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Résistance politique: lectures à propager sans aucune modération… Le top 10 des PDF sur Résistance 71 !

Posted in actualité, altermondialisme, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 17 mai 2019 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

17 mai 2019

 

Nous vous proposons ci-dessous le classement des 10 top pdf téléchargés par les lecteurs de Résistance 71 depuis la création de notre bibliothèque PDF qui a vu le jour avec l’étroite coopération de Jo pour la mise en page.

Il y a à ce jour 109 documents en format PDF à télécharger gratuitement sur notre page des PDF à lire et à divulguer sans modération.

Voici les 10 documents les plus lus:

1- Manifeste pour la Société des Sociétés (Résistance 71, octobre 2017)

 

2- Ashraf Ezzat Mythe Biblique

3- Un Monde sans Cancer, l’histoire de la vitamine B17

 

4- La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

5- Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

6- Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

7- Meurtre par Décret version PDF

8- le bouclier du lanceur d’alerte

9- Théorie Russo Ukrainienne de l’Origine Profonde Abiotique du Pétrole

10 – Sutton_Wall_Street_et_la_montée_d’Hitler

 

A (re)lire et diffuser sans aucune modération… Merci

 


Soyons SUPRA-connectés…
Solidarité, Union, Persévérance, Réflexion, Action

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Lutte contre le colonialisme: Les Mayas du Guatemala en rébellion

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 16 mai 2019 by Résistance 71

 

Entretien avec Vilma, activiste Maya du Guatemala

 

La Voie du Jaguar

 

14 mai 2019

 

url de l’article:

https://www.lavoiedujaguar.net/Entretien-avec-Vilma-activiste-maya-du-Guatemala-en-visite-aux-Lentilleres

 

Au cours d’une promenade printanière dans les jardins occupés du Quartier libre des Lentillères, après avoir fait une visite explicative de l’histoire de ce territoire en lutte, nous nous sommes entretenues avec Vilma, activiste guatémaltèque qui a partagé avec nous son expérience de résistance communautaire indigène.

Pour commencer si tu veux bien te présenter. Tu viens d’où ? Comment es-tu arrivée ici ?

Je m’appelle Vilma Judith Sor, je suis une femme maya kaqchikel [1] du Guatemala et je travaille dans une organisation qui s’appelle Association communautaire pour le développement Serjus. Je suis ici parce que le travail que nous faisons reçoit le soutien du CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement) dans un lieu qui s’appelle Ixcán, au nord du Quiché [2].

Quel type de travail réalise votre association ?

Nous avons plusieurs axes de travail mais nous travaillons surtout l’organisation et l’articulation communautaire parce qu’on pense qu’il est nécessaire de récupérer le sens communautaire depuis la base, depuis les communautés, car la guerre a détruit le tissu social. Alors nous cherchons à reconstruire ce tissu social depuis les principes et valeurs de la cosmologie [3] maya et dans ce sens l’idée de communauté est très importante. Et avec cette organisation et articulation communautaire nous mettons en place des propositions comme l’agriculture écologique et la défense du territoire, spécifiquement l’eau et la biodiversité car il y a une intention de privatiser les graines et les plantes médicinales, et en général les connaissances ancestrales. Nous luttons aussi en ville pour le droit à un logement digne. Nous travaillons également beaucoup dans la recherche des droits des femmes et contre les violences faites aux femmes. Pour tout ça, nous cherchons à avoir une incidence réelle dans les gouvernements municipaux. Par exemple, à Ixcán, nous avons travaillé à construire une politique municipale de souveraineté alimentaire et un autre programme municipal pour l’égalité de genres. Ce sont de petits apports que nous faisons pour le bien des communautés. Mais tout ça est également indissociable d’un travail de formation politique pédagogique depuis l’éducation populaire. Nous pensons en effet que l’organisation, si elle ne se forme pas, peut se perdre sur le chemin et peut aussi perdre ce désir et cet espoir de construire une société différente, un monde meilleur où il y ait une place pour tous et toutes.

Tu parlais de la guerre, ici en France peu de gens connaissent cette histoire et ses conséquences aujourd’hui. Tu peux nous donner quelques pistes pour que l’on comprenne un peu mieux ?

Au Guatemala, il y a aujourd’hui une inégalité mais cette inégalité que nous vivons maintenant a existé historiquement depuis l’invasion. De 1944 à 1954, il y a eu des gouvernements progressistes qui ont cherché à donner un peu plus de justice aux paysans en travaillant notamment une réforme agraire. Mais cela n’était pas bien vu par l’oligarchie guatémaltèque mais aussi par les entreprises des USA. Alors, ils ont fait tomber le gouvernement de Jacobo Árbenz Guzmán et installé un gouvernement militaire. Et à partir de là, la situation du pays est devenue très difficile avec un conflit interne armé qui a été l’un des plus sanglants du monde. Il y a eu beaucoup de violences, avec la politique de la terre brûlée où ils ont fait disparaître des communautés entières, les enfants, les femmes, les vieilles et les vieux, tout le monde. C’est une histoire terrible, très dure dans notre processus historique. Après trente-six années sanglantes, il y a eu des accords de paix qui ont enfin été signés. Malheureusement, ceux-ci sont restés un bout de papier puisqu’ils n’ont jamais réellement été appliqués. Et alors, les conditions de la grande majorité de la population, surtout indigène restent très précaires. De là, les accords de paix ont ouvert des possibilités. Par exemple, on peut aujourd’hui s’organiser collectivement, ce qui pendant la guerre était impossible, et ainsi pouvoir exercer nos droits d’une manière un peu meilleure. Mais la situation d’inégalité n’a dans le concret pas tant changé que ça et c’est pour ça que les peuples s’organisent et luttent pour défendre leurs territoires et leurs vies.

Tu parles de défendre le territoire parce qu’il y a des mégaprojets en ce moment au Guatemala ?

Ce système capitaliste colonial et patriarcal s’est imposé dans le monde entier, il s’est exprimé au Guatemala d’une manière bien concrète. Ça a beaucoup de lien avec les axes de développement de ce système comme les mines, l’exploitation du gaz ou du pétrole, la monoculture de la palme pour l’huile ou la canne à sucre. Il y a aussi de grands projets d’infrastructure comme des barrages hydroélectriques. Ceux-ci provoquent le plus de conflits dans tout le pays parce qu’ils sont très importants. Ils dévient les rivières, et les communautés en aval n’ont donc plus accès à la rivière et donc plus d’eau. Ce sont souvent des communautés indigènes qui vivent de la pêche mais aussi du maïs et des haricots, qui sont les moyens de subsistance basiques pour les communautés indigènes. Alors si on n’a plus d’eau, on n’a plus de vie.

Dans tous les territoires du Guatemala il y a beaucoup de conflictualité sociale sur cette question et beaucoup de résistance pour s’opposer à ces projets. Malheureusement, comme ils sont soutenus par le capital transnational mais aussi par les dominants locaux qui ont beaucoup de pouvoir économique, ils manipulent et utilisent les institutions gouvernementales pour développer leurs projets sans avoir consulté les peuples alors que c’est un droit collectif. Certains projets ont pu être empêchés mais malheureusement pas tous, notamment du fait de la répression. Nous avons ainsi beaucoup de leaders et persécuté·e·s et criminalisé·e·s et même prisonnier·e·s politiques. Au Guatemala, on n’emploie pas cette formulation mais nous les considérons comme des prisonnier·e·s politiques.

Pour pouvoir te mettre en prison parce que tu défends la forêt ou la terre, ils vont inventer des délits et nuire à ta réputation. Certains ont ainsi dû sortir du pays pour ne pas subir cette répression et ça a également fragilisé les mouvements de résistance.

Et l’histoire d’extrême violence dont tu parlais auparavant doit également marquer les luttes aujourd’hui ? Quand nous avons parlé dans l’après-midi des luttes en Europe comme à la ZAD, il était évident qu’ici ils ne nous tirent pas dessus à balle réelle et que ça ouvre plus de possibilités pour s’opposer à un mégaprojet. Quelle stratégie vous mettez en place pour pouvoir affronter tout ça ?

Au Guatemala, du fait de l’histoire de guerre que nous avons connue, beaucoup de ces résistances qui s’opposent à ces projets ont choisi la résistance pacifique. Concrètement ça veut dire faire des plantones [4] permanents pendant des mois ou même des années. On vient de fêter les quatre ans du planton de la Pula. Et il y en a beaucoup d’autres ainsi contre les barrages ou les monocultures, mais toujours en revendiquant la résistance pacifique pour éviter les agressions violentes de la police ou de l’armée. Malgré cela, les autorités ont commis de nombreux abus. Hier, justement je lisais une nouvelle qui disait que les militaires responsables du massacre de camarades indigènes avaient été relaxés. (…)

On a le sentiment que le pouvoir militaire se consolide et est de plus en plus présent dans toutes les instances du gouvernement. Par exemple le président n’est pas issu officiellement de l’armée mais on sait bien que derrière lui ce sont les militaires qui ont la main sur une partie du pouvoir tant législatif qu’exécutif ou judiciaire. (…) Il y a des leaders indigènes qui sont assassiné·e·s prétendument dans des crimes de droit commun mais c’est évident que derrière ces actions il y a les services secrets de l’armée. C’est la manière d’opérer de l’armée. Pendant la guerre, ils ont massacré des villages entiers en disant qu’il fallait « enlever l’eau des poissons », c’est-à-dire qu’ils attaquaient les communautés qui soutenaient la guérilla en partageant leur nourriture par exemple.

Aujourd’hui, ils s’attaquent de la même manière aux ONG qui soutiennent les luttes communautaires mais avec un changement législatif. Ils veulent nous limiter à un rôle assistancialiste pour nous empêcher de nous organiser politiquement. Mais nous poursuivons notre chemin d’autoformation pour contribuer à développer le sens critique dans nos communautés. Avec cette loi, des organisations comme la mienne pourraient être fermées. (…) Il y a aussi cette nouvelle loi contre le terrorisme. Il y a peu, ils nous cataloguaient encore de communistes mais depuis les attentats du 11 septembre 2001 ils nous accusent d’être des terroristes. En réalité, c’est juste un moyen de faire taire la voix de nos communautés en lutte en facilitant les voies légales pour mettre des activistes en prison. (…)

Au Quartier libre des Lentillères, comme tu l’as vu, une des sources d’inspiration c’est le processus zapatiste au Chiapas avec la construction de structures autonomes et d’une gestion collective des questions communes. On voit que ces formes de gouvernance indigène existent dans beaucoup d’autres endroits en Amérique latine. Par exemple, dans ta communauté, est-ce qu’il y a pour parler d’un sujet sensible des mises en pratique de justice communautaire autonome ?

Les communautés indigènes en général ont leurs propres moyens d’organisation, d’autogouvernement et d’administration de la justice. Par exemple, s’il y a un conflit communautaire, ce sont les autorités communautaires qui s’en chargent. Elles font une médiation et interviennent pour trouver une solution au conflit. C’est comme ça que ça se résout, surtout dans les communautés les plus isolées. Pour celles qui se trouvent plus près des villes, comme il y a le système de justice occidental, elles se servent également de celui-ci. Au Guatemala, il y a des choses bizarres. Par exemple, j’ai connu le cas d’un juge qui avait un souci avec son fils dans sa communauté et il a réglé ça par le biais des autorités communautaires. C’est dire à quel point ce système est reconnu par les gens, mais le système occidental lui ne le reconnaît pas.

Mais nous, aujourd’hui, on dit qu’il nous faut réaliser un « processus de décolonisation ». Certains par exemple utilisent le système occidental en disant « ils ne me laissent pas prendre ce morceau de forêt ». Mais ce sont des terrains communaux et les autorités occidentales leur donnent raison parce qu’elles ne prennent pas en compte les règles communautaires. En ce moment, nous sommes donc dans une lutte parce que ces règles communautaires ont toujours existé, sur les questions de répartitions de l’eau, de la terre ou pour une bonne entente entre les voisins. On est même obligé·e·s de faire appel au Conseil constitutionnel pour défendre nos droits collectifs, qui en principe sont reconnus au niveau national et international dans les accords des Nations unies. Et les juges ne respectent pas ces règles. La communauté a une relation et une dynamique au quotidien mais au contact de ce système comme il est établi au Guatemala, elle se brise. C’est pour ça que nous disons que nous devons vivre au milieu de deux systèmes. Notre propre système et le système occidental, et ça provoque des conflits. (…) Par exemple, dans une de nos communautés, on a constaté que les violences faites aux femmes étaient fortement liées à des problèmes avec l’alcool. Les camarades de cette communauté ont donc pensé un plan de prévention aussi bien à travers l’administration communautaire indigène qu’en faisant adopter par l’institution municipale une interdiction de la vente d’alcool. Ça a provoqué de fortes tensions dans les communautés mais c’est le moyen qu’elles ont trouvé pour ne plus subir ces violences.

Pour conclure, nous avons passé toute la journée ici aux Lentillères. Est-ce que tu vois des points communs entre les formes de vie de ta communauté et ce que tu as vu ici ? Y a-t-il des choses que tu as vues ici qui t’ont également inspirée ? Des formes que tu peux imaginer utiles pour les luttes dans vos communautés ?

Cette visite me remplit d’espoir et de joie. Effectivement je sens ici des paris similaires à ce qu’on porte dans nos communautés. Par exemple, la récupération d’espaces en ville comme vous le faites ici me semble une idée très intéressante. Dans notre réalité, c’est compliqué parce que la répression est beaucoup plus dure mais ça me motive à articuler les combats autour du droit au logement. Chez nous, c’est un grave problème et beaucoup de gens n’ont pas accès à des conditions dignes pour se loger. C’est inspirant de penser qu’on peut, au milieu d’une ville chercher des solutions collectives pour lutter sur ce front-là. D’autant plus que chez nous ce n’est pas évident de mobiliser les jeunes et ça pourrait les intéresser de développer des espaces de ce type. La combinaison de ça avec la récupération de la terre comme moyen de production de nourriture et de vie me semble similaire à ce que nous faisons au Guatemala. L’agriculture « écologique » c’est quelque chose de nouveau mais qui nous vient du passé. Nos ancêtres depuis leur propre cosmologie produisaient des aliments pour la vie, pas pour le profit. Alors effectivement, c’est inspirant de penser qu’au Nord comme au Sud nous avons ce même désir de générer des relations de pouvoir différentes entre les êtres humains mais également avec la Terre-Mère.

Notes

[1] Communauté ethnolinguistique indigène.

[2] Département du Guatemala.

[3] Manière d’interpréter le monde.

[4] Sorte de campement qui sert de point de ralliement mais aussi pour informer voire parfois bloquer les flux.

 

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 


Civilisation Maya: plus de 4500 ans d’histoire…

Gilets Jaunes… Les Zapatistes du Chiapas nous montrent la voie… 25 ans d’autonomie à étendre au monde !

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, documentaire, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 12 mai 2019 by Résistance 71

 

25 ans plus tard, le zapatisme poursuit sa lutte

 

Julia Arnaud

 

Mai 2019

 

Source:

https://www.revue-ballast.fr/25-ans-plus-tard-le-zapatisme-poursuit-sa-lutte/

 

Le 1er janvier 2019, les zapatistes ont célébré les 25 ans de leur soulèvement. L’occasion de réaffirmer leur engagement dans la construction, ici et maintenant, de leur autonomie et la défense de leur territoire au sud du Mexique. Leur mot d’ordre ? « Le peuple gouverne et le gouvernement obéit. » Face à la pression toujours croissante du capitalisme et des mégaprojets défendus par le nouveau gouvernement « progressiste », de nombreux soutiens nationaux et internationaux se sont exprimés au cours de ces quatre derniers mois. La répression ne faiblit pas ; la lutte non plus : récit, sur place, d’une commémoration et d’un appel, lancé le 10 avril dernier, « à lever un réseau mondial de rébellion et de résistance contre la guerre qui, si le capitalisme triomphe, signifiera la destruction de la planète »*

(*) Note de R71: Nous avons relayé cet appel et même créé une page spéciale à cet effet sur Résistance 71, ici

Le 1er janvier 1994, sortis de la nuit, les zapatistes ont occupé cinq villes du Chiapas — dont la touristique San Cristóbal de las Casas — et donné à connaître au Mexique et au monde entier leurs revendications : travail, terre, logement, alimentation, santé, éducation, indépendance, liberté, démocratie, justice et paix. Après plusieurs jours de combat et sous pression de la société civile, l’EZLN — l’organisation militaire du mouvement fondée en 1983 — et le gouvernement s’assoient à la table des négociations : elles donnent naissance, en 1996, aux Accords de San Andrés. Ils ont pour but de permettre la reconnaissance de l’autonomie et du droit à l’autodétermination des peuples indigènes1 ; sans surprise, ils ne seront jamais respectés par les gouvernements successifs. Dans une situation de contre-insurrection permanente, dans un territoire occupé par les militaires et les paramilitaires, l’EZLN et les communautés zapatistes choisissent alors la voie de la construction de leur autonomie et de la mise en pratique unilatérale de leurs exigences. En 2003, les cinq caracoles — et avec eux les Conseils de bon gouvernement — sont fondés ; ils deviennent les centres politiques et culturels des cinq zones autonomes.


« Vous êtes en territoire zapatiste en rébellion
Ici le peuple commande et le gouvernement obéit. »

À mon arrivée, en 2010, alors que les questions me brûlaient les lèvres, la première réponse que l’on m’a donnée à Querétaro, au centre du pays, bien loin du Chiapas, fut : « Mais non señorita, les zapatistes n’existent plus, c’était en 1994… » Tout le monde a entendu parler de la lutte zapatiste. Peut-être du café rebelle. Sans doute du sous-commandant insurgé Marcos. Mais peu, même au sein des espaces militants, savent ce qui se trame encore ici, en 2019, dans les montagnes du sud-est mexicain. Si depuis bien longtemps les médias officiels ont entrepris un méthodique travail de désinformation, le silence public des zapatistes n’en a pas moins été volontaire : entre 2009 et 2012, pas un seul communiqué n’a été publié alors qu’ils nous avaient habitués, par la plume dudit sous-commandant, à une prose prolifique depuis 1994. Ce mutisme était celui de la construction, en interne, de leur autonomie ; ils l’ont rompu avec fracas le 21 décembre 2012 — tandis que 50 000 membres des communautés zapatistes (les « bases d’appui ») remplissaient sans le moindre bruit les rues de San Cristóbal, poing levé, visage couvert —, par la détonation d’un communiqué des plus brefs : « Vous avez entendu ? / C’est le son de votre monde qui s’écroule, / C’est le son du nôtre qui resurgit. / Le jour qu’a été le jour, était la nuit, / Et la nuit sera le jour qui sera le jour. / DÉMOCRATIE / JUSTICE / LIBERTÉ. »

Ce monde, ils en poursuivent la création. Leur autonomie se développe jour après jour : des écoles, des hôpitaux, une autre justice, des collectifs agricoles et artisanaux ont fleuri dans toute les zones. Nous sommes de plus en plus nombreux à leur avoir rendu visite, à avoir appris à leur côtés, notamment grâce à la « Petite école zapatiste » — plusieurs milliers de personnes se sont alors rendues dans les communautés afin d’apprendre de leur quotidien et d’étudier les quatre livres de cours réalisés par des membres des différents caracoles, ceci sous le regard attentif de leur votán, ces « gardiens » et « gardiennes » qui ont accompagné chacun d’entre nous et ont répondu patiemment à nos questions. « Ici, c’est le peuple qui dirige, il a sa propre politique, il a sa propre idéologie, il a sa propre culture, il crée, il améliore, il corrige, il imagine et il va continuer de travailler » : c’est là ce que nous rappelle le sous-commandant Moisés, successeur de Marcos en tant que porte-parole depuis 2013. Quand on leur demande combien de personnes représentent les zapatistes, la réponse est évasive, toujours, mais pourtant claire : « Beaucoup ! »


Conseil de bon gouvernement 

Sur la route de la Realidad

« Demain, départ 6 heures, lever 4 heures. » Tels ont été les derniers mots des compas2 zapatistes : la Rencontre de Réseaux, qui s’est tenue du 26 au 30 décembre 2018 en terres récupérées, près du village de Guadalupe Tepeyac, afin que se rencontrent, se retrouvent et s’organisent les différents « individus, groupes, collectifs, organisations » qui luttent pour un autre monde, s’est terminée après une assemblée plénière de trois heures. Si au Mexique les horaires sont toujours assez flexibles et relatifs, ici, en territoire zapatiste, l’autodiscipline est primordiale : sans elle, ils n’en seraient pas là. « Que vous votiez ou que vous ne votiez pas, organisez-vous ! », nous ont-ils maintes fois répété. Comme dans de nombreuses communautés originaires, le changement d’heure n’existe pas pour les zapatistes ; c’est « la hora de Dios », « l’heure de Dieu », celle du monde, du soleil et de la vie — 4 heures, c’est donc 3 heures.

Les lumières s’allument, le matériel a été chargé dans des camionnettes prêtes à partir ; des visages, fatigués par ces derniers jours de discussions et ces dernières nuits de musique autour du feu, émergent des tentes. Nous sommes tous prêts à embarquer dans les bus, les bétaillères et les autres véhicules ; la longue caravane s’avance bientôt. De la Municipalité autonome rebelle zapatiste (MAREZ) San Pedro Michoacán, où s’est tenue la rencontre, jusqu’au caracol de la Realidad, dit « Mère des caracoles de la mer de nos rêves », il faut une heure et demie de route sur un petit chemin de terre qui monte, descend, serpente. Les passagers se rendorment tant bien que mal ; le convoi avance, s’arrête ; « Tiens, que se passe-t-il ? », « Rien, ce sont ceux de devant qui ont perdu les sacs sur le toit », « Ah », ça repart. Le soleil se lève, la forêt apparaît et avec elle la brume matinale que percent les montagnes — en contrebas, se dessinent la vallée et la communauté. Nous arrivons maintenant à l’entrée du village ; des hommes, des femmes, des enfants, des jeunes et des anciens accueillent la caravane par de francs sourires de bienvenue. Les maisons, petites et en bois, sont pour certaines d’entre elles recouvertes de panneaux solaires.

Il y a huit ans, en pleine période de silence, j’étais venue ici. J’avais demandé à rencontrer le Conseil de bon gouvernement : les compas m’avaient donné de quoi manger et un endroit où dormir mais, à 4 heures du matin, ils m’avaient prévenu que le Conseil ne pourrait pas me recevoir et que le prochain bus passait dans 30 minutes. L’un d’entre eux m’avait murmuré : « Aujourd’hui, ce n’est pas possible, mais on te promet que la prochaine fois tu rentreras. » Cette prochaine fois arrive ce 31 décembre 2018. La journée se passe entre siestes et retrouvailles. Les discussions vont bon train : on nous interroge longuement sur les gilets jaunes qui, vus d’ici, incarnent la révolution en cours. La lumière du jour commence à faiblir et nous rejoignons le préau qui surplombe la place centrale du caracol. La foule est dense, les bases d’appui zapatistes sont au premier rang ; nous nous tassons à l’arrière ; par la porte principale, une partie des troupes fait son entrée ; un long défilé commence. Il durera plus d’une heure. Conduits par le sous-commandant Galeano (anciennement Marcos), plus de 3 000 hommes et femmes, vêtus d’une chemise marron et d’un pantalon vert accordé à leur casquette, foulard rouge autour du cou, d’abord à cheval et à moto puis à pied, avancent et, déjà, s’alignent au rythme des bâtons qu’ils frappent à chaque pas. Ils sont la nouvelle génération, les enfants de celles et ceux qui, partis de ce même lieu, étaient allés combattre et donner leur vie 25 ans plus tôt. Il n’y a pas d’armes, mais cette démonstration nous rappelle que l’Armée zapatiste de libération nationale n’a jamais baissé la garde.


L’escargot de l’émancipation !

« Nous sommes seuls »

L’assistance attend les traditionnels discours d’anniversaire. Le Conseil de bon gouvernement de La Realidad s’exprime par la voix d’une jeune commandante, qui, comme beaucoup, est née après le soulèvement de 1994. Elle déclare : « Aujourd’hui, nous célébrons nos déjà 25 ans de lutte, nous sommes les plus oubliés, les plus marginalisés, les plus exploités par le système capitaliste néolibéral. » Et poursuit : « En tant que peuple en résistance et en rébellion, nous avons compris qu’il n’y a pas d’autre chemin que celui de nous organiser, depuis n’importe quel recoin du monde. Chaque organisation a des manières et des habitudes différentes de s’organiser, mais oui, tous et toutes contre le même ennemi qu’est le système capitaliste néolibéral. » Puis, par la voix du sous-commandant insurgé Moisés, combattant de la première heure et aujourd’hui « gardien de la porte » qui interagit entre l’intérieur et l’extérieur du mouvement (depuis que le sous-commandant Marcos est parti tenter de réparer son ordinateur, selon le communiqué envoyé à cette occasion…), ces mots : « Nous sommes seuls. » Même si quelques voix affirment le contraire, nous savons que c’est vrai. Nous, la Sexta3 et les sympathisants nationaux et internationaux, sommes loin d’avoir atteint le niveau d’organisation qu’il conviendrait pour affronter la guerre en cours.

Fin 2018, le peuple mexicain a élu à sa tête Andrés Manuel López Obrador : un homme qui se réclame de la « gauche progressiste » et entend mener à bien les mégaprojets chers aux néolibéraux — le Train Maya, le Projet intégral Morelos (PIM4). Le nouveau président avait promis d’abandonner ce dernier projet, avant de le remettre à l’ordre du jour ; il vient de faire sa première victime, Samir Flores — 100 ans après Emiliano Zapata, et ce pour défendre la même cause, celle de la terre et de la liberté. Figure de l’opposition au PIM et membre du Congrès national indigène, il a été assassiné le 20 février 2019 après s’être exprimé, la veille, contre la « consultation populaire » à venir lors d’un forum organisé par le gouvernement. Ces consultations ont pour but de légitimer les mégaprojets alors que les principaux concernés — les habitants de ces terres — ont déjà exprimé clairement et ouvertement leur refus…

« Et nous ne vous avons pas menti, compañeras et compañeros, poursuit Moisés. Il y a cinq ans, nous l’avons dit au peuple du Mexique et au monde entier, que quelque chose d’encore pire allait arriver. Dans les langues que parlent celles et ceux de l’extérieur, ils l’appellent crise, hydre, monstre, mur. Nous le leur avons dit en essayant d’utiliser leurs mots, la manière dont ils parlent, mais même comme ça, ils ne nous ont pas écouté. Et, du coup, ils croient que nous leur mentons parce qu’ils écoutent celui dont je ne veux même pas prononcer le nom, celui qui est au pouvoir, je préfère l’appeler l’escroc, le fourbe. » En vue des dernières élections, les « peuples, tribus, nations et quartiers » composant le Congrès national indigène (CNI5) ont désigné une femme indigène en tant que représentante du CNI et de l’EZLN à la présidentielle de 2018. Marichuy et le Conseil indigène de gouvernement (CIG6) ont été nommés avant d’entamer une tournée dans tout le pays pour récolter les signatures nécessaires ; en raison d’un nombre insuffisant, Marichuy n’a pu se présenter mais elle a mis en évidence les vices du système électoral. Elle était la seule à représenter le Mexique d’en bas, à gauche.

Depuis plusieurs années, les zapatistes ont organisé un grand nombre d’événements afin que nous nous connaissions, que nous nous reconnaissions et que nous nous organisions. Car il y a urgence. Les victimes de la Quatrième Guerre mondiale, celle du capitalisme contre l’humanité, ne se comptent plus. Ce concept a été longuement développé par le sous-commandant Marcos dans un communiqué en date de l’année 2003 : « À la fin de ce que nous osons appeler la “Troisième Guerre mondiale” et que d’autres appellent la Guerre froide, il y a eu une conquête de territoire et une réorganisation. […] À partir de là, on voit se dessiner ce que nous appelons la Quatrième Guerre mondiale. […] La conception théorique qui donne des bases à la globalisation c’est ce que nous appelons “néolibéralisme”, une nouvelle religion qui va permettre de mener à bien le processus. Avec cette Quatrième Guerre mondiale, une nouvelle fois, les territoires sont conquis, les ennemis sont détruits et la conquête de ces territoires est administrée. […] Puisque l’ennemi antérieur a disparu, nous, nous disons que l’ennemi c’est l’humanité. La Quatrième Guerre mondiale détruit l’humanité dans la mesure où la globalisation est une universalisation du marché, et tout humain s’opposant à la logique du marché est un ennemi et il doit être détruit. En ce sens, nous sommes tous l’ennemi à vaincre : indigènes, non-indigènes, observateurs des droits humains, enseignants, intellectuels, artistes. N’importe qui se croyant libre alors qu’il ne l’est pas. »

L’heure n’est plus à la contemplation du désastre planétaire. Si les zapatistes l’ont compris depuis longtemps, et ont agi en conséquence dans leurs territoires, nous ne pouvons en dire autant. Moisés, debout à la tribune aux côtés des commandants et commandantes de l’EZLN ainsi que des représentants des Conseils de bon gouvernement, poursuit : « Nous sommes seuls. Nous sommes seuls comme il y a 25 ans », mais « nous allons faire face », « nous allons défendre ce que nous avons construit ». Les zapatistes ont déjà donné leurs vies, celle du sous-commandant insurgé Pedro7 — et de bien d’autres. « Ce n’est pas facile d’affronter depuis 25 ans ces milliers de soldats, protecteurs du capitalisme, qui sont ici, là où nous nous trouvons, nous sommes passés sous leur nez ces jours-ci. Ce n’est pas facile d’affronter les paramilitaires, ce n’est pas facile d’affronter les petits leaders qui ont aujourd’hui acheté tous les partis politiques, en particulier la personne et le parti qui sont au pouvoir. Mais ils ne nous font pas peur. Ou bien si ? Ils nous font peur, compañeras et compañeros ? » L’assemblée répond d’une seule voix : « Non ! »

« Compañeros, compañeras, celui qui est au pouvoir va détruire le peuple du Mexique mais principalement les peuples originaires, il vient pour nous, et spécialement pour nous l’Armée zapatiste de libération nationale. » Mais cette décision, ils la prennent seuls, sans engager celles et ceux qui les soutiennent et marchent à leurs côtés. La réponse du CNI-CIG ne s’est pourtant pas faite attendre : par un communiqué publié le jour suivant, ils déclarent : « Nous avertissons les mauvais gouvernements que n’importe quelle agression [contre l’EZLN] est aussi une agression contre le CNI-CIG » — et d’appeler, par la même occasion, « les réseaux de soutien dans tout le pays ainsi que les réseaux de résistance et de rébellion au Mexique et dans le monde entier à être attentifs et organisés pour agir ensemble et construire un monde dans lequel nous pourrons toutes et tous vivre ». Bien d’autres messages de soutien ont suivi. L’un d’eux a notamment été signé par des centaines de femmes ; il fait suite à la « Première rencontre internationale politique, artistique, sportive et culturelle de femmes qui luttent », convoquée par les femmes zapatistes le 8 mars 2018 au caracol de Morelia (la seconde édition a du être annulée cette année en raison des conditions de sécurité et de pression). Cette rencontre avait réuni plus de 7 000 femmes du monde entier : les femmes zapatistes nous appellent a organiser, partout, d’autres évènements de ce type « pour que la petite lumière qu’elles nous ont offerte ne s’éteigne pas ». Plusieurs rassemblements de femmes ont déjà eu lieu depuis le mois de mars dans tout le Mexique ; d’autres restent à venir (notamment au mois de juillet 2019, dans l’État de Veracruz, à l’appel des femmes du CNI-CIG). Nous espérons que d’autres encore suivront dans les prochains mois — et, qui sait, dans le monde entier.

Les zapatistes ne demandent à personne de prendre les armes ; « pendant ces 25 ans [ils n’ont] pas gagné avec des balles, avec des bombes, mais par la résistance et la rébellion ». Cette position de l’EZLN est, de longue date, sans équivoque ; elle avait d’ailleurs été rappelée lors de l’assassinat du professeur Galeano par des paramilitaires, en 2014 — Marcos avait alors symboliquement échangé sa place dans la tombe, en prenant son nom. Aujourd’hui, ils continuent de demander « justice et non vengeance ». Ce n’est pas avec des armes que l’on construit des écoles et des hôpitaux. Mais, comme l’écrit le journaliste Luis Hernández Navarro, « ce 31 décembre [2018], ils ont mis sur la table leur visage militaire. Celui qui n’implique pas de prendre une arme, mais qui implique de résister. Le message symbolique de leur déploiement ne pouvait pas être plus explicite ».

30 millions de personnes ont voté pour l’actuel président Andrés Manuel López Obrador. Dans un contexte aussi difficile que celui du Mexique où la corruption, la violence, les féminicides, la mort et les disparitions forcées sont le pain quotidien, c’est sans aucun doute l’espoir du changement qu’ont recherché les électeurs. Mais les différents gouvernements « progressistes » latino-américains de ces dernières années l’ont prouvé : les peuples originaires ne seront pas pris en compte. « Ils viennent pour nous », martèle Moisés. Et cela, le gouvernement n’a pas tardé à le confirmer : l’investiture présidentielle du 1er décembre 2018 n’a été qu’une grande mascarade. En rassemblant de soi-disant représentants des peuples indigènes, le nouvel élu s’est vu remettre le « bastón de mando », le bâton de commandement, symbole de pouvoir et de représentation dans les cultures originaires. Quelques jours plus tard, la farce s’est rejouée au Chiapas lors d’une cérémonie visant à « demander son autorisation à la Terre-mère » pour la construction du Train Maya, qui entend traverser les États de Quintana-Roo, Campeche, Chiapas et Tabasco afin d’interconnecter différentes « zones économiques spéciales » (ZEE) en atteignant la côte Pacifique, via le couloir transisthmique8, autre mégaprojet hautement contesté… « C’est ça que fait le gouvernement actuel, il consulte pour pouvoir venir nous affronter, nous, les peuples originaires et en particulier nous, l’Armée zapatiste de libération nationale, avec sa saleté de Train Maya — et, en plus, en lui donnant le nom de nos ancêtres ! Nous ne l’acceptons pas. Il peut bien lui donner le nom qu’il veut, ça ne veut rien dire. Nous ne lui avons rien demandé. Il n’a qu’à lui donner le nom de sa mère ! », poursuit le porte-parole.

Selon le gouvernement, ce projet favoriserait la mobilité, les échanges et l’emploi des peuples occupant ces territoires ; en réalité, il favorisera le tourisme de masse et le saccage des terres du Sud, si convoitées pour leurs richesses naturelles par les puissances internationales. Autrement dit : ce fut là une cérémonie pour demander à la Terre le droit d’exterminer les peuples originaires. « Qu’il se passe ce qui doit se passer, que ça coûte ce que ça doit coûter et que vienne ce qui doit venir. Nous allons nous défendre, nous nous battrons s’il le faut ! Ou non, compañeros et compañeras ? » On entend « Si ! » à l’unisson. « Donc que ce soit bien clair, compañeros et compañeras ; ici, il n’y a ni sauveur, ni sauveuse. Les seuls sauveurs et sauveuses, ce sont les hommes et les femmes qui luttent et qui s’organisent, ceux qui le font devant leur peuple. Le changement que nous voulons, donc, c’est qu’un jour, le peuple, le monde, les femmes et les hommes décident de comment ils veulent vivre leur vie, qu’il n’y ait pas un groupe qui décide la vie de millions d’êtres humains. Non ! Nous le résumons en seulement deux mots : le peuple commande, le gouvernement obéit. »

C’est ensuite par la voix d’une autre jeune commandante que s’exprime le Comité clandestin révolutionnaire indigène-Commandement général (CCRI-CG) de l’Armée zapatiste de libération nationale : « Même s’ils consultent un milliard de personnes, nous ne nous rendrons pas. Même s’ils demandent la permission à leur putain de mère, nous ne céderons pas. De 1492 à 2018, se sont écoulées 525 années de résistance et de rébellion contre les grandes humiliations étrangères et mexicaines et ils n’ont jamais pu nous exterminer. Nous, ceux de sang brun, couleur de la terre-mère, nous réitérons que nous sommes là et que nous continuerons à l’être. Un milliard d’années pourront s’écouler, les femmes zapatistes et les hommes zapatistes seront toujours là. » Sur ces mots, et après avoir annoncé qu’à partir de cet instant leur participation et leur parole passeraient par l’art, les représentants zapatistes se taisent. La foule se disperse. Poèmes, chansons : place aux délégations des différentes régions. Dans l’après-midi, une pièce de théâtre a mis en scène l’entrée des troupes dans la petite ville de Las Margaritas, le 1er janvier 1994, et la chute du compañero Pedro, tombé sous les premières balles ; en cet instant et sous nos yeux, c’est au rythme d’une guitare que l’on honore une nouvelle fois la mémoire de celui qui a « accompli son devoir » : « Quand le sous-commandant Pedro passait dans les villages, il disait toujours : “Nous devons nous préparer car la lutte continue, politique et militaire.” Alors la lutte a commencé, très secrète et très discrète, alors que les insurgés et les troupes se préparaient à devenir guérilleros en faisant très attention à leur sécurité. Aujourd’hui, que tout le monde sache que le Sup Pedro n’est pas mort, qu’il vit dans les cœurs des hommes qui, très dignement, luttent avec un immense amour pour un monde plus humain. »

Un jeune garçon s’avance, sous son passe-montagne, pour lire quelques vers : « Avec cette poésie, je te dis au revoir, / En me rappelant pour toujours ton nom, / En résistant. / Liberté. Justice. Démocratie. / Mourir pour vivre. » Puis la musique reprend. Un morceau de rap (« Nous avons une guerre à gagner et beaucoup de choses à fêter ! »). Ne pas oublier. Et pour eux, continuer — dans la joie. Éclate un feu d’artifice ; dans la nuit retentissent les slogans : « Vive l’EZLN ! », « Mort au capitalisme ! », « Vivent les Conseils de bon gouvernement ! », « Vive le Chiapas ! Vive le Mexique ! » Nous dansons jusqu’au petit matin.

Que le peuple gouverne !

« Un pas important consiste à assumer clairement la possibilité de se libérer du capitalisme, écrit l’historien Jérôme Baschet. On ne peut pas continuer de dénoncer les crimes de ce système pour finalement s’incliner devant son apparente invincibilité ou ajourner son hypothétique fin à un futur si lointain que, dans la pratique, cela signifie la même chose. » Le 10 avril 2019, à Chinameca, le CNI et le CIG se sont déclarés en état d’alerte et ont enjoint « les peuples de ce pays et les peuples du monde à [s’écouter] et à unir les chemins qui ont un même horizon, en bas et à gauche ». L’EZLN a quant à elle dénoncé les intrusions militaires qui se sont accentuées sur son territoire au cours des derniers mois, ainsi que « les mauvais gouvernements qui séquestrent l’image d’Emiliano Zapata Salazar », dont la cause est aujourd’hui honorée « sur tout le territoire que nous appelons encore le Mexique : le zapatisme ». Alors oui, le capitalisme doit mourir : c’est lui ou nous. Au Brésil, les peuples originaires et leurs territoires sont attaqués par le pouvoir fasciste, évangéliste, néolibéral ; au nord de la Syrie, où se mène l’expérience résistante du Rojava — qui a salué l’anniversaire zapatiste et dont une délégation était présente lors de la commémoration à Chinameca —, la Turquie de l’OTAN constitue une menace vitale permanente ; en France, on frappe les ZAD et on éborgne les gilets jaunes ; et partout, on traque les personnes en situation de migration. C’est pourquoi l’EZLN a réitéré son appel, ce même mois d’avril 2019, « à lever un réseau mondial de rébellion et de résistance contre la guerre qui, si le capitalisme triomphe, signifiera la destruction de la planète ». Il ne tient qu’à nous.

Notes:

1. Au Mexique, ce terme est largement préféré à celui d’« indien », controversé et, selon le contexte, parfois péjoratif.
2. De compañeros, camarades.
3. La Sexta nationale et internationale rassemble les adhérents à la Sixième déclaration de la Selva Lacandona, prononcée en 2005. Ce texte clé est une analyse politique de la situation locale et globale ; il propose de marcher ensemble contre l’ennemi commun.
4. Le PIM regroupe des centrales électriques, un aqueduc et un gazoduc. Il est contesté par les peuples originaires de ces territoires ainsi que par de nombreux scientifiques en raison des risques sismiques.
5. Cette organisation rassemble les différents peuples indigènes en lutte ; elle a été fondée peu de temps après le soulèvement.
6. Conseil rassemblant les représentants paritaires de toutes les langues composant le CNI.
7. Second commandement de l’EZLN en charge du premier régiment lors de la prise de Las Margaritas et de l’attaque de la base militaire de Comitán, en 1994.
8. Qui passe à travers un isthme.

Lectures complémentaires:

3ri-et-societe-des-societes-du-chiapas-zapatistes-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-le-rojava-fevrier-2019

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

Manifeste pour la Société des Sociétés

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

confederalisme_democratique

6ème_déclaration_forêt.lacandon

 

Gilets Jaunes 26ème round: Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action !

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11 mai 2019

Gilets Jaunes !

Les bientôt six mois de lutte écoulés nous montrent on ne peut plus clairement qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a en fait jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir !

Ceci se doit de devenir une évidence incontournable pour toutes et tous, membres de notre lutte organique pour une société enfin libre.

Ainsi, toute négociation avec l’État et les représentants de l’oligarchie est non seulement futile mais contre-productive. Ignorons-les !

Solidarité – Union – Persévérance – Réflexion – Action

Devenons S.U.P.R.A Gilets Jaunes !

Reprenons le pouvoir par les Assemblées Populaires et ainsi:

  • Boycottons les institutions
  • Boycottons l’élection et l’impôt absorbant l’intérêt de la dette odieuse
  • Boycottons les entreprises du CAC40 et des transnationales criminelles
  • Achetons et promouvons les produits locaux
  • Réaménageons nos campagnes et nos communautés agricoles
  • Rassemblons-nous en comités populaires de voisinage, de travail…
  • Restons incontrôlables et imprévisibles !

Tout le Pouvoir aux Ronds-Points !

Pour une société émancipée et donc libre !

Groupe Gilets Jaunes de _______________

= = =

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 


Vive la Commune !
Vive la Société des Sociétés !

Gilets Jaunes: Confiance zéro dans les rézosociaux…

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Ne jamais oublier qu’à l’origine les Google, Facebook, Twitter, Instagram etc ont été créés ou ont été amenés à travailler pour les services de renseignement…
Nous l’avons dit de longue date: à un moment donné, la résistance se fera sans recours à l’électronique trop facile à corrompre, (re)lire ou revoir « L’armée des ombres » de J.P Melville (d’après le roman de Joseph Kessel) pour s’en convaincre.
Gilets Jaunes ! Soyons imprévisibles et incontrôlables, ce n’est pas avec l’électronique et les rézosociaux qu’on y parviendra… Rien ne remplace le contact humain en tout et pour tout…

~ Résistance 71 ~

 

 

Luttes: la stratégie s’applique aussi sur le net

 

Paris-Luttes Info

 

8 mai 2019

 

url de l’article:

https://paris-luttes.info/lutte-la-strategie-s-applique-12122?lang=fr

 

Actes ultimes, appels à l’émeute, manifestations non déclarées, blocages… Au fil des actes des gilets jaunes, les invitations à la lutte se multiplient, s’affichent et se partagent sur les réseaux sociaux au mépris bien souvent des règles les plus élémentaires de sécurité. C’est pourquoi une révision de certains comportements s’impose.

Présence policière massive, nasses et brutalités en manifestation, surveillance abusive, pressions judiciaires, peines abusives… Le mouvement des Gilets jaunes, né il y maintenant six mois, s’est accompagné d’une répression sans précèdent qui a donné lieu a une loi anticasseur, à des violences policières multiples et à des menaces récurrentes au droit fondamental de manifester. Il est clair que le gouvernement mène une guerre ouverte à la contestation, quel que soit son niveau de radicalité. Cela se mesure au nombre croissant de blessé·e·s et de mutilé·e·s depuis le début du mouvement (1 décès, 5 mains arrachées, 23 éborgné·e·s et plusieurs centaines de blessé·e·s, au bilan provisoire établit le matin du 1er mai 2019), à la masse d’arrestations préventives en amont de chaque manifestation et aux peines exemplaires prononcées à l’encontre des manifestant·e·s interpellé·e·s par une justice au plein service de l’État.

Les réseaux sociaux grillés

Ces dérives autoritaires s’inscrivent en renfort de mesures sociales et politiques liberticides dont la liste s’allonge chaque semaine et qui sont largement à l’origine du mouvement des GJ. Pour mettre en place un système de plus en plus dictatorial, le gouvernement ne se prive pas d’utiliser tous les éléments en sa possession pour contrer la résistance ; les réseaux sociaux sont à ce titre particulièrement explorés. Pratiques d’utilisation et facilement partageables, les pages et les comptes Facebook et Insta sont ainsi largement épluchés par les services de renseignement, d’autant plus lorsqu’ils se font le relai d’événements de moyenne ou de grande ampleur. C’est ainsi que le 20 avril et le 1er mai dernier, basée sur des commentaires publiés sur les pages de Black bloc France [1], que l’on sait infiltrées et sur des appels à l’émeute et à l’acte ultime likés et partagés par des centaines de personnes, la police a déployé 7 400 policiers et gendarmes sur la seule ville de Paris et occasionné 15 000 contrôles préventifs et 330 interpellations dont 315 mises en GAV toujours dans la capitale [2]. Une situation qui, fin mars, avait également nui à l’appel du week-end de blocage des usines d’armement, où 1 000 CRS avaient accueilli moins de 100 manifestant·e·s qui s’étaient déplacés au lieu des 500 participant·e·s attendu·e·s et de plusieurs milliers d’intéressé·e·s.

L’anonymat, une force pour la lutte

On sait pourtant combien Facebook est surveillé. Certain·e·s, qui y affichent toute leur vie sous leur propre identité, s’engouffrent dans ses pièges sans se poser de questions, s’inscrivent, partagent et publient des événements sous tension, annoncent des actions avant qu’elles n’aient lieu au détriment de toute discrétion et de l’effet de surprise, pourtant conditionnel à la réussite de nos actes. Cela a été le cas le 1er mai 2018 puis lors des actes II, III, IV, VI, VIII, XIII et XVIII qui ont permis d’établir un rapport de force, d’inquiéter et de fragiliser le gouvernement. Si le port d’une cagoule se révèle souvent utile dans la rue, l’anonymat est indispensable sur le Net, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’entretenir une révolte… Ainsi, déclarer participer ou être intéressé par une manifestation, à laquelle souvent on fait faux bond, alors que les forces de l’ordre ajustent leurs effectifs en fonction du nombre d’inscrits potentiels parait relever de la désinvolture, voire de l’inconscience, car attirer l’attention de la police sur un événement place sa propre personne en danger, mais également ses proches, ses camarades, les autres manifestant·e·s et fragilise de fait l’ensemble du mouvement militant. En effet, nombre d’arrestations auraient pu être évitées le 20 avril ou le 1er mai 2019 si davantage de discrétion avait entouré ces appels. Il est bon de rappeler que la spontanéité a toujours été la force du bloc et celle du mouvement des Gilets jaunes lors des premiers actes. C’est pourquoi surprendre, dérouter, se montrer insaisissable n’a jamais été autant à propos et nécessaire.

Revenir aux fondamentaux

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas d’exclure la technologie de nos outils de communication, mais d’en faire un usage intelligent et non exclusif. Il existe en effet d’autres moyens d’informer, d’échanger et de rassembler telle que la rencontre, le tractage, le bouche-à-oreille… Longtemps, les révolutions se sont faites sans le secours d’Internet, à chacun·e de se montrer créatif… Aujourd’hui, il nous incombe de nous adapter en temps réel aux stratégies policières, qui ont pour seul objectif de disloquer nos mouvements et de déjouer les pièges qu’elles nous tendent. À nous également de nous montrer offensifs pendant et hors manifestations en multipliant les actions de lutte et de résistance. Il est d’urgence de manœuvrer de manière stratégique, de ne pas se mettre en lumière (peu importe la motivation : imprudence, manque de réflexion, soucis d’égo, erreur de jeunesse ou inexpérience). Le noir est notre couleur restons lui fidèle et plaçons nos talents et nos intelligences au service de la Révolution : celle qui a pour visée de détruire le capitalisme dont les effets se révèlent chaque jour davantage plus dévastateurs.

Notes

[1] Par exemple sur cet article de Marianne

[2] Selon les chiffres communiqués par la préfecture de Paris

 

Analyse politique: La théorie identique de l’église et de l’État (Michel Bakounine)

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 10 mai 2019 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

10 mai 2019

 

« Ceux qui sont unis par une pensée vivante, par une volonté et par une grande passion communes, sont réellement frères, lors même qu’ils ne se connaissent pas. »

« Le tort de cette philosophie et de cette révolution, c’était de n’avoir pas compris que la réalisation de l’humaine fraternité était impossible, tant qu’il existerait des États, et que l’abolition réelle des classes, l’égalisation politique et sociale des individus ne deviendra possible que par l’égalisation des moyens économiques, d’éducation, d’instruction, du travail et de la vie pour tous. »

« L’État est le frère cadet de l’Église — et le patriotisme, cette vertu et ce culte de l’État, n’est qu’un reflet du culte divin. »

« La science juridique et le droit politique, comme on sait, sont issus de la théologie d’abord ; et plus tard de la métaphysique, qui n’est autre chose qu’une théologie masquée, une théologie qui a la prétention ridicule de ne point être absurde, s’est efforcée vainement de leur donner le caractère de la science. »

-[]-

Nous avons ce texte de Bakounine datant de 1869 sous le coude depuis un bon moment et hésitions à le publier, essentiellement à cause d’une certaine approche anthropologique erronée des origines de l’humain qu’il énonce en 3ème partie de ce texte. Cependant, nous reconnaissons que Bakounine n’avait pour étayer sa position que la connaissance du moment c’est à dire la fraîchement émoulue théorie darwinienne et une connaissance archéo-anthropologique des plus rudimentaire en opposition au créationisme qui tenait jusqu’ici la corde par défaut. Il pêchait donc par défaut d’information et ne pouvait mieux dire en l’état des connaissances scientifiques de l’époque. Rappelons ici que l’archéologie et l’anthropologie sont des sciences récentes…

Nous mettons sous le lien du texte de Bakounine dont Jo nous a fait un très beau pdf, quelques textes complémentaires pour mieux comprendre les progrès effectués dans la connaissance de notre évolution depuis le paléolithique (âge de la pierre taillée) jusqu’à nos jours et en quoi cela est important de connaître: quand on prend la peine de se pencher sur les trouvailles récentes de l’archéologie et de l’anthropologie (qui se nourrissent l’une de l’autre, sont très complémentaires entre elles déjà ,  mais aussi avec la recherche plus large qu’est « l’histoire »…).

Pour comprendre le présent et anticiper l’avenir, nous nous devons de connaître les origines de l’humain et de nos sociétés. Il est important de comprendre POURQUOI le modèle d’organisation de la société humaine proposée depuis des siècles n’est ni la panacée, ni immuable, ni inéluctable. Comme nos anciens, nous avons des choix possibles et surtout UN choix pour revenir vers notre humanité vraie, fourvoyée depuis quelques milliers d’années (sur les 1,8 millions d’années d’existence de l’être humain sous sa forme Homo erectus…).

Bonne lecture !

Notre page « Anthropologie politique »

 

 

Michel_Bakounine_La_theorie_identique_de_leglise_et_de_letat
(Version PDF)

 

Lectures complémentaires:

La Bible Déterrée Israel Finkelstein

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Marshall-Sahlins-La-nature-humaine-une-illusion-occidentale-2008

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés
(notre manifeste contient un condensé de l’histoire de l’humanité fondé sur les plus récentes données issues de la recherche archéologique et anthropologique…)

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine 
(ce texte est l’anti-poison contre le darwinisme social toujours en vigueur aujourd’hui et sur lequel se fonde la théorie de la domination oligarchique…)

40ans_Hommage_Pierre_Clastres

Le_mythe_biblique_ashraf_ezzat

Clastres_Préface_Sahlins

On a retrouvé l’histoire de france (Jean Paul Demoule)

Le_Défi_Celtique_Alain_Guillerm

 

 

Gilets Jaunes !… D’autres combattants pour l’émancipation périssent, solidarité internationale suite au communiqué sur l’assassinat de membres du CNI au Mexique… (EZLN)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, France et colonialisme, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 7 mai 2019 by Résistance 71

En accord avec le Réseau de Résistance et de Rébellion International (3RI) mis en place par les Zapatista du Chiapas, nous réitérons ce que nous avons dit à maintes reprises:

« L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais ! »

Gilets Jaunes, Zapatistes du Chiapas, Communes Libres d’Oaxaca et du Rojava, peuple de Zomia, Palestiniens, peuples africains opprimés, Amérindiens, Kanaks, Aborigènes d’Australie, Maoris et tous les peuples colonisésMême combat !

Parce que nous sommes tous colonisés!

Lâchons prise des antagonismes induits et mettons en place la société des sociétés, celle des communes libres confédérées ayant abandonné la dictature étatico-marchande pour enfin devenir une humanité achevée, non aliénée, émancipée du chaos de la division.

~ Résistance 71 ~

 

 

Communiqué du CNI-CIG et de l’EZLN sur le lâche enlèvement et l’assassinat de compañeros du conseil populaire indigène Emiliano Zapata de la province mexicaine de Guerrero

 

EZLN, CNI, CGI

 

6 mai 2019

 

Source:

http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2019/05/05/communique-from-the-cni-cig-and-the-ezln-on-the-cowardly-kidnapping-and-murder-of-companeros-from-the-emiliano-zapata-popular-indigenous-council-of-guerrero-2/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+EnlaceZapatista+%28Enlace+Zapatista%29

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le Congrès National Indigène (CNI), le Conseil de Gouvernement Indigène (CGI) et l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) condamnent avec rage et douleur l’enlèvement et les assassinats de José Lucio Bartolo Faustino, membre du CGI de la communauté indigène Nahua de Xicotlán et de Modesto Verales Sebastián, délégué du CNI de Nahua. Tous deux faisaient partie du Conseil Indigène Populaire Emiliano Zapata qui est membre du CNI-CGI. Le crime a été commis par des groupes paramilitaires du cartel de la drogue qui opèrent depuis la municipalité de Chilapa de Alvarez et qui sont protégés par l’armée mexicaine ainsi que par les polices municipales et d’état.

Le 4 mai à 15H00, nos compañeros étaient à une réunion avec d’autres membres des conseils à Chilpancingo, Guerrero. Sur le chemin du retour vers leur communauté, ils furent enlevés et assassinés par ces groupes liés au narco-trafic qui agissent en toute impunité et sous la totale protection du mauvais gouvernement qui prétend adresser les demandes de sécurité et de justice des communautés indigènes. Ces communautés dénoncent depuis bien longtemps la manière dont le criminel Celso Ortega exerce et déchaîne la violence contre elles. Il convient de dire que les communautés ont depuis des années organisés leur propre police afin de pouvoir résister à la violence, l’extorsion, les menaces et la culture de la drogue qui sont imposés par deux entités criminelles dans la région de Los Ardillos et de Los Rojos. Ces deux groupes narco-criminels contrôlent les présidences des conseils municipaux de toute la région et sont protégés à la fois par l’armée mexicaine et les polices municipales et fédérales. A un moment ils parvinrent même à faire élire un de leurs leaders comme président du congrès de l’état de Guerrero.

Nous tenons pour responsables les trois niveaux de mauvais gouvernement pour ce crime lâche et odieux car ils sont coupables d’avoir réprimé notre peuple dans l’organisation de la défense de ses territoires. Nous tenons aussi pour responsable le mauvais gouvernement pour la sécurité de nos frères et sœurs des conseils indigènes.

En tant que CNI-CGI et EZLN nous envoyons toutes nos condoléances et notre solidarité vers les familles des compañeros assassinés et nous partageons avec elles la motivation de continuer sur la voie de l’autonomie et de la dignité que nos compagnons assassinés ont si vaillamment représentées. Ils sont des exemples pour toutes et tous.

Nous dénonçons sans réserve aucune l’intensification de la répression néolibérale contre les peuples, nations et tribus originels qui ne consentent en rien à ce projet de mort dans l’état de Guerrero et de fait dans tout le Mexique, ainsi que la violence utilisée pour nous imposer ces projets et la répression, les enlèvements, les disparitions et les assassinats de ceux d’entre nous qui ont décidé de semer les graines d’un nouveau monde depuis les espaces géographiques indigènes que nous sommes et où nous vivons.

Nous demandons justice pour nos compañeros

Dans l’attente…

Mai 2019

Pour la totale reconstructions de nos peuples

Plus jamais un Mexique sans nous

National Indigenous Congress

Indigenous Governing Council

Zapatista Army for National Liberation

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