Archive for the neoliberalisme et fascisme Category

Gilets Jaunes An I : Petit cadeau pour réflexion et action collective…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 17 novembre 2019 by Résistance 71

 

 

Résistance 71

 

17 novembre 2019

 

En ce jour de l’An I du mouvement des Gilets Jaunes, nous vous offrons deux textes d’analyse politique vitaux, mis en page par Jo à notre requête, pour cette occasion, textes permettant sans aucun doute une meilleure compréhension de notre réalité  d’opprimés sous l’État et la dictature marchande.

Le premier est un texte souvent cité mais rarement lu datant de 1967:
« La société du spectacle » de Guy Debord et le second un texte de Murray Bookchin de 1995, « Le municipalisme libertaire », texte devenu fondateur dix ans plus tard pour le mouvement des communes libres en zone autonome du Rojava.

 

Guy_Debord_La_societe_du_spectacle

 

Murray_Bookchin_Le_municipalisme_libertaire

Comme le disait le grand éducateur et penseur critique brésilien Paulo Freire, il ne suffit pas de comprendre notre réalité pour nous adapter et réformer, mais de la comprendre pour l’intégrer et radicalement changer notre société pour l’abolition de la relation dominant / dominé, oppresseur-exploiteur / opprimé-exploité et donc notre émancipation définitive.

Le mouvement des Gilets Jaunes en entrant dans sa seconde année de lutte doit intégrer la compréhension de notre réalité et agir collectivement à la racine profonde des choses, ces deux textes essentiels ci-dessus permettent d’y voir plus clair.

Réflexion – Compréhension – Intégration – Action – Émancipation

Pour une société des sociétés…

Bon Anniversaire à toutes et tous les Gilets Jaunes !

 

Gilets Jaunes An I : 16/11 Des « black blocs » se réfugient derrière la police place d’Italie (Vidéo)

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 17 novembre 2019 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

17 novembre 2019

 

Ci-dessous, une video de rue de 3 soi-disants « black bloc » dont un semble blessé, venant se réfugier derrière un cordon de police.

 

 

Il semble donc, et cela est d’une grand logique, que les violences qui ont éclaté en amont du départ de la manif’ déclarée place d’Italie (Paris 13ème), aient été sciemment provoquées par le pouvoir afin de:

  • Faire interdire la manifestation, ce qui fut bien entendu fait..
  • Piéger les Gilets Jaunes sur la place pour toujours plus de répression
  • Tenter de discréditer le mouvement
  • Noircir toujours plus avant la réputation des « anarchistes »
  • Instaurer un climat de peur dès le début du week-end afin de décourager les manifestants de venir dans les rues

Cette pratique est courante dans toutes les polices du monde, elle est omniprésente dans la police française.

Le pouvoir marchand est dans une logique de violence systémique qui ne peut aller que crescendo. La question qui se pose depuis un moment déjà est :

Quel est l’objectif politique ou plutôt, que doit devenir l’objectif politique du mouvement des Gilets Jaunes ?
Qui peut encore croire à rendre ce système plus « vertueux » quand division, coercition, oppression, exploitation, mensonge, tromperie et veulerie en sont les caractéristiques exclusives ?

Dans notre prochain billet : Deux textes fondamentaux en format PDF pour aiguiser notre réflexion et notre action. A suivre…

 


Tout le pouvoir aux ronds-points !

2018-2019: Ce mouvement des Gilets Jaunes qui rend les rues de France jaunes de monde

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 15 novembre 2019 by Résistance 71


Le jaune est mis…

 

Un an de rues de France jaunes de monde

 

Résistance 71

 

15 novembre 2017

 

17 novembre 2018 – 17 novembre 2019… Mouvement des Gilets Jaunes : Un an de lutte sociale, de présence massive de terrain sur les ronds-points, dans les rues, devant les organes de pouvoir et de propagande de France. La résurgence des Gaulois réfractaires qui n’ont pas oublié qu’en chacun de nous sommeille un communard est enfin arrivée et dure.

Beaucoup a déjà été dit et écrit sur le mouvement des Gilets Jaunes avec la litanie habituelle de bonnes choses et d’inepties. Que pouvons-nous en dire le plus succinctement possible ? 

Le mouvement des Gilets Jaunes est :

  • Unique dans sa longévité
  • Unique dans sa résistance à la cooptation ce qui explique le point #1
  • Unique dans son refus instinctif du moule de communication sociétal
  • Unique dans son rassemblement par delà les scissions politiques induites
  • Unique dans son mode opératoire de communication des ronds-points
  • Unique dans la convergence d’un apolitisme de partis devenu militant
  • Unique dans sa réappropriation de la communication
  • Unique dans sa résilience
  • Unique dans sa capacité d’adaptation

Où est le mouvement à cet instant précis de l’histoire ?

Il nous semble que le mouvement, bien qu’en cours de transformation, se dirige vers toujours plus de dialogue de sourd avec un État et des “pouvoirs publics” autistes et dont les fonctions sont de protéger les privilèges et le système en place. Le fait depuis plusieurs mois, d’accepter l’encadrement et la déclaration / autorisation officielle des manifestations ne fait plus beaucoup avancer les choses et se doit d’être dépassé. On voit certains “leaders” entrer dans divers organes médiatiques, la vigilance est de mise !

Quel avenir ?

Tout dépend en fait des objectifs qu’on se fixe. Ces objectifs ne peuvent être décidés qu’en réunions / assemblées populaires locales. Ce qui a commencé à se faire à l’instigation des Gilets Jaunes de Commercy dans la Meuse très tôt dans le mouvement et a gagné du terrain, surtout dans les provinces. La coordination, pour être efficace, doit dépasser le cadre local et les initiatives des Assemblées des Assemblées ont enclenché un véritable processus de décision populaire et de volonté de reprendre en main l’affaire politique sans passer par des intermédiaires s’avérant toujours corrompus. Ceci doit se généraliser sur l’ensemble du territoire. Que fleurissent les assemblées populaires !

Il est bien entendu que pour la vaste majorité des personnes impliquées, la préoccupation primordiale est les conditions de vie au quotidien. C’est une évidence et personne ne le discutera. Cependant, nous devons comprendre que l’objectif n’est pas et ne doit pas devenir une “amélioration cosmétique” des conditions de notre exploitation et de notre oppression au cours de notre vie quotidienne, mais un changement profond, radical ( étymologiquement: depuis la racine des choses) de la société. Comprendre véritablement notre réalité et œuvrer ensemble pour la transformer positivement dans le sens de l’égalité et de l’harmonie sociale pour toutes et tous.

Pour que ceci se produise, il est indispensable que le plus de personnes comprennent finalement qu’il n’y a pas de solution au sein de ce système marchand étatico-capitaliste, fondé sur la division et la préservation du rapport dominant/dominé induit et en aucun cas inéluctable et qu’ainsi il ne peut pas y avoir de solution au sein du système en place qui, à terme, ne génère que chaos social, exploitation intensifiée, répression de toute dissidence et annihilation de toute volonté de résister afin de préserver coûte que coûte le statu quo oligarchique et son hégémonie culturelle.

Le mouvement des Gilets Jaunes démontre depuis un an que les sans noms, tous autant que nous sommes, avons toujours cette fibre instinctive de la révolte, et ce, à n’en pas douter, à la grande surprise de l’oligarchie et de ses sbires de terrain que sont les politiciens, les médias et autres cerbères futiles, qui nous pensaient anesthésiés dans la ouate chloroformée de la société du spectacle marchand et de sa culture débilitante. Mais que nenni ! La résurgence du peuple s’est activée, il convient maintenant de la transformer en une révolution sociale qui balaiera une fois pour toute les vestiges de cette société mortifère, gérée depuis les burlingues feutrés des cartels industrio-financiers transnationaux.

Notre émancipation finale ne pourra se produire que lorsque nous aurons individuellement et collectivement, par une prise de conscience politique radicale et définitive, compris que nous avons été artificiellement cloitrés dans un carcan politico-social dans sa dimension étatico-capitaliste et que cet état de fait, tout artificiel et construit qu’il est n’est en rien une fatalité et peut parfaitement être déconstruit comme toute création humaine. Pour ce faire, il nous faut lâcher prise des antagonismes, analyser et intégrer toute différence comme une complémentarité qui à terme, en œuvrant ensemble nous unira et nous renforcera. Ceci est la condition sine qua non de notre émancipation combinée avec la mise en place des associations libres gérées localement, régionalement et au niveau de la “nation” révisée dans son concept, par des assemblées populaires seules capables de prendre les décisions pour le bien commun et de les mettre en application par la grâce des membres des associations libres comprenant qu’ils agissent et travaillent non plus de manière aliénée, mais pour la satisfaction de tous.

Le mouvement des Gilets Jaunes a vu émerger publiquement le concept du Referendum d’Initiative Citoyenne ou Populaire (RIC / RIP) qui présente l’intérêt de faire réfléchir les gens collectivement sur des sujets d’ordre politiques et économiques ; son inconvénient étant qu’il soit une revendication demeurant au sein du système étatique qui est au delà de toute réforme et rédemption politique. L’État et les rouages capitalistes du spectacle marchand sont par design des entités construites contre toute velléité de révolution sociale puisque entités de la perpétuation de la division et de l’exploitation du plus grand nombre par le plus petit nombre dans un rapport synthétique dominant / dominé. Néanmoins le concept du RIC / RIP est bon hors de ce contexte, en l’appliquant dans une gestion autonome par assemblées qui pourraient demander l’avis direct du peuple sur des questions référendaires.

Tout ce qui sort du travail de réflexion collectif et qui tend à faire consensus est une bonne chose, mais doit être appliqué en dehors du système existant. Nous devons recréer notre réalité et non pas réformer celle qui a été inventée pour nous et nous laissant pour compte en chemin il y a déjà bien longtemps. 

A cet égard, l’action de grève générale reconduisible du 5 décembre à venir pourrait s’avérer être un tremplin adéquat pour enfoncer les coins des assemblées et conseils ouvriers et des travailleurs afin de faire péter les verrous du carcan social, si ces conseils pouvaient se mettre en place à cette occasion. Toutes les factions de lutte radicale depuis le XIXème siècle ont prôné la grève illimitée et expropriatrice comme arme absolue contre le pouvoir du capital. Ceci a déjà été mis en pratique lors des grandes grèves ouvrières du nord de l’Italie en 1920 sous l’impulsion d’anarchistes comme Errico Malatesta. Ceci s’est reproduit en Espagne 36, et dans la révolution des conseils de Budapest en 1956. Le plus grand mouvement récent en France fut la grève sauvage ilimitée ouvrière de 1968 qui déborda le système et ses garde-chiourmes des syndicats, ce fait constitua le véritable “Mai 68”, le mouvement étudiant ne venant que s’y greffer et le pourrir par infiltration des taupes d’usage. 

N’oublions pas qu’avant la révolution russe d’octobre 1917, il y eut les prémisses de 1905 et la création du premier “soviet” ou conseil ouvrier à St Petersbourg par une majorité d’anarchistes. Quand les révolutionnaires clamaient “Tout le pouvoir aux soviets !” cela voulait dire tout le pouvoir aux conseils ouvriers/populaires, cela voulait dire à terme, la fin du système étatique et la reprise du pouvoir par le peuple qui le rediluerait en lui-même pour de nouveau vivre dans une société contre l’État et organisée de la sorte. Lénine et Trotsky furent envoyés pour casser cet anti-système qui fait tant trembler et à juste titre, l’oligarchie transnationale. Ainsi, ce n’est pas un hasard si nous, à Résistance 71, aidons à clamer “Tout le pouvoir aux ronds-points !” depuis très tôt dans le mouvement des Gilets Jaunes.

C’est dans cette formule imagée bien entendu que réside une bonne partie de la solution.

Le mouvement des Gilets Jaunes a aussi vu l’ouverture de Maisons du Peuple dans plusieurs villes et certains repensent le concept de nos anciens, celui des Bourses du Travail. Tout cela va dans le bon sens et se doit de s’étendre.

Enfin, pour reprendre une expression moderne très prisée, pensons que chaque quartier, chaque voisinage, chaque lieu de travail que nous voulons désaliéné, chaque commune (bientôt libre et librement associée…) sont des ZAD… des Zones A Défendre, parce que nous voulons en faire des zones de vie décente et heureuse, de vie collective riche et pleine où nous viv(r)ons sainement, ensemble, par delà tous les antagonismes et conflits de la société marchande caduque et non pas conserver ces mouroirs sociaux actuels, négateurs de nos êtres dans l’avilissement de l’avoir à tout prix pour le seul profit du plus petit nombre.

Les Zapatistes du Chiapas au Mexique ont mis 10 ans de préparation clandestine entre 1984 et 1994 avant de sortir au grand jour et de mettre en action leur révolution sociale qui existe toujours aujourd’hui plus forte que jamais, 25 ans plus tard. Chaque société est différente mais complémentaire, il ne nous faudra pas 10 ans pour mettre en place une nouvelle société si nous savons utiliser à bon escient analyse et conseils fournis par l’histoire.

Il ne tient qu’à nous de dire NON ! Ensemble.

De réfléchir et d’agir ensemble pour l’émancipation de notre société.

Les entités du pouvoir coercitif de la division que sont l’État et son mode de production dit capitaliste ont fait leur temps, n’ont amené que perversion, chaos, guerres, dévastations, exploitation et oppression en un volume bien plus conséquent que les quelques positrons qui en émergèrent. Ils sont au bout du rouleau, ils ne peuvent plus régner que dans la terreur et le massacre généralisé, ils se meurent… Achevons-les et par là-même, mettons fin à notre misère par notre renaissance sociale.

Le pouvoir, la capacité de décider et d’agir pour le bien de tous, c’est NOUS et personne d’autre qui l’avons. Qu’on se le dise une bonne fois pour s’en convaincre définitivement !

Longue vie aux Gilets jaunes !

A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent ! A bas le salariat !

Vive les communes libres émancipées !

Pour que nos Êtres priment sur leur Avoir…

 

Collectif Résistance 71
Novembre 2019

= = =

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Autres textes utiles à intégrer notre réalité pour la transformer depuis la racine :

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Pierre_Kropotkine_La_Commune_de_Paris_PDF

3ri-et-societe-des-societes-du-chiapas-zapatistes-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-le-rojava-fevrier-2019

Francis_Cousin Ce n’est qu’un début…

Il y a 50 ans… Mai 68

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

 

Textes des Gilets Jaunes issus des Assemblées des Assemblées:

AdA_Montceau_les_mines_Proposition_axes_travail

AdA_Marche_Jaune

compte-rendu-complet-2e-ada-stnazaire

AssDesAss-2-Appel-pour-un-acte-national-pour-lannulation-des-peines

AssDesAss-2-Appel-pour-des-assemblées-citoyennes

AssDesAss-2-Appel-pour-une-convergence-écologique

Tract_Gilets_Jaunes

 

Un an de Gilets Jaunes… Réflexion stratégique pour le week-end du 16-17 novembre 2019

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 14 novembre 2019 by Résistance 71

 

Essai stratégique sur le week-end parisien des 16 et 17 novembre 2019

 

Des Gilets Jaunes parmi tant d’autres

 

Novembre 2019

 

Source: 

https://paris-luttes.info/nouvel-article-no-10749-10749?lang=fr

 

Quelques pistes de réflexion pour le week-end du 16 et 17 novembre : ne pas retomber encore une fois dans l’immobilisme qui a gagné le mouvement des Gilets jaunes depuis plusieurs mois. Comment dépasser les dispositifs de répression massifs qui seront présents ? Propositions et stratégies.

Les arrêtés préfectoraux sont de nouveau à jour depuis le samedi 9 novembre, les interdictions de manifestations seront sûrement renouvelées dans les périmètres de l’Ouest parisien. Nous sommes face à deux problèmes : la mobilisation des forces de répression et ce qui en découle : contrôles « préventifs », nombreuses interpellations, encadrement du cortège… L’autre problème est celui de la jonction des groupes en un véritable cortège.

Le 21 septembre dernier, plusieurs poches de manifestants ont réussi à atteindre les Champs de manière plus ou moins prononcée, sans réussir à se regrouper en une masse importante. La stratégie ultra-agressive de la préfecture ne nous permet plus de rester dans un lieu statique en attendant l’agrégation de petits groupes pour former un véritable cortège. La mobilité permanente des manifestants se traduit de plus en plus par la fuite face à la machine policière ; phénomène accentué par la variabilité du nombre de manifestants dans la rue.

Le samedi 16 novembre sur Paris, si nous voulons arracher petit à petit les quartiers riches aux dominants, nous devrons prendre en considération la forme que prendra l’occupation policière, c’est-à-dire celle d’un espace bunkerisé. Nous ne pouvons pas les déloger en les attaquant de front, mais seulement en les dispersant.

Partons du principe que la nécessité de retrouver les Champs est devenue une logique défensive. Depuis le nouveau préfet et sa tactique « post-16 mars », il ne faut plus chercher à fortifier ou à défendre une base fixe, ne plus attendre d’être encerclés pour riposter. Face au quadrillage des lieux les plus stratégiques, notre technique doit se baser sur le harcèlement, le découragement, la distraction des forces de l’ordre. Depuis, chaque lieu de rendez-vous annoncé se trouve être totalement maîtrisé par les flics : c’est pourquoi un point de rassemblement dans un secteur non centralisateur serait à notre avantage. Nous devons nous élancer à partir de lieux non interdits afin de concentrer un maximum de force. Pour avoir l’avantage, il faut dès le début de la matinée pouvoir, avec le nombre, décrocher les policiers de leurs fonctions de contrôle statique et les amener au plus vite à leur devoir de maintien de l’ordre actif dans les quartiers interdits. Lorsque l’effet de masse prendra, la stratégie n’est que pratique et se développera selon les circonstances.

Développons au maximum des réflexions sur les contournements possibles de l’occupation policière. Réfléchissons à réduire l’implication des voltigeurs, forcer les compagnies de CRS à ne faire que des allers-retours, avoir comme objectif : la désorganisation. Utilisons les départs de feu pour scinder la vague policière, amenons les camions à eau en première ligne pour rendre difficile l’incursion des unités mobiles dans nos rangs. Nous connaîtrons des moments de faiblesse, de panique dus aux armes de la police et à la dispersion des groupes. Il nous faut trouver le moyen de se regrouper malgré les poursuites incessantes de la police. Pour entretenir le flux et le reflux des manifestants, il faudrait selon l’ampleur des manifestations, proposer d’autres secteurs de rassemblements dans le début de soirée. Ce qui nous permettrait d’alimenter notre motivation à tenir la rue, et voir dans la journée de samedi plusieurs phases, plusieurs batailles. Pour ne pas se sentir écrasé et permettre une prolongation de l’effort. La multiplicité des moments que recouvrira cette journée générera le refus de partir. Pour ne pas se sentir essoufflé et sans horizon au fil de la journée !

– Avoir plusieurs étapes dans la journée de samedi.

– Une phase le matin, l’après-midi, le soir. 

– Se donner des moments de répit, pour résister jusqu’à tard.

Encore une semaine pour réenvisager nos tactiques, du moins prendre en compte une diversification de nos modes d’action en fonction des différentes situations. Une semaine pour ramener le plus de monde possible !

Des Gilets jaunes parmi tant d’autres

= = =

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Vive la Commune !

Dictature technotronique en marche… l’apocalypse 5G et grille de contrôle eugéniste planétaire (Vidéo)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologie, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 13 novembre 2019 by Résistance 71


Il suffit de dire NON !… En masse…

 

Résistance 71

 

13 novembre 2019

 

Éteignons les écrans et rallumons les cerveaux… MAINTENANT !
Éducation, connaissance, diffusion, intégration, action => BOYCOTT


Apocalypse…
documentaire de Sacha Stone – VOSTF –

 

 

 

 

Lectures complémentaires:

Dire-NON-a-la-dictature-technotronique

Dossier-complet–pour-stopper-net-la-dictature-technotronique

Alerte_scientifiques_medecins_5G

Naval-Medical-Research-Institute-1972-Full-Bibliography

dossier-complet-pour-refuser-le-tout-connecte-via-la-5g-la-smart-city-ou-ville-connectee

la-tele-medecine-cest-pas-bon-pour-la-sante

Manuel_du_sceptique_climatique_No1

Manuel du Sceptique II-V4

Agenda-oligarchique-de-depopulation-sarkozy-et-les-compteurs-intelligents

stop-linky-gazpar-5G

 


Non à la dictature technotronique !

Guerres colonialistes: Déclaration du CNI-EZLN sur les peuples originels en lutte

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 12 novembre 2019 by Résistance 71


CNI-EZLN / Gilets Jaunes : Même combat !
Nous sommes tous des colonisés !

 

Déclaration jointe du Congrès National Indigène CNI-CGI et de l’EZLN sur les agressions récentes des capitalistes, de leurs gouvernements et de leurs cartels contre les peuples originels du Mexique

Aux peuples du monde
Aux réseaux de résistance et de rébellion
Aux membres nationaux et internationaux de la Sixième
A la presse :

Nous les peuples, nations, tribus et barrios du Congrès National Indigène et du Conseil de Gouvernance Indigène ainsi que l’Armée Zapatiste de Libération Nationale, condamnons les évènements suivants:

Nous dénonçons les attaques sur les communautés natives de Nahua de San Mateo Cuanala San Lucas Nextetelco, San Gabriel Ometoxtla, Santa María Zacatepec, et de José Ángeles voisinage de la municipalité de Juan C. Bonilla. Le 30 octobre courant, la police fédérale mexicaine, la police de l’état de Puebla et la Garde Nationale ont frappé et ont tiré des balles en caoutchouc sur les membres de la communauté, incluant des femmes et des enfants ainsi que des personnes âgées.

Cette répression fut appliquée sur nos compagnons dans un effort de pousser de l’avant l’empoisonnement de la rivière Metlapanapa au sein d’un projet de construction d’égoûts pour la zone industrielle de Huejotzingo, Puebla, connue sous le nom de “cité du textile”. Ceci fait aussi partie d’un projet géant d’infrastructure urbano-industrielle connu sous le nom de “Projet Intégré Morelos”, qui a déjà coûté la vie à notre compañero Samir Flores.

Nous condamnons la lâche attaque du 3 novembre sur Wixarika et Tepehuana de la communauté de San Lorenzo de Azqueltán, municipality of Villa Guerrero, Jalisco, par les propriétaires terriens Fabio Ernesto Flores Sánchez (alias La Polla), Javier Guadalupe Flores Sánchez, et Mario Flores, accompagnés de trois camions pleins d’individus armés agissant en totale impunité. Ils ont monté une embuscade et battu des membres de la communauté et des autorités locales, blessant grièvement nos compañeros Ricardo de la Cruz González, Noé Aguilar Rojas, et Rafael Reyes Márquez, qui sont toujours à l’hôpital.

Ces tentatives d’assassinat qui ont été commises en toute impunité, ont l’intention de mettre un coup d’arrêt à la digne lutte historique de ces communautés à défendre leurs terres. Cette terre est convoitée par ceux qui, parce qu’ils ont de l’argent, pensent qu’ils sont les propriétaires de la région et ils ont de longue date été dépendant de la complicité du gouvernement, qui lui veut offrir ces terres communales pour des millions de dollars de contrats ainsi qu’effacer de l’histoire le peuple Tepecano.

Nous demandons le retour en sécurité de nos compañeros Carmelo Marcelino, Chino et Jaime Raquel Cecilio du Frente Nacional por la Liberación de los Pueblos (Front de Libération Nationale des Peuples) de l’état de Guerrero qui ont disparu le 22 octobre alors qu’ils revenaient d’Acapulco vets Huamuchapa. Ce crime est l’acte le plus récent de la criminalisation, de la persécution, des meurtres et de la disparition de tous ceux de l’état de Guerrero et à travers le Mexique, qui luttent pour la protection des territoires indigènes contre la dévastation capitaliste.

Nous dénonçons également la disparition depuis plusieurs heures entre les mains de la police d’Oaxaca, de notre compagnon Fredy Garcia du Comité de Defensa de Derechos Indígenas après qu’il fut convoqué pour une réunion avec des fonctionnaires du gouvernement. La police a accusé de manière absurde Garcia dans une tentative de le criminaliser ainsi que le comité et leur digne lutte contre la répression et la dépossession capitalistes. Nous demandons la libération immédiate et sans condition de notre compañero Fredy Garcia !

Les capitalistes, leurs cartels et leurs gouvernements utilisent des groupes armés, que ce soit de la police ou de l’armée du mauvais gouvernement, des troupes paramilitaires ou le crime organisé, pour imposer mort et dépossession sur les peuples originels. Pour nos peuples, tout ceci veut dire violence, terreur, et rage ; pour eux, cela veut dire impunité et la garantie que leurs crimes contre des peuples entiers se transformeront en purs profits et bénéfices.

Dans l’attente,

Novembre 2019

Pour la totale reconstituion de nos peuples

Plus jamais un Mexique sans nous !

National Indigenous Congress
Indigenous Governing Council
Zapatista Army for National Liberation

= = =

Lectures complémentaires:

Nous_sommes_tous_des_colonisés (PDF)

Pierre_Clastres_De l’ethnocide

Pierre_Clastres_Echange-et-pouvoir-philosophie-de-la-chefferie-indienne

3ri-et-societe-des-societes-du-chiapas-zapatistes-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-le-rojava-fevrier-2019

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

Manifeste pour la Société des Sociétés

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

6ème_déclaration_forêt.lacandon

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

 

Novembre 2018 ~ Novembre 2019… Le bouleversement des Gilets Jaunes

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 8 novembre 2019 by Résistance 71

Très bonne analyse de ce compagnon Gilet Jaune qui doit être lue et diffusée sans modération. En ce qui nous concerne, nous rajouterons que le Mouvement des Gilets Jaunes deviendra irrésistible quand la compréhension collective s’articulera sur le fait qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir et qu’il est donc vain, futile et inepte que de vouloir le réformer, le rendre plus « vertueux » pour une énième fois qui ne sera qu’un échec supplémentaire.
Dans cette optique de notre réalité objective, cessons de perdre notre temps en vains projets rêveurs, la lutte se doit de converger suivant la ligne directrice de:
A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent ! A bas le salariat !
Pour que naisse et fleurisse la société des sociétés de la diversité complémentaire ayant lâché prise de tous les antagonismes.

~ Résistance 71 ~

 

 

Le bouleversement des Gilets Jaunes

 

Manif-Est Info et Rébellyon

 

7 novembre 2019

 

Source:

https://manif-est.info/Le-bouleversement-des-Gilets-Jaunes-1198.html

 

Il y a presque un an jour pour jour surgissait le mouvement des gilets jaunes. Un an de manifestations chaque samedi, d’assemblées générales, de ronds-points habités et de maisons du peuple occupées. Un an d’élaboration politique et d’expérimentation sociale. Une année d’existence qui sera dignement fêtée à n’en pas douter le 17 novembre prochain, date anniversaire du mouvement.

A bien des égards ce mouvement a pris une ampleur historique, par sa longévité, par sa cadence maintenue actes après actes, par son hétérogénéité, par sa conflictualité, par la violence de la répression à laquelle il a été confronté, aussi bien dans la rue que dans les tribunaux…

Et c’est sans doute cette ampleur historique qui a fait tant couler d’encre à son sujet.

(Article initialement paru sur Rebellyon en juin dernier, augmenté de quelques mises à jour.)

Indéniablement, le mouvement des Gilets jaunes est venu bousculer, voire bouleverser l’ordre politique des choses. Et ce à tous les niveaux, aussi bien dans les hautes sphères institutionnelles que dans les marges révolutionnaires.

Au sein de la gauche radicale, extraparlementaire, nombreux furent ceux qui au début regardèrent avec beaucoup de scepticisme voire une franche hostilité ce mouvement indéfinissable né des réseaux sociaux et en dehors de toute sphère militante. Puis, le mouvement avançant, s’épaississant, gagnant en intensité, nombreux furent ceux qui s’y plongèrent. Car demeurer indifférent à ce qui prenait corps sous nos yeux devenait impossible.

Cela a été dit et répété, le mouvement des Gilets Jaunes surprend d’abord par son hétérogénéité politique et sociale et par les contradictions qui le traversent. Des critiques, souvent salutaires, sont venues pointer du doigt les plus néfastes de ces contradictions. La pénétration du confusionnisme et du complotisme dans le mouvement, les tentatives de récupération politique, la croyance en des mesures salvatrices telles que le mirage du RIC [1], les mauvais relents patriotiques… D’autres contradictions ont été résolues par le mouvement lui-même, dans la manière dont il chemine. Le piège de la représentation politique a par exemple été admirablement évité. Aucun parti n’incarne encore aujourd’hui le mouvement, aucun dialogue selon les règles du jeu politique institutionnel n’est envisagé et, chaque fois qu’une personne a cherché à se positionner en intermédiaire entre le pouvoir et le mouvement, elle s’est immédiatement attirée les foudres des Gilets Jaunes. La preuve si il en est, les quelques listes estampillées Gilets Jaunes pour les élections européennes ont rencontré un succès quasi inexistant. Bien sûr il existe des figures du mouvement, plus ou moins pertinentes, mais elles ne font offices à la rigueur que de baromètre de certaines tendances du mouvement n’ayant aucun pouvoir décisionnel sur lui. Car une autre des caractéristiques fortes de ce mouvement tient dans son horizontalité et dans son caractère diffus et rhizomatique [2] .

Nous considérons que ce bouleversement politique opéré par les Gilets Jaunes est puissant et bénéfique à bien des égards. Et nous aimerions verser ici quelques éléments d’analyses de ce bouleversement.

Se penser en sujet politique

Ce qui est d’abord frappant dans le mouvement des Gilets Jaunes, c’est l’irruption dans le champ politique d’individus s’y étant toujours tenus à l’écart d’une manière ou d’une autre. Sociologiquement et géographiquement, c’est un mouvement qui est né des zones périphériques. Zones périurbaines voire complètement rurales aussi bien que périphéries des grandes villes. Ce sont ces zones géographiques qui ont fait l’objet de nombreuses analyses ces dernières années, en proies à la désindustrialisation, au déclassement social ou à la peur qu’il suscite, et dont les habitants sont parmi les premiers tributaires de la disparition des services public. Ce n’est pas pour rien que des régions comme le Nord-Est, le Nord ou le Sud-Ouest sont devenues des bastions du mouvement. De la même manière, des collectifs forts de Gilets Jaunes se sont structurés dans les zones périphériques des grandes villes, on pense notamment au collectif Gilet Jaune Rungis ile-de-France qui a multiplié les actions de blocage des zones industrielles et logistiques franciliennes ou encore à la popularité du mouvement dans les quartiers Nord de Marseille.

Nombreux sont les Gilets Jaunes issus de ces régions qui se positionnent sans doute pour la première fois en tant que sujet politique à travers ce mouvement. Celui-ci marque l’irruption dans le champ politique d’une somme d’individus à qui l’on a dit, répété et fait comprendre depuis un certain temps déjà que la politique n’était pas leur affaire, qu’ils n’avaient pas à se prononcer sur le devenir du bien commun, qu’ils n’avaient pas à revendiquer quoique ce soit, que ce qui régie leur existence n’était pas leur histoire. Qu’ils n’avaient à la rigueur qu’à élire de temps en temps et que finalement la politique était une affaire sérieuse réservée à des professionnels.

Le mouvement des Gilets Jaunes c’est donc l’irruption dans le champ politique d’individus qui, en se réunissant, se donnent la possibilité d’aspirer à un peu plus que ce qu’on leur octroi habituellement, par la manifestation, l’occupation, le blocage et le sabotage. C’est finalement l’histoire assez classique et récurrente d’une partie du peuple qui décide qu’elle mérite mieux que les miettes que le pouvoir consent à lui laisser, qui considère que la précarité, l’humiliation et la galère ne sont décidément pas des situations acceptables. C’est en somme à une réactualisation de la lutte des classes que nous avons affaire ici.

La question révolutionnaire

Ce qui est assez remarquable dans le mouvement des Gilets Jaunes c’est le retour ou plutôt la centralité de la question économique comme moteur de la révolte. Un certain nombre de personnes se sont révoltées en estimant que leurs conditions matérielles d’existence n’étaient pas acceptables ni vivables. Elles ont aussi estimé que ces conditions de vie n’avaient rien de naturelles et légitimes car produites par un système économique capitaliste s’étant développé au cours de l’histoire contre une partie conséquente de la population et aujourd’hui organisé par un système politique que l’on pourrait, à l’instar de Grégoire Chamayou [3], qualifier de libéralisme autoritaire.

Bien sûr les derniers mouvements sociaux, au premier rangs desquels le mouvement contre la loi travail, se sont structurés autour de la contestation du système économique et politique. Mais ce qui change avec les Gilets Jaunes, c’est que la critique porte sur l’ensemble du système, dans ses dimensions écologiques, sociales, économiques et politiques. C’est une révolte offensive contrairement aux mouvements sociaux qui, même s’ils portent en eux les conditions de leur dépassement c’est-à-dire la critique générale du système, visent d’abord à se défendre d’une réforme en particulier.

D’emblée le mouvement porte la question révolutionnaire, non pas en la formulant précisément ou de manière programmatique, même si on a pu entendre à de nombreuses la foule en jaune scander le mot « Révolution », mais plutôt dans le rapport de force établi avec le pouvoir politique directement dans la rue, en dehors du champs politique institutionnel, à travers cette volonté manifeste de rompre avec les institutions. Cette aspiration révolutionnaire à voir la chute d’un régime politique n’étant pas programmatique elle contient en elle la peur de l’inconnu. Elle n’exclut pas non plus d’emblée l’apparition des « monstres » qui peuvent aussi émerger de ces temps « clairs-obscurs » que Gramsci dépeignait avec tant de lucidité et qui ont hanté le siècle dernier. C’est sans doute ce qui a poussé un certain nombre de militants de la gauche radicale à plonger dans le mouvement des Gilets Jaunes, cette aspiration révolutionnaire et cette nécessité d’en chasser les franges les plus conservatrices et réactionnaires.

Et alors, doit-on craindre la Révolution ? La différer ? La repousser ? La draper de pureté ? Attendre la réunion des conditions objectives ?

Les Gilets Jaunes auront finalement rappelé que la question révolutionnaire n’est pas l’apanage de la gauche radicale, c’est-à-dire qu’elle n’est pas l’apanage de spécialistes, mais bien l’affaire de tous. Ils auront aussi contribué à produire, par leurs actes, une réactualisation de la question révolutionnaire. En d’autres termes, comment penser aujourd’hui une rupture radicale avec l’existant qui serait l’affaire du plus grand nombre et plus seulement celle d’une minorité éclairée.

Le mouvement a su également élargir le champ de ses revendications à mesure qu’il durait. C’est ainsi qu’on a pu voir émerger des manifestations de femmes gilets jaunes organisées en parallèle des manifestations hebdomadaires, des mobilisations en soutien aux gilets jaunes blessés ou frappés par la répression ou encore la création d’un village de gilet jaune au contre-sommet du G7 dans le sud-ouest.

Autonomie du mouvement

Une autre caractéristique observable du mouvement des Gilets Jaunes est cet effet de ruissellement du mouvement autonome sur le mouvement des Gilets Jaunes. Ce ruissellement s’observe d’abord dans la pratique. Le mouvement des Gilets Jaunes est par définition autonome. C’est-à-dire qu’il s’organise et se déploie en dehors de toute médiation institutionnelle, qu’il n’est pas représenté par un quelconque parti ou syndicat. Cela ne signifie pas qu’il ne contient pas en son sein des membres de partis ou de syndicats, mais son devenir ou plutôt ses multiples devenirs ne sont régies par aucune organisation officielle. Ce à quoi les Gilets Jaunes aspirent, de meilleurs conditions de vie, voire même une autre vie, ils ne pensent pouvoir l’obtenir que par le rapport de force conflictuel et non par la médiation.

La preuve en est chaque samedi, acte après acte. La manifestation sauvage, avec l’occupation du rond-point, a été l’incarnation la plus symbolique du mouvement des Gilets Jaunes. Rien n’est prévu à l’avance ou très peu, aucun service d’ordre, aucune négociation avec les pouvoirs publics.

Le cortège de tête a sans doute créé un précédent aux manifestations sauvages des Gilets Jaunes. Et les images d’émeutes, de casses et de barricades sans cesse ressassées par les chaînes d’info en continu ont très probablement contribué à imprégner l’imaginaire collectif d’un certains nombres de réflexes que l’on retrouve aujourd’hui dans la rue. Jamais le Black Bloc n’a été une tactique aussi à la mode qu’aujourd’hui, avec le risque aussi de la fétichisation par laquelle cette tactique deviendrait une fin en soi, la marque d’une appartenance identitaire et perdrait de son sens pratique.

Le mouvement des Gilets Jaunes est constitué d’un archipel de groupe Gilets Jaunes. Ces derniers se réunissent sur des bases affinitaires, géographiques, professionnelles voir au gré du hasard. Ce qui prévaut, c’est l’autonomie et la singularité de chaque groupe et le rapport d’horizontalité qui structure les groupes entre eux. La vie commune qui s’est développée sur les ronds-points est une tentative de vivre autrement, en communautés autogérées prenant en charge leurs conditions matérielles d’existences. Un essai d’autonomie appliqué à la vie quotidienne. Les Gilets Jaunes comme contre-société.

Enfin n’oublions pas la proposition des Gilets Jaunes de Commercy de fonctionner en assemblées organisées autour de maisons du peuple selon des principes égalitaires, inspirées du municipalisme libertaire. Proposition qui fut reprise par les Gilets Jaunes de Saint-Nazaire puis ceux de Caen avec notamment l’ouverture d’une maison du peuple dans ces deux villes. Dans une certaine mesure, les maisons du peuple constituent le prolongement urbain de ces vies communes esquissées sur les ronds-points occupés et créent des bases d’organisation pour le mouvement. Et cette Assemblée des assemblées née dans le Nord Est de la France a essaimé, pour preuve la 4ème édition de cette grande assemblée a été organisé à Montpellier le week-end dernier et a réuni plus de 600 personnes venues de tous le pays. Parmi toutes les discussions, propositions, décisions qui ont émaillé ces journées, une déclaration à retenue particulièrement l’attention : les gilets jaunes ont exprimé leur intention de prendre part à la grande grève contre la réforme des retraites qui va débuter le 5 décembre prochain.

Ce ruissellement, il s’opère également des Gilets jaunes vers d’autres mouvements sociaux. On voit de plus en plus de Gilets Jaunes colorer des mouvements sociaux, conflits, luttes ou grèves telles que par exemple les dernières manifestations intersyndicales ou les marches pour le climat. Et même si ces rencontres sont encore assez timides, gageons qu’à l’avenir elles soient de plus en plus fréquentes, surtout si les Gilets Jaunes investissent ces mouvements de toutes leurs expériences et pratiques politiques décrites ci-dessus. C’est en cela aussi, que le mouvement des Gilets jaunes est venu bouleverser le champ politique classique. En témoigne le dernier congrès national de la CGT tenu à Dijon le printemps dernier et où le mouvement des Gilets Jaunes était au centre des débats. De nombreux militants de base se revendiquant également Gilet Jaune, l’un n’empêchant pas l’autre bien au contraire, ont notamment reproché à la tête de l’organisation son manque de soutien affiché au mouvement [4].

On voit désormais des gilets jaunes colorer nombre de mobilisations aussi bien nationalement qu’internationalement. De la même manière certain-es retirent ou vêtissent le gilets fluorescents au gré des mobilisations, démontrant par la même que si le gilet jaune en tant que symbole fait communauté il n’en reste pas moins un signifiant politique dépassable.

Il paraît complexe et hasardeux de présager la manière dont tout cela va évoluer. Mais, à n’en pas douter, le mouvement des Gilets Jaunes laisse des traces dont on a pas fini de voir les effets. Toute cette expérience collective vécue et accumulée, ces réflexes partagés, cette répression subie ensemble, cette vie commune éprouvée, cette intelligence collective développée samedi après samedi, tout cela façonne une mémoire et une manière de se penser dans le monde. Il ne reste plus qu’à espérer que les luttes futures soient irriguées de cette énergie nouvelle déployée par les Gilets Jaunes. Et que ces contre-sociétés aperçues ici et là s’approfondissent.

Un Gilet Jaune parmi d’autres (pour la première version de cet article).

Notes

[1] https://larotative.info/le-piege-du-referendum-d-3095.html

[2] La théorie du Rhizome — développée par Gilles Deleuze et Félix Guattari — est l’un des éléments de la « French Theory ». Il s’agit d’une structure évoluant en permanence, dans toutes les directions horizontales, et dénuée de niveaux. Elle vise notamment à s’opposer à la hiérarchie en pyramide (ou « arborescence »). Wikipédia.

[3] Chamayou Grégoire, La société ingouvernable — Une généalogie du libéralisme autoritaire, la Fabrique, 2018, 362 pages

[4] https://www.liberation.fr/france/2019/05/16/au-congres-de-la-cgt-la-crise-des-gilets-jaunes-entre-les-lignes_1727522

= = =

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie