Archives de février, 2017

Vérité, lucidité, engagement et combat… Le journalisme d’Albert Camus ou l’idéal bafoué

Posted in actualité, documentaire, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, presse et média, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 28 février 2017 by Résistance 71

“Résister, c’est ne pas consentir au mensonge.”

~ Albert Camus ~

 

“Le journalisme, c’est imprimer ce que quelqu’un d’autre ne veut pas imprimer. Tout le reste n’est que relation publique.”
~ George Orwell ~

 

camus

 D’Alger à Paris, Albert Camus journaliste

 

Téo Cazenaves

 

Octobre 2016

 

Source: https://ledesk.ma/grandangle/dalger-paris-albert-camus-journaliste/

 

D’Alger Républicain à Combat, le prix Nobel de Littérature 1957 est aussi un journaliste de talent. Dans « Albert Camus, periodista », Maria Santos-Sainz – docteur en sciences de l’information et professeur de journalisme – rappelle toute l’actualité des combats brûlants de l’intellectuel algérois pour l’indépendance de la presse.

« Nous pensions alors qu’un pays vaut souvent ce que vaut sa presse. Et s’il est vrai que les journaux sont la voix d’une nation, nous étions décidés, à notre place et pour notre faible part, à élever ce pays en élevant son langage. » Albert Camus, 31 août 1944.

Financé par crowdfunding et publié en octobre 2016 aux Éditions Libros.com, « Albert Camus, periodista » est un manuel de combat, selon son auteur, Maria Santos-Sainz. L’ancienne journaliste reconvertie dans l’enseignement, qui a dirigé pendant six ans l’Institut de Journalisme de Bordeaux, poursuit sa démarche auto-réflexive après avoir publié en 2006 « L’élite journalistique et son pouvoir » aux Éditions Apogée. Préfacé par Edwy Plenel, le président et co-fondateur de Mediapart, l’ouvrage met en lumière une dimension oubliée de l’œuvre d’Albert Camus, dont les romans L’Étranger et La Peste constituent désormais des monuments du patrimoine littéraire international. Journaliste à plein temps à certaines étapes de sa vie, Albert Camus est aussi l’un des premiers à tenter de cerner les risques qui pèsent sur la profession et à définir des règles déontologiques afin de « libérer les journaux de l’argent et de leur donner un ton et une vérité qui mettent le public à la hauteur de ce qu’il y a de meilleur en lui ».

Né en 1913 à Mondovi, près de l’actuelle Annaba, en Algérie, dans une famille du prolétariat pied-noir, Albert Camus ne connaît pas son père, qui meurt en 1914 alors qu’il sert l’armée française lors de la Première Guerre mondiale. Élevé dans une famille analphabète, en proie aux silences de sa mère sourde et muette et aux coups répétés de sa grand-mère, c’est son instituteur algérois, Louis Germain, qui l’aide à dépasser sa condition. Admis au lycée, il découvre la philosophie et évolue comme gardien de but au RCA Alger. Lorsque sa tuberculose chronique se déclare, il abandonne à regret les terrains de football. Il adhère en 1935 au Parti Communiste algérien et rédige la même année sa première œuvre littéraire, L’Envers et l’Endroit, qui sera publiée deux ans plus tard. Il quitte le PC en 1937 en raisons de divergences sur la question de la solidarité envers les camarades indépendantistes, et est alors recruté par Pascal Pia au sein d’ Alger Républicain, qui entend donner un souffle nouveau à une presse coloniale dont l’indépendance n’est pas le souci premier. Il y publie notamment en 1939 une enquête détaillée sur l’échec de la réforme agraire, Misère de la Kabylie, qui le fait connaître. Mais le pouvoir colonial et les soucis économiques ont raison de l’aventure journalistique algéroise.

Camus s’installe dans un Paris en guerre l’année suivante. Après un bref passage à Paris-Soir, il continue d’écrire L’Étranger et Le Mythe de Sisyphe, qui paraissent en 1942. En 1943, il succède à son ami Pascal Pia à la tête du quotidien clandestin Combat. Pendant plus de trois années, il multiplie les éditoriaux, dans la France occupée puis libérée, et met toute son ardeur à défendre la nécessité d’une presse libre et indépendante face aux égarements du journalisme français durant l’Occupation.

La suite appartient désormais au panthéon de l’histoire intellectuelle : le succès littéraire, la relation conflictuelle avec Jean-Paul Sartre, le prix Nobel de Littérature en 1957, des silences qui dérangent lors de la Guerre d’Algérie puis l’accident tragique du 4 janvier 1960 qui met brutalement fin à une vie d’engagements. Mais loin des fastes de la grande littérature, Camus est aussi un journaliste amoureux de la profession dont les articles et éditoriaux sont riches d’enseignements. A cet égard, l’ouvrage de Maria Santos-Sainz rend toute sa grandeur à une facette méconnue mais infiniment actuelle du personnage.

EXTRAIT I

À Alger, « dialoguer avec le réel »

Le journalisme lui permet de bénéficier de son premier emploi stable et de réaliser son rêve de « dialoguer avec le réel » au travers de l’écriture. Cet engagement pour la réalité – qu’il n’abandonnera jamais -, il le révèle déjà dans ses confidences formulées dans les Carnets en novembre 1936, lorsqu’il annote : « Je préfère tenir les yeux ouverts ». Et c’est précisément le journalisme qui va le rapprocher de la réalité, de ce qui se passe réellement sur le terrain. Il décrit ce qu’il voit avec les mêmes rigueur et exactitude qu’il met à retransmettre l’ambiance sensorielle et vivante de la ville d’Alger. Ses chroniques transportent le lecteur sur les lieux des événements par les cinq sens : il leur fait voir, sentir et ressentir, toucher et comprendre ce qu’il se passe devant ses yeux. Avec un style d’écriture dans lequel il mêle parfois le charnel et le sensuel au dramatique et au tragique. […] Camus choisit là une conception éthique du journalisme qui ne le quittera plus. Il convient de souligner qu’à cette époque, « il règne en Algérie une presse coloniale qui réunit tout ce que Camus rejette : le racisme, la vulgarité intellectuelle, le despotisme capitaliste et la bonne conscience des conformistes ».

EXTRAIT II

Un éditorialiste dans la Résistance

“Camus se dévoile tout de suite comme le « leader moral d’une génération qui exige le changement ». Son passage par le journalisme à cette époque laisse une marque indélébile. Symbole de la jeunesse dans sa lutte antifasciste, ses premiers éditoriaux dans Combat incarnent la voix du mouvement populaire de la Résistance, et délivrent des appels combatifs pour une France juste et libre. Comme nous l’avons déjà souligné, l’originalité de Combat réside dans son indépendance, libre de la main-mise de partis politiques ou d’intérêts financiers des entreprises. Les journalistes sont les uniques actionnaires, propriétaires de leur média : le journal leur appartient.

Et ils choisissent la ligne éditoriale qu’ils souhaitent donner au journal, grâce à un traitement critique de l’information. Ils ouvrent ainsi la voie à un nouveau journalisme qu’ils appellent – selon les mots de Camus – le journalisme critique, un journalisme de société qui recoupe les sources et les témoignages et remet en cause tous les pouvoirs. Tout cela conduit à l’émergence d’un journal d’analyses et d’idées, qui aspirer à régénérer la société par une information rigoureuse et objective. […]

Camus a publié dans Combat un total de 165 textes, parmi lesquels 138 éditoriaux et 27 articles, sans conter les cinq chroniques signées sous le pseudonyme de « Suétone ». Tous ses écrits journalistiques mettent en lumière la voix passionnée d’un auteur engagé face aux grandes horreurs du vingtième siècle, dans une période européenne turbulente marquée par de fortes divisions idéologiques. Ses éditoriaux expriment « espérances et déceptions » pour les événements historiques de son temps. Ils plaident aussi, de manière intemporelle, en faveur de la « lucidité et de la vigilance ». Il y développe ses réflexions sur la liberté, la justice, le rôle des médias, la vérité et la démocratie, dans des textes qui ont laissé « une résonance incroyable dans la conscience contemporaine ». La modernité de Camus réside également en sa facette de précurseur dans la revendication d’une déontologie journalistique, nécessaire à son époque tout autant qu’aujourd’hui. Précisément, son regard critique transcende les débats de son temps. Au final, la postérité lui donnera raison dans ses combats idéologiques en faveur de causes justes, pour lesquelles il a toujours mis en avant la morale plutôt que les convenances politiques.”

EXTRAIT III

Le rôle du journaliste

“Camus considère le rôle journalistique comme celui du chien de garde plus que comme simple vecteur de l’information. Le rôle du journaliste ne se réduit pas à celui de témoin de l’Histoire : il exerce aussi comme « avocat » et « justicier », met ses idées au service de la vérité dans une logique journalistique active et interventionniste. Il développe ici sa conception du journalisme critique – ou journalisme d’idées, comme il le nomme – qui consiste en un commentaire politique et moral de l’actualité. Camus définit le journaliste comme « un homme qui d’abord est censé avoir des idées ». Une conception différente du modèle journalistique anglo-saxon, construit sur un système de valeurs professionnelles basées sur l’objectivité.

Pour Camus, le rôle du journaliste est caractérisé par sa responsabilité sociale, et c’est pourquoi il doit être attentif au langage, en proposant une véritable réflexion sur sa dimension éthique : « En face des forces désordonnées de l’Histoire, dont les informations sont le reflet, il peut être bon de noter, au jour le jour, la réflexion d’un esprit ou les observations communes de plusieurs esprits. Mais cela ne peut pas se faire sans scrupules, sans distance et sans une certaine idée de la relativité. Certes, le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » […]

L’auteur de l’Étranger et de la Peste considère que le journaliste est « un historien au jour le jour, et son premier souci doit être de vérité ». Camus estime que la recherche de la vérité est la première obligation du journaliste. La vérification des faits – que l’on nomme aujourd’hui fact-checking suite à l’invasion des anglicismes – n’est autre que l’un des fondamentaux et piliers du journalisme d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Il recommande ainsi : « Il revient au journaliste, mieux renseigné que le public, de lui présenter, avec le maximum de réserves, des informations dont il connaît bien la précarité. À cette critique directe, dans le texte et dans les sources, le journaliste pourrait ajouter des exposés aussi clairs et aussi précis que possible qui mettraient le public au fait de la technique d’information ».

Il exprime également dans plusieurs éditoriaux le rôle important dévolu au journaliste envers les lecteurs, à qui il doit procurer une information fiable mais aussi les moyens de développer un esprit critique : « L’avantage serait de mettre en garde son sens critique au lieu de s’adresser à son esprit de facilité ». Entre autres qualités essentielles du journalistes, il met l’honnêteté au premier rang, puisque selon lui « Résister, c’est ne pas consentir au mensonge ». Il plaide ainsi pour un journalisme honnête qui permettrait de sauver la crédibilité des médias.”

EXTRAIT IV

Camus l’iconoclaste et ses deux pays

“Le sens de l’engagement mène Camus à l’analyse et au décryptage des événements de son temps, détaché des courants idéologiques et des partis. Esprit libre, fidèle à sa conscience morale et toujours fidèle à ceux qu’il appelle les siens, ceux qui « souffrent et subissent ». Un héritage influencé par les écrivains qui l’ont le plus marqué : Pascal, Simone Weil, Tolstoï, Dostoievsky et Nietzche. La pensée et l’univers intellectuel de Camus gravitent autour de ces cinq auteurs. D’autre part, son absence d’affiliation à quelque courant de pensée que ce soit fait sentir ses effets dans une époque propice à l’engagement partisan. C’est ainsi qu’à certaines périodes, certaines sphères de l’intelligentsia parisienne, plus proches du marxisme, l’ont voué à un véritable ostracisme accompagné de critiques acerbes. Mais c’est aussi la trajectoire biographique atypique d’Albert Camus, loin de la voie traditionnelle de formation tracée par les élites françaises, où la reproduction sociale est la règle, qui le constitue en oiseau rare du paysage intellectuel français. Camus n’a appartenu à aucun clan, tribu ou école.

Il a forgé son bagage intellectuel avec l’effort d’une pupille de la République, sans passer par les instances consacrées de l’excellence dans lesquelles la France forme ses élites. Autodidacte, il obtient son seul diplôme à la faculté de philosophie de l’Université d’Alger. Il n’a pas été éduqué à la manière d’autres intellectuels, dans les écoles élitistes de Paris, comme Jean-Paul Sartre ou Raymond Aron qui étaient normaliens, diplômés de la prestigieuse École Normale Supérieure. […]

Dans une posture de pédagogue, face aux préjugés qu’il attribue à la presse métropolitaine vis-à-vis de l’Algérie, il se rappelle son enfance et évoque la mémoire du pays qui l’a vu grandir. Quand il emploi le « nous », il se réfère aux français métropolitains. Il critique dans ses chroniques les fractures qui se sont succédées pour aboutir à la situation actuelle : la mauvaise gestion coloniale, les rendez-vous manqués, les injustices, etc. Nombreuses de ses propositions énoncées là se font l’écho des reportages qu’il a réalisé pendant la période Alger Républicain, en particulier son grand reportage Misère de la Kabylie, dans lequel il avait dénoncé le désastre engendré par la politique agraire.

Il fait référence à tout ceci dans une autre chronique, publiée le 23 juillet 1955 et intitulée « L’avenir algérien ». Il renforce son analyse par une contextualisation historique qui permet de comprendre l’accumulation des échecs de la politique coloniale en Algérie. Il promeut le dialogue entre les deux camps dans ses articles du 9 juillet et du 16 octobre 1955. Camus vise à mettre sur pied une conférence pour réunir tous les acteurs engagés dans le conflit, une proposition de dialogue qui peut   toujours s’appliquer à tout processus de paix : « Le monde aujourd’hui est celui de l’ennemi invisible  le combat y est abstrait et c’est pourquoi rien ne l’éclaire ni ne l’adoucit. Voir l’autre, et l’entendre, peut donner sens au combat, et peut-être aussi le rendre vain. »

Texte politique fondateur: Kaianerekowa ou la Grande Loi de la Paix de la Confédération Iroquoise (version pdf avec intro)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, canada USA états coloniaux, colonialisme, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 28 février 2017 by Résistance 71

Nous avons traduit les 117 wampums (articles) de Kaianere’ko:wa ou la Grande Loi de la Paix de la Confédération Iroquoise (datant de 1142 et plus ancienne « constitution » ou charte confédérale active au monde) pour l’usage de toutes et tous. Nous avons remis notre traduction à la Confédération Iroquoise au travers de membres du conseil des Mères/anciens et conseil des femmes de la nation Mohawk. Kaianere’ko:wa est un des documents les plus importants de l’histoire de l’humanité et se doit d’être plus connu car son esprit représente le futur de nos sociétés au vu de l’échec de nos modèles étatico-répressifs anti-démocratiques.

Nous ne prônons pas son application per se à nos sociétés qui sont culturellement et structurellement différentes de la société iroquoise, mais nous devrions l’étudier et adapter ce qui est adaptable notamment dans le domaine de l’horizontalité de la prise de décision politique et du schéma de la chefferie sans pouvoir.
Une charte de ce style a non seulement un impact sur le processus politique d’une société, mais aussi sur le processus économique et donc écologique.

Il est également à noter que le processus politique par des femmes et des conseils des femmes, dans une société matrilinéaire et égalitaire.

Originellement publié en janvier et février 2015 sur R71 en 3 parties + introduction au texte, Jo de JBL1960 nous en a fait un très beau PDF que vous pouvez télécharger gratuitement ci-dessous.

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

Version PDF française avec Intro de R71

Anticipation politique: Rencontre, briefing (fictif?) de Trump avec un « conseiller »…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 27 février 2017 by Résistance 71

Peut-être bien plus près de la réalité qu’on voudrait bien le croire… La mascarade politique et électorale est à son comble, partout. Boycott de toute cette fange ! Union pour la confédération des communes libres dans une société des sociétés. Nous (la société) n’avons AUCUNEMENT besoin de l’État… c’est LUI qui a désespérément besoin de nous. Nuance… énorme nuance … Débarrassons-nous de l’inutile, de l’obsolète, le seul véritable progressisme réside dans ;e changement radical de paradigme politico-social, tout le reste n’est que pisser dans un violon et en attendre la 5ème de LVB.

~ Résistance 71 ~

 

Quel sera l’incendie du Reichstag de Trump ?

 

James Corbett

 

25 février 2017

 

url de l’article:

https://steemit.com/news/@corbettreport/what-will-be-trump-s-reichstag-fire

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Bonjour Mr le président. Merci de m’accorder ces quelques minutes d’entretien aujourd’hui. Je comprends que votre temps est précieux, alors permettez-moi d’aller droit au but: Vous pensiez que cette complète mascarade électorale allait faire de vous le “leader du monde libre” n’est-il pas ? Que vous seriez maintenant en charge du pays et que vous pourriez faire ce que vous voulez c’est çà ? Ha ha ha ha ! Ouais, ils pensent tous çà au début. (NdT: sauf ceux qui savent dès le départ comment çà se danse, Trump est-il de ceux-là ?…)

Bon, maintenant que ce délire est retombé comme un soufflet, comment trouvez-vous la réalité des choses ? Pas si terrible hein ? Vous espérez pouvoir gouverner juste par décrets non ?

Et ben, si je vous disais que c’est possible ! Débarrassez-vous des tribunaux “Obtenez un blanc-seing du Congrès ! Foutez à la poubelle cette satanée constitution, çà vous intéresserait ?

Bien entendu. C’est pourquoi je suis ici aujourd’hui Mr le président, Ecoutez-moi donc.

Vous avez besoin de sortir du chapeau une manœuvre de Mukden, un truc à la sauce Golfe du Tonkin, un incident de Gleiwitz, un Lavron lark ou une machination de Moscou.

Vous savez… Un faux-drapeau quoi !

On vous a esquissé quelques possibilités à étudier, les voici:

Vous avez déjà “averti l’Iran” au sujet de leur essai de missile balistique récent. Excellent ! Vous comprenez mieux que personne que le public est bien trop ignorant pour savoir que ce test n’est aucunement une violation de la résolution 2231 du CS de l’ONU. Ce qui est le plus important c’est que le public CROIT que les Iraniens sont en train de violer d’une certaine façon l’accord sur le nucléaire et que ceci implique des missiles ou quelques trucs que ce soit de cet acabi. Continuez ce bon boulot !

Ensuite, vous devez faire croire aux gens que l’Iran est en train d’attaquer les Etats-Unis avec ces missiles. Ils n’attaquent pas les USA ? Ils n’attaquent personne ?… Pas de problème ! Fabriquez un évènement, littéralement quiconque attaque n’importe qui dans le monde et dites que c’est une attaque de l’Iran sur les Etats-Unis!

Je sais que plein de gens ne se prêteraient pas à sortir un mensonge aussi flagrant, mais c’est ce que j’aime particulièrement chez vous cher monsieur, vous n’avez aucune peur de mentir, aucun trouble avec le méga mensonge. C’est de çà qu’a besoin le pays. La façon dont vous avez convaincu Sean Spicer de mentir directement à la face du public en lui faisant dire que l’Iran avait tiré des missiles sur un navire de l’US Navy était un coup de maître. Qui d’autre que vous aurait pu penser à prendre une attaque des rebelles Houthis du Yémen sur une frégate saoudienne et retourner l’évènement pour en faire une attaque de l’Iran sur un vaisseau américain ? C’est tellement incroyable que seul le public américain pouvait gober un truc pareil !

Et maintenant vous avez juste besoin du coup de grâce (en français dans le texte original). On a retrouvé un vieux plan d’il y a une dizaine d’années, vous savez du temps de l’administration du président Dick Cheney ?

Quoi ?… du président Bush ? Hahahahaha, elle est bien bonne, excellent monsieur.

Donc, oui, à cette époque, le président Cheney avait suggéré de déguiser des commandos des forces spéciales américaines en Iraniens, de maquiller un navire américain en navire iranien et de faire attaquer un vaisseau de l’US Navy. C’est peut-être un peu trop osé même pour ce gouvernement, mais c’est faisable. Ou on peut juste continuer de pousser sur la ligne Houthis-Iran-Saoudiens-Etats-Unis. Ou on peut créer un autre “incident du Tonkin”. Vous savez qu’on a déjà fait les essais de ce plan avec le “Mason” à l’automne dernier. Les derniers sondages publics effectués montrent que le public a tout avalé: appât, hameçon, ligne et bouchon, la totale, donc c’est une option qui est vraiment toujours sur la table.
Une autre option pour un faux-drapeau spectaculaire est évidente: Une opération cybernétique fausse-bannière. Je n’ai pas besoin de vous rappeler que nous avons conditionné le public pour qu’il s’attende à une attaque cybernétique majeure. La compromission d’un million de cartes de crédit ici, une mystérieuse opération de hacking banquier là, une rumeur d’attaque cybernétique sur des centrales électriques qui ne se sont jamais produites (mais He, blâmons les Russes au passage…).. Vous savez comment çà se danse…

Maintenant Mr le président, parmi votre excellent choix de va t’en guerre, de banquiers et de sbires de l’establishment pour votre cabinet, je dois spécifiquement vous féliciter pour le choix de Rudy “le boucher de New York” Giuliani en tant que votre conseiller à la cybersécurité. C’est brillantissime à tous les niveraux. D’abord, le type n’a absolument aucune éducation, aucun entraînement, ni aucun intérêt dans la technologie de pointe ou dans la sécurité cybernétique, comme ça il ne risquera pas de faire faire quelque progrès que ce soit dans les problèmes actuels. Secundo, il est un parfaitement légitime suspect des attentats du 11 septembre 2001 !! Il a admis sa connaissance préalable des effondrements des tours ! Qui peut le mieux couvrir et maquiller le prochain faux-drapeau que l’homme qui a couvert le dernier ! Comme en poésie, ça rime !…

Et notre prochaine option sur la liste coule aussi tellement de source. Vous vous rappeler quand le juge a abrogé votre décret anti-immigration ? Non, la première fois et vous aviez touité:

“Je ne peux pas croire qu’un juge ait pu mettre notre pays en tel péril. Si quelque chose arrive, blâmez le et le système judiciaire. Les gens affluent. Mauvais !”

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) February 5, 2017

Incroyable ! On dirait que vous avez reçu un entraînement formel sur le comment faire son petit faux-drapeau… Ca s’écrit tout seul. Demandez au FBI de trouver un réfugié syrien à financer, à entraîner et à encadrer tout du long, choisissez une cible et aidez le à l’attaquer ou mieux, faites l’attaque vous-même et piégez-le. Le meilleur est que si quelque chose foire à un moment donné, on peut toujours lui sauter sur le rable avant que le merdier ne pète et on peut le jeter à tout jamais. Je pense que vous connaissez bien le script de ce truc maintenant.

En fait, c’est une suite sans fin de trucs qu’on pourrait sortir du chapeau. Une attaque EMP (Electro-Magnetic Pulse) est une de ces vielles cartes dont on ne se lasse jamais, on a çà en stock depuis des années ou alors une attaque terroriste biologique. Vous pouvez toujours sortir celle-là de votre chapeau.

Vous savez bien comment çà marche. Tout cela dépend juste de la façon dont on veut que ça vire. On veut commencer un truc avec l’Iran ? Hop, une attaque Houtie sur une frégate saoudienne et kaboum, vous avez votre guerre. On veut une répression domestique ? Une attaque style 11/9 cybernétique et hop… on a notre patriot act électronique. On veut pousser une nouvelle ère de contrôle biométrique des frontières ? Suffit de pincer un homme de paille réfugié… La Corée du Nord… Pan, ue attaque EMP. On veut un nouverau croquemitaine du terrorisme de l’ombre contre lequel on mènera une nouvelle guerre sans fin ? Hop, un p’tit coup de terrorisme biologique. Vous pouvez même essayer des cocktails de tout çà. Vraiment, les possibilités sont sans fin…

… Pardon, vous dîtes ?… Et votre opinion ?… Vous êtes vraiment une personnalité Mr le président, je vous l’accorde. Croyez-vous vraiment que vous pouvez avoir une opinion sur tout çà ? Que votre avis compte ?… Croyez-vous vraiment que je suis ici pour vous demander votre avis ? Vraiment ?… très fort monsieur, très fort. Non, je suis ici pour vous dire quelques unes des options que NOUS consdérons. Ainsi, lorsque le temps arrivera, où que vous soyez, quoi que vous fassiez à ce moment là, par exemple que vous soyiez assis dans une salle de classe pleine d’enfants en train de lire une histoire de biquette, vous saurez rester assis bien tranquillement et vous attendrez vos ordres à venir bien gentillement.

Est-ce que je me fait bien comprendre ?…

De la puissance subversive de l’art: Albert Camus, prix Nobel de littérature 1957 (discours du gala de réception)

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Discours de réception du Prix Nobel de Littérature d’Albert Camus

10 décembre 1957

Le prix Nobel de littérature a été décerné à Albert Camus pour «l’ensemble d’une œuvre qui met en lumière les problèmes se posant de nos jours à la conscience des hommes ».

Source:

http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/1957/camus-speech-f.html

Sire, Madame, Altesses Royales, Mesdames, Messieurs,

En recevant la distinction dont votre libre Académie a bien voulu m’honorer, ma gratitude était d’autant plus profonde que je mesurais à quel point cette récompense dépassait mes mérites personnels. Tout homme et, à plus forte raison, tout artiste, désire être reconnu. Je le désire aussi. Mais il ne m’a pas été possible d’apprendre votre décision sans comparer son retentissement à ce que je suis réellement. Comment un homme presque jeune, riche de ses seuls doutes et d’une œuvre encore en chantier, habitué à vivre dans la solitude du travail ou dans les retraites de l’amitié, n’aurait-il pas appris avec une sorte de panique un arrêt qui le portait d’un coup, seul et réduit à lui-même, au centre d’une lumière crue ? De quel cœur aussi pouvait-il recevoir cet honneur à l’heure où, en Europe, d’autres écrivains, parmi les plus grands, sont réduits au silence, et dans le temps même où sa terre natale connaît un malheur incessant ?

J’ai connu ce désarroi et ce trouble intérieur. Pour retrouver la paix, il m’a fallu, en somme, me mettre en règle avec un sort trop généreux. Et, puisque je ne pouvais m’égaler à lui en m’appuyant sur mes seuls mérites, je n’ai rien trouvé d’autre pour m’aider que ce qui m’a soutenu tout au long de ma vie, et dans les circonstances les plus contraires : l’idée que je me fais de mon art et du rôle de l’écrivain. Permettez seulement que, dans un sentiment de reconnaissance et d’amitié, je vous dise, aussi simplement que je le pourrai, quelle est cette idée.

Je ne puis vivre personnellement sans mon art. Mais je n’ai jamais placé cet art au-dessus de tout. S’il m’est nécessaire au contraire, c’est qu’il ne se sépare de personne et me permet de vivre, tel que je suis, au niveau de tous. L’art n’est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l’artiste à ne pas se séparer ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle. Et celui qui, souvent, a choisi son destin d’artiste parce qu’il se sentait différent apprend bien vite qu’il ne nourrira son art, et sa différence, qu’en avouant sa ressemblance avec tous. L’artiste se forge dans cet aller retour perpétuel de lui aux autres, à mi-chemin de la beauté dont il ne peut se passer et de la communauté à laquelle il ne peut s’arracher. C’est pourquoi les vrais artistes ne méprisent rien ; ils s’obligent à comprendre au lieu de juger. Et s’ils ont un parti à prendre en ce monde ce ne peut être que celui d’une société où, selon le grand mot de Nietzsche, ne règnera plus le juge, mais le créateur, qu’il soit travailleur ou intellectuel.

Le rôle de l’écrivain, du même coup, ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd’hui au service de ceux qui font l’histoire : il est au service de ceux qui la subissent. Ou sinon, le voici seul et privé de son art. Toutes les armées de la tyrannie avec leurs millions d’hommes ne l’enlèveront pas à la solitude, même et surtout s’il consent à prendre leur pas. Mais le silence d’un prisonnier inconnu, abandonné aux humiliations à l’autre bout du monde, suffit à retirer l’écrivain de l’exil chaque fois, du moins, qu’il parvient, au milieu des privilèges de la liberté, à ne pas oublier ce silence, et à le relayer pour le faire retentir par les moyens de l’art.

Aucun de nous n’est assez grand pour une pareille vocation. Mais dans toutes les circonstances de sa vie, obscur ou provisoirement célèbre, jeté dans les fers de la tyrannie ou libre pour un temps de s’exprimer, l’écrivain peut retrouver le sentiment d’une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu’il accepte, autant qu’il peut, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté. Puisque sa vocation est de réunir le plus grand nombre d’hommes possible, elle ne peut s’accommoder du mensonge et de la servitude qui, là où ils règnent, font proliférer les solitudes. Quelles que soient nos infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s’enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir : le refus de mentir sur ce que l’on sait et la résistance à l’oppression.

Pendant plus de vingt ans d’une histoire démentielle, perdu sans secours, comme tous les hommes de mon âge, dans les convulsions du temps, j’ai été soutenu ainsi : par le sentiment obscur qu’écrire était aujourd’hui un honneur, parce que cet acte obligeait, et obligeait à ne pas écrire seulement. Il m’obligeait particulièrement à porter, tel que j’étais et selon mes forces, avec tous ceux qui vivaient la même histoire, le malheur et l’espérance que nous partagions. Ces hommes, nés au début de la première guerre mondiale, qui ont eu vingt ans au moment où s’installaient à la fois le pouvoir hitlérien et les premiers procès révolutionnaires, qui furent confrontés ensuite, pour parfaire leur éducation, à la guerre d’Espagne, à la deuxième guerre mondiale, à l’univers concentrationnaire, à l’Europe de la torture et des prisons, doivent aujourd’hui élever leurs fils et leurs œuvres dans un monde menacé de destruction nucléaire. Personne, je suppose, ne peut leur demander d’être optimistes. Et je suis même d’avis que nous devons comprendre, sans cesser de lutter contre eux, l’erreur de ceux qui, par une surenchère de désespoir, ont revendiqué le droit au déshonneur, et se sont rués dans les nihilismes de l’époque. Mais il reste que la plupart d’entre nous, dans mon pays et en Europe, ont refusé ce nihilisme et se sont mis à la recherche d’une légitimité. Il leur a fallu se forger un art de vivre par temps de catastrophe, pour naître une seconde fois, et lutter ensuite, à visage découvert, contre l’instinct de mort à l’œuvre dans notre histoire.

Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. Héritière d’une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd’hui tout détruire mais ne savent plus convaincre, où l’intelligence s’est abaissée jusqu’à se faire la servante de la haine et de l’oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d’elle, restaurer, à partir de ses seules négations, un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir. Devant un monde menacé de désintégration, où nos grands inquisiteurs risquent d’établir pour toujours les royaumes de la mort, elle sait qu’elle devrait, dans une sorte de course folle contre la montre, restaurer entre les nations une paix qui ne soit pas celle de la servitude, réconcilier à nouveau travail et culture, et refaire avec tous les hommes une arche d’alliance. Il n’est pas sûr qu’elle puisse jamais accomplir cette tâche immense, mais il est sûr que partout dans le monde, elle tient déjà son double pari de vérité et de liberté, et, à l’occasion, sait mourir sans haine pour lui. C’est elle qui mérite d’être saluée et encouragée partout où elle se trouve, et surtout là où elle se sacrifie. C’est sur elle, en tout cas, que, certain de votre accord profond, je voudrais reporter l’honneur que vous venez de me faire.

Du même coup, après avoir dit la noblesse du métier d’écrire, j’aurais remis l’écrivain à sa vraie place, n’ayant d’autres titres que ceux qu’il partage avec ses compagnons de lutte, vulnérable mais entêté, injuste et passionné de justice, construisant son œuvre sans honte ni orgueil à la vue de tous, sans cesse partagé entre la douleur et la beauté, et voué enfin à tirer de son être double les créations qu’il essaie obstinément d’édifier dans le mouvement destructeur de l’histoire. Qui, après cela, pourrait attendre de lui des solutions toutes faites et de belles morales ? La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir. La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu’exaltante. Nous devons marcher vers ces deux buts, péniblement, mais résolument, certains d’avance de nos défaillances sur un si long chemin. Quel écrivain, dès lors oserait, dans la bonne conscience, se faire prêcheur de vertu ? Quant à moi, il me faut dire une fois de plus que je ne suis rien de tout cela. Je n’ai jamais pu renoncer à la lumière, au bonheur d’être, à la vie libre où j’ai grandi. Mais bien que cette nostalgie explique beaucoup de mes erreurs et de mes fautes, elle m’a aidé sans doute à mieux comprendre mon métier, elle m’aide encore à me tenir, aveuglément, auprès de tous ces hommes silencieux qui ne supportent, dans le monde, la vie qui leur est faite que par le souvenir ou le retour de brefs et libres bonheurs.

Ramené ainsi à ce que je suis réellement, à mes limites, à mes dettes, comme à ma foi difficile, je me sens plus libre de vous montrer pour finir, l’étendue et la générosité de la distinction que vous venez de m’accorder, plus libre de vous dire aussi que je voudrais la recevoir comme un hommage rendu à tous ceux qui, partageant le même combat, n’en ont reçu aucun privilège, mais ont connu au contraire malheur et persécution. Il me restera alors à vous en remercier, du fond du cœur, et à vous faire publiquement, en témoignage personnel de gratitude, la même et ancienne promesse de fidélité que chaque artiste vrai, chaque jour, se fait à lui-même, dans le silence.

Résistance au colonialisme: Île de la Grande Tortue (Amérique du Nord)… Avertissement des femmes détentrices du titre de la terre (Mohawk Nation News)

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“44. La ligne de descendance des personnes appartenant aux Cinq Nations se fera par la ligne féminine. Les femmes seront considérées comme les progénitrices de la nation. Elles devront posséder le territoire et la terre. Hommes et femmes devront suivre le statut de la mère.”

~ Wampum 44 de Kaia’nere:kowa, “Grande Loi de la Paix” de la Confédération Iroquoise, XIIème siècle ~

 

A lire: « Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada »

 

Les femmes détentrices du titre de la terre avertissent

 

Mohawk Nation News

 

24 février 2017

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/02/24/women-titleholders-give-notice/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le monde regarde avec horreur alors que l’armée américaine commet des atrocités à Standing Rock en essayant de tuer les protecteurs de l’eau au profit d’un oléoduc privé. Des armes automatiques sont directement pointées sur nous. La présence de la force militaire est la continuation du génocide perpétré sur nos peuples.
kohtihon’tia:kwenio, les femmes détentrices du titre de la terre de l’Île de la Grande Tortue, lancent un avertissement. Nous sommes obligées de préserver et de protéger la terre pour les générations futures.

Nous sommes mandatées pour informer les envahisseurs étrangers et leurs agents de respecter notre liberté de vivre et de voyager à travers nos terres sans interférence.

Nous sommes partie de la création. Nous avons survécu l’assassinat de masse de ce qui fut le plus grand holocauste de l’histoire de l’humanité, la guerre chimique et bactériologique, la famine induite, la torture physique et mentale, l’ignorance et le génocide par décret et statut.

Les Etats-Unis, le Canada et le Mexique ne sont que des entreprises coloniales privées fabriquées qui squattent sur nos terres. Ils ne sont que des “franchises” banquières d’Europe (NdT: City de Londres, la véritable “couronne” et sa Banque d’Angleterre/Vatican ayant pour succursale Wall Street…) et non pas des gouvernements, qui ont divisé illégalement nos terres et nos ressources. Ils ne peuvent jamais être souverains sur notre terre.

Nous possédons seuls l’autorité souveraine sur ce continent. Nous avons de vieux accords et de nombreuses alliances entre nos peuples.
La charte des Nations-Unies requiert le respect des principes d’égalité de droits et d’auto-détermination. Les différents doivent être résolus pacifiquement.

Les franchises violent les standards internationalement reconnus de respect des droits politiques des peuples en tant que partie de l’ International Covenant on Civil and Political Rights, la Convention de la Prévention du Génocide, la Convention économique des Nations-Unies, les droits sociaux et culturels et autres instruments reconnus internationalement légaux.

La résolution de l’AG de l’ONU 1541 [XV] requiert le consentement informé d’un peuple avant d’être inclus dans un autre état et le Tribunal International a affirmé ce principe dans l’affaire du Sahara Occidental. Nous ne sommes pas et ne deviendront jamais une partie des états coloniaux qui squattent sur nos terres.

En accord avec l’article 15 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, sections 1 et 2, tout peuple a droit à une nationalité. Aucune nation ne peut changer l’identité d’une autre nation en imposant sa propre législation. Nos déplacements, échanges et commerce ne doivent pas être entravés au travers du continent des Amériques, connus par les anglo-saxon sous le terme d’hémisphère occidental et que nous appelons l’Île de la Grande Tortue.

Ignorer les perspectives que nous avons sur nous-mêmes, motre terre, nos ressources, l’air, l’eau et toute vie, est universellement reconnu comme illégal.

Les squatters ne peuvent pas transformer arbitrairement quiconque en sujets de leur entreprise sans notre connaissance et consentement informé.

Nous pourrons librement traverser nos terres, passer et repasser sur terre, mer, voies navigables, ou air, ce sur tous nos territoires. Des impôts, des taxes et des tributs nous sont illégalement extorqués par ces entités étrangères à notre terre. Nous pourrons chasser et pêcher où bon nous semble sur notre terre. L’ International Covenant on Civil and Political Rights dit explicitement que personne ne sera arbitrairement privé de sa vie ou de sa liberté. Les Etats-Unis doivent immédiatement arrêter de nous menacer, de nous assassiner et de nous emprisonner, ainsi que de contrevenir aux principes internationaux reconnus de justice fondamentale.

La Déclaration des Droits des Peuples Indigènes (DDPI) de l’ONU a été adoptée par une majorité d’états (NdT: à l’exception notoire des Etats-Unis, du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande… on se demande bien pourquoi ?…). Nous sommes égaux à tous les autres et avons le droit de jouir de toute la plénitude des droits de l’Homme et des libertés fondamentales.

Nous demandons donc que l’entreprise coloniale établie sur nos territoires désarme immédiatement et arrête de détenir, d’assassiner, de torturer, de violer, de voler les peuples indigènes à ce continent, d’arrêter de nous harceler et de nous traduire illégalement devant leurs tribunaux ne dispensant que la justice coloniale de l’amirauté, loi de la haute mer, dans leur système judiciaire. Ils doivent amener leurs préoccupations, griefs et problèmes devant les gouvernements onkwe’hon:weh (natifs) traditionnels idoines.

La torture est préméditée, systémique et scientifique, elle est faite pour briser notre dignité, notre fabrique sociale et à fomenter la terreur au sein du peuple.

Les conseils coloniaux marionnettes de bandes (Canada) ou de tribus (USA) imposés par l’entreprise coloniale sont des traîtres et perçus comme tels.

Le Canada, les Etats-Unis et le Mexique (appelé “Amérique du Nord”) et autres franchises coloniales doivent arrêter et se désister de toute violation de l’autorité des véritables propriétaires de l’Île de la Grande Tortue.

Notre devoir, notre mission est de protéger notre intégrité physique et nos droits (naturels).

Menaces, meurtres et tortures n’ont pas leur place dans les relations internes ou internationales entre les peuples. Les principes de la Loi de la Grande Paix (Kaia’nere:kowa) et de teh’io:hateh (le Wampum Deux Rangées), sont les véritables loi d’ono’war:geh (Île de la Grande Tortue)

Nous demandons à l’entreprise coloniale, la corporation, de quitter immédiatement l’Île de la Grande Tortue.

Sitting Bull, Crazy Horse, Gall et les autres ont sauté à cheval pour confronter l’ennemi sans aucune peur. Ils combattirent pour les générations à venir.

Note de Résistance 71: A ce sujet, durant la guerre des grandes plaines de la moitié à la fin du XIXème siècle, l’armée yankee a subi défaite sur défaite face notamment à l’alliance entre les nations Oceti Sakowin (Sioux), Cheyennes et Arapaho. Défaits à deux reprises militairement (par les chefs de guerre sus-nommés), les Yankees concédèrent grandement dans les deux traités de Fort Laramie de 1851 et 1868. Les terres impliquées dans l’affaire actuelle de Standing Rock sont des terres appartenant à Oceti Sakowin (Grande Nation Sioux) de part le traité de 1851 et reconfirmé à plus forte raison en 1868. Les nations impliquées n’ont rien concédé territorialement et pour cause: elles étaient les vainqueurs !!.. Depuis lors, ces traités, considérés comme tous les traités, même par la loi scélérate coloniale américaine, comme “loi fédérale de la terre”, ont été constamment bafoués par les instances privées et fédérales. Toute action privée ou fédérale sur ces terres est de facto ILLEGALE et l’armée yankee empiète sur des terres n’appartenant aucunement au gouvernement fédéral US. Il s’agit ni plus ni moins d’un acte de guerre, d’une invasion supplémentaire ! Par cet acte et sans même aller chercher plus loin, l’état fédéral yankee viole sa propre “loi de la terre”, bien sûr en toute impunité tant que les juges sont corrompus par les grandes entreprises coloniales… Les terres reconnues à Oceti Sakowin dans le traité de Fort Laramie de 1851 et toujours en vigueur aujourd’hui, couvre une superficie de près d’une fois et demie la France sur 5 états “fédéraux”.

Guerre impérialiste en Syrie: Yanks et Turcs déclenchent la guerre de l’eau…

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Deux jours après que Trump ait envoyé le général Votel discuter avec les Turcs, ceux-ci bloquent l’Euphrate écrasant Alep

 

Gordon Duff

 

25 février 2017

 

url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2017/02/25/two-days-after-trump-sends-general-to-meet-turks-they-block-euphrates-river-crushing-aleppo/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

D’abord ce fut le sénateur John McCain, son premier voyage illégal en Syrie depuis qu’il a rencontré le chef de l’EIIL/Daesh Baghdadi en 2014. Puis le général Joseph L. Votel se pointe et a aussi une réunion. Les deux ont rencontré les Turcs et discuté stratégie et mis en place un accord pour laisser les Kurdes en place et la Turquie dans l’OTAN.

La Russie demande à tous ceux qu’elle connaît des infos au sujet de ces réunions. Poutine est plus que préoccupé par tout ceci et à juste titre. Ces réunions ont été confirmées et ce n’est pas du tout une mince affaire.

Un jour seulement avant, il y a eu des rapports très fiables disant que les Etats-Unis évacuaient des personnels de l’EIIL/Daesh, dont apparemment des Israéliens, de Mossoul à travers Tal Afar. Puis les forces aériennes irakiennes ont bombardé en Syrie, avec nous dit-on le plein consentement et la coopération de la Syrie, une attaque ayant pour intention, nous dit-on, de briser l’opération américaine de sauvetage de l’EIIL et empêcher qu’il soit coupé de Mossoul.

Aussi, deux jours plus tôt, nous avons reçu un rapport d’Al Bab disant que les Turcs avaient embarqué 950 combattants de Daesh sur des camions et les avaient emmené en Turquie pour y être rafraîchis, rééquippés et envoyés à Raqqah combattre contre les Kurdes soutenus par les Américains. Les Etats-Unis étaient au courant de cela, McCain était au courant et le général Votel était au courant.

Puis, 24 heures plus tard, la Turquie annonçait une percée magique et que l’EIIL/daesh s’était replié, apparemment directement à travers les lignes turques… Nous savions la vérité, j’ai personnellement parlé avec la source au téléphone en temps réel, alors que les combattants de Daesh montaient dans les camions turcs.

Puis aujourd’hui, des kamikazes se font sauter à Homs, balayant le commandement à la sécurité syrien là-bas tandis que simultanément, des lignes de distribution de gaz donnant de l’énergie à Damas étaient coupées au moyen d’explosifs. Ainsi, les deux ville principales de Syrie sont sans électricité et hors de combat. En réalité, la Turquie a asséché la rivière Euphrate afin de causer le chaos sur les arrières syriens et les forcer à reconsidérer leur effort humanitaire pour sauver Alep.

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de l’Operation Inherent Resolve:

Ces deux derniers jours, durant la dernière visite au Moyen-Orient du général Joseph L. Votel, le chef du commandement central américain (CENTCOM) a rencontré des membres de la coalition, d’autres partenaires, des officiers supérieurs et des leaders militaires en Irak et en Syrie, pour discuter d’opérations et de collaboration continuelles sur le terrain.

Le premier arrêt de Votel fut au Koweït le mercredi pour rencontrer le ministre de la défense koweïtien Khaled Al Jarrah Al Sabah et d’autres leaders militaires avant de se rendre à Baghdad jeudi.

Là, Votel a rencontré l’équipe de l’ambassade américaine et les commandants le vendredi ; il a visité plus tard le ministère de la défense irakien pour rencontrer les chefs et personnels de la défense irakienne “et parler… des opérations à venir.”

Votel a dit aux journalistes voyageant avec lui que lui et les Irakiens avaient aussi discuté “de quelques choses pour lesquelles ils ont besoin d’assistance et que… nous travaillons avec eux alors qu’ils continuent de maintenir un certain momemtum” dans le combat contre l’EIIL.

Construire une capacité de partenariat

Pendant un arrêt à Taji, à quelques 40km au nord de Baghdad, le général a déclaré que le district rural est un des six endroits en Irak où les formateurs de la coalition construisent une capacité de partenariat, un besoin critique pour la coalition a t’il fait remarqué au passage.

“Taji est le secteur principal où nous apportons les organisations… pour les préparer à faire les choses dont les Irakiens ont besoin afin de reprendre le contrôle de leur pays contre l’EIIL,” a dit Votel.

“Notre stratégie… est focalisée sur la construction d’une capacité de partenariat et d’exécuter nos opérations avec manière, ainsi cet aspect… est une partie très importante de ce que nous faisons,” a t’il dit.

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TEHRAN (FNA)- Des sources médiatiques disent que la Turquie a coupé le flux de la rivière Euphrate dans le nord de la Syrie, forçant le barrage Tishrin et la centrale électrique de l’Est d’Alep de cesser de fonctionner. Jahineh News a rapporté que la Turquie a interrompu le flot de l’Euphrate alant du sud de son territoire vers le nord de la Syrie.

L’Euphrate est la source principale du réservoir d’eau derrière le barrage de Tishrin et l’agence de presse a dit que la pénurie d’eau au barrage a provoqué l’arrêt de la centrale hydroélectrique attenante qui fournit de l’électricité à la ville d’Alep.

Jahineh a ajouté que l’eau du lac Assad et derrière le barrage de Tishrin est à son plus bas niveau et qu’il n’y a plus assez d’eau pour le pompage dans les turbines génératrices de la centrale hydroélectrique de Tishrin.

“Ainsi donc, l’électricité a été coupée dans les villes de Manbij et d’Ein al-Arab,” a t’elle ajouté.

Jeudi, le ministre syrien de la réconciliation nationale Ali Heidar a fortemement critiqué l’invasion de l’armée turque sur le territoire national syrien et a souligné que les hautes sphères politique et militaire de Damas devaient prendre une décision afin de confronter l’agression turque.

Ali Heidar a critiqué la Turquie pour son interférence et son invasion de certaines parties du nord de la Syrie, disant qu’Ankara essaie d’imposer sa présence dans la crise syrienne. (NdT: Ne pas oublier non plus que la Turquie est l’ennemie du Confédéralisme Démocratique kurde du PKK et de ses alliés kurdes syriens du YPG/YPJ et qu’elle fera tout pour museler la révolution sociale kurde en cours… De plus les Yanks veulent une partition de la Syrie et la zone kurde du nord leur en donne la possibilité. Les communes libres du Rojava seraient bien avisées de se méfier grandement de toute alliance avec les traîtres et fourbes américains dont la grande spécialité est de larguer ses alliés en rase campagne dès qu’ils ne leur sont plus utiles…)

Il a de plus ajouté que la position du gouvernement syrien contre la présence de l’armée turque dans la partie nord du pays n’a pas changé et que Damas considérait cette situation comme une agression et une violation de ses droits de souveraineté.

Spécifier l’endroit, le temps et le mécanisme d’une confrontation directe (avec les occupants turcs) est la responsabilité des hauts-commandements politique et militaire du pays. Il est mieux de gérer cette situation au travers des réseaux diplomatiques en première instance afin d’éviter une confrontation directe si possible,”a dit le ministre syrien au sujet de la possibilité d’une confrontation militaire directe entre Damas et Ankara.

Vision zapatiste de l’histoire et symbiose politique…

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En traduisant ce texte, on s’est dit qu’on aurait pu l’écrire, bien sûr pas en rapport au contexte zapatiste du Chiapas, mais en rapport à la symbiose de pensée et d’analyse historico-politique… Vous verrez que, sans aucune concertation, même certaines expressions utilisées, résumant la seule conclusion politique qui s’impose à toute personne politiquement éveillée aujourd’hui, sont identiques.
Traduire ce texte nous a particulièrement touché, ceux qui nous lisent régulièrement sauront pourquoi et dans la pseudo-tourmente dans un verre d’eau que suscite ou tente de susciter le grand cirque électoral franchouillard qui bat son plein, nous ne voyons qu’une seule chose à faire, pour quelque temps, c’est de faire silence, comme les zapatistes l’avaient fait en décembre 2012. Le silence pour se faire entendre !
Méditez et faites circuler ce texte, dans cette pourriture de contexte électoral et de climat politique délétère, il en vaut la peine.

A bientôt… (nous répondrons à tout commentaire si nécessaire), jusque là… le silence est d’or…

~ Résistance 71 ~

 

A lire:

« 6ème déclaration zapatiste de la forêt de Lacandon »

Notre dossier « EZLN Chiapas »

 

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Les murs au dessus les fissures en bas

(Et à gauche)

 

Février 2017

 

url de l’article:

http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2017/02/16/the-walls-above-the-cracks-below-and-to-the-left/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+EnlaceZapatista+%28Enlace+Zapatista%29

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La tempête sur notre chemin

Pour nous, en tant que zapatistes ordinaires, la tempête, la guerre, fait rage depuis des siècles. Elle est arrivée sur nos terres avec les mensonges de la civilisation dominante et sa religion. A cette époque, l’épée et la croix ont saigné notre peuple à blanc.

Avec le temps, l’épée s’est modernisée et la croix a été détrônée au profit de la religion du capital, mais cela a continué à demander notre sang en offrande à leur nouveau dieu: l’argent.

Nous avons résisté, nous résistons toujours du reste. Nos rébellions se déplacèrent entre les forces variées du pouvoir. Ces forces, venant toujours d’en haut, nous demandèrent de lutter et de mourir pour les servir. Elles demandèrent obéissance et soumission sous le déguisement de notre libération. Comme celles qui ont dit et disent toujours qu’elles luttent, qu’elles vinrent et viennent pour dirigier. Il y a eu de supposées indépendances et fausses révolutions, celles passées et celles à venir.

Depuis lors, ceux d’en-haut ont bifurqué et continuent de le faire afin de gouverner, mal, ou tenter de le faire. Dans le présent et le passé, leur proposition continue d’être la même: que nous offrions notre sang, tandis qu’ils dirigent ou prétendent de le faire.

Avant et maintenant, ils oublient ceux d’entre nous qui n’oublient pas.

Et toujours, hier et aujourd’hui, la femme est en bas, même dans les collectifs que nous formions et formons.

Mais alors que ces agendas passèrent, ils n’apportèrent pas seulement douleur et mort à notre peuple. En étendant sa domination, le pouvoir a créé des nouveaux liens fraternels dans la tragédie.

Nous avons vu lorsque l’ouvrier et le paysan sont devenus un avec notre douleur, écrasés sous les quatre roues du carrosse du capital.

Alors que le pouvoir avançait sur son chemin dans le temps, ceux d’en-bas furent plus nombreux, élargissant la base sur laquelle le pouvoir a et est le pouvoir. Nous avons vu que nous étions rejoints par des enseignants, des étudiants, des artisans, des gens du monde des affaires, des professions libérales et ceux ayant des noms différents mais des soucis identiques.

Mais ce ne fut pas assez. Le pouvoir est un espace exclusif, discriminatoire et sélectif. Ainsi des différences diverses furent aussi ouvertement persécutées ; par couleur, race, préférence sexuelle, genre, certaines personnes furent expulsées de la terre promise et de l’enfer, donné comme résidence permanente.

Ensuite vinrent les jeunes, les enfants et les anciens. Le pouvoir a alors converti les agendas que l’on tient comme cause de persécution. Tous ceux d’en-bas sont coupables: d’être une femme, un enfant, un jeune, un adulte, un ancien ou un humain.

Mais, en étendant l’exploitation, le déplacement, la répression et la discrimination, le pouvoir a aussi étendu la résistance… et la rébellion.

Nous avons vu alors et maintenant les têtes levées de bien des muchas, muchos, muchoas. Toutes différentes, mais si similaires dans leur rage et leur refus.

Le pouvoir ne sait ce qu’il est que lorsqu’il est agité devant ceux qui travaillent. Il en a besoin. Il a répondu et répond à chaque rébellion en achetant ou en trompant quelques uns et en emprisonnant ou assassinant beaucoup. Il n’a pas peur de leurs demandes: c’est leur exemple qui le terrifie. Pourtant ce ne fut pas assez. Ayant dominé les nations, le pouvoir du capital a cherché à écraser toute l’humanité sous son joug pesant.

Même cela ne fut pas assez. Le capital essaie mantenant de gérer la nature, de la dominer, de la domestiquer, de l’exploiter. C’est à dire en fait de la détruire. L’avancée destructrice du capital, toujours au moyen de la guerre, a démoli les premiers seigneuries et royaumes. Sur leurs ruines il a construit les nations.

Plus tard, il a dévasté les nations et sur leurs ruines il a érigé un nouvel ordre mondial: le marché. Le monde entier est devenu un gigantesque hangard de commoditités (NdT: grand garage à la spéculation généralisée et institutionnalisée…). Tout peut-être acheté et vendu: l’eau, le vent, la terre, les plantes, les animaux, les gouvernements, la connaissance, le plaisir, le désir, l’amour, la haine, les humains,

Mais ce ne sont pas seulement des commodités qui sont échangées sur le grand marché du capital. “La liberté économique” n’est qu’une illusion qui ne fait que simuler un accord mutuel entre ceux qui vendent et ceux qui achètent. En réalité, le marché est fondé sur la dépossession et l’exploitation. L’échange alors n’est que celui de l’impunité. La justice est transformée en une grotesque caricature et à son échelle, l’argent pèse toujours bien plus que la vérité. La stabilité de cette tragédie appelée capitlaisme dépend de la répression et du manque de respect.

Mais ceci ne fut pas non plus suffisant. Il n’est pas possible de dominer le monde si on ne domine pas les idées. L’imposition religieuse a été intensifiée et a atteint les arts et les sciences. Des philosophies et des croyances ont émergées et émergent toujours comme des modes éphémères. Les sciences et les arts ont cessé d’être quelque chose de distinctement humain et ont été placés sur les étagères du supermarché mondial.

La connaissance est devenue propriété privée tout comme le récréatif et le plaisir.

Ainsi, le capital s’est consolidé dans son rôle de gigantesque machine à confettis, utilisant non seulement l’humanité dans sa globalité comme matière première de sa production de commodité, mais aussi l’art, la connaissance et… la Nature. La destruction de la planète, les millions de gens déplacés, la montée incessante du crime, le chômage, la pauvreté, la faiblesse des gouvernements et les guerres à venir ne sont pas des produits de l’excès du capital, ou une erreur de parcours, un détour du système qui avait promis l’ordre, le progrès, la paix et la prospérité.

Non, toutes ces tragédies sont l’essence même du système.

Il se nourrit d’elles, il croît à leurs dépends.

La destruction et la mort sont le carburant de la grande machine du Capital.

Toutes tentatives de “rationaliser” ou “d’humaniser” ses fonctions furent, sont et seront futiles. L’irrationalité et l’inhumanité en sont des parties essentielles. Il n’y a pas de réparation possible du système. Il n’y en a pas eu avant et il il n’y a aucun moyen maintenant de mitiger son chemin criminel.

Le seul moyen d’arrêter cette machine est de la détruire.

Dans la guerre mondiale actuelle, la dispute se situe entre le système et l’humanité. Voilà pourquoi la lutte anti-capitaliste est une lutte pour l’humanité.

Ceux qui essaient toujours de “réparer” ou de “sauver” le système ne font en fait que nous proposer un suicide collectif, comme un sacrifice posthume au pouvoir.

IL N’Y A PAS DE SOLUTION AU SEIN DU SYSTEME (NdT: en espagnol et en anglais dans le texte orginal !!…)

-[]- Dans le texte original espagnol: “Pero en el sistema no hay solución.” Et en anglais: “In the system there is no solution”… –[]-

Ni le sentiment d’horreur, de condamnation, de résignation n’est suffisant, ni l’espoir que le pire est passé et que les chose ne peuvent qu’aller mieux.

Non… Ce qui est certain, c’est que les choses ne peuvent être que pire.

Pour toutes ces raisons et en addition à ce que chacun d’entre nous peut ajouter de nos agendas particuliers, de nos zones géographiques et culturelles, nous devons résister, nous rebeller, dire NON, lutter et nous organiser.

C’est pourquoi nous devons faire se lever le vent d’en-bas avec résistance et rébellion, avec organisation.

C’est seulement alors que nous pourrons survivre. Seulement là sera t’il possible de vivre et seulement à ce moment là, avions-nous dit il y a 25 ans, pourrons-nous voir que… “Lorsque se calme la tempête, lorsque pluie et feu laissent la terre en paix, le monde ne sera plus le monde, mais quelque chose de beaucoup mieux.”

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La guerre et les murs intérieurs et extérieurs

Provoquée par l’appât du gros pognon, l’intention d’en-haut est de faire payer ceux qui souffrent du cauchemar ambiant pour le marasme actuel. Les frontières ne sont plus justes des lignes déssinées sur des cartes et des points de passage douanier, mais des murs d’armées et de police, de ciment et de briques, de lois et de persécutions. Dans le monde d’en-haut, la chasse à l’homme augmente et elle est célébrée par des compétitions clandestines: qui expulse, incarcère, emprisonne, assigne à résidence et assassine le plus, gagne.

Comme nous le disons maintenant depuis plus de 20 ans, la mondialisation néolibérale n’a pas du tout amené le village mondial, mais plutôt la fragmentation et la dfissolution des soi-disants “états-nations”. Alors et aujourd’hui, nous appelons ce processus par le nom qui le dessert le mieux: “la guerre mondiale” (la 4ème en ce qui nous concerne…)

La seule chose qui a été mondialisée de fait c’est le marché, avec lui… la guerre.

Pour ceux qui font fonctionner la machine et donnent vie à la terre, les frontières continuent d’exister et continuent d’être ce qu’elles ont toujours été: des prisons. (NdT: tandis que la caste oligarchique elle, vit dans un monde totalement transnational où les flux de personnes privilégiées et de capitaux ne connaissent plus aucune restriction. Les restrictions en revanche s’abattent toujours plus sur nous, les gens d’en-bas de cette pyramide mortifère à abattre…)

Il y a deux décennies, notre assertion de cette réalité avait provoqué bien des sourires et des moqueries de la part de l’intelligentsia internationale, engoncée qu’elle était dans ses vieux dogmes éculés.

Ces mêmes personnes aujourd’hui n’en finissent plus de bégayer devant la dure réalité des choses, ou ils recommandent de suivre de vieilles recettes, ou ils bougent dans un endroit plus à la mode qui, au travers d’une élaboration théorique complexe, parvient à cacher la seule vérité existante: ils n’ont absolument aucune idée de ce qui est en train de se passer, encore moins de ce qui va arriver, ni ce qu’a amené le cauchemar en cours…

Ils s’en lamentent. La pensée d’en-haut leur avait promis un monde sans frontières et le résultat est en fait une planète remplies de ces tranchées chauvines.

Le monde n’a pas été transformé en une gigantesque métropole sans frontières, mais plutôt en un vaste océan en état de tempête perpétuelle. Dans cet océan, des millions de déplacés (qui sont regroupés par le pinceau magique des médias en “immigrants”) dérivent sur de frêles embarcations, attendant d’être sauvés par le colossal vaisseau du grand capital.

Non seulement il ne les sauvera pas, mais le grand capital est la cause première de la tempête qui menace l’existence de l’humanité entière.

Sous le déguisement glauque du nationalisme fasciste, les temps les plus rétrogrades sont de retour, clâmant privilèges et attentions. Fatigué de gouvernenr depuis l’ombre où il se tenait, le grand capital démantèle les mensonges de “citoyenneté” et “d’égalité” et fait prévaloir loi et marché.

Le drapeau de “liberté, égalité et fraternité” avec lequel s’est drapé le capitalisme dans sa conversion en système mondial dominant n’est plus qu’un vieux lambeau, jeté d’en haut dans la poublelle de l’histoire.

Finalement, le système bat les masques et montre son vrai visage et sa vocation réelle. “La guerre toujours, la guerre partout” peut se lire sur la proue du fier navire qui navigue sur cette mer de sang et de merde. C’est l’argent et non pas l’intelligence artificielle qui combat l’humanité dans cette bataille décisive: celle de la survie.

Personne n’est en sécurité. Pas plus le capitaliste national naïf qui a rêvé de la grosse récompense qui était offerte par l’ouverture des marchés, que le conservateur de la classe moyenne survivant entre le rêve d’être puissant et la réalité d’être membre du troupeau à son tour.

Puis la classe des travailleurs de la ville et de la campagne qui se trouve de manière croissante dans des conditions de plus en plus difficiles, si c’est même encore possible.

Et, pour faire le tour de cette image apolcalyptique, les millions de déplacés et migrants qui s’entassent aux frontières et qui sont soudain devenus aussi réels que les murs que les gouvernements et les criminels construisent pas à pas.

Dans la géographie mondiale des médias de masse et des réseaux sociaux, les fantômes déplacés et nomades sans noms ni visages, ne sont que des statistiques qui ne font qu’identifier leur place.

Le calendrier ? Juste le lendemain d’après la promesse de la fin de l’histoire, de la déclaration solennelle de la suprémacie du système qui devait garantir le bien-être de tous ceux qui travaillaient à son établissement, de la victoire sur “l’ennemi communiste” qui cherchait à restreindre la liberté, imposer des dictatures et créer la pauvreté, de l’éternelle promesse d’éternité qui annulerait toutes les généalogies. Le même calendrier qui annonça hier que l’histoire du monde ne faisait que commencer. Et en fait, non ; ceci n’était que le prélude au plus effrayant des cauchemars.

Le capitalisme, système du monde est en train de s’effondrer et les grands capitaines, maintenant désespérés, ne peuvent plus se figurer où aller. Voilà pourquoi ils se replient dans les repaires d’où ils somt sortis,

Ils offrent l’impossible: le salut local moyennant la catastrophe globale. Et toute cette connerie est très bien acceptée parmi la classe moyenne qui est en train de se confondre avec ceux plus bas en termes de ses revenus, mais qui aspire à compenser ses besoins économiques non satisfaits avec l’authentification de race, de culture chrétienne, de couleur et de sexe. Le salut venant d’en-haut est anglo-saxon, blanc, mâle et chrétien.

Bon, ceux qui vivent des miettes tombées de la table du grand capital observent désespérément, alors que des murs sont érigés tout autour d’eux également. Et le pire est qu’ils ont l’intention de mener l’opposition à cette politique de guerre. Ici nous voyons la droite intellectuelle faire des gestes contraires et tentant timidement des manifestations ridicules. Parce que non, la mondialisation ne fut aucunement le triomphe de la liberté. Ce fut et est toujours l’âge contemprain de la tyrannie et de l’esclavage.

Les nations ne sont plus des nations, bien que leurs gouvernements respectifs ne l’aient pas encore remarqué. Leurs dfrapeaux et leurs emblèmes sont en lambeaux et décolorés ; détruits par la mondialisation venue d’en-haut, malade du parasitisme du capital et ayant la corruption comme seul signe d’identité, les gouvernements nationaux essaient dans une futile et inepte hâte, de se protéger et de tenter la reconstruction impossible de ce qu’ils furent à une époque.

Dans les compartiments scellés sous vide, créés par leurs murs et leurs contrôles de frontières, douaniers et policiers, le système drogue les secteurs moyens de la société à grand renfort de l’opium d’un nationalisme réactionnaire nostalgique, fait de xénophobie, de racisme rampant, de sexisme et d’homophobie comme plan ultime de salut.

Les frontières se multiplient au sein même de tous les territoires. Pas seulement ceux qui sont dessinés sur des cartes, mais aussi et par dessus tout, ceux qui sont érigés par la corruption et le crime devenus gouvernements. La grande récompense post-moderne n’était rien d’autre qu’une baudruche gonflée de la finance et du capital ; et la réalité des choses est venue la faire péter: des millions de personnes déplacées par la grande guerre remplissent l’espace terrestre et maritime, ils s’entassent aux frontières et contrôles douaniers et commencent à fissurer les murs déjà érigés ainsi que de ceux encore en construction. Encouragés auparavant par le grand capital, les fondamentalismes trouvent du bon terreau de croissance pour leurs propositions d’unification: “de la terreur naîtra une seule façon de penser: la notre.” Après s’être repus de dollars, la bête qu’est le terrorisme menace la maison même de ses créateurs. (NdT: ce qui est voulu par le NOM ne l’oublions jamais: Ordo ab Chao telle est la devise !…)

C’est la même chose aux Etats-Unis et en Europe occidentale ou dans la Russie néo-tsariste: la bête gigote et essaie de se protéger, puis elle vante (pas seulement là) la pire des stupidités et de l’ignorance et, par ses marionnettes de gouvernement, synthétise sa proposition: “Retournons vers le passé.”

Mais non, l’Amérique ne sera pas grande de nouveau. Plus jamais ! Le système non plus et ce dans sa totalité. Il importe peu ce que font ceux d’en-haut. Le système est déjà arrivé au point de non-retour !…

[…]

Depuis le sud-est mexicain


Subcomandante Insurgente Moisés.


Subcomandante Insurgente Galeano.


Mexique,

Le 14 février 2017 (le jour de nos morts)

 

marcos2