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Résistance politique: lectures à propager sans aucune modération… Le top 10 des PDF sur Résistance 71 !

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Résistance 71

 

17 mai 2019

 

Nous vous proposons ci-dessous le classement des 10 top pdf téléchargés par les lecteurs de Résistance 71 depuis la création de notre bibliothèque PDF qui a vu le jour avec l’étroite coopération de Jo pour la mise en page.

Il y a à ce jour 109 documents en format PDF à télécharger gratuitement sur notre page des PDF à lire et à divulguer sans modération.

Voici les 10 documents les plus lus:

1- Manifeste pour la Société des Sociétés (Résistance 71, octobre 2017)

 

2- Ashraf Ezzat Mythe Biblique

3- Un Monde sans Cancer, l’histoire de la vitamine B17

 

4- La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

5- Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

6- Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

7- Meurtre par Décret version PDF

8- le bouclier du lanceur d’alerte

9- Théorie Russo Ukrainienne de l’Origine Profonde Abiotique du Pétrole

10 – Sutton_Wall_Street_et_la_montée_d’Hitler

 

A (re)lire et diffuser sans aucune modération… Merci

 


Soyons SUPRA-connectés…
Solidarité, Union, Persévérance, Réflexion, Action

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Texte d’actualité pour Gilets Jaunes: « La commune de Paris et la notion d’état » (Michel Bakounine 1871) version PDF

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Résistance 71

 

6 mai 2019

 

Nous vous proposons ce texte de Michel Bakounine de 1871, que nous pensons être inédit en français en ligne (nous ne l’avons trouvé nulle part en français) et que nous avons traduit pour le bénéfice de toutes et tous.

Ce texte fait suite à ses « Lettres à un Français » datant de 1870 et Bakounine y analyse à la fois la Commune de Paris et ses rapports politiques avec la notion d’état.
Une fois de plus, on peut se poser la question de savoir pourquoi ce texte paraît-il toujours si d’actualité aujourd’hui ? et la réponse étant invariablement : parce que rien n’a fondamentalement changé, les problèmes posés hier et avant-hier sont toujours posés aujourd’hui et que nous ne pourrons pas y trouver de solutions tant que nous accepterons la réalité politique et économique qui nous est imposée depuis bien trop longtemps.

Depuis novembre 2018, le mouvement des Gilets Jaunes met à jour les contradictions internes et permanentes d’un système étatico-capitaliste à bout de souffle et moribond. Pas à pas, les consciences politiques s’éveillent au-delà de la critique de base de la « vie quotidienne » et un plus grand nombre de gens réalisent, comme nous le disait déjà en substance Bakounine il y a 148 ans, qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir…

Reste à y réfléchir de manière critique et agir pour changer la réalité du monde en une société des sociétés embrassant la complémentarité de notre diversité et lâchait-prise de tous les antagonismes forcés sur nous. Elle est la seule voie viable pour une humanité véritablement humaine dans sa nature organique retrouvée hors du diktat marchand, tout le reste n’étant que pisser dans un violon.

Michel_Bakounine_La_Commune_de_Paris_et_la_notion_detat
(mise en page PDF de Jo)

 

Bonne lecture !

 


Vive la Commune !

 

Lectures connexes:

Bakounine_et_letat_marxiste_Leval

Exemple_de_charte_confederale_Bakounine

la-sixta

confederalisme_democratique

kropotkine_science-etat-et-societé

petit_precis_sur_la_societe_et_letat

Appel au Socialisme Gustav Landauer

Que faire ?

Inevitable_anarchie_Kropotkine

Dieu et lEtat_Bakounine

Manifeste pour la Société des Sociétés

Rudolph Rocker_Anarchie de la theorie a la pratique

Louise-Michel_De-la-commune-a-la-pratique-anarchiste

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Pierre_Kropotkine_La_Commune_de_Paris_PDF

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

Paulo_Freire_Extension ou Communication

 


Commune de Lyon et…
Commune de Paris

Clin d’œil politique aux Gilets Jaunes: L’abécédaire de Raoul Vaneigem

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“Le thème de la révolution permanente se transporte ainsi dans l’expérience individuelle. Vivre, c’est faire vivre l’absurde. Le faire vivre, c’est avant tout le regarder. Au contraire d’Euridice, l’absurde ne meurt que lorsqu’on s’en détourne. L’une des seules positions philosophiques cohérentes c’est ainsi la révolte. Elle est une confrontation perpétuelle de l’homme et de sa propre obscurité. Elle est exigence d’une impossible transparence. Elle remet le monde en question à chacune de ses secondes.”
~ Albert Camus, “Le mythe de Sisyphe”, 1942 ~

 

 

L’abécédaire de Raoul Vaneigem

 

Revue Ballast

 

Avril 2019

 

Source: https://www.revue-ballast.fr/labecedaire-de-raoul-vaneigem/

 

En version PDF
clin-doeil-politique-aux-gj-labecedaire-de-raoul-vanegeim-source-revue-ballast-via-r71-mai-2019

 

Fin 2018, le philosophe belge lançait : « Tout est possible. » Son parti ? Celui qu’il nomme « la vie » — l’élan contre la résignation, l’indifférence, la mutilation, la marchandise et la survie. Figure de l’Internationale situationniste (qu’il quitta en 1970 sans jamais revoir Guy Debord), Raoul Vaneigem se tient volontairement loin des médias et invite, inlassablement, à transformer le désespoir en colère joyeuse et quotidienne : une vingtaine de livres rien que depuis l’an 2000. Battre le capitalisme global et le pouvoir militarisé d’État sur leur terrain tient à ses yeux de l’impasse ; il leur oppose « un réseau de résistance » à construire sur des territoires libérés, affranchis, soucieux de la « vie humaine, animale, végétale » et capables de se défendre. L’expérience zapatiste au Mexique irrigue ses propositions ; les ZAD et les gilets jaunes le poussent à n’en pas douter : qu’attendons-nous pour « faire nos affaires nous-mêmes » ?

Armes : « Qu’en est-il des réponses que la guérilla propose ? Chaque fois qu’elle l’a emporté, ce fut pour le pire. Le triomphe des armes aboutit toujours à une amère défaite humaine. » (L’État n’est plus rien, soyons tout, Rue des Cascades, 2010)

Bête : « Notre animalité résiduelle a été refoulée au nom d’un esprit qui n’était que l’émanation d’un pouvoir céleste et temporel chargé de dompter la matière terrestre et corporelle. Aujourd’hui, l’alliance avec les énergies naturelles s’apprête à supplanter la mise à sac des ressources planétaires et vitales. Redécouvrir notre parenté avec le règne animal, c’est nous réconcilier avec la bête qui est en nous, c’est l’affiner au lieu de l’opprimer, de la refouler et de la condamner aux cruautés du défoulement. Notre humanisation implique de reconnaître à l’animal le droit d’être respecté dans sa spécificité. » (Entretien paru dans Siné Mensuel, octobre 2011)

Casser : « Brûler une banque, ce n’est pas foutre en l’air le système bancaire et la dictature de l’argent. Incendier les préfectures et les centres de la paperasserie administrative, ce n’est pas en finir avec l’État (pas plus que destituer ses notables et prébendiers). Il ne faut jamais casser les hommes (même chez quelques flics, il reste une certaine conscience humaine à sauvegarder). » (« Les raisons de la colère », Siné Mensuel, décembre 2018)

Démocratie directe : « Nous ne sommes ni des pirates, ni des en-dehors, ni des marginaux, nous sommes au centre d’une société solidaire à créer et, que nous le voulions ou non, il faudra bien que nous apprenions à opposer une démocratie directe à cette démocratie parlementaire, clientéliste et corrompue qui s’effondre avec les puissances financières qui la soutenaient et la dévoraient. » (Entretien paru dans Article 11, 14 octobre 2008)

Être humain : « Nous n’avons été jusqu’à ce jour que des hybrides, mi-humains mi-bêtes sauvages. Nos sociétés ont été de vastes entrepôts où l’homme, réduit au statut d’une marchandise, également précieuse et vile, était corvéable et interchangeable. Nous allons inaugurer le temps où l’homme va assumer sa destinée de penseur et de créateur en devenant ce qu’il est et n’a jamais été : un être humain à part entière. » (L’État n’est plus rien, soyons tout, Rue des Cascades, 2010)

Fureur : « Montrez-moi aujourd’hui un seul endroit où le regard ne soit agressé, où l’air, l’eau, la terre ne subissent la fureur dévastatrice de la cupidité marchande ! Tout ce qui est utile et agréable est systématiquement mis à mal. » (Entretien paru dans L’Obs, mai 2018)

Gilets jaunes : « Du mouvement des gilets jaunes émane une colère joyeuse. Les instances étatiques et capitalistes aimeraient la traiter d’aveugle. Elle est seulement en quête de clairvoyance. » (« Les raisons de la colère », Siné Mensuel, décembre 2018)

Horreurs : « Le prétendu devoir de mémoire, qui nous enseigne les horreurs du passé, les guerres, les massacres, la sainte Inquisition, les pogromes, les camps d’extermination et les goulags, perpétue le vieux dogme religieux d’une impuissance congénitale à vaincre le mal, auquel l’honneur prescrit d’opposer cette éthique qui repose sur le libre arbitre comme un fakir sur une chaise à clous. » (Prologue à La Commune d’Oaxaca — Chroniques et considérations, de Georges Lapierre, Rue des Cascades, 2008)

Idées : « Il n’y a ni bon ni mauvais usage de la liberté d’expression, il n’en existe qu’un usage insuffisant. […] L’absolue tolérance de toutes les opinions doit avoir pour fondement l’intolérance absolue de toutes les barbaries. Le droit de tout dire, de tout écrire, de tout penser, de tout voir et entendre découle d’une exigence préalable, selon laquelle il n’existe ni droit ni liberté de tuer, de tourmenter, de maltraiter, d’opprimer, de contraindre, d’affamer, d’exploiter. […] Aucune idée n’est irrecevable, même la plus aberrante, même la plus odieuse. » (Rien n’est sacré, tout peut se dire — Réflexions sur la liberté d’expression, La Découverte, 2015)

Joies : « Comment s’étonner que les écoles imitent si bien, dans leur conception architecturale et mentale, les maisons de force où les réprouvés sont exilés des joies ordinaires de l’existence ? […] Si l’enseignement est reçu avec réticence, voire avec répugnance, c’est que le savoir filtré par les programmes scolaires porte la marque d’une blessure ancienne : il a été castré de sa sensualité originelle. La connaissance du monde sans la conscience des désirs de vie est une connaissance morte. Elle n’a d’usage qu’au service des mécanismes qui transforment la société selon les nécessités de l’économie. » (Avertissement aux écoliers et lycéens, Mille et une nuits, 1998)

Krach : « Désormais les États ne sont plus que les valets des banques et des entreprises multinationales. Or, celles-ci sont confrontées à la débâcle de cet argent fou qui, investi dans les spéculations boursières et non plus dans l’essor des industries prioritaires et des secteurs socialement utiles, forme une bulle promise à l’implosion, au krach boursier. » (L’État n’est plus rien, soyons tout, Rue des Cascades, 2010)

Local : « Il n’y a que les assemblées locales qui soient au courant des problèmes rencontrés par les habitants d’un village, d’un quartier, d’une région. Il n’y a que l’assemblée populaire pour tenter de résoudre ces problèmes et pour fédérer ces petites entités afin qu’elles forment un front, inséparablement local et international, contre cette Internationale du fric dont la pourriture journalistique consacre le caractère et le développement inéluctable en le baptisant mondialisation. » (« Le combat des zapatistes est le combat universel de la vie contre la désertification de la terre », La Jornada, 20 janvier 2019)

Martyrs : « Il n’y a pas de peuples martyrs, il n’y a que des hommes résignés à la servitude volontaire. » (Lettre de Staline à ses enfants réconciliés, Verdier, 1998)

Notre-Dame-des-Landes : « Ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes illustre un conflit qui concerne le monde entier. Il met aux prises, d’une part, les puissances financières résolues à transformer en marchandise les ressources du vivant et de la nature et, d’autre part, la volonté de vivre qui anime des millions d’êtres dont l’existence est précarisée de plus en plus par le totalitarisme du profit. » (« Solidarité avec Notre-Dame-des-Landes », Siné Mensuel, avril 2018)

Organe étatique : « Le bolchevisme, lui, s’est voulu un humanisme : il a récupéré cyniquement la tentative d’affranchissement que fut, pour le prolétariat exploité, la démocratie directe des soviets ou conseils, il en a popularisé l’image à des fins de propagande dans le même temps qu’un Soviet suprême devenu l’organe étatique de la classe dominante interdisait toute velléité d’émancipation individuelle et collective. » (Lettre de Staline à ses enfants réconciliés, Verdier, 1998)

Pouvoir : « Quiconque exerce un pouvoir se conduit en intellectuel, quiconque se cantonne dans l’intellectualité a l’haleine amère de l’autorité. » (Lettre à mes enfants et aux enfants du monde à venir, Cherche Midi, 2012)

Quantitatif : « L’idéologie, l’information, la culture tendent de plus en plus à perdre leur contenu pour devenir du quantitatif pur. Moins une information a d’importance, plus elle est répétée et mieux elle éloigne les gens de leurs véritables problèmes. Mais nous sommes loin du gros mensonge dont Goebbels dit qu’il passe mieux que tout autre. La surenchère idéologique étale avec la même force de conviction cent bouquins, cent poudres à lessiver, cent conceptions politiques dont elle a successivement fait admettre l’incontestable supériorité. » (Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations, Gallimard, 1967–1992)

Religion : « La religion ne verra sa fin qu’avec la fin d’une économie qui réduit l’homme au travail et l’arrache à la vraie destinée de se créer en recréant le monde. […] Ceux qui ont médité de la détruire en la réprimant n’ont jamais réussi qu’à la ranimer, car elle est par excellence l’esprit de l’oppression renaissant de ses cendres. » (De l’inhumanité de la religion, Denoël, 2000)

Sentence : « Ma relation amicale avec Guy Debord s’était bâtie sur une hâte commune d’en finir avec l’univers, finissant, d’une impossible vie. Avant de tourner à la fièvre obsidionale, l’idée du groupe en péril fut le garant de notre solidarité. Nous avions le sentiment d’être mandatés par l’Histoire — celle que nous faisions — pour exécuter contre la civilisation marchande la sentence de mort qu’elle avait promulguée à son encontre. » (L’État n’est plus rien, soyons tout, Rue des Cascades, 2010)

Transgression : « Nous avons tout à gagner de nous attaquer au système et non aux hommes qui en sont à la fois les responsables et les esclaves. Céder à la peste émotionnelle, à la vengeance, au défoulement, c’est participer au chaos et à la violence aveugle dont l’État et ses instances répressives ont besoin pour continuer d’exister. Je ne sous-estime pas le soulagement rageur auquel cède une foule qui incendie une banque ou pille un supermarché. Mais nous savons que la transgression est un hommage à l’interdit, elle offre un exutoire à l’oppression, elle ne la détruit pas, elle la restaure. L’oppression a besoin de révoltes aveugles. » (L’État n’est plus rien, soyons tout, Rue des Cascades, 2010)

Univers : « Ceux qui font de la terre un cloaque sont devenus le cloaque de la terre. Je ne sais si, exauçant les vœux du brave Meslier, le dernier bureaucrate sera pendu avec les tripes du dernier des prêtres. En revanche, je ne doute pas qu’un jour les enfants des enfants des managers dévastant et infectant l’univers leur cracheront au visage. Vous objecterez que, d’ici là, les patrons seront des cadavres ? Pour tout dire, ils le sont déjà, mais il est des charognes qui, à pourrir longtemps, transforment la terre en cimetière. » (Pour l’abolition de la société marchande — Pour une société vivante, Payot & Rivages, 2002)

Vie : « Le parti pris de la vie est un parti pris politique. Nous ne voulons pas d’un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui. » (Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations, Gallimard, 1967–1992)

Week-end : « À heures et dates fixes, ils désertent les bureaux, les établis, les comptoirs pour se jeter, avec les mêmes gestes cadencés, dans un temps mesuré, comptabilisé, débité à la pièce, étiqueté de noms qui sonnent comme autant de flacons joyeusement débouchés : week-end, congé, fête, repos, loisir, vacances. Telles sont les libertés que leur paie le travail et qu’ils paient en travaillant. […] Pourtant, le dimanche, vers les quatre heures de l’après-midi, ils sentent, ils savent qu’ils sont perdus, qu’ils ont, comme en semaine, laissé à l’aube le meilleur d’eux-mêmes. Qu’ils n’ont pas arrêté de travailler. » (Adresse aux vivants sur la mort qui les gouverne et l’opportunité de s’en défaire, Seghers, 1990)

XIXe siècle : « De même que la révolution industrielle a suscité, dès le début du XIXe siècle, un nombre considérable d’inventeurs et d’innovations — électricité, gaz, machine à vapeur, télécommunications, transports rapides —, de même notre époque est-elle en demande de nouvelles créations qui remplaceront ce qui ne sert aujourd’hui la vie qu’en la menaçant : le pétrole, le nucléaire, l’industrie pharmaceutique, la chimie polluante, la biologie expérimentale… et la pléthore de services parasitaires où la bureaucratie prolifère. » (Avertissement aux écoliers et lycéens, Mille et une nuits, 1998)

Yeux : « Il n’y a pas d’innocents aux yeux du pouvoir, des magistrats, des policiers. La condamnation est un préalable. L’échafaud est dressé en permanence. » (Contribution à l’émergence de territoires libérés de l’emprise étatique, Payot & Rivages, 2018)

Zapatistes : « J’ai perçu dans les communautés paysannes indigènes, qui comptent parmi les plus pauvres du Mexique, un mouvement d’affranchissement, à la fois intense et lent, où s’esquisse une réalité que je n’ai observée nulle part ailleurs : une démocratie directe fondée sur un véritable progrès humain. Les zapatistes du Chiapas ont entrepris de résister à toutes les formes de pouvoir en s’organisant par eux-mêmes et en pratiquant l’autonomie. » (L’État n’est plus rien, soyons tout, Rue des Cascades, 2010)

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Lectures complémentaires:

Paulo_Freire_Extension ou Communication

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

Inevitable_anarchie_Kropotkine

Que faire ?

Compilation Howard Zinn

Appel au Socialisme Gustav Landauer

 

Gilets Jaunes, Chiapas, Oaxaca, Acapatzingo, Rojava, luttes anticoloniales… en marche vers la société des sociétés ! (1ère partie)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 4 avril 2019 by Résistance 71


Vers la Société des Sociétés…

Parce qu’il n’y a pas de solution au sein du système
et ne saurait y en avoir…

 

Acapatzingo, Mexique, communauté autonome urbaine 

Un monde nouveau au cœur de l’ancien

 

mardi 2 avril 2019, par Raúl Zibechi

 

Source:

https://www.lavoiedujaguar.net/Acapatzingo-communaute-autonome-urbaine-Un-monde-nouveau-au-coeur-de-l-ancien

 

1ère partie

2ème partie

 

À partir de cette brève description, d’où se détachent deux idées centrales, celle de communauté et celle de culture, j’aimerais revenir sur certains aspects qui me semblent décisifs au moment de créer cet espace communautaire, autonome et en résistance : la transformation des subjectivités, l’organisation interne et les accords qui rendent possible la vie collective, c’est-à-dire les règlements approuvés par toutes les familles qui décident de vivre ensemble. Ces trois aspects sont intimement liés et, si je les isole, c’est uniquement pour examiner chacun d’eux plus en profondeur. Ce que j’essaie de comprendre, c’est comment ils ont pu produire une communauté à partir de la somme des individus.

Les subjectivités se modifient en un long processus d’interactions internes et externes, vers l’intérieur et vers l’extérieur, au cours duquel on voit combien sont importants les moments critiques (répression) et de crise (divisions) qui permettent de déterminer qui nous sommes, ce nous ne voulons pas être, et avec qui nous pouvons et voulons agir. Un beau document semi-interne décrit en détail les parties de ce processus, en mettant l’accent sur « les mandats d’arrêt prononcés contre nos dirigeants, la rupture avec ceux qui étaient nos camarades puis ont trahi les principes de l’organisation pour devenir députés, et les gens qui ont choisi de les suivre parce que, là-bas, ils n’allaient plus avoir à travailler [1] ».

Répressions et trahisons ont engendré du « désenchantement » mais aussi de l’isolement et de l’impuissance, ce qui a obligé ceux qui restaient organisés à travailler davantage dans de mauvaises conditions. Sont évoqués la douleur due aux morts survenues pendant la lutte mais également « les couples détruits, les enfants qui sont partis », l’énorme effort de travail collectif déployé sur le terrain après dix heures passées dans des emplois mal payés et précaires pour assurer leur survie. Cette douleur partagée constitue l’une des forces contribuant à faire exister la communauté. On ne devrait jamais oublier une vérité élémentaire : « Toutes les grands sujets collectifs naissent dans la douleur. [2] »

Les membres du Front populaire Francisco Villa indépendant (FPFVI) et de la communauté Acapatzingo indiquent que la douleur des séparations, de la répression et du dur labeur « a servi à faire le ménage, pour que ne restent que les meilleurs, les plus combatifs, les vrais camarades [3] ». Sans ce ménage, il n’y a rien, il n’y a pas de développement intérieur. Plus encore, sans les trahisons, sans les morts, ils ne seraient pas arrivés là où ils en sont. Rappelons-nous que le mouvement urbain populaire à Mexico a impliqué plus de cent mille familles depuis les années 1970, que le Front créé en 1988 a rassemblé quelque dix mille familles, et que de tout ce flot le FPFVI regroupe aujourd’hui environ mille familles. Les autres sont restées en chemin, se sont dispersées ou intégrées au système en perdant leur autonomie. Cela fait partie de l’apprentissage, de la tragédie de la politique mexicaine actuelle qui nous enseigne que « seule la douleur constitue la conscience [4] ».

La subjectivité s’est transformée lorsqu’ils ont commencé à être en mesure de vaincre « nos propres peurs, de combattre les traumatismes enfouis en nous depuis l’enfance, de rompre avec l’égoïsme, avec l’apathie [5] ». Ce travail intérieur est individuel au sein du collectif, c’est-à-dire en fait ni l’un ni l’autre, la polarité individuel-collectif se brise, s’évanouit sans qu’il y ait confusion, sans que les deux termes disparaissent ; ils ne font que s’évanouir en tant que polarité. Comment ? Dans l’occupation de terres et dans les installations converties en écoles à ciel ouvert, où « les assemblées, la marche, la garde ou les journées de travail se traduisaient en collectivité, en souci d’autrui [6] ». En résumé, je suis dans la mesure où je partage avec l’autre ; je ne suis pas dans la solitude, mais avec les autres. Et c’est au travers des autres que mon individualité peut croître, s’affirmer et exister.

Pour le dire avec les mots d’Eric Hobsbawm, en référence aux ouvriers du début du XXe siècle, l’élément fondamental de leurs vies était « la collectivité, la prééminence du “nous” sur le “moi” », parce qu’ils avaient compris que « les gens comme eux ne pouvaient améliorer leur situation par une action individuelle mais seulement par une action collective », au point que « la vie était, même sous ses aspects les plus agréables, une expérience collective [7] ». Cela explique pourquoi les fuites individuelles sont qualifiées de « trahisons », terme négatif habituellement appliqué aux personnes qui collaborent avec la police en dénonçant leurs camarades. Pour les membres du FPFVI, abandonner la communauté et opter pour la voie individuelle, entrer dans les institutions pour obtenir des postes de représentation électorale ou gagner la confiance personnelle de dirigeants politiques, a le même statut que la délation. Cette option s’accompagne généralement d’une vie plus aisée, comparable à celle que mènent les ennemis des communautés en résistance.

Cette transformation notable de la subjectivité que l’on observe chez les acteurs du mouvement a une racine populaire évidente dans les colonias mexicaines où il existe « naturellement » une culture communautaire. Le Front l’a sauvée, pour éviter qu’elle ne se perde entre les mains du marché, des partis et du patriarcat. « L’objectif le plus important est que le sauvetage et la conservation d’une culture communautaire s’étendent et touchent les familles entières, que les enfants et les jeunes grandissent dans un cadre imprégné de ces valeurs, subversives en soi, dans une société comme celle que nous vivons. [8] »


Réseau Résistance Rébellion International

Il convient de préciser au passage que le Front refuse une conception avant-gardiste selon laquelle la conscience serait apportée de l’extérieur des sujets par les militants des partis. Le sujet des changements existe déjà ; c’est la culture communautaire. Le travail consiste « seulement » à la sauver, l’étendre et la libérer des « préjugés et traumatismes » propres au système comme le racisme et la violence familiale qui « peuvent être combattus par la prévention et la prise en charge communautaire ».

Second point : l’organisation du Front est axée sur les tâches de sauvetage et de consolidation de la communauté. D’un côté, il y a la structure organisationnelle, de l’autre, ce que cette organisation fait. La base est toujours la même : les brigades formées par vingt-cinq familles, tant sur des sites comme Acapatzingo que dans les occupations et les installations. Chaque brigade nomme des responsables pour les commissions, habituellement au nombre de quatre : presse, culture, surveillance et maintenance. Acapatzingo compte vingt-huit brigades ; ailleurs, leur nombre varie beaucoup en fonction du nombre de familles. À leur tour, les commissions, dont les membres tournent, nomment des représentants au conseil général de toute l’installation où se retrouvent des représentants de toutes les brigades.

« L’idée des brigades est qu’elles permettent de constituer des cellules dans lesquelles les gens peuvent tisser des liens, et les commissions sont des courroies de transmission qui fonctionnent dans les deux sens, vers l’organisation et vers les familles, ce qui permet de faire un meilleur travail », explique Enrique Reynoso [9]. Dans les brigades on ne manque pas de temps ni de confiance interpersonnelle, pour approfondir tous les sujets. Celui de la participation à l’Autre Campagne [10] a été débattu en réunion dans chacune des brigades. Ensuite se tient une assemblée générale (mensuelle à Acapatzingo, hebdomadaire sur d’autres sites), instance suprême pour la prise de décisions.

Il est important de voir de plus près ce qui se passe dans les brigades, parce qu’elles sont au cœur de l’organisation territoriale et à la base de l’organisation générale, tout en étant aussi le noyau de la communauté. Durant leurs réunions, chaque famille détient une voix. On y débat des sujets les plus importants, comme les règlements du site qui ont été examinés dans chacune des brigades et révisés jusqu’à ce que toutes tombent d’accord. En cas de conflit, la brigade intervient, même s’il s’agit d’un problème domestique, et elle peut demander, si la situation est grave, l’intervention de la commission de surveillance, voire du conseil général. Chaque brigade se charge une fois par mois de la sécurité du site ; toutefois, la surveillance dont on parle n’a pas le sens traditionnel de contrôle mais prend appui sur l’autoprotection communautaire et revêt, par conséquent, une dimension éducative forte. « La commission de surveillance ne peut être la police du site », explique Reynoso, « parce que ce serait reproduire le pouvoir de l’État [11] ».

La commission de surveillance a également pour rôle de marquer et fixer la limite entre l’intérieur et l’extérieur, de dire qui peut entrer et qui ne le peut pas. C’est là un aspect central de l’autonomie, peut-être le plus important. L’autonomie nécessite d’établir un contour physique et politique qui différencie l’espace intérieur de l’extérieur, et empêche le corps autonome de se diluer dans son environnement. Ainsi fonctionnent les systèmes vivants, en créant un périmètre qui délimite le territoire où s’effectuent les interactions, en permettant à l’ensemble de fonctionner comme une unité [12].

C’est le même système de « clôture » qui fonctionne dans les communautés zapatistes. Grâce à lui, se créent à l’intérieur du périmètre des liens différents de ceux qui se tissent à l’extérieur, ce qui donne au système ses caractéristiques propres. Mais ce n’est pas un système fermé ; il possède de multiples liens avec l’extérieur. La communauté d’Acapatzingo travaille activement avec le quartier où elle est implantée : la commission de surveillance a contribué à créer des comités de voisins dans le quartier avec lesquels sont organisés des cours sur la sécurité du quartier et sur le comportement à tenir en cas d’expulsions, que le quartier rétribue avec des vivres. Ces comités ont donné dans les écoles des conférences sur la sécurité pour les jeunes et, grâce à la radio, ils ont établi des liens avec les commerçants qui diffusent leurs annonces grâce à l’émetteur radio communautaire. Quelques jeunes du quartier participent aussi à des émissions. « Nous restons animés par une utopie qui ne consiste pas à créer un îlot mais un espace ouvert capable de contaminer la société », explique Reynoso [13]. Sur les autres sites, presque tous situés dans la zone de Pantitlán, les collectifs du Front tissent des liens avec le quartier surtout à l’occasion du carnaval et d’autres fêtes qu’ils organisent avec les voisins.

Depuis qu’ils participent à l’Autre Campagne, les membres du FPFVI encouragent à s’organiser les chauffeurs de minibus déplacés par l’ouverture de nouvelles sections du métro, les commerçants du secteur informel et les wagonniers [14] qui vendent à l’intérieur du métro. Ils ont réussi à organiser dix lignes de transport et à rassembler trois organisations de commerçants du secteur informel, comptant trois mille adhérents chacune, comme aussi des artisans et des cireurs de chaussures, entre autres, au sein de l’Alliance mexicaine d’organisations sociales (AMOS), active dans la partie orientale de la ville et qui compte quelque quinze mille membres. Ils participent en outre au Réseau de résistances autonomes anticapitalistes avec une dizaine d’organisations de tout le pays.

L’une des tâches centrales que s’est fixées l’organisation, peut-être la plus importante, est d’inclure la formation dans le cadre d’un projet culturel ou de culture alternative. Durant ses vingt ans d’existence, elle a bénéficié du soutien d’étudiants universitaires et de professionnels qui ont mené ce travail culturel. Avant même l’occupation du site où s’est installée la communauté, le travail culturel occupait déjà une place importante. Aux débuts du Front, sur le site d’El Molino, la coopérative Huasipungo s’est proposé de créer un centre pédagogique pour former des enseignants d’école maternelle, projet qui s’est ensuite traduit par un accord avec le syndicat des enseignants, car la zone comptait peu d’écoles et les enfants des installations faisaient l’objet de discriminations. Conjuguées à la projection de films, aux ateliers de sérigraphie et aux activités sportives, ces initiatives ont préfiguré, il y a deux décennies, ce qui allait devenir le « projet culturel ».

En 1999, deux ans après la division à l’origine du Front « indépendant », des liens sont établis avec des universitaires en grève des facultés de psychologie et de sciences exactes, avec des professeurs et des étudiants de l’Université pédagogique, des groupes musicaux et culturels, au moment où commençait la construction des logements à La Polvorilla. La commission de la culture d’Acapatzingo a canalisé ces liens pour consolider les actions déjà en cours comme le Club du livre, le Centre de première éducation (CEI) et les espaces d’alphabétisation, de niveaux primaire et secondaire [15].

À son troisième congrès, le Front décide que l’« une des priorités de l’organisation est d’élaborer un projet culturel […] dans le but de créer les conditions nécessaires au changement et à la transformation de cette société [16] ». Dans un premier temps, le CEI travaille avec des mères célibataires, et le Centre pédagogique pour le développement intégral des intelligences (CEPPEDII) en soutien scolaire ; les universitaires montent des « consultations du samedi » pendant quatre ans pour développer la créativité des enfants, un ciné-club voit le jour et la radio communautaire commence à émettre comme un « atelier de radio klaxon », en plus des espaces d’alphabétisation pour adultes.

A suivre…

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Gilets Jaunes 19ème round: Temps de penser à l’avenir sous forme de vision…. commune (avec Pierre Kropotkine version PDF)

Posted in actualité, altermondialisme, démocratie participative, gilets jaunes, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 22 mars 2019 by Résistance 71

« Associez-vous aux compagnons dont la terre est menacée comme la vôtre par les usiniers, les amateurs de chasse, les prêteurs d’argent ; oubliez toutes vos petites rancunes de voisin à voisin, et groupez-vous en communes où tous les intérêts soient solidaires, où chaque motte de gazon ait tous les communiers pour défenseurs. À cent, à mille, à dix mille, vous serez déjà bien forts contre le seigneur et ses valets ; mais vous ne serez pas encore assez forts contre une armée. Associez-vous donc de commune à commune et que la plus faible dispose de la force de toutes. Bien plus, faites appel à ceux qui n’ont rien, à ces gens déshérités des villes qu’on vous a peut-être appris à haïr, mais qu’il faut aimer parce qu’ils vous aideront à garder la terre et à reconquérir celle qu’on vous a prise. Avec eux, vous attaquerez, vous renverserez les murailles d’enclos ; avec eux, vous fonderez la grande commune des hommes, où l’on travaillera de concert à vivifier le sol, à l’embellir et à vivre heureux, sur cette bonne terre qui nous donne le pain. »
~ Élisée Reclus ~

 

Résistance 71

 

22 mars 2019

 

Les rounds s’enchaînent et se durcissent. Quel avenir pour le mouvement des Gilets Jaunes ? Au-delà quelle avenir pour notre société ?

Depuis le 17 novembre 2018, et bien avant pour certains, il est devenu absolument évident que solutions il n’y a point dans le système étatico-capitaliste, résultante de l’oppression mise en place par la minorité sur la majorité quelque part au cours du néolithique, pour plus d’infos là-dessu, voir ici et

Alors que faire ? Connaître l’histoire, l’analyser, en tirer les leçons et aller de l’avant pour l’émancipation de la société humaine à l’échelle PLANETAIRE.
Nous vous proposons ici une présentation et une analyse d’un concept et son application pratique: celui de la Commune. Si celle de 1871 a échoué dans un contexte historique particulier, l’idée n’en est pas moins valide et fut mise en place en d’autres lieux, d’autres temps: les premiers soviets russes de 1905 à 1917, les conseils ouvriers italiens de 1920, l’Espagne révolutionnaire de 1936, les conseils ouvriers de Budapest en 1956, une certaine partie de mai 1968, ces brouillons ont tous échoué non pas parce qu’ils n’étaient pas viables , mais parce que la conjoncture politico-historico-économique ne s’y prêtait pas et aussi parce que des forces étatiques parfois antinomiques se liguèrent pour les défaire.

Plus près de nous, le concept de Commune, certes adaptés aux besoins culturels des endroits, existe et perdure depuis 1994 au Chiapas zapatiste et depuis 2011 au Rojava kurde avec le Confédéralisme Démocratique.
Ceci n’enlève rien à la force et à la justesse de l’idée de la commune libre, du peuple s’organisant solidairement pour retrouver son essence organique, son être noyé depuis des millénaires dans l’avoir.

A cet effet, Gilets Jaunes et sympathisants, nous vous proposons cette (re)lecture de Pierre Kropotkine sur le concept de la « Commune » et son analyse de la « Commune de Paris de 1871 », textes parus en 1880 et 1881 dans une mise en page de Jo de JBL1960.

Texte à lire et diffuser sans aucune modération ! Bonne lecture !

Pierre_Kropotkine_La_Commune_de_Paris (PDF)

 

 

Note de R71: de manière tout à fait coïncidentelle, cette présentation du PDF de Kropotkine sur la Commune constitue le 5000ème article publié sur Résistance 71 depuis Juin 2010…

Gilets Jaunes bilan 18ème round: Lettre ouverte aux gentils de la république

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, gilets jaunes, militantisme alternatif, politique et social, politique française, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 19 mars 2019 by Résistance 71

 

Lettre ouverte aux gentils de la République

Un texte du collectif Cerveaux Non Disponibles suite à la journée du 16 mars.

 

18 mars 2019

 

Source: https://paris-luttes.info/lettre-aux-gentils-de-la-11822?lang=fr

 

C’est fait : le 16 mars restera gravé dans les dates importantes du mouvement social des Gilets Jaunes.

Face à la violence des réactions politiques, médiatiques et économiques, il convient de se dire les choses clairement, sans hypocrisie.

Commençons par du factuel : c’est vrai, de nombreux GJ sont venus à Paris pour cet acte 18 dans l’optique de déborder le système et de mettre à mal la gestion de « l’ordre public ». Ils n’étaient peut-être pas majoritaires mais ils étaient assez nombreux et déterminés pour parvenir à des résultats. Ces milliers de GJ n’avaient pas tous une tactique de black bloc. Il y avait de nombreux GJ de la première heure, munis simplement de leur gilet, de masque et de lunettes de protection. Il y avait également quelques manifestants en bloc, qu’ils soient en kway noir et/ou en gilet jaune.

Surtout, tous les manifestants étaient totalement partie prenante de la manif du jour. Aucune scission n’est jamais apparue entre groupes de « gentils GJ » et « méchants casseurs ». La très grande majorité des manifestants présents soutenait ou, a minima, acceptait les actions offensives, sans forcément vouloir faire pareil.

Plusieurs vidéos montrent qu’au niveau de la place de l’Étoile, en milieu de matinée, l’arrivée d’un bloc d’une trentaine de manifestants a été accueillie par une haie d’honneur et des applaudissements.

Alors oui, cela vous choque et vous dérange peut-être. Mais c’est la réalité de la France de 2019 : des dizaines de milliers de citoyens acceptent aujourd’hui que la lutte se fasse de façon offensive. Vous pouvez leur jeter le discrédit, les traiter de casseurs, de complices, de beaufs ou de racistes. Vous pouvez tenter de leur ôter toute humanité.

Mais la réalité est tout autre : ce n’est pas par plaisir que ces personnes acceptent (et/ou encouragent) les actions violentes. C’est par nécessité. Ce n’est pas pour la violence en elle-même mais pour ses conséquences dans la lutte sociale. Des conséquences, forcément incertaines et parfois dangereuses, mais qui constituent un horizon plus positif que le statut quo social actuel.

Sincèrement, au fond de vous-même, ne voyez-vous pas que c’est en raison de ces débordements que l’acte 18 a eu un retentissement très important dans le monde politique et médiatique ? Que le même nombre de manifestants dans un cortège déclaré où il ne se serait « rien passé » aurait été totalement nié et méprisé par ces mêmes politiques et médias ?

Ce ne sont pas les GJ qui ne comprennent que la langue de la violence et du rapport de force, c’est tout le système actuel. Dans cette société où il faut être le plus féroce et le plus puissant possible, comment pourrait-on espérer changer la donne en restant faible et docile ?

Les médias de masse ne s’intéressent au mouvement que lorsqu’il leur offre des images « sensationnelles » pour faire de l’audimat. Deux jours avant l’acte 18, se tenait à la bourse du travail une rencontre entre des figures du mouvement et des intellectuels. La Bourse était pleine à craquer et des centaines de personnes sont restées à l’extérieur. Pourquoi ne pas avoir parlé de cette initiative constructive et apaisée ? Pourquoi, depuis plusieurs semaines, des milliers de GJ se rassemblent-ils dans les villes sans que cela n’intéresse plus les médias ? Parce qu’il n’y a plus rien à « vendre » aux téléspectateurs.

Du côté des politiques, en 17 semaines, la seule période où le pouvoir a semblé faire des concessions fut lors des actes les plus violents de fin novembre et début décembre. Là, comme par hasard, après presque deux mois pendant lesquels le pouvoir a totalement méprisé la question sociale et les Gilets Jaunes, Macron écourte ses vacances pour reprendre les choses en main. Nous savons qu’il ne prendra pas les questions sociales à bras le corps et qu’il abordera la question des GJ par son seul prisme de la violence. Mais au moins, la question revient sur la table.

Soyons lucides : le pouvoir politique se contrefout des raisons profondes de la colère de son peuple. Ce qui l’intéresse, c’est de calmer cette colère, pour sa propre tranquillité et celle de tous les puissants.

Macron affirme que les personnes présentes hier sur les Champs veulent « détruire la République ». Parce que la République, c’est le Fouquet’s ? Cartier ? Les Banques ?

Ce gouvernement, tout comme les précédents, dénigra des millions de citoyens, les laisse tomber dans une précarité de plus en plus insupportable, alors même que les milliardaires continuent de devenir de plus en plus riches. Depuis 4 mois que les Gilets Jaunes se battent, combien de personnes ont été mises au chômage pour que leur entreprise fasse plus de profits ? Combien de retraités sont tombés encore plus dans la précarité ? Combien de malades n’ont pas pu bénéficier des soins nécessaires faute de moyens ?

Combien de morts cette politique libérale a-t-elle engendrés en quatre mois de lutte ? Le chiffre est impossible à connaitre mais il est évident qu’il est colossal.

L’ultra-libéralisme tue, blesse, détruit des vies et des familles. Il ne s’agit pas de « grandes paroles » pour faire de la poudre de perlimpinpin. C’est totalement factuel. Et de nombreux gilets jaunes de campagne ou de banlieue le savent très bien puisqu’ils le vivent quotidiennement.

Alors, si vous estimez que les citoyens qui détruisent une banque ou construisent une barricade sont des ennemis de la République, mais que ceux qui licencient et s’enrichissent sur la misère de ces même citoyens sont les amis de la République, voire leurs protecteurs, nous avons en effet une vision totalement différente de ce que doit être la République.

Si la violence d’une boutique de luxe ravagée vous dérange bien plus que des personnes qui meurent ou qui sombrent dans la misère, alors oui, nous ne parlons pas le même langage.

Votre morale à œillères n’est pas celle qui nous habite. Car être moral de façon sélective, c’est être immoral. Vous êtes immoraux. Et vous pourrez traiter les GJ d’ennemis de la République, ils resteront bien plus moraux et bien plus proches des valeurs de la République que vous.

Arrêtez de vous offusquer de la violence d’un mouvement social lorsque vous le niez et l’ignorez totalement, sauf en cas de violence.

A ce moment-là seulement, nous pourrons discuter de moralité.

 

Gilets Jaunes 17ème round: Tout le pouvoir aux Ronds-Points !…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 9 mars 2019 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

9 mars 2019

 

Maintenons le cap du Tout le pouvoir aux Ronds-Points !

Généralisons les assemblées populaires des ronds-points aux lieux de travail en passant par les voisinages

Redonnons un sens à nos communes par une activité politique collective, court-circuitons les institutions

Boycott de la grande distribution et des entreprises du CAC40, retour au commerce local, redéveloppons nos campagnes collectivement en liaison de réseau avec les centres urbains

Réapproprions-nous le politico-économique, recréons une France des sections communales

A bas l’État, à bas la marchandise, à bas l’argent, à bas le salariat !

Vive les communes libres ! Vive la Commune !

Vive la société des sociétés !