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Espagne 37 : forfaiture et trahison de la révolution sociale, Staline et le parti communiste étranglent la révolution…

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La révolution espagnole étranglée par Staline

 

Karel Bosco

 

11 septembre 2017

 

Source:

https://lecourrier.ch/2017/09/11/la-revolution-espagnole-etranglee-par-staline/

 

En 1937, en pleine guerre contre les forces franquistes, le Parti communiste espagnol, fort de l’appui soviétique, attaquait d’autres composantes de gauche – la CNT anarcho-syndicaliste et le POUM léniniste antistalinien. Une offensive qui a signé l’amorce du démantèlement des collectivités libertaires de Catalogne et d’Aragon. Eclairage de Karel Bosco.

Barcelone est occupée par les troupes franquistes le 26 janvier 1939, Madrid-la-Courageuse le 28 mars. La terrible Guerre civile espagnole s’achève dans le fracas des armes – 600 000 à un million de morts. Mais elle va se poursuivre dans le silence. Déjà en 1939 ont été enfermées en camps de concentration 700 000 personnes, dont le travail forcé visera à redresser la situation économique catastrophique de la péninsule saccagée, puis à construire usines, casernes, prisons, barrages, aéroports et lignes ferroviaires, sans parler de l’exploitation de l’étain, du fer, du charbon. Entre 1939 et 1944, près de 200 000 personnes sont assassinées par les escadrons franquistes, sans compter les prisonniers morts de froid, de faim, d’épuisement et de maladies, ni ceux qui ont succombé sous les tortures ou qui ont préféré se suicider. En 1948, 20 mineurs du bassin asturien sont jetés dans un puits, attachés les uns aux autres et brûlés vifs par des unités de police. Entre 1947 et 1949, c’est la terreur de masse qui brise les ultimes résistances paysannes.

Ce système concentrationnaire et totalitaire devait durer jusqu’à la mort de son chef, en 1975, et les aménagements de surface – ainsi dans le domaine du tourisme – ne changèrent rien à sa nature criminelle, «lointain héritage de l’Etat-Eglise inquisitorial, esclavagiste et génocidaire du dénommé Siècle d’Or» (César Lorenzo).

Les divisions tragiques du camp républicain

Si Franco a écrasé la République et massacré tant de paysans et d’ouvriers, ce fut grâce à la complicité tacite des Etats européens, dont l’Angleterre – qui entraîna la France dans la désastreuse politique de «non-intervention» – et surtout grâce à l’appui militaire de Mussolini et d’Hitler. Mais on ne peut plus passer sous silence aujourd’hui les tragiques divisions qui minèrent et affaiblirent le camp républicain. Il s’agit d’un chapitre de l’histoire de la Guerre civile que les militants des gauches révolutionnaires ont gardé au cœur comme une flèche empoisonnée et que des historiens, d’abord peu nombreux, ont cherché à éclairer. Le grand public ne l’a vraiment découvert qu’à travers le film de Ken Loach, Land and Freedom (1995), libre adaptation du témoignage de l’écrivain engagé George Orwell, Hommage à la Catalogne (1938).

Trois ans avant le film de Loach, un téléfilm espagnol de haute qualité – diffusé en France par Arte – avait déjà jeté une lumière crue sur cet arrière-fond sordide: Opération Nikolaï, de Maria D. Genovés et Llibert Ferri. Une manière rigoureuse de confirmer ce qu’avaient rapporté Julian Gorkin, du Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM), dans son livre rageur de 1941, Canibales Politicos: Hitler y Stalin en España, publié à Mexico, ou encore José Peirats dans la somme qu’il avait consacrée à la Confédération nationale du travail (CNT) en 1951-1953 – 1200 pages!

En 1961, les historiens Broué et Témime proposaient une première et monumentale synthèse en langue française, La Révolution et la Guerre d’Espagne (Ed. De Minuit). Depuis la mort de Franco, le retour difficile de l’Espagne à la démocratie et l’ouverture partielle des archives du KGB en Russie ainsi que celles des partis communistes en Occident, quantité d’études ont été publiées, notamment Le POUM: Révolution dans la guerre d’Espagne de Wilebaldo Solano, un ouvrage militant (Ed. Syllepse, 2002) et le très substantiel Mouvement anarchiste en Espagne – Pouvoir et révolution sociale de César M. Lorenzo (Ed. Libertaires, 2006).

En 1969, dans Le vif du sujet, Edgar Morin avait mis en évidence les arêtes de la problématique, sans détours ni litotes: «La guerre d’Espagne continue à être perçue comme épopée et non comme tragédie (…). Il y eut tragédie dès 1936, et la suite fut le pourrissement de cette tragédie. L’alternative franquisme-république continue à masquer des contradictions qui ont pourtant éclaté dans le sang. (…) A l’intérieur de la république, avant même [le putsch de Franco], le conflit entre la révolution et l’ordre bourgeois avait éclaté. Dans ce conflit, le stalinisme devait intervenir de plus en plus efficacement comme le tiers excluant, tuant la révolution et faisant progresser sa révolution sous le couvert de l’ordre. Il y eut une montée révolutionnaire culminant au partage des terres et des biens en Aragon [et en Catalogne] (…). Et ce furent les républicains, et non Franco, qui la brisèrent, et ce fut dans cette répression que se scella la belle et bonne alliance entre bourgeois républicains et communistes staliniens. L’actuelle mythologie antifasciste se fonde sur l’anéantissement des communes [libertaires] d’Aragon et de Catalogne».

Des soi-disant contre-révolutionnaires soumis à la question

Il faut approfondir. Lorsque la révolution sociale éclate en Espagne en 1936, suite à la victoire électorale des forces de gauche rassemblées dans le Frente popular, et que le coup d’Etat de Franco va fracasser dans les conditions que l’on sait, les visages du changement et du renouveau sont multiples: les anarcho-syndicalistes de la CNT – près d’un million de militants –; les socialistes divisés en une aile réformiste et une aile radicale; le POUM léniniste mais violemment antistalinien et distant de Trotsky; les divers courants républicains de gauche; les militants des autonomies basque et catalane; le Parti communiste espagnol, encore très minoritaire.

La révolution, en Catalogne et en Aragon, dans une certaine mesure en Estrémadure et en Andalousie, c’est, sous l’égide la CNT mais pas d’elle seule, le partage des terres et la socialisation des outils de production, celle-ci étant particulièrement visible à Barcelone, promue «capitale du prolétariat mondial», où les ouvriers gèrent eux-mêmes leurs entreprises, non sans difficultés. Sur le plan militaire, Staline apporte le soutien de la Russie soviétique, salué avec émotion et enthousiasme par le peuple qui doit affronter les armées de Franco, bien entraînées, bien équipées et parfois fanatisées.

Un soutien qui se paie: 500 000 kilos de lingots d’or – les deux tiers des réserves de la Banque d’Espagne – sont «mis en sûreté» en URSS par le gouvernement républicain (et ils ne seront jamais restitués): Madrid était déjà assiégée, il est vrai, toutefois Barcelone ou Valence auraient pu abriter ce trésor, mais elles étaient sous le contrôle d’une CNT fort mal vue des autorités.

Fort de l’aide soviétique, le PC espagnol monte en puissance et passe à l’offensive en 1937. Sa volonté de mettre la main sur la centrale téléphonique de Barcelone, lieu stratégique occupé par les anarchistes, débouche sur un affrontement armé entre ses militants et ceux de la CNT et du POUM, qui coûtera la vie à 500 personnes. Un affrontement qui s’étendra à l’ensemble de la Catalogne et de l’Aragon, où les troupes «marteau et faucille» s’activeront à liquider les communes paysannes, qui assurent pourtant le ravitaillement des zones républicaines. Et cela alors que les milices révolutionnaires et que les volontaires des 70 nations engagés dans les Brigades internationales sont au feu face à la barbarie franquiste…

Non contents de détruire, les dirigeants du PC salissent et insultent, sur les conseils des agents du NKVD – la police secrète soviétique – infiltrés dans l’administration républicaine: les militants de la CNT et plus encore ceux du POUM, haïs de Staline, sont accusés de complicité active avec Franco, avec Hitler. Les tchekas, culs-de-basse-fosse du NKVD en Espagne, se remplissent de soi-disant contre-révolutionnaires soumis à la question. Andrès (Andreu) Nin du POUM, la figure la plus respectée et la plus prestigieuse de la révolution espagnole, est kidnappé, torturé et assassiné par les nervis staliniens, entre autres par le Hongrois Erno Gerö – ce qu’a révélé le téléfilm Opération Nikolaï.

La révolution est écrasée, la liberté recule partout en Espagne, les armés franquistes progressent inexorablement. Staline se retire sur la pointe des pieds – il a d’autres soucis, d’ordre diplomatique. Valence, Barcelone, Madrid tombent. La tentative de constituer une première «démocratie populaire» de style soviétique sur sol étranger a échoué. Et c’est tout un peuple qui a été massacré, et qui va subir le martyre durant près de quarante ans.

Pour une autre image du futur humain

Il est évident que l’histoire de la Guerre civile espagnole ne se réduit pas à cette seule tragédie, ni que l’engagement d’une bonne partie des militants du PC ne se limite aux pratiques criminelles de ses dirigeants sous influence, mais il est inconcevable de négliger, pire, d’oublier ces événements et leur profonde signification politique à l’heure où la mondialisation meurtrière des économies nous met au défi de penser et de développer une alternative solidaire et démocratique à caractère écologique et socialiste. L’expérience, même brève, même cassée, des communes libertaires et des usines autogérées de Catalogne et d’Aragon n’est pas un passé qui n’intéresserait que des universitaires. Elle peut être une des images possibles du futur humain.

Les efforts et les sacrifices inouïs qui furent ceux du peuple russe et de son armée durant la Seconde Guerre mondiale, et qui contribuèrent plus que largement à libérer l’Europe de l’hydre nazie, ne changèrent rien aux pratiques staliniennes une fois la victoire acquise: tortures et procès truqués dans les Etats satellisés par l’URSS – Bulgarie, Hongrie, Tchécoslovaquie notamment –, au cours desquels sont liquidés de vieux militants, des résistants à l’occupant allemand, des anciens combattants de la Guerre d’Espagne. Et la répression, sinon le feu, pour la classe ouvrière quand elle n’est plus docile: à Berlin-Est et dans les grandes villes de l’Allemagne communiste en 1953; en Hongrie en 1956 – face aux conseils d’usines –; en Tchécoslovaquie en 1968 – toujours face aux conseils d’usines –; en Pologne en 1970 – les forces armées tirent sur les ouvriers de la Baltique. Certaines bonnes leçons avaient été retenues: à Budapest, le 25 octobre 1956, le peuple défilait pacifiquement devant l’immeuble de la radio; sur l’ordre du secrétaire du Parti, les agents de la police secrète ouvrent le feu, précipitant la violence. Le secrétaire? Erno Gerö, l’assassin d’Andrès Nin.

* Historien, Genève.

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Lecture complémentaires :

3ème guerre mondiale ou révolution sociale ?

Voline : La révolution inconnue (1917-1921)

Kropotkine : La morale anarchiste

Résistance 71 : Du chemin de la société vers son humanité réalisée

 


Réseau de Résistance et de Rébellion International

 

Communiqué du collectif Guerre de Classe sur l’arrestation d’Alain Soral et note de Résistance 71

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, Internet et liberté, média et propagande, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 30 juillet 2020 by Résistance 71

 

 

A BAS TOUS LES ETATS !

A BAS TOUS LES MENSONGES DU  SPECTACLE MARCHAND !

A BAS TOUTES LES POLICES ET TOUTES LES JUSTICES DU CAPITAL !

A BAS TOUTE CENSURE !

Alain Soral a été dernièrement interpellé par la brigade de répression des pensées non-conformes…

Comme au temps des vastes répressions qui suivirent la Commune de Paris, les communistes maximalistes ne font pas le tri entre blanquistes, bakouninistes, internationalistes radicaux ou néo-proudhonistes…

Comme le disait Rosa Luxemburg, la liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement…

C’est précisément parce que nos positions communistes radicales pour un monde sans argent ni Etat sont incompatibles avec celles d’Alain Soral qui veut refonder l’économie et la politique du salariat que nous nous devons de nous opposer – par tous moyens – à la dictature démocratique de la marchandise qui entend aujourd’hui le faire taire et qui demain essayera d’écraser le réveil du prolétariat lorsque ce dernier sortira de tous les mensonges du Coronavirus et de toutes les impostures idéologiques du gauchisme des progressions capitalistes…

C’est justement puisque nous voulons de véritables débats infiniment ouverts à tous et sur tout que nous entendons dénoncer et combattre les puissances de l’aliénation et de la domination qui, présentement, ont mis Alain Soral en garde à vue car nous savons qu’à l’avenir, ce seront les mêmes qui feront mitrailler le prolétariat insubordonné lorsque celui-ci engagera le combat de classe décisif contre la dictature démocratique de l’exploitation…

C’est pour cela que nous sommes donc solidaires d’Alain Soral contre le bannissement étatique qui le frappe, non pas parce que nous penserions à l’identique mais parce que nos pensées expriment expressément des continents historiques de nature complètement différente…

Un esprit enfermé dans le langage obligatoire du soliloque des vérités officielles du Capital est nécessairement incarcéré dans la prison schizophrénique du faux omni-présent…

CONTRE TOUTES LES CENSURES ETATIQUES DU CAMP DE CONCENTRATION CAPITALISTE, NOUS RAPPELLERONS TOUJOURS QUE POUR LES GREVISTES SAUVAGES DE L’EMANCIPATION HUMAINE, IL EST INTERDIT D’INTERDIRE… 

Source:

http://guerredeclasse.fr/2020/07/30/a-bas-toute-censure/

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Note de Résistance 71 :

Nous sommes en accord avec ce communiqué de GDC et sur le commentaire d’opposition à Soral et en profitons pour y ajouter notre réflexion.
Nous pensons que l’action menée contre lui n’est qu’un symbole, l’oligarchie veut faire passer un message simple : si on s’attaque à un « ténor » de la contestation, les petits auront peur, voire seront terrifiés et lâcheront le morceau. La gouvernance par la terreur est toujours le choix de l’État, même s’il y a des degrés selon la conjoncture.
Soral n’est qu’un réformiste qui certes analyse juste, mais qui ne veut que réaménager toute la merde ambiante se voyant lui-même peut-être comme « l’homme providentiel »… Qui sait ?… Le seul danger qu’il représente pour le système est dans le nombre de ses suiveurs, pas dans ses/leurs idées qui n’ont rien de subversives puisque jamais il ne remet en cause la base du fonctionnement étatico-capitaliste. Lui et les « soraliens » ne sont qu’une autre catégorie de réformistes ne remettant en cause qu’une certaine méthodologie, pas le système qu’ils jugent valide et bon pour le service, patriotisme oblige. En cela, aucun changement radical à attendre d’eux et le système peut continuer à dormir sur ses deux oreilles.
« L’opération Soral » est une nouvelle PsyOp destinée à effrayer la contestation croissante, nul doute qu’elle aura ses effets dans les jours, semaines à venir, mais cela ne doit pas nous faire dévier du véritable combat, qui est celui de l’émancipation et d’un retour à la vie tout simplement, hors de tous diktats et supercheries de la dictature étatico-marchande.
Qu’on se le dise !

“Oui, il a été inventé là une mort pour les multitudes, une mort qui se vante d’être la vie: en vérité un fier service rendu à tous les prédicateurs de mort. J’appelle État le lieu où sont tous ceux qui boivent du poison, qu’ils soient bons ou méchants… État le lieu où le lent suicide de tous s’appelle… la vie.”

“Là où cesse l’État, c’est là que commence l’Homme, celui qui n’est pas superflu : là commence le chant de ce qui est nécessaire, la mélodie unique et irremplaçable. Là où cesse l’État — regardez donc mes frères ! Ne les voyez-vous pas, l’arc-en-ciel et les ponts du surhumain ?”

~ Friedrich Nietzsche, “De la nouvelle idole” ~

“La vaste majorité des humains est déconnecté de la terre et de ses produits, de la terre et des moyens de production, de travail. Ils vivent dans la pauvreté et l’insécurité. […] L’État existe afin de créer l’ordre et la possibilité de continuer à vivre au sein de tout ce non-sens dénué d’esprit (Geist), de la confusion, de l’austérité et de la dégénérescence. L’État avec ses écoles, ses églises, ses tribunaux, ses prisons, ses bagnes, l’État avec son armée et sa police, ses soldats, ses hauts-fonctionnaires et ses prostituées. Là où il n’y a aucun esprit et aucune compulsion interne, il y a forcément une force externe, une régimentation, un État. Là où il y a un esprit, il y a société. La forme dénuée d’esprit engendre l’État, L’État est le remplaçant de l’esprit.”
~ Gustav Landauer ~

« La machine de l’État est oppressive par sa nature même, ses rouages ne peuvent fonctionner sans broyer les citoyens, aucune bonne volonté ne peut en faire un instrument du bien public ; on ne peut l’empêcher d’opprimer qu’en le brisant. »
~ Simone Weil ~


Si tu ne sais pas où tu vas, arrête-toi,
retourne-toi et regarde d’où tu viens.
~ proverbe africain ~

Coronavirus et science en général : la révolte des intègres est-elle possible ?… L’exemple du professeur Christian Perronne

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Resistance 71

 

29 juillet 2020

 

Tout d’abord, bravo au Pr. Perronne !
Poser la question d’une révolte des scientifiques intègres fait immanquablement poser la question de la fiabilité du système. La question est de ce fait : une révolte est-elle possible au sein de ce système de la corruption organisée à tous les étages ? Si c’est pour réorganiser la merdasse de ce système en pensant pouvoir le rendre « plus vertueux », la réponse est catégoriquement NON !

La seule façon pour que la science (entre autre…) reprenne sa juste position est qu’elle puisse s’exercer en dehors de toute contrainte marchande et financière, ce qui veut dire : changer radicalement de paradigme. Le cœur, l’essence même du système étatico-capitaliste en place est la marchandisation de tout, du politique à la vie organique elle-même. La science est déviante, elle ne sert plus que des intérêts particuliers. Ce n’est pas en changeant les hommes du haut ou en réformant le système qu’on changera quoi que ce soit, mais en abolissant l’État, la marchandise (le rapport marchand), l’argent et le salariat pour les remplacer par la Commune Universelle de notre être retrouvé et enfin réalisé. Toute réforme est impossible ! Y croire relève soit d’une naïveté sans borne, soit d’une complicité de crime en bande organisée…

La prise de position du Professeur Perronne est nécessaire et raisonnable, mais elle doit nous faire comprendre que cette merde de système est au-delà de toute réforme possible et imaginable. Il faut le mettre à bas et organiser les associations libres des communes émancipées du travail aliéné, de la pourriture inhérente au fric et à la marchandise et de la division politique en réintégrant le pouvoir dans le corps social, seul garant de la prévalence de l’intérêt commun. L’intervention de Perronne met sous les feux de la rampe pendant un moment les effets néfastes inéluctables de la vampirisation capitaliste de tout et en tout, mais ne nous dit rien de la solution, du remède de cheval à employer que voici:

A bas l’État, à bas la marchandise, à bas l’argent, à bas le salariat ! Cessons de nous soumettre aux diktats sans fins de la dictature étatico-marchande, qui à terme, nous annihilera toutes et tous.

Tout le reste n’est que pisser dans un violon !…

 

L’excellent entretien du Professeur Perronne à Sud Radio :

 

Lectures complémentaires :

Notre page « CORONAVIRUS, guerre contre l’humanité »

Illegalite_Amendes_non-port_masque

Bill-la-piquouze-Gates-et-son-empire-mondial-de-la-sante

Masque_Non-au-muselage-sanitaire

Résistance71 l’essentiel de 2010 à 2020

Comprendre d’où on vient pour savoir où on va :

Résistance 71-Du-chemin-de-la-société-vers-son-humanité-realisée

 


Pour que pètent les verrous…


et triomphe l’organique !

 

 

Analyse politique : l’État ou l’alliance des trois sbires de l’oppression: le guerrier, le prêtre et le juge

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“L’État est une société d’assurance mutuelle entre le propriétaire terrien, le général militaire, le juge, le prêtre et plus tard, le capitaliste, afin de soutenir l’autorité de l’un l’autre sur le peuple et pour exploiter la pauvreté des masses tout en s’enrichissant eux-mêmes. Telle fut l’origine de l’État, telle fut son histoire et telle est son essence actuelle.”
~ Pierre Kropotkine ~

“L’Etat, cet instrument de coercition aux mains de minorités privilégiées dans la société, dont la fonction est de mettre les larges masses sous le joug de l’exploitation économique et de la tutelle intellectuelle, est l’ennemi juré de tous les rapports directs des hommes entre eux ; il cherchera toujours à ce que ceux-ci ne s’établissent que par l’intermédiaire de ses médiateurs.
Aussi l’histoire de l’Etat est celle de la servitude de l’homme…”
~ Rudolph Rocker, 1919 ~

 


Tout réformisme est vain et futile !

 

Les trois complices

 

René Chaughi

 

Les Temps Nouveaux, 1912

 


La guerre est la paix…

 

Les Tueurs

Il y a, de par le monde, des hommes qui ont pour fonction de tuer, de s’entraîner à tuer, d’apprendre aux autres à tuer. Ils sont vêtus de couleurs voyantes, à la manière des sauvages, ont des passementeries dorées sur leurs manches, sur leurs cols, sur leurs chapeaux. Ils inspirent le respect aux autres hommes, et plus ils ont de passementeries dorées, plus ils inspirent de respect. Ils portent, pendu à la ceinture, un outil semblable à un long couteau, avec lequel ils frappent ceux qui leur déplaisent et qu’ils veulent tuer. Aussi le nombre de ceux qui ne s’inquiètent point de leur déplaire est-il petit.

Seuls, dans l’État, ces hommes ont le droit de donner la mort. Seuls, non. A la vérité, un autre homme partage avec eux le privilège du meurtre : on l’appelle le bourreau. Mais, au rebours de ceux dont je parle, celui-ci ne jouit dans le public d’aucune considération. La raison en est qu’il n’a pas de passementeries sur ses manches. Au contraire, eux sont vénérés, choyés, enviés, admirés. Les femmes les trouvent beaux, chaque jeune fille rêve de l’un d’eux pour mari, et tous les petits garçons veulent devenir comme eux. Aussi sont-ils très fiers de leur caste. Ils bombent la poitrine, mettent du cosmétique sur leurs moustaches, parlent avec des gros mots. Tout le temps qu’ils ne donnent pas à l’art de tuer, ils le passent à boire des liqueurs qui rendent fou, ou bien dans des maisons mystérieusement closes. Il ressort de leurs conversations qu’ils ont un grand penchant pour l’acte sexuel, et, à les en croire, ils se servent volontiers pour cela des femmes des autres. Ils sont aptes à bien des choses encore : par exemple, faire rouler des boules d’ivoire sur une table verte.

C’est le peuple qui paie leurs beaux vêtements, leurs passementeries, leurs cigares, leur cosmétique, leur outil à tuer, leurs chevaux, leurs maîtresses, leurs absinthes et leurs parties de billard. Mais le peuple est trop honoré de subvenir aux dépenses des hommes-qui-ont-le-monopole-de-donner-la-mort.

Ils disent tenir le premier rang dans la nation, et, de fait, leur métier a une origine très reculée : il remonte à nos bons ancêtres les fauves. C’est pourquoi ces messieurs sont très chatouilleux sur le point d’honneur : semblables à la femme de César, ils ne doivent même pas être soupçonnés. Du reste, leur honneur n’a rien de commun avec celui des autres hommes. Il au-dessus de lui comme le soleil est au-dessus des nuages. La grande généralité des citoyens comprend très bien cela.

Les annales prétendent qu’il y a cent ans, le peuple s’était fâché et avait exigé qu’il n’y eût plus désormais qu’une seule juridiction pour tous. On le lui avait promis. Mais des gens aussi indispensables que les Tueurs ne peuvent être soumis aux mêmes lois que les voyous. (C’est ainsi qu’ils nomment tous ceux qui n’ont pas les jambes rouges et la poitrine bleue : les ouvriers, les savants, les artistes. Et il est de fait que ces petites gens font piteuse mine auprès d’eux.) Et de même qu’ils ont leur honneur, ils ont leur justice. Quelle est-elle ? Parbleu, la justice de gens qui ont un grand couteau au côté.

Ils ont une religion spéciale, assez mal définie d’ailleurs et sur laquelle on est loin de s’entendre. L’objet de leur culte est un dieu, ou plutôt une déesse, qu’ils appellent Patrie. Ils l’adorent fanatiquement et n’entendent pas la moindre plaisanterie à son sujet. Ils ordonnent à chacun d’y croire, bien qu’ils ne puissent dire ce qu’elle est au juste. Mais si l’on ne croyait qu’à ce qu’on connaît, où serait le mérite ? Les cérémonies par lesquelles ils célèbrent leur déesse sont de vastes égorgements de peuples, qu’eux-mêmes nomment boucheries.

Si leur belle prestance les fait admirer, leur grand couteau les fait craindre. Pourtant ils ne seraient pas fort dangereux, s’ils étaient réduits à leurs seuls moyens. Car, après tout, ils ne forment qu’une petite minorité dans l’immense masse des voyous. Mais ils possèdent des esclaves en grand nombre, lesquels, sur un signe d’eux, se précipitent et tuent.

Tous les ans, ils font un choix parmi les jeunes hommes et en prennent des milliers. Ils les enferment dans des bâtiments construits tout exprès, les habillent de vêtements colorés, analogues aux leurs, mais incommodes, laids et sales. Ils les terrorisent par d’affreuses menaces, grossissent la voix en leur parlant, et en font ensuite tout ce qu’ils veulent. Ils les nourrissent avec des choses pourries, leur affirment plusieurs fois par jour que leurs mères sont des prostituées, leur enseignent diverses façons de donner la mort, au commandement. Au bout de quelques années, ils les renvoient à leurs familles, avec des maladies honteuses. « Vous ne nous avez donné que des hommes, disent-ils ; nous en avons fait des héros. »

Devant qu’on les eût choisi, les jeunes hommes voulaient tous faire des héros. Une fois pris, ils voudraient bien s’en aller. Beaucoup se suicident, quelques-uns se révoltent. Ceux-là, on les torture ou on les tue. A ce compte, on préfère obéir.

Ils disent :

« Apprentis tueurs, de l’autre côté de cette montagne habitent des hommes extraordinairement méchants. Sont-ce même des hommes ? C’est peu probable, attendu qu’ils parlent un langage incompréhensible et qu’ils mangent de la choucroute. Ces êtres féroces en veulent à votre déesse. Elle est si belle qu’ils ont juré de vous la ravir. Mais nous sommes là. Au jour fixé, nous vous mèneront vers ces monstres. Vous les tuerez et ils vous tueront. N’ayez pas peur : nous serons derrière vous. — En attendant, et pour vous exercer, vous devez tuer sans hésiter quiconque nous vous désignerons : vos pères, vos frères, vos mères, vos sœurs. »

Et il arrive ceci : chaque fois que le peuple s’assemble sur les places des villes pour demander justice, les esclaves tueurs, qui craignent la colère de leurs maîtres, tuent sans hésiter leurs pères, leurs mères, leurs frères, leurs sœurs…

Parfois, les Tueurs promènent leurs esclaves dans les rues, musique en tête. Un d’entre eux tient une perche et sur cette perche est clouée une étoffe. Alors les voyous s’arrêtent, admirent les couleurs vives, les passementeries, le cosmétique ; et quand vient à passer la perche, — sous la pluie cinglante qui les bafoue et les flagelle, — ils ôtent leurs chapeaux.


Tuer et opprimer au nom de « dieu »…

Les Faiseurs de pluie

On rencontre parfois dans les rues des gens étranges : ils sont vêtus de robes, comme les femmes, mais ce sont des hommes. Leurs habits sont noirs, leur démarche est lente, leur maintien grave, leurs manières douces, leur voix mielleuse, leurs yeux sont baissés vers la terre. Ils rasent soigneusement les poils de leur figure, à l’instar des comédiens et des garçons de café. Ils rasent aussi, sur le sommet de leur crâne, un petit cercle de cheveux. Ce sont les faiseurs de pluie.

Leur fonction est telle : servir d’intermédiaire entre les hommes ordinaires et quelqu’un qui, affirment-ils (et cela saute aux yeux), habite dans les nuages. Fonction importante entre toutes, comme vous pouvez bien penser.

Il y a grande hostilité entre tous les faiseurs de pluie du monde : ceux d’un pays regardent les autres comme des charlatans, des imposteurs. Pour se reconnaître au milieu d’eux, l’embarras pourrait être grand. Mais nous, qui avons eu le bonheur de naître au pays des faiseurs de pluie catholiques romains, nous savons de toute évidence que c’est leur habitant des nuages qui est le bon.

Comment s’appelle ce brave homme qui demeure si haut ? — Suivant les lieux et les temps, il a différents noms : Jéhovah, Brama, Allah, Croquemitaine, le grand Castor, Manitou, etc… Appelons-le, si vous voulez, Manitou.

De quoi est-il fait, M. Manitou ? — de bois, assurent les sorciers noirs. Mais les sorciers blancs sourient de pitié :

« Il n’est fait de rien. »

Je crois qu’ils sont dans le vrai.

« Il est partout et nulle part. »

Nulle part, je crois qu’ils ont raison.

Quand la sécheresse menace le sort des récoltes, les intermédiaires assemblent leurs ouailles, et s’écrient :

« Prions, mes frères, afin que le Seigneur donne à nos champs desséchés l’humidité bienfaisante. »

Puis ils se posent sur leurs genoux, entrelacent les doigts de leurs deux mains et murmurent très vite une suite de mots latins appris par cœur.

Au bout d’un temps plus ou moins long, il pleut. Les hommes sont sauvés.

Des farceurs (il y en a partout) insinuent en ricanant qu’il fallait bien que la pluie finisse par tomber, un jour ou l’autre, et qu’elle serait tombée tout de même, sans l’intervention des hommes aux robes sombres. Quel blasphème !

Mais nous n’allons pas perdre notre temps à réfuter ces tristes individus. Laissons-les à leur pourriture.

Cet exemple — d’où vient leur nom — montre assez l’utilité des intermédiaires. Cette utilité est immense : elle s’étend à tous les actes de la vie. Quand un petit enfant vient au monde, on se hâte de le porter au sorcier, qui lui frotte le bout du nez avec une pincée de sel, fait quelques gestes et prononce des mots latins. Et c’est bien heureux pour le petit enfant, car sans cela l’habitant des nuages le prendrait en grippe et le ferait souffrir après sa mort.

N’allez pas croire par là que M. Manitou soit méchant. Non : c’est un bon homme qui aime les gens, pourvu que les gens fassent tout ce qu’il veut, et il veut qu’on verse du sel sur la tête des nouveaux-nés. C’est ce que les faiseurs de pluie expliquent aux petits enfants, dès qu’ils sont en âge de comprendre :

« Qu’est-ce que Manitou ? — Manitou est un pur esprit, éternel, infiniment parfait, créateur du ciel et de la terre, et souverain Seigneur de toutes choses.[1] — Qu’est-ce qu’un mystère ? — Un mystère est une vérité révélée de Manitou, que nous devons croire, quoique nous ne puissions pas la comprendre. — Qu’est-ce que le Ciel ? — Le Ciel, qu’on appelle aussi Paradis, est un lieu de délices où vont ceux qui obéissent aux faiseurs de pluie. — Qu’est-ce que l’Enfer ? — L’Enfer est un lieu de tourments où les damnés sont pour toujours séparés de Manitou et souffrent avec les démons des supplices qui ne finiront jamais. — Qui sont ceux qui vont en Enfer ? — Ceux qui vont en Enfer sont ceux qui n’obéissent pas aux faiseurs de pluie. »

Voilà de l’instruction, ou je ne m’y connais pas. Elle ne se borne pas là, et c’est encore un vrai plaisir que d’entendre les petits garçons et les petites filles de dix ans réciter avec conviction les « commandements de Manitou mis en vers français » :

Luxurieux point ne seras

De corps ni de consentement.

L’œuvre de chair ne désireras

Qu’en mariage seulement.

Etc……

Le nom du poète qui prit la peine, inspiré par Manitou, de forger ces vers d’airain, n’est pas parvenu jusqu’à nous. N’importe : vers ou prose, ce sont là de sages avis, et l’on ne saurait trop louer les intermédiaires d’avertir les bambins de dix ans de ne point convoiter la femme de leur prochain. Il y a là une urgence manifeste.

Les faiseurs de pluie apprennent bien d’autres choses, fort intéressantes, aux petits enfants. Ils leur apprennent que Manitou est à la fois unique et triple, qu’il est en même temps son propre père et son propre fils ; qu’étant toute bonté et toute puissance, il a bien voulu, un jour, fabriquer l’univers, les animaux, les hommes, et, du même coup, les maladies, les guerres, les crimes, les injustices, toutes les souffrances et toutes les hontes. Ils leur apprennent que Manitou, l’amour même, paye par une éternité de supplices l’erreur d’une minute ; que Manitou, la justice même, se laisse influencer par des supplications, des dons et des promesses, tout comme nos juges en robe. Ils leur apprennent que Manitou fit une fois un enfant à une jeune femme, par un procédé connu de lui seul et qui n’offensait en rien les bonnes mœurs ; et que cet enfant, devenu homme, ne faisant que troubler la rue, finit par être cloué sur un gibet par ordre du gouvernement. Et, tout en célébrant le fils de M. Manitou, dont ils se disent les humbles disciples, ils recommandent bien à leur auditoire de ne jamais faire comme lui ; et ils applaudissent des deux mains chaque fois que le gouvernement enfonce un clou dans la chair d’un perturbateur.

Les faiseurs de pluie enseignent encore aux petits enfants que la vie n’est pas la vie, que la mort n’est pas la mort ; qu’il est parfaitement inutile d’être heureux tant qu’on respire, mais qu’il est très important de l’être alors que nous pourrissons sous la terre ; et que le meilleur moyen de goûter ce grand bonheur, c’est encore de ne pas manger de viande le vendredi et de donner beaucoup d’argent à l’Église.

Parlant au nom de celui qui a dit : « Tu ne tueras pas», les sorciers catholiques romains répètent qu’il faut frapper, brandir le glaive, terroriser. Parlant au nom de celui qui a dit : « Aimez-vous les uns les autres», ils vont criant : « Haïssez-vous les uns les autres !».

Au bout de quelques années de cette éducation solide, les faiseurs de pluie convient les enfants à venir avaler Manitou. Après avoir chanté des airs traînards à la gloire de ce nouvel aliment, les jeunes garçons et les jeunes filles s’approchent d’une balustrade, l’air sournois ; et, dans leur bouche grande ouverte, le sorcier officiant jette l’habitant des nuages, qui, pour la circonstance, a pris la forme d’une rondelle de pain à cacheter. C’est, assure-t-on, le plus beau jour de leur vie. Je le crois sans peine.

Avant d’être admis à l’honneur de digérer une pâture aussi rare, il a fallu que chaque enfant vînt nettoyer sa conscience devant un sorcier :

« Qu’avez-vous fait de mal, mon enfant ? — Je ne sais. — Voyons : n’avez-vous jamais fait ceci, ni cela, ni encore ceci ? — J’ignorais ces choses abominables ! — Eh bien, maintenant vous les savez : ne les faites jamais. »

Cette petite cérémonie doit se renouveler souvent, dans le cours de l’existence, aussi souvent qu’il est nécessaire pour se laver des mauvaises actions.

« Mon père, j’ai menti, j’ai volé, j’ai tué… — Vous vous repentez, mon fils ? — Comment donc ! — C’est bien. Je vous donne l’absolution. Allez : vous êtes blanc comme neige. »

Beaucoup de gens trouvent ce procéder assez commode : les officiers d’état-major, entre autres, ne sauraient s’en passer.[2]

A chaque acte important de votre existence, les faiseurs de pluie sont donc là et font en sorte de rendre cet acte agréable à Manitou. S’agit-il de se marier, ou même de mourir, il faut bien se garder de le faire avant qu’un sorcier n’ait secoué sur vous quelques gouttes d’une eau mystérieuse. C’est assez dire combien de tels hommes sont indispensables ; et quand on songe qu’il y a des gens dénués de raison au point de se passer de leur saint ministère, on est pris d’une grande pitié.

Les faiseurs de pluie font vœu de pauvreté ; aussi ne possèdent-ils que quelques misérables milliards. Ils font vœu de chasteté, et ils disent :

« La femme est un être impur ; ne succombons pas avec la femme !… Succombons avec les petits garçons. »


Justice d’oppression…

L’Homme qui juge

Il y a des hommes qui font métier de juger les hommes.

Chaque jour, ils font comparaître devant eux quelques-uns de leurs compagnons d’existence ; ils les interrogent, pèsent leurs actes et leurs intentions, disent : « Ceci est bien, ceci est mal», déclarent que telle action mauvaise doit être réparée par tant de souffrance ; puis ils font signe à d’autres individus chargés de doser la souffrance.

Ces hommes qui jugent les hommes, qui sont-ils donc ? Des saints, ou tout au moins des héros de vertu ?

Pas le moins du monde. Ce sont des gens comme vous et moi, ni meilleurs ni pires que les autres ; quelquefois pires.

Quand les jeunes de la caste des riches ont, tant bien que mal, terminé, dans les lycées, aux frais des pauvres, ce qu’ils appellent leurs études ; quand ils ont, à force de recommandations, satisfait à des examens, et obtenu, à force de filouteries, un diplôme, estampillé par l’État, qui les déclare supérieurs au reste des hommes, — leurs engendreurs s’assemblent, perplexes, et disent : « Qu’allons-nous faire de notre héritier ? » L’héritier, qui n’a pas de goût pour les labeurs utiles, et qui veut, à l’instar de ses parents, vivre aux dépens de la masse, répond parfois : « Je veux être assassin. » Alors il entre, sous la tutelle du gouvernement, à Saint-Cyr ou à Polytechnique. D’autre fois il répond : « Je veux faire mon droit. »

Faire « son droit», c’est le rêve de tous les jeunes bourgeois sans vocation et sans idéal, cœurs secs et cerveaux vides, heureux de passer sur les trottoirs du « quartier latin » de bonnes années de paresse et de noce. C’est aussi le rêve des petits ambitieux, futurs mangeurs d’hommes, herbe mauvaise et vivace de politiciens et de gouvernants.

Leur principale occupation sera de boire, avec ostentation, en compagnie de malheureuses femmes condamnées pour vivre à louer leur corps aux passants. Ils les méprisent et elles les méprisent ; mais ils s’affichent avec elles aux terrasses des cafés, afin de faire croire à tous qu’ils sont des hommes. Souvent ils font pis ; ils s’amusent quelque temps de filles du peuple, pauvres petites âmes vouées à toutes les tentations, les rendent mères et les abandonnent, — les poussant négligemment au suicide ou à la honte, au fleuve et au ruisseau.

Aux jours d’effervescence sociale, ils se plaisent encore à briser quelques vitres, à faire tout le bruit qu’ils peuvent, acclamant ou conspuant quelque chose. Quoi ? ils n’en savent trop rien, répétant ce qu’ils entendent dans leurs familles ou ce qu’ils lisent dans les gazettes. Mais, d’instinct, ils sont toujours contre le peuple ; et s’ils se trouvent acclamer une bonne cause, c’est bien par hasard.

Lorsque les monômes, le café et les filles leur laissent quelque répit, ils vont dans une école écouter des hommes graves, à faces de singe, qui leur enseignent des choses iniques. Ils apprennent là le mépris de la simple justice née d’elle-même dans les intelligences loyales, et le respect de l’iniquité imprimée dans les codes, héritages des bêtes fauves nos ancêtres ; ils apprennent par-dessus tout le respect de la propriété fondée sur le vol. Pour leur inculquer la notion du juste, on ne trouve rien de mieux que de leur faire admirer les institutions féroces d’une nation dure et impitoyable, morte dans la pourriture il y a près de quinze cents ans, et fameuse parmi celles qui ont le plus terrorisé la terre et les hommes. Et le peu de conscience droite que ces lamentables jeunes gens avaient pu sauver de la famille et du collège, ils achèvent de le perdre.

Ils ont raison de dire qu’ils font leur droit, et non pas le droit ; sans peut-être même s’en rendre bien compte, ils sentent tout de même que ce qu’ils apprennent là, ce n’est pas le vrai droit, mais un droit spécial à eux.

Au sortir de cette école, que deviennent-ils ? Ils deviennent notaires, et ils volent leurs clients ; avoués, et ils grugent les plaideurs ; huissiers, et ils dépouillent les miséreux de leurs meubles ; diplomates, et ils se mentent entre eux ; politiciens, et ils trompent le peuple ; journalistes, et ils vendent leur plume ; avocats, et ils parlent contre leur pensée ; jugeurs d’hommes, et ils distribuent de la souffrance.

On peut dire sans exagération que tout ce qui trompe, gruge, pille et opprime le peuple souverain, sort en grande partie de l’École de Droit.

Voilà quels sont les saints et les héros de vertu qui vont passer leur existence à peser les actes et les intentions d’autrui.

Une fonction si haute ne peut pas s’accomplir tout simplement, vous le pensez bien. Il y faut de l’apparat et du cérémonial. Tout d’abord, les jugeurs d’hommes — comme les domestiques de grande maison — mutilent leur figure : ils empêchent leur barbe de croître, rasant les lèvres et le menton, et ne lui réservant qu’un petit espace, le long des joues. Ils s’appliquent ainsi à ressembler à des singes, font tout leur possible pour atteindre le maximum de laideur ; ce à quoi ils arrivent sans grande peine, car leur laideur morale jaillissant de tous les pores de leur face, ils sont naturellement hideux.

Cet affreux aspect, ils le complètent par un accoutrement grotesque qui rappelle, à s’y tromper, celui des médecins de Molière : longues robes et bonnets carrés. La première fois qu’on les voit, ainsi affublés, faire leur entrée dans la salle de séance, à la file indienne, on s’esclaffe. Instinctivement, on cherche, dissimulée dans leurs larges manches, la seringue traditionnelle. A quelle bonne bouffonnerie va-t-on assister ? Hélas ! c’est à une tragédie. Ces paillasses ne viennent pas là pour faire rire, mais pour faire pleurer.

Disons tout de suite que, leur journée finie, ils ont grand soin d’accrocher leur défroque à un clou et de remettre la vaste, avant de se montrer dans la rue, où, vêtus comme tout le monde, leur présence n’est pas trop remarquée. Ils disent à cela qu’ils n’aiment pas les pommes cuites et les trognons de choux. Comme je les comprends !

Ayant fait leur entrée dans la salle, grimés et costumés, ils prennent place sur une estrade, et, étant ainsi plus élevés que le public, le public tremble devant eux et les honore. Car le meilleur moyen pour se faire respecter de la foule, c’est de l’obliger à lever les yeux vers soi. Au même niveau qu’elle, il n’y a pas de prestige possible ; et plus bas qu’elle, vous êtes perdu.

Cependant nos guignols, ayant troussé leurs jupons, se vautrent dans de vastes fauteuils où la plupart ne tardent pas à s’endormir.

Alors, on introduit devant eux les mauvais hommes, ceux qui n’ont pas rigoureusement conformé leur conduite aux cinq cent mille trois cent vingt-quatre paragraphes d’un gros livre. Ces 5324 paragraphes, — véritables versets d’une autre Bible — nul n’est censé les ignorer, même ceux qui ne savent pas lire. En réalité, tout le monde les ignore, à commencer par les jugeurs. Et la preuve, c’est qu’ils ont la plus grande difficulté à se reconnaître parmi ce fatras. Ils ont beau feuilleter les pages, invoquer les textes, amonceler les citations, jamais ils ne sont d’accord. L’un condamne en vertu de tel article ; l’autre acquitte en vertu de tel autre article ; et souvent c’est la même phrase qui, commentée différemment, dit tantôt blanc, tantôt noir, fait de l’innocent un coupable et du coupable un innocent. Changez de place une virgule, et la face de la justice est retournée. O justice !

Cette bible moderne, qu’on appelle le Code, que dit-elle ? elle dit que la femme est l’esclave du mari, que l’enfant est la propriété du père, que le pauvre est la chose du riche, que le faible est le jouet du fort. Elle protège le vol sous sa forme propriété ; punit la propriété sous sa forme vol. Elle décrète qu’une grande partie des hommes n’aura point part aux richesses matérielles et intellectuelles de la terre, qu’ils ne pourront point prendre conscience d’eux-mêmes et s’améliorer, mais croupiront dans l’ignorance, la brutalité, l’alcoolisme ; puis après, elle les châtie parce qu’ils sont des ignorants, des brutes, des alcooliques. Elle leur fait un crime au verso de ce dont elle leur fait une loi au recto. Elle décrète pour les uns le droit à ne rien faire, pour les autres l’obligation de peiner durement. A ceux-là, s’ils fautent, elle est toute clémence et toute indulgence ; à ceux-ci, toute rigueur et toute implacabilité. Au rebours de la logique et des lois physiques mêmes, les gros s’échappent à travers les mailles de son filet, et les petits y restent pris. Filet fantastique !

Livre redoutable et sacré, cette Bible — beaucoup moins attrayante que l’autre — nous fut léguée, dans ses grandes lignes, par un peuple de voleurs cauteleux et d’aventuriers bavards qui établirent autrefois leur repaire sur les bords du Tibre, et qui, de là, se lançaient sur le monde pour le désoler. C’est à la lumière de ces intelligences lointaines et brutales que les jugeurs d’hommes examinent nos actes ; c’est aux idées de ces pillards sur la morale qu’ils veulent que nous conformions notre conduite, et nous ne sommes de bons citoyens, d’honnêtes gens, qu’autant que nous pensons et vivons ainsi que le voulait, il y a quatorze siècles, l’empereur Justinien.

Les jugeurs d’hommes sont assis, comme des marchands, devant un grand comptoir. Qu’y vendent-ils ? du drap ? des salaisons ? des fromages ? Bien mieux : la justice. Tout simplement.

Leur boutique porte, comme enseigne, une balance. Une balance qui n’est rien moins que de précision. Au petit bonheur, cahin-caha, ils vous y pèsent les intentions humaines, comme d’autres deux kilos de sucre. Et, soit qu’ils aient beaucoup d’ouvrage, ou qu’ils aient hâte d’aller se promener, ils ne prennent pas toujours le temps de s’assurer si les deux plateaux sont en équilibre ; de sorte que ceux qui viennent dans leur magasin acheter de la justice, en sortent presque toujours volés.

Derrière le dos de ces singuliers débitants, est pendue au mur une peinture qui fait frémir : c’est l’image d’un homme nu, à l’air très doux, qui râle sur un gibet où on le fixa à l’aide de clous dans ses membres. C’est, paraît-il, sur l’ordre des juges de son époque que ce malheureux fut mis à mort de cette façon épouvantable.

Les mauvais hommes qui ont contrevenu, sans même le connaître, à l’un des 5324 articles du grand Livre, et qu’on amène devant les marchands aux figures sinistres, sont frappés d’effroi à la vue du supplicié, qui est pour eux comme un avertissement tragique. Ils sont démontés aussi par l’étrangeté de la salle où ils se trouvent, par les dorures du plafond qui contrastent avec leurs loques, par les regards du public plantés sur eux comme sur des bêtes rares, par les préposés aux meurtres nationaux qui les tiennent et dont les moindres mouvements font retentir d’effrayants cliquetis d’armes blanches, et surtout par la rangée de médecins de Molière devant qui ils comparaissent. Aussi n’ont-ils point leur tête à eux ; et, quand le chef des marchands les interroge, ils bredouillent, ne savent que dire, renoncent à se disculper. Alors leur affaire est claire, et ça ne traîne pas ; en deux temps et trois mouvements, le chef jugeur décide que le mauvais homme qu’il a devant lui sera privé de son existence pendant une période plus ou moins longue, suivant l’inspiration du moment. Et cela se passe comme il l’a dit : on emmène le méchant homme, on l’enferme entre quatre hautes murailles, on lui rase les cheveux et la barbe, on lui fait revêtir un costume triste, on lui met les pieds dans de gros sabots, puis on le force à travailler servilement, sous le bâton et sous la botte, durant des mois ou des années, jusqu’au terme prescrit. Pour le punir de sa dégradation antérieure, on l’avilit, on le dégrade de plus en plus ; puis, un beau jour, on le rejette dans la circulation avec de nouveaux vices, de nouvelles tares, une bien plus grande aptitude à offenser le gros Livre.

Quand il est entré dans la maison aux hautes murailles, ses compagnons de chaîne lui ont dit :

« Qu’as-tu fait pour venir ici ?… Quoi ! rien que cela ? Et tu t’es laissé prendre ? Maladroit ! Voici comment il fallait faire. »

Il s’instruit donc et se promet de faire mieux à l’avenir. Un jour, l’un d’eux l’a pris à part :

« Le beau Nénesse et moi, nous combinons un chouette coup pour notre sortie ; veux-tu en être ? C’est simple : une vieille femme à estourbir et une villa à dévaliser… Tu ne sais pas manier un surin ? On te donnera des leçons. »

Et c’est ainsi que, sur l’ordre exprès des jugeurs et aux frais des bons contribuables, le mauvais homme parachève son éducation. Dans le recueillement de la centrale, il s’enrôle sans bruit dans l’armée rouge, se prépare en silence aux futures besognes de sang. Après quelques années passées dans la compagnie de cambrioleurs, de sodomistes, de souteneurs, d’égorgeurs, on peut croire qu’il n’a plus qu’un faible penchant à tenir compte du Livre sacré et de ses cinq mille trois cent vingt-quatre versets. Et c’est alors qu’on lui ouvre la porte toute grande et qu’on le lâche en pleine société.

Aux pauvres filles qu’ils ont jadis séduites et qui, de chute en chute, sont tombées bas, les jeunes fêtards d’autrefois, devenus magistrats, sont implacables. Mais aux belles dames du monde qui ont le revolver trop prompt et l’arsenic trop facile, ils sont tout sucre et tout miel.

La boutique des jugeurs d’hommes est très achalandée ; tous les âges, toutes les conditions s’y coudoient. Tous ceux qui ont entre eux des sujets de rivalité, de contestation, de querelle, s’y donnent rendez-vous ou s’y traînent les uns les autres ; et, dans une société qui est précisément basée sur la rivalité, la guerre d’homme à homme, on peut penser s’ils doivent être nombreux ! Devant le comptoir, c’est un défilé continuel. Créanciers impayés, industriels menacés par la contrefaçon, hommes politiques diffamés, maris trompés, voleurs volés, rouleurs roulés, floueurs floués, tout ce monde s’en vient crier vengeance aux pieds des arbitres. Parmi toutes ces jérémiades, embrouillées comme à plaisir par les roueries et les mensonges de chaque partie, de leurs défenseurs et de leurs témoins, comment les arbitres pourraient-ils jamais se reconnaître, à supposer qu’il en eussent l’envie ? Aussi s’en remettent-ils sagement au dieu hasard ou au dieu profit, donnant raison tantôt à X, tantôt à Z, au gré de leurs intérêts ou de leur humeur présente, les yeux fermés, la main ouverte ; et ils ont la satisfaction de penser qu’ils doivent quelquefois tomber juste. Rabelais nous conte l’histoire d’un juge qui jouait les sentences au sort des dés ; assurément, c’est là le procédé le plus commode, le plus expéditif et le plus impartial. Puisque les intéressés eux-mêmes n’arrivent pas à s’entendre sur des choses qu’ils connaissent mieux que personne au monde, on ne peut pourtant pas vouloir que des étrangers aient le pouvoir de faire la lumière sur une affaire qui ne les regarde pas ? Pile ou face est donc tout indiqué.

Il faut d’ailleurs rendre cette justice aux arbitres qu’ils font tout ce qu’ils peuvent pour dégoûter le public d’avoir recours à eux. D’abord ils vendent leur marchandise à des prix fous : pour vous régler une petite contestation de dix francs, ils vous présentent une note de trois cents francs, dans lesquels ne sont mêmes pas compris leurs appointements, puisque c’est le peuple tout entier qui les paie. Puis ils mettent, à s’occuper de votre affaire, toute la mauvaise volonté possible. Leur lenteur est proverbiale : des différents qui, entre gens raisonnables, se fussent réglés en dix minutes, ils les règlent en dix ans, et encore sans contenter personne. On a vu des procès survivre à leurs auteurs, se transmettre d’héritiers en héritiers, passer de générations en générations, pour la plus grande gloire et le plus grand profit des marchands de justice. Mais rien ne lasse la patience de la gent plaideuse.

Les justiciards ont autour d’eux une armée d’individus baroques aux occupations bizarres, avoués, huissiers, greffiers, avocats, syndics, notaires, etc., qui se renvoient de l’un à l’autre le douloureux plaideur, comme une chiffe. A chacun, bon gré, mal gré, il faut abandonner un lambeau de sa chair. Vampires voraces, ils se cramponnent après vous de tous leurs ongles, et ne vous lâchent qu’une fois vidé ; et, pour humer le sang de vos veines, ils ont ce suçoir terrible : le papier timbré.

Ces individus parlent un jargon extraordinaire, un stupéfiant galimatias que je les défie de bien comprendre eux-mêmes. C’est dans ce langage inouï, fait de mots qui ne figurent à aucun dictionnaire et d’une syntaxe qui n’est exposée dans nulle grammaire, que sont rédigées — par quel tour de force ? — les terribles feuilles de papier timbré. Dans l’impossibilité de ne rien comprendre, l’acheteur de justice jette sur ces grimoires cabalistiques des regards navrés ; pourtant, tout au bout de la liasse, il saisit une petite phrase, qui est très claire : « Coût : 7fr.50».

Malgré tout, le magasin des vendeurs de droit (pas magasin de nouveautés, hélas !, mais de bien vieilles vieilleries) ne désemplit pas. Qu’importent au bon contribuable toutes les rebuffades, toutes les avanies qui l’y attendent ? Un bon contribuable ne se rebute de rien.

Pour décider du sort des mauvais hommes, les jugeurs ont deux méthodes. S’agit-il de causes petites, de banales histoires de vol et d’escroquerie, maigres larcins, menues filouteries, ils mettent, à dépêcher leurs affaires, une hâte fébrile. Les accusés défilent devant eux au galop, ayant à peine le temps de s’arrêter et d’entendre les questions qu’on leur pose au passage :

« Vous avez commis tel méfait ? — Mais non… — Ça ne fait rien. Huit jours de prison. Au suivant ! »

Et, tandis que le défilé continue, les pauvres jugeurs jettent, de temps à autre, des regards anxieux sur l’horloge :

« Je n’aurai jamais fini à 5 heures… Et la petite Irma qui m’attend au café du coin ! »

Sur ce, ils distribuent de la justice à toute vapeur. C’est entre eux une émulation à qui prononcera le plus de sentences dans sa journée, — quelque chose comme le record de l’heure ; et le public est presque aussi nombreux qu’au vélodrome. A la fin de l’année, on décore le gagnant.

Mais lorsqu’il s’agit de causes sortant de l’ordinaire, — beaux assassinats bien horribles, affaires de mœurs bien grasses, — alors les jugeurs prennent leur temps et leurs aises. Ils s’établissent dans une salle bien plus grande et bien plus belle, comme s’ils voulaient faire honneur au satyre ou à l’assassin. Ils distribuent des tickets d’entrée, ils font mettre derrière eux, en bonne place, un fauteuil pour la petite Irma, venue dans sa plus belle toilette. Tout le beau monde des champs de courses et des bazars de charité est là, au grand complet ; la salle est pleine de parfums et de petits rires ; on dirait un mardi à la Comédie-Française.

Quand le mauvais homme paraît, toutes les lorgnettes se braquent sur lui ; des dessinateurs crayonnent, des objectifs se déclenchent. Alors commence la représentation.

Les jugeurs, pour la circonstance, se sont adjoint des aides ; ils ont racolé quelque part une douzaine de gros hommes, propriétaires, rentiers, commerçants, choisis parmi les castes hostiles à celle de l’accusé ; et ces douze ventres vont décider du sort de cet homme.

Contrairement aux jugeurs professionnels, les juges amateurs acquittent quelquefois ; la raison, c’est que, n’ayant pas l’habitude, manquant d’entraînement, ils se croient parfois tenus — quelle aberration ! — d’écouter leur conscience.

Un grand diable vêtu de rouge se lève :

« Messieurs, l’homme que vous avez devant vous est le dernier des scélérats. Tous les crimes imaginables, il les a commis. Donc, il faut séparer sa tête de son corps. Messieurs les jurés, donnez-moi sa tête. »

Un autre individu, habillé de noir, se lève à son tour :

« Messieurs, celui qui est devant vous est le plus parfait honnête homme que je connaisse. Il n’a rien fait qui ne soit à son éloge. Donc, il ne faut pas séparer sa tête de son corps. Messieurs les jurés, laissez-lui sa tête. »

Et, suivant que l’un ou l’autre parle, intarissablement, durant des heures, l’homme apparaît tout à tour au public stupéfait comme une grande canaille ou comme un petit saint. Il faut que l’un des deux bavards soit un fieffé menteur.

Celui qui donne de telle entorses à la vérité, est-ce que les gardiens de la justice ne vont pas le faire empoigner sur-le-champ ? Ils dorment. Quant aux douze amateurs, ils sont en train de « se faire une opinion. » D’ailleurs, il paraît que ceci est conforme au rite. Les deux orateurs n’ont que faire de la vérité : ils sont payés, l’un pour plaider blanc toute sa vie, l’autre pour toute sa vie plaider noir.

Ici, ce n’est plus le sort des dés qui décide, c’est le jeu du volant. A coups de raquettes, le parleur noir et le parleur rouge se renvoient, à travers la salle, la tête de l’homme. Les douze ventres diront quel est le vainqueur.

La joute finie, faute de salive, le chef jugeur réveille, à coups de coude, ses acolytes affalés sur le comptoir. Ils se retirent dans l’arrière-boutique, ainsi que les autres acteurs du drame, et, contrairement aux bonnes traditions du théâtre classique, la scène reste vide. Pourquoi ne baisse-t-on pas le rideau ?

Mais on frappe trois coups : tous rentrent en scène ; c’est l’épilogue. La main sur le cœur, comme s’il allait chanter, le président des douze ventres déclarent que le parleur rouge est le gagnant. En conséquence, on lui accorde la tête de l’homme, qu’il fera couper par son domestique.

Dans son cadre, sur le mur, le supplicié blond a frissonné et ses cinq plaies se sont rouvertes ; mais, dans la bousculade de la sortie, personne ne l’a vu.

… Il y a des hommes qui font métier de juger les hommes…

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Coronavirus… Le Joker nous explique parfaitement comment ça se danse…

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Notre page « CORONAVIRUS, guerre biologique contre l’humanité »

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Bouh !


QG de la guerre biologique contre l’humanité

Illusion démocratique… Le suffrage universel comme plus grande mystification du siècle !

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Voter c’est acquiescer, se soumettre…

 

La plus grande mystification du siècle !

 

Tract anarchiste distribué entre 1880 et 1910

 

Les anarchistes, conséquents avec eux-mêmes, avec leurs revendications et leurs espérances, renient absolument la religion du bulletin de vote, et, loin de considérer le suffrage universel comme une panacée, comme un instrument d’émancipation, ils y voient, au contraire, un odieux instrument de domination, LA PLUS GRANDE MYSTIFICATION DU SIÈCLE !

Le suffrage universel, en effet, n’est, au fond, que le droit de choisir nous-mêmes nos maîtres, de désigner la sauce à laquelle nous préférons être mangés.

Ne donnons donc pas à notre misérable condition, à notre infériorité subie, le caractère inexpiable d’une servitude volontaire, d’une misère acceptée, consentie, VOTÉE !! !

Ce n’est pas à nous de choisir des verges pour nous fouetter… Voilà pourquoi les anarchistes sont partisans de l’abstention ; voilà pourquoi ils prêchent la grève électorale. Entendons-nous ! Il ne s’agit pas de l’abstention stérile et lâche qui consiste à ne rien faire et à tendre docilement le cou au joug et les mains à la férule. Notre abstention s’arrête au bord des urnes. Elle ne nous empêche pas de nous mêler à l’agitation électorale, mais seulement pour en démontrer l’inanité, pour préconiser nos idées et faire au tribunal de la foule le procès de tous les candidats et de toutes les candidatures.

Nous refusons de souscrire à notre propre asservissement, mais, en revanche, nous voulons substituer à l’action parlementaire qui fait des dupes et des sceptiques, l’action révolutionnaire qui fait des convaincus.

Ce que nous conseillons, c’est l’abstention ACTIVE ! Au lieu de nous en remettre à d’autres du soin de notre salut, nous voulons accomplir nous-mêmes, directement et sans intermédiaires nos revendications et nos affranchissements.

La souveraineté ne se délègue pas ; elle s’exerce !

= = =

De Résistance 71 :

Pour un résistance politique active (PDF)

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Notre page « Illusion démocratique »


¡Ya Basta!

 

Coronavirus et manipulation politico-sociale : Le masque comme rite de passage vers un Nouvel Ordre Mondial… (Suite)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, gilets jaunes, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 19 juillet 2020 by Résistance 71

 


Chronologie technotronique

 

Résistance 71

 

19 juillet 2020

 

Cette analyse fait suite à notre article du 15 juillet « Le masque sanitaire comme rituel de la soumission » et emprunte à tout un segment dérivé du travail du « père » de la propagande » (de nos jours appelée « relation publique ») Edward Bernays et son œuvre phare « Propagande, comment manipuler l’opinion en démocratie », Bernays qui était le neveu de Sigmund Freud, et mis en place par Robert Cialdini (Ph.D, professeur de psychologie et de marketing à l’université de l’état d’Arizona)) et pompeusement nommé la « science de la persuasion ».
Dans sa recherche, à la base connectée avec le marketing et la vente mais possiblement adaptable à tout ce qui a trait à la prise de décision, Cialdini a déterminé 6 raccourcis pour persuader les gens à prendre une décision. Il affirme que si on utilise une stratégie de persuasion directement dérivée de ces 6 points, alors les chances pour que bien plus de personnes fassent volontairement un certain choix augmentent dramatiquement. Ces 6 poins sont:

  1. La réciprocité : les gens sont plus enclins à faire quelque chose si elle est perçue comme étant le retour d’une faveur.
  2. La rareté : si quelque chose se raréfie voire est sur la voie de la disparition, la demande augmente.
  3. L’autorité : les gens sont plus enclins à suivre des experts reconnus (ou perçu comme tels)
  4. La constance : les gens sont plus enclins à poursuivre dans une voie qu’ils ont déjà empruntée, ainsi il suffit d’augmenter progressivement ce qu’on attend d’eux. Le premier pas compte et son acceptation fait suite.
  5. L’affectivité : les gens sont plus enclins à suivre les conseils de quelqu’un qu’ils perçoivent comme semblable et avec qui ils tissent certains liens.
  6. Le consensus : les gens sont plus enclins à faire ce que les autres font (exploitation de la veine du panurgisme).

On peut s’amuser à détecter ces 6 points dans toute campagne publicitaire, de relation publique, politique etc… mais dans le cadre de la « crise du coronavirus », il est intéressant de noter certains points. Nous avons choisi en exergue de cet article une illustration qui illustre parfaitement les points 3, 4, 5 et 6 présentés ci-dessus. Nous nous attacherons au point 4 qui peut paraître moins évident à saisir :

Sur la photo il est dit en haut : « 2020, nous ne servons que ceux qui portent un masque », puis il est dit « 2021, nous ne servons que ceux qui ont un COVID-pass [c’est à dire qui ont été vaccinés et peuvent le documenter !…] » et la dernière projection nous dit: « 2022, nous ne servons que ceux qui ont une puce électronique ».
Notons ici une étude qui fut faite aux Etats-Unis et qui est brièvement relatée dans la vidéo que nous avons mis en lien avec « la science de la persuasion ». Le thème choisi fut celui d’une campagne pour la sécurité routière. Il fut demandé à un panel de gens s’ils voulaient bien mettre une pancarte pour cette campagne de sécurité sur leur pelouse de devant leur maison. Il y eut moins de 50% des gens qui acceptèrent. De ceux qui refusèrent, on leur demanda s’ils accepteraient de mettre un autocollant de la campagne sur une de leurs fenêtres de devanture. Un peu plus de 50% acceptèrent. Puis quelques semaines plus tard, on leur demanda s’ils accepteraient de mettre une pancarte pour la campagne sur leur pelouse et un peu plus de 50% acceptèrent, là où tous avaient refusé auparavant… Ils demeurèrent constants avec leur décision initiale sur la voie empruntée. Si on fait accepter « un peu », alors la constance fera le reste. Si on fait plier un peu, alors on pourra faire plier plus dans le futur. Les irréductibles seront identifiables et « gérables » d’une manière… ou d’une autre.
Pour en revenir à la photo ci-dessus : tous ceux qui portent le masque sans rechigner et entrent dans la nouvelle secte au cours de ce rituel auront psychologiquement et statistiquement plus de chances de suivre crescendo sans poser de question ce qui va être mis en place, c’est à dire le vaccin qui sera évidemment obligatoire sous peine de ne plus être « servi »… et ensuite la dernière étape, la plus délicate, celle du puçage de la population afin de refermer la grille de contrôle de la dictature technotronique. Dans cette dynamique les point 5 et 6 sont évidents, ainsi que les points 1 et 3, pour le point 2… Rappelons-nous que dès le départ de l’affaire du masque, lorsque fut prise la décision de son port, il se trouva que bizarrement, il y eut en même temps une pénurie (organisée ?…) de cette denrée. La rareté augmente demande et… prix, n’est-il pas ?

Nous devons bien comprendre que nous sommes constamment soumis, collectivement, à des évaluations de tous ordres afin que l’oligarchie puisse mieux manipuler la masse, qui de nos jours et à cause (grâce ?) de l’internet, possède une plus grande capacité d’information pourvu qu’elle sache l’utiliser à bon escient, d’où la vaste entreprise d’abrutissement généralisé dans tous les médias, internet compris.
Il y a une véritable guerre de l’information dont le champ de bataille et le prix ultime est notre cerveau.

Nous l’avons dit au début de cette crise induite et fabriquée qu’est le coronavirus : il y a eu un monde d’avant et d’après les attentats du 11 septembre 2001, il y aura de la même façon un « avant » et « après » CoV19 – SARS-COV-2-Caroline du Nord. L’après ressemblant de plus en plus à l’enfer de la dictature technotronique dans lequel les oligarques veulent faire vivre ceux qui survivront à « la solution finale » envisagée pour l’humanité et impliquant l’élimination de plus de 7 milliards d’individus, vision gravée dans la pierre des stèles de l’état de Georgie à Yankland depuis quelques décennies, disant explicitement que la population mondiale doit demeurer à tout moment sous les 500 millions d’individus.

Nous sommes en train de vivre le début de la solution finale envisagée pour l’humanité et nous sommes manipulés collectivement à accepter notre sort et toutes les décisions prises à notre encontre, mais évidement… pour notre « bien ».

Nous sommes 99,9% de l’humanité, les manipulateurs sont 0,1%. Nous avons le nombre et surtout cette capacité unique à l’humain : Réfléchir de manière critique et dire NON ! Regardons l’histoire de l’État depuis son invention : elle est l’histoire de déni de notre réflexion et de notre capacité de dire NON a une oligarchie organisée et institutionnalisée, c’est à dire qui s’est auto-protégée dans un système qu’elle a façonné et continue de façonner contre l’intérêt général et notre humanité achevée. L’histoire de l’État c’est l’histoire de la mise sous tutelle du plus grand nombre au profit du plus petit nombre, quelque soit le mode de production et le mode de gouvernance employés. N’est-il pas plus que grand temps de devenir enfin politiquement adulte et de virer tout ce système de contrôle ?

La question est simple: Allons-nous laisser faire ? Allons-nous laisser l’ingénierie sociale nous dominer jusqu’à notre extinction ? Depuis un bon moment, la balle est dans notre camp, mais quelqu’un a éteint a lumière il y a quelque temps ! Il est plus que grand temps de nous organiser et de résister vraiment et efficacement.

Levez-vous tels les lions après la sieste,
En nombre invincible,
Secouez vos chaînes et jetez-les
au sol comme rosée du matin,
Chaînes sur vous tombées durant votre sommeil.
Vous êtes nombreux, ils sont peu.

En anglais (mieux):

Rise like lions after slumber,
In unvanquishable number
Shake your chains to earth like dew,
which in sleep had fallen on you.
Ye are many, they are few.

~ Percy Bisshe Shelley (1792-1822) ~

 

L’ambivalence du masque

 


Le masque comme rituel de passage…


Le masque comme symbole de liberté…

 

 

(R)évolution sociale, la censure assassine ou comprendre notre réalité profonde pour une action radicale (Guerre de Classe)

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 18 juillet 2020 by Résistance 71

 

 

La censure assassine

 

Guerre de Classe

 

Juillet 2020

19 Juillet 1936 : Les milices ouvrières victorieuses contre Franco acceptent l’encerclement républicain et se mobilisent, au nom du front antifasciste, sous l’étendard démocratique du Front Populaire du Capital.

4 Mai 1937 : Massacre à Barcelone des ouvriers réfractaires par les puissances officielles progressistes, anarchistes et antifascistes.

« Les fronts militaires : une nécessité imposée par les situations ? Non ! Une nécessité pour le Capitalisme afin d’encercler et d’écraser les ouvriers ! […]

le fils du front antifasciste espagnol, des « socialisations », des milices « prolétariennes », c’est le carnage de Barcelone du 4 mai 1937. » – Bilan N°41

IL EST INTERDIT D’INTERDIRE :

LA CENSURE ASSASSINE !

Un spectre hante l’Europe : le spectre de la lutte de classe radicale du prolétariat. Toutes les puissances démocratiques de la dictature du profit se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : les tribunaux et censeurs républicains, les gauchistes immigrationnistes, les kapos syndicalistes et féministes, les barbouzes antifascistes et les policiers antiracistes.

Quelle est l’opposition aux mythes contemporains qui n’a pas reçu comme seule réponse la censure, la diffamation et la répression ?

Quels doutes au son de ralliement du progressisme de la marchandise n’ont pas été accusés de l’épithète diffamant de fasciste, raciste ou antisémite ?

En cette période de crise mondiale du capitalisme, le pouvoir de la reconduction du spectacle de la marchandise ne laisse au prolétariat indocile que l’ultimatum suivant : poser genoux à terre devant les totems sociétaux de l’arc-en-ciel esclavagiste du capitalisme sans fin pour que la guerre ethnique encercle la lutte révolutionnaire qui vient et ainsi l’incarcérer – dans le silence macabre de la servitude sociale constamment recomposée – ou combattre debout la répression de toutes les puissances politico-médiatico-policières sur le chemin de la guerre sociale menant à l’abolition des classes.

L’anti-fascisme qui a légitimé le massacre de millions de prolétaires durant la seconde grande boucherie impérialiste est la religion sanguinaire de la totale domestication des masses… Du carnage des journées de mai 37 aux tribunaux censeurs contemporains les plus mafieux pour qui douter est un crime, la mystification anti- fasciste est bel et bien le pire produit du fascisme pendant que l’antiracisme comme standard de la communauté du contrôle social accompli est bien quant à lui le pire produit du racisme et le parfait mobile de censure contre les groupes prolétariens essayant, vaille que vaille, de substituer à l’ethnicisation réactionnaire du social la socialisation révolutionnaire de l’ethnie.

Cet odieux chantage du front anti-raciste, ce perfide enfermement  n’a qu’un seul but : désarmer le prolétariat de plus en plus offensif en grand-remplaçant, par tous les moyens de régression possibles, la vérité de son contenu révolutionnaire propre par des fronts capitalistes de diversion, inoffensifs et recomposables à souhait.

PROLÉTAIRES !*

La lutte émancipatrice de demain se décide d’abord contre les prises d’otages mythologiques du présent !

À bas la censure, outil par essence contre-révolutionnaire pour maintenir la dictature capitaliste du mensonge étatique.

Vive le doute révolutionnaire infini, vive le désir de vraie vie consciente illimitée et sans entraves vers l’abolition du salariat, de l’argent et de l’État !

Demeurons incontrôlables et dés-encerclés !

Source: https://guerredeclasse.fr/2020/07/11/la-censure-assassine/

= = =

(*) Note de R71 : Qu’est-ce qu’un prolétaire ? Est prolétaire toute personne qui doit vendre sa force de travail pour assurer sa survie en dictature étatico-capitaliste. L’erreur commise par bien des gens de « gauche » est de penser le prolétaire comme l’ouvrier. C’est faux ! Et il est important de le comprendre car dans la réalité sociale qui est la nôtre et celle de toute l’humanité sous le joug, 99,9% des humains sont des prolétaires. La stratification induite est un leurre qui nous maintient dans la division  ses;e condition de la survie oligarchique. Cette réalité doit s’ancrer dans les consciences car elle est la source nécessaire de notre union vers la seule évolution sociale possible… l’avènement de la société des sociétés.

2ème note de Résistance 71 :

Nous tenons ici à préciser ceci : Les anarchistes n’ont pas trahi la révolution sociale en Espagne 36, c’est la hiérarchie qui s’en est dégagée dans un contexte de gouvernement de “front populaire” qui l’a fait. La question demeurera : pourquoi des anarchistes ont-ils participé à un gouvernement quel qu’il soit ? Pourquoi quelqu’un comme Proudhon, déjà en son temps, s’était-il fait élire député même s’il n’y est resté que 6 mois avant de partir, pourquoi ? Tout anarchiste doit être clair dans sa tête : participer à un gouvernement institutionnalisé ne peut-être que trahison de la révolution sociale !

Nin (POUM) et Berneri (figure anarchiste italien) furent arrêtés, torturés et exécutés non pas par les franquistes mais par les staliniens jouant le jeu du système en bon chiens de garde. Berneri, comme le plus vaste nombre de la base anarchiste de terrain étaient contre la participation de la CNT-FAI aux gouvernements républicains. Pour la base cénétiste, la révolution sociale était la priorité, mais pour une minorité (comme à l’accoutumée dans le milieu étatique), devenue “cadres républicains”, l’erreur fut de penser à vaincre Franco et le fascisme et de remettre la révolution sociale à plus tard, alors qu’il doit être évident que la révolution sociale se charge de tout fascisme et autre stalinisme en place, de fait elle se charge de tout le système institutionnel centralisé en le mettant à bas une fois pour toute.

En mai 1937 à Barcelone, la masse ouvrière cénétiste (n’oublions pas qu’à cette époque la CNT avait plus d’un million de membres en Espagne et que le Parti Communiste Espagnol était quasiment inexistant et n’avait qu’une audience très restreinte) se révolte avec les POUM (marxistes anti-stalinistes) contre le joug staliniste.

Les ministres de la CNT demandent de ne plus combattre les stalinistes (à ce moment tous les niveaux gouvernementaux ont été infiltrés par le NKVD et ses commissaires politiques) et dénoncent les barricadiers anarchistes de la base, amalgamant les collectifs agricoles aragonais et du Levant dans une vaste campagne propagandiste, comme des “collaborateurs de Franco”… Des massacres s’ensuivent. Il y a eu trahison de la révolution sociale et la base a été lâchée par ce qui était devenu sa hiérarchie, bref, un classique une fois de plus…

Ainsi les “ouvriers réfractaires” mentionnés en exergue du tract de GDC étaient aussi et surtout des anarchistes. Une fois de plus, les petites mains du système divisèrent pour mieux régner et préserver l’État et le capitalisme coûte que coûte. C’est ce qu’il faut bien comprendre au delà de toutes les guerres de clochers mises en place par le système. Ces guéguerres sont le garant de sa survie et de sa perpétuation.

Qu’on se le dise.

= = =

A lire:

“La révolution espagnole étranglée par Staline”

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

CoV19 et guerre pharmaceutique… Permis de tuer et interdiction de guérir (Dr Pascal Sacré)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 17 juillet 2020 by Résistance 71

 

 

CoV19 Remdesivir : permis de tuer… Hydroxychloroquine : interdiction de guérir

 

Dr Pascal Sacré

 

12 juillet 2020

 

Source:

https://www.mondialisation.ca/covid-19-remdesivir-permis-de-tuer-hydroxychloroquine-interdiction-de-guerir/5647337

 

A lire aussi: « Coronavirus et manipulation politico-sociale : le masque comme rite de passage vers un Nouvel Ordre Mondial »

 

Le combat du Remdesivir contre l’Hydroxychloroquine (HCQ), c’est un peu le symbole du combat de la médecine des revues, des institutions corrompues contre la médecine de terrain, celle des médecins généralistes, nombreux, qui sont au chevet des malades.

Le Remdesivir est une molécule coûteuse, propriété d’une compagnie pharmaceutique, Gilead. Dans la course au traitement miracle du COVID-19, Gilead essaie de remporter la palme car cela peut lui rapporter gros [1].

L’Hydroxychloroquine est une molécule libre de droit, passée dans le domaine public et très peu coûteuse. Autrement dit, bien que fabriqué au départ par une compagnie pharmaceutique, Sanofi, ce traitement ne rapportera rien à l’industrie et donc rien à tous les gens corrompus par elle.

Le combat du Remdesivir contre l’Hydroxychloroquine, c’est le symbole du combat de la médecine mensongère, la médecine des gros sous, contre la médecine factuelle, une médecine qui peut rapporter gros au malade (sa santé), sans rien coûter ou presque à la société.

On dit que l’Hydroxychloroquine (traitement défendu par le professeur Raoult à Marseilles, France, entre autres) est inefficace dans le COVID-19, voire dangereux [2].

C’est faux. 

Suffisamment d’indices laissent à penser que l’Hydroxychloroquine, associée ou non à l’azythromycine et au zinc, est efficace pour inhiber la réplication virale du SRAS-CoV-2, avec un profil de sécurité tout à fait satisfaisant en particulier pour des médecins habitués et habilités à le prescrire. Ces molécules, la chloroquine et l’Hydroxychloroquine, sont connues depuis des dizaines d’années [3]. Voilà la vérité.

Inversement, on dit que le Remdesivir est efficace et sans danger particulier. 

C’est faux.

Le Remdesivir peut engendrer insuffisance rénale sévère (nécessitant dialyse, greffe rénale), insuffisance hépatique (foie), mutation génétique, problèmes cardiaques allant jusqu’à l’arrêt cardiaque, entre autres [4]. Voilà la vérité.

D’un côté, le Lancet essaie de démolir l’hydroxychloroquine [5], de l’autre, le New England Journal of Medicine fait l’éloge du Remdesivir [6-7].

Dans un article précédent, j’ai écrit que ce que les anciens rédacteurs en chef de ces revues disent ce qu’il faut en penser : corruption et mensonges à tous les étages [8].

Pour tous les médecins intègres, les véritables scientifiques, le public, cela pourrait même devenir un critère de discernement : quand une « grande » revue médicale encense un médicament, méfiez-vous ! Quand elle démolit un traitement, alors, vous feriez bien de vous y intéresser.


Big Pharma hier et aujourd’hui

Remdesivir contre Hydroxychloroquine, c’est encore et toujours une histoire de gros sous.

La médecine, ce n’est plus que cela, à présent.

Le Remdesivir rapporterait 4500 dollars par traitement à Gilead [9].

[Note de R71: Notons au passage que Gilead Science avait aussi « commis » cette escroquerie au Tamiflu lors de la crise « pandémique » de la grippe porcine H1N1 en 2009. Ce sont des coutumiers du fait avec un ancien patron qui n’est autre que Donald Rumsfeld, le ministre de la défense en charge dans l’administration Bush lors des attentats du 11 septembre 2001… Les mêmes ordures et entités derrière le flux des saloperies engendrées par le système étatico-capitaliste moribond.]

L’hydroxychloroquine, même associé à l’Azithromycine, ne coûte que 10 euros par traitement et ne rapporte rien à l’industrie.

Au lieu de culpabiliser et de faire peur à tout le monde avec des chiffres de mortalité exagérés et des deuxièmes vagues qui n’existent pas, au lieu d’imposer des mesures aussi inefficaces que toxiques comme le port du masque partout pour tous, au lieu de faire croire aux gens que des médicaments efficaces et bon marchés sont dangereux et que des médicaments chers et dangereux sont la solution, au lieu de se prosterner devant la vaccination, Graal illusoire dans la lutte contre le COVID-19, voici ce que nos hautes autorités de santé devraient faire :

  1. Prendre les conseils de scientifiques appelant à plus de calme et de réalisme sur le modèle du professeur John Ioannidis de Stanford
  2. Observer et mesurer les faits réels, et non des modèles mathématiques statistiques
  3. Ne pas confondre test RT-PCR positif et maladie COVID-19
  4. Prévoir des mesures de protection drastiques seulement pour les personnes fragiles et à haut risque
  5. Laisser circuler librement, sans masques, les personnes saines, en bonne santé et surtout, les jeunes et les enfants
  6. Proposer à toute la population des prises en charge psychologiques adaptées pour gérer les états de stress post-traumatiques générés par les médias anxiogènes
  7. Permettre à tous les médecins de première ligne de prescrire aux vrais malades du COVID-19, dès les premiers signes, l’association hydroxychloroquine-azythromycine-zinc, selon les modalités de sécurité bien établies depuis toutes ces années où ces médicaments sont prescrits dans leurs diverses indications

Ce n’est possible que si ces hautes autorités de santé ne sont pas corrompues par tout l’argent des compagnies pharmaceutiques telles que Gilead.

Pour le dernier point, numéro 6, le médecin généraliste bruxellois Éric Beeth et moi-même avons envoyé à tous les responsables concernés, ministre de la santé, membres du conseil COVID-19 au sein de SCIENSANO qui encadre le gouvernement dans la gestion de la crise, une lettre requérant la liberté pour tous les médecins belges de prescrire l’hydroxychloroquine dans le COVID-19 et surtout, la constitution au sein des pharmacies belges, d’un stock suffisant de ce médicament.

Nous attendons réponse.

Notes :

[1] Une brève histoire du remdésivir (GS-5734),  17 juin 2020, mise à jour le 25 juin 2020

[2] Hydroxychloroquine versus Remdesivir, 8 juillet 2020

[3] Hot Topic, Chloroquine for the 2019 novel coronavirus SARS-CoV-2, International Journal of Antimicrobial Agents, February 2020

[4] L’entreprise Gilead aurait-elle dissimulé la vraie toxicité du Veklury© (remdesivir) ?, 8 juillet 2020, « Il semble donc qu’au regard des éléments présentés précédemment, nous puissions fortement penser que le Veklury (remdesivir) est un médicament nocif et que ces éléments ont été dissimulés par Gilead.  Nous pensons que l’opération de lobbying conduite dans les médias et certaines instances de santé publique afin de décrédibiliser l’hydroxychloroquine, spécifiquement en milieu hospitalier, avait vocation à faire du Velkury (remdesivir) la seule solution dans cette situation. »

[5] RETRACTED: Hydroxychloroquine or chloroquine with or without a macrolide for treatment of COVID-19: a multinational registry analysis

[6] Compassionate Use of Remdesivir for Patients with Severe Covid-19, NEJM 10 avril 2020

[7] Remdesivir for the Treatment of Covid-19 — Preliminary Report, NEJM 22 mai 2020

[8] COVID-19: le côté obscur de la science révélé, « Une grande partie de la littérature scientifique, sans doute la moitié, pourrait être tout simplement fausse, affligée d’études avec des échantillons réduits, d’effets infimes, d’analyses préliminaires invalides, et de conflits d’intérêts* flagrants, avec l’obsession de suivre les tendances d’importance douteuse à la mode, la science a pris le mauvais tournant vers les ténèbres. »

[9] Remdésivir : une molécule d’intérêt thérapeutique très discutable sur le COVID-19

= = =

Lire notre page “CORONAVIRUS, guerre biologique contre l’humanité”

et aussi…

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Bouh !

 

Effondrer le colonialisme… Du pathétique discours de Trump « Donnie mains d’enfant » au « Mont Rushmore » le 3 juillet 2020 (Steven Newcomb)

Posted in actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 16 juillet 2020 by Résistance 71

 

 

A tous les naïfs qui pensent toujours que Trump est “l’homme qui lutte contre l’état profond et le système”… Il n’est que la continuation de la norme coloniale, oppressive et destructrice. Il ne porte pas le même masque que ses prédécesseurs, mais l’objectif est exactement le même : tromper, diviser pour toujours mieux opprimer et exploiter…

~ Résistance 71 ~

 

Le discours de Trump au Mont Rushmore… L’adjudant de batterie à son pupitre de la domination coloniale

 

Steven Newcomb

 

5 juillet 2020

 

url de l’article original:

https://originalfreenations.com/trumps-speech-at-mt-rushmore-the-bully-at-the-bully-pulpit/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le présidant Trump a fait un discours le 3 juillet 2020 au massif montagneux que les peuples d’Oceti Sakowin ou de la “Grande Nation Sioux” appellent le “6ème Grand-Père” ou Tunkasila Sakpe Nake Kihe en langue Lakota. En regardant Trump donner ce discours, j’ai eu l’impression qu’il tentait d’étayer le narratif “standard” de l’Amérique. Il croit peut-être que ce narratif est menacé par le grand nombre de personnes qui montrent du doigt l’empire américain passé et présent de racisme et de domination et qui condamnent ces schémas dans le monde moderne et la vie des Etats-Unis.

Dans un précédent article sur ce site, j’ai montré que les Etats-Unis ont été fondés sur le principe d’une aristocratie par des avocats, des banquiers, propriétaires d’esclaves et ceux comme George Washington, qui avaient cette “fièvre de la terre”, une maladie contagieuse de veulerie basée sur une faim insatiable de terres et de territoires, ceux des nations originelles du continent. En tant qu’un des aristocrates contemporains des Etats-Unis, Trump semble suggérer que les Américains n’ont qu’une histoire vertueuse qui se dit d’être comptée et mise en valeur. A en juger par son discours, l’héritage américain du génocide perpétré contre les nations originelles de ce continent ne mérite même pas la plus petite des mentions.

Trump a aussi invoqué la Destinée Manifeste, cette idée issue de la bible d’un peuple élu, choisi, prenant possession de son héritage continental comme une “possession à perpétuité”, une terre promise qui leur fut accordée par leur “dieu” toujours plus affamé de terres.

Comme l’a dit Louis B. Wright dans sa “Culture on the Moving Frontier”(1955): “la doctrine politique de la destinée manifeste qui a joué un rôle si important dans l’expansion territoriale vers l’ouest ne fut qu’une excroissance de la croyance puritaine qu’ils étaient le peuple choisi, élu de dieu. Les colons de la Nouvelle-Angleterre  (NdT: la région du Nord-Est des Etats-Unis couvrant aujourd’hui 6 états: Maine, Vermont, New Hampshire, Massachussetts, Rhode Island et Connecticut, couvrant environ 180 000 km2, population d’environ 16 millions d’hab. ville principale: Boston), que ce soit au XVIIème siècle ou plus tard, ont toujours eu une particulièrement forte conviction de l’appel divin leur ayant été fait pour améliorer le monde.” (p.32)

La montagne de granite appelée “le 6ème Grand-Père” par les peuples de l’Oceti Sakowin (Grande Nation Sioux) a été appelé “Mount Rushmore” par le peuple colon américain autoproclamé “choisi” de manière supposée par leur “dieu” pour qu’IL établisse sa domination sur la “terre promise” déjà habitée par d’autres nations (NdT: non-chrétiennes, là fut toute le finalité des bulles pontificales du XVème siècle ordonnant annexion et mise en esclavage de toutes terres non chrétiennes rencontrées…). Ainsi “dieu” avait de bien meilleurs plans que de laisser la terre aux mains de ces “païens sans foi ni loi”.

Bien que ce mémorial de “Mount Rushmore”, représentant gravées dans la pierre, les visages de quatre des présidents américains anti-indiens, puisse paraître “séculier”, c’est à dire non-religieux, il est en fait une excroissance du racisme religieux qui est le fondement de la théorie de la providence de l’empire du “peuple américain blanc élu de dieu”. Il est en d’autres termes, une chapelle religieuse chrétienne fondée sur une idée biblique de la domination de la destinée manifeste américaine sur les nations originelles de ce continent.

Trump n’est que l’actuel adjudant de batterie, le brimeur en chef, gérant et admonestant le monde depuis le pupitre de la brimade impérialiste américaine, au nom de la Liberté de la Justice pour tous et de la “règle de la loi”. La preuve de ces “valeurs” peut-être trouvée dans son discours de commencement donné à l’académie navale en 2018 lorsqu’il a dit : “Nous sommes les témoins du réveil du grand esprit et de la puissance américains”. Dans un passage critique très important de ce discours qui ne reçut aucune attention médiatique que je sache, Trump évoquait la colonisation de l’ouest juste avant qu’il ne donne sa doctrine de domination globale :

Nous sommes en train de nous affuter au combat, des compagnies de fusiliers marins (Marines) aux navires de guerre, afin de pouvoir délivrer une force létale maximale. L’ennemi dit savoir que nous avons cela. Nous nous reconsacrons à cette vérité fondamentale: Nous sommes une nation maritime et en tant que telle, nous sommes entourés d’océans. Nous dominerons toujours cette étendue d’eau. Nous dominerons toujours les océans.

Waouh! La vision de Trump : la domination américaine va s’étendre partout et n’importe où sur tous les océans de la planète.

La domination américaine au nom de la “règle de la loi” est ce que nous voyons à chaque fois que nous regardons les visages de ces quatre présidents anti-indiens incrustés dans le “6ème Grand-Père”. D’après la loi organique fondamentale, les Collines Noires sont toujours aujourd’hui une partie de droit du territoire des Oceti Sakowin, ce, suivant les accords des traités de Fort Laramie de 1851 et de 1868. (NdT: Il faut ici noter que ces deux traités sont intervenus à la demande des Etats-Unis dont l’armée fut chaque fois vaincue, surtout en 1868, par l’Oceti Sakowin, alliée aux Arapahos et aux Cheyennes. Les traités de Fort Laramie voient les Etats-Unis vaincus, demandant la paix, la Grande Nation Sioux n’a JAMAIS rien cédé, elle ne fut jamais vaincue militairement. Par contre, les traités furent changés, falsifiés, “perdus dans les traductions” et violés en long, en large et en travers. Le second conflit survint à cause du viol du traité de 1851, il mena à la défaite yankee et au second traité… Jusqu’à la défaite du Vietnam en 1975, la seule défaite militaire des Etats-Unis fut celle contre les Sioux de Crazy Horse et de Sitting Bull. Qu’en disent les livres d’histoire ?… Tout cela a été réduit à des anecdotes folkloriques n’ayant jamais eu une quelconque importance aux yeux des colons.) La doctrine de la domination américaine dit autre chose.

“Une justice égale” sous “la loi de la domination” fut symbolisée par Christophe Colomb sous la forme d’échafauds comportant 13 cordes. Ces échafauds servirent à pendre les Indiens de manière “égale” sous un chiffre correspondant à Jésus et ses 12 apôtres. Ceci est le symbole par excellence de la domination chrétienne, ainsi que l’amputation des mains des Indiens qui ne ramenaient pas leur quota “requis” d’or et la chasse aux Indiens faites avec de gros chiens, molosses aux puissantes mâchoires portant des cuirasses de protection. Ce genre de scènes sanglantes furent une excroissance des “valeurs” apportées par la chrétienté (empire chrétien) depuis leur vieux monde jusque sur ce continent très loin à l’ouest de l’Europe.

Cet endroit n’était “nouveau” que pour les envahisseurs venus de l’Est. 

(NdT: De plus, Colomb n’a vraisemblablement pas “découvert” le continent, qui le fut par les Vikings et avant eux, par les Celtes irlandais, tels que narré dans les Sagas Vikings et les récits de Brendan et son « Navigatio ») C’est de ces “valeurs” de domination et de déshumanisation que les valeurs américaines ont émergé : “Tous les hommes (mais pas les femmes, les esclaves et les gens de couleur) sont créés égaux et ont reçu de leur créateur certains droits inaliénables…

Mais le créateur de “SA” créature, “l’Homme” a aussi vu de manière sensible que certaines personnes qui seraient pour toujours “inférieur” à sa créature “Homme”, seraient donc destinées à servir “l’Homme” du créateur afin qu’il puisse accumuler richesse et pouvoir. Tout ceci fait donc partie de la toile de fond et du contexte historique du discours de Trump donné au 6ème Grand-Père dans les Collines Noires (He Sapa) localisé en territoire Oceti Sakowin.

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Lectures complémentaires:

Nietzsche_Lantechrist

Nous_sommes_tous_des_colonisés (PDF)

Pierre_Clastres_Echange-et-pouvoir-philosophie-de-la-chefferie-indienne

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Manifeste pour la Société des Sociétés

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

La_voie_Lakota_et_Crazy_Horse

Effondrer le colonialisme

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

 


Dans l’esprit de Crazy Horse / Cheval Fou