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Nouvelle page consacrée à l’intégrale de Nietzsche en PDF

Posted in actualité, altermondialisme, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 11 mars 2020 by Résistance 71

 

 

Résistance 71 

 

11 mars 2020

 

Ce court billet pour annoncer à nos lecteurs l’addition d’une page sur ce blog consacrée entièrement à l’intégrale des textes majeurs de Friedrich Nietzsche en format PDF (merci à Jo pour son superbe travail et sa patience…).
Afin d’éviter les confusions usuelles à la lecture de cette montagne (pour beaucoup infranchissable…) de la pensée occidentale, nous y avons ajouté en exergue deux textes PDF, le premier est le chapitre intégral de « L’homme révolté » d’Albert Camus sur Nietzsche (qu’à notre connaissance vous ne trouverez nulle par ailleurs…) et le second des extraits de la préface et des commentaires du traducteur et spécialiste de Nietzsche et d’ « Ainsi parlait Zarathoustra », Georges Arthur Goldschmidt.

Analyser le monde et la société humaine aliénée dans une optique nietzschéenne ouvre certaines portes et connecte bien des points entre eux. On peut ne pas être d’accord avec tout ce qu’il dit (c’est notre cas…), mais la volonté de Nietzsche de transmuter toutes les valeurs pour une humanité achevée nous montre au moins une voie…

Celle du lâcher-prise et de la volonté de construire les ponts vers le « surhumain », l’Homme achevé dans son humanité profonde par delà le bien et le mal.

Bonne lecture à toutes et à tous !

 

Notre page « Friedrich Nietzsche, l’intégrale en PDF »

 

La science falsifiée : Le darwinisme social et son contre-poison…

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, économie, documentaire, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 5 mars 2020 by Résistance 71

 


P. Kropotkine, père de la biologie sociale

 

Résistance 71

 

5 mars 2020

 

Le darwinisme social est la résultante dogmatique d’une interprétation tronquée de la théorie de l’évolution de Darwin ne considérant que ses éléments malthusiens afin de construire une idéologie sociale bâtie sur le concept tronquée de « la survie du plus apte ». Cette construction sociale issue du XIXème siècle britannique a servi à justifier toutes les exactions possibles d’un système étatico-capitaliste parasitaire par essence et a donné une base (pseudo)scientifique à une nature humaine qui serait faite de combat incessant pour la survie, de violence, de tromperie, de mensonge, servant les « plus aptes » à se maintenir en haut de l’échelle sociale, elle-même force ce la nature inéluctable. Il était alors important de « démontrer » que cette relation de combat incessant était LE moteur de la relation sociale dans la nature, justifiant ainsi le pouvoir oligarchique en place.
Le darwinisme social, s’il emprunte beaucoup à Darwin, n’est pas son invention. Elle fut essentiellement celle du biologiste et eugéniste Thomas Huxley, grand-père de Julian et Aldous Huxley, en combinaison avec les théories économico-démographique de Thomas Malthus et celles de Thomas Hobbes (décidément beaucoup de Thomas dans cette affaire…), renforçant la théorie de la « sélection naturelle », la résumant à celle « du plus apte », reprise par la suite par un biologiste du nom de Herbert Spencer. Toutes ces personnes oubliaient un des éléments essentiels de l’évolution, déjà mis en avant dans les recherches du biologiste, zoologiste russe Kessler en 1879 : la coopération, reprise aussi par Darwin dans on ouvrage de la « Descendance de l’Homme », écrit plusieurs années après son « Origine de l’Homme ».

C’est en réaction au poison du darwinisme social émis et publié sous la forme d’un article de Thomas Huxley dans le magazine victorien « Le XIXème siècle », « La lutte pour l’existence : un programme », en février 1888 (voir ici en page 11 et suivantes et aussi en page 9 du PDF de « ‘L’entraide » ci-essous), que Pierre Kropotkine décida de lui répondre dans une série d’articles qui furent par la suite publiés sous la forme d’une livre: « L’entraide, un facteur de l’évolution », publié depuis Londres en 1902 et publié en français en 1906, que nous vous proposons à la (re)lecture ci-dessous en format PDF. Cet ouvrage est essentiel à la compréhension générale de ce qu’est la « nature humaine » dans son véritable contexte évolutionniste. Il nous permet de rétablir un certain équilibre des choses et de mettre en pratique le vieil adage africain disant: « Si tu ne sais pas où tu vas, arrête-toi, retourne-toi et regarde d’où tu viens. »

L’entraide, un facteur de l’évolution
Pierre Kropotkine, 1902
Format PDF

 


Poussière d’étoiles…

Reflets de l’humain: Les quatre grandes erreurs (avec F. Nietzsche)

Posted in actualité, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 24 février 2020 by Résistance 71

 

 

Les quatre grandes erreurs

 

Friedrich Nietzsche

6ème chapitre du “Crépuscule des idoles”, 1888

1.

Erreur de la confusion entre la cause et l’effet. — Il n’y a pas d’erreur plus dangereuse que de confondre l’effet avec la cause : j’appelle cela la véritable perversion de la raison. Néanmoins cette erreur fait partie des plus anciennes et des plus récentes habitudes de l’humanité : elle est même sanctifiée parmi nous, elle porte le nom de « religion » et de « morale ». Toute proposition que formule la religion et la morale renferme cette erreur ; les prêtres et les législateurs moraux sont les promoteurs de cette perversion de raison. Je cite un exemple. Tout le monde connaît le livre du célèbre Cornaro où l’auteur recommande sa diète étroite, comme recette d’une vie longue et heureuse — autant que vertueuse. Bien peu de livres ont été autant lus, et, maintenant encore, en Angleterre, on en imprime chaque année plusieurs milliers d’exemplaires. Je suis persuadé qu’aucun livre (la Bible exceptée, bien entendu) n’a jamais fait autant de mal, n’a jamais raccourci autant d’existences que ce singulier factum qui part d’ailleurs d’une bonne intention. La raison en est une confusion entre l’effet et la cause. Ce brave Italien voyait dans sa diète la cause de sa longévité : tandis que la condition première pour vivre longtemps, l’extraordinaire lenteur dans l’assimilation et la désassimilation, la faible consommation des matières nutritives, étaient en réalité la cause de sa diète. Il n’était pas libre de manger beaucoup ou peu, sa frugalité ne dépendait pas de son « libre arbitre » : il tombait malade dès qu’il mangeait davantage. Non seulement celui qui n’est pas une carpe fait bien de manger suffisamment, mais il en a absolument besoin. Un savant de nos jours, avec sa rapide consommation de force nerveuse, au régime de Cornaro, se ruinerait complètement. Credo experto.

2.

La formule générale qui sert de base à toute religion et à toute morale s’énonce ainsi : « Fais telle ou telle chose, ne fais point telle ou telle autre chose — alors tu seras heureux ! Dans l’autre cas… » Toute morale, toute religion n’est que cet impératif — je l’appelle le grand péché héréditaire de la raison, l’immortelle déraison. Dans ma bouche cette formule se transforme en son contraire — premier exemple de ma « transmutation de toutes les valeurs » : un homme bien constitué, un « homme heureux » fera forcément certaines actions et craindra instinctivement d’en commettre d’autres, il reporte le sentiment de l’ordre qu’il représente physiologiquement dans ses rapports avec les hommes et les choses. Pour m’exprimer en formule : sa vertu est la conséquence de son bonheur… Une longue vie, une postérité nombreuse, ce n’est pas là la récompense de la vertu ; la vertu elle-même, c’est au contraire ce ralentissement dans l’assimilation et la désassimilation qui, entre autres conséquences, a aussi celles de la longévité et de la postérité nombreuse, en un mot ce qu’on appelle le « Cornarisme ». — L’Eglise et la Morale disent : « Le vice et le luxe font périr une race ou un peuple. » Par contre ma raison rétablie affirme : « Lorsqu’un peuple périt, dégénère physiologiquement, les vices et le luxe (c’est-à-dire le besoin d’excitants toujours plus forts et toujours plus fréquents, tels que les connaissent toutes les natures épuisées) en sont la conséquence. Ce jeune homme pâlit et se fane avant le temps. Ses amis disent : telle ou telle maladie en est la cause. Je réponds : le fait d’être tombé malade, de ne pas avoir pu résister à la maladie est déjà la conséquence d’une vie appauvrie, d’un épuisement héréditaire. Les lecteurs de journaux disent : un parti se ruine avec telle ou telle faute. Ma politique supérieure répond : un parti qui fait telle ou telle faute est à bout — il ne possède plus sa sûreté d’instinct. Toute faute, d’une façon ou d’une autre, est la conséquence d’une dégénérescence de l’instinct, d’une désagrégation de la volonté : par là on définit presque ce qui est mauvais. Tout ce qui est bon sort de l’instinct — et c’est, par conséquent, léger, nécessaire, libre. La peine est une objection, le dieu se différencie du héros par son type (dans mon langage : les pieds légers sont le premier attribut de la divinité). 

3.

Erreur d’une causalité fausse. — On a cru savoir de tous temps ce que c’est qu’une cause : mais d’où prenions-nous notre savoir, ou plutôt la foi en notre savoir ? Du domaine de ces célèbres « faits intérieurs », dont aucun, jusqu’à présent, ne s’est trouvé effectif. Nous croyions être nous-mêmes en cause dans l’acte de volonté, là du moins nous pensions prendre la causalité sur le fait. De même on ne doutait pas qu’il faille chercher tous les antécédents d’une action dans la conscience, et qu’en les y cherchant on les retrouverait — comme « motifs » : car autrement on n’eût été ni libre, ni responsable de cette action. Et enfin qui donc aurait mis en doute le fait qu’une pensée est occasionnée, que c’est « moi » qui suis la cause de la pensée ?… De ces « trois faits intérieurs » par quoi la causalité semblait se garantir, le premier et le plus convaincant, c’est la volonté considérée comme cause ; la conception d’une conscience (« esprit ») comme cause, et plus tard encore celle du moi (du « sujet ») comme cause ne sont venues qu’après coup, lorsque, par la volonté, la causalité était déjà posée comme donnée, comme empirisme… Depuis lors nous nous sommes ravisés. Nous ne croyons plus un mot de tout cela aujourd’hui. Le « monde intérieur » est plein de mirages et de lumières trompeuses : la volonté est un de ces mirages. La volonté ne met plus en mouvement, donc elle n’explique plus non plus, — elle ne fait qu’accompagner les événements, elle peut aussi faire défaut. Ce que l’on appelle un « motif » : autre erreur. Ce n’est qu’un phénomène superficiel de la conscience, un à-côté de l’action qui cache les antécédents de l’action bien plutôt qu’il ne les représente. Et si nous voulions parler du moi ! Le moi est devenu une légende, une fiction, un jeu de mots : cela a tout à fait cessé de penser, de sentir et de vouloir !… Qu’est-ce qui s’ensuit ? Il n’y a pas du tout de causes intellectuelles ! Tout le prétendu empirisme inventé pour cela s’en est allé au diable ! Voilà ce qui s’ensuit. — Et nous avions fait un aimable abus de cet « empirisme », en partant de là nous avions créé le monde, comme monde des causes, comme monde de la volonté, comme monde des esprits. C’est là que la plus ancienne psychologie, celle qui a duré le plus longtemps, a été à l’œuvre, elle n’a absolument pas fait autre chose : tout événement lui était action, toute action conséquence d’une volonté ; le monde devint pour elle une multiplicité de principes agissants, un principe agissant (un « sujet ») se substituant à tout événement. L’homme a projeté en dehors de lui ses trois « faits intérieurs », ce en quoi il croyait fermement, la volonté, l’esprit, le moi, — il déduisit d’abord la notion de l’être de la notion du moi, il a supposé les « choses » comme existantes à son image, selon sa notion du moi en tant que cause. Quoi d’étonnant si plus tard il n’a fait que retrouver toujours, dans les choses, ce qu’il avait mis en elles ? — La chose elle-même, pour le répéter encore, la notion de la chose, n’est qu’un réflexe de la croyance au moi en tant que cause… Et même votre atome, messieurs les mécanistes et physiciens, combien de psychologie rudimentaire y demeure encore ! — Pour ne point parler du tout de la « chose en soi », de l’horrendum pudendum des métaphysiciens ! L’erreur de l’esprit comme cause confondu avec la réalité ! Considérée comme mesure de la réalité ! Et dénommée Dieu !

4.

Erreur des causes imaginaires. — Pour prendre le rêve comme point de départ : à une sensation déterminée, par exemple celle que produit la lointaine détonation d’un canon, on substitue après coup une cause (souvent tout un petit roman dont naturellement la personne qui rêve est le héros). La sensation se prolonge pendant ce temps, comme dans une résonance, elle attend en quelque sorte jusqu’à ce que l’instinct de causalité lui permette de se placer au premier plan — non plus dorénavant comme un hasard, mais comme la « raison » d’un fait. Le coup de canon se présente d’une façon causale dans un apparent renversement du temps. Ce qui ne vient qu’après, la motivation, semble arriver d’abord, souvent avec cent détails qui passent comme dans un éclair, le coup suit… Qu’est-il arrivé ? Les représentations qui produisent un certain état de fait ont été mal interprétées comme les causes de cet état de fait. — En réalité nous faisons de même lorsque nous sommes éveillés. La plupart de nos sentiments généraux — toute espèce d’entrave, d’oppression, de tension, d’explosion dans le jeu des organes, en particulier l’état du nerf sympathique — provoquent notre instinct de causalité : nous voulons avoir une raison pour nous trouver en tel ou tel état, — pour nous porter bien ou mal. Il ne nous suffit jamais de constater simplement le fait que nous nous portons de telle ou telle façon : nous n’acceptons ce fait, — nous n’en prenons conscience — que lorsque nous lui avons donné une sorte de motivation. — La mémoire qui, dans des cas pareils, entre en fonction sans que nous en ayons conscience, amène des états antérieurs de même ordre et les interprétations causales qui s’y rattachent, — et nullement leur causalité véritable. Il est vrai que d’autre part la mémoire entraîne aussi la croyance que les représentations, que les phénomènes de conscience accompagnateurs ont été les causes. Ainsi se forme l’habitude d’une certaine interprétation des causes qui, en réalité, en entrave et en exclut même la recherche.

5.

Explication psychologique de ce fait. — Ramener quelque chose d’inconnu à quelque chose de connu allège, tranquillise et satisfait l’esprit, et procure en outre un sentiment de puissance. L’inconnu comporte le danger, l’inquiétude, le souci — le premier instinct porte à supprimer cette situation pénible. Premier principe : une explication quelconque est préférable au manque d’explication. Comme il ne s’agit au fond que de se débarrasser de représentations angoissantes, on n’y regarde pas de si près pour trouver des moyens d’y arriver : la première représentation par quoi l’inconnu se déclare connu fait tant de bien qu’on la « tient pour vraie ». Preuve du plaisir (« de la force ») comme critérium de la vérité. — L’instinct de cause dépend donc du sentiment de la peur qui le produit. Le « pourquoi », autant qu’il est possible, ne demande pas l’indication d’une cause pour l’amour d’elle-même, mais plutôt une espèce de cause — une cause qui calme, délivre et allège. La première conséquence de ce besoin c’est que l’on fixe comme cause quelque chose de déjà connu, de vécu, quelque chose qui est inscrit dans la mémoire. Le nouveau, l’imprévu, l’étrange est exclu des causes possibles. On ne cherche donc pas seulement à trouver une explication à la cause, mais on choisit et on préfère une espèce particulière d’explications, celle qui éloigne le plus rapidement et le plus souvent le sentiment de l’étrange, du nouveau, de l’imprévu, — les explications les plus ordinaires. — Qu’est-ce qui s’en suit ? Une évaluation des causes domine toujours davantage, se concentre en système et finit par prédominer de façon à exclure simplement d’autres causes et d’autres explications. — Le banquier pense immédiatement à « l’affaire », le chrétien au « péché », la fille à son amour.

6.

Tout le domaine de la morale et de la religion doit être rattaché à cette idée des causes imaginaires. — « Explication » des sentiments généraux désagréables. — Ces sentiments dépendent des êtres qui sont nos ennemis (les mauvais esprits : c’est le cas le plus célèbre — les hystériques qu’on prend pour des sorcières.) Ils dépendent d’actions qu’il ne faut point approuver (le sentiment du péché, de l’état de péché est substitué à un malaise physiologique — on trouve toujours des raisons pour être mécontent de soi). Ils dépendent de l’idée de punition, de rachat pour quelque chose que nous n’aurions pas dû faire, que nous n’aurions pas dû être (idée généralisée par Schopenhauer, sous une forme impudente, dans une proposition où la morale apparaît telle qu’elle est, comme véritable empoisonneuse et calomniatrice de la vie : « Toute grande douleur, qu’elle soit physique ou morale, énonce ce que nous méritons : car elle ne pourrait pas s’emparer de nous si nous ne la méritions pas. » Monde comme volonté et comme représentation, II, 666). Ils dépendent enfin d’actions irréfléchies qui ont des conséquences fâcheuses (— les passions, les sens considérés comme causes, comme coupables ; les calamités physiologiques tournées en punitions « méritées » à l’aide d’autres calamités). — « Explication » des sentiments généraux agréables. — Ils dépendent de la confiance en Dieu. Ils dépendent du sentiment des bonnes actions (ce que l’on appelle la « conscience tranquille », un état physiologique qui ressemble, quelquefois à s’y méprendre, à une bonne digestion). Ils dépendent de l’heureuse issue de certaines entreprises (— fausse conclusion naïve, car l’heureuse issue d’une entreprise ne procure nullement des sentiments généraux agréables à un hypocondriaque ou à un Pascal). Ils dépendent de la foi, de l’espérance et de la charité — les vertus chrétiennes. — En réalité toutes ces prétendues explications sont les conséquences d’états de plaisir ou de déplaisir, transcrits en quelque sorte dans un langage erroné : on est en état d’espérer puisque le sentiment physiologique dominant est de nouveau fort et abondant ; on a confiance en Dieu, puisque le sentiment de la plénitude et de la force vous procure du repos. — La morale et la religion appartiennent entièrement à la physiologie de l’erreur : dans chaque cas particulier on confond la cause et l’effet, ou bien la vérité avec l’effet de ce que l’on considère comme vérité, ou bien encore une condition de la conscience avec la causalité de cette condition.

7.

Erreur du libre arbitre. — Il ne nous reste aujourd’hui plus aucune espèce de compassion avec l’idée du « libre arbitre » : nous savons trop bien ce que c’est — le tour de force théologique le plus mal famé qu’il y ait, pour rendre l’humanité « responsable », à la façon des théologiens, ce qui veut dire : pour rendre l’humanité dépendante des théologiens… Je ne fais que donner ici la psychologie de cette tendance à vouloir rendre responsable. — Partout où l’on cherche des responsabilités, c’est généralement l’instinct de punir et de juger qui est à l’œuvre. On a dégagé le devenir de son innocence lorsque l’on ramène un état de fait quelconque à la volonté, à des intentions, à des actes de responsabilité : la doctrine de la volonté a été principalement inventée à fin de punir, c’est-à-dire avec l’intention de trouver coupable. Toute l’ancienne psychologie, la psychologie de la volonté n’existe que par le fait que ses inventeurs, les prêtres, chefs des communautés anciennes, voulurent se créer le droit d’infliger une peine — ou plutôt qu’ils voulurent créer ce droit pour Dieu… Les hommes ont été considérés comme « libres », pour pouvoir être jugés et punis, — pour pouvoir être coupables : par conséquent toute action devait être regardée comme voulue, l’origine de toute action comme se trouvant dans la conscience (— par quoi le faux-monnayage in psychologicis, par principe, était fait principe de la psychologie même…). Aujourd’hui que nous sommes entrés dans le courant contraire, alors que nous autres immoralistes cherchons, de toutes nos forces, à faire disparaître de nouveau du monde l’idée de culpabilité et de punition, ainsi qu’à en nettoyer la psychologie, l’histoire, la nature, les institutions et les sanctions sociales, il n’y a plus à nos yeux d’opposition plus radicale que celle des théologiens qui continuent, par l’idée du « monde moral », à infester l’innocence du devenir, avec le « péché » et la « peine ». Le christianisme est une métaphysique du bourreau…

8.

Qu’est-ce qui peut seul être notre doctrine ? — Que personne ne donne à l’homme ses qualités, ni Dieu, ni la société, ni ses parents et ses ancêtres, ni lui-même (— le non-sens de l’« idée », réfuté en dernier lieu, a été enseigné, sous le nom de « liberté intelligible », par Kant et peut-être déjà par Platon). Personne n’est responsable du fait que l’homme existe, qu’il est conformé de telle ou telle façon, qu’il se trouve dans telles conditions, dans tel milieu. La fatalité de son être n’est pas à séparer de la fatalité de tout ce qui fut et de tout ce qui sera. L’homme n’est pas la conséquence d’une intention propre, d’une volonté, d’un but ; avec lui on ne fait pas d’essai pour atteindre un « idéal d’humanité », un « idéal de bonheur », ou bien un « idéal de moralité », — il est absurde de vouloir faire dévier son être vers un but quelconque. Nous avons inventé l’idée de « but » : dans la réalité le « but » manque… On est nécessaire, on est un morceau de destinée, on fait partie du tout, on est dans le tout, — il n’y a rien qui pourrait juger, mesurer, comparer, condamner notre existence, car ce serait là juger, mesurer, comparer et condamner le tout… Mais il n’y a rien en dehors du tout !Personne ne peut plus être rendu responsable, les catégories de l’être ne peuvent plus être ramenées à une cause première, le monde n’est plus une unité, ni comme monde sensible, ni comme « esprit » : cela seul est la grande délivrance, — par là l’innocence du devenir est rétablie… L’idée de « Dieu » fut jusqu’à présent la plus grande objection contre l’existence… Nous nions Dieu, nous nions la responsabilité en Dieu : par là seulement nous sauvons le monde.

Friedrich Nietzsche sur Résistance 71

Analyse politique… De la décomposition des états et de la perspective pour une société des sociétés…

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“Qu’est-ce que l’État ? C’est le signe achevé de la division dans la société, en tant qu’il est l’organe séparé du pouvoir politique: la société est désormais divisée entre ceux qui exercent le pouvoir et ceux qui le subissent. La société n’est plus un. Nous indivisé, une totalité une, mais un corps morcelé, un être social hétérogène… »
~ Pierre Clastres ~

“Là où cesse l’État, c’est là que commence l’Homme, celui qui n’est pas superflu : là commence le chant de ce qui est nécessaire, la mélodie unique et irremplaçable. Là où cesse l’État — regardez donc mes frères ! Ne les voyez-vous pas, l’arc-en-ciel et les ponts du surhumain ?”
~ Friedrich Nietzsche, “De la nouvelle idole” ~

“La relation politique de pouvoir précède et fonde la relation économique d’exploitation. Avant d’être économique, l’aliénation est politique, le pouvoir est avant le travail, l’économique est une dérive du politique, l’émergence de l’État détermine l’apparition des classes.”
~ Pierre Clastres, directeur de recherche en anthropologie politique au CNRS, 1974 ~

 


Manifeste pour la société des sociétés

 

La décomposition des États

 

Pierre Kropotkine

 

Chapitre 2 de “Paroles d’un révolté” (1885)

 

Si la situation économique de l’Europe se résume par ces mots : chaos industriel et commercial et faillite de la production capitaliste, — la situation politique se caractérise par ceux-ci : décomposition galopante et faillite prochaine des États.

Parcourez-les tous, depuis l’autocratie gendarmeresque de la Russie jusqu’à l’oligarchie bourgeoise de la Suisse, vous n’en trouverez pas un seul (à l’exclusion, peut-être, de la Suède et de la Norvège) qui ne marche pas à course accélérée vers la décomposition, et par suite, vers la révolution[1].

Vieillards impuissants, la peau ridée et les pieds chancelants, rongés de maladies constitutionnelles, incapables de s’assimiler les flots d’idées nouvelles, ils gaspillent le peu de forces qui leur restent, ils vivent aux dépens de leurs années déjà comptées, et ils accélèrent encore leur chute en s’entre-déchirant comme de vieilles grogneuses.

Une maladie incurable les ronge tous : c’est la maladie de la vieillesse, du déclin. L’État, cette organisation dans laquelle on laisse entre les mains de quelques-uns la gestion en bloc de toutes les affaires de tous, cette forme de l’organisation humaine a fait son temps. L’humanité élabore déjà de nouveaux modes de groupement.

Après avoir atteint leur point culminant au dix-huitième siècle, les vieux États de l’Europe sont entrés aujourd’hui dans leur phase descendante ; ils tombent en décrépitude. Les peuples, — surtout ceux de race latine, — aspirent déjà à la démolition de ce pouvoir qui ne fait qu’empêcher leur libre développement. Ils veulent l’autonomie des provinces, des communes, des groupements ouvriers liés entre eux, non plus par un pouvoir qui s’impose, mais par les liens des engagements mutuels, librement consentis.

C’est la phase historique dans laquelle nous entrons ; rien ne saurait en empêcher la réalisation.

Si les classes dirigeantes pouvaient avoir le sentiment de la position, certes, elles s’empresseraient de marcher au-devant de ces aspirations. Mais, vieillies dans les traditions, sans autre culte que celui de la grosse bourse, elles s’opposent de toutes leurs forces à ce nouveau courant d’idées. Et, fatalement, elles nous mènent vers une commotion violente. Les aspirations de l’humanité se feront jour, — mais au grondement du canon, à la crépitation de la mitrailleuse, à la lueur des incendies.

Lorsque, après la chute des institutions du moyen âge, les États naissants faisaient leur apparition en Europe et s’affermissaient, s’agrandissaient par la conquête, par la ruse, par l’assassinat, — ils ne s’ingéraient encore que dans un petit cercle des affaires humaines.

Aujourd’hui, l’État est parvenu à s’immiscer dans toutes les manifestations de notre vie. Du berceau à la tombe, il nous étrangle dans ses bras. Tantôt comme État central, tantôt comme État-province ou canton, tantôt comme État-commune, il nous poursuit à chaque pas, il apparaît à chaque coin de rue, il nous impose, nous tient, nous harcèle.

Il légifère sur toutes nos actions. Il accumule des montagnes de lois et d’ordonnances dans lesquelles l’avocat le plus malin ne sait plus se retrouver. Il crée chaque jour de nouveaux rouages qu’il adapte gauchement à la vieille patraque rhabillée, et il en arrive à créer une machine si compliquée, si bâtarde, si obstructive, qu’elle révolte ceux-là même qui se chargent de la faire marcher.

Il crée une armée d’employés, d’araignées aux doigts crochus, qui ne connaissent l’univers qu’à travers les sales vitres de leurs bureaux, ou par leurs paperasses au grimoire absurde ; — une bande noire qui n’a qu’une religion, — celle de l’écu, qu’un souci, celui de se raccrocher à un parti quelconque, noir, violet ou blanc, afin qu’il garantisse un maximum d’appointements pour un minimum de travail.

Les résultats, — nous ne les connaissons que trop. Y a-t-il une seule branche de l’activité de l’État qui ne révolte ceux qui, malheureusement, ont à faire avec elle ? Une seule branche, dans laquelle l’État, après des siècles d’existence et de replâtrages, n’ait pas fait preuve de complète incapacité ?

Les sommes immenses et toujours croissantes que les États prélèvent sur les peuples ne leur suffisent jamais. L’État existe toujours aux dépens des générations futures ; il s’endette et partout il marche vers la ruine.

Les dettes publiques des États de l’Europe ont déjà atteint le chiffre immense, incroyable, de plus de cent milliards, cent mille millions de francs ! Si toutes les recettes des États étaient employées, jusqu’au dernier sou, pour couvrir ces dettes, elles ne suffiraient pas à les couvrir d’ici à quinze ans. Mais, loin de diminuer, ces dettes augmentent tous les jours. C’est dans la force des choses que les besoins des États dépassent toujours leurs moyens. L’État, forcément, cherche à étendre ses attributions ; chaque parti au pouvoir est obligé de créer de nouveaux emplois pour ses clients : c’est fatal.

Donc, les déficits et les dettes publiques vont et iront encore en croissant, même en temps de paix. Mais qu’il arrive une guerre quelconque, et immédiatement les dettes des États augmentent dans une proportion immense. C’est à n’en pas finir ; impossible de sortir de ce dédale.

Les États marchent à toute vapeur vers la ruine, la banqueroute ; et le jour n’est pas loin où les peuples, las de payer annuellement quatre milliards d’intérêts aux banquiers, prononceront la faillite des États et enverront ces banquiers bêcher la terre s’ils ont faim.

Qui dit « État » nécessairement dit « guerre ». L’État cherche et doit chercher à être fort, plus fort que ses voisins ; sinon, il sera un jouet dans leurs mains. Il cherche forcément à affaiblir, à appauvrir d’autres États pour leur imposer sa loi, sa politique, ses traités de commerce, pour s’enrichir à leurs dépens. La lutte pour la prépondérance, qui est la base de l’organisation économique bourgeoise, est aussi la base de l’organisation politique. C’est pourquoi la guerre est devenue aujourd’hui la condition normale de l’Europe. Guerres prusso-danoise, prusso-autrichienne, franco-prussienne, guerre d’Orient, guerre en Afghanistan se succèdent sans interruption. De nouvelles guerres se préparent ; la Russie, l’Angleterre, la Prusse, le Danemark, sont prêts à déchaîner leurs armées et, sous peu, elles vont en venir aux mains. On a déjà des causes de guerre pour trente ans.

Or, la guerre, — c’est le chômage, la crise, les impôts croissant, les dettes accumulées. Plus que ça. Chaque guerre est un échec moral pour les États. Après chaque guerre, les peuples s’aperçoivent que l’État fait preuve d’incapacité, même dans son attribution principale ; à peine sait-il organiser la défense du territoire ; même victorieux, il subit un échec. Voyez seulement la fermentation des idées qui est née de la guerre de 1871, aussi bien en Allemagne qu’en France ; voyez le mécontentement soulevé en Russie par la guerre d’Orient.

Les guerres et les armements tuent les États ; ils accélèrent leur faillite morale et économique. Encore une ou deux grandes guerres, ils donneront le coup de grâce à ces machines détraquées.

À côté de la guerre extérieure, — la guerre intérieure.

Accepté par les peuples à la condition d’être le défenseur de tous et surtout des faibles contre les forts, l’État aujourd’hui est devenu la forteresse des riches contre les exploités, du propriétaire contre le prolétaire.

À quoi sert-elle, cette immense machine que nous nommons État ? — Est-ce à empêcher l’exploitation de l’ouvrier par le capitaliste, du paysan par le rentier ? Est-ce à nous assurer le travail ? à nous défendre de l’usurier ? à nous fournir la nourriture lorsque la femme n’a que de l’eau pour apaiser l’enfant qui pleure à son sein tari ?

Non, mille fois non ! L’État, c’est la protection de l’exploitation, de la spéculation, de la propriété privée, — produit de la spoliation. Le prolétaire, qui n’a que ses bras pour fortune, n’a rien à attendre de l’État ; il n’y trouvera qu’une organisation faite pour empêcher à tout prix son émancipation. 

Tout pour le propriétaire fainéant, tout contre le prolétaire travailleur : l’instruction bourgeoise qui dès le bas âge corrompt l’enfant, en lui inculquant les préjugés anti-égalitaires ; l’Église qui trouble le cerveau de la femme ; la loi qui empêche l’échange des idées de solidarité et d’égalité ; l’argent, au besoin, pour corrompre celui qui se fait un apôtre de la solidarité des travailleurs ; la prison et la mitraille à discrétion pour fermer la bouche à ceux qui ne se laissent pas corrompre. Voilà l’État.

Cela durera-t-il ? Cela peut-il durer ? Évidemment non. Une classe entière de l’humanité, celle qui produit tout, ne peut pas toujours soutenir une organisation établie spécialement contre elle. Partout, — sous la brutalité russe comme sous l’hypocrisie gambettiste, — le peuple mécontent se révolte. L’histoire de nos jours, c’est l’histoire de la lutte des gouvernants privilégiés contre les aspirations égalitaires des peuples. Cette lutte fait la principale préoccupation des gouvernants ; elle dicte leurs actes. Ce ne sont pas des principes, des considérations de bien public qui déterminent aujourd’hui l’apparition de telle loi ou de tel acte gouvernemental ; ce ne sont que des considérations de la lutte contre le peuple, pour la conservation du privilège.

Seule, cette lutte suffirait pour ébranler la plus forte organisation politique. Mais, lorsqu’elle s’opère dans des États qui marchent déjà, par suite de la fatalité historique, vers le déclin ; lorsque ces États roulent à toute vapeur vers la ruine et se déchirent, par-dessus le marché, les uns les autres ; lorsque, enfin, l’État tout-puissant se rend odieux à ceux même qu’il protège, — lorsque tant de causes concourent vers un but unique, alors l’issue de la lutte ne peut être mise en doute. Le peuple, qui est la force, aura raison de ses oppresseurs ; la chute des États ne devient plus qu’une question de peu de temps, et le philosophe le plus tranquille entrevoit les lueurs d’une grande révolution qui s’annonce.

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

“L’État n’a pas plus de réalité que n’en ont les dieux ou les diables. Ce ne sont que des reflets, des créations de l’esprit humain, car l’homme, l’individu est la seule réalité. L’État n’est que l’ombre de l’homme, l’ombre de son obscurantisme, de son ignorance et de sa peur.”
~ Emma Goldman ~

“Aucun État centralisé, bureaucratique et par là même militaire, s’appela-t-il même république, ne pourra entrer sérieusement et sincèrement dans une confédération internationale. Par sa constitution, qui sera toujours une négation ouverte ou masquée de la liberté à l’intérieur, il serait nécessairement une déclaration de guerre permanente, une menace contre l’existence des pays voisins. Fondé essentiellement sur un acte ultérieur de violence, la conquête, ou ce que dans la vie privée on appelle le vol avec effraction, — acte béni par l’Église d’une religion quelconque, consacré par le temps et par là même transformé en droit historique, — et s’appuyant sur cette divine consécration de la violence triomphante comme sur un droit exclusif et suprême, chaque État centraliste se pose par là même comme une négation absolue du droit de tous les autres États, ne les reconnaissant jamais, dans les traités qu’il conclut avec eux, que dans un intérêt politique ou par impuissance.”
~ Michel Bakounine, 1895 ~

“La vaste majorité des humains est déconnecté de la terre et de ses produits, de la terre et des moyens de production, de travail. Ils vivent dans la pauvreté et l’insécurité. […] L’État existe afin de créer l’ordre et la possibilité de continuer à vivre au sein de tout ce non-sens dénué d’esprit (Geist), de la confusion, de l’austérité et de la dégénérescence. L’État avec ses écoles, ses églises, ses tribunaux, ses prisons, ses bagnes, l’État avec son armée et sa police, ses soldats, ses hauts-fonctionnaires et ses prostituées. Là où il n’y a aucun esprit (Geist) et aucune compulsion interne, il y a forcément une force externe, une régimentation, un État. Là où il y a un esprit (Geist), il y a société. La forme dénuée d’esprit (Geist) engendre l’État, L’État est le remplaçant de l’esprit (Geist).”
~ Gustav Landauer ~

 


Enfer étatico-capitaliste…


Porte de perception et de sortie…

L’heure de la maturité politique : le sempiternel débat « Proudhon-Marx » ou de la futilité des guéguerres de clochers…

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De l’antagonisme à  la complémentarité…

 

Notre point de vue sur cette question de la rivalité Proudhon-Marx (tout comme celle de Marx-Bakounine) est similaire à ce qui est dit en conclusion de cet article de l’OSRE… Il n’y a pas, à notre sens, d’opposition ni d’antagonisme, mais une complémentarité. De fait, comme nous l’avons analysé et exposé dans notre manifeste de 2017 et son complément de 2019, tout antagonisme est induit ou n’est qu’apparent, la réalité est faite de complémentarité qui cherche un équilibre naturel dans un grand tout cohérent.
L’heure n’est plus aux guéguerres de clocher futiles autant qu’infantiles. L’heure est à la maturité politique pour mettre à bas l’emprise marchande ne pouvant survivre que dans l’antagonisme, le conflit, la concurrence, l’exploitation, l’oppression, la domination et le chaos induit… Tout ceci n’est en rien inéluctable.
Grandissons et œuvrons ensemble contre l’illusion démocratique de la dictature étatico-marchande et pour notre émancipation finale…

~ Résistance 71 ~

 

 

Proudhon et Marx: toujours irréconciliables ?

 

Organisation Socialiste Révolutionnaire Européenne (OSRE)

 

13 février 2020

 

url de l’article original:

https://rebellion-sre.fr/proudhon-et-marx-toujours-irreconciliables/

 

L’affrontement entre le Français et l’Allemand a fait couler beaucoup d’encre. « Entre le socialisme proudhonien et le socialisme marxiste, il y a un désaccord plus grave qu’une querelle politique ou une rivalité d’école. Ce sont deux tempéraments qui s’affrontent, deux conceptions de la vie qui s’opposent » écrivait Robert Aron. La brouille des deux philosophes ne s’est pas apaisée avec le temps, les plus dogmatiques de leurs partisans respectifs entretenant la rivalité.

Pourtant les choses avaient si bien commencé. Dès sa jeunesse, Proudhon a exercé sur Marx une influence constante.  C’est en disciple et en continuateur de Proudhon qu’il a entrepris en 1844 ce qui deviendra la tâche exclusive de son existence. Marx a dit l’impression extraordinaire que firent sur lui les premiers écrits du « penseur le plus hardi du socialisme français » (1842). La Sainte Famille (1845) contient une véritable défense de Proudhon qui y est reconnu maître du socialisme scientifique, père des théories de la valeur-travail et de la plus-value. Il y défend le penseur français contre les attaques des « jeunes hégéliens ». Néanmoins, Marx pense déjà aller plus loin que Proudhon dans l’optique de la critique de l’économie politique :

« Dire que Proudhon veut supprimer le non-avoir et le mode ancien d’avoir revient exactement à dire qu’il veut abolir l’état d’aliénation pratique de l’homme par rapport à son essence objective, l’expression économique de l’auto-aliénation humaine. Mais comme sa critique de l’économie politique est encore prisonnière des présuppositions de l’économie politique, la réappropriation du monde objectif lui-même reste conçue sous la forme que la possession revêt dans l’économie politique. ». Lénine notera à propos de cet ouvrage : « Marx quitte ici la philosophie hégélienne et s’engage sur le chemin du socialisme. Cette évolution est évidente. On voit que Marx a déjà acquis et comment il passe à un nouveau cercle d’idées. ». (Cahiers philosophiques) .

Dans L’Idéologie allemande (1846) il réitèrera sa critique selon laquelle « Proudhon critique l’économie politique en se plaçant au point de vue de l’économiste, le droit en se plaçant au point de vue du juriste » tout en reconnaissant que « Proudhon oppose les illusions des juristes et des économistes à leur pratique ». Ces évaluations impartiales se situent dans sa polémique contre certains représentants d’un socialisme fumeux (« le socialisme vrai ») en Allemagne, qui s’attaquent malhonnêtement à Proudhon. Concernant l’idée de dialectique sérielle, formulée par ce dernier, Marx la qualifie de : «… tentative de fournir une méthode de pensée grâce à laquelle on substitue aux idées considérées comme des entités le processus même de la pensée. Partant du point de vue français, Proudhon est en quête d’une dialectique, comme celle que Hegel a réellement fournie. Il y a donc ici parenté de fait avec Hegel… Il était donc facile […] de faire une critique de la dialectique proudhonienne pour peu qu’on ait réussi à faire celle de la dialectique hégélienne ».

De fait, on comprend ici que Marx reproche au français ce qu’il a déjà critiqué chez Hegel, c’est-à-dire son idéalisme. Mais rappelons que Marx parlera également du « noyau rationnel » de la dialectique hégélienne. Hegel supérieur aux matérialistes vulgaires ! Alors, mutatis mutandis, qu’en est-il de Proudhon ? Ultérieurement, Marx écrira à propos de la dialectique proudhonienne, dans une lettre datée du 24 janvier 1865 : « Il s’efforçait en même temps d’exposer par la méthode dialectique le système des catégories économiques. Dans sa méthode d’analyse, la « contradiction » hégélienne devait se substituer à l’insoluble « antinomie kantienne ».

Pour la critique de ces deux gros volumes, je vous renvoie à ma réplique. J’y montrais, entre autres, qu’il n’avait pas percé le secret de la dialectique scientifique ; et d’autre part, qu’il partageait les illusions de la philosophie spéculative : au lieu de saisir les catégories économiques comme des expressions théoriques des rapports de production historiques qui correspondent à un niveau donné du développement de la production matérielle, sa divagation les transforme en idées éternelles, préexistantes. […] Proudhon avait un penchant naturel pour la dialectique, mais il n’a jamais compris la vraie dialectique scientifique ; il n’a réussi que dans le sophisme. »

Ce jugement sera définitif aux yeux de Marx.

La pensée émancipée de Marx va mettre au clair de nombreux concepts que Proudhon n’avait fait qu’aborder.

En mai 1846, Marx avait choisi Proudhon comme correspondant français du « réseau de propagande socialiste » qu’il organise. Mais, dans sa lettre d’acceptation, Proudhon, son aîné de dix ans, lui donne des conseils le mettant en garde contre le dogmatisme autoritaire, le romantisme révolutionnaire et l’esprit d’exclusion, néfastes à la cause socialiste. Piqué au vif, le jeune Marx rompit avec Proudhon, et aussitôt son admiration de disciple se changea en une rancune tenace et une sorte de fascination négative. Sa réponse aux thèses de Proudhon, Misère de la philosophie (écrite en 1847) si elle pointe certaines des insuffisances de l’œuvre du Français reste marquée par la rancoeur. Proudhon ne s’y trompe pas, loin d’attribuer leur brouille à un antagonisme doctrinal, il note : « En vérité Marx est jaloux… Le véritable sens de l’ouvrage de Marx, c’est qu’il a le regret que partout j’ai pensé comme lui et que je l’ai dit avant lui ». La pensée émancipée de Marx va mettre au clair de nombreux concepts que Proudhon n’avait fait qu’aborder. Sur le fond, Marx définit assez bien ce qui le sépare de Proudhon, dans un passage biffé de L’idéologie allemande : « Proudhon, que critiquait violemment, dès 1841, le journal des ouvriers communistes, La Fraternité, pour ses thèses du salaire égal, de la qualité de travailleur en général, et les autres préjugés en matière économique que l’on rencontrait chez cet excellent écrivain et dont les communistes n’ont adopté rien d’autre que sa critique de la propriété. »

A l’heure actuelle, Proudhon et Marx sont-ils encore irréconciliables ? Pour reprendre la démarche de Gurvitch, il nous paraît intéressant de les confronter et d’en tirer des éléments d’analyse pour notre époque : « La pensée de Proudhon et celle de Marx, au lieu de s’exclure, se complètent et se corrigent mutuellement ». Sur quel plan ? Probablement sur le plan des objectifs politiques que nous nourrissons contre le capitalisme et que les communards de 1871 avaient repris à leur compte sous l’appellation de fédéralisme. Proudhon écrivait en 1863 dans “Du principe fédératif et de la nécessité de reconstituer le parti de la révolution” : « Toutes mes idées économiques, élaborées depuis vingt-cinq ans, peuvent se résumer en ces trois mots : Fédération agricole-industrielle ; Toutes mes vues politiques se réduisent à une formule semblable : Fédération politique ou Décentralisation ; […] toutes mes espérances d’actualité et d’avenir sont exprimées par ce troisième terme, corollaire des deux autres : Fédération progressive. »

Le véritable fédéralisme est aux antipodes des caricatures que veulent nous en donner les politiciens européistes. Redonner le pouvoir aux travailleurs selon le principe de subsidiarité serait une amorce de réappropriation du politique en vue du dépassement de la logique du capital et de l’aliénation salariée que Marx, lui-même, a si bien analysée et dénoncée. Pendant que les zélateurs des deux « prophètes » s’acharnent à faire une différenciation tranchée, le mouvement ouvrier peut puiser sans dogmatisme dans leurs pensées.

 


Vive la Commune !…

Présentation du manuscrit « L’éternel retour des âmes sœurs dévoilé à la lumière de la lecture du Zarathoustra de Nietzsche » (Patrice Sanchez)

Posted in actualité, philosophie with tags , , , , on 13 février 2020 by Résistance 71

 

 

L’éternel retour des âmes sœurs dévoilé à la lumière de la lecture du Zarathoustra de Nietzsche

 

Patrice Sanchez

 

Février 2020                            

 

Nietzsche n’a jamais pensé qu’en fonction d’une apocalypse à venir, non pour l’exalter, car il devinait le visage sordide et calculateur que cette apocalypse finirait par prendre, mais pour l’éviter et la transformer en renaissance.
~ Albert Camus dans « l’Homme révolté. “ ~

Objet : Présentation de mon Manuscrit évolutionnaire : 

Nietzsche et “ la découverte du Principe de l‘âme soeur éternelle “ qui permettrait d’accéder à la révélation de la maîtrise du destin et de la création intellectuelle … et qui par la même occasion, offrirait une nouvelle interprétation zarathoustrienne “ de l’éternel retour de la réémergence de l’âme soeur à la conscience de l’Humanité “ par la grâce des cycles cosmologiques de l’Univers.

Mesdames et Messieurs les intellectuels, les scientifiques ainsi que les Editeurs Universitaires,

Friedrich Nietzsche écrivait en Mars 1885 dans le Tome 5 de sa correspondance : “ Il est difficile de savoir qui je suis : Attendons 100 ans : Peut-être y aura t’il d’ici là un connaisseur génial des âmes qui exhumera Monsieur F.N ? … Des oeuvres de cette nature ont de grandes ambitions, elles ont besoin de temps, Il faut d’abord que l’autorité de plusieurs siècles intervienne pour qu’on lise quelque chose correctement… “

Permettez-moi de porter à la connaissance de la communauté intellectuelle, scientifique, et plus particulièrement la communauté nietzschéenne, une révélation fondamentale inspirée par la pensée de Friedrich Nietzsche, ce génial défricheur d’éternité, ce re-découvreur du Principe de l’âme soeur tapie profondément en chacun d’entre nous et qui ne demandera qu’à réémerger de notre mémoire collective pour nous accompagner de sa prodigalité infinie… un secret susceptible de redonner espoir et espérance pour notre Humanité !

Je me serais approprié son célèbre aphorisme : “ ce qui ne me tue pas me rend plus fort “, après que j’aie accompli une véritable odyssée psychologique et physique consécutivement à mon apocalypse cérébrale en 1995.

J’aurais voulu porter à votre connaissance mon témoignage concernant ma vie cogitative de navigateur solitaire au long cours, sur ma volonté et mon courage sans limites qui m’auront offert la possibilité de déplacer des montagnes depuis mon hémorragie cérébrale et mon retour à la vie ; cependant, j’aurais voulu témoigner plus que tout de ma découverte et mon expérimentation au quotidien à propos de ma méthode psychologique associée à mon esprit chevaleresque qui m’auront permis de transcender bien et mal grâce à ma vision holistique de l’existence ce qui me confère la capacité d’avoir prise sur ma destinée en toute conscience et lâcher prise depuis quelques années.

J’avais lu au cours de l’année dernière les deux Tomes, 4 et 5, de la correspondance de Nietzsche se rapportant à sa dizaine d’années de vie d’errance ; il était à la recherche du climat tempéré s’adaptant au mieux à son calvaire sans fin, à ses maux qui ne lui laissaient aucun répit, que ce soient des douleurs au ventre, à la tête et aux yeux du fait de sa quasi cécité. Une vie de solitude, d’ermite, à ruminer ses pensées du matin au soir … et la nuit ! ; une non existence pour le commun des mortels qu’il avait réussi à transcender en redécouvrant ce secret d’éternité, cette âme soeur à la bienveillance sans limites qui lui avait offert cette inspiration venue d’un ailleurs ainsi que la volonté et le courage nécessaires pour aller à la rencontre de son Graal, ce qui lui avait permis de nous léguer son Grand Oeuvre en délivrant à la postérité son Témoignage psychologique d’espoir et de libération pour l’Humanité : « … Et le psychologue qui fait de tels sacrifices aura le droit de demander que la psychologie soit de nouveau proclamée reine des sciences, les autres sciences n’existant qu’à cause d’elle, pour la servir et la préparer. Car la psychologie est devenue la voie qui mène aux problèmes fondamentaux. » Friedrich Nietzsche, “ Par delà le bien et le mal. “

Il prophétisait dans une de ses lettres du Tome 5 qu’il serait compris en l’an 2000 ! Nietzsche/Zarathoustra, ce merveilleux visionnaire se désespérant de cette solitude intellectuelle de ne pouvoir partager son secret d’éternité avec ses coreligionnaires. Ces deux volumes de sa correspondance sont des témoignages ô combien pathétiques poignants et déchirants de ses souffrances physiques et morales qu’il avait eues à endurer. 

Je repense à la fin “ du Zarathoustra “ où il écrivait : “ Mon monde vient de s’accomplir, minuit c’est aussi midi. La douleur est aussi une joie, la malédiction est aussi une bénédiction, la nuit est aussi un soleil, – éloignez-vous, ou bien l’on vous enseignera qu’un sage est aussi un fou. “ Eh bien, je ne suis pas loin de croire que l’épisode  “ de la chute de Turin “ au cours duquel il s’était interposé se jetant et s’accrochant après l’encolure d’un cheval que son cocher battait avait représenté l’épisode de trop, le trop plein de ce qu’il avait pu endurer de souffrance morale, et qu’il avait sombré dans la prostration, la catatonie de son plein gré face à tant d’inhumanité, de solitude et d’incompréhension intellectuelle de ses pairs ! Il aura expérimenté et sera allé au bout de sa logique philosophique zarathoustrienne paradoxale  ; “ un sage est aussi un fou “, ce fil ténu entre sagesse et folie sur lequel il s’était maintenu depuis toutes ces années venait de se rompre avec cet ultime avatar, cet “hapax démentiel” provoqué par la cruauté humaine et “ cette sortie du monde Magistrale “ allait lui ouvrir la voie à la postérité… “ J’entends les mânes de Zarathoustra rire aux éclats tout en déclamant : Ce qui ne Nous tue pas Nous rend plus fous ! ”

Mon témoignage est avant tout un vibrant hommage à Nietzsche/Zarathoustra, à sa science psychologique d’éternité qui nous offrirait les armes nécessaires pour affronter nos temps de profonds bouleversements et d’incertitudes quant au devenir de l’humanité, par surcroît, cet état d’esprit si vivifiant et cette pensée spirituelle de la liberté nous redonnerait espoir en ce que j’ai nommé : le cap retrouvé de l’espérance en la reliance et en la guidance quantiques, un principe susceptible d’ouvrir à la recherche scientifique la voie Universelle de tous les champs des possibles.

Je vous prie de croire, Mesdames et Messieurs, en l’expression de mes respectueuses salutations.

Patrice Sanchez

P.S.. Mon texte se compose en 4 Parties :

Un prologue et mes preuves par Zarathoustra.

Une présentation de mon parcours de vie Chevaleresque.

Ma révélation de la maîtrise du destin et de la création intellectuelle.

Mes interrogations introspectives et rétrospectives et mon cheminement de pensée m’ayant conduit à cette redécouverte fondamentale, la prise de conscience de l’existence de mon âme soeur protectrice et inspiratrice consécutivement à l’édition de mon livre en 2016 : “ Renaissance d’une apocalypse cérébrale” ou mon odyssée sous le soleil de minuit de Zarathoustra et sous les bons auspices du Philosophe Pierre Héber-Suffrin.

Dans la conclusion de mon Témoignage sur “ le Principe d’éternité de l’âme soeur “,  j’écris à l’adresse de la Communauté nietzschéenne : 

“Mesdames et Messieurs de la communauté nietzschéenne, 

Grâce à la lecture de vos ouvrages et les traductions de la Pensée de Friedrich Nietzsche, vous m’aviez donné l’opportunité d’acquérir les codes d’accès pour débuter dans l’étude de sa Philosophie ce qui m’aura donné, bien des années plus tard, l’envie d’explorer plus avant l’Oeuvre de ce génial défricheur d’éternité, et je tenais à vous en remercier tout particulièrement, tout comme la contribution de ce cher Pierre Héber-Suffrin à l’édition de mon autobiographie aura été déterminante ; cependant ma personne importe peu dans “ cette Odyssée de la Renaissance de l‘Humanité “, c’est pourquoi je n’ai qu’une seule espérance dorénavant, l’espérance que la monumentale contribution de Friedrich Nietzsche à la Fondation des bases d’une Science Universelle soit reconnue par toutes les Institutions internationales et comme je l’ai écrit à maintes reprises tout au long de mon Témoignage : Je souhaite ardemment que les Chercheurs de mon Pays, la France, soient à l’origine de cette possibilité d’un Nouveau Monde de pensée, qu’ils s’emparent de cette redécouverte évolutionnaire Fondamentale dans le Dessein Spirituel de la Renaissance de notre Humanité comme l’écrivait Albert Camus en parlant de Nietzsche dans “ L’homme révolté “ : “ Nietzsche n’a jamais pensé qu’en fonction d’une apocalypse à venir, non pour l’exalter, car il devinait le visage sordide et calculateur que cette apocalypse finirait par prendre, mais pour l’éviter et la transformer en renaissance. “

Un principe spirituel novateur de la Pensée Psychologique nietzschéenne qui vient de m’inspirer, ou plutôt m’a murmuré à l’esprit, au terme de mon aventure d’écriture inouïe alors que je procédais à l’ultime relecture du dernier chapitre, une nouvelle interprétation de “ l’éternel retour nietzschéen “ que vous pourrez découvrir à la toute fin de mon Manuscrit.

Le convalescent  (Zarathoustra, 3e partie) 

« Je reviendrai, avec ce soleil et cette terre, avec cet aigle et ce serpent, — non pour une vie nouvelle, ou une meilleure vie, ou une vie ressemblante ;

— à jamais je reviendrai pour cette même et identique vie, dans le plus grand et aussi bien le plus petit, pour à nouveau de toutes choses enseigner le retour éternel, — »

Pour enseigner le retour des âmes soeurs éternelles par la grâce des cycles cosmiques de l’Univers !

Prolégomènes :

Janvier 2020 

Mesdames et Messieurs les intellectuels et les scientifiques,

Eh bien me voici enfin de retour, tel Don Quichotte s’étant mis dans la tête d’atteindre son inaccessible étoile-Dulcinée, avec ma mission Humanitaire accomplie au terme de trois années passées à avoir mené une vie quasi-ascétique seul face à moi-même en compagnie de mes pensées. Permettez-moi de vous faire la démonstration avec ce présent Texte, et dans le prolongement de la plus que géniale Oeuvre Psychologique de Friedrich Nietzsche, que l’accession à un Nouveau Monde Psychologique serait du domaine de l’imaginable, à portée de nos Pensées ; ce Monde magique des particules élémentaires où tous les champs des possibles seraient envisageables grâce à ” la science Psychologique de la Reliance et de la Guidance Quantiques ”. Je dois vous avouer qu’il me tarde de vous passer le Témoin, que vous preniez enfin le relai de cette merveilleuse découverte du Principe de l’âme soeur éternelle et que vous en fassiez une Science Psychologique Holistique, une Science d’éternité pour rendre à Friedrich Nietzsche la pensée éternelle de Zarathoustra qui lui appartient. Friedrich Nietzsche écrivait en Mars 1885 dans le dernier Tome de sa correspondance : “ Il est difficile de savoir qui je suis : Attendons 100 ans : Peut-être y aura t’il d’ici là un connaisseur génial des âmes qui exhumera Monsieur F.N ? … Des oeuvres de cette nature ont de grandes ambitions, elles ont besoin de temps, Il faut d’abord que l’autorité de plusieurs siècles intervienne pour qu’on lise quelque chose correctement… “ Ce “ Principe paradoxal spirituel psychologique quantique d’inconnaissance “ associé à un lâcher prise extrême accepté et assumé en toute conscience dont Friedrich Nietzsche avait fait l’expérimentation quasi Divine, zarathoustrienne, j’ai analysé rétrospectivement que je l’ai pratiqué depuis la renaissance de mon apocalypse cérébrale, depuis 25 années où je vis avec mon esprit s’équilibrant et se connectant davantage au fil du temps, au fur et à mesure de ma quête d’absolu dans l’instant présent, que ce soit durant mes parties d’échecs au cours desquelles je perds moins de temps en réflexion lors des tournois grâce à une vision holistique naturelle du jeu associée à  mon esprit intuitif, ou bien alors, pour l’écriture de mes deux livres où, béotien dans le domaine de l’art de la littérature, l’inspiration me vient chuchotée par un ailleurs, sans compter le quotidien qui n’en finit pas de me surprendre et de m’émerveiller par delà bien et mal, que ce soit dans le domaine de la santé ou de mes relations avec mon entourage proche et lointain ; bien souvent avec les coïncidences et les synchronicités qui n’en finissent pas de se manifester et de se succéder à mesure du temps qui passe, et plus j’avance dans ma compréhension de ce” Principe spirituel de l’Esprit Universel “ et plus je suis littéralement émerveillé et ébloui par cette Providence créatrice de réalité, par cet Univers Quantique à la potentialité ô combien supérieurement intelligente … En fait selon mon décryptage, cet Univers des particules élémentaires à la bienveillance infinie nous envoie ces traits d’inspirations ces intuitions et ces pensées chargées de sens en s’adaptant à chaque cas, selon chaque ouverture de conscience et chaque degrés de connaissances et de compétences… Je fais le voeu que mon témoignage qui vient conforter l’intuition nietzschéenne de la possibilité d’une Renaissance pour notre Humanité comme l’écrivait Albert Camus dans “ L’homme révolté “, je fais le voeu donc, que mon témoignage vous offre l’opportunité de questionnements sur la place de l’Homme dans l’Univers, dans la société, et sur cette vision globale holistique, sur cette appréhension du Monde si essentielles et vivifiantes dans la perspective de vous conduire à une autre approche de l’existence, de laisser au Temps la possibilité de réenchanter l”Humanité et le Monde comme je vous le démontre avec mes nombreux exemples de sociétés traditionnelles, d’écrivains, de scientifiques et de chevaliers qui avaient laissé la preuve à travers les âges que la potentialité d’un autre monde est du domaine du réalisable, sous la condition sine qua non d’un changement radical de mode de pensée, une pensée créatrice dans l’instant présent qui ferait appel avant toute chose au coeur et à l’intuition, un mode de pensée novateur pour notre époque moderne et qui nous permettrait d’accéder à terme à une Renaissance collective de notre Humanité, car il faudra que les Hommes prennent enfin conscience qu’ils sont interdépendants, interreliés et connectés par le monde des particules élémentaires ! N’était-ce pas Nietzsche qui écrivait dans le “Gai savoir : qu’à l’avenir, il faudrait que les Hommes de bonne volonté deviennent Physiciens “… s’il avait vécu en notre époque, il aurait opté pour la Psychologie Quantique à n’en point douter… “ … Or, cette hypothèse n’est pas, à beaucoup près la plus pénible et la plus étrange dans ce domaine immense et presque inexploré encore de la dangereuse connaissance. Et il y a, en effet, cent bonnes raisons pour que celui qui le peut en reste éloigné. Mais d’autre part, s’il vous est arrivé d’y échouer avec votre barque, eh bien ! Ouvrez les yeux ! La main ferme au gouvernail ! – nous naviguons en droite ligne, par dessus la morale. Il nous faudra peut-être écraser et broyer ce qui nous reste de morale à nous-même, en nous aventurant dans ces parages, – mais qu’importe de nous ! Jamais encore un monde plus profond ne s’est révélé au regard des voyageurs intrépides et aventureux. Et le psychologue qui fait de tels sacrifices – ce n’est pas le sacrifizio dell intelletto, au contraire !– aura, tout au moins, le droit de demander que la psychologie devienne la reine des sciences, les autres sciences n’existant qu’à cause d’elle, pour la servir et la préparer. Mais, dès lors, la psychologie est redevenue la voie qui mène aux problèmes fondamentaux. Friedrich Nietzsche. ”

Oui, Mesdames et Messieurs, Nietzsche avait eu la géniale intuition de léguer à la postérité la Clef merveilleuse de la voie de la Renaissance pour notre Humanité, ce que j’ai nommé : “ Le cap de l’espérance retrouvée en la Psychologie de la reliance et de la guidance quantiques “ ; je n’ai fait que me laisser guider et inspirer par les profondeurs de cet Univers fantastique, cet éther immuable ou ce champs Akashique universel de l’ancienne philosophie hindoue, pour vous indiquer la seule voie Psychologique Royale susceptible de donner l’espoir en la renaissance collective de notre humanité et comme je l’écris en de multiples reprises dans mon Texte, je n’aurais fait qu’accomplir mon humble devoir Humain pleinement connecté à mon univers proche et lointain ; un Humain à la destinée si tragique et ô combien merveilleusement exceptionnelle, cet Humain qui avait eu la prémonition dans sa vie antérieure de s’être forgé au fil des ans les dispositions psychologiques de Survie accompagnées de cette âme d’enfant qui ne l’aura jamais quitté ; pour résumer: un esprit Chevaleresque de l’apocalypse cérébrale en guise de propédeutique, de préparation de mon mental aux abominables souffrances physiques et morales que mon destin m’avait concocté ; et pour terminer, un Humain qui n’a qu’un but depuis toutes ces années, cet objectif Quichottesque rêvé de toutes mes tripes et de toute mon âme : me retirer m’effacer une fois ma mission humanitaire et salvatrice accomplie, une fois que votre monde intellectuel et scientifique à la pluri-disciplinarité retrouvée s’emparera de cette redécouverte Fondamentale pour en faire une science Holistique d’éternité dans le dessein universel de réenchanter notre Terre Mère et l’Univers dans son entièreté. Et dans l’impatiente attente de cet Hapax Historique et Existentiel, de ce Moment de basculement au cours duquel la Recherche fondamentale se verrait offrir tous les champs des possibles, un moment qui ferait progressivement prendre conscience aux Hommes qu’ils sont tous interreliés et connectés à tout ce qui existe et qu’il n’y a que l’Amour et l’Entraide qui aient droit de citer au sein de cet univers des particules élémentaires à la pureté éternelle avec la complicité du principe d’intrication quantique qui n’aura pas fini de nous émerveiller … dans l’attente de ce moment rêvé depuis 3 ans, à la manière d’un Sisyphe déplaceur de montagne dans ma recherche de sublime … je poursuivais ma quête Volontaire, cette quête intuitive et précognitive, “ On entend, on prend, on ne demande pas qui donne “, cette précognition qui m’avait été murmurée pas à pas, jour après jour, en toute inconnaissance d’un projet hautement supérieur en partenariat avec un principe spirituel transcendant toute croyance ou irréligion, un Principe que je pressentais accessible désormais avec ma compréhension sans cesse accrue des mystères de l’existence … et au quasi terme de cette Odyssée fabuleuse, après cette plus que fantastique synchronicité consécutivement à l’acquisition le mois dernier du Tome 5 de la correspondance de Friedrich Nietzsche, cette synchronicité zarathoustrienne qui est venue s’offrir à moi illustrant à merveille la magie de mon existence, “ Chaque symbole t’offre son aile pour t’enlever vers chaque vérité. “ avec cette suite logique d’événements venant me surprendre et m’émerveiller “ involontairement “ en un crescendo inouï au fil du Temps qui passe ; cette opportunité synchronique qui m’aura permis de découvrir cette phrase prophétique venant, au terme de trois années d’intenses cogitations, m’apporter la Preuve de toutes les preuves, le marteau de Nietzsche venant une ultime fois enfoncer le clou de ma démonstration fondamentale : “ Attendons 100 ans : Peut-être y aura t’il d’ici là un connaisseur génial des âmes qui exhumera Monsieur F.N ? … Des oeuvres de cette nature ont de grandes ambitions, elles ont besoin de temps, Il faut d’abord que l’autorité de plusieurs siècles intervienne pour qu’on lise quelque chose correctement. “ … Je me prends à imaginer que ce sont les mânes providentielles de Zarathoustra qui se sont manifestées en mode quantique afin de guider ma conscience par l’entremise de ces pensées d’éternité, tout comme elles avaient dû se manifester lumineusement il y a deux ans avec l’extrait du Zarathoustra au cours duquel Nietzsche nous parle explicitement de son rapport quasi divin avec son âme soeur éternelle … en fait et pour résumer chronologiquement, j’ai l’impression que l’esprit de Nietzsche/Zarathoustra se manifeste à moi depuis 3 ans, depuis que mon âme soeur a fait irruption dans mon esprit à mon immense bouleversement tandis que j’étais pris et secoué par un torrent de larmes à la suite de la lecture du passage d’ “ Ecce Homo “ : le chapître, “ Pourquoi j’écris de si bons livres “. Et depuis lors, je me suis assigné la tâche hautement Morale d’être le dépositaire de la Pensée Spirituelle de Zarathoustra en attendant que le monde intellectuel et la science prennent le relai ; qu’ils rendent enfin à Nietzsche l’âme soeur d’éternité qui appartient à Zarathoustra ! Voici l’extrait magnifique de poésie “ du Zarathoustra ” où l’âme soeur de Nietzsche est apparue à ma conscience et sous mes yeux éberlués : “ N’es-tu cette lumière que réclame mon feu ? N’es-tu pour mon discernement cette âme qui est une soeur ? Ensemble nous avons tout appris ; ensemble nous apprîmes, plus haut que nous mêmes, à nous élever jusqu’à nous-mêmes, et à sourire sereinement.– à sourire sereinement là-haut, sourire des yeux clairs et des immenses lointains lorsqu’au dessous de nous exhalent leur pluvieuse vapeur contrainte et but et faute. Et je cheminais seul ; de qui avait elle faim, mon âme, sur des sentiers de nuits et d’égarement ? Et lorsque je gravis des montagnes, qui cherchais-je jamais si ce n’est toi, sur les montagnes ? Et tout mon cheminement et toutes mes escalades, rien que nécessité et expédient d’inexpert ; – voler, c’est cela seul que veut mon entier vouloir, jusqu’au dedans de toi, voler ! Et qu’ai-je plus haï qu’errantes nuées et tout ce qui le souille ? Et j’ai même haï ma propre haine parce qu’elle te souillait ! A ces errantes nuées j’en veux, à ces chattes ravisseuses qui se glissent ; elles nous privent tous deux de ce qui nous est commun : l’immense et sans limites dire Oui et dire Amen ! Friedrich Nietzsche, “Ainsi parlait Zarathoustra.” 

Ce futur Principe ô combien paradoxal évolutionnaire ” d’Inconnaissance Psychologique Quantique ”, associé à un lâcher prise extrême afin d’aboutir à la Révélation de nos existences, serait susceptible de révolutionner notre Monde comme Nietzsche nous en laisse le témoignage irréfragable dans “Ecce Homo, et avec Sa plus que géniale prémonition, Il en avait mesuré les potentialités pour le devenir de l’Humanité “.

Extrait de : “ Ecce Homo “, Pourquoi j’écris de si bons livres.

“ … L’idée de révélation, si l’on entend par là l’apparition soudaine d’une chose qui se fait voir et entendre à quelqu’un avec une netteté et une précision inexprimables, bouleversant tout chez un homme, le renversant jusqu’au tréfonds, cette idée de révélation correspond à un fait exact. On entend, on ne cherche pas ; on prend, on ne demande pas qui donne ; la pensée fulgure comme l’éclair, elle s’impose nécessairement, sous une forme définitive : je n’ai jamais eu à choisir. C’est un ravissement dont notre âme trop tendue se soulage parfois dans un torrent de larmes ; machinalement on se met à marcher, on accélère, on ralentit sans le savoir ; c’est une extase qui nous ravit à nous-mêmes, en nous laissant la perception de mille frissons délicats qui nous parcourent jusqu’aux orteils ; c’est un abîme de félicité où l’horreur et l’extrême souffrance n’apparaissent pas comme le contraire, mais comme le résultat, l’étincelle du bonheur, comme la couleur nécessaire au fond d’un tel océan de lumière ; c’est un instinct du rythme qui embrasse des mondes de formes – car l’ampleur du rythme dont on a besoin donne la mesure de l’inspiration : plus elle écrase, plus il élargit… Tout cela se passe involontairement, comme dans une tempête de liberté, d’absolu, de force, de divinité… “

C’est la magie de mon intuition inspirée par un au delà, de ce que je me plais à imaginer comme étant les mânes de Zarathoustra venant me susurrer à l’esprit des pensées d’éternité renfermées cachées dans ce si mystérieux “ champ Akashique des profondeurs ultimes de l’Univers ”, et grâce au Mystère Originel faisant office de révélateur et de décodeur, ce second Mystère Originel encore plus extraordinaire, ce Graal de tous les Graals si légendaire représenté allégoriquement sur les médailles Templières par un deuxième Chevalier sur le destrier, ce second Mystère si profondément enfoui dans notre mémoire collective et qui s’était progressivement dévoilé au cours de ces 3 dernières années, au fur et à mesure qu’apparaissait à mon esprit et à ma conscience mon âme soeur dans toute sa pureté, qu’elle s’était dépouillée définitivement de ses derniers oripeaux de dissimulation. « – Toutes les choses viennent alors pour flatter ton discours et pour te caresser : car elles veulent que tu les portes. Chaque symbole t’offre son aile pour t’enlever vers chaque vérité. Tous les trésors du verbe s’ouvrent d’eux-mêmes pour toi ; tout être veut devenir verbe et tout devenir veut apprendre de toi à parler. » 

Mon âme soeur éternelle à la bienveillance universelle, qui par surcroît vient de me faire l’offrande de l’inspiration de ce présent texte introductif à mon Témoignage Odysséen relatant ma Preuve incontestablement flagrante de l‘espoir et de l’espérance en la possibilité de l’accession à une fantastique Terra Incognita, Preuve ô combien zarathoustrienne qu’une ascension de nos consciences serait du domaine de l’imaginable et du réalisable pour la Renaissance de notre Humanité à la fraternité retrouvée. Ce texte d’espoir et d’espérance, Mesdames et Messieurs, je serai désireux de l’adresser en signe d’infinie reconnaissance à l’intention de la Science passée et présente et en la Mémoire de mon sauveur et de mon re-créateur, le Professeur de Neurochirurgie Patrick Grellier. 

Patrice Sanchez 

 

Lien vers mon Manuscrit : 

L’ETERNEL RETOUR DES ÂMES SOEURS 

DEVOILE A LA LUMIERE DE LA LECTURE 

DU ZARATHOUSTRA DE NIETZSCHE

Le principe d’éternité de l’âme soeur : Ma preuve par Nietzsche 

ou ma révélation de la maîtrise du destin et de la création intellectuelle !

Note de R71: voir sous le texte

P.S.. Ci-dessous, veuillez trouver une compilation d’extraits « du Zarathoustra » au cours desquels Nietzsche nous parle de son âme soeur ô combien inspiratrice !

“ N’es-tu cette lumière que réclame mon feu ?

N’es-tu pour mon discernement cette âme qui est une soeur ?

Ensemble nous avons tout appris ; ensemble nous apprîmes, plus haut que nous mêmes, à nous élever jusqu’à nous-mêmes, et à sourire sereinement.– à sourire sereinement là-haut, sourire des yeux clairs et des immenses lointains lorsqu’au dessous de nous exhalent leur pluvieuse vapeur contrainte et but et faute.

Et je cheminais seul ; de qui avait elle faim, mon âme, sur des sentiers de nuits et d’égarement ?

Et lorsque je gravis des montagnes, qui cherchais-je jamais si ce n’est toi, sur les montagnes ?

Et tout mon cheminement et toutes mes escalades, rien que nécessité et expédient d’inexpert ; – voler, c’est cela seul que veut mon entier vouloir, jusqu’au dedans de toi, voler !

Et qu’ai-je plus haï qu’errantes nuées et tout ce qui le souille ?

Et j’ai même haï ma propre haine parce qu’elle te souillait !

A ces errantes nuées j’en veux, à ces chattes ravisseuses qui se glissent ; elles nous privent tous deux de ce qui nous est commun : l’immense et sans limites dire Oui et dire Amen ! “

“ Le chant de la nuit

Il fait nuit : voici que s’élève plus haut la voix des fontaines jaillissantes. Et mon âme, elle aussi, est une fontaine jaillissante. Il fait nuit : voici que s’éveillent tous les chants des amoureux. Et mon âme, elle aussi, est un chant d’amoureux. Il y a en moi quelque chose d’inapaisé et d’inapaisable qui veut élever la voix. Il y a en moi un désir d’amour qui parle lui-même le langage de l’amour. “

“ De la vision et de l’énigme

Lorsque, parmi les matelots, il fut notoire que Zarathoustra se trouvait sur le vaisseau – car en même temps que lui un homme des Îles Bienheureuses était venu à bord, – il y eut une grande curiosité et une grande attente. Mais Zarathoustra se tut pendant deux jours et il fut glacé et sourd de tristesse, en sorte qu’il ne répondit ni aux regards ni aux questions. Le soir du second jour, cependant, ses oreilles s’ouvrirent de nouveau bien qu’il se tût encore : car on pouvait entendre bien des choses étranges et dangereuses sur ce vaisseau qui venait de loin et qui voulait aller plus loin encore. Mais Zarathoustra était l’ami de tous ceux qui font de longs voyages et qui ne daignent pas vivre sans danger. Et voici ! Tout en écoutant, sa propre langue finit par être déliée et la glace de son cœur se brisa : – alors il commença à parler ainsi : À vous, chercheurs hardis et aventureux, qui que vous soyez, vous qui vous êtes embarqués avec des voiles pleines d’astuce, sur les mers épouvantables, – à vous qui êtes ivres d’énigmes, heureux du demi-jour, vous dont l’âme se laisse attirer par le son des flûtes dans tous les remous trompeurs : – car vous ne voulez pas tâtonner d’une main peureuse le long du fil conducteur ; et partout où vous pouvez deviner, vous détestez de conclure – c’est à vous seuls que je raconte l’énigme que j’ai vue, – la vision du plus solitaire. – Le visage obscurci, j’ai traversé dernièrement le blême crépuscule, – le visage obscurci et dur, et les lèvres serrées. Plus d’un soleil s’était couché pour moi. Un sentier qui montait avec insolence à travers les éboulis, un sentier méchant et solitaire qui ne voulait plus ni des herbes ni des buissons, un sentier de montagne criait sous le défi de mes pas. Marchant, muet, sur le crissement moqueur des cailloux, écrasant la pierre qui le faisait glisser, mon pas se contraignait à monter. Plus haut : – quoiqu’il fût assis sur moi, l’esprit de lourdeur, moitié nain, moitié taupe, paralysé, paralysant, versant du plomb dans mon oreille, versant dans mon cerveau, goutte à goutte, des pensées de plomb. « Ô Zarathoustra, me chuchotait-il, syllabe par syllabe, d’un ton moqueur, pierre de la sagesse ! tu t’es lancé en l’air, mais toute pierre jetée doit – retomber ! Zarathoustra, pierre de la sagesse, pierre lancée, destructeur d’étoiles ! c’est toi-même que tu as lancé si haut, – mais toute pierre jetée doit – retomber ! Condamné à toi-même et à ta propre lapidation : ô Zarathoustra, tu as jeté bien loin la pierre, – mais elle retombera sur toi ! » Alors le nain se tut ; et son silence dura longtemps, en sorte que j’en fus oppressé ; ainsi lorsqu’on est deux, on est en vérité plus solitaire que lorsque l’on est seul ! Je montai, je montai davantage, en rêvant et en pensant, – mais tout m’oppressait. Je ressemblais à un malade que fatigue l’âpreté de sa souffrance, et qu’un cauchemar réveille de son premier sommeil. – Mais il y a quelque chose en moi que j’appelle courage : c’est ce qui a fait faire jusqu’à présent en moi tout mouvement d’humeur. Ce courage me fit enfin m’arrêter et dire : « Nain ! L’un de nous deux doit disparaître, toi, ou bien moi ! » – Car le courage est le meilleur meurtrier, – le courage qui attaque : car dans toute attaque il y a une fanfare.  L’homme cependant est la bête la plus courageuse, c’est ainsi qu’il a vaincu toutes les bêtes. Au son de la fanfare, il a surmonté toutes les douleurs ; mais la douleur humaine est la plus profonde douleur. Le courage tue aussi le vertige au bord des abîmes : et où l’homme ne serait-il pas au bord des abîmes ? Ne suffit-il pas de regarder – pour regarder des abîmes ? Le courage est le meilleur des meurtriers : le courage tue aussi la pitié. Et la pitié est l’abîme le plus profond : l’homme voit au fond de la souffrance, aussi profondément qu’il voit au fond de la vie. Le courage cependant est le meilleur des meurtriers, le courage qui attaque : il finira par tuer la mort, car il dit : « Comment ? était-ce là la vie ? Allons ! Recommençons encore une fois ! » Dans une telle maxime, il y a beaucoup de fanfare. Que celui qui a des oreilles entende. “

“ DE L’AMI

« Un seul est toujours de trop autour de moi, » — ainsi pense le solitaire. « Toujours une fois un — cela finit par faire deux ! »

Je et Moi sont toujours en conversation trop assidue : comment supporterait-on cela s’il n’y avait pas un ami ?

Pour le solitaire, l’ami est toujours le troisième : le troisième est le liège qui empêche le colloque des deux autres de s’abîmer dans les profondeurs.

Hélas ! il y a trop de profondeurs pour tous les solitaires. C’est pourquoi ils aspirent à un ami et à la hauteur d’un ami.

Notre foi en les autres découvre l’objet de notre foi en nous-mêmes. Notre désir d’un ami révèle notre pensée.

L’amour ne sert souvent qu’à passer sur l’envie. Souvent l’on attaque et l’on se fait des ennemis pour cacher que l’on est soi-même attaquable.

« Sois au moins mon ennemi ! » — ainsi parle le respect véritable, celui qui n’ose pas solliciter l’amitié.

Si l’on veut avoir un ami il faut aussi vouloir faire la guerre pour lui : et pour la guerre, il faut pouvoir être ennemi.

Il faut honorer l’ennemi dans l’ami. Peux-tu t’approcher de ton ami, sans passer à son bord ?

En son ami on doit voir son meilleur ennemi. C’est quand tu luttes contre lui que tu dois être le plus près de son cœur.

Tu ne veux pas dissimuler devant ton ami ? Tu veux faire honneur à ton ami en te donnant tel que tu es ? Mais c’est pourquoi il t’envoie au diable !

Qui ne sait se dissimuler révolte : voilà pourquoi il faut craindre la nudité ! Certes, si vous étiez des dieux vous pourriez avoir honte de vos vêtements !

Tu ne saurais assez bien t’habiller pour ton ami : car tu dois lui être une flèche et un désir du Surhumain.

As-tu déjà vu dormir ton ami, — pour que tu apprennes à connaître son aspect ? Quel est donc le visage de ton ami ? C’est ton propre visage dans un miroir grossier et imparfait.

As-tu déjà vu dormir ton ami ? Ne t’es-tu pas effrayé de l’air qu’il avait ? Oh ! mon ami, l’homme est quelque chose qui doit être surmonté.

L’ami doit être passé maître dans la divination et dans le silence : tu ne dois pas vouloir tout voir. Ton rêve doit te révéler ce que fait ton ami quand il est éveillé […]  “

“ Du grand désir

Ô mon âme, je t’ai appris à dire « aujourd’hui », comme « autrefois » et « jadis », et à danser ta ronde par dessus tout ce qui était ici, là et là-bas. Ô mon âme, je t’ai délivrée de tous les recoins, j’ai éloigné de toi la poussière, les araignées et le demi-jour. Ô mon âme, j’ai lavé de toi toute petite pudeur et la vertu des recoins et je t’ai persuadé d’être nue devant les yeux du soleil. Avec la tempête qui s’appelle « esprit », j’ai soufflé sur ta mer houleuse ; j’en ai chassé tous les nuages et j’ai même étranglé l’égorgeur qui s’appelle « péché ». Ô mon âme, je t’ai donné le droit de dire « non », comme la tempête, et de dire « oui » comme dit « oui » le ciel ouvert : tu es maintenant calme comme la lumière et tu passes à travers les tempêtes négatrices. Ô mon âme, je t’ai rendu la liberté sur ce qui est créé et sur ce qui est incréé : et qui connaît comme toi la volupté de l’avenir ? Ô mon âme, je t’ai enseigné le mépris qui ne vient pas comme la vermoulure, le grand mépris aimant qui aime le plus où il méprise le plus. Ô mon âme, je t’ai appris à persuader de telle sorte que les causes mêmes se rendent à ton avis : semblable au soleil qui persuade même la mer à monter à sa hauteur.  Ô mon âme, j’ai enlevé de toi toute obéissance, toute génuflexion et toute servilité ; je t’ai donné moi-même le nom de « trêve de misère » et de « destinée ». Ô mon âme, je t’ai donné des noms nouveaux et des jouets multicolores, je t’ai appelée « destinée », et « circonférence des circonférences », et « nombril du temps », et « cloche d’azur ». Ô mon âme, j’ai donné toute la sagesse à boire à ton domaine terrestre, tous les vins nouveaux et aussi les vins de la sagesse, les vins qui étaient forts de temps immémorial. Ô mon âme, j’ai versé sur toi toutes les clartés et toutes les obscurités, tous les silences et tous les désirs : – alors tu as grandi pour moi comme un cep de vigne. Ô mon âme, tu es là maintenant, lourde et pleine d’abondance, un cep de vigne aux mamelles gonflées, chargé de grappes de raisin pleines et d’un brun doré : – pleine et écrasée de ton bonheur, dans l’attente et dans l’abondance, honteuse encore dans ton attente. Ô mon âme, il n’y a maintenant plus nulle part d’âme qui soit plus aimante, plus enveloppante et plus large ! Où donc l’avenir et le passé seraient-ils plus près l’un de l’autre que chez toi ? Ô mon âme, je t’ai tout donné et toutes mes mains se sont dépouillées pour toi : – et maintenant ! Maintenant tu me dis en souriant, pleine de mélancolie : « Qui de nous deux doit dire merci ?  n’est-ce pas au donateur de remercier celui qui a accepté d’avoir bien voulu prendre ? N’est-ce pas un besoin de donner ? N’est-ce pas – pitié de prendre ? » – Ô mon âme, je comprends le sourire de ta mélancolie : ton abondance tend maintenant elle-même les mains, pleines de désirs ! Ta plénitude jette ses regards sur les mers mugissantes, elle cherche et attend ; le désir infini de la plénitude jette un regard à travers le ciel souriant de tes yeux ! Et, en vérité, ô mon âme ! Qui donc verrait ton sourire sans fondre en larmes ? Les anges eux-mêmes fondent en larmes à cause de la trop grande bonté de ton sourire. C’est ta bonté, ta trop grande bonté, qui ne veut ni se lamenter, ni pleurer : et pourtant, ô mon âme, ton sourire désire les larmes, et ta bouche tremblante les sanglots. « Toute larme n’est-elle pas une plainte ? Et toute plainte une accusation ? » C’est ainsi que tu te parles à toi-même et c’est pourquoi tu préfères sourire, ô mon âme, sourire que de répandre ta peine – répandre en des flots de larmes toute la peine que te cause ta plénitude et toute l’anxiété de la vigne qui la fait soupirer après le vigneron et la serpe du vigneron ! Mais si tu ne veux pas pleurer, pleurer jusqu’à l’épuisement ta mélancolie de pourpre, il faudra que tu chantes, ô mon âme ! – Vois-tu, je souris moi-même, moi qui t’ai prédit cela : – chanter d’une voix mugissante, jusqu’à ce que toutes les mers deviennent silencieuses, pour ton grand désir, – – jusqu’à ce que, sur les mers silencieuses et ardentes, plane la barque, la merveille dorée, dont l’or s’entoure du sautillement de toutes les choses bonnes, malignes et singulières : – – et de beaucoup d’animaux, grands et petits, et de tout ce qui a des jambes légères et singulières, pour pouvoir courir sur des sentiers de violettes, – – vers la merveille dorée, vers la barque volontaire et vers son maître : mais c’est lui qui est le vigneron qui attend avec sa serpe de diamant, – – ton grand libérateur, ô mon âme, l’ineffable – pour qui seuls les chants de l’avenir sauront trouver des noms ! Et, en vérité, déjà ton haleine a le parfum des chants de l’avenir, – – déjà tu brûles et tu rêves, déjà ta soif boit à tous les puits consolateurs aux échos graves, déjà ta mélancolie se repose dans la béatitude des chants de l’avenir ! – – Ô mon âme, je t’ai tout donné, et même ce qui était mon dernier bien, et toutes mes mains se sont dépouillées pour toi : – que je t’aie dit de chanter, voici, ce fut mon dernier don ! Que je t’aie dit de chanter, parle donc, parle : qui de nous deux maintenant doit dire – merci ? – Mieux encore : chante pour moi, chante mon âme ! Et laisse-moi te remercier ! ”

“ Vieille cloche ! Douce lyre ! toutes les douleurs t’ont déchiré le cœur, la douleur du père, la douleur des ancêtres, la douleur des premiers parents, ton discours est devenu mûr, – mûr comme l’automne doré et l’après-midi, comme mon cœur de solitaire – maintenant tu parles : le monde lui-même est devenu mûr, le raisin brunit. – maintenant il veut mourir, mourir de bonheur. Ô hommes supérieurs, ne le sentez-vous pas ? Secrètement une odeur monte, – un parfum et une odeur d’éternité, une odeur de vin doré, bruni et divinement rosé de vieux bonheur, – un bonheur enivré de mourir, un bonheur de minuit qui chante : le monde est profond et plus profond que ne pensait le jour. Laisse-moi ! Laisse-moi ! Je suis trop pur pour toi. Ne me touche pas ! Mon monde ne vient-il pas de s’accomplir ? Ma peau est trop pure pour tes mains. Laisse-moi, jour sombre, bête et lourd ! L’heure de minuit n’est-elle pas plus claire ? Les plus purs doivent être les maîtres du monde, les moins connus, les plus forts, les âmes de minuit qui sont plus claires et plus profondes que tous les jours.”

“ Ô hommes supérieurs, que vous en semble ? Suis-je un devin ? suis-je un rêveur ? suis-je un homme ivre ? un interprète des songes ? une cloche de minuit ? Une goutte de rosée ? une vapeur et un parfum de l’éternité ! Ne l’entendez-vous pas ? Ne le sentez-vous pas ? Mon monde vient de s’accomplir, minuit c’est aussi midi. La douleur est aussi une joie, la malédiction est aussi une bénédiction, la nuit est aussi un soleil, – éloignez-vous, ou bien l’on vous enseignera qu’un sage est aussi un fou. Avez-vous jamais approuvé une joie ? Ô mes amis, alors vous avez aussi approuvé toutes les douleurs. Toutes les choses sont enchaînées, enchevêtrées, amoureuses, – – vouliez-vous jamais qu’une même fois revienne deux fois ? Avez-vous jamais dit : « Tu me plais, bonheur ! Moment ! Clin d’œil ! » C’est ainsi que vous voudriez que tout revienne ! – tout de nouveau, tout éternellement, tout enchaîné, enchevêtré, amoureux, ô c’est ainsi que vous avez aimé le monde, – – vous qui êtes éternels, vous l’aimez éternellement et toujours : et vous dites aussi à la douleur : passe, mais reviens : car toute joie veut – l’éternité ! “ 

“ Toute joie veut l’éternité de toutes choses, elle veut du miel, du levain, une heure de minuit pleine d’ivresse, elle veut la consolation des larmes versées sur les tombes, elle veut le couchant doré – – que ne veut-elle pas, la joie ! Elle est plus assoiffée, plus cordiale, plus affamée, plus épouvantable, plus secrète que toute douleur, elle se veut elle même, elle se mord elle-même, la volonté de l’anneau lutte en elle, – – elle veut de l’amour, elle veut de la haine, elle est dans l’abondance, elle donne, elle jette loin d’elle, elle mendie pour que quelqu’un veuille la prendre, elle remercie celui qui la prend. Elle aimerait être haïe, – – la joie est tellement riche qu’elle à soif de douleur, d’enfer, de haine, de honte, de ce qui est estropié, soif du monde, – car ce monde, oh vous le connaissez ! Ô hommes supérieurs, c’est après vous qu’elle languit, la joie, l’effrénée, la bienheureuse, – elle languit, après votre douleur, vous qui êtes manqués ! Toute joie éternelle languit après les choses manquées. Car toute joie se veut elle-même, c’est pourquoi elle veut la peine ! Ô bonheur, ô douleur ! Oh brise-toi, cœur ! Hommes supérieurs, apprenez-le donc, la joie veut l’éternité, – la joie veut l’éternité de toutes choses, veut la profonde éternité ! “

“ Ô hommes supérieurs, il est près de minuit : je veux donc vous dire quelque chose à l’oreille, quelque chose que cette vieille cloche m’a dit à l’oreille, – avec autant de secret, d’épouvante et de cordialité, qu’a mis à m’en parler cette vieille cloche de minuit qui a plus vécu qu’un seul homme : – qui compta déjà les battements douloureux des cœurs de vos pères – hélas ! hélas ! comme elle soupire ! comme elle rit en rêve ! la vieille heure de minuit, profonde, profonde ! “

“ Silence ! Silence ! On entend bien des choses qui n’osent pas se dire de jour ; mais maintenant que l’air est pur, que le bruit de vos cœurs s’est tu, lui aussi, – maintenant les choses parlent et s’entendent, maintenant elles glissent dans les âmes nocturnes dont les veilles se prolongent : hélas ! hélas ! comme elle soupire ! comme elle rit en rêve ! – n’entends-tu pas comme elle te parle à toi secrètement, avec épouvante et cordialité, la vieille heure de minuit, profonde, profonde ! Ô homme, prends garde ! “

“ Avez-vous maintenant appris mon chant ? Avez-vous deviné ce qu’il veut dire ? Eh bien ! Allons ! Hommes supérieurs, chantez mon chant, chantez à la ronde ! Chantez maintenant vous-mêmes le chant, dont le nom est « encore une fois », dont le sens est « dans toute éternité » ! – chantez, ô hommes supérieurs, chantez à la ronde le chant de Zarathoustra ! Ô homme ! Prends garde ! Que dit minuit profond ? « J’ai dormi, j’ai dormi, – « D’un profond sommeil je me suis éveillé : – « Le monde est profond, « et plus profond que ne pensait le jour « Profonde est sa douleur, – « La joie plus profonde que la peine. « La douleur dit : passe et finis ! « Mais toute joie veut l’éternité, « – veut la profonde éternité ! ”

” POURQUOI J’ÉCRIS DE SI BONS LIVRES

Je raconterai maintenant l’histoire de Zarathoustra.

Quelqu’un a-t-il une idée nette, à la fin de ce XIX siècle, de ce que les écrivains des époques vigoureuses appelaient l’inspiration ? Si non je vais vous l’expliquer. Pour peu que nous soyons restés superstitieux, nous ne saurions nous défendre de l’impression que nous ne sommes que l’incarnation, le porte-voix, le médium de puissances supérieures.

L’idée de révélation, si l’on entend par là l’apparition soudaine d’une chose qui se fait voir et entendre à quelqu’un avec une netteté et une précision inexprimables, bouleversant tout chez un homme, le renversant jusqu’au tréfonds, cette idée de révélation correspond à un fait exact. On entend, on ne cherche pas ; on prend, on ne demande pas qui donne ; la pensée fulgure comme l’éclair, elle s’impose nécessairement, sous une forme définitive : je n’ai jamais eu à choisir. C’est un ravissement dont notre âme trop tendue se soulage parfois dans un torrent de larmes ; machinalement on se met à marcher, on accélère, on ralentit sans le savoir ; c’est une extase qui nous ravit à nous-mêmes, en nous laissant la perception de mille frissons délicats qui nous parcourent jusqu’aux orteils ; c’est un abîme de félicité où l’horreur et l’extrême souffrance n’apparaissent pas comme le contraire, mais comme le résultat, l’étincelle du bonheur, comme la couleur nécessaire au fond d’un tel océan de lumière ; c’est un instinct du rythme qui embrasse des mondes de formes – car l’ampleur du rythme dont on a besoin donne la mesure de

l’inspiration : plus elle écrase, plus il élargit… Tout cela se passe involontairement, comme dans une tempête de liberté, d’absolu, de force, de divinité…

C’est dans le cas de l’image, de la métaphore, que ce caractère involontaire de l’inspiration est le plus curieux : on ne sait plus du tout ce qui est symbole, parallèle ou comparaison : l’image se présente à vous comme l’expression la plus juste, la plus simple, la plus directe. Il semble vraiment, pour rappeler un mot de Zarathoustra, que les choses mêmes viennent s’offrir à vous comme termes de comparaison (« – Toutes les choses viennent alors pour flatter ton discours et pour te caresser : car elles veulent que tu les portes. Chaque symbole t’offre son aile pour t’enlever vers chaque vérité. Tous les trésors du verbe s’ouvrent d’eux-mêmes pour toi ; tout être veut devenir verbe et tout devenir veut apprendre de toi à parler. ») Telle est mon expérience de l’inspiration ; et je suis sûr qu’il faudrait remonter jusqu’à des milliers d’années dans le passé pour trouver quelqu’un qui eût le droit de dire : « Cette expérience est la mienne aussi. 

Friedrich Nietzsche, “ Ecce Homo “

Mon manuscrit :

L’ETERNEL RETOUR DES ÂMES SOEURS 

DEVOILE A LA LUMIERE DE LA LECTURE 

DU ZARATHOUSTRA DE NIETZSCHE

https://drive.google.com/open?id=1tnWaboIHwzqUnLcp-zAqvAGlYNGgxsdC

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Patrice Sanchez sur Résistance 71:

Patrice Sanchez_Sortir par le Haut !

Patrice_Sanchez_MESSAGE HUMANI-TERRE A L’INTENTION DE LA COMMUNAUTE INTELLECTUELLE

Patrice_Sanchez_LA RELIANCE ET LA GUIDANCE QUANTIQUES

Patrice_Sanchez_NIETZSCHE ET SON AME SOEUR ETERNELLE (4)

Friedrich Nietzsche sur Résistance 71:

Friedrich-Nietzsche_L’Antéchrist_1888

Friedrich_Nietzsche_La_morale_ou_la_contre_nature

 

 

 

Gilets Jaunes et lutte émancipatrice… Petite réflexion sur les systèmes et les hommes (Résistance 71 )

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 8 février 2020 by Résistance 71

 


Gaulois réfractaire et penseur…

 

“Dès que l’État n’est plus à même d’imposer l’union forcée, l’union surgit d’elle-même, selon les besoins naturels. Renversez l’État, la société fédérée surgira de ses ruines, vraiment une, vraiment indivisible, mais libre et grandissant en solidarité par sa liberté même.”
~ Pierre Kropotkine ~

“Un ethnologue français, Pierre Clastres, a émis, pour les sociétés humaines en général, l’hypothèse que la tendance normale dans un groupe est la résistance collective aux excès du pouvoir. Dans une société encore peu complexe, les notables doivent s’attacher leurs obligés en redistribuant en permanence les richesses qu’ils réussissent à grand peine à accumuler. Dans une société guerrière où le prestige est lié aux prouesses de combat, les grands guerriers doivent remettre sans cesse leur titre en jeu, jusqu’au jour où ils finissent par être éliminés.
L’émergence de sociétés inégalitaires ne serait donc pas la norme, mais l’exception et le résultat d’un disfonctionnment de ces mécanismes de contrôle. Finalement, l’inégalité ne serait pas naturelle…”
~ Jean-Paul Demoule, archéologue, ancien directeur de l’INRAP, 2012 ~

“La relation politique de pouvoir précède et fonde la relation économique d’exploitation. Avant d’être économique, l’aliénation est politique, le pouvoir est avant le travail, l’économique est une dérive du politique, l’émergence de l’État détermine l’apparition des classes.”
~ Pierre Clastres, directeur de recherche en anthropologie politique au CNRS, 1974 ~

 

 

Des systèmes et des hommes

 

Résistance 71

 

8 février 2020

 

Très récemment Raoul Vaneigem déclarait: “La vérité fait partout entendre le chant de la vie. La dimension humaine est une qualité, non une quantité…”

Aussi est-il devenu quasiment un cliché que de parler de “système”. Que n’entendons-nous dire: “Le système ceci, le système cela…”. Il est possible de disserter jour et nuit sur le sujet et le présent billet ne se veut en aucun exhaustif sur l’affaire, mais simplement, en tout cas nous l’espérons, un “amuse-gueule” ouvrant sur un plus vaste festin cognitif que nous laissons aux lecteurs le soin d’organiser à leur guise.

Dans “L’encyclopédie anarchiste”, il est dit ceci entre autre sur le mot “système”:

Ce mot peut s’appliquer soit aux objets de nos connaissances, soit à nos connaissances elles-mêmes. On parlera par exemple du système solaire, du système digestif, du système capitaliste, voulant désigner des réalités dont l’existence ne dépend pas de notre bon vouloir. On parlera aussi de système philosophique, religieux, scientifique, etc. pour désigner un ensemble de principes et d’idées que notre esprit lie entre eux et organise en un tout cohérent. Dans les deux cas, le mot système implique les notions d’assemblage, de coordination, de rapports plus ou moins heureux ; en conséquence, il garde un sens identique. N’en soyons pas surpris. Si l’intelligence humaine introduit un ordre déterminé dans ses concepts, c’est qu’elle suppose, à tort ou à bon droit, qu’un ordre semblable existe dans les choses. L’idéal serait que notre esprit introduisît, entre ses représentations, des rapports correspondant exactement à ceux que la nature impose aux êtres et aux objets. Mais, substituant une contrainte artificielle à l’harmonieux accord engendré par les lois naturelles, la société consacre l’existence de relations absolument anormales entre les humains. On le constate dans le système capitaliste, qui permet à des fainéants de dépouiller à leur profit les travailleurs des champs ou de l’usine. De même il arrive qu’en organisant ses idées et ses principes, l’intelligence se trompe complètement. D’où la multitude des faux systèmes religieux, philosophiques, politiques, etc. ; d’où tant d’hypothèses scientifiques, incapables de résister au contrôle de l’expérience et du calcul. […]”

Ainsi il est possible de distinguer deux sortes de “notions d’assemblage, de coordination”: une notion d’assemblage naturelle et une autre artificielle, construite, bref… humaine. S’il est indéniable que la nature a mis en place au fil du temps et de l’évolution des rouages d’assemblage et de coordination (cf les exemples cités plus haut), il est cependant très discutable que les “systèmes” mis en place par l’humain soient de fait le résultat d’un même processus évolutif, pour la simple raison citée plus haut mettant en évidence l’erreur toujours possible (qu’elle soit involontaire ou sciemment commise à des fins dogmatiques est une autre histoire…) de l’intelligence humaine.

Il nous est dit que notre évolution (celle de l’humain) nous a fait aboutir à ce système ultime de fonctionnement de nos sociétés : l’État et le capitalisme et que ces deux systèmes, de longue date combinés avec l’effet dévastateur que l’on constate au fil du temps, sont le stade ultime du développement humain, la “Raison” incarnée dans l’histoire à en croire le philosophe Hegel et la destinée inéluctable de notre espèce.

Depuis la fin du XVème siècle, puis de l’époque des “lumières” en Europe, le système de gouvernance humain n’a fait que renforcer la division et le rapport initial dominant / dominé, qui étaient inexistants durant les centaines de milliers d’années précédant l’avènement de l’ère de la spéculation marchande.

A la lumière d’une connaissance dans les domaines archéologique et anthropologique accrue ces dernières décennies, nous avons analysé en 2017 et en 2019, l’évolution depuis le moment initial de la division du système de gouvernance humain, qui revient toujours à la même notion cruciale : celle du pouvoir, de la capacité décisionnaire et de sa mise en application.

Ce qui est de nos jours communément appelé “système” est la combinaison de deux modes de gouvernance artificiels (puisqu’humainement créés) que sont l’État, ses rouages et ses institutions, outil du contrôle décisionnaire politique géré par une caste de privilégiés de la profession politique et de sa suite de bureaucrates, huilant la mécanique de contrôle et d’oppression et le “capitalisme”, dernier mode en date de contrôle de cette activité tout aussi artificiellement créée de contrôle de l’échange spéculatif marchand, devenu “modèle économique” ultime, géré quant à lui par une pléiade de rouages marchands, financiers et du contrôle monétaire spéculateur et exploiteur.

Ces systèmes ne tombent bien évidemment pas du ciel. Ils ont été créés par l’humain. Ils sont le résultat de siècles de perfectionnement du désir et de la réalisation dans le contrôle du pouvoir, centralisé entre les mains du plus petit nombre et exploitant sans vergogne le reste de l’humanité.

Les recherches archéologiques et les analyses anthropologiques modernes ont démontré que dans une période postérieure à la dite “révolution néolithique”, certaines sociétés humaines passaient, au fil des siècles, d’un système de pouvoir non-coercitif à un système de pouvoir coercitif et réciproquement, ce aux même endroits d’existence de ces sociétés importantes et organisées. Ces fluctuations de pouvoir étaient dues vraisemblablement aux fluctuations des conditions d’existence (géographiques, climatiques, sociales etc…). Le renforcement de la centralisation et d’un système étatique plus fort assurant la domination sans partage du plus petit nombre aurait pas à pas rendu beaucoup plus difficile le retour aux sociétés à pouvoir non coercitif. Il est plus que vraisemblable que l’État ait joué et joue toujours un rôle de verrou pour ce système, d’empêcheur de retourner à un mode égalitaire de gouvernance. De même, le système de contrôle politique renforcé aura aussi permis le passage surmultiplié à un système marchand spéculatif et de plus en plus lucratif, considérant le fait, comme l’a expliqué l’anthropologue Pierre Clastres, que la division politique prime la division économique et que celle-ci n’a pu voir le jour que parce qu’il y a eu une division préalable de la société humaine permettant au pouvoir de sortir du corps social pour s’exercer coercitivement en tant qu’entité devenue indépendante.

Ces deux systèmes, aujourd’hui et depuis plus de deux siècles, combinés en un système que nous pourrions étiqueter d’étatico-capitaliste, sont des créations artificielles humaines de contrôle et de domination. En ce sens, nous pouvons dire que l’Homme fait, façonne le système dans sa sphère d’influence, même si celui-ci est en interférence avec le processus naturel des choses.

A l’inverse, pourrions-nous dire que le système crée les Hommes ?

L’humain est intégré dans un grand système naturel, mais il est la seule créature sur cette planète dotée d’une intelligence le rendant capable du désir, de la volonté de contrôler la nature pour son profit, de fait pour le profit du plus petit nombre d’entre nous aux dépends du plus grand nombre, de ce fait nous avons créé des systèmes de gouvernance et de contrôle pour gérer pouvoir et richesses spéculatives. Ceux-ci deviennent des microcosmes artificiels dans l’existence naturelle que nous avons été forcés de renier et d’abandonner au fil du temps et affirment une certaine hégémonie culturelle sur notre destinée. Aujourd’hui, nous voyons parfaitement que les soi-disantes “élites” du système de gouvernance humain adoptent toutes une attitude prône à la perpétuation de ce même système et ainsi de leurs privilèges. Qu’il s’agisse de roitelets de monarchies autocrates ou parlementaires, d’élus d’états-nations dits “démocratiques” ou de tyrans religieux ou séculiers, nous constatons que tous ces gens agissent et réagissent selon les schémas d’un même moule, qu’ils sont eux-mêmes des produits du système de contrôle en place. Toutes et tous ne remettent jamais en cause les dogmes et les fondements du fonctionnement: maintenir la division politique, maintenir la division économique de “marché” par la coercition, l’oppression et la répression et ce y compris dans les systèmes dits “démocratiques” des états-nations de la grande mascarade de l’illusion démocratique, parvenant par la même occasion, à maintenir leur présence en haut de la pyramide du contrôle politico-social.

Ainsi, qui que ce soit arrivant au pouvoir dans le système est obligé de se plier aux lois et contraintes de la “politique et du marché”. Il se trouve que depuis sans doute à peu près les guerres napoléoniennes, le “politique” a cédé de plus en plus le pas à “l’économique” et sa dictature marchande phagocytant tout sur son passage. Depuis la 1ère guerre mondiale, on peut constater que la sphère économico-financière de l’activité humaine a totalement conquis la sphère politique (décisionnaire) pour finir par l’absorber totalement. En France et ailleurs, l’illusion de la mascarade démocratique “électorale”, tombe le masque jour après jour et nous voyons des “chefs d’état”, élus par une portion de plus en plus incongrue des populations en phase d’éveil à la supercherie, n’être soit que de purs produits de la finance et de l’affairisme criminel transnational (Trump, Macron et Pompidou avant lui en France, tous deux directement issus de la banque Rothschild), soit des marionnettes totalement inféodés aux diktats financiers et affairistes ayant acheté le pouvoir décisionnaire devenu d’apparat (Bush père et fils, Clinton, Obama, Blair, Sarkozy, Hollande, la liste est bien longue…).

En clair, si le système fonctionne grâce aux humains (qui l’ont créé), il forme aussi ceux-ci à le faire “fonctionner” et perdurer dans le temps en façonnant leur psychée, moyennant les privilèges d’usage prévus pour ceux opérant en haut de cette pyramide anti-naturelle de destruction et de mort ainsi que dans ses rouages. Tous les “politiques” qui ont eu quelques velléités que ce soit de changer en profondeur le “système” sont soit passés à la trappe politiquement soit, dans le pire des cas, ont été assassinés. Des guerres sont déclenchées pour l’accaparement des biens et des ressources, pour la destruction qui remplit les coffres des oligarques en amont et en aval des conflits et qui leur permet d’acheter toujours plus de ce “pouvoir” jusqu’à en avoir le monopole. 

Ainsi si l’État n’a pas inventé la guerre, il l’a sans aucun doute institutionnalisée pour sa survie, pour en faire son histoire et le capitalisme a rendu la guerre indispensable à sa survie, imprégnant les humains des stigmates de cette existence contre-nature. En ce sens pouvons-nous aussi dire que le système forme les humains à son image. Le système en place existe, le pouvoir existe depuis quelques 5000 ans de manière coercitive, il s’exerce et il formate les humains aux dogmes de sa perpétuation. Si tout système de gouvernance est une création humaine, celui-ci quelque soit sa forme, façonne également les humains pour le servir. La relation est réciproque, c’est ce qui fait sa force et c’est ce que nous devons briser.

D’aucun pourrait alors penser que la situation est vaine et désespérée car bloquée de tous côtés, cette idée est du reste renforcée par les idéologues du système clamant haut et fort depuis des siècles qu’il “n’y a pas d’alternative”, que notre destin est scellé dans le rapport étatico-capitaliste, développement ultime de notre évolution et que notre seul pouvoir ne serait que de le réformer de temps en temps en influant, par le vote, sur les personnes le régissant. Illusion supplémentaire insufflée dans cette supercherie organisée et institutionnalisée de longue date et ne laissant aucune place aux valeurs profondes de notre humanité.

Or, il suffit de garder présent à l’esprit que tout ceci est complètement artificiel, que ce système a été créé par nous les humains et qu’en conséquence il peut être défait à tout moment de son histoire. Il a eu un commencement et il aura une fin et que rien, de ce fait, n’est inéluctable. Il suffit simplement de dire NON ! individuellement et collectivement. C’est ce que nous avons analysé et expliqué dans notre “Manifeste pour la société des sociétés” en 2017 et dans sa suite de 2019.

Nous avons le pouvoir de dire NON ! individuellement d’abord puis dans un élan collectif coopératif salvateur et émancipateur. La réorganisation de notre société sur des bases profondément naturelles de solidarité est non seulement possible, mais elle ne tient en fait qu’à nous. Personne ne le fera à notre place et nous n’avons aucune aide ou espoir à attendre d’une énième réforme du système moribond existant. L’État et le capitalisme se meurent ! Aidons-les à mourir ! Comprenons et diffusons ce concept qu’il n’y a pas de solution au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir !

Il est important qu’au plus de gens comprennent que le système politico-social que nous subissons, qui nous est imposé depuis haut de la pyramide, est une construction sociale humaine, qui peut parfaitement être totalement déconstruite pour laisser enfin le champ libre à une société que nous,  les peuples, mènerons à notre guise pour le bien de toutes et tous. Nous n’avons aucune obligation de subir un système de gouvernance et de contrôle de nos vies les rendant au plus misérable jour après jour, semaines après semaine, mois après mois, année après année, certes à des degrés divers selon les endroits de la planète ; mais nous avons toutes les obligations de vivre humainement, sans division, sans haine et sans conflit imposés, de transmuter les valeurs et notre réalité pour ouvrir le véritable chemin à notre humanité réalisée, celui de la vie tout simplement.

Ainsi donc…

A bas le système de la division institutionnalisée !
A bas l’État !
A bas la marchandise !
A bas l’argent !
A bas le salariat !

Vive la commune (communion) universelle de la réalisation de notre puissance vitale… Devenons enfin qui nous sommes : des humains réalisés dans l’émancipation de toutes les impostures et supercheries systémiques artificielles qui nous sont imposées depuis près de 5000 ans.

Qu’on se le dise !

Résistance 71

Février 2020

“L’État n’a pas plus de réalité que n’en ont les dieux ou les diables. Ce ne sont que des reflets, des créations de l’esprit humain, car l’homme, l’individu est la seule réalité. L’État n’est que l’ombre de l’homme, l’ombre de son obscurantisme, de son ignorance et de sa peur.”
~ Emma Goldman ~

« La machine de l’État est oppressive par sa nature même, ses rouages ne peuvent fonctionner sans broyer les citoyens, aucune bonne volonté ne peut en faire un instrument du bien public ; on ne peut l’empêcher d’opprimer qu’en le brisant. »
~ Simone Weil ~

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


La rage s’exerce avant tout… dans la réflexion