Archive pour novembre, 2011

Individu, société et état… Trois mots pour donner sens à la vie ?

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , on 30 novembre 2011 by Résistance 71

Nous reproduisons ici un texte de l’activiste anarchiste et féministe américaine Emma Goldman (1869-1940) qui fut publié en 1940, à la fin de sa vie.

Ce texte essentiel pose les véritables problèmes, toujours non résolus, qui altèrent la relation de l’individu, de la société et de l’état. L’évidence historique de ce qui est avancé ici ainsi que l’analyse de l’individu dans sa relation avec la société (et inversement) en fait toujours un texte d’une actualité brûlante 71 ans plus tard…

Emma Goldman comme beaucoup de penseurs anarchistes étaient une visionnaire, qui par sa compréhension aigüe de la subjugation de la nature humaine et de la société par une idéologie oligarchique et oppressive, a montré sa vie durant le chemin vers l’émancipation et la liberté.

A lire, méditer et diffuser sans modération…

— Résistance 71 —

 

L’individu, la société et l’État

 

Par Emma Goldman

Chicago, Free Society Forum, 1940

 

Le doute règne dans l’esprit des hommes car notre civilisation tremble sur ses bases. Les institutions actuelles n’inspirent plus confiance et les gens intelligents comprennent que l’industrialisation capitaliste va à l’encontre des buts mêmes qu’elle est censée poursuivre.

Le monde ne sait comment s’en sortir. Le parlementarisme et la démocratie périclitent et certains croient trouver un salut en optant pour le fascisme ou d’autres formes de gouvernements «forts».

Du combat idéologique mondial sortiront des solutions aux problèmes sociaux urgents qui se posent actuellement (crises économiques, chômage, guerre, désarmement, relations internationales, etc.). Or, c’est de ces solutions que dépendent le bien-être de l’individu et le destin de la société humaine.

L’État, le gouvernement avec ses fonctions et ses pouvoirs, devient ainsi le centre d’intérêt de l’homme qui réfléchit. Les développements politiques qui ont eu lieu dans toutes les nations civilisées nous amènent à nous poser ces questions: voulons-nous d’un gouvernement fort ?

Devons nous préférer la démocratie et le parlementarisme ? Le fascisme, sous une forme ou sous une autre, la dictature qu’elle soit monarchique, bourgeoise ou prolétarienne offrent-ils des solutions aux maux ou aux difficultés qui assaillent notre société ?

En d’autres termes, parviendrons-nous à effacer les tares de la démocratie à l’aide d’un système encore plus démocrate, ou bien devrons-nous trancher le noeud gordien du gouvernement populaire par l’épée de la dictature ?

Ma réponse est : ni l’un ni l’autre. Je suis contre la dictature et le fascisme, je suis opposée aux régimes parlementaires et au soi-disant démocraties politiques.

C’est avec raison qu’on a parlé du nazisme comme d’une attaque contre la civilisation. On pourrait dire la même chose de toutes les formes de dictature, d’oppression et de coercition. Car qu’est-ce que la civilisation ? Tout progrès a été essentiellement marqué par l’extension des libertés de l’individu au dépens de l’autorité extérieure tant en ce qui concerne son existence physique que politique ou économique. Dans le monde physique, l’homme a progressé jusqu’à maîtriser les forces de la nature et les utiliser à son propre profit. L’homme primitif accomplit ses premiers pas sur la route du progrès lorsqu’il parvient à faire jaillir le feu, triomphant ainsi de l’homme, à retenir le vent et à capter l’eau.

Quel rôle l’autorité ou le gouvernement ont-ils joué dans cet effort d’amélioration, d’invention et de découverte ? Aucun, ou plutôt aucun qui soit positif. C’est toujours l’individu qui accomplit le miracle, généralement en dépit des interdictions, des persécutions et de l’intervention de l’autorité, tant humaine que divine.

De même dans le domaine politique, le progrès consiste à s’éloigner de plus en plus de l’autorité du chef de tribu, de clan, du prince et du roi, du gouvernement et de l’État. Économiquement, le progrès signifie plus de bien-être pour un nombre sans cesse croissant. Et culturellement, il est le résultat de tout ce qui s’accomplit par ailleurs, indépendance politique, intellectuelle et psychique de plus en plus grande.

Dans ces perspectives, les problèmes de relation entre l’homme et l’État revêtent une signification tout à fait nouvelle. Il n’est plus question de savoir si la dictature est préférable à la démocratie, si le fascisme italien est supérieur ou non à l’hitlérisme. Une question beaucoup plus vitale se pose alors à nous : le gouvernement politique, l’État est-il profitable à l’humanité et quelle est son influence sur l’individu ?

L’individu est la véritable réalité de la vie, un univers en soi. Il n’existe pas en fonction de l’État, ou de cette abstraction qu’on appelle «société» ou «nation», et qui n’est autre qu’un rassemblement d’individus. L’homme a toujours été, est nécessairement la seule source, le seul moteur d’évolution et de progrès. La civilisation est le résultat d’un combat continuel de l’individu ou des groupements d’individus contre l’État et même — contre la «société», c’est-à-dire contre la majorité hypnotisée par l’État et soumise à son culte. Les plus grandes batailles que l’homme ait jamais livrées l’ont été contre des obstacles et des handicaps artificiels qu’il s’est lui-même imposés et qui paralysent son développement. La pensée humaine a toujours été faussée par les traditions, les coutumes, l’éducation trompeuse et inique, dispensées pour servir les intérêts de ceux qui détiennent le pouvoir et jouissent de privilèges; autrement dit, par l’État et les classes possédantes. Ce conflit incessant a dominé l’histoire de l’humanité.

On peut dire que l’individualité, c’est la conscience de l’individu d’être ce qu’il est, et de vivre cette différence. C’est un aspect inhérent à tout être humain et un facteur de développement. L’État et les institutions sociales se font et se défont, tandis que l’individualité demeure et persiste. L’essence même de l’individualité, c’est l’expression, le sens de la dignité et de l’indépendance, voilà son terrain de prédilection. L’individualité, ce n’est pas cet ensemble de réflexes impersonnels et machinaux que l’État considère comme un «individu». L’individu n’est pas seulement le résultat de l’hérédité et de l’environnement, de la cause et de l’effet. C’est cela, mais aussi beaucoup plus. L’homme vivant ne peut pas être défini; il est source de toute vie et de toutes valeurs, il n’est pas une partie de ceci ou de cela ; c’est un tout, un tout individuel, un tout qui évolue et se développe, mais qui reste cependant un tout constant.

L’individualité ainsi décrite n’a rien de commun avec les diverses conceptions de l’individualisme et surtout pas avec celui que j’appellerai «individualisme de droite, à l’américaine», qui n’est qu’une tentative déguisée de contraindre et de vaincre l’individu dans sa singularité. Ce soi-disant individualisme, que suggère les formules comme «libre entreprise», «american way of life», arrivisme et société libérale, c’est le laisser-faire économique et social ; l’exploitation des masses par les classes dominantes avec l’aide de la fourberie légale; la dégradation spirituelle et l’endoctrinement systématique de l’esprit servile, processus connu sous le nom «d’éducation». Cette forme d’ «individualisme» corrompu et vicié, véritable camisole de force de l’individualité, réduit la vie à une course dégradante aux biens matériels, au prestige social; sa sagesse s’exprime en une phrase: «Chacun pour soi et maudit soit le dernier».

Inévitablement, l’ «individualisme» de droite débouche sur l’esclavage moderne, les distinctions sociales aberrantes et conduit des millions de gens à la soupe populaire. Cet «individualisme»-là, c’est celui des maîtres, tandis que le peuple est enrégimenté dans une caste d’esclaves pour servir une poignée de «surhommes» égocentriques. L’Amérique est, sans doute, le meilleur exemple de cette forme d’individualisme, au nom duquel tyrannie politique et oppression sociale sont élevées au rang de vertus : tandis que la moindre aspiration, la moindre tentative de vie plus libre et plus digne seront immédiatement mises au compte d’un anti-américanisme intolérable et condamnées, toujours au nom de ce même individualisme.

Il fut un temps où l’État n’existait pas. L’homme a vécu dans des conditions naturelles, sans État ni gouvernement organisé. Les gens étaient groupés en petites communautés de quelques familles, cultivant le sol et s’adonnant à l’art et à l’artisanat. L’individu, puis plus tard la famille, était la cellule de base de la vie sociale; chacun était libre et l’égal de son voisin. La société humaine de cette époque n’était pas un État mais une association volontaire où chacun bénéficiait de la protection de tous. Les aînés et les membres les plus expérimentés du groupe en étaient les guides et les conseillers. Ils aidaient à régler les problèmes vitaux, ce qui ne signifie pas gouverner et dominer l’individu. Ce n’est que plus tard qu’on vit apparaître gouvernement politique et État, conséquences du désir des plus forts de prendre l’avantage sur les plus faibles, de quelques-uns contre le plus grand nombre.

L’État ecclésiastique, ou séculier, servit alors à donner une apparence de légalité et de droit aux torts causés par quelques-uns au plus grand nombre. Cette apparence de droit était le moyen le plus commode de gouverner le peuple, car un gouvernement ne peut exister sans le consentement du peuple, consentement véritable, tacite ou simulé. Le constitutionnalisme et la démocratie sont les formes modernes de ce consentement prétendu, inoculé par ce qu’on appelle «éducation», véritable endoctrinement public et privé.

Le peuple consent parce qu’on le persuade de la nécessité de l’autorité ; on lui inculque l’idée que l’homme est mauvais, virulent et trop incompétent pour savoir ce qui est bon pour lui. C’est l’idée fondamentale de tout gouvernement et de toute oppression. Dieu et l’État n’existent et ne sont soutenus que par cette doctrine.

Pourtant l’État n’est rien d’autre qu’un nom, une abstraction. Comme d’autres conceptions du même type, nation, race, humanité, il n’a pas de réalité organique. Appeler l’État un organisme est une tendance maladive à faire d’un mot un fétiche.

Le mot État désigne l’appareil législatif et administratif qui traite certaines affaires humaines, mal la plupart du temps. Il ne contient rien de sacré, de saint ou de mystérieux. L’État n’a pas de conscience, il n’est pas chargé d’une mission morale, pas plus que ne le serait une compagnie commerciale chargée d’exploiter une mine de charbon ou une ligne de chemin de fer.

L’État n’a pas plus de réalité que n’en ont les dieux ou les diables. Ce ne sont que des reflets, des créations de l’esprit humain, car l’homme, l’individu est la seule réalité. L’État n’est que l’ombre de l’homme, l’ombre de son obscurantisme, de son ignorance et de sa peur.

La vie commence et finit avec l’homme, l’individu. Sans lui, pas de race, pas d’humanité, pas d’État. Pas même de société. C’est l’individu qui vit, respire et souffre. Il se développe et progresse en luttant continuellement contre le fétichisme qu’il nourrit à l’égard de ses propres inventions et en particulier de l’État.

L’autorité religieuse a édifié la vie politique à l’image de celle de l’Église. L’autorité de l’État , les «droits» des gouvernants venaient d’en haut ; le pouvoir, comme la foi, était d’origine divine. Les philosophes écrivirent d’épais volumes prouvant la sainteté de l’État, allant parfois jusqu’à lui octroyer l’infaillibilité. Certains répandirent l’opinion démente que l’État est «suprahumain», suprême, que c’est la réalité suprême, «l’absolu».

La recherche était un blasphème, la servitude la plus haute des vertus. Grâce à de tels principes, on en vint à considérer certaines idées comme des évidences sacrées, non que la vérité en eut été démontrée, mais parce qu’on les répétait sans cesse.

Les progrès de la civilisation sont essentiellement caractérisés par une mise en question du «divin» et du «mystère», du prétendu sacré et de la «vérité» éternelle, c’est l’élimination graduelle de l’abstrait auquel se substitue peu à peu le concret. Autrement dit, les faits prennent le pas sur l’imaginaire, le savoir sur l’ignorance, la lumière sur l’obscurité.

Le lent et difficile processus de libération de l’individu ne s’est pas accompli avec l’aide de l’État. Au contraire, c’est en menant un combat ininterrompu et sanglant que l’humanité a conquis le peu de liberté et d’indépendance dont elle dispose, arraché des mains des rois, des tsars et des gouvernements.

Le personnage héroïque de ce long Golgotha est celui de l’Homme. Seul ou uni à d’autres, c’est toujours l’individu qui souffre et combat les oppressions de toute sorte, les puissances qui l’asservissent et le dégradent.

Plus encore, l’esprit de l’homme, de l’individu, est le premier à se rebeller contre l’injustice et l’avilissement; le premier à concevoir l’idée de résistance aux conditions dans lesquelles il se débat. L’individu est le générateur de la pensée libératrice, de même que de l’acte libérateur.

Et cela ne concerne pas seulement le combat politique, mais toute la gamme des efforts humains, en tout temps et sous tous les cieux. C’est toujours l’individu, l’homme avec sa puissance de caractère et sa volonté de liberté qui ouvre la voie du progrès humain et franchit les premiers pas vers un monde meilleur et plus libre ; en sciences, en philosophie, dans le domaine des arts comme dans celui de l’industrie, son génie s’élève vers des sommets, conçoit «l’impossible», matérialise son rêve et communique son enthousiasme à d’autres, qui s’engagent à leur tour dans la mêlée. Dans le domaine social, le prophète, le visionnaire, l’idéaliste qui rêve d’un monde selon son cœur, illumine la route des grandes réalisations.

L’État, le gouvernement, quels qu’en soient la forme, le caractère, qu’il soit autoritaire ou constitutionnel, monarchique ou républicain fasciste, nazi ou bolchevik, est de par sa nature même conservateur, statique, intolérant et opposé au changement. S’il évolue parfois positivement c’est que, soumis à des pressions suffisamment fortes, il est obligé d’opérer le changement qu’on lui impose, pacifiquement parfois, brutalement le plus souvent, c’est-à-dire par les moyens révolutionnaires. De plus, le conservatisme inhérent à l’autorité sous toutes ses formes devient inévitablement réactionnaire. Deux raisons à cela : la première c’est qu’il est naturel pour un gouvernement, non seulement de garder le pouvoir qu’il détient, mais aussi de le renforcer, de l’étendre et de le perpétuer à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières. Plus forte est l’autorité, plus grands l’État et ses pouvoirs, plus intolérable sera pour lui une autorité similaire ou un pouvoir politique parallèle. La psychologie gouvernementale impose une influence et un prestige en constante augmentation, nationalement et internationalement, et il saisira toutes les occasions pour les accroître. Les intérêts financiers et commerciaux soutenant le gouvernement qui les représente et les sert, motivent cette tendance. La raison d’être fondamentale de tous les gouvernements, sur laquelle les historiens des temps passés fermaient volontairement les yeux, est si évidente aujourd’hui que les professeurs eux-mêmes ne peuvent plus l’ignorer.

L’autre facteur, qui astreint les gouvernements à un conservatisme de plus en plus réactionnaire, est la méfiance inhérente qu’il porte à l’individu, la crainte de l’individualité. Notre système politique et social ne tolère pas l’individu avec son besoin constant d’innovation. C’est donc en état de «légitime défense» que le gouvernement opprime, persécute, punit et parfois tue l’individu, aidé en cela par toutes les institutions dont le but est de préserver l’ordre existant. Il a recours à toutes les formes de violence et il est soutenu par le sentiment «d’indignation morale» de la majorité contre l’hérétique, le dissident social, le rebelle politique : cette majorité à qui on a inculqué depuis des siècles le culte de l’État, qu’on a élevée dans la discipline, l’obéissance et la soumission au respect de l’autorité, dont l’écho se fait entendre à la maison, à l’école, à l’église et dans la presse.

Le meilleur rempart de l’autorité, c’est l’uniformité : la plus petite divergence d’opinion devient alors le pire des crimes. La mécanisation à grande échelle de la société actuelle entraîne un surcroît d’uniformisation. On la trouve partout présente dans les habitudes, les goûts, le choix des vêtements les pensées, les idées. Mais c’est dans ce qu’on est convenu d’appeler «l’opinion publique» qu’on en trouve le concentré le plus affligeant. Bien peu ont le courage de s’y opposer. Celui qui refuse de s’y soumettre est aussitôt «bizarre, différent, suspect», fauteur de troubles au sein de l’univers stagnant et confortable de la vie moderne. 
Plus encore sans doute que l’autorité constituée, c’est l’uniformité sociale qui accable l’individu. Le fait même qu’il soit «unique, différent» le sépare et le rend étranger à son pays et même à son foyer, — plus parfois que l’expatrié dont les vues coïncident généralement avec celles des «indigènes». Pour un être humain sensible, il n’est pas suffisant de se trouver dans son pays d’origine, pour se sentir chez lui, en dépit de ce que cela suppose de traditions, d’impressions et de souvenirs d’enfance, toutes choses qui nous sont chères. I1 est beaucoup plus essentiel de trouver une certaine atmosphère d’appartenance, d’avoir conscience de «faire corps» avec les gens et l’environnement, pour se sentir chez soi, qu’il s’agisse de relations familiales, de relations de voisinage ou bien de celles qu’on entretient dans la région plus vaste qu’on appelle communément son pays. L’individu capable de s’intéresser au monde entier, ne se sent jamais aussi isolé, aussi incapable de partager les sentiments de son entourage que lorsqu’il se trouve dans son pays d’origine.

Avant la guerre, l’individu avait tout au moins la possibilité d’échapper à l’accablement national et familial. Le monde semblait ouvert à ses recherches, à ses élans, à ses besoins. Aujourd’hui, le monde est une prison et la vie une peine de détention perpétuelle à purger dans la solitude. Cela est encore plus vrai depuis l’avènement de la dictature, celle de droite comme celle de gauche.

Friedrich Nietzsche qualifiait l’État de monstre froid. Comment qualifierait-il la bête hideuse cachée sous le manteau de la dictature moderne ? Non que l’État ait jamais alloué un bien grand champ d’action à l’individu ; mais, les champions de la nouvelle idéologie étatique ne lui accorde même plus le peu dont il disposait. «L’individu n’est rien», estiment-ils. Seule la collectivité compte. Ils ne veulent rien moins que la soumission totale de l’individu pour satisfaire l’appétit insatiable de leur nouveau dieu.

Curieusement, c’est au sein de l’intelligentsia britannique et américaine qu’on trouve les plus farouches avocats de la nouvelle cause. Pour le moment, les voilà entichés de la «dictature du prolétariat». En théorie seulement, bien sûr. Car, en pratique, ils préfèrent encore bénéficier des quelques libertés qu’on leur accorde dans leur pays respectif. Ils vont en Russie pour de courtes visites, ou en tant que courtiers de la «révolution», mais ils se sentent tout de même plus en sûreté chez eux.

D’ailleurs, ce n’est peut-être pas seulement le manque de courage qui retient ces braves Britanniques et ces Américains dans leur propre pays. Ils sentent, peut-être inconsciemment, que l’individu reste le fait fondamental de toute association humaine et que, si opprimé et persécuté qu’il soit, c’est lui qui vaincra à la longue.

Le «génie de l’homme» qui n’est autre qu’une façon différente de qualifier la personnalité et son individualité, se fraie un chemin à travers le labyrinthe des doctrines, à travers les murs épais de la tradition et des coutumes, défiant les tabous, bravant l’autorité. affrontant l’outrage et l’échafaud — pour être parfois comme prophète et martyr par les générations suivantes. Sans ce «génie de l’homme», sans son individualité inhérente et inaltérable, nous en serions encore à parcourir les forêts primitives.

Pierre Kropotkine a montré les résultats fantastiques qu’on peut attendre lorsque cette force qu’est l’individualité humaine œuvre en coopération avec d’autres. Le grand savant et penseur anarchiste a pallié ainsi, biologiquement et sociologiquement, l’insuffisance de la théorie darwinienne sur le combat pour l’existence. Dans son ouvrage remarquable l’Entraide,Kropotkine montre que dans le règne animal aussi bien que dans la société humaine, la coopération — par opposition aux luttes intestines — œuvre dans le sens de la survivance et de l’évolution des espèces. Il démontre que, au contraire de l’État dévastateur et omnipotent, seules l’entraide et la coopération volontaire constituent les principes de base d’une vie libre fondée sur l’individu et l’association.

Pour le moment, l’individu n’est qu’un pion sur l’échiquier de la dictature et entre les mains des fanatiques de «l’individualisme à l’américaine». Les premiers se cherchent une excuse dans le fait qu’ils sont à la poursuite d’un nouvel objectif. Les seconds ne prétendent même pas être des innovateurs. En fait, les zélateurs de cette «philosophie» réactionnaire n’ont rien appris et rien oublié. Ils se contentent de veiller à ce que survive l’idée d’un combat brutal pour l’existence, même si la nécessité de ce combat a complètement disparu. Il est évident qu’on perpétue celui-ci justement parce qu’il est inutile. La soi-disant surproduction n’en est-elle pas la preuve ? La crise économique mondiale n’est-elle pas l’éloquente démonstration que ce combat pour l’existence ne doit sa survie qu’à l’aveuglement des tenants du «chacun pour soi», au risque d’assister à l’autodestruction du système.

L’une des caractéristiques insensées de cette situation, c’est l’absence de relation entre le producteur et l’objet produit. L’ouvrier moyen n’a aucun contact profond avec l’industrie qui l’emploie, il reste étranger au processus de production dont il n’est qu’un rouage. Et comme tel, il est remplaçable à tout moment par d’autres êtres humains tout aussi dépersonnalisés.

Le travailleur qui exerce une profession intellectuelle ou libérale, bien qu’il ait la vague impression d’être plus indépendant, n’est guère mieux loti. Lui non plus n’a pas eu grand choix, ni plus de possibilité de trouver sa propre voie dans sa branche d’activité, que son voisin le travailleur manuel. Ce sont généralement des considérations matérielles, un désir de prestige social qui déterminent l’orientation de l’intellectuel. Vient s’ajouter à cela la tendance à embrasser la carrière paternelle pour devenir instituteur, ingénieur, reprendre le cabinet d’avocat ou de médecin, etc. car la tradition familiale et la routine ne demandent ni gros efforts ni personnalité. En conséquence, la majorité des gens sont mal insérés dans le monde du travail. Les masses poursuivent péniblement leur route, sans chercher plus loin, d’abord parce que leurs facultés sont engourdies par une vie de travail et de routine ; et puis il leur faut bien gagner leur vie. On retrouve la même trame dans les cercles politiques, peut-être avec, plus de force. Il n’y est fait aucune place pour le libre choix, la pensée ou l’activité indépendantes. On n’y rencontre que des marionnettes tout juste bonnes à voter et à payer les contributions.

Les intérêts de l’État et ceux de l’individu sont fondamentalement antagonistes. L’État et les institutions politiques et économiques qu’il a instaurées ne peuvent survivre qu’en façonnant l’individu afin qu’ils servent leurs intérêts ; ils l’élèvent donc dans le respect de la loi et de l’ordre, lui enseignent l’obéissance, la soumission et la foi absolue dans la sagesse et la justice du gouvernement; ils exigent avant tout le sacrifice total de l’individu lorsque l’État en a besoin, en cas de guerre par exemple. L’État juge ses intérêts supérieurs à ceux de la religion et de Dieu. Il punit jusque dans ses scrupules religieux ou moraux l’individu qui refuse de combattre son semblable parce qu’il n’y a pas d’individualité sans liberté et que la liberté est la plus grande menace qui puisse peser sur l’autorité.

Le combat que mène l’individu dans des conditions aussi défavorables — il en va souvent de sa vie — est d’autant plus difficile qu’il ne s’agit pas, pour ses adversaires, de savoir s’il a tort ou raison. Ce n’est ni la valeur ni l’utilité de sa pensée ou de son action qui dresse contre lui les forces de l’État et de «l’opinion publique». Les persécutions contre l’innovateur, le dissident, le protestataire, ont toujours été causées par la crainte que l’infaillibilité de l’autorité constituée ne soit mise en question et son pouvoir sapé.

L’homme ne connaîtra la véritable liberté, individuelle et collective, que lorsqu’il s’affranchira de l’autorité et de sa foi en elle. L’évolution humaine n’est qu’un pénible cheminement dans cette direction. Le développement, ce n’est en soi ni l’invention ni la technique. Rouler à 150 Km à l’heure n’est pas un signe de civilisation. C’est à l’individu, véritable étalon social, que se mesure notre degré de civilisation ; à ses facultés individuelles, à ses possibilités d’être librement ce qu’il est ; de se développer et de progresser sans intervention de l’autorité coercitive et omniprésente.

Socialement parlant, la civilisation et la culture se mesurent au degré de liberté et aux possibilités économiques dont jouit l’individu ; à l’unité et à la coopération sociale et internationale, sans restriction légale ni autre obstacle artificiel ; à l’absence de castes privilégiées ; à une volonté de liberté et de dignité humaine ; en bref, le critère de civilisation, c’est le degré d’émancipation réelle de l’individu.

L’absolutisme politique a été aboli parce que l’homme s’est aperçu, au cours des siècles, que le pouvoir absolu est un mal destructeur. Mais il en va de même de tous les pouvoirs, que ce soit celui des privilèges, de l’argent, du prêtre, du politicien ou de la soi-disant démocratie. Peu importe le caractère spécifique de la coercition s’il revêt la couleur noire du fascisme, le jaune du nazisme ou le rouge prétentieux du bolchevisme. Le pouvoir corrompt et dégrade aussi bien le maître que l’esclave, que ce pouvoir soit aux mains de l’autocrate, du parlement ou du soviet. Mais le pouvoir d’une classe est plus pernicieux encore que celui du dictateur, et rien n’est plus terrible que la tyrannie de la majorité.

Au cours du long processus historique, l’homme a appris que la division et la lutte mènent à la destruction et que l’unité et la coopération font progresser sa cause, multiplient ses forces et favorisent son bien-être. L’esprit gouvernemental travaille depuis toujours à l’encontre de l’application sociale de cette leçon fondamentale, sauf lorsque l’État y trouve son intérêt. Les principes conservateurs et antisociaux de l’État et de la classe privilégiée qui le soutient, sont responsables de tous les conflits qui dressent les hommes les uns contre les autres. Ils sont de plus en plus nombreux ceux qui commencent à voir clair, sous la surface de l’ordre établi. L’individu se laisse moins aveugler par le clinquant des principes étatiques et les «bienfaits» de «l’individualisme» préconisé par les sociétés dites libérales. Il s’efforce d’atteindre les perspectives plus amples des relations humaines que seule procure la liberté. Car la véritable liberté n’est pas un simple chiffon de papier intitulé «constitution, droit légal ou loi». Ce n’est pas non plus une abstraction dérivée de cette autre irréalité appelée «État». Ce n’est pas l’acte négatif d’être libéré de quelque chose ; car cette liberté-là n’est que la liberté de mourir de faim. La vraie liberté est positive ; c’est la liberté vers quelque chose, la liberté d’être, de faire et les moyens donnés pour cela.

II ne peut alors s’agir d’un don, mais d’un droit naturel de l’homme, de tous les êtres humains.

Ce droit ne peut être accordé ou conféré par aucune loi, aucun gouvernement. Le besoin, le désir ardent s’en fait sentir chez tous les individus. La désobéissance à toutes les formes de coercition en est l’expression instinctive. Rébellion et révolution sont des tentatives plus ou moins conscientes pour se l’octroyer. Ces manifestations individuelles et sociales sont les expressions fondamentales des valeurs humaines. Pour nourrir ces valeurs, la communauté doit comprendre que son appui le plus solide, le plus durable, c’est l’individu. Dans le domaine religieux comme dans le domaine politique, on parle d’abstractions tout en croyant qu’il s’agit de réalités. Mais quand on en vient vraiment à traiter de choses concrètes, il semble que la plupart des gens soient incapables d’y trouver un intérêt vital. C’est peut-être que la réalité est par trop terre-à-terre, trop froide pour éveiller l’âme humaine. Seuls les sujets différents, peu ordinaires, soulèvent l’enthousiasme. Autrement dit, l’Idéal qui fait jaillir l’étincelle de l’imagination et du cœur humain. Il faut quelque idéal pour sortir l’homme de l’inertie et de la monotonie de son existence et transformer le vil esclave en personnage héroïque.

C’est ici qu’intervient évidemment l’opposant marxiste dont le marxisme — dépasse d’ailleurs celui de Marx lui-même. Pour celui-là, l’homme n’est qu’une figurine aux mains de cette toute puissance métaphysique qu’on appelle déterminisme économique, plus vulgairement lutte des classes. La volonté de l’homme, individuelle et collective, sa vie psychique, son orientation intellectuelle, tout cela compte pour bien peu de chose chez notre marxiste et n’affecte en rien ses conceptions de l’histoire humaine.

Aucun étudiant intelligent ne nierait l’importance du facteur économique dans le progrès social et le développement de l’humanité. Mais seul un esprit obtus et obstinément doctrinaire se refusera à voir le rôle important de l’idée, en tant que conception de l’imagination et résultat des aspirations de l’homme.

Il serait vain et sans intérêt de tenter de comparer deux facteurs de l’histoire humaine. Aucun facteur ne peut être considéré, à lui seul, comme le facteur décisif de l’ensemble des comportements individuels et sociaux. Nous sommes trop peu avancés en psychologie humaine, peut-être même n’en saurons-nous jamais assez pour peser et mesurer les valeurs relatives de tel ou tel facteur déterminant du comportement humain. Formuler de tels dogmes, dans leurs connotations sociales, n’est que fanatisme ; pourtant, on verra une certaine utilité dans le fait que cette tentative d’interprétation politico-économique de l’histoire prouve la persistance de la volonté humaine et réfute les arguments des marxistes.

Heureusement, certains marxistes commencent à voir que leur Credo n’est pas toute vérité ; après tout, Marx n’était qu’un être humain, bien trop humain pour être infaillible. Les applications pratiques du déterminisme économique en Russie ouvrent, actuellement, les yeux des marxistes les plus intelligents. On peut voir, en effet, des réajustements s’opérer au niveau des principes marxistes dans les rangs socialistes et même dans les rangs communistes des pays européens. Ils comprennent lentement que leur théorie n’a pas assez tenu compte de l’élément humain, des Menschenainsi que le souligne un journal socialiste. Aussi important soit-il, le facteur économique n’est cependant pas suffisant pour déterminer à lui seul le destin d’une société. La régénération de l’humanité ne s’accomplira pas sans l’aspiration, la force énergétique d’un idéal.

Cet idéal, pour moi, c’est l’anarchie, qui n’a évidemment rien à voir avec l’interprétation erronée que les adorateurs de l’État et de l’autorité s’entendent à répandre. Cette philosophie jette les bases d’un ordre nouveau fondé sur les énergies libérées de l’individu et l’association volontaire d’individus libres.

De toutes les théories sociales, l’Anarchie est la seule à proclamer que la société doit être au service de l’homme et non l’homme au service de la société. Le seul but légitime de la société est de subvenir aux besoins de l’individu et de l’aider à réalisa ses désirs. Ce n’est qu’alors qu’elle se justifie et participe aux progrès de la civilisation et de la culture. Je sais que les représentants des partis politiques et les hommes qui luttent sauvagement pour le pouvoir me taxeront d’anachronisme incorrigible. Eh bien, j’accepte joyeusement cette accusation. C’est pour moi un réconfort de savoir que leur hystérie manque d’endurance et que leurs louanges ne sont jamais que temporaires.

L’homme aspire à se libérer de toutes les formes d’autorité et de pouvoir et ce ne sont pas les discours fracassants qui l’empêcheront de briser éternellement ses chaînes. Les efforts de l’homme doivent se poursuivre et ils se poursuivront.

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Bouclier anti-missiles européen: La Russie menace de fermer la route de ravitaillement de l’OTAN en Afghanistan… L’empire s’enfonce dans le bourbier…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 29 novembre 2011 by Résistance 71

Une info qu’on ne trouve nulle part en France dans la pressetituée atlantiste.

L’étau se resserre sur l’OTAN pas à pas… Les Russes bougent vite leurs pions dans ce qu’il convient d’appeler maintenant un créneau stratégique porteur. De plus il y a quelques jours, des manœuvres militaires sino-pakistanaises ont eu lieu. Il semblerait que l’empire soit tomber dans un piège dans le style « sables mouvants »… Plus on bouge, plus on s’enfonce… Jusqu’à la noyade…

La partie d’échecs est passionnante !

— Résistance 71 —

 

La Russie menace de bloquer les routes de ravitaillement de l’OTAN

 

Press TV,

Le 29 Nobembre 2011

 

Url de l’article original:

http://www.presstv.ir/detail/212755.html

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

 

La Russie a menacé de bloquer les routes de ravitaillement de l’OTAN vers l’Afghanistan, si l’alliance militaire occidentale continue d’ignorer  les préoccupations de Moscou envers le bouclier défensif en Europe mené par les Etats-Unis, signale un rapport récent.

L’ambassadeur de la Russie auprès de l’OTAN Rogozin Dimitri a prévenu que Moscou réviserait sa coopération avec l’alliance occidentale sur l’Afghanistan si l’OTAN ne répond pas aux objections de la Russie sur le bouclier, a rapporté el Wall Street Journal ce Lundi.

Jeudi dernier, le président russe Dimitri Medvedev avait déjà prévenu que des actions directes seraient prises si les préoccupations de son pays n’étaient par prises en considération.

Medvedev a envisagé de possibles attaques par missiles sur la Pologne, la Roumanie, l’Espagne et la Turquie, comme moyens de mettre hors d’état les batteries anti-missiles si les Etats-Unis ne reconnaissent pas les préoccupations des officiels de la défense russe.

Il a aussi prévenu que le pays déploierait des armes nucléaires à ses frontierères avec l’Europe en réponse à la situation.

Les menaces de la Russie de suspendre les lignes de ravitaillement de l’OTAN vers l’Afghanistan coïncident avec une mesure punitive similaire prise par le Pakistan Samedi en représaille du raid aérien récent de l’alliance menée par les Etats-Unis sur les forcers militaires pakistanaises et qui a tué 24 militaires pakistanais.

L’OTAN a commencé a utilisé des routes de ravitaillement à travers la Russie pour suppléer ses forces depuis que Washington et Moscou ont rétabli de meilleures relations diplomatiques en 2009.

Le gouvernement russe s’est longuement opposé au plan controversif de l’OTAN de déployer un bouclier anti-missiles en Europe, argumentant que ce système en devenir dans sa “cour” n’a pas pour intention de sécuriser Washington et ses alliés, mais qu’il prend effectivement pour cible la Russie.

L’OTAN elle proclame que le bouclier anti-missile est planifié pour déjouer des attaques “d’états voyous” et qu’elle continuera son plan malgré les préoccupations de la Russie.

Média et propagande: Mensonges et vérité sur la Syrie

Posted in actualité, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 29 novembre 2011 by Résistance 71

Mensonges et vérités sur la Syrie

 

Par Thierry Meyssan,

 

Le 27 Novembre 2011

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/Mensonges-et-verites-sur-la-Syrie

 

 

Depuis huit mois, les dirigeants occidentaux et certains médias publics font campagne pour une guerre en Syrie. Les accusations d’une extrême gravité qu’ils portent contre Bachar el-Assad intimident ceux qui s’interrogent sur le bien-fondé d’une nouvelle intervention militaire. Tous ? non, car —avec l’appui du Réseau Voltaire— certains sont venus vérifier sur place et ont pu mesurer l’ampleur de la propagande de l’OTAN. Thierry Meyssan fait le point sur l’état de la guerre médiatique.

 

En 1999, lors de la guerre du Kosovo, le Réseau Voltaire s’indigna de ce que la France puisse entrer dans le conflit aux côtés de l’OTAN sans vote de l’Assemblée nationale avec la complicité passive des présidents de groupes parlementaires. Nous considérâmes que le refus du président de la République et du Premier ministre d’organiser un authentique débat augurait de l’opacité avec laquelle cette guerre serait conduite. Aussi, nous prîmes l’initiative de publier un bulletin quotidien sur le conflit. Les sites internet du gouvernement serbe ayant été immédiatement détruits par l’Alliance atlantique, nous ne pouvions avoir accès à la version serbe des événements. À défaut, nous avons souscrit des abonnements aux agences de presse de la région (croate, bosniaque, grecque, chypriote, turc, hongroise etc. ). Tout au long du conflit, nous avons présenté chaque jour un résumé de la conférence de presse de l’OTAN à Bruxelles et un résumé du témoignage des journalistes des pays riverains ; des pays ayant parfois de lourds contentieux avec la Serbie, mais dont les gouvernements partageaient entre eux une même narration des événements. Au fur et à mesure du temps qui passait, la version de l’OTAN et celle des journalistes locaux s’écartèrent jusqu’à ne plus avoir aucun point commun. À la fin, il s’agissait de deux histoires radicalement différentes. Nous n’avions aucun moyen de savoir qui mentait et si l’une des deux sources disait vrai. Nos lecteurs avaient l’impression de devenir schizophrènes, d’autant que les médias ouest-européens ne relayaient que la version de l’OTAN et que, par conséquent, nos lecteurs n’étaient confrontés aux deux versions parallèles qu’en nous lisant. Nous avons continué cet exercice de style durant les trois mois de combats. Lorsque les armes se sont tues et que des confrères et des amis ont pu se rendre sur place, ils ont constaté avec stupeur qu’il n’y avait pas eu « de la propagande des deux côtés ». Non : la version de l’OTAN était entièrement fausse, tandis que celle des journalistes locaux était entièrement vraie. Dans les mois qui suivirent, des rapports parlementaires dans plusieurs États membres de l’Alliance établirent les faits. Plusieurs ouvrages parurent sur la méthode mise au point par le conseiller en communication de Tony Blair qui permit à l’OTAN de manipuler la totalité de la presse occidentale : le « story telling ». Il est possible d’intoxiquer la totalité des journalistes occidentaux et de leur masquer les faits, si on leur raconte un conte pour enfants, à la condition de ne jamais interrompre la narration, de la charger de références réveillant de lointaines émotions, et de lui conserver sa cohérence.

Je n’avais pas eu le réflexe de courir en Serbie avant la guerre et je n’ai pas pu le faire lorsque les armes parlèrent. Par contre, ami lecteur, je suis aujourd’hui en Syrie où j’ai pris le temps d’enquêter et où j’écris cet article. C’est en pleine connaissance de cause que je peux affirmer que la propagande de l’OTAN est aujourd’hui en action à propos de la Syrie comme elle le fut à propos de la Serbie.

L’Alliance a commencé à raconter une histoire déconnectée de la réalité, dont le but est de justifier une « intervention militaire humanitaire », selon l’oxymore blairien. Le parallèle s’arrête là : Slobodan Milosevic était un criminel de guerre que l’on cherchait à présenter comme un criminel contre l’humanité pour pouvoir dépecer son pays ; Bachar el-Assad est un résistant à l’impérialisme et au sionisme qui a soutenu le Hezbollah lorsque le Liban était attaqué et soutient le Hamas et le Jihad islamique dans leur quête pour la libération de la patrie palestinienne.

Quatre mensonges de l’OTAN

 1. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, des manifestations de masse auraient lieu depuis huit mois en Syrie pour réclamer plus de libertés et le départ du président Bachar el-Assad.

C’est faux. Il y a bien eu, dans quelques villes des manifestations contre le président Bachar el-Assad à l’appel de prédicateurs saoudiens et égyptiens s’exprimant sur Al-Jazeera, mais elles n’ont rassemblé au total, au grand maximum, que 100 000 personnes. Elles ne réclamaient pas plus de libertés, mais l’instauration d’un régime islamique. Elles exigeaient le départ du président el-Assad, non pas à cause de sa politique, mais parce que ces manifestants se réclament d’un courant sectaire du sunnisme, le takfirisme, et accusent Bachar el-Assad d’être un hérétique (il est alaouite) usurpant le pouvoir dans un pays musulman qui, selon eux, ne peut être gouverné légitimement que par un sunnite de leur école théologique.

2. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, le « régime » aurait répondu en dispersant les foules par des tirs à balles réelles, faisant au moins 3 500 morts depuis le début de l’année.

C’est faux. D’abord, il ne peut pas y avoir de répression de manifestations qui n’ont pas existé. Ensuite, dès le début des événements, les autorités ont compris que l’on cherchait à provoquer des affrontements confessionnels dans un pays où la laïcité est la colonne vertébrale de l’État depuis le VIIIe siècle. Le président Bachar el-Assad a donc interdit aux forces de sécurité, polices et armée, de faire usage d’armes à feu dans toute circonstance où des civils pourraient être blessés. Il s’agit d’empêcher que des blessés, voire des morts, de telle ou telle confession, soient instrumentés pour justifier une guerre de religion. Cette interdiction est respectée par les forces de sécurité au péril de leur vie, comme nous le verrons plus loin. Quant aux morts, ils sont moitié moins nombreux. La plupart ne sont pas des civils, mais des soldats et des policiers, ainsi que j’ai pu le constater en visitant des hôpitaux et morgues civils et militaires.

3. Après que nous ayons réussi à briser le mur du silence et à obtenir que de grands médias occidentaux rapportent la présence en Syrie d’escadrons de la mort venus de l’étranger, tendant des embuscades contre l’armée, et assassinant des civils au cœur des villes, l’OTAN et ses alliés du Golfe ont communiqué sur la présence d’une armée de déserteurs. Selon eux, des militaires (mais pas de policiers) qui auraient reçu l’ordre de tirer sur la foule se seraient rebellés. Ils auraient pris le maquis et constitué l’Armée syrienne libre, déjà forte de 1 500 hommes.

C’est faux. Les déserteurs ne sont que quelques dizaines, ayant fui en Turquie où ils sont encadrés par un officier du clan Rifaat el-Assad/Abdel Hakim Khaddam publiquement lié à la CIA. Il y a par contre de plus en plus d’insoumis, de jeunes gens qui refusent de faire leur service militaire, souvent plus sous la pression de leur famille que par décision personnelle. En effet, les militaires qui se trouvent pris dans une embuscade n’ont pas le droit de faire usage de leurs armes à feu pour se défendre si des civils se trouvent sur les lieux. Ils doivent donc faire le sacrifice de leur vie s’ils ne parviennent pas à fuir.

4. Selon l’OTAN et ses alliés du Golfe, le cycle révolution/répression aurait laissé la place à un début de « guerre civile ». 1,5 million de Syriens, pris au piège, souffriraient de la faim. Il conviendrait donc d’organiser des « couloirs humanitaires » pour acheminer une aide alimentaire et permettre aux civils qui le souhaitent de fuir les zones de combat.

C’est faux. Au regard du nombre et de la cruauté des attaques par les escadrons de la mort venus de l’étranger, les déplacements de population sont peu nombreux. La Syrie est autosuffisante en matière agricole et la production n’a pas baissé de manière significative. Par contre, la plupart des embuscades ayant lieu sur les grands axes routiers, ceux-ci sont fréquemment interrompus. En outre, lorsque des attaques ont lieu au centre des villes, les commerçants ferment immédiatement leurs boutiques. Il en résulte de graves problèmes de distribution, y compris en matière d’alimentation. Le fond du problème est ailleurs : les sanctions économiques ont provoqué un désastre. Alors que la Syrie avait au cours de la décennie une croissance de l’ordre de 5 % par an, elle ne peut plus vendre ses hydrocarbures en Europe occidentale tandis que son industrie touristique est sinistrée. Beaucoup de gens ont perdu leur emploi et leurs revenus. Ils font des économies sur tout. Le gouvernement les prend en charge et procède à des distributions gratuites de mazout (pour le chauffage) et de nourriture. Dans ces conditions, il conviendrait plutôt de dire que si le gouvernement el-Assad n’intervenait pas, 1,5 million de Syriens souffriraient de malnutrition du fait des sanctions occidentales.

En définitive, alors que nous n’en sommes au stade que de la guerre non conventionnelle, avec l’envoi de mercenaires et de forces spéciales pour déstabiliser le pays, la narration par l’OTAN et ses alliés du Golfe s’est déjà considérablement éloignée de la réalité. Ce fossé va se creuser de plus en plus.

Pour ce qui vous concerne, ami lecteur, vous n’avez aucune raison de me croire plus que l’OTAN, n’étant pas vous-même sur place. Vous avez cependant plusieurs éléments qui devraient vous mettre la puce à l’oreille.

 Quatre évidences soigneusement cachées par l’OTAN

 1. On pourrait croire que les imputations sur la prétendue répression et sur le nombre de victimes ont été soigneusement vérifiées. Pas du tout. Elles ne proviennent que d’une seule et même source : l’Observatoire syrien des Droits de l’homme, basé à Londres, dont les responsables requièrent l’anonymat. Que valent des accusations de cette gravité si elles ne sont pas recoupées et pourquoi des institutions comme le Haut-Commissariat des Droits de l’homme de l’ONU les reprennent-elles sans les vérifier ?

2. La Russie et la Chine ont opposé leur veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité ouvrant la voie à une intervention militaire internationale. Les responsables politiques de l’OTAN nous expliquent, désolés, que les Russes protègent leur base navale militaire de Tartous et que les Chinois feraient n’importe quoi pour racler quelques barils de pétrole. Devons-nous accepter l’idée manichéenne que Washington, Londres et Paris sont guidés par de bons sentiments tandis que Moscou et Pékin seraient essentiellement égoïstes et insensibles au martyre d’un peuple ? Comment ne pas remarquer que la Russie et la Chine ont bien moins d’intérêt à défendre la Syrie que les Occidentaux n’en ont à la détruire ?

3. Il y a une certaine étrangeté à observer la coalition des États soi-disant bien intentionnés. Comment ne pas remarquer que les deux principaux contributeurs de la Ligue arabe et promoteurs de la « démocratisation » de la Syrie, l’Arabie saoudite et le Qatar, sont des dictatures vassales des États-Unis et du Royaume-Uni ? Comment ne pas se demander si les Occidentaux —qui viennent de détruire successivement l’Afghanistan, l’Irak et la Libye, tuant plus de 1,2 million de personnes en dix ans et montrant le peu de cas qu’ils font de la vie humaine— sont bien crédibles en brandissant l’étendard humanitaire ?

4. Surtout, pour ne pas se laisser manipuler à propos des événements en Syrie, il convient de les replacer dans leur contexte. Pour l’OTAN et ses alliés du Golfe —dont les armées ont envahi le Yémen et le Bahrein pour y écraser les manifestations dans le sang—, la « révolution syrienne » est le prolongement du « printemps arabe » : les peuples de la région aspirent à la démocratie de marché et au confort de l’American Way of Life. Au contraire, pour les Russes et les Chinois, comme pour les Vénézuéliens ou les Sud-Africains, les événements de Syrie sont la continuation du « remodelage du Moyen-Orient élargi » annoncé par Washington qui a déjà fait 1,2 million de morts et que toute personne soucieuse de la vie humaine se doit d’arrêter. Ils se souviennent que le 15 septembre 2001, le président George W. Bush programma sept guerres. La préparation de l’attaque de la Syrie débuta officiellement le 12 décembre 2003 avec le vote du Syrian Accountability Act dans la foulée de la chute de Bagdad. Depuis ce jour, le président des États-Unis —aujourd’hui Barack Obama— a pour ordre du Congrès d’attaquer la Syrie et est dispensé de venir devant les assemblées pour ouvrir le feu. Dès lors, la question n’est pas de savoir si l’OTAN a trouvé une divine justification pour entrer en guerre, mais si la Syrie trouvera un moyen de se sortir de cette situation comme elle est parvenue à échapper à toutes les accusations diffamatoires et à tous les pièges précédents, tel que l’assassinat de Rafik Hariri ou le raid israélien contre une imaginaire centrale nucléaire militaire.

Des médias mainstream occidentaux témoignent

Au terme de cet article, je voudrais vous indiquer, ami lecteur, que le Réseau Voltaire a facilité un voyage de presse organisé à l’initiative du Centre catholique d’information des chrétiens d’Orient, dans le cadre de l’ouverture aux médias occidentaux annoncée par le président el-Assad à la Ligue arabe. Nous avons aidé des journalistes mainstream à voyager dans les zones de combat. Nos collègues ont d’abord mal vécu notre présence à leurs côtés, à la fois parce qu’ils avaient un a priori négatif à notre égard et parce qu’ils pensaient que nous cherchions à leur bourrer le crâne. Par la suite, ils ont pu constater que nous sommes des gens normaux et que le fait de choisir notre camp ne nous a pas fait renoncer à notre esprit critique. En définitive, bien qu’ils soient intimement persuadés de la bienveillance de l’OTAN et ne partagent pas notre engagement anti-impérialiste, ils ont vu et entendu la réalité. Avec honnêteté, ils ont restitué dans leurs reportages l’action des bandes armées qui terrorisent le pays. Certes, ils se sont abstenus de contredire ouvertement la version atlantique et ont essayé de concilier ce qu’ils avaient vu et entendu avec elle, ce qui les a parfois conduits à des contorsions autour du concept de « guerre civile » opposant l’armée syrienne à des mercenaires étrangers. Quoi qu’il en soit, les reportages de la Radio Télévision Belge (RTBF) ou de La Libre Belgique, pour ne citer qu’eux, montrent que, depuis huit mois, l’OTAN masque l’action des escadrons de la mort et impute mensongèrement leurs crimes aux autorités syriennes.

Ingérence impérialiste en Syrie: la Russie dit stop à l’escalade et se pose en défenseur de la paix dans la région et dans le monde…

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Au-delà du laconisme inhérent à ce genre de message que nous avons traduit ici depuis la chaîne de télévision anglophone d’état russe RT, qui jouit d’une liberté d’expression inconnue depuis des décennies sur nos chaînes occidentales propagandistes de l’idéologie néo-libérale, impérialiste et colonialiste; il convient d’analyser ce qui est dit même de manière anodine. Les messages anodins étant souvent les plus révélateurs.

D’abord le message est clair: Stop ! Halte à l’ingérence en Syrie par les forces impérialistes et surtout, halte à l’escalade militaire ne pouvant résulter qu’à un conflit armé à la sauce libyenne.

Ensuite, on nous explique ce que les Russes envoient sur place, la route qu’ils vont prendre et le pourquoi de la manœuvre. Au delà de l’effet « la croisière s’amuse » voulu, RT explique au passage la différence stratégique de conception des vaisseaux russes et américains, incitant le lecteur à lire entre les lignes: « ce n’est pas parce que notre volume est inférieur à celui des américains que nous sommes plus faibles, notre concept est différent… » Ceci permet également à tout à chacun d’évaluer les forces en présence, de signaler au passage que les avions qui seront testés le seront au profit de l’Inde, notant par là l’alliance stratégique indo-russe, et rappelant l’ombre du BRIC planant sur l’empire occidental. La multipolarité du monde est quelque chose à laquelle les impérialistes sont totalement allergiques.

Les Russes ont manifestement fait le choix d’un monde multipolaire et n’accepteront pas leur dissolution dans le grand marais fangeux du Nouvel Ordre Mondial planifié pour le reste du monde. Il devient de plus en plus évident aujourd’hui que la Russie a « sacrifié » le pion libyen sachant pertinemment le marasme auquel cela allait mener, et a regroupé ses forces diplomatiques et de persuasion pour défendre sa position sur la Syrie (la base de Tartous est un élément géostratégique que les Russes ne lâcheront pas). Aujourd’hui le scenario syrien de destruction se veut être identique à celui de la Libye, l’arrogance impérialiste de l’occident lui fait voir le monde avec des œillères très restrictives qui l’aveugle au point de ne plus voir les pièges sur le chemin.

Suivons l’évolution de la situation, mais notre avis est le suivant: l’empire s’est fait piéger sur « l’affaire syrienne ». Simultanément, comme nous l’avons relaté ici à deux reprises ( 1 et 2), la CIA a essuyé une claque majeure avec son réseau de contacts et d’agents démantelé au Liban, en Iran et en Syrie… Bien sûr, l’empire ne peut plus reculer et va continuer à fomenter sa « révolution colorée » en Syrie, infiltrer ses escadrons de la mort pour tuer de manière indiscriminée citoyens syriens et militaires dans l’espoir de susciter une « révolte » dans le pays. La Syrie n’est pas la Libye. Il n’y a pas de guerre tribale sur laquelle s’appuyer, l’empire essaie d’en créer une, mais le peuple syrien saura déjouer le piège.

De plus sans attaques et massacres de l’OTAN pour aider des « rebelles », la situation de l’opposition va empirer et pourrir sur pied. Sans les assassins de l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord, pas de solution armée possible. Les Russes empêchent maintenant tout développement militaire impérialiste contre la Syrie.

Nous sommes dans une situation de face à face qui peut rappeler un peu la crise des missiles de Cuba mais les rôles cette fois-ci sont totalement inversés. Dans le même temps la candidature officielle de Poutine pour les élections présidentielles de Mars 2012 vient d’être déposée, Medvedev a appelé à l’Union de la Russie derrière Poutine. L’homme qui a sauvé son pays des oligarques et du pillage en règle orchestré par Wall Street et la City de Londres après l’effondrement de l’URSS, héros du peuple russe (on peut penser ce que l’on veut du bonhomme, mais on ne peut nier qu’il a sauvé la Russie du pillage et de sa satellisation complète à l’empire anglo-américain…), va revenir très vraisemblablement aux affaires, çà va se danser tout autrement, on le voit déjà maintenant. Le rôle de Medvedev était de jouer dans le velours et amadouer l’empire, le rôle de Poutine sera celui de ramener en force la Russie sur l’échiquier géostratégique mondial. La parenthèse Medvedev a fait gagner du temps à la Russie et a forcé l’empire à plus se dévoiler quant à ses intentions. Plus personne n’est dupe maintenant, la Russie va reprendre un rôle dissident plus dominant.

Est-ce une bonne chose? C’est tout un débat. Notre position est anti-autoritaire et anti-étatique, mais le vieil adage qui dit que « faute de grives on mange des merles » semble approprié ici. Mettre un coup d’arrêt au Nouvel Ordre Mondial mondialiste fasciste est LA priorité, ensuite que les peuples en tirent les conséquences socio-politiques qui s’imposent et œuvrent pour le bien commun, restera le défi permanent.

Pour l’heure, la Russie semble s’imposer comme le garant de la paix, mais la précarité de la situation est extrême, l’empire est-il prêt à un affrontement planétaire ?

— Résistance 71 —

 

Alerte en mer: des navires de guerre russes font route vers la Syrie

 

RT

 

 

Le 28 Novembre 2011,

 

Url de l’article original:

http://rt.com/news/russian-aircraft-carrier-syria-363/

 

 

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

Moscou déploie des navires de guerre dans sa base syrienne de Tartous. La mission planifiée de longue date arrive, providentiellement, à un moment qui pourrait aider à prevenir d’un conflit potentiel dans ce pays stratégiquement important du Moyen-Orient. Le groupe de combat naval consiste en trois vaisseaux menés par lourd porte-avion et croiseur lance-missiles “Amiral Kouznetsov”.

Les officiels militaires russes insistent sur le fait que ce mouvement n’a pas de rapport direct avec la crise ayant lieu dans la région; cette mission ayant été planifée il y a un an, rapporte le journal Izvestia. A part la Syrie, le porte-avion et son escorte visiteront la capitale libanaise de Beyrouth, Gênes en Italie et Chypre, dit l’ancien chef d’état-major de la marine l’amiral Viktor Kravchenko.

Quoi qu’il en soit, il a ajouté que la présence d’une force militaire autre que celle de l’OTAN dans la région est très utile, car “cela préviendra le déclanchement d’un conflit armé”, a confié Kravchenko à Izvestia.

L’Union Soviétique a rappelé l’amiral, avait créé une escadre spéciale afin de dissuader les forces militaires occidentales dans la mer Méditerranée; pour réparer et alimenter ses vaisseaux , Moscou avait besoin de sa propre base navale dans la région, ce qui fut à l’origine de la base de Tartous.

En ce moment, la base est essentiellement utilisée pour la logistique des vaisseaux russes de la flotte de la Mer Noire. Quelques 600 personnels militaires et civils rattachés au ministère de la défense y servent.

La nouvelle de déploiement naval russe à Tartous intervînt peu après que le porte avion nucléaire américain George HW  Bush ait été stationné au large de la Syrie accompagnés de vaisseaux de soutien. La flotille de combat américaine  doit rester en Méditerranée, afin de soi-disant des opératons de sécurité et des missions de soutien faisant partie des opérations “Enduring Freedom” et “New Dawn”. L’agence interfax rapport que la 6ème flottte patrouille également la zone.

“Bien sûr, les forces navale russes dans la Méditerranée ne seront pas comparables avec la 6ème flotte américaine qui inclut un ou deux portes-avions et plusieurs bâtiments d’escorte”, a expliqué l’amiral Kravchenko. “Mais aujourd’hui, personne ne parle de la possibilité d’affrontements militaires, car une attaque sur quelque vaisseau russe que ce soit serait regardé comme une déclaration de guerre avec toutes les conséquences que cela implique.”

La mission doit démarrer au début décembre quand le navire Amiral Kouznetsov commencera son voyage depuis la Mer de Barent, accompagné par un autre vaisseau de la flotte russe du nord, le lourd ASW Amiral Chabanenko. Le groupe longera ensuire le continent européen par l’Ouest et entrera la Méditerranée par le détroit de Gibraltar.

Plus tard, ils seront rejoints par la frégate Ladny de la flotte russe de la Mer Noire. Elle voyagera à travers le Bosphore avec une escale à La Valette, Malte.

Le porte-avions Amiral Kouznetsov transportera des avions de combats tous temps Sukhoi Su-33, deux hélicoptères anti sous-marins Kamov Ka-27 et plusieurs Mig-29K tous neufs. Ces avions de combat ont été construits pour l’armée de l’air indienne et sont supposés être testés au cours de leur première mission.

Les officiels de l’armée ont insistés sur le fait que tous les vols s’effectueront en mer, à l’écart de la côte syrienne.

A l’encontre des portes-avions américains qui sont faits pour n’être que des pistes flottantes, le porte-avion Kouznetsov fait partie d’une classe de navire porte-avions lourdement armé comme un croiseur. Son armement principal, parmi d’autres, se compose de 12 missiles de croisière Granit longues portées mer-mer anti navires de guerre, six batteries de missiles mer-air à courte portée du sytème Kinzhal, huit batteries du système de défense anti-aérienne rapprochée Kashtan et de deux systèmes ADAV-1 anti sous-marins.

L’Amiral Kouznetsov a déjà été deux fois au port de Tartous durant  ses affectations en Méditerranée et dans l’océan Atlantique en 1995 et 2007.

 

France et néo-colonialisme au service de l’Empire: Le non-dit du cas de la côte d’Ivoire (et pour cause…)

Posted in actualité, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, N.O.M, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 28 novembre 2011 by Résistance 71

Il est certain que la situation en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ces six derniers mois et plus, nous a fait pratiquement oublié une autre affaire toute aussi grave puisque du même ressort que le crime contre la Libye et celui contre la Syrie qui se prépare… Le coup d’état qui a eu lieu en Côte d’Ivoire et auquel a activement participé l’armée française pour mettre au pouvoir une autre marionnette de l’empire.

Cette situation est tout aussi inacceptable que celle de libye. L’ingérence dans les affaires intérieures des nations au nom d’un néo-colonialisme qui n’est même plus masqué, est la peste des temps modernes… Combien de morts, combien de massacres, perpétrés pour le bien du petit nombre aux dépends de segment entier de la population mondiale. L’occident destructeur, mortifère et décadent est une honte pour l’humanité. Nous portons en nous les stigmates de l’intolérance, de l’arrogance, de la veulerie et de la barbarie. La roue tourne et nous ne pouvons qu’espérer que les vaincus d’hier et d’aujourd’hui seront plus magnanimes envers nous que nous ne l’avons jamais été envers eux.

Et pourtant, un adage simple résoudrait tout le plus simplement du monde: « Ne fais jamais à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse »… Simple non ??

Merci à Yapi pour le lien de cet article (publié en Mai 2011)… Un petit éclairage sur la question ivoirienne toujours aussi brûlante.

— Résistance 71 —

 

Comment Sarkozy va régler les problèmes d’immigration par le génocide des Ivoiriens

 

Par Crise Ivoirienne

 

Le 7 Mai 2011,

 

url de l’article original:

http://criseivoirienne.livejournal.com/28189.html

 

La dimension écologique du conflit ivoirien n’a pas été beaucoup analysée, et mérite qu’on s’y penche davantage. L’avancée du désert au Sahel réduit la surface cultivable et les ressources agricoles, ce qui a poussé, depuis des années, les Sahéliens à l’immigration dans toute la région sub-saharienne ainsi qu’en Occident.

En Côte d’Ivoire, c’est essentiellement cette population sahélienne qui constituait les fameuses population allogènes contre les populations autochtones dans les conflits fonciers. En Occident, cette population sahélienne constitue une grande part des immigrés clandestins en situation précaire, dont la présence constitue le fond de commerce des partis nationalistes, comme le FN de Marine Le Pen qui donne des insomnies à Nicolas Sarkozy.

Pour l’Occident, offrir un débouché aux populations qui composent ce flux migratoire peut être plus efficace pour en réduire la pression, que de dresser de vaines barrières administratives aux frontières européennes ou américaines.

Grâce à l’expropriation de quelques millions d’Ivoiriens du sud, fut-ce au prix d’un génocide, l’Occident peut offrir un eldorado agricole à des millions de Sahéliens qui ne demandent rien de mieux que des terres plus fertiles. Il suffira ensuite de déplacer « la guerre nomade » au Libéria et en Sierra Leone pour réussir le projet des « Etats-Unis d’Afrique » cité dans le programme électoral de Ouattara. Tous les pays de l’ancienne AOF auront alors une population homogène, dont la part rurale constituera la main d’œuvre des sociétés agro-alimentaires qui seront devenues les véritables propriétaire terriens. Les intérêts pétroliers occidentaux ne doivent donc pas occulter les intérêts des acteurs occidentaux de la filière Café-Cacao (en particulier Armajaro dont le département Afrique est dirigé par Loïc Folloroux, beau-fils de Ouattara) qui ont salué l’avènement du régime Ouattara qu’ils ont porté au pouvoir grâce à l’appui militaire Français contre l’armée régulière de Côte d’Ivoire.

La destruction récente des Archives Nationales Ivoiriennes par l’armée française et les milices FRCI, constituait-elle une première étape nécessaire à cette stratégie ?

Les convois d’immigrants Burkinabés qui arrivent dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire actuellement, sont-ils un épiphénomène ou participent-ils à ce projet des « Etats-Unis d’Afrique ».

Les massacres perpétrés contre les populations de l’Ouest et du Sud de la Côte d’Ivoire, par la coalition des milices FRCI, de l’ONUCI et de l’armée française, qui ensanglantent le pays depuis les élections, et qui ont pris une allure dramatique sans précédent depuis le kidnapping du président Gbagbo par la France, ne constituent-ils pas les premiers jalons du génocide annoncé ?

Ces questions, posées à partir des exactions et des crimes contre l’état souverain de Côte d’Ivoire et les droit des citoyens, libres jusqu’au coup d’état du 11 avril dernier, sont hélas loin d’être exhaustives. Mais à la lumière des actes déjà posés par le régime Ouattara et ses commanditaires de l’oligarchie financière occidentale, cette analyse présage d’une dictature génocidaire de grande ampleur en Côte d’Ivoire. On comprend dès lors le silence assourdissant des médias occidentaux, et tout particulièrement les médias français qui n’ont  pourtant ménagé aucun effort de désinformation et de propagande pro-Ouatta, qui ont permis la réalisation de ce projet génocidaire mais qui ne peuvent se féliciter publiquement de sa réussite.

Dans cette effroyable perspective, les pathétiques tentatives de normalisation selon la ligne Koulibaly, dont la trahison de Yao N’dré, seront non seulement vaines, mais donneront le vernis de légitimité qui manquait à une abominable dictature à la mesure du régime Nazi.

Crise économique: Le vampire Goldman Sachs a saisi le pouvoir en Europe…

Posted in actualité, crise mondiale, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique with tags , , , , , , , , , , , , on 27 novembre 2011 by Résistance 71

Nous avons traduit ici le dernier article en date du Dr. Paul Craig Roberts, qui explique plus avant son point de vue sur la situation économique européenne qui est bien sûr indissociable de celle du reste du monde, ainsi que sur la très grande probabilité du « coup d’état » en douceur que Goldman Sachs et Wall Street ont effectué en Europe.

Sa vision sur le rôle de l’Allemagne est très intéressante dans la mesure où nous aurions dans l’ensemble une tendance à voir l’Allemagne comme une grosse partie du problème européen. Le tandem Sarkozy-Merkel n’étant pas une équipée salvatrice mais vorace et dictatoriale. Roberts lui voit plus l’Allemagne comme une victime du système, et en fait la grande dupe de l’aventure européenne jusqu’à sa phase de métamorphose.

La poussée pour la gouvernance mondiale par l’élite oligarchique a lieu maintenant, par crise européenne interposée… Il est temps que les citoyens européens se réveillent avant que la métamorphose du cloporte soit définitivement achevée. La prochaine bestiole qui sortira du cocon sera bien moins affable…

— Résistance 71 —

 

Les banquiers ont pris possession de l’Europe: Goldman Sachs a saisi le pouvoir

 

Par Dr. Paul Craig Roberts

 

Le 26 Novembre 2011,

 

Url de l’article original:

http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=27872

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le 25 Novembre, deux jours après l’échec de l’enchère sur les bonds du gouvernement allemand par laquelle l’Allemagne fut incapable de vendre 35% de ses offres de bonds sur 10 ans, le ministre allemand des finances, Wolfgang Schaeuble a dit que l’Allemagne pourrait rétracter sa demande pour que les banques privées qui tiennent la dette souveraine en difficulté de la Grèce, de l’Italie et de l’Espagne, doivent accepter une partie de leur package de sauvetage en effaçant une portion de la dette. Les banques privées ne veulent en aucun cas perdre de l’argent et le font soit en forçant les gouvernements grec, italien et espagnol à apprécier les bonds en imposant des mesures d’austérité extrêmes à leurs citoyens, ou en ayant la BCE imprimer de l’Euros avec lesquels ils pourront acheter de la dette souveraine des banques privées. Imprimer de la monnaie pour compenser la dette est contraire à la charte de la BCE et effraie particulièrement les Allemands qui se rappellent de l’hyperinflation dans la période de la république de Weimar.

De manière évidente, le gouvernement allemand a reçu le message de l’échec orchestré de cette enchère de bonds. Comme je l’avais écrit à ce moment là, il n’y a aucune raison pour que l’Allemagne, avec son ratio dette-PIB relativement bas en comparaison de ceux des pays en difficuluté, ne soit pas capable de vendre ses bonds (NdT: Roberts parle ici des Eurobonds).

Si la valeur du crédit de l’Allemagne est en doute, comment peut-on penser que celle-ci puisse sauver d’autres pays ?

La preuve que cet échec de l’enchère allemande sur ses bonds fut orchestré provient de celle à succès de l’Italie deux jours plus tard.

Étrange non ? L’Italie, le plus grand des pays de l’UE qui requiert un sauvetage de sa dette, peut toujours vendre ses bonds, mais l’Allemagne, qui ne requiert aucun sauvetage et dont on attend d’elle d’assumer un coût disproportionné du sauvetage de la Grèce, de l’Italie et de l’Espagne, elle n’a pas pu vendre les siens.

A mon avis, cet échec a été orchestré par le trésor américain (NdT: rappelons ici que Roberts est l’ancien assistant secretaire d’état aux finances de Ronald Reagan et qu’il sait un peu de quoi il parle quand il fait ce genre d’affirmation…), la BCE et les autorités de l’UE, ainsi que par les banques privées à qui la dette souveraine en difficulté appartient.

Mon opinion est basée sur les faits suivants:

Goldman Sachs et des banques américaines ont garanti peut-être à hauteur de 1000 milliards de dollars ou plus de dette européenne par une assurance en vendant du Default Credit Swaps contre laquelle ils n’ont pas de réserve. Les honoraires que les banques américaines ont reçu pour avoir garanti la valeur des instruments de la dette souveraine européenne sont tout simplement allés directement en profits et dans les bonuses des exécutifs. Ceci bien sûr est ce qui a ruiné le géant de l’assurance américain AIG et qui a mené au package de sauvetage (TARP) aux dépends du contribuable américain et au grand profit de Goldman Sachs.

Si n’importe laquelle des dettes souveraine européennes fait défaut, les institutions financières américaines qui ont émises les swaps or des garantis sans provision contre la dette seront ferrées à l’hameçon pour de très larges sommes d’argent qu’elles n’ont pas. La réputation du système financier américain ne pourra pas survivre son défaut sur les swaps qu’il a lui-même fait. Ainsi, l’échec de la dette souveraine européenne renouvèlera la crise financière aux Etats-Unis (NdT: qui n’est pas fini loin s’en faut), demandant une nouvelle tournée de sauvetage et/ou une nouvelle tournée de facilitation quantitative de la part de la réserve fédérale, ce qui veut dire, imprimer plus d’argent afin d’honorer des instruments financiers irresponsables, dont l’existence a enrichi une petite poignée d’exécutifs.

Il est certain que le président Obama ne veut pas se lancer dans une année électorale en ayant à faire face à la perspective d’un échec haut en couleur du système financier américain. Ainsi, sans l’ombre d’un doute, la ministère des finances américain ne veut pas que l’Allemagne soit sur le chemin d’un sauvetage financier de l’Europe.

Les banques privées françaises, allemandes et hollandaises qui apparemment détiennent la vaste majorité de la dette en difficulté, ne veulent pas enregistrer de pertes. Soit leur comptabilité, dejà ruinée par les dérivatifs frauduleux de Wall Street, ne peut plus encaisser plus de pertes, ou ils ont peur de la baisse du prix de leurs parts par la baisse des rentrées alors qu’ils auront dû sortir des comptes de la mauvaise dette souveraine. En d’autres termes, pour ces banques, il y va de très grosses sommes d’argent, ce qui leur donne une énorme motivation d’écarter le gouvernement allemand de leurs déclarations de bénéfices.

La BCE n’aime pas du tout être une plus petite entité que la réserve fédérale américaine ou la Banque d’Angleterre. La BCE veut avoir le pouvoir de décréter des “facilitations quantitatives” par elle-même. La BCE est frustrée par les restrictions mises sur ses pouvoirs, restrictions qui viennent des conditions que l’Allemagne a requises afin d’abandonner sa propre monnaie et le contrôle qu’avait la Banque centrale allemande sur la création de la monnaie. L’UE veut plus “d’unité”, ce qui veut dire moins de souveraineté pour les pays membres de l’UE. L’Allemagne étant le membre le plus puissant de l’UE, est en travers du chemin de la puissance que les autorités européennes veulent brandir et utiliser.

De ce fait, l’échec de la vente des Eurobonds allemands est un évènement orchestré pour punir l’Allemagne et donner un avertissement au gouvernment allemand de ne pas obstruer “l’unité” ou la perte de souveraineté individuelle des pays.

L’Allemagne qui a été intimidée depuis sa défaite de la seconde guerre mondiale, a été rendue constitutionnellement incapable d’être un leader fort et puissant. Tout signe apparent d’une Allemagne meneuse est rapidement réprimé en réminiscence du 3ème Reich. En conséquence, l’Allemagne a été poussée dans une Union européenne qui a pour intention la destruction de la souveraineté politique des gouvernements des pays membres, tout comme Abraham Lincoln détruisit la souveraineté des états de l’Amérique.

Qui règnera sur la Nouvelle Europe ? De manière évidente, les banques privées européennes et Goldman Sachs.

Le nouveau président de la Banque Centrale Européenne (BCE) est Mario Draghi. Il était le vice chairman et directeur de gestion de Goldman Sachs International et un membre du comité de gestion de Goldman Sachs. Draghi fut aussi le directeur exécutif italien de la banque mondiale, gouverneur de la banque d’Italie et un membre de conseil d’administration de la BCE, membre du comité directeur de la Bank for International Settlements (BIS, NdT: le QG des banques centrales qui siège à Bâle) et aussi un membre du comité des gouverneurs de la BRED, de l’Asia Development Bank, président du comité directeur du Financial Stability Board.

De toute évidence, Draghi va protéger le pouvoir des banquiers…

Le nouveau premier ministre italien, qui fut nommé et non pas élu, fut un membre de comité international de conseil de la Goldman Sachs. Mario Monti fut nommé à la commission européenne, une des organisation directrices de l’UE. Monti est le président pour l’Europe de la Commission Trilatérale, une organisation américaine qui pousse pour l’Hégémonie américaine sur le monde. Monti est un membre du groupe Bilderberg et un des membres fondateurs du groupe Spineilli, une organisation créée en Septembre 2010 pour faciliter l’intégration au sein de l’UE.

De la même manière qu’un banquier non élu fut installé à la tête de l’Italie, un banquier non élu fut installé comme premier ministre de la Grèce. Bien évidemment, ils sont censés produire la solution des banquiers à la crise de la dette souveraine.

Le nouvellement nommé premier ministre de la Grèce, Lucas Papademos, était gouverneur de la banque de Grèce. De 2002 à 2010, il fut le vice-président  de la BCE; il est aussi un membre de la commission trilatérale.

Jacques Delors, un dxes fondateurs de l’UE, promît au congrès syndical britannique de 1988 que la commission européenne exigerait des gouvernements d’introduire une législation en faveur du travail. Au lieu de cela, nous trouvons la commission européenne contrôlée par les banquiers qui demande que le travail des Européens sauvent les banques privées en acceptant de plus bas salaires, moins de services sociaux et une retraite plus tardive.

L’Union Européenne, comme toute autre chose, n’est qu’une manipulation de plus pour concentrer la richesse en le moins de mains possible aux dépends des citoyens européens, qui sont destinés, tout comme les Américains, à être les serfs du XXIème siècle.

Ingérence en Syrie: l’empire ne se cache même plus… La France arme et entraîne les factions armées qui luttent contre le gouvernement syrien…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, politique française, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 27 novembre 2011 by Résistance 71

 

La France entraîne les rebelles pour combattre en Syrie

 

Press TV

 

Le 27 Novembre 2011.

 

Url de l’article original:

http://www.presstv.ir/detail/212224.html

 

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

Un journal turc a dévoilé que les forces militaires françaises entraînent les rebelles armés syriens pour se battre contre le gouvernement du président Bashar Al-Assad

D’après le journal Milliyet, cité par l’IRNA, la France a envoyé ses forces d’entraînement en Turquie et au Liban pour conseiller et entraîner la soi-disante “armée syrienne libre”, un groupe de déserteurs qui opèrent depuis la Turique et le Liban, dans un effort de faire la guerre à l’armée syrienne.

L’article ajoute que les autorités française, britannique et turque ont un accord pour envoyer des armes aux rebelles”.

Le quotidien turc a dit que les trois pays avaient informé les Etats-Unis à propos de leur décision d’armer et d’entraîner les forces d’opposition syrienne.

Toujours d’après le Milliyet, un group de rebelles armé est stationné en ce moment dans la province de Hatay en Turquie, près de la frontière syrienne.

Ce rapport arrive après un autre qui révélait que les services de renseignement français et britannique ont pour mission de contacter les dissidents syriens basés dans la ville nord du Liban, Tripoli, afin qu’ils aident à produire plus de déstabilisation en Syrie.

Des rapports disent également que des agents du renseignement français et britannique ont été envoyés dans le nord-Liban et en Turquie pour conseiller les premiers contingents de l”armée libre syrienne”, à partir des déserteurs qui ont fuits la Syrie.

La Syrie est sujette à des troubles internes depuis la mi-Mars, avec des manifestations ayant lieu pour et contre le président Assad.

Damas dit que les troubles ont été largement incités par des éléments qui sont très bien payés et armés par des puissances étrangères. Des centaines de personnes, incluant des membres des forces de sécurités, ont été tuées dans le tumulte.

L’opposition et les pays occidentaux accusent les forces de sécurité syriennes d’être derrière les meurtres dans le pays, mais le gouvernment blâme pour cette violence meurtrière ce qu’il décrit comme des hors-la-loi, des saboteurs et des groupes terroristes armés, insistant sur le fait que les troubles sont fomentés et organisés depuis l’étranger.