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Pour une résistance au colonialisme d’hier et d’aujourd’hui… « Discours sur le colonialisme » d’Aimé Césaire

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Résistance 71

 

19 octobre 2018

 

Avec l’aide de Jo de JBL1960 pour l’excellente mise en page pdf, nous vous proposons ci-dessous un des grands classiques de l’analyse critique du colonialisme publié en 1955 par Aimé Césaire: « Discours sur le colonialisme ». Pourquoi ? Parce que nous ne vivons en aucun cas dans un monde « post-colonial » comme l’oligarchie en place se plaît à nous le faire croire. Des continents entiers (Amériques, Océanie) sont toujours sous le joug colonial et oppriment en permanence les peuples originels aux endroits. Les ex-peuples colonisées sont toujours opprimées par des régimes issus d’un néo-colonialisme avéré et dont les élites corrompues bouffent toujours au râtelier de leurs anciens maîtres colonisateurs…
Halte à l’hypocrisie, sortir de la mentalité coloniale, de la relation oppresseur/opprimé fait partie intégrante de notre émancipation future. C’est une mission éducative qui passe par la connaissance et la mise au rancart de la dissonance cognitive dont bien des occidentaux font preuve.

Bonne lecture !

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme (PDF)

 

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Résistance au colonialisme: De l’hystérie des célébrations de la « découverte » de nouveau monde (Mohawk Nation News)

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Génocide & crimes de l’église et de l’état

 

L’hystérie de Thanksgiving / jour d’action de grâce et du jour de Colomb

 

Mohawk Nation News

 

10 octobre 2018

 

source: http://mohawknationnews.com/blog/2018/10/10/columbus-thanksgiving-hysteria/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Tous les ans, les envahisseurs de l’Île de la Grande Tortue célèbrent le génocide continu du peuple naturel de la terre. Christophe Colomb et le jour d’action de grâce vont de paire avec l’hystérie marchande du Vendredi Noir mis en place pour une fois de plus détourner l’attention de l’annihilation de millions d’Onwehonwe (peuples natifs), les véritables peuples naturels de ce continent.

Nos enfants furent enlevés et emprisonnés dans des “centres d’élimination pour enfants” appelés pour la circonstance “pensionnats pour Indiens”. Ils furent kidnappés, torturés, assassinés et brûlés dans les chaudières des caves. (NdT: ils furent aussi essentiellement enterrés dans des charniers/fosses communes aux alentours des pensionnats). Les pensionnats ne furent qu’une extension de la politique du génocide qui continue aujourd’hui.

Un régime répressif constitué d’imposteurs fut mis en place finançant et organisant l’opération de génocide.

Les envahisseurs établirent des règles sur tous les aspects de notre vie. Nous avons vécu comme des morts-vivants pendant des siècles. La connaissance de notre existence même fut presque totalement effacée par les envahisseurs. Ils ont recruté des Indiens pour faire le sale boulot à leur place.

L’État maintient une surveillance accrue sur nous. Nous sommes sur ce qui reste de nos terres, tentant de survivre.

Nous sommes naturels, nous nous sauverons les uns les autres. Le monde sait que le Canada et les Etats-Unis sont des entités assassines.

Nous sommes retenus otages. Nous sommes nés libres et recouvrerons notre liberté. Les envahisseurs sont venus ici pour tuer et exploiter, ils ne sont pas venus en paix. Ils constituent un monumental échec en regard de cette planète. Ils sont maintenant en train de penser et de mettre en œuvre leur propre extinction. La Nature prendra de difficiles décisions pour assurer notre survie.

Lectures complémentaires:

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

si-vous-avez-oublie-le-nom-des-nuages-vous-avez-oublie-votre-chemin

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte


Wampum Deux Rangées

Résistance au colonialisme: Non au jour de Colomb, célébration du plus grand génocide de l’histoire de l’humanité !…

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Nous avons publié ce texte en octobre 2016 qu’il est toujours bon de rappeler en ce jour férié de “Christophe Colomb”  en Amérique, jour qui fête les actions génocidaires d’un mercenaire italien en mission pour le Vatican et la couronne d’Espagne, un massacreur patenté, ange de la mort d’un occident chrétien pilleur et génocidaire, toujours adulé dans nos livres d’histoire falsifiée.

Nous y ajoutons quelques citations de circonstance…

Ce jour est, de fait, le jour marquant la résistance des nations amérindiennes au terrorisme chrétien sur leurs terres ancestrales depuis 1492, qu’on se le dise !…

~ Résistance 71 ~

“Un des plus gros problèmes pour les peuples amérindiens est celui des missionnaires. On a souvent dit que lorsqu’ils arrivèrent sur ce continent, ils n’avaient que le livre et nous avions la terre ; maintenant nous avons le livre et ils ont la terre. […] Colomb a réussi à combiner la religion et l’immobilier dans sa proclamation de découverte, s’emparant du Nouveau Monde pour le catholicisme et l’Espagne. Depuis cette époque, les missionnaires furent toujours incapables de faire la distinction entre leur mission religieuse et leur insatiable faim de terre.
[…] L’acquisition de terres et le travail de missionnaire sont deux choses qui ont toujours marché la main dans la main au gré de l’histoire américaine.”
~ Vine Deloria Jr. ~

“J’appelle le christianisme le plus grand fléau, la grande dépravation intrinsèque, le grand instinct de vengeance, pour qui aucun moyen n’est assez venimeux, ou secret, sous-terrain et mesquin ; je l’appelle la grande immortelle immoralité de la race humaine…”
“On ne se ‘convertit’ pas au christianisme, on doit d’abord être suffisamment malade pour ce faire…”
~ Frédéric Nietzsche ~

“Puis [le juge] Marshall affirma que les monarques européens se sont convaincus eux-mêmes qu’ils étaient justifiés d’assumer “l’ultime domination” sur les terres nouvellement “découvertes” du continent parce que les Indiens seraient adéquatement compensés par la civilisation européenne et le christianisme. Comme le dit Marshall, les Indiens recevraient la civilisation et le christianisme “en échange” de “l’indépendance illumitée” pour les Européens. […]
La répétition des expressions peuple chrétien et prince ou peuple chrétiens et la distinction faite entre les deux catégories de peuple chrétien et de natifs, qui étaiet païens, nous permet de bien saisir le fondement et le contexte religieux de ce concept de découverte. Ceci est aussi pourquoi il est plus précis de se référer à la conception principale qui régit le verdict de l’affaire Johnson contre McIntosh comme étant celle de la découverte chrétienne que simplement la découverte ou découverte européenne. Le fait que [le juge] Marshall ait aussi associé le principe de découverte chrétienne avec les affirmations de domination euro-chrétiennes, est illustré par son insistance sur le fait que le roi d’Angleterre donna à John Cabot et à d’autres explorateurs anglais le “droit de prendre possession” des terres barbares et paiennes. L’expression de Marshall droit de prendre possession, dont Thomas Hobbes dit qu’il “est appelé dominion”.
C’est pourquoi la déclaration de Marshall disant que les Anglais ont assumés un “droit de prendre possession” fut une autre façon que de dire, au nom de la cour suprême des Etats-Unis, que les peuples chrétiens avaient assumé la “domination” sur toutes terres non-chrétiennes qu’ils avaient localisées sur le continent nord-américain.”
~ Steven Newcomb, “Païens en terre promise”, 2009 ~

 

Journée Christophe Colomb mythe et réalité de la célébration morbide de l’holocauste du continent américain

 

Résistance 71

 

10 octobre 2016

 

Tous les écoliers d’Amérique du Nord apprennent ce poème qui commence par ces vers devenus forcément célèbres:

“In fourteen hundred ninety-two

Colombus sailed the ocean blue,”

Poème écrit pour immortaliser auprès de la jeunesse la “découverte” du “nouveau monde” par la chrétienté occidentale au XVème siècle.

Colomb, un aventurier italien, mercenaire du roi d’Espagne, de son nom espagnol Cristobal Colón, qui veut dire “le colonisateur porteur de la croix” posa le pied sur les îles des Caraïbes le 12 octobre 1492, où il fit de suite érigé une croix et des gibets, histoire de donner d’entrée, le ton de l’aventure.

Le narratif colonial nous dit qu’il apporta les lumières de la civilisation chrétienne en ces terres païennes, le poème à sa gloire citant même le “commerce des épices” avec les locaux.

Si bon nombre connaît le narratif officiel, immortalisé par le “Gégé” national dans un film de propagande de commande réalisé par Ridley Scott en 1992, dont le but évident fut de redorer l’image de Colomb ternie par la vérité historique émergeant pas à pas et contrant le narratif propagandiste colonialiste.

Le 12 octobre fut célébré pour la première fois 300 ans après l’arrivée de Colomb, le 12 octobre 1792. Le 12 octobre fut déclaré fête nationale “Colombus Day” en 1912, puis de nouveau par le président FDR en 1934. Ce n’est que plus tard, sous la présidence de Richard Nixon, en 1971, que “Colombus Day” fut établi comme fête nationale ayant lieu tous les seconds lundis du mois d’octobre.

L’arrivée de Colomb en ce jour néfaste de 1492 marqua le début du plus grand holocauste de l’histoire de l’humanité qui vit la destruction et l’annihilation d’entre 30 et plus de 100 millions d’indigènes, selon les sources, depuis cette époque sur l’ensemble du continent des Amériques. Si les chiffres sont toujours débattus, le massacre généralisé, qui continue de nos jours alors que nous écrivons ces lignes, aux Etats-Unis, au Canada, au Brésil, dans la forêt amazonienne et là où des intérêts liés aux ressources naturelles et leur exploitation par les corporations et gouvernements sont en jeu, lui est totalement avéré par les archives.

Célébrer le jour de Colomb, célébrer le mythe de la civilisation apportée au “nouveau monde”, c’est célébrer le plus grand holocauste qui s’est tenu sur cette planète et pour l’expliquer un peu mieux, laissons la place aux historiens et à la parole historique autochtone.

Ce que nous dit l’histoire hors propagande coloniale

Dans la préface de l’incontournable ouvrage de Dee Brown “Bury my Heart at Wounded Knee” (1970, réédité en 2000 et 2007) il est fort justement dit ceci: “Si les anglo-américains ont ‘gagné’ l’Ouest du continent, alors pourquoi ne par raconter l’histoire du point de vue de ceux qui l’ont ‘perdu’: les Apaches, les Nez-Percés, les Utes, les Cheyennes, les Sioux, les Arapahos, les Navajos ?… Pour les Indiens du reste, l’Est a toujours été la direction de laquelle le trouble est venu. […] Dee Brown fut capable de montrer comment le gouvernement des Etats-Unis a employé une méthode consistante de mensonge et de tromperie ainsi que de manipulation pour arracher leurs terres ancestrales, nation autochtone après nation autochtone.

C’est aussi ce à quoi se sont attelés depuis lors, des historiens tels que Howard Zinn, David Stannard, Roxanne Dunbar-Ortiz, Charles C. Mann, ainsi que des historiens, juristes et militants autochtones tels Vine Deloria Jr, Taiaiake Alfred, Ward Churchill, Russell Means, Steven Newcomb que nous allons citer pour illustrer ce propos et éclairer l’histoire du côté des soi-disant “vaincus” et ainsi réviser les positions historiques colonialistes et eurocentristes de la doctrine officielle faisant la promotion de fêtes nationales comme le “Colombus Day” et “Thanksgiving” afin de maintenir la bonne conscience coloniale dans les esprits citoyens sous emprise.

Voyons d’abord ce que nous disent les études historiques sur le continent des Amériques avant l’arrivée de Colomb, dans la période dite pré-colombienne. L’histoire coloniale officielle fait toujours état de populations autochtones éparses, peu nombreuses, mal organisées et peu nombreuses, bref, le portrait typique d’un monde obscur et barbare ne demandant qu’à recevoir la civilisation chrétienne. Là encore, l’histoire classique parle toujours des “Européens”, du continent avant l’arrivée des “Européens”, les “Européens” qui découvrirent le “nouveau monde”, de la “civilisation européenne” et tout ce qui est utile pour occulter le fait que dans les écrits de l’époque, il n’était fait nulle mention des “Européens”, mais des Chrétiens. Les documents officiels, décrets pontificaux, chartes royales ne parlent que de “terres païennes”, “d’ennemi du Christ”, de “barbares et d’infidèles” à “réduire en esclavage perpétuel”, à “dominer”, à “subjuguer”, ce qui fut effectivement fait en respectant la lettre des décrets et chartes publiés.

D’autre part, la controverse sur les chiffres de la démographie autochtone dans la période pré-colombienne tend à se dissiper au fur et à mesure de la publication d’éudes de plus en plus approfondies sur la question. L’histoire officielle veut nous faire croire depuis des décennies que la population amérindienne pré-colombienne était de quelques centaines de milliers d’individus vivant disséminés sur le continent de manière nomade et arriérée. Cette vision d’un monde obscur et de survie extrême, servant la doxa coloniale, est balayée par les nouvelles recherches anthropologiques et archéologiques.

Ainsi nous apprenons ceci dans l’ouvrage récent de l’historienne Roxanne Dunbar-Ortiz “An Indigenous History of the United States”, 2014, p.17 que: “La population totale du continent était d’environ 100 millions à la fin du XVème siècle, les 2/5 de la population se situant en Amérique du Nord, incluant ce qui est aujourd’hui le Mexique. Le région centrale du Mexique à elle seule comportait quelques 30 millions de personnes. A la même époque, la population de l’Europe de l’Atlantique à l’Oural était de 50 millions…

L’Amérique pré-colombienne:

Charles C. Mann, journaliste au magazine “Science”, auteur de 4 ouvrages dont “1491, nouvelles révélations sur les Amériques avant Colomb”, Vintage Book, 2005 ~ Extraits traduits par Résistance 71~

Lorsque Cortez arriva, d’après les chercheurs de l’université de Berkeley, Californie, Cook et Borah, 25.2 millions de personnes vivaient dans la région centrale du Mexique seule, une zone de 125 000 km2. Après son arrivée, la démographie de toute la région s’effondra. Dans les années 1620-25, il ne restait plus que 730 000 Indiens, approximativement 3% de la population originale avant la première apparition des colons. Cook et Borah ont calculé que cette zone précise n’a pas retrouvé sa population du XVème siècle avant la fin des années 1960.

Dès l’époque de Bartolomé de Las Casas, les Européens (chrétiens) ont su que leur arrivée avait amené une catastrophe pour les populations des Américains natifs. “Nous les chrétiens, avons détruit bien des royaumes ; où l’Espagnol passa, conquît et découvrit, ce fut comme si un feu avait traversé l’endroit, détruisant tout sur son passage.” écrivit Pedro Cieza de León, le grand voyageur de l’après conquête du Pérou.”

“Il est vrai que les conquistadores ne voulaient pas la mort en masse des Indiens ; mais ce désir n’était en rien motivé par un élan humanitaire. Les Espagnols voulaient en effet que les indigènes soient utilisés comme source de travail forcé (esclavage). De fait, les morts en masse des Indiens fut un tel coup dur financier aux colonies, qu’elles menèrent, d’après Borah à une ‘dépression économique’, qui dura plus d’un siècle. Pour se repourvoir en main d’œuvre, les Espagnols commencèrent à importer des esclaves d’Afrique.

N’oublions pas non plus que lorsque les chrétiens arrivèrent sur ce continent, y vivaient déjà les grandes civilisations centralisées Inca et Maya, et plus au nord les confédérations des grandes nations des plaines centrales (Cheyennes, Sioux, Arapahos, Commanches, Apaches), au nord-est la confédération iroquoise, les nations algonquines, toutes avec un mode de gouvernance gérant, de manière centralisée (Inca, Aztèque) ou non, des millions de personnes.

La culture nord-américaine a gravé dans sa littérature l’épopée romancée des premiers explorateurs à atteindre la côte Pacifique: Meriwether Lewis et William Clark plus connus sous le vocable de Lewis & Clark, décrivant les étendues vierges et sauvages du sous-continent. Voici ce qu’en dit Charles Mann:

Incroyable d’imaginer aujourd’hui des bisons vivant de New York à l’état de Georgie. Une créature des grandes plaines, le Bison bison fut importé à l’Est par les Indiens suivant une route de feu de prairie géré et contrôlé par les indigènes, alors que cela changeait des forêts en pâturages pour que le bison puisse survivre si loin des ses terres originelles. Le feu des Indiens a eu un gros impact sur le milieu du continent que les Amérindiens transformèrent en une prodigieuse grande ferme d’élevage. Les Amérindiens ont brûlé tant de fois les prairies centrales et du Midwest, que cela a étendu leur superficie, en toute probabilité, les grands pâturages célébrés aujourd’hui par les cow-boys furent établis et entretenus par les peuples vivant là les premiers. ‘Lorsque Lewis & Clark se dirigèrent vers l’Ouest depuis St Louis, ils n’explorèrent pas une étendue sauvage mais une très vaste pâture gérée par et pour les Indiens”, écrivit l’éthnologue Dale Lott.

Roxanne Dunbar-Ortiz: Docteur ès Histoire de l’université d’UCLA, chaire d’études des nations amérindiennes de l’université d’état à Hayward, Californie, auteure de plusieurs ouvrage dont “Une histoire indigènes des Etats-Unis”, 2014

Extraits traduit par Résistance 71

Quand on lit ce qui suit, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec la société celtique qui mena l’Europe de l’Irlande au Danube pendant plus de 800 ans…

“Au moment des invasions européennes chrétiennes, les peuples indigènes avaient occupé et façonné chaque parcelle des Amériques, établi des réseaux extensifs d’échange et des routes de communication et ils subvenaient à leur population en s’adaptant à des environnements naturels spécifiques, mais ils adaptaient aussi la nature à leurs besoins. […] L’universitaire David Wade Chambers écrit: “… Les Amériques pré-colombiennes étaient sillonnées et reliées par un réseau complexe de routes et de chemins qui devinrent les premiers chemins empruntés par les occupants et furent ensuite transformés en autoroutes.’ […] L’Amérique du nord en 1492 n’était pas une étendue sauvage vierge de toute civilisation mais un réseau complexe de nations indigènes, les peuples du maïs. Le lien entre les peuples du nord et du sud du continent peut être observé par la distribution du maïs depuis la Mésoamérique… Cette brève revue d’une Amérique du Nord pré-coloniale suggère la magnitude de ce qui fut perdu par l’humanité et contredit tout à fait le mythe entretenu par les occupants colons des chasseurs-cueilleurs néolithiques vadrouillant sur la terre pour juste survivre. Celles-ci étaient des civilisations fondées sur une agriculture avancée et caractérisées par un système politique de gouvernance.

L’holocauste

David Stannard:

Historien, professeur d’études américaines à l’université d’Hawaii, auteur de six ouvrages et de nombreux articles universitaires. Son livre phare est “American Holocaust: The Conquest of the New World”, publié aux éditions Oxford Press, 1992, dont nous avons traduit l’extrait ci-dessous.

Pour remettre ceci dans une perspective contemporaine, le ratio de survivants natifs sur le continent des Amériques après le premier contact avec les Européens, fut moins de la moitié de ce que serait le ratio de survie aujourd’hui aux Etats-Unis si chaque blanc ou noir mourait. La destruction des Indiens sur le continent fut et de très loin, le plus important génocide de l’histoire de l’humanité. C’est pourquoi, comme un historien l’a dit abruptement, loin du romantisme et de la chevalerie habituellement employés pour symboliser l’établissement des chrétiens d’Europe aux Amériques, le symbole le plus approprié à la réalité serait en fait une pyramide de crânes. […]

De plus, la question importante pour le futur dans ce cas n’est pas “cela peut-il encore se produire?” mais plutôt si “cela peut-il être arrêté ?” Car le génocide des Amériques et dans d’autres endroits du monde où des peuples indigènes survivent, n’a jamais vraiment cessé. Aussi récemment qu’en 1986, la Commission des Droits de l’Homme pour l’Organisation des Etats-Unis a observé que 40 000 personnes simplement “disparurent” au Guatémala durant les quinze années précédentes. 100 000 autres ont été ouvertement assassinées. Ceci représente l’équivalent aux Etats-Unis de plus de 4 000 000 de personnes qui seraient massacrées ou retirées sous décret officiel du gouvernement, un chiffre qui est presque six fois le chiffre de toutes les morts américaines durant la guerre de sécession, 1ère guerre mondiale, seconde guerre mondiale, guerres de Corée et du Vietnam, le tout combiné.

Dunbar-Ortiz cite dans son livre sus-mentionné, l’auteur de la fameuse histoire “Le merveilleux magicien d’Oz” L. Frank Baum, qui écrivit en 1890 5 jours après le massacre de Wounded Knee, le 3 janvier 1891: “Les pionniers (sic) avaient déclaré auparavant que notre seule sécurité dépend de l’extermination totale des Indiens. Les ayant trompé pendant des siècles nous ferions mieux, afin de protéger notre civilisation, de faire suivre cela par un autre méfait et de faire disparaître de la face du monde ces créatures sauvages et indomptables.”

[…]

En 1913, la cour suprême des Etats-Unis déclara dans sa décision de maintenir le peuple Pueblos comme pupille du gouvernement fédéral: ‘Ils sont essentiellement un peuple simple, non informé et inférieur’.”

Le mensonge du narratif historique va jusque dans les caractères mêmes des soi-disants héros de la longue guerre des Etats-Unis contre les Indiens. C’est ainsi que le narratif s’est enrichi des images hollywoodiennes de la cavalerie pimpante coloniale chargeant les méchants Indiens tuant les pauvres fermiers blancs qui ne leur avaient rien fait, tout comme dans les films de John Ford, qui participèrent grandement à la propagande du statu quo colonial. A ce sujet voici ce que nous dit Dunbar-Ortiz dans son livre p.148:

Comme l’a écrit l’historien amérindien Jace Weaver: “Les guerres indiennes des Etats-Unis ne furent pas combattues par la cavalerie blanche américaine comme montré dans les films de John Ford, mais par des Africains-Américains, et des immigrants irlandais et allemands enrôlés.” La chanson célèbre et envoûtante de Bob Marley “Buffalo Soldier” capture parfaitement l’expérience coloniale des Etats-Unis: “Said he was a buffalo soldier / Win the war for America.


Howard Zinn

De tous les historiens américains, Howard Zinn de l‘université de Boston, fut celui qui en 1980, jeta l’énorme pavé dans la mare coloniale lorsqu’il publia son livre choc devenu culte aujours’hui (plus de 2 millions de copies vendus pour un livre d’histoire, pas mal du tout !…) “Une histoire populaire des Etats-Unis” qui s’ouvre sur le chapitre qui frogorifia l’Amérique “Christophe Colomb, les Indiens et le progrès humain” . Il récidiva dans le chapitre 5 de son livre entretien avec Donaldo Macedo en 2005: “Christophe Colomb et la civilisation occidentale”, qui reprend tous les thèmes de son premier chapitre de 1980.

En voici quelques extraits, nous avons par ailleurs traduit et publié ce chapitre sur Résistance 71 en septembre 2012.

“Laissez-moi ici vous faire une confession: Je ne savais pas grand chose de Colomb jusqu’à il y a environ une douzaine d’années, quand j’ai commencé à écrire mon livre “Une histoire populaire des Etats-Unis”. Je possédais un doctorat en Histoire (Ph.D) de l’université de Colombia, ce qui veut dire que j’avais reçu l’entrainement adéquat d’un historien, mais ce que je savais en fait de Christophe Colomb n’était que ce que j’avais appris à l’école primaire. […]

Ainsi, comment devais-je donc raconter l’histoire de Christophe Colomb ? J’en vins à la conclusion que je devais la voir au travers des yeux des gens qui étaient là lorsqu’il arriva, les gens qu’il appelait les “indiens”, parce qu’il croyait être arrivé en Asie. Et bien, ils n’ont laissé aucun mémoire, aucune histoire. De plus, ils avaient été exterminés en quelques décennies après l’arrivée de Colomb.

[…] Oui il était concerné par Dieu, mais il l’était plus encore par l’or. Partout sur l’île d’Ispagnola (aujourd’hui Haïti) où lui, ses frères et ses hommes passèrent le plus clair de leur temps, il fit ériger des crucifix partout. Mais ils construisirent également des échafauds partout sur l’ïle, on en comptait 340 en 1500. Des crucifix et des échafauds, cette terrible juxtaposition historique.

[…] Les atrocités se multiplièrent. Las Casas témoigna d’Espagnols embrochant des indiens au fil de leurs épées pour le plaisir, fracassant la tête de nouveaux-nés sur les rochers; lorsque les indiens résistaient, les Espagnols les traquaient, équipés pour les tuer de chevaux, d’armures, de lances, d’épieux, d’arquebuses, d’arbalètes et de chiens dressés particulièrement féroces. Des indiens prirent parfois ce qui appartenait aux Espagnols, pour ce que les indiens n’avaient pas de concept de ce qu’était la possession privée et donnait eux-mêmes tout à fait librement ce qui leur appartenait, ils furent décapités ou brûlés vifs au bûcher.

Nous vous engageons à lire notre traduction complète du chapitre.

Dans le premier chapitre sur Colomb de son livre “Une histoire populaire des Etats-Unis”, Zinn dit ceci:

En deux ans [après l’arrivée de Colomb], par le meurtre, les mutilations ou le suicide, plus de la moitié des 250 000 Indiens vivant sur Ispañola (aujourd’hui Haïti) étaient morts. […] En 1550 ils n’étaient plus que 500. Un rapport datant de l’année 1650 indique qu’aucun des Indiens originels Arawaks/Tainos ou leurs descendants n’existait sur l’île.”

Puis plus loin: “lorsqu’il arriva sur Ispaõla en 1508, Bartolomé de Las Casas dit “Il y avait 60 000 personnes vivant sur l’île incluant les Indiens, ainsi entre 1494 et 1508, plus de trois millions de personnes périrent de la guerre, de l’esclavage et du travail dans les mines. Qui des générations futures croira cela ? Moi-même écrivant ceci en tant que témoin oculaire ayant connaissance de ceci, ai-je du mal à le croire…

“Ce que Colomb fit aux Indiens Arawaks aux Bahamas et à Haïti, Cortez le fit aux Aztecs du Mexique, Pizzaro aux Incas du Pérou et les occupants colons anglais en Virginie et dans la Massachussetts le firent aux Indiens Powhatans et aux Péquots.

Que nous disent les natifs sur le sujet ?

Vine Deloria Jr: Historien, théologien et ancien directeur du Congrès National Indigène, auteur de nombreux ouvrages dont le fameux “Custer est mort pour vos pêchés”, 1978.

“l’acquisition de terres et le travail des missionnaires fonctionnent toujours ensemble dans l’histoire américaine.

[…] Les premiers colons ne fuirent pas les persécutions religieuses autant qu’ils voulaient les perpétuer dans des circonstances qui leur étaient favorables.

Taiaiake Alfred: Professeur de Science Politique, responsable de la chaire de gouvernance indienne à l’université de Victoria, Colombie Britannique, Canada. Auteur de plusieurs ouvrages de référence comme “Wasase” et “Peace, Power and Rightousness”, dont nous avons traduit de larges extraits.

 “La plupart des non-indigènes ont toujours vu les peuples indigènes en termes problématiques: comme obstacles au progrès de la civilisation, comme pupilles de la couronne, des reliques des temps sauvages, la lie de la société moderne, des criminels, des terroristes… C’est toujours l’objectif des gouvernements canadien et américain de faire disparaître les Indiens ou, si cela échouait, de les empêcher de bénéficier de leurs territoires ancestraux.


Steven Newcomb

Steven Newcomb: Juriste, co-fondateur de l’Indigenous Law Institute, auteur de “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”, Fulcrum, 2008, dont nous avons aussi traduit et publié de larges extraits.

Newcomb a intensivement recherché et publié sur la motivation fondamentale qui envoya Colomb sur le continent du nouveau monde et tous ceux après lui: l’hégémonie coloniale, la conquête et l’extension de l’empire chrétien, de la chrétienté. Ceci a commencé à la fin du XIème siècle avec la première croisade et a atteint son point culminant avec les bulles pontificales Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493) qui envoyèrent, justifièrent la conquête du monde “païen” par la “grâce” d’un dieu vengeur et mystificateur et pour le bénéfice de ses représentants de “droit divin” sur terre, le pape et les rois et reines, c’est à dire la chrétienté: l’empire chrétien ou “imperii christianorum”…

Quand, de la perspective aborigène, nous rejetons la fausse affirmation des chrétiens européens que “dieu” les a envoyé pour prendre possession et coloniser les terres indigènes des “Amériques”, il est évident que les chrétiens européens n’avaient aucune autorité légitime sur les nations indigènes et leurs territoires ancestraux. Ce que les chrétiens européens clâmèrent au nom de la loi, sur la base inconsciente du modèle cognitif du conquérant n’était rien d’autre que le droit d’empire et de domination, qui était intégral à la mentaité de domination de la chrétienté.

Durant le XVème et le XVIème siècles et plus tard, les monarchies et nations de la chrétienté levèrent le vieux narratif de l’ancien testament et le thème du peuple élu et de la terre promise du contexte géographique général du Moyen-Orient et commencèrent à le transférer au reste du monde. […] Ainsi, ils ont conçu que pour eux-mêmes, ils avaient reçu l’ordre de dieu de prendre possession des parties les plus importantes de la terre’. […] Les monarques et les conquistadores de la chrétienté transformèrent le ‘commandement ‘ de Yaveh aux Hébreus de prendre la terre de Canaan en une version globalisée chrétienne de la même doctrine.

Christophe Colomb fonctionna sur ce système. De fait, il était mandaté par ce système incarné par le roi d’Espagne et protégé par les bulles Dum Versitas (1452), Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493). Le colonialisme occidental est avant tout un colonialisme religieux utilisant le bras séculier des états monarchiques de “droit divin” ne rendant compte qu’au “vicaire de dieu” sur terre: le pape.

Russel Means: Activiste Lakota de renom, membre fondateur de l’American Indian Movement (AIM), figure du siège de Wounded Knee en 1973, acteur, philosophe et sociologue, que nous avons traduit et publié également. Il la publié deux ouvrages remarquables, le premier son autobiographie “Where White Men Fear to Tread” en 1995 et le second juste avant sa mort en 2012 “Si vous avez oublié le nom des nuages vous avez perdu votre chemin”, qui est une superbe introduction à la pensée et à la philosophie amérindienne. Ce petit livre de juste 100 pages dont chaque mot est pesé, fut le testament spirituel de ce grand activiste. Nous avons traduit et publié de larges extraits de l’ouvrage sur Résistance 71.

“Pour les peuples indigènes de ce continent, la célébration du jour de Colomb est l’affirmation ultime que depuis 1492, la société occidentale nous a regardé comme négligeables et périssables. Colomb était un assassin païen qui a soi-disant ‘découvert’ le paradis sur terre, qui était la patrie de mes ancêtres et il s’est attaché à faire de cet endroit un enfer sur terre pour eux.”

[…] “Ainsi, Colomb, afin de pouvoir s’enrichir et de mettre les Indiens en esclavage, a dû convaincre l’église que nous étions des sous-hommes et que nous pouvions donc être réduits en esclavage ou massacrés en toute impunité. Afin de persuader l’église de cela, Colomb accusa les Indiens d’actions anti-naturelles comme par exemple de cannibalisme, un mensonge éhonté…”

En fait, Colomb n’avait même pas besoin de “convaincre” l’église qui était déjà convaincue de tout cela puisque les papes Nicolas V et Alexandre VI (Rodrigo Borgia) avaient déjà émis des bulles en ce sens, autorisant la mise en esclavage perpétuelle des païens et des infidèles. Et la saisie des terres non-chrétiennes dans le monde. Bulles qui n’ont non seulement toujours pas été abrogées en 2016, mais qui ont servi de fondement aux décisisons de la Cour Suprême des Etats-Unis et de celle du Canada par jurisprudence, pour maintenir la “loi de la terre” sur le continent nord-américain. La loi de la terre, coloniale, est gravée dans le marbre et repose sur des décrets pontificaux racistes et inhumains datant du XVème siècle… Qui dit mieux ?…


Vol des terres natives 1784-1895

A l’occasion de ce jour de Colomb 2016, voici ce qu’a à dire une femme de la nation Ojibwe, Tessa McLean, activiste et déléguée du forum permanent pour les peuples indigènes à l’ONU (traduction Résistance 71):

“Ma famille a survécu les tactiques des pensionnats pour Indiens utilisés durant la trisrement célèbre phase du ‘tuer l’Indien, sauver l’Homme’.
Ma famille apprend comment survivre dans la lutte contre les femmes indigènes disparues et assassinées.
Ma famille apprend à survivre aux abus d’alcool et de drogues.
Ma famille apprend comment survivre au génocide.
Je dis que Christophe Colomb nous a apporté cette destruction.
Il a le premier assassiné nos femmes.
Il nous a le premier violé et mutilé.
Il a apporté la mort et la maladie, ce qui s’est transformé avec le temps en abus d’alcool et de drogue.
Il a en premier volé nos terres et nos ressources pour remplir ses poches.
Ceci peut sembler familier jusqu’à Standing Rock aujourd’hui dans le Dakota du Nord, où nos frères et sœurs se battent toujours pour leurs droits à la terre et contre les industries d’extraction et d’exploitation et ce depuis 524 ans.

La boucle est bouclée dans le cycle sans fin du consensus du statu quo oligarchique. Nous proposons de sortir du cycle induit “évolution-révolution” pour prendre la tangente et retrouver la linéarité de la société humaine vers le véritable progrès. Depuis quelques millénaires nous avons été enfermés et leurrés à accepter comme inéluctable, le cercle vicieux de la domination du plus petit nombre. Briser les chaînes c’est RElinéariser le cycle vers le progrès infini. Nous vivons dans une société globale volontairement muselée pour le profit et la domination du plus petit nombre.

Nous laisserons le mot de la fin à l’historienne Roxanne Dunbar-Ortiz, qui en conclusion de son livre, “An Indigenous Peoples’ History of the United States” nous dit ceci (traduction Résistance 71):

“Il y a 45 ans, l’archéologue Robert Silverberg écrivit au sujet de l’appel des ‘tribus perdues’ aux Anglo-américains: ‘le rêve d’une race préhistorique perdue au cœur du continent américain était une satisfaction profonde et si les disparus avaient été des géants, ou des hommes blancs, ou des israélites, ou des Danois, ou des Toltecs ou de grands juifs blancs toltec vikings, cela aurait été encore mieux.’ Tout sauf des Indiens, car cela aurait fourni la preuve rappelant aux descendants des colons anglais que le continent avait été volé, un génocide commis et la terre repeuplée par des colons en quête d’authenticité mais qui ne la trouvèrent jamais à cause du mensonge avec lequel ils vivent, suspecant la vérité, mais ayant bien trop peur de l’affronter… (p.233)

[…] Comment donc la société américaine peut-elle venir à bout de son passé ? Comment peut-elle reconnaître sa responsabilité ? L’Historien autochtone Jack Forbes a toujours insisté sur le fait que bien que les personnes en vie actuellement ne sont pas responsables de ce que leurs ancêtres ont fait, ils n’en sont pas moins responsables de la société dans laquelle ils vivent et celle-ci est un produit du passé. Tout le monde et toute chose dans le monde est aujourd’hui affecté, le plus souvent négativement, par la domination américaine et son interventionnisme, souvent violent avec des moyens militaires directs ou par procuration. C’est un problème des plus urgent. L’historien et enseignant Juan Gomez-Quiñones écrit: ‘L’ancestrie et les héritages amérindiens devraient être une partie intégrante des curricula des collèges et lycées ainsi que des universités et ce avec une intégration complète des histoires et cultures amérindiennes dans les currucula universitaires.’
Les peuples indigènes offrent des possibilités de vie après l’empire, des possibilités qui n’effacent ni les crimes du colonialisme ni ne demandent la disparition des peuples originels colonisés sous le couvert de les inclure dans la société à titre individuel. Ce processus commence vraiment par le fait d’honorer les traités établis avec les nations indigènes, de restaurer les sites sacrés, à commencer avec les Black Hills et incluant la vaste majorité des parcs nationaux détenus fédéralement et toutes les terres et objets sacrés dérobés et de payer des réparations pour la reconstruction et l’expansion des nations autochtones. Dans le processus, le continent se trouvera radicalement reconfiguré, physiquement et psychologiquement. Pour que ce futur se réalise, cela demandera des programmes éducatifs intensifs et le plein soutien et la participation active des descendants des colons, des Africains mis en esclavage, des Mexicains colonisés ainsi que de la population immigrante.” (p.235-6)

Nous ne disons pas autre chose lorsque nous affirmons que l’avenir de l‘humanité passe par les occidentaux émancipés de l’idéologie coloniale se tenant main dans la main avec leurs frères colonisés de tous les continents pour construire ensemble, solidairement la société des sociétés.

Le temps n’est plus seulement à la critique mais à l’action, le progrès passe par l’éradication du colonialisme et de son pilote historique: l’État, qui est la négation de l’Humanité. Ceci se voit aujourd’hui comme le nez au milieu de la figure, il suffit de lâcher-prise de ce modèle politique fallacieux et arrêter d’avoir peur de notre ombre. La vérité nous libèrera.

“Dans un monde de mensonges, dire la vérité est un acte révolutionnaire.”
~ George Orwell ~

 


Résistance au terrorisme depuis 1492 !

Lutte contre le colonialisme: Une invitation au partage anti-« jour de Colomb » (MNN)

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Invitation au Partage

 

Réunion à Ohswekon en territoire des 6 nations les 19-23 Nov 2018

Tout le monde est bienvenu !

 

Mohawk Nation News

 

4 octobre 2018

 

url de l’article:

http://mohawknationnews.com/blog/2018/10/04/gathering-6-nations-ohswekon-nov-19-23-2018/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Venez tous, familles, relations, amis, alliés, venez dans les bras tendus de notre famille. Nous utiliserons nos voix, ie-kwa-nikon-ra-ien-ta-neh, de façon à ce que nous œuvrions toujours de concert pour notre survie. te-tia-to-ret,, nous apprendrons et comprendrons nos vieilles paroles.

Votre participation fera l’agenda. Rassemblons-nous pour comprendre la voie de kanon’shonnni’onwe. Venez avec des questions, demandez à comprendre et faites des commentaires. Chacun d’entre nous tous sait quelque chose à partager. Nous le ferons pour tous nos enfants et le futur d’onkwehonweh (les habitants de l’Île de la Grande Tortue). Venez et discutez d’otiokwanhoksta, le Cercle de la Famille, qui est rotinonshonni (la confédération iroquoise) et de nos relations.

Tout le monde est bienvenu à venir et à partager kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix.

 

LOGEMENT: 

The Bear’s Inn, 1979 4th Line, ohsweken ont. NOA IMO, 519-443-4133 half mile east Chiefswood Road. https://thebearsinn.com/contact-us.php

Mohawk Motel, 769 Colborne, Brantford Ont. N35 352, near Woodland Cultural Center. “Best bang for your buck” 1-519-753-8621 mohawkmotel@outlook.com

Sherwood Motel, 797 Colborne East, Brantford N3S 3S3 519-756-5261   info@sherwoodmotel.ca.

Galaxy Motel 950 Colborne St, Brantford, ON N3S 3T5 Ont. (519) 304-6552 https://www.yellowpages.ca/bus/Ontario/Brantford/Galaxy-Motel/101135337.html

Days Inn, 460 Wynham Drive, Brantford, 1-519-759-2700

Grand Motel, 780 Colborne, Brantford 1-519-756-4004

= = =

Lectures complémentaires:

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Manifeste pour la societe des societes

Effondrer le colonialisme

Résistance au colonialisme: L’origine coloniale de la xénophobie américaine et de l’occident (Peter d’Errico)

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La xénophobie américaine: Une force en provenance de l’origine coloniale

 

Peter d’Errico

 

1er juillet 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/american-xenophobia-force-colonial-onset/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

Pourquoi la xénophobie a t’elle été d’une telle force dans un pays construit par des immigrants ?” a demandé le professeur d’histoire Moshik Temkin dans un récent éditorial du New York Times.

(“Why has xenophobia been such a force in a country built by immigrants?” asked history Professor Moshik Temkin in a recent op-ed piece in the New York Times. )

Temkin n’a pas répondu à sa question. Il l’a posée comme un exemple de requête historique au sujet “du changement politique et social au cours du temps… le pain quotidien de la profession de l’historien”, qui devrait prendre le dessus sur le rôle de bruit de fond que jouent les historiens dans les débats médiatiques actuels.

Je n’ai rien contre ce que montre Temkin, son “souci au sujet de la façon très superficielle et saccadée dont l’histoire est présentée, comme s’il ne s’agissait que de tirer des analogies historiques. Le résultat est que les lecteurs et les spectateurs reçoivent des leçons d’histoire qui sont souvent mal orientées lorsqu’on en arrive à Mr Trump et ne font que peu de lumière sur les travaux courants.” Quiconque est familier avec le “pays indien” connaît la vérité en cette déclaration et pas seulement au sujet de Trump. Comme l’a dit Philip Deere se référant aux étudiants imitant le “cri de guerre indien” si stéréotypé: “Ces gosses ont été à l’université pour obtenir une éducation supérieure et pourquoi ne l’ont-ils pas obtenu ?.. Dans leur esprit ils sont toujours dans un film de John Wayne.”

Quoi qu’il en soit, la question de Temkin porte en elle-même une vision étriquée de l’histoire à savoir la référence à “un pays construit par des immigrants”. Cette notion est devenue une sorte de fétiche dans des débats polarisés mélangeant le statut “d’étrangers” aux Etats-Unis. Ceux qui fréquemment accepte l’immigration assument le “nous sommes tous des immigrants”. Les opposants demandent la déportation des immigrants qui ne sont pas “légaux”. Et les deux côtés se tapent dans le dos en se félicitant de leur “exactitude”, aucun des deux ne prend le recul nécessaire pour examiner l’histoire, “le changement politico-social au fil du temps”, qui permettrait de faire la lumière sur ce sujet. Faisons donc un instant une pause et faisons donc la lumière sur ce point.

L’histoire rend problématique la notion de “pays”. Beaucoup de personnes avaient des pays sur ces terres avant l’invasion coloniale chrétienne. Que ces colonies en terminent dans un “pays” appelé Etats-Unis d’Amérique n’efface en rien l’existence continuelle des pays précédents et originels, et ce malgré les énormes efforts des colons pour le faire, colons qui pratiquèrent le génocide, la violence politique et la fabrication de mythes dans leur tentative d’effacement de l’histoire indigène.

Les envahisseurs, qui sont des immigrants sur ces terres des Amériques, ont même développé des narratifs historiques quasi-scientifiques comme par exemple ce concept largement discrédité aujourd’hui de la migration par le détroit de Béring afin d’insister lourdement sur le fait que les indigènes étaient eux-mêmes des immigrants. Cette imagerie colonialiste se réverbère dans la rhétorique de ceux qui soutiennent l’immigration en affirmant que nous sommes tous des immigrants.

La position de ceux qui font la distinction entre immigrants “légaux” et “illégaux” présente une histoire tout aussi problématique. L’aspect le plus aliénant (de “rendre étranger”) de l’insistance sur la “légalité” provient des efforts des colonisateurs d’affirmer un “titre de propriété” sur les terres qu’ils ont envahies par cette “extravagante prétention” de la “découverte chrétienne”. La Cour Suprêmes des Etats-Unis (CSEU) a gravé dans le marbre cette doctrine en 1823 avec son verdict dans l’affaire Johnson c. McIntosh, qui ne dépeignit pas les peuples originels comme des immigrants, mais de les déposséder de leur statut de propriétaires terriens et par là de “légaliser” le statut de propriété des colonisateurs. Ce tour de passe-passe judiciaire fait écho à la rhétorique de ceux qui demandent la déportation des “immigrants illégaux”.

Ces précédents historiques au débat courant nous permettent de suggérer une réponse à la question du professeur Temkin au sujet de la xénophobie. Une définition encyclopédique du mot xénophobie la décrit comme “une haine ou peur intense ou irrationnelle de personnes en provenance d’un autre pays.” On ne peut pas trouver un meilleur mot pour décrire les visions du monde des colonisateurs chrétiens, qui arrivèrent emplis de xénophobie envers les “personnes étrangères” qu’ils trouvèrent au “nouveau monde”. Le fait que ces gens accueillirent et même aidèrent les nouveaux arrivants colons n’eut que très peu d’effet sur une tempérance à leur xénophobie.

“L’empire américain” s’est développé d’une croisade messianique violente ayant pour but d’éliminer les non-chrétiens, leurs pratiques et leurs croyances, partout où ils pouvaient les trouver. De fait, le commandement des autorités chrétiennes fut de “croissez et multipliez-vous” et assumez la “domination/dominion”. Les décrets du Vatican et les chartes coloniales insistaient sur le fait que les “découvreurs” chrétiens devaient dominer les non-chrétiens, les païens. Dans l’affaire pénale Johnson de 1823, la CSEU a dit: “Ces affirmations ont été établies et maintenues par l’épée”. L’imposition de l’empire n’a pas éliminé les peuples originels, mais la rhétorique de la loi et politique américaine obscurcit et ne permet pas leur existence en tant que peuples séparés.

Comme l’écrit Jens Bartelson dans son livre de 1996, A Genealogy of Sovereignty, la “découverte au XVIème siècle de formes de vie non-chrétiennes sur le continent des Amériques posa… une menace à la stabilité des valeurs chrétiennes.” qui étaient déjà vacillantes de par la “fragmentation de la chrétienté” dans le “vieux monde”. Bartelson ajoute: “la découverte des peuples amérindiens posa le problème de la confrontation avec quelque chose de radicalement différent du mode de vie chrétien et posa la question de quelles types de relation étaient-ils possible d’entretenir avec cet Autre. D’abord dans quelle mesure est-il possible de connaître l’Indien mis à part comme être inférieur à la civilisation chrétienne ? Secundo, dans quelle mesure est-il possible de lui donner un statut de sujet légal ?” Ces questions animèrent la colonisation et propulsèrent la décision de la CSEU dans l’affaire Johnson c. McIntosh.

Bref, la xénophobie cette peur ou haine de l’Autre, a caractérisé l’histoire américaine depuis son début dans le tumulte des colonies rivales enclines à la domination et à l’exploitation de tout un continent. La position des USA là dessus a toujours été consistante au travers des méandres de ce que nous appelons “la loi fédérale indienne”, de la soi-disante “trilogie du juge Marshall” des deux affaires passées devant la CSEU (Johnson c. MIntosh et deux affaires concernant les indiens Cherokee), jusqu’à la loi de répartition “Allotment Act” et la politique de de termination jusque dans les relations de “gouvernement à gouvernement” du XXIème siècle. La position fondatrice des Etats-Unis est que les peuples indigènes du continent ont été et sont subjugués de manière inhérente à l’autorité politique du gouvernement fédéral américain. Les fêtes nationales que sont “Columbus Day” et “Thanksgiving/jour d’action de grâce” fournissent des vacances fantasmagoriques aux Américains qui parlent de la “découverte” du “nouveau monde”, essayant de faire oublier le bain de sang de la rencontre des deux mondes.

Les tribunaux , les politiciens et même bizarrement certains leaders autochtones, ont répétitivement insistés sur ce qu’ils appellent le “pouvoir plénier” du congrès des Etats-Unis pour faire ce qu’il lui plait avec les Indiens et les terres indiennes. Une histoire critique et juste des lois américaines, incluant bien des lois que beaucoup considèrent comme “pro-indiennes”, montrent ce processus à l’œuvre: La loi sur la citoyenneté de 1924 a “prolongé le projet d’assimilation des nations autochtones dans les Etats-Unis plutôt que de reconnaître leur souveraineté.La loi de réorganisation indienne de 1934 a “remplacé les structures de gouvernance traditionnelles par un système électoral occidental.. les constitutions tribales. La Commission des Doléances Indiennes de 1944 fut “le début de l’ère de fin de non-recevoir”. Les “amis des Indiens” appelant pour des “droits égaux” aujourd’hui visent à l’élimination finale de la nationalité native séparée.

Retournons à l’appel du professeur Temkin pour les historiens de “faire mieux à expliquer à Mr Trump et rendre plus clair que les Américains peuvent améliorer leur histoire.” Cela ne servira à rien de célébrer le “tout inclusif” qui obscurcit le débat, tout comme ce très bizarre show sur Broadway “Hamilton”, dans lequel des acteurs non-blancs chantent et dansent l’histoire des hommes blancs qui fondèrent le projet fédéral de la construction de l’empire, tout comme il ne serait pas acceptable de sanctifier le statut “légal” comme le facteur déterminant des droits d’immigration. L’histoire que les Américains ont faite existe toujours. Le débat autour des immigrants demandent de se préoccuper des lois, des pratiques et des politiques d’héritage qui exercent jusqu’à ce jour une force dominante sur les peuples originels de la terre.

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Lectures complémentaires:

Abolir l’empire, mouvement pour la répudiation de la doctrine chrétienne de la découverte

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

Manifeste pour la societe des societes

si-vous-avez-oublie-le-nom-des-nuages-vous-avez-oublie-votre-chemin

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte


A l’abordage !

Guerre impérialiste en Syrie: Idlib quand l’empire fait dans son froc…

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Idlib ce qui fait peur aux Etats-Unis et à Israel

 

Al Manar

 

1er septembre 2018

 

url de l’article: http://french.almanar.com.lb/1024300

 

Idlib, où Washington et ses alliés préparent un énième scénario chimique par Casques blancs interposés, risque de devenir le lieu de ce face-à-face. Pourquoi les États-Unis craignent-ils autant la reprise d’Idlib par l’armée syrienne ? Il y a d’abord la crainte de voir l’armée syrienne reprendre le contrôle de l’ultime point stratégique d’où les États-Unis pourraient harceler Damas.

Après tout, l’enclave d’Idlib est le dernier bastion des terroristes que l’État syrien s’apprête à libérer avant de revendiquer la victoire totale dans une guerre menée depuis sept ans contre son existence même. Idlib libérée, l’Amérique perdra l’un de ses derniers leviers de pression contre l’armée syrienne, une libération propre à ramener l’État syrien à l’état d’avant la guerre.

Ce qui veut dire au clair qu’après plus de sept ans de guerre et des milliards de dollars dépensés, les États-Unis devront déclarer forfait face à un Assad vainqueur. Cette perspective effraie les Américains, qui en sont désormais à concocter un scénario chimique à Idlib quitte à provoquer une riposte conjointe syro-russe.

La Russie ne plaisante pas, elle qui a déployé un bouclier maritime en Méditerranée au nord-ouest de la Syrie. Mais la crainte des Américains a un autre motif : Idlib libérée, l’armée syrienne aura toute la latitude nécessaire pour s’attaquer à al-Tanf, cette localité de la province de Deir ez-Zor où les Américains disposent d’une base militaire qui sert de centre de commande et de coordination pour leurs opérations de plus en plus sanglantes contre l’armée syrienne, la Résistance ou encore la Russie. C’est cette base qui abrite d’ailleurs les forces israéliennes, les mêmes qui ont tué des dizaines de combattants des Hachd al-Chaabi en juin dernier non loin d’Abou Kamal.

Le ministre syrien des Affaires étrangères a affirmé jeudi que personne n’avait convié les Américains et que ces derniers se trouvent en Syrie à titre de forces d’occupation. Cette position est également celle de la Russie, qui exige elle aussi le retrait US de l’ensemble du territoire syrien, fut-ce au prix d’une confrontation. Interviewé par Sputnik, l’analyste russe Andreï Ontikov rappelle que Damas est armé des missiles les plus sophistiqués et jouit de l’appui des officiers russes.

L’armée syrienne est parfaitement à même de contrer une offensive américaine, surtout que 15 navires russes sont déployés en Méditerranée et surveillent le moindre agissement ennemi. La bataille d’Idlib aura lieu que l’Amérique le veuille ou non. C’est une bataille où les ennemis d’Assad (États-Unis, Turquie, Israël, Arabie saoudite, etc.) jouent leur va-tout.

Le muselage progressif de la pensée critique, amérindienne et autre…

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“La véritable libération, le processus d’humanisation, n’est pas un autre dépôt [cognitif] à introduire en l’Homme. La libération est une praxis: la réflexion et l’action des hommes et des femmes sur leur monde afin de le transformer. […] Glorifier la démocratie et réduire les gens au silence est une farce ; discourir sur l’humanisme et nier les personnes et les peuples est un mensonge.
Toute investigation thématique qui approfondit la conscience historique est ainsi véritablement éducative, aussi toute éducation authentique recherche la pensée.”
~ Paolo Freire, “La pédagogie des opprimés”, 1970 ~

“Regardez bien ce qui se passe ici, parce que quand ils en auront fini avec nous… Ce sera votre tour.”
~ Femme mohawk membre du conseil des anciens de Kahnawake s’adressant aux badauds blancs venus aux nouvelles lors de la crise d’Oka, 1990 ~

“Je ne veux pas être ‘civilisé’, je veux être libéré.”
~ Russell Means ~

 


Résistance au terrorisme depuis 1492 !

 

Le muselage progressif de la pensée critique amérindienne… entr’autre

 

Résistance 71

 

1er septembre 2018

 

Nous pensons devoir exprimer notre point de vue sur ce qu’il se passe dans les médias au sujet de la voix dissidente et organique des penseurs/acteurs des peuples amérindiens, du moins de celle s’élevant en Amérique du Nord.

Il n’y a pas encore si longtemps. certaines plateformes comme Indian Country Today Media Network (ICTMN), pourtant bien prône à diffuser la voix domestiquée de la contestation contrôlée par le système colonial en place, laissait s’exprimer des voix radicalement dissidente et hautement instructives comme celles de Steven Newcomb et Peter d’Errico, Roxanne Dunbar-Ortiz et Dina Gilio-Whitaker, ne serait-ce que par souci de gagner en crédibilité et en audience éclectique. Ces penseurs trouvaient aussi une bonne plateforme de diffusion, ainsi tout le monde y gagnait.

Cela ne pouvait bien entendu pas durer…

Il y a environ deux ans, ICTMN annonce avoir des “problèmes financiers” et ne plus pouvoir continuer. Ils maintinrent le site sporadiquement ; quelques mois plus tard, une association iroquoise affirme reprendre le flambeau. ICTMN revampé publie de nouveau mais soit en purgeant les voix radicales, soit celles-ci ne voulant plus utiliser ce média comme plateforme de diffusion pour des raisons vraisemblablement politiques.

Aujourd’hui ICTMN a fermé son ancien site internet et en a rouvert  un autre “Indian Country Today” sous le nom d’url de “newsmaven”. Alors, là, on touche le fond. Lorsqu’on fouille un peu le site on y trouve ceci:

“Maven is a coalition of Mavens operating on a shared digital publishing, advertising and distribution platform, under a single media brand. Based in Seattle, Maven is publicly traded under the ticker symbol MVEN.

Maven (noun | ma·ven | ˈmā-vən): A professional, authentic authority, evangelist and recognized community leader for a specific topic, cause or organization.”

Résumons l’affaire succintement: ICTMN a été racheté par des culs-bénis évangélistes, les mêmes qui contribuèrent à l’ethnocide et génocide des nations natives nord-américaines. Une clique de frapadingues du missel ultra-conservateurs, proches des mouvements les plus racistes et dont le noyau dur est au centre du contrôle de l’armée américaine et de la CIA.

Pas étonnant donc que Newcomb et d’Errico n’y publient plus rien.

Les deux intéressés bien que possédant leur propre site internet indépendant, ne publient plus rien depuis des mois. Ceci est troublant.

Nos lecteurs savent que nous avons extensivement traduit les écrits de Newcomb et d’Errico dont les analyses sont essentielles pour bien comprendre que nous ne vivons aucunement dans un monde “post-colonial” comme la doxa oligarchique veut perpétuellement nous le faire croire.

D’un autre côté, nos lecteurs savent que nous avons aussi traduit un bon nombre de textes du professeur Taiaiake Alfred de l’université de Victoria en Colombie Britannique. Nous avons bien des raisons de penser que le professeur Alfred a été victime de chantage et que sa carrière universitaire a été menacée. Après avoir été très vocal, avoir diffusé sa vision d’une voie de résurgence indigène pour les nations autochtones en tant que membre de la nation Mohawk, il commença à participer à des conférences internationales qui reçurent une très bonne audience. Son (excellente) idée était de relier les mouvements indigènes à travers les continents, d’éliminer la barrière géographique pour que puisse se coordonner une résurgence indigène planétaire contre le colonialisme occidental hégémonique transcontinental.
Sa conférence, très bien reçue et diffusée à l’université de Melbourne en décembre 2013, fut sans doute le déclencheur d’une campagne contre lui, car il commença alors à prendre contact avec les mouvements de résurgence aborigène d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Lors de cetre conférence il présenta une version physique du Wampum Deux Rangées et en exposa le concept qui fut très bien reçu.

Le professeur Alfred continue d’enseigner et de développer ses programmes théoriques et pratiques mais est rentré dans le rang en tant que porte-voix de la résurgence indigène. Pourquoi donc ? A t’il été menacé ? Possible… Probable…

Plus récemment, nous avons noté la diminution tant en quantité qu’en qualité des publications de Mohawk Nation News dont nous avons été les traducteurs très réguliers depuis de nombreuses années. Ceci peut-être dû à des problèmes internes, mais aussi à des pressions externes, voire les deux. Nous ne pouvons le dire avec certitude. Là encore la voix faiblit…

Comme vous l’avez compris, il semble qu’une campagne assez effective de mise au silence des voix radicales amérindiennes soit en cours, ce qui explique aussi pourquoi nous n’avons pas beaucoup traduit ni publié dans ce registre depuis quelques temps.

Ceci n’est en rien dû à une baisse d’intérêt, mais au résultat d’une campagne de muselage débutée il y a quelques années déjà et qui croît en intensité au fil du temps, car l’oligarchie est terrifiée à la simple idée que les peuples autochtones opprimés s’allient aux peuples colons eux-même opprimés pour éradiquer le fléau du colonialisme dont la structure tentaculaire s’est mise en place depuis la fin du XVème siècle, ce qu’ont démontré Alfred, d’Errico et Newcomb au fil de leurs recherches. En ce sens, nous l’avions déjà dit en mai 2013 et ne le répèterons jamais assez: “Nous sommes tous des colonisés !” Tout n’est qu’une question de degré et de perspective. Pompez l’écran de fumée et comprenez la cruelle réalité de l’oppression structurée et institutionnalisée qui nous affecte toutes et tous, nous la merdasse des 99,9% des peuples de cette planète que l’oligarchie veut en grande partie éliminer pour mieux contrôler le reste réduit en esclavage perpétuel.

Il est bien évident que les activistes des nations autochtones et leurs alliés continuent  fort heureusement la lutte quotidienne de terrain sur tous les fronts des projets d’oléoducs et de gazoducs coloniaux devant traverser leurs territoires, ainsi que pour tout ce qui est lié à la terre et la souveraineté. Cet aspect est bien couvert fort heureusement dans les médias alternatifs spécialisés dans le domaine, parfois trop… ignorant ou minimisant les fondamentaux anthropologico-historiques de la situation actuelle, qui est une situation induite, forcée et dont il est important de comprendre les origines et les rouages pour pouvoir y mettre fin. Ce n’est pas avec les « conseils de bandes ou de tribus » issus des lois coloniales, faisant élire des « chefs », contre-maîtres du pouvoir pour mieux exploiter sous couvert de « démocratie », que les choses changeront pour le mieux.

Ce que nous déplorons et voulons mettre au grand jour ici, est la campagne incessante, qui prouve avoir un certain succès du moins temporaire, de réduire au silence les voix de la pensée radicale amérindienne analysant en profondeur les tenants et aboutissants de toute cette affaire coloniale, qui n’est en aucun cas du domaine du passé et qui est toujours bien présente et opprimante aujourd’hui en 2018.

Par extension, la campagne  pour réduire au silence TOUTE voix dissidente profondément radicale, bat son plein et la récente croissance de la censure sur la toile, censure qui ira en s’accentuant jusqu’au point de rupture, ne peut nous contredire.

Nous sommes de plein-pied dans une période charnière qu’il nous (les peuples) faudra bien aborder si nous voulons sortir de l’impasse politico-sociale dans laquelle nous avons été menés depuis quelques milliers d’années contre notre gré, puis par défaut. Rien n’est inéluctable, nous ne faisons que subir des phénomènes induits, forcés, anti-naturels, dont nous devons nous débarrasser pour pouvoir mettre en place la société de remplacement émancipée, la société des sociétés dont nous trouvons des éléments fragmentaires au sein des sociétés ancestrales des peuples natifs de tous les continents, dont nous ne pouvons plus ignorer les enseignements, tout en y ajoutant l’élément clef faisant défaut: la compréhension et la mise en pratique de la complémentarité en remplacement des antagonismes, condition sine qua non pour fouler enfin le chemin de l’harmonie sociale organique telle que la Nature l’a fait pour nous.


Génocide au nom du Christ !

“Le radical n’est jamais un subjectiviste. La subjectivité et l’objectivité se rejoignent dans une unité dialectique produisant la connaissance, en solidarité avec l’action et vice versa…” nous disait le grand pédagogue brésilien Paolo Freire en 1970 que nous citons par ailleurs en exergue de ce billet.

Sacrifier l’action au profit de la seule réflexion n’est que verbalisme, tandis que sacrifier la réflexion au profit de l’action n’est qu’un activisme le plus souvent stérile, qui “brasse du vent”.  Embrassons la complémentarité et lâchons prise de l’antagonisme. Dans une société organique, il n’y a plus l’épaisseur d’un cheveu entre la réflexion et l’action. On entre dans le domaine du flot, celui de la Nature.

Newcomb, d’Errico, Means, Alfred, Kahentineta et bien d’autres, nous ont mis sur cette voie. Devenons enfin la vie que nous sommes sensés vivre.

Toute la tradition européenne, marxisme inclus, a conspiré pour défier l’ordre naturel des choses. La terre-mère a été abusée, les pouvoirs ont été abusés et tout ceci ne peut plus durer longtemps. Aucune théorie ne peut altérer ce simple fait. Notre terre-mère va riposter, l’environnement va riposter et les abuseurs seront éliminés. Les choses fonctionnent en boucle, et reviennent là où elles ont commencé. C’est ça la révolution.
~ Russell Means ~

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Lectures complémentaires:

“La pédagogie des opprimés”, Paolo Freire, 1970

Note de R71: Initialement, ce livre fut publié en France dans la collection La découverte chez Maspero en 1982. Bien entendu, ce livre n’a pas été réédité en France et ne peut être trouvé que d’occasion ou en bibliothèque. Sa subversivité radicale en a fait le paria de l’establishment et un des livres cultes des penseurs critiques et ce à juste titre des deux côtés de la barrière.

En anglais, il est publié chez Penguins Books, qui est l’équivalent Folio si on veut, c’est à dire en édition de masse pour moins de 12 euros. Le livre, depuis 1970 et de multiples rééditions en portugais, espagnol et anglais, approche le million d’exemplaires vendus dans le monde… Mais n’est plus disponible en France, est-ce bien surprenant ?..

Nous avons en projet d’en faire la traduction complète et de le publier gratuitement. 

A suivre…

Mouvement pour la répudiation de la Doctrine Chrétienne de la Découverte

Nous sommes tous des colonisés !

Manifeste pour la Société des Sociétés

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

La_voie_Lakota_et_Crazy_Horse

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

si-vous-avez-oublie-le-nom-des-nuages-vous-avez-oublie-votre-chemin

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte