Archive pour terrorisme d’état

Résistance au colonialisme: Sur l’imposture du « droit à l’existence d’Israël »… (Jeremy Hammond)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, documentaire, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 15 juillet 2019 by Résistance 71

“Aucun État centralisé, bureaucratique et par là même militaire, s’appela-t-il même république, ne pourra entrer sérieusement et sincèrement dans une confédération internationale. Par sa constitution, qui sera toujours une négation ouverte ou masquée de la liberté à l’intérieur, il serait nécessairement une déclaration de guerre permanente, une menace contre l’existence des pays voisins. Fondé essentiellement sur un acte ultérieur de violence, la conquête, ou ce que dans la vie privée on appelle le vol avec effraction, — acte béni par l’Église d’une religion quelconque, consacré par le temps et par là même transformé en droit historique, — et s’appuyant sur cette divine consécration de la violence triomphante comme sur un droit exclusif et suprême, chaque État centraliste se pose par là même comme une négation absolue du droit de tous les autres États, ne les reconnaissant jamais, dans les traités qu’il conclut avec eux, que dans un intérêt politique ou par impuissance.”
~ Michel Bakounine, 1895 ~


Gaza crie !…

Excellente analyse dont les ramifications vont bien au-delà de ce cas d’école de l’illégalité et de l’illégitimité qu’est cet “état d’Israël”, colonial par sa nature même. Cette analyse peut de fait être étendue à tous les états coloniaux demeurant sur cette planète et dont l’existence n’est qu’une fiction imposée par la clique oligarchique du pouvoir marchand. Voir nos notes émaillant l’article… Nous irons même, en ce sens, plus loin que Jeremy Hammond en disant, et l’analyse le prouve (cf nos liens de lectures complémentaires sous l’article), que l’état sioniste d’Israël existe parce qu’il y a eu précédent et que des états racistes, suprémacistes et génocidaires prévalent toujours directement sur cette planète à l’instar des Etats-Unis, du Canada, du Mexique, de tous les états d’Amérique centrale et latine, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, entités coloniales fictives ayant assujettis par la violence et le nettoyage ethnique les terres qu’elles occupent et sur lesquelles elles n’ont aucun droit et n’ont fait qu’imposer la puissance de la force, toujours en vigueur de nos jours.
Cet article de Hammond est une invitation à repenser le mode de fonctionnement total de notre système inique et génocidaire qe nous avons étendu (que nous avons laissé étendre est sans doute plus approprié) de fait à la planète entière. C’est la seule façon que nous ayons de nous émanciper et de réaliser notre humanité. Tenons-nous debout, main dans la main avec les nombreux peuples colonisés de cette planète, afin de réaliser ensemble notre émancipation de la dictature étatico-marchande pour finalement devenir ce que nous sommes: des humains adultes dans le véritable acceptation du terme, parce que finalement… Nous sommes tous des colonisés !.

~ Résistance 71 ~

 

La Résolution 2621 XXV, du 12 octobre 1970 des Nations Unies affirme « le droit inhérent des peuples colonisés à lutter par tous les moyens nécessaires contre les puissances coloniales qui répriment leur aspiration à la liberté et à l’indépendance.»

Résolution 37-43 des Nations Unies : « Tout peuple a le droit de résister à l’oppression, l’occupation, l’annexion ou colonisation par une force étrangère. Cette opposition légitime est la résistance armée « .

 

 

Sur l’imposture du “droit à l’existence de l’état d’Israël”

 

Par Jeremy R. Hammond

 

Source : Foreign Policy Journal

Traduction : lecridespeuples.fr  

 

Article en français:

https://lecridespeuples.fr/2019/07/09/sur-limposture-du-droit-a-lexistence-de-letat-disrael/

 

Les apologistes des crimes d’Israël contre les Palestiniens prétendent que cet État a le « droit d’exister », dans un effort visant à légitimer le nettoyage ethnique de la Palestine.

Les sionistes qui s’évertuent à défendre les crimes d’Israël contre le peuple palestinien portent souvent l’accusation que les détracteurs de l’ « Etat juif » autoproclamé tentent de le « délégitimer ». Israël, rétorquent-ils, a le « droit d’exister ». Mais ils se trompent.

Il ne s’agit pas de faire une exception pour Israël. Il n’existe pas de « droit à l’existence » pour les États, point final. Aucun « droit à l’existence » n’est reconnu pour les Etats par le droit international. Un tel droit serait totalement insensé. Le concept même est absurde. Ce sont les individus, et non les entités politiques abstraites, qui ont des droits.

Les droits individuels peuvent bien sûr être exercés collectivement, mais à la condition que cela se fasse sans préjudice pour les droits des individus. Le droit pertinent dans ce contexte est plutôt le droit à l’autodétermination, qui fait référence au droit d’un peuple à exercer collectivement ses droits individuels par le biais de l’autonomie politique. L’exercice collectif de ce droit ne peut porter atteinte à l’exercice individuel de ce droit. Le seul but légitime du gouvernement est de protéger les droits individuels, et un gouvernement n’a aucune légitimité sans le consentement des gouvernés. Ce n’est qu’en ce sens que le droit à l’autodétermination peut être exercé collectivement, par un peuple qui choisit pour lui-même son mode de gouvernement et qui y consent.

Le droit à l’autodétermination, contrairement au concept absurde de « droit à l’existence » d’un État, est reconnu par le droit international. C’est un droit qui est explicitement garanti, par exemple, par la Charte des Nations Unies, que l’État d’Israël a ratifiée.

Le cadre approprié pour la discussion est donc le droit à l’autodétermination, et c’est précisément pour obscurcir cette vérité que la propagande revendique fréquemment pour Israël le « droit d’exister ». Les apologistes d’Israël sont contraints de déplacer ainsi le cadre de la discussion, car dans le cadre du droit à l’autodétermination, c’est évidemment Israël qui rejette les droits des Palestiniens et non le contraire.

Et ce n’est pas seulement dans la perpétuation de l’occupation des territoires palestiniens que le rejet d’Israël se manifeste. Ce rejet des droits des Palestiniens s’est également manifesté dans les moyens mêmes par lesquels Israël a été créé.

Il existe une croyance populaire selon laquelle Israël a été fondé par une sorte de processus politique légitime. C’est faux. Ce mythe est fondé sur l’idée que la fameuse résolution sur le « plan de partition » de l’Assemblée Générale des Nations Unies – résolution 181 du 29 novembre 1947 – a légalement partitionné la Palestine et ainsi conféré une autorité légale aux dirigeants sionistes pour leur déclaration unilatérale de l’existence d’Israël le 14 mai 1948.

En effet, dans cette déclaration, le document fondateur d’Israël, les dirigeants sionistes se sont appuyés sur la Résolution 181 pour revendiquer une légitimité juridique. Cependant, la vérité est que la Résolution 181 ne lui a rien conféré de tel. L’Assemblée Générale de l’ONU n’avait aucune autorité pour partitionner la Palestine contre la volonté de la majorité de ses habitants. Et elle n’a pas non plus eu la prétention de faire une telle chose. Au contraire, l’Assemblée s’est contentée de recommander la partition de la Palestine en Etats juif et arabe séparés, ce qui devrait être accepté par les deux peuples pour prendre effet sur le plan juridique. L’Assemblée a transmis la question au Conseil de sécurité, où le plan est devenu caduc du fait de la reconnaissance explicite que l’ONU n’avait aucune autorité pour mettre en œuvre – c’est-à-dire imposer – une telle partition.

La déclaration unilatérale des sionistes est souvent décrite comme une « Déclaration d’indépendance ». Mais ce n’était rien de tel. Une déclaration d’indépendance suppose que le peuple qui déclare son indépendance soit souverain sur le territoire sur lequel il souhaite exercer son droit à l’autodétermination. Mais les sionistes n’étaient pas souverains sur la terre qui est devenue le territoire de l’État d’Israël.*

(*) Note de R71: Voit-on ici émerger une similitude avec l’imposture coloniale que sont les Etats-Unis, le Canada, de fait tous les pays du continent américain, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et autres nations toujours sous emprise coloniale ? Si les sionistes n’étaient et ne sont en rien “souverains” sur la terre de Palestine, les colons / immigrants chrétiens européens ne l’étaient et ne le sont en rien également sur les terres qu’ils ont envahies, colonisées et martyrisées et qu’ils continent d’occuper sur deux continents… L’imposture criminelle d’Israël existe parce qu’existe et perdure les impostures coloniales des Etats-Unis, du Canada, du Mexique, de tous les pays d’Amérique Latine et des deux terres majeures d’Océanie…

Au contraire, lorsqu’ils ont déclaré l’existence d’Israël, les Juifs possédaient moins de 7% de la terre en Palestine. Les Palestiniens possédaient plus de terres que les Juifs dans chacun des districts de la Palestine. Les Palestiniens constituaient également une majorité numérique en Palestine. Malgré l’immigration massive [et illégale], les Juifs restaient une minorité représentant environ un tiers de la population.

Même à l’intérieur du territoire proposé par l’ONU pour l’Etat juif, lorsque la population bédouine a été recensée, les Arabes constituaient une majorité. Même à l’intérieur de ce territoire, les Arabes possédaient plus de terres que les Juifs.

En clair, les dirigeants sionistes n’avaient absolument aucune légitimité [sinon celle de leurs textes religieux, qui ne font autorité nulle part] à revendiquer une souveraineté sur le territoire qu’ils ont finalement acquis par la guerre.

D’autant plus que l’acquisition de territoire par la guerre – ou droit de conquête – est interdite par le droit international. (NdR71: ceci est valable bien entendu pour toute autre nation conquise et assujettie par la force et la puissance coloniale. Voir notre note un peu plus haut…)

Loin d’être le fruit d’un processus politique légitime, Israël a été créé par la violence. Les sionistes ont acquis la majeure partie du territoire de leur État par le nettoyage ethnique de la majeure partie de la population arabe, soit plus de 700 000 personnes, exclues de leurs demeures et de leurs terres en Palestine. Des centaines de villages arabes ont été littéralement détruits et rayés de la carte.

Ainsi, quand les sionistes prétendent qu’Israël a un « droit à l’existence », ce qu’ils disent en réalité, c’est que les sionistes avaient le « droit » de procéder à un nettoyage ethnique de la Palestine afin d’établir leur « Etat juif ».

Évidemment, un tel droit n’existe pas. Au contraire, une fois de plus, en droit international, le nettoyage ethnique est reconnu comme un crime contre l’humanité.

Les sionistes accusent ceux qui dénoncent les crimes d’Israël contre les Palestiniens de vouloir « délégitimer » l’ « Etat juif », mais il importe de souligner que la déclaration unilatérale du 14 mai 1948 proclamant l’Etat d’Israël n’avait aucune légitimité. Il importe de souligner que le crime de nettoyage ethnique ne peut aucunement être justifié ou légitimé. Cela neutralise complètement les accusations des thuriféraires d’Israël.

Lorsque cette accusation est portée contre les détracteurs d’Israël, ce qui se passe réellement, c’est que ce sont les apologistes d’Israël qui tentent de délégitimer le droit des Palestiniens à l’autodétermination, ainsi que le droit internationalement reconnu des réfugiés de guerre à retourner dans leur patrie.

Indépendamment de l’illégitimité des moyens par lesquels Israël a été créé, il existe. Telle est la réalité actuelle. (NdR71: tout comme l’est l’existence des états colons des Amériques et d’Océanie, mais cela n’est en rien inéluctable…) Cependant, l’exigence de l’Etat d’Israël que les Palestiniens reconnaissent son « droit » non seulement d’exister, mais d’exister « en tant qu’Etat juif », est simplement une exigence que les Palestiniens renoncent à leurs droits et adhèrent à la déclaration unilatérale des sionistes et au nettoyage ethnique de la Palestine en les reconnaissant comme légitimes.

Et c’est pourquoi il n’y a pas eu de paix. Il n’y aura pas de paix tant que les droits des Palestiniens ne seront pas reconnus et respectés. Le problème pour les sionistes est que si les Palestiniens exercent leurs droits, cela signifierait la fin de l’existence d’Israël en tant qu’ « Etat juif ».

Mais qu’y aurait-il de mal à mettre fin à un régime fondamentalement raciste qui viole perpétuellement le droit international et les droits de l’homme des Palestiniens ? Qu’y aurait-il de mal à le remplacer par un gouvernement qui respecte l’égalité des droits de tous les habitants du territoire sur lequel il exerce sa souveraineté politique et gouverne avec le consentement des gouvernés ?

Pour quiconque est capable de faire preuve d’un minimum d’honnêteté et d’intégrité morale, la réponse claire aux deux questions est : rien. Il n’y aurait aucun mal à cela, bien au contraire.

Pour tous ceux qui jouent un rôle actif dans la recherche de la paix et de la justice, c’est donc sur ce but que nous devons concentrer nos efforts collectifs. Il faut commencer par acquérir une bonne compréhension de la véritable nature du conflit et par ouvrir les yeux de tous ceux qui sont intègres, mais qui ont été trompés par les mensonges et la propagande qui ont perpétué la violence et l’injustice pendant si longtemps.

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Lectures complémentaires en PDF:

Nous_sommes_tous_des_colonisés (PDF)

Pierre_Clastres_De l’ethnocide

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

La Bible Déterrée Israel Finkelstein

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

la-peste-religieuse-par-johann-most-1892

Manifeste pour la Société des Sociétés

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Ashraf Ezzat Mythe Biblique

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

Mise en demeure du gouvernement canadien par le Tribunal International pour les Disparus du Canada

 

 

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De l’origine de l’État, entretiens avec Pierre Clastres 1967, 1975, 1976 sur France Culture

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 11 juillet 2019 by Résistance 71

“Le marxisme en tant que théorie générale de la société et aussi de l’histoire, est obligé de postuler la misère de l’économie primitive, c’est à dire le très faible rendement de l’activité de production. Pourquoi ? Parce que la théorie marxiste de l’histoire (et il s’agit ici de la théorie même de Karl Marx) découvre la loi du mouvement historique et du changement social dans la tendance irrépressible des forces productives à se développer. […]
C’est pourquoi le marxisme comme théorie de l’histoire fondée sur la tendance des forces productives au développement, doit se donner, comme point d’appui, une sorte de degré zéro des forces productives: c’est exactement l’économie primitive, pensée dès lors comme économie de la misère, comme économie qui, voulant s’arracher à la misère, tendra à développer ses forces productives. […]
La société primitive pose à la théorie marxiste une question cruciale: si l’économique n’y constitue pas l’infrastructure au travers de quoi devient transparent l’être social, si les forces productives, ne tendent pas à se développer, ne fonctionnent pas comme déterminant du changement social, quel est alors le moteur qui met en marche le mouvement de l’Histoire ?…”
~ Pierre Clastres, “Recherches d’anthropologie politique”, 1977 ~

Clastres est essentiel pour comprendre que les sociétés humaines primordiales dont certaines se sont perpétuées, même si elles ont aussi évolué, jusqu’à nos jours, ne sont pas des sociétés en “voie de maturation politique, en voie de développement vers l’instance supérieure de l’organisation humaine que serait l’État”, mais des sociétés politiquement achevées, qui refusent leur déstructuration en entités séparées de ceux qui dirigent et ceux qui obéissent. En cela, il est tout aussi important de noter que l’Etat n’est pas inéluctable et encore moins ce qui serait arrivé de mieux à l’organisation sociale humaine. Il est au mieux une erreur de parcours contre-nature nécessaire à notre émancipation finale, au pire un outil dans la panoplie d’un vaste complot oligarchique n’existant que par la nécessité de la survie d’une classe minoritaire dominante autrement vouée à l’extinction.

Quoi qu’il en soit, Clastres et avec lui les Lizot, Jaulin, Sahlins, Scott, Graeber nous montrent que la voie de compréhension anthropologique du milieu, passant entre le structuralisme évolutionniste et le marxisme, est la voie permettant d’entrevoir le chemin de l’émancipation vers notre humanité enfin achevée. Ce que nous vivons depuis des siècles et qui est en train de se terminer dans un grand chaos organisé, n’est que la prime enfance de l’humanité, ce n’est que débarrassée de l’État et du capitalisme qu’elle maturera pour faire ses premiers pas libres. Il faut simplement constater que l’humanité de 2019 n’a pas encore appris à marcher, elle se tient à peine debout et vacille toujours. Le processus de maturation est toujours en cours.

Pensez-y, vous qui vous croyez si grands, si responsables et si en contrôle de vos vies…

~ Résistance 71 ~

 

 

Sur l’origine de l’État

Transcription d’extraits de conversations avec Pierre Clastres, compilées de France Culture et de son émission “Voix singulières”, collection “Terre humaine”.

55 minutes compilées d’entretiens avec Clastres en 1967, 1975 et 1976.

Nous encourageons les lecteurs bien entendu, à écouter l’ensemble de la bande audio, c’est particulièrement intéressant…

Le MP3:

Extraits transcrits par Résistance 71

Juillet 2019

Note: la première partie comporte un exposé de Clastres sur l’anthropologie et comment il est devenu ethnologue / anthropologue.

Entre 16:35 et 17:15:

“ […] La chefferie dans ces sociétés apparaît comme la rupture de l’échange, alors que l’échange c’est l’essence même de la société. Ainsi il apparaîtrait que la sphère du pouvoir soit la négation de l’échange, en l’instance, le pouvoir apparaîtrait comme la négation de la société.”

Entre 37:35 et 43:25 :

“ […] La pensée marxiste, en tout cas celle d’Engels, veut situer l’origine de l’État, c’est à dire la relation de domination, c’est à dire l’aliénation politique ; elle veut en découvrir l’origine dans l’aliénation économique, c’est à dire dans l’existence antérieure des classes sociales. Le schéma d’Engels est celui-ci:
Il y a au départ société primitive, société non divisée, disons égalitaire, sans riches, sans pauvres, puis par une opération quelque peu mystérieuse, cette société se divise et à un moment donné elle devient complètement divisée et il y a des classes. Il y a des riches et il y a des pauvres, des exploiteurs et des exploités et à ce moment là, la classe des riches, pour consolider son pouvoir sur les autres, invente quelque chose qui est la machine d’état. Il y a, chez Engels en tout cas, une conception instrumentale de l’état. L’État, c’est l’instrument de la classe dominante sur la classe dominée…
A partir de l’ethnologie, à partir de la recherche sur les sociétés primitives, c’est à dire des sociétés sans état, ce ne sont pas les classes qui déterminent l’apparition de l’État, mais à partir du moment où il y a une relation de commandement par rapport à l’obéissance, c’est à partir de ce moment là que ceux qui détiennent le pouvoir peuvent inventer le travail aliéné, car il est bien évident qu’un pouvoir qui ne s’exerce pas, n’est pas un pouvoir. Le pouvoir n’existe que tant qu’il s’exerce. Par conséquent, que vont faire ceux qui détiennent le pouvoir : ils vont démontrer qu’ils le détiennent. Comment font-ils pour le démontrer ? C’est l’obligation de payer le tribut. Cela signifie que les gens qui obéissent vont consacrer une partie de leur temps non plus à travailler pour eux-mêmes, leurs familles comme dans les sociétés primitives, mais ils vont consacrer une partie de leur temps à leur maître à qui ils doivent le tribut. La forme moderne du tribut, entre autre, car il n’y a pas que ça, c’est l’obligation de payer l’impôt.
On a vu que dans le cas des sociétés primitives, le chef se trouve dans une obligation de dette par rapport à la société. Ainsi, le pouvoir n’est pas du côté du chef, mais du côté de la société. Le pouvoir est totalement rabattu sur le corps entier de la société. On peut donc dire que la société primitive exerce le pouvoir sur le chef et voire même contre le chef.
Dans les sociétés à état, il y a eu rencontre entre le chef et le pouvoir et c’est lui qui établit une relation de dette avec la société, une société qui est endettée par rapport au détenteur du pouvoir.
Dans la société primitive, il n’y a pas de raisons pour que se développent ce qu’on appelle les “forces productives”. Normalement, l’économie y est à peu près inerte. Y a pas de progrès ou très peu.
Lorsqu’on pense à l’origine de l’État, si la voie économique se trouve fermée, si c’est une impasse, alors il faut la chercher ailleurs ; c’est dans le champ politique que l’on voit enracinée la question de l’État. La division de la société en classes sociales opposées c’est une conséquence politique, c’est à dire une conséquence de l’émergence de l’État. C’est l’État qui détermine l’apparition des classes et non pas le contraire comme le dit la théorie marxiste avec laquelle je suis en total désaccord, puisque je pense exactement le contraire. […] “

La dernière partie des entretiens est un exposé sur la société des Indiens amazoniens où Pierre Clastres reprend et explique son chapitre “L’arc et le panier” de “La société contre l’état” (1974).

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Lectures complémentaires:

Manifeste pour la Société des Sociétés

L’anarchisme-africain-histoire-dun-mouvement-par-sam-mbah-et-ie-igariwey

40ans_Hommage_Pierre_Clastres

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Pierre_Clastres_Echange-et-pouvoir-philosophie-de-la-chefferie-indienne

Pierre_Clastres_De l’ethnocide

 

Qu’est-ce que l’impôt ? (Pierre Kropotkine)

Posted in actualité, altermondialisme, économie, crise mondiale, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état, Uncategorized with tags , , , , , , , , , , , , on 7 juillet 2019 by Résistance 71

L’impôt, c’est le tribut. L’assertion de la domination de l’exploiteur sur l’exploité, c’est une relation de division, d’antagonisme, d’injustice et de contrôle. Tout comme l’état et l’argent, il n’a aucun lieu d’être, par contre il est obligatoire dans une relation fabriquée de dominant à dominé.
Toucher le système là où ça lui fait le plus mal: au porte-feuille… Donc, boycott de l’impôt, en masse ! Depuis l’avènement du système des banques centrales, cartel de banques privées qui pillent le monde, les états ne sont plus autorisés à produire l’argent à taux zéro, mais forcé d’emprunté sur les marchés financiers à des banques privées rapaces qui s’engraissent sur la dette accumulée et donc sur les intérêts.

Les impôts des nations ne servent plus depuis bien longtemps à « payer les routes, les écoles et les hôpitaux » comme le lavage de cerveau collectif nous le martèle toujours, mais les impôts collectés vont directement éponger les INTERETS de la dette des pays, dette odieuse contractée sur la spéculation financière de la même clique qui contrôle toutes les politiques occidentales et donc domine le monde, siphonnant vers le haut tout ce qu’il y a à siphonner.

Le boycott est la seule solution viable tout en mettant en place la société des sociétés solidaire et égalitaire.
A bas l’État, à bas la marchandise, à bas l’argent, à bas le salariat !
Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

~ Résistance 71 ~

 


Siphonage en règle vers le tout-à-l’égout

 

L’impôt

Pierre Kropotkine
1913

Si l’Etat, par le service militaire, par l’enseignement qu’il dirige dans l’intérêt des classes riches, par l’Eglise et par ses milliers de fonctionnaires, exerce déjà un pouvoir formidable sur ses sujets, – ce pouvoir est encore décuplé au moyen de l’impôt.

Instrument anodin à ses débuts, salué et appelé par les contribuables eux-mêmes lorsqu’il vint remplacer les corvées, l’impôt est devenu aujourd’hui, en plus d’un très lourd fardeau, une arme formidable, d’une puissance d’autant plus grande qu’elle se déguise sous mille aspects, capable de diriger toute la vie économique et politique des sociétés dans l’intérêt des gouvernants et des riches. Car ceux qui sont au pouvoir s’en servent maintenant, non-seulement pour se tailler des traitements, mais surtout pour faire et défaire les fortunes, pour accumuler des richesses immenses aux mains de quelques privilégiés, pour constituer les monopoles, pour ruiner le peuple et l’asservir aux riches – et tout cela sans que les imposés se doutent seulement de la puissance qu’ils ont remise à leurs gouvernants.

« Qu’y a-t-il de plus juste, cependant, que l’impôt? » nous dirons sans doute les défenseurs de l’Etat. « Voici, diront-ils, un pont bâti par les habitants de telle commune. La rivière, grossie par les pluies, va l’emporter si on ne s’empresse de le réparer. N’est-il pas naturel et juste d’appeler tous les habitants de la commune pour réparer ce pont? Et puisque le grand nombre ont leurs travaux à faire, – n’ est-il pas raisonnable de remplacer leur travail personnel, leur corvée maladroite par un paiement qui permettra d’appeler des ouvriers et des ingénieurs spécialistes? »

« Ou bien, diront-ils, voilà un gué qui devient impraticable à certaines saisons. Pourquoi les habitants des communes voisines ne s’imposeraient-ils pas pour bâtir un pont? Pourquoi ne paieraient-ils pas, tant par tête, au lieu de venir, tous, la bêche à la main, réparer cette digue? rechausser cette route? Ou bien encore, pourquoi bâtir un magasin à blé, auquel chaque habitant devra verser tant de blé par an pour parer aux disettes, au lieu de confier à l’Etat le soin de s’occuper de la nourriture en cas de disette, en échange d’un impôt insignifiant? »

Tout cela semble si naturel, si juste, si raisonnable, que l’individualiste le plus entêté n’aurait rien à y redire, – à plus forte raison, tant qu’une certaine égalité de conditions règne dans la commune. Et, multipliant des exemples de ce genre, les économistes et les défenseurs de l’Etat en général s’empressent de conclure que l’impôt est justifiable, désirable à tous les points de vue et … « Vive l’impôt! »

Eh bien, tout ce raisonnement est faux. Car si certains impôt communaux ont réellement leur origine dans le travail communal, fait en commun, – l’impôt ou plutôt les impôts formidables et multiples que nous payons à l’Etat, ont une tout autre origine – la conquête.

C’est sur les peuples conquis que les monarchies de l’Orient, et plus tard la Rome des empereurs, prélevaient les corvées. Le citoyen romain en était exempté; il s’en déchargeait sur les peuples soumis à sa domination. Jusqu’à la Grande Révolution – en partie jusqu’à nos jours – les prétendus descendants de la race conquérante (romain germaine, normande), c’est-à-dire, les «soi- disant nobles», ont été exemptés de l’impôt. Le manant, l’os noir conquis par l’os blanc, figurait seul sur la liste des « corvéables et taillables». Les terres des nobles ou « anoblies» ne payaient rien, jusqu’en 1789. Et jusqu’à présent, les richissimes propriétaires anglais ne paient presque rien pour leur immense propriétés, et les gardent incultes en attendant que leur valeur ait décuplé.

De la conquête, du servage vient donc l’impôt que nous payons aujourd’hui à l’Etat – nullement du travail communal librement consenti. En effet, lorsque l’Etat accablait le peuple de corvées aux seizième, dix-septième et dix-huitième siècles, il ne s’agissait nullement de ces travaux que hameaux ou villages entreprenaient en vertu du libre consentement de leurs habitants. Les travaux communaux continuaient à être faits par les habitants des communes. Mais, à côté, en plus de ces travaux, des centaines de mille paysans étaient amenés sous escorte militaire des villages lointains pour bâtir telle route nationale ou telle forteresse; pour transporter les provisions nécessaires à l’alimentation d’une armée; pour suivre, avec leurs chevaux exténués , les nobles partis à la conquête de nouveaux châteaux. D’autres travaillaient les mines et les usines de l’Etat; d’autres encore, sous les fouets des fonctionnaires, obéissaient aux fantaisies criminelles de leurs maîtres creusant les étangs des châteaux royaux ou en bâtissant des palais pour les rois, les seigneurs et leurs courtisanes, alors que les femmes et les enfants de ces corvéables broutaient l’herbe des champs incultes, mendiaient sur les routes, ou se jetaient, affamés, sous les balles des soldats, pour piller les convois de blé exporté.

La corvée, imposée d’abord à la race conquise (tout comme les Français, les Anglais, les Allemands l’imposent aujourd’hui aux noirs d’Afrique), et plus tard à tous les manants, telle fut l’origine – la vraie origine – de l’impôt que nous payons aujourd’hui à l’Etat. S’étonnera-t-on alors que l’impôt ait gardé jusqu’à nos jours le cachet de son origine?

Ce fut un immense soulagement pour les campagnes, lorsque, aux approches de la Grande Révolution, on commença à remplacer les corvées de l’Etat par une espèce de rachat – l’impôt payé en argent. Lorsque la Révolution, apportant enfin un rayon de lumière dans les chaumières, abolit une partie des gabelles et des taiIles qui pesaient directement sur les plus pauvres, et que l’idée d’un impôt plus équitable (et aussi plus profitable pour l’Etat) commença à se faire jour, ce fut, nous dit-on, un contentement général dans les campagnes. Surtout parmi les paysans plus ou moins enrichis par le commerce et le prêt à intérêt.

Mais, jusqu’à présent, l’impôt est resté fidèle à son origine première. Entre les mains des bourgeois qui se sont emparés du pouvoir, il n’a cessé de grandir, et il n’a cessé d’être employé surtout à l’avantage de la bourgeoisie. Au moyen de l’impôt, la clique des gouvernants – l’Etat, représentant la quadruple alliance du roi, de l’Eglise, du juge et du seigneur-soldat – n’a cessé d’élargir ses attributions et de traiter le peuple en race conquise. Et aujourd’hui, moyennant cet instrument précieux qui frappe ans qu’on en ressente directement le coups, nous sommes devenus presque aussi asservis envers l’Etat que nos pères l’étaient autrefois envers leurs seigneurs et maîtres.

Quelle quantité de travail donne chacun de nous à l’Etat? Aucune économiste n’a jamais cherché à évaluer le nombre de jours de travail que le travailleur des champs et des usines donne chaque année à cette idole babylonienne [1] On fouillerait vainement les traités d’economie politique pour arriver à une évaluation approximative de ce que l’homme qui produit les richesses donne de son travail à l’Etat. Une simple évaluation basée sur le budget de l’Etat, de la nation, des provinces et des communes (qui contribuent aussi aux dépenses de l’Etat) ne dirait rien; car il faudrait estimer, non pas ce qui rentre dans les caisses du trésor, mais ce que le paiement de chaque franc versé au Trésor représente de dépenses réelles faites par le contribuable. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que la quantité de travail donnée chaque année par le producteur à l’Etat est immense. Elle doit atteindre, et pour certaines classes dépasser les trois jours de travail par semaine que le serf donnait jadis à son seigneur.

Et notez bien que, quoiqu’on fasse pour remanier l’assiette de l’impôt, c’est toujours le travailleur qui en supporte tout le fardeau. Chaque centime payé au Trésor est payé en fin de compte par le travailleur, le producteur.

L’Etat peut bien rogner plus ou moins le revenu du riche. Mais encore faut-il que le riche ait un revenu: que ce revenu soit fait, produit par quelqu’un – et il ne peut être fait que par celui qui produit quelque chose par son travail. L’Etat réclame au riche sa part du butin; mais d’où vient ce butin, qui représente en fin de compte tant de blé, de fer, de porcelaine ou d’étoffes vendues, – tous résultats du travail de l’ouvrier producteur? A part les richesses qui viennent de l’étranger, et qui représentent l’exploitation d’autres travailleurs – des habitants de Russie, de l’Orient, de l’Argentine, de l’Afrique, – c’est encore les travailleurs du pays même qui doivent donner tant de journées de leur travail pour payer l’impôt, ainsi que pour enrichir les riches.

Si l’impôt prélevé par l’Etat, – comparé à ses immenses dépenses – semble être un peu moins lourd en Angleterre que chez les autres nations de l’Europe, c’est pour deux raisons. L’une est que le parlement composé en moitié de propriétaires fonciers, favorise ceux-ci et leur permet de prélever un tribut immense sur les habitants, dans les villes et dans les campagnes, en ne payant qu’un faible impôt. Et l’autre – la principale – est que de tous les pays européens l’Angleterre est celui qui prélève le plus sur le travail des ouvriers des autres nations.

On nous parle quelquefois d’impôt progressif sur le revenu qui, au dire de nos gouvernants, frapperait le riche à l’avantage du pauvre. Telle fut en effet l’idée de la Grande Révolution, lorsqu’elle introduisit cette forme d’impôt. Mais aujourd’hui, tout ce qu’on obtient par l’impôt légèrement progressif, est de rogner un peu le revenu du riche; on lui prend un peu plus qu’auparavant de ce qu’il a soustrait au travailleur. Mais c’est tout. C’est toujours l’ouvrier qui paie, et qui généralement paie plus que l’Etat n’en prend au riche.

Quand à l’impôt indirect, nous savons, non seulement que les objets consommés par tout le monde sont surtout frappés par l’impôt (les autres rapportent peu), mais aussi que toute augmentation de quelques centimes de l’impôt sur les boissons, ou le café, ou le blé, se traduit par une augmentation beaucoup plus forte des prix payés par le consommateur.

Il est de toute évidence, d’ailleurs, que celui-là seul qui produit, qui crée la richesse par son travail, peut payer l’impôt. Le reste n’est qu’un partage du butin soustrait à celui qui produit, – partage qui, toujours, se résume pour le travailleur en un surcroît d’exploitation.

Aussi pouvons-nous dire qu’à part l’impôt prélevé sur les richesses faites à l’étranger, les milliards versés chaque année au Trésor public – en France, par exemple – sont prélevés presqu’en entier sur le travail des dix millions environ de travailleurs que possède la France.

Ici, le travailleur paye comme consommateur des boissons, du sucre, des allumettes, du pétrole. Là, c’est lui qui, en payant son loyer, verse au Trésor l’impôt que l’Etat prélève sur le propriétaire de la maison. Là encore, en achetant son pain, il paye les impôts fonciers, la rente de la terre, le loyer et les impôts de la boulangerie, la supervision, le ministère des finances, etc. Là enfin, en s’achetant un habit, il paye les droits sur le coton importé, le monopole créé par le protectionnisme. En achetant du charbon, en voyageant en chemin de fer, il paie le monopole des mines et des chemins de fer, créé par l’Etat en faveur des capitalistes, possesseurs des mines et des lignes ferrées – bref, c’est toujours lui qui paie toute la séquelle d’impôts que l’Etat, la province, la commune prélèvent sur le sol et ses produits, la matière brute, la manufacture, le revenu du patron, le privilège de l’instruction – tout, tout ce que la commune, la province et l’Etat voient venir dans leurs caisses.

Combien de journées de travail par an représentent donc tous ces impôts? N’est-il pas très probable, qu’après avoir fait l’addition, on trouverait que l’ouvrier moderne travaille plus pour l’Etat que le serf ne travaillait autrefois pour son maître?

Mais si ce n’était que cela!

La réalité est que l’impôt donne aux gouvernants le moyen de rendre l’exploitation plus intense, de retenir le peuple dans la misère, de créer légalement, sans parler du vol ou des Panamas [2], des fortunes que jamais le capital seul n’aurait pu accumuler.

Notes

[1] Ce calcul a été effectué plus récemment. La Journée d’affranchissement de l’impôt varie d’un pays à l’autre, selon les méthodologies utilisées, de sorte qu’il n’est pas possible de faire une véritable comparaison. A titre indicatif, il apparaît qu’aux Etats-Unis (selon les calculs de l’Association fiscale), le jour où on a fini de travailler pour l’Etat arrive le 19 avril 2018 (109 jours ouvrables). En 1900, la Journée d’affranchissement de l’impôt était arrivée le 22 janvier. En Angleterre, selon l’Institut Adam Smith, elle tombe le 12 juin (2017). Dans d’autres pays européens (Allemagne, France, Norvège), elle tombe en juillet, ce qui signifie travailler pour l’Etat plus de la moitié du temps.

[2] Le scandale qui a affecté la société impliquée dans la construction du canal de Panama concernait des sommes prélevées sur les souscripteurs des actions de la société pour payer les journalistes et les politiciens afin d’obtenir leur soutien pour l’adoption d’une loi et pour le succès de la souscription. Mais cela ne suffit pas à sauver la Compagnie de la faillite et, avec sa liquidation (1889), 85 000 petits actionnaires perdirent tout. Le scandale éclata en 1892 parce que le journaliste Edouard Drumont reçut des documents compromettants sur cette affaire et les publia dans le journal La Libre Parole.

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Lectures complémentaires:

Pierre_Kropotkine_La_Commune_de_Paris_PDF

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Proudhon_Quest_ce_que_la_propriete

La_Conquête_du_Pain_Kropotkine

Manifeste pour la Société des Sociétés

champs-usines-et-ateliers-par-pierre-kropotkine-1910

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

Manifeste contre le travail

Un monde sans argent: le communisme

Inevitable_anarchie_Kropotkine

La Morale Anarchiste de Kropotkine)

kropotkine_science-etat-et-societé

le-prince-de-levolution-Dugatkin

Appel au Socialisme Gustav Landauer

 

 

Gilets Jaunes: Jérôme Rodrigues va entrer en grève de la faim contre l’état (RT)

Posted in actualité, altermondialisme, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 2 juillet 2019 by Résistance 71

Pour l’un d’entre nous (qui y était), cela a une réminiscence directe avec la grève de la faim publique entreprise par le Gen Chamlong Srimuang à Bangkok en mai 1992, contre le pouvoir putschiste du Gen Premier Ministre Suchinda. Chamlong demandait la démission du PM Suchinda qui refusait de quitter le pouvoir après le putsch. Des dizaines de milliers de manifestants s’étaient rassemblés à Bangkok pour le soutenir durant des semaines avant et durant sa grève de la faim.

La crise se termina dans un bain de sang (plus de 1000 personnes toujours comptées “disparues” depuis les évènements) qui vit l’armée thaïlandaise ordonnée de tirer dans la foule, ce qui amena la chute du gouvernement dont le PM fut publiquement admonesté (les deux protagonistes en fait le furent) par le roi Bhumipol après quelques jours de quasi guerre civile, des images qui firent le tour du monde .

Il est important que Jérôme reçoive tout le soutien populaire et logistique nécessaire des Gilets Jaunes. La France n’est pas (encore) une dictature militaire comme l’était la Thaïlande des années 1990 (bien plus soft aujourd’hui, même si elle en est toujours une…) et il ne doit pas engager seul le bras de fer avec le pouvoir coercitif, qui s’enfonce pas à pas dans l’illégalité, comme le démontre une fois de plus le fiasco étatique sur la procédure de Jérôme.

Cet évènement a le potentiel générateur du grand souffle du changement tant attendu, car l’issue finale n’est pas seulement que justice soit rendue à Jérôme (peut-on y croire ?… vraiment ?… l’état corrompu bouffant au râtelier et aux ordres de ses maîtres de la finance transnationale…) , mais que le système soit remplacé par la conscience politique incarnée dans une société des sociétés. Soutien inconditionnel à Jérôme !

Hoka Hey !

~ Résistance 71 ~

 

 

Jérôme Rodrigues annonce une grève de la faim contre l’État

 

RT France

 

2 juillet 2019

 

url de l’article original:

https://francais.rt.com/france/63540-si-je-dois-mourir-je-mourrai-gilet-jaune-jerome-rodrigues-annonce-greve-faim-contre-etat

 

“Si je dois mourir, je mourrai.” (J. Rodrigues)

 

Alors que la justice a ordonné au ministère de l’Intérieur et à la préfecture de transmettre le dossier d’enquête administrative de l’IGPN sur les circonstances la blessure de Jérôme Rodrigues, ce dernier les accuse de ne pas appliquer la décision.

Jérôme Rodrigues, l’une des figures les plus médiatiques des Gilets jaunes, gravement blessé à l’œil le 26 janvier lors de l’acte 11 du mouvement à Paris, a annoncé sur son compte Twitter le 1er juillet qu’il allait démarrer une grève de la faim «devant» le ministère de l’Intérieur à partir de «vendredi matin», soit le 5 juillet. 

«Une décision de justice a été rendue, l’Etat français est dans l’obligation de me fournir l’enquête administrative [je n’ai] rien reçu à ce jour», a-t-il notamment dénoncé.

Le Gilet jaune originaire de Tremblay-en-France accuse le ministère de l’Intérieur de ne pas lui transmettre le dossier d’enquête administrative menée par l’inspection générale de la police nationale (IGPN) à la suite de sa blessure, attribuée à un tir des forces de l’ordre.

En juin, le tribunal administratif de Paris avait en effet enjoint au ministre de l’Intérieur et au préfet de police de lui communiquer «sans délai» les actes de «l’enquête administrative et de l’enquête menée par l’inspection générale de la police nationale concernant les blessures qu’il a subies», d’après la retranscription du jugement donnée par Le Parisien. Depuis, les sollicitations seraient, selon ses dires, restées lettre morte. Jérôme Rodrigues et son avocat Arié Alimi s’en sont d’ailleurs plaints à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux depuis quelques jours.

«Si un juge demande que j’aille en prison, j’y vais ce soir moi !», fustige le Gilet jaune contacté par RT France. Pour lui, l’Etat français ne «respecte pas la loi». «Si je dois mourir, je mourrai», déclare-t-il déterminé.

Ils sont entrés dans l’illégalité

«Ils sont entrés dans l’illégalité», a déclaré de son côté à RT France l’avocat de Jérôme Rodrigues Arié Alimi, qui dit n’avoir «jamais vu ça» dans sa carrière. Ce dernier assure s’être vu opposer un refus ferme par la Place Beauvau, une information que RT France n’a pas été en mesure de vérifier auprès de l’institution.

Quoi qu’il en soit, l’avocat de Jérôme Rodrigues a prévu de saisir le tribunal administratif, ce qu’il ne peut pas faire avant au moins trois mois, s’il n’obtient pas les informations qu’il réclame au ministère de l’Intérieur.

Cette procédure administrative est distincte des demandes que pourrait faire la justice dans le cadre de l’information judiciaire ouverte le 13 février sur cette affaire et menée par deux juges d’instructions pour «violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique avec arme».

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Notre « dossier Gilets Jaunes »

 

 

 

Résistance au colonialisme: le génocide en Palestine a tué 2 200 000 personnes (VT)

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 12 juin 2019 by Résistance 71

Nous avons attendu quelques 48 heures avant de publier cette article de VT. Pourquoi ? Parce que quand on traduit un tel article, on voit des chiffres défiler, et au fil du texte, ils n’ont aucun sens. Il est important de réfléchir a posteriori sur leur signification, ce qu’ils représentent. Ce que nous avons fait avant de publier cette traduction. Nous l’avons aussi fait en nous replongeant dans des passages de l’excellent livre de l’historien israélien Illan Pappe sur « Le nettoyage ethnique de la Palestine », tout en pensant aux analyse du grand éducateur brésilien Paulo Freire qui avait parfaitement analysé dans sa « pédagogie des opprimés » que souvent les opprimés deviennent des oppresseurs si a chance leur en est donnée.
~ Résistance 71 ~

« Les trois axiomes de la politique intérieure d’Israël » (extrait du livre d’Ilan Pappe « The Ethnic Clearing of Palestine », 2006 page 239), traduit de l’anglais par Résistance 71

« La première des trois lignes de conduite, ou plutôt axiomes, d’Israël est que le conflit israélo-palestinien a son origine en 1967. Pour le résoudre tout ce dont on avait besoin était un accord qui déterminerait le statut futur de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. En d’autres termes, comme ces zones ne constituent que 22% du territoire de la Palestine, Israël a réduit d’un coup de crayon toute résolution de paix à seulement une toute petite partie du territoire originel palestinien. Non seulement cela, mais Israël demandait et continue à demander aujourd’hui, toujours plus de compromis territoriaux, soit en résonance avec l’approche économique favorisée par les Etats-Unis ou comme dictés par une carte sur laquelle les deux camps politiques se sont mis d’accord en Israël.
Le second axiome est que tout ce qui est visible dans ces zones, la Cisjordanie et la bande de Gaza, peut toujours encore être divisé et que ces divisions, cette faculté à toujours plus diviser, est une des clefs du processus de paix. Pour Israël, cette division du visible inclut non seulement la terre mais aussi le peuple et les ressources naturelles.
Le troisième axiome israélien est que rien de ce qui s’est produit avant 1967, incluant la Nakba et le nettoyage ethnique, ne sera jamais négociable. Les implications ici sont très claires: cela retire complètement de l’équation du processus de paix le problème des réfugiés et met directement sur la touche et sans appel le droit des Palestiniens au retour à la terre. »

 

 

Le génocide palestinien a tué 2,2 millions de personnes

 

Kevin Barrett (VT) & Dr Gideon Polya

 

10 juin 2019

 

url de l’article orignal:

https://www.veteranstoday.com/2019/06/10/new-evidence/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

[…]

Bien que conspirant avec les sionistes et militaristes américains pour assassiner 294 Américains en 1967 et près de 3000 autres le 11 septembre 2001, Israël a eu bien plus de pitié pour les Américains que pour les Palestiniens. L’assaut sioniste sur la Palestine a tué environ 2,2 millions de Palestiniens. 100 000 directement, les autres 2,1 milions par privations forcées, d’après le Dr Gideon Polya, professeur de science retraité de l’université La Trobe de Melbourne en Australie. Ci-dessous, le communiqué récent du professeur Polya.

– Kevin Barrett –

Le génocide des Palestiniens a tué 2,2 millions de personnes

Email from Dr. Gideon Polya

Cher Kevin,

Ci-dessous se trouvent détaillées et documentées les morts palestiniennes résultantes des violences et privations diverses depuis 1914 (1914-2019). transmets tout cela au plus de monde possible.

Sincères salutations, Gideon

J’ai estimé que 2 200 000 Palestiniens sont morts de violence: 100 000 de violence directe et 2 100 000 de privations imposées depuis l’invasion britannique de l’empire ottoman en 1914 lors de la première guerre mondiale. J’ai mis les détails ci-dessous dans une mise à jour de 2019 concernant ce génocide palestinien toujours en cours. [1]

En 1880, il y avait environ 500 000 Palestiniens arabes et environ 25 000 juifs, dont la moitié étaient immigrants, qui vivaient en Palestine [2, 3]. Les envahisseurs britanniques racistes et les racistes sionistes génocidaires qui colonisaient l’endroit ont été responsables à des degrés divers d’un génocide des Palestiniens qui impliqua l’expulsion de masse de 800 000 Palestiniens arabes en 1948 et de 400 000 en 1967, le nettoyage ethnique de 90% de la terre de Palestine et une mortalité estimée de 2 200 000 Palestiniens depuis 1914: 100 000 de violence directe et 2 100 000 de privations imposées par la force [1, 4-7].

Il y a maintenant 7 millions de réfugiés palestiniens et des 14 millions de Palestiniens (la moitié sont des enfants, les 3/4 femmes et enfants), environ 50% d’entre eux sont interdits de poser un pied dans leur pays sous peine de mort, seulement 1,9 millions de Palestiniens israéliens peuvent voter pour le gouvernement qui dirige l’ancien protectorat de Palestine et 5 millions de Palestiniens n’ont aucun droit [8] comme dans les ghettos de la Palestine occupée en Cisjordanie ou dans les Bantoustans (3 millions) ou dans le camp de concentration de Gaza (2 millions).

Mais les “chanceux” Palestiniens israéliens sont des citoyens de troisième ordre devant se soumettre à 60 lois de style nazi, fondées sur la race [9, 10]. La terre de Palestine a maintenant été ethniquement nettoyée à 90% [1, 4-7]. Tandis que les Palestiniens indigènes à l’endroit représentent 50% des sujets victimes de l’apartheid, presque les 3/4 d’entre eux ne peuvent pas voter pour un gouvernement les dirigeant dans cet intolérable apartheid qui est déclaré être crime contre l’humanité par l’ONU. [11]

Le taux de mortalité du génocide palestinien est indiqué ci-dessous.

(1). Morts violentes de Palestiniens depuis 1920 arrivent à un total de 100 000 [12].

(2). Environ 100 000 Palestiniens sont morts de famine durant la première guerre mondiale avec un état de guerre imposé par les Britanniques et évalué comme un marqueur de déficit démographique de 100 000 personnes pour la première guerre mondiale (1914-1918) [2, 3].

(3) La population palestinienne était de 689 000 en 1918 et 1 308 000 en 1946 avec une moyenne de 1 000 000. En assumant le même taux de mortalité de mort évitable au sein d’une Palestine brutalement occupée par les Britanniques (famine, exode forcé des fermiers, violence, invasion et abus de pouvoir en tout genre par des racistes génocidaires), tout comme dans l’Inde pré-indépendance (moyenne de 30 morts évitables / 1000 habitants / an entre 1920 et 1947) x 30 ans = 900 000 morts parfaitement évitables dans la période 1918-1948.

(4). La population totale palestinienne (dans en en dehors de la Palestine) était de 2 250 000 en 1948 et de 7 574 000 en l’an 2000 pour une population moyenne durant cette période de 4 912 000. En appliquant de manière conservatrice le taux de mortalité évitable de l’Inde pré-indépendance en 2003 de 3,5 morts évitables / 1000 habitants / an [14] aux chiffres palestiniens 4 912 (mille) x (3,5 morts évitables / 1000 / an) x 52 ans = 894 000 morts palestiniennes évitables par privation dans la période 1948-2000

(5) Le PIB par personne des 5 millions de Palestiniens vivant sous occupation est de 3 000 US$ par an comparé au 40 000 US$ pour les Israéliens [15]. La pauvreté tue et pour les pays appauvris à haut taux de fécondité, le taux de mortalité évitable est de 1,4 fois le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans. Vers 2010, environ 3000 enfants palestiniens de moins de 5 ans mouraient chaque année, ce qui indique que durant ce siècle, une moyenne de 4200 Palestiniens vivant sous occupation sont morts d’une mort évitable de privations divers par an, ainsi 12 000 Palestiniens sont morts de cette façon chaque année, soient 230 000 en ce siècle seulement.

Ainsi, on peut estimer que 900 000 + 894 000 + 230 000 = 2 024 000 Palestiniens sont morts de mort évitable, par privations diverses dans la période 1918-2019, 100 000 de plus ayant été tués dans la famine qui affecta la Palestine durant la première guerre mondiale et 100 000 de plus de mort violente directe. Ceci alors que quelques 4000 sionistes furent tués par des Palestiniens entre 1920 et 2019 [16-20] ; depuis l’occupation britannique au Moyen-Orient en 1914, environ 2 200 000 Palestiniens sont morts de violence directe (100 000) ou de privations imposées (2 100 000)

Le chiffre total de morts évitables violente et non-violentes par privations dans ce génocide palestinien (2,2 millions de personnes) est du même ordre de magnitude que le chiffre de victimes de l’holocauste juif durant la seconde guerre mondiale (5-6 millions) par violence ou privations diverses imposées. [21-23]

Notes:

[1]. “Palestinian Genocide”:

[2]. Justin McCarty, “Palestine population: during the Ottoman and British mandate period”, Palestine Remembered: 8 September  2001: http://www.palestineremembered.com/Acre/Palestine-Remembered/Story559.html .

[3]. “Historic population of  Israel/Palestine”: http://palestineisraelpopulation.blogspot.com.au/ .

[4]. Gideon Polya, “70th anniversary of Apartheid Israel & commencement of large-scale Palestinian Genocide”, Countercurrents, 11 May 2018: https://countercurrents.org/2018/05/11/70th-anniversary-of-apartheid-israel-commencement-of-large-scale-palestinian-genocide/ .

[5]. Gideon Polya, “Apartheid Israel’s Palestinian Genocide & Australia’s Aboriginal  Genocide compared”, Countercurrents, 20 February 2018: https://countercurrents.org/2018/02/20/apartheid-israels-palestinian-genocide-australias-aboriginal-genocide-compared/  .

[6]. Gideon Polya, “Israeli-Palestinian & Middle East conflict – from oil to climate genocide”, Countercurrents, 21 August 2017: https://countercurrents.org/2017/08/21/israeli-palestinian-middle-east-conflict-from-oil-to-climate-genocide/ .

[7]. Gideon Polya, “End 50 Years Of Genocidal Occupation & Human Rights Abuse By US-Backed Apartheid Israel”, Countercurrents,  9 June  2017: https://countercurrents.org/2017/06/09/end-50-years-of-genocidal-occupation-human-rights-abuse-by-us-backed-apartheid-israel/ .

[8]. Gideon Polya, “Universal Declaration of Human Rights & Palestinians. Apartheid Israel violates ALL Palestinian Human Rights”, Palestine Genocide Essays, 24 January 2009: https://sites.google.com/site/palestinegenocideessays/universal-declaration-of-human-rights-palestinians .

[9]. Susan Abulhawa, “Israel’s “nation-sate law” parallels the Nazi Nuremburg Laws”, Al Jazeera, 27 July 2018: https://www.aljazeera.com/indepth/opinion/israel-nation-state-law-parallels-nazi-nuremberg-laws-180725084739536.html .

[10]. “Discriminatory laws in Israel:, Adalah, https://www.adalah.org/en/law/index?page=4 .

[11]. John Dugard, “International Convention on the Suppression and Punishment of the crime of Apartheid”, Audiovisual Library of International Law: http://untreaty.un.org/cod/avl/ha/cspca/cspca.html .

[12]. “Palestinian casualties of war”, Wikipedia: https://en.wikipedia.org/wiki/Palestinian_casualties_of_war .

[13]. Gideon Polya, “Economist Mahima Khanna,   Cambridge Stevenson Prize And Dire Indian Poverty”, Countercurrents, 20 November, 2011: https://countercurrents.org/polya201111.htm .

[14]. Gideon Polya, “Body Count. Global avoidable mortality since 1950”, that includes a succinct history of every country and is now available for free perusal on the web: http://globalbodycount.blogspot.com/  .

[15]. “List of countries by GDP (nominal) per capita”, Wikipedia: https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_GDP_(nominal)_per_capita .

[16]. Gideon Polya, “Israelis kill ten times more Israelis in Apartheid than do terrorists”, Countercurrents, 1 March 2017: https://countercurrents.org/2017/03/israelis-kill-ten-times-more-israelis-in-apartheid-israel-than-do-terrorists .

[17]. Gideon Polya, “Sharpeville Massacre & Gaza Massacres compared – Boycott Apartheid Israel & all its supporters”, Countercurrents, 6 May 2018: https://countercurrents.org/2018/05/06/sharpeville-massacre-gaza-massacres-compared-boycott-apartheid-israel-all-its-supporters/ .

[18]. Israeli Ministry of Foreign Affairs, “Terrorism deaths in Israel – 1920-1999”, 1 January 2000: http://mfa.gov.il/mfa/foreignpolicy/terrorism/palestinian/pages/terrorism%20deaths%20in%20israel%20-%201920-1999.aspx .

[19]. Israeli Ministry of Foreign Affairs, “Victims of Palestinian violence and terrorism since September 2000” : http://mfa.gov.il/MFA/ForeignPolicy/Terrorism/Palestinian/Pages/Victims%20of%20Palestinian%20Violence%20and%20Terrorism%20sinc.aspx .

[20]. “Crime in Israel”, Wikipedia: https://en.wikipedia.org/wiki/Crime_in_Israel .

[21]. Gideon Polya , “UK Zionist Historian Sir Martin Gilbert (1936-2015) Variously Ignored Or Minimized WW2 Bengali Holocaust”, Countercurrents, 19 February, 2015: https://countercurrents.org/polya190215.htm .

[22]. Martin Gilbert, “Jewish History Atlas” (Weidenfeld and Nicolson, London, 1969).

[23]. Martin Gilbert “Atlas of the Holocaust”(Michael Joseph, London, 1982).

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Lectures complémentaires:

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

La Bible Déterrée Israel Finkelstein

Zenon_Inversion

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Manifeste pour la Société des Sociétés

Effondrer le colonialisme

Le_mythe_biblique_ashraf_ezzat

 

Pour la société des société avec Raoul Vaneigem: « Appel à la vie contre la tyrannie étatique et marchande »

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A propos du livre “Appel à la vie contre la tyrannie étatique et marchande” de Raoul Vaneigem

 

Ernest London

 

5 juin 2019

 

url de l’article:

https://www.lavoiedujaguar.net/Appel-a-la-vie-contre-la-tyrannie-etatique-et-marchande

 

Raoul Vaneigem

Appel à la vie contre la tyrannie étatique et marchande
Le cri des rebelles est le cri de la vie qui renaît

Libertalia, « La Petite Littéraire », 2019

98 pages

 

Raoul Vaneigem jette ici « de quoi grappiller quelques hypothèses et suggestions » avec le seul souci « qu’elles marquent une rupture absolue avec les préjugés et les dogmes du passé ». Il s’adresse aux révoltés qui « se sentent démunis devant l’effondrement du vieux monde et la trop lente émergence du nouveau » et « mise sur la radicalisation spontanée des individus et des collectivités ». Il prône l’autogestion généralisée.

Notre « civilisation pyramidale », « vieille et pourrie dès le départ », s’effrite et s’effondre. « Autorité, patriarcat, patrie, famille, travail, idéologies, religions, sacralité ne suscitent plus que des ricanements, jusque dans la bouche de ceux qui veulent y croire malgré tout. » « La civilisation marchande crève et fait crever sans apprêt. Sa purulence est à vif. Elle prête à son agonie la rentabilité d’une faillite frauduleuse, elle ne s’en cache pas. » Si nous sommes loin de la Commune de Paris, des soviets de Cronstadt, des collectivités libertaires, piliers de la révolution d’Espagne, des êtres, malgré tout, « résistent à la grande broyeuse du profit » et « une nouvelle civilisation pointe timidement ».

Il explique comment le « système d’exploitation de l’homme par l’homme » depuis la « révolution agraire », extrait de la nature terrestre et de la nature humaine des ressources, marquant « un coup d’arrêt à l’alliance avec le milieu naturel », non pour « fournir le pain quotidien » mais pour amasser l’argent qui le paiera. « La monnaie concrétise la primauté de la valeur d’échange sur la valeur d’usage. » Il insiste sur cette « rupture absolue avec les modes de solidarité collective qui caractérisaient les civilisations préagraires, où l’absence de guerre, le faible seuil de violence et l’importance accordée à la femme ont laissé des traces dans la mémoire et inspiré les légendes et les mythes de l’âge d’or et du paradis perdu ». « À cette évolution en symbiose avec la nature s’est substituée une guerre de conquête. » Cette « mise à sac de la nature à des fins de profit » s’est accompagnée d’une astreinte au travail de toute créature, dès lors assimilée à un objet marchand. « Confondre la vie et la survie découle de la réalité mensongère instaurée par le système d’exploitation de l’homme par l’homme, qui est la base de notre civilisation marchande. Qui persiste à croire qu’assurer le pain quotidien justifie la nécessité de travailler alors que de tout temps une minorité s’est enrichie aux dépens d’une majorité laborieuse, astreinte à payer les bien qu’elle produisait ? » « Avoir un diplôme, une autorité, un rôle, une fonction, ce n’est pas être. Être c’est prendre conscience de son désir de vivre afin d’apprendre à vivre selon ses désirs. »

Si, jusqu’aux années 1950, le capitalisme tire ses principaux bénéfices du secteur de la production, il se tourne alors vers le secteur de la consommation, puis vers celui des transactions spéculatives. Si la vogue consumériste a triomphé des espérances du « Mouvement des occupations de mai 1968 » qui rejetait « un monde où tout se paye » et exaltait « la vie, la gratuité, le don, la solidarité, la générosité humaine », ce « rêve inachevé » se poursuit souterrainement et n’attend qu’une occasion pour refleurir au grand jour.

« Le travail tend à n’être plus qu’une gestion de services bureaucratiques parasitaires, de management, comme dit la langue française, elle aussi astreinte à s’économiser. L’idée même d’un travail utile à la société laisse place à ce besoin factice que la rapacité capitaliste inculque comme modèle par excellence de l’efficacité universelle : gagner de l’argent. » « La désertification de la terre et de la vie ébranle sérieusement l’illusion d’un bonheur consommable, de plaisirs monnayables à perpétuité » et « la conscience prolétarienne », en se délitant, laisse émerger la conscience humaine.

« Le désespoir est devenu un redoutable instrument d’oppression » entre les mains du pouvoir économique, social et politique. Raoul Vaneigem regrette que ceux qui lancent des cocktails Molotov ne réservent pas leur énergie pour instaurer « des zones franches », initier « des occupations de terres libérées de l’emprise étatique et marchande, des coins de gratuité qui s’enfonceraient dans le béton de la mondialisation avec plus d’effets dévastateurs que la nitroglycérine ». « Hurler sa colère n’entrave en rien l’exploitation dominante. Même si la violence réussit de temps à autre à arracher des réformes, à obtenir l’abrogation d’une décision contestée, à éviter l’implantation d’une nuisance, cela ne va guère plus loin. Le pouvoir un instant déstabilisé, se ressaisit, il noie le poisson et vide la baignoire. » « Ce ne sont pas ces combats douteux, spectaculaires et complaisants, menés par l’activisme humanitaire, végétalisme et animalier, qui mettront fin à la misogynie, au communautarisme, à la maltraitance des bêtes, à l’individualisme grégaire, à l’égoïsme, à l’addiction consumériste, aux gesticulations du pouvoir et de l’avoir. C’est par l’émergence d’un style de vie que s’effaceront les mœurs, les préjugés, les comportements qui firent de notre histoire le cloaque de l’horreur et de la barbarie banalisée. » Plutôt que de « dénoncer la présomption et la veulerie de la servitude volontaire », il « aspire à une prise de conscience de notre potentiel de vie ». « La lutte pour l’autonomie commence avec l’éveil de la subjectivité radicale. » « L’autogestion est le seul projet d’organisation sociale qui exclut toute forme de pouvoir et de structure hiérarchique. »

Il distingue la « créativité passionnelle » du « travail forcé » : « Le travail s’est vidé de sa substance, moins en raison de son caractère aliénant, qui l’avait toujours discrédité, mais parce qu’il est devenu l’objet d’un système parasitaire qui assimile le salaire à un bon de commande de désirs qui s’achètent. L’argent gagné n’a d’autre fonction que de permettre l’accès à des paradis de pacotille. » « On ne travaille plus pour l’honneur de nourrir sa famille mais pour acheter dans les supermarchés les apparences de l’honorabilité. » Les nuisances et les inutilités rentables suscitent « des zones de résistances, des réseaux de solidarité, des communes sans communautarisme ».

Il s’en prend également à la division entre travail manuel et travail intellectuel qui « donne sa substance au pouvoir hiérarchique », « détermine la prédominance de l’esprit sur le corps » ; à la « séparation complaisante et conflictuelle qui oppose l’homme et la femme » et a systématiquement « violenté et mis au pillage » cette dernière. Il veut « supprimer la marchandise, abolir les droits et les devoirs qui en découlent, abroger le contrat social calqué sur la loi commerciale de l’offre et de la demande ».

L’État et la cupidité des multinationales ne tolèreront pas plus « notre résolution de fonder et de propager des collectifs hostiles à toute forme de pouvoir » que nous ne devons tolérer « leur répression bottée, casquée, épaulée par la veulerie journalistique ». « Ce qui fait la puissance répressive de l’État tient moins à sa flicaille qu’à l’État qui est en nous, l’État intériorisé, qui nous matraque de sa peur, de sa culpabilité, de sa désespérance astucieusement programmée. » Il faut inventer des territoires en n’offrant aucune prise à l’ennemi, sans appropriation, pouvoir ou représentation, insaisissables et inaliénables. Parallèlement à la multiplication des expérimentations de sociétés autogérées se développe un « refus massif de payer tribut à l’État et à ses banquiers ». « Les décisions locales se prennent, se diffusent et se fédèrent plus aisément. » Il démontre le cynisme des modes de scrutin traditionnel, de la démocratie parlementaire, du référendum, « instrument du totalitarisme démocratique » et défend la démocratie directe des assemblées autogérées.

L’écriture de cet appel s’achève alors que « le mouvement des Gilets Jaunes a zébré comme un éclair la nuit et le brouillard qui nous suffoquaient ». Raoul Vaneigem y voit, comme dans d’autre révoltes récentes, la confirmation que « Homo œconomicus, c’est fini ! », que « le spectacle se termine ». « Nous sommes entrés dans une période critique où la moindre contestation particulière s’articule sur un ensemble de revendications globales et vitales. »

C’est beau, fulgurant, juste, suffisamment bref pour qu’on puisse le lire (presque) d’une traite, suffisamment dense pour qu’on y revienne souvent. Un appel qui fera sans aucun doute écho.

Ernest London,

le bibliothécaire-armurier

Bibliothèque Fahrenheit 451

4 juin 2019.

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Lectures complémentaires:

L’essentiel-et-l’indispensable-de-Raoul_Vaneigem

compte-rendu-complet-2e-ada-stnazaire

Michel_Bakounine_La_Commune_de_Paris_et_la_notion_detat

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Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

Faire passer le proletariat pour fascisant_Francis_Cousin

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Pierre_Kropotkine_La_Commune_de_Paris_PDF

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Tract_Gilets_Jaunes

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Il y a 50 ans… Mai 68

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

 

Célébration du 6 juin 1944… Devoir de mémoire et enfumage mythologique

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, colonialisme, désinformation, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française with tags , , , , , , , , , , , on 7 juin 2019 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

7 juin 2019

 

Le foutage de gueule continue de battre son plein:

la mascarade pompeuse des festivités de célébration du 75ème anniversaire du débarquement allié en Normandie fait la part (trop) belle à l’hégémon yankee, on y invite les représentants politiques du pays vaincu et ne l’oublions pas, responsable des 60 ou 70 millions de morts de cette guerre abominable faite au profit exclusif des banquiers et de la puissance industrielle anglo-américaine, dont au moins 27 millions de soviétiques toutes nations confondues et on tourne le dos au pays qui, selon les chiffres officiels, est reconnu pour avoir fourni plus de 60% de l’effort total de guerre contre l’Allemagne nazie: la Russie (ex-URSS). Voir l’entretien de l’historienne Annie Lacroix-Riz sur RT que nous mettons ci-dessous, elle y résume parfaitement bien la situation en moins de 10 minutes…
Tous les historiens sérieux, même non marxistes, s’accordent à dire que le grand vainqueur de la seconde guerre mondiale fut l’URSS, mais la glorification du représentant ultime de la dictature marchande: les Etats-Unis, ne fait que croître depuis 1945 au seul profit de l’extension de son empire et de son influence idéologique.
Que fait la marionnette américano-rothshildienne Macron à la botte de ses commanditaires ? Il n’invite pas de délégation du pays qui a vaincu l’Allemagne nazie: la Russie sans que cela ne choque personne outre mesure, dans un contexte de (pseudo) guerre froide 2.0 sciemment entretenu.
De surcroit, que le petit roquet de l’élysée ait rencontré en « marge des commémorations » le grand roquet de la maison blanche et qu’à l’issue, il annonce le retrait de la France de l’accord sur le nucléaire iranien, n’a bien entendu rien à voir l’un avec l’autre… Prendre les gens pour des cons est un sport national dans tous les États existant. Il est grand temps d’arrêter de gober les mouches et de mettre fin à ces mascarades de la grande gloriole étatico-capitaliste qui se gave sur le dos des peuples et des millions de morts de ces gens n’ayant rien l’un contre l’autre si ce n’est que leurs élites complices les jettent dans des charniers gargantuesques en sacrifice au dieu argent et la puissance qui en découle ! La fin de la guerre passe par la fin de l’État et la fin de la marchandise, faute de quoi les grands massacres continueront. Il s’en prépare du reste un aux allures gigantesques, alors que l’empire et ses satellites, dont la France de Micronus 1er fait partie, met en place les circonstances d’un « casus belli » contre la résistance à son hégémonie emmenée par l’Iran.

A lire:

« Ce qu’on ne vous dira pas sur le 6 juin 1944 »

« Dans un monde de mensonge, dire la vérité est un acte révolutionnaire » nous disait George Orwell… En voici un ci-dessous:

 

 

A lire:

Manifeste pour la Société des Sociétés

Que faire ?

Compilation Howard Zinn

Sutton_Wall_Street_et_la_montée_d’Hitler


L’empire en mission commandée pour le capital…