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Résistance politique: Du réformisme syndical à la révolution sociale (sur une base d’un édito de la CNT-SO)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société libertaire, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 10 juillet 2017 by Résistance 71

Dans le contexte étatico-capitaliste de circonstance, ce que disent ci-dessous les compagnons de la CNT-SO est on ne peut plus juste, et leur action de terrain est hautement respectée, mais voilà… le piège tendu par l’oligarchie est celui de maintenir la lutte syndicale dans le réformisme, dans “l’aménagement” de la misère et de la précarité pour qu’elles deviennent plus “supportables”. Dans ce contexte précis, l’autogestion ne devient que l’autogestion de la même merde capitaliste, simplement laissé aux ouvriers et salariés. Beaucoup (trop) de compagnons tombent dans ce piège.

La seule solution est la révolution sociale, le tsunami qui emporte tout du monde obsolète étatique et capitaliste pour faire place à la société des sociétés, celle des associations libres  et des communes émancipées et confédérées, latente car fondement de l’organisation sociale humaine depuis quelques centaines de milliers d’années. Les compagnons des syndicats peuvent avoir une grande importance, celle de la coordination sur le terrain de la seule grève ayant un sens politique: la grève générale illimitée et expropriatrice !

Tout le reste n’est que réformisme béat et donc à terme… pisser dans un violon !

En bref: mettre un terme à  l’État, au capitalisme, au salariat, à l’économie de marché, à l’argent et au fétichisme de la marchandise en ayant présent à l’esprit en toute circonstance, que la solution n’est pas économique, mais politique. Mettre fin à la relation dominant/dominé, exploiteur/exploité n’est pas un acte économique, mais politique. Il faut abattre la pyramide du pouvoir, celle devenue exogène à la société, sortie de solution du peuple, pour l’y retourner, rediluer le pouvoir dans le(s) peuple(s). éliminer le rapport dominant/dominé, c’est faire en sorte que le pouvoir ne soit plus séparé du corps social, qu’il soit un et total avec le peuple, de là s’ensuivra une responsabilité croissante d’un mode de production qui ne sera plus basé sur l’argent, le profit, la spéculation et l’exploitation, mais sur la juste répartition en fonction des besoins et des capacités de chacun.

~ Résistance 71 ~

Édito : Macron : un gouvernement au service du fric et des patrons !

Confédération Nationale des Travailleurs-Solidarité Ouvrière

Bulletin été 2017

Source: http://www.cnt-so.org/Bulletin-de-la-CNT-Solidarite581

Pierre Gattaz, le patron du MEDEF peut être « sur un nuage », Macron veux passer en force, par ordonnances, d’ici septembre, sa nouvelle réforme du droit du travail qui viendra aggraver les logiques de la loi El Khomri et laminer toujours plus nos droits. D’autres attaques se profilent avec des mesures visant au démantèlement de la protection sociale solidaire et un nouveau coup d’austérité qui touchera durement les services publics et les fonctionnaires.

Les concertations prévues cet été sont bidons, le gouvernement déroule les mesures prévues dans le programme présidentiel de Macron et cherche même à aller plus loin. Les syndicats qui se prêtent à la mascarade du dialogue social avec le gouvernement ont tout faux. Plus que jamais, ce n’est pas de « partenaires sociaux » dont nous avons besoin mais de syndicats forts et combatifs pour nous défendre, gagner de nouveaux droits et porter collectivement le projet d’une autre société ! Tout est question de rapport de force, organisons-nous sans plus tarder !

Dans la bataille sociale à venir, il s’agit d’abord d’identifier et de comprendre les dangers, afin d’argumenter pour mobiliser sur nos lieux de travail et de vie. Avec ce quatre-pages d’analyse, la CNT – Solidarité Ouvrière essaye de forger un outil, au service de la lutte. Bonne lecture !

Macron : un gouvernement au service du fric et des patrons !

La loi El Khomri démultipliée

Plafonnement des indemnités prud’homales

Macron avait déjà introduit un barème indicatif suivant l’ancienneté dans l’entreprise avec sa loi de 2015. Il va plus loin en proposant un plancher et un plafond obligatoire pour les licenciements abusifs. Une nouvelle fois, ce sont les capacités de défense juridiques des salarié.e.s qui sont mises à mal : cette mesure favorisera les licenciements en faisant baisser le montant des réparations financières.

Liberté de négociation locale quasi totale

La loi El Khomri avait déjà inversé la hiérarchie des normes (primauté de la loi sur l’accord de branche puis d’entreprise) mais uniquement sur le temps de travail. Cette fois-ci tout sera directement négociable dans l’entreprise, au-delà du socle minimal du Code du travail. La portée des accords de branches, au nombre considérablement réduit (de 50 à 100 au lieu de 700 environ actuellement), serait limitée aux minimas salariaux et à l’égalité professionnelle. Avec le chantage permanent au licenciement, une faible syndicalisation particulièrement dans les TPE et PME, le rapport de force sera extrêmement défavorable aux salarié.e.s et nos droits tirés vers le bas !

Le référendum d’entreprise initié par les patrons

Avec la loi El Khomri, un accord d’entreprise devait être validé par des syndicats représentant au moins 50 % des salarié.e.s ou par une consultation directe des salarié.e.s basé sur un accord minoritaire (30%). Désormais l’employeur pourra lui même convoquer ces « référendums » et disposera d’un moyen de pression supplémentaire. Loin d’un dialogue social apaisé vanté par les macronistes, nous savons bien que la réalité du terrain dans les entreprises, c’est la guerre totale des patrons contre les syndicats qui refusent la collaboration et une pression continuelle sur les salarié.e.s.

Fusion des institutions représentatives des personnels (IRP)

Toutes les entreprises pourront désormais fusionner leurs IRP (délégué.e.s du personnel, CE, CHSCT) en une délégation unique (DUP). Cette fusion vise a réduire le nombre de représentant.e.s donc de salarié.e.s protégé.e.s. Les militant.e.s seront submergé.e.s par les tâches de chaque mandat et auront moins de temps pour l’action syndicale.

Le démantèlement de la protection sociale solidaire

Baisse des cotisations sociales pour les entreprises et indépendants

Nous allons avoir encore droit aux même recettes libérales avec des exonérations massives de cotisations sociales pour les indépendants et les entreprises (baisse de 6% et objectif zéro cotisation pour un salarié au SMIC soit une baisse de 10 %). L’objectif est clairement affiché : « rendre le travail moins cher pour les employeurs », en baissant nos salaires. Rappelons-le, les cotisations sociales ne sont pas des « charges » mais une partie intégrante de nos salaires, socialisés pour nous protéger des aléas de la vie. Les réduire, c’est réduire les salaires (voir le zoom en page 4) !

Basculement du financement de la protection sociale vers l’impôt

Les cotisations sociales maladie et chômage vont être supprimées pour les salarié.e.s et remplacées par une hausse de la CSG. On touche au cœur même de la sécurité sociale , en s’éloignant toujours plus d’un système de répartition solidaire entre salariés pour poursuivre son étatisation. En prélude à sa privatisation ? Dans ce cadre, la hausse des salaires nets, si elle est réelle, est un attrape-nigaud ! Si on assèche les sources de financement de la protection sociale, il faudra bien compenser le manque (le fameux trou !) soit par une baisse des services, des hausses d’impôts ou la privatisation de pans entiers de la protection sociale.

Répression des chômeurs.euses

La possibilité de toucher des allocations après une démission cache un flicage accru des chômeurs.euses avec un renforcement des sanctions (suspension des allocations après deux refus d’offre d’emploi « décent »). Il n’est pas certain que nous ayons la même définition d’un « emploi décent » que Pôle Emploi, là encore il s’agit de faire pression pour tirer nos conditions de travail et nos droits vers le bas.

Retraite à points

La réforme envisagée reste encore floue. Il s’agirait d’évoluer vers un système unique public/privé dit de « comptes notionnels » où chacun alimentera un capital individuel virtuel, revalorisé chaque année selon la croissance des salaires. Le total des droits accumulés serait converti au moment de la retraite en une pension, à l’aide d’un coefficient de conversion fonction de l’âge de départ, de l’année de naissance ou encore de l’espérance de vie de chaque génération. Au regard des conditions spécifiques de carrière, des règles de cotisations actuellement très différentes, notamment entre public et privé, il y a fort à parier que cette réforme fera de nombreux perdants. La possibilité de modifier régulièrement le coefficient de conversion fait aussi peser une lourde incertitude sur le montant réel des pensions à l’arrivée. Ce système incitera globalement à travailler plus vieux puisque plus l’âge de départ sera élevé plus la pension sera importante. De même, pour une espérance de vie supposée plus longue pour une génération, il faudra choisir entre partir plus tard ou avoir une pension moindre. Sauf que le choix sera fait individuellement et non plus en reculant clairement un âge de départ commun à tous, encore un tour de passe-passe macroniste pour rendre indolore une régression !

Casse des services publics et austérité pour financer les riches

Les dépenses publiques sabrées

Macron, c’est la poursuite de l’austérité avec un objectif annoncé de réduction des « dépenses publiques » à 50 % du PIB qui est chiffrée à 60 milliards sur 5 ans mais qui pourrait être bien supérieure (jusqu’à 170 milliards selon certains économistes). Derrière ces chiffres, c’est inévitablement une diminution de la qualité des services publics pour les usager.e.s et une dégradation des conditions de travail pour les fonctionnaires.

120 000 suppressions de postes et des droits amputés

Première conséquence de ces « économies », la suppression programmée de 120 000 postes dans la fonction publique (50 000 pour l’État et 70 000 pour la territoriale). Cela sera un nouveau coup dur pour des services publics déjà très fragilisés par les suppressions massives de la dernière décennie. Le poids sera important pour les collectivités locales qui devront faire avec moins d’agents alors que de nombreuses compétences leur ont été déléguées ces dernières années. Pour compenser, il est bien sûr envisagé de s’attaquer aux statuts (recrutement hors statuts, recours aux contractuels et/ou au privé).

Des sacrifices à sens unique

Le but de cette politique austéritaire est clairement affiché : financer les plus riches et les entreprises. En plus des réductions de cotisations, les entreprises vont bénéficier d’avantages fiscaux : notamment un taux d’imposition des sociétés abaissé à 25%. Macron projette de faire baisser la fiscalité sur les revenus fonciers et les dividendes ou encore de supprimer l’ISF pour le remplacer par un impôt sur la seule fortune immobilière, facilement contournable.

ZOOM : Le salaire socialisé, c’est quoi ?

Un employeur.e fait deux versements, l’un au salarié.e qu’il emploie, le salaire direct, composante individuelle ou salaire net au bas de la feuille de paye, l’autre aux caisses de Sécurité Sociale (chômage, maladie, retraite, etc.) sous forme de cotisations sociales proportionnelles au salaire direct : c’est la composante collective, le salaire indirect ou salaire socialisé.

La cotisation sociale fait donc partie intégrante du salaire. Réduire la cotisation sociale, sous prétexte de soulager les « charges » de l’entreprise, c’est réduire le salaire ! Elle n’est pas un prélèvement ou une charge, ni un impôt, ni une taxe, ni une épargne, ni une assurance mais du salaire ! Salaire lui-même défini en référence à un barème, un tarif négocié au sein des conventions collectives, basé sur une grille de classification et non pas sur les résultats de l’entreprise.

Cette cotisation sociale est répartie entre la part du salarié.e et la part dite patronale. Versée aux caisses, elle est immédiatement transformée en prestations sociales (elle transite en flux direct). Elle établit clairement le fait qu’à chaque instant, c’est le travail productif qui crée la valeur finançant la protection sociale, dont les retraites. C’est donc le salaire socialisé qui, en France, finance la protection sociale.

Le salaire socialisé permet la reconnaissance sociale de toutes les situations des travailleurs.euses et de prendre en compte les aléas de la vie. Qu’ils soient actifs.ves, précaires, chômeurs.euses, retraité.e.s, les salarié.e.s sont reconnus en tant que travailleurs.euses : le/la chômeur.euse indemnisé comme un salarié.e demandeur.euse d’emploi, le.la retraité.e, comme un salarié.e pensionné.e.

Cet aspect est fondamental car il pose comme principes :

  • la solidarité entre les travailleurs.euses
  • il confisque aux représentant.e.s de l’État la gestion d’une partie des revenus des travailleurs.euses : le salaire socialisé. L’État intervient par l’impôt dans une logique d’assistanat, d’aide aux plus pauvres. Grâce à la cotisation, il n’y a pas de « pauvres » mais des « salarié.e.s inactifs.ves », dont le revenu est maintenu.
  • La cotisation est une arme économique au service des travailleurs.euses. Elle permet de financer les retraites, les allocations familiales, les remboursements des frais médicaux de millions de salarié.e.s. Elle est indexée sur le salaire net, et suit donc son évolution.

En tant que révolutionnaires, nous ne nous contenterons pas de maintenir le statu-quo de comptes «  équilibrés » de la Sécu. Les richesses produites dans les entreprises sont le fruit de l’activité des travailleurs.euses, elles doivent donc leur revenir !

Ensemble revendiquons !

  • Refus des nouvelles mesures Macron
  • Abolition des lois Macron de 2015, El Khomry de 2016
  • Retour sur l’ensemble des contre-réformes depuis 1993 sur les retraites et la sécu, gestion directe des caisses par les travailleurs-euses
  • Au delà, il impératif demain de :
  • Travailler moins  : 30h hebdomadaires sans baisse des salaires,
  • Travailler tous : répartir la charge de travail pour faire cesser la précarité et le chômage,
  • Travailler autrement : autogestion et contrôle ouvrier sur les entreprises

Résistance politique: Devant le marasme total de l’état, les anarchistes brésiliens pensent et agissent…

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« La libération authentique, le processus d’humanisation, n’est pas un autre dépôt cognitif à mettre en l’Homme. La libération est une praxis: la réflexion et l’action d’hommes et de femmes sur leur monde afin de le transformer. »
~ Paolo Freire, éducateur, pédagogue critique brésilien ~

Très bonne analyse des compagnons brésiliens sur la situation locale, nous concordons avec leurs avancées. Il est intéressant une fois de plus de noter que quelque soit l’environnement politico-social, la pensée, l’analyse et l’action anarchistes sont concordantes avec une évidence organique primordiale: nous, les peuples, devons nous réapproprier le pouvoir non pas pour le déléguer une énième fois à une clique « avant-gardiste », mais pour le rediluer là où il n’aurait jamais dû sortir de solution: en nous, dans le peuple. Récemment, les femmes mohawks ne nous ont-elles pas suggéré un cri de paix: « Le pouvoir réside dans le peuple ! » Jusqu’à quand ignorerons-nous les sages conseils prodigués ?…

~ Résistance 71 ~

 

Brésil… Démocratie directe maintenant !…

Analyse de la situation au Brésil par les anarchistes brésiliens

 

Coordenação Anarquista Brasileira (CAB)

 

1er juin 2017

 

Source:

https://robertgraham.wordpress.com/2017/06/01/brazilian-anarchists-on-the-crisis-in-brazil/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

de la Federação Anarquista de Rio de Janeiro (FARJ):

https://anarquismorj.wordpress.com/category/anarquismo-no-brasil/coordenacao-anarquista-brasileira/

 

Le Brésil fait en ce moment l’expérience d’un tremblement de terre politique mettant à nu la pourriture absolue de l’élite du pays et affaiblissant plus avant les liens qui la maintient au pouvoir. L’opération orchestrée qui a permis les enregistrements entre le président Michel Temer et le propriétaire de JBS, la plus grande entreprise de viande au monde, change l’équilibre des forces du pays et met de l’huile sur le feu de la crise politico-sociale. En état d’instabilité politique, il est plus difficile au gouvernement de mobiliser sa base et d’avancer dans le domaine des droits du travail et des réformes des retraites, qui sont les plus grosses attaques sur la classe opprimée. Mais ceci ne constitue pas une raison de se réjouir et nous ne devons pas faiblir dans ces luttes. Maintenant est venu le temps d’intensifier la lutte, de généraliser les mobilisations avec des manifs de rue, des grèves menant vers la grève générale afin de bloquer les mesures d’austérité et les soi-disantes réformes sociales.

Note de Résistance 71: La grève générale se doit d’être illimitée et expropriatrice, c’est à dire que les ouvriers et travailleurs doivent prendre le contrôle des moyens de production, de distribution et de services et les organiser en associations libres au sein de communes émancipées et continuer de produire dans le souci de la seule satisfaction de la demande populaire. C’est la seule solution viable…

Nous devons approfondir la démocratie certes, mais sous la forme de la démocratie directe, où les travailleurs dans leurs lieux de travail, d’étude, de résidence, décident de l’action du pays. Nous ne pouvons pas accepter les miettes de ceux d’en-haut, nous devons imposer un programme populaire de droits sociaux construit et décidé par et pour le peuple. Nous devons construire la démocratie directe, hors des accords de ceux d’en-haut ; ceci doit se produire dans les voisinages, dans les villages, communes, bidonvilles, se façonner dans les occupations de terres et de logements, d’usines, d’écoles et d’universités.

Le coup qui a mis à terre le 4ème mandat PT/PMDB dans la présidence a fait que soit rendu possible un premier tour de mesures anti-peuple très dures et ce à grande vitesse, avec un vaste soutien du congrès et des médias, notablement la chaîne de télévision Globo. Temer a approuvé la réforme des écoles, des lycées, la loi de plafond budgétaire, la loi sur les délocalisations et plusieurs autres attaques, initiées durant le gouvernement PT.

Des décennies de bureaucratisation des lutes par les grands syndicats centraux et la pratique du cooptage des leaders des grands mouvements sociaux par la PT a aidé et aident toujours, à démobiliser les gens et à mettre des bâtons dans les roues de la résistance contre ces attaques sociales. Malgré cela, d’autres secteurs comme celui des élèves du secondaire et des peuples indigènes sont en train d’insuffler une nouvelle force de vie dans les luttes de terrain. La croissance du mécontentement populaire avec le président Temer et sa politique de réformes du travail et des retraites (NdT: tiens, tiens… cheval de bataille récurrent néolibéral n’est-il pas ?..), s’est manifesté par un énorme impact dans les rues de la nation, dans la mobilisation pour la grève générale des 15 et 28 avril, forçant les putschistes à reculer sur leurs propositions.

Avec plus de 90% de rejet, le gouvernement Temer n’a aucune légitimité de poursuivre ce faux système démocratique. Ceci ne sert qu’à maintenir à flot les hommes d’affaire et la classe politique qui volent, pillent et tuent les gens. Le gouvernement de conciliation de classes Lula et Dilma était un gouvernement pour les riches et les affairistes, jetant quelques miettes aux pauvres. Et les très nombreuses accusations de corruption n’ont fait que rendre plus évidente la relation de favoritisme qui existe entre le milieu du gros business et l’état. Les cas de corruption ne sont pas des cas isolés, mais de fait c’est ce qui fait tourner la grande roue de l’état et de son complice du secteur privé.

C’est à dire que le système représentatif ne sert que les intérêts du capitalisme et non pas celui du peuple, de façon à ce que les mondes politique et des affaires puissent faire avancer leurs projets. 

Voilà pourquoi des “solutions magiques” comme les privatisations, la délocalisation, les attaques sur les droits des travailleurs ne servent en fait que les businessmen afin qu’ils /elles profitent toujours plus. Les attaques sur les droits sociaux, sur les indigènes et leurs territoires, sur les paysans et les sans-terres, sur les femmes, les homos, le génocide des noirs et des résidents des bidonvilles et des voisinages pauvres ainsi que la criminalisation de la pauvreté ne sont qu’une seule et même chose. Ce ne sont que des mesures et des politiques pour que la droite et les secteurs conservateurs, les hommes d’affaire, les propriétaires terriens, les banquiers et politiciens imposent leur idéologie, profitent toujours plus, concentrent toujours plus de richesses en le moins de mains possible, exploitent toujours plus. Des hommes d’affaire comme João Dória ne sont pas différents des autres politiciens, ils sont les ennemis du peuple.

Si les politiciens professionnels ont perdu leur réputation, le système judiciaire quant a lui,  essaie de conserver une certaine légitimité avec des opérations ponctuelles anti-corruption afin de renforcer son pouvoir dans les structures de l’état. Les chefs de la justice, de la police fédérale et du procureur public, avec des secteurs directement alignés sur les Etats-Unis, reçoivent un soutien massif du réseau médiatique Globo afin d’accumuler le pouvoir au moyen de dangereux biais autoritaires. Il est nécessaire de répudier cette escalade et d’éviter toute illusion de rédemption par la justice bourgeoise.

Les vieux médias jouent un rôle crucial dans la mêlée des intérêts de la classe dirigeante. Le réseau Globo, qui a soutenu le coup médiatico-judicio-parlementaire, a fabriqué et légitimé le coup actuel et s’est maintenant placé du côté du plus fort, du côté du bureau du procureur général (Procuradoria-General de la Republica ou PGR), pour demander le départ de Temer. Le but est de récupérer les conditions afin de faire approuver les réformes de casse sociale avec l’élection d’un nouveau président par des élections indirectes. Nous ne pouvons jamais sous-estimer le rôle joué par les géants de la communication dans le terrain de jeu idéologique.

Le retournement de Globo contre Temer ne signifie aucune avancée pour le camp populaire. Avec le discrédit porté aux politiciens professionnels, le réseau médiatique met à l’écart les vieux briscards comme Aécio Neves et oriente son agenda sur la tendance mondiale à donner préséance à des candidatures de personnalités semblant venir de “l’extérieur” du camp partisan politique (NdT: comme Trump aux USA, Macron en France et d’autres à venir…). Ils essaient de mettre en place des gens en provenance directe du monde des affaires (NdT: comme Trump et Macron…): Doria, Meirelles, du judiciaire comme Nelson Jobim, Carmen Lúcia ou Joaquim Barbosa et même du monde du spectacle comme Luciano Huck. Il est stratégique de nous avancer dans le discrédit des vieux médias et de renforcer la demande pour la démocratisation de la communication avec des restrictions quant au pouvoir de ces entreprises, ainsi que de renforcer les moyens de communication populaires.

Il est nécessaire de se demander pourquoi la dénonciation n’arrive que seulement maintenant. bien qu’elle ait discrédité quelques politiciens et déclenché une certaine instabilité, l’action démontre néanmoins une loyauté des accords entre l’état et le capital. Le critère est économique et il y a un intérêt à défendre une entreprise qui a récemment fait face à l’opération Carne Fraca (“viande faible”), une action qui si elle a démontré les terribles conditions de production de notre nourriture, a d’abord servi les intérêts américains à affaiblir un concurrent sérieux sur le marché international de la viande. Il faut aussi noter que ce fut le gouvernement PT/PMDB qui a engraissé JBS via BNDS et des millions de dollars, transformant l’entreprise en une des plus grandes au monde.

D’en bas à gauche, démocratie directe maintenant !!…

Le fait est que ce qui a amené tant de gens dans les rues en cette première année du gouvernement Temer, pourrait bien devenir réalité: le départ de Michel Temer de la présidence de la république. Demandons-nous alors: et maintenant ? quelle est la prochaine étape ? Nous savons qu’avec l’affaiblissement des putschistes et leur base parlementaire vacillante, il y a un manque de conditions favorables pour qu’ils continuent leurs “réformes” du travail et des retraites.

Il est maintenant urgent de généraliser la lutte contre ces réformes et de reprendre nos droits qui furent bafoués par les conjonctures actuelles et passées et par le PT/PMDB. En plus de bloquer ces réformes, nous devons construire un projet qui fasse payer les riches pour le coût de la crise et qui reconnaisse l’élite de la politique, des affaires et des médias comme les ennemis du peuple. Les grosses entreprises comme JBS doivent au gouvernement plus de 400 milliards, environ trois fois le montant qu’ils contribuent au faux déficit de la sécurité sociale.

Seule l’organisation du peuple et la pression de la rue peuvent empêcher les réformes et les attaques sur nos droits sociaux. Rien en provenance du parlement n’ira dans ce sens. Nous devons empêcher l’élite politicienne et du business de tenir leurs sommets d’accords d’arrières-cours afin qu’ils parviennent à la réalisation de leur projet. La mobilisation et la pression populaire sont maintenant nécessaires et urgentes afin de bloquer ces réformes dans ce climat de crise et d’instabilité. Ce sont des pressions nécessaires que d’imposer un agenda populaire au gouvernement, même dans le cas d’élections directes. La mobilisation des gens est nécessaire pour empêcher le pire des scenario, qui serait la suspension par une intervention politico-militaire des élections de 2018 et la persécution des secteurs combattants de la gauche.

La gauche électorale demande maintenant des droits de façon à ce que la présidence de la république et le lulisme puissent apparaître, comme les années précédentes, être la sortie supposée populaire au milieu du tremblement de terre de la crise politique. Nous ne pouvons pas nous leurrer et prendre les vessies pour des lanternes ! Nous avons affirmé et continuons de le faire: nous devons vaincre le “pétisme ou PTisme” (NdT: du parti politique brésilien PT) et de tous ses héritages de la gauche. Il est vain de croire que Lula gèrera la crise et devra apporter des améliorations aux conditions de vie de ceux qui sont en bas de la société, c’est à dire la masse des gens. Une élection de Lula ne ferait que représenter un autre pacte de classe avec la bourgeoisie et ses patrons et ce en des termes encore plus affaiblis que les années précédentes.

La chose importante en ce moment, est que la lutte vienne d’en-bas et des rues afin de faire avancer le programme des droits populaires ! Promouvez l’organisation, la mobilisation contre les “réformes” du droit du travail et des retraites, et œuvrez pour la construction d’un projet populaire basé sur l’indépendance de classe. Catalysez le mécontentement populaire dans la révolte et les luttes de terrain de la base.

Ne vous laissez pas emporter par l’illusion de solutions immédiates, dans ce processus de réorganisation de la gauche et de réunion d’accords afin de sauver la démocratie bourgeoise. Il n’y a pas de lapin dans le chapeau, la solution de sortie est de construire l’organisation populaire dans les voisinages, dans les écoles, sur les lieux de travail, avec les pauvres et les opprimés. Nous devons demander la suspension immédiate de toutes les mesures anti-populaires initiées par le gouvernement PT et continuées par le leader du coup, Temer.

Le moment ne nous est pas favorable à nous les opprimés, mais la crise et la dispute entre les élites nous ouvrent l’espace pour d’autres projets. Nous devons utiliser le mécontentement pour délégitimer ce système et pour canaliser la lutte sociale.

Démocratie directe maintenant !

Pour la suspension de toutes les mesures anti-peuple !

Contre l’ajustement fiscal et les coupes franches pour la droite !

Dehors les putschistes de Globo !

Construisons le pouvoir populaire contre l’austérité et la répression !

= = =

Ce à quoi nous ajouterons: 

Il n’y a pas de solution au sein du système, il n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !

Organisation des associations libres de producteurs et de consommateurs !

Organisation des communes libres !

Confédération des communes libres !

Organisation depuis la base de la société des sociétés !

A bas l’État ! A bas l’argent ! A bas le marché ! A bas la société du spectacle marchand ! Vive le peuple, vive les communes libres, pour que se réalise la société des sociétés, répondant à la nature sociale humaine profonde et organique…

~ Résistance 71 ~

Résistance politique France loi travail…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société libertaire, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 3 juin 2016 by Résistance 71

Communiqué de la CNT du 30 mai 2016

Les patrons et le gouvernement ne comprennent qu’un seul langage: la grève et le blocage !

30 mai 2016

Source: http://www.cnt-f.org/les-patrons-et-le-gouvernement-ne-comprennent-qu-un-seul-langage-la-greve-et-le-blocage.html?utm_source=edito&utm_medium=image&utm_campaign=home&utm_content=btn

Sans aucun doute, le bilan de la semaine écoulée atteste de l’amplification de la lutte contre la loi travail. L’heure est en effet à la reconduction des grèves dans de nombreux secteurs d’activité : routiers, dockers, raffineries, centrales nucléaires, aéroports, services publics, universités… dynamique qui continuera à s’amplifier dans les prochains jours avec le début de la grève illimitée à la SNCF et à la RATP notamment. Les occupations et les actions de blocage économique se multiplient avec un seul et unique objectif : amplifier le rapport de force avec un gouvernement qui n’agit qu’au profit du patronat. Le bilan des manifestations de ce jeudi 26 mai confirme quant à lui que le mouvement social ne faiblit pas, bien au contraire, déterminé à obtenir le retrait d’un projet de loi contesté par la majorité de la population.

Dans le même temps, le gouvernement s’entête à poursuivre une politique minoritaire. Alors que Manuel Valls, Premier Ministre, qualifiait cette semaine l’action syndicale et la grève de « dérive » des syndicats, assumant ainsi totalement le déni de démocratie du gouvernement, la CNT réaffirme que le blocage économique, l’occupation des usines et la grève générale ne sont que les actions légitimes des travailleur.euses qui par la lutte on fait le choix courageux de se battre pour les droits et la condition de toutes et tous. Face à ce gouvernement qui souhaite nous imposer un retour aux rapports sociaux du XIXe siècle, le durcissement de la lutte semble être le seul langage qui parle au capital : c’est le 49- 3 des syndicats !

Par ailleurs, alors que le gouvernement use depuis le début du mouvement d’une répression sans précédent (violences policières, arrestations préventives, interdiction de manifester, condamnation de syndicalistes, charge de cortèges manifestants, saccage de locaux syndicaux…) la CNT dénonce l’orchestration et l’instrumentalisation de la violence par l’Etat dans le but de criminaliser les luttes : ne nous y trompons pas, les vrais casseurs sont bien ceux qui cassent méthodiquement les acquis sociaux, le droit du travail, et l’ensemble de la protection sociale. A ce titre la CNT exige l’arrêt de toutes les poursuites judiciaires ainsi que la libération des condamné.e.s au titre de leur participation au mouvement social.

La CNT appelle l’ensemble des travailleur.euses, chômeur.euse.s ou précaires, actifs.ves ou retraité.e.s, étudiant.e.s et lycéen.ne.s, à amplifier la dynamique actuelle jusqu’à la victoire du mouvement social. Elle appelle l’ensemble des salarié.e.s du privé comme du public à organiser sans plus attendre des assemblées générales afin de voter souverainement la grève dans les secteurs d’activité qui ne sont pas encore mobilisés. Elle appelle également l’ensemble des structures syndicales à prendre leurs responsabilités et à appeler sans plus aucun détour à la grève générale illimitée.

La CNT soutient l’ensemble des actions mises en œuvre quotidiennement sur le terrain (blocages, occupations, rassemblements et manifestations) contre la loi travail et invite toutes et tous à multiplier les initiatives.

Le 14 juin, la CNT soutiendra l’ensemble des initiatives prises à la base par ses syndicats, qu’il s’agisse d’une participation à la manifestation nationale à Paris ou d’événements dans les localités.

Quelques réflexions sur l’actualité « Nuit Debout »…

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« Afin que la lutte ait une signification, les opprimés ne doivent pas, en cherchant à reconquérir leur humanité, devenir à leur tour des oppresseurs des oppresseurs, mais ils doivent plutôt restaurer l’humanité dans les deux parties. Ceci donc, est le grand objectif humaniste et historique des opprimés: se libérer eux-mêmes ainsi que leurs oppresseurs. »
~ Paolo Freire, 1970 ~

 

Nuit Debout… Liberté Partout ou Répression Surtout ?

 

Résistance 71

 

8 Avril 2016

 

Note: Nous plaçons sous ce billet une petite bibliographie pouvant être utile à diffuser sans modération surtout aux plus jeunes “nuiteux”. En section commentaire nous plaçons un remarquable documentaire sur l’organisation des collectifs espagnols en Aragon, Andalousie, Castille, Levant et Catalogne dans l’Espagne de la révolution sciale de 1936. A voir en famille et à diffuser également sans modération !

Le mouvement politique populaire français récent nous suggère ces quelques brèves réflexions à mettre dans sa poche, mouchoir par dessus, çà ne mange pas de pain.

Nuit Debout” se revendique à juste titre du mouvement de “Los Indignados” espagnol qui débuta sur la Playa del Sol de Madrid le 15 mai 2011, on peut aussi bien sûr le mettre en parallèle avec le mouvement “Occupy Wall Street” qui commença le 17 Septembre 2011 à New York.

On ne peut que soutenir des mouvement populaires de la base et œuvrer ensemble pour qu’il le demeure.

Qu’est-il advenu des deux mouvement pré-cités ? Bien sûr ils existent toujours, mais quel est leur impact aujourd’hui ? Proche de zéro. Pourquoi ?

Parce que si cela part toujours de bonnes idées, le fait même que ces mouvements se “centralisent” sur des places publiques qui à Madrid, qui à New York, qui à Paris etc favorise dans le temps, l’infiltration, la récupération et à terme la phagocytose de ces mouvements par la pourriture de la politique politicienne bien en place et rôdée à la subversion et à l’enfumage du peuple. Très vite le mouvement populaire est parasité par les provocateurs à la solde de l’État, qu’ils soient agents de celui-ci ou travaillant à leur insu pour lui et par les “évangélistes de la politique systémique de gooooche”, comme les inévitables partis politiques d’une “gauche” mangeant dans la main du pouvoir et de l’état depuis bien longtemps, marxistes de tous poils inclus.

L’État ne peut pas gérer des situations décentralisées au maximum, il ne peut pas gérer des fantômes, par contre il est le champion de la gestion canalisée. Donc si un mouvement de masse se veut sans leaders, les autorités publiques avec l’aide des médias sous contrôle vont isoler les “leaders” naturels inhérents à chaque mouvement et les monter en épingle, leur faire endorser le mouvement, les mettre en avant comme les leaders, souvent contre leur gré, ceci s’est déjà produit en très peu de temps avec “Nuit Debout”, plusieurs noms circulent déjà. Le cooptage est en cours. Il y a toujours quelques personnes désireuses de se “faire mousser”, qui seront exploitées à bon escient par le système.

Ensuite l’État et sa pressetituée à la botte va utiliser la vieille recette qui marche si bien: diviser pour mieux régner. Ici, la division se fera ensentiellement entre les militants pacifistes et les plus “musclés”, souvent pilotés par les services de police quand la police ne joue pas elle-même le rôle des “casseurs”.

Bref, un mouvement populaire le plus pacifique soit-il est en permanence “agressé” souvent au-delà de ce qui est visible à l’œil nu.

Alors que faire ? Comment en sortir ?

Nous n’avons pas la science infuse loin s’en faut, mais quelques idées émergent de la pratique et des erreurs passées:

  • Maintenir le mouvement décentralisé et sans leaders
  • Propager le plus possible: il est facile de contrôler une place publique à Paris, beaucoup plus difficile pour l’État de contrôler 5, 10, 20, 50000 places publiques où le peuple se rassemble simultanément, décide et se disperse pour agir !
  • Ne pas se contenter des AG et des palabres nécessaires certes, mais qui doivent être suivies d’action politique sous peine de sombrer dans la complaisance “intellectuelle”.
  • Plus le mouvement gagne du terrain et plus il est possible de prendre des décisions en AG puis de se disperser et appliquer ces décisions dans la vie concrète: dans les bahuts, universités, voisinages, lieux de travail etc
  • Parler pour parler ne sert à rien. Il faut développer sa conscience politique en la poursuivant dans l’action politique et sociale directe
  • Mettre en place les associations libres. Le simple fait que les gens décident de se rassembler en place publique est déjà une association libre pour l’intérêt commun, il faut poursuivre la dynamique dans la vie quotidienne pas seulement pour les quelques heures passées sur une place publique… Décisions en AG… Applications pratiques locales
  • Discuter en AG du problème inhérent à l’action politique hors système: la désobéissance civile. La France est sous le coup de “l’état d’urgence” (le pourquoi du comment est hors sujet ici), c’est à dire un état qui se durcit, un état qui se totalitarise à vue d’œil sous un gouvernement dit “de gauche”… A un moment donné, les citoyens associés volontairement vont se heurter aux lois et régulations de l’État qu’il rend à dessein de plus en plus drastiques. Refuser de suivre des lois ou réglementations jugées injustes ou abusives s’appelle la désobéissance civile, elle est inhérente à tous les mouvements de résistance au système établi, mais elle est nécessaire. Le mouvement des droits civils aux Etats-Unis n’aurait jamais abouti si Rosa Parks par un beau matin n’avait pas refusé d’aller s’assoir au fond du bus réservé aux noirs par la législation ségrégationniste, la suite est dans les bons livre d’histoire. Il est important que soit discutée l’attitude individuelle et collective en situation de désobéissance civile. Ceci est un aspect important qui ne doit pas être éludé !

Voilà quelques remarques, réflexions qui nous viennent à l’esprit. Le danger est la division que l’état va s’efforcer d’insinuer et la récupération politique par le système et son cirque du grand guignol étatico-électoral.

Regardez ce qu’il s’est passé en Espagne (Podemos), Grèce (et la grande trahison de Syriza), Occupy Wall Street et le cooptage pro-Obama et maintenant pro-Sanders, cooptage qui a totalement muselé le mouvement anti-guerre chez les Yanks et a fait d’Obama un des présidents les plus belliqueux de l’histoire, couronné de la farce d’un “prix nobel de la paix”… La récupération systémique est de tous les instants entre le noyautage de la politique politicienne et les faux-nez d’une dissidence de façade.

Confiance zéro aux politcards du système ! Refusons toute approche étatique et œuvrons pour les associations libres de personnes politiquement et socialement responsables et engagées localement, confédérons nos efforts et créons la société des sociétés, introduisons l’autogestion dans nos vies ici et maintenant. Le système étatique obsolète, doctrinaire et totalitaire ne sera pas vaincu par des barricades, mais par un changement d’attitude individuel et collectif vis à vis de la société. Cela commence avec “Nuit Debout”, mais cela doit rayonner dans le quotidien sous peine de dilution totale dans la fange systémique. L’État est une machine à broyer.

Nous créons et perpétuons l’État et ses institutions par notre acquiescement, notre participation à cette imposture pseudo-démocratique. Retirons notre consentement, à commencer par le boycott du système électoral inique ; unissons-nous au delà des classes, races, cultures pour gérer nous-mêmes notre société, un nouveau paradigme organique et non plus mécanique et inhumain.

Gardons toujours présent à l’esprit une chose essentielle: pour exister l’État et ses institutions ont besoin de nous… Nous n’avons AUCUNEMENT besoin d’eux pour exister, il serait grand temps de bien le comprendre et d’agir politiquement en conséquence de ce fait criant de vérité.

¡Ya Basta! Pour que vive la société organique émancipée et adaptée!

= = =

Petite Biblio se voulant utile:

– Notre dossier “Illusion démocratique”

– Le manifeste du “Confédéralisme Démocratique”

Trois textes fondateurs pour un changement de paradigme politique

– Un exemple de charte de collectivité dans l’Espagne de 1936

Résistance politique et sociale: Pour que meure le salariat et vive l’autogestion !!…

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« Il en est de même pour le salariat ; car après avoir proclamé l’abolition de la propriété privée et la possession en commun des instruments de travail, coment peut-on préconiser, sous une forme ou sous une autre, le maintien du salariat ? »
~ Pierre Kropotkine ~

 

Les prolétaires peuvent bien crever, l’Etat les digère

 

Fédération Anarchiste

 

23 février 2016

 

url de l’article:

http://famontpellier34.blogspot.jp/2016/02/les-proletaires-peuvent-bien-crever.html

 

Voilà la nouvelle salve du gouvernement contre les prolétaires. C’est ainsi donc que se pose les choses : l’Etat est là pour garantir aux plus riches de le rester, et que celles et ceux qui bossent le fassent toujours plus, pour toujours moins, et avec le sourire !

Il semble qu’il n’y ait pas mieux que la gauche pour mener une politique de droite ! Elle fait en tout cas aujourd’hui de lit de sa petite sœur d’hémicycle. Préparant le terrain pour l’avenir.

La contre révolution violente que nous subissons aujourd’hui n’est pas nouvelle, mais le manque de réponse sociale en face fait que les petits laquais des possédant.e.s s’en donnent à cœur joie.

Dans le monde entier les quelques nantis dictent leurs lois, demandent de faire plier les plus pauvres. Cette guerre n’est pas un petit phénomène national, mais c’est bien une guerre internationale contre les plus démunis qui est lancée depuis des années !

En ce moment, en France, patronat exige, les ministres exécutent ! 60 heures par semaines ? Oui oui oui crie El Khomri ! Des journées de 12 h ? Encore oui ! Des apprentis qui remplacent des emplois ? Ho que oui ! Des conditions de travails qui se dégradent ? Mais oui mon bon patron ! Des licenciements encore facilités ? Oui, cent fois oui !

Soyons clairs : si la Fédération Anarchiste est pour l’abolition du salariat et du travail, elle n’en reste pas moins convaincue que les avancées, même soumises à ce statut, sont importantes et doivent être conquises !

La réaction face à cette contre révolution ne peut être la passivité. Tout ce que nous avions gagné par le passé, nous sommes allé.e.s le chercher par la lutte, la grève, l’insurrection. Et dans l’union la plus large possible des prolétaires.

Ne laissons pas les nantis et leurs affiliés (états, religions, nationalistes, etc…) jouer encore avec nos vies.

La seule réponse qui vaille aujourd’hui est la même qu’hier : l’unité face aux nantis, l’unité dans la grève et l’action. Une utopie ? Peut-être. Une nécessité ? Sans aucun doute possible ! Et ce jusqu’à la mort du salariat ! Et que vive l’autogestion !

États et manipulation: La fumisterie des chiffres du chômage…

Posted in actualité, économie, crise mondiale, désinformation, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , on 29 octobre 2015 by Résistance 71

La très vaste majorité de ce que nous pouvons voir, lire, entendre, « apprendre » non seulement des médias de masse (merdias), mais aussi des grandes gueules « expertes » sur tous les sujets est manipulée, falsifiée, bidouillée pour être ajusté aux dogmes de la pensée unique en tout domaine abordé que ce soit la politique, les sciences, les sciences sociales. Comment cela est-il possible ? Parce les oligarques sont parvenus à terne à tout acheter, tout corrompre, des médias, aux politiques en passant par les fonds de recherche et autres ONG assujettis aux transnationales et aux « fondations » privées des barons voleurs. Il suffit de dire NON  pour déboulonner à tout jamais cette oligarchie criminelle.

— Résistance 71 —

 

C’est le plein emploi aux Etats -Unis et bientôt en France!…

 

Charles Sannat

 

4 Octobre 2015

 

url de l’article original:

http://insolentiae.com/2015/10/04/cest-le-plein-emploi-aux-etats-unis-et-bientot-en-france-ledito-de-charles-sannat/

 

Repris par les 7 du Québec:

http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/le-taux-de-chomage-avoisine-0-aux-usa/

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je suis sidéré que nos mamamouchis n’y aient pas déjà pensé… Faire baisser le taux de chômage est en réalité un jeu d’enfant. Je parle de la façon de présenter la réalité évidemment, pas de la réalité elle-même vous l’aurez compris.

Partons du principe qu’un chômeur est un individu en difficulté… vous êtes d’accord avec moi je suppose.

Supposons aussi qu’un chômeur ne bénéficie d’aucune solution d‘accompagnement personnalisée.

Supposons enfin qu’un chômeur soit un individu ne disposant d’aucun revenu.

Alors si nous définissons le chômeur comme une personne en difficulté, ne bénéficiant d’aucun système d’accompagnement et n’ayant aucun revenu alors nous pourrions par cette simple définition ramener le chômage proche de 0.

Pourquoi ?

Parce qu’en France nous avons soit une allocation chômage, soit l’ASS lorsque l’on se trouve en fin de droit, soit un RSA soit un minimum vieillesse… il y a presque toujours un revenu minimum de versé quand bien même il est très faible. Faible mais existant.

Nous pourrions donc considérer qu’en France c’est le plein emploi !

Ne soyez pas choqué par ce raisonnement parce que c’est exactement celui des américains !

En gros aux Etats-Unis il n’y a plus de chômeur ou presque.

Il n’y a que des « not in labour force » ce qui se traduit par « pas comptés dans la population active ».
Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont droit à rien donc, comme ils n’ont droit à rien au niveau des « Paul Emploi » locaux, inutile d’y aller remplir des formulaires pour rien.

Si les USA ont créé donc 142 000 emplois de plus au mois de septembre 2015, les analystes s’attendaient à tout de même un poil plus genre plus de 200 000 créations mais peu importe entre nous.

Car l’important ce n’est pas les jobs plus ou moins pourris, mal payés et à temps partiel subi créés qui sont importants et significatifs en nombre.

Ce qui est significatif en nombre c’est cette fameuse catégorie « not in labour Force » puisqu’en un mois elle progresse de 579 000 nouveaux arrivants dans cette catégorie des « je ne fais même plus partie de la population active »…
Aux Etats-Unis il y a donc officiellement 7.915.000 chômeurs…. Et 94.610.000 personnes qui ne sont plus comptabilisés dans la population active (mais en âge de travailler)… et plus le chômage baisse en Amérique plus cette catégorie augmente et depuis le début de la crise en 2007, chaque année, le « taux de participation de la population à la vie active » baisse. Nous allons de records en records.

C’est dans cette ligne-là que se cache le mensonge du chômage américain.

Et je le dis sans détour à nos dirigeants, si les américains en sont rendus à de tels artifices comptables pour donner l’illusion d’une reprise économique et d’un dynamisme, alors franchement en France nos mamamouchis peuvent décréter sans soucis que tout va pour le mieux ce qui devrait finir par arriver puisque si la fièvre est trop haute, il suffit de changer de thermomètre.

Enfin pour avoir une bonne vision de la réalité sociale aux Etats-Unis, pays ayant fait tout plein de « rêêêfooormes » structurelles expliquant son insolente prospérité et son retour au plein emploi (cette phrase étant évidemment ironique) raison pour laquelle nous devrions faire la même chose ici en France, vous devez également ne pas oublier de regarder un chiffre très important qui est celui des adhérents au programme des Food Stamps US. Pour ceux qui ne le savent pas c’est l’équivalent des « soupes populaires » ou des restos du cœur chez nous.

45.510.153 millions de personnes en mai 2015 source officielle directement du programme national des food stamps (lien en bas).

26.316.000… millions c’était le nombre de bénéficiaires en 2007… au début de la crise.

S’il y a effectivement une baisse de moins d’un million entre 2014 et 2015 ce n’est pas parce que la situation économique est redevenue transcendante aux Etats-Unis, c’est parce que les règles pour en être bénéficiaire et la durée de prise en charge ont été réduits…

Les cadavres de la crise sont cachés dans deux placards…

La catégorie « not in labor force » pour les chômeurs.

La catégorie food stamps pour tous les ruinés et les miséreux.

Cette réalité est factuelle. Vous avez tous les liens ci-dessous pour vérifier cela par vous-même non pas en consultant des sites « complotistes », mais le plus simplement du monde en faisant l’effort de ne pas vous contenter des « une » des titres des articles de presse (ce qui prouve d’ailleurs au choix, soit le niveau de nos journalistes soit leur degré de liberté de nous informer).

Non, vous allez juste prendre quelques minutes de votre temps et aller sur le BLS américain (qui est l’équivalent on ne peut plus officiel de notre ministère de l’emploi), puis sur le site du tout aussi officiel SNAP qui signifie « Supplemental Nutrition Assistance Program » et qui s’occupe d’empêcher de laisser de mourir de faim plus de 45 millions d’américains qui n’arrivent plus à faire face à cette croissance économique diabolique et à ce plein emploi phénoménal.

Le pire dans tout cela mes chers camarades impertinents, ce n’est pas de trouver ces chiffres. Le plus difficile ce n’est pas de les expliquer. Non ce qui est tout bonnement hallucinant, c’est que lorsque vous dites cela, personne ne veut vous croire, on préfère vous prendre au mieux pour un « doux dingue », au pire pour un « illuminé »… Puisqu’on vous dit que la croissance est là, la reprise aussi et que le taux de chômage baisse aux Etats-Unis… « oui mais ce n’est pas vrai »… complotiste va ! Tenez prenez vos pilules… »

Et pourtant « elle tourne », pas rond ces derniers temps, mais elle tourne et le chômage aux USA ne baisse pas il monte.

Alors, en attendant, préparez-vous, il est déjà trop tard !

Charles SANNAT
Insolentiae signifie impertinence en latin
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« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur http://www.insolentiae.com »

http://www.bls.gov/news.release/empsit.nr0.htm 
http://www.bls.gov/news.release/empsit.t01.htm 
http://www.fns.usda.gov/sites/default/files/pd/29SNAPcurrPP.pdf

= = =

Vidéo connexe de Charles Sannat: L’escroquerie des chiffres du chômage…

http://insolentiae.com/2015/10/28/escroquerie-le-chomage-ne-baisse-pas-il-augmente-de-166-000-video-ledito-de-charles-sannat/

Changement de paradigme politique: Pensée et pratique anarchiste avec Errico Malatesta part 3

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Errico Malatesta l’anarchisme de la théorie à la pratique (III)

 

Compilation d’écrits 1919~1931

 

Source: “Écrits choisis”, Errico Malatesta, éditions du Monde Libertaire, 1978

 

Errico Malatesta (1853-1932), théoricien et militant anarchiste italien, créateur en 1920 de l’Union Anarchiste Italienne (UAI), qui fut à la pointe de la grève générale expropriatrice des usines du nord de l’Italie en 1920, mouvement trahi par les communistes et les socialistes au profit du patronat et de l’État qui appelèrent Mussolini au pouvoir en conséquence. La pensée et l’action directe de Malatesta ont donné au mouvement anarchiste son expression politique sans doute la plus achevée. Il élabora toute sa vie durant une praxis cohérente tant dans les moyens que dans les objectifs de la révolution sociale. Ancré profondément dans la dimension sociale et dans la volonté de réalisation du bien-être commun, Malatesta nous a laissé un riche héritage théorique et militant qui mérite d’être plus connu.

Nous avons beaucoup à apprendre d’Errico Malatesta. Sa pensée et son action sont au cœur de l’anarchisme moderne.

Nous avons compilé ces textes courts dans les rubriques suivantes, qui seront autant de parties à la publication sur le blog

 

 

~ Résistance 71, Octobre 2015 ~

 

Les anarchistes et le mouvement ouvrier

 

Les anarchistes doivent reconnaître l’utilité et l’importance du mouvement syndical ; ils doivent favoriser son développement et en faire un des leviers de leur action en faisant tout leur possible pour que, en coopération avec les autres forces du progrès existantes, il débouche sur une révolution sociale menant à la suppression des classes, à la liberté totale, à l’égalité, à la paix et à la solidarité avec tous les êtres humains.

(Note de Résistance 71: Ceci était valide en 1927 et jusqu’à la seconde guerre mondiale, depuis les années 1950, le syndicalisme a été acheté par l’oligarchie politico-financière et les grandes centrales syndicales, en échange de l’abandon de toute velléité révolutionnaire, mangent dans la main du pouvoir et bénéficient des subsides d’état pour maintenir une clique de “négociateurs” tout aussi bourgeois que traître à la cause des travailleurs… Ceci a été appelé le “réformisme”, une mascarase de syndicalisme toutes tendances confondues,)

D’où la nécessité mpérieuse d’organisations purement anarchistes qui, dans les syndicats et hors des syndicats, luttent pour réaliser intégralement l’anarchisme et qui cherchent à stériliser tous les germes de dégénérescence et de réaction.

~ Il Risveglio, Octobre 1927 ~

 

La tâche des anarchistes est de travailler à renforcer les consciences révolutionnaires des organisés et à rester dans les syndicats, toujours en tant qu’anarchistes (Note de R71: Cette vision n’est pas partagé par tous les anarchistes…)

Il est vrai que dans bien des cas, les syndicats sont contraints de transiger et de faire des compromis, pour des raisons d’ordre immédiat. Je ne leur reproche pas, mais c’est précisément pour cette raison qu’il faille bien reconnaître que l’essence des synicats est d’être réformiste.

Les syndicats font un travail de fraternisation entre les masses prolétaires et ils éliminent les conflits qui, autrement, pourraient surgir entre les travailleurs eux-mêmes.

L’esclavage économique étant le fruit de l’esclavage politique, il faut en finir avec ce dernier pour en finir avec le premier, bien que Marx ait soutenu le contraire.

Pourquoi la payasan porte t’il le grain au patron ?

Parce que le gendarme est là pour l’y forcer

La lutte devant être menée, y compris sur le terrain politique, pour détruire l’État, le syndicalisme ne peut donc as être une fin en lui-même.

Nous voulons la liberté pour tous : nous voulons que la révolution, ce soit la masse qui la fasse, pour la masse.

L’Homme qui pense avec sa tête est préférable à celui qui approuve tout aveuglément.

~ Umanita Nova, Mars 1922 ~

 

Personnellement, je pense que tels qu’ils sont en régime capitaliste, les coopératives et les syndicats ne mènent pas naturellement (de par leur propre force intrinsèque, à l’émancipation de l’Homme (c’est sur ce point que porte la controverse). Je pense qu’ils peuvent produire le bien comme le mal, qu’ils peuvent être aujourd’hui des organes de conservation sociale comme de transformation sociale et servir, demain, la réaction comme la révolution.

~ Umanita Nova, Avril 1922 ~

 

En un mot, le syndicat ouvrier n’est pas révolutionnaire, mais réformiste de par sa nature même. Le caractère révolutionnaire doit lui être apporté et soit être développé et maintenu en lui par l’action constante des révolutionnaires qui agissent en son sein et en dehors de lui.

Le syndicat ne peut faire œuvre révolutionnaire que s’il cesse d’être un syndicat économique, pour devenir un groupe politique ayant un idéal.

Le mouvement ouvrier en lui-même, loin de mener à la transformation de la société au bénéfice de tous, tend à fomenter les égoïsmes catégoriels et à créer une classe d’ouvriers privilégiés qui prévaut sur la grande masse des déshérités.

C’est ce qui explique le fait suivant qui est général: à mesure qu’elles sont devenues plus grandes et plus fortes, les organisations ouvrières sont devenues conservatrices et réactionnaires dans tous les pays et ceux qui ont consacré leurs efforts au mouvement ouvrier, dont les intentions sont honnêtes et qui ont en vue une société de bien-être et de justice pour tous, ceux-là sont souvent condamnés à un travail de Sisyphe et doivent périodiquement tout recommencer depuis le début.

~ Umanita Nova, Avril 1922 ~

 

Les syndicalistes prétendent que l’organisation ouvrière d’aujourd’hui servira de cadre à la société future et facilitera le passage du régime bourgeois au régime égalitaire. Rien n’est moins vrai.

C’est une idée qui était chère aux membres de la 1ère Internationale et si je me souviens bien, il est dit dans les écrits de Bakounine, que la nouvelle société se réaliserait si tous les travailleurs entraient dans les sections internationales. Mais cela semble être une erreur.

La nouvelle société ne peut se réaliser qu’en brisant ces cadres et en créant des organismes nouveaux qui correspondent aux conditions nouvelles et aux nouvelles fins sociales.

Dans l’état actuel des choses, nous voudrions que le mouvement ouvrier soit ouvert à la promotion de bien des idées, qu’il prenne part à tous les faits d’ordre économique, politique, moral et de la vie sociale, qu’il vive et se développe libre de toute domination d’un parti politique, quel qu’il soit.

~ Umanita Nova, Avril 1922 ~

 

… par syndicalisme on entend toutes les organisations ouvrières, tous les “syndicats” constituees pour résister à l’oppression des patrons et diminuer ou réduire à néant l’exploitation du travail humain par ceux qui détiennent les matières premières et les instruments de travail.

Je dis que ces organisations ne peuvent pas être anarchistes et qu’il n’est pas bon de vouloir qu’elles le soient parce que si elles l’étaient, elles ne répondraient pas à leur but et elles ne serviraient pas les fins que les anarchistes qui y participent proposent.

Le syndicat est fait pour défendre aujourd’hui les intérêts actuels des travailleurs et pour améliorer le plus possible leurs conditions, tant qu’on n’est pas en mesure de faire la révolution, révolution qui fera des salariés actuels des travailleurs libres, librement associés à l’avantage de tous.

Le syndicalisme est par nature réformiste (j’entends le syndicalisme pratique et non pas le syndicalisme théorique que chacun peut se façonner à sa guise). Tout ce qu’on peut attendre de lui, c’est que les réformes qu’il vise et obtient soient telles et obtenues de telle façon, qu’elles servent à l’éducation et à la préparation révolutionnaire et qu’elle laisse la voie ouverte à des exigences toujours plus grandes.

Toute fusion, toute confusion entre le mouvement anarchiste et révolutionnaire d’une part et le mouvement syndicaliste d’autre part, finit par rendre le syndicat impuissant face à son but spécifique ou par affaiblir, dénaturer, éteindre l’esprit anarchiste. Je pense donc que les anarchistes ne doivent pas vouloir que les syndicalistes soient anarchistes, mais qu’ils doivent agir au sein des syndicats, au profit des anarchistes, en tant qu’individus, en tant que groupes et en tant que fédération de groupes.

Dans les syndicats, les anarchistes devraient lutter pour qu’ils restent ouverts à tous les travailleurs, quelle que soit leur opinion et quel que soit le parti auquel ils appartiennent et pour que la seule condition soit la solidarité contre les patrons. Ils devraient s’opposer à l’esprit corporatif et à quiconque prétendrait monopoliser l’organisartion ou le travail.

Ne pas perdre de vue que l’organisation oiuvrière n’est pas une fin en soi mais un moyen parmi d’autres, bien qu’important, pour préparer l’avènement de l’anarchie.

~ Pensiero e Volonta, Avril 1925 ~

 

C’est à juste titre que les anarchistes s’opposent au communisme autoritaire (marxisme): le communisme autoritaire implique un gouvernement qui veut diriger toute la vie sociale et placer l’organisation de la production et la distribution des richesses sous les ordres de ses propres fonctionnaires. Il ne peut en conséquence donner que la pire des tyrannies ; il ne peut que paralyser toutes les forces vives de la société.

Les syndicats qui apparemment sont d’accord avec les anarchistes pour haïr le centralisme étatique, veulent se passer de gouvernement et le remplacer par les syndicats. Ils disent que ce sont les syndicats qui doivent se rendre maîtres des richesses, réquisitionner les vivres, les distribuer, organiser la production et l’échange. Je n’y verrais aucun inconvénient si les syndicats ouvraient toutes grandes leurs portes à toute la population et laissaient à ceux qui ne sont pas d’accord la liberté d’agir pour leur part et de prendre ce qui leur revient…

Mais s’il y a un petit nombre d’individus qu’une longue habitude fait considérer comme étant les chefs des syndicats, s’il y a des secrétaires permanents et des organisateurs officiels, ce sont eux qui se trouveront automatiquement chargés d’organiser la révolution. Ils auront tendance à considérer comme intrus et irresponsables ceux qui voudront prendre des initiatives indépendemment d’eux et, ne serait-ce qu’avec les meilleures intentions, ils voudront imposer leur propre volonté, peut-être même par la force.

Dans ce cas, le régime syndicaliste deviendrait très rapidement ce même mensonge et cette même tyrannie qu’est devenue la prétendue dictature du prolétariat,

Le remède à ce danger, et la condition pour que la révolution soit véritablement émancipatrice, c’est de former un grand nombre d’individus capables d’inistiatives et d’agir dans la pratique ; d’habituer les masses às ne pas abandonner la cause de tous dans les mains de qui que ce soit et à ne déléguer son pouvoir, quand il lui faut le déléguer, que pour des tâches bien déterminées et pour un temps limité. Pour créer une telle situation, et un tel esprit, le syndicat est un moyen très efficace s’il est organisé et s’il est vécu sur la base de méthodes véritablement libertaires.

~ Fede, Septembre 1923 ~

 

Les classes privilégiées ont accaparé tous les moyens de production et elles s’en servent pour exploiter le travail d’autrui. Elles n’auraient pas pu conquérir leurs privilèges et elles ne pourraient pas continier à maintenir les masses dans la sujétion si elles n’avaient pas constitué un gouvernement qui les défende en organisant une force matérielle capable d’étouffer par la force brutale toute tentative de révolte. “On n’enlève pas le pain à qui on n’a pas , au préalable, enlevé, par la bâton, la possibilité de résister.”

Tant que les ouvriers demandent de petites améliorations généralement illusoires, les capitalistes peuvent maintenir la lutte sur le terrain économique. Mais dès qu’ils voient que leur profit diminue sérieusement et que l’existence même de leurs privilèges est menacée, ils ont recours au gouvernement. Si le gouvernement n’est pas assez empressé ou pas assez fort pour les défendre, comme ce fut récemment le cas en Italie et en Espagne, ils se servent de leur richesse pour engager de nouvelles forces de répression et pour constituer un nouveau gouvernement capable de mieux les servir. (Note de R71: Malatesta écrivait ceci en 1925 !!!…)

~ Pensiero e Volonta, Février 1925 ~

 

L’occupation des usines

 

Les grèves générales de protestation n’émeuvent plus personne !! Ni ceux qui les font, ni ceux contre qui elles sont faites. Si la police avait seulement l’intelligence de ne pas faire de provocations, elles se passeraient comme n’importe quel autre jour férié…

Il faut chercher autre chose. Nous lançons cette idée: nous rendre maître des usines. La première fois, peut-être serons-nous peu nombreux à le faire et cela passera peu ou prou inaperçu. Mais cette méthode à certainement de l’avenir devant elle parce qu’elle correspond aux buts ultimes du mouvement prolétarien et qu’elle constitue un entraînement qui prépare à l’appropriation générale définitive.

~ Unita Nova, Mars 1920 ~

Ce sont les ouvriers de la métallurgie qui ont commencé le mouvement pour des raisons de salaire. Il s’agissait d’une grève d’un nouveau type. Au lieu d’abandonner les usines, il fallait y rester sans travailler et y monter la garde, nuit et jour, pour que les patrons ne puissent pas faire de lock-out.

Les ouvriers pensèrent (en 1920) que le moment était venu de se rendre définitivement maîtres des moyens de production. Ils s’armèrent pour assurer leur défense, transformèrent beaucoup d’usines en de véritables forteresses et de mirent à organiser la production pour leur propre compte. Les patrons furent chassés ou déclarés en état d’arrestation… C’était l’abolition de fait du droit de propriété, la violation de la loi en ce qu’elle sert à défendre l’exploitation capitaliste. C’était un nouveau régime, une nouvelle façon de vivre en société, qui était ainsi inaugurés. Et le gouvernement laisait faire, parce qu’il voyait qu’il n’était pas capable de s’y opposer ; il l’a avoué plus tard, en s’excusant auprès du parlement de l’absence de répression.

Le mouvement s’amplifiait et tendait à gagner d’autres catégories. Ici et là, les paysans occupaient les terres. C’était la révolution qui commençait et se développait de façon je dirais presque idéale.

Naturellement les réformistes ne voyaient pas les choses d’un bon œil et cherchait même à la faire avorter. Nous avions dit dans Umanita Nova que la révolution se ferait sans verser une goutte de sang si le mouvement s’étendait à toutes les catégories et si les ouvriers et les paysans suivaient l’exemple des métallurgistes, chassaient les patrons et prenaient possession des moyens de production. (Note de R71: Cela est toujours valide aujourd’hui, un tel mouvement décentralisé de la base, coordonné, de grève expropriatrice autogestionnaire est l7arme absolue contre le système…). Les tentatives de faire capoter le mouvement furent vaines.

La masse était avec nous. On nous demandait de venir dans les usines pour y parler, encourager, conseiller et pour satisfaire les demandes, il nous a fallu nous couper en mille…

La masse était avec nous parce que c’était nous qui interprétions le mieux ses instincts, ses besoins, ses intérêts. Et pourtant, il suffit du travail insidieux de la Confédération Générale du Travail (Note: CGT, branche italienne, à la botte du PCI marxiste) et de ses accords avec Giolitti pour faire croire à une espèce de victoire gràce à cette escroquerie: le contrôle ouvrier et pour amener les ouvriers à quitter les usines juste au moment où les chances de réussir étaient les plus fortes…

~ Umanita Nova. Juin 1922 ~

 

L’occupation des usines et des terres était parfaitement en ligne avec notre programme.

En bons “prophètes”, malheureusement, nous avions prévenu les ouvriers de ce qui leur arriverait s’ils abandonnaient les usines ; nous avons aider à préparer la résistance armée ; nous avons expliqué qu’il était possible de faire la révolution pratiquement sans avoir à combattre si on se montrait seulement résolus à employer les armes qui avaient été accumulées. Nous n’avons pas réussi.

Quand d’Aragona et Giolitti mient au point le contrôle ouvrier, ce leurre, et le parti socialiste, dirigé à l’époque par les communistes, était d’accord, nous avons crié à la TRAHISON et nous sommes allés d’usine en usine pour mettre les ouvriers en garde contre cette inique tromperie. Les ouvriers nous avaient toujours écouté et demandé avec enthousiasme et ils avaient applaudi quand nous les incitions à résister jusqu’au bout. Mais ils obéírent docilement lorsque l’ordre de sortir des usines fut diffusé par la CGT et pourtant ils disposaient d’énormes moyens pour résister.

Le mouvement ne pouvait réussir et durer qu’en s’étendant et en se généralisant et, vu les circonstances, il ne pouvait pas s’étendre sans l’accord des dirigeants de la CGT et du Parti Socialiste qui contrôlaient la grande majorité des travailleurs organisés. La Confédération et le Parti Socialiste (communiste compris) se déclarèrent contre et tout devait se terminer par la victoires des patrons.

~ Pensiero e Volonta, Avril 1924 ~

 

Note de Résistance 71: Le mouvement gréviste expropriateur et autogéré italien de 1920 fut trahit par le “socialisme” d’état prouvant, comme ce sera encore le cas en Russie (Cronstadt 1921 et Ukraine 1919-1923) et en Espagne (1936-39) que les sbires et larbins de l’État sont prêts à tout pour faire perdurer le système de leurs payeurs, seigneurs et maîtres capitalistes. Marx, Lénine, Trotsky, Staline, Mao (après la seconde guerre mondiale) étaient tout autant des employés de Wall Street et de la City de Londres que le furent Mussolini, Hitler et Franco. Les réformistes marxistes et socialistes (socio-démocrates) ont échangé toute velléité révolutionnaire et la lutte pour le bien commun contre le privilège de bouffer au ratelier du capitalisme et de son garde-chiourme qu’est l’État. Syndicats et partis politiques touchent des subsides de l’État pour exister et leurs “cadres” bouffent à la table des “guignols” d’en haut… La soupe est bonne et il ne faut surtout pas faire tanguer le navire, juste arrondir les angles jusqu’à la prochaine fois…

Ce sont tous des traîtres à la révolution sociale ce qui confirme historiquement une fois de plus, si cela était encore nécessaire, qu’il n’y a pas de solutions au sein du système !… Il faut en sortir, comme les ouvriers italiens l’avaient fait en 1920, comme les Espagnols l’ont fait en 1936, dans le sillage de 1920 et même de 1871 et la Commune…

Ce sont les leçons à tirer de ces évènements. Tout cela est plus que jamais réalisable. Un changement de paradigme sans armes, ni haine ni violence est dans la donne pour le futur et si armes il y a elles ne serviront qu’à l’auto-défense. A nous de travailler pour en commençant par dire NON ! Ensemble.

 

Anarchie, socialisme et communisme

 

C’est un fait qu’entre les socialistes et les anarchistes, il y a toujours eu une différence profonde sur la façon de concevoir l’évolution historique et les crises révolutionnaires que cette même évolution produit.

Les socialistes veulent aller au pouvoir, pacifiquement ou par la violence, peu importe. Et installés au gouvernement, ils veulent imposer leur programme aux masses, sous une forme dictatoriale ou sous une forme démocratique. Les anarchistes estiment au contraire que le gouvernement ne peut être que pernicieux et que, par sa nature même, il ne peut que défendre une classe privilégiée existante ou en créer une nouvelle. Au lieu d’aspirer à s’installer à la place des gouvernants du jour, ils veulent abattre tous les organismes institutionnels qui permettent à certains d’imposer aux autres leurs propres idées et leurs propres intérêts. En donnant à chacun la pleine liberté et, bien sûr, les moyens économiques qui rendent cette liberté possible et effective, ils veulent ouvrir et rendre libre la voie de l’évolution vers les meilleures formes de vie en commun qui naîtront de l’expérience.

~ Unita Nova, Septembre 1921 ~

 

Nous avons toujours été d’avis que socialisme et anarchie sont deux mots qui ont, au fond, le même sens, parce que, pour nous, l’émancipation économique (abolition de la propriété) n’est pas possible sans l’émancipation politique (abolition du gouvernement) et réciproquement.

S’il est vrai que le gouvernement est nécessairement et toujours l’instrument de ceux qui possèdent les instruments de production et de distribution, par quel miracle un gouvernement socialiste, né en plein régime capitaliste dans le but d’abolir le capital pourrait-il atteindre ce but ? Est-ce que ce sera, comme le voulaient Marx et Blanqui, par le moyen d’une dictature imposée révolutionnairement, par un acte de force qui décrète et impose révolutionnairement la confication des propriétés privées en faveur de l’État en tant que représentant des intérêts collectifs ? Ou est-ce que ce sera, comme le veulent apparemment tous les marxistes et la plupart des blanquistes modernes, par le moyen d’une majorité socialiste envoyée au Parlement par le suffrage universel ? Procèdera t’on d’un coup à l’expropriation de la classe dominante par la classe économiquement asservie, ou procèdera t’on graduellement en obligeant les propriétaires et les capitalistes à se aisser priver peu à peu de tous leurs privilèges ?

Tout cela semble étrangement en contradiction avec la théorie du “matérialisme historique” qui est un dogme fondamental pour les marxistes.

~ L’Agitazione, Mai 1897 ~

 

“Le communisme est la voie qui mène à l’anarchie”: c’est là toute la théorie des bolchéviques, toute la théorie des marxistes et des socialistes étatistes de toutes les écoles. Ils reconnaissent tous que l’anarchie est un idéal sublime, qu’elle est le but vers lequel marche, ou devrait marcher, l’humanité ; mais ils veulent tous accéder au pouvoir pour pousser et contraindre les gens à marcher dans la bonne voie.

Les anarchistes disent au contraire que l’anarchie est la voie qui mène au communisme… ou ailleurs.

Faire le communisme avant l’anarchie, c’est à dire avant d’avoir conquis la liberté politique et économique totale, cela voudrait dire (comme ce fut le cas en Russie) établir la plus odieuse des tyrannies, capable de faire regretter le régime bourgeois et de provoquer le retour du régime capitaliste (comme cela arrivera malheureusement en Russie) et cela parce qu’il ne serait pas possible d’organiser une vie sociale supportable et par réaction de l’esprit de liberté, qui n’est oas le privilège de “l’esprit latin”, comme le journal “Le Communiste” veut stupidement me le faire dire, mais bien un besoin de l’esprit humain et qui agira en Russie comme il agirait en Italie.

~ Umanita Nove, Octobre 1921 ~

 

Nous avons en horreur le mensonge démocratique qui, au nom du “peuple”, opprime le peuple dans l’intérêt d’une classe. Mais nous haïssons encore plus si c’est possible, la dictature qui, au nom du “prolétariat”, livre toute la force et toute la vie des travailleurs aux mains des créatures d’un parti soi-disant communiste, créatures qui chercheraient à se perpétuer au pouvoir et qui finiraient par reconstruire le capitalisme à leur propre profit.

~ Umanita Nova, Août 1921 ~

 

La caractéristique du socialisme, c’est qu’il s’applique de manière égale à tous les membres de la société, à tous les êtres humains. Pour cela, personne ne doit pouvoir exploiter le travail d’autrui grâce à l’accaparement des moyens de production et personne ne doit pouvir imposer sa propre volonté aux autres par le moyen de la force brutale ou, ce qui est la même chose, grâce à l’accaparement du pouvoir politique: l’exploitation économique et la domination politique sont les deux aspects d’une même réalité, l’assujettissement de l’Homme par l’Homme et la solution de l’un est liée à celle de l’autre.

Le parlementarisme (social-démocratie, république) n’apparaît pas non plus comme un moyen valable étant donné que lui aussi subsitue à la volonté tous, la volonté de quelques individus ; si d’un côté il laisse un peu plus de liberté que ne le fait la dictature, d’un autre côté, il crée plus d’illusions. Et au nom d’un intérêt collectif purement fictif, il foule aux pieds tous les intérêts réels et il va à l’encontre de la volonté de chacun comme de la volonté de tous, par le biais des élections et des votes.

Il reste l’organisation libre, de bas en haut, du simple au complexe, sur la base du libre accord et de la fédération des associations de production et de consommation: c’est à dire l’anarchie et c’est là le moyens que nous préférons.

Pour nous donc, socialisme et anarchie sont des termes qui ne sont ni opposés ni équivalents, mais étroitement liés l’un à l’autre, comme l’est la fin au moyen qui lui correspond nécessairement, comme l’est le fond à la forme dans laquelle il s’incarne.

Le socialisme sans l’anarchie, autrement dit le socialisme d’État, nous paraît impossible car il serait détruit par ce même organe qui devrait le maintenir.

L’anarchie sans le socialisme nous paraît également impossible, car elle ne pourrait être, en ce cas, que la domination des plus forts et elle aboutirait donc rapidement à l’organisation et à la consolidation de cette domination autrement dit, à l’établissement d’un gouvernement.

~ L’Anarchia, numéro unique, Août 1896 ~

 

Prochaine analyse: “La révolution anarchiste”