Archive pour janvier, 2012

Echec à l’empire en Syrie: la Russie (et la Chine) secoue l’arrogance impérialiste occidentale à l’ONU…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, politique française, résistance politique with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 31 janvier 2012 by Résistance 71

La Russie devient le garant de la paix dans la région. La partie d’échec contre l’empire continue. Comme nous l’avions dit il y a plusieurs mois, il semblerait que la Russie ait sacrifié politiquement la Libye à la vindicte impériale, sachant que cela ferait « jurisprudence » sur le cas de la Syrie. Le Modus Operandi étant identique, il est clair que Lavrov boit du petit lait en disant « j’ai déjà vu çà »… La Russie a maintenant l’exemple pathétique des crimes de l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord à mettre en exergue pour disqualifier un scenario identique sur la Syrie, qui représente un enjeu géostratégique bien plus important pour la Russie, que l’était la Libye du fantasque Kadhafi.

Bien évidemment, dans leur empressement et leur arrogance les criminels impérialistes occidentaux sont tombés dans le panneau. La Russie tient une position diplomatique avec la Chine très forte, qui s’appuie sur les échecs et les crimes de l’OTAN en Libye.

Pour Lavrov, c’est l’aboutissement d’une carrière… Savoir que la clownesque Clinton fulmine au téléphone pour lui parler, croyant que le sommer de venir discutailler séance tenante allait faire ramper le russe au téléphone… Hilarant Hillary !… Rien que cela vaut toute la chienlit de la politique.

Si les criminels occidentaux passent en force ou outre le conseil de sécurité (ce qui est possible), alors le jeu sera à nu: plus de façade pseudo-légale d’une ONU à la botte de l’empire. Les Russes l’ont joué fine sur le coup de la Libye, ils ramassent les dividendes maintenant. L’empire dans son arrogance sans borne est tellement prévisible, que la partie devient monotone…

Et Poutine n’est pas encore revenu président… çà promet !

A suivre donc…

— Résistance 71 —

 

Dans l’arène de l’ONU: le clash des titans à propos de la Syrie

 

 

RT

 

 

Le 31 Janvier 2012,

 

url de l’article original:

http://rt.com/news/un-resolution-syria-russia-131/

 

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

Les diplomates occidentaux et arabes vont pousser une résolution conjointe à l’Onu appelant le président syrien Al Assad à quitter le pouvoir. La Russie et la Chine ont rejeté ce qu’elles voient comme un changement de régime forcé et disent qu’elles vont bloquer le mouvement  et advienne que pourra.

La diplomatie occidentale fait une nouvelle tentative d’utiliser l’ONU comme un outil de sa politique étrangère, écrivant et proposant une nouvelle résolution ambigüe sur la Syrie, qui établit la feuille de route pour évincer le président Bachar Al Assad. La résolution ne prend pas en compte les positions des pays comme la Russie et la Chine, qui ont présentés un front uni s’opposant au changement de régime à Damas.

Moscou dit que la nouvelle résolution contient une menace “d’adopter plus de mesures si la Syrie n’obéit pas aux termes de la résolution”, ce qui ouvre immanquablement la voie à une intervention étrangère du style de la Libye dans le pays miné par les conflits.

D’après certains rapports, les tensions sont si intenses que la porte-parole de la ministre des affaire étrangères américaines a accusé le ministre russe des affaires étrangères, Sergei Lavrov, qui est actuellement en visite en Australie, de ne pas avoir été disponible par téléphone lorsqu’Hillary Clinton a cherché à le joindre pour discuter de la situation.

Sergei Lavrov a dit aux journalistes qu’ilétait simplement impossible pour lui de prendre des communications téléphoniques au milieu de négociations avec ses collègues australiens, mais a promis de disctuter de la Syrie avec Hillary Clinton à la première opportunité.

Il a dit que les Américains ont insisté de programmer le coup de téléphone durant une période où il parlait à Sydney, ce qui ne pouvait pas être changé dans le calendrier. Commentant sur l’impossibilté de Washington à réarranger la communication téléphonique, le ministre russe a spéculé que “cela pourrait-être expliqué par leurs manières.”

Sergei Lavrov a dit que le conseil de sécurité ne soutiendra jamais un tour de force contre la Syrie.

“Si l’opposition syrienne refuse de s’assoir à la table des négociations avec le régime, quelle est l’alternative ? Bombarder le régime ? J’ai déjà vu cela avant”, a dit Lavrov, “Je peux garantir que le conseil de sécurité n’approuvera jamais cela”.

Clinton doit rejoindre ses contre-parties française et britannique au QG de l’ONU Mardi pour ajouter une puissance de feu supplémentaire pour la poussée de l’occident à faire voter cette résolution.

Ingérence impérialiste en Syrie: La Russie (et la Chine) garant de la paix face au néo-colonialisme occidental

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique française, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 31 janvier 2012 by Résistance 71

Lavrov taxe, sans le nommer,  Juppé “d’irresponsabilité” et de “malhonnêteté”

 

Louis Denghien

 

Le 30 Janvier 2012,

 

url de l’article original:

http://www.infosyrie.fr/actualite/lavrov-taxe-sans-le-nommer-juppe-dirresponsabilite-et-de-malhonnetete/

 

 

 

«Toute nouvelle initiative de l’Onu ne pourrait justifier l’usage de la force. Nous ne pouvons pas soutenir une proposition qui aboutirait à ce que des sanctions introduites de manière unilatérale, sans aucune consultation avec la Russie, la Chine et d’autres pays des BRICS deviennent rétroactivement une décision du Conseil de sécurité. C’est tout simplement une approche malhonnête et contre-productive

Publiez le rapport de la mission d’observation arabe !

Dimanche, Serguei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a prévenu à l’avance – une nouvelle fois – les Occidentaux, la Ligue arabe et Ban Ki-moon – qui tous doivent se rencontrer à New York mardi 31 janvier autour du « plan de paix arabe » mort-né – que leurs manoeuvres anti-syriennes seraient – une nouvelle fois – bloquées au Conseil de sécurité.

Et puis le ministre russe des Affaires étrangères est revenu sur la suspension de la mission d’observation par la Ligue arabe, décision qui « ne passe pas » à Moscou : « La Russie veut prendre connaissance du rapport de la mission des observateurs arabes sur la Syrie avant de discuter du plan présenté par la Ligue arabe au Conseil de sécurité« . Et il a dit que les déclarations émanant de dirigeants occidentaux sur l’ »inutilité » de cette mission étaient stériles et « irresponsables ». C’est bien vu, même si l’on peut penser qu’un Alain Juppé, par exemple, sait à peu près ce qu’il fait (la politique de l’OTAN en l’occurrence) quand il participe au sabotage de la mission d’observation. Mais Lavrov a raison d’insister sur une plus grande (pas difficile) médiatisation du rapport de la mission al-Dabi, dont les conclusions vont plutôt dans le sens du gouvernement syrien.

Le chef de la diplomatie russe va d’ailleurs plus loin en accusant, dans un entretien accordé le 29 janvier à la télévision japonaise NHK, certains membres du Conseil de sécurité de s’efforcer de convaincre l’opposition syrienne ne ne pas engager de dialogue avec le pouvoir, qualifiant cette attitude de « provocation« , qui prouve que les ennemis de la Syrie cherchent à faire de la crise un instrument de la réalisation de leurs intérêts géopolitiques.

Lavrov a rappelé à NHK que son pays avait soumis un projet de résolution au Conseil de sécurité articulé en trois points :

  • arrêt de la violence d’où qu’elle vienne ;
  • pas d’ingérence étrangère dans la crise syrienne ;
  • ouverture rapide d’un dialogue national sans conditions préalables.

Et Sergueï Lavrov a précisé que le gouvernement russe allait rencontrer « prochainement‘ des représentants de l’opposition syrienne pour les inciter à ouvrir avec Damas ce dialogue.

Bref, la Russie continue de monter une garde vigilante, au Nations-Unies et ailleurs, autour de l’intégrité, de l’indépendance et de la sécurité syriennes. Cela va dans le sens de ses intérêts géopolitiques bien compris, cela va aussi dans le sens du respect du droit international et de la réalité des faits.

L’empire sous influence: le rôle du lobby sioniste américain dans l’animosité envers l’Iran

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Israël maître marionnettiste dans l’offensive américaine contre l’Iran

 

 

RT

 

Le 30 Janvier 2012,

 

 

url de l’article original:

http://rt.com/news/us-policies-aipac-israel-015/

 

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

L’acharnement frénétique des Etats-Unis contre l’Iran “diabolique” n’a pas ses racines sur les bords du Potmac, mais plutôt sur les rives de la rivière Yarkon de Tel-Aviv, car apaiser la communauté juive américaine est devenu la particularité de la campagne présidentielle américaine.

Quand l’Amérique bat les tambours de guerre contre l’Iran, cela n’est pas toujours motivé par les soi-disantes intentions nucléaires de l’état islamique.

Les protagonistes à la candidature pour la présidence des Etats-Unis ne sont pas timides quand vient le temps de faire part de leur réthorique anti-iranienne devant la communauté influente juive américaine. Et l’Amérique ne manque jamais non plus une occasion de féliciter son meilleur allié. “Notre implication en béton armé, et je pense béton-armé, à la sécurité d’Israël nous a valu la plus proche collaboration militaire de l’histoire de nos deux pays.” A annoncé le président Barack Obama depuis une estrade de Washington; et le président américain n’a pas oublié de porter un coup proverbial au plus grand adversaire d’Israël.

“Qu’il n’y ait pas de doutes: l’Amérique est déterminée à prévenir de ce que l’Iran n’obtienne l’arme nucléaire et elle ne retirera aucune option de la table pour parvenir à ce but.”, a insisté Barack Obama.

Mais quoi qu’il en soit, pour beaucoup de juifs américains et de supporteurs d’Israël, la guerre des mots d’Obama avec Téhéran ne va pas assez loin.

Le président de la Zionist Organisation of America, Morton A. Klein, a partagé ses vues avec RT et a dit: “Ce n’est pas suffisant que de dire que l’on est motivé pour la sécurité d’Israël. Vous devez promouvoir une politique qui montre que vous êtes sérieux à propos de la sécurité d’Israël.”

“Israêl, aux travers de ses actions, sent qu’Obama n’est pas motivé pour faire tout ce qui est en son pouvoir pour arrêter l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire. L’Iran est une menace existentielle pour Israël et Obama devrait le dire publiquement et qu’il supportera Israël dans une action militaire si nécessaire”, a dit Klein. Klein dit qu’un nombre sans précédent de juifs américains et d’Israéliens partagent son animosité, un sentiment qui n’est pas désavoué par le gouvernement israélien. D’après des rapports publiés, Tel Aviv ne donnerait à Washington que 12 heures de préavis avant une attaque contre l’Iran.

“Je pense que sa (Barack Obama) politique est une des plus hostile à Israël pour un président des Etats-Unis, qu’il m’ait été donné de voir durant  le cours de ma vie”, a confessé Morton A. Klein.

Récemment, une menace sur la vie du président Obama a été écrite par le propriétaire du Atlanta Jewish Time. Dans un article intitulé “Que feriez-vous?” le rédacteur en chef du journal Andrew Adler, lista l’assassinat d’Obama comme étant une des mesures pour assurer la sécurité d’Israël.

“Donner le feu vert pour les agents du Mossad opérant aux Etats-Unis pour éliminer un président reconnu comme non amical à Israël et ce afin que le vice-président actuel prenne sa place, dictant ainsi de manière forte la politique des Etats-Unis pour aider l’état juif à oblitérer ses ennemis.”, écrit-il.

Mark Glenn, un journaliste de Theuglytruth.com a dit à RT: “Je pense que la menace faite à Obama du soit vous jouez de notre côté ou soit nous allons vous tuer politiquement ou physiquement, je pense que cela est une menace sérieuse que nous devons prendre très sérieusement.”

“Le président américain dépend de l’argent pour sa réélection, ainsi que tous les membres du congrès et l’AIPAC (l’American Israel Public Affairs Committee) est le plus puissant lobby aux Etats-Unis. Il est le roi de la construction ou le roi de la destruction.”, conclut Glenn.

L’AIPAC a refusé d’être interviewé par RT. Ainsi, Obama se retrouve face à une nouvelle élection et une cabale d’opposants républicains qui frappent les tambours de la guerre contre l’Iran plus  fort que lui

“En ce qui concerne l’Iran, qui représente peut-être la plus grande menace existentielle pour Israël, nous devons être très clair sur le fait qu’il est inacceptable que l’Iran devienne un nation nucléaire”, a proclamé le candidate à l’investiture républicain pour la présidentielle Mitt Romney.

“Si nous ré-élisons Obama, l’Iran aura l’arme atomique”, a dédclaré Romney. “Et si vous élisez Mitt Romney, l’Iran n’aura pas d’arme nucléaire”. “Quand Rick Santorum sera président, l’Iran n’aura pas l’arme nucléaire, parce que le monde tel que nous le connaissons n’existera plus” a promis un autre candidat républicain Rick Santorum.

Le troisième aspirant républicain à l’investiture, Newt Gingrich, a dit à CNN: “Je suis un allié tres clair d’Israël, je suis tres proche du président israélien Benjamin Natanhyaou. J’ai dit publiquement, je préfèrerais rejoindre une opération conventionnelle, que de pousser les Israéliens à un point où ils attaqueront à l’arme nucléaire.”

A un moment où les Etats-Unis ont une économie ruinée qui mènent à plus de troubles sociaux et de conflits militaires, beaucoup d’experts insistent que commencer une guerre contre l’Iran ne serait pas du tout dans les meilleurs intértêts de l’Amérique. Mais pour garder son meilleur ami, beaucoup pensent que le président Obama sera forcé de faire prévaloir la sécurité nationale d’Israél.

 

Ingérence impérialiste en Algérie: la France ne suffit plus, l’empire a repris la main…

Posted in actualité, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 31 janvier 2012 by Résistance 71

Algérie : la CIA finance 4 associations « des droits de l’homme »

 

Al Manar

 

Le 30 Janvier 2012

 

url de l’article original:

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=48119&cid=21&fromval=1&frid=21&seccatid=173&s1=1

 

 

La secrétaire générale du parti des travailleurs algérien Louisa Hanoune a accusé l’agence des renseignements américains CIA de financer quatre associations des droits de l’homme.

Selon le site en ligne du quotidien arabophone londonien « al Quds al Arabi », Hanoune a affirmé détenir des documents qui attestent ses accusations nommant parmi ces quatre organisations « l’Association Nationale pour la Défense des Droits de l’homme » et « SOS disparus ».

Elle en a appelé à couper la voie aux tentatives d’Etats et d’organisations étrangères pour financer les campagnes de candidats aux élections qui devraient être organisées le mois de mai prochain. « Ceci aboutira à servir des intérêts et des enjeux étrangers, dans une tentative d’assimiler la situation en Algérie à celle de la Tunisie et d’Egypte », explique-t-elle.

Et d’ajouter que certaines administrations « l’ont contactée lui demandant d’envoyer des députés et des élus de son parti en Amérique pour prendre des leçons, entre autre sur les facultés d’orateurs et la façon de s’adresser au public ». Mais elle a dit constater « que le responsable d’un parti politique en Algérie est rentré des Etats-Unis avec un discours totalement différent de ce qu’il était ».

Le mois de décembre denier, cette dirigeante syndicaliste avait dévoilé que Washington a préparé un Conseil transitoire pour l’Algérie avec la complicité de parties intérieures, précisant avoir recueilli ses informations du dirigeant de l’Union syndicale des travailleurs aux Etats-Unis, Alain Benjamin. Elle en a appelé à l’introduction de véritables réformes afin « de ne pas donner l’occasion aux puissances occidentales de venir, prétextant le rendez-vous des élections législatives prochaines, s’ingérer dans nos affaires internes.”

Hanoune suspecte le CNT libyen d’être de mèche avec les Américains.

L’empire et ses satellites… Petite marionnette devenue grande: le Qatar

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Qatar : L’Hyperpuissance…

 

 

Par George Stanechy

 

Le 26 Janvier 2012,

 

url de l’article original:

http://stanechy.over-blog.com/article-qatar-l-hyperpuissance-97959306.html

 

 

« La chétive Pécore s’enfla si bien qu’elle creva »
La Fontaine (1)

Un confetti

Qatar…

Excroissance côtière du Golfe Persique, péninsule de 160 km de longueur face à l’île de Bahreïn, confetti géographique frontalier de l’Arabie saoudite, couvrant 11.437 km2. Superficie, à 10% près, similaire à celle du département français de la Gironde.

En population, l’équivalent d’un autre département celui des Vosges : 400.000 habitants ou nationaux. Car le chiffre de sa population globale, approchant les 2 millions (2), est composé pour les 4/5° de “non nationaux”, travailleurs immigrés venant d’Inde, du Pakistan, du Bengladesh, des Philippines, du Sri Lanka, et d’autres pays arabes. L’essentiel des postes de direction du pays étant monopolisé par des expatriés, essentiellement, anglo-saxons.

Habile à s’entourer des meilleurs spécialistes en communication et en image, le Qatar est mondialement courtisé pour ses largesses. Inondant à profusion médias, milieux académiques, sportifs et artistiques. Achetant des clubs sportifs comme des petits pains, même des bateaux de courses avec leur équipage (3). Accueillant les Jeux Asiatiques en 2006, promoteur de nombreux évènements sportifs généreusement dotés : moto, tennis, tennis de table, golf, cyclisme, etc.

Tant et si bien que le Qatar sera, en 2015, l’hôte de la coupe du monde de handball. Jusqu’à la FIFA, renommée pour sa “rigueur éthique”, qui l’a choisi comme organisateur de la coupe du monde de football, en 2022 !…

Son meilleur “coup de pub”, celui qui a fait connaître ce pays, a été la création de la chaîne télévisée à diffusion internationale Al-Jazeera, en 1996. Avec, au démarrage, une excellente équipe de BBC Arabic Television qui venait d’être licenciée pour ne pas respecter la ligne éditoriale exigée par le gouvernement britannique. Emettant à partir de 1998 en continu, en arabe puis aussi en anglais, elle était célèbre pour sa liberté de ton par rapport aux autres télévisions de la région. Seul bémol, évidemment : éviter de parler de la politique intérieure et extérieure du Qatar.

Dans un surprenant revirement la fragile indépendance d’Al-Jazeera a, toutefois, fondu comme neige au soleil lors du « Printemps Arabe ». Ses meilleurs éléments l’ont quittée devant l’obligation de s’aligner scrupuleusement sur la propagande de l’Empire, imposant la diabolisation de ses futures proies au Moyen-Orient.

 

A présent, rabaissée au niveau des autres chaînes arabes, notamment saoudiennes, spécialisées dans la glorification des tyrans locaux adoubés par l’Occident et la désinformation, allant jusqu’à des mises en scène en studio et des faux témoignages interprétés par acteurs et figurants. (4)

Ce Micro-Etat, par ses postures et mises en scène médiatiques, se revendique à présent en « hyperpuissance », financière et militaire. Lors de la récente opération de « démocratisation » en Lybie, nos journalistes ne cessaient de s’extasier devant son impressionnante présence armée, éclipsant pratiquement les corps expéditionnaires coloniaux de la Grande-Bretagne et de la France : forces aériennes, forces spéciales, instructeurs, aviation de transport ravitaillant les « rebelles » en armes et munitions, etc.

Nous savons que les soldats du Vatican ont, par tradition, la nationalité suisse. Mais, quelles étaient, quelles sont, les authentiques nationalités des hyperactifs porteurs d’uniforme qatari ?… Question que journaliste et « expert » du Moyen-Orient ne doivent surtout jamais formuler…

Le chef de cet “Etat” est un émir : Hamad bin Khalifa Al-Thani. Son “gouvernement” est dirigé par un premier ministre, Hamad bin Jassim Al-Thani. Oui, tout se passe en famille. Cette autocratie ubuesque est, en effet, un clan familial gérant le pays comme s’il s’agissait de sa ferme, ou de son patrimoine personnel. Ce qui n’empêche pas, comme dans toute féodalité, des règlements de compte réguliers entre pères et fils, frères et cousins…

D’après le classement et les estimations du magazine américain Forbes, publié en juillet 2010, la fortune personnelle de l’émir était estimée à 2,4 milliards de dollars. Possédant un des yachts privés les plus grands du monde (Al-Mirqab, 133 mètres…), résidences somptueuses et chapelet de palaces sur les principales places financières de la planète (5). Ce montant est évidemment à multiplier, au minimum par dix, du fait des insondables astuces et artifices comptables, mettant en jeu la nébuleuse des ascendants, descendants, collatéraux, fondations, holdings, cascades de sociétés-écrans et paradis fiscaux.

Aucune élection (6). Aucun parti politique. Aucun syndicat. Aucune presse indépendante. Aucun opposant. Aucun dissident. A l’exemple des autres pétromonarchies du Golfe Persique.

L’incarnation du rêve ploutocratique…

Bizarre.

D’ordinaire en proie aux plus ravageuses hystéries « droits-de-l’hommiste », nos vestales médiatiques et politiciennes, gardiennes des “valeurs républicaines”, se révèlent étrangement silencieuses devant ce déni des libertés élémentaires, fondement de la dignité de tout citoyen. (7) Jamais ne sera évoqué le commencement d’une allusion à l’impérieuse et urgente nécessité d’un « changement de régime » !

Tétanisées, probablement, par la vision féérique de cette caverne d’Ali Baba. Croulant sous les excédents financiers à ne pas savoir qu’en faire, d’autant plus qu’il lui est interdit par son suzerain de les réinvestir dans les pays de la région non producteurs d’hydrocarbures, le Qatar peut tout acheter.

Avec autant d’efficacité, de rapidité, de récurrence, que luxe, faste, caprices, armes et mercenaires, starlettes et sportifs, l’argent n’achète-t-il pas les consciences ?…

 

 

Sur une bombonne de gaz

Richissime producteur de pétrole mais, avant tout, troisième producteur mondial de gaz naturel après la Russie et l’Iran, le Qatar est, actuellement, le premier exportateur de gaz liquéfié. Le hasard de son positionnement géographique dans le Golfe Persique octroie au Qatar, sous ses eaux territoriales, une des plus grandes réserves de gaz de la planète : le fameux gisement North Dome Field (6000 km2), mitoyen du South Pars (3700 km2) relevant des eaux territoriales de l’Iran.

Curieux destin que cette entité lilliputienne. Pendant des siècles, noyée dans les immenses territoires de la Perse. Stérile, désertique, seuls subsistant de petits villages côtiers vivant de la pêche, du commerce ou, suivant les saisons, de la contrebande et de la piraterie. La seule importance que lui ont trouvée les Portugais, lors de leurs explorations et implantations de comptoirs au XVI° siècle, était son eau potable. Vitale pour les équipages de leurs voiliers. Expliquant leur présence pendant une vingtaine d’années, de 1517 à 1538. Avant d’en être chassés par l’expansion de l’Empire Ottoman.

Profitant de son affaiblissement, au XIX° siècle, les britanniques ont imposé leur protectorat sur la région. Organisant la sécession du Qatar, rattaché alors à Bahreïn, en 1867 en application du dogme de la prédation coloniale : « diviser pour régner ». Créant un émirat, bombardant comme premier « émir » le plus riche commerçant du coin avec qui ils étaient en affaires, un certain : Al-Thani…

Renforçant leur emprise dès la chute de l’Empire Ottoman à la suite de la première guerre mondiale et, surtout, devant la découverte des hydrocarbures. L’indépendance du Qatar en 1971 n’étant qu’une couverture pour un protectorat de l’Empire administré, de fait, par les compagnies pétrolières anglo-saxonnes. C’est le Qatar qui servit de Quartier Général des forces US lors de l’invasion et la destruction de l’Irak. Elles y détiennent une de leurs plus grandes bases aériennes hors de leur territoire : Al-Eideïd.

La France n’est pas en reste. Nos gouvernements, tous partis confondus, ne savent que faire pour complaire à ces despotes. Ouvrant une base navale, accordant, entre autres faveurs, des privilèges fiscaux inimaginables.

Rappelons quelques termes de la Convention fiscale du 4 décembre 1990 avec le Qatar (8), sous couvert d’éviter les doubles impositions, notamment (9) :
=> art. 9.1.  Les revenus de créances provenant d’un Etat et payés à un résident de l’autre Etat ne sont imposables que dans cet autre Etat.
=> art.10.1.  Les redevances provenant d’un Etat et payées à un résident de l’autre Etat ne sont imposables que dans cet autre Etat.
=> art. 19.2. Les personnes physiques qui sont des résidents du Qatar et qui disposent d’une ou plusieurs habitations pour leur usage privé en France sans y avoir leur domicile fiscal au sens de la législation française sont exonérées de l’impôt sur le revenu établi sur la base de la valeur locative de cette ou de ces habitations.

L’avenant du 14 janvier 2008, entré en vigueur le 23 avril 2009, est encore plus croustillant. Extraits :
=> art. 3.1. Les dividendes payés par une société qui est un résident d’un Etat à un résident de l’autre Etat ne sont imposables que dans cet autre Etat si la personne qui reçoit ces dividendes en est le bénéficiaire effectif.
=> art. 3.5. Lorsqu’une société qui est un résident d’un Etat tire des bénéfices ou des revenus de l’autre Etat, cet autre Etat ne peut percevoir aucun impôt sur les dividendes payés par la société […]
=> art. 3.6. Une société qui est un résident de l’Etat du Qatar et qui est imposable en France selon les dispositions des articles 5, 6 ou 11 n’est pas passible en France de la retenue à la source sur les revenus réputés distribués […]

Véritable légalisation de « l’évasion fiscale », permettant à nos gouvernants de se lamenter sur le « vide » des caisses de la France…

L’Occident protège, encourage ces pétromonarchies, ploutocraties baignant dans la gabegie et l’irresponsabilité, aussi indécentes que stupides. Se croyant tout permis devant une telle complaisance, elles se permettent depuis peu de donner des leçons de « démocratie » et de « droits de l’homme » à certains de leurs voisins. Le Qatar se distinguant, tout particulièrement, dans ce nouveau jeu de rôle en décuplant déclarations fracassantes, agitations diplomatiques, organisations de sommets.

D’abord, pour participer à la destruction de la Lybie afin de libérer le pays d’une “infâme dictature”. Ensuite, ne cessant de fustiger le gouvernement syrien, d’y attiser la guerre civile, sommant son chef d’Etat de quitter immédiatement ses fonctions. Dernièrement, souhaitant que des troupes envahissent la Syrie. Rêvant, peut-être ou sûrement, de doubler, tripler son pactole, en bénéficiant de l’embargo imposé par l’Empire sur le pétrole et le gaz iraniens, dans la multiplication des contrats de substitution…

Alors que depuis de nombreux mois, l’île de Bahreïn au large de ses côtes est à feu et à sang. Le peuple ne veut plus endurer la tyrannie de leur émir Al-Khalifa et de sa famille. L’atroce répression de cette courageuse révolte populaire sur fond de fusillades, tortures, enlèvements, disparitions, s’effectue par des troupes saoudiennes et des mercenaires. Toute la région côtière saoudienne du Golfe Persique notamment à Qatif est, elle aussi, en révolte contre la tyrannie des Saoud.

Mais, solidarité « pétromonarchique » oblige : le Qatar se tait. Aussi hermétiquement que notre propagande médiatique.

Jusqu’à quand pareille imposture ? Question de temps, de hasard ou de nécessité…

Comme les autres aberrations territoriales héritées de la colonisation occidentale dans la région, cette satrapie impériale de carton-pâte sera balayée par les vents de l’Histoire.

Ou, telle la grenouille de la fable de La Fontaine explosant dans son fantasme bovin, emportée par le souffle des prochains champignons atomiques que nous promettent les fous de guerre qui nous gouvernent…

 

1)    Fable : La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf
(2)  Chiffre officiel de la population, nationaux et non nationaux, pour 2010 : 1 696 563 habitants.
(3)  La navigatrice britannique Tracy Edwards a empoché 55 millions d’euros, en 2005, pour enregistrer son bateau dans ce pays et le baptiser “Qatar”.
(4)  A titre d’exemple, voir le document Wikistrike du 14 décembre 2011 : Al-Jazeera pris en flagrant délit de faux reportages !, http://www.wikistrike.com/article-al-jazeera-pris-en-flagrant-delit-de-faux-reportages-92420183.html
(5)  Parmi ses actifs en France : Le Royal Monceau et la résidence Lambert (hôtel particulier) à Paris, ou encore une luxueuse propriété à Mougins. Propriétaire du Manhattan Palace à New-York, etc.
(6)  Pour la forme ou le folklore, mentionnons des « élections » de conseils communaux sur des listes soigneusement filtrées par le pouvoir, depuis 1999. Et, celle d’un « conseil consultatif », faisant office de « parlement » de 45 membres, dont 15 sont nommés directement par l’émir. Tout cela à titre « consultatif » et, bien entendu, sans parti politique, ni critique autorisée de la gestion du pays sur le mode de la “cassette personnelle” ou, encore moins, de la « politique étrangère » du clan Al-Thani.
(7)  Pour le “fun”, souvenons-nous des attaques d’apoplexie de Daniel Cohn-Bendit hurlant sa rage antichinoise au parlement européen la veille des Jeux Olympiques de Pékin. Ou, encore sur le même thème, les séances d’incantation antichinoise organisées par la célèbre ONG : Reporters Sans Frontières. Affublés de leurs T-shirts de boycott des Jeux…
(8)  Convention du 4 décembre 1990, signée par Cheikh Mohamed Bin Khalifa Al-Thani, Secrétaire d’Etat aux finances et au pétrole, et Michel Charasse, Ministre délégué chargé du budget
(9)  Textes téléchargeables : Convention signée à Paris le 4 décembre 1990

2)    (http://www.impots.gouv.fr/portal/deploiement/p1/fichedescriptive_2100/fichedescriptive_2100.pdf), et, Avenant à la Convention avec le Qatar du 14/01/2008 – en vigueur au 23/04/2009 (http://www.toutsurlesimpots.com/convention-fiscale-france-qatar.html)

L’illusion démocratique: 2012 année électorale ?… L’abstention active est le mot d’ordre !…

Posted in actualité, autogestion, démocratie participative, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , , , , , on 30 janvier 2012 by Résistance 71

Pourquoi les mots de Durruti datant de 1932 raisonnent-ils toujours si justes ? Simplement parce que rien n’a changé à quelques opérations cosmétiques près.

Continuons de nous inspirer de ces paroles et à nous méfier comme de la peste des poseurs « socio-démocrates » qui pédalent jour et nuit pour l’oligarchie…

— Résistance 71 —

 

S’abstenir aux élections, est-ce favoriser le fascisme ?

 

par CNT-AIT

 

En 1932, à Barcelone, l’anarchiste Buenaventura Durruti disait ceci :

« Les socialistes et les communistes disent que nous abstenir aux élections, c’est favoriser le fascisme, mais comme nous avons toujours dit que l’Etat est un instrument d’oppression au service d’une caste, nous restons fidèles à nous-mêmes.

Et comme nous pensons que le mouvement de libération doit toujours faire face à l’Etat, voilà pourquoi nous prônons l’abstention électorale active.

Active, c’est à dire que, tout en nous abstenant de la stupidité électorale, nous devons rester vigilants dans les lieux de production et dans la rue.

Les vrais bandits, les vrais malfaiteurs, ce sont les politiciens qui ont besoin de tromper et d’endormir les ouvriers en leur promettant la semaine des quatre jeudis pour leur arracher un vote qui les porte au Parlement et leur permette de vivre en parasites de la sueur des ouvriers.

Lorsque nos camarades députés socialistes ont eux aussi uni leurs voix à cette cohorte d’eunuques, ils ont montré leur vrai visage. Car il y a de nombreuses années qu’ils ont cessé d’être des ouvriers, et par conséquent des socialistes. Ils vivent de leur activité de député.

Que les républicains socialistes le sachent : ou bien ils résolvent le problème social, ou bien c’est le peuple qui le résoudra. Nous pensons que la République ne peut pas le résoudre. Aussi, disons nous clairement à la classe ouvrière qu’il n’y a plus qu’un dilemme : ou mourir comme des esclaves modernes, ou vivre comme des hommes dignes, par la voie directe de la révolution sociale.

Vous donc, ouvriers qui m’écoutez, sachez à quoi vous en tenir. C’est de vous que dépend le changement du cours de votre vie. »

Quatre ans plus tard le 19 juillet 1936, les anarchistes espagnols, et parmi eux Durruti, barraient la route au coup d’état fasciste par les armes et par la révolution sociale, pendant ce temps les députés parlementaient… avant que les partis politiques ne tirent dans le dos des anarchistes et des révolutionnaires, tuant ainsi la Révolution Espagnole !

Résistance et solution politique: Boycott du vote en cette année de grand cirque électoral…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , , , , on 29 janvier 2012 by Résistance 71

« Les élections sont historiquement la marque de l’oligarchie. »

 

Il n’y a pas de solutions au sein du système ! Bâtissons le contre-pouvoir autogestionnaire, seule solution contre la dictature oligarchique.

— Résistance 71 —

 

La Démocratie contre les élections

 

url de l’article:

http://anarsonore.free.fr/spip.php?breve129

Malgré leurs origines démocratiques, les élections représentatives ne sont plus que le moyen par lequel un peuple se décharge de ses responsabilités au profit d’une véritable caste. Cette oligarchie y trouve sa légitimité et entretient les mirages politiques qui masquent l’état alarmant de nos sociétés. Ces constats de plus en plus évidents nourrissent le cynisme, mais il sont aussi un appel pour que les populations rompent avec un mode de vie apathique et retrouvent les sources de la démocratie à venir.

Les élections représentatives sont évidemment un héritage historique : désigner ses propres dirigeants est un acte suffisamment rare dans l’histoire pour le reconnaître. Mais cela ne peut qu’encourager à dénoncer ses limites graves, comprendre son délitement et admettre que la dramatique situation actuelle nécessite une réappropriation de nos racines démocratiques.

Car la « démocratie représentative » a été voulue, pensée et pratiquée dès ses origines pour s’opposer à l’expression du peuple : elle a été conçue volontairement pour que seule une petite élite professionnelle au mandat indépendant décide à la place d’une population devant rester passive. Les élections sont historiquement la marque de l’oligarchie, où un cercle étroit de « personnalités » décide pour tous [1]. Ce que l’on cherche à faire passer pour le principe même de la démocratie n’est donc qu’un compromis passé entre la tradition aristocratique et les poussées démocratiques – la Vième république étant même régression vers la monarchie. Mais bien plus, le vote électoral ne peut avoir de sens que s’il est inscrit dans une société animée par de multiples pratiques démocratiques ; sinon, il n’est qu’une mascarade. Elire des représentants est d’une profonde absurdité quand ceux-ci ne sont plus tenus ni par leurs propres engagements ni par les lois de la république ; quand les débats d’idées sont déclarés advenus sans avoir jamais existé, ne serait-ce qu’entre eux ; ou quand les seules réformes conséquentes ne font qu’accentuer le long effondrement de nos sociétés, comme la corruption qui est devenu notre régime social. Les conditions dans lesquelles l’élection pouvait encore avoir un sens ont aujourd’hui quasiment disparues comme disparaissent tous les traits démocratiques hérités que notre époque piétine. Car il est d’une sordide hypocrisie de décrire une fois l’an une population salariée comme souveraine quand elle est soumise à un arbitraire grandissant vis-à-vis du travail tous les autres jours [2]. Dans son fondement, mais aussi dans les conditions actuelles, la « démocratie représentative » est non seulement une mauvaise solution, mais bien plutôt le centre du problème.

Le système représentatif piétine la démocratie en entretenant le mythe d’un « savoir politique » pour condamner à l’impuissance les premiers concernés face à la gestion de leurs propres affaires.

Elire un représentant donne l’impression d’intervenir dans la vie politique. Ce qui pousse à glisser un bulletin dans une urne, c’est la volonté d’avoir prise sur une société qui semble devenir folle et dont l’évolution devient de plus en plus hors de contrôle de la population. Celle-ci est alors libre moins d’un jour par an de sanctionner la caste dirigeante qui a œuvrée sans interruption durant tout son mandat sans que les problèmes fondamentaux en soient diminués – bien au contraire.

Car le « citoyen votant » ne peut au mieux aujourd’hui que protester a posteriori contre les politiques menées, en corriger les excès après-coup et éventuellement essayer de faire défendre ses droits menacés. Il plébiscite alors d’autres candidats, qu’il doit supposer mieux intentionnés et moins corrompus ; il doit pour cela fermer les yeux sur le passé des clans politiciens auxquels ceux-ci appartiennent. Mais il faut surtout, pour élire un représentant, faire comme si des choix importants existaient, et comme si des projets différents pouvaient être effectivement mis en œuvre, ce qui n’est évidemment pas le cas : les grandes lignes des orientations sont imposées par la course mondiale du capitalisme, par l’intermédiaire de ceux qui détiennent les finances, la force ou l’influence : les diktats du FMI ou de la Banque Mondiale en sont les traits saillants, et impliquent le lobbying, la corruption et les maffias, broyant tout prétendant de bonne foi [3]. L’importance que la population accorde aux élections montre aussi bien qu’elle veut décider que le fait qu’elle ne décide officiellement jamais de rien. Et pour cause : les oligarques aux commandes, les éternelles luttes de factions qui s’y déroulent clandestinement, les négociations permanentes qui s’y mènent secrètement, forment un monde à part, un milieu où chacun est coopté par un confrère du même acabit, une sphère totalement déconnectée des réalités complexes du quotidien de chacun.

L’oligarchie dirigeante ne cherche que ses propres intérêts, son propre maintien, que viennent régulièrement légitimer les « consultations électorales ».

Vouloir « éviter le pire » en donnant sa voix à un candidat c’est comprendre que des dangers réels et profonds sont en train de ravager nos sociétés, et qu’aucun « responsable politique » n’a de projet crédible qui puisse mieux faire que de contenir ces fléaux pour gagner du temps jusqu’à une prochaine fois. Mais c’est surtout refuser de voir que les cliques dirigeantes et leurs appareils participent activement à ce délabrement, et y participer.

Car ce qui a pu faire de l’occident un modèle mondial légitime est en train de s’effondrer ; les libertés se restreignent à un minima qui recule régulièrement, les droits sont peu à peu rognés secteur par secteur, la notion de devoir et de responsabilité semble disparaître à tous les échelons, la vie en société même devient une gêne nécessaire pour les petites affaires personnelles de chacun. La course techno-économique assèche les hommes et les savoirs, accélérant les multiples ségrégations, dressant chacun contre tous dans une course sans fin ; la peur se mue en seconde nature en contaminant tous les rapports humains [4]. Les idéologies les plus néfastes prolifèrent, au grand jour ou en sourdine. Aucune issue ne semble exister aux catastrophes écologiques qui s’annoncent comme des certitudes. Et tous les pays du monde, hypnotisés par cette puissance instrumentale, semblent suivre le même chemin. Placer ses espoirs dans quelques oligarques revient à se voiler la face : tout le monde sait parfaitement qu’il s’agit de se décharger à bon compte d’une décomposition sociale qui exigerait un engagement durable de tous. Cette déliquescence de ce qui rend une société vivable ne sera jamais affrontée en en confiant la gestion à qui que ce soit, fût-il énarque. Les « élus » l’évoquent pour en masquer l’ampleur et pondent des mesures de détails, tandis que les opposants la dramatisent en attendant leur tour. Ces carriéristes cyniques transforment les idées en appâts pour acheter le consentement, mais l’utilisation des mots n’engage plus à aucun acte. Les bavardages des politiciens occupent la place des véritables délibérations qui devraient avoir lieu au sein des populations et leur novlangue [5] se propage à tout langage qui permettrait de se comprendre [6]. De cette confusion généralisée et impalpable surgit alors le besoin d’une solution magique, d’une personnalité providentielle qui résoudrait tout, enfin : une communauté d’adultes devient une bande d’individus infantilisés.

La politique établie dépolitise en éludant les enjeux fondamentaux de notre époque, détournant l’attention de chacun, effritant le sens des choses : elle approfondit le malheur de tous, scrutin après scrutin.

Ces scrutins électoraux constitueraient le seul moyen d’expression où existe un sentiment collectif, comme les manifestations sportives. La société est tellement divisée, rendue anonyme, atomisée [7], qu’elle ne semble exister qu’à ces moments où chacun est sommé de s’identifier à des représentants qui se vendent comme des produits et font de la politique un spectacle.

La destruction méthodique des cultures de chacun et des projets collectifs fait que les seuls garants apparent d’un bien-être collectif ne sont plus que d’insipides figures médiatiques. Elles-mêmes sont des hommes-marchandises promus par des partis-entreprises selon des stratégies commerciales vendant des programmes-emballages et des sondages-marketing qui martèlent des mots-slogans. L’opinion publique y est traitée comme un marché de consommateurs sensés être séduits par un matraquage organisé d’images standardisées : la volonté générale n’est plus que clientélisme, le citoyen est devenu une chair à urnes. L’industrie médiatique arrive à faire passer cette foire généralisée où toutes les questions sont pré-machées et les réponses pré-digérées pour l’expression authentique d’un peuple [8]. C’est évidemment une guerre déclarée contre les résistances informelles et banales de chacun, et les mouvements sociaux qui se succèdent et qui freinent les délires d’un système suicidaire clos sur lui-même. L’inventivité des gens, la création d’idées fécondes, le jaillissement de propositions nouvelles, le travail de pratiques singulières, se manifestent à ces moments-là, mais également tous les jours où les questions sont formulées, posées et travaillées par les gens eux-mêmes. Une campagne électorale polarise les discussions populaires autour des bulletins de vote, des chicanes de sérails, des faux problèmes : le débat et la délibération sont confisqués et totalement biaisés. L’électeur est un citoyen sans cité : aucune agora n’existe qui ne soit désamorcé, simulacre, piège. La sphère publique est le domaine réservé du personnel politique et de ses affaires privées. Alors que la formulation d’une opinion élaborée exige des informations fiables, des délibérations fréquentes, des actes engageants, ce travail de citoyen est véritablement clandestin : l’oligarchie demande une collaboration mystificatrice, une reddition sans condition. Les élus sont censés incarner la tendance d’un peuple, mais ils la simplifient, la formatent, la mutilent pour que les intelligences multiples correspondent à leurs impératifs. Jamais une personne, ou même une assemblée, ne pourra représenter la société en miniature : les débats sur la parité ou les quotas rappellent que la pluralité extraordinaire qui constitue une collectivité n’est pas réductible sans éliminer, éternellement, la quasi-totalité de la population. Chercher à « équilibrer » la diversité des propriétaires du pouvoir n’est qu’aménager la dépossession. Aucun discours de bureaucrate, aussi larmoyant soit-il, ne pourra jamais rivaliser avec l’expérience intime de chacun. Qu’un individu puisse s’informer, parler, décider à la place d’un autre est une étrangeté peu compatible avec un projet démocratique, sinon avec la réalité [9].

Le fonctionnement électoral contraint la société à rentrer dans ses catégories ; il n’exprime pas la singularité d’une population, il organise son atomisation pour asseoir sa domination.

Le vote régulier est compris comme la seule action politique possible, alors qu’il est traversé par une contestation rampante. Il agit donc plutôt comme le verrou principal aux véritables passions démocratiques, qui peinent à trouver d’autres terrains pratiques et à retrouver une histoire méconnue avec laquelle il conviendrait pourtant de renouer.

Car un malaise profond et grave grippe depuis longtemps la machinerie électorale : la désertion des partis, l’usure instantanée du pouvoir, la dispersion des voix, la volatilité des choix individuels, l’omniprésence du vote sanction ou « anti-système », l’abstention, les bulletins blancs et nuls, la non-inscription sur les listes, etc… sont omniprésents et servent de créneau aux démagogues qui postulent à leur tour. De fait, il n’y a plus guère que l’inoculation de peur à haute dose pour discipliner les comportements « démocratiques » et forcer le peuple à correspondre aux attentes de la clique aux commandes… Aller voter, c’est d’abord manifester cette terreur sourde et lucide d’être victime des mécanismes aveugles qui excluent des populations entières du système actuel. Mais cette « crise de la représentation » est bien sûr un refus fort, même s’il est confus, des traits les plus inadmissibles et les plus répandus de ce système : l’inégalité politique. Cette juste colère ne trouve pas d’expression politique dans un espace quadrillé par la délégation et la vacuité du langage ; cette asphyxie provoque un nihilisme actif. Et pour cause : la confiscation et le monopole du pouvoir et de la parole publique sont des phénomènes tellement étendus et inscrits en chacun qu’aucune solution simple ne viendra les résoudre [10]. Pourtant depuis son apparition , il y a plus de deux siècle, le système représentatif a été la cible de tous les mouvements d’émancipations, qu’ils soient ouvriers, anti-colonialistes, féministes, étudiants, régionalistes ou écologistes. Chacun à leur manière ont inventé des fonctionnements nouveaux : des mandats impératifs et révocables pour tout « élu », le tirage au sort pour désigner des délégués, des assemblées délibératives et souveraines, une rotation des tâches, et des analyses permanentes pour éviter la division sans cesse renaissante du travail politique. D’innombrables tentatives eurent lieu pour instituer une démocratie radicale qui s’organise sur l’exercice du pouvoir par tous et non sa délégation au profit que quelques-uns, qui repose sur la passion politique et non sur le repli sur soi, et qui exige du citoyen non qu’il donne sa voix mais qu’il prenne la parole. Les principes de l’égalité politique n’ont jamais été aisés à mettre en pratique, à l’échelle d’un groupe [11] comme à celle de la planète [12] ; ils sont le début des problèmes véritables. Mais l’histoire oubliée est riche de telles créations humaines, qu’il s’agisse de moments révolutionnaires où se sont créées des assemblées populaires souveraines (France 1789, Russie 1917, Catalogne 1936, Hongrie 1956, …) ou de cités entières pratiquant des formes directes de démocraties (la Grèce antique, l’Italie de la Renaissance, …). Ce sont, aujourd’hui, les mouvements sociaux qui, partout dans le monde, cherchent à tâtons d’autres modes d’organisations. Ces pratiques demandent un changement complet dans les habitudes actuelles, une critique qui ne reconnaît de limite qu’en elle-même : le spectre du totalitarisme rôde là où le pouvoir, visible ou non, s’exerce sans paroles vraies, dans le silence et le bruit.

La politique instituée et sa servitude volontaire est le principal obstacle qu’affrontent tous ceux pour qui une véritable démocratie est directe et le seul pouvoir légitime est collectif.

La recherche éperdue de pouvoir et la quête illimité de profit sont les deux faces d’un même un rêve de puissance dominatrice. La destruction de l’environnement, l’asservissement des individus et l’aliénation de nos sociétés ne sont ni une fatalité ni des maux nécessaires : ils représentent notre incapacité commune à définir un projet qui reprendrait le principe d’émancipation individuel et collectif pour tous les peuples. Une telle volonté d’autonomie poserait alors des limites claires à l’exercice du pouvoir de tous, comme elle prônerait une sortie du salariat et une égalisation des revenus. Elle exigerait évidemment que les populations cessent de fuir leurs responsabilités dans la consommation, le conformisme et le divertissement.

(St Denis, Avril 2007)

Voir en ligne : Bathyscaphe

Notes

[1] Manin.B, 1996 ; « Principes du gouvernements représentatif », Flammarion

[2] Moses I.Finley, 1976 ; « Démocratie antique et démocratie moderne », Pbp

[3] Maillard.J, 1998 ; « Un monde sans loi », Stock

[4] Maurin.E, 2004 ; « Le ghetto français », Seuil

[5] Orwell.G, 1948 ; « 1984 », Seuil

[6] Castoriadis.C, 1996 ; « La montée de l’insignifiance » Seuil

[7] Riesman.D, 1964 ; « La foule solitaire », Dunod

[8] Brune.F ,1996 ; « Les médias pensent comme moi », l’Harmattan

[9] Rosanvallon.P, 1976 ; «  L’âge de l’autogestion », Seuil

[10] Mendel.G, 2006 : « Pour une histoire de l’autorité », la Découverte

[11] Lapassade.G, 1966 ; « Groupes, organisations, institutions », Anthropos

[12] Fotopoulos. T, 2002 ; « Vers une démocratie générale », Seuil