Archive for the écologie & climat Category

Géo-ingénierie et Nouvel Ordre Mondial: la NASA admet les épandages de lithium dans l’ionosphère…

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, canada USA états coloniaux, documentaire, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, résistance politique, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 15 juillet 2018 by Résistance 71

Cet article fait suite à notre publication sur les chemtrails du 12 juillet sur la géo-ingénierie et le Nouvel Ordre Mondial. Nous y ajoutons la vidéo publiée dans l’article original.
~ Résistance 71 ~

 


NASA & géo-ingénierie

 

La NASA reconnaît asperger les Américains avec des traînées chimiques aériennes (chemtrails) toxiques

 

Newswire

 

Avril 2016

 

source:

https://yournewswire.com/nasa-admit-to-spraying-americans-with-poisonous-chemtrails/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La NASA a admis qu’elle épandait des trainées chimiques toxiques dans notre atmosphère, disant que le lithium qui est déversé dans l’ionosphère de la planète aide en fait à traiter les gens atteints de syndrome maniaco-dépressif ou de désordre bipolaire.

Un membre du personnel de la NASA s’est avancé à dire que du lithium ainsi que d’autres produits chimiques potentiellement dangereux pour la santé, sont intentionnellement épandus dans notre environnement et ce de manière régulière.

La NASA confesse administrer aux Américains des doses de lithium et autre produits chimiques sous forme aérosol dans l’atmosphère.

Il y a l’explication officielle de la NASA du fait des épandages de lithium dans l’atmosphère, le lithium est un produit pharmaceutique qui est le plus souvent utilisé pour traiter les gens atteints de syndrome maniaco-dépressif ou de désordre bipolaire ; et puis il y a la ou les raisons probables. Il serait plus facile d’accepter la raison donnée par la NASA si elle n’était pas si secrète au sujet de tout ce qu’elle étudie et de ce qu’elle fait dans l’espace, mais une chose est sûre, du personnel de la NASA a admis que du lithium ainsi que d’autres produits chimiques sont intentionnellement placés dans notre environnement et ce de manière très régulière. Il est en revanche très possible que la vaste majorité du personnel de la NASA ne soit pas du tout au courant des motivations réelles de mettre en œuvre un tel projet et ces personnes, ironiquement, souvent démontrent le même type d’attitude que ces types de produits chimiques sont supposés induire chez les patients.

Dans la 1ère vidéo choc, un employé de la NASA (Douglas.e.rowland@nasa.gov)  admet que du lithium est répandu dans l’atmosphère et dit que “c’est inoffensif pour l’environnement”. Avant que je vous donne l’explication officielle de la NASA sur le pourquoi ils épandent des substances psychotropes sur des centaines de milliers d’Américains, je désire d’abord vous aiguiller pour que vous puissiez faire votre propre recherche et découvrir par vous-même que tout cela n’est en rien de la “théorie du complot” [NdT: hyperliens fournis vers des articles et vidéos sur l’article original]

Tout ceci est très réel et il y a une documentation scientifique abondante pour totalement corroborer ce que j’avance ici:

Un extrait de Pub Med abstract intitulé, Feasibility of Aerosol Vaccinations in Humans 

discute du comment une augmentation des volumes d’antigène peut-être bénéfique dans l’administration de vaccins par voie aérosol et que cela pourrait être utilisé dans des “pays en voie de développement ou dans des zones de désastres”. Le résumé de l’article admet également que plusieurs milliers d’êtres humains ont déjà été vaccinés par méthode aérosol par des vaccins a virus actif mais atténués de rougeole et de Grippe A. Le sommaire récapitule qu’en fait la vaccination aérosol est idéale pour les grandes populations.. Ceci se produit apparemment depuis déjà 2003.

Une autre discussion au sujet des vaccins aérosol peut-être trouvée dans le  The New England Journal of Medicine. Article intitulé “A Randomized, Controlled Trial of Aerosolized Vaccines Against Measles” déclare que ces vaccins furent testés sur des enfants en Inde, enfants dont certains n’étaient pas âgés de 9 mois. L’OMS a fait des recherches sur la vaccins aérosols depuis des années, tout comme l’ont fait certaines “agences philanthropiques” qui ont un but clair de stériliser les populations. Il est aussi important de noter que l’industrie pharmaceutique a été absoute de toute responsabilité légale quant à la médicalisation des masses sans leur consentement et une protection égale, une immunité lui a été accordé par le congrès des Etats-Unis en 1986.

Cette loi fut défiée et attaquée mais fut maintenue par décision de la CSEU (Cour Suprême des Etats-Unis) en 2011. Bien des agences puissantes s’assurent que nous “prenons bien nos médicaments”.

De fait, bien des nations participent à notre vaccination forcée et à l’épandage de virus atténués, de concoctions chimiques variées et autre “chemtrails” au-dessus de nos têtes et ce de manière très fréquente.

Le Bureau Office of the Gene Technology Regulator (OGTR) a considéré donner une licence d’application à PaxVax Australie (PaxVax) pour répandre intentionnellement des vaccins OGM (génétiquement modifiés) consistant en une bactérie active dans l’environnement du Queensland, D’Australie du Sud, de Victoria et de l’Australie de l’Ouest. Ils planifiaient de répandre le choléra sur leurs gens. D’après le régulateur légal, ce vaccin OGM qualifiait pour constituer une inoculation contrôlée et limitée de maladie sous la section 50A de la loi sur la technologie génétique de l’an 2000.

“L’incidence sur les humains du virus du Nil occidental peut-être réduite de manière signifiante par des épandages ciblant les moustiques adultes, d’après une étude scientifique de la Yale School of Public Health et du California Department of Public Health.”

Nous espérons avoir établi que ceci EST EN TRAIN de se produire. Mais pourquoi ? Alors que de plus en plus de nations refusent les organismes génétiquement modifiés et de boire de l’eau fluorée, qui a été étiquetée comme agent neuro-toxique par un des tous premiers magazines médicaux au monde, la structure du pouvoir qui désire avoir une population asservie a besoin d’imaginer un moyen d’altérer notre neuro-chimie.

Le lithium modifie la façon dont nous pensons en changeant le niveau de sérotonine et de norépinéphrine sécrétées par notre système endocrinien. Le lithium altère fortement le système nerveux central et pourtant l’employé de la NASA dans la vidéo répète qu’il “n’est pas dangereux” et ne fait pas de tort aux populations. Même les médecins qui prescrivent normalement ce médicament pour les gens ayant des troubles mentaux ont dit que cette substance était dangereuse car il est très difficile de trouver le bon dosage. Il est donc certain que l’on puisse questionner le fait de procéder à des épandages de vastes volumes de lithium de manière générale dans l’atmosphère sous forme aérosol. Voici ce que pense la NASA de cette pratique:

“Le projet étudie des particules neutres et chargées dans l’ionoshère et comment chacune affecte la façon dont les autres se déplacent dans une région. Les variations sont importantes parce que toutes nos communications et satellites GPS envoient des signaux au travers de l’ionosphère. Une ionosphère perturbée se traduit par des signaux perturbés, ainsi les scientifiques veulent savoir ce qui cause l’ionosphère de se comporter de manière si spécifique.” (NASA)

Dans le même temps, si les gens sur-dosés commencent à se figurer ce qu’on leur fait, le gouvernement américain a imposé un baillon légal au service météorologique national et à la NOAA, qui pourraient facilement réfuter l’affirmation ridicule de la NASA.

Notoirement, toute personne qui travaille avec la NASA, La Météo Nationale ou la NOAA, est payée avec l’argent public des contribuables. C’est à dire que nous payons pour être empoisonnés.

L’info de la NASA est corroborée par le  Code 8440 RMMO qui explique le lancement de fusées contenant de la thermite de lithium:

“Purpose: The primary purpose of this mission was to test the loading methods for lithium canisters to be flown on the upcoming Kudeki (Kwajalein, April 2013) and Pfaff (Wallops, June 2013) missions, and verify their functionality under sounding rocket launch and space flight conditions.

Rocket Type: Two-stage Terrier MK70 Improved-Orion

Location: Wallops Range

Launcher: MRL

Date of Launch: January 29, 2013

Time: 17:50 EST

Experiment results: Thermistor data looked nominal. Good report from airborne optical platform of recorded video and lithium clouds also visible by ground observation.’

On apprend également de la conversation téléphonique avec la NASA (voir la vidéo, en anglais) que le lithium a été répandu dans les cieux des Etats-Unis depuis les années 1970. Si vous vouliez abrutir les masses, créer des prisonniers sans cervelle ne sachant même pas qu’ils sont en prison, cela est certainement la façon de le faire. Epandre du lithium dans nos cieux, avec des bactéries, des virus, des prions, des parasites, des fungi, des toxines carcinogènes, des substances altérant le système hormonal et des micro-poussières altérant no gènes, n’est rien d’autre que guerre biologique contre le peuple. Vous pouvez les appelés “chemtrails”, traînées chimiques ou ce que vous voulez d’autre, le résultat est le même.

Publicités

Géo-ingénierie et Nouvel Ordre Mondial: Chemtrails et la mort venue d’en haut. Que vaporisent-ils dans nos cieux ?…

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, canada USA états coloniaux, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, résistance politique, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 12 juillet 2018 by Résistance 71

“Ne jamais rien croire tant que cela n’a pas été officiellement démenti.”
~ Claud Cockburn ~

 


La beauté fascinante de la mort d’en-haut

 

L’affaire des épandages aériens de haute altitude

 

Résistance 71

 

12 juillet 2018

 

Source et traduction partielle: https://www.veteranstoday.com/2018/07/11/stratospheric-aerosol-geoengineering-how-can-anything-so-obvious-be-denied-by-so-many/

Connu aussi sous le nom de Stratospheric Aerosol Geoengineering (SAG) ou Géo-ingénierie Aérosol Startosphérique (GAS) que le public connaît et physiquement constate sous la forme des désormais célèbres “chemtrails” persistantes qui cadrillent les cieux des pays technologiquement développés.

Ces épandages de haute altitude ne sont pas à confondre avec le phénomène naturel de traînée de condensation qui se produit dans le sillage des avions commerciaux. Une traînée de condensation est le résultat naturel du déplacement de l’appareil dans l’air et de la friction sur ses ailes et fuselage, la traiinée de condensation est essentiellement constituée de vapeur d’eau et se dissipe très rapidement dans le sillage de l’avion en vol.

La “chemtrail” ou traînée chimique, quant à elle, constitue un sillage durable qui finit par s’étaler dans le ciel au gré des vents d’altitude et persiste des heures après le passage du ou des avions. Dans certains endroits, le ciel est littéralement quadrillé de ces chemtrails.

Les épandages de haute altitude sont un fait le plus souvent nié par les compagnies aériennes et les autorités et pourtant elles sont une réalité quotidienne pour le public à qui il suffit le plus souvent de juste lever les yeux pour en prendre connaissance.

Ci-dessous nous publions la constitution chimique et organique de la plupart de ces chemtrails, résultant de recherches et d’analyses de terrain. 

Ceci amène immanquablement à poser la question à 100 balles: Avec quoi nous vaporisent-ils et est-ce bien utile et surtout raisonnable pour la santé publique ? 

Bien entendu l’Amérique du nord est le laboratoire géant de cette ignominie eugéniste prenant des proportions planétaires.

Nous encourageons tous nos lecteurs à en savoir plus parce que les chemtrails ou traînées chimiques que laissent les avions dans leurs sillages font désormais partie de la réalité quotidienne du quidam de base…

[Ci-dessous: une traînée de condensation, elle disparaît au fur et à mesure de la progression de l’avion, c’est un phénomène naturel.]

Composition “classique” des chemtrails / traînées chimiques
par ordre d’importance de concentration:

Nano particules d’oxyde d’aluminium, sels de barium, titinates de barium, dibromide d’éthylène, cadmium, méthyl d’aluminium, globules rouges humains desséchés, fibre de verre gainée de nano-aluminium, particules de l’ordre du sous-micron (contenant de la matière biologique vivante), fibres de polymère, bactérie non identifiée, entero-bactérie fécale, mycoplasme, globule blanc-A humain (enzyme restrictif utilisé en recherche de laboratoire pour couper et combiner l’ADN), spores de moisissure, bacilles divers et moisissures, mycotoxine jaune, plomb, mercure, zinc, trifluoride d’azote, nickel, lithium, calcium, chromium, cesium radioactif, thorium radioactif, selenium, arsenic, éclats de titanium, argent, streptomyces, strontium, uranium

[Ci-dessous: épandage multiple et simultané en altitude, il ne s’agit pas ici de traînée de condensation mais de traînée résultant d’épandages chimiques persistantes dans le ciel]

L’aluminium est associé avec la maladie d’Alzheimer (vaccins ?…) de plus:

Les métaux lourds sont des poisons qui causent de la fatigue chronique, de fortes migraines, des troubles gastriques. Le système nerveux central est affecté causant une vague de vertiges, des insomnies, une décroissance de la capacité à la concentration, un manque accru de coordination musculaire et de la fatigue.

Le barium cause des angoisses, des arythmies cardiaques, le souffle court et une faiblesse musculaire générale. Il provoque aussi une gorge sèche, une fatigue chronique et des yeux larmoyants. Une exposition prolongée au barium peut provoquer la paralysie puis la mort.

Le zinc quant à lui est nécessaire à la vie, mais trop de zinc dans le système commence à le faire agir comme un poison (comme il est reconnu: tout est poison, ce n’est qu’une question de dosage…), surtout au niveau du foie, des reins et du pancréas. Un excès de zinc cause des troubles neurologiques variés.

La quantité d’arsenic dans les chemtrails est prouvée être au delà des limites de sécurité. On ne devrait pas trouver d’arsenic dans l’eau de pluie !… L’arsenic est un composant naturel de la terre à petite dose. Une fois dépassé la dose maximale possible, l’arsenic provoque de violents maux de tête, de la confusion mentale, des torpeurs et des convulsions, au stade de l’empoisonnement à l’arsenic, les signes et symptômes sont: vomissements, diarrhée, cancers variés dont foie et système endocriniens, sang dans les urines, sévères crampes musculaires, perte de cheveux, douleurs abdominales croissantes menant au coma et à la mort.

Mais que diable déversent-il sur les populations et dans quel but ?

Il est plus que grand temps pour les peuples de reprendre la barre du bateau ivre et le contrôle par la même occasion de la science et des scientifiques qui ont été détournés à des fins glauques et morbides depuis des décennies.

[ci-dessus: la mort d’en haut… Ce ciel vous est-il familier ?]

Lecture complémentaire:

La NASA reconnaît vaporiser du lithium en haute altitude

Entrefilet sur la guerre du gaz… Gazprom augmente sa production au premier semestre 2018 (RT)

Posted in actualité, écologie & climat, économie, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 4 juillet 2018 by Résistance 71

Petit entrefilet d’information sur RT qui, mine de rien, a son importance mais passe sous le radar de l’info occidentale . La guerre du gaz fait rage depuis des années, la destruction de la Syrie et celle à venir de l’Iran par l’empire (du moins est-ce le projet…) est directement liée au contrôle de la production et de l’acheminement du gaz vers l’Europe pour torpiller les intérêts russes (et iraniens) ainsi que de contrôler parmi les plus grosses réserves mondiales. 

Nous rappelons qu’en 2009, Bachar al-Assad a refusé le passage d’un gazoduc devant passer du Qatar à la Turquie via l’Irak et la Syrie. Moins de 2 ans plus tard, la guerre (du gaz) par procuration commençait en Syrie. Le Qatar est la “propriété” d’Exxon-Mobil (Rockefeller) qui possède aussi environ 30% de parts d’ARAMCO en Arabie Saoudite, la Royal-Dutch Shell (Rothschild) en étant un autre gros actionnaire. L’ex-PDG d’Exxon-Mobil fut choisi par Trump comme ministre des affaires étrangères… Coïncidence ?

Le gaz naturel, qui comme le pétrole, est d’origine abiotique et non pas “fossile”/biotique, et donc quasiment inépuisable à l’échelle humaine, est le gros enjeu de contrôle spéculatif et géopolitique dans cette région du monde.

Pour en revenir à Gazprom, il est aussi prévu que Poutine y aille “pantouffler” en tant que CEO après sa carrière politique, surtout pour assurer que l’entreprise reste bien dans le giron russe et ne parte pas en sucette pompée par l’empire…

Les vieux gaziers sont sur le pont… tandis que l’enfumage des opinions publiques continue.

~ Résistance 71 ~

 

 

Gazprom augmente sa production de gaz pour assurer sa position de leader en Europe

 

RT

 

3 juillet 2018

 

url de l’article:

https://www.rt.com/business/431579-gazprom-natural-gas-exports-europe/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le plus gros producteur de gaz naturel russe Gazprom est en train de pousser sa production afin d’augmenter ses exportations vers l’étranger et de continuer à être incontestablement le plus gros fournisseur en gaz de l’Europe.

Gazprom a augmenté sa production de 8,7% dans la première moitié de 2018, en comparaison de la même période en 2017, pour une production de 253 milliards de m3. L’exportation vers l’Europe a augmenté de 5,8% à 101 milliards m3, ce qui représente un record pour l’entreprise.

Jusqu’à juin de cette année, les exportations de Gazprom vers l’Allemagne ont augmenté de 12,4% et de 50% vers l’Autriche et près de 70% vers les Pays-Bas. Pour la France 13% d’augmentation et 50% vers la Croatie. Les exportations vers la Pologne ont augmenté de 6,9%.

Plus tôt, le patron de Gazprom Alexseï Miller a dit que les exportations vers l’Europe pourraient atteindre un record à 200 milliards m3 cette année. D’après lui, le facteur le plus important de la croissance est la reprise de l’activité économique en Europe et à long terme, le déclin de la production européenne de gaz naturel.

Miller a aussi noté que les stocks de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) en provenance des Etats-Unis ne pourront jamais se subtsituer au gaz russe pour l’Europe. “Les Etats-Unis ne pourront jamais rattrapper leur retard de production et dépasser la Russie dans la perspective de fournir le marché européen de GNL. La raison de cela est double: le prix et l’instabilité de production américains, qui sont des facteurs cruciaux pour les consommateurs/clients et Gazprom est un leader en ces deux domaines”, a t’il dit.

La part de marché russe sur le marché du gaz européen a augmenté de 34% l’an dernier d’après Gazprom. L’Europe a aussi importé 24% de son gaz de Norvège dont 13% en GNL et 11% de l’Algérie.

 

L’horreur nucléaire… Les liquidateurs, de Tchernobyl à Fukushima

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, économie, documentaire, média et propagande, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 4 juillet 2018 by Résistance 71


Notre Dossier Fukushima

 

Un liquidateur à Fukushima

 

Djibril Maïga

 

28 juin 2018

 

Source: https://www.revue-ballast.fr/un-liquidateur-a-fukushima/

 

Nous retrouvons Minoru Ikeda dans un café du centre de Paris : un ancien ouvrier de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. Nous tentons quelques mots dans le trop sommaire japonais que nous connaissons ; la timidité d’Ikeda se dissipe en un sourire. Nanako Inaba, sociologue, l’accompagne — elle traduira. L’homme, facteur de profession, s’était porté volontaire pour intervenir sur le site au lendemain de l’accident nucléaire qui frappa son pays en mars 2011 ; on les appelle, depuis Tchernobyl, les « liquidateurs ». Il dénonce à présent les mensonges de l’État japonais et n’entend pas que des hommes aient été « sacrifiés » pour rien : militant antinucléaire, il aspire à une prise de conscience internationale et à la mise en relation des travailleurs du nucléaire aux quatre coins de la planète

Tokyo, vendredi 11 mars 2011 : une journée comme une autre dans la plus grande ville du monde, où Minoru Ikeda travaille comme postier. Sa tournée de distribution achevée, il revient au bureau et salue ses collègues ; autour d’un café, tous discutent et plaisantent comme à leur habitude. Il ne reste à Minoru que deux années avant la retraite. Il est 14 h 45 ce jour-là quand, soudain, les étagères se mettent à trembler puis tombent comme des dominos. Le bâtiment est pris d’un premier spasme. Les corps paniquent, les têtes se heurtent, la peur se lit sur les visages : la terre s’est déchirée durant l’éternité d’une minute. Le Japon vient d’enregistrer l’un des plus gros séismes de son histoire1, magnitude 9 sur l’échelle de Richter. C’est la première fois que Minoru fait l’expérience d’« un aussi long et terrible tremblement » dans la capitale ; il ajoute : « Je me suis douté que ça devait être plus dramatique ailleurs. »

La vague : genpastu-shinsai

Les transports tokyoïtes sont hors-service. Minoru ne rentrera pas chez lui pour rejoindre sa famille. L’électricité, elle, fonctionne toujours ; avec ses confrères, ils constatent l’étendue des dégâts par la lucarne du poste de télévision. Personne ne se doute que, dans l’heure qui suivra, ce séisme engendrera un tsunami submergeant les villes côtières bordant le Pacifique. En déferlant sur les habitations et les infrastructures, ces murs de vagues dépassant par endroit 30 mètres ôteront la vie à quelque 15 000 personnes dans le nord-est du pays et dévasteront plus de 10 kilomètres de terres. Les murailles de protection de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi et de ses quatre réacteurs en service, érigées à seulement six mètres de haut, seront balayées d’un revers de main. Dès lors, tandis que l’une des plus grandes centrales du monde est touchée en son cœur, la catastrophe « naturelle » devient une catastrophe industrielle2. Il est 15 heures : l’alimentation en électricité des structures de refroidissement de la centrale s’éteint automatiquement sur les réacteurs numéro 1, 2 et 3. Les systèmes de secours — de simples groupes électrogènes — prennent le relais. À 15 h 30, le tsunami noie le système de refroidissement. Quelques heures plus tard, les barres de combustible du réacteur numéro 1 commencent à fondre et l’enceinte de confinement, sous la chaleur et la pression, se met à fuir. La nuit venue, on compte les morts et les disparus sur les côtes dévastées de l’est du pays et on se met en quête de produits de première nécessité à Tokyo. Au réveil, plus au nord, les cœurs des réacteurs de Fukushima entrent en fusion à 2 800 degrés ; sous une telle pression, l’hydrogène présent dans les réacteurs implose dans l’après-midi. Le toit du réacteur numéro 2 part en fumée, tuant une personne et en blessant des dizaines. Premiers rejets radioactifs, premiers décès directement liés à l’accident.

Dimanche 13 mars, la pression augmente de manière critique dans les réacteurs numéro 2 et 3. Il s’agit d’éviter une seconde explosion. Faute de contrôler la situation, la multinationale TEPCO, exploitant la centrale, décide de dépressuriser le confinement en ouvrant les vannes : un épais nuage de vapeurs radioactives se libère dans le ciel du Japon. Cela ne change rien : le lendemain, le toit du réacteur numéro trois est soufflé comme une plume, faisant de nouveaux blessés. La situation échappe définitivement au contrôle des autorités, lesquelles décident, enfin, d’évacuer la population des 20 kilomètres alentour. Depuis les premières heures — qui deviennent vite des jours —, le Japon est comme suspendu hors du temps. Encore sous le choc, sur un territoire devenu chaotique et difficilement praticable, des militaires et des salariés de l’entreprise TEPCO se retrouvent face à une situation exceptionnelle qu’aucun protocole de sécurité n’avait anticipée. Environ un millier de personnes tentent, tant bien que mal, de refroidir les réacteurs, de remettre l’électricité en route, de faire repartir les pompes ou, à défaut, d’injecter de l’eau : de tout mettre en œuvre, en somme, pour éviter que l’accident n’empire. Autant d’opérations réalisées dans la hâte, sans préparation ni réelles informations, qui déboucheront sur de nombreux échecs. Nul n’a oublié les images de cet hélicoptère militaire qui, pathétiquement, tenta en vain de jeter des litres d’eau borée sur le cœur du réacteur numéro 1. Face à cette désorganisation avérée et à l’ignorance feinte de TEPCO, qui ne peut ni ne veut reconnaître la gravité de la catastrophe, l’État — avec à sa tête le Premier ministre Naoto Kan — tente de prendre la situation en main. Après un échec patent, révélant son impuissance à la communauté internationale, c’est au tour des pompiers-militaires et de leur équipe spéciale d’essayer de refroidir ce magma en fusion : ils réussissent finalement à acheminer de l’eau de mer en continu, directement sur le cœur du réacteur. La situation semble enfin « maîtrisée ».

Les bio-robots de Tchernobyl 

Cette lutte contre les vapeurs radioactives fait tragiquement écho à la catastrophe de Tchernobyl, en 1986. Une soixantaine de pompiers et militaires, mobilisés après l’explosion du réacteur numéro 4 de la centrale biélorusse, avaient eux aussi tenté d’en refroidir le cœur. Ignorant les risques et l’importance des précautions à prendre, ils furent irradiés à des doses létales ; nombre d’entre eux décédèrent dans les semaines qui suivirent leur intervention. Ce fut alors au tour de travailleurs civils — ouvriers et techniciens — d’être réquisitionnés. Dans l’URSS de l’époque, il était en effet envisageable pour les autorités de réquisitionner des centaines de milliers d’anonymes afin de nettoyer la centrale et ses alentours, et ce malgré l’imprévisibilité que représente un cœur nucléaire entré en fusion. Des équipes se relayèrent sans relâche et permirent d’isoler ledit cœur en construisant un sarcophage supposé étanche autour du réacteur 4. Ces centaines de milliers de sacrifiés3 seront nommés « les liquidateurs ». Face à la dangerosité de ces tâches, il fut tenté d’envoyer dans la centrale des robots pour remplacer les humains : dans ces conditions extrêmes (chaleur et haute radioactivité), les circuits des machines grillèrent à leur tour, obligeant les autorités à faire appel à ce qu’elles nommèrent — non sans ironie — des « bio-robots » : des hommes calfeutrés dans des combinaisons faites à la main, uniquement recouvertes de plomb pour protéger des radiations. Ne pouvant rester plus de quelques minutes, voire quelques secondes, au contact des radiations, ces travailleurs nettoyèrent, à coups de balai et de pelle, la centrale et son toit de débris hautement radioactifs. Ces « bio-robots » sont bien, aux yeux des autorités en charge, ce que leur nom suggère : des machines, des rouages ; ces « liquidateurs » sont des êtres à disposition, sacrifiables, qui se verront remettre, pour toute récompense et reconnaissance de leur service, une simple feuille de papier, un diplôme, insigne du mépris4.

Les centrales construites après Tchernobyl ont vu leur sécurité renforcée : la présence d’enceintes de confinement autour des réacteurs nucléaires modernes, destinées à réduire les rejets radioactifs en cas d’accident, ont certainement permis de payer des conséquences moins lourdes qu’à Tchernobyl. Le recul historique manque pour pouvoir l’affirmer. Le contexte diffère, les conséquences aussi, mais les liquidateurs, eux, demeureront : on les appelle en japonais les jenpassokuyuyi. Toutefois, de tous les liquidateurs nippons qui tentèrent de juguler la catastrophe, les médias n’en ont retenu que 50 : les fameux « Fukushima Fifty ». Ce sont eux qui, le 15 mars, après l’explosion du réacteur, restèrent malgré les dégagements de rejets radioactifs largement au-delà des limites autorisées. Pour Minoru, cette histoire des « 50 » est de l’ordre du roman national, du « besoin d’héroïsation » utile afin de diminuer le nombre de travailleurs exposés à des doses excessives. En réalité, ce sont des milliers de personnes qui furent envoyées à l’aveugle dans ce casse-pipe nucléaire et absorbèrent les radiations invisibles, et ce dès les premiers jours.

« Il fallait faire quelque chose »

Minoru est l’un de ces travailleurs. « Jusqu’à l’accident, je n’étais pas conscient, comme la plupart des habitants de Tokyo, que l’énergie de la ville venait de Fukushima », nous raconte-t-il. « La population de Fukushima assume à elle-seule tous les risques de la centrale nucléaire. C’est par solidarité que j’ai tenu à faire quelque chose pour les habitants de Fukushima. » Suite à l’accident, les rues de Tokyo voient défiler sa population : d’importantes manifestations — auxquelles le pays n’est plus habitué — s’organisent contre les mensonges du gouvernement. Mais Minoru fait partie des rares Tokyoïtes à faire le choix de dépasser cette frontière invisible qui sépare la région de Tōhoku du reste du pays. « Il fallait faire quelque chose sinon cela aurait pu aller très loin. Les jeunes, eux, ne pouvaient être sacrifiés, mais moi j’avais déjà 60 ans. » Devoir moral, donc, pour les générations suivantes, mais pas seulement : éberlué par la gestion de la crise et les mensonges non-dissimulables de son gouvernement, il ressent très vite la nécessité de comprendre par lui-même, de voir la réalité de ses propres yeux.

La plupart des travailleurs qu’il rejoint sur place sont d’anciens employés de la centrale ; les autres sont des habitants du coin qui se sont engagés pour des raisons affectives : ayant grandi dans cette importante région agricole, ils désirent plus que quiconque reconstruire leurs villes natales puis rentrer chez eux. La population a été évacuée sur 20 kilomètres. La motivation morale est forte mais les risques inhérents au travail de liquidateur constituent un frein. Pour y pallier et attirer les volontaires, l’État et TEPCO ne lésinent pas sur les yens. « L’argent compte, et pareillement pour les personnes qui viennent de l’extérieur de Fukushima », nous dit Minoru. « La question morale et l’argent se mêlent dans les motivations qui ont poussé les gens à venir travailler sur Fukushima-Daiichi. » Quand Minoru arrive sur place, il n’est pas directement employé par l’entreprise mais par un sous-traitant, lui-même prestataire. Des entreprises de sous-traitance sont convoquées sur tous les fronts : pour la gestion des radiations, des combustibles et des déchets. « Cela forme comme une pyramide, avec TEPCO à la pointe. Nous étions une équipe d’une vingtaine de travailleurs et il y avait au-dessus trois compagnies sous-traitantes. » Afin de gérer la décontamination et de montrer au reste du monde que la catastrophe est sous contrôle, l’argent de l’État et de TEPCO coule à flots. Très vite, Minoru comprend que la catastrophe est une aubaine économique pour certains et que cette ingérence de l’argent dans une crise politique crée « un souci de justice » : « Le gouvernement a décidé de donner une prime relative au danger radioactif, qui correspond à 20 000 yens5 par personne et par jour », poursuit Minoru. « Mais cette prime est grignotée par les têtes des différentes compagnies. Elles ne sont pas du tout exposées aux rayons ionisants tandis que nous, les travailleurs qui sommes sur place et réellement exposés, nous ne recevons presque rien. » Depuis, jusqu’à dix strates de sous-traitants ponctionnent l’argent des liquidateurs — ceux qui sont employés dans les échelons les plus bas ne perçoivent plus que des miettes.

Certaines villes alentour ont saisi cette opportunité juteuse : ainsi d’Iwaki, où les hôtels affichent complet — après leur journée de labeur, les travailleurs y dilapident leur paie en loyer, alcool et pachinko6. La prostitution y fleurit. Le parasitage s’organisant, le travail devient de moins en moins rémunérateur mais demeure tout aussi dangereux. Un désengouement s’ajoute à cela : l’accident ne fait plus la une des journaux ni des télévisions ; conséquence directe : de nombreux travailleurs quittent les chantiers et les employés qualifiés se raréfient. Face à ce besoin de main-d’œuvre, de nombreux soupçons visant les Yakuzas naissent : ils seraient accusés — en plus d’organiser l’économie parallèle — d’avoir mis en place un réseau de travailleurs ayant recours aux déclassés, aux sans-abris et aux sans-papiers. Autant de quidams forcés à faire le sale travail et payés à vil prix.7 Minoru a entendu parler de tout cela. « Il y a quelques années il y avait des sans-abris qui avaient été recrutés à Osaka. Mais aujourd’hui les contrôles d’identité des travailleurs sont très durs, il serait difficile de faire travailler des personnes sans papiers… » Quant aux Yakuzas, « il y en a, oui, mais ce n’est pas aussi important que ce dont on parle ».

Nettoyer l’invisible

Août 2012. Il est entre 5 et 6 heures du matin à Fukushima. Le bus de la compagnie sous-traitante vient chercher Minoru et les autres liquidateurs ; il les emmène au « J-Village », un ancien stade de foot transformé en dortoirs et en centre de coordination. Parqués sur la place principale, tous attendent l’appel comme au temps du travail à la pièce. Une fois dispatchés par secteur d’activité, chacun met de coté ses vêtements civils et enfile son uniforme, ses gants, masque et casque. Nul ne se sépare de son dosimètre. « Il permet de mesurer la dose d’irradiation par jour, mais aussi par mois. » Un cortège de navettes vient les récupérer vers 6 h 30 pour les emmener vers la centrale. Le travail de Minoru consiste à décontaminer une zone de 5 kilomètres autour de la centrale, en particulier dans la ville de Namie. Il doit déblayer l’herbe et enlever la terre contaminée sur 5 centimètres de profondeur, en remplir des sacs et la trier ; un travail sisyphéen. « J’y ai chassé les herbes au bord de la rivière car elles sont contaminées par la radioactivité, mais aussi une partie de la terre que je raclais toute la journée. » Cette technique fut également envisagée à Tchernobyl avant d’être écartée : araser la terre sur plus de 5 centimètres se révèlera d’une inefficacité patente et d’un coût démesuré — d’autant plus qu’il faut ensuite stocker tous ces déchets accumulés. L’enjeu du stockage de ces débris nucléaires est l’un des principaux problèmes liés à la décontamination : que faire de ces déchets dont la radioactivité perdure plusieurs décennies, voire plusieurs siècles, selon leur composition8 ? Où et comment les stocker ? Enfin, et surtout, comment les retraiter ? Au Japon, dans la désorganisation des premiers temps, des tonnes de sacs furent réunis puis triés chaque jour pour être enfin empilés dans des entrepôts à ciel ouvert ; ces déchets étaient protégés par de simples bâches… Face à cette accumulation surréaliste, l’une des politiques adoptées fut d’en enterrer une partie dans ce que l’on peut appeler des « cimetières du nucléaire » : pour le mieux, des entrepôts enfouis et bétonnés sous terre ; autrement, sous seulement quelques centimètres de terre… Une autre option, plus radicale mais autrement plus dangereuse, fut de les brûler, rejetant par les fumées la radioactivité directement dans les airs9.

Les sacrifiés : une économie du dosage

Un point crucial demeure concernant les liquidateurs dont Minoru se fait le porte-parole : les incidences sur la santé des irradiations nucléaires10. Tout repose sur l’évaluation du dosage, en fonction de normes sanitaires. Mais comment définir ce qui est de l’ordre du tolérable et de l’acceptable concernant la santé et la vie d’un individu ? Les facteurs moraux et sanitaires ne fixent pas cette limite, on l’imagine, mais bien plutôt la (dé-)raison économique : une économie du dosage. En France, le seuil d’irradiation pour un civil est de 1 à 6 mSv (millisieverts) annuel ; pour les travailleurs du nucléaire, cette limite est relevée à 20 mSv, soit trois fois plus11. Au lendemain de la catastrophe de Fukushima, les premiers liquidateurs se sont fait irradier à des doses non-comptabilisées. À la décharge de l’État et de TEPCO, ces sacrifiés des premières heures n’ont pas été exposés à des doses mortelles comme le furent ceux de Tchernobyl. Néanmoins, si ces irradiations avaient été réellement comptabilisées, les doses engrangées auraient évidemment bien été au-dessus de la norme : le 15 mars, à la suite des deux explosions, le débit d’irradiation à l’entrée de la centrale atteignit un pic de 11,3 mSv par heure. Un liquidateur ayant travaillé dans de telles conditions a pu absorber en moins de deux heures davantage que le taux annuel toléré. Face à l’urgence, l’État décida de faire passer la limite de 20 à 100 mSv par an… À titre exceptionnel, le 15 mars, ce seuil fut encore relevé à 250 mSv. Pour les volontaires qui furent « informés », la perspective de sauver des vies justifia la levée de toute limite d’exposition.

« Au Japon, on laisse simplement mourir les travailleurs qui se sont sacrifiés dans une totale indifférence. »

Les autorités jouent sur le flou scientifique concernant la corrélation — pourtant établie par de nombreuses études12 — entre irradiation et développement de diverses pathologies13. Autant l’irradiation à des doses létales est cliniquement visible (brûlures, vomissements menant à la mort violente), autant celle à de « faibles » doses ne dévoile ses effets qu’après plusieurs années. Les maladies se développant sur le long terme, bien après le travail effectué, pourront donc être considérées comme non-professionnelles. C’est de cette mauvaise foi que le gouvernement et les entreprises jouent, leur permettant d’éviter la reconnaissance et dès lors la prise en charge des maladies professionnelles des liquidateurs. Malgré le peu d’informations dont ils disposaient sur la réalité de la situation, les liquidateurs de Fukushima se rendirent très vite compte du danger14 : taux de radiation trop fortement élevé de leurs compteurs, nombreuses fuites incontrôlées dont ils étaient témoins, conditions de travail non-adaptées. Pris entre le devoir de sauver des vies, la région, voire la nation, et les inquiétudes pour leur santé, certains tentèrent de se mobiliser afin qu’une politique sanitaire soit réellement mise en place : malgré l’interdiction de TEPCO et la rétention étatique, certains essayèrent de sensibiliser la communauté internationale. De nombreux articles et témoignages à visage couvert et sous pseudonyme affluèrent dans les mois qui suivirent : tous de témoigner de l’anxiété des travailleurs et de leur famille et de démentir les communiqués rassurants du gouvernement et de TEPCO. Un appel à l’initiative d’une communauté de médecins japonais, relayé par The Lancet, demanda ainsi à ce que des prélèvements sanguins soient opérés sur les liquidateurs afin d’anticiper sur les futures maladies — principalement hématologiques — qu’ils auront à affronter. Le gouvernement et TEPCO refusèrent, jurant qu’il n’existait aucun danger… C’est bien une guerre de l’information qui s’engage entre les liquidateurs et cette entreprise cinquantenaire protégée et nationalisée par l’État en 2012. Après s’être battus au péril de leur vie pour l’avenir du Japon, Minoru et les liquidateurs de Fukushima se retrouvent aujourd’hui dans un autre combat : la propagande d’État. « Il y a eu un mort de leucémie à Fukushima juste après l’accident, qui n’a pas été reconnu. Je connais un autre travailleur qui a contracté une leucémie. TEPCO ne veut pas la reconnaître en tant que maladie professionnelle. »

Minoru ne nous cache pas sa colère : « J’y ai travaillé durant neuf mois. Quand j’ai quitté le travail, mon patron m’a donné mon carnet où ont été consignées les doses de radiation que j’ai reçues. J’ai appris à ce moment-là que j’avais 7,25 mSv au total, un chiffre au-delà du seuil tolérable. Normalement, pour avoir la reconnaissance de la maladie professionnelle, c’est 5 mSv. Mais une fois que vous avez quitté le travail, que vous n’êtes plus contractualisé, il est presque impossible de le faire reconnaître et donc d’avoir droit à une indemnisation. Il devrait y avoir un système de protection de la santé pour les travailleurs du nucléaire, créé par l’État, comme cela a pu être le cas pour l’amiante, par exemple. En ce moment, au Japon, on laisse simplement mourir les travailleurs qui se sont sacrifiés dans une totale indifférence. » L’entreprise n’a admis des expositions anormalement élevées (plus de 100 mSv) que pour 21 travailleurs. « On peut considérer que nous avons été sacrifiés, conclut Minoru. TEPCO et le gouvernement supposent que, parce que les travailleurs ont accepté de s’enrôler en tant que liquidateurs, ils doivent en accepter les conséquences. Ils cherchent tout simplement à se déresponsabiliser afin de ne pas reconnaître l’enjeu sanitaire lié au nucléaire, mais aussi de ne pas avoir à donner les indemnisations aux travailleurs. Le gouvernement veut tourner la page, faire comme si l’accident appartenait au passé, comme si rien ne s’était passé. L’accident est “révolu” : il n’ y a plus de problèmes. »

Une internationale des liquidateurs ?

Les travailleurs tentent de s’organiser à échelle internationale. C’est l’un des enjeux du Forum social mondial antinucléaire, qui s’est tenu à Tokyo, Montréal puis Paris, en novembre 2017. Anciens de Tchernobyl, employés du nucléaire français, liquidateurs japonais, associatifs ou lanceurs d’alerte : autant d’histoires singulières rassemblées. Minoru Ikeda avait à cette occasion rencontré, dans la capitale hexagonale, un ancien mécanicien français du nucléaire luttant pour que les maladies des travailleurs exposés à la radioactivité soient reconnues comme des maladies professionnelles, Philippe Billard. Il se rendit également à Fécamp ainsi qu’à Bure. « J’y ai appris que cinq ans après la catastrophe, le gouvernement russe avait créé une loi pour la protection des travailleurs et des habitants de la zone, avec des indemnités. » Il ajoute : « Au Japon, c’est le contraire. Il faudrait qu’un réseau des travailleurs du nucléaire se crée et s’organise afin d’avoir un poids sur les gouvernements pro-nucléaires. Dans chaque pays les situations diffèrent mais, malgré la barrière de la langue, nous nous comprenons mieux qu’avec les travailleurs japonais d’autres secteurs. Nous avons du commun, étant dans la même situation et les mêmes conditions. » Le visage de l’ancien liquidateur est anguleux, sa voix est basse, sans aucune nervosité. Il reprend une gorgée de café et ajoute : « Avant l’accident, j’étais déjà contre le nucléaire mais ce n’était que théorique. Après l’accident et mon travail en tant que liquidateur, j’ai compris le système nucléaire : une structure qui est prête à sacrifier ses propres travailleurs. »

Désormais définitivement à la retraite, l’ancien postier nous confie n’avoir aucun regret. « J’ai pu voir de mes propres yeux l’accident, les conséquences du nucléaire et surtout les conditions des travailleurs. Être le témoin de cette réalité. Je n’ai vraiment plus aucune confiance concernant cette énergie. Maintenant, je veux partager cette expérience pour aider à faire évoluer les conditions de travail des personnes dans le nucléaire. » Quelques 6 000 liquidateurs travaillent encore quotidiennement au démantèlement de la centrale nucléaire japonaise. Minoru Ikeda et Nanako Inaba se lèvent. Nous nous saluons ; ils s’en vont prendre un avion pour Tokyo.

Notes:

1. On pourra lire : « Pourquoi le Japon est une zone sismique ? ».
2. Fukushima n’est pas le premier accident nucléaire qu’a connu le Japon : en 2007, la centrale de Kashiwasaki-Kariwa, située à 10 kilomètres de l’épicentre d’un important séisme, frôlait déjà le drame nucléaire. Depuis, les Japonais ont inventé le terme « genpatsu-shinsai », qui désigne une accumulation de catastrophes naturelles menant à une catastrophe nucléaire.
3. Le bilan sanitaire varie encore : on estime qu’entre 500 000 et 800 000 personnes seraient mortes pendant les travaux de nettoyage et de cimentation.
4. Voir le documentaire de Thomas Jonhson diffusé en 2006, La bataille de Tchernobyl.
5. Soit 150 euros.
6. Un jeu d’argent très populaire dans tout l’archipel.
7. Voir « Quatre ans après Fukushima – L’ombre des Yakuzas », une enquête GQ parue en février 2015.
8. On pourra lire cet article à propos de la durée des déchets, sur le site La Radioactivité.
9. On pourra lire cet entretien paru en mars 2015 dans Lundi matin : « Partir de Tokyo ».
10. « Les initiatives de mesure des radiations ont une longue histoire au Japon. Juste après la catastrophe de Tchernobyl, des activistes anti-nucléaires japonais ont mis en place des réseaux de mesure indépendants appelés Radiation Disaster Alert Network (R-DAN). Certains scientifiques les ont soutenu. Les équipements de mesure ont été fournis par des organisations syndicales. Ce genre d’initiatives se transmettent, directement ou indirectement. La population ne peut pas croire les mesures officielles. À Fukushima on sait qu’elles sont généralement inférieures à leurs propres mesures. Et puis même en dehors de Fukushima, les gouvernements locaux ne veulent pas mesurer le rayonnement radioactif, même si certaines zones ont des radiations supérieures aux normes de sécurité. » Toshimaru Ogura, pour Ballast.
11. Voir les règlementations sur le site de l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS).
12. On pourra lire cet article de Mediapart paru en 2015 : « Fukushima, bilan d’une situation sanitaire inquiétante ».
13. L’accident de Tchernobyl constituait déjà une expérience clinique à grande échelle ; malgré les pressions exercées par les gouvernements russe et biélorusse pour ne pas diffuser de bilan sanitaire de la catastrophe, le recul historique et scientifique que nous avons désormais confirme cette corrélation.
14. On pourra lire cet article du Monde en date du mars 2013, signé Philippe Pons : « Fukushima : dans l’enfer des “liquidateurs” »

Folie nucléaire: Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima et plus à venir…

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, économie, documentaire, média et propagande, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 30 juin 2018 by Résistance 71

Entretien avec Kolin Kobayashi, journaliste japonais

Nucléaire: “On vit vraiment dans la folie !”

 

Revue Ballast

 

26 juin 2018

 

url de l’article:

https://www.revue-ballast.fr/kolin-kobayashi-nucleaire-on-vit-vraiment-dans-la-folie/

 

Le premier Forum mondial antinucléaire s’est tenu à Tokyo en 2016. Le journaliste japonais Kolin Kobayashi, basé à Paris et correspondant pour Days Japan, s’y est impliqué depuis la première heure. Nous le retrouvons dans un café du centre de la capitale, qui accueillit sa troisième édition en novembre 2017 et réunit des intervenants et des militants de Russie, d’Espagne, du Niger, des deux Amériques et bien sûr du Japon. Le Forum s’acheva alors à Bure, dans la Meuse. En plus d’alerter sur les dangers intrinsèques du nucléaire, Kobayashi aspire à mettre en lumière les travailleurs exposés dans un pays où d’importants séismes sont à prévoir, alors même que ce dernier continue de compter les victimes « collatérales » de l’accident nucléaire de Fukushima en 2011. « On n’en parle pas ; autrement, on serait paniqués. »

L’ancien Premier ministre japonais Naoto Kan a fait savoir qu’il s’était aperçu, au lendemain de l’explosion de la centrale, que le secrétaire général de l’agence de sûreté nucléaire n’était pas un « spécialiste de l’énergie nucléaire » mais un économiste ! Une métaphore à valeur globale ?

Oui. La situation était réellement chaotique car les autorités japonaises n’étaient pas du tout prêtes à affronter un accident nucléaire majeur. Le gouvernement ne pouvait pas imaginer un accident de l’ampleur de Tchernobyl. Ils n’ont pas su gérer la situation et je crois que rien n’a changé, jusqu’à aujourd’hui. La situation est la même ! C’est de toute façon ingérable, un accident de cet ordre. Mais le lobby nucléaire international essaie de montrer qu’il est capable de prendre en main un accident nucléaire et en parle comme s’il s’agissait d’un risque naturel à gérer, à l’instar d’un typhon ou d’un séisme. L’accident nucléaire majeur est compté parmi ces risques ; un parmi d’autres, en somme : ça, c’est le discours officiel. Mais c’est incomparable ! Deux ans après le 11 mars 2011, dans la ville de Sendai, un grand Symposium international a été mis en place avec les organisations onusiennes. Malgré le fait qu’il s’agisse d’un accident qui nous laisse encore aujourd’hui dans un état d’urgence, ils n’ont absolument pas parlé de Fukushima. C’est incroyable, n’est-ce pas ?

Quelle est la situation des 130 000 personnes déplacées au Japon à cause de la situation nucléaire, et qu’on invite à revenir ?

On a 100 000 personnes qui sont déplacées à l’intérieur et à l’extérieur du département de Fukushima. Pour quelles raisons les autorités japonaises décident-elles de faire revenir ces réfugiés ? C’est un problème social et économique extrêmement important. Ils menacent de couper les subventions aux réfugiés qui sont partis ailleurs et qui ne reviendraient pas. Les autorités essaient de dire : finalement, les conséquences radioactives ne sont pas si importantes que ça, vous pouvez revenir, il faudra juste faire attention à ne pas manger d’aliments contaminés, à ne pas passer dans tels ou tels quartiers un peu contaminés ; ainsi, vous pourrez continuer à vivre. Mais la population vivait majoritairement de la terre ; les gens étaient paysans et agriculteurs, le département était l’un des plus importants centres agricoles… Il y a le village d’Iitate : c’était un foyer de l’agriculture biologique ! Juste après l’accident, tout a été contaminé. Un documentaire est d’ailleurs consacré à cette question : Iitaté, chronique d’un village contaminé, du réalisateur Doi Toshikuni. On ne peut pas nettoyer la forêt, la montagne ou les champs ; on ne peut pas tout raser, soulever 30 centimètres de terre et la mettre ailleurs. Alors on nettoie un peu comme ça, à la manière d’une salutation diplomatique, mais pas plus.

C’est une manière pour le gouvernent de minimiser la catastrophe ?

Bien sûr. Il ne faut pas laisser paniquer la population et de ne pas créer une crise économique.

Cela prend-il auprès de la majorité de la population ?

Il y a quelques agriculteurs particulièrement attachés à leur terroir. Certains, désespérés, se sont suicidés. D’autres essaient de collaborer avec des scientifiques afin de minimiser la contamination radioactive et remettre leurs champs en état. Des agriculteurs âgés ne peuvent plus vivre dans une maison préfabriquée d’en moyenne 29,7 m² prêtée par l’État ; ils sont tellement traumatisés… Ceux qui avaient des maisons de famille appartenant à leurs parents, à leurs grands-parents, accueillant leurs enfants et petits enfants, ceux-là se retrouvent tous dans un foyer. Résignés et conscients que, même atteints de maladies cancérigènes dues à la radioactivité, ils n’ont plus longtemps à vivre. Ceux-là se résignent, et reviennent.

Ils savent qu’ils ne vont donc pas léguer ces terres à leur famille.

La majorité des agriculteurs, conscients de tout cela, savent très bien qu’après leur génération, ce sera terminé. Les jeunes ne reviendront plus.

Que peuvent-ils transmettre aux générations futures ?

Les jeunes ont peur de subir la contamination et les familles avec enfants ne veulent pas revenir. Alors les villages, même s’ils étaient déjà petits — 6 000 personnes vivaient à Iitaté avant l’accident, 400 maintenant —, sont constitués en majorité d’une population de personnes de plus de 65 ans qui, une fois morts, n’auront personne derrière eux. Hasegawa Kenichi était fermier ; il a choisi de revenir avec sa mère de plus de 80 ans atteinte de la maladie d’Alzheimer pour continuer à vivre ailleurs que dans une baraque préfabriquée. Il est tout à fait conscient que son village et sa maison sont complètement contaminés. Mais il s’y est résigné. C’est assez tragique.

Comment gérer cette contradiction centrale entre l’urgence sécuritaire de la centrale et la protection des travailleurs livrés à son exposition ?

En réalité, ils ne les protègent pas. L’efficacité économique est prioritaire. Les travailleurs qui sont dans des zones d’irradiations fortes, des zones à risques, ne sont pas les salariés officiels de TEPCO [multinationale japonaise et, avant sa nationalisation, plus grand producteur privé mondial d’électricité, ndlr] : on fait appel à des sous-traitants. En France également, il y a des salariés « officiels » qui ne vont pas — sauf cas exceptionnels — dans des endroits dangereux. Au Japon, il y a dix étages de sous-traitance. TEPCO demande à une société générale de gérer l’ensemble des étages. Et, au final, l’entreprise qui se trouve au dernier étage n’a aucun contact avec TEPCO. La gestion et le contrôle de la santé des travailleurs qui travaillent actuellement à Fukushima Daiichi — 6 000 personnes, tous les jours ! — ne sont aucunement rationnels ni convaincants. Personne ne prend en charge cela.

Sont-ils soutenus par des organisations syndicales ?

Les syndicats officiels liés à Tepco sont complètement pro-nucléaires — comme ici, en France. Le syndicalisme existe peu dans des entreprises de moins de 50 personnes. Il y a bien une association de soutien aux travailleurs nucléaires (il s’agit en fait de plusieurs associations regroupées pour former une association solide1) qui entre en contact avec eux et leur fournit un carnet pour documenter leur carrière, dans lequel ils doivent reporter les postes qu’ils ont occupés, pendant combien de temps, à quels endroits ils sont passés, combien de doses reçues, etc. Ce carnet est utile pour archiver leur état de santé. Normalement, c’est aux autorités japonaises de le fournir à tous les travailleurs, même à ceux qui ne travailleront que dix jours : c’est utile sur le long terme. On sait que certains cancers se déclarent au bout de 30 ans ; après Hiroshima, des cancers liés aux radiations se sont déclarés après un demi-siècle.

Il n’y a pas d’examens médicaux obligatoires ?

L’association propose ce carnet déclaratif car les patrons des petites entreprises sous-traitantes demandent aux travailleurs temporaires de ne pas révéler les doses réelles reçues. Les salariés le savent, et savent aussi qu’en déclarant le chiffre de doses réelles ils ne pourront pas travailler le jour suivant — puisque son seuil de radiation est dépassé. L’exposition va dépendre des zones où ils seront envoyés. Si untel est envoyé dans une zone très contaminée, il pourra travailler d’une traite seulement une heure, voire dix minutes par jour ; d’autres, qui font des travaux de décontamination dans les villages, peuvent travailler plus longtemps. Ils doivent faire des coupures plus ou moins contrôlées. Ceux qui ont besoin d’argent, comme les travailleurs journaliers, camouflent et magouillent donc les chiffres. Vous avez dû entendre parler des mafieux japonais, les Yakuzas, qui démarchent pour trouver des travailleurs précaires prêts à mourir…

Ces travailleurs se déclarent « prêts à mourir » ?

Non, mais ils savent que c’est un risque à prendre. Ce sont des travailleurs précaires qui s’entassent dans certains quartiers populaires et cherchent tous les jours du travail. Ces gens-là sont malades physiquement ; les missionnaires de sous-traitants, les Yakuzas, proposent beaucoup d’argent contre le fait d’être « prêts à mourir ».

L’opinion publique japonaise est-elle correctement informée du sort des travailleurs du nucléaire ?

Officiellement parlant, les Japonais ne sont de toute façon pas informés ; ça reste une zone invisible, sauf pour les militants, les chercheurs et ceux qui s’intéressent d’eux-mêmes à ces problèmes. Le reste de la population n’est pas au courant. Mais des scandales éclatent parfois ça car cela concerne également les Yakuzas et les embauches illégales, sans fiches de salaire officielles, etc. Cela reste de l’ordre du fait divers social, comme il y en a tous les jours : ça passe et on oublie.

Un fait divers et jamais un problème économique et structurel ?
Voilà.

À combien s’élèvent les salaires proposés aux travailleurs ? 

C’est flou. La société qui embauche prélève une marge salariale : au bout des dix étages, la marge prélevée devient importante et le salarié touche à peine plus que le SMIC2. L’État avait promis une subvention spéciale pour les travailleurs du nucléaire mais cet argent a été totalement absorbé par les entreprises. C’est illégal. Une prime qui dépendait de l’endroit où travaillait la personne (700 à 800 euros par mois).

L’État japonais s’est donc servi de l’argent des impôts pour engraisser des entreprises sous-traitantes et sous-payer des individus ?

Oui.

Sans mouvement de contestation ?

C’est comme en France ! La grande majorité des gens sont pris en otage par cette idée reçue que, sans le nucléaire, notre vie et notre civilisation moderne ne fonctionnera plus, qu’il n’y aura pas assez d’énergie pour les hôpitaux, les écoles…

Le Japon avait réagi en fermant, pour un temps, toutes les centrales…

Avant cela, le Japon était couvert par le nucléaire à hauteur de 35 %. On est loin des 75 % de la France. Il est plus facile de le convertir en électricité conventionnelle, fioul, charbon, hydro-énergie…

Quels liens économiques existent entre l’ingénierie française et japonaise ?

Le Japon avait depuis le début des années 1970 une convention de coopération avec la France. S’y échangent des savoirs-faire, notamment au sujet des réacteurs. Les Japonais travaillent bien davantage avec l’ingénierie américaine mais le lobby industriel nucléaire français a commencé à être plus présent — notamment sur la question du retraitement. Il y a une usine de retraitement au Japon, celle de Rokkasho, qui est entièrement de technologie française. C’est pour ça qu’Areva y était présent : pour échanger mutuellement des technologies. Il y a un lien fort actuellement parce que le Japon veut conquérir la potentialité du nucléaire militaire pour être élu comme membre du Conseil de sécurité. Sans tête nucléaire, on est balayés ! Les membres du club sont liés au nucléaire, donc ce sont des liens forts. Actuellement, ASTRID est un nouveau projet de quatrième génération des réacteurs ; c’est le prolongement de Superphénix. C’est une invention franco-japonaise. Les Japonais avaient un surgénérateur de prototype Monju qui a raté — comme Superphénix —, mais ils veulent continuer d’investir.

Superphénix était supposé recycler le nucléaire appauvri utilisé par les centrales principales pour recréer de l’énergie…

Ils fabriquent des combustibles Mox en mélangeant du plutonium puis recyclent à chaque fois ce plutonium pour refabriquer du Mox et en remettre dans le réacteur. Ça, c’était le plan écrit sur la table. Mais ça ne fonctionne pas ! En France, c’est aussi un problème puisque Superphénix ne marche plus. On n’a plus besoin de faire un retraitement. La raison d’être de l’usine de la Hague est remise en cause. Que faire, alors ? Pour le lobby industriel nucléaire, il faut avancer dans cette direction en disant que le plutonium n’est, au fond, pas destiné au nucléaire militaire mais sera utilisé pour la paix ! Le nucléaire civil et le nucléaire militaire sont le recto-verso d’une pièce de monnaie : il n’y a pas de différence, c’est une continuité. Le premier réacteur nucléaire inventé pour faire des bombes atomiques françaises a été développé, non démocratiquement, sur l’usage civil de toutes les centrales nucléaires. Puis les Français ont expérimenté le type américain, pour revenir à leur propre technologie. Malgré les différences techniques entre nucléaire militaire et civil, ils reposent sur le même principe : la fission est contrôlée dans une centrale alors qu’on laisse volontairement dépasser une masse critique dans une bombe atomique.

On parle d’un élément chimique plus accessible que l’uranium, le thorium, comme d’un possible « nucléaire propre » et plus éthique. Qu’en est-il ?

Il est dit qu’avec le thorium il y aurait moins de pollution. Mais il y a toujours un déchet qui reste et on n’a pas de solution pour le déchet du thorium ! C’est comme à Bure, où l’on enfouit des déchets à 500 mètres en sous-sol. Mais imaginons que des tunnels se cassent, qu’il y ait des explosions (comme ce fut le cas aux États-Unis il y a 60 ans, et on n’en parle pas) qui génèrent une grande contamination… La question du déchet nucléaire reste la plus importante car elle est sans solution.
Le Japon est un pays tellement sismique qu’il n’y a pas d’endroit solide pour cacher de tels déchets ! Ce n’est pas comme en Finlande. Et si le magma de notre planète bouge…
 Pour le moment, n’ayant pas vraiment de solution, la plus raisonnable reste de stocker à la surface et de surveiller.

En 2015, on dénombrait 700 000 tonnes de déchets nucléaires autour de la centrale de Fukushima Daiichi…
On se trouve dans une situation très précaire. Dans les trois premiers réacteurs de Fukushima Daiichi, il y a des piscines au sommet des bâtiments. C’est une construction de style américaine : ils n’ont pas créé une structure adaptée à un pays comme le Japon. Après le séisme, l’étanchéité des piscines s’est fragilisée. Et il y a 1 500 blocs de combustibles qui sont stockés et dont on ne sait pas quoi faire. Il aurait fallu creuser un trou et les mettre dans le sol, dans un endroit sûr, mais l’accident de Fukushima a généré une radioactivité si forte qu’on n’a pas encore de robot capable d’effectuer ces tâches — et de loin ! Les travailleurs du nucléaire ne peuvent pas aller dans ces zones : on ne peut rien y faire. En cas de nouveau séisme à cet endroit, il faudra, comme le disait Naoto Kan, évacuer les populations de la région de Fukushima et de celle de Tokyo. Comment ferait-on, techniquement et économiquement ?

Pourtant, un autre séisme est annoncé dans les vingts années à venir…

On vit vraiment dans la folie… On n’en parle pas ; autrement, on serait paniqués. À Fukushima Daiichi, la radioactivité continue de se diffuser car il n’y a pas de confinement. Ce qui a été accompli à Tchernobyl l’a été au détriment de combien de travailleurs morts ? Entre 500 000 et 800 000 personnes ont travaillé et sont mortes ou tombées gravement malades pour cimenter. Et soyons clair : c’est grâce à eux que l’Europe a été sauvée ! Mais c’était l’époque de l’Union soviétique, qui pouvait ordonner au peuple de venir « aider ». Dans un pays libéral et capitaliste comme le Japon, comment voudriez vous embaucher 800 000 personnes pour faire un sarcophage autour de trois réacteurs ?

Serait-ce souhaitable ?
On ne peut pas exiger cela…

Y a-t-il eu des études effectuées sur la faune et la flore autour de Fukushima ?

« Le risque zéro n’existe pas », entend-on chez tous les officiels des organisations internationales. Il y a des scientifiques qui ont apporté la preuves de malformations dans les gènes de plantes, de papillons, d’animaux — de même qu’à Tchernobyl, dont il existe des études poussées. Celles-ci devraient être reconnues internationalement mais le lobby nucléaire domine le débat et affirme qu’il n’y a pas de victimes de la radioactivité. C’est le discours qu’on entend au Japon.

Vous êtes impliqué dans l’organisation du Forum social antinucléaire : c’est en effet assez rare que soient réunis au même endroit différents acteurs sur ces questions…

Dans l’opinion générale de la population française et japonaise, il est dit que c’est une question purement scientifique et technique, une affaire de changement de cap énergétique. Mais, je le redis, la question du nucléaire est inséparable de la question militaire et civile. Il faut vraiment saisir le nucléaire dans sa globalité. Dès qu’il y a un accident majeur, il y a des conséquences énormes sur la santé, l’économie, la politique et la société : il faut comprendre l’ensemble des phénomènes. Pour discuter de cette globalité, il n’est pas suffisant de faire seulement une conférence antinucléaire pour parler d’un côté de la sureté nucléaire et de l’autre des déchets. Il faut parler de l’ensemble des problèmes. La structure du Forum social mondial permet d’aborder toutes les questions scientifiques, sociales, économiques et politiques : il tend à créer un réseau international afin de globaliser les contestations des populations citoyennes, des militants et des scientifiques pour dire qu’il est inacceptable de continuer avec le nucléaire.

Technologie et Nouvel Ordre Mondial: Pour Enedis, il faut sauver le soldat Linky…

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, économie, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 27 juin 2018 by Résistance 71

Divulgation du plan com d’urgence d’Enedis pour essayer de sauver le soldat Linky

 

Stéphane Lhomme

 

26 juin 2018

 

Reçu par courriel

 

Refus Linky Gazpar – Communiqué du mardi 26 juin 2018

http://refus.linky.gazpar.free.fr

 

Divulgation du plan com d’urgence d’Enedis
pour essayer de sauver le compteur Linky

 

– Un plan d’urgence face à une situation de rejet généralisé du Linky

– Un gaspillage éhonté de l’argent des usagers

– Une tentative ridicule de rendre le Linky « sympathique »

– Une pression directe sur la presse régionale accusée d’être « anti-linky »

Nous avons pu nous procurer le « plan com » confidentiel (cf ci-dessous) de la campagne publicitaire lancée en toute urgence en cette fin juin par Enedis pour essayer de sauver le soldat Linky.

Les doux euphémismes que l’on trouve dès l’introduction, comme « renforcer son acceptabilité et faciliter son déploiement partout en France » illustrent la réalité : le compteur Linky est rejeté de façon de plus en plus massive partout en France.

Adossée à deux évènements publics majeurs, la Coupe du Monde de Football et le Tour de France, assurément pour essayer de toucher le public populaire, cette campagne ressemble à une tentative désespérée de sauver le programme Linky alors que la proximité des élections municipales aggrave encore sa situation (*).

Les méthodes utilisées illustrent bien les pratiques d’Enedis depuis deux ans que le déploiement du Linky est commencé : « faire de la pédagogie » se traduit noir sur blanc par « marteler » !

Par ailleurs, des « experts et alliés » vont être mis en exergue (et assurément grassement rémunérés, pour leur collaboration, avec l’argent des usagers). Nous ne manquerons pas de questionner ces complices d’Enedis… dès qu’ils seront présentés.

D’autre part, Enedis souhaite « inspirer de la sympathie et de la chaleur autour de Linky« , en particuliers avec les dessins du « gentil Linky » en pleines pages dans l’ensemble des journaux régionaux de France : on ne saurait mieux montrer à quel point Enedis prend les citoyens pour des imbéciles.

On note aussi une tentative de mise au pas de la presse régionale : le sous entendu d’une campagne publicitaire aussi importante (et donc lucrative pour les journaux) est très clair : « Si vous voulez continuer à bénéficier de cette manne, soyez positif avec Linky dans vos articles« .

Enedis accuse en effet la presse locale et régionale de « faire le jeu des anti-Linky » alors qu’elle ne fait que rendre compte des innombrables déconvenues vécues par les habitants dotés du compteur vert fluo. De toute évidence, Enedis veut remettre les médias dans le « droit chemin ».

Nous appelons les citoyens à ne pas se laisser désinformer par Enedis et, d’ores et déjà, à participer à un grand concours de parodies des publicités du Linky (exemple joint).

Stéphane Lhomme, Conseiller municipal de Saint-Macaire (33)

Animateur du site web http://refus.linky.gazpar.free.fr

(*) Plus la date des élections municipales approche, plus les maires sont nombreux à interdire la pose des Linky ou a minima pour le droit de refus des compteurs communicants par leurs administrés. Le parti LREM, au pouvoir, est considéré à juste titre par de nombreux habitants (…et électeurs) comme complice des méthodes d’Enedis, et s’inquiète d’une probable sanction dans les urnes…

Document confidentiel Enedis

Rendu public par http://refus.linky.gazpar.free.fr

—————————————————————————————

Enedis – Nouvelle campagne publicitaire autour du compteur Linky

 

Enedis intensifie sa communication autour du compteur Linky afin de renforcer son acceptabilité et faciliter son déploiement partout en France. Pour optimiser la prise de parole sur Linky, l’équipe du Programme Linky et la Dircom ont construit une stratégie s’adossant aux deux grands évènements sportifs, populaires et fédérateurs qui vont générer une très forte audience sur les médias dans les prochaines semaines : la Coupe du Monde de Football et le Tour de France.

 

Partis pris et positionnement de communication

 

·Faire de la pédagogie :
▪️ marteler les bénéfices de Linky pour les particuliers, les collectivités, et la France.

▪️ des experts et des alliés pour porter la parole Linky.

·Créer de la proximité :
▪️ inspirer de la sympathie et de la chaleur autour de Linky. Le faire entrer dans les familles et les foyers.

▪️ bénéficier du contexte de la Coupe du monde de Football et du Tour de France, deux événements populaires et mondiaux pour donner une nouvelle vie au compteur Linky.

Parler vrai :

▪️ incarner les bénéfices de Linky. Combattre les contre-vérités avec des mots simples et justes.

▪️ des clients pour remettre Linky à sa juste place.

*) Dans la presse quotidienne régionale (PQR)

Le plan média a été élaboré pour une prise de parole autour des bénéfices concrets et immédiats du compteur Linky pour nos clients :

·         les services à distance

·         le dépannage facilité

·         la possibilité d’agir sur sa consommation

La campagne publicitaire est composée de 3 visuels Linky et diffusée sur l’ensemble des titres de la PQR (hors Corse) + Le Parisien. Dates de parution : 18, 21 et 26 juin 2018.

Un renforcement avec des formats digitaux sur les sites Internet de la PQR et sur les réseaux sociaux.

*) A la radio : RMC

La première radio du sport en France et seule diffuseur en direct et en intégralité des matchs de la Coupe du Monde de Football et les étapes du Tour de France.

Deux spots de 20 secondes dans le contexte Coupe du Monde de Foot (du 14 juin au 15 juillet)

*) A la télévision (France télévisions)

Vivez le Tour de France avec le compteur Linky… Enedis, partenaire officiel.

La marque Enedis et le compteur Linky seront présents sur tous les directs du Tour de France diffusés sur les chaines de télévision France 2 et France 3. Une courte vidéo de 4 ou 6 secondes sera présente en entrée, sortie et reprises des programmes.

France 3 :

·         le court programme de France 3, à 19h20 du lundi au vendredi, du 25 juin au 6 juillet

·         tous les directs du 7 au 29 juillet de 12h55 à 15h

France 2 :

·         tous les directs, de 11h55 à 12h55 et de 15h à 17h30, du 7 au 29 juillet

Enedis et Linky seront également à l’honneur sur les sites Internet de France Télévision Sport

= = =

Notre dossier « compteur Linky »

Agro-business et Nouvel Ordre Mondial…

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, économie, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, OGM et nécro-agriculure, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 26 juin 2018 by Résistance 71

 

Le mariage de la mort Bayer-Monsanto

 

Résistance 71 avec James Corbett

 

23 juin 2018

 

Le toujours excellent James Corbett sort sa dernière vidéo documentaire sur la fusion de Monsanto avec Bayer, probablement les deux entreprises les plus malfaisantes de l’histoire mondiale de l’industrie chimique. Très bientôt, ces deux géants criminels et eugénistes vont contrôler plus de 25% de toute l’industrie alimentaire mondiale au travers de leur fusion et du contrôle en aval d’entreprises vassales. Cet vidéo ci-dessous est en anglais et mériterait d’être sous-titrée en français dès que possible. La transcription complète se trouve ici.

Rappelons que Monsanto, avant d’être le géant des graines transgéniques fut aussi avec Dow chemicals un des inventeurs de « l’agent orange » massivement utilisé au Vietnam. Bayer, sous son fondateur Duisberg inventa littéralement la guerre chimique et fut responsable de la production de gaz au chlore utilisé durant la 1ère guerre mondiale notamment à Ypres en Belgique contre les troupes françaises (1000 morts et plus de 4000 intoxiqués). Ce sont donc ces ordures criminelles de haut niveau et bien protégée du système, qui gèrent en grande partie les industries de de l’agriculture, de l’alimentaire, et de la « santé » (Bayer diffuseurs l’Aspirine oui, mais aussi de médicaments pour hémophiles contaminés avec le virus HIV et autre contraceptif mortifère…). Nul doute que nous pouvons avoir 100% confiance en leur sacerdoce pour le bien commun et la santé publique.

En mars courant, nous avions déjà dit; « Quand Hulot rime avec Monsanto », ceci est toujours d’actualité, Bayer faisant bien entendu déjà parti de l’équation… Ainsi que cet article sur la fusion Bayer-Monsanto…

L’excellent documentaire de James Corbett, 23 minutes d’une concision parfaite:

 

Lectures complémentaires:

Que faire ?

Un Monde sans Cancer, l’histoire de la vitamine B17

Théorie Russo Ukrainienne de l’Origine Profonde Abiotique du Pétrole

le bouclier du lanceur d’alerte

Quand Hulot rime avec Monsanto