Archive pour société état et démocratie

Pistes pour trouver la voie de la société des sociétés : paléolithisme et technologie… une réflexion critique ~ 1ère partie ~

Posted in actualité, altermondialisme, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 16 septembre 2021 by Résistance 71

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Reconnaître, analyser et contre-carrer l’écrasement technologique totalitaire qui mène le monde à la perte de l’humanité et à la dictature technotronique en proposant une solution pour la réalisation de notre être et donc de notre humanité. Dans ce monde qui s’enferme dans la dictature sanitaire, outil de l’oppression finale par une « élite » auto-proclamée, psychopathe et hors sol, ce texte de Hakim Bey résonne on ne peut plus juste.
~ Résistance 71 ~

Paléolithisme et Technologie : un papier engagé 

par Hakim Bey

2008

Ce n’est pas parce que l’A.O.A. (1) parle sans cesse de « Paléolithisme » que vous devez penser que nous avons l’intention de nous projeter en arrière dans l’Âge de la Pierre.

Nous n’avons aucun intérêt à revenir « à la campagne » si le deal doit comprendre la vie barbante d’un enfoiré de paysan – nous ne voulons pas non plus du « tribalisme » s’il nous vient avec les tabous, les fétiches et la malnutrition. Nous n’avons aucune querelle avec le concept de culture – en ce compris la technologie ; pour nous le problème commence avec la civilisation.

Ce que nous aimons dans la vie paléolithique a été résumé par l’École des Peuples Sans Autorité de l’anthropologie : l’élégante nonchalance de la société de chasseurs/cueilleurs, la journée de travail de deux heures, l’obsession de l’art, la danse, la poésie et l’amour, la « démocratisation du chamanisme », la culture de la perception – en bref, la Culture.

Ce que nous n’aimons pas au sujet de la civilisation peut être réduit à la progression suivante : la « Révolution Agraire » ; l’émergence des castes ; la Cité et son culte du contrôle hiérarchique (« Babylone ») ; l’esclavage ; le dogme ; l’impérialisme (« Rome »). La suppression de la sexualité au « travail » sous l’égide de l’« autorité ». « L’Empire n’a jamais pris fin ».

Un paléolithisme psychique basé sur la haute technologie – post-agraire, post-industrielle, « Zéro-travail », nomade (ou « Cosmopolite sans Racine ») – une Société du Paradigme Quantique – ceci constitue la vision idéale du futur selon la Théorie du Chaos aussi bien que de la « Futurologie » (selon le sens du terme donné par R.A. Wilson & T. Leary).

Pour le présent : nous rejetons toute collaboration avec la Civilisation de l’Anorexie et de la Boulimie, avec les personnes, si honteuses de ne jamais souffrir, qu’elles s’inventent des tuniques de pénitence pour elles-mêmes et pour les autres – ou avec ceux qui se gargarisent sans compassion et ensuite gerbent le vomi de leur culpabilité réprimée par de longs joggings et de longues diètes. Tous nos plaisirs et toutes nos auto-disciplines nous appartiennent par la Nature – nous ne nous nions jamais nous-mêmes, nous n’abandonnons jamais rien ; mais certaines choses nous ont abandonnés et nous ont quittés, car nous sommes trop grands pour elles. Je suis à la fois l’homme des cavernes et le mutant explorateur d’étoiles, homme de confiance et le prince libre. Un jour, un chef indien fut invité à la Maison Blanche pour un banquet. Alors que la nourriture circulait, le Chef remplit son plateau, trois fois. À la fin, la personne à côté de lui dit, « Chef, he he, ne pensez-vous pas que c’est un peu beaucoup ? » « Ugh » répond le chef, « un peu beaucoup c’est juste assez pour le Chef ! »

Néanmoins, certaines doctrines de la « Futurologie » restent problématiques. Par exemple, même si nous acceptons le potentiel libératoire de nouvelles technologies comme la télé, les ordinateurs, la robotique, l’exploration spatiale, etc., nous voyons toujours un gouffre entre le potentiel et la réalité. La banalisation de la télé, la yuppification des ordinateurs et la militarisation de l’espace suggèrent que ces technologies en elles-mêmes ne fournissent aucune garantie « déterminée » par leur utilisation libératoire.

Même si nous rejetons l’holocauste nucléaire comme une autre Diversion Spectaculaire orchestrée afin de distraire notre attention des problèmes réels, nous devons néanmoins admettre que la « Destruction Mutuelle Assurée » et la « Guerre Propre » tendent à enflammer notre enthousiasme pour certains aspects de l’Aventure High-Tech. L’Anarchisme Ontologique garde son affection pour le Ludique en tant que tactique : si une technologie donnée, peu importe combien admirable soit-elle en potentiel (dans le futur), est utilisée afin de m’opprimer ici et maintenant, alors je dois soit utiliser les armes de sabotage ou bien me saisir des moyens de production (ou peut-être, encore plus important, des moyens de communication). Il n’y a pas d’humanité sans technique – mais, il n’y a aucune technique qui vaille plus que mon humanité.

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Nous rejetons l’anarchisme anti-technologie irréfléchi – pour nous-mêmes, du moins (il y en a qui aiment jouer aux cultivateurs) – et nous rejetons le concept de déterminisme technologique. Pour nous, toutes les formes de déterminisme apparaissent tout aussi bêtes – nous ne sommes les esclaves ni de nos gènes ni de nos machines. Ce qui est « naturel » est ce que nous imaginons et ce que nous créons. « La Nature n’a pas de Lois – seulement des habitudes ».

La vie pour nous n’est ni le Passé – ce pays de fantômes légendaires amassant leurs biens sépulcraux ternis – ni le Futur, dont les citoyens mutants aux cerveaux bulbeux gardent si jalousement les secrets de l’immortalité, du vol au-delà de la vitesse de la lumière, du génie génétique et de la disparition de l’État. Aut nunc aut nihil (2). Chaque moment contient une éternité qui doit être pénétrée – cependant, nous nous perdons dans des visions perçues au travers des yeux du corps, dans une nostalgie de perfections à naître.

Les réalisations de mes ancêtres et de mes descendants ne sont rien de plus pour moi qu’un conte amusant ou instructif – je ne les appellerai jamais mes réussites, même pour excuser ma propre petitesse. Je me forge à moi-même une licence pour leur voler tout ce dont j’ai besoin – le paléolithisme psychique ou la haute technologie – ou, pour ce qui concerne le splendide détritus de la civilisation elle-même, les secrets des Maîtres Occultes, les plaisirs de la frivole noblesse et la vie bohème (3).

La décadence (4) joue un grand rôle dans la santé de l’Anarchie Ontologique – nous prenons ce que nous voulons de chaque côté. Les esthètes décadents n’engagent pas de guerres stupides ou ne submergent pas leur conscience avec une avidité et un ressentiment microcéphaliques. Ils cherchent l’aventure dans l’innovation artistique & dans la sexualité non-ordinaire plutôt que dans la misère des autres. L’A.O.A. admire et est l’émule de leur paresse, de leur dédain pour la stupidité de la normalité, de leur expropriation des sensibilités aristocratiques. Pour nous, ces qualités s’harmonisent paradoxalement avec celles de l’Antique Âge de la Pierre et de sa santé débordante, de son ignorance de la hiérarchie, de la culture de la vertu plutôt que de la Loi. Nous demandons la décadence dans la maladie, et la santé dans l’ennui !

Ainsi, l’A.O.A. offre un support sans réserve à tous les peuples indigènes et tribaux dans leurs luttes pour une autonomie complète – et en même temps, aux plus sauvages et plus irréalistes spéculations et demandes des futurologues. Le paléolithisme du futur (qui pour nous, en tant que mutants, existe déjà) sera atteint sur une grande échelle uniquement au travers d’une technologie massive pour l’Imagination & d’un paradigme scientifique qui va au-delà de la mécanique quantique dans le royaume de la théorie du chaos et des hallucinations de la fiction spéculative.

En tant que Cosmopolites sans Racine nous posons la réclamation pour toutes les beautés du passé, de l’orient, des sociétés tribales – tout cela doit et peut être nôtre, même les trésors de l’Empire : à nous de les partager. Et, en même temps, nous demandons une technologie qui transcende l’agriculture, l’industrie, la simultanéité même de l’électricité, un hardware qui se recoupe avec le corps spongieux de la conscience, qui embrasse la puissance des quarks, des particules voyageant en arrière dans le temps, des quasars et des univers parallèles.

Les idéologues querelleurs de l’anarchisme & du libertarianisme prescrivent tous la même utopie congénitale à leurs diverses marques de visions étriquées, allant de la commune de paysans à la Cité Spatiale L-5. Nous disons que mille fleurs éclosent – sans jardinier pour tailler leurs tiges et lutter pour quelque schéma moralisateur ou eugénique. Le seul véritable conflit est celui entre l’autorité du tyran et l’autorité du moi réalisé – tout autre conflit est une illusion, une projection psychologique, un verbiage pompeux.

En un sens, les fils & les filles de Gaïa n’ont jamais quitté le paléolithique ; en un autre sens, toutes les perfections du futur sont déjà nôtres. Seule l’insurrection « résoudra » ce paradoxe – seul le soulèvement contre la fausse conscience en nous-mêmes et dans les autres balayera la technologie de l’oppression et de la pauvreté du Spectacle. Dans cette bataille, un masque peint ou un fouet de chamane peut se révéler aussi vital que la confiscation des communications satellites ou du réseau d’ordinateurs secret.

Notre seul critère pour juger d’une arme ou d’un outil est sa beauté. Les moyens sont déjà la fin, en un certain sens ; l’insurrection est déjà notre aventure ; Devenir C’EST Être. Passé et Futur existent en nous et pour nous, l’alpha et l’oméga. Il n’y a pas d’autres dieux devant ou après nous. Nous sommes libres dans le TEMPS – et nous serons libres dans l’ESPACE aussi.

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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De l’antagonisme à la complémentarité : Nietzsche et la tradition anarchiste 7ème partie « créer une humanité s’auto-dépassant » avec « Nietzsche le fou » (Hakim Bey)

Posted in actualité, crise mondiale, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 2 septembre 2021 by Résistance 71

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2ème partie

1ère partie

3ème partie

4ème partie

5ème partie

6ème partie

7ème partie

Nietzsche le fou

Peter Lamborn Wilson (alias Hakim Bey)

Extrait du livre “I am not a man, I am dynamite”, 2004, compilé par John Moore

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Septembre 2021

Turin, January 4, 1889

[A Peter Gast:]

A mon maëstro Pietro, 

Chante-moi une nouvelle chanson : le monde est transformé et les cieux sont emplis de joie.

—Le Crucifié

Ceci est une des dernières folles lettres de Nietzsche, écrite après son effondrement mental de Turin, début janvier 1889, mais avant sa réclusion finale dans le silence. Sa lettre à Overbeck (dans laquelle il dit avoir ordonné “que tous les antisémites soient abattus”) est signée Dionysos ; et une autre à Cosima Wagner (qu’il n’a jamais cessé d’aimer) fut signée “Dionysos et le crucifié”. Il apparaît que la descente de Nietzsche dans la folie prit la forme d’une manie religieuse dans laquelle il tenta de réconcilier Dionysos et le Christ en devenant ces personnages. Dans une lettre à Burckhardt il dit : “Je suis le dieu qui a fait cette caricature”.

Que l’effondrement psychologique de Nietzsche ait été causé par la syphilis ou par l’insoutenable poids de sa pensée, les dernières lettres ne furent en rien des gribouillis insensés. La synthèse de Dionysos et du Christ représente une sortie du conflit entre Dionysos et Apollon qu’il explora d’abord en 1872 dans sa “Naissance de la tragédie” et qu’il amena à une note culminante avec son “Antéchrist” de 1888, qui dans un sens met en conflit Dionysos contre le Crucifié et aussi contre la raison en une fonction apollinienne. Il n’était pas spécifiquement “fou” de la part de Nietzsche de croire qu’il pourrait “dépasser” une telle dichotomie dans la forme d’une unification plus haute. Il avait déjà donné un sens religieux à sa philosophie dans son œuvre phare “Ainsi parlait Zarathoustra” (1882-85) ; une des solutions au problème de la mort de dieu est de devenir dieu. Le mythe de l’éternel retour constitue quelque part une déception théologique dans le contexte zarathoustrien, à cause de sa configuration statique. Il résout la crise stoïque / existentialiste, mais pas le problème de volonté et de devenir.

Éparpillé au gré des notes non-collectées de Nietzsche pour son dernier ouvrage “La volonté de puissance” (NdT: qui rappelons-le n’a jamais été fini par Nietzsche, encore moins publié. C’est sa sœur Elisabeth, qui collecta quelques écrits et finît le livre comme bon lui semblait en accord avec son idéologie propre s’avérant pro-nazie. “La volonté de puissance” n’est pas une œuvre de Nietzsche, mais une usurpation qui a sans aucun doute beaucoup contribué à la mauvaise interprétation de sa philosophie… La sœur de Nietzsche fut à la fois l’amie et la protectrice de sa pensée mais aussi à bien des égards sa pire ennemie), nous pouvons détecter la proposition pour une religion matérialiste ayant un potentiel dynamique. La brillante analyse scientifique de Nietzsche de la différence entre “survie” et “expression” écarte d’un réductionnisme déterministe vers un principe spirituel inhérent à ou identique à la Nature, la volonté d’expression, de puissance, que Nietzsche identifie à la créativité et au désir. On trouve aussi ici la tentative de Nietzsche de dépasser l’aliénation de l’individu dans le social, avec la découverte d’un principe de communitas. Même les notes étranges sur la mixité raciale comme solution au problème social peuvent être vues en une lumière “religieuse”, comme une proposition pour la création délibérée d’une humanité s’auto-dépassant (übermensch, le surhumain) au travers du désir et de la synthèse, presque un concept messianique.

Une coïncidence dionysiaque / chrétienne est parfaitement sensée sur un plan historique et philologique, comme Nietzsche l’a certainement su. Si le christianisme primordial doit tout à l’hellénisme, cela provint de sources orphiques / dionysiaques et même dans le symbole basique du vin, une identité peut-être tracée entre les deux sauveurs rivaux. Les aspects néo-platoniciens d’une telle synthèse aurait eu peu d’attirance pour Nietzsche j’imagine, mais les images de la transcendance, de l’extase, de la supra-rationalité et de la violence commune aux deux traditions l’auraient certainement intrigué. Les thèmes de l’immortalité et de la morale auraient été moins utiles à son projet que les thèmes plus immédiats de “royaume de ce monde” et d’enthéogénèse, de “naissance du dieu intérieur” (NdT: en cela très proche du concept d’illumination bouddhiste, du taoïsme, du nirvana ou du satori zen)

Si nous n’avons pas trop lu et trop sur-interprété les dernières folles lettres, il apparaîtrait que le prophète de la mort de dieu était en train d’être infusé par le divin., peut-être même en train de fonder une nouvelle religion. Qu’est-il donc advenu de ce penseur qui avait promis de construire son projet sur “rien” ? Il serait facile de dire que l’impossibilité d’un tel projet a fini par le conduire à la folie, mais dans ce cas nous devrions condamner à la fois son point de départ (“rien”) et son point d’arrivée (“religion”). Un tel jugement revient à dire que Nietzsche a toujours été fou. Nous devrions examiner d’autres hypothèses.

Nietzsche a dit du bien de l’islam, l’interprétant (et parfois en l’interprétant mal) en accord avec la tradition de la libre pensée, comme une sorte d’anti-christianité héroïque. bien qu’il critiqua le judaïsme en tant que source du christianisme, il loua aussi grandement ses éléments si évidemment “païens”, en partie pour énerver les antisémites, mais aussi avec une sincérité évidente. En cela, Nietzsche peut être comparé avec un déiste de la première heure comme John Toland, ayant ses racines dans un occultisme hérétique (Giordano Bruno), le panthéisme, la libre pensée maçonnique et l’anti-cléricalisme, plutôt qu’avec des philosophes rationalistes / athéistes / matérialistes plus tardifs. Toland admirait également l’islam et le judaïsme (et les druides païens !…). Le “Zarathoustra” de Nietzsche appartient en fait à cette vieille tradition de la Renaissance plutôt que de toute connaissance de l’actuel zoroastrianisme. En tout cas, il est clair qu’il n’était pas “contre la religion” au sens vulgaire du terme ; sa dialectique était bien plus complexe.

Le “rien” de Nietzsche constitue l’avancée définitive dans un univers sans réalisation de potentiel. Jusqu’à ce point nous avons de la métaphysique ; après cela non. Dans un sens nous avons maintenant de la physique dans laquelle l’expression prime sur la conscience. Mais dans un autre sens, il n’est pas du tout clair que la disparition de toute réalisation de potentiel doit être considéré comme “impossible” (ou n’être qu’un épiphénomène de la matière). Est-il possible que l’expression de la vie elle-même ait créé un sens, ou que cela puisse même être considéré comme un sens ? Et sommes-nous autorisés d’imaginer une conscience en harmonie avec son sens émergent, dénuée de dieu mais (pour des raisons pratiques) devenant elle-même le divin ?

Nietzsche est toujours et partout prêt à porter l’énorme et horrible poids du nihilisme, jamais il n’invoque un deus ex machina. Mais pour construire un projet sur rien cela ne nécessite pas de le finir avec rien. Il parle d’abord d ‘ “illusions nécessaires” par lesquelles la vie exprime sa volonté de puissance. Mais la tragédie personnelle de Nietzsche survint de sa propre incapacité à embrasser ces illusions (amitié, amour, la puissance elle-même). Sa philosophie demande une position anti-pessimiste, un “Oui à la vie”, mais il ne put pas localiser cela en psychologie ni en métaphysique. Sa pensée demandait une véritable transcendance et pas seulement un bond existentiel dans l’engagement. Il rechercha ce principe dans le dépassement et dans celui de l’éternel retour, une sorte d’absolu. Finalement, je pense, il dut faire face au problème du scepticisme.

Le Dionysos qu’il avait approché (et le Christ auquel il avait reproché) finalement prit si souvent “deux pas vers lui” (comme disent les soufis) ; il reçût l’expérience de la transcendance déjà implicite dans son “Antéchrist” dans la forme explicite d’un matérialisme spirituel, un mysticisme de la vie en auto-expression en tant que mystère. Et cela le tua quelque part.

Au bout du compte, il semblerait qu’on ne puisse dépasser la religion que par la religion, peut-être dans une sorte de processus simultané de suppression/dépassement dans un sens néo-hégélien du terme Aufhebung (NdT: qui chez Hegel représente un dépassement d’une contradiction dialectique en une synthèse conciliatrice des antagonismes. Ce terme est très complexe en allemand et ne peut pas être traduit par un seul mot en français, il en va de même pour le terme si galvaudé utilisé par Nietzsche : “übermensch”, qui n’est pas un “surhomme” au sens d’un “superman”, le terme “Mensch” en allemand implique la notion d’humanité. “Menschlichkeit” est l’humanité, “übermensh” est plus un “surhumain” qu’un “surhomme”. Le terme implique la notion de dépassement de l’humain. L’Übermensch est au-delà de l’humain, par delà le bien et le mal dictés par notre décadence morale. Le surhumain est une “transmutation de toutes les valeurs” vers notre racine profonde. Le surhumain nietzschéen n’est pas l’avènement d’une “race supérieure”, mais le résultat d’une transformation sociale de toutes nos valeurs pour nous faire accéder au détachement, au lâcher-prise total et donc à l’aboutissement de notre humanité tant au plan individuel que par rayonnement, collectif…) Cette image est en relation avec le terme alchimique de sublimatio, dans lequel une substance disparaît (ou est dépassée) à un niveau pour réapparaître à un plus haut niveau sous une forme différente. Dans la mesure où un programme peut-être détecté dans les dernières folles lettres de Nietzsche, c’est de cela qu’il s’agit.

Un rejet de la religion basé sur l’expérience (du “rien”) sera infusé avec ce à quoi il s’oppose si le Rien soudainement apparaît comme vide dynamique ou comme Tao dans le sens chinois de ce terme. (Quel dommage que Nietzsche contrairement à Oscar Wilde, n’ait jamais lu Tchouang Tseu). Au-delà de la dichotomie entre l’esprit et la matière proposé par les religions et philosophies occidentales, il persiste quelque chose au sujet duquel rien ne peut être dit, un rien qui n’est ni esprit, ni matière.

La conscience dans un sens forme une barrière contre l’expérience positive de ce vide dynamique (ou “chaos”), mais en un autre sens (paradoxal), elle peut être accordée au Tao et même parler de son point de vue. Dans l’harmonie agnostique de Dionysos et du Crucifié se trouve une expérience dramatisée d’une telle dialectique taoïste. Dans un sens, Nietzsche était le premier nietzschéen, le premier converti à sa propre religion, les textes des lettres sanctifient ce moment et insistent sur sa capacité destructrice. Nietzsche a échoué à survivre sa plus authentique expression (en tout cas finale). “devenir dieu” n’est pas tout à fait la même chose qu’atteindre le Tao (ou peut-être l’est-ce puisque les taoïstes sont aussi dit être “fous”…). en tous les cas, la solution de Nietzsche semble avoir fait long-feu. Ou peut-être pas après tout, nous ne devrions pas fétichiser sa folie, qui a bien pu être purement physiologique et non pas morale. Peut-être que si Nietzsche avait vécu plus longtemps (autrement que sous la forme d’un légume dans les dernières années de sa vie), il aurait sans doute trouvé la solution. Mais sommes-nous maudits au point de devoir réussir là où il a échoué ?

Il est possible de croire que la religion est simplement une illusion infantile et que l’humanité va la dépasser, comme ce fut prédit par tous les grands matérialistes du XIXème siècle, Nietzsche inclus. Ce concept évolutionniste de la conscience humaine quoi qu’il en soit, peut-être questionné (aussi sur une base nietzschéenne). Et nous pourrions dire que la “religion” représente une actualité récurrente et émergente dans la conscience, qui ne peut pas être effacée mais plutôt seulement transformée. Les transformations sont inévitables, mais pas toujours déterministes par nature. La “volonté” joue un rôle, peut-être pas de causalité, mais elle est co-créatirice. La religion retourne, mais peut-être pas toujours comme la même chose (même les cycles récurrents spiralent). Du point de vue de l’histoire, la religion refuse de partir. Une hostilité envers ce processus est sans doute futile ; tenter de transformer sera plus judicieux et constructif. Cette tentative nécessiterait une certaine dose d’identité avec le processus en lui-même, ainsi donc l’apparence de Dionysos / Christ en 1889.

En regard de tout ce que nous avons appris au sujet de l’histoire des religions depuis la fin du XIXème siècle, nous pourrions suggérer bien de ces coïncidences, certaines peut-être même plus précises et efficaces que celles de Nietzsche. Quoi qu’il en soit, nous devrions hésiter à proposer un culte (toujours dangereux de s’aventurer sur ce terrain avec Nietzsche, qui était après tout un prophète). Quoi qu’il en soit je pense que quelqu’un pourrait au moins prendre sérieusement le projet de Nietzsche, malgré son apparence au moment même de sa “crucifixion” En tant que théologien, Nietzsche a la distinction de proposer une religion honnêtement fondée sur “rien”, sur ce même “rien”, qui est devenu notre propre monde théologique aux XIXème et XXème siècles. Au fond matériel si on peut dire. Le fond sans roches.

Nietzsche s’est signé “Nietzsche” dans ses lettres à Burckhardt, mais parle comme si divinement infusé : “Ce qui est désagréable et offense ma modestie est qu’au fond, je suit tout nom dans l’histoire… Je considère avec une certaine méfiance si ce n’est pas le cas que tout ce qui vient dans le royaume de dieu vient aussi de dieu… Cher professeur, vous devriez voir cet édifice : comme je ne suis pas du tout expérimenté dans les choses que je crée, vous avez droit à toute critique ; je suis reconnaissant sans être capable de promettre que je profiterai. Nous les artistes sommes incorrigibles.” Certainement une moquerie de dieu en ces paroles, matériel adéquat pour une liturgie.

Nous avons déjà imaginé le pire des résultats d’un culte du Dionysos / Crucifié  la possibilité que ceci ait conduit Nietzsche à la folie. Au delà de cet abysse particulier (si semblable à l’Abyssinie de Rimbaud), nous pouvons considérer les cas de quelques possibilités utopiques (tout en gardant à l’esprit que nous prenons le modèle Dionysos / Crucifié comme étant inspirateur plutôt que dogmatique). Les avantages d’un Nietzsche théologien furent explorés par le bref mais populaire, maintenant oublié “dieu est mort”, école de la théologie chrétienne, qui a eu quelques idées intéressantes, particulièrement dans le domaine de l’éthique. Parlant généralement, le modèle Dionysos / Crucifié comme enthéogénique est une religion “sans autorité”, radicalement antinomique, quelque part comme Toland envisionnait sa “renaissance druidique”, une foi pour les hommes libres. Et comme dans le panthéisme de Toland (il a introduit ce mot dans la langue anglaise), cela envisage le microcosme comme à la fois plein emblème et substance complète du macrocosme, immanence et transcendance.

Ceci explique le paganisme de Toland et de Nietzsche, leur tendance à accepter une diffraction infinie de la lumière divine, tout centre “comme le centre” (et ceci est le signe d’un hellénisme tardif que les deux penseurs partagent). Toland en imaginant le druide et Nietzsche en parlant du “rhapsodiste primitif”, ont déjà eu l’intuition d’une théorie du shamanisme comme une religion sans séparation, fondée sur l’expérience plutôt que sur l’autorité, une sorte d’auto-sanctification théologique. Le shamanisme est souvent fondé sur des pratiques enthéogéniques impliquant des plantes secrètes, qui (en combinaison avec un rituel valorisateur), fournit un sacrement efficace ou une démocratie de l’illumination.

L’école du “dieu est mort” a fait remarquer les conséquences logiques d’une situation de crise (la mort de dieu) en une éthique de situation. En termes traditionnels soufis on peut parler d’une éthique basée sur l’imagination, la Volonté et le risque, plutôt que sur une moralité catégorielle. Et là où il y a une éthique, il y aura une politique, ancrée dans le principe de l’élévation de l’humain au delà de tous les principes de base. De plus, la conscience agoniste du modèle Dionysos / Crucifié la prédestine au rôle antagoniste dans l’histoire millénaire, la religion comme révolution. Seulement dans la lutte peut le modèle Dionysos / Crucifié en venir à saturer sa propre identité, une saturation qui pointe directement au social (ou à l’harmonie comme Fourier l’appelait), pour la réalisation des désirs utopiques. En bref, alors que le Capital triomphe sur le Social comme contre toutes les spiritualités, la spiritualité elle-même se retrouve réalignée avec la révolution.

L’argent comme forme finale de la norme (l’ultime solide platonicien) a bougé en une étape gnostique numismatique dans laquelle 90% de tout l’argent ne réfère qu’à un autre argent, le solide est en fait une bulle mondiale. L’argent est totalement spiritualisé et retient tout le pouvoir du monde, quelque chose que même dieu n’a pas pu accomplir. La religion n’a maintenant plus aucune utilité pour le capital excepté d’être une maison de stockage d’images de la commodification et de la consommation. Sans une telle situation, la “religion” telle que nous la voyons ne peut que capituler ou résister, il n’y a pas de troisième voie.

La révolte de la religion pourrait bien prendre la forme d’une révolution conservatrice et ce danger doit être considéré dans tout imaginaire fondé sur une théologie nietzschéenne. Communitas peut virer en une communion extatique et le culte prométhéen de l’ego (cartésien). Mais il y a toujours eu des nietzschéens de gauche et je n’ai pas besoin de répéter leurs arguments, Nietzsche lui-même incendia de manière moqueuse ceux qui croient qu’ “au-delà du bien et du mal” veut dire de faire le mal. La liberté réside dans les ambigüités.

A Turin en 1889, Nietzsche vit un cocher fouetter violemment son cheval. Il se précipita et enlaça l’animal pour le protéger de son corps, puis il perdit connaissance. (NdT: ce qui est connu sous le vocable de “l’incident de Turin”…) Lorsqu’il reprit connaissance, il écrivit les dernières folles lettres. Ces images absurdes ont le pur pouvoir surréaliste d’un moment messianique, parfaitement adéquat pour des vitraux post-millénaire ou “un autel du livre”. La modernité récurrente de Nietzsche le révèle comme un prophète, un saint. Et en tant qu’écriture moderne, les dernières lettres de Nietzsche se devaient bien sur d’être folles.

—NYC, November 1996

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lI n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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Ex nihilo nihil est…

Campagne de tyrannie médicale : Nous n’obéirons pas !

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Brandon Smith appelle un chat un chat et propose des solutions, il confirme aussi ce que nous disons depuis un bon moment, la croisée des chemins arrivent, il faudra faire un choix et comme le disait si justement le grand historien Howard Zinn : “On ne peut pas être neutre dans un train en marche.” L’humanité vaincra au delà de toutes les impostures et tyrannie. Organisation et désobéissance civile généralisées !..
A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent et à bas le salariat !
~ Résistance 71 ~

Nous n’obéirons pas ! Une campagne contre la tyrannie médicale

Brandon Smith

5 août 2021

source de l’article en français :

https://lesakerfrancophone.fr/nous-nobeirons-pas-une-campagne-contre-la-tyrannie-medicale

J’ai écrit fiévreusement ces derniers temps sur les questions de mandats Covid et de passeports vaccinaux, et je suis sûr que la plupart des lecteurs comprennent pourquoi – Nous sommes actuellement à l’aube d’un grand conflit contre les pouvoirs en place ; des gens qui exploitent la crise Covid (largement fabriquée) pour exercer un contrôle politique et économique sans précédent. Et quand je dis « fabriquée », je veux dire qu’il n’y a pas de crise, pas besoin de mandats, pas besoin de confinement et pas besoin de passeports vaccinaux.

Nous avons affaire à un virus auquel 99,7 % des gens survivront facilement selon les études et les statistiques de l’establishment médical et de nombreuses études indépendantes, mais pour une raison quelconque, les médias et les gouvernements nous bombardent de propos alarmistes.

Pourquoi la seule solution proposée au grand public implique-t-elle que nous renoncions à toutes nos libertés et à notre autonomie médicale ? Pourquoi 99,7 % de la population est-elle censée s’enfermer, se masquer et se soumettre à un vaccin expérimental à ARNm dont l’innocuité n’est pas prouvée par des tests à long terme ? Pourquoi les 0,26 % de personnes qui risquent vraiment de mourir du virus ne prennent-elles pas simplement des précautions ou ne restent-elles pas chez elles pendant que le reste d’entre nous mène une vie normale ? Bon sang, je ne verrais pas d’inconvénient à contribuer à un fonds destiné à soutenir les 0,26 % de personnes à risque, à aider leurs familles et à payer leurs factures médicales.

La Réserve fédérale et d’autres banques centrales ont dépensé des milliers de milliards de dollars en mesures de relance et en prêts PPP pour empêcher les entreprises de faire complètement faillite et pour empêcher les travailleurs « non essentiels » de mourir de faim pendant les premiers arrêts de production. Mais, nous aurions pu simplement maintenir l’économie en marche pendant tout ce temps et payer une fraction de ce coût pour aider l’infime minorité de personnes qui souffriraient réellement de la maladie.

Oui, c’est vrai, je vais le répéter encore et encore parce que je vois encore aujourd’hui les médias et les adeptes mal informés sur la Covid-19 prétendre que le taux de mortalité de la Covid-19 est beaucoup plus élevé. Ce n’est pas le cas. Le taux médian de mortalité par infection de la Covid est SEULEMENT de 0,26%. C’est un FAIT. C’est la science selon la grande majorité des études médicales sur l’IFR. Laissez-moi vous répéter : le monde entier est enfermé et on nous dit que nous devons renoncer à nos libertés humaines inhérentes parce que 0,26% de la population pourrait avoir plus qu’un reniflement et un brouillard cérébral à cause d’une infection Covid. Pourquoi ?

Eh bien, c’est facile ; parce que la réponse et les restrictions concernant la Covid-19 n’ont rien à voir avec la santé publique et tout à voir avec le contrôle public.

Cet article est un peu différent de ce que j’écris habituellement, car il ne s’agit pas tant d’un appel à la raison pure ou à la science pure que d’un appel aux principes. De nombreux lecteurs m’ont demandé dernièrement s’il n’était pas préférable d’argumenter contre les mandats de lutte contre les pandémies en se fondant sur des idéaux et des principes plutôt que de marteler la science. Je pense qu’il est important de faire les deux, mais prenons un moment pour considérer la question morale et uniquement la question morale. Pour ce faire, nous devons poser quelques questions simples :

Qui a le droit de contrôler vos décisions médicales ? Qui est qualifié pour contrôler votre droit constitutionnel à la vie, à la liberté et au droit de rechercher la prospérité ? Qui devrait avoir le pouvoir de vous dire ce que vous pouvez dire, où vous pouvez travailler, où vous pouvez acheter, où vous pouvez vendre, où vous pouvez marcher, où vous pouvez voyager, en quoi vous devez croire ?

La réponse est PERSONNE, sauf vous-même. Mais bien sûr, le culte Covid et les personnes qui bénéficient de la pandémie prétendront que vos droits ne s’appliquent plus lorsque vous « mettez la vie des autres en danger ». C’est le vieil argument du contrat social – Vous faites « partie d’une société », donc la société a des attentes qui supplantent vos droits. Tout cela n’a aucun sens, mais c’est une stratégie classique utilisée par tous les totalitaires des temps modernes. Il n’a jamais été question de ce que la « société » veut, il n’a jamais été question que de ce que les tyrans veulent.

Comme je l’ai noté dans de nombreux articles, avec des faits et des preuves scientifiques sans fin, personne qui veut rester libre des mandats de vaccination ou des passeports vaccinaux ne met les autres en danger. Encore une fois, le taux de mortalité médian pour la Covid est de 0,26% et ni les mandats, ni les masques, ni les vaccins n’ont mis un terme à la pandémie. Il est intéressant de noter que ce sont les États où les mesures de confinement et les restrictions concernant les masques sont les plus sévères qui ont enregistré les taux d’infection les plus élevés au cours des 18 derniers mois. Même à l’heure actuelle, des milliers de personnes entièrement vaccinées contractent la Covid par des « cas isolés », et certaines d’entre elles sont décédées. Les infections et les décès ont chuté en janvier, bien avant que les vaccins ne soient fabriqués à grande échelle. En février, seuls 5 % de la population américaine avaient été vaccinés avec une seule dose. Le fait est que les vaccins n’ont rien donné.

Même si je faisais partie des 0,26 % de personnes qui risquent de mourir, je n’exigerais JAMAIS que les 99,7 % restants de la population renoncent à leurs libertés et à celles de leurs enfants pour que je puisse me sentir un peu plus en sécurité. Ce serait un acte de folie égoïste.

Mais disons pour un moment que nous mettons de côté toute la science qui soutient la position anti-mandat. Et si le taux de mortalité du virus était beaucoup plus élevé ? Et si nous avions affaire au virus Ebola ou à un autre agent pathogène dangereux ? Et si 1 personne sur 100 était à risque ? Et si 1 personne sur 10 était en danger ? La tyrannie médicale et les confinements de masse seraient-ils alors acceptables ? La réponse est non, ils ne le seraient pas.

Pourquoi ? Honnêtement, c’est une question de qui est au pouvoir et qui met en œuvre de tels mandats. Pourquoi devrions-nous avoir une confiance aveugle dans des gouvernements composés d’élitistes et de globalistes corrompus ? Qui sont-ils pour veiller à nos intérêts ? Comment ces personnes sont-elles qualifiées pour protéger la confiance du public ? Ils ne sont pas qualifiés et ne le seront jamais.

Ils ne se soucient pas de nous. Ils ne cherchent qu’à servir leurs propres intérêts et à faire avancer leurs propres agendas. Il suffit de voir à quel point des institutions globalistes comme le Forum économique mondial se sont emballées, qualifiant la pandémie d’« opportunité«  pour faire passer en force leur programme de « Grand Reset ». Ces goules ne sont pas le genre de personnes que le public veut voir en charge de la micro-gestion de leur vie.

Il appartient donc à l’individu de se protéger comme il l’entend, mais l’establishment nous dit que nous ne sommes pas capables de le faire. Nous devons plutôt nous en remettre à leur « meilleur jugement ». Ils sont censés être plus intelligents que nous tous, et en tant que technocrates « bienveillants », eux seuls ont la connaissance et la droiture nécessaires pour déterminer le cours de l’avenir de chaque personne vivante.

Les globalistes comme Gideon Lichfield du MIT nous ont dit exactement quel était le plan en mars 2020 dans un article intitulé « Nous ne reviendrons pas à la normale« . Ils admettent que l’objectif a toujours été d’instaurer des restrictions sur les passeports vaccinaux qui dureront de nombreuses années, voire pour toujours. Extrait de l’article :

En fin de compte, cependant, je prédis que nous rétablirons la capacité de socialiser en toute sécurité en développant des moyens plus sophistiqués d’identifier qui est un risque de maladie et qui ne l’est pas, et de discriminer légalement ceux qui le sont.

… on peut imaginer un monde dans lequel, pour prendre un vol, il faudra peut-être s’inscrire à un service qui suit vos déplacements via votre téléphone. La compagnie aérienne ne serait pas en mesure de voir où vous êtes allé, mais elle serait alertée si vous avez été à proximité de personnes infectées ou de foyers de maladie connus. Des exigences similaires s’appliqueraient à l’entrée des grandes salles de spectacle, des bâtiments publics ou des plates-formes de transport public. Il y aurait des scanners de température partout, et votre lieu de travail pourrait vous demander de porter un moniteur qui suit votre température ou d’autres signes vitaux. Là où les boîtes de nuit demandent une preuve d’âge, elles pourraient à l’avenir demander une preuve d’immunité – une carte d’identité ou une sorte de vérification numérique via votre téléphone, montrant que vous avez déjà récupéré ou été vacciné contre les dernières souches de virus.

Je vous dis que c’est la philosophie classique de presque tous les monstres semi-humains qui ont jamais vécu. C’est l’idéologie des sociopathes narcissiques. La religion des robots sans âme. Certains des plus grands maux connus de l’humanité ont été commis au nom du « plus grand bien du plus grand nombre ». Ce mantra ne peut être toléré en aucune circonstance ; on ne peut le laisser infecter notre nation et supplanter nos valeurs les plus profondes. Parce que si cela se produit, nous pourrions nous retrouver esclaves du système pendant très longtemps.

Comme je le préviens depuis un an, de nombreux gouvernements maintiennent ou réintègrent (dans le cas des États-Unis) des mesures de confinement et de restriction en cas de pandémie, et il devrait être clair pour tout le monde que ce processus circulaire de tyrannie médicale n’est pas prêt de s’arrêter. Il n’est jamais censé se terminer. L’objectif de l’establishment, des globalistes et des gouvernements, est de maintenir les restrictions en place indéfiniment.

Les médias grand public ont constamment attaqué l’affirmation selon laquelle les gouvernements appliqueraient les passeports vaccinaux comme une théorie du complot. Maintenant, ils admettent ouvertement que le plan est d’instituer des passeports vaccinaux et ils le défendent vigoureusement. Ils discutent avec une ferveur avide de la manière dont ils pourraient être en mesure de FORCER ou d’obliger chaque personne à se faire vacciner, même si elle ne le souhaite pas et même si le vaccin ne sert à rien.

J’ai mes propres doutes sur le vaccin, sa finalité et sa sécurité, mais n’oublions pas que le vaccin est au minimum un tremplin vers les passeports vaccinaux. Les passeports sont la clé de tout. Sans les passeports, la tyrannie médicale ne peut être établie. Sans les passeports, ils n’ont aucun moyen de pression sur la population pour dicter les aspects fondamentaux de nos vies. Ils ont BESOIN des passeports afin d’obtenir leur « Grand Reset ». Sans un système de crédit social de type « papiers s’il vous plaît » en place, leur « Reset » s’effondrera.

Il est donc impératif par-dessus tout que les passeports vaccinaux ne soient jamais autorisés à prendre racine. Le programme doit être arrêté et détruit.

Je ne suis pas un « influenceur » majeur dans les cercles conservateurs ou du mouvement de la liberté. Je ne suis pas une grande personnalité de YouTube ou un Juggernaut médiatique. Je n’ai pas le soutien d’une grande entreprise ou des poches profondes pour stimuler une campagne nationale. Je n’aime pas particulièrement parler en public, même si j’ai appris à le faire. Je suis simplement un écrivain qui aime les valeurs de la liberté, les valeurs de la raison et, dans de nombreux cas, les valeurs de la foi qui donnent un sens à l’humanité. Et ce que je vois, c’est un besoin extrêmement sérieux ; le besoin d’une ligne de front organisée contre la tempête de la dictature qui est à notre porte.

Ce que je suggère est simple : une campagne nationale contre les passeports médicaux. Les globalistes, les socialistes et les corporatistes comprennent le concept de « pression » et savent comment l’appliquer pour obtenir ce qu’ils veulent. Je crois que nous devons également apprendre à exercer des pressions dans le sens inverse. Il ne suffit pas de rester assis dans nos maisons, isolés les uns des autres, en sachant que des millions d’autres personnes ressentent la même chose que nous. Nous devons aussi agir.

Nous devons envoyer un message : NOUS NE NOUS SOUMETTRONS PAS !

Je ne suis pas sûr qu’une seule personne ait le « poids » nécessaire pour mener cette campagne seule, et c’est probablement mieux ainsi. Ce qu’il faut, c’est un mouvement de masse uni par des principes, et non un mouvement empêtré dans un culte de la personnalité.

Il existe de nombreuses façons d’y parvenir, des actions simples aux stratégies plus complexes. Tout militant de la liberté peut envoyer un message par le biais de pancartes, d’autocollants pour pare-chocs, de publicités, de panneaux d’affichage, etc., rappelant à l’establishment que nous refuserons de nous soumettre au vaccin ou aux passeports vaccinaux en toutes circonstances. Ils doivent comprendre que rien de ce qu’ils peuvent faire ne nous fera changer d’avis. Rien.

La principale stratégie de la secte Covid a été de travailler avec de grandes entreprises pour exiger des preuves de vaccination (passeports vaccinaux). Nous devons faire savoir à ces entreprises, sans ambiguïté, que nous cesserons tout soutien comme consommateur à leurs activités. Nous ne travaillerons pas pour elles et nous ne leur donnerons pas un centime de notre argent. Au lieu de cela, nous nous adresserons à de plus petites entreprises locales, pour savoir si elles font partie de la campagne « Nous ne nous conformerons pas », et si c’est le cas, nous les soutiendrons à la place. Il est temps de donner une leçon à ces entreprises et de les mettre hors service en retirant notre argent et notre travail de leurs poches.

La stratégie suivante de l’establishment a été de rendre obligatoire la vaccination des fonctionnaires. Encore une fois, les débrayages massifs sont la solution. Laissez-les transpirer en perdant la moitié de leurs effectifs. Et puis peut-être les traîner en justice. Enterrez-les dans des procès tout en étranglant leur capacité à fonctionner.

Finalement, l’administration Biden va tenter de mettre en place des fermetures et des contrôles de vaccins au niveau fédéral. Ce n’est qu’une question de temps. C’est là que l’organisation est vitale. Les comtés et les États à majorité conservatrice et défenseurs des libertés doivent s’unir et dire une fois de plus « Nous ne nous plierons pas ». Si le gouvernement de votre État est de la partie et défie Biden, ce sera encore plus utile, mais ne faites pas l’erreur de croire que les gouvernements des États seront les seuls à vous protéger. Vous devez être organisés au niveau local, avec votre communauté et les entreprises locales prêtes à prendre position. Cela doit commencer maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.

Enfin, si la secte Covid décide d’utiliser la force directe comme option, nous devons être prêts à riposter. Sans organisation locale au minimum, se défendre sera difficile voire impossible. Cela signifie qu’il faut faire revenir une vieille tactique des Pères Fondateurs : La milice.

Il y a un temps pour la préparation et un temps pour la prise de risques. Sans risque, il n’y a pas de liberté. Nous approchons rapidement d’un moment où les joueurs et les vrais croyants pourraient décider du sort du monde pour le prochain siècle. Un mouvement populaire et organique doit être rassemblé pour lutter contre la marée montante du totalitarisme. Chacun de nous ne peut faire que sa petite part, mais ensemble, de concert, je crois que nous pouvons arrêter la tyrannie médicale et le Reset dans son élan et même inverser les dommages causés.

Je crois que nous vivons ici, à ce carrefour, pour une raison. Je crois que nous sommes censés être ici, que nous avons la chance d’être les bonnes personnes au bon endroit et au bon moment. Je crois que nous pouvons mettre fin à ce mal, mais seulement si nous osons essayer. Cela commence par un simple geste : Dire au monde « Nous ne nous soumettrons pas ! » Et ensuite, nous devons tenir notre promesse.

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

ARNm_poison
STOP POISON !!…

Escroquerie COVID : L’Injection OGM pseudo-vaccinale comme phase 1 de la grille de contrôle technotronique (Brandon Smith)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 28 août 2021 by Résistance 71

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Article intéressant auquel nous adhérons en bien des points, mais BS devrait cesser d’appeler ces injections OGM des “vaccins”, car elles ne le sont en rien.
A chaque fois que vous lisez dans cet article ou d’autres le mot “vaccin” ou “vacciné”, remplacez-le mentalement et compréhensivement par les mots “injection OGM” et “injecté”, car ceci est la RÉALITÉ de toute cette affaire de supercherie et de manipulation destructrices planétaires suivant un plan oligarchique néo-malthusien de longue date.
~ Résistance 71 ~

Pourquoi les globalistes et les gouvernements veulent-ils à tout prix un taux de vaccination de 100%

Brandon Smith

Juillet 2021

url de l’article en français:
https://lesakerfrancophone.fr/pourquoi-les-globalistes-et-les-gouvernements-veulent-ils-a-tout-prix-un-taux-de-vaccination-de-100

Je ne pense pas être la seule personne à l’avoir remarqué – Il y a eu un déluge soudain de propagande sur la vaccination Covid et sur le passeport vaccinal au cours du mois dernier, plus que ce que nous avons vu, je pense, depuis le début de l’année. Je parle des États-Unis en particulier, mais il est important de souligner qu’aux États-Unis, l’establishment réclame toujours désespérément un taux de vaccination beaucoup plus élevé. Dans des pays comme l’Europe, le Royaume-Uni et l’Australie, les taux de vaccination sont plus élevés et les gouvernements sont passés à la phase de passeport vaccinal de leur programme.

Certaines personnes peuvent être déconcertées par le fait que la plupart des pays s’engagent dans la voie des mandats et des restrictions en matière de vaccins. Comment est-il possible que presque tous les gouvernements de la planète soient d’accord sur le totalitarisme médical ? Eh bien, c’est assez facile à comprendre quand on sait que la majorité d’entre eux sont liés entre eux par des institutions globalistes comme le Forum économique global, qui a qualifié à plusieurs reprises la pandémie d’« occasion parfaite«  pour faire passer ses projets de « Grand Reset ».

Le « Grand Reset » est une usurpation idéologique à long terme de ce qui reste de la liberté individuelle et des économies de marché, et son objectif est l’imposition d’une dictature socialiste/communiste globale. Les globalistes enveloppent ces objectifs dans de jolis mots et des aspirations humanitaires, mais au fond, le « Reset » vise à mettre fin à la liberté telle que nous la connaissons. Ce n’est pas une exagération, c’est la réalité ; c’est ce que ces gens désirent par-dessus tout. Mais comment atteindre un tel objectif ?

Eh bien, de manière intéressante, le WEF et la Fondation Bill Et Melinda Gates ont décrit exactement comment ils prévoyaient de le faire au cours d’une « simulation » qu’ils ont organisée en octobre 2019, appelée « Event 201« . Au cours de cet événement, ils ont imaginé une pandémie massive de coronavirus, qui se propagerait soi-disant des animaux aux humains, ce qui faciliterait la nécessité de restrictions omniprésentes sur les libertés individuelles, les économies nationales ainsi que l’internet et les médias sociaux. Je suis sûr que tout cela n’est qu’une coïncidence, mais le même scénario que les globalistes du WEF ont joué pendant l’« Event 201 » s’est produit dans le monde réel seulement deux mois plus tard.

En tout cas, la pandémie elle-même a été une aubaine pour les globalistes. Nous n’avons pas vu une telle prise de pouvoir des gouvernements et des entreprises depuis la montée des national-socialistes en Europe et la propagation du communisme en Russie et en Chine il y a presque un siècle. En fait, je dirais que ce à quoi l’humanité dans son ensemble est confrontée aujourd’hui est bien pire que ce que ces misérables empires ont pu produire.

Il n’y a aucun doute : les institutions globalistes et leurs « partenaires » gouvernementaux sont les plus grands bénéficiaires de la crise Covid. Ils s’apprêtent à acquérir le pouvoir social et politique ultime si leur programme d’exploitation de la pandémie réussit.

Cela dit, il y a quelques obstacles dans leur plan, et c’est pourquoi je crois que nous assistons à une poussée de propagande agressive ces dernières semaines. Par exemple, comme je l’ai souligné avec de nombreuses preuves dans mon article « Le plan de Biden pour une force d’intervention en matière de vaccins pue le désespoir« , il apparaît que le taux de vaccination, en particulier aux États-Unis, est loin d’être aussi élevé que les élites le souhaiteraient.

Alors que l’administration Biden et le CDC revendiquent un taux de vaccination global de 67 %, de nombreuses autres statistiques, dont les chiffres de la carte des États de la clinique Mayo, indiquent que seuls quatre États américains ont un taux de vaccination supérieur à 65 % (pour une dose ou plus), et que la majorité des États ont des taux de 50 % ou moins. Même les États bleus à forte population, comme la Californie et New York, ne dépassent pas la barre des 65 %, et franchement, ces chiffres ne vont nulle part car les vaccinations sont en chute libre.

Si quelqu’un ne s’est pas présenté à ce jour avec des temps d’attente nuls et des doses abondantes partout, alors il est peu probable qu’il soit un jour vacciné.

Des statistiques contradictoires me laissent penser que Biden et le CDC gonflent leurs chiffres de vaccination pour créer l’illusion qu’une plus grande majorité d’Américains soutient le vaccin. Et si c’est le cas, cela explique pourquoi Biden, Fauci et les médias grand public gavent le public d’un battage publicitaire pro-vaccins qui contredit systématiquement les données scientifiques réelles. Ils n’obtiennent pas la peur et la conformité du public qu’ils espéraient.

Mais pourquoi veulent-ils une vaccination à 100 % ? Pourquoi veulent-ils à tout prix que chaque personne dans le monde reçoive le vaccin à ARNm ?

Après tout, le taux de mortalité moyen (IFR) de la Covid est de seulement 0,26 % des personnes infectées (c’est une statistique que les médias refusent systématiquement et délibérément de mentionner au public). Cela signifie que la Covid ne représente AUCUN risque pour 99,7% du public, qu’il soit vacciné ou non.

Les vaccins garantissent-ils de meilleures chances ? Eh bien, selon des statistiques récentes du Massachusetts, pas nécessairement, puisqu’elles font état de plus de 5100 infections et de 80 décès de patients entièrement vaccinés. Les médias ne cessent de nous dire que seuls les non-vaccinés meurent, mais c’est un mensonge, comme tant d’autres mensonges qu’ils colportent à propos de la Covid-19. Alors, quel est l’intérêt de prendre un vaccin expérimental si le taux de mortalité du virus est si faible et si le vaccin ne vous protège pas nécessairement ?

Il n’y a aucun intérêt. La science et les statistiques ne le soutiennent pas. Les vaccins ne peuvent même pas être crédités de la baisse des infections et des décès cette année ; les chiffres ont chuté en janvier – seuls 5% de la population étaient vaccinés en février. La seule explication à cela est que la population a atteint l’immunité collective il y a plusieurs mois. Rappelez-vous quand les gouvernements disaient qu’ils avaient besoin d’une immunité de troupeau ou d’une vaccination de 70% pour mettre fin aux blocages et aux mandats ? Les poteaux de but ont été déplacés plusieurs fois et la « science » du gouvernement change tous les mois. Aujourd’hui, ils prétendent que l’immunité collective n’a pas d’importance et exigent une vaccination à 100 %.

Nous devons à nouveau poser la question : pourquoi le gouvernement pousse-t-il sans relâche à une saturation totale en vaccins ? Cela ne sauve pas de vies, et les mandats restent inchangés, alors pourquoi ?

Je ne peux qu’émettre des théories basées sur les preuves disponibles, mais je pense qu’il est clair pour la plupart d’entre nous que les vaccins n’ont PAS pour but la santé publique ni de sauver des vies. Ils ont manifestement un autre objectif…

Comme de nombreux experts en virologie et en vaccins l’ont signalé au cours de l’année écoulée, la technologie expérimentale de l’ARNm présente un risque élevé d’effets secondaires nocifs pour la santé. Même l’un des créateurs des vaccins à ARNm a laissé entendre qu’il était dangereux de déployer ces cocktails de manipulation génétique sans effectuer davantage de tests. Il convient de noter les préoccupations concernant les troubles à long terme tels que les troubles auto-immunes et l’infertilité.

Les médias grand public et les globalistes soutiendront qu’il n’y a « aucune preuve » que les vaccins à ARNm provoqueront des effets secondaires mortels ou l’infertilité. Je répondrai qu’il n’y a AUCUNE PREUVE que ces vaccins sont sûrs. La plupart des vaccins sont testés sur une période de 10 à 15 ans avant d’être mis à la disposition du public. Les vaccins Covid ont été lâchés sur le public en quelques mois. Honnêtement, je n’ai pas l’intention de servir de cobaye pour un vaccin non testé.

Mais que faire si les élites savent exactement quels seront les effets secondaires ? Et si les vaccins étaient un élément central de leur « Grand Reset » ?

La question de l’infertilité, en particulier, suscite le plus de critiques de la part de l’establishment, et je voudrais souligner un récit particulièrement insidieux implanté dans les médias. Chaque fois que les gens remettent en question le risque de stérilité causé par les vaccins, les bureaucrates et les têtes parlantes des médias passent à l’attaque, puis disent : « Il n’y a aucune preuve que les vaccins causent la stérilité, mais la Covid-19 pourrait la causer… ». Il suffit de regarder ce récent discours du gouverneur de l’Arkansas où lui et son larbin médical ont presque été chassés du podium par un public en colère pour avoir colporté la même propagande :

Et voilà. Le décor est planté, à mon avis, pour un événement d’infertilité de masse, et la Covid-19 sera accusé à la place des vaccins expérimentaux. C’est pourquoi l’establishment a besoin d’un taux de vaccination de 100% ; les personnes non vaccinées seraient la preuve de leur crime. Laissez-moi vous expliquer…

Ce qui me préoccupe, c’est que le programme de Reset de Klaus Schwab est impossible à appliquer de manière permanente, à moins que la population humaine ne soit fortement réduite sur une courte période (une génération ou deux). Les globalistes parlent constamment de contrôle et de réduction de la population. Des élites comme Bill Gates sont célèbres pour cela. Faut-il s’étonner qu’ils conçoivent un plan pour l’instaurer ?

Et si, comme de nombreux experts l’ont suggéré, les effets secondaires des vaccins créaient cette condition de diminution de la population ? Et si c’était le cas ? Nous ne le saurons pas avec certitude avant quelques années au moins, car les troubles auto-immunes et l’infertilité mettent du temps à se manifester dans une population. Le délai moyen pour diagnostiquer un trouble auto-immune est de 4,5 ans. Le diagnostic de l’infertilité peut prendre de six mois à un an.

Si des millions de personnes ne sont toujours pas vaccinées au cours des deux prochaines années, elles constitueront un groupe de contrôle important et indéniable. Un groupe témoin est un groupe de sujets qui agit comme un échantillon pur, non touché par une expérience sur un médicament ou un vaccin. Si le groupe vacciné tombe malade ou meurt de maladies spécifiques et que le groupe témoin ne présente pas ces mêmes maladies, c’est un bon signe que votre vaccin ou votre médicament est un poison.

La moitié des Américains et des pourcentages plus faibles dans d’autres pays constituent un groupe de contrôle pour les vaccins expérimentaux. Si quelque chose ne va pas avec les vaccins, nous en serons la preuve. Je soupçonne que c’est ce dont les élites ont vraiment peur.

Ils doivent nous forcer à être vaccinés également – nous tous, de sorte qu’il n’y ait pas de groupe de contrôle et donc pas de preuve de ce qu’ils ont fait. Ils pourraient simplement imputer les troubles de santé généralisés à la Covid elle-même, ou à un autre faux coupable.

Si les vaccins sont un cheval de Troie qui provoque une maladie ou une stérilité généralisée, et que les globalistes se font prendre parce qu’il existe un groupe de contrôle, alors cela signifiera pour eux une rébellion pure et simple ainsi que des cordes et des lampadaires. Leur « Grand Reset » s’effondrera.

Bien sûr, cela pourrait se produire de toute façon. Les passeports vaccinaux sont la ligne dans le sable pour la plupart des gens. Nous assistons même à d’importantes manifestations et émeutes dans des pays comme l’Italie, la France, le Royaume-Uni et l’Australie à cause de ce régime de passeport draconien. Mais c’est aux États-Unis que le plus gros combat aura lieu, à mon avis. Nous avons une population armée, des millions et des millions de vétérans et de civils entraînés au combat, une armée composée d’environ 70 % de conservateurs et d’indépendants et une compréhension historique de la guerre asymétrique. Comme nous l’avons vu dans des endroits comme l’Afghanistan, les tanks, les avions à réaction, les missiles et les drones ne garantissent pas la victoire contre une force de guérilla.

Les passeports vaccinaux n’arriveront pas ici. Nous ne le permettrons tout simplement pas.

Les globalistes ont mis en place une fin de partie – Cela pourrait être une fin de partie pour nous, mais cela pourrait aussi être une fin de partie pour eux. Ils ont un calendrier strict. Ils doivent obtenir des taux de vaccination proches de 100% dans les deux prochaines années ou plus tôt. Ils doivent mettre en place leurs passeports vaccinaux dans les deux prochaines années ou plus tôt. Et ils doivent instaurer des conditions de confinement permanent à court terme pour étouffer la dissidence croissante. Nous sommes maintenant dans une sorte de course dans laquelle les globalistes doivent mettre en œuvre leur programme le plus rapidement possible, tandis que nous devons résister et les retenir jusqu’à ce que la vérité devienne évidente pour les masses ; la vérité que les confinements, les mandats et les vaccins n’ont jamais eu pour but la sécurité, mais le contrôle – du contrôle social au contrôle de la population.

Brandon Smith

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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Changer le cours de l’histoire par une véritable compréhension du passé : Table-rase sur les poncifs historiques pour un changement radical de société avec David Graeber et David Wengrow

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , on 29 juillet 2021 by Résistance 71

DGDW
Comment changer le cours de l’histoire (du moins du passé)

“Mais alors, la vraie question n’est pas “quelles sont les origines de l’inégalité sociale ?” mais, alors que la majeure partie de notre histoire a connu des va-et-vient entre différents systèmes politiques, “comment sommes-nous arrivés à être aussi bloqués ?” “
~ Graeber & Wengrow ~

Superbe texte analyse de l’anthropologue David Graeber et de l’archéologue David Wengrow qui mettent un véritable coup de pied dans la fourmilière des poncifs historiques en tout genre concernant l’origine de l’État, des inégalités et autres considérations philosophico-historiques qui n’ont été considérées jusqu’ici qu’avec un préjudice et un biais répondant aux besoins oligarchiques de maintien et de renfort de l’idéologie du statu quo. Graeber nous a quitté l’an dernier, nul doute que Wengrow continue sur cette nouvelle lancée de vérité historique qui nous fait tant défaut.
~ Résistance 71 ~

Aube_de_l_histoire

Comment changer le cours de l’histoire (ou au moins du passé)

David Graeber et David Wengrow

Juillet 2018

source:
https://www.eurozine.com/comment-changer-le-cours-de-lhistoire/

Ce que nous avons l’habitude de nous raconter à propos de nos origines est faux et perpétue l’idée que l’inégalité sociale est inévitable. S’interrogeant sur la persistance du mythe de la « révolution agricole », David Graeber et David Wengrow affirment que nos ancêtres ont en fait bien plus à nous apprendre.

Au commencement était le verbe

Depuis des siècles, le récit expliquant les origines de l’inégalité sociale est simple. Pendant la plus grande partie de leur histoire, les hommes vécurent dans des petits groupes égalitaires de chasseurs-cueilleurs. Puis vint l’agriculture, accompagnée de la propriété privée, puis la naissance des villes signifiant l’émergence de la civilisation à proprement parler. Si la civilisation eut bien des aspects déplorables (les guerres, les impôts, la bureaucratie, la patriarchie, l’esclavage, etc.), elle rendit également possibles la littérature écrite, la science, la philosophie et la plupart des autres grands accomplissements humains.

Tout le monde, ou presque, connaît les grandes lignes de cette histoire. Depuis l’époque de Jean-Jacques Rousseau, au moins, elle a informé notre conception de la forme générale et de la direction de l’histoire humaine. Cela est d’autant plus important que ce récit définit dans le même temps ce que nous percevons comme nos possibilités politiques. La plupart d’entre nous considère la civilisation, et donc l’inégalité, comme une triste nécessité. Certains rêvent du retour à un passé utopique, de la découverte d’un équivalent industriel au “communisme primitif” ou même, dans les cas les plus extrêmes, de la destruction complète de la civilisation et du retour à une vie de cueillette. Personne, cependant, ne remet en cause la structure élémentaire de cette histoire.

Et pourtant, ce récit est fondamentalement problématique.
Car il n’est pas vrai.

Les très nombreuses preuves fournies par l’archéologie, l’anthropologie et les disciplines analogues commencent à donner une idée assez claire de l’aspect véritable des 40 000 dernières années de l’histoire humaine. Celle-ci ne ressemble presque en rien au récit qui en est communément admis. En réalité, notre espèce n’a pas passé la plupart de son histoire à vivre en petits groupes. L’agriculture n’a pas marqué un seuil irréversible de l’évolution sociale. Les premières villes étaient souvent fortement égalitaires. En dépit du consensus que les chercheurs ont atteint à propos de toutes ces questions, ils sont demeurés bizarrement hésitants à annoncer au public, ou même aux universitaires issus d’autres disciplines, leurs découvertes, et encore moins à s’interroger sur leurs implications politiques plus larges. C’est pourquoi les penseurs qui réfléchissent aux “grandes questions” soulevées par l’histoire humaine, comme Jared Diamond, Francis Fukuyama et Ian Morris, continuent de partir de la question rousseauiste (“Quelle est l’origine de l’inégalité sociale ?”) et présupposent que l’histoire commence par une sorte de chute loin de l’innocence primitive.

Le simple fait de poser ainsi la question correspond à une série de présupposés

  • Il existe une chose nommée “inégalité”
  • C’est un problème
  • Fut un temps, ce problème n’existait pas

Il est évident que depuis l’effondrement financier de 2008 et les bouleversements qu’il a causés, le “problème de l’inégalité sociale” est devenu le centre du débat politique. Il existe parmi les intellectuels et les hommes politiques un consensus apparent : le niveau des inégalités se serait emballé sans pouvoir être maîtrisé ; d’une façon ou d’une autre, tous les problèmes mondiaux en résulteraient. Une telle position peut être vue comme une remise en cause des structures du pouvoir mondial. Mais pensons à la manière dont ces problèmes étaient discutés il y a une génération. Contrairement à des termes comme “capital” ou “pouvoir de classe”, le mot “égalité” semble presque conçu pour conduire à des demi-mesures et au compromis. Il est possible d’imaginer le renversement du capitalisme ou la destruction du pouvoir étatique, mais bien plus difficile de concevoir l’élimination de l’inégalité. Et que cela voudrait-il dire, dans la mesure où les hommes ne sont pas identiques, et que personne ne souhaite véritablement qu’ils le soient ?

“L’inégalité” est une manière de poser les problèmes sociaux qui convient aux réformateurs technocrates, à ceux qui présupposent depuis le départ que toute conception d’une transformation sociale est depuis longtemps sortie du champ politique. Cette approche autorise à bricoler les chiffres, à débattre à propos des coefficients de Gini et des seuils de dysfonctionnement, à réajuster les régimes fiscaux et les mécanismes de l’État-providence, et même à choquer le public avec des chiffres démontrant la dégradation de la situation (“Imaginez-vous, 0,1% de la population mondiale contrôle plus de 50% de la richesse !”), sans s’attaquer à aucun des éléments critiqués dans le cadre d’arrangements sociaux si inégaux. Par exemple, la possibilité pour certains de transformer leur richesse en pouvoir exercé sur autrui ou le fait que d’autres finissent par s’entendre dire que leurs besoins sont sans importances, et que leur vie ne possèdent pas de valeur propre. On nous fait croire que de tels états de fait résultent inévitablement de l’inégalité et que l’inégalité résulte inévitablement de la vie dans une société de grande taille, complexe, urbaine et avancée technologiquement. Voici le véritable message politique que transmettent les évocations sans fin d’un âge de l’innocence existant avant l’invention de l’inégalité: si nous souhaitons nous débarrasser tout à fait de tels problèmes, il faudrait que nous nous débarrassions d’une manière ou d’une autre de 99,9% de la population mondiale et que nous devenions de nouveau des petits groupes de glaneurs. Dans le cas contraire, nous ne pouvons rien espérer de mieux que d’ajuster la taille de la botte qui nous écrasera, pour toujours, ou, pour certains d’entre nous et de manière temporaire, de se ménager une étroite marge de manoeuvre.

La science sociale conventionnelle semble désormais tendue vers le but de renforcer cet état de découragement. Presque tous les mois, nous sommes confrontés à des publications qui essaient de projeter l’obsession actuelle vis-à-vis de la distribution de la propriété jusqu’à l’âge de pierre, ce qui nous mène dans une quête fausse pour les “sociétés égalitaires” définies de manière telle qu’elles ne peuvent pas exister en dehors de petits groupes de glaneurs (et peut-être même pas dans ce cas-là). Dans cet article, nous essayons donc de faire deux choses. D’abord, nous passerons un peu de temps à examiner ce qui passe dans ce domaine pour des avis autorisés, afin de révéler les règles du jeu, en particulier comment les universitaires contemporains, apparemment les plus sophistiqués, finissent par reproduire la sagesse consensuelle qui avait cours en France ou en Écosse vers, disons, 1760. Nous essaierons ensuite de poser les bases d’un récit tout à fait différent. Il s’agit surtout d’un travail de défrichage. Nous traitons de questions si énormes et de problèmes si importants qu’il faudra des années de recherches et de débats afin de commencer à comprendre les pleines implications. Mais nous insistons sur un point. Abandonner le récit d’une chute hors de l’innocence première ne signifie pas abandonner les rêves d’émancipation humaine, c’est-à-dire celui d’une société où personne ne peut transformer leurs droits de propriété en moyen de réduire en esclavage autrui, et où personne ne s’entend dire que sa vie ou ses besoins ne comptent pas. Au contraire. L’histoire humaine devient bien plus intéressante et contient bien plus de moments porteurs d’espoir que l’on a été conduit à l’imaginer une fois que nous nous sommes libérés de nos fers conceptuels et rendu compte de ce qui était réellement présent.

Les auteurs contemporains à propos de l’origine de l’inégalité sociale, ou l’éternel retour de Jean-Jacques Rousseau

Commençons par esquisser l’idée reçue en matière de déroulé général de l’histoire humaine. Elle s’approche à peu près de cela :

Tandis que le rideau se lève sur l’histoire humaine, il y a à peu près 200 000 ans, lors de l’apparition de Homo sapiens, on trouve notre espèce vivant en petits groupes mobiles constitués de 20 à 40 individus. Ils se déplacent à la recherche des meilleurs territoires pour la chasse et le cueillette, traquant les troupeaux, cueillant des noix et des baies. Lorsque les ressources se font rares ou que des tensions sociales apparaissent, leur réponse est de continuer à avancer ou de se déplacer autre part. La vie de ces hommes primitifs, que nous percevons comme l’enfance de l’humanité, est pleine de dangers mais aussi de possibilités. Les possessions matérielles sont peu nombreuses, mais le monde est un lieu intact et accueillant. La plupart des hommes ne travaillent que quelques heures par jour et la petite taille des groupes permet de conserver une camaraderie décontractée, sans structures formelles de domination. Lorsqu’il écrivait au XVIIIe siècle, Rousseau nommait cette situation “état de nature” mais on suppose aujourd’hui qu’elle englobe la majorité de l’histoire concrète de notre espèce. On suppose également que c’est la seule période durant laquelle les hommes ont réussi à vivre dans une authentique sociétés d’égaux, sans classes, castes, chefs héréditaires ou gouvernement centralisé.

Malheureusement, cet heureux état de fait devait finalement se terminer. Selon la version conventionnelle de l’histoire du monde, cette fin intervient il y a dix mille ans, lorsque se referme le dernier âge glaciaire.

À cette époque, on trouve nos acteurs humains imaginaires dispersés à travers les continents, commençant à récolter leurs propres récoltes et à élever leurs propres troupeaux. Quelles que soient les raisons locales (elles sont débattues), les effets sont immenses et quasi identiques partout. L’ancrage territorial et la propriété privée gagnent une importance inconnue jusqu’alors : les accompagnent des querelles sporadiques et la guerre. L’agriculture procure un surplus de nourriture, qui permet à certains d’accumuler de la richesse et de l’influence au-delà de leur groupe de parenté immédiate. D’autres profitent d’être libérés de la recherche de nourriture pour développer de nouvelles compétences : ils inventent des armes, des outils, des véhicules et des fortifications plus sophistiqués et se lancent dans la politique et la religion organisée. En conséquence, ces “fermiers néolithiques” sont rapidement en mesure d’évaluer et de contrôler leurs voisins chasseurs-cueilleurs, et de se décider à les éliminer ou à les absorber dans un mode de vie nouveau et supérieur, quoiqu’aussi plus inégalitaire.

L’histoire continue et, pour compliquer encore les choses, l’agriculture assure une croissance globale des niveaux de population. Alors que les personnes se déplacent vers des concentrations de plus en plus grandes, nos ancêtres se rapprochent encore, involontairement mais irréversiblement, de l’inégalité. Il y a environ 6 000 ans, les villes apparaissent et les jeux sont faits. Avec les villes apparaît le besoin d’un gouvernement centralisé. De nouvelles classes de bureaucrates, de prêtres et de soldats-politiciens s’installent dans des fonctions permanentes afin de maintenir l’ordre et de garantir un ravitaillement et des services publics réguliers. Les femmes qui avaient jadis occupé des positions prééminentes dans la gestion des affaires humaines sont cloîtrées ou emprisonnées dans des harems. Les prisonniers de guerre sont réduits en esclavage. L’inégalité véritable est arrivée et il n’est pas possible de s’en débarrasser. Cependant, les narrateurs nous assurent toujours que tout n’est pas mauvais dans le développement de la civilisation urbaine. L’écriture est inventée, d’abord pour tenir les comptes de l’État, mais elle permet rapidement des avancées fantastiques dans les domaines de la science, de la technologie et des arts. En le payant de notre innocence, nous devenons les êtres modernes que nous sommes et nous ne pouvons considérer désormais qu’avec pitié et envie les quelques sociétés “traditionnelles” ou “primitives” qui ont raté le coche.

Nous avons dit que ce récit fonde tout le débat contemporain sur l’inégalité. Si par exemple un spécialiste des relations internationales ou un psychologue clinicien souhaitent réfléchir à ces sujets, ils vont sans doute prendre pour acquis que pendant la plus grande partie de l’histoire humaine, nous vivions en petits groupes égalitaires, ou bien que le développement des villes signifie aussi celui de l’État. Il en va de même dans des ouvrages très récents qui visent à examiner un aperçu général de la préhistoire afin de tirer des conclusions politiques en lien avec la vie contemporaine. Ainsi, l’ouvrage The Origins of Political Order: From Prehuman Times to the French Revolution de Francis Fukuyama :

À ses débuts, l’organisation politique humaine était comparable à la société de groupe observée chez les primates supérieurs comme les chimpanzés. Cela peut être considéré comme la forme par défaut de l’organisation sociale… Rousseau a souligné que l’origine de l’inégalité politique repose dans le développement de l’agriculture et il avait, en ce domaine, largement raison. En effet, dans les sociétés de groupe, la propriété privée n’existe dans aucune de ses acceptions actuelles. Comme les groupes de chimpanzés, les chasseurs-cueilleurs habitent une étendue territoriale qu’ils surveillent et pour laquelle ils se battent parfois. Mais ils sont moins encouragés que les agriculteurs à délimiter une portion de terre et à dire “Cela m’appartient !”. Si leur territoire est envahi par un autre groupe, ou infiltré par de dangereux prédateurs, les sociétés de groupe peuvent avoir le choix simple de déplacer autre part, du fait de faibles densités de population. Les sociétés de groupe sont hautement égalitaires… Le commandement est conféré à des individus en fonction de leurs qualités comme la force, l’intelligence et la crédibilité, mais il a tendance à passer d’un individu à l’autre.

Jared Diamond, dans World Before Yesterday: What Can We Learn from Traditional Societies?, fait l’hypothèse que de tels groupes (qui constituaient les sociétés humaines “il y a encore 11 000 ans”) ne comprenaient “pas plus d’une petite douzaine d’individus”, pour la plupart liés biologiquement. Ils vivaient une existence austère, “chassant et cueillant les animaux sauvages et les espèces végétales qui se trouvaient vivre dans un demi-hectare de forêt” (Pourquoi un demi-hectare ? Il ne l’explique jamais). Et leur vie sociale, selon Diamond, était d’une simplicité enviable. Les décisions étaient prises via des “discussions face à face”. Il y avait “peu de possessions personnelles” et “pas de commandement politique formalisé ou de spécialisation économique poussée”. Diamond conclut que malheureusement ce n’est que dans des groupements aussi primordiaux que les humains ont jamais atteint un degré significatif d’égalité sociale.

Pour Diamond et Fukuyama, comme pour Rousseau plusieurs siècles auparavant, partout et toujours, c’est l’invention de l’agriculture et les hausses de population qu’elle a permises qui ont mis fin à l’égalité. L’agriculture a entraîné une transition des groupes aux tribus. L’accumulation de surplus de nourriture a nourri la croissance démographique, ce qui a conduit certaines “tribus” à devenir des sociétés de rang désignées comme “chefferies”. Fukuyama propose une image presque biblique de ce phénomène, comme un départ de l’Eden : “Alors que les petits groupes d’êtres humains migraient et s’adaptaient à différents environnements, ils commencèrent à sortir de l’état de nature en développant de nouvelles institutions sociales.”. Ils se firent la guerre pour des ressources. Dégingandées et pubères, ces sociétés allaient au devant d’ennuis.

Il était temps de grandir et de désigner un véritable commandement. Avant longtemps, les chefs s’étaient déclarés rois, ou même empereurs. Il n’y avait pas d’intérêt à résister. Tout cela était inévitable une fois que les hommes avaient adopté des formes d’organisation larges et complexes. Même lorsque les chefs agissaient mal, en se servant les premiers dans le surplus agricoles pour promouvoir leurs laquais et leurs proches, en rendant leur statut permanent et héréditaire, en collectionnant les crânes et les harems de filles-esclaves ou encore en arrachant les coeurs de leurs rivaux à coups de couteaux d’obsidienne, il n’y a avait plus de retour en arrière. “Les populations importantes”, Diamond l’affirme, “ne peuvent pas fonctionner sans chefs qui prennent des décisions, sans cadres pour exécuter ces décisions, et sans bureaucrates pour appliquer les décisions et les lois. Malheureusement pour tous nos lecteurs anarchistes qui rêvent de se passer d’un gouvernement étatisé, voilà les raisons de l’irréalisme de vos souhaits : il faudrait trouver un petit groupe ou tribu accueillante, sans étranger, sans besoin de rois, présidents ou bureaucrates”

Voilà une sombre conclusion, non seulement pour les anarchistes, mais aussi pour tous ceux qui s’interrogeraient sur l’existence d’un système alternatif viable au statu quo. Mais ce qui est remarquable est le fait qu’en dépit du ton suffisant, de telles déclarations ne se fondent pas sur des preuves scientifiques. Il n’y a pas de raison de croire que les groupes de petite taille ont particulièrement tendance à être égalitaires, ni que les groupes plus nombreux doivent nécessairement avoir recours à des rois, présidents ou bureaucrates. Ce ne sont que des préjugés affirmés comme des faits.

Dans le cas de Fukuyama et de Diamond, on peut au moins se dire qu’ils n’ont pas reçu de formation adéquate dans les disciplines pertinentes. Le premier vient de la science politique et le doctorat du second porte sur la physiologie de la vésicule biliaire. Cependant, même quand ce sont des archéologues ou des anthropologues qui s’essaient à proposer des récits généraux, ils ont eux aussi une tendance bizarre à finir par proposer une variation mineure sur Rousseau. Dans leur ouvrage The Creation of Inequality: How our Prehistoric Ancestors Set the Stage for Monarchy, Slavery, and Empire Kent Flannery and Joyce Marcus, deux universitaires éminemment compétents, exposent sur près de cinq cents pages des études de cas ethnographiques et archéologiques pour tenter de résoudre cette énigme. Si les deux auteurs admettent que les institutions impliquant la hiérarchie ou la servitude n’étaient pas tout à fait inconnues à nos prédécesseurs de l’âge glaciaire, ils insistent néanmoins sur le fait que c’était d’abord dans des relations avec le monde surnaturel (esprits ancestraux et cetera). Ils proposent de considérer que l’invention de l’agriculture a conduit à l’émergence de “clans” ou de “lignages” plus élargis d’un point de vue démographique et qu’en parallèle, la communication avec les esprits et les morts sont devenus une voie pour accéder au pouvoir temporel (mais ils n’expliquent pas exactement comment). Selon Flannery et Marcus, le grand pas suivant vers l’inégalité vient quand certains hommes des clans possédant un talent ou un renom exceptionnel – des experts de la guérisons, des guerriers et autres surdoués – se virent accorder le droit de transmettre leur statut à leurs descendants, sans prise en considération pour les talents et capacités de ces derniers. Telles furent, en gros, les bases qui menèrent inévitablement à l’arrivée des villes, de la monarchie, de l’esclavage et des empires.

Un aspect surprenant du livre de Flannery et de Marcus est qu’ils n’étaient leurs propos par des preuves archéologiques que lorsqu’ils atteignent l’époque de formation des États et des empires. Au contraire, toutes les étapes cruciales de leur récit de “la création de l’inégalité” repose plutôt sur des descriptions assez récentes de cueilleurs, éleveurs et cultivateurs vivant en petits groupes, comme les Hadza de la région du rift d’Afrique de l’Est ou les Nambikwara vivant dans la forêt amazonienne. Or, ni les Hadza ni les Nambikwara ne sont des fossiles vivants. Depuis des millénaires, ils sont en contact avec des États et des empires agraires, des pilleurs et des marchands et leurs institutions sociales ont été largement informées par les efforts qu’ont déployés ces peuples pour s’en rapprocher ou les éviter. Seule l’archéologie, à la limite, pourrait nous montrer ce qu’ils ont en partage avec les sociétés préhistoriques. La conclusion est que même si Flannery et Marcus nous proposent des éclairages intéressants sur la façon dont les inégalités pourraient émerger dans les sociétés humaines, ils nous donnent peu d’éléments pour nous convaincre de la réalité du processus qu’ils décrivent.

En dernier lieu, considérons le livre de Ian Morris Foragers, Farmers, and Fossil Fuels: How Human Values Evolve. Morris y poursuit un objectif intellectuel légèrement différent, puisqu’il s’agit de faire dialoguer les découvertes archéologiques, l’histoire ancienne et l’anthropologie avec les travaux d’économistes, comme les recherches de Thomas Piketty sur les causes des inégalités actuelles à l’échelle mondiale ou l’ouvrage plus programmatique de Tony Atkinson Inequality: What can be Done? Le “temps long” de l’histoire humaine, nous fait savoir Morris, a quelque chose d’important à nous dire de ces questions, mais seulement si nous sommes capables d’établir en premier lieu une mesure uniforme de l’inégalité applicable sur toute son étendue. Pour y parvenir, il traduit les “valeurs” des chasseurs-cueilleurs de l’âge glaciaire et des cultivateurs du Néolithique en des termes familiers pour les économistes d’aujourd’hui, dont il se sert pour établir des coefficients de Gini et des taux d’inégalités. Plutôt que les iniquités spirituelles que mettent en avant Flannery et Marcus, Morris nous propose une vision résolument matérialiste en divisant l’histoire humaine selon les trois substantifs de son titre, en fonction de la manière dont les hommes acheminent la chaleur. Il suggère que chaque société possède un niveau “optimal” d’inégalité sociale – ce que Pickett et Wilkinson appellent un “niveau à bulle” intégré – qui correspond au mode d’extraction énergétique alors en vigueur.

Dans un article de 2015 paru dans le New York Times, Morris fournit des chiffres concrets, des revenus primaires quantifiés en dollars (valeur de 1990). Lui aussi suppose que les chasseurs-cueilleurs du dernier âge glaciaire vivaient majoritairement en petits groupes mobiles. Il en résulte qu’ils consommaient très peu, l’équivalent de 1,10 $ par jour selon les estimations de Morris. En conséquence, le coefficient de Gini est de l’ordre de 0,25, c’est-à-dire presque la valeur minimale que peut prendre cette mesure : il y avait en effet très peu de surplus ou de capital à s’approprier pour une élite en devenir. Les sociétés agraires, qui selon Morris englobent aussi bien le village néolithique de Çatalhöyük il y a 9 000 ans, la Chine de Kubilai Khan et la France de Louis XIV, étaient plus nombreuses et plus riches. La consommation moyenne s’établissait entre 1,50 et 2,20 $ par jour et il y existait une propension à accumuler des surplus de richesse, mais la plupart des personnes travaillaient plus dur et dans des conditions nettement plus mauvaises. Ainsi, les sociétés d’agriculture tendaient vers des niveaux d’inégalité bien plus élevés.

Les sociétés reposant sur les énergies fossiles auraient dû changer cette donne en nous libérant de la corvée du travail manuel et en nous ramenant à des coefficients de Gini plus raisonnables et plus proches de ceux du temps de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Pendant un temps, ce changement s’esquissait mais pour une raison étrange, que Morris n’est pas en mesure de tout à fait comprendre, la tendance s’est inversée et la richesse se retrouve de nouveau concentrée dans les mains d’une élite mondiale resserrée.

Si les méandres de l’histoire économique de ces 15 000 dernières années et la volonté populaire peuvent être pris pour guides, le “bon” niveau d’inégalité de revenu après prélèvement des impôts semble d’établir entre 0,25 et 0,35. Quant à celui d’inégalité de richesse, il serait entre 0,70 et 0,80. Beaucoup de pays sont aujourd’hui aux alentours ou au-dessus des bornes supérieures de ces estimations, ce qui laisse à penser que Thomas Piketty a raison de prévoir des turbulences. D’importants ajustements technocratiques semblent bien à l’ordre du jour !

Mais laissons de côté les recommandations de Morris et concentrons-nous sur un chiffre : le revenu paléolithique de 1,10 $ par jour. D’où vient-il exactement ? Les calculs sont probablement liés à la valeur calorique de la ration de nourriture quotidienne. Mais comparer cette valeur à l’actuel revenu journalier suppose de prendre en considération toutes les autres choses que les glaneurs du Paléolithique obtenaient gratuitement tandis que nous sommes censés les payer : la sécurité gratuite, la médiation des conflits gratuite, l’éducation primaire gratuite, le soin des plus âgés gratuit, la médecine gratuite, sans oublier les coûts des divertissements, de la musique, des contes et des services religieux. Même quand il est question de nourriture, on doit considérer sa qualité : on parle en effet ici de produits 100% bio et garantis plein air, rincés à la plus pure et naturelle des eaux de source. Mais considérons les frais de camping pour les premiers campements paléolithiques le long de la Dordogne ou de la Vézère, les cours du soir hauts de gamme en peinture sur roche ou en sculpture d’ivoire : et les manteaux de fourrure ! Tout cela vaut sans doute bien plus que 1,10 dollars de 1990 par jour ! Ce n’est pas pour rien que Marshall Sahlins désigne les glaneurs comme la société d’abondance originelle. Un tel train de vie n’est pas bon marché !

Même si tout cela peut paraître légèrement idiot, voici notre thèse : à force de réduire l’histoire du monde à des coefficients de Gini, les conséquences seront elles-mêmes idiotes, et également déprimantes. Morris pressent au moins que quelque chose cloche dans la récente augmentation galopante des inégalités à l’échelle mondiale. Au contraire, l’historien a poussé les lectures à la Piketty de l’histoire humaine à leur conclusion définitive et misérable. Dans son livre de 2017 The Great Leveler: Violence and the History of Inequality from the Stone Age to the Twenty-First Century, il conclut que nous ne pouvons pas faire grand chose contre les inégalités. La civilisation installe toujours au pouvoir une élite restreinte qui se taille une part toujours croissante du gâteau. Seules les catastrophes ont jamais pu les déloger : la guerre, la peste, la conscription de masse, la souffrance en gros et la mort. Les demi-mesures ne marchent jamais. Tant qu’on ne veut pas retourner vivre dans une grotte ni mourir dans une apocalypse nucléaire (qui supposément conduirait aussi des survivants à vivre dans des grottes !), il faut bien accepter l’existence de Warren Buffett et de Bill Gates.

Quelle est la solution libérale alternative ? Flannery et Marcus, qui s’inscrivent explicitement dans une tradition rousseauiste, terminent leur enquête par cette conclusion utile :

Nous avons jadis abordé ce sujet avec Scotty MacNeish, un archéologue qui a passé quarante ans à étudier les évolutions sociales. Comment, nous demandions-nous, rendre la société plus égalitaire ? Après un bref entretien avec son ami Jack Daniels, MacNeish nous répondit “Laissez faire les chasseurs et les cueilleurs”?

Avons-nous vraiment couru au-devant de nos fers ?

La véritable étrangeté de ces évocations sans fin de l’innocent état de nature rousseauiste dont nous aurions chuté est que Rousseau n’a jamais prétendu qu’il avait vraiment existé. Il ne s’agissait que d’une expérience de pensée. Dans le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, origine du gros de l’histoire qu’on se raconte et se répète, il écrit :

Il ne faut pas prendre les recherches, dans lesquelles on peut entrer sur ce sujet, pour des vérités historiques, mais seulement pour des raisonnements hypothétiques et conditionnels ; plus propres à éclaircir la nature des choses qu’à en montrer la véritable origine

L’état de nature de Rousseau n’a jamais eu pour but la description d’une étape du développement. Il n’était pas supposé servir d’équivalent à la phase de “sauvagerie” qui débute les schémas évolutionnistes d’Adam Smith, de Ferguson, de Millar et plus tardivement, de Lewis Henry Morgan. Tous ces auteurs désiraient définir des niveaux de développement social et moral correspondant à des changements historiques dans les modes de production: la cueillette, le pastoralisme, l’agriculture, l’industrie. C’est en revanche plutôt une parabole que Rousseau présente. Comme le souligne Judith Shklar, la fameuse spécialiste de théorie politique enseignante à Harvard, Rousseau s’appliquait en vérité à explorer ce qu’il considérait comme le paradoxe fondamental de la politique humaine : comment la soif innée de liberté d’une façon ou d’une autre peut conduire, à tous coups, “à la marche spontanée vers les inégalités”. Dans les propres termes de Rousseau : “Tous coururent au-devant de leurs fers croyant assurer leur liberté ; car avec assez de raison pour sentir les avantages d’un établissement politique, ils n’avaient pas assez d’expérience pour en prévoir les dangers”. L’imaginaire état de nature est une façon d’illustrer ce phénomène.

Rousseau n’était pas fataliste. Il croyait que les hommes avaient la possibilité de défaire ce qu’ils avaient fait. Ils pouvaient en effet se délivrer de leurs fers. Seulement, ce ne serait pas facile. Selon Shklar, c’est principalement la tension “entre possibilité et probabilité” (c’est -à-dire la possibilité de l’émancipation humaine d’un côté et de l’autre, l’éventualité de se retrouver de nouveau soumis à une forme de servitude volontaire) qui anime les écrits de Rousseau sur l’inégalité. Cela peut sembler légèrement ironique quand on sait qu’au sortir de la Révolution française beaucoup de conservateurs tinrent Rousseau personnellement responsable de l’utilisation de la guillotine. Ils affirmaient avec insistance que la Terreur avait été précisément causée par sa foi naïve dans la bonté naturelle de l’homme et par sa croyance que seuls les intellectuels étaient en mesure d’imaginer un ordre social plus égal, ensuite imposé par la “volonté générale”. Néanmoins, peu des figures du passé que l’on cloue aujourd’hui au pilori, à cause de leur romantisme ou de leur utopisme, étaient si naïfs. Karl Marx, par exemple, affirmait que c’était la capacité à raisonner sur le mode imaginaire qui constitue le propre des hommes. Contrairement aux abeilles, ils imaginent les maisons dans lesquelles ils souhaitent vivre avant de se mettre à les bâtir. Il ne croyait cependant pas qu’il en allait de même avec la société. Nul ne pouvait imposer à cette dernière un plan d’architecte. Ce serait pécher par “socialisme utopique” pour lequel il n’avait que mépris. Les révolutionnaires se devaient au contraire de posséder une idée des forces structurelles plus larges qui donnent forme au cours de l’histoire du monde pour pouvoir exploiter les contradictions sous-jacentes. Par exemple, du fait de la concurrence économique, chaque propriétaire d’usine a besoin de ne pas rétribuer tout le travail de ses employés mais si tous y parviennent trop bien, plus personne n’aura les moyens d’acquérir les marchandises produites. Voilà donc le pouvoir de deux mille ans d’Écritures : quand ils parlent du déroulé de l’histoire humaine, même les réalistes les plus acharnés retombent sur des variations autour du Jardin d’Eden : à la fois la Chute, causée, comme dans la Genèse, par une recherche inconsidérée du savoir et la possibilité d’une rédemption dans le futur. En fusionnant l’état de nature rousseauiste et l’idée des stades de développement héritée des Lumières écossaises, les partis politiques marxistes ont rapidement proposé leur propre version de cette histoire. Il en a résulté une formule pour résumer l’histoire du monde : elle commence par un “communisme primitif’ supplanté par la naissance de la propriété privée mais destiné à revenir un jour.

Il faut constater que les révolutionnaires, en dépit de tous leurs idéaux visionnaires, n’ont pas fait preuve de beaucoup d’imagination, en particulier lorsqu’il s’agissait de relier le passé, le présent et le futur. Tout le monde raconte la même histoire. Ce n’est probablement pas un hasard si, en ce début de millénaire, les mouvements révolutionnaires les plus importants et novateurs, comme les Zapatistes du Chiapas, ou les Kurdes du Rojava, sont aussi ceux qui sont le plus profondément reliés à leur passé traditionnel. Plutôt que de devoir imaginer une utopie primitive, ils peuvent s’appuyer sur un récit plus composite et complexe. Il semble en effet que les milieux révolutionnaires reconnaissent de plus en plus que liberté, tradition et imagination sont et seront toujours entremêlées sans que nous saisissons complètement comment. Il est grand temps que les autres rattrapent leur retard et commencent à concevoir une version non biblique de l’histoire de l’humanité.

Comment le cours de l’histoire (passée) peut à présent changer

Alors, que nous a vraiment appris la recherche en archéologie et en anthropologie, depuis le temps de Rousseau ?

Eh bien, tout d’abord, qu’il est sans doute erroné de commencer par s’interroger sur “les origines de l’inégalité sociale”. En vérité, avant le début de ce que l’on appelle le Paléolithique supérieur, nous n’avons vraiment aucune idée de ce à quoi la majeure partie de la vie humaine pouvait ressemblait. L’essentiel de nos indices est composé de fragments épars de pierre de taille, d’ossements, et de quelques autres matériaux durables. Plusieurs espèces d’homininés coexistaient ; il n’est pas évident qu’une quelconque analogie ethnographique puisse en rendre compte. Les choses ne gagnent un quelconque intérêt que lors du Paléolithique supérieur lui-même, qui commence il y a environ 45 000 ans et comprend l’apogée de la glaciation et le refroidissement climatique (il y a environ 20 000 ans), connu sous le nom de Dernier Maximum Glaciaire. Ce dernier grand âge glaciaire fut alors suivi de l’apparition de conditions climatiques plus tièdes et du recul progressif des nappes glaciaires, jusqu’à l’époque géologique actuelle, l’Holocène. Des conditions plus clémentes suivirent, ouvrant la voie sur laquelle l’Homo sapiens – qui avait déjà colonisé la majeure partie du Vieux Monde – compléterait sa marche vers le Nouveau Monde, atteignant le littoral méridional des Amériques il y a environ 15 000 ans.

Mais alors, que savons-nous réellement de cette période de l’histoire humaine ? La plupart des premiers indices substantiels d’une organisation sociale humaine lors du Paléolithique proviennent de l’Europe, où nos espèces s’établirent avec l’Homo neanderthalensis, avant l’extinction de ce dernier vers 40 000 avant J.-C. (La concentration des données sur cette partie du monde reflète vraisemblablement un biais historique de la recherche archéologique, plutôt qu’une quelconque anomalie au sujet de l’Europe elle-même). À cette époque, et au cours du Dernier Maximum Glaciaire, les parties habitables de l’Europe de l’âge glaciaire ressemblaient plus au Parc Serengeti en Tanzanie qu’à n’importe quel milieu européen contemporain. Au sud des nappes glaciaires, entre la toundra et les littoraux boisés de la Méditerranée, le continent était divisé entre des vallées riches en gibier et de la steppe, traversé selon les saisons par des troupeaux migrants de cerfs, bisons ou mammouths laineux. Les préhistoriens ont souligné pendant plusieurs décennies – quoique sans effet apparent – que les groupes humains qui habitaient ces environnements n’avaient rien de ces joyeux, simples et égalitaires groupes de chasseurs-cueilleurs, tels que l’on s’imagine encore couramment nos lointains ancêtres.

D’abord, l’existence de riches sépultures, qui remontent aux tréfonds de l’âge glaciaire, est incontestée. Certaines d’entre elles, comme les tombes de Sungir, vieilles de 25 000 ans, à l’est de Moscou, sont connues depuis des décennies et sont célèbres, à juste titre. Felipe Fernández-Armesto, auteur de la critique de Creation of Inequality pour le Wall Street Journal, a exprimé sa stupéfaction, justifiée, quant à leur omission : “Bien qu’ils sachent que le principe héréditaire était antérieur à l’agriculture, M. Flannery et Mme Marcus ne parviennent pas vraiment à se débarrasser de l’illusion rousseauiste qu’il commença avec la vie sédentaire. Ils dépeignent de ce fait un monde sans pouvoir héréditaire jusqu’à environ 15 000 avant J.-C. et leur dessein les conduit à ignorer tout en ignorant l’un des sites archéologiques les plus importants”. Parce que, creusée dans le permafrost sous les établissements paléolithiques à Sungir, se trouvait la tombe d’un homme d’âge moyen enterré, ainsi que le souligne Fernández-Armesto, avec “de formidables signes d’horreur : des bracelets d’ivoire de mammouth poli, un diadème ou un couvre-chef fait avec des dents de renard, et près de 3000 perles d’ivoire laborieusement sculptées et polies.” Et quelques mètres plus loin, dans une tombe identique, “reposent deux enfants, d’environ 10 et 13 ans respectivement, ornés d’offrandes mortuaires semblables – notamment, dans le cas du plus âgé, environ 5000 perles aussi raffinées que celles des adultes (quoique légèrement plus petites) et une énorme lance sculptée dans l’ivoire”.

De telles découvertes ne semblent occuper que très peu de place dans tous les livres considérés jusqu’ici. Il pourrait sembler plus excusable de les minimiser ou de les réduire à des notes de bas de page si Sungir était une découverte isolée. Ce qu’elle n’est pas. Des sépultures aussi riches sont aujourd’hui attestées parmi les abris rocheux du Paléolithique supérieur et les établissements à ciel ouvert, à travers la majeure partie de l’Eurasie occidentale, du Don à la Dordogne. Parmi elles, on trouve, par exemple, la “Dame de Saint-Germain-la-Rivière”, vieille de 16 000 ans, décorée d’ornements faits avec les dents de jeunes cerfs chassés 300 km plus loin, dans le Pays basque espagnol ; et les sépultures de la côte ligure – aussi anciennes que Sungir – notamment “Il Principe”, un jeune homme dont les emblèmes comprennent un sceptre de silex exotique, des bâtons de ramure de wapiti et une coiffure ornementée de coquilles perforées et de dents de cerfs. De telles découvertes lancent des défis qui stimulent l’interprétation. Fernández-Armesto a-t-il raison quand il affirme qu’il s’agit des preuves d’un “pouvoir héréditaire” ? Quel est le statut de tels individus dans la vie ?

Non moins intrigantes sont les traces sporadiques, mais incontestables, d’une architecture monumentale, qui remonterait jusqu’au Dernier Maximum Glaciaire. L’idée que l’on pourrait mesurer la “monumentalité” en termes absolus est bien sûr aussi simpliste que l’idée de quantifier la dépense de l’âge glaciaire en dollars et en cents. C’est un concept relatif, qui ne tire son sens que d’une échelle particulière de valeurs et d’expériences antérieures. Le Pléistocène n’a pas d’équivalents directs en matière d’échelle comme les pyramides de Gizeh ou le Colisée de Rome. Mais il possède des constructions qui, par les standards de l’époque, ne pouvaient qu’être considérées comme des travaux publics, qui impliquaient une conception sophistiquée et la coordination du travail sur un volume impressionnant. Parmi elles, il y a les frappantes “maisons de mammouths”, construites avec des peaux étirées sur une structure de défenses (NdT : de mammouth), dont on peut trouver des exemples – remontant à environ 15 000 ans – le long d’un transect de la frange glaciaire qui rejoint l’actuelle Cracovie tout du long jusqu’à Kiev.

Encore plus surprenants sont les temples de pierre de Göbekli Tepe, mis au jour il y a plus de vingt ans à la frontière turco-syrienne, et toujours sujets à un débat scientifique véhément. Datant d’il y a environ 11 000 ans, à la toute fin du dernier âge glaciaire, ils comprennent au moins vingt enclos mégalithiques élevés bien haut sur les flancs de la plaine d’Harran, aujourd’hui aride. Chacun d’entre eux était fait de piliers de craie hauts de plus de 5 mètres et pesant près d’une tonne (semblables aux standards de Stonehenge, et 6000 ans avant eux). Quasiment tous les piliers de Göbekli Tepe sont des œuvres d’art remarquables, avec leurs gravures en relief relief représentant des animaux menaçants en saillie, avec leurs organes génitaux masculins violemment exposés. Des rapaces sculptés apparaissent aux côtés d’images de têtes humaines coupées. Les gravures attestent de véritables talents en sculpture, sans nul doute aiguisés sur cette matière plus souple qu’est le bois (dont les contreforts des montagnes du Taurus étaient amplement fournis à l’époque), avant d’être appliqués à la roche mère d’Harran. Étonnamment, et en dépit de leur taille, chacune de ces structures massives avait une durée de vie relativement courte, qui s’achevait par de grandes fêtes et un remplissage de ses murs : des hiérarchies élevées jusqu’au ciel, à la seule fin d’être rapidement rasées. Et les protagonistes de ce spectacle préhistorique de fêtes, de construction et de destruction, seraient, à notre connaissance, des chasseurs-cueilleurs, vivant seuls des ressources sauvages.

Que faut-il alors faire de tout cela ? Une réponse académique fut d’abandonner complètement l’idée d’un Âge d’or égalitaire, et de conclure que l’intérêt personnel et rationnel, ainsi que l’accumulation du pouvoir, sont les forces immuables derrière le développement des sociétés humaines. Mais cela ne tient pas vraiment non plus. Les preuves d’une inégalité institutionnelle dans les sociétés de l’âge glaciaire, sous la forme de grandes sépultures ou de constructions monumentales, ne sont rien moins que sporadiques. Des siècles, et souvent des centaines de kilomètres, séparent littéralement les sépultures. Même si l’on met cela sur le compte de la dissémination des traces dont on dispose, on doit tout de même se demander pourquoi les traces sont à ce point disséminées : après tout, si n’importe lequel de ces “princes” de l’âge glaciaire s’était comporté un peu comme, disons, les princes de l’Âge de bronze, on trouverait également des fortifications, des réserves, des palaces – tous les traits usuels des États émergents. Au contraire, sur des dizaines de milliers d’années, on voit des monuments et de magnifiques sépultures, mais peu de choses qui indiquent la croissance de sociétés de rang. Il y a aussi d’autres facteurs, encore plus étranges, comme le fait que les sépultures les plus “princières” sont constituées d’individus avec des anomalies physiques frappantes, qui seraient aujourd’hui pris pour des géants, des bossus ou des nains.

Une étude plus approfondie des découvertes archéologiques apporte une solution à ce dilemme. Elle repose sur les rythmes saisonniers de la vie sociale préhistorique. La plupart des sites paléolithiques abordés jusqu’ici sont associés à des traces de regroupements annuels ou bisannuels, liés aux migrations des troupeaux de gibier – qu’il s’agisse des mammouths laineux, des bisons de la steppe, des rennes ou (dans le cas de Göbekli Tepe) des gazelles – ainsi que de pêches et récoltes de noix cycliques. Lors des périodes peu clémentes de l’année, au moins une partie de nos ancêtres de l’âge glaciaire vivaient véritablement, sans nul doute, en petits groupes qui cueillaient. Mais d’irrésistibles preuves montrent qu’à d’autres périodes ils se rassemblaient en masse (en français dans le texte, NdT) autour de ces sortes de “micro-villes” découvertes à Dolní Věstonice, dans le bassin de Moravie, au sud de Brno, festoyant dans une surabondance de ressources sauvages, s’engageant dans des rituels complexes, dans des entreprises artistiques ambitieuses, et échangeant des minéraux, des coquillages marins, des fourrures animales, sur de stupéfiantes distances. Des équivalents de ces sites de rassemblements saisonniers en Europe occidentale pourraient être les grands abris rocheux du Périgord français ou bien la côte cantabrique, avec ses célèbres peintures et gravures, qui formait, de même, partie de ces cycles annuels de rassemblement et de dispersion.

Cet aspect si saisonnier de la vie sociale perdura, bien après que “l’invention de l’agriculture” eût prétendument changé quoi que ce soit. De nouvelles découvertes montrent que des alternances de cette nature sont peut-être essentielles à la compréhension des célèbres monuments néolithiques de la plaine de Salisbury, et pas seulement en matière de symbolisme calendaire.

Stonehenge, s’avère-t-il, était seulement la dernière d’une longue série de structures rituelles, érigées en bois aussi bien qu’en pierre, lorsque des individus convergeaient vers la plaine depuis des zones reculées des îles Britanniques, à des périodes marquées de l’année. Des fouilles attentives ont montré que nombre de ces structures – maintenant vraisemblablement interprétées comme des monuments à la gloire des géniteurs de puissantes dynasties néolithiques – furent démantelées seulement quelques générations après leur construction. De façon encore plus frappante, cette pratique d’érection et de démantèlement de grands monuments coïncide avec une période au cours de laquelle les peuples de Grande-Bretagne, qui avaient adopté l’économie agricole néolithique de l’Europe continentale, semblent avoir tourné le dos à au moins l’un de ses aspects cruciaux, en abandonnant l’agriculture céréalière et en se tournant – vers 3300 avant J.-C. – vers la récolte des noisettes comme source alimentaire de base. En gardant des troupeaux de bétail, grâce auxquels ils festoyaient de façon saisonnière autour de Durrington Walls, les bâtisseurs de Stonehenge semblent vraisemblablement n’avoir été ni des cueilleurs ni des agriculteurs, mais quelque chose entre les deux. Et si quelque chose comme une cour royale régnait lors de la saison festive, lorsqu’ils se rassemblaient en nombre, alors elle ne pouvait qu’être dissoute pendant la majeure partie de l’année, lorsque les mêmes personnes partaient se disséminer à nouveau à travers l’île.

Pourquoi ces variations saisonnières sont-elles importantes ? Parce qu’elle révèlent que depuis le tout début, les êtres humains expérimentaient en pleine conscience différentes possibilités sociales. Les anthropologues décrivent les sociétés de ce type comme dotées d’une “double morphologie”. Marcel Mauss, qui écrivait au début du XXe siècle, observait que les Inuits circumpolaires, “et de même de nombreuses autres sociétés, ont deux structures sociales, l’une en été et l’autre en hiver, et qu’ils ont en parallèle deux systèmes de droit et de religion”. Lors des mois d’été, les Inuits se dispersent en de petits groupes patriarcaux à la recherche de poissons d’eau douce, de caribous, et de rennes, chacun sous l’autorité d’un vieil homme célibataire. La propriété était affirmée de manière agressive et les patriarches exerçaient un pouvoir coercitif, voire tyrannique, sur leurs proches. Mais lors des longs mois d’hiver, lorsque les phoques et les morses affluaient vers les littoraux arctiques, une autre structure sociale succédait complètement, tandis que les Inuits se regroupaient pour construire de grands lieux de réunion en bois, en côtes de baleine et en pierres. À l’intérieur, les vertus d’égalité, d’altruisme et de vie collective prévalaient ; la richesse était partagée ; les maris et femmes s’échangeait leurs partenaires sous les auspices de Sedna, la déesse des Phoques.

Un autre exemple est celui des chasseurs-cueilleurs indigènes de la côte nord-ouest du Canada, pour qui l’hiver – et non l’été – était la période où la société se cristallisait dans sa forme la plus inégalitaire, et de façon spectaculaire. Des palais de bois émergeaient le long des côtes de Colombie britannique, avec des nobles héréditaires à la tête d’une cour sur des sujets et des esclaves, et organisant ces grands banquets appelés potlatch. Ces cours aristocratiques se disloquaient cependant au profit du travail estival de la saison de pêche, donnant lieu à de plus petites formations claniques, toujours hiérarchiques, mais dotées d’une structure totalement différente et moins formelle. Dans ce cas, les individus adoptaient en fait des prénoms différents en été et en hiver, devenant littéralement d’autres personnes, selon l’époque de l’année.

Peut-être encore plus frappantes, en matière de renversements politiques, étaient les pratiques saisonnières des confédérations tribales du XIXe siècle dans les grandes plaines américaines – des cultivateurs intermittents ou ponctuels qui avaient adopté une vie de chasse nomade. À la fin de l’été, les petits groupes, grandement mobiles, de Cheyenne et Lakota, allaient se rassembler dans de grands établissements pour préparer la logistique de la chasse au buffle. Lors de cette période très sensible de l’année, ils désignaient une force de police qui exerçait des pouvoirs pleinement coercitifs, notamment le droit d’emprisonner, de fouetter ou de donner une amende à tout contrevenant menaçant les procédures. Comme l’anthropologue Robert Lowie l’observa cependant, cet “autoritarisme sans équivoque” s’opérait de façon strictement saisonnière et temporaire, laissant la place à des formes d’organisation plus “anarchiques” une fois que la saison de chasse – et les rituels collectifs qui la suivaient – était achevée.

La recherche ne progresse pas toujours. Parfois, elle régresse. Il y a une centaine d’années, la plupart des anthropologues comprirent que ceux qui vivaient principalement des ressources sauvages n’étaient pas, généralement, restreints à de petits “groupes”. Cette idée est un pur produit des années 1960, lorsque les Bochimans du Kalahari et les pygmées Mbuti devinrent les images d’Épinal de l’humanité primitive, aussi bien pour les audiences télévisuelles que pour les chercheurs. De ce fait, nous avons assisté à un retour des étapes de l’évolution, pas vraiment différentes de la tradition des Lumières écossaises : c’est ce sur quoi Fukuyama s’appuie, par exemple, lorsqu’il écrit que les sociétés évoluent constamment de “petits groupes” en “tribus” et en “chefferies”, et finalement, en ce type d’ “États” complexes et stratifiés dans lesquels nous vivons aujourd’hui – généralement définies par leur monopole “de l’usage de la violence physique légitime”. En vertu de cette logique, cependant, les Cheyenne ou Lakota auraient eu à “évoluer” directement de petits groupes en États à peu près à chaque mois de novembre, et “régresser” encore quand venait le printemps. La plupart des anthropologues reconnaissent désormais que ces catégories sont irrémédiablement inadéquates ; personne néanmoins n’a proposé une alternative pour penser l’histoire mondiale de la façon la plus large.

En quasi toute indépendance, les découvertes archéologiques suggèrent que dans les environnements hautement saisonniers du dernier âge glaciaire, nos lointains ancêtres se comportaient de façon largement similaire : allant et venant entre des organisations sociales alternatives, permettant la montée de structures autoritaires durant certaines périodes de l’année, sous condition qu’elle ne puissent pas durer, et en comprenant qu’aucun ordre social particulier n’était jamais fixé ou immuable. Au sein d’une même population, on pouvait vivre parfois dans ce qui ressemble, de loin, à une petite bande, parfois dans une tribu, et parfois dans une société dotée des nombreux aspects que l’on attribue aujourd’hui aux États. Avec une telle flexibilité institutionnelle vient la capacité de s’affranchir des frontières de n’importe quelle structure sociale et de s’interroger ; de faire et défaire à la fois les mondes politiques dans lesquels nous vivons. À elle seule, elle explique les “princes” et “princesses” du dernier âge glaciaire, qui semblent se manifester, dans un isolement si magnifique, comme des personnages d’une sorte de conte de fées ou de téléfilm historique. Peut-être étaient-ils presque littéralement ainsi. S’ils ont jamais régné, peut-être était-ce alors, comme les rois et reines de Stonehenge, seulement pour une saison.

L’heure du réexamen

Les auteurs contemporains ont tendance à utiliser la préhistoire comme toile de fond pour résoudre des questions philosophiques : les humains sont-ils fondamentalement bons ou mauvais ? coopératifs ou compétitifs ? égalitaires ou hiérarchiques ? De ce fait, ils tendent aussi à écrire comme si, durant 95 % de l’histoire de notre espèce, les sociétés humaines étaient globalement les mêmes. Mais même seulement 40 000 ans constituent une très, très longue durée. Il semble probable, fondamentalement, et les découvertes le confirment, que ces mêmes humains pionniers qui colonisèrent la majeure partie de la planète eussent aussi expérimenté une variété immense d’arrangements sociaux. Comme Claude Lévi-Strauss l’a souvent montré, les Homo sapiens primitifs n’étaient pas seulement physiquement semblables aux êtres humains modernes ; ils étaient nos pairs intellectuels également. En fait, la plupart d’entre eux était probablement plus consciente du potentiel des sociétés que les gens ne le sont généralement aujourd’hui, allant et venant entre différentes formes d’organisation chaque année. Plutôt que de paresser dans une sorte d’innocence primitive, jusqu’à ce que le démon de l’inégalité frappe en quelque sorte à la porte, nos ancêtres préhistoriques semblent avoir, régulièrement et avec succès, ouvert et fermé le verrou, confinant l’inégalité à des téléfilms historiques rituels, édifiant des dieux et des royaumes comme ils firent leurs monuments, et ensuite les démantelant allègrement encore une fois.

Mais alors, la vraie question n’est pas “quelles sont les origines de l’inégalité sociale ?” mais, alors que la majeure partie de notre histoire a connu des va-et-vient entre différents systèmes politiques, “comment sommes-nous arrivés à être aussi bloqués ?” Tout ceci est très éloigné de la notion de sociétés préhistoriques dérivant aveuglément vers les chaînes institutionnelles qui les attachent. On est aussi loin des prophéties lugubres de Fukuyama, Diamond, Morris et Scheidel, où toute forme “complexe” d’organisation sociale signifie nécessairement que de minces élites s’attribuent des ressources clefs, et commencent à piétiner tous les autres. La majeure partie des sciences sociales traite de ces sombres conjectures comme des vérités évidentes. Mais à l’évidence, elles sont sans fondement. Par conséquent, l’on pourrait raisonnablement demander : quelles autres précieuses vérités doivent désormais être dépoussiérées de leur statut historique ?

Un certain nombre, en vérité. Dans les années 1970, le brillant archéologue de Cambridge David Clarke prédisait que, avec la recherche contemporaine, quasiment chaque aspect de l’ancien édifice de l’évolution humaine, “les explications du développement de l’homme moderne, la domestication, la métallurgie, l’urbanisation et la civilisation – pourraient, une fois remis en perspective, apparaître comme des pièges sémantiques ou des mirages métaphysiques”. Il semble qu’il ait raison. Des informations pleuvent désormais de tous les recoins du globe, fondées sur un travail de terrain empirique attentif, sur des techniques avancées de reconstruction du climat, sur la datation chronométrique, et sur des analyses scientifiques de restes organiques. Les chercheurs examinent les données ethnographiques et historiques sous un nouveau jour. Et quasiment toutes ces nouvelles recherches remettent en cause les récits usuels de l’histoire mondiale. Pourtant, les découvertes les plus remarquables restent confinées aux travaux des spécialistes, ou doivent être devinées en lisant entre les lignes des publications scientifiques. Concluons donc avec quelques grandes lignes qui nous sont propres ; seulement une poignée, pour donner sens à ce vers quoi l’histoire mondiale émergente commence à se diriger.

Le premier pavé dans la mare sur notre liste concerne les origines et l’étendue de l’agriculture. La vision selon laquelle celle-ci a constitué une transition majeure dans les sociétés humaines ne repose plus sur aucun fondement solide. Dans les parties du monde où plantes et animaux furent d’abord domestiqués, il n’y eut en fait aucun “revirement” discernable du Cueilleur du Paléolithique à l’Agriculteur du Néolithique. La “transition” entre une vie reposant essentiellement sur des ressources sauvages à une autre fondée sur la production alimentaire s’étendit spécifiquement sur quelque chose comme trois mille ans. Alors que l’agriculture mit au jour la possibilité de concentrations de la richesse plus inégales, dans la plupart des cas, ceci ne commença que des millénaires après ses débuts. Entre les deux périodes, des individus dans des zones aussi retirées que l’Amazonie et le Croissant fertile du Moyen-Orient s’essayaient à l’agriculture pour voir ce qui leur convenait, une “agriculture ludique” si l’on veut, alternant annuellement entre les modes de production, autant qu’ils allaient et venaient en matière de structures sociales. En outre, “la diffusion de l’agriculture” à des zones secondaires, comme l’Europe – si souvent décrite en des termes glorieux, comme le début de l’inévitable déclin de la chasse et de la cueillette – semble avoir été un processus fragile, qui échoua parfois, entraînant des effondrements démographiques chez les agriculteurs, et non chez les cueilleurs.

Selon toute évidence, cela n’a plus aucun sens d’utiliser des expressions comme “la révolution agricole” lorsque l’on traite de processus aussi démesurément longs et complexes. Comme il n’y eut pas d’État semblable à l’Éden, à partir duquel les agriculteurs purent démarrer leur marche vers l’inégalité, il y a encore moins de sens à parler de l’agriculture comme ce qui donna naissance aux rangs et à la propriéte privée. S’il y a une chose à dire, c’est que c’est parmi ces populations – les peuples du “Mésolithique” – qui refusèrent l’agriculture pendant les siècles de réchauffement de l’Holocène précoce, que l’on trouve une stratification s’enracinant progressivement ; à tout le moins si elle s’accompagne de sépultures opulentes, d’un art de la guerre offensif et de constructions monumentales. Dans au moins certains cas, comme au Moyen-Orient, les premiers agriculteurs semblent avoir consciemment développé des formes alternatives de communauté, pour accompagner leur mode de vie de plus plus intensif en travail. Ces sociétés néolithiques semblent remarquablement plus égalitaires lorsqu’on les compare à celles de leurs voisins chasseurs-cueilleurs, avec une hausse spectaculaire de l’importance économique et sociale des femmes, clairement reflétée dans leur vie rituelle et leurs arts (opposons ainsi les figures féminines de Jéricho ou de Çatal Höyük avec les sculptures hyper-masculines de Göbekli Tepe).

Un autre pavé dans la mare : la “civilisation” n’arrive pas en bloc. Les premières villes du monde ne se contentèrent pas d’émerger dans une poignée d’endroits, en même temps que des systèmes de gouvernement centralisé et de contrôle bureaucratique. En Chine, par exemple, on sait aujourd’hui que vers 2500 avant J.-C., des établissements de 300 hectares ou plus existaient dans le cours inférieur du fleuve Jaune, des milliers d’années avant la fondation de la dynastie la plus ancienne (Shang). De l’autre côté du Pacifique, et vers la même époque, des centres cérémoniaux d’une dimension frappante ont été découverts dans la vallée du Rio Supe; au Pérou, en particulier sur le site de Caral : d’énigmatiques restes d’esplanades submergées et de plateformes monumentales, plus vieilles que l’empire inca de quatre millénaires. Ces découvertes récentes montrent combien nos connaissances de la distribution et de l’origine des premières villes sont faibles, et combien aussi ces villes sont beaucoup plus vieilles que les systèmes de gouvernement autoritaire et d’administration par l’écrit que nous supposions jusqu’alors nécessaires à leur fondation. 

Et dans les centres mieux établis de l’urbanisation – la Mésopotamie, la vallée de l’Indus, le bassin de Mexico – il y a de plus en plus de preuves que les premières villes étaient organisées selon des règles consciemment égalitaires, les conseils municipaux conservant une autonomie significative par rapport au gouvernement central. Dans les deux premiers cas, les villes avec des infrastructures civiques sophistiquées fleurissaient pendant plus d’un demi-millénaire, sans aucune trace de sépultures et monuments royaux, sans grandes armées ou autres moyens de coercition à grande échelle, ni indice d’un contrôle bureaucratique direct sur la vie de la plupart des citoyens.

Quoi qu’en dise Jared Diamond, il n’y a absolument aucune preuve que des structures de pouvoir pyramidales sont la conséquence nécessaire d’une organisation à grande échelle. Quoi qu’en dise Walter Scheidel, il est tout simplement faux de dire qu’il est impossible de se débarrasser des classes régnantes, lorsqu’elles sont établies, autrement que par une catastrophe généralisée. Prenons seulement un exemple bien connu : autour de l’année 200 après J.-C., il apparaît que la cité de Teotihuacan dans la vallée de Mexico, avec une population de 120 000 individus (l’une des plus élevées dans le monde de l’époque), a subi une profonde transformation, tournant le dos aux temples-pyramides et aux sacrifices humains, et se reconstruisant en un vaste ensemble de confortables villas, quasiment toutes exactement de la même taille. Elle demeura ainsi pendant peut-être 400 ans. Même du temps de Cortés, le centre du Mexique abritait des villes telles que Tlaxcala, dirigée par un conseil élu dont les membres étaient périodiquement fouettés par leurs électeurs, pour qu’ils se rappelassent qui était suprêmement aux commandes.

Ces éléments ont été présentés ici pour créer une histoire mondiale totalement différente. Dans la plupart des cas, nous sommes simplement trop aveuglés par nos préjugés pour voir ce qu’ils impliquent. Par exemple, presque tout le monde insiste aujourd’hui sur le fait que la démocratie participative, ou l’égalité sociale, peuvent fonctionner dans une petite communauté ou un groupe d’activistes, mais ne peuvent potentiellement “être extrapolées” à quelque chose comme des villes, des régions ou des États-nations. Mais les découvertes sous nos yeux, si nous choisissons de les regarder, suggèrent le contraire. Les cités égalitaires, même les régions confédérées, sont des lieux communs historiques. Ce que ne sont pas les familles et ménages égalitaires. Une fois que le verdict historique sera tombé, nous verrons que la perte la plus douloureuse des libertés humaines commença à petite échelle – au niveau des relations de genre, des groupes d’âge et de la servitude domestique – c’est-à-dire le type de relations où la plus grande intimité s’accompagne simultanément des plus profondes formes de violence structurelle. Si nous voulons vraiment comprendre comment il est devenu un jour acceptable pour les uns de transformer la richesse en pouvoir, et pour les autres de se faire dire que leurs besoins et que leurs vies ne comptaient pas, c’est bien là qu’il faudrait regarder. C’est là aussi, prédisons-nous, que le travail, le plus âpre qui soit, de création d’une société libre, devra se dérouler.

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Retrouvez David Graeber sur notre page « Anthropologie politique »

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David Graeber (1961-2020)

Comprendre le mensonge étatique permanent et l’imposture marchande à abolir (Collectif Guerre de Classe)

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Contre le mensonge étatique de la tyrannie sanitaire de la baisse du taux de profit, les seuls vrais vivants seront ceux luttant véritablement pour l’abolition de la marchandise

Collectif Guerre de Classe

28 juillet 2021

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http://guerredeclasse.fr/2021/07/28/contre-le-mensonge-etatique-de-la-tyrannie-sanitaire-de-la-baisse-du-taux-de-profit-les-seuls-vrais-vivants-seront-ceux-qui-luttent-veritablement-pour-labolition-de-la-marchandise/

Non, nous ne sommes pas l’aile extrémiste des néos-bobos antivax…

Oui, nous sommes bien la fraction la plus intransigeante du prolétariat radical… 

« La république démocratique restera toujours la forme ultime de la domination bourgeoise, forme dans laquelle elle crèvera. »

Engels à Bernstein, mars 1884

« Lançons donc le cri qui laisse perplexes tous ceux qui sont aveuglés par la suggestion des lieux communs putrides : À bas la science ! »

Bordiga, Réunion de Milan, 1962

Les démences étatiques du Coronavirus qui camouflent si mal la mise en jachère mondiale de la sur-production capitaliste, témoignent clairement que la crise terminale de la loi de la valeur a là bien commencé… Ce n’est certes qu’un premier début mais le combat radical de la lutte communiste va là assurément et profondément se mettre en train

OUI, LE CAPITAL VA NÉCESSAIREMENT MOURIR…

Il y a les rackets capitalistes dominants qui mettent en place la dictature de l’immense mensonge sanitaire perpétuel pour cacher le grand effondrement économique de la planète-marchandise…

Il y a ceux qui, dans l’opposition formelle, la dénoncent superficiellement du point de vue de ses simples menteries médicales et de ses déplorables sournoiseries politiques…

Puis, il y a les communistes maximalistes qui du point de vue de la lutte de classe radicale, savent que toute vérité étatique officielle est toujours une fable capitaliste de bourrage de crâne intensif, destinée à empêcher le réveil prolétaire offensif – et que le virus delta du bobard de la crise du taux de profit vise simplement à déguiser le krach bancaire et financier qui s’approche

Si le prolétariat est historiquement la classe révolutionnaire par excellence, les faux révolutionnaires n’ont jamais représenté que ses défaites les plus tragiques. Les pires ennemis des ouvriers communards ne furent pas les Versaillais qui leur donnèrent le sanglant coup de grâce mais les progressistes républicains de la duperie démocratique la plus moderniste. Les pires ennemis des Gilets Jaunes ne furent pas les états-majors répressifs qui firent tirer les LBD mais les amis infantilisants et néo-réformateurs de ces ateliers constituants qui firent sans cesse promotion démoralisante de la gestion directe de la merde politique et économique. Les pires ennemis du mouvement social qui est en train de naître ne sont pas ceux qui ont planifié la tyrannie sanitaire de la crise historique du taux de profit mais ceux qui séquestrent la colère présente dans l’idéologie des droits à pouvoir vivre librement dans une prison salariale non masquée et non pucée. Nous, communistes de l’invariance réfractaire ne sombrons pas dans la messe noire du satanisme de la marchandise qui a pour credo : À bas la tyrannie et vive la liberté ! En effet, Nous, nous savons que la liberté est toujours la tyrannie démocratique de la valeur d’échange et que dans tous les cas, notre seul ennemi, le jour de la crise accomplie et le lendemain, ce sera l’ensemble de la réaction groupée autour de cette démocratie pure qui ne veut surtout pas que derrière les foutaises du mythe sanitaire concentrationnaire, l’on dé-voile la mystification de la crise finale de la valeur et cela ne doit pas être perdu de vue…

Les pires obstacles à la compréhension révolutionnaire de la crise terminale sont ceux là même qui ne cessent de fétichiser sa dimension sanitaire et vaccinale en s’opposant ainsi à la critique unitaire des séparations car en incarnant la pensée réifiée du séparé dans l’aliénation modernisée ils formalisent de fait l’obstacle essentiel à sa critique radicale. En réalité, toute la mouvance Reinfocovidiste représente l’extrémisme progressiste de la contre-révolution et si nous devons bien sûr constamment parler à tous ceux qui ont accepté sincèrement d’aller s’y perdre dans le spectacle chaotique de l’indistinction aux mille détresses et frayeurs, c’est justement pour les aider à subversivement en sortir en leur faisant appréhender que celui qui ne saisit pas que dans l’expression diktat étatique du mensonge viral de la crise terminale de la marchandise, le principal est évidemment crise terminale de la marchandise – est condamné du même coup à exprimer la continuation réactionnaire du spectacle de la sur-vie insipide… La simple contestation du despotisme vaccino-sanitaire qui fixe l’instant sur l’angoisse des effets en cachant de la sorte l’histoire des causes, est tout ce que peut devenir la contre-révolution dans un moment qui justement est en train de devenir révolutionnaire…

L’hiéroglyphe du secret généralisé de la crise historique du fétichisme de la marchandise se tient derrière le spectacle de la crise sanitaire mondiale, comme le complément décisif de ce qu’il affiche fallacieusement et, si l’on va au fond des choses, comme sa plus importante opération de mystification, de diversion et de dressage. À l’heure où toutes les sectes néo-proudhonistes et capitalo-dissidentistes veulent à marches forcées nous enfermer dans la simple dénonciation illusoire du Pass sanitaire pour nous emprisonner dans le réformisme des débilités servilistes à la sauce Reinfocovid, la théorie communiste, elle, doit rappeler partout et tout le temps qu’elle est bien entendu ennemie de toutes les idéologies qui font misérable critique superficielle du diktat sanitaire car elle sait que l’essentiel consiste non pas à récuser les effets médicalistes du spectacle policier de la crise terminale qui a commencé mais bien à se heurter frontalement au fétichisme de la marchandise lui-même qui est le fondement de toutes les servitudes, aliénations, désolations et déguisements qui constituent l’interminable mouvement de l’accumulation spectaculaire marchande universelle…

Que chacun dès lors se dépêche de choisir son camp !

Réforme de la merde économique et politique ou Révolution pour éradiquer à jamais la loi du profit de la prostitution universelle !

Il y a 150 ans la Commune appelait à l’insurrection de l’intelligence et du cœur contre le règne de la quantité mercantile… Elle est en train de revenir… Mais tant que le mouvement social d’insubordination actuelle au despotisme sanitaire de la Crise du Capital n’ira pas jusqu’à l’auto-mouvement généralisé de récusation de toutes les impostures de la vie aliénée, les idéologies réformistes de l’esclavage modernisé pourront continuer à se reformuler sur des aspects particuliers de modernisation de la vie absente et de la misère abondante.

Le Prolétariat est Tout ou il n’est rien !

L’homme est la vérité de sa passion d’émancipation ou le répugnant pourrissement de sa propre déchéance !

La discussion sans fin sur la réalité ou l’irréalité des dangers du Coronavirus qui s’isole de la pratique sociale de la crise mondiale aujourd’hui généralisée est une impasse purement scolastique. Les actuelles querelles strictement médicalo-sanitaires sont d’emblée contre-révolutionnaires car leur but est exclusivement de dissimuler l’enjeu réel du temps révolutionnaire qui vient pour résorber la critique radicale du salariat dans une nouvelle aliénation modernisée.

Il y a des feux qui embrasent tout… Non, nous ne voulons pas revenir à la vie normale domestiquée d’Avant la dictature terroriste des intoxications capitalistes du confinement obligatoire et des baratins du variant Delta, nous désirons aller Par-delà, vers un monde authentiquement humain où l’existence cessera d’être la carcasse du temps de la monnaie.

INSUBORDINATION GÉNÉRALISÉE CONTRE LES DUPLICITÉS TOTALITAIRES DU VIRUS CAPITALISTE INTERMINABLE !

À bas la tyrannie sanitaire des mensonges du spectacle étatique de la crise finale du Capital ! Contre toutes les censures, brisons les chaînes, En Avant et Debout !

Vive la Guerre de Classe mondiale du Prolétariat contre tous les Partis et Syndicats de la planète-marchandise et pour un monde sans exploitation ni aliénation !

VIVE LA COMMUNE UNIVERSELLE POUR UN MONDE SANS ARGENT NI ÉTAT !

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L’ivre de Vie (Rien)

Posted in actualité, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , on 25 juillet 2021 by Résistance 71

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Résistance 71

25 juillet 2021

Superbe texte de haute inspiration de RIEN à diffuser au grand large des consciences…

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Communiqué : la guerre sanitaire et sociale commence ! (OSRE)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, société des sociétés, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , on 21 juillet 2021 by Résistance 71

dictaturesanitaire

En complément de notre communiqué également du 14 juillet 2021: “La solution de la crise fabriquée du COVID n’est en aucun cas médicale mais POLITIQUE”
~ Résistance 71 ~

Communiqué : La guerre sanitaire et sociale commence !

OSRE

14 juillet 2021

url de l’article original: http://rebellion-sre.fr/communique-la-guerre-sociale-et-sanitaire-commence/

Les temps actuels, inédits de par leur gravité, nécessitent une mobilisation à hauteur du tournant historique qu’amorce le pouvoir dans sa prédation. Nous savions que le système n’avait d’autre but que sa survie. Désormais tout le monde voit son vrai visage, fait de cynisme et de rage de destruction. 

L’allocution présidentielle de hier soir est une déclaration de guerre. Guerre sociale d’abord. Les annonces de « réformes » de l’allocation chomage et des retraites sont clairement une remise en cause des piliers de la solidarité sociale que les travailleurs avaient imposée par leurs luttes tenaces à l’oligarchie capitaliste. Il ne faut pas oublier que le système profite de la situation pour faire pour faire table rase des acquis devenus fragiles qui l’empêchaient de nous asservir totalement.

La stratégie libérale-sécuritaire de la Macronie profite de la situation sanitaire pour faire de la France un laboratoire d’expérimentation pour une domination d’un type nouveau. Biopouvoir, traçage des populations, parcage des dissidents, utilisation de la surveillance de masse : le système ne combat pas un virus, il combat le peuple ! Ne nous faisons pas d’illusion, il n’y aura pas de « retour à la normale » dans le cadre capitaliste.

Nous sommes rentrés dans le règne de l’arbitraire et de la froide logique d’un contrôle de masse par des gens qui n’ont plus de compte à rendre. Il est crucial de refuser et de résister à cela. Il ne faut pas sombrer dans la résignation ou la dépression, nous avons des moyens individuellement et collectivement de combattre cela.

Nous ne voulons pas de leur monde ! Nous voulons notre liberté. Nous n’attendons rien des partis de l’opposition officielle à Macron. RN et France Insoumise ont prouvé leur nullité et doivent être considérés que comme les parasites de notre colère.

Réunissons nous au-delà des anciens clivages pour combattre pour l’essentiel. Ils ne doivent pas nous prendre notre liberté !

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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Changer d’attitude envers le système : L’expropriation (Erinne Vivani)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , on 20 juillet 2021 by Résistance 71

abolitionsalariat

L’expropriation

Erinne Vivani

1920

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Note de Résistance 71 : Vivani est un anarchiste italien dans la veine de Renzo Novatore. Ce texte a été écrit dans le contexte de la révolution des conseils ouvriers du nord de l’Italie en 1920 où les ouvriers exproprièrent les propriétaires d’usines qu’ils remirent en marche pour le bien du peuple selon le principe anarchiste de la grève générale illimité et expropriatrice. Le mouvement fut trahit de l’intérieur (déjà !) par l’alliance d’une poignée avec le PCI et la fange marxiste-léniniste-trotskiste. La trahison se renouvellera en Espagne 1936-39. La leçon est simple  la révolution ne peut avoir de succès qu’en dehors de tout système établi. Elle ne sera viable qu’en dehors de toute institution étatique, marchande, monétaire et salariale.
C’est pourtant simple à comprendre. Agissons donc en conséquence ici et maintenant !

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Des temps les plus reculés, il y eut des hommes, qui, utilisant la force brutale et la ruse, se sont appropriés e patrimoine commun.

S’ils s’étaient limités à cela, ce n’aurait été que moindre mal, car les lésés, adoptant les systèmes de leurs maraudeurs, auraient peut-être pu récupérer leurs biens et les augmenter.

Le pire émergea lorsque ces maraudeurs, afin de consolider et d’augmenter le produit de leurs vols, constituèrent l’autorité et prétendirent de dicter des lois au monde et à précisément ceux qu’ils avaient usurpés et volés.

Ainsi, il y eut des tyrans d’un côté et des esclaves de l’autre.

Les premiers déclarèrent solennellement : “La propriété est le fruit du travail est est sacrée et inviolable.”  Et la défense du principe hypothétique de la propriété sacrée et inviolable fut confiée à trois figures pour le moins nébuleuses : le gendarme, synonyme de brutalité et de férocité, le prêtre et le moraliste, qui personnifient le mensonge.

Contre ce principe se leva les philosophes, qui déclarèrent que “La propriété c’est le vol !” ils furent rejoints par des milliers et des milliers d’esclaves qui espéraient liberté et égalité et qui se divisèrent en écoles de pensée et en partis politiques menés par des bergers, qui répètent, au point d’anesthésier le public par l’ennui incommensurable qu’ils causent, leurs discours sur les droits et les devoirs du travailleur, sur l’humanitarisme, sur l’altruisme, la justice, la solidarité, la fraternité, l’égalité, la liberté etc, etc… et, comme s’ils construisaient un bâtiment, tracent le design de la société future sous les regards incrédules des pauvres et le sourire ironique des riches.

Ces discours sentimentaux sont des jérémiades, qui semblent vouloir convaincre les propriétaires d’abandonner leurs possessions pour le bénéfice de l’humanité. Mais les riches sont sourds, n’ont pas de compassion et, par dessus tout, sont forts, parce qu’ils ont les gendarmes, les prêtres, les moralistes et les réformateurs sociaux enduit du vernis du révolutionnisme. Au contraire, les riches voyant les gens satisfaits de geindre et permettant de se faire duper par les mauvais bergers, deviennent de plus en plus arrogants et agressifs et, comme si la violence des autorités royales ou républicaine n’était pas suffisante, ils louent les services de gros gangs armés pour la défense de leur capital. Je n’aime pas beaucoup les discours, encore moins les discours sentimentaux et rhétoriques ; il m’importe peu que la propriété soit le fruit du travail ou du vol ; je ne prête aucune considération aux lois et à la justice, je ne me soucie pas non plus d’éveiller les sentiments de l’humanité. Je sais que je dois vivre ma vie le plus confortablement et le plus librement que possible et j’essaie de trouver les moyens nécessaires à cet effet.

“Le droit à la vie ne se mendie pas, il se prend” donc je dis à mes camarades : vivons le plus anarchiquement possible, sans attendre un hypothétique futur, ce qui pour nous anarchistes aura toujours une vibration malsaine.

La société nous considère à juste titre comme des ennemis, nous ne recherchons donc aucunement une quelconque réconciliation, nous rejetons les moyens de lutte qu’elle nous offre, ces moyens de lutte politique par les partis et par les syndicats. Nous choisissons les moyens nous-mêmes et pensons qu’ils sont adéquats pour la tache difficile à laquelle nous devons faire face ; nous les pensons supérieurs à ceux proposés par notre ennemi. Nous acceptons le défi et luttons sans répit ni quartier pour parvenir à une victoire immédiate et pas en l’an 2000 (NdT: marrant, ce texte a été écrit il y a 101 ans… et où en sommes nous toujours ?… dans les mêmes pseudo-luttes encadrées par un système oppresseur et dominant et pourtant qui n’a jamais eu autant les pieds en argile qu’en ce moment…)

La force se combat par la force, la violence par la violence, la propriété par l’expropriation. J’attache la plus grande des importances révolutionnaire, la plus haute signification subversive à l’expropriation individuelle. C’est à dire : la rébellion pratique et efficace contre le système d’exploitation perpétré par les invisibles et les chercheurs de jouissance au détriment des travailleurs ; la conquête du droit à la vie, au plaisir et à la liberté, car la société ne fait que piétiner les pauvres, la vengeance contre les propriétaires et les institutions sociales. Au contraire, la multiplication des expropriations individuelles constitue une véritable et profonde désintégration sociale et le révolutionnisme et l’anarchisme, aujourd’hui plus que jamais, face à l’arrogance du parti socialiste qui affirme imposer sa dictature, n’ont aucune raison d’exister si ce n’est de se manifester comme essentiellement des tendances anti-sociales.

La révolution, démolir les organismes d’oppression et d’exploitation présents et futurs, ne se passe pas à date fixe sur les barricades, mais elle se produit à chaque heure, à chaque moment dans des assauts multiples contre la société, par ces individus rebelles et sans scrupules.

Il est nécessaire de renverser et de détruire tous les principes qui soutiennent la soi-disante société civile. L’expropriation des individus qui d’un côté empoisonne l’existence des riches, qui ont le sentiment d’étouffer sous le poids de leur richesse mise en danger, et diminuant d’un autre côté l’édifice moral et social de ses fondations.

L’expropriation individuelle systématique des rebelles et des puissants, le viol irrévérencieux des principes dominants, religieux, autoritaires et moraux ; la profanation iconoclaste de tout ce qui est considéré comme sacré et inviolable, constitue la fondation même de la crique révolutionnaire et anarchiste, la raison d’être de l’anarchisme anti-social.

Donc nous, en tant qu’anarchistes, nous soulevons contre la croisade des humanitaires à la petite semaine, de ces marchands boutiquiers altruistes, qui affirment résoudre l’émeute sociale avec une rustine sur une chambre poreuse.

Ceux qui approuvent la révolution et l’expropriation collective, celle à venir, et répudie l’expropriation individuelle, sont des sacristains monarchistes plus que des révolutionnaires. Qu’ils parlent de réformisme, peut-être anti-parlementaire, mais pas de révolution et encore moins d’anarchisme.

L’exemple de l’action de Jules Bonnot, pour n’en citer qu’un, vaut plus pour moi que tous les prêcheurs révolutionnaires anarchistes socialistes.

Convaincu de cela, je m’adresse non pas à la floppée qui ne veut pas me comprendre, mais à ceux ayant une ferme volonté et je leur dis : en attendant l’Apocalypse, menons notre révolution par l’expropriation pour que règne notre bien-être et notre liberté.

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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Escroquerie au Coronavirus et dictature sanitaire : Merde à tous les rackets du capital ! (Collectif Guerre de Classe)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, gilets jaunes, guerres hégémoniques, média et propagande, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 19 juillet 2021 by Résistance 71

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A Résistance 71, nous adhérons sans restriction à ce communiqué de Guerre de Classe. Il n’y a pas de solution au sein du système et ne saurait y en avoir ! Comme nous l’avions dit au moment du mouvement des Gilets Jaunes… Devenons S.U.P.R.A Gilets Jaunes (Solidarité Union Persévérance Réflexion Action) !
Dans l’esprit de Cheval Fou
Hoka Hey !
~ Résistance 71 ~

Merde à tous les rackets du Capital !

Collectif Guerre de Classe

Juillet 2021

Source :
http://guerredeclasse.fr/2021/07/07/mobilisation-generale/

Le point le plus fort de l’ennemi devient immédiatement son point le plus faible aussitôt qu’il se trouve en position d’être historiquement dé-masqué

Toute vérité officielle est par essence une mystification gouvernementaliste de l’ordre capitaliste…

Derrière le mensonge étatique sans fin du Coronavirus, un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme. Toutes les puissances de la pourriture démocratique de la vieille Europe se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : le pape et le Kremlin, l’Otan et le forum de Davos, toutes les gauches immigrationnistes de France et toutes les polices écolo-boboïstes de la marchandise mondiale.

La tromperie capitaliste des impostures du variant Delta est la forme supérieure de la crise historique de la baisse du taux de profit…

Par un appel solennel lancé dans le Journal du dimanche du 4 juillet 2021, deux des plus grands dirigeants syndicaux gouvernementaux de la police capitaliste du travail, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, et Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, ont décidé de s’engager activement pour une vaccination flicarde massive des salariés dans l’ensemble des entreprises. “Nous appelons solennellement les salariés qui ne sont pas protégés à se faire vacciner sans tarder”, commandent-ils dans la tribune du JDD. Rappelant qu’ils avaient déjà “attiré l’attention de l’opinion publique sur la nécessité d’accélérer la vaccination” au moment où il y avait des retards de livraison, les deux permanents parasitaires syndicaux subventionnés demandent une nouvelle fois – pour retarder le réveil des colères ouvrières – une accélération de l’enfumage médicaliste et du contrôle social numérique de la peur éternelle.

“Si nous reprenons ensemble la parole, c’est pour faire encore bouger les lignes”, insistent les deux contre-révolutionnaires professionnels alors même que la mystification pandémique étatique ne cesse de se renforcer et que le nombre de vaccinés ralentit cependant de plus en plus à mesure qu’une conscience récalcitrante commence son surgissement à proportion de la gigantesque décomposition économique qui se profile. Geoffroy Roux de Bézieux et Laurent Berger disent observer “un relâchement chez nos concitoyens”. La vaccination est donc pour eux “un acte d’engagement individuel tout autant qu’une démarche de responsabilité”.

Et si ces deux piètres patrons loufoques se disent bien sûr hypocritement attachés aux principes de “volontariat et de secret médical”, la frontière avec la contrainte d’obligation tyrannique risque d’être très fragile en ce qui concerne notamment “les salariés en contact avec du public”. Un appel donc au conditionnement lourdement aggravé selon la chanson habituelle du “réveil du sens civique de chacun” et l’affirmation idolâtre: “La vaccination est la seule manière de retrouver une vie normale, une vie sociale. Se protéger les uns les autres est la seule solution.”

Un appel lancé aux salariés mais également aux chefs d’entreprise afin de quadriller et d’asservir de plus belle en faisant “le maximum de pédagogie auprès des salariés pour les informer”. Selon les deux chargés d’affaires du spectacle totalitaire de la marchandise, la vaccination ne progresse plus assez vite face au mythologique variant Delta “qui menace” et c’est ainsi “que nous pourrons casser le plafond de verre”, alertent-ils. Un “appel au sursaut” et un “devoir de responsable syndical” alors que le pays a payé un “lourd tribut” déjà. Malgré les divergences, les Français doivent faire en sorte de se retrouver sur ce qu’il y a “de plus important” car “la solution est une affaire de volonté” et est “entre les mains de chacun d’entre nous”, terminent les deux crétins, Geoffroy Roux de Bézieux et Laurent Berger.

Dans le même temps et comme d’habitude, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, relayé par la boutique FO, joue lui la partition de duplicité complémentaire qui consiste à dire la même chose mais selon un langage de fourberie plus visqueuse… Il a donc exprimé toutes ses réticences simulées à l’encontre du principe de la vaccination despotique du prolétariat soignant. “Je ne suis pas favorable à la vaccination obligatoire des soignants”, a indiqué le PDG du syndicat. “Il vaut mieux convaincre plutôt que contraindre, discuter plutôt que d’imposer.”

Tout ce lamentable cirque grotesque autour de la production idéologique de la tyrannie sanitaire étatique mise en place pour dissimuler l’effondrement capitaliste planétaire qui approche est bien normal puisque toutes les formes d’organisation syndicales, des plus grandes aux plus petites, n’ont jamais servi historiquement qu’à encadrer et briser les irruptions ouvrières radicales, de Barcelone 1937 à Paris 1968, ceci afin de museler le combat prolétarien en faisant tout pour saboter ses indisciplines… Tous ces bordels dégueulasses de planqués corrompus au service serviliste de la classe capitaliste et de l’Etat consti­tuent simplement la gauche de l’appareil politique de la tyrannie démocratique du Marché lequel ne sert qu’à endiguer et égarer la lutte du proléta­riat… Toujours et partout, les partis de la gauche du Capital, leurs syndicats financés et leurs larbins gauchistes, du Nouveau Parti Anti-Communiste à l’Union Capitaliste Libertaire, se sont systématiquement montrés comme de simples organes de l’ordre capi­taliste au sein du prolétariat. C’est pourquoi ces derniers aujourd’hui, bien loin de dénoncer les bobards des foutaises de la charlatanerie Coronavirale, s’emploient sans cesse – en pauvres couillons idiots utiles du marché – à faire écho non seulement à tous les dogmes sans-papiéristes des multinationales mais à toutes les directives pharmaceutiques du diktat mondialiste de l’argent en répétant le slogan abruti: Il faut créer les conditions d’une vaccination sûre et réussie !

Dès aujourd’hui et face à l’immense dévastation industrielle, commerciale et bancaire qui se prépare, œuvrons radicalement à préparer l’insoumission sociale… Rassemblons-nous et organisons-nous contre les fabulations épidémiques du Coronavirus étatique qui a artificiellement voilé le blocage de la machinerie capitaliste afin d’empêcher que l’on voie justement que le processus d’exploitation mondiale ne parvient plus à pouvoir reproduire sa production…

Pour commencer à préparer le Futur qui arrive, Anticipons aujourd’hui, la considérable explosion sociale qui approche ! Depuis des années de restructuration hospitalière intensive, l’État s’essaye – sous mille prétextes – à casser la lutte sans relâche des soignants qui persistent à résister… Désormais, la guerre sociale va rebondir… Les premiers tumultes contre la vaccination hystérique de la tromperie étatique généralisée qui vient ne sont qu’un début… Continuons donc sans répit, le combat de la dénonciation subversive de la servitude délirante programmée !

Le pouvoir morbide du Capital ne pourra continuer d’imposer son autorité que si la lutte de classe qui va s’engager ne permet pas au prolétariat d’intervenir de manière autonome, sauvage et maximaliste

MOBILISATION GÉNÉRALE CONTRE LA TROMPERIE CAPITALISTE DU VIRUS INTERMINABLE !

À bas la tyrannie sanitaire des mensonges du spectacle étatique de la crise finale du Capital !

Vive la Guerre de Classe mondiale du Prolétariat contre tous les Partis et Syndicats de la planète-marchandise et pour un monde sans exploitation ni aliénation !

VIVE LA COMMUNE UNIVERSELLE POUR UN MONDE SANS ARGENT NI ÉTAT !

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