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Résistance politique de l’intérieur de l’empire: Notification légale envoyée à « Donnie mains d’enfant » Trump par quatre hauts-fonctionnaires yankees (Pepe Escobar)

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Mr Trump vous êtes averti !

 

Pepe Escobar

 

20 mai 2018

 

Source: http://www.informationclearinghouse.info/49470.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Dans une lettre adressée au président Donald Trump avec copies à l’International Criminal Court (ICC) et au CS de l’ONU, quatre anciens hauts fonctionnaires du plus haut niveau du gouvernement américain lui ont donné une notification légale au sujet de son devoir de consulter avec le congrès américain, le tribunal international et le CS de l’ONU, entre autres, au sujet des actions entreprises par Israël coïncidant avec le “70ème anniversaire de l’expulsion de 750 000 Palestiniens de leurs maisons”.

La lettre est signée, entre autres, par l’ancien officier des opérations de la CIA Phil Girardi, l’ancien haut-fonctionnaire du Pentagone Michael Maloof, l’ancien officier de l’armée américaine et coordinateur de la sous-traitance contre-terroriste Scott Bennett et l’ex-diplomate et auteur du livre “Visas For al-Qaeda: CIA Handouts That Rocked The World, Michael Springmann.

Maloof, Bennett et Girardi tout autant que Springmann et l’auteur de ces lignes, furent parmi les invités de la 6ème International New Horizon Conference dans la ville sainte de Mashad en Iran orientale. Les sujets importants débattus à la conférence furent la Palestine et la sortie unilatérale du gouvernement Trump de l’accord nucléaire avec l’Iran connu sous le nom de Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA).

Alors que Maloof et Bennett confirmaient séparément au magazine Asia Times que la lettre fut écrite par Girardi et Maloof dans une salle d’attente d’aéroport alors qu’ils attendaient de prendre leur vol les menant de Téhéran à Mashad et où elle fut présentée lors d’une conférence de presse mardi dernier. Votre correspondant était en voyage de reportage à Karaj. Nous nous sommes tous réunis jeudi à l’aéroport de Mashad. La conférence de presse de Téhéran fut littéralement ignorée par les médias américains.

L’obtention des visas pour les visiteurs américains fut un sujet très délicat qui fut débattu au plus haut niveau du gouvernement iranien entre le ministère des affaires étrangères et les services de renseignement. A la fin, les visiteurs, sous intense observation des médias iraniens, finirent par avoir une énorme audience partout à travers l’Iran.

Une nouvelle psyop (opération psychologique de masse) est en cours

Les signataires de la lettre font un lien direct entre les actions israéliennes qui pourraient déclencher “et escalader dans des actions militaires américaines contre la Turquie, la Syrie, le Liban, l’Iran et la Russie, car ces nations sont opposées au transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et des tensions croissantes déjà exacerbées par le retrait des Etats-Unis du JCPOA.

Le président Trump est aussi averti légalement que la lettre “sera inclue comme preuve dans tous sujets en relation avec le déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem / Al Quds et le JCPOA. La lettre sera l’évidence #1 dans toute enquête pour crimes de guerre et mise en accusation (passée, présente et future) en relation avec ces sujets et à tout moment possible.

Comme l’a dit Bennett à Asia Times, la préoccupation principale est qu’en accord avec ses sources militaires, la situation actuelle, très volatile, pourrait bien établir les pré-conditions pour une “nouvelle campagne d’opération psychologique”.

Trump a reçu une notification légale en rapport avec 18 US Code 4 et 28 US Code 1361 en ce qui concerne “des violations légales nationales et internationales”. La lettre se double également d’une “notification légale au peuple américain” et est établie en tant que protection légale contre “contre toute vengeance, emprisonnement, enquête, séquestration, interrogatoire, discrimination, torture, conséquences financières, ou toutes autres actions ou conséquences négatives ou portant préjudices.

De plus, “toute action entreprise contre les signataires sera interprétée comme une violation de ce qui suit: 18 USC 242 (conspiration de refuser et de violer les droits civiques constitutionnels) ; 42 USC 1983, 1984, 1985 (action civile pour violations des droits): 18 USC 2339A (fournissant un soutien matériel à des terroristes).

La lettre peut aussi être interprétée comme une branche d’olivier: à part de demander la protection totale des lanceurs d’alerte, les signataires s’offrent d’eux-mêmes à totalement instruire le président et le Congrès sur ce qu’ils savent. La lettre a été envoyée en copie au président russe Vladimir Poutine, au président turc Recep Tayyip Erdogan et au président du parlement européen Antonio Tajani.

Jusqu’ici il n’y a eu aucune réponse de la Maison Blanche.

Considérant le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, l’abrogation unilatérale du traité conjoint sur le nucléaire iranien suivi de la déclaration de guerre économique contre l’Iran ; le nouveau narratif sur la RDPC disant en substance qu’il n’y a d’accord que dans notre sens ou vous serez détruit comme la Libye, sans mentionner le traitement réservé au lanceur d’alerte Julian Assange, la perspective pour un dialogue positif est bien bien faible.

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Guerre impérialiste en Syrie, guerre du gaz, guerre coloniale… (Dean Henderson)

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Voir notre dossier sur la guerre du gaz en Syrie et au Moyen-Orient

Lecture complémentaire pour ne pas oublier (ou apprendre) que cette affaire pétrolière est une vaste escroquerie qui commence par l’enfumage total sur l’origine réelle du pétrole et de tout hydrocarbure plus lourd que le méthane:

Théorie Russo Ukrainienne de l’Origine Profonde Abiotique du Pétrole

 


Les 4 cavaliers de l’apocalypse pétrolière

 

Le jeu des Rothschild avec le pétrole syrien

 

26 avril 2018

 

Dean Henderson

 

url de l’article:

https://hendersonlefthook.wordpress.com/2018/04/25/rothschilds-syria-oil-play/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En février 2013, gardé par ses très bien payés mercenaires de l’EIIL/Daesh, l’entreprise du New Jersey Genie Energy reçût un droit d’exploration pétrolière sur les plateaux du Golan du sud-syrien, plateaux occupés par Israël.

le 31 octobre 2011, alors que le cartel banquier de la City de Londres lançait sa guerre par procuration contre le président syrien élu Bachar al-Assad, Genie Energy fut éjectée de son entreprise parente IDT Telecom.

Genie  reçu son permis de forer dans le Golan du gouvernement israélien en claire violation de l’annexe de la 4ème convention de Genève. L’entreprise opère sur le Golan par le truchement de sa succursale israélienne Afek Israel Oil & Gas.

Le président de Genie Oil, Efraïm Eitam, fut instrumental dans l’accomplissement de ce braquage du pétrole du Golan. Il est général dans la FDI et diplômé du London’s Royal College of Defence Studies.

Eitam a dit une fois: “Nous ne pouvons pas rester avec tous ces Arabes et nous ne pouvons pas abandonner la terre parce qu’on a déjà vu ce qu’ils y font. Certains pourront rester sous certaines conditions, mais la plupart devront partir.

Les patrons d’Eitam eux-mêmes sont une clique de barbares plus qu’intéressante.

Le comité de conseil stratégique de Genie Energy inclut le propriétaire de la Royal Dutch/Shell, Lord Jacob Rothschild, l’ancien VP des Etats-Unis Dick Cheney, le PDG de Newscorp (Fox News & Wall Street Journal) Rupert Murdoch, l’ancien ministre du trésor et des finances des Etats-Unis Lawrence Summers, l’ancien ministre de l’énergie Bill Richardson, l’ancien patron de la CIA et membre de Dyncorp (NdT: entreprise de mercenariat) James Woosley et l’ancienne sénatrice pour la Louisiane Mary Landrien.

Ils sont aussi tous des investisseurs et actionnaires de Genie Energy.

Un document fuité de la CIA datant de 1983 révèle le plan des Rothschild pour la Syrie. Le document, écrit par l’officier de la CIA Graham Fuller, argumente que l’occident devrait “être plus musclé contre la Syrie” en renversant le président [d’alors] Haffez al Assad, le remplaçant par une marionnette des banquiers coupant ainsi la route d’approvisionnement en armes depuis l’URSS. 

Ceci ferait la route pour un oléoduc/gazoduc contrôlé par la City de Londres qui prendrait sa source du Qatar (NdT: lui-même propriété littérale d’Exxon-Mobil / Rockefeller). Exxon-Mobil possède une très grosse part de Qatar Gas, dont le champ gazier offshore du North Pars contient plus de gaz naturel que tout autre champ gazier au monde. (NdT: champ gazier partagé entre le Qatar et l’Iran, c’est pourquoi un changement de régime s’étant avéré impossible, une guerre contre l’Iran est forcément de mise pour l’empire et il s’y emploie non-stop depuis un bon moment…) Ceci explique pourquoi le maintenant ex-ministre des affaires étrangères américain et longtemps CEO d’Exxon-Mobil, Rex Tillerson, penche vers le Qatar dans la dispute qui l’anime envers l’Arabie Saoudite.

Cet oléoduc/gazoduc doit passer au nord au travers du Bahreïn, de l’Arabie Saoudite et de la Jordanie avant de traverser en Syrie et d’entrer en Turquie sur la route de l’Europe. Un tel volume de gaz aiderait les banquiers à mettre fin à la main mise russe sur les imports de gaz de l’Europe.

La Russie, l’Iran, l’Irak et la Syrie font quant à eux, la promotion d’une route bien différente qui aurait son origine dans le champ gazier voisin du South Pars du Golfe Persique, propriété de l’Iran. Le gazoduc passerait par le nord à travers l’Iran, puis à travers l’Irak et la Syrie et le port de Homs d’où le gaz serait soit transporter dans un gazoduc sous-marin à travers la Méditerranée ou transporté en Europe par vaisseaux gaziers.

Même avant 1983. les agences de renseignement occidentales avaient soutenu la confrérie des Frères Musulmans syrienne dans une guerre clandestine pour virer Assad père du pouvoir. (https://hendersonlefthook.wordpress.com/2014/11/25/the-muslim-brotherhood-subsidiary/)

En 1982, les frères musulmans avaient pris le contrôle de la ville de Hama avant que d’être bombardés et forcés à se soumettre, par l’aviation d’Assad. Être membre de la confrérie est passible de la peine de mort en Syrie parce que le parti Baath au pouvoir insiste sur l’unité tandis que les frères musulmans ont toujours travaillé avec ses “frères” franc-maçons de Londres afin de semer la division et la discorde au sein des nationalismes arabes.

Avec Genie Oil qui fore sur les plateaux occupés du Golan et la course à la construction de ce gazoduc contrôlé par la City de Londres s’étant intensifiée, on peut être certain que malgré l’avantage de terrain regagné par Assad et ses alliés russes, iraniens et du Hezbollah, Rothschild et ses mignons vont trouver toujours plus de prétextes pour maintenir un président Trump fatigué de la guerre à continuer de guerroyer pour l’empire en Syrie.

C’est en fait au peuple américain de soutenir la volonté du président de se retirer de Syrie et hurlant haut et fort qu’il est temps pour les Etats-Unis de quitter la Syrie mais aussi de sous le joug des banksters de la City de Londres.

Nouvel Ordre Mondial: à quel jeu joue la Russie sous le plus grand chapiteau du monde ? (Paul Craig Roberts)

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Ce dernier billet en date de PCR nous refait poser la question d’à quel jeu joue la Russie et ses dirigeants ?
Plusieurs lectures possibles:
1- Elle est prudente et marche sur des œufs ne voulant pas risquer la guerre.
2- Elle est vraiment naïve et pense que l’empire est apprivoisable…
3- Elle voit les choses venir, mais doit composer avec des contraintes politiques internes et externes et doit faire des compromis…
4- Elle est partie prenante du N.O.M et tout n’est que mascarade pour continuer l’escalade dans le temps, culminant dans une nouvelle « guerre froide » qui verra les mêmes oligarques engranger les profits de la course à l’armement, des guerres par proxy et de la continuité de la guerre du pétrole et du gaz que se livrent les grandes entreprises par nations interposées…
Nous finissons par penser qu’il y a un peu des 4 mais que le 4ème point est majoritaire. Tout le monde à le cul sale et si les oligarques des deux côtés de la barrière ont quelques divergences, leur intérêt global converge et leur entente est inévitable…
Il n’y a pas de solutions au sein du système et ne peut y en avoir… Cela devient de plus en plus clair, les peuples doivent comprendre et agir en conséquence.
~ Résistance 71 ~

 

Israël a lancé un ultimatum à la Russie

 

Paul Craig Roberts

 

4 mai 2018

 

Source: http://www.informationclearinghouse.info/49365.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Je me demande vraiment si la Russie comprend bien le criminel Washington avec lequel elle est si désespérément convaincue de négocier paix et compréhension mutuelle.

Le ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov est tout excité que Trump ait invité Poutine à la Maison Blanche pour “freiner ensemble la course à l’armement”. Il est bien évident que le complexe militaro-industriel américain veut freiner cette nouvelle course à l’armement dans laquelle la Russie a pris environ 30 ans d’avance. Est-ce que le gouvernement russe va laisser son pays exposé à l’annihilation au gré de sa vision erronée et romantique des Etats-Unis et de ses vassaux et se laisser pomper une nouvelle fois dans des accords sans aucune valeur ?

Comment la Russie peut-elle toujours penser qu’un quelconque accord avec les Etats-Unis ou des pays européens puisse vouloir dire quoi que ce soit alors que devant ses yeux même, les Etats-Unis, seuls au monde, sont en train de briser l’accord et le traité établi avec l’Iran au sujet de son enrichissement d’uranium ?

Pourquoi Lavrov veut-il négocier un autre accord avec Washington, accord que Washington brisera comme il a brisé chaque accord négocié avec la Russie depuis le régime Clinton. Est-ce si difficile pour le ministère des AE russe d’apprendre de sa propre expérience ? (NdT: Intra muros si on peut dire quand il s’agit de terres volées, les USA ont négocié plus de 400 traités avec les nations autochtones depuis 1776, tous ont été brisés unilatéralement par les états coloniaux qu’il soit fédéral ou locaux… Demandez aux Indiens ce que vaut la “parole de Washington”, ils savent mieux que quiconque…)

La Russie a pourtant en main les cartes pour gagner, mais elle ne sait pas comment les jouer. La précaution avec laquelle le gouvernement opère encourage toujours plus de provocations, alors qu’une politique plus décisive découragerait toute provocation.

Washington interprète l’attitude conciliante de la Russie comme une faiblesse et le nain Israël fait de même. Croyez-le ou pas, mais Israël a adressé un ultimatum à la Russie. Israël, un si petit pays qu’il pourrait être balayé avec des armes conventionnelles et qui a maintenant ordonné à la première puissance militaire du monde de se retirer du chemin de ses attaques militaires sur la Syrie.

Un pays qui peut recevoir un ultimatum d’Israël, dont l’armée a par deux fois été mises en déroute et vaincue par une petite milice libanaise, n’est pas respecté en occident (NdT: cet épisode prouve une fois de plus s’il en était encore besoin, que le peuple en arme, préparé et solidaire met en déroute une armée ennemie régulière. Parce que le Hezbollah n’est que cela: une fraction du peuple libanais, en arme, entraîné, efficace et résistant à toute agression et occupation sioniste). C’est le problème de la Russie. Même les britanniques, totalement militairement impuissants, parlent de partir en guerre contre la Russie comme si c’était une ballade sans risque dans le jardin.

Aussi longtemps que le gouvernement russe fera passer le message d’indécision et de faiblesse dans ses réponses aux provocations extrêmes de l’empire, les provocations continueront et pousseront le monde à la 3ème guerre mondiale.

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: coup d’arrêt à l’empire ou subterfuge ?…

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Point de vue intéressant de Meyssan qui voit toujours en Trump un fin stratège jouant sa partition pour sauver le monde du bellicisme neo-con, Nous ne le pensons aucunement, néanmoins analyse intéressante ci-dessous… Nous voyons quand même un problème majeur: une fois de plus l’empire a menti, une fois de plus l’empire a attaqué sans l’aval de cette pitrerie qu’est l’ONU mais bon… sans l’aval ni du congrès et des parlements respectifs des agresseurs adjoints comme le voudrait « la loi » ; non seulement ça, mais personne ne dit quoi que ce soit, tout le monde trouve ça normal. La question est donc: pourquoi l’empire s’arrêterait-il surtout que son plus grand rival, la Russie, ne bronche pas, mais aussi sait que si elle bronche… On est parti pour une 3ème GM qui sera nucléaire à terme ? L’entité sioniste vient d’attaquer la Syrie, qui dit quoi que ce soit ?… Pourquoi s’arrêteraient-ils tous ?… La mèche de la poudrière n’est pas éteinte, on lui a peut-être juste mis une rallonge.
~ Résistance 71 ~

 

Washington impose la bipolarité du monde à ses alliés

 

Thierry Meyssan

 

17 avril 2018

 

url de l’article: http://www.voltairenet.org/article200659.html

 

Au cours des dernières semaines et pour la première fois de leur histoire, les États-Unis et la Russie se sont mutuellement menacés de Guerre mondiale. Le caractère totalement disproportionné de la crise par rapport au sujet de la dispute montre que ce qui est en jeu aujourd’hui n’a plus grand rapport avec ce qui se passe au Moyen-Orient élargi depuis 2001, mais exclusivement avec une tentative de maintien de l’Ordre du monde actuel.

Après le gigantesque massacre de millions de personnes durant dix-sept ans, de l’Afghanistan à la Libye, la manière dont seraient morts une cinquantaine de personnes dans la Ghouta orientale (Syrie) a quelque chose de dérisoire. Ce fut pourtant le prétexte choisi, le 14 avril, par Washington, Paris et Londres pour lancer une attaque aérienne tripartite.

Ne nous laissons pas distraire par les circonstances et revenons au fond du problème : les Occidentaux tentent de maintenir leur domination sur le reste du monde, tandis que la Russie et la Chine s’en émancipent.

Le président états-unien, Donald Trump, n’a pas hésité à tweeter à la Russie qu’il allait tirer des missiles de nouvelle génération sur ses soldats en Syrie. L’ambassadeur russe, Alexander Zasypkine, a immédiatement répondu que ces munitions seraient interceptées et que les avions et navires qui les tireraient seraient anéantis. Le Premier ministre turc, Binali Yıldırım, s’est étonné de cette « bagarre de rue » et les a appelés à la raison. Tous les acteurs ont alors commencé à faire marche arrière.

Le Groupe naval du porte-avion USS Harry S. Truman a quitté la base de Norfolk, apparemment pour se positionner face à la Syrie. Il lui faudra plusieurs semaines avant d’être opérationnel. La question de l’affrontement états-uno-russe, c’est-à-dire de la Troisième Guerre mondiale, se reposera alors.

Il va de soi que la préparation de cette unité et de ses 6 500 soldats a débuté bien avant l’affaire de la Ghouta qui sert de prétexte à son déploiement.

La question est donc de savoir si, en tirant une pluie de missiles sur des bâtiments abandonnés, Washington et ses alliés ont remis l’affrontement à plus tard afin de se positionner au mieux ou, au contraire, s’ils ont renoncé à l’épreuve de force et se préparent à une autre forme de conflit.

Le bilan militaire du bombardement du 14 avril a de quoi surprendre : 103 missiles auraient été tirés par les Alliés. 71 auraient été détruits en vol par l’Armée arabe syrienne. Un laboratoire militaire désaffecté aurait été rasé et des bâtiments de de deux aérodromes touchés. Ce déluge de feu n’aurait fait que trois blessés et tué personne. Si Donald Trump, Emmanuel Macron et Theresa May souhaitaient montrer leur force, ils ont surtout affiché leur impuissance.

Vu de Damas, le message était clair : la Syrie est en train de se libérer des jihadistes, elle ne connaîtra pas la paix pour autant et ne pourra pas compter sur l’aide occidentale pour sa reconstruction.

Les Alliés ont prétendu que la Syrie abritait des stocks d’armes chimiques malgré son adhésion à la Convention les prohibant. Ils ont assuré ne viser que des cibles liées à ces armes. Or, par exemple, ils ont tiré quatre missiles contre l’aéroport commercial international de Damas ; une cible exclusivement civile. Heureusement l’Armée arabe syrienne est parvenue à les intercepter tous.

Au total, l’Armée arabe syrienne, qui ne disposait que de S-125, de S-200, de Buk, de Kvadrat et d’Osa, a réussi à abattre seule les deux-tiers des projectiles occidentaux. En définitive, malgré eux, les Alliés viennent de livrer la première bataille de leur histoire où ils n’ont tué aucun ennemi. La France, qui a testé pour la première fois en situation de combat son nouveau missile de croisière naval, n’a pas pu se prévaloir d’un succès auprès de ses clients potentiels.

Certes, les Alliés se sont eux-mêmes limités. Ils ont soigneusement évité de toucher des cibles russes ou iraniennes et ces deux États n’ont pas participé à la bataille. Il n’en reste pas moins que l’armada occidentale ne dispose plus de la capacité d’imposer sa volonté à des puissances moyennes lorsqu’elles sont protégées par la Russie.

Chacun a compris que, désormais : 

puce-cebf5.gif les États-Unis et la Russie —comme jadis les USA et l’URSS— éviteront tout affrontement direct afin de prévenir la guerre nucléaire ; 

puce-cebf5.gif et que les puissances moyennes alliées de la Russie ne seront pas blessées significativement par les Occidentaux. 

puce-cebf5.gif La seule supériorité militaire de Washington, Londres et Paris réside dans leur capacité de manipuler des groupes armés et de les utiliser comme proxys.

En embarquant la France et le Royaume-Uni à ses côtés, le président Trump les a contraints à accepter la réalité qu’ils refusaient.

Ce grand show n’était donc qu’un baroud d’honneur. Après un quart de siècle de domination occidentale unilatérale, ses trois principales puissances militaires viennent d’être rétrogradées. Le monde est revenu à une situation bipolaire de Guerre froide, dont il reste cependant à écrire la nouvelle règle du jeu. La Troisième Guerre mondiale attendra.

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: le ton se durcit entre l’Iran et l’entité sioniste…

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L’Iran hausse le ton envers l’entité sioniste

 

Al Manar

 

13 avril 2018

 

Source: http://french.almanar.com.lb/854698

 

« Si Israël nous attaque, Tel-Aviv et Haïfa seront effacées de la surface de la terre », a menacé jeudi Ali Shirazi, le porte-parole du guide suprême auprès des Forces Al-Qods, Ali Shirazi, cité par l’agence Fars.

«Si Israël désire poursuivre son existence perfide […] il doit éviter les mesures stupides. S’ils donnent des excuses à l’Iran, Tel Aviv et Haïfa seront détruites»

Cette déclaration vient en réponse aux déclarations du Premier ministre israélien. Ce dernier a appelé, mercredi soir, la République islamique d’Iran de ne pas tester la détermination d’ « Israël ».

Sept conseillers iraniens sont tombés en martyre suite à une agression militaire qui a visé dans la nuit de dimanche à lundi la base aérienne syrienne de Tiyas, ou T-4, située près de la ville de Homs. Le gouvernement syrien, l’Iran et la Russie ont accusé ‘Israël’ d’être responsable de cette attaque.

Le principal conseiller du guide suprême l’Ayatollah Sayed Ali Khamenei, Ali Akbar Velayati, en visite en Syrie, a assuré mardi que « cette attaque criminelle ne restera pas sans réponse ».

Republication d’un texte d’une actualité brûlante: « La guerre » de Pierre Kropotkine (1912)

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Nous avons déjà publié ce texte de Kropotkine (1912) le 11 novembre 2013, jour de la 99ème commémoration de la fin de la grande boucherie qui fut appelée la “der des ders”, bien à tort évidemment.
Kropotkine, avant la 1ère guerre mondiale avait tout compris et exposé des turpitudes financières et mascarades “patriotiques” de la grande bourgeoisie va t’en guerre. Qui a t’il de changer aujourd’hui ?
Remplacez les noms d’Allemagne et de Japon du texte par Russie et Chine, le schéma est identique, la fumisterie toujours de mise.
Que tous les va t’en guerre y pensent: la guerre est un racket, un génocide et un pillage en bande organisée.
Nous n’avons jamais été aussi proche aujourd’hui de la 3ème GM et ce que disait Kropotkine en 1912 est toujours on ne peut plus valide en ce moment même. Pourquoi ? Comment se fait-il que nous n’avons pas bouger d’un pouce ?
Une chose est certaine, si les psychopathes occidentaux aux manettes du bateau ivre, les Trump, Merkel, May, Macron et autres dégénérés veulent, la SEDITION sera le seul recours !
Rien ne doit se faire en notre nom et rien ne se fera si nous, gens du peuple, refusons de jouer leur jeu truqué criminel, parce que les guerres modernes, ce ne sont pas ces ordures qui les font…
Les laisser faire, les laisser nous emmener vers l’annihilation n’est que complicité de crime contre l’humanité. L’heure de la révolte est peut-être plus proche qu’on ne le croit !

Il n’y a pas de solutions au sein du système, il n’y en a jamais eu et ne peut pas y en avoir… Sortir de ce marasme, c’est sortir du cercle vicieux de l’antagonisme. Comprendre pour mieux pouvoir le faire.

Hoka Hey !

~ Résistance 71 ~

 

La Guerre

 

Pierre Kropotkine (1912)

 

Extrait de La Science Moderne et l’Anarchie Publications des «TEMPS NOUVEAUX» — N° 59 — 1912

Publié sur R71 le 11 novembre 2013:

https://resistance71.wordpress.com/2013/11/11/en-ce-11-novembre-la-guerre-texte-ecrit-en-1912-pierre-kropotkine/

 

Déjà en 1882, lorsque l’Angleterre, l’Allemagne, l’Autriche et la Roumanie, profitant de l’isolement de la France, s’étaient liguées contre la Russie et qu’une guerre européenne terrible était sur le point d’éclater, nous montrions dans Le Révolté, quels étaient les vrais motifs des rivalités entre États et des guerres qui en résulteraient.

Ce sont toujours des rivalités pour des marchés et pour le droit à l’exploitation des nations arriérées en industrie, qui sont la cause des guerres modernes. On ne se bat plus en Europe pour l’honneur des rois. On lance les armées les unes contre les autres pour l’intégrité des revenus de Messieurs les Très-Puissants Rothschild ou Schneider, la Très Honorable Compagnie d’Anzin, ou la Très Sainte Banque Catholique de Rome. Les rois ne comptent plus.

En effet, toutes les guerres que l’on a eues en Europe depuis cent cinquante ans furent des guerres pour des intérêts de commerce, des droits à l’exploitation.

Vers la fin du dix-huitième siècle, la grande industrie et le commerce mondial, appuyé sur des colonies en Amérique (le Canada) et en Asie (dans les Indes) et une marine de guerre, commençaient à se développer en France. Alors l’Angleterre qui avait déjà écrasé ses concurrents en Espagne et en Hollande, tenant à retenir pour elle le monopole du commerce maritime, de la puissance sur les mers et des riches colonies dans les Indes, — afin de pouvoir s’enrichir, par l’écoulement monopolisé des produits de son industrie, — profita de la révolution en France pour commencer contre elle toute une série de guerres. Se voyant assez riche pour payer les armées de la Prusse, de l’Autriche et de la Russie, elle fit à la France une succession de guerres terribles, désastreuses pendant un quart de siècle. La France dut se saigner à blanc pour soutenir ces guerres ; et ce ne fut qu’à ce prix qu’elle parvint à maintenir son droit de rester une «grande puissance». C’est-à-dire, elle retint le droit de ne pas se soumettre à toutes les conditions que les monopolistes anglais voulaient lui imposer dans l’intérêt de leur commerce ; et elle retint le droit d’avoir une marine et des ports militaires. Frustrée dans ses plans d’expansion coloniale dans l’Amérique du Nord (elle avait perdu le Canada) et dans les Indes (elle dut y abandonner ses colonies), elle obtint la permission en retour de se créer un empire colonial en Afrique (à condition de ne pas toucher à l’Égypte), et d’enrichir ses monopolistes en pillant les Arabes en Algérie.

Plus tard, dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle, ce fut le tour de l’Allemagne. Lorsque le servage y fut aboli à la suite des soulèvements de 1848, et que l’abolition de la propriété communale força les jeunes paysans à quitter en masse les campagnes pour les villes, où ils offraient leurs «bras inoccupés» aux entrepreneurs d’industrie pour des salaires de meurt-la-faim, — la grande industrie prit son essor dans divers États allemands. Les industriels allemands comprirent bientôt que si l’on donnait au peuple une bonne éducation réaliste, ils pourraient rapidement rattraper les pays de grande industrie, comme la France et l’Angleterre, — à la condition, bien entendu, de procurer à l’Allemagne des débouchés avantageux en dehors de ses frontières. Ils savaient ce que Proudhon avait si bien démontré : que l’industriel ne parvient à sérieusement s’enrichir que si une bonne partie de ses produits est exportée dans des pays où ils peuvent être vendus à des prix auxquels ils ne pourraient jamais arriver dans le pays d’origine.

Alors dans toutes les couches sociales de l’Allemagne, celle des exploités, aussi bien que des exploiteurs, — ce fut un désir passionné d’unifier l’Allemagne à tout prix : d’en faire un puissant Empire qui serait capable de maintenir une immense armée, une forte marine, et conquérir des ports dans la mer du Nord, dans l’Adriatique, et — un jour — en Afrique et en Orient. Un empire qui pourrait dicter la loi économique en Europe.

Pour cela, il fallait évidemment, briser la force de la France, qui s’y opposerait sans doute et qui, alors, avait ou semblait avoir la force de l’empêcher.

De là — la guerre terrible de 1870, avec toutes ses tristes conséquences pour le progrès universel, que nous subissons jusqu’à ce jour.

Par cette guerre et cette victoire remportée sur la France, un empire Allemand, ce rêve des radicaux, des socialistes et des conservateurs allemands depuis 1848, fut enfin constitué, et il fit bientôt sentir et reconnaître sa puissance politique et son droit de dicter la loi en Europe.

Bientôt l’Allemagne, entrant dans une période frappante d’activité juvénile parvint, en effet, à doubler, tripler, décupler sa productivité industrielle, et en ce moment le bourgeois allemand convoite de nouvelles sources d’enrichissement un peu partout : dans les plaines de la Pologne, dans les prairies de la Hongrie, sur les plateaux de l’Afrique et surtout autour de la ligne de Bagdad, — dans les riches vallées de l’Asie Mineure, qui offriront aux capitalistes allemands une population laborieuse à exploiter, sous un des plus beaux ciels du monde.

C’est donc des ports d’exportation et surtout des ports militaires, dans l’Adriatique méditerranéenne et dans celle de l’Océan Indien — le golfe persan — ainsi que sur la côte africaine à Beïra et, plus tard, dans l’Océan Pacifique, que cherchent maintenant à conquérir les brasseurs d’affaires coloniales allemands et leur fidèle serviteur — l’Empire germanique.

Mais partout, ces nouveaux conquérants rencontrent un rival formidable, l’Anglais, qui leur barre le chemin.

Jalouse de garder sa suprématie sur les mers, jalouse surtout de retenir ses colonies pour l’exploitation par ses monopolistes ; effarouchée par les succès de la politique coloniale de l’Empire Allemand et le rapide développement de sa marine de guerre, l’Angleterre redouble d’efforts pour avoir une flotte capable d’écraser à coup sûr la flotte allemande. Elle cherche aussi partout des alliés pour affaiblir la puissance militaire de l’Allemagne sur terre. Et lorsque la presse anglaise sème l’alarme et épouvante la nation en feignant de craindre une invasion allemande, elle sait très bien que le danger n’est pas là. Ce qu’il lui faut, c’est de pouvoir lancer l’armée régulière anglaise, là où l’Allemagne attaquerait quelque colonie de l’Empire Britannique (l’Égypte, par exemple) ; après s’être mise d’accord pour cela avec la Turquie, et de retenir à la maison une forte armée «territoriale» qui puisse, au besoin, noyer dans le sang toute révolte ouvrière. C’est pour cela, surtout, que l’on enseigne l’art militaire à la jeunesse bourgeoise, groupé en escouades d’éclaireurs (Scouts).

La bourgeoisie anglaise veut faire aujourd’hui, avec l’Allemagne, ce qu’elle fit à deux reprises pour arrêter pour cinquante ans ou plus, le développement de la Russie comme puissance maritime : une fois en 1855 avec l’aide de la France et de la Turquie, et une autre fois, en 1900, en lançant le Japon contre la flotte russe et son port militaire dans le Pacifique.

Ce qui fait que nous vivons depuis deux années sur le qui-vive, en prévision d’une guerre colossale européenne qui peut éclater du jour au lendemain. [Note de R71: écrit en 1912..]

En outre, il ne faut pas oublier que la vague industrielle, en marchant de l’occident vers l’orient, a aussi envahi l’Italie, l’Autriche, la Russie. Et ces États viennent affirmer à leur tour leur «droit» — le droit de leurs monopolistes et de leurs privilégiés — à la curée en Afrique et en Asie.

Le brigandage russe en Perse, le brigandage italien contre les Arabes du désert à Tripoli et le brigandage français au Maroc en sont la conséquence.

Le consortium de brigands, au service des monopolistes a «permis» à la France de s’emparer du Maroc, comme il a permis aux Anglais de saisir l’Égypte. Il a «permis» aux Italiens de s’emparer d’une partie de l’Empire ottoman, pour empêcher qu’il ne soit saisi par l’Allemagne ; et il a permis à la Russie de saisir la Perse septentrionale, afin que les Anglais puissent s’emparer d’un bon morceau sur les bords du Golfe Persan, avant que le chemin de fer allemand n’y soit arrivé !

Et pour cela les Italiens massacrent ignoblement les Arabes inoffensifs et les sicaires du Tzar pendent les patriotes persans qui voulaient régénérer leur patrie par un peu de liberté politique.

Quels gredins que ces «honnêtes gens» !

II

La Haute Finance

Nous avons vu comment tous les États, dès lors que la grande industrie se développe dans la nation, sont amenés à chercher la guerre. Ils y sont poussés par leurs industriels, et même par les travailleurs, pour conquérir de nouveaux marchés — de nouvelles sources de facile enrichissement.

S’il n’y avait que cela ! Mais aujourd’hui il y a dans chaque état une classe — une clique plutôt, — infiniment plus puissante encore que les entrepreneurs d’industrie et qui, elle aussi pousse à la guerre. C’est la haute finance, les gros banquiers qui interviennent dans les rapports internationaux et qui fomentent les guerres.

Cela se fait aujourd’hui d’une manière très simple.

Vers la fin du moyen âge la plupart des grandes cités-républiques de l’Italie, avait fini par s’endetter. Lorsqu’elles furent entrées dans la période de décadence, à force de vouloir conquérir de riches marchés en Orient, et que cette conquête des marchés amena des guerres sans fin entre les cités-républiques, ces cités arrivèrent à contracter des dettes immenses envers leurs propres guildes, de gros marchands.

Un même phénomène se produit aujourd’hui pour les États, auxquels des syndicats de banquiers prêtent très volontiers, afin de prendre un jour hypothèque sur leurs revenus.

C’est surtout, cela se comprend, avec les petits États que cela se pratique. Les banquiers leur prêtent à 7, 8, 10 pour cent, sachant qu’ils ne «réaliseront» l’emprunt qu’à 80 ou 70 pour cent. Ce qui fait que, déduction faite des «commissions» des banques et des intermédiaires, — qui se montent de 10 à 20, et quelquefois jusqu’à 30 pour cent, — l’État ne reçoit pas même les trois quarts des sommes qu’il inscrit à son grand-livre.

Sur ces sommes, grossies de la sorte, l’État endetté doit payer désormais l’intérêt et l’amortissement. Et lorsqu’il ne le fait pas au terme dû, les banquiers ne demandent pas mieux que d’ajouter les arriérés de l’intérêt et de l’amortissement au principal de l’emprunt. Plus les finances de l’État débiteur vont mal, plus insensées sont les dépenses de ses chefs — et plus volontiers on lui offre de nouveaux emprunts. Après quoi les banquiers s’érigent un jour en «consortium» pour mettre la main sur tels impôts, telles douanes, telles lignes de chemin de fer.

C’est ainsi que les gros financiers ont ruiné et plus tard fait annexer l’Égypte par l’Angleterre. Plus les dépenses du khédive étaient folles, plus on les encourageait. C’était l’annexion à petites doses.

C’est encore de la même façon qu’on ruina la Turquie, pour lui enlever peu à peu ses provinces. Ce fut aussi la même chose, nous dit-on, pour la Grèce, qu’un groupe de financiers poussa à la guerre contre la Turquie, pour s’emparer ensuite d’une partie des revenus de la Grèce vaincue.

Et c’est ainsi que la haute finance de l’Angleterre et des Etats-Unis exploita la Japon, avant et pendant ses deux guerres contre la Chine et la Russie.

Bref, il y a dans les États prêteurs toute une organisation, dans laquelle gouvernants, banquiers, promoteurs de compagnies, brasseurs d’affaires et toute la gent interlope que Zola a si bien décrite dans L’Argent,se prêtent la main pour exploiter des États entiers.

Là où les naïfs croient découvrir de profondes causes politiques, ou bien des haines nationales, il n’y a que les complots tramés par les flibustiers de la finance. Ceux-ci exploitent tout : rivalités politiques et économiques, inimitiés nationales, traditions diplomatiques et conflits religieux.

Dans toutes les guerres de ce dernier quart de siècle, on trouve la main de la haute finance. La conquête de l’Égypte, l’annexion de Tripoli, l’occupation du Maroc, le partage de la Perse, les guerres du Japon — partout on retrouve les grandes banques ; — partout la haute finance a eu la voix décisive. Et si jusqu’à ce jour la grande guerre européenne n’a pas encore éclaté, c’est que la haute finance hésite encore. Elle ne sait pas trop de quel côté penchera la balance des milliards qui seront mis en jeu ; elle ne sait pas sur quel cheval mettre ses milliards.

Quant aux centaines de mille vies humaines que coûtera la guerre, — qu’est-ce que la finance à y voir ! L’esprit du financier raisonne par millions, — par colonnes de chiffres qui se balancent mutuellement. Le reste n’est pas de son domaine : il ne possède même pas l’imagination nécessaire pour faire intervenir les vies humaines dans ses raisonnements.

Quel monde ignoble à dévoiler, si quelqu’un se donnait seulement la peine d’étudier les coulisses de la haute pègre de la finance ! On le devine, rien que par le tout petit coin de voile soulevé par «Lysis» dans ses articles de La Revue(parus en 1908 en volume sous ce titre : Contre l’oligarchie financière en France).

On voit, en effet, par ce petit travail, comment quatre ou cinq banques, — le Crédit Lyonnais, la Société Générale, le Comptoir National d’Escompte et le Crédit Industriel et Commercial, — possèdent en France le monopole absolu des grandes opérations financières.

La plus grande partie — près des huit dixièmes de l’épargne française, qui se monte chaque année à peu près à deux milliards, est versée dans ces grandes banques ; et lorsque les États étrangers, grands et petits, les compagnies de chemins de fer, les villes, les compagnies industrielles des cinq parties du monde se présentent à Paris pour faire un emprunt, c’est à ces quatre ou cinq banques qu’ils s’adressent. Ces banques ont le monopole des emprunts étrangers et disposent du mécanisme nécessaire pour les faire mousser.

Il est évident que ce n’est pas le talent des directeurs de ces banques qui créa pour elles cette situation lucrative. C’est l’État, — le gouvernement français d’abord, qui donna à ces banques sa garantie et constitua pour elles une situation privilégiée qui devint bientôt un monopole. Et puis ce sont les autres États, les États emprunteurs qui renforcèrent ce monopole. Ainsi le Crédit Lyonnais, qui monopolise les emprunts russes, doit cette situation privilégiée aux agents financiers et aux ministères des finances du gouvernement russe.

Les affaires brassées par ces quatre ou cinq Sociétés se chiffrent par milliards. Ainsi, en deux années, 1906 et 1907, elles distribuèrent en emprunts divers sept milliards et demi, — 7.500 millions, dont 5.500 en emprunts étrangers (Lysis, p. 101). Et quand on apprend que la «commission» de ces compagnies lorsqu’elles organisent les emprunts étrangers est de 5 pour cent pour le «syndicat d’apporteurs» (ceux qui «apportent» de nouveaux emprunts), 5 pour cent pour le syndicat de la garantie, et de 7 à 10 pour cent pour le syndicat ou plutôt le trust des quatre ou cinq Sociétés que nous venons de nommer, — on voit quelles sommes immenses vont à ces monopolistes.

Ainsi, un seul intermédiaire qui «apporta» l’emprunt de 1.250 millions conclu par le gouvernement russe en 1906, pour écraser la révolution, toucha, de ce fait, une commission de douze millions !

On comprend ainsi quelle influence occulte les grands directeurs de ces Sociétés financières exercent sur la politique internationale. Avec leur comptabilité mystérieuse, avec les pleins pouvoirs que certains directeurs exigent et obtiennent des actionnaires — car il faut bien le discrétion quand on paie 1,2 millions à M. Un Tel, 250.000 francs à tel ministre, et tant de millions, en plus des décorations, à la presse ! Il n’y a pas, dit «Lysis», un seul grand journal en France qui ne soit pas payé par les banques. Cela se comprend. On devine aisément ce qu’il fallu distribuer d’argent à la presse, lorsqu’on préparait dans les années 1906 et 1907, la série d’emprunts russes (d’État, des chemins de fer, des banques foncières). Ce qu’il y eut de plumitifs qui mangèrent gras avec ces emprunts, — on le voit par le livre de «Lysis». Quelle aubaine, en effet ! Le gouvernement d’un grand État aux abois ! Une révolution à écraser ! Cela ne se rencontre pas tous les jours !

Eh bien ! tout le monde sait cela, plus ou moins. Il n’y a pas un seul homme politique qui ne connaisse les dessous de tous ces tripotages, et qui n’entende nommer à Paris les femmes et les hommes qui ont «touché» les grosses sommes après chaque emprunt, grand ou petit, russe ou brésilien.

Et chacun, s’il a la moindre connaissance des affaires, sait aussi parfaitement combien toute cette organisation de la haute finance est un produit de l’État, — un attribut essentiel de l’État.

Et ce serait cet État, — l’État dont on se garde bien de diminuer les pouvoirs ou de réduire les attributions, — qui dans la pensée des réformateurs étatistes, devrait devenir l’instrument d’affranchissement des masses ?! Allons donc !

Que ce soit par bêtise, ou ignorance, ou fourberie de l’affirmer, — toutes les trois explications sont impardonnables.

III

La Guerre et l’Industrie

Descendons maintenant un degré plus bas, et voyons comment l’État a créé dans l’industrie moderne toute une classe de gens directement intéressés à faire des nations des camps militaires, prêts à se ruer les uns sur les autres.

En ce moment, il existe en effet, des industries immenses qui occupent des millions d’hommes, et qui n’existent que pour préparer le matériel de guerre ; ce qui fait que les propriétaires de ces usines et leurs bailleurs de fond ont tout intérêt à préparer des guerres et à maintenir la crainte des guerres prêtes à éclater.

Il ne s’agit pas ici de menu fretin, — des fabricants d’armes à feu de mauvaise qualité, de sabres à bon marché, et de revolvers qui ratent tout le temps, comme on en a à Birmingham, à Liège, etc. Ceux-ci ne comptent presque plus, quoique le commerce de ces armes, fait par les exportateurs qui spéculent sur les guerres «coloniales», soit déjà d’une certaine importance. Ainsi, on sait que des marchands anglais approvisionnaient d’armes les Matabélés, alors que ceux-ci se préparaient à se soulever contre les Anglais qui leur imposaient le servage. Plus tard, ce furent des fabricants français, et même des fabricants anglais très connus, qui firent des fortunes en envoyant des armes, des canons et des munitions aux Boërs. Et en ce moment même on parle de quantités d’armes importées par les marchands anglais en Arabie, — ce qui amènera des soulèvements de tribus, le pillage de quelques marchands et — l’intervention anglaise, pour «rétablir l’ordre» et faire quelque nouvelle «annexion».

Ces faits, d’ailleurs, ne comptent plus. On sait bien ce que vaut le «patriotisme» bourgeois, et l’on a vu récemment des faits bien plus graves. Ainsi, pendant la dernière guerre entre la Russie et le Japon, l’or anglais approvisionnait les Japonais, pour qu’ils détruisissent le pouvoir maritime naissant de la Russie dans l’Océan Pacifique, dont l’Angleterre prenait ombrage. Mais, d’autre part, les compagnies houillères anglaises vendaient à un très haut prix 300.000 tonnes de charbon à la Russie pour lui permettre d’envoyer en Orient la flotte de Rojdestvensky. D’une pierre on faisait deux coups : les compagnies du Pays de Galles faisaient une belle affaire, et les financiers de Lombard Street (le centre des opérations financières de Londres) plaçaient leur argent à neuf ou dix pour cent dans l’emprunt japonais et prenaient hypothèque sur une bonne partie des revenus de leurs «chers alliés» !

Et tout cela, ce ne sont que quelques petits faits sur mille autres du même genre. On en saurait de belles sur tout ce monde de nos gouvernants, si les bourgeois ne savaient pas bien tenir leurs secrets ! — Passons donc à une autre catégorie de faits.

On sait que tous les grands États ont favorisé la création, à côté de leurs arsenaux, d’immenses usines privées qui fabriquent des canons, des blindages de cuirassés, des vaisseaux de guerre de moindres dimensions, des obus, de la poudre, etc. Des sommes immenses furent dépensées par tous les États pour avoir ces usines auxiliaires, où l’on trouve aujourd’hui concentrés les plus habiles ouvriers et ingénieurs.

Or, il est de toute évidence, qu’il est de l’intérêt direct des capitalistes qui ont placé leurs capitaux dans ces entreprises, de maintenir toujours des bruits de guerre, de pousser sans cesse aux armements, de semer, s’il le faut, la panique. C’est ce qu’ils font en effet.

Et si les probabilités d’une guerre européenne diminuent à certains moments, si les gouvernants, — quoique intéressés eux-mêmes comme actionnaires des grandes usine de ce genre (Anzin, Krupp, Armstrong, etc.), ainsi que des grandes compagnies des chemins de fer, des mines de charbon, etc., — si les gouvernants se font quelquefois tirer l’oreille pour sonner la fanfare guerrière, n’y a-t-il pas cette grande prostituée — la grande presse — pour préparer les esprits à de nouvelles guerres, précipiter celles qui sont probables, ou, du moins, forcer les gouvernements à doubler, à tripler leurs armements ? Ainsi n’a-t-on pas vu en Angleterre, pendant les dix années qui précédèrent la guerre des Boërs, la grande presse, et surtout ses adjoints dans la presse illustrée, préparer savamment les esprits à la nécessité d’une guerre «pour réveiller le patriotisme» ? Dans ce but, on fit flèche de tout bois. On publia à grand fracas des romans sur la prochaine guerre, où l’on racontait comment les Anglais, battus d’abord, faisaient un suprême effort et finissaient par détruire la flotte allemande et s’installer à Rotterdam. Un lord dépensa des sommes folles pour faire jouer dans toute l’Angleterre, une pièce patriotique, trop stupide pour faire ses frais, mais nécessaire pour ces messieurs qui tripotaient avec Rhodes en Afrique. Oubliant tout, on alla même jusqu’à faire revivre le culte — oui, le culte— de l’ennemi juré de l’Angleterre, Napoléon Ier. Et depuis lors le travail dans cette direction n’a jamais cessé. En 1904, on avait même presque tout à fait réussi à lancer la France, gouvernée en ce moment par Clemenceau et Delcassé, dans une guerre contre l’Allemagne — le gouvernement conservateur (lord Lansdowne) ayant fait la promesse d’appuyer les armées françaises par un corps d’armée anglais envoyé en Belgique ! Il se fallut de bien peu à ce moment pour que Delcassé, attachant à cette promesse risible une importance qu’elle n’a certainement pas, ne lançât la France dans une guerre désastreuse.

En général, plus nous avançons dans notre civilisation bourgeoise étatiste, plus la presse, cessant d’être l’expression de ce qu’on appelle l’opinion publique, s’applique à fabriquer elle-même l’opinion par les procédés les plus infâmes. La presse, dans tous les grands États, c’est déjà deux ou trois syndicats de brasseurs d’affaires financières qui font l’opinion qu’il leur faut dans l’intérêt de leurs entreprises. Les grands journaux leur appartiennent et le reste ne compte pas.

Mais ce n’est pas tout : la gangrène est encore plus profonde.

Les guerres modernes, ce n’est plus seulement le massacre de centaines de mille hommes dans chaque bataille, — un massacre dont ceux qui n’ont pas suivi les détails des grandes batailles dans la guerre de Mandchourie et les atroces détails du siège et de la défense de Port-Arthur, n’ont absolument aucune idée. Et cependant, les trois grandes batailles historiques, Gravelotte, Potomack et Borodino (de la Moskowa), qui durèrent chacune trois jours, et dans lesquelles il y eut cent mille homme blessés et tués des deux côtés, c’étaient des jeux d’enfants en comparaison des guerres modernes. Les grandes batailles se font aujourd’hui sur un front de cinquante, soixante kilomètres ; elles durent non plus trois jours, mais sept jours (Liao-Yang), dix jours (Moukden), et les pertes sont de cent cinquante mille hommes de chaque côté.Les ravages faits par les obus, lancés avec précision par des batteries placées à cinq, six, sept kilomètres, et dont on ne peut même pas découvrir la position, grâce à la poudre sans fumée, sont inouïs. Lorsque le feu de plusieurs cents bouches à feu est concentré sur un carré d’un kilomètre de côté (comme on le fait aujourd’hui), il ne reste pas un espace de dix mètres carrés qui n’ait reçu son obus, pas un buisson qui n’ait été rasé par les monstres hurlants envoyés on ne sait d’où. La folie s’empare des soldats, après sept ou huit jours de ce feu terrible, et lorsque les colonnes des assaillants arrivent jusqu’aux tranchées ennemies, alors la lutte s’engage corps à corps entre les combattants. Après s’être lancé mutuellement des grenades à la main et des morceaux de pyroxiline (deux morceaux de pyroxiline, liés entre eux par une ficelle étaient employés comme une fronde), les soldats russes et japonais se roulaient dans les tranchées de Port-Arthur comme des bêtes féroces, se frappant de la crosse du fusil, du couteau, des dents…

Les travailleurs occidentaux ne se doutent même pas de ce terrible retour à la plus affreuse sauvagerie que représente la guerre moderne, et les bourgeois qui le savent se gardent bien de le leur dire.

Mais les guerres modernes, ce n’est seulement le massacre, la folie du massacre, le retour, pendant la guerre, à la sauvagerie. C’est aussi la destruction sur une échelle colossale, du travail humain ; et les effets de cette destruction, nous les ressentons parmi nous continuellement, en temps de paix,par un accroissement de la misère parmi les pauvres, l’enrichissement parallèle des riches.

Chaque guerre, c’est la destruction d’un formidable matériel, qui comprend non seulement le matériel de guerre proprement dit, mais aussi les choses les plus nécessaires pour la vie de tous les jours, de toute la société : le pain, les viandes, les légumes, les denrées de toute sorte, les bêtes de trait, le cuir, le charbon, les métaux, les vêtements. Tout cela représente le travail utile de millions d’hommes pendant des dizaines d’années, et tout cela sera gaspillé, brûlé, jeté à l’eau en quelques mois. Mais c’est déjà gaspillé aujourd’hui même, en prévision des guerres.

Et comme ce matériel de guerre, ces métaux, ces provisions doivent être préparés à l’avance, la simple possibilité prochaine d’une nouvelle guerre amène dans toutes nos industries les soubresauts et des crises qui nous atteignent tous. Vous, moi, chacun de nous en ressentons les effets dans les moindres détails de notre vie. Le pain que nous mangeons, le charbon que nous brûlons, le billet de chemin de fer que nous achetons, leur prix, le prix de chaque chose, dépendent des bruits, des probabilités de guerre à courte échéance, propagés par les spéculateurs.

IV

Nous avons montré comment la nécessité de préparer à l’avance un formidable matériel de guerre et des amas de provisions de toutes sortes qui allaient être détruites en quelques mois de guerre, produirait dans toutes les industries des soubresauts et des crises dont chacun de nous, et surtout les salariés, se ressentaient d’une façon terrible. En effet, on a pu s’apercevoir très bien récemment aux Etats-Unis.

On se souvient sans doute de la terrible crise industrielle qui ravagea les Etats-Unis pendant ces trois ou quatre dernières années. En partie, elle dure encore. Eh bien ! l’origine de cette crise, — quoi qu’en aient dit les «savants» économistes qui connaissent les écrits de leurs prédécesseurs, mais ignorent la vie réelle, — la vraie origine de cette crise fut dans la production outrée des principales industries qui se fit pendant quelques années en prévision d’une guerre entre les grandes puissances de l’Europe, et d’une autre guerre entre les Etats-Unis et le Japon. Ceux qui poussaient à ces guerres savaient très bien l’effet que la prévision de ces conflits exercerait sur les industries américaines. Ce fut, en effet, pendant deux ou trois ans, une activité fiévreuse dans la métallurgie, les charbonnages, la fabrication du matériel des chemins de fer, des matériaux pour le vêtement, des conserves alimentaires.

L’extraction du minerai de fer et la fabrication de l’acier aux Etats-Unis atteignirent, pendant ces années, des proportions tout à fait inattendues. C’est surtout de l’acier que l’on consomme pendant les guerres modernes, et les Etats-Unis en faisaient des provisions fantastiques, ainsi que des métaux, comme le nickel et la manganèse, requis pour fabriquer les sortes d’acier nécessaires pour le matériel de guerre. C’était à qui spéculerait le mieux sur les provisions de fonte, d’acier, de cuivre, de plomb et de nickel.

Il en fut de même pour les provisions de blé, les conserves de viande, de poisson, de légumes. Les cotonnades, les draps, les cuirs suivaient de près. Et, puisque chaque grande industrie fait vivre à côté d’elle une quantité de petites, la fièvre d’une production surpassant de beaucoup la demande se répandait. Les prêteurs d’argent (ou plutôt de crédit), qui alimentaient cette production, profitaient de la fièvre — cela va sans dire — plus encore que les chefs d’industrie.

Et alors, d’un coup, tout s’arrêta soudain, sans qu’on pût invoquer une seule des causes auxquelles on avait attribué les crises précédentes. Le fait est que du jour où la haute finance européenne se persuada que le Japon, ruiné par la guerre en Mandchourie, n’oserait pas attaquer les Etats-Unis, et qu’aucune des nations européennes, ne se sentait assez sûre de la victoire pour dégainer, les capitalistes européens refusèrent de nouveaux crédits aux prêteurs américains qui alimentaient la surproduction en prévision de la guerre, ainsi qu’aux «nationalistes» japonais.

«Plus de guerre à courte échéance !» — et les usines d’acier, les mines de cuivre, les hauts fourneaux, les chantiers de navires, les tanneries, les spéculateurs sur les denrées, tous suspendirent soudain leurs opérations, leurs commandes, leurs achats.

Ce fut alors plus qu’une crise : ce fut un désastre ! Des millions d’ouvriers et d’ouvrières furent jetés sur le pavé dans la plus affreuse des misères. Grandes et petites usines se fermaient, la contagion se répandait comme une épidémie, en semant l’épouvante tout autour.

Qui dira jamais les souffrances des millions d’hommes, femmes et enfants, les vies brisées, avec lesquelles furent bâties les fortunes des gredins qui avaient spéculé en prévision des monceaux de cadavres humains et de chairs déchiquetées qui allaient s’accumuler dans les grandes batailles !

Voilà ce qu’est la guerre, voilà comment l’État enrichit les riches, tient les pauvres dans la misère, et les rend d’année en année plus asservis aux riches.

Maintenant une crise semblable à celle des Etats-Unis va se produire, selon toute probabilité, en Europe et surtout en Angleterre, à la suite des mêmes causes.

Tout le monde fut ébahi l’été passé par l’augmentation soudaine et tout à fait imprévue des exportations anglaises. Rien dans le monde économique ne la faisait prévoir ; aucune explication n’en a été donnée, — précisément parce que la seule explication possible c’est que d’immenses commandes venaient du continent en prévision d’une guerre entre l’Angleterre et l’Allemagne. Cette guerre manqua d’éclater, on le sait, en juillet passé, et si elle avait éclaté, la France et la Russie, l’Autriche et l’Italie auraient été forcées d’y prendre part.

Il est évident que les gros financiers qui alimentaient de leur crédit les spéculateurs sur les denrées, les draps, les cuirs, les métaux, etc., avaient été avertis de la tournure menaçante que prenaient les rapports entre les deux rivales. Ils savaient comment les deux gouvernements activaient leurs préparatifs militaires, et ils s’empressèrent de faire leurs commandes qui grossirent outre mesure les exportations anglaises de 1911.

Mais c’est aussi à la même cause que nous devons cette hausse extraordinaire récente des prix de toutes les denrées sans exception, alors que ni le rendement des récoltes de l’année passée, ni les quantités de toutes sortes de marchandises dans les dépôts, ne justifiaient cette hausse. Le fait est, d’ailleurs, que la hausse des prix ne se répandit pas seulement sur les denrées : toutes les marchandises en furent atteintes, et la demande grandissait toujours, alors que rien n’expliquait cette demande exagérée, si ce n’est les prévisions de guerre.

Et maintenant, il suffira que les gros spéculateurs coloniaux de l’Angleterre et de l’Allemagne arrivent à un arrangement concernant leurs parts dans le partage de l’Afrique orientale, — qu’ils s’entendent sur «les sphères d’influence» en Asie, c’est-à-dire sur les conquêtes prochaines, pour qu’il se produise en Europe le même arrêt soudain des industries que l’on a vu aux Etats-Unis.

Au fond, cet arrêt commence déjà à se faire sentir. C’est pourquoi en Angleterre les compagnies de charbonnages et «les lords du coton» se montrent si intransigeants envers les ouvriers, et les poussent à la grève. Ils prévoient une diminution des demandes, et ils ont déjà trop de marchandises en magasin, trop de charbon entassé autour de leurs mines.

Lorsqu’on analyse de près ces faits de l’activité des États modernes, on comprend jusqu’à quel point toute la vie de nos sociétés civilisées dépend — non pas des faits du développement économique des nations, mais de la façon dont divers milieux de privilégiés, plus ou moins favorisés par les États, réagissent sur ces faits.

Ainsi, il est évident que l’entrée dans l’arène économique d’un aussi puissant producteur qu’est l’Allemagne moderne, avec ses écoles, son éducation technique répandue à pleines mains dans le peuple, son entrain juvénile et les capacités d’organisation de son peuple, devait changer les rapports entre nations. Un nouvel ajustement des forces devait se produire. Mais vu l’organisation spécifique des États modernes, l’ajustement des forces économiques est entravé par un nouveau facteur : les privilèges, les monopoles constitués et maintenus par l’État. Au fond, c’est toujours la haute finance qui fait la loi dans toutes les considérations politiques. Le «qu’en dira le baron de Rothschild ?» ou plutôt le «qu’en dira le Syndicat des banquiers de Paris, de Vienne, de Londres ?» est devenu l’élément dominant dans les questions politiques et les rapports entre nations. C’est l’approbation ou la désapprobation de la finance qui font et défont les ministères (en Angleterre, il y a en plus l’approbation de l’Église officielle et des cabaretiers à envisager, mais l’Église et les cabaretiers sont toujours d’accord avec la haute finance, qui se garde bien de toucher à leurs rentes). Et, comme un ministre est après tout un homme qui tient à son poste, à sa puissance, et aux possibilités d’enrichissement qu’ils lui offrent — il s’ensuit que les questions de rapports internationaux se réduisent aujourd’hui en dernière analyse, à savoir si les mignons monopolistes de tel État vont prendre telle attitude ou telle autre, vis-à-vis d’autres mignons de même calibre d’un autre État.

Ainsi l’état des forces mises en jeu est donné par le degré de développement technique des diverses nations, à un certain moment de l’histoire. Mais l’usage qui sera fait de ces forces, dépend entièrement de l’état d’asservissement à son gouvernement et à la forme étatiste d’organisation, auquel les populations se sont laissé réduire. Les forces qui auraient pu donner l’harmonie, le bien-être et une nouvelle efflorescence d’une civilisation libertaire, — une fois mises dans les cadres de l’État, c’est-à-dire d’une organisation développée spécialement pour enrichir les riches et absorber tous les progrès au profit des classes privilégiées, — ces même forces deviennent un instrument d’oppression, de misère, de privilèges et de guerres sans fin pour l’enrichissement des privilégiés.

Impérialisme et Nouvel Ordre Mondial: Washington vit sous la terreur, qui domine qui ? (VT)

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L’Amérique “vaincue et occupé” et l’attaque aérienne en Syrie

 

Gordon Duff

 

10 avril 2018

 

Source: https://www.veteranstoday.com/2018/04/10/occupied-and-defeated-america-and-the-syrian-air-strike/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Editor’s note:  

Les Etats-Unis ont commis une gaffe majeure, une qui expose bien plus que le simple faux-terrorisme. La soi-disante “attaque au gaz” de Douma juste à côté de Damas a été mise en scène en assumant que les groupes terroristes contrôlés par les Etats-Unis planifiaient de résister jusqu’à ce qu’une attaque aérienne américaine puisse les sauver.

Au lieu de ça, is se sont rendus quelques heures après et furent transportés hors de la zone ce qui a permis aux troupes russes d’immédiatement investir les lieux. Aucune victime gazée ne fut évacuée avec les terroristes, aucun docteur ne fut trouvé sur place, pas de “casques blancs” ni de morts.

Rien de tout cela ne s’est même produit, pire, tout ça semble avoir été filmé à Idlib quelques 300 km plus loin. Les lieux de filmage n’existent pas à Douma. Pire même, la zone a été immédiatement ouverte à la presse mais rien ne fut rapporté. Pas de vidéo prise, pas de victimes examinées, mortes ou vivantes, mais rien de tout cela ne fut rapporté non plus.

Ceci est la preuve tangible qu’il y a un contrôle à 100% des médias occidentaux. C’est aussi pourquoi la Russie est suffisamment courroucée pour risquer une guerre ouverte avec les Etats-Unis.

On a poussé trop loin le bouchon Où sont les leaders politiques et militaires américains ? Je peux vous dire que dès maintenant il y a pas mal de monde à DC qui va se planquer. D’autres sont terrifiés d’être les victimes “d’accidents” perpétrés par les escadrons de la mort “Black Cube” de Trump en provenance d’Israël, incluant des agents du FBI et des enquêteurs du contre-terrorisme du Pentagone qui savent tous que toute cette affaire est bidon.

Washington vit sous la terreur mafieuse avec des équipes de porte-flingues du Mossad qui courent les rues. Les Etats-Unis sont réellement une nation vaincue et occupée.

GD