Archive pour terrorisme d’état

Le colonialisme en question… Quand la couronne parasite crée le virus couronne (Steven Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, économie, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 21 juillet 2020 by Résistance 71

 

“”Les Etats-Unis, créés par une bande d’esclavagistes qui voulurent être libres… Le rêve américain, oui, parce que vous devez être endormis pour y croire.”
~ George Carlin ~

Deux colons yankees (ou canucks) discutent entre eux. L’un dit à l’autre: “Vraiment en ce moment nous avons un sacré problème avec l’immigration”. Dans l’arrière plan, un Indien qui a entendu la conversation dit: “Oui, je sais, ne m’en parlez pas !”
~ Résistance 71 ~

“Oui, regardez et comprenez bien ce qui se passe ici, parce que quand ils en auront fini avec nous… ce sera votre tour !”
~ Mère de clan de la nation mohawk s’adressant à des colons québécois badauds venus aux nouvelles lors de la crise d’Oka en 1990 ~

 

 

Le virus de la couronne (“corona”) et les affaires états-uniennes

Les affaires de l’Amérique sont les affaires

 

Steven Newcomb

 

Avril 2020

 

url de l’article original:

http://originalfreenations.com/the-crown-corona-virus-and-the-business-of-america/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le président américain Calvin Coolidge (en exercice de 1923 à 1929) est mal cité pour soi-disant avoir dit en 1925 que “les affaires de l’Amérique sont les affaires”. Voici ce qu’il a effectivement dit:

Après tout, les affaires principales du peuple américain sont les affaires. Ils sont profondément préoccupés à produire, à acheter, à investir et à prospérer dans le monde.

La vérité ici exprimée par Coolidge avec cette déclaration est liée avec une signification peu connue se trouvant derrière le mot “America” [Amérique], un nom généralement associé avec l’explorateur et aventurier Amerigo Vespucci. Un cartographe allemand du nom de Martin Waldseemüeller plaça, en l’honneur de Vespucci, le nom “Ame Rica” sur une carte du monde en 1507 qu’il était en train de faire, afin de dénommer ce qui est connu sous le nom d’hémisphère occidental.

En analysant le mot de “Ame Rica” que Waldseemüller créa en 1507, nous trouvons le terme latin “Ame” qui est un commandement voulant dire “Aimez !” et “rica” qui est le mot latin pour “richesses ou opulence”, faisant donc de l’expression un “Aimez les richesses !” ou “Aimez l’opulence !” ce qui serait une interprétation correcte du mot “America”. Ceci constitue en d’autres termes, un esprit et un mode de vie de la veulerie. “Make America Great Again !” (NdT: le slogan de Trump “Rendre l’Amérique de nouveau grande !”) veut en fait dire “Rendre la veulerie de nouveau grande !” (NdT: comme si elle avait jamais cessé… ) Le “rêve américain” a commencé dans la poursuite des richesses et de l’opulence, emmenée par ceux qui en bénéficiaient le plus, la classe aristocratique des avocats, des politiciens, des banquiers, des propriétaires de plantations et d’esclaves. Le objectif politique et économique fut de poursuivre l’opulence au moyen de la vie, de la liberté et de la poursuite de la “propriété” (NdT: mot qui, comme le nota Howard Zinn, fut substitué à celui de “bonheur”… Il en va de même dans les DDHC françaises), spécifiquement, les terres et territoires des nations natives de l’endroit, plus de 3 milliards d’acres de ces terres.


Résistants au terrorisme (colonial) depuis 1492
(à droite: Géronimo)

Les territoires des nations natives du continent de l’Île de la Grande Tortue (Amérique du nord) fournirent aux colons envahisseurs les “matières premières” du rêve américain, avec des ressources naturelles sans limite, terre, eau, forêts, minéraux. Le but était de saisir et de dominer tous les éléments de la vie qui pourraient être colonisés et exploités et, par un processus alchimique, de tout transformer en profit, sans aucun regard pour la sacralité de l’eau et des écosystèmes finis et délicats.

Mondialement, la trajectoire de la colonisation des terres n’a été qu’en rapport à une “société de consommation” dévorant (consumant) la terre-mère aussi rapidement qu’humainement possible, pour le profit, la richesse, sans aucune considération pour le principe thermodynamique d’entropie et les limites biologiques et écologiques de la planète.

La racine même du mot “colonisation” est “colon”, qui est le tube digestif du corps politique. La planète est dévorée, consommée, consumée et digérée par un style d’organisation appelé “corps politique”, qui étend son influence et son contrôle sur de toujours plus grandes zones géographiques par le moyen de la colonisation (c’est à dire de la digestion). Le corps politique prédateur américain a besoin d’une chaîne ininterrompue de butins et de proies à consommer, sur lesquelles se nourrir. La société prédatrice est fondée sur la prédation globale par le moyen des empires (des états) et d’entreprises de la planète. Le cycle prédateur-proie est la fondation non seulement de l’économie américaine mais aussi de toute l’économie mondiale (NdT: le capitalisme est prédateur de tout, il réifie tout, il est son propre prédateur et se cannibalise lui-même à terme, se faisant rendant impossible sa propre reproduction…).

Il y a un effort incessant de recherche, de localisation et de découverte de nouvelles “ressources” (pensez aux minéraux rares comme le lithium etc…), de façon à ce que le système de domination et de profit existant puisse être maintenu en colonisant (dévorant, digérant) les nations natives et leurs terres (comme par exemple Standing Rock, le Dakota Access Pipeline et les “sables bitumeux” du Canada…)

La racine du mot pour la voie digestive, “colon” est “colo”, qui veut dire “filtrer les impuretés dans le processus d’extraction”, ce qui est critique au processus digestif (colonial). L’exploitation-extraction de minéraux du sol incluant l’agriculture (faire pousser des plantes qui tirent les minéraux du sol…), est une préoccupation centrale des maîtres du patriarcat, des intérêts miniers et de l’énorme agro-business. Les “déchets” toxiques et empoisonnés de l’exploitation sont laissés derrière.

Le but du processus de colonisation de l’empire est d’extraire, d’exploiter tout et quiconque de façon à ce que quoi que ce soit qui est exploité, incluant les océans, les rivières, les autres êtres humains, leurs esprits, leurs données personnelles etc, puisse être transformé en profit ou du moins en service de dette payé aux banquiers. L’État d’intelligence artificielle est programmé pour être la prochaine vague de profit engendrée dans le future pour l’oligarchie.


La couronne parasite qui a créé le virus couronne

Intervient le virus de la couronne (corona). Il est bien triste de voir des gens tomber malades et mourir ; mais comment peut-on déterminer quelles statistiques sont fiables et lesquelles ne le sont pas ? On nous explique qu’il nous faut écouter les “experts”. Mais comment pouvons-nous être sûrs s’ils nous disent la vérité et quand ils nous la disent ?…

Sans avoir un pourcentage signifiant de la population testé, peut-on vérifier l’exactitude des chiffres de mortalité avancés ? Bien entendu, tout ce que nous avons à faire est de nous en remettre et écouter les “experts”, certains d’entre eux comme le Dr Antony Fauci, travaillent pour le gouvernement, qui a une très longue tradition de mentir au public. Mais cette fois-ci, on peut croire le gouvernement et les “experts” n’est-ce pas ?

Ceci dit, cette contamination par le virus à couronne peut-il être une sorte de retour de bâton karmique, étant donné les 100 milliards de dollars des contribuables que le professeur de droit Francis Boyle estime que le gouvernement a investi dans le développement d’agents de guerre biologique et bactériologique entre 2000 et 2016 ?…

La signification plus profonde du terme “guerre biologique” est “guerre contre la vie”. Les “experts” dans ce domaine ont conduit des recherches virologiques pour qu’elles soient utilisés au profit de l’empire américain ; et bizarrement, le Dr Fauci et son organisation du National Institute for Allergies and Infectious Diseases (NIAID), a été rapporté avoir donné 3,7 millions de dollars de fonds de recherche au labo de Wuhan en Chine.

Depuis maintenant des décennies, les maîtres du patriarcat américain ont voulu mettre en place une guerre biologique virale pour leurs propres objectifs. Ceci fait partie du programme de domination totale à l’horizon 2020 qui fut mis en place et activé en 2000, avec pour but une suprématie politico-économique de l’empire américain.

2020 veut dire cette année, qui est l’année de culmination d’un plan mis en place 20 ans plus tôt sur le long terme. L’émergence de ce virus corona en cette année 2020 ne saurait bien entendu pas être une coïncidence.

Une chose est certaine, la pandémie du virus couronne a amené le monde des affaires et du travail en Amérique à une halte abrupte, pour un soulagement temporaire des systèmes écologiques. Des millions de personnes se sont retrouvées au chômage d’un jour à l’autre. Il apparaît plus que probable qu’un très grand nombre de petits propriétaires, patrons de PME et de gens de la classe moyenne vont rester sur le carreau.

Les gens l’ont sévère à penser positif vers le futur alors qu’ils doivent attendre dans une file de plusieurs kilomètres pour avoir leur prochain repas ou se sentent dévastés lorsqu’ils perdent leur emploi, ou sont hyper stressés sur le comment simplement garder les portes de leur petit commerce ouvertes.

Alors que la classe des milliardaires a déjà engrangé toujours plus de milliards du pactole de stimulus et de dédommagement, pactole de quelques 4000 milliards de dollars (NdT: bien entendu, empruntés aux banquiers à intérêt…), les petits commerces eux coulent et des dizaines de millions sont sans emploi. Ainsi il apparaît que s’approche de l’horizon une panne fonctionnelle du système de “consommation” de l’Amé Rique (Ame Rica). L’histoire nous dit que c’est de cette façon que les empires déclinent et chutent.

= = =

Lectures complémentaires :

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

Notre page « CORONAVIRUS, guerre biologique contre l’humanité »

 


N.O.M vs peuples autochtones…
quels qu’ils soient !… (photo Oka 1990)

(R)évolution politique : la voie retour aux communs dans la Commune Universelle de notre humanité réalisée…

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Pas de communs sans communauté

 

Maria Mies

2014

 

Republié, juin 2020

 

Source: https://www.lavoiedujaguar.net/Pas-de-communs-sans-communaute

 

L’intérêt actuel pour les nouveaux communaux est bienvenu. Cela montre que de plus en plus de gens comprennent que notre système mondial capitaliste actuel ne peut résoudre aucun des problèmes qu’il a lui-même créés. La plupart des gens qui veulent créer de nouveaux communaux recherchent un nouveau paradigme économique et social. Pourtant, je pense qu’il est nécessaire de porter un regard plus critique sur les principaux concepts et arguments utilisés dans le discours sur les biens communs. Aujourd’hui, les « nouveaux biens communs » font l’objet d’un nouveau battage médiatique. Que voulons-nous dire lorsque nous parlons de nouveaux biens communs ? Que pouvons-nous apprendre des anciens communaux ? Qu’est-ce qui doit être changé aujourd’hui ? Y a-t-il une perspective réaliste pour les nouveaux biens communs ?

Tout d’abord, je tiens à souligner qu’aucun bien commun ne peut exister sans une communauté. Les anciens biens communs étaient entretenus par une communauté clairement définie dont les membres s’engageaient à accomplir un travail communautaire pour subvenir à leurs besoins. Ce travail n’était ni imposé ni un passe-temps agréable ou un luxe. Il était nécessaire à l’existence et à la subsistance des gens. Chaque personne adulte était tenue de contribuer à ce travail nécessaire. Chacun était responsable du maintien du bien commun. Cette responsabilité ne devait pas être formellement imposée par des lois. Elle était nécessaire pour maintenir la vie de tous.

Les anciens communs

Je viens d’un petit village de Rhénanie en Allemagne. Il y avait trente-deux ménages de paysans. La plupart étaient des paysans dont le seul revenu régulier provenait de la vente de lait, de céréales et de pommes de terre, et parfois de la vente d’un porc ou d’un veau dont ils n’avaient pas besoin pour eux-mêmes. Le village avait encore une forêt et une terre commune. Les ruisseaux, les étangs, les routes, les arbres qui poussaient le long des ruisseaux étaient communs. Aujourd’hui encore, il y a une forêt communale, mais les gens doivent payer s’ils veulent couper des arbres. Notre forêt villageoise et les autres terrains communs du village ont une limite et il y a des règles sur la façon de les utiliser. Le conseil du village peut les louer, mais ils ne peuvent pas être vendus ou privatisés.

Mais contrairement à ce que Garret Hardin a écrit dans son trop célèbre article « La tragédie des communs » (1968), ces biens communs n’étaient pas seulement libres pour que chacun puisse prendre autant qu’il le pouvait sans tenir compte des besoins des autres ni même se soucier de les préserver pour les générations futures. En fait, tout le monde dans le village comprenait que ces biens communs devaient être entretenus, préservés, réparés et régénérés par le travail bénévole de la communauté villageoise. C’était la responsabilité de toute la communauté de maintenir le patrimoine commun du village. Par exemple, lorsque de nouveaux arbres devaient être plantés dans la forêt du village, un homme ou une femme valide de chaque ménage devait y participer par son travail bénévole. Ou encore, lorsqu’une route devait être réparée ou construite, chaque ménage devait envoyer un homme, une femme ou même un enfant pour marteler les pierres de basalte dures en petits morceaux pour la route de gravier. Après les dévastations de la Seconde Guerre mondiale, ce travail communautaire gratuit a été nécessaire partout en Allemagne pour reconstruire le pays. Le conseil du village devait veiller à ce que les règles communes non écrites soient respectées. Ce travail communal était un travail dur, bien sûr, mais il était aussi plaisant. Je me souviens que ces séances de plantation d’arbres où la plupart des jeunes femmes et des jeunes hommes travaillaient ensemble étaient des moments de plaisanterie, de chant, de repas et de joie de vivre ensemble. Il y a encore des photos où l’on peut voir à quel point les jeunes s’amusaient.

Les grands principes des biens communs étaient et restent : les biens communs ne peuvent exister sans une communauté qui en prend soin. Réciproquement, aucune communauté réelle ne peut exister sans les biens communs. Tous les membres de la communauté sont responsables de l’entretien et de l’usage des biens communs, même les enfants. Cette responsabilité n’est pas imposée par une loi officielle, car il est évident pour tout le monde que la survie et la subsistance des gens dépendent des biens communs et du travail collectif bénévole. Ainsi, les anciennes économies villageoises étaient avant tout des économies morales (Mies, 1992). L’économie villageoise était en quelque sorte une économie domestique élargie, où tout le monde devait participer pour assurer l’existence de toute la maisonnée.

Outre le libre accès aux biens communs et le travail collectif bénévole, la communauté avait l’obligation de s’occuper des indigents, ceux qui ne pouvaient pas s’occuper d’eux-mêmes. Ma mère a raconté l’histoire d’une vieille veuve qui vivait seule dans sa maison et ne pouvait pas subvenir à ses besoins. Mais la communauté villageoise se sentait dans l’obligation de lui donner de la nourriture et de s’occuper d’elle. Tous les ménages devaient lui apporter de la nourriture à tour de rôle. Ainsi, la pauvreté absolue n’existait pas dans ces communautés.

La destruction des anciens biens communs par les enclosures

La destruction des anciens biens communs et des économies morales n’est pas due à l’intérêt personnel, à la cupidité et à la compétitivité des individus, comme le supposait Hardin, mais aux clôtures [enclosures] que les propriétaires capitalistes et l’industrialisation ont imposées aux villages et aux villes pour s’approprier et privatiser les terres communes, les forêts et les ruisseaux. L’enclos des biens communs au XVIIIe siècle était également nécessaire afin que l’industrialisation naissante trouve suffisamment de prolétaires pour travailler dans les usines urbaines. Nous ne pouvons pas parler de biens communs aujourd’hui sans nous souvenir de ces anciennes clôtures, et nous ne pouvons pas parler de nouveaux biens communs sans regarder les nouvelles clôtures qui ont lieu partout dans le monde.

En 1755, Rousseau a été le premier à comprendre ce que l’enclos des biens communs signifiait réellement pour l’humanité. Il a écrit :

« Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : “Ceci est à moi”, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, que de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : “Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne”. » (Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755)

Cette privatisation signifie piraterie, violence, vol, accaparement de ce qui appartient au peuple : la terre, les forêts, l’eau, les rivières, les espaces ouverts dans les villes et les villages, mais aussi la connaissance, la culture et la langue. Ces voleurs capitalistes ne font que mettre un prix partout où ils peuvent déclarer : « Ceci est ma propriété privée. » Cela signifie qu’ils ont transformé les biens communs en marchandises. Le mot « privé » vient du mot latin privare, qui signifie voler, piller, coloniser. Ce vol n’a pas lieu sans violence ni sans guerre. Guerre contre la nature et guerre contre la subsistance des peuples. Cette méthode est encore utilisée aujourd’hui pour voler, coloniser et marchandiser les biens communs partout, en particulier dans le Sud. Mais aujourd’hui, ces clôtures sont appelés développement et modernisation. En fait, sans ces clôtures, le Sud et le Nord n’auraient pas pu « développer » leur industrie et leur marché mondial capitaliste et ne pourraient pas poursuivre leur manie de la croissance (Shiva et al., 1997).

Les nouvelles enclosures

Mon intérêt pour les biens communs a commencé au début des années 1990. À cette époque, un nouveau discours sur les biens communs se diffusait dans le monde entier. Nous — Veronika Bennholdt-Thomsen et moi-même — avons participé aux débats sur la destruction, la défense et la réinvention des biens communs (Bennholdt-Thomsen et Mies, 1999). Ce nouvel intérêt pour les biens communs était dû au mouvement mondial d’enclosure qui a commencé vers 1990 avec l’introduction de la politique néolibérale de libre-échange. Cette restructuration de l’économie mondiale est fondée sur les principes suivants : mondialisation, libéralisation (déréglementation), privatisation et concurrence universelle.

Les institutions qui ont restructuré le monde entier selon ces principes sont les suivantes : la Banque mondiale (BM), le Fonds monétaire international (FMI), l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) qui a été transformé en Organisation mondiale du commerce (OMC). Ces institutions ont travaillé et travaillent dans l’intérêt des sociétés transnationales principalement américaines, européennes et japonaises.

Ces institutions mondiales ont « ouvert » pratiquement toutes les économies du monde au « libre marché », c’est-à-dire au pillage par le capital international. Les pays du Sud ont été les premières victimes de ce nouveau mouvement d’enfermement mondial. Parce qu’elles étaient redevables à la BM et au FMI, ces institutions les ont obligées, par leurs programmes d’ajustement structurel, à ouvrir leurs frontières aux investissements étrangers, à privatiser leurs systèmes nationaux de santé, leurs systèmes d’éducation, leurs systèmes de transport et leurs secteurs de services et autres domaines jusqu’alors sous contrôle national. Leurs connaissances culturelles locales et nationales ont été volées et appropriées par les sociétés transnationales. Cela a été possible grâce à l’accord sur les droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC) de l’OMC. La méthode permettant de voler cette propriété intellectuelle commune est le nouvel Accord sur les brevets de l’OMC. Mais contrairement à l’Occident, les populations des pays pauvres du Sud ont résisté à cette nouvelle vague d’enfermement de leurs biens communs.

Résistance aux enclosures dans le Sud

Dans de nombreuses régions du Sud, les masses populaires ont résisté à cette nouvelle politique d’accaparement de leurs biens communs, souvent avec succès. Voici deux de ces réussites.

Papouasie-Nouvelle-Guinée

Lorsqu’en 1997 les sociétés transnationales occidentales ont tenté d’accéder aux richesses de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, elles ont été confrontées au fait que toutes les terres étaient encore sous contrôle communal. Elles appartenaient à différents clans qui parlaient des langues différentes et avaient des cultures différentes. Aucune entreprise capitaliste ne peut être rentable dans de telles conditions. Le principal journal local a écrit :

« Dans la plupart des régions du pays, la terre est propriété communautaire. Ce système ôte tout son sens au concept de l’entreprise privée occidentale dans la mesure où il sera difficile à des individus d’immobiliser la terre pendant tout le temps nécessaire à la création d’une plantation ou de toute autre entreprise. De toute manière, la pression communautaire ferait échouer l’affaire. » (The National, 17 juillet 1995)

La Banque mondiale, dont le but était et est toujours de développer le monde pour les intérêts capitalistes, a exigé que le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée adopte une « loi sur la mobilisation des terres » afin de « libérer les terres » pour les investissements étrangers. Mais le peuple a dit NON à ce plan de développement. Ils ne voulaient pas renoncer à leurs biens communs coutumiers : la terre, la langue, la culture, bref leur identité, leur terre natale. Le Premier ministre était désespéré. Il pensait que les crédits de la Banque mondiale pour le « développement » ne pouvaient pas être rejetés par les pauvres. Il a exhorté les gens à respecter la nouvelle loi en déclarant : « les mendiants ne sauraient choisir » [Beggars can’t be choosers, équivalent en anglais de l’adage « Nécessité fait loi » (NdT)]. Cette phrase a déclenché une vague de lettres furieuses de protestation à la presse. En voici un exemple :

« NOUS NE VOULONS PAS ÊTRE DES MENDIANTS DANS UN PAYS RICHE.

Le dictionnaire définit un mendiant comme un personne sans argent ni ressources. Et mendier signifie demander quelque chose poliment, humblement et du fond du cœur. Mais on peut se demander : pourquoi mendions-nous ?

Cette déclaration est une réaction à la manifestation populaire du 18 juillet, dirigée par les étudiants et la Coalition pour la justice socio-économique qui rassemble des ONG, des syndicats, Melsol et les Églises contre l’enregistrement des terres coutumières et tous les autres volets du programme d’ajustement structurel prévus par la Banque mondiale et le FMI.

Nous, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, n’avons jamais été des mendiants et ne souhaitons pas le devenir. Pendant des milliers d’années, nos ancêtres ont parcouru cette terre et ont survécu sans mendier auprès de l’étranger. Ils ont élaboré leur propre système de survie et de soutien de la vie. S’ils avaient vécu comme vous le suggérez, Monsieur le Premier ministre, vous et moi serions inscrits au registre des espèces humaines disparues.

Si nos ancêtres nous ont appris quelque chose, c’est qu’il est possible de vivre sans être excessivement contrôlés et manipulés par des peuples étrangers et des institutions internationales. Le Premier ministre nous réduit à n’être rien alors que nous nous savons abondamment pourvus en ressources. Ce que nous possédons fait de nous un peuple riche. Les gens conscients du lien qui les lie à la terre comprendront. Prenez nos terres et nous serons de véritables mendiants sur notre propre sol…

Le peuple, les ONG, les syndicats étudiants, les Églises et les habitants de Papouasie-Nouvelle-Guinée inquiets sont mis au défi de formuler des alternatives maison…

Nous n’avons pas d’autre projet que la survie de notre personnalité authentique, de notre bien-être et de notre droit à ne point recevoir d’ordres de l’étranger… » (The National, 27 juillet 1995)

Cette lettre montre que la colère du peuple n’a pas été déclenchée uniquement parce que ses biens communs ancestraux allaient être volés par des investisseurs étrangers. Le plus important semble être qu’ils ont eu le sentiment que leur dignité a été bafouée lorsque le Premier ministre les a traités de « mendiants sur leur propre terre ». Ce sentiment de dignité commune trouve son origine dans le fait que les gens savent qu’ils peuvent produire leur propre subsistance sans aucune aide des étrangers. Pourtant, la résistance contre le piratage des biens communs en Papouasie-Nouvelle-Guinée montre que les préoccupations de subsistance ne sont pas seulement économiques, elles sont intrinsèquement liées à la culture, à la langue, à l’identité et surtout au sentiment de dignité d’une communauté. Sans une communauté qui défend cette dignité, aucune résistance aux enclos ne sera possible.

Inde

Le deuxième exemple de résistance contre les nouvelles enclosures des biens communs est l’histoire de la manière dont le savoir local et communautaire sur l’arbre à neem [le margousier (NdT)] a été volé, breveté et donc privatisé par une entreprise chimique américaine et comment ce bien commun a été restauré par la résistance des gens contre ce piratage.

Le neem pousse à l’état sauvage partout en Inde, dans les campagnes et dans les villes. Tout le monde l’utilise librement. Les gens utilisent ses brindilles comme brosse à dents et les agriculteurs mélangent des feuilles de neem à leur riz parce que le neem protège le grain contre les champignons. Vandana Shiva écrit :

« Le neem est utilisé comme médicament prophylactique, biopesticide, biofertilisant, biofongicide, fixateur d’azote dans le sol. L’arbre à neem trouve une myriade d’utilisations dans chaque foyer et chaque communauté en Inde. » (Shiva et al., 1997)

La substance qui rend le neem si précieux est l’azadirachtine.

Après l’introduction de la nouvelle politique mondiale de libre-échange et de l’accord ADPIC [Agreement on Trade-Related Aspects of Intellectual Property Rights (TRIPS) ou Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC)], une foule de sociétés pharmaceutiques transnationales ont tenu à obtenir des brevets sur le neem. La société chimique américaine W.R. Grace a obtenu un brevet pour l’utilisation du neem dans la production de toutes sortes de produits pesticides et médicinaux. Il s’agissait d’un cas classique de nouvel accaparement d’un arbre et de la connaissance commune de son utilisation qui, depuis des milliers d’années, était gratuite pour tous. Après avoir breveté l’arbre à neem, les gens ont dû acheter des produits à base de neem, car les produits à base de neem étaient désormais la propriété privée de W.R. Grace.

Mais ce piratage et cette privatisation des connaissances séculaires du peuple indien sur le neem ont provoqué un mouvement de protestation massif en Inde. Vandana Shiva écrit :

« L’intérêt agressif de la société Grace pour la production indienne de neem a provoqué un concert de protestations de la part de scientifiques, d’agriculteurs et de militants politiques indiens, qui considèrent que les sociétés transnationales n’ont pas le droit d’exproprier le fruit de siècles d’expérimentation indigène et de plusieurs décennies de recherche indienne. Cela a suscité un débat transcontinental sur l’éthique de la propriété intellectuelle et les droits de brevet. » (Shiva et al., 1997)

Les agriculteurs et les activistes ont organisé d’énormes manifestations contre le brevetage du margousier ; mais cette protestation n’a pas été couronnée de succès au début. Ce n’est qu’après que Vandana Shiva (Inde), Florianne Koechlin (Suisse) et Magda Aalfort (Belgique) eurent déposé une plainte contre le brevetage du neem auprès de l’Office européen des brevets, dans laquelle elles déclaraient que le neem n’était pas une invention de M. W.R. Grace, mais une création de la nature qui avait été utilisée et modifiée par les agriculteurs indiens pendant des milliers d’années, que l’Office européen des brevets a reconnu que le neem n’était pas une « invention ». Il a retiré le brevet de W.R. Grace pour le neem.

Le nouveau discours sur les biens communs : Internet

Aujourd’hui, nous assistons à un nouveau discours sur les biens communs dans le monde entier. Mais contrairement au discours précédent, je ne vois guère de résistance aux enclosures d’aujourd’hui. Je ne comprends pas encore bien pourquoi et comment ce nouveau discours sur les biens communs a commencé. Mais je sais que de nombreuses personnes qui sont critiques par rapport à la destruction de l’environnement, aux crises économiques dans tous les pays et au manque de perspectives dans le monde entier cherchent une alternative. Certains d’entre eux voient le mal dans le principal pilier du capitalisme, à savoir la propriété privée. Ils cherchent une nouvelle façon de sauver un nouveau type de biens communs mondiaux. Et beaucoup d’entre eux considèrent Internet comme le grand sauveur. Ils parlent de biens communs de la connaissance ou de biens communs de la création [creative commons] et leur enthousiasme repose évidemment sur Internet. Tout le monde parle d’Internet comme du créateur de nouveaux biens communs. Même dans les journaux grand public, on trouve des articles sur les « nouveaux biens communs ». Je ne partage pas l’enthousiasme que suscitent ces nouveaux biens communs. En fait, je pense que cet enthousiasme n’est pas seulement fondé sur des illusions mais aussi sur des mythes. Je considère que ce nouveau discours n’est qu’un autre battage publicitaire qui occupe les gens pendant que les nouveaux et les anciens dirigeants du monde enferment et détruisent notre mère la Terre, le seul bien commun mondial que nous ayons tous.

Les mythes sur Internet en tant que bien commun

Le nouveau discours sur les communaux est dans une large mesure inspiré par la conviction qu’Internet est un bien commun mondial. Même les personnes qui critiquaient autrefois les enclosures capitalistes et les politiques de libéralisation, de mondialisation et de privatisation pensent qu’Internet est un nouveau bien commun mondial qui résoudrait tous les problèmes économiques, sociaux, écologiques et politiques du monde. Voici quelques-uns des principaux arguments de cette croyance en l’Internet comme bien commun. Il y en a certainement d’autres, Mais je pense que ce sont les plus importants. Je les considère tous comme des mythes. Dans ce qui suit, je compare l’Internet en tant que nouveau bien commun avec les anciens communaux.

1. L’Internet n’est ni une propriété privée ni la propriété de l’État. Il s’agit donc d’un bien commun mondial. Il peut être utilisé par tout le monde, partout, sans frais.

2. L’Internet fait du savoir un bien commun universel. Tout le savoir dans le monde ne peut plus être la propriété privée ou le privilège d’une seule personne ou d’une élite.

3. En outre, l’Internet a véritablement créé de nouvelles communautés sociales où les gens peuvent se faire des amis partout. Ils peuvent les voir, discuter avec eux, échanger des nouvelles et des points de vue avec eux, dans un salon de discussion privé ou social comme Facebook et Youtube, comme un réseau social mondial. Et ce, gratuitement.

4. L’Internet crée une véritable démocratie parce qu’il offre la possibilité de participer et de faire preuve de transparence. Aucun gouvernement, aucun parti, aucune entreprise, aucune bureaucratie ne peut garder quoi que ce soit secret, car les spécialistes d’Internet peuvent découvrir ces secrets immédiatement et les exposer au public.

5. L’Internet a créé la possibilité pour chaque citoyen d’influencer la politique locale, régionale, nationale et internationale. L’Internet va donc accroître le sens des responsabilités de chaque citoyen.

6. L’Internet mettra fin à la violence dans le monde, car si les gens ne se rencontrent pas face à face, ne s’attaquent pas, ne se tuent pas dans la réalité mais seulement virtuellement, ils ont un exutoire pour leurs agressions et n’ont pas besoin de tuer de « vraies personnes ». Les guerres deviendront une chose du passé. À terme, tous les conflits sur terre pourront être résolus pacifiquement par la « communauté internationale » représentée par les Nations unies, qui est chargée de maintenir la paix sur terre et de résoudre tous les conflits entre les nations.

7. L’Internet dépasse toutes les limites du temps, de l’espace et même du monde réel et matériel. Il est donc une source de liberté pour tous.

8. L’Internet une fois inventé et installé sur notre planète restera. L’Internet est synonyme de progrès. On ne peut pas arrêter le progrès, on ne peut pas revenir à l’âge de pierre. Quoi qu’il en soit, l’Internet est indispensable et notre vie quotidienne n’est plus possible sans lui.

Mes contre-arguments

L’Internet n’est pas un bien commun. Il est en fait la propriété privée d’une poignée d’énormes monopoles mondiaux comme Microsoft, Apple, Google, Amazon, Facebook et quelques autres acteurs mondiaux. Ils contrôlent le matériel et les logiciels de toutes les usines qui produisent et vendent des produits basés sur Internet. Ces produits ont un prix. Dans une économie capitaliste, rien n’est produit gratuitement. Mais qui en paie le prix ?

Tout d’abord, c’est la nature qui paie le prix. La terre est exploitée plus ou moins gratuitement à la recherche de ces « métaux rares » comme l’or, le coltan, le tantale, le platine et d’autres sans lesquels aucun ordinateur ne pourrait fonctionner. Ces « métaux rares » se trouvent par exemple en République du Congo, mais aussi en Chine, en Bolivie et dans d’autres pays. Une fois que les énormes bulldozers ont quitté les sites miniers, ils ne laissent que d’énormes trous dans la terre, des trous comme des blessures dans le corps de la Terre Mère. Apple et les autres géants de l’informatique ne veulent pas et ne peuvent pas soigner ces blessures. Et le résultat de cette violence contre la Terre Mère est une guerre entre les communautés locales, comme c’est le cas en République du Congo. Par conséquent, chaque ordinateur est le produit d’un nouveau processus d’enfermement global.

Mais il y a aussi des coûts humains qui n’apparaissent pas dans les bilans des sociétés informatiques. L’Internet peut paraître « bon marché » ou même gratuit pour les utilisateurs, mais les coûts humains réels sont payés par les travailleurs qui extraient ces « métaux rares » de la terre en Afrique ou ailleurs. Les récentes grèves des mineurs en Afrique du Sud qui extraient le platine de la terre sont la conséquence de leur exploitation par les sociétés informatiques. Les travailleurs réclament de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail et de vie. Ces conditions sont pires aujourd’hui qu’elles ne l’étaient sous le régime de l’apartheid.

L’Internet n’est pas non plus gratuit, même pour ses utilisateurs. Le matériel informatique (ordinateurs, téléphones portables, téléphones intelligents, i-pads, i-phones, etc.) coûte cher, notamment en raison de son obsolescence programmée. Dès qu’un nouveau gadget apparaît sur le marché, il est presque immédiatement rendu obsolète et remplacé par un autre, qui est présenté comme « meilleur ». L’ancien ne peut pas être réparé. Les grandes sociétés informatiques se font concurrence pour obtenir du matériel et des logiciels toujours plus innovants, toujours plus rapides, toujours plus sophistiqués et encore moins chers sur le marché mondial. Mais chaque nouvelle invention tue les anciennes qui deviennent alors des déchets électroniques, qui doivent ensuite être jetés dans des décharges d’ordures quelque part dans le monde. Ce déversement d’ordures électroniques est gratuit pour les entreprises informatiques, mais pas pour l’environnement et les personnes qui vivent à proximité de ces décharges.

Alors, qui paie les véritables coûts de l’Internet si l’on inclut tous ces « coûts externes » ? En fait, si tous ces coûts étaient inclus dans le prix d’un ordinateur ou d’un téléphone portable, la plupart des gens n’auraient pas les moyens de les payer. Et les grandes sociétés informatiques feraient faillite.

Qu’en est-il de l’Internet en tant que « bien commun de la connaissance » ? L’Internet a-t-il vraiment amélioré nos connaissances dans et sur ce monde ? Le psychologue et neurologue allemand Manfred Spitzer (2012) a découvert que les enfants et les jeunes qui restent assis pendant des heures devant leur ordinateur ou leur PlayStation souffrent de « démence numérique ». Leurs résultats scolaires sont très faibles. Beaucoup d’entre eux ne savent ni lire ni écrire. Beaucoup quittent l’école sans avoir passé d’examen. Ils ne connaissent pratiquement rien du monde réel. Ils vivent dans leur monde virtuel et ne sont guère capables de faire face aux exigences de la vie quotidienne. Les images qu’ils voient sur leur écran d’ordinateur sont disponibles dans le monde entier par un simple clic. Mais je pose la question suivante : s’agit-il du bien commun de la connaissance ou du bien commun de la créativité que les gens entendent lorsqu’ils parlent de l’Internet comme d’un bien commun ?

Pour les anciens communs, le savoir signifiait que chacun savait manier un marteau, une bêche et tous les autres outils nécessaires pour produire et reproduire leur vie. Ils savaient également à quelle heure on pouvait planter ou non des jeunes arbres, tout le monde connaissait les chansons chantées lors des rassemblements communs et à la maison, tout le monde connaissait les histoires racontées par les anciens sur la communauté et le monde. Tous partageaient la langue, la culture de leur village, de leur région et de leur pays. Ils connaissaient donc toutes les compétences nécessaires pour vivre leur vie dans le monde réel, dans une vraie communauté où ils se sentaient en sécurité et chez eux. Ils étaient fiers de leur identité et ils se sont battus pour leur propre dignité, comme nous l’avons vu dans l’histoire de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Où est l’identité, où est la dignité des internautes ?

Le mythe suivant est que l’Internet, et surtout Facebook, crée une « communauté mondiale » : tout le monde peut communiquer avec tout le monde dans le monde. On peut bavarder, se faire des amis, échanger des photos, parler de ses hobbies. Facebook est particulièrement populaire auprès des jeunes filles et des jeunes garçons. Ce sont des utilisateurs, pas des personnes, et chaque utilisateur est assis seul devant un ordinateur, utilisant Facebook ou un autre gadget informatique. L’échange entre ces individus atomisés n’a lieu que virtuellement, pas dans la réalité. Ces utilisateurs ne sont qu’une masse d’individus isolés, qui ne peuvent pas se toucher, se sentir et se voir comme des personnes vivantes. Leur communication est totalement désensualisée. Une telle masse d’utilisateurs ne peut pas être une « communauté » au sens propre, où chacun est responsable du bien-être de la communauté tout entière et de tous ses membres, comme nous l’avons vu dans les anciennes communautés de base. Sur Internet, aucun utilisateur ne peut se protéger contre les attaques vicieuses, les insultes ou tout autre cyber-harcèlement [cyber-mobbing]. Le cyber-harcèlement a déjà conduit à des suicides. Personne qui participe à ce « réseau social » ne peut rien faire contre ce cyber-harcèlement. L’anonymat de l’Internet conduit même à des insultes de communautés entières, comme ce fut le cas récemment lorsqu’un « utilisateur » inconnu a mis sur l’Internet une photo qui insultait le prophète Mahomet. Cette insulte a conduit à des manifestations de masse de personnes vivant dans des pays musulmans dans le monde entier, au cours desquelles même un ambassadeur américain a été tué. L’Internet ne connaît pas l’éthique, il est amoral, ce qui signifie que personne ne se sent responsable des conséquences de ses actes dans le monde réel, même si ces conséquences peuvent conduire à de véritables guerres.

Nous voyons ici une différence importante entre les anciens biens communs et les biens communs dits « virtuels ». Comme nous l’avons vu, dans les anciens biens communs, tout le monde était responsable de l’entretien et de la protection des biens communs. Chacun était également tenu de respecter la communauté et toutes les personnes qui y vivaient. Tout le monde était responsable du maintien de la paix dans la communauté. Cette responsabilité est absolument absente dans les réseaux sociaux mondiaux de l’Internet.

Certaines personnes pensent qu’Internet favorise la démocratie dans le monde entier. Elles disent que le « printemps arabe » et la lutte pour la démocratie en Égypte n’auraient pas eu lieu si l’Internet n’avait pas existé. Il est vrai qu’Internet a facilité l’échange rapide d’informations sur les rassemblements de la place Tahrir au Caire et dans d’autres pays d’Afrique du Nord. Mais la démocratie a besoin d’autre chose qu’une information rapide. Pour établir une véritable démocratie, où tout le monde peut participer pour discuter de ce que signifie la démocratie dans un pays donné, à une période donnée et dans des conditions sociales et économiques particulières — tout cela nécessite du temps et de nombreux débats et dialogues sur la nouvelle perspective sociale et une nouvelle vision. L’Internet ne peut à lui seul créer une telle vision. Il n’est qu’une machine. La démocratie ne peut pas être créée par une machine, par un deus ex machina.

Le fait qu’Internet promeuve la paix est un autre mythe encore plus dangereux. Il favorise plutôt les guerres. Il suffit de regarder les jeux meurtriers auxquels des millions de joueurs — pour la plupart des jeunes garçons ou des hommes — sont accros.

Enfin, les partisans de l’Internet comme bien commun soutiennent que l’Internet libère l’humanité des contraintes du temps, de l’espace et même de la matière. Dans quelle mesure ces affirmations sont-elles vraies ? En effet, l’Internet semble avoir surmonté les limites du temps : les gens peuvent communiquer en une seconde avec d’autres personnes. Tout le système financier mondial est fondé sur cette communication immédiate. Mais les gens normaux communiquent aussi de plus en plus par courrier électronique et par Internet plutôt que par courrier papier ou par téléphone. Ils peuvent également communiquer avec plus de personnes en moins de temps. Mais quel est le prix à payer pour cette communication rapide ? Les gens s’épuisent, se sentent obligés de répondre à tous les courriers stupides. Ou bien ils renoncent tout simplement à regarder le courrier électronique tous les matins. Le temps est la seule chose qui ne peut pas « grandir ». Nous pouvons emballer de plus en plus d’activités en une heure, mais nous ne pouvons pas « gagner » du temps, ni prolonger une heure. Le temps passe sans cesse. Nous ne pouvons pas arrêter le temps.

Il en va de même pour l’espace. L’Internet crée l’illusion que je peux être ici à Cologne et en même temps en Irlande. Mais ce n’est qu’une illusion. En réalité, je suis assise ici devant mon ordinateur et je tape sur le clavier pour terminer cet article. En réalité, je ne peux pas être à deux endroits en même temps. Ces limitations du temps et de l’espace sont dues au fait que nous faisons partie intégrante de la nature, ce qui signifie que nous faisons partie intégrante du monde matériel sans lequel la vie n’existerait pas sur cette planète. Même cette planète n’existerait pas, elle n’existe pas « virtuellement ». La mère matière est importante [Matter matters].

Maria Mies

Community Development Journal,

Volume 49, Issue suppl_1, January 2014.

Traduction Jacques Hardeau, mai 2020.

Et vous n’avez encore rien vu…

21 mai 2020.

Bibliographie

Bennholdt-Thomsen V., Mies M.,

La Perspective de subsistance [1999],

Traduction française à paraître aux éditions La Lenteur.

Hardin G., “The tragedy of the commons”, Science, 1968, vol. 162.

Mies M., Rilling R., Spitzer H., Green O., Hucho F., Pati G.,

“Moral economy-a concept and a perspective”, Science and Peace
in a Changing Environment, 1992, Vol. I, Marburg BdWi :

Schriftenreihe Wissenschaft und Frieden.

Shiva V., Jafri A., Bedi G. & al.,

The Enclosure and Recovery of the Commons,

1997, New Delhi : Research Foundation for Science,

Technology and Ecology.

Spitzer M., Digitale Demenz, 2012, München, Droemer Verlag ;

traduction française Les Ravages des écrans, L’Échappée, 2019.

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

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Résistance 71-Du-chemin-de-la-société-vers-son-humanité-realisée

 

 


Tout le pouvoir aux ronds-points !

 

 

Seattle, quand une Zone Autonome Temporaire investit l’espace politique tout autant que géographique…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, canada USA états coloniaux, coronavirus CoV19, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 19 juin 2020 by Résistance 71

 

Il est assez incroyable de trouver cette info sur le site d’information Al Manar en français alors que cela est occulté par tous les médias et que même les médias dits de « gauche » ou « d’ultra-gauche » font l’impasse sur l’affaire…
~ Résistance 71 ~

A lire aussi: « La CHAZ dans sa seconde semaine »

Reclâmons-le haut et fort: TOUT LE POUVOIR AUX RONDS-POINTS !

 


CHAZ-Gilets Jaunes même combat :
Tout le pouvoir aux ronds-points ! (GJ 10ème round)

 

La ville de Seattle livrée aux “anarchistes” ? Passe d’arme entre Trump et les élus locaux

 

Al Manar

 

12 juin 2020

 

url de l’article en français: https://french.almanar.com.lb/1783124

 

Une passe d’armes sur Twitter a opposé, jeudi 11 juin, des élus de Seattle, dans l’Etat de Washington, au président Donald Trump qui a accusé ces derniers d’avoir abandonné la ville à d’ »affreux anarchistes » et « terroristes intérieurs » sur fond de manifestations contre les brutalités policières.

Au coeur de la polémique, une « zone autonome » auto-proclamée qui s’est organisée depuis quelques jours autour d’un commissariat de police fermé temporairement après des manifestations parfois violentes.

La chef de la police de Seattle, Carmen Best, a déploré cette décision, accusant la municipalité d’avoir « cédé à la forte pression publique » dans une vidéo destinée à ces policiers.

« Reprenez notre ville MAINTENANT. Si vous ne le faites pas, je le ferai », avait écrit mercredi soir sur Twitter le président Trump, apostrophant directement le gouverneur de l’Etat de Washington Jay Inslee et la maire démocrate de Seattle, Jenny Durkan.

« Ce n’est pas un jeu. Ces affreux anarchistes doivent être stoppés IMMEDIATEMENT. AGISSEZ VITE! », a ajouté le président républicain.

« Des terroristes de l’intérieur ont pris Seattle, dirigée par des démocrates de la gauche radicale, bien sûr. LOI & ORDRE! », a-t-il écrit un peu plus tard dans un autre message, sur le même ton autoritaire qu’il adopte depuis les manifestations massives dénonçant la mort de George Floyd et d’autres personnes noires arrêtées par la police.

Jay Inslee a répondu par un message railleur moquant les coquilles du président dans son tweet, corrigé depuis.

Jeudi, Jenny Durkan s’est élevée lors d’une conférence de presse contre cette « menace d’envahir Seattle » lancée par le président Trump, assurant que la majorité des manifestations dans sa ville ont été pacifiques.

Donald Trump n’avait pas explicitement fait référence à la « zone autonome de Capitol Hill » proclamée cette semaine par des manifestants mais ses tweets ont suivi de peu la diffusion d’un reportage réalisé sur le sujet par la chaîne Fox News, très suivie par le président conservateur.

Le reportage décrivait ainsi « la prise totale d’une zone de sept pâtés de maisons dans un quartier de Seattle », affirmant que des manifestants armés patrouillaient dans la zone.

Des manifestants ont effectivement investi les rues entourant un commissariat de police laissé temporairement vacant par les forces de l’ordre mais aucun incident n’a été signalé dans cette zone, où l’ambiance oscille entre fête de quartier et mouvements contestataires.

Dans ces rues barrées à la circulation, des familles avec enfants déambulaient jeudi après-midi, au milieu de bénévoles proposant des soins médicaux gratuits, de même que nourriture et boissons données par des commerces locaux.

« La situation ici est aussi paisible que possible », assure à une correspondante de l’AFP Jahtia, femme noire qui travaille à l’hôpital pour enfants de Seattle et vient de participer à une manifestation à vélo contre les brutalités policières avec une cinquantaine de personnes.

« J’ai lu ces choses sur internet qui ne sont manifestement pas vraies », déclare de son côté Tom Hobson, enseignant blanc venu se promener dans la « zone autonome ». « C’est mieux que n’importe quelle fête de quartier. Je vois des gens de tous horizons. Ca ne va peut-être pas durer longtemps mais c’est vraiment un bel instant », juge-t-il.

Les policiers ne sont toutefois pas les bienvenus à la fête. Deux d’entre eux ont en vain tenté de passer les barrières bloquant la circulation mais ont dû y renoncer sous les huées des manifestants leur refusant l’entrée dans cette « zone autonome ».

La police de Seattle a assuré qu’elle répondait toujours aux appels d’urgence dans le périmètre mais s’est inquiétée de la présence d’individus armés à certains points de contrôle, tout en reconnaissant leur droit légal à porter une arme de manière apparente dans cet Etat.

= = =

Lectures complémentaires :

Réseau de Résistance et de Rébellion International

T.A.Z / Z.A.T ou Zone Autonome Temporaire

 

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


¡Ya Basta!… à l’échelle planétaire !

Résistance politique : Guerre contre la domination militaro-médiatico-capitalo-impérialo-colonialo-patriarco-policière

Posted in actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, réchauffement climatique anthropique, résistance politique, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 26 avril 2020 by Résistance 71

 

 

Nous ne voulons plus de vos images

 

Paris-Luttes Info

 

25 avril 2020

 

url de l’article original:

https://paris-luttes.info/nous-ne-voulons-plus-de-vos-images-13868?lang=fr

 

Lettre ouverte à ceux qui capturent. Sur la nécessité de filmer et de diffuser un feu d’artifice. Sur la nécessité de filmer et diffuser un feu d’artifice quand celui-ci est tiré sur la police. Sur la nécessité de soutenir les insurgés sans les mettre en difficulté.

“J’étais venu en Espagne dans l’intention d’écrire quelques articles pour les journaux, mais à peine arrivé je m’engageai dans les milices, car à cette date, et dans cette atmosphère, il paraissait inconcevable de pouvoir agir autrement.”

George Orwell, Hommage à la Catalogne, 1938

Nous ne voulons plus de vos images. Nous voudrions nous les procurer nous-mêmes aux côtés de ceux que vous filmez.

Vous êtes-vous posé la question de l’utilisation de vos images ? 

Détrompez-vous, on ne parle pas ici d’un débat qui semble clos et dont les conclusions semblent être évidentes. On ne parle pas des images de manifs où l’on peut discerner aisément les protagonistes d’une action jusqu’à la couleur de leur caleçon ou de la semelle de leurs chaussures (toute ressemblance avec des personnes ou des évènements passés n’est que fortuite). 

Non. Objectivement, ces images-là, on ne peut pas les prendre. Et, quand individuellement (comprendre par là, en se dissociant du groupe), on prend le risque de les capturer, on ne peut pas les diffuser. Ceux qui le font s’associent objectivement aux preneurs d’images ayant les plus mauvaises intentions : s’associer au maintien de l’ordre et se dissocier par là du groupe qu’ils médiatisent.

« Médiatiser » définition : rendre média. Constituer un intermédiaire.

Quel objectif donc pour ceux qui médiatisent ? 

A priori, constituer un intermédiaire entre ce qu’ils voient et le plus grand nombre (et chacun peut voir sa propre réalité dans les images).

Quel objectif pour ceux qui se révoltent ? 

Exprimer leur colère ou la médiatiser ? Gagner une guerre ou livrer une bataille ?

Dans son livre La Domination policière, paru en 2012, Mathieu Rigouste aborde très largement la question du rôle que jouent les médias dans le maintien de l’ordre militaro-policier. On pourrait même dire : maintien de l’ordre militaro-médiatico-capitalo-impérialo-colonialo-patriarco-policier.

En effet. Les médias jouent un rôle central dans le maintien de cet ordre-là.

L’aspiration sans doute la plus partagée par les humains en ce moment doit être « pour un autre futur » (parce que dire « plus jamais comme avant », c’est nier que parmi nous actuellement, certain·e·s ne distinguent pas d’avant / de pendant / d’après, mais bien la continuité d’un monde et d’une domination).

Alors cet ordre-là pour le renverser, il faudra que nous soyons nombreux·euses. Inutile de compter sur les médias pour jouer les intermédiaires entre les insurgé·e·s et les gouvernant·e·s. Lorsqu’on est renversé.es, on le constate. On ne l’apprend pas par un intermédiaire.

Cet ordre-là. Beaucoup le contestent. Chacun·e selon ses possibilités, depuis des décennies. Aujourd’hui, c’est ce que font les émeutier·ère·s partout dans nos banlieues qui s’embrasent et sont réprimées suite à la tentative d’homicide d’un flic de la Bac de Villeneuve-la-Garenne sur un homme à deux roues.

Ils s’insurgent et nous voudrions les rejoindre plutôt que les voir de loin. Nous voudrions être avec eux par nos corps en mouvement plutôt que de les voir de loin derrière nos écrans, nos corps confinés.

Pour Mathieu Rigouste, une véritable ingénierie de la tension est à l’œuvre dans les quartiers populaires français. Elle se restructure en permanence. Chaque jour, chaque émeute, chaque insurrection est l’occasion d’expérimenter une contre-insurrection médiatique et policière. 

Les doctrines de contre-insurrection sont organisées autour de l’articulation d’un versant de propagande (des structures « d’action psychologique » et de « conquête des cœurs et des esprits ») et d’un versant de coercition combinant des forces d’occupation et de quadrillage militaro-policier avec des techniques de contre-guérilla et d’extrême brutalisation.

C’est dans cette doctrine du « Heart and Mind » (« cœur et esprit ») que les médias et la médiatisation ont leur rôle à jouer. C’est dans ce cadre-là qu’ils le jouent actuellement.

Que nous (« nous » au sens de tous ceux qui ont de l’empathie pour les insurgés) recevions les images prises à la volée ici ou là d’un feu d’artifice (à ne pas confondre avec du mortier) ou d’une voiture qui brûle avec bonheur et bienveillance (il faut bien le dire) c’est une chose. Mais ces images sont rendues publiques. Elles sont mises à disposition de toutes et tous : y compris ceux qui n’ont pas d’empathie ni de bonnes intentions. Ceux qui mènent la contre-insurrection endocoloniale (voir Mathieu Rigouste encore) et ceux qui la soutiennent (consciemment ou non).

Alors, s’il vous plait, cessez de nous proposer vos images qui nous informent si peu et nous inquiètent tant pour les insurgés. 

Cessez de proposez vos images en toute connaissance de cause qu’elles seront récupérées et diffusées par la police elle-même. Sans intermédiaire.

Prenez votre part de l’émeute, goutez-y, et si, comme nous, vous n’y avez pas le corps (le cœur, le courage, la témérité, etc.) d’être avec les insurgés, prenez la plume, et racontez-nous en n’oubliant pas de manquer d’objectivité. Car ne l’oublions pas, dans cette guerre contre la domination militaro-médiatico-capitalo-impérialo-colonialo-patriarco-policière nous avons besoin d’une soigneuse contre-propagande.

Vive les insurgés qui partout en France et dans le monde font vivre la flamme d’un objectif éternel et vital : la Révolution !

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

« Pour l’EZLN, la chose qui a le plus de valeur est la vie et
la dignité ; paradoxalement, c’est pour cette raison

que nous voulons de mourir. »
~ SCI Marcos ~

5G, santé, carence en oxygène… une piste à suivre ?

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, guerres hégémoniques, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, pédagogie libération, résistance politique, santé, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologie, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 23 avril 2020 by Résistance 71

Nous avons reçu anonymement cet article combinatoire sur la technologie 5G et les compteurs intelligents et leur aspect néfaste sur la santé humaine. Les exemples cités et l’étude relatée dans une des vidéos pointent dans une direction des plus intéressantes à suivre, néanmoins, comme il est du reste mentionné, les « échantillons » ayant servi à l’étude des effets des ondes des compteurs intelligents sur l’hémoglobine du sang, ne sont que trop peu représentatifs pour en tirer des conclusions scientifiques définitives, c’est l’évidence même. Néanmoins, ces infos donnent une idée de la piste de recherche à suivre dans le domaine relatif à l’interaction des ondes des objets « intelligents » qui seront connectés via la 5G et la 5G elle-même, sur la santé de population qui vont baigner 24/24 et 7/7 dans une soupe d’ondes émises pour certaines à des fréquences les plus dévastatrices semblent-ils.
De plus, l’aspect santé n’est pas la seule préoccupation à avoir concernant 5 G et cet « internet des choses » à venir, mais aussi celle bien réelle du contrôle des populations au moyen d’une grille de surveillance planétaire à laquelle il sera très difficile d’échapper lorsqu’elle sera verrouillée en position active. Voir nos lectures complémentaires sous l’article.
Bonne lecture !

~ Résistance 71 ~


… ou la grille de contrôle du N.O.M

 

 

5G émis par objets intelligents + antennes relais = dégradation des globules rouges chargés d’apporter l’oxygène= manque d’oxygène

 

Anonyme

 

Avril 2020

 

Les effets nocifs des compteurs intelligents reconnus: les micro-ondes pulsées par les compteurs intelligents font déborder le vase de leurs organes et systèmes biologiques au bord de l’épuisement car les symptômes initiaux d’électro-sensibilité sont plus ou moins discrets : fatigue, irritabilité, déprime, maux de tête, problèmes de sommeil, arythmie cardiaque, problèmes respiratoires et cutanés, acouphène, etc

.https://maisonsaine.ca/actualites/les-effets-nocifs-des-compteurs-intelligents-reconnus.html

« Les compteurs intelligents causent le cancer » – Igor Belyaev, du laboratoire de radiobiologie de l’Académie des sciences russe

https://stoplinky76320.wordpress.com/2017/11/27/les-compteurs-intelligents-causent-le-cancer/

le smartphone et bracelet intelligent de traçage cause le cancer https://www.simple-crm-actualite.com/2014/02/les-montres-et-bracelets-connectes.html https://www.radiationhealthrisks.com/bluetooth-earbuds-cause-brain-tumors/

https://www.capital.fr/economie-politique/le-smartphone-provoque-le-cancer-pour-la-justice-italienne-1359928

htps://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/05/13/22339-telephone-portable-cancer-cerveau-risque-confirme

le manque d’oxygène créé des maux de tête, fatigue chronique, cancer, c’est un symptôme d’électrosensibilité

https://sante-medecine.journaldesfemmes.fr/faq/53456-l-electrosensibilite-symptomes-causes-et-traitement

https://www.capital.fr/economie-politique/le-smartphone-provoque-le-cancer-pour-la-justice-italienne-1359928

la 5G et les compteurs intelligents et les bracelets intelligents ou smartphones pour tracer la population abiment avec leurs ondes nocives  des globules rouges chargés d’apporter l’oxygène à l’organisme

https://youtu.be/7z4wOznzzSM, donc 5G= compteurs intelligents= bracelets intelligents=  diminution de l’apport d’oxygène à l’organisme

https://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/05/13/22339-telephone-portable-cancer-cerveau-risque-confirme

il y a d’autres choses qui peuvent causer des problèmes respiratoires, comme les gaz lacrymogènes https://www.20minutes.fr/societe/2433399-20190122-gilets-jaunes-photos-conteneur-lacrymogene-police-elles-authentiques    dont  beaucoup se plaignent dans les banlieues avec la loi martiale instauré depuis l’État d’urgence coronavirus et qui sont utilisés contre les jeunes 

https://www.20minutes.fr/societe/2748715-20200326-coronavirus-oui-video-montre-bien-policier-frapper-pieton-pendant-controle-attestation       les agents d’insecticides qui entrent de force dans les logements pour abreuver tout le logement d’insecticide partout, les drones qui jettent des désinfectants chimiques polluant l’air de forts produits chimiques toxiques (dans de nombreuses villes, on constate que l’air est pollué alors qu’il n’y a même plus de voitures https://www.causeur.fr/pollution-paris-confinement-175537  Donc ce n’était pas les voitures qui étaient responsable de la majorité de la pollution de l’air mais les pesticides https://www.lemonde.fr/planete/article/2016/05/11/toujours-des-pesticides-dans-l-air-de-paris-mais-en-moindre-concentration_4917552_3244.html)

Dans cet article, on se focalisera uniquement sur les ondes 5G  font diminuer la quantité d’oxygène apporté à l’organisme en dégradant les globules rouges chargés d’apporter l’oxygène et dont l’utilisation de la fréquence 60 Ghz peut modifier la molécule d’oxygène elle même et la rendre difficile à être capté par l’hémoglobine  et dont le fait est censuré

en fait, il y a 2 vidéos qui montrent comment la 5G peut diminuer l’apport d’oxygène à l’organisme:

– d’abord, celle des ondes des compteurs intelligents  https://youtu.be/7z4wOznzzSM   qui montrent que les ondes sont capables de détruire ou abimer un bon nombre de globules rouges, les empêchant de transporter l’oxygène à l’organisme, ce qui entraine un manque d’oxygène dans les tissus, et donc provoquent un cancer et une fatigue chronique

Transcription de la vidéo: globules rouges et compteur intelligent:

https://youtu.be/7z4wOznzzSM

« Nous voulions vérifier les impacts sanitaires des compteurs intelligents sur le champ énergétique humain dit Dr Franck, médecin.

Donc j’ai mesuré le champ énergétique d’une trentaine de personnes pendant qu’elles se tenaient à 30 cm d’un compteur intelligent .

Et dans tous les cas, le champs énergétique était anéanti pendant qu’elles se tenaient devant le compteur intelligent.

Nous avons voulu alors vérifier cela au niveau physique (état des globules rouges à l’exposition des compteurs intelligents) en utilisant la microscopie à fond noir. Et nous avons aussi fait un groupe témoin de 3 personnes pour voir si les vieux compteurs analogiques avaient les mêmes effets sur le sang que les compteurs intelligents. Sur les 3 premières images des 3 témoins (0:48 de la vidéo https://youtu.be/7z4wOznzzSM), ce que nous voyons ce sont des cellules normales et leur structure est intacte et saine. (avant exposition à un compteur analogique) C’est ce qu’on attendrait d’un échantillon normal.

Les 3 sujets se tenant à 30 cm d’un compteur analogique, les échantillons de sang n’ont subi aucun changement sur les 3 personnes analysées. (voir images 0:55 de la vidéo https://youtu.be/7z4wOznzzSM)

Dans notre seconde série d’analyses, nous avons utilisé un compteur intelligent. Avant l’exposition aux compteurs intelligents, notre groupe a des cellules sanguines normales et leur structure est intacte et saine, c’est à dire des membranes cellulaires normales , bien séparées et d’apparence saine ( voir images 1:07 de la vidéo https://youtu.be/7z4wOznzzSM)

Mais après 2 minutes d’exposition au compteur intelligent, à 30 cm de distance, on observe une toute autre histoire:

– Sur l’échantillon 1 ( voir 1:23 de la vidéo

https://youtu.be/7z4wOznzzSM) du sujet 1 , vous pouvez observer de nombreuses dégradations des cellules de sang; des membranes cellulaires ont été brisées et on observe des modifications des cellules appelées mycoplasmes ce qui indique une mutation des cellules (voir 1:32 https://youtu.be/7z4wOznzzSM)

– Sur l’échantillon 2 ( voir 1:34 de la vidéo https://youtu.be/7z4wOznzzSM) du sujet 2, on observe un type différent de dégradation des membranes cellulaires des globules rouges , vous pouvez voir des ramifications, on appelle cela la formation de capsules (voir 1:40 https://youtu.be/7z4wOznzzSM) et on sait que cela est du à l’oxydation, à l’exposition des radicaux libres provoqués par les ondes du compteur intelligent

– Sur l’échantillon 3 ( voir 1:50 de la vidéo

https://youtu.be/7z4wOznzzSM) du sujet 3, on a vu qu’il a fallu seulement 45 secondes pour ses cellules de sang se détériorent à 30 cm du compteur intelligent et parce que le sujet 3 se plaignait de maux de tête de plus en plus douloureux, donc on a du l’éloigner du compteur intelligent au bout de 45 secondes, contre 2 minutes pour les 2 premiers sujets. Sur son échantillon de sang exposé pendant 45 secondes au compteur intelligent, on voit un phénomène qui s’appelle « rouleaux » , qui arrive quand des globules rouges s’empilent ( voir 2:06 de la vidéo https://youtu.be/7z4wOznzzSM) . Ce phénomène « rouleaux » rend difficile l’apport d’oxygène par le sang aux tissus comme cela devrait être dans sa fonction normale.

Conclusion: Chacun de ces 3 échantillons venant de 3 sujets différents montre différents types de dégradations des globules rouges après l’exposition à un compteur intelligent.

La seule bonne nouvelle dans tout cela, c’est que tout redevient à la normale, dès que le sujet s’éloigne très loin du compteur intelligent.

fin de la transcription de la vidéo : globules rouges et compteur intelligent

https://youtu.be/7z4wOznzzSM

– Ensuite il y a l’effet causé par la 5G elle même https://youtu.be/YycZn1W6oNg, qui plus son débit sera élevé, plus elle utilisera des fréquences de plus en plus dangereuses pour la population, et la fréquence 60 Ghz dont l’américaine parle dans sa vidéo, est capable de modifier l’oxygène lui-même de tel sorte que la molécule d’oxygène soit incapable d’être absorbé par l’hémoglobine de globule rouge, qui lui-même sera abimé à cause des mêmes effets que les compteurs intelligents provoque sur les globules rouges avec les ondes nocives de la 5G et les compteurs intelligents.

Le confinement c’est pour obliger les gens à vivre 24h/24 7j/7 au milieu des compteurs intelligents qui modifient les globules rouges (cancer), les fait s’agglutiner (phénomène de roulement), fait déchirer leurs membranes des globules rouges dont laissant échapper l’oxygène qu’elles contenaient et qui sont donc incapables de distribuer l’oxygène à l’organisme , bref 3 types de dégradation des globules rouges sont dus aux ondes des compteurs intelligents, et tout cela empêche une grande quantité d’oxygène d’arriver aux organes, ce qui signifie que les gens sont en manque d’oxygène à cause des compteurs intelligents, d’où la fatigue chronique, et les cancers, car le corps ne peut s’utiliser qu’au top de sa forme, s’il a le maximum d’oxygène et non pas s’il y a le minimum d’oxygène. en plus Sarkozy qui a imposé les compteurs intelligents dès 2011

https://resistance71.wordpress.com/2019/04/08/agenda-oligarchique-de-depopulation-sarkozy-et-compteurs-intelligents/, devait connaitre à l’avance, les effets secondaires de ceux ci, puisqu’il a avoué lui-même qu’il voulait la réduction de la population https://www.24matins.fr/sarkozy-prefere-reduire-population-plutot-faire-de-lecologie-399410  et donc par là, il avoue lui même que les compteurs intelligents c’est pour la  réduction de la population

https://resistance71.wordpress.com/2019/04/08/agenda-oligarchique-de-depopulation-sarkozy-et-compteurs-intelligents/

En plus tout est fait pour nous faire rester auprès des ondes, interdiction d’aller sur la pelouse (donc contact avec la Terre impossible pour se désintoxiquer des ondes), dans les petits squares naturels ou jardins pour enfants publics, tout cela est entouré de barrières d’interdiction de passer. Tout est fait pour nous faire rester au milieu urbain bétonné, avec des antennes relais cachés dans les trottoirs, dans les murs urbains, dans les lampadaires.

« Le 28 avril 2020, les parlementaires parleront d’une application Robert contrôlé à distance par une « autorité de santé’ pour fliquer les déplacements des déclarés positifs et fliquer ceux qui auront été proches d’eux »

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-des-chercheurs-proposent-que-le-tracage-des-personnes-contaminees-soit-gere-par-une-autorite-de-sante_3923881.html

Autorité de santé hein? Ils oublient que les ondes sont nocives pour la population? Et ils l’imposent aux gens pour se déplacer? Alors que les ondes sont connus pour détruire les globules rouges, ou les modifier (cancer mutation), ou les empiler et donc les empêcher de transporter l’oxygène facilement dans les organes, d’où la privation d’oxygène?

Une étude scientifique a déjà montré qu’à 30 cm des compteurs intelligents, les ondes des compteurs intelligents empêchent les globules rouges de bien faire leur boulot de transporter l’oxygène à l’organisme, et que par conséquent, cela génère cancer, et maladies

Une très brève vidéo montre les images au microscope de LA DÉGRADATION ET LA MUTATION DES CELLULES DU SANG SOUS L’INFLUENCE DES « COMPTEURS INTELLIGENTS », donc on est encore en-dessous de niveau de toxicité de la 5G. Pourtant, les globules rouges s’empilent et deviennent incapables d’apporter l’oxygène aux tissus.

à diffuser s’il vous plaît :GLOBULES ROUGES ET COMPTEUR « INTELLIGENT » https://youtu.be/7z4wOznzzSM (vidéo à enregistrer et à retranscrire avant censure)

Et là, ils veulent imposer un objet intelligent sur les gens (distance = 0cm  alors qu’on connait les effets néfastes provoqués par les compteurs intelligents à 30 cm) pour se déplacer 24h/24 7j/7? Et c’est une autorité de santé qui l’imposera en plus? Ils se foutent de la gueule du monde, prétendre se préoccuper de notre santé, tout en forçant les gens à porter sur eux des objets connectés qui les détruiront avec les ondes cancérigènes qui détruisent les globules rouges chargés de transporter l’oxygène donc les ondes des objets intelligents réduisent la quantité d’oxygène pouvant être absorbé par l’organisme.

C’est au nom de la lutte du coronavirus, qu’ils vont tuer la population avec des objets intelligents pour tracer la population émettant des ondes 5G les tuant à petit feu

Les gens ne mourront pas du coronavirus mais des ondes 5G des objets intelligents qu’on leur impose sur leur corps pour les tracer et dont les ondes 5G nocives détruiront les globules rouges en grande quantité faisant diminuer le taux d’oxygène pouvant être apporté à l’organisme.

Bref, aucun moyen d’échapper aux ondes 5G dans les villes , pas de zones blanches pour les électrosensibles, nos globules rouges sont détruits par les ondes 5G émises par les compteurs intelligents et bracelets intelligents pour tracer la population, et donc nos globules rouges ne peuvent plus amener l’oxygène aux organes, et donc problème respiratoire.

La 5G a les mêmes effets néfastes que les compteurs intelligentes (les ondes des compteurs intelligents dégradaient les globules rouges chargés d’apporter l’oxygène ce qui réduit la quantité d’oxygène apporté à l’organisme et donc entraine cancer et fatigue chronique), mais si la 5G utilise la fréquence 60 Ghz, elle causera encore plus de dégâts que les compteurs intelligents eux-mêmes :

Voici la retranscription de la vidéo https://youtu.be/YycZn1W6oNg à enregistrer avant la censure:

« Les Impacts de 60 Ghz ne sont pas des informations très répandues, voici ce que je peux vous dire. Et cela vient, ironiquement, du matériel promotionnel des grandes compagnies de télécommunication elles-mêmes : Voici ce que cela dit ici:  » 60 Ghz ont un impact spécifique sur l’oxygène ». Oui! Voici l’article https://www.rfglobalnet.com/doc/fixed-wireless-communications-at-60ghz-unique-0001 publié par des compagnies qui vantent les bénéfices de 60 Ghz. Elles reconnaissent ouvertement que la fréquence 60 Ghz est absorbable par l’oxygène.

Vous pouvez voir sur ce schéma (voir 0:33 de la vidéo ou l’article https://vertassets.blob.core.windows.net/image/eac387f4/eac387f4-2cc2-11d5-a770-00d0b7694f32/041001akembedded1.gif) l’impact 60 Ghz sur l’oxygène. Toutes les fréquences avant 60 Ghz n’ont pas d’impact sur l’oxygène. Mais dès que la fréquence 60 Ghz est atteinte, cela explose, la 60Ghz est massivement absorbé par l’oxygène selon le tracé de la courbe.

Maintenant dans cet  article  https://www.60ghz-wireless.com/60ghz-technology/60ghz-technology-v-band-carrier-class-radios-for-p2p-p2mp-wireless-networks/    publié par des compagnies vendant des produits fonctionnant avec la 60 Ghz, ils disent : » A 60 Ghz, il n’y a plus de problème d’interférences.  »

Et la plupart d’entre nous, savent par les médias grand public qui font la promotion de la 5G, que l’eau et les arbres gênent la propagation de la fréquence 60 Ghz. En tout cas, quand on sait que cette fréquence 60 Ghz impacte l’oxygène , maintenant, est-ce que cela fait sens pour vous que possiblement quand on fait n’importe quoi avec l’absorption de l’oxygène par le corps humain , devinez quel organe va souffrir en premier?

La façon dont la fréquence de 60 Ghz impacte l’oxygène est la suivante:

L’oxygène, l’atome O. L’oxygène la molécule est O2 c’est à dire 2 atomes O ensemble. Ces 2 atomes qui créent la molécule d’oxygène partagent des électrons.

La fréquence de 60 Ghz fait tourner très vite les électrons qui entourent la molécule d’oxygène.

Un peu comme avec les fours à micro ondes à 2.4 Ghz qui impactent les molécules d’eau dans la nourriture. Les micro ondes chauffent en impactant ces molécules d’eau qui tournent et oscillent à chaque onde du four à micro ondes. L’énergie du mouvement du à la rotation de ces minuscules molécules d’eau causée par les micro ondes fait la chauffe de la nourriture et des molécules d’eau.

Donc de la même manière que 2.4 Ghz provoque l’oscillation des  molécules d’eau H2O, 60 Ghz , même à des puissances moindres , fait tourner très vite les électrons qui entourent la molécule d’oxygène.

Et comme vous pouvez vous en doutez, des changements dans la fréquence des électrons autour de l’oxygène peuvent avoir des impacts sur la biologie humaine

En effet, quand vous inspirez , la raison pour laquelle vous faites entrer l’air dans vos poumons , c’est de faire entrer l’oxygène dans votre sang et donc à d’autres endroits importants comme le cerveau. C’est parce que l’oxygène qui entre dans vos poumons est capturé par une protéine de fer très importante appelée hémoglobine dans votre sang. Mais l’impact malheureux de 60 Ghz absorbé par la molécule d’oxygène fait que les électrons autour de la molécule d’oxygène tournent très vite et donc cela rend l’hémoglobine incapable d’assimiler l’oxygène et de le distribuer au reste du corps. Cette information provient d’un livre qui s’intitule:  » Magnétobiologie, soulignant des problèmes physiques ». »Magnetobiology, Underlying Physical Problems » 

Mais au-delà de cela, n’est-il pas étonnant que les compagnies de télécommunication reconnaissent que la fréquence 60 Ghz est absorbable par l’oxygène?

Et même le seul fait que 60 Ghz interagisse avec l’oxygène, l’élément le plus abondant, le plus important pour toute vie biologique, ne devrait-il pas faire les gros titres? Cela devrait stopper tout cela

La 5G comme vous le savez, utilise des fréquences plus élevés, qui ne voyagent pas loin, qui nécéssitent un réseau de centaine de milliers voir de millions de petites stations cellulaires.

Dans la vidéo on voit ensuite un dialogue de 3:57 à 5:18 au Sénat américain , qui montre l’hypocrisie de la compagnie de télécommunication au sénat, en disant que la 5G n’a aucun impact sanitaire tout en avouant qu’ils n’ont alloué aucun fond pour faire des recherches sur les impacts sanitaires causés par la 5G.

Est-ce que vous commencez à comprendre?

Ils disent que le coronavirus est une maladie respiratoire aigu.

Or comme par hasard, dans Les vidéos de Wuhan où la 5G est installé, on voit des gens tomber par terre, et le gouvernement chinois fait de son mieux pour censurer ces vidéos. Ceux qui tombent par terre ne présentent aucun symptôme d’aucune maladie grippale alors que le coronavirus est décrit dans les affiches comme une grippe avec des symptômes où il faut se laver les mains avec du désinfectant pour tuer le virus; mais maintenant le gouvernement chinois reconnait qu’on peut ne pas avoir de symptôme et tomber soudainement par terre.

La journaliste conclut ironiquement: mais on sait aussi que le manque d’oxygène peut faire tomber n’importe quelle personne saine par terre!

Dans une grippe, on a des symptômes , on se sent mal, on a froid, on se sent malade, on veut rester au lit.

Mais là, dans les vidéos montrés de Wuhan, on voit des personnes saines, sans symptôme de grippe du tout, bien habillés, qui se baladent normalement dehors, font des choses normales, et tout à coup sans explication, tombent soudainement par terre à côté de stations cellulaires 5G dissimulés.

Si vos poumons ne peuvent plus absorber d’oxygène à votre sang à cause de la modification d’oxygène par l’onde 5G à fréquence 60 Ghz, est-ce que ce serait long de tomber au sol?

Pas long du tout!  »

fin de la vidéo        https://youtu.be/YycZn1W6oNg

Voilà, la 5G à fréquence 60 Ghz tue, car il modifie l’oxygène, et l’oxygène modifié par la fréquence 60 Ghz de la 5G ne peut plus être absorbé par l’hémoglobine qui passe dans les poumons, donc l’oxygène n’est plus absorbé par le sang, donc les gens meurent en tombant par terre car ils n’ont plus d’oxygène et les compagnies de télécommunication le savent, puisqu’ils avouent fièrement que la 60 Ghz est absorbé par l’oxygène en disant que cela aide l’onde à se propager plus vite, donc c’est pour faire que l’onde passe plus vite, qu’ils modifient l’oxygène en créant une fréquence 60 Ghz créé par l’onde 5G absorbable par l’oxygène, le rendant incapable d’être absorbé par les hémoglobines des poumons, et donc nous tuent en nous empêchant de respirer.

Remarquez on voit que la 60 Ghz est suffisante pour nous empêcher de respirer l’oxygène, (car la 60 Ghz modifie l’oxygène en rendant les électrons super rapides et donc rend difficile le boulot de l’hémoglobine de fixer l’oxygène qui a été modifié par la 60 Ghz) mais apparemment cela ne suffit pas pour les compagnies de télécommunications qui veulent même du 66 Ghz, voir du 71 Ghz, voir même du 84 Ghz source ,

https://www.numerama.com/tech/147723-5g-tout-savoir-sur-le-reseau-mobile-du-futur.html les compagnies de télécommunication sont folles.

Remarquez dans l’article https://www.numerama.com/tech/147723-5g-tout-savoir-sur-le-reseau-mobile-du-futur.html, ils admettent que tous les obstacles non intelligents (murs non intelligents), ou  la pluie peuvent bloquer la 5G, donc ils admettent eux mêmes qu’ils abattent les arbres pour installer la 5G.

la 5G a de l’effet sur l’oxygène le rendant impossible à être absorbé par le sang, et donc empêchent l’absorption de l’oxygène par l’organisme.

Et pire encore la 5G a de l’effet sur les globules rouges elles mêmes

https://youtu.be/L7E36zGHxRw vidéo à enregister absolument avant la censure.

Une très brève vidéo montre les images au microscope de LA DÉGRADATION ET LA MUTATION DES CELLULES DU SANG SOUS L’INFLUENCE DES « COMPTEURS INTELLIGENTS », donc on est encore en-dessous de niveau de toxicité de la 5G. Pourtant, les globules rouges s’empilent et deviennent incapables d’apporter l’oxygène aux tissus.

à diffuser s’il vous plaît :GLOBULES ROUGES ET COMPTEUR « INTELLIGENT » https://youtu.be/7z4wOznzzSM (vidéo à enregistrer et à retranscrire avant censure)

Donc la 5G dont la toxicité est supérieur aux compteurs intelligents, va entrainer la dégradation et la mutation des cellules du sang.

Dans la vidéo https://youtu.be/gJcM6RZwyfA, on voit que sous l’effet des ondes, les globules rouges chargés de transporter l’oxygène s’agglutinent, s’empilent, parfois sous forme de rouleaux c’est une indication du stress électromagnétique qui peut influer sur les niveaux de sucre dans le sang. Les rouleaux peuvent restreindre le flux sanguin dans le corps entier en provoquant une perte d’oxygène aux cellules.http://www.activistpost.com/2016/07/can-smart-meter-emfs-dirty-electricity-cause-type-3-diabetes.html

Donc la 5G empêche l’absorption de l’oxygène par l’organisme humain par 2 méthodes:

– la 5G a un impact sur l’oxygène, en modifiant la fréquence des électrons de l’oxygène par la fréquence 60 Ghz, le rendant impossible à être absorbé par l’hémoglobine des poumons https://youtu.be/YycZn1W6oNg

– la 5G a un impact sur les cellules sanguines globules rouges chargés de transporter l’oxygène via l’hémoglobine, en les faisant agglutiner, empiler les unes sur les autres dans les vaisseaux sanguins, et donc ces empilations de globules rouges sous effets des ondes, les empêcheront de circuler dans l’organisme, donc cela fait que même si par miracle, l’hémoglobine réussit à fixer l’oxygène, si la globule rouge contenant l’hémoglobine est entassé avec les autres globules rouges sous l’effet de l’onde 5G, elle ne pourra pas circuler pour transporter l’oxygène aux organes du corps, donc détresse respiratoire, manque d’oxygène dans les cellules.

la 5G est donc une arme destructrice sur les populations à double effet destructeur

https://youtu.be/YycZn1W6oNg

https://youtu.be/7z4wOznzzSM

= = =

Lectures complémentaires :

Notre dossier « 5G et dictature technotronique »

stop-linky-gazpar-5G

Scientist 5G appeal

dossier-complet-pour-refuser-le-tout-connecte-via-la-5g-la-smart-city-ou-ville-connectee

Naval-Medical-Research-Institute-1972-Full-Bibliography

Dossier-complet–pour-stopper-net-la-dictature-technotronique

Alerte_scientifiques_medecins_5G

 

 

Message Coronavirus !

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerres imperialistes, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 12 avril 2020 by Résistance 71

 

Contre le virus du contrôle !

Le combat du siècle… Coanarvirus contre paranovirus

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique française, résistance politique, santé, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 29 mars 2020 by Résistance 71

 

 

Co-Anarvirus vs Paranovirus… comment survivre

 

Paris Luttes Info

 

24 mars 2020

 

url de l’article:

https://paris-luttes.info/co-anarvirus-vs-paranovirus-13652?lang=fr

 

La pandémie qui frappe la société capitaliste dans laquelle nous vivons a deux faces : celle d’un Co-Anar, terriblement efficace pour saper les fondements du pouvoir, et celle du ParanoVirus, terrible dans sa capacité à nous démobiliser et à déléguer nos actions au saint État. Que faire ?

Ami·e·s, réjouissons-nous ! Après un an et demi de Giletjaunage, après une grève générale historique, alors que les saisons se dérèglent et que le temps social est à la révolte, notre agent secret jaune-noir-rouge-vert, nom de code Coranavirus 19, détruit un à un les leviers du pouvoir qui nous oppressent : chute vertigineuse des Bourses, arrêt de la production de masse, grève générale imposée aux populations, trêve hivernale repoussée, baisse des activités humaines et donc des gaz à effets de serre… Certes, Co-Anar est nihiliste jusqu’à l’extrême : il met sous pression nos collègues de la santé et tue nos proches ; il n’est en aucun cas un ami sincère. Mais cette petite bête aura mis un coup d’arrêt à la machine-Goliath, le capitalisme, une machine qui ne fonctionne que parce qu’elle est en mouvement. Survivra-t-elle à un si long arrêt ?

Néanmoins, l’État propage une terrible maladie : le ParanoVirus ! Cette maladie, animée d’une rationalité faussée et que la peur de la mort alimente, ordonne à ceux qui en sont atteints d’arrêter de vivre pour se préparer à l’avenir – SPOILER la Mort – et de voir dans chaque être humain le présage de sa fin. Alors il faut tout contrôler : contrôler qui, quand, où, comment l’on voit d’autres humains, faire confiance à tous les charlatans – l’État en fait partie – tout désinfecter à outrance parce que le Mal ce seraient toutes les bactéries et tout ce qui est vivant, autre que notre propre corps. À l’ère de la rumeur, le ParanoVirus se diffuse très vite : ce qui a le plus de vues devient vrai, ce qui est validé par des « experts » devient « source ». Conséquence du ParanoVirus : des crises de panique dans les supermarchés et une ambiance anxiogène, une volonté de rester seul, chez soi, pour que les GAFA, les Netflix, les livraisons Amazone & cie nous nourrissent…

Que pouvons-nous faire ? 

Nous poser, vu que dorénavant et « jusqu’à nouvel ordre » nous avons du temps devant nous.

Précisions avant de commencer : 

Certains seront choqué·e·s par le ton léger de ce texte, et d’autres y verront de l’irrespect pour les personnes qui luttent contre cette maladie et ceux qui en ont peur. Personnellement, j’ai peur de cet État et de ce qu’il pourrait profiter d’une telle occasion. J’ai peur du contrôle des populations que nos technologies induisent. J’ai peur du monde dans lequel je vais vivre et par cette contribution je voudrais nous préparer à un potentiel après.

Les pointes d’humour de ce texte, ce sont autant de moyens de lutter contre la dépression qu’induit le ParanoVirus. Les propositions de ce texte, c’est pour que nos collègues de la Santé ne se retrouvent pas seul·e·s pendant 2 mois. 

Je pense également que la peur détruit toute réflexion, et bien que j’ai confiance dans les médecins et leurs conseils, je ne veux pas perdre mon sens critique. Comme qui dirait : le diable se cache dans les détails, noyés dans une brume de peur…

« Et pourtant, Mamie et Papi nous ont bien dit de ne pas boire le sang des chauves-souris ! » Ou l’arbre qui cache la forêt

Tout commence par des vampires très très loin dans l’Est et leurs rituels bizarres… Vous pensez que cette phrase est raciste ? Elle l’est.

Le storytelling du Corona c’est que des gens bizarres mangent des animaux, des vrais tout bizarres, pas des surgelés sous plastique bien aseptisés, et puis POUF cela fait un virus mortel pour l’humanité.

Déjà, bon nombre d’humains voient dans les crises écologiques les signes de la Fin du monde, la Fin de l’humanité. Mais non : à la limite, nous sommes témoins de la fin d’un régime, le capitalisme, voire uniquement d’une forme de ce régime, le néolibéralisme. Nous devons donc préparer la suite, pas nous préparer à être seuls dans un monde qui n’est plus. Cela induit des comportements radicalement différents : soit l’on essaye de se voir, de préparer de la bouffe ensemble, soit l’on dévalise les magasins et l’on s’enferme seul en attendant la Fin… et notre propre Faim !

Disons simplement que l’autoréduction – oui, le vol dans les magasins, manger dans les magasins – c’est plus sympa à plusieurs.

Revenons à la naissance de notre antihéros, le Co-Anar : il est le benjamin d’une fratrie de virus jugulés très vite, dès leurs apparitions. Cela suit à chaque fois le même schéma : des animaux en mauvaise santé issus d’élevages intensifs en contact avec des humains en mauvaise santé dans des territoires où des humains en mauvaise santé, poussés à la migration par le « travail », sont concentrés. Le pays où ces questions atteignent leur paroxysme, c’est la Chine. Mais c’est en réalité nos modèles de villes, concentrationnaires jusqu’à l’absurde, qui sont à remettre en cause : concentration de population, de pouvoir, d’inégalités sociales, de pollution, de mal-être, construites en opposition frontale avec le vivant, etc.

Parce qu’il y a du mal-être, l’État met en place des outils de contrôle de la population. Là aussi, la Chine d’aujourd’hui est une société dystopique qui sert de modèle pour nos démocraties hightech : reconnaissance faciale, utilisation des smartphones pour pister les individus, système de points virtuels de citoyenneté… Dans cette société du tout-contrôle, quand l’épidémie s’est déclarée, à la fois les populations ont eu peur de se faire dépister et à la fois les chefaillons, laissés à eux-mêmes, ont eu peur de faire des vagues et ont étouffé l’affaire trop longtemps. Nous sommes ici aussi dans un modèle comparable : on ne veut pas perdre la face, alors les élections municipales sont maintenues alors que l’on est en phase 3 de l’épidémie. Les organisations étatiques, bien qu’elles se pavanent dans des discours sécuritaires, donnent des consignes internes contradictoires parce qu’elles ne savent pas quoi faire.

Dans cette période, les personnes en poste de pouvoir ont le choix entre nous laisser nous autogérer ou mettre en place des mesures arbitraires. En sachant nos chefs perdus, nous devons tout faire pour favoriser notre autogestion locale et les pousser à l’accepter.

Contre le Co-Anar, j’attaque avec les « gestes barrières » !

Face à ce que l’État ignore, celui-ci sort de son chapeau un pouvoir digne d’un jeu vidéo : des gestes-boucliers dont l’application attentionnée réduiraient la propagation de ce virus pneumonie-super-grippe-pas-mortel-mais-un-peu-quand-même-voire-peut-être-beaucoup.

N’étant pas médecin, je vais ici me concentrer sur la distance d’un ou plusieurs mètres et le confinement généralisé d’une population ; en d’autres termes sur les gestes qui transforment nos liens sociaux et que nous devrions accepter « parce que les experts l’ont dit ».

Ainsi, nous devrions tous être à plusieurs mètres l’un de l’autre, ne plus nous faire la bise, ni nous serrer la main ; l’autre – ses ami·e·s, sa famille, ses collègues, les personnes que l’on ne connaît pas encore – devient alors un ennemi potentiel.

Même s’il y a un fond de vérité, son application sacro-sainte relève de la superstition : c’est la projection pendant que l’on parle ou en cas de toux, ou le contact direct qui est en cause. En soi être à des centaines de mètres c’est efficace, mais excessif. Se couvrir la bouche en revanche, surtout quand l’on pense être malade, est du bon sens, comme se laver les mains, qui n’induit pas de rompre les liens sociaux que l’on a avec d’autres humains.

Ce que nous soulignons ici c’est la transformation que ces mesures engendrent : une société où chaque individu est seul face à lui-même, dépendant de ce que le grand Papa-État lui donnera comme consigne, face à l’ultime peur : celle de mourir.

Pire : nous serions responsables, chacun de nous, de la propagation de la maladie. Si tu vois des gens, tu la propages. Ne respires pas malheureux·euse, ou uniquement dans un masque ! Sortir ?! Tu mets en danger l’humanité, égoïste ! Penses aux autres en ne pensant pas eux, à ceux qui sont déprimé·e·s ou qui se sentent mal… Non vraiment : ferme ta gueule et reste chez toi. Grande messe de la Nation à 20h au balcon. Point.

Sur l’exigence de ne pas sortir, doit-on souligner la différence entre une famille coincée dans 10 mètres carrés et une famille qui se dore au soleil dans son jardin privé ? En tout cas, l’on accuse les premiers de tous les maux parce qu’ils·elle·s sortent.

Le premier responsable, c’est notre société et nos villes : l’organisation du travail qui nous oblige à utiliser des transports en commun bondés pour aller « gagner sa vie » à des heures de chez nous, nos logements petits, confinés et chers, nos concentrations abusives d’animaux d’élevage, la pollution systémique des villes qui nous empoisonne…

Ce régime qui pense à son fric est responsable de la création et de la propagation de ce virus. Nous, on trinque.

« Il vaut mieux couler avec panache que flotter sans grâce » : carpe diem !

Aujourd’hui, tout ou presque est fermé. Cette dictature (oui, nous y sommes légalement, il était temps !) a réussi à faire interdire les rassemblements de plus d’une personne, quel exploit ! Chacun·e est invité·e à rester chez soi et à ne rien faire d’autre mise à part télétravailler, dans la mesure du possible. Certain·e·s sont érigé·e·s comme des héro·ïne·s de la nation, leurs voix sont portées par l’État quand leurs discours vont dans le sens du ParanoVirus, alors que les caissières, les livreur·euse·s sont invisibilisé·e·s, alors que les prisonnier·ère·s, interné·e·s psy, et sans-papiers sont toujours enfermé·e·s. Des mesures sécuritaires sont mises en place pour les personnes qui braveraient l’interdit en sortant dehors : 1 000 balles si tu récidives, voire la prison !

C’est la pire des solutions qu’on nous impose, et au contraire l’on ne doit pas rester seul, et pour plusieurs raisons :

  • Déjà pour ne pas déprimer, parce que cela tue aussi. Et n’oublions pas que le système immunitaire dépend en partie de notre état mental.
  • Aussi pour se protéger des monstres avec qui l’on est enfermé : pensons aux femmes enfermées avec leur mari violent et aux enfants qui le subissent également.
  • Ensuite pour ne pas propager nos psychoses personnelles. Discuter en physique nous permet de confronter nos peurs à d’autres personnes et à d’autres peurs, de faire la part des choses et donc de s’inquiéter quand il faut et ne pas s’inquiéter quand il ne faut pas, de différencier un coup de fatigue d’un symptôme de la maladie. Cela aiderait nos copain·ine·s de la Santé à désengorger les urgences et les lignes téléphoniques des gens psychotés en bonne santé !
  • Pour sortir nos têtes des réseaux sociaux : la peur s’y auto-alimente parce que nos recherches sur internet fonctionnent par occurrence qui se répondent entre elles. L’on se créé une bulle où notre vérité serait dite par « tous » alors que ces « tous » ce sont juste les gens qui pensent comme nous. N’oublions pas aussi que derrière l’algorithme qui gère les moteurs de recherches se cachent des humains qui veulent nous vendre des produits, et des États friands des technologies de surveillance de masse.
  • Pour apprendre, faire tout ce que l’on a rêvé de faire et que le temps donné au « travail » nous a empêchés de faire. D’ailleurs, soyons vigilants : pendant cette période certains d’entre nous ne pourront pas libérer du temps. Il faut très vite trouver des moyens, par nous-même, de les remplacer et de tourner sur leurs postes avant qu’ils elles ne fassent des burn out.
  • Pour mettre en place « jusqu’à nouvel ordre » des alternatives pratiques à notre société. Si nous sommes d’accord que cette maladie est la conséquence de cette société, alors nous devons vite mettre en place d’autres formes de sociétés pour que cela ne se reproduise plus. C’est créer des interdépendances entre la famille, entre voisin·e·s, entre ami·e·s, entre collègues à des petites échelles, pour la nourriture, la garde des enfants, les loisirs, les soirées, etc. C’est s’organiser sans eux·elles – nos hiérarchies déconnectées de la réalité de terrain – qui sont clairement incompétentes à gérer avec rapidité et souplesse une situation de crise.
  • Si l’on est contaminé, de pouvoir traverser la maladie en sachant que des personnes pensent à nous et que l’on n’est pas seul face à la mort.

Aussi, même si nous avons une forte sympathie pour nos collègues de la santé, n’oublions pas que ce sont des êtres humains qui peuvent avoir tort, qu’il·elle·s sont porteur·euse·s d’une médecine occidentale qui crée un rapport de pouvoir entre les médecins qui savent et les patients qui doivent subir, et qui s’est imposée contre les médecines dites traditionnelles. Faisons la part des choses entre les charlatans aux tisanes, ceux à la chloroquine, et ce qui est du bon sens.

Et puis une dernière chose : beaucoup de gens ont peur de mourir, c’est normal… parce que… et bien oui, c’est terrible, on va tous mourir, pas besoin d’un virus pour cela. Nous ne sommes pas immortels et le délire transhumaniste et technologique va s’arrêter là, grâce à Co-Anar, espérons-le… Alors en attendant la fin, profitons-en ! Préparons l’an zéro !

Note

CARPE DIEM !

= = =

Notre dossier « Coronavirus »

 


Il court, il court l’corona…

Réflexion critique et solution potentielle… celle à 10%

Posted in actualité, altermondialisme, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 21 mars 2020 by Résistance 71

 

 

Résistance 71

 

21 mars 2020

 

En juillet 2013, nous traduisions et publiions un article scientifique publié par Matthew Philips en juillet 2011 en compte rendu et mise en lien d’une article scientifique publié par le Rensaier Polytechnic Institute. Cet article analyse et calcule le pourcentage de population nécessaire pour faire passer une idée minoritaire dans une grande bascule majoritaire. La réponse des auteurs de l’article: 10%

Nous avons décidé de republier cet article afin de faire comprendre aux plus de gens possible qu’il ne faut pas gagner l’esprit et le cœur de tout le monde ni même de 90% d’une population pour faire passer une idée minoritaire dans une bascule majoritaire à terme et donc changer des modes de pensée et des attitudes, car en fait 10% suffisent. A cet effet, nous avons demandé à Jo d’en faire un PDF que nous vous présentons ci-dessous.

On vous l’a dit: mettre à profit cette aubaine de « confinement sanitaire » pour réfléchir, lire, se documenter et sortir de l’isolement mieux informé(es) et prêts à plus que jamais résister aux diktats à venir de la phase finale de l’effondrement du système.

Coopération, Union, Réflexion, Emancipation, nous tiendrons le bon bout de la C.U.R.E…

La_solution_a_10%
(Version PDF)

 

Municipales 2020 : Piqûre de rappel pour veautards bornés…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, désinformation, guerres imperialistes, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, santé, santé et vaccins, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 14 mars 2020 by Résistance 71

 


« Si voter changeait quoi que ce soit…
Ce serait illégal » (Emma Goldman)

 

Résistance 71

 

14 mars 2020

 

… sur fond de panique fabriquée au coronavirus (CoVD19), au taux de mortalité de l’ordre de moins de 2,5% (ce qui veut dire que 97,5 à 98% des personnes infectées guérissent…), mais qui est en train d’engendrer une nouvelle vague de mesures liberticides sur les populations, comme par exemple les interdictions de rassemblement de plus de 100 personnes etc… Ce n’est que le début.

Mais, nous dit-on de vive voix, surtout, surtout… n’oubliez pas d’aller veauter, d’aller abdiquer de votre souveraineté en allant mettre votre papelard dans ces boîtes à suggestions pour esclaves que sont les urnes électorales, urnes funéraires de nos libertés et de notre capacité collective de nous diriger nous-mêmes sans aucun intermédiaire parasitaire politique ou financier.

Tout cela n’est que la mise en scène de l’illusion démocratique, que nous dénonçons depuis dix ans en relais de nos anciens qui le firent bien avant nous (cliquez sur le lien et documentez-vous si ce n’est déjà fait…)

La question primordiale aujourd’hui est de fait la suivante:
Entre le CoVD19 et l’état de la surveillance de masse muni de ses outils liberticides se renforçant jour après jour, qui est le plus nocif, le plus dangereux ?

A lire cette très bonne mise au point de Jo en format pdf :

Avis-a-la-population-francaise

 

 

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Résistance politique: La lutte contre l’État et autres écrits 2/2 (Nestor Makhno)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, gilets jaunes, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 13 mars 2020 by Résistance 71

 

 

La lutte contre l’État et autre écrits

 

Nestor Makhno

1925-1932

 

1ère partie

2ème partie

 

Dielo trouda,n°23-24, avril mai 1927, pp.8-10.

La Makhnovchtchina et l’antisémitisme

Depuis près de sept ans, les ennemis du mouvement révolutionnaire makhnoviste se sont tellement déchaînés en mensonges à son égard que l’on peut s’étonner que ces gens n’arrivent pas à en rougir au moins de temps en temps.

Il est assez caractéristique que ces mensonges éhontés dirigés contre moi et les insurgés makhnovistes, en fait contre notre mouvement dans son ensemble, unissent des gens dans camps socio-politiques très différents : on peut y trouver des journalistes de toutes plumes, des écrivains, des érudits et des profanes qui leur emboîtent le pas, des maraudeurs et des spéculateurs, lesquels n’hésitent pas parfois à se présenter en pionniers des idées révolutionnaires d’avant garde. On y rencontre également de prétendus anarchistes, tel Yanovky, du Freie arbeiter stimme. Tous ces gens de toute sorte et de tous poils, ne craignent aucunement d’user de mensonges contre nous, sans même nous connaître ; parfois sans y croire vraiment eux-même. Ces mensonges se complètent d’insinuations, ce qui consiste à crier toujours et partout contre nous, sans tenter d’établir les fondements mêmes de leurs criailleries. En effet, où sont les faits plausibles qui pourraient justifier en quoi que ce soit cette hystérie amorale ? Tous ces impudents mensonges contre nous, les makhnovistes, nous traitant de programmeurs, sans avancer la moindre preuve ni vérifier quoique ce soit, m’on amené, il y a peu de temps, à m’adresser, par l’intermédiaire de la presse libertaire et russe, aux Juifs de tous pays, pour leur demander des explications sur les sources de toutes ces absurdités, afin que soient fournis des faits précis de pogromes, d’encouragements ou d’appels à des pogromes commis ou lancé par le mouvement révolutionnaire des travailleurs ukrainiens que j’ai guidé.

Seul, le club bien connu de Paris, le « Faubourg », a répondu à mon appel aux juifs de tous pays ». La direction de ce club a fait savoir par la presse que, lors d’une réunion, le 23 juin 1927, le débat porterait sur la question suivante : « le « général » Makhno a-t-il été l’amis des Juifs ou bien a-t-il participé à des tueries contre eux? ». Il y était ajouté que le camarade français Lecoin allait y intervenir en tant que défenseur de Makhno.

Il va sans dire que, si tôt que j’ai appris la tenue de cette assemblée du « Faubourg », je me suis immédiatement adressé au président de ce club, Poldès, en lui demandant par lettre que Lecoin soit écarté de cette question et que la possibilité d’intervenir personnellement devant son club me soit donnée. A la suite d’une réponse positive, je me suis donc présenté le 23 juin 1927 devant l’assemblée de ce club.

Cependant, la méthode particulière de mener les débats dans ce club et la question qui me concernait n’étant traitée qu’en fin de réunion ont fait que je n’ai pu intervenir que fort tard, vers onze heures du soir et n’ai pu m’exprimer à fond. Je n’ai pu tout au plus introduire la question en traitait le caractère historique, les sources et voies de l’antisémitisme en Ukraine.

Mes ennemis se serviront peut-être de cette circonstance indépendante de ma volonté et surtout du fait que je sois ici pieds et poings liés. En effet, selon les lois policières françaises, il m’est interdit de communiquer avec mes camarades d’idées français ; par conséquent, il nemlm’est pas possible d’organiser moi-même une réunion publique pour m’expliquer à propos de ces calomnies. D’ailleurs, certains ont encore impudemment menti en parlant d’un « procès » qu’on aurait organisé à Paris. Nouvelles mensongère qui a été reprise par mes ennemis, les défenseurs hypocrite du droit et de l’indépendance du peuple juif, lequel a pourtant tellement souffert au cours de ces dernières trentes années en Russie et en Ukraine.

La réalité peut-elle correspondre en quoi que ce soit à ces mensonges ? Tout les travailleurs juifs d’Ukraine, ainsi que tous les autres travailleurs ukrainiens savent bien que le mouvement que j’ai guidé durant des années était un mouvement authentique de travailleurs révolutionnaires. Le mouvement n’a nullement cherché à séparer, sur des bases raciales, l’organisation pratique des travailleurs trompés, exploités et opprimés. Bien au contraire, il a voulu les unir en une toute puissance révolutionnaire, capable d’agir contre leur oppresseurs, en particulier contre les dénikiens profondément pénétrés d’antisémitisme. Le mouvement ne s’est jamais occupé d’accomplir des pogromes contre les Juifs et ne les a jamais encouragés. En outre, il y a de nombreux travailleurs juifs au sein de l’avant garde du mouvement révolutionnaire d’Ukraine (makhnoviste). Par exemple, le régiment d’infanterie de Gouliaï-Polié comprenait une compagnie exclusivement composée de deux cents travailleurs juifs. Il y a aussi eu une batterie de quatre pièces d’artillerie dont les servants et l’unité de protection, commandant compris étaient tous juifs. Il y a eu également de nombreux travailleurs juifs dans le mouvement makhnoviste qui, pour des raisons personnelles, préférèrent se fondre dans les unités combattantes révolutionnaires mixtes. Ce furent tous des combattants libres, engagés volontaires qui ont lutté honnêtement pour l’oeuvre commune des travailleurs. Ces combattants anonymes possédaient leurs représentants au sein des organes économique de ravitaillement de toute l’armée. Tout cela peut être vérifié dans la région de Gouliaï-Polié parmi les colonies et les villages juifs.

Tous ces travailleurs juifs insurgés se sont trouvés sous mon commandement durant une longue période, non pas quelques jours ou mois, mais durant des années entières. Ce sont tous des témoins de la façon dont moi, l’Etat-major et l’armée entière, nous nous sommes portés à l’égard de l’antisémitisme et des pogromes qu’il inspirait.

Toute tentatives de pogromes ou de pillage fut, chez nous étouffée dans l ‘oeuf. Ceux qui se rendirent coupables de tels actes furent toujours fusillés sur les lieux de leurs forfaits. Il en fut ainsi, par exemple, en mai 1919, lorsque les insurgés paysans de Novo-Ouspénovka, ayant quitté le front pour se reposer à l’arrière, découvrirent à proximité d’une colonie juive deux cadavres décomposés, puis les ayant pris pour des insurgés assassinés par les membres de cette colonie juive, s’en prirent à elle et tuèrent une trentaine de ses habitants. Le jour même, mon Etat-major envoya une commission d’enquête dans cette colonie. Elle découvrit les traces de auteurs de la tuerie. J’envoyai immédiatement un détachement spécial dans ce village pur les arrêter. Les responsables de cette attaque contre la colonie juive, à savoir six personnes dont le commissaire bolchevik de district, furent tous fusillés le 13 mai 1919.

Il fut de même en juillet 1919, lorsque je me retrouvais pris entre deux feux par Dénikine et Trotsky – lequel prophétisait à ce moment dans son parti qu’il valait mieux livrer toute l’Ukraine à Dénikine que de donner la possibilité à la Makhnovstshina de se développer » – et qu’il me fallut passer sur la rive droite du Dniepr. Je rencontrai alors le fameux Grigoriev, ataman de la région de Kherson. Induit en erreur par les bruits stupides qui circulaient sur moi et le mouvement insurrectionnel, Grigoriev voulut conclure une alliance avec moi et mon Etat-major, en vue de mener une lutte contre Dénikine et le Bolcheviks.

Les pourparlers commencèrent sous condition de ma part l’ataman Grigoriev fournisse, dans un délai de deux semaines, à mon Etat-Major et au soviet de l’armée insurrectionnelle révolutionnaire d’Ukraine makhnoviste), des documents prouvant que tous les bruits qui couraient sur les pogromes commis par lui à deux ou trois reprises par lui à Elisabethgrad étaient dénués de tout fondement, étant donné que, faute de temps, je ne pouvais en vérifier moi-même la véracité.

Cette condition fit méditer Grigoriev puis, en militaire et bon stratège, il donna tout de même son accord. Pour me prouver qu’en aucun cas il ne pouvait être pogromeur, il se recommanda de la présence auprès de lui d’un représentant ukrainien du parti Socialiste Révolutionnaire. Ensuite, tout en m’accusant d’avoir lancé un « appel » contre lui, au nom de mon Etat-major, où il avait été dénoncé comme ennemi de la révolution, pour démontrer sa bonne foi, Grigoriev me présenta plusieurs représentants politiques qui se trouvaient auprès de lui : Nicolas Kopornitsky, du parti socialiste Revolutionnaire ukrainien.

Cela se passait au moment où je me trouvait dans les parages d’Elisabethgrad avec mon principal détachement de combat. J’estimais de mon devoir de révolutionnaire de profiter de cette circonstance pour élucider moi-même ce que l’ataman Grigoriev avait bien pu commettre lorqu’il avait occupé cette ville. Simultanément, des agents dénikiens interceptés m’apprirent que Grigoriev préparait à l’insu des travailleurs de Kherson, la coordination de ses mouvements avec l’Etat-major dénikien, en vue de cette lutte commune contre les bolcheviks.

J’appris des habitants d’Elisabethgrad et des villages avoisinants, ainsi que de partisans des unités de Grigoriev, qu’à chaque fois qu’il avait occupé la ville, des juifs y avianet été massacrés. En sa présence et, sur mon ordre, ses partisants avaient assasiné près de deux milles Juifs, dans la fleur de la jeunesse juive : de nombreux membres de jeunesses anarchistes bolchéviques et socialistes. Certains d’entre eux avaient même été extraits de prisons pour être abattus.

Apprenant tout cela, je déclarai immédiatement Grigoriev, l’ataman de Kherson – Socialiste révolutionnaire entre guillemets – agent de Dénikine et pogromeur public, directement responsable des actes de ses partisan contre les Juifs.

Lors du meeting de Sentovo, le 27 juillet, Grigoriev fut présenté comme tel et exécuté sur place aux yeux de tous. Cette exécution et ses motifs ont été consigné comme suit : « Le pogromeur Grigoriev a été exécuté par les responsables makhnovistes : Batko Makhno, Sémion Karétnik et Alexis Tchoubenko. Le mouvement makhnoviste prend entièrement sur lui la responsabilité de cet acte devant l’histoire. » Ce protocole a été cosigné par les membres del’armée insurrectionnelle et les représentant du parti Socialiste révolutionnaire, dont Nicolas Kopornitsky (remarque : les sociaux-démocrates Seliansky et Kolioujny avaient complètement disparu à la suite de l’exécution de Grigoriev).

C’est ainsi que je me suis toujours comporté envers ceux qui avaient commis des pogromes ou qui étaient en train d’en préparer. Les pillards ne furent pas épargnés non plus, que ce soit au sein de l’armée insurrectionnelle ou en dehors. C’est ce qui se produisit, par exemple, lorsqu’en août 1920 deux détachement de tendance chauvine Pétliouriste, sous le commandement Levtchenko et Matianycha, se retrouvant encerclés par nos unités, nous envoyérent des emissaires pour nous proposer de se fondre dans notre armée. L’Etat-major et moi les reçûmes et acceptâmes leur jonction ; cependant, dès que nous nous aperçûmes que les éléments chauvins de ces détachements s’occupaient de pillages et professaient l’antisémitisme, nous les fusillâmes aussitôt, au village d’Averski, dans la province de Poltava. Quelques jours plus tard, leur commandant Matianycha fut également fusillé pour avoir eu un comportement provocateur dans la ville de Zinkov (province de Poltava). Son détachement fut désarmé et la majorité de ses membres renvoyés dans leurs foyers.

En décembre 1920, le même phénomène se renouvela avec des soldats de l’Armée Rouge, lorsque nous soutînmes avec succès les attaques de la cavalerie de Boudienny et défîmes complètement la XIéme division de son armée, auprès du village de Pétrovo, dans le district d’Alexandrovsk, puis la XIVéme division de cavalerie, en faisant prisonnier, cette foi, tout son commandement et son Etat-major. De nombreux prisonniers de la XIème division exprimèrent le désir de se joindre à l’armée insurrectionnelle pour combattre les commissaires politiques autocrates, comme ils les appelaient. En traversant la région de Kherson, le village de Dobrovelitchka, dont plus de la moitié de la population était juive, certains cavaliers ex-boudiennistes ou pétliouriens, ayant connaissances au sien de leurs anciennes unités des rumeurs sur l’hostilité des makhnovistes envers les « youpins », se mirent à piller les maisons des Juifs de ce village. Dès que cela fut remarqué par des makhnovistes expérimentés, ils furent tous saisis et fusillés sur place.

C’est ainsi que la Makhnovstshina, durant toute son existence, observa une attitude intransigeante à l’égard de l’antisémitisme et des pogromeurs ; cela parcequ’elle était un mouvement authentiquement laborieux et révolutionnaire en Ukraine.

Dielo trouda,n°30-31, novembre-décembre 1927, pp.15-18.

A la mémoire de l’insurrection de Kronstadt

Le 7 mars est une journée d’affliction pour les travailleurs de la soi-disante « Union des républiques Soviétiques et Socialistes », qui ont participé d’une façon ou d’une autres aux événements qui se sont déroulé ce jour là à Kronstadt. La commémoration de ce jour est aussi pénible pour les travailleurs de tous pays, car elle rappelle ce que les ouvriers et marins libres de Kronstadt exigèrent du bourreau rouge, le « Parti Communiste Russe », et de son instrument le gouvernement soviétique, en train d’assassiner la révolution russe.

Kronstadt exigea de ces pendeurs étatistes la restitution de tout ce qui appartenait aux travailleurs des villes et des campagnes, en vertu du fait que c’étaient eux qui avaient accompli la révolution .Les Kronstadiens exigèrent la mise en pratique des fondements de la révolutions d’Octobre : « Election libres des soviets, liberté de parole et de presse pour les ouvriers et paysans, les anarchistes les socialistes révolutionnaires de gauche ».

Le Parti Communiste Russe vit en cela une atteinte inadmissible à sa position monopolistique dans son pays et, dissimulant son lâche visage de bourreau derrière un masque de révolutionnaire et d’amis des travailleurs, déclara contre-révolutionnaire les marins et ouvriers libres de Kronstadt, puis lança contre eux des dizaines d’argousins et d’esclaves soumis : Tchekistes, Koursantis, membres du Parti… afin de massacrer ces honnêtes combattants révolutionnaires et dont le seul tort était de s’indigner devant le mensonge et la lâcheté du Parti Communiste Russe qui piétinait les droits des travailleurs et de la révolution.

Le 7 mars 1921, à 18h45, un ouragan de feu d’artillerie fut déclenché contre Krondstadt. il était naturel et inévitable que Krondstadt révolutionnaire se défende. C’est ce qu’il fit, non seulement au nom de ses exigences, mais aussi en celui des autres travailleurs du pays qui luttaient pour leurs droits révolutionnaires, foulés arbitrairement par le pouvoir bolchevik.

Leur défense se répercuta dans toute la Russie asservie, toute prête à asservir leur juste et héroïque combat, mais malheureusement impuissante, car elle était alors désarmée, constamment exploitée et enchaînée par les détachements répressifs de l’Armée Rouge et de la Tcheka, formés spécialement pour écraser l’esprit et la volonté libres du pays.

Il est difficile d’évaluer les pertes des défenseurs de Kronstadt et la masse aveugle de l’Armée Rouge, mais il est néanmoins certain qu’il y aie eu plus de dix milles morts. Pour la plupart, ce furent des ouvriers et des paysans, ceux-là même dont le Partit du mensonge s’était le plus servi pour s’emparer du pouvoir, en les dupant des promesses d’un avenir meilleur. il s’en était servi pendant des années uniquement pour ces propres intérêts de parti, afin de développer et de perfectionner sa domination toute puissante sur la vie économique et politique du pays.

Kronstadt défendit tout ce qu’il y avait de meilleur dans la lutte des ouvriers et des paysans dans la révolution russe contre l’oligarchie bolchévique. C’est pour cela que cette dernière extermina les kronstadiens, en partie immédiatement après sa victoire militaire, le reste dans ses casemates et ses cachots, hérités de l’ordre tsariste et bourgeois. Parmi ceux qui purent gagner la Finlande, beaucoup sont encore internés dans des camps de concentration.

Ainsi comprise, la journée du 7 mars doit apparaître comme un moment douloureusement ressenti par les travailleurs de tous pays. Ce jour-là, ce n’est pas seulement chez les seuls travailleurs russes qui doivent revivre le souvenir pénible des révolutionnaires de Kronstadt ayant péri dans la lutte et des rescapés qui pourrissent dans les geôle bolchéviques. Mais ce n’est pas avec des gémissements que l’on résoudra la question : en dehors de la commémoration du 7 mars, les travailleurs de tous pays doivent organiser partout, tant sur les forfaits accomplis par le Parti Communiste Russe à Kronstadt, contre le ouvriers et marins révolutionnaires, que pour la libération des survivants encadenassés dans les prisons bolchéviques et enfermés dans les camps de concentrations de Finlande.

Dielo trouda,n°10, mars 1926, pp.3-4.

L’idée d’égalité et les bolcheviks

Le XIVème congrès du Parti Communiste Russe à fermement condamné l’idée d’égalité. Avant le congrès, Zinoviev s’était référé à cette idée dans sa polémique contre Oustrialov et Boukharine. Il avait alors déclaré que toute la philosophie de notre époque était nourrie par l’aspiration à l’égalité. Kalinine est intervenu avec force contre cette thèse, en estimant que toute référence à l’égalité ne pouvait être que nocive et intolérable. Il a raisonné de la manière suivante :

« Peut-on parler d’égalité aux paysans ? Non, ce n’est pas possible car, dans ce cas, il se mettraient à exiger les même droits que les ouvriers, ce qui serait en complète contradiction avec la dictature du prolétariat.

Peut-on parler d’égalité aux ouvriers ? Non, c’est pas non plus possible, car, par exemple, si un emploi identique est occupé par un communiste et un sans parti, la différence tient en ce que le premier touche un salaire double du second. Reconnaître l’égalité permettrait au sans parti de toucher le même salaire que celui d’un communiste. Est-ce convenable, camarades ? Non, cela ne l’est pas.

Peut-on encore appeler les communistes à l’égalité ? Non, ce n’est pas non plus possible, car eux aussi occupent des places différentes, tant par leurs droits que par leur situation matérielle. »

A partir de toutes ces considérations Kalinine a conclu que l’utilisation du terme « égalité » par Zinoviev ne pouvait qu’être démagogique et nocive. Dans sa réponse, Zinoviev a déclaré à son tour que, s’il avait parlé d’égalité, c’était dans un tout autre sens. Quant à lui, il n’avait dans la tête que « l’égalité socialiste », c’est à dire celle qui devra exister un jour, dans un avenir plus ou moins proche. Pour l’instant, tant que la révolution mondiale n’est pas accomplie et comme on ne sait quand elle se réalisera, il ne saura être question de quelque égalité que ce soit. En particulier, aucune égalité des droits ne pourra exister, car elle risquerait alors de nous entraîner vers des déviations « démocratiques » très dangereuses.

Cette entente sur l’idée d’égalité n’a pas été traduite par une résolution du congrès. Mais, sur le fond, les deux parties qui se sont affrontées au congrès ont estimé également intolérable l’idée d’égalité.

En d’autres temps, il n’y a pas si longtemps, les bolcheviks on tenu un tout autre langage. C’est sous l’étendard de l’égalité qu’ils ont agi pendant la grande Révolution russe, pour le renversement de la bourgeoisie, en commun avec les ouvriers et les paysans, aux dépends desquels ils sont parvenus à la domination politique du pays. C’est sous cet étendard que, depuis huit de règne sur la vie et la liberté des travailleurs de l’ancienne Russie – dénommée désormais « Union des Républiques Soviétiques Socialistes » – les tsars bolcheviks ont voulu convaincre cette « Union », opprimés par eux, ainsi que les travailleurs d’autres pays qu’ils ne domines pas encore, que s’ils ont persécuté, laissé pourrir en prison et en déportation et assassiné leurs ennemis politiques, c’était uniquement au nom de la révolution, de ces fondements égalitaires, introduits prétendument par eux dans la révolution, et que leurs ennemis auraient voulu détruire.

Le sang des anarchistes coule bientôt depuis huit ans, parcequ’ils n’ont pas voulu s’incliner servilement devant la violence et l’impudence de ceux qui se sont emparé du pouvoir, ni devant leur idéologie notoirement mensongère et leur totale irresponsabilité.

Dans cet acte criminel, acte que l’on ne peut qualifier autrement que de débauche sanglante des dieux bolchéviks, meilleurs fils de la révolution ont péri, parcequ’ils étaient les plus fidèles porteurs des idéaux révolutionnaires et parcequ’ils n’ont pu être acheté pour les trahir. défendant honnêtement les préceptes de la révolution, ces fils de la révolution ont aspiré à éloigner la folie des dieux bolcheviks et à sortir de leur cul-de-sac, afin de frayer la voie à la véritable liberté et à une authentique liberté des travailleurs.

Les potentats bolchéviks se sont vites aperçu que les aspirations de ses fils de la révolution signifierait pour eux la fin de leur folie et surtout des privilèges qu’ils ont habilement hérité de la bourgeoisie renversée, puis traîtreusement renforcé en leur faveur. C’est pour cela qu’ils ont condamné à mort les révolutionnaires. Des hommes à l’âme d’esclave les ont soutenus et le sang à coulé. Il continue à couler depuis huit ans et on se demander au nom de quoi ? Au nom de la liberté et de l’égalité des travailleurs, disent les bolcheviks, en continuant à exterminer des milliers de révolutionnaires anonymes, combattants de la révolution sociale, étiquetée « bandits » et « contre révolutionnaires ». Par ce mensonge éhonté, les bolchéviks ont masqué aux yeux des travailleurs du monde entier le véritable état des choses en Russie, en particulier leur banqueroute complète dans l’édification socialiste, banqueroute qu’ils ne veulent reconnaître jusqu’à maintenant, alors qu’elle est plus que flagrante pur tous ceux qui ont des yeux pour voir.

Les anarchistes ont signalé à temps aux anarchistes de tous les pays les crimes bolcheviks dans la révolution russe. Le bolchevisme incarnant l’idéal d’un état centralisateur, est apparu comme l’ennemi mortel de l’esprit libre des travailleurs révolutionnaires. Usant de mesures inouïes, il a saboté le développement de la révolution et sali l’honneur de ce qu’il y avait de meilleur en elle. Se masquant avec succès, il a dissimulé au regard des travailleurs son vrais visage, en se donnant pour le champion de leurs intérêts. Ce n’est que maintenant, après huit ans de règne, en se rapprochant de plus en plus de la bourgeoisie internationale, qu’il commence à ôter son masque révolutionnaire et à dévoiler devant le monde du travail le visage d’un rapace exploiteur.

Les bolcheviks ont abandonné l’idée d’égalité, non seulement en pratique, mais aussi en théorie, car la seule expression leur paraît maintenant dangereuse. C’est assez compréhensible, toute leur domination repose sur une idée diamétralement opposée, sur une inégalité criante, dont toute l’horreur et les maux se sont abattus sur le dos des travailleurs. Souhaitons que les travailleurs de tous pays en retirent les conclusions nécessaires et, à leur tour, en finissent avec les bolcheviks, porteurs de l’idée de l’esclavage et oppresseur du Travail.

Dielo trouda,n°9, février 1926, pp.9-10.

Les voies du pouvoir « prolétarien »

Cela fait bien longtemps que l’intelligentsia socialiste d’avant-garde a formulé, de manière plus ou moins achevée, les fins de la lutte historique du prolétariat contre la bourgeoisie et que les prolétaires, adoptant sans aucun correctif cette formulation de l’intelligentsia, sont rentré sous sa direction dans cette lutte. Cela a été un triomphe incontestable pour l’intelligentsia qui donné ainsi pour but de mener le prolétariat à l’émancipation complète par le biais par la destruction du pouvoir et de l’Etat bourgeois, devant faire place à un Etat et un pouvoir « prolétarien ».

Bien naturellement, ni l’intelligentsia, ni le prolétariat lui-même n’ont pas épargné leur efforts et connaissances pour démontrer devant la plus grande audience le mal commis par l’Etat bourgeois. Grâce à cela ils ont pu développer et renforcer parmi les masses laborieuses l’idée d’un pouvoir « prolétarien » qui devrait résoudre tous leurs problèmes. Selon cette conception, le prolétariat utiliserait ainsi, à travers son pouvoir et Etat de classe, le seul moyen existant, pour lui et les autres classes, de se libérer de la bourgeoisie et d’instaurer un principe égalitaire et libre dans les relations entre les hommes. Une telle prédestination du pouvoir « prolétarien » nous a toujours semblé, à nous anarchistes, grossièrement erronée. Nos camarades des temps passés se sont constamment insurgés contre cette conception et ont démontré l’égarement déteste lorsque ceux-ci distinguaient le pouvoir « prolétarien » du pouvoir d’Etat en général, en désignant au premier une mission qui lui était profondément étrangère.

Les socialistes étatiques sont pourtant restés fidèle à leur école autoritaire et c’est avec cette acception qu’ils ont appréhendé la Grande Révolution russe, révolution d’une profondeur et ampleur sociales encore inconnue jusque là. Quant à nous, anarchistes, nous nous sommes arraché à leur prédestination du pouvoir « prolétarien ». Au cours de cette polémique, nous avons démontré aux étatiste de tout Etat, qu’il soit bourgeois ou prolétarien, ne tend par sa nature même qu’à exploiter l’homme, qu’à détruire en chacun comme en tous toutes les qualités naturelles de l’esprit humain qui poussent à la liberté et à la solidarité qui la fonde. Cela nous a valu, de la part des socialistes étatistes, une haine encore plus grande. Or, l’existence et la pratique du pouvoir prolétarien en Russie ont confirmer et confirment sans cesse la justesse de notre analyse. L’Etat « prolétarien » a mis de plus en plus sa nature à nu et prouvé que son caractère prolétarien était simple fiction, ce que les prolétaires ont pu constater dès les premières années de la révolution, d’autant plus qu’ils ont contribué eux-même à l’installer.

Le fait que le pouvoir « prolétarien », au cours de sa dégénérescence, ne s’est révélé être qu’un pouvoir d’Etat tout court est devenu indiscutable et l’a amené à ne plus dissimuler savamment son vrai visage. Par sa pratique, il a abondamment prouvé que ses fins et celles de la Grande Révolution russe n’avaient absolument rien de commun. Au cours de toutes ces années d’hypocrisie, il n’a pu soumettre pacifiquement les fins de la révolution russe aux siennes propres et à du affronter tout ceux qui menaçaient de mettre à nu son essence véritable – une plaie immense et purulente sur le corps de la révolution -, dont la lâcheté et la fourberie apportent la mort et la dévastation à tous sans exception, en premier lieu à ceux qui tentent d’être indépendants et d’agir librement.

On peut se demander : comment se fait-il que cela se soit passé ainsi ? Selon Marx et Lénine, le pouvoir « prolétarien » ne devait en aucun cas ressembler au pouvoir bourgeois. Une partie de l’avant-garde du prolétariat n’aurait-elle pas sa part de responsabilité dans ce résultat ?

De nombreux anarchistes sont enclins à penser que le prolétariat n’y est pour rien, ayant été dupé par la caste des intellectuels socialistes, laquelle aspirerait, au cours d’une série d’événement purement socio-historique et en vertu de la logiques des transformations étatiques inévitables, à remplacer le pouvoir de la bourgeoisie par le sien propre. Ce serait pour cette raison que l’intelligentsia socialiste s’efforcerait de diriger en permanence la lutte du prolétariat contre le monde capitaliste et bourgeois.

A mon avis, cette formulation n’est, ni tout à fait exacte, ni vraiment suffisante. L’expérience révolutionnaire de la Russie nous fournit d’abondantes données objectives à ce sujet. Elle nous montre de façon irréfutable que le prolétariat n’a nullement été homogène au cours de la révolution. Ainsi, le prolétariat urbain, lorsqu’il a participé au renversement dans de nombreuses ville du pouvoir de l’ennemi de classe – la bourgeoisie – , a hésité un moment entre les voies de la révolution de Février et d’Octobre 1917. Ce n’est qu’après un certain temps, à la suite de la victoire militaire d’Octobre sur Février, qu’une partie notable du prolétariat urbain à commencé à fusionné avec une partie de ses frères, les partisans directs des conquêtes d’Octobre. Bientôt, cette partie du prolétariat non seulement à oublier de défendre elle-même ses conquêtes, mais s’est en plus pressée de rallier le parti bolchevik au pouvoir qui a su flatter immodérément en lui inculquent un goût pour les privilèges politiques, économiques et juridiques de classe. Imbue de ses privilèges de classe, cette partie du prolétariat s’est éprise d’un égal amour pour son « Etat prolétarien de classe ». Bien évidemment, le parti social démocrate bolchevik l’a entièrement soutenue et encouragée dans cette évolution, car celle-ci ouvrait devant lui une large arène pour appliquer son programme propre qui consistait à utiliser la lutte révolutionnaire pratique du prolétariat pour se soumettre l’ensemble de celui-ci puis de s’emparer au nom du pouvoir d’Etat, Chemin faisant, pour mieux se singulariser, le parti social démocrate bolchevik s’est transformé en parti « communiste bolchevik », ne se privant aucunement d’user de la démagogie la plus effrontée, ne dédaignant aucun moyen, n’hésitant pas au besoin de voler des programmes d’autres formations politiques ; tout ce la dans l’unique but de mieux faire adhérer le prolétariat, auquel il promettait son aide indéfectible, alors qu’en fait il n’avançait que vers son propre but. C’est en cela que ce parti a incarné au mieux les espérances historiques de la caste intellectuelle : replacer au pouvoir la bourgeoisie et exercer ce pouvoir à quelque prix que ce soit. Une partie du prolétariat ne s’est pas opposé à ses vues, bien au contraire, elle s’est reconnue dans ses action et ne s’en est faite la complice.

Cette partie du prolétariat avait pourtant été éduquée durant des générations dans l’idée que le prolétariat ne s’émanciperait de la bourgeoisie que lorsqu’il ne briserait son pouvoir, à détruire son organisation étatique afin d’édifier la sienne propre. Néanmoins, cette partie du prolétariat a aidé le parti bolchevik-communiste à organiser son « pouvoir prolétarien » et à édifier son état de classe.

La voie suivie et les moyens employés n’ont pas tardé à rendre cette partie du prolétariat semblable en tous points à la bourgeoisie renversée, tout aussi impudente et arrogante, ne craignant pas abuser de la violence la plus féroce pour asseoir sa domination sur le peuple et la révolution.

Il va sans dire que cette violence était toute naturelle chez la caste intellectuelle du parti, car elle était préparée durant de longues années à l’utiliser et s’en est grisée. Quand à la masse du prolétariat – l’esclave muet d’hier -, la violence exercée sur ses semblable lui est profondément étrangère. Occupée à édifier son « Etat de classe », une partie du prolétariat a donc été amenée à se comporter, par l’usage de la violence d’une manière répugnante à l’égard de la liberté individuelle, de la liberté de parole et d’expression de quelqu’organisation révolutionnaire que ce soit, à partir du moment où elle divergeait d’avec l’impudence du « pouvoir prolétarien ». Cette partie du prolétariat s’est empressée d’occuper, sous la direction du parti bolchevik communiste, les places laissées vacante par les despotes de la bourgeoisie renversée, devenant à son tour une maîtresse tyrannique, n’hésitant pas à user pour cela de la violence la plus horrible, sans aucun discernement, contre tous ceux qui s’opposaient à ses visées. Ce comportement a été en même temps habilement masqué par la « défense de la révolution ».

Cette violence a été surtout exercée sur le corps de la révolution russe au profit des intérêts étroit d’une partie du prolétariat et du parti bolchevik-communiste, et au nom de leur domination complète sur toutes les autres classes laborieuses. On ne peut y voir seulement un égarement passager du prolétariat. Encore une fois, nous pouvons constater avec beaucoup de netteté comment tout pouvoir d’Etat manifeste impudemment sa nature, le qualificatif de prolétarien n’y changeant absolument rien.

A mon avis, c’est pour toutes ces raisons que tous les camarades étrangers, qui n’ont pas connu cette expérience, doivent étudier avec soin toutes les étapes de la révolution russe, en particulier le rôle qu’y ont joué la parti bolchevik-communiste et la partie du prolétariat qui l’a suivi. Cela afin de se garder de tomber dans les mêmes erreurs, à la suite de la démagogie éhontée des bolchevik et de leurs partisans, à propos de l’utilité du « pouvoir prolétarien ».

Il est également vrai que la lutte actuelle de tous nos camarades contre le mensonge bolchevik dont être menée à l’aide de sérieuses connaissances de ce qu’ils peuvent proposer eux-même aux larges masses à la place de ce « pouvoir prolétarien ». Les beaux slogans ne suffisent pas, bien que souvent la masse n’y soit pas indifférente. Cette lutte s’y déroule à partir de situation concrètes et amène à se poser continuellement les questions vitales et pressantes : comment et quels moyens d’actions sociales les masses laborieuses doivent-elles employer pour s’émanciper totalement ?

Il convient de répondre à de telles questions le plus directement possible et avec la plus grande clarté. C’est une nécessité essentielle, non seulement pour pouvoir mener une lutte active contre le monde capitaliste et bourgeois, mais aussi pour notre mouvement anarchiste, car c’est d’elle que dépendra l’influence de nos idée sur le début et l’issue de cette lutte. Cela signifie donc que le prolétariat ne doit pas répéter l’erreur commise par ses frère de Russie, c’est a dire de ne pas s’occuper d’organiser un « pouvoir prolétarien », sous la baguette quelconque d’un parti, même dit « prolétarien », mais uniquement d’organiser la satisfaction des besoins de tous et de défendre la révolution contre toutes sortes de pouvoir d’Etat.

Probouzdénié,n°18, janvier 1932, pp.45-48.

Le pouvoir soviétique, son présent et son avenir

Nombre de gens, et surtout des hommes politiques de gauche, ont tendance à considérer le pouvoir « soviétique » comme un pouvoir d’Etat différent des autres, certes mais en présentant cette différence sous un meilleur jour :

« Le pouvoir soviétique, disent-ils, est un pouvoir ouvrier et paysan et, en tant que tel, possède un grand avenir devant lui… »

Il n’y a pas d’assertion plus absurde. Le pouvoir « soviétique » n’est pas un pouvoir ni meilleur ni pire que les autres. Actuellement, il est tout aussi chancelant et absurde que tout pouvoir d’Etat en général. Sous certains rapports, il est même plus absurde que les autres. Ayant conquis une domination politique totale du pays, il est devenu le maître incontesté de ses ressources économique et, sans se contenter de cette situation grossièrement exploiteuse, il a senti naître en lui le sentiment trompeur d’une « perfection » spirituelle, sentiment qu’il cherche à développer devant le peuple laborieux et révolutionnaire du pays. Cela a rendu son esprit prolétarien moins révolutionnaire, mais plus impudent. Ainsi, il veut s’imposer au peuple berné comme son maître spirituel ; en cela, il est fidèle à l’insolence illimitée et irresponsable de tout pouvoir d’Etat. Il n’est un secret pour personne que cette soi-disant « perfection » du régime n’est autre que celle de son inspirateur, le parti bolchevik-communiste. Tout cela n’est que mensonge éhonté, duplicité abjecte et impudence criminelle envers les classes laborieuses, au nom desquelles et grâce auxquelles s’est accomplie la grande Révolution russe, à présent châtiée par le pouvoir au profit des privilèges de son parti et de la minorité prolétarienne qui, sous l’influence de ce parti, a cru se reconnaître dans les étiquettes, allèchantes pour les ignorants, d’Etat prolétarien et de dictature du « prolétariat ». Minorité qui se laisse néanmoins traîner par la bride, par ce parti, sans avoir aucune voix au chapitre sans posséder le droit d’être informée avec précision sur ce qui s’est préparé et accompli traîtreusement hier et qui se prépare encore aujourd’hui contre ses frères prolétariens, ceux qui ne veulent pas être un instrument aveugle et muet et qui ne croient pas aux mensonges du parti à masque prolétarien.

On peu se demander, malgré tout, si ce comportement du pouvoir bolchevik à l’égard des travailleurs peut se révéler différent dans le domaine de leur éducation « spirituelle ». Il me semble qu’il ne peut être autre. J’en veux pour preuve la persistante de la conscience révolutionnaire des travailleurs d’URSS, cause de la grande inquiétude du régime, et que le parti bolchevik veut remplacer par une conscience politique fabriquée sur le modèle de son programme.

C’est cette circonstance qui explique que le pouvoir bolchevik connaît de plus en plus de difficultés et qu’il veuille stupidement compléter son despotisme économique et politique par une entreprise spirituelle sur le peuple laborieux. Il va sans dire que cette situation actuelle du régime conditionne étroitement son avenir ; avenir tout à fait incertain, faute d’un présent clairement favorable. En effet, la situation présente est si visiblement défavorable pour des millions de travailleurs qu’on peut -s’attendre, d’une année à l’autre à des insurrection et révolutions sanglantes déclenchées contre l’ordre bolchevik-communiste. Il est bien évident que cet esprit insurrectionnel révolutionnaire des travailleurs d’URSS doit être soutenu par tout révolutionnaires où qu’il soit. Toutefois, il ne faudra pas que les contre révolutionnaires et ennemis des travailleurs profitent de ce soutien. Celui-ci ne doit donc avoir pour but que de détruire l’ordre insensé et irresponsable actuel, instauré en faveur des privilèges des membre du parti et de leurs mercenaires.

La folie de ce régime doit être éliminée et remplacée par les principes vitaux des travailleurs exploités, sur la base de la solidarité, de la liberté et de l’égalité d’opinion pour tous et pour chacun, bref, pour tous ceux qui se préoccupent d’une émancipation authentique. C’est un problème qui concerne tous les révolutionnaires russes : tous ceux qui se trouvent en émigration ou en URSS doivent, à mon avis s’en soucier en premier lieu, ainsi que tout les prolétaires et intellectuels laborieux disposés révolutionnairement ; j’y ajouterai tous les opposant et réfugiés politiques du régime bolchévik, à condition que ce soit pour des considérations véritablement révolutionnaires.

Voici comment m’apparait le présent et l’avenir du « pouvoir soviétique », ainsi que l’attitude à adopter par les révolutionnaires russes de toutes tendances à son égard. Des révolutionnaires ne peuvent, à mon avis, se poser le problème autrement. Ils doivent se rendre compte que, pour combattre le pouvoir bolchevik, il faut posséder soi-même au plus haut point les valeurs qu’il a utilisées et proclamées pour s’emparer du pouvoir ; valeurs qu’il continue d’ailleurs à défendre mensongèrement.

Dans le cas contraire la lutte des révolutionnaires s’avérerait, sinon contre-révolutionnaire, du moins inutile pour la cause des travailleurs dupés, opprimés et exploités par les bolcheviks-communistes, travailleurs que les révolutionnaires doivent aider à tout prix à se libérer de ce vieux cercle vicieux de mensonge et d’oppression.

Bor’ba(La Lutte), Paris, n°19-20, 25 octobre 1931, pp.2-3.

(Cet organe était rédigé par plusieurs transfuges soviétiques anti-staliniens et anti-trotskystes, qui se démarquaient du régime bolchevik sur la base d’un retour au pouvoir des soviets libres de 1917 et des revendications des insurgés de Kronstadt de 1921. Le principal animateur de la revue était Grégoire Bessedovsky, Ukrainien et ex-diplomate soviétique ayant quitté avec fracas l’ambassade d’URSS à Paris et s’étant consacré à dénoncer violemment les turpitudes du régime stalinien. Voir son ouvrage : « Oui, j’accuse ! », Paris, 1930. NdT)

La lutte contre l’Etat

Le fait que l’Etat moderne soit le type d’organisation d’un pouvoir fondé sur l’arbitraire et la violence dans la vie sociale des travailleurs est indépendant de son caractère « bourgeois » ou « prolétariens ». Il repose sur le centralisme oppressif, découlant de la violence directe d’une minorité sur la majorité. Chaque Etat utilise, pour affirmer et imposer la légalité de son système, outre le fusil et l’or, des moyens puissants de pression morale. A l’aide de ces moyens, un petit groupe de politiciens réprime psychologiquement toute la société et, en particulier, les masses laborieuses, les conditionnant de façon à détourner leur attention du servage instauré par l’Etat.

Ainsi, il est clair que, pour combattre la violence organisée de l’Etat moderne, il faut employer des moyens puissants, correspondant à l’importance de la tâche.

Jusqu’ici, les moyens d’action sociale employés par la classe laborieuse révolutionnaire contre le pouvoir des oppresseurs et exploiteurs – l’Etat et le Capital – , conformément aux idées libertaires, ne suffisent pas pour mener les travailleurs à la victoire complète.

Il est arrivé dans l’Histoire que les travailleurs vainquent le Capital ; mais la victoire leur échappait ensuite, parce qu’un pouvoir d’Etat se créait, unissant les intérêts du capital privé et capitalisme d’Etat pour triompher des travailleurs.

L’expérience de la révolution russe nous a démontré à l’évidence nos insuffisances dans ce domaine. Nous ne devons pas l’oublier, nous appliquant à les discerner distinctement.

Nous pouvons reconnaître que notre lutte contre l’Etat dans la Révolution russe fut remarquable, malgré la désorganisation qui règne dans nos rangs ; remarquable surtout en ce qui concerne le la destruction de cette hideuse institution.

Mais, en revanche notre lutte fut insignifiante dans le domaine de l’édification de la société libre des travailleurs et de ses structures sociales, ce qui aurait pu garantir son développement en dehors de la tutelle de l’Etat et de ses institution répressives.

Le fait que nous, communistes libertaires ou anarcho-syndicalistes, n’avions pas prévu le lendemain de la Révolution russe, et que nous ne nous sommes pas hâté de formuler à temps les nouvelles formes de l’activité sociale, a amené beaucoup de nos groupes ou organisations à hésiter plus d’une fois dans leur orientation politique et socio-stratégique sur le front combattant de la Révolution.

Afin d’éviter de retomber à l’avenir dans les même erreurs, lors d’une situation révolutionnaire, et pour conserver la cohérence de notre ligne organisationelle, nous devons fondre d’abord toutes nos forces en un collectif agissant, puis définir dès maintenant notre conception constructive des unités économiques et sociales, locales et territoriales, au besoin au besoin les nommer de façon déterminée (soviets libres), et en particulier définir dans les grandes lignes leurs fonctions révolutionnaires fondamentales dans la lutte contre l’Etat. L’époque actuelle et les leçons de la révolution russe l’exigent.

Ceux qui se sont mêlés au coeur même de la lasse ouvrière et paysanne, en prenant activement part aux victoires et aux défaites de son combat, ceux là doivent sans aucun doute arriver à nos conclusions, et plus précisément à comprendre que notre lutte contre l’Etat doit se mener jusau’à la liquidation complète de celui-ci ; ceux là reconnaîtrons par ailleurs que le rôle le plus difficile dans cette lutte est celui de la force armée révolutionnaire.

Il est indispensable de lier les forces armées de la Révolution avec les unités sociales et économiques, dans lesquelles la population laborieuse s’organisera dès les premiers jours de la révolution, afin d’instaurer une auto-organisation totale de la vie, en dehors de toutes structures étatiques.

Les anarchistes doivent concentrer, dès maintenant, leur attention sur cet aspect de la Révolution. Ils doivent être persuadés que, si les forces armées de la révolution s’organisent en armée importantes ou en de nombreux détachements armés locaux, elles ne pourront que vaincre les tenants et les défenseurs de l’étatisme, et par là même créer les conditions nécessaires pour la population laborieuse qui soutient la révolution, afin qu’elle puisse rompre tous ses liens avec le passé et mettre au point le processus d’édification d’une nouvelle vie socio-économique.

L’Etat pourra cependant conserver quelques survivances locales et tenter d’entraver de multiples façons la nouvelle vie des travailleurs , freiner la croissance et le développement harmonieux des nouveaux rapports basés sur l’émancipation totale de l’homme.

La liquidation finale et totale de l’Etat ne pourra avoir lieux que lorsque l’orientation de la lutte des travailleurs sera la plus libertaire possible, lorsqu’ils élaboreront eux-même leurs structures d’action sociale. Ces structures doivent prendre la forme d’organes d’autodirection sociale et économique, celle des soviets libres (anti-autoritaires). Les travailleurs révolutionnaires et leur avant garde – les anarchistes – doivent analyser la nature et la structure de ces soviets et préciser à l’avance leurs fonctions révolutionnaires. C’est de cela que dépend principalement l’évolution positives et le développement des idées anarchistes parmi ceux qui accomplirons pour leur propre compte la liquidation de l’Etat pour édifier la société libre.

Diélo trouda,n°17, octobre 1926, pp.5-6.

Le 1er Mai : symbole d’une ère nouvelle dans la vie et la lutte des travailleurs

La journée du premier Mai est considérée dans le monde socialiste comme la fête du Travail. C’est une fausse définition du 1er Mai qui a tellement pénétré la vie des travailleurs qu’effectivement dans beaucoup de pays, ils le célèbrent ainsi. En fait, le premier mai n’est pas un jour de fête pour les travailleurs. Non, les travailleurs ne doivent pas, ce jour là rester dans leurs ateliers ou dans les champs. Ce jour là, les travailleurs de tous pays doivent se réunir dans chaque village, dans chaque ville, pour organiser des réunions de masse, non pour fêter ce jour ainsi que le conçoivent les socialistes étatistes et en particulier les bolcheviks, mais pour faire le compte de leurs forces, pour déterminer les possibilité de lutte directe contre l’ordre pourri, lâche esclavagiste, fondé sur la violence et le mensonge. En ce jour historique déjà institué, il est plus facile à tous les travailleurs de se rassembler et plus commode de manifester leur volonté collective, ainsi que de discuter en commun de tout ce qui concerne les questions essentielles du présent et de l’avenir.

Il y a plus de quarante ans les travailleurs américains de Chicago et des environs se rassemblaient le premier Mai. Ils écoutèrent là des discours de nombreux orateurs socialistes, et plus particulièrement ceux des orateurs anarchistes, car ils assimilaient parfaitement les idées libertaires et se mettaient franchement du côté des anarchistes.

Les travailleurs américains tentèrent ce jour là, en s’organisant, d’exprimer leur protestation contre l’infâme ordre de l’Etat et du Capital des possédants. C’est sur cela qu’interviennent les libertaires américains Spiess, Parsons et d’autres. C’est alors que ce meeting fut interrompu par des provocations de mercenaires du Capital et s’acheva par le massacre de travailleurs désarmés, suivi de l’arrestation et de l’assassinat de Spiess, Parsons et d’autres camarades.

Les travailleurs de Chicago et des environs ne se rassemblaient pas pour fêter la journée du premier Mai. Ils s’étaient rassemblés pour résoudre en commun les problèmes de leur vie et de leurs luttes.

Actuellement aussi, partout où les travailleurs se sont libérés de la tutelle de la bourgeoisie et de la social démocratie liée à elle (indifféremment menchevique ou bolchevique) ou bien tentent de le faire, ils considèrent le 1er Mai comme l’occasion d’une rencontre pour s’occuper de leurs affaires directes et se préoccuper de leur émancipation. Ils expriment, à travers ces aspirations, leur solidarité et leur estime à l’égard de la mémoire des martyrs de Chicago. Ils sentent donc que cela ne peut être pour eux un jour de fête. Ainsi, le premier Mai, en dépit des affirmations des « socialistes professionnels » tendant à le présenter comme la fête du travail, ne peut pas l’être pour les travailleurs conscients.

Le premier Mai, c’est le symbole d’une ère nouvelle dans la vie et la lutte des travailleurs, une ère qui présente chaque année pour les travailleurs, de nouvelles, de plus en plus difficiles, et décisives batailles contre la bourgeoisie, pour la liberté et l’indépendance qui leur sont arrachées, pour leur idéal social.

Diélo trouda,n°36, 1928, pp.2-3.

L’anarchisme et notre époque

L’anarchisme, c’est pas seulement une doctrine qui traite de la vie sociale de l’homme, comprise dans le sens étroit que lui prêtent les dictionnaires politiques et, parfois, lors de meetings, nos orateurs propagandistes. C’est aussi un enseignement qui embrasse la vie de l’homme dans son intégralité.

Au cours du processus d’élaboration de sa conception globale du monde, l’anarchisme se donne une tâche bien précise : saisir le monde dans son entier, en écartant de sa voie toutes sortes d’obstacles, présent et à venir, dressés par la science et la technique bourgeoise et capitaliste. Cela dans le but de fournir à l’homme l’explication la plus exhaustive possible sur l’existence de ce monde et d’appréhender de la meilleure façon tous les problèmes qui peuvent se poser à lui ; cette démarche doit l’aider à prendre intérieurement conscience de l’anarchisme qui lui est inhérent par nature – c’est du moins ce que je suppose -, au point qu’il en ressent continuellement des manifestations partielles.

C’est à partir de la volonté individuelle que l’enseignement libertaire peut s’incarner dans la vie réelle et frayer la voie qui aidera l’homme à chasser en lui tout esprit de soumission .

Lorsqu’il se développe, l’anarchisme ne connaît pas de limites. Il ne connaît pas de rives où il pourrait s’échouer et se fixer. Tout comme la vie humaine, il ne possède pas de formules définitives pour ses aspirations et objectifs.

Le droit absolu de tout homme à une liberté totale, tel qu’il est défini par les postulats théorique de l’anarchisme, ne saurait être pour lui, à mon avis, qu’un moyen pour attendre son plus ou moins grand épanouissement, sans cesser pour autant de se développer. Ayant chassé en l’homme l’esprit de soumission qui lui a été artificiellement imposé, l’anarchisme devient dorénavant l’idée directrice de la société humaine en marche vers la conquête de tous ses objectifs.

A notre époque, l’anarchisme est encore considéré comme théoriquement faible ; en outre, certains affirment qu’il est souvent interprété de façon erronée. Pourtant ces adeptes s’expriment à foison à son sujet ; beaucoup en parlent constamment, militent activement et parfois se lamentent qu’il ne triomphe pas (je suppose, dans ce dernier cas, que cette attitude est provoquée par l’impuissance à à élaborer, à partir d’un cabinet d’études, les moyens sociaux indispensable à l’anarchisme pour avoir prise sur la société de notre temps).

La cohésion de tous les anarchistes actifs, exprimée par un collectif agissant sérieux, est unanimement estimée nécessaire par chacun d’entre nous. Il serait bien étonnant que des adversaire de cette Union se déclarent dans notre milieu. La question à résoudre ne tient qu’en la forme organisationnelle que pourrait adopter cette Union des anarchistes.

Personnellement, je considère comme la forme organisationnelle la plus adaptée et la plus nécessaire celle qui se présenterait sous l’aspect d’une Union des anarchistes, édifiée sur la base des principes de la discipline collective et de la direction commune des toutes les forces anarchistes. Ainsi, toutes les organisations qui y seraient adhérantes seraient liées entre elles par la communauté des objectifs socio-révolutionnaires, mais aussi par celle des moyens qui y mèneraient.

L’activité des organisations locales peut être adaptée, autant que possible, aux conditions locales ; elle doit cependant s’unir sans défaillance à l’orientation de la pratique organisationnelle globale de l’Union des anarchistes couvrant tout le pays.

Que cette Union s’appelle parti ou tout autrement n’a qu’une importance secondaire. Ce qui est primordial c’est qu’elle réalise la concentration de toutes les forces anarchistes en une pratique commune et unitaire contre l’ennemi, en impulsion la lutte pour les droit des travailleurs, la réalisation de la révolution sociale, et l’avènement de la société anarchiste !

Diélo trouda, n°6, novembre 1925, pp.6-7.

Notre organisation

L’époque que traverse actuellement la classe laborieuse mondiale exige une tension maximale de la pensée et de l’énergie des anarchistes révolutionnaires pour éclaircir les questions les plus importantes.

Nos camarades qui ont joué un rôle actif au cours de la révolution russe et qui sont restés fidèles à leur convictions savent de quelle manière funeste c’est fait sentir, dans notre mouvement, l’absence d’une solide organisation. Ces camarades sont bien placés pour être particulièrement utile à l’oeuvre d’union actuellement entreprise. Il n’a pas échappé à ces camarades, je le suppose, que l’anarchisme a été un facteur d’insurrection parmi les masses laborieuses révolutionnaires en Russie et en Ukraine ; il les a incitées partout à la lutte. Cependant, l’absence d’une grande organisation spécifique, capable d’opposer ses forces vives aux ennemis de la révolution, l’a rendu impuissant à assumer un rôle organisationnel. L’oeuvre libertaire dans la révolution en a subi de lourdes conséquences.

S’ils prennent conscience de cette carence, les anarchistes russes et ukrainiens ne doivent pas laisser se renouveler ce phénomène. La leçon du passé est trop pénible et, en la retenant, ils doivent, les premier, donner l’exemple de la cohésion de leurs forces. Comment ? En créant une organisation qui puisse accomplir les tâche de l’anarchisme, non seulement lors de la préparation de la révolution sociale, mais également à ses lendemains. Une telle organisation doit unir toutes les forces révolutionnaires de l’anarchisme et s’occuper sans hésitation de la préparation des masses à la révolution sociale et à la lutte pour la réalisation de la société anarchiste.

Bien que la majorité d’entre nous conçoivent la nécessité d’une telle organisation, il est regrettable de constater qu’il y en ait un petit nombre pour s’en préoccuper avec le sérieux et la constance indispensables.

En ce moment, les événement se précipitent dans toute l’Europe, y compris en Russie, emprisonnée dans les filets pan-bolchéviques. Le jour n’est pas loin où il nous faudra être des participants actifs à ces événements. Si nous nous présentons encore une fois sans s’être organisés au préalable de la manière adéquate, nous serons encore impuissants à empêcher que ces événements n’évoluent pas dans le tourbillon des systèmes étatiques.

L’anarchisme prend concrètement vie partout où naît la vie humaine. Par contre, il ne devient compréhensible pour tout un chacun uniquement là où existent les propagandistes et les militants qui ont rompu sincèrement et entièrement avec la psychologie de soumission de notre époque, ce qui leur vaut d’être d’ailleurs férocement persécutés. Ces militants aspirent à servir leurs convictions avec désintéressement, sans crainte de découvrir dans leur processus de développement des aspect inconnus, afin de les assimiler au fur et à mesure, si besoin est, et oeuvrent ainsi au triomphe de l’esprit de soumission.

Deux thèses découlent de ce qui est énoncé si dessus :

la première, c’est que l’anarchisme connaît des expressions et manifestions diverses, tout en conservant une parfaite intégrité dans son essence.

la seconde, c’est qu’il est révolutionnaire naturellement et ne peut adopter des méthodes révolutionnaires de lutte contre ces ennemis.

Au cours de son combat révolutionnaire, l’anarchisme non seulement renverse les gouvernements et supprime leurs lois, mais s’en prend également à la société qui leur donne naissance, à ses valeurs, ses moeurs et à sa « morale », ce qui lui vaut d’être de mieux en mieux compris et assimilé par la partie opprimée de l’humanité.

Tout cela nous amène à être persuadé que l’anarchisme ne peut plus rester enfermé dans les limites étriquées d’une pensée marginale et renvendiquée uniquement par quelques groupuscules aux actions isolées. Son influence naturelle sur la mentalité des groupes humains en lutte est plus qu’évidente. Pour que cette influence soit assimilée de façon consciente, il doit désormais se munir de moyens nouveau et emprunter dès maintenant la voie de pratiques sociales.

Diélo trouda,n°4, septembre 1925, pp.7-8.

Sur la discipline révolutionnaire

Des camarades m’ont posé la question suivante : comment est-ce que je conçois la discipline révolutionnaire ? Je vais y répondre.

Je comprends la discipline révolutionnaire comme une autodiscipline de l’individu, instaurée dans un collectif agissant, d’une façon égale pour tous, et strictement élaborée.

Elle doit être la ligne de conduite responsable des membres de ce collectif , menant à un accord strict entre sa pratique et sa théorie.

Sans discipline dans l’organisation, il est impossible d’entreprendre quelque action révolutionnaire sérieuse que ce soit. Sans discipline, l’avant garde révolutionnaire ne peut exister, car alors elle se trouverait en complète désunion pratique et serait incapable de formuler les tâches du moment, de remplir le rôle d’initiateur qu’attendent d’elle les masses.

Je fais reposer cette question sur l’observation et l’expérience d’une pratique révolutionnaire conséquente. Pour ma part, je me fonde sur l’expérience de la révolution russe, qui a porté en elle un contenu typiquement libertaire à beaucoup d’égards.

Si les anarchistes avaient été étroitement liés sur le plan organisationnel et avaient observé, dans leurs actions une discipline bien déterminée, ils n’auraient jamais subi une telle défaite. Mais, parce que les anarchistes « de tout bord et de toutes tendances » ne représentaient pas, même dans leurs groupes spécifiques, un collectif homogène ayant une discipline d’action bien définie, pour cette raison ces anarchistes ne purent supporter l’examen politique et stratégique que leur imposèrent les circonstances révolutionnaires. La désorganisation les amena à une impuissance politique, les divisant en deux catégories : la première fut ceux qui se lancèrent dans l’occupation systématiques de maisons bourgeoises, dans lesquelles ils se logaient et vivaient pour leur bien-être. C’était les même que ceux que j’appellerais les « touristes », les divers anarchistes qui vont de villes en villes, dans l’espoir de trouver en route un endroit pour y demeurer quelques temps , paressant et y restant le plus longtemps possible pour vivre dans le confort et le bon plaisir.

L’autre catégorie se composa de ceux qui ont rompu tous les liens honnêtes avec l’anarchisme (bien que certain d’entre eux, en URSS, se fassent passer maintenant pour les seuls représentants de l’anarchisme révolutionnaire) et se sont jetés sur les responsabilités offertes par les bolcheviks, même lorsque le pouvoir fusillait les anarchistes restés fidèles à leur poste de révolutionnaires en dénonçant la trahison des bolcheviks.

Etant donné ces faits, on peut comprendre aisément pourquoi je ne peux rester indifférent à l’état d’insouciance et de négligence qui existe actuellement dans nos milieux.

D’une part, cela empêche la création d’un collectif libertaire cohérent, qui permettrait aux anarchiste d’occuper la place qui leur revient dans la révolution, et d’autre part, cela permet de se contenter de belles phrases et de grandes pensées, tout en se dérobant au moment de passer à l’action.

Voilà pourquoi je parle d’une organisation libertaire reposant sur le principe d’une discipline fraternelle. Une telle organisation amènerait à l’entente indispensable de toutes les forces vives de l’anarchisme révolutionnaire et l’aiderait à occuper sa place dans la lutte du Travail contre le Capital.

Par ce moyen, les idées libertaires ne peuvent que gagner les masses, et non s’appauvrir. Il n’y a que des bavards creux et irresponsables qui peuvent fuir devant une telle structuration organisationelle.

La responsabilité et la discipline organisationnelles ne doivent pas effrayer : elles sont les compagnes de routes de la pratique de l’anarchisme social.

Diélo trouda,n°7-8, décembre 1925-janvier 1926, p.6.

Abécédaire de l’anarchiste révolutionnaire

L’anarchisme, c’est la vie libre et l’oeuvre créatrice de l’homme. C’est la destruction de tout ce qui est dirigé contre ces aspirations naturelles et saines de l’homme.

L’anarchisme, ce n’est pas un enseignement exclusivement théorique, à partir de programmes élaborés artificiellement dans le but de régir la vie ; c’est un enseignement tiré de la vie à travers toutes ses saines manifestations, passant outre à toutes les normes artificielles.

La physionomie sociale et politique de l’anarchisme, c’est une société libre, antiautoritaire, celle qui instaure la liberté, l’égalité et la solidarité entre tous ses membres.

Le Droit, dans l’anarchisme, c’est la responsabilité de l’individu, celle qui entraîne une garantie véritable de la liberté et de la justice sociale, pour tous et pour chacun, partout et de tous temps. C’est là que naît le communisme.

L’anarchisme naît naturellement chez l’homme ; le communisme, lui, en est le développement logique.

Ces affirmations demandent à être appuyées théoriquement à l’aide de l’analyse scientifique et de données concrêtes, afin de devenir des postulats fondamentaux de l’anarchisme. Cependant, les grands théoriciens libertaires, tels que Godwin, Proudhon, Bakounine, Johann Most, Kropotkine, Malatesta, Sebastien Faure et de nombreux autres n’ont pas voulu, du moins je le suppose, enfermer la doctrine dans des cadres rigides et définitifs. Bien au contraire, on peut dire que le dogme scientifique de l’anarchisme, c’est l’aspiration à démontrer qu’il est inhérent à la nature humaine de ne jamais se contenter de ses conquètes. La seule chose qui ne change pas dans l’anarchisme scientifique, c’est la tendance naturelle à rejeter toutes les chaînes et toute entreprise d’exploitation de l’homme par l’homme. En lieu et place des chaînes et de l’escalvage instaurés actuellement dans la société humaine – ce que, d’ailleurs, le socialisme n’a pu et ne peut supprimer -, l’anarchisme sème la liberté et le droit inaliénable de l’homme à en user.

En tant qu’anarchiste révolutionnaire, j’ai participé à la vie du peuple urkainien durant la révolution. Ce peuple a ressenti instinctivement à travers son activité l’exigeance vitale des idées libertaires et en a également subi le poid tragique. J’ai connu, sans fléchir, les mêmes rigueurs dramatiques de cette lutte collective, mais, bien souvent, je me suis retrouvé impuissant à comprendre puis à formuler les exigences du moment. En général, je me suis rapidement repris et j’ai clairement saisi que le but vers lequel, moi et mes camarades, nous appelions à lutter était directement assimilé par la masse qui combattait pour la liberté et l’indépendance de l’individu et de l’humainté entière.

L’expérience de la lutte pratique a renforcé ma conviction que l’anarchisme éduque d’une manière vivante l’homme. C’est un enseignement tout aussi révolutionnaire que la vie, il est tout aussi varié et puissant dans ses manifestations que la vie créatrice de l’homme et, en fait, il s’y indentifie intimement.

En tant qu’anarchiste révolutionnaire, et tant que j’aurai un lien au moins aussi ténu qu’un cheveu avec cette qualification, je t’appellerai, toi frère humilié, à la lutte pour la réalisation de l’idéal anarchiste. En effet, ce n’est que par cette lutte pour la liberté, l’égalité et la solidarité que tu comprendra l’anarchisme.

L’anarchisme existe, donc, naturellement chez l’homme : il l’émancipe historiquement de la psychologie servile – acquise atrificiellement – et l’aide à devenir un combatant conscient contre l’esclavage sous toutes ses formes. C’est en cela que l’anarchisme est révolutionnaire.

Plus l’homme prend conscience, par la reflexion, de sa situation servile, plus il s’en indigne, plus l’esprit anarchiste de liberté, de volonté et d’action s’incruste en lui. Cela concerne chaque individu, homme ou femme, même s’ils nont jamais entendu parler du mot « anarchisme ».

La nature de l’homme est anarchiste : elle s’oppose à tout ce qui tend à l’emprisonner. Cette essence naturelle de l’homme, selon moi, s’exprime dans le terme scientifique d’anarchisme. Celui-ci, en tant qu’idéal de vie chez l’homme, joue un rôle significatif dans l’évolution humaine. Les oppresseurs, tout aussi bien que les opprimés, commencent peu à peu à remarquer ce rôle ; aussi, les premiers aspirent-ils par tout les moyens à déformer cet idéal, alors que les seconds aspirent, eux, à les rendre plus accessibles à attiendre.

La compréhension de l’idéal anarchiste chez l’esclave et le maître grandit avec la civilisation moderne. En dépit des fins que celle-ci s’était jusque là données – endormir et bloquer toute tendance naturelle chez l’homme à protester contre tout outrage à sa dignité -, elle n’a pu faire taire les esprits scientifiques indépendants qui ont mis à nu la véritable provenance de l’homme et démontré l’innexistence de Dieu, considéré auparavant comme le créateur de l’humanité. Par suite, il est devenu naturellement plus facile de prouver de manière irréfutable le caractère artificiel des « onctions divines » sur terre et des relations infâmantes qu’elles entraînaient contre les homes.

Tous ces évènements ont considérablement aidé au développement conscient des idées anarchistes. Il est tout aussi vrai que des conceptions artificielles ont vu le jour à la même époque : le liberalisme et le socialisme prétendument « scientifique », dont l’une des branches est représentée par le bolchevisme-communisme. Toutefois, malgrés toute leur immense influence sur la psychologie de la société moderne, ou du moins sur une grande partie d’entre elle, et malgré leur triomphe sur la réaction classique d’une part, et sur la personnalité de l’individu, d’autre part, ces conceptions artificielles tendent à glisser sur la pente menant aux formes déja connues du vieux monde.

L’homme libre, qui prend conscience et qui l’exprime autour de lui, enterre et enterrera inévitablement tout le passé infâmant de l’humanité, ainsi que tout ce que cela entraînerait comme tromperie, violence arbitraire et avilissement. Il enterrera aussi ces enseignements artificiels.

L’individu se libère peu à peu, dès à présent, de la chape de mensonges et de lâcheté dont l’ont recouvert depuis sa naissance les dieux terrestres, cela à l’aide de la force grossière de la baïonnette, du rouble, de la « justice » et de la science hypocrite – celle des apprentis sorciers.

En se débarrassant d’une telle infamie, l’individu atteint la plénitude qui lui fait découvrir la carte de la vie : il y remarque en premier lieu son ancienne vie servile, repoussante de lâcheté et de misère. Cette vie ancienne avait tué en lui, en l’asservissant, tout ce qui avait de propre, clair et valable au départ, pour le transformer soit en mouton bêlant, soit en maître imbécile qui piétine et déchire tout ce qu’il y a de bon en lui-même et chez autrui.

C’est seulement à ce moment que l’homme s’éveille à la liberté naturelle, indépendante de qui ou de quoi que ce soit et qui réduit en cendre tout ce qui lui est contraire, tout ce qui viole la pureté et la beauté captivante de la nature, laquelle se manifeste et croît à travers l’oeuvre créatrice autonome de l’individu. Ce n’est qu’ici que l’homme revient à lui-même et qu’il condamne pour toujours son passé honteux, coupant avec lui tout lien psychique qui emprisonnait jusqu’ici sa vie individuelle et sociale, par le poids de son ascendance serville et aussi, en partie, par sa propre démission, encouragée et accrue par les chamans de la science.

Désormais, l’homme avance d’année en année autant qu’il le faisait auparavant de génération en génération, vers une fin hautement étique : ne pas être, ni devenir lui-mêmme un chaman, un prophète du pouvoir sur autrui et ne plus permettre à d’autres de disposer d’un pouvoir sur lui.

Libéré des dieux célèstes et terrestres, ainsi que de toutes leurs prescriptions morales et sociales, l’homme élève la voix et s’oppose en actes contre l’exploitation de l’homme par l’homme et le dévoiement de sa nature, laquelle reste invariablement liée à la marche en avant, vers la pleinitude et la perfection. Cet homme révolté ayant pris conscience de soi et de la situation de ses frères opprimés et humiliés, s’exprime dorénavant avec son coeur et sa raison : il devient un anarchiste révolutionnaire, le seul individu qui puisse avoir soif de liberté, de pleinitude et de perfection tant pour lui que pour le genre humain, foulant à ses pieds l’esclavage et l’idiotie sociale qui s’est incarnée historiquement par la violence – l’Etat. Contre cet assassin et bandit organisé, l’homme libre s’organise à son tour avec ses semblables, en vue de se renforcer et d’adopter une orientation véritablement communiste dans toutes les conquètes communes accomplies sur la voie créatrice, à la fois grandiose et pénible.

Les ndividus membres de tels groupes s’émancipent par là même de la tutelle criminelle de la société dominante, dans la mesure où ils redeviennent eux-mêmes, c’est à dire qu’ils rejettent toute servilité envers autrui, quelqu’ils aient pu être auparavant : ouvrier, paysan, étudiant ou intellectuels. C’est ainsi qu’ils échappent à la condition soit d’âne bâté, d’esclave, de fonctionnaire ou de laquais se vendant à des maîtres imbéciles.

En tant qu’individu, l’homme se rapproche de sa personnalité authentique l’orsqu’il rejette et réduit en cendres les idées fausses sur sa vie, retrouvant ainsi tous ses véritables droits. C’est par cette double démarche de rejet et d’affirmation que l’individu devient un anarchiste révolutionnaire et un communiste conscient.

En tant qu’idéal de vie humaine, l’anarchisme se révèle consciemment en chaque individu comme une aspiration naturelle de la pensée vers une vie libre et créatrice, conduisant à un idéal social de bonheur. A notre siecle, la société anarchiste ou société harmonieuse n’apparaît plus comme une chimère. Cependant, autant que son élaboration et son aménagement pratique, sa conception paraît encore peu évidente.

En tant qu’enseignement portant sur une vie nouvelle de l’homme et de son développement créateur, tant sur le plan individuel que social, l’idée même de l’anarchisme se fonde sur la vérité indestructible de la nature humaine et sur les preuves indiscutables de l’injustice de la société actuelle – véritable plaie permanente. Cette constatation conduit ses partisants – les anarchistes – à se trouver en situation à demi ou entièrement illégale vis-à-vis des institutions officielle de la société actuelle. En effet, l’anarchisme ne peut être reconnu tout à fait légal dans aucun pays ; cela s’explique par son serviteur et maître : l’Etat. La société s’y est complètement dissoute ; toutes ses fonctions et affaires sociales sont passées aux mains de l’Etat. Le groupe de personnes qui a parasité de tous temps l’humanité, en lui construisant des « tranchées » dans sa vie, s’est ainsi identifié à l’Etat. Que ce soit individuellement ou en masse innombrable, l’homme se retrouve à la merci de ce groupe de fainéants se faisant appeler « gouvernants et maîtres », alors qu’ils ne sont en réalité que de simple exploiteurs et oppresseurs.

C’est à ces requins qui abrutissent et soumettent le monde actuel, qu’ils soient gouvernants de droite ou de gauche, bourgeois ou socialistes étatistes, que la grande idée d’anarchisme ne plaît en aucune sorte. La différence entre ces requins tient en ce que les premiers sont des bourgeois déclarés – par conséquents moins hypocrites -, alors que les seconds, les socialistes étatistes de toutes nuances, et surtout parmis eux les collectivistes qui se sont indûment accolés le nom de communistes, à savoir les bolcheviks, se dissimilent hypocritement sous les mots d’ordre de « fraternité et d’égalité ». Les bolcheviks sont prêt à repeindre mille fois le société actuelle ou à changer mille fois la dénomination des systèmes de domination des uns et d’esclavage des autres, bref à modifier les appellations selon les besoins de leurs programmes, sans changer pour autant un iota de la nature de la société actuelle, quitte à échaffauder dans leurs stupides programmes des compromis aux contradictions naturelles qui existent entre la domination et la servitude. Bien qu’ils sachent que ces contradictions soient insurmontables, ils les entretiennent tout de même, à la seule fin de ne pas laisser apparaître dans la vie le seul idéal humain véritable : le communisme libertaire.

Selon leur programme absurde, les socialistes et communistes étatistes ont décidé de « permettre » à l’homme de se librer socialement, sans qu’il soit possible pour autant de manifester cette librerté dans sa vie sociale. Quant à laisser l’homme s’émanciper spirituellement en totalité, de manière à ce qu’il soit entièrement libre d’agir et de se soumettre uniquement à sa propre volonté et aux seules lois naturelles, bien qu’ils abordent peu ce sujet, il ne saurait pour eux en être question. C’est la raison pour laquelle ils unissent leurs efforts à ceux des bourgeois afin que cette émancipation ne puisse jamais échapper à leur odieuse tutelle. De toute façon, l' »émancipation » octroyée par un pouvoir politque quelconque, on sait bien désormais quel aspect cela peur revêtir.

Le bourgeois trouve naturel de parler des travailleurs comme d’esclaves condamné à le rester. Il n’encouragera jamais un travail authentique susceptible de produire quelquechose de réellement utile et beau, pouvant bénéficier à l’humanité entière. Malgrè les capitaux colossaux dont il dispose dans l’industrie et l’agriculture, il affirme ne pas pouvoir aménager des principes de vie sociale nouvelle. Le présent lui paraît tout fait suffisant, car tout les puissants s’inclinnent devant lui : les tsars, les présidents, les gouvernements et la quasi-totalité des intellectuels et savants, tout ceux qui soumettent à leur tour les esclaves de la société nouvelle. « Domestiques » crient les bourgeois à leur fidèles serviteurs, donnez aux esclaves le servile qui leur est dû, gardez la part qui vous revient pour vos dévoués services, puis conservez le reste pour nous!… Pour eux, dans ces conditions, la vie ne peut être que belle !

« Non nous ne sommes pas d’accord avec vous là-dessus ! rétorquent les socialistes et communistes étatistes. Sur ce, ils s’adressent aux travailleurs, les organisent en parti politiques, puis les incitent à se révolter en tenant le discours suivant : « Chassez les bourgeois du pouvoir de l’Etat et donnez-nous-le, à nous socialistes et communistes étatistes, ensuite nous vous défendrons et libererons ».

Ennemis acharnés et naturels du pouvoir d’Etat, bien plus que les fainéants et les privilégiés, les travailleurs expriment leur haine, s’insurgent accomplissent la révolution, détruisent le pouvoir d’Etat et en chassent ses détenteurs, puis, soit par naïveté soit par manque de vigilance, ils laissent les socialistes s’en emparer. En Russie, ils on laisser les bolcheviks-communistes se l’accaparer. Ces laches jésuites, ces monstres et bourreaux de la liberté se mettent alors à égorger, à fusiller et à écraser les gens, même désarmés, tout comme auparavant les bourgeois, si ce n’est pire encore. Ils fusillent pour soumettre l’esprit indépendant, qu’il soit individuel ou collectif, dans le but d’anéantir pour toujours en l’homme l’esprit de liberté et la volonté créatrice, de le rendre esclave spirituel et laquais physique d’un groupe de scélérats installés à la place du trône déchu, n’hésitant pas à utiliser des tueurs pour se subordonner la masse et éliminer les récalcitrants.

L’homme gémit sous le poids des chaînes du pouvoir socialiste en Russie. Il gémit aussi dans les autres pays sous le joug des socialistes unis à la bourgeoisie, ou bien sous celui de la seule bourgeoisie. Partout, individuellement ou collectivement, l’homme gémit sous l’oppression du pouvoir d’Etat et de ses folies politiques et économiques. Peu de gens s’intéressent à ses souffrances sans avoir en même temps d’arrières-pensées, car les bourreaux, anciens ou nouveaux, sont très forts spirituellement et physiquement : ils disposent de grands moyens efficaces pour soutenir leur emprise et écraser tout et tous ceux qui se mettent en travers de leur chemin.

Brûlant de défendre ses droits à la vie, à la liberté et au bonheur, l’homme veut manifester sa volonté créatrice en se mêlant au tourbillon de violence. Devant l’issue incertaine de son combat, il a parfois tendance à baisser les bras devant sont bourreau, au moment même où celui-ci passe le noeud coulant autour du cou, cela alors qu’un seul de ses regards audacieux suffirait à faire trembler le bourreau et à remtte en cause tout le fardeau du joug. Malheureusement, l’homme préfère bien souvent fermer les yeux au moment même où le bourreau passe un noeud coulant sur sa vie toute entière.

Seul, l’homme qui a réussi à se débarasser des chaînes de l’oppression et observé toutes les horreurs se commettant contre le genre humain, peut être convaincu que sa liberté et celle de son semblable sont inviolables, tout autant que leur vies, et que son semblable est un frère. S’il est prêt à conquerir et à defendre sa liberté, à exterminer tout exploiteur et tout bourreau (si celui-ci n’abandonne pas sa lâche profession), puis s’il ne se donne pas pour but dans sa lutte contre le mal de la société contemporaine de remplacer le pouvoir bourgeois par un autre pouvoir tout aussi oppresseur – socialiste, communiste ou « ouvrier » (bolchevik) -, mais d’instaurer une société réellement libre, organisée à partir de la responsabilité individuelle et garantissant à tous une liberté authentique et une justice sociale égale pour tous, seul cet homme là est un anarchiste révolutionnaire. il peut sans crainte regarder les actes du bourreau-Etat et recevoir s’il le faut son verdict, et aussi énoncer le sien à l’occasion en déclarant : « Non, il ne saurait en être ainsi ! Révolte-toi, frère opprimé ! Insurge-toi contre tout pouvoir de l’Etat ! Détruis le pouvoir de la bourgeoisie et ne le remplace pas par celui des socialistes et des bolcheviks-communistes. Supprime tout pouvoir d’Etat et chasse ses partisants, car tu ne trouveras jamais d’amis parmis eux. »

Le pouvoir des socialistes ou communistes étatitstes est tout aussi nocif que celui de la bourgeoisie. Il arrive même qu’il le soit encore davantage, l’orsqu’il fait ses expériences avec le sang et la vie des hommes. A ce moment, il ne tarde pas à rejoindre à la dérobée les prémices du pouvoir bourgeois ; il ne craint plus alors de recourrir aux pires moyens en mettant et en trompant encore plus que tout autre pouvoir. Les idées du socialisme ou communisme d’Etat deviennent même superflues : il ne s’en sert plus et se rapproche à toutes celles qui peuvent lui servir à s’aggriper au pouvoir. En fin de compte, il ne fait qu’employer des moyens nouveaux pour perpetuer la domination et devenir plus lâche que la bourgeoisie qui, elle, pend le révolutionnaire publiquement, alors que le bolchevisme-communisme, lui, tue et étrangle en cachette.

Toute révolution qui a mis aux prises la bourgeoisie et les socialistes ou communistes d’Etat illustre bien ce que je viens d’affirmer, en particulier si l’on considère l’exemple des révolutions russes de fevrier et d’octobre 1917. Ayant renversé l’empire russe, les masses laborieuses se sentirent en conséquence à demi émancipée politiquement et aspirèrent a parachever cette libération. Elles se mirent à transmettre les terres, confisquées aux grands propriétaires terriens et au clergé, à ceux qui les cultivaient ou qui avaient l’intention de le faire sans exploiter le travail d’autrui. Dans les villes, ce furent les usines, les fabriques, les typographies et autres entreprises sociales qui furent prises en main par ceux qui y travaillaient. Lors de ces réalisations saines et enthousiastes, tendant à instaurer des relations fraternelles entre les villes et les campagnes, les travailleurs ne voulurent pas remarquer qu’à Kiev, Kharkov et Pétrograd, des gouvernements nouveaux se mettaient en place.

A travers ses organisations de classe, le peuple aspirait à poser le fondement d’une société nouvelle et libre devant éliminer, en toute indépendance, au cours de son developpement, du corps social tous les prarasites et tous les pouvoirs des uns sur les autres, jugés stupides et nuisibles par les travailleurs.

Une telle démarche s’affirma nettement en Ukraine, dans l’Oural et en Sibérie. A Tiflis, kiev, Petrograd et Moscou, au coeur même des pouvoir mourants, cette tendance se fit jour. Toutefois, partout et toujours, les socialistes et communistes d’Etat avaient et on encore leurs nombreux partisants, ainsi que leurs tueurs à gages. Parmi ceux-ci, il faut malheureusement constater qu’il y eu de nombreux travailleurs. A l’aide de ces tueurs les bolcheviks ont coupé court à l’oeuvre du peuple, et d’une manière si terrible que même l’inquisition du Moyen Age pourrait les envier.

Quant a nous, connaissant la véritable nature de l’Etat, nous disons aux guides socialistes et bolcheviks : « Honte à vous ! Vous avez tant écrit et discuté de la férocité bourgeoise à l’égard des opprimés. Vous avez défendu avec tant d’acharnement la pureté révolutionnaire et le dévouement des travailleurs en lutte pour leur émancipation et maintenant, parvenu au pouvoir, vous vous révélez ou bien les même lâches laquais de la bourgeoisie ou bien vous devenez vous même bourgeois en utilisant ses moyens, au point même qu’elle s’en étonne et s’en moque. »

D’ailleurs à travers les expériences du bolchevisme-communiste, la bourgeoisie a compris, ces dernieres années, que la chimère scientifique d’un socialisme étatique ne pouvait se passer ni des moyens, ni même d’elle même. Elle l’a si bien compris qu’elle se moque de ses élèves qui n’arrivent même pas à sa hauteur. Elle à compris que, dans le système socialiste, l’exploitation et la violence organisée contre la majorité de la masse laborieuse ne suppriment nullement la vie débauchée et le parasitisme des fainéants, qu’en fait l’exploitation ne change que de nom puis croît et se renforce. Et c’est bien ce que la réalité nous confirme. Il n’y a qu’à constater la maraude des bolcheviks et leur monopole sur les conquètes révolutionnaire du peuple, ainsi que leur police, leurs tribunaux, prisons et armée de geôliers, tous employés contre la révolution. L’armée « rouge » continue d’être recrutée de force ! On y retrouve les mêmes fonctions qu’auparavant, bien qu’elles s’y dénomment autrement, en étant encore plus irresponsable et devoyées.

Le libéralisme, le socialisme et le communisme d’Etat sont trois membres de la même famille empruntant des voies différentes pour exercer leur pouvoir sur l’homme, afin de l’empêcher d’atteindre son plein épanouissement vers la liberté et l’indépendance en créant un principe nouveau, sain et authentique à partir d’un idéal social valable pour tout le genre humain.

« Revolte-toi ! déclare l’anarchiste révolutionnaire à l’opprimé. Insurge-toi et supprime tout pouvoir sur toi et en toi. Et ne participe pas à en créer un nouveau sur autrui. Sois libre et défends la liberté des autres contre toutes atteintes! »

Le pouvoir dans la société humaine est sourtout prôné par ceux qui n’ont jamais vécu véritablement de leur propre travail et d’une vie saine, ou bien, encore, qui n’en vivent plus ou qui ne veulent pas en vivre. Le pouvoir d’Etat ne pourra jamais donner la joie, le bonheur et l’épanouissement à une société quelle qu’elle soit. Ce pouvoir à été créé par des fainéant dans le but unique de piller et d’exercer leur violence, souvent meurtrière, contre tous ceux qui produisent, par leur travail – que ce soit par la volonté, l’intelligence ou les muscles – , tout ce qui est utile et bon dans la vie de l’homme.

Que ce pouvoir se qualifie de bourgeois, de socialiste, de bolchevik-communiste, d’ouvrier ou de paysan, cela revient au même : il est tout aussi nocif à l’individualité saine et heureuse et à la sociètè dans son ensemble. La nature de tout pouvoir d’Etat est partout identique : anéantir la liberté de l’individu, le transformer spirituellement en laquais, puis de s’en servir pour les besognes les plus sâles. Il n’y a pas de pouvoir innofensif.

« Frère opprimé, chasse en toi le pouvoir et ne permet pas qu’il s’instaure ni sur toi ni sur ton frère, proche ou lointain! »

La vraie vie, saine et joyeuse, de l’individu et de la collectivité ne se construit pas à l’aide du pouvoir et de programmes qui tentent de l’enfermer en des formules et des lois écrites. Non, elle ne peut s’édifier qu’à partir de la liberté individuelle, de son oeuvre créatrice et indépendante, s’affirmant par les phases de destruction et de construction.

La liberté de chaque individu fonde la société libertaire ; celle-ci atteit son integralité par la décentralisation et la réalisation but commun : le communisme libertaire.

Lorsque nous nous représentons la société communiste libertaire, nous la voyons comme une société grandiose et harmonieuse dans ses relations humaines. Elle repose principalement sur les individus libre qui se groupent en associations affinitaires – que ce soit par intérêt, nécéssité ou penchants -, garantissant une justice sociale à titre égal pour tous en se liant en fédérations et confédérations.

Le communisme libertaire, c’est une société qui se fonde sur la vie libre de tout homme, sur son droit intangible à un développement infini, sur la suppression de toutes les injustices et de tous les maux qui ont entravé le progrès et le perfectionnement de la société en la partageant en couches et en classes, sources de l’oppression et de la violence des uns sur les autres.

La société libertaire se donne pour but de rendre plus belle et plus radieuse la vie de chacun, au moyen de son travail, de sa volonté et de son intelligence. En plein accord avec la nature, le communisme libertaire se fonde par conséquent sur la vie de l’homme pleinement épanoui, indépendant, créateur et absolument libre. C’est la raison pour laquelle ses adeptes apparaissent dans leur vie comme des êtres libres et radieux.

Le travail et les relation fraternelles entre tous, l’amour de la vie, la passion de la création belle et libre, toutes ces valeurs motivent la vie et l’activité des communistes libertaires. Ils n’ont nul besoin de prisons, de bourreaux, d’espions et de provocateurs, utilisés par contre en grands nombre par le socialistes et communistes étatistes. Par principe, les communistes libertaire n’ont aucun besoin des bandits et assassins à gages dont le pire exemple et le chef suprème est en fin de compte, l’Etat. Frère opprimé ! Prépare-toi à la fondation de cette société là, par la reflexion et au moyen de l’action organisée. Seulement, souviens-toi que ton organisation doit être solide et constante dans son activité sociale. L’ennemi absolu de ton émancipation, c’est l’Etat ; il s’incarne au mieux par l’union des cinq types suivants : le propriétaire, le militaire, le juge, le prêtre et celui qui est leur serviteur à tous, l’intellectuel. Dans la plupart des cas, ce dernier se charge de prouver les droits « légitimes » de ses quatre maître à sanctionner le genre humain, à normaliser la vie de l’homme sous tous ses aspects individuels et sociaux, cela en déformant le sens des lois naturelles pour codifier des lois « historiques et juridiques », oeuvres criminelles de plumitifs stilipendiés.

L’ennemi est très fort car, depuis des millénaires, il vit de pillages et de violences ; il en a retiré de l’expérience, il a surmonté des crises internes et il adopte maintenant une nouvelle physionomie, étant menacé de disparition par l’apparition d’une science nouvelle qui reveille l’homme de son sommeil séculaire. Cette science nouvelle libère l’homme de ses préjugés et lui fournit des armes pour se découvrir lui-même et trouver sa véritable place dans la vie, malgrè tous les efforts des apprentis-sorciers de l’union des « cinq » pour l’empêcher d’avancer sur cette voie.

Ainsi une telle modification du visage de notre ennemi, frère opprimé, peut être remarqué, par exemple, dans tout ce qui sort du cabinet des savants réformateurs de l’Etat. Nous avons pu observer d’une mainère caractéristique cette métamorphose lors des révolutions que nous avons vécues nous-même. L’union des « cinq », l’Etat, notre ennemi, parut au début disparaître complètement de la terre…

En réalité, notre ennemi ne fit que changer d’apparence et se découvrit de nouveau alliés qui oeuvrèrent criminellement contre nous : la leçon des bolcheviks-communistes en Russie, en Ukraine, en Georgie, et parmis de nombreux peuples d’Asie centrale est très édifiante à ce égard. Cette époque ne sera jamais oubliée par l’homme qui combat pour son émancipation, car il car il saura se rappeler ce qu’il y a eu de cauchemardesque et de criminel.

Le seul et le plus sûr moyen qui s’offre à l’opprimé dans sa lutte contre le mal qui l’enchaîne, c’est la révolution sociale, rupture profonde et avancée vers l’évolution humaine.

Bien que la révolution sociale se développe spontanément, l’organisation déblaie sa voie, facilite l’apparition de brèches parmis les digues dressée contre elle et accélère sa venue. Lanarchiste révolutionnaire travaille dès maintenant à cette orientation. Chaque opprimé qui tient sur lui le joug, en étant conscient que cette infâmie écrase la vie du genre humain, doit venir en aide à l’anarchiste. Chaque être humain doit être conscient de sa responsabilité et l’assumer jusqu’au bout en supprimant de la société tous les bourreaux et parasites de l’union des « cinq », afin que l’humanité puisse respirer en toute liberté.

Chaque homme et surtout l’anarchiste révolutionnaire – en tant qu’initiateur appelant à lutter pour l’idéal de liberté, de solidarité et d’égalité – doit se rappeler que la révolution sociale exige pour son évolution créatrice des moyens adéquats, en particulier des moyens organisationnels constants, nottament durant la période où elle détruit, dans un élan spontané, l’esclavage, et sème la liberté, en affirmant le droit de chaque homme à un libre développement ilimité. C’est précisément la période où, ressentant la véritable liberté en eux et autour d’eux, les individus et les masses oseront mettre en pratique les conquêtes de la révolution sociale, que celle- ci éprouvera le plus grand besoin de ces moyens organisationnels. Par exemple, les anarchistes révolutionnaires ont joué un rôle particulièrement remarquable lors de la révolution russe mais, ne possédant pas les moyens d’action nécessaires, n’ont pu mener à terme leur rôle historique. Cette révolution nous a, d’ailleurs, bien démontré la vérité suivante : après s’être débarassé des chaînes de l’esclavage, les masses humaines n’ont nullement l’intention d’en créer de nouvelles. Au contraire, durant les périodes révolutionnaires, les masses recherchent des formes nouvelles d’associations libres pouvant non seulement répondre à leurs élans libertaires,mais défendre aussi leurs acquis lorsque l’ennemi s’y attaque.

En observant ce processus, nous sommes constament parvenu à la conclusion que les association les plus fertiles et les plus valables ne pouvaient être que les union-communes, celles dont les moyens sociaux sont créés par la vie même : les soviets libres. En se fondant sur cette même conviction, l’anarchiste révolutionnaire se jette dans l’action avec abnégation et il rappelle les opprimés à la lutte pour les actions libres. Il est convaincu qu’il ne faut pas seulement manifester les principe organisationnels fondamentaux et createurs, mais aussi se donner les moyens de défendre la vie nouvelle contre les forces hostiles. La pratique montre que cela doit être réalisé de la manière la plus ferme et soutenue par les masses elles-même, directement sur place.

En accomplissant la révolution, pousées par l’anarchisme naturellement en elles, les masses humaines recherchent les associations libres. Les assemblées libres retiennent toujours leur sympathie. L’anarchiste révolutionnaire doit les aider à formuler le mieux possible cette démarche. Par exemple, le problème économique de l’association libre des communes doit trouver sa pleine expression par la création de coopératives de production et de consommation, dont les soviets libres seraient les promoteurs.

C’est par l’intermédiaire des soviets libres, durant le développement de la révolution sociale, que les masses s’empareront directement de tout le patrimoine social : la terre, les forêts, les fabriques, les usines, les chemins de fer et transports maritimes, ect., puis, se regroupant selon leurs interêts, leurs affinités ou l’idéal commun, elles construiront leur vie sociale de la façon la plus variée et appropriée à leurs besoins et désirs.

Il va sans dire que cette lutte sera pénible ; elle provoquera un grand nombre de victimes, car elle opposera pour la dernière fois l’humanité libre et le vieux monde. Il n’y aura pas de place à l’hésitation ni au sentimentalisme. Ce sera à la vie et à la mort ! Du moins c’est ainsi que devra le concevoir chaque homme qui attache de l’importance à ses droits et à ceux de l’humanité entière, s’il ne veut pas demeurer un âne bâté, un esclave, comme on le force à l’être actuellement.

Lorsque le raisonnement sain et l’amour autant de soi-même que d’autrui prendront le dessus dans la vie, l’homme deviendra le véritable createur de sa propre existance.

Organise-toi, frère opprimé, fais appel à tous les hommes de la charrue et de l’atelier, du banc d’école du lycée et de l’université, sans oublier le savant et l’intellectuel en général, afin qu’il sorte de son cabinet et te porte secours sur ton pénible chemin. Il est vrai que neuf intellectuels sur dix ne pourront pas répondre à ton appel ou bien, s’il le font, ce sera avec l’arrière pensée de te tromper, car n’oublie pas que ce sont de fidèles serviteur de l’union des « cinq ». Il y en aura tout de même un sur dix qui s’avèrera être ton ami et t’aidera à déjouer la tromperie des neuf autres. En ce qui concerne la violence physique, la force grossière des gouvrenant législateurs, tu l’écartera avec ta propre violence.

Organise-toi, appelle tout tes frères à rejoindre le mouvement et exige de tous les gouvernants de mettre fin volontairement à leur lâche profession de régenter la vie de l’homme. S’ils refusent, insurge-toi, désarme les policiers, les miliciens et autres chiens de garde de l’union des « cinq ». Arrête pour le temps nécessaire tout les gouvernants, déchire et brûle leurs lois ! Détruis les prisons, anéantis les boureau, supprime tout pouvoir d’Etat !

De nombreux tueurs à gages et assassins se trouvent dans l’armée, mais tes amis, les soldats mobilisés de force, y sont présents aussi, appelle-les à toi, ils viendront à ton secour et t’aideront à neutraliser les mercenaires.

Après s’être tous réunis en une grande famille, frères, nous irons ensemble sur la voie de la lumière et du savoir, nous éloignerons les ténèbres et marcherons vers l’idéal commun de l’humanité : la vie fraternelle et libre, la société où personne ne sera plus jamais esclave ni humilié par quiconque.

A la violence grossière de nos ennemis, nous repondrons par la force compacte de notre armée révolutionnaire inssurectionnelle. A l’incohérence et l’arbitraire, nous répondrons en construisant avec justice notre nouvelle vie, sur la base de la responsabilité de chacun, vraie garantie de la liberté et de la justice sociale pour tous.

Seuls, les criminels sanguinaires de l’union des « cinq » refuseront de se joindre à nous sur la voie novatrice ; ils tenteront de s’y opposer pour conserver leurs privilèges, ce en quoi ils se condamneront eux-mêmes.

Vive cette conviction claire et ferme en la lutte pour l’idéal de l’harmonie humaine généralisée : la société anarchiste !

Probouzdénié,n°18, janvier 1932, pp.57-63, et n°19-20, février-mars 1932, pp.16-20.

Lettre ouverte aux anarchistes espagnols

Cher camarades Carbo et Pestana,

Transmettez à nos amis et camarades et, à travers eux, à tous les travailleurs espagnols, mon encouragement à ne pas laisser faiblir leur résolution dans le processus révolutionnaire entamé, ainsi que de se hâter à s’unir sur un programme pratique, déterminé dans un sens libertaire. Il ne faut à aucun prix laisser se ralentir le rythme de l’action révolutionnaire des masses. Il s’agit, au contraire, de se dépêcher de les aider à obliger, par la force s’il n’y a pas d’autre voie ou moyen, le gouvernement républicain provisoire qui freine et dévoie la révolution, par ses décrets absurde, à cesser cette activité néfaste.

Les travailleurs espagnols – ouvrier paysans et inteligentsia laborieuse – doivent s’unir et manifester le maximum d’énergie révolutionnaire, ceci afin de créer une situation telle que la bourgeoisie se retrouve sans aucune possibilité de s’opposer à la conquête de la terre, des usines et des libertés complètes ; situation qui deviendrait de plus en plus générale et irréversible.

Il est indispensable d’appliquer tous ses efforts pour que les travailleurs espagnols tiennent compte de cela et comprennent que laisser passer ce moment décisif, en restant inactifs et en se limitant uniquement à adopter de belles résolutions sans aucune suite, reviendrait à faire volontairement le jeu des ennemis de la révolution, en mes laissant passer à l’offensive, leur donner le temps de reprendre du poil de la bête, puis d’étouffer la révolution en cours.

Dans ce but, l’union des forces libertaires est nécessaire, tout particulièrement par le biais de la fondation d’une vaste union paysanne, qui se fédérerait avec la CNT, et dans laquelle les anarchistes oeuvreraient sans repos.

Il est également indispensable d’aider les travailleurs à créer, directement sur place,des organes d’autodirection économique et sociale – des soviets libres – ainsi que des détachements armés pour la défense des mesures sociales révolutionnaires qu’ils ne manqueront pas d’imposer, après avoir pris conscience et rompu toutes les chaînes de leur situation servile. Ce n’est que par cette et ces moyens d’une action générale sociale que les travailleurs révolutionnaires pourront agir opportunément contre une tentative de détournement de la révolution par un nouveau système exploiteur. A mon avis, la CNT et la FAI doivent se préocupper sérieusement de cette question et disposer, à cette fin, de groupes d’initiative dans chaque village et ville ; de même elle ne doivent pas craindre de prendre en main la direction révolutionnaire stratégique, organisationnelle et théorique du mouvement des travailleurs. il est évident qu’elles devront éviter à cette occasion de s’unir avec des partis politiques en général, et avec des partis politiques en général, et avec les bolcheviks-communistes en particulier car je suppose que le commensaux espagnols seront les dignes émules de leurs maîtres russes. Ils iront sur les traces du jésuite Lénine même de Staline, en hésitant pas à affirmer leur monopole sur toutes les conquêtes de la révolution, ceci afin de rétablir leur pouvoir de parti dans leur pays, but dont on connaît les effets par l’exemple honteux de la Russie : interdiction de toutes les tendances révolutionnaires libres et de toutes les organisations indépendantes des travailleur. En effet, ils s’imaginent être les seuls à devoir et pouvoir disposer de toutes les libertés et de tous les droits dans la révolution. Ils trahirons donc fatalement leurs alliés et la cause même de la révolution.

La révolution espagnole est la cause des travailleurs du monde entier et, dans cette oeuvre, il est impossible de s’orienter en commun avec le parti qui, au nom de sa dictature dans le pays, n’hésiterait pas à tromper les travailleurs et à s’emparer de toutes les conquêtes révolutionnaires, pour devenir le pire des despotes et ennemis des libertés et droits du peuple.

L’exemple russe doit vous éviter d’en arriver là. Que la calamité bolchevico-communiste ne puisse pas prendre pied sur le sol révolutionnaire d’Espagne !

Vive l’union espagnole en plein développement vers un monde nouveau de conquêtes de plus en plus émancipatrices, sous l’étendard de l’anarchisme !

Avec mon salut fraternel.

Le 29 avril 1931.

Nestor Makhno.

Probouzdénié,n°23-27, juin-octobre 1932, pp.77-78.

Sur l’histoire de la révolution espagnole de 1931 et le rôle joué par les socialistes de droite et de gauche et les anarchistes

Quand une révolution éclate, indépendamment de son caractère – politique ou social – (le plus important, c’est que de larges masses de travailleurs y participent), et que ses guides, collectifs bien soudés ou individus disposant d’une autorité particulière auprès des travailleurs, se mettent au dessus de ces masses, ne marchent pas au même pas qu’elles, ne leur font pas confiance, en attendent quelque chose d’extraordinaire, ou bien, pire encore, veulent les subordonner en tentent de leur indiquer la « seule » voie à suivre, eh bien alors la révolution ne se développe pas assez profondément, n’arrive pas à déboucher , ni a formuler correctement les problèmes du moment à résoudre. Elle ne peut découvrir alors les moyens nouveaux et supplémentaires d’action sociale pour contrer ses ennemis et répondre aux nécessités urgentes ; elle est amenée à emprunter des voies imprécises, à s’égarer parmi leurs fatals zig-zags. A ce moment-là, soit elle périt sous le coup de ceux contre qui elle était dirigée, soit elle modifie son orientation, rétrécit son cours et s’achève selon les intérêts de ses ennemis internes.

Toutes ces différentes raisons ont souvent été décisives au cours des révoltes ayant eu lieu jusqu’ici, en Europe ou ailleurs. La même chose s’est passée en Espagne. Il est vrai que la révolution espagnole de 1931 se distingue de nombreuses autres par ses aspect bien particuliers. Elle ne s’est pas déclenchée par une tempête révolutionnaire des les villes et les campagnes, mais par les urnes des bulletins de vote. Au cours de son évolution, grâce aux action des éléments de gauche, elle s’est arrachée à ces à ses premières racines et c’est placée sur les vastes espaces de l’action sociale émancipartice des travailleurs. Si elle se termine tout de même à l’avantage des élément autoritaires, et tragiquement pour le destins des travailleurs et de nombreux révolutionnaires, ainsi que pour ce qu’ils avaient pu édifier, la responsabilité en incombe dans une grande mesure aux groupement politiques espagnols de gauche. Cette issue malencontreuse est due à la responsabilité des socialistes autoritaires et des socialistes antiautoritaires, c’est à dire de nos camarades communistes libertaires et anarcho-syndicalistes.

La responsabilité des socialistes étatistes de droite consiste en ce qu’il ce sont liés dès le début avec le parti bourgeois de Zamora-Alcala. Il est vrai que les militants de base de ce parti, en particulier les ouvriers, ne voulaient pas entendre parler de cette politique, plus même ils n’étaient pas au courant des tractations cachées des ‘sommets » de leur parti, menées avec la bourgeoisie pour prendre en commun le pouvoir, cela au prix du sacrifice de la révolution. Ce n’est que lorsque les ouvriers socialistes se retrouvèrent en but aux questions des autres travailleurs sur la politique de leur parti, et qu’ils ne surent quoi y répondre, que leurs dirigeants adoptèrent hypocritement des postes de paons face à la bourgeoisie, effrayérent un tantinet ses représentants, en se déclarant prêts à prendre le pouvoir tout seuls, avec le seul appui des travailleurs. Ce double jeu des dirigeants socialistes à l’égard de la révolution, mené en tenant compte malgré tout des aspirations de travailleurs représentées par les autres organisations social-révolutionnaires, amena cependant la confusion la plus complète dans l’esprit et la compréhension des travailleurs vis-à-vis de la révolution entamée, diminuant en fin de compte ce qu’il y a de meilleur et de plus combatif dans leur lutte, tout ce qui leur avait permis de remporter une victoire complète et enthousiaste sur les monarchie et sur le roi.

Les travailleurs espagnols sentirent instictivement que le temps des nouvelles et libres formes de vie sociale était arrivé. Les « sommets » socialistes de droite feignirent extérieurement de s’en féliciter, mis oeuvrèrent en fait et en secret à trahir ces aspirations, ce en quoi ils portèrent un énorme préjudice au premiers pas de la révolution.

La responsabilité des bolcheviks-communistes – les « plus à gauche des gauches » des socialistes, si l’on peut dire -, tient en ce qu’ils n’ont pas agi pour la cause de l’émancipation réelle des travailleurs, mais uniquement pour leurs sales petits intérêts de parti. Ils ont appréhendé la révolution comme un moyen à l’aide duquel ils pourraient abrutir, tout à leur aise, les têtes prolétariennes avec les promesses les plus démagogiques puis, les ayant attirés dans leur giron autoritaire, les utiliser physiquement pour instaurer leur sale dictature de parti sur le pays. Quand ils s’aperçurent que leurs manoeuvres démagogiques ne prenaient pas auprès des travailleurs, ils soudoyèrent ou bernèrent quelques éléments aventuristes afin d’organiser des manifestations violentes en y appelant les travailleurs désarmés. Toutefois, ces manifestations ne leurs amenèrent non plus aucun succès. Le sang coula abondamment durant ces défaites ouvrières, préméditées par des gens qui se trouvaient très loin de l’action. Tout cela ne fit que renforcer la coalition des socialistes de droite d’Alcala et de Zamora avec la bourgeoisie, et augmenter son pouvoir non seulement contre les « candidats dictateurs » de gauche, mais aussi contre la révolution en général.

Quant aux bolcheviks-« communistes », ils sont de la même école marxistes-léniniste que leurs congénères russes : ce ne sont que des jésuites et des traîtres à tous ceux qui luttent contre le capital et pour l’émancipation du prolétariat, sans vouloir passer sous leurs fourches caudines. Pendant la révolution espagnole de 1931 ils n’ont pas été assez forts – et ne le sont toujours pas – pour manifester cette trahison de manière évidente. Malgré cela, ils ont réussi à monter plusieurs provocations et à lancer quelques calomnies, non pas tellement contre la bourgeoisie que contre leurs adversaires politiques de gauche. Cette circonstance explique partiellement la peine que la révolution a eue pour se débarrasser des idées et des dirigeants bourgeois, car il lui a fallu combattre en même temps la démoralisation propagée par ces traîtres de « gauche ». Ces dernier agissent au nom de leur dictature et non de la liberté sociale véritable, celle qui fonde la solidarité et l’égalité des opinions de tous ceux qui ont rompu radicalement avec le lourd passé d’exploitation et qui marchent vers un monde nouveau dès à présent.

La responsabilité des communistes libertaire et anarcho-syndicalistes espagnols, dans l’évolution des événements, leur incombe surtout parcequ’ils se sont écartés de leurs principes de base en participant activement à cette révolution, certes pour enlever l’initiative à la bourgeoisie libérale, mais en demeurant malgré tout sur le terrain parasitaire de classe de celle-ci. Ils n’ont, d’une part, absolument pas tenu compte des exigences de notre époque et, d’autre part, sous-estimé l’importance des moyens dont dispose la bourgeoisie pour contenir et éliminer tout ceux qui la gênent.

Quelles sont les causes qui ont empêché les anarchistes de manifester en pratique leurs conviction pour transformer une révolution républicaine et bourgeoise en révolution sociale ?

En premier lieu, l’absence d’un programme déterminé et précis les a empêché d’atteindre une unité dans leurs actions, l’unité qui conditionne au cours d’une période révolutionnaire la croissance du mouvement et son influence sur tout ce qui l’entoure.

En second lieu, nos camarades espagnols, tout comme de nombreux camarades d’autres pays, considèrent l’anarchisme comme une église itinérante de liberté… Cette attitude les empêches en de nombreuses occasions, de concrétiser en temps et lieu voulu les structures pratiques et indispensables à l’organisation économiques et sociales devant lier par de nombreux fils la lutte quotidienne et globale des travailleurs. Cela les a empêchés de réaliser, cette fois-ci, la mission dévolue à l’anarchisme lors d’une période révolutionnaire.

Le communistes libertaires et anarcho-syndicalistes espagnols, malgré tout l’ascendant moral dont ils disposaient auprès des travailleurs dans le pays, n’ont pas su influencer à à fond dans un sens révolutionnaire, la psychologie des masses hésitantes entre leur sympathie pour la révolution et les idées petites-bourgeoises. Il aurait fallu les transformer en actifs combattants du développement et de la défense de la révolution. Au lieu de cela, se sent dans une relative liberté, les anarchistes, tout comme les petit bourgeois, se sont consacrés à des discussions sans fin. Ils se sont beaucoup exprimés, en toute liberté, oralement et par écrit, sur toutes sortes de sujets ; ils ont fait force meeting, avec de belles professions de foi, mais ils ont omis ceux qui s’étaient substitués au roi, eux, s’occupaient pendant ce temps d’affermir mieux leur pouvoir.

Malheureusement, rien ne fut entrepris sur ce plan en temps opportun bien que cela était au plus haut point indispensable. A ce moment, les anarchistes espagnols disposèrent de chances réelles – bien plus que tous les autres groupement révolutionnaires du pays – pour déterminer dans la pratique une stratégie qui aurait fait franchir une étape de plus à la révolution. La CNT augmenta ses effectifs avec une rapidité foudroyante et devin pour tout le pays laborieux la tribune et le lieu où purent enfin s’exprimer les espoirs séculaires des travailleurs.

Pour accentuer encore plus ce rôle actif de notre mouvement, il eut fallu abattre la bourgeoisie et son pouvoir, éliminer entièrement son influence du mouvement révolutionnaire. Est-ce que cela signifie que nos camarades espagnols n’aient rien fait dans ce sens au cours de cette année révolutionnaire 1931 ? Assurément, non. Ils firent tout leur possible pour transformer la révolution politique en révolution sociale. Ils supportèrent héroîquement les sacrifices et, même maintenant que la révolution à été étouffée, beaucoup d’entre eux subissent les rigueurs de la répression. Pourtant, ces sacrifices ont été vains, dans mesure où ils n’ont pas été accomplis en vue de buts conformes. Tout cela, je le répète encore, parceque l’anarchisme ne possède pas de programme défini, parce que les actions anarchistes menées ont été et sont toujours, d’ailleurs, dans l’éparpillement le plus complet, et non à partir d’une unité tactique, déterminée et orientée par une unité théorique, par un but unique commun. C’est pour ces raisons précises que les anarchistes espagnols n’on pu mener à bien leur oeuvre et c’est ce qui a amené les plus faibles en convictions d’entre eux à lancer le fameux « manifeste des trente » – tout a fait inopportun – , au nom de « la plus grande conscience des responsabilités » de ses auteurs. Les militants les plus résolus et intrépides, ceux qui non seulement propagent leurs idées mais vont jusqu’à périr pour elles, ceux-là languissent dans d’immonde casemates, dans les cales des navires qui les emportent au loin en déportation, vers des contrées hostiles.

Tels sont, en général, les traits fondamentaux des omissions, erreurs et manquements fatals pour les actions révolutionnaires, commis par les groupements de gauche espagnols, à un moment décisif qui se répète rarement dans l’histoire, et qui a conduit aux résultat actuels de la révolution espagnole. Tous ces groupements portent dons la responsabilité de la situation.

Je ne sais quelles conclusions en tireront les socialistes étatistes, ceux qui ne surent rien faire de mieux que de jouer aux laquais de la bourgeoisie, tout en voulant faire des autres révolutionnaires leurs propres laquais. En ce qui concerne les anarchistes révolutionnaires, je pense qu’ils ont, ici, de quoi méditer, afin de se garder à l’avenir de répéter les mêmes erreurs, que ce soit en Espagne ou ailleurs : se retrouver à des postes révolutionnaires avancés sans pouvoir disposer des moyens nécessaires à la défense des acquis révolutionnaires des masses contre les attaques acharnées de leurs ennemis bourgeois et socialistes autoritaires.

Il est évident que les anarchistes révolutionnaires ne doivent pas recourir aux moyens des bolcheviks comme certains d’entre eux en sont parfois tentés, jusqu’à conseiller d’établir un « contact étroit » avec l’état bolchevik (comme le préconise dernièrement le « novateur » Archinov). Les anarchistes révolutionnaires n’ont rien à trouver dans le bolchévisme ; ils disposent de leur propre théorie révolutionnaire fort riche au demeurant, laquelle définit des tâches totalement opposées à celles des bolcheviks dans la vie et la lutte es classes laborieuses. Ils ne peuvent concilier leurs objectifs avec ceux du panbolchevisme, lequel s’impose si férocement, par le rouble et la baïonnette, dans la vie des travailleurs de l’U.R.S.S., ignorant délibérément leurs droits et faisant d’eux ses esclaves dociles, incapable d’esprit indépendant, de raisonnement propre sur leur bien être et sur celui des autres travailleurs dans le monde.

Aucun individu ni aucun groupe anarchiste, si dévoué soit-il à la cause du mouvement, ne peut réaliser à lui seul les tâches définies. Toutes les tentatives menées à ce jour en témoignent. On comprend pourquoi : aucun individu ni groupe ne peut unir à lui seul notre mouvement, tant sur le plan national qu’international. Ces immenses et capitales tâches ne pourront êtres remplies que par un collectif international de réflexion libertaire. C’est ce que j’avais déjà dit, il y a sept ans, à Rudolph Rocker et à Alexandre Berkman, à Berlin. Je le réaffirme d’autant plus fermement maintenant, que de nombreux libertaires reconnaissent ouvertement – après toute une série de tentatives infructueuses de créer quelque chose de pratique – qu’il n’y a pas d’autres possibilités de mettre au point un programme déterminé et élaboré conformément à notre époque et à nos forces, que de réunir une conférence préparatoire, composée des militants les plus actifs et dévoués, tant sur le plan théorique que pratique, laquelle devra formuler les thèses qui correspondraient aux questions vitales du mouvement anarchiste, thèses débattues dans la perspective d’un congrès anarchiste international. Celui-ci, à son tour développerait et compléterait ces thèses. A la suite de ce congrès, ces thèses représenteraient un programme défini et une référence solide pour notre mouvement, référence valable pour chaque pays. Cela délivrerait notre mouvement des déviations réformistes et confusionnistes, et lui donnerait la puissance nécessaire pour devenir l’avant garde des révolutions contemporaines.

Il est vrai que cette oeuvre n’est pas facile ; cependant, la volonté et la solidarité de ceux qui peuvent et désirent la réaliser pourront grandement faciliter cette démarche. Que cette oeuvre commence, notre mouvement ne peut qu’y gagner !

Vive l’aspiration fraternelle et communes de tous les militants anarchistes à la réalisation de cette grande oeuvre – l’oeuvre de notre mouvement et de la révolution sociale pour laquelle nous luttons.

France. 1931.

Probouzdénié, n°30-31, janvier-février 1933, pp.19-23.