Archive pour novembre, 2019

Gilets Jaunes An I !…Il n’y a pas de solution au sein du système et ne saurait y en avoir !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, média et propagande, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 30 novembre 2019 by Résistance 71


Quand les rues sont jaunes de monde…

 

Gilets Jaunes An I !

Il y a maintenant un an de lutte écoulé qui nous montre on ne peut plus clairement qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a en fait jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir !

Ceci se doit de devenir une évidence incontournable pour toutes et tous, membres de notre lutte organique pour une société enfin libre.

Ainsi, toute négociation avec l’État et les représentants de l’oligarchie est non seulement futile mais contre-productive. Ignorons-les !

Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action

Devenons S.U.P.R.A Gilets Jaunes !

Reprenons le pouvoir par les Assemblées Populaires et dans le même temps:

  • Boycottons les institutions
  • Boycottons l’élection et l’impôt absorbant l’intérêt de la dette odieuse
  • Boycottons les entreprises du CAC40 et des transnationales criminelles
  • Achetons et promouvons les produits locaux
  • Réaménageons nos campagnes et nos communautés agricoles
  • Rassemblons-nous en comités populaires de voisinage, de travail…
  • Restons incontrôlables et imprévisibles !

Tout le Pouvoir aux Ronds-Points !

Pour une société émancipée et donc libre !

Groupe Gilets Jaunes de _______________

Aussi…

Cinq textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 


Tout le pouvoir aux Ronds-Points !…

Leçon pour Gilets Jaunes : l’empire dans son jardin sud-américain: Evo Morales parle du coup d’état qui l’a forcé à l’exil au Mexique

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 30 novembre 2019 by Résistance 71

Au delà de ce que peut dire Morales et de la malfaisance avérée de l’empire tout azimut, nous lui faisons, tout comme à Chavez en son temps le même reproche: s’être accroché au système comme un morpion. Si ces gars étaient de véritables révolutionnaires, ils seraient parfaitement conscient que l’État ne peut pas être révolutionnaire… il est l’outil de la contre-révolution, du consensus du statu quo.
Morales comme Chavez auraient dû dès leur élection commencer le processus de remise du pouvoir à leur peuple. L’État, ici se voulant progressiste (ne pouvant pas être révolutionnaire) par l’action de ceux qui le dirigent, organise de lui-même les assemblées locales, la confédération de communes libres et dans le même temps se dissout pas à pas dans cette nouvelle réalité politico-économique. Ne pas comprendre ça ne fait de ces personnes que des réformistes qui à terme se font botter le cul. L’État est par essence contre-révolutionnaire, c’est inscrit dans son mode opératoire puisqu’il n’existe que par la fait de la division politique créée dans la société initiale et perpétrée au nom de privilèges inhérents à la relation dominant/dominé créée.
Il n’y a pas de solution au sein du système, il n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !
Gilets Jaunes ! Il est important de bien comprendre ceci à l’aube des journées du 5 décembre et suivant. Le changement radical de société ne peut en aucun cas intervenir au travers de l’État, des institutions, de la marchandise et de sa dictature en marche.
Toute action politique de reprise du pouvoir décisionnaire doit avoir en toile de fond: A bas l’État, à bas la marchandise, à bas l’argent et à bas le salariat ! Il n’y a rien de négociable dans cette fange de la domination et de l’exploitation, RIC ou pas. Il nous faut changer notre réalité profonde, pour ce faire, nous devons en être avant tout ben conscient et agir en conséquence de manière efficace, ainsi comme le disait le vieux slogan percutant: « Soyons réalistes… Demandons l’impossible ! »
Morales et Chavez avant lui, bien qu’ayant amené quelques améliorations que l’on voit maintenant passagères à leur peuple respectif, n’ont en fait été que de bon petits soldats du système de « l’alternance » au sommet de l’État, mais en aucun cas des révolutionnaires, leur attachement à l’État et aux institutions fut leur perte. La révolution sociale reste à faire et c’est aux peuples de la faire, personne ne la fera à leur place. Qu’on se le dise !

~ Résistance 71 ~

 


Morales ne fut qu’un « Indien de fort »

 

Entretien avec Evo Morales: “Je me suis fait piéger ; le coup d’état a été tramé à l’ambassade des Etats-Unis”

Entretien avec le quotidien mexicain de La Jordana

 

16 novembre 2019

 

Source de l’article en français:

https://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=27552

 

Le coup d’État contre Evo Morales a été « préparé »  à l’ambassade des USA en Bolivie. Le regard sombre, l’ex-président en exil le reconnait : « Je me suis fait piéger ».

Il est très tôt. Le thermomètre indique à peine 10 degrés. Evo Morales est abrité dans un petit salon, d’où il fait appel à sa mémoire récente : « Je me souviens parfaitement qu’il y a eu une rencontre avec les mouvements sociaux connus sous le nom de Conalcam (Coordination nationale pour le changement), où il y a une quarantaine de dirigeants nationaux ou d’ organisations nationales représentées par leurs présidents ou dirigeants qui ont proposé comment modifier la Constitution pour une nouvelle réélection. J’ai dit : ce n’est pas ma proposition ; discutez-en, la meilleure chose que je puisse faire est d’accompagner avec des juristes pour voir si c’est viable, et ils ont acquiescé, et il y a eu ce référendum pour modifier la Constitution, c’est alors qu’une sale guerre a commencé,  basée sur le mensonge, dirigée par l’ambassade des USA ».

La possibilité d’une quatrième réélection a également ouvert la porte aux USA pour qu’ils mettent la main sur la Bolivie ?

Près de deux mois avant les élections, j’ai convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade US et je lui ai montré comment, avec des employés de l’ambassade, ils se rendaient dans certaines régions pour faire chanter les camarades sur le terrain. Ils leur disaient : « Ne votez pas pour Evo, ne le soutenez pas, si vous ne le soutenez pas, si vous ne votez pas ou ne soutenez pas Evo, nous allons vous faire des rues pavées « . Cette fois-là, le chargé d’affaires m’a promis qu’ils n’allaient pas se mêler de politique.

« Tout le monde est surpris que j’aie passé presque 14 ans au pouvoir et voilà le coup d’État. C’était bien organisé, bien planifié, bien financé par des groupes violents. Ils ont payé des membres de gangs et des toxicomanes. Je ne sais pas d’où vient tant d’argent pour les financer.

« Ils ont même embauché les maçons. En tant que travailleurs de la construction, ils gagnent environ 100 ou 120 bolivianos par jour, mais ils ont été payés 300 pour participer à la violence. Dans les universités, ils ont fait du chantage aux bonnes notes aux étudiants. J’ai des officiers des forces armées, de mon équipe de sécurité, qui vont à l’université, et on leur a dit que s’ils allaient aux barrages routiers, à la conspiration, à l’agression, ils auraient leurs examens. Que s’ils avaient trois sujets avec violence contre le gouvernement, contre Evo, contre la lutte de la révolution démocratique, ils passeraient l’examen. Et ils se sont joints à cette conspiration pour des petites notes et pour de la menue monnaie.

« Nous avons démontré avec des documents les nouvelles capacités des USA. Il n’y a pas de DEA [Drug Enforcement Agency], nous l’avons expulsée, et il n’y a pas d’autres organismes d’intervention et d’espionnage, mais ils ont d’autres formes d’intervention. Je te raconte un souvenir: j’ai rencontré des filles du Corps de la Paix (Peace Corps) dans la Vallée bolivienne, à Cochabamba : je pense qu’elles réalisaient un programme social intéressant. Je leur ai demandé pourquoi elles ne l’avaient pas appliqué ailleurs, par exemple sur l’Altiplano. Elles m’ont dit : « Evo, là-bas, il y a la DEA, on ne peut pas être là », et c’est parce que la DEA était avec ce Corps de la paix, sous prétexte de lutte contre le trafic de drogue.

« Avant, nous les expulsions ; maintenant ils se déguisent et ils ne se voient pas en face; en ce moment ils sont organisés par groupes. Évidemment, les anciens gouvernants – il semble se référer à Carlos Mesa, son opposant aux élections et l’un des chefs visibles du coup d’État -, la police, les forces armées, ont fait partie de ces agences d’espionnage, de répression, d’application des politiques liées aux projets des USA, et ainsi leur base pour pouvoir conspirer a été formée.»

Ensuite, Evo Morales explique la raison de l’ambition, ou du moins celle qui est la plus importante pour le moment. Si le nom du coup d’État est à l’ambassade des USA, le nom de famille est lithium.

Peu avant l’élection présidentielle, Ivanka Trump s’est rendue dans la ville de Purmamarca, dans le nord-ouest de l’Argentine, à la frontière avec la Bolivie, dans le triangle du lithium, qui englobe également le Chili. Le triangle de l’ « or blanc » concentre 75 pour cent des gisements de cet élément dans le monde.

Cependant, la Bolivie concentre presque tout le métal qui semble être l’un des éléments les plus importants pour l’avenir du monde. « Nous avons commencé à développer l’industrie du lithium, mais il y a des politiques de privatisation », dit-il. Il y a aussi les complots des grands monopoles qui veulent s’emparer du métal.

Alors, il y avait des signes d’alarme sur les menaces contre la présidence d’Evo Morales : n’était-ce pas trop risqué d’essayer de rester au pouvoir ? Les avertissements semblaient clairs.

La mâchoire serrée, le président en exil souligne : « Ils ont préparé ce coup d’État à l’avance. C’était un coup totalement différent. J’espère vraiment que ce ne sont pas toutes les forces armées qui ont participé, mais les commandants. Ils utilisent les forces armées pour tirer sur le peuple. Quand je suis arrivé au gouvernement, les forces armées avaient à peine un hélicoptère. Sous notre gestion, il y a eu 25 hélicoptères. Nous avons équipé les forces armées, mais pas pour qu’elles soient contre la population ».

Les armées d’aujourd’hui sont-elles garantes de la démocratie ? Il semble qu’aujourd’hui, comme dans les années 70 du siècle dernier, l’armée va à l’encontre des gouvernements élus….

-Je suis convaincu qu’ils ne sont pas garants. Ils appuient les politiques néolibérales. Ils sont avec les secteurs oligarchiques. C’est surprenant. Les forces armées avaient une bonne image. Malheureusement, ces bonnes images partent à la poubelle.

Ponchos rouges

-Vous avez les ponchos rouges. C’est un groupe intéressant et belliqueux. Aujourd’hui, ils sont dans la rue en chantant le slogan « Maintenant, oui,  guerre civile ! »

-Le comportement des policiers conduit le peuple à s’organiser lui aussi. Je suis surpris par l’approche de guerre civile, parce que si des institutions comme les forces armées ne garantissent pas la démocratie, cela signifie que le peuple va être obligé de s’armer lui-même. Nous ne voudrions pas cela. Je ne le veux pas personnellement, mais si ces groupes naissent, qui proposent la guerre civile, ce sera la faute, premièrement, de la droite-droite et, deuxièmement, de ces commandants qui ne garantissent pas la démocratie. Bien sûr, les peuples ont le droit de se libérer eux-mêmes.

« Après mon arrivée au Mexique, j’ai tout écouté à travers des messages, des vidéos, des réseaux sociaux. J’ai vu comment le peuple s’organise, et pour les ponchos rouges, leur trajectoire de lutte contre le colonialisme, contre l’interventionnisme, contre le militarisme, est historique. À mon époque contre le néolibéralisme. Ce sont des acteurs avec les habitants d’El Alto, avec le mouvement paysan. Ils sont mobilisés par des barrages routiers contre ce coup d’État, jusqu’à la fin de cette dictature ».

-Je faisais référence à tout cela lorsque je vous ai demandé s’il y avait un message, un enseignement de ce coup d’État pour l’Amérique latine.

-En Bolivie, ce que nous avons vu, ce que nous avons vécu, c’est que des institutions comme la police ne sont au service que de groupes oligarchiques. Hugo Chávez avait sa police, ses forces armées et a organisé les milices armées. Quand vous me parlez des ponchos rouges, qui sait si certaines forces sociales sont la base pour créer des milices, ou si le peuple a aussi son groupe organisé, armé, légal. Le peuple ne veut pas des forces armées dans la ville, parce qu’elles sont complices du coup d’État ».

Evo Morales souligne qu’il y aura un débat important au Forum de Sao Paulo. « Des événements anti-impérialistes, des événements de solidarité, d’autodétermination des peuples. Cela va provoquer un débat : comment le peuple doit s’organiser sur deux plans. Celui de la communication, des réseaux sociaux, mais aussi le plan de la sécurité des gouvernements progressistes ou de gauche, ou anti-impérialistes ».

Maintenant que Morales sirote du jus d’orange, il a l’air plus détendu. Il parle de ce qu’il appelle ses péchés : « Vous savez, nos politiques économiques, sociales et programmatiques, pour nous libérer des politiques imposées par le Fonds monétaire international, sans la Banque mondiale, ne sont pas acceptées. Ils n’acceptent pas cela. Mon pire crime a été de nous libérer, non seulement dans la partie sociale et culturelle, non seulement dans la partie idéologique et politique, mais aussi dans la partie économique. La croissance de la Bolivie surprend tout le monde. On a mis en place des programmes sociaux, des politiques économiques dont les USA ne veulent pas, car ils aiment l’impérialisme et le capitalisme. C’est le péché d’Evo, le président de la campagne.

« Nous sommes passés d’un État colonial à un État plurinational à économie plurielle, où l’État dirige l’investissement, accompagné par le secteur privé, mais aussi par des secteurs associatifs tels que les coopératives, les entreprises communautaires, familiales. Dans les premières années de notre gestion, le secteur privé ne l’a pas acceptée. Nous avons été expulsés, mais au fur et à mesure que notre modèle économique commençait à se développer, ils ont dû le reconnaître eux-mêmes. Des hommes d’affaires m’ont dit : « Monsieur le Président, grâce à votre processus, nous avons amélioré notre économie, nous avons grandi, mieux qu’avec beaucoup de partis de droite ».

« Certains secteurs privés ne sont pas d’accord, c’est pourquoi je dis que c’est une question de classe. Comment est-il possible – se demande-t-il – que cet Indien, que les indigènes puissent démontrer que la Bolivie est meilleure aujourd’hui ? »

Vous avez, avec vos programmes sociaux, sorti de la pauvreté beaucoup de Boliviens qui sont devenus une classe moyenne qui rejette maintenant votre forme de gouvernement. Que pensez-vous de cela ?

-C’est mon autre péché. Nous avons mis en place des programmes sociaux pour les familles les plus modestes. En quoi consistent ces programmes ? Une famille, une personne fait un projet productif. Par exemple, il coûte mille dollars. L’État donne 70 pour cent. Ce sont des programmes visant à libérer la pauvreté. Environ 3 millions de Boliviens sont passés de la classe pauvre à la classe moyenne, et maintenant ils ont d’autres attentes. Le péché d’Evo est que ce soit un Indien qui libère la croissance économique. Comment un Indien va savoir ça ! Ils se sentent déjà comme une classe moyenne, maintenant ils se rendent compte qu’ils sont vraiment une classe moyenne, mais beaucoup de gens des classes moyennes le sont à contrecoeur. Ils n’acceptent pas que nous syndicalistes et indigènes puissions montrer que la Bolivie a beaucoup d’avenir. Je viens des luttes sociales, des familles les plus humbles. Je ne viens pas de l’Altiplano bolivien à l’est du Chapare pour faire de la politique, ni pour être syndicaliste, mais pour améliorer l’économie.

« Alors je me demande : Pourquoi suis-je arrivé à la Présidence sans formation universitaire ? C’est grâce à la vérité et à l’honnêteté. Personne ne peut m’accuser d’être corrompu. Voler, jamais ».

Apprendre

J’ai l’idée que le grand problème de la gauche, c’est qu’elle ne sait pas comment éduquer sa population, qu’elle a laissé l’éducation aux médias électroniques, par exemple, est-ce vrai ?

-Oui, vous avez raison. Parfois, il s’agit de problèmes de gestion qui négligent l’idéologisation des nouveaux dirigeants. Je ne viens pas d’ateliers ou de séminaires d’idéologisation, mais de marches, de congrès, de réunions permanentes. Pour moi, c’est une autre façon d’apprendre. J’ai écouté, par exemple, le Parti communiste de Bolivie. Si vous ne passez pas par la jeunesse communiste, vous n’êtes pas un militant. Nous avons négligé l’idéologisation en passant en revue le passé, ce qui a été une autre faiblesse.

-Quelle contradiction ! En fin de compte, votre projet a nourri la droite.

-Oui, c’est compréhensible. Maintenant, je me rends compte, avec les réflexions, avec les questions que vous me posez, qu’avec nos politiques économiques, nous avons nourri le secteur privé pour que certains d’entre eux conspirent. Je ne pense pas que ce soit tous. Les nouvelles générations doivent réaliser qui sont les ennemis. Le capitalisme et l’impérialisme ne leur garantissent pas l’avenir.

Et en parlant de l’avenir, ne voyez-vous pas beaucoup de sang dans les rues de Bolivie ?

-C’est ce que je veux éviter. C’est pour ça que je suis parti. Du Mexique, je demande la pacification. Je demande l’intervention des Nations Unies, l’intervention de l’Église catholique.

-Mais vous y croyez encore ?

-D’une façon ou d’une autre, pour baisser la tension. Toute l’Église catholique n’est pas mauvaise. Nous avons été surpris par le comportement de certaines églises évangéliques, mais il y en a aussi de bonnes, comme les méthodistes. Enfin, il doit y avoir un dialogue national, il doit y avoir la participation des organisations. Le peuple se mobilise pour qu’Evo puisse terminer son administration.

« Maintenant que l’OEA est aussi putschiste, qui devrions-nous appeler à la médiation ? Ce seront les Nations Unies. Il faut un garant qu’il y aura un dialogue, que la démocratie reviendra et que mon administration ira à son terme et s’ils ne veulent pas que j’aie une relation, je n’en ai pas, mais ils doivent comprendre que la première tâche est de pacifier ».

Evo Morales porte une veste en flanelle à carreaux. L’interview est terminée, mais il dit que le gouvernement du Mexique, de López Obrador, est un gouvernement d’espoir et répète qu’il lui a sauvé la vie.

Puis il se hâte de sourire pour les caméras, avant de prendre un air préoccupé quand les objectifs ne sont plus braqués sur lui. « Je voyageais beaucoup, tout le temps, maintenant je me sens enfermé », et avec une poignée de main il nous dit au revoir, avec en tête l’idée de retourner très bientôt dans sa Bolivie.

= = =

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Zapatistes et révolution sociale en marche…


Comprendre et changer notre réalité
« La pédagogie des opprimés »

 

 

Paris Place de la République du 2 au 6 décembre 2019: Village Pacifique des pompiers de France en grève… Solidarité !

Posted in actualité, gilets jaunes, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, Social & Retraite, société des sociétés with tags , , , , , , , , , on 29 novembre 2019 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

29 novembre 2019

 

Info reçue via courriel par un pompier gréviste

 

Depuis 5 mois, de gronde en grèves, les pompiers de France sont dans les rues.
A partir de lundi 2 décembre jusqu’au vendredi 6, les pompiers de France et de Navarre vont installer un « village pacifique » de protestation  sur la place de la république à Paris. Beaucoup de pompiers de province vont « monter » ou « descendre » à Paris pour l’occasion et se relayer au village et être au contact de la population.
Quand les pompiers en colère sont dans la rue, y a l’feu au lac !…

Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action
Ensemble devenons S.U.P.R.A conscients !

 

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: Le pillage du pétrole syrien sous contrôle yankee s’organise de plus belle…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 29 novembre 2019 by Résistance 71

… Trump l’avait dit au sujet de l’Irak, il l’applique sur la Syrie: saisir le pétrole (et le gaz). Là, ils ne se cachent même plus: oléoduc direct de Deir e-Zor à Haïfa en Israël. On peut pas faire plus flagrant que ça et pourtant, personne bien entendu n’en parle dans les merdias usuels, la routine mon colonel, la routine…

~ Résistance 71 ~

 

 

Washington cherche à construire l’oléoduc reliant le pétrole syrien de Deir e-Zor à Haïfa (Israël)

 

Al Manar

 

28 novembre 2019

 

Source: https://french.almanar.com.lb/1567755

 

Un expert militaire syrien a déclaré que l’objectif principal des opérations américaines et des Forces démocratiques syriennes (FDS) était de réaliser le projet d’un oléoduc allant de la province syrienne de Deir ez-Zor au port de Haïfa en Palestine occupée.

L’ancien général de l’armée syrienne et expert des questions militaires, Ali Maqsoud, s’est penché, dans un entretien avec Tasnim News, sur les objectifs de l’opération conjointe des forces américaines et des FDS au nord de la Syrie.

Il a dit que le but de la présence des États-Unis en Syrie était désormais évident : « Ils veulent créer des obstacles devant le processus de paix mené par Moscou, Téhéran et Damas. Après l’annonce du retrait des troupes américaines du pays, le gouvernement syrien étend sa souveraineté sur certaines zones dans le nord-est du pays et s’est félicité de l’accord conclu entre la Turquie et les États-Unis, ainsi que de l’accord entre la Turquie et la Russie, puis de l’accord ou de l’entente entre les FDS et Damas. Alors, les Américains qui étaient mécontents du déroulement des affaires, ont appelé leurs forces déjà parties en Irak à revenir en Syrie et ont renforcé leurs positions à l’est de l’Euphrate, dans les régions pétrolifères de la province de Deir ez-Zor ».

Selon cet expert syrien, bien que les États-Unis aient déclaré que l’objectif de leur opération conjointe avec les FDS était de « lutter contre Daech », le plan à long terme de Washington est de réaliser un oléoduc reliant les champs pétroliers de Deir ez-Zor au port de Haïfa.

« La présence américaine à al-Tanf montre bien les intentions des États-Unis qui envisagent d’acheminer le pétrole syrien et irakien au port de Haïfa afin d’approvisionner en pétrole le régime israélien.

Le deuxième plan américain consiste à priver le gouvernement syrien de ses ressources énergétiques pour empêcher que Damas améliore la situation économique du pays et mène les projets de reconstruction après les années de guerre », a noté le général en retraite de l’armée syrienne.

Le président américain, Donald Trump, avait directement déclaré que certaines forces américaines retourneraient en Syrie pour protéger ses régions pétrolières. Auparavant, le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, avait déclaré que les forces américaines protégeaient les champs de pétrole syriens contre Daech. D’autre part, Trump a appelé les compagnies pétrolières américaines, telles que ExxonMobil*, à pénétrer dans les champs pétroliers syriens pour exploiter les ressources pétrolières.

(*) Note de R71: Exxon-Mobil, ex-Standard Oil des Rockefeller, un des 4 cavaliers de l’apocalypse pétrolière et propriétaire du petit émirat du Qatar… qui finance depuis le départ la guerre par procuration en Syrie et l’EIIL/Daesh entre l’Irak et la Syrie…
Voir notre dossier « Syrie et la guerre du gaz »

 


Ministère des Affaires Étrangères des USA

La fraude Wikileaks vers la sortie de scène… avec Assange en martyr ressuscité à la maison mère ? (Veterans Today)

Posted in 11 septembre, actualité, désinformation, guerre iran, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, presse et média, résistance politique, sciences et technologie, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 28 novembre 2019 by Résistance 71

Nous pensons que cette affaire Assange / Wikileaks est une mise en scène pour y mettre fin. Wikileaks a été créé par les services avec un but précis: la protection de certaines choses sous couvert de la « divulgation » de broutilles ne changeant rien à la donne et à terme de forcer l’engrenage d’une guerre avec l’Iran. D’une manière générale, Wikileaks a échoué dans sa mission, n’est plus du tout crédible et ne peut plus rebondir… Le temps est donc venu pour ses commanditaires de le mettre à la retraite. Assange doit « partir » avec un bang, passer à la postérité comme « martyr de la liberté d’expression et le symbole [fabriqué] de la dissidence journalistique ». Le décor est planté et Wikileaks disparaîtra avec lui ou s’effacera pour n’être plus qu’un dossier classé « secret défense ». Nous avons suivi cette affaire depuis 2010-11 et son épilogue n’en est que des plus logiques.

~ Résistance 71 ~

 

 

La parade falsificatrice Wikileaks : Assange mourra en prison puis ira rejoindre Epstein en Israël

 

Gordon Duff

 

25 novembre 2019

 

url de l’article original:

https://www.veteranstoday.com/2019/11/25/wikileaks-fakery-parade-assange-to-die-in-prison-then-join-epstein-in-israel/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Israël est la patrie de douzaines si pas de centaines de pédophiles, d’escrocs de la finance, de criminels de guerre et de terroristes soit disant “morts”, tous y vivant une “vie de pacha”…

Au cours des années, seules peu de choses ont été consistantes dans ce monde, comme l’amour de Julian Assange pour la brutalité israélienne et son déni total que les attentats du 11 septembre fussent une opération faux-drapeau, ou comme il le dit lui même de tous ceux qui ne sont pas dans le train du Mossad, “une distraction”.

Il y a longtemps, Wikileaks fut exposé pour ne fuiter que du menu fretin en tant que plateforme et pour insérer les ragots et les fantasmes du Mossad dans le monde des médias. Après étude, on se rend compte que tout le matériel fuité par Wikileaks a son origine dans le renseignement partagé entre Israël et les Etats-Unis alors que de fausses informations attaquant tout ennemi attaquant Israël y étaient implantées. Notre patrouille a rattrapé wikileaks en 2010:

https://www.veteranstodayarchives.com/2010/12/08/gordon-duff-busted-wikileaks-working-for-israel/

Extraits de l’article:

“Pris ! Wikileaks travaille pour Israël” (8 décembre 2010)

“Assange, au fond, est tout ce qu’on veut sauf progressiste et ouvert d’esprit. Assange, tel qu’il est décrit par son entourage, est un dictateur, un manipulateur et un allié du pouvoir et de la richesse.”

[…]

“Assange a rencontré des officiels israéliens à Genève plus tôt cette année [2010] et a scellé un accord secret. Le gouvernement d’Israël a semble t’il trouvé ou anticipé que les documents qui devaient être fuités contenaient un grand nombre de documents au sujet des attaques israéliennes sr le Liban et Gaza en 2006 et 2008-9 respectivement. Ces documents, qui sont dits avoir pour origine essentiellement des ambassades israéliennes à Tel Aviv et de Beyrouth, furent retirés et possiblement détruits par Assange, qui est la seule personne à connaître le mot de passe capable d’ouvrir ces documents, ont ajouté les sources.”

[…]

“Après la fuite (et même avant celle-ci), le premier ministre Benjamin Netanyahou a dit dans une conférence de presse qu’Israël “avait travaillé en prévision” de limiter tous dégâts posés par la fuite de renseignements, ajoutant qu’ “aucun matériel de renseignement israélien n’a été exposé par Wikileaks”. Dans un entretien avec le magazine du “Time” à peu près à la même période, Assange félicita Netanyahou comme héros de la “transparence et de l’ouverture”.” (NdT: liens de ces articles en anglais sur l’article original)

[…]

“D’abord, la source de Wikileaks est liée à l’AIPAC, le puissant lobby israélien aux Etats-Unis, au travers d’information fuitée dans une affaire judiciaire privée. Puis nous apprenons qu’Assange travaille, non seulement directement pour Israël, mais qu’il est très étroitement lié à l’empire médiatique de Rupert Murdoch, qui gère la critique la plus violente de Wikileaks.

Tout cela aura t’il une fin, ce petit cinéma en aparté “pas si innocent que ça” qui aurait bien pu avoir été concocté afin de pousser le monde vers sa guerre finale ?


« Par la tromperie tu feras la guerre »

Puis, volant à la défense d’Assange, arrive l’Anti Diffamation League (ADL), autre lobby puissant, preuve positive que Wikileaks est directement lié au renseignement israélien:

https://www.adl.org/news/press-releases/conspiracy-theory-links-israel-to-wikileaks-adl-says-latest-big-lie-is-taking

Voilà une “perle” de l’ADL :

“Beaucoup de théories conspirationistes au sujet d’Israël et de Wikileaks furent promues par Gordon Duff, un théoricien du complot antisémite et postées sur son site internet “Veterans Today”. Les articles de Duff ont aussi été publiés sur des sites suprémacistes blancs comme “Stormfront”, un forum très populaire pour les extrémistes.”

Bien entendu, VT a été attaqué par ledit Stormfront, financé par l’ADL, pour avoir des membres juifs et une très forte politique d’opposition à la discrimination raciale et ethnique. VT, bien sûr, est politiquement progressiste et extrêmement populaire auprès de son très large lectorat de confession juive, ce qui dérange énormément  et horriblement la Kosher Nostra.

Au sujet d’Assange ? D’abord, ceux qui pleurnichent et ont le coup de blues à son sujet sont tous des agents du Mossad, identifiés depuis bien longtemps et maintenant soutenu grandement par la chaîne Russia Today (RT), un organe médiatique qui a été récupéré par la Kosher Nostra d’après nos sources sûres et profondes à Moscou, celles qui font dire au Washington Post que VT est “le torchon espion du Kremlin”.

Quant à Assange, il va “mourir” et va renaître en Israël, passant ses jours avec Jeffrey Epstein.

Nos sources fiables de Londres l’ont localisé sortant et entrant de l’ambassade d’Equateur, faisant le tour des 22 palaces des Rothschild de Grande-Bretagne et de France pendant ses années passées là ; sa sortie de l’ambassade ayant été précautionneusement mise en scène par un gouvernement équatorien géré par Israël, refabriquant ainsi une nouvelle aura pour un Wikileaks discrédité depuis bien longtemps et mettant en scène une fausse mort pour Assange menant à sa canonisation en martyr ; Assange, ce voyou du Mossad.

[…]

 


Rideau sur une imposture…

Guerre de pillage française au Mali… Quand le braquage tourne mal

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 27 novembre 2019 by Résistance 71


Général Smedley Butler USMC
« La guerre est un racket »

 

« Les peuples, les gouvernements et les économies de toutes les nations doivent servir les besoins des banques et des entreprises multinationales.. »
~ Zbigniew Brzezinski ~

 

MAJ 1/12/19 : La soi-disante « revendication » de la mise au tas des deux hélicoptères français au Mali par un groupe djihadiste provient d’une agence de désinformation du Mossad SITE IntelGroup géré par Rita Katz qui est à l’origine de la diffusion des fausses vidéos d’OBL… c’est tout dire le crédit à donner à cette information.

 

Résistance 71

 

27 novembre 2019

 

Une fois de plus, ce qui vient de se passer au Mali impliquant la mort de 13 militaires français dans une « opération de combat », valide ce que disait il y a 80 ans le général du corps des Marines des Etats-Unis Smedley Butler (photo ci-dessus) dans son livre témoignage fondamental: « La guerre est un racket »:

« Je me doutais bien que j’étais partie prenante d’un racket à l’époque. Maintenant, j’en suis sûr. Comme tous les membres de la profession militaire, je n’ai jamais eu une pensée originale tant que je n’ai pas quitté le service. Mes facultés mentales demeuraient en suspension tandis que j’obéissais à ma hiérarchie. Ceci est typique de quelqu’un qui œuvre au sein de l’armée. […] J’ai passé 33 ans dans les Marines ; la plupart de mon temps comme garde du corps du gros business de Wall Street et des banquiers. En bref, j’étais un racketteur pour le capitalisme… »

Et bien nos trouffions « Mort pour la France »… au Mali, c’te bonne blague, n’étaient que des racketteurs, certes inconscients de leur rôle, mais se posèrent-ils jamais la question ?… pour de grandes multinationales et essentiellement, dans ce coin du monde si riche et particulier, pour AREVA et les mines d’uranium.
De la même manière la bidasserie de l’OTAN, vous savez cette Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord, ne fait que garder les champs de pavots (matière première de l’héroïne) en Afghanistan, devenu producteur #1 mondial depuis l’invasion de l’OTAN post-11 septembre 2001 sous direction yankee.
Nos trouffions dans ces coins de la planète ne sont que des braqueurs qui participent au vol en bande organisée des ressources naturelles de pays réduits à un esclavage moderne, au Mali ou ailleurs.

Que foutaient ces soldats français dans une zone de combat au Mali ? Ils chassaient le djihadiste, nous explique la version officielle encensant ces « héros ». Questions si banales de nos jours: d’où proviennent ces djihadistes ? Qui les finance ? AQ / AQMI / DAESH and co sortent de où ? Et les « djihadisres » n’ont-ils pas bon dos ? Quid des populations locales harcelées et emmerdées jusqu’à la gauche pour que les multinationales aient le champ libre pour leur exploitation / pillage en règle ? Quid des peuples en rébellion contre ce qui est une nouvelle forme de colonialisme ?

Familles des soldats tués au cours de cette minable expédition néo-coloniale, demandez des comptes à l’État, à cette « grande muette », grande pute du capital qu’il soit privé ou d’état ! Assignez en justice cette pourriture qui envoie au casse-pipe une jeunesse totalement détournée de tout idéal fusse t’il « républicain » !

Jeunesse de France ! Arrête de servir de chair à canon pour la dictature marchande planétaire et ses gardes-chiourme étatiques.
Écoute ces sages paroles de Gustav Landauer:
« La guerre est un acte de pouvoir, de meurtre, de vol. Elle est l’expression la plus claire et précise de l’État. »

Mais que diable allaient-ils faire dans cette galère ?…

 


La guerre est un racket


Soldats, Gendarmes, Policiers…
votre hiérarchie bafoue votre dignité…
et celle de ce que vous prétendez défendre !

 

 

Texte utile en ces moments Gilets Jaunes : « La synthèse anarchiste » de Voline (format PDF)

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Résistance 71

 

27 novembre 2019

 

Nous avions publié ce texte déjà en 2013 et Jo nous en a fait un très beau pdf pour une meilleure lecture.
Ce texte de 1934 nous est très proche puisque Voline y affirme la nécessité de comprendre et de renoncer aux antagonismes, le plus souvent induits, minant de l’intérieur la cause de la révolution sociale depuis pratiquement sa suggestion et de converger vers une synthèse de lutte politico-sociale, qui seule mène sur le chemin de la vie telle qu’elle doit être vécue, vers une société organique de l’être ayant vaincu tous les pièges et les chants de sirènes de la dictature marchande. Il est plus que jamais important pour nous, gens du commun, aujourd’hui cristallisés dans ce mouvement des racines profondes (radical) qu’est le mouvement des Gilets Jaunes, de comprendre et d’intégrer le fait que toute division nourrit le système étatico-capitaliste et que nous devons impérativement penser et agir (praxis) au-delà de tous les antagonismes et artifices de la division créés par la société marchande et sa dictature de tous les instants.

Voline, sans doute parce qu’il rallia sur le tard (avant 1914) le mouvement anarchiste alors qu’il participa activement à la création du premier conseil ouvrier (soviet en russe) de St Petersbourg en 1905, est celui qui manifesta le plus de recul sur les faiblesses du mouvement anarchiste et essaya de sensibiliser ses compagnons de lutte sur le besoin d’une « synthèse anarchiste » mettant bas tous les antagonismes et guéguerres de clochers autant futiles que stériles. Ce texte de Voline est d’une actualité poignante et ne peut que nous inciter à plus de réflexion en vue d’une action concertée toujours plus efficace vers notre émancipation finale…

Version PDF
Voline_La_synthese_anarchiste

 

 

Lectures complémentaires:

Voline_La revolution inconnue 3 livres

Murray_Bookchin_Ecoute_Camarade

Nestor Makhno Anarchie dans la Revolution Russe

Murray_Bookchin_Le_municipalisme_libertaire

Guy_Debord_La_societe_du_spectacle

TAZ_Fr

Charles-Macdonald_Anthropologie_de_l’anarchie

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

Patrice Sanchez_Sortir par le Haut !

zenon_pourquoi suis je anarchiste ?

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

 

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

 

Analyse politico-sociale… Proudhon en Gilet Jaune

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Tout le pouvoir aux Ronds-Points !…

 

Proudhon en gilet jaune

 

Edouard Jourdain

 

Novembre 2019

 

Source: https://www.revue-ballast.fr/proudhon-en-gilet-jaune/

 

Force est de constater les correspondances entre le mouvement des gilets jaunes et la pensée de celui qu’il est coutume de présenter comme le père de l’anarchisme, Pierre-Joseph Proudhon : c’est en tout cas ce que l’auteur de Proudhon contemporain et L’Anarchisme entend ici démontrer. Remise en cause de la représentation, critique de l’oligarchie libérale, affirmation de la faculté du peuple à s’autogouverner en délibérant et en se donnant ses propres lois : autant d’échos entre le soulèvement populaire, qui s’en va « fêter » sa première année, et le théoricien bisontin écroué en 1849 pour « excitation à la haine et au mépris du gouvernement de la République »

Les gilets jaunes sont un mouvement inédit. S’il a pu être rapproché de 1789, 1848, 1871 ou Mai 68, et si l’on peut en effet relever certaines analogies, l’Histoire, on le sait, ne se répète pas. Mais elle demeure éclairante à bien des égards et recèle des armes enfouies, qu’il nous appartient de déterrer pour mieux comprendre le présent et le transformer en un futur meilleur. L’expérience de Proudhon et ses idées fournissent de telles armes. Armes de la critique, mais armes constructives. Armes à dérouiller, certes, mais armes en état de marche. Tour à tour gardien de vaches dès sa prime enfance, ouvrier typographe et journaliste, l’intéressé eut selon ses propres dires « le rare avantage, si c’en est un, de naître peuple, d’apprendre ce qui a fait le peuple tel qu’il est aujourd’hui, et de rester peuple1 ». Il eut affaire avec de multiples régimes politiques — la monarchie constitutionnelle, la démocratie parlementaire, l’empire —, mais aussi l’expérience de la Révolution de 1848. Révolté par la misère qu’avait connue sa famille, la vie et la pensée de Proudhon, vouées à la résolution du problème social et politique, résonnent aujourd’hui d’un son particulier sur des sujets comme la représentation, la délibération et la constitution.

De la Révolution française à nos jours, le libéralisme a encaissé plusieurs crises — celle des années 1930 ayant sous doute conduit au plus terrible d’entre les débouchés, entendre l’avènement des totalitarismes. La crise que nous traversons actuellement est d’un autre ordre ; il n’en demeure pas moins une intuition, celle qu’un autre ordre politique et social est possible et souhaitable. Si aucune alternative viable n’est envisagée dans toute sa radicalité, l’extrême centre restera cette antichambre du pire (dès lors que la radicalité est comprise comme une résolution des problèmes à la racine). Proudhon, en 1848, avait déjà pointé les dangers d’un régime se réclamant d’un hypocrite « juste milieu » : « Le juste milieu, connu des philosophes sous le nom d’éclectisme, vient de cette disposition d’esprit égoïste et paresseuse, qui préfère aux solutions franches des accommodements impossibles ; qui accepte la religion mais faite à sa convenance ; qui veut de la philosophie mais sans réserve ; qui supporte la monarchie mais complaisante ; la démocratie, mais soumise ; qui proclame la liberté du commerce, mais en se couvrant de protections ; qui s’arrangerait de la gratuité de circulation du crédit, mais en stipulant un intérêt pour ses capitaux […]. Le juste milieu est l’hypocrisie de la conservation2. »

Encore faut-il admettre que l’on comptait à l’époque de Proudhon des formes de régimes mixtes, invitant dans une certaine mesure à la cohabitation des idéologies et à l’existence de contre-pouvoirs. Nous en sommes revenus. Le néolibéralisme se mêle désormais à l’autoritarisme de l’État, cela dans une société intégralement colonisée par le marché. Qu’est-ce que le néolibéralisme ? Une double infiltration : de l’État au sein du marché, lequel doit assurer au premier des assises pour son bon fonctionnement (y compris de manière autoritaire) ; du marché au sein de l’État, lequel doit également se soumettre à la loi de la concurrence. Une interpénétration qui s’effectue sans le consentement du peuple, considéré incapable de se gouverner lui-même — comme l’affirme l’un des pères du néolibéralisme, Walter Lippmann.

La capacité du peuple ou le refus de la représentation

« Ignorance ou impuissance, le Peuple, d’après la théorie démocratique, est incapable de se gouverner : la démocratie, comme la monarchie, après avoir posé comme principe la souveraineté du Peuple, aboutit à une déclaration de l’incapacité du Peuple3 ! » L’émergence du mouvement des gilets jaunes a suscité une polémique de savants quant à sa position vis-à-vis des représentants : s’agit-il d’un mouvement qui critique la toute-puissance des élus ou, au contraire, d’un mouvement qui regrette leur impuissance ? Cette manière de poser les alternatives en dit long sur l’incapacité à soulever la question de la démocratie. Ce qui est en jeu n’est pas tant la puissance ou l’impuissance des élus que la capacité politique des citoyens — laquelle va de pair avec une remise en question radicale de la démocratie représentative telle qu’elle existe. C’est que la représentation, dans nos démocraties libérales, n’a jamais été capable de représenter le peuple — comme le rappelle l’ouvrage désormais classique de Pierre Rosanvallon, Le Peuple introuvable. Et pour cause : la représentation est entendue au sens aristocratique du terme, où les « meilleurs », c’est-à-dire les plus « capables », sont censés diriger la masse des ignorants, qui, accablés par leur travail, n’ont plus le temps de s’occuper de la chose publique.

Déjà, en 1793, John Oswald, un Anglais venu en France lors de la Révolution pour participer aux débats du club des Jacobins, écrivait un pamphlet intitulé Le Gouvernement du peuple, ou plan de constitution pour la république universelle. On y lit : « J’avoue que je n’ai jamais pu réfléchir sur ce système de représentation sans m’étonner de la crédulité, je dirais presque la stupidité avec laquelle l’esprit humain avale les absurdités les plus palpables. Si un homme proposait sérieusement que la nation pissât par procuration, on le traiterait de fou. […] Mais le fait est, que quoiqu’il nous soit impossible de penser les uns pour les autres, que d’aimer les uns pour les autres, de boire ou de manger les uns pour les autres, cependant l’habitude de déléguer à autrui le soin de penser pour nous, nous fait insensiblement désapprendre à penser tout à fait : et ceci répond merveilleusement bien à l’intention charitable de ces messieurs, qui veulent nous épargner la peine de penser pas nous même4. »

L’un des points les plus originaux du mouvement des gilets jaunes est sa position particulièrement critique à l’endroit du principe représentatif. Ont ainsi, en son cœur, été intégrés des mécanismes de prévention/conjuration de la représentation, comme en témoigne le refus de présenter des listes aux élections européennes de 2019. Celles, peu nombreuses et vivement critiquées, qui ont maintenu leur candidature ont obtenu un score désastreux : moins de 2 %. À l’issue d’un rassemblement de trois jours à Saint-Nazaire, 700 gilets jaunes, représentant 235 groupes locaux de toute la France, publiaient le 8 avril de la même année plusieurs « appels » communs, dont l’un concerne précisément la question de la représentation : « Face à la mascarade des grands débats, face à un gouvernement non représentatif au service d’une minorité privilégiée, nous mettons en place les nouvelles formes d’une démocratie directe. Concrètement, nous reconnaissons que l’Assemblée des assemblées peut recevoir des propositions des assemblées locales, et émettre des orientations comme l’a fait la première assemblée des assemblées de Commercy. Ces orientations sont ensuite systématiquement soumises aux groupes locaux. L’Assemblée des assemblées réaffirme son indépendance vis-à-vis des partis politiques, des organisations syndicales et ne reconnaît aucun leader autoproclamé. »

Ce refus de la représentation part d’un principe clair, qui constitue la base d’une démocratie réelle : une volonté ne saurait se substituer à une autre, fût-ce par la représentation, dont le philosophe socialiste Cornelius Castoriadis a lui aussi souligné toute l’absurdité : « L’idée que quiconque pourrait me représenter me paraîtrait insupportablement insultante, si elle n’était pas hautement comique5. » Les notions d’efficacité et d’« expertise » comme critère de gouvernement, puis de gouvernance, n’ont rien arrangé quant à la justification de la représentation comme confiscation des capacités politiques des citoyens. Au XIXe siècle, Proudhon s’oppose à l’usurpation de l’autorité politique par les experts au nom de l’ignorance supposée du peuple : « […] je n’ai jamais vu que le jugement du plus ignorant sur les faits de son état et de sa profession, sur ce qui regarde ses intérêts et ses droits, fut plus faillible que celui du plus éclairé du plus savant. Toute la différence consiste dans le talent d’exposition, qualité acquise, non dans la perception de l’idée qui souvent, au contraire, est plus obscure chez l’érudit que chez l’homme de sa nature6. » Que nous dit Noël, gilet jaune rennais, au micro de France Bleu Armorique ? « Même si notre président pense qu’on est des gens simples et peu cultivés, eh bien, vous voyez, on a quand même du bon sens, et c’est peut-être ce qui nous aide. » Ou bien Stéphanie ? « Pour qu’on ait confiance en eux, faudrait peut-être qu’ils aient un petit peu confiance en leur peuple. On n’est pas des illettrés, on est très impliqués dans ce qui se passe dans notre pays et on aimerait avoir un peu plus la parole. On ne va pas voter pour des gens qui après décident pour nous. »

C’est donc par la réappropriation de la parole que les individus sont susceptibles de combler la brèche qui les sépare de leur capacité de décision. « Une nation qui se fait représenter doit être représentée dans tout ce qui la constitue : dans sa population, dans ses groupes, dans toutes ses facultés et conditions7 », note Proudhon. Les voix qui résultent de cette pluralité ne sauraient bien évidemment conférer une parole pleine et absolue aux mandataires, qui auraient tendance, en s’autonomisant, à reproduire une oligarchie éparpillée. La parole démocratique fait toujours l’objet d’une réciprocité, d’une liaison et d’un contrôle : parce que la parole est la première manifestation du pouvoir, elle n’a pas à être confisquée. Dès lors, le philosophe libertaire d’assurer : « Le choix des capacités, le mandat impératif, la révocabilité permanente, sont les conséquences les plus immédiates, les plus incontestables du principe électoral. C’est l’inévitable programme de toute la démocratie8. »

Les conséquences politiques de ce programme se retrouvent dans cette déclaration des gilets jaunes, elle aussi issue d’un texte adopté par l’Assemblée de Saint-Nazaire : 

« Nous, gilets jaunes réunis en Assemblée des assemblées appelons l’ensemble des GJ ainsi que tous nos concitoyens à s’engager dans la réappropriation de notre pouvoir politique. Une étape importante de cette reconquête passe par le niveau local. Nous appelons à créer dans chaque commune de France où cela est possible une ou plusieurs assemblées citoyennes et populaires. Car ce pouvoir nous a été confisqué comme nous le constatons dans de multiples domaines : écologie, public/privé (privatisation), démocratie, etc. Ces assemblées sont l’expression de la volonté populaire. Chaque assemblée mène ses propres expériences en toute autonomie dans le respect de l’intérêt collectif (en lien avec des associations, gilets jaunes seuls, groupes de citoyens, associations de quartiers, présentation de listes ou non…). Nous appelons les assemblées citoyennes et populaires, ainsi créées, à se fédérer en réseau par l’échange de leurs expériences. Réapprenons à partager nos préoccupations pour définir ensemble ce que nous voulons. Réapprenons à vivre ensemble où nous habitons. »

Délibérer, pour quoi faire ?

L’approche délibérative du libéralisme diffère fondamentalement de l’approche délibérative des gilets jaunes, qui correspond davantage à la philosophie libertaire et plus encore à celle de Proudhon. La théorie libérale s’en tient généralement à la force du meilleur argument, sans prendre en compte les inégalités de pouvoir et les inégalités économiques. Le libéralisme envisage trois modalités de délibération différentes : un modèle élitiste, un modèle associatif et un modèle participatif. Dans le modèle élitiste, la division entre les citoyens et les représentants est claire et nette : seuls les représentants sont suffisamment éclairés pour pouvoir définir ce qu’est le bien commun. Comme le soutient Sieyès — sans doute l’un des théoriciens les plus significatifs de ce modèle —, les citoyens « se nomment des représentations bien plus capables qu’eux-mêmes de connaître l’intérêt général, et d’interpréter à cet égard leur propre volonté9 ». Le député du Tiers état aux États généraux estime ainsi que la France ne saurait être une démocratie mais un régime représentatif. Dans l’approche associative, la société civile est en dialogue avec ses représentants afin de déterminer les orientations politiques. La délibération a lieu à la fois entre les élus et les différentes associations qui composent la société civile. Les partenaires sociaux, que ce soient les représentants des salariés ou des patrons, peuvent aussi délibérer entre eux de manière à éclairer du mieux possible les élus qui, en dernière instance, prendront les décisions adéquates à ce qui leur semble être le bien commun. Ce modèle a été particulièrement développé par le philosophe allemand Jürgen Habermas. Enfin, l’approche participative estime que les citoyens sont suffisamment éclairés pour pouvoir prendre des décisions après délibération au sein de leurs associations, de leur lieu de travail, de leur école, etc. Si leur pouvoir est supérieur aux modèles précédents, il n’en demeure pas moins subordonné à celui des représentants. Autrement dit, leur marge de manœuvre ne peut excéder les cadres de la loi qui est exclusivement élaborée par ceux-ci.

Si l’approche délibérative des gilets jaunes peut rejoindre certains aspects des théories libérales de la délibération, elle en remet en cause un principe fondamental : l’égalité formelle, en particulier entre les représentants et les citoyens, et en général entre des citoyens qui n’ont pas le même pouvoir. Ce n’est pas un hasard si les gilets jaunes s’en sont parfois pris violemment aux médias, censés garantir le bon fonctionnement d’une démocratie libérale délibérative. Il s’avère que les médias constituent, aux yeux des manifestants, une oligarchie qui ne représente en rien la pluralité de la société française. Pour réaliser une démocratie délibérative digne de ce nom, la première condition est de réenvisager radicalement l’égalité des pouvoirs, qu’ils soient économique, politique ou… médiatique. La seconde condition, qui découle de la première, est alors que la voix des citoyens ne se réduise pas à un son qui se perd dans le silence du désert ou dans le brouhaha du marché : les voix doivent compter en constituant autant de capacités qui concourent à des prises de décision communes.

Les pratiques de délibération observées sur les ronds-points ou dans les assemblées concordent avec ce que Proudhon appelait la « raison collective ». Celle-ci affirme la réalité du pluralisme. Elle est l’expression de la confrontation des points de vue, laquelle permet un éclairage mutuel et rend possible la prise de décisions en meilleure connaissance de cause. Proudhon s’explique ainsi : « Lorsque deux ou plusieurs hommes sont appelés à se prononcer contradictoirement sur une question, soit de l’ordre naturel, soit, et à plus forte raison, de l’être humain, il résulte de l’élimination qu’ils sont conduits à faire réciproquement de leur subjectivité, c’est-à-dire de l’absolu que le moi affirme et qu’il représente, une manière de voir commune, qui ne ressemble plus du tout, ni pour le fond ni pour la forme, à ce qu’aurait été sans ce débat leur façon de penser individuelle. Cette manière de voir, dans laquelle il n’entre que des rapports purs, sans mélange d’élément métaphysique et absolutiste, constitue la raison collective ou raison publique10. » La raison collective est donc particulièrement liée à la délibération.

On retrouve là l’interaction des dimensions individuelle et collective : chacun pense, raisonne par lui-même et argumente pour défendre sa position personnelle, tout en participant à un dialogue où la réception de nouveaux points de vue enrichit et transforme les subjectivités de chacun. Chaque membre social a « deux esprits et deux langages, un esprit d’intérêt, de spéculation et de justice propre, et un esprit d’intérêt général, de philosophie synthétique, et de justice universelle… Une langue pour nos idées particulières et une langue pour nos idées générales11 ». La légitimité d’une décision résulte donc nécessairement pour Proudhon d’un processus de délibération où ont pu se confronter les individus concernés par la décision à prendre. C’est de cette manière que le peuple peut s’éduquer par lui-même — Proudhon parle de « démopédie ».

L’isolement disparaît alors au profit du principe de sociabilité. L’individu n’est pas écrasé par la collectivité : au contraire. En participant à plusieurs communautés (quartier, métier, famille, association, etc.), il développe sa liberté et sa personnalité. On retrouve ici la théorie de la liberté chère au théoricien anarchiste, qui distingue deux types de liberté : « La liberté est de deux sortes : simple, c’est celle du barbare, du civilisé même qui ne reconnaît d’autre loi que celle du chacun chez soi, chacun pour soi ; composée, lorsqu’elle suppose, pour son existence le concours de deux ou plusieurs libertés. Au point de vue barbare, liberté est synonyme d’isolement : celui-là est le plus libre dont l’action est la moins limitée par celle des autres ; l’existence d’un seul individu sur toute la face du globe donnerait ainsi l’idée de la plus haute liberté possible. Au point de vue social, liberté et solidarité sont termes identiques : la liberté de chacun rencontrant dans la liberté d’autrui, non plus une limite, comme dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793, mais un auxiliaire, l’homme le plus libre est celui qui a le plus de relations avec ses semblables12. » Ajoutons que pour Proudhon — cela est fondamental —, la discussion et le débat ne sont pas séparables de la participation effective des êtres à l’élaboration des normes et à la prise de décision.

Le débat, lorsqu’il ne suppose pas des participants dotés d’un réel pouvoir, n’est pas une composante de la démocratie. C’est au mieux un moment convivial d’échanges, comme on peut le retrouver à un dîner entre amis, au pire une mascarade qui sert à légitimer en dernière instance le monologue du pouvoir, comme l’a démontré la tenue du « grand débat » d’Emmanuel Macron : « Il ne suffit pas, rappelle Proudhon, de manifestations électorales, plus ou moins équivoques, de professions de foi publiées dans les journaux ; de conférences plus ou moins suivies données par quelques orateurs, avec la permission de la police… Il faut agir politiquement et socialement, faire appel, par tous les moyens légaux, à la force collective, mettre en branle toutes les puissances du pays et de l’État13. » C’est ce que s’efforcent de faire les gilets jaunes, à la fois au cours des manifestations, sur les ronds-points et dans leurs assemblées. Cela suffit-il ? Ne faut-il pas agir à un niveau plus global en changeant la Constitution, quitte à ce que ce soient les citoyens eux-mêmes qui l’écrivent ? Cette idée est soulevée par une partie des gilets jaunes ; bien qu’elle ne fasse pas l’unanimité, elle mérite que l’on s’y penche.

Pour une nouvelle constitution ?

Est-ce qu’une nouvelle constitution permettrait de résoudre le problème politique ? L’idée d’une VIe République réapparait à l’envi comme remède miracle à toute crise. N’y retrouve-t-on pas une forme de fétichisme, et donc d’esquive des problèmes fondamentaux ? L’expérience de Proudhon peut, ici aussi, s’avérer éclairante. En septembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte revient en France puis est élu aux élections partielles dans cinq départements. Il a des soutiens dans l’armée, la bourgeoisie mais aussi le peuple : il se pose en effet comme l’anti-Cavaignac — qui avait permis la boucherie de Juin — et affiche sa préoccupation des problèmes sociaux (il a notamment écrit une brochure sur l’extinction du paupérisme). Bonaparte dispose donc d’un champ électoral relativement large, qui lui permet de nouer des contacts de l’extrême gauche à l’extrême droite. Aussi n’est-ce pas par hasard que, lors de son retour d’exil, l’une des premières personnes qu’il demande à rencontrer n’est autre que Proudhon. Ils se voient le 26 septembre devant témoins, afin d’éviter des spéculations qui n’auraient pas lieu d’être ; très vite, Proudhon se méfie. Il se doute bien que le souhait de Bonaparte est avant tout de se trouver un allié à l’extrême gauche qui n’hésite pas à se montrer critique envers la Montagne.

La course à la présidence se profile ; Bonaparte se prépare. En octobre, l’Assemblée décide, sous l’influence de Lamartine, de faire élire le président de la République au suffrage universel. C’est là pour Proudhon l’une des choses les plus dangereuses qui soient : non seulement le président ne pourra plus être révoqué par l’Assemblée, mais il se verra en prime directement intronisé par le peuple, lui conférant une légitimité et des pouvoirs exorbitants — de la monarchie de droit divin, nous passerions ainsi, par le biais du suffrage universel, à une monarchie de droit populaire. Le 20 décembre de la même année, Louis-Napoléon Bonaparte l’emporte avec 74,2 % des voix. La réaction de Proudhon est acerbe : « La voix du peuple, dit-on, est la voix de Dieu : cette idée nous revient sans cesse depuis que nous voyons fonctionner le suffrage universel. Il faut convenir pourtant que le peuple a parlé cette fois comme un homme ivre. Mais, dit le proverbe, il est un dieu pour les ivrognes14. » Dans un véhément article du Peuple15, il s’en prend à la présidence et à la Constitution qui, selon lui, est incapable de limiter les pouvoirs de l’élu suprême : la séparation des pouvoirs entre le législatif et l’exécutif ne fait qu’ajouter à la confusion et au conflit des autorités, en vertu du principe ontologique consistant à séparer l’âme du corps. Ces propos ne l’empêchent pas de terminer par cette injonction ironique : « À Dieu ne plaise que j’excite le peuple au mépris, pas plus qu’à l’émeute, pour ce chiffon de papier qu’il appelle aujourd’hui sa CONSTITUTION16 ! »


Le pouvoir aux assemblées populaires !

Lorsque Proudhon, devenu député, est sommé de s’expliquer sur cet article, il avance l’argument suivant : il a toujours défendu la Constitution mais s’est attaqué à l’exécutif, au président, pour défendre les prérogatives de l’Assemblée. C’est pourquoi Proudhon s’insurge lorsque les partisans de Bonaparte émettent le désir de dissoudre l’Assemblée dans l’espoir que celle-ci soit de leur couleur : le président, selon la Constitution, est inféodé à l’Assemblée ; il ne saurait être nullement question que leurs pouvoirs s’égalent, encore moins qu’il ait l’aval sur elle pour faire régner l’arbitraire. C’est toute la différence entre le régime monarchique et le régime républicain : avec la monarchie, tout gravite autour du corps du roi (parlements, états généraux, chambre des pairs et des députés, etc.) et lui est subalterne — en ce sens, la Constitution repose entièrement sur la figure monarchique du pouvoir exécutif. Avec le régime républicain, c’est désormais le législatif qui prime sur l’exécutif.

Aussi Proudhon avance-t-il qu’en faisant remonter du pouvoir exécutif au législatif la perpétuité d’action, le gouvernement s’est, pour ainsi dire, spiritualisé. « Ce n’est plus le corps qui domine, c’est l’intelligence17. » Le pouvoir de l’Assemblée ne peut cependant être absolu et violer la Constitution au nom de la majorité : la Constitution prend en effet toute son importance lorsqu’il s’agit de protéger le droit des minorités contre le pouvoir de la majorité. Le respect de la Constitution, du fait que l’unanimité et la volonté générale du peuple restent des rêves irréalisables, demeure la condition sine qua non pour éviter la guerre civile. La violer, c’est consacrer le règne de la tyrannie des majorités : « Omnipotence des majorités ! — C’est la décimation des citoyens. Avec ce système on va loin, très loin ! Avec ce système on commence par l’emprisonnement des citoyens, on finit par la guillotine en permanence18. »

Proudhon ne la fétichise toutefois pas. Sa défense est liée aux circonstances politiques plus qu’à sa théorie politique, qui compte davantage sur l’organisation fédérale des forces politiques et économiques, ainsi que sur la morale des citoyens. En cela, il rejoint parfaitement le jugement du même Castoriadis : « Un bout de papier peut bien avoir une valeur proclamatoire, servir vaguement de garde-fou, mais il n’assurera jamais lui-même sa propre validité. De fait, toute institution ou constitution s’appuie sur des forces présentes dans la société, ce qui veut dire que d’autres forces peuvent la renverser. La question de la garantie effective des institutions concerne donc l’ensemble de la société : il faut que les pratiques d’autogouvernement et de liberté y soient profondément enracinées, que l’éducation des citoyens corresponde à cette fin19. » La démocratie est le seul régime qui pose ses propres normes, normes qui ne sont pas garanties par des normes supérieures et extérieures. C’est pourquoi « la démocratie est certainement un régime tragique, sujet à l’hubris, on le sait et on le voit dans la dernière partie du Ve siècle à Athènes, elle doit faire face à la question de son autolimitation20 ». L’autonomie suppose en effet que l’homme est aussi responsable qu’il est libre, liberté difficile qui n’est assortie d’aucune garantie. Autrement dit, l’homme démocratique accepte le risque de la tragédie.

Ce qu’il s’agit de retenir avant tout, c’est qu’« aucune règle abstraite, aucun commandement universel avec un contenu concret, ne peut nous dégager de la charge et de la responsabilité de notre agir21 ». Dans la perspective d’un gouvernement de soi qui suppose l’autolimitation, c’est sans doute l’exercice de la phronêsis, traduite en latin par prudentia, prudence, qui est déterminante, davantage qu’une soi-disant « expertise ». Par conséquent, une véritable démocratie n’est possible que grâce à une culture et une éducation des citoyens ou du peuple : les procédures démocratiques, rotations, délibérations, élections, sont autant de « pièces d’un processus politique éducatif actif, visant à exercer, donc à développer chez tous les capacités correspondantes et par là à rendre aussi proche que possible de la réalité effective le postulat de l’égalité politique22 ». En permettant aux individus de devenir autonomes, la paideia (« éducation » au sens civique, en grec) s’accompagne nécessairement de décisions politiques substantives, la démocratie consistant ainsi à réaliser l’autonomie individuelle et collective ainsi que le bien commun — que l’on trouve derrière tout droit et toute procédure. L’autonomie suppose la participation générale à la politique et, partant, la création d’un espace public qui cesse d’être l’espace privé de la bureaucratie, des hommes politiques ou des rois. L’existence d’un espace public où chacun a la possibilité de prendre la parole et de peser dans la confection de la loi n’est pas uniquement soutenue par des garanties juridiques : l’essentiel réside dans les mœurs de citoyens capables de défendre les valeurs de la démocratie. Une démocratie réelle, qui puisse être investie, exige donc la remise en cause de notre système économique afin que les individus puissent se réapproprier le temps indispensable à la préoccupation de la chose publique. Cela suppose bien évidemment la disparition des classes sociales.

Notes:

 

1. Proudhon, De la justice dans la Révolution et dans l’Église, Garnier, 1858, t. I, p. 46.
2. Proudhon, Confessions d’un révolutionnaire, Tops/Trinquier, 1997, p. 31–32.
3. Proudhon, Solution du problème social, Lacroix, 1868, p. 91.
4. John Oswald, Le Gouvernement du peuple, ou plan de constitution pour la république universelle, Éditions de la Passion, 1996, p. 51.
5. Castoriadis, Les Carrefours du labyrinthe, t. II : Domaines de l’homme, Points, 1999, p. 78.
6. Proudhon, Carnets, Les presses du réel, 2005, p. 637.
7. Proudhon, Contradictions politiques, Marcel Rivière, 1952, p. 273.
8. Proudhon, Solution du problème social, op.cit., p. 79.
9. Emmanuel Sieyès, « Sur l’organisation du pouvoir législatif et la sanction royale », dans François Furet et Ran Halévi (dir.), Orateurs de la Révolution française, vol. 1, Gallimard, 1989, p. 1025.
10. Proudhon, De la justice dans la Révolution et dans l’Église, t. II, op.cit., p. 387–388.
11. Proudhon, Cours d’économie politique, cité par S. Chambost dans Proudhon et la norme, p. 248.
12. Proudhon, Confessions d’un révolutionnaire, op. cit., p. 203.
13. Proudhon, De la capacité politique des classes ouvrières, Éditions du monde libertaire, 1977, p. 317.
14. Proudhon, Le Peuple, n° 31 – 18 décembre 1848.
15. Le Peuple, n° 3 – Sans date, « La Présidence ».
16. Ibid.
17. Proudhon, Le Peuple, n° 91 – 17 février 1849.
18. Proudhon, Le Peuple, n° 127 – 26 mars 1849.
19. Cornelius Castoriadis, La Cité et les lois, Séminaires 1983–1984, Éditions du Seuil, 2008, p. 129.
20. Castoriadis, Les Carrefours du labyrinthe, t. IV : La Montée de l’insignifiance, op. cit., p. 202.
21. Castoriadis, Les Carrefours du labyrinthe, t. IV : La Montée de l’insignifiance, op. cit., p. 256.
22. Ibid., p .284.

 

Lectures complémentaires:

compte-rendu-complet-2e-ada-stnazaire

Du_Principe_Federatif_Proudhon

Proudhon-du-principe-dautorite-et-les-malthusiens

Proudhon_Quest_ce_que_la_propriete

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Guerre impérialiste et colonialisme au Moyen-Orient… De l’avenir de l’entité sioniste (entretien avec Hassan Nasrallah)

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Hassan Nasrallah : La destruction d’Israël ne nécessitera pas forcément une guerre…

 

Le Cri des Peuples

 

24 novembre 2019

 

url de l’article en français:

https://lecridespeuples.fr/2019/11/24/hassan-nasrallah-la-destruction-disrael-ne-necessitera-pas-forcement-une-guerre/

 

Extrait d’un entretien de Sayed Hassan Nasrallah avec des journalistes du site internet khamenei.ir, publié le 1er octobre 2019, et ayant duré près de cinq heures. Voir ci-dessous trois autres prédictions de Sayed Khamenei.

Source : english.khamenei.ir

Traduction : lecridespeuples.fr

 

Transcription :

Journaliste : […] Je voulais vous poser une question au sujet de la déclaration de l’Ayatollah Khamenei il y a quelques années, selon laquelle dans 25 ans, il n’y aura plus d’Etat d’Israël. Cette phrase a été interprétée de diverses manières. Certaines personnes ont pensé que c’était une prédiction inéluctable, et ont commencé à compter les jours jusqu’à ce que cela devienne réalité. Mais d’un autre côté, le front de l’Arrogance (impérialisme) a commencé à se moquer de certaines des interprétations de cette déclaration.

Vous vous êtes opposés au régime sioniste à différentes époques et avez mené plusieurs batailles contre ce régime. Compte tenu de votre expérience, lorsque vous avez entendu cette déclaration de l’Ayatollah Khamenei, comment l’avez-vous perçue et qu’avez-vous ressenti ?

Hassan Nasrallah : Premièrement, à titre personnel, je n’ai pas été surpris par les propos de Son Eminence le Guide Suprême, car nous avons entendu des déclarations similaires lors de nos réunions privées les années précédentes, notamment en 2000, après la victoire (contre l’entité sioniste). Nous avons rendu visite à Son Eminence le Guide Suprême, que Dieu le préserve, quelques mois après la débâcle israélienne, et il était très heureux de notre victoire (qu’il nous avait annoncée comme imminente à peine quelques mois avant qu’elle se produise).

Nous avons parlé de l’avenir. À ce moment-là, il a déclaré: « Si le peuple palestinien, la Résistance au Liban et les peuples de la région s’acquittent de leurs responsabilités comme il se doit, et que nous continuions sur cette voie, alors Israël ne pourra certainement pas survivre longtemps dans notre région. » A cette époque, il a parlé de (la possibilité d’une telle disparition en) moins de 25 ans. Donc, quand j’ai entendu la remarque du Guide concernant l’espérance de vie de 25 ans, j’ai conclu qu’il avait accordé un répit à Israël. [Rires] C’est pourquoi je n’ai pas été surpris. Voila pour le premier aspect.

D’autre part, il convient de mentionner que la prédiction du Guide sur Israël est tout à fait sérieuse et réaliste. Certaines personnes… Il ne fait aucun doute à nos yeux, à la lumière de nos expériences dont je viens de mentionner certains exemples, que Son Eminence le Guide Suprême est une personne approuvée par Dieu, le Tout-Puissant, et que beaucoup des choses qu’il dit proviennent parfois d’une source suprasensible, comme ce fut le cas lors de la guerre de 33 jours (quand il nous a annoncé une bataille de laquelle nous sortirions victorieux après les plus grandes difficultés, devenant une véritable puissance régionale).

A cet égard, il convient de noter que toutes les données du terrain, les enquêtes et les informations objectives démontrent qu’un tel événement (l’éradication d’Israël) se produira, mais la réalisation de cet événement n’est pas inconditionnelle, et se produira sous certaines conditions. Par conséquent, si les mouvements de Résistance poursuivent sur cette voie dans la région et ne se soumettent pas face à Israël, si la République Islamique et l’Axe de la Résistance persévèrent, oui, si nous résistons et poursuivons nos actions de Résistance, les conditions objectives et factuelles sur le terrain indiquent qu’Israël ne pourra pas survivre dans la région durant 25 autres années.

Je vais vous donner quelques exemples pour clarifier ce point.

Par le passé, nous avons fait beaucoup de recherches et d’études sur l’entité israélienne, en essayant de trouver des réponses aux questions suivantes : quels sont les fondements de cette entité ? Quelles sont ses bases, quels sont les piliers fondamentaux sur lesquels elle repose ? Quels sont les facteurs cachés qui ont conduit à l’existence, le maintien et la longévité de cette entité ? Quelles sont les forces et les faiblesses de cette entité ?

Je dis tout cela pour confirmer que toutes les actions de la Résistance se basaient précisément sur des études, sur l’exercice de la logique et de la réflexion appliqués aux faits et réalités objectifs. Bien que les émotions, l’esprit révolutionnaire et la confiance en Dieu aient été présents dans notre lutte contre Israël, la recherche, la réflexion, la rationalité, les calculs et les examens précis étaient omniprésents : nous avons appris à connaître les points forts et les points faibles de notre ennemi, à choisir le moment voulu, l’endroit le plus propice et les moyens les plus adéquats (pour toutes nos opérations), etc.

A nos yeux, et si vous voulez que nous entrions dans ces détails, cela ne me pose pas de problème, si nous considérons les fondements sur lesquels repose l’entité ennemie, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, si nous considérons ses points de force et ses points de faiblesse, je déclare que même si je ne connais pas les dimensions gnostiques des déclarations du Guide et sa perspective sur la question, à la lumière de nos études, de nos recherches et de notre expérience, et des réalités du terrain, nous pouvons clairement affirmer qu’Israël ne peut pas survivre, car son existence dans la région n’est pas une existence naturelle, mais artificielle ; c’est un corps étranger implanté dans notre région. Cette entité a été imposée à la région par la force, et elle ne peut donc pas devenir quelque chose de normal. Même si certains monarques, émirs et dirigeants arabes souhaitent l’existence d’Israël, tous les peuples de la région s’y opposent et rejettent catégoriquement cette présence illégitime. Les éléments de faiblesse sont nombreux dans l’entité israélienne, de sorte que le risque d’effondrement y est très élevé.

Je me contenterai de deux exemples de la faiblesse structurelle d’Israël.

Premièrement, la puissance d’Israël dépend essentiellement de celle des États-Unis. Par conséquent, si quelque chose arrive aux États-Unis – comme ce qui est arrivé à l’URSS, par exemple un effondrement de son économie, des problèmes et discordes internes, des catastrophes naturelles ou tout autre incident susceptible d’amener les États-Unis à se consacrer à leurs problèmes internes et à réduire leur présence et influence dans la région, je vous assure que les Israéliens plieront bagage d’eux-mêmes et évacueront dans les plus brefs délais. Par conséquent, leur destruction ne nécessite pas forcément une guerre.

Car le maintien des Israéliens en Palestine dépend du soutien moral, psychologique, militaire et économique des États-Unis. Si les États-Unis sont accaparés par leurs propres problèmes, Israël n’aura aucune chance de survivre, sans qu’il y ait besoin de recourir à la guerre (pour que cette entité disparaisse). C’est un exemple tout à fait envisageable et plausible, ce n’est pas une vaine prédiction.

Tout le monde sait que les États-Unis allouent un montant annuel de 3 milliards de dollars d’aide à Israël. Dans le même temps, les Israéliens bénéficient de services bancaires américains d’une valeur de 10 milliards de dollars par an. Et une partie de l’argent des contribuables étasuniens va en Israël. De plus, les technologies les plus avancées sont transférées en Israël. Le soutien inconditionnel et absolu de Washington à Israël est bien connu.

Une des raisons les plus importantes derrière les positions serviles prises par les régimes arabes envers Israël est leur peur des États-Unis, et non d’Israël. Si un jour vient où certains régimes et armées arabes se libèrent des pressions exercées par les États-Unis, leurs positions vis-à-vis d’Israël seront très différentes. Même les armées et les régimes les plus soumis.

Permettez-moi de donner un autre exemple : Israël est un Etat… Israël est un Etat… Partout dans le monde, des Etats ont formé des armées. En règle générale, ce sont les Etats qui bâtissent des armées. Mais en ce qui concerne Israël, on considère que c’est une armée qui s’est créé un Etat (et non l’inverse). Dans tous les pays du monde, l’armée peut s’effondrer, mais ce pays restera debout. Ce pays subsistera. Par exemple, après la guerre des États-Unis contre l’Irak, les Américains ont dissout l’armée irakienne, mais l’Irak est resté et n’a pas disparu. Il y a des pays dans le monde qui n’ont pas d’armée ou une armée très faible. Cependant, Israël est un Etat qui ne peut pas survivre sans une armée forte. Si son armée est vaincue, ou si le peuple israélien perd confiance en son armée, si la vérité de l’armée israélienne leur est révélée, à savoir que c’est une armée faible et pitoyable, incapable de les défendre, vous verrez que les Israéliens plieront bagages et fuiront à toutes jambes.

Mes chers frères ! Israël a de nombreuses faiblesses, et ce sont des faiblesses mortelles. C’est la raison pour laquelle j’estime que, la volonté arabo-musulmane de mettre fin à cette entité, conjuguée à des événements régionaux et internationaux, conduiront inéluctablement à la disparition d’Israël. Je fais partie de ceux qui ont la certitude qu’avec la Grâce de Dieu, notre génération entrera en Palestine et effectuera des prières à Al-Qods (Jérusalem), et il n’y aura plus d’Israël. […]

Voici trois prédictions détaillées de Sayed Khamenei qui se sont réalisées, telles que les a relatées Hassan Nasrallah durant cette interview. Quoi qu’on puisse en penser, elles apportent un éclairage précieux sur la relation du Hezbollah avec l’Iran en général et le Guide Suprême en particulier.

1/ L’échec de l’accord de paix israélo-syrien

Hassan Nasrallah : […] La conférence de Madrid était antérieure aux accords d’Oslo. C’est alors que les pourparlers (israélo-syriens) ont commencé. Le point important ici est que le Guide a une vision profonde et une compréhension exacte de l’avenir. Je crois que sa perception exacte de l’avenir fait partie de ses capacités uniques, tirées de sa profonde foi, de sa soumission totale à Dieu le Très-Haut, et de sa relation intime avec lui, plutôt que d’avoir un seul aspect rationnel.

A cette époque, certaines négociations ont débuté, appelées négociations israélo-syriennes. Le Président syrien de l’époque était Hafez al-Assad et le Premier ministre israélien était Yitzhak Rabin. Les discussions entre eux étaient initialement secrètes et ont ensuite été rendues publiques. Ils se sont rencontrés aux États-Unis et sous la supervision de Clinton. Des représentants du cabinet du Président Assad et du cabinet Rabin se sont rencontrés aux États-Unis et étaient sur le point de parvenir à un accord. À ce moment-là, il a été annoncé qu’Yitzhak Rabin avait accepté de restituer le Golan occupé à Hafez al-Assad.

En conséquence, dans la région, on considérait qu’Israël et la Syrie étaient en train de parvenir à un accord. Cette atmosphère existait en Syrie, au Liban, en Palestine et dans toute la région. Je me souviens qu’à cette époque, certains nous demandaient : « Si un accord israélo-syrien est conclu, que ferez-vous, au Hezbollah ? Si un accord entre la Syrie et Israël est conclu, quelle position le Hezbollah adoptera-t-il ? Quel sera le sort du Hezbollah et des groupes de la Résistance islamique? » Nous avons organisé plusieurs réunions pour débattre de la question et planifier l’avenir. Nous pensions alors qu’un accord avait déjà été conclu entre Assad et Rabin. Ce n’était pas seulement le Hezbollah mais tous les Libanais, Syriens et Palestiniens qui présumaient que l’accord était finalisé. Nous avons organisé des réunions internes pour débattre de l’avenir. Nous avons discuté de questions politiques, militaires et d’artillerie, et même du nom de notre groupe. Certains se sont demandé si on devait garder le nom « Hezbollah », ou si nous devions adopter un nouveau nom pour nous adapter à la nouvelle phase. Certains de nos frères étaient sur la liste noire des États-Unis et il y avait ce débat pour savoir si nous devions les garder au Liban ou les faire partir. Par exemple, le martyr Hajj Imad Mughniyeh figurait sur cette liste. Nous avons donc compilé un ensemble de suggestions diverses.

Journaliste : Le Hezbollah n’avait-il pas un canal de communication avec Hafez al-Assad pour être informé de sa décision ?

Hassan Nasrallah : Le fait est que toutes les données et informations disponibles nous assuraient que les négociations israélo-syriennes aboutiraient à un accord. À cette époque, la principale revendication de Hafez al-Assad était de récupérer le Golan, ce qui équivaudrait à un retrait aux frontières du 4 juin 1967 ; et Rabin avait accepté de satisfaire ces demandes. Finalement, nous sommes allés voir le Guide. Il a été très patient avec nous, car lors de cette visite, nous avons évoqué toutes les questions soulevées et les suggestions proposées par différentes personnes. Il a écouté toutes nos paroles lors de cette réunion, qui a eu lieu en présence de responsables iraniens. Et tous ces responsables iraniens, à l’unanimité et sans exception, considéraient eux aussi que les pourparlers israélo-syriens étaient terminés. Son Eminence le Guide a alors déclaré : « Il est bon que vous envisagiez les pires scénarios et probabilités et que vous devisiez de la meilleure manière de les affronter, mais je vous affirme que cela ne se produira pas et qu’il n’y aura pas de traité de paix entre la Syrie et Israël. Aussi, oubliez ce que vous avez écrit et préparé. Vous devez continuer à résister et redoubler d’efforts pour augmenter vos armes, vos installations et vos ressources humaines. Ne vous inquiétez pas, car il n’y aura pas de traité de paix entre la Syrie et Israël. » Tous les participants à la réunion, y compris les Iraniens et les Libanais, ont été stupéfaits par les remarques catégoriques de Son Eminence le Guide. Il n’a pas dit qu’il considérait cela peu probable, ou qu’il pourrait y avoir d’autres possibilités. Pas du tout. Il a résolument déclaré que cela n’arriverait pas. Il a dit fermement et distinctement : «Oubliez ces discussions et continuez à faire ce que vous faites d’une manière plus vigoureuse encore ».

Nous avons été très surpris. Nous sommes rentrés au Liban et nous avons redoublé d’efforts dans la résistance, conformément au point de vue du Guide. Deux semaines seulement après notre visite chez le Guide, une grande cérémonie réunissant plus de 100 000 personnes a eu lieu à Tel-Aviv. Yitzhak Rabin prononçait un discours. L’un des Juifs extrémistes a ouvert le feu sur lui et l’a assassiné. Après Rabin, Shimon Peres a été élu Premier ministre de l’entité sioniste. Il avait une personnalité faible, car il n’était pas perçu par les Israéliens, aussi bien sur le plan historique et militaire que sur le plan de la fiabilité, comme quelqu’un d’aussi compétent que Rabin.

Par la suite, de vastes opérations ont été menées à l’intérieur des territoires occupés, notamment à Tel-Aviv et à Al-Qods (Jérusalem) occupée, ce qui a ébranlé les bases de la puissance de l’entité sioniste. Après cela, le sommet de Charm el-Cheikh – que j’ai mentionné – s’est tenu. Puis, en 1996, Israël a attaqué le Liban dans le cadre de l’opération Raisins de la Colère, et a perpétré le massacre sans précédent de Qana – une tragédie connue plus tard sous le nom de Massacre de Qana. En réponse, nous avons résisté contre les Israéliens et avons été victorieux. Peu de temps après, c’est-à-dire deux ou trois semaines plus tard, des élections se sont tenues dans l’entité sioniste, au cours desquelles Shimon Peres a été battu et le parti Likoud a remplacé le parti travailliste en tant que parti dominant, et Benjamin Netanyahu est devenu le Premier ministre d’Israël. Après son arrivée au pouvoir, il a déclaré : « Je ne respecterai aucun des engagements d’Yitzhak Rabin et de Shimon Peres concernant la Syrie et les négociations avec Hafez al-Assad ». Les négociations israélo-syriennes ont donc pris fin. Nous parlons de l’année 1996. Aujourd’hui, en 2019, où en est le processus de paix ? Il n’a jamais paru plus impossible. […]

2/ La victoire du 25 mai 2000

Hassan Nasrallah : […] Au sujet de la victoire de 2000, je me souviens d’un souvenir très important avec Son Eminence le Guide. Vous vous souvenez que j’ai dit qu’en 1996, Son Eminence avait déclaré qu’aucun traité de paix ne serait conclu entre la Syrie et Israël. En 2000, quelques mois avant le retrait d’Israël du sud du Liban et conformément à nos plans, nous nous sommes rendus à Téhéran pour rencontrer le Guide et les responsables iraniens. Nous — c’est-)-dire le Conseil dirigeant du Hezbollah — sommes allés en Iran. Lors de ce voyage, nous étions également accompagnés pour la première fois par les commandants militaires de la Résistance. Près de 50 commandants de la Résistance ont voyagé avec nous.

À ce moment-là, nous pensions qu’Israël ne se retirerait pas du Liban en 2000. Nous n’étions pas sûrs, mais nous estimions improbable qu’Israël se retire en 2000, car nous pensions qu’Israël n’accepterait pas de se retirer sans imposer certaines conditions préalables. Nous avons dit au Guide : « Il est peu probable qu’Israël se retire du sud du Liban. Il semble qu’Israël restera plus longtemps au Liban, et nous aurons besoin de plus de temps et d’opérations pour le faire se retirer sans conditions préalables ». Il nous a demandé : « Pourquoi pensez-vous que c’est peu probable? » Nous avons répondu : « Parce que cette mesure constituerait une menace majeure pour Israël. Se retirer du Sud-Liban sans conditions préalables constituerait un triomphe sans précédent pour la Résistance, et sera considéré comme la première victoire évidente des Arabes face à Israël, affectant naturellement les développements internes de la Palestine et de la nation palestinienne ; cela représenterait une menace stratégique pour Israël et ferait comprendre aux Palestiniens que la voie principale est celle de la Résistance et non des négociations. Un message qui leur dit : les négociations vous ont enlevé vos terres et vos lieux saints, mais la Résistance a libéré le Liban et le Sud-Liban. »

C’est alors que le Guide a déclaré : « Je vous recommande de présumer sérieusement qu’Israël quittera le Liban prochainement et que vous serez victorieux. Poursuivez vos activités et planifiez l’avenir en vous fondant sur cette hypothèse. Planifiez et anticipez bien les choses, de manière à faire face au retrait d’Israël du Liban sur les aspects militaire, de terrain, médiatique et politique ». Nous avons été surpris d’entendre ces paroles, car nous pensions tous qu’Ehud Barak, qui venait de remporter les élections, ne donnerait pas suite à sa promesse de retrait, car ses conditions n’étaient pas remplies et, en particulier, il n’avait pas obtenu de garanties en matière de sécurité. Autrement dit, ni le gouvernement libanais, ni le gouvernement syrien, ni le Hezbollah au Liban n’ont pris d’engagement de sécurité envers Israël. La question était donc : comment serait-il possible qu’Israël se retire ? Cela semblait mal avisé et illogique.

Plus important encore, après la réunion, dans la soirée, nous sommes allés chez le Guide avec nos frères de la Résistance, y compris le défunt martyr Hajj Imad Mughniyah. Nos frères étaient ceux de la Résistance, combattant sur les lignes de front de la bataille, et pouvant trouver le martyre à tout moment. Après être entrés dans la maison du Guide, nous et nos frères sommes allés dans une grande salle où les prières étaient réalisées en congrégation. À l’époque, nos frères portaient des uniformes militaires, avec des keffiehs autour du cou, et ressemblaient beaucoup aux Basijis sur les fronts iraniens (durant la guerre Iran-Irak). Nous étions censés réaliser les prières en congrégation avec le Guide et lui offrir nos salutations, rien d’autre, puis la cérémonie aurait pris fin. Le Guide a dirigé les prières et après avoir terminé la prière du soir, il s’est levé pour dire au revoir à ses frères libanais.

Puis le Guide a dit à ses compagnons (iraniens) de s’éloigner. Puis il m’a dit : « Je suis disposé à t’écouter ». A ce moment, un de nos frères est venu et a embrassé la main du Guide. Certains des frères ont commencé à pleurer, et certains d’entre eux étaient tellement impressionnés qu’ils ne pouvaient plus se tenir debout. Ils se sont lentement avancés. Un des frères a embrassé la main du Guide, et quand un autre s’est penché pour embrasser ses pieds, il ne l’a pas permis. Il est rentré et m’a dit : « Dis-leur de s’asseoir et de se calmer pour que nous puissions parler. » Un discours n’était pas prévu pour cette cérémonie. J’ai demandé à mes frères de rester calmes et j’ai commencé à traduire le propos du Guide à leur intention. Parmi les choses qu’il a dites, et qui, à mes yeux, sont issues de sa vision suprasensible et non pas simplement d’une analyse politique, mais de quelque chose de plus profond, il a déclaré : « Vous serez victorieux par la grâce de Dieu. Votre victoire est bien plus proche que ce que certains pensent. » Il m’a pointé du doigt en disant cela, parce que j’avais dit qu’il était improbable que le retrait d’Israël se fasse de cette manière. En nous désignant tous de sa main gauche, comme cela, il a dit : « Chacun d’entre vous va voir de ses propres yeux que vous serez victorieux. »

Après cela, nous sommes rentrés au Liban. À cette époque, nous avons mené de grandes opérations et, bien sûr, de nombreux combattants et cadres de la Résistance ont trouvé le martyre. Le 25 mai est arrivé, et la retraite surprenante, inattendue et indigne d’Israël du Sud-Liban a commencé. Plusieurs autres combattants ont également été tués lors de notre progression vers la frontière. C’est ici que les deux prédictions du Guide Suprême de la Révolution Islamique se sont réalisées. Premièrement, la victoire de la Résistance a eu lieu très rapidement, quelques mois seulement après cette réunion que je viens d’évoquer ; et deuxièmement, toutes les personnes présentes à la réunion avec le Guide, et qui participaient directement aux opérations de première ligne, ont survécu pour assister à la grande victoire de leurs propres yeux. On peut de mettre la prévision de cette grande victoire imminente sur le compte de la sagacité du Guide. Mais le fait de prédire que parmi 50 commandants de première ligne, qui pouvaient trouver le martyre à chaque instant, aucun ne serait tué, relève à mes yeux du miracle. […]

3/ La victoire de 2006

Hassan Nasrallah : […] Je vais clore cette partie de mon propos par un souvenir avec le Guide Suprême, que Dieu le préserve. Au cours de la guerre de 33 jours (juillet-août 2006), le peuple libanais était naturellement très inquiet, au début de la guerre, quant à ce qui allait se passer. Qu’est-il arrivé ? Même des responsables libanais ont pris contact avec les autorités saoudiennes, demandant à Riyad d’intervenir en tant que médiateur et de mettre fin à la guerre au sud du Liban. Les Saoudiens ont répondu aux responsables libanais en déclarant : « Personne ne va intervenir. Il existe un consensus américain, international et régional selon lequel le Hezbollah doit être éradiqué et écrasé. Le Hezbollah n’a qu’une alternative : la reddition ou l’annihilation. » De toute évidence, notre décision était de riposter, et il y avait parmi nous une forte volonté de combattre et un esprit de Karbala dans tout le Hezbollah. Cette citation de l’Imam Hussain, la paix soit sur lui, a toujours été devant nos yeux : « L’usurpateur (Yazid) fils d’un usurpateur (Mu’awiya) nous a placé devant une alternative funeste : le tranchant de l’épée ou l’humiliation de l’allégeance. Mais jamais nous n’accepterons l’humiliation (plutôt mourir) ! »

Nous avons été confrontés à deux options : la guerre ou une reddition humiliante. Nous avons choisi la guerre. Au début de la guerre, notre cher ami et frère, Hajj Qasim Soleimani, le commandant des Forces extérieures des Gardiens de la Révolution Islamique, nous a contactés. Il est venu à Damas, a contacté Beyrouth et a déclaré qu’il devait nous rencontrer. Nous lui avons demandé comment il comptait s’y prendre. Car les Israéliens bombardent tous les ponts, routes et voitures, et il est impossible de nous rejoindre (sans braver de grands dangers). »

Ce cher frère nous a dit qu’il devait absolument nous rejoindre, car il avait un message important de Son Eminence le Guide, Sayed Khamenei, à nous transmettre. Nous avons arrangé cela, et Hajj Qasim est finalement parvenu dans la banlieue sud de Beyrouth, au tout début de la guerre. Il a dit que lorsque le Guide, que Dieu le protège, se trouvait à Mashhad, il avait convoqué tous les responsables de la République Islamique – y compris les anciens et actuels Présidents, les ministres des Affaires étrangères, ministres de la Défense, et commandants des Gardiens de la Révolution, et d’autres officiels, à se réunir avec lui.

Hajj Qasim m’a expliqué que lors de la réunion, la guerre contre le Liban et ses objectifs ainsi que la question de savoir à quoi elle conduirait, ont été examinés. Dès le début, la République Islamique d’Iran a estimé que la guerre contre le Liban faisait partie du plan des États-Unis dans la région et ne constituait pas une question distincte de ce complot. Hajj Qasim a déclaré que tous les participants à la réunion avaient convenu à l’unanimité que la République Islamique devait se tenir aux côtés de la Résistance libanaise, du gouvernement et du peuple libanais, ainsi que de la Syrie, étant donné que la guerre menaçait de se propager en Syrie. L’Iran devait donc utiliser toutes ses capacités politiques, financières et militaires pour aider le front de la Résistance à l’emporter. Hajj Qasim a ajouté qu’une fois la réunion terminée et les prières du soir exécutées, les personnalités présentes étaient sur le point de partir lorsque le Guide leur a demandé de rester plus longtemps car il avait encore quelques mots à leur dire. Cela s’est passé après la première réunion ; c’est-à-dire la première réunion formelle.

Ensuite, Son Eminence le Guide s’est tourné vers Hajj Qasim et lui a demandé d’écrire une lettre sous sa dictée et de me la porter personnellement à Beyrouth pour que je puisse en évoquer le contenu avec mes frères. Après m’avoir rapporté tout cela, le Hajj Qasim a commencé à lire les mots que m’avait adressés le Guide. Il déclarait notamment : « La capture des soldats israéliens par la Résistance libanaise est une grâce divine cachée ; l’opération a forcé Israël à entrer au Liban en réponse à votre action. Les Israéliens et les Américains se préparaient à attaquer Le Liban et le Hezbollah à la fin de l’été ou au début de l’automne 2006, et vous auriez donc été pris au dépourvu, alors que vous n’étiez pas prêts pour une guerre. La guerre n’a donc pas eu lieu lorsque les États-Unis et Israël l’avaient planifiée ; elle s’est produite alors qu’ils n’étaient pas prêts et qu’ils étaient encore en train de s’y préparer, tandis que vous y étiez déjà préparés. Car vous n’avez pas été pris par surprise.

Cette déclaration du Guide a ensuite été confirmée par d’éminentes personnalités. Par exemple, lorsque j’en ai parlé dans les médias, l’éminent Professeur et analyste politique Mohamed Hassanein Heikal l’a établi dans des programmes distincts de la chaîne Al Jazeera. De même, l’un des grands écrivains américains, Seymour Hersh, a confirmé cela. Je dois souligner que lorsque j’ai soulevé la question dans les médias, je ne l’ai pas attribuée au Guide.

Son Eminence le Guide a également mentionné dans son message que « Cette guerre est très similaire à la Bataille des Confédérés, qui s’est déroulée du vivant du Messager de Dieu, que les salutations de Dieu soit sur lui et sur sa famille. Cette guerre sera très difficile et menacera votre existence ; vous êtes obligés d’être patients dans cette guerre. » Dans cette partie de son message, il a cité les versets coraniques de la sourate Les Coalisés : « Quand ils vous vinrent d’en haut et d’en bas [de toutes parts], et que les regards étaient troublés, et les cœurs remontaient aux gorges, et vous faisiez sur Allah toutes sortes de suppositions… / Les croyants furent alors éprouvés et secoués d’une dure secousse. » [Coran, 33, 10-11] Le Guide a également dit : « Vous devez placer votre confiance complètement en Dieu. » En outre, la troisième partie de son message disait : « Vous serez victorieux dans cette guerre. » J’avais déjà entendu une phrase similaire — je ne me souviens pas exactement si c’était avant ou après — mais quelqu’un m’a rapporté que Son Eminence Cheikh Behjat, que Dieu lui fasse miséricorde, nous a dit d’être assurés que nous serions victorieux dans cette guerre, par la Grâce de Dieu.

Mais le point le plus important du message du Guide était celui-ci :

« Vous remporterez la guerre, et vous deviendrez ensuite une puissance régionale au point qu’aucune autre puissance ne pourra vous affronter ». À ce moment-là, j’ai ri et j’ai dit à Hajj Qasim : « Nous allons nous transformer en puissance régionale ?! Si nous parvenons seulement à survivre à la bataille actuelle et à maintenir notre existence, nous aurons déjà accompli un grand exploit ! » Puis, j’ai commenté en plaisantant : « Mon cher frère ! Nous ne voulons pas devenir une puissance régionale. » Quoi qu’il en soit, la lettre de Son Eminence le Guide ce jour-là m’a donné une sorte d’assurance totale. À partir de ce jour, j’étais certain que nous allions gagner la guerre et que, par la suite, nous deviendrions une puissance régionale. Ce qui est réellement advenu. […]

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Lecture complémentaire:

Hezbollah son histoire de linterieur naim qassem

 

Message Mohawk: Arrêtons les squatters de nos vies et leur culte de la mort… (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, crise mondiale, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 25 novembre 2019 by Résistance 71

“Après avoir souffert au-delà de la souffrance, la nation rouge se relèvera de nouveau et ce sera alors une bénédiction pour un monde devenu bien malade. Un monde empli de promesses brisées, d’égoïsme et de séparations. Un monde se languissant de lumière. Je vois une époque de sept générations lorsque toutes les couleurs de l’humanité se rassembleront sous l’arbre sacré de la vie et la terre entière redeviendra de nouveau un cercle unique. Ce jour là, il y aura ceux parmi les Lakota qui porteront la connaissance et la compréhension de l’unité parmi tous les êtres vivants et les jeunes gens blancs viendront vers ceux de mon peuple pour leur demander de leur dispenser leur sagesse. Je salue la lumière dans tes yeux, là où réside l’univers entier. Car quand tu es au centre de toi-même et que je suis également en cet endroit en mon sein, alors nous serons un.”
~ Tasunke Witko, Crazy Horse, chef de guerre Oglala, Sioux ~

“Toute la tradition européenne, marxisme inclus, a conspiré pour défier l’ordre naturel de toutes choses. La terre-mère a été abusée, les pouvoirs ont été abusés et tout ceci ne peut pas continuer indéfiniment. Aucune théorie ne peut venir changer ce simple fait. La terre-mère va riposter, l’environnement va riposter et ceux qui abusent seront éliminés. Les choses reviennent au point de départ. C’est çà la révolution. C’est aussi une prophétie faite par mon peuple, par le peuple Hopi et bien des autres peuples corrects. Les Indiens des Amériques ont essayé d’apprendre cela aux Européens depuis des siècles ; mais, comme je l’ai dit plus tôt, les Européens sont incapables d’écouter. L’ordre naturel des choses gagnera et les abuseurs, les offenseurs mourront, comme les daims meurent lorsqu’ils brisent l’harmonie en surpeuplant une zone donnée. Ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’une catastrophe naturelle ne se produise, une catastrophe aux proportions planétaires. C’est le rôle des Indiens et de toutes choses naturelles de survivre. Une partie de notre survie consiste à résister. Nous résistons non pas pour renverser un gouvernement ou pour saisir le pouvoir, mais simplement parce qu’il est normal et naturel de résister à l’extermination, de survivre. Nous ne voulons en aucun cas le pouvoir au-delà des institutions des blancs, ce que nous voulons c’est que les institutions des blancs disparaissent. C’est çà la révolution.
Nous, les Indiens des Amériques, sommes toujours en contact avec ces réalités, les prophéties, les traditions de nos ancêtres. Nous apprenons de nos anciens, de la nature, des pouvoirs. Et quand la catastrophe est passée, nous les Indiens des Amériques, nous serons toujours là pour habiter ces terres et ce continent. Peu importe si ce ne sera qu’une poignée d’entre nous au fin fond des Andes. Le peuple amérindien survivra, l’harmonie sera rétablie. C’est çà la révolution.”
~ Extrait du discours de Russell Means durant le Black Hills International Survival Gathering, Dakota du Sud, juillet 1980 ~
(traduit de l’anglais par Résistance 71)

 


La Grande Loi de la Paix

 

Le culte de la mort des “Canajon” (squatters)

 

Mohawk Nation News

 

24 novembre 2019

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2019/11/24/canajon-death-cult-draft-2/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le culte de la mort pré-planifié canajon fut mis en place par les squatters sur instructions des banquiers dès qu’ils mirent les pied sur Onowarekeh (l’Île de la Grande Tortue). [Canajon est le mot mohawk qui veut dire “squatter”, dérivé par la suite en “kanatien” => “canadien”…] Wahatinatsoten, ils se sont incrustés sur notre terre.

Les maisons sont détruites ou tombent en ruine. La conscience de la terre se manifeste graduellement. Les squatters font ce que leur ont dit de faire les banquiers, ne sachant pas qu’ils sont eux-mêmes la propriété des mêmes banquiers. Enkiyaseteh (génocide), on se tient hors de vue, récupérant dans les collines. Dans un futur proche, s’ils ne volent pas, les squatters n’auront plus rien à manger et plus de refuge.

Les enfants qui questionnent leur endoctrination sont appelés “parias” ou “désaxés” et sont faussement diagnostiqués par des médecins pour qu’ils soient mis sous anxiolytiques. Les banquiers sont terrifiés de ce qu’ils ne peuvent pas contrôler. La loi bancaire ou “loi de l’amirauté” est artificielle. Seule la loi naturelle est permanente. La création/nature et notre terre-mère voient la dévastation. Bientôt viendra une grande lumière. Asontewekowa, nos esprits se déplacent sur l’Île de la Grande Tortue.

Ils nous veulent morts ! Mais nous sommes bel et bien vivants. Nous faisons partie de ce monde naturel créé par la nature et mis sur notre terre-mère. Quand nous tendons l’oreille, nous écoutons la Nature. Ils ne le peuvent pas. Les messages nous parviennent de Karennah, le ton de la terre-mère.

Les banquiers sont maintenant en train de vivre un cauchemar. Ils sont agités. La Nature va fixer les choses comme elles doivent l’être. Ils le savent. Les feux s’allument. L’eau gronde. De forts vents renversent les choses. A cause de Waonkinatakari, ils nous ont attaqués ainsi que nos villages comme des chiens enragés. Sasewatenti. Nous leur disons de rentrer chez eux.

Les banquiers ont une haine aveugle de notre chaleur simple et de notre humanité. Ils sentent bien que l’Île de la Grande Tortue est hantée. Elle l’est ! Par nos esprits qui vagabondent sur Onowarekeh ! Les banquiers se persuadent qu’ils ont toutes les clefs de toutes les barrières qu’ils ont mis en place, des bâtiments, des ponts, des villes, des murs, de l’économie, de la politique, de la finance, des médias, des classes et castes de gens etc… Certains d’entre eux savent qu’il y a quelque chose au delà de ce qu’ils peuvent voir et cela les préoccupe.

Ils ne vaincrons pas la création/nature. Ils argumentent, disputent, accusent, arrêtent, attaquent et jettent en prison. Ils appellent le monde naturel “paranormal”.

Nous représentons la connexion avec la nature, qu’ils ne peuvent pas voir ni ne peuvent expérimenter, ni ne peuvent aimer. Maintenant la nature et la terre  hurlent pour qu’ils retournent là d’où ils viennent, pour qu’ils disparaissent, que nous ne les voyons plus jamais. quelques anciens et quelques jeunes sentent et perçoivent les vibrations de la nature.

Pour se sauvegarder, ils ont mis en place une tripotée de réparation d’infrastructure pour eux-mêmes. Ce n’est que cataplasme sur jambe de bois. Par la peur, ils ont créé une augmentation du terrorisme, des impôts, de la consommation de drogue et d’alcool, du pillage, des suicides, des assassinats, des faux-drapeaux et des faux espoirs. Tout le monde souffre de brokeitis parce qu’ils ne peuvent pas vivre sans leurs béquilles et infrastructure. Le mal est leur béquille.

“Les Indiens de bois” prennent vie. Les banquiers ont créé une image par laquelle ils veulent que nous vivions. Tout change maintenant. Nous sommes ceux que nous sommes réellement.

Nous les voyons comme les assassins stupides qu’ils sont et qui laissent les banques, les politiciens et les entités entrepreneuriales les contrôler parce qu’ils obtiennent un petit bénéfice de ces crimes dirigés contre nous et Onowaregeh.

Pour eux tout a une valeur marchande traduisible en dollars, la terre, la nature, les peuples originels, l’eau, toute belle chose et l’ordre naturel. Leur plan génocidaire continue. Les crimes commis ont rendu possible pour les squatters d’avoir du boulot, une maison, une vie, d’envoyer leurs enfants dans des écoles et d’obtenir une pseudo-liberté alors qu’ils vivent dans un quasi état policier ne fonctionnant que dans et par la peur.

La véritable peur des banquiers est que les squatters apprennent qu’on leur a menti tout le long, qu’ils se rebellent et qu’ils les décapitent comme les Français le firent lors de leur révolution. Ils veulent l’Île de la Grande Tortue dépeuplée et revitalisée pour le “Nouvel Ordre Mondial” de l’ONU. Lorsqu’ils n’auront plus de clients pour acheter ce qu’ils ont volé, ils n’auront plus besoin d’être ici.

Les squatters sont persuadés que leur dieu va les mener à la sécurité, mais le véritable dieu des banquiers est l’argent.

Leur propre mère (terre) hurle qu’il est temps pour eux de rentrer à la maison.

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L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !
~ Résistance 71 ~

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Lectures complémentaires:

Mohawk Nation News sur R71

Nous_sommes_tous_des_colonisés (PDF)

Pierre_Clastres_De l’ethnocide

Pierre_Clastres_Echange-et-pouvoir-philosophie-de-la-chefferie-indienne

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

La_voie_Lakota_et_Crazy_Horse

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

si-vous-avez-oublie-le-nom-des-nuages-vous-avez-oublie-votre-chemin


Harmonie dans la complémentarité…
La société des sociétés