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Guerres impérialistes au Moyen-Orient, nouvelle alliance en cours ?

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 27 juillet 2017 by Résistance 71

Intéressante analyse de Meyssan qui dans une certaine mesure ne fait que reconfirmer ce qui est su et dit de longue date par bien des analystes: les transnationales gavées de fric depuis des décennies, contrôlent politique et états, sont une grande partie de ce qui est appelé « l’état profond » et déclenchent troubles et conflits à volonté selon la fluctuation de leurs intérêts, et leur intérêt commun d’établir un Nouvel Ordre Mondial fusionnant méga-entreprises et états établissant en cela un régime fasciste supra-national planétaire.
Tout ceci est l’œuvre de la classe capitaliste exploitant les 99,9% du reste d’entre nous. Croire que Trump veuille changer tout çà est sûrement pousser un peu loin la croyance et faire preuve à notre sens soit de naïveté, soit de… complicité (involontaire ou pas…).
Un autre fait intéressant est que soudainement le ministre des AE yankee, ex-CEO d’Exxon Mobil. Tillerson, est dit vouloir chercher une porte de sortie dû à certaines « difficultés » avec la Maison Blanche. Est-ce en rapport avec l’affaire du Qatar ? Rappelons que le Qatar est Exxon-Mobil, la dynastie Al-Thani n’étant que les marionnettes de service et que toute l’affaire de la guerre par procuration contre la Syrie provient du refus d’Assad de laisser passer un gazoduc qatari à travers son pays pour alimenter l’Europe en 2009 et ainsi protéger les intérêts de ses alliés russes et iraniens. Pour nous, tout ceci n’est qu’un plan B de repli stratégique qui vise aussi à compromettre l’axe de la résistance anti-impérialiste occidental. On n’arrive pas à les briser ? Soit, compromettons-les, amadouons les protagonistes, forgeons des alliances pour les briser et semer la zizanie parmi ses membres. Espérons que ceux impliqués ne soient pas dupes et anticipent les trahisons à venir. De fait, considérant l’histoire yankee, qui n’est, comme le disait l’historien Howard Zinn « qu’une longue série d’agressions », tout accord avec l’empire doit être considéré comme un piège, comme le lit d’une trahison future inévitable. Il semblerait que les Kurdes de Syrie (Rojava), contrairement aux mafieux kurdes irakiens, aient 
compris le danger et s’allient également avec les Russes tout en continuant par le milieu à continuer leur révolution sociale. Quoi qu’il en soit, tout ceci est à suivre avec grand intérêt.

~ Résistance 71 ~

 

Émergence d’une nouvelle alliance au Moyen-Orient élargi

 

Thierry Meyssan

 

25 juillet 2017

 

Source: http://www.voltairenet.org/article197242.html

La politique du président Trump au Moyen-Orient élargi commence à se concrétiser. Alors que, jusqu’ici les États-Unis et leurs alliés tentaient de détruire les États et d’imposer le chaos, ils légitimisent désormais les alliances contre les jihadistes. Si dans le discours, l’Iran, la Syrie et le Hezbollah sont toujours des ennemis à vaincre, dans la pratique ils deviennent des partenaires. À terme, cette nouvelle donne pourrait permettre aux États de la région de repousser les sociétés multinationales hors du champ politique et de rétablir la paix.

Petit à petit, la politique étrangère du président Trump se met en place. Concernant le Moyen-Orient élargi, il est parvenu, avec l’aide de son conseiller de sécurité nationale le général H.R. McMaster et de son directeur de la CIA Mike Pompeo, à mettre fin aux programmes secret d’aide aux jihadistes.

Contrairement aux sous-entendus du Washington Post, si cette décision a bien été prise avant la rencontre Trump-Poutine au G20, elle l’a été en réalité un peu plus de deux semaines auparavant, lors de la préparation du sommet de Riyad, mi-mai. Son objectif n’était pas de s’agenouiller devant le Tsar de Russie, ainsi que le prétend la classe politique washingtonienne, mais de mettre fin à l’usage du terrorisme, ainsi que Donald Trump l’avait déclaré durant sa campagne électorale.

Les insinuations mensongères du Washington Post ont été reprises par toute la presse occidentale. Peut-être ce fait est-il imputable à l’esprit grégaire des journalistes occidentaux, peut-être et plus sûrement, il montre que les grands médias sont détenus par des partisans de la guerre au Moyen-Orient et contre la Russie.

Les révélations bulgares sur l’existence d’un vaste réseau de trafic d’armes, mis en place par le général David Petraeus alors qu’il était encore directeur de la CIA, en 2012, et poursuivi par lui depuis son bureau du fonds de placement KKR laissent pantois sur la puissance des facteurs de guerre.

17 États au moins ont participé à cette opération « Bois de Sycomore », dont l’Azerbaïdjan qui a assuré le transport de 28 000 tonnes d’armes et Israël qui a fourni de faux documents de destination finale. Selon toute vraisemblance, David Petraeus et KKR ont été aidés par le secrétaire général adjoint de l’Onu, Jeffrey Feltman. Bien sûr, ce gigantesque trafic, sans précédent dans l’Histoire de par son volume, ne donnera lieu à aucune poursuite judiciaire, ni dans les États concernés, ni au plan international.

Clairement, depuis 4 ans, les peuples du Levant se battent non seulement contre des États, mais avant tout contre un consortium de sociétés privées mutinationales, incluant les médias internationaux, et de puissances étatiques moyennes qui donnent ensemble des ordres à de petits États chargés du sale boulot.

Quoi qu’il en soit, les difficultés rencontrées par Donald Trump pour imposer sa volonté à la CIA et au Pentagone ainsi que l’existence de ce réseau parallèle, mi-public mi-privé, permettent d’entrevoir la complexité de sa tâche dans un ordre mondial subverti par des intérêts privés.

Dans un premier temps, l’offensive des armées irakienne et syrienne pour rétablir la route de la soie n’a pas été stoppée par les Forces états-uniennes, malgré divers incidents.

L’offensive lancée par l’Armée arabe syrienne, avec le Hezbollah et en coordination avec l’Armée libanaise, dans le Jurd d’Ersal est le premier fruit visible de la nouvelle politique de Washington. Tout en critiquant vertement la présence du Hezbollah, le Premier ministre libanais Saad Hariri a, à la demande de l’Arabie saoudite, autorisé son Armée, à participer à l’opération. C’est la première fois, qu’officiellement les deux armées, libanaise et syrienne, et la Résistance agissent ensemble. Riyad, sans désarmer face au Parti de Dieu et à l’Iran, a considéré qu’il convenait de travailler avec le Hezbollah et d’en finir prioritairement avec les jihadistes.

En définitive, cette guerre, qui devait détruire les États de la région, prend la direction opposée : l’unité des forces iraniennes, irakiennes, syriennes et libanaises.

Résistance au colonialisme: nous sommes tous des palestiniens, nous sommes tous des colonisés… (avec John Pilger)

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John Pilger de retour à son meilleur niveau… Cela fait plaisir de le traduire de nouveau.

Pilger part de l’affaire de la Palestine pour condamner le colonialisme sioniste (ou autre), nous partons de la condamnation du colonialisme existant toujours (Canada, USA, Australie etc…) et y incluons bien entendu la Palestine et le sionisme.

Pilger nous dit en conclusion: “[…] si nous comprenons qu’ils sont nous et que nous sommes eux.”

Nous disons depuis 2013 que “Nous sommes tous des colonisés”… Une fois de plus, on arrive aux mêmes conclusions par des voies différentes…

Il nous semble que sur bien des sujets s’opère une convergence de la dissidence sur l’universel. Tout ceci est de très bon augure car cela veut dire que les violons commencent à s’accorder au-delà du temps et de l’espace.

~ Résistance 71 ~

 

La Palestine est toujours le problème

 

John Pilger

 

11 juillet 2017

 

Source: http://www.informationclearinghouse.info/47416.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Lorsque je suis allé pour la première fois en Palestine, alors jeune journaliste dans les années 1960, je suis resté dans un kibboutz. Les gens que j’y rencontrais étaient de durs travailleurs, à l’esprit fort et s’appelaient eux-même des socialistes. Je les aimais bien.

Un soir, au dîner, je me suis enquéris de ces silhouettes de gens que l’on apercevait dans le lointain, au-delà de notre périmètre.

“Ce sont des Arabes, des nomades.” me disait-on. Ces mots étaient presque crachés. Israël, disaient-ils, à savoir la Palestine, avait été essentiellement une étendue déserte et une des grandes entreprises et succès sionistes avait été de rendre le désert vert. Ils me donnèrent en exemple leurs récoltes d’oranges de Jaffa, qui étaient exportées dans le monde entier. Quel triomphe sur la nature désavantageuse et la négligence humaine.

Ce fut le tout premier mensonge. La plupart des orangeraies et des vignobles appartenaient à des Palestiniens qui avaient travaillé la terre et exporté oranges et raisins vers l’Europe depuis le XVIIIème siècle. L’ancienne ville palestinienne de Jaffa était connue par ses anciens habitants locaux comme l””endroit des oranges tristes”. Sur le kibboutz, le mot “Palestinien” n’était jamais utilisé. Pourquoi, demandais-je. La réponse fut un lourd silence gêné.

Dans tout le monde colonisé, la véritable souveraineté des peuples indigènes est crainte par ceux qui ne peuvent jamais vraiment complètement masquer le fait et le crime, qu’ils vivent sur des terres volées. 

(Note de R71: L’oligarchie a réussi à faire croire depuis les “luttes d’indépendance” dans le monde après la seconde guerre mondiale, que nous vivons dans un “monde post-colonial”, ce qui est un mensonge et une falsification éhontés. Israël en l’occurence mais aussi les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et essentiellement tous les pays du Commomwealth britannique, vivent toujours sous le joug colonial avec des colons génocidaires installés et prêts à tout pour maintenir leurs privilèges, surtout celui du profit émanant des terres volées aux nations autochtones originelles et naturelles aux endroits…)

Nier aux gens leur humanité est l’étape suivante, comme les juifs ne le savent que trop bien. Violer la dignité d’un peuple, sa culture et sa fièreté s’ensuit de manière aussi logique que la violence.

A Ramallah, après l’invasion de la Cisjordanie par feu Ariel Sharon en 2002, je marchais dans les rues jonchées de véhicules écrasés et bordées de maisons détruites, j’allais au centre culturel palestinien. Jusque ce matin là, les soldats israéliens y avaient campé.

J’y fut accueilli par sa directrice Liana Badr, une romancière, dont les manuscrits originaux jonchaient le sol, déchirés. Le disque dur de l’ordinateur contenant sa fiction et une bibliothèque de pièces de théâtre et de poésie avait été saisi par les soldats israéliens. Pratiquement tout avait été démoli, vandalisé.

Pas un seul livre n’avait survécu intact, pas une seule K7 d’une des collections les plus originales du cinéma palestinien n’avait survécu au désastre.

Les soldats avaient uriné et déféqué sur les sols, sur les bureaux, sur les tapisseries et les œuvres d’art. Ils avaient badigeonné des excréments sur des peintures d’enfants et y avaient écrit, à la merde, “Born to Kill” / “Nés pour tuer”.

Liana Badr avait les larmes aux yeux, mais elle était droite et dit alors: “on le refera”.

Ce qui enrage ceux qui colonisent et occupent, volent et oppriment, vandalisent et violent, c’est le refus total des victimes de se plier et d’obéir. Et ceci est le tribut que nous devons tous payer aux Palestiniens. Ils refusent d’être asservis, ils refusent d’obéir. Ils continuent. Ils attendent l’heure de se battre de nouveau et ils le font alors même que ceux qui les gouvernent collaborent avec leurs oppresseurs.

Au milieu des bombardements israéliens de Gaza en 2014, le journaliste palestinien Mohamed Omer n’a jamais cessé de rapporté les évènements. Lui et sa famille furent touchés, il a dû faire la queue des heures durant pour avoir de l’eau et de la nourriture et a dû les transporter au travers des ruines et des décombres. Lorsque je l’avais au téléphone, je pouvais entendre les bombes exploser juste derrière sa porte. Il refusa d’obéir.

Les reportages de Mohamed, illustrés d’images horribles, étaient un modèle de journalisme professionnel qui faisait honte aux reportages indulgents des soi-disant grands médias britanniques en GB et aux USA. La notion d’objectivité de la BBC, amplifier les mythes et les mensonges de l’autorité, pratique dont elle est très fière, est quotidiennement couverte de honte par les reportages de journalistes comme Mohamed Omer.

Durant plus de 40 ans, j’ai enregistré le refus du peuple de Palestine de courber l’échine devant ses agresseurs et ses oppresseurs: Israël, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Union Européenne.

Depuis 2008, seule la GB a donné des licences d’exportation d’armes vers Israël ainsi que des missiles, des drones et des fusils de tireur d’élite pour une valeur de 434 millions de Livres.

Ceux qui se sont dressés contre cela, sans armes, ceux qui ont refuser d’obéir, sont des Palestiniens que j’ai eu le privilège de connaître:

Mon ami, feu Mohamed Jarella, qui travaillait pour l’UNRWA ; c’est lui qui me montra pour la première fois en 1967, un camp de réfugiés palestiniens. C’était un froid jour d’hiver et les élèves de l’école tremblaient de froid. “Un jour” disait-il, “un jour…”

Moustapha Barghouti, dont l’éloquence demeure intacte, qui décrivit la tolérance qui existait en Palestine entre les juifs, les musulmans et les chrétiens, jusqu’à ce que, me dit-il, “les sionistes voulurent un état aux dépends des Palestiniens.”

La Dr Mona el-Farra, médecin de Gaza, dont la passion fut de lever des fonds pour la chirurgie esthétique des enfants qui avaient été défigurés par les balles et les éclats de projectiles israéliens. Son hôpital fut pulvérisé par des bombes israéliennes en 2014.

Le Dr Khalid Dahlan, psychiâtre, dont les séminaires à Gaza pour les enfants rendus quasiment fous par la violence israélienne, étaient des oasis de civilisation.

Mort d’un nouveau-né

Fatima et Nasser sont un couple dont la maison se situait dans un village près de Jérusalem désigné “Zone A et B”, ce qui veut dire que cette zone de terre avait été déclarée “pour les juifs seulement”. Leurs parents vécurent là, ainsi que leurs grands-parents. Aujourd’hui, des bulldozers tracent des routes pour seulement les juifs, protégées par des lois uniquement pour juifs.

Il était juste après minuit lorsque Fatima commença ses contractions pour son accouchement, celui de son second enfant. Le bébé était prématuré et lorsqu’ils arrivèrent à un contrôle routier avec l’hôpital en vue, le jeune soldat israélien leur dit qu’ils avaient besoin d’un autre document pour pouvoir passer. Fatima saignait abondamment. Le soldat rit et imita ses gémissements et leur dit alors “retournez chez vous.” Le bébé naquit là, dans un camion. Bientôt il devint bleu de froid et, sans soins, mourut. Son nom était Sultan.

Pour les Palestiniens, ceci sera une histoire tout à fait routinière. La question est: pourquoi ces histoires ne sont-elles pas familières à Londres et Washington, Bruxelles et Sydney ? En Syrie, une cause libérale récente, une cause pour George Clooney, est grassement rémunérée en GB et aux Etats-Unis, bien que les bénéficiaires en soient les soi-disants rebelles, dominés par des djihadistes fanatiques, le produit de l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak et de la destruction de la Libye moderne.

Et pourtant, la plus longue occupation et résistance des temps modernes n’est pas reconnue. Lorsque soudainement l’ONU remue l’affaire et définit Israël comme un état d’apartheid (NdT: ce qu’il n’est pas… L’Af’sud était un état d’apartheid, ségrégationniste, pas Israël, Israël est un état exclusif se voulant génocidaire: pas de cohabitation avec l’autochtone, soit il part sans espoir de retour, soit il est tué…), comme elle l’a fait cette année et il y a une levée de boucliers, pas contre l’état raciste en question, mais contre l’ONU qui a osé briser l’omerta.

“La Palestine”, disait Nelson Mandela, “est le plus grand problème moral de notre époque.” Pourquoi cette vérité est-elle supprimée ? jour après jour, mois après mois, année après année ?…

Pour Israël, l’état d’apartheid, coupable de crimes contre l’humanité et de plus de violations de la loi internationale que n’importe quel autre état, le silence persiste parmi ceux qui savent et dont le boulot est de maintenir le cap et l’ardoise propre.

Pour Israël, tant de journalisme est intimidé et contrôlé par un groupe de pensée qui demande le silence sur la Palestine tandis que le journalisme honorable lui, est passé dans la dissidence: métaphore sous-terraine….

Un seul mot “conflit”, permet ce silence. “Le conflit arabo-israélien”, récite les robots en lisant leur télé-prompteur. Lorsqu’un ancien journaliste de la BBC, un homme qui connaît la vérité, se réfère à “deux narratifs”, la contorsion morale est achevée.

Il n’y a pas de conflit, pas deux narratifs avec leur point d’équilibre moral. Il y a une occupation militaire forcée par une puissance dotée de l’arme nucléaire et soutenue par l’armée la plus puissante du monde ; il y en en plus une injustice de dimension épique.

Le mot “occupation” est peut-être banni, effacé du dictionnaire ; mais la mémoire de la vérité historique ne peut pas être bannie: celle de l’expulsion systémique des Palestiniens de leur terre ancestrale. Les Israéliens appelèrent cela le “Plan D” en 1948. L’historien israélien Benny Morris décrit comment David Ben-Gourion, le premier premier ministre d’Israël, a reçu cette question d’un de ses généraux: “Que doit-on faire des Arabes ?”

Le premier ministre, écrivit Morris: “balaya vigoureusement l’air de sa main.” “Expulsez-les !” déclara t’il.

Soixante-dix ans plus tard, ce crime est totalement supprimé de la culture intellectuelle et politique de l’occident. Ou alors c’est sujet à débat, à peine controversif. Des journalistes grassement payés acceptent avidement les voyages du gouvernement, l’hospitalité ou la flatterie, ils sont truculents dans leurs protestions d’indépendance. Le terme “d’idiots utiles” a été créé spécifiquemement pour eux.

Accepter des récompenses

En 2011, je fus frappé par la facilité avec laquelle un des romanciers les plus en vue de Grande-Bretagne, Ian McEwan, un homme baignant dans le flot de la lumière bourgeoise, a accepté le prix de littérature de la ville de Jérusalem dans l’état d’apartheid.

McEwan se serait-il rendu à Sun City dans l’Afrique du Sud de l’apartheid ? Ils y donnaient également des récompenses, tous frais payés. McEwan a justifié son action par des mots hypocrites au sujet de l’indépendance de la “société civile”.

La propagande du type de celle délivrée par McEwan, contenant la conventionnelle frappe sur la main de ses hôtes satisfaits, est une arme de l’oppresseur en Palestine. Mielleuse, elle insinue presque tout ce qu’on veut de nos jours.

Comprendre et détruire la propagande culturelle et d’état est aujourd’hui notre tâche la plus critique. On nous pousse à marche forcée vers une seconde guerre froide dont le but éventuel est de subjuguer et de balkaniser la Russie et d’intimider la Chine.

Lorsque Trump et Poutine ont parlé à huis-clos pendant plus de deux heures en marge de la réunion du G20 à Hambourg, apparemment sur le besoin de ne pas aller en guerre l’un contre l’autre, les objecteurs les plus vociférateurs furent ceux-là même qui ont mené la charge du libéralisme, comme cet écrivain politique sioniste du quotidien du Guardian de Londres.

“Pas étonnant que Poutine souriait à Hambourg”, écrivit Jonathan Freedland, “il sait qu’il a réussi dans son objectif principal: il a rendu l’Amérique de nouveau faible.” Méchant Poutine…

Ces propagandistes n’ont jamais vu ni connu la guerre mais ils adorent le jeu impérialiste de la guerre. Ce que Ian McEwan appelle la “société civile” est devenue une riche source de propagande affiliée.

Ainsi lorsqu’Israël est rappelé à l’ordre par les gouvernements et les ONG de “respecter les droits de l’Homme” en Palestine, rien ne se passe, parce qu’ils savent tous qu’il n’y a rien à craindre, rien ne va changer.

Prenez un terme souvent utilisé par les gardiens de cette “société civile”, les “droits de l’Homme”. Comme tout autre noble concept de “démocratie”, les “droits de l’Homme” se sont retrouvés vidés de leur substance et de leur objectif.

Tout comme le “processus de paix” et la “feuille de route”, les droits de l’Homme en Palestine ont été détournés par les gouvernements occidentaux et les ONG entrepreneuriales qu’ils financent (NdT: indirectement, mais il faut toujours suivre le fric pour savoir qui se cache derrière telle ou telle association ou ONG…) et qui affirme une chimérique autorité morale.

Ainsi, lorsqu’Israël est appelé par les gouvernements et les ONG à “respecter les droits de l’Homme” en Palestine, rien ne se passe, parce qu’ils savent tous très bien qu’il n’y a rien à craindre, rien ne va changer.

Remarquez le silence de l’UE, qui s’accommode parfaitement d’Israël tout en refusant de maintenir ses engagements au peuple de Gaza, comme par exemple maintenir ouverte la ligne de vie de Raffah, une mesure dont elle a accepté d’être un partenaire prépondérant au cours du processus d’arrêt des combats en 2014. Un port pour Gaza, dont le projet fut accepté par Bruxelles en 2014, a été abandonné.

La commission des Nations-Unies à laquelle j’ai fait référence s’appelle la Commission Economique et Sociale pour l’Asie Occidentale, a décrit Israël comme et je cite: “fabriqué pour le but principal” de la discrimination raciale. Des millions de gens comprennent cela. Ce que les gouvernements de Londres, Washington, Bruxelles et Tel Aviv ne peuvent pas contrôler est que l’humanité de la rue est en train de changer comme peut-être jamais auparavant.

Un monde en mouvement

Les gens, partout, remuent et sont de plus en plus conscients, de mon point de vue, que jamais auparavant. Certains sont déjà en révolte ouverte. L’atrocité de l’incendie de la tour Grenfell à Londres a rapproché les communautés dans un vibrant mouvement de quasi résistance nationale.

Grâce à une campagne populaire, le judiciaire examine aujourd’hui les preuves pouvant mener à une possible inculpation pour crimes de guerre de Tony Blair. Même si cela échoue, c’est un développement crucial qui met à bas une barrière de plus entre le public et sa reconnaissance de la nature vorace et prédatrice des crimes du pouvoir d’état, le dédain systémique pour l’humanité commis en Irak, en Palestine et dans l’évènement de la tour Grenfell. Ce sont des points qui ne demandent qu’à être connectés. Pour la plus grande partie de ce XXIème siècle, la fraude du pouvoir corporatiste posant comme la démocratie était directement dépendante de la propagande de distraction: largement fondé sur un culte du “moi-je”, du narcissisme créé pour désorienter notre sens et capacité de voir, regarder et considérer l’autre, d’agir ensemble pour la justice sociale et l’internationalisme.

Les notions de classe, genre et race furent écartelées. Le personnel devint le politique et le média le message. La promotion du privilège bourgeois fut présenté comme la “politique progressiste”. Ce ne l’était pas. Ne l’a jamais été. Ce n’est que la promotion du privilège et du pouvoir.

Parmi la jeunesse, l’internationalisme a trouvé une vaste nouvelle audience. Regardez le soutien à Jeremy Corbyn et le sort réservé au grand cirque du G20 à Hambourg. En comprenant la vérité et les impératifs de l’internationalisme et en rejetant le colonialisme, nous comprenons la lutte pour la Palestine,

Mandela l’a dit de cette façon là: “Nous savons tous parfaitement bien que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens”.

Au cœur du Moyen-Orient règne cette injustice historique en Palestine. Jusqu’à ce que celle-ci ne soit résolue et que les Palestiniens aient retrouvé leur terre et leur liberté et que les Israéliens soient les égaux des Palestiniens devant la loi, il n’y aura pas de paix dans la région et peut-être nulle part ailleurs. (NdT: ce que Pilger ignore ici est le fait que cela est fait pour cela, le but est la guerre et donc le chaos perpétuels, la division et la manipulation pour toujours plus de contrôle de la même clique sur le plus grand nombre…)

Ce que disait Mandela est que a liberté elle-même est précaire tandis que des gouvernements puissants peuvent simplement nier les autres, les terroriser, les emprisonner et les tuer, en notre nom. Israël comprend certainement la menace du fait qu’un jour, il devra être normal.

C’est pourquoi son ambassadeur en GB est Mark Regev, bien connu des journalistes comme étant un pro de la propagande et pourquoi “l’énorme bluff” des accusations d’antisémitisme, comme l’appelle l’historien israélien Illan Pappe, fut permis de déformer le parti travailliste et d’affaiblir la position de leader de Jeremy Corbyn. Le fait est que cela a échoué.

Tout bouge vite maintenant. La remarquable campagne du BDS (Boycott, Disinvestment and Sancions) est un succès, jour après jour, des villes, des syndicats et des corps étudiants la reconnaissent et l’endorsent. La tentative du gouvernement britannique de restreindre les conseils locaux d’endorser la campagne BDS a échoué devant les tribunaux.

Tout ceci n’est pas vain. Lorsque les Palestiniens se lèveront encore, comme ils le feront, ils ne seront peut-être pas couronnés de succès au début, mais ils le seront éventuellement si nous comprenons qu’ils sont nous et que nous sommes eux.

Guerre impérialiste au MO: L’occident soutient le terrorisme… et pas qu’un peu !…

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L’info se confirme: l’occident soutient le terrorisme !

 

Daniel Vanhove

 

22 juin 2017

 

source: http://www.mondialisation.ca/linformation-se-confirme-loccident-finance-et-soutient-le-terrorisme/5595700 

 

Pour ceux qui essaient de s’y retrouver dans les tumultes du monde actuel, les guerres qui ravagent le M-O et particulièrement celle de Syrie depuis mars 2011, donnent à mieux comprendre le jeu retors des puissances extérieures qui les alimentent.

Sous un départ qui s’apparentait à ce que d’aucuns nous ont vendu comme « les printemps arabes », cette terrible guerre fomentée et financée par l’Occident qui espérait la mettre à profit pour renverser le président B. al Assad et avoir ainsi un meilleur contrôle des réserves d’hydrocarbures et des oléoducs du pays, n’en finit pas de nous livrer les arcanes de ce qui se trame dans les couloirs obscurs des chancelleries.

Que l’on ne me rétorque pas que mon propos n’est pas étayé. Il y a aujourd’hui suffisamment de preuves qui attestent que c’est bien l’Occident qui est à la manœuvre derrière toutes ces pseudo révolutions populaires, tant au M-O qu’en Ukraine ou au Venezuela. Et les dernières déclarations du secrétaire d’Etat américain Tex Tillerson en sont l’illustration la plus flagrante, dès lors qu’il a dit devant le comité des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants : « … soutenir des éléments à l’intérieur de l’Iran pour une transition pacifique (ben, voyons !) du régime. » De tels propos sont évidemment inacceptables, mais ils ont l’avantage d’indiquer à ceux qui en doutaient encore, que ce sont bien nos pays qui agissent de manière « terroriste » sur la scène internationale, en intervenant en sous-main pour tenter via quelques ONG « colorées » ou groupuscules d’opposants de renverser des gouvernements qui ne nous conviennent pas afin d’y installer des pions plus dociles et corvéables moyennant quelques avantages. Cela s’apparente bien à des « complots », et nous pratiquons ainsi ce qu’il faut qualifier du seul nom qui convienne : le terrorisme d’Etat !

Les USA ont mis sur pied une coalition des plus douteuse à laquelle participent hélas nombre de pays européens via l’OTAN, ainsi que le gouvernement sioniste de Tel-Aviv en Palestine occupée. Cette coalition est intervenue en Syrie sans l’aval du gouvernement syrien. Il s’agit donc d’une violation flagrante de l’espace souverain syrien. En effet, lequel de ces pays la Syrie aurait-elle menacé pour qu’ils lui fassent la guerre ? Aucun ! Et l’UE s’est alignée en rampant comme une hyène face aux dictats yankees. Voilà les faits ! Voilà l’état de nos diplomaties européennes !

A l’inverse, le gouvernement syrien a demandé l’aide de la Russie, afin de contrer cette coalition contre laquelle son armée esseulée ne pouvait combattre par insuffisance de moyens. Ensuite, et vu la coalition mise en place par l’Occident, l’Iran et le Hezbollah libanais se sont également joints aux forces gouvernementales syriennes pour contrer les agressions de nos pays hostiles et belliqueux, toujours animés par cette arrogance propre à l’esprit colonial qui, décidément nous colle à la peau.

Depuis plus de six ans, le peuple syrien souffre d’une guerre qui se joue sur l’ensemble de son territoire, sans qu’il n’ait rien demandé à qui que ce soit. Des officines extérieures, principalement américaines et sionistes, ont longtemps préparé, formé, financé et armé des groupes de dissidents afin de provoquer un soulèvement du peuple, dans la foulée de ce qui se passait dans les pays voisins. Sauf que les incultes qui étaient à la manœuvre ne se sont pas aperçus que le Dr B. al Assad n’était ni S. Hussein, ni M. Khadafi… et que le peuple syrien est l’un des plus cultivés du monde arabe, capable d’une résistance et d’une résilience imprévues par ces « experts ».

Après avoir laminé l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et y avoir semé le chaos et la désolation sous les fallacieux prétextes de « menaces terroristes » qui nous guettaient, le décor syrien marque l’arrêt de ces piètres scenarii relayés par la clique habituelle des intellos promus au rang de « spécialistes » en stratégie militaire et singulièrement dévoués à l’essor du sionisme. L’allié russe a dit STOP aux aventures occidentales sous couvert aisé des « Droits de l’Homme », et l’équilibre s’en trouve bouleversé, ce qui paraît sain dans un monde globalisé où un seul Etat devenu l’Empire ne peut prétendre à en être le seul gendarme, en fonction de ses stricts intérêts.

Par ailleurs, la Syrie, pays laïc où cohabitaient les différents courants religieux, peut assurément prétendre à une certaine forme de démocratie si l’on concède cette appellation à Israël qui ne s’embarrasse pas de discriminer une large partie de sa population ; pratique l’apartheid à l’encontre de millions d’habitants palestiniens, sans parler des villages non-reconnus et ne figurant même pas sur les cartes routières sous prétexte que ce sont des Arabes qui les habitent ; jette et détient de manière arbitraire des mineurs en prisons où y sont pratiquées la torture ; procède à des punitions collectives ce qui est interdit par les Traités internationaux (https://ihl-databases.icrc.org/dih-traites/com/380-600038) ; étrangle depuis 10 ans la population de Gaza qui n’a plus d’électricité que 2 heures par jour ; ne respecte aucune des Résolutions de l’ONU. Et j’en passe… Aucun gouvernement ne s’autoriserait un tel comportement sans être mis au ban de la société des Nations et subir sanctions et menaces diverses émanant de tous bords. C’est dire combien les notions de Démocratie et de Justice sont piétinées par de tels agissements, et combien les citoyens s’en méfient tant elles sont galvaudées par le microcosme politico-médiatique qui non seulement laissent perdurer ces exemples désastreux, mais pire, les alimentent ! (https://www.legrandsoir.info/au-bout-de-10-de-siege-gaza-atteint-un-point-de-rupture-humanitaire-et-politique-ma-an-news.html)

Ce que l’on apprend au fil des mois de ce qui se passe en Syrie est absolument confondant. Et il faut souligner combien le Droit international est mis à mal par ceux-là mêmes qui dénoncent toujours chez les autres, des comportements qu’ils pratiquent eux-mêmes et à grande échelle.

Mais ce qui dépasse l’entendement, ce sont ces révélations au fil des mois, où l’on voit les USA et cette coalition – donc, nos pays ! – soutenir les groupes qu’ils qualifient eux-mêmes de « terroristes » (Daesh, l’E.I., al-Nosra and c°…) qu’ils affirment combattre par tous les moyens…; ainsi qu’Israël financer directement et soigner les mercenaires issus de ces mêmes groupes ! (http://presstv.com/DetailFr/2017/06/21/526020/IsralAl-Nosra–rvlations-russes).

De plus, si cette criminelle coalition ne s’embarrasse pas des « dégâts collatéraux » lors de ses bombardements qui font des milliers de tués civils, elle aide et évacue directement les chefs de Daesh quand ceux-ci perdent du terrain et tentent d’échapper à l’alliance mise en place par le gouvernement syrien (http://presstv.com//DetailFr/2017/06/14/525261/Raqqa-Syrie-Commandants-de-Daech-hliports-par-les-USA-Etats-Unis).

Pourquoi nos médias et les « pleureuses d’Alep » d’il y a quelques mois passent-ils sous silence ces bombardements que s’autorisent les chasseurs US à l’encontre de l’armée régulière syrienne dès lors que celle-ci menace les positions de Daech ? Ou quand un F-16 américain abat un SU-22 syrien, comme cela s’est encore passé ce dernier week-end. Une telle collusion avec des fanatiques est inadmissible !

A chaque réunion officielle et/ou sommet international, les gouvernements de « nos exemplaires démocraties » dénoncent le terrorisme, mais dans l’ombre et sur le terrain, le soutiennent activement… Tout cela, faut-il le rappeler, avec l’argent de nos impôts ! Comment accepter un tel état de faits !? (http://arretsurinfo.ch/syrie-selon-le-wall-street-journal-israel-soutient-les-combattants-des-groupes-terroristes/) Comment se prêter encore au jeu infâme de ces cérémonies posthumes où les responsables de nos gouvernements pleurent quelques larmes de crocodile sur fond d’hymne national à la mémoire de civils pris pour cibles, quand dans les coulisses, ils arment et financent le terrorisme !? L’on voit clairement que les victimes du terrorisme dans nos pays sont le résultat direct des collusions de nos Etats avec les groupes terroristes qu’ils soutiennent sur le terrain des opérations. Ces funestes choix politiques se retournent contre nous de la société civile, qui les essuyons de plus en plus souvent. Qui donc aura le courage de le dénoncer avec force !? Qui donc mettra ces responsables politiques face à leurs impostures afin qu’une procédure soit intentée à leur encontre !? Qui interpellera ces élus pour leur dire que de tels agissements méritent une condamnation sans aucune circonstance atténuante !?

Le constat est donc sans appel : oui, nos Etats occidentaux assassinent leur propre population par soutien direct au terrorisme international !

Guerres impérialistes au Moyen-Orient: Analyse d’Hassan Nasrallah (Press TV + Al Manar)

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« Par sa présence et l’exercice de son autorité, la Syrie a mis un terme à la guerre civile au Liban, a soutenu l’armée libanaise et a résolument soutenu la résistance… La présence syrienne au Liban a donc été une source de protection contre l’influence et le contrôle exercés par Israël et ne fut pas seulement un pivot dans le conflit opposant la Syrie à Israël. Il n’est que naturel que les vues du Hezbollah concourent avec celles de la Syrie, car personne n’est à l’abri des ambitions israéliennes, celles qui s’étendent bien au-delà de la Palestine et englobent toute la région. […] Le Hezbollah n’a jamais caché que sa relation avec la Syrie est fondée sur le calcul des intérêts de la résistance, la Syrie étant le seul pays arabe qui ait soutenu la résistance sans sourciller et a permis la grande libération du Liban. »
~ Naïm Qassem, SG adjoint du Hezbollah, 2005 ~

 

Les crises régionales servent les intérêts d’Israël (Hassan Nasrallah)

 

Press TV

 

23 juin 2017

 

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/Detail/2017/06/23/526282/Hezbollah-chief-Quds-Day

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le SG du Hezbollah Hassan Nasrallah dit que les crises au Moyen-Orient et en Afrique du Nord servent les intérêts du régime israélien.

Nasrallah a fait ces remarques dans un discours marquant l’occasion du jour international Quds qui tombe le dernier vendredi du mois du Ramadan.

Il a noté que le jour de la commémoration internationale de Quds s’étend dans le monde, disant que de plus en plus de pays observent l’évènement depuis qu’il fut annoncer par le fondateur de la république islamique d’iran, l’imam Khomeini.

Nasrallah a dit que l’objectif principal des derniers développements et des guerres dévastant la région était de faire accepter par les pays régionaux les conditions de Tel Aviv. Il a ajouté que le régime d’Israël prenait avantage du statu quo dans la région afin de marginaliser ce qu’il se passe en Palestine.

“Les terroristes takfiris sont nés, ont été créés pour renverser le gouvernement syrien”.

Il a aussi avancé dans ses remarques que les groupes terroristes takfiris de Daesh et d’al-Nosra (NdT: ou Al-Qaïda en Syrie, ceux qui d’après Fabius alors ministre des AE de la France, “font du bon boulot sur le terrain”…) furent formés par les Etats-Unis et d’autres pays pour renverser le gouvernement syrien, ce qu’il a décrit comme un obstacle à tout compromis visant à résoudre le problème de la Palestine.

Il a ajouté que Daesh a été envoyé en Irak, après que le gouvernemnt de Bagdad ait exprimé son soutien indéfectible aux groupes de la résistance.

Il a aussi dit que la guerre saoudienne au Yémen a été lancée parce que les Yéménites se tiennent aux côtés du peuple palestinien. Nasrallah ajoutant que le régime de Ryad a lancé la guerre alors qu’il y avait des mouvements anti-Israël se manifestant au Yémen.

Le SG du Hezbollah a félicité le rôle de l’Iran en tant que supporteur principal e la Palestine et des groupes de résistance. Il a dit que l’Arabie Saoudite essayait d’isoler l’Iran dans la région et de faire passer la guerre en territoire iranien. Mais il a en revanche expliqué que Ryad était bien trop faible et apeuré pour lancer une guerre ouverte contre l’Iran.

Il a ajouté que la puissance et l’influence de l’Iran sur les problèmes régionaux ne faisaient que croître et que la présence de l’iran en Syrie sera plus affirmée, se référant à la récente attaque de l’Iran contre des cibles de Daesh avec des missiles dans l’Est de la Syrie, attaque qui a tué beaucoup de terroristes et a détruit entièrement leurs positions. Nasralla a confirmé l’implication de la Syrie dans l’axe de la résistance.

“Israël n’est aucunement en position de lancer une nouvelle guerre”

Nasrallah a déclaré qu’Israël participait à la guerre au Yémen, ajoutant que son armée de l’air avait effectué des raids contre ce pauvre pays.

Il a dit que le régime israélien cherchait à remplir son objectif en lançant des guerres par procuration dans toute la région.

Le chef du Hezbollah a avancé qu’Israël évite une nouvelle guerre contre le Liban ou la bande de Gaza car il sait que cela aura un coût très élevé.

Il a autrement réaffirmé que les régimes qui conspirent contre l’axe de la résistance doivent savoir qu’ils échoueront dans leur entreprise.

Note de Résistance 71: A ce sujet nos voulons ici rappeler une chose importante, à savoir que le but ultime de l’action impérialiste au MO est le chaos, la déstabilisation, la division, la destruction, afin de mieux diviser et de régner par la peur. En cela l’objectif se réalise, il convient néanmoins d’empêcher la mise sous tutelle totale de la région au chaos impérialiste, dont l’oligarchie rire les marrons du feu… Quelques détails supplémentaires important ci-dessous.

= = =

La guerre au Moyen-Orient

Les points principaux du dernier discours d’Hassan Nasrallah, SG du Hezbollah

 

Al Manar

 

24 juin 2017

 

Article original: http://french.almanar.com.lb/464356 

 

Rédaction du site

Le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, a mis en garde « l’entité sioniste de ne pas provoquer une guerre contre la Syrie ou le Liban. Car ce ne sera pas une guerre  israélo-syrienne ou israélo-libanaise comme en 2006. Et ce parce que des milliers de moudjahidines viendront de l’Irak, du Yémen, du Liban, de l’Afghanistan, pour défendre les terres arabes de l’agression israélienne ».

S’exprimant à l’occasion de la Journée mondiale d’alQods, le SG du Hezbollah , Sayyed Hassan Nasrallah  a expliqué l’objectif principal des guerres au Yémen, en Syrie, en Irak, mais aussi contre l’Iran, contre les mouvements de résistance dans la région, sans perdre de  vue les intérêts des Etats-Unis et de ces alliés dans la région.

Reprenant les propos de M.Liebermann et du chef d’état-major israélien à la conférence de Hertzelia, sayyed Hassan Nasrallah a affirmé que « l’entité sioniste ne veut pas une guerre contre nous car elle sait que cette guerre ne lui permettra pas de réaliser ses objectifs (..) Liebermann sait qu’une guerre contre le Liban ou contre Gaza ne provoquera que des morts, des destructions , des blessés mais pas la victoire décisive ».

Il a souligné que  » le jeu de l’hypocrisie est terminé et que les visages des régimes arabes se sont dévoilés, ce qui est un indice positif pour la région car enfin les hypocrites se révèlent » ajoutant que « celui qui complote jour et nuit contre l’axe de la résistance, qui ouvre les portes du monde arabe à l’ennemi israélien c’est le régime saoudien ».

Il a conclu que la lutte contre le terrorisme doit commencer par la lutte contre la pensée wahhabite et ce « en exhortant le régime saoudien de cesser de diffuser la pensée wahhabite , de cesser de vendre des armes aux courants takfiris ».

Principaux points du discours:

L’occasion impose une introduction. Après la victoire de la révolution  islamique en Iran et l’avénement de la république islamique de l’Iran,  l’Imam Khomeini a déclaré que le dernier Vendredi du mois de Ramadan est dédié à la journée mondiale d’alQods.

Le Vendredi est le meilleur des jours de la semaine et les jours du Ramadan sont les meilleurs jours de l’année et les derniers jours du mois de Ramadan sont les meilleurs jours de ce mois béni et donc le choix de l’Imam Khomeini  pour ce jour afin de célébrer la cause palestinienne indique la valeur de cette cause humaine et l’importance de cette journée qui porte un message au monde..

Après la mort de l’Imam Khomeini , le guide suprême  de la Révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei a lui aussi insisté sur cette commémoration et grâce à Dieu elle s’est  renforcée et s’est répandue  à travers les quatre continents . .

Or, cette commémoration intervient avec la 50ème commémoration de la Nakba  quand les sionistes ont occupé la Palestine…

Ce qui se passe aujourd’hui dans notre région est très grave et très important car la région connait  une nouvelle période sans précédent jonchée de dangers , de défis,  de menaces , de guerres et aussi de victoires et d’espoir..

Nous pensons que le mouvement populaire qui a éclaté dans divers pays arabes était  vrai  et non comme certains le prétendent qu’il est  le fruit d’un complot.

Mais, faute d’un encadrement politique efficace, faute d’une bonne direction, faute de la présence de leaders et aussi à cause de la puissance des Etats-Unis , ce mouvement a été volé et on a entrainé la région vers une autre direction  pour réaliser des objectifs ..

Certes, parmi ces objectifs : voler nos ressources, notre pétrole et imposer leur hégémonie ..

Mais l’objectif principal de tout ce qui se passe dans la région, les guerres en Syrie, en Libye, en Irak , au Yémen .. Daech .. les répressions à Bahrein .. tout cela a pour but d’enterrer la cause palestinienne  et de créé une atmosphère  politique , médiatique et affectif favorable pour former une entente avec l’ennemi israélien au détriment du peuple palestinien..cet ennemi qui travaille jour et nuit pour enterrer la cause palestinienne , depuis sa création, sauf que les méthodes et les outils diffèrent d’une époque à  une autre , mais l’objectif reste le même pour l’entité sioniste..

1-le peuple palestinien

Ce peuple souffre l’embargo, la famine, les  arrestations,  les détentions, les assassinats, les poursuites, les harcèlements, les démolitions des maisons, des usines, des marches, la colonisation sauvage,  mais en plus ce peuple doit endurer les circonstances difficiles qui traversent la région car elles forment une pression sur le peuple palestinien .. à travers les crises que connait notre région, l’ennemi espère d’entrainer le peuple palestinien dans le désespoir, de se sentir seul et abandonné au point de le force r en fin de compte de n’accepter que les miettes dans tout futur pourparler de paix..

2-Iran

La république islamique de l’Iran est un soutien essentiel pour le peuple palestinien et pour les mouvements de résistance dans la région. Or, l’Iran lui aussi subit des sanctions, il a souffert d’embargo, il  affronte une campagne de diffamation et d’isolation, il est victime d’assassinats et d’attentats, et on cherche à le provoquer pour l’entrainer dans des guerres dans la région..

C’est du moins ce que le prince héritier a promis quand il a menacé de transférer la bataille à l’intérieur de l’Iran.. mais je vous dis que ce régime saoudien est trop lâche pour provoquer une guerre contre l’Iran..

3-Syrie

La Syrie est un Etat important dans l’axe de la résistance, car c’est un Etat sur le premier front face à Israel. De plus, une partie de son territoire est occupée par Israël.. Et donc, la Syrie représente un sérieux handicap à tout processus de paix avec l’entité sioniste..  c’est pourquoi, ils ont tenté de renverser son gouvernement, de détruire son armée et diviser son peuple..  ils ont fait venir des terroristes comme Daech et alNosra pour détruire l’Etat syrien et ensuite ils comptaient les éradiquer afin de faire venir des gens de l’opposition syrienne dite modérée, celle des hôtels de luxe, pour régner à leur place..

4-les mouvements  de résistance au Liban  

La résistance islamique au Liban et les mouvements de résistance dans la région doivent faire face aux menaces de guerre perpetuelle, aux diffamations, aux accusations de terrorisme, aux assassinats, aux tentatives de cibler l’environnement  qui soutient ces résistances, aux mesures de sanctions économiques en coupant leurs ressources..

Tous ces faits ont un seul objectif : enterrer la cause palestinienne et donc nos martyrs qui sont tombés en Syrie ou ailleurs ou les blessés ou les prisonniers de guerre ou les détenus.. tous se sont sacrifiés pour la cause palestinienne..

5-L’Irak

L’Irak a fait preuve d’une volonté politique d’opposition au projet américano-arabo-sioniste, il a exprimé clairement qu’il ne souhaite pas faire partie de l’axe qui veut enterrer la cause palestinienne.  A cause de cette volonté,  à cause de sa détermination à défendre la cause palestinienne , ils ont envoyé Daech en Irak.. N’oubliez pas Daech a été créé par les USA, avec l’argent saoudien  .. et la Turquie a offert des facilités..  ils ont planifié pour que Daech  renverse  le gouvernement irakien et détruire sa volonté et la détermination de son peuple …. l’Irak est une cible car il a refusé  de joindre leur axe..

6-Le Yémen

Au Yémen, la guerre américano-saoudienne a  divers objectifs : son pétrole, ses ressources, sa position..  La crise politique aura pu se résoudre par une table ronde de négociations.. Sauf que l’Arabie ne peut pas accepter la présence dans ce pays de courants qui défendent la cause palestinienne et qui condamnent l’occupation israélienne..mieux encore, des courants qui appelent à la résistance contre l’occupation israélienne..   Ce Yémen est sur la mer Rouge, ce Yémen se situe à Bab el-Mandeb, ce Yémen partage la frontière avec l’Arabie.. Et donc pas question de laisser dans ce Yémen des courants anti-israéliens ou anti-américains…

7-les pays arabes

Tous les pays connaissent des crises, en Libye, au Bahrein, même en Arabie  à Awwamya, partout les violences font rage, les peuples sont maltraités, opprimées, tyraninsés, ils vivent en-dessous du seuil de pauvreté …

Ces conditions poussent les gens au désespoir, à ne se préoccuper que de leur quotidien pour survivre, des conditions qui font oublier la cause palestinienne ..

Finalement, c’est  le peuple palestinien qui est visé. Ce peuple sera poussé à signer des accords humiliants, car il sera désesperé et se contentera des miettes, et si ce peuple abandonne sa cause , la cause palestinienne meurt..

A la conférence d’Hertzilia  , ils ont refusé toute discussion sur la question palestinienne , ils ont affirmé que le fait d’avoir abandoner Gaza est suffisant, et qu’alQods est leur capitale, ils ont même refusé le retour d’un seul réfugié ..

Reste que le plus dangereux et le plus menacant qui est survenu pour la première fois à cette conférence..

Résistance à l’empire: « Les Etats-Unis et le sionisme sont les parrains du terrorisme » (Iran)

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L’Iran a la capacité de punir les Etats-Unis

 

Press TV

 

18 juin 2017

 

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/Detail/2017/06/18/525662/Iran-US-Israel-Armed-Forces

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Un haut responsable de l’armée iranienne dit que l’Iran possède la capacité de punir Washington après le passage d’une volée de nouvelles sanctions au sénat américain, sanctions qui ciblent particulièrement le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (NdT: CGRI ou Pasdarans) sur accusations de terrorisme.

“La classe dirigeante des Etats-Unis est un régime hégémonique, expansionniste, maître-chanteur de petits caïds de cours de récréation et la racine des hostilités à notre encontre est fondée sur ces choses”, a dit l’adjoint du chef-d’état major de l’armée iranienne le Brigadier-General Massoud Jazayeri.

Depuis les toutes premières années de la révolution islamique, la nation iranienne s’est familiarisée avec l’inimitié américaine envers la révolution, son établissement et ses organes efficaces tel que le CGRI”, a t’il ajouté.

Jeudi, les sénateurs américains ont approuvé de vastes sanctions contre l’Iran à cause de son programme de missiles balistiques. La mesure mettrait également en application des sanctions et un embargo sur les armes à destination du CGRI.

La législation sénatoriale, plébiscitée par Israël et ses groupes de lobbying d’influences aux Etats-Unis (NdT: l’AIPAC, l’ADL etc…), doit encore passer la chambre des représentants et être signée par le président Trump afin de devenir une loi.

Les officiels iraniens disent que ce projet de loi viole “la lettre et l’esprit” de l’accord passé sur le nucléaire, duquel les USA sont partie prenante. Ils ont demandé une forte réponse en retour et le parlement iranien travaille sur des mesures à cet effet, d’après un député du Majli.

Si les Américains et les sionistes ne changent pas leurs manières, nous prendrons des mesures bien plus drastiques, et nous annonçons donc ici que nous avons les moyens de punition à notre disposition,” a dit sans élaborer plus avant le général Jazayeri.

Bien sûr que l’Amérique doit changer sa façon de se comporter, ou alors nous forcerons les Américains à le faire”, a t’il dit au service central de presse affilié avec l’slamic Republic of Iran Broadcasting (IRIB).

Jazayeri a dit que l’opinion publique mondiale voit “Les Etats-Unis et le sionisme international comme les parrains du terrorisme.”

“Bien des preuves suggèrent que Daesh et d’autres groupes terroristes ont été élevés sur les genoux de l’Oncle Sam et des régimes réactionnaires de la région”, a t’il dit.

Le commandant a dit que des mesures américaines et des sanctions s’intensifiant sur l’Iran en accusant la CGRI de soutenir le terrorisme “nous ferons combattre le Grand Satan d’un esprit encore plus déterminé.

“Le Grand Satan” est la description de l’Amérique donnée par feu le fondateur de la RII l’imam Khomeini, qui mena une révolution contre le régime du Shah Palavi, grand allié des Etats-Unis.

C’est une ironie de l’histoire que les terroristes américains appellent le très populaire CGRI (Pasdarans), dont la mission a été de combattre le terrorisme depuis sa création et de soutenir la cause palestinienne, les peuples irakien et syrien, tout en confrontant le terrorisme domestique à l’Iran, sponsors du terrorisme,” a dit Jazayeri.

Une autre chose bien étrange et que les peuples du monde n’ont pas oublié l’admission de l’actuel président des Etats-Unis quant à la création de Daesh et de toute l’assistance qui lui est apporté.” a t’il ajouté.

S’adressant à ses supporteurs lors de sa campagne électorale à Fort Lauderdale en Floride en août l’an dernier, Donald Trump a dit que le président américain d’alors Barack Obama et l’ex-ministre des AE Hillary Clinton “avaient fondé” Daesh au Moyen-Orient.

Résistance politique et changement de paradigme… Rojava kurde de l’intérieur: entretien avec deux anarchistes allemands

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A lire:

Notre dossier sur le Rojava et la révolution sociale kurde

« Le confédéralisme démocratique » (Abdullah Ocalan, 2011)

Un exemple de « Charte confédérative » (Michel Bakounine, 1895)

~ Résistance 71 ~

 

“Au sein de la révolution kurde”, entretien avec des anarchistes allemands

 

La Voie du Jaguar

 

11 juin 2017

 

url de l’article en français:

http://www.lavoiedujaguar.net/Au-sein-de-la-revolution-kurde 

 

Depuis leur victorieuse défense de Kobané contre Daech en 2014, le mouvement de résistance kurde — en particulier le YPG (la milice des hommes) et le YPJ (la milice des femmes) — a retenu l’attention des médias internationaux. Durant cette même période, leur expérience dans la constitution d’une société apatride dans les cantons autonomes du Rojava a fasciné les anarchistes à travers le monde. Cependant, afin de comprendre la résistance kurde du Rojava (Kurdistan de l’Ouest), il est nécessaire d’avoir une vision plus large des luttes pour la liberté et l’autonomie dans la région.

Compte rendu d’un entretien mené en 2015 en Allemagne avec deux membres d’un réseau anarchiste international qui ont passé du temps au Bakur (Kurdistan du Nord), leur permettant ainsi d’en apprendre plus sur les luttes se déroulant là-bas. Leur récit débute par un rappel historique sur l’émergence du mouvement kurde et du « nouveau modèle » adopté par le PKK au cours de la dernière décennie. Ensuite, ils décrivent en quoi leurs expériences au Kurdistan ont changé leur compréhension des luttes anarchistes en d’autres points du globe.

Pourriez-vous nous donner le contexte historique de l’émergence du mouvement kurde et décrire les luttes qui se déroulent aujourd’hui au Bakur (Kurdistan du Nord) ?

Eh bien, l’histoire commence il y a très longtemps avec des gens assis autour d’un feu en Haute Mésopotamie. Il y a environ quatre mille trois cents ans, une nouvelle structure sociétale commence à se mettre en place au Moyen-Orient, une forme très vigoureuse d’organisation sociale qui ébranle les anciennes structures communautaires en place : l’État des prêtres sumériens. Le processus historique ayant mené à la révolution du Rojava ne peut être compris sans la reconnaissance de la longue tradition de résistance et de soulèvements dans les régions kurdes se situant autour des chaînes montagneuses de Zagros et Tauros. Il s’agit probablement de la première région ayant été l’objet d’une colonisation par le système étatique, alors en formation et dont les racines se situent en Basse Mésopotamie (aujourd’hui le Nord-Irak, et qui est également l’ancêtre de l’État tel que nous le connaissons aujourd’hui en Occident). Le PKK et le mouvement kurde s’inscrivent dans cette longue tradition de résistance antigouvernementale et se définissent comme la 29e insurrection kurde dans l’histoire. Les régions kurdes se sont toujours trouvées aux abords d’empires puissants et ont été confrontées à des attaques par quasiment chacune des structures impériales qui ont émergé dans la région depuis quelques milliers d’années. Grâce au terrain montagneux et au mode d’organisation sociétale décentralisée adopté dans les villages par les Kurdes, ces régions n’ont jamais été totalement conquises ou assimilées. En conséquence, depuis des millénaires ils ont dû faire face à des efforts des puissances étrangères pour conquérir leur territoire et nommer des élites kurdes sous un mode féodal afin d’assurer l’obéissance et empêcher (ou tout du moins isoler) toute forme de rébellion.

Si nous avançons rapidement jusqu’au XXe siècle, nous voyons que ces dynamiques sont toujours d’actualité lorsque émerge le système d’États-nations. L’État turc a été fondé en 1923 à la suite de l’effondrement de l’Empire ottoman, lequel avait dirigé les territoires kurdes situés à l’est mais leur avait cependant accordé une indépendance culturelle et même politique. Durant la Première Guerre mondiale, les Ottomans s’étaient alliés avec les Empires centraux, établissant des liens politiques et idéologiques particuliers avec l’Allemagne, liens qui subsistent encore aujourd’hui. Après la défaite des Empires centraux et l’effondrement de l’Empire ottoman, les groupes nationalistes turcs ont combattu pour leur propre État. Depuis sa fondation, l’idéologie de ce nouvel État était de ce fait ultranationaliste. Ils ont proclamé la Turquie comme étant un État pour tous les Turcs et défini les personnes vivant à l’intérieur de ses frontières comme faisant partie de la grande nation turque, liant ainsi l’État à un sentiment de supériorité ethnique. En conséquence, toutes les personnes revendiquant une origine ethnique ou identité différente, que ce soient les Assyriens, les Arméniens, les Kurdes ou autres, étaient traitées comme des traitres et des terroristes séparatistes. Jusque dans les années 1990, le kurde et tout autre langage autre que le turc étaient officiellement interdits en Turquie — non seulement au niveau de l’appareil d’État mais également dans la sphère privée.

Nous faisons référence à toute cette histoire car il est important de comprendre l’âpreté des conditions dans lesquelles a été fondé le Partiya Karkeren Kurdistan (PKK), le Parti des travailleurs du Kurdistan. Le mouvement kurde contemporain est apparu lors de la révolte des jeunes de 1968 en Turquie, où le principe révolutionnaire se répandait par le biais des organisations socialistes, des étudiants radicaux, des travailleurs et des paysans. Dans les années 1970, un groupe d’amis kurdes et turcs s’est retrouvé à Ankara autour d’Abdullah Öcalan, de Kemal Pir, de Haki Karer et d’autres ; ces amis ont commencé à discuter de la question kurde au travers d’un prisme révolutionnaire. Une de leurs principales idées était que le Kurdistan était une colonie interne et devait être libérée de l’oppression coloniale afin d’y mettre en place l’utopie socialiste. Le PKK fut ainsi fondé en 1978 et il a été organisé autour de préceptes issus de la théorie marxiste-léniniste. Sous ce « vieux principe » comme ils l’appellent aujourd’hui, le PKK avait pour but d’établir une avancée politique et de commencer une guerre révolutionnaire afin de libérer les territoires kurdes et d’y établir un État kurde, lequel serait ensuite utilisé pour instaurer le socialisme.

Dans le climat fortement oppressant de la Turquie des années 1970, beaucoup n’attendaient que la possibilité de se battre pour une vie meilleure et la stratégie ainsi que la conviction du PKK se répandirent rapidement. En 1984, ils ont commencé une guérilla qui s’est transformée en une violente guerre civile. La guérilla s’est attiré un considérable soutien au sein de la société ; d’ailleurs dans beaucoup de régions il n’était pas possible de la séparer de la population dans son ensemble. En guise de réponse, l’armée turque, la police militaire ainsi que les services secrets ont mis en place des campagnes de représailles pour combattre les rebelles et intimider la population. Sous les auspices du programme anticommuniste « Gladio » supporté par l’OTAN, ils ont détruit quatre mille villages et tué plus de quarante mille personnes.

À la suite de ce bain de sang, le mouvement de libération kurde a commencé un processus de réflexion et d’autocritique au début des années 1990. En plus d’être confrontée à une violente répression menée par l’État et des groupes paramilitaires, la guérilla était minée par des problèmes internes, certains leaders du PKK se comportant comme des seigneurs de guerre avec une logique militaire fondée sur la vengeance sanguinaire. Il était devenu clair qu’une simple lutte militaire ne résoudrait rien. Le « vieux principe » avait mené à une guerre implacable et ne pourrait jamais répondre aux problèmes sociaux dans les territoires kurdes ni les défendre efficacement contre les menaces extérieures. Le PKK a déclaré unilatéralement un cessez-le-feu en 1993, mettant fin à la guerre civile afin de créer un espace au mouvement pour qu’il puisse formuler un nouveau concept amenant à une transformation sociétale. Le mouvement kurde a fait face à beaucoup de revers et de défis pendant ce processus de réflexion : efforts répétés de l’État turc pour provoquer des situations susceptibles de mener à une nouvelle guerre civile, kidnapping et emprisonnement du leader du PKK Abdullah Öcalan et ascension de partis kurdes avec un mode de fonctionnement de type féodal, tel que le clan Barzani au Nord-Irak. Malgré ces défis, entre 1993 et 2005, le mouvement kurde a développé ce qu’ils appellent aujourd’hui le « nouveau principe », lequel changerait profondément la stratégie et les objectifs du mouvement kurde.

Un souffle important vers un processus de changement interne est venu du mouvement des femmes kurdes. Des milliers de femmes ont rejoint les forces de la guérilla pendant la guerre civile. Souvent, elles se sont retrouvées en conflit avec des commandants démodés qui ont tenté de les maintenir dans des rôles sexuels traditionnels et de ne pas les traiter de manière égale. En réponse, elles ont établi des groupes de guérilla féminins complètement autonomes, ce qui était un acte tout à fait révolutionnaire dans leur contexte culturel. Elles ont repris le droit de combattre dans la bataille et se sont organisées par elles-mêmes, au sein du mouvement, mais en prenant leurs propres décisions de manière autonome. Comme nos amis nous ont dit, il y avait aussi une différence dans leur façon de combattre : dans les unités masculines ou mixtes, le comportement compétitif persistait, héritage de plusieurs générations de la société hiérarchique qui, à ce jour, constitue toujours un problème. La dynamique chez les combattantes était moins compétitive que parmi leurs collègues masculins ; nous pouvons voir des preuves à cet effet dans le nombre de combattants tombés au front. La plupart des victimes ont eu lieu lors de retours de mission, où l’attitude d’effronterie et de fierté victorieuse chez les combattants masculins était très courante. En revanche, dans les unités de femmes, leur vigilance tendait à être à plus long terme, et leurs combattantes se sont révélées être moins vulnérables en raison de cet excès de confiance potentiellement mortel.

En plus des unités militaires autonomes, les femmes kurdes ont également formé des comités sociaux et politiques pour discuter du problème de l’oppression patriarcale. Aujourd’hui, la tête dirigeante du mouvement des femmes est le Komalen Jinen Kurdistan (KJK), la Confédération des femmes au Kurdistan, qui fait partie du KCK, la confédération générale, mais prend des décisions de manière autonome. En outre, le mouvement des femmes maintient un droit de veto sur les décisions prises par des groupes d’hommes ou des assemblées générales. Sous leur influence, le mouvement kurde a contesté les schémas patriarcaux et hiérarchiques enchâssés depuis longtemps dans leurs modèles d’organisation.

Le processus de changement vers un nouveau paradigme a également été poussé de l’avant par une aile idéologique au sein du PKK formée autour de leur président Abdullah Öcalan, qui a avancé l’idée de confédéralisme démocratique après avoir entrepris une analyse historique approfondie du système hiérarchique du Moyen-Orient, voire au-delà de ce territoire. Il a souligné que les problèmes de pouvoir, d’oppression et de violence ont émergé du processus historique de civilisation lui-même, à commencer par les anciens États prêtres sumériens qui avaient précédé et qui, initialement, représentaient un défi pour l’adoption de formes plus égalitaires, souvent matriarcales, d’organisation sociale. Les problèmes d’oppression, de guerre et de quête du pouvoir sont liés à l’institutionnalisation des relations patriarcales dans les structures de l’État ainsi que dans le sacerdoce. Le système capitaliste, l’État-nation et l’industrialisme sont des concepts ayant évolué sur ces modes hiérarchiques et ayant été dominés par des modes de pensée masculine. Öcalan a également mis en relief les idées de l’anarchiste américain Murray Bookchin qui a réalisé une analyse du potentiel utopique du confédéralisme démocratique où il soulignait l’importance d’adopter un nouveau paradigme écologique, démocratique et libéré des rôles sexuels traditionnels. Au centre de la conception de ce « nouveau paradigme » du PKK se trouvait l’idée de communalisme, où chaque partie de la société devrait s’organiser et se rassembler dans une confédération communautaire décentralisée.

Inspiré par ce nouveau paradigme, le Komalen Ciwaken Kurdistan (KCK), la Confédération des sociétés du Kurdistan, a été fondée en 2005.On y retrouve, à sa base, un système de conseils dans les quartiers, les villages et les villes, servant de puissant contre-pouvoir civil afin de favoriser le développement de l’autonomie de l’État-nation et de l’économie capitaliste. Le KCK forme le noyau principal du système de conseils dans le Kurdistan, y compris les délégués de toutes les régions kurdes participantes. Ils élisent un organe exécutif dont le mandat est de travailler sur des questions importantes pour toutes les régions, comme la représentation diplomatique au niveau mondial, des propositions idéologiques et stratégiques et des questions de défense. Ils administrent également des Forces de défense populaires (HPG) comprenant les ailes armées de toutes les parties du mouvement. Au cours de la dernière décennie, malgré de lourdes conditions de répression et de guerre, le mouvement dans le nord du Kurdistan a créé des structures pour une société démocratique, écologique et libérée des rôles sexuels traditionnels.

Comme le KCK, qui englobe les structures de l’autonomie démocratique dans le Kurdistan, le Demokratik Toplum Kongresi (DTK), le Congrès de la société démocratique, comprend le système de conseils dans la région de Bakur, dans le nord du Kurdistan, qui tombe à l’intérieur des frontières de l’État-nation turc. La structure fédérée du DTK commence au plus bas niveau de village ou de voisinage soit le quartier, la ville et, finalement, la plus grande région de Bakur. Au plus haut niveau de la fédération, l’assemblée DTK, se situent des délégués révocables provenant de plus de cinq cents organisations de la société civile, de syndicats et de partis politiques, avec un quota de genre de quarante pour cent, de postes réservés aux minorités religieuses dans les assemblées, ainsi que d’un cosystème de sièges où un poste est réservé à un homme et l’autre à une femme. Dans la forme classique de base, les participants tentent de résoudre les problèmes locaux à un niveau local et c’est seulement s’ils n’arrivent pas à trouver de solution qu’ils se dirigent au niveau suivant. Les personnes non kurdes prennent part à certains des regroupements, y compris les membres des communautés azerbaïdjanaises et araméennes. En outre, les jeunes s’organisent d’eux-mêmes, à la fois à l’intérieur de ces structures et de façon parallèle, sous le slogan « Le capitalisme est un homme — nous sommes un mouvement créé des pouvoirs unifiés des femmes et des jeunes. » Ce sentiment souligne l’importance de la jeunesse et de l’organisation des femmes à surmonter les héritages enracinés de la hiérarchie dans la société kurde, mais reflète aussi la philosophie que la jeunesse n’est pas réellement une question d’âge, mais plutôt un état d’esprit très semblable au slogan zapatiste preguntando caminando, c’est-à-dire avancer tout en s’interrogeant.

Cette structure fédérée des assemblées et organisations civiles a été créée pour résoudre des problèmes communs et soutenir l’auto-organisation de l’ensemble de la population à travers des processus démocratiques partant de la base jusqu’au sommet. Ainsi, plutôt que d’être défini uniquement en termes d’ethnicité ou de territoire, le concept d’autonomie démocratique propose des structures locales et régionales à travers desquelles les différences culturelles peuvent être librement exprimées. En conséquence, il existe une variété haute en couleur d’organisations éducatives, culturelles et sociales et d’expériences d’économie de coopération qui se développent autour du Kurdistan du Nord. Il vaut la peine de mettre en évidence les commissions de médiation, qui visent à trouver un consensus entre les parties en conflit et donc une entente à long terme, plutôt que de reporter le problème par la punition. Cela conduit souvent à longues discussions, mais reflète aussi un concept de responsabilité collective dans lequel l’accusé ne devrait pas être exclu par des sanctions ou de la détention, mais devrait plutôt être mis au courant de l’injustice et du mal qu’a causés son comportement. Cela a rendu les tribunaux de l’État superflus dans de nombreux fiefs du mouvement de libération kurde. Parallèlement à ces commissions de médiation et d’autres conseils, on peut trouver des centres sociaux pour les jeunes et pour les femmes à tous les niveaux de la société, offrant des activités allant de cours de langue kurde et de séminaires politiques à des groupes de musique et de théâtre.

C’est dans ce contexte que nous devons comprendre le succès de la révolution en cours au Rojava. Le mouvement kurde peut jeter un regard sur quarante ans de lutte radicale, avec ses échecs, ses réflexions et ses avancées. Même si la formation de l’autonomie démocratique au Kurdistan du Nord s’est avérée être beaucoup plus chaotique, empêtrée avec les anciennes structures de l’État, et aux prises dans une guerre sociale et écologique plutôt que militaire, il n’en demeure pas moins qu’elle est largement comparable aux processus actuellement en cours au Rojava.

Une question que les anarchistes se sont posée à propos de cette lutte est de savoir à quel point la récente orientation antiautoritaire de la lutte kurde — incluant les structures de confédéralisme démocratique, les principes de la libération des femmes et ainsi de suite — est venue d’en haut vers le bas, à partir d’Abdullah Öcalan vers la direction du PKK. Il y aurait une contradiction apparente si une révolution antiautoritaire avait été dirigée d’en haut ! Quel est votre point de vue sur la relation entre l’idéologie des leaders de ces organisations et la transformation des rapports sociaux et des structures dans le Kurdistan ?

Voilà un point assez important, à propos duquel nous discutons beaucoup et qui, du moins en Allemagne, est lié à une certaine crainte découlant de mauvaises expériences dans les luttes révolutionnaires. Bien sûr, la question du leadership et de l’initiative est l’une des plus difficiles lorsque nous traitons de l’auto-organisation et c’est aussi difficile pour le mouvement kurde. Les vraies questions sont : comment peut-il y avoir un changement révolutionnaire radical dans la société ? Qui évalue la nécessité ? Qui prend les décisions au sujet de l’orientation ? La réponse doit être : tout le monde, pour tout, toujours. Peut-être que l’évolution du mouvement kurde et du PKK peut offrir un exemple utile, qui doit encore être pleinement compris dans le monde occidental. Öcalan et le PKK n’agissent pas simplement à partir d’un motif idéologique ou d’un système dogmatique fixes, comme la seule et unique vraie voie du marxisme-léninisme affirmée par les anciens États socialistes. Quand nous ne regardons pas au-delà de l’image et nous ne nous renseignons pas davantage, peut-être que l’image du socialisme révolutionnaire — leader barbu et sombre, guérillero désintéressé — nous trompe.

Ce que nous voyons dans le Kurdistan aujourd’hui, à la fois au Rojava et dans le nord, c’est une nouvelle démarche par laquelle l’ensemble de la société est en voie d’en arriver à un nouvel état de conscience. Si nous envisageons la persistance de l’État et de l’oppression patriarcale comme un problème de personnes qui demeurent inconscientes des possibilités de résistance, nous voyons l’importance de l’activation de la conscience de la société. Dans toutes les parties du Kurdistan où le mouvement de libération s’organise, nous retrouvons des comités de formation qu’ils appellent académies. Une académie peut prendre de nombreuses formes différentes, mais nous pouvons plus facilement le comprendre comme un espace collectif pour former une conscience commune. Certains pourraient être aussi simples qu’un groupe de discussion qui se réunit une fois par semaine, mais il y en a aussi de plus intensifs et à long terme, dans lesquels tous les militants participent (et au cours des dernières années tous les membres de la société qui veulent participer peuvent s’y joindre). Les académies sont toujours liées à d’autres organisations sociales ; les groupes de jeunes et le mouvement des femmes ont leurs propres académies, tandis que d’autres groupes organisent des académies générales pour tout le monde. Chacun de ces groupes souligne l’auto-émancipation, et dans ces institutions les propositions faites par Öcalan et le PKK sont discutées et critiquées intensément. Ces dirigeants ne sont pas les seuls à suggérer des propositions : chaque institution, chaque comité, et chaque individu peuvent propager leurs propres idées.

Cette pratique développée sur la base du processus d’éducation politique au sein de l’ancien PKK, où le standard pour chaque combattant militant et guérillero était de recevoir à la fois une formation militaire et idéologique. Le nouveau paradigme ayant émergé, il est devenu clair que l’objectif était non seulement de créer une avant-garde philosophique bien éduquée comme dans l’ancien système-cadre du léninisme, mais aussi de libérer la conscience de littéralement chaque personne prenant part dans le processus de formation de la nouvelle société. Ceux qui veulent s’auto-organiser ont à réfléchir sur leur relation avec le monde, ce qui signifie un approfondissement de leur démarche d’exploration philosophique.

Une méthode souvent utilisée dans ces académies est ce que nous pourrions appeler l’analyse associative. Lors de l’étude d’un certain sujet, chacun le propose à ses propres associations, par le biais d’un processus où chaque personne partage ses impressions et ses expériences, tandis que d’autres écoutent attentivement et s’efforcent de comprendre la personne, un consensus pouvant alors être formé. Sur un plan théorique, cette approche altère la possibilité d’« objectivité » et met en place une forme de subjectivités multiples. Lorsque vous identifiez votre propre position face à une certaine thèse, incluant à la fois votre propre volonté d’agir ainsi que les craintes qui surgissent en vous, alors ce qui est nécessaire deviendra plus clair sur le plan stratégique.

Aujourd’hui, le rôle et la position des militants du PKK et du PAJK (le parti des femmes) ont changé par rapport aux années 1980 et 1990. Leur image de soi s’est accrue de façon à être plus près de ce que nous pouvons envisager comme une personnalité de militante anarchiste : luttant pour leur autodétermination et une aide mutuelle. Sous l’ancien paradigme, le militant avait besoin d’être désintéressé et de faire preuve d’abnégation. Bien que cette conception ne soit pas totalement disparue, elle est en train de changer et les discussions au sein du mouvement rejettent les dichotomies et soutiennent, à la fois, la lutte pour une démarche individuelle d’autotransformation ainsi que pour la beauté et la force collectives. Comme la conception du rôle des militants a changé, ils ont rejeté l’idée dépassée de devenir une avant-garde. Au lieu de cela, ils se limitent à vivre sous la forme d’une vie ascétique et laïque bien organisée, fondée sur l’idée que la lutte pour nos amis et pour la révolution est la meilleure façon dont une vie peut être vécue.

Quelles leçons avez-vous tirées de votre temps passé au Kurdistan pour les luttes radicales en Allemagne et au-delà de ses frontières ?

Tout d’abord, mon engagement avec le mouvement de libération kurde, comme lutte historique et société dans la rébellion, m’a effectivement rendu possible de croire à nouveau, non seulement que ce monde est absolument inacceptable, mais aussi en la possibilité de se battre pour un autre monde. Je voudrais appeler cette reconquête le pouvoir de l’imagination, qui a déclenché un énorme sentiment de motivation mais aussi un certain sentiment de gravité chez beaucoup de nos amis. Il est abasourdissant de voir la grande conscience collective dans la société kurde.

En jetant un regard en arrière sur la vie métropolitaine occidentale, il semble évident que le patriarcat et le capitalisme se sont propagés dans chaque sphère de nos vies. Je pense que nous avons fait d’énormes bonds dans la compréhension de notre propre histoire et de la société, à travers la discussion avec nos amis du mouvement de la jeunesse kurde. En particulier, l’accent mis sur la philosophie et la perception de soi a clairement fait ressortir à quel point nous, anarchistes ou gauche radicale, sommes entravés par le moralisme. Nous avons appris à fonder nos actions sur ces notions de bon/mauvais, vrai/faux, et la culpabilité/pitié qu’on nous a serinés par le biais de la religion et du monde universitaire et de la théorie, plutôt que sur nos attachements communs réels et éthiques ainsi que nos amitiés. Pour démarrer la démarche nous permettant de nous libérer, nous avons à surmonter la personnalité libérale bourgeoise et le comportement capitaliste et à vaincre l’état interne suscité par cette mentalité.

En revanche, en Allemagne et plus largement dans l’Ouest, nous sommes confrontés à l’individualisme et au libéralisme intériorisés, non seulement dans la société en général, mais aussi au sein de notre « scène » politique — une scène ayant une tendance générale vers des modes de vie nihilistes et des politiques fondées sur l’identité. Dans mon observation, la plupart des militants de notre scène politique, ainsi que la majorité des jeunes libéraux, accordent une priorité absolue à la « liberté » de l’individu, suivant simplement les penchants qui leur viennent, dans un environnement où tout est autorisé. En même temps, il y a un sentiment de soumission et donc une acceptation d’un environnement immuable prédéterminé. Cela conduit souvent, d’une part, à un sentiment de paralysie pessimiste, de désespoir et de dépression et, d’autre part, à un réenracinement de la culpabilité — alimentée à même les identités découlant des structures de pouvoir qu’ils critiquent (blanc, classe moyenne, privilégiée) et la submersion dans diverses formes de scènes de vie commercialisées (punk, hardcore, gauche radicale, « anarchiste »)… qui tous deux mènent et découlent de cet individualisme omniprésent. Je pense qu’il pourrait être intéressant d’analyser l’impact des rébellions de la jeunesse de 1968, car il a donné un énorme souffle à ce développement. Nous sommes confrontés à des masses de gens autour de nous qui blâment l’inconscience de la société, des politiciens, des flics, ou des épouvantails fascistes, mais qui ont totalement perdu leur emprise sur la réalité ainsi que sur leurs propres responsabilités et agenda. Au lieu de cela, la plupart d’entre nous continuons à vivre le mythe libéral de la réussite économique et de la retraite, fuyant dans les études, le travail, les loisirs, l’activisme politique privatisé, les vacances, les partis, les médicaments, la consommation, le suicide !

La ligne est mince entre la conception occidentale de l’anarchisme et le libéralisme. Bien que les anarchistes classiques comme Emma Goldman aient reconnu l’importance de la liberté positive, « la liberté pour », le libéralisme met l’accent sur la liberté négative, ou la « liberté de », l’idée que les gens sont libres dans la mesure où ils ne sont pas contraints par des lois et des règlements. Cette compréhension de la liberté se glisse facilement dans la philosophie de l’individualisme, de la propriété privée, et du capitalisme, niant complètement la relation dialectique entre l’individu et la société, et le fait que les êtres humains ont toujours vécu dans des communautés en tant qu’individus sociaux, liés par des règles et des valeurs communes. Nous pensons que les valeurs humaines sont déterminées socialement et que les règles et les règlements sociaux pour les défendre ne représentent pas de restrictions à une certaine liberté préexistante, mais font partie des conditions d’une vie libre, qui doit inclure les libertés individuelle et collective. Comme un contre-exemple à la « liberté » libérale des anarchistes des scènes de la gauche radicale de l’Ouest, il convient de mentionner que le mouvement de la jeunesse kurde est sérieusement en lutte stricte contre l’utilisation et l’abus de drogues, parce que l’État turc essaie clairement de détruire le mouvement non seulement avec des gaz lacrymogènes et des arrestations, mais aussi avec tous les moyens disponibles de contre-insurrection modernes, y compris le soutien au trafic de drogues et à la prostitution. Nous pensons qu’il doit y avoir une réflexion collective sur la façon dont le consumérisme, l’individualisme et d’autres formes de libéralisme agissent comme fonctions de contre-insurrection et de savoir à quel point nous les avons intériorisées dans nos mentalités et nos comportements. Nous avons besoin d’organiser une autodéfense contre les attaques de ces idéologies capitalistes qui nous réduisent à rien de plus que des consommateurs et des entrepreneurs/travailleurs indépendants piégés.

Contrairement à ces illusions libérales, nos expériences avec des camarades dans le mouvement kurde nous ont donné une perspective sur l’importance de résoudre cette polarisation de l’Ouest entre l’individu et la société, en mettant l’accent sur les valeurs et l’éthique collectives plutôt que des points de vue politiques et identitaires. Inspirés par l’exemple du mouvement kurde, je pense que nous devrions étudier et récupérer notre histoire dans le cadre du processus d’élaboration de la conscience de soi pour résoudre le dilemme de l’Ouest, auquel nous sommes confrontés. Grâce à la critique de la civilisation et à l’analyse de notre patrimoine communal et démocratique, nous pouvons développer la conscience historique et la confiance dans ce que nous faisons. Abdullah Öcalan a essayé, dans ses écrits en prison, de se plonger assez profondément dans le contexte historique de la lutte des Kurdes, de façon à avoir l’occasion de le comparer à des expériences antérieures de luttes révolutionnaires. Plusieurs membres du PKK ressortent aujourd’hui cette histoire pour réaliser une réflexion critique sur leur idéologie et leurs stratégies, l’intégrant dans leur processus d’autoquestionnement et de création de leur propre philosophie de libération — qui est peut-être une mythologie révolutionnaire.

En même temps, cela ne signifie pas de se laisser aller à la nostalgie. Au lieu de cela, il faut nous inspirer de la force rénovatrice de la jeunesse, de toujours aller de l’avant tout en questionnant. Ne soyez pas effrayé par l’autodéveloppement ; soyez ouvert à la critique et apprenez de ses erreurs et de celles des autres. Laissez le processus de changement révolutionnaire commencer par vous-même. Peut-être est-ce aussi une bonne chose dont les anarchistes européens doivent se rappeler : le processus révolutionnaire n’est jamais quelque chose en dehors de vous ; il doit être identique à votre propre progrès vers la liberté, pour que vous deveniez une partie symbiotique d’une société libre. Je pense que chaque militant anarchiste devrait accepter notre responsabilité historique ainsi que la possibilité de recueillir et d’agencer notre pouvoir collectif afin de construire et défendre une société fondée sur la créativité, la diversité et l’autonomie. Mais cela signifie que nous avons à vivre selon la façon dont nous pensons et dont nous parlons. Donc, nous devons balayer nos idées libérales dans la poubelle de l’histoire. Seulement alors, serons-nous en mesure d’aller au-delà d’un accord théorique commun et d’être en mesure de « tout changer », comme vous dites !

Le lien entre les anarchistes ou gauche radicale et la lutte de libération kurde semble être fort en Allemagne, avec beaucoup d’anarchistes actifs dans les efforts de solidarité et qui s’inspirent grandement du Rojava et d’ailleurs dans le Kurdistan. Pouvez-vous parler de l’histoire de ces liens de solidarité ? Quelles seraient certaines des formes concrètes que cette solidarité ait pu prendre ?

Dans un premier temps, des groupes de solidarité ont émergé du mouvement des squats en Allemagne. Depuis les années 1990, des camarades allemands ont rejoint la lutte de la guérilla. Certains d’entre eux sont morts à la guerre, comme Shehid Ronahi (Andrea Wolf). Elle devait disparaître car elle était persécutée par l’État allemand pour ses actions dans la Fraction armée rouge, elle avait rejoint les rangs du PKK et elle avait combattu en tant qu’internationaliste. Plusieurs militants allemands ont aussi rejoint la lutte kurde armée et il y a donc des camarades, plus âgés, qui peuvent partager leurs expériences et réfléchir sur les erreurs qui ont été faites à cette époque. Dans les années 1990, il y avait beaucoup de problèmes, provenant des deux côtés, entre la gauche allemande et le mouvement kurde. D’une part, le PKK était encore ancré dans l’ancien paradigme et fortement axé sur la lutte au Kurdistan, à l’exclusion de tout le reste, ce qui faisait en sorte qu’il était difficile d’établir une vraie relation d’amitié. D’autre part, les Allemands ont maintenu nos modèles classiques de maintien à distance, critiquant sans comprendre, et démontrant l’arrogance de la métropole. Lorsque Öcalan a été arrêté et que le mouvement a eu à lutter durement pour survivre, cette solidarité ténue s’est fracturée.

Heureusement, comme le nouveau paradigme a commencé à émerger, un nouveau processus d’apprentissage a débuté, même s’il prenait forme très lentement et timidement depuis longtemps. Certains camarades allemands ont à nouveau visité le Kurdistan et été en contact avec des organisations de la diaspora, tandis que d’autres ont rejoint la lutte de la guérilla. Le PKK se perçoit lui-même comme internationaliste et il considère le fait que les liens internationaux soient renforcés comme étant d’une très grande valeur pour toutes les parties. Il a toujours été difficile de s’organiser avec les communautés kurdes dans la diaspora et, honnêtement, cela demeure un gros problème à ce jour. Bien qu’il y ait beaucoup de Kurdes vivant en Europe, les liens entre eux et d’autres radicaux européens ne sont pas très forts. Plusieurs raisons l’expliquent : l’une d’elles est le fait que la société allemande est très raciste et que beaucoup de communautés de migrants s’organisent seulement parmi leur propre peuple, comme une sorte de mécanisme d’autodéfense. De plus, le nationalisme tend à être plus fort chez les Kurdes de la diaspora, et la société de la diaspora est encore souvent organisée le long des lignes féodales. Dans les années 1990, il y avait des manifestations communes, et aujourd’hui les Allemands et les groupes kurdes marchent encore une fois à nouveau ensemble. Par contre, au niveau de l’auto-organisation commune, nous demeurons encore faibles.

Après l’attaque de l’année dernière de Shengal et le siège de Kobané, l’attention fut aussitôt ravivée et l’ensemble de la scène radicale de l’Allemagne a réagi. Depuis, les choses ont commencé à bouger lentement, de plus en plus de gens ont essayé de retrouver leur voie en retournant au Rojava et certains se sont joints aux rangs de la GPJ/YPJ.

Quelles suggestions feriez-vous aux anarchistes de partout ailleurs sur la façon d’apprendre et de faire preuve de solidarité avec la lutte pour la libération kurde ?

Nous pensons que les anarchistes doivent envisager la lutte de la libération kurde comme leur propre lutte, comme une lutte internationaliste. Le fait d’apprécier les camarades du Kurdistan peut nous aider à outrepasser les illusions libérales dont nous avons discuté. Il doit y avoir une reconnaissance, une conscience de responsabilité sur le dilemme du Moyen-Orient. L’ouverture d’esprit et la volonté de s’engager philosophiquement et théoriquement avec l’idéologie du mouvement est important, de sorte que nous pouvons exprimer ces possibilités dans de nombreuses langues et couleurs. Ce qui exige que nous soutenions aussi la lutte pour les questions de communication, qui peut être l’une des nombreuses façons de la soutenir sur le plan technique. En outre, il y a toujours eu une chaleureuse invitation à se rendre effectivement au Kurdistan pour apprendre, critiquer et affiner ses idées sur l’organisation locale et internationale. Comme nos amis kurdes l’ont souligné à plusieurs reprises, c’est finalement à ceux d’entre nous qui vivent dans les métropoles occidentales de construire nos propres mouvements révolutionnaires — il s’agit du plus grand soutien que nous puissions leur donner, car c’est une occasion de défense mutuelle. D’aussi loin que nous ayons pu l’entendre, l’aide pratique est nécessaire sur plusieurs thèmes : la connaissance de l’ingénierie, des trucs médicaux et de toutes sortes de choses pratiques peut s’avérer être utile.

Pouvez-vous nous faire une mise à jour sur la récente vague de répression antikurde par l’État qui se déroule en Turquie ? Comment le mouvement kurde répond-il à cette violence ?

Actuellement, nous sommes dans une situation d’escalade. En réponse à la lourde défaite électorale de son parti aux élections législatives du 7 juin 2015, le président turc, Erdogan, a déclaré la guerre à la population kurde et a donc mis fin au processus de paix, engagé par Öcalan en 2013. Depuis le massacre qui a coûté la vie à trente-quatre jeunes radicaux kurdes et turcs dans la ville frontalière de Suruç, sur le chemin pour Kobané, à la fin du mois de juillet, il y a eu des milliers d’arrestations et de bombardements des camps de la guérilla du PKK, à la fois dans Bakur (Kurdistan du Nord / sud-est de la Turquie) et dans les territoires du Medya défense dans Bashur (Kurdistan du Sud / nord de l’Irak). Le conflit militaire est en hausse, avec de nombreux militants et des civils abattus par l’État, alors que les attaques, pogroms contre les Kurdes et d’autres mouvements sociaux ont eu lieu, pendant des semaines, dans le nord du Kurdistan et dans toute la Turquie. Plus récemment, l’armée turque a assiégé la ville de Cizre pendant une semaine, tandis que les ultranationalistes turcs ont attaqué les Kurdes et les bureaux de la HDP (un parti politique kurde) dans tout le pays. Beaucoup de magasins kurdes ont été incendiés par les partisans de l’AKP, Parti de la justice et du développement conservateur de M. Erdogan, ainsi que par des membres d’organisations fascistes comme les Loups gris, l’organisation de jeunesse fasciste du Parti du mouvement nationaliste. Des attaques similaires contre les Kurdes et les autres opposants à la guerre ont eu lieu en Europe ces derniers jours et, alors que l’État allemand garde le silence sur ces attaques par des nationalistes turcs, des militants kurdes ont été criminalisés et arrêtés.

Dans le visage de cette violence, le mouvement a développé un modèle appelé la théorie de la légitime défense ou la théorie de la rose. C’est une métaphore fondée sur l’idée que chaque être vivant doit défendre sa propre beauté qui lutte pour survivre. Tous les êtres doivent créer des méthodes d’autodéfense en fonction de leur propre façon de vivre, en grandissant et en se liant avec d’autres et, où l’on ne vise pas à détruire son ennemi, mais plutôt à l’obliger à changer son intention de passer à l’attaque. Les guérilleros discutent de cela comme d’une stratégie défensive au sens militaire, mais ils travaillent également à d’autres échelles. Dans son essence, nous pouvons l’envisager comme une méthode d’auto-émancipation. Pendant longtemps, les guérilleros du PKK n’ont rien fait, prenant pour acquis que l’État turc poursuivrait les négociations, parce qu’ils savaient qu’ils ne pouvaient pas les vaincre militairement. Si vous êtes assez fort et suivez votre chemin, la violence ne sera pas nécessaire ; cela devient tout simplement une question d’organisation. Cette compréhension de l’autodéfense fait également partie du nouveau paradigme.

Étant donné le contexte géopolitique complexe de la lutte des Kurdes, pris entre différents États hostiles et forces armées, que pensez-vous que cela prenne pour qu’une révolution antiautoritaire s’enracine véritablement et soit la dernière dans la région ?

Eh bien, comme nous l’avons appris de l’étude d’autres révolutions à travers l’histoire : la seule occasion de durer pour une révolution est de se propager, d’élargir ses horizons et de surmonter toutes les frontières établies destinées à la contenir. Comme nos camarades kurdes l’expliquent, il y a deux piliers de la lutte révolutionnaire. Le premier et le plus important est le processus de construction de l’autonomie démocratique ; il réfère à la simple question sur la façon dont nous voulons vivre, sur la façon d’organiser nos vies quotidiennes. À l’heure actuelle, il est difficile de mettre l’emphase sur cette question, parce que toute la région est mise à feu et prise dans la guerre. Voilà pourquoi le second pilier est l’autodéfense par tous les moyens nécessaires. Les deux sont essentiels et doivent être appliqués à différents niveaux. Les soulèvements révolutionnaires à travers l’histoire, en Europe et ailleurs, où l’un ou l’autre de ces piliers a été négligé, ont été inévitablement vaincus.

Il est vraiment important de renforcer la position révolutionnaire dans le Kurdistan, non seulement militairement, mais aussi par l’élaboration de la communication avec des camarades du monde entier. Comme le soulèvement révolutionnaire en Turquie et le soutien au sein de l’Occident se développent, il y a moins de possibilités pour d’autres puissances régionales d’attaquer le mouvement kurde. En outre, afin élargir notre propre perspective, nous devons reconnaître l’énorme potentiel que l’expérience de ce mouvement nous offre. Depuis le début, ils se sont organisés au sein d’une situation qui était plus désespérée que la nôtre et, pourtant, ils ont réussi. Je dirais que c’est, d’une certaine manière, le fait de traiter avec un danger concret qui les rendait si forts. En outre, il serait tout à fait productif d’échanger des expériences. Les méthodes et outils de mouvements anarchistes de l’Ouest sont très créatifs et pourraient offrir beaucoup de soutien sur les questions spécifiques d’auto-organisation.

Nous retrouvons au Moyen-Orient, à l’heure actuelle, une étrange situation d’équilibre relatif de puissances, avec le Rojava positionné dans l’œil du cyclone. C’est la grande vision de la politique de l’islam sunnite, poussé de l’avant principalement par les gouvernements de la Turquie et de l’Arabie Saoudite. On y retrouve aussi les États chiites de l’Iran, l’Irak et les restes du régime Assad en Syrie. Enfin, il y a l’OTAN, duquel la Turquie est membre et où elle affirme ses propres intérêts. Au centre, nous y retrouvons aussi l’État islamique (Daech), une armée de zombies qui ne peut plus être contrôlée par personne, même si elle a probablement été créée et soutenue pour écraser la résistance kurde et le régime de Damas. Donc, dans cette situation chaotique, le Rojava est encore nécessaire pour l’OTAN, par exemple, parce qu’il est la seule option locale fiable qui soit en mesure d’infliger une défaite à Daech. Alors oui, le Rojava est en quelque sorte coincé entre toutes ces puissances militaires. Par contre, comme nous l’avons appris dans le cadre de nombreuses révolutions, la guerre n’est pas simplement une question de mathématiques. Elle est plus liée à une certaine façon de combattre et à une question de conscience. Nous devrions en tirer des leçons.

Pouvez-vous expliquer ce que vous entendez par cette « façon de combattre », ou forme spécifique de conscience dans la lutte armée, qui fait le caractère distinctif de la résistance kurde ?

Permettez-moi de partager une histoire qu’un ami m’a racontée une fois. Il a pris part à la guerre dans les monts Qandil en 2011. À cette époque, il y avait une alliance pragmatique entre la Turquie et l’Iran : les deux avaient un problème avec le mouvement kurde et avaient peur des possibilités militaires dont disposait la guérilla. Qandil forme l’extrémité sud des territoires de défense Mediya, les montagnes contrôlées par la guérilla dans les régions frontalières de l’Iran, de l’Irak et de la Turquie. Il m’a raconté une situation où un millier et demi de pasdaran, les régiments d’infanterie de l’Iran, ont tenté de prendre d’assaut la colline où les guérilleros se cachaient. Il y avait seulement une trentaine de camarades qui défendaient leur montagne. Il a expliqué que ce que l’armée iranienne a tenté d’utiliser contre eux étaient seulement leurs balles et leur crainte de la punition par ses dirigeants. Ils couraient aveuglément vers le sommet et ont été défaits. Ils n’avaient aucune conviction, aucune énergie, aucune amitié entre eux. D’autre part, m’a-t-il dit, quand ses camarades ont défendu leur position, ils n’ont pas simplement utilisé leurs armes. Ils se battaient pour leurs villages pillés, pour leurs familles brisées, gardant à l’esprit leurs amis tombés et ayant conscience que l’armée qui les attaquait ferait brûler les montagnes et les forêts derrière eux et détruirait la nature de leurs terres. Ils se sont battus pour ceux qui étaient trop faibles pour se tenir seuls, pour tous les membres de la société qui se tenaient derrière eux et les soutenaient en retour. Peut-être est-ce difficile à comprendre si vous ne le ressentez pas vous-même. Leur énergie a été soutenue par une longue lignée d’amis, par l’oppression historique connue, par une protection mutuelle — un amour pour la vie et la conviction de croire en eux-mêmes.

Toutes ces choses vous viennent en premier, dit-il, quand vous êtes assis à côté de vos amis dans votre position de garde et que vous élevez vos armes pour vous défendre : votre confiance en vos camarades, votre gratitude pour ceux qui croient en une société libre vivant dans les vallées et qui cultivent les jardins et vous nourrissent, votre tristesse à propos des horreurs que l’État a fait subir à vos amis et à vos familles. Et à la fin, il y a la balle que vous tirez sur celles qui viennent dans votre direction. Comment pourraient-ils éventuellement gagner, a-t-il demandé en souriant.

Même le combattant qui, objectivement, est plus faible peut produire une grande force, si elle se bat pour son propre bien et pour ceux à qui appartient son cœur, sans être poussée dans une direction ou par une idéologie ou encore d’être pressée de faire quelque chose qu’elle ne veut pas faire. Ceux qui se battent pour leur société et les relations symbiotiques qu’ils ont protégées et nourries entre eux sauront toujours vaincre les méthodes conventionnelles fondées sur la destruction ou sur des intérêts et stratégies hégémoniques fondées sur l’hostilité. Il m’a rappelé les mots que des amis philosophiques de l’Ouest avaient déjà dits une fois : la réalité reliée à vos propres désirs a une signification révolutionnaire. Si vous savez vraiment ce pour quoi vous vous battez, si vous percevez les éléments essentiels de la situation dans laquelle vous vous trouvez, vous pouvez le relier à votre volonté de vivre, ce qui vous donnera une beauté même au-delà de la mort. Cette guérilla m’a appris qu’ils se considèrent eux-mêmes comme les gardiens de la vie, en utilisant leurs propres capacités pour protéger la vie de leur société. Cela m’a beaucoup impressionné.

Il pose aussi la question : d’où va venir l’énergie révolutionnaire pour l’Occident ? Nous comprenons à peine notre propre situation, pressés par des décisions pragmatiques fondées sur un système de dépendances complexe. Peut-être cela est-ce la leçon que nous devons apprendre pour nous-mêmes : quelle est la réalité de notre situation commune que nous devons comprendre pour commencer ? C’est la raison même pour laquelle aucune autre armée en ce moment ne peut repousser les forces de Daech en Syrie. En défendant Kobané, les GPJ/YPJ ont fondé leur défense sur cette même conscience. Personne ne pouvait croire qu’ils libéreraient leur ville ; cela va au-delà du rationalisme. C’est fondé plus sur la foi en vous-même et sur la conviction en votre propre énergie révolutionnaire, qui évolue à partir de votre désir de vivre. C’est cette chose qui été presque évacuée hors de vous si vous avez été élevé dans le capitalisme occidental.

Un autre ami a ajouté que si vous voulez vraiment créer une nouvelle société fondée sur des relations non oppressives, vous essayez de construire quelque chose qui n’existe pas encore. Un quelque chose qui fait partie d’un nouveau monde, d’un autre monde. Comment pourriez-vous comprendre de façon rationnelle, à partir de votre point de vue aujourd’hui ? Ce n’est pas écrit dans les livres. Vous auriez besoin de devenir fou pour outrepasser le statu quo ; vous devez être convaincu par votre fantaisie et par votre désir. Voilà votre problème en Europe, a-t-il conclu : vous avez oublié comment faire cela.

Nouvel Ordre Mondial: Attentats et opérations sous faux-drapeau modernes sont des créations sionistes… (Veterans Today)

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Alexis parle ici des opérations faux-drapeaux modernes de toute évidence, même s’il aurait dû le préciser dans la mesure où à la lecture de son article, on pourrait penser qu’il croit qu’il n’y avait pas d’opérations faux-drapeaux avant l’époque moderne. De fait, l’histoire de l’humanité en est truffée, comme l’incendie de Rome par Néron par exemple, surtout celles de l’empire américain, qui rappelons-le a été en guerre plus de 300 ans sur ses 341 ans d’existence, on ne compte plus les faux-drapeaux générés par les Yanks.

~ Résistance 71 ~

Les opérations faux-drapeaux sont des créations sionistes

Jonas Alexis

5 juin 2017

url de l’article original:

http://www.veteranstoday.com/2017/06/05/false-flag-operations-are-zionist-creations-2/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Les opérations faux-drapeau par leur nature même, sont toujours bonnes pour les nouveaux cons(ervateurs), le régime israélien, les va t’en guerre et les puissances usuelles. Si vous n’en êtes pas sûr, demandez donc à B. Netanyahou et il va vous en persuader. Vous rappelez-vous ce qu’il a dit après les attaques du 11 septembre ?

Le fou de Tel Aviv expliqua sans équivoque à une audience de l’université Bar Ilan: “Nous bénéficions d’une chose et c’est de l’attaque sur les tours jumelles et le Pentagone ainsi que de la lutte des Américains en Irak.”[1] Toutes ces guerres et attaques terroristes “ont fait chavirer l’opinion publique américaine en notre faveur”, a t’il ajouté.[2]

Le président iranien d’alors Mahmoud Ahmadinejad a vu la même chose à savoir que les opérations faux-drapeau renversaient toujours “l’opinion publique américaine” en faveur d’Israël. Ahmadinejad a alors dit:

“Il y a 4 ou 5 ans, un évènement suspicieux s’est passé à New York. Des bâtiments se sont effondrés et ils ont dit que 3000 personnes y avaient été tuées sans jamais publier leurs noms. Sous ce prétexte, les Etats-Unis ont attaqué l’Afghanistan, puis l’Irak et depuis, un million de personnes ont été tuées en Irak.”[3]

Ce que nous voyons ici encore et toujours est ce que l’ayatollah Khomeini avait dit bien en avance sur son temps, lorsqu’il lança l’expression de “Grand Satan” pour décrire les activités sionistes aux Etats-Unis et au Moyen-Orient ; Par le “sionisme international”, il dit en 1979:

“Au moyen des ses agents fourbes et cachés (comme par exemple les néoconservateurs et les va t’en guerre de tout poil), il suce le sang des peuples sans défense comme si lui seul, avec ses satellites, avaient le droit de vivre en ce monde. L’Iran a essayé de couper ses relations avec ce Grand Satan et c’est pour cette raison même que maintenant des guerres lui sont imposées.”[4]

Khomeini ne faisait que s’échauffer: “Il n’ y a pas de crime que l’Amérique ne commettrait pas afin de maintenir sa domination économique, politique, culturelle et militaire sur ces parties du monde où elle prédomine.”

Ceci est toujours vrai aujourd’hui. La mafia sioniste et ses marionnettes utilisent des opérations faux-drapeau pour matraquer à la fois le Moyen-Orient et l’occident à mort. Par exemple, juste après les récentes attaques de Londres, Theresa May a déclaré que le gouvernement se devait de prendre le contrôle de l’internet. “Nous ne pouvons pas permettre à cette idéologie un espace de sécurité pour se reproduire, et pourtant c’est exactement ce que l’internet et les grosses entreprises qui en fournissent l’accès font,” a t’elle dit.[5]

May ne pense pas une seconde que la guerre perpétuelle créée au Moyen-Orient pourrait bien être une raison des attaques contre l’occident. Elle pense juste que l’internet est une grande partie du problème ! Elle a dit:

“Nous devons travailler avec les gouvernements démocratiques alliés pour atteindre un accord international afin de réguler le cyber-espace et empêcher la propagation de l’extrémisme et de la planification terroriste.”[6]

Les attaques terroristes de Londres, a t’elle ajouté “étaient liées entre elles par une seule idéologie malfaisante, celle  de l’extrémisme islamique.”[7] Qu’en est-il de l’extrémisme nouveau con ? et de la Syrie en ce moment ? Qui soutient vraiment l’EIIL dans la région ? Cette femme veut-elle nous faire croire qu’elle ne sait pas , qu’elle ne sait rien ? Pourquoi ne s’assied-elle pas 5 minutes avec Poutine pour lui demander ?…

May fait l’idiote avec les faits parce qu’elle est au lit avec un paquet de va t’en guerre et de satanistes. En fait, May n’a pas hésité à dire l’an dernier qu’elle était prête à larguer des bombes sur des gens innocents, hommes, femmes et enfants, afin de protéger son idéologie politique.

Le second point est que May et d’autres va t’en guerre sont préoccupés au sujet des récentes attaques de Londres, mais les mêmes personnes ne sont pas vraiment inquiètes quand il s’agit de bombarder en Irak, en Afghanistan, en Libye et en Syrie. Juste samedi dernier, au moins 245 civils ont été tués rien qu’à Mossoul (NdT: par des raids anglo-americano-sionistes…)

Le mois dernier, au moins 3050 personnes ont perdu leurs précieuses vies. Qui se préoccupent de ces gens ? Aucun politicien en occident en tout cas. Ils sont bien plus motivés à faire bloquer l’internet que d’adresser les vrais problèmes au Moyen-Orient. Censurer ce que disent les gens sur internet est un vieux projet israélien depuis le départ.[8]

[1] “Report: Netanyahu Says 9/11 Terror Attacks Good for Israel,” Haaretz, April 16, 2008.

[2] Ibid.

[3] Ibid.

[4] Quoted in E. Michael Jones, “The Great Satan and Me: Reflections on Iran and Postmodernism’s Faustian Pact,” Culture Wars, July/August, 2015.

[5] Jon Stone, “Theresa May says the internet must now be regulated following London Bridge terror attack,” Independent, June 4, 2017.

[6] Ibid.

[7] Ibid.

[8] See for example David Shamah, “Israel eyes world coalition to force social media platforms to block incitement,” Times of Israel, January 19, 2016; for similar stories, see also “Likud Minister: It’s Clear Netanyahu Wants to Block Critical Reports About Him,” Haaretz, March 4, 2017.