Archive pour guerre contre le terrorisme d’état

Illusion démocratique: Un nouveau cirque électoral nous est imposé… BOYCOTT de toute cette fange !

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Résistance 71

 

20 mai 2019

 

Cet appel n’est pas réservé aux Gilets Jaunes et sympathisants mais à toute personne politiquement consciente désirant radicalement  changer ce système inique et criminel de fond en comble.

Voter c’est se soumettre, voter, c’est de donner des maîtres, voter c’est acquiescer au système de la mascarade oligarchique !

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Boycott du vote !
Boycott des institutions !
Boycott de l’État y compris de l’Union Européenne oligarchique!
Boycott de la mascarade électorale !
Boycott de la société marchande et de sa dictature !

Mais boycotter ne suffit pas… Il faut entrer en résistance, entrer en abstention politique active ; c’est à dire remplacer ce que nous boycottons justement par une alternative politique : celle des assemblées populaires locales, se confédérant et court-circuitant les institutions obsolètes et criminelles de l’outil répressif étatique, tel que préconisé et mis en place par des groupes Gilets Jaunes comme à Commercy, St Nazaire et autre…

A (re)lire:

Le criminel c’est l’électeur !
De l’isoloir à l’isolement
Petit dialogue nécessaire en période électorale
Qu’est-ce que l’abstentionnisme politique ?
Voter est-ce agir ?
La fin du cirque (Résistance 71, novembre 2016)

Pour mettre fin à l’illusion démocratique:

Manifeste pour la Société des Sociétés

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Notre page « Illusion démocratique » qui regroupe un soixantaine de textes démontrant l’ineptie étatique et électorale.

 


Briser les chaînes commence par dire NON !

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Dictature technologique: L’appli WhatsApp de Facebook espionne les usagers…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, sciences et technologie, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 19 mai 2019 by Résistance 71

Nous l’avons dit il y a longtemps et le répèterons sans cesse: vivons heureux, vivons cachés et débranchés !… La technologie moderne qui culmine avec la 5G se mettant en place n’est qu’un outil de contrôle et de destruction de nos vies, au sens social comme au sens physique du terme, la 5G est un projet eugéniste de génocide planétaire.

Une résistance efficace s’organise hors électronique, l’humain prime, l’humain sauvera l’humain et rien d’autre.

~ Résistance 71 ~

 

 

La vulnérabilité de WhatsApp ?… Soyons sérieux, Le Mossad possède et a créé WhatsApp pour les imbéciles (comme moi…)

 

Veterans Today

 

15 mai 2019

 

url de l’article original:

https://www.veteranstoday.com/2019/05/14/whatsapp-vulnerability-get-real-the-mossad-owns-and-created-whatsapp-for-idiots-like-me/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Note des éditeurs: Les révélations d’aujourd’hui que WhatsApp est hacké par la sécurité israélienne n’est pas vraiment une info. Des millions de personnes utilisent cette application pour téléphoner gratuitement sous WiFi dans le monde entier.

Les créateurs de cette app ont toujours eu des liens très étroits avec Israël mais lorsque Fakebook l’a achetée, le Zuckstein, ce fut totalement abandonné au renseignement militaire israélien (NdT: Shinbeth), pas le Mossad, mais ceci est un mot que certains pourront comprendre.

Des groupes comme l’EIIL / Daesh communiquent via Google, utilisent des vidéos YouTube (propriété de Google) et des écrans de communication pour faire passer des messages. Nous avons dénoncé cela il y a des années, un jour peut-être que la NSA le fera aussi.

Nous pensons que Google est l’EIIL / Daesh…

 

RT/Moscow: 

L’application WhatsApp messenger, propriété de Facebook, a été transformée en arme électronique afin de piéger les téléphones de ceux qui font campagne pour les droits de l’Homme, ainsi que d’autres dissidents, avec des logiciels espions israéliens, ce qui a déclenché un feu nourri contre le fabricant du programme.

Le groupe NSO vend ses produits aux gouvernements qui sont connus pour leurs violations outrancières des droits de l’Homme, leur donnant ainsi des outils de traçage des activistes et des critiques politiques. L’attaque sur Amnesty International fut la goutte d’eau.” a déclaré Danna Ingelton, directrice adjointe d’Amnesty Tech dans un communiqué lundi dernier. “Il est temps d’arrêter d’utiliser le groupe NSO et ses outils d’infiltration, d’intimidation et de réduction au silence de la société civile.

Amnesty, qui a été ciblée avec plusieurs autres avocats des droits de l’Homme par WhatsApp, travaille avec un groupe de citoyens israéliens et des groupes de protection légale sur une action en justice qui forcerait le ministère israélien de la défense à révoquer la licence d’exportation du groupe NSO, affirmant que le produit phare de l’entreprise, appelé Pégase, est dangereux et prône aux abus et que NSO le vend délibérément à des gouvernements répressifs.

Après avoir découvert la “vulnérabilité la semaine dernière, WhatsApp affirme travailler 24/24 pour développer une protection pour les utilisateurs, chose qui fut apparemment faite lundi. WhatsApp a aussi rapporté la chose au ministère de la justice américain, qui a refusé de faire tout commentaire au Financial Times. L’entreprise ne sait pas comment les quelques 1,5 milliards de personnes utilisant son App ont été affectées.

Les agresseurs ont installé Pégase sur les téléphones de leurs utilisateurs cibles au travers la fonction d’appel de WhatsApp, d’après l’entreprise. Les utilisateurs n’avaient même pas à répondre au téléphone pour être infectés. Pégase peut allumer la caméra et le microphone d’un utilisateur ciblé à la commande, espionner et utiliser la messagerie, tracer la géo-location, tout cela sans que la victime ne sache quoi que ce soit. Alors que l’entreprise affirme que Pégase n’est que pour l’utilisation de gouvernement, son site internet insiste sur le fait que sa mission est de “développer une technologie pour empêcher et enquêter sur le crime et le terrorisme”, NSO affirme sélectionner ses clients ; un certain nombre d’activistes et de défenseurs des droits de l’Homme au Moyen-Orient se sont retrouvés du mauvais côté de l’application et de l’attaque de Pégase. Amnesty International affirme que des activistes, journalistes, défenseurs des droits de l’Homme au Mexique ont été inquiétés, un employé, des activistes saoudiens, un activiste des droits de l’Homme aux EAU et même soi-disant le dissident saoudien Jamal Kashoggi dont les tortionnaires et tueurs utilisèrent l’application pour le suivre et le tracer, tous ces gens ont été des victimes de Pégase.

En aucun cas NSO serait impliquée dans le fonctionnement ou l’identification de cibles de sa technologie, qui est uniquement utilisée par des agences de renseignement ou autorités légales”, a dit NSO ajoutant que l’entreprise n’aurait pas la capacité technique de cibler des individus ou des organisations. AI n’est pas la seule organisation traduisant NSO en justice. Alaa Mahajne, une avocate de Jérusalem, se porte partie civile pour des citoyens mexicains et saoudiens ciblés par le logiciel. “C’est déconcertant mais pas surprenant que mon équipe ait été ciblée avec la même technologie que nous attaquons en justice”, a t’elle ajouté.

Rapporté il y a deux ans en Israël:

Comment WhatsApp expose vos données

WhatsApp, service de messagerie propriété de Facebook, chiffre (code) les messages des utilisateurs, mais un développeur de logiciel a découvert des utilisateurs partageant des liens internet pouvant exposer des données personnelles.

Un des avantages majeurs du service de messagerie texte, photo, audio, et vidéo de WhatsApp est son chiffrage des messages d’un bout à l’autre de la chaîne de transmission. L’appli, propriété de Facebook, n’offre pas nécessairement le service le mieux protégé, mais cette caractéristique est un avantage majeur pour un service de messagerie qui est le plus largement utilisé de par le monde. L’encryptage peut permettre la protection des messages d’être hacké par des particuliers ou des gouvernements, mais il est devenu apparent cette semaine que la façon dont WhatsApp gère les liens avec les sites internet envoyées sur l’application expose les données des utilisateurs.

Ce point faible fut d’abord dévoilé cette semaine par un développeur de logiciel gardant l’anonymat, répondant au pseudonyme de “mulander” sur Twitter, après que cette personne ait remarqué quelque chose de bizarre lorsqu’elle examina la fonction du serveur pour son blog. Il se passe que lorsque quelqu’un tape des adresses de sites internet sur l’application, WhatsApp envoie l’adresse au serveur du site désiré lettre par lettre. Ceci donne à l’utilisateur un pré-visionnage plus rapide de la page demandée, mais cela provoque aussi un défaut dans la sécurité du message…

Facebook n’a pas encore répondu à la demande du journal Haaretz à ce sujet.

 


Résistance universelle à la tyrannie…

Résistance politique: lectures à propager sans aucune modération… Le top 10 des PDF sur Résistance 71 !

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Résistance 71

 

17 mai 2019

 

Nous vous proposons ci-dessous le classement des 10 top pdf téléchargés par les lecteurs de Résistance 71 depuis la création de notre bibliothèque PDF qui a vu le jour avec l’étroite coopération de Jo pour la mise en page.

Il y a à ce jour 109 documents en format PDF à télécharger gratuitement sur notre page des PDF à lire et à divulguer sans modération.

Voici les 10 documents les plus lus:

1- Manifeste pour la Société des Sociétés (Résistance 71, octobre 2017)

 

2- Ashraf Ezzat Mythe Biblique

3- Un Monde sans Cancer, l’histoire de la vitamine B17

 

4- La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

5- Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

6- Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

7- Meurtre par Décret version PDF

8- le bouclier du lanceur d’alerte

9- Théorie Russo Ukrainienne de l’Origine Profonde Abiotique du Pétrole

10 – Sutton_Wall_Street_et_la_montée_d’Hitler

 

A (re)lire et diffuser sans aucune modération… Merci

 


Soyons SUPRA-connectés…
Solidarité, Union, Persévérance, Réflexion, Action

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: Les armes françaises tuent au Yémen… La DGSI veille au grain pour que ça ne se sache pas…

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La France confirme: dictature officielle

 

Armes françaises au Yémen: ce qui s’est dit lors de l’audition des deux journalistes par la DGSI

 

RT France

 

14 mai 2019

 

url de l’article:

https://francais.rt.com/france/62075-armes-francaises-yemen-ce-qui-sest-dit-auditon-deux-journalistes-dgsi

 

Après leurs révélations sur l’usage d’armes françaises au Yémen, deux journalistes de Disclose ont été entendus par la DGSI. Une enquête préliminaire a été ouverte par la section «terrorisme et atteintes à la sûreté de l’Etat» du parquet de Paris.

Geoffrey Livolsi et Mathias Destal, deux des trois journalistes à l’origine d’une enquête intitulée «Made in France» révélant l’utilisation d’armes françaises au Yémen, ont été entendus ce 14 mai par la DGSI. Plus tôt, les deux fondateurs du site d’investigation Disclose avaient reçu leur convocation pour «compromission du secret de la défense nationale» suite à une plainte du ministère des Armées. Selon Mediapart, la convocation qu’ils ont reçue précise que le délit reproché est «puni d’une peine d’emprisonnement», en l’occurrence cinq ans de prison et 75 000 euros d’amendes.

Disclose dénonce une audition bafouant «les libertés de la presse»

Dans un communiqué publié le 14 mai, Disclose rapporte que ses deux journalistes ont appris que l’enquête préliminaire ouverte en décembre dernier «était conduite sous l’autorité de la section terrorisme et atteinte à la sûreté nationale du parquet de Paris». Une procédure que le média dénonce en arguant qu’elle «prive» ses journalistes «de libertés apportées par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse». Selon Disclose, «l’absence de toute référence dans la convocation de la DGSI à la publication de l’article et à la qualité de journaliste, montre bien une volonté d’exercer une pression personnelle».

Dénonçant un interrogatoire violant des «dispositions fondamentales et protectrices du droit de la presse sur le secret des sources», Disclose explique en outre que Geoffrey Livolsi et Mathias Destal ont été interrogés au sujet de «publications de leur compte Facebook et Twitter personnels dont certaines n’avaient aucun lien avec le sujet de l’audition».

Le communiqué informe enfin que les deux journalistes ont signifié aux enquêteurs qu’ils «avaient agi dans l’exercice de leur mission d’information au public».

Communiqué de Disclose: (cf article original sur RT)

[COMMUNIQUÉ] Lors de leur audition mardi 14 mai, qui fait suite à la publication de l’enquête « Made in France », les journalistes de @Disclose_ngo se sont vus notifier par les enquêteurs de la DGSI qu’ils n’étaient pas entendus comme journalistes. Proprement scandaleux.

Publiées le 15 avril sur le site de Disclose ainsi dans plusieurs médias français, les révélations sur l’emploi d’armes françaises dans la guerre au Yémen par la coalition menée par l’Arabie saoudite, se basent notamment sur la fuite d’un document portant la classification «Confidentiel Défense».

Ce document aurait été rédigé le 25 septembre 2018 par des officiers de la Direction du renseignement militaire, selon Disclose. Y figure notamment «la liste détaillée des armes françaises impliquées dans la guerre au Yémen» qui fait depuis 2015 des milliers de morts parmi les civils. Les Nations unies considèrent que la situation au Yémen constitue la pire crise humanitaire actuelle sur la planète.

De son côté, Paris a toujours expliqué que les armes vendues à ses partenaires étaient utilisées dans des positions défensives, principalement dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Mise à jour 15/5/19 (vidéo):

 

 

 

Colonisation et totalitarisme: Israël état d’apartheid… ou pire ?…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 14 mai 2019 by Résistance 71

“Le sionisme a sécularisé et nationalisé le judaïsme. Pour y parvenir, les penseurs sionistes affirmèrent la possession du territoire biblique et recréèrent, en fait le réinventèrent, comme le berceau de leur nouveau mouvement nationaliste. Comme ils le voyaient, la Palestine étaient occupée par des ‘étrangers’ et avaient été repossédée. ‘Étrangers’ ici voulait dire tout non-juif qui avait vécu en Palestine depuis la période romaine. En fait pour bien des sionistes, la Palestine n’était même pas une terre ‘occupée’ quand ils arrivèrent dessus en 1882, mais plutôt une terre ‘vide’: les natifs palestiniens qui vivaient là leur étaient invisibles ou sinon, ils faisaient partie de la dureté et des obstacles de la nature et à ce titre devaient être conquis et retirés du paysage. Rien, ni pierres, ni Palestiniens, devaient se mettre sur le chemin de la ‘rédemption’ nationale de la terre convoitée par le mouvement sioniste. Jusqu’à l’occupation de la Palestine par la Grande-Bretagne en 1918, le sionisme était un mélange d’idéologie nationaliste et de pratique colonialiste…”

“Comme les théoriciens du nettoyage ethnique l’ont reconnu, là où est adoptée une idéologie d’exclusivité dans une réalité ethniquement lourdement chargée, il ne peut y avoir qu’un seul résultat possible: le nettoyage ethnique…”

“De fait, si vous étiez juif sioniste en 1948, ceci ne voulait dire qu’une seule chose: adhésion et implication totales à la dé-arabisation de la Palestine.”


~
Ilan Pappe, professeur et chaire d’histoire à l’université d’Exeter, “The Ethnic Cleansing of Palestine”, 2006, traduction Résistance 71 ~ 

 

 

Israël état d’apartheid… ou pire ?

 

Résistance 71 

 

11 mai 2019

 

Il est de plus en plus fréquent de lire ou d’entendre qu’Israel est un état d’apartheid de la même manière que l’était l’Afrique du Sud jusqu’en 1995. Cette qualification est souvent utilisée pour justifier les campagnes de boycott du régime sioniste d’occupation de la Palestine, comme celle mise en place par le mouvement BDS (Boycott-Divestment-Sanctions).
Qu’en est-il exactement ? Les deux situations sont-elles pour autant identiques ? Comparables ?
Regardons d’abord ce qu’est “l’apartheid” ou une situation d’apartheid.
Que nous dit l’Encyclopedia Britannica sur le sujet ?

Apartheid: mot de la langue afrikaan voulant dire “mise à l’écart, mise à part”: politique gouvernant les relations entre la minorité blanche d’Afrique du Sud et la majorité noire / métisse du pays, politique sanctionnée par une politique de ségrégation raciale et de discrimination économique contre les non-blancs. Cette politique fut mise en place par la loi du Population Registration Act de 1950, qui classifiait la population en trois catégories: les Bantous, les colorés (métis) et les blancs. Une 4ème catégorie: asiatique, pour les Indiens et Pakistanais, fut ajoutée plus tard…”

Israël est un “état juif” auto-proclamé et reconnu, notamment par les Etats-Unis. Sous la doctrine politique du “sionisme”, Israël est un état colon qui colonise une terre étrangère et procède à un nettoyage ethnique de celle-ci depuis 1948.
Il y a donc en Israël des “citoyens à part entière” de confession judaïque et des “citoyens de second rang”, une ségrégation politique, économique, culturelle, sanitaire, administrative virulente étant appliquée à la population ancestrale palestinienne, qui refuse de se laisser dominer, écraser et éliminer et est entrée en mode de survie en milieu particulièrement hostile.

Y a t’il donc une différence entre Israël et l’Afrique du Sud ?

Oui, elle est de taille et personne n’en parle vraiment..
Pour analyser la différence entre les apartheids de ces deux pays, il faut avoir conscience de leur démographie.
Quelle était la situation coloniale en Afrique du Sud ?
Durant la période de l’apartheid, la répartition de la population était la suivante:

– Population blanche (colons): 20%, qui chuta à environ 13% juste avant la fin de l’apartheid.

– Population non-blanche: 80%

Depuis la fin de l’apartheid en 1995 et au dernier recensement de 2011, la population blanche sud-africaine n’est plus que de 9% soient environ 4,5 millions de personnes.

Qu’est-ce que cela veut dire en ce qui concerne la période de l’apartheid sud-africain ?
Qu’une population coloniale minoritaire implantée possédait pouvoir, argent, force coercitive et soutiens étrangers pour imposer sa règle de domination sur une grande majorité opprimée. Il était impossible pour la population blanche de se débarrasser en totalité de la population autochtone et donc la politique d’apartheid permettait, tout comme dans les états ségrégationnistes du sud des Etats-Unis jusqu’à la fin des années 1960, de maintenir le pouvoir colonial en place et d’imposer son mode de vie et hégémonie culturelle. La disparité démographique fut bien trop importante et donc le pouvoir colonial ne fit que régner d’une main de fer pour protéger les privilèges du petit nombre.

Qu’en est-il d’Israël ?

La population d’Israël (Palestine occupée) se décompose comme suit:

– 75% de juifs à l’origine de provenance essentiellement exogène

– 20% d’arabes (population autochtone)

– 5% autres (chrétiens, Druzes etc… population autochtone)

Cette situation démographique dans un pays colonial engendre bien évidemment une situation et un agenda politiques totalement différents. La situation de cet “état/entité sioniste” de par son idéologie suprémaciste est similaire à celle des Etats-Unis, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande où très rapidement, la population des colons envahisseurs a dépassé celle des autochtones originels, permettant une répression génocidaire.

Ainsi, la politique est celle d’une domination totale par génocide et nettoyage ethnique, par des persécutions visant à soit éliminer les populations indigènes, soit à les chasser définitivement et sans espoir de retour des territoires occupés colonisés (négation du droit au retour pourtant lui,faussement appliqué à la population des envahisseurs colons…), soit éventuellement à les parquer dans des zones concentrationnaires (réserves amérindiennes US et canadiennes, aborigènes, Gaza et Cisjordanie…). Israël est passé à l’étape finale de ne plus “convertir” ni “assimiler”, chose du reste jamais voulue, mais celle d’annihiler, d’en finir physiquement avec le “problème palestinien”, comme les Etats-Unis, le Canada ont voulu en finir avec leur “problème indien” et ont fort heureusement échoué, ce afin de parvenir à un état 100% juif.

Ainsi, l’apartheid israélien est en cela pire que l’apartheid sud-africain dans la mesure où il est toujours démographiquement possible de réaliser un nettoyage ethnique complet par la persécution et le génocide, ce qui n’était démographiquement pas possible en Afrique du Sud, même si le régime le désirait, la réalité pratique étant toute autre. On peut dès lors dire que le régime politique sud-africain était un régime d’apartheid conçut pour durer dans une situation ségrégationniste obligée, tandis que le régime politique de l’entité sioniste occupant violemment la Palestine officiellement depuis 1948 mais en fait depuis l’insertion des premières colonies après la première mondiale dès les années 1920, est plus orienté vers l’extermination / expulsion des populations palestiniennes autochtones à l’endroit depuis au moins deux millénaires, afin d’en finir avec le “problème non-juif”.

Nous ne disons bien évidemment pas que tous les juifs d’Israël et du monde sont d’accord et adhèrent à cette démarche, mais que le fait sans doute une majorité suffisante permettant au système politique d’un état raciste, suprémaciste colonialiste, de perdurer dans le temps et l’espace et d’exercer ses crimes perpétuels contre l’humanité, après avoir hypnotisé et terrorisé l’occident de ne pas critiquer ses violations permanentes du “droit international”, pour s’en référer au système étatique standard et obsolète de contrôle pathétiquement en vigueur et fermer les yeux sur les ignominies en vigueur.

Il est plus que grand temps de lever l’omerta générale sur une situation coloniale toujours active en Palestine qui a débouché sur la mise en place et la réalisation d’un nouveau génocide.

Il suffit de dire NON ! De retirer notre consentement à cette entité comme à toute entité étatique de contrôle pour qu’enfin nous parvenions à notre humanité accomplie, par la solidarité et la complémentarité acceptée ; ceci ne pourra se réaliser que lorsque nous nous tiendrons main dans la main avec tous les peuples colonisés et asservis du monde, lorsque nous aurons pleinement réalisé et intégré que nous sommes tous de fait des colonisés et que cela n’est bien entendu en rien inéluctable.

= = =

« Les trois axiomes de la politique intérieure d’Israël » (extrait du livre d’Ilan Pappe « The Ethnic Clearing of Palestine », 2006 page 239), traduit de l’anglais par Résistance 71

« La première des trois lignes de conduite, ou plutôt axiomes, d’Israël est que le conflit israélo-palestinien a son origine en 1967. Pour le résoudre tout ce dont on avait besoin était un accord qui déterminerait le statut futur de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. En d’autres termes, comme ces zones ne constituent que 22% du territoire de la Palestine, Israël a réduit d’un coup de crayon toute résolution de paix à seulement une toute petite partie du territoire originel palestinien. Non seulement cela, mais Israël demandait et continue à demander aujourd’hui, toujours plus de compromis territoriaux, soit en résonance avec l’approche économique favorisée par les Etats-Unis ou comme dictés par une carte sur laquelle les deux camps politiques se sont mis d’accord en Israël.

Le second axiome est que tout ce qui est visible dans ces zones, la Cisjordanie et la bande de Gaza, peut toujours encore être divisé et que ces divisions, cette faculté à toujours plus diviser, est une des clefs du processus de paix. Pour Israël, cette division du visible inclut non seulement la terre mais aussi le peuple et les ressources naturelles.

Le troisième axiome israélien est que rien de ce qui s’est produit avant 1967, incluant la Nakba et le nettoyage ethnique, ne sera jamais négociable. Les implications ici sont très claires: cela retire complètement de l’équation du processus de paix le problème des réfugiés et met directement sur la touche et sans appel le droit des Palestiniens au retour à la terre. »

Lectures complémentaires:

La Bible Déterrée Israel Finkelstein

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

la-peste-religieuse-par-johann-most-1892

Manifeste pour la Société des Sociétés

Effondrer le colonialisme

Ashraf Ezzat Mythe Biblique

Nous sommes tous des colonisés !

 

 

 

 

Gilets Jaunes… Les Zapatistes du Chiapas nous montrent la voie… 25 ans d’autonomie à étendre au monde !

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, documentaire, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 12 mai 2019 by Résistance 71

 

25 ans plus tard, le zapatisme poursuit sa lutte

 

Julia Arnaud

 

Mai 2019

 

Source:

https://www.revue-ballast.fr/25-ans-plus-tard-le-zapatisme-poursuit-sa-lutte/

 

Le 1er janvier 2019, les zapatistes ont célébré les 25 ans de leur soulèvement. L’occasion de réaffirmer leur engagement dans la construction, ici et maintenant, de leur autonomie et la défense de leur territoire au sud du Mexique. Leur mot d’ordre ? « Le peuple gouverne et le gouvernement obéit. » Face à la pression toujours croissante du capitalisme et des mégaprojets défendus par le nouveau gouvernement « progressiste », de nombreux soutiens nationaux et internationaux se sont exprimés au cours de ces quatre derniers mois. La répression ne faiblit pas ; la lutte non plus : récit, sur place, d’une commémoration et d’un appel, lancé le 10 avril dernier, « à lever un réseau mondial de rébellion et de résistance contre la guerre qui, si le capitalisme triomphe, signifiera la destruction de la planète »*

(*) Note de R71: Nous avons relayé cet appel et même créé une page spéciale à cet effet sur Résistance 71, ici

Le 1er janvier 1994, sortis de la nuit, les zapatistes ont occupé cinq villes du Chiapas — dont la touristique San Cristóbal de las Casas — et donné à connaître au Mexique et au monde entier leurs revendications : travail, terre, logement, alimentation, santé, éducation, indépendance, liberté, démocratie, justice et paix. Après plusieurs jours de combat et sous pression de la société civile, l’EZLN — l’organisation militaire du mouvement fondée en 1983 — et le gouvernement s’assoient à la table des négociations : elles donnent naissance, en 1996, aux Accords de San Andrés. Ils ont pour but de permettre la reconnaissance de l’autonomie et du droit à l’autodétermination des peuples indigènes1 ; sans surprise, ils ne seront jamais respectés par les gouvernements successifs. Dans une situation de contre-insurrection permanente, dans un territoire occupé par les militaires et les paramilitaires, l’EZLN et les communautés zapatistes choisissent alors la voie de la construction de leur autonomie et de la mise en pratique unilatérale de leurs exigences. En 2003, les cinq caracoles — et avec eux les Conseils de bon gouvernement — sont fondés ; ils deviennent les centres politiques et culturels des cinq zones autonomes.


« Vous êtes en territoire zapatiste en rébellion
Ici le peuple commande et le gouvernement obéit. »

À mon arrivée, en 2010, alors que les questions me brûlaient les lèvres, la première réponse que l’on m’a donnée à Querétaro, au centre du pays, bien loin du Chiapas, fut : « Mais non señorita, les zapatistes n’existent plus, c’était en 1994… » Tout le monde a entendu parler de la lutte zapatiste. Peut-être du café rebelle. Sans doute du sous-commandant insurgé Marcos. Mais peu, même au sein des espaces militants, savent ce qui se trame encore ici, en 2019, dans les montagnes du sud-est mexicain. Si depuis bien longtemps les médias officiels ont entrepris un méthodique travail de désinformation, le silence public des zapatistes n’en a pas moins été volontaire : entre 2009 et 2012, pas un seul communiqué n’a été publié alors qu’ils nous avaient habitués, par la plume dudit sous-commandant, à une prose prolifique depuis 1994. Ce mutisme était celui de la construction, en interne, de leur autonomie ; ils l’ont rompu avec fracas le 21 décembre 2012 — tandis que 50 000 membres des communautés zapatistes (les « bases d’appui ») remplissaient sans le moindre bruit les rues de San Cristóbal, poing levé, visage couvert —, par la détonation d’un communiqué des plus brefs : « Vous avez entendu ? / C’est le son de votre monde qui s’écroule, / C’est le son du nôtre qui resurgit. / Le jour qu’a été le jour, était la nuit, / Et la nuit sera le jour qui sera le jour. / DÉMOCRATIE / JUSTICE / LIBERTÉ. »

Ce monde, ils en poursuivent la création. Leur autonomie se développe jour après jour : des écoles, des hôpitaux, une autre justice, des collectifs agricoles et artisanaux ont fleuri dans toute les zones. Nous sommes de plus en plus nombreux à leur avoir rendu visite, à avoir appris à leur côtés, notamment grâce à la « Petite école zapatiste » — plusieurs milliers de personnes se sont alors rendues dans les communautés afin d’apprendre de leur quotidien et d’étudier les quatre livres de cours réalisés par des membres des différents caracoles, ceci sous le regard attentif de leur votán, ces « gardiens » et « gardiennes » qui ont accompagné chacun d’entre nous et ont répondu patiemment à nos questions. « Ici, c’est le peuple qui dirige, il a sa propre politique, il a sa propre idéologie, il a sa propre culture, il crée, il améliore, il corrige, il imagine et il va continuer de travailler » : c’est là ce que nous rappelle le sous-commandant Moisés, successeur de Marcos en tant que porte-parole depuis 2013. Quand on leur demande combien de personnes représentent les zapatistes, la réponse est évasive, toujours, mais pourtant claire : « Beaucoup ! »


Conseil de bon gouvernement 

Sur la route de la Realidad

« Demain, départ 6 heures, lever 4 heures. » Tels ont été les derniers mots des compas2 zapatistes : la Rencontre de Réseaux, qui s’est tenue du 26 au 30 décembre 2018 en terres récupérées, près du village de Guadalupe Tepeyac, afin que se rencontrent, se retrouvent et s’organisent les différents « individus, groupes, collectifs, organisations » qui luttent pour un autre monde, s’est terminée après une assemblée plénière de trois heures. Si au Mexique les horaires sont toujours assez flexibles et relatifs, ici, en territoire zapatiste, l’autodiscipline est primordiale : sans elle, ils n’en seraient pas là. « Que vous votiez ou que vous ne votiez pas, organisez-vous ! », nous ont-ils maintes fois répété. Comme dans de nombreuses communautés originaires, le changement d’heure n’existe pas pour les zapatistes ; c’est « la hora de Dios », « l’heure de Dieu », celle du monde, du soleil et de la vie — 4 heures, c’est donc 3 heures.

Les lumières s’allument, le matériel a été chargé dans des camionnettes prêtes à partir ; des visages, fatigués par ces derniers jours de discussions et ces dernières nuits de musique autour du feu, émergent des tentes. Nous sommes tous prêts à embarquer dans les bus, les bétaillères et les autres véhicules ; la longue caravane s’avance bientôt. De la Municipalité autonome rebelle zapatiste (MAREZ) San Pedro Michoacán, où s’est tenue la rencontre, jusqu’au caracol de la Realidad, dit « Mère des caracoles de la mer de nos rêves », il faut une heure et demie de route sur un petit chemin de terre qui monte, descend, serpente. Les passagers se rendorment tant bien que mal ; le convoi avance, s’arrête ; « Tiens, que se passe-t-il ? », « Rien, ce sont ceux de devant qui ont perdu les sacs sur le toit », « Ah », ça repart. Le soleil se lève, la forêt apparaît et avec elle la brume matinale que percent les montagnes — en contrebas, se dessinent la vallée et la communauté. Nous arrivons maintenant à l’entrée du village ; des hommes, des femmes, des enfants, des jeunes et des anciens accueillent la caravane par de francs sourires de bienvenue. Les maisons, petites et en bois, sont pour certaines d’entre elles recouvertes de panneaux solaires.

Il y a huit ans, en pleine période de silence, j’étais venue ici. J’avais demandé à rencontrer le Conseil de bon gouvernement : les compas m’avaient donné de quoi manger et un endroit où dormir mais, à 4 heures du matin, ils m’avaient prévenu que le Conseil ne pourrait pas me recevoir et que le prochain bus passait dans 30 minutes. L’un d’entre eux m’avait murmuré : « Aujourd’hui, ce n’est pas possible, mais on te promet que la prochaine fois tu rentreras. » Cette prochaine fois arrive ce 31 décembre 2018. La journée se passe entre siestes et retrouvailles. Les discussions vont bon train : on nous interroge longuement sur les gilets jaunes qui, vus d’ici, incarnent la révolution en cours. La lumière du jour commence à faiblir et nous rejoignons le préau qui surplombe la place centrale du caracol. La foule est dense, les bases d’appui zapatistes sont au premier rang ; nous nous tassons à l’arrière ; par la porte principale, une partie des troupes fait son entrée ; un long défilé commence. Il durera plus d’une heure. Conduits par le sous-commandant Galeano (anciennement Marcos), plus de 3 000 hommes et femmes, vêtus d’une chemise marron et d’un pantalon vert accordé à leur casquette, foulard rouge autour du cou, d’abord à cheval et à moto puis à pied, avancent et, déjà, s’alignent au rythme des bâtons qu’ils frappent à chaque pas. Ils sont la nouvelle génération, les enfants de celles et ceux qui, partis de ce même lieu, étaient allés combattre et donner leur vie 25 ans plus tôt. Il n’y a pas d’armes, mais cette démonstration nous rappelle que l’Armée zapatiste de libération nationale n’a jamais baissé la garde.


L’escargot de l’émancipation !

« Nous sommes seuls »

L’assistance attend les traditionnels discours d’anniversaire. Le Conseil de bon gouvernement de La Realidad s’exprime par la voix d’une jeune commandante, qui, comme beaucoup, est née après le soulèvement de 1994. Elle déclare : « Aujourd’hui, nous célébrons nos déjà 25 ans de lutte, nous sommes les plus oubliés, les plus marginalisés, les plus exploités par le système capitaliste néolibéral. » Et poursuit : « En tant que peuple en résistance et en rébellion, nous avons compris qu’il n’y a pas d’autre chemin que celui de nous organiser, depuis n’importe quel recoin du monde. Chaque organisation a des manières et des habitudes différentes de s’organiser, mais oui, tous et toutes contre le même ennemi qu’est le système capitaliste néolibéral. » Puis, par la voix du sous-commandant insurgé Moisés, combattant de la première heure et aujourd’hui « gardien de la porte » qui interagit entre l’intérieur et l’extérieur du mouvement (depuis que le sous-commandant Marcos est parti tenter de réparer son ordinateur, selon le communiqué envoyé à cette occasion…), ces mots : « Nous sommes seuls. » Même si quelques voix affirment le contraire, nous savons que c’est vrai. Nous, la Sexta3 et les sympathisants nationaux et internationaux, sommes loin d’avoir atteint le niveau d’organisation qu’il conviendrait pour affronter la guerre en cours.

Fin 2018, le peuple mexicain a élu à sa tête Andrés Manuel López Obrador : un homme qui se réclame de la « gauche progressiste » et entend mener à bien les mégaprojets chers aux néolibéraux — le Train Maya, le Projet intégral Morelos (PIM4). Le nouveau président avait promis d’abandonner ce dernier projet, avant de le remettre à l’ordre du jour ; il vient de faire sa première victime, Samir Flores — 100 ans après Emiliano Zapata, et ce pour défendre la même cause, celle de la terre et de la liberté. Figure de l’opposition au PIM et membre du Congrès national indigène, il a été assassiné le 20 février 2019 après s’être exprimé, la veille, contre la « consultation populaire » à venir lors d’un forum organisé par le gouvernement. Ces consultations ont pour but de légitimer les mégaprojets alors que les principaux concernés — les habitants de ces terres — ont déjà exprimé clairement et ouvertement leur refus…

« Et nous ne vous avons pas menti, compañeras et compañeros, poursuit Moisés. Il y a cinq ans, nous l’avons dit au peuple du Mexique et au monde entier, que quelque chose d’encore pire allait arriver. Dans les langues que parlent celles et ceux de l’extérieur, ils l’appellent crise, hydre, monstre, mur. Nous le leur avons dit en essayant d’utiliser leurs mots, la manière dont ils parlent, mais même comme ça, ils ne nous ont pas écouté. Et, du coup, ils croient que nous leur mentons parce qu’ils écoutent celui dont je ne veux même pas prononcer le nom, celui qui est au pouvoir, je préfère l’appeler l’escroc, le fourbe. » En vue des dernières élections, les « peuples, tribus, nations et quartiers » composant le Congrès national indigène (CNI5) ont désigné une femme indigène en tant que représentante du CNI et de l’EZLN à la présidentielle de 2018. Marichuy et le Conseil indigène de gouvernement (CIG6) ont été nommés avant d’entamer une tournée dans tout le pays pour récolter les signatures nécessaires ; en raison d’un nombre insuffisant, Marichuy n’a pu se présenter mais elle a mis en évidence les vices du système électoral. Elle était la seule à représenter le Mexique d’en bas, à gauche.

Depuis plusieurs années, les zapatistes ont organisé un grand nombre d’événements afin que nous nous connaissions, que nous nous reconnaissions et que nous nous organisions. Car il y a urgence. Les victimes de la Quatrième Guerre mondiale, celle du capitalisme contre l’humanité, ne se comptent plus. Ce concept a été longuement développé par le sous-commandant Marcos dans un communiqué en date de l’année 2003 : « À la fin de ce que nous osons appeler la “Troisième Guerre mondiale” et que d’autres appellent la Guerre froide, il y a eu une conquête de territoire et une réorganisation. […] À partir de là, on voit se dessiner ce que nous appelons la Quatrième Guerre mondiale. […] La conception théorique qui donne des bases à la globalisation c’est ce que nous appelons “néolibéralisme”, une nouvelle religion qui va permettre de mener à bien le processus. Avec cette Quatrième Guerre mondiale, une nouvelle fois, les territoires sont conquis, les ennemis sont détruits et la conquête de ces territoires est administrée. […] Puisque l’ennemi antérieur a disparu, nous, nous disons que l’ennemi c’est l’humanité. La Quatrième Guerre mondiale détruit l’humanité dans la mesure où la globalisation est une universalisation du marché, et tout humain s’opposant à la logique du marché est un ennemi et il doit être détruit. En ce sens, nous sommes tous l’ennemi à vaincre : indigènes, non-indigènes, observateurs des droits humains, enseignants, intellectuels, artistes. N’importe qui se croyant libre alors qu’il ne l’est pas. »

L’heure n’est plus à la contemplation du désastre planétaire. Si les zapatistes l’ont compris depuis longtemps, et ont agi en conséquence dans leurs territoires, nous ne pouvons en dire autant. Moisés, debout à la tribune aux côtés des commandants et commandantes de l’EZLN ainsi que des représentants des Conseils de bon gouvernement, poursuit : « Nous sommes seuls. Nous sommes seuls comme il y a 25 ans », mais « nous allons faire face », « nous allons défendre ce que nous avons construit ». Les zapatistes ont déjà donné leurs vies, celle du sous-commandant insurgé Pedro7 — et de bien d’autres. « Ce n’est pas facile d’affronter depuis 25 ans ces milliers de soldats, protecteurs du capitalisme, qui sont ici, là où nous nous trouvons, nous sommes passés sous leur nez ces jours-ci. Ce n’est pas facile d’affronter les paramilitaires, ce n’est pas facile d’affronter les petits leaders qui ont aujourd’hui acheté tous les partis politiques, en particulier la personne et le parti qui sont au pouvoir. Mais ils ne nous font pas peur. Ou bien si ? Ils nous font peur, compañeras et compañeros ? » L’assemblée répond d’une seule voix : « Non ! »

« Compañeros, compañeras, celui qui est au pouvoir va détruire le peuple du Mexique mais principalement les peuples originaires, il vient pour nous, et spécialement pour nous l’Armée zapatiste de libération nationale. » Mais cette décision, ils la prennent seuls, sans engager celles et ceux qui les soutiennent et marchent à leurs côtés. La réponse du CNI-CIG ne s’est pourtant pas faite attendre : par un communiqué publié le jour suivant, ils déclarent : « Nous avertissons les mauvais gouvernements que n’importe quelle agression [contre l’EZLN] est aussi une agression contre le CNI-CIG » — et d’appeler, par la même occasion, « les réseaux de soutien dans tout le pays ainsi que les réseaux de résistance et de rébellion au Mexique et dans le monde entier à être attentifs et organisés pour agir ensemble et construire un monde dans lequel nous pourrons toutes et tous vivre ». Bien d’autres messages de soutien ont suivi. L’un d’eux a notamment été signé par des centaines de femmes ; il fait suite à la « Première rencontre internationale politique, artistique, sportive et culturelle de femmes qui luttent », convoquée par les femmes zapatistes le 8 mars 2018 au caracol de Morelia (la seconde édition a du être annulée cette année en raison des conditions de sécurité et de pression). Cette rencontre avait réuni plus de 7 000 femmes du monde entier : les femmes zapatistes nous appellent a organiser, partout, d’autres évènements de ce type « pour que la petite lumière qu’elles nous ont offerte ne s’éteigne pas ». Plusieurs rassemblements de femmes ont déjà eu lieu depuis le mois de mars dans tout le Mexique ; d’autres restent à venir (notamment au mois de juillet 2019, dans l’État de Veracruz, à l’appel des femmes du CNI-CIG). Nous espérons que d’autres encore suivront dans les prochains mois — et, qui sait, dans le monde entier.

Les zapatistes ne demandent à personne de prendre les armes ; « pendant ces 25 ans [ils n’ont] pas gagné avec des balles, avec des bombes, mais par la résistance et la rébellion ». Cette position de l’EZLN est, de longue date, sans équivoque ; elle avait d’ailleurs été rappelée lors de l’assassinat du professeur Galeano par des paramilitaires, en 2014 — Marcos avait alors symboliquement échangé sa place dans la tombe, en prenant son nom. Aujourd’hui, ils continuent de demander « justice et non vengeance ». Ce n’est pas avec des armes que l’on construit des écoles et des hôpitaux. Mais, comme l’écrit le journaliste Luis Hernández Navarro, « ce 31 décembre [2018], ils ont mis sur la table leur visage militaire. Celui qui n’implique pas de prendre une arme, mais qui implique de résister. Le message symbolique de leur déploiement ne pouvait pas être plus explicite ».

30 millions de personnes ont voté pour l’actuel président Andrés Manuel López Obrador. Dans un contexte aussi difficile que celui du Mexique où la corruption, la violence, les féminicides, la mort et les disparitions forcées sont le pain quotidien, c’est sans aucun doute l’espoir du changement qu’ont recherché les électeurs. Mais les différents gouvernements « progressistes » latino-américains de ces dernières années l’ont prouvé : les peuples originaires ne seront pas pris en compte. « Ils viennent pour nous », martèle Moisés. Et cela, le gouvernement n’a pas tardé à le confirmer : l’investiture présidentielle du 1er décembre 2018 n’a été qu’une grande mascarade. En rassemblant de soi-disant représentants des peuples indigènes, le nouvel élu s’est vu remettre le « bastón de mando », le bâton de commandement, symbole de pouvoir et de représentation dans les cultures originaires. Quelques jours plus tard, la farce s’est rejouée au Chiapas lors d’une cérémonie visant à « demander son autorisation à la Terre-mère » pour la construction du Train Maya, qui entend traverser les États de Quintana-Roo, Campeche, Chiapas et Tabasco afin d’interconnecter différentes « zones économiques spéciales » (ZEE) en atteignant la côte Pacifique, via le couloir transisthmique8, autre mégaprojet hautement contesté… « C’est ça que fait le gouvernement actuel, il consulte pour pouvoir venir nous affronter, nous, les peuples originaires et en particulier nous, l’Armée zapatiste de libération nationale, avec sa saleté de Train Maya — et, en plus, en lui donnant le nom de nos ancêtres ! Nous ne l’acceptons pas. Il peut bien lui donner le nom qu’il veut, ça ne veut rien dire. Nous ne lui avons rien demandé. Il n’a qu’à lui donner le nom de sa mère ! », poursuit le porte-parole.

Selon le gouvernement, ce projet favoriserait la mobilité, les échanges et l’emploi des peuples occupant ces territoires ; en réalité, il favorisera le tourisme de masse et le saccage des terres du Sud, si convoitées pour leurs richesses naturelles par les puissances internationales. Autrement dit : ce fut là une cérémonie pour demander à la Terre le droit d’exterminer les peuples originaires. « Qu’il se passe ce qui doit se passer, que ça coûte ce que ça doit coûter et que vienne ce qui doit venir. Nous allons nous défendre, nous nous battrons s’il le faut ! Ou non, compañeros et compañeras ? » On entend « Si ! » à l’unisson. « Donc que ce soit bien clair, compañeros et compañeras ; ici, il n’y a ni sauveur, ni sauveuse. Les seuls sauveurs et sauveuses, ce sont les hommes et les femmes qui luttent et qui s’organisent, ceux qui le font devant leur peuple. Le changement que nous voulons, donc, c’est qu’un jour, le peuple, le monde, les femmes et les hommes décident de comment ils veulent vivre leur vie, qu’il n’y ait pas un groupe qui décide la vie de millions d’êtres humains. Non ! Nous le résumons en seulement deux mots : le peuple commande, le gouvernement obéit. »

C’est ensuite par la voix d’une autre jeune commandante que s’exprime le Comité clandestin révolutionnaire indigène-Commandement général (CCRI-CG) de l’Armée zapatiste de libération nationale : « Même s’ils consultent un milliard de personnes, nous ne nous rendrons pas. Même s’ils demandent la permission à leur putain de mère, nous ne céderons pas. De 1492 à 2018, se sont écoulées 525 années de résistance et de rébellion contre les grandes humiliations étrangères et mexicaines et ils n’ont jamais pu nous exterminer. Nous, ceux de sang brun, couleur de la terre-mère, nous réitérons que nous sommes là et que nous continuerons à l’être. Un milliard d’années pourront s’écouler, les femmes zapatistes et les hommes zapatistes seront toujours là. » Sur ces mots, et après avoir annoncé qu’à partir de cet instant leur participation et leur parole passeraient par l’art, les représentants zapatistes se taisent. La foule se disperse. Poèmes, chansons : place aux délégations des différentes régions. Dans l’après-midi, une pièce de théâtre a mis en scène l’entrée des troupes dans la petite ville de Las Margaritas, le 1er janvier 1994, et la chute du compañero Pedro, tombé sous les premières balles ; en cet instant et sous nos yeux, c’est au rythme d’une guitare que l’on honore une nouvelle fois la mémoire de celui qui a « accompli son devoir » : « Quand le sous-commandant Pedro passait dans les villages, il disait toujours : “Nous devons nous préparer car la lutte continue, politique et militaire.” Alors la lutte a commencé, très secrète et très discrète, alors que les insurgés et les troupes se préparaient à devenir guérilleros en faisant très attention à leur sécurité. Aujourd’hui, que tout le monde sache que le Sup Pedro n’est pas mort, qu’il vit dans les cœurs des hommes qui, très dignement, luttent avec un immense amour pour un monde plus humain. »

Un jeune garçon s’avance, sous son passe-montagne, pour lire quelques vers : « Avec cette poésie, je te dis au revoir, / En me rappelant pour toujours ton nom, / En résistant. / Liberté. Justice. Démocratie. / Mourir pour vivre. » Puis la musique reprend. Un morceau de rap (« Nous avons une guerre à gagner et beaucoup de choses à fêter ! »). Ne pas oublier. Et pour eux, continuer — dans la joie. Éclate un feu d’artifice ; dans la nuit retentissent les slogans : « Vive l’EZLN ! », « Mort au capitalisme ! », « Vivent les Conseils de bon gouvernement ! », « Vive le Chiapas ! Vive le Mexique ! » Nous dansons jusqu’au petit matin.

Que le peuple gouverne !

« Un pas important consiste à assumer clairement la possibilité de se libérer du capitalisme, écrit l’historien Jérôme Baschet. On ne peut pas continuer de dénoncer les crimes de ce système pour finalement s’incliner devant son apparente invincibilité ou ajourner son hypothétique fin à un futur si lointain que, dans la pratique, cela signifie la même chose. » Le 10 avril 2019, à Chinameca, le CNI et le CIG se sont déclarés en état d’alerte et ont enjoint « les peuples de ce pays et les peuples du monde à [s’écouter] et à unir les chemins qui ont un même horizon, en bas et à gauche ». L’EZLN a quant à elle dénoncé les intrusions militaires qui se sont accentuées sur son territoire au cours des derniers mois, ainsi que « les mauvais gouvernements qui séquestrent l’image d’Emiliano Zapata Salazar », dont la cause est aujourd’hui honorée « sur tout le territoire que nous appelons encore le Mexique : le zapatisme ». Alors oui, le capitalisme doit mourir : c’est lui ou nous. Au Brésil, les peuples originaires et leurs territoires sont attaqués par le pouvoir fasciste, évangéliste, néolibéral ; au nord de la Syrie, où se mène l’expérience résistante du Rojava — qui a salué l’anniversaire zapatiste et dont une délégation était présente lors de la commémoration à Chinameca —, la Turquie de l’OTAN constitue une menace vitale permanente ; en France, on frappe les ZAD et on éborgne les gilets jaunes ; et partout, on traque les personnes en situation de migration. C’est pourquoi l’EZLN a réitéré son appel, ce même mois d’avril 2019, « à lever un réseau mondial de rébellion et de résistance contre la guerre qui, si le capitalisme triomphe, signifiera la destruction de la planète ». Il ne tient qu’à nous.

Notes:

1. Au Mexique, ce terme est largement préféré à celui d’« indien », controversé et, selon le contexte, parfois péjoratif.
2. De compañeros, camarades.
3. La Sexta nationale et internationale rassemble les adhérents à la Sixième déclaration de la Selva Lacandona, prononcée en 2005. Ce texte clé est une analyse politique de la situation locale et globale ; il propose de marcher ensemble contre l’ennemi commun.
4. Le PIM regroupe des centrales électriques, un aqueduc et un gazoduc. Il est contesté par les peuples originaires de ces territoires ainsi que par de nombreux scientifiques en raison des risques sismiques.
5. Cette organisation rassemble les différents peuples indigènes en lutte ; elle a été fondée peu de temps après le soulèvement.
6. Conseil rassemblant les représentants paritaires de toutes les langues composant le CNI.
7. Second commandement de l’EZLN en charge du premier régiment lors de la prise de Las Margaritas et de l’attaque de la base militaire de Comitán, en 1994.
8. Qui passe à travers un isthme.

Lectures complémentaires:

3ri-et-societe-des-societes-du-chiapas-zapatistes-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-le-rojava-fevrier-2019

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

Manifeste pour la Société des Sociétés

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

confederalisme_democratique

6ème_déclaration_forêt.lacandon

 

Gilets Jaunes 26ème round: Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action !

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11 mai 2019

Gilets Jaunes !

Les bientôt six mois de lutte écoulés nous montrent on ne peut plus clairement qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a en fait jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir !

Ceci se doit de devenir une évidence incontournable pour toutes et tous, membres de notre lutte organique pour une société enfin libre.

Ainsi, toute négociation avec l’État et les représentants de l’oligarchie est non seulement futile mais contre-productive. Ignorons-les !

Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action

Devenons S.U.P.R.A Gilets Jaunes !

Reprenons le pouvoir par les Assemblées Populaires et ainsi:

  • Boycottons les institutions
  • Boycottons l’élection et l’impôt absorbant l’intérêt de la dette odieuse
  • Boycottons les entreprises du CAC40 et des transnationales criminelles
  • Achetons et promouvons les produits locaux
  • Réaménageons nos campagnes et nos communautés agricoles
  • Rassemblons-nous en comités populaires de voisinage, de travail…
  • Restons incontrôlables et imprévisibles !

Tout le Pouvoir aux Ronds-Points !

Pour une société émancipée et donc libre !

Groupe Gilets Jaunes de _______________

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 


Vive la Commune !
Vive la Société des Sociétés !