Archive pour novembre, 2014

États policiers, polices militarisées, l’affaire de Ferguson et l’avènement du totalitarisme… Suite

Posted in actualité, désinformation, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, presse et média, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 30 novembre 2014 by Résistance 71

Ceci est une mise à jour de PCR sur son article précédent, que nous avons traduit et publié le 28 Novembre.

— Résistance 71 —

 

Une réexamination de l’affaire de Ferguson

 

Paul Craig Roberts

 

28 novembre 2014

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2014/11/28/ferguson-reexamined-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il y a eu très peu de bonnes questions posées, s’il y en a même eu, durant la grande audition de ce Grand Jury de Ferguson pour savoir si le policier Darren Wilson allait être inculpé du meurtre de Michael Brown.

La plus importante des questions qui n’a pas été examinée est de savoir si la police est entraînée pour immédiatement utiliser la force en tant que première ressource dans une crise et ce avant même d’évaluer la situation de terrain ou même de savoir s’ils sont bien à la bonne adresse pour leur intervention ? La police est-elle formée pour mettre la vie de ses membres bien au-dessus de celle de suspects potentiels ou de celle des familles dont les commandos de police forcent les demeures et que de savoir si la police ne fait qu’appliquer ce qu’on lui a enseigné lorsqu’elle tue sans raison des membres de public ? Alors que la police est entraînée pour l’utilisation de la force en première instance, elle ne peut donc plus être jugée comme responsable (NdT: elle “suit les ordres d’en haut”… L’excuse la plus invoquée au procès de Nüremberg…)

Il y a beaucoup de vidéos que l’on peut voir en ligne qui montrent que la première chose que la police fait lorsqu’elle arrive sur un lieu d’appel est d’utiliser la force.
Michael Brown n’était pas dans sa tombe de quelques heures que les flics de Cleveland ont tué un jeune garçon de 12 ans qui jouait dans la rue avec un pistolet jouet qui tirait des petites billes en plastique. Sur la vidéo, on voit que l’enfant non seulement ne menace personne, mais qu’il n’y a personne avec lui à ce moment précis. Le garçon joue un scenario ludique qu’il a en tête. Un observateur appelle la police. Celle-ci arrive et abat instantanément le garçon dès son arrivée.

Voici une sélection de vidéos et d’articles. Quelques videos sont compressés pour économiser du temps au visionnage. Elles sont d’une durée allant de 59 secondes à 7min51, qui montre le gamin marchant sur le trottoir. Toute l’action se produit à la fin. La police arrive et ouvre instantanément le feu, ne faisant absolument aucun effort d’évaluation de la situation.

http://www.nbcnews.com/news/us-news/video-shows-cleveland-cop-shoot-12-year-old-tamir-rice-n256656
http://www.dailymail.co.uk/news/article-2850234/Video-released-showing-police-shooting-Tamir-Rice-12-carrying-BB-gun.html

http://www.wkyc.com/story/news/local/cleveland/2014/11/26/tamir-rice-shooting-video-released/19530745/

http://nypost.com/2014/11/27/cops-release-video-of-officer-fatally-shooting-12-year-old/

Quelques jours à peine avant que Michael Brown ne fut tué à Ferguson, la police de l’Ohio a assassiné John Crawford dans un magasin Walmart. Qu’avait-il fait ? Il avait pris une carabine à air comprimé d’une étagère du Walmart et était en train de parler au téléphone avec la mère de ses deux enfants, peut-être pour discuter de l’achat de la carabine pour les enfants. Un observateur nommé Ronald Ritchie s’est senti menacé et a appelé la police. La police s’est alors engoufrée dans le magasin et a abattu sur le champ Crawford. La police affirme que les agents ont ordonné à Crawford de lâcher la carabine, mais la vidéo montre la police tirant à vue sur Crawford. Le “citoyen concerné” Ritchie a en fait causé deux morts, car l’incident qui a causé la mort de Crawford a aussi vu la mort d’une cliente du magasin par crise cardiaque, Angela Williams, alors que celle-ci fuyait l’ouverture du feu de la police.

http://www.washingtonpost.com/news/post-nation/wp/2014/09/25/ohio-wal-mart-surveillance-video-shows-police-shooting-and-killing-john-crawford-iii/

Oui, vous l’avez deviné, le Grand Jury a aussi décidé que la police avait eu raison.

Voici une autre vidéo qui démontre qu’un policier abat une personne instantanément sans aucune cause probable pour son action: http://www.msnbc.com/all-in/watch/dashcam-shows-cops-shooting-an-unarmed-man-333655619609 Ceci est un cas rare dans lequel en fait le policier a été tenu pour responsable, sûrement parce que la vidéo empêchait les autorités de fabriquer l’histoire usuelle pour justifier l’action de la police.

Dans cette vidéo, la police abat un homme de race noire dans la rue. Après avoir tiré sur Kajieme Powell 10 fois, les flics continuent de braquer le corps sans vie tandis qu’il est menotté. Comme une litanie sans fin de ces vidéos, celle-ci montre que soit des psychopathes sont recrutés dans les forces de police ou alors alors que l’entraînement subi rend les flics psychopathes. http://www.youtube.com/watch?v=_68bmTlGtQ8

Ces deux rapports examinent l’histoire du policier Darren Wilson qui a abattu Michael Brown à Ferguson et concluent que l’histoire racontée par Wilson n’a pas de sens. http://www.vox.com/2014/11/25/7281165/darren-wilsons-story-side and http://www.vox.com/2014/11/25/7287443/dorian-johnson-story Plus que vraisemblablement, Michael Brown a été une autre victime des violences gratuites que la police est entraînée à utiliser. L’utilisation d’une force létale par Darren Wilson est en fait en concordance avec son entraînement.

Le problème du Grand Jury et du procureur de Ferguson et partout ailleurs est que le vrai problème, celui de l’entraînement de la police à utiliser une force létale en première instance, n’a pas été identifié comme la cause fondamentale de la mort de Michael Brown.

La décision du Grand Jury de Ferguson n’est pas une exonération de l’utilisation par Wilson de la force létale. Quiconque est familier avec le système de justice criminelle américain (sic) sait que n’importe quel procureur peut obtenir ou empêcher une accusation par un Grand Jury. Les procureurs sont autorisés à déterminer quelles preuves et témoignages seront présentés. Les procureurs sont autorisés à corrompre des témoins avec de l’argent ou des retraits de plaintes et ils peuvent faire passer en force des faux témoignages en menaçant des témoins d’accusation. Il est très rare qu’une mise en accusation ou un refus de mise en accusation repose sur des faits réels.

Le système judiciaire américain ne se préoccupe plus du tout de justice, mais de la carrière des procureurs, de punir les sans pouvoir (NdT: sans dents ?… 😉 ) et protéger les puissants. Alors que la justice ne fait grandement plus partie du système judiciaire, il n’est pas du tout surprenant que la police ne possède aucun concept de ce qu’est la justice.

Note: Voici une vidéo des brutes flics d’Alburquerque au Nouveau-Mexique, assassinant un homme blanc qui ne faisait rien d’autre que de transporter des étriers de freins de voiture. Remarquez comment la floppée de policiers prétend que l’homme qu’ils viennent de hâcher menu par balles est toujours dangereux.

http://www.youtube.com/watch?v=pBuwceiQ5Ik

Changer de paradigme commence avec l’abandon des fraudes « scientifiques » comme le darwinisme-social…

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Le meilleur antidote contre cette pure fadaise inventée de toute pièce qu’est le darwinisme social (inventé par Thomas Huxley et perpétué par les Herbert Spencer et consorts) est « L’entr’aide mutuelle, un facteur de l’évolution » de Pierre Kropotkine, qu’il écrivit en réponse aux inepties et au détournement fait des recherches de Darwin lui-même par l’eugéniste Thomas Huxley.

L’article de Dean Henderson ci-dessous poursuit dans cette ligne.

— Résistance 71 —

 

La fraude du darwinisme-social

 

Dean Henderson

 

24 novembre 2014

 

url de l’article original:

http://hendersonlefthook.wordpress.com/2014/11/24/the-social-darwinism-fraud/#more-990

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il est important de comprendre la transition méthodologique historique employée par l’élite globaliste dans sa quête sans fin du contrôle des personnes et des ressources de cette planète. Le plus important est le glissement d’une confrontation ouverte avec les mouvements de libération et leur suppression violente, vers des formes plus subtiles de guerre psychologique menées par le contrôle et le déformation de l’information au travers des médias de masse (alias les merdias).

Cette bataille pour gagner nos esprits prend plusieurs formes, mais commence par l’insertion de bases philosophiques dans le consensus public. Une des plus insidieuses de celles-ci est le darwinisme-social, qui prêche la “survie du plus apte”, la “survie du plus fort” et renforce le paradigme de la domination. Cette vision du monde totalement frauduleuse est renforcée par une recherche “scientifique” financée par les grandes entreprises et a besoin d’être déconstruite et discréditée si nous voulons évoluer de manière progressiste en tant qu’espèce.

L’expédition de Charles Darwin a été financée par la noblesse. Il était lui-même franc-maçon. Malgré son haut degré élitiste, la recherche de Darwin le mena à des conclusions très importantes qui n’étaient pas “la survie du plus apte”, ce mantra que l’élite globaliste a employé depuis lors pour justifier toute turpitude, du colonialisme et de l’esclavage à la finance des banques centrales privées en passant par le capitalisme monopoliste. La thèse centrale de Darwin était plutôt que la survie d’une espèce était infiniment dépendante d’un haut degré de coopération au sein de cette espèce. (NdT: Ce qui est corroboré par les recherches de Pierre Kropotkine, grand penseur anarchiste et “père” de la biologie-sociale…)

J’ai grandi dans un ranch occupant 810 ha de terre et j’ai vécu en milieu rural la plus grande partie de ma vie, j’ai chassé, posé des pièges, pêché, élevé du bétail et eu des animaux familiers. J’ai marché des centaines de kilomètres dans l’arrière pays du Montana et ses chemins montagneux, j’ai rencontré des Grizzlies, des bouquetins, des orignaux et des loups.

J’ai récemment été visité avec mon épouse le parc national Kruger en Afrique du Sud. Au travers de toutes ces expériences, je n’ai JAMAIS vu deux animaux sauvages s’engager dans un combat mortel. Ce que j’ai vu, c’est la coopération animalière à bien des niveaux, pas seulement au sein des mêmes esèces animales mais aussi entre des espèces différentes.

Allez marcher dans la forêt et vous entendrez des oiseaux prévenir le renard que vous vous dirigez vers lui. Observez une horde de chevreuils et vous verrez celui qui est le plus afuté, regarder et attendre les plus jeunes, les membres de la horde blessés ou malades. Visitez le parc Kruger et vous y verrez des phacochères rester très près des zèbres, pourquoi ? Parce que le zèbre peut voir au dessus le l’herbe haute de la savane et voit les lions venir, tandis que le phacochère plus petit mais avec des petites défenses très aiguisées peut donner suffisamment de fil à retordre à une lionne pour permettre à un zèbre d’échapper à une embuscade. (NdT: ceci s’appelle la “relation symbiotique” naturelle, qui est une coopération fondée sur l’entr’aide mutuelle directe, elle est absolument partout dans la nature, sur terre, dans les airs et sous l’eau…)

J’ai eu deux chiens pendant près de 15 ans. Buck le chien le plus grand, se soumettait à Milo, plus petit mais plus vieux, ceci durant toute sa vie. Ils n’ont jamais eu une seule confrontation physique de leur vie. Bien que Buck était le plus fort des deux sans aucun doute, il ne voyait aucun intérêt à jouer “le caïd”. Buck savait que la coopération était le chemin le plus facile. En retour, Milo n’a jamais abusé de sa situation “d’ancienneté”.

Il est bien évident que des confrontations se produisent dans le règne animal, la plupart du temps durant les période de rut, de reproduction et quand la nourriture devient rare. Les garçons resteront des garçons et tout être vivant doit manger. Mais pourquoi les merdias se focalisent-ils tellement sur ces rares incidents et si peu sur la coopération prévalente dans la communauté naturelle ? Parce que le faire taillerait en pièces le mythe qui pousse l’idée que le capitalisme monopolistique est le système économique naturel.

L’élite globaliste a utilisé cette même fausse version du néo-darwinisme dans son portrait des peuples indigènes. On nous dit, souvent pour justifier une quelconque guerre du pétrole d’Exxon-Mobil et de la Citibank (NdT: intérêt Rockefeller), que “les Indiens étaient aussi toujours en guerre les uns contre les autres blablablabla…” Et pourtant, n’importe quel anthropologue sérieux vous dira que les peuples natifs des Amériques s’engageaient très rarement dans des guerres inter-tribales pendant les plus de 100 000 ans qu’ils ont passé sur ce continent sans contact avec les Européens. (NdT: Les “guerres” entre nations indiennes étaient le plus souvent des escarmouches et les raids des représailles, qui souvent se résolvaient en conseil avec les familles intéressées. Une chose est également sûre: Les nations premières des Amériques ne connaissaient pas les guerres d’extermination propres aux Européens et à l’expansion capitalisto-coloniale…)

Les nations et tribus pré-colombiennes, n’avaient pas de chef “alpha”. Ils avaient des conseils de clans, de tribus, de nations, consistant en des hommes et femmes les plus âgés et dont l’expérience de la vie avait une grande valeur. Les jeunes chasseurs, plus forts et vigoureux devaient toujours montrer une respectueuse déférence aux anciens (le respect est ici une notion importante..). Parmi les Lakota par exemple, le chasseur qui avait tué un animal mangeait toujours le dernier, renforçant ainsi la valeur de l’humilité et décourageant l’arrogance. La puissance (et l’arrogance qui va avec) ne sont pas juste dans les sociétés des premières nations du continent. (NdT: A ce sujet consultez notre dossier sur les travaux de l’anthropologue politique Pierre Clastres sur ce blog, ses recherches corroborent tout a fait ce que nous dit ici Dean Henderson)

La noblesse européenne a vu cela et jugea ce modèle socialiste tribal comme étant une menace à la croissance de l’empire industrio-capitaliste. Ils ont donc loué les services de porte-flingues emmenés par la clique de sbires comme Albert Pike, fondateur à la fois de la franc-maçonnerie du rite écossais et du Ku Klux Klan et ont lancé les guerres d’extermination contre les Indiens. Ces mercenaires génocidaires ont appris aux Indiens à prendre des scalps (NdT: Les Indiens “scalpant” leurs ennemis est un mythe. La pratique fut introduite par les colons blancs qui récompensaient les chassseurs de primes “à la tête”, comme les têtes étaient lourdes en encombrantes, le scalp devint une pratique courante pour les colons/chasseurs de prime pour se faire payer…), leur payant des récompenses avant que ces scalps ne fussent envoyés aux dégénérés européens qui faisaient dieu sait quoi avec ceux-ci.

Les troupes de Pike choisissaient les “chefs” tribaux, toujours ceux suffisamment veules et fourbes et facilement corruptibles. Ces “chefs” remplacèrent les conseils traditionnels de tribus et de nations, signèrent des traités vendant ou donnant des terres ancestrales aux colons et furent corrompus afin qu’ils attaquent d’autres tribus et nations indiennes pour créer le désordre et la désunion nécessaires pour que l’élite globaliste puisse détruire le modèle socialiste natif. (NdT: Dans l’ère moderne, ces “chefs” corrompus ne sont plus choisis par les colons mais plus pernicieusement, sont élus sous le coup des lois coloniales pour “représenter” leurs peuples. Ce sont les “conseils de bande” au Canada sous la loi indienne de 1867 et 1923 et les “conseils de tribus” aux Etats-Unis sous le coup de la loi fédérale sur les Indiens. Ces “conseils” par essence corrompus ne représentent pas la société traditionnelle native.)

Le néo-darwinisme (social) est une façon diabolique, emplie de peur, de penser le monde. C’est une réalité totalement en porte-à-faux avec la Nature. Le paradigme de domination qu’il justifie est une construction, une fiction du monde industriel occidental, essayant de justifier et de forcer une logique pour les actions passées, présentes et à venir de ces gens, de cette ligne (con)sanguine de la pseudo-élite globale.

Une dernière pensée: Si le contrôle de l’économie mondiale est vraiment aussi simple que la théorie de la “survie du plus apte ou du plus fort” et que prévaut la “domination du mâle alpha”, alors quelqu’un comme Evander Holyfield (NdT: boxeur poids-lourd de renom) ne devrait-il pas être le proprio de la Bank of America, au lieu du chétif PDG de Goldman Sachs Lloyd Blankfein et que celui-ci en soit réduit à louer une baraque infestée de cafards dans le bas-Harlem ?

Stoppons l’empire, privons-le de ses terres usurpées.. Démantelons la doctrine chrétienne de la « découverte »…

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Vers le démantèlement de la doctrine de la domination chrétienne

 

Steven Newcomb

 

20 Novembre 2014

 

url de l’article original:

http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/11/20/toward-disestablishing-doctrine-christian-domination

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans son article récent (ici en anglais: http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/10/24/deconstructing-doctrine-discovery ), le professeur David Wilkins (Lumbee) dit que la doctrine de la découverte est passée par beaucoup d’expressions différentes, comme une “fiction théologique” des papes, “une fiction politique” des nations européennes, et une “fiction légale” des Etats-Unis (NdT: et du Canada…). Il affirme que récemment, la doctrine de la découverte a été “dangereusement réobjectivée comme fiction populaire”.

Le professeur Wilkins est un universitaire brillant et accompli et il est bon de le voir discuter d’un sujet que son mentor, feu l’universitaire Standing Rock et le théologien Vine Deloria Jr, firent tant pour le mettre en valeur. Cette mise en valeur inclut la lettre ouverte de Deloria en 1972 aux chefs des églises chrétiennes et son fameux ouvrage de 1973 “God is Red” (“Dieu est Rouge”), dans lequel il cita la bulle papale de 1493 Inter Caetera.

En tout cas, les vues de Wilkins ne sont sûrement pas au-delà de toute critique, spécifiquement du fait que ses commentaires sont faux ou imprécis. Il dit par exemple que “comme cela fut originellement conçu par le pape Alexandre VI dans sa bulle de 1493, la ‘découverte’ accordait les intérêts particuliers exclusifs de l’Espagne dans les Amériques.” Pourtant, Wilkins ne nous dit pas, précisément, de quel type “d’intérêts exclusifs dans les Amériques” le pape avait l’intention d’accorder à la couronne de Castille.

En Mai 2013, Debra Harry (Paiute), Sharon Venne (Cree) et moi-même (Shawnee) avons consulté et étudié des documents originaux papaux aux Archives Générales des Indes Occidentales (NdT: Ces énormes archives sont conservées dans la ville de Séville en Andalousie, elles contiennent 43 000 dossiers contenant plus de 80 millions de pages et 8000 cartes géographiques…). C’était le 4 Mai, 520 ans jour pour jour après la publication des documents papaux de 1493. Au dos d’un des deux parchemins velum, la notation du secrétariat royal dit que les documents furent une concession de pape Alexandre VI à la couronne de Castille “pour gagner et conquérir les Indes”, (“ganaran y conquistaron de las Indias”).

En d’autres termes, ce furent des concessions de la papauté autorisant la couronne à forcer “les Indes” à passer sous la domination chrétienne. Les documents papaux ont exprimé et assumé le droit chrétien, catholique et espagnol du dominium ou “dominorum Christianorum” (Eximae Devotinis, May 3, 1493). Cette assomption de la domination chrétienne soulève la question de savoir si les nations indiennes furent considérées par les penseurs chrétiens, avoir la souveraineté et le dominium ou domination, au même niveau et au même degré, que l’église catholique et la couronne d’Espagne.

Le professeur Anthony Anghie dans son livre “Imperialism, Sovereignty, and the Making of International Law” (2004), dit que le théologien espagnol Francisco de Vitoria avait argumenté que “les Indiens n’étaient pas souverains parce qu’ils étaient des païens.” Ce fut le point de vue de Vitoria que les Indiens n’étaient pas souverains parce qu’ils n’étaient pas chrétiens. Wilkins dit que Vitoria a déclaré “que les peuples natifs étaient les vrais propriétaires de leurs terres” et que Vitoria était de l’avis qu’une appropriation espagnole “d’un titre de propriété par la découverte ne pourrait être justifiée que quand la propriété était sans propriétaire.” Ainsi nous avons affaire à deux problèmes en un:

  • Si de l’avis de Vitoria les Indiens étaient souverains et…
  • Si un titre de propriété “au travers de la découverte” s’est appliqué là où des nations non-chrétiennes et leurs peuples vivaient déjà.
    Il est possible que le professeur Wilkins ne soit pas au courant de l’argumentation de Vitoria sur le fait que les Indiens n’étaient pas souverains car n’étant pas chrétiens. Ou peut-être a t’il décidé de laisser cette argumentation hors de son article, tout en mentionnant ce qu’il dit être la vision de Vitoria des Indiens à savoir “qu’ils étaient les véritables propriétaires de leurs terres”.

Quoi qu’il en soit, les idées de domination (“ganaran y conquistaron”) exprimées dans la bulle papale, l’affirmation par l’Espagne et les autres nations chrétiennes du droit de domination sur toutes les terres non-chrétiennes et la vision de Vitoria affirmant que les monarques chrétiens étaient souverains mais que les Indiens non-chrétiens ne l’étaient pas, ont résulté d’un cadre conceptuel bien spécifique: Le dominium ou droit de dominorum d’un souverain chrétien contre le titre de quelque infidèle ou païen décrété non-souverain par les chrétiens.

Quel serait le résultat si les chrétiens concevaient nos ancêtres “être les véritables propriétaires” de nos terres, sous le pouvoir et le dominium ou dominorum d’un souverain chrétien résultant de la première assertion de la souveraineté chrétienne et de son dominium sur des terres non-chrétiennes ? Le résultat serait un cadre de “titre souverain chrétien contre un titre moindre, diminué d’Indiens non-chrétiens, non-souverains.”

Dans l’article d’opinion de Wilkins, il mentionne le célèbre article légal de Felix Cohen “Original Indian Title”, publié en 1947. Dans cet article nous y trouvons ce sous-titre: “Le titre souverain: Johnson contre McIntosh”. Avec ce sous-titre, Cohen disait que Johnson contre M’Intosh (NdT: référant à une fameuse décision de la cour suprême des Etats-Unis en 1823, légiférant en faveur de la souveraineté chrétienne en accord avec la doctrine de la découverte…) était au sujet du supposé supérieur “titre souverain” de l”ascendence”, de “la domination (dominion) ultime” ou de la “domination absolue”, tout autant que cela était au sujet d’un titre de propriété indien ou du droit “d’occupation de la terre”.

Dans le rendu de l’affaire White contre l’université de Californie, un panel de trois juges de la cour d’appel du 9ème district a récemment dit que l’occupation indienne des sols “n’est pas un droit de propriété”, mais n’est qu’un “intérêt aborigène à la terre”. Après avoir mentionné dans son article la sitation de la 9ème chambre d’appel dans le cas des Indiens Tee Hit-Ton contre les Etats-Unis, Wilkins demande:

Mais pourquoi y a t’il une poussée ces jours-ci vers le retour à la version discréditée il y a longtemps de la doctrine de la découverte, alors que la réalité historique montre clairement qu’elle n’a pas été utilisée de quelque manière pratique que ce soit par les colons subséquents après les écrits de Vitoria ?

Il pose cette question comme si on ne trouvait que la “version papale” de la doctrine de la découverte dans les archives historiques, ce qui n’est clairement pas le cas. Ceci est parfaitement démontré par le résumé légal du ministère de la justice américain en 1954 de l’affaire des Indiens Tee-Hit-Ton contre les Etats-Unis. Dans ce résumé légal, le solicitor du gouvernement Simon Sebeloff a dit que ce qui commença comme une doctrine de la papauté avant et au commencement de l’âge de la découverte, fut ensuite généralisé et adopté par “toutes les nations chrétiennes” d’Europe.

Ce fut la version généralisée plutôt que la “version papale” de la doctrine chrétienne de la découverte et de la domination qui est devenue le fondement du rendu de Johnson contre M’Intosh et du sous-titre de l’article de Felix Cohen (“the Sovereign’s title: Johnson v. M’Intosh”). La doctrine chrétienne de la découverte et de la domination devint la base de l’argumentation du gouvernement fédéral américain dans son résumé légal du rendu de justice dans l’affaire Tee-Hit-Ton contre les Etats-Unis.

Ceci devint le fondement de la décision de la cour suprême des Etats-Unis en 1955 pour l’affaire Tee-Hit-Ton, comme cela est prouvé par la citation par la cour des Elements of International Law de Henry Wheaton et plus récemment, ce fut la base pour une citation de Tee-Hit-Ton contre les Etats-Unis par la cour d’appel du 9ème district et de son panel de trois juges ce 27 Août dernier.

Dans son chapitre sur la “conquête déguisée en loi” , “Conquest Masquerading As Law,” in Unlearning the Language of Conquest by Four Arrows, Vine Deloria Jr. écrit que la doctrine de la découverte “fut élargie de telle manière que toute nation chrétienne pouvait ‘découvrir’ des terres auparavant inconnues des Européens et qu’elle était immédiatement investie du titre légal (de propriété) et ce sans se préoccuper des droits et reconnaissance des habitants existant de l’endroit.

Dans l’affaire Johnson contre M’Intosh, le juge Marshall a dit que le “droit de la découverte” était confiné à des pays alors inconnus de tous les peuples chrétiens”. En d’autres termes, les envahisseurs chrétiens revendiquaient un droit de domination sur des terres auparavant inconnues des chrétiens et des nations chrétiennes. Cette façon d’énoncer le sujet a plus à faire avec la conservation des documents papaux et royaux dans un langage actuel de cette époque, ce qui est toujours de nos jours un élément fondateur de la loi fédérale sur les Indiens et de sa politique et se doit donc d’être desétabli.

États policiers, polices militarisées, l’affaire de Ferguson et l’avènement du totalitarisme…

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Notre position sur cette affaire est la suivante: Quelque soit la personne incriminée, délinquante ou non, un policier n’a pas à faire usage de son arme de service même s’il est frappé au visage (à mains nues). La victime de cette triste histoire n’était pas armée. Quel que soit la justesse ou la méprise des témoignages, il n’était pas armé. Le policier n’était donc pas en état de légitime défense et ne pouvait pas tirer sur l’individu, pas une fois, encore moins 12 fois comme cela est prouvé ballistiquement.

Tout le reste n’est que blablabla de circonstance pour continuer à diviser la population. Le système une fois de plus a réussi. Tant qu’un peuple quel qu’il soit accepte volontairemet ou le plus souvent tacitement, de se laisser diviser… Il n’y a aucun espoir de changement réel.

C’est unis que nous vaincrons tout le reste n’a pas d’importance.

~ Résistance 71 ~

 

Mise à jour, 2ème article sur le sujet (Paul Craig Roberts)

 

Ferguson: ou quand la sécurité des citoyens est perdue devant l’irresponsabilité de la police

 

Paul Craig Roberts

 

25 novembre 2014

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2014/11/25/ferguson-safety-citizens-lost-unaccountability-police-paul-craig-roberts/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les évènements de Ferguson (Missouri) se sont déroulés de la façon dont les Américains éveillés pensaient qu’ils se dérouleraient. Un procureur blanc a guidé un Grand Jury vers la décision qu’un policier blanc qui a tué un jeune noir américain avait raison et n’avait pas commis de crime.

La communauté de majorité noire mais politiquement sans pouvoir de Ferguson consiste en des citoyens américians qui sont constamment harcelés et abusés par la police. La communauté nore a répondu de manière prévisible à l’exonération du policier blanc de tout crime. Le résultat fut des émeutes, des pillages et la destruction de propriétés.

Cette réponse a durci les blancs dans leur vision que les noirs sont enclins au crime et une menace à la sécurité des vies et des propriétés blanches.

Ce problème a été classé comme un cas de racisme noir-blanc.

En réalité, la situation est bien plus grave que le racisme.

Je peux personnellement me rappeler lorsque la police aux Etats-Unis était une police de confiance. Elle se contrôlait elle-même et voyait son rôle comme étant celui d’aider les citoyens et d’enquêter sur des crimes commis. Elle faisait attention de ne pas accuser des innocents ni de tuer des citoyens sans aucune raison. Les policers mettaient leur vie en danger pour éviter de commettre des erreurs dans l’utilisation de leur pouvoir.

Cette époque est révolue à tout jamais. La police a été totalement militarisée, spécifiquement après les attentats du 11 septembre 2001, mais même auparavant. On lui enseigne de considérer le public, spécifiquement les personnes qui enfreignent le code de la route, comme des personnes qui peuvent potentiellement être une menace pour la police. La nouvelle règle enseignée aux policiers et de questionner un suspect seulement après avoir assuré leur sécurité et donc de ne poser les questions que si les contrevenants sont toujours en état de parler après avoir été battus, passés au taser ou abattus.

Ce type d’entraînement policier, couplé avec une certaine incompétence (NdT: Dans le dernier cas d’un enfant de 12 ans abattu par un policier 2 secondes après être intervenu sur les lieux de voie publique où l’enfant se tenait avec un pistolet en plastique, il est avéré que les deux policiers le tireur âgé de 26 et un an de police et l’autre âgé de 43 ans, 3 ans de police, n’ont ni la maturité, ni le sang-froid pour intervenir sur la voie publique. Question, que faisaient ces deux hommes avant de rentrer si tardivement dans la police (de Cleveland) ? Quel est aujourd’hui le mode de recrutement des policiers ? Quel est leur pédigré, d’où viennent-ils ?…), qui est difficile à comprendre en ces jours de dotation électronique, GPS etc résultant en l’assaut massif de foyers de citoyens américians totalement innocents, qui n’ont rien fait de mal et qui perdent des memebres de leur famille ou des animaux familiers (NdT: Le nombre de chiens abattus par la police en intervention sur des propriétés privées est faramineux…), à cause d’une violence policière gratuite et inutile.

Les contribuables paient la police pour enquêter sur des crimes, pas pour attaquer et harceler des membres de la communauté. Mais la police a reçu les instructions de voir son rôle comme ´´tant celui de se protéger elle-même d’un public enclin au crime, noirs et blancs confondus.

La police se trouve du côté de la branche exécutive du pouvoir et depuis le 11 septembre, la branche exécutive a réussi à faire en sorte qu7elle ne sit plus responsable devant la loi ni la constitution. Cette irresponsabilité a maintenant filtré vers les forces de olice militarisées qui peuvent maintenant assassiner en toute impunité dans la mesure où le nombre croissant de leurs assassinats de citoyens reçoit le blanc-seing de l’autorité.

Changement de paradigme politique: Le système est au-delà de toute rédemption (Howard Zinn)

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Peut-on fixer le système ?

 

Howard Zinn

 

Boulder, Colorado, 2002

 

~ Extraits d’un entretien traduit par Résistance 71 ~

 

Note du traducteur: Ces extraits font partie d’un entretien que l’historien Howard Zinn a eu sur la radio KGNU (Boulder et Denver) en Août 2002. Il y répondait à des questions d’un journaliste indépendant. Nous en avons traduit la teneur la plus importante à nos yeux.

Q: La crise actuelle du capitalisme est-elle systémique ? (Notons ici que cet entretien a eu lieu 6 ans avant le début de la crise actuelle et le mot “crise” y est déjà prononcé…)

HZ: C’est systémique dans le sens où ce n’est pas juste une abération qui va disparaître si et quand quelques escrocs entrepreneuriaux se retrouveront en prison… La maladie fondamentale du système demeurera et ce même si la bourse remonte et si les pires excès du système corporatiste ont été légèrement corrigés, les problèmes fondamentaux demeureront. Ceci est essentiellement dû à la très mauvaise distribution de la richesse, où 1% de la population possède plus de 40% de la richesse de cette nation, où il y a d’énormes salaires au sommet et des gens dans la misère en bas, des gens sans abris, beaucoup d’américains vivant dans des logements de plus en plus insalubres, incapables de payer les loyers.

C’est systémique, parce qu’il y a une énorme erreur dans le système. Je pense que ce qui est fondamental au système capitaliste est un problème systémique, en l’occurence que le profit, les bénéfices sont la force dominante qui décide de ce qui doit être fait dans la société. C’est la base. Cet aspect de dégager des bénéfices veut dire que des habitations à loyer modéré ne seront pas construites pare qu’il n’y a pas d’argent à faire là-dessus. Les salaires des enseignants ne seront pas doubblés comme ce devrait être le cas. Les rivières, les lacs et les océans ne seront pas nettoyés parce qu’il n’y a aucun bénéfice pécunier à en tirer […]

L’incentif du profit, que les gens qui veulent glorifier notre système qualifient de chose merveilleuse, va peut-être mener à une production énorme de façon à ce que le PIB augmente et augmente, mais si vous regardez bien ce qui constitue ce PIB, c’est très… dégeulasse (NdT: Ici Zinn joue avec les mots disant que c’est “gross”, dégueulasse, tandis que PIB en anglais se dit Gross Domestic Product ou GDP, “gross” voulant dire là “brut”…). Il consiste en choses qui ne résolvent pas vraiment les besoins quotidiens des citoyens ordinaires. Il consiste essentiellement en machines de guerre et en produits de luxe pour les riches.

[…]

De plus en plus de pays souffrent non seulement de nos multinationales et de leurs actions, mais aussi des interventions du FMI et de la Banque Mondiale. Ce n’est donc pas systémique aux Etats-Unis, mais au monde en général, dû au fait que les Etats-Unis le dominent.

Note du traducteur: Suit une question demandant à HZ de réagir sur une citation d’Antonio Gramsci: “Le vieux (monde) se meurt et le nouveau ne peut pas naître. Dans cet intervalle, une grande variété de symptômes morbides apparaissent.

HZ: […] Le vieux système commence à révéler ce qui ne va pas de manière qui va provoquer l’émergence du nouveau, car de plus en plus de gens se révoltent contre le vieux système. Les gens qui apparemment non aucun pouvoir en ont en fait un énorme. […] Bien qu’un nouveau mode de vie, de société, n’a pas encore émergé, il y a des gens partout dans le monde qui commencent à compendre que quelque chose est fondamentalement mauvais et que quelque chose doit vraiment être fait. Vous pourriez dire qu’ils sont les graines de la rébellion contre le vieux système et les premiers signes de l’émergence de quelque chose de nouveau.

La question suivante se rapporte à la description du colonialisme faite par Joseph Conrad dans son livre “Au cœur des ténèbres” publié en 1902 et de la brutalité des atrocités de la Belgique au Congo. Howard Zinn commente…

HZ: […] Ceci est quelque chose qui s’est produit en Afrique et dans d’autres parties du monde au XIXème siècle et précédemment et se produit toujours au XXème et en ce moment. Regardez la politique américaine en Amérique Latine. Que pourrait-être plus violent et moche que ce que les Etats-Unis ont fait en Amérique Latine depuis plus de cent ans ?

[…]

En fait, le gouvernement des Etats-Unis n’a fait qu’intervenir au service des intérêts des compagnies pétrolières, de l’industrie du sucre, des banques et des chemins de fer…

Lorsque les Etats-Unis ont mis Pinochet au pouvoir en 1973 au Chili, ceci s’est produit en résultat direct de l’influence d’ITT et des cuivres Anaconda dans le renversement du gouverement démocratiquement élu de Salador Allende. Au Guatémala, le gouvernement du président Jacobo Arbenz, le chef d’un autre gouvernemnt démocratiquement élu, qui fut renversé en relation directe de la relation entre l’United Fruit Company (NdT: dont un des deux frères Dulles était un administrateur, l’autre étant… patron de la CIA…) et le gouvernement Eisenhower. Ce que décrit Joseph Conrad a toujours cours aujourd’hui.

[…]

Pouvons-nous indiquer les choses merveilleuses qui se sont produites dans les pays sous contrôle et influence américains ? Pouvons-nous indiquer le bonheur se produisant en Indonésie lorsque les Etats-Unis ont soutenu le régime de Suharto dans sa guerre contre le Timor oriental et les communistes, campagne qui fit des centaines de milliers de morts ? L’impérialisme est toujours aussi moche et aussi brutal qu’il l’a toujours été ; mais il semble important pour ses défenseurs intellectuels de venir s’épancher dans les pages du New York Times magazine et ailleurs pour essayer de donner bonne mine à ce que sont toujours “les guerres sauvages de la paix” de Kipling.

Note: Une autre question mentionne l’ancien général de l’USMC Smedley Butler expliquant le comment et le pourquoi l’armée américiane agit comme le racketteur au profit des transnationales qui dirige le gouvernement américain.

HZ: Smedley Butler est un des grands lanceurs d’alerte de l’histoire de cette nation. Une de ces personnes qui sortent de l’establishment dont elles font partie et exposenr au grand jour ce qui est fait. Elles le font avec grande autorité parce qu’elles ont participé à ce qu’elles dénoncent.

[…]

L’histoire de l’expansionnisme américain est si longue et odieuse que si vous la connaissiez, vous ne pourriez pas parler de bons motifs. Seulement un manque de connaissance de l’histoire permet aux gens de croire que la puissance américaine va être utilisée pour de bonnes choses. L’histoire remonte à l’extermination des peuples et nations indiens, puis de la guerre avec le Mexique et jusqu’à aujourd’hui avec le soutien aux forces armées de Colombie et la soi-disante guerre contre le terrorisme.

[…]

Parlant d’armes de destruction massive et de Saddam Hussein, les Etats-Unis disent qu’il a utilisé ces armes. C’est vrai. Hussein a gazé les Kurdes en 1988, mais les Etats-Unis ne l’ont pas désapprouvé à cette époque. Les Etats-Unis ont utilisé leurs armes de destruction massive de bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki à la guerre du Golfe en passant par le Vietnam, ce qui a provoqué des pertes en vies humaines bien plus importantes que n’importe quel autre pays au monde. Il est très hypocrite de la part des Américains de parler des armes de destruction massive.

[…]

En fait, personne ne devrait être surpris. Les citoyens n’ont jamais eu l’opportunité d’exprimer leur désaccord lorsque le pays est envoyé à la guerre. Une des raisons en est que les médias ont toujours été alignés avec la politique du gouvernement pour préparer et aller à la guerre. Nous n’avons jamais eu de système véritablement ouvert et transparent. C’est en fait tout le contraire, le système est fermé de manière plus hermétique au fil des ans.

[…]

Ainsi les autres pays ne se voient pas bénéficier de la domination américaine du pétrole au Moyen-Orient.

= = =

Source:

“Original Zinn, conversations on History and Politics”, David Barsamian, Harper Perennial, 2006, chapitre 1.

Résistance à l’apartheid en Israël… Palestiniens, Amérindiens même combat anticolonialiste…

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Réfugiés

 

Elsa Grigaut

 

26 Novembre 2014

 

url de l’article:

http://www.michelcollon.info/Refugies,4846.html?lang=fr

 

« Nous sommes encore vivants, nous avons de l’espoir. Vous qui avez le Droit, aidez nous à avoir une vie d’être humains. » ; « Nous n’avons pas besoin d’argent, nous avons besoin de retrouver notre terre. » ; « Les Israéliens pensent que la prison va nous casser, nous ôter l’envie de nous battre contre l’occupation mais c’est tout le contraire. » Investig’Action offre à ses lecteurs les témoignages percutants de trois réfugiés palestiniens, à partir de l’excellente brochure « Réfugiés », réalisée par la journaliste Elsa Grigaut.

Jihad Abdel Halim Abu Muslim – Rencontre le 19/05/2014

Légende photo : Jihad, Ala’a ont été détenus plusieurs années dans les geôles israéliennes. Leur frère y est toujours détenu (à droite sur la photo qu’ils tiennent dans leurs mains).

J’ai été arrêté par l’armée israélienne le 6 mai 2004, j’avais 17 ans. C’était à Ramallah alors que j’étais dans un appartement situé en zone A (1) (c’est-à-dire dans une zone normalement contrôlée par l’Autorité Palestinienne, NDLR), en pleine après-midi.

Les soldats israéliens m’ont frappé puis m’ont emmené dans une base militaire à Jérusalem pour m’interroger. J’avais un bandeau sur les yeux, j’étais menotté à une chaise ou enfermé dans une pièce d’un mètre carré. C’était dur.

J’étais tout le temps dans l’obscurité, je n’avais plus la notion du temps, j’ignorais si c’était la nuit ou le jour.

Les soldats israéliens m’ont soumis à des pressions psychologiques. La nourriture était infecte, même un animal n’aurait pas voulu la manger, je n’avais pas d’eau, je ne pouvais pas me laver ou aller aux toilettes. Ils me maintenaient huit à neuf heures par jour dans une cellule sans que je puisse bouger.

Pendant les interrogatoires, ils menaçaient de tuer ma mère et de détruire la maison de ma famille si je ne parlais pas.

Les interrogatoires ont duré 100 jours. Chaque journée se ressemblait, ils m’empêchaient de dormir, quand je m’assoupissais, les gardiens me disaient que je devais aller me laver. Ils me disaient de me préparer à être interrogé à 6 h du matin et au final, ça se faisait la nuit.

Les gardiens m’annonçaient qu’ils m’emmenaient au tribunal pour mon jugement mais finalement, c’était une simulation, juste pour que je sois constamment sous pression. Des gens qui étaient enfermés avec moi et qui travaillaient avec les Israéliens essayaient de me faire parler. Même si j’avais 17 ans, je connaissais leurs techniques car, dans le passé, j’avais beaucoup discuté avec des amis du camp et mon grand frère, qui avaient déjà été en prison. Les 100 jours écoulés, j’ai été transféré à la prison d’Hasharon et j’ai attendu 1 an, c’est-à-dire, le jour de mes 18 ans, pour être jugé. J’ai écopé d’une peine de 9 ans. C’était vraiment dur. Durant mon incarcération, je crois que je suis passé par toutes les prisons israéliennes : Hasharon, Damoon, Jalbouh, Shata, Nakab, Majedou, Askalan, Al Sabea et Rominim. Quand j’étais en prison, j’étais malade, j’ai d’abord eu mal au ventre puis mal partout.

En 9 ans d’incarcération, les Israéliens n’ont accepté qu’une seule fois de m’emmener à l’hôpital.Le reste du temps, ils me donnaient des médicaments en me faisant croire que ça allait me soigner mais en réalité, il s’agissait de traitements qui agissaient directement sur mon cerveau. Ca m’a rendu fou. Une fois ils m’ont donné des médicaments pour que je ne dorme pas…ça a duré 20 jours. Je vomissais tout le temps. Je crois que c’était une expérimentation médicale.

Quand je demandais à me faire hospitaliser, ils acceptaient mais me transféraient vers une autre prison où ils me jetaient dans une pièce vide. A ma sortie de prison, je n’ai pas reconnu ma propre famille. J’étais très malade, on m’a hospitalisé une semaine en Jordanie et je dois maintenant suivre un traitement pour me soigner. Au début de mon incarcération, je n’ai pas eu le droit d’avoir une seule visite pendant trois ans. Puis ma mère est venue me voir une fois par mois. Parfois, l’administration pénitentiaire ne la prévenait pas de mes transferts alors, elle se déplaçait pour rien.

Mes deux frères et moi avons demandé à être emprisonnés au même endroit car ma mère était épuisée d’aller de prison en prison pour nous voir tous les trois.

Pendant quatre mois, nous avons partagé la même cellule dans la prison d’Al Nakab. C’est la pire des prisons, les cellules sont minuscules et il n’y a pas de lumière. 120 prisonniers sont enfermés dans quelques mètres carrés et tournent autour d’une table. Nous pourrions écrire des livres et des livres sur nos années en prison mais ça ne suffirait pas. Le pire, ce sont les interrogatoires. Mes frères ou moi ne pouvons pas oublier les tortures et la souffrance.

Deux de mes frères ont également été arrêtés après moi. L’un en 2006, l’autre en 2007 puis ils ont été emprisonnés pour une durée de cinq et treize ans. L’un est libre et l’autre doit encore attendre trois ans.

Ala’a frère de Jihad

C’était très dur quand Jihad est sorti de prison. C’est son mariage et son épouse qui l’ont un peu aidé.

Moi j’ai été interrogé 93 jours. Les Israéliens n’avaient aucune preuve contre moi alors ils ont essayé de m’envoyer des traîtres pour me faire parler. Comme je savais parfaitement qu’ils étaient des collaborateurs, je me suis battu avec eux.

Vous savez, les Israéliens pensent que la prison va nous casser, nous ôter notre envie de nous battre contre l’occupation mais c’est tout le contraire. Nous sommes encore plus forts et plus éduqués à notre sortie car en prison, nous pouvons apprendre des uns et des autres. Ca nous forge. Jihad et moi n’avons pas l’autorisation de rendre visite à notre frère en prison. Moi, je ne peux même pas sortir de Cisjordanie pendant cinq ans. Oum Jihad

C’est épuisant d’aller de prison en prison pour voir mes fils. En ce moment, je suis en train de remplir les papiers pour que mon fils puisse passer le baccalauréat pendant son incarcération.

Chaque fois que je veux faire une visite, les Israéliens m’obligent à me déshabiller, ils m’humilient.

Imaginez aussi que mon propre fils ne me reconnaissait pas à sa sortie de prison…

Tous nos prisonniers sont fous et malades quand ils sortent, c’est terrible !

Mahmoud Mohamad Ramadan Habash (Rencontre le 24/05/2014)

Ma famille est originaire du village de Beit Dajane, près de Yaffa. Je suis né en 1967, j’ai trois frères qui vivent aujourd’hui à Salem, Taybé et Naplouse. Ma sœur vit au village de Qufur Qalil (district de Naplouse, NDLR) et moi, je vis dans la maison de mes parents au camp de réfugiés de Balata avec ma femme, mes quatre filles et ma mère.

Mon frère Bassam a été emprisonné 7 ans, Ahmad, 4 ans et Hassan 8 mois. J’ai été à l’école du camp jusqu’à l’âge de 14 ans, j’ai poursuivi ma scolarité à l’extérieur.

Je me souviens de ma première arrestation par l’armée israélienne c’était le 11 novembre 1985. J’étais au lycée avec mes camarades et il y avait des affrontements avec les colons et les soldats. Je me rappelle très bien du gaz lacrymogène. Vingt-quatre d’entre nous ont été arrêtés, moi y compris. Nous sommes restés dix-huit jours à la prison d’Al Fara (située entre Naplouse et Jénine, NDLR). Puis dix-huit ont été libérés et les autres et moi, nous avons été dispatchés dans différentes prisons israéliennes. Ils m’ont interrogé pendant vingt jours et je suis resté deux mois à Al Fara avant d’être transféré à la prison d’Al Jnaid (Naplouse, alors sous contrôle israélien, NDLR) avec mon ami Salah Zidane pour une durée d’un an. Ce dernier est mort en martyr en 2003 lors de la seconde intifada. Les quatre autres incarcérés étaient à la prison de Naplouse. Je n’ai rien confessé mais, les colons ont témoigné contre moi et j’étais accusé d’avoir lancé des pierres dans leur direction le 11 novembre. Je partageais une petite cellule avec beaucoup de prisonniers, il n’y avait pas de toilettes, seulement une bassine.

Chaque matin, nous rangions nos matelas et nous faisions le ménage. C’était propre parce que les prisonniers faisaient tout, y compris la cuisine. J’étais le plus jeune des prisonniers.

Je me souviens du 3 mars 1986. Régulièrement, l’administration pénitentiaire nous asphyxiait par l’unique lucarne de la cellule. Les gardiens diffusaient du gaz lacrymogène puissant. Ce jour-là, je me suis mis à vomir du sang et à avoir des plaques sur la peau, j’ai dû être hospitalisé pendant 20 jours. Encore aujourd’hui, je me demande comment nous sommes encore en vie. Beaucoup de mes codétenus avaient différentes pathologies cardiaques mais ils ont résisté.

A ma sortie de prison, je n’ai pas continué mes études. Ma famille et moi nous sommes installés au village de Qufur Qalil car nous pensions que nous aurions moins de problèmes avec l’armée israélienne que si nous restions au camp.

Nous sommes restés là-bas cinq ans. Les soldats venaient de temps en temps chez nous, ils cassaient notre porte, nos fenêtres et nous insultaient. J’ai travaillé dans le domaine du textile pendant deux ans à Balata. Puis, il y a eu la première intifada. Un jour j’ai enfreint le couvre-feu que les Israéliens nous avaient imposé. Ils m’ont tiré dessus et ça a pulvérisé mon tibia droit. J’ai mis un an à me rétablir.

En 1990, j’ai été arrêté trois mois pour ne pas avoir respecté le couvre-feu. J’ai d’abord été incarcéré à Al Fara puis à Al Nakab dans un camp de 6000 prisonniers. Nous étions dans le désert, sous des tentes. On ne pouvait pas dormir à cause des insectes. La chaleur et la nourriture, je crois que c’était cela le pire. Cela rendait tout le monde malade ! Et dans ces cas-là, vous ne pouviez rien espérer d’autre que de l’aspirine et du glucose. A ma sortie, je suis retourné à Balata pour travailler dans le bâtiment jusqu’en 1993.

J’ai été de nouveau arrêté et placé en détention administrative (2) pendant un an. J’ai passé six mois dans le camp d’Al Nakab et six mois à Magido. Il y avait de grosses tensions entre l’administration pénitentiaire et les prisonniers. Nous faisions des grèves de la faim pour obtenir une amélioration de nos conditions de détention et notre droit de visite. Je suis sorti en 1994, j’ai travaillé comme carreleur.

Puis j’ai fait une formation de six mois avec l’Autorité Palestinienne pour entrer dans la police. J’ai travaillé cinq ans, je suis devenu gardien à la prison de Naplouse (à l’époque déjà sous Autorité Palestinienne, NDLR). Et puis, il y a eu la deuxième Intifada.

Le 25 mai 2001, j’étais dans ma voiture avec trois autres amis à l’entrée du camp de Balata. Nous sommes sortis de la voiture et un hélicoptère israélien l’a bombardé alors que nous n’étions qu’à quelques mètres du véhicule. Un de mes amis a été pulvérisé, un autre a perdu une main et un œil, un autre a été blessé au ventre. Ce dernier s’appelle Kamil, il est actuellement emprisonné par les Israéliens car il a écopé d’une peine de prison de 350 ans. J’ai été hospitalisé trente jours. J’ai perdu la vue à cause de la chaleur de l’explosion et des projections de métal. Au début, j’avais aussi perdu l’ouïe. Elle est un peu revenue avec le temps. Depuis ce jour, j’ai constamment un bruit de moteur dans chacune de mes oreilles, ce n’est pas le même son dans la droite et la gauche et l’intensité peut varier d’un jour sur l’autre. Ma jambe gauche a aussi été sérieusement touchée, j’ai définitivement perdu un bout de tibia.

Vous savez, on est mal soigné en Palestine.

Ca fait 13 ans que j’entends le même bruit dans mon crâne et j’ai très mal à la tête car il me reste des débris de métal à l’intérieur. J’ai beaucoup souffert à cause des brûlures sur ma poitrine, là aussi il reste des bouts de métal. Ma peau en a naturellement rejeté quelques-uns mais il en reste encore et c’est très douloureux. J’ai le même problème avec ma jambe gauche.

Les médecins disent que c’est difficile de me soigner ici mais j’ai été interdit de sortir du territoire pendant cinq ans après l’attaque. Je sais qu’il existe des solutions concernant mon ouïe mais je dois aller en Jordanie ; je n’arrive pas à obtenir une permission de l’Autorité Palestinienne et cela nécessiterait environ 1500 dollars.

Ce n’est pas facile d’aller à l’hôpital de Rafidia (Naplouse, NDLR), je ne vois pas, j’entends mal.

Cela fait 13 ans que j’essaie de me faire soigner.

J’étais policier, j’ai servi mon pays mais le gouvernement ne veut pas m’aider. Il me donne 2000 shekels (environ 421 euros, NDLR). Les blessés comme moi ont besoin d’avoir une vie sociale, mais c’est presque impossible de se déplacer.

Dîtes aux Français de nous soutenir, nous et les familles de martyrs. Nous avons besoin d’un soutien politique et humain.

Nous sommes encore vivants, donc nous avons encore de l’espoir. Vous qui avez le Droit, aidez-nous à avoir une vie d’être humains.

Ahmad Khamis Mohamed Aiswad Rencontre en mai 2014

J’ai 81 ans, je suis né en 1933 dans le village de Kufur Ana, situé entre Yaffa et Lid. Maintenant, il n’existe plus rien de ce que je connaissais. A la place, les Israéliens ont construit un hôpital et l’aéroport de Ben Gurion. Ma famille était paysanne, nous avions des orangeraies, du blé, des légumes. Kufur Ana comptait deux écoles, une pour les filles qui étaient scolarisées jusqu’à 10 ans et une pour les garçons, scolarisés jusqu’à 13 ans. Pendant les vacances, je travaillais pour les Anglais (à l’époque du mandat Britannique) comme gardien. C’est comme ça que j’ai appris à parler anglais. Quand j’ai eu 15 ans, j’ai travaillé pour eux à plein temps et puis, les Juifs sont arrivés en 1948.

Ils tiraient n’importe où et sur n’importe qui, nous avions tous peur. J’étais l’aîné de ma famille, j’ai fait monter ma soeur et mon frère sur mon vélo et nous avons fui notre village. Mes parents avaient chargé notre âne avec quelques couvertures, des assiettes, des marmites, une théière et un réchaud. Deux heures plus tard, nous nous sommes tous retrouvés au village Al Khirbai, à côté de la ville de Lid. Pendant une semaine, nous avons attendu, abrités sous les arbres. Nous avions quelques vivres mais nous étions persuadés que nous allions revenir chez nous. Nous sommes retournés au village pour voir quelle était la situation et prendre d’autres affaires. Nous nous sommes fait tirer dessus donc nous sommes partis pour Lid. Là aussi, nous vivions sous les arbres, ça a duré trois mois, mais là encore, les Juifs sont arrivés, nous avions faim. Nous avons fui au village de Qibya (à côté « ede Lid). Là-bas, un habitant nous a prêté une maison sans toit. Puis, les Israéliens sont venus et ont tué beaucoup de gens, y compris des femmes et des enfants. Nous sommes donc partis pour le village de Birzeit (à côté de Ramallah, NDLR).

Mon père et moi sommes devenus ouvriers agricoles. Nous étions plusieurs réfugiés à vivre de cette façon, dans les champs, abrités dans des cabanes. Je me suis marié à 22 ans avec une fille du même village que moi. J’ai commencé à travailler comme ouvrier dans le bâtiment partout dans les camps de réfugiés en Cisjordanie.

J’ai construit des écoles à Balata, à Askar, un cabinet médical aussi. Ma famille et moi, nous nous sommes installés à Balata. Quand les Israéliens nous ont encore attaqués en 1967, la plupart des gens et moi qui avions vécu la Nakba, nous nous sommes dit que nous ne partirions plus, quitte à mourir. Il n’y aurait pas de deuxième Nakba. A l’époque, nous louions une maison, puis j’en ai construite une de cinq étages. J’ai aussi travaillé deux ans en Israël, j’avais un ami juif. C’est quelqu’un de bien, qui cherche la paix.

Aujourd’hui, deux de mes enfants travaillent avec lui. J’ai eu deux épouses et seize enfants qui ont eu des enfants à leur tour. Les Sionistes ont fait un mauvais calcul. J’ai fui de mon village avec mes parents, mon frère, ma sœur et aujourd’hui, rien que de mon côté, nous sommes une centaine !

Il faut trouver une solution. Ici, au camp, les enfants n’ont pas de lieux pour jouer, nous manquons de structures pour les soins médicaux, l’UNRAW(3) donne de moins en moins d’aides. L’un de mes fils a fait quatre ans de prison, il a peu de moyens et doit faire vivre sa famille dans une seule pièce alors qu’il est employé à la mairie de Naplouse. Les salaires sont vraiment trop bas ! Moi, je vis dans une pièce au rez-de-chaussée, à la fin du mois, mes enfants me donnent un peu d’argent. Mais si j’étais chez moi, ça serait tellement mieux ! Vous savez, dans un village on peut vivre de sa terre, mais pas dans un camp. Les sionistes ont pris notre paradis. Je n’ai plus de terre à transmettre en héritage. Nous n’avons pas besoin d’argent, nous avons besoin de retrouver notre terre. Je garde la foi, j’ai 81 ans et jusqu’à aujourd’hui, je crois que je vais retourner chez moi car personne ne peut oublier ses racines, ça serait comme ne pas avoir de religion.

 

Notes :

(1) Les territoires palestiniens sont formés de 
 Une zone A : Gaza, et les villes de Jéricho, Jénine, Qalqilya, Ramallah, Tulkarem, Naplouse et Bethléem. Dans cette zone l’Autorité Palestinienne exerce les pouvoirs de police (18% des Territoires). 
 Une zone B qui comprend les autres zones de la Cisjordanie dans lesquelles la sécurité est exercée par l’Autorité nationale Palestinienne et l’armée israélienne (22% des Territoires). 
 Une zone C qui intègre les colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. La zone C est sous contrôle d’Israël (60 % des Territoires).

(2) : Détention administrative : cette procédure judiciaire est utilisée par les Israéliens afin de détenir des Palestiniens sans motif ni jugement pendant une durée indéterminée. Les raisons de ces incarcérations ne sont jamais révélées au prisonnier ou à son entourage et bien évidemment, aucun avocat ne peut avoir accès au dossier du détenu.

Au début de ce type d’incarcération, les administrations pénitentiaires israéliennes font savoir au « détenu administratif » qu’il est enfermé pour une durée de trois mois. A la fin de cette période, l’ordonnance peut être renouvelée pour une durée identique et ce à l’infini. La détention administrative est une forme de torture psychologique utilisée dans le but de briser l’individu et de lui ôter l’esprit de résistance. Cette procédure est héritée du mandat britannique en Palestine avant 1948 et permet d’emprisonner des années sans procès toute personne.

Le traitement des « détenus administratifs » contrevient non seulement aux Droits de l’Homme internationaux mais aussi aux dispositions de la Quatrième Convention de Genève. Sont violés : le droit de se défendre, le droit à être entendu publiquement et équitablement, le droit de faire appel, d’examiner les témoignages et la présomption d’innocence. De plus le droit humanitaire interdit le transfert de civils de territoires occupés vers le territoire de l’Etat occupant. Le droit international interdit la détention administrative car elle est arbitraire. Elle bafoue la quatrième convention de Genève, visant à protéger les civils des territoires occupés et interdisant la détention arbitraire comme moyen de contrôle sur une population.

(3) L’UNRAW : Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA – United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East, en anglais)

 

Source :

Réfugiés

Crédits photo : Elsa Grigaut. Montage et retouches : Claire Goulois

Pour vous procurer la brochure « Réfugiés » pour seulement 2 € (FRAIS DE PORT GRATUITS A PARTIR DE 3 EXEMPLAIRES) :

Chèque à l’ordre d’Amitié Lille Naplouse

Courrier à adresser à : Amitié Lille Naplouse Maison des Associations 72 rue Royale 59000 Lille

Email : lille-naplouse@laposte.net

Résistance au colonialisme: Du mythe états-unien du « Thanksgiving » à la réalité coloniale d’apartheid…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 27 novembre 2014 by Résistance 71

“Le véritable héritage des pélerins puritains est une trahison. La plupart des Américains pensent aujourd’hui que la fête du Thanksgiving célèbre une bonne moisson, mais il n’en est rien. En 1970, la nation Wampanoag a rendu une copie de la proclamation originale du Thanksgiving (jour d’action de grâce) faite par le gouverneur de la colonie d’alors. Le texte révéla l’horrible vérité: Après qu’une milice coloniale soit revenue d’un raid ayant massacré des hommes, des femmes et des enfants d’une communauté indienne, le gouverneur proclama un jour de congé pour fêter et et remercier (dieu) pour ce massacre. Il encourageait aussi par écrit les autres colonies à faire de même. En d’autres termes, chaque automne, après avoir bien moissonné, allez tuer des Indiens et fêtez vos assassinats.”
(Russell Means, autobiographie, 1995, p.176)

 

Pourquoi les peuples des premières nations regardent le jour du Thanksgiving ou “jour d’action de grâce”, comme une journée de deuil

Et pourquoi Alexander Ramsey doit être poursuivi à titre posthume comme criminel de guerre et être jugé pour crimes contre l’humanité…

 

Dr. Gary G. Kohls

 

25 Novembre 2014

 

url de l’article:

http://www.globalresearch.ca/why-first-nations-people-regard-thanksgiving-day-as-a-national-day-of-mourning/5416119

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

“Les Sioux (ou Lakota/Dakota), Indiens du Minnesota doivent être exterminés ou chassés au-delà des frontières de cet état.” – Governeur du Minnesota Alexander Ramsey

Nous les fêtards à la dinde, les obèses, les accrocs du sport-télé, de la flânerie en gallerie marchande jusqu’à en tomber de fatigue, les légumes de canapées historiquement illétrés, sommes tous les bénéficiaires des actions de nos ancêtres coupables, bien que parfois acteurs sans le savoir, de crimes contre l’humanité qui se sont déroulés durant ces 500 ans de la honte toujours pas terminés de l’histoire de génocide, de nettoyage ethnique, de colonisation et d’occupation de terres et de peuples qui appartienent de droit aux peuples aborigènes qui ont habités l’Amérique du nord, centrale et du sud des milliers et des milliers d’années avant que Christophe Colomb (qui ne savait absolument pas où il se trouvait) et ses matelots en manque de sexe ne désembarquèrent de leurs navires en très mauvais état et ne commencèrent le pillage de la terre et le viol des femmes autochtones en 1492. Ils se mirent à couper bientôt les mains de ceux qui ne ramenaient pas leur quota d’or de mines qui en étaient dépourvues.

Ainsi a commencé le génocide systématique contre les peuples des nations premières non-blanches qui mena éventuellement et peut-être inévitablement, à la cruauté et aux crimes contre l’humanité qui ont réduits des millions d’Africains en esclavage, dont beaucoup moururent enchaînés avant même d’atteindre cette soi-disant “terre promise”.

Dans bien des cas les conquistadores tueurs psychopathes qui suivirent Colomb, furent dans un premier temps les bienvenus, tolérés et même chéris, plutôt que tués en tant qu’envahisseurs criminels qu’ils étaient. La confiance donnée aux envahisseurs de rendre réciproque leur hospitalité, dans l’esprit de la règle d’or chrétienne, s’avéra être une énorme erreur, car le massace commença au nom du christ, avec la bénédiction des prêtres les accompagnant et dont la mission était de convertir les païens au christianisme sous menace de mort.

Un grand nombre de nos ancêtres européens s’enrichirent grandement des massacres de l’armée, de l’occupation et du vol des terres, de l’exploitation des ressources naturelles, de la colonisation et de la destruction du mode de vie indigène. Nous, la progéniture à la peau rose, avons été conditionnés pour croire bien trop de mythes au sujet de notre sombre histoire. Grâce à l’histoire habilement censurée des livres d’histoire et des mythes appris au catéchisme du dimanche au fil du temps, on nous a amené à croire cette histoire de “bons pèlerins” qui touchèrent terre à Plymouth Rock en 1620 et qui gracieusement partagèrent une fête avec leurs nouveaux voisins et amis indiens (qui seraient bientôt chassés de leurs terres et anéantis par les puritains se disant “chrétiens” et ceux qui les ont suivi).

Le processus de désinformation au sujet du Thanksgiving ou “jour d’action de grâce” (et les long week-ends qui lui succédèrent tous les ans le dernier Jeudi du mois de Novembre) a été créé pour absoudre nos ancêtres de la culpabilité de bains de sang cruels que perpétrèrent “en leurs noms” des soldats obéissants contre des aborigènes militairement inférieurs, un schéma qui s’est répété contre bien des nations plus faibles partout dans le monde au cours de notre histoire.

Les quelques histoires censurées au sujet de quelques-uns de no soi-disants “héros” doivent être dites dans le contexte de rétablir la vérité historique sur le génocide américain des premières nations, dont certains épisodes se sont déroulés ici même à River City (Minnesota). Ces “héros” incluent les deux premiers gouverneurs de l’état du Minnesota et un général humilié de la guerre de sécession.

Les citations suivantes et commentaires explicatifs renchériront sur le titre de cet essai.

“The Sioux (aka Lakota) Indians of Minnesota must be exterminated or driven forever beyond the borders of the state.” – Minnesota Governor Alexander Ramsey in a genocidal declaration made on Sept. 9, 1862. ~ Citation du début de l’article ~

Ramsey avait fait fortune dans l’immobilier avec ses affaires de ventes de propriétés aux colons blancs et aux hommes d’affaire après qu’il ait lui-même négocié les traités américano-Dakota qui volèrent les tribus Dakota (Sioux) de leur terre. (http://sites.mnhs.org/historic-sites/alexander-ramsey-house/history)

[…]

“Les 38 Indiens et métis dont vous avez ordonné l’exécution ont été pendus hier à 10 heures du matin. Tout s’est déroulé calmement.” – Henry Sibley, dans un télégramme au président Abraham Lincoln daté du 27 décembre1862. (http://law2.umkc.edu/faculty/projects/ftrials/dakota/sibley.html)

“Il n’y a aucune place dans cette région en vertu des traités et de la foi indienne. Il est de mon devoir d’exterminer les Sioux connus sous le nom de Dakota si j’en ai le pouvoir et même si cela demande une campagne d’une année. Détruire tout ce qui leur appartient et les forcer en dehors des plaines, à moins, comme je le suggère, que vous puissiez les capturer, Ils devront alors être traités comme des fous dangereux et des bêtes sauvages et en aucun cas comme des personnes avec lesquelles des traités ou des compromis puissent être atteints.” – Civil war Major General John Pope, dans une lettre au Colonel Sibley, insistant sur un effort total pour exterminer les Dakota.

[…] (http://www.civilwar.org/battlefields/secondmanassas/second-manassas-history-articles/second-battle-of-manassas.html et

http://usdakotawar.org/history/aftermath#sthash.XxnK8yhx.dpuf)

Note de Résistance 71: Il convient ici de noter que la guerre contre les nations premières des plaines: Lakota, Dakota, Brûlés, Yankton, Cheyennes s’est déroulée en plusieurs étapes. La dernière se déroula entre 1866 et 1868 qui vit la victoire militaire sans précédent des nations Sioux sur l’armée des Etats-Unis, débouchant sur le traité de Fort Laramie en 1868. Le traité de Fort Laramie est le seul traité signé par le gouvernement des Etats-unis après une défaite militaire dans toute son histoire ! Ce traité a vu le gouvernement américain accepter sans conditions toutes les revendications des nations des peuples des plaines, dont l’évacuation des forts. A cette occasion, AUCUNE CESSION DE TERRE ne fut bien évidemment concédée. Les territoires demeurèrent inchangés. Ce traité fut tronqué, falsifié pour ratification par le Congrès et fut dénoncé par les nations concernées. Il fut violé à maintes reprises et le vol, pillage des terres ancestrales continua jusqu’à aujourd’hui où le gouvernement yankee veut aussi voler les terres sacrées Lakota des Collines Noires (Black Hills), qui renferment comme par hasard, de grande quantité d’uranium…

“Alors que les Européens colonisaient la côte Est, ils déplacèrent les tribus de l’Est qui durent migrer hors de la civilisation expansionniste européenne. A leur tour, ils déplacèrent les tribus plus faibles qu’il rencontrèrent et les poussèrent plus avant hors de leur terres ancestrales, alors que ces nations migrantes s’en emparaient.”

[…]

“Vers 1750, Une bande Ojibwe de la côte Est fut poussée vers le territoire Dakota et ils utilisèrent des armes à feu et de la poudre françaises pour forcer les Dakotas hors de leur territoire des Mille Lacs.

Cette stratégie des colons européens diminua grandement le nombre de Dakotas des terres des mille lacs, ce qui encouragea et rendit possible pour une bande Ojibwe armés et manipulés par l’alcool des Français de chasser violemment les Dakotas de la région des Mille Lacs.

“…Ce qu’il s’est passé pour les Dakota en 1862 et par la suite, fut un grave crime contre l’humanité. Si cela se produisait aujourd’hui, l’ONU et la communauté internationale le condamnerait et le déclarerait ethnocide et génocide. Une mise en accusation auprès d’un tribunal des Nations-Unies serait édictée et les perpérateurs d’un tel ethnocide et génocide seraient arrêtés, traduits devant la justice et punis pour crimes contre l’humanité.” – Thomas Dahlheimer de son long essai intitulé, A History Of The Dakota People In The Mille Lacs Area (http://www.towahkon.org/Dakotahistory.html)

La proclamation de Thanksgiving ou jour d’action de grâce du gouverneur Ramsey le 3 novembre 1862:

“… Ainsi, moi, Alexander Ramsey, gouverneur de l’état du Minnesota, proclame que ce jour du vingt-sept novembre sera celui de l’action de grâce (Thanksgiving) à dieu tout puissant pour sa merveilleuse pitié de nous, pour tous les bon cadeaux de sa Providence, pour la santé et la restauration de la paix interne et de la prospérité générale dont nous bénéficions.

Reconnaissons tout spécialement sa pitié en ce qu’il a délivré nos frontières des ennemis sauvages qui se sont dressés contre nous, et les a jeté dans les fosses qu’ils avaient initialement prévues pour nous, que nos amis ont été sauvés des horreurs de la captivité et que nos maisons et trésors sont maintenant en sécurité de la violence des voleurs et assassins indiens. […]”

“Depuis 1970, les Amérindiens se sont rassemblés à midi sur la colline Cole de Plymouth, pour commémorer un jour natonal de deuil le jour de congé pour Thanksgiving. Beaucoup d’Amérindiens ne célèbrent pas l’arrivée des pèlerins et des autres colons européens. Pour eux, le jour de Thanksgiving est une commémoration du génocide de millions de personnes de leurs peuples, du vol de leurs terres ancestrales et de l’assaut incessant mené contre leur culture. Les participants à ce jour national de deuil honorent leurs ancêtres et les luttes des peuples autochtones pour survivre aujourd’hui. C’est un jour de souvenir et de connexion spirtituelle ainsi qu’une manifestation contre le racisme et l’oppression auxquels sont toujours soumis les peuples amérindiens.” – Texte inscrit sur la plaque commémorative de Cole Hill, surplombant Plymouth Rock, Plymouth, MA

Dr Kohls est un médecin de famille généraliste en retraite de Duluth dans le Minnesota, qui a été impliqué dans des évènements pour la paix, la non-violence, la justice et a souvent ´´crit au sujet du racisme, du militarisme, du fascisme, de l’impérialisme, du totalitarisme, de l’oppression économique de l’anti-environnementalisme et tous autres mouvements violents, non durables et anti-démocratiques.