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« Kill Shot », l’injection tueuse… Ce que nous savons (transcription / traduction vidéo par Résistance 71 )

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerres hégémoniques, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 15 octobre 2021 by Résistance 71

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L’injection tueuse (transcription / traduction vidéo)

Greg Reese

13 octobre 2021

url de l’article original :
https://banned.video/watch?id=6166ea821648ca3e25181fa3

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

NdT : nous mettons le lien vers la vidéo sous la traduction de la transcription. Aucun problème pour se servir de notre traduction pour faire les sous-titres à cette video courte et essentielle.

22 mois après le début du COVID, nous avons toutes les informations nécessaires, nous savons qu’Antony Fauci, patron de l’institut de santé fédéral (NHI) a fait tout cela déjà dans les années 80 avec le virus VIH, l’AZT et le SIDA ; qu’il a travaillé avec le NIH en collaboration avec la Chine communiste pour créer un virus très contagieux depuis la chauve-souris au laboratoire de Wuhan. 

Nous savons que le test PCR fut utilisé pour créer un flot de faux positifs et ainsi pousser à l’autorisation d’un “vaccin” d’urgence.

Nous savons que ces “vaccins anti-COVID” ne sont pas des vaccins mais une haute technologie ARNm et qu’ils ont lamentablement échoué les tests animaliers. Il s’agit d’une thérapie génique pour laquelle bien des scientifiques nous ont averti qu’elle nous tuerait en disséminant la protéine spike dans le corps. Nous savons que peu importe la dangerosité de ces injections, les entreprises pharmaceutiques qui les commercialisent ne seront aucunement tenues responsables. Tout cela est pris en charge par l’argent du contribuable. 

Nous savons que les ingrédients qui les composent sont un grand secret et qu’ils ne veulent pas que vous sachiez ce qu’il y a dedans. Nous savons que certaines personnes reçoivent des placebo de solution saline. Nous apprenons seulement maintenant ce que ces injections expérimentales font en réalité. Un laboratoire de l’Ohio décrit comment ces injections créent de très sérieuses perturbations du système immunitaire, qu’elles étouffent la production de leucocytes (cellules de défense, globules blancs), ce qui handicape grandement le système immunitaire ; ce qui a pour résultat l’augmentation du nombre de maladies auto-immunes et de cancers. Après la réception de la seconde injection, le système immunitaire continue de dépérir. D’après un immunologue conseiller de ce programme, vous avez besoin maintenant du “booster shot” ou de la piqûre de rappel parce que les deux précédentes injections vous ont détruit votre système immunitaire, la recherche montre que ces injections génèrent de sévères mutations dans tout le corps, là où le récipient est le plus vulnérable. 

Nous savons que ces injections sont contaminées avec des objets divers qui apparaissent se transformant en d’autres objets ; dans quel but ? Nous ne le savons pas. Mais ce que nous savons, c’est que nos gouvernements avec la complicité des médias, bloquent l’information sur des traitements existant de la maladie qui sauveraient des vies, les conservant pour eux-mêmes, tout en poussant la piqûre tueuse sur le public, créant ainsi au passage une société de la ségrégation. 

Nous savons et ce sans l’ombre d’un doute que ces injections ARNm tuent les gens. Alors que certaines personnes peuvent avoir de la chance en recevant un placebo de solution saline, un bon nombre de personnes a son système immunitaire sens dessus-dessous. 

Nous savons tout cela parce qu’à ce jour, les preuves sont partout et fracassantes et nous savons aussi que ce sont les grandes banques qui dirigent cette vaste opération afin de mettre en place leur “Grande Réinitialisation” qu’ils affirment être une utopie transhumaniste, une cure au changement climatique, mais qui sait ? Ce que nous savons intrinsèquement, c’est que nous nous devons de les arrêter. 

Pour InfoWars.Com, je suis Greg Reese.

(reesereport.com)

url de la video: “Kill Shot” de Greg Reese

https://banned.video/watch?id=6166ea821648ca3e25181fa3

Very important testimony from Israël: “Comment le ministère de la santé israélien a supprimé des milliers de témoignages sur les effets adverses des injections ARNm (Avi Barak média)

Voir notre page : “Coronavirus, guerre contre l’humanité”

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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Piqûre de rappel : Il n’y a pas de solution au sein du système et ne saurait y en avoir (Résistance 71)

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Résistance 71

13 octobre 2021

La crise COVID19 fabriquée qui englobe le monde depuis le début de 2020 doit être vue et analysée comme étant un autre évènement factice nécessaire à la marche toujours plus avant vers sa perte finale du système étatico-capitaliste et de sa dictature technotronique marchande qui ne fait qu’empirer et ne fera qu’empirer (si nous les laissons faire), parce que seul chemin vers la perdition finale de ce système qui essaie de muter une énième fois. L’oligarchie sait parfaitement que la fin est proche, que leur système est au bout du bout du banc et qu’il doit muter pour survivre ne pouvant se reproduire et se perpétrer en son état actuel. Pour se faire, elle doit accélérer tous les processus menant au « nouveau monde » au « nouvel ordre mondial » ou « grande réinitialisation ». Elle ne peut plus que passer en force ses mesures eugénistes de dépopulation, qui maximiseront le nouveau paradigme oligarchique post-étatique et post-capitaliste. La crise COVID19 et ses mensonges sont le passage obligé, la passerelle vers leur monde chimérique déshumanisé de l’ignominie transhumaniste, le but ultime pour les quelques ceux de tout en haut de la pyramide étant la fontaine de jouvence cybernétique, l’immortalité dans la fusion homme-machine au plus haut niveau technologique. Le rêve du petit nombre est le cauchemar de plus grand.
Ils ne s’arrêteront pas en chemin. Ils ne peuvent plus, ils pousseront leur délire jusqu’au bout et, si nous les laissons faire, le futur verra l’annihilation de près de sept milliards et demi de personnes pour satisfaire la vision néo-malthusienne transhumaniste d’une clique de frapadingues psychopathes. La terreur sanitaire est pas à pas mise en place pour technotroniquement contrôler la masse humaine et la mener à l’abattoir.
La question est et demeurera : jusqu’à quand l’humanité sera t’elle dupe et les laissera mettre leur plan en application. Quand assez est-il vraiment assez ?

De fait, il suffit de dire NON ! en masse et tout s’arrête, en gardant toujours présent à l’esprit ceci :

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Et aussi:

Résistance 71 et dictature COVID19

Recadrage

Casser la Gaulois Réfractaire pour assujettir le vieux monde

L’essentiel de Résistance 71 (2010-2021 (PDF)

constatA

demainbienpire

Et pendant ce temps là… L’état français oppresseur et exploiteur continue le grand cirque colonial… (RT)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, colonialisme, crise mondiale, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 12 octobre 2021 by Résistance 71

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Il est intéressant de constater la similitude des propos de Kemi Seba avec ceux notamment des Amérindiens fustigeant les “Indiens de fort” bouffant au râtelier du système colonial et manipulés systématiquement par les exécuteurs des basses œuvres de la tyrannie étatico-marchande.
Toutes ces analyses et luttes convergent parce que de fait et y compris les peuples occidentaux… Nous sommes tous des colonisés !
~ Résistance 71 ~

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Kemi Seba fustige le sommet France-Afrique : “Vous vous êtes faits berner !”

RT France

10 octobre 2021

url de l’article original:
https://francais.rt.com/international/91506-vous-vous-etes-fait-berner-kemi-seba-fustige-tenue-sommet-afrique-france

Pour l’activiste Kémi Séba, le sommet Afrique-France tient davantage de l’opération de communication que d’un changement dans «l’oligarchie française», toujours désireuse de dominer l’Afrique. Désormais en cooptant la société civile. « »C’est bon [Emmanuel] Macron nous a écoutés, il a dit qu’il va changer ». Vous en êtes encore là au 21e siècle ?» : le militant panafricaniste Kémi Séba a livré une analyse sans concessions du sommet France-Afrique qui s’est tenu à Montpellier du 7 au 9 octobre, expliquant qu’il n’y voyait qu’une stratégie d’Emmanuel Macron et de «l’oligarchie française» pour asseoir leur domination sur le continent africain. «A la fin de la discussion qu’est-ce qui a été dit ? « Je vous ai compris, on va essayer de faire mieux, on repart sur de nouvelles bases ». L’agenda du néolibéralisme français qui est de maintenir son rapport avec l’Afrique, maintenir son rapport de domination, est parfaitement rempli. A la fin de la journée, il vous a entendu vous plaindre, mais au regard de l’histoire, vous aurez participé à un sommet qui veut la reformulation de la Françafrique», a déploré Kémi Séba dans un vidéo diffusée sur son compte Facebook le 9 octobre.

Pour le militant panafricaniste, la rencontre avait en effet avant tout une vocation de communication, sans chercher à provoquer de véritables changements en profondeur : «Croyez bien que les multinationales ne vont pas changer, que le pillage des matières premières ne va pas changer, que l’Eco [monnaie à parité fixe avec l’Euro, qui est appelée à devenir la monnaie unique des Etats de la Cédéao en remplacement du franc CFA] ne va pas changer parce que ça bénéficie aux entreprises françaises.» Vous vous êtes faits berner. […] Vous avez simplement fait partie du décor et vous n’avez en aucun cas été des acteurs Au-delà de cet effet de manche, ce sommet sans dirigeants africains mais où les participants venaient de la société civile avait également pour but, selon Kémi Séba, d’entériner une nouvelle approche de «l’oligarchie française» vis-à-vis de l’Afrique. «La Françafrique au 21e siècle ne sera pas la Françafrique des papas dictateurs avec l’oligarchie française, la Françafrique au 21e siècle sera dans une dynamique néolibérale globalisée, sera – un peu similaire avec ce qui se fait avec George Soros – l’accointance de l’oligarchie française avec les sociétés civiles africaines, qui seront cooptées», a-t-il ainsi poursuivi.  «Vous vous êtes fait berner. […] Vous avez simplement fait partie du décor et vous n’avez en aucun cas été des acteurs», a conclu l’activiste à l’attention des participants, mus selon lui par une volonté de reconnaissance de la part des autorités françaises. Et à ceux qui interprètent la virulence de ses critiques comme une réaction à l’absence de son mouvement à l’événement, Kémi Séba de dégainer : «Si on voulait participer à un sommet torchon comme ça, ça fait longtemps qu’on l’aurait dit. Avec l’audience qu’on a, on aurait été audibles depuis longtemps. Mais moi je ne parle pas avec quelqu’un qui bat ma mère [l’Afrique] pendant tant d’années […], qui la viole, la pille, la dépouille. Et qui ne doit son pouvoir qu’à la manière dont il a dépouillé la terre-mère.» L’Arena de Montpellier a accueilli 3 000 invités pour ce sommet Afrique-France, où se sont succédé des tables rondes et des rencontres entre membres des sociétés civiles africaine et française ainsi que de la diaspora. Quatre ans après le discours de Ouagadougou d’Emmanuel Macron, l’Elysée a soutenu que l’objectif de l’événement était «d’écouter la parole de la jeunesse africaine» et de «sortir des formules et réseaux obsolètes», vantant son format «inédit», puisqu’aucun chef d’Etat africain n’était invité.

Lire nos pages :

Colonialisme et luttes indigènes

Réseau de Résistance et de Rébellion International

Afrique société et anarchisme

Palresistance

TS

AIM_WS
Union dans la lutte contre la tyrannie et l’imposture étatico-marchandes

COVIDLAND : le documentaire en 5 parties sur l’escroquerie planétaire de la crise fabriquée de toute pièce du SRAS-CoV-2 ~ 1ère partie : le confinement ~ (Vidéo)

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Résistance 71

10 octobre 2021

Voici la première partie d’un documentaire en 5 parties réalisé par l’équipe d’InfoWars et Alex Jones : COVIDLAND: le confinement

1,8 millions de vues en à peine 48 heures. Durée: 1h48
Nous l’avons visionné, si nous n’avons rien appris d’essentiel que nous ne savions déjà, ce documentaire  est très bien réalisé avec des intervenants de qualité.
Nous espérons, qu’il sera sous-titré en français au plus tôt et diffusé au grand large de la francophonie.
Il en vaut la peine. Pour ceux qui comprennent l’anglais…

Le documentaire en anglais:

https://freeworldnews.tv/watch?id=615f96b3aa816336dbd21792

La seconde partie concernera les masques, à suivre donc…

A lire, notre page « Coronavirus, guerre contre l’humanité »

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Taoïsme et anarchie : vagabondages sans but, un chemin

Posted in actualité, chine colonialisme, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 9 octobre 2021 by Résistance 71

“La voie qui peut être exprimée par la parole n’est pas la voie éternelle ; le nom qui peut être nommé n’est pas le Nom Eternel. L’être sans nom est l’origine du ciel et de la terre ; avec un nom, il est l’origine de toutes les choses.”

“Revenir à son origine s’appelle être au repos. Être au repos s’appelle revenir à la vie. Revenir à la vie s’appelle être constant.”

~ Lao Tseu, Tao Te King, I, c. VIème s. AEC ~

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Taoïsme : Extraits et introduction à l’œuvre de Tchouang-Tseu

Compilation de Résistance 71 depuis la traduction de l’UNESCO, 1969

Octobre 2021

NdR71 : Lisez Tchouang-tseu et son narratif des interventions et conseils de Lao-Tan / Lao-tseu à Confucius ainsi que son analyse historique de la société humaine plus de 2000 ans avant Pierre Clastres et l’anthropologie politique. Certains passages peuvent-être DIRECTEMENT appliqués à ce que nous vivons aujourd’hui. Effarant d’actualité et lumineux de profond bon sens. La sagesse est universelle et fait fi des facteurs spatio-temporels. Lao-tseu, Tchouang-tseu sont dans la lignée des pré-socratiques par delà les mers et les continents, le temps et les contingences. A lire et diffuser sans modération. Ces penseurs sont l’antidote absolu contre la connerie humaine et leurs écrits sont parties intégrantes du patrimoine spirituel de l’humanité… Ils doivent être (re)lus de toute urgence…

Le texte complet en français “Nan Hoa Chen King”, Chouang-tseu œuvre complète en format PDF, il est constitué de 33 chapitres alternant les anecdotes, les paraboles, les allégories et le narratif philosophique sur le Tao, son principe, la nature et la gestion des affaires humaines en accord avec le principe. Une foule de personnages rend le narratif passionnant parfois truculent. En cela, le Tchouang-tseu est plus agréable à lire que le Tao Te King de Lao-tseu, plus court, plus dense, ce sont deux grands ouvrages taoïstes totalement complémentaires, devenus de grands monuments de la pensée humaine. A rapprocher des “fragments” pré-socratiques (Vème s. AEC), seuls équivalents en provenance d’occident.

Tchouang-Tseu: vers 369 – 286 AEC (pour donner un ordre d’idée, Tchouang-tseu a vécu dans la période où le Gaulois Brennos conquît Rome, près de 3 siècles avant la conquête de la Gaule par Jules César). Issu de la caste marchande de la production de laque, il en partit pour vivre dans l’errance et  la pauvreté. Il est postérieur à Lao Tseu qui écrivit le Tao Te King, il est le dernier grand penseur et praticien du taoïsme de l’antiquité.

La pensée de Tchouang-Tseu prône la recherche du bonheur primitif de l’humanité, ce bonheur universel en harmonie avec le tao régissant l’univers. Le message de Tchouang-Tseu est distillé au fil de son œuvre au moyen d’histoires courtes et d’anecdotes mettant en scène des situations où sont décrits la vertu et le non-agir propre à la voie taoïste de la recherche de l’harmonie perdue.

Extraits de l’œuvre :

Ciel et Terre

[…] Qui saisit l’unité originelle réussit dans toutes ses entreprises ; qui est sans préjugé obtient la soumission des mânes et des esprits.

Le sage dit : “Le tao recouvre et soutient tous les êtres.” Infinie est sa grandeur ! Le sage doit faire table rase de son esprit pour le comprendre : pratiquer le non-agir, voilà le ciel, exprimer le sans-parole, voilà la vertu. Aimer les Hommes et être bon envers les êtres ; voilà la bonté. Considérer comme identiques les différences, voilà la grandeur. Ne se montrer ni hautain ni excentrique, voilà la largeur d’esprit. Embrasser la variété des différences, voilà la richesse. S’attacher à la vertu voilà la règle.

[…] L’homme vertueux chevauche la lumière dans laquelle il s’anéantit avec son corps. On dit que son rayonnement éclaire l’immensité. Il va jusqu’au bout de son destin et de ses possibilités. L’univers entier en est rempli de bonheur, toutes les préoccupations du monde disparaissent et tous les êtres retrouvent leur nature originelle. Cela s’appelle s’identifier avec l’indistinction primordiale.

[…] Qui reconnaît son ignorance n’est pas un grand ignorant ; qui reconnaît son égarement n’est pas un grand égaré. Un grand égaré ne prend jamais conscience de son égarement ; un grand ignorant ne prend jamais conscience de son ignorance.

[…]

La voie du ciel

Qu’il est tranquille l’esprit du sage ! Il est le miroir de l’univers et de tous les êtres. Le vide, la tranquillité, le détachement, l’insipidité, le silence, le non-agir, sont le niveau de l’équilibre de l’univers, la perfection de la voie et de la vertu. Le sage demeure toujours en repos. Ce repos conduit au vide, un vide qui est plénitude, une plénitude qui est totalité. Ce vide confère à l’âme une tranquillité qui fait que toute action accomplie est efficace. Qui garde sa tranquillité n’agit pas. Il laisse ce soin à ceux qui reçoivent mission d’agir. […] Ceci constitue le principe de tous les êtres.

[…] Qui comprend la vertu du ciel et de la terre est censé retrouver le principe premier. Celui-là participe à l’harmonie du ciel. Qui fait régner la paix du monde participe à l’harmonie des hommes, celui-là éprouve la joie des hommes. Qui participe à l’harmonie du ciel partage la joie du ciel

Joie suprême

[…] La vie d’un homme s’accompagne dès la naissance, de soucis de toute espèce  ; s’il vit longtemps, il tombe dans l’abrutissement et finit par se soucier de ne pas mourir. Combien cette condition est misérable et s’éloigne du bien-être du corps.

[…] Dans le non-agir selon moi, réside la vraie joie. […] Le vrai et le faux ici-bas ne sauraient être définis, mais le non-agir permet de déterminer le vrai du faux. Si la joie suprême est de faire la personne, seul le non-agir conserve l’existence. Le ciel n’agit pas, d’où sa limpidité ; la terre n’agit pas, d’où sa stabilité. Ainsi les deux s’accordent pour ne pas agir et cependant par eux, toutes choses se transforment et se produisent.

[…]

La femme de Tchouang-Tseu étant morte, Houei-tseu s’en fut lui offrir ses condoléances. Il trouva Tchouang-tseu assis les jambes écartées, chantant et battant la mesure sur une écuelle. Houei-tseu lui dit : “Que vous ne pleuriez pas la mort de celle qui fut la compagne de votre vie et qui éleva vos enfants, c’est déjà assez, mais que vous chantiez en battant l’écuelle, c’est trop fort !”

“Pas du tout, dit Tchouang-tseu. Au moment de sa mort, je fus naturellement affecté un instant, mais réfléchissant sur le commencement, je découvris qu’à l’origine elle n’avait pas de vie ; non seulement elle n’avait pas de vie, mais pas même de forme, non seulement pas de forme, mais même pas de souffle. Quelque chose de fuyant et d’insaisissable se transforme en souffle, le souffle en forme, la forme en vie et maintenant voici que la vie se transforme en mort. Tout cela ressemble à la succession des quatre saisons de l’année. En ce moment, ma femme est couchée tranquillement dans la Grande Maison (NdR71: le ciel et la terre protecteur de l’être). Si je me lamentais en sanglotant bruyamment, cela signifierait que je ne comprends pas le cours du destin. C’est pourquoi je m’abstiens.”

[…] La vie n’est qu’un emprunt ; c’est par cet emprunt qu’on naît La vie n’est que poussière et ordure. La mort et la vie se succèdent comme le jour et la nuit. D’ailleurs toi et moi sommes ici à contempler un exemple de transformation. Si la transformation me saisit pourquoi en aurais-je horreur ?

[…]

Avoir une pleine compréhension de la vie

Celui qui comprend vraiment la vie ne se préoccupe pas de ce sur quoi sa vie ne peut rien faire : celui qui comprend vraiment le Destin ne se préoccupe pas de ce que son intelligence ne peut rien faire.

[…] “N’avez-vous jamais entendu parler du comportement de l’homme parfait ? demanda maître Pien. L’homme parfait oublie qu’il a un foie et une vésicule biliaire, ne se soucie ni de ses oreilles, ni de ses yeux ; il se promène sans but en dehors du monde poussiéreux et trouve sa liberté dans la pratique du non-agir. Cela veut dire qu’il agit sans rien attendre et guide les hommes sans les contraindre…”

===

Qu’est ce que ces Hommes Vrais ?.. Les Hommes Vrais de l’antiquité se laissaient conseiller même par des minorités. Ils ne recherchaient aucune gloire, ni militaire, ni politique. Leurs insuccès ne les chagrinaient pas, leurs succès ne les enflaient pas. Aucune hauteur ne leur donnait le vertige. L’eau ne les mouillait pas, le feu ne les brûlait pas ; parce qu’ils s’étaient élevés jusqu’aux régions sublimes du Principe. — Les Hommes Vrais anciens, n’étaient troublés par aucun rêve durant leur sommeil, par aucune tristesse durant leur veille. Le raffinement dans les aliments leur était inconnu. Leur respiration calme et profonde pénétrait leur organisme jusqu’aux talons ; tandis que le vulgaire respire du gosier seulement, comme le prouvent les spasmes de la glotte de ceux qui se disputent ; plus un homme est passionné, plus sa respiration est superficielle. — Les Hommes Vrais anciens ignoraient l’amour de la vie et l’horreur de la mort. Leur entrée en scène, dans la vie, ne leur causait aucune joie ; leur rentrée dans les coulisses, à la mort, ne leur causait aucune horreur. Calmes ils venaient, calmes ils partaient, doucement, sans secousse, comme en planant. Se souvenant seulement de leur dernier commencement (naissance), ils ne se préoccupaient pas de leur prochaine fin (mort). Ils aimaient cette vie tant qu’elle durait, et l’oubliaient au départ pour une autre vie, à la mort. Ainsi leurs sentiments humains ne contrecarraient pas le Principe en eux ; l’humain en eux ne gérait pas le céleste. Tels étaient les Hommes Vrais.

Alors pourquoi haïrais-je la mort, le commencement de mon prochain contentement ? Le Sage s’attache au tout dont il fait partie, qui le contient, dans lequel il évolue. S’abandonnant au fil de cette évolution, il sourit à la mort prématurée, il sourit à l’âge suranné, il sourit au commencement, il sourit à la fin ; il sourit et veut qu’on sourie à toutes les vicissitudes. Car il sait que tous les êtres font partie du tout qui évolue.

~ Tchouang-tseu, le principe, Œuvre ~

La nature régit le monde. Par l’effet de cette nature, les êtres courbes sont devenus tels, sans intervention du quart de cercle ; les êtres droits, sans qu’on ait employé la ligne ; les ronds et les carrés, sans le compas et l’équerre. Tout se tient dans la nature, sans liens, sans colle, sans vernis. Tout devient, sans violence, par suite d’une sorte d’appel ou d’attraction irrésistible. Les êtres ne se rendent pas compte du pourquoi de leur devenir ; ils se développent sans savoir comment ; la norme de leur devenir et de leur développement étant intrinsèque. Il en fut ainsi de tout temps ; il en est encore ainsi ; c’est une loi invariable. Alors pourquoi prétendre ficeler les hommes et les attacher les uns aux autres, par des liens factices de bonté et d’équité, par les rites et la musique, cordes colle et vernis des philosophes politiciens ? Pourquoi ne pas les laisser suivre leur nature ? Pourquoi vouloir leur faire oublier cette nature ?…

~ Tchouang-tseu, Œuvre, chapitre 8 ~

Dans l’être qui naît, certaines lignes déterminées spécifient sa forme corporelle. Dans cette forme corporelle est renfermé le principe vital. Chaque être a sa manière de faire, qui constitue sa nature propre. C’est ainsi que les êtres descendent du Principe. Ils y remontent, par la culture taoïste mentale et morale, qui ramène la nature individuelle à la conformité avec la vertu agissante universelle, et l’être particulier à l’union avec le Principe primordial, le grand Vide, le grand Tout. Ce retour, cette union, se font, non par action, mais par cessation. Tel un oiseau, qui, fermant son bec, cesse son chant, se tait. Fusion silencieuse avec le ciel et la terre, dans une apathie qui paraît stupide à ceux qui n’y entendent rien, mais qui est en réalité vertu mystique, communion à l’évolution cosmique.”

~ Tchouang-tseu, Œuvre, chapitre 12 ~

“Lao-tzeu dit : Infini en lui-même, le Principe pénètre par sa vertu les plus petits des êtres. Tous sont pleins de lui. Immensité quant à son extension, abîme quant à sa profondeur, il embrasse tout et n’a pas de fond. Tous les êtres sensibles et leurs qualités, toutes les abstractions comme la bonté et l’équité sont des ramifications du Principe, mais dérivées, lointaines. C’est ce que le sur-homme seul comprend ; Confucius, Sage vulgaire, s’est trompé sur ce point. Aussi, quand il gouverne, le sur-homme ne s’embarrasse pas dans ces détails, et par suite le gouvernement du monde n’est pour lui qu’un poids léger. Il ne s’occupe que du manche (la barre du gouvernail), et se garde d’entrer en contact avec les affaires. De haut son coup d’œil domine tout. Aucun intérêt particulier ne le touche. Il ne s’enquiert que de l’essence des choses. Il laisse faire le ciel et la terre, il laisse aller tous les êtres, sans la moindre fatigue d’esprit, puisqu’il est sans passion. Ayant pénétré jusqu’au Principe et identifié son action avec la sienne, il rejette la bonté et l’équité artificielles, les rites et la musique conventionnels. Car l’esprit du sur-homme est dominé par une idée unique et fixe, ne pas intervenir, laisser agir la nature et le temps.”

~ Tchouang-tseu, Œuvre, chapitre 13 ~

La leçon de Lao-Tan à Confucius :

“Une autre fois, Confucius ayant visité Lao-tan, lui exposa ses idées sur la bonté et l’équité. Ecoutez, lui dit celui-ci, les vanneurs n’y voient pas, à force de poussière ; quand les moustiques sont légion, impossible de reposer. Vos discours sur la bonté et l’équité me produisent un effet analogue ; j’en suis aveuglé, affolé. Allons ! laissez les gens tranquilles ! Croyez ce que vous voudrez, en théorie ; mais pratiquement, pliez au vent, acceptez les changements survenus dans le monde, ne battez pas la caisse pour rappeler le fils évadé (ce qui reste de l’antiquité ; comparez chapitre 13 E). Les oies sauvages sont naturellement blanches, les corbeaux sont naturellement noirs ; aucune dissertation ne changera rien à ce fait. Il en est de même des temps successifs, et des hommes de ces temps. Vos discours ne feront pas, des corbeaux d’aujourd’hui, des oies d’antan. Vous ne sauverez pas ce qui reste du monde antique ; son heure est venue. Quand les eaux se dessèchent, les poissons s’amassent dans les trous, et cherchent à sauver leur vie, en s’enduisant mutuellement des viscosités qui les couvrent. Pauvre expédient ! Ils auraient dû se disperser à temps, et gagner les eaux profondes. — Après cette visite, Confucius resta trois jours sans parler. Ses disciples lui demandèrent enfin : Maître, comment avez vous réfuté Lao-tan ? — En la personne de cet homme, j’ai vu le dragon, dit Confucius. Le dragon se replie visible, puis s’étend invisible, produisant le temps couvert ou le temps serein, sans que personne comprenne rien à sa puissante mais mystérieuse action. Je suis resté bouche bée devant cet homme insaisissable. Il est de trop forte envergure pour moi. Que pouvais-je dire pour le réfuter ?

Confucius dit à Lao-tan : J’ai donné mes soins aux Odes, aux Annales, aux Rites et à la Musique, aux Mutations, à la Chronique. Je me suis appliqué longtemps à l’étude de ces six traités, et me les suis rendus familiers. J’ai parlé devant soixante-douze princes déréglés, leur exposant les principes des anciens souverains, des ducs de Tcheou et de Chao, pour leur amendement. Aucun d’eux n’a profité de mes discours. C’est difficile de persuader pareilles gens ! — Quel bonheur ! dit Lao-tzeu, qu’aucun d’eux ne vous ait écouté ! S’ils l’avaient fait, ils seraient devenus pires. Vos six traités, ce sont des vieilleries, récits de faits qui sont arrivés dans des circonstances qui ne sont plus, de gestes qui seraient déplacés dans les circonstances actuelles. Que déduire de l’empreinte d’un pied, sinon qu’elle a été faite par un pied ? Qui ? pourquoi ? comment ? et autres circonstances, l’empreinte est muette sur tout cela. Il en est de même des empreintes laissées par les faits dans l’histoire ; elles ne nous apprennent pas la réalité telle qu’elle fut, vivante et vraie. — Chaque temps a sa nature, comme chaque être a la sienne ; nature à laquelle rien ne peut être changé. Les hérons se fécondent en se regardant, certains insectes en bourdonnant, d’autres sont hermaphrodites, d’autres font autrement. Il n’y a qu’à les laisser faire, chaque espèce d’après sa nature. La nature ne se modifie pas, le destin ne se change pas, le temps ne peut être arrêté, l’évolution ne peut être obstruée. Laissez tout aller son cours naturel, et vous n’aurez que des succès : allez à l’encontre, et vous n’aurez que des insuccès. — Confucius se confina chez lui durant trois mois, pour méditer cette leçon. Au bout de ce temps, il alla trouver Lao-tzeu. J’y suis maintenant, lui dit-il. Les corbeaux et les pies couvent, les poissons imprègnent leur frai, le sphex naît par transformation d’une araignée ; les hommes ont des enfants successifs, la naissance de chaque cadet faisant pleurer l’aîné. Voilà longtemps que moi K’iou je me tenais à l’écart de l’évolution naturelle, ou tentais même de la faire revenir en arrière. C’est pour cela que je n’ai pas réussi à faire évoluer l’humanité. — Bien ! dit Lao-tzeu. Maintenant, K’iou, tu as trouvé la clef.

~ Tchouang-tseu, Œuvre, chapitre 14 ~

Pierre Clastres et l’anthropologie politique moderne résumés plus de 2000 ans avant leur formulation…

Tout au commencement, les hommes étaient simples, comme la nature à ses débuts. Alors aucun trouble dans les mouvements naturels, aucun désordre venant des forces physiques. Le cours des saisons était régulier, aucun être ne souffrait, pas de morts prématurées, ni théories ni sciences. Ce fut l’âge de la parfaite unité et union, de l’homme avec la nature et des hommes entre eux. Personne n’intervenait dans l’ordre naturel. Tout suivait son cours spontanément. — Cependant la décadence vint. Elle commença par les institutions de Soei-jenn et de Fou-hi (production artificielle du feu, lois du mariage et de la famille), qui parurent un progrès, mais inaugurèrent la ruine de la simplicité et de la promiscuité premières. La décadence s’accentua au temps de Chenn-noung et de Hoang-ti (abandon de la vie nomade, agriculture, formation de l’État), le bien-être augmentant, mais aux dépens de la spontanéité ancienne. Elle s’accentua bien davantage, quand Yao et Chounn, régnant, introduisirent l’amendement systématique (par les lois et les écoles), la pratique obligatoire d’un soi-disant bien conventionnel. C’en fut fait des mœurs primitives. Depuis lors les hommes substituèrent leurs théories à l’instinct inné, et la paix disparut de l’empire. Enfin le progrès des lettres et des sciences, acheva d’éteindre ce qui restait de la simplicité naturelle, et remplit les esprits de distractions. Aussi tout n’est plus que désordre et perversion.

~ Tchouang-tseu, Œuvre, chapitre 15 ~

“J’ai rapporté des discours d’autrui, afin de mettre bien au jour certaines controverses ; ceux qui discutent étant enclins à faire grand cas de la thèse de leur parti, et à trop ignorer celle du parti adverse. Les hommes que j’ai cités ainsi, ce sont mes anciens, mes devanciers. Non que je considère tout ancien comme une autorité. Bien loin de là ! Celui qui n’a pas été jusqu’au fond des choses, quelque ancien qu’il soit, il n’est pas à mes yeux une autorité, il ne devrait pas à mon avis avoir d’influence. Ce peut être un conteur de choses anciennes (Confucius), ce n’est pas un maître ès choses anciennes. — J’ai parlé sans art, naturellement, suivant l’impulsion de mon sens intime ; car seules ces paroles là plaisent et durent. En effet, préalablement à tous les discours, il préexiste une harmonie innée dans tous les êtres, leur nature. Du fait de cette harmonie préexistante, mon verbe, s’il est naturel, fera vibrer celui des autres, avec peu ou pas de paroles. De là les axiomes connus : Il est un verbe sans paroles. … Il n’est parfois pas besoin de paroles. … Certains ont parlé toute leur vie sans rien dire. … Certains, qui se sont tus durant toute leur vie, ont beaucoup parlé.

~ Ibid. chapitre 27 ~

Des politiciens

Un certain Ts’ao-chang, politicien de Song, fut envoyé par son prince au roi de Ts’inn. Parti en assez modeste équipage, il revint avec une centaine de chars, chargés des cadeaux reçus du roi de Ts’inn, auquel il avait plu extrêmement. Il dit à Tchoang-tzeu : Jamais je ne pourrais me résoudre à vivre comme vous dans une ruelle de village, mal vêtu et mal chaussé, maigre et hâve à force de faim et de misère. J’aime mieux courtiser les princes. Cela vient encore de me rapporter cent charretées de présents. — Tchoang-tzeu répondit : Je sais le tarif du roi de Ts’inn. Au chirurgien qui lui ouvre un abcès il donne une charretée de cadeaux ; il en donne cinq charretées à celui qui lui lèche ses hémorroïdes. Plus le service qu’on lui rend est vil, mieux il le paye. Qu’avez vous bien pu lui faire pour recevoir encore plus que celui qui lui lèche ses hémorroïdes ? Débarrassez-moi de votre présence !

Détourner les hommes du vrai, et leur enseigner le faux, cela ne profite pas. Et puis, dans ce qu’il fait, cet homme cherche son propre avantage. Agir ainsi, ce n’est pas agir comme le ciel, cela ne profite donc pas. Si vous introduisiez un marchand dans la hiérarchie de vos officiers, l’opinion publique s’en offenserait. Elle s’offenserait bien davantage, si vous faisiez ministre ce trafiquant en politique. Cet homme ne réussira à rien, et ne finira pas bien. Il est des crimes extérieurs, que le bourreau punit. Il est des crimes intérieurs (l’ambition de Confucius), que le yinn et le yang châtient (usure du corps, mort prématurée). Seul le Sage échappe à la sanction pénale.

~ Ibid. chapitre 32 ~

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LaoTseu

Vagabondage sans but : la linguistique du chaos de Tchouang-tseu (larges extraits)

Hakim Bey

1990

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Octobre 2021

Le taoïsme a t’il une “métaphysique” ?

Il est certain que le taoïsme postérieur, influencé par le bouddhisme et le néo-confucianisme, développa une cosmologie, une ontologie, une théologie, une téléologie et même une eschatologie élaborées, mais ces ajouts “médiévaux” peuvent-ils être parties intégrantes des textes classiques comme le Tao Te King de Lao-tseu, le Tchouang-tseu ou le Li-tseu ?

Et bien oui et non. Le taoïsmne religieux a certes établi une telle connexion ; mais comme le fit si justement remarquer J. Needham, les maoïstes de notre siècle furent capables de faire une lecture marxiste du taoïsme ou du moins de son Tao Te King. Il ne fait aucun doute que toute lecture d’un texte “spirituel” peut trouver une validité dans la meure où l’esprit est par définition indéfini. Le texte du Tao Te King a prouvé être particulièrement malléable.

Mais non seulement Tchouang-tseu n’a pas de métaphysique, mais il condamne et fait dérailler toute métaphysique. Le supernaturel et le matérialisme lui apparaissent tous deux également bizarroïdes. Son seul principe cosmogonique est celui du “chaos”. De manière assez singulière, le seul outil philosophique qu’il utilise est la logique, bien que ce soit la logique du rêve. Il ne fait aucune mention d’un principe divin, du but de l’être ni d’une immortalité personnelle. Il est au-delà du bien et du mal, se moque de la morale et tourne même le yoga en dérision.

Le texte de Tchouang-tseu est sans aucun doute unique dans les écritures catégorisées comme religieuses pour sa tout à fait remarquable anti-métaphysique. On peut qualifier le texte de “révélation”, non pas parce qu’il révèle une connaissance révélée de manière exogène, hors du soi, comme les autres écrits affirment le faire, mais parce qu’il transmet une voie sûre vers la “réalisation spirituelle”. L’AUTO-réalisation, dans ce temps de vie, dans ce corps, dans cette vie quotidienne. Si on pouvait résumer cette voie ou méthode en un mot, on pourrait avancer le mot de spontanéité et si ce terme devait être “défini”, on pourrait mentionner la phrase “wei wu wei” on action / non-action.

L’univers vient à l’existence spontanément, comme le dit Kuo Hsiang, la recherche d’un “dieu” (ou agens) de cette création est un exercice de régression infinie vers le vide. Le Tao n’est pas “dieu”, comme le croit toujours des traducteurs chrétiens de l’ouvrage. Le Tao se produit, il est. A l’échelle humaine, la misère ne surgit que de l’unique capacité humaine à tomber hors de l’harmonie avec le Tao, sa tendance à ne pas être spontané.

Tchouang-tseu n’a aucun intérêt de savoir pourquoi les humains sont si ineptes (aucun concept de “pêché” ici) ; sa seule préoccupation est de renverser le processus et de “retourner” vers le flot, la fluidité. Le “retour” est une action. Le flot lui-même n’est pas une action mais un état, d’où le paradoxe “action / non-action”. Le concept de wu wei joue un tel rôle central dans le taoïsme qu’il survit même dans l’époque moderne du taoïsme religieux comme étant la vérité DERRIERE toutes métaphysiques et rituels. Dans les grands rites communaux et expiatoires du taoïsme de culte comme il est pratiqué par exemple sur l’île de Taïwan ou à Honolulu aujourdhui, au moins une personne, le prêtre, doit atteindre l’union avec le Tao et doit le faire par un processus de vider sa conscience de toute “déité”, de tous principes métaphysiques. Pour ce qui est du très ancien taoïsme “philosophique”, nous pouvons dire qu’il a le wu wei en lieu et place de métaphysique.

Le but de Lao-tseu semble avoir été de convertir l’empereur au taoïsme sur l’assomption que si le dirigeant ne fait rien (wu wei), l’empire va se gérer de lui-même.

En revanche, Tchouang-tseu ne montre quasiment aucun intérêt à conseiller les dirigeants et ses exemples pris de “véritables humains” sont pratiquement toujours des gens de la classe laborieuse (des bouchers, des tailleurs de pierre, des cuisiniers) ou des ermites parias ou des bandits. Si on peut dire que Tchouang-tseu se fasse l’avocat d’un programme social, et je ne suis pas convaincu qu’il le fasse, ceci n’a certainement rien a voir avec des valeurs ou structures impériales, bureaucratiques et confucéennes. Son programme pourrait être résumé en une expression : VAGABONDAGE SANS BUT.

Tchouang-tseu est plus anarchiste que Lao-tseu, mais est-il “anarchiste” ? Je pense que oui, pas parce qu’il veut renverser le gouvernement mais parce qu’il pense le gouvernement être impossible, pas qu’il tomberait si bas que d’épouser un “-isme”, mais parce qu’il voit le chaos comme l’essence de tout devenir.

Laissez-moi d’abord définir quelques termes. J’appelle la “linguistique hermétique” le concept que dieu révéla le langage et qu’il existe une chose appelée la transmission de l’essence par le langage. Cette transmission peut être directe (L’hébreu et l’arabe sont des langues “parlées” par dieu) comme dans la linguistique néo-platonicienne. Elle peut-être “hermétique” (ou occulte comme dans la Kabale) ou même méta-linguistique, mais dans les deux cas cela sauve le langage d’une relativité et d’une opacité crues.

Contre cette théorie traditionnelle du langage, nous les modernes, avons développé une linguistique nihiliste dans laquelle les mots ne transmettent rien de l’essence et en fait ne communiquent pas vraiment quoi que ce soit mis à part le langage lui-même. Je trace ce courant à Nietzsche, à Saussure et son expérience cauchemardesque avec les anagrammes en latin et éventuellement à dada.

[…]

Tchouang-tseu distingue trois sortes de discours et il les utilise tous trois lui-même.

Le premier est parler depuis un endroit. En second lieu, parler avec poids marche 7 fois sur dix. C’est l’aphorisme, la déclaration faite d’autorité / d’expertise, parlé depuis une position en avant des autres.. La troisième catégorie est celle qui intéresse Tchouang-tseu le plus et il l’appelle le “parler par débordement”. “Je l’utilise fréquemment et je laisse la vapeur générée trouver ses propres voies de propagation.”

[…]

Une bonne partie des écritures taoïstes, à la fois canoniques et hétérodoxes, ont été produites de cette façon. […] Comme Nietzsche et G. Bataille l’ont suggéré, le mythe de la rareté n’est qu’un moyen de contrôle par appauvrissement alors que la véritable nature du monde est un débordement d’excès constant. En terme de langage, cette surabondance de sens est trop importante pour pouvoir être gérée par la conscience humaine, d’où l’intervention des esprits, des “muses” et autre sources hors de la conscience. Les écrits taoïstes servent de monument à la “générosité de l’être” ou au débordement perpétuel de la cornucopée du Tao. Au faîte le plus ambigu et chaotique de son expression, cela “sauve” le langage lui-même à la fois de la tyrannie de tout dieu mais aussi de l’abysse de la solitude.

FIN

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Les textes intégraux en format PDF du Tao Te King de Lao-tseu et de l’œuvre de Tchouang-tseu sur Résistance 71 :

Lao_Tseu_Tao_Te_King

Taoisme_Tchouang Tseu_Œuvre

trounoir

tao3

Le colonialisme vu du côté opprimé : critique indigène et mythe du progrès (David Graeber) ~ 2ème partie ~

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, France et colonialisme, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés with tags , , , , , , , , on 8 octobre 2021 by Résistance 71

kandiaronk

La sagesse de Kandiaronk : La critique indigène, le mythe du progrès et la naissance de la gauche

David Graeber

2019

Source :
http://www.journaldumauss.net/?La-sagesse-de-Kandiaronk-la-critique-indigene-le-mythe-du-progres-et-la

1ère partie

2ème partie

En 1683, Lahontan (comme on l’a surnommé), alors âgé de 17 ans, s’enrôle dans l’armée et est affecté au Canada. Au cours de la décennie suivante, il participe à plusieurs campagnes et expéditions exploratoires, obtenant finalement le grade d’adjoint au gouverneur général, le comte de Frontenac. Au cours de ce processus, il s’exprime couramment en algonquin et en wendat et, du moins selon son propre récit, il se lie d’amitié avec un certain nombre de personnalités politiques autochtones – qui, plus tard, a-t-il affirmé, en observant qu’il était un peu sceptique en matière religieuse et un ennemi politique des Jésuites, étaient disposées à partager avec lui leurs opinions réelles sur les enseignements chrétiens. Kandiaronk était l’un d’eux. Un stratège clé de la Confédération Wendat, Kandiaronk (son nom signifiait littéralement ’ le rat musqué ’, et les Français l’appelaient souvent simplement ’ Le Rat ’) était à l’époque engagé dans un jeu géopolitique complexe, essayant de monter les Anglais, les Français et les Cinq Nations les uns contre les autres, dans le but à terme de créer une alliance autochtone globale pour empêcher les colons de progresser. [31] Le projet semble avoir nécessité de nombreux déplacements. Tous ceux qui l’ont rencontré, amis ou ennemis, ont admis qu’il était un individu remarquable : un guerrier courageux, un orateur brillant et un politicien particulièrement habile. Il fut aussi, jusqu’à la fin de sa vie, un farouche opposant au christianisme. [32]

La carrière de Lahontan s’est mal terminée. Bien qu’il ait défendu avec succès la Nouvelle-Écosse contre une flotte anglaise, il fuit de son gouverneur et est contraint de fuir le territoire français. Condamné par contumace pour insubordination, il passa la majeure partie de la décennie suivante à errer à travers l’Europe en essayant, sans succès, de négocier un retour en France, sa France natale. En 1702, il vivait à Amsterdam, et sa chance était à son comble, selon ceux qui l’ont rencontré comme vagabond sans le sou et espion indépendant ; il réussit à sauver sa fortune en publiant une série de livres sur ses aventures au Canada. Le troisième, intitulé ’Curious Dialogues with a Savage of Good Sense Who Has Traveled’ (1703), consistait en une série de quatre conversations entre Lahontan et Kandiaronk, dans lesquelles le sage Wendat, se fondant sur ses propres observations ethnographiques de Montréal, New York et Paris, jette un regard extrêmement critique sur les idées et coutumes européennes en matière de religion, politique, santé et vie sexuelle. Ces livres ont gagné un large public, et peu de temps après, Lahontan était devenu une sorte de célébrité mineure, s’installant à la cour de Hanovre, qui était également le siège de Leibniz, qui se lia d’amitié et le soutint avant qu’il ne tombe malade et meure à un jeune âge vers 1715.

La plupart de la littérature existante sur l’œuvre de Lahontan [33] suppose simplement que les dialogues sont inventés, et les arguments attribués à ’Adario’ (le nom donné à Kandiaronk dans les Dialogues) simplement les opinions de Lahontan lui-même. D’une certaine façon, ce n’est pas surprenant. Adario prétend non seulement avoir visité la France, mais il exprime des opinions sur tout, de la politique monastique aux affaires juridiques. Dans le débat sur la religion, il a souvent l’air d’un déiste, embrassant exactement le genre de scepticisme rationnel qui devenait populaire dans les cercles intellectuels plus audacieux en Europe, y compris Lahontan lui-même, à l’époque. Il est également vrai que le style des dialogues semble être en partie inspiré par le satiriste grec Lucien de Samosate ; et il est certain que, vu la prévalence de la censure de l’Église à l’époque, le moyen le plus facile pour un libre penseur de s’en tirer en publiant une attaque ouverte contre le christianisme était probablement de composer un dialogue prétendant défendre la foi des attaques d’un sceptique étranger imaginaire et ensuite faire perdre tous ses arguments au défendeur de la foi.

Ce n’est que très récemment que les chercheurs autochtones sont [34] revenus sur le sujet à la lumière de ce que nous savons sur Kandiaronk lui-même, et sont arrivés à des conclusions très différentes. Le vrai Adario était, en fait, célèbre non seulement pour son éloquence, mais aussi pour avoir participé à des débats avec les Européens, comme le livre de Lahontan l’indiquait. Comme le fait remarquer Barbara Alice Mann :

Malgré le refrain presque unanime des érudits occidentaux qui insistent sur le fait que les dialogues sont ’imaginaires’, il y a d’excellentes raisons de les accepter comme authentiques. Tout d’abord, les personnes les plus proches du Kandiaronk historique étaient uniformément émerveillées par ses talents oratoires… Partout où il allait, ses contemporains le suppliaient de parler pour le plus grand plaisir des auditeurs de l’entendre. Son esprit était légendaire.

Charlevoix décrit Kandiaronk comme étant si ’naturellement éloquent’ que ’personne ne l’a peut-être jamais surpassé dans sa capacité mentale’. Orateur exceptionnel du conseil, ’ il n’était pas moins brillant dans les conversations en privé, et [les conseillers et les négociateurs] prenaient souvent plaisir à le provoquer pour qu’il entende ses réparties, toujours animées, pleines d’esprit, et généralement sans réponse. Il était le seul homme au Canada à être à la hauteur du comte de Frontenac, qui l’invitait souvent à sa table pour donner ce plaisir à ses officiers ’ (Mann 2001:55).

En d’autres termes, Montréal, dans les années 1690, a souvent été le théâtre d’une sorte de salon des Lumières, où le gouverneur et ses officiers (y compris sans doute son adjoint, Lahontan) ont accueilli Kandiaronk pour débattre exactement du genre de questions qui figuraient dans les Dialogues, et où c’est Kandiaronk qui a pris la position du sceptique rationnel.

De plus, tout porte à croire que Kandiaronk s’était rendu en France ; au moins, nous savons que la Confédération Wendat a envoyé un ambassadeur à la cour de Louis XIV en 1691, et le bureau de Kandiaronk à l’époque était président du conseil, ce qui aurait fait de lui la personne logique à envoyer. Si la connaissance intime des affaires européennes et la compréhension de la psychologie européenne attribuée à Adario peuvent sembler invraisemblables, il faut garder à l’esprit que Kandiaronk était un homme engagé dans des négociations politiques avec les Européens depuis des années et qu’il les encerclait régulièrement en anticipant leurs logiques, intérêts, angles morts et réactions. Enfin, Mann note que bon nombre des critiques du christianisme, et plus généralement des coutumes européennes, attribuées à l’Adario correspondent presque exactement aux critiques qui ont été documentées par d’autres locuteurs de langues iroquoiennes à cette époque. [35]

Lahontan lui-même prétendait avoir fondé les Dialogues sur des notes prises pendant ou après diverses conversations qu’il avait eues avec Kandiaronk dans la capitale wendat de Michilimackinac ; notes qu’il a réorganisé plus tard avec l’aide du gouverneur, et complété, sans doute, par des souvenirs des débats similaires tenus sur la propre table à manger du Frontenac. Il ne fait aucun doute qu’au cours de ce processus, le texte a été enrichi et embelli, et probablement retouché à nouveau lorsque Lahontan a produit sa dernière édition à Amsterdam. Mais il y a toutes les raisons de croire que les arguments de base étaient ceux de Kandiaronk.

Lahontan anticipe déjà certains d’entre eux dans ses Mémoires, lorsqu’il note que les Américains qui étaient effectivement allés en Europe – il pensait probablement avant tout à Kandiaronk lui-même, ainsi qu’à un certain nombre de convertis chrétiens qui avaient été mis au travail comme esclaves de cuisine – sont revenus méprisants les revendications européennes de supériorité culturelle :

Comme cela a été le cas en France, ils n’ont cessé de nous taquiner avec les fautes et les désordres qu’ils ont observés dans nos villes, comme s’ils étaient causés par l’argent. Il ne sert à rien d’essayer de leur faire comprendre à quel point la distinction de propriété est utile pour le soutien de la société : ils font une blague de tout ce que vous dites à ce sujet. Bref, ils ne se disputent pas, ne se calomnient pas, ils se moquent des arts et des sciences, et rient des différences de rang que l’on observe chez nous. Ils nous traitent d’esclaves et nous traitent d’âmes misérables, dont la vie ne vaut pas la peine d’être vécue, alléguant que nous nous dégradons en nous soumettant à un seul homme [le roi] qui possède tout le pouvoir et qui n’est lié que par sa propre volonté.

En d’autres termes, on retrouve ici toutes les critiques familières de la société européenne auxquelles les premiers missionnaires ont dû faire face – les chamailleries, le manque d’entraide, la soumission aveugle à l’autorité -, mais avec un nouvel élément ajouté : l’organisation de la propriété privée. Le texte se poursuit :

Ils pensent qu’il n’est pas responsable qu’un homme ait plus qu’un autre et que les riches aient plus de respect que les pauvres. En bref, disent-ils, le nom des sauvages, que nous leur donnons, nous conviendrait mieux, puisqu’il n’y a rien dans nos actions qui porte une apparence de sagesse.

Ceux qui ont eu l’occasion d’observer de près la société française en sont venus à réaliser une différence clé par rapport à la leur, une différence qui n’aurait pas été évidente pour ceux qui étaient exposés presque exclusivement aux trappeurs, commerçants, soldats et missionnaires. Là où, dans leurs propres sociétés, il n’y avait guère de moyens de convertir la richesse en pouvoir sur les autres, et donc, les différences de richesse avaient peu d’effet sur la liberté individuelle. Un homme avec une réserve inhabituellement importante de wampum, ou une femme qui contrôle une récolte record de maïs, auraient sans doute été admirés, et peut-être capables de lancer des projets qu’il n’aurait peut-être pas existé autrement, mais il aurait été difficile de trouver un moyen de déployer ses richesses pour faire faire à un voisin ce qu’il n’aurait pas eu envie de faire autrement. En France, ce n’était pas du tout le cas. Le pouvoir sur les possessions peut se traduire directement en pouvoir sur les autres êtres humains de diverses façons.

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Mais donnons la parole à Kandiaronk lui-même. Le premier des Dialogues porte sur les questions religieuses, dans lequel Lahontan laisse son fleuret démêler calmement les contradictions logiques et l’incohérence des doctrines chrétiennes du péché originel et de la rédemption, en accordant une attention particulière au concept de l’enfer. Kandiaronk souligne continuellement le fait que les chrétiens sont divisés en sectes sans fin, chacune convaincue d’avoir entièrement raison et que toutes les autres sont en Enfer, ainsi que le manque de fiabilité inhérent aux textes historiques. Pour donner une idée de sa saveur :

Kandiaronk : Allez, mon frère. Ne vous levez pas les bras…. Il est naturel que les chrétiens aient foi dans les Saintes Écritures, car, depuis leur enfance, ils en ont tant entendu parler. Pourtant, il est raisonnable pour ceux qui ne sont pas nés avec de tels préjugés, comme les Wendats, d’examiner les choses de plus près.

Cependant, après avoir réfléchi longuement et intensément pendant une décennie à ce que les Jésuites nous ont dit sur la vie et la mort du fils du Grand Esprit, tout Wendat pourrait vous donner vingt contre-arguments. Pour ma part, j’ai toujours pensé que s’il était possible que Dieu ait abaissé suffisamment ses normes pour descendre sur terre, il le ferait à la vue de tous, en descendant en triomphe, avec pompe et majesté, et plus publiquement… Il serait allé de nation en nation faire de puissants miracles, donnant ainsi à chacun les mêmes lois. Alors nous aurions tous eu exactement la même religion, uniformément répandue et également connue aux quatre coins du monde, prouvant à nos descendants, depuis lors jusqu’à dix mille ans dans le futur, la vérité de cette religion. Au lieu de cela, il y a cinq ou six cents religions, chacune distincte des autres, dont, selon vous, la religion des Français, seule, est toute bonne, sainte ou vraie. [36]

Ce dernier point reflète peut-être le point le plus révélateur de Kandiaronk : l’extraordinaire importance de la vision jésuite : surtout, puisque leur religion suppose qu’un être omniscient et tout-puissant choisirait librement de s’enfermer dans la chair et de subir une souffrance terrible pour une seule espèce imparfaite, conçue pour être imparfaite, et diffuserait si peu la sagesse de cet être que seuls quelques-uns allaient être sauvés et que les Jésuites viennent de la branche sur cinq cents qui a tout juste réussi à raconter exactement la vérité [37].

Suit un chapitre sur le sujet du droit, où Kandiaronk adopte la position que le droit punitif de style européen, comme la doctrine religieuse de la damnation éternelle, n’est pas rendu nécessaire par la corruption inhérente à la nature humaine, mais plutôt par une forme d’organisation sociale qui encourage un comportement égoïste et acquisif.

Lahontan objecte. Il est vrai, dit-il, que la raison est la même pour tous les humains, et chacun est capable de comprendre que certaines formes de comportement sont destructrices ; mais la raison ne suffit pas. L’existence même des juges et des peines montre que tout le monde n’est pas capable de suivre ses diktats :

Lahontan : C’est pourquoi les méchants doivent être punis et les bons doivent être récompensés. Sinon, le meurtre, le vol et la diffamation se répandraient partout et, en un mot, nous deviendrions le peuple le plus malheureux de la terre.

Kandiaronk : Pour ma part, j’ai du mal à voir comment vous pourriez être beaucoup plus malheureux que vous ne l’êtes déjà. Quel genre d’être humain, quelle espèce de créature les Européens doivent-ils être pour être forcés de faire le bien et ne s’abstenir du mal que par crainte d’être punis ? …

Vous avez constaté que nous manquons de juges. Quelle en est la raison ? On ne porte jamais plainte l’un contre l’autre. Et pourquoi n’intentons-nous jamais de procès ? Parce qu’on a pris la décision de ne pas accepter, ni d’utiliser l’argent. Et pourquoi refusons-nous d’accorder de l’argent à nos communautés ? La raison en est la suivante : nous sommes déterminés à ne pas avoir de lois, parce que, depuis que le monde est un monde, nos ancêtres ont pu vivre heureux sans elles.

Cela peut sembler fallacieux – le Wendat avait certainement un code juridique -, mais par ’lois’, Kandiaronk fait clairement référence à des lois de nature coercitive ou punitive. Il éviscère ensuite point par point le système juridique français, s’attardant particulièrement sur la persécution judiciaire, les faux témoignages, la torture, les accusations de sorcellerie et la justice différentielle pour les riches et les pauvres. Mais en fin de compte, il revient à son observation initiale : tout l’appareil qui consiste à essayer de forcer les gens à bien se comporter serait inutile si la France ne maintenait pas aussi un appareil contraire qui encourage les gens à mal se comporter. Cet appareil se composait d’argent, de droits de propriété et de la poursuite de l’intérêt personnel matériel qui en résultait.

Kandiaronk : J’ai passé six ans à réfléchir sur l’état de la société européenne et je ne peux toujours pas penser à une seule façon d’agir qui ne soit pas inhumaine, et je pense sincèrement que cela ne peut qu’être le cas si vous vous en tenez à vos distinctions de ’mien’ et de ’tien’. J’affirme que ce que vous appelez argent est le diable des démons ; le tyran des Français, la source de tous les maux ; le fléau des âmes et l’abattoir des vivants. Imaginer qu’on puisse vivre au pays de l’argent et préserver son âme, c’est comme imaginer qu’on puisse préserver sa vie au fond d’un lac. L’argent est le père du luxe, de la lascivité, des intrigues, des tromperies, des mensonges, de la trahison, de l’insincérité, de tous les pires comportements du monde. Les pères vendent leurs enfants, les maris leurs femmes, les femmes trahissent leurs maris, les frères s’entretuent, les amis sont faux, et tout cela pour l’argent. A la lumière de tout cela, dites-moi que nous, Wendats, nous n’avons pas raison de refuser de toucher, ni même de regarder l’argent ?

Pour 1703, c’était captivant.

Une grande partie de l’échange subséquent consiste en ce que le Français essaie de convaincre les Wendats des avantages de la civilisation européenne, et les Wendats répliquent que les Européens feraient beaucoup mieux d’adopter le mode de vie Wendat. Vous imaginez sérieusement, dit-il, que je serais heureux de vivre comme les habitants de Paris, de prendre deux heures tous les matins juste pour m’habiller et me maquiller, saluer et m’incliner devant chaque type prétentieux que je rencontre dans la rue et qui est né avec un héritage ? Pensez-vous vraiment que je pourrais porter un sac plein de pièces de monnaie et ne pas les remettre à des gens qui ont faim, que je porterais une épée, mais que je ne la tirerais pas sur la première bande de voyous que je vois en train de rassembler les indigents pour les pousser au service naval ? Si Lahontan adoptait un mode de vie américain, par contre, il lui faudrait peut-être un certain temps pour s’adapter, mais au bout du compte, il serait beaucoup plus heureux. (Ici, le point de vue de Kandiaronk semble être confirmé par des preuves empiriques : il était notoire, au cours des premiers siècles de la colonisation européenne de l’Amérique du Nord, que les colons capturés et adoptés de force dans les sociétés autochtones pendant une certaine période de temps souhaitaient rarement retourner chez eux et y résistaient souvent activement ; les Américains autochtones qui étaient adoptés dans des familles de colons s’en sont presque toujours échappés à la première occasion).

Kandiaronk est même prêt à s’affirmer que l’Europe se porterait mieux si tout son système social était démantelé :

Lahontan : Essayez pour une fois dans votre vie d’écouter : Ne voyez-vous pas, mon cher ami, que les nations d’Europe ne pourraient pas survivre sans or et sans argent – ou sans un symbole précieux similaire. Sans elle, les nobles, les prêtres, les marchands et bien d’autres qui n’ont pas la force de travailler le sol, mourraient simplement de faim. Nos rois ne seraient pas des rois ; quels soldats aurions-nous ? Qui travaillerait pour les rois, ou pour qui que ce soit d’autre ? … Cela plongerait l’Europe dans le chaos et créerait la confusion la plus sombre qui soit.

Kandiaronk : Vous pensez vraiment que vous allez m’influencer en répondant aux besoins des nobles, des marchands et des prêtres ? Si vous abandonniez mes conceptions et les vôtres, oui, de telles distinctions entre les hommes se dissoudraient ; une égalité nivelante prendrait alors sa place parmi vous comme elle le fait maintenant chez les Wendats. Et oui, pendant les trente premières années qui suivront le bannissement de l’intérêt personnel, vous verrez sans aucun doute une certaine désolation, car ceux qui sont seulement qualifiés pour manger, boire, dormir et prendre du plaisir, languiront et mourront. Mais leur progéniture serait adaptée à notre mode de vie. J’ai exposé à maintes reprises les qualités qui, selon nous, devraient définir l’humanité – la sagesse, la raison, l’équité, etc. – et démontré que l’existence d’intérêts matériels distincts frappe tout cela à la tête : un homme motivé par un intérêt ne peut être un homme de raison.

L’’égalité’ est donc invoquée ici comme un idéal conscient de soi, mais seulement à la suite d’une confrontation prolongée entre les institutions et les valeurs américaines et européennes, et comme une provocation calculée qui fait reculer le discours civilisateur européen sur lui-même.

L’une des raisons pour lesquelles les historiens ont trouvé si facile de rejeter Kandiaronk comme l’ultime ’Noble Sauvage’, et donc comme une simple projection des fantasmes européens, est que beaucoup de ses affirmations sont si manifestement exagérées. Il n’est pas vraiment vrai que les Wendats, ou d’autres sociétés américaines, n’avaient pas de lois, ne se disputaient jamais, et ne connaissaient aucune inégalité de richesse. En même temps, comme nous l’avons vu, l’argumentation de base de Kandiaronk correspond parfaitement à ce que les missionnaires et les colons français entendaient des autres Canadiens autochtones depuis leur arrivée. Affirmer que les Dialogues sont de la romance et qu’ils ne peuvent donc pas vraiment refléter ce que Kandiaronk a dit, c’est supposer que les gens sont incapables de se romancer eux-mêmes – malgré les preuves accablantes que c’est précisément ce que presque tout le monde, et certainement tout débatteur habile, serait susceptible de faire dans une telle situation.

Dans les années 1940, l’anthropologue Gregory Bateson a inventé le terme ’schismogenèse’ : la tendance des gens à se définir contre les autres. Imaginez un argument où deux personnes partent d’un désaccord politique mineur, mais au bout d’une heure, finissent par prendre des positions si intransigeantes qu’elles se retrouvent sur des pôles complètement opposés d’une certaine division idéologique – même des positions si extrêmes qu’elles ne les accepteraient jamais dans des circonstances ordinaires, juste pour montrer combien elles sont complètement en désaccord entre elles. [38] Nous savons tous que ce genre de chose peut arriver. Toute personne lisant ce qui suit l’aura probablement vu se produire, au moins une ou deux fois. Bateson suggère que de tels processus peuvent devenir institutionnalisés sur le plan culturel. Comment les garçons et les filles de Papouasie-Nouvelle-Guinée en viennent-ils à se comporter si différemment, alors que personne ne leur a jamais dit explicitement comment les garçons et les filles sont censés se comporter ? Ils n’apprennent pas seulement les rôles de genre en imitant leurs aînés ; cela arrive aussi parce que les garçons et les filles apprennent chacun à trouver le comportement de l’autre désagréable et à essayer d’être aussi peu comme le sexe opposé que possible. Ce qui commence comme des différences apprises mineures devient exagéré jusqu’à ce que les filles en viennent à penser à elles-mêmes, et deviennent ensuite de plus en plus, en fait, tout ce que les garçons ne sont pas. Et bien sûr, les garçons font la même chose envers les filles.

Bateson s’intéressait aux processus psychologiques au sein des sociétés, mais il y a toutes les raisons de croire que quelque chose de semblable se produit également entre les sociétés. Les gens viennent pour se définir contre leurs voisins. Les citadins deviennent ainsi plus urbains, à mesure que les barbares deviennent plus barbares. Si l’on peut dire que le ’caractère national’ existe vraiment, c’est uniquement à cause de ces processus schismogénétiques : Les Anglais qui essaient de devenir le moins possible comme les Français, les Français s’opposent aux Allemands, et ainsi de suite. Au moins, ils exagéreront certainement les différences dans les disputes entre les uns et les autres.

Dans une confrontation historique des civilisations comme celle qui a eu lieu le long de la côte est de l’Amérique du Nord au XVIIe siècle, nous pouvons nous attendre à voir deux processus contradictoires. D’une part, il faut s’attendre à ce que les gens des deux côtés de la ligne de partage apprennent les uns des autres et adoptent certaines des idées, habitudes et technologies de l’autre, à mesure que les Américains ont commencé à utiliser les bouilloires et mousquets européens et que les colons européens ont commencé à adopter des techniques agricoles indigènes et des approches plus indulgentes pour élever leurs enfants. En même temps, ils feront aussi presque invariablement l’inverse : ils choisiront certains points de contraste et les exagéreront ou les idéaliseront même, dans une certaine mesure, en essayant d’agir le moins possible comme leurs nouveaux voisins. L’accent mis par Kandiaronk sur l’argent est également typique de telles situations : à ce jour, les sociétés autochtones incorporées dans l’économie mondiale, de la Bolivie à Taiwan, encadrent presque invariablement leurs propres traditions, comme le dit Marshall Sahlins, ’ par opposition au fait que les hommes blancs ’ vivent de l’argent ’. [39]

Toutes ces préoccupations seraient plutôt insignifiantes si les livres de Lahontan n’avaient pas eu autant de succès. En fait, ils ont eu un impact énorme sur les opinions et les sensibilités européennes. Les opinions de Kandiaronk ont été traduites en allemand, en anglais, en néerlandais et en italien, et se sont poursuivies sous forme imprimée, en plusieurs éditions, pendant plus d’un siècle. Le livre a également inspiré un flot infini d’imitations. En 1721, par exemple, les spectateurs parisiens affluent en masse à la comédie L’Arlequin Sauvage de Delisle de la Drevetière, l’histoire d’un Wendat amené en France par un jeune capitaine de navire, qui présente une longue série de monologues indignés où le héros, qui comme Kandiaronk, ’attribue les maux de la société [française] à la propriété privée, à l’argent et surtout aux inégalités énormes qui rendent les pauvres esclaves des riches’ [40]. La pièce a été reprise presque chaque année pendant les deux décennies qui ont suivi [41].

Plus frappant encore, une grande figure des Lumières françaises s’est essayée à une critique de la société française à la Lahontan aux yeux d’un étranger imaginaire. Montesquieu choisit un Persan, d’Argens un Chinois, Diderot un Tahitien, Chateaubriand un Natchez, L’Ingenu de Voltaire était moitié wendat et moitié français. [42] Tous ont repris et développé des thèmes et des arguments empruntés directement à Kandiaronk, complétés par des vers d’autres ’critiques sauvages’ dans les récits des voyageurs. [43] En effet, je pense que l’on peut légitimement affirmer que les origines réelles du ’regard occidental’, cette manière rationnelle, sans culture, supposée objective de voir les cultures étranges et exotiques qui caractérisent l’anthropologie européenne ultérieure, ne se trouvent pas du tout dans les récits des voyageurs, mais plutôt dans ceux de ces indigènes sceptiques, regardant avec un air de défiance les curiosités exotiques de l’Europe.

Les Lettres d’une Péruvienne de la célèbre Saloniste Madame de Graffigny (publiées en 1747), qui voyaient la société française à travers les yeux d’une princesse inca imaginaire enlevée, sont peut-être l’œuvre la plus populaire de ce genre. Elle est considérée comme un jalon féministe en ce sens que cette oeuvre pourrait bien être le premier roman européen sur une femme qui ne se termine pas par le mariage ou la mort de son protagoniste. L’héroïne de Graffigny, Zilia, critique les vanités et les absurdités de la société européenne et du patriarcat lui-même ; à la fin, elle rejette les avancées de son sauveur aristocrate français, se construit un sanctuaire pour le Soleil, et consacre sa vie à la lecture et la contemplation. Au XIXe siècle, certains se souviennent du roman, du moins dans certains milieux, comme étant le premier ouvrage à introduire la notion de socialisme d’État, auprès du grand public, puisque Zilia se demande à un moment donné pourquoi le roi de France, bien que prélevant toutes sortes d’impôts lourds, ne peut pas simplement redistribuer la richesse de la même manière que la Capa Inca. [44]

En 1751, Madame de Graffigny préparait une deuxième édition et envoya des lettres à plusieurs amis pour leur demander des suggestions de changements. L’un d’entre eux était A.R.J. Turgot, un étudiant de séminaire de 23 ans et économiste en herbe, et il se trouve que nous avons une copie de sa réponse, qui était longue et très critique. Le texte ne saurait être plus important, car il marque un moment clé dans le développement intellectuel de Turgot : le moment où il a commencé à transformer sa contribution la plus durable à la pensée humaine, l’idée du progrès économique matériel, en une théorie générale de l’histoire.

L’empire inca, évidemment, ne peut guère être qualifié d’’égalitaire’, mais Graffigny le représente comme un despotisme bienveillant, dans lequel tous sont finalement égaux devant le roi, et la critique de la France par Zilia, comme celle de tous les étrangers imaginaires écrivant dans la tradition de Kandiaronk, porte sur son manque de liberté individuelle et les inégalités violentes [45]. Turgot trouve cette pensée dangereuse. Oui, nous aimons tous l’idée de liberté et d’égalité, écrit-il, c’est-à-dire, en principe. Mais il faut tenir compte du contexte plus large. En réalité, la liberté et l’égalité des sauvages ne sont pas un signe de leur supériorité, mais la preuve de leur infériorité, puisqu’une telle égalité n’est possible que dans une société où chaque ménage est largement autosuffisant, et donc où tous sont également pauvres. Au fur et à mesure que les sociétés évoluent, les progrès technologiques, les différences naturelles de talents et de capacités entre les individus (qui ont toujours existé) deviennent de plus en plus importantes, et finalement elles forment la base d’une division du travail toujours plus complexe. Nous passons de sociétés simples comme celle du Pérou à notre propre ’civilisation commerciale’ complexe, où la pauvreté et la dépossession de certains, si lamentables soient-elles, est la condition nécessaire à la prospérité de la société dans son ensemble. Il n’y a pas moyen d’éviter cela. La seule alternative, selon Turgot, serait une intervention massive de l’État pour créer une uniformité des conditions sociales, une égalité imposée qui ne pourrait avoir pour effet que d’écraser toute initiative et donc d’être une catastrophe économique et sociale.

Turgot suggère à Madame Graffigny de réécrire le roman de manière à ce que Zilia réalise tout cela à la fin du livre. Il n’est pas surprenant qu’elle ne l’ait pas suivi sur sa suggestion. Quelques années plus tard, Turgot devait élaborer ces idées dans une série de conférences sur l’histoire du monde. Il plaidait déjà depuis quelques années en faveur de la primauté du progrès technologique en tant que moteur de l’amélioration sociale globale, mais dans cette conférence, il en a fait une théorie explicite des étapes du développement économique : l’évolution sociale, selon lui, commence toujours par les chasseurs, puis passe à une étape du pastoralisme, puis de l’agriculture et enfin à celle de la civilisation commerciale urbaine contemporaine [46]. Ceux qui restent encore chasseurs, bergers ou simples agriculteurs sont mieux compris comme des vestiges de nos propres étapes antérieures de développement social.

En d’autres termes, les théories de l’évolution sociale ont d’abord été formulées comme une réponse directe au pouvoir de la critique indigène. En l’espace de quelques années, la décomposition de Turgot de toutes les sociétés en quatre étapes apparaît dans les conférences de son ami et allié intellectuel Adam Smith à Glasgow, et en cours d’élaboration d’une théorie générale de l’histoire humaine par ses collègues : des hommes comme Lord Kames, Adam Ferguson, et John Millar. Le nouveau paradigme a rapidement commencé à avoir un effet profond sur la façon dont les penseurs européens, et le public européen en général, imaginaient les peuples indigènes. Les observateurs qui considéraient auparavant les modes de subsistance et la division du travail dans les sociétés nord-américaines comme des questions d’importance secondaire au mieux, ont maintenant commencé à supposer qu’ils étaient la seule chose qui comptait vraiment. Tout le monde devait être trié le long de la même grande échelle évolutive, en fonction de son mode d’acquisition de nourriture. Les sociétés ’ égalitaires ’ ont été bannies au bas de cette échelle, où, au mieux, elles pouvaient donner un aperçu de la façon dont les lointains ancêtres évolutionnistes auraient pu vivre, mais ne pouvaient certainement plus être imaginées comme des parties égales dans un dialogue sur la nature ou la légitimité du comportement actuel des habitants des sociétés riches et puissantes.

Entre 1703 et 1751, la critique indigène nord-américaine de la civilisation européenne a donc eu un impact énorme sur la pensée européenne. Ce qui avait commencé comme des expressions répandues d’indignation et de dégoût de la part des Américains d’abord exposés aux us et coutumes européennes a fini par évoluer, à travers un millier de conversations, menées dans des dizaines de langues, en un débat sur la nature de l’autorité, de la décence, de la responsabilité sociale et, surtout, de la liberté humaine. Lorsqu’il est apparu clairement aux observateurs français que la plupart des Amérindiens considéraient l’autonomie individuelle et la liberté d’action comme des valeurs consommées, qu’ils organisaient leur vie de manière à minimiser toute possibilité qu’un être humain soit subordonné à la volonté d’un autre, et qu’en conséquence ils considéraient la société française comme essentiellement une société d’esclaves agressifs, ils réagissaient de diverses manières. Certains, comme les Jésuites, ont condamné l’idée même de liberté. D’autres – des colons, des intellectuels et des membres du public qui lisent chez eux – en sont venus à voir une proposition sociale provocante et attrayante. (Leurs conclusions à ce sujet n’avaient d’ailleurs aucun rapport particulier avec leurs sentiments à l’égard des populations autochtones elles-mêmes, qu’ils étaient souvent très heureux de voir exterminées – même si, en toute justice, il y avait des personnalités publiques des deux côtés de la ligne de partage qui s’opposaient fermement à l’agression contre les peuples étrangers). En fait, la critique indigène des institutions européennes était perçue comme si puissante que quiconque s’opposerait aux arrangements intellectuels et sociaux existants aurait tendance à l’utiliser comme une arme de choix : un jeu, comme nous l’avons vu, joué par presque tous les grands philosophes du siècle des Lumières. Comme c’est ce qui s’est produit – et nous l’avons déjà vu dans le cas de Lahontan et de Kandiarons -, un argument au sujet de la liberté est devenu de plus en plus un argument au sujet de l’égalité. Mais surtout, tous ces appels à la sagesse des ’sauvages’ étaient des moyens de contester l’arrogance de l’autorité reçue : la certitude médiévale que les jugements de l’Église et de son établissement, ayant embrassé la version correcte du christianisme, étaient nécessairement supérieurs à ceux de quiconque sur terre.

Le cas de Turgot révèle à quel point les idées de civilisation, d’évolution et de progrès que nous en sommes venus à considérer comme le cœur même de la pensée des Lumières sont, en fait, des arrivants tardifs relatifs et, surtout, dans quelle mesure elles étaient des réponses directes au pouvoir de cette critique indigène. C’était, en fait, un effort pour sauver ce sentiment de supériorité européenne que les penseurs du siècle des Lumières avaient cherché à renverser, à déstabiliser et à déconcentrer. Certes, au cours du siècle suivant, elle a connu un succès remarquable. Mais cela a créé une foule de contradictions : par exemple, le fait particulier que les empires coloniaux européens, contrairement à presque n’importe quel autre empire dans l’histoire du monde, ont été forcés de prétendre qu’ils n’étaient pas des arrangements éternels, mais des moyens temporaires pour accélérer la marche vers la civilisation de leurs sujets – au moins ceux que, contrairement aux Wendats, ils n’ont guère fait disparaître de la carte.

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C’est ici que nous pouvons enfin retourner à Rousseau. L’échange entre Madame Givenchy et Turgot nous donne une idée de ce qu’était le débat intellectuel en France au début des années 1750, du moins dans les milieux salonistes où Rousseau s’était installé. La liberté et l’égalité étaient-elles des valeurs universelles, ou étaient-elles – du moins sous forme pure – incompatibles avec un régime fondé sur la propriété privée ? Le progrès des arts et des sciences a-t-il conduit à une meilleure compréhension du monde, et donc aussi au progrès moral ? Ou bien la critique indigène était-elle correcte, et la richesse et le pouvoir de la France n’étaient-ils qu’un effet secondaire pervers d’arrangements sociaux contre nature, voire pathologiques ? Telles étaient les questions dont tout le monde semblait débattre.

Si nous savons quelque chose de ces débats aujourd’hui, c’est en grande partie à cause de leur influence sur l’essai de Rousseau. Le ’Discours sur les origines de l’inégalité sociale’ a été enseigné, débattu et démantelé dans un millier de classes – ce qui est en fait un peu étrange parce qu’à bien des égards, il s’agit d’une excentricité, même si l’on en croit les normes de l’époque.

Au début de sa vie, Rousseau était surtout connu comme compositeur en herbe. Son ascension en tant que penseur social commence en 1750, lorsqu’il remporte le premier prix d’un concours parrainé par la même Académie de Dijon, sur la question ’La restauration des sciences et des arts a-t-elle contribué à l’amélioration morale ? [47] Rousseau a remporté le premier prix, et la renommée nationale, avec un essai dans lequel il a soutenu avec beaucoup de passion que les arts et les sciences n’avaient pas renforcé l’amélioration morale. Nos intuitions morales élémentaires, a-t-il affirmé, sont fondamentalement décentes et saines ; la civilisation ne fait que nous corrompre en nous encourageant à privilégier la forme sur le contenu. Presque tous les exemples du ’Discours sur les arts et les sciences’ sont tirés des classiques, mais dans ses notes de bas de page, Rousseau fait allusion à d’autres sources d’inspiration :

Je n’ose pas parler de ces nations heureuses qui ne connaissent même pas les noms des vices que nous avons tant de mal à contrôler, de ces sauvages américains aux les moyens simples et naturels de maintenir l’ordre public que Montaigne n’hésite pas à préférer, non seulement aux lois de Platon, mais même à toute chose plus parfaite que la philosophie ne pourra jamais imaginer pour diriger un peuple. Il en cite un certain nombre d’exemples frappants pour ceux qui savent les admirer. De plus, dit-il, ils ne portent pas de culotte ! [48]

La victoire de Rousseau a déclenché un scandale ; il était pour le moins controversé qu’une académie vouée à l’avancement des arts et des sciences décerne les plus grands honneurs à un argument voulant que les arts et les sciences soient entièrement contre-productifs. Il a passé la majeure partie des années suivantes à écrire des réponses très médiatisées aux critiques de l’essai (et à utiliser sa nouvelle renommée pour produire un opéra-comique, Le Devin du Village, qui est devenu très populaire à la cour). Lorsqu’en 1754, la même Académie annonça un nouveau concours sur les origines de l’inégalité sociale, ils eurent clairement l’impression qu’il fallait remettre le jeune homme à sa place. Rousseau a soumis un traité encore plus élaboré, mais non seulement il n’a pas reçu le prix – ce prix a été décerné à un essai très conventionnel d’un clerc nommé l’abbé Talbert, qui attribuait en grande partie notre condition inégale actuelle au péché originel -, mais les juges ont annoncé que, puisque la soumission de Rousseau allait bien au-delà du nombre de mots, ils ne l’avaient même pas lu au long du processus. [49]

L’essai est certainement étrange. Ce n’est pas exactement ce que l’on prétend souvent être. Rousseau ne prétend pas, en fait, que la société humaine commence dans un état d’innocence idyllique ; il soutient, plutôt de façon confuse, que les premiers humains étaient essentiellement bons, mais qu’ils s’évitaient néanmoins systématiquement par crainte de la violence. En conséquence, les êtres humains en état de nature étaient des créatures solitaires, ce qui lui permet de faire valoir que la ’société’ elle-même, c’est-à-dire toute forme d’association permanente entre individus, était nécessairement une restriction à la liberté humaine. Même la langue a marqué un compromis. La véritable innovation que Rousseau introduit est l’émergence des relations de propriété comme moment clé de la chute de l’état de grâce.

Par conséquent, le modèle de Rousseau – qui, comme il le souligne à maintes reprises, n’a pas vocation à être pris au pied de la lettre, mais est simplement une expérience de pensée – comporte trois étapes : un état de nature purement imaginaire où les individus vivaient isolés les uns des autres, une étape de sauvagerie à l’âge de pierre, qui a suivi l’invention du langage où il inclut la majorité des habitants d’Amérique du Nord, ainsi que les ’sauvages’, et enfin la civilisation qui a suivi l’invention de l’agriculture et la métallurgie. Chacune marque un déclin moral. Mais, comme il prend soin de le souligner, l’ensemble de la parabole n’est qu’un moyen de tenter de comprendre ce qui a permis à l’être humain d’accepter la notion de propriété privée :

Le premier homme qui, ayant enfermé une parcelle de terrain, s’est dit ’Ceci est à moi’, et a trouvé des gens assez simples pour le croire, était le vrai fondateur de la société civile. De combien de crimes, de guerres et de meurtres, de combien d’horreurs et de malheurs personne n’aurait pu sauver l’humanité, en soulevant les pieux, ou en remplissant le fossé, et en criant à ses semblables : ’Méfiez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes ruinés si vous oubliez un jour que les fruits de la terre nous appartiennent tous, et la terre elle-même à personne’. Mais il est fort probable que les choses étaient déjà arrivées à un tel point, qu’elles ne pouvaient plus continuer comme elles étaient ; car l’idée de propriété dépend de nombreuses idées antérieures, qui ne pouvaient être acquises que successivement, et qui ne pouvaient pas avoir été formées d’un seul coup dans le mental humain.

Rousseau pose donc exactement la même question que tant d’Américains autochtones perplexes : comment les Européens peuvent-ils transformer la richesse en pouvoir, transformer une simple répartition inégale des biens matériels – qui existait, du moins dans une certaine mesure, dans toute société – en capacité de dire aux autres quoi faire, de les employer comme domestiques, ouvriers ou grenadiers, ou simplement de sentir que cela ne les regarde pas s’ils meurent dans la rue. Bien que Rousseau ne cite pas directement Lahontan ou les auteurs jésuites, il les connaissait bien [50], comme tout intellectuel de l’époque l’aurait été. Il est également informé par les mêmes questions cruciales : pourquoi les Européens sont-ils si compétitifs ? Pourquoi ne partagent-ils pas la nourriture ? Pourquoi se soumettent-ils aux ordres des autres ? Le long excursus de Rousseau sur la pitié, la sympathie naturelle que, selon lui, les sauvages ont les uns pour les autres et qui retient les pires déprédations de la civilisation dans la seconde phase, n’a de sens qu’à la lumière des exclamations constantes des observateurs indigènes dans ces livres, que les Européens ne semblent pas se soucier des autres, qu’ils ne sont ’ni généreux ni gentils’. [51]

La raison de l’étonnante réussite de l’essai est donc que, malgré son style sensationnaliste, clairement conçu pour choquer et confondre, c’est vraiment une sorte de compromis intelligent entre des positions apparemment contradictoires. Il réussit à incorporer des éléments de la critique indigène, des échos du récit biblique de la Chute, et quelque chose qui ressemble beaucoup aux stades d’évolution du développement matériel qui était proposé à l’époque par Turgot et les penseurs des lumières écossaises. Rousseau convient que Kandiaronk avait essentiellement raison, que les Européens civilisés étaient, dans l’ensemble, des créatures atroces, et pour toutes les raisons qu’il a décrites ; il convient que la propriété est la racine du problème ; la différence est qu’il ne peut pas vraiment imaginer que la société soit basée sur autre chose. C’est ce qui a été perdu dans la traduction de la critique indigène en des termes que les philosophes français pouvaient comprendre. Il n’est jamais venu à l’esprit des Américains qu’il y avait une contradiction entre la liberté individuelle et le communisme – du moins, le communisme dans le sens où nous l’avons utilisé ici, comme une certaine présomption de partage, que les gens qui ne sont pas de véritables ennemis peuvent être censés répondre aux besoins des autres. En fait, la liberté de l’individu était supposée reposer sur un certain niveau de communisme de base, puisque, après tout, les gens qui meurent de faim ou qui n’ont pas de vêtements ou d’abris adéquats dans une tempête de neige ne sont pas vraiment libres de faire grand-chose, si ce n’est ce qu’il faut pour rester en vie. La conception européenne de la liberté individuelle, en revanche, était intimement liée aux conceptions de la propriété privée. D’un point de vue juridique, elle remonte à l’ancien pouvoir absolu du chef de famille romain de faire tout ce qu’il voulait avec ses biens personnels et personnels, y compris ses enfants et ses esclaves. [52] En d’autres termes, la liberté s’est toujours faite au moins potentiellement aux dépens des autres. De plus, il y avait un sentiment très fort que les ménages devaient être autosuffisants ; par conséquent, la vraie liberté signifiait l’autonomie au sens radical, pas seulement l’autonomie de la volonté, mais en aucun cas la dépendance à l’égard d’autres êtres humains (sauf ceux sous leur pouvoir ou leur contrôle direct). [53] Rousseau, qui lui-même a toujours insisté sur le fait qu’il voulait vivre sa vie d’une manière qui ne le rendait pas dépendant de l’aide des autres (même s’il avait tous ses besoins satisfaits par des maîtresses et des servantes), fait écho à cette logique. Lorsque nos ancêtres ont pris la décision fatale de diviser la terre en parcelles individuelles et ont créé, d’abord, des structures juridiques pour protéger leur propriété, puis des gouvernements pour appliquer ces lois, ils ont imaginé qu’ils créaient les moyens de préserver leur liberté. En fait, ils ont ’couru tête baissée vers leurs chaînes’. C’est une image puissante. Mais il est difficile d’imaginer en quoi consistait exactement la liberté perdue par Rousseau, si (comme il l’a insisté) toute relation humaine continue, même d’entraide, était une restriction à la liberté. Rien d’étonnant, peut-être, à ce qu’il finisse par inventer un âge purement imaginaire dans lequel chaque individu humain errait seul parmi les arbres.

Les critiques conservateurs, comme nous l’avons mentionné, ont blâmé Rousseau pour presque tout. Beaucoup l’ont tenu personnellement responsable de la guillotine. Le rêve de rétablir l’ancien état de liberté et d’égalité, disaient-ils, conduisit exactement aux effets que Turgot avait prédits : un totalitarisme de style inca qui ne pouvait être imposé que par la terreur révolutionnaire. Il est certainement vrai que les radicaux de l’époque des révolutions américaine et française ont souvent adopté les idées de Rousseau. Voici par exemple un extrait prétendument tiré d’un manifeste écrit en 1776, qui reproduit presque parfaitement la fusion de l’évolutionnisme de Rousseau et sa critique de la propriété privée comme menant directement à l’État :

Au fur et à mesure que les familles se multipliaient, les moyens de subsistance commençaient à manquer ; la vie nomade (ou itinérante) cessait, et la PROPRIÉTÉ commençait à exister ; les hommes choisissaient des habitations ; l’agriculture les faisait se mélanger. Le langage devint universel ; en vivant ensemble, un homme commença à mesurer sa force avec un autre, et les plus faibles se distinguèrent des plus forts. Cela a sans doute créé l’idée d’une défense mutuelle, d’un individu dirigeant des familles diverses réunies, et donc de défendre leurs personnes et leurs champs contre l’invasion d’un ennemi ; mais la LIBERTÉ a donc été ruinée dans sa fondation, et l’ÉGALITÉ a disparu. [54]

L’extrait serait tiré du manifeste de l’Ordre secret des Illuminati, un réseau de cadres révolutionnaires organisé au sein des francs-maçons, par un professeur de droit bavarois nommé Adam Weisthaupt. L’organisation a existé ; il semble qu’elle visait à éduquer une élite internationale éclairée, voire anti-nationale, pour qu’elle travaille à la restauration de la liberté et de l’égalité. Les conservateurs l’ont presque immédiatement dénoncé, ce qui a conduit à l’interdiction de l’ordre huit ans plus tard, mais les conspirateurs de droite insistent pour qu’il continue d’exister, et que les Illuminati étaient les mains cachées qui tiraient les ficelles derrière la Révolution française (ou même la révolution russe). C’est idiot, mais l’une des raisons pour lesquelles le fantasme était possible est que les Illuminati furent peut-être les premiers à proposer qu’une avant-garde révolutionnaire, formée à l’interprétation correcte de la doctrine, soit capable à la fois de comprendre la direction générale de l’histoire, et aussi d’intervenir pour la changer. [55]

Il peut sembler ironique que Rousseau, qui a commencé sa carrière en adoptant ce que nous considérons aujourd’hui comme une position archiconfessionnelle conservatrice – que le progrès mène à la décadence morale [56]- finisse par devenir la bête noire suprême des conservateurs. Mais un vitriol spécial est toujours réservé aux traîtres. Les penseurs conservateurs considèrent généralement que Rousseau est passé d’un début prometteur à un demi-tour complet et à la création de ce que nous considérons maintenant comme la gauche. Ils ne se trompent pas non plus totalement dans ce domaine. Rousseau a été en effet un personnage crucial dans la formation de la pensée de gauche. L’une des raisons pour lesquelles les débats intellectuels des années 1740 ou 1750 nous paraissent si étranges aujourd’hui, c’est que les divisions gauche-droite ultérieures n’avaient pas encore cristallisé les termes ’gauche’ et ’droite’ eux-mêmes, n’existaient pas encore au moment de la révolution américaine ; ils furent un produit de la décennie immédiatement après celle-ci, et faisaient référence aux positions des groupes aristocrates et populaires de l’Assemblée nationale française en 1789. Évidemment, les effusions de Rousseau sur la décence fondamentale de la nature humaine et les âges perdus de la liberté et de l’égalité n’ont été en aucun cas responsables du soulèvement en mettant des idées étranges dans la tête des sans-culottes (comme nous l’avons noté, car la plupart des intellectuels de l’histoire européenne semblent avoir été la seule classe de gens qui n’étaient pas capables de s’en faire l’idée). Mais on pourrait soutenir qu’en réunissant la critique indigène et la doctrine du progrès développée à l’origine pour la contrer, il a, en fait, écrit le document fondateur de la gauche, comme projet intellectuel.

Pour la même raison, la pensée de droite se méfie depuis le début non seulement des idées de progrès, mais aussi de toute la tradition issue de la critique indigène. Nous avons l’habitude de supposer que ce sont surtout les politiciens de gauche qui parlent du ’Mythe du Noble Sauvage’ et que tout récit européen ancien qui idéaliserait des gens lointains, ou même qui leur attribuerait des opinions convaincantes n’est en réalité qu’une projection romantique des fantasmes européens sur des gens que les auteurs ne pourraient jamais vraiment comprendre. Le dénigrement raciste du sauvage et la célébration naïve de l’innocence sauvage sont toujours traités comme les deux faces d’une même pièce impérialiste. [57] Pourtant, à l’origine, il s’agissait d’une position explicitement de droite.

Ter Ellingson, l’anthropologue qui a fait la revue la plus complète de la littérature, a conclu qu’il n’y a jamais eu de ’ Mythe du Noble Sauvage ’ – dans le sens, un stéréotype de sociétés simples vivant à une époque d’innocence primordiale heureuse – du tout. Les récits de vrais voyageurs tendent à nous fournir une image beaucoup plus ambivalente, décrivant les sociétés étrangères comme un mélange complexe, parfois incohérent, de vertus et de vices. Au lieu de cela, ce qu’il convient d’examiner pourrait mieux s’appeler le mythe du mythe du noble sauvage. Pourquoi certains Européens ont-ils commencé à accuser d’autres Européens d’avoir une vision aussi naïve et romantique, au point que quiconque suggère qu’un aspect de la vie autochtone a quelque chose à nous enseigner puissent être immédiatement accusé de romantisation. La réponse n’est pas jolie. L’expression ’noble sauvage’ a en fait été popularisée comme un terme de ridicule et d’abus utilisé par une clique de racistes purs et durs qui ont pris le contrôle de la British Ethnological Society en 1859, et ont appelé à l’extermination totale des peuples inférieurs.

Les tenants originaux de l’idée blâment Rousseau, mais peu de temps après, les étudiants en histoire littéraire fouillent les archives à la recherche de traces de ce noble sauvage partout. Presque tous les textes discutés au cours de ce chapitre ont fait l’objet d’un examen minutieux et ont été rejetés comme des fantasmes dangereux et romantiques. Mais au début, ces rejets venaient presque entièrement de la droite politique. Ellingson donne un exemple particulier de Gilbert Chinard, dont le volume de 1913 ’America and the Exotic Dream in French literature of the Seventeenth and Eighteenth Centuries’ (L’Amérique et le rêve exotique dans la littérature française au XVIIe et au XVIIIe siècle) était le principal responsable de l’établissement de la notion de ’noble sauvage’ comme trope littéraire occidental dans les universités américaines, Chinard étant peut-être le moins timide sur son agenda politique. Lui aussi a reconnu Lahontan comme le personnage clé et a expliqué en détail que Rousseau avait emprunté des arguments précis à ses Mémoires ou à ses Dialogues avec Kandiaronk. Dans un sens plus large, il détecte une affinité de tempérament :

C’est Jean-Jacques [Rousseau], plus que tout autre auteur, qui ressemble à l’auteur des Dialogues avec un sauvage. Avec tous ses défauts, ses motifs fondamentalement ignobles, il a mis dans son style une passion, un enthousiasme qui n’a d’équivalent que dans le discours sur l’inégalité. Comme Rousseau, il est anarchiste ; comme lui, il est dépourvu de sensibilité morale, et à un degré beaucoup plus grand ; comme lui, il se voit comme la proie des persécutions de la race humaine liguées contre lui-même ; comme lui, il s’indigne des souffrances du malheureux et, encore plus que lui, il rejette l’appel aux armes ; et comme lui surtout, il attribue à la propriété tous les maux qui nous affectent. En cela, il nous permet d’établir un lien direct entre les missionnaires jésuites et Jean-Jacques. [58]

Parce que, selon Chinard, même les Jésuites, les prétendus ennemis de Lahontan, jouaient finalement le même jeu. Aussi exaspérés par la liberté indue des indigènes américains qu’ils aient pu paraître, leurs motifs n’étaient pas innocents. La réponse d’Ellingson au passage de Chinard ci-dessus mérite d’être citée intégralement :

Attends une minute, on doit faire une pause et se demander, de quoi Chinard parle ici ? Une sorte de mouvement anarchiste perpétré par Lahontan, les Jésuites et Rousseau ? Est-ce une théorie de conspiration pour expliquer la Révolution française ? Oui, il s’avère que c’est presque le cas ; les jésuites ont promu des ’idées dangereuses’ en nous donnant l’impression des bonnes qualités des ’sauvages’, et ’cette impression semble avoir été contraire aux intérêts de l’Etat monarchique et à la religion’. Il poursuit en demandant : ’Pour louer la bonté des sauvages et la sagesse avec laquelle ils dirigent les affaires de la nation dans leurs conseils, n’est-ce pas pour critiquer indirectement notre système gouvernemental ? Il poursuit en les accusant d’un certain nombre d’autres activités subversives, telles que ’reproduire le discours des sauvages’ et ’rapporter fidèlement leurs objections naïves, naturelles et raisonnables’, aboutissant à ’fournir aux non-croyants toutes les armes [idéologiques] qu’ils pourraient désirer’. Il conclut par un sombre avertissement : ’Les philosophes du 18e siècle viendraient, leurs idées trouveraient un terrain bien préparé’. En fait, la caractérisation fondamentale de Rousseau par Chinard est ’un continuateur des missionnaires Jésuites’, et les missionnaires ont contribué à faire naître ’les esprits révolutionnaires [qui] allaient transformer notre société et, enflammés par la lecture de leurs relations, nous ramener à la situation des sauvages américains’. [59]

Pour M. Chinard, le fait que les observateurs européens aient ou non rapporté avec exactitude les points de vue de leurs interlocuteurs autochtones n’est pas pertinent. Peut-être qu’ils l’étaient. Qu’est-ce que ça change ? Les Amérindiens étaient, comme le dit Chinard, ’une race différente de la nôtre’ avec laquelle aucune relation significative n’était possible : on pourrait aussi bien, laisse-t-il entendre, enregistrer les opinions politiques d’un farfadet. Ce qui compte vraiment, ce sont les motivations des Blancs impliqués et ceux-ci étaient clairement mauvais, ils sont tous mécontents et fauteurs de troubles. À un moment donné, Chinard accuse même un observateur précoce des coutumes des Inuits du Groenland d’avoir mélangé ses descriptions avec un mélange de socialisme et d’’ illuminisme ’ – c’est-à-dire de voir les coutumes sauvages à travers une lentille qui aurait aussi bien pu être empruntée à l’Ordre secret des Illuminati ! [60]

« Les hommes font leur propre histoire, mais pas dans les conditions de leur choix. »

K.Marx

Ce n’est pas ici l’endroit pour détailler la manière dont la critique de droite s’est transformée en critique de gauche. Dans une certaine mesure, on peut probablement mettre cela sur le compte de la paresse des érudits instruits dans l’histoire de la littérature française ou anglaise, confrontés à la perspective d’avoir à se poser sérieusement la question de ce qu’un Mi’kmaq du XVIIe siècle aurait pu réellement penser. Dire que ce n’est pas important serait raciste. Dire que c’est inconnaissable parce que les sources sont racistes, c’est plutôt laisser tomber. Dans une certaine mesure aussi, elle est fondée sur des protestations tout à fait légitimes de la part de ceux qui, historiquement, ont été romancés. Nombreux sont ceux qui ont fait remarquer que, pour ceux qui en sont les destinataires, se faire dire que l’on est une race inférieure et que, par conséquent, tout ce que l’on peut dire peut être ignoré que l’on est un enfant innocent de la nature ou l’incarnation de la sagesse ancienne et que tout ce que l’on dit doit donc être traité comme ineffablement profond, est presque aussi ennuyeux. Les deux attitudes semblent conçues pour empêcher toute conversation significative.

La plupart des personnes dont nous allons parler dans ce livre sont mortes depuis longtemps. Il n’est plus possible d’avoir une quelconque conversation avec eux, significative ou non. Nous sommes néanmoins déterminés à décrire la préhistoire comme s’il s’agissait de gens à qui l’on aurait pu parler de leur vivant, qui n’existent pas seulement comme des spécimens, des marionnettes en chaussettes ou les jouets d’une loi historique inexorable. Il y a certainement des tendances dans l’histoire. Certaines sont des tendances très puissantes – des courants si forts qu’il est très difficile de s’y opposer (bien qu’il semble toujours y en avoir qui y parviennent quand même.). Mais les seules ’lois’ sont celles que nous inventons nous-mêmes.

Cela aussi, bien sûr, est l’une des grandes intuitions de la pensée des Lumières, et comme nous le verrons, elle est elle-même, au moins en partie, dérivée des conversations entre Européens et Nord-Américains.

Lorsque nous nous sommes lancés dans la rédaction de ce livre, nous nous sommes imaginés en train d’écrire une contribution à la littérature naissante sur la question des origines de l’inégalité sociale – mais cette fois-ci, une contribution fondée sur les faits réels. Au fur et à mesure de nos recherches, nous nous sommes rendu compte à quel point cette question était étrange. Même en dehors des implications de l’innocence primordiale, cette façon de formuler le problème suggère un certain diagnostic de ce qui ne va pas dans la société et de ce qui peut et ne peut pas être fait, ce qui, comme nous l’avons vu, a souvent très peu à voir avec ce qui rend les personnes vivant dans des sociétés que nous avons fini par appeler ’égalitaires différentes des personnes qui ne le sont pas. Rousseau évite la question, en réduisant ses sauvages à de simples expériences de pensée. Il était à peu près la seule grande figure des Lumières françaises à ne pas avoir écrit un dialogue ou un autre travail imaginatif pour essayer de regarder la société européenne d’un point de vue étranger. En fait, il dépouille ses ’sauvages’ de tout pouvoir imaginatif qui leur soit propre ; leur bonheur provient entièrement de leur incapacité à imaginer le contraire ou à se projeter dans l’avenir d’une manière ou d’une autre [61]. Ils manquent donc aussi totalement de philosophie. C’est probablement la raison pour laquelle personne ne pouvait prévoir les désastres qui s’ensuivraient lorsqu’ils ont commencé à jalonner des propriétés et à former des gouvernements pour les protéger ; au moment où les êtres humains étaient même capables de penser aussi loin, les dommages avaient déjà été faits.

Dans les années 1960, l’anarchiste et anthropologue français Pierre Clastres suggérait exactement le contraire. Et si le genre de personnes que nous aimons imaginer aussi simples et innocentes parce qu’elles sont libres de dirigeants, de gouvernements, de bureaucraties et de classes dirigeantes, étaient libres non pas parce qu’elles manquent d’imagination, mais parce qu’elles sont en fait plus imaginatives que nous. Nous avons du mal à imaginer à quoi ressemblerait une société vraiment libre ; peut-être n’ont-ils pas autant de mal à imaginer ce que seraient un pouvoir et une domination arbitraires. Peut-être qu’ils peuvent non seulement l’imaginer, mais aussi organiser consciemment leur société de manière à ce que de telles choses ne se produisent jamais. Comme nous le verrons au chapitre suivant, l’argument de Clastres a ses limites. Mais en insistant sur le fait que les sujets des études anthropologiques sont tout aussi conscients et imaginatifs que les anthropologues eux-mêmes, il a fait plus que quiconque pour réparer les dommages que Rousseau avait causés auparavant ou depuis.

Rousseau a été accusé de nombreux crimes. Il est innocent de la plupart d’entre eux. S’il y a vraiment un élément toxique dans son héritage, c’est bien ceci : non pas sa promulgation de l’image du Noble Sauvage, ce qu’il n’a pas vraiment fait, mais sa promulgation de l’image du Stupide Sauvage, même s’il le considère heureux dans sa stupidité. Les impérialistes du XIXe siècle ont adopté le stéréotype avec enthousiasme, se contentant d’ajouter une variété de justifications apparemment scientifiques – de l’évolutionnisme darwinien au racisme ’scientifique’ – pour développer cette notion de simplicité innocente afin de pousser les peuples libres restants du monde (ou de plus en plus, à mesure que l’expansion impériale européenne se poursuit, les peuples autrefois libres du monde) dans un espace conceptuel où leur jugement ne semble plus menacer. C’est le travail que nous essayons de défaire.

’Liberté, égalité, fraternité’ étaient les cris de ralliement de la Révolution française [62]. Il existe aujourd’hui des disciplines entières, des sous-branches de la philosophie et des sciences politiques et des études juridiques, qui font de l’égalité leur matière première. L’égalité est presque universellement reconnue comme une valeur, malgré l’absence quasi totale de consensus sur ce à quoi le terme se réfère réellement. Égalité des chances ? Égalité de condition ? Égalité formelle devant la loi ?

De même, des sociétés comme les Mi’kmaq, les Algonquins ou les Wendats du XVIIe siècle sont régulièrement appelées ’ sociétés égalitaires ’ – ou, sinon, ’ bandes ’ ou sociétés ’ tribales ’, ce qui est généralement présumé signifier la même chose. On ne sait jamais exactement à quoi le terme est censé se référer. S’agit-il d’une idéologie, de la croyance que tout le monde devrait être pareil – évidemment pas de toutes les façons, mais à certains égards qui sont considérés comme particulièrement importants ? Ou devrait-il s’agir d’une situation dans laquelle les gens sont réellement les mêmes ? Et dans ce dernier cas, cela devrait-il signifier qu’un idéal égalitaire qui caractérise cette société particulière est en fait largement réalisé, de sorte qu’on puisse dire que tous les membres de la société ont un accès égal à la terre, ou se traitent mutuellement avec la même dignité, ou sont également libres de faire connaître leurs opinions dans les assemblées publiques ? Ou peut-il s’agir d’une mesure imposée par l’observateur : revenu monétaire, pouvoir politique, apport calorique, taille de la maison, nombre et qualité des biens personnels ? L’égalité signifierait-elle l’effacement de l’individu ou la célébration de l’individu ? (Après tout, une société où tout le monde était exactement le même, et où ils étaient tous si différents qu’il n’y avait aucun critère pour dire que l’un était supérieur à l’autre, semblerait à la fois ’égalitaire’ à un observateur extérieur). Peut-on parler d’égalité dans une société où les aînés sont traités comme des dieux et prennent toutes les décisions importantes, si tous les membres de cette société qui survivent après, disons, cinquante ans deviennent des aînés ? Qu’en est-il des relations entre les sexes ? Beaucoup de sociétés dites ’égalitaires’ ne sont réellement égalitaires qu’entre hommes adultes. Parfois, les relations entre les hommes et les femmes dans ces sociétés sont tout sauf égales. D’autres cas sont plus ambigus. Il se peut que les hommes et les femmes d’une société donnée fassent non seulement des travaux différents, mais qu’ils aient des théories différentes sur ce qui est important, de sorte qu’ils aient tous deux tendance à penser que les principales préoccupations de l’autre (cuisine, chasse, soins aux enfants, guerre…) sont insignifiantes ou si profondément différentes qu’il est insensé de les comparer du tout. Plusieurs des sociétés rencontrées par les Français en Amérique du Nord correspondent à cette description. Elles peuvent être considérées comme matriarcales d’un point de vue, patriarcales d’un autre. [63] Dans de tels cas, peut-on parler d’égalité entre les sexes ? Ou ne pourrions-nous le faire que si les hommes et les femmes étaient également égaux selon certains critères externes minimaux : être également à l’abri de la menace de violence domestique, par exemple, ou avoir un accès égal aux ressources, ou avoir voix au chapitre dans les affaires communes ?

Puisqu’il n’y a pas de réponse claire et généralement acceptée à aucune de ces questions, l’utilisation du terme ’égalitaire’ a conduit à des arguments sans fin. En fait, on ne sait toujours pas très bien ce que le terme ’égalitaire’ signifie. En fin de compte, le terme n’est pas employé parce qu’il a une substance positive, mais plutôt pour la même raison que les théoriciens de la Loi naturelle du XVIe siècle ont spéculé sur l’égalité dans l’état de la nature : Le terme ’ égalité ’ est un terme par défaut, se référant à ce genre de masse protoplasmique de l’humanité que l’on imagine comme étant un reste lorsque tous les attributs de la civilisation sont dépouillés. Les personnes ’ égalitaires ’ sont celles qui n’ont pas de princes, de juges, de surveillants ou de prêtres héréditaires, et sont généralement, sans ville ni écriture. Ce sont des sociétés d’égaux dans le seul sens où tous les signes les plus évidents d’inégalité font défaut.

David_Graeber_1961-2020

Il s’ensuit que tout travail historique qui prétend porter sur les origines de l’inégalité sociale est en réalité une enquête sur les origines de la civilisation ; un travail qui implique à son tour une vision de l’histoire qui, comme celle de Turgot, conçoit la civilisation comme un système de complexité sociale qui garantit une plus grande prospérité globale, mais en même temps, garantit que certains compromis devront nécessairement être faits dans le domaine des libertés et des droits. Nous essayons de raconter une histoire différente.

Ce n’est pas que nous considérions comme insignifiant ou inintéressant le fait que les princes, les juges, les surveillants ou les prêtres héréditaires – ou d’ailleurs l’écriture et les villes – n’émergent qu’à un certain moment de l’histoire humaine. Bien au contraire : pour comprendre notre situation difficile actuelle, en tant qu’espèce, il est absolument crucial de comprendre comment ces choses sont apparues. Cependant, nous insistons aussi pour que, pour ce faire, il nous faut rejeter l’idée de traiter nos lointains ancêtres comme une sorte de soupe humaine primordiale. Les preuves qui s’accumulent dans les domaines de l’archéologie, de l’anthropologie et des domaines connexes suggèrent que, tout comme les Amérindiens ou les Français du XVIIIe siècle, nos lointains ancêtres avaient des idées très précises sur ce qui était important dans leurs sociétés, que celles-ci ont varié considérablement au cours des quelque trente mille années qui se sont écoulées entre le début de l’âge de glace et l’aube de la civilisation que nous qualifions et que les décrire en termes d’’ égalitarisme ’ uniforme ne nous dit presque rien sur eux. Il ne fait aucun doute qu’il y avait généralement un certain degré d’égalité par défaut : une présomption que les humains sont tous aussi impuissants face aux dieux ; ou un fort sentiment que la volonté de personne ne devrait être subordonnée en permanence à celle d’autrui. Il aurait sans doute fallu s’assurer que des princes, des juges, des surveillants ou des prêtres héréditaires n’apparaissent pas pendant une si longue période.

Mais les idéologies autoconscientes de ’l’égalité’, c’est-à-dire celles qui présentent l’égalité comme une valeur explicite, par opposition à une idéologie de liberté, de dignité ou de participation qui s’applique également à tous, semblent avoir été relativement récentes dans l’histoire. Même lorsqu’elles apparaissent, ces idéologies s’appliquent rarement à tout le monde. L’ancienne démocratie athénienne, par exemple, reposait sur l’égalité politique entre ses citoyens – même s’ils ne représentaient qu’entre 10 et 20 % de la population totale – en ce sens que chacun avait les mêmes droits de participer aux décisions publiques. On nous apprend à y voir un jalon dans l’évolution politique, car nous considérons que cette notion plus ancienne de participation civique égale a été ravivée et élargie, environ deux mille ans plus tard, à l’époque des révolutions française et américaine. C’est une proposition douteuse : les systèmes politiques qualifiés de ’démocraties’ dans l’Europe du XIXe siècle n’ont presque rien à voir avec l’Athènes antique, mais ce n’est pas vraiment la question. Les intellectuels athéniens de l’époque, qui étaient pour la plupart d’origine aristocratique, avaient tendance à considérer l’ensemble de l’arrangement comme une affaire sordide et préféraient de loin le gouvernement de Sparte, dirigé par un pourcentage encore plus faible de la population totale, qui vivait collectivement des travaux des serfs. Les citoyens spartiates se désignaient eux-mêmes comme les Homoioioi, que l’on pourrait traduire par ’ les égaux ’ ou ’ ceux qui sont tous les mêmes ’ ; ils ont tous suivi la même formation militaire rigoureuse, adopté le même dédain hautain tant pour le luxe efféminé que pour les idiosyncrasies individuelles, mangé dans les halls communautaires, et passé la plupart de leur vie à pratiquer la guerre.

Il ne s’agit donc pas d’un livre sur les origines de l’inégalité. Mais il vise à répondre à un grand nombre des mêmes questions d’une manière différente. Il ne fait aucun doute que quelque chose a terriblement mal tourné dans le monde. Un très faible pourcentage de sa population contrôle le destin de presque tout le monde, et elle se conduit de façon de plus en plus désastreuse. Pour comprendre comment cette situation s’est produite, nous devons remonter à ce qui a rendu possible l’émergence des rois, des prêtres, des surveillants et des juges. Mais nous n’avons plus le luxe de pouvoir supposer que nous savons déjà exactement ce que c’était. En nous inspirant des critiques autochtones comme Kandiaronk, nous devons aborder les documents historiques, archéologiques et ethnographiques avec un regard nouveau.

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Sayre, Gordon M. 1997. Les Sauvages Américains : Représentations des Amérindiens dans la littérature coloniale française et anglaise. Chapel Hill : University of North Carolina Press.

Sioui, Georges. 1972. “A la réfiexion des Blancs d’Amérique du Nord et autres étrangers,” Recherches amérindiennes au Québec, vol. II, n. 4-5, p. 65-68.

. 1992. For an Amerindian Autohistory : an Essay of the Foundations of a Social Ethic. Montréal : McGill.

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Tisserand, Roger. 1936. Les Concurrents de J.-J. Rousseau à l’ Académie de Dijon pour le prix de 1754. Paris : Boivin.

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Wallace, Anthony F. C. 1958. ’Dreams and the Wishes of the Soul : A Type of Psychoanalytic Theory among the Seventeenth Century Iroquois.’ American Anthropologist, New Series, Vol. 60, No. 2, pp. 234-248.

White, Richard. 1991. Le terrain d’entente : Les Indiens, les empires et les républiques de la région des Grands Lacs, 1650-1815. Cambridge : Cambridge University Press.

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Lectures complémentaires :

Le PDF hommage à David Graeber (1961-2020) réalisé par Jo en septembre 2020

Manifeste pour la société des sociétés

Retrouver David Graeber sur notre page « Anthropologie politique »

Comprendre et démonter la loi coloniale

Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix, constitution de la conféderation Haudenausonee (iroquoise, XIIème siècle)

Textes fondateurs pour un changement politique

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David Graeber (1961-2020)

Grande réinitialisation, guerre, génocide, dictature technotronique… Demandez le programme ! (Veterans Today)

Posted in 11 septembre, 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, économie, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 7 octobre 2021 by Résistance 71

Il est important de ne pas perdre de vue l’ensemble de la scène du spectacle politico-marchand. Ci-dessous, Duff résume et recentre le débat sur ce qui est à venir. Nous ajouterions ceci. Tout comme pour les deux grandes guerres mondiales auparavant, l’ensemble de la clique usuelle financière et (post) industrielle est au manettes pour celle qui vient. La petite différence est que la Chine, de par le sommet de sa pyramide, est partie intégrante de la cabale. Le monde de la finance a complètement intégré la haute finance chinoise et son capitalisme d’état, qui n’échappe en rien au système des banques centrales pilotées depuis la City de Londres et la Banque des Règlements Internationaux, la BRI de Bâle, le GQG des banques centrales et des rouages du système de contrôle marchand et financier, puisqu’il ne s’agit plus que de cela. L’enfumage et la division des peuples continuent alors que les oligarques transnationaux gueuletonnent ensemble et façonnent leur Nouvel Ordre Mondial, mutation en devenir nécessaire du système étatico-capitaliste du spectacle marchand vers une dictature technotronique eugéniste, transhumaniste et génocidaire.
Rien ne change, simplement le cercle s’agrandit un peu pour accommoder le changement et la métamorphose de l’État-Capital en dictature technotronique néo-féodale, ce que Duff qualifie en fin d’article de “new internet driven dark ages”, sauce 5G et nanotech… Dans ce grand chambard, la crise COVID19 n’est qu’un outil, un épisode nécessaire, une préparation psychologique et technocratique à ce qui arrive. une fois encore répétons-le, rien n’est inéluctable, tout cela ne va pas se produire nécessairement… sauf si nous les laissons faire, si nous continuons à accepter leurs règles du jeu, leur narratif et leur volonté de nous opprimer et nous détruire. Nous avons le pouvoir de dire NON ! Une fois fait, tout s’arrête, fin de partie pour les criminels psychopathes et le système qui les génère et les perpétue, se perpétuant lui-même de la sorte.
Depuis bien longtemps, c’est à nous de jouer, selon nos règles, suffit de le vouloir, de le faire, de s’y tenir et de faire face contre vents et marées, ensemble, unis.
~ Résistance 71 ~

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La 3ème guerre mondiale est en marche et les Etats-Unis l’ont déjà perdue

Gordon Duff avec New Eastern Outlook, magazine de l’académie des sciences russe depuis 1816

Octobre 2021

url de l’article original :
https://www.veteranstoday.com/2021/10/05/blockbuster-world-war-iii-is-coming-and-america-already-lost/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Note de l’éditeur :

Ceci est un morceau de l’univers alternatif, un de ces morceaux que beaucoup auront du mal à lire et je peux vous assurer que bon nombre arrêteront leur lecture avant la fin car ne voulant pas en “savoir” plus (NdT: phénomène de la dissonance cognitive…)

Gordon publie cet article avec NEO, car le magazine est lu par toutes les agences de renseignement, qui pour leur propre sécurité, désirent rester à jour sur leur connaissance de qui peut bien s’intéresser au grand jeu (NdT : cirque ?) Un avertissement précoce peut être une situation de vie ou de mort dans bien des cas.

Le but ici est d’allumer la lumière pour que les masses refocalisent leur pensée ce sur quoi les salopards ne veulent pas qu’ils se focalisent, d’où la suite sans fin de feintes et de diversions afin de s’assurer que nous ne puissions pas nous concentrer et ne jamais comprendre ce qu’ils font, encore moins donc nous y opposer. Le succès de Google à établir un profil de tout le monde avec pratiquement 100% de la coopération de tout à chacun, fut un coup de génie créatif pour une société néo-esclavagiste, que les gens acceptent simplement pour obtenir quelques trucs gratuitement, mais qui en réalité viennent à un coût dévastateur.

Les trumpistes sont le parfait exemple du succès des méthodes mafieuses Uber et je veux dire par là les trumpistes de rue. Nous avons eu une bonne démonstration de la facilité avec laquelle leurs manipulateurs les façonnent.

Quant aux “régulateurs républicains”, à commencer avec ceux siégeant au congrès des Etats-Unis, la plupart d’entre eux suivent le mouvement, ayant montré depuis l’insurrection du capitole que leur plus grand devoir est envers eux-mêmes afin de maintenir leur position coûte que coûte au sommet de la pyramide.

Qu’ils puissent continuer de soutenir Trump après tout ce qu’il a fait et essayé de faire, montre l’échec total de notre système politique, de notre société soi-disant “libre”. Nous sommes pourris de l’intérieur et pourtant le sempiternel jeu d’offrir constamment des boucs émissaires à la vindicte populaire continue de plus belle.

Il n’y a plus qu’une seule question à ce niveau du jeu, est-il trop tard pour renverser la vapeur même si nous le voulions vraiment. Personnellement, je ne prendrai pas ce pari… Jim W. Dean 

NdT: Jim, la réponse est simple : oui, c’est réversible… mais il n’y a pas de solution au sein du système et ne saurait y en avoir. Il faut avoir la clairvoyance nécessaire pour le comprendre et ensuite avoir la volonté d’agir en conséquence.

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Si la crise COVID19 a fait une chose par dessus tout, c’est d’avoir “préparé le terrain” des Etats-Unis pour la prochaine pandémie. Les Etats-Unis ne seront plus capables d’y faire face. La confiance dans la politique de bien publique a été pulvérisée et une strate a été créée de manière délibérée, celle d’un mouvement anti-gouvernement violent permanent, afin de s’assurer de la destruction des Etats-Unis.

Derrière tout cela se trouve un nouveau niveau d’analyse et de contrôle de l’humanité qui utilise les données (big data) ayant son commencement dans le mariage entre la CIA et la corporation Google (NdT: qui au départ rappelons-le fut aidé et financé par la branche technologique de la CIA : InQTel).

Le véritable “gain de fonction” s’est effectué dans la zone du contrôle de la pensée, des peurs et des haines fabriquées avec de super ordinateurs contrôlant des milliards de personnes au travers “d’influenceurs” et de milliards de personnes qui ont perdu la capacité de raisonner, la capacité de contrôler quelque aspect de leur vie que ce soit, ceci est une analogie de la Matrix pour sûr.

Il n’y a pas besoin de guerre nucléaire. Ceux qui vont détruire les Etats-Unis ne seront jamais pourchassés car la plupart d’entre eux contrôlent déjà le système, les Etats-Unis et les dirigent.

La 3ème guerre mondiale arrive, ce sera une attaque biologique sur les Etats-Unis. Ce sera un virus SRAS, une infection des voies respiratoires supérieures augmentée de plusieurs capacités de “gain de fonction”. Le monde va devenir un tout autre endroit avec la destruction de l’OTAN et des Etats-Unis et l’empire américain en ruine qui en découlera.

L’histoire qui ne peut pas être enseignée, qui sera télévisée ou discutée dans les universités du monde, aurait prévu une nouvelle division des nations fondée sur des principes mis en avant au siècle dernier par des élites adorant l’eugénisme et le totalitarisme, qui construisirent le Japon impérialiste et l’Allemagne nazie.

Les nations cette fois-ci ? Le Brésil ? Pourquoi pas regarder en Europe ou l’ex-URSS, certainement l’Ukraine, la Georgie, peut-être l’Azerbaïdjan mais combien de plus ?

L’Inde ? Est-ce que le ciblage de l’Iran vise à amener une telle nation au sein de la Cabale ? Où seraient Israël, l’Arabie Saoudite et les états du Golfe sans leur pouvoir financier ?

La Pologne ? Les états baltes ? La Grande-Bretagne ? Ah, la GB, tout modèle qui marche sur les Etats-Unis marchera plus que probablement sur la GB également. L’histoire d’amour de la GB et du nazisme fut forte et bien fière dans les années 1930 et elle est mûre pour être restaurée.

Ceux qui planifient de mettre cette attaque à exécution, ce nouveau 11 septembre, comme avec la dernière attaque en date de 2001, ne seront pas des joueurs représentant des états-nations mais plutôt une cabale de l’ombre, sans nom, que quelqu’un peut bien effleurer du doigt en enquêtant sur la liste de personnes graciées par Trump et ceux avec qui Trump et sa famille, ainsi que ses associés clef, firent “la fête”.

Comment savons-nous qu’une guerre arrive est simple, des experts ont tracé les mouvements aux Etats-Unis de ce qui a intentionnellement totalement détruit la capacité des Etats-Unis à répondre à une urgence nationale de ces organisations, agences de renseignement, think tanks, cabale bancaire, sociétés secrètes et cultes élitistes.

Ces efforts ont été puissamment financés, soutenus par les leaders politiques américains, des figures prominentes du sport et du spectacle et, derrière tout cela, comme d’habitude, Google, Facebook, Twitter et Instagram.

Clef aussi sont les attaques orchestrées sur Fauci ou Bill Gates et tant d’autres, bizarrement liées à des attaques su Dominion Voting Systems. En suivant des individualités comme Steve Bannon, Roger Stone ou Paul Manafort, on peut aussi faire de fortes suppositions indiquant une très haute probabilité.

Les Etats-Unis, en accord avec les résultats d’une analyse avancée, seront attaqués avec une arme qui fera ce qui suit :

  • Détruira le système sanitaire et de sécurité sociale, achevant ce que la crise COVID laissa blessé et affaibli
  • Produira des symptômes inexplicables avec un énorme taux de mortalité dans certains groupes ethniques ou régions, nourrissant ainsi l’excitation conspirationniste comme pour le COVID
  • Affaiblira suffisamment le gouvernement central afin de permettre à des états à bas niveau d’éducation mais aux grosses ressources de se retirer de l’Union avec succès

Nous commençons avec une hypothèse fondée sur l’analyse. Dans le monde “post vérité” il faudra non seulement des méthodes efficaces mais une “audience” ou un “client” sain et suffisamment intelligent pour comprendre l’effort.

Invariablement, des experts du renseignement à un certain niveau, un petit nombre ayant des noms que vous ne connaîtriez pas, ont des réponses mais personne qui en veut.

Une de ces réponses, peut-être la plus importante pour les Etats-Unis est celle-ci :

Une guerre biologique utilisant des armes existantes créées par la recherche sur le “gain de fonction” peut cibler et détruire les Etats-Unis se fera certainement avec facilité.

Un avertissement néanmoins, jamais la différence entre ce qui nous est raconté par les médias être des perceptions publiques et les préoccupations de la communauté du renseignement n’a été si loin l’une de l’autre. La raison pour laquelle ceci est préoccupant est simple, les états-nations admettent maintenant, du moins de manière privée, qu’ils ne sont plus en contrôle de leurs propres affaires.

Définir l’état-nation a toujours été quelque chose de difficile et complexe. Il y a presque 100 ans, le général du corps des Marines des Etats-Unis, Smedley Butler, a admis que l’armée américaine avait été, ce depuis le XIXème siècle, ni plus ni moins que le garde du corps et le bras armé du crime organisé. Il donna pour preuve ses propres efforts dans les Caraïbes et en Amérique Centrale ainsi que le rôle de l’Amérique en Chine sous la supposée politique de la “porte ouverte”.

Qu’affirme Butler ? “Je fus un gangster pour Wall Street.”

Mais qu’en est-il d’aujourd’hui ? Les gouvernements ont toujours eu le pouvoir pour mettre en place des évènements favorisant les cultes du pouvoir de l’ombre que les conspirationistes ne reconnaissent que très rarement. Si vous pensez que la CIA, le MI6 etc ne truquent des élections qu’à l’étranger, rien ne peut être plus faux.

Mais qui alors est la CIA ? Qu’est-ce que le MI6 ou autres agences du style ? Existent-elles en dehors de la question de la supervision de la protection de l’occident des intrigues de supposés dirigeant super-vilains de nations comme la Corée du Nord ou Cuba ?

Les racines de telles agences, pour la Grande-Bretagne, remontent à des siècles du temps de Guillaume III d’Orange, le Hollandais qui mit en place et renforça ce qui deviendra l’empire bancaire Rothschild et son étreinte sur les monnaies européennes (NdT: création de la Banque d’Angleterre au sein de la City de Londres en 1694…)

L’Allemagne de Bismarck et du Kaiser résista et nous avons vu ce qui leur est arrivé. Les Etats-Unis ont aussi résisté, jusqu’à ce que Jacob Schiff et Paul Warburg “vendent” le concept (NdT : de banque centrale privée) au président Woodrow Wilson (NdT: en 1913, création de la “Fed” américaine, suite à la réunion ultra-secrète des banquiers sur l’Île de Jekyll dans l’état de Georgie en 1910, qui en décida ; ça ne peut pas s’inventer des trucs pareils…), sous le masque du système de la “Banque Fédérale des Etats-Unis” (NdT: qui est aussi “fédérale” que “Federal Express”…)

Ils lui vendirent aussi [à Wilson] une guerre mondiale. Avant cela, Jacob Schiff supervisa lui-même la guerre russo-japonaise de 1905 et fut le “tireur de ficelles, marionnettiste” qui amena la guerre américano-espagnole également.

Voyez-vous, certains groupes financiers européens à la très longue histoire, non seulement créèrent la Grande-Bretagne en tant que super-puissance maritime et comme “caïd des 7 mers”, mais ils le firent des Etats-Unis également.

Détruire la Russie fut toujours au top de leur liste et alors que le XXème siècle commençait son effusion de sang, la famille Warburg, agents de la famille Schiff, agents de l’empire banquier sur un axe Francfort-Amsterdam-Londres des Rothschild, joua un rôle clef.

Tiré du livre “The Warburgs: The Twentieth Century Odyssey of a Remarkable Family”, de Ron Chernow:

Paul Warburg était la seule personne aux Etats-Unis à comprendre comment fonctionnait une banque centrale. En 1912 et 1913, il dessina un plan de base pour la création du système bancaire de la Réserve Fédérale et il fit le brouillon de la loi sur la Fed, le Federal Reserve Act. En décembre 1913, le président Wilson signa la loi établissant la nouvelle banque centrale américaine. Si quelqu’un peut bien être appelé le père de la Fed, nota le New York Times, c’est bien Paul Warbug.

Le nouveau comité des gouverneurs de cette banque centrale, qui inclût pendant plusieurs années Paul Warburg lui-même, devint très lourd en appointés politiques dont la politique très laxiste du crédit fit le terrain de la grande dépression de 1929. L’effondrement économique des Etats-Unis dans les années 30 peut-être remonté à la gestion de la Réserve Fédérale par des taupes incompétentes ne rendant de comptes qu’à elles-mêmes.

Retour en Allemagne

Alors que Paul Warbug rendait l’Amérique bien plus sûre pour les financiers, son frère aîné Max, était occupé à Hambourg à aider à la construction financière de la nouvelle flotte marchande allemande via l’entreprise HAPAG.

Parce que la fortune de la famille Warbug était fondée sur le financement du commerce international, Max Warburg rechercha tout naturellement à encourager un tel commerce. Pour les mêmes raisons, les banquiers internationaux encouragèrent le retrait des barrières douanières et autres barrières commerciales.

Pourquoi disons-nous cela ? Pour dire que les États-Nations sont un concept très éthéré au mieux et que les leaders nationaux n’étant guère plus que des “acteurs de crise” ont toujours existé.

Au lieu de développer les outils pour que l’humanité se développe politiquement et culturellement, l’histoire a été retournée, avec toujours plus de religions et de superstitions primitives gagnant une main mise sur des populations grandissantes assurant maintenant un nouvel “âge sombre” dirigé par internet.

Conclusion

Il y a peu de question sur ce qui nous attend en magasin. Ceux qui prédisent une invasion extra-terrestre parle d’une humanité qui serait “élevée” dans des fermes prévues à cet effet par des envahisseurs de la planète Mars.. Mais n’avons-nous pas déjà été “cultivés” et “récoltés” dans une économie mondiale fondé sur de fausses monnaies, une dette débordante, un pathétique et inutile militarisme et une consommation gargantuesque d’énergie et de ressources qui n’a rien fait pour promouvoir la condition humaine ?…

Ceux qui blâment les “vaccins” comme tous les maux de l’humanité ne doivent pas bien regarder alentour ce qui se passe…

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Lectures complémentaires :

La solution à la crise COVID19 fabriquée n’est pas médicale mais POLITIQUE (Résistance 71)

Fraude et crime COVID en bande organisée : résumé et perspective hors système (Résistance 71)

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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Escroquerie COVID, crime contre l’humanité et dictature technotronique : prospective 2022

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , on 6 octobre 2021 by Résistance 71

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Contemplation…

A partir de Janvier 2022, c’est Poison forcé chez soi avec amende payé ou en Prison avec amendes non payés

Anonyme

6 octobre 2021

M. JOMIER collabo qui veut la piqouze obligatoire a envoyé cette proposition de loi dès le 4 octobre 2021 au Sénat:

À compter du 1er janvier 2022, le refus de se soumettre ou de soumettre ceux sur lesquels on exerce l’autorité parentale ou dont on assure la tutelle à l’obligation de vaccination prévue au 12° du I est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe.

Cette contravention peut faire l’objet de la procédure de l’amende forfaitaire prévue à l’article 529 du code de procédure pénale. Si une telle infraction est verbalisée à plus de trois reprises au cours d’une période de trente jours, l’amende est celle prévue pour les contraventions de la cinquième classe. ». »

Objet

Cet amendement assortit la vaccination obligatoire d’une sanction contraventionnelle en cas de non-respect de cette obligation à compter du 1er janvier 2022, afin de donner à l’ensemble des personnes concernées le temps de s’y conformer.

Il est ainsi prévu que le non-respect de l’obligation vaccinale sera puni de l’amende forfaitaire prévue pour les contraventions de 4e classe, à savoir 135 euros. En cas de récidive au-delà de trois verbalisations en 30 jours, cette amende sera portée à 1 500 euros.

Proposition de loi

Vaccination obligatoire contre le SARS CoV 2

https://www.senat.fr/amendements/commissions/2020-2021/811/Amdt_COM-1.html

des médecins payés à 750 euros de l’heure pour piqouzer

https://www.ladepeche.fr/2021/04/15/des-medecins-payes-jusqua-750-euros-de-lheure-pour-vacciner-lassurance-maladie-met-fin-a-la-facturation-a-lacte-9490097.php

les médecins piqouzeurs exemptés d’impôts

https://resistance-mondiale.com/proposition-de-loi-no-4064-visant-a-exonerer-dimpot-sur-le-revenu-les-remunerations-des-professionnels-de-sante-dans-le-cadre-de-la-campagne-vaccinale-contre-la-covid-19

les médecins ont l’immunité judiciaire pour la piqouze

Quand un journal de l’académie de médecine se plaignait que nous sommes trop nombreux sur la planète (en plus de faire leur propagande du RCA bidon tout comme leur fausse pandémie avec tests truqués)

https://www.lequotidiendumedecin.fr/courriers-des-lecteurs/rechauffement-climatique-trop-de-monde-sur-la-planete

… pas étonnant qu’ils veulent absolument imposer leur piqouze mortifère en plus de réclamer l’immunité jurdique

https://resistance71.wordpress.com/2021/05/30/lacademie-de-medecine-francaise-refuse-toute-responsabilite-dans-les-effets-nefastes-des-injections-geniques-anti-covid-en-violation-du-serment-dhippocrate-et-pousse-a-lobligation-vaccinale/

En même temps que les politiciens qui ont donné l’immunité juridique aux piqouzeurs votent aussi une loi pour se protéger judiciairement, puisqu’ ils vont voter le 6 octobre une loi pour emprisonner les gens qui refusent la piqouze  dès janvier 2022, quand ils ne pourront plus payer les amendes

https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2021/10/04/covid-le-conseil-detat-propose-limpunite-des-politiques/

Le sénateur B.Jomier avait en 2018 en qualité d’adjoint au maire reçu 530 000 euros de conventions du laboratoire Gilead.

https://www.francesoir.fr/commission-au-senat-un-echange-surprenant-une-video-tronqu%C3%A9e-la-verite-est-elle-sous-influence

le labo Gilead  est actionnaire de Pfizer 

https://investors.pfizer.com/investor-news/press-release-details/2020/Pfizer-Announces-Agreement-with-Gilead-to-Manufacture-Remdesivir-for-Treatment-of-COVID-19/default.aspx

Le sénateur B.JOMIER vient de déposer un amendement pour qu’à compter du 1er janvier 2022, le non respect de l’obligation vaccinale soit sanctionné d’une contravention de 4ème classe de 135€ avec procédure d’amende forfaitaire, et en cas de 3 condamnations dans les 30 jours, ce soit porté à 1500€, soit une contravention de 5ème classe.

https://www.senat.fr/amendements/commissions/2020-2021/811/Amdt_COM-1.html

C’est ce sénateur qui est en charge du rapport sur la proposition de loi sur la vaccination obligatoire contre le covid devant être présenté le 6 octobre devant la commission des affaires sociales du sénat.

Ce médecin écolo-socialiste était jusqu’en 2017 adjoint au maire de Paris, vice -président du conseil de surveillance de l’APHP, administrateur suppléant de santé publique France, membre du conseil de surveillance de l’ARS IDF; il a été aussi membre de amnesty international/médecins du monde, médecin HAD de la fondation croix st simon.

https://www.hatvp.fr/fiche-nominative/?declarant=jomier-bernard

B.Jomier en compagnie de M.Hirsch, directeur général de l’APHP.

https://www.purepeople.com/media/exclusif-martin-hirsch-directeur-de-l_m2902070

Un sénateur PS propose un amendement « lunaire » : https://www.senat.fr/amendements/commissions/2020-2021/811/Amdt_COM-1.html

Extrait : « À compter du 1er janvier 2022, le refus de se soumettre ou de soumettre ceux sur lesquels on exerce l’autorité parentale ou dont on assure la tutelle à l’obligation de vaccination prévue au 12° du I est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe. Cette contravention peut faire l’objet de la procédure de l’amende forfaitaire prévue à l’article 529 du code de procédure pénale. Si une telle infraction est verbalisée à plus de trois reprises au cours d’une période de trente jours, l’amende est celle prévue pour les contraventions de la cinquième classe.  »

Cette fois-ci pas de doutes, « ils » cherchent le chaos, volontairement.

confirmé, la piqouze cause une hausse de D-dimère, des mini thromboses indétectables, qui ne peuvent être vu qu’avec l’analyse des D-dimère dans le sang, et peuvent causer des grosses thromboses mortelles à tout moment

https://reseauinternational.net/un-taux-de-d-dimeres-eleve-confirme-que-le-vaccin-a-provoque-des-thromboses/

les vax causent le cancer

https://stateofthenation.co/?p=80028

https://stateofthenation.co/?p=86301

https://stateofthenation.co/?p=87581

https://reseauinternational.net/une-augmentation-des-cancers-comme-jamais-auparavant/

et la femme  de 3 doses est mort de cancer

https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2021/10/02/etats-unis-une-professeur-universite-qui-maudissait-les-non-vaccines-meurt-15-jours-apres-sa-3eme-injection/

https://youtu.be/BNUj8cEi-rA

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A lire, notre page « Coronavirus, guerre contre l’humanité »

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Bill et la pratique eugéniste

Notre nouvelle page : Taoïsme et ses deux textes fondateurs le Tao Te King et le Nan Hoa Tchen King de Lao-tseu et Tchouang-tseu

Posted in actualité, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés with tags , , , , on 6 octobre 2021 by Résistance 71

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Taoïsme et ses deux textes fondateurs

Traitement précoce et prévention COVID19: Ivermectine au Soleil Levant (Média 4-4-2)

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DrGoogle

Japon : L’ivermectine contre le COVID… Ça marche !

Le Média en 4-4-2

3 octobre 2021

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https://lemediaen442.fr/japon-livermectine-contre-le-covid-ca-marche/

L’efficacité de l’ivermectine est reconnue par les scientifiques. En France, le 20 juillet 2021, le Pr Pierre-Jean Guillausseau, de l’hôpital Lariboisière 75010 Paris et de l’université Paris-Sorbonne, conclut son étude : « La précocité du traitement est importante, avec une amélioration notée chez 79% des patients en cas de traitement précoce, 46% des patients en cas de traitement tardif. Enfin, l’ensemble des études indique une excellente tolérance de l’ivermectine, sans aucun effet secondaire sérieux ou grave. »

Au Japon, confronté à une recrudescence des infections dans le pays, le Dr Haruo Ozaki, président de l’Association médicale métropolitaine de Tokyo, appelle, le 13 août 2021, à la généralisation de l’utilisation de l’Ivermectine par les médecins généralistes.

Europe (et France) : il n’existe aucun traitement, circulez !

Au mois de mars 2021, l’Agence européenne du médicament estime que « Les preuves actuellement disponibles ne sont pas suffisantes pour soutenir l’utilisation de l’ivermectine dans le Covid-19 en dehors des essais cliniques ».

Le 1er avril 2021, l’Agence française du médicament (ANSM) a refusé l’autorisation temporaire d’utiliser l’ivermectine pour traiter ou prévenir le Covid-19. Le 27 février, le Haut Conseil de santé publique (HCSP) recommande de ne pas l’utiliser pour le Covid en dehors d’essais cliniques.

Un argument décisif contre l’ivermectine devrait arracher les derniers doutes : l’ivermectine est de droite ! « Dans un éditorial datant du 29 juillet 2021 publié dans le très respectable journal américain The Wall Street Journal (classé politiquement à droite), deux intellectuels demandaient à la FDA d’autoriser en urgence l’ivermectine contre la Covid-19. »

Le Japon submergé par les contaminations en août

Le Monde du 18 août 2021 alerte : « Covid-19 : le Japon dépassé par une hausse “sans précédent” de contaminations. Treize départements sont en état d’urgence et les contaminations progressent, alors que le pays s’apprête à accueillir, après les JO, les Jeux paralympiques. »

Le Japon n’a rien à attendre de l’ivermectine… selon l’AFP

L’AFP, dans son fact checking du 7 septembre 2021, nie toute efficacité du traitement anti covid : « […] on assiste à une recrudescence des problèmes de santé causés par des personnes qui ingèrent de l’ivermectine vétérinaire en croyant à tort qu’elle les protégera contre le Covid-19 ou qu’elle traitera cette maladie mortelle. Les directives officielles du ministère japonais de la Santé à l’intention des médecins précisent que “par rapport au traitement standard et au placebo, l’ivermectine n’a pas réduit les décès, ni raccourci la période d’hospitalisation, ni amélioré le temps de disparition du virus” ».

Miracle au Japon !  le virus recule

28 septembre 2021 : « Le Japon lève jeudi 30 septembre l’état d’urgence sanitaire dans toutes les régions. Le nombre quotidien de nouvelles infections au coronavirus est en déclin et la pression sur le système de santé s’est allégée, a déclaré ce mardi 28 septembre le ministre de l’Économie, Yasutoshi Nishimura. »

Agence Reuters du 3 octobre 2021 : « Japon – Le nombre moyen de nouveaux cas recensés chaque jour a baissé de plus de 8 700 au cours des 3 dernières semaines, à 38 % de son précédent pic d’infections. 8 cas recensés pour 100 000 personnes au cours des 7 derniers jours. »

Comment expliquer ce miracle du très net recul du covid, alors que seulement 60,2 % des Japonais ont reçu les deux injections le 29 septembre — moins qu’en France (65,9 % au 28 septembre) ?

L’ivermectine est utilisée au Japon, mais il ne faut pas le dire

Au Japon, il est possible d’importer sans autorisation les médicaments prescrits sur ordonnance par votre médecin traitant.

En témoignent les petites annonces de diverses cliniques (et on vous les donne même en japonais que l’efficace DeepT a traduit) et vous pourrez les retrouver sur l’excellent blog de Patrice Gibertie là :

  • 個人輸入は全国対応です。自宅に届くまで14日前後掛かるので時間に余裕がある方は検討しましょう。
  • 銀座まいにちクリニック
  • Traduction : L’importation personnelle est disponible dans tout le pays. Il faut environ 14 jours pour atteindre votre domicile, donc si vous avez du temps devant vous, vous devriez l’envisager.
  • 現在、イベルメクチンの在庫が切れているようです。(2021年8月21日)
  • Traduction : Il semble que nous soyons en rupture de stock d’ivermectine en ce moment. (21.08.2021)
  • 9月3日(金)のみイベルメクチン処方を再開したようですが、現在の在庫状況は不明です。(2021年9月10日)
  • Traduction : Les prescriptions d’ivermectine n’ont repris que le vendredi 3 septembre, mais l’état actuel des stocks est inconnu. (10 septembre 2021).

Bien entendu, en France, c’est le patient qui doit demander l’ivermectine à son médecin, lequel, pour éviter toute plainte de son ordre, refusera prudemment.

Jacqueline pour Le Média en 4-4-2.

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