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Guerre impérialiste: La City de Londres à la manœuvre au Moyen-Orient

Posted in actualité, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 21 juin 2017 by Résistance 71

Analyse intéressante de Thierry Meyssan ci-dessous.

Question: Le Qatar est une de facto propriété d’Exxon-Mobil (dont le ministre des AE actuel yankee fut CEO) et il est difficile d’imaginer que XMO laisse le Qatar, donc quel est le véritable (en)jeu derrière le rideau entre les véritables acteurs que sont donc XMO (Rockefeller), Royal Dutch Shell (Rothschild), ARAMCO (Saoud + Rockefeller + Rothschild), la compagnie iranienne du pétrole et du gaz, Gazprom et Rosneft les russes ? C’est là que se situe le nœud gordien de l’affaire aussi en rapport avec la Chine et les nouvelles routes de la soie… Tout ceci, quelqu’en soit les détails secrets, ressemble à s’y méprendre à un ajustement structurel non pas du Moyen-Orient, qui n’est qu’un pion, mais de l’empire. Bernard accélère le processus de son changement de coquille, le temps presse parce qu’au vu des dernières élections un peu partout, les peuples commencent à avoir une sérieuse puce à l’oreille…

~ Résistance 71 ~

 

Ajustement au Moyen-Orient

 

Thierry Meyssan

 

20 juin 2017

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article196878.html 

 

Alors que les États du Moyen-Orient élargi se divisent entre partisans et adversaires du cléricalisme, Washington, Moscou et Pékin négocient une nouvelle donne. Thierry Meyssan évalue l’impact de ce tremblement de terre sur les conflits palestinien, irako-syrien et yéménite.

La crise diplomatique autour du Qatar a gelé divers conflits régionaux et a masqué des tentatives de règlements de quelques autres. Nul ne sait quand aura lieu le lever de rideau, mais il devrait faire apparaître une région profondément transformée.

1— Le conflit palestinien

Depuis l’expulsion de la majorité des Palestiniens hors de chez eux (la Nakhba, le 15 mai 1948) et le refus par les peuples arabes de ce nettoyage ethnique, seules la paix séparée israélo-égyptienne des accords de Camp David (1978) et la promesse d’une solution à deux États des accords d’Oslo (1993) ont partiellement modifié la donne.

Cependant lorsque l’on révéla les négociations secrètes entre l’Iran et les États-Unis, l’Arabie saoudite et Israël décidèrent à leur tour de discuter. À l’issue de 17 mois de rencontres secrètes, un accord fut conclu entre le Gardien des deux mosquées et l’État juif [1]. Celui-ci se concrétisa à travers la participation de Tsahal à la guerre du Yémen [2] et le transfert de bombes atomiques tactiques [3].

Rappelons que cet accord prévoyait également de faire évoluer l’Arabie saoudite de sorte que sa société reste salafiste et que ses institutions deviennent laïques. Il prévoyait aussi l’indépendance du Kurdistan irakien (qui tiendra un référendum en septembre) et l’exploitation à la fois des champs gaziers du « quart vide » (qui sont à cheval sur l’Arabie et le Yémen, d’où la guerre actuelle) et de ceux de l’Ogaden (d’où le retrait cette semaine des troupes qataries de la frontière djiboutienne).

En définitive, l’Égypte a décidé de céder les îles de Tiran et de Sanafir à l’Arabie saoudite, comme elle s’y était engagée il y a un an. Ce faisant, Riyad a reconnu de facto les accords de Camp David qui gèrent notamment le statut de ces territoires. Israël a confirmé avoir obtenu des garanties saoudiennes.

Observons que la décision égyptienne n’a pas été prise sous la pression saoudienne (Riyad avait vainement bloqué ses livraisons de pétroles, puis un prêt de 12 milliards de dollars), mais en raison de la crise du Golfe. Les Séoud ont officialisé leur rupture avec les Frères musulmans qui couvait depuis la transmission par le président al-Sissi de documents attestant d’un projet de coup d’État de certains membres de la Confrérie contre eux. Dans un premier temps, l’Arabie avait cru pouvoir discerner entre de bons et de mauvais Frères musulmans. Elle avait déjà accusé le Qatar de soutenir les putschistes, mais les choses avaient évolué pacifiquement cette fois. Désormais Riyad entend combattre toute la Confrérie ce qui le conduit à revoir sa position à propos de la Syrie.

La cession de ces îles, égyptiennes depuis la Convention de Londres de 1840, n’a d’autre sens que de permettre à l’Arabie saoudite de reconnaître implicitement, 39 ans plus tard, les accords de paix égypto-israéliens de Camp David.

De son côté, Téhéran a accueilli la direction politique du Hamas (laquelle est principalement composée de Frères musulmans) à la fois au nom de la solidarité avec la cause palestinienne et parce qu’il partage la même conception de l’islam politique.

La prochaine étape sera l’établissement de relations commerciales publiques entre Riyad et Tel-Aviv ainsi que l’expose The Times du 17 juin (des sociétés israéliennes seraient autorisées en Arabie et la compagnie d’aviation El-Al pourrait utiliser l’espace aérien saoudien) [4], puis la reconnaissance de l’initiative de paix du prince Abdallah (Ligue arabe, 2002) et l’établissement de relations diplomatiques (le prince Walid ben Talal deviendrait ambassadeur) [5].

Ce projet pourrait amener à la paix en Palestine (reconnaissance d’un État palestinien et indemnisation des réfugiés), au Liban (retrait des fermes de Shebaa) et en Syrie (arrêt du soutien aux jihadistes et retrait du Golan).

La question du Golan sera particulièrement difficile car l’administration Netanyahu a affirmé —non sans provocation— son annexion tandis que les États-Unis et la Russie ont violemment réagi à l’expulsion de la Force des Nations unies chargée d’observer le dégagement (FNUOD) et à sa substitution par al-Qaïda [6]. Il n’est cependant pas impossible qu’au cours de la guerre de Syrie, Washington ou Moscou ait pris l’engagement auprès de Tel-Aviv de ne pas modifier le statu quo du Golan.

Ce projet de règlement général reflète la méthode des hommes d’affaire Donald Trump et Jared Kushner : créer une situation économique qui impose un changement politique. Il se heurtera nécessairement à l’opposition des Frères musulmans (Hamas), et du triangle de l’islam politique : l’Iran, le Qatar et la Turquie.

2— Le conflit irako-syrien

La totalité des acteurs de la région s’accordent à considérer qu’aujourd’hui l’Irak et la Syrie forment un unique champ de bataille. Toutefois les Occidentaux, qui s’accrochent aux mensonges de l’administration Bush Jr. (même s’ils admettent l’inanité des armes de destruction massives imputées à Saddam Hussein) et à la narration romantique des « printemps arabes » (même s’ils reconnaissent que ce mouvement n’a jamais tenté d’apporter de liberté mais au contraire d’imposer l’islam politique), s’entêtent à les considérer comme distincts.

Nous renvoyons nos lecteurs à mon livre Sous nos yeux pour ce qui concerne la manière dont la guerre a débuté [7]. Toujours est-il que depuis le début de la crise autour du Qatar, la guerre se limite en Irak et en Syrie à

(1) la lutte contre Daesh (Mossoul et Rakka) et à

(2) celle contre la Turquie (Baachiqa et Al-Bab) [8].

Ce qui est évident pour tous dans la région, c’est que depuis l’accession au pouvoir à Pékin du président Xi Jinping porteur du projet des deux routes de la soie, Washington a poussé à la création d’un « Sunnistan » à cheval sur l’Irak et la Syrie. Pour ce faire, il a financé, armé et encadré Daesh afin de couper l’axe de communication Beyrouth-Damas-Bagdad-Téhéran-Pékin.

Depuis quatre mois, l’administration Trump étudie et négocie la manière dont elle pourrait modifier cette politique et conclure un partenariat avec Pékin au lieu de la confrontation actuelle [9].

Alors que sur le terrain, s’enchaînent des événements contradictoires, les armées irakienne et syrienne ont subitement avancé depuis le début de la crise autour du Qatar. Elles ont libéré de Daesh leurs territoires frontaliers et sont aujourd’hui sur le point d’établir leur jonction (c’est-à-dire de rétablir la route de la soie). Les deux armées ne sont plus séparées que par deux cent mètres de terrain contrôlés illégalement par l’armée US [10].

Quant aux combats au Sud de la Syrie, ils ont miraculeusement cessé. Un cessez-le-feu a été proclamé unilatéralement par Damas à Deraa. En réalité, Moscou et Washington ont donné l’assurance à Tel-Aviv que la Syrie ne laisserait se déployer à sa frontière que des troupes russes et non pas iraniennes, pas plus que celles du Hezbollah libanais.

Bref, si le Pentagone suit les ordres de la Maison-Blanche, le conflit devrait largement cesser. Il ne resterait que l’occupation turque de l’Irak et de la Syrie, sur le modèle de l’occupation turque de Chypre dont l’Union européenne s’est lâchement accommodée. Les États-Unis et l’Arabie saoudite qui étaient des ennemis de l’Irak et de la Syrie redeviendraient à nouveau leurs alliés.

3— Le conflit yéménite

Les Yéménites pourraient faire les frais de l’évolution actuelle. S’il est clair que l’Arabie saoudite est entrée en guerre pour installer un gouvernement favorable à l’exploitation jointe des champs pétroliers du « Quart vide » et pour la gloire personnelle du prince Mohamed Ben Salman, il semble que l’aide apportée par l’Iran aux Houthis et à l’ancien président Saleh détourne les yeux des pays arabes et de la « communauté internationale » des crimes qui s’y commettent.

Il faut en effet choisir son camp et presque tous ont opté pour l’Arabie saoudite contre le Qatar et ses alliés turc et iranien. Ce qui était positif en Palestine, en Irak et en Syrie, s’avère négatif au Yémen.

Conclusion

Depuis le 5 juin et la rupture des relations diplomatiques entre Riyad et Doha, les chancelleries se préparent toutes à une possible guerre, même si seule l’Allemagne l’a évoquée publiquement. Cette situation est d’autant plus surprenante que c’est le Qatar et non l’Arabie saoudite qui est observateur à l’Otan [11].

Des démissions s’enchaînent à Doha, de l’ambassadrice des États-Unis Dana Shell Smith, au sélectionneur de l’équipe nationale de football Jorge Fossati. Non seulement les États alignés sur Riyad ont coupé leurs relations commerciales avec l’émirat, mais de nombreuses sociétés sans liens particulier avec le Golfe en ont fait de même au vu du risque de guerre. C’est le cas par exemple de COSCO, la plus grande compagnie maritime chinoise.

Quoi qu’il en soit, malgré ses revendications historiques justifiées, il semble impossible que l’Arabie saoudite annexe le Qatar alors qu’elle s’était opposée à l’annexion du Koweït par l’Irak pour les mêmes raisons. Une règle s’est imposée dans le monde depuis la décolonisation britannique : nul n’a le droit de toucher à des frontières conçues par Londres, dans le seul et unique but de maintenir des problèmes insolubles pour les nouveaux États indépendants. De cette manière Londres maintient de facto leur dépendance perpétuelle à son égard. Au demeurant l’arrivée prochaine de 43 000 soldats pakistanais et turcs venus défendre le Qatar devrait renforcer sa position.

[1] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[2] « La Force « arabe » de Défense commune », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 20 avril 2015.

[3] « Le Proche-Orient nucléarisé ! », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 mars 2016.

[4] “Saudi trade talks with Israel are historic first”, Michael Binyon & Gregg Carlstrom, The Times, June 17th, 2017.

[5] « Exclusif : L’Arabie saoudite construit une ambassade en Israël », Réseau Voltaire, 29 mai 2016.

[6] « Le Conseil de sécurité s’apprête à enjoindre à Israël de rompre avec al-Qaïda », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 juillet 2016.

[7] Sous nos Yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump, éditions Demi-Lune, 2017.

[8] « Invasion militaire turque de l’Irak », par Ibrahim Al-Jaafari, Réseau Voltaire, 19 octobre 2016.

[9] « Trump : le business contre la guerre », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 février 2017.

[10] « Les USA empêcheront-ils la réouverture de la route de la soie ? », Réseau Voltaire, 17 juin 2017.

[11] « Israël et des émirs dans l’Otan », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 13 mai 2016.

56,8 le matin…

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Résistance 71

19 juin 2017

 

Les abstentionnistes appellent les abstentionnistes … pom pom pom pom… L’appel du 18 juin 2017 a été mieux entendu au second tour qu’au premier avec 56,83% d’abstention pour 52,3% au premier tour. Une moyenne en arrondissant un peu de 55% d’abstention pour ces législatives 2017, faut aller chercher les européennes de 2009 avec ses 59% d’abstention pour faire mieux. De fait on peut toujours faire mieux… Ne plus se déplacer du tout pour cette mascarade, on y vient, on y vient…

Le fait politique essentiel est le suivant et il est irrévocable: la nouvelle assemblée nationale franchouillarde, cette pitrerie obsolète et corrompue d’une société du spectacle et de la marchandise à l’agonie, va se constituer pour soutenir le nouveau président banquier, marionnette de l’oligarchie, de manière illégitime, sans l’aval du peuple, en étant d’emblée entièrement discréditée puisque 55% des électeurs potentiels ne se sont pas déplacés pour participer à cette mascarade et que sur les 45% d’opinions de veautards exprimées, auxquelles il faut retrancher les votes nuls et blancs, seule une petite portion du peuple de France soutien la nouvelle présidence et que bien moins d’un Français sur 2 soutient le système politique en général. Bref, les guignols sont à poil !

C’est maintenant qu’il faut cesser d’écouter les ânes politiques qui braient à tout va et commencer à sérieusement s’organiser entre nous afin de reprendre le pouvoir de la décision politique et de le re-dissoudre dans le peuple là où il est particulièrement soluble. L’abstention politique demande une action politique: celle des associations libres au sein de communes libres. L’heure arrive de l’avènement de la société des sociétés qui sauvera l’humanité du marasme étatisé-financier qui nous oppresse, arrive. Il est de notre devoir de participer à l’émancipation par les associations libres confédérées. Désavouer le système politique est bien, mais il faut agir pour son remplacement par le véritable pouvoir du peuple. La voie est ouverte, à nous de la suivre.

A lire aussi:

Notre dossier sur l’illusion démocratique

Quelques textes politiques fondamentaux pour un changement de paradigme politique

Notre CR du 1er tout des législatives 2017: « 52,3 »

Comprendre les modèles politiques pour mieux lâcher prise du marasme induit actuel…

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« Résister, c’est ne pas consentir au mensonge. » (Albert Camus)

« La révolution anarchiste est aujourd’hui la révolution naturelle, celle qui ne se laisse pas divertir ou confisquer par des groupes, des partis ou des classes d’autorité. » (Lopez Arango)

 

Anarchie et Democratie

 

Robert Graham

 

4 juin 2017

 

Source:

https://robertgraham.wordpress.com/2017/06/03/robert-graham-anarchy-and-democracy/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La relation entre la démocratie et l’anarchie a toujours été ambivalente. Les deux concepts ont eu bien des interprétations différentes, à la fois positives et négatives. L’anarchie est souvent identifiée au chaos, une “guerre de tous contre tous” et au terrorisme. La démocratie est identifiée avec une “mafiocratie” juste à un cheveu de la tyrannie, ou simplement comme unes escroquerie. Mais lorsque vue sous une lumière plus constructive, l’anarchie et la démocratie partagent des caractéristiques bien similaires, spécifiquement lorsque la démocratie est conçue comme une organisation sociale qui donne aux gens le pouvoir de participer directement dans la prise de décisions en regard de leurs propre vies, lieux de travail et communautés, au lieu que ces décisions ne soient prises par des “représentants” soi-disant au nom du peuple. L’anarchie et la démocratie directe, en opposition à la démocratie représentative, recherchent toutes deux à réaliser une forme de liberté sociale et d’égalité dans la liberté. Les deux sont donc subversives à l’ordre social établi existant. Mais la tension entre l’anarchie, qui cherche à rejeter les règles et même la démocratie directe, qui incite à fournir l’auto-régulation collective, demeure. Et cette tension est quelque chose que les anarchistes ont particulièrement saisi depuis le temps de la révolution française de 1789.

Pendant la révolution française, il y eut un conflit ouvert entre les supporteurs du gouvernement représentatif ou du “parlementarisme” et les avocats de la démocratie directe et entre eux les avocats de la dictature révolutionnaire. Les fervents de la démocratie parlementaire étaient les avocats d’un système dans lequel le peuple (en l’occurence juste les mâles propriétaires), éliraient des représentants qui formeraient un gouvernement qui dirigerait tout le monde (incluant ceux n’ayant pas le droit de vote, comme les femmes et les ouvriers et paysans non propriétaires). Les partisans de la démocratie directe soutenaient que tout le monde devait être capable de participer directement dans la prise de décision politique en votant sur des sujets politiques dans leurs propres assemblées, voisinages, districts et communes. Ces deux groupes étaient inspirés par le philosophe français Jean-Jacques Rousseau (1712-1778).

Dans son livre “Du contrat social” (1762), Rousseau développa deux arguments  reliés que ses suiveurs et ses critiques, incluant les anarchistes, souvent mélangèrent. Le premier but de son livre était de donner une justification rationnelle pour l’autorité par le moyen de la notion de “contrat social” que chacun était assumé avoir accepté afin de créer un système de gouvernement qui garantirait à tous droits et libertés. Les anarchistes plus tard, dénoncèrent cet argument sur des bases historiques et théoriques, parce que le contrat social était entièrement hypothétique et parce que le système de gouvernement auquel tout le monde avait soi-disant donné son accord ne garantissait pas et ne pouvait pas garantir droits et libertés pour tous. En réalité, les gouvernements agissaient dans les intérêts d’une petite minorité de riches et de puissants, garantissant l’exploitation et la domination des masses.

Mais ce que bien des anarchistes n’apprécièrent pas fut la seconde partie de l’argument de Rousseau, à savoir quel type de gouvernement garantirait les droits et libertés de chacun. A cet égard, Rousseau se faisait l’avocat d’un système de démocratie directe et non pas parlementaire, et ce malgré les affirmations de ses soi-disants suiveurs, incluant quelques uns des jacobins de la révolution française. Dans un passage remarquable sur le système de gouvernement parlementaire anglais, Rousseau écrivit ceci: “Le peuple d’Angleterre se considère libre ; mais il fait grossièrement erreur, il n’est libre que durant les élections des membres de son parlement. Dès qu’ils sont élus, l’esclavage reprend le dessus et plus rien n’en sort. L’utilisation que le peuple fait de ces courts moments de liberté montre de fait qu’il mérite de les perdre.

Mais la notion de Rousseau sur la démocratie directe était unitaire, fondée sur sa notion de “volonté générale”, ce qui le mena, lui et ses disciples, à rejeter la démocratie directe conçue comme une fédération d’associations démocratiques directes et à l’idée qu’on peut “forcer les gens à être libre”, en les forçant à se conformer à la “volonté générale”, comme exprimée par la MAJORITE, qui soi-disant, exprime la véritable volonté du peuple. Les Jacobins utilisèrent ce type d’argument pour justifier l’interdiction des syndicats en France durant la révolution et de toute autre forme d’association qui pourrait défier leur pouvoir.

D’autres personnes prirent les idées de Rousseau dans une direction plus libertaire. Pendant la révolution française, le peuple de Paris créa un commune fondée sur les assemblées générales de chaque district où les gens votaient directement sur chaque sujet d’importance (NdT: la période des sections parisiennes de 1790-93, les sections communales se répandirent dans d’autres villes de France). L’anarcho-communiste Pierre Kropotkine (1842-1921) argumenta plus tard que ce fut là un bel exemple des “principes de l’anarchie” mis en pratique. Jean Varlet (1764-1837), un révolutionnaire français qui dénonçait les Jacobins et leur dictature, argumenta que seul le peuple au sein de ses assemblées démocratiques directes pouvait exprimer la véritable “volonté générale” et que quiconque déléguait la tâche de la représentation des vues des assemblées devait être rappelé à l’ordre ainsi ils ne pourraient pas substituer leurs “volontés particulières” à la volonté du peuple.

Les travailleurs européens commencèrent à créer des organisations syndicales enbryonaires, comme les sociétés d’aide mutuelle et les sociétés de “résistance” afin de mettre en commune leurs ressources et de coordonner les actions contre leurs employeurs. En France, une pratique de démocratie directe se développa au sein de bon nombre de ces organisations où les membres votaient directement sur des sujets d’ordre politique et tout officiel élu était rappelé voire révoqué s’il n’agissait pas en accord avec les vœux des membres de l’association.

Dans les années 1840, Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) fut le premier à donner l’expression explicite d’idées anarchistes en France, il y avait un bon nombre de sociétés de travailleurs et d’associations qui pratiquaient une forme ou une autre de démocratie directe. Bien que Proudhon distingua l’anarchie “sans gouvernement” de l’”auto-gouvernement” de la démocratie lorsqu’il en vint à proposer des formes alternatives d’organisation sociale comme une forme positive “d’anarchie” pour remplacer les institutions économiques et politiques existantes, il inclut des formes d’organisation de démocratie directe ayant des délégués révocables, sujets à des mandats impératifs, comme la “banque du peuple” qui devait remplacer la Banque de France. En regard des entreprises à grande échelle, il se faisait l’avocat d’une forme d’auto-gestion ouvrière, où les ouvriers gèreraient leurs lieux de travail sur un base de démocratie directe.

Mais Proudhon avait bien conscience du problème d’adopter un système de la règle de la majorité, même dans des organisations en démocratie directe. En contraste avec Rousseau, il se fit l’avocat de l’association volontaire et du fédéralisme. Les travailleurs individuels (ou quiconque d’autre) ne pouvait pas être forcé à rejoindre une association et à la fois le groupe et les individus qui se fédéraient avec d’autres groupes seraient parfaitement libre de faire sécession de leurs associations et fédérations respectives. En conséquence, quelqu’un ou un groupe qui se retrouveraient continuellement dans un vote de minorité au sein d’une association ou d’une fédération pourraient quitter le groupe et former ou rejoindre une autre composée de gens ayant des vues plus similaires. Mais une tension demeurait en regard de savoir si un groupe particulier dans une minorité pouvait être forcé à se plier à la décision de la majorité.

Lorsque les suiveurs de Proudhon (dont beaucoup admettaient ne pas être anarchistes), essayèrent d’organiser une association internationale des travailleurs dans les années 1850-60, culminant dans la création en 1864 de l’Association Internationale des Travailleurs (AIT), la pratique de la démocratie directe au sein de la classe prolétaire était devenue bien établie en France. Les membres proudhoniens de l’Internationale la voyaient comme comme des organisations d’associations volontaires de travailleurs, qui devraient être fondées sur la notion de Proudhon de fédération, n’ayant aucun pouvoir de gouvernement centralisé. Le Conseil Général de l’Internationale devait être administratif et non pas un corps gouvernant et toutes les décisions politiques devraient être prises par des délégués révocables sujets à des mandats impératifs désignés lors des congrès annuels de l’Internationale.

Karl Marx (1818-1883), qui siégeait au conseil général, était fondamentalement en désaccord avec cette approche, ce qui finit par diviser l’Internationale en 1872 en Marx et ses supporteurs et les “fédéralistes”, “anti-autoritaires” et “anarchistes”. Marx essaya de transformer le conseil général en corps gouvernant qui imposerait des politiques à ses membres et aux groupes appartenant à l’Internationale et expulsa tous ceux qui ne s’y plièrent pas. Il s’opposa à toutes les tentatives de faire du conseil, un conseil de délégués mandatés par les associations membres et ce de façon à ce que le CG devienne, au mieux, un corps représentatif non issus de la démocratie directe. Une des politiques que Marx essaya d’imposer, malgré l’opposition de la majorité des groupes membres de l’Internationale, fut le requis que les membres créent des partis politiques de la classe ouvrière qui participeraient aux système existant de gouvernement représentatif avec pour objectif de “conquérir” le pouvoir politique (NdT: cet objectif fut consigné par Marx et Engels dans leur “Manifeste du parti communiste” de 1848 où tout ceci y est parfaitement établi noir sur blanc… Marx était un pragmatiste étatique à qui il est très difficile de prêter des idées “d’abolition de l’État” comme le fit plus tard le marxiste Maximilien Rubel et le fait de nos jours Francis Cousin, dont les analyses sont des plus pertinentes par ailleurs…).

Ce fut au travers du conflit de l’approche marxiste de la gouvernance interne de l’Internationale et l’imposition par Marx d’une politique commettant les groupes membres de l’Internationale à la participation de la politique parlementaire, que beaucoup d’opposants à Marx commencèrent à s’identifier comme étant anarchistes. Dans le processus, ils en vinrent à développer de nouvelles et parfois divergentes idées au sujet de la relation entre l’anarchie et la démocratie.

Michel Bakounine (1814-1876) est un cas. Avant de rejoindre l’Internationale en 1868, Bakounine avait dessiné plusieurs programmes révolutionnaires socialistes soutenant une forme anarchiste de démocratie directe. Par exemple, dans son programme de la “Fraternité Internationale” de 1866 pour les socialistes révolutionnaires, Bakounine promouvait une fédération de communes autonomes au sein desquelles, les individus et les groupes auraient les pleins droits de la liberté d’association, mais envisageait que finalement ces fédérations soient remplacées par des fédérations d’associations ouvrières “organisées non plus sur des requis politiques mais sur la production.” Ces vues étaient très similaires de celles de Proudhon et des éléments proudhoniens les plus radicaux de l’Internationale, bien qu’elles ne s’identifiaient pas encore comme étant anarchistes.

Ce que certaines d’entre elles vinrent à partager avec Bakounine fut un concept de l’anarchie comme une forme de ce que je décrirais comme “associatif” de la démocratie directe, elle-même conçue comme une association ou une fédération d’associations sans aucune autorité centrale ou État au-dessus d’elles, avec les groupes membres, chacun avec ses propres procédures de prise de décision en démocratie directe, coordonnant leurs activités au travers d’une fédération volontaire d’autres associations, utilisant le système des délégués révocables aux mandat impératifs aux plus niveaux niveaux de la fédération afin de poursuivre le cours de l’action commune.

Mais, en résultat des tentatives de Marx de transformer l’Internationale en une organisation pyramidale avec son CG agissant comme pouvoir exécutif, Bakounine et quelques autres internationalistes commencèrent à développer une critique de l’organisation fédérale qui posèrent des questions sur la démocratie directe associative à la fois en termes de la méthode par laquelle les groupes fédérés pourraient coordonner leurs activités tout en préservant leur autonomie et en termes d’organisation interne et des procédures de prise de décisions au sein des groupes associés. Bakounine et d’autres argumentaient que la seule façon d’empêcher un plus haut niveau de coordination, comme le CG, de se transformer en pouvoir exécutif, serait de fait de se débarrasser complètement des corps de coordination dans leur ensemble. En lieu et place, les associations variées communiqueraient directement les unes avec les autres afin de coordonner les activités, incluant l’organisation politique dans les conférences et les congrès, où les délégués des groupes variés débattraient de sujets du jour, comme la grève générale révolutionnaire contre la commune révolutionnaire, l’anarchisme communiste ou collectiviste, la propagande par le fait (l’action directe violente) et l’insurrection.

Lorsque les anti-autoritaires, fédéralistes et anarchistes reconstituèrent l’Internationale (NdT: sous la forme de la Fédération  du Jura de St Imier), ils firent un compromis sur ce sujet et se mirent d’accord pour avoir un bureau de correspondance et de coordination, mais les sièges de ce bureau seraient rotatifs d’une fédération à une autre chaque année. Plus important, l’internationale anti-autoritaire décida que toutes politiques endorsées dans un congrès international ne seraient pas obligées d’être suivies par les groupes membres. Il en revenait à chaque groupe et à ses membres de déterminer ultimement quelles politiques ils voudraient adopter (NdT: ceci est en fait très similaire au processus politique de la confédération iroquoise suivant Kaianerekowa depuis le XIIème siècle. Si une nation ne veut pas suivre une décision prise en conseil elle est libre de la faire pourvu que cela n’affecte en rien l’harmonie de la confédération). Ceci fut fait pour assurer que c’était bien les membres eux-mêmes au travers de leurs propres organisations de démocratie directe, qui feraient les politiques qu’ils suivraient, plutôt que des délégués de congrès internationaux, même si ceux-ci étaient sujets à des mandats impératifs (que les délégués pouvaient toujours violés comme cela se produisit en 1872 au congrès de La Haye, lorsque certains délégués des sections fédéralistes se rangèrent avec la marxistes, contrairement à ce que prévoyait leur mandat…).

Mais si des politiques endorsées en congrès par des délégués sujets à un mandat impératif ne pouvaient pas être forcées sur les groupes membre, dont les membres devaient décider eux-même des ces problèmes, comment alors des politiques adoptées par des membres de groupes constitutifs puissent être rendues obligatoires sur d’autres membres de ces groupes qui n’avaient pas voté en leur faveur ? Bakounine entre autre, commença à développer une critique des politiques d’obligation ou de législation, même si elles étaient décidées par un vote démocratique direct. Ceci mena à l’idée que voter devrait être remplacé par “l’accord librement consenti” et au développement des théories anarchistes de l’organisation plus basée sur les notions d’association volontaire que sur les notions de démocratie directe. Anarchie et démocratie commencèrent de nouveau à être conçues comme étant distinctes, plutôt que complémentaires, concepts tenus principalement par des anarchistes communistes comme Elisée Reclus (1830-1905), Errico Malatesta (1853-1932) et Pierre Kropotkine. (NdT: c’est la position également de Résistance 71 sur le sujet…)

Écrivant au sujet de la Commune de Paris de 1871, Kropotkine suggéra que la Commune n’avait pas besoin d’un gouvernement interne, ni d’un gouvernement centralisé au dessus d’elle, alors que les gens s’organisaient “librement en accord avec les nécessités qui leur étaient dictées par la vie elle-même.” Plutôt qu’une structure formelle même d’assemblées directes démocratiques fédérées en une commune ou une organisation de la taille d’une ville, puis de fédérations taille régionale, nationale et internationale, il y aurait “le plus haut développement de l’association volontaire dans tous ses aspects, à tous les degrés, pour tous les objectifs, toujours en mouvement, d’associations toujours en transformation qui portent en elles-mêmes les éléments de leur durée et assumant constamment de nouvelles formes répondant aux aspirations multiples de tous.

Tandis que quelques anarchistes et socialistes de l’Internationale anti-autoritaire commencèrent à bouger vers une position “communaliste”, comme Paul Brousse, Gustave Lefrançais et Adhémar Schwitzguébel, défendant une participation aux élections municipales et la création de communes socialistes, Elysée Reclus et d’autres anarcho-communistes rejetèrent cette approche, rappelant à tout le monde qu’ils n’étaient “pas plus communalistes qu’étatistes, nous sommes des anarchistes. Ne l’oublions pas.” Comme le fit plus tard Errico Malatesta: “les anarchistes ne reconnaissent pas la règle disant que la majorité en tant que telle, même si c’était possible, établisse au-delà de tout doute possible ce qu’elle veut et a le droit de s’imposer sur les minorités dissidentes par l’utilisation de la force.

Dans des endroits variés en Europe, quelques anarcho-communistes optèrent pour la constitution de petits groupes de militants anarchistes n’ayant aucun réseau ni fédération formels, ayant une prise de décision basée sur le libre accord de chacun des membres. En Espagne, la majorité des anarchistes continua de promouvoir l’utilisation de syndicats révolutionnaires et à utiliser une structure fédéraliste de démocratie directe ayant des délégués révocables sujet aux mandats impératifs aux plus hauts niveaux des fédérations. D’après l’historien anarchiste Max Nettlau (1865-1944), les groupes anarcho-communistes en France, qui seraient décrits aujourd’hui comme des “groupes d’affinités”, demeurèrent isolés du peuple ; ils étaient la fine fleur des idées anarchistes, “mais avaient peu de préoccupation pour le fruit qui devait sortir de la fleur.”

Il y eut un retour vers des formes d’organisation plus fédéralistes basées sur des groupes agissant en démocratie directe lorsque les anarchistes tournèrent une fois de plus leur attention sur les mouvements ouvriers d’auto-émancipation, menant à la montée des mouvements syndicalistes révolutionnaires et anarchistes d’avant la première guerre mondiale. Pendant  certains troubles révolutionnaires, les ouvriers commencèrent à créer leurs propres structures politiques, dont beaucoup avaient une structure de démocratie directe et en opposition aux gouvernements existants.

Les anarchistes participèrent à la création du premier soviet (assemblée populaire) durant la révolution russe de 1905 et également dans les soviets qui se montèrent en 1917 durant la révolution russe. Mais il y avait des préoccupations quant au fait que les soviets fonctionnaient plutôt comme des parlements ouvriers, leurs membres représentant les plateformes de leurs partis politiques plutôt que les vues des ouvriers qu’ils étaient supposés représenter. Pendant la révolution sociale espagnole (1936-39), une nouvelle forme d’auto-gestion en démocratie directe vit le jour sous l’impulsion des anarchistes, les “collectifs libertaires” dans lesquels tous les membres de la communauté participaient quelque soit leur rôle dans le processus de production et de distribution.

Les anarchistes critiques de la notion de gouvernance de la majorité, même au sein d’organisations démocratiques directes, comme Malatesta, participèrent néanmoins à ces mouvements, cherchant à les pousser aussi loin que possible. Ceci était également l’approche recommandée par Kropotkine. Malgré le fait que leur but était l’anarchie, où les relations sociales et la prise de décision collective seraient basées sur l’accord libre et l’association volontaire, ils reconnaissaient que les organisations populaires de démocratie directe étaient un grand pas en avant vers cet objectif.

Dans les années 1960, Murray Bookchin argumenta pour une communauté directement démocratique ou d’assemblées de voisinages, qui permettrait à tout le monde de participer directement à la prise de décision politique et ce comme vase politique pour une forme écologique et décentralisée d’anarchisme. Mais il vit également un rôle très positif dans les groupes d’affinités, qui agiraient comme “catalyseurs” révolutionnaires et formeraient aussi le “tissu cellulaire” d’une société éco-anarchiste  ainsi que des conseils d’usines ou de lieux de travail par lesquels les ouvriers et travailleurs gèreraient leurs propres lieux de travail. Plus tard, Bookchin se focalisa plus sur le concept de gouvernement municipal en démocratie directe qu’il appela le “communalisme” et finit par rejeter l’étiquette d’anarchiste.

Pendant les mouvements anti-nucléaires des années 1970-80, parmi la seconde vague plus radicale de féminisme de cette ère, puis les mouvements anti-mondialisme et “occupy” des années plus récentes, les anarchistes ont recherché à créer des mouvements sociaux fondés sur les groupes d’affinités s’étendant dans de plus vastes réseaux, créant un amalgame de formes sociales qui combine ces groupes avec des formes plus variées de démocratie directe et de fédération volontaire, similaire en cela à ce que Bookchin envisageait dans les années 1960.

Des anarchistes contemporains, tel l’anthropologue politique David Graeber, conçoivent la démocratie directe en de plus vastes termes que Bookchin, reconnaissant qu’il y a des formes “non-occidentales” de démocratie directe qui sont plus basées sur le consensus, en contraste avec des systèmes où les décisions sont essentiellement prises à la majorité. Des théoriciennes féministes politiques comme Carole Paterman ont aussi critiqué la règle de la majorité simple au sein des formes de démocratie directe, disputant le fait que ceux se trouvant dans la minorité ne pouvait pas être forcés à obéir [à la majorité], car cela réintroduirait la domination au sein des groupes.

Pourtant, le débat pour savoir si anarchie et démocratie sont compatibles continue. On peut argumenter pour toujours plus de processus de décisions sophistiqués, qui sont plus inclusifs et qui permettent d’empêcher la domination de groupes ou de personnalités plus fortes, ou de ceux qui simplement sont plus actifs ou sont plus motivés ; d’aucun peut aussi dire que le concept de “démocratie” est devenu si corrompu que les anarchistes ne devraient même plus employer le terme.

On pourrait tout aussi argumenter que le concept “d’anarchie” est devenu si tordu dans l’imaginaire populaire que ses connotations négatives pèsent maintenant plus lourd  que le positif et que le concept devrait simplement être abandonné. Ceci dépend vraiment des circonstances concrètes dans lesquelles vous vous trouvez. Plutôt que de se disputer sur quel terme employer, promouvoir ou adopter, peut-être serait-il plus judicieux de travailler avec les autres à la création d’organisations non-hiérarchiques dans lesquelles chacun a vraiment une voix et son mot à dire et puis de là, voir où tout cela peut vous emmener…

= = =

Lire notre dossier « L’illusion démocratique »

1867-2017: Le cent cinquantenaire de la colonie « dominion » du Canada, usurpatrice entrepreneuriale de la terre au nom de la « couronne » (Introduction)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, démocratie participative, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 14 juin 2017 by Résistance 71

Plus à suivre sur le sujet de cet anniversaire colonial à venir au 1er juillet… L’apéro ici avec Mohawk Nation News !…

A lire: Kaianerekowa, la « Grande Loi de la Paix » de la confédération des 6 nations iroquoises (XIIème siècle)

et « La Grande Loi du Changement » (professeur Taiaiake Alfred, université de Victoria, CB)

et aussi: « Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada » (TIDC)

~ Résistance 71 ~

 

Canadiens, vous vous tenez prêts pour çà ?

 

Mohawk Nation News

 

12 juin 2017

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/06/12/canadians-you-stand-on-guard-for-this/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

La colonie du Canada a été enregistrée en tant qu’entreprise corporatrice à Washington DC, elle est propriété des actionnaires du Vatican. Le 1er juillet, vous célébrez le corporatisme, connu aussi sous le nom de fascisme, alors que le Canada est un des premiers au monde à être accepté sans les tenir responsables pour meurtre, enlèvement et vol de terres.

1867 a créé la fiction entrepreneuriale qui nous a emprisonné. C’était et demeure toujours la “colonie” de dominion du Canada. La “famille compacte” et la “clique du château” ont formé une union entre leurs municipalités du haut-Canada, du bas-Canada, de la Nouvelle-Ecosse et le l’Île du Prince Edouard.

La Clique du Château représente les familles du Québec qui remontent au sang royal français. La famille compacte représente les familles d’Ontario et de Nouvelle-Ecosse qui remontent au sang royal anglais. Aujourd’hui ce sont les banquiers. Avant 1867, ils payèrent un loyer aux nations indiennes dans un fond fiduciaire, qui devint à terme le plus gros fond fiduciaire au monde.

Le 1er juillet 1867, la toute première action de l’entreprise Canada fut de voler notre argent, l”’Indian Trust Fund”, afin de construire le Canada, qu’ils avaient acquis frauduleusement.

Ils nous déclarèrent alors “non-humains” et de fait émirent des licences de chasse pour nous abattre comme pour les ours ou les daims et chevreuils. Tous les statuts judiciaires canadiens qui furent passés en 1867 sont toujours en vigueur aujourd’hui. Ces lois génocidaires qu’ils créèrent ne furent jamais abrogées. Elles peuvent être parfaitement ressorties et remises en application aujourd’hui en l’état. Les colons établis qui ne se tiennent pas à nos côtés sont complices de ces crimes.

L’attaque du G20 militaire sur les citoyens de Toronto et d’ailleurs ont mis 2600 Canadiens temporairement en prison dans un hangar qui est devenu connu sous le vocable de “Torontonimo Bay”.

Le Canada est toujours le Dominion of Canada, une corporation coloniale privée, dont les propriétaires résident à la City de Londres, au Vatican et à Washington DC, le tout propriété de “la Couronne” (NdT: la Banque d’Angleterre/Vatican sise à la City de Londres et dont le patrimoine est géré par la famille Rothschild).

52,3%

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Résistance 71

13 juin 2017

 

Pas mal hein comme taux d’abstention même si on peut mieux faire… c’est le seul chiffre à noter de la dernière pantalonnade du cirque de l’illusion démocratique organisée.

Avec une abstention de plus de 52%, la nouvelle assemblée sera, quoi qu’il arrive, totalement illégitime car, une fois de plus, elle ne représentera pas et ne pourra pas se targuer de représenter le « peuple de France ». C’est là-dessus qu’il faut construire. C’est là-dessus que nous devenons cesser de laisser l’espace politique, celui de la prise de décision, à cette clique de menteurs et d’escrocs professionnels. C’est maintenant, assemblée et futur gouvernement discrédités d’emblée, que nous devons reprendre le pouvoir pour le rediluer là où il est particulièrement soluble: dans le peuple. La fenêtre d’opportunité de l’organisation sociale sur un mode non-pyramidal, non-étatique, égalitaire et solidaire est entrouverte, il ne tient qu’à nous de continuer le processus déjà engagé.

Il n’y a pas de solutions au sien du système, il n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !

Mais il y a une « solution à 10% »…

N’attendons pas d’avoir la tronche dans le mur pour agir ! Organisons-nous en associations libres, partout, dans les voisinages, sur les lieux de travail, commençons à créer entre nous l’espace des communes libres volontairement associées, rien de vraiment neuf, des brouillons furent déjà historiquement établis, corrigeons-en les erreurs et améliorons sans cesse le processus. L’humanité a vécu dans l’anarchie et le communisme primordiaux pendant des milliers et des milliers d’années, c’est dans la nature humaine, c’est le fondement social organique humain. L’État et ses institutions en revanche, sont induits, forcés et anti-naturels, c’est à dire en tout point contre nature.

Il est l’heure de commencer à envisager l’initiation du « lâcher-prise » de l’illusion mortifère du fétichisme de la marchandise en mouvement (appelé « capitalisme ») et de devenir politiquement adulte en continuant notre évolution sociale qui n’a été que sclérosée sous tous les régimes étatiques que ce soit.

Oeuvrons ensemble pour la société des sociétés !

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“L’État, c’est ainsi que s’appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement et le mensonge que voici sort de sa bouche: ‘Moi, l’État, je suis le peuple !’… Là où le peuple existe encore, il ne comprend pas l’État et il le hait comme un mauvais œil et comme un pêché contre les coutumes et les droits… L’État, lui, ment dans tous les idiomes du bien et du mal ; et quoi qu’il dise, il ment et ce qu’il possède il l’a volé. Tout est faux en lui, il mord avec des dents volées, lui qui mord si volontiers. Fausses sont même ses entrailles… ‘Sur Terre il n’est rien de plus grand que moi: je suis le doigt qui crée l’ordre, le doigt de dieu’, voilà ce que hurle ce monstre…”
~ Friedrich Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra, 1883) ~

“La relation politique de pouvoir précède et fonde la relation économique d’exploitation. Avant d’être économique, l’aliénation est politique, le pouvoir est avant le travail, l’économique est une dérive du politique, l’émergence de l’État détermine l’apparition des classes.”
~ Pierre Clastres, directeur de recherche en anthropologie politique au CNRS, 1974 ~

“Le socialisme vient des siècles et des millénaires précédents. Le socialiste englobe toute la société et son passé, sent et sait d’où nous venons et ensuite détermine où nous allons.”

“La terre et l’esprit [Geist] sont donc la solution du socialisme… Les socialistes ne peuvent en aucune manière éviter le combat contre la propriété foncière. La lutte pour le socialisme est une lutte pour la terre ; la question sociale est une question agraire !”
~ Gustav Landauer ~

“L’État est une société d’assurance mutuelle entre le propriétaire terrien, le général militaire, le juge, le prêtre et plus tard, le capitaliste, afin de soutenir l’autorité de l’un l’autre sur le peuple et pour exploiter la pauvreté des masses tout en s’enrichissant eux-mêmes.
Telle fut l’origine de l’État, telle fut son histoire et telle est son essence actuelle.”
~ Pierre Kropotkine ~

“L’histoire nous dit que les révolutions ont toujours été l’œuvre de minorités entreprenantes qui osèrent exhorter le peuple contre les autorités constituées.”
~ Manifeste des Trente, 1931 ~

“On peut dire qu’il n’y a pas encore eu de révolution dans l’histoire, il ne peut y en avoir qu’une qui serait une révolution définitive. Le mouvement qui semble achever la boucle en entame déjà une nouvelle à l’instant même où le gouvernement se constitue. Les anarchistes, Varlet en tête, ont bien vu que gouvernement et révolution sont incompatibles au sens direct. Il implique contradiction, dit Proudhon, que le gouvernement puisse être jamais révolutionnaire et cela pour la raison toute simple qu’il est gouvernement.’  […] S’il y avait une seule fois révolution, en effet, il n’y aurait plus d’histoire. Il y aurait unité heureuse et mort rassasiée.“
~ Albert Camus ~

“Il y a des connexions philosophiques entre les sociétés indigènes et quelques sensibilités anarchistes sur l’esprit de la liberté et les idéaux pour une bonne société. Des idées critiques parallèles et des visions d’un futur post-impérialiste ont bien été notées par quelques penseurs, mais quelque chose qu’on pourrait appeler ‘anarcho-indigénisme’ doit toujours se développer en une philosophie et une pratique cohérentes. Il y a également une grande similitude entre les façons de voir le monde des anarchistes et des peuples autochtones: un rejet des alliances avec des systèmes légalisés, centralisés d’oppression et une non-participation aux institutions qui structurent la relation coloniale, ainsi que la croyance d’amener le changement par l’action directe et la résistance au pouvoir d’état.”
~ Taiaiake Alfred, professeur sciences politiques, Mohawk ~

“Ainsi nous voyons qu’en observant les sociétés animales, — non pas en bourgeois intéressé, mais en simple observateur intelligent — on arrive à constater que ce principe : « Traite les autres comme tu aimerais à être traité par eux dans des circonstances analogues » se retrouve partout où il y a société.
Et quand on étudie de plus près le développement ou l’évolution du monde animal, on découvre (avec le zoologiste Kessler et l’économiste Tchernychevsky) que ce principe, traduit par un seul mot, Solidarité, a eu, dans le développement du règne animal, une part infiniment plus grande que toutes les adaptations pouvant résulter d’une lutte entre individus pour l’acquisition d’avantages personnels.”
~ Pierre Kropotkine ~

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Changement de paradigme politique: La pyramide du pouvoir échoue, se consume d’elle-même et va s’effondrer…

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Personne ne m’aime…

 

Mohawk Nation News

 

7 juin 2017

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/06/07/nobody-loves-me/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Notre terre doit être gouvernée par le te-wa-ta-tawi, notre souveraineté en tant que peuple qui peut s’occuper de lui-même et de notre mère, comme la Nature l’a prévu.

Les sociétés secrètes des Européens et leurs esclaves se sont constitués en entreprises coloniales appelées USA et la colonie du Canada, Notre peuple est toujours massacré en masse et notre mère toujours violée.

Une définition du mot secte s’applique à ceux qui suivent les ordres aveuglément. La police et l’armée rentrent parfaitement dans cette définition. Depuis plus de 500 ans, les envahisseurs aux esprits sectaires et veules ont comploté pour tout nous voler. Ils sont contaminés et commencent à s’attaquer les uns les autres.

Nous sommes dans les collines et récupérons de tout le mal qui nous a été fait.

Les principes chrétiens du pouvoir du monde sous l’égide du Vatican ont crée dieu, “owistah” (l’argent) crée le doute, la famine, la dépression et les maladies parmi les gens, partout.

Leur leader est totalement discrédité. Les véritables maîtres agissent dans l’ombre.

Des ordres basés sur de fausses informations les perturbent ce qui les rend incapables de percevoir le danger. D’après leur programmation, des ordres sont supposés leur être donnés par ceux placés directement au-dessus d’eux dans la pyramide du pouvoir. L’élite dirigeante les a vendu, trahi, a pris le pognon, s’est barrée avec la caisse les laissant derrière et s’est enfuie les laissant se débrouiller avec la nouvelle vague qui vient se briser sur la côte.

Personne ne va les sauver parce que la république de la guerre a menacé et attaqué tout le monde depuis des siècles. Les Etats-Unis se sont au fil du temps retrouver singulièrement seuls. Avec tant d’ennemis fabriqués au fil des générations, les poules reviennent pondre à la maison…

Ils sont enchaînés à leur pyramide en ayant à peine de quoi manger. La structure pyramidale de prise de décision et de gouvernance va échouer. Au lieu de suivre les ordres de ceux d’en-haut, ceux d’en-bas vont manger ceux qui sont au-dessus d’eux. S’ensuivra une réaction en chaîne et les perpétrateurs pyramidaux contrôlant la pensée vont se consumer d’eux-mêmes. Tout cela est dans leurs livres de terrain appelés bible, talmud et coran, qui sont tous basés sur l’histoire d’Abraham.

Le premier ministre canadien Trudeau vient just d’annoncer un élargissement de l’armée canadienne pour permettre d’aider ses entreprises à fournir des dividendes toujours croissants à leurs actionnaires aux dépends de la terre et des peuples. La brutalité et non pas la bravoure, mène leurs vies. La Nature a été témoin de ces monstres alors qu’ils assassinaient et enterraient nos ancêtres. Notre mère nous a enseigné de ne pas attendre quelqu’un pour nous sauver, mais de ne nous fier qu’à nous-mêmes et à nos instructions originelles en provenance du monde de la nature.

Impérialisme au Moyen-Orient: Empire, maison des Saoud, Qatar, danse du sabre et diversion… (Pepe Escobar)

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… pour lever un coin du voile (sacrilège !?!…) sur ce qui se trame au Moyen-Orient. Inutile de dire que nous sommes plus proche de la version du Pepe Escobar ci-dessous de celle avancée par Meyssan, Quoi qu’il en soit, affaire à suivre.
Deux questions néanmoins: se pourrait-il que la maison Al-Thani se révolte contre ses maîtres d’Exxon-Mobil ? Nous ne le pensons pas mais la question se doit d’être posée. La seconde: verrions-nous une trame organisée par Exxon-Mobil pour se débarrasser des Al-Thani et réintégrer le Qatar dans l’Arabie Saoudite après la réalisation du gazoduc irano-qatari mentionné ci-dessous par le Pepe ?

~ Résistance 71 ~

 

La danse du sabre de Trump a déclenché la guerre des Wahhabites

 

Pepe Escobar

 

7 juin 2017

 

Source: http://www.informationclearinghouse.info/47202.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le président américain Donald Trump ne pouvait pas pas prédire les effets de changement résultant de sa danse du sabre triomphale de Ryad. Ou le pouvait-il ? Le fait est que la maison des Saoud a pété les plombs, en un éclair, poursuivant le Qatar et torpillant de l’intérieur ce glorieux projet arabo-OTANesque, appelons-le  OTANCCG, qui fut célébré en grande pompe.

Un Trump tout excité a tweeté 3 fois son accord pour que Ryad poursuive Doha. Trump et l’OTANCCG avaient identifié Daesh et l’Iran comme “terroristes”. La maison des Saoud en a remis une couche et a dénoncé le Qatar pour être un des top sponsors du terrorisme, ce qui reviendrait à ce que Don Corleone accuse Tony Soprano d’être un mafieux…

C’est alors, que dans un renversement inattendu, Daesh, de manière bien utile, et graphiquement, souligna la stupidité cosmique de toute la farce, mettant en scène, ou du moins affirmant mettre en scène une attaque contre le parlement iranien et le mausolée de l’imam Khomeini à Téhéran.

L’émir du Qatar actuel, Tamim bin Hamad al Thani, maintenant “coupable” de ne pas avoir blâmer l’Iran comme étant la racine de tous les maux dans la péninsule arabe, va peut-être même suivre les pas de son propre père, Hamad, qui inventa le Qatar moderne et se renversa lui-même, sous pression saoudienne, en faveur de son fils donc en 2013.

Nous ne pouvons pas oublier que le prince saoudien Bandar bin Sultan, alias Bandar Bush, notoirement  ex-top façonneur, maître d’armes des djihadistes et “libérateur frustré de la Syrie”, avait fameusement décrit le Qatar comme une entité de “300 personnes et une chaîne de télé” [Al Jazeera].

Que se passe t’il donc dans ce marécage toxique des pétrodollars ?

La connexion Israël-Emirats Arabes Unis

Allons droit au but et établissons que la cannibalisation féroce intra-CCG n’a absolument rien à voir avec la guerre globale contre le terrorisme (GGCT).

Parmi un feu croisé massif de désinformation, une piste d’évidences pointe vers une stratégie concertée élaborée par le lobby israélien (au travers de la Fondation pour la Défense de la Démocratie. fondée, entre autres, par le très néfaste roi du casino (NdT: et financier de la campagne de Donald Trump) Sheldon Adelson, personnalité sulfureuse très proche de Bibi Netanyahou); des éléments nouveaux cons / sio-cons / neoliberal-cons et l’ambassadeur des Emitats Arabes Unis à Washington, Youssef al-Otaiba.

Des courriels fuités ont démontré comment Otaiba, largement idolâtré dans le milieu grâce à ses “largesses” et la très néoconservatrice Fondation pour la Défense de la Démocratie ont discuté des moyens de donner une leçon au Qatar pour son soutien au Hamas (NdT: pourtant une création originale du Mossad israélien, dont la branche militaire lui a manifestement échappée, quant à la branche politique, Khaled Mechaal après être parti de Syrie dans des conditions pour le moins controversées, s’est réfugié à… Doha, à quelques encablures de la plus grande base yankee du MO, vous avez dit bizarre ?…) et de ses politiques de manière générale non-agressives envers l’Iran. Otaiba est aussi proche de Jared Kushner (NdT: le beau-fils ulta-sioniste de Trump), ce qui expliquerait la réaction de Trump au Blitzkrieg anti-Qatar.

A l’encontre du Qatar, la maison des Saoud et les EAU sont à deux doigts d’établir des relations diplomatiques avec Israël, la condition sine qua non imposée par Washington pour insérér Israël dans un OTAN arabe anti-Iran guidée par Ryad.

Un précédent de 2014 offre une toile de fond additionnelle. Des agents du renseignement régional confirment à cette époque qu’il y avait des manœuvres militaire des Emirats par très loin de la frontière avec le Qatar, Londres et Paris par exemple, le savaient parfaitement.

Mais la tête de la maison des Saoud en charge à cette époque était feu le roi Abdullah, qui était en fait un apaiseur. Le coupeur de têtes en chef est maintenant le prince “guerrier” Mohamed bin Salman, alias MBS, chatte arrogante (NdT: le Pepe emploie ici le terme “twat” en anglais qui en argot, est une représentation des parties génitales féminines… notre traduction se rapproche au mieux de ce que veut dire Escobar et n’est pas de notre cru…), qui est déjà en train de misérablement perdre la guerre au Yémen, guerre menée au moyen de milliards de dollars d’armement britannique et américain et qui a provoqué une horrible crise humanitaire dans ce qui est la nation la plus pauvre de toute la région. C’est MBS qui a ordonné la diabolisation saoudienne du Qatar.

Laissez-moi descendre du train terroriste

L’abréviation “terra, terra. terra”, pour la maison des Saoud, s’applique essentiellement à l’accusation du Qatar supportant les mouvements de contestation chii’te dans l’Est de l’Arabie Saoudite. C’est ridicule, Doha n’a rien à voir là-dedans.

Puis, il y a l’accusation du Qatar soutenant les islamistes. Ce qui est exactement ce que de puissants mécènes saoudiens, bon nombre liés à la monarchie, font.

Doha soutient et pas qu’un peu, la confrérie des Frères Musulmans (NdT: récupérée et utilisée par les services britanniques depuis les années 1920…), ce qui n’a pas grand chose à voir avec al-Qaïda et / ou Daesh, et est détesté au plus haut point par Ryad et sa marionnette al-Sisi du Caire, qui ne survit que par les subsides saoudiens. Ce que de puissants mécènes qataris ont fait (jusqu’à 3 milliards de dollars) fut de soutenir Al Qaïda en Syrie, alias le Jabhat al-Nosra, que de très vastes secteurs nouveaux cons américains ont étiqueté comme “rebelles modérés”.

Dans le même temps, les Saoudiens soutenaient leurs propres djihadistes en Syrie et ailleurs. Wikileaks a prouvé sans équivoque comment “les donneurs en Arabie Saoudite constituent la source la plus signifiante du financement des groupes terroristes sunnites dans le monde”.

A part les problèmes et affaires complexes de rivalité tribale, le facteur religieux clef est que le Qatar, à l’encontre de l’Arabie Saoudite, est tolérant envers les non-salafistes, ou les salafistes “révolutionnaires” comme les Frères Musulmans, et n’essaie pas d’exporter mondialement sa version du Wahhabisme. A toute fin utile, les imams fondamentalistes hard-core saoudiens considèrent les Qataris comme des hérétiques (NdT: alors que de longue date, c’est le Wahhabisme qui a été déclaré hérétique par les “quatre écoles fondamentales de jurisprudence du sunnisme” – http://www.geopolitis.net/CONTRE-POUVOIRS/HERESIE%20WAHHABITE.pdf ~ ) ; comme s’ils étaient presque aussi mauvais que les “apostats” chi’ites…

Le schisme dans la pratique s’est transféré en une guerre par procuration en Libye par exemple. Doha soutient les milices islamiques de Misrata ainsi que celles fidèles au “Moufti du Qatar” Sadiq al-Ghariani Les EAU et l’Egypte soutiennent le général Khalifa Haftar, le chef de l’auto-proclamée Armée Nationale Libyenne (ANL).

C’est le gaz, le gaz, le gaz

Les agents de la désinformation des services saoudiens diffusent que “la Turquie et le Qatar sont les deux derniers états menés par les Frères Musulmans. Plus que probablement, le Qatar va faire l’expérience d’un changement de régime et arrêter d’être les financiers de toute sorte de chaos dans la région au service du Royaume-Uni et ceci inclut de jouer derrière la scène avec Téhéran.

Tout ceci n’est qu’un non-sens total de diversion. La réalité brute est que la maison des Saoud est absolument désespérée. Le prix du pétrole demeure bas à environ 50 US$ le baril. La monstrueuse OPA sur la compagnie saoudiene ARAMCO n’est plus que dans 12 mois. La maison des Saoud a besoin de bouger les marchés vers une hausse du prix du pétrole et ce par quelque moyen que ce soit, ultimatums et menaces de guerre inclus.

Une source du renseignement américain non-idéologique va plus loin, insistant sur le comment “La Turquie, l’Iran et la Russie se rapprochent de plus en plus. La question demeure de qui va contrôler les états du Golfe et le prix du pétrole, qui a été jusqu’ici manipulé afin de détruire la Russie. L’accord entre la Russie et l’Arabie Saoudite est juste une amélioration mineure.

Donc, rien d’étonnant à ce que l’opacité demeure la norme, avec certains narratifs faisant diversion de la maison des Saoud et plaçant l’attention et les feux de la rampe sur l’Iran et maintenant aussi le Qatar.

Et puis il y a l’angle clef du pipelinistan, un mélange du comment le Qatar en tant que grosses puissance du gaz naturel emmerde immensément les membres de l’OPEP comme l’Arabie Saoudite et les Emitats Arabes Unis. Le Qatar est le plus gros exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL). C’est ce qui lui a permis de façonner sa politique étrangère de manière complètement indépendante de la maison des Saoud. Ajoutez à cela que la fabuleuse richesse en gaz du Qatar provient de l’énorme champ gazier offshore du nord, qu’il partage avec l’Iran (qui contrôle ce qu’il appelle South Pars).

Il y a eu des spéculations, évidemment non confirmées par Téhéran et Doha, que l’Iran et le Qatar auraient atteint un accord sur le partage des droits d’un gazoduc allant du North Dome/South Pars vers la mer Méditerranée orientale en Syrie, aussi loin que Doha arrête de soutenir le front al-Nosra.

Si cela devait se produire, ceci signalerait la fermeture spectaculaire d’un des motifs clefs de la tragédie syrienne. (NdT: le Pepe se réfère à l’origine de la guerre par procuration en Syrie: le refus en 2009 par Bachar al-Assad de laisser passer un gazoduc qatari, donc d’Exxon-Mobil, à travers la Syrie… moins de 2 ans plus tard, l’attaque par proxy se produisait en Syrie pour procéder à un changement de régime et y mettre un régime marionnette de l’empire… C’est un échec cuisant jusqu’ici) l’administration Obama avait complètement approuvé un gazoduc allant du Qatar à la Turquie via l’Arabie Saoudite et la Syrie, ceci comme moyen d’essayer d’endommager les profits de Gazprom la russe. Cela a coûté bien des morts et une horrible destruction pour que Doha comprenne que Moscou ne le permettrait pas.

Ainsi, le pivot stratégique du Qatar vers la Russie, matérialisé par exemple par le fond d’investissement souverain du Qatar investissant 2,7 milliards de dollars dans Rosneft ; ceci pourrait bien être à moyen terme, une méthode bien plus tranquilos d’entrée du Qatar dans la connexion Russie-Iran-Syrie. Considérant que le Qatar héberge CENTCOM et est la QG d’Al-Udaïd, la plus grande base militaire américaine au Moyen-Orient, ceci ne passe sans doute pas très bien au Pentagone (NdT: à moins, comme nous l’avons avancé, que tout ceci ne soit qu’une mascarade pour pièger l’Iran et la Russie par la bande, puisque le choc frontal ne marche pas…)

Aussi loin que soit concerné le jeu des Etats-Unis, il est terminalement naïf de croire que Washington n’aurait pas donné le feu vert à ses satrapes saoudiens de bousculer Doha.

Ajoutez à cela le Qatar qui ouvre le premier centre d’échange du Yuan chinois au MO, voilà quelque chose qui ne doit pas bien passer dans le gosier des maîtres de l’univers (NdT: encore une fois, à moins que tout cela ne soit bien planifié comme tel…). En parallèle, l’accord d’armement tant vanté de 100 milliards de dollars de Trump, annoncé par Ryad, a bien pu être mis en place en échange pour la maison des Saoud de retarder le plus longtemps possible les paiements des Chinois en Yuan pour leur pétrole, ce qui court-cicuiterait le pétrodollar.

Tisser des théories de la conspiration est une entreprise de l’ombre. Le “T. Rex” Tillerson connaît très bien le leadership qatari depuis ses beaux jours en tant que CEO d’Exxon-Mobil (NdT: nous avons dit et le répétons que le Qatar tel qu’il est, est une création d’Exxon-Mobil / intérêts Rockefeller et que rien ne se passe au Qatar sans l’aval d’Exxon-Mobil, de fait Exxon-Mobil possède le Qatar…) ; tout comme le général “chien fou” Mattis, ancien patron du CENTCOM. Observez-les bien, comment ils vont agir dans la suite des évènements dévoilera au moins quelques couches du théâtre d’ombre qui se déroule actuellement et voyons voir si la complète supercherie a plus de punch qu’un simple désespoir de la maison des Saoud.