Archive pour société état et démocratie

Marasme économico-politique inévitable : L’UE amorce sa dissolution (Thierry Meyssan)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, colonialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , on 4 décembre 2021 by Résistance 71

deshumanisation
Solution… dissolution…

L’Union européenne amorce sa dissolution

Thierry Meyssan

30 novembre 2021

url de l’article original: https://www.voltairenet.org/article214870.html

Le Traité du Quirinal, conclu par la France et l’Italie, ainsi que le projet de gouvernement du prochain chancelier allemand, Olaf Schotz, sont incompatibles avec l’histoire de l’Union européenne. Paris et Berlin viennent de poser des actes concrets qui ne peuvent qu’amorcer l’inévitable dissolution de l’Union européenne.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill imagina un système permettant aux Anglo-Saxons de s’assurer que l’Europe occidentale ne tomberait pas dans les mains de l’Union soviétique et qu’ils en conserveraient le contrôle. Il s’agissait de créer un marché commun européen avec les pays ruinés qui acceptaient le Plan Marshall [1].

Les États-Unis et le Royaume-Uni avançaient alors de concert. En quelques années, ils jetèrent les bases de notre monde : l’Otan est une alliance militaire dominée par eux, tandis que ce qui est devenu l’Union européenne est l’organisation civile pour leurs alliés. Certes, les membres d’une institution ne sont pas nécessairement membres de l’autre, mais il n’en reste pas moins que, basées à Bruxelles, l’une et l’autre sont les deux faces d’une même médaille. Les services communs des deux structures sont discrètement installés au Luxembourg.

Après la crise entre Washington et Londres lors de l’expédition de Suez, le Royaume-Uni qui était en train de perdre son Empire, décida d’entrer dans ce qui n’était pas encore l’Union européenne. Si Harold Macmillan échoua en 1958, Edward Heath y parvint en 1973. Mais l’équilibre des forces évoluant encore, le Royaume-Uni quitta l’Union européenne fin 2020, se tournant à nouveau vers son ancien Empire (« Global Britain »).

Tous les documents de l’Union européenne sont traduits dans chaque langue officielle des pays membres. Plus l’anglais qui en est devenu la langue officielle alors qu’il ne l’est plus d’aucun de ses membres. Ce n’est pas parce que les Britanniques en ont fait partie, mais parce que l’Union est sous la coupe de l’Otan ainsi que le précise l’article 42, paragraphe 7 du Traité sur l’Union européenne modifié par le Traité de Lisbonne (qui a remplacé par la force le Traité constitutionnel rejeté par les peuples) [2].

L’Allemagne, qui fut occupée par les quatre vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale jusqu’en 1990, c’est-à-dire après sa réunification, s’est toujours satisfaite de ne plus être une puissance militaire. Aujourd’hui encore, ses services secrets, réorganisés par les USA avec leur ancien personnel nazi, leur sont toujours tout dévoués, tandis que le Pentagone y dispose de très importantes bases militaires avec fiction d’exterritorialité.

La France, au contraire, rêve d’indépendance militaire. C’est pourquoi Charles De Gaulle, qui avait été le leader de la France Libre durant la Seconde Guerre mondiale, la fit quitter le commandement intégré de l’Otan, en 1966. Mais Nicolas Sarkozy, qui avait été élevé adolescent par le fils du créateur états-unien du réseau Stay-behind de l’Otan (« Gladio »), la réintégra en 2009. Aujourd’hui, les opérations extérieures de l’armée française sont donc, en pratique, commandées in fine par des officiers états-uniens.

Durant des années, l’Allemagne et la France prirent le leadership de ce qui est devenu l’Union européenne. François Mitterrand et Helmut Kohl imaginèrent de transformer le marché commun en un État supranational —toujours vassal des États-Unis— capable de rivaliser avec l’URSS et la Chine : l’Union européenne. Cette structure, à la quelle les États-Unis exigèrent que les anciens membres du Pacte de Varsovie adhérent en même temps qu’ils rejoignaient l’Otan, devint une bureaucratie colossale. Malgré les apparences, le Conseil des chefs d’État et de gouvernement n’est pas un super-gouvernement, mais une chambre d’enregistrement des décisions de l’Otan. Celles-ci sont élaborées par l’Alliance atlantique —toujours dominée par les États-Unis et le Royaume-Uni—, puis transmises à la Commission européenne, soumises au Parlement et en définitive ratifiées par le Conseil.

Il faut bien comprendre que l’Otan à vocation à se mêler de tout : de la composition du chocolat (il y a une barre de chocolat dans la ration du soldat) à la construction des ponts (ils doivent être utilisables par des blindés), en passant par les vaccins anti-Covid (la santé des civils conditionne celle des militaires) ou les virements bancaires (il faut surveiller les transactions ennemies).

Les armées britannique et française étaient les deux seules qui pesaient dans l’Union européenne. Elles se sont donc rapprochées avec les Traités de Lancaster House, en 2010. Mais lorsqu’intervint le Brexit, l’armée française se retrouva encore seule, comme l’atteste la résiliation des contrats franco-australiens de construction de sous-marins au profit de Londres. La seule option qui restait à la France était de se rapprocher de l’armée italienne, pourtant deux fois plus petite que la française. C’est ce qui vient d’être décidé avec le Traité du Quirinal (2021). Cette opération a été facilitée par l’idéologie commune d’Emmanuel Macron (ancien banquier chez Rothschild) et Mario Draghi (ancien banquier chez Goldman Sachs) et leur leadership commun sur la réponse politique à l’épidémie de Covid. Au passage, on remarquera l’invraisemblable jargon politiquement correct dans lequel ce document est rédigé, très loin des traditions latines [3].

Il se trouve que dans le même temps, la chancelière Angela Merkel cède sa place à Olaf Scholtz. Celui-ci n’a que faire, ni des questions militaires, ni des déficits budgétaires français et italiens. L’accord de coalition de son gouvernement [4] aligne la politique étrangère allemande en tous points sur celle des Anglo-Saxons (USA + Royaume-Uni).

Jusqu’alors les gouvernements d’Angela Merkel luttaient contre l’antisémitisme. Le gouvernement Scholz va plus loin en s’engageant à soutenir « toutes les initiatives qui promeuvent la vie juive et promeuvent sa diversité ». Il ne s’agit plus de protéger une minorité, mais de la promouvoir.

Concernant Israël, que le Royaume-Uni et les États-Unis ont créés dans une logique impériale [5], le nouvel accord stipule également que « la sécurité d’Israël est un intérêt national » de l’Allemagne, et promet de bloquer « les tentatives antisémites de condamner Israël, y compris à l’ONU ». Il déclare que l’Allemagne continuera à soutenir la solution à deux États du conflit israélo-palestinien (c’est-à-dire qu’elle s’opposera au principe « un homme, une voix ») et se félicite de la normalisation des relations entre Israël et les pays arabes. Ce faisant, le gouvernement Scholz enterre la politique traditionnelle du SPD, dont le ministre des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel (2013-18), qualifiait le régime israélien d’« apartheid ».

Olaf Schotz est un avocat préoccupé de faire fonctionner l’industrie de son pays sur la base d’un compromis entre les ouvriers et le patronat. Il n’a jamais trop été présent sur les questions internationales. Il a désigné la juriste verte Annalena Baerbock comme ministre des Affaires étrangères. Elle n’est pas seulement une partisane des énergies décarbonées, mais un agent d’influence de l’Otan. Elle soutient haut et fort le principe de l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan et à l’Union européenne. Elle est opposée à la Russie et donc refuse le gazoduc Nord Stream 2 et encourage le projet de terminaux gaziers pour importer du gaz des États-Unis par méthaniers malgré le prix exorbitant de ces installations. Enfin elle qualifie la Chine de « rival systémique » et soutient tous ses séparatismes, taïwanais, tibétains et ouïghours.

Il est prévisible que les politiques de Berlin et de Paris vont donc lentement s’éloigner jusqu’à faire ressurgir le conflit qui opposa les deux pays, causant trois guerres de 1870 à 1945. Contrairement à la publicité, ainsi que je l’ai rappelé plus haut, l’Union européenne n’a pas été créée pour assurer la paix en Europe occidentale, mais pour stabiliser les populations dans le camps anglo-saxon durant la Guerre froide. Le conflit franco-allemand n’a jamais été résolu. L’Union européenne, bien loin de faire la paix, a posé un édredon sur le problème plutôt que de le régler. Durant les guerres de Yougoslavie, les deux pays se sont durement affrontés militairement : l’Allemagne soutenait la Croatie, tandis que la France soutenait la Serbie. Berlin et Paris s’entendaient dans les frontières de l’Union, mais se faisaient la guerre à l’extérieur. Les spécialistes des opérations spéciales savent qu’il y a eu des morts des deux côtés.

Les politiques étrangères qui fonctionnent sont celles qui traduisent l’identité de leur nation. Aujourd’hui, le Royaume-Uni et l’Allemagne poursuivent leur route, fiers de ce qu’ils sont, pas la France qui traverse une crise d’identité. Emmanuel Macron assurait au début de son mandat qu’« il n’y a pas de culture française ». Il a changé de discours depuis, sous la pression de son peuple ; de discours, mais pas de pensée. La France a des moyens, mais ne sait plus qui elle est. Elle poursuit la chimère d’une Union européenne indépendante rivalisant avec les États-Unis alors que les 26 autres membres n’en veulent pas. L’Allemagne commet cependant une erreur en s’abritant sous le parapluie nucléaire états-unien alors que cette grande puissance est entrée en décomposition.

Il est évident que nous venons d’enter dans la phase de dissolution de l’Union européenne. C’est une chance pour chacun de retrouver sa pleine indépendance, tant cette structure est sclérosée. Mais c’est aussi, et surtout, un défi qui peut vite tourner au drame. Les États-Unis s’effondrent sur eux-mêmes et bientôt l’Union européenne n’aura plus de suzerain. Ceux qui la composent devront se positionner chacun face aux autres. Il est extrêmement urgent de commencer à nous comprendre non plus comme de simples partenaires commerciaux, mais comme des partenaires en toutes choses. Ne pas le faire conduira inévitablement à la catastrophe, à la guerre généralisée.

Chacun a pu constater que tous les membres de l’Union européenne —sauf les Anglais, mais ils sont partis— partagent des éléments culturels communs. Ces éléments sont aussi ceux de la Russie qui est plus proche de l’Union que ne l’est le Royaume-Uni. Il est désormais possible de reconstruire l’Europe comme un réseau d’États et non plus comme une bureaucratie centralisée, en s’ouvrant à ceux qui étaient artificiellement séparés par les Anglo-Saxons pour assurer leur domination sur le continent durant toute la Guerre froide. C’est ce dont parlait Charles De Gaulle lorsque, s’opposant à Winston Churchill, il déclarait vouloir l’« Europe de Brest à Vladivostok ».

Notes :

[1] « Histoire secrète de l’Union européenne », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 28 juin 2004.

[2] Art. 42 §7 : « Au cas où un État membre serait l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, conformément à l’article 51 de la charte des Nations unies. Cela n’affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres.

Les engagements et la coopération dans ce domaine demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, qui reste, pour les États qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en œuvre ».

[3] « Traité du Quirinal », Réseau Voltaire, 26 novembre 2021.

[4Mehr Fortschritt wagen. Bündnis für Freiheit, Gerechtigkeit und Nachhaltigkeit, Sozialdemokratischen Partei Deutschlands (SPD), Bündnis 90 / Die Grünen und den Freien Demokraten (FDP), 2021.

[5] « Qui est l’ennemi ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 août 2014.

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Gladio

Il était une dernière fois.. de (presque) RIEN du tout…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 3 décembre 2021 by Résistance 71

doses

Résistance 71

3 décembre 2021

Superbe texte, superbement illustré, de l’uppercut à l’estomac comme on l’aime, efficacité garantie, comme comme quoi avec RIEN on peut, on sait tout faire !…
A lire et diffuser sans aucune modération.

il-etait-une-derniere-fois-chronique-finale-dun-rien-et-dun-rienne-decembre-2021
PDF

Orwell_covid

Fraude COVID et dictature technotronique sanitaire… De la tyrannie douce au totalitarisme ultime, plus nous acceptons, plus ils nous boufferont !

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 1 décembre 2021 by Résistance 71

Resistance71_slogan

Totalitarisme pathologique

C.J. Hopkins

26 novembre 2021

source:
https://www.mondialisation.ca/totalitarisme-pathologique-101/5662646

GloboCap a donc franchi le Rubicon. La phase finale de sa transformation de la société en une dystopie pathologisée-totalitaire, où les injections obligatoires de thérapie génétique et les papiers de conformité numériques sont monnaie courante, est maintenant officiellement en cours.

Le 19 novembre 2021, le gouvernement de l’Autriche Nouvelle Normale a décrété qu’à partir de février, les injections expérimentales d’ARNm seront obligatoires pour toute la population.  Ce décret intervient au milieu de la persécution officielle par l’Autriche des « non-vaccinés ». c’est-à-dire les dissidents politiques et autres personnes de conscience qui refusent de se convertir à la nouvelle idéologie officielle et de se soumettre à une série d’injections d’ARNm, censées combattre un virus qui provoque des symptômes grippaux légers à modérés (ou aucun symptôme) chez environ 95 % des personnes infectées et dont le taux de létalité global est d’environ 0,1 à 0,5 %.

L’Autriche n’est que la pointe de la lance de la Nouvelle Normalité. D’éminents fascistes de la Nouvelle Normalité en Allemagne, comme Der Führer of Bavaria, Markus Söder,, et le Ministre de la Propagande Karl Lauterbach, réclament déjà un allgemeine Impfpflicht (c’est-à-dire une « obligation de vaccination »), ce qui ne devrait surprendre personne. Les Allemands ne vont pas rester les bras croisés et laisser les Autrichiens les ridiculiser publiquement, n’est-ce pas ? Ils ont une réputation à défendre, après tout ! L’Italie sera probablement la prochaine à se joindre à eux, à moins que la Lituanie ou l’Australie ne les devance.

Mais, sérieusement, ce n’est que le début du siège d’hiver dont j’ai parlé récemment. Le plan semble être de commencer par une nouvelle normalisation de l’Europe – en général, les Européens sont plus dociles, respectueux de toute autorité et pas très bien armés – puis de l’utiliser comme levier pour imposer le nouveau totalitarisme pathologisé aux États-Unis, au Royaume-Uni et au reste du monde.

Je ne crois pas que ce plan réussira. Malgré la campagne de propagande la plus longue et la plus intensive de l’histoire de la propagande, nous sommes encore assez nombreux à refuser catégoriquement d’accepter la « nouvelle normalité » comme notre nouvelle réalité.

Et beaucoup d’entre nous sont en colère, extrêmement en colère… militairement, explosivement en colère..

Nous ne sommes pas des « hésitants vaccinaux », des « anti-vax » ou des « théoriciens de la conspiration niant le vaccin ». Nous sommes des millions de gens de la classe ouvrière, des gens qui ont des principes, qui valorisent la liberté, qui ne sont pas prêts à aller doucement dans la nuit mondialisée, pathologisée et totalitaire. Nous ne nous soucions plus de savoir si nos anciens amis et membres de la famille qui sont passés à la nouvelle normalité comprennent ce que c’est. Nous comprenons. Nous comprenons exactement ce que c’est. C’est une forme naissante de totalitarisme, et nous avons l’intention de la tuer – ou au moins de la blesser gravement – avant qu’elle ne devienne un mastodonte à part entière.

Maintenant, je veux être absolument clair. Je ne préconise ni ne tolère la violence. Mais elle va se produire. Elle l’est déjà. Le totalitarisme (même cette version « pathologisée » de celui-ci) est imposé à la société et maintenu par la violence. La lutte contre le totalitarisme passe inévitablement par la violence. Ce n’est pas la tactique que je préfère dans les circonstances actuelles, mais elle est inévitable maintenant que nous avons atteint ce stade, et il est important que ceux qui mènent ce combat reconnaissent que la violence est une réponse naturelle à la violence (et à la menace implicite de violence) qui est déployée contre nous par les autorités de la Nouvelle Normalité, et par les masses qu’elles ont plongées dans une frénésie fanatique.

Il est également important (essentiel, je dirais) de rendre visible la violence de la Nouvelle Normalité, c’est-à-dire d’encadrer ce combat en termes politiques, et non en termes pseudo-médicaux propagés par le récit officiel de Covid). Il ne s’agit pas d’un débat académique sur l’existence, la gravité ou la réponse à un virus. Il s’agit d’un combat pour déterminer l’avenir de nos sociétés.

Ce fait, par-dessus tout, est ce que les classes dirigeantes mondialistes-capitalistes sont déterminées à dissimuler. Le déploiement de la nouvelle normalité échouera s’il est perçu comme politique (c’est-à-dire une forme de totalitarisme). Il s’appuie sur notre incapacité à le voir tel qu’il est. Elle se cache donc, ainsi que la violence qu’elle perpètre, dans un récit officiel pseudo-médical, ce qui l’immunise contre toute opposition politique.

Nous devons lui refuser cette redoute perceptive, cette cachette herméneutique. Nous devons l’obliger à se montrer tel qu’il est, une forme « pathologisée » de totalitarisme. Pour ce faire, nous devons le comprendre… sa logique interne, ses forces et ses faiblesses.

Le totalitarisme pathologisé

J’ai décrit la Nouvelle Normalité comme un « totalitarisme pathologisé » et prédit que la « vaccination » obligatoire allait arriver depuis au moins mai 2020.  (Voir, par exemple, Le nouveau totalitarisme pathologisé).  J’utilise le terme « totalitarisme » intentionnellement, non pas pour faire de l’effet, mais par souci d’exactitude. La nouvelle normalité est encore un totalitarisme naissant, mais son essence est indubitablement évidente. J’ai décrit cette essence dans une chronique récente :

« L’essence du totalitarisme – quels que soient les costumes et l’idéologie qu’il porte – est le désir de contrôler complètement la société, chaque aspect de la société, chaque comportement et pensée individuels. Tout système totalitaire, qu’il s’agisse d’une nation entière, d’une minuscule secte ou de toute autre forme de corps social, évolue vers cet objectif irréalisable … la transformation idéologique totale et le contrôle de chaque élément de la société … Cette poursuite fanatique du contrôle total, de l’uniformité idéologique absolue et de l’élimination de toute dissidence, est ce qui fait du totalitarisme le totalitarisme. »

En octobre 2020, j’ai publié The Covidian Cult, qui s’est depuis transformé en une série d’essais examinant le totalitarisme New-Normal (c’est-à-dire pathologisé) comme  » un culte écrit en grand, à l’échelle d’une société. »  Cette analogie est valable pour toutes les formes de totalitarisme, mais surtout pour le totalitarisme New Normal, car il s’agit de la première forme globale de totalitarisme de l’histoire, et donc :

« Le paradigme secte/culture a été inversé. Au lieu que la secte existe comme une île au sein de la culture dominante, la secte est devenue la culture dominante, et ceux d’entre nous qui n’ont pas rejoint la secte sont devenus les îles isolées au sein de celle-ci. »

Dans The Covidian Cult, (Partie III), j’ai noté :

« Pour s’opposer à cette nouvelle forme de totalitarisme, nous devons comprendre en quoi elle ressemble et diffère des systèmes totalitaires antérieurs. Les similitudes sont assez évidentes – c’est-à-dire la suspension des droits constitutionnels, les gouvernements qui gouvernent par décret, la propagande officielle, les rituels de loyauté publique, la mise hors la loi de l’opposition politique, la censure, la ségrégation sociale, les escadrons d’élite qui terrorisent le public, etc.

Et j’ai décrit comment le totalitarisme de la nouvelle normalité diffère fondamentalement du totalitarisme du XXe siècle en termes d’idéologie, ou d’absence apparente d’idéologie.

« Alors que le totalitarisme du XXe siècle était plus ou moins national et ouvertement politique, le totalitarisme de la nouvelle normalité est supranational et son idéologie est beaucoup plus subtile. La nouvelle normalité n’est pas le nazisme ou le stalinisme. C’est le totalitarisme mondial-capitaliste, et le capitalisme mondial n’a pas d’idéologie, techniquement, ou plutôt, son idéologie est la ‘réalité’. »

Mais la différence la plus significative entre le totalitarisme du 20ème siècle et ce totalitarisme mondial naissant est la façon dont le totalitarisme de la Nouvelle Normalité « pathologise » sa nature politique, se rendant effectivement invisible, et donc immunisé contre toute opposition politique. Alors que le totalitarisme du XXe siècle affichait sa politique sur sa manche, le totalitarisme de la nouvelle ère se présente comme une réaction non idéologique (c’est-à-dire supra-politique) à une urgence de santé publique mondiale.

Ainsi, ses caractéristiques totalitaires classiques – par exemple, la révocation des libertés et des droits fondamentaux, la centralisation du pouvoir, le règne par décret, le maintien de l’ordre oppressif de la population, la diabolisation et la persécution d’une classe inférieure « bouc émissaire », la censure, la propagande, etc.

Les Untermenschen deviennent les « Non-vaccinés ». Les insignes de boutonnière à croix gammée deviennent des masques d’apparence médicale. Les papiers d’identité aryens deviennent des « cartes de vaccination ». Les restrictions sociales irréfutablement insensées et les rituels obligatoires d’obéissance publique deviennent des « confinement », des « distanciations sociales »,etc. Le monde est uni dans une guerre totale à la Goebbelsienne, non pas contre un ennemi extérieur (c’est-à-dire un ennemi racial ou politique), mais contre un ennemi intérieur, pathologique.

Ce récit officiel pathologisé est plus puissant (et insidieux) que n’importe quelle idéologie, car il fonctionne, non pas comme un système de croyances ou une éthique, mais plutôt comme une « réalité » objective. Vous ne pouvez pas argumenter avec ou vous opposer à la « réalité ». La « réalité » n’a pas d’opposants politiques. Ceux qui contestent la « réalité » sont« fous », c’est-à-dire des « théoriciens du complot », des « anti-vaxx », des « négateurs du Covid », des « extrémistes », etc. Ainsi, le récit pathologisé de la nouvelle normalité pathologise également ses opposants politiques, nous privant simultanément de toute légitimité politique et projetant sur nous sa propre violence.

Le totalitarisme du XXe siècle a également rejeté sa violence sur ses boucs émissaires (juifs, socialistes, contre-révolutionnaires, etc.), mais il n’a pas tenté d’effacer sa violence. ), mais il ne cherchait pas à effacer sa violence. Au contraire, il l’affichait ouvertement, afin de terroriser les masses. Le totalitarisme New Normal ne peut pas faire cela. Il ne peut pas être ouvertement totalitaire, car le capitalisme et le totalitarisme sont idéologiquement contradictoires.

L’idéologie capitaliste mondiale ne fonctionnera pas en tant qu’idéologie officielle dans une société ouvertement totalitaire. Elle nécessite la simulation de la « démocratie », ou au moins une simulation de la « liberté » basée sur le marché. Une société peut être intensément autoritaire, mais, pour fonctionner dans le système capitaliste mondial, elle doit accorder à son peuple la« liberté » de base que le capitalisme offre à tous les consommateurs, le droit/obligation de participer au marché, de posséder et d’échanger des marchandises, etc.

Cette « liberté » peut être conditionnelle ou extrêmement limitée, mais elle doit exister dans une certaine mesure. L’Arabie saoudite et la Chine sont deux exemples de sociétés GloboCap ouvertement autoritaires qui ne sont néanmoins pas entièrement totalitaires, car elles ne peuvent pas être et rester une partie du système. Leurs idéologies officielles annoncées (c’est-à-dire le fondamentalisme islamique et le communisme) fonctionnent essentiellement comme des superpositions superficielles sur l’idéologie mondiale-capitaliste fondamentale qui dicte la « réalité » dans laquelle chacun vit. Ces idéologies « superposées » ne sont pas fausses, mais lorsqu’elles entrent en conflit avec l’idéologie capitaliste mondiale, devinez quelle idéologie gagne.

Le fait est que le totalitarisme de la Nouvelle Normalité – et toute forme de totalitarisme global-capitaliste – ne peut pas s’afficher comme un totalitarisme, ni même comme un autoritarisme. Il ne peut pas reconnaître sa nature politique. Pour exister, il ne doit pas exister. Par-dessus tout, il doit effacer sa violence (la violence à laquelle toute politique se résume en fin de compte) et nous apparaître comme une réponse essentiellement bienfaisante à une légitime « crise sanitaire mondiale » (et une « crise du changement climatique », et une « crise du racisme », et toute autre « crise mondiale » que GloboCap pense pouvoir terroriser les masses et les plonger dans une hystérie aveugle, obéissant aux ordres).

Cette pathologisation du totalitarisme – et le conflit politique/idéologique dans lequel nous sommes engagés depuis 20 mois – est la différence la plus significative entre le totalitarisme de la Nouvelle Normale et le totalitarisme du 20ème siècle. L’ensemble de l’appareil capitaliste mondial (c’est-à-dire les entreprises, les gouvernements, les entités supranationales, les médias d’entreprise et d’État, les universités, etc.) a été mis au service de cet objectif.

Nous devons accepter ce fait. Nous le devons. Pas les nouvelles normes. Nous.

GloboCap est sur le point de transformer la société en une dystopie pathologisée-totalitaire où ils peuvent imposer des « thérapies » génétiques expérimentales, et tout autre type de « thérapies » qu’ils veulent, et nous forcer à montrer nos « papiers de conformité » pour mener les aspects les plus fondamentaux de la vie. Cette refonte de la société est violente. Elle est menée par la force, avec la violence et la menace omniprésente de la violence. Nous devons y faire face et agir en conséquence.

Ici, dans l’Allemagne de la nouvelle normalité, si vous essayez de faire vos courses sans masque médical, la police armée vous expulsera des lieux (et je le dis par expérience personnelle). Dans l’Australie nouvellement normale, si vous allez à la synagogue, les médias seront alertés et la police vous encerclera. En Allemagne, en Australie, en France, en Italie, aux Pays-Bas, en Belgique et dans de nombreux autres pays, si vous exercez votre droit de vous réunir et de protester, la police vous arrose avec des canons à eau, vous tire dessus avec des balles en caoutchouc (et parfois de vraies balles), vous pulvérise des agents toxiques dans les yeux et vous tabasse de manière générale.

Et ainsi de suite. Ceux d’entre nous qui se battent pour leurs droits et s’opposent à ce totalitarisme pathologisé connaissent trop bien la réalité de sa violence et la haine qu’elle a fomentée dans les masses de la Nouvelle Normalité. Nous la vivons au quotidien. Nous la ressentons chaque fois que nous sommes obligés de porter un masque, qu’un fonctionnaire (ou un serveur) exige de voir nos « papiers ». Nous le ressentons lorsque nous sommes menacés par notre gouvernement, lorsque les médias, les médecins, les célébrités, de simples inconnus, nos collègues, nos amis et les membres de notre famille nous exploitent et nous diabolisent.

Nous reconnaissons ce regard dans leurs yeux. Nous nous souvenons d’où il vient, et à quoi il mène.

Ce n’est pas seulement de l’ignorance, de l’hystérie collective, de la confusion, une réaction excessive ou de la peur… ou, OK, oui, c’est tout cela, mais c’est aussi du totalitarisme classique (malgré la nouvelle tournure pathologisée). Totalitarisme 101.

Regardez-le dans les yeux, et agissez en conséquence.

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

AD1

diviser1
Solidarité Union Persévérance Réflexion Action
… Soyons S.U.P.R.A résistants !

Transcription / traduction de la vidéo analyse de la prédiction début novembre d’un nouveau variant COVID par l’ex-conseiller à la sécurité yankee, le général Michael Flynn (Banned Vidéo)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, chine colonialisme, colonialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 29 novembre 2021 by Résistance 71

MF

Excellente analyse d’Alex Jones, qui retrouve son talent de 2007 lorsqu’il produisit ce remarquable documentaire, sans doute son meilleur : « End Game, Blueprint for Global Enslavement » (existe toujours sur la toile en VOSTF pour ceux qui ne l’ont pas encore vu car toujours malheureusement on ne peut plus d’actualité…)
~ Résistance 71 ~

Quand le général Michael Flynn, ex-conseiller à la sécurité des USA, prédisait le variant Omicron plus de deux semaines avant sa découverte

Transcription annonce vidéo d’Alex Jones

27 novembre 2021

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Vidéo: 13 minutes

https://banned.video/watch?id=61a198d9aaac246c59ab3d76

Alex Jones :

Il y a deux semaines aujourd’hui, je m’entretenais sur les ondes avec le Gen. Michael Flynn, ancien conseiller à la sécurité de Président Trump. Il était venu pour annoncer au monde qu’il avait vu tous les signes avant-coureurs de la mise en place d’un nouveau variant du virus COVID, ceci pour créer toujours plus de peur, de contrôle de l’ONU et de mener à bien une sorte de dépression économique et nous voyons maintenant tout cela se dérouler quelques 12 jours après son allocution. Il a fait cette déclaration sur notre antenne et depuis, nous voyons l’ONU, l’UE, Israël, le parti démocrate ici aux Etats-Unis, déclarer qu’ils veulent plus de confinements à cause de ce soi-disant nouveau variant COVID.

[Clip vidéo d’une responsable de l’UE faisant une déclaration sur le nouveau variant]

Comment est-ce que des individus comme le général Flynn, moi-même et autres personnes, peuvent prédire ce qu’il va se passer des semaines, des mois, voire des années en avance ? Parce que les grandes corporations multinationales au travers de leurs think tanks comme celui de la Fondation Rockefeller et l’opération “Lock Step” il y a 12 ans, établissent des scénarios dans lesquels elles prennent contrôle de la planète. Et maintenant, ils avancent leur variant, leur COVID21 par lequel ils vont instaurer une tyrannie mondiale au moyen d’une grille de contrôle “intelligente” (smart grid) et du passeport vaccinal. Mais avant que nous exposions tout ceci, voici le clip de la prédiction, vérifiée depuis, du général Flynn sur la venue d’un nouveau variant COVID, prédiction faite il y a juste deux semaines.

[clip du gen. Flynn sur le plateau d’InfoWars le 12 novembre 2021]

Comment est-ce que le gen. Flynn est-il capable de faire encore et toujours des prédictions qui s’avèrent justes et précises ? Il était un des généraux au Pentagone il y a 10 ans qui disait que la Chine est en train de jouer double jeu avec nous et il fut prouvé qu’il disait vrai il y a quelques années… Comment diable le savait-il ? Parce qu’il faisait sa recherche interne et lisait les documents chinois disant ce qu’il faisaient. Il y a 20 mois en arrière, Pfizer disait que tout ceci serait un excellent business, qu’il y allait avoir des piqures de rappel en plus des vaccins, qu’il y aura toujours de nouveaux variants forçant les gens à se refaire injecter tous les 6 mois, que cette nouvelle thérapie ARNm allait nous débarrasser du système immunitaire des gens, qu’il y aura une douzaine de nouveaux vaccins par an, pas seulement pour le COVID, mais aussi pour les rhumes, les grippes, les pneumonies etc. Ceci est un plan de prise de contrôle mondial via une ID numérique mise sous forme de passeport vaccinal sur lequel viendra se rattacher une taxe carbone et un système de crédit social mondialisés ; tout ceci verra les états-nations devenir totalement serviles non pas seulement à l’ONU, mais surtout aux grandes entreprises transnationales comme Pfizer et Moderna qui ont forcé des douzaines de nations dans le monde y compris les Etats-Unis, à signer des documents secrets résignant toute souveraineté, droits et aussi mettant des terres publiques en garanties pour ces entreprises en échange de quoi, elles nous donneront cet élixir miracle qui va nous protéger de cette si terrible et horrible pandémie. Quand on regarde les véritables chiffres de 2020, on se rend compte que pas plus de gens ne sont morts que d’une grippe normale, mais maintenant nous voyons en 2021 des records de décès dus aux “vaccins”. Il y a cette information très importante émanant d’Afrique du Sud où il est confirmé que les 4 premières personnes infectés par le variant omicron de la COVID, sont des gens ayant reçu deux injections ARNm et ce sont les mêmes types d’information concernant les “vaccinés” en provenance d’Israël, de GB, du Canada, de Gibraltar, de Singapour, disant que la vaste majorité des patients hospitalisés sévèrement malades et mourant sont des patients qui ont reçu deux injections anti COVID. Il y a aussi ces informations en provenance d’Allemagne et de GB, chiffres officiels du gouvernement, montrant qu’il y a le double de personnes vaccinées mourant de conditions COVID que de personnes non vaccinées. Cette simple information est déjà explosive en elle-même, mais la plus grande des prédictions faite par Flynn ne fut pas celle du nouveau variant impliquant plus de confinements, mais qu’ils allaient utiliser tout ça pour faire chuter les cours boursiers dans le monde, ce qui permettra une clique d’initiés de venir tout racheter pour une bouchée de pain. Ceci constitue la guerre moderne, ceci constitue ce qu’ils appellent “la grande réinitialisation”, où les globalistes vont contrôler l’ensemble de nos sociétés et plus nous acquiesçons plus nous acceptons, plus nous acceptons ces passeports vaccinaux et au plus de pouvoir nous donnons à ces groupes criminels, qui ont un historique de produire et de balancer dans la nature des virus auparavant, qui ont un historique dans la pratique d’expérimentation secrète sur le public, qui ont un historique d’avoir diffusé sur le marché des médicaments qui ne marchaient pas et étaient dangereux, ils ne payèrent que quelques amendes sur les immenses profits qu’ils engrangèrent.

[clip d’un officiel israélien parlant du nouveau variant en Af’sud et de la préparation d’Israël à cette situation]

N’est-il pas intéressant qu’Israël ait mené un exercice il y a quelques semaines pour étendre leur loi martiale en fonction d’un nouveau variant, n’est-ce pas un super timing de la chose ? Si nous prenons du recul et regardons la situation, nous savons ce qu’il s’est passé : un conglomérat d’entreprises multinationales qui ont créé l’ONU avec la Fondation Rockefeller, a travaillé en utilisant Anthony Fauci, Bill Gates et autres, pour développer des armes biologiques au laboratoire de Wuhan en Chine, ils créèrent de nouvelles formes de vie, des espèces différentes de virus combinées ensemble et ont disséminé ces nouveaux organismes, ces créatures étrangères crées en laboratoire. Les entreprises qui les ont créées détiennent maintenant les brevets de ces inventions ce qui leur permet dans le futur de développer des vaccins eux-aussi patentés et ces vaccins ne sont pas des vaccins mais des thérapies géniques qui induisent le corps à produire des variants et de sérieux syndromes en effets secondaires. Ce furent Fauci et Gates et quelques autres qui ont travaillé ensemble et qui ont transféré du laboratoire de Chapel Hill en Caroline du Nord, leurs trouvailles au laboratoire de Wuhan, dans un endroit neutre, où rien ne pourrait être blâmé sur l’ONU ou sur l’UE ou sur les Etats-Unis ni sur les Chinois, personne ne pourrait être blâmé sans avoir à blâmer les autres groupes. Ainsi, ce projet de gouvernement mondial a pu le lâcher dans la nature afin de contrôler le monde via une ID numérique mondialisée, un passeport vaccinal, la taxe carbone, la grille de surveillance, la peur, la dépopulation, ils vont obtenir tout le contrôle qu’ils veulent. Voilà ce qu’est la guerre du XXIème siècle, la prise de pouvoir mondial et comment j’ai pu prédire durant toutes ces années que ceci allait se produire, parce que dans leurs documents internes, ceux de la John Hopkins U, de Davos, de la Bill & Melinda Gates Foundation, la Fondation Rockefeller, la Fondation Carnegie, ils sont obsédés par la création de virus et de les utiliser pour contrôler le monde. Ils ont commencé à se vanter de tout cela dans les années 90, aussi il y a quelques années sur C-Span, qu’un nouveau virus en provenance de Chine pourrait éradiquer le système de santé. Tout a été fait pour amener la nouvelle technologie ARNm afin de pouvoir mettre en place un système de dictature planétaire, ce qui représente le fer de lance d’un système de pouvoir corporatiste fasciste. Mesdames et messieurs, tout ceci a été pondu dans un laboratoire de haute sécurité P4 multinational. Ceci a été mis en gestation dans le plus horrible des régimes communistes que le monde ait jamais vu : la Chine communiste. Ceci fut lâché sur le monde avec la complicité de nos institutions, de l’UE autoritaires corrompues, ceci pour créer un climat de peur absolue propice au contrôle des esprits ; en ayant même le Pentagone, l’armée britannique, canadienne, australienne et autres, utilisant des opérations psychologiques interdites sur le public pour l’amener à la soumission et lui faire accepter cette forme de loi martiale mondiale, une loi martiale sanitaire dont ils disent qu’ils vont pousser sur le virus puis mettre en place des confinements anti-carbone routiniers pour couper les émissions de CO2 et “sauver la planète”, mais tout cela ne fait qu’augmenter la technocratie qui voit votre téléphone portable vous donner l’autorisation de sortir de votre maison ou pas, vous devenez des prisonniers de votre propre maison alors que le monde entier devient un gigantesque camp de concentration à ciel ouvert. 

Pour résumer : ceci constitue une prise de contrôle corporatiste multinational mondialisé où ils utilisent la peur et le virus pour engranger des dizaines de milliers de milliards de dollars chaque trimestre, ils utilisent ce fric pour acheter les infrastructures et faire passer sur nous le coût de l’inflation. Ils utilisent tout ceci comme prétexte pour amener le monde vers une dépression économique fabriquée qu’ils pourront blâmer sur le COVID19 qu’ils ont eux-mêmes créé pour ensuite se poser en “sauveurs” en nous menant pas à pas vers un niveau de tyrannie toujours plus oppresseur et répressif. Ils répètent simplement ce processus encore et encore et encore… Je vous ai dit cela il y a 10 ans déjà, il y a 20 mois quand tout ceci a commencé et que ce ne sera pas une question de deux semaines pour “aplatir la courbe”. Je vous l’avais dit : le plus dur dans ces deux semaines pour “aplatir la courbe”, ce sont les deux premières années… Bientôt, ce sera les 10 premières années, ceci est le grand coup du Nouvel Ordre Mondial, ceci est l’agenda de dépopulation généralisée. Ils essaient maintenant d’imposer le second confinement mondial qui sera plus intense que le dernier. Nous sommes dans le processus de serrage de vis, desserage de vis, serrage de vis,,, puis les globalistes vont larguer de vrais virus bien mortels sur les populations affaiblies pour une grande dépopulation. Ce n’est qu’en nous éveillant à cette réalité et en la refusant que nous avons encore un futur. Accepter, toujours accepter plus ne vous aide pas ni vous ni votre famille, cela ne vous protège pas. Il est certain que vous et votre famille serez lentement affamés et finalement tués.

Je suis Alex Jones, la balle est maintenant dans votre camp, que dieu vous garde et bonne chance.

= = =

A lire notre page « Coronavirus, guerre contre l’humanité »

AJIW1

Compte-rendu du discours de Robert F. Kennedy Jr à Berne en vue d’un « NON » au referendum sur la « loi COVID » en Suisse du 28/11/21

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, démocratie participative, Internet et liberté, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, santé et vaccins, technologie et totalitarisme, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , on 27 novembre 2021 by Résistance 71

RFK_Jr1

Suisse, le dernier bastion de la “démocratie” au monde ? La “loi COVID” équivaut à la loi martiale

Discours de Robert F. Kennedy Jr à Berne au sujet du referendum sur la “loi COVID” en Suisse du 28 novembre 2021

Peter Koenig

24 novembre 2021

url de l’article :
https://www.mondialisation.ca/suisse-le-dernier-bastion-de-la-democratie-au-monde-la-loi-covid-equivaut-a-loi-martiale/5662518

Dans une manifestation sous le plein soleil d’automne, Robert F. Kennedy Jr. s’est adressé à une foule d’environ 10 à 20 000 personnes à Berne le 12 novembre. Il a parlé des mensonges Covid aux États-Unis, ainsi que dans le monde entier – il n’a pas épargné l’Europe, ce qui permet aux enfants d’être vaccinés à partir d’un âge aussi bas que 5 ans – tout comme aux États-Unis, le Big Brother. Il a souligné que le taux de mortalité à cause de ce qu’ils appellent faussement un vaccin est bien plus élevé que les décès attribués au Covid, y compris chez les enfants.

La manifestation à Berne a été organisée par Public Eye on Science (L’oeuil public en science, suisse), une association créée en 1968, dans le but d’exiger des relations plus équitables entre la Suisse et les pays les plus pauvres du monde. Public Eye, qui compte actuellement 27 000 membres, défend également l’équité dans les relations commerciales et défend les droits de la personne et les droits civils en Suisse et dans le monde entier.

M. Robert Kennedy Jr. est venu à Berne pour une raison spécifique et ce qu’il a dit aux Suisses, c’est que la Suisse était le dernier bastion de la démocratie dans le monde. Le prochain référendum du 28 novembre 2021, où les Suisses ont la possibilité de voter pour ou contre une loi Covid – une loi martiale déguisée – qui avait été discrètement ratifiée en septembre 2020 par le Parlement, mais qui a dû être mise sur la glace, car un référendum a été immédiatement lancé contre cette loi. Ce référendum a recueilli des signatures en un temps record, jamais vues auparavant en Suisse.

Robert Kennedy Jr. a fait référence à la discrimination totalement antidémocratique qui a déjà lieu aujourd’hui dans la majeure partie de l’Europe, y compris en Suisse, où les « non vaccinés », ceux qui n’ont pas de « vaxx-pass » (passe sanitaire) sont exclus de la société. Ils ne peuvent pas entrer dans un restaurant, ne peuvent pas aller à une salle de sport, à un club, au cinéma, à un théâtre ou à tout événement public. Ils sont confinés. Ils sont discriminés.

La Suisse veut-elle une société divisée avec des privilèges pour ceux qui se laissent injecter un poison modificateur de gènes pour leur simple plaisir, alors que ceux qui résistent à cette coercition et au chantage illégaux et inconstitutionnels du gouvernement seront punis et discriminés ? C’est une question que tous les Suisses – « vaccinés » ou non – doivent se poser. Et cela, bien que nous ayons l’occasion unique d’un référendum populaire, où nous pouvons décider de ce que nous voulons pour notre avenir et celui de nos enfants et de leurs enfants.

L’Autriche en est un bon exemple. À minuit, le dimanche 14 novembre, le gouvernement autrichien a déclaré le premier confinement au monde pour les non-vaccinés – du jamais vu. Toute personne qui ne s’est pas laissée injecter ce poison à ARNm (ou qui a été guérie du Covid « prouvé par un test PCR ») est strictement confinée.

Peu importe le mensonge du test PCR. Même l’OMS a admis plus tôt cette année que le test PCR n’est pas une mesure fiable pour établir la présence du virus de la Covid.

Les dirigeants mondiaux ignorent l’OMS et continuent d’utiliser le faux test PCR pour identifier la Covid, quelle que soit son invalidité. Mais ses faux positifs dont les chiffres sont élevés (près de 100 % de ceux-ci) permettent de manipuler les statistiques. Dans le cadre de ce nouveau verrouillage autrichien, les personnes non vaccinés se voient interdire d’aller travailler ou aller dans les magasins, de quitter leur logement sous la menace de grandes sanctions, et les employeurs qui les laissent aller au travail reçoivent des amendes astronomiques – voir ce rapport RT.

Cela peut également se produire en Suisse si la loi Covid est approuvée. CHERS COMPATRIOTES SUISSES – SOYEZ CONSCIENTS ET MÉFIEZ-VOUS ! Votez NON, le 28 novembre 2021. Quiconque aime la liberté pour sa propre personne, pour la société et pour le monde doit aller voter NON, en grand nombre.

Nous, le peuple, devons et pouvons surmonter cette tyrannie.

Notre cri de guerre est LIBERTÉ ! – LIBERTÉ ! – LIBERTÉ ! Robert Kennedy et tous les orateurs  et tous les orateurs ont prononcé le cri de ralliement LIBERTÉ ! C’était un événement vraiment très important. Une énergie extraordinaire se dégageait de la foule.

Ce que la plupart des Suisses ne savent pas et ne sont pas informés par leurs autorités et surtout pas par les grands médias  (mainstream) hautement rémunérés – un meilleur terme serait d’employer le terme « corrompue ».  Cette « loi martiale de la santé » est valable jusqu’au 31 décembre 2031, jusqu’à un an après la fin de l’Agenda 2030 des Nations Unies, sous lequel ce crime Covid est en cours (et, il est bien sûr prolongeable si nécessaire) ; pendant cette période, le gouvernement peut prendre n’importe quelle décision – et je répète N’IMPORTE QUELLE décision – sans consulter le Parlement, et encore moins le peuple ; le droit de déclencher des référendums, une forme unique de démocratie directe, sera immédiatement suspendu. À moins que nous, le peuple, ne votions massivement NON le 28 novembre 2021 à cette loi criminelle. Cela pourrait être le dernier référendum sur lequel nous pourrions voter.

Comme dans la plupart des cas où un coup d’État est instigué à l’intérieur d’un pays, et croyez-moi, un oui équivaudrait à un coup d’État interne, une modification radicale de la Constitution serait mise en place. Les référendums populaires ne feront pas partie d’une nouvelle Constitution. La plupart des gens ne s’en rendent pas compte. Leur gouvernement ne leur raconte jamais la vraie histoire, encore moins les médias.

Croyez-vous, chers lecteurs, que le gouvernement suisse « subventionne » – un meilleur mot serait « corrompt » – les grands médias au coût de 1,7 milliard de francs suisses par an, soit environ l’équivalent de près de 2 milliards de dollars américains. Et cela pour une population suisse de 8,4 millions d’habitants. Vous pouvez comprendre par vous-même quel est le coût par habitant de l’argent du contribuable de mentir et de désinformer le peuple suisse, tous les jours ; ces mêmes Suisses qui financent cette fraude à leur insu avec l’argent de leurs impôts.

Si la loi Covid était acceptée par une majorité – Dieu nous en préserve – la Suisse ne serait plus un modèle de démocratie dans le monde, ni le dernier bastion de la démocratie, pour citer Robert Kennedy Jr.

Au lieu de cela, la Suisse se transformerait presque immédiatement en un « balise » de la banque entièrement numérique. Chaque transaction monétaire serait contrôlée par la Banque centrale. Votre compte bancaire pourrait être vidé à tout moment : si vous ne vous comportez pas bien, l’argent est retiré ; ou si vous ne suivez pas les ordres, ou si vous vous rebellez, ils pourraient vous empêcher d’acheter des aliments à l’épicerie. Tout cela grâce à des algorithmes, à l’intelligence artificielle (IA) et à des robots. Une surveillance totale.

Vous êtes-vous déjà demandé comment il était possible que, fondamentalement le même jour de mars 2020, vers le 11 mars, le monde entier, les 193 pays membres de l’ONU, avaient adopté exactement les mêmes mesures pour lutter contre un virus très similaire – et pas du tout plus mortel  – à un simple virus de la grippe saisonnière ? En fait, le taux de mortalité du virus est d’environ 0,07 %. Dans un article publié dans le New England Journal of Medicine (NEJM), intitulé « Covid-19 – Navigating the Uncharted », le Dr Anthony Fauci, le spécialiste du Covid, a déclaré que le coronavirus était comparable au virus de la grippe.

Il doit y avoir d’énormes pouvoirs d’argent derrière cela pour prendre le contrôle du monde, à la fois, et personne n’est capable de s’y opposer. Les milliardaires de la Silicon Valley et les médias sociaux font partie du jeu, ainsi que le grand secteur financier, comme Black Rock et Vanguard – et d’autres forces obscures.

L’ensemble du système des Nations Unies est contraint de suivre ces ordres dictatoriaux, et le fait que littéralement tous les gouvernements jouent le jeu, cela doit indiquer que l’ordre est accompagné d’un « bâton » lourd, très lourd – peut-être mortel. Et peut-être une petite « carotte »aussi, pour ces politiciens, qui obéissent en opprimant et en tyrannisant leur peuple. Voir ci-dessous un discours vidéo d’Ernst Wolff, économiste financier allemand de renom (en allemand). Il démontre par des comparaisons claires où se trouve le pouvoir du monde ; plus que le pouvoir, tel que nous le connaissons, le pouvoir sur la vie et la mort ; le pouvoir sur la survie de notre civilisation – et s’ils lui permettent de survivre – dans quelles conditions.

Ensuite, il y a le livre infâme et célèbrede Klaus Schwab, « Covid-19 – The Great Reset », qui parle de la transformation des humains en « transhumains », où ces derniers seront manipulables comme des robots grâce à ce qu’il appelle des puces implantées – bien sûr, il ne veut pas dire ça de façon négative. Tout cela se fera pour le bien de l’humanité. À la fin, « Vous ne posséderez rien, mais vous serez heureux« . Telle est la conclusion du président du FEM et son point de vue sur l’avenir. Cela correspond à la conclusion de la 4e révolution industrielle – robotisation, numérisation et transfert des actifs du bas et du milieu de l’échelle vers quelques ultra-riches au sommet.

Tel est le plan. Mais nous pouvons l’arrêter.

Aujourd’hui, tout ce que nous observons, se déplace dans cette direction néfaste. Pourtant, Nous, le peuple, avons le pouvoir de l’arrêter. Sans haine, osciller sur une fréquence plus élevée – et oui, nous tous, vaccinés et non vaccinés devons s’unir parce qu’en fin de compte, nous sommes dans le même bateau. Cela, mes chers compatriotes du monde, nous devons le comprendre. Il ne sert à rien de dire dans dix ans, à la fin de l’Agenda 2030 de l’ONU, « oui, désolé, vous aviez raison ». Peu importe de savoir qui a raison. Le fait est que nous devons arrêter cela ensemble, en solidarité, vaccinés et non vaccinés, tous ensemble. Pas de discrimination – LIBERTÉ !!! Pour tout le monde.

Les injections de poison qu’on simpose à la population – y compris les enfants, imaginez !!! – transforment les humains en transhumains, ce qui signifie que notre esprit pourrait éventuellement être manipulé par la 5G et les ultra-micro-ondes 6G à venir bientôt.

C’est pourquoi vous aurez besoin chaque année d’une piqûre de « rappel ». Cela n’a rien à voir avec votre santé. Aucune des soi-disant « vaccinations » n’a rien à voir avec votre santé. Tout a à voir avec la préparation de notre corps à devenir réceptif aux ultra-micro-ondes 5G et éventuellement 6G. Et le Conseil fédéral suisse, ainsi que tous les dirigeants du monde qui suivent ce scénario et ce diktat diabolique, le savent.

Si vous regardez autour de vous, vous voyez déjà des antennes 5G partout. Dans de nombreux pays, y compris en Suisse, la 5G est déjà en service de manière sélective, malgré le fait que le peuple suisse ait voté pour et que les autorités suisses avaient accepté d’imposer un moratoire sur l’introduction de la 5G, jusqu’à ce que plus d’informations sur la sécurité et les effets possibles sur la santé soient connues. Même l’OMS – les co-maîtres du crime Covid – n’a pas osé s’exprimer sur les effets potentiels sur la santé de ces ultra-ultra-courtes.

Une question cruciale que nous devons tous nous poser : la Suisse restera-t-elle le bastion de la démocratie et le phare du monde, influençant peut-être les peuples du reste du monde – les appelant à se réveiller et à mettre fin pacifiquement par la non-obéissance à ce crime de type biblique – ce qui risque franchement d’anéantir l’humanité ?

C’est ce que Robert Kennedy Jr. – et d’autres personnalités éminentes, qui ont pris la parole à la manifestation de Berne vendredi dernier, promettaient – un Grand NON-VOTE – pour notre liberté – LIBERTÉ ! – LIBERTÉ ! – LIBERTÉ ! – était le cri de guerre en cours à cette Assemblée très spéciale du peuple bernois.

Parmi les autres orateurs éminents figuraient le Dr. Reiner Fuellmich, l’avocat allemand qui , avec un groupe de plus de 1 000 professionnels de la santé et autres, mène des actions en justice contre les auteurs d’atteintes à nos libertés civiles et à nos droits civils dans le monde entier. Il appelle les Suisses à ne pas tolérer la discrimination prévue et déjà en cours entre les vaccinés et les non-vaccinés. Il appelle à la solidarité des deux groupes, et non à la division, car la solidarité finira par reconquérir notre liberté – et peut-être exercer une influence sur les peuples d’autres nations, de faire de même – pacifiquement, mais en adoptant la non-obéissance collective.

Ce point sur la solidarité entre les vaccinés et les non-vaccinés, la nécessité de se tenir la main lors de ce prochain vote référendaire, a également été soulevé par Christoph Pfluger, le fondateur des Amis suisses des Constitutions. Il a souligné un point important : ensemble, nous gagnerons ce vote pour la liberté et contre la tyrannie covid. La solidarité, c’est l’amour de l’autre et la lutte contre la discrimination. L’unité et la solidarité brisent le dos de la tyrannie covid.

La police et l’armée, maintenant largement sous contrôle et au service des gouvernements et des riches et puissants, ceux qui sont si bien décrits dans le discours d’Ernst Wolff – voir ci-dessus – quand ces gardiens de la sécurité et de la sûreté des gens commenceront à réaliser qu’ils sont dans le même bateau que le peuple, avec le peuple opprimé et de plus en plus tyrannisé – ils pourraient enlever leurs casques et marcher avec nous.

Le Dr. Sucharit Bhakdi, ancien professeur de microbiologie et d’hygiène à l’Université de Mayence, en Allemagne, et le Dr. Wolfgang Wodarg, médecin et homme politique allemand étaient également présents par vidéo. Ce dernier a été membre du Parlement jusqu’en 2009. Ils sont tous deux été de proches collaborateurs du Dr Fuellmich.

Tous deux ont souligné l’importance pour les gens, en particulier les jeunes, d’aller aux urnes le 28 novembre et de voter NON contre la loi sur le Covid ; contre la discrimination. Ce sont les générations à venir qui devront supporter le poids d’un coup d’État Covid qui s’installerait en Suisse – et dans tous les pays occidentaux. Eux aussi ont souligné que la Suisse pourrait faire une différence dans le monde entier avec un vote sans vote.

Catherine Austin-Fitts, une ancienne banquier d’investissement américaine, a également pris la parole lors du rassemblement, qui connaît les tenants et aboutissants non seulement de la banque et de ce que la banque est devenue, mais aussi du rôle toujours croissant des banques centrales. Elle a déclaré que si cette loi sur le Covid était acceptée, la Suisse, en particulier la Suisse – la capitale mondiale de la banque et en particulier de la banque centrale avec la Banque internationale des règlements (BRI) – la Banque centrale de toutes les banques centrales, siégeant à Bâle, en Suisse, pourrait être le premier pays entièrement numérisé et financièrement asservi.

Elle prédit que la Suisse sera numérisée à la vitesse de l’éclair – un fait qui m’a été  confirmé par d’autres banquiers privés suisses, qui ne sont peut-être pas d’accord avec le système, mais qui y sont liés par un travail qui nourrit et soutient leurs familles. Ils ont réitéré que nous serions contrôlés par chaque mouvement ; que l’accès à notre argent, à nos actifs, sera proportionnel à notre comportement et à notre obéissance au système.

En outre, le Dr. Thomas Binder, cardiologue suisse et Dr. Astride Stuckelberger, scientifique international de la santé, anciennement à l’OMS. Tous deux rappelaient à l’auditoire les mesures et les diktats ordonnés contre les droits de l’homme, en Suisse et simultanément dans les 193 pays membres de l’ONU. Ils ont souligné le préjudice que ces mesures causeront à l’ensemble de la population mondiale si elles ne sont pas arrêtées. Et surtout à nos enfants, parce qu’ils sont la prochaine génération, qui prépare l’avenir.

Dr. Thomas Binder a soulevé un autre point important. Il a appelé tous les professionnels médicaux et scientifiques à rester fidèles à leur profession de guérisseurs au meilleur de leurs connaissances. Il a fait référence au serment d’Hippocrate, que tous les médecins doivent signer. Il a été écrit par Hippocrate au Ve siècle av. J.-C., et il est toujours considéré sacré par les médecins : traiter le malade du mieux de ses capacités, préserver la vie privée d’un patient, enseigner les secrets de la médecine à la prochaine génération, etc.

Dr. Binder a appelé ses collègues médecins en Suisse et dans le monde entier à être fidèles à son serment et sortant de la contrainte gouvernementale, en suivant leur conscience. Si cela se produisait au sein de la communauté médicale et scientifique mondiale – et malgré les menaces – le récit de la covid et la tyrannie s’effondreraient.

Ensuite, il y a une destruction économique mondiale, le résultat d’une maladie qui, en fait, n’a jamais existé sous forme pandémique. Selon Robert Kennedy Jr., le mensonge à ce sujet a anéanti 3,8 billions de dollars dans le monde entier, la plupart dans les soi-disant pays en développement, laissant derrière eux la misère, la pauvreté et la mort, tout en transférant la valeur des actifs aux quelques super riches. – Voir aussi ceci. Le professeur Chossudovsky, auteur de cet article très documenté et directeur et rédacteur en chef de Global Research à Montréal, rassemble toutes les preuves, montrant que le SRAS-CoV-2, alias Covid-19, n’a jamais été identifié et démontre comment les chiffres des cas et des décès dans le monde ont été manipulés, pour faire régner  la peur – et pour contrôler et opprimer globalement la population mondiale.

Compatriotes – votons massivement NON le 28 novembre 2021, afin que la Suisse reste effectivement le phare de la démocratie dans le monde – et pour le monde entier LIBERTÉ – LIBERTÉ – LIBERTÉ !

RFK_RealFauci

Vers la société des sociétés: anarchisme, sciences sociales et autonomie du social (Julien Vignet PDF)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 24 novembre 2021 by Résistance 71

julien-vignet-pdf-novembre-2021

Nous avons récemment déniché ce texte… Une véritable perle, qui peut servir de base à une compréhension à la fois a minima mais aussi profonde de l’anarchie. Difficile de mieux résumé la pensée et l’action anarchiste depuis ses origines. Ce texte est une excellente base pour ceux qui désirent creuser plus avant et débroussailler le chemin de notre humanité réalisée. Nous l’avons publié le 8 novembre dernier
A lire et diffuser sans modération. Jo nous en a fait un PDF canon, digne de ce texte ainsi que les montages photos illustrant ce billet et le PDF.
~ Résistance 71 ~

Anarchisme-sciences-sociales-et-autonomie-du-social
Format PDF

Resistance71_slogan

Entretien traduit et résumé entre James Corbett et Robert F. Kennedy Jr : COVID19, Big Pharma et la guerre globale contre les peuples et la santé publique + vidéo

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, documentaire, guerres hégémoniques, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 21 novembre 2021 by Résistance 71

corbettreport RFK_RealFauci

Entretien de James Corbett avec Robert F. Kennedy Jr sur sa recherche et son livre “Le véritable Fauci”, Bill Gates, Big Pharma et la guerre globale contre la démocratie et la santé publique

James Corbett & Robert F. Kennedy Jr

19 novembre 2021

Résumé des points importants de la discussion

Traduction Résistance 71

Introduction de R71:

En fin d’entretien James Corbett fait cette précision en substance : je sais que certains autres médias alternatifs, voire même une certaine partie de mon audience vont me reprocher d’avoir fait cet entretien avec Mr Kennedy et que l’on va certainement m’accuser d’être un faux-nez de la dissidence en m’entretenant avec un membre de l’establishment, représentant des factions établies du système. Ma position est que, tout comme le pense Mr Kennedy, nous sommes tous engagés dans une bataille à mort entre l’oligarchie et nous, les gens du commun et que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre cette bataille. Nos travaux respectifs parlent d’eux-mêmes et nous devons nous unir pour combattre cette menace planétaire à l’espèce humaine.
L’ensemble de l’équipe de R71 est d’accord avec cette analyse et prise de position. L’oligarchie perpétuant le système étatico-capitaliste crée sans cesse des divisions artificielles pour nous empêcher de nous unir et de balayer cette gangrène à l’épanouissement de l’humanité. La dernière ligne artificielle de division en date étant celle entre “injectés” et “non-injectés”, que l’oligarchie essaie de jeter les uns contre les autres comme à son habitude avec plus ou moins de succès cette fois-ci.

RFK_Jr1

Robert F. Kennedy (né en 1954), neveu de John Fitzgerald Kennedy, (JFK) président des Etats-Unis, assassiné (par la CIA) en 1963, et fils de Robert “Bobby” Kennedy Sr, sénateur américain, assassiné en 1968 (à la fin de l’entretien avec Corbett qui lui pose une question sur le sujet, RFK Jr démontre que son père a été abattu par des agents de la CIA), est avocat spécialisé dans les affaires d’environnement, il a été assistant du ministre de la justice de l’état de New York, activiste anti-vaccin et fondateur de l’association Children’s Health Defense (Défense de la Santé des Enfants). RFK Jr est atteint d’une rare maladie neurologique appelée dysphonie spasmique, qui affecte les cordes vocales chez 0,02% de la population, ce qui affecte son élocution.

La vidéo de l’entretien (en anglais, 63 minutes)

Les points clefs de l’entretien de 63 minutes entre Corbett et Kennedy (19/11/21)

Nous résumerons ici l’entretien au fil de ses points importants dans l’ordre chronologique du déroulement de la discussion. A noter que James Corbett pose peu de questions, mais elles sont précises, et qu’il laisse RFK Jr parler sans jamais l’interrompre.

Il est précisé au cours de l’entretien que le livre de RFK se fonde sur 2200 références scientifiques et gouvernementales, toutes listés en appendix, faisant de cet ouvrage une source analytique majeure. Le livre sera t’il traduit en français et une maison d’édition aura t’elle le courage de le publier ? Rien n’est moins sûr. En moins d’une semaine de parution, le livre est déjà classé #2 des ventes aux Etats-Unis, ce qui confirme le gigantesque mouvement de réveil des populations dans le sillage d’initiative telle celle du “I will not comply !” Qui s’étend à travers le pays.

  • La Food and Drug Administration ou FDA, l’agence fédérale américaine régulatrice des licences pour nourriture et médicaments (NdT :“drug” en anglais dans ce contexte veut dire “médicament” et non pas “drogue”, les américains utilisent souvent le terme “narcotic” quand ils se réfèrent aux drogues) reçoit 45% de son budget annuel de l’industrie pharmaceutique !
  • Le National Institute of Health (NIH) dont Anthony Fauci est le patron depuis plus de 40 ans, détient de nombreuses patentes pharmaceutiques
  • Le Center for Disease Control (CDC, agence fédérale de contrôle des maladies) dépense environ 40% de son budget annuel soient 3,9 milliards de dollars dans la distribution de vaccins, ce qui fait de cette agence fédérale américaine la plus grosse entreprise de vaccins au monde
  • Les personnels qui travaillent pour ces agences reçoivent des primes annuelles dont la valeur dépend de la qualité de leur promotion des vaccins
  • Le NIH possède 50% de la patente du vaccin ARNm anti-COVID de Moderna
  • Ces agences ne sont plus des agences régulatrices, mais des agences, des postes avancés, de Big Pharma
  • Quand Fauci est arrivé en fonction il y a 40 ans, 6% des Américains étaient atteints de maladies chroniques (NdT: maladies non contagieuses de longue durée, telles que les allergies, diabète, arthrose inflammatoire, cancer, altzheimer, scléroses, syndromes variés, pour lesquelles il n’y a ni vaccins, ni médicaments…), ils sont 54% aujourd’hui… Tout c ela n’est pas le fruit du hasard, la génétique n’est pas impliquée dans ces maladies ni la contagion, il faut un facteur environnemental toxique
  • Sous Fauci, les Etats-Unis sont tombés au 79ème rang mondial concernant la santé publique
  • Les Etats-Unis consomment trois fois plus de médicaments que le reste des pays occidentaux et les Américains sont les plus malades de tous devant aussi couvrir des coûts de soins toujours plus chers
  • 68% du salaire personnel de Fauci proviennent de la recherche sur les armes biologiques. De fait, le développement de vaccins fait partie intégrante du développement d’armes biologiques. La recherche sur les vaccins cautionne la recherche sur les armes biologiques et la manipulation virale et bactériologique en laboratoire. De fait, la recherche sur les “vaccins” masque la recherche principale sur l’armement biologique en en contournant les interdictions par les agences internationales
  • Fauci a été l’intermédiaire entre la CIA et les laboratoires chinois comme celui de Wuhan afin de développer des armes biologiques sous couvert de “recherche vaccinale”. L’argent de la CIA pour le financement de la recherche de Wuhan sur le virus SRAS-CoV-2 est passé par les mains de Fauci et de ses agences du NIH et NIAID
  • L’agence de programmes de recherche avancée de la défense (la DARPA de Pentagone) a fourni 40 millions de dollars pour la recherche
  • Le virus à couronne SRAS-CoV-2 donnant la COVID19 est réel, mais est un virus mineur, c’est la réponse à ce virus qui a été fabriquée, planifiée, militarisée et produite pour faire engranger des milliards de dollars et instaurer un régime de contrôle totalitaire planétaire
  • Les agences de Fauci ont participé à l’élimination de l’information, sa mise sous le boisseau, sur les médicaments efficaces et bon marché pour vaincre la maladie et pour ne faire que la promotion de la “seule solution” valide : celle des vaccins
  • Fauci a rempli sa mission de fermer toute discussion et débat scientifique sur le sujet
  • Dans le passé, les agences de Fauci (essentiellement la NIAID) ont utilisé des enfants défavorisés, placés en familles d’accueil (pour la plupart de groupes ethniques afro-américain et hispanique), pour des tests sur les médicaments contre le SIDA. Des enfants furent pharmaceutiquement torturés à mort et au moins 85 enfants (NdT: dont les corps furent retrouvés) sont morts durant ces expériences
  • Les agences de Fauci ont aussi mené des expériences en Afrique, qui ont vu périr bon nombre de femmes enceintes
  • L’Event 201 de 2019 (NdT: simulation planétaire de la “réponse” à une pandémie mondiale) ne fut rien d’autre qu’un protocole de répétition générale sur le “comment utiliser une pandémie pour mettre en place une emprise et un contrôle totalitaires sur le monde”
  • La mise en place des confinements a eu bien plus d’effets désastreux que la maladie elle-même, spécifiquement pour les catégories de personnes défavorisées
  • Nous sommes dans une période sans précédent dans l’histoire, une période de totalitarisme à haute capacité scientifique et technologique
  • Nous sommes aujourd’hui dans une situation qui voit la CIA et le Pentagone être de mèche avec leurs contre-parties chinoises afin de mettre en place un état totalitaire planétaire
  • Toute une série de courriels ont exposé le fait que Fauci était parfaitement au courant du travail entrepris à Wuhan sur le “gain de fonction” du virus..
  • Nous sommes aujourd’hui tous dans le même bateau, celui de combattre les force de l’Armaguédon

En fin d’entretien, suite à une question de Corbett, RFK Jr parle de l’assassinat de son père Robert Francis “Bobby” Kennedy, de l’utilisation d’un tireur de diversion qui est maîtrisé, tandis que son père est abattu à bout portant de 4 balles dans le dos. Un agent de sécurité, plus tard reconnu comme agent de la CIA déplacé dans l’équipe de sécurité du sénateur avec d’autres membres de la CIA au sein du même groupe, se situe juste derrière Bobby Kennedy au moment des faits, il sera vu l’arme à la main quelques secondes après la mêlée, il déclarera qu’il avait dégainé pour riposter. Le tireur de diversion a fait feu par deux fois, les deux projectiles manquant Bobby Kennedy. l’un touchant à la tête sans la tuer, une personne près de Kennedy, la seconde se fichant dans un chambranle de porte. L’autopsie du corps de Kennedy a révélé qu’aucun des projectiles ayant touché le sénateur ne provenait de l’arme du tireur désigné. Ainsi donc, RFK Jr affirme dans l’entretien, que son père a été assassiné par la CIA. Il est à noter que le tireur de diversion, qui ne savait sans aucun doute pas qu’il l’était, était un Palestinien du nom de Sirhan Sihran, qui a revendiqué son geste en représailles de la livraison d’avions de combat à Israël par les Etats-Unis.
La question revient au goût du jour car l’intéressé, placé en détention suite à la commutation de sa peine de mort en peine de prison à vie depuis cette époque, est en passe d’être libéré sous condition après 53 ans d’incarcération. RFK Jr fait partie des membres de sa famille qui savent et admettent que Sirhan Sirhan n’est pas l’assassin de Bobby Kennedy.
Lors de son assassinat, Bobby Kennedy était le candidat du parti démocrate pour les présidentielles, il militait pour la fin de la guerre du Vietnam, s’appuyait avec grand succès sur les communautés afro-américaines, hispaniques et catholiques ; il surfait la vague de succès des Kennedy et aurait sans doute gagner les élections. Il dérangeait pas mal de monde comme son frère avant lui. Qui avait donc intérêt à le faire disparaître ? Les Palestiniens ? Vraiment ?…

Pour finir, RFK Jr rend hommage à James Corbett pour la qualité de son travail. Ce compliment ne vient pas finir sur un brossage de manche après avoir lu une fiche qu’un de ses staffs lui aurait préparé sur le Corbett Report et James Corbett ; il est évident qu’il connaît personnellement non seulement le travail effectué par James, mais aussi le travail de fourmi effectué par le nombre des médias alternatifs non vendus au système ou créés en tant que leurre et opposition contrôlée. L’hommage de Kennedy rendu à James Corbett est un hommage rendu à l’ensemble des médias alternatifs sérieux, quelque soit la langue dans laquelle ils émettent.
James Corbett s’est déclaré anarchiste il y a quelques années, même s’il traîne encore parfois ses idées du côté les libertariens dont il fut membre et avec qui il garde (pourquoi pas) de bonnes relations amicales et ne peut pas être du bord politique de Kennedy, membre du parti démocrate des Etats-Unis et membre d’une “élite” politique qui se voudrait homogène et pédalant dans le même sens, dans le sens des Fauci, Gates et consorts. James et Robert nous montrent l’exemple de ce qu’il y a à faire en premier lieu : cesser les guerres de clochers, des paroisses politiques désuètes et obsolètes et œuvrer ensemble pour le bien commun entre gens de bonne volonté et spiritualité.
L’heure est à l’union des gens du peuple, des gens du commun au-delà de toutes les divisions factices, parce que la bataille qui s’engage n’est ni plus ni moins que celle de notre survie sur cette planète, mieux que notre survie.. de notre humanité enfin réalisée.
A R71 nous pensons exactement ce que pensent James et Robert, mieux que “penser”, nous le ressentons au plus profond de nos êtres : ce sera eux ou nous. Beaucoup ne choisiront pas, espérons que suffisamment le fassent pour que nous sortions vainqueur de cette mère de toutes les batailles qui s’annonce et que l’humanité fleurisse enfin dans la solidarité, la compassion, l’amour et la réalisation de notre être organique complété dans la complexité et la générosité de notre diversité.
L’entretien improbable d’un petit activiste des médias alternatifs et d’un “géant” de la dissidence systémique nous montre le chemin. Merci à Mr Kennedy de l’avoir compris et à James d’avoir su saisir l’opportunité… Que cet exemple puisse être le plus suivi possible.

= = =

Voir notre page “Coronavirus, guerre contre l’humanité”

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

sitting_bull_guerrier
Dans l’esprit de Cheval Fou…
Hoka Hey !

Retour aux fondamentaux !… Nous avons déniché cette perle de texte : « Anarchisme, sciences sociales et autonomie du social » de Julien Vignet…

Posted in actualité, altermondialisme, démocratie participative, documentaire, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 8 novembre 2021 by Résistance 71

GJRP
Tout le pouvoir aux ronds-points !… Vive la Commune Universelle !…

Nous avons récemment déniché ce texte… Une véritable perle, qui peut servir de base à une compréhension à la fois a minima mais aussi profonde de l’anarchie. Difficile de mieux résumé la pensée et l’action anarchiste depuis ses origines. Ce texte est une excellente base pour ceux qui désirent creuser plus avant et débroussailler le chemin de notre humanité réalisée.
A lire et diffuser sans modération. Jo va sûrement nous en faire un PDF canon… Qu’elle en soit remerciée par avance.
~ Résistance 71 ~

Anarchisme, sciences sociales et autonomie du social

Julien Vignet

Source:
http://www.journaldumauss.net/?Anarchisme-sciences-sociales-et-autonomie-du-social

Novembre 2018

L’anarchie des anarchistes n’est pas le chaos, le désordre, ni le laissez-faire poussé jusqu’au bout des libéraux. Ils promeuvent en réalité une constitution sociale de la société, plutôt qu’une constitution politique ou religieuse. Ce sont les individus ordinaires, à la base, qui décident de se regrouper librement et dans les formes qui leur conviennent. Cette autonomie du social est aussi à la base des sciences sociales, qui émergent en même temps que l’anarchisme. Proudhon et Bakounine sont deux figures de l’anarchisme historique permettant de dévoiler les passerelles entre anarchisme et sciences sociales à partir de cette autonomie du social. En même temps, les anarchistes participent à remettre la science à sa place, mettant en garde contre le gouvernement des savants et développant des pratiques populaires pour entraver la spécialisation et l’émergence d’une élite séparée de scientifiques.

Anarchy of anarchists is not chaos, disorder, or laissez-faire pushed to the end of the liberals. They actually promote a social constitution of society, rather than a political or religious constitution. It is the ordinary individuals, at the base, who decide to group themselves freely and in the forms that suit them. This autonomy of the social is also at the base of social sciences, which emerge at the same time as anarchism. Proudhon and Bakunin are two figures of historical anarchism that unravel the links between anarchism and social sciences from this social autonomy. At the same time, anarchists are helping to put science back in its place, warning against the government of scientists and developing popular practices to impede the specialization and emergence of a separate elite of scientists.
Julien Vignet est sociologue, CERReV, Université de Caen Normandie.

Les anarchistes portent une conception particulière de la vie sociale. En révolte aussi bien contre les structures hiérarchiques anciennes, comme la religion, que face à l’ordre capitaliste se mettant alors en place, ils et elles ont une détestation de la politique. C’est comme si la vie sociale était entravée par l’Etat, le capital et la religion.

Cependant, les anarchistes [1] ne promeuvent pas le laissez-faire à la manière des économistes libéraux. Ils et elles en sont de farouches opposants. L’anarchie est, à certains égards, une sorte de constitution sociale, par les gens eux-mêmes et leurs activités, plutôt qu’une constitution à partir de l’hétéronomie de la politique, de l’économie capitaliste ou de la religion. Or, cette autonomie du social n’est-elle pas aussi à la base des sciences sociales, qui émergent en même temps que l’anarchisme ?

Nous nous intéresserons à cette autonomie du social chez deux figures de l’anarchisme historique, à savoir Proudhon et Bakounine, qui ont par ailleurs appuyé leurs propositions révolutionnaires sur des analyses empruntant à la science de l’époque. Nous essaierons ensuite de creuser la question de savoir sur quel fondement les anarchistes font reposer cette sorte d’intelligence intrinsèque du social, avant d’évoquer les formes d’organisation sociale imaginées pour incarner l’anarchie. Enfin, nous verrons quel lien peut être tissé entre cette conception anarchiste et les sciences sociales, au-delà de la concordance de temps. En effet, de telles sciences ne reposent-elles pas elles aussi sur l’affirmation d’une irréductibilité, voire d’une autosuffisance du social ? En même temps, les anarchistes participent à remettre la science à sa place, mettant en garde contre le gouvernement des savants et développant des pratiques populaires pour entraver la spécialisation et l’émergence d’une élite séparée de scientifiques.

L’autonomie du social chez Proudhon

Le social contre la religion et la politique

Pierre-Joseph Proudhon est le premier à se définir anarchiste positivement en 1840. Il s’oppose à la propriété privée, à l’Eglise, au parlementarisme et au gouvernement en général. Il fait un lien étroit entre domination politique, domination économique et domination religieuse, considérées toutes comme des entraves à l’épanouissement de la justice.

Proudhon confiait ainsi dans ses Carnets de 1852 : « Je fais de la politique pour la TUER. EN FINIR AVEC LA POLITIQUE » [2]. Ce n’est alors pas seulement l’abolition de tous les gouvernements qui est visé, c’est aussi l’idée que la société peut se constituer d’elle-même, par la libre organisation des forces économiques et sociales. Il est encore plus clair dans Les confessions d’un révolutionnaire, où il distingue la constitution politique de la constitution sociale de la société. La seconde repose sur la libre association, l’égalité et la réciprocité et vise à affaiblir et écarter la première, fondée sur l’autorité et la hiérarchie.

« Je distingue en toute société deux espèces de constitutions : l’une que j’appelle la constitution SOCIALE, l’autre qui est la constitution POLITIQUE ; la première, intime à l’humanité, libérée, nécessaire, et dont le développement consiste surtout à affaiblir et écarter peu à peu la seconde, essentiellement factice, restrictive et transitoire. La constitution sociale n’est autre chose que l’équilibre des intérêts fondé sur le libre contrat et l’organisation des forces économiques qui sont, en général : le Travail, la Division du travail, la Force collective, la Concurrence, le Commerce, la Monnaie, le Crédit, la Propriété, l’Egalité dans les transactions, la Réciprocité des garanties, etc. La constitution politique a pour principe l’AUTORITE, ses formes sont : la Distinction des classes, la Séparation des pouvoirs, la Centralisation administrative, la Hiérarchie (…) » [3].

L’anarchisme de Proudhon vise explicitement à sortir de l’aliénation politique. Comme l’affirme Pierre Ansart, il « tend à libérer les force sociales des pouvoirs aliénants » [4], permettant ainsi d’instituer une société qui ne serait plus divisée en fractions ennemies et prise par un ensemble d’illusions.

Proudhon ne considère pas seulement l’exploitation capitaliste ou la domination étatique. Il est conscient qu’il existe des sacralisations qui empêchent la société de prendre conscience d’elle-même et de ses capacités. La refondation des rapports sociaux sans autorité révélée ou transcendante passe par la critique de la religion. C’est pourquoi Proudhon s’en prendra aussi à l’Eglise.

Il va plus loin en affirmant que politique et religion sont indissociables. Non seulement il fait alors de la religion un pouvoir politique, ne pouvant exister « qu’en s’appropriant la politique profane et les lois civiles » [5], mais il atteste du caractère sacré que prennent les institutions politiques pour se légitimer. Etat et Eglise, deux formes d’autorité instituées, utilisent les mêmes fondements pour justifier leur existence, et produisent les mêmes effets.

« Quoi qu’il en soit, il importe, pour la conviction des esprits, de mettre en parallèle, dans leurs idées fondamentales, d’un côté, le système politico-religieux, – la philosophie, qui a distingué si longtemps le spirituel du temporel, n’a plus droit de les séparer ; – d’autre part, le système économique.

Le Gouvernement donc, soit l’Église et l’État indivisiblement unis, a pour dogmes :

1. La perversité originelle de la nature humaine ; 

2. L’inégalité essentielle des conditions ; 

3. La perpétuité de l’antagonisme et de la guerre ; 

4. La fatalité de la misère. D’où se déduit : 

5. La nécessité du gouvernement, de l’obéissance, de la résignation et de la foi.

Ces principes admis, ils le sont encore presque partout, les formes de l’autorité se définissent elles-mêmes. Ce sont :

a) La division du Peuple par classes, ou castes, subordonnées l’une à l’autre, échelonnées et formant une pyramide, au sommet de laquelle apparaît, comme la Divinité sur son autel, comme le roi sur son trône, l’autorité ; 

b) La centralisation administrative ;

c) La hiérarchie judiciaire ; 

d) La police ; 

e) Le culte » [6].

Il n’est pas étonnant que ce philosophe de l’immanence s’attache à critiquer les formes de transcendance productrices d’illusions, et dont l’Eglise est une incarnation de l’époque. L’antithéisme de Proudhon est pourtant peu rappelé, et parfois même mis en doute.

Proudhon se réfère régulièrement à Jésus, et ne cache pas son admiration pour la morale égalitaire et communautaire des évangiles [7]. Cela facilite probablement qu’il soit parfois assimilé à un spirituel finalement hanté par son enfance religieuse. Il y a certes pour Proudhon un mystère de l’existence et une inquiétude du sens. C’est pourquoi il ne balaie pas d’un revers de la main la question de la foi, si présente dans l’histoire de l’humanité. Cette sensibilité le fait respecter le questionnement religieux, associé dans le même temps à une critique virulente des institutions religieuses de son époque. Il n’en est pas moins clair sur ses positions contre l’Eglise et sur la nécessité de purger le socialisme de son arrière-fond religieux, présent notamment chez Fourier, Saint-Simon ou Leroux. C’est pourquoi il peut affirmer « je n’adore rien, pas même ce que je crois : voilà mon antithéisme » [8].

Probablement l’expérience sociale et politique de son époque, dans laquelle l’Eglise joue le rôle d’appui de la répression des révoltes populaires, influence-t-il son anticléricalisme. Il est difficile de ne pas malmener celui qui vous calomnie et attise les condamnations à votre égard.

SL

Une science proudhonienne de la société à visée normative

Pour Proudhon, la société est immanente, traversée d’antagonismes, et faite par des forces collectives, toujours en mouvement. Il cherche donc une science de la société se promettant d’instaurer le meilleur état social par rapport à ce qu’est la société : une science à visée normative capable d’instaurer l’égalité et la justice. La société se fait en vertu de forces inconscientes, et les individus obéissent sans en avoir l’intelligence. La science ainsi promue doit permettre la compréhension de ses forces, et permettre à l’humanité en quelque sorte de prendre conscience d’elle-même [9].

Proudhon, ancien ouvrier typographe, se méfie de la métaphysique. Il rejette l’idée de savoir absolu. De la même manière, l’action est première par rapport aux idées : il met ainsi l’accent sur l’effort collectif, en opposition au déterminisme et à la providence ; la révolution est la manifestation la plus forte de cet effort collectif créateur. C’est en cela que la société est immanente : c’est l’action humaine qui produit non seulement le monde matériel, mais aussi les idées, les valeurs et les mentalités [10]. De fait, pour Proudhon, « la philosophie doit être essentiellement pratique

» [11]. Elle n’a pas une fonction spéculative, et s’inscrit dans la vie quotidienne. De la même manière, elle n’est pas une pratique élitiste d’oisifs, mais a une finalité d’action à visée émancipatrice par les prolétaires. La science ne se perd pas dans les limbes de la théorie, elle reste ancrée dans la réalité ordinaire et liée à la recherche de l’amélioration des conditions humaines.

Conformément à cette position, la science promue par Proudhon ne peut être qu’empirique. Elle part de l’observation. Proudhon l’incarnera en étant attentif aux expérimentations sociales des classes populaires qui jaillissent à son époque : mutuelles, coopératives et sociétés secrètes. C’est probablement lors de son passage à Lyon, avec son effervescence portée par les canuts, que mûrira chez lui son mutuellisme. Il y restera entre 1843 et 1847, à la veille de la révolution associationniste de 1848, et y côtoie le socialisme le plus agité.

Dans La capacité politique des classes ouvrières [12], testament politique de Proudhon, il évoque et justifie les efforts des prolétaires pour affirmer leur autonomie politique et matérielle à travers des mutuelles, des coopératives et des syndicats. Il enjoint les ouvriers à l’abstention lors des élections. Leur capacité politique réelle réside dans l’organisation d’un mouvement social autonome. Un temps méfiant vis-à-vis de l’association, il devient l’un de ses plus ardents défenseurs. Pour lui, les gens de bras ne sont pas dépourvus de capacité politique, bien au contraire. Ils n’ont pas à être guidés par une avant-garde, mais créent ici et maintenant des expérimentations sociales sur le terrain économique, permettant d’affirmer immédiatement l’autogestion généralisée future. C’est ce que les socialistes « partageux » sont alors en train de faire. C’est en cela que l’analyse du social par Proudhon est profondément anarchiste : la société, qui est toujours autoproduite, peut se faire consciemment elle-même. Elle résulte de l’association de forces sociales, et non d’un principe organisateur transcendant, que ce soit la religion ou l’Etat. Or, l’anarchie est impossible si ce n’est pas le cas : s’il n’y a pas d’autonomie du social, il n’y a pas d’anarchie possible. L’anarchisme ne vise en ce sens rien d’autre que de favoriser l’autonomisation du social, notamment par rapport au politique dont il se défie.

La prédominance du social chez Proudhon repose sur le fait qu’il est une condition de l’humanité de l’être humain : « l’homme le plus libre est celui qui a le plus de relation avec ses semblables » [13]. L’être humain est un être sociable parce qu’il a besoin des autres, et ce non seulement pour assurer sa survie ou perpétuer l’espèce, mais surtout parce qu’il ne peut s’épanouir sans autrui ni culture partagée. La liberté ne trouve pas sa limite chez les autres. Elle n’est pas non plus un vide investi d’un pouvoir infini, qui fait que l’expérience radicale de l’existence humaine est d’abord angoisse absolue. La liberté est dans la relation. La plus grande liberté se développe à travers des formes d’activités mutuelles entre égaux. La politique, la religion, l’économie capitaliste empêchent ce développement, et c’est pourquoi il faut selon Proudhon les combattre en leur substituant graduellement d’autres pratiques sociales qui finiront immanquablement à créer d’autres formes de vie au sein d’une autre société. Ce ne sera pas pour autant un point d’arrivée ou une fin de l’histoire. La société est un mouvement de forces diverses, et l’anarchie n’est qu’une sorte d’équilibre en gestation continue, appuyé sur le plan politique par le confédéralisme, et sur le plan économique par le mutuellisme.

Précisons que Proudhon pose deux problèmes de principe aux anarchistes : il est antisémite et misogyne. L’antisémitisme de Proudhon est lié au fait qu’il considère que les Juifs sont à l’origine du capitalisme [14]. Cet antisémitisme, sous une forme différente et plus nuancée, on le retrouvera chez Bakounine à la fin de sa vie, suite à ses polémiques avec Karl Marx. Il ne faut pas les taire, comme il est souvent fait. Cependant, l’antisémitisme de Proudhon n’apparaît pas dans ses constructions théoriques. En revanche, il en est différemment de sa misogynie. Il fait du mariage un pivot de la société, et de la famille l’unité sociale de base.

Joseph Déjacque, l’inventeur du terme libertaire, publie un pamphlet en réponse à et en rupture avec Proudhon : De l’Être humain mâle et femelle. Lettre à P.-J. PROUDHON. Exilé depuis la révolution manquée de juin 1848, il est sans doute le plus virulent contre Proudhon, ce « vieux sanglier qui n’est qu’un porc » [15]. Il y défend l’égalité homme-femme : « dites à l’homme et dites à la femme qu’ils n’ont qu’un seul et même nom comme ils ne font qu’un seul et même être, l’être-humain ». De même, il défendra l’émancipation de tous les êtres, quels que soient leur sexe, leur couleur de peau, leur âge. La révolution consiste en un combat dans les rues et dans les foyers contre un modèle social fondé sur la propriété et la famille. Depuis New-York et la Nouvelle-Orléans, il dénonce le massacre et le pillage des indiens d’Amérique ainsi que l’esclavage des noirs dans plantations. Joseph Déjacque est en ce sens bien plus anarchiste que Proudhon, qui aura pourtant été l’un de ses maîtres à penser.

L’autonomie du social chez Bakounine

Bakounine était un lecteur de Proudhon. Après 50 ans, il s’est lui-même déclaré anarchiste, et est devenu l’un des principaux théoriciens de l’anarchisme révolutionnaire. Il est alors somme toute logique de retrouver cette autonomie du social chez lui. Elle est clairement affirmée dans Fédéralisme, socialisme et antithéologisme, dont il termine la rédaction en 1868 :

« La société, c’est le mode naturel d’existence de la collectivité humaine indépendamment de tout contrat. Elle se gouverne par les mœurs ou par des habitudes traditionnelles, mais jamais par des lois. Elle progresse lentement par l’impulsion que lui donnent les initiatives individuelles et non par la pensée, ni par la volonté du législateur. Il y a bien des lois qui la gouvernent à son insu, mais ce sont des lois naturelles, inhérentes au corps social, comme les lois physiques sont inhérentes aux corps matériels » [16].

Bakounine l’antipolitique

Pour Bakounine, formé à l’hégélianisme, l’humanité a une nature sociale. Le social, régi par ses propres lois, préexiste même à l’individu et à la constitution politique. Il peut néanmoins se transformer par des efforts individuels. On retrouve ici à la fois la position antipolitique de Bakounine, sa conception fondée sur une philosophie de la nature de l’autonomie du social, et sa considération de l’action humaine comme productrice de la société. Ces trois éléments, que Bakounine peine parfois à concilier, constituent la base de sa pensée anarchiste, nourrie perpétuellement par son activité révolutionnaire. Si Bakounine appelle lui aussi, comme Proudhon, à s’appuyer sur la science, il considère toutefois que la connaissance rationnelle du monde – naturel et social – est insuffisante à l’émancipation. Il n’appelle pas au sentiment de révolte contre la science. Il n’associe pas non plus science et émancipation. Mais la science peut bien permettre de favoriser la conscience des individus des lois naturelles et des prescriptions sociales. Si les premières ne sont pas modifiables, les secondes peuvent être transgressées, et même bouleversées en vue de l’émancipation individuelle et collective. C’est le but de la révolution sociale. On retrouve donc chez Bakounine la même idée que chez Proudhon, celle de la possibilité d’une constitution de la société par le social lui-même, débarrassée du capitalisme, de la politique et de la religion.

Bakounine est célèbre pour sa polémique avec Marx, qui entraînera une rupture au sein de la Première Internationale, celle de l’Association Internationale des Travailleurs. Il a à la fin de sa vie une défiance absolue envers le pouvoir, qu’il soit bourgeois ou populaire : la lutte n’est pas politique, dans les couloirs des palais et les délégations parlementaires, mais strictement sociale. C’est pourquoi il refuse d’utiliser l’appareil d’Etat et la mise en place d’une dictature du prolétariat, contrairement aux communistes – qu’il nomme « autoritaires ».

Bakounine prophétise d’ailleurs ce que deviendra le bolchévisme. Dès le 19 juillet 1866, dans une lettre à Alexandre Herzen et Nicolaï Ogarev [17], Bakounine écrivait : « Toi qui es un socialiste sincère et dévoué, assurément, tu serais prêt à sacrifier ton bien-être, toute ta fortune, ta vie même, pour contribuer à la destruction de cet Etat, dont l’existence n’est compatible ni avec la liberté ni avec le bien-être du peuple. Ou alors, tu fais du socialisme d’Etat et tu es capable de te réconcilier avec ce mensonge le plus vil et le plus redoutable qu’ait engendré notre siècle : le démocratisme officiel et la bureaucratie rouge ». Il annonce les dérives que contiennent les positions sur la participation au jeu politique et sur la prise de l’appareil d’Etat dans une phase transitoire. Il pressent que la mise en place d’un Etat populaire s’accompagnera inévitablement de l’émergence d’une nouvelle classe privilégiée, celle des directeurs et des fonctionnaires, c’est-à-dire de la bureaucratie.

Suite à l’éclatement de la Première Internationale [18], il participe à la fondation de l’Internationale antiautoritaire à Saint-Imier en 1872, avec entre autres Carlo Cafiero, Errico Malatesta et James Guillaume. Celle-ci regroupe les sections espagnoles, italiennes, françaises, jurassiennes et américaines, et est alors l’organisation révolutionnaire la plus nombreuse. Son orientation, influencée par les idées de Bakounine, est clairement antipolitique. Elle déclare que « la destruction de tout pouvoir politique est le premier devoir du prolétariat » dans sa troisième résolution. Conformément à l’orientation anarchiste des carnets proudhoniens de 1852, il s’agit de faire de la politique pour détruire la politique.

Bakounine a bien conscience que son activité révolutionnaire comporte une composante politique. Il critique d’ailleurs l’indifférence à la question politique. Contrairement à ce que déclareront ces détracteurs à l’époque, il ne s’agit pas d’apolitisme, mais d’une position antipolitique – donc d’une affirmation de l’autonomie du social.

Le conflit avec Marx sur la question politique ne se situe pas seulement sur la prise de l’appareil d’Etat en vue de sa décomposition future – option de Marx – ou la lutte immédiate pour le dépérissement de l’Etat – option de Bakounine. Il y a chez Bakounine l’intuition d’une part maudite du pouvoir. 

« Je ne craindrai pas d’exprimer cette conviction, que si demain on établissait un gouvernement et un conseil législatif, un parlement, exclusivement composé d’ouvriers, ces ouvriers, qui sont aujourd’hui de fermes démocrates socialistes, deviendraient après-demain des aristocrates déterminés, des adorateurs hardis ou timides du principe d’autorité, des oppresseurs et des exploiteurs. Ma conclusion est celle-ci : il faut abolir complètement, dans le principe et dans les faits, tout ce qui s’appelle pouvoir politique ; parce que tant que le pouvoir politique existera, il y aura des dominants et des dominés, des maîtres et des esclaves, des exploiteurs et des exploités » [19].

La question n’est pas de savoir si tel ou tel dirigeant est corrompu, manipulateur, violent. Le pouvoir en lui-même pervertit. Le fait de se retrouver en position de pouvoir transforme l’individu et le place en situation où il ne peut qu’exercer une domination sur les autres.

Cette position antipolitique se confirme dans la Lettre à un français [20], au moment de la guerre franco-prussienne, où il déclare que l’émancipation sociale et économique du prolétariat entraînera son émancipation politique, ou plutôt son émancipation de la politique. Ce n’est pas pour autant qu’il n’y aurait pas de décisions collectives à prendre, bien au contraire. Bakounine considère que c’est une nécessité. Ce qui est rejeté, c’est la séparation d’une instance décisionnelle du corps social, et son institutionnalisation qui finit par la consacrer théologiquement.

Suffrage universel ou censitaire, là n’est pas la question pour Bakounine. L’élargissement du suffrage ne supprime en rien le mensonge qu’est la représentation. Le pouvoir corrompt, et se trouver en position de représentant ne peut que couper des aspirations populaires. Les assemblées centralisatrices favorisent le passage des « palpitations vivantes de l’âme populaire » vers des abstractions [21]. Ce n’est pas pour cela que Bakounine n’admet pas la représentation des sections au sein de l’A.I.T., via des mandats impératifs. Mais cette représentation n’intervient alors pas au sein d’un petit Etat en gestation – c’est du moins le sens de son engagement et de ses polémiques avec les tenants du centralisme – mais dans une fédération qui préfigure celle qu’il appelle de ses vœux.

Cette critique du pouvoir, il va jusque la formuler à destination des organisations ouvrières risquant de se bureaucratiser. De son expérience au sein de l’A.I.T., entre 1868 et son éviction en 1872, il en tire plusieurs leçons. Il note d’abord la tendance à la constitution d’une élite militante, qui se considère indispensable. Mécaniquement, elle s’habitue à décider à la place des autres, et les délégués se coupent de leur base. L’autonomie des sections et des individus doit justement venir empêcher cette dégénérescence, de même que les assemblées générales des membres.

Antithéologisme et philosophie de la nature chez Bakounine

L’anarchisme a, on l’a vu, dès son origine mis en avant une critique radicale tant du capitalisme et de l’Etat, que de l’Eglise. La domination n’est pas seulement matérielle, elle est aussi idéologique, et la religion vient couvrir la conscience d’un voile tout en légitimant les dominations existantes. Bakounine ne déroge pas à la règle. Il a très bien synthétisé cette pensée dans Dieu et l’Etat, ouvrage posthume recomposé par son ami Elisée Reclus en 1882. Il y proclame que « si Dieu existait, il n’y aurait pour lui qu’un seul moyen de servir la liberté humaine, ce serait de cesser d’exister » [22].

Pour Bakounine, une religion, et particulièrement l’Eglise catholique, se constitue comme pouvoir politique et économique. L’idéalité divine s’appuie sur l’exploitation économique et l’oppression politique des masses, richesse et puissance s’autoalimentant l’un l’autre [23]. Les religions instituées transforment la spiritualité en s’accaparant le fruit du travail des autres, et tombent dans un matérialisme étroit de privilégiés. Bakounine peut ainsi renvoyer dos à dos idéalisme et matérialisme : l’idéalisme religieux se concrétise sur terre en servant les forces matérielles, tandis que le matérialisme scientifique appuie l’idéalisme pratiques des classes populaires et des laissés-pour-compte.

Il met aussi à jour le fétichisme contenu dans l’idée de dieu, qui vient écraser l’humanité. « Dieu est tout, donc l’homme et tout le monde réel avec lui, l’univers, ne sont rien » [24]. Ce qui est ordinaire et passager est ainsi traité avec dédain, alors que « toute la vie des hommes réels, des hommes en chair et en os, n’est composée que de choses passagères » [25]. Il faut ainsi rendre à l’humanité et la nature ce dont elles ont été dépouillées en s’opposant à la religion. Cette dernière est l’incarnation idéale de ce dépouillement, celui de la capacité à produire le monde. Bakounine fait alors de son antithéologisme l’un de ses trois piliers fondamentaux de son anarchisme, avec le fédéralisme et le socialisme.

Bakounine s’oppose donc à l’hétéronomie de la politique et de la religion. D’où vient pour lui l’autonomie du social ? Bakounine est matérialiste. Il considère donc que l’esprit n’est pas séparé du corps, et que l’individu, qui est d’abord un corps, est le produit de la nature, puis de la société. De la nature d’abord, règne de la nécessité. Il n’y a aucune échappatoire, et aucun projet bakouninien de la sortie des forces naturelles. Il faut au contraire les reconnaître et les faire sienne. Il les distingue des forces sociales, qui elles ne sont pas inhérentes à notre être, mais viennent de l’extérieur de soi-même [26]. Il n’en reste pas moins qu’elle constitue l’individu, être irrémédiablement social pour Bakounine.

L’être humain « naît dans la société comme la fourmi dans la fourmilière et comme l’abeille dans la ruche ; il ne la choisit pas, il en est au contraire le produit, et il est aussi fatalement soumis aux lois naturelles qui président à ses développements nécessaires, qu’il obéit à toutes autres lois naturelles » [27]. La société précède l’individu, et l’imprègne, tant « la pression de la société sur l’individu est immense, et il n’y a point de caractère assez fort ni d’intelligence assez puissante qui puisse se dire à l’abri des attaques de cette influence aussi despotique qu’irrésistible » [28]. C’est d’ailleurs cela qui prouve le caractère social de l’être humain, tant la culture propre à un individu donné se reflète jusque dans les détails de sa vie.

L’individu est comme happé par le social, en même temps qu’il permet la création de liens avec les autres, par la confiance, la routine et les habitudes. A tel point que l’humanité se fonde d’abord sur la sociabilité : il n’y a pas d’êtres humains qui à un moment se mettent d’accord afin de créer volontairement la société, comme chez Rousseau. L’individu ne la crée pas, il en hérite. Il ne peut donc qu’être façonné intimement par la situation sociale-historique dans laquelle il naît.

Les prescriptions sociales prennent presque la consistance des nécessités biologiques. D’ailleurs, Bakounine considère l’espèce humaine comme une continuité des espèces animales : « ce qui n’existe pas dans le monde animal au moins à l’état de germe, n’existe et ne se produira jamais dans le monde humain » [29]. Bakounine distingue le milieu naturel, celui des biologistes, du milieu social, celui des sciences sociales et de l’activité révolutionnaire, mais les pense en continuité. En dernière instance, c’est la nature qui fixe le devenir humain. Si Bakounine en restait là, ce serait une autonomie du social en réalité dépendante des lois naturelles de l’univers ; une autonomie qui n’en serait alors pas une. Dans tous les cas, il y aurait un déterminisme incapable de penser le changement social.

Mais il n’en est rien chez Bakounine, révolutionnaire bien avant d’être philosophe. La continuité chez lui ne veut pas dire qu’il n’y a pas une différence qualitative nette entre l’animalité et l’humanité. L’être humain a pleinement accès à l’abstraction. Il peut penser et parler – et donc transmettre. S’il concède que certains animaux ont des capacités troublantes, ce ne sont que des bribes de ce que l’humanité possède en termes de faculté. De cette capacité de penser, il en fait le second de ces trois fondements du développement humain, avec lesquels s’ouvre le Dieu et l’Etat reconstitué en 1882 par Elisée Reclus [30].

planete_anarchie

Bakounine et la liberté

L’individu est capable de s’élever à la conscience, et par là de se déterminer lui-même au sein du milieu qui lui préexiste. Il sait reconnaître le monde qui l’enveloppe et les forces qui le déterminent, étape nécessaire avant de pouvoir agir dessus.

« Grâce à cette faculté d’abstraction, l’homme en s’élevant au-dessus de la pression immédiate que tous les objets extérieurs ne manquent jamais d’exercer sur chaque individu, peut les comparer les uns avec les autres, observer leurs rapports. Voilà le commencement de l’analyse et de la science expérimentale » [31].

L’être humain est un individu parlant et pensant. C’est pour cela qu’il peut échapper à la fatalité et s’ouvrir au règne de la liberté. La connaissance, que la science doit développer, est ainsi un maillon essentiel chez Bakounine : c’est par elle qu’il est doué de volonté et peut s’affirmer.

Pour autant, l’être humain ne saurait s’ouvrir à la liberté sans dépasser ce moment de la pensée. L’être humain humanise la nature, à partir de ses idées, par ses activités. C’est bien par l’action dans ce monde qu’il peut réaliser sa liberté : la science ne permet que la conscience de la liberté, qui demande à se réaliser par des actes.

S’il n’y a qu’à faire siennes les lois naturelles, sommes-nous condamnés à toujours nous incliner face aux prescriptions sociales ? Une telle affirmation serait contradictoire avec la vie que Bakounine a menée. Issu d’une famille de l’aristocratie russe, son père l’envoie faire ses classes dans l’armée à 14 ans. Il supporte mal la discipline militaire, et en opposition avec sa famille quitte l’armée quelques années plus tard pour s’inscrire à l’université à Moscou, où il fréquente un cercle révolutionnaire. Il voyage en Allemagne et en France, où il rencontre des socialistes. En 1848, il prend une part active à la révolution qui se déroule alors en France. Il tente de la propager en Allemagne, puis en Pologne où il est l’un des meneurs de l’insurrection populaire de Dresde. Il est finalement arrêté par les prussiens et condamné à mort. Sa sentence est commuée en travaux forcés à perpétuité, avant d’être livré à la Russie. Incarcéré dans des conditions difficiles, il est finalement déporté en Russie en 1857. Il réussit à s’enfuir en 1861, à 47 ans, via le Japon et les Etats-Unis, avant de gagner l’Europe. Il renoue avec les milieux révolutionnaires et adhère en 1868 à l’A.I.T. En 1870, il participe à une insurrection à Lyon, qui proclame la Commune, préfigurant celle de Paris quelques mois plus tard. Le soulèvement échoue, et Bakounine se réfugie à Marseille, puis en Suisse. Après le massacre des communards en 1871, les tensions sont vives au sein de l’A.I.T. Bakounine en est exclu en 1872 avec d’autres membres, et participe à la fondation de l’Internationale antiautoritaire. En 1873, épuisé, il décide d’arrêter le militantisme. Malade, il prend part aux préparatifs d’une insurrection à Bologne, espérant mourir sur les barricades. L’insurrection tourne court, et il meurt en 1876. Toute sa vie, il n’a cessé de braver les déterminismes de la société, depuis sa rupture familiale jusqu’à ses engagements révolutionnaires, debout sur les barricades et armes à la main. Son existence ne colle pas avec l’idée d’une action humaine entièrement engluée dans le milieu social.

Sa théorie n’est pas non plus une théorie du déterminisme. Elle fait la part belle à la liberté, et donc à la capacité humaine de transformer la société. Pour Bakounine, il est possible d’extirper les mauvaises habitudes pour les remplacer par des bonnes. La société est ainsi en partie productrice d’elle-même.

Chaque chose et chaque être possèdent une individualité propre, certes née de circonstances antérieures et issue du milieu social au sens large, mais qui permet des capacités autonomes d’action. C’est une parcelle d’autonomie minuscule devant l’infini du monde et des forces qui façonnent l’univers. C’est néanmoins un pouvoir créatif et imaginatif qui permet à l’individu, au moins de manière abstraite ou en tous cas incomplète, de s’élever au-dessus de la pression immédiate des choses qui l’entourent comme de ses mouvements propres et de ses appétits.

S’il n’y a pas de libre-arbitre, il y a la liberté au prix d’efforts et d’une révolte en partie dirigée contre soi-même – la partie façonnée par le milieu social. L’individu est pourvu de volonté. Sinon, l’individu serait réduit à une machine ou à des instincts. L’individu, par ses expériences et ses actions, modifie non seulement le monde dans lequel il s’insère, c’est-à-dire la société actuelle comme l’humanité et les choses dans leur ensemble, mais aussi sa psychologie. Cette volonté n’est pas un mystère de la vie, elle est fondée dans la chair et le sang, et possède sa propre dynamique. Elle peut ainsi grandir par les efforts de l’individu, la pensée ou les conditions sociales favorables. Ce que Bakounine nomme un ruisseau dans le courant universel de la vie, peut se transformer en torrent. Jusqu’à un certain point, l’individu qui s’émancipe peut alors devenir son propre éducateur et le créateur de soi-même et de son milieu social. Cette auto-détermination reste relative, enchaînée au monde naturel et social comme tout être vivant, mais elle existe et participe à façonner le monde. Donc l’individu n’acquiert pas cette petite partie d’autonomie de manière isolée, en s’arrachant au milieu social, mais en agissant dessus, et donc en s’y mêlant encore plus. Même l’action individuelle est immédiatement sociale.

L’individu chez Bakounine n’est donc pas constitué entièrement par les rapports sociaux, comme chez Marx ; ou plutôt, s’il est constitué par ses relations sociales, il y a aussi une part de subjectivité, qui permet notamment les ruptures non seulement personnelles mais aussi collectives, et les arrachements à la voie tracée par ses conditions, y compris les révoltes. Il n’y a pas de sujet révolutionnaire, tel le prolétariat chez Marx, voué à transformer de manière mécanique et nécessaire la société. Pour Bakounine, il existe bien des classes sociales, mais pas de classe révolutionnaire en soi. Certaines classes sociales peuvent jouer un rôle temporairement révolutionnaire, mais elles sont toutes en rivalité pour le pouvoir. Or, il s’agit pour lui d’en finir par la volonté avec la domination, et donc avec la division en classes sociales, mais aussi avec l’Etat, la religion, la famille patriarcale, avec les mœurs qui ont pénétré profondément l’individu, « de sorte que chacun en est en quelque sorte le complice contre lui-même » [32]. Il n’y a pas de mécanique révolutionnaire chez Bakounine, mais des voies expérimentales et des tentatives créant des ruptures et des chocs modifiant non seulement le milieu social général, mais aussi les structures psychologiques des individus.

Ces ruptures sont d’autant plus possibles que l’une des manifestations de cette part de liberté chez l’humain est le sentiment de révolte. Si la pensée est la facette positive de la liberté, la révolte en est la composante négative. Mais cette dernière est puissante, et le véritable moteur du développement de la liberté – c’est-à-dire de la capacité des êtres humains à développer leurs facultés leur permettant d’intervenir sur le monde. Elle est inscrite dans la condition humaine, et même si elle est toujours située dans un contexte historique et culturel particulier, elle est en ce sens universelle. La révolte, que Bakounine considère comme instinctive, fonde des traditions et des capacités d’organisation contre l’autorité, qui se transmettent à travers les âges. Immédiatement, elle est socialisée et participe à une sédimentation historique, faisant de l’histoire (sociale) de l’humanité ce qu’elle est. Cet « instinct de révolte », déjà très social, est à encourager face à bien d’autres dispositions humaines moins reluisantes, pour devenir un élan révolutionnaire. De négative, la révolte dans toute son ambigüité, à la fois violence ravageuse et destruction créatrice, devient positive et émancipatrice, une force matérielle capable de triompher. La révolution sociale, avec les destructions qu’elle suppose, est évidemment le choc par excellence, la rupture qui transforme non seulement le monde et les rapports sociaux (l’union libre plutôt que la famille patriarcale par exemple) mais suscite aussi un autre type d’humain, plus libre.

Bakounine tire de tout cela une définition sociale de la liberté. La liberté d’autrui n’est pas une limite, au contraire elle confirme et étend la mienne à l’infini.

« Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m’entourent, hommes et femmes, sont également libres. La liberté d’autrui, loin d’être une limite ou la négation de ma liberté, en est au contraire la condition nécessaire et la confirmation. Je ne deviens libre vraiment que par la liberté d’autres, de sorte que plus nombreux sont les hommes libres qui m’entourent et plus profonde et plus large est leur liberté, et plus étendue, plus profonde et plus large devient ma liberté » [33].

Ce n’est donc pas une liberté du libre arbitre, avec un individu abstrait et atomisé. Il n’y a pas de liberté spontanée et isolée, indépendante du monde extérieur. Bakounine fournit ainsi des armes aux sciences sociales, dans les débats qui les animent avec les économistes étroits, tenants du libéralisme et de la liberté exclusive de l’individu contre la société. L’individu n’en est pas moins l’élément de base de l’anarchie, et donc de la société. Dans sa complétude, il est irréductible, singulier, vivant, bien plus qu’une simple incarnation du système institutionnel et social, et il convient de respecter absolument sa dignité.

L’anarchie et le fondement de l’intelligence intrinsèque du social 

Sur quel fondement se constitue le lien social pour les anarchistes ? Si l’équilibre ne repose ni sur la constitution politique, ni sur la nature humaine – égoïste pour les utilitaristes, altruiste pour Kropotkine – sur quoi d’autre peut-il reposer ? L’anarchisme semble parfois reposer sur une conception presque vitaliste de la société, où le mouvement de la vie aurait ses propres finalités qu’il conviendrait de ne pas entraver. C’est quelque chose que l’on retrouve en filigrane dans la pensée des anarchistes Bakounine ou Libertad, par exemple, et surtout chez Kropotkine.

Reprenant à son compte la morale sans obligation ni sanction de Guyau [34], Kropotkine considère quant à lui que la vie contient en elle-même le mobile de l’activité et de la morale. Le géographe russe va plus loin, et finit par fonder la morale sur une solidarité inscrite dans la nature – donc biologique [35].

Celui-ci fonde l’autonomie sur la biologie, ce qui est donc en réalité une négation de l’autonomie du social. Il publie en effet en 1902 L’entr’aide, un facteur d’évolution [36]. Il s’agit non seulement de montrer que la solidarité est un principe moteur tant de l’évolution animale que du changement humain, mais aussi de prendre le contrepied du darwinisme social mettant en avant la lutte concurrentielle pour la survie. L’entraide prime sur la lutte pour la survie des plus aptes. Kropotkine partage tout de même avec les socio-darwinistes l’idée qu’il y a une continuité absolue entre le naturel et le social. Cependant, contrairement à eux, il estime que l’entraide n’est pas simplement un comportement hérité, mais qu’il peut et doit se cultiver. Pour Kropotkine, il n’y a pas de principe biologique prédéterminant de l’entraide, mais des habitudes qui s’acquièrent et se modifient en fonction des situations et des milieux. C’est en fait une force réelle et importante dans le monde vivant, capable de contrebalancer la loi du plus fort. Il cède toutefois au même postulat consistant à reposer les comportements humains sur la biologie. Les sciences sociales comme l’activité révolutionnaire doivent se fondre dans une science de la nature. Qu’il y ait de l’altruisme dans la nature, et profondément ancré dans les sociétés humaines encore aujourd’hui [37], ne vient pas expliquer la socialisation et la transmission des pratiques les plus libertaires de la vie sociale.

L’évolutionnisme, qui considère que le changement est continuel, sans césures, intrinsèquement positif, est en réalité une négation du caractère immédiatement et intégralement social de l’humanité, et surtout des possibilités d’une action humaine libre, donc aussi transgressive et contestataire à l’issue incertaine. Le temps social n’est ni le temps biologique, ni le temps physico-cosmique [38]. Salvador Juan en élabore une critique systématique et précise dans son ouvrage Critique de la déraison évolutionniste (2006), dans lequel un chapitre est consacré au naturalisme anarchiste [39]. Un glissement des sciences de la nature vers les sciences sociales est à l’œuvre depuis la constitution de ces sciences, et les anarchistes s’essayant à la théorie reflètent aussi les travers de cette époque. Aujourd’hui, les prétentions de la biologie à expliquer le social s’appuient sur les nouveaux développements des technosciences, comme la génétique. Comme l’affirme Salvador Juan, la constitution des sciences sociales passe pourtant par son dégagement d’un certain impérialisme de la biologie. A l’autonomie de la discipline – qui n’empêche aucunement des collaborations fructueuses [40] – correspond l’autonomie du social.

La recherche des continuités (au demeurant réelles [41]) entre humanité et le reste du vivant se fait par une négation des caractères distinctifs, et animalise du même coup l’humanité, donnant la part belle aux idéologies les plus réactionnaires et conservatrices, dont la génétique se fait aujourd’hui largement le relai. Il y a, rappelle Salvador Juan, bel et bien une distinction entre humanité et animalité – distinction ne veut pas dire meilleur, justifiant du même coup une domination possessive et ravageuse de la nature. Dès qu’il y a humanité, il y a immédiatement culture, c’est-à-dire symbole, outil, transmission. L’humanité est en ce sens beaucoup plus ancienne qu’on ne le considère habituellement [42].

Il est aisé de comprendre pourquoi un certain nombre d’anarchistes ont cédé à l’évolutionnisme de l’époque. Ils étaient aussi guidés par des motivations de rupture avec la religion, mais aussi par la volonté de remettre en cause la naturalité revendiquée des hiérarchies constituées. Bien souvent, la séparation radicale entre humanité et animalité s’intégrait parfaitement à l’évolutionnisme classique : les véritables humains étaient les blancs européens, les bourgeois, les êtres masculins… tandis que les autres étaient à des stades inférieurs encore marqués par l’animalité. Poser une continuité entre humanité et animalité permettait de désamorcer ces manières de légitimer l’ordre existant et les conquêtes coloniales. Cela ne remet néanmoins pas en cause son affirmation de l’autonomie du social. Il ne s’agit là que d’une contradiction initiale, en général corrigée par les anarchistes qui ont continué de s’inscrire dans ce mouvement.

Sans transcendance, le social livré à lui-même s’est parfois réfugié dans la biologie pour trouver son fondement. La reconnaissance entière de son autonomie ne peut pourtant passer qu’en prenant acte de sa dimension pleinement culturelle, produit d’une sédimentation historique qui pénètre les moindres détails de l’individu, ainsi que de l’action et de la contestation toujours situées. Peut-il y avoir autonomie du social sans s’inscrire finalement dans le mouvement de la vie sociale elle-même ? Il y aurait donc une sorte d’intelligence intrinsèque du social. Voilà un champ qui mériterait peut-être d’être exploré.

En réalité, les anarchistes ne fondent pas l’anarchie sur la biologie, mais sur l’action humaine. S’il n’y a pas constitution politique de la société pour les anarchistes, cela ne les empêche pas de promouvoir l’auto-institution par des individus conscients. Chez Proudhon, elle s’incarne dans des associations, mutuelles, coopératives des classes populaires et demain dans le confédéralisme associé au mutuellisme. Il promeut les liens contractuels directs entre égaux. Ce contractualisme peut cependant parfois être qualifié de « comptable », et reste enraciné chez lui dans un prisme économiste. Chez Bakounine se retrouve les mêmes ensembles sociaux, mais aussi les communes et les assemblées de base. Kropotkine, avec ses comparses anarchistes-communistes, vantera quant à lui les mérites de la commune, à la portée sociale plus large que les organisations économiques. Elle ne s’arrête pas à la production, et intègre les femmes, les enfants, les chômeurs, les anciens, les paysans, dans une optique d’élargissement par la solidarité, bouleversant sans cesse ses frontières et ses contours.

Au fondement de l’anarchisme, il y ainsi une distinction subtile entre instances séparées et social immanent. La religion est l’institution emblématique du dépouillement des capacités autonomes des personnes à produire leur société et à vivre leur vie librement. La constitution politique, incarnée par l’Etat et la législation, bénéficie de davantage de crédit, puisqu’il repose dans les sociétés contemporaines sur l’idée du contrat social. Pour les anarchistes, la politique est un lieu séparé, depuis lequel sont fixés les lois et les mœurs. Qu’elle soit monarchique, aristocratique ou démocratique, elle reste toujours surplombante et vient fixer les forces sociales. A l’inverse, l’anarchie peut se définir comme la situation où la société se fait elle-même, à la base, dans l’épaisseur du social : des lieux décisionnels non séparés, les mœurs, les usages et la sociabilité animés par l’éthique et la réciprocité. Les décisions communes prises dans les lieux institutionnels appropriés ne se substituent pas à un système de règles informelles gérant la vie collective, dans lequel les discussions directes de voisinage sont essentielles et des marges de manœuvre laissées aux individus. L’anarchie, fondée sur les principes de l’entraide, ce sentiment de solidarité conscient et volontaire, et de l’auto-organisation entre égaux, n’est pas le chaos. C’est une société sans dirigeants ni dirigés, où les accords et les règles ne sont pas figés mais définis librement et réciproquement au sein de structures collectives souples. Il n’y a pas de forme adéquate qui préexisterait au contenu – il est possible d’autogérer en capitaliste ou de discuter sans oppression d’une invasion – mais un souci permanent de maintenir vivant les raisons rendant l’anarchie désirable. D’où l’importance que tous les anarchistes accorderont à l’éducation, la transmission et la culture.

Anarchisme et sciences sociales

Les anarchistes ont creusé avec force le sillon d’une reconnaissance de l’autonomie du social. Cette dernière, on la retrouve dans les sciences sociales émergentes. N’est-ce pas ce qu’affirme Durkheim, pourtant très éloigné de l’anarchisme, quand il affirme en 1895 que l’objet de la sociologie se trouve entièrement dans les faits sociaux, et que les faits sociaux doivent être expliqués par d’autres faits sociaux [43] ? Mauss renforcera cette affirmation par la notion de « fait social total », en montrant notamment que les dimensions économiques ne sont pas dissociables des dimensions sociales et culturelles, cet ensemble venant façonner l’individu jusque dans son corps. La socio-anthropologie considère à sa suite le concept d’institution comme central. C’est alors « une création humaine dont personne n’est l’auteur et qui s’impose à tous mais que chacun adapte et peut participer à changer » [44].

L’autonomie du social s’affirme au sens d’une sphère séparée des autres sphères sociales, qui viendraient la pervertir. Cela ne pose pas seulement l’existence d’une sphère qui serait le social, à côté de la sphère politique, économique, technoscientifique, culturelle, religieuse, mais le fait que cette sphère est celle qui constitue réellement la société, et qui peut être source d’émancipation. La réalité de la société, c’est le social, qui s’engendre par lui-même et pour lui-même, de manière anarchique donc. A l’autonomie du social correspondrait ainsi une exigence à l’autonomie des sciences sociales.

La reconnaissance de l’autonomie du social est à la base d’une théorie des sciences sociales débarrassée de la politique et de l’économie. Aujourd’hui plus qu’hier, elles sont largement instrumentalisées et orientées par les objectifs économiques fixés par l’Etat et les grandes industries stratégiques. Il suffit pour s’en convaincre d’observer la plupart des programmes de recherche financés. De manière moins reconnue, les sciences sociales viennent aussi appuyer les modes d’administration et de gouvernement des populations, dont les statistiques sont nécessaires. N’est-ce pas ce que soufflait Foucault avec son concept de biopouvoir ?

Michel Foucault a approfondi ses réflexions sur les sociétés disciplinaires avec son concept de biopouvoir [45]. A l’enfermement succède un nouveau type de normativité. Il ne s’agit plus seulement de dresser les corps, mais d’organiser la vie, c’est-à-dire de se constituer comme une force de régulation. Le pouvoir est de plus en plus gestionnaire et bureaucratique : inciter, contrôler, surveiller, normaliser y sont des prérogatives essentielles. Il catégorise et il prescrit des modes de vie et des manières d’agir et de penser. Il investit la vie pour mieux être à même de l’administrer, s’inscrivant dans le corps, et venant gouverner les corps. Or, un tel pouvoir exige de nouvelles attentions : taux de croissance, taux de natalité, taux de mortalité, analyses socio-démographiques et socioéconomiques. Dès lors, les sciences sociales deviennent un outil pour gouverner.

Les anarchistes ont contribué à l’essor des sciences sociales, non seulement par leur affirmation de l’autonomie du social, mais aussi en empruntant des analyses théoriques et en discutant de la société à la manière de praticiens de ces sciences. Déjà Bakounine, homme d’action davantage que théoricien, s’était employé à fonder un matérialisme scientifique, reposant sur les avancées dans les connaissances de la nature et de la vie aussi bien que sur les sciences sociales en cours d’élaboration. Il lit et commente notamment Auguste Comte, commence la traduction du Capital de Karl Marx en russe, s’intéresse à l’anthropologie. Il considère comme Comte que la sociologie vient couronner l’édifice scientifique, en la rattachant toutefois à un strict prolongement des autres disciplines. Si les sciences sociales ont une spécificité, elles sont néanmoins ramenées à une sorte d’extension des sciences de la nature et de la vie. On l’a vu, il y a pour lui une continuité entre les phénomènes physiques, intellectuels et sociaux.

C’est pour lui dans la matière que tout réside, aussi bien la vie que l’esprit. Il se méfie de la métaphysique, dans laquelle il perçoit une abstraction semblable au divin. La nature procède donc d’un « mouvement progressif et réel du monde appelé inorganique au monde organique, végétal, et puis animal, et puis spécialement humain ; de la matière ou de l’être chimique à la matière ou à l’être vivant, et de l’être vivant à l’être pensant » [46]. La matière est au départ, l’idée est à la fin.

Le monde naturel est déjà pour lui une esquisse de l’anarchie, incarnée dans sa conception du fédéralisme, allant du bas vers le haut, et de la périphérie vers le centre. L’émancipation de l’humanité s’inscrit dans la continuité avec le mouvement universel de la nature, mais la pensée – et donc l’étude du social – en est une condition. L’être humain comme l’ensemble du vivant est pris par les lois naturelles. Il est toutefois davantage encore pris par le milieu social, à l’aspect spécifique. Il peut néanmoins s’en défaire par l’exercice de la pensée et de la volonté, ce qui est une caractéristique de l’humanité et un cheminement progressif. La reconnaissance de ce qui détermine le monde et nous détermine en tant que nous en sommes une partie permet à l’être humain, de comprendre son environnement et de s’affranchir par la culture. La culture n’est pas pour autant pensée comme une guerre à la nature, fidèle au projet très moderne, et donc récent, du capitalisme et des technosciences.

Pour Bakounine, il y a donc tout intérêt à étudier les régularités sociales, les mœurs et les habitudes : il y a des régularités dans le social qui préexistent aux règles que les individus prétendent se donner, et surtout à la conscience qu’ils en ont. Pour que le ruisseau devienne un torrent capable de nager à contre-courant, il doit lever les barrages. Comprendre la réalité par l’étude du social est un dévoilement du monde permettant une conscience plus éclairée. Connaître les forces déterministes est une étape nécessaire pour s’en libérer et permettre à l’humanité de prendre possession d’elle-même – de devenir autonome, dirait Castoriadis [47].

La science, et les sciences sociales en particulier, a un rôle important dans la lutte pour l’émancipation chez Bakounine, et chez les anarchistes qui lui ont succédé. Il n’y aurait pour autant pas de sens à fonder une science sociale anarchiste, comme n’importe quelle autre discipline universitaire. L’anarchisme ne peut pas être bridé par les murs d’une institution par essence élitiste, ou fondu dans le moule de la pensée académique. Proudhon comme Bakounine se méfiaient d’ailleurs des intellectuels et des philosophes. Mais Proudhon participe à sa manière à l’avènement de la sociologie [48].

Bakounine distingue deux conditions à partir desquelles la science peut devenir émancipatrice. La première consiste dans la reconnaissance des lois naturelles et des régularités sociales, donc dans la connaissance de la réalité, comme nous l’avons vu. Il en affirme une autre qui sépare radicalement l’anarchisme de la conception académique des sciences modernes. Il n’y aurait ainsi pas de sens à fonder une science sociale anarchiste, comme n’importe quelle autre discipline universitaire. L’anarchisme ne peut pas être bridé par les murs d’une institution par essence élitiste, ou fondu dans le moule de la pensée académique.

Bakounine est aussi un critique de la science. Il met en garde contre le gouvernement des savants, qui serait « une monstruosité » [49]. Déjà la science, surtout quand elle s’applique aux sociétés humaines, est nécessairement imparfaite. Ensuite, ce serait une législation surplombante de la société, que les individus se verraient vénérer sans la comprendre. Les scientifiques, formant une caste à part, pourraient alors même être comparés aux prêtres. Une institution scientifique mise dans cette position, déclare Bakounine, se trouverait rapidement corrompue, perdant sa puissance de pensée, diluée dans la jouissance de ses privilèges. Conformément à son idée que le pouvoir pervertit, il affirme que « c’est le propre du privilège et de toute position privilégiée que de tuer l’esprit et le cœur des hommes » [50].

Bakounine ne remet pas en doute le changement de registre qu’opère la démarche scientifique avec la religion ou la métaphysique. La science fait autorité, mais ses représentants sont faillibles. Elle n’est qu’une projection mentale, une interprétation issue d’un corps humain. Il n’y a pas à sacrifier les individus sur l’autel des abstractions, quand bien même elles seraient d’une autre nature que celles émanant de la religion, de la politique ou de la législation. « La science, c’est la boussole de la vie ; mais ce n’est pas la vie » [51]. La vie est une force créatrice que la science se contente d’essayer de reconnaître. C’est pourquoi la science ne peut qu’éclairer la vie, et non la gouverner.

Décidément prophétique, Bakounine prévient que lorsque la science se mêle de création vivante dans le monde réel, il ne peut en sortir que quelque chose de pauvre et de dégradé [52]. Il n’imagine certes pas encore jusqu’où va aller la déraison scientifique, avec ses manipulations génétiques ou le développement de l’atome, entre autres innovations morbides. Il prévoit toutefois la capacité de la science à considérer l’humanité comme cobaye. La reproduction artificielle du vivant est pour lui vouée à l’échec. De fait, ce qui échappe à la science, c’est la singularité contenue dans ce qui est vivant. L’abstraction scientifique est incomplète et imparfaite, condamnée au général, incapable de saisir le mouvement spontané et singulier de la vie. Elle n’est que plus indifférente envers l’être humain fait de chair et de sang.

C’est pour toutes ces raisons que Bakounine est un critique du scientisme avant l’heure. Mais il n’est pas seulement un précurseur mettant en garde contre les excès de la science, il lui définit une place sociale modeste au potentiel émancipateur.

« Ce que je prêche, c’est donc, jusqu’à un certain point, la révolte de la vie contre la science, ou plutôt contre le gouvernement de la science. Non pour détruire la science – à Dieu ne plaise ! Ce serait un crime de lèse-humanité –, mais pour la remettre à sa place, de manière à ce qu’elle ne puisse plus jamais en sortir. […] Elle n’est elle-même qu’un moyen nécessaire pour la réalisation d’un but bien plus élevé, celui de la complète humanisation de la situation réelle de tous les individus réels qui naissent, qui vivent et qui meurent sur la terre » [53].

Le rôle de la science est finalement pour Bakounine d’être une sorte de conscience collective de l’humanité, contribuant aux efforts pour se défaire des illusions politiques, morales et religieuses qui la recouvrent. Les sciences sociales quant à elles ont pour vocation de révéler « les causes générales des souffrances individuelles » [54]. Elles peuvent alors éclairer la route de l’émancipation. Au-delà, elles s’égarent en instrument de pouvoir. C’est pourquoi la science doit être investie par les gens ordinaires et devenir populaire. Elle n’a pas à être une sphère séparée de spécialistes. La liberté humaine est inaccessible à la science, mais elle est à la portée de « l’action spontanée du peuple » [55].

Libertad était de son côté un ferme partisan de l’hygiène tant physique qu’intellectuelle. Il lisait d’ailleurs de la sociologie, certes « avec peine » [56]. Il n’hésite tout de même pas à en faire une critique détaillée dans son journal L’anarchie. Il a surtout développé les causeries populaires en réaction aux universités populaires, où la même séparation entre expert et profane instituait de fait une hiérarchie. On imagine comment il considérait les universités académiques. Libertad est sur ce point représentatif des mouvements anarchistes, à la fois critiques virulents de la science des salons et des instituts, liés aux autorités constituées, et inlassables vulgarisateurs des théories scientifiques. Le spécialiste cède sa place au profane revendiquant la non appartenance au cercle des savants. Bibliothèques, conférences, causeries, excursions, éditions, journaux, chansons, spectacles, sont quelques pratiques populaires visant non seulement à propager l’anarchie, mais surtout à affiner l’esprit critique et à établir une existence libre.

Ces anarchistes ont ainsi contribué à remettre la science à sa place, tant dans le contexte social que dans sa portée. Outre ces deux apports, celui de poser une autonomie du social et par la même de donner une place particulière aux sciences sociales dans la compréhension des sociétés humaines, ainsi qu’une contribution même modeste au développement de telles sciences, l’anarchisme donne une vision à l’activité scientifique. Cette dernière n’est jamais neutre. Elle s’inscrit dans des rapports sociaux. Tant pis pour les esprits étroits qui protesteront toujours sur les jugements et les pensées critiques : il y a bel et bien des valeurs dans les faits. Aujourd’hui, l’activité scientifique contribue surtout à la croissance économique, au développement des technosciences, et à l’administration étatique. Pour les anarchistes, la science devait servir l’élan de la révolution sociale – et non politique. La fièvre révolutionnaire est peut-être aujourd’hui difficilement partageable pour de nombreuses personnes sincères dans leur démarche scientifique. Disons que l’activité scientifique doit s’orienter vers l’émancipation, et donc la subversion. Elle n’a pas le choix : servir les pouvoirs, c’est s’affaiblir elle-même et venir obscurcir davantage le voile qu’elle se donne comme mission de lever.

Bibliographie

ANGAUT J-C., 2005, « Liberté et histoire chez Michel Bakounine », thèse de philosophie, Université de Nancy, 632p.

ANSART P., 2010, « Proudhon : Anarchisme ou Fédéralisme ? », Les cahiers psychologie politique [En ligne], numéro 16

URL : http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=1412

ANSART P. et alii, 2002, Lyon et l’esprit proudhonien, Lyon, Atelier de création libertaire

BAKOUNINE M., 1973-1982, Œuvres complètes, 8 volumes, Paris, Champ libre

1907, Œuvres, Paris, P.V.Stock

1980, Œuvres, Paris, Stock

2000, Dieu et l’Etat, Paris, Mille-et-une-nuits

2014, Principes et organisation de la Société internationale révolutionnaire, Saint-Didier, L’escalier

2010, Considérations philosophiques sur le fantôme du divin, le monde réel et l’homme, Genève, Entremonde

BESSIÈRE G., 2007, Jésus selon Proudhon, Paris, Editions du Cerf

CASTORIADIS C., 1975, L’institution imaginaire de la société, Paris, Seuil

CHANIAL P., 2004, « Justice et contrat dans la république des associations de Proudhon », Revue de philosophie, Proudhon, n°47

DEJACQUE J., 2009, L’Humanisphère, Montrouge, Burozoïque

2011, Autour de la question révolutionnaire, Paris, Mutines séditions

2016, A bas les chefs !, Paris, La Fabrique

DURKHEIM E., 2007, Les règles de la méthode sociologique, Paris, PUF

FOUCAULT M., 1976, La volonté de savoir, Paris, Gallimard

GURVITCH G., 1965, Proudhon, sa vie, son œuvre, Paris, PUF

GUYAU J-M., 2008, Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction, Paris, Seuil

KROPOTKINE P., 2004, La morale anarchiste, Paris, Mille-et-une-nuits

2010, L’entr’aide, un facteur d’évolution, Paris, Sextant

2013, La conquête du pain, Saint-Louis, Dialectics

JUAN S., 2006, Critique de la déraison évolutionniste, Paris, L’Harmattan

LEVAL G., 1976, La pensée constructive de Bakounine, Paris, Spartacus

LIBERTAD A., 2006, Le culte de la charogne, Marseille, Agone

MOUNIER E., 1966, Communisme, anarchie et personnalisme, Paris, Seuil

PEREIRA I., 2009, « Un nouvel esprit contestataire – la grammaire pragmatiste du syndicalisme d’action directe révolutionnaire », thèse de sociologie, EHESS, 768p.

PESSIN A. et PUCCIARELLI M., 2004, Pierre Ansart et l’anarchisme proudhonien, Lyon, Atelier de création libertaire

PROUDHON P-J., 1966, Qu’est-ce que la propriété ?, Paris, Garnier-Flammarion

1849, De la création de l’ordre dans l’humanité, Paris, Garnier frères

1851, Les confessions d’un révolutionnaire, Paris, Garnier Frères

1851, Idée générale de la Révolution au XIXe siècle, Paris, Garnier frères

1858, De la Justice dans la révolution et l’Eglise, 2 volumes, Paris, Garnier frères

1999, Du principe fédératif, Paris, Romillat

1865, La capacité politique des classes ouvrières, Paris, E.Dentu

ROUSSEAU J-J., 2001, Du contrat social, Nîmes, Maxi-livres

= = =

Autre écrit de Julien Vignet :

Vignet_L’Autonomie_sociale_par_le_mutuellisme

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

silversurfer8
« Encore combien de temps avant que mes yeux admirent une fois de plus les merveilles de l’univers toujours changeant…
Encore combien de temps avant la fin de mon exil… et que je puisse de nouveau me tenir sur la terre qui m’a vu naître ??
Même encore maintenant, je me rappelle de ces jours primordiaux… de ces années de jeunesse… sur la planète ANARCHIE ! »
~ Le Surfer d’Argent ~ 

Société des sociétés : sortir du cercle vicieux réformiste ou l’impossibilité de l’état socialiste (Errico Malatesta)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 28 octobre 2021 by Résistance 71

“Tu es roi. Vis tout seul. Sur ton libre chemin
Va donc où te conduit librement ta pensée,
Enrichissant le fruit des meilleures idées,
Et pour un bel exploit sachant n’exiger rien.
Tout est en toi. Tu es ton tribunal suprême.
Plus rigoureux qu’autrui tu juges ton poème.
En es-tu satisfait, artiste sourcilleux ?”
~ Alexandre Pouchkine ~

Texte d’une grande lucidité politique publié par Malatesta il y a 125 ans… Pourquoi ces textes résonnent-ils toujours de grande actualité si ce n’est parce que rien n’a été fait depuis des siècles pour que tout change vraiment. La voie réformiste est celle de changer pour qu’en fait rien ne change jamais vraiment. Il est plus que grand temps de comprendre, devant la menace physique qu’exerce aujourd’hui l’oligarchie sur l’humanité, qu’il n’y a pas de solution au sein du système et qu’il ne saurait y en avoir !
Qu’on se le dise et qu’on le comprenne… enfin ! Ce n’est qu’à cette condition que nos actions deviendront véritablement (r)évolutionnaires.
~ Résistance 71 ~

resistance1

L’état socialiste

Errico Malatesta

1897

~ Traduction Résistance 71 ~

Le but des socialistes démocrates est “d’accéder au pouvoir public”.

Nous n’analyserons pas en cette occasion le fait de savoir si ce but est en accord avec leurs théories historiques, qui disent que les classes économiquement dominantes détiennent toujours inévitablement le pouvoir politique et que de là en découle que l’émancipation économique devrait, par nécessité, venir avant l’émancipation politique. Nous ne débattrons pas non plus ici de savoir si, assumant que le pouvoir politique puisse être acquis par une classe déshéritée, les moyens légaux seraient suffisant pour accomplir cette tâche.

Nous voulons à peine discuter ici de savoir si une saisie du pouvoir public serait en accord ou pas avec l’idéal socialiste de la société des êtres libres et égaux, dénuée de maîtres et de divisions de classe.

Les socialistes démocrates, spécifiquement les Italiens, qu’ils l’aiment ou pas, ayant été exposés plus que les autres à l’influence de la pensé anarchiste, ont l’habitude d’affirmer, du moins lorsqu’ils argumentent avec nous, qu’ils veulent eux aussi abolir l’État, c’est à dire le gouvernement et qu’afin d’être en position de pouvoir le faire, ils doivent le saisir. Qu’est-ce que cela veut dire ? S’ils veulent abolir l’État alors qu’ils le capturent, effacer toute garantie légale de “droits acquis”, démanteler toute force armée gouvernementale, mettre un terme au pouvoir législatif, laisser à chaque localité, chaque association et individu une autonomie totale et complète et faire la promotion d’une organisation de la société depuis sa base au travers des fédérations d’associations libres des producteurs et des consommateurs, alors toute l’affaire reviendra à ceci : qu’ils expriment par certains mots ce que nous exprimons avec d’autres. Disant nous voulons nous emparer de la forteresse et la détruire et en disant nous voulons saisir la forteresse et la démolir, cela veut dire exactement la même chose.

Le fait est que de telles déclarations d’intention de capturer l’État afin de a détruire sont soit des outils polémiques tendancieux ou, si sincères, viennent d’anarchistes-en-devenir qui pensent qu’ils sont toujours démocrates.

Il restera toujours entre les socialistes démocrates et nous une différence d’opinion, sans aucun doute de la plus grande importance, au sujet de savoir si la participation en des élections et l’entrée des socialistes au parlement aide ou entrave la révolution ; préparer les gens à une transformation radicale de l’ordre présent ou éduquer les gens à accepter une nouvelle tyrannie après la révolution ; mais sur le but ultime, nous serions entièrement d’accord.

Les véritables socialistes démocrates ont une notion toute différente de “gagner les pouvoirs publics”. Au congrès de Londres, pour ne citer que le plus récent, moment solennel, ils déclarèrent très clairement que le pouvoir public doit être capturé pour être exercé et “afin de légiférer et d’administrer la nouvelle société”. Dans le plus récent numéro de la revue Critica Sociale, nous y avons lu que c’est une erreur que de croire qu’une fois le pouvoir atteint, le parti socialiste sera capable ou même désireux de diminuer les impôts et qu’au contraire, l’État, par une augmentation progressive des impôts, devra absorber graduellement la richesse privée afin de mettre en place de grandes réformes, celles qui sont le but du socialisme (mettre des fonds à disposition des anciens, des handicapés, pour les accidentés, organiser les écoles pour les rendre efficaces dans un pays civilisé, récupérer le capital etc, etc…), avançant ainsi vers le but lointain du communisme parfait, quand tout deviendra service public et la richesse privée et la richesse de la société deviendront une et même chose (Giuseppe Bonzo, “Il Partito socialista e le imposte,” [1] in Critica Sociale, May 1, 1897).

Ainsi donc, les socialistes démocrates ne nous promettent rien d’autre qu’un gouvernement, complet avec toute sa litanie d’inspecteurs et de collecteurs d’impôts, de tribunaux pour les mauvais payeurs, de gendarmes et de prisons (pour tous ceux qui tentent de mettre ce système par la fenêtre), de juges, d’administrateurs de fonds d’assistance publique, de programmes scolaires avec leurs tuteurs des plus officiels, son agence de dette publique pour payer les intérêts du capital emprunté (NdT: Malatesta écrit ça en 1897 !!… Il avait tout compris déjà à l’époque de toute cette vaste escroquerie à la dette publique et le rôle de la haute finance dans le contrôle des nations par la dette…) etc, etc, en plus bien sûr d’un corps législatif faisant des lois et mettant en place des impôts et des ministères variés pour s’assurer de l’administration et de l’application des lois.

Ce faisant, il se peut qu’il y ait différentes modalités, des degrés différents de la centralisation et de ses tendances, ou des méthodes de gestion plus ou moins dictatoriale et un processus d’application plus ou moins abrupt ou graduel, mais dans l’essence de la chose, ils sont tous d’accord les uns avec les autres parce que cela constitue la substance même de leur programme politique.

Maintenant, nous devons regarder si ce gouvernement que les socialistes rêvent de mettre en place, fournit une quelconque garanti de justice sociale : s’il pourrait supprimer ou supprimerait les classes, bannir toute forme d’exploitation et d’oppression de l’homme par l’homme ; s’il pourrait en bref, établir les fondations solides pour une véritable société socialiste.

Les socialistes démocrates partent du principe que l’État, le gouvernement, ne sont que des agents politiques de la classe dirigeante. Ils disent que dans une société capitaliste, l’État de nécessité sert les intérêts des capitalistes et garantit leur droit d’exploiter les travailleurs. Mais dans une société socialiste, avec la propriété privée abolie et les distinctions de classes disparues après la disparition du privilège économique, l’État représenterait tout le monde et deviendrait l’agent impartial des intérêts sociaux de tous les membres de la société.

A ce moment, se lève une difficulté inévitable. S’il est vrai que le gouvernement est toujours par nécessité, l’instrument de quiconque possède les moyens de production, par quel miracle donc un gouvernement socialiste émergerait-il au milieu d’un système capitaliste avec pour mission d’abolir le capitalisme ? Cela se ferait-il comme Marx et Blanqui le voulurent, au travers d’une dictature imposé par une révolution (NdT : dictature du prolétariat), par l’action forcée de décrets révolutionnaires et l’imposition de la confiscation de la propriété privée au bénéfice de l’État, représentant des intérêts collectifs ? Ou bien sera-ce, comme semblent le vouloir tous les marxistes et les blanquistes modernes, par le moyen d’une majorité socialiste gagnée au parlement via le suffrage universel du système électoral ? Y aura t’il une expropriation brutale de la classe dirigeante par une classe économiquement subjuguée et dominée, ou y aura t’il un processus graduel par lequel les propriétaires et les capitalistes seront forcés d’abandonner leurs privilèges petit à petit ?

Tout ceci semble être en porte-à-faux avec la théorie du “matérialisme historique”, qui est le dogme de base des marxistes. Mais dans cette article nous n’avons pas l’intention d’explorer ces contradictions, ni de voir quelle mesure de vérité il peut y avoir dans la doctrine du matérialisme historique.

Imaginons donc que par quelque moyen, le pouvoir soit passé entre les mains des socialistes et qu’un gouvernement socialiste ait été établi. Cela voudrait-il dire que le triomphe du socialisme est en cours ?

Nous ne le pensons pas.

Si l’institution de la propriété privée est la racine de tous les maux que nous connaissons, ce n’est pas parce que tel ou tel bout de terrain est enregistré au nom de telle ou telle personne, mais parce que cette enregistrement autorise cette personne à utiliser ce terrain comme bon lui semble et la façon dont il est utilisé est toujours mauvaise, à savoir, au détriment de ses pairs. Toutes les religions à leur origine, ont affirmé que la richesse était un fardeau qui obligeait les propriétaires à s’occuper du bien-être des pauvres et à agir envers eux comme un père. Quand on regarde l’origine de la loi civile, nous découvrons que le propriétaire est obligé de suivre un grand nombre d’obligation civiques comme devant plutôt être un administrateur de biens dans l’intérêt public qu’un propriétaire au sens moderne du terme. Mais tel est l’homme quand il peut dominer et imposer ses désirs sur les autres, il use et abuse de sa position au point de réduire les autres en esclavage et à l’abjection. Et donc le proprio, qui était supposé être un “père” et un protecteurs des pauvres, s’est toujours transformé en un exploiteur féroce et vorace.

(NdR71 : Malatesta semble ici penser que l’homme est un abuseur par nature, ce qui renforcerait la théorie de Hobbes et de sa nécessité du Léviathan étatique qui serait le moindre mal… Nous pensons comme tout le courant de pensée kropotkinien, que ce sont les circonstances qui induisent la possibilité de l’abus et de la malversation. L’Homme n’est pas un abuseur par nature, l’abus, la violence et la tyrannie sont des constructions sociales. Il peut y avoir bien sûr des exceptions relevant plus de la psychologie / psychiatrie, mais de manière générale, l’humain n’est pas un abuseur, il aurait été incapable de survivre ses temps primordiaux s’il l’avait été. Si l’Homme crée un système, un système puissant créera aussi les hommes nécessaires à sa survie et perpétuation.)

Il en a toujours été ainsi et cela le sera toujours avec les dirigeants également.

Il ne sert à rien de dire que lorsqu’un gouvernement s’en vient du peuple, il servira les intérêts du peuple ; tout pouvoir a toujours découlé du peuple, car seul celui-ci peut lui donner la force nécessaire et ces pouvoirs ont toujours opprimé les peuples. On ne peut en rien dire que lorsqu’il n’y aura plus de classes privilégiées, alors le gouvernement servira le peuple et sera un agent du bien et de la volonté collectifs, les dirigeants constituent une classe à part entière et entre eux une solidarité de classe se développe, bien plus puissante que toute celle existante et ancrée dans le privilège économique.

Il est vrai que de nos jours, le gouvernement sert la bourgeoisie, mais cela tient moins au fait qu’il soit gouvernement que du fait que ses membres appartiennent à la bourgeoisie ; autrement, étant le gouvernement, il méprise ses maîtres et leur ment et les vole, comme tout serviteur. Ce ne fut pas pour servir la bourgeoisie que Crispi vola des banques ou piétina la constitution.

Tous ceux qui sont au pouvoir veulent  y demeurer et peu importe le coût, ils ont l’intention d’imposer leur volonté, et comme la richesse est un puissant instrument de pouvoir, le dirigeant, même s’il n’abuse ni ne vole personnellement, promeut la montée d’une classe autour de lui qui lui doit ses privilèges et possède un intérêt particulier à ce qu’il reste au pouvoir. Les partis dirigeants sont à la politique ce que la classe des propriétaires est à l’économie.

Les anarchistes l’ont dit des milliers de fois et toute l’histoire est faite, est marquée de ce qu’ils ont dit : la propriété privée et le pouvoir politique sont les deux maillons de la chaîne qui entrave l’humanité et sont comme le double tranchant de la lame de l’assassin. Il n’y a aucune façon de se libérer de l’un sans se libérer de l’autre. Abolissez la propriété privée sans abolir le gouvernement et la première sera ressuscitée par ceux qui gouvernent. Abolissez le gouvernement sans abolir la propriété privée et les propriétaires ressusciteront le gouvernement.

Lorsque Frédéric Engels affirma, peut-être pour parer à la critique anarchiste, qu’une fois les classes disparues, l’État n’aura plus de raison d’exister et passera du gouvernement des hommes à l’administration des choses, il ne faisait que jouer sur les mots. Quiconque a pouvoir de domination sur les choses possède la domination sur les hommes ; quiconque gouverne la production gouverne le producteur ; quiconque contrôle la consommation domine et possède le consommateur.

La question en définitive est celle-ci : ou bien les choses sont administrées en accord avec des associations librement acceptées par ceux qui sont concernés, dans ce cas nous avons l’anarchie, ou elles sont administrées en accord avec la loi faite par des administrateurs et nous avons le gouvernement, l’État, qui de manière inévitable bascule dans la tyrannie.

Il n’est pas ici question de la bonne foi ou de la bonne volonté de l’homme, mais de la nécessité dictée par les situations et les tendances générales dont font preuves les hommes lorsqu’ils se trouvent dans certaines circonstances.

(NdR71 : ceci invalide ce que sous-entendait Malatesta plus haut et qui suscita notre note.)

De plus, si le bien de tous est vraiment en jeu, s’il y a vraiment une intention “d’administrer les choses” dans les intérêts des administrés, qui peut donc mieux le faire que ceux qui produisent les choses et les consomment ?

Quelle est en fin de compte l’utilité d’un gouvernement ?

La toute première action d’un gouvernement socialiste lorsqu’il arrive au pouvoir devrait être celle-ci :

Considérant le fait qu’être gouvernement, nous ne pouvons rien faire de bon et serions en fait un handicap  a l’action des hommes en les forçant à attendre des lois que nous ne pouvons édicter sans sacrifier les intérêts de certains au profit des intérêts d’autres et les intérêts de tout le monde contre nos propres intérêts. Nous, gouvernement, déclarons donc de fait l’abolition de toute autorité et invitons les citoyens à s’organiser eux-mêmes en associations libres, correspondant à leurs besoins variés, de nous soumettre à l’initiative de ces associations et d’y apporter notre contribution par nos efforts personnels.

Aucun gouvernement n’a jamais fait quoi que ce soit ressemblant à cela et un gouvernement socialiste ne le ferait pas non plus. (NdT: le futur donna raison à Malatesta. Tous les gouvernements de capitalisme d’état marxistes n’ont jamais œuvré à ce but, pire même. ils ont réprimé dans le sang tous ceux qui tentèrent de le faire pour l’avènement du bien commun…). Ainsi donc, le jour ou le peuple aura la force du pouvoir entre les mains, s’il est sage et avisé, il empêchera donc l’établissement de quelque gouvernement que ce soit.

*

“L’État, c’est ainsi que s’appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement et le mensonge que voici sort de sa bouche: ‘Moi, l’État, je suis le peuple !’… Là où le peuple existe encore, il ne comprend pas l’État et il le hait comme un mauvais œil et comme un pêché contre les coutumes et les droits… L’État, lui, ment dans tous les idiomes du bien et du mal ; et quoi qu’il dise, il ment et ce qu’il possède il l’a volé. Tout est faux en lui, il mord avec des dents volées, lui qui mord si volontiers. Fausses sont même ses entrailles… ‘Sur Terre il n’est rien de plus grand que moi: je suis le doigt qui crée l’ordre, le doigt de dieu’, voilà ce que hurle ce monstre…”

“L’Église ? répondis-je, c’est une espèce d’État et c’en est l’espèce la plus mensongère. Cependant, tais-toi donc, chien hypocrite, mieux que personne tu connais ta propre espèce !

Tout comme toi, l’État est un chien hypocrite ; tout comme toi il aime à parler par fumée et hurlement afin de faire croire, tout comme toi, qu’en lui parle le ventre des choses. Car il veut à toute force, l’État, être l’animal le plus important sur terre ; et on le croit.”

“Oui, il a été inventé là une mort pour les multitudes, une mort qui se vante d’être la vie: en vérité un fier service rendu à tous les prédicateurs de mort. J’appelle État le lieu où sont tous ceux qui boivent du poison, qu’ils soient bons ou méchants… État le lieu où le lent suicide de tous s’appelle… la vie.” “Là où cesse l’État, c’est là que commence l’Homme, celui qui n’est pas superflu : là commence le chant de ce qui est nécessaire, la mélodie unique et irremplaçable. Là où cesse l’État — regardez donc mes frères ! Ne les voyez-vous pas, l’arc-en-ciel et les ponts du surhumain ?”

~ Friedrich Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra 1883) ~

Les historiens et les économistes aux gages de l’État nous ont enseigné, sans doute, que la commune de village, étant devenue une forme surannée de la possession du sol, forme qui entravait les progrès de l’agriculture, dut disparaître sous l’action des forces économiques naturelles. Les politiciens et les économistes bourgeois ne cessent de le répéter jusqu’à nos jours ; et il y a même des révolutionnaires et des socialistes — ceux qui prétendent être scientifiques — qui récitent cette fable convenue, apprise à l’école.

Eh bien, jamais mensonge plus odieux n’a été affirmé dans la science. Mensonge voulu, car l’histoire fourmille de documents pour prouver à qui veut les connaître — pour la France, il suffirait presque de consulter Dalloz — que la commune de village fut d’abord privée par l’Etat de toutes ses attributions ; de son indépendance, de son pouvoir juridique et législatif ; et qu’ensuite ses terres furent, ou bien tout bonnement volées par les riches sous la protection de l’Etat, ou bien directement confisquées par l’Etat…

~ Pierre Kropotkine ~

= = =

Lectures complémentaires :

Errico Malatesta, écrits choisis

Gustav Landauer “Appel au socialisme”

Pierre Kropotkine “L’entraide, facteur de l’évolution”

Elisée Reclus « Evolution et révolution »

Pierre Clastres, hommage 40 ans 1977-2017

Hommage à David Graeber

James C. Scott “L’art de ne pas être gouverné”

Guy Debord « La société du spectacle »

Résistance 71 “Du chemin de la société vers son humanité réalisée”

constatA

Commune_1871-2021

Halte à la farce et l’illusion démocratique !… Abstention politique !

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 25 octobre 2021 by Résistance 71

abstention-rien
Illusion démocratique

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie