Archive for the démocratie participative Category

Harangue aux résignés… La résignation, c’est la mort !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , on 20 septembre 2018 by Résistance 71

Aux résignés !

 

Albert Libertad

 

“L’anarchie”, avril 1905

 

 

Je hais les résignés !

Je hais les résignés, comme je hais les malpropres, comme je hais les fainéants.

Je hais la résignation ! Je hais la malpropreté, je hais l’inaction.

Je hais le malade courbé sous quelque fièvre maligne ; je hais le malade imaginaire qu’un peu de volonté remettrait droit.

Je plains l’homme enchaîné, entouré de gardiens, écrasé du poids du fer et du nombre.

Je hais les soldats que courbe le poids d’un galon ou de trois étoiles ; les travailleurs que courbe le poids du capital.

J’aime l’homme qui dit ce qu’il sent où qu’il se trouve ; je hais le votard à la conquête perpétuelle d’une majorité.

J’aime le savant écrasé sous le poids des recherches scientifiques ; je hais l’individu qui courbe son corps sous le poids d’une puissance inconnue, d’un X quelconque, d’un dieu.

Je hais, dis-je, tous ceux qui, cédant à autrui, par peur, par résignation, une part de leur puissance d’homme, non seulement s’écrasent mais m’écrasent, moi ceux que j’aime, du poids de leur concours affreux ou de leur inertie idiote.

Je hais, oui, je les hais, car moi je le sens, je ne me courbe pas sous le galon de l’officier, l’écharpe du maire, l’or du capitaliste, les morales ou les religions ; il y a longtemps que je sais que tout cela n’est que hochets que l’on brise comme verre …Je me courbe sous le poids de la résignation d’autrui. Ô je hais la résignation !

J’aime la vie.

Je veux vivre, non mesquinement comme ceux qui ne satisfont qu’une part de leurs muscles, de leurs nerfs, mais largement en satisfaisant les muscles faciaux tout aussi bien que ceux des mollets, la masse de mes reins comme celle de mon cerveau.

Je ne veux pas troquer une part de maintenant pour une part fictive de demain, je ne veux céder en rien du présent pour le vent de l’avenir.

Je ne veux rien courber de moi sous les mots « partie, Dieu, honneur ». Je sais trop le vide de ces mots : spectres religieux et laïque.

Je me moque des retraites, des paradis, sous l’espoir desquels tiennent résignés, religion et capital.

Je ris de ceux qui, accumulant pour leur vieillesse, se privent en leur jeunesse ; de ceux qui, pour manger à soixante, jeûnent à vingt ans.

Moi, je veux manger lorsque j’ai les dents fortes pour déchirer et broyer les viandes saines et leurs fruits succulents, lorsque les sucs de mon estomac digèrent sans aucun trouble ; je veux boire à ma soif les liquides rafraîchissants ou toniques.

Je veux aimer les femmes, ou la femme selon qu’il conviendra à nos désirs communs, et je ne veux pas me résigner à la famille, à la loi, au code ; nul n’a droit sur nos corps. Tu veux, je veux. Moquons-nous de la famille, de la loi, antique forme de résignation.

Mais ce n’est pas tout : je veux puisque j’ai des yeux, des oreilles, d’autres sens que le boire, le manger, l’amour sexuel, jouir sous d’autres formes. Je veux voir les belles sculptures, les belles peintures, admirer Rodin ou Manet. Je veux entendre les meilleurs opéras, jouer Beethoven ou Wagner. Je veux connaître les classiques en la comédie, feuilleter le bagage littéraire, artistique qu’ont légué les hommes passés aux hommes présent ou mieux feuilleter l’œuvre toujours et à jamais inachevée de l’humanité.

Je veux la joie pour moi, pour la compagne choisie, pour les enfants, pour les amis. Je veux un home où se puissent reposer agréablement mes yeux après le labeur fini.

Car je veux la joie du labeur aussi, cette joie saine, cette joie forte. Je veux que mes bras manient le rabot, le marteau, la bêche ou la faux. Que les muscles se développent, que la cage thoracique s’élargisse à des mouvements puissants, utiles et raisonnés.

Je veux être utile, je veux que nous soyons utiles. Je veux être utile à mon voisin et je veux que mon voisin me soit utile. Je désire que nous œuvrions beaucoup car je suis insatiable de jouissance. Et c’est parce que je veux jouir que je ne suis résigné.

Oui, oui, je veux produire, mais je veux jouir ; je veux pétrir la pâte, mais manger du meilleur pain ; faire la vendange, mais boire du meilleur vin ; construire la maison mais habiter de meilleur appartement ; faire les meubles, mais posséder l’utile, voire le beau ; je veux faire faire des théâtres, mais assez vaste pour y loger les miens et moi.

Je veux coopérer à produire, mais je veux coopérer à consommer.

Que les uns rêvent de produire pour d’autres à qui ils laisseront, ô ironie, le meilleur de leurs efforts, pour moi je veux, groupé librement, produire mais consommer.

Résignés, regardez, je crache sur vos idoles, je crache sur Dieu, je crache sur la patrie, je crache sur le Christ, je crache sur les drapeaux, je crache sur le capital et sur le veau d’or, je crache sur les religions : ce sont des hochets, je m’en moque, je m’en ris…

Ils ne sont rien que par vous, quittez-les et ils se brisent en miettes.

Vous êtes donc une force, ô résignés, de ces forces qui s’ignorent mais qui n’en sont pas moins des forces, et je ne peux pas cracher sur vous, je ne peux que vous haïr…ou vous aimer.

Par-dessus tous mes désirs, j’ai celui de vous voir secouer votre résignation dans un réveil terrible de vie.

Il n’y a pas de paradis futur, il n’y a pas d’avenir, il n’y a que le présent.

Vivons-nous !

Vivons ! La résignation, c’est la mort.

La révolte, c’est la vie.

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« Ni dieu ni maître, histoire de l’anarchisme de 1840 à 1945 » (Documentaire)

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Résistance 71

 

19 septembre 2018

 

Nous avions mis en lien ce documentaire l’an dernier dans plusieurs de nos articles et de nos pages, mais un de nos lecteurs, que nous remercions, nous a signalé que le lien n’était plus actif.

Nous en profitons donc pour remettre la vidéo du documentaire de Tancrède Ramonet: « Ni dieu ni maître, histoire de l’anarchisme de 1840 à 1945 », diffusé sur la chaîne Arte en 2017. Cette fois-ci nous mettons le documentaire non tronqué de 2h21, à voir et diffuser sans aucune modération…

Nous plaçons ci-dessous une liste (non exhaustive) de textes complémentaires à lire que nous avons publiés. Pratiquement tous les auteurs qui y sont sont cités dans le documentaire. Leur lecture fera échos au documentaire qui ne détaille pas la pensée de chacun des protagonistes, tel n’est du reste par l’objectif.

 

 

Lectures complémentaires:
Proudhon_Quest_ce_que_la_propriete
La_Conquête_du_Pain_Kropotkine
Louise-Michel_De-la-commune-a-la-pratique-anarchiste
Un-autre-regard-anarchiste-sur-la-vie-avec-emma-goldman
Rudolph Rocker_Anarchie de la theorie a la pratique
Ecrits-choisis-anarchistes-sebastien-faure-mai-2018
Manifeste pour la Société des Sociétés
L’anarchisme-africain-histoire-dun-mouvement-par-sam-mbah-et-ie-igariwey
champs-usines-et-ateliers-par-pierre-kropotkine-1910
Dieu et lEtat_Bakounine
Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine
Un monde sans argent: le communisme
Voline_La revolution inconnue 3 livres
Daniel_Guerin_L’anarchisme
Inevitable_anarchie_Kropotkine
Que faire ?
Le_monde_nouveau_Pierre_Besnard
Nestor Makhno Anarchie dans la Revolution Russe
L’anarchie pour la jeunesse
40ans_Hommage_Pierre_Clastres
Errico_Malatesta_écrits_choisis
Bakounine_et_letat_marxiste_Leval
Erich_Mühsam la liberté de chacun est la liberté de tous
La Morale Anarchiste de Kropotkine)
Les_amis_du_peuple_révolution_française
vie_et_oeuvre_gustav_landauer
kropotkine_science-etat-et-societé
le-prince-de-levolution-Dugatkin
Appel au Socialisme Gustav Landauer

 

 

Résistance politique avec Ricardo Flores Magon, journaliste, anarchiste et révolutionnaire mexicain (1874-1922) ~ 1ère partie ~

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Ricardo F. Magon et son frère Enrique

Nous allons publier une douzaine de textes de Magon qui ont pour la plupart l’avantage d’être courts dans un style puncheur rappelant la prose d’un autre grand militant anarchiste italien celui-là: Errico Malatesta.
En voici les deux premiers…
~ Résistance 71 ~

 

1ère partie

2ème partie

3ème partie

4ème partie

 

Je ne veux pas être tyran !

Ricardo Flores Magon*

1910

Je ne lutte pas pour un poste au gouvernement.

J’ai reçu des propositions de beaucoup de madéristes de bonne foi -car il y en a, et en assez grand nombre- pour que j’accepte un poste dans ce qu’on appelle le Gouvernement « provisoire », et le poste que l’on m’offre est celui de vice-président de la République. Avant tout, je dois dire que les gouvernements me répugnent. je suis fermement convaincu qu’il n’y a pas, qu’il n’y aura jamais de bon gouvernement. Tous sont mauvais, qu’ils s’appellent monarchies absolues ou républiques constitutionnelles. Le gouvernement c’est la tyrannie parce qu’il limite la libre initiative des individus et sert seulement à soutenir un état social impropre au développement intégral de l’être humain. Les gouvernements sont les gardiens des intérêts des classes riches et éduquées, et les bourreaux des saints droits du prolétariat. je ne veux donc pas être un tyran. je suis un révolutionnaire et le resterai jusqu’à mon dernier soupir. je veux être toujours aux côtés de mes frères, les pauvres, pour lutter avec eux, et non du côté des riches ni des politiciens, qui sont les exploitants des pauvres. Dans les rangs du peuple travailleur je suis plus utile à l’humanité qu’assis sur un trône, entouré de laquais et de politicards. Si le peuple avait un jour la très mauvaise idée de me demander d’être son gouverneur, je lui dirai: Je ne suis pas né pour être bourreau. Cherchez-en un autre !

Je lutte pour la liberté économique des travailleurs. Mon idéal est que l’homme arrive à posséder tout ce dont il a besoin pour vivre, sans qu’il ait à dépendre d’un quelconque patron, et je crois, comme tous les libéraux de bonne foi, qu’est arrivé le moment où nous, les hommes de bonne volonté, devons faire un pas vers la vraie libération, en arrachant la terre des griffes du riche, Madero inclus, pour la donner à son propriétaire légitime: le peuple travailleur. Dès qu’on aura obtenu cela, le peuple sera libre.

Mais il ne le sera pas s’il fait de Madero le Président de la République, parce que, ni Madero, ni aucun autre gouverneur, n’aura le courage de faire un pas dans ce sens et que s’il le faisait, les riches se soulèveraient et une nouvelle révolution suivrait la présente. Dans cette révolution, celle que nous sommes en train de contempler et celle que nous essayons de fomenter, nous devons enlever la terre aux riches.

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Je ne veux pas être esclave !

Ricardo Flores Magon

1912

Note de R71: Il faut replacer ce texte dans son contexte politico-social de 1912. La révolution sociale a échoué là-bas comme ailleurs parce que la conjoncture politico-économique n’était pas propice. Elle l’est aujourd’hui mais les peuples n’ont plus de conscience politique affermie. De plus la révolution violente a historiquement montré ses limites. Il conviendra mieux de remplacer les institutions par les associations libres confédérées et créer la base de la société des sociétés, sans haine, ni armes, ni violence.

Camarades, Je ne veux pas être esclave ! crie le Mexicain, et, prenant le fusil, il offre au monde entier le spectacle grandiose d’une vraie révolution, d’une transformation sociale qui est en train de secouer les fondations mêmes du noir édifice de l’Autorité et du Clergé.

La présente révolution n’est pas la révolte mesquine de l’ambitieux qui a faim de pouvoir, de richesse et de commandement. Celle-ci est la révolution de ceux d’en bas; celle-ci est le mouvement de l’homme qui dans les ténèbres de la mine sentit une idée jaillir de son crâne et cria:  » Ce métal est à moi! « ; c’est le mouvement du péon qui, courbé sur le sillon, épuisé par la sueur de son front et les larmes de son infortune, sentit que sa conscience s’illuminait et cria:  » Cette terre est à moi, ainsi que les fruits que je lui fais produire! « ; c’est le mouvement de l’ouvrier qui, contemplant les toiles, les habits, les maisons, se rend compte que tout a été fait par ses mains et s’exclame ému: « Ceci est à moi! « ; c’est le mouvement des prolétaires, c’est la révolution sociale.

C’est la révolution sociale, celle qui ne se fait pas d’en haut vers le bas, mais d’en bas vers en haut; celle qui doit suivre son cours sans chefs et malgré les chefs; c’est la révolution du déshérité qui dresse la tête dans les festins des repus, réclamant le droit de vivre. Ce n’est pas la révolte vulgaire qui finit par le détrônement d’un bandit et la montée au pouvoir d’un autre bandit, mais une lutte de vie ou de mort entre les deux classes sociales: celle des pauvres et celle des riches, celle des affamés contre les satisfaits, celles des prolétaires contre les propriétaires, dont la fin sera, ayons foi en cela, la destruction du système capitaliste et autoritaire par la poussée formidable des courageux qui feront offrande de leur vie sous le drapeau rouge de Terre et Liberté !

Eh bien, cette lutte sublime, cette guerre sainte, qui a pour but de libérer le peuple mexicain du joug capitaliste, a des ennemis puissants qui, à tout prix et par tous les moyens, veulent empêcher son développement. La liberté et le bien-être – justes aspirations des esclaves mexicains – sont choses gênantes pour les requins et les vautours du Capital et de l’Autorité. Ce qui est bon pour l’opprimé est mauvais pour l’oppresseur. L’intérêt de la brebis est diamétralement opposé à celui du loup. Le bien-être et la liberté du Mexicain, de la classe ouvrière, signifie la disgrâce et la mort pour l’exploiteur et le tyran. C’est pour cela que lorsque le Mexicain met vigoureusement la main sur la loi pour détruire, et arrache des mains des riches la terre et les machines, des cris de terreur s’élèvent du camp bourgeois et autoritaire, et on demande que soient noyés dans le sang les généreux efforts d’un peuple qui veut son émancipation.

Le Mexique a été la proie de la rapacité d’aventuriers de tous les pays, qui se sont installés sur sa belle et riche terre, non pas pour faire le bonheur du prolétariat mexicain, comme le prétend continuellement le Gouvernement, mais pour exercer l’exploitation la plus criminelle qui ait existé sur la terre. Le Mexicain a vu passer la terre, les forêts, les mines, tout, de ses mains à celles des étrangers, ceux-ci appuyés par l’Autorité, et maintenant que le peuple fait justice de ses propres mains, désespéré de ne pouvoir la trouver nulle part, maintenant que le peuple a compris que c’est par la force et par lui-même qu’il doit retrouver tout ce que les bourgeois du Mexique et de tous les pays lui ont volé; maintenant qu’il a trouvé la solution au problème de la faim; maintenant que l’horizon de son avenir s’éclaircit et lui promet des jours de bonheur, d’abondance et de liberté, la bourgeoisie internationale et les gouvernements de tous les pays poussent le Gouvernement des Etats-Unis à intervenir dans nos propres affaires, sous le prétexte de garantir la vie et les intérêts des exploiteurs étrangers. Ceci est un crime ! C’est une offense à l’humanité, à la civilisation, au progrès ! On veut que quinze millions de Mexicains souffrent de la faim, des humiliations, de la tyrannie, pour qu’une poignée de voleurs vivent satisfaits et heureux !

Ainsi, le Gouvernement des États-Unis prête main forte à Francisco Madero pour étouffer le mouvement révolutionnaire, en permettant le passage des troupes fédérales par le territoire de ce pays, pour aller battre les forces rebelles, et exercer une persécution scandaleuse sur nous, les révolutionnaires, à qui on applique cette législation barbare qui a pour nom « lois de neutralité « . Eh bien : rien ni personne ne pourra arrêter la marche triomphale du mouvement révolutionnaire. La bourgeoisie veut la paix ? Elle n’a qu’à se convertir en classe ouvrière ! Ils veulent la paix ceux qui la font autoritairement ? Ils n’ont qu’à enlever leurs redingotes et empoigner, comme des hommes, la pelle et la pioche, la charrue et la bêche !

Parce que tant qu’il y aura inégalité, tant que quelques-uns travailleront pour que d’autres consomment, tant qu’existeront les mots bourgeoisie et plèbe, il n y aura pas de paix: il y aura guerre sans trêve, et notre drapeau, le drapeau rouge de la plèbe, continuera à provoquer la mitraille ennemie, soutenu par les braves qui crient: Vive Tierra y Libertad !

Au Mexique, les révolutions politiques sont passées à l’histoire. Les chasseurs de postes ne sont plus de ce temps. Les travailleurs conscients ne veulent plus de parasites. Les Gouvernements sont des parasites, c’est pour cela que nous crions : Mort au Gouvernement! Camarades, saluons notre drapeau.

Ce n’est pas le drapeau d’un seul pays, mais du prolétariat entier. Il contient toutes les douleurs, tous les supplices, toutes les larmes, ainsi que toutes les colères, toutes les protestations, toute la rage des opprimés de la Terre. Et ce drapeau ne renferme pas que des douleurs et des colères; il est le symbole de souriants espoirs pour les humbles et de tout un nouveau monde pour les rebelles. Dans les humbles demeures, le travailleur caresse la tête de ses enfants, rêvant ému que ces créatures vivront une vie meilleure que celle qu’il a vécue; ils ne traîneront plus de chaînes; ils n’auront plus besoin de louer leurs bras au bourgeois voleur, ni de respecter les lois de la classe parasitaire, ni les ordres des fripouilles qui se font appeler Autorité. Ils seront libres sans le patron, sans le curé, sans l’Autorité, l’hydre à trois têtes qui en ce moment, au Mexique, traquée, convulsée par la rage et la terreur, a encore des griffes et des crocs que nous libertaires lui arracherons pour toujours.

Voilà notre tâche frères de chaînes, écraser le monstre par le seul moyen qui nous reste : la violence ! L’expropriation par le fer, par le feu et par la dynamite !

Eh bien: cette lutte sublime, cette guerre sainte, qui a pour but de libérer le peuple mexicain du joug capitaliste, a des ennemis puissants qui, à tout prix et par tous les moyens, veulent empêcher son développement. La liberté et le bien-être – justes aspirations des esclaves mexicains – sont choses gênantes pour les requins et les vautours du Capital et de l’Autorité. Ce qui est bon pour l’opprimé est mauvais pour l’oppresseur. L’intérêt de la brebis est diamétralement opposé à celui du loup. Le bien-être et la liberté du Mexicain, de la classe ouvrière, signifie la disgrâce et la mort pour l’exploiteur et le tyran. C’est pour cela que lorsque le Mexicain met vigoureusement la main sur la loi pour détruire, et arrache des mains des riches la terre et les machines, des cris de terreur s’élèvent du camp bourgeois et autoritaire, et on demande que soient noyés dans le sang les généreux efforts d’un peuple qui veut son émancipation.

Le Mexique a été la proie de la rapacité d’aventuriers de tous les pays, qui se sont installés sur sa belle et riche terre, non pas pour faire le bonheur du prolétariat mexicain, comme le prétend continuellement le Gouvernement, mais pour exercer l’exploitation la plus criminelle qui ait existé sur la terre. Le Mexicain a vu passer la terre, les forêts, les mines, tout, de ses mains à celles des étrangers, ceux-ci appuyés par l’Autorité, et maintenant que le peuple fait justice de ses propres mains, désespéré de ne pouvoir la trouver nulle part, maintenant que le peuple a compris que c’est par la force et par lui-même qu’il doit retrouver tout ce que les bourgeois du Mexique et de tous les pays lui ont volé; maintenant qu’il a trouvé la solution au problème de la faim; maintenant que l’horizon de son avenir s’éclaircit et lui promet des jours de bonheur, d’abondance et de liberté, la bourgeoisie internationale et les gouvernements de tous les pays poussent le Gouvernement des Etats-Unis à intervenir dans nos propres affaires, sous le prétexte de garantir la vie et les intérêts des exploiteurs étrangers.

Ceci est un crime ! C’est une offense à l’humanité, à la civilisation, au progrès !

On veut que quinze millions de Mexicains souffrent de la faim, des humiliations, de la tyrannie, pour qu’une poignée de voleurs vivent satisfaits et heureux !

L’hypocrite bourgeoisie des États-Unis dit que nous, Mexicains, sommes en train de faire une guerre de sauvages. Ils nous appellent sauvages parce que nous sommes résolus à ne pas nous laisser exploiter ni par les Mexicains, ni par les étrangers, et parce que nous ne voulons pas de Présidents, ni blanc ni métis. Nous voulons être libres, et si un monde se met en travers de notre route, nous détruirons ce monde pour en créer un autre. Nous voulons être libres et si toutes les puissances étrangères se jettent sur nous, nous lutterons contre toutes ces puissances comme des tigres, comme des lions. je le répète, c’est une lutte de vie ou de mort. Les deux classes sociales sont face à face: les affamés d’un côté, de l’autre les satisfaits, et la lutte se terminera lorsque l’une des deux classes sera écrasée par l’autre. Déshérités, nous sommes les plus nombreux; nous triompherons !

En avant !

Nos ennemis tremblent; il faut être plus exigeants et plus audacieux; que personne ne se croise les bras : levez-vous tous ! Camarades !

Rien ne pourra parvenir à écarter les Mexicains du combat : ni la duperie du politicien qui promet monts et merveilles « après le triomphe », pour qu’on l’aide à prendre le Pouvoir : ni les menaces des sbires de ce pauvre clown qui s’appelle Francisco Madero, ni l’aide militaire des États-Unis. Cette lutte doit être menée jusqu’à son terme: l’émancipation économique, politique et sociale du peuple mexicain, qui se fera lorsqu’auront disparu de cette belle terre le bourgeois et l’Autorité, et flottera triomphant, le drapeau de Tierra y Libertad. Vive la Révolution Sociale !

(*) Ricardo Flores Magon (1874-1922) était un journaliste et activiste anarchiste mexicain, né à Oaxaca, influencé par les pensées de Bakounine, Reclus et surtout Kropotkine dont l’ouvrage “La conquête du pain” fut une grande source d’éveil politique pour lui. A partir des années 1910, il fut impliqué avec la révolution sociale mexicaine d’Emiliano Zapata et Pancho Villa. En exil aux Etats-Unis, il fut un farouche opposant à a première guerre mondiale. Il fut arrêté pour sédition et condamné à 20 ans de réclusion sous la loi scélérate contre “l’espionnage” de 1917. Il mourut des mauvaises conditions de sa détention sur sa santé fragile dans un pénitencier du Kansas en 1922 à l’âge de 48 ans.

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Lectures complémentaires:

Manifeste pour la Société des Sociétés

Appel au Socialisme Gustav Landauer

Résistance au colonialisme: les 15 d’Onondaga (iroquois) engagent une procédure à la CIJ de La Haye sur une affaire en litige de 21 ans (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 13 septembre 2018 by Résistance 71


Paix~Pouvoir~Rectitude

 

La loi naturelle est la seule loi devant gérer le monde et l’humanité, en cela les 15 d’Onondaga ont raison. Dans le même temps, on apprend que cette même cour de La Haye vient de débouter un tribunal équatorien pour donner raison à la multinationale pétrolière pollueuse et hégémonique Chevron dans une affaire pétro-environnementale engagée depuis 1993 (https://www.legrandsoir.info/equateur-la-cour-de-la-haye-donne-raison-a-chevron.html ).
De fait, les 15 d’Onondaga donne sa chance à a CIJ mais ne se font guère d’illusion et anticipe le fait que: « La CIJ protège le système prédateur qui tente de diriger le monde par la force.« 

La question est donc: une fois déboutés, que prévoit Kaianerekowa pour les 15 d’Onondaga ?.. Quelle sera le mode d’action ?.. A suivre avec intérêt.

~ Résistance 71 ~

 

Les 15 d’Onondaga vont à la Cour Internationale de Justice

 

Mohawk Nation News

 

11 septembre 2018

 

url de l’article:

http://mohawknationnews.com/blog/2018/09/11/onondaga-15-go-to-world-court/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Oui, nous poussons cette affaire depuis plus de 21 ans…

Dans l’affaire de Jones et al. contre Parmley, No 17-928. les 15 souverains rotinoshonni d’Onondaga, de la confédération iroquoise, mettent en branle une action en justice à la Cour Internationale de Justice (CIJ) de La Haye en Hollande, contre les Etats-Unis et leur système judiciaire. Ceci est concordant avec l’article 45 des règlements de la Cour. L’action en justice sera déposée courant septembre 2018.

Pour nous, la juridiction et la souveraineté sont fondées sur Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix de l’Île de la Grande Tortue, qui est prévalante sur le système judiciaire des Etats-Unis (et du Canada).

Nous, les 15 d’Onondaga, avons prouvé qu’il ne pouvait pas y avoir de justice dans le système légal des Etats-Unis. Seule Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix, peut fournir la justice.


Wampums Iawatha et Deux Rangées

S’ensuit ce qui sera cité:

Nous savons lorsque quelque chose ne va pas. Chacun de nous est un onkwe’honwe (natif) souverain, peuple de la terre à tout jamais, nous faisons cette demande en ce tribunal basée sur la loi naturelle. Nous sommes Un avec la Nature et sommes guidés par la vérité intrinsèque à la Grande Loi de la Paix. Notre expérience prouve que la constitution des Etats-Unis ne fournit aucune justice au travers de son système judiciaire.

Dans ce système judiciaire créé par les corporations coloniales, les règles fabriquées par l’humain sont manipulées de façon à ce que le tribunal corporatif de l’entreprise coloniale gagne toujours et que le reste d’entre nous perde, peu importe à quel point leur affaire est juste.

La CIJ doit faire très attention là-dessus parce que leurs règles humainement fabriquées pourraient entrer en conflit avec la loi naturelle de la terre. La loi naturelle fournit une justice naturelle. La Cour Internationale semble vouloir fournir cela. Notre Grande Loi le fait.

Aucun d’entre nous ne fait partie du Statut de la Cour Internationale de Justice entrepreneuriale (coloniale). Nous ne rejoignons ni délibérément ni en connaissance de cause quelqu’artifice non-naturel que ce soit, comme une entreprise, corporation. Nous sommes créés Un avec la vie naturelle. Les Nations-Unies affirment vouloir nous soutenir en tant que souverains naturels au travers des articles 3, 4, 18, 33 et 40 de leurs Déclaration des Droits des Peuples Indigènes (DDPI). L’auto-détermination à vie nous vient de la Nature. Nous sommes tous naturellement souverains. La CIJ de La Haye n’existe que par la volonté de règlements artificiels humains et a été mise en place comme le dernier recours judiciaire dans ce système de justice entrepreneurial/colonial. Le dollar entrepreneurial s’arrête à la CIJ. Mais la véritable justice ne pourra être trouvée que dans la Nature.

Aujourd’hui, nous consentons à ce que ce tribunal à juridiction limitée entende cette affaire en accord avec l’article 38, paragraphe 5 du règlement de ce tribunal. Toute vie naturelle est souveraine. Nous recherchons la justice en présentant cette demande sur laquelle sont apposées nos signatures en accord avec le dit article 38, paragraphe 5.

Nous, onkwe’honwe souverains agissons sans agents intermédiaires en tant que partie du monde naturel. Les états sont des corporations des entreprises qui existent au travers de règles humaines fictives et non-naturelles. Ils requièrent des agents entrepreneuriaux pour exister dans les tribunaux (NdT: les avocats, procureurs et juges…) pour prendre des décisions finales sur les affaires qui leurs sont présentées.  Dans l’article 38, paragraphe 3 des règlements de la Cour, l’agent doit être authentifié par celle-ci pour agir au nom des états qui n’existent en rien naturellement. Les Etats-Unis d’Amérique sont constitués de migrants qui ont envahi notre terre, l’Île de la Grande Tortue, qui ne peut pas être posséder ni céder par l’humanité. Les Etats-Unis rendent l’existence des peuples naturels et de la Nature difficile et pratiquement impossible. Voir les mots de Tekarontake qui expliquent très bien ceci.

Notre existence nous est instillée au travers de notre histoire orale placée sur les ceintures wampum et dans notre mémoire collective. Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix, est l’inhérent tewatatawi, le comment nous devons nous comporter dans l’existence et sur l’Île de la Grande Tortue. Le monde naturel crée le chemin que nous devons emprunter pour vivre. Nos chants, nos cérémonies, nos histoires et la création naturelle nous lient à la vie naturelle et aux forces de notre terre-mère. La CIJ protège le système prédateur qui tente de diriger le monde par la force. Nous, les peuples naturels, sommes emprisonnés et contrôlés par le système entrepreneurial actuel, qui, dans ce cas précis, nous a refusé toute justice depuis plus de 20 ans.

D’après l’article 40, paragraphe 1, des statuts de la CIJ et les articles 38 et 45 des règle de cette Cour, chacun des 15 demandeurs souverain soumet cette demande mettant en marche la procédure. La juridiction de la Cour se trouve dans l’article 36, paragraphe 1 qui dit:

La juridiction de la Cour comprend tous les cas auxquels se réfèrent les parties et toutes les affaires spécifiquement rapportés par la charte des Nations-Unies ou dans les traités et conventions en vigueur.

“La justice” est supposées être la pierre angulaire de la fondation de la charte de l’ONU pour protéger les droits de l’Homme pour tout le monde et ce dans le monde entier. Dans ce cas-ci, malgré la maxime “l’égalité de la justice devant la loi” écrite sur le fronton de la Cour Suprême des Etats-Unis (CSEU) à Washington, nous onkwehonwe souverains, avons subi une injustice au sein du système légal des Etats-Unis.

Historiquement, ce système nous a été imposé et fut maintenu par la violence sur nous et nos territoires. Après avoir été maltraités au travers de ce système “légal”, nous nous en venons à la CIJ pour rechercher la “justice” au travers de la charte des Nations-Unies, et de la DDPI tel qu’établi en annexe 6 et en accord avec les articles 33, 40-46 de la réglementation de la dite Cour.

En regard de la procédure de la CIJ, le commentaire suivant en provenance du traité et titré “Le statut de la Cour Internationale de Justice, commentaire (seconde édition), édité par Andreas Zimmermann, Christian Tomuschat, Karie Oellers-Frahm, Christian J. Tams, assistant éditeur Maral Kashgar et assistant édfiteur Savid Diehl (Oxford University Press), 2012, page 1092”, est très instructif

Au sujet de l’article 43 des statuts de la CIJ, “la procédure se constituera en deux parties: écrite (mémoires au travers du registre) et orale”, on ne doit pas sous-estimer le fait que les litiguateurs sont des états qui n’acceptent pas à la légère des interférences étrangères dans leurs affaires, spécifiquement lorsque cela touche certains de leurs intérêts vitaux. Les questions de procédure devant la cour, par définition, ne peuvent pas être approchées de la même manière que devant même les plus hautes instances judiciaires d’un pays.

Devant la CIJ, la substance contrôle la procédure. Nous, les peuples naturels, sommes la substance et avons la main gagnante, la nature, qui toujours bat la forteresse des procédures. La seule façon de déactiver notre main gagnante est de ne pas nous laisser jouer dans leur système de contrôle artificiellement créé. Nous demandons à la CIJ de considérer équitablement notre application.

Cette demande est approuvée par la signature de chacun des 15 d’Onondaga et sera déposée au bureau d”enregistrement de la Cour, avec une copie certifiée conforme à l’orignal de l’article 52, paragraphes 1 et 2 des règlements de la Cour.

Si la CIJ nous refuse justice, nous nous tournerons alors vers la Grande Loi de la Paix pour nous fournir véritable justice.

Une copie certifiée conforme de la présente demande à la CIJ sera envoyée aux personnes et institutions suivantes:

  • Le président des Etats-Unis d’Amérique en vertu du traité wampum deux rangées et du traité de Canandaigua de 1794 qu’ont signé les Etats-Unis ;
  • La Cour Suprême des Etats-Unis
  • Les Nations-Unies

After 20 years of injustice in the United States court system, the 15 sovereign onkwehonweh seek justice from the World Court.

Septembre 2018

Envoyé respectueusement,

Nous apposons notre signature à cette demande: Andrew Jones, Robert E. Bucktooth, Jr., Cheryl Bucktooth, Robert Bucktooth, Debby Jones, Karen Jones, Nikki Jones, Karoniakata Jones, Shawn Jones, kahentinetha, Dyhyneyyks,  Tekarontakeh, Ross John, Ronald Jones, Jr., Nadine O’Field/Ganonhweih, aka Nadine Bucktooth.

Origine et critique de l’État avec James C. Scott 1ère partie: « L’art de ne pas être gouverné, une histoire anarchiste des hauts-plateaux d’Asie du Sud-Est » (version PDF)

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Nous avons traduit de larges extraits du professeur d’anthropologie James C. Scott « The Art of Not Being Governed, an Anarchist History of Upland South-East Asia » dans le but de faire mieux comprendre au plus large public une partie de l’histoire de l’État, son développement dans une zone donnée de la planète et comment des peuples depuis des siècles vont et viennent dans et hors des états, qu’un anthropologue hollandais a nommé « Zomia » et qui regroupe près de 200 millions de personnes au travers de 6 pays allant du Vietnam à l’Inde. Scott nous fait aussi comprendre que l’État, la centralisation et les institutions inhérentes ne sont pas inéluctables et que ce processus d’origine humaine est parfaitement réversible comme cela s’est déjà produit à maintes reprises dans l’histoire de l’humanité post-« révolution néolithique ».

Jo de JBL1960, comme à son habitude, nous en a fait un superbe pdf à télécharger et lire que vous pourrez trouver sous cette introduction.

Le livre existe dans une version française sous le titre de “Zomia, l’art de ne pas être gouverné”, édition Seuil, 2013. Nous encourageons bien évidemment les lecteurs à lire cet ouvrage dans sa totalité, il en vaut la peine.

(*) L’auteur James C Scott est professeur de science politique et d’anthropologie à l’université de Yale aux Etats-Unis. Il y est le co-directeur du programme sur les études agraires et membre de l’Académie des Arts et des Sciences des Etats-Unis.

James C Scott est devenu par ses recherches profondes et pertinentes, un universitaire spécialiste incontournable pour ceux qui désirent analyser et comprendre l’histoire de la société humaine depuis ses lointaines origines en battant en brèches les poncifs et dogmes de ce que l’anthropologie politique “orthodoxe” a prêché au service du statu quo oligarchique depuis des décennies. Scott s’inscrit dans la lignée anthropologique des Pierre Clastres, Marshall Sahlins et du plus jeune David Graeber. Clastrien revendiqué, Scott commence souvent ses livres et conférences avec cette citation de Clastres tirée de “La société contre l’État” (1974):

Il est dit que l’histoire des peuples qui ont une histoire est l’histoire de la lutte des classes. On pourrait dire avec au moins tout autant de véracité que l’histoire des peuples sans histoire est une histoire de leur lutte contre l’État.

James C Scott est l’auteur de 10 livres dont, outre cet ouvrage dont nous traduisons quelques extraits de l’anglais, les célèbres ‘Seeing like a State”, Yale U, 1998 et son tout dernier ouvrage dont nous traduirons également de larges extraits au plus tôt: “Against the Grain, a Deep History of the Eartliest States”, Yale U, 2017 (notre traduction est achevée et sera publiée sous format pdf sous peu). Il participe à de nombreuses conférences dans le monde et la plupart de celles-ci sont disponibles pour visionner gratuitement sur la toile.

Notons pour l’anecdote que le titre complet en anglais du livre de Scott est:

“The Art of Not Being Governed, an Anarchist History of Upland Southeast Asia” qu’on pourrait traduire par: “L’art de ne pas être gouverné, une histoire anarchiste des hauts-plateaux d’Asie du Sud-Est” or la traduction du titre du livre tel que publié en français aux éditions du Seuil en 2013 est comme suit: “Zomia, l’art de ne pas être gouverné”… Il est intéressant de constater que le mot “histoire anarchiste” du titre anglais et publié comme tel, en toute honnêteté et sans censure par les éditions de l’université de Yale, est passé à la trappe dans la traduction française “officielle”, est-ce bien surprenant ?… De quoi ont-ils donc si peur dans le pays qui fut si longtemps le berceau de l’anarchisme ?…

~ Résistance 71 ~


Zomia

La version PDF de notre traduction :

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

 


James C. Scott

Guerre de l’information et alternative web: le projet vénézuélien de Terra TV

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L’Amérique latine innove dans l’info télévisée, aidons-la..

Terra TV, un projet de TV Web à soutenir

 

LGS

 

28 août 2018

 

url de l’article:

https://www.legrandsoir.info/terra-tv-un-projet-de-tele-web-a-soutenir.html

 

Fondée par notre ami et collaborateur, le journaliste vénézuélien Thierry Deronne en 1994 l’École Populaire et Latino-américaine de Cinéma, Télévision et Théâtre (EPLACITE) a formé des milliers de membres des mouvements sociaux d’Amérique Latine pour qu’ils puissent créer eux-mêmes leur image. 

Thierry Deronne a participé à la fondation de plusieurs télévisions associatives et publiques comme Vive TV, dont il fut vice-président. 

Au fil des ans, il a su constituer un vaste réseau qui permet aujourd’hui de passer à nouvelle une étape : la création d’un nouveau média : Terra TV.

Terra TV est un média qui veut s’émanciper des formats et récits médiatiques dominants, notamment sur les mouvements sociaux et populaires. Mais son originalité va plus loin : il sera pensé et produit par les mouvements sociaux eux-mêmes, notamment par les collectifs paysans en lutte pour la terre en Amérique latine. Il sera aussi une école intégrale de formation en ligne pour les mouvements sociaux, notamment audio-visuelle et agro-écologique, pour accompagner d’autres collectifs dans la création de formes innovantes, non formatées.

Terra TV aura une triple fonction :

– Diffuser l’image, et faire le suivi, de la vie quotidienne et du travail en profondeur des organisations paysannes et les traduire en portugais, espagnol, anglais ou français.

– Mettre en ligne des modules de formation en réalisation audio-visuelle, en agroécologie, en Histoire, en économie, en philosophie, en pratiques socioculturelles, eux aussi, traduits en portugais, espagnol, anglais ou français, avec un suivi pédagogique pour les collectifs participant(e)s.

– Organiser, articuler et nouer des solidarités internationales grâce au suivi des processus et à l’agenda des luttes. Toute organisation qui lutte pour la terre sous n’importe quelle latitude pourra ainsi visibiliser ses activités.

Ici avec seulement 11000 euros se mettra en marche un média fait par le peuple pour le peuple. Près de la moitié de cette somme a été réunie avec et 80 donateurs.

Comment soutenir la création de Terra TV ?

Voici le lien vers la plateforme grâce auquel vous pouvez aussi participer au financement participatif : https://www.helloasso.com/associations/france-amerique-latine-comite-b…

Par l’intermédiaire du Grand Soir

LGS va verser à Terra TV une partie des sommes déjà reçues en dons de nos lecteurs (une autre partie de nos modestes réserves est bloquée pour un autre projet avec un cinéaste français ; nous en reparlerons).

Merci à vous qui nous lisez de nous faire un don qui sera transmis à Terra TV.

Les sommes que vous nous versez sont en effet prioritairement consacrées à des projets, et non à l’autofinancement du site. Les administrateurs sont bénévoles.

Entre 2012 et 2016, nous avons ainsi financé ou cofinancé :

• Deux documentaires sur le village de Marinaleda en Andalousie

• Une interview d’un des négociateurs des FARC à la Havane

• Une association palestinienne d’aide aux prisonniers

• Le documentaire « Revolucionarios » avec d’anciens combattants de la Révolution Cubaine

• Les livres (Editions Golias) « Marine Le Pen amène le pire » et « Les déchirures » (sur les conflits sociaux à France Télécom, Goodyear, Air France, Continenetal, et chez les paysans…).

• Etc.

POUR FAIRE UN DON : https://www.legrandsoir.info/spip.php?page=faire_un_don

Pierre Joseph Proudhon: 3 textes essentiels en format pdf

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Résistance 71

 

16 juillet 2018

 

Mis en page par Jo de JBL1960, voici 3 textes essentiels de PJ Proudhon, un des pères fondateurs de la pensée anarchiste moderne, qui a inspiré Marx entre autre.

Chronologiquement il est le premier d’une trilogie l’associant aux pensées et actions de Michel Bakounine et Pierre Kropotkine.

A lire tranquille pendant les vacances d’été.. Bonne lecture !

 

Du_Principe_Federatif_Proudhon

Proudhon-du-principe-dautorite-et-les-malthusiens

Proudhon_Quest_ce_que_la_propriete