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Résistance politique France loi travail…

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Communiqué de la CNT du 30 mai 2016

Les patrons et le gouvernement ne comprennent qu’un seul langage: la grève et le blocage !

30 mai 2016

Source: http://www.cnt-f.org/les-patrons-et-le-gouvernement-ne-comprennent-qu-un-seul-langage-la-greve-et-le-blocage.html?utm_source=edito&utm_medium=image&utm_campaign=home&utm_content=btn

Sans aucun doute, le bilan de la semaine écoulée atteste de l’amplification de la lutte contre la loi travail. L’heure est en effet à la reconduction des grèves dans de nombreux secteurs d’activité : routiers, dockers, raffineries, centrales nucléaires, aéroports, services publics, universités… dynamique qui continuera à s’amplifier dans les prochains jours avec le début de la grève illimitée à la SNCF et à la RATP notamment. Les occupations et les actions de blocage économique se multiplient avec un seul et unique objectif : amplifier le rapport de force avec un gouvernement qui n’agit qu’au profit du patronat. Le bilan des manifestations de ce jeudi 26 mai confirme quant à lui que le mouvement social ne faiblit pas, bien au contraire, déterminé à obtenir le retrait d’un projet de loi contesté par la majorité de la population.

Dans le même temps, le gouvernement s’entête à poursuivre une politique minoritaire. Alors que Manuel Valls, Premier Ministre, qualifiait cette semaine l’action syndicale et la grève de « dérive » des syndicats, assumant ainsi totalement le déni de démocratie du gouvernement, la CNT réaffirme que le blocage économique, l’occupation des usines et la grève générale ne sont que les actions légitimes des travailleur.euses qui par la lutte on fait le choix courageux de se battre pour les droits et la condition de toutes et tous. Face à ce gouvernement qui souhaite nous imposer un retour aux rapports sociaux du XIXe siècle, le durcissement de la lutte semble être le seul langage qui parle au capital : c’est le 49- 3 des syndicats !

Par ailleurs, alors que le gouvernement use depuis le début du mouvement d’une répression sans précédent (violences policières, arrestations préventives, interdiction de manifester, condamnation de syndicalistes, charge de cortèges manifestants, saccage de locaux syndicaux…) la CNT dénonce l’orchestration et l’instrumentalisation de la violence par l’Etat dans le but de criminaliser les luttes : ne nous y trompons pas, les vrais casseurs sont bien ceux qui cassent méthodiquement les acquis sociaux, le droit du travail, et l’ensemble de la protection sociale. A ce titre la CNT exige l’arrêt de toutes les poursuites judiciaires ainsi que la libération des condamné.e.s au titre de leur participation au mouvement social.

La CNT appelle l’ensemble des travailleur.euses, chômeur.euse.s ou précaires, actifs.ves ou retraité.e.s, étudiant.e.s et lycéen.ne.s, à amplifier la dynamique actuelle jusqu’à la victoire du mouvement social. Elle appelle l’ensemble des salarié.e.s du privé comme du public à organiser sans plus attendre des assemblées générales afin de voter souverainement la grève dans les secteurs d’activité qui ne sont pas encore mobilisés. Elle appelle également l’ensemble des structures syndicales à prendre leurs responsabilités et à appeler sans plus aucun détour à la grève générale illimitée.

La CNT soutient l’ensemble des actions mises en œuvre quotidiennement sur le terrain (blocages, occupations, rassemblements et manifestations) contre la loi travail et invite toutes et tous à multiplier les initiatives.

Le 14 juin, la CNT soutiendra l’ensemble des initiatives prises à la base par ses syndicats, qu’il s’agisse d’une participation à la manifestation nationale à Paris ou d’événements dans les localités.

Quelques réflexions sur l’actualité « Nuit Debout »…

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« Afin que la lutte ait une signification, les opprimés ne doivent pas, en cherchant à reconquérir leur humanité, devenir à leur tour des oppresseurs des oppresseurs, mais ils doivent plutôt restaurer l’humanité dans les deux parties. Ceci donc, est le grand objectif humaniste et historique des opprimés: se libérer eux-mêmes ainsi que leurs oppresseurs. »
~ Paolo Freire, 1970 ~

 

Nuit Debout… Liberté Partout ou Répression Surtout ?

 

Résistance 71

 

8 Avril 2016

 

Note: Nous plaçons sous ce billet une petite bibliographie pouvant être utile à diffuser sans modération surtout aux plus jeunes “nuiteux”. En section commentaire nous plaçons un remarquable documentaire sur l’organisation des collectifs espagnols en Aragon, Andalousie, Castille, Levant et Catalogne dans l’Espagne de la révolution sciale de 1936. A voir en famille et à diffuser également sans modération !

Le mouvement politique populaire français récent nous suggère ces quelques brèves réflexions à mettre dans sa poche, mouchoir par dessus, çà ne mange pas de pain.

Nuit Debout” se revendique à juste titre du mouvement de “Los Indignados” espagnol qui débuta sur la Playa del Sol de Madrid le 15 mai 2011, on peut aussi bien sûr le mettre en parallèle avec le mouvement “Occupy Wall Street” qui commença le 17 Septembre 2011 à New York.

On ne peut que soutenir des mouvement populaires de la base et œuvrer ensemble pour qu’il le demeure.

Qu’est-il advenu des deux mouvement pré-cités ? Bien sûr ils existent toujours, mais quel est leur impact aujourd’hui ? Proche de zéro. Pourquoi ?

Parce que si cela part toujours de bonnes idées, le fait même que ces mouvements se “centralisent” sur des places publiques qui à Madrid, qui à New York, qui à Paris etc favorise dans le temps, l’infiltration, la récupération et à terme la phagocytose de ces mouvements par la pourriture de la politique politicienne bien en place et rôdée à la subversion et à l’enfumage du peuple. Très vite le mouvement populaire est parasité par les provocateurs à la solde de l’État, qu’ils soient agents de celui-ci ou travaillant à leur insu pour lui et par les “évangélistes de la politique systémique de gooooche”, comme les inévitables partis politiques d’une “gauche” mangeant dans la main du pouvoir et de l’état depuis bien longtemps, marxistes de tous poils inclus.

L’État ne peut pas gérer des situations décentralisées au maximum, il ne peut pas gérer des fantômes, par contre il est le champion de la gestion canalisée. Donc si un mouvement de masse se veut sans leaders, les autorités publiques avec l’aide des médias sous contrôle vont isoler les “leaders” naturels inhérents à chaque mouvement et les monter en épingle, leur faire endorser le mouvement, les mettre en avant comme les leaders, souvent contre leur gré, ceci s’est déjà produit en très peu de temps avec “Nuit Debout”, plusieurs noms circulent déjà. Le cooptage est en cours. Il y a toujours quelques personnes désireuses de se “faire mousser”, qui seront exploitées à bon escient par le système.

Ensuite l’État et sa pressetituée à la botte va utiliser la vieille recette qui marche si bien: diviser pour mieux régner. Ici, la division se fera ensentiellement entre les militants pacifistes et les plus “musclés”, souvent pilotés par les services de police quand la police ne joue pas elle-même le rôle des “casseurs”.

Bref, un mouvement populaire le plus pacifique soit-il est en permanence “agressé” souvent au-delà de ce qui est visible à l’œil nu.

Alors que faire ? Comment en sortir ?

Nous n’avons pas la science infuse loin s’en faut, mais quelques idées émergent de la pratique et des erreurs passées:

  • Maintenir le mouvement décentralisé et sans leaders
  • Propager le plus possible: il est facile de contrôler une place publique à Paris, beaucoup plus difficile pour l’État de contrôler 5, 10, 20, 50000 places publiques où le peuple se rassemble simultanément, décide et se disperse pour agir !
  • Ne pas se contenter des AG et des palabres nécessaires certes, mais qui doivent être suivies d’action politique sous peine de sombrer dans la complaisance “intellectuelle”.
  • Plus le mouvement gagne du terrain et plus il est possible de prendre des décisions en AG puis de se disperser et appliquer ces décisions dans la vie concrète: dans les bahuts, universités, voisinages, lieux de travail etc
  • Parler pour parler ne sert à rien. Il faut développer sa conscience politique en la poursuivant dans l’action politique et sociale directe
  • Mettre en place les associations libres. Le simple fait que les gens décident de se rassembler en place publique est déjà une association libre pour l’intérêt commun, il faut poursuivre la dynamique dans la vie quotidienne pas seulement pour les quelques heures passées sur une place publique… Décisions en AG… Applications pratiques locales
  • Discuter en AG du problème inhérent à l’action politique hors système: la désobéissance civile. La France est sous le coup de “l’état d’urgence” (le pourquoi du comment est hors sujet ici), c’est à dire un état qui se durcit, un état qui se totalitarise à vue d’œil sous un gouvernement dit “de gauche”… A un moment donné, les citoyens associés volontairement vont se heurter aux lois et régulations de l’État qu’il rend à dessein de plus en plus drastiques. Refuser de suivre des lois ou réglementations jugées injustes ou abusives s’appelle la désobéissance civile, elle est inhérente à tous les mouvements de résistance au système établi, mais elle est nécessaire. Le mouvement des droits civils aux Etats-Unis n’aurait jamais abouti si Rosa Parks par un beau matin n’avait pas refusé d’aller s’assoir au fond du bus réservé aux noirs par la législation ségrégationniste, la suite est dans les bons livre d’histoire. Il est important que soit discutée l’attitude individuelle et collective en situation de désobéissance civile. Ceci est un aspect important qui ne doit pas être éludé !

Voilà quelques remarques, réflexions qui nous viennent à l’esprit. Le danger est la division que l’état va s’efforcer d’insinuer et la récupération politique par le système et son cirque du grand guignol étatico-électoral.

Regardez ce qu’il s’est passé en Espagne (Podemos), Grèce (et la grande trahison de Syriza), Occupy Wall Street et le cooptage pro-Obama et maintenant pro-Sanders, cooptage qui a totalement muselé le mouvement anti-guerre chez les Yanks et a fait d’Obama un des présidents les plus belliqueux de l’histoire, couronné de la farce d’un “prix nobel de la paix”… La récupération systémique est de tous les instants entre le noyautage de la politique politicienne et les faux-nez d’une dissidence de façade.

Confiance zéro aux politcards du système ! Refusons toute approche étatique et œuvrons pour les associations libres de personnes politiquement et socialement responsables et engagées localement, confédérons nos efforts et créons la société des sociétés, introduisons l’autogestion dans nos vies ici et maintenant. Le système étatique obsolète, doctrinaire et totalitaire ne sera pas vaincu par des barricades, mais par un changement d’attitude individuel et collectif vis à vis de la société. Cela commence avec “Nuit Debout”, mais cela doit rayonner dans le quotidien sous peine de dilution totale dans la fange systémique. L’État est une machine à broyer.

Nous créons et perpétuons l’État et ses institutions par notre acquiescement, notre participation à cette imposture pseudo-démocratique. Retirons notre consentement, à commencer par le boycott du système électoral inique ; unissons-nous au delà des classes, races, cultures pour gérer nous-mêmes notre société, un nouveau paradigme organique et non plus mécanique et inhumain.

Gardons toujours présent à l’esprit une chose essentielle: pour exister l’État et ses institutions ont besoin de nous… Nous n’avons AUCUNEMENT besoin d’eux pour exister, il serait grand temps de bien le comprendre et d’agir politiquement en conséquence de ce fait criant de vérité.

¡Ya Basta! Pour que vive la société organique émancipée et adaptée!

= = =

Petite Biblio se voulant utile:

– Notre dossier “Illusion démocratique”

– Le manifeste du “Confédéralisme Démocratique”

Trois textes fondateurs pour un changement de paradigme politique

– Un exemple de charte de collectivité dans l’Espagne de 1936

Résistance politique et sociale: Pour que meure le salariat et vive l’autogestion !!…

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« Il en est de même pour le salariat ; car après avoir proclamé l’abolition de la propriété privée et la possession en commun des instruments de travail, coment peut-on préconiser, sous une forme ou sous une autre, le maintien du salariat ? »
~ Pierre Kropotkine ~

 

Les prolétaires peuvent bien crever, l’Etat les digère

 

Fédération Anarchiste

 

23 février 2016

 

url de l’article:

http://famontpellier34.blogspot.jp/2016/02/les-proletaires-peuvent-bien-crever.html

 

Voilà la nouvelle salve du gouvernement contre les prolétaires. C’est ainsi donc que se pose les choses : l’Etat est là pour garantir aux plus riches de le rester, et que celles et ceux qui bossent le fassent toujours plus, pour toujours moins, et avec le sourire !

Il semble qu’il n’y ait pas mieux que la gauche pour mener une politique de droite ! Elle fait en tout cas aujourd’hui de lit de sa petite sœur d’hémicycle. Préparant le terrain pour l’avenir.

La contre révolution violente que nous subissons aujourd’hui n’est pas nouvelle, mais le manque de réponse sociale en face fait que les petits laquais des possédant.e.s s’en donnent à cœur joie.

Dans le monde entier les quelques nantis dictent leurs lois, demandent de faire plier les plus pauvres. Cette guerre n’est pas un petit phénomène national, mais c’est bien une guerre internationale contre les plus démunis qui est lancée depuis des années !

En ce moment, en France, patronat exige, les ministres exécutent ! 60 heures par semaines ? Oui oui oui crie El Khomri ! Des journées de 12 h ? Encore oui ! Des apprentis qui remplacent des emplois ? Ho que oui ! Des conditions de travails qui se dégradent ? Mais oui mon bon patron ! Des licenciements encore facilités ? Oui, cent fois oui !

Soyons clairs : si la Fédération Anarchiste est pour l’abolition du salariat et du travail, elle n’en reste pas moins convaincue que les avancées, même soumises à ce statut, sont importantes et doivent être conquises !

La réaction face à cette contre révolution ne peut être la passivité. Tout ce que nous avions gagné par le passé, nous sommes allé.e.s le chercher par la lutte, la grève, l’insurrection. Et dans l’union la plus large possible des prolétaires.

Ne laissons pas les nantis et leurs affiliés (états, religions, nationalistes, etc…) jouer encore avec nos vies.

La seule réponse qui vaille aujourd’hui est la même qu’hier : l’unité face aux nantis, l’unité dans la grève et l’action. Une utopie ? Peut-être. Une nécessité ? Sans aucun doute possible ! Et ce jusqu’à la mort du salariat ! Et que vive l’autogestion !

États et manipulation: La fumisterie des chiffres du chômage…

Posted in actualité, économie, crise mondiale, désinformation, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , on 29 octobre 2015 by Résistance 71

La très vaste majorité de ce que nous pouvons voir, lire, entendre, « apprendre » non seulement des médias de masse (merdias), mais aussi des grandes gueules « expertes » sur tous les sujets est manipulée, falsifiée, bidouillée pour être ajusté aux dogmes de la pensée unique en tout domaine abordé que ce soit la politique, les sciences, les sciences sociales. Comment cela est-il possible ? Parce les oligarques sont parvenus à terne à tout acheter, tout corrompre, des médias, aux politiques en passant par les fonds de recherche et autres ONG assujettis aux transnationales et aux « fondations » privées des barons voleurs. Il suffit de dire NON  pour déboulonner à tout jamais cette oligarchie criminelle.

— Résistance 71 —

 

C’est le plein emploi aux Etats -Unis et bientôt en France!…

 

Charles Sannat

 

4 Octobre 2015

 

url de l’article original:

http://insolentiae.com/2015/10/04/cest-le-plein-emploi-aux-etats-unis-et-bientot-en-france-ledito-de-charles-sannat/

 

Repris par les 7 du Québec:

http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/le-taux-de-chomage-avoisine-0-aux-usa/

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je suis sidéré que nos mamamouchis n’y aient pas déjà pensé… Faire baisser le taux de chômage est en réalité un jeu d’enfant. Je parle de la façon de présenter la réalité évidemment, pas de la réalité elle-même vous l’aurez compris.

Partons du principe qu’un chômeur est un individu en difficulté… vous êtes d’accord avec moi je suppose.

Supposons aussi qu’un chômeur ne bénéficie d’aucune solution d‘accompagnement personnalisée.

Supposons enfin qu’un chômeur soit un individu ne disposant d’aucun revenu.

Alors si nous définissons le chômeur comme une personne en difficulté, ne bénéficiant d’aucun système d’accompagnement et n’ayant aucun revenu alors nous pourrions par cette simple définition ramener le chômage proche de 0.

Pourquoi ?

Parce qu’en France nous avons soit une allocation chômage, soit l’ASS lorsque l’on se trouve en fin de droit, soit un RSA soit un minimum vieillesse… il y a presque toujours un revenu minimum de versé quand bien même il est très faible. Faible mais existant.

Nous pourrions donc considérer qu’en France c’est le plein emploi !

Ne soyez pas choqué par ce raisonnement parce que c’est exactement celui des américains !

En gros aux Etats-Unis il n’y a plus de chômeur ou presque.

Il n’y a que des « not in labour force » ce qui se traduit par « pas comptés dans la population active ».
Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont droit à rien donc, comme ils n’ont droit à rien au niveau des « Paul Emploi » locaux, inutile d’y aller remplir des formulaires pour rien.

Si les USA ont créé donc 142 000 emplois de plus au mois de septembre 2015, les analystes s’attendaient à tout de même un poil plus genre plus de 200 000 créations mais peu importe entre nous.

Car l’important ce n’est pas les jobs plus ou moins pourris, mal payés et à temps partiel subi créés qui sont importants et significatifs en nombre.

Ce qui est significatif en nombre c’est cette fameuse catégorie « not in labour Force » puisqu’en un mois elle progresse de 579 000 nouveaux arrivants dans cette catégorie des « je ne fais même plus partie de la population active »…
Aux Etats-Unis il y a donc officiellement 7.915.000 chômeurs…. Et 94.610.000 personnes qui ne sont plus comptabilisés dans la population active (mais en âge de travailler)… et plus le chômage baisse en Amérique plus cette catégorie augmente et depuis le début de la crise en 2007, chaque année, le « taux de participation de la population à la vie active » baisse. Nous allons de records en records.

C’est dans cette ligne-là que se cache le mensonge du chômage américain.

Et je le dis sans détour à nos dirigeants, si les américains en sont rendus à de tels artifices comptables pour donner l’illusion d’une reprise économique et d’un dynamisme, alors franchement en France nos mamamouchis peuvent décréter sans soucis que tout va pour le mieux ce qui devrait finir par arriver puisque si la fièvre est trop haute, il suffit de changer de thermomètre.

Enfin pour avoir une bonne vision de la réalité sociale aux Etats-Unis, pays ayant fait tout plein de « rêêêfooormes » structurelles expliquant son insolente prospérité et son retour au plein emploi (cette phrase étant évidemment ironique) raison pour laquelle nous devrions faire la même chose ici en France, vous devez également ne pas oublier de regarder un chiffre très important qui est celui des adhérents au programme des Food Stamps US. Pour ceux qui ne le savent pas c’est l’équivalent des « soupes populaires » ou des restos du cœur chez nous.

45.510.153 millions de personnes en mai 2015 source officielle directement du programme national des food stamps (lien en bas).

26.316.000… millions c’était le nombre de bénéficiaires en 2007… au début de la crise.

S’il y a effectivement une baisse de moins d’un million entre 2014 et 2015 ce n’est pas parce que la situation économique est redevenue transcendante aux Etats-Unis, c’est parce que les règles pour en être bénéficiaire et la durée de prise en charge ont été réduits…

Les cadavres de la crise sont cachés dans deux placards…

La catégorie « not in labor force » pour les chômeurs.

La catégorie food stamps pour tous les ruinés et les miséreux.

Cette réalité est factuelle. Vous avez tous les liens ci-dessous pour vérifier cela par vous-même non pas en consultant des sites « complotistes », mais le plus simplement du monde en faisant l’effort de ne pas vous contenter des « une » des titres des articles de presse (ce qui prouve d’ailleurs au choix, soit le niveau de nos journalistes soit leur degré de liberté de nous informer).

Non, vous allez juste prendre quelques minutes de votre temps et aller sur le BLS américain (qui est l’équivalent on ne peut plus officiel de notre ministère de l’emploi), puis sur le site du tout aussi officiel SNAP qui signifie « Supplemental Nutrition Assistance Program » et qui s’occupe d’empêcher de laisser de mourir de faim plus de 45 millions d’américains qui n’arrivent plus à faire face à cette croissance économique diabolique et à ce plein emploi phénoménal.

Le pire dans tout cela mes chers camarades impertinents, ce n’est pas de trouver ces chiffres. Le plus difficile ce n’est pas de les expliquer. Non ce qui est tout bonnement hallucinant, c’est que lorsque vous dites cela, personne ne veut vous croire, on préfère vous prendre au mieux pour un « doux dingue », au pire pour un « illuminé »… Puisqu’on vous dit que la croissance est là, la reprise aussi et que le taux de chômage baisse aux Etats-Unis… « oui mais ce n’est pas vrai »… complotiste va ! Tenez prenez vos pilules… »

Et pourtant « elle tourne », pas rond ces derniers temps, mais elle tourne et le chômage aux USA ne baisse pas il monte.

Alors, en attendant, préparez-vous, il est déjà trop tard !

Charles SANNAT
Insolentiae signifie impertinence en latin
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« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur http://www.insolentiae.com »

http://www.bls.gov/news.release/empsit.nr0.htm 
http://www.bls.gov/news.release/empsit.t01.htm 
http://www.fns.usda.gov/sites/default/files/pd/29SNAPcurrPP.pdf

= = =

Vidéo connexe de Charles Sannat: L’escroquerie des chiffres du chômage…

http://insolentiae.com/2015/10/28/escroquerie-le-chomage-ne-baisse-pas-il-augmente-de-166-000-video-ledito-de-charles-sannat/

Changement de paradigme politique: Pensée et pratique anarchiste avec Errico Malatesta part 3

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Errico Malatesta l’anarchisme de la théorie à la pratique (III)

 

Compilation d’écrits 1919~1931

 

Source: “Écrits choisis”, Errico Malatesta, éditions du Monde Libertaire, 1978

 

Errico Malatesta (1853-1932), théoricien et militant anarchiste italien, créateur en 1920 de l’Union Anarchiste Italienne (UAI), qui fut à la pointe de la grève générale expropriatrice des usines du nord de l’Italie en 1920, mouvement trahi par les communistes et les socialistes au profit du patronat et de l’État qui appelèrent Mussolini au pouvoir en conséquence. La pensée et l’action directe de Malatesta ont donné au mouvement anarchiste son expression politique sans doute la plus achevée. Il élabora toute sa vie durant une praxis cohérente tant dans les moyens que dans les objectifs de la révolution sociale. Ancré profondément dans la dimension sociale et dans la volonté de réalisation du bien-être commun, Malatesta nous a laissé un riche héritage théorique et militant qui mérite d’être plus connu.

Nous avons beaucoup à apprendre d’Errico Malatesta. Sa pensée et son action sont au cœur de l’anarchisme moderne.

Nous avons compilé ces textes courts dans les rubriques suivantes, qui seront autant de parties à la publication sur le blog

 

 

~ Résistance 71, Octobre 2015 ~

 

Les anarchistes et le mouvement ouvrier

 

Les anarchistes doivent reconnaître l’utilité et l’importance du mouvement syndical ; ils doivent favoriser son développement et en faire un des leviers de leur action en faisant tout leur possible pour que, en coopération avec les autres forces du progrès existantes, il débouche sur une révolution sociale menant à la suppression des classes, à la liberté totale, à l’égalité, à la paix et à la solidarité avec tous les êtres humains.

(Note de Résistance 71: Ceci était valide en 1927 et jusqu’à la seconde guerre mondiale, depuis les années 1950, le syndicalisme a été acheté par l’oligarchie politico-financière et les grandes centrales syndicales, en échange de l’abandon de toute velléité révolutionnaire, mangent dans la main du pouvoir et bénéficient des subsides d’état pour maintenir une clique de “négociateurs” tout aussi bourgeois que traître à la cause des travailleurs… Ceci a été appelé le “réformisme”, une mascarase de syndicalisme toutes tendances confondues,)

D’où la nécessité mpérieuse d’organisations purement anarchistes qui, dans les syndicats et hors des syndicats, luttent pour réaliser intégralement l’anarchisme et qui cherchent à stériliser tous les germes de dégénérescence et de réaction.

~ Il Risveglio, Octobre 1927 ~

 

La tâche des anarchistes est de travailler à renforcer les consciences révolutionnaires des organisés et à rester dans les syndicats, toujours en tant qu’anarchistes (Note de R71: Cette vision n’est pas partagé par tous les anarchistes…)

Il est vrai que dans bien des cas, les syndicats sont contraints de transiger et de faire des compromis, pour des raisons d’ordre immédiat. Je ne leur reproche pas, mais c’est précisément pour cette raison qu’il faille bien reconnaître que l’essence des synicats est d’être réformiste.

Les syndicats font un travail de fraternisation entre les masses prolétaires et ils éliminent les conflits qui, autrement, pourraient surgir entre les travailleurs eux-mêmes.

L’esclavage économique étant le fruit de l’esclavage politique, il faut en finir avec ce dernier pour en finir avec le premier, bien que Marx ait soutenu le contraire.

Pourquoi la payasan porte t’il le grain au patron ?

Parce que le gendarme est là pour l’y forcer

La lutte devant être menée, y compris sur le terrain politique, pour détruire l’État, le syndicalisme ne peut donc as être une fin en lui-même.

Nous voulons la liberté pour tous : nous voulons que la révolution, ce soit la masse qui la fasse, pour la masse.

L’Homme qui pense avec sa tête est préférable à celui qui approuve tout aveuglément.

~ Umanita Nova, Mars 1922 ~

 

Personnellement, je pense que tels qu’ils sont en régime capitaliste, les coopératives et les syndicats ne mènent pas naturellement (de par leur propre force intrinsèque, à l’émancipation de l’Homme (c’est sur ce point que porte la controverse). Je pense qu’ils peuvent produire le bien comme le mal, qu’ils peuvent être aujourd’hui des organes de conservation sociale comme de transformation sociale et servir, demain, la réaction comme la révolution.

~ Umanita Nova, Avril 1922 ~

 

En un mot, le syndicat ouvrier n’est pas révolutionnaire, mais réformiste de par sa nature même. Le caractère révolutionnaire doit lui être apporté et soit être développé et maintenu en lui par l’action constante des révolutionnaires qui agissent en son sein et en dehors de lui.

Le syndicat ne peut faire œuvre révolutionnaire que s’il cesse d’être un syndicat économique, pour devenir un groupe politique ayant un idéal.

Le mouvement ouvrier en lui-même, loin de mener à la transformation de la société au bénéfice de tous, tend à fomenter les égoïsmes catégoriels et à créer une classe d’ouvriers privilégiés qui prévaut sur la grande masse des déshérités.

C’est ce qui explique le fait suivant qui est général: à mesure qu’elles sont devenues plus grandes et plus fortes, les organisations ouvrières sont devenues conservatrices et réactionnaires dans tous les pays et ceux qui ont consacré leurs efforts au mouvement ouvrier, dont les intentions sont honnêtes et qui ont en vue une société de bien-être et de justice pour tous, ceux-là sont souvent condamnés à un travail de Sisyphe et doivent périodiquement tout recommencer depuis le début.

~ Umanita Nova, Avril 1922 ~

 

Les syndicalistes prétendent que l’organisation ouvrière d’aujourd’hui servira de cadre à la société future et facilitera le passage du régime bourgeois au régime égalitaire. Rien n’est moins vrai.

C’est une idée qui était chère aux membres de la 1ère Internationale et si je me souviens bien, il est dit dans les écrits de Bakounine, que la nouvelle société se réaliserait si tous les travailleurs entraient dans les sections internationales. Mais cela semble être une erreur.

La nouvelle société ne peut se réaliser qu’en brisant ces cadres et en créant des organismes nouveaux qui correspondent aux conditions nouvelles et aux nouvelles fins sociales.

Dans l’état actuel des choses, nous voudrions que le mouvement ouvrier soit ouvert à la promotion de bien des idées, qu’il prenne part à tous les faits d’ordre économique, politique, moral et de la vie sociale, qu’il vive et se développe libre de toute domination d’un parti politique, quel qu’il soit.

~ Umanita Nova, Avril 1922 ~

 

… par syndicalisme on entend toutes les organisations ouvrières, tous les “syndicats” constituees pour résister à l’oppression des patrons et diminuer ou réduire à néant l’exploitation du travail humain par ceux qui détiennent les matières premières et les instruments de travail.

Je dis que ces organisations ne peuvent pas être anarchistes et qu’il n’est pas bon de vouloir qu’elles le soient parce que si elles l’étaient, elles ne répondraient pas à leur but et elles ne serviraient pas les fins que les anarchistes qui y participent proposent.

Le syndicat est fait pour défendre aujourd’hui les intérêts actuels des travailleurs et pour améliorer le plus possible leurs conditions, tant qu’on n’est pas en mesure de faire la révolution, révolution qui fera des salariés actuels des travailleurs libres, librement associés à l’avantage de tous.

Le syndicalisme est par nature réformiste (j’entends le syndicalisme pratique et non pas le syndicalisme théorique que chacun peut se façonner à sa guise). Tout ce qu’on peut attendre de lui, c’est que les réformes qu’il vise et obtient soient telles et obtenues de telle façon, qu’elles servent à l’éducation et à la préparation révolutionnaire et qu’elle laisse la voie ouverte à des exigences toujours plus grandes.

Toute fusion, toute confusion entre le mouvement anarchiste et révolutionnaire d’une part et le mouvement syndicaliste d’autre part, finit par rendre le syndicat impuissant face à son but spécifique ou par affaiblir, dénaturer, éteindre l’esprit anarchiste. Je pense donc que les anarchistes ne doivent pas vouloir que les syndicalistes soient anarchistes, mais qu’ils doivent agir au sein des syndicats, au profit des anarchistes, en tant qu’individus, en tant que groupes et en tant que fédération de groupes.

Dans les syndicats, les anarchistes devraient lutter pour qu’ils restent ouverts à tous les travailleurs, quelle que soit leur opinion et quel que soit le parti auquel ils appartiennent et pour que la seule condition soit la solidarité contre les patrons. Ils devraient s’opposer à l’esprit corporatif et à quiconque prétendrait monopoliser l’organisartion ou le travail.

Ne pas perdre de vue que l’organisation oiuvrière n’est pas une fin en soi mais un moyen parmi d’autres, bien qu’important, pour préparer l’avènement de l’anarchie.

~ Pensiero e Volonta, Avril 1925 ~

 

C’est à juste titre que les anarchistes s’opposent au communisme autoritaire (marxisme): le communisme autoritaire implique un gouvernement qui veut diriger toute la vie sociale et placer l’organisation de la production et la distribution des richesses sous les ordres de ses propres fonctionnaires. Il ne peut en conséquence donner que la pire des tyrannies ; il ne peut que paralyser toutes les forces vives de la société.

Les syndicats qui apparemment sont d’accord avec les anarchistes pour haïr le centralisme étatique, veulent se passer de gouvernement et le remplacer par les syndicats. Ils disent que ce sont les syndicats qui doivent se rendre maîtres des richesses, réquisitionner les vivres, les distribuer, organiser la production et l’échange. Je n’y verrais aucun inconvénient si les syndicats ouvraient toutes grandes leurs portes à toute la population et laissaient à ceux qui ne sont pas d’accord la liberté d’agir pour leur part et de prendre ce qui leur revient…

Mais s’il y a un petit nombre d’individus qu’une longue habitude fait considérer comme étant les chefs des syndicats, s’il y a des secrétaires permanents et des organisateurs officiels, ce sont eux qui se trouveront automatiquement chargés d’organiser la révolution. Ils auront tendance à considérer comme intrus et irresponsables ceux qui voudront prendre des initiatives indépendemment d’eux et, ne serait-ce qu’avec les meilleures intentions, ils voudront imposer leur propre volonté, peut-être même par la force.

Dans ce cas, le régime syndicaliste deviendrait très rapidement ce même mensonge et cette même tyrannie qu’est devenue la prétendue dictature du prolétariat,

Le remède à ce danger, et la condition pour que la révolution soit véritablement émancipatrice, c’est de former un grand nombre d’individus capables d’inistiatives et d’agir dans la pratique ; d’habituer les masses às ne pas abandonner la cause de tous dans les mains de qui que ce soit et à ne déléguer son pouvoir, quand il lui faut le déléguer, que pour des tâches bien déterminées et pour un temps limité. Pour créer une telle situation, et un tel esprit, le syndicat est un moyen très efficace s’il est organisé et s’il est vécu sur la base de méthodes véritablement libertaires.

~ Fede, Septembre 1923 ~

 

Les classes privilégiées ont accaparé tous les moyens de production et elles s’en servent pour exploiter le travail d’autrui. Elles n’auraient pas pu conquérir leurs privilèges et elles ne pourraient pas continier à maintenir les masses dans la sujétion si elles n’avaient pas constitué un gouvernement qui les défende en organisant une force matérielle capable d’étouffer par la force brutale toute tentative de révolte. “On n’enlève pas le pain à qui on n’a pas , au préalable, enlevé, par la bâton, la possibilité de résister.”

Tant que les ouvriers demandent de petites améliorations généralement illusoires, les capitalistes peuvent maintenir la lutte sur le terrain économique. Mais dès qu’ils voient que leur profit diminue sérieusement et que l’existence même de leurs privilèges est menacée, ils ont recours au gouvernement. Si le gouvernement n’est pas assez empressé ou pas assez fort pour les défendre, comme ce fut récemment le cas en Italie et en Espagne, ils se servent de leur richesse pour engager de nouvelles forces de répression et pour constituer un nouveau gouvernement capable de mieux les servir. (Note de R71: Malatesta écrivait ceci en 1925 !!!…)

~ Pensiero e Volonta, Février 1925 ~

 

L’occupation des usines

 

Les grèves générales de protestation n’émeuvent plus personne !! Ni ceux qui les font, ni ceux contre qui elles sont faites. Si la police avait seulement l’intelligence de ne pas faire de provocations, elles se passeraient comme n’importe quel autre jour férié…

Il faut chercher autre chose. Nous lançons cette idée: nous rendre maître des usines. La première fois, peut-être serons-nous peu nombreux à le faire et cela passera peu ou prou inaperçu. Mais cette méthode à certainement de l’avenir devant elle parce qu’elle correspond aux buts ultimes du mouvement prolétarien et qu’elle constitue un entraînement qui prépare à l’appropriation générale définitive.

~ Unita Nova, Mars 1920 ~

Ce sont les ouvriers de la métallurgie qui ont commencé le mouvement pour des raisons de salaire. Il s’agissait d’une grève d’un nouveau type. Au lieu d’abandonner les usines, il fallait y rester sans travailler et y monter la garde, nuit et jour, pour que les patrons ne puissent pas faire de lock-out.

Les ouvriers pensèrent (en 1920) que le moment était venu de se rendre définitivement maîtres des moyens de production. Ils s’armèrent pour assurer leur défense, transformèrent beaucoup d’usines en de véritables forteresses et de mirent à organiser la production pour leur propre compte. Les patrons furent chassés ou déclarés en état d’arrestation… C’était l’abolition de fait du droit de propriété, la violation de la loi en ce qu’elle sert à défendre l’exploitation capitaliste. C’était un nouveau régime, une nouvelle façon de vivre en société, qui était ainsi inaugurés. Et le gouvernement laisait faire, parce qu’il voyait qu’il n’était pas capable de s’y opposer ; il l’a avoué plus tard, en s’excusant auprès du parlement de l’absence de répression.

Le mouvement s’amplifiait et tendait à gagner d’autres catégories. Ici et là, les paysans occupaient les terres. C’était la révolution qui commençait et se développait de façon je dirais presque idéale.

Naturellement les réformistes ne voyaient pas les choses d’un bon œil et cherchait même à la faire avorter. Nous avions dit dans Umanita Nova que la révolution se ferait sans verser une goutte de sang si le mouvement s’étendait à toutes les catégories et si les ouvriers et les paysans suivaient l’exemple des métallurgistes, chassaient les patrons et prenaient possession des moyens de production. (Note de R71: Cela est toujours valide aujourd’hui, un tel mouvement décentralisé de la base, coordonné, de grève expropriatrice autogestionnaire est l7arme absolue contre le système…). Les tentatives de faire capoter le mouvement furent vaines.

La masse était avec nous. On nous demandait de venir dans les usines pour y parler, encourager, conseiller et pour satisfaire les demandes, il nous a fallu nous couper en mille…

La masse était avec nous parce que c’était nous qui interprétions le mieux ses instincts, ses besoins, ses intérêts. Et pourtant, il suffit du travail insidieux de la Confédération Générale du Travail (Note: CGT, branche italienne, à la botte du PCI marxiste) et de ses accords avec Giolitti pour faire croire à une espèce de victoire gràce à cette escroquerie: le contrôle ouvrier et pour amener les ouvriers à quitter les usines juste au moment où les chances de réussir étaient les plus fortes…

~ Umanita Nova. Juin 1922 ~

 

L’occupation des usines et des terres était parfaitement en ligne avec notre programme.

En bons “prophètes”, malheureusement, nous avions prévenu les ouvriers de ce qui leur arriverait s’ils abandonnaient les usines ; nous avons aider à préparer la résistance armée ; nous avons expliqué qu’il était possible de faire la révolution pratiquement sans avoir à combattre si on se montrait seulement résolus à employer les armes qui avaient été accumulées. Nous n’avons pas réussi.

Quand d’Aragona et Giolitti mient au point le contrôle ouvrier, ce leurre, et le parti socialiste, dirigé à l’époque par les communistes, était d’accord, nous avons crié à la TRAHISON et nous sommes allés d’usine en usine pour mettre les ouvriers en garde contre cette inique tromperie. Les ouvriers nous avaient toujours écouté et demandé avec enthousiasme et ils avaient applaudi quand nous les incitions à résister jusqu’au bout. Mais ils obéírent docilement lorsque l’ordre de sortir des usines fut diffusé par la CGT et pourtant ils disposaient d’énormes moyens pour résister.

Le mouvement ne pouvait réussir et durer qu’en s’étendant et en se généralisant et, vu les circonstances, il ne pouvait pas s’étendre sans l’accord des dirigeants de la CGT et du Parti Socialiste qui contrôlaient la grande majorité des travailleurs organisés. La Confédération et le Parti Socialiste (communiste compris) se déclarèrent contre et tout devait se terminer par la victoires des patrons.

~ Pensiero e Volonta, Avril 1924 ~

 

Note de Résistance 71: Le mouvement gréviste expropriateur et autogéré italien de 1920 fut trahit par le “socialisme” d’état prouvant, comme ce sera encore le cas en Russie (Cronstadt 1921 et Ukraine 1919-1923) et en Espagne (1936-39) que les sbires et larbins de l’État sont prêts à tout pour faire perdurer le système de leurs payeurs, seigneurs et maîtres capitalistes. Marx, Lénine, Trotsky, Staline, Mao (après la seconde guerre mondiale) étaient tout autant des employés de Wall Street et de la City de Londres que le furent Mussolini, Hitler et Franco. Les réformistes marxistes et socialistes (socio-démocrates) ont échangé toute velléité révolutionnaire et la lutte pour le bien commun contre le privilège de bouffer au ratelier du capitalisme et de son garde-chiourme qu’est l’État. Syndicats et partis politiques touchent des subsides de l’État pour exister et leurs “cadres” bouffent à la table des “guignols” d’en haut… La soupe est bonne et il ne faut surtout pas faire tanguer le navire, juste arrondir les angles jusqu’à la prochaine fois…

Ce sont tous des traîtres à la révolution sociale ce qui confirme historiquement une fois de plus, si cela était encore nécessaire, qu’il n’y a pas de solutions au sein du système !… Il faut en sortir, comme les ouvriers italiens l’avaient fait en 1920, comme les Espagnols l’ont fait en 1936, dans le sillage de 1920 et même de 1871 et la Commune…

Ce sont les leçons à tirer de ces évènements. Tout cela est plus que jamais réalisable. Un changement de paradigme sans armes, ni haine ni violence est dans la donne pour le futur et si armes il y a elles ne serviront qu’à l’auto-défense. A nous de travailler pour en commençant par dire NON ! Ensemble.

 

Anarchie, socialisme et communisme

 

C’est un fait qu’entre les socialistes et les anarchistes, il y a toujours eu une différence profonde sur la façon de concevoir l’évolution historique et les crises révolutionnaires que cette même évolution produit.

Les socialistes veulent aller au pouvoir, pacifiquement ou par la violence, peu importe. Et installés au gouvernement, ils veulent imposer leur programme aux masses, sous une forme dictatoriale ou sous une forme démocratique. Les anarchistes estiment au contraire que le gouvernement ne peut être que pernicieux et que, par sa nature même, il ne peut que défendre une classe privilégiée existante ou en créer une nouvelle. Au lieu d’aspirer à s’installer à la place des gouvernants du jour, ils veulent abattre tous les organismes institutionnels qui permettent à certains d’imposer aux autres leurs propres idées et leurs propres intérêts. En donnant à chacun la pleine liberté et, bien sûr, les moyens économiques qui rendent cette liberté possible et effective, ils veulent ouvrir et rendre libre la voie de l’évolution vers les meilleures formes de vie en commun qui naîtront de l’expérience.

~ Unita Nova, Septembre 1921 ~

 

Nous avons toujours été d’avis que socialisme et anarchie sont deux mots qui ont, au fond, le même sens, parce que, pour nous, l’émancipation économique (abolition de la propriété) n’est pas possible sans l’émancipation politique (abolition du gouvernement) et réciproquement.

S’il est vrai que le gouvernement est nécessairement et toujours l’instrument de ceux qui possèdent les instruments de production et de distribution, par quel miracle un gouvernement socialiste, né en plein régime capitaliste dans le but d’abolir le capital pourrait-il atteindre ce but ? Est-ce que ce sera, comme le voulaient Marx et Blanqui, par le moyen d’une dictature imposée révolutionnairement, par un acte de force qui décrète et impose révolutionnairement la confication des propriétés privées en faveur de l’État en tant que représentant des intérêts collectifs ? Ou est-ce que ce sera, comme le veulent apparemment tous les marxistes et la plupart des blanquistes modernes, par le moyen d’une majorité socialiste envoyée au Parlement par le suffrage universel ? Procèdera t’on d’un coup à l’expropriation de la classe dominante par la classe économiquement asservie, ou procèdera t’on graduellement en obligeant les propriétaires et les capitalistes à se aisser priver peu à peu de tous leurs privilèges ?

Tout cela semble étrangement en contradiction avec la théorie du “matérialisme historique” qui est un dogme fondamental pour les marxistes.

~ L’Agitazione, Mai 1897 ~

 

“Le communisme est la voie qui mène à l’anarchie”: c’est là toute la théorie des bolchéviques, toute la théorie des marxistes et des socialistes étatistes de toutes les écoles. Ils reconnaissent tous que l’anarchie est un idéal sublime, qu’elle est le but vers lequel marche, ou devrait marcher, l’humanité ; mais ils veulent tous accéder au pouvoir pour pousser et contraindre les gens à marcher dans la bonne voie.

Les anarchistes disent au contraire que l’anarchie est la voie qui mène au communisme… ou ailleurs.

Faire le communisme avant l’anarchie, c’est à dire avant d’avoir conquis la liberté politique et économique totale, cela voudrait dire (comme ce fut le cas en Russie) établir la plus odieuse des tyrannies, capable de faire regretter le régime bourgeois et de provoquer le retour du régime capitaliste (comme cela arrivera malheureusement en Russie) et cela parce qu’il ne serait pas possible d’organiser une vie sociale supportable et par réaction de l’esprit de liberté, qui n’est oas le privilège de “l’esprit latin”, comme le journal “Le Communiste” veut stupidement me le faire dire, mais bien un besoin de l’esprit humain et qui agira en Russie comme il agirait en Italie.

~ Umanita Nove, Octobre 1921 ~

 

Nous avons en horreur le mensonge démocratique qui, au nom du “peuple”, opprime le peuple dans l’intérêt d’une classe. Mais nous haïssons encore plus si c’est possible, la dictature qui, au nom du “prolétariat”, livre toute la force et toute la vie des travailleurs aux mains des créatures d’un parti soi-disant communiste, créatures qui chercheraient à se perpétuer au pouvoir et qui finiraient par reconstruire le capitalisme à leur propre profit.

~ Umanita Nova, Août 1921 ~

 

La caractéristique du socialisme, c’est qu’il s’applique de manière égale à tous les membres de la société, à tous les êtres humains. Pour cela, personne ne doit pouvoir exploiter le travail d’autrui grâce à l’accaparement des moyens de production et personne ne doit pouvir imposer sa propre volonté aux autres par le moyen de la force brutale ou, ce qui est la même chose, grâce à l’accaparement du pouvoir politique: l’exploitation économique et la domination politique sont les deux aspects d’une même réalité, l’assujettissement de l’Homme par l’Homme et la solution de l’un est liée à celle de l’autre.

Le parlementarisme (social-démocratie, république) n’apparaît pas non plus comme un moyen valable étant donné que lui aussi subsitue à la volonté tous, la volonté de quelques individus ; si d’un côté il laisse un peu plus de liberté que ne le fait la dictature, d’un autre côté, il crée plus d’illusions. Et au nom d’un intérêt collectif purement fictif, il foule aux pieds tous les intérêts réels et il va à l’encontre de la volonté de chacun comme de la volonté de tous, par le biais des élections et des votes.

Il reste l’organisation libre, de bas en haut, du simple au complexe, sur la base du libre accord et de la fédération des associations de production et de consommation: c’est à dire l’anarchie et c’est là le moyens que nous préférons.

Pour nous donc, socialisme et anarchie sont des termes qui ne sont ni opposés ni équivalents, mais étroitement liés l’un à l’autre, comme l’est la fin au moyen qui lui correspond nécessairement, comme l’est le fond à la forme dans laquelle il s’incarne.

Le socialisme sans l’anarchie, autrement dit le socialisme d’État, nous paraît impossible car il serait détruit par ce même organe qui devrait le maintenir.

L’anarchie sans le socialisme nous paraît également impossible, car elle ne pourrait être, en ce cas, que la domination des plus forts et elle aboutirait donc rapidement à l’organisation et à la consolidation de cette domination autrement dit, à l’établissement d’un gouvernement.

~ L’Anarchia, numéro unique, Août 1896 ~

 

Prochaine analyse: “La révolution anarchiste”

 

 

 

 

Aparté de parasites…

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« La cause première de la mauvaise exploitation de la nature, des souffrances des travailleurs, des haines et des luttes sociales, c’est le droit de propriété qui donne aux détenteurs de la terre, des matières premières et de tous les moyens de production, la faculté d’exploiter le travail d’autrui et d’organiser la production pour s’assurer du meilleur profit possible, et non pas pour donner à tous le plus de bien-être possible.

Il faut donc abolir la propriété. »

~ Errico Malatesta, 1922 ~

 

Les miliardaires vous remercient

 

Robert Gil

 

25 Septembre 2015

 

url de l’article:

http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/les-milliardaires-vous-remercient/

 

Les 1.000 milliardaires recensés sur cette planète vous remercient pour votre formidable aptitude à les enrichir quotidiennement, en privilégiant leurs produits manufacturés, payés des clopinettes aux milliards d’esclaves des pays sous développés, et que vous achetez cent fois plus cher chez vos commerçants locaux.

Les 500 grandes multinationales qui contrôlent 52% du produit brut et détiennent davantage que les 133 pays les plus misérables, sont ravis que vous vous précipitiez dans leurs grandes surfaces tueuses de petits commerces. Leurs banques peuvent aussi racheter avec les intérêts de vos emprunts les faillites de vos centre-ville, afin d’y installer leurs robots distributeurs inhumains mais bien plus rentables, puisque n’étant pas soumis aux cotisations sociales.

Les 358 familles les plus riches qui possèdent la moitié de la fortune mondiale se régalent à l’idée que vous achetiez leurs produits et apprécient la pub que vous faites pour leurs noms désormais célèbres. Elles se réjouissent que vous acceptiez de payer très cher leurs marques afin  de paraître plus riches que vous n’êtes. Et trouvent amusant que vous ayez la gentillesse de bien vouloir les porter en circulant en ville, afin que tout votre petit monde les voient, les envient, et ainsi les achètent à leur tour. Merci de favoriser leurs commerces et de suivre leurs modes très vite obsolètes, mais aussi rapidement renouvelées.

Les milliardaires du monde entier et leur cohorte des plus belles filles du monde qui font la une des magazines que vous achetez, remercient également vos armées de bien vouloir, aux frais de vos peuples et des contribuables, faire respecter l’ordre dans les couloirs que franchissent nos yachts en acajou pour pouvoir en paix rejoindre nos nombreux paradis fiscaux. Ceci nous encourage à continuer encore longtemps, puisque c’est à vous que nous devons de nous gaver quotidiennement de caviar, de champagne, de dormir dans des suites cinq étoiles et de rouler en somptueuses voitures de sport.

Continuez donc bien sagement à vous en prendre aux fonctionnaires feignants, aux cloportes gauchistes et aux grévistes preneurs d’otage et autres salauds comme feu Chavez. Pendant que l’on fait assassiner peinard les journalistes d’opposition au Honduras et les syndicalistes tout frais du jour en Colombie dans la plus exquise des confidentialités, rien ne se sait et tout se poursuit. Merci également de nous laisser exploiter les dernières ressources planétaires tout en détruisant la nature avec une certaine désinvolture. Et ensuite c’est vous qui payerez au bout de la chaine de distribution, le supplément que représente l’horrible problème posé par les déchets qui débordent dans vos poubelles et infesteront vos vies et celles de vos générations futures.

Merci encore, de soutenir les contre-réformes consistant à vous déposséder (au nom de la compétitivité) de vos derniers droits sociaux, et d’accepter une baisse constante de vos salaires.

Merci surtout de dépenser votre énergie à vous dévorer entre vous, à vous défouler consciencieusement sur du bouc émissaire à forte teneur appauvrie, car sans cela, je dois bien vous l’avouer, à 1000 contre 7 milliards, on aurait quand même un peu de mal à garder nos distances.

Grèce: Tsipras & Varoufakis faux-nez de l’oligarchie (John Pilger)

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Une fois de plus comme le confirme ici le toujours excellent John Pilger: Il n’y a pas de solutions au sein du système.

Comme le nez au milieu de la figure: une évidence !…

— Résistance 71 —

 

Le problème de la Grèce n’est pas seulement une tragédie, c’est un mensonge

 

John Pilger

 

13 Juillet 2015

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/the-problem-of-greece-is-not-only-a-tragedy-it-is-a-lie

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une trahison historique a consummé la Grèce. Ayant mis de côté le mandat de l’électorat grec, le gouvernement Syriza a volontairement ignoré le vote tsunami du “NON” de la semaine dernière et a secrètement acquiescé à une série de mesures répressives d’appauvrissement en retour pour un “sauvetage” qui veut dire un sinistre contrôle étranger du pays et un avertissement au monde.

Le premier ministre Alexis Tsipras a poussé au parlement une proposition pour que soient coupés quelques 13 milliards d’euros des dépenses publiques, 4 milliards de plus que la figure “d’austérité” rejetée majoritairement par le peuple grec dans un referendum le 5 Juillet dernier.

Ceci inclut une augmentation de 50% des coûts d’assurance maladie pour les retraités, dont pratiquement 40% d’entre eux vivent dans la pauvreté ; de grandes coupes dans les salaires du secteur public ; la privatisation complète de services publics tels que les aéroports et les ports ; une augmentation de la TVA à 23%, maintenant appliquée aux îles grecques où le peuple a du mal à joindre les deux bouts et bien plus à venir.

“Le parti anti-austérité remporte une éclatante victoire”, titrait le Guardian de Londres le 25 Janvier. Le journal appelait Tsipras et sa bande de camarades bien éduqués des “gauchistes radicaux”, Ils portaient des chemises sans cravate et le ministre des finances se balladait en moto ; il était décrit comme la “rock star de l’économie”. Tout cela n’était qu’une façade. Ils n’étaient pas les radicaux que ce cliché implique, ils n’étaient pas non plus “anti-austérités”.

Pendant six mois, Tsipras et le maintenant déchu ministre des finances, Yanis Varoufakis, ont fait la navette entre Athènes et Bruxelles, Berlin et autres centres du pouvoir financier européen. Au lieu de la justice sociale pour la Grèce, ils sont parvenus à un nouvel endettement, à un appauvrissement approfondi qui remplaceraient à peine une pourriture systémique fondée sur le vol des revenus des impôts par les grecs super-riches en accord parfait avec les valeurs “néo-libérales” européennes et des emprunts bon marché et hautement profitables pour ceux qui cherchent maintenant à obtenir le scalp de la Grèce.

La dette de la Grèce, rapporte un audit du parlement grec, “est illégale, illégitime et odieuse”. En proportion, elle est de moins de 30% de la dette de l’Allemagne, son créancier le plus important. Elle est moins que la dette des banques européennes dont le “package de sauvetage” en 2007-8 fut à peine controversif et est demeuré impuni.

Pour un petit pays comme la Grèce, l’Euro est une monnaie coloniale: Une laisse qui le lie à une idéologie capitaliste si extrème que même le pape la déclare “intolérable” et “la fange du diable”. L’Euro est à la Grèce ce que le dollar US est aux territoires isolés du Pacifique dont la pauvreté et la servilité sont garanties par leur dépendance.

Durant leurs périgrinations à la cour des puissants à Bruxelles et Berlin, Tsipras et Varoufakis se sont eux-mêmes présentés comme n’étant ni “radicaux”, ni mêmes “gauchistes”, pas mêmes comme de simples et honnêtes socio-démocrates, mais comme des arrivistes supplicateurs dans leurs demandes et leurs plaidoiries. Sans bien sûr sous-estimer l’hostilité à laquelle ils ont dû faire face, il est juste également de dire qu’ils n’ont fait montre d’aucun courage politique. Plus d’une fois, le peuple grec a eu vent de leurs “plans d’austérité secrets”, fuités aux médias: comme la lettre du 30 Juin publié par le Financial Times, dans laquelle Tsipras promettait aux patrons de l’UE, de la BCE et du FMI d’accepter leur demandes les plus basiques et les plus vicieuses, qu’il a maintenant acceptées.

Quand l’électorat grec a voté “NON” le 5 Juillet à cette donne totalement pourrie, Tsipras a dit: “Lundi le gouverneent grec sera à la table des négociations après le referendum avec de bien meilleures propositions pour le peuple grec.” Les Grecs n’ont pas voté pour de “meilleurs termes”. Ils ont voté pour la justice et pour leur souveraineté, comme ils l’on déjà fait le 25 Janvier (en donnant la victoire électorale à Syriza)

Le jour d’après les élections de Janvier un gouvernement véritablement démocratique et oui, radical, aurait arrêté chaque euro sortant du pays, aurait répudié la dette “illégale et odieuse”, comme l’Argentine l’a fait avec grand succès, et aurait expédié un plan pour sortir de cette zone euro totalement incapacitante. Mais il n’y avait aucun plan de la sorte. Il n’y avait que la volonté de “s’assoir à la table” pour rechercher de “meilleurs termes”.

La véritable nature de Syriza a été rarement examinée et expliquée. Pour les médias étrangers, ce n’est rien de plus qu’un parti “gauchiste” ou “d’extrieme gauche” ou “noyau dur”, terminologie de confusion habituelle. Quelques uns des supporteurs internationaux de Syriza ont atteint, à un moment, des niveaux de groupies et de soutien béat qui rappelaient le temps de la monté de Barack Obama. Peu ont questionné: qui sont donc ces “radicaux” ? En quoi croient-ils ?

En 2013, Yanis Varoufakis a écrit ceci: “Devrions-nous nous féliciter de cette crise du capitalisme européen comme étant une opportunité de le remplacer par un meilleur système ? Ou devrions-nous être préoccupés et soucieux de ceci pour nous embarquer dans une campagne de stabilisation du capitalisme ? Pour moi, la réponse est claire. La crise de l’Europe a très peu de chance de donner naissance à un système meilleur que le capitalisme… Je me plie à la critique du fait que j’ai fait campagne sur un agenda fondé sur la supposition que la gauche était, et demeure, franchement vaincue… Oui, je voudrais mettre en avant un agenda radical, mais non, Je ne suis pas préparé à commettre l’erreur du parti travailliste qui suivit la victoire de Thatcher… Qu’est-ce que cela a fait en GB au début des années 1980 en faisant la promotion d’un agenda de changement socialiste que la société britannique méprisa tout en suivant le trip néo-libéral de Thatcher ? Rien en fait. Quel bien cela fera t’il aujourd’hui d’appeler à un démantèlement de la zone euro et le L’UE elle-même ?…

Varoufakis omet totalement de mentionner le parti social-démocrate qui divisa les socialistes et le vote travailliste et mena directement au blairisme. En suggérant que le peuple britannique “méprisa le changement socialiste”, alors qu’aucune réelle opportunité ne lui fut offerte pour parvenir à ces changements, il se fait l’écho d’un Tony Blair.

Les leaders de Syriza sont une sorte de révolutionnaires, mais leur révolution est l’appropriation perverse, familière, des mouvements parlementaires et socio-démocrates par des libéraux déguisés et équippés pour obéir à la ligne néo-libérale et à une ingénierie sociale dont le visage authentique est celui de Wolfgang Schauble, le ministre des finances allemand, un voyou impérialiste. Tout comme le parti travailliste (NdT: les socialos d’outre-Manche) en Grande-Bretagne et ses équivalents parmi les anciens partis socio-démocrates comme le parti travailliste australien, se décrivant eux-mêmes comme étant toujours “libéraux” et même “de gauche”, Syriza est le produit d’une classe moyenne hautement éduquée, influente et hautement privilégiée, “éduquée dans le post-modernisme”, comme l’écrivit Alex Lantier.

Pour eux, le terme de classe sociale n’est pas mentionable, sans parler de celui d’une lutte incessante, et ce indépendamment de la réalité des vies de la plupart des êtres humains. Les pontes de Syriza sont bien élevés, ils ne mènent pas du tout à la résistance que la plupart des gens ordinaires attendent, comme l’électorat grec l’a si bravement démontré, mais ils mènent à de “meilleurs termes” dans un statu quo vénal qui canalise et punit les pauvres. Lorsque fusionnés avec une “politique identitaire” et ses distractions insidieuses, la conséquence n’est pas la résistance, mais la soumission. La vie politique “de base” en Grande-Bretagne est l’exemple flagrant de tout ceci.

Cela n’est pas du tout inévitable, ce n’est pas quelque chose qui est gravé dans le marbre, si nous nous réveillons de ce long coma post-moderne et rejetons les mythes et les mensonges de ceux qui affirment nous représenter et si nous nous battons.

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