Archive for the économie Category

L’après 5 décembre… Où va t’on ? Y a t’il une vie avant la mort ?…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, gilets jaunes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 6 décembre 2019 by Résistance 71


Plus que jamais… Tout le pouvoir aux ronds-points !

 

A lire: « 5 décembre 2019… Retour la vie, tout simplement »

Collectif Guerre de Classe:
tract-GDC-A_bas_les_greves_des_impostures_marchandes

 

Retraite : Y a t’il une vie avant la mort ?

 

Résistance 71

 

6 décembre 2019

 

Que dire après ce 5 décembre qui fut un succès populaire ?… Bien sûr que le plan de “réforme” des retraites de la Macronie est inique et destructeur, mais objectivement, il n’est qu’un plan parmi d’autres et après celui-là, retoqué ou pas, il y en aura un autre car le capitalisme dans sa phase terminale n’a plus d’autre choix que de tout vampiriser pour se maintenir toujours un peu plus en vie.

La véritable question à notre sens et au sens d’un nombre croissant de personnes semble t’il, est celle de notre vie, pas celle de notre fin de vie…

Les “acquis sociaux” sur lesquels s’arc-boutent la lutte syndicale bouffant au râtelier du système, ont déjà été bien malmenés et ils le seront encore et toujours dans une marchandisation de tout et de chacun ; n’allons pas très loin : il suffit de regarder le comportement des zombies de la marchandise lors de ces opérations de la dégénérescence appelées “Black Friday” ou “Vendredi Noir”, pour voir la lobotomie marchande à l’œuvre. Penser aujourd’hui qu’on puisse restaurer les “acquis” issus du CNR et des trente glorieuses de l’après guerre n’est que pure utopie dans cette folie débridée de la dictature du fétichisme marchand. Une telle période ne pourrait renaître que sous une seule condition: un après 3ème guerre mondiale non thermonucléaire. C’est du reste la seule recette qu’a le système pour remettre en quelque sorte les compteurs économiques à zéro et repartir pour un tour de manège d’exploitation après chaque crise profonde, deux guerres mondiales faisant des centaines de millions de morts sont là pour en témoigner. 

Aussi loin que l’oligarchie est concernée dans le système de privilèges qu’elle défend, le temps d’une guerre majeure est venu, à moins qu’elle ne parvienne à mettre en place plus rapidement son projet de Nouvel Ordre Mondial fasciste supranational (fusion des états avec les entreprises des cartels techno-industrio-financiers) et sa grille de contrôle technotronique de dictature globale. Nous allons soit vers l’un, soit vers l’autre de ces plans oligarchiques.

Le problème fondamental ici ne réside pas dans la “réforme des retraites”, qui ne devient à l’analyse, qu’un épiphénomène d’une réalité bien plus malsaine, celle de notre mode de vie que nous n’avons en rien choisi mais qui nous a été imposé par la force de la division, du chantage au travail, au chantage marchand. Devons-nous passer l’essentiel de nos meilleures années de vie à travailler de manière aliénée dans cette course effrénée de l’annihilation et du contrôle marchand ? Il ne serait même pas question de “retraite” dans une société naturellement équilibrée au travail émancipé de la valeur marchande, parce que oui, il est parfaitement possible de sortir toute valeur marchande de l’équation pour ne produire qu’en rapport des besoins réels des sociétés et non plus en suivant le diktat du profit et de l’esclavage de la valeur et de la plus-value. La retraite en elle-même est une ineptie et fait partie du processus induit de ce chantage continuellement exercé sur le prolétaire, c’est à dire celui / celle qui n’a que sa force de travail à vendre pour (sur)vivre. Le monde du travail aliéné est une gigantesque fabrique et service de maintien d’une prostitution planétaire du labeur au profit du plus petit nombre dominant une société humaine préalablement divisée pour que ceci puisse non seulement se produire mais aussi perdurer depuis quelques 5000 ans sur les 1,8 millions d’années d’existence de L’Homo erectus.

Il nous suffit de remettre les choses à l’endroit et il n’y aura plus besoin pour personne de se préoccuper de la “retraite”, qui de fil en aiguille en est arrivée à être attribuée au travailleur arrivant en limite de vie en bonne santé. La “retraite” est devenu ce mouroir physique et mental où l’ex-travailleur-euse vivote en attendant la mort que le système désire au plus tôt pour cesser d’alimenter ces vies exengue de toute “productivité” et donc des poids morts économiques pour un système à bout de souffle. Le capital et ses valets veulent passer au stade de l’euthanasie sociale (puis physique) pour toutes celles et ceux qui ont dépassé le sacro-saint seuil de rendement, le seuil de vie en bonne santé, passée à trimer et à se faire traire jusqu’à la moëlle. Cessons de perdre notre temps et nos vies ! Renversons les rôles !

Euthanasions ce système parasite et retrouvons le chemin de la vraie vie, arrêtons de survivre et clamons, reprenons, notre pouvoir sur nos vies et notre société, recréons les communes libres organiques émancipées de la dictature marchande et œuvrons ensemble pour que chacun fasse selon ses capacités et reçoivent selon ses besoins. Devenons qui nous sommes: des humains à part entière et non pas des zombies de la marchandise en mouvement.

Il est là l’enjeu de ce mouvement social. L’idée n’est pas d’empêcher une énième réforme des retraites qui viendra de toute façon tôt ou tard dans la logique irrémédiable de la déchéance capitaliste, mais de SORTIR à tout jamais de ce cercle vicieux de l’abrutissement et de l’aliénation sociale dont le travail n’est qu’un des éléments de cette misère sociale et intellectuelle créée de toute pièce. 

Il ne s’agit pas ici de révolution mais bel et bien d’évolution… 

Cessons de nous laisser dicter notre façon de vivre du berceau au caveau en veaux soumis à ce veau d’or des plus factices. Il y a une alternative, la plus belle: celle de la Vie, incarnée dans une société des sociétés ne se concernant que pour le bien commun et le bonheur de toutes et tous, dans une relation naturelle à l’organisation de la société humaine faisant de notre complémentarité le lien organique entre les sociétés libérées par-delà tous les antagonismes et conflits de la politique marchande.

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir.

Pour l’avenir de la société et la reprise en main de nos vies : a bas l’État, à bas la marchandise, à bas l’argent, à bas le salariat !

Tout le reste n’est que pisser dans un violon !

 

 

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Vers une autre réalité…

5 décembre 2019: « Nous sommes là où tout commence… » pour la renaissance de l’humain contre la dictature marchande (Raoul Vaneigem)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 4 décembre 2019 by Résistance 71

Excellent article ci-dessous de Raoul Vaneigem, qui en d’autres termes, réaffirme ce que nous disons depuis bien longtemps également. Il est grand temps pour tout à chacun de comprendre la réalité de notre vie au-delà des guerres de clochers induites afin d’agir ensemble sur un changement radical (à la racine) de notre condition. Nous l’avons dit maintes fois et le répèterons sans cesse: Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir.
Dans la perspective du 5 décembre et des journées, semaines, mois qui suivront, le chemin de l’émancipation de la dictature du fétichisme marchand se dévoile en lâchant prise des antagonismes et en embrassant notre complémentarité naturelle pour clamer haut et fort: A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent ! A bas le salariat !
Ensemble œuvrons pour notre société des sociétés…

~ Résistance 71 ~

 


Guy Debord & Raoul Vaneigem

 

La renaissance de l’humain est la seule croissance qui nous agrée

 

Raoul Vaneigem

 

Novembre 2019

 

Source:

https://www.lavoiedujaguar.net/La-renaissance-de-l-humain-est-la-seule-croissance-qui-nous-agree

 

A lire aussi: “L’État n’est plus rien, soyons tout !”

 

Les coups de boutoir que la liberté porte à l’hydre capitaliste, qui l’étouffe, font fluctuer sans cesse l’épicentre des perturbations sismiques. Les territoires mondialement ponctionnés par le système du profit sont en butte à un déferlement des mouvements insurrectionnels. La conscience est mise en demeure de courir sus à des vagues successives d’événements, de réagir à des bouleversements constants, paradoxalement prévisibles et inopinés.

Deux réalités se combattent et se heurtent violemment. L’une est la réalité du mensonge. Bénéficiant du progrès des technologies, elle s’emploie à manipuler l’opinion publique en faveur des pouvoirs constitués. L’autre est la réalité de ce qui est vécu quotidiennement par les populations.

D’un côté, des mots vides travaillent au jargon des affaires, ils démontrent l’importance des chiffres, des sondages, des statistiques ; ils manigancent de faux débats dont la prolifération masque les vrais problèmes : les revendications existentielles et sociales. Leurs fenêtres médiatiques déversent chaque jour la banalité de magouilles et de conflits d’intérêts qui ne nous touchent que par leurs retombées négatives. Leurs guerres de dévastation rentable ne sont pas les nôtres, elles n’ont d’autre but que de nous dissuader de mener la seule guerre qui nous concerne, la guerre contre l’inhumanité mondialement propagée.

D’un côté, selon l’absurde vérité des dirigeants, les choses sont claires : revendiquer les droits de l’être humain relève de la violence antidémocratique. La démocratie consisterait donc à réprimer le peuple, à lancer contre lui une horde de policiers que pousse à des comportements fascisant l’impunité garantie par le gouvernement et par les candidats d’opposition, avides de lui succéder. Imaginez à quels trémolos se livreront les zombies médiatiques si l’immolation par le feu d’une victime de la paupérisation débouche sur l’incendie du système responsable !

De l’autre, la réalité vécue par le peuple est tout aussi claire. On ne nous fera pas admettre que l’on puisse réduire à un objet de transactions marchandes l’astreinte du travail mal rémunéré, la pression bureaucratique accroissant les taxes, diminuant le montant des retraites et des acquis sociaux, la pression salariale qui réduit la vie à une stricte survie. La réalité vécue n’est pas un chiffre, c’est un sentiment d’indignité, c’est le sentiment de n’être rien entre les griffes de l’État, un monstre qui se racornit en peau de chagrin sous la ponction des malversations financières internationales.

Oui, c’est dans le choc de ces deux réalités — l’une imposée par le fétichisme de l’argent, l’autre qui se revendique du vivant — qu’une étincelle, souvent infime, a mis le feu aux poudres.

Il n’est pas de futilité qui ne soit aujourd’hui de nature à déchaîner la violence de la vie réprimée, de la vie résolue à briser ce qui la menace d’extinction.

L’inertie séculaire, la léthargie si bien confortées par la vieille recette « du pain et des jeux », fondent la formidable puissance de la servitude volontaire. Déjà dénoncée au XVIe siècle par La Boétie, elle demeure notre ennemi le plus implacable. En nous attaquant de l’intérieur, la servitude volontaire favorise une propension qui agit chez beaucoup comme une drogue : la volonté d’exercer un pouvoir, d’endosser le rôle de guide. L’autorité de quelques-uns a bien souvent infesté les milieux libertaires de sa morbidité. Aussi faut-il se réjouir de la détermination des Gilets jaunes et des insurgés de la vie quotidienne à rappeler sans trêve leur refus de chefs, de délégués autoproclamés, de maîtres à penser, de grenouilles de bénitier politiques et syndicales.

Libre à ceux qui souhaitent mourir en paix d’attendre la mort dans le confort conjoint du cercueil et de la télévision, mais nous ne laisserons pas leur gâtisme infester notre volonté de vivre.

Ce que nous voulons, c’est la souveraineté de l’être humain. Rien de plus, rien de moins !

La paupérisation frappe à la porte avec une violence accrue, qui va la défoncer. C’en est fini de l’hédonisme des derniers jours que martèle le slogan consumériste et gouvernemental : « Jouissez d’aujourd’hui car demain sera pire ! » Le pire, c’est maintenant, si nous continuons à nous en accommoder. Cessons de croire à la toute-puissance du capitalisme et du fétichisme de l’argent. Nous avons appris que la grande farce macabre qui fait valser le monde n’obéit plus qu’à un petit ressort sordide, celui du profit à court terme, de l’absurde rapacité d’un boutiquier en faillite raclant les fonds de tiroirs.

Je ne parle pas d’espoir. L’espoir n’est que le leurre de la désespérance. Je parle de la réalité de toutes les régions de la terre où une insurrection de la vie quotidienne — appelez cela comme vous voulez — a entrepris de démanteler la dictature du profit et de jeter à bas les États qui l’imposent à des peuples, censés être représentés par eux. Ce que nous voulons, ce n’est pas demain, c’est maintenant, comme l’expriment très bien les aides-soignants, infirmières, infirmiers, urgentistes, médecins confrontés à la gestion économique qui déshumanise le secteur hospitalier.

Le système d’exploitation de la nature terrestre et de la nature humaine a mondialement plombé l’horizon. La chape de la rentabilité à tout prix ne laisse aucune issue à la générosité de la vie et au sens humain qui en favorise la pratique.

De toute évidence, exploiteurs et exploités sont persuadés que la marmite va exploser. La violence est inéluctable. Le problème n’est pas là. La question à résoudre sans ambiguïté repose sur une alternative.

Allons-nous tolérer que l’explosion sociale débouche sur un état de guerre civile endémique, sur un chaos de vengeances et de haines qui bénéficiera en fin de compte aux mafias multinationales, libres de poursuivre impunément, et jusqu’à l’autodestruction, leur projet de désertification lucrative ?

Ou bien, allons-nous créer des microsociétés affranchies de la tyrannie étatique et marchande, des territoires fédérés où l’intelligence des individus se libère de cet individualisme de troupeau en mal d’un guide suprême qui les mène à l’abattoir ? Allons-nous enfin oser prendre en main notre propre destinée et araser une jungle sociale où les bêtes de somme n’ont d’autre liberté que celle d’élire les bêtes de proie qui les dévorent ?

En 1888, Octave Mirbeau écrivait : « Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne disent rien et n’espèrent rien. Mais du moins, ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des révolutions pour conquérir ce droit. »

N’êtes-vous pas lassés de faire virevolter de génération en génération la même et inusable pièce de monnaie : pile la matraque de l’Ordre, face le mensonge humanitariste ?

Il n’y a pas de « vote du moindre mal », il n’y a qu’une démocratie totalitaire, que seule révoquera la démocratie directe exercée par le peuple et pour le peuple. Je me suis amusé au passage d’un slogan qui, si sommaire qu’il soit, appelle à une réflexion plus poussée : « Macron, Le Pen, Mélenchon, même combat de cons ! » (J’aurais préféré « même combat de capons », mais le rejet de toute forme de pouvoir et de dialogue avec l’État fait partie de ces petits plaisirs d’où viennent les grandes vagues de la jouissance individuelle et collective.)

Autonomie, auto-organisation, autodéfense

Les instances au pouvoir ne vont pas tolérer que le peuple s’affranchisse de leur tyrannie. Nous devons nous préparer à une longue lutte. Celle à mener contre la servitude volontaire ne sera pas la moindre. La seule assise dont le despotisme puisse se prévaloir, c’est la hargne sécuritaire des résignés, c’est le ressentiment suicidaire d’une majorité prétendument silencieuse qui hurle sa haine de la vie.

La meilleure défense est toujours l’offensive. À ce principe, amplement démontré par la tradition militaire, j’aimerais substituer celui de l’ouverture, car, à l’avantage de briser l’encerclement s’ajoute le plaisir de briser l’encasernement.

L’ouverture à la vie, nous la voyons à l’œuvre dans la farouche détermination des insurrections en cours. Même si certaines s’éteignent, elles repartent de plus belle. Nous le sentons dans le caractère festif des manifestations de protestation qui perdurent bien qu’elles se heurtent à l’aveuglement, à la surdité, à la rage répressive des gouvernements. C’est en me fondant sur cette ouverture que j’ai parlé de pacifisme insurrectionnel.

Le pacifisme insurrectionnel n’est ni pacifique, au sens bêlant du terme, ni insurrectionnel, si l’on entend par là les aberrations de la guérilla urbaine et guévariste.

Je n’ai ni vocation de guerrier ni vocation de martyr. Je m’en remets à la vie et à sa poésie du soin de dépasser les contraires afin qu’ils ne deviennent pas contrariétés, afin qu’ils échappent à la dualité manichéenne du pour et du contre. Je mise sur la créativité des individus pour inventer une révolution dont il n’existe aucun exemple par le passé. Le désarroi et les incertitudes d’une civilisation qui naît n’ont rien de commun avec le désarroi d’une civilisation qui n’a que la certitude de crever.

Philosophes, sociologues, experts en pensées, épargnez-nous les sempiternelles discussions sur la malignité du capitalisme qui rentabilise son agonie. Tout le monde est d’accord sur ce point, même les capitalistes. Les vrais problèmes en revanche n’ont pas été abordés. Ce sont ceux de la base, ceux des villages et des quartiers urbains, ceux de notre propre corps, qui est tout de même, faut-il le rappeler, le vrai décideur de notre destinée, non ?

Plus les luttes se répandent planétairement, plus leur sens gagne en radicalité, en profondeur, en expérience vécue, plus elles se passent d’engagement militant, plus elles se moquent des intellectuels, spécialistes en manipulation subversive ou réactionnaire (car la manipulation traite l’une et l’autre comme l’avers et le revers d’une pièce de monnaie). C’est à la fois dans leur vécu existentiel et dans leur fonction sociale que les individus se découvrent sur le terrain où leur aspiration à vivre commence à saper et à déblayer le mur que les chiffres d’affaires leur opposent, comme si là s’arrêtait leur destin.

Non, on ne peut plus parler de l’homme abstrait, le seul que reconnaissent les statistiques, les calculs budgétaires, la rhétorique de celles et ceux qui — laïcs ou religieux, humanistes ou racistes, progressistes ou conservateurs — font matraquer, éborgner, violer, emprisonner, massacrer, tandis que, tapis dans leurs ghettos de lâches, ils comptent sur l’arrogant crétinisme de l’argent pour assurer leur impunité et leur sécurité.

La dictature du profit est une agression contre le corps. Confier à la vie le soin de nous immuniser contre le chancre financier qui corrompt notre chair implique une lutte poétique et solidaire. Rien de tels que les feux de la joie de vivre pour réduire en cendre la morbidité du monde ! La révolution a des vertus thérapeutiques, insoupçonnées jusqu’à nos jours.

Écologistes, qu’allez-vous brailler à l’amélioration climatique auprès d’États qui vous narguent en polluant chaque jour davantage, alors qu’il est urgent d’agir sur un terrain où les questions n’ont rien de mondanités intellectuelles. Des questions telles que :

☀ Comment passer des terres empoisonnées par l’agro-alimentaire à leur renaturation par la permaculture ?

☀ Comment interdire les pesticides sans léser le paysan qui, piégé par Monsanto, Total et consorts, détruit sa santé en détruisant celle des autres ? Comment rebâtir sur des bases nouvelles ces petites écoles de village et de quartier que l’État a ruinées et interdites pour promouvoir un enseignement concentrationnaire ?

☀ Comment boycotter les produits nocifs et inutiles que le harcèlement publicitaire nous enjoint d’acheter ?

☀ Comment constituer des banques d’investissement local où la monnaie d’échange palliera opportunément l’effondrement monétaire et le krach financier programmé ?

☀ Comment couper court aux prélèvements fiscaux que l’État affecte aux malversations bancaires, et entreprendre de les investir dans l’autofinancement de projets locaux et régionaux ?

☀ Surtout, comment propager partout le principe d’une gratuité que la vie revendique par nature et que le fétichisme de l’argent dénature. Gratuité des trains et des transports publics, gratuité des soins, gratuité de l’habitat et de l’autoconstruction, gratuité graduelle de la production artisanale et alimentaire locale.

Utopie ? Y a-t-il pire utopie que le fatras de projets absurdes et délétères que déballent, sous les yeux fatigués des téléspectateurs, ces cabotins sans talent qui agitent le spectre de leurs guerres de commis-voyageurs, réitèrent sans fin la pitrerie du combat des chefs, voilent sous de faux débats les vraies questions existentielles et sociales, éclipsent le terrorisme d’État par un terrorisme de faits-divers où la folie suicidaire croît avec la paupérisation et un air ambiant de plus en plus irrespirable ?

A-t-on assez pris conscience que, dans leur diversité, voire dans leurs divergences, les Gilets jaunes et les mouvements revendicatifs formaient un formidable groupe de pression capable de boycotter, bloquer, paralyser, détruire tout ce qui pollue, empoisonne, appauvrit, menace notre vie et notre environnement ? Nous faire sous-estimer notre puissance et notre créativité relève des mécanismes démocratiques de la tyrannie étatique et marchande. Plus que sur ses gendarmes, la force illusoire de l’État repose sur un effet de propagande qui nous presse à chaque instant de renoncer à la puissance poétique qui est en nous, à cette force de vie dont aucune tyrannie ne viendra à bout.

Or, pendant ce temps-là…

Au Chili, la lutte contre la vermine qui prolifère sur le cadavre de Pinochet a ravivé la conscience que tout doit repartir de la base, que les représentants du peuple ne sont pas le peuple, que l’individualiste manipulé par l’esprit grégaire n’est pas l’individu capable de réfléchir par lui-même et de prendre le parti de la vie contre le parti de l’argent qui tue. Il faut laisser au peuple la conquête d’une intelligence qui lui appartient et que les diverses formes de pouvoir s’attachent à lui ôter.

Il en va de même en Algérie, au Soudan, au Liban, en Irak. Je fais confiance au Rojava pour transformer sa retraite momentanée en offensive. Les zapatistes ont, quant à eux, répondu aux arguments économistes du socialiste López Obrador en accroissant le nombre de leurs bases (caracoles) et de leurs conseils de bon gouvernement, où les décisions sont prises par le peuple et pour le peuple.

La revendication opiniâtre d’une démocratie à Hongkong oscille entre d’une part une colère aveugle, prête à se satisfaire d’un parlementarisme partout remis en cause, et d’autre part une colère lucide qui ébranle et fait trembler par sa persistance la gigantesque pyramide du régime totalitaire chinois (qu’inquiète la menace d’un krach financier.) Qui sait ? Le lierre s’infiltre partout, et le passé insurrectionnel de Shanghai n’est pas loin.

Le Soudan secoue le joug de la tyrannie et du pouvoir militaire, l’Iran vacille. Le Liban est un coup de semonce pour le Hezbollah et pour l’islamisme dont la défroque religieuse ne masque plus l’objectif politico-pétrolier. L’Algérie ne veut pas d’un ripolinage gouvernemental. L’Irak découvre que la réalité sociale l’emporte sur l’importance accordée aux rivalités religieuses. Restent les Catalans, les seuls à vouloir un État alors que le « plus froid des monstres froids » est partout criblé de flèches. Mais il n’est pas impossible que les indépendantistes, engagés dans une impasse par le bras de fer opposant l’État madrilène à la non moins étatique Generalitat, respirent soudain les remugles du cadavre franquiste que l’esprit nationaliste a sorti de ses cimetières. Donc il n’est pas impossible que leur revienne la mémoire des collectivités libertaires de la révolution de 1936 où se forgea une véritable indépendance, avant que le parti communiste et son allié, l’État catalan, les écrasent.

Ce n’est qu’un rêve mais la vie est un songe et nous sommes entrés dans une ère où la poésie est le passage du rêve à la réalité, un passage qui marque la fin du cauchemar et de sa vallée de larmes.

Ouvrir un espace vital à celles et ceux que paralysent le désarroi et l’angoisse du futur, n’est-ce pas la pratique poétique qui fait l’insolente nouveauté de l’insurrection de la vie quotidienne ? Ne la voyons-nous pas dans la déperdition du militantisme, dans l’érosion de ce vieux réflexe militaire qui multiplie les petits chefs et leurs troupeaux apeurés ?

Sous la diversité de ses prétextes, l’unique revendication qui s’exprime aujourd’hui sans réserve, c’est la vie pleine et entière.

Qui s’y tromperait ? Nous ne sommes pas dans le tumulte de révoltes prévisibles ou inattendues, nous sommes au sein d’un processus révolutionnaire. Le monde change de base, une vieille civilisation s’effondre, une civilisation nouvelle apparaît. Les mentalités compassées et les comportements archaïques ont beau se perpétuer sous un ersatz de modernité, une nouvelle Renaissance émerge au sein d’une histoire que son inhumanité met en capilotade sous nos yeux. Et ces yeux se dessillent peu à peu. Ils découvrent chez la femme, l’homme et l’enfant un génie d’expérimenter innocemment des innovations inouïes, des énergies insolites, des formes de résistance à la mort, des univers qu’aucune imagination n’avait osé mettre en branle par le passé.

Nous sommes là où tout commence.

17 novembre 2019

Raoul Vaneigem

L’essentiel-et-l’indispensable-de-Raoul_Vaneigem

Guy_Debord_La_societe_du_spectacle

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Lectures complémentaires:

L’anarchie pour la jeunesse

Erich_Mühsam la liberté de chacun est la liberté de tous

confederalisme_democratique

petit_precis_sur_la_societe_et_letat

Appel au Socialisme Gustav Landauer

Le_monde_nouveau_Pierre_Besnard

Inevitable_anarchie_Kropotkine

Manifeste contre le travail

Un monde sans argent: le communisme

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

L’anarchisme-africain-histoire-dun-mouvement-par-sam-mbah-et-ie-igariwey

Rudolph Rocker_Anarchie de la theorie a la pratique

Un-autre-regard-anarchiste-sur-la-vie-avec-emma-goldman

Louise-Michel_De-la-commune-a-la-pratique-anarchiste

James_C_Scott_Lart_de_ne_pas_etre_gouverne

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

3ri-et-societe-des-societes-du-chiapas-zapatistes-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-le-rojava-fevrier-2019

Guy_Debord_La_societe_du_spectacle

Murray_Bookchin_Le_municipalisme_libertaire

Murray_Bookchin_Ecoute_Camarade

Voline_La_synthese_anarchiste

Alexandre_Skirda_Organisation_anarchiste_de_Proudhon_a_nos_jours

 

 

 

 

Escroquerie du réchauffement climatique anthropique: Novembre 2009 ~ Novembre 2019… Les 10 ans du ClimateGate (Dr Roy Spencer & Eric Morano)

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, économie, désinformation, documentaire, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, presse et média, réchauffement climatique anthropique, résistance politique, science et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , on 24 novembre 2019 by Résistance 71


Novembre 2009 ~ Novembre 2019
« Cachez ce déclin que nous ne saurions voir… »

 

Extrémisme climatique dans l’âge de la désinformation

 

Dr. Roy Spencer

 

18 novembre 2019

 

url de l’article original:

http://www.drroyspencer.com/2019/11/climate-extremism-in-the-age-of-disinformation/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les guerres du réchauffement climatique [anthropique] changent-elles jamais l’avis des gens ?

Je suppose qu’il y a des personnes qui ont changé. Je me souviens de Judith Curry ayant dit que le ClimateGate (maintenant célébrant son 10ème anniversaire depuis novembre 2009) fut son alarme de réveil lui signifiant que la science institutionnalisée du climat n’était sans doute pas ce qu’elle prétendait être. Elle est maintenant une sceptique climatique très bien informée et ne baissant pas les bras contre cette tendance moderne de blâmer tout mauvais bulletin météo sur l’attitude et les actions humaines.

Il y a j’en suis sûr bien d’autres exemples, mais l’infortunée vérité est que de moins en moins de gens en fait ne se préoccupent de la vérité.

 Le journaliste qui a dénoncé e Climategate, James Delingpole, a posté hier un article intitulé The Bastards Have Got Away with It!, (“Les salauds s’en sont sortis !”) James conclut l’article de cette façon:,

“Le ClimateGate fut cet évènement lorsque, juste pour un moment, nous avons pensé avoir ferré ces escrocs du climat, que la plus grande supercherie scientifique (et économique) avait été éventée et que le complexe industriel de ce Climategate pourrait être démantelé avant qu’il ne puisse produire plus de dégâts sur notre liberté et notre prospérité. Mais la vérité semble t’il, ne pèse pas dans la balance du gros business, de la sale politique corrompue et de la folie de la persuasion de groupe. Nous avons perdu cette bataille je pense mes amis, mais la perspective que les responsables de cette super escroquerie brûleront un jour en enfer est quelque chose, j’en ai bien peur, qui ne me donne que bien peu de consolation.”

Voyez-vous, il importe peu que quelques mauvais acteurs (même si ce sont des leaders du mouvement climatique) conspirèrent pour cacher des données et leurs méthodes et pousser à ce que que des éditeurs de revues scientifiques  ne publient pas les articles qui pourraient se mettre sur le chemin de la mission du GIEC d’épingler le changement climatique sur les humains, ceci ne faisant que gonfler l’ampleur de la supercherie et ainsi de fonder la base des efforts gouvernementaux internationaux pour réduire l’accès à l’humanité à des sources d’énergie bon marché.

Les gars essayaient juste de Sauver la Planète et nous savons tous que la fin justifie les moyens non ?… Qu’importe donc s’ils ont triché et falsifié ? Un mec est un mec non ?. La science est juste et de plus, quelques 97% des scientifiques sont d’accord… sur un truc machin chose.

Les racines de la polarisation

On pourrait penser que la pratique de la science devrait être objective. Je l’ai pensé jadis moi aussi. Juste après mon doctorat à l’université du Wisconsin, lorsque je découvris quelque chose de nouveau dans les données satellites, je fus surpris de rencontrer des employés de la NASA qui essayaient d’empêcher que mon travail ne soit publier parce qu’ils avaient peur que cela interfère avec une nouvelle mission satellite sur laquelle ils travaillaient. J’ai eu mon travail publié éventuellement comme article principal dans la prestigieuse revue “Nature”. (NdT: plus gros magazine scientifique de langue anglaise, LA référence en matière de publication scientifique, même si certains articles soit disant peer reviewed, durent être désapprouvés…)

Mais le sujet qui m’intéressait n’avait pas de ramifications économiques et financières profondes, ni politiques du reste, ni même religieuses sur l’impact qu’aurait le changement climatique. De plus, il y a 35 ans, les choses étaient bien différentes d’aujourd’hui. Les gens avaient moins de sens tribal. Il y a un vieil adage qui dit qu’on ne doit jamais discuter de politique ni de religion en bonne compagnie, mais il s’avère que les médias sociaux sont bien loin d’être une bonne compagnie.

D’un point de vue pratique, ce que nous faisons ou pas au sujet du changement climatique anthropique soutient soit a) un contrôle gouvernemental du haut vers le bas des affaires humaines impliquant un cadre plus “socialiste” de gestion ou b) un cadre de liberté individuelle sans partage où le capitalisme règne en maître absolu. Donc, on peut être facilement un croyant (ou un non-croyant) de cette “urgence climatique” selon nos inclinaisons politiques. Bien que je connaisse quelques gens de gauche qui soient sceptiques envers le changement climatique anthropique et que celui-ci soit une préoccupation majeurs, ceci représente plus une exception qu’une règle. La même chose est vraie pour les capitalistes qui pensent que nous devrions opérer une transition des sources d’énergie hydrocarbonées vers le solaire et l’éolien (à moins qu’ils ne fassent de l’argent dans la transition au moyen de subsides les rendant dans ce cas motivés financièrement plus qu’idéologiquement).

Ou, sur un plan spirituel, un humain qui désire adorer quelque chose doit ultimement choisir entre la création ou le créateur. Il n’y a pas de 3ème option. Je pense que la plupart des scientifiques de la Terre sont des adorateurs de la nature (à des niveaux différents de ferveur) et considèrent la terre être fragile. Par contraste, ceux qui croient que la terre fut créée dans le but de servir l’humanité tendent à voir la nature comme étant résiliante et moins sensibles aux dommages de longue durée. Ces deux visions ont une implication religieuse car “fragile” et “résiliante” sont des termes émotifs et qualitatifs plutôt que scientifiques. Ainsi j’arguerai que cela n’a pas vraiment d’importance pour la plupart des alarmistes ou des sceptiques ce que montre la preuve. Aussi loin que 8 milliards d’individus sur cette planète ont quelque effet et non pas zéro sur le climat, aussi petit et non mesurable qu’il soit, les alarmistes peuvent toujours affirmer qu’on “ne devrait pas interférer avec le système climatique”.

En contre-exemple, l’environnementaliste sceptique Bjorn Lomborg croit en la science alarmiste du GIEC, mais affirme que l’économie nous dit qu’il est mieux de vivre et de s’adapter à un monde plus chaud tant que nous n’avons pas d’alternative viable aux sources d’énergie hydrocarbonée. Pour cette position politique, il est étiqueté comme négationniste climatique malgré le fait qu’il croit que le changement climatique soit causé par l’humain.

Le rôle de la super autoroute de la désinformation

Le professeur de Baylor Alan Jacobs a écrit un essai intéressant sur la tendance des gens de croire ce qu’ils voient sur internet si cela soutient leur opinion, essai intitulé: On Lost Causes (Causes perdues)

Il mentionne un roman récent dans lequel un milliardaire de la haute technologie, en ayant ras-le-bol de la désinformation qu’il voit sur la toile, concocte et élabore une histoire en ligne disant que Moab, dans l’état e l’Utah, a été éradiquée par une explosion nucléaire. Il a des vidéos utilisant du CGI, des acteurs, des témoins et une présence intense et élaborée (mais fausse) sur les médias sociaux afin de soutenir tout le narratif évoqué.

Le plan est alors de montrer au monde à quel point il est facile d’être dupé afin que les gens deviennent moins crédules en digérant l’information.

Mais au lieu de cela, les gens s’accrochent à leur croyance. Même après des années, les “diseurs de vérité sur Moab” affirment que quiconque dispute le fait que Moab fut détruite est un troll ou un cacique à la solde. Les gens pourraient de fait aller à Moab et vérifier par eux-mêmes, mais dans le livre, virtuellement personne ne le fait.

Dans les guerres climatiques, je vois cette attitude en fait à la fois chez les alarmistes et chez les sceptiques. Les alarmistes font référence aux tempêtes qui augmentent, aux vagues de chaleur, aux feux de forêts et de brousses etc, comme des preuves que les humains rendent le climat, la météo bien pires. Lorsqu’on leur montre des preuves sur plusieurs centaines d’années de données montrant que les choses n’empirent pas, ces “diseurs de vérité sur les tempêtes” se raccrochent toujours amèrement à leurs croyances tout en appelant les sceptiques des “négationnistes”. De l’autre côté de la pièce, j’engage routinièrement le conversation avec des sceptiques qui affirment qu’il n’y a pas de soi-disant effet de serre et qu’il est physiquement impossible pour l’atmosphère froide de rendre la surface de la Terre plus chaude en augmentant le taux de CO2 quoi qu’il en soit. Peu importe la manière dont j’essaie de leur expliquer qu’ils ont tort, ils ne changent jamais leur position sur le sujet.

En résultat, bien que moi-même un sceptique sur le sujet des humains ayant un effet sérieux sur le climat, je dois bloquer plus de commentaires de sceptiques comme moi de commenter sur mon blog que je n’ai jamais eu à bloquer d’alarmistes. Ainsi je me retrouve attaqué par les gens des deux côtés de la barrière.

Je blâme en partie le sytème public d’éducation pour la tournure qu’on prise les choses. De plus en plus dit-on aux étudiants ce qu’ils doivent penser, plutôt que de leur enseigner comment penser (et demeurer critique). Ce qui est aussi à blâmer est le financement de la science par le gouvernement (ce qui est sans doute inévitable.. NdT: tant qu’il y aura état et capitalisme…), chose dont nous avait prévenu le président Eisenhower et qui causerait à la science d’être corrompue par une poignée de zélotes élitistes n’ayant ni le recul ni la connaissance scientifiques comme but central de leur action.

Quand les politiciens ont le contrôle du porte-monnaie, est-ce vraiment une surprise de savoir que les politiciens préfèrent toujours financer une science ayant des bénéfices, impliquant aussi un certain contrôle du gouvernement sur la vie des citoyens ? Il y a eu un grand nombre de programmes financés pour explorer l’influence humaine sur le climat (attention: tout changement visible est causé par l’humain) et pourtant il n’y a pratiquement pas d’argent qui va dans la recherche sur les sources naturelles du changement climatique.

Delingpole (qui décrit l’échec du Climategate à changer les attitudes) et Jacobs (qui décrit la tendance des gens de croire tout et n’importe quoi pour entretenir leurs croyances personnelles) terminent tous deux leur article sur des notes amères. J’ai déjà cité celle de Delingpole ci-dessus, voici comment Jacobs termine son essai:

“…si à cette étape du jeu, étant donné ce que nous savons sur le fonctionnement des médias sociaux et sur les avantages qu’ont les gens de télévision, vous recevez toujours votre dose de dopamine en recyclant des clips d’infos de TV et criez toujours sur les gens sur internet, vous êtes aussi proche du pathétique qu’aucun être humain ne puisse l’être. Il n’y a donc aucune raison de vous parler, d’essayer de raisonner avec vous, de vous donner des faits et les sources de ces faits. Vous vous êtes rendus invulnérable à la raison et à la preuve. Vous êtes un “diseur de vérité sur Moab” en devenir. Ainsi, bien que je ne perde pas espoir en les gens en théorie, j’ai une tendance à le faire en pratique. Il est temps de vous abandonner en tant que cause perdue et de commencer à entrevoir comment prévenir la prochaine génération de devenir comme vous.”

Delingpole et Jacobs en arrivent à des conclusions tristes voire même déprimantes. Malheureusement et à l’instar de ces deux auteurs, je n’ai pas beaucoup de raison d’avoir de l’espoir pour que les choses s’améliorent dans un futur proche.

= = =

Le 10ème anniversaire du scandale du ClimateGate

Ne laissons pas les médias blanchir le ClimateGate

 

Marc Morano

 

Novembre 2019

 

Extrait d’un chapitre de:  The Politically Incorrect Guide to Climate Change by Marc Morano

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le GIEC de l’ONU exposé comme “la meilleure science que la politique et l’activisme pouvait fabriquer…”

Morano: “Le scandale du ClimateGate a révélé que l’entité du GIEC de l’ONU n’était en fait qu’une organisation de lobbying déguisée en un panel scientifique. Si l’ONU échouait de trouver que le CO2 était un problème, elle n’aurait plus aucune raison d’étudier ce cas, ou d’être en charge de trouver des ‘solutions’… Les scientifiques principaux du GIEC de l’ONU furent attrapés la main dans le sac de fabriquer artificiellement un ‘consensus scientifique’ pour le narratif du réchauffement climatique anthropique. Leurs propres mots trahirent qu’ils agissaient comme partisans politiques et non pas comme scientifiques, façonnant un message prédéterminé plutôt que de suivre les preuves et les faits. Le ClimateGate a exposé le produit du travail du GIEC comme étant la meilleure science que la politique et l’activisme pouvaient fabriquer de toute pièce.”

Morano: “Quand le scandale éclata, l’establishment du réchauffement climatique [anthropique], emmené par l’ONU, le monde universitaire et les médias se mirent en mode immédiat du “circulez y a rien à voir”. Il y eut plusieurs enquêtes à haut-profil manifestement faites pour simplement restaurer la crédibilité de l’ONU et des scientifiques du climat et l’industrie du réchauffement climatique anthropique enquêta sur elle-même et s’exonéra de tut reproche.”

#

Rex Murphy de CBC (Canada) résuma l’affaire : “Le ClimateGate referme le rideau sur une scène de bassesse, de protection de bas étage, de manipulation, de défi à la liberté de l’information, de données perdues ou détruites et de tentatives de mettre sur liste noire des critiques ou des sceptiques à la cause du réchauffement climatique.” Murphy ajouta : “La science s’était mise au lit avec la volonté partisane et toutes deux eurent du bon temps…”

Clive Crook, écrivant pour le journal de l’Atlantic: “L’enquête de Penn State University exonérant Michael Mann, le paléoclimatologue qui inventa le fameux graphique en ‘crosse de hockey’, serait difficile à parodier. Trois ou quatre allégations sont balayées d’entrée du revers de la main: l’enquête annonce un ‘manque de preuve crédible’, que l7enquête ne sera pas menée sur ces points… Vous pensez que j’exagère ?… Bref, le cas de l’accusation n’est jamais entendu. On demande à Mann si les accusations (du moins l’une d’entre elle) sont vraies, il répond que.. non. Affaire classée.”
[…]

Lectures complémentaires:

Manuel_du_sceptique_climatique_No1

Manuel du Sceptique II-V4

Escroquerie du RCA et ClimateGate

 

Analyse politique: Transcender marxisme et lutte de classe pour harmoniser la lutte sociale émancipatrice (Murray Bookchin) 2ème partie

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 20 novembre 2019 by Résistance 71

 

Écoute camarade !

 

Murray Bookchin*

 

Mai 1969

 

1ère partie

2ème partie

 

Le texte en format PDF:
Murray_Bookchin_Ecoute_Camarade

Page « Murray Bookchin »

 

Le mythe du parti

Les révolutions sociales ne sont pas « faites » par des partis, des groupes ou des cadres ; elles sont le résultat de contradictions et de mouvements historiques de fond qui stimulent des franges importantes de la population. Elles surviennent non seulement (comme l’a déclaré Trotsky) parce que les « masses » trouvent intolérable la société dans laquelle elles vivent, mais aussi à cause des tensions qui se déclarent entre l’existant et le possible, entre « ce qui est » et « ce qui pourrait être». La misère en elle-même ne cause pas les révolutions ; en fait, elle produit le plus souvent une démoralisation anomique, ou pis, une lutte privée, individuelle, pour la survie.

La révolution russe de 1917 pèse sur l’esprit des vivants comme un cauchemar parce que, dans une large mesure, elle a été le produit des « conditions intolérables » liées à une guerre impérialiste dévastatrice. Mais ce qu’elle a pu posséder de rêve fut pulvérisé par une guerre civile encore plus sanglante, par la famine et par la trahison. Ce qui est ressorti de la révolution, ce n’était pas les ruines du vieux monde, mais celles des espoirs qu’on pouvait nourrir d’en créer un nouveau. La révolution russe fut un misérable échec ; elle ne fit que remplacer le tsarisme par le capitalisme d’État. Les bolcheviks devinrent par la suite les victimes tragiques de leur idéologie et par milliers payèrent de leur vie les purges des années 1930. Prétendre tirer une vérité seule et unique de cette révolution de la pénurie est ridicule. Ce que nous pouvons apprendre des révolutions passées, c’est ce que toutes les révolutions ont en commun et leurs limites rigides par rapport aux énormes possibilités qui s’offrent maintenant à nous.

Le fait le plus marquant des révolutions passées, c’est qu’elles commencèrent de manière spontanée. Que l’on examine les premières phases de la Révolution française de 1789, les révolutions de 1848, la Commune de Paris, la révolution de 1905 en Russie, le renversement du tsar en 1917, la révolution hongroise de 1956, la grève générale de 1968 en France, les débuts sont généralement les mêmes : une période d’agitation qui éclate spontanément en un soulèvement de masse. Le succès du soulèvement dépend de sa résolution et de la capacité de l’État à utiliser sa puissance armée. En fin de compte, le soulèvement réussit si les soldats rejoignent le peuple.

Le « glorieux parti», quand il y en a un, est invariablement en retard sur les événements. En février 1917, l’organisation bolchevique de Petrograd s’opposa aux ordres de grève à la veille même de la révolution qui était destinée à renverser le tsar. Par bonheur, les travailleurs ignorèrent les « directives » bolcheviques et se mirent en grève quand même. Au cours des événements qui suivirent, personne ne fut plus surpris par la révolution que les partis « révolutionnaires » eux-mêmes, y compris les bolcheviks. D’après le leader bolchevique Kaïourov : « On ne sentait venir aucun principe directeur des centres du parti… Le Comité de Petrograd était emprisonné, et le commandant du Comité central, le camarade Chliapnikov, se trouvait dans l’impuissance de donner des directives pour la journée suivante. » Ce fut peut-être une chance : avant l’arrestation du comité de Petrograd, son évaluation de la situation et le rôle qu’il joua furent si piteux que, si les travailleurs l’avaient suivi, il est douteux que la révolution aurait commencé à ce moment-là.

On pourrait raconter des histoires semblables à propos des soulèvements qui précédèrent 1917 et de ceux qui suivirent. Parlons du plus récent : le soulèvement étudiant et la grève générale de mai et juin 1968 en France. On a tendance à oublier opportunément qu’il y avait, à ce moment-là à Paris, près d’une douzaine d’organisations « étroitement centralisées » de type bolchevique. Ce qu’on mentionne rarement, c’est que pratiquement tous ces groupes « d’avant-garde » affichèrent une attitude dédaigneuse vis-à-vis du mouvement étudiant jusqu’au 7 mai, date du début des combats de rue. Les membres du groupe trotskiste des Jeunesses communistes révolutionnaires furent une exception notoire, et ils se contentèrent essentiellement de suivre les initiatives du Mouvement du 22 mars. Jusqu’au 7 mai, tous les groupes maoïstes considéraient le soulèvement étudiant comme périphérique et sans importance. La Fédération des étudiants révolutionnaires, trotskiste, le trouvait « aventuriste » et, le 10 mai, ils tentèrent de faire quitter les barricades aux étudiants. Et bien entendu, le Parti communiste joua un rôle complètement traître. Bien loin de guider le mouvement populaire, les maoïstes et les trotskistes en furent les captifs d’un bout à l’autre. La plupart de ces groupes bolcheviques tentèrent cyniquement de manipuler les assemblées étudiantes de la Sorbonne dans le but de les « contrôler», y introduisant ainsi un climat de dissension qui a contribué à leur démoralisation. Finalement, et pour comble d’ironie, tous ces groupes bolcheviques caquetaient à l’unisson sur la nécessité impérieuse d’une direction centralisée quand le mouvement populaire s’écroula – un mouvement apparu malgré leurs directives et souvent s’opposant à elles. Toutes les révolutions et tous les soulèvements dignes d’intérêt sont non seulement magnifiquement anarchiques dans leur phase initiale, mais aussi spontanément créateurs de modes de gestion révolutionnaire qui leur conviennent. Dans l’histoire des révolutions sociales, ce sont les sections parisiennes de 1793-1794 qui en fournissent l’exemple le plus remarquable. Les conseils ouvriers ou « soviets » créés en 1905 par les travailleurs de Petrograd représentent un autre mode de gestion révolutionnaire qui nous est plus familier. Bien que moins démocratique que les sections, le conseil ouvrier devait réapparaître dans un certain nombre de révolutions qui suivirent. Les comités d’usine des anarchistes espagnols de 1936 en sont un autre exemple. Enfin, les sections réapparaissent sous la forme d’assemblées étudiantes et de comités d’action lors du soulèvement et de la grève généralisée à Paris (en mai-juin 1968). Il faut se demander à ce point quel est le rôle du parti « révolutionnaire » dans ce genre d’événements. Au début, comme nous l’avons vu, il a tendance à jouer un rôle inhibiteur plutôt qu’un rôle d’avant-garde. Là où il exerce son influence, il tend à ralentir le déroulement des événements plutôt que de « coordonner » les forces révolutionnaires. Cela n’est pas un accident. Le parti est organisé selon des lignes hiérarchiques qui reflètent la société même à laquelle il prétend s’opposer. Malgré ses prétentions théoriques, c’est un organe bourgeois, un État en miniature, doté d’un appareil et d’un cadre dont la fonction est de prendre le pouvoir, pas de le dissoudre. Enraciné dans la période prérévolutionnaire, il assimile toutes les formes, les techniques et la mentalité de la bureaucratie. Les membres sont formés à l’obéissance, aux préconceptions d’un dogme rigide, ils ont appris à révérer la « direction». À l’inverse, la direction du parti est formée à l’école du commandement, de l’autorité, de la manipulation et de l’égocentrisme. La situation est encore pire lorsque le parti prend part au jeu électoral. À cause des exigences de la campagne électorale, le parti est obligé de copier dans leur totalité les formes bourgeoises existantes ; il acquiert même l’attirail d’un parti électoraliste. Ce fait devient déterminant quand le parti acquiert du matériel d’imprimerie, un siège coûteux et un large éventail de périodiques qu’il contrôle, ou qu’il développe un appareil de permanents rétribués – c’est-à-dire une bureaucratie et les investissements matériels qui l’accompagnent.

Au fur et à mesure que le parti grandit, la distance qui sépare la direction de la base croît immanquablement. Ses chefs deviennent des « personnalités » et perdent le contact avec la vie réelle de la base. Les groupes locaux, qui appréhendent leur véritable situation beaucoup mieux que n’importe quel chef lointain, sont obligés de subordonner leur compréhension aux directives venues d’en haut. La direction, à qui fait défaut toute connaissance directe des problèmes locaux, réagit avec une lenteur et une prudence exagérées. Bien qu’elle prétende posséder une « vue globale des choses » et une compétence théorique supérieure, la compétence de la direction a tendance à diminuer en raison de la proximité du sommet de la hiérarchie. Plus on est près du niveau où les véritables décisions sont prises, plus le processus de décision est conservateur, plus elles sont prises en fonction d’intérêts bureaucratiques et étrangers au parti, les préoccupations de prestige et de stabilité remplaçant la créativité, l’imagination et un dévouement désintéressé aux objectifs révolutionnaires.

Aussi, plus le parti recherche l’efficacité dans la hiérarchie, les cadres et la centralisation, moins il devient efficace d’un point de vue révolutionnaire. Tout le monde marche au pas, mais les ordres sont généralement incorrects, surtout quand les événements s’accélèrent et prennent des tournants inattendus, comme cela arrive au cours de toutes les révolutions. Le parti n’est efficace qu’à un seul point de vue : il réussit très bien à modeler la société à sa propre image hiérarchique si la révolution réussit. Il recrée la bureaucratie, la centralisation et l’État. Il suscite les conditions qui justifient cette sorte de société. Alors, au lieu de « dépérir», l’État sous le contrôle du « glorieux parti » préserve soigneusement les conditions mêmes qui rendaient « indispensable » l’existence d’un État et d’un parti pour le « sauvegarder».

Par ailleurs, le parti est extrêmement vulnérable en période de répression. Il suffit à la bourgeoisie de capturer sa direction pour détruire pratiquement tout le mouvement. Avec ses chefs en prison ou cachés, le parti est paralysé ; la base habituée à l’obéissance n’a plus personne à qui obéir. Elle a tendance à patauger. La chute de motivation s’installe rapidement. Le parti se décompose, non seulement à cause du climat dépressif mais aussi à cause de la pauvreté de ses ressources intérieures.

La description ci-dessus n’est pas un ensemble d’affirmations hypothétiques ; c’est un portrait composé de traits caractéristiques de tous les grands partis marxistes depuis le siècle passé : les sociaux-démocrates, les communistes et le parti trotskyste de Ceylan (le seul de son espèce). Les « expliquer » en disant que tous ces partis ont cessé de prendre au sérieux leurs principes marxistes ne sert qu’à camoufler une autre question : pourquoi cet abandon ? La vérité est que tous ces partis ont été cooptés par la société bourgeoise parce qu’ils étaient organisés bourgeoisement. Ils portaient en eux, dès leur naissance, le germe de la trahison.

Le parti bolchevique échappa à ce sort entre 1904 et 1917 pour une seule et unique raison ; il était illégal pendant le plus gros des années qui précédèrent la révolution. Comme il était continuellement dispersé et reconstitué, il ne réussit jamais, jusqu’à sa prise du pouvoir, à se cristalliser en une machine complètement centralisée, bureaucratique et hiérarchique. De plus, il était infesté de factions. Un intense climat fractionnel persista jusqu’en 1917 et à la guerre civile. La direction bolchevique était néanmoins extrêmement conservatrice la majeure partie du temps, chose que Lénine eut à combattre jusqu’en 1917, d’abord par ses efforts de réorientation du comité central contre le gouvernement provisoire (le fameux conflit sur les « Thèses d’avril»), et plus tard en le poussant à l’insurrection, en octobre. Dans les deux cas, il dut menacer de démissionner et de porter ses vues devant la base.

En 1918, les querelles intestines au sujet du traité de Brest-Litovsk s’aggravèrent tellement que les bolcheviks en vinrent presque à se scinder en deux partis, en guerre l’un contre l’autre. Les groupes d’opposition à l’intérieur du parti bolchevique – comme les centralistes démocrates et l’Opposition ouvrière – se livrèrent d’amers combats jusqu’à 1919 et 1920, sans parler de l’opposition qui se développa au sein de l’Armée rouge à propos de la propension de Trotsky à tout centraliser. La centralisation complète du parti bolchevique, l’accomplissement de « l’unité léniniste » comme on l’appellera plus tard, ne se fit qu’en 1921, date à laquelle Lénine réussit à persuader le Xe Congrès du parti de bannir les factions. À ce moment-là, la plupart des Gardes blancs avaient été écrasés et les interventionnistes étrangers avaient retiré leurs troupes de Russie.

On n’insiste pas assez sur le fait que les bolcheviks centralisèrent leur parti jusqu’à un point tel qu’ils furent coupés de la classe ouvrière. Mais on a rarement étudié ce rapport (de la centralisation à l’isolement) dans les milieux léninistes plus récents, bien que Lénine lui-même fût assez honnête pour admettre qu’il existait. La Révolution russe n’est pas seulement l’histoire du parti bolchevique et de ses sympathisants. Sous le vernis des événements officiels décrits par les historiens soviétiques, il y eut un développement plus fondamental : le mouvement spontané des ouvriers et paysans révolutionnaires, qui devait se heurter violemment aux pratiques bureaucratiques des bolcheviks. En février 1917, au renversement du tsar, les ouvriers de presque toutes les usines de Russie organisèrent spontanément des comités d’usine qui prétendirent contrôler une partie de plus en plus importante des opérations industrielles. En juin 1917 se tint à Petrograd une conférence des comités d’usine de toutes les Russies qui réclama « l’organisation d’un contrôle ouvrier total sur la production et la distribution». Les comptes rendus léninistes de la Révolution russe mentionnent rarement les motions de cette conférence, malgré l’alignement de celle-ci sur les bolcheviks. Trotsky, qui appelle ces comités « les représentants les plus directs et les plus indiscutables du prolétariat», en traite de manière superficielle dans sa massive histoire de la révolution en trois volumes. Pourtant, ces organes spontanés d’autogestion étaient tellement importants que, pendant l’été 1917, Lénine, craignant de ne pas gagner les soviets à sa cause, était prêt à larguer le slogan : « Tout le pouvoir aux soviets » en faveur de : « Tout le pouvoir aux comités d’usine». Ceci aurait projeté les bolcheviks dans une position complètement anarcho-syndicaliste, bien qu’il soit douteux qu’ils y seraient restés cantonnés bien longtemps.

Avec la Révolution d’Octobre, tous les comités prirent le contrôle de leurs usines et de tout le processus industriel, après en avoir expulsé la bourgeoisie. Le fameux décret de Lénine du 14 novembre 1917, acceptant la notion de contrôle ouvrier, ne fit qu’entériner le fait accompli ; les bolcheviks n’osèrent pas, à partir de ce moment-là, s’opposer aux ouvriers. Ils commencèrent cependant immédiatement à rogner le pouvoir des comités d’usine. En janvier 1918, à peine deux mois après avoir « décrété » le contrôle ouvrier, les bolcheviks faisaient passer l’administration des usines des mains des comités à celles des syndicats bureaucratiques. L’histoire selon laquelle les bolcheviks auraient patiemment expérimenté le contrôle ouvrier et l’auraient trouvé « inefficace » et « chaotique » est un mythe. Leur « patience » ne dura que quelques semaines. Non contents de mettre un terme au contrôle ouvrier direct quelques semaines après le décret du 14 novembre, ils abolirent le contrôle par les syndicats peu de temps après l’avoir établi. Dès l’été 1918, pratiquement toute l’industrie russe était placée sous une direction de type bourgeois. Comme le déclare Lénine : « La Révolution exige […], justement dans l’intérêt du socialisme, que les masses obéissent sans réserve à la volonté unique des dirigeants du travail. » On accusa le contrôle ouvrier d’être non seulement « inefficace», « chaotique » et « irréaliste», mais encore « petit bourgeois» ! Le « communiste de gauche » Osinsky dénonça amèrement ces affirmations mensongères et mit ainsi en garde le parti : « Le socialisme et l’organisation socialiste doivent être construits par le prolétariat lui-même, sous peine de n’être pas construits du tout et d’aboutir à la construction du capitalisme d’État. » Dans l’« intérêt du socialisme», le parti bolchevique évinça le prolétariat de tous les domaines conquis par celui-ci grâce à sa propre initiative et à ses propres efforts. Le parti ne coordonna ni ne dirigea la révolution, il la domina. Le contrôle ouvrier d’abord, puis celui des syndicats furent remplacés par une hiérarchie très étudiée, aussi monstrueuse que n’importe quelle structure pré-révolutionnaire. Comme les années qui suivirent devaient le démontrer, la prophétie d’Osinsky se transforma brutalement en une amère réalité.

La lutte entre les bolcheviks et les « masses » russes pour l’hégémonie ne se limitait pas aux usines. Elle fit son apparition à la campagne autant qu’à la ville. Le déferlement de la guerre paysanne avait porté le mouvement ouvrier. Contrairement aux rapports léninistes, l’effet de ce flot agraire ne se limita pas à la redistribution de la terre en parcelles privées. En Ukraine, les paysans, influencés par les milices anarchistes de Nestor Makhno, établirent une multitude de communes rurales selon le principe communiste : « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins. » Ailleurs, dans le Nord et en Asie soviétique, plusieurs milliers de communes s’organisèrent en partie sur l’initiative de la gauche socialiste-révolutionnaire et dans une large mesure sous l’impulsion du collectivisme traditionnel du village russe : le mir. Il importe peu que ces communes aient été nombreuses ou qu’elles aient embrassé un nombre plus ou moins vaste de paysans ; c’étaient d’authentiques organisations populaires, le noyau d’un esprit moral et social qui s’élevait bien au-dessus des valeurs déshumanisantes de la société bourgeoise.

Dès le début, les bolcheviks virent les communes d’un mauvais œil ; ils finirent par les condamner. Pour Lénine, la forme favorite de l’entreprise agricole, la forme « socialiste», était la ferme d’État : littéralement, l’usine agricole dont l’État possède la terre et le matériel, nomme la direction qui engage des paysans sur la base d’un salaire horaire ou journalier. On retrouve dans l’attitude des bolcheviks vis-à-vis du contrôle ouvrier et des communes agricoles l’esprit essentiellement bourgeois et la mentalité de leur parti, esprit et mentalité émanant non seulement de leurs théories mais du mode d’organisation de celui-ci. En décembre 1918, Lénine déclenche une attaque contre les communes sous prétexte qu’on forçait des paysans à en faire partie. En fait, l’organisation de cette forme communiste d’autogestion ne donna lieu qu’à peu, sinon pas, de coercition. Robert G. Wesson, qui étudia dans le détail les communes soviétiques, conclut que « ceux qui entrèrent dans les communes durent le faire dans une large mesure de leur propre gré». Les communes ne furent pas supprimées, mais on découragea leur extension, jusqu’au moment où Staline les fondit dans les opérations de collectivisation forcées des années 1920 et 1930. Dès 1920, les bolcheviks étaient isolés de la classe ouvrière et de la paysannerie russes. L’élimination du contrôle ouvrier, la suppression de la Makhnovtchina [l’armée paysanne insurrectionnelle ukrainienne menée par Makhno, NdT], le climat politique contraignant, l’accroissement de la bureaucratie et l’écrasante pauvreté matérielle héritée des années de guerre civile étaient cumulativement cause d’une profonde hostilité contre le régime bolchevique. Avec la fin des hostilités, un mouvement nouveau émergea des profondeurs de la société russe, un mouvement pour une « troisième révolution», pas pour une restauration du passé mais pour la réalisation ardemment désirée des objectifs de liberté économique et politique qui avaient rallié les masses autour du programme bolchevique de 1917. Ce mouvement nouveau trouva sa forme la plus consciente auprès du prolétariat de Petrograd et des marins de Kronstadt. Il se trouva aussi une expression au sein du parti : l’essor de la tendance anarcho-syndicaliste dans les rangs bolcheviques mêmes atteint un tel niveau qu’un bloc oppositionnel ainsi orienté gagna 124 sièges à une conférence provinciale de Moscou, contre 154 aux partisans du comité central.

Le 2 mars 1921, les « marins rouges » de Kronstadt entrèrent en rébellion ouverte sous la bannière de la « Troisième Révolution des Travailleurs». Les libres élections aux soviets, la liberté de parole et de la presse pour les anarchistes et pour la gauche socialiste, des syndicats libres et la libération de tous les prisonniers politiques appartenant à des partis socialistes formaient le cœur du programme de Kronstadt. La révolte fut qualifiée de « complot de Gardes blancs » en dépit du fait que la grande majorité des membres du parti communiste de Kronstadt se joignirent aux marins en tant que communistes, dénonçant les chefs du parti comme traîtres à la révolution d’Octobre. Robert Vincent Daniels remarque, dans son étude des mouvements bolcheviques d’opposition, que « les communistes ordinaires étaient si peu sûrs […] que le gouvernement ne se servit d’eux ni pour l’assaut de Kronstadt, ni pour maintenir l’ordre à Petrograd où se trouvait le principal espoir de soutien de Kronstadt. Le plus gros des troupes utilisées était composé de tchékistes [des membres de la police politique bolchevique, NdT] et d’élèves officiers des écoles militaires de l’Armée rouge. L’assaut final fut conduit par les plus hauts dignitaires du parti. On envoya de Moscou à cet effet un groupe important de délégués du Xe Congrès du Parti». La faiblesse interne du régime était telle que son élite devait faire elle-même les sales boulots.

Encore plus significatif que la révolte de Kronstadt fut le mouvement de grèves qui se développa parmi les ouvriers de Petrograd et qui déclencha le soulèvement des marins. L’histoire léniniste ne relate pas ces événements d’importance capitale. Les premières grèves éclatèrent à l’usine Troubotchny, le 23 février 1921. En quelques jours, le mouvement balaya une usine après l’autre, jusqu’à la fameuse usine Poutilov, « le creuset de la révolution». Les ouvriers exprimèrent des exigences économiques, mais aussi politiques, anticipant en cela l’action que devaient mener les marins de Kronstadt quelques jours plus tard. Le 24 février, les bolcheviks décrétèrent l’« état de siège » à Petrograd et arrêtèrent les « meneurs», réprimant à l’aide d’élèves officiers les manifestations ouvrières. Les bolcheviks ne se contentèrent donc pas de réprimer une « mutinerie de marins», ils écrasèrent, par la force armée, la classe ouvrière elle-même. C’est à ce moment que Lénine exigea qu’on bannisse les factions du Parti communiste russe. La centralisation du parti était maintenant complète et la route grande ouverte pour Staline.

Nous avons exposé ces événements en détail parce qu’ils mènent à une conclusion que notre nouvelle vague de marxistes-léninistes essaie d’éviter. Le Parti bolchevique atteignit son plus haut niveau de centralisation sous le règne de Lénine, non pas pour mener à bien une révolution ou pour réprimer la contre-révolution des Gardes blancs, mais pour réaliser sa propre contre-révolution contre les forces sociales mêmes qu’il prétendait représenter. Les factions furent interdites et un parti monolithique fut créé non pas pour empêcher une « restauration capitaliste», mais pour contenir un mouvement de masse des travailleurs en faveur de la démocratie soviétique et de la liberté sociale. Le Lénine de 1921 s’opposait ainsi au Lénine de 1917.

Après cela, Lénine n’a fait que s’embourber. Cet homme, qui cherchait avant tout à ancrer les problèmes de son parti dans les contradictions sociales, finit par jouer à une véritable « loterie » organisationnelle dans un dernier effort pour stopper la bureaucratisation qu’il avait lui-même initiée. Il n’est rien de plus tragique, ni de plus pathétique, que les dernières années de Lénine. Paralysé par un ensemble simpliste de formules marxistes, il ne sait penser qu’en termes de contre-mesures organisationnelles. Il propose la création d’une Inspection des ouvriers et des paysans pour corriger les déformations bureaucratiques qui sévissent au sein du parti et de l’État. Cet organisme tombe entre les mains de Staline et devient lui-même bureaucratique. Lénine suggère alors de réduire l’importance de l’Inspection et de la fondre à la Commission de contrôle. Il propose d’élargir le comité central. Tel organisme doit être agrandi, un deuxième fondu à un autre, un troisième modifié ou aboli. Cet étrange ballet organisationnel continuera jusqu’à sa mort ; comme si le problème pouvait être résolu par des moyens organisationnels. Comme l’admet Mosche Lewin, un admirateur évident de Lénine, le leader bolchevique « approchait les problèmes de gouvernement comme un chef d’exécutif d’esprit élitiste. Il n’appliquait pas les méthodes de l’analyse sociale à sa politique de gouvernement et se contentait de considérer celle-ci purement sous l’angle des méthodes d’organisation». S’il est vrai que dans les révolutions bourgeoises, « les phrases dépassent le contenu», dans la révolution bolchevique, la forme remplace le contenu. Les soviets remplacèrent les travailleurs et leurs comités d’usine, le parti remplaça les soviets, le comité central remplaça le parti, et le bureau politique remplaça le comité central. Autrement dit, les moyens remplacèrent la fin. Cette incroyable substitution du contenu par la forme est l’un des traits caractéristiques du marxisme-léninisme. En France, pendant les événements de Mai 1968, toutes les organisations bolcheviques étaient prêtes à détruire l’assemblée étudiante de la Sorbonne afin d’augmenter leur influence et leur nombre. Leur préoccupation principale n’était pas la révolution ou les authentiques structures sociales créées par les étudiants, mais l’accroissement de leurs partis.

La prolifération de la bureaucratie, en Russie, n’aurait pu être stoppée que par des forces sociales vivantes. Si le prolétariat et la paysannerie russes étaient parvenus à accroître le domaine de l’autogestion par le développement de comités d’usine stables, de communes rurales et de soviets libres, il est possible que l’histoire du pays eut pris une tournure radicalement différente. On ne peut pas douter que l’échec des révolutions socialistes en Europe, après la Première Guerre mondiale, ait abouti à l’isolement de la révolution russe. La pauvreté matérielle de la Russie et la pression du monde capitaliste qui l’encerclait militaient clairement contre le développement d’une société libertaire, socialiste. Mais il n’est pas évident que la Russie dut suivre la voie du capitalisme d’État. Contrairement à ce qu’attendaient Lénine et Trotsky, la révolution fut vaincue par des forces internes et non par une invasion d’armées étrangères. Si le mouvement de fond avait réussi à restaurer les conquêtes initiales de la révolution de 1917, une structure sociale diversifiée et pluraliste aurait pu se développer, basée sur le contrôle ouvrier de l’industrie, sur une libre économie paysanne en agriculture et sur l’interaction vivante des idées, des programmes et des mouvements politiques. Au minimum, la Russie n’aurait pas été emprisonnée dans les chaînes du totalitarisme, et le stalinisme n’aurait pas empoisonné le mouvement révolutionnaire mondial, pavant la voie au fascisme et à la Seconde Guerre mondiale.

La nature du Parti bolchevique devait prévenir une telle évolution, malgré les « bonnes intentions » de Lénine et de Trotsky. En détruisant le pouvoir des comités d’usine dans l’industrie, en écrasant le Makhnovtchina, les ouvriers de Petrograd et les marins de Kronstadt, les bolcheviks garantissaient pratiquement le triomphe de la bureaucratie russe sur la société russe. Le parti centralisé, une institution totalement bourgeoise, devint le refuge de la contre-révolution sous sa forme la plus sinistre. C’est là qu’était la contre-révolution cachée qui se drapait dans le drapeau rouge et la terminologie de Marx. En dernière analyse, ce n’est ni une « idéologie » ni une « conspiration de Gardes blancs » que les bolcheviks réprimèrent en 1921, mais le combat fondamental mené par le peuple russe pour se libérer de ses fers et saisir le contrôle de sa propre destinée. Pour la Russie, cela signifiait le cauchemar de la dictature staliniste ; pour la génération des années 1930, l’horreur du fascisme et la trahison des partis communistes en Europe et aux États-Unis.

Les deux traditions

Il serait incroyablement naïf de penser que le léninisme fut le produit d’un seul homme. La maladie vient de plus loin, non seulement des limites de la théorie marxiste mais des limites de la période historique qui enfanta le marxisme. À défaut d’avoir compris cela, nous serons aussi aveugles vis-à-vis de la dialectique des événements contemporains que Marx, Engels, Lénine et Trotsky l’étaient de leur temps. Cet aveuglement serait d’autant plus répréhensible que nous avons derrière nous un trésor d’expériences qui leur faisait cruellement défaut quand ils élaboraient leurs théories.

Karl Marx et Friedrich Engels étaient des centralisateurs, non seulement politiquement mais aussi socialement et économiquement. C’est un fait qu’ils n’ont jamais nié ; leurs écrits sont truffés de panégyriques resplendissants de la centralisation politique, organisationnelle et économique. Dès mars 1850, dans leur fameuse « Adresse du Comité central à la Ligue des communistes», ils demandaient aux travailleurs de lutter non seulement pour la « république allemande, une et indivisible, [mais aussi de lutter pour] la centralisation la plus absolue de la puissance entre les mains de l’État». De crainte que cette requête ne soit prise à la légère, ils la répètent tout au long du paragraphe et concluent : « Comme en France en 1793, la réalisation de la centralisation la plus rigoureuse est aujourd’hui, en Allemagne, la tâche du parti vraiment révolutionnaire. »

Ce thème ne cesse de réapparaître dans les années qui suivent. Lorsque éclate la guerre franco-prussienne, par exemple, Marx écrit à Engels, dans une lettre datée du 20 juillet 1870 : « Les Français ont besoin de recevoir une volée. Si les Prussiens sont victorieux, la centralisation du pouvoir d’État sera utile à la centralisation de la classe ouvrière allemande. » Néanmoins, Marx et Engels n’étaient pas centralisateurs parce qu’ils croyaient aux vertus du centralisme en tant que tel. Bien au contraire, Marx et l’anarchisme ont toujours été d’accord sur le fait qu’une société communiste, libérée, implique une très large décentralisation, la dissolution de la bureaucratie, l’abolition de l’État et le morcellement des grandes villes. Dans l’Anti-Dühring, Engels déclare que : « L’abolition de l’antithèse entre ville et campagne n’est pas seulement possible, c’est devenu une nécessité directe. […] L’empoisonnement actuel de l’air, de l’eau et du sol ne sera arrêté que par la fusion de la ville et de la campagne […]. » Pour Engels, ceci signifie « une distribution uniforme de la population sur tout le pays » – autrement dit, la décentralisation physique des villes. Le centralisme marxiste trouve ses origines dans des problèmes ayant trait à la formation de l’État national. Jusqu’au milieu du XIXe siècle, l’Allemagne et l’Italie étaient divisées en une multitude de duchés, de principautés et de royaumes indépendants. Pour Marx et Engels, l’unification de ces entités géographiques en nations était la condition sine qua non du développement industriel moderne et du capitalisme. Leur louange du centralisme n’est pas engendrée par une mystique centraliste, mais par les problèmes de leur temps : le développement de la technologie, du commerce, d’une classe ouvrière unifiée et de l’État national. En résumé, ils étaient à ce titre préoccupés par l’émergence du capitalisme, avec les tâches de la révolution bourgeoise dans une ère d’inévitable pénurie matérielle. L’attitude de Marx vis-à-vis de la « révolution prolétarienne » est très différente. Il chante avec enthousiasme les louanges de la Commune de Paris et la qualifie de « modèle pour tous les centres industriels de France». « Ce régime, écrit-il, une fois établi à Paris et dans les centres secondaires, l’ancien gouvernement centralisé dans les provinces aussi aurait dû faire place au gouvernement des producteurs par eux-mêmes». (Nous soulignons.) Bien entendu, l’unité de la nation ne disparaîtrait pas et il y aurait un gouvernement central pendant la transition vers le communisme, mais ses attributs seraient limités.

Notre intention n’est pas de brandir à la ronde des citations de Marx, mais de faire valoir comment des principes clés du marxisme, passivement acceptés aujourd’hui, sont en fait le produit d’une époque depuis longtemps transcendée par le développement du capitalisme aux États-Unis et en Europe occidentale. À son époque, Marx s’occupait non seulement des problèmes de la révolution prolétarienne, mais aussi des problèmes de la révolution bourgeoise, surtout en Allemagne, en Espagne, en Italie et en Europe de l’Est. Il traitait des problèmes de transition du capitalisme au socialisme dans les pays capitalistes qui n’avaient guère dépassé la technologie du charbon et de l’acier de la révolution industrielle. Il s’occupait aussi des problèmes liés à la transition de la féodalité au capitalisme dans les pays qui n’étaient guère allés plus loin que l’artisanat et le système des corporations. Plus généralement, disons que Marx était préoccupé avant tout par les conditions préalables de la liberté (le développement technologique, l’unification nationale, l’abondance matérielle), plutôt que par les conditions de celle-ci (soit la décentralisation, la formation de communautés, l’échelle humaine, la démocratie directe). Ses théories étaient encore ancrées dans le domaine de la survie, non dans le domaine de la vie.

Une fois cela compris, on peut alors replacer le legs théorique de Marx dans une perspective plus significative : celle qui permet d’en séparer les fructueuses contributions de leurs chaînes historiquement limitées et vraiment paralysantes pour notre époque. La dialectique marxiste, les nombreuses contributions fondamentales fournies par le matérialisme historique, la superbe critique des rapports marchands, de nombreux éléments des théories économiques, la théorie de l’aliénation, et surtout la notion que la liberté a besoin de conditions matérielles préalables : tout cela est un apport durable pour la pensée révolutionnaire.

Pour les mêmes raisons, l’insistance de Marx au sujet du prolétariat industriel considéré comme « l’agent » du changement révolutionnaire, son « analyse de classe » pour expliquer le passage d’une société de classes à une société sans classes, son concept de la dictature du prolétariat, son insistance sur le centralisme, sa théorie du développement capitaliste qui tend à confondre capitalisme d’État et socialisme, son plaidoyer en faveur de l’action politique par l’intermédiaire des partis électoralistes : tout cela, et de nombreux autres concepts qui s’y rapportent, est faux dans le contexte contemporain – et était même, comme nous allons le montrer, déjà trompeur à son époque. Ils ont été engendrés par les limitations de sa vision, ou plus exactement par les limitations de son époque. Ils ne sont compréhensibles que si l’on se rappelle que Marx considérait le capitalisme comme un progrès historique, comme un stade indispensable avant le développement du socialisme, et ils ne furent pratiquement applicables qu’à l’époque où l’Allemagne, en particulier, était confrontée à des tâches démocratiques bourgeoises et à l’unification nationale. En exposant ce point de vue rétrospectif, nous n’essayons pas de dire que Marx avait raison de tenir un tel raisonnement, mais simplement que ce raisonnement n’est compréhensible que s’il est replacé dans son contexte historique et local.

De même que la Révolution russe comportait un mouvement souterrain des masses en conflit contre le bolchevisme, de même il existe un mouvement souterrain historique en conflit avec tous les systèmes d’autorité. Ce mouvement est entré dans l’histoire sous le nom d’« anarchisme», bien qu’il n’ait jamais été doté d’un corps de textes sacrés ou d’une idéologie unique. L’anarchisme est un mouvement viscéral de l’humanité contre la contrainte sous toutes ses formes, qui remonte à l’époque même où apparurent la société de propriété, le pouvoir de classe et l’État. Depuis cette époque, les opprimés ont résisté à toutes les formes d’emprisonnement du développement spontané de l’ordre social. Quel que soit le nom qu’on choisisse de lui donner, l’anarchisme a toujours surgi au premier plan de la scène sociale dans les plus importantes périodes de transition entre deux ères historiques. Le déclin du vieux monde féodal fut le témoin de l’apparition de mouvements de masse qui, dans certains cas, avaient un caractère farouchement dionysiaque, et qui réclamaient la fin de tous les systèmes d’autorité, de privilèges et de contraintes.

Les mouvements anarchistes du passé ont échoué en grande partie parce que la pénurie matérielle, due au faible niveau de la technologie, faussait obligatoirement toute harmonisation organique des intérêts humains. Toute société qui ne pouvait promettre plus que l’égalité dans la pauvreté tendait irrésistiblement à restaurer un nouveau système de privilèges. En l’absence d’une technologie capable de réduire d’une manière appréciable la journée de travail, l’obligation de travailler faussait les institutions sociales basées sur l’autogestion. Les Girondins de la Révolution française reconnurent avec perspicacité qu’ils pouvaient utiliser la journée de travail contre le Paris révolutionnaire. Pour exclure des sections les éléments les plus radicaux, ils essayèrent de faire passer une loi qui aurait imposé aux réunions d’assemblées de se terminer avant 22 heures, heure à laquelle les ouvriers parisiens revenaient de leur travail. Ce n’est donc pas seulement les techniques pratiques manipulatoires et la trahison des organisations « d’avant-garde » qui mirent un terme aux phases anarchiques des révolutions du passé, mais bien aussi les possibilités matérielles limitées de ces époques révolues. Les « masses » étaient en effet toujours obligées de retourner à leur travail quotidien et, de ce fait, elles jouissaient rarement de la liberté d’établir des organes d’autogestion capables de durer au-delà de la révolution.

Cependant des anarchistes tels que Bakounine ou Kropotkine avaient raison de critiquer Marx pour son insistance au sujet du centralisme et ses notions élitistes d’organisation. Le centralisme a-t-il été, dans le passé, absolument nécessaire au progrès technologique ? L’État national était-il indispensable à l’expansion du commerce ? Est-ce que le mouvement ouvrier a bénéficié de l’apparition d’entreprises économiques extrêmement centralisées et d’États « indivisibles» ? Nous avons toujours tendance à accepter sans les critiquer ces principes marxistes, en grande partie parce que le capitalisme s’est développé dans un milieu politique centralisé. Les anarchistes du siècle passé nous ont pourtant avertis que l’approche centralisatrice de Marx, dans la mesure où elle aurait une influence sur les événements, aurait pour conséquence de tellement consolider la bourgeoisie et l’appareil d’État que le renversement du capitalisme en deviendrait extrêmement difficile. En recopiant ces caractéristiques centralisatrices et hiérarchisantes, les partis révolutionnaires ne feraient que reproduire la hiérarchie et la centralisation dans la société post-révolutionnaire.

Bakounine, Kropotkine et Malatesta n’étaient pas assez naïfs pour croire que l’anarchie pourrait être instaurée du jour au lendemain. En imputant cette idée à Bakounine, Marx et Engels déformèrent volontairement les conceptions des anarchistes russes. De même, jamais les anarchistes du siècle passé n’ont cru que l’abolition de l’État impliquait de « déposer les armes » immédiatement après la révolution, ainsi que Marx l’a dit d’une manière obscurantiste, et ainsi que Lénine l’a répété étourdiment dans L’État et la Révolution. En fait, beaucoup de ce qui passe pour être du « marxisme » dans L’État et la Révolution est de l’anarchisme pur et simple : le remplacement des corps armés professionnels par des milices révolutionnaires, le remplacement des corps parlementaires par des organes d’autogestion. Ce qui est authentiquement marxiste dans le pamphlet de Lénine, c’est l’exigence d’un « centralisme strict», l’acceptation d’une « nouvelle » bureaucratie et l’identification des soviets à l’État.

Les anarchistes du siècle passé étaient profondément préoccupés par le problème de la réalisation de l’industrialisation sans écrasement de l’esprit révolutionnaire des « masses » et sans retarder par de nouveaux obstacles leur émancipation. Ils craignaient que la centralisation ne renforce la capacité de la bourgeoisie à résister à la révolution et n’inspire aux travailleurs le sens de l’obéissance. Ils essayèrent de sauver toutes les formes communautaires précapitalistes (telles que le mir russe ou le pueblo espagnol) qui auraient pu fournir un tremplin vers une société libre, d’un point de vue non seulement structurel, mais aussi spirituel. C’est pour cela qu’ils insistèrent sur la nécessité de la décentralisation, même sous le capitalisme. Au contraire des partis marxistes, leurs organisations portaient une attention considérable à ce qu’ils appelaient « l’éducation intégrale » – le développement de l’être humain dans sa globalité – pour contrebalancer l’influence avilissante et banalisante de la société bourgeoise. Les anarchistes essayaient de vivre suivant les valeurs du futur dans la mesure où cela était possible dans la société capitaliste. Ils croyaient à l’action directe pour développer l’initiative des « masses», pour préserver l’esprit de la révolution, pour encourager la spontanéité. Ils essayèrent de développer des organisations basées sur l’aide mutuelle et la fraternité, dans lesquelles le contrôle aurait été exercé de bas en haut, et non de haut en bas.

Nous devons nous arrêter quelques instants pour examiner la nature des formes d’organisation anarchistes un peu plus en détail, ne serait-ce que parce que le sujet a été obscurci par une quantité effarante de bêtises. Les anarchistes, ou tout au moins les anarcho-communistes, acceptent la nécessité de s’organiser. Avoir à répéter cela devrait paraître aussi absurde que de discuter pour savoir si Marx pensait que la révolution sociale était nécessaire.

La véritable question qui se pose ici, ce n’est pas l’organisation contre la non-organisation, mais plutôt quelle sorte d’organisation les anarcho-communistes essayent d’établir. Ce que les différentes sortes d’organisations anarcho-communistes ont en commun, c’est qu’elles se développent organiquement à partir de la base, au lieu d’être conçues au sommet. Ce sont des mouvements sociaux qui combinent un style de vie créatif et révolutionnaire à une théorie créative et révolutionnaire, et non des partis politiques dont le mode de vie ne peut être distingué de celui de leur environnement bourgeois et dont l’idéologie se réduit à des « programmes rigides » qui ont « fait leurs preuves». Elles essayent de refléter le plus humainement possible la société libérée qu’elles cherchent à réaliser et non de recopier servilement le système dominant de hiérarchie, de classes et d’autorité. Elles sont construites autour de groupes intimes de frères et de sœurs, des groupes d’affinité. dont la capacité à agir en commun est fondée sur l’initiative, des convictions librement acceptées et un profond engagement personnel, non sur un appareil bureaucratique incarné par des membres dociles et manipulés d’en haut par une poignée de dirigeants omniscients.

Les anarcho-communistes ne nient pas la nécessité d’une coordination entre les groupes, de la discipline, d’une planification méticuleuse et de l’unité d’action. Mais ils pensent que la coordination, la discipline, la planification et l’unité d’action doivent être réalisés volontairement, au moyen d’une autodiscipline basée sur la conviction et la compréhension, et non par la contrainte et une obéissance aveugle aux ordres venus d’en haut. Ils essayent d’obtenir l’efficacité imputée au centralisme au moyen du volontarisme et de l’analyse, et non en établissant une structure hiérarchique et centralisée. Suivant les besoins et les circonstances, les groupes d’affinité peuvent atteindre cette efficacité au moyen d’assemblées, de comités d’action ou de congrès locaux, régionaux ou nationaux. Mais ils s’opposent vigoureusement à l’établissement d’une structure organisationnelle qui deviendrait une fin en soi, de comités qui stagnent après avoir accompli leurs tâches pratiques, d’une « direction » qui réduit le « révolutionnaire » à un robot inintelligent.

Ces conclusions ne sont pas le résultat d’impulsions fantaisistes et « individualistes» ; elles ont été engendrées par une étude rigoureuse des révolutions passées, de l’impact qu’ont eu les partis centralisés sur le processus révolutionnaire et de la nature des transformations sociales dans une époque d’abondance matérielle potentielle. Les anarcho-communistes cherchent à préserver et à étendre la phase anarchiste qui constitue le point de départ de toutes les grandes révolutions sociales. Davantage que les marxistes même, ils reconnaissent que les révolutions sont le fruit de processus historiques profonds. Aucun comité central n’a jamais « fait » de révolution sociale. Au mieux, il peut monter un coup d’État et remplacer ainsi une hiérarchie par une autre. Au pire, s’il a une large influence, il peut freiner un processus révolutionnaire. Un comité central est un organe dont le but est de conquérir le pouvoir, de recréer le pouvoir, de recueillir pour lui-même ce que les « masses » ont réalisé grâce à leurs efforts révolutionnaires. Il faut être complètement aveugle à tout ce qui s’est passé depuis 200 ans pour ne pas reconnaître ces faits essentiels.

Sans que cela soit valide, il est tout de même compréhensible que, dans le passé, les marxistes aient réclamé un parti centralisé, car la phase anarchiste de la révolution était toujours faussée par la pénurie matérielle. Économiquement, les « masses » étaient toujours obligées de retourner à leur labeur quotidien. Même en dehors des intentions réactionnaires des Girondins de 1793, la révolution fermait « à 22 heures» ; elle était stoppée par le faible niveau technologique. Aujourd’hui, même cette dernière excuse a disparu du fait du développement d’une technologie pouvant dépasser la pénurie, en particulier aux États-Unis et en Europe de l’Ouest. Nous avons maintenant atteint un point où les « masses » peuvent commencer presque tous les jours à étendre énergiquement le « règne de la liberté», au sens marxien – c’est-à-dire acquérir le temps libre nécessaire pour réaliser le plus haut degré d’autogestion.

Ce que les événements de Mai 1968 en France ont montré, c’est qu’il n’y avait pas besoin d’un parti de type bolchevique, mais qu’il y avait besoin d’une plus grande conscience au sein des « masses». Paris a démontré qu’une organisation est nécessaire pour propager systématiquement les idées – et non les idées seulement, mais des idéaux qui mettent en avant le concept d’autogestion. Ce qui manquait aux « masses » françaises, ce n’était pas un comité central ou un Lénine pour les « organiser » et les « commander», c’était la conviction qu’elles auraient pu faire fonctionner les usines au lieu de simplement les occuper. Il est remarquable qu’aucun parti de type bolchevique en France ne fit sienne la revendication d’autogestion ; une telle revendication ne fut le fait que des anarchistes et des situationnistes.

Une organisation révolutionnaire est nécessaire, mais il faut toujours garder clairement à l’esprit ce qu’est sa fonction. Elle comporte d’abord une tâche de propagande, « d’explication patiente», comme le note Lénine. Dans une situation révolutionnaire, l’organisation révolutionnaire présente les revendications les plus avancées : elle est prête à formuler à chaque tournant des événements – et d’une manière extrêmement concrète – les tâches immédiates qui doivent être remplies pour faire avancer le processus révolutionnaire. C’est elle, enfin, qui fournit les éléments les plus hardis aux organes de la révolution, du point de vue de l’action et de la décision.

De quelle manière les groupes anarcho-communistes se différencient-ils donc des partis de type bolchevique ? Certainement pas sur des points tels que le besoin d’organisation, de coordination, de planification, de propagande sous toutes ses formes, ou sur la nécessité d’un programme social. Ils s’en distinguent fondamentalement par le fait qu’ils croient que les véritables révolutionnaires doivent travailler dans le cadre des formes d’institutions créées par la révolution, et non dans celui des institutions créées par le parti. Cela veut dire que ce qui les intéresse, ce sont les organes révolutionnaires d’autogestion et non « l’organisation » révolutionnaire ; ce sont les formes sociales et non les formes politiques. Les anarcho-communistes cherchent à persuader les comités, les assemblées ou les soviets d’usine de se transformer d’eux-mêmes en véritables organes d’autogestion populaire ; ils ne cherchent pas à les dominer, à les manipuler ou à les incorporer à un parti politique omniscient. Les anarcho-communistes ne cherchent pas à construire une structure d’État au-dessus de ces organes populaires révolutionnaires, mais au contraire à dissoudre toutes les formes organisationnelles de la période prérévolutionnaire (y compris la leur propre) dans ces organes révolutionnaires véritables.

Ces différences avec les partis de type bolchevique sont décisives. Malgré leur rhétorique et leurs slogans, les bolcheviks russes n’ont jamais cru aux soviets ; ils les considérèrent comme des instruments du Parti bolchevique, attitude que les trotskistes français ont fidèlement reprise vis-à-vis des assemblées étudiantes de la Sorbonne, les maoïstes français vis-à-vis de la CGT, et les groupes de la vieille gauche vis-à-vis du SDS. Dès 1921, les soviets étaient virtuellement morts, et toutes les décisions étaient prises par le comité central bolchevique ou par le bureau politique. Non seulement les anarcho-communistes cherchent à empêcher les partis marxistes de répéter ce coup, mais ils cherchent aussi à empêcher leur propre organisation de jouer un rôle similaire. Par conséquent, ils essayent d’éviter l’apparition parmi eux d’une bureaucratie, d’une hiérarchie et des élites. De plus, et ce n’est pas le moins important, ils essaient de se refaçonner eux-mêmes ; d’arracher de leur propre personnalité cette propension à l’autoritarisme et à l’élitisme qui, dans une société basée sur la propriété, est assimilée presque dès la naissance. Si le mouvement anarchiste se sent concerné par le style de vie, ce n’est pas seulement parce qu’il se préoccupe de sa propre intégrité, mais aussi de l’intégrité de la révolution elle-même. Au milieu de la multitude déconcertante de courants idéologiques de notre époque, une question doit toujours rester au premier plan : pourquoi essayons-nous de faire une révolution ? Est-ce que nous essayons de faire une révolution pour recréer une hiérarchie, et agiter ainsi devant les yeux de l’humanité un rêve obscur de liberté future ? Est-ce pour développer encore plus le progrès technologique de manière à créer une abondance de biens encore plus grande que celle qui existe déjà ? Est-ce pour « égaler » la bourgeoisie ? Est-ce pour amener le PLP au pouvoir ? Ou le Parti communiste ? Ou le Socialist Workers Party ? Est-ce pour émanciper des abstractions telles que le « prolétariat», le « peuple», « l’histoire», la « société» ?

Ou est-ce finalement pour dissoudre la hiérarchie, la loi et la coercition des classes pour permettre à chaque individu de prendre le contrôle de sa vie quotidienne ? N’est-ce pas pour rendre chaque instant aussi merveilleux qu’il pourrait l’être, et la vie de chaque individu aussi comblée que possible ? Si le véritable but de la révolution est d’amener au pouvoir les hommes néanderthaliens du PLP, ça n’en vaut vraiment pas la peine. Nul besoin de discuter la question stupide de savoir si le développement individuel peut être séparé du développement social et communautaire ; les deux vont évidemment ensemble. La base de l’être humain entier est une société entière ; la base de l’être humain libre est une société libre.

Ces problèmes étant mis de côté, nous sommes cependant toujours confrontés à la question que Marx souleva en 1850 : quand allons-nous commencer à puiser notre poésie dans le futur au lieu du passé ? Nous devons laisser les morts enterrer les morts. Le marxisme est mort parce qu’il était enraciné dans une ère de pénurie matérielle ; parce que ses possibilités étaient limitées par le besoin matériel. Le message social le plus important du marxisme est que la liberté nécessite des conditions matérielles préalables : il faut survivre pour pouvoir vivre. Grâce au développement d’une technologie que la science-fiction la plus délirante n’aurait jamais pu concevoir du temps de Marx, les possibilités d’une société ayant dépassé la rareté s’offrent maintenant à nous. Toutes les institutions de la société basée sur la propriété, les règles de classe, la hiérarchie, la famille patriarcale, la bureaucratie, la ville, l’État sont maintenant sur leur déclin. Aujourd’hui, la décentralisation n’est pas seulement désirable en tant que moyen pour retrouver une échelle humaine ; elle devient nécessaire pour recréer une écologie viable, pour protéger la vie de cette planète des polluants destructeurs et de l’érosion du sol, pour préserver le renouvellement d’une atmosphère respirable et l’équilibre de la nature. La promotion de la spontanéité est nécessaire si l’on veut que la révolution sociale rende à chaque individu le contrôle de sa vie quotidienne.

Les anciennes formes de lutte ne disparaissent pas totalement, avec la décomposition de la société de classes, mais elles sont transcendées par les problèmes d’une société sans classes. Il n’y aura pas de révolution sociale sans ralliement des travailleurs ; c’est pourquoi ils ont besoin de notre solidarité active chaque fois qu’ils mènent une lutte contre l’exploitation. Nous combattons les crimes sociaux partout où ils apparaissent, et l’exploitation industrielle est un crime social profond. Mais de même, le racisme, le refus du droit des peuples à l’autodétermination, l’impérialisme, la pauvreté sont des crimes sociaux graves et, pour la même raison, la pollution, l’urbanisation sauvage, la pernicieuse socialisation de la jeunesse et la répression sexuelle. Pour ce qui est de la question de gagner le prolétariat à la cause révolutionnaire, nous devons garder en tête que la condition préalable à l’existence de la bourgeoisie est le développement du prolétariat. Le capitalisme, en tant que système social, présuppose l’existence des deux classes, il est perpétué par le développement des deux classes. On ne commence à miner le pouvoir de classe que dans la mesure où on encourage la déclassification des classes non bourgeoises, au moins institutionnellement, psychologiquement et culturellement.

Pour la première fois dans l’histoire, et grâce au progrès technologique de notre époque, la phase anarchiste qui a ouvert toutes les grandes révolutions du passé peut être préservée et devenir une condition permanente. Les institutions anarchistes de cette phase – les assemblées, les comités d’usine, les comités d’action – peuvent être stabilisées et devenir les éléments d’une société libérée, les éléments d’un système nouveau d’autogestion. Saura-t-on construire un mouvement capable de les défendre ? Peut-on créer une organisation composée de groupes d’affinité qui soient capables de se dissoudre dans des institutions révolutionnaires ? Ou veut-on créer un parti hiérarchisé, centralisé, bureaucratique, qui essayera de les dominer, de les supplanter et, finalement, de les détruire ?

Écoute, camarade ! L’organisation que nous essayons de construire est à l’image de la société que notre révolution créera. Ou bien nous nous dépouillerons du passé – en nous-même et à l’intérieur de nos groupes –, ou bien il n’y aura simplement pas de futur à conquérir.

New York

Mai 1969

= = =

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Lectures complémentaires:

Murray_Bookchin_Le_municipalisme_libertaire

Guy_Debord_La_societe_du_spectacle

Charles-Macdonald_Anthropologie_de_l’anarchie

lindispensable-de-pierre-kropotkine

L’essentiel-et-l’indispensable-de-Raoul_Vaneigem

Michel_Bakounine_La_Commune_de_Paris_et_la_notion_detat

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

Faire passer le proletariat pour fascisant_Francis_Cousin

Il y a 50 ans… Mai 68

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

Rudolph Rocker_Anarchie de la theorie a la pratique

 

Le piège de la 5G et des crypto-monnaies ou l’éclosion du monstre technotronique (Dean Henderson)

Posted in actualité, altermondialisme, économie, chine colonialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, sciences et technologies, technologie et totalitarisme with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 22 octobre 2019 by Résistance 71

Monstre technotronique…

 

Le plan blockchain 5G de mise en esclavage de la Fed

 

Dean Henderson

 

20 octobre 2019

 

url de l’article original:

https://hendersonlefthook.wordpress.com/2019/10/20/the-feds-5g-blockchain-enslavement-plan/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans mon dernier article, je posais la question de la possibilité de ce que les crypto-monnaies et la technologie du blockchain puissent servir de leurre pour la mise en place d’une monnaie globale électronique implantable (sous forme de puce électronique) gérée par la 5G et contrôlée par les mêmes banquiers centraux, emmenés par la famille Rothschild, qui contrôlent l’ensemble des bien monétaires de la planète.

Un rapide coup d’œil au site internet d’une entreprise appelée Digital Currency Group ou DCG pourrait bien vous convaincre que ceci est juste. Il apparaît qu’ils possèdent leur propre espace entier de blockchain et de crypto-monnaies.

D’après son site internet, DCG est “L’épicentre de l’industrie du Bitcoin et de la blockchain”. L’ancien secrétaire à la trésorerie américaine (ministère des finances) et membre de la banque fédérale de New York, Larry Summers, est un conseiller du comité directeur de DCG, dont les membres incluent Lawrence Lenihan, Glenn Hutchins et Barry Silbert.

Lenihan est un ancien d’IBM, qui développa les premiers produits kiosk logiciel multimedia interactif transactionnel. Il fut le président du Duke University Pratt School of Engineering Devil Venture Fund. Il est aussi aux comités directeurs de Body Labs et de TraceLink.

Body Lab est un fournisseur de logiciel d’intelligence artificielle “consciente” qui comprend la forme du corps humain en 3D ainsi que le mouvement depuis des photos ou des videos RGB. Lenihan a fourni un capital de départ pour Body Labs depuis son fond de FirstMark Capital, qu’il a commencé après son passage chez IBM (NdT: N’oublions pas qu’IBM a mis au point le premier système comptable informatique, mis en application par les nazis dans leur gestion concentrationnaire…). Leur point de focalisation est la gestion de banques de données et l’Intelligence Artificielle. Body Labs a été rachetée par Amazon en 2017 et jouera un rôle clef dans le développement des caméras de surveillance 5G.


5G + crypto-monnaies = esclavage planétaire 

TraceLink s’appelle elle-même un “nuage des sciences de la vie” qui se spécialise dans “la recherche et le pistage global”, “”l’obéissance globale” et la “chaîne d’accès numérique”. L’entreprise travaille étroitement avec Big Pharma et les chaînes hospitalières. TraceLink possède la technologie qui pourrait être utilisée pour “rechercher et pister” les porteurs de puces électroniques humains.

Glenn Hutchins est membre du bureau directeur de la banque fédérale de New York (NdT: qui n’a de “fédérale” que le nom, il s’agit comme le reste, d’un cartel de banques privées…), la branche la plus puissante des banques fédérales. Hutchins est aussi un directeur à AT&T, qui met en place son affaire de la 5G Evolution. Hutchins est le co-chairman du Brookings Institute et directeur adjoint du puissant Economic Club de New York.

Hutchins est le co-fondateur de Silver Lake, un leader mondial technologique qui a investi plus de 43 milliards de dollars en avoirs combinés. Son leadership consiste en d’anciens banquiers d’affaire de la Goldman Sachs de la JP Morgan Chase, du Crédit Suisse et de la Morgan Stanley. Ses associés incluent le NASDAQ, Motorola Solutions, Skype, Ancestry.com, Alibaba (Chine), Dell, Intelsat et Tesla. Elle a des bases dans la Silicon Valley, New York, Londres et Hong Kong.

Hutchins est propriétaire associé de l’équipe de Basket Ball de la NBA des Boston Celtics et co-préside la campagne du capital de Harvard, il est membre du comité directeur du Center for American Progress et de la Fondation Obama et ancien membre du comité directeur du NASDAQ, de SunGard Data Systems et d’Instinet. Il siège aussi au comité exécutif du New York Presbyterian Hospital, qui est connecté avec l’église anglicane basée à la City de Londres.

En 2004, Barry Silbert fonda SecondMarket Inc., qui est maintenant connu sous le nom de NASDAQ Private Market. En 2015, il lança le Digital Currency Group, DCG. En 2016, DCG s’associe avec Amazon Web Services pour créer un environnement dans lequel les entreprises pourront utiliser des technologies blockchain.

La liste des entreprises de blockchain et de crypto-monnaies que possède DCG est tout simplement époustoufflante. Il apparaît que le culte du Bitcoin fut façonné par personne d’autre que la banques de la réserve fédérale de New York inféodée et contrôlée par le gang Rothschild / Rockefeller, qui apparaît piloter la locomotive blockchain. Ceci explique probablement pourquoi pratiquement toute “l’extraction” de Bitcoin s’est déplacée en Chine ; et aussi pourquoi le modèle de “crédit-social chinois” pondu par David Rockefeller, est en train de mener la danse vers une mise en esclavage mondiale un bloc et une chaîne à la fois…

= = =

Lectures complémentaires:

Dossier-complet–pour-stopper-net-la-dictature-technotronique

Alerte_scientifiques_medecins_5G

Naval-Medical-Research-Institute-1972-Full-Bibliography

dossier-complet-pour-refuser-le-tout-connecte-via-la-5g-la-smart-city-ou-ville-connectee

la-tele-medecine-cest-pas-bon-pour-la-sante

Agenda-oligarchique-de-depopulation-sarkozy-et-les-compteurs-intelligents

stop-linky-gazpar-5G

Dean Henderson NOM 4 cavaliers apocalypse pétrolière et familles banquières de l’oligarchie

 


Chine, N.O.M, 5G et Blockchain

A lire: pourquoi le renégat, escroc, homme de main de David Rockefeller, le canadien Maurice Strong, s’est-il exilé en Chine ?

Escroquerie Réchauffement Climatique Anthropique, Greta Thunberg et capitalisme, fascisme transnational verts (F. William Engdahl)

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, économie, crise mondiale, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, réchauffement climatique anthropique, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , on 8 octobre 2019 by Résistance 71


Greta Thunberg et la filière Al Gore, Soros, Goldman Sachs

 

Le climat et la piste du fric

 

F. William Engdahl

New Eastern Outlook

 

28 septembre 2019

 

Source:

http://landdestroyer.blogspot.com/2019/09/climate-and-money-trail.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le climat. Qui aurait pu penser ? Les mêmes mega-entreprises et mega-milliardaires qui sont derrière le mondialisme, la mondialisation de l’économie ces dernières décennies, dont la poursuite de la valeur et du profit d’actionnaire et la réduction des coûts, qui ont tant et tant ruiné notre environnement à la fois dans le monde industrialisé et dans les économies sous-développées d’Afrique, d’Asie, d’Amérique Latine, sont les soutiens les plus importants du mouvement  de la “décarbonisation par la base” qui va de la Suède à l’Allemagne en passant par les Etats-Unis et au-delà. Est-ce le remords ou serait-ce en accord avec un agenda plus profond de la monétarisation de l’air même que nous respirons ?…

Indépendamment de ce qu’on peut penser des dangers représentés par le CO2 et les risques que le réchauffement global crée une catastrophe planétaire avec une augmentation moyenne de température de 1,5 à 2 degré Celsius dans les prochaines douze années, il convient néanmoins de noter qui fait la promotion de ce flot actuel de propagande et d’activisme climatique.


Suivez le fric…

La finance verte

Plusieurs années avant qu’Al Gore et d’autres ne décident d’utiliser une jeune écolière suédoise pour être l’égérie de l’urgence climatique, ou aux Etats-Unis d’appeler une Alexandria Ocasio-Cortez (AOC) pour une réorganisation complète de l’économie autour de la Nouvelle Donne Verte, les géants de la finance ont commencé à cogiter sur des plans efficaces pour diriger les centaines et milliers de milliards de dollars des futurs fonds d’investissement dans des entreprises “climatiques” souvent sans valeur et inutiles.

En 2013, après des années de préparation attentive, une entreprise immobilière suédoise, Vasakronan, a émis la première obligation entrepreneuriale “l’obligation verte”. Elle fut suivie par bien d’autres comme Apple, la SNCF et la banque majeure française du Crédit Agricole. En novembre 2013, Tesla Energy plombée par le problème Elon Musk, a émis la première sécurité basée sur le solaire/photovoltaïque. Aujourd’hui, d’après quelque chose qui est appelé la Climate Bonds Initiative (Initiative sur les Obligations du Climat), plus de 500 milliards de dollars de ces obligations sont disséminées. Les créateurs de l’idée de cette obligation disent que leur but est de gagner une part majeure de 45 000 milliards de dollars en acquisitions globalement sous gestion et qui ont investi nominalement dans des “projets climato-sympathiques” (“climate friendly” projects.)

Bonnie Prince Charles, futur roi d’Angleterre et du Royaume-Uni, avec la Banque d’Angleterre et la finance de la City de Londres, ont promu les “instruments financiers verts”, emmenés par les “obligations vertes”, pour rediriger les plans de retraite et les fonds mutuels vers des projets verts. Un joueur clef dans le lien entre les institutions financières mondiales avec l’Agenda Vert est le patron sortant de la Banque d’Angleterre Mark Carney. En décembre 2015, la Banque des Règlements Internationaux (NdT: Bâle, GQG des banques centrales, toutes privées rappelons-le…) et son comité pour la stabilité financière (CSF), alors présidé par Carney, créa une force spéciale sur la divulgation financière en relation avec le climat afin de “conseiller les investisseurs, prêteurs et assurances au sujet des risques liés au climat”. Ceci fut sans aucun doute un point de focalisation des plus bizarres pour des banquiers centraux.

En 2016, ce comité, avec la Corporation de la City de Londres et le gouvernement britannique, lancèrent l’initiative de la finance verte, visant à engranger des milliers de milliards au gré d’investissements “verts”. Les banquiers nommèrent 31 personnes pour former le comité. Présidé par le milliardaire de la finance Michael Bloomberg, ce comité inclut des personnes clefs en provenance d’institutions telles que la JP Morgan Chase, BlackRock-one, un des plus gros gérants de biens au monde avec un portefeuille de gestion de près de 7000 milliards de dollars, la banque Barclays, la HSBC, la banque londonienne de Hong Kong qui a été mis à l’amende moultes fois pour blanchiment de l’argent de la drogue et autres malversations, Swiss Re, la banque chinoise de l’ICBC, les Aciers Tata, ENI oil le géant italien, Dow Chemical, le géant minier BHP Bellington et David Blood de Generation Investment LLC d’Al Gore… De fait, il semble que les renards écrivent les règles de gestion de ce nouveau poulailler vert.

Carney de la Banque d’Angleterre fut aussi un acteur clef dans les efforts de rendre la City de Londres le centre financier de la finance verte mondiale. Le Chancelor of the Exchequer sortant de GB, Philip Hammond, publia une marche à suivre en juillet 2019 sur “La stratégie de la finance verte : transformer la finance pour un futur plus vert”. L’article dit: “Une des initiatives les plus influentes qui a émergé est la force spéciale sur la divulgation financière en relation avec le climat (TCFD) du comité de stabilité financière, soutenu par Mark Carney et présidé par Michael Bloomberg. Il a été endorsé par des institutions représentant globalement quelques 118 000 miliards de dollars.” On dirait bien qu’il y a un plan derrière tout cela. Le plan est la financiarisation de l’économie mondiale en utilisant la peur d’un scenario de fin du monde (climatique) afin d’atteindre des buts arbitraires tels que “des émissions zéro nettes de gaz à effet de serre”.

Goldman Sachs, acteur clef

La banque omniprésente de Wall Street de la Goldman Sachs, qui a pondu entre autre, le président sortant de la Banque Centrale Européenne Mario Draghi et le patron de la Banque d’Angleterre Mark Carney, vient juste de dévoiler le premier index mondial des top actions boursières pour l’environnement, fait avec la CDP de Londres, anciennement le Carbon Disclosure Project. Celui-ci est notoirement financé par des investisseurs comme HSBC, JP Morgan Chase, Bank of America, Merrill Lynch, Goldman Sachs, American International Group (AIG) et la State Street Corp.

Ce nouvel index, appelé CDP Environment EW et CDP Eurozone EW, vise à leurrer les fonds d’investissement, les systèmes de retraites des états comme CalPERS (the California Public Employees’ Retirement System) and CalSTRS (the California State Teachers’ Retirement System) qui ont des biens combinés de quelques 600 milliards de dollars, à investir dans leurs cibles choisies avec attention. Des entreprises du haut de cet index incluent Alphabet de Google, Microsoft, ING Group, Diageo, Philips, Danone et de manière fort à propos… Goldman Sachs.

Entre Greta, AOC and Co.

A ce point, les évènements prennent une tournure des plus cyniques alors que nous sommes confrontés avec des activistes climatiques des plus populaires et très bien promus comme par exemple la suédoise Greta Thunberg ou la New-Yorkaise de 29 ans Alexandria Ocasio-Cortez et la Nouvelle Donne Verte. Quelque soit le niveau de sincérité de ces activistes, il y a derrière eux, une très belle machine financière bien huilée, qui les promeut afin d’y gagner et d’y gagner gros.

Greta Thunberg fait partie d’un réseau très bien connecté lié à l’organisation de Al Gore, qui est professionnellement et cyniquement promue et utilisé par des agences comme l’ONU, la Commission Européenne et les intérêts financiers se trouvant derrière l’agenda climatique actuel. Comme le documente très bien le chercheur et activiste climatique canadien, Cory Morningstar dans une excellente série d’articles, la jeune Greta travaille avec un réseau bien tricoté qui est lié à l’investisseur  climatique américain et grand profiteur de la “crise climatique”, Al Gore, président du Generation Investment Group. L’associé de Gore, l’ex-Goldman Sachs David Blood, est un membre du TCFD créé par la BRI de Bâle. Greta Thunberg et son ami de 17 ans américain, Jamie Margolin, furent tous deux listés comme “special youth advisor and trustee” par la NGO suédoise “We Don’t Have Time”, fondée par son CEO Ingmar Rentzhog, qui est un membre de la Climate Reality Organization Leaders, de Al Gore et fait partie de la European Climate Policy Task Force. Il fut formé par Al Gore en mars 2017 à Denver, Colorado, puis en juin 2018 à Berlin. Le Climate Reality Project d’Al Gore est un associé de l’ONG “We Don’t Have Time”.

La membre du congrès américain (députée) Alexandria Ocasio-Cortez (AOC), qui fit l’effet d’une bombe lors de ses premiers jours en fonction en dévoilant la “Nouvelle Donne Verte” pour réorganiser complètement l’économie américaine à un coût qui sera probablement de l’ordre de 100 000 milliards de dollars, n’est pas non plus sans guide avisé. elle a ouvertement admis qu’elle s’est présentée aux élections à l’instance d’un groupe appelé Justice Democrats. elle a dit à un journaliste dans un entretien: “Je ne participerai pas à cette élection si ce nétait pour le soutien de Justice Democrats et de Brand New Congress. Euh, en fait ce furent ces organisations, JD et BNC, toutes deux qui m’ont demandé de me présenter. Ce sont elles qui m’ont appelé il y a un an et demi…” Maintenant, en tant que députée, les conseillers d’AOC incluent le co-fondateur de JD, Zack Exley, qui fut un Open Society Fellow (NdT: George Soros) et fut financé par, entra autre, l’Open Society Foundation de Soros et la Ford Foundation (NdT: gestion et intérêt Rockefeller) qui créèrent un prédécessur à JD pour recruter des candidats triés sur le volet pour participer aux campagnes électorale et être élus députés.

Le véritable agenda est économique

Les liens entre les plus grands groupes financiers au monde, les banques centrales et les entreprises transnationales avec la poussée actuelle pour une stratégie climatique extrémiste d’abandon de l’économie fondée sur les hydrocarbures en faveur d’une vague économie verte largement inexpliquée, est semble t’il, moins au sujet de la véritable préoccupation de rendre notre planète plus propre et plus saine à vivre, mais ceci serait plutôt un agenda, intimement lié à l’Agenda 2030 de l’ONU pour une économie “durable” et pour développer littéralement des milliers de milliards de dollars en nouvelle richesse pour les banques transnationales et les géants de la finance qui constituent le véritable pouvoir en place.

En février 2019, après un discours à la Commission Européenne de Bruxelles par Greta Thunberg, le président de la CE, Jean-Claude Juncker, après avoir élégamment embrassé la main de Greta, est apparu passer aux véritables actes. Il a dit à Greta et à la presse que l’UE devrait dépenser des milliards d’Euros pour combattre la changement climatique ces 10 prochaines années. Juncker a proposé qu’entre 2021 et 2027, “un euro sur quatre dépensé au sein de l’UE et de son budget le sera pour une action envers la limitation du changement climatique.” Ce que le rusé Juncker n’a pas dit, est que cette décision n’a absolument rien à voir avec la plaidoirie de la jeune suédoise. Ceci avait été décidé en conjonction avec la Banque Mondiale une année complète avant le 26 septembre 2018 au sommet One Planet et impliquant la BM, les fondations Bloomberg le World Economic Forum et autres. Juncker a intelligemment utilisé l’attention des médias donnée à la jeune Greta pour promouvoir son agenda climatique.

Le 17 octobre 2018, quelques jours après l’accord de l’UE au One Planet Summit, l’UE de Juncker signa un Memmorandum de Compréhension avec Breakthrough Energy-Europe dans lequel des membres associés de Breakthrough Energy-Europe auront un accès préférentiel à tout financement à ce sujet.

Les membres de Breakthrough Energy incluent: Virgin Air’s Richard Branson, Bill Gates, Alibaba’s Jack Ma, Facebook’s Mark Zuckerberg, HRH Prince Al-waleed bin Talal (NdT: Qatar), Bridgewater Associates’ Ray Dalio; Julian Robertson of hedge fund giant, Tiger Management; David Rubenstein, founder Carlyle Group; George Soros, Chairman Soros Fund Management LLC; Masayoshi Son, fondateur Softbank, Japon. 

Ne vous y trompez pas. Lorsque des entreprises multinationales des plus influentes, des investisseurs du plus haut niveau mondial incluant BlackRock et la Goldman Sachs, l’ONU, la Banque Mondiale, la Banque d’Angleterre (NdT: et la City de Londres derrière) et autres banques centrales, leur GQG de la BRI de Bâle, s’alignent derrière le financement d’un soi-disant “agenda vert”, appelez-le Nouvelle Donne Verte ou ce que vous voulez, il est grand temps de regarder sous la surface publique de ces campagnes d’activistes climatiques et l’image qui en émerge est celle d’une tentative de réorganisation financière de l’économie mondiale en utilisant la “crise climatique”, quelque chose sur quoi le soleil et son énergie naturelle auront toujours par ordre de magnitude, beaucoup plus à voir que l’humanité ne l’aura jamais, pour essayer de nous convaincre, nous les gens ordinaires, de faire des sacrifices incommensurables pour “sauver notre planète”.

En 2010, le patron du Working Group 3 du GIEC, le Dr Otmar Edenhofer a dit à un journaliste qui l’interviewait: “… on doit dire clairement que nous redistribuons de facto la richesse mondiale par la politique climatique. On doit se libérer de l’illusion que la politique internationale sur le climat est une politique pour l’environnement. Ceci n’a plus rien à voir avec l’environnement, avec des problèmes comme la déforestation ou le trou dans la couche d’ozone.” Depuis, la stratégie de la politique économique s’est développée bien plus avant.

= = =

Lectures complémentaires:

F. William Engdahl sur Résistance 71

La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

Notre page « Escroquerie du Réchauffement Climatique Anthropique »

Manuel_du_sceptique_climatique_No1

Manuel du Sceptique II-V4

 

Appel à la grève générale illimitée (et expropriatrice ?…) pour décembre 2019

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 3 octobre 2019 by Résistance 71

Nous dirons même plus: Appel à la grève générale, illimitée et EXPROPRIATRICE !

Le grève en elle-même est une chose, pourvu qu’elle se fasse ben entendu hors du contrôle des foies jaunes des centrales syndicales ; mais il est encore mieux d’exproprier le capital et de produire pour les véritables producteurs et les consommateurs, hors système marchand, court-circuitant ainsi les rouages de la division et de l’exploitation étatico-capitaliste.

“A chacun selon sa capacité, à chacun selon ses besoins”.

La grève aussi illimité qu’elle soit, n’est pas (malheureusement) suffisante, même si c’est un pas en avant par rapport à la grève encadrée par les foies jaunes syndicalistes du système !

Exproprions le capital et reprenons la barre du bateau ivre. Remettons le travail au service du peuple hors diktat marchand.

~ Résistance 71 ~

 

A lire: Action Directe contre Parlementarisme

 


A lire sur la grève et l’organisation des travailleurs
cf notre note en bas de la p.17

 

Tous et toutes en grève pour un décembre noir !

 

Paris Luttes Info

 

Octobre 2019

 

Source: 

https://paris-luttes.info/tous-en-greve-pour-un-decembre-12647?lang=fr

 

Appel à la grève générale et illimitée à partir du 5 décembre 2019

À l’appel de la base des agents RATP et dans la perspective de la construction du « Tous ensemble face à Macron ! » Il va falloir se préparer à entrer dans une grève illimitée.

Fini ! les grèves saute-moutons, les grèves perlées et les marches syndicales République-Nation sans perspective ni concrétisation !

Et qui ne servent à rien !

Sinon à nous manipuler, nous infantiliser et surtout nous épuiser et confisquer nos colères pour arranger le pouvoir avec la complicité des professionnels du syndicalisme.

Ces parodies de grève ne servent qu’à dépoussiérer les drapeaux syndicaux et décrasser les moteurs des camionnettes à mojitos, ou le camion de merguez à Martinez !

Fini ! de tirer la chasse d’eau sur nos revendications après avoir canalisé nos colères !

Ne nous laissons plus berner par le boys band syndical qui tente de négocier des points et des virgules.

La grève appartient aux grévistes, à ceux qui perdent de l’argent ! Et pas à ceux qui de derrière leur bureau élaborent des stratégies de grèves sciemment perdantes !

Nous ne sommes plus dupes…

Le vrai rapport de force est dans la grève massive et intersectorielle, mais pas n’importe laquelle, ni n’importe comment et la seule stratégie qui vaille c’est :

LA GRÈVE GÉNÉRALE, TOUS ENSEMBLE EN MÊME TEMPS ET JUSQU’À LA VICTOIRE !!!!!

Fédérons nos colères ! Convergeons nos luttes !

Tous ensemble unis : travailleur·euse·s, précaires, retraité·e·s, chômeur·euse·s, usager·ère·s, citoyen·ne·s, sans-papier, quartiers, ruraux, paysan·ne·s, indépendant·e·s, entrepreneur·e·s, fonctionnaires, consommateur·rice·s, cadres, artistes, public/privé… Gilets jaunes, Gilets noirs, Gilets verts, Violets…. Arc-en-ciel !

La BASE est réveillée et consciente de toutes les trahisons des politiques, de la bureaucratie syndicale…

Nous nous battrons pour l’avenir de nos marmots et même s’ils ne veulent pas, nous on sera là !!!

POUR LA GRÈVE GÉNÉRALE ILLIMITÉE à partir du 5 décembre !

= = =

Lectures complémentaires:

Michel_Bakounine_La_Commune_de_Paris_et_la_notion_detat

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

Faire passer le proletariat pour fascisant_Francis_Cousin

Pierre_Kropotkine_L’anarchie-dans-l’evolution-socialiste-2eme-edition-1892

Pierre_Kropotkine_La_Commune_de_Paris_PDF

Tract_Gilets_Jaunes

Francis_Cousin Ce n’est qu’un début…

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

La_Conquête_du_Pain_Kropotkine

Louise-Michel_De-la-commune-a-la-pratique-anarchiste

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

champs-usines-et-ateliers-par-pierre-kropotkine-1910

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

Manifeste contre le travail

Un monde sans argent: le communisme

Le_monde_nouveau_Pierre_Besnard

Rudolph Rocker_Anarchie de la theorie a la pratique

Errico_Malatesta_écrits_choisis

Appel au Socialisme Gustav Landauer