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Résistance politique: Quelques notes sur la liberté

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 23 juin 2018 by Résistance 71

Analyse intéressante mais qui parfois nous semble un peu trop tranchée. Rien n’est réellement tout blanc ou tout noir en terme politique et sociétal. L’intérêt de la réflexion de l’auteur réside à notre sens dans sa tentative de différencier « anarchiste » et « libertaire » et il soulève manifestement quelques bons points quasiment jamais abordée. La tendance sémantique a rendu (à tort) les termes « anarchiste » et « libertaire » synonymes. Il est bien d’en parler.
~ Résistance 71 ~

 

La liberté

 

Albert Libertad

1908

 

Beaucoup pensent que c’est une simple querelle de mots, une préférence de termes qui fait se déclarer les uns libertaires, les autres anarchistes. J’ai un avis tout différent.

Je suis anarchiste et je tiens à l’étiquette non pour une vaine parure de mots, mais parce qu’elle signifie une philosophie, une méthode différentes de celles du libertaire.

Le libertaire, ainsi que l’indique le mot, est un adorateur de la liberté. Pour lui, elle est le commencement et la fin de toutes choses. Rendre un culte à la liberté, inscrire son nom sur tous les murs, lui élever des statues éclairant le monde, en parler à tout propos et hors de propos, se déclarer libre de ses mouvements alors que le déterminisme héréditaire, atavique et ambiant vous fait esclave … voilà le fait du libertaire.

L’anarchiste, en s’en reportant simplement à l’étymologie, est contre l’autorité. C’est exact. Il ne fait pas de la liberté la causalité mais plutôt la finalité de l’évolution de son individu. Il ne dit pas, même lorsqu’il s’agit du moindre de ses gestes : « Je suis libre », mais : « Je veux être libre ». Pour lui, la liberté n’est pas une entité, une qualité, un bloc qu’il a ou qu’il n’a pas, mais un résultat qu’il acquiert au fur et à mesure qu’il, acquiert de la puissance.

Il ne fait pas de la liberté un droit antérieur à lui, antérieur aux hommes, mais une science qu’il acquiert, que les hommes acquièrent, au jour le jour, en s’affranchissant de l’ignorance, en s’emparant des forces de la nature, en supprimant les entraves de la tyrannie et de la propriété.

L’homme n’est pas libre de faire ou de ne pas faire, de par sa seule volonté. Il apprend à faire ou à ne pas faire quand il a exercé son jugement, éclairé son ignorance ou détruit les obstacles qui le gênaient. Ainsi, si nous plaçons un libertaire, sans connaissances, musicales, devant un piano, est-il libre d’en, jouer ? Non ! il n’aura cette liberté que lorsqu’il aura appris la musique et le doigté de l’instrument. C’est ce que dit l’anarchiste.

Aussi lutte-t-il contre l’autorité qui l’empêche de développer ses aptitudes musicales – lorsqu’il en a – ou qui détient les pianos. Pour avoir la liberté de jouer, il faut qu’il ait la puissance de savoir et la puissance d’avoir un piano à sa disposition.

La liberté est une force qu’il faut savoir développer en son individu; nul ne peut l’accorder.

Lorsque la République prend la devise fameuse : « Liberté, égalité, fraternité », fait-elle que nous soyons libres, que nous soyons égaux, que nous soyons frères ? Elle nous dit : « Vous êtes libres ». Ce sont de vaines paroles puisque nous n’avons pas la puissance d’être libres. Et pourquoi n’avons-nous pas cette puissance ? Surtout parce que nous ne savons pas en acquérir là connaissance exacte. Nous prenons le mirage pour la réalité.

Nous attendons toujours la liberté d’un Etat, d’un Rédempteur, d’une Révolution, nous ne travaillons jamais à la développer dans chaque individu. Quelle est la baguette magique qui transformera la génération actuelle née de siècles de servitude et de résignation en une génération d’hommes méritant la liberté, parce qu’assez forts pour la conquérir ?

Cette transformation viendra de la conscience qu’auront les hommes de n’avoir pas la liberté de la conscience, que la liberté n’est pas en eux, qu’ils n’ont pas le droit d’être libres, qu’ils ne naissent pas tous libres et égaux… et que pourtant il est impossible d’avoir du bonheur sans la liberté. Le jour où ils auront cette conscience ils seront prêts à tout pour acquérir la liberté. C’est pourquoi les anarchistes luttent avec tant de force contre le courant libertaire qui fait prendre l’ombre pour la proie.

Pour acquérir cette puissance, il nous faut lutter contre deux courants qui menacent la conquête de notre liberté : il faut la défendre contre autrui et contre soi-même, contre les forces extérieures et contre les forces intérieures.

Pour aller vers la liberté, il nous faut développer notre individualité. – Quand je dis : aller vers la liberté, je veux dire aller vers le plus complet développement de notre individu : – Nous ne sommes donc pas libres de prendre n’importe quel chemin, il faut nous efforcer de prendre le « bon chemin ». Nous ne sommes pas libres de céder à des passions déréglées, nous sommes obligés de les satisfaire. Nous ne sommes pas libres de nous mettre en un état d’ébriété faisant perdre à notre personnalité l’usage de sa volonté et la mettant sous toutes les dépendances; disons plutôt que nous subissons la tyrannie d’une passion que la misère ou le luxe nous a donnée. La véritable liberté consisterait à faire acte d’autorité sur cette habitude, pour se libérer de sa tyrannie et des corollaires.

J’ai bien dit : acte d’autorité, car je n’ai pas la passion de la liberté considérée à priori. Je ne suis pas libérâtre. Si je veux acquérir la liberté, je ne l’adore pas. Je ne m’amuse pas à me refuser à l’acte d’autorité qui me fera vaincre l’adversaire qui m’attaque, ni même je ne me refuse pas à l’acte d’autorité qui me fera attaquer l’adversaire je sais que tout acte de force est un acte d’autorité. Je désirerais n’avoir jamais à employer la force, l’autorité contre d’autres hommes, mais je vis au vingtième siècle et je ne suis pas libre de la direction de mes mouvements pour acquérir la liberté.

Ainsi, je considère la Révolution comme un acte d’autorité de quelques uns sur quelques autres, la révolte individuelle comme un acte d’autorité d’un sur d’autres. Et pourtant je trouve ces moyens logiques, mais je veux en déterminer exactement l’intention. Je les trouve logiques et je suis prêt à y coopérer, si ces actes d’autorité temporaire ont pour but de détruire une autorité stable, de donner plus de liberté; je les trouve illogiques et je les entrave, s’ils n’ont pour but que de déplacer une autorité. Par ces actes, l’autorité augmente de puissance : elle a celle qui n’a fait que changer de nom, plus celle, que l’on a déployée à l’occasion de ce changement.

Les libertaires font un dogme de la liberté, les anarchistes en font un terme. Les libertaires pensent que l’homme naît libre et que la société le fait esclave. Les anarchistes se rendent compte que l’homme naît dans la plus complète des dépendances, dans la plus grande des servitudes et que la civilisation le mène sur le chemin de la liberté.

Ce que les anarchistes reprochent à l’association des hommes – à la société – c’est d’obstruer le chemin après y avoir guidé nos premiers pas. La société délivre de la faim, des fièvres malignes, des bêtes féroces – évidemment pas en tous les cas, mais en la généralité – mais elle le fait la proie de la misère, du surmenage et des gouvernants. Elle le mène de Charybbe en Scylla. Elle fait échapper l’enfant à l’autorité de la nature pour le placer sous l’autorité des hommes.

L’anarchiste intervient. Il ne demande pas la liberté comme un bien qu’on lui a pris, mais comme un bien qu’on l’empêche d’acquérir. Il observe la société présente et il constate qu’elle est un mauvais instrument, un mauvais moyen pour appeler les individus à leur complet développement.

L’anarchiste voit la société entourer les hommes d’un treillis de lois, d’un filet de règlements, d’une atmosphère de morale et de préjugés sans rien faire pour les sortir de la nuit de l’ignorance. Il n’a pas la religion libertaire, libérale pourrait-on dire, mais il veut de plus en plus la liberté pour son individu, comme i1 veut un air plus pur pour ses poumons. Il se décide alors à travailler par tous les moyens à briser les fils du treillis, les mailles du filet et il s’efforce d’ouvrir grandes les baies du libre examen.

Le désir de l’anarchiste est de pouvoir exercer ses facultés avec le plus d’intensité possible. Plus il s’instruit, plus il prend d’expérience, plus il renverse d’obstacles, tant intellectuels, moraux que matériels, plus il prend un champ large, plus il permet d’extension à son individualité, plus il devient libre d’évoluer et plus il s’achemine vers la réalisation de son désir.

Mais que je ne me laisse pas entraîner et que je revienne plus exactement au sujet.

Le libertaire qui n’a pas la puissance de réaliser une observation, une critique dont il reconnaît le bien fondé ou qui même ne veut pas la discuter, répond : « Je suis bien libre d’agir ainsi. » L’anarchiste dit : « Je crois que j’ai raison d’agir ainsi, mais voyons ». Et si la critique faite s’adresse à une passion dont il ne se sent pas la force de se libérer, il ajoutera : « Je suis sous l’esclavage de l’atavisme et de l’habitude ». Cette simple constatation ne sera pas bénévole. Elle portera une force en elle-même, peut être pour l’individu attaqué, mais sûrement pour l’individu qui la fait, et pour ceux qui seront présents moins attaqués par la passion en question.

L’anarchiste ne se trompe pas sur le domaine acquis. II ne dit pas : « Je suis bien libre de marier ma fille si ça me plaît ? – J’ai bien le droit de porter un chapeau haut de forme, si ça me convient » parce qu’il sait que cette liberté, ce droit sont un tribut payé à la morale du Milieu, aux conventions du Monde; sont imposés par l’Extérieur à l’encontre de tout vouloir, de tout déterminisme intérieur de l’individu en cause.

L’anarchiste agit ainsi non par modestie, par esprit de contradiction, mais parce qu’il part d’une conception toute différente de celle du libertaire. Il ne croit pas à la liberté innée, mais à la liberté à acquérir. Et du fait de savoir qu’il n’a pas toutes les libertés, il a bien plus de volonté pour acquérir la puissance de la liberté.

Les mots n’ont pas une valeur en eux-mêmes. Ils ont un sens qu’il faut bien connaître, bien préciser afin de ne pas se laisser prendre à leur magie. La grande Révolution nous a bernés par sa devise : « Liberté, égalité, fraternité » ; les libéralistes, les libéraux nous ont chanté sur tous les tons leur « laissez faire » avec le refrain de la liberté du travail ; les libertaires se leurrent par une croyance en une liberté préétablie et font des critiques en son honneur… Les anarchistes ne doivent pas vouloir le mot mais la chose. Ils sont contre le commandement, contre le gouvernement, contre la puissance économique, religieuse et morale, sachant que plus ils diminueront l’autorité plus ils augmenteront la liberté.

II est un rapport entre la puissance du milieu et la puissance de l’Individu. Plus le premier terme de ce rapport diminue, plus l’autorité est diminuée, plus la liberté est augmentée.

Que veut l’anarchiste ? Arriver à faire que les deux puissances s’équilibrent, que l’individu ait la liberté réelle de ses mouvements sans jamais entraver la liberté des mouvements d’autrui. L’anarchiste ne veut pas renverser le rapport pour faire que sa liberté soit faite de l’esclavage des autres, car il sait que l’autorité est mauvaise en soi-même, tant pour celui qui la subit que pour celui qui la donne.

Pour connaître véritablement la liberté, il faut développer l’homme jusqu’à faire que nulle autorité n’ait possibilité d’être.

= = =

Lectures complémentaires:

Manifeste pour la Société des Sociétés

Dieu et lEtat_Bakounine

Daniel_Guerin_L’anarchisme

L’anarchie pour la jeunesse

Rudolph Rocker_Anarchie de la theorie a la pratique

Ecrits-choisis-anarchistes-sebastien-faure-mai-2018

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Attentat du Bataclan: Zones d’ombre sur Black Op (RT)

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Résistance 71

 

21 juin 2018

 

RT crache le morceau, il y a eu complicité de l’intérieur (avec et sans jeu de mot…) ou du moins la suspicion de complicité de l’État dans ces attentats croît au fil du temps… Quand des militaires et policiers se voient ordonner de stopper leur action, c’est qu’il y a une opération en cours, en l’occurence l’opération était le faux drapeau du Bataclan. Considérant que l’EIIL/Daesh est une construction de l’empire, une armée mercenaire servant des objectifs bien précis, la logique mortifère est en tout point respectée.

Il est plus que grand temps de briser l’omerta sur le terrorisme d’état qui existe depuis que l’État a montré son sale museau. Nous sommes une fois de plus devant un cas classique de terrorisme d’état.

 

 

 

Résistance politico-économique: Quand la Russie vend ses parts de dette publique yankee…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, économie, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique with tags , , , , , , , , on 20 juin 2018 by Résistance 71

Pourquoi la Russie retire t’elle son argent de la dette publique américaine ?

 

Al Manar avec Sputnik

 

19 juin 2018

 

url de l’article: http://french.almanar.com.lb/934837

 

En l’espace d’un mois, la Russie a divisé par deux ses investissements dans les obligations publiques américaines – une vente sans précédent. A présent, la part des obligations dans les réserves du pays ne dépasse pas 10%.

D’après les informations publiées par le ministère américain des Finances, la Banque de Russie a vendu 47,5 milliards de dollars d’obligations américaines, et au 1er mai la Banque centrale n’en détenait plus que 48,7 de milliards de dollars.

Au classement des détenteurs de la dette publique des USA, Moscou a immédiatement perdu six positions pour passer de la 16e à la 22e place.

Et bien que la Russie n’ait jamais été en tête de cette liste, le montant actuel des obligations américaines dans le portefeuille de la Banque centrale russe peut être jugé dérisoire. En 2010 encore, les placements dans cet outil financier étaient trois fois plus importants et dépassaient 176 milliards de dollars.

D’après les rapports de la Banque de Russie, près de 30 milliards de dollars retirés des obligations américaines ont été déposés à l’étranger. Les 17 milliards restants ont été investis dans les titres de valeur d’autres pays.

Une décision stratégique

Les sanctions décrétées par Washington en avril contre Moscou constituent l’une des principales raisons de cette vente. A la même époque était également évoquée la possibilité de restrictions vis-à-vis de la dette publique russe.

La Banque centrale laisse clairement entendre que Moscou n’a pas l’intention de financer le budget d’un État qui mène une politique franchement hostile.

Toutefois, cette décision paraît également logique d’un point de vue économique, et pas seulement politique. Après l’adoption de sanctions contre la compagnie Rusal et d’autres entreprises russes, le marché financier russe a subi un choc.

«Dans un scénario négatif, l’affaire pourrait se solder par un gel des actifs, comme ce fut déjà le cas du Kazakhstan et de l’Iran. C’est pourquoi les autorités financières du pays ont pris des mesures d’urgence pour la réorganisation du portefeuille de change», explique Andreï Vernikov, directeur adjoint pour l’analyse d’investissement chez Zerich Capital Management.

Enfin, la vente d’obligations représente une diminution de la dépendance financière envers les USA. La Russie, comme d’autres pays, préfère de plus en plus l’or à la dette américaine. Dans les réserves de change russes, l’or a atteint un record de 18%. Les investissements russes dans ce métal précieux avoisinent ceux effectués dans le dollar. L’accumulation d’or est à la fois une protection contre les risques monétaires, une assurance contre les sanctions et, évidemment, un moyen de gagner de l’argent.

Le marché secoué

Les analystes font remarquer que la vente en question est sans précédent pour tout le marché de la dette publique américaine.

Fin avril, le rendement des obligations américaines sur 10 ans atteignait la barre critique de 3%, ce qui avait provoqué une chute des actifs. Selon les économistes, ce rendement, qui n’a pas été observé depuis 2008, ne promet rien de bon à l’économie américaine. Dans cette situation, les acteurs commencent à prendre en compte la perspective d’une augmentation des taux. Or, comme le suppose l’investisseur milliardaire et «roi des obligations» Jeffrey Gundlach, cela réchauffe les craintes d’un effondrement éminent du marché.

«La Fed est disposée à poursuivre l’augmentation de son taux d’intérêt, par conséquent le rendement des obligations américaines continuera de grimper. Par conséquent, leur valeur diminuera», indique Andreï Kotchetkov, analyste chez Otkrytie Broker.

La Russie n’est pas la seule responsable de la hausse du rendement des obligations américaines. Ces dernières ont également été vendues par le Japon, deuxième plus grand détenteur de dette américaine. Leur montant dans les réserves du pays a atteint son minimum depuis octobre 2011, et Tokyo se débarrasse de ces actifs depuis trois trimestres consécutifs.

La Chine achèvera-t-elle définitivement le marché de la dette publique US?

Les analystes avaient averti que si Washington ne renonçait pas à une guerre commerciale contre la Chine, cette dernière pourrait emboîter le pas à la Russie avec des montants de vente similaires. Or nous sommes en plein dans la guerre. Donald Trump a instauré une taxe de 25% sur les importations de Chine pour un montant de 50 milliards de dollars par an. La Chine a riposté par une taxe de 25% sur 659 produits importés des USA.

Fin mars déjà, Pékin avait mis en garde Washington contre le risque d’une guerre commerciale. La Chine est le plus grand détenteur de dette américaine — soit plus de 1.000 milliards de dollars. La vente de ces actifs pourrait avoir les conséquences les plus destructrices.

En 2017, la Chine avait déjà vendu une quantité record d’obligations publiques américaines en apportant une grande contribution à la hausse de leur rendement. Si la vente continuait, cela coûterait cher à l’économie américaine.

Avant tout, le coût des emprunts augmenterait, ce qui porterait un préjudice direct aux affaires. De plus, d’autres pays pourraient suivre l’exemple de la Chine. Dans ce cas, le dollar subirait des pertes en matière de statut et se rapprocherait davantage de la perte de son rôle central dans le système financier mondial.

De la futilité du socialisme et communisme de partis (Emma Goldman)

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Le socialisme pris dans le piège politique

Emma Goldman

1911

La légende nous dit que des nouveaux-nés en bonne santé suscitent la jalousie et la haine d’esprits malfaisants. En l’absence de leur mère, les démons se faufilent dans la maison, enlèvent les enfants et abandonnent derrière eux des monstres hideux et difformes.

Le socialisme a connu un destin semblable. Jeune et vigoureux, criant son défi au monde, il a éveillé la jalousie d’esprits malfaisants. Ils l’ont volé lorsqu’il s’y attendait le moins et l’ont emporté avec eux, laissant derrière eux un être difforme prétextant être le socialisme.

A sa naissance, le socialisme a déclaré la guerre à toutes les institutions établies. Son but était d’abattre toutes les injustices et de les remplacer par le bien-être et l’harmonie sociale et économique.

Deux principes fondamentaux lui donnaient force et vie : le système salarial et son maître, la propriété privée. La cruauté, l’esprit criminel et l’injustice de ces principes étaient les ennemis contre lesquels le socialisme dirigeait ses attaques et critiques les plus acérées. Ceux-ci étant les piliers les plus solides de la société, tous ceux qui osaient dénoncer leur cruauté étaient dénoncés comme ennemis de la société, comme dangereux, révolutionnaires. Un temps est venu où le socialisme a revêtu ces épithètes la tête haute, pensant que la haine et les persécutions de ses ennemis étaient ses plus grands attributs.

Il n’en est pas de même avec le socialisme pris au piège des esprits malfaisants. cette sorte de socialisme a soit abandonné toute attaque virulente contre les soutiens du système actuel ou a affaibli et changé sa forme jusqu’à en être méconnaissable.

Le but du socialisme aujourd’hui est d’emprunter un chemin tortueux pour prendre le pouvoir de l’état. Pourtant, c’est l’état qui représente l’arme la plus puissante défendant la propriété privée et notre système erroné et injuste. C’est le pouvoir qui protège le système contre toutes les attaques rebelles et résolument révolutionnaires.

L’État est l’exploitation, la force organisées et le crime. Et devant la manipulation hypnotique de ce monstre, le socialisme est devenu une proie consentante. En fait, ses représentants sont plus dévoués à l’État, à travers leur foi religieuse, que les étatistes les plus réactionnaires.

L’hypothèse socialiste est que l’État n’est pas assez centralisé. L’État, disent-ils, ne devrait pas seulement contrôler le domaine politique de la société, il devrait devenir aussi la clé de voûte, la source même de la vie industrielle, puisque cela seul pourrait en finir avec les privilèges spéciaux, les trusts et les monopoles. Il ne vient jamais à l’esprit de ces avorteurs d’une grande idée que l’État constitue le monopole le plus froid, le plus inhumain et que, si on ajoutait la dictature économique au pouvoir politique suprême déjà existant, la main de fer de l’État taillerait encore plus profondément dans la chair de la classe ouvrière que ne le fait aujourd’hui le capitalisme.

Bien sûr, on nous dira que le socialisme n’a pas pour but un État semblable, qu’il veut un vrai État démocratique et juste. Hélas, le vrai et juste État est comme le Dieu vrai et juste que personne n’a jamais encore découvert. Le vrai Dieu, selon nos bons chrétiens, est aimant, juste et équitable. Mais qu’a t-il démontré être dans les faits? Un Dieu de tyrannie, de guerre et de bains de sang, de crime et d’injustice. Il en va de même pour l’État, qu’il ait une couleur républicaine, démocratique ou socialiste. Il s’est prononcé, et se prononcera, toujours et partout, pour la suprématie et donc pour l’esclavage, la soumission et la dépendance.

Comment les machinistes politiques doivent arborer un large sourire en voyant la ruée des gens vers la dernière attraction du spectacle politique. Les pauvres gens puérils, roulés dans la farine, toujours traités avec les remèdes politiques de charlatans, soit de l’éléphant républicain, de la vache démocrate ou de l’âne socialiste, les grognements de chacun ne représentant qu’un nouveau ragtime de la boîte à musique politique.

Le niveau des eaux boueuses de la vie politique monte pour un temps, alors que sous la surface évolue la bête géante de l’avidité et du conflit, de la corruption et du déclin, dévorant implacablement ses victimes. Tous les politiciens, aussi sincères soient-ils (si une telle anomalie est même pensable), ne sont que des réformateurs insignifiants et donc les continuateurs du système actuel.

Le socialisme, à l’origine, était totalement et irrévocablement opposé à ce système. Il était anti-autoritaire, anti-capitaliste, anti-religieux; en clair, il ne pouvait pas, et n’aurait pas fait la paix avec une seule institution d’aujourd’hui. Mais puisqu’il a été perverti par l’esprit malfaisant de la politique, il est tombé dans le piège et n’a aujourd’hui qu’un désir — s’adapter aux dimensions étroites de sa cage, de participer à l’autorité, une partie de ce même pouvoir qui a tué le bel enfant du socialisme et a laissé derrière lui un monstre hideux.

Depuis l’époque de la vieille Internationale, depuis la querelle entre Bakounine, Marx et Engels, le socialisme a perdu lentement mais sûrement son panache combatif — son esprit rebelle et son fort penchant révolutionnaire — en même temps qu’il s’est laissé abuser par des gains politiques et des portefeuilles gouvernementaux. Et de plus en plus, le socialisme est devenu impuissant à se libérer de l’hypnose politique, répandant ainsi une apathie et une passivité proportionnelle à ses succès politiques.

Les masses sont formatées et mises en boîtes dans la chambre froide des campagnes électorales socialistes. Toute attaque directe, indépendante et courageuse contre le capitalisme et l’État est découragée ou interdite. Les électeurs stupides attendent patiemment d’une représentation à l’autre que les camarades acteurs donnent un spectacle dans le théâtre de la représentation, et peut-être qu’ils jouent une pièce inédite. Pendant ce temps, les députés socialistes présentent avec entêtement des résolutions destinées à la poubelle, proposant la continuation de tout ce que les socialistes voulaient, à une époque renverser. Et les maires socialistes sont occupés à défendre les intérêts financiers de leurs villes, si bien que ces intérêts peuvent dormir en paix, aucun souci ne leur sera causé par un maire socialiste. Et si de tels spectacles dignes de Punch-and-Judy[1] sont critiqués, les bons adhérents socialistes s’indignent et disent que nous devons attendre jusqu’à ce qu’ils soient majoritaires.

Le piège politique a fait passer le socialisme de la position intransigeante et fière d’une minorité révolutionnaire, combattant les fondements et ébranlant les piliers de la richesse et du pouvoir, au camp d’une majorité inerte, calculatrice, et prête aux compromis, s’intéressant à des bagatelles, à des choses qui égratignent à peine la surface, des mesures qui ont été utilisées comme leurres par les réformateurs les plus tièdes : les pensions de retraite, l’initiative populaire et le référendum, la révocation des juges et autres sujets terribles et effrayants.

Afin de mettre en œuvre ces mesures « révolutionnaires », l’élite des rangs socialistes s’agenouillent devant la majorité, en tendant la feuille de palmier du compromis, se pliant à toutes les superstitions, à toutes les injustices et à toutes les traditions absurdes. Même les politiciens socialistes savent que la majorité des électeurs sont laissés dans l’ignorance intellectuelle, qu’elle ne connaît pas même l’ABC du socialisme. On pourrait par conséquent penser que le but de ces socialistes « scientifiques » serait d’éclairer la masse de ses lumières intellectuelles. Mais il n’en est rien. Cela heurterait trop la sensibilité de la majorité. Par conséquent, les dirigeants doivent s’abaisser au niveau de leur corps électoral et donc s’adapter à son ignorance et ses préjugés. Et c’est ce qu’a précisément fait le socialisme depuis qu’il est tombé dans le piège politique.

Un des lieux communs du socialisme aujourd’hui est l’évolution. Pour l’amour du ciel, n’ayons rien à voir avec la révolution, nous sommes des gens pacifiques, nous voulons l’évolution. Je ne vais pas essayer de démontrer ici que l’évolution doit se manifester par le passage d’un niveau bas de connaissances à un niveau plus élevé, et que donc, les socialistes, de leur propre point de vue évolutionniste, ont échoué misérablement, puisqu’ils ont fait marche arrière sur tous leurs principes originels. Je veux simplement examiner cette chose merveilleuse, l’évolution socialiste.

Grâce à Karl Marx et Engels, nous sommes certains que le socialisme a passé du stade d’Utopie à celui de science. Doucement, messieurs, Le socialisme utopique ne se serait pas laisser prendre au piège politique, Il est de ceux qui n’auraient jamais fait la paix avec notre système criminel, de ceux qui ont inspiré, et inspire encore, l’enthousiasme, l’ardeur le courage et l’idéalisme. C’est le genre de socialisme qui n’aurait jamais adopter les compromis horriblement serviles d’un Berger, d’un Hillquit, d’un Ghent, et autres semblables messieurs « savants ».

Chaque tentative audacieuse pour transformer radicalement les conditions existantes, chaque vision radicale d’alternative nouvelle pour l’espèce humaine, a toujours été qualifiée d’Utopique. Si le socialisme « scientifique » doit remplacer l’activité par la stagnation, le courage par la lâcheté, le défi par la soumission, alors Marx et Engels auraient bien pu ne jamais voir le jour, vu les services rendus au socialisme.

Je déments que le socialisme soi disant scientifique a démontré sa supériorité face au socialisme utopique. Si nous examinons les erreurs de certaines prédictions faites par les grands prophètes, nous nous rendrons compte de l’arrogance et de la prétention des affirmations scientifiques. Marx était certain que la classe moyenne serait exclue de la scène et qu’il ne resterait plus que deux classes antagonistes, le prolétariat et les capitalistes. Mais la classe moyenne a eu l’impudence de faire mentir le camarade Marx.

La classe moyenne se développe partout et est, en réalité, la plus puissante alliée du capitalisme. En fait, elle n’a jamais été aussi puissante qu’aujourd’hui, comme cela peut être démontré par des milliers d’exemples, mais principalement par les messieurs mêmes parmi les rangs socialistes — les juristes, les ministres et les petits entrepreneurs — qui infestent le mouvement. Ils transforment le socialisme en une affaire de la classe moyenne, respectable et respectueuse des lois parce qu’eux-mêmes représentent cette tendance. Il est inévitable qu’ils adoptent des méthodes de propagande pour formater le goût de tout le monde pour soutenir le système d’exploitation et de vol.

Marx a prophétisé que les ouvriers s’appauvriraient en proportion de l’accroissement des richesses. Cela non plus ne s’est pas passé comme Marx le pensait. La masse des ouvriers s’est effectivement appauvrie mais cela n’a pas empêché l’apparition d’une aristocratie du monde du travail parmi les rangs même des ouvriers. Une classe de snobs qui — à cause de salaires supérieurs et des situations plus respectées, mais avant tout, par ce qu’ils ont épargné un peu ou acquis quelques biens — ont perdu toute sympathie envers leurs semblables et sont maintenant les porte-paroles les plus virulents contre les méthodes révolutionnaires. La vérité est que, aujourd’hui, l’ensemble du Parti Socialiste a été recruté parmi ces aristocrates du monde ouvrier; qu’ils n’auront rien de commun avec ceux qui se prononcent encore pour des méthodes révolutionnaires anti-politiciennes. La possibilité de devenir maire, député, ou d’obtenir une autre situation privilégiée, est trop séduisante pour autoriser ces parvenus à faire quoi que ce soit pour compromettre une telle occasion d’accéder à la gloire.

Mais qu’en est-il de la conscience si vantée de la classe ouvrière qui devait agir tel un levain? Où et comment se manifeste-t-elle? Si elle avait été une qualité innée, les ouvriers en auraient assurément apporté la preuve depuis longtemps et leur premier geste aurait été de nettoyer les rangs socialistes des juristes, ministres et autres requins spéculateurs, les espèces les plus parasites de la société.

La conscience de classe ne peut jamais se manifester dans le domaine politique car les intérêts des politiciens et ceux du corps électoral ne sont pas identiques. Les uns visent une fonction alors que les autres doivent en supporter le coût.[2] Comment peut-il y avoir un sentiment de camaraderie entre eux?

C’est a solidarité d’intérêts qui développe la conscience de classe, comme cela se manifeste dans le mouvement syndicaliste et autres mouvements révolutionnaires, dans l’effort déterminé pour renverser le système actuel, à travers la grande guerre menée contre chaque institution, au nom d’un nouvel édifice.

Les politiciens socialistes n’ont rien à faire d’une telle conscience de classe. Au contraire, ils la combattent becs et ongles. Au Mexique, la conscience de classe est en train de se manifester comme jamais depuis la révolution française. Les réels et véritables prolétaires, les péons volés et asservis, se battent pour la terre et la liberté. Ils est vrai qu’ils ignorent tout de la théorie du socialisme scientifique, encore plus de l’interprétation matérialiste de l’histoire, telles que présenté par Marx dans Das Kapital, mais ils savent avec une précision mathématique qu’on les a vendu comme esclaves. Ils savent aussi que leurs intérêts sont incompatibles avec ceux des voleurs de terres et ils se sont révoltés contre cette classe, contre ces intérêts.

Note de R71: Emma Goldman parle ici du mouvement révolutionnaire paysan mexicain d’Emiliano Zapata qui commença un mouvement d’expropriation et de réappropriation des terres en 1910. Zapata s’allia avec Francesco “Pancho” Villa. Zapata fut tué dans une embuscade en avril 1919. Le mouvement et le mode de vie qui s’est développé au Chiapas depuis 1994 est un mouvement néo-zapatiste.

Comment les monopolistes du socialisme scientifique accueillent-ils ce formidable soulèvement? Aux cris de « bandits, flibustiers, anarchistes, ignares » — incapables de comprendre ou d’interpréter les nécessités économiques. Et, de façon prévisible, l’effet paralysant du piège politique ne permet pas la sympathie avec la colère sublime des opprimés. Elle doit s’exprimer dans les limites étroites de la légalité, alors que les indiens Yaquis et les péons mexicains les ont enfreint toutes les lois, toute idée de propriété ayant même l’impudence d’exproprier les terres de leurs expropriateurs, chassant leurs tyrans et tortionnaires. Comment des aspirants pacifiques à des postes politiques pourraient-ils approuver un tel comportement? S’efforçant d’accéder au jardin d’Éden de l’État, qui est le plus solide protecteur de la propriété, les socialistes ne peuvent pas s’associer avec un mouvement quelconque qui s’attaque si effrontément à celle-ci. D’un autre côté, il est totalement cohérent du point de vue des objectifs politique du parti de satisfaire ceux qui pourrait venir s’ajouter à la force électorale du socialisme de classe. La preuve en est la manière dont est traitée la question religieuse, comment on caresse la prohibition dans le sens du poil, comment on s’accorde avec les positions anti-Asiatiques et noire, en clair, comment chaque préjugé est traité avec des gants pour ne pas choquer les âmes sensibles.

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: La France larbin de l’empire envoie des troupes au Yémen…

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Résistance 71

 

18 juin 2018

 

Ah on est loin de « l’appel du 18 juin » demeuré célèbre… 78 ans plus tard, la France répond à l’appel de l’empire anglo-américano-sioniste pour envoyer des troupes guerroyer en terres étrangères à savoir en Syrie, en Irak et maintenant… au Yémen.

« La France multiplie ses actions militaires sous le commandement US au Moyen-Orient. Après l’Irak et la Syrie, le président Macron pousse la France à prendre d’assaut le port d’al-Hudaydah. »
(Source Press TV)

Macron, dans le sillage de Sarkozy et Hollande, autres caniches de l’empire, continuent le sale boulot et à impliquer la France dans les crimes de guerres impérialistes au Moyen-Orient. Le tout bien évidemment dans un silence merdiatique assourdissant !..

Mise à jour du 18/6:

Un navire français en mission d’espionnage interpellé aux larges des côtes yéménites, tous les membres d’équipages interpellés. Le fiasco franchouillard continue !

Mais que diable allaient-ils faire dans cette galère ?..

Source: Press TV
http://www.presstv.com/DetailFr/2018/06/18/565329/Hudaydah-qui-sont-les-Franais-capturs-espions

« Que cherche la France avec son intervention militaire au Yémen? »
(Press TV)

Mascarade géopolitique: Une vision de la rencontre Trump-Kim (Pepe Escobar)

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Analyse intéressante de Pepe Escobar sur la rencontre Trump-Kim à Singapour. Comment l’empire pourra t’il évacuer la zone de la péninsule coréenne ? N’est-ce pas en fait à terme remettre de l’huile sur le feu ? Est-ce une partie du plan de fusion de l’empire avec la Chine ?… A suivre avec intérêt.

Lecture connexe:

« Sur la fumisterie de ‘l’accord’ Trump-Kim »

 

Le mot clé du show Trump-Kim

 

Pepe Escobar

 

15 juin 2018

 

url de l’article en français:

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article10030

En réaffirmant la Déclaration de Panmunjom, le Président américain s’est engagé à rapatrier ses troupes de Corée du Sud et donc à une dénucléarisation complète du Sud et du Nord.

L’émission de télé-réalité géopolitique Trump-Kim – surréaliste pour certains – a fait une entrée sans précédent dans les annales de la diplomatie internationale. Il sera difficile de surpasser le président américain en train de sortir un iPad et de montrer à Kim Jong-un la bande annonce ringarde d’un film d’action de série B des années 1980 – avec un Sylvester Stallone en cameo, faisant des deux leaders des héros destinés à sauver les 7 milliards de personnes de la planète.

Loin de la télévision, l’ancien « Rocket Man », devenu respectueusement dans la terminologie de Trump « Président Kim », a fait un formidable coup en effaçant complètement du texte final de la déclaration commune de Singapour le terrible acronyme CVID – ou « complete, verifiable, irreversible denuclearization” (dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible).

Tout au long des négociations préalables au sommet, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a toujours insisté sur une stratégie « action pour action » aboutissant à la dénucléarisation, puisque Pyongyang aura une compensation à chaque étape au lieu d’attendre une dénucléarisation complète pour être admissible à des avantages économiques, ce qui aurait pu durer plus d’une décennie.

La déclaration conjointe de Singapour consacre exactement ce que le partenariat stratégique Russie-Chine, formalisé lors du récent sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), suggérait depuis le début : un double gel.

La RPDC suspend tous les nouveaux essais nucléaires et de missiles pendant que les États-Unis et la Corée du Sud arrêtent les « jeux de guerre » (selon la terminologie de Trump).

Cette séquence logique de la feuille de route sino-russe est basée sur ce que le président sud-coréen Moon Jae-in a convenu avec Kim Jong-un lors du sommet inter-coréen en avril dernier. Et cela rejoint ce dont la Corée du Nord, la Corée du Sud et la Russie avaient déjà discuté lors du sommet de l’Extrême-Orient à Vladivostok en septembre dernier, comme l’a rapporté Asia Times c’est à dire l’intégration économique entre la Russie et les deux Corées, y compris la connectivité cruciale d’un futur chemin de fer trans-coréen avec le Transsibérien.

Encore une fois, tout cela concerne l’intégration de l’Eurasie ; accroissement des échanges entre la Corée du Nord et la Chine du Nord-Est, concernant principalement les provinces du Liaoning, du Jilin et du Heilongjiang ; et la connectivité totale et physique des deux Corées au cœur de l’Eurasie.

C’est encore un exemple de la Nouvelle route de la soie, ou initiative de la ceinture et de la route (BRI), qui rencontre l’Union économique eurasiatique (UEE). Et ce n’est pas un hasard si la Corée du Sud veut établir des liens plus étroits avec la BRI et l’UEE.

En cas de doute, relisez Panmunjom

La déclaration commune de Singapour n’est pas un accord ; c’est une déclaration. L’élément absolument clé est le numéro 3 : « Réaffirmant la déclaration de Panmunjom du 27 avril 2018, la RPDC s’engage à œuvrer pour la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ».

Cela signifie que les États-Unis et la Corée du Nord travailleront à la dénucléarisation non seulement la RPDC mais aussi toute la péninsule coréenne.

Bien plus que « … la RPDC s’engage à œuvrer pour la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne », les mots-clés sont en fait « réaffirmant la Déclaration de Panmunjom du 27 avril 2018 … »

Même avant Singapour, tout le monde savait que la RPDC ne « de-nuke » (terminologie de Trump) pas pour rien, surtout quand on ne lui promettait que quelques vagues « garanties » américaines.

Comme on pouvait s’y attendre, tant les factions impérialistes américaines néoconservatrices que les factions impérialistes humanitaires sont unanimes dans leur fureur, fustigeant l’absence de consistance dans la déclaration commune. En fait, il y avait énormément de consistance. Singapour réaffirme la Déclaration de Panmunjom, qui est un accord entre la Corée du Nord et la Corée du Sud.

En signant la déclaration commune de Singapour, Washington a été mis au courant de la Déclaration de Panmunjom. En droit, quand on prend connaissance d’un fait, on ne peut l’ignorer plus tard. L’engagement de la RPDC à dénucléariser dans la déclaration de Singapour est une réaffirmation de son engagement à dénucléariser dans la Déclaration de Panmunjom, avec toutes les conditions qui y sont attachées. Et Trump l’a reconnu en signant la déclaration de Singapour.

La Déclaration de Panmunjom le souligne : « La Corée du Sud et la Corée du Nord ont confirmé l’objectif commun de réaliser, par la dénucléarisation complète, une péninsule coréenne exempte d’armes nucléaires. La Corée du Sud et la Corée du Nord sont d’avis que les mesures prises par la Corée du Nord sont très significatives et cruciales pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne et ont convenu de remplir leurs rôles et responsabilités respectifs à cet égard. La Corée du Sud et la Corée du Nord ont convenu de rechercher activement le soutien et la coopération de la communauté internationale pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne ».

C’est cela l’engagement. « La » communauté internationale « , comme tout le monde le sait, est le code pour désigner les États-Unis comme étant le Grand Décideur. Si Washington ne rapatrie pas ses troupes de Corée du Sud, il n’y aura pas de dénucléarisation. Fondamentalement, c’est l’accord discuté entre Kim et le président Xi Jinping lors de leurs deux réunions cruciales, avant Singapour. Sortez les États-Unis de la péninsule et nous vous couvrons.

Toute l’attention devrait donc se focaliser sur la « réaffirmation », le mot clé de la déclaration commune de Singapour.

Résister au colonialisme et à l’État génocidaire (Mohawk Nation News)

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Maquiller un cochon

 

Mohawk Nation News

 

12 juin 2018

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2018/06/12/lipstick-on-the-pig/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

A vos marques ! Prêts ! La jeunesse est la majorité démographique des peuples natifs. D’après kaianerekowa, quiconque, inclus les enfants, a le droit à la prise de décision. Nous sommes tous des survivants de wasirakosetah, le plus grand holocauste de l’histoire de l’humanité.

Depuis 2006, les peuples natifs ont augmenté de 42,5%, 4 fois plus rapidement que les envahisseurs. Presque la moitié de la population de nos communautés est jeune, ou à l’âge enfantin. Notre nombre va doubler en une génération.

Les envahisseurs, leurs marionnettes locales et leurs comités sans fin inventent toujours de nouveaux plans financés par notre argent fiduciaire sans notre connaissance ni notre accord. Quelques hommes d’affaire reçoivent licence pour pomper des millions à nos dépends et notre tewatatawi, décident du comment nous devons nous comporter et ce en désaccord total des désirs de la plus vaste majorité. Une “étude de faisabilité” conduite par les envahisseurs et leurs marionnettes est de fait, un plan prémédité de nous assassiner nous et nos enfants. D’abord il y eut le génocide, puis le lavage de cerveaux en règle dans les pensionnats pour Indiens (NdT: et la continuité du génocide…), puis la prison et maintenant l’assasinat de notre jeunesse en la poussant au suicide, à l’overdose (ou à la ruine par la came) ou à être flinguée par les flics.

Le Canada propose une opération croissance [de marijuana] sous couvert de “centre culturel” au milieu de la drogue, des casinos divers et maisons de jeux, le tout adjacent des bahuts.

Le Canada pousse à la conso de came. Ils peuvent mentir tout leur sâoul, un cochon, même maquillé, reste un cochon.

L’Assemblée des Premières Nations (APN), les conseils de bandes (NdT: répondant au gouvernement colonial) et leurs comités font le sale boulot de terrain. Le gouvernement est le patron des cartels de la drogue.

Kahnawake (NdT: territoire Mohawk au sud de Montréal) est entouré de toujours plus de noirceur. Les criminels vont bientôt être submergés dans le sombre marécage où patauge le système entrepreneurial (colonial).

Les envahisseurs aident Trump à se venger des Mohawks qui l’ont empêché de construire des casinos dans l’état (frontalier) de New York. Les ouvriers des grattes-ciel mohawks devront être fouillés quotidiennement pour drogue lors de leur passage de frontière pour se rendre au travail (NdT: Yankland apprend ses leçons de son protégé de l’apartheid: l’entité sioniste…). Ces ouvriers viennent de Kahnawake, où l’état déchire la communauté en encourageant les natifs de faire de l’argent facile sans travailler. Trump déteste et va punir tout passeur à la frontière yankee.

Quel est le futur de Kahnawake ou de quelque communauté autochtone que ce soit ? Les politiciens, bureaucrates prédateurs et tous les comités doivent divulguer tout ce qu’ils ont fait et font en notre nom et avec notre argent. (NdT: celui du fond fiduciaire, the Indian Trust Fund, volé de longue date). Arrêtez le mensonge, arrêtez la corruption. Que la pure et absolue vérité soit révélée !…

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Lectures complémentaires:

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

La_voie_Lakota_et_Crazy_Horse

Effondrer le colonialisme

Manifeste pour la societe des societes

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

si-vous-avez-oublie-le-nom-des-nuages-vous-avez-oublie-votre-chemin

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte