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Gilets Jaunes: Commercy (Meuse), de l’indignation à la conscience politique…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état on 16 décembre 2018 by Résistance 71

Nous avions déjà relayé les infos sur Commercy dans la Meuse, pour ces Gilets Jaunes devenus un collectif demandant le confédération des Communes Libres, l’aventure de la démocratie directe ne s’arrête pas en bon chemin…
Les compagnon(e)s de Commercy nous montrent la voie de la solution, des centaines, des milliers de Commercy doivent fleurir, partout !
Voici comment ils s’organisent.

~ Résistance 71 ~

Ce soir là, un air de révolution flottait à Commercy

 

Gilets Jaunes de Commercy (Meuse)

Manif-Est Info

 

15 décembre 2018

 

url de l’article:

https://manif-est.info/Ce-soir-la-un-air-de-revolution-flottait-a-Commercy-878.html

 

Ce vendredi 7 décembre au soir, alors que toute la France se demandait ce que réserverait un acte IV de mobilisation des Gilets Jaunes, présenté comme un seuil critique de menace des institutions étatiques, à Commercy flottait un air de révolution. Venues de plusieurs points de mobilisation en Meuse et même de Meurthe-et-Moselle, près de 150 personnes ont répondu à l’invitation à une « Assemblée extraordinaire des Gilets Jaunes de Commercy ».

À l’origine la salle, réservée par l’association Là Qu’on Vive, pour présenter et débattre d’une initiative de municipalisme libertaire à Commercy, s’est finalement transformée, par la force des choses et la coïncidence heureuse des envies, en une assemblée extraordinaire des Gilets Jaunes.

Une occasion pour sortir de la temporalité au jour le jour du mouvement social, faire une rétrospective des actions locales et de l’évolution nationale de la mouvement au cours des trois semaines passées. Un moment surtout pour ouvrir la parole à tous et toutes sur la perception du mouvement et de ses enjeux et pour se projeter sur des lendemains, au-delà de ce qui pourrait se passer dans les jours et semaines à venir.

Le commun qui s’est créé autour des ronds-points, sur les barrages routiers, au gré des actions et assemblées, des discussions riches et nombreuses qui ont émaillé les dernières semaines, aspire ici et là, un peu partout en France, à s’ancrer dans la durée, s’agglomérer et s’organiser sans se structurer forcément, ouvrir dans tous les cas sur un nouvel avenir de société.

Si pour beaucoup la taxe sur les carburants a été l’étincelle, les causes de frustrations sont innombrables, surtout dans des villes et régions à forte population ouvrière, fort taux de chômage, de pauvreté et avec un important sentiment d’abandon et de mépris institutionnel.

« Pas de chefs, pas de partis, pas de syndicats, pas de récupération politique, le pouvoir par et pour le peuple ! » est un mot d’ordre qui par-delà toutes les différences entre les individus, a fait l’unanimité d’un mouvement de colère et de révolte parti d’une population défiante envers les beaux-parleurs et politiciens en tous genres.

« On est pas bêtes, on comprend qu’on nous enfume » est une phrase récurrente des assemblées qui réunissent chaque soir, qu’il vente, pleuve ou grêle, celles et ceux qui aspirent à réinventer une démocratie directe sans forcément en avoir formalisé les moyens et les outils. Juste une intuition profonde d’une confiscation du pouvoir de décision par la représentativité électorale, qui depuis longtemps à creusé le fossé entre une classe politique élitiste et méprisante des réalités sociales, et une population qui doute, qui vote de moins en moins et qui cherche sa vérité sur les réseaux sociaux, les vidéos de youtube et a appris à se défier des informations médiatiques et des discours politiques.

Une population aussi qui prend chaque jour davantage conscience que la consommation ne fait pas le bonheur, quand bien même le pouvoir d’achat augmenterait. Stress, précarité et détérioration des conditions de travail minent la vie familiale, appauvrissent et souvent réduisent à néant la vie sociale. Si les classes moyennes surnagent, le peuple qui se lève à 5h, qui trime à la chaîne ou dans les petits boulots à la semaine, qui partage sa vie entre la file du pôle emploi et celle de la CAF, entre le turbin et la galère d’assumer une vie de famille à côté, ce peuple-là est éreinté et aspire à du changement, aspire simplement au bien-être mais surtout à la possibilité du bonheur.

Ce vendredi soir à Commercy, ce sont ces voix-là, ces aspirations qui se sont exprimées jusqu’à tard dans la soirée. Entre passion, rires et espoir, les prises de paroles ont égrené les envies de récrire une constitution, ébaucher un référendum citoyen, poursuivre les blocages, mettre en place des cahiers de doléance, construire des assemblées décisionnelles aux ordres desquels seraient les élus.

Lorsqu’on entrait dans la salle avant l’assemblée, on y trouvait des hommes et femmes affublés de gilets, discutant dans une humeur joyeuse, jouant aux cartes, préparant un diaporama pour la rétrospective des actions récentes, servant café et gâteaux apportés par les unes ou les autres, ou encore d’autres installant des instruments pour finir la soirée en musique. Un joyeux brassage de personnes entre lesquelles le fil des semaines entre actions, permanences, assemblées et solidarité, a tissé des amitiés.

On s’engueule, on rigole, on a la larme à l’oeil, mais on s’écoute avec attention, et plus de 3 heures d’assemblée plus tard une centaine de personnes est toujours là, alerte, prête à débattre jusqu’au coeur de la nuit. Un espace de rencontre, de discussion, d’expression inédit qui jusqu’alors existait autour d’une cabane de palettes construite sur la place centrale et devenu le point de ralliement, le lieu des soupes solidaires du samedi et le point d’information qui fait la fierté des Gilets Jaunes de Commercy, un espace qui prend soudain une dimension plus large, celle de l’assemblée du peuple. Maladroite mais sincère, cette dernière a relevé le défi de la proposition faite à travers une vidéo très largement relayée et plébiscitée : construire un commun entre des personnes d’horizons très différents et perdurer en se donnant un nouveau rendez-vous, dans une quasi-unanimité, deux semaines plus tard au même endroit. Et d’ici là on continue à se mobiliser au quotidien à la cabane, sur les péages et partout où ce sera nécessaire pour faire plier le gouvernement et Macron à sa tête.

La soirée s’est finie avec un soutien aux lycéens interpellés, des dizaines de genoux à terre, mains derrière la tête puis le poing levé. Et une reprise en choeur d’un chant des partisans remanié, devenu une sorte d’hymne des Gilets Jaunes de Commercy. Un moment de solidarité beau et vibrant à tous égards.

Et enfin, quelques bribes de ce qu’on a pu entendre ce soir-là à Commercy :

« Le gouvernement les connaît les doléances !

Les Gilets Jaunes sont en COLÈRE. La communication entre le peuple et le gouvernement ne se fait pas. Le gouvernement est sourd ! Le seul moyen de communication qu’on a c’est la coercition ! Il faut les forcer, eux ne connaissent que le bâton. »

« Le gouvernement n’a aucun négociateur, il est obligé de céder ! On fait un mélange entre la casse et l’énervement ! Ils disent « calmez vous calmez vous calmez vous » On fait croire que ça va être la guerre à Paris et qu’il faut rester calme, c’est une façon de détourner l’attention de la colère que les gens ressentent. Il faut continuer à porter des revendications pour dire « on exige maintenant que ça avance, on ne veut plus vivre comme on vit aujourd’hui ». Quand on va à la CAF quand on appelle un opérateur téléphonique on se fait prendre pour des cons, on a jamais un interlocuteur fixe, on se fout de notre gueule partout ! Ça me fait du bien je vois pas tous ces gens tous les jours ! qu’on n’attende pas de tout demander aux politiciens ils feront toujours les choses à moitié ! À chaque fois on se fait entuber, à chaque fois c’est « on se fait une réforme super dure et face à la contestation on applique que la moitié mais on le fait quand même ! ». Faut que ça s’arrête, faut qu’on continue !  »

« Ce qu’on a obtenu c’est bien, ça avance, ils ont peur. On ne peut plus être gouverné par ce gouvernement qui a été élu. On nous a mis dans des petites cases depuis des années, là enfin des gens sont sortis et se sont rencontrés, enfin ! Il faut que ça se termine en évitant des bains de sang. De quel droit on fait ça à nos jeunes ?  »

«  Et faut rester pacifiste après ? Faut tout casser !  »

« Moi si je reste à commercy c’est parce que je n’ai pas peur, parce qu’il y a une cohésion. »

« Tu disais que tes grands parents ils se sont battus mais qu’ont-ils obtenu ? »

« Il ne faut pas attendre quoi que ce soit de ce gouvernement ni d’un autre ! Avec ce mouvement il faut essayer de changer la Constitution ! Reconstruire ensemble des règles voulues par l’ensemble de la population qui garantissent que les volontés du peuple aillent jusqu’en haut. Faire des ateliers constituant. »

« Moi ce qui m’’importe c’est le partage des richesses. Même si on baissait les taxes et rendait l’ISF ça serait comme avant ! Moi ce que je veux c’est faire plier la bourgeoisie, c’est pas Macron qui dirige c’est le MEDEF et la finance derrière ! »

« Moi jsuis pas pacifiste je suis révolutionnaire ! Moi je suis pour que ça brûle ! L’autre solution c’est bloquer Paris, faut bloquer Paris ! Tu t’es battu en mai 68. Y’en a marre du pacifisme ! j’ai 3 enfants je veux pas qu’ils vivent dans ce monde. »

« La France a perdu sa souveraineté en France ! Le problème c’est l’Europe ! »

« Je suis touchée par ce regain de dignité ! Il y a une couleur qui manque dans ce mouvement c’est le vert ! Oui il faut faire une abolition des privilèges, il faut les lister ! Redistribuer les richesses oui, mais si c’est pour polluer plus longtemps. »

« Si on est là ensemble c’est pour le droit à une vie digne pour obtenir satisfaction sur les revendications ! On peut réfléchir à un changement de système mais ce qui compte c’est gagner maintenant. C’est MAINTENANT qu’on veut une vie digne et POUR TOUT LE MONDE !! »

« L’écologie de Macron c’est une écologie punitive injuste inefficace qui s’en prend aux plus faibles ! »

« Je voudrais qu’il y ait de la place pour les femmes et les revendications des femmes ! »

« Moi ce que je ne veux pas c’est la violence c’est inacceptable ! Je suis solidaire du mouvement, mais alors la violence je peux pas »

« Pacifiques ça veut pas dire bisounours ! Je vais pas aller provoquer à Paris. »

« Je pense que le boycott est l’arme citoyenne par excellence. »

« La démocratie c’est une bonne chose au niveau local mais moi je m’estime incompétent au niveau d’un Etat pour prendre des décisions techniques sur les différents secteurs etc. En toute humlilité je pense que le peuple n’est pas capable de prendre toutes les bonnes décisions. Si on avait des gens honnêtes comme ministres, des bons techniciens qui prennent des bonnes décisions, le peuple n’a pas à toujours se prononcer ! »

« Moi je crois que y’a pas mal de compétences un peu partout dans le peuple et je leur confierais beaucoup plus de choses qu’aux énarques qui nous pourrissent la vie ! À l’époque c’était germinal y’avait un grand mouvement ouvrier les mineurs, etc ! La maréchaussée les a fusillés. Au début du mouvement de l’éducation populaire, les ouvriers ont dit « on nous fait passer pour des cons tout le temps, ces gens là décident tout pour nous ! ». Ils ont acheté ou exigé des bâtiments, des Maisons du peuple, et ont fait des cours pour tout le monde, éducation autonome, soin, nourriture, etc. À l’époque on a zigouillé ce mouvement avec la première guerre mondiale qui a tué énormément d’ouvriers. 

Mais à force d’avoir l’autonomie alimentaire, bouffer correctement, avoir des soins, les gens se sont rendus compte à quel points ils étaient manipulés. Il faut se donner les moyens de l’autonomie ! Comme on met rien en commun on est seuls à essayer de s’en sortir chacun pour soi ! En 3 semaines la solidarité a déjà donné beaucoup. »

« En tant que citoyen on se sent dépossédés de plein de choses ! On a tous un degré de compromission fort, faut acheter de l’essence, des vêtements, etc. c’est dur de renoncer à ça. Changer nos modes de consommations en tant qu’écologistes pour faire du mal à la finance. »

« Y’a pleins de sujets compliqués mais on peut parfaitement s’en passer : le nucléaire, la course aux étoiles, l’arme spatiale, etc ! Y’a pas besoin d’avoir fait bac + 10 pour gérer les choses ! »

« Les élus ont leur demande pas d’avoir une expertise, on leur demande de prendre des décisions ! »

« Je suis fier du peuple français ! Je suis tellement nourri par ce qui se passe ! »

« Vous devriez bloquer les autoroutes, embêter les gens riches, ne laisser rentrer personnes sur les autoroutes ! »

« Il faut discuter aux rond-points ! »

« Avant je ne participais pas mais maintenant je vois que c’est bien sensé ! »

= = =

Lectures complémentaires:

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

JP-Marat_Les_chaines_de_lesclavage_Ed_Fr_1792

Manifeste pour la Société des Sociétés

Abdullah-Ocalan-Confederalisme-democratique

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

Un monde sans argent: le communisme

Que faire ?

40ans_Hommage_Pierre_Clastres

Les_amis_du_peuple_révolution_française

6ème_déclaration_forêt.lacandon

petit_precis_sur_la_societe_et_letat

 

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Resistance politique: Qui est Emmanuel Macron ?

Posted in actualité, altermondialisme, économie, documentaire, gilets jaunes, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 12 décembre 2018 by Résistance 71

Comme d’habitude, fiche de recherche très intéressante de Meyssan sur Macron. On se rappelle de son excellente fiche sur Sarkozy avant cela incluant le système de cooptation au sein de ce qu’on appelle « l’état profond ».
Néanmoins il convient de noter une chose en recherchant un peu plus profondément sur les gens invoqués que tous font partis du même sérail à la convergence d’intérêt évidente. Macron le « Rothschild boy » n’est pas anecdotique, car même s’il s’avère que la relation avec Henry Kravis soit importante en effet, Henry Kravis lui-même, fondateur de KKR pour Kohlberg, Kravis, Roberts est le cousin au premier degré de Roberts. Kravis vient de Goldman Sachs, liée aux Rockefeller, Kohlberg et Roberts viennent de Bear Stearns, requins de la finance qui implosa en 2008, rachetée par JP Morgan (intérêts Rockefeller, représentant les Rothschild aux Etats-Unis). Henry Kravis est le vice-chairman de la Rockefeller University et sa fondation (exonérée d’impôts bien entendu…) y a investi plus de 100 millions de dollars… Les Rockefeller sont le bras des Rothschild aux Etats-Unis.

Voir sur ce blog l’article le plus lu depuis sa création en 2010: « Les huit familles du cartel banquier transnational »

Bref tout ce « joli monde » se serre les coudes pour piller toujours plus avant le monde et placer leurs pions sur l’échiquier géopolitique du crime organisé. Alors, Macron un « Kravis boy » ? Oui, mais aussi un « Rockefeller boy » et donc un « Rothschild boy », employé en bon larbin par la famille Rothschild, la boucle est bouclée. Un  larbin est un larbin, et ceci existera tant que nous laisserons la structure de la société le permettre. Pourquoi vouloir retirer la pression des Rothschild comme s’ils n’avaient rien à voir avec tout ça ?… Même s’il peut y avoir quelques rivalités financières conjoncturelles, les grandes familles de la mafia financière demeurent comme cul et chemise… Convergence d’intérêts oblige. Et leurs intérêts sont radicalement différents des nôtres.
Tout cela n’est en rien inéluctable, ce n’est qu’une création humaine. Ce qui est fait peut être défait, suffit de voir, comprendre et agir.
Analyser le monde, en comprendre sa réalité et agir sur cette réalité pour le transformer dans les sens du bien commun, ensemble, par delà les antagonismes induits et dans l’harmonie de notre complémentarité organique, telle sera la société des sociétés à venir, le mouvement des Gilets Jaunes n’est que le début du chemin.

~ Résistance 71 ~

Mise à jour de 12/12 à 10h35:

La fusillade de Strasbourg est-elle une opération Gladio 2.0, c’est à dire l’OTAN (Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord) volerait-elle au secours de son « soldat Macron » ? Auquel cas, l’analyse de Meyssan prend une dimension intéressante…

 

 

Envers qui Emmanuel Macron est-il débiteur ?

 

Thierry Meyssan

 

11 décembre 2018

 

url de l’article original: http://www.voltairenet.org/article204276.html

 

On présente souvent le président Macron comme un Rothschild Boy. C’est exact, mais c’est accessoire. Thierry Meyssan montre qu’il doit sa campagne électorale principalement à Henry Kravis, le patron d’une des plus grandes sociétés financières globales, et à l’Otan ; une lourde dette qui pèse aujourd’hui sur la solution de la crise des Gilets jaunes.

Emmanuel Macron ne se destinait pas à la politique. Jeune homme, il espérait devenir philosophe, puis haut-fonctionnaire, puis banquier d’affaire. Pour arriver à ses fins, il fréquenta les bonnes fées de l’Oncle Sam : la French-American Foundation et le German Marshall Fund of the United States.

C’est dans ce cadre, qu’il a rencontré Henry et Marie-Josée Kravis, dans leur résidence de Park Avenue, à New York [1]. Les Kravis, soutiens indéfectibles du Parti républicain US, comptent parmi les grandes fortunes mondiales qui font la politique hors du champ des caméras. Leur société, KKR, est avec Blackstone et le Carlyle Group, l’un des principaux fonds d’investissement dans le monde.

« La curiosité d’Emmanuel pour la can do attitude, cette capacité à se dire que si l’on veut on peut, était fascinante. Mais il a une volonté de savoir, de comprendre ce qui marche sans pour autant l’imiter ou le copier qui le fait rester très français », déclare aujourd’hui Marie-Josée Drouin (Madame Kravis) [2].

Muni de la double recommandation des Kravis et de Jean-Pierre Jouyet [3], il intègre le cercle fermé de l’équipe de campagne de François Hollande. Dans un e-mail adressé à la secrétaire d’État US, Hillary Clinton, le directeur de la planification politique Jake Sullivan, décrit les quatre principaux membres de l’équipe de campagne du candidat socialiste, dont l’inconnu Emmanuel Macron. Il précise qu’il devrait devenir le Directeur général du Trésor (« the top civil servant at the Finance Ministry ») [4].

Cependant lorsque François Hollande est élu, Emmanuel Macron devient l’adjoint du secrétaire général de l’Élysée, une fonction plus politique. Il semble qu’il ambitionnait de succéder à Jean-Pierre Jouyet comme directeur de la Caisse des dépôts et consignations, poste qui échut en mai 2014 au secrétaire général de l’Élysée. Il est invité, quelques jours plus tard, au Club de Bilderberg sur proposition des époux Kravis. Il y fera une violente intervention dans un anglais parfait contre son patron, François Hollande. De retour à Paris, il démissionne de son cabinet.

Les époux Kravis sont parmi les principaux piliers du Bilderberg, dont Marie-Josée Drouin-Kravis est administratrice. Contrairement à une idée répandue, le Bilderberg n’est pas un lieu de décision. Ses archives attestent qu’il a été créé par la CIA et le MI6, puis est devenu un organe d’influence de l’Otan qui en assure directement la sécurité [5]. L’intervention de Macron ayant été bien reçue, il devient un des hommes de l’Otan en France.

Ayant quitté la politique, il ne souhaite plus y revenir. Il explique à maintes reprises à son entourage qu’il entend devenir professeur d’université. Avec l’aide de l’essayiste Alain Minc (adoubé en 2008 au Bilderberg), il obtient un poste à l’université de Berlin et un autre à la London School of Economics, mais ne parvient pas à être embauché à Harvard.

Pourtant, en août 2014 —trois mois après avoir « quitté la politique »—, il est nommé par François Hollande sur proposition de Jean-Pierre Jouyet (adoubé en 2009 au Bilderberg), ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique.

Dans un livre paru en 2018, François Hollande assure que ce choix était son idée [6]. C’est possible, mais cela suppose qu’il n’a pas été informé de l’intervention de Macron au Bilderberg. Or, une de ses ministres et amie, Fleur Pellerin y avait également été invitée.

En décembre 2014, Henry Kravis créé sa propre agence de Renseignement, le KKR Global Institute. Il nomme à sa tête l’ancien directeur de la CIA, le général David Petraeus. Celui-ci va poursuivre avec les moyens privés de Kravis (le fonds de placement KKR) —et sans en référer au Congrès— l’opération « Timber Sycamore » que le président Barack Obama avait initiée. C’est le plus important trafic d’armes de l’Histoire impliquant au moins 17 États et représentant plusieurs dizaines de milliers de tonnes d’armes pour plusieurs milliards de dollars [7]. À ce titre, Kravis et Petraeus sont les principaux fournisseurs de Daesh [8].

Le président du Bilderberg, le Français Henri de Castries, invite le député-maire du Havre, Édouard Philippe à la réunion annuelle, qui se tient cette fois en juin 2015 en Autriche. Il sera à nouveau invité, en Allemagne cette fois, en mai 2016. Lors de la campagne présidentielle en France, Henri de Castries et Édouard Philippe seront des soutiens de François Fillon. Ils le laisseront tomber dès que Jean-Pierre Jouyet [9] aura fourni au Canard enchaîné les documents financiers réunis par l’Inspection des finances sur les emplois douteux de Madame Fillon [10]. Ils se rallieront alors à Emmanuel Macron.

En avril 2016, Emmanuel Macron fonde sa formation politique, En Marche !, dont le marketing est calqué sur Kadima !, le parti prétendument ni-droite ni-gauche d’Ariel Sharon. Son programme, quant à lui, décline les notes de l’OCDE [11] et celles de l’Institut Montaigne, dont Henri de Castries est le président. C’est d’ailleurs dans les locaux de l’Institut qu’il est créé. Mais Castries fait croire à Fillon qu’il ne soutient pas Macron et que c’est pure coïncidence. Il continuera d’ailleurs à lui faire croire durant des mois qu’il est prêt à devenir son Premier ministre.

Initialement, le financement d’En Marche ! n’est pas contrôlé. C’est une simple association qui peut recevoir des dons de l’étranger. Le nom des donateurs n’est pas transmis au fisc. L’archi-milliardaire Henry Kravis est de ceux-là.

Durant sa campagne, Emmanuel Macron rencontre régulièrement l’ancien président du FMI, Dominique Strauss-Kahn (« DSK »). Ces séances de travail seront niées jusqu’à ce qu’elles soient révélées par Le Parisien, bien plus tard, le temps que son image de pervers sexuel se soit atténuée. DSK (adoubé par le Bilderberg en 2000) apporte à la fois le soutien de la haute-fonction publique et celui du patronat français ; l’alliance sociologique qui avait porté à bout de bras le régime collaborationniste de Philippe Pétain et qui s’est reformée dans les années 80 autour de la Fondation Saint-Simon.

En juin 2018, le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Jean-Michel Blanquer est invité sur proposition d’Henri de Castries à la réunion annuelle du Bilderberg, qui se tient cette fois en Italie. Ce juriste, spécialiste de droit constitutionnel, a toujours lié la science politique et la pédagogie. Il a été l’un des trois directeurs centraux du ministère de l’Éducation, puis directeur de la prestigieuse École supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC). Il connaissait depuis longtemps Castries qu’il a fréquenté au sein de l’Institut Montaigne.

Lorsque la crise des Gilets jaunes débute en France [12], il est rapidement évident que le problème est profond et ne pourra pas être résolu sans remettre en cause la globalisation financière, ce que le président Macron ne peut pas faire. Durant sa campagne électorale, il avait surpris ses donateurs lors d’un dîner à New York en faisant le procès de financiarisation de l’économie. C’était de la rhétorique électorale. Il avait été repris par les Kravis : la financiarisation, c’est ce qui autorise les « achats à effet de levier » (leveraged buy-out) qui leur ont permis de devenir ce qu’ils sont.

Il convient donc que face aux Gilets jaunes, le président Macron sacrifie son Premier ministre en victime expiatoire lors des prochaines élections (les européennes de mai 2019 qui seront à coup sûr perdues). Mais, outre qu’il lui faut tenir cinq mois encore, par qui le remplacer ? Lorsque l’on doit le financement de sa campagne électorale et le choix de son Premier ministre à l’Otan, il n’est pas pensable de le remplacer sans en référer à l’Alliance. Le candidat idéal à cette fonction serait donc Jean-Michel Blanquer.

[1] Cette rencontre s’est probablement tenue en 2007. Par la suite, Emmanuel Macron a systématiquement rendu visite aux Kravis lors de ses déplacements aux États-Unis, tandis qu’Henry Kravis le recevait dans ses bureaux de l’avenue Montaigne lorsqu’il venait à Paris.

[2] « Quand Emmanuel Macron découvrait l’Amérique à 29 ans », François Clemenceau, Le Journal du Dimanche, 22 avril 2018.

[3] Jean-Pierre Jouyet est un ami personnel de François Hollande et de Nicolas Sarkozy. Il a dirigé l’Inspection générale des Finances de 2005 à 2007. Il était alors le supérieur hiérarchique d’Emmanuel Macron.

[4] « Hollande Team », e-mail by Jake Sullivan, May 10, 2012. Source : Wikileaks.

[5] « Ce que vous ignorez sur le Groupe de Bilderberg », par Thierry Meyssan, Komsomolskaïa Pravda (Russie), Réseau Voltaire, 9 avril 2011.

[6] Les leçons du pouvoir, François Hollande, Stock, 2018.

[7] « Des milliards de dollars d’armes contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 juillet 2017.

[8] « Saisir des transnationales pour reconstruire la Syrie ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 août 2018.

[9] Jean-Pierre Jouyet est resté ami avec Henri de Castries à la fin de leurs études à l’École nationale d’Administration (ENA, Promotion Voltaire). C’est là qu’ils ont fait la connaissance de François Hollande.

[10] Contrairement à la version officielle, les informations du Canard enchaîné ne sont pas le fruit d’une investigation journalistique. La totalité du dossier a été fournie en une seule fois à l’hebdomadaire par Jean-Pierre Jouyet en violation du secret fiscal.

[11] L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est un des deux organismes issus du Plan Marshall. L’autre, c’est l’Otan.

[12] « Comment l’Occident dévore ses enfants », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 décembre 2018.

 


Etienne de la Boétie 1548

Gilets Jaunes résistance politique: Les raisons de la colère (Raoul Vaneigem)

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Les raisons de la colère

 

Raoul Vaneigem

 

8 décembre 2018

 

Source: https://www.lavoiedujaguar.net/Les-raisons-de-la-colere

 

On est en droit de s’étonner du temps qu’il a fallu pour que sortent de leur léthargie et de leur résignation un si grand nombre d’hommes et de femmes dont l’existence est un combat quotidien contre la machine du profit, contre une entreprise délibérée de désertification de la vie et de la terre.

Comment a-t-on pu tolérer dans un silence aussi persistant que l’arrogance des puissances financières, de l’État dont elles tirent les ficelles et de ces représentants du peuple, qui ne représentent que leurs intérêts égoïstes, nous fassent la loi et la morale.

Le silence en fait était bien entretenu. On détournait l’attention en faisant beaucoup de bruit autour de querelles politiques où les conflits et les accouplements de la gauche et de la droite ont fini par lasser et sombrer dans le ridicule. On a même, tantôt sournoisement, tantôt ouvertement, incité à la guerre des pauvres contre plus pauvres qu’eux, les migrants chassés par la guerre, la misère, les régimes dictatoriaux. Jusqu’au moment où l’on s’est aperçu que pendant cette inattention parfaitement concertée la machine à broyer le vivant tournait sans discontinuer.

Mais il a bien fallu s’aviser des progrès de la désertification, de la pollution des terres, des océans, de l’air, des progrès de la rapacité capitaliste et de la paupérisation qui désormais menace jusque la simple survie des espèces — dont la nôtre.

Le silence entretenu par le mensonge de nos informateurs est un silence plein de bruit et de fureur.

Voilà qui rectifie bien des choses. On comprend enfin que les vrais casseurs sont les États et les intérêts financiers qui les commanditent, pas les briseurs de ces vitrines de luxe qui narguent les victimes du consumérisme et de la paupérisation croissante avec le même cynisme que les femmes et les hommes politiques, de quelque parti ou faction qu’ils se revendiquent.

Celles et ceux qui prirent la Bastille le 14 juillet 1789 n’avaient guère connaissance, si ce n’est par de vagues lueurs, de cette philosophie des Lumières, dont ils découvriront plus tard qu’ils avaient, sans trop le savoir, mis en pratique la liberté que voulaient éclairer les Diderot, Rousseau, d’Holbach, Voltaire.

Cette liberté, c’était d’abattre la tyrannie. Le refus viscéral des despotismes a résisté à la guillotine des Jacobins, des Thermidoriens, de Bonaparte, de la restauration monarchiste, elle a résisté aux fusilleurs de la Commune de Paris, elle a passé outre à Auschwitz et au goulag.

Certes s’emparer de l’Élysée serait faire trop d’honneur à l’ubuesque palotin que l’Ordre des multinationales a chargé des basses besognes policières. Nous ne pouvons nous contenter de détruire des symboles. Brûler une banque, ce n’est pas foutre en l’air le système bancaire et la dictature de l’argent. Incendier les préfectures et les centres de la paperasserie administrative, ce n’est pas en finir avec l’État (pas plus que destituer ses notables et prébendiers).

Il ne faut jamais casser les hommes (même chez quelques flics, il reste une certaine conscience humaine à sauvegarder). Que les gilets jaunes aient plutôt choisi de casser les machines qui nous font payer partout et de mettre hors d’état de nuire les excavatrices qui creusent à travers nos paysages les tranchées du profit, c’est un signe encourageant du progrès humain des révoltes.

Autre signe rassurant : alors que les foules, les rassemblements grégaires, sont aisément manipulables — comme ne l’ignorent pas les clientélismes qui sévissent de l’extrême gauche à l’extrême droite —, on note ici, au moins pour le moment, l’absence de chefs et de représentants attitrés, ce qui embarrasse bien le pouvoir ; par quel bout saisir cette nébuleuse en mouvement ? On observe çà et là que les individus, habituellement noyés dans la masse, discutent entre eux, font preuve d’un humour créatif, d’initiatives et d’ingéniosité, de générosité humaine (même si des dérapages sont toujours possibles).

Du mouvement des gilets jaunes émane une colère joyeuse. Les instances étatiques et capitalistes aimeraient la traiter d’aveugle. Elle est seulement en quête de clairvoyance. La cécité des gouvernants est toujours à la recherche de lunettes.

Une dame en jaune déclare : « Je voudrais bien qu’il m’explique, Macron qui habite un palais, comment je peux vivre avec 1 500 euros par mois. » Et comment les gens peuvent supporter les restrictions budgétaires qui affectent la santé, l’agriculture non industrielle, l’enseignement, la suppression des lignes de chemin de fer, la destruction des paysages au profit de complexes immobiliers et commerciaux ?

Et la pétrochimie et la pollution industrielle qui menace la survie de la planète et ses populations ? À quoi Palotin Ier répond par une mesure écologique. Il taxe le carburant que doivent acheter les usagers. Cela le dispense de toucher aux bénéfices de Total et consorts. Il avait déjà montré son souci environnemental en envoyant 2 500 gendarmes détruire, à Notre-Dame-des-Landes, les potagers collectifs, la bergerie, les autoconstructions et l’expérience d’une société nouvelle.

Et que dire des taxes et des impôts qui loin de profiter à celles et ceux qui les paient servent à renflouer les malversations bancaires ? Des hôpitaux manquant de personnel médical ? Des agriculteurs renaturant les sols, privés de subventions qui vont à l’industrie agroalimentaire et à la pollution de la terre et de l’eau ? Des lycéennes et des lycéens parqués dans des élevages concentrationnaires où le marché vient choisir ses esclaves ?

« Prolétaires de tous les pays, disait Scutenaire, je n’ai pas de conseils à vous donner. »

À l’évidence, comme le vérifie la vogue du totalitarisme démocratique, tous les modes de gouvernement, du passé à nos jours, n’ont fait qu’aggraver notre effarante inhumanité. Le culte du profit met à mal la solidarité, la générosité, l’hospitalité. Le trou noir de l’efficacité rentable absorbe peu à peu la joie de vivre et ses galaxies. Sans doute est-il temps de reconstruire le monde et notre existence quotidienne. Sans doute est-il temps de « faire nos affaires nous-mêmes », à l’encontre des affaires qui se trament contre nous et qui nous défont.

Si l’on en juge par les libertés du commerce, qui exploitent et tuent le vivant, la liberté est toujours frêle. Un rien suffit pour l’inverser et la changer en son contraire. Un rien la restaure.

Occupons-nous de notre propre vie, elle engage celle du monde.

 

Gilets Jaunes: le bon sens et l’éveil sont dans la rue…

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… ça sent de plus en plus le sapin pour l’oligarchie et le système étatico-capitaliste. Quand on commence à parler dans le public de manière générale de chose comme la loi inique Pompidou-Giscard-Rothschild de 1973, on commence à chatouiller là où ça coince vraiment ! Le nœud gordien de l’affaire se trouve à la City de Londres, là où François Hollande lui-même était allé prendre sa feuille de route.

A suivre, parce que c’est pas fini… quand les verrous de la digue pètent..derrière vient le tsunami.

Quelques éléments de compréhension et de solution:

Manifeste pour la Société des Sociétés

Résistance 71

10 décembre 2018

 

 

 

Nouvel Ordre Mondial: l’oligarchie mise à mal (Dean Henderson)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, CIA et traffic de drogue, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 7 décembre 2018 by Résistance 71

 

Cabossage de l’armure oligarchique

 

Dean Henderson

 

6 décembre 2018

 

url de l’article original:

https://hendersonlefthook.wordpress.com/2018/12/05/chinks-in-oligarchy-armor/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les rues de Paris (NdT: les Champs-Elysées en fait et les alentours du palais de l’Elysée…) sont devenues une zone de guerre alors que des manifestants Gilets Jaunes affrontent la police à cause de mesures d’austérité et une série d’augmentations d’impôts pressant toujours plus la classe moyenne, annoncées par le gouvernement Macron, pion de la banque Rothschild. Macron a déjà dû annuler une taxe sur les carburants, que  les manifestants pour l’essentiel savent être une tentative inspirée de l’Agenda 21 qui veut imposer à la classe travailleuse le coût de la ruine de la planète par l’oligarchie.

Ici, aux Etats-Unis, hier le Dow Jones a perdu près de 800 points. Les profits de Phantom tech continuent à être exposés, une guerre commerciale mondiale est à l’horizon et le marché des bons du trésor indique une courbe inversée indiquant aussi par là une récession à venir aux Etats-Unis. Déjà pratiquement toute l’économie mondiale est en pièces.

En Afghanistan, une série d’attaques des Talibans a mis en situation de précarité le régime marionnette de l’empire à Kaboul, alors que l’administration Trump se dépêche de relocaliser l’empire de l’opium et de la came de la Couronne/City/CIA dans une zone de guerre différente, dans un autre pays.

https://hendersonlefthook.wordpress.com/2016/02/15/afghan-history-suppressed-islamists-heroin-the-cia/

Les prix du pétrole s’effondrent à cause de l’annonce des 8 pays à être exemptés de l’embargo sur le pétrole iranien et qui seront “autorisé” à en acheter, ce malgré l’introduction d’une nouvelle série de sanctions médiévales sur ce pays. Le Qatar (NdT: c’est à dire Exxon-Mobil des Rockefeller….) est sorti de l’OPEP, exacerbant les fractures de l’hégémonie saoudienne sur les marchés pétroliers mondiaux, exposée après l’affaire de la boucherie Khashoggi.

Pire encore, pour les banquiers de la City de Londres qui ont créé et fermement soutenu la maison des Al Saoud et leur régime despotique, il y a des paroles qui se répandent disant que le pétrole sera bientôt obsolète alors que les énergies alternatives continuent de gagner des parts de marché.

L’immobilier semble entrer dans une autre galère après que l’entreprise Toll Brothers et autres compagnies de la construction aient annoncé une faible demande et offert une pâle vision pour ce qui du futur. Les jeunes couples ne peuvent tout simplement plus acheter de maisons, il est donc prédit une longue et inévitable entrée en récession de ce marché.

Alors que la nation se ferme virtuellement aujourd’hui en signe de deuil de ce qui est probablement le pire président de l’histoire des Etats-Unis, les évènement semblent partir hors de contrôle tout azimut pour l’élite mondialiste. Les Français ont raison. Il est plus que grand temps de fermer et de mettre un terme à ce système, de refuser d’obéir à ses diktats et de renverser l’ordre existant.

Cette fois-ci, la tactique de la réserve fédérale de baisser les taux d’intérêt pour freiner la chute des marchés boursiers et immobilier ne marchera sans doute pas pour maintenir leur économie zombie moribonde. Mais seulement si toujours plus de gens se réveillent et prennent une position courageuse, militante et révolutionnaire contre ce système truqué qui nous réduit en esclavage, pourrons-nous alors créer une société nouvelle et juste pour prendre sa place.

Réveillez-vous esclaves !

¡Ya Basta !

Résistance politique: L’heure de la Commune des communes a sonné (Pierre Bance)

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L’escargot du bon gouvernement

 

L’heure de la commune des communes a sonné !

En soutien à l’appel de Commercy (Meuse)

 

Pierre Bance

 

3 décembre 2018

 

Source:

http://www.autrefutur.net/A-propos-de-l-appel-des-gilets-jaunes-de-Commercy

 

Le texte de Pierre Bance en version pdf:

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

 

La spontanéité du mouvement des gilets jaunes, son hétérogénéité désarçonnent, peut faire craindre des dérives sans que personne ne sache lesquelles. Est-ce une raison pour que ceux qui en appellent au peuple à tout bout de champ, militants de gauche, libertaires, syndicalistes se tiennent sur le trottoir quand ce peuple prend ses affaires en main ? Qui, en 1789, disait que les révoltes des paysans aboutiraient à la République ?

Partis socialistes et syndicats ouvriers, apparus pour résister au capitalisme du 19e et du 20e siècle, industriel et bourgeois, pétrifiés par trop de fréquentations institutionnelles, ne sont plus en mesure de répondre à la puissance du néo-libéralisme du 21e siècle, numérique et financier. Sur la défensive, accumulant les échecs, sans imagination, ils tuent leur promesse de vie meilleure. Cet espoir, encore confus, de justice, de liberté, d’égalité et de solidarité n’est-il pas porté aujourd’hui par ceux qui ne veulent pas du nouveau monde de Macron.

Les Sans-culottes de 2018 ne supportent plus la morgue d’un pouvoir vantant la réussite individuelle pour justifier l’inégalité, méprisant ceux qui ne s’en sortent pas tous seuls, protégeant les riches et pressurant les autres. Voilà un président de la République qui se croit majesté qui, pour alimenter sa folle politique d’ajustements structurels aux besoins de la banque et aux impératifs marchands de l’Union européenne, recourt à l’impôt comme au bon vieux temps de la gabelle. Mais devant des rassemblements de citoyens pacifiques demandant – seulement – un changement de politique, le pouvoir arrogant prend peur, s’enferme dans ses châteaux-forts. Pour toute réponse, il cherche la division, les gentils contre les casseurs ; tient un discours complotiste, plus que les black blocks, l’ultra-droite fera l’affaire pour justifier l’envoi des hallebardiers chargés de ramener l’ordre jupitérien. S’étonne-t-il que les gilets jaunes rhabillent le Roi Soleil en Louis XVI et demandent sa démission, pas encore sa tête ? Ouf ! L’ordre est rétabli, la marchandisation et la pollution ont repris les Champs-Élysées. Demain y défileront les militaires pour célébrer l’Austerlitz macronien ! Les petits marquis du Parlement, encore dégoulinants de trouille, jubilent. Les bureaucrates se rendorment. Vaincus, les gilets jaunes devront-ils rentrer dans le rang, se taire et continuer de gérer comme ils peuvent les fins de mois ? Leur mouvement est-il condamné à s’éteindre par lassitude et sous la force du droit ? Non, s’ils décident de s’organiser. De s’organiser autrement. De renouer avec la démocratie directe et le fédéralisme des communes autonomes. 

D’opinions différentes, d’origines sociales diverses, de statuts professionnels parfois opposés, ils se sont retrouvés pour défendre leur dignité. La précarité des uns fait écho à l’épuisement des autres. Ils ont compris que, malgré leurs diffé-rences, ils pouvaient s’entendre, étaient capables d’agir collectivement et de mettre le pouvoir aux abois. Ils ont compris que, laissant de côté ce qui les séparent, ils s’accordaient sur leurs intérêts communs, que leurs soucis quotidiens étaient les mêmes, leur cause aussi. Il faut maintenant pérenniser cette impromptue rencontre des inquiétudes venues des campagnes hallucinées et des villes tentaculaires. Trouver l’équilibration des contraires. Constituer des comités locaux qui s’organisent selon les principes de la démocratie directe : assemblée générale souveraine, mandat impératif et révocable à tout moment, rotation des responsabilités. Ces communes autonomes, conseils municipaux parallèles, porteront la revendication populaire, égalitaire, sociale et écologique. Si elle n’est pas satisfaite, ils tenteront de la mettre en œuvre sans se préoccuper de la représentation légale, quitte à s’affronter au maire et au préfet, à renvoyer le député dans son bocal. Jour après jour, se pensera, pacifiquement, la société émancipée, la société libérée de la domination, de toutes les dominations. Autant que nécessaire, les communes libres se fédèreront pour partager leur expérience, leur réflexion, prendre en main la gestion des biens communs (écoles, transports, santé, environnement…). Ainsi, l’État, progressivement, sera marginalisé, ses pouvoirs rognés au point de le rendre inutile, jusqu’au jour où il suffira de pousser une dernière fois la pyramide de l’ordre autoritaire pour qu’elle s’écroule. Ce sera long et difficile, mais possible.

J’entends les récriminations. Discours utopistes rétorquent les intellectuels organiques de la droite, rodomontades gauchistes enchaîneront leurs compères de la gauche. Au diable la folie municipaliste, disent les Versaillais. Gare au désordre crient ceux qui pensent, souvent à tort, avoir tout à perdre du changement. Ce n’est pas réalisable, penseront les plus bienveillants, qui aimeraient mais n’y croient pas. Tous ceux-là n’arrivent pas encore à se détacher du cadre de pensée étatique. Attendre, toujours attendre, jusqu’à la fin des temps que les élus, les chefs, les sachants trouvent la solution de ce qu’ils ne cherchent surtout pas : l’émancipation du peuple. Les programmes des politiciens ne sont plus acceptables, les discours de Macron, Castaner et compagnie sur une grande concertation dans les catacombes encore moins, les citoyens doivent prendre leurs affaires en main. Ils sont les seuls à pouvoir imaginer et bâtir la commune des communes sans césar, ni tribun. Qu’ils suivent l’appel de Commercy ! Qu’ils le fassent nom de Dieu !

Pierre Bance

= = =

Lectures complémentaires:

Manifeste pour la Société des Sociétés

Abdullah-Ocalan-Confederalisme-democratique

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

JP-Marat_Les_chaines_de_lesclavage_Ed_Fr_1792

David Graeber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

Que faire ?

40ans_Hommage_Pierre_Clastres

Exemple_de_charte_confederale_Bakounine

6ème_déclaration_forêt.lacandon

 

Illusion démocratique: Le bétail électoral (Albert Libertad)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 3 décembre 2018 by Résistance 71

Nous pensons ce texte être crucial à lire et à comprendre dans l’état actuel des choses. Il est évident que l’oligarchie est en train de tenter de saper les avancées du mouvement des Gilets Jaunes et qu’il n’y aura pas grand-chose à attendre de la mascarade des entrevues planifiées pour mardi et mercredi. La crise socio-politique est profonde et aussi vieille que l’État, qui fera tout pour se préserver. Son plus haut représentant à la fonction de larbin de l’oligarchie financière et industrielle lancera sans doute quelques os à ronger au peuple pour calmer les esprits et gagner du temps.

Gilets Jaunes ! Il n’y a pas de solutions au sein du système, il n’y en a jamais eu et ne peut y en avoir. Nous sommes pris dans la spirale mortifère de l’oppression et de l’exploitation, de la chosification de tout, qui nous fait tourner gentiment puis de plus en plus vite vers le syphon du tout-à-l’égoût socio-politique.

Confiance zéro en tout interlocuteur professionnel de la politique d’état et de marché. Edouard Philippe était à la réunion Bilderberg 2016, lui et son patron, en bons larbins aux ordres, appliquent et appliqueront les consignes venant de la City de Londres.

Voter et négocier font partie de l’illusion démocratique et ne sont à terme, que pisser dans un violon !

Méfiance ! Ne rien lâcher !

Fraternellement

~ Résistance 71 ~

 

Autres textes d’Albert Libertad sur Résistance 71

Fragments de solutions pour une société des sociétés

 

 

Le bétail électoral

 

Albert Libertad

1906

 

A lire du même auteur: “Le criminel c’est l’électeur” également publié en 1906

Ici même, j’ai croqué à grands traits le bétail syndical, le bétail patriotique, le bétail des jaunes, le bétail des honnêtes, il faut aujourd’hui que je dépeigne le plus important des bétails, le plus fort par la bêtise, le bétail électoral.

Sur la peau d’âne du tambour nationaliste, sur la baudruche des tambourins républicains, aux cordes de la guitare sentimentalement humanitaire, aux cuivres de la trompette révolutionnaire, voilà que se bat, que se touche, que se donne le rappel du bétail ; c’est le ranz des électeurs qui retentit partout à travers l’espace.

Votez pour Tartempion, votez pour Machin, votez pour Truc. Des affiches multicolores vous rapprochent à tous les coins de rue afin de vous raconter la candeur, l’esprit, la loyauté d’un quelconque candidat.

En peu de lignes, un Gérault-Richard des boulevards extérieurs, un Rouvier de grands chemins, un Marchand du surin et de la pince (Allusion au général Jean-Baptiste Marchand) deviennent des parangons de vertu, d’honnêteté et de douceur.

Le bétail électoral commente la force de la houlette d’Untel, le coup de fouet de Tel autre, le doigté crapuleux de Chose et le coup de gueule tonitruant de Machin. Le bétail pèse aussi la valeur des promesses faites ; non pas qu’il ignore que jamais elles ne sont tenues, mais pour se donner un peu d’illusion.

La lune, le bonheur, la diminution des impôts, la liberté, autant de chimères auxquelles il ne croit plus mais auxquelles pourtant il lui paraît bon de sembler croire encore. Il court aux rendez-vous que lui donnent les apprentis bergers après avoir fait un choix au zanzibar du troquet. Chez les nationalos ou chez les socialos ? Les dés répondent.

Il garnit la salle et il écoute religieusement l’orateur-candidat qui découpe des tranches de bonheur et débite des petits paquets de réformes. Il ouvre la gueule et les oreilles pour en prendre davantage.

« Les alouettes tomberont toutes rôties dans ta bouche ; ton taudis deviendra un palais ; tu auras des rentes à trente ans, dit le candidat. —Ah ! Ah ! Ah ! qu’il parle donc bien, cet homme ! Ce sont des mensonges qu’il nous raconte, mais que cela nous fait du bien de croire un moment que ce sont des vérités », dit le votard.

Quelquefois, il arrive qu’un autre candidat interrompe pour dire : « Ce n’est pas exact, les alouettes tomberont toutes bouillies dans ta bouche. » Et le bétail électoral suit, attentif, le débat passionnant : « Bouillies ou rôties ? Comment seront préparées ces alouettes qu’il ne mangera pas ? »

Alors que tous sont dans le rêve, une voix interrompt brutalement, sans précautions oratoires, les bonimenteurs : « Les alouettes ne tomberont ni rôties ni bouillies dans ta bouche, nigaud. Et si elles tombaient jamais toutes prêtes, ce serait de par ta bêtise, dans la gueule des candidats. » Alors, ce sont des cris, des vociférations : « À mort ! qu’on le tue ! qu’on le chasse ! La ferme ! Mouchard ! Agent de la réaction ! Jaune ! Rouge ! Jésuite ! Communard ! »

Celui qui veut jeter la vérité est entouré, bousculé ; les poings se lèvent sur sa tête, on lui crache au visage, on le jette dehors.

Et tranquille, le prometteur détaille le bonheur, offre le paradis et le bétail électoral reprend le fil du rêve qu’il fait tout éveillé, boit à nouveau le vin décevant de l’espérance.

Comme dans tous les troupeaux, il y a les meneurs, les gens du comité. Ce sont ceux à qui le candidat a promis autre chose que la viande creuse de l’espoir. Ils ont mission de « chauffer » la salle, de veiller à ce qu’aucun gêneur ne puisse entrer. Ils préparent le public, ils soûlent de vinasse quelques forts-à-bras qui feront de leur poitrine un rempart au bonimenteur.

À coté d’eux, il y a quelques sincères : ceux dont la bêtise atteint le dernier degré. Ils font l’appoint le meilleur, ce sont les moutons qui sautent par-dessus bord, montrant la voie à tout le troupeau.

Disons-le bien haut : que le bétail électoral soit tondu, mangé, accommodé à toutes les sauces, qu’est-ce que cela peut bien nous faire ? Rien.

Ce qui nous importe, c’est qu’entraînés par le poids du nombre nous roulons vers le précipice où nous mène l’inconscience du troupeau. Nous voyons le précipice, nous crions « Casse-cou ! » Si nous pouvions nous dégager de la masse qui nous entraîne, nous la laisserions rouler à l’abîme ; pour ma part même, le dirai-je ? je crois bien que je l’y pousserais. Mais nous ne le pouvons pas. Aussi devons-nous être partout à montrer le danger, à dévoiler le bonimenteur. Ramenons sur le terrain de la réalité le bétail électoral qui s’égare dans les sables mouvants du rêve.

Nous ne voulons pas voter, mais ceux qui votent choisissent un maître, lequel sera, que nous le voulions ou non, notre maître. Aussi devons-nous empêcher quiconque d’accomplir le geste essentiellement autoritaire du vote. Chez les nationalistes et les socialistes, chez les républicains et les royalistes, partout nous devons porter la parole anarchiste « Ni dieux ni maîtres ».

Et par la raison, et par la violence, il nous faut empêcher la course à l’abîme où nous entraînent la veulerie et la bêtise des votards. Que le bétail électoral soit mené à coups de lanières, cela nous importe peu, mais il construit des barrières dans lesquelles il se parque et veut nous parquer ; il nomme des maîtres qui le dirigeront et veulent nous diriger.

Ces barrières sont les lois. Ces maîtres sont les législateurs. Il nous faut travailler à détruire les unes et les autres, dû-t-on, pour cela, disperser au loin le fumier où poussent les députés, le fumier électoral.