d’apprendre cela aux Européens depuis des siècles ; mais, comme je l’ai dit plus tôt, les Européens sont incapables d’écouter. L’ordre naturel des choses gagnera et les abuseurs, les offenseurs mourront, comme les daims meurent lorsqu’ils brisent l’harmonie en surpeuplant une zone donnée. Ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’une catastrophe naturelle ne se produise, une catastrophe aux proportions planétaires. C’est le rôle des Indiens et de toutes choses naturelles de survivre. Une partie de notre survie consiste à résister. Nous résistons non pas pour renverser un gouvernement ou pour saisir le pouvoir, mais simplement parce qu’il est normal et naturel de résister à l’extermination, de survivre. Nous ne voulons en aucun cas le pouvoir au-delà des institutions des blancs, ce que nous voulons c’est que les institutions des blancs disparaissent. C’est çà la révolution.
Nous, les Indiens des Amériques, sommes toujours en contact avec ces réalités, les prophéties, les traditions de nos ancêtres. Nous apprenons de nos anciens, de la nature, des pouvoirs. Et quand la catastrophe est passée, nous les Indiens des Amériques, nous serons toujours là pour habiter ces terres et ce continent. Peu importe si ce ne sera qu’une poignée d’entre nous au fin fond des Andes. Le peuple amérindien survivra, l’harmonie sera rétablie. C’est çà la révolution.”
~ Extrait du discours de Russell Means durant le Black Hills International Survival Gathering, Dakota du Sud, juillet 1980 ~
(traduit de l’anglais par Résistance 71)

 


La Grande Loi de la Paix

 

Le culte de la mort des “Canajon” (squatters)

 

Mohawk Nation News

 

24 novembre 2019

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2019/11/24/canajon-death-cult-draft-2/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le culte de la mort pré-planifié canajon fut mis en place par les squatters sur instructions des banquiers dès qu’ils mirent les pied sur Onowarekeh (l’Île de la Grande Tortue). [Canajon est le mot mohawk qui veut dire “squatter”, dérivé par la suite en “kanatien” => “canadien”…] Wahatinatsoten, ils se sont incrustés sur notre terre.

Les maisons sont détruites ou tombent en ruine. La conscience de la terre se manifeste graduellement. Les squatters font ce que leur ont dit de faire les banquiers, ne sachant pas qu’ils sont eux-mêmes la propriété des mêmes banquiers. Enkiyaseteh (génocide), on se tient hors de vue, récupérant dans les collines. Dans un futur proche, s’ils ne volent pas, les squatters n’auront plus rien à manger et plus de refuge.

Les enfants qui questionnent leur endoctrination sont appelés “parias” ou “désaxés” et sont faussement diagnostiqués par des médecins pour qu’ils soient mis sous anxiolytiques. Les banquiers sont terrifiés de ce qu’ils ne peuvent pas contrôler. La loi bancaire ou “loi de l’amirauté” est artificielle. Seule la loi naturelle est permanente. La création/nature et notre terre-mère voient la dévastation. Bientôt viendra une grande lumière. Asontewekowa, nos esprits se déplacent sur l’Île de la Grande Tortue.

Ils nous veulent morts ! Mais nous sommes bel et bien vivants. Nous faisons partie de ce monde naturel créé par la nature et mis sur notre terre-mère. Quand nous tendons l’oreille, nous écoutons la Nature. Ils ne le peuvent pas. Les messages nous parviennent de Karennah, le ton de la terre-mère.

Les banquiers sont maintenant en train de vivre un cauchemar. Ils sont agités. La Nature va fixer les choses comme elles doivent l’être. Ils le savent. Les feux s’allument. L’eau gronde. De forts vents renversent les choses. A cause de Waonkinatakari, ils nous ont attaqués ainsi que nos villages comme des chiens enragés. Sasewatenti. Nous leur disons de rentrer chez eux.

Les banquiers ont une haine aveugle de notre chaleur simple et de notre humanité. Ils sentent bien que l’Île de la Grande Tortue est hantée. Elle l’est ! Par nos esprits qui vagabondent sur Onowarekeh ! Les banquiers se persuadent qu’ils ont toutes les clefs de toutes les barrières qu’ils ont mis en place, des bâtiments, des ponts, des villes, des murs, de l’économie, de la politique, de la finance, des médias, des classes et castes de gens etc… Certains d’entre eux savent qu’il y a quelque chose au delà de ce qu’ils peuvent voir et cela les préoccupe.

Ils ne vaincrons pas la création/nature. Ils argumentent, disputent, accusent, arrêtent, attaquent et jettent en prison. Ils appellent le monde naturel “paranormal”.

Nous représentons la connexion avec la nature, qu’ils ne peuvent pas voir ni ne peuvent expérimenter, ni ne peuvent aimer. Maintenant la nature et la terre  hurlent pour qu’ils retournent là d’où ils viennent, pour qu’ils disparaissent, que nous ne les voyons plus jamais. quelques anciens et quelques jeunes sentent et perçoivent les vibrations de la nature.

Pour se sauvegarder, ils ont mis en place une tripotée de réparation d’infrastructure pour eux-mêmes. Ce n’est que cataplasme sur jambe de bois. Par la peur, ils ont créé une augmentation du terrorisme, des impôts, de la consommation de drogue et d’alcool, du pillage, des suicides, des assassinats, des faux-drapeaux et des faux espoirs. Tout le monde souffre de brokeitis parce qu’ils ne peuvent pas vivre sans leurs béquilles et infrastructure. Le mal est leur béquille.

“Les Indiens de bois” prennent vie. Les banquiers ont créé une image par laquelle ils veulent que nous vivions. Tout change maintenant. Nous sommes ceux que nous sommes réellement.

Nous les voyons comme les assassins stupides qu’ils sont et qui laissent les banques, les politiciens et les entités entrepreneuriales les contrôler parce qu’ils obtiennent un petit bénéfice de ces crimes dirigés contre nous et Onowaregeh.

Pour eux tout a une valeur marchande traduisible en dollars, la terre, la nature, les peuples originels, l’eau, toute belle chose et l’ordre naturel. Leur plan génocidaire continue. Les crimes commis ont rendu possible pour les squatters d’avoir du boulot, une maison, une vie, d’envoyer leurs enfants dans des écoles et d’obtenir une pseudo-liberté alors qu’ils vivent dans un quasi état policier ne fonctionnant que dans et par la peur.

La véritable peur des banquiers est que les squatters apprennent qu’on leur a menti tout le long, qu’ils se rebellent et qu’ils les décapitent comme les Français le firent lors de leur révolution. Ils veulent l’Île de la Grande Tortue dépeuplée et revitalisée pour le “Nouvel Ordre Mondial” de l’ONU. Lorsqu’ils n’auront plus de clients pour acheter ce qu’ils ont volé, ils n’auront plus besoin d’être ici.

Les squatters sont persuadés que leur dieu va les mener à la sécurité, mais le véritable dieu des banquiers est l’argent.

Leur propre mère (terre) hurle qu’il est temps pour eux de rentrer à la maison.

= = =

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !
~ Résistance 71 ~

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Lectures complémentaires:

Mohawk Nation News sur R71

Nous_sommes_tous_des_colonisés (PDF)

Pierre_Clastres_De l’ethnocide

Pierre_Clastres_Echange-et-pouvoir-philosophie-de-la-chefferie-indienne

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

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Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

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kaianerekowa Grande Loi de la Paix

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

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Harmonie dans la complémentarité…
La société des sociétés

 

Analyse politique: Sur la Commune avec l’Internationale Situationniste (Guy Debord)

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Sur la Commune

 

Guy Debord, Raoul Vaneigem, Attila Kotanyi

Internationale Situationniste, 1962

1

« Il faut reprendre l’étude du mouvement ouvrier classique d’une manière désabusée, et d’abord désabusée quant à ses diverses sortes d’héritiers politiques ou pseudo-théoriques, car ils ne possèdent que l’héritage de son échec. Les succès apparents de ce mouvement sont ses échecs fondamentaux (le réformisme ou l’installation au pouvoir d’une bureaucratie étatique) et ses échecs (la Commune ou la révolte des Asturies) sont jusqu’ici ses succès ouverts, pour nous et pour l’avenir. » (Notes éditoriales d’I.S. 7)

Note de R71: Les initiales I.S veulent dire: Internationale Situationniste, mouvement artistique et politique créé par Debord en 1957. C’est justement en 1962 que l’I.S prend son ampleur politique dans la critique radicale de la société du spectacle marchand, qui culminera en 1967 avec la publication de “La société du spectacle” et la participation des situationnistes à mai 68. L’I.S s’auto-dissoudra en 1972.

2

La Commune a été la plus grande fête du XIXème siècle. On y trouve, à la base, l’impression des insurgés d’être devenus les maîtres de leur propre histoire, non tant au niveau de la déclaration politique « gouvernementale » qu’au niveau de la vie quotidienne dans ce printemps de 1871 (voir le jeu de tous avec les armes ; ce qui veut dire : jouer avec le pouvoir). C’est aussi en ce sens qu’il faut comprendre Marx : »la plus grande mesure sociale de la Commune était sa propre existence en actes ».

3

Le mot de Engels : « Regardez la Commune de Paris. C’était la dictature du prolétariat » doit être pris au sérieux, comme base pour faire voir ce que n’est pas la dictature du prolétariat en tant que régime politique (les diverses modalités de dictatures sur le prolétariat, en son nom).

4

Tout le monde a su faire de justes critiques des incohérences de la Commune, du défaut manifeste d’un appareil. Mais comme nous pensons aujourd’hui que le problème des appareils politiques est beaucoup plus complexe que ne le prétendent les héritiers abusifs de l’appareil de type bolchevik, il est temps de considérer la Commune non seulement comme un primitivisme révolutionnaire dépassé dont on surmonte toutes les erreurs, mais comme une expérience positive dont on n’a pas encore retrouvé et accompli toutes les vérités.

5

La Commune n’a pas eu de chefs. Ceci dans une période historique où l’idée qu’il fallait en avoir dominait absolument le mouvement ouvrier. Ainsi s’expliquent d’abord ses échecs et succès paradoxaux. Les guides officiels de la Commune sont incompétents (si on prend comme référence le niveau de Marx ou Lénine, et même Blanqui). Mais en revanche les actes « irresponsables » de ce moment sont précisément à revendiquer pour la suite du mouvement révolutionnaire de notre temps (même si les circonstances les ont presque tous bornés au destructif – l’exemple le plus connu est l’insurgé disant au bourgeois suspect qui affirme qu’il n’a jamais fait de politique : « c’est justement pour cela que je te tue »).

6

L’importance vitale de l’armement général du peuple est manifestée, dans la pratique et dans les signes, d’un bout à l’autre du mouvement. Dans l’ensemble on n’a pas abdiqué en faveur de détachements spécialisés le droit d’imposer par la force une volonté commune. La valeur exemplaire de cette autonomie des groupes armés a son revers dans le manque de coordination : le fait de n’avoir à aucun moment, offensif ou défensif, de la lutte contre Versailles porté la force populaire au degré de l’efficacité militaire ; mais il ne faut pas oublier que la révolution espagnole s’est perdue, et finalement la guerre même, au nom d’une telle transformation en « armée républicaine ». On penser que la contradiction entre autonomie et coordination dépendait grandement du degré technologique de l’époque.

7

La Commune représente jusqu’à nous la seule réalisation d’un urbanisme révolutionnaire, s’attaquant sur le terrain aux signes pétrifiés de l’organisation dominante de la vie, reconnaissant l’espace social en termes politiques, ne croyant pas qu’un monument puisse être innocent. Ceux qui ramènent ceci à un nihilisme de lumpenprolétaire, à l’irresponsabilité des pétroleuses, doivent avouer en contrepartie tout ce qu’ils considèrent comme positif, à conserver, dans la société dominante (on verra que c’est presque tout).

« Tout l’espace est déjà occupé par l’ennemi… Le moment d’apparition de l’urbanisme authentique, ce sera de créer, dans certaines zones, le vide de cette occupation. Ce que nous appelons construction commence là. Elle peut se comprendre à l’aide du concept de trou positif forgé par la physique moderne. » (Programme élémentaire d’urbanisme unitaire, I.S. 6)

8

La Commune de Paris a été vaincue moins par la force des armes que par la force de l’habitude. L’exemple pratique le plus scandaleux est le refus de recourir au canon pour s’emparer de la Banque de France alors que l’argent a tant manqué. Durant tout le pouvoir de la Commune, la Banque est restée une enclave versaillaise dans Paris, défendue par quelques fusils et le mythe de la propriété et du vol. Les autres habitudes idéologiques ont été ruineuses à tous propos (la résurrection du jacobinisme, la stratégie défaitiste des barricades en souvenir de 48, etc.).

9

La Commune montre comment les défenseurs du vieux monde bénéficient toujours, sur un point ou sur un autre, de la complicité des révolutionnaires ; et surtout de ceux qui pensent la révolution. C’est sur le point où les révolutionnaires pensent comme eux. Le vieux monde garde ainsi des bases (l’idéologie, le langage, les moeurs, les goûts) dans le développement de ses ennemis, et s’en sert pour regagner le terrain perdu. (Seule lui échappe à jamais la pensée en actes naturelle au prolétariat révolutionnaire : la Cour des Comptes a brûlé). La véritable « cinquième colonne » est dans l’esprit même des révolutionnaires.

10

L’anecdote des incendiaires, aux derniers jours, venus pour détruire Notre-Dame, et qui s’y heurtent au bataillon armé des artistes de la Commune, est riche de sens : elle est un bon exemple de démocratie directe. Elle montre aussi, plus loin, les problèmes encore à résoudre dans la perspective du pouvoir des conseils. Ces artistes unanimes avaient-ils raison de défendre une cathédrale au nom de valeurs esthétiques permanentes, et finalement de l’esprit des musées, alors que d’autres hommes voulaient justement accéder à l’expression ce jour-là, en traduisant par cette démolition leur défi à une société qui, dans la défaite présente, rejetait toute leur vie au néant et au silence ? Les artistes partisans de la Commune, agissant en spécialistes, se trouvaient déjà en conflit avec une manifestation extrémiste de la lutte contre l’aliénation. Il faut reprocher aux hommes de la Commune de n’avoir pas osé répondre à la terreur totalitaire du pouvoir par la totalité de l’emploi de leurs armes. Tout porte à croire qu’on a fait disparaître les poètes qui ont traduit à ce moment la poésie en suspens de la Commune. La masse des actes inaccomplis de la Commune permet que deviennent « atrocités » les actes ébauchés, et que les souvenirs soient censurés. Le mot « ceux qui ont fait les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau » explique aussi le silence de Saint-Just.

11

Les théoriciens qui restituent l’histoire de ce mouvement en se plaçant du point de vue omniscient de Dieu, qui caractérisait le romancier classique, montrent facilement que la Commune était objectivement condamnée, qu’elle n’avait pas de dépassement possible. Il ne faut pas oublier que, pour ceux qui ont vécu l’évènement, le dépassement était là.

12

L’audace et l’invention de la Commune ne se mesurent évidemment pas par rapport à notre époque mais par rapport aux banalités d’alors dans la vie politique, intellectuelle, morale. Par rapport à la solidarité de toutes les banalités parmi lesquelles la Commune a porté le feu. Ainsi, considérant la solidarité des banalités actuelles (de droite et de gauche) on conçoit la mesure de l’invention que nous pouvons attendre d’une explosion égale.

13

La guerre sociale dont la Commune est un moment dure toujours (quoique ses conditions superficielles aient beaucoup changé). Pour le travail de « rendre conscientes les tendances inconscientes de la Commune » (Engels), le dernier mot n’est pas dit.

14

Depuis près de vingt ans, en France, les chrétiens de gauche et les staliniens s’accordent, en souvenir de leur front national anti-allemand, pour mettre l’accent sur ce qu’il y eut dans la Commune de désarroi national, de patriotisme blessé, et pour tout dire de « peuple français demandant par pétition d’être gouverné » (selon la « politique stalinienne » actuelle), et à la fin poussé au désespoir par la carence de la droite bourgeoise apatride. Il suffirait, pour recracher cette eau bénite, d’étudier le rôle des étrangers venus combattre pour la Commune : elle était bien, avant tout, l’inévitable épreuve de force où devait se mener l’action en Europe depuis 1848 de « notre parti », comme disait Marx.

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Lectures complémentaires:

L’essentiel-et-l’indispensable-de-Raoul_Vaneigem

Michel_Bakounine_La_Commune_de_Paris_et_la_notion_detat

Pierre_Kropotkine_La_Commune_de_Paris_PDF

Louise-Michel_De-la-commune-a-la-pratique-anarchiste

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

3ri-et-societe-des-societes-du-chiapas-zapatistes-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-le-rojava-fevrier-2019

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Inevitable_anarchie_Kropotkine

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Quand pensées « marxienne » et « anarchiste » convergent vers une conclusion commune contre la dictature marchande…

Posted in actualité, altermondialisme, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état, Uncategorized with tags , , , , , , , , , , on 6 novembre 2019 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

6 novembre 2019

 

Réflexions et conclusions convergentes en provenance de deux modes de pensée rendus « antagonistes » et qui pourtant convergent vers une solution commune pour l’émancipation de la société humaine: les pensées « marxienne » et « anarchiste » dans une forme moderne complémentaire.

Par delà les guerres de clocher factices et futiles de la dictature marchande…

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Gilets Jaunes… 4 textes modernes pour mieux comprendre notre réalité et radicalement en changer…

Posted in actualité, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 2 novembre 2019 by Résistance 71

 

Résistance 71 

 

2 novembre 2019

 

4 textes modernes pour mieux comprendre et agir sur notre réalité:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés (Résistance 71)

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie (Résistance 71)

Ces textes d’analyse radicale (allant à la racine profonde des choses et de toute l’affaire politico-économique de la société humaine) transcendent toutes les guéguerres de clochers et antagonismes induites et entretenues par cette misère de la philosophie inhérente à la société de la dictature marchande, pour qui la division sur toute ligne possible est une condition sine qua non de sa survie.
Ces textes se placent résolument, par leurs conclusions d’analyse et indépendamment du cheminement de pensée emprunté, sur la voie de l’harmonie dans la complémentarité et cette convergence vers une réalité objective qu’il nous incombe à toutes et tous d’intégrer pour que nous mettions en place la société organique de notre être véritable, c’est à dire finalement de devenir ce que nous sommes, réellement par-delà tous les antagonismes des conflits de la fatuité et ineptie marchandes contre-natures.

Pour ce faire, à bas l’État, à bas la marchandise, à bas l’argent, à bas le salariat !
Vive l’être générique triomphant de l’avoir pathologique et mortifère dans la communion des associations de communes libres !
A lire, relire et diffuser sans aucune modération !