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Non à l’instinct de mort (état et capitalisme) oui à la vie (société organique) avec Raoul Vaneigem

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, média et propagande, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, sciences et technologies, société des sociétés, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , on 9 mai 2021 by Résistance 71

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Vivre et en finir avec le mépris de la vie

Raoul Vaneigem

Avril 2021

Source: https://www.lavoiedujaguar.net/Vivre-et-en-finir-avec-le-mepris-de-la-vie

Retour parodique au passé

Le crime contre l’humanité est l’acte fondateur d’un système économique qui exploite l’homme et la nature. Le cours millénaire et sanglant de notre histoire le confirme.

Après avoir atteint des sommets avec le nazisme et le stalinisme, la barbarie a recouvré ses falbalas démocratiques. De nos jours, elle stagne et, refluant comme un ressac dans une passe sans issue, elle se répète sous une forme parodique.

C’est ce ressassement caricatural que les gestionnaires du présent s’emploient à mettre en scène. On les voit nous convier benoîtement au spectacle d’un délabrement universel où s’entremêlent goulag sanitaire, chasse à l’étranger, mise à mort des vieux et des inutiles, destruction des espèces, étouffement des consciences, temps militarisé du couvre-feu, fabrique de l’ignorance, exhortation au sacrifice, au puritanisme, à la délation, à la culpabilisation.

L’incompétence des scénaristes attitrés ne diminue en rien l’attrait des foules pour la malédiction contemplative du désastre. Au contraire ! Des millions de créatures rentrent docilement à la niche où elles se recroquevillent jusqu’à devenir l’ombre d’elles-mêmes.

Les gestionnaires du profit sont arrivés à ce résultat auquel seule une réification absolue aurait pu prétendre : ils ont fait de nous des êtres apeurés par la mort au point de renoncer à la vie.

La propagation d’une mentalité carcérale

Au nom du mensonge que la propagande appelle vérité, on laisse un traitement politique et policier se substituer au traitement sanitaire que requiert le simple souci du bien commun. Nul n’est dupe du tour de passe-passe : les gouvernants dissimulent et cautionnent ainsi la mise à mal des hôpitaux publics à laquelle la cupidité les enjoint de recourir.

Colère et indignation n’ont pas fait varier la pression étatique qui expérimente le degré d’abjection auquel la servilité des populations peut tomber sans se rompre. Les misérables au pouvoir se moquent bien de quelques coups de gueule corporatistes et syndicaux. L’insulte et l’exécration ne sont-elles pas une façon de les reconnaître, sinon de leur faire allégeance ?

Tandis qu’analystes et sociologues débattent du capitalisme, les ubuesques mafias du profit et leurs palotins étatiques poursuivent en toute légalité la mise à mort rentabilisée du vivant. En attendant la prochaine alerte épidémique, les petits fours de l’hédonisme sont servis à ceux qui ont pris le risque de se faire vacciner avec des produits dont la seule efficacité avérée tient à la cotation boursière et aux bénéfices concurrentiels. Louons les citoyens qui sont entrés courageusement dans la lice des lessives émérites, où un blanc lave plus blanc que l’autre. Il est vrai que n’avoir pas peur n’a pas le même sens selon qu’à longueur d’incarcération les populations acceptent de s’exposer à des radiations et à des poisons qui les tuent. Ou si, au contraire, elles s’insurgent contre les nuisances, les éradiquent et passent outre aux décrets qui les légalisent.

La pensée du pouvoir est une pensée morte, elle vole au ras des tombes. Son odeur de charogne est l’odeur de l’argent. Elle nous suffoquera tant que nous la combattrons dans ses cimetières au lieu d’édifier des lieux de vie et d’y entretenir une guérilla avec des armes qui ne tuent pas — et dont, en conséquence, nos ennemis ignorent la portée.

Comment tolérer plus longtemps que la peur de mourir d’un virus nous empêche de vivre ?

Avec ses hauts et ses bas, l’existence quotidienne ne démontre-t-elle pas que rien ne restaure mieux la santé que la fête et la jouissance ? Le plaisir du corps attentif aux saveurs, aux caresses, aux ambiances chaleureuses stimule les défenses immunitaires de l’organisme. Il prémunit contre les cris d’alarme que la douleur pousse dans l’urgence, quand il est trop tard, quand le mal est fait. Il ne faut pas être grand clerc pour le savoir.

Jamais le crime contre le vivant n’a été glorifié avec un tel cynisme, avec une telle stupidité goguenarde. Tout a été et est mené à rebours. À l’instar de la fameuse dette sans fond et sans raison, le gouffre de la pandémie engloutit tout ce qui passe à portée. Ravages de la dégradation climatique, effets meurtriers de la pollution et des nourritures empoisonnées, cancers, infarctus, agressivité suicidaire, troubles mentaux, allez hop, passez muscade !

La vérité du système économique dominant est le mensonge qui fait du monde à l’envers la norme et la réalité. Les masques voilent le sourire, étouffent la parole, sidèrent les enfants confrontés à un familier qui leur devient étranger.

La malédiction du travail est devenue une hantise, les enseignants sont trop préoccupés de gestes sécuritaires pour enrichir leur savoir et celui des autres. Nos sociétés sont lentement gangrenées par la banalisation d’un comportement obsidional, ainsi que l’on nomme l’angoisse agressive qui s’empare des habitants d’une ville assiégée. Le repli terrifié, la défiance et la paranoïa s’inventent alors des ennemis intérieurs à pourchasser.

En l’occurrence, le principal ennemi est clairement identifié, c’est la vie et son insolente liberté.

Certes, nous sommes accoutumés de longue date aux pratiques de la jungle sociale, puisque nous y sommes confinés dès notre naissance. Toutefois, les pires époques d’obscurantisme et de despotisme absolu gardaient une fenêtre ouverte sur une réalité autre. Si illusoire qu’il fût, le principe d’espérance galvanisait les velléités de révolte.

La réclusion à perpétuité à laquelle la glaciation du profit nous condamne a prévu des barreaux qui emprisonnent nos rêves. Foutriquets écologistes, avez-vous pensé à ce paradigme ?

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Le grand renversement

Privés du droit à la vie que le privilège même de l’espèce humaine a rendu imprescriptible, nous n’avons d’autre choix que de le restaurer et de lui assurer une souveraineté à laquelle nous n’avons jamais cessé d’aspirer.

Le principe « rien n’est vrai, tout est permis » a, pendant des millénaires, répondu à la préoccupation majeure du Pouvoir hiérarchisé : favoriser un chaos où le rappel à l’Ordre vînt justifier et affermir son autorité. Rien de tel que le spectre de l’an-archie, du non-pouvoir, de la chie-en-lit, pour nous protéger des voyous en nous poussant dans les bras sécuritaires de l’État-voyou.

Cependant, renversé et saisi dans une perspective de vie, le même propos marque une détermination radicalement différente. Il exprime une volonté de tout reprendre à la base, de tout réinventer, de tout rebâtir en nous désencombrant d’un monde figé par la glaciation du profit.

Aucune baguette magique ne brisera les chaînes que notre esclavage a forgées mais j’aimerais assez que l’on inclue dans le poids excessif qu’on leur attribue la croyance — transmise et affermie de génération en génération — qu’elles sont irréfragables, qu’aucun effort ne peut les briser.

Un véritable effet d’envoûtement accrédite la fable d’une impuissance native de la femme et de l’homme. Il contrecarre au départ les tentatives d’émancipation qui jalonnent l’histoire. Cela fait des siècles que les victoires de la liberté célèbrent leurs défaites, que le culte des victimes honore la vocation sacrificielle et flétrit nos sociétés en les militarisant.

Briser l’envoûtement ne ressortit pas du « Que faire ? » léniniste, il ne procède pas d’un défi insurrectionnel. À quoi tient la cohérence et la paradoxale rationalité de cet ensorcellement universel ? À une gestion des êtres et des circonstances, que le Pouvoir a longtemps attribuée à une intervention surnaturelle. La fable d’un mandat céleste délivré par des dieux prêtait à une brute rusée et tyrannique les traits redoutables d’un extraterrestre, jeteur de foudre et de sorts.

La décapitation de Dieu et de Louis le seizième, dernier monarque de droit divin, a mis un terme non au Pouvoir mais à la peur d’être agrippé par lui à la moindre velléité contestataire.

Si meurtrière qu’elle demeure, l’autorité étatique a perdu ce qui lui restait de prestance, tant l’accable le ridicule de ses incontinences. À quoi s’ajoute la fronde des femmes qui, de leur doigt inexorable, crèvent le « mauvais œil » que le patriarcat s’obstine à darder sur elles.

Ce qui s’annonce a contrario d’un tel délabrement n’est pas moins évident. Un irrésistible mouvement de bascule s’amorce partout dans le monde. Il a son rythme et ses conditions propres. La renaissance du vivant marque les premiers pas de l’être humain sur une terre dont il a été spolié. Ce renouveau n’a que faire de prophètes, de Cassandre, d’aruspices. Le défi l’indiffère, la résistance lui suffit.

Le capitalisme apocalyptique et le catastrophisme anticapitaliste forment les deux pôles contraires d’où s’apprête à jaillir, tel un arc électrique, un fulgurant retour à la vie.

Sous la résignation de millions d’existences condamnées à la répression et à l’ennui (ce grand dissolvant des énergies), une force insurrectionnelle s’accumule qui, dans le temps non mesurable d’un éclair, va balayer nos petites luttes corporatistes, politiques, concurrentielles, sectaires.

Une révolution larvée, morcelée, parcellaire, émiettée cherche confusément le point de jonction où, dans une colère commune, l’individu et le collectif retrouveront la lucidité et leur unité.

La lourdeur du mensonge et de sa crédibilité avaient à l’époque de Goebbels le poids d’une vérité à laquelle la mystique nationaliste et le dynamisme du capitalisme prêtaient une cohérence illusoire.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Le dynamisme du capitaine d’industrie — que la focalisation financière et spéculative du capitalisme a laissé pour compte — n’alimente plus la moindre espérance d’amélioration sociale. Les multinationales brisent dans l’œuf les politiques protectionnistes, nationalistes, souverainistes.

La faillite avérée des grandes vérités scientifiques gangrenées par le profit a entraîné dans la débâcle l’idée de progrès, longtemps perçue comme bénéfique, en raison du confort qu’elle procurait à la survie.

Les héritiers des experts qui jurèrent que le nuage de Tchernobyl avait évité le beau ciel de France ont discrédité irrémédiablement le milieu des savants en général et de la médecine en particulier. Je ne sais si l’autodéfense sanitaire ira jusqu’à l’automédication assistée mais il n’est pas douteux que la relation entre patient et aide-soignant prendra un tour moins mécanique, moins mercantile, plus humain, plus affectif.

À l’encontre des sondages, des baromètres statistiques et autres officines d’opinions préfabriquées, l’innovation et l’inventivité se donneront libre cours, explorant de nouveaux territoires, essaimant pêle-mêle aberrations et créations de génie. L’intelligence sensible triera, affinera, reconnaîtra les siens comme elle en use en recueillant les dons que la nature prodigue, sans réserve ni discernement. L’intelligence sensible est la nouvelle rationalité.

Miser sur l’autonomie individuelle et collective

Oui, je fais confiance à cette intelligence sensible qui fut si longtemps occultée et discréditée par l’intelligence intellectuelle. Comme le révèle l’effritement progressif de la pyramide hiérarchique, l’intellectuel n’a jamais été que l’instrument de la classe supérieure, l’esprit du maître régnant sur le corps et sur les parties inférieures de la société.

Sa fonction dirigeante s’exerce jusque dans la corrosion critique dont il infeste le vieux monde pour lequel il travaille. Le mépris dont il a accablé dès sa naissance, en France, ce mouvement de « rustauds incultes et incontrôlables » que sont censés rester les gilets jaunes est révélateur du malaise qui le ronge. Tandis qu’une part de l’homo intellectualensis tente de rattraper sa bévue initiale et de se faire pardonner en agitant le drapeau mité des « convergences de luttes », la part de la conscience en éveil dévoile en lui, comme en chacun de nous, le drame de la pensée séparée de la vie, de l’abstraction qui nous exile de notre substance vivante. Car l’intellectualité est une tare aussi commune à tous et à toutes que la division du travail et l’invariable statut d’exploité et d’exploiteur.

Quand j’appelle au retour du vivant, à l’unité du moi et du monde, c’est cette part de conscience que j’invoque, car elle participe du devenir humain et elle a de tout temps été la lumière qui nous guidait.

La conscience humaine est ce fond de pensée universelle qui est la réalité la mieux partagée et la plus refoulée de notre histoire. Ce qui la frappait d’interdit se délite, ce qui va l’embraser — voire l’illuminer, à tous les sens du terme — n’est guère plus qu’une étincelle, mais elle ne s’éteint pas. Dès lors, pourquoi ne pas miser sur la combustion qui brasille au cœur de nos désirs ?

La renaissance de la terre et du corps fait partie de mes rêves. J’en revendique la folie subjective. Je m’autorise à en vouloir réaliser les desseins, tant se multiplient en nous et autour de nous les jeux du possible et de l’impossible.

Les militants de l’espérance et de la désespérance sont fondés, j’en conviens, à taxer d’optimisme, de chimère, de fantasme, nombre de mes idées qui contribueraient à les nourrir s’ils ne les ingéraient pas comme une pure tambouille intellectuelle.

L’éveil du vivant est une menace pour les petits marquis de l’idéologie. Les coups de pied au cul décochés au Pouvoir les atteignent au fondement.

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La vie est une fête, faisons fête à la vie

J’incline à penser qu’une conscience éveillée ébranle plus aisément le monde que le déferlement de l’enthousiasme grégaire. La radicalité est un rayonnement attractif, un raccourci qui coupe les voies ordinaires de la réflexion laborieuse.

Créer mon bonheur en favorisant celui des autres s’accorde mieux à ma volonté de vivre que les lamentations de la critique-critique, dont le mur obture ou, du moins, assombrit nos horizons.

Il est des flambées d’impatience où je crierais volontiers : « Lâchez tout ! Balayez vers l’égout les thuriféraires de l’argent ! Brisez les amarres du vieux monde, prenez à bras-le-corps la seule liberté qui nous rende humains, la liberté de vivre ! »

Je n’ignore pas que recourir aux mots d’ordre et aux objurgations accorde plus d’importance à la chape d’inertie qu’à la conscience qui la fissure et la brisera en son temps. Mais rien ni personne ne m’empêchera de me réjouir à la pensée de n’être pas seul à appeler de mes vœux une tornade festive qui nous délestera, comme d’une mauvaise colique, des morts-vivants qui nous gouvernent. Le retour de la joie de vivre se moque de la vengeance, du règlement de compte, des tribunaux populaires. Le souffle des individus et des collectivités passe outre aux structures corporatistes, syndicales, politiques, administratives, sectaires, il évacue le progressisme et le conservatisme, ces mises en scène d’un égalitarisme de cimetière, qui est désormais le lot des démocraties totalitaires. Il ouvre à l’individualiste, aigri par le calcul égoïste, les voies d’une autonomie où se découvrir comme un individu, unique, incomparable, offre la meilleure garantie de devenir un être humain à part entière.

L’individu prend conseil mais refuse les ordres. Apprendre à rectifier ses erreurs le dispense des reproches. L’autonomie s’inscrit dans le dolce stil nuovo voué à supplanter le règne de l’inhumain.

Laisser pourrir ce qui pourrit et préparer les vendanges. Tel est le principe alchimique qui préside à la transmutation de la société marchande en société vivante. N’est-ce pas l’aspiration à vivre en dépassant la survie qui met partout en branle l’insurrection de la vie quotidienne ? Il y a là une puissance poétique dont aucun pouvoir ne peut venir à bout, ni par force ni par ruse. Si la conscience tarde à s’ouvrir à une telle évidence, c’est que nous sommes accoutumés à tout saisir par le petit bout de la lorgnette, nous interprétons nos luttes quotidiennes en termes de défaites et de victoires sans comprendre que c’est l’anneau dans le nez qui nous conduit à l’abattoir.

À errer entre dépérissement et renouveau, nous avons acquis le droit d’esquiver et de quitter une danse macabre, dont nous connaissons tous les pas, pour explorer une vie dont nous n’avons eu, hélas, à connaître que des jouissances furtives.

La nouvelle innocence de la vie retrouvée n’est ni une béatitude ni un état édénique. C’est l’effort constant que réclame l’harmonisation du vivre ensemble. À nous de tenter l’aventure et de danser sur le sépulcre des bâtisseurs de cimetières.

Raoul Vaneigem

Le 21 avril 2021

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Raoul Vaneigem (PDF) :

L’essentiel de R. Vaneigem

Appel à la vie contre la tyrannie marchande (extraits)

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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Cinq médecins concourent pour dire que les injections contre le COVID-19 sont des armes biologiques (vidéo + point majeurs)

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Résistance 71

 

27 avril 2021

 

 

Résistance 71

 

27 avril 2021

 

Dans cette vidéo conférence de 1h19 diffusée le 22 avril courant, cinq médecins américains : Les Dr Larry Palevsky, Sherri Tenpenny, Christiane Northrup, Carrie Madej et Lee Merritt (qui a travaillé dans le corps de recherche médical de la marine américaine) ainsi que l’administratrice du groupe Maureen MacDonnell, lancent une alerte formelle et un appel à la désobéissance globale contre les injections en cours des thérapies géniques des laboratoires Pfizer / BioNTech, Moderna, AstraZeneca et Johnson & Johnson, qu’ils qualifient ouvertement d’armes biologiques.
Le groupe se réunit en ligne une fois par semaine et est suivi par des millions de personnes dans le monde et principalement aux Etats-Unis.
Nous mettons ci-dessous le lien de la vidéo sur la plateforme BitChute et les points importants que nous avons traduits avec le minutage dans la vidéo. Ces médecins n’y vont pas avec le dos de la cuillère et appellent à ce que nous reprenions en main notre destinée tout le système ayant failli.

A voir et diffuser sans aucune modération, nous l’avons dit il y a plus d’un an déjà en en avons fait le titre d’une de nos pages, cette affaire SRAS-CoV-2 / COVID-19 est une guerre biologique contre l’humanité. On sait depuis mars 2020 que ce virus est une chimère fabriquée en labo et depuis, comme le confirment ces médecins, que le virus per se est une PSYOP, mais que la réponse planifiée à la « crise » fabriquée, le soi-disant « vaccin » qui n’en est pas un, mais une thérapie génique est, quant à elle, la véritable attaque létale biologique sur l’humanité.

La vidéo des 5 médecins du 22 avril 2021 :
https://www.bitchute.com/video/i2fMnrMH3Zm3/

Transcription des points importants : La vidéo commence par une présentation des intervenants.
La mise en place de ce groupe de résistance médicale est survenue avec les rapports que ces médecins ont reçu concernant les effets secondaires dévastateurs des injections comme les thromboses, saignements, problèmes sanguins et cardiaques, AVC des à la formation de caillots sanguins et aussi des troubles graves des cycles menstruels chez les femmes, saignements abondants chez des femmes ménopausées, fausses-couches ainsi que de nombreux effets adverses sur les personnes n’ayant pas été vaccinées mais ayant été ou étant en contact avec des proches qui l’étaient.

4min15 : question du Dr Tenpenny: qu’est-ce qui est transmis d’une personne vaccinée à une autre personne non vaccinée contre la COVID-19 /

7min09 ~ 08min00 : Nous recevons des rapports du monde entier qui nous racontent les mêmes choses : des femmes qui n’ont plus leurs règles après les injections ARNm ou qui ont de graves trubles menstruels. Des femmes ménopausées qui saignent abondamment. La formation de caillots de sang et une grande incidence de fausses-couches et de pertes de fœtus.

13min55 : Dr Christiane Northrup : je pense que ces dysfonctionnements hormonaux sont le résultat d’une ARME BIOLOGIQUE  !

14min40 : le corps des vaccinés contre le COVID devient une usine de fabrication d’une protéine spécifique du virus. Cette « fabrication » peut se trouver dans tous les fluides corporels [et donc être contagieuse et se propager]

15min45 : Quelque chose est produit par le corps de l’injecté qui affecte négativement les personnes de son entourage.

17min05 : Dr Carrie Madej : Utilisation d’une nanotechnologie dans les injections, de nanobots, de « parties d’ordinateurs » par le biais de la technologie de l’ « hydrogel » que nous savons être dans les injections. Cette (nano)technologie est active avec le WiFi. Quelque chose de complètement étranger et de synthétique est introduit dans le corps de l’injecté, ce quelque chose est sensible à la Force Electromagnétique ou FEM. Des caillots sanguins se forment par accumulation des globules rouges dans la circulation lorsqu’ils sont soumis à une FEM comme démontré par des recherches non récentes.

31min40 : Dr Larry Palevsky : Ceci n’est pas un vaccin ! Il n’y a rien dans l’injection fait pour nous protéger d’une infection virale. Rien pour nous protéger de l’infection au SRAS-CoV-2.

34min02 : Cette protéine « spike » du virus [dans l’injection] est une arme biologique et n’a rien de naturel.

37min35 : les vaccinés / injectés deviennent des agents porteurs.

44min40 : Dr Sherri Tenpenny : Arrêtons d’appeler ces injections des « vaccins ». Ce ne sont pas des vaccins !

46min : La protéine spike et une arme létale.

48min10 : Ce ne sont pas des vaccins mais des injections de matériaux étrangers.

49min20 : les médicaments Ivermectine et Hydroxychloroquine fonctionnent très bien contre les virus

50min : Prenez ces deux médicaments en prévention des contacts avec les « vaccinés »

52min : le niveau de vitamine D doit être testé s’il est >30 les chances d’attraper le COVID est de l’ordre de 4%. Prenez du Zinc, testez le niveau de zinc dans le corps, il doit être être 7 et 12

56min: gardez votre système immunitaire opérationnel !

57min : Maureen MacDonnell (administratrice) : les femmes sont le plus affectées par cette affaire d’injection.

1h01min : Dr Northrup : Notre fertilité est attaquée ouvertement dans ce processus.

1h03min : Dr Palevsky : les fens doivent se rassembler, discuter et lutter ensemble. Arrêtons de demander à ces gens de nous « protéger ». Nous devons prendre la responsabilité de notre propre protection

1h04min : Dr Madej : Encouragez les gens de former leurs propres groupes de réflexion et d’action. Rassemblez-vous localement au moins une fois par semaine.

1h09min : Soutenez l’économie locale, les fermiers bio etc…

1h10min : Dr Merritt : Ceux qui organisent ça sont peu nombreux. Ce sont des psychopathes et on ne peut pas raisonner avec des psychopathes. La goupille de sécurité de cette affaire est les médicaments qui fonctionnent : hydroxychloroquine et Ivermectine. Si nous arrivons à faire avoir accès plus facilement aux gens à ces substances, alors on minimisera l’effet de peur et les effets psychologiques négatifs [faire savoir qu’on peut soigner => pas besoin de « vaccins »…]

1h12min : Le COVID-19 est juste une PSYOP de mise en place, le prochain virus (comme le MERS ou la variole) ne le sera pas…

1h18min Maureen MacDonnell : Ils ne savent pas qu’ils ont cherché la merde aux mauvaises personnes en l’occurence : les FEMMES !

1h19min : fin de l’entretien…

A diffuser sans modération !…

Oui Micronus, on est en guerre ! Contre toi et ta clique de dégénérés eugénistes et criminels.
Les peuples prévaudront et les criminels paieront.

Dans l’esprit de cheval fou

Notre page : « Coronavirus, guerre contre l’humanité »

 


Cessons d’avoir peur !…

De la tradition anarchiste africaine, entretien avec Sam Mbah

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rEVOLUTION

Anarchisme africain : entretien avec Sam Mbah

Chuck Morse

Entretien avec la revue “Perspective on Anarchy Theory”, printemps 1999

Traduit de l’anglais par Résistance 71

Avril 2021

“African Anarchism: The History of a Movement” (Sharp Press, 1997) de Sam Mbah et I.E. Igariwey est le premier traitement de l’anarchisme en Afrique dans un mode livresque. Les auteurs y argumentent que l’anarchisme fournit un cadre tout à fait cohérent dans lequel comprendre et répondre aux multiples crises affectant le continent. J’ai rencontré Mbah le 4 novembre 1998 au début de sa tournée américaine.

Note de R71: Nous avons traduit de très larges extraits de ce livre il y a plusieurs années, nous mettons le lien vers notre PDF sous l’article. Bonne lecture !

Vous déclarez que “la tendance générale de la société humaine a été vers l’égalité sociale et une plus grande liberté individuelle.” Partagez-vous la croyance de Marx sur le capitalisme comme développement progressiste dans l’histoire du monde et une pré-condition nécessaire à des formes sociales plus adéquates ?

La position marxiste n’est pas complètement juste. Le capitalisme fut un développement progressiste durant son époque : il a fourni la base de la radicalisation de la classe travailleuse, ce qui n’était pas possible sous le féodalisme et ce fut définitivement un pas en avant. Ceci fut basé sur le fait que la lutte contre le capitalisme et le système étatique s’intensifiait. Mais je ne pense pas que tout pays ou société doive passer par ce processus ou que le capitalisme soit une pré-condition pour le progrès humain ou son développement.

Je ne pense pas non plus que l’histoire humaine soit prévisible ou qu’elle puisse être liée à des séquences développées par des historiens ou des penseurs/écrivains. Je pense que la capacité des gens ordinaires dans une société donnée est si grande qu’elle peut pratiquement les propulser à prendre leur destinée entre leurs propres mains et ce à n’importe quel point dans le temps. Je ne crois pas en la compartimentation de l’histoire en étapes : je pense que les gens ordinaires sont capables de lutter par et pour eux-mêmes et qu’ils pourront se libérer à n’importe quel moment dans le temps.

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NdR71 : 

Essayons de rétablir ici une “voie du milieu”… Nous pensons en partie comme Mbah, à savoir que l’émancipation peut se produire à n’importe quel moment dans la mesure où la capitalisme, comme tous les autres systèmes avant lui est une fabrication, une construction politico-sociale et que ce que nous construisons, nous pouvons le déconstruire pour reconstruire autre chose.
Ceci dit, une fois certains mécanismes enclenchés, se développe une certaine implacabilité évènementielle. En cela l’analyse de Marx sur les deux phases du capitalisme en sa phase I de domination formelle et sa phase II de domination réelle est juste. Ainsi, une fois un tel processus enclenché, il est plus facile sans aucun doute de mettre le système à bas lorsqu’il est au creux de la vague, ce qui est le cas en ce moment. Le capitalisme est en phase de énième mutation pour pouvoir reproduire son propre mode de production, il peine à le faire, mais la solution vers un Nouvel Ordre Mondial des entreprises transnationales est la seule possible pour survivre encore un peu. Son oligarchie s’emploie à mettre tout ça en place et la crise actuelle du COVID-19 n’en est qu’un des aspects / outils.
Maintenant, le capitalisme est-il nécessaire ? Peut-on arriver à l’émancipation sans lui ? Est-il un passage obligé vers notre émancipation vers notre humanité enfin réalisée ? Nous avons fait le choix (une minorité d’entre nous, il y a longtemps, a fait ce choix) de le mettre en place, il est une réalité et peu importe qu’il soit nécessaire ou non, ce qui est sûr de là où nous en sommes, est que nous devons nous en débarrasser et avec lui, de l’État, de la marchandise et son rapport marchand et donc de ses outils de fonctionnement que sont l’argent et le salariat. Là est le point de convergence de l’idée (r)évolutionnaire, car il n’y a pas et ne saurait y avoir de solution au sein du système. Nous devons prendre une tangente qui nous sortira du cycle infernal, de la révolution nous ramenant sans cesse au point de départ. Il ne s’agit pas de révolution mais d’évolution. Nous devons devenir enfin politiquement adulte.

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Votre livre est ancré dans l’anarcho-syndicalisme, une tradition essentiellement dérivée des expériences historiques européennes. Quelles contributions distinctives de l’expérience africaine peuvent être apportées à l’anarchisme ?

Nous avons tenté d’adresser ce point dans notre livre. Bien que l’anarchisme ne soit pas complet sans l’apport de l’expérience européenne, nous pensons qu’il y a des éléments des sociétés traditionnelles africaines qui peuvent assister à l’élaboration d’idées anarchistes.

L’une d’entre elles est l’auto-aide, l’entraide ou la tradition de coopération qui prévaut dans la société africaine. Cette société est structurée de telle façon que l’individualisme y est réduit et qu’est important l’approche collective de la résolution de problèmes et de vivre : si on le réduit à son essence, je pense que c’est ce que l’anarchisme enseigne.

Les sociétés traditionnelles africaines offrent aussi certaines choses dont nous devrions apprendre. Par exemple sur le leadership, spécifiquement là où le féodalisme ne s’est pas développé. Dans ces sociétés le pouvoir était horizontal et diffusé dans le corps social, il n’est pas vertical, pas hiérarchisé. Pratiquement tout le monde dans une société donné ou un village prenait part au processus décisionnaire et avait la parole sur tout ce qui les affectait directement au quotidien. Les anciens par exemples n’auraient jamais engagé une lutte armée contre le village voisin s’il n’y avait pas un consensus au sein de la population, ce qui était vraiment la force liante de la société africaine. Également le système de la famille étendue par lequel votre neveu pouvait venir vivre avec vous et votre femme, chose que nous définitivement recommandons à l’anarchisme. Ceci sont des exemples de zones qui pourraient être incorporées à l’anarchisme. Ces idées sont durables, elles sont quasiment dans la nature humaine aussi loin que l’Afrique soit concernée.

L’incapacité de combiner une critique cohérente de l’état et du capitalisme avec une critique du racisme a exercé une énorme pression sur l’anarchisme. Dans quel sens une analyse sur le racisme et la suprématie blanche doit-elle complémenter une analyse de classe ?

Le système capitaliste dont nous avons hérité pousse à l’exploitation des travailleurs et autres classes non dominantes et exploite aussi les différences raciales. Il a institué une dichotomie raciale permanente parmi les travailleurs, où il y a un groupe de travailleurs plus privilégiés et un autre groupe de travailleurs moins privilégiés. Il y a une double exploitation de la classe travailleuse non blanche. Ceci ne fut pas même adressé adéquatement par le marxisme, parce qu’il assumait une unité des intérêts au sein de la classe laborieuse sans référence à des types spécifiques d’exploitation et de privation auxquels font face les travailleurs.

Le racisme est un facteur clef dans ce monde et toute analyse de classe qui cherche à nier cela ne fait qu’appliquer une politique de l’autruche. Le racisme est tout simplement endémique au capitalisme.

Les travailleurs doivent impérativement comprendre cela, comme base de leur unité et pour aller de l’avant. Ceci doit être reconnu par les activistes anarchistes et les mouvements sociaux afin d’intégrer toutes les couleurs de la palette du travail pour faire face à l’ennemi commun qui est le capitalisme et les relations sociales de production que le mettent et le maintiennent en place.

= = =

Notre traduction de larges extraits du livre de Mbah et Igariwey “L’anarchisme africain, une histoire du mouvement”, 1997, trad. R71, 2015

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

5 textes pour comprendre et éradiquer le colonialisme

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

« Comprendre le système de l’oppression coloniale par mieux le démonter », Steven Newcomb

« Comprendre le système de l’oppression coloniale pour mieux le démonter », Peter d’Errico

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés ! », Résistance 71

FranceUranium

Jean Giono « L’homme qui plantait des arbres » 1953 (PDF)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, écologie & climat, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés, technologie et totalitarisme with tags , , on 25 avril 2021 by Résistance 71

“il faut sinon se moquer, en tout cas se méfier des bâtisseurs d’avenir. Surtout quand pour bâtir l’avenir des hommes à naître, ils ont besoin de faire mourir les hommes vivants. L’homme n’est la matière première que de sa propre vie. Je refuse d’obéir.”
~ Jean Giono ~

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Message utile et nécessaire (PDF) :

Jean_Giono_Lhomme_qui_plantait_des_arbres_1953

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“Celui qui est contre la guerre est par ce seul fait dans l’illégalité. L’état capitaliste considère la vie humaine comme la matière véritablement première de la production du capital. Il conserve cette matière tant qu’il est utile pour lui de la conserver. Il l’entretient car elle est une matière et elle a besoin d’entretien et aussi pour la rendre plus malléable il accepte qu’elle vive.
[…] L’état capitaliste se sert de la vie. La guerre n’est pas une catastrophe, c’est un moyen de gouvernement. L’état capitaliste ne connaît pas les hommes qui cherchent ce que nous appelons le bonheur, les hommes dont le propre est d’être ce qu’ils sont, les hommes en chair et en os ; il ne connaît qu’une matière première pour produire du capital. Pour en produire, il a besoin à un certain moment de la guerre, comme un menuisier a besoin d’un rabot, il se sert de la guerre. […] L’état capitaliste a besoin de la guerre, c’est un de ses outils. On ne peut tuer la guerre sans tuer l’état capitaliste. Je parle objectivement. Voilà un être organisé qui fonctionne… Dans cet être organisé, si j’enlève la guerre, je le désorganise si violemment que je le rend impropre à la vie, à sa vie, comme si j’enlevas le cœur au chien, comme si je sectionnais le 27ème centre moteur de la chenille. […]
Je préfère vivre. Je préfère vivre et tuer la guerre et tuer l’état capitaliste. Je préfère m’occuper de mon propre bonheur. Je ne veux pas me sacrifier ; je n’ai besoin de sacrifier qui que ce soit. Je ne veux me sacrifier qu’à mon bonheur et au bonheur des autres. Je refuse les conseils des gouvernements de l’état capitaliste, des professeurs de l’état capitaliste, des poètes, des philosophes de l’état capitaliste. […] Il n’y a qu’un seul remède: notre force. Il n’y a qu’un seul moyen à utiliser: la révolte, puisqu’on n’a pas entendu notre voix. Puisqu’on ne nous a jamais répondu quand on a gémi.”
~ Jean Giono, “Refus d’obéissance”, 1937 ~

Comment le mouvement BLM aux Etats-Unis, sans être anarchiste, reflète certaines idées et méthodologie de l’anarchie en mouvement 2ème partie (CrimethInc)

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« Anarchisme: Le nom donné à un principe de théorie et de conduite de la vie sous lequel la société est conçue sans gouvernement, l’harmonie dans une telle société étant obtenue non pas par la soumission à la loi ou par l’obéissance à l’autorité, mais par les consentements libres conclus entre des groupes territoriaux et professionnels variés, librement constitués pour les fonctions simples de production et de consommation et également pour la satisfaction d’une variété infinie de besoins et d’aspirations d’être civilisé. Dans une société développée selon ces lignes de conduite, les associations volontaires qui commencent déjà à couvrir tous les secteurs de l’activité humaine, prendraient une plus grande extension pour finir par se substituer elles-mêmes pour l’état et de ses fonctions. »
– Pierre Kropotkine (début de la définition de l’anarchisme qu’il écrivit pour la 11ème édition de L’Encyclopedia Britannica, 1910) –

Depuis la publication de la 1ère partie de ce document, le policier Derek Chauvin qui passait en jugement a été reconnu coupable de meurtre sur la personne de George Floyd. Mais il y aura une prochaine fois… et une autre… tant que le système étatico-capitaliste / marchand sera en place. Celui-ci est fondé sur la division, l’inégalité, l’exploitation, l’oppression et la coercition, favorisant tous les abus possibles, d’un côté comme de l’autre. En conséquence, si nous voulons vraiment que ça cesse sans espoir de retour:

A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent ! et à bas le salariat !
Vive la Commune Universelle de la Société des sociétés, tout le reste n’est que pisser dans un violon !

~ Résistance 71, 21 avril 2021 ~

L’anarchie en mouvement : les huit points sur lesquels le mouvement Black Lives Matter (BLM, aux Etats-Unis du moins, NdT) et de justice pour George Floyd reflète les idées anarchistes en action

Extrait du poscast # 79 de la radio anarchiste The Ex-Worker / CrimethInc (USA)

Source de la transcription intégrale :
https://crimethinc.com/podcasts/the-ex-worker/episodes/79/transcript

Traduit de l’anglais par Résistance 71

Avril 2021

1ère partie

2ème partie

L’entraide

L’entraide est une pratique d’attention et d’aide réciproques avec laquelle les participants à un réseau s’assurent que les besoins de chacun sont satisfaits. Ce n’est jamais un échange de troc ni une sorte d’assistance à sens unique telle que l’offrent les organisations caritatives, mais une libre assistance d’inter-échange de ressources. Les anarchistes pensent que les communautés peuvent parfaitement subvenir à leurs besoins au travers de l’entraide plutôt qu’avec le système coupe-gorge de la concurrence pour le profit. (NdT: ceci suppose une grande part de gratuité, chose que nous ne cessons de prôner depuis 10 ans…)

Alors que la crise du COVID-19 se propageait, les communautés à travers les Etats-Unis ont reconnu le besoin de s’organiser afin de parer aux besoins urgents de manière collective. Parce que les anarchistes prirent l’initiative de tels efforts depuis le départ, ils se sont fait connaître sous la bannière de l’entraide. Subséquemment, même des politiciens progressistes comme Alexandria Ocasio-Cortez ont appelé les Américains à former des initiatives d’entraide.

Le terme fut à l’origine popularisé par l’anarchiste russe Pierre Kropotkine et s’est étendu à travers tout les réseaux anarchistes internationaux. Kropotkine, un géographe, naturaliste et biologiste argumenta dans son ouvrage compilation de plusieurs longs articles “L’entraide, un facteur de l’évolution” en 1902 que c’est en fait la réciprocité et la coopération et non pas la concurrence sanguinaire, qui permet aux espèces du plus petit des organismes aux sociétés humaines, de survivre et de progresser. Ceci défia le dogme du darwinisme-social de la “survie du plus apte / fort” que les élites du monde marchand utilisaient pour justifier l’inégalité et l’exploitation qui accompagnaient l’expansion du capitalisme global au XIXème siècle.

Kropotkine en fit une affaire scientifique et philosophique afin de réorganiser la société en accord avec les principes de l’entraide qu’il décrit comme étant “l’étroite dépendance du bonheur de chacun au bonheur de tous.” et du “sens de la justice ou d’équité, qui amène l’individu à considérer les droits des autres personnes comme étant égaux aux siens.” Depuis le temps de Kropotkine, les anarchistes ont mis ces principes en pratique de manière consistante au travers des efforts tels que “De la nourriture pas des bombes”, “des marchés vraiment vraiment gratuits et libres”, les fonds communs de communauté, le travail collectif de bien commun après l’ouragan Katrina, l’aide mutuelle après désastre et bien d’autres projets.

Aujourd’hui, les volontaires de soutien dans la crise du COVID-19 et les supporteurs des manifestations en soutien à justice pour George Floyd, coopèrent pour offrir des soins médicaux gratuits, de l’eau, de la nourriture et des denrées de premières nécessité dans les rues de Minneapolis, de Washington D.C et à travers les Etats-Unis. Ces efforts tiennent du principe anarchiste du “A chacun selon ses possibilités, à chacun selon ses besoins”

Cela ne vient pas comme une surprise de voir que les efforts de soutien dans la crise COVID et les mouvements de manifestation et de protestation se retrouvent à l’intersection de la lutte. A cause des disparités dans la richesse, dans l’accès aux soins et la vulnérabilité de l’emploi, les gens de couleur et les noirs américains en particulier ont souffert de manière disproportionnée durant la pandémie. Lutter pour le principe de dire que les vies noires ont de l’importance (Black Lives Matter ou BLM) veut dire non seulement confronter la violence policière au quotidien mais aussi tous les autres système d’oppression qui ont maintenu tant de communautés noires dans la pauvreté la plus abjecte. Ces initiatives de communautés reflètent l’idée anarchiste que la santé et la liberté de chacun sont inter-reliées et peuvent être au mieux préservées au travers de la solidarité.

L’infrastructure du mouvement social

Alors que des centaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues, défiant police, ordre étatique et couvres-feu, plus de 10 000 personnes ont été arrêtées et bon nombre blessés par la police ou des milices d’extrême-droite. Malgré tout, le mouvement a continué à croître, grâce en partie à une infrastructure sociale émergente incluant des collectifs fournissant soutien santé et médical, une assistance légale gratuite, des fonds de cautions et autres formes de solidarité. Les anarchistes ont participé à ces efforts en première ligne faisant levier avec une infrastructure connue de longue date et tirant les conclusions de longues années, de décennies, d’expérience de terrain.

Participant au réseau de protestation mondial que les journalistes ont étiqueté le “mouvement anti-mondialiste” des années 90, les anarchistes ont pris un rôle actif dans l’organisation de l’infrastructure pour le soutien médical, légal et logistique dans les grandes manifestations. Les fonds de caution, des avocats activistes, des infirmiers de terrain et des équipes de communication ont joué un rôle critique dans les mobilisations comme celle contre le sommet de l’OMC à Seattle. Depuis lors, des anarchistes ont développé leurs connaissances et leur technique dans le cadre de mobilisations de masse contre les réunions gouvernementales et corporatrices, des réunions des partis républicain et démocrate, ce depuis l’an 2000, jusqu’au sommet du G20 de Pittsburg en 2009 et l’investiture de Donald Trump en 2017. Organisant les affaires de manière horizontale au sein de réseaux de volontaires, construisant une relation entre les organisateurs locaux et nationaux et tablant sur la solidarité et l’entraide pour fournir toutes ressources nécessaires aux participants, ils ont donné du pouvoir aux gens ordinaires de manière répétitive afin qu’ils exercent une influence exogène sur des évènements historiques.

Nous voyons l’héritage de ces succès dans l’infrastructure médicale et légale soutenant les manifestations de Justice pour George Floyd. Par exemple, le collectif Northstar Health Collective de Minneapolis, qui fournît un soutien critique pour les manifs, fut fondé par des anarchistes durant la mobilisation contre la convention du parti républicain de 2008.

Diversité dans les tactiques

Dans un mouvement décentralisé et sans “tête”, comment les groupes variés peuvent-ils employer des stratégies différentes et se coordonner pour minimiser les chances de conflit ? Comment peuvent-ils s’assurer que leurs efforts ne sont pas vulnérables aux sempiternelles stratégies du diviser pour mieux régner de l’État et des intérêts conservateurs des médias ? Pendant des décennies, les anarchistes ont fait l’expérience sur le terrain des réponses à ces questions.

Lorsque la Convention du Parti Républicain s’est réunie à Saint Paul, dans le Minnesota en septembre 2008, une coalition de groupes de protestation impliquant un bon nombre d’anarchistes se sont mis d’accord sur “Les principes de Saint Paul” inspirés par des points similaires d’unité utilisés dans les efforts d’organisation de masse et qui se sont ancrés avec les anarchistes dans les grandes villes du Canada et des Etats-Unis dans les années qui précédèrent cet évènement. Des modèles comme celui-là assistent les gens de diverses idéologies et donnent la priorité à l’entraide et au soutien plutôt que de saper les efforts des uns et des autres.

(*) NdR71 : Les “principes de St Paul” : accord passé entre les groupes de manifestants, dont les anarchistes, durant les manifs contre la Convention du Parti Républicain dans la ville de Saint Paul, Minnesota, les 1, 2, 3, 4 septembre 2008…

1. Notre solidarité sera basée sur le respect de la diversité des tactiques et des plans des autres groupes.

2. Les tactiques et actions utilisées seront organisées pour maintenir une séparation du temps ou de l’espace.

3. Tous débats ou critiques resteront internes au mouvement, évitant toute critique ou dénonciation publique d’autres activistes ou évènements.

4. Nous nous opposons à toute répression de la dissidence et du désaccord par l’État, ceci inclut la surveillance, l’infiltration, le dérangement, le harcèlement et la violence. Nous sommes d’accord sur le fait de ne pas aider ni assister les actions des forces de l’ordre contre les activistes et autres.

Les manifestations du mouvement de Justice pour George Floyd sont si diverses et incorporent tant d’approches différentes qu’il est impossible que tous les participants adhèrent à ce cadre. Mais beaucoup des voix les plus importantes du mouvement insistent sur une approche similaire afin de prévenir une division du mouvement. Ceci embrasse une diversité de tactiques et reflète le cœur même de la valeur autonome de l’anarchie.

Changement systémique

Les anarchistes rejettent la tactique visant à pétitionner pour des réformes du haut vers le bas de la pyramide, mais sont en faveur de la recherche de solutions qui attaquent le problème social à sa racine. Les réformes peuvent être une étape vers plus de changement fondamentaux, mais les anarchistes argumentent que nous devrions en premier lieu commencer par une analyse des racines des maladies sociales et  de démontrer une compréhension holistique des systèmes qui assurent à la fois les disparités et le fait d’en bénéficier. (NdT: en ce sens, nous invitons une fois de plus les lecteurs à (re)lire notre “Manifeste pour la société des Sociétés” dont c’est le but objectif…) Jusqu’ici aucune des réformes proposées par des politiciens de tout bord, comme les comités civils de révision ou les caméras corporelles, n’ont servi à quoi que ce soit pour réduire par exemple, la violence policière à une échelle nationale. La réponse légale, comme mener les policiers fautifs devant les tribunaux n’a eu aussi aucun effet, ni non plus les solutions électorales comme le lobbying ou voter pour de nouveaux politiciens. Malgré les efforts de réforme suivant la rébellion de Ferguson en 2014, le nombre de meurtres par la police annuellement a en fait augmenté entre 2015 et 2019. (NdT: Nous le disons depuis bien longtemps et le répèterons sans cesse : il n’y a pas de solutions au sein du système et ne saurait y en avoir !…)

Aujourd’hui, pour la première fois, le discours de masse reconnaît la possibilité de débudgétiser les départements de police voire même de les abolir totalement. Les anarchistes rejoignent les féministes Black et les abolitionnistes des prisons et du système carcéral (NdT: qui aux Etats-Unis est devenus essentiellement privé et est un énorme business générant des milliards aux mêmes entreprises capitalistes monopolistes) en insistant sur le fait que des réformes cosmétiques ne vont en aucun cas résoudre les problèmes sous-jacents du pouvoir, du racisme et de l’exploitation qui mènent à la violence d’état. Les anarchistes ont été les cibles de la violence policière et d’état depuis plus d’un siècle, depuis les martyrs du Haymarket, la loi d’exclusion des anarchistes, les raids de Palmer, et l’affaire du G20. Ces expériences informent la vision anarchiste d’un monde totalement libéré de l’état, de sa police et de l’exploitation qu’ils perpétuent.

Comme l’anarchiste afro-américaine Lucy Parsons l’a écrit dans “Les principes de l’anarchisme” : “Les institutions injustes qui produisent tant de misère et de souffrance aux masses ont leurs racines dans les gouvernements et ne doivent leur existence qu’au pouvoir dérivé des gouvernements, nous ne pouvons alors que penser que si toute loi, titre de propriété, tribunal, policier, soldat étaient abolis demain d’un seul coup d’un seul, nous nous en porterions bien mieux que maintenant.”.

Le peuple au dessus de la propriété et du profit

Le slogan “Black Lives Matter” a des implications radicales. Faire l’assertion que la vie humaine est plus importante que de préserver le contrôle d’État ou de protéger la propriété corporatrice / entrepreneuriale pose un profond défi à l’ordre politique et économique actuel. Ceci implique une éthique fondamentalement différente de celle de la logique d’état.

Comme l’a montré la crise du COVID-19, la proposition du “business as usual” peut-être mortifère. Avec la destruction environnementale, les accidents du travail, la dette massive de consommation, et le gâchis du potentiel humain qui caractérisent l’économie capitaliste, la pandémie (NdT: qu’elle soit fabriquée ou pas ne change rien, ses effets sont réels…) a ajouté un autre niveau de tragédie au coût de valoriser le profit au détriment de l’humain. Beaucoup de travailleurs, forcés de retourner à leur travail par les efforts de réouverture des entreprises motivée par le profit, sont punis par leurs employeurs pour tenter de protéger leur santé. Tout ceci en plus de la violence policière systémique et omni-présente durant les manifestations Justice pour Floyd, suggère le très peu de cas que font des vies d’autrui les riches et les puissants.

Les anarchistes ont rejoint le mouvement BLM en faisant la promotion d’une conception différente de la valeur. Insister sur la valeur des vies noires veut dire défier les institutions qui se donnent pour priorité le profit et qui les contrôlent, la police tout comme les politiciens les protégeant, ainsi que les employeurs exploiteurs, les pollueurs, les profiteurs et spéculateurs en tout genre ainsi que bien d’autres… Ceci veut donc dire se dresser contre le capitalisme aussi bien que contre sa police. Des Industrial Workers of the World (IWW), un syndicat anarchiste qui remet en cause directement le salariat, aux réseaux d’entraide qui remettent l’économie du don et du partage en pratique, les anarchistes poussent constamment pour un monde de coopération hors et au-delà de l’économie de marché. Le Movement for Black Lives aussi, insiste sur le fait qu’ils sont explicitement anti-capitalistes dans leurs principes d’organisation. Donner de la valeur aux vis noires requiert une transformation profonde du système économique.

Bien des voix à la fois dans en en dehors des manifestations se joignent au chœur demandant que la vie humaine prenne l’importance incontestable sur la propriété et le profit. Même des propriétaires d’entreprise qui ont fait les frais du pillage ou des incendies au cours des manifestations ont parlé et insister sur le fait que le point de focalisation devrait rester sur le problème majeur de la violence anti-noire, de la police, de la répression et de la justice sociale. Ceci montre le chemin vers une éthique de la solidarité qui caractérise l’approche anarchiste de la transformation sociale.

Que faire pour être libre ?

Le président Trump a tort. Ce ne sont pas les “anarchistes” qui sont responsables des courageuses actions militantes que nous avons vues dans les rues, bien que des anarchistes de bon nombre d’origine ethnique différente y aient participé. Par dessus tout,  ce fut la jeunesse noire et basanée et autres personnes marginalisées dont la bravoure et la détermination ont forcé le respect du monde entier. Comme nous l’avons vu, il y a bien des intersections entre les valeurs et les stratégies des mouvements anarchistes et le mouvement BLM et autres luttes anti-police et de libération. Alors que les anarchistes ne doivent pas détourner les façons des participants de décrire leurs activités et de clamer qu’elles sont des exemples d’idéologie anarchiste, ces résonances sont la base d’un échange mutuel et d’une solidarité dans le processus de la construction de mouvements de libération multi-raciaux.

Les anarchistes pensent qu’il en vaut la peine de se battre pour créer une société fondée sur l’entraide, l’autonomie, l’égalité, la liberté et la solidarité. Pour que tout mouvement soit efficace, les participants se doivent d’identifier ce que cela prendra pour effectuer le changement. La courageuse réponse à l’assassinat de George Floyd a montré l’efficacité de l’action directe sans aucun compromis, non seulement pour faire monter le prix social de l’injustice, mais aussi pour rendre possible d’imaginer un autre monde. Après que la mise à feu du commissariat du 3ème precinct de Minneapolis ait démontrée que des gens ordinaires peuvent parfaitement mettre en déroute et défaire la police dans un conflit direct, retirer les budgets et abolir la police sont devenues des choses tout à fait pensable et faisable et ce à l’échelle d’un discours public national.

A Minneapolis puis à Louisville, Los Angeles, New York et dans le monde, les gens de couleurs, noirs et basanés et autres personnes marginalisées ont convergé pour fermer la routine marchande. Les anarchistes ont participé, contribuer à l’expérience avec des tactiques de résistance, des infrastructures qui offrent un soutien à tous ceux dans le besoin, et des visions du monde dans lesquelles les institutions qui ont tué George Floyd et tant d’autres personnes n’existeraient pas. Des idées et des approches en résonance avec les valeurs anarchistes peuvent être vues en action dans ces manifestations et ce indépendamment de ceux qui les emploient se revendiquant anarchistes ou pas ou arborant quelque label politique que ce soit.

Ces valeurs et ces pratiques, qui transcendent toute simple idéologie ou tradition, peuvent devenir la base de tous ceux qui veulent se rassembler au-delà des lignes de différences alors qu’ils confrontent le pouvoir de l’état dans les rues. Le collectif anarchiste indigène Indigenous Action et d’autres ont argumenté que les mouvements modernes de lutte ont besoins de “complices et non pas d’alliés”, des personnes motivées à partager les risques et à entrer en action directe ensemble, motivés par une vision de libération collective plutôt que par la culpabilité, le devoir ou le prestige. Les manifestations pour la Justice pour George Floyd ont démontré l’efficacité des efforts décentralisés, multi-raciaux depuis la base. Informés d’un ethos horizontal participant qui rejette la violence policière aussi bien que toute autre forme de coercition d’état ou autre, les anarchistes insistent sur le fait que tout le monde a un rôle à jouer dans le processus de se libérer.

Un des messages les plus centraux venant de l’organisation anarchiste ces dernières décennies, incluant les luttes pour la solidarité avec les réfugiées politiques et les immigrants, l’abolition du système carcéral et les droits des homosexuels est que chacun d’entre nous ne peut être libre que lorsque tous sont libres. Ashanti Alston, activiste anarchiste, conférencier et écrivain a articulé cela de superbe manière. En tant qu’ancien membre du mouvement des Blacks Panthers et de la Black Liberation Army, ancien prisonnier politique, Alston a eu une grande expérience dans la confrontation avec la violence d’état. Enrichi par le soulèvement zapatiste au Chiapas mexicain, sa vision de la libération collective reflète un ethos anarchiste partagé par bien des mouvements et des communautés, se faisant l’écho d’une force d’inspiration de nos efforts d’aujourd’hui :

“Nous devons imaginer comment créer un monde où il est possible pour toutes les personnes différentes d’être ce qu’elles sont, de construire un monde où tout le monde sans exception a sa place et y est bien.”

CONCLUSION

Nous espérons que ceci vous a donné une perspective différente de “La vérité sur les anarchistes d’aujourd’hui”. 

[…]

Tant de nos amis passent à la trappe de la paranoïa, convaincus comme le sont les Oath Keepers et les Three Percenters que la guerre civile est juste au coin de la rue, apeurés qu’ils sont à chaque coup de sonnette a leur porte pensant que les troupes d’assaut viennent les embarquer pour le goulag. Ce n’est pas facile, ignorer les risques du moment que nous vivons pourrait être très dangereux de fait, mais tout autant qu’être obsédé par ces pensées au point d’être paralysé par la suspicion et la peur. Cher auditeur, auditrice, rappelle-toi STP que tu n’es pas seul(e), même si tu es coincé(e) en intérieur et te sens isolé(e). Oui, nous sommes vulnérables, mais nous sommes aussi forts et inter-connectés. Ils peuvent nous arrêter, nous frapper, nous tirer dessus, mais ils ne pourront pas nous avoir tous et pensons à tous ceux et celles qui se lèveront dans les grands moments de crise. Rappelez-vous: respirez, allez prendre l’air frais, le soleil. Rappelez-vous toujours qu’il y a un monde derrière l’écran, que celui-ci n’est pas tout, loin s’en faut. Rappelez-vous aussi toutes et tous, que pendant bien des années maintenant, des anarchistes du monde entier ont fait face à une répression bien pire,, mais aucun de nos ennemis n’a été capable de tuer cette idée si superbe.

Quoi qu’il arrive, à nous ici à CrimethInc (NdT: ou à nous à Résistance 71…), ou au mouvement dans son entièreté, nous continuerons de communiquer avec quelque moyen possible que ce soit, de partager nos analyses sur ce qui se passe, nous continuerons à parler des stratégies et des tactiques qui peuvent nous maintenir en sécurité et faire avancer la lutte dont nous sommes partie prenante, ainsi que de faire passer tout message de solidarité et d’encouragement de toutes celles et ceux qui sont en rébellion.

Restez fermes, forts. motivés et à l’écoute.

Vous étiez avec Alanis sur la radio Ex-Worker.

= = =

“Aucune armée au monde ne peut arrêter une Idée dont l’heure est venue”.
~ Victor Hugo ~

“Là où cesse l’État, c’est là que commence l’Homme, celui qui n’est pas superflu : là commence le chant de ce qui est nécessaire, la mélodie unique et irremplaçable. Là où cesse l’État — regardez donc mes frères ! Ne les voyez-vous pas, l’arc-en-ciel et les ponts du surhumain ?”
~ Friedrich Nietzsche, “De la nouvelle idole” ~

Dès que l’État n’est plus à même d’imposer l’union forcée, l’union surgit d’elle-même, selon les besoins naturels. Renversez l’État, la société fédérée surgira de ses ruines, vraiment une, vraiment indivisible, mais libre et grandissant en solidarité par sa liberté même.”
~ Pierre Kropotkine ~

« La machine de l’État est oppressive par sa nature même, ses rouages ne peuvent fonctionner sans broyer les citoyens, aucune bonne volonté ne peut en faire un instrument du bien public ; on ne peut l’empêcher d’opprimer qu’en le brisant. »
~ Simone Weil ~

Lecture complémentaire :

“Pour tout changer, un appel anarchiste”, CrimethInc, 2015, rév.2020

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

1871-2021 : 150 ans de la Commune. Les manifestations de la Commune en province d’août 1870 à mai 1871

Posted in actualité, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 12 avril 2021 by Résistance 71

Commune_1871-2021

La Commune, ses manifestations en province d’août 1870 à mai 1871

Article publié originellement en 1977

Source:
https://www.commune1871.org/la-commune-de-paris/histoire-de-la-commune/chronologie-de-la-commune-a-paris-et-province/441-chronologie-des-evenements-en-province

Août 1870

8. Manifestation au Creusot.

7-9. Marseille, des milliers de manifestants avec Gaston Crémieux, Rouvier, Naquet s’emparent de l’hôtel de ville.

13. Lyon, le notaire Lentillon proclame la déchéance de l’Empire. Emeute écrasée.

23-24 Manifestation à Arquian (Nièvre].

Septembre 1870

4. A Lyon, à Marseille, la République est proclamée, avec installation de comités de salut public. Le drapeau rouge apparaît à Foix, Varilhes, Pamiers (Ariège), à Nantes, à Rennes, à Avignon. A Grenoble, la foule oblige le maire à démissionner.

5. Marseille arbore le drapeau rouge, création d’une commission départementale et d’une garde civile.

A Grenoble, expulsion du conseil municipal.

A Bordeaux, formation d’une commission municipale provisoire.

6. A Grenoble, création d’une commission municipale provisoire.

A Lyon, arrivée de Challemel-Lacour.

7. A Marseille, arrivée d’Esquiros.

13. Bakounine quitte Locarno pour Lyon.

15. Lyon, élections municipales. Le Comité de salut public se transforme en un Comité central fédératif qui demeure auprès du conseil municipal élu.

18. Marseille, formation de la Ligue du Midi pour la défense de la République.

20. A Saint-Étienne, les Internationaux forment un comité central républicain.

22-24. A Rouen, formation par les Internationaux d’un comité de vigilance.

24. A Nîmes, réunion des délégués départementaux de la Ligue du Midi.

28. Emeute à Lyon, dispersée par la Garde nationale.

Octobre 1870

1-3. A Marseille, constitution définitive de la Ligue du Midi.

7. Garibaldi acclamé à Marseille.

16. A Marseille, Esquiros est révoqué par Gambetta.

17-19 Marseille, manifestation en faveur d’Esquiros et contre Dufraisse, désigné par la délégation de Tours.

Lille, manifestation organisée par un comité républicain socialiste.

25. A Toulouse, déclaration de principes de la Ligue du Sud-Ouest.

27. Bazaine capitule à Metz.

29. A Lyon, formation d’une commission départementale.

A Grenoble, manifestation contre le commandant militaire Du Barral.

30. A Grenoble, manifestation à la nouvelle de la capitulation de Metz.

31. Manifestations à Nîmes, Toulouse, Grenoble, Saint-Etienne.

Novembre 1870

1. Réunion publique à Rouen.

A Marseille, à l’appel de Cluseret, Bastelica, proclamation de la Commune.

2. Marseille, heurts entre gardes civiques et gardes nationaux. Arrivée de Gent, commissaire extraordinaire de Gambetta.

3. Toulouse, le préfet Duportal, ancien déporté de 1848, révoque tous les magistrats qui ont, pendant l’Empire, siégé dans les « commissions mixtes  » .

3-4. Lyon, échec d’une insurrection conduite par le Comité central fédératif.

6. Bordeaux, projet de proclamation d’une Commune.

Lyon. Challemel-Lacour dissout le Comité central fédératif et arrête 32 de ses membres. Challemel-Lacour sera ministre de Jules Ferry et président du Sénat.

7. A Marseille, les gardes civiques, chassés de la préfecture, sont fondus dans la Garde nationale.

13. Marseille, élections municipales (les révolutionnaires sont battus).

Décembre 1870

5. Rouen, échec d’une tentative insurrectionnelle pour s’emparer de l’hôtel de ville.

6. Bordeaux, mutineries dans la Garde nationale.

10. À Lyon, dissolution des Chantiers nationaux.

19. Nuits-Saint-Georges, les deux légions de volontaires lyonnais sont écrasées.

20. Lyon, émeute.

23. Agitation à Saint-Étienne.

25-31. Tumultes à Lyon.

28. Dissolution officielle de la Ligue du Midi.

Janvier 1871

1. Bordeaux, manifestation de la Garde nationale.

Limoges, début de la grève des ouvriers porcelainiers.

9. Marseille, Esquiros quitte la ville.

28. Conclusion de l’armistice.

29. Bordeaux, manifestation contre l’armistice.

Marseille, le préfet des Bouches-du-Rhône écrit à Jules Favre : « Je n’obéis pas au capitule de Bismarck  ».

30. Lyon, démission du préfet du Rhône Challemel-Lacour.

31. Gent, préfet des Bouches-du-Rhône, refuse de publier le décret annonçant les élections législatives.

Février 1871

3. Lyon, désordres.

6. Bordeaux, démission de Gambetta.

Marseille, démission de Gent.

8. Elections à l’Assemblée nationale.

11. Le Comité central républicain des vingt arrondissements de Paris décide l’envoi de délégués en province, parmi lesquels Albert Leblanc, membre de l’Internationale.

12. Réunion de l’Assemblée nationale à Bordeaux.

17. Thiers désigné comme chef du pouvoir exécutif de la République française.

21. Agitation à Saint-Étienne.

26. Préliminaires de paix conclus à Versailles.

Agitation à Saint-Étienne.

Mars 1871

3. Lyon, en signe de deuil, pour trois jours, le drapeau noir remplace le drapeau rouge sur la mairie.

8-9. Grève à Roubaix.

10. Le drapeau rouge est planté à La Charité-sur-Loire.

12. A Epinac, les mineurs arborent un drapeau tricolore sur un arbre de la liberté.

13. A Epinac, les mineurs en grève.

22. Mouvement insurrectionnel à Marseille.

23. Proclamation de la Commune à Lyon et à Marseille.

24. Manifestation à Nîmes.

Proclamation de la Commune à Narbonne.

A Toulouse, les officiers de la Garde nationale se prononcent pour la Commune. Mais l’ordre est rétabli rapidement.

25. A Saint-Etienne, l’hôtel de ville est envahi.

Manifestations à Tarbes et Chalon.

26. A Auch, manifestation.

A Saint-Etienne, le préfet, M. de l’Espée, est tué.

Proclamation de la Commune au Creusot.

27. Commune de Perpignan.

Des troupes venues de Lyon arrivent à Saint-Etienne.

Landeck et May, délégués du comité central de la Garde nationale, arrivent à Marseille accompagnés d’Amouroux, membre de la Commune.

28. A Saint-Etienne, les insurgés doivent quitter l’hôtel de ville et un hobereau local, Vital de La Rochetaillée, enlève le drapeau rouge.

L’ordre est rétabli au Creusot.

30. La Garde nationale de Marseille reste neutre dans le conflit armé.

31. L’armée donne l’assaut à la Commune de Narbonne.

Crémieux dissout le conseil municipal de Marseille et convoque les électeurs.

Avril 1871

3. « La Tribune de Bordeaux » lance l’idée d’un congrès des villes républicaines.

4. Troubles à Limoges. Le général Espivent de Villeboisnet donne l’assaut à la Commune de Marseille.

5. Au Havre, le club Bernardin-de-Saint-Pierre se prononce pour la Commune.

Manifestation à Vierzon.

9. Manifestation de chômeurs à Laval. Manifestation d’ouvriers à Auxerre.

10. Montereau, émeute en faveur de la Commune.

Mouvement insurrectionnel à La Charité-sur-Loire.

11. Manifestation à Boulogne-sur-Mer, à Compiègne, à Annonay (Ardè¬che).

11-13 Périgueux, manifestations. Les gardes nationaux et les cheminots résistent pendant deux jours aux forces de l’ordre.

12-15. Nouvelles manifestations à Boulogne.

14. Rouen, Internationaux et radicaux décident d’aller soutenir la Commune les armes à la main.

15. Manifestation à Auxerre.

15-18. Mouvement insurrectionnel à Cosne (Nièvre) et à Saint-Amand (Cher).

16. Manifestations à Pouilly, Castres, Annecy, Grenoble.

17. Manifestation à Bordeaux.

Tentative de Commune à Voiron, Tullins, Saint-Marcellin.

18-19. Le drapeau rouge est aboré à Neuvy (Nièvre).

19. Déclaration de la Commune au peuple français. (voir l’affiche)

Manifestations plus ou moins importantes à Bayonne, Fleury-sur-Loire, Arquian, Saint-Amand-en-Puisaye, Clamecy, Gien.

21. Grève et manifestation à Moreuil (Somme). Intervention des troupes prussiennes.

Tulle arbore le drapeau rouge.

25. Manifestations à Montlucon et à La Palisse ..

La ville de Bordeaux lance des invitations pour un congrès des municipalités.

27. Castres, échec d’une manifestation.

28. Manifestation au Havre.

La Commune de Paris lance sa proclamation «  Au peuple des campagnes  ».

30. Premier tour des élections municipales.

Manifestations à Sarlat, Agen, Vallières (Creuse), Nice, Carpentras, Maurs (Cantal), Reims.

Tentative d’insurrection au faubourg de la Guillotière, à Lyon.

Thiers (Puy-de-Dôme), occupation de l’hôtel de ville.

Mai 1871

1. Un drapeau rouge flotte au fronton du théâtre de Montargis.

3. Opposition au départ des trains de canons pour Versailles à Foix et à Varilhes (Ariège).

7-8. Mouvement insurrectionnel à Montereau.

8-9. Drapeau rouge à Vierzon.

12-15. Des envoyés de la Commune de Paris essayent de soulever la Nièvre.

14. A Lille, manifestation anti-versaillaise de soldats du 75e de ligne.

14. Lyon, congrès « privé » des conseillers municipaux de la vallée du Rhône.

17-24. Anzin, grève des mineurs.

17. Emeute paysanne à Parthenay (Deux-Sèvres).

17-18. Moulins, congrès des journalistes radicaux.

19. Sablé (Sarthe), troubles sur le marché.

20. Les délégués du congrès de Lyon sont reçus à Versailles et à Paris.

21. Saint-Pierre-des-Corps, agitation parmi les troupes que l’on envoie sur Paris.

22. A Blois, manifestations de ces mêmes troupes.

A Tours, tentatives pour empêcher les soldats d’aller à Versailles.

Troubles à Romans, à Albi.

22-30. Troubles à Pamiers. Ils du¬rent pendant neuf jours. Il faut l’intervention de la troupe.

24. Nouvelle émeute paysanne à Parthenay.

Manifestation à Vienne. Troubles à Voiron.

En dehors des lieux cités dans la chronologie qui précède, voici, classées par département, les agglomérations où on enregistre des témoignages de sympathie pour la Commune :

Allier : Montluçon ; Alpes-de-Provence : Digne, Manosque, Oraison, Riez, Valensole ; Ardennes : Nouzon ; Ariège : Lavelanet ; Aude : Carcassonne ; Bouches-du-Rhône : Aix ; Calvados : Bayeux ; Charentes-Maritimes : Rochefort ; Cher : Bourges, Néronde ; Corrèze : Ussel ; Creuse : Aubusson, Bourganeuf ; Doubs : Besancon Montbéliard ; Ille-et-Vilaine : Renne ; Indre : Issoudun ; Isère : Voiron ; Haute-Loire : Le Puy ; Loiret : Dordives, Gien, Nogent-sur-Vernisson ; Mayenne : Laval ; Meurthe-et-Moselle : Nancy ; Morbihan : Hennebont ; Nièvre : Fourchambault, Guérigny ; Nord : Saint-Soupplets, Templeuve, Valencienne ; Oise : Creil, Senlis ; Orne : Argentan ; Pas-de-Calais : Calais, Montreuil ; Pyrénées-Atlantiques : Pau ; Hautes-Pyrénées : Tarbes ; Pyrénées-Orientales : Céret ; Saône-et-Loire : Cluny, Mâcon ; Sarthe : Pontvallain ; Seine-et-Marne :

Château-Landon, Coulommiers, Nemours, Souppes ; Somme : Amiens ; Tarn : Mazamée ; Var : Brignoles, Cuers, Draguignan, Le Lude ; Vaucluse : Avignon, Pernes, Saint-Didier ; Sarrians, Veilleron ; Yonne : Tonnerre, Dixmont.

Evidemment les témoignages en faveur de la Commune ont des dimensions bien différentes. Dans quelques villes, il y a eu des Communes. Ailleurs il s’agit de manifestations ou d’attroupements. Ici on arbore le drapeau rouge. Là on s’efforce d’empêcher les soldats de partir pour Versailles. Dans certaines agglomérations à dominance ouvrière, les revendications se mêlent à la solidarité en faveur des Communards de Paris. Quoi qu’il en soit, la Commune a été moins isolée qu’on ne le dit. Nous avons cité bien des noms de lieux. Nous souhaitons pouvoir la compléter grâce aux recherches de nos lecteurs. Les manifestations en province ne sont pas seulement des manifestations de solidarité envers Paris. Elles ont leur caractère propre. On a pu parler avec raison d’un communalisme provincial. Il est marqué par une profonde tradition républicaine (souvent plus républicaine que socialiste). Ce n’est pas par hasard que réapparaissent dans cette chronologie des départements dont en 1851 les habitants (paysans, artisans, petits bourgeois) s’étaient fait remarquer par leur hostilité au coup d’Etat.

Toutefois, il ne convient pas de s’en tenir à la filiation républicaine. On constate aussi que, comme l’a écrit Maurice Moissonnier, « les Mouvements les plus importants ont bien lieu là où l’Internationale bénéficie d’une implantation réelle et là où l’action gréviste des années 1869-1870 a laissé des traces en aguerrissant et en éduquant les travailleurs ».

Jean Bruhat

vivelacommune

L’après « pandémie », créons notre monde (David Graeber)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, coronavirus CoV19, crise mondiale, démocratie participative, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 8 avril 2021 by Résistance 71

 

 

 

Après la pandémie, ne nous rendormons pas !

 

David Graeber (2020)

 

Note du traducteur pour Résistance 71 :
Peu de temps avant sa mort prématurée en septembre 2020, l’anthropologue anarchiste et figure du mouvement Occupy Wall Street (OWS) David Graeber, que nous avons abondamment traduit et publié sur ce blog, a écrit ce court essai au sujet de la conjoncture pandémique et de ses conséquences sociales. Publié en février 2021, nous le traduisons et publions en tant que premier écrit post-mortem de l’auteur.

A un moment donné dans les prochains mois, la crise [du COVID] sera déclarée terminée et nous pourrons retourner à nos boulots “non-essentiels”. Pour beaucoup, cela sera comme se réveiller d’un rêve.

Les classes médiatique et politique vont définitivement nous encourager à penser de cette manière. C’est ce qu’il s’est passé après le crash financier de 2008. Il y a eu un bref moment de questionnement, de remise en cause. Qu’est-ce que la “finance” de toute façon ? N’est-ce pas juste la dette des autres ? Qu’est-ce que l’argent ? Est-ce juste de la dette aussi ? Quelle dette ? N’est ce pas juste une promesse ? Si l’argent et la dette ne sont qu’une collection de promesses que nous nous faisons les uns les autres, alors ne pourrions pas aussi simplement nous en faire d’autres ? Cette fenêtre fut presque instantanément fermée, arrêtez de penser et retournez au boulot ou du moins commencez par en chercher.

La dernière fois donc, la plupart d’entre nous s’y sont trompés. Cette fois, il est absolument vital que nous ne le soyons pas. Parce qu’en réalité, la crise que nous venons d’expérimenter était de se réveiller d’un rêve, une confrontation avec la réalité vraie de l’être humain et de la vie humaine, qui est que nous sommes une collection d’êtres fragiles s’occupant les uns des autres et tous ceux qui font le plus gros du boulot qui nous permet de rester en vie sont sous-payées et sur-imposés, humiliés quotidiennement et que la vaste majorité de la population ne fait pas grand chose si ce n’est de fantasmer, de soutirer des loyers, des rentes et de manière générale mettre des bâtons dans les roues de ceux qui font, bougent, transportent, fabriquent les choses ou subviennent aux besoins d’autres êtres vivants. Il est important que nous ne retournions pas dans cette réalité où tout cela prend un sens inexplicable, de la façon dont des choses insensées se produisent souvent dans les rêves.

Que pensez-vous de ça : Pourquoi ne cesserions-nous pas de traiter tout cela comme quelque chose de normal le fait que plus quelqu’un travaille pour bénéficier à quelqu’un d’autre, le moins cette personne sera payée en retour ou d’insister que les marchés financiers sont la meilleure façon de diriger les investissements de long terme même si cela nous propulse à la destruction de l’essentiel de la vie sur Terre ?

Pourquoi pas donc au contraire, lorsque toute cette crise est finie, nous rappeler de ce que nous avons appris : que si “l’économie” veut dire quelque chose, c’est de nous procurer les uns les autres ce dont nous avons besoin pour vivre bien dans tous les sens du terme et que ce que nous appelons “le marché” n’est juste qu’une façon de prendre en compte les désirs futiles des riches, dont la plupart est un tant soit peu pathologique et qui étaient en train de planifier leurs bunkers où ils prévoyaient d’aller vivre si nous continuions à être assez fous de croire les sermons de leurs mignons nous disant que nous sommes collectivement trop ignorants et sans sens commun pour faire quoi que ce soit au sujet des catastrophes à venir. Pourrions-nous les oublier cette fois-ci ?

La plupart du boulot que nous faisons n’est que poudre aux yeux, il n’existe que pour lui-même ou pour faire en sorte que les riches se sentent bien dans leurs pompes. Si nous arrêtions simplement ce non-sens, il serait alors possible de nous faire entre nous un autre arrangement de promesses : par exemple de créer une “économie” qui prenne soin des gens qui s’occupent de nous.

= = =

A lire : nos pages « Coronavirus, guerre contre l’humanité »

« COVID-19 du mythe aux stats et des stats au scandale »

 

Errico Malatesta : Capitalisme et irréconciliable contradiction…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, sciences et technologies, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , on 6 avril 2021 by Résistance 71

Nous avons traduit et publié bon nombre de texte d’Errico Malatesta depuis quelques années sur Résistance 71. Ce texte ci-dessous est remarquable dans sa justesse d’analyse et son actualité… 121 ans plus tard. Serait-ce un signe une fois de plus que rien n’a vraiment changé depuis ?…

Malatesta (1853-1932) rejoignit la 1ère Internationale en 1871 à l’âge de 18 ans. En 1872, il rencontra Bakounine et rejoignit l’Internationale Anarchiste du congrès de St Imier. Malatesta fut longtemps un adepte de la “propagande par le fait”, c’est à dire un avocat de l’insurrection armée, mais il changea d’avis avec le temps. Il fut un des leaders anarchistes qui refusa d’accepter la 1ère guerre mondiale, argumentant que tout cela n’était qu’un accord des riches pour faire s’entretuer les pauvres au nom de leur profit et de leur richesse. Mécanicien et électricien de formation, il milita et aida à l’organisation de la lutte ouvrière dans l’optique de l’établissement de la société anarchiste dans bon nombre de pays, en Italie, son pays d’où il dût s’exiler pendant 35 ans, en Belgique, en France, en Suisse, aux Etats-Unis et en Argentine. Il passa 12 années de sa vie en prison et fut condamné 3 fois à mort.

Errico Malatesta est une des grandes figures historiques de l’anarchisme, grand organisateur et fédérateur de volonté. Il maniait le verbe et l’action avec la même efficacité. Ce n’est pas un hasard si nous le sortons du “placard” à intervalles réguliers. Quand on parle de complémentarité osmotique, il est intéressant de lire et de puiser dans les écrits et la pensée de Proudhon, Kropotkine, Bakounine, Landauer et Malatesta, le meilleur de chacun d’entre eux se cristallisera dans la société des sociétés que nous sommes déjà en train de construire, pour beaucoup sans même le savoir…

~ Résistance 71 ~

L’irréconciliable contradiction

Errico Malatesta

Mars 1900

Traduit de l’anglais par Résistance 71

Avril 2021

Ils écrivent depuis Bari en Italie :

Notre ville subit une bien triste crise. La fabrique de tonneaux, qui fut autrefois une industrie flamboyante, est de plus en plus sur le déclin. La cause de ce déclin réside dans l’introduction de nouveaux tarifs pour le transport ferrovier, qui permet le retour de tonneaux vides à un très bas prix, ce qui occasionne un déclin dans la consommation de tonneaux. Il y a quelques temps, les maîtres d’œuvre de la fabrication des tonneaux demandèrent que les prix de transport des tonneaux vides soient augmentés. Dimanche dernier, devant la préfecture, ils ont rencontré les autorités pour leur demander de les aider. Un comité de 12 membres de la corporations des tonneliers, accompagnés d’un inspecteur de la sécurité publique, fut reçu par le préfet, qui a promis de résoudre cette affaire.

Comment diable le préfet va t’il résoudre cela ?

En donnant l’ordre aux compagnies ferrovières d’augmenter encore le prix de transport des tonneaux vides ? Comment cela se peut-il, si les capitalistes sont ceux qui possèdent les chemins de fer, ceux qui commandent aux préfets et qui sont les maîtres de ceux-ci !

Et puis, augmenter le prix du retour des tonneaux vides fera immanquablement augmenter le prix du vin.

Si les consommateurs de vin en venaient à se retourner contre le préfet, leur promettrait-il ces choses aussi ?

Ce pauvre préfet doit se sentir dans la position de dieu tout puissant à qui une personne demande de la pluie et une autre le beau temps. Et il n’est même pas omnipotent !…

Mais nous nous préoccupons en vain de la position des préfets, qui savent parfaitement bien comment se sortir de tels meli-melos… en faisant des promesses à tout le monde et n’en tenant aucune !

Ce sont ces pauvres travailleurs qui méritent bien plus notre considération car, ignorants de la cause initiale de leurs problèmes, se laissent berner et moquer d’eux au point qu’ils se laissent escorter à la préfecture par un inspecteur de la sécurité publique et espèrent que les autorités vont s’occuper de leur fardeau.

Ce cas des tonneliers de Bari est un cas typique, qui montre on ne peut plus clairement la totale absurdité de la société capitaliste.

Dans ces cas similaires, il ne peut pas y avoir d’autre cure que l’abolition du capitalisme et la transformation radicale du système de production. Et chaque corps de métier, chaque forme d’activité humaine doit, tôt ou tard, se retrouver dans le même dilemme, ce qui est déjà abondamment étendu dû au fait de la surabondance de travail.

Les associations ne sont d’aucun secours, ni ne le sont les grèves, ni les coopératives ni toute autre forme de résistance dans le système.

A chaque fois qu’on n’a pas besoin du travail d’un ouvrier, celui-ci ne peut pas imposer quelque sorte d’accord que ce soit : il doit mourir de faim, plus ou moins lentement, plus ou moins convulsivement, mais il doit mourir de faim… à moins qu’il puisse se libérer du système en cours.

De plus, le progrès a la tendance à rendre le travail de plus en plus de personnes inutile.

Ceci est l’ultime et irréconciliable contradiction entre le capitalisme et le progrès. Tous deux empêchent un véritable progrès, glorifiant les castes actuelles, abolissant la concurrence entre les capitalistes, interdisant tout développement de production, toute nouvelle machine, toute application scientifique nouvelle et réduisant les ouvriers au statut d’animaux domestiques auxquels leurs maîtres donnent une pitance rationnée, en bref, un régime tel que celui mis en place par les jésuites au Paraguay. Pour en sortir, nous devons détruire le capitalisme et organiser la production non pas pour le profit du petit nombre, mais pour le plus grand bien-être de tous.

La requête des tonneliers de Bari pour augmenter le tarif de transport des tonneaux vides afin que les marchands de vin trouvent plus faciles de les brûler après usage plutôt que de les renvoyer, est la même chose que de demander aux tonneliers de n’envoyer que 10 tonneaux sur 100 qu’ils fabriquent sur le marché et de détruire les 90 autres avant qu’ils ne soient utilisés.

Est-il possible de faire cela ? Bien sûr que non, et pourtant la structure actuelle de la société est si absurde que cela rendrait bénéfique une telle mesure.

Quand des gens meurent de faim parce qu’il y a trop de choses ou parce que c’est trop facile de le produire ou parce que c’est trop durable, la destruction peut apparaître et bizarrement être plus utile que la production. Un grand incendie ou un tremblement de terre peuvent être une aubaine, amenant du travail et du pain aux sans emplois. [NdT: à noter que toutes les grandes crises modernes se sont “résolues” au sein du système par de non moins grandes guerres, détruisant beaucoup et tuant des millions de gens. Guerre et reconstruction sont faites par les mêmes entités qui profitent de tout et les banques qui les financent plus encore, le contrôle est mis d’amont en aval de toute crise, le plus souvent planifiée, rien ou si peu n’arrive par hasard…]

Mais la destruction de richesse n’est pas la manière dont les travailleurs pourront s’émanciper. Et par bonheur, le temps est passé, du moins dans les pays les plus avancés, durant lequel les ouvriers pensaient pouvoir arrêter le progrès et mettre autant d’énergie à briser les machines que cela aurait demander pour les contrôler.

Nous ne devons pas nous battre contre le progrès, mais au contraire le diriger pour qu’il profite vraiment à tout le monde.

Pour que cela se produise, il faut que les travailleurs prennent possession du capital, de toute la richesse sociale de façon à ce que ce soit dans leur intérêt de voir une abondance de produits et une production demandant le moins d’effort possible.

Voilà pourquoi il est nécessaire de faire une révolution [sociale]

L’organisation du travail, les syndicats, les grèves et toute sorte de résistance peuvent à un certain point de l’évolution capitaliste améliorer les conditions de travail et de vie des travailleurs ou empêcher que ces conditions ne se détériorent ; elles peuvent bien servir à entraîner les travailleurs à la lutte ; ils sont toujours en de bonnes mains, un bon moyen de promotion des idées ; mais ils sont sans espoir et impuissants à résoudre la question sociale. Tout cela doit donc être utilisé de façon à aider à préparer les esprits et le muscle pour la révolution, pour l’expropriation.

Quiconque ne voit pas et ne comprend pas cela en est réduit à aller mendier devant les préfets… et d’en être la risée.

= = =

Lecture complémentaire : Nous conseillons tout particulièrement cette compilation d’écrits de Malatesta qui sont d’une justesse et d’une actualité (hélas !) sans bornes…

Errico Malatesta, écrits choisis

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie


1ère action directe : dire NON !

Lettre de soutien du Mexique au peuple français en lutte (Front des Peuples)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 1 avril 2021 by Résistance 71

Lettre du Mexique pour les manifestations en France contre les violences policières

Front des Peuples en Défense de la Terre et de l’Eau

États de Morelos, Puebla et Tlaxcala, Mexique

31 mars 2021

Source :
https://www.lavoiedujaguar.net/Lettre-du-Mexique-pour-les-manifestations-en-France-contre-les-violences

Compañeras et compañeros,

Recevez un salut combatif des terres de résistance du Mexique. Nous sommes des femmes et des hommes indigènes nahuas habitant sur les versants du volcan Popocatepetl dans les États de Tlaxcala, Puebla et Morelos. Nous sommes les petites-filles et les petits-fils des zapatistes qui ont combattu avec Emiliano Zapata il y a cent ans pour la terre, l’eau et la liberté.

Aujourd’hui, ces acquis gagnés au prix du sang et de la vie de nos grands-mères et grands-pères sont menacés par les politiques extractivistes et les mégaprojets de mort qui s’imposent dans notre pays et dans de nombreuses régions du monde. Dans notre territoire, la dépossession a un nom, il s’agit du Projet intégral Morelos, qui touche plus de 90 villages des États de Tlaxcala, Puebla et Morelos, et qui a pour objectif un processus de méga-industrialisation dans des territoires historiquement agricoles.

Ce projet vise à nous priver de l’eau de la rivière Cuautla qui alimente la vie agricole de milliers d’agriculteurs de l’État de Morelos ; ce projet polluera l’air, la terre et l’eau, et nous obligera à adopter un mode de vie qui n’est pas celui que nous souhaitons, qui n’a rien à voir avec notre façon de vivre et notre relation avec la terre, la nature et les communautés. Ce projet nous expose, les communautés habitant sur les versants du volcan le plus actif de notre pays, au grand risque d’une bombe à retardement que signifie pour nous ce gazoduc. Ce projet considère nos territoires comme de simples marchandises, il a mis à prix nos eaux, nos montagnes, nos terres et même nos propres vies, pour promouvoir les centrales thermoélectriques, les usines et les mines.

C’est pourquoi nous arrêtons depuis presque dix ans tout cet engrenage de dépouillement de nos peuples. Les mauvais gouvernements et leurs patrons, les entreprises, n’ont pas pu nous déposséder. Depuis 2012 ils espéraient démarrer l’opération de leurs projets mais ils n’ont pas réussi jusqu’à présent. Ça n’a pas été facile de les arrêter, nous nous sommes battus avec les lois, l’organisation communautaire et la lutte dans les rues. Pendant ces années, nous avons vécu la répression de trois gouvernements de partis politiques différents, nous avons été emprisonnés, réprimés dans les villes, torturés, menacés, dépouillés de nos radios communautaires et notre frère Samir Flores a été assassiné en 2019. Mais malgré tout cela, malgré la douleur, l’indignation et la fureur que nous ressentons, nous continuons à lutter, nous continuons à défendre nos territoires et l’avenir de nos filles et de nos fils, mais aussi l’avenir en tant que peuples que nous sommes.

Compas, le capitalisme, maître de tous les États-nations, a déclaré la guerre aux populations et au peuple d’en bas. C’est une guerre qui dure depuis des siècles mais qui s’est intensifiée et étendue. Des États qui défendent et génèrent des politiques de mort et d’asservissement de la dignité humaine, qui parlent d’égalité, de droits de l’homme, de justice dans leurs discours, mais qui font tout le contraire dans la réalité et dans l’application de leurs politiques et décisions gouvernementales. Ils utilisent tous les rouages de l’État pour contrôler et dominer les populations, ils perpétuent la haine raciale et de classe, les inégalités économiques et la politique de terreur contre celui qui est différent, pense différemment, a une couleur de peau différente. L’utilisation de la force publique et de la police en toute impunité pour développer cette guerre, pour battre, mutiler, violer, torturer et assassiner, est autorisée par les discours et les lois qui justifient cette violence contre les gens d’en bas, tout en disant « ce n’est pas de la répression, c’est seulement pour maintenir l’ordre ; ce n’est pas un meurtre, la police ne faisait que son travail », et en refusant même le statut de victimes aux personnes qui ont été la cible de cette violence policière.

Les chiens de garde du capitalisme, autrement appelés « police », ont pour seul but de veiller aux intérêts de ce système, de ces mauvais gouvernements ; dire qu’ils sont là pour veiller sur nous c’est un mensonge, nous savons sur quoi ils veillent, nous savons qui protège le monopole de la violence. Dans nos sociétés, nous devons parfois faire davantage attention à la police qu’aux autres risques. Et c’est vrai dans le monde entier, que ce soit au Mexique ou chez vous, en France. Nous sommes tou·te·s confronté·e·s aux mêmes situations avec ces chiens dressés à la haine, à la violence et à l’impunité.

Pour cette raison, compas, vous qui êtes aujourd’hui dans les rues pour exiger que justice soit faite et l’arrêt total de la violence des forces de l’ordre, nous vous adressons notre solidarité, notre courage, notre force et notre espoir. Aucune société ne peut se dire démocratique si elle permet et perpétue cette violence, cette impunité et ce mépris pour les gens d’en bas, pour les travailleurs, pour nous tou·te·s qui ne sommes pas fait·e·s pour les moules de ce qui est normal, acceptable et correct pour le pouvoir.

Nous voulons surtout dire aux familles des victimes de la violence d’État de continuer à avancer, de ne pas se décourager face à tant d’injustice, de mensonges ou d’attaques contre vous, la lutte que vous entreprenez est d’une grande importance pour transformer ce monde, la justice seulement viendra lorsque auront cessé tant d’impunité et de violence. Que votre douleur devienne la force pour continuer, qu’elle soit le cri pour demander justice. La transformation ne viendra pas des gouvernements mais de personnes organisées, avec la dignité et la force de changer ce monde.

Votre lutte et la nôtre sont liées parce que nous luttons pour une vie digne, nous luttons contre la violence de ce système capitaliste, qu’il s’agisse de mégaprojets ou de violence policière, parce que nous croyons qu’il peut y avoir un avenir différent pour nous tous, parce que votre lutte, la nôtre et celle de beaucoup d’autres dans le monde finiront par élargir la fissure qui brisera ce système de mort.

Nous joignons nos voix aux vôtres, nos poings gauches, nos sourires et notre force à vous en ce jour important.

Plus de violence de la part des forces de l’ordre !

Plus de mégaprojets dans le monde !

Vive la dignité rebelle ! Vive les peuples du monde !

Front des peuples en défense de la terre et de l’eau
des États de Morelos, Puebla et Tlaxcala

Source et traduction : CSPCL

25 mars 2021.


¡Viva Zapata!

Association pour un Anarchisme Ontologique : Une (re)lecture du préambule du syndicat I.W.W 1991 ~ 2020

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L’I.W.W (1905), seul syndicat digne d’intérêt

Une interprétation ésotérique du préambule de l’I.W.W. par Hakim Bey et l’Association for Ontological Anarchism

 

AOA

1991

Révisé, mars 2020

Ceux qui pensent connaître nos idéaux politiques, qui savent que nous sommes des individualistes (ou pire des « néo-individualistes ») seront sans nul doute choqués de découvrir notre intérêt pour l’I.W.W. [i] Et ils seront encore plus étonnés d’apprendre que Mark Sullivan [ii] et moi-même avons rejoint la NY Artists et Writers Job Branch de l’I.W.W. en janvier de cette année à la demande pressante de Mel Most [iii]. En fait, nous sommes un peu sous le choc nous-mêmes. « Ne jamais se plaindre, ne jamais expliquer »… mais peut-être que, juste pour cette fois, nous allons un peu adoucir notre règle – d’où l’apologie.

La Mackay Society, dont Mark et moi-même sommes des membres actifs, est dédiée à l’anarchisme de Max Stirner, de Benjamin Tucker et de John Henry Mackay. En outre, je me suis associé avec divers courants du post-situationnisme, du « travail zéro », du néo-dadaïsme, du mouvement « autonomia »[iv] et de l’anarchisme « Type 3 »[v], qui tous sont supposés être des horreurs sans nom pour l’I.W.W. et le syndicalisme en général. D’autres membres de la NY Artists Branch sont également des individualistes ou des anarchistes pacifistes (suivant la ligne de transmission de Julian Beck [vi]) ; un certain malaise s’était déjà fait jour lors de réunions concernant le Préambule de l’I.W.W. ou d’autres textes… ; et donc, hormis faire un geste sentimental en l’honneur de la mémoire de Mel… pourquoi collaborons-nous à l’I.W.W. ?

Primo : où est le problème ? Lorsque j’ai découvert l’anarchisme vers l’âge de 12 ou 13 ans, j’ai voulu devenir un hobo [vii] (une ambition plus modeste que pirate) et les organisateurs Wobbly [viii] me semblaient alors de véritables héros américains. Je le pense toujours.

Secundo : nous qui sommes du « Type 3 », nous aimons montrer notre mépris pour l’idéologie – et même pour notre propre anti-idéologie. La lutte des classes ne nous suffit pas comme explication de la réalité, mais il est évident qu’elle est réelle – nous savons où va notre sympathie. Nous nous opposons à l’idée sociale de « Travail » – mais nous sommes loin de nous opposer aux « travailleurs ». L’aliénation du travail, selon nous, ne peut être totalement expliquée par l’économie du salariat ; elle a également une origine psychologique. Cette double critique jette le concept même et la structure profonde du « monde industriel » dans le creuset de la déconstruction radicale. Cependant, le travail industriel est réel et le contrôle des travailleurs doit être considéré comme une tactique totalement valide en vue de la réalisation des aspects économiques & psychologiques de toute « société nouvelle » hypothétique « au sein de la coquille de l’ancienne ».

En outre, en tant qu’individualistes nous avons de bonnes raisons pour apprécier le concept d’union de l’I.W.W. Stirner – contrairement ce que croient ceux qui n’ont jamais lu ses livres – approuvait une « Union des Uniques » (nous préférons cette traduction à celle d’« union des égoïstes »), au sein de laquelle tous les membres pourraient atteindre leurs buts au travers des intérêts communs. Il suggéra que les travailleurs avaient tout à gagner à embrasser cette notion, & que si la classe laborieuse devait s’organiser sur une telle base elle deviendrait imbattable. (Le préjudice fait à Stirner remonte à Marx et à Engels qui le considéraient comme potentiellement plus dangereux encore que Bakounine et qui écrivirent leur plus gros livre pour détruire son influence).

La Mackay Society, cela dit en passant, représente un courant peu connu de la pensée individualiste qui n’a jamais rompu ses liens avec le syndicalisme. Dyer Lum, Ezra et Angela Haywood représentent cette école de pensée ; Jo Labadie, qui écrivit pour le « Liberty » de Tucker, faisait lui-même un lien entre les anarchistes « fil à plomb » américains, les individualistes « philosophiques » et les syndicalistes ou la branche communiste du mouvement ; son influence a atteint la Mackey Society au travers de son fils, Laurance. Tout comme les stirnériens italiens (qui influencèrent notre vieil ami E. Arrigoni), nous soutenons tous les courants antiautoritaires, en dépit de leurs contradictions apparentes. Pourquoi ? Tout simplement, car nous pensons que la réalisation de la liberté personnelle est possible dans l’acte même de se battre pour l’obtenir. De notre point de vue, s’organiser radicalement (jusqu’au point d’insurrection) n’est pas un sacrifice que l’on fait pour le futur ; il s’agit plutôt d’un mode d’auto-libération avec sa propre récompense immédiate – même si cette récompense consiste seulement en fragments et moments de réalisation. Les Wooblies, avec leur mépris pour la « part de gâteau à venir » [ix] (ou comme l’a si bien dit Lewis Carroll, « du jambon demain ou du jambon hier, mais jamais de jambon aujourd’hui »), doivent ressentir la même méfiance envers l’utopie gauchiste qui demande le martyr au nom d’un « lendemain » matérialiste que nous ne vivrons pas assez vieux pour voir.

Dans une récente édition de « Factsheet Five », M. Gunderloy (un autre néo-individualiste de renom) salue le « vent du changement… soufflant sur le Grand Syndicat [x] » démontré par un « article intriguant sur l’Écologisme de l’I.W.W. » dans « The International Worker ». Si l’I.W.W. est compatible avec « Earth First ! »[xi], il doit sûrement être capable d’accepter des pacifistes & des individualistes. Dans l’édition de janvier de « IW », un délégué de San Francisco la conférence de 1989 « Without Borders » comme un « festival de contre-culture anti-laborieuse » — mais il admet que la branche locale a retiré certains bénéfices de cette rencontre. Ce délégué serait sans nul doute surpris d’apprendre que nous, les « néo-individualistes », nous sommes sentis sous-représentés à cette conférence. Le problème c’est que le mouvement anarchiste grandit et que toutes sortes de courants naissent, se croisent, et fleurissent. Aucune tendance antiautoritaire ne devrait être exclue – ou s’exclure – de ce ferment. L’idéologie meurt – le communisme aujourd’hui, le capitalisme peut-être demain – et l’anarchisme est le seul mouvement politique moderne de gauche qui ait une chance d’être pris au sérieux. Nous mettons l’I.W.W. au défit d’élargir ses horizons au-delà de la conscience de classe, tout comme nous mettons au défi les punks (ou les environnementalistes) d’étendre leur conscience de classe, de travail et d’histoire de l’anarchie. Nous sommes tous ensemble et il est grand temps de commencer à nous traiter les uns les autres avec camaraderie.

Le Préambule de l’I.W.W. est quasiment un texte « sacré » — une Écriture. Aucun croyant n’aime trop se plonger dans les Écritures – et nous sommes suffisamment superstitieux pour ne pas désirer déranger les esprits de ces vieux hobos que nous vénérons. Mais les temps changent et les Écritures doivent être réinterprétées. Voilà pourquoi nous suggérons, avec le sourire, une lecture « ésotérique » du texte.

Du point de vue d’un exégète agile, il y a dans le Préambule quelques termes-clés merveilleusement vagues & élastiques. La définition de « classe laborieuse » devrait être étendue afin d’inclure tous ceux qui souffrent de l’aliénation du travail, à la fois psychologique et économique. « La classe patronale » devrait alors comprendre toutes les forces d’opposition à la liberté tant économique que psychologique. « Les bonnes choses de la vie » ne doivent certainement pas être comprises comme de simples biens matériels, mais également comme arts de vie, actions, créations, inspirations, modes de liberté, manières de vivre.

« Un mal fait à un seul, c’est un mal fait à tous » non pas parce que nous faisons partie d’un corps mystique ou d’une église placée sous quelque code moral impérieux ou sous le Saint-Esprit, mais parce que chacun d’entre nous aspire aux « bonnes choses » qui circulent librement parmi les esprits libres, les individus agissant en « union » pour certaines valeurs – valeurs qui commencent à émerger dans l’acte même de les déclarer comme telles, et de déclarer sa volonté à se battre pour elles.

Après tout, pourquoi sommes-nous contre la « faim et le manque » ? Parce que nous sommes des cœurs tendres et des bienfaiteurs ? Ou parce que la faim et le manque (à la fois économique et psychologique) empêchent la pleine réalisation d’une société dans laquelle les bonnes choses circuleraient librement, et donc diminuent ainsi la capacité de chaque individu à obtenir ces choses ?

En tant qu’artistes et écrivains nous apprécions l’image de la bannière portant le slogan révolutionnaire – notre propre « travail » est précisément la création de telles bannières, de tels symboles. Nous ne créons pas d’idoles à adorer ou des slogans gravés dans l’éternité de la pierre – non, nous fabriquons des outils pour la réalisation. Notre branche « produit » le potentiel d’une conscience libre en œuvrant à l’abolition de la perception consensuelle, de l’auto-oppression et de l’oppression de l’autorité. Les salaires de l’aliénation sont la mort de l’esprit humain ; le slogan révolutionnaire est « possession de la terre » – ce qui inclut la possession de soi, de l’imagination, du corps, du pouvoir créatif – cela aussi c’est « la machinerie de la production ».

Préambule à la Constitution de l’I.W.W.

La classe laborieuse et la classe patronale n’ont rien en commun. Il ne peut exister de paix entre elles aussi longtemps que la faim et la misère accablent les millions de travailleurs et que la minorité, constituant la classe patronale, jouit de tous les bons côtés de la vie.

Entre ces deux classes, la lutte doit perdurer jusqu’à ce que les travailleurs du monde s’organisent en tant que classe, prennent possession des moyens de production, abolissent le système du salariat et vivent en harmonie avec la Terre.

Nous pensons que la concentration de la gestion des industries entre des mains de moins en moins nombreuses empêche les syndicats de contrer le pouvoir sans cesse grandissant de la classe patronale. Les syndicats servent un état des affaires qui permet de dresser un groupe de travailleurs contre un autre au sein de la même industrie, aidant ainsi à la défaite des uns et des autres dans la guerre des salaires. En outre, les syndicats aident la classe patronale à renforcer chez les travailleurs l’idée fausse que la classe laborieuse a des intérêts en commun avec ses employeurs.

Ces conditions peuvent être changées et l’intérêt de la classe laborieuse maintenu uniquement par une organisation formée d’une manière telle que tous ses membres dans un secteur de l’industrie en particulier, ou dans toute l’industrie si nécessaire, cessent de travailler lorsqu’une grève ou un lockout est entrepris dans un département – faire du tort à un seul, c’est faire du tort à tous.

En lieu et place du slogan conservateur, « un bon salaire pour un jour de travail juste », nous inscrivons sur nos bannières le slogan révolutionnaire :

« Abolition du salariat ».

C’est la mission historique de la classe laborieuse d’en finir avec le capitalisme. L’armée de la production doit s’organiser, non seulement pour la lutte de tous les jours contre les capitalistes, mais aussi afin de continuer la production lorsque le capitalisme aura été aboli. En nous organisant industriellement, nous formons la structure de la nouvelle société au sein de la coquille de l’ancienne.

NOTES :

[i] L’Industrial Workers of the World est un syndicat international fondé aux États-Unis en 1905 dont le siège actuel se trouve à Cincinnati dans l’Ohio. Ce syndicat vise principalement à mettre fin au salariat.

[ii] Mark Sullivan est le fondateur d’une antenne de la John Henry MacKay Society.

[iii] Mel Most est l’un des organisateurs de l’I.W.W. décédé en 1991.

[iv] Mouvement autonomiste apparu en Allemagne et en Italie dans les années 70.

[v] Terme forgé par Bob Black afin de définir l’amalgame entre anarchisme individualiste et communiste.

[vi] Fondateur avec Judith Malina, du Living Theatre.

[vii] Un hobo est un sans domicile fixe se déplaçant de ville en ville le plus souvent en se cachant dans des trains de marchandises, vivant de travaux manuels saisonniers et d’expédients.

[viii] Wobbly est le nom donné aux membres de l’I.W.W.

[ix] Une des caractéristiques de l’I.W.W. est la création et l’utilisation de la chanson. Ainsi, pour contrecarrer les patrons qui appelaient la fanfare de l’Armée du salut pour couvrir les orateurs des wobblies, Joe Hill composa ainsi « There’ll Be Pie in the Sky When You Die (That’s a Lie) », « Il y aura du gâteau au Ciel quand tu mourras, (c’est un mensonge) ».

[x] Autre nom donné à l’I.W.W.

[xi] « Earth First! » est une organisation radicale écologiste apparue dans le Sud-ouest des États-Unis, et fondée en 1980

Cet article a été modifié le 15 mars 2020

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Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie


Industrial Workers of the World ~ Wobblies ~