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Mai 1939-mai 2019 les 80 piges de l’homme chauve-souris

Posted in actualité, documentaire, sciences et technologies with tags , , , , , on 13 mai 2019 by Résistance 71

 

1939-2019: Batman a 80 piges !

 

Résistance 71

 

13 mai 2019

 

“Ne portes pas un masque parce que tu as peur, mais pour protéger ceux que tu aimes.”
~ Batman, “Dark Knight Rises”, 2012 ~

Dans le numéro 27 de mai 1939 de “Detective Comics” (DC) paraissait pour la première fois les aventures du vigile détective de l’ombre: “The Bat-Man”, l’homme chauve-souris, qui rapidement allait simplement devenir “Batman”.

“Batman” est une œuvre de commande donnée à Bob Kane (Robert Kahn, 1915-1998) et son collaborateur scénariste Bill Finger, spécialiste des séries de détectives vigiles de l’époque. Leur tache fut de créer un personnage rival et plus humain au nouveau super-héros né un an auparavant: “Superman” (publication d’Action Comics). A l’extra-terrestre au pouvoir surhumain pouvant voler et se déplaçant de jour et sans masque, s’opposa un humain, orphelin à la personnalité torturée suite à la perte tragique de ses parents, sans pouvoir spécifique si ce n’est sa détermination (et son fric aussi un peu, ça aide…), qui évoluera de nuit, masqué et luttera sans relâche contre le crime et la corruption d’une ville qui a pris la vie de ses parents et menace la vie de ses citoyens.


Couverture DC#27 de mai 1939

Si Sherlock Holmes (Conan Doyle) et Hercule Poirot (Agatha Christie) sont sans conteste, les détectives les plus célèbres issus de la littérature, les arts contemporains que sont la bande dessinée et le cinéma (incluant les téléfilms) ont créé deux détectives, icônes internationales des temps modernes: Batman pour le premier et le lieutenant Colombo pour le second.

De l’aveu même du scénariste Finger: “Batman est une combinaison de Douglas Fairbanks et de Sherlock Holmes…”, D. Fairbanks était la grosse star du cinéma des années 1920-30, un Fairbanks qui incarna à l’écran un autre héros du registre de Batman: “Zorro” (personnage créé et publié en série littéraire hebdomadaire dès 1919 par Johnston McCulley). Il est du reste à noter les similitudes entre les deux personnages: nés de familles riches, devenant justicier de la nuit par conviction et exaltation, costume noir et masque, repère secret et identité cachée, le noir destrier “Tornado” étant remplacé par la toute aussi noire “Batmobile”… Bob Kane et Bill Finger avaient lu McCulley et sans aucun doute, vu le Zorro de Fairbanks…

Au cours de ses 80 années d’existence, l’homme chauve-souris, chevalier taciturne des temps modernes, flanqué (ou non) de son fidèle écuyer (Robin) a subi une évolution le menant de la naïveté narrative des débuts à un personnage plus psychologiquement affirmé au fil du temps, présentant tous les stigmates du super-héros romantique (au sens classique du terme).

Le personnage fit sa première grande mue en 1964 après la venue de Julius Schwartz à la tête de DC. Sous sa houlette, Bob Kane fut forcé de changer le graphisme des personnages. Batman devint graphiquement plus mature et le succès en fut immédiat.

C’est aussi à cette époque (1966-68) que le chevalier taciturne devint une série télévisée à succès (même si jugée ringarde aujourd’hui avec un Adam West, acteur bedonnant aux pattes de poulet et juste-au-corps gris surmonté d’un slip noir, se démenant dans des décors kitsch bons marchés, elle n’en demeure pas moins un témoignage historique de l’évolution du personnage). Ainsi la période 1955-1969 fut ce qu’on peut appeler la période “classique” du héros masqué.

Les années 70 furent marquantes, car elles amenèrent un lectorat plus mature, plus exigeant aussi quant au graphisme et au scénario. La concurrence tant artistique que commerciale des éditions Marvel se faisait aussi de plus en plus sentir. La période 1970-fin des années 80 fut sans doute l’âge d’or de Batman. Bob Kane cessa de dessiner et géra ses affaires. De nouveaux artistes comme les excellents Denny O’Neil, Neal Adams, puis Frank Robbins, Bob Brown et Irv Novick, donnèrent ses lettres de noblesse à un héros lutant toujours contre le crime mais aussi contre des créatures du monde du surnaturel et de l’horreur gothique.

Les années 80 furent celles du remarquable dessinateur Dick Giordano et des scénaristes comme Gerry Conway et Doug Moench qui poussèrent le relationnel entre les personnages vers une nouvelle dimension. C’est l’époque du triangle amoureux Batman-Catwoman-Vicki Vale la journaliste, atmosphère bien rendu à l’écran dans le diptyque du toujours très gothique Tim Burton: “Batman” (1989) et “Batman Returns” (1992).

Les années 90 jusqu’aux années 2012-2015 amenèrent encore des transformations graphiques et scénariques de qualité inégale.

A l’écran, le justicier nocturne fut incarné par un très convaincant Michael Keaton dans le diptyque sus-mentionné de Tim Burton, puis successivement et avec plus ou moins de succès par Val Kilmer (Batman Forever, Joel Schumacher, 1995), et George Clooney (Batman & Robin, Joel Schumacher, 1997). C’est dans la trilogie du toujours excellent réalisateur Christopher Nolan “Batman Begins” (2005), “the Dark Knight” (2008) et “The Dark Knight Rises” (2012) que le personnage atteint une certaine apogée sous les traits de Christian Bale, qui donne aux personnages à la fois de Bruce Wayne et de Batman, leur dimension tragico-romantique définitive, en précisant que dans ce registre, Michael Keaton fit aussi un excellent boulot 16 ans plus tôt. Nous donnerons une mention toute spéciale au second volet de la trilogie, notamment grâce à la performance tout à fait exceptionnelle du regretté acteur australien Heath Ledger dans le rôle du Joker, éclipsant le faquin (mais néanmoins grand acteur) Jack Nicholson des mémoires.

En septembre 1992 sortait sur les petits écrans l’excellente série animée “Les aventures de Batman” que l’on peut considérer comme la toute meilleure série animée de l’homme chauve-souris avec son graphisme très particulier dans un style “Dick Tracy” sombre et ténébreux de très bonne facture.

Ici à Résistance 71, nous ne sommes pas très friands du graphisme XXIème siècle de Batman, à l’exception quand même de l’équipe Capullo / Glapion au dessin et Snyder au scenario ; nous demeurons attachés à l’époque de l’âge d’or… C’est à ça qu’on reconnaît les vieux cons paraît-il…

Nous finirons cet hommage anniversaire aux 80 ans du plus grand des super-héros tragi-romantiques modernes en traduisant la première entrée dans la main-courante de l’homme chauve-souris datant de mai 1939 suite à “L’affaire de la mafia chimique”:

Pourquoi est-ce que je fais cela ?

Je le fait parce que j’y excelle.
Je le fais pour que personne n’ait à subir ce que j’ai subi.
Je le fais parce que j’en ai les moyens bien que je le ferai même sans les avoir.
Je le fais parce que Gotham détruit…
Je le fais parce que cela ne fait qu’empirer…
Je le fais parce que les criminels sont des couards superstitieux.
Je le fais parce que j’aime résoudre les puzzles.
Je le fais parce que les gens ont peur.
Je le fais parce que le monde a besoin de héros.
Je le fais parce que la police ne peut pas être partout.
Je le fais parce que cela m’excite secrètement.
Je le fais parce que j’adore quand ces criminels hurlent.
Je le fais parce qu’il n’y a pas d’autre choix.
Je le fais parce que je suis courageux.
Je le fais parce que je suis terrifié.
Je le fais parce que je suis fou.
Je le fais parce que cela me transforme.
Je le fais parce qu’il n’y a rien de plus puissant qu’une personne ordinaire.
Je le fais parce qu’il n’existe pas de personne ordinaire.
Je le fais parce que je suis entêté.
Je le fais parce que c’est justice pour mes parents.
Je le fais parce que personne d’autre ne le fera.
Je le fais parce que les gens ont besoin de moi.
Je le fais pour masquer ma douleur.
Je le fais parce que cela m’anesthésie.
Je le fais parce que j’ai survécu à cette ruelle sombre.
Je le fais parce que je n’aurai pas dû survivre à cette ruelle sombre.
Je le fais pour leur rappeler qui est en charge…
Je le fais parce que mon père m’a appris la valeur du service.
Je le fais parce que je ne sais rien faire d’autre.
Je le fais parce que la vie n’a pas de sens.
Je le fais parce que c’est ma destinée.
Je le fais parce que je crois en la destinée.
Je le fais pour rendre fier mon père.
Je le fais pour arrêter les hurlements de peur de ma mère.
Je le fais parce que les gens doivent croire de nouveau.
Je le fais parce que j’ai fait une promesse.
Je le fais parce que d’autres suivront.
Je le fais parce que ce n’est que le début.
Je le fais à cause d’une chauve-souris téméraire.
Je le fais parce que c’est justice pour mes parents.
Mais par dessus tout…
Je le fais parce que je le dois.”
~ Main-courante du Bat-Man, premier écrit, mai 1939 ~

Restons persuadés que Batman n’a pas fini d’exciter les imaginaires, parce qu’il est à notre sens, le seul “super-héros” (avec le Surfer d’Argent, qui lui possède une autre dimension d’anti-héros, esclave et exilé) qui touche à notre universalité. Vous en doutez ? Posez-vous cette question:

Pourquoi en tant qu’adulte réfléchi ne crachant pas sur une bonne histoire bien racontée, ai-je plus de propension à m’identifier à Batman ou au Surfer d’Argent qu’à Tintin, Astérix, Obélix, Lucky Luke, voire même dans le même registre à un Superman, Spiderman, Ironman ou autre Wolferine ?… En clair, que possèdent ces deux personnages que les autres n’ont pas ?..

Au travers de cet hommage aux 80 ans de ce personnage devenu culte, nous ne faisons que rendre hommage à notre humanité si souvent galvaudée, qui s’invente des héros, émanation de valeurs toujours plus fuyantes avec le temps marchand qui passe et flétrit, ruine tout ce qui entre en contact avec lui !

Ainsi de Batman au Sup Marcos… Quel chemin !?!

 

Bas le masque ?…

 

 

 

 

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Gilets Jaunes… Les Zapatistes du Chiapas nous montrent la voie… 25 ans d’autonomie à étendre au monde !

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, documentaire, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 12 mai 2019 by Résistance 71

 

25 ans plus tard, le zapatisme poursuit sa lutte

 

Julia Arnaud

 

Mai 2019

 

Source:

https://www.revue-ballast.fr/25-ans-plus-tard-le-zapatisme-poursuit-sa-lutte/

 

Le 1er janvier 2019, les zapatistes ont célébré les 25 ans de leur soulèvement. L’occasion de réaffirmer leur engagement dans la construction, ici et maintenant, de leur autonomie et la défense de leur territoire au sud du Mexique. Leur mot d’ordre ? « Le peuple gouverne et le gouvernement obéit. » Face à la pression toujours croissante du capitalisme et des mégaprojets défendus par le nouveau gouvernement « progressiste », de nombreux soutiens nationaux et internationaux se sont exprimés au cours de ces quatre derniers mois. La répression ne faiblit pas ; la lutte non plus : récit, sur place, d’une commémoration et d’un appel, lancé le 10 avril dernier, « à lever un réseau mondial de rébellion et de résistance contre la guerre qui, si le capitalisme triomphe, signifiera la destruction de la planète »*

(*) Note de R71: Nous avons relayé cet appel et même créé une page spéciale à cet effet sur Résistance 71, ici

Le 1er janvier 1994, sortis de la nuit, les zapatistes ont occupé cinq villes du Chiapas — dont la touristique San Cristóbal de las Casas — et donné à connaître au Mexique et au monde entier leurs revendications : travail, terre, logement, alimentation, santé, éducation, indépendance, liberté, démocratie, justice et paix. Après plusieurs jours de combat et sous pression de la société civile, l’EZLN — l’organisation militaire du mouvement fondée en 1983 — et le gouvernement s’assoient à la table des négociations : elles donnent naissance, en 1996, aux Accords de San Andrés. Ils ont pour but de permettre la reconnaissance de l’autonomie et du droit à l’autodétermination des peuples indigènes1 ; sans surprise, ils ne seront jamais respectés par les gouvernements successifs. Dans une situation de contre-insurrection permanente, dans un territoire occupé par les militaires et les paramilitaires, l’EZLN et les communautés zapatistes choisissent alors la voie de la construction de leur autonomie et de la mise en pratique unilatérale de leurs exigences. En 2003, les cinq caracoles — et avec eux les Conseils de bon gouvernement — sont fondés ; ils deviennent les centres politiques et culturels des cinq zones autonomes.


« Vous êtes en territoire zapatiste en rébellion
Ici le peuple commande et le gouvernement obéit. »

À mon arrivée, en 2010, alors que les questions me brûlaient les lèvres, la première réponse que l’on m’a donnée à Querétaro, au centre du pays, bien loin du Chiapas, fut : « Mais non señorita, les zapatistes n’existent plus, c’était en 1994… » Tout le monde a entendu parler de la lutte zapatiste. Peut-être du café rebelle. Sans doute du sous-commandant insurgé Marcos. Mais peu, même au sein des espaces militants, savent ce qui se trame encore ici, en 2019, dans les montagnes du sud-est mexicain. Si depuis bien longtemps les médias officiels ont entrepris un méthodique travail de désinformation, le silence public des zapatistes n’en a pas moins été volontaire : entre 2009 et 2012, pas un seul communiqué n’a été publié alors qu’ils nous avaient habitués, par la plume dudit sous-commandant, à une prose prolifique depuis 1994. Ce mutisme était celui de la construction, en interne, de leur autonomie ; ils l’ont rompu avec fracas le 21 décembre 2012 — tandis que 50 000 membres des communautés zapatistes (les « bases d’appui ») remplissaient sans le moindre bruit les rues de San Cristóbal, poing levé, visage couvert —, par la détonation d’un communiqué des plus brefs : « Vous avez entendu ? / C’est le son de votre monde qui s’écroule, / C’est le son du nôtre qui resurgit. / Le jour qu’a été le jour, était la nuit, / Et la nuit sera le jour qui sera le jour. / DÉMOCRATIE / JUSTICE / LIBERTÉ. »

Ce monde, ils en poursuivent la création. Leur autonomie se développe jour après jour : des écoles, des hôpitaux, une autre justice, des collectifs agricoles et artisanaux ont fleuri dans toute les zones. Nous sommes de plus en plus nombreux à leur avoir rendu visite, à avoir appris à leur côtés, notamment grâce à la « Petite école zapatiste » — plusieurs milliers de personnes se sont alors rendues dans les communautés afin d’apprendre de leur quotidien et d’étudier les quatre livres de cours réalisés par des membres des différents caracoles, ceci sous le regard attentif de leur votán, ces « gardiens » et « gardiennes » qui ont accompagné chacun d’entre nous et ont répondu patiemment à nos questions. « Ici, c’est le peuple qui dirige, il a sa propre politique, il a sa propre idéologie, il a sa propre culture, il crée, il améliore, il corrige, il imagine et il va continuer de travailler » : c’est là ce que nous rappelle le sous-commandant Moisés, successeur de Marcos en tant que porte-parole depuis 2013. Quand on leur demande combien de personnes représentent les zapatistes, la réponse est évasive, toujours, mais pourtant claire : « Beaucoup ! »


Conseil de bon gouvernement 

Sur la route de la Realidad

« Demain, départ 6 heures, lever 4 heures. » Tels ont été les derniers mots des compas2 zapatistes : la Rencontre de Réseaux, qui s’est tenue du 26 au 30 décembre 2018 en terres récupérées, près du village de Guadalupe Tepeyac, afin que se rencontrent, se retrouvent et s’organisent les différents « individus, groupes, collectifs, organisations » qui luttent pour un autre monde, s’est terminée après une assemblée plénière de trois heures. Si au Mexique les horaires sont toujours assez flexibles et relatifs, ici, en territoire zapatiste, l’autodiscipline est primordiale : sans elle, ils n’en seraient pas là. « Que vous votiez ou que vous ne votiez pas, organisez-vous ! », nous ont-ils maintes fois répété. Comme dans de nombreuses communautés originaires, le changement d’heure n’existe pas pour les zapatistes ; c’est « la hora de Dios », « l’heure de Dieu », celle du monde, du soleil et de la vie — 4 heures, c’est donc 3 heures.

Les lumières s’allument, le matériel a été chargé dans des camionnettes prêtes à partir ; des visages, fatigués par ces derniers jours de discussions et ces dernières nuits de musique autour du feu, émergent des tentes. Nous sommes tous prêts à embarquer dans les bus, les bétaillères et les autres véhicules ; la longue caravane s’avance bientôt. De la Municipalité autonome rebelle zapatiste (MAREZ) San Pedro Michoacán, où s’est tenue la rencontre, jusqu’au caracol de la Realidad, dit « Mère des caracoles de la mer de nos rêves », il faut une heure et demie de route sur un petit chemin de terre qui monte, descend, serpente. Les passagers se rendorment tant bien que mal ; le convoi avance, s’arrête ; « Tiens, que se passe-t-il ? », « Rien, ce sont ceux de devant qui ont perdu les sacs sur le toit », « Ah », ça repart. Le soleil se lève, la forêt apparaît et avec elle la brume matinale que percent les montagnes — en contrebas, se dessinent la vallée et la communauté. Nous arrivons maintenant à l’entrée du village ; des hommes, des femmes, des enfants, des jeunes et des anciens accueillent la caravane par de francs sourires de bienvenue. Les maisons, petites et en bois, sont pour certaines d’entre elles recouvertes de panneaux solaires.

Il y a huit ans, en pleine période de silence, j’étais venue ici. J’avais demandé à rencontrer le Conseil de bon gouvernement : les compas m’avaient donné de quoi manger et un endroit où dormir mais, à 4 heures du matin, ils m’avaient prévenu que le Conseil ne pourrait pas me recevoir et que le prochain bus passait dans 30 minutes. L’un d’entre eux m’avait murmuré : « Aujourd’hui, ce n’est pas possible, mais on te promet que la prochaine fois tu rentreras. » Cette prochaine fois arrive ce 31 décembre 2018. La journée se passe entre siestes et retrouvailles. Les discussions vont bon train : on nous interroge longuement sur les gilets jaunes qui, vus d’ici, incarnent la révolution en cours. La lumière du jour commence à faiblir et nous rejoignons le préau qui surplombe la place centrale du caracol. La foule est dense, les bases d’appui zapatistes sont au premier rang ; nous nous tassons à l’arrière ; par la porte principale, une partie des troupes fait son entrée ; un long défilé commence. Il durera plus d’une heure. Conduits par le sous-commandant Galeano (anciennement Marcos), plus de 3 000 hommes et femmes, vêtus d’une chemise marron et d’un pantalon vert accordé à leur casquette, foulard rouge autour du cou, d’abord à cheval et à moto puis à pied, avancent et, déjà, s’alignent au rythme des bâtons qu’ils frappent à chaque pas. Ils sont la nouvelle génération, les enfants de celles et ceux qui, partis de ce même lieu, étaient allés combattre et donner leur vie 25 ans plus tôt. Il n’y a pas d’armes, mais cette démonstration nous rappelle que l’Armée zapatiste de libération nationale n’a jamais baissé la garde.


L’escargot de l’émancipation !

« Nous sommes seuls »

L’assistance attend les traditionnels discours d’anniversaire. Le Conseil de bon gouvernement de La Realidad s’exprime par la voix d’une jeune commandante, qui, comme beaucoup, est née après le soulèvement de 1994. Elle déclare : « Aujourd’hui, nous célébrons nos déjà 25 ans de lutte, nous sommes les plus oubliés, les plus marginalisés, les plus exploités par le système capitaliste néolibéral. » Et poursuit : « En tant que peuple en résistance et en rébellion, nous avons compris qu’il n’y a pas d’autre chemin que celui de nous organiser, depuis n’importe quel recoin du monde. Chaque organisation a des manières et des habitudes différentes de s’organiser, mais oui, tous et toutes contre le même ennemi qu’est le système capitaliste néolibéral. » Puis, par la voix du sous-commandant insurgé Moisés, combattant de la première heure et aujourd’hui « gardien de la porte » qui interagit entre l’intérieur et l’extérieur du mouvement (depuis que le sous-commandant Marcos est parti tenter de réparer son ordinateur, selon le communiqué envoyé à cette occasion…), ces mots : « Nous sommes seuls. » Même si quelques voix affirment le contraire, nous savons que c’est vrai. Nous, la Sexta3 et les sympathisants nationaux et internationaux, sommes loin d’avoir atteint le niveau d’organisation qu’il conviendrait pour affronter la guerre en cours.

Fin 2018, le peuple mexicain a élu à sa tête Andrés Manuel López Obrador : un homme qui se réclame de la « gauche progressiste » et entend mener à bien les mégaprojets chers aux néolibéraux — le Train Maya, le Projet intégral Morelos (PIM4). Le nouveau président avait promis d’abandonner ce dernier projet, avant de le remettre à l’ordre du jour ; il vient de faire sa première victime, Samir Flores — 100 ans après Emiliano Zapata, et ce pour défendre la même cause, celle de la terre et de la liberté. Figure de l’opposition au PIM et membre du Congrès national indigène, il a été assassiné le 20 février 2019 après s’être exprimé, la veille, contre la « consultation populaire » à venir lors d’un forum organisé par le gouvernement. Ces consultations ont pour but de légitimer les mégaprojets alors que les principaux concernés — les habitants de ces terres — ont déjà exprimé clairement et ouvertement leur refus…

« Et nous ne vous avons pas menti, compañeras et compañeros, poursuit Moisés. Il y a cinq ans, nous l’avons dit au peuple du Mexique et au monde entier, que quelque chose d’encore pire allait arriver. Dans les langues que parlent celles et ceux de l’extérieur, ils l’appellent crise, hydre, monstre, mur. Nous le leur avons dit en essayant d’utiliser leurs mots, la manière dont ils parlent, mais même comme ça, ils ne nous ont pas écouté. Et, du coup, ils croient que nous leur mentons parce qu’ils écoutent celui dont je ne veux même pas prononcer le nom, celui qui est au pouvoir, je préfère l’appeler l’escroc, le fourbe. » En vue des dernières élections, les « peuples, tribus, nations et quartiers » composant le Congrès national indigène (CNI5) ont désigné une femme indigène en tant que représentante du CNI et de l’EZLN à la présidentielle de 2018. Marichuy et le Conseil indigène de gouvernement (CIG6) ont été nommés avant d’entamer une tournée dans tout le pays pour récolter les signatures nécessaires ; en raison d’un nombre insuffisant, Marichuy n’a pu se présenter mais elle a mis en évidence les vices du système électoral. Elle était la seule à représenter le Mexique d’en bas, à gauche.

Depuis plusieurs années, les zapatistes ont organisé un grand nombre d’événements afin que nous nous connaissions, que nous nous reconnaissions et que nous nous organisions. Car il y a urgence. Les victimes de la Quatrième Guerre mondiale, celle du capitalisme contre l’humanité, ne se comptent plus. Ce concept a été longuement développé par le sous-commandant Marcos dans un communiqué en date de l’année 2003 : « À la fin de ce que nous osons appeler la “Troisième Guerre mondiale” et que d’autres appellent la Guerre froide, il y a eu une conquête de territoire et une réorganisation. […] À partir de là, on voit se dessiner ce que nous appelons la Quatrième Guerre mondiale. […] La conception théorique qui donne des bases à la globalisation c’est ce que nous appelons “néolibéralisme”, une nouvelle religion qui va permettre de mener à bien le processus. Avec cette Quatrième Guerre mondiale, une nouvelle fois, les territoires sont conquis, les ennemis sont détruits et la conquête de ces territoires est administrée. […] Puisque l’ennemi antérieur a disparu, nous, nous disons que l’ennemi c’est l’humanité. La Quatrième Guerre mondiale détruit l’humanité dans la mesure où la globalisation est une universalisation du marché, et tout humain s’opposant à la logique du marché est un ennemi et il doit être détruit. En ce sens, nous sommes tous l’ennemi à vaincre : indigènes, non-indigènes, observateurs des droits humains, enseignants, intellectuels, artistes. N’importe qui se croyant libre alors qu’il ne l’est pas. »

L’heure n’est plus à la contemplation du désastre planétaire. Si les zapatistes l’ont compris depuis longtemps, et ont agi en conséquence dans leurs territoires, nous ne pouvons en dire autant. Moisés, debout à la tribune aux côtés des commandants et commandantes de l’EZLN ainsi que des représentants des Conseils de bon gouvernement, poursuit : « Nous sommes seuls. Nous sommes seuls comme il y a 25 ans », mais « nous allons faire face », « nous allons défendre ce que nous avons construit ». Les zapatistes ont déjà donné leurs vies, celle du sous-commandant insurgé Pedro7 — et de bien d’autres. « Ce n’est pas facile d’affronter depuis 25 ans ces milliers de soldats, protecteurs du capitalisme, qui sont ici, là où nous nous trouvons, nous sommes passés sous leur nez ces jours-ci. Ce n’est pas facile d’affronter les paramilitaires, ce n’est pas facile d’affronter les petits leaders qui ont aujourd’hui acheté tous les partis politiques, en particulier la personne et le parti qui sont au pouvoir. Mais ils ne nous font pas peur. Ou bien si ? Ils nous font peur, compañeras et compañeros ? » L’assemblée répond d’une seule voix : « Non ! »

« Compañeros, compañeras, celui qui est au pouvoir va détruire le peuple du Mexique mais principalement les peuples originaires, il vient pour nous, et spécialement pour nous l’Armée zapatiste de libération nationale. » Mais cette décision, ils la prennent seuls, sans engager celles et ceux qui les soutiennent et marchent à leurs côtés. La réponse du CNI-CIG ne s’est pourtant pas faite attendre : par un communiqué publié le jour suivant, ils déclarent : « Nous avertissons les mauvais gouvernements que n’importe quelle agression [contre l’EZLN] est aussi une agression contre le CNI-CIG » — et d’appeler, par la même occasion, « les réseaux de soutien dans tout le pays ainsi que les réseaux de résistance et de rébellion au Mexique et dans le monde entier à être attentifs et organisés pour agir ensemble et construire un monde dans lequel nous pourrons toutes et tous vivre ». Bien d’autres messages de soutien ont suivi. L’un d’eux a notamment été signé par des centaines de femmes ; il fait suite à la « Première rencontre internationale politique, artistique, sportive et culturelle de femmes qui luttent », convoquée par les femmes zapatistes le 8 mars 2018 au caracol de Morelia (la seconde édition a du être annulée cette année en raison des conditions de sécurité et de pression). Cette rencontre avait réuni plus de 7 000 femmes du monde entier : les femmes zapatistes nous appellent a organiser, partout, d’autres évènements de ce type « pour que la petite lumière qu’elles nous ont offerte ne s’éteigne pas ». Plusieurs rassemblements de femmes ont déjà eu lieu depuis le mois de mars dans tout le Mexique ; d’autres restent à venir (notamment au mois de juillet 2019, dans l’État de Veracruz, à l’appel des femmes du CNI-CIG). Nous espérons que d’autres encore suivront dans les prochains mois — et, qui sait, dans le monde entier.

Les zapatistes ne demandent à personne de prendre les armes ; « pendant ces 25 ans [ils n’ont] pas gagné avec des balles, avec des bombes, mais par la résistance et la rébellion ». Cette position de l’EZLN est, de longue date, sans équivoque ; elle avait d’ailleurs été rappelée lors de l’assassinat du professeur Galeano par des paramilitaires, en 2014 — Marcos avait alors symboliquement échangé sa place dans la tombe, en prenant son nom. Aujourd’hui, ils continuent de demander « justice et non vengeance ». Ce n’est pas avec des armes que l’on construit des écoles et des hôpitaux. Mais, comme l’écrit le journaliste Luis Hernández Navarro, « ce 31 décembre [2018], ils ont mis sur la table leur visage militaire. Celui qui n’implique pas de prendre une arme, mais qui implique de résister. Le message symbolique de leur déploiement ne pouvait pas être plus explicite ».

30 millions de personnes ont voté pour l’actuel président Andrés Manuel López Obrador. Dans un contexte aussi difficile que celui du Mexique où la corruption, la violence, les féminicides, la mort et les disparitions forcées sont le pain quotidien, c’est sans aucun doute l’espoir du changement qu’ont recherché les électeurs. Mais les différents gouvernements « progressistes » latino-américains de ces dernières années l’ont prouvé : les peuples originaires ne seront pas pris en compte. « Ils viennent pour nous », martèle Moisés. Et cela, le gouvernement n’a pas tardé à le confirmer : l’investiture présidentielle du 1er décembre 2018 n’a été qu’une grande mascarade. En rassemblant de soi-disant représentants des peuples indigènes, le nouvel élu s’est vu remettre le « bastón de mando », le bâton de commandement, symbole de pouvoir et de représentation dans les cultures originaires. Quelques jours plus tard, la farce s’est rejouée au Chiapas lors d’une cérémonie visant à « demander son autorisation à la Terre-mère » pour la construction du Train Maya, qui entend traverser les États de Quintana-Roo, Campeche, Chiapas et Tabasco afin d’interconnecter différentes « zones économiques spéciales » (ZEE) en atteignant la côte Pacifique, via le couloir transisthmique8, autre mégaprojet hautement contesté… « C’est ça que fait le gouvernement actuel, il consulte pour pouvoir venir nous affronter, nous, les peuples originaires et en particulier nous, l’Armée zapatiste de libération nationale, avec sa saleté de Train Maya — et, en plus, en lui donnant le nom de nos ancêtres ! Nous ne l’acceptons pas. Il peut bien lui donner le nom qu’il veut, ça ne veut rien dire. Nous ne lui avons rien demandé. Il n’a qu’à lui donner le nom de sa mère ! », poursuit le porte-parole.

Selon le gouvernement, ce projet favoriserait la mobilité, les échanges et l’emploi des peuples occupant ces territoires ; en réalité, il favorisera le tourisme de masse et le saccage des terres du Sud, si convoitées pour leurs richesses naturelles par les puissances internationales. Autrement dit : ce fut là une cérémonie pour demander à la Terre le droit d’exterminer les peuples originaires. « Qu’il se passe ce qui doit se passer, que ça coûte ce que ça doit coûter et que vienne ce qui doit venir. Nous allons nous défendre, nous nous battrons s’il le faut ! Ou non, compañeros et compañeras ? » On entend « Si ! » à l’unisson. « Donc que ce soit bien clair, compañeros et compañeras ; ici, il n’y a ni sauveur, ni sauveuse. Les seuls sauveurs et sauveuses, ce sont les hommes et les femmes qui luttent et qui s’organisent, ceux qui le font devant leur peuple. Le changement que nous voulons, donc, c’est qu’un jour, le peuple, le monde, les femmes et les hommes décident de comment ils veulent vivre leur vie, qu’il n’y ait pas un groupe qui décide la vie de millions d’êtres humains. Non ! Nous le résumons en seulement deux mots : le peuple commande, le gouvernement obéit. »

C’est ensuite par la voix d’une autre jeune commandante que s’exprime le Comité clandestin révolutionnaire indigène-Commandement général (CCRI-CG) de l’Armée zapatiste de libération nationale : « Même s’ils consultent un milliard de personnes, nous ne nous rendrons pas. Même s’ils demandent la permission à leur putain de mère, nous ne céderons pas. De 1492 à 2018, se sont écoulées 525 années de résistance et de rébellion contre les grandes humiliations étrangères et mexicaines et ils n’ont jamais pu nous exterminer. Nous, ceux de sang brun, couleur de la terre-mère, nous réitérons que nous sommes là et que nous continuerons à l’être. Un milliard d’années pourront s’écouler, les femmes zapatistes et les hommes zapatistes seront toujours là. » Sur ces mots, et après avoir annoncé qu’à partir de cet instant leur participation et leur parole passeraient par l’art, les représentants zapatistes se taisent. La foule se disperse. Poèmes, chansons : place aux délégations des différentes régions. Dans l’après-midi, une pièce de théâtre a mis en scène l’entrée des troupes dans la petite ville de Las Margaritas, le 1er janvier 1994, et la chute du compañero Pedro, tombé sous les premières balles ; en cet instant et sous nos yeux, c’est au rythme d’une guitare que l’on honore une nouvelle fois la mémoire de celui qui a « accompli son devoir » : « Quand le sous-commandant Pedro passait dans les villages, il disait toujours : “Nous devons nous préparer car la lutte continue, politique et militaire.” Alors la lutte a commencé, très secrète et très discrète, alors que les insurgés et les troupes se préparaient à devenir guérilleros en faisant très attention à leur sécurité. Aujourd’hui, que tout le monde sache que le Sup Pedro n’est pas mort, qu’il vit dans les cœurs des hommes qui, très dignement, luttent avec un immense amour pour un monde plus humain. »

Un jeune garçon s’avance, sous son passe-montagne, pour lire quelques vers : « Avec cette poésie, je te dis au revoir, / En me rappelant pour toujours ton nom, / En résistant. / Liberté. Justice. Démocratie. / Mourir pour vivre. » Puis la musique reprend. Un morceau de rap (« Nous avons une guerre à gagner et beaucoup de choses à fêter ! »). Ne pas oublier. Et pour eux, continuer — dans la joie. Éclate un feu d’artifice ; dans la nuit retentissent les slogans : « Vive l’EZLN ! », « Mort au capitalisme ! », « Vivent les Conseils de bon gouvernement ! », « Vive le Chiapas ! Vive le Mexique ! » Nous dansons jusqu’au petit matin.

Que le peuple gouverne !

« Un pas important consiste à assumer clairement la possibilité de se libérer du capitalisme, écrit l’historien Jérôme Baschet. On ne peut pas continuer de dénoncer les crimes de ce système pour finalement s’incliner devant son apparente invincibilité ou ajourner son hypothétique fin à un futur si lointain que, dans la pratique, cela signifie la même chose. » Le 10 avril 2019, à Chinameca, le CNI et le CIG se sont déclarés en état d’alerte et ont enjoint « les peuples de ce pays et les peuples du monde à [s’écouter] et à unir les chemins qui ont un même horizon, en bas et à gauche ». L’EZLN a quant à elle dénoncé les intrusions militaires qui se sont accentuées sur son territoire au cours des derniers mois, ainsi que « les mauvais gouvernements qui séquestrent l’image d’Emiliano Zapata Salazar », dont la cause est aujourd’hui honorée « sur tout le territoire que nous appelons encore le Mexique : le zapatisme ». Alors oui, le capitalisme doit mourir : c’est lui ou nous. Au Brésil, les peuples originaires et leurs territoires sont attaqués par le pouvoir fasciste, évangéliste, néolibéral ; au nord de la Syrie, où se mène l’expérience résistante du Rojava — qui a salué l’anniversaire zapatiste et dont une délégation était présente lors de la commémoration à Chinameca —, la Turquie de l’OTAN constitue une menace vitale permanente ; en France, on frappe les ZAD et on éborgne les gilets jaunes ; et partout, on traque les personnes en situation de migration. C’est pourquoi l’EZLN a réitéré son appel, ce même mois d’avril 2019, « à lever un réseau mondial de rébellion et de résistance contre la guerre qui, si le capitalisme triomphe, signifiera la destruction de la planète ». Il ne tient qu’à nous.

Notes:

1. Au Mexique, ce terme est largement préféré à celui d’« indien », controversé et, selon le contexte, parfois péjoratif.
2. De compañeros, camarades.
3. La Sexta nationale et internationale rassemble les adhérents à la Sixième déclaration de la Selva Lacandona, prononcée en 2005. Ce texte clé est une analyse politique de la situation locale et globale ; il propose de marcher ensemble contre l’ennemi commun.
4. Le PIM regroupe des centrales électriques, un aqueduc et un gazoduc. Il est contesté par les peuples originaires de ces territoires ainsi que par de nombreux scientifiques en raison des risques sismiques.
5. Cette organisation rassemble les différents peuples indigènes en lutte ; elle a été fondée peu de temps après le soulèvement.
6. Conseil rassemblant les représentants paritaires de toutes les langues composant le CNI.
7. Second commandement de l’EZLN en charge du premier régiment lors de la prise de Las Margaritas et de l’attaque de la base militaire de Comitán, en 1994.
8. Qui passe à travers un isthme.

Lectures complémentaires:

3ri-et-societe-des-societes-du-chiapas-zapatistes-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-le-rojava-fevrier-2019

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

Manifeste pour la Société des Sociétés

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

confederalisme_democratique

6ème_déclaration_forêt.lacandon

 

Analyse politique: La théorie identique de l’église et de l’État (Michel Bakounine)

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 10 mai 2019 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

10 mai 2019

 

« Ceux qui sont unis par une pensée vivante, par une volonté et par une grande passion communes, sont réellement frères, lors même qu’ils ne se connaissent pas. »

« Le tort de cette philosophie et de cette révolution, c’était de n’avoir pas compris que la réalisation de l’humaine fraternité était impossible, tant qu’il existerait des États, et que l’abolition réelle des classes, l’égalisation politique et sociale des individus ne deviendra possible que par l’égalisation des moyens économiques, d’éducation, d’instruction, du travail et de la vie pour tous. »

« L’État est le frère cadet de l’Église — et le patriotisme, cette vertu et ce culte de l’État, n’est qu’un reflet du culte divin. »

« La science juridique et le droit politique, comme on sait, sont issus de la théologie d’abord ; et plus tard de la métaphysique, qui n’est autre chose qu’une théologie masquée, une théologie qui a la prétention ridicule de ne point être absurde, s’est efforcée vainement de leur donner le caractère de la science. »

-[]-

Nous avons ce texte de Bakounine datant de 1869 sous le coude depuis un bon moment et hésitions à le publier, essentiellement à cause d’une certaine approche anthropologique erronée des origines de l’humain qu’il énonce en 3ème partie de ce texte. Cependant, nous reconnaissons que Bakounine n’avait pour étayer sa position que la connaissance du moment c’est à dire la fraîchement émoulue théorie darwinienne et une connaissance archéo-anthropologique des plus rudimentaire en opposition au créationisme qui tenait jusqu’ici la corde par défaut. Il pêchait donc par défaut d’information et ne pouvait mieux dire en l’état des connaissances scientifiques de l’époque. Rappelons ici que l’archéologie et l’anthropologie sont des sciences récentes…

Nous mettons sous le lien du texte de Bakounine dont Jo nous a fait un très beau pdf, quelques textes complémentaires pour mieux comprendre les progrès effectués dans la connaissance de notre évolution depuis le paléolithique (âge de la pierre taillée) jusqu’à nos jours et en quoi cela est important de connaître: quand on prend la peine de se pencher sur les trouvailles récentes de l’archéologie et de l’anthropologie (qui se nourrissent l’une de l’autre, sont très complémentaires entre elles déjà ,  mais aussi avec la recherche plus large qu’est « l’histoire »…).

Pour comprendre le présent et anticiper l’avenir, nous nous devons de connaître les origines de l’humain et de nos sociétés. Il est important de comprendre POURQUOI le modèle d’organisation de la société humaine proposée depuis des siècles n’est ni la panacée, ni immuable, ni inéluctable. Comme nos anciens, nous avons des choix possibles et surtout UN choix pour revenir vers notre humanité vraie, fourvoyée depuis quelques milliers d’années (sur les 1,8 millions d’années d’existence de l’être humain sous sa forme Homo erectus…).

Bonne lecture !

Notre page « Anthropologie politique »

 

 

Michel_Bakounine_La_theorie_identique_de_leglise_et_de_letat
(Version PDF)

 

Lectures complémentaires:

La Bible Déterrée Israel Finkelstein

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Marshall-Sahlins-La-nature-humaine-une-illusion-occidentale-2008

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés
(notre manifeste contient un condensé de l’histoire de l’humanité fondé sur les plus récentes données issues de la recherche archéologique et anthropologique…)

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine 
(ce texte est l’anti-poison contre le darwinisme social toujours en vigueur aujourd’hui et sur lequel se fonde la théorie de la domination oligarchique…)

40ans_Hommage_Pierre_Clastres

Le_mythe_biblique_ashraf_ezzat

Clastres_Préface_Sahlins

On a retrouvé l’histoire de france (Jean Paul Demoule)

Le_Défi_Celtique_Alain_Guillerm

 

 

Texte d’actualité pour Gilets Jaunes: « La commune de Paris et la notion d’état » (Michel Bakounine 1871) version PDF

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, documentaire, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 6 mai 2019 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

6 mai 2019

 

Nous vous proposons ce texte de Michel Bakounine de 1871, que nous pensons être inédit en français en ligne (nous ne l’avons trouvé nulle part en français) et que nous avons traduit pour le bénéfice de toutes et tous.

Ce texte fait suite à ses « Lettres à un Français » datant de 1870 et Bakounine y analyse à la fois la Commune de Paris et ses rapports politiques avec la notion d’état.
Une fois de plus, on peut se poser la question de savoir pourquoi ce texte paraît-il toujours si d’actualité aujourd’hui ? et la réponse étant invariablement : parce que rien n’a fondamentalement changé, les problèmes posés hier et avant-hier sont toujours posés aujourd’hui et que nous ne pourrons pas y trouver de solutions tant que nous accepterons la réalité politique et économique qui nous est imposée depuis bien trop longtemps.

Depuis novembre 2018, le mouvement des Gilets Jaunes met à jour les contradictions internes et permanentes d’un système étatico-capitaliste à bout de souffle et moribond. Pas à pas, les consciences politiques s’éveillent au-delà de la critique de base de la « vie quotidienne » et un plus grand nombre de gens réalisent, comme nous le disait déjà en substance Bakounine il y a 148 ans, qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir…

Reste à y réfléchir de manière critique et agir pour changer la réalité du monde en une société des sociétés embrassant la complémentarité de notre diversité et lâchait-prise de tous les antagonismes forcés sur nous. Elle est la seule voie viable pour une humanité véritablement humaine dans sa nature organique retrouvée hors du diktat marchand, tout le reste n’étant que pisser dans un violon.

Michel_Bakounine_La_Commune_de_Paris_et_la_notion_detat
(mise en page PDF de Jo)

 

Bonne lecture !

 


Vive la Commune !

 

Lectures connexes:

Bakounine_et_letat_marxiste_Leval

Exemple_de_charte_confederale_Bakounine

la-sixta

confederalisme_democratique

kropotkine_science-etat-et-societé

petit_precis_sur_la_societe_et_letat

Appel au Socialisme Gustav Landauer

Que faire ?

Inevitable_anarchie_Kropotkine

Dieu et lEtat_Bakounine

Manifeste pour la Société des Sociétés

Rudolph Rocker_Anarchie de la theorie a la pratique

Louise-Michel_De-la-commune-a-la-pratique-anarchiste

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Pierre_Kropotkine_La_Commune_de_Paris_PDF

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

Paulo_Freire_Extension ou Communication

 


Commune de Lyon et…
Commune de Paris

Dictature technologique: la relation explosive entre fuite de gaz et compteurs « intelligents » à ondes gazpar / GRDF

Posted in actualité, documentaire, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 19 avril 2019 by Résistance 71

 

Engie propriétaire de GRDF avoue sur sa propre page indirectement que les compteurs gazpar sont dangereux en disant qu’il ne faut pas utiliser de téléphone mobile à proximité d’une fuite de gaz

 

Source anonyme

article reçu par courriel

 

19 avril 2019

 

A lire également:

stop-linky-gazpar-5G (PDF)

Notre « dossier 5G »

 

Quand les multinationales des compteurs intelligents prennent les français pour des ignorants…ils savent que les ondes provoquent des explosions en cas de fuite de gaz, mais impose quand même les compteurs intelligents (Engie est côté à la Bourse Euronex thttps://www.boursorama.com/cours/1rPENGI/  donc le fric passe avant tout, faut compenser les pertes de la bourse et remplir les poches des actionnaires en faisant grimper les factures le plus possible et tant pis pour la sécurité des citoyens https://www.alterinfo.net/GRDF-impose-le-compteur-gazpar-par-la-force-l-installe-en-l-absence-des-habitants-mais-pretend_a146556.html) , alors qu’ils ne savent même pas empêcher les fuites de gaz (provoqués possiblement par les compteurs intelligents eux-mêmes à cause de leurs piles en lithium explosives…)

https://stoplinky76320.wordpress.com/tag/fuites-de-gaz/

https://resistance71.wordpress.com/2019/03/30/technologie-et-securite-le-piege-mortel-que-constituent-les-compteurs-gazpar-et-linky-pour-les-habitations/

https://resistance71.wordpress.com/2019/02/28/compteurs-gazpar-risques-averes-dexplosion/

43 700 fuites de gaz en France 

htps://www.bfmtv.com/societe/43-700-fuites-de-gaz-recensees-en-ile-de-france-en-2018-1639077.html

Ondes électromagnétiques + fuite de gaz= explosion (partie 1):

Engie le sait ( ondes électromagnétiques + fuite de gaz= explosion) car il dit sur sa propre page de ne pas utiliser de téléphone mobile à côté d’une fuite de gaz en disant que cela causerait des étincelles pouvant causer l’explosion 

Engie propriétaire de GRDF dit sur sa page « que faire en cas de fuite de gaz » qu’il ne faut pas utiliser de téléphone mobile en cas de fuite de gaz car cela risque de provoquer une étincelle et donc une explosion.

Source citation : 

« Si vous suspectez une fuite, n’appelez pas d’ascenseur, n’utilisez aucun interrupteur, téléphone fixe ou mobile, appareil ménager, lampe de poche ou sonnette car ils pourraient créer une mini étincelle et entrainer une explosion »

https://particuliers.engie.fr/gaz-naturel/conseils/normes-securite/que-faire-fuite-gaz.html

copie de l’article d’Engie au cas où Engie censure ou modifie  sa page en supprimant le mot mobile:

https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2019/04/les-conseils-dengie-en-cas-de-problc3a8mes-graves-avril-2019.pdf

Pourquoi le téléphone mobile c’est à dire le téléphone portable est indiqué comme dangereux à utiliser en cas de fuite de gaz ?

Le téléphone portable est exactement similaire au compteur gazpar.

Il marche avec des ondes wifi.

Voilà pourquoi GRDF (pourtant filiale d’Engie), a supprimé « téléphone mobile » sur les consignes en cas de fuite de gaz sur le site de GRDF

source citation:

« Fuite de gaz : que faire ?

1. Ouvrez les fenêtres.

2. Fermez votre arrivée de gaz.

3. Evitez les flammes et les étincelles.

4. Ne touchez à aucun appareil électrique ni téléphone.

https://www.grdf.fr/fuite-de-gaz 

, comme on le voit, GRDF a uniquement mis téléphone tout court à ne pas utiliser en cas de fuite de gaz à proximité,car s’il avait mis téléphone mobile comme sur la page d’Engie, il aurait avoué par là que les compteurs gazpar sont dangereux en cas de fuite de gaz, car les téléphones mobiles c’est pareil que les compteurs intelligents gazpars.

la mention de téléphone mobile a donc  été supprimé par la  filiale gazière de ENGIE, on voit donc qu’il ne recopie pas toutes les consignes de Engie, car il a supprimé mobile, et n’a mis que téléphone, sans doute pour empêcher qu’on fasse le lien entre compteur intelligent et téléphone mobile…

GRDF a supprimé la mention de mobile à côté de téléphone dans sa page

https://www.grdf.fr/fuite-de-gaz alors que pourtant GRDF est la filiale d’Engie et devrait écrire comme lui, que les téléphones mobiles sont dangereux à utiliser en cas de fuite de gaz.

Voici ce qu’a écrit Engie:

« Si vous suspectez une fuite, n’appelez pas d’ascenseur, n’utilisez aucun interrupteur, téléphone fixe ou mobile, appareil ménager, lampe de poche ou sonnette car ils pourraient créer une mini étincelle et entrainer une explosion »

https://particuliers.engie.fr/gaz-naturel/conseils/normes-securite/que-faire-fuite-gaz.html

Engie a bien précisé de ne pas utiliser de téléphone mobile à côté d’une fuite de gaz.

Mais GRDF met uniquement téléphone. Il ne met téléphone mobile nul part. Pourquoi? Parce que téléphone mobile c’est exactement pareil que le compteur gazpar, et donc GRDF avouerait sur sa propre page que les compteurs gazpar sont dangereux en cas de fuite de gaz à proximité s’il mettait téléphone mobile, car téléphone mobile cela émet des ondes wifi et cela une batterie en lithium exactement comme les compteurs intelligents.

Là, donc on voit bien que Engie sur sa propre page

https://particuliers.engie.fr/gaz-naturel/conseils/normes-securite/que-faire-fuite-gaz.html

[copie de l’article d’Engie au cas où Engie censure ou modifie  sa page en supprimant le mot mobile

https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2019/04/les-conseils-dengie-en-cas-de-problc3a8mes-graves-avril-2019.pdf], avoue que les compteurs intelligents gazpar sont dangereux en cas de fuite de gaz à proximité, puisqu’il dit que les téléphones mobiles ne doivent pas être utilisés à côté d’une fuite de gaz, or téléphone mobile émet des ondes, et compteur gazpar émet des ondes.

D’ailleurs le CRIIREM avait avoué carrément que les compteurs intelligents gazpar (télé-relève) sont dangereux en cas de fuite de gaz car pouvaient risquer de provoquer des explosions (création de zones latex explosives): citation

Source du CRIIREM : « Les compteurs à gaz équipés de télé-relevés sont à déconseiller, car les lieux où ils seront installés doivent être considérés comme des zones à atmosphère explosive (zones ATEX) en cas de fuite de gaz. De plus, l’installation de ces compteurs va encore entrainer la mise en place d’équipements supplémentaires, en antennes de réception et en répéteurs dont les émissions ne feront qu’augmenter le niveau de champ électromagnétique global dans les lieux de vie. »

https://www.criirem.org/autres-emetteurs/compteurs-telereleve-radioreleve

Donc Cette citation d’Engie sur sa page officielle « Si vous suspectez une fuite,(…) n’utilisez aucun téléphone  mobile car ils pourraient créer une mini étincelle et entrainer une explosion » https://particuliers.engie.fr/gaz-naturel/conseils/normes-securite/que-faire-fuite-gaz.html est très révélatrice. 

En effet cette citation (tronçonné par GRDF sur son site qui a supprimé le mot mobile) avoue par là que les ondes des portables peuvent provoquer des explosions en cas de fuite de gaz, et donc par conséquent, les ondes des compteurs intelligents gazpar, linky, eau (qui sont comme des portables en fin de compte) peuvent provoquer des explosions en cas de proximité d’une fuite de gaz, ce qui montre qu’Engie avoue sur sa propre page que les compteurs gazpar sont dangereux en cas de fuite de gaz.

Ironique n’est-ce pas, quand on s’attaque aux détails le NVO se contredit lui-même….Il installe des compteurs intelligents partout alors qu’il sait qu’en cas de fuite de gaz à proximité des compteurs intelligents gazpar, linky et cie c’est le risque d’explosion.

En tout cas enregistrer la page d’Engie au cas où https://particuliers.engie.fr/gaz-naturel/conseils/normes-securite/que-faire-fuite-gaz.html, elle risque d’être censurée ou l’élément « téléphone mobile » supprimé, vu que GRDF a déjà supprimé l’élément « téléphone mobile » et l’a remplacé juste par « téléphone » sur sa propre page 

https://www.grdf.fr/fuite-de-gaz https://particuliers.engie.fr/gaz-naturel/conseils/normes-securite/que-faire-fuite-gaz.html

Ces sites de conseils de sécurité de quoi faire en cas de fuite de gaz  disent également de ne pas utiliser de téléphone mobile à côté d’une fuite de gaz

https://www.medisafe.fr/urgence/consignes-d-urgence/consignes-securite-gaz.html

https://www.signaletique.biz/panneau-consigne-de-securite-gaz-a0335-,fr,4,A0335.cfm

https://www.virages.com/Panneau-Pictogramme-Securite/Consignes-Securite-Gaz

https://www.securinorme.com/affichage-reglementaire/11573-poster-consignes-de-securite-gaz.html

https://www.handinorme.com/affichage-legal/8200-poster-consignes-de-securite-gaz.html?utm_source=affiliation&utm_medium=banniere&utm_campaign=testeffi

https://gazissimo.fr/conseils/securite/fuite-de-gaz-et-risque-d-explosion-que-faire-et-ne-pas-faire

Le site gazissimo dit qu’il faut téléphoner avec son portable très loin de l’immeuble où il y a la fuite de gaz, donc il avoue que les ondes du portable peuvent déclencher l’explosion en cas de fuite de gaz, et donc que tous les objets connectés devraient être interdits près du réseau à gaz et des compteurs à gaz, et donc que les compteurs à gaz ne devraient pas être intelligents et donc que les compteurs intelligents gazpar devraient être interdits et ne pas émettre d’ondes par mesure de sécurité.

https://gazissimo.fr/conseils/securite/fuite-de-gaz-et-risque-d-explosion-que-faire-et-ne-pas-faire

Mais comme le site gazissimo n’interdit pas le compteur gazpar mais uniquement les ondes. 

Quel paradoxe de dire pas d’ondes en cas de fuite de gaz et pourtant de mettre des compteurs à ondes (gazpar) pour s’occuper du réseau de gaz 

https://gazissimo.fr/conseils/securite/fuite-de-gaz-et-risque-d-explosion-que-faire-et-ne-pas-faire

https://resistance71.wordpress.com/2019/03/30/technologie-et-securite-le-piege-mortel-que-constituent-les-compteurs-gazpar-et-linky-pour-les-habitations/

Les multinationales des compteurs intelligents dont Engie propriétaire de GRDF savent donc que les téléphones mobiles émetteurs d’ondes à proximité d’une fuite de gaz peuvent déclencher l’explosion et donc que les compteurs intelligents gazpar, linky et eau émetteurs d’ondes à proximité d’une fuite de gaz peuvent déclencher l’explosion (création de zone latex explosive)

Mais ils prennent les gens pour des cons et leur impose des objets connectés (compteurs gazpar) quand même.

D’ailleurs des sites capitalistes totalement corrompus comme GRDF (qui est côté à la Bourse Euronext pour vendre le big data des français https://www.boursorama.com/cours/1rPENGI/ , on sait déjà que la loi d’informatique et libertés n’existe plus source http://www.alterinfo.net/GRDF-impose-le-compteur-gazpar-par-la-force-l-installe-en-l-absence-des-habitants-mais-pretend_a146556.html

et en plus, Gazprom entreprise nationale RUSSE vante le compteur gazpar dans son site, donc GRDF va vendre les français à la Russie

Gazprom et GRDF sont copains http://www.gazprom.com/press/news/2013/may/article163491/

Gazprom l’entreprise nationale Russe fait la publicité du compteur Gazpar sur son site ► https://www.gazprom-energy.fr/gazmagazine/2017/03/apres-linky-bonjour-gazpar/

En plus, le site Gazprom montre fièrement les dates de déploiement du compteur Gazpar en France pour chaque commune de France en faisant la publicité pour le compteur Gazpar à chaque fois ;

https://www.gazprom-energy.fr/gazmagazine/2017/05/gazpar-calendrier-deploiement-2017/

https://www.gazprom-energy.fr/gazmagazine/2018/03/gazpar-simulateur-date-deploiement/

La Russie SMART-GRID veut nous inonder de compteurs intelligents Gazpar avec sa multinationale Gazprom fusionné à son amant GRDF et GRDF va vendre les données des français à la Russie,https://jbl1960blog.files.wordpress.com/2019/03/stop-linky-gazpar-5g-cie-version-pdf-jbl1960-mars-2019.pdf

) ont déjà supprimé la mention de téléphone mobile dans leurs consignes de fuite de gaz, et n’ont gardé que le téléphone fixe, donc ils ont peur de montrer que les téléphones mobiles sont dangereux en cas de fuite de gaz, car cela reviendra à dire que tous les objets connectés, compteurs intelligents, caméras intelligentes, tous les émetteurs d’ondes à proximité d’une fuite de gaz risquent de déclencher des explosions.

la preuve que la mention téléphonie mobile dans les consignes de sécurité en cas de fuite de gaz gène le NVO car elle rappelle que les objets connectés sont dangereux en cas de fuite de gaz:

En effet, il y a 2 liens qui ont supprimé la mention de téléphone mobile et ont juste mis téléphone

https://www.signals.fr/consigne-securite-chaufferie.html#CS10G

https://www.usine-digitale.fr/article/interview-plus-que-jamais-nous-croyons-en-la-smart-city-et-aux-objets-connectes-pierre-andrade-suez.N810040

Donc Engie dit la même chose que le CRIIREM en fin de compte, il met juste téléphone mobile au lieu de compteur gazpar,voilà pourquoi GRDF a supprimé le mot mobile à côté de téléphone dans sa page web pour pas qu’on fasse le lien entre téléphone mobile et compteur gazpar qui sont des émetteurs d’ondes tous 2.

Ondes électromagnétiques + fuite de gaz = explosion (partie 2) 

les stations de gaz le savent (ondes électromagnétiques + fuite de gaz= explosion) car ils déconseillent dans certains états (ils sont présents dans le monde entier mais ne donnent ces conseils que dans certains états voir source https://www.scienceabc.com/humans/can-using-a-cellphone-at-a-gas-station-petrol-pump-cause-an-explosion.html) l’usage de portable à proximité des pompes à gaz liquéfié naturel et on voit que ceux qui ne suivent pas ces consignes en subissent les conséquences  voir vidéos ci-dessous montrant que les ondes des portables causent des explosions en présence de gaz liquéfié naturel:

GRDF sait que le compteur gazpar peut provoquer l’explosion en cas de fuite de gaz au niveau du compteur gazpar, puisqu’il se démet de toute responsabilité en cas de fuite de gaz au niveau du compteur gazpar et accusera l’habitant à la place (donc si l’habitant meurt  ce sera de sa faute selon la logique de GRDF)

https://droit-finances.commentcamarche.com/forum/affich-4861802-fuite-de-gaz-sur-le-compteur#answers

Voilà pourquoi le CRIIREM dit que la fuite de gaz à côté des compteurs intelligents gazpar va provoquer des explosions https://www.criirem.org/autres-emetteurs/compteurs-telereleve-radioreleve, voilà pourquoi il faut s’opposer aux compteurs intelligents gazpar car ils sont ceux qui sont en contact direct avec le réseau de gaz, et à la moindre fuite de gaz, les ondes électromagnétiques du compteur gazpar provoqueront l’explosion si la fuite de gaz est à proximité, ou si les ondes électromagnétiques des compteurs intelligents gazpar, linky et eau se sont répandus pour se mettre en contact avec la fuite de gaz, ondes électromagnétiques+ gaz= explosion.

D’ailleurs Engie et les autres sites le savent puisque ils disent de ne pas utiliser de portable en présence de fuite de gaz, or portable= objet connecté= émetteurs d’ondes= compteurs intelligents (gazpar, linky et cie)

https://particuliers.engie.fr/gaz-naturel/conseils/normes-securite/que-faire-fuite-gaz.html

https://www.medisafe.fr/urgence/consignes-d-urgence/consignes-securite-gaz.html

https://www.signaletique.biz/panneau-consigne-de-securite-gaz-a0335-,fr,4,A0335.cfm

https://www.virages.com/Panneau-Pictogramme-Securite/Consignes-Securite-Gaz

https://www.securinorme.com/affichage-reglementaire/11573-poster-consignes-de-securite-gaz.html

https://www.handinorme.com/affichage-legal/8200-poster-consignes-de-securite-gaz.html?utm_source=affiliation&utm_medium=banniere&utm_campaign=testeffi

https://gazissimo.fr/conseils/securite/fuite-de-gaz-et-risque-d-explosion-que-faire-et-ne-pas-faire

les piles en lithium causent des incendies :

L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), une agence de l’ONU basée à Montréal, vient d’interdire à ses 191 pays membres de transporter des piles lithium-ion en cargaison sur les avions de ligne de passagers en raison des risques élevés d’incendie.

http://www.rcinet.ca/fr/2016/02/23/loaci-interdit-les-cargaisons-de-piles-lithium-sur-les-avions/

« Il est important de noter qu’une pile lithium-ion surchauffée présente un très grave risque d’explosion »

https://www.arrow.com/fr-fr/research-and-events/articles/cr2032-batteries-keep-a-light-shining-in-the-window

Autres sources 

https://ulisse.cnrs.fr/page.php?page=DT1229355884&lang=fr&codej=france 

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/760961/piles-lithium-danger-incendie-transport-avion

https://www.tc.gc.ca/fra/tmd/les-piles-au-lithium-sont-des-marchandises-dangereuses-1162.html

voir plus de liens de piles en lithium causant des explosions sur

https://resistance71.wordpress.com/2019/02/28/compteurs-gazpar-risques-averes-dexplosion/

La fuite de gaz peut aussi être provoqué par un compteur linky, vu que le compteur linky possède aussi une pile en lithium

https://www.4suisse.com/linky-londe-de-trop-des-etudes-montrent-que-les-ondes-cpl-du-compteur-linky-augmentent-le-risque-de-cancer-de-diabete-dhyperactivite-et-plus/

http://www.alerte-usine-eaunes31.fr/images/articles/Linky/le-compteur-ne-peut-pas-tre-obligatoire.pdf

et une pile en lithium  peut causer des incendies source

https://resistance71.wordpress.com/2019/02/28/compteurs-gazpar-risques-averes-dexplosion/

Si le compteur linky explose et cause un incendie, alors le compteur gazpar situé à côté explosera, causera une fuite de gaz, et l’incendie venant du compteur linky causera l’explosion de l’immeuble.

https://resistance71.wordpress.com/2019/03/30/technologie-et-securite-le-piege-mortel-que-constituent-les-compteurs-gazpar-et-linky-pour-les-habitations/

Tous les compteurs intelligents ont des piles en lithium et les piles en lithium peuvent exploser et causer l’incendie des compteurs intelligents et donc des fuites de gaz ou incendies dépendant si  la pile en lithium qui a explosé était dans un compteur gazpar ou un compteur linky ou un compteur d’eau (là cela provoquerait des inondations, et l’humidité fera causer l’incendie du compteur linky qui causera l’explosion du compteur gazpar qui causera la fuite de gaz qui causera l’explosion à cause de l’incendie venant du compteur linky ou des ondes wifi émis par d’autres compteurs intelligents pas encore abimés des voisins du palier)

https://resistance71.wordpress.com/2019/02/28/compteurs-gazpar-risques-averes-dexplosion/

https://resistance71.wordpress.com/2019/03/30/technologie-et-securite-le-piege-mortel-que-constituent-les-compteurs-gazpar-et-linky-pour-les-habitations/

les compteurs gazpar et linky lancés par Sarkozy en 2009 ont été faits réduire la population

https://resistance71.wordpress.com/2019/04/08/agenda-oligarchique-de-depopulation-sarkozy-et-compteurs-intelligents/

Agenda entier de réduction de la population de Sarkozy ici

http://stoplinky28.blogg.org/la-folie-des-ondes-5g-a161753442 

Quand GRDF veut contrôler tout ce qui se passe dans les chaumières des français

En plus des compteurs intelligents Gazpar, GRDF veut lancer des drônes de 4kilos à caméra infra-rouges qui permettent de voir tout ce qui passe à l’intérieur des habitations des français (voir si une habitation est occupée ou pas par exemple)

http://www.alterinfo.net/En-plus-des-compteurs-intelligents-Gazpar-GRDF-veut-lancer-des-drones-de-4kilos-a-camera-infra-rouges-pour-faire-une_a128974.html

Ici après avoir repéré une habitation qui a été inoccupée de puis longtemps grâce à ses drones à caméras infra-rouges, GRDF veut contrôler tout ce que fera l’habitante dans l’aménagement de sa chaumière

https://droit-finances.commentcamarche.com/forum/affich-7341691-grdf-qui-impose-un-controle-sur-une-maison-achetee-inoccupee

Autre danger à savoir: 

Les voitures électriques peuvent exploser à cause de leurs batteries en lithium explosives et facilement inflammables

Des smartphones qui s’enflamment, des voitures qui explosent, des avions qui prennent feu… Et tout cela, à cause d’une batterie lithium-ion. Le phénomène ne date pas d’hier et a enflammé la Toile à de nombreuses reprises. Dernièrement, c’est l’incendie ravageur qui est survenu à Steckborn en Suisse le 21 décembre 2016, à cause d’une batterie rechargeable d’un modèle réduit de voiture. http://www.infoprotection.fr/RISQUE-INCENDIE/Article.htm?Zoom=fc469291d03d115fbc7d387fb1e81bef

« Les batteries lithium-ion ont fait parler d’elles suite à divers incendies

Des voitures électriques qui explosent, des téléphones qui brûlent, des avions qui s’enflamment. Tout dernièrement, c’est la vidéo de l’embrasement d’une voiture électrique de Tesla Motors qui a mis le feu à la Toile. Le responsable de ces incendies à répétition ? Les batteries lithium-ion »

https://www.industrie-techno.com/article/les-batteries-lithium-ion-enflamment-le-web.25829

Un type se plaint de l’incendie de sa voiture électrique à cause de la batterie (en lithium comme toutes les batteries…)

http://forum.autoplus.fr/autoplus/Entretien-et-mecanique/batterie-voiture-prend-sujet_1117_1.htm

Un chercheur dénonce que les voitures électriques sont dangereuses à cause de leurs batteries en lithium explosives et causes d’incendie

https://www.cnetfrance.fr/cartech/danger-voiture-electrique-incendie-lithium-ion-39762091.htm

sur le site scienceabc, ils avouent que les ondes électromagnétiques des portables peuvent causer des explosions en cas de fuite de gaz :

«le rayonnement électromagnétique est une cause de préoccupation; parce qu’ils transportent beaucoup d’énergie, ils peuvent provoquer des étincelles et par conséquent enflammer les gaz, ce qui pourrait causer des dommages monumentaux dans un endroit comme une station-service de gaz! »

https://www.scienceabc.com/humans/can-using-a-cellphone-at-a-gas-station-petrol-pump-cause-an-explosion.html

Batteries Lithium-ions : un danger chimique dans nos voitures électriques

Lors d’un accident routier, si la batterie prend feu, il ne faut pas, dans la mesure du possible, entrer en contact avec les vapeurs qui peuvent s’échapper de celle-ci la combustion des cellules de la batterie pourrait provoquer l’émanation de substances chimiques nocives pour l’homme, dont le fluorure d’hydrogène (ou HF). L’article du Monde précise qu’une minute dans un lieu contaminé à 10 grammes de HF par mètre cube d’air provoque les premiers effets létaux. Aussi, pour une exposition de 20 minutes, 0,5g suffisent pour provoquer la mort.

sources https://www.prevor.com/fr/batteries-lithium-ions-un-danger-chimique-dans-nos-voitures

htps://www.sudouest.fr/2011/07/28/les-batteries-de-voitures-electriques-plus-dangereuses-que-les-moteurs-classiques-455644-3.php

Vélo électrique : incendie d’un magasin lié à l’explosion d’une batterie en lithium dans un vélo électrique

https://www.breezcar.com/actualites/article/incendie-magasin-velos-electriques-explosion-batterie-0317

L’été 2016 aura été émaillé par 2 incendies de voitures électriques à cause de leurs batteries en lithium: une BMW i3 de la police italienne, et une Tesla Model S au cours d’un essai en France.

https://www.automobile-propre.com/voitures-electriques-thermiques-incendies/

Une auto électrique provoque un important incendie à cause de sa batterie en lithium

http://www.enerzine.com/une-batterie-lithium-polymere-provoque-un-important-incendie/17757-2016-01

Les batteries de voitures électriques sont plus dangereuses que les moteurs classiques

Le chimiste Michel Armand dénonce que les batteries en lithium des voitures électriques sont dangereuses (il a été renié par la suite par le CNRS pour avoir avoué cela):

» Le chimiste Michel Armand, directeur de recherche au CNRS (institution avec qui il est du coup brouillé) et spécialiste en électrochimie, qui se fait le pourfendeur des batteries au lithium et révèle selon lui les effets dangereux de cette technologie de batteries en lithium. »

htps://www.sudouest.fr/2011/07/28/les-batteries-de-voitures-electriques-plus-dangereuses-que-les-moteurs-classiques-455644-3.php

On peut répertorier différents risques non négligeables avancés par Michel Armand, dus au manque de sécurité apportée à la batterie:

• En cas de choc, un court-circuit pourrait se produire, et avec lui un danger direct pour les passagers (incendie, explosion, électrocution, etc.).

• Avec l’usure, une batterie en mauvais état serait susceptible de provoquer un incendie. Du fait de la nouveauté de ces batteries, on en connaît mal les conditions de vieillissement, d’où les doutes qui planent sur la capacité des constructeurs à prévenir des risques.

• Autre risque, celui de la surcharge de la batterie au lithium, qui pourrait ainsi entrainer son implosion, de la même manière que les Iphones il y a quelques temps (comme il est possible de lire dans l’Express), eux aussi dotés d’une batterie au lithium ion, mais dont les dommages seraient bien plus conséquents. Une cellule de la batterie (l’unité de base) qui se dégrade provoquerait un effet domino avec les autres cellules qui s’embraseraient aussitôt.

• Enfin, la combustion des cellules de la batterie pourrait provoquer l’émanation de substances chimiques nocives pour l’homme, dont le fluorure d’hydrogène (ou HF). L’article du Monde précise qu’une minute dans un lieu contaminé à 10 grammes de HF par mètre cube d’air provoque les premiers effets létaux. Aussi, pour une exposition de 20 minutes, 0,5g suffisent pour provoquer la mort.

A la suite de ces allégations, les constructeurs automobiles électriques se font discrets.

htps://www.sudouest.fr/2011/07/28/les-batteries-de-voitures-electriques-plus-dangereuses-que-les-moteurs-classiques-455644-3.php

https://resistance71.wordpress.com/2019/04/08/agenda-oligarchique-de-depopulation-sarkozy-et-compteurs-intelligents/

Mise à jour du 22 avril 2019:
« le rayonnement électromagnétique est une cause de préoccupation; parce qu’ils transportent beaucoup d’énergie, ils peuvent provoquer des étincelles et par conséquent enflammer les gaz, ce qui pourrait causer des dommages monumentaux dans un endroit comme une station-service de gaz! »
https://www.scienceabc.com/humans/can-using-a-cellphone-at-a-gas-station-petrol-pump-cause-an-explosion.html

 

Gilets Jaunes: Bilan et perspectives autour du mouvement comme manifestation novatrice de la lutte des classes en France (Francis Cousin)

Posted in actualité, altermondialisme, économie, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 11 avril 2019 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

11 avril 2019

 

Nous vous présentons ci-dessous les dernières analyses de Francis Cousin sur l’effondrement en cours de la société de la dictature marchande et la valeur historique du mouvement des Gilets Jaunes depuis novembre 2018 dans la perspective de l’au-delà du marasme étatico-capitaliste touchant fort heureusement inexorablement à sa fin.

Dans ce texte d’analyse radicale de notre réalité historique: « Bilan et perspectives autour du mouvement des Gilets Jaunes en tant que manifestation novatrice de la lutte des classes en France sur la période 2018-2019 », Cousin replace le mouvement des Gilets Jaunes dans son contexte historique de crise profonde et sans doute finale du système capitaliste. Il analyse la génèse du mouvement et son importance comme vecteur organique de la révolution sociale à venir qui mettra fin à la société de la dictature marchande et permettra aux êtres humains d’enfin réaliser pleinement et sans entrave leur humanité profonde dans une société de l’être réconciliée par essence avec la Nature.

Un texte profond, radical (allant à la racine des choses), parfois drôle, à lire, relire et diffuser sans aucune modération. Un texte que tout Gilet Jaune devrait lire. En voici quelques extraits choisis en guise d’amuse-gueule:

“La démocratie actuelle est le stade suprême de la dictature du monothéisme de l’argent actualisé. Elle aboutit  aux contre-vérités les plus gigantesques de l’histoire du capitalisme et à un mépris de classe totalitaire absolu, constamment  véhiculé par les médias, le cinéma, l’éducation et tous les lieux de crétinisation intensive qui depuis 1945 ont créé un ministère obligatoire de la vérité officielle. “

“Les Gilets Jaunes ce n’est rien d’autre que le retour du prolétariat comme communauté vivante de lutte de classe et tous les analystes de la marchandise pourrie, de l’extrême droite à l’extrême gauche du Capital sont des cadavres qui sont incapables de saisir que derrière l’apparente éternité de ce qui fonde la crasse pauvreté mentale de leur logorrhée capitaliste, il y a le véritable clivage historique  qui dessine le dé-chaînement qui se rapproche…”

“Qu’est-ce que l’État actuel de la domination totalement réalisée du diktat de la loi de la valeur? C’est le signe achevé de la division pathologique dans la société de la réification aboutie, en tant qu’il est l’organe séparé de la pathologie du pouvoir politique de la marchandise totalitaire… La société est désormais totalement divisée entre la classe capitaliste qui exerce le pouvoir et la classe prolétarienne qui le subit et qui n’a cessé de s’accroître avec cette domination achevée.”

“Les Gilets Jaunes sont la réaction spontanée et révolutionnaire d’un vrai mouvement anti-capitaliste contre la révolution du cosmopolitisme du marché autocratique. Les Gilets Jaunes du mouvement de novembre 2018 ont dit : Non à toutes les modes obligatoires de la dictature capitaliste des métropoles de la modernité servile et NON à la paupérisation généralisée… “

“Au terme dialectique de ce craquement social majeur, il faut bien voir que par-delà la lassitude et l’affaiblissement partiel des Gilets Jaunes dans cette durée qui persiste, seul compte – le travail de l’auto-négation qui, en ouragan de rage immense et montante,  va dire davantage que l’écume des choses en matérialisant l’évolution d’un processus qui approche d’un point de rupture incendiaire et dont les conséquences – emportant tout sur leur passage – , font frémir de joie tout humain sain de conscience et d’espérance de vie et frissonner de peur toute marionnette fétide de calcul et de manigances en rentabilité… “

“Ce sont donc les prolétaires qui à partir du mouvement des Gilets Jaunes en auto-dépassement subversif, imposeront le surgissement du projet communiste qui est la logique immanente du mouvement réel de la vie des hommes qui se dresse contre la mort machinique du Capital.”

“Parler des Gilets Jaunes, c’est parler de la crise de l’économie politique qui en générant une désagrégation historique profonde a posé les bases d’un retour de la révolution sociale. “

“De l’ultra-droite à l’ultra-gauche du Capital, tous les partis et tous les syndicats s’entendent sur ce point central : préserver à tout prix l’organisation de la marchandisation en muselant et bâillonnant tout ce qui pourrait produire le développement de la conscience historique radicale. Mais le gauchisme sociétal de l’argent arrangé étant le nec plus ultra du devenir des couches moyennes dans un moment porteur de devenir révolutionnaire, il a pour première attribution d’éviter la généralisation de la lutte des classes.”

“La crise mortelle de la dictature démocratique de la valeur d’échange est l’auto-présupposition du surgissement radical de la Commune… Elle vient… Et voilà sans nul doute la plus désirable et la plus grande de toutes les entreprises humaines…”

~ Francis Cousin, avril 2019 ~

Bonne lecture:

Faire passer le proletariat pour fascisant_Francis_Cousin

= = =

Textes complémentaires:

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Francis Cousin lettre ouverte au technicien de surface financier…

Francis_Cousin Ce n’est qu’un début…

Il y a 50 ans… Mai 68

Manifeste pour la Société des Sociétés

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

 

Réflexion politique: Un changement radical pose automatiquement la question de l’éducation… Vision critique avec Francisco Ferrer

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, gilets jaunes, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 9 avril 2019 by Résistance 71


Francisco Ferrer et l’école moderne…
fondée sur une pédagogie critique

 

La rénovation de l’école

 

Francisco Ferrer*

“L’école rénovée”, avril 1908

 

(*) Francisco Ferrer était un éducateur anarchiste catalan, fondateur de la “Nouvelle École” ou “École Moderne”, revendiquant un esprit critique afin de sortir l’éducation de l’étau religieux (catholique). Son école eut un certain succès et plus de 40 écoles ouvrirent et enseignèrent en Catalogne. Il fut arrêté, jugé et condamné à mort par l’état espagnol agissant pour l’église catholique et le Vatican, qui mit une forte pression sur le gouvernement espagnol pour arrêter cette hérésie des “écoles athées”. Le gouvernement fit fermer les écoles en 1907, mais Ferrer les réouvrit. Il fut fusillé dans la sinistre prison de la forteresse de Montjuich à Barcelone le 13 octobre 1909. 

Des écoles modernes ouvrirent leurs portes dans plusieurs pays dont les Etats-Unis.

Il est possible de faire un parallèle entre la mort de Ferrer et celle de Socrate dans la mesure où les chefs d’accusation qui menèrent à leur mort respective furent quasi-identiques: “la non-croyance en le(s) dieu(x) de la cité” et la “corruption de la jeunesse”… Connecter l’éducation et la pensée critique est on ne peut plus subversif et l’oligarchie le sait pertinemment, d’où sa persécution systématique des éducateurs critiques faisant le lien entre éducation et émancipation. Ferrer en est mort, le Brésilien Paulo Freire aurait été assassiné s’il ne s’était exilé après le coup d’état militaire de 1964. L’éducation est une affaire trop sérieuse pour la laisser à l’État…

~ Résistance 71 ~

 

Deux moyens d’action sont offerts à ceux qui veulent rénover l’éducation de l’enfance: soit travailler pour la transformation de l’école par l’étude de l’enfance, afin de prouver scientifiquement que l’organisation actuelle de l’enseignement est défectueuse et adopter des améliorations progressives; soit fonder des écoles nouvelles dans lesquelles s’appliquent directement des principes guidés par l’idéal que se font de la société et des hommes ceux qui réprouvent les conventionnalismes, les cruautés, les artifices et les mensonges qui servent de base à la société contemporaine.

Le premier moyen présente de grands avantages et répond à une conception évolutive que défendront les hommes de science et qui, selon eux, est la seule capable d’arriver à ses fins. En théorie cela est vrai et nous sommes disposés à le reconnaître.

Il est évident que les recherches en psychologie et en physiologie produiront d’importants changements dans les méthodes éducatives, que les professeurs, parfaitement capables de comprendre l’enfant, pourront et sauront adapter leur enseignement aux lois naturelles. Je suis même d’accord de dire que cette évolution se réalisera dans le sens de la liberté, parce que je suis convaincu que la violence est la raison de l’ignorance et que l’éducateur véritablement digne de ce nom, obtiendra tout de la spontanéité parce qu’il connaîtra les désirs de l’enfant et saura seconder son développement en lui permettant simplement de les satisfaire le plus possible.

Mais, en réalité, je ne crois pas que ceux qui luttent pour l’émancipation humaine puissent espérer beaucoup de ce moyen. Les gouvernements ont toujours veillé à diriger l’éducation du peuple et ils savent mieux que personne que leur pouvoir repose totalement sur l’école et que c’est pour cela qu’ils la monopolisent avec chaque fois plus d’acharnement. Le temps où les gouvernants s’opposaient à la diffusion de l’instruction et où ils essayaient de restreindre l’éducation des masses est révolu.

Cette tactique était possible avant, car la vie économique des nations permettait l’ignorance populaire, cette ignorance qui facilitait la domination. Mais les circonstances ont changé : les progrès de la science et la multiplication des découvertes ont révolutionné les conditions de travail et de production. Il n’est plus possible de maintenir le peuple dans l’ignorance. On a besoin qu’il soit instruit pour que la situation économique d’un pays soit préservée et progresse face à la concurrence universelle. Cela étant, les gouvernements ont voulu une organisation de l’école de plus en plus complète non parce qu’ils espèrent que par l’éducation la société se rénove, mais parce qu’ils ont besoin d’individus, ouvriers, instruments de travail plus perfectionnés pour faire fructifier les entreprises industrielles et les capitaux qui y sont affectés. Et nous avons vu les gouvernements les plus réactionnaires suivre ce mouvement; ils ont compris que l’ancienne tactique était dangereuse pour la vie économique des nations et qu’il fallait adapter l’éducation populaire aux nouveaux besoins.

Ce serait une grave erreur de croire que les dirigeants n’ont pas prévu les dangers que causerait le développement intellectuel des peuples et que par conséquent ils allaient devoir changer les modes de domination. Et en effet, leurs méthodes se sont adaptées aux nouvelles conditions de vie, travaillant à récupérer la direction des idées en évolution. S’efforçant de conserver les croyances sur lesquelles la discipline sociale reposait auparavant, ils ont tenté de donner aux conceptions nées de l’effort scientifique une signification qui n’affecterait pas les institutions établies, les conduisant ainsi à l’appropriation de l’école.

Les gouvernants, qui auparavant laissaient aux curés le soin d’éduquer le peuple parce que leur enseignement au service de l’autorité leur était alors utile, ont pris dans tous les pays la direction de l’organisation scolaire.

Le danger, pour eux, était que la stimulation de l’intelligence humaine devant le nouveau spectacle de la vie ne fasse surgir dans les consciences une volonté d’émancipation. Il aurait été fou de lutter contre les forces en évolution; il fallait les canaliser et, pour cela, plutôt que de s’obstiner par d’anciens procédés gouvernementaux, ils en adoptèrent de nouveaux d’une efficacité évidente. Il ne fallait pas être extraordinairement génial pour trouver cette solution; le simple cours des choses mena les gens du pouvoir à comprendre ce qu’il fallait opposer à ces dangers: ils fondèrent des écoles, ils oeuvrèrent à répandre l’instruction à pleines mains, et si au début certains résistèrent à cette impulsion – certaines tendances étant favorables à certains partis politiques opposés – tous comprirent vite qu’il était préférable de céder et que la meilleure tactique était d’assurer la défense des intérêts et des principes par de nouveaux moyens.

On vit alors se produire de terribles luttes pour la conquête de l’école. Dans tous les pays ces luttes acharnées continuèrent. Ici triompha la société bourgeoise et républicaine, là-bas le cléricalisme l’emporta. Tous les partis furent conscients de l’importance de l’objectif et ils ne reculèrent devant aucun sacrifice pour s’assurer la victoire. Leur cri commun: « Pour et par l’école ! » Et le bon peuple dut être reconnaissant d’une telle sollicitude. Tout le monde voulut son élévation par l’instruction et son bonheur par la même occasion. En d’autres temps, certains pouvaient dire: « Ceux-là essayent de te maintenir dans l’ignorance pour mieux t’exploiter; nous, nous te voulons instruit et libre. » A présent ce n’est plus possible : de toutes parts des écoles en tous genres se construisent.

Ce changement d’idées aussi unanime, opéré par les directeurs à propos de l’école, explique les raisons de ma méfiance à l’égard de cette bonne volonté et les raisons qui me font douter de l’efficacité des moyens de rénovation que tentent de mettre en place certains réformateurs. Pour le reste, ces réformateurs font peu de cas, en général, de la signification sociale de l’éducation; ce sont des hommes qui cherchent ardemment la vérité scientifique mais qui laissent de côté tout ce qui est parallèle à l’objet de leur étude. Ils travaillent patiemment à la connaissance de l’enfant et parviendront à nous dire – leur science est encore jeune – quelles sont les méthodes d’éducation qui conviennent mieux à leur développement intégral. Mais cette indifférence, d’une certaine manière professionnelle, est, à mon sens, très préjudiciable à la cause qu’ils pensent servir.

Je ne les considère nullement comme inconscients des réalités du milieu social et je sais qu’ils attendent de leur travail les meilleurs résultats pour le bien général. « En travaillant à révéler les secrets de la vie humaine, pensent-ils, en cherchant le processus du développement physique et psychique normal, nous imposerons à l’éducation un régime favorable à la libération des énergies. Nous ne voulons pas nous occuper directement de la rénovation de l’école; en tant que savants nous n’y arriverions pas, parce que nous ne pourrions pas encore, à ce moment-là, définir exactement ce qui devrait être fait. Nous procéderons par palier, lentement, convaincus que l’école se transformera, par la force des choses, à mesure que nous ferons des découvertes. Si vous nous demandez quelles sont nos espérances, nous répondrons que nous sommes d’accord avec vous sur l’enregistrement d’une évolution dans le sens d’une large émancipation de l’enfant et de l’humanité par la science, mais nous sommes aussi convaincus que notre oeuvre poursuit complètement cet objectif et l’atteindra par les voies les plus rapides et directes. » Ce raisonnement est évidemment logique, personne ne peut le nier et cependant il s’y mêle une grande part d’illusion.

Reconnaissons-le, si les dirigeants, en tant qu’hommes, avaient les mêmes idées que les réformateurs désintéressés, si réellement ils prenaient soin de l’organisation continue de la société vers la disparition progressive des servitudes, nous reconnaîtrions que les seuls efforts de la science amélioreraient le sort des peuples; mais loin de cela, il est tout à fait manifeste que ceux qui se disputent le pouvoir ne voient que la défense de leurs intérêts, que seuls leurs avantages et la satisfaction de leurs appétits les préoccupent. Il y a longtemps que nous avons cessé de croire aux paroles par lesquelles ils déguisent leurs ambitions; certains candides admettent qu’il y a en eux encore un peu de sincérité et ils s’imaginent même que parfois le désir de bonheur de leurs semblables les anime; mais ils sont de plus en plus rares et le positivisme du siècle devient trop cruel pour qu’il puisse subsister des doutes sur les véritables intentions de ceux qui nous gouvernent.

De la même manière qu’ils ont su s’arranger lorsque le besoin d’instruction s’est fait sentir, pour que cette instruction ne se convertisse pas en danger, ils sauront aussi réorganiser l’école en conformité avec les nouvelles données de la science de façon à ce que rien ne puisse menacer leur suprématie. Ces idées sont difficiles à accepter, mais il faut avoir vu de près ce qui se passe et comment ils arrangent les choses dans la réalité pour ne pas tomber dans le leurre de leurs paroles.

Ah! Que n’avons-nous pas attendu et attendons encore de l’instruction! La plus grande partie des hommes progressistes en attendent tout et certains n’ont toujours pas compris que l’instruction ne produit que des illusions. Elle tombe sous le coup de l’inutilité des connaissances acquises à l’école par les systèmes d’éducation actuellement en vigueur; elle se vit comme une attente vaine, en raison de l’organisation de l’école, qui loin de répondre à l’idéal qu’elle inspire en fait le plus puissant moyen d’asservissement aux mains des dirigeants. Leurs professeurs ne sont que des instruments conscients ou inconscients de leurs volontés. En plus d’être formés eux-mêmes à ces principes depuis leur plus tendre enfance, ils ont, plus que quiconque, souffert de la discipline de leur autorité; rares sont ceux qui ont échappé à la tyrannie de cette domination les rendant généralement impuissants contre elle, parce que l’organisation scolaire les opprime avec une telle force qu’ils n’ont d’autres choix que d’obéir. Je ne ferai pas ici le procès de cette organisation, suffisamment connue pour que je puisse la caractériser d’un seul mot: violence.

L’école assujettit les enfants physiquement, intellectuellement et moralement pour diriger le développement de leurs facultés dans le sens qu’elle désire, et les prive du contact avec la nature pour les modeler à sa manière. Voilà ce que je voulais expliquer: le soin que les gouvernements ont mis à diriger l’éducation des peuples et l’échec des espoirs des hommes de liberté. Eduquer équivaut aujourd’hui à dresser, entraîner, domestiquer. Je ne crois pas que les systèmes utilisés aient combiné en connaissance de cause les résultats souhaités, cela relèverait du génie; mais les choses se présentent exactement comme si cette éducation répondait à une vaste conception d’ensemble remarquable: on n’aurait pas pu faire mieux.

Pour la réaliser ils se sont simplement inspirés des principes de discipline et d’autorité qui guident les organisateurs sociaux de tout temps, qui ont une idée très claire et une volonté, à savoir que les enfants s’habituent à obéir, à croire et à penser selon les dogmes sociaux qui nous régissent. Cela dit, l’instruction ne peut être plus que ce qu’elle est aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’accompagner le développement spontané des facultés de l’enfant, de le laisser chercher librement à satisfaire ses besoins physiques, intellectuels et moraux; il s’agit d’imposer des pensées toutes faites, de les empêcher à tout jamais de penser autrement que de manière nécessaire à la conservation des institutions de notre société, de faire de lui, en somme, un individu strictement adapté à la mécanique sociale.

Il n’est pas étonnant, dès lors, qu’une telle éducation n’ait aucune influence sur l’émancipation humaine. Je le répète, cette instruction n’est rien d’autre qu’un moyen de domination aux mains des dirigeants qui n’ont jamais voulu l’élévation de l’individu, mais son asservissement, et il est parfaitement inutile d’espérer quoi que ce soit d’avantageux de l’école d’aujourd’hui. Et ce qui s’est produit jusqu’aujourd’hui continuera à se produire dans l’avenir. Il n’y a aucune raison pour que les gouvernements changent de système. Ils sont parvenus à se servir de l’instruction à leur bénéfice. Ainsi continueront-ils aussi à profiter des améliorations qui se présenteront. Il leur suffit de conserver l’esprit de l’école, la discipline autoritaire qui y règne, pour que toutes les innovations leur soient bénéfiques. Pour que cela soit ainsi ils seront constamment vigilants. Soyez-en sûrs.

Je souhaite attirer l’attention de ceux qui me lisent sur cette idée: toute la valeur de l’éducation réside dans le respect de la volonté physique, intellectuelle et morale de l’enfant. De même qu’en science il n’y a pas d’autre démonstration possible que celle des faits, de même il n’y a de véritable éducation que celle qui est exempte de tout dogmatisme, qui laisse à l’enfant la direction de son effort et qui ne vise qu’à en accompagner sa manifestation. Mais il n’y a rien de plus facile que de pervertir le sens et rien de plus difficile que de le respecter. L’éducateur impose, oblige, violente toujours; l’éducateur véritable est celui qui, contre ses propres idées et volontés, peut défendre l’enfant, en faisant appel au plus haut point aux énergies propres de l’enfant.

Par cette démonstration on peut juger de la facilité avec laquelle l’éducation est façonnée et combien la tâche de ceux qui veulent dominer l’individu est aisée. Les méthodes se révélant les meilleures se convertissent entre les mains du pouvoir en autant d’instruments plus puissants et plus parfaits de domination. Notre idéal est celui de la science et nous ferons appel à lui au nom du pouvoir d’éduquer l’enfant pour favoriser son développement par la satisfaction de tous ses besoins au fur et à mesure qu’ils se manifesteront et se développeront.

Nous sommes persuadés que l’éducation de l’avenir sera une éducation absolument spontanée, même s’il est clair qu’il n’est pas encore possible de la réaliser, mais l’évolution des méthodes pour une plus large compréhension des phénomènes de la vie et le fait que tout perfectionnement signifie la suppression de la violence, tout cela indique que nous sommes sur le chemin de la vérité lorsque nous espérons de la science la libération de l’enfant. Est-ce là l’idéal de ceux qui détiennent actuellement l’organisation scolaire? Est-ce cela qu’ils proposent de faire? Aspirent-ils aussi à supprimer les violences? Non, ils emploieront les méthodes nouvelles et plus efficaces aux mêmes fins qu’à présent: c’est-à-dire la formation d’êtres qui acceptent tous les conventionnalismes, tous les mensonges sur lesquels est fondée la société.

Nous n’avons pas peur de le dire: nous voulons des hommes capables d’évoluer sans arrêt, capables de détruire, de renouveler constamment les moyens et de se renouveler eux-mêmes; des hommes dont l’indépendance intellectuelle est leur force suprême, qui ne s’assujettissent jamais à rien; toujours prêts à accepter le meilleur, heureux du triomphe des idées nouvelles et qui aspirent à vivre des vies multiples en une seule vie. La société craint de tels hommes: on ne peut, dès lors, espérer qu’elle ne veuille jamais une éducation capable de les produire. Quelle est donc alors notre mission? Quel est donc alors le moyen que nous devons choisir pour contribuer à la rénovation de l’école? 

Nous suivrons attentivement les travaux des savants qui étudient l’enfant et nous nous hâterons à chercher les moyens d’appliquer leurs expériences à l’éducation que nous voulons fonder, dans le sens d’une libération plus complète de l’individu. Mais, comment atteindrons-nous notre objectif? En mettant directement les mains à la pâte, en favorisant la création d’écoles nouvelles qui dans la mesure du possible établissent cet esprit de liberté qui, nous le pressentons, doit gouverner toute l’oeuvre éducative à venir.

Nous avons déjà prouvé qu’elle peut donner d’excellents résultats. Nous pouvons détruire tout ce qui actuellement dans l’école répond à l’organisation de la violence, les moyens artificiels par lesquels les enfants sont éloignés de la nature et de la vie, la discipline intellectuelle et morale pour imposer des pensées toutes faites, des croyances qui pervertissent et anéantissent les volontés. Sans crainte de nous tromper, nous pouvons mettre l’enfant dans le milieu qu’il sollicite, le milieu naturel où il se trouvera en contact avec tout ce qu’il aime et où les sensations vitales remplaceront les leçons fastidieuses. Si nous ne faisions que cela, nous aurions préparé une grande partie de l’émancipation de l’enfant.

Dans de tels milieux, nous pourrions appliquer librement les faits de la science et travailler avec fruit. Je sais bien que nous ne pourrions pas réaliser ainsi tous nos espoirs, que fréquemment nous serions obligés, par carence de savoir, d’employer des méthodes réprouvées; mais une certitude soutiendrait notre obstination, à savoir que sans avoir encore atteint complètement notre objectif, nous ferions plus et mieux, malgré l’imperfection de notre oeuvre, que ce que réalise l’école actuelle. Je préfère la spontanéité libre d’un enfant qui ne sait rien, que l’instruction de mots et la déformation intellectuelle d’un enfant qui a souffert de l’éducation qui se donne actuellement.

Ce que nous avons tenté à Barcelone, d’autres l’ont tenté ailleurs et nous avons tous vu que l’oeuvre était possible. Je pense donc qu’il est temps de s’y investir immédiatement. Nous ne voulons pas attendre que se termine l’étude de l’enfant pour entreprendre la rénovation de l’école; en ne faisant qu’espérer, on ne fera jamais rien. Nous appliquerons ce que nous savons et ce que nous apprendrons au fur et à mesure. Un plan d’ensemble d’une éducation rationnelle est déjà possible et dans des écoles telles que celle que nous avons conçue, les enfants peuvent se développer libres et heureux, selon leurs aspirations. Nous travaillerons à la perfectionner et à l’étendre.

Tels sont nos projets: nous n’ignorons pas la difficulté de réalisation; mais nous voulons la commencer, persuadés que nous serons aidés dans notre tâche par ceux qui luttent partout pour émanciper les êtres humains des dogmes et des conventionnalismes qui assurent la prolongation de l’actuelle organisation sociale inique.

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