Archive pour septembre, 2012

Résistance politique: pacte budgétaire européen = misère généralisée dans une société néo-féodale post-industrielle…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , on 30 septembre 2012 by Résistance 71

Une fois de plus la clique néolibérale de gauche s’allie dans la continuité à celle de droite pour continuer de piller et de vandaliser la vie des citoyens.

Quand assez est-il assez ? Quand les citoyens décideront-ils de reprendre en main les affaires ?…

— Résistance 71 —

 

Le pacte budgétaire européen

 

Par Salim Lamrani

 

Le 28 Septembre 2012

 

url de l’article original en français:

http://www.mondialisation.ca/le-pacte-budgetaire-europeen/

 

Le gouvernement socialiste de François Hollande s’apprête à faire adopter par voie parlementaire le Pacte budgétaire européen, également appelé Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) lequel, en plus d’instaurer définitivement une politique d’austérité, porte atteinte à l’indépendance de la France qui ne pourrait plus décider souverainement de son budget national.

Le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), imposé par l’Allemagne d’Angela Merkel, adopté au niveau européen, est en passe d’être ratifié par la France de François Hollande. Ce texte introduit la dénommée « règle d’or » devenue obligatoire pour tous les pays membres de la zone euro et instaure de facto une politique d’austérité, empêchant les Etats de présenter un budget avec un déficit supérieur de 0,5% au Produit intérieur brut[1].

Adopté le 2 mars 2012 par Nicolas Sarkozy et 24 autres dirigeants européens, le TSCG sera bientôt soumis au parlement français dominé par le Parti socialiste, par une procédure de majorité simple des deux assemblées, sans qu’aucune modification n’ait été apportée au traité. La règle d’or deviendrait alors loi et interdirait tout déficit public, sous peine de graves sanctions de la part de l’Union européenne[2].

Plus grave encore, la France perd une grande partie de sa souveraineté avec le TSCG. En effet, le parlement français devra obligatoirement soumettre son budget annuel à la Commission européenne, dont aucun membre n’est issu du suffrage universel. Ces derniers pourront effectuer les arbitrages qu’ils jugeront nécessaires, sans avoir aucun compte à rendre aux citoyens, et décider de l’avenir de la nation. Ainsi, le TSCG rend obligatoire l’application de politiques d’austérité en Europe, sans qu’aucune autre voie alternative puisse être explorée[3].

Pour la France, alors que le pays se trouve à la limite de la récession et qu’il conviendrait en toute logique d’injecter des fonds dans l’économie, le retour à l’équilibre budgétaire imposé par le TSCG, qui implique de revenir à un déficit de 3% en 2013, signifie que 33 milliards d’euros redistribués par l’Etat doivent être retirés de l’économie nationale. Cela est valable uniquement si les hypothèses de croissance de l’ordre de 1% sont confirmées, ce qui est loin d’être le cas. Cela suppose que l’Etat réduira inévitablement ses dépenses publiques, ce qui aura un impact social[4].

De la même manière, pour revenir à l’équilibre budgétaire en 2017, comme s’est engagé le président français François Hollande, il faudrait retirer 60 milliards d’euros de la circulation économique. Cela équivaut à la moitié de la somme prévue par le Plan de Relance qui est de 120 milliards d’euros (inférieur à 1% du PIB européen) adopté par l’Union pour tous les pays de la zone euro, destiné à stimuler la croissance[5].

Le Mécanisme européen de stabilité (MES) est officiellement censé venir en aide aux pays en difficulté. Il est néanmoins uniquement destiné aux nations ayant adopté le TSCG. Il s’agit en réalité du moyen trouvé par les partisans du néolibéralisme, symbolisés par Angela Merkel, pour imposer des politiques d’austérité, qui en plus d’avoir de graves conséquences sociales sur les populations, sont économiquement inefficaces[6].

En effet, partout où les plans d’austérité ont été appliqués, que ce soit en Grèce, en Italie, en Irlande, au Portugal ou en Espagne, la crise de la dette, loin de se résorber, s’est aggravée et les conditions de vie des habitants se sont considérablement dégradées, avec une explosion du chômage et une destruction organisée du système de protection sociale et de l’Etat providence.

Les exemples les plus emblématiques sont la Grèce et l’Espagne, où ces remèdes de choc ont été imposés de force. Les résultats sont catastrophiques d’un point de vue politique, économique et social.

Ainsi, en Grèce, après l’application de neuf plans d’austérité avec une hausse massive d’impôts dont la TVA, une hausse des prix, une réduction des salaires (jusqu’à 32% sur le salaire minimum !) et des pensions de retraite, un recul de l’âge légal de départ de la retraite, la destruction des services publics de première nécessité tels que l’éducation et la santé, la suppression des aides sociales et privatisations des secteurs stratégiques de l’économie nationale (ports, aéroports, chemins de fer, gaz, eaux, pétrole), la production a reculé de 20%, le chômage a explosé et la crise de la dette n’a fait que s’aggraver. En effet, celle-ci est aujourd’hui supérieure à ce qu’elle était avant l’intervention des institutions financières internationales en 2010[7].

Après le désastre grec, causé par les politiques d’austérité de la Troïka (Banque centrale européenne, Union européenne et Fond monétaire international), l’Espagne se trouve à son tour au bord de l’abîme. La même thérapie de choc néolibérale a été appliquée de force au peuple espagnol, avec les mêmes conséquences désastreuses. Le gouvernement de Mariano Rajoy a imposé aux citoyens un « plan de rigueur colossal » selon le journal économique La Tribune, avec une baisse des dépenses de 102 milliards d’euros d’ici 2014 : baisse drastique du nombre de fonctionnaires, des budgets de l’éducation et de la santé et diminution des salaires, hausse des impôts dont la TVA et réduction des allocations familiales, des indemnités de chômage et des pensions de retraite, entre autres. Tout cela, dans un pays frappé par un taux de chômage record de 25%, avec une explosion du taux de pauvreté. De son côté, la Commission européenne, loin de se préoccuper des conséquences sociales et humaines engendrées par ces mesures, « salue l’adoption en Espagne du plan pluriannuel[8] ».

Le TSCG, qui impose les politiques d’austérité comme la seule norme possible, est voué à l’échec et aggravera inévitablement la crise économique en Europe, déjà en pleine récession. En effet, le concept de la « règle d’or » est douteux puisqu’en réduisant la capacité des Etats à s’endetter, on les prive de toute possibilité de réaliser des investissements qui relanceraient la croissance. Les conséquences sociales désastreuses entraîneront une crise politique d’envergure dont nul ne peut prédire l’issue, dans un contexte de résurgence de l’extrême droite partout dans le continent.

Le gouvernement socialiste de François Hollande a l’obligation morale de soumettre le TSCG au peuple par référendum, après un vaste débat public contradictoire sur les enjeux en question. Il en va de l’avenir de la démocratie en France, déjà passablement ébranlée par l’adoption par voie parlementaire du Traité de Lisbonne en 2007, alors que le peuple l’avait rejeté deux années auparavant par référendum.

Article original publié en portugais :

Opera Mundi

http://operamundi.uol.com.br/conteudo/opiniao/24575/pacto+orcamentario+europeu+atenta+contra+independencia+da+franca.shtml

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de la Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade).

Contact : lamranisalim@yahoo.fr

PageFacebook : https://www.facebook.com/SalimLamraniOfficiel

Notes:

[1]Union europénne, « Le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance », 2012. http://www.touteleurope.eu/fr/organisation/droit-de-l-ue/les-traites/presentation/le-traite-sur-la-stabilite-la-coordination-et-la-gouvernance-2012.html (site consulté le 29 août 2012).

[2] Ibid.

[3] Ibid.

[4] Jean-Luc Mélenchon, « Discours de Jean-Luc Mélenchon en clôture des estivales citoyennes du Front de Gauche », Le Parti de Gauche, 26 août 2012. http://www.dailymotion.com/video/xt3yj5_discours-de-jean-luc-melenchon-en-cloture-des-estivales-citoyennes-du-front-de-gauche_news?search_algo=2 (site consulté le 29 août 2012).

[5] Ibid.

[6] Conseil de l’Europe, « Mécanisme européen de stabilité », 2012. http://www.european-council.europa.eu/media/582863/06-tesm2.fr12.pdf (site consulté le 29 août 2012).

[7] Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers monde (CADTM), « Le CADTM dénonce la campagne de désinformation sur la dette grecque et le plan de sauvetage des créanciers privés », 10 mars 2012. http://www.cadtm.org/Le-CADTM-denonce-la-campagne-de (site consulté le 29 avril 2012).

[8] La Tribune, « L’Espagne s’impose un plan de rigueur colossal », 3 août 2012.

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Résistance à la nécro-agriculture: Finissons-en avec Monsanto et consorts !

Posted in actualité, écologie & climat, N.O.M, OGM et nécro-agriculure, politique et lobbyisme, résistance politique, santé, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies with tags , , , , , , , on 30 septembre 2012 by Résistance 71

La fin de Monsanto est-elle proche ? la loi Prop 37 est en train de gagner alors des nations bannissent les OGM

 

Anthony Gucciardi


 

Le 28 Septembre 2012

 

url de l’article original:

http://www.infowars.com/is-the-end-of-monsanto-near-prop-37-succeeding-as-nations-ban-gmo-crops/print/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Est-ce que la fin de Monsanto approche ? Cela a certainement été très dur ces dernière semaines pour cette méga corporation alors que les véritables dangers entourant les OGM sont mis à l’attention des consommateurs à une échelle globale comme jamais auparavant.

Cela a commencé avec une étude scientifique française monumentale qui a trouvée un lien très sérieux entre la consommation d’OGM Monsanto inondés de RoundUp (herbicide) et l’apparition de grosses tumeurs. Déjà appelée “recherche la plus aboutie” jamais publiée sur les véritables effets sanitaires des OGM, l’étude peut mener à de bien plus larges victoires.

Après la publication des résultats de la recherche, la France n’a pas seulement appelé pour une interdiction mondiale potentielle des OGM en attendant les résultats de ses analyses en profondeur, mais l’organisation principale russe des droits des consommateurs a annoncé une interdiction à la fois des importations et de l’utilisation des maïs transgéniques Monsanto.

Prop 37 peut étiquetter Monsanto hors d’existence

Maintenant, la proposition de loi pour étiquetter tous les OGM entrant dans la composition de la nourriture dans l’état de Californie, est en train de gagner un soutien d’une grande ampleur. Si cette loi passe (NdT: par référendum populaire), cela n’affectera pas que la Californie. Il est plus que probable que les autres états ne se contentent pas de juste prendre bonne note, mais qu’ils adopteront des législations similaires. A travers ce processus légal, nous avons la chance exceptionnelle de pouvoir étiquetter Monsanton hors d’existence. Ceci est maintenant très possible considérant le fait que le consommateur moyen est actuellement opposé aux OGM et est très enclin à obtenir un étiquettage correct des produits de consommation.

Dans un sondage majeur publié par le Los Angeles Times, les électeurs californiens enregistrés en faveur de l’étiquettage des OGM l’emporte sur ceux n’étant pas en faveur avec une marge de 2 pour 1. Globalement, 61% des gens interrogés sont pour l’étiquettage des OGM tel que le préconise le projet de loi Prop 37, tandis que seulement 25% s’y opposeraient.

Si les produits de consommation contenant des OGM sont correctement étiquettés, il est clair que moins de gens ne les achèteront. A l’heure actuelle, il y a peu de gens qui savent ce qu’ils mangent. En fait, si le public savait qu’il consomme des OGM qui sont liés maintenant à une histoire de tumeurs et d’arrêt des fonctions organiques vitales (foie, reins), la très vaste majorité des gens abandonneraient ces produits pollués aux OGM. Sans étiquettage (comme cela est le cas maintenant), les gens ne savent pas ce qu’ils mangent. On peut dire la même chose des autres ingrédients comme le sirop de maïs à forte teneur en fructose et l’aspartame (NdT: tous ces produits résultant de manipulation transgénique)

Comme l’explique le manager de la campagne “Oui à la proposition 37”, Gary Buskin:

“Monsanto, DuPont et Coca-Cola ne veulent pas que les Californiens sachent ce qu’il y a vraiment dans leur nourriture et leurs boissons, parce qu’ils ont peur que les consommateurs ne tournent le dos aux produits et aux ingrédients génétiquement modifiés ainsi qu’aux pesticides, herbicides qui vont avec…”

Si le public savait qu’il mange du mercure dans les HFCS et qu’il consomme des édulcorants auxquels sont associés 42 formes différentes de maladies, alors un changement majeur se produirait, un changement qui forcerait les manufacturiers à abandonner ces ingrédients afin de garder leurs profits, après tout, le but principal de Monsanto est le profit. C’est une entreprise qui est connue pour avoir eu des conditions de travail pour ses employés proche de ce qui se faisait sous l’esclavage, conditions sous lesquelles les employés étaient forcés ne n’acheter que dans les magasins de la compagnie et n’étaient pas autorisés à quitter la zone ou leur salaire aurait été retenu.

Si les profits de Monsanto s’écroulaient, il en serait de même de son règne politique. Sans cette source sans fin d’argent à jeter contre des projets de loi comme Prop 37, qui a déjà injecté 4 millions de dollars pour une propagande anti-étiquettage en Californie, la main-mise quasi totale de l’entreprise sur le monde de la science (continuellement en train de censurer des études et de financer des recherches pro-OGM) et de la politique cesserait virtuellement d’exister.

Nous devons nous assurer que le projet de loi Prop 37 passe afin de générer une chance de mettre fin à Monsanto. Une fois que les consommateurs sauront de fait qu’ils mettent des substances OGM dans leur corps par voie alimentaire, alors un véritable changement pourra se produire dans le domaine des ressources de nourriture.

Nécro-agriculture et Nouvel Ordre Mondial: des OGM à l’agro-écologie, de la mort à la vie…

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Du passé à l’avenir, des “Ogm” à l’agroécologie

de Jean-Pierre Berlan, directeur de recherches INRA

 

url de l’article original:

http://www.liberterre.fr/agriculture/OGM/index.html

 

Il y a deux générations, le paysan élevait ses chevaux de trait, les nourrissait avec son avoine, fertilisait ses champs avec leur fumier, semait le grain qu’il récoltait, produisait ce qu’il mangeait, cachait ses économies sous son matelas et nourrissait ses compatriotes. Avec sa ligne de crédit au Crédit Agricole, l’exploitant, terme significatif, achète ses chevaux à John Deere, son avoine à Total, ses engrais à AZF, ses semences et biocides à Monsanto, l’essentiel de sa nourriture à Casino, mais sachant à quoi s’en tenir, préfère pour son usage personnel les légumes de son potager “bio”et les volailles de son poulailler. Devenu un rouage d’un système technique global, ce technoserf, que l’Etat a habilement transformé en recéleur des subventions publiques destinées aux industriels, a pour tâche d’en nourrir les actionnaires et dirigeants. Mais il se présente comme ‘paysan’ devant le public et son ministère reste celui de ‘l’agriculture’. Ainsi, le langage mystifie-t-il le “grand chambardement” (F. Braudel) de civilisation que constituent l’industrialisation de l’agriculture et du vivant et l’avènement d’une humanité “hors sol”.

Les soi disant “Ogm” approfondissent cette industrialisation de l’agriculture et de l’alimentation. Les officines de relations publiques ont fait et font bon usage des 52 millions de dollars destinés depuis 2000 à nous tromper : dix ans de luttes contre ces chimères génétiques brevetées ont à peine entamé la collusion technocratique entre le cartel des “Ogm”, les biotechniciens et les politiques. Pourtant, dès 1998, il suffisait de lire le contrat que Monsanto faisait signer aux producteurs canadiens de colza transgénique tolérant à son herbicide Roundup pour savoir précisément ses objectifs. Ce chef de file des fabricants de bio-cides intégrés désormais aux semences, c’est-à-dire à la Vie, est en train de devenir avec le soutien de son gouvernement le “Microsoft du vivant”. Il détient 90% des semences transgéniques dans le monde. Son contrat vaut pour ses concurrents-alliés du cartel, DuPont, Syngenta, Dow, ou Bayer. Il révèle un projet commun. En voici quelques articles commentés.

I. L’Agriculteur doit utiliser les graines de colza Roundup Ready® pour un semis et un seul. Ce semis est destiné à la production de graines de colza vendues pour la consommation. L’Agriculteur s’engage à ne pas conserver de grain produit à partir de semences de colza Roundup Ready® dans le but de le replanter, qu’il s’agisse de vente, de don, d’échange ou de toute forme de transfert du grain récolté dans le but de le semer. L’Agriculteur s’engage également à ne récolter aucune repousse spontanée de colza Roundup Ready®.

Les quatre premières phrases de l’article I répètent quatre fois la même interdiction.  C’est donc la clé de tout. Nul mystère : tant que les plantes (et les animaux) se reproduisent et se multiplient gratuitement dans le champ du paysan, le sélectionneur-semencier n’a pas de marché. Tout semencier-sélectionneur s’efforce donc de séparer ce que la vie confond, la production qui reste entre les mains de l’agriculteur de la reproduction qui doit être son monopole. En somme, son rêve est de stériliser les plantes et les animaux par un moyen quelconque. Le succès d’un projet politique aussi inouï exige que la propagande l’occulte avec le plus grand soin. C’est encore le cas.

La stérilisation peut être biologique avec les soi disant “hybrides”, technique reine et soigneusement mystifiée de la sélection au XXè siècle (sans être stérile, la descendance de la plante perd en partie sa capacité de produire), et depuis 1998, les Terminators – des semences transgéniques dont la descendance est carrément stérile –, et la restriction de l’utilisation de gènes – des plantes transgéniques volontairement génétiquement handicapées et donc peu productives – sauf si l’agriculteur les traite par exemple avec un herbicide qui ‘allume’ en quelque sorte les gènes supprimant le handicap. Elle peut être contractuelle comme dans le contrat Monsanto. Elle peut être règlementaire. Curieusement, c’est là une spécialité des ministres socialistes de l’agriculture de M. Rocard (1985) à M. Glavany (sa trouvaille, la “cotisation volontaire obligatoire” consiste à taxer les semences fermières pour financer le cartel agrotoxique) en passant par M. Nallet (1989), que de pénaliser les agriculteurs qui sèment le grain qu’ils récoltent. Enfin, le brevet du vivant : la directive européenne 98/44 a été transposée dans l’indifférence générale à l’unanimité (sauf le groupe communiste) par le Parlement en novembre 2004, après que les prestidigitateurs de “l’éthique” ont fait disparaître la question politique de notre expropriation. Le brevet est la solution d’avenir partout où l’emprise idélologique, technique et économique sur nos vies est suffisamment avancée pour que nous tolérions la police génétique d’Etat ou privée qu’implique cette stérilisation légale.

Pour parachever l’imposture, c’est au nom du (néo)-libéralisme que nos dirigeants luttent contre la concurrence déloyale de la gratuité de la reproduction des êtres vivants. Pourquoi, demain ne nous feraient-ils pas condamner avec le même entrain nos portes et fenêtres pour que cartel des marchands de chandelles lutte contre la concurrence déloyale du soleil ?

II. L’Agriculteur ne doit acheter et utiliser sur tous les semis de colza Roundup Ready® que les seuls herbicides de la marque Roundup® prévus pour cette utilisation. L’Agriculteur doit acheter ensemble les herbicides de la marque Roundup® et le Contrat d’Utilisation de Technologie chez le détaillant de son choix.

Des explications sont ici nécessaires. La molécule herbicide du Roundup est le glyphosate, une molécule décrite à la fin des années 1940. Après en avoir étudié les propriétés herbicide au cours des années 1970,  Monsanto la brevète. C’est un herbicide ‘total’ qui, une fois à l’intérieur d’une plante, la tue en inhibant la synthèse de certains acides aminés. Pour cette raison, le Roundup est utilisé massivement en Colombie pour éliminer les paysans sous prétexte d’éradiquer la coca. Le glyphosate est lui-même peu métabolisé (dégradé) par la plante. En d’autres termes, le glyphosate entre dans la chaîne alimentaire.

Le Roundup assurait le gros des profits de Monsanto. Anticipant la fin de son brevet en 2000, Monsanto se mobilise pour fabriquer et commercialiser des plantes tolérantes au Roundup/glyphosate. Coup double brillant : d’une part, il s’agit de transformer cet herbicide total en herbicide ‘spécifique’ qui épargne les plantes tolérantes. Le Roundup/glyphosate peut être alors utilisé sur toutes les plantes pourvu qu’elles soient tolérantes. La seule limite de son marché est la superficie de notre planète. D’autre part, il s’agit de prolonger indéfiniment la durée du brevet sur le glyphosate puisque l’agriculteur s’engage par contrat à l’acheter sous la marque Roundup – trois, quatre fois plus cher que le produit générique.

Environ 2/3 des cultures transgéniques sont tolérantes au Roundup/glyphosate. La réussite est relative pour les plantes industrielles (soja, maïs, colza) destinées aux animaux et pour le coton (aux Etats-Unis) car quatre pays seulement (Etats-Unis, Canada, Argentine et Brésil) font 90% des cultures transgéniques. L’échec est total pour l’instant pour les deux grandes céréales alimentaires, le blé et le riz. Le public n’en veut pas. Si l’intérêt de Monsanto et du cartel est d’asperger la planète avec un (ou des) pesticide breveté, de fait, à perpétuité, les politiques et l’Etat, responsables, dit-on, de l’intérêt général, doivent-il les aider à le faire ? L’équipe de Gilles-Eric Séralini à l’université de Caen n’a-t-elle pas mis en évidence les effets reprotoxiques et génotoxiques du glyphosate sur ces cellules placentaires humaines à des doses très inférieures à celles utilisées en agriculture ?

Le dernier tiers est constitué de plantes transgéniques qui secrètent une toxine apparentée à l’une des toxines secrétées par la bactérie Bacillus thurigiensis. Le cartel qualifie ces plantes de “résistantes”, et donc écologiques ce qui permet de les industrialiser pratiquement sans étude toxicologique. En réalité, il s’agit de plantes insecticides : chaque cellule de la plante produit cette toxine diffusée, par conséquent, de façon absolument massive dans les sols, ces organismes vivants par excellence et, bien sûr, dans nos aliments. Il y a dans une poignée de terre de 300 millions à 50 milliards de bactéries, de 600 000 à 2 milliards de champignons et actinomycètes, de 600 000 à 50 millions de protozoaires sans parler des insectes, vers, acariens et autres organismes. 80% de la vie se trouve dans les 30 premiers centimètres de sol. Nous sommes installés sur une pellicule moléculaire de vie que notre agriculture industrielle détruit implacablement. Faut-il pourvuivre dans cette voie ?

La quasi-totalité des plantes transgéniques cultivées dans le monde relèvent de ces deux types. Le troisième objectif des fabricants de mort déguisés en industriels des “sciences de la vie”émerge ainsi du rideau de fumée de leur propagande : changer le statut des pesticides de polluants à éliminer (autant que possible) de la chaîne alimentaire et de l’environnement en constituants de cette même chaîne et de l’environnement. Projet pour le moins risqué : il y a plus de bactéries dans notre tube digestif que notre corps comporte de cellules et cette flore microbienne essentielle est tout aussi mystérieuse que celle des sols. En somme, si l’ancienne civilisation italienne a donné au monde ce plat sublime de simplicité qu’est la pasta al pesto, la nov-civilisation nécrotechnologique nous offre la pasta al pesticida !

Pour le cartel, un “bon” pesticide a un marché vaste. Son spectre d’action doit donc être large. A première vue, les pesticides “marchent , ils tuent leurs cibles, ravageurs et “mauvaises” herbes. Le paysan est ravi. Mais ils tuent aussi les auxiliaires bénéfiques, les prédateurs des ravageurs, et ils ne discriminent pas mieux entre les “bonnes” et les “mauvaises” herbes. La paysan accroît donc les doses. Puis les cibles deviennent tolérantes. Il accroît encore les doses. L’addiction est faite. Puis les cibles deviennent résistantes. L’agriculteur change de pesticide. Cela tombe bien : le brevet du précédent était échu et son innocuité était remise en cause. Ainsi, les pertes de récolte sont restées les mêmes aux Etats-Unis depuis une quarantaine d’années alors que la quantité de pesticides utilisée a été multipliée par quarante. Manifestement, ce “système pesticide” marche avant tout pour ceux qui fabriquent ces poisons. Déjà aux Etats-Unis, des amaranthes sont tolérantes au glyphosate et il faut utiliser des mélanges d’herbicides pour les contrôler. Excellente affaire : Monsanto a breveté la vieille pratique de mélanger les herbicides! Faut-il nous enfoncer encore plus dans cette addiction aux pesticides vouée à l’échec, pour enrichir les actionnaires du cartel et ses dirigeants ?

Les critiques se concentrent sur les pesticides. A juste titre, mais le problème est plus large. Ils sont nécessaires parce que l’uniformité, la standardisation, la normalisation, la spécialisation, bref l’industrialisation de l’agriculture et de l’alimentation, impliquent la destruction de la diversité des agroécosystèmes et de leurs équilibres dynamiques. Diversité naturelle et construite, dont les campagnes françaises étaient un merveilleux exemple. Et le recours aux pesticides renforce ce mouvement de destruction et d’industrialisation dans une spirale sans fin. L’Etat et son “génie rural”, ont, entre autres désastres, éliminé 700 000 kilomètres de haies, régulatrices du climat, hébergeant oiseaux, mammifères, et toute une faune utile, détruisant ainsi un formidable diversité biologique, humaine, paysagière et culturelle, au nom d’une conception marchande myope de la productivité. Ainsi, l’agriculteur a-t-il besoin d’un insecticide pour éliminer un ravageur parce que les “mauvaises” herbes dont il se nourrissait ont été éliminées par les herbicides, lesquels ont été introduits pour supprimer le sarclage mécanique, lequel n’est plus possible du fait de l’augmentation de la densité de plantation, laquelle a été accrue parce que les plantes ont été sélectionnées pour leur productivité à haute densité, laquelle permet de tirer partie de l’utilisation massive d’engrais à bas prix, laquelle rend les plantes encore plus appétissantes aux ravageurs, et ainsi de suite. A chaque pas, la recherche, prisonnière de son pragmatisme à court terme, intervient, soulageant l’agriculteur de la contradiction immédiate qui le ligote; chaque apaisement provisoire ouvrant de nouveaux marchés pour les semences, les engrais, les machines, les pesticides, le matériel d’irrigation, etc. De même que dans un roman connu, la main greffée étranglait son receveur parce qu’elle obéissait à son ancien possesseur, la main invisible du marché s’agrippe à la gorge du paysan qui, à chaque spasme, en resserre encore l’étreinte.

L’agriculture et l’agronomie de demain s’opposeront point par point aux principes implicites passéistes du “développementalisme” agro-industriel dont les chimères génétiques brevetées sont le couronnement. Elles seront fondées la gratuité de la nature et non sur sa transformation en marchandise, sur la finesse écologique et non la force brute, sur la santé des sols et non leur ruine, sur le travail en commun et non sur l’individualisme, sur la coopération entre savoir scientifique et savoir paysan et non sur la négation du second, sur une démarche d’ensemble et non sur un réductionnisme scientiste qui aboutit à la déraison lucrative du tout, sur l’utilisation écologique des milieux et les économies de diversité et non sur le pétrole et le primat des économies industrielles d’échelle, sur la collaboration amicale et attentive avec la nature et non sur sa soummission illusoire, sur l’enracinement dans les terroirs et non sur le hors-sol pour s’en affranchir, sur la séquestration du carbone dans les sols et non sa libération dans l’atmosphère, sur le respect des animaux et non leur torture, sur l’autonomie et la créativité des producteurs et non leur asservissement et leur abrutissement.

Le temps presse.

Résistance politique: Gauche-droite, deux faces de la même pièce de l’illusion démocratique

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Bozo Hollande a remplacé Kiri Sarko sous le chapiteau du cirque imbécile politique qui prend toujours plus les citoyens pour des cons. Le même Hollande qui allait faire ses génuflexions devant les banquiers de la City de Londres durant sa campagne pour les rassurer « qu’il n’était pas dangereux pour les marchés », veut faire croire qu’il va taxer plus l’oligarchie. Alors les votards (de soi-disant gauche), heureux ?

Combien de temps encore va t’il falloir pour que l’ensemble de la citoyenneté ne se rende finalement compte que voter n’a jamais servi à rien, ne sert à rien et ne servira jamais à rien… Autogestion ici et maintenant: seule possibilité de progressisme social.

Vous avez dit démocratie représentative ? Turlututu… Chapeau pointu !

— Résistance 71 —

 

Ubuesques pantalonnades

Le Monde Libertaire du 20-26 Septembre 2012

 

url de l’article original:

http://www.monde-libertaire.fr/france/15860-ubuesques-pantalonnades

 

La gauche revenue aux responsabilités fait ses premiers pas avec deux chaussures droites. Gare aux ampoules !

La pièce de théâtre qui se joue depuis l’élection de François Hollande à la présidence de la République, sur la scène nationale, est programmée pour cinq années. L’acteur principal en est ubuesque. Il est assisté par toute une valetaille de palotins (ministres) et autres commensaux, fats, caricaturaux et arrogants qui vendent le jus de leur crâne à prix d’or. Cette mauvaise pièce, qui se joue actuellement sous nos yeux, est malheureusement la triste réalité. Et nous assistons, silencieux, comme anesthésiés, à la spoliation de toutes les richesses que nous créons et qui devraient être nôtres. Nous subissons d’une manière passive la destruction de nos vies et, surtout, la mise en place d’un pouvoir plus répressif et policier que jamais. Cette pièce pourrait s’intituler LeDouble Jeu, tant les paroles des acteurs sont en contradiction avec leurs actes. Nous sommes dans l’absurde et l’irrationnel.

Premier acte : le temps des promesses

Il a vu fleurir des mots séduisants et racoleurs de la part de notre Ubu président, comme : « Je suis un ennemi déclaré de la finance et je taxerai, à hauteur de 75 %, tous les revenus au-dessus d’un million d’euros par an. » C’est très certainement pour cela que le président du changement a invité à sa table ses amis du CAC 40, dont certains sont très proches de lui. On peut prédire sans se tromper que, lors de ces agapes, le plat de résistance sera : vous supprimez cette taxe et nous nous engageons à réduire les licenciements. Déjà, le 11 juin dernier, le président les avait reçus, mais c’est la première fois que la chose est rendue publique. Cela ne laisse présager rien de bon. Il est grand temps que le peuple s’invite a la table élyséenne, non pas pour négocier quoi que ce soit, mais pour exproprier les squatters, car, s’il attend un carton d’invitation, il peut patienter longtemps.

Second acte : la main tendue au patronat

Où son palotin de Premier ministre est-il invité ? À l’université d’été du Medef. Il y fera un discours dans lequel il annoncera que cette taxe à du plomb dans l’aile, pour ne pas dire qu’elle ne verra jamais le jour. Seuls les travailleurs seront grugés dans cette affaire, car les licenciements continueront à pleuvoir comme à Gravelotte. Comme un palotin ne suffisait pas, un autre est venu rassurer le patronat quant aux intentions du pouvoir socialiste. Il s’agit de l’innommable ministre du Renoncement improductif, le bellâtre Montebourg, qui leur a susurré les mots qu’ils souhaitaient entendre.

Troisième acte : les Roms

Au mois d’août 2011, les socialistes ont fustigé avec beaucoup de véhémence la façon dont le précédent gouvernement de droite avait traité les Roms. Aujourd’hui qu’ils sont aux affaires, le président et Valls, son palotin de ministre de l’Intérieur, ne font pas mieux et n’ont pas plus de respect envers ces hommes, ces femmes et ces enfants. Depuis le début de l’été, ils ont procédé à cinq expulsions de campements. Après les expulsions de Hellemmes, de Villeneuve-d’Ascq, de Lyon, de La Courneuve et de Marseille, au moment où j’écris cet article, à Evry, dans le fief du ministre de l’Intérieur, se déroule, ce matin du 27 août, une nouvelle évacuation de Roms. C’est l’escalade. Où et quand vont-ils s’arrêter ? Nous sommes aux antipodes des promesses hollandistes de campagne électorale, lorsque l’« encore » candidat écrivait : « Je veux lutter sans concession contre toutes les discriminations et ouvrir de nouveaux droits. » Encore une promesse qui s’envole et gageons que, avec l’automne qui pointe le bout de son nez, bien d’autres promesses s’envoleront.

Quatrième acte : insulte aux libérateurs

Le 25 août 2012, le maire de Paris, Delanoë, un autre palotin hollandiste, a rendu les honneurs aux libérateurs de Paris les « républicains espagnols » de la colonne Dronne, autrement dit à la 9e compagnie de la 2e division blindée, la Nueve. À cette occasion, il a fait donner la police, qui a interpellé et embarqué les anarchistes présents à cette cérémonie, sous le motif qu’ils brandissaient des drapeaux noirs et des drapeaux noir et rouge. À ce qu’ont dit les policiers, sous le régime du Hollandais, on ne peut pas sortir les drapeaux noirs et les drapeaux noir et rouge dans la rue, sans une autorisation de la préfecture. Ce qui s’est passé est une double insulte à la mémoire des soldats de la Nueve, dont beaucoup étaient anarchistes. Ceux que la police française a interpellés ce 25 août 2012 étaient leurs enfants et petits enfants. Ce qui s’est passé ce jour-là à Paris, sous la férule de Delanoë, est une grave atteinte aux libertés fondamentales et une insulte à la mémoire des anarchistes et des républicains espagnols.

Souvenez-vous 1936 et la non-intervention en Espagne, qui a permis aux troupes de Franco de massacrer les Républicains espagnols et d’anéantir le Front populaire. C’était sous le gouvernement socialiste de Léon Blum ; puis, entre le 12 avril 1938 et le 11 mai 1939, c’est Daladier, un autre socialiste, qui est au gouvernement et qui, par son inaction, a permis à Franco de liquider le Front populaire espagnol et de prendre le pouvoir, avec l’aide de Mussolini, de Hitler et des soviétiques. L’histoire, à ce que l’on dit, ne se répète jamais deux fois de la même manière mais, quelque part, il y des similitudes. Je vous le dis : attention, danger ! Nous sommes sur la mauvaise pente !

Justhom

Pseudo-science… Science-poubelle ou science-corporative peu importe le vocable… On nous enfume encore et toujours plus chaque jour !…

Posted in actualité, désinformation, N.O.M, politique et lobbyisme, santé, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies with tags , , , , , , , on 27 septembre 2012 by Résistance 71

Nous avons traduit ici de larges extraits d’un long article du Guardian de Londres, lui même une forme éditée d’un extrait du livre de Ben Goldacre: « Bad Pharma » qui sort la semaine prochaine en anglais.

Ceci nous éclaire et confirme de l’intérieur ce que bon nombre d’entre nous dans le public savions déjà: les études / tests faits par les labos pharmaceutiques ou les scientifiques qu’ils financent ne sont faites que pour sortir les résultats qui importent aux bénéfices financiers des labos… pas aux bénéfices de la santé des patients.

En cela, le système fonctionne de la même façon pour les labos pharmaceutiques, ou pour Monsanto et les OGM, la pseudo-science affiliée aux thèses du Réchauffement Climatique Anthropique (RCA), insoutenables depuis 2009 et le ClimateGate de l’université d’East Anglia et rebaptisé depuis « changement climatique ».

Nous l’avons dit ici depuis bien longtemps et cela ne fait que se confirmer de jour en jour, de semaine en semaine: la science véritable a été kidnappée et sert l’oligarchie. elle n’est plus qu’une science-poubelle servant des intérêts industriels et financiers.

La science de la fin du XXème siècle et ce début du XXIème siècle est ce qu’on pourrait appelé une « science-corporative » une « science-industrielle » qui ne sert que des intérêts particuliers et certainement pas le progressisme humanitaire.

Nous allons revenir sur ce sujet très bientôt, car il est un des nerfs de la guerre contre le Nouvel Ordre Mondial.

— Résistance 71 —

 

Les médicaments ne marchent pas: un scandale médical moderne

Les médecins qui prescrivent les médicaments ne savent pas qu’ils ne font pas ce qu’ils sont supposés faire. Leurs patients ne le savent pas non plus. Les laboratoires pharmaceutiques eux le savent, mais ne le disent pas.

 

Par Ben Goldacre

 

Le 21 Septembre 2012

 

url de l’article original:

http://www.guardian.co.uk/business/2012/sep/21/drugs-industry-scandal-ben-goldacre

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le reboxetine est un médicament que j’ai prescrit. D’autres médicaments n’avaient aucun effet sur mes patients, nous avons alors voulu essayer quelque chose de nouveau. J’avais lu les données des essais préalables avant d’écrire l’ordonnance, et n’avais trouvé que des tests équilibrés, bien organisés, donnant des résutalts positifs dans une très large majorité. Reboxetine était meilleur qu’un placebo et aussi bon que tout autre anti-dépresseur en comparaison directe. Il est approuvé à l’utilisation par le Medicines and Healthcare products Regulatory Agency (MHRA), agence qui régit toute substance médicamenteuse au Royaume-Uni. Des millions de doses sont prescrites chaque année dans le monde entier. Reboxetine était de manière évidente un traitement sûr et efficace. Le patient et moi-même avons discuté brièvement les preuves apportées et nous sommes tombés d’accord sur le fait que cela constituait le prochain traitement à essayer. J’ai rédigé une ordonnance.

Mais nous avons tous deux été trompés. En Octobre 2010, un groupe de chercheurs réussit finalement a rassembler d’autres données qui avaient été collectées sur Reboxetine, à la fois de résultats de tests publiés et aussi de résultats de tests qui ne furent jamais publiés dans des articles académiques. Quand toutes ces données furent mises ensemble, cela produisit une image choquante. Sept tests furent faits comparant le reboxetine et un placebo. Seulement une, faite sur 254 patients, présentait un résultat positif net, celle-ci fut publiée dans un journal académique dont l’audience était des médecins et des chercheurs. Mais il y eut 6 autres études de faites, concernant presque 10 fois plus de patients. Toutes montrèrent que le reboxetine n’était pas meilleur qu’une pilule de sucre (placebo). Aucun résultat de ces études ne fut publié. Je n’avais aucune idée qu’elles existaient.

Il y a pire. Les tests comparant le reboxetine contre d’autres médicaments montrèrent exactement la même chose: trois petites études concernant un total de 507 patients, montrèrent que le reboxetine était juste aussi bien qu’un autre médicament. Elles furent toutes publiées, mais des données concernant 1657 autres patients ne furent pas publiées et ces données non publiées montraient que les patients sous reboxetine étaient plus mal que ceux sous autres médicaments. Comme si cela n’était pas déjà grave en soi, il y avait également les données sur les effets secondaires. Le médicament apparaissait bien dans les résultats publiés dans la littérature académique, mais quand nous avons vu les études non publiées, il s’avérait que les patients avaient plus de chances de développer des effets secondaires au médicament, avaient plus de chance d’arrêter de prendre le médicament et plus de chances d’arrêter de participer aux tests à cause des effets secondaires induits, s’ils prenaient du reboxetine plutôt qu’un autre médicament concurrent.

J’ai fait tout ce qu’un médecin était supposé faire. J’ai lu tous les articles, je les ai évalué de manière critique, je les ai compris, j’en ai discuté avec le patient et nous avons pris la décision ensemble, décision fondée sur les évidences. De par les données publiées, le reboxetine était un médicament sûr et efficace alors que dans la réalité, il n’était pas meilleur qu’une pilule de sucre et pis que cela, il faisait en fait plus de mal que de bien. En tant que médecin, j’ai fait quelque chose qui, en équilibrant toutes les évidences, a nuit à mon patient, simplement parce des données peu flatteuses sur la substance ne furent pas publiées.

Personne n’a enfreint la loi dans cette situation, le reboxetine est toujours sur le marché et le système qui a permis ceci de se produire est toujours en fonction, pour tous les médicaments, dans tous les pays du monde. Des données négatives sont absentes, pour tous les traitements, dans tous les domaines de la science. Les régulateurs et les corps professionnels que nous expecterions être efficaces à contre-carrer ce type de pratique échouent dans leur rôle protecteur. Ces problèmes ont été mis à l’écart de la scrutinité publique car trop complexes à comprendre rapidement. C’est pourquoi les politiciens ne les ont pas fixé, du moins partiellement, mais c’est aussi pourquoi cela prend beaucoup de détails à expliquer. Les gens en qui nous devrions être capables de faire confiance pour arranger ce type de problèmes ont échoué et parce que vous devez comprendre le problème correctement afin de le solutionner, il y a certaines choses que vous devez savoir.

Les médicaments sont testés par les gens qui les fabriquent, dans des séries de tests mal agencés, sur des trop petits nombres de patients non-représentatifs et analysé par des techniques qui sont fausses par construction, faussées de telle façon qu’elles exagèrent les bénéfices des traitements. De manière non surprenante, ces tests tendent à produire des résultats en faveur des fabriquants. Quand des tests montrent des résultats que les laboratoires n’aiment pas, ceux-ci ont parfaitement le droit de les cacher aux médecins et aux patients, ainsi nous ne voyons qu’une image déformée des effets réels de tout médicament. Les régulateurs voient la plupart des données des tests, mais seulement au début de la vie du médicament, et même là, ils ne donnent pas ces données aux médecins ou aux patients ou même à d’autres intervenants du gouvernement. Cette évidence déformée est ensuite communiquée et appliquée de manière déformée.

Dans leurs 40 années de pratique après avoir quitté les facs de médecine, les médecins n’entendent parler de ce qui marche de manière ad hoc que par les visiteurs médicaux, leurs collègues et les journaux spécialisés; mais ces collègues peuvent très bien être payés par des laboratoires pharmaceutiques, souvent de manière non dite, tout comme le sont les journaux médicaux. Ainsi  que le sont des groupes de patients, finalement, les articles académiques, que tout le monde pense être objectifs, sont souvent planifiés sous couvert et écrits par des gens qui travaillent directement pour les laboratoires sans le dire. Parfois, des journaux médicaux sont la propriété même de laboratoires pharmaceutiques. A part cela, pour plusieurs des problèmes les plus longs à résoudre en médecine, nous n’avons aucune idée de quel est le meilleur traitement, car il n’est dans l’intérêt financier de personne de faire des tests et de le savoir. […]

[…] En général, la section des résultats d’un article scientifique est extensive: les chiffres bruts sont donnés pour chaque expérience et pour chaque facteur causal possible, mais pas seulement sous forme de chiffres bruts. Les “fenêtres d’extension” sont donnés, les sous-groupes sont explorés, des tests statistiques effectués et chaque détail est exprimé sous forme de tableau et en narratif court dans le texte. Ce long processus se déroule généralement sur plusieurs pages. Dans l’étude de Fries et Krishnan (2004), ce niveau de détail n’était pas nécessaire. La section des résultats d’expériences est constituée d’une phrase simple assez passive et agressive:

 “Les résultats de tous les tests contrôlés (45 sur 45), favorisent le médicament du sponsor”.

Comment cela peut-il se produire ? Comment est-ce que les tests financés par l’industrie parviennent-ils presque toujours à dégager des résultats positifs ? Parfois des études sont biaisées par construction. Vous pouvez comparer votre nouveau médicament avec un autre que vous savez être nul, ou un médicament existant et un dosage inadéquat ou une pilule placebo qui n’a aucun effet. Vous pouvez choisir vos patients de manière très spécifiques de façon à ce qu’ils aient tous une bonne chance d’aller mieux après votre traitement. Vous pouvez observer vos résultats au milieu de l’étude et décider d’arrêter s’ils paraissent bien. Mais après toutes ces manipulations méthodologiques, vient une insulte toute simple pour l’intégrité des données expérimentales. Parfois des laboratoires pharmaceutiques font beaucoup de tests et quand ils voient que les résultats sont peu flatteurs, ils décident tout bonnement de ne pas les publier.

Parce que les chercheurs ont le droit d’enterrer tout résultat comme bon leur semble, les patients sont exposés à la nuisance sur une grande échelle et à travers tout le spectre médical. Les médecins peuvent n’avoir aucune idée des effets réels des traitements qu’ils prescrivent. Ce médicament est-il le meilleur dans son domaine, ou ai-je simplement été privé de la moitié des données et résultats expérimentaux ? Personne ne peut le dire. Ce médicament très cher vaut-il son prix, ou les données ont-elles été trafiquées ? Personne ne peut le dire. Ce médicament va t’il tuer mon patient ? Y a t’il des preuves qu’il soit dangereux ? Personne ne peut le dire. Ceci est une chose très bizarre qui se produit en médecine, une discipline où tout est supposé être fondé sur des évidences.

Ceci est caché à tout le monde en médecine, du haut vers le bas de la pyramide. Le NICE par exemple (National Institute for Health and Clinical Excellence), créé par le gouvernement britannique pour faire des résumés objectifs de toutes les preuves et évidences sur un noiuveau traitement médical, est incapable d’identifier ou d’accéder à des données sur l’efficacité d’un médicament qui auraient été cachées par les chercheurs ou les laboratoires. Cet institut n’a pas plus de droit légal que vous ou moi pour ce faire, alors même qu’il prend des décisions pour le NHS au sujet de l’efficactité et du rapport qualité-prix, pour des millions de gens.

Dans un monde sensé, lorsque des chercheurs font des études sur une nouvelle pilule pour un laboratoire pharmaceutique, nous serions en droit d’attendre des contrats universels, clarifiant que les chercheurs sont obligés de publier leurs résultats et que les sponsors de l’industrie pharmaceutique, qui ont un énorme intérêt fnancier à dégager des résultats positifs, n’aient aucun contrôle sur les données expérimentales. Mais bien que nous sachions beaucoup sur la recherche financée par l’industrie pharmaceutique même et donc biaisée, ceci ne se passe pas. En fait il se passe l’inverse: Il est parfaitement normal pour des chercheurs et des universitaires faisant des tests financés par l’industrie pharmaceutique de signer des contrats les soumettant à une clause restrictive qui leur interdit de publier, de discuter ou d’analyser les données de leurs recherches sans l’autorisation expresse de leur financier.

Ceci est une situation si secrète et honteuse que même essayer de la documenter publiquement peut s’avérer être très périlleux. En 2006, un article fut publié dans le Journal of the American Medical Association (Jama), une des plus grandes revues médicales au monde, article qui décrivait comment il était commun pour des chercheurs faisant des tests financés par l’industrie pharmaceutique d’être soumis toute sorte de restrictions sur leur droit à publier les résultats de leurs études. L’étude fut faite par le Nordic Cochrane Centre et elle observa toutes les recherches autorisées à Copenhague et Frederiksberg. (si vous vous demandez pourquoi ces deux villes furent choisies, c’était une question de pratique: les chercheurs pour cette étude firent des demandes ailleurs sans succès, on leut refusa spécifiquement l’accès aux données au Royaume-Uni). Ces tests étaient financés de manière très importante par l’industrie pharmaceutique (98% d’entr’eux) et les règles de gestion des résultats nous amènent directement à cette ligne de conduite qui se situe entre le terrifiant et l’absurde.

Pour 16 de ces 44 études, les compagnies qui les finançaient étaient autorisées à consulter les données au fur et à mesure de la recherche et dans 16 autres cas, elles avaient le droit d’arrêter immédiatement la recherche à n’importe quel moment et pour quelque raison que ce soit. Ceci veut clairement dire qu’un laboratoire peut voir si une recherche va à son encontre et peut interférer au fur et à mesure de la progression de la dite étude, déformant les résultats. Même si l’étude était autorisée à aller au bout, des données pouvaient toujours être supprimées: il y avait des restrictions sur les droits de publication dans 40 des 44 études et dans la moitié d’entr’elles, le sponsor stipulait dans le contrat que le sponsor était le propriétaire intangible des résultats (quid des patients pourriez-vous dire ?) ou qu’il devait avoir l’approbation finale pour la publication, ou les deux. Aucune de ces restrictions ne furent mentionnées dans les articles publiés.

Lorsque l’article décrivant la situation fut publié par Jama, LIF, l’association de l’industrie pharmaceutique danoise répondit en annonçant dans le Journal of the Danish Medical Association, qu’elle “était à la fois choquée et outragée à propos de la critique qui ne pouvait être reconnue.” Elle demanda l’ouverture d’une enquête sur les scientifiques, bien qu’elle ne dit pas par qui et sur quoi. La LIF écrivit ensuite au Comité Danois de Malhonnêteté Scientifique, accusant les chercheurs du Cochrane Institute de mauvaise conduite scientifique. Nous n’avons pas pu voir la lettre, mais les chercheurs disent que les accusations étaient très sérieuses, ils étaient accusés d’avoir délibérément déformés des données, mais accusation vague et sans documents ou preuves pour soutenir la thèse.

Quoi qu’il en soit, l’enquête continua pendant un an. Peter Gotzsche, le directeur du Cochrane Institute, déclara au British Medical Journal, que seulement la 3ème lettre du LIF, après 10 mois d’enquête, fit des accusations spécifiques qui pouvaient être enquêtées par le comité. Deux mois plus tard, les accusations furent annulées. Les chercheurs du Cochrane Institute n’avaient rien fait de mal, mais avant qu’ils ne soient lavés de tous soupçons, la LIF envoya une copie de la lettre d’accusations à l’hôpital où quatre des chercheurs travaillaient, ainsi qu’à l’équipe de gestion de cet hôpital et envoya une lettre similaire à la Danish Medical Association, au ministère de la santé au ministère de la science etc… Gotzsche et ses collègues se sentirent “intimidés et harcelés” par l’attitude du LIF. Le LIF continua à insister sur le fait que les chercheurs étaient coupables de méconduite même après la fin de l’enquête qui les blanchit. […]

[…] Les médicaments n’apparaissent pas sur le marché pour être utilisés en toute circonstance médicale: pour toute utilisation spécifique d’un médicament, pour une maladie spécifique, vous devez obtenir une autorisation de mise sur le marché indépendante. Ainsi un médicament peut obtenir une license pour le traitement du cancer des ovaires, par exemple, mais pas pour le cancer du sein. Ceci ne veut pas dire que le médicament ne marche pas pour le cancer du sein. Il pourrait même y avoir des preuves qu’il soit efficace pour cette maladie également, mais peut-être que le laboratoire n’a pas pris la peine de la dépense d’obtenir une autorisation de marché supplémentaire pour cet usage spécifique. Les médecins peuvent toujours aller de l’avant et le prescrire pour le cancer du sein s’ils le désirent, parce que le médicament est valide pour la prescription, il fonctionne probablement et il y en a des boîtes qui attendent dans les pharmacies pour être vendues. Dans cette situation, le médecin prescrira le médicament de manière légale mais “sans label”.

Maintenant il se trouve qu’un médicament à usage infantile possède une autorisation de vente différente que celui pour les adultes. Ceci est logique car les enfants réagissent aux médicaments différemment dans bien des cas et des recherches sur les enfants doivent être faites séparément. Mais obtenir une license pour un usage particulier est très difficile, cela demande une paperasserie importante et des recherches spécifiques. Souvent, ce processus est si cher que les laboratoires ne vont pas prendre la peine d’obtenir une license spécifique pour vendre un médicament à usage infantile, aussi parce que le marché est généralement plus restreint.

Ainsi, il n’est pas inhabituel de voir un médicament qui a une license de commercialisation pour adulte être prescrit pour les enfants. Les régulateurs ont parfaitement reconnu ceci comme étant un problème, ils ont donc récemment offert des incentifs aux laboratoires pour conduire plus de recherches et essayer de labelliser formellement leurs médicaments.

Lorsque GlaxoSmithKline (GSK) fit la demande pour une autorisation d’exploitation pour le paroxetine (anti-dépresseur) chez les enfants, une situation extraordinaire vint au jour, déclenchant la plus longue enquête de l’histoire de la régulation médicamenteuse du Royaume-Uni. Entre 1994 et 2002, GSK conduisit 9 études de son paroxetine chez les enfants. Les deux premières échouèrent à montrer quelque bénéfice pour la santé que ce soit, mais le laboratoire ne fit aucune tentative d’ informer quiconque de cela en changeant le label du médicament qui est envoyé à tous les médecins traitant et les patients. En fait, après que ces études furent effectuées, un document de la gestion interne du labo stipulait: “Ce serait commercialement inacceptable d’inclure une déclaration stipulant que l’efficacité n’a pas été prouvée, ceci minerait le profil du paroxetine.” Dans l’année qui suivit ce mémo secret interne, 32 000 prescriptions furent faites pour le paroxetine pour enfants rien qu’en Grande-Bretagne: ainsi, alors que le laboratoire savait que le médicament ne marchait pas pour les enfants, il n’était pas du tout pressé d’en faire-part aux médecins et ce malgré le fait que le labo savait que beaucoup d’enfants prenaient le médicament. Plus d’essais furent faits les années qui suivirent, 9 au total, et aucune de ces études ne démontra que le médicament était efficace à soigner a dépression infantile.

Il y a pire. Ces enfants ne recevaient pas seulement un traitement connu par le labo pour être inefficace pour eux, mais ils étaient également exposés aux effets secondaires. Ceci aurait dû être évident, sachant que tout traitememt effectif a des effets secondaires et que les médecins prennent cela en considération avec les bénéfices du traitement qui en l’occurence étaient inexistants. Mais personne ne savait à quel point étaient mauvais ces effets secondaires, parce que le labo ne dit rien aux médecins ou aux patients ou même aux régulateurs à propos des données préoccupantes résultant des tests. Ceci à cause d’un vide juridique: vous devez de par la loi en référer au régulateur concernant les effets secondaires d’un médicament révélés au cours de tests, mais seulement pour la license d’exploitation spécifique du médicament. Comme le paroxetine pour enfant était “hors-label”, GSK n’avait aucune obligation légale de dire à quiconque ce qu’il avait découvert.

Les gens s’inquiétaient depuis longtemps que le paroxetine pouvaient être un facteur d’augmentation des cas de suicides, bien que ceci soit un effet secondaire difficile à détecter chez un anti-dépresseur. En Février 2003, GSK envoya spontanément au MHRA une suite d’information concernant les risques de suicide liés aux utilisateurs du paroxetine, contenant quelques analyses faites en 2002 de données concernant d’évènements défavorables dans des tests effectuées par le laboratoire, ces évènements remontaient à une décennie. L’analyse montrait qu’il n’y avait pas de risques accrus de suicide. Mais cela était un élément fourvoyeur: bien que cela ne soit pas clair à l’époque, des données d’études sur des enfants avaient été mélangées avec d’autres faites sur des adultes, qui avaient un bien plus grand nombre de participants. Le résultat fut que tout signe d’augmentation de risque suicidaire chez les enfants avait été dilué dans la masse.

Plus tard en 2003, GSK  eut une réunion avec la MHRA pour discuter d’autres choses impliquant le paroxetine. A la fin de la réunion, les représentants de GSK donnèrent un document de synthèse expliquant que le laboratoire pensait faire la demande plus tard dans l’année pour obtenir la license d’exploitation spécifique du paroxetine pour les enfants. Le labo mentionna en donnant le document, que la MHRA pourrait considérer un problème de sécurité que le laboratoire avait noté: une augmentation des risques de suicide ches les enfants dépressifs traités au paroxetine, en comparaison avec des enfants traités avec un placebo.

Ceci était un effet secondaire vital, présenté après un délai incroyablement long, de manière casuelle et au travers d’une filière totalement inappropriée et non-officielle. Bien que les données furent remises à la mauvaise équipe de la MHRA présente à cette réunion, cette équipe eut néanmoins la présence d’esprit de voir que ceci était un problème important. De nombreuses activités s’ensuivirent: des analyses furent faites, et en un mois, une lettre fut envoyée aux médecins les avisant de ne pas prescrire le paroxetine aux patients de moins de 18 ans.

Comment se fait-il que nos sytèmes de collection de données des laboratoires soient si faibles, que ceux-ci peuvent cacher des informations importantes montrant que des médicaments sont non seulement inefficaces, mais également dangereux ? Parce que les règlementations contiennent des vides juridiques ridicules et il est lamentable de voir comment GSK les a exploité: quand l’enquête fut publiée en 2008, elle conclut que ce que la laboratoire avait fait: cacher des données importantes en regard de la sécurité et de l’efficacité d’un médicament que les médecins et les patients devaient manifestement savoir, était ouvertement non-éthique et avait soumis des enfants du monde entier à de grands risques, mais nos lois sont si faibles que GSK ne pouvait être inculpé d’aucun crime. […]

[…] Ceci nous amène au second problème évident du système actuel: Les résultats des tests sont donnés en secret aux régulateurs, qui s’assoient et prennent une décision feutrée. Ceci est à l’opposé de la science, qui est fiable parce que tout le monde montre son travail, explique comment on sait que telle ou telle chose est sûre, efficace, parce qu’on partage méthodologies et résultats et qu’on permet aux autres de décider s’ils sont d’accord sur la façon dont les données ont été collectées et analysées Et pourtant en ce qui concerne l’efficacité et la sécurité des médicaments, nous autorisons que tout cela se passe à huis-clos, parce que les laboratoires pharmaceutiques ont décidé qu’ils voulaient partager secrètement leurs résultats avec les régulateurs. Ainsi le travail le plus important basé sur la preuve en médecine se passe dans le secret du huis-clos. De plus, les régulateurs ne sont pas infaillibles comme nous le verrons.

Le rosiglitazone fut mis en vente en 1999. Dans cette première année le Dr John Buse de l’université de Caroline du nord discuta d’une augmentation des risques cardiaques dans une paire de réunions académiques. Le fabriquant du médicamewnt, GSK, entra directement en contact avec lui dans une tentative de le réduire au silence, puis contacta son chef de département. Buse fut mis sous pression pour signer des documents légaux variés. Pour faire court sur une longue histoire, après avoir fait le parcours du combattant avec les documents administratifs pendant plusieurs mois, le comité du sénat américain émit un rapport en 2007 décrivant ce que Buse avait subi comme de “l’intimidation”.

Mais nous nous sentons plus concernés avec les données sur l’efficacité et la sécurité. En 2003, l’Uppsala Drug Monitoring Group de l’OMS contacta GSK au sujet d’un nombre anormalement élevé de rapports spontanés associant le rosiglitazone avec des problèmes cardiaques. GSK conduisit deux méta-analyses internes sur ses propres données en 2005 et 2006. Celles-ci montrèrent que le risque était réel, mais bien que GSK et la FDA avaient ces résultats, aucune des deux ne fit une déclaration publique à ce sujet et les résultats ne furent pas publiés avant 2008.

Pendant ce délai, un grand nombre de patient fut exposé au médicament, mais les médecins et les patients ne furent mis au courant de ce problème qu’en 2007, quand le professeur cardiologue Steve Nissen et ses collègues publièrent une méta-analyse phare. Celle-ci montra une augmentation de 43% du risque de problèmes cardiaques chez les patients traités au rosiglitazone. Dès lors que les diabétiques sont déjà à hauts risques d’augmentation de troubles cardiaques, le but de réduire le diabète étant justement de réduire ce risque, ce résultat était vraiment une patate chaude. Les résultats de Nissen furent confirmés dans des recherches ultérieures et en 2010 le médicament fut soit retiré du marché ou restreint, partout dans le monde.

Mon argument ici n’est pas que ce médicament aurait dû être banni plus tôt, car, aussi bizarre que cela puisse paraître, les médecins ont souvent besoin de médicaments inférieurs pour utilisation en dernier recours. Par exemple, si un patient développe un effet secondaire particulier au médicament le plus efficace et n’est plus capable de l’endurer, lorsque ceci se produit, il vaut parfois mieux avoir sous la main un médicament moins performant que le patient supportera, c’est mieux que rien. Le problème est que ces discussions concernant les résultats ont eu lieu à huis-clos, visibles seulement des régulateurs. En fait, l’analyse de Nissen fut possible grâce à un rendu de justice très inhabituel. En 2004, quand GSK fut pris la main dans le sac à cacher des résultats d’études montrant de sérieux effets secondaires du paroxetine sur les enfants, leur mauvaise attitude résulta en un cas judiciaire pour tentative de fraude, dont le résultat fut, en plus d’une amende et de dommages et intérêts, l’obligation légale pour GSK de poster les résultats de ses tests cliniques sur un site internet public.

Nissen utilisa les donnés sur le rosiglitazone quand elles devinrent accessibles et trouva des signes alarmant de dommages, qu’ils publièrent ensuite avec les médecins, chose que les régulateurs n’avaient jamais fait auparavant et ce malgré avoir eu les informations des années auparavant. Si ces i formations avaient été accessibles dès le départ, les régulateurs se seraient sentis plus inquiets au sujet de leur décision, mais crucialement, médecins et patients auraient pu ne pas être d’accord avec eux et faire des choix mal informés. Voilà pourquoi nous avons besoin d’un accès bien plus large aux rapports de tests et ce pour toute la médecine et tous les médicaments.

Des données manquantes sont un fait qui empoisonne le puit pour tout le monde. Si des tests efficaces ne sont jamais faits, si des tests cliniques aux résultats négatifs sont cachés, alors nous ne pouvons simplement pas connaître les effets véritables des traitements que nous utilisons. L’évidence, la preuve en médecine n’est pas un souci académique abstrait. Quand on nous donne de mauvaises données, nous prenons de mauvaises décisions qui ont pour résultat d’infliger une souffrance inutile, voire la mort, à des gens juste comme nous.

• Ceci est un extrait édité de “Bad Pharma”, par Ben Goldacre, publié la semaine prochaine chez Fourth Estate at £13.99. To order a copy for £11.19, including UK mainland p&p, call 0330 333 6846, or go to guardian.co.uk/bookshop.

Nouvel Ordre Mondial: Le malaise du 11 Septembre dans la pressetituée…

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Malaise journalistique autour du 11 Septembre

Entretien avec Olivier Taymans

 

Par Olivier Mukuna

 

Le 26 Septembre 2012

 

url de l’article:

http://www.mondialisation.ca/malaise-journalistique-autour-du-11-septembre/

 

Invité, puis déprogrammé de l’unique émission de radio de la RTBF sur les médias (la bien nommée : “L’envers des médias”), Olivier Taymans sort d’une projection-débat consacrée à son film par le cinéma bruxellois Nova. Entretien avec l’auteur du premier documentaire francophone sur le malaise journalistique autour des attentats du 11 septembre.

Comment vous est venue l’idée de questionner et de mettre en critique la couverture médiatique francophone des attentats du 11 septembre ?Olivier Taymans : C’est venu en plusieurs temps. Lorsque Thierry Meyssan a sorti son livre (« L’effroyable imposture »), je l’ai interviewé dans une émission de radio que j’animais à l’époque (Radio Campus, ULB). Puis, j’ai cherché des contre-points aux thèses de Meyssan et j’ai trouvé plusieurs personnes qui critiquaient son travail avec sérieux. Je les ai aussi interviewées. Sans vraiment pouvoir trancher, il y a avait déjà matière à s’interroger sur le rôle des médias dans leur couverture du 11 septembre. Très vite, le traitement médiatique envers Thierry Meyssan n’a plus été ni honnête ni équilibré. Mais en tant que critique de médias, ce phénomène habituel ne m’a pas paru surprenant. Bref, je suis passé à autre chose. Jusqu’en 2004, où j’apprends qu’un troisième gratte-ciel new-yorkais, le bâtiment n°7, s’était effondré le 11 septembre 2001 (sans avoir été percuté par un avion, ndlr). A nouveau intrigué, ce qui va définitivement me lancer sur cette enquête, c’est une séquence diffusée en 2006 au JT de la RTBF. Il s’agit de ces fameuses images de l’attentat sur le Pentagone, prises d’une caméra de surveillance. Si l’on voit effectivement une explosion, on ne voit pas du tout ce qui percute la façade du bâtiment. De mémoire, ces images étaient accompagnées du commentaire journalistique suivant : « On voit brièvement et clairement un Boeing rentré dans le Pentagone et donc les théories du complot sont nulles et non avenues » … Là, je me suis dit : « on est arrivé à un point où le gars peut dire le contraire de ce qu’il montre lui-même ! ». Il y avait une schizophrénie totale. Du coup, l’aspect psychologique de journalistes capables de faire cela m’a intéressé énormément.

 

Avec cette séquence de 2006 et d’autres, la plupart des journalistes ont-ils cessé de faire leur métier et, pour certains, sombré dans une propagande pro-américaine ?

O.T. : On peut le voir comme ça. En même temps, je refuse de tomber dans le piège, style : « regardez ces journalistes qui manipulent ! ». Ce qui m’intéresse, c’est la psychologie de ces journalistes qui ne constituent pas, à mes yeux, les dernières petites mains d’un « grand complot  ». Toute l’idée de mon film réside là : examiner pourquoi un gars, qui n’a aucun intérêt apparent, dit le contraire de ce qu’il voit ? On voit pourtant tous la même chose que lui et ça nous amène à conclure qu’il n’y a rien sur ces images ! Sur le coup, les médias officiels sont tombés dans l’écueil qui consiste à mettre au service de leur thèse des images qui ne disent absolument rien et ne démontrent rien. Si ce journaliste ne trempe pas dans un quelconque « complot  », alors, pourquoi agit-il de la sorte ? C’est ce qui m’a intrigué.

 

Dans votre film, chez chaque interlocuteur francophone, on sent une dose de malaise plus ou moins grande. C’est un documentaire sur dix ans de malaise journalistique ?

O.T : Oui, mais le premier malaise, c’est celui qu’on ne voit pas : celui du journaliste responsable de l’incroyable séquence qui m’a lancé sur cette enquête. J’ai tout essayé auprès de la RTBF pour obtenir cette archive que je n’avais pas enregistré. D’une part, celle-ci illustrait parfaitement mon sujet et, d’autre part, c’est celle qui m’avait fait bouger. Puisque l’exploitation secondaire de ces images n’était pas autorisée, j’ai demandé au journaliste concerné sa permission pour disposer de son commentaire. Sur la base des mêmes images d’attentat circulant sur le net, j’aurais réalisé un montage avec sa voix off afin de redonner fidèlement ce que j’avais vu en 2006 au JT de la RTBF. Très sèchement, le journaliste m’a refusé cette archive sonore ! Abandonnant toute exploitation, j’ai demandé à pouvoir simplement visionner cette fameuse séquence. Refusé, également. Ensuite, je suis parvenu à ce qu’une parlementaire interpelle la ministre de la Culture et de l’Audiovisuel en Communauté française. Sur base de l’Article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui assure au citoyen un accès à l’information, la députée Florence Reuters (MR) a demandé au ministre Fadila Laanan (PS) : « Comment se fait-il qu’un réalisateur de documentaire n’ait pas le droit de visionner une séquence produite par le service public de la Communauté française ? ». La ministre a répondu à côté en tartinant sur les droits d’exploitation secondaire dont ne dispose pas la RTBF. Autrement dit, elle a répondu à l’impossibilité d’insérer ces images dans mon film mais pas sur l’interdiction qui m’était faite de les visionner. Florence Reuters ne s’y est pas trompée en répliquant : « Ce n’est pas la question, Madame la ministre ! La question est : pourquoi n’a-t-il pas le droit de visionner ces images ? » … L’incident était clos : je n’ai jamais pu voir cette séquence ; ne fût-ce que pour vérifier que je ne m’étais pas trompé, que je n’avais pas rêvé son commentaire journalistique. C’était le premier malaise de mon enquête ; tellement fort, qu’il a échappé à la caméra ! Il y a en d’autres, mais laissons aux spectateurs le soin de les découvrir.

A deux exceptions, il n’y a aucun journaliste belge francophone qui s’exprime dans le film. Ils ont tous refusé vos demandes d’interview ?

O.T : Exact. J’ai interpellé une série de journalistes qui, systématiquement, soit me fuyaient et me renvoyaient vers quelqu’un d’autre soit s’énervaient et m’insultaient. Si on leur dit que ce sujet « 11 septembre et médias » les terrorisent, ils vont le nier. Pourtant, force est de constater qu’il y a un malaise. Je me souviens aussi de ce journaliste d’un grand quotidien belge, auteur d’un article posant la question : « Peut-on enquêter sur le 11 septembre ? ». Rendez-vous fût pris. Il semblait enthousiaste, disait que mon projet était « très intéressant  » mais qu’il avait besoin de prétextes – c’est-à-dire d’un sujet d’actualité lié au contenu de mon film – pour rédiger un article. Le soir de notre entretien, je lui ai envoyé plusieurs prétextes d’actualité tels que, par exemple, la venue prochaine de David Ray Griffin en Belgique. Jusqu’à ce jour, je n’ai plus eu aucune nouvelle de ce gars …

En tant que critique des médias, qu’est-ce qui vous a le plus surpris dans les réponses que vous avez pu obtenir ?

O.T : Ce qui m’a le plus surpris ? (bref silence) … C’est de me faire insulter par Bruno Clément, (éditeur et présentateur de l’émission d’investigations Question à la Une (RTBF). Cet épisode est dans le film car il s’agit de la plus forte illustration du malaise journalistique concernant le traitement médiatique du 11 septembre. Néanmoins, je ne m’attendais pas du tout à une telle réaction de sa part. Chacun est libre de refuser une interview, mais en arriver, comme Clément, à perdre les pédales pour s’enfermer dans une attitude ordurière de rejet, je ne l’ai pas compris et ne le comprends toujours pas.

Vous ne pouviez ignorer que le seul fait de questionner le travail des médias et leur relais inconditionnel de la version officielle du 11 septembre allait vous exposer à des réactions de haine voire développer une diabolisation à votre endroit …

O.T : Oui, bien sûr. Si ce n’est que je n’ai pas le sentiment d’avoir eu la même démarche que, par exemple, Thierry Meyssan. Je ne pense pas avoir d’autre thèse que celle-ci : certaines choses signifiantes concernant le 11 septembre ne sont pas relayées par les grands médias. Ce qui me paraît absolument démontrable. Prenons le fait qu’il existe une série d’associations de professionnels (soit des personnes compétentes dans les domaines qui touchent au 11 septembre ; ex-agents de la CIA, ingénieurs, architectes, pompiers, etc.), respectés par leurs pairs et non identifiés comme des agitateurs politiques ou des cinglés, qui déclarent que tel, tel et tel point posent des problèmes factuels et scientifiques. Des problèmes qui contredisent sur le fond les conclusions de la Commission d’enquête sur les attentats du 11 septembre ! Eh bien, ce fait, hautement signifiant, n’est pas relayé par les médias ou alors de manière extrêmement superficielle. Pendant la réalisation du film, on m’a effectivement souvent renvoyé que j’avais une « thèse » et que je tentais de l’illustrer en images. Ce n’est pas le cas : qu’il s’agisse de Jean-Pierre Jacqmin (Directeur de l’information à la RTBF, ndlr), d’Yves Thiran (ex-Directeur de l’éthique, puis Chef de rédaction des nouveaux médias à la RTBF, ndlr) ou de Bruno Clément, j’ai approché ces personnes sans thèse sur le fond des évènements. Ce n’est même pas le sujet du film ! Mon sujet porte sur la couverture médiatique de la contestation raisonnée et non-conspirationniste de la version officielle des attentats du 11 septembre.

Pour quels motifs cette contestation raisonnée est-elle interdite de parole dans les médias traditionnels ?

O.T : Très bonne question ! Et dès qu’on cherche à y répondre, on devient un épouvantail prêtant aux amalgames et aux invectives. Si vous posez cette question, c’est que vous avez une « thèse  ». Si vous avez une thèse, vous êtes forcément « conspirationniste », puisque vous soupçonnez l’existence d’un « grand complot » – il est toujours « grand », le complot ! – qui implique une bonne partie de l’élite américaine. En conséquence : vous êtes « anti-américains » et, sans doute, « antisémite » parce que « négationniste », puisque vous « niez » les attentats du 11 septembre. Je n’ai jamais compris d’où venait cette locution absurde. De la remise en questions d’un évènement historique, on passe à la « négation » du 11 septembre lui-même. Amalgame complètement absurde, mais qui revient tellement souvent … La rumeur selon laquelle les employés juifs du World Trade Center avaient été prévenus de ne pas venir travailler le 11 septembre 2001 a dû avoir sa néfaste influence. Pourtant, cette assertion est fausse et personne ne la relaye ; excepté quelques extrémistes qu’il est malhonnête d’amalgamer avec tous les gens qui osent remettre tel ou tel aspect en question.

Dix ans plus tard, vous êtes le premier journaliste francophone à réaliser un documentaire sous l’angle de la critique du fonctionnement médiatique. Vos confrères des médias traditionnels subissent-ils une totale absence de liberté ou sont-ils terrorisés par l’idée de faire leur métier … jusqu’à risquer de le perdre ?

O.T : Sur ce type de sujet, je pense que la liberté se confond avec la curiosité. En travaillant pour les médias traditionnels, si vous cherchez vraiment à enquêter jusqu’au bout, vous vous confronterez à un manque de liberté.

Bien sûr, on ne vit pas dans un État totalitaire avec le bâillon sur la bouche ; par contre, on fera tout pour que vous n’ayez pas les moyens d’enquêter ni de diffuser au plus grand nombre ce que vous avez à dire. Dans le cadre hiérarchique d’une entreprise, l’employeur ne vous donnera ni les moyens ni la liberté d’enquêter. En indépendant, il faut chercher des soutiens financiers, très difficiles à trouver pour ce type de documentaire. Avant de tourner, je suis allé voir un producteur belge de petite taille, ouvert et soutenant des projets alternatifs. Son refus n’a pas seulement été motivé par les aspects « sensibles » du projet mais aussi par mon manque d’expérience en documentaires. Je suis journaliste depuis quinze ans mais c’était mon premier film. Ce fait incontestable combiné au côté épineux du sujet ne l’a pas encouragé à me trouver des financements. Néanmoins, j’ai obtenu un petit soutien financier de la SCAM (Société Civile des Auteurs Multimédias) que je tiens à remercier ici. Ceci étant dit, si je suis le premier sur un tel film, c’est aussi parce que d’autres documentaristes, plus expérimentés, ne cherchent pas à traiter le sujet. Peut-être parce qu’ils savent qu’ils n’obtiendront aucun financement ? Je n’en sais rien.

Ou peut-être craignent-ils des sanctions professionnelles capables de nuire définitivement à leurs carrières ?

O.T : Certainement. C’est ce qui explique aussi la timidité – c’est un euphémisme ! – d’une partie de la gauche de la gauche que beaucoup attendaient sur cette controverse. Or, des intellectuels comme Noam Chomsky, les journalistes du Monde diplomatique ou les politiques classés à la gauche de la gauche sont parmi les plus virulents à se démarquer de ce sujet. A l’instar des journalistes qui font les autruches, ces gens-là craignent énormément de perdre leur crédibilité. Il y a eu tellement d’amalgames autour des remises en question de la version officielle des attentats du 11 septembre que nombreuses sont les personnalités qui ne s’associeront pas à de telles interrogations ; de peur que toutes leurs autres activités, journalistiques ou militantes, soient frappés de ce sceau d’infamie. C’est la loi du « Quant dira-t-on ? ». La peur qu’on dise : « Monsieur X ? Oui, mais vous savez qu’il fricote avec les conspirationnistes ! ». C’est une sorte de contagion de la décrédibilisation qui est encore à l’œuvre. En cela, une partie des Français présents dans le film, qui n’ont cessé de crier à l’antisémitisme et au négationnisme, ont engrangé un certain succès. Ils sont parvenus à ce que des interrogations légitimes constituent désormais un « sujet sale », qu’on ne peut toucher que si l’on n’a plus rien à perdre …

Unanimement respecté dans le milieu du journalisme belge, Jean-Jacques Jespers qualifie votre sujet d’enquête de « tabou  » journalistique mais semble, lui aussi, marcher sur des œufs …

O.T : Jean-Jacques Jespers est dans une position intermédiaire. Après trente ans de journalisme à la RTBF, il est désormais Professeur de journalisme à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) et n’est plus loin de l’âge de la retraite. A ces différents titres, il bénéficie de plus de liberté d’expression que d’autres. Sa position intermédiaire se reflète aussi sur le fond du dossier. Jespers estime qu’il y a beaucoup d’éléments troublants mais en reste, grosso modo, à la position suivante : « Les autorités américaines ont sans doute eu une attitude d’ignorance coupable. Ils étaient sans doute au courant des projets d’attentats et les ont laissé se dérouler parce que cela les arrangeait bien ». C’est déjà un grand pas pour quelqu’un qui a une crédibilité à défendre.

Le cap de la commémoration des dix ans va-t-il favoriser un vrai débat contradictoire sur cette couverture médiatique bancale comme sur le fond du dossier ?

O.T. : Cela me paraît assez mal parti. En période de commémorations, on revient principalement sur l’émotionnel, les victimes, les témoignages. Ces aspects ont indéniablement leur place en journalisme. Mais ce ressort est aussi utilisé par certains pour affirmer que remettre en question « la vérité » demeure scandaleux vis-à-vis des victimes qui ont souffert. Pour ma part, je pense exactement le contraire. D’ailleurs, un grand nombre de familles des victimes du 11 septembre sont parmi les gens qui remettent les choses en question. Pour la sphère médiatique, à quelques exceptions près, il existe une antinomie entre cette émotion qu’ils véhiculent et les idées critiques de remise en question. Maintenant, à la décharge des journalistes, leur position est très inconfortable. J’ai eu des échos de certains journalistes qui ont tenté d’aborder le sujet dans leurs rédactions respectives. Avec prudence, ils ont développé l’une ou l’autre incohérence de la version officielle. Ils ont tous essuyé une réaction épidermique de rejet, qui vous fait vite comprendre que si vous voulez garder votre job, il ne faut plus insister !

« Position très inconfortable » dans l’espace francophone. Car votre documentaire montre qu’il en va tout autrement pour les journalistes norvégiens qui, eux, ne risquent pas de perdre leur travail en faisant leur travail …

O.T. : Oui, en Norvège, il y a au moins eu une véritable controverse. Tous les journaux n’ont pas rivalisé d’enquêtes ou de dossiers spéciaux sur le sujet, mais le vrai débat est possible. Jusqu’à l’intérieur d’un même journal où un rédacteur en chef n’a pas voulu en parler tandis que le responsable du même quotidien en ligne a décidé d’en faire sa « Une ». Tout cela se décide sans heurts et ne mène pas à une cascade d’anathèmes invraisemblables. Sur la controverse autour du 11 septembre, la particularité française de recours systématique à l’antisémitisme et au négationnisme a fort surpris les journalistes norvégiens. Ils ne comprenaient pas comment on pouvait relier les deux domaines. Le négationnisme et la remise en questions de la version officielle du 11 septembre n’ont en effet rien avoir entre eux. Si cette dérive est peu présente en Belgique, elle est fort développée en France et ne se limite pas qu’au 11 septembre ! L’antisémitisme et le négationnisme sont devenus des épouvantails, brandis devant toute dissonance idéologique ou dès qu’est défendue une analyse qui déplaît aux « intellectuels médiatiques » régnant sur le débat en France.

Si les médias francophones recouvrent de silence votre film, pensez-vous que leur objectif est d’éviter d’éclabousser une partie des journalistes ? Que ceux-ci n’aient pas à reconnaître qu’au minimum ils ont menti par omissions au sujet du 11 septembre ?

O.T : Non. Et je ne pense pas qu’ils pourraient le reconnaître parce que cela ramène à des processus relevant davantage de l’inconscient que de l’intention. Si l’omission d’informations est réelle, elle peut aussi être inconsciente. Ce qui me semble être le cas. Une partie du métier de journaliste consiste à hiérarchiser et sélectionner en permanence. Ils doivent, en âme et conscience, juger de l’importance ou de l’insignifiance de tel ou tel élément d’information. Dans ces processus, nombre de journalistes sont victimes de la fenêtre personnelle qu’ils ont sur la réalité. Autrement dit, ils fonctionnent d’après un certain conditionnement. Interrogés là-dessus, ils ne verront pas cela comme un mensonge par omission mais comme une saine hiérarchisation et sélection de l’information. Rares sont ceux à qui je serais tenté d’imputer une intention de falsification pour des raisons idéologiques. Je pense que l’idéologie à suivre est largement inconsciente : on baigne dedans sans s’en rendre compte.

« Rares », mais souvent titulaires d’émissions d’informations télévisuelles. A l’instar de Daniel Leconte (Arte) dont l’intégrisme pro-américain est implacablement disséqué dans votre film. Concernant son « travail », peut-on parler « d’inconscience » ou même de journalisme ? 

O.T : Non, effectivement. Lorsqu’on voit les sujets produits par Docs en stock, la société de production de Daniel Leconte, c’est très orienté et univoque jusqu’au choix des invités pour de pseudo-débats. Avec Leconte, on se trouve dans des choix conscients qu’on peut assimiler à de la mauvaise foi. Un « débat » où aucun invité n’a une opinion contraire à celle du présentateur (Daniel Leconte, ndlr), où tout le monde s’entre-congratule en répétant : « C’est fou ce que vous avez raison ! », ce n’est plus ce que j’appelle un débat. Et lorsqu’on constate qu’une majorité des intervenants – au pseudo-débat et dans les documentaires diffusés – font partie d’un même cercle idéologique néoconservateur, identifié et tout à fait identifiable, j’estime qu’on n’est plus dans le journalisme mais dans la propagande.

Votre film est désormais visible sur le net, vous attendez-vous à être diabolisé ?

O.T : Je n’en ai aucune idée. L’avenir nous le dira. Si certains médias traditionnels décident de parler du film, il ne serait pas étonnant que je sois rangé dans un camp. Or, je ne me sens appartenir à aucun camp. Si j’ai des relations avec des personnes considérées comme des « conspirationnistes », cela ne fait pas de moi un militant de leur cause. Je me sens davantage militant du journalisme que d’une position tranchée au sein de cette controverse. Ce que je défends, c’est une pratique du journalisme telle que je la conçois et non telle que je l’ai vu pratiquée pendant dix ans sur le 11 septembre. Il est assez malheureux d’être forcé d’aller jusqu’en Norvège pour trouver des personnes qui tiennent un discours sur le métier qui devrait être celui de n’importe quel journaliste ! Tout journaliste devrait avoir pour instinct naturel de se poser des questions, de ne fuir aucun sujet et de manier le doute en toutes circonstances. Cela devrait tomber sous le sens, mais, visiblement, il faut faire des milliers de kilomètres pour entendre ces évidences ! Et surtout, les voir pratiquées au quotidien par les Norvégiens sans qu’ils trouvent cela extraordinaire. Normal : c’est la base du métier ! Dans l’espace francophone, les professionnels que j’ai interrogés ont complètement perdus de vue ces balises. Celles-ci sont encore enseignées dans les écoles de journalisme mais comme une sorte de truc théorique obligatoire. Un peu comme la prière du soir chez les cathos qui ne pratiquent plus vraiment …

Propos recueillis par Olivier Mukuna

OGM et nécro-agriculture: Monsanto panique…

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Intéressant de constater que l’affaire est déjà « enterrée » par les médias, alors que cela devrait remuer ciel et terre…  Les consignes ont déjà été passées semble t’il. Nous rappelons néanmoins le lien de l’article original du professeur Séralini:

http://research.sustainablefoodtrust.org/wp-content/uploads/2012/09/Final-Paper.pdf

— Résistance 71 —

 

Monsanto lance une campagne pour sauver les meubles après la publication des résultats de l’étude sur le rapport entre OGM et cancer 

 

Le géant de la biotechnologie essaie de discréditer les résutats choquants de l’étude

 

Paul Joseph Watson


 

Le 24 Septembre 2012

url de l’article original:

http://www.infowars.com/monsanto-launches-damage-control-over-gmocancer-study/print/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le géant de la biotechnologie Monsanto a lancé un effort désespéré de sauve-qui-peut à la suite de la publication d’une étude française qui a trouvée que des rats nourris avec un maïs transgénique avaient beaucoup plus de chances de souffrir de cancers, d’arrêts des fonctions organiques et de mort prématurée.

Au-delà des détails de l’étude, une question bien plus large demeure. Si Monsanto et les autres géants de la biotechnologie et des OGM sont si confiants dans la sécurité de leurs produits et n’ont aucun doute sur le fait qu’ils soient mêlés aux produits alimentaires, pourquoi donc ont-ils dépensé de manière combinée plus de 19 millions de dollars dans une tentative d’éviter que les Américains n’apprennent que leur nourriture est modifiée génétiquement ?

Monsanto a financé une énorme campagne mise en branle par ses lobbyistes dans un effort de torpiller la proposition 37 de Californie, une loi qui exigerait simplement que la nourriture génétiquement modifiée et ses ingrédients soient étiquettés en conséquence pour la vente en magasins.

Si la nourriture génétiquement modifiée est si saine et sans danger que cela et que des études ont prouvé qu’il n’ y avait pas de problèmes, pourquoi donc Monsanto est si désespéré de cacher sa présence au sein de la nourriture ?

L’étude récente conduite par les scientifiques de l’université de Caen et publiée dans le périodique scientifique Food and Chemical Toxicology, a trouvé que 50% des rats mâles et 70% des rats femelles nourris suivant un régime contenant la maïs NK603, un maïs génétiquement modifié produit par Monsanto, ou ceux exposés à l’herbicide de Monsanto RoundUp, ont souffert de tumeurs et de dégâts majeurs au niveau des fonctions organiques, provoquant leur mort prématurée.

Monsanto est parti de suite en mode pirouette, publiant un communiqué de presse ce week-end clâmant que les toxicologues et les experts de santé publique avaient trouvé “des problèmes fondamentaux avec la façon dont la recherche a été faite”, sans expliquer spécifiquement en quoi résidaient ces problèmes.

Etant donné que des scientifiques financés par Monsanto sont régulièrement amenés devant le public pour attaquer l’abondance de preuves confirmant le lien entre les OGM et le cancer, la réaction de Monsanto à l’étude française ne surprend en rien.

Comme l’explique Sayer Ji, les deux études précédant la française, dont les résultats clamaient qu’il n’y avait aucun lien entre l’herbicide RoundUp ready et le cancer, avaient toutes deux été financées par Monsanto.

Une recherche publiée dans le journal Regulatory Toxicology and Pharmacology et qui avait exonéré Monsanto contenait cet aveu incroyable de conflit d’intérêts:

“Les auteurs ont donné les sources de leur financement pour cette recherche. JSM (l’auteur de la recherche) a servi comme consultant salarié de la compagnie Monsanto. Cette recherche a été soutenue par la compagnie Monsanto, St.Louis, Missouri”.

Est-ce vraiment une coïncidence si la première étude de ces dernières années non financée par Monsanto, trouve des résultats complètement différents ?

“Il n’y a pas de mécanisme plausible pour obtenir les résultats rapportés sur le maïs transgénique et les résultats sont inconsistants avec un corps extensif d’expérience et de recherche scientifique”, a dit Monsanto en réponse à l’étude française.

Quoi qu’il en soit, les résultats ne sont inconsistants qu’avec des recherches précédentes financées par Monsanto, parce que l’étude française a recherché au delà de la période de 90 jours qui a permis à Monsanto de clâmer que ses produits étaient sains.

Comme le stipule the Grocer, l’enquête française “fut la première étude qui a étudiée les effets à long terme du RoundUp et du NK603, qui furent approuvés pour la consommation humaine après des études ne dépassant pas 90 jours de nourriture. Les scientifiques ont trouvé que des rats développaient des tumeurs mammaires et des dégâts graves au niveau du foie et des reins aussi tôt que 4 mois après ingestion régulière pour les mâles et 7 mois pour les femelles, comparés respectivement à 23 et 14 mois pour le groupe de contrôle.”

Comme les tumeurs et autres maladies ne furent découverts qu’après une période de 4 mois, ceci jette un doute sérieux sur les études précédentes (financées par Monsanto) auxquelles le géant de la biotechnologie se réfère pour prouver que les OGM sont sains, parce qu’ils ont failli à dépasser la période de test au delà des 90 jours, alors que l’étude française a étudié les effets des produits OGM sur la vie complète des rats.

Ceci illustre le fait si besoin était, que loin d’être inadéquate ou mal faite, l’étude française fut plus extensive et plus complète que toute étude précédente, et ce avec le bonus supplémentaire qu’elle ne fut pas financée par Monsanto, et qu’elle fut complètement impartiale.

Comme rapporté la semaine dernière, les afficonados de Monsanto ont pris le train en marche dans un effort de discréditer les résultats de la recherche fançaise, mentant par omission dans une tentative de jeter le doute sur les résultats de l’étude.

David Spiegelhalter de l’université de Cambridge a essayé de questionner la précision de l’étude en mettant en valeur que “le bras de contrôle de l’étude comprenait seulement 10 rats de chaque sexe, dont la plupart avaient aussi des tumeurs.”

Mais Spiegelhalter n’a pas reconnu qu’il a fallu à ces rats témoins 19 mois de plus pour développer des tumeurs comparé à ceux nourris avec les produits OGM de Monsanto.

Après avoir pris des gifles dans un bon nombre de pays européens et étant menacé de se voir expulsé du marché européen dans son ensemble, Monsanto est maintenant entré en mode panique. Le projet de loi californien labellisé “Droit de Savoir”, aussi connu sous le vocable de proposition 37, pourrait bien signifier le commencement de la fin non seulement pour le modèle d’ affaires de Monsanto mais aussi pour l’agenda complet derrière les OGM dans le monde entier.