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(R)évolution politique : la voie retour aux communs dans la Commune Universelle de notre humanité réalisée…

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Pas de communs sans communauté

 

Maria Mies

2014

 

Republié, juin 2020

 

Source: https://www.lavoiedujaguar.net/Pas-de-communs-sans-communaute

 

L’intérêt actuel pour les nouveaux communaux est bienvenu. Cela montre que de plus en plus de gens comprennent que notre système mondial capitaliste actuel ne peut résoudre aucun des problèmes qu’il a lui-même créés. La plupart des gens qui veulent créer de nouveaux communaux recherchent un nouveau paradigme économique et social. Pourtant, je pense qu’il est nécessaire de porter un regard plus critique sur les principaux concepts et arguments utilisés dans le discours sur les biens communs. Aujourd’hui, les « nouveaux biens communs » font l’objet d’un nouveau battage médiatique. Que voulons-nous dire lorsque nous parlons de nouveaux biens communs ? Que pouvons-nous apprendre des anciens communaux ? Qu’est-ce qui doit être changé aujourd’hui ? Y a-t-il une perspective réaliste pour les nouveaux biens communs ?

Tout d’abord, je tiens à souligner qu’aucun bien commun ne peut exister sans une communauté. Les anciens biens communs étaient entretenus par une communauté clairement définie dont les membres s’engageaient à accomplir un travail communautaire pour subvenir à leurs besoins. Ce travail n’était ni imposé ni un passe-temps agréable ou un luxe. Il était nécessaire à l’existence et à la subsistance des gens. Chaque personne adulte était tenue de contribuer à ce travail nécessaire. Chacun était responsable du maintien du bien commun. Cette responsabilité ne devait pas être formellement imposée par des lois. Elle était nécessaire pour maintenir la vie de tous.

Les anciens communs

Je viens d’un petit village de Rhénanie en Allemagne. Il y avait trente-deux ménages de paysans. La plupart étaient des paysans dont le seul revenu régulier provenait de la vente de lait, de céréales et de pommes de terre, et parfois de la vente d’un porc ou d’un veau dont ils n’avaient pas besoin pour eux-mêmes. Le village avait encore une forêt et une terre commune. Les ruisseaux, les étangs, les routes, les arbres qui poussaient le long des ruisseaux étaient communs. Aujourd’hui encore, il y a une forêt communale, mais les gens doivent payer s’ils veulent couper des arbres. Notre forêt villageoise et les autres terrains communs du village ont une limite et il y a des règles sur la façon de les utiliser. Le conseil du village peut les louer, mais ils ne peuvent pas être vendus ou privatisés.

Mais contrairement à ce que Garret Hardin a écrit dans son trop célèbre article « La tragédie des communs » (1968), ces biens communs n’étaient pas seulement libres pour que chacun puisse prendre autant qu’il le pouvait sans tenir compte des besoins des autres ni même se soucier de les préserver pour les générations futures. En fait, tout le monde dans le village comprenait que ces biens communs devaient être entretenus, préservés, réparés et régénérés par le travail bénévole de la communauté villageoise. C’était la responsabilité de toute la communauté de maintenir le patrimoine commun du village. Par exemple, lorsque de nouveaux arbres devaient être plantés dans la forêt du village, un homme ou une femme valide de chaque ménage devait y participer par son travail bénévole. Ou encore, lorsqu’une route devait être réparée ou construite, chaque ménage devait envoyer un homme, une femme ou même un enfant pour marteler les pierres de basalte dures en petits morceaux pour la route de gravier. Après les dévastations de la Seconde Guerre mondiale, ce travail communautaire gratuit a été nécessaire partout en Allemagne pour reconstruire le pays. Le conseil du village devait veiller à ce que les règles communes non écrites soient respectées. Ce travail communal était un travail dur, bien sûr, mais il était aussi plaisant. Je me souviens que ces séances de plantation d’arbres où la plupart des jeunes femmes et des jeunes hommes travaillaient ensemble étaient des moments de plaisanterie, de chant, de repas et de joie de vivre ensemble. Il y a encore des photos où l’on peut voir à quel point les jeunes s’amusaient.

Les grands principes des biens communs étaient et restent : les biens communs ne peuvent exister sans une communauté qui en prend soin. Réciproquement, aucune communauté réelle ne peut exister sans les biens communs. Tous les membres de la communauté sont responsables de l’entretien et de l’usage des biens communs, même les enfants. Cette responsabilité n’est pas imposée par une loi officielle, car il est évident pour tout le monde que la survie et la subsistance des gens dépendent des biens communs et du travail collectif bénévole. Ainsi, les anciennes économies villageoises étaient avant tout des économies morales (Mies, 1992). L’économie villageoise était en quelque sorte une économie domestique élargie, où tout le monde devait participer pour assurer l’existence de toute la maisonnée.

Outre le libre accès aux biens communs et le travail collectif bénévole, la communauté avait l’obligation de s’occuper des indigents, ceux qui ne pouvaient pas s’occuper d’eux-mêmes. Ma mère a raconté l’histoire d’une vieille veuve qui vivait seule dans sa maison et ne pouvait pas subvenir à ses besoins. Mais la communauté villageoise se sentait dans l’obligation de lui donner de la nourriture et de s’occuper d’elle. Tous les ménages devaient lui apporter de la nourriture à tour de rôle. Ainsi, la pauvreté absolue n’existait pas dans ces communautés.

La destruction des anciens biens communs par les enclosures

La destruction des anciens biens communs et des économies morales n’est pas due à l’intérêt personnel, à la cupidité et à la compétitivité des individus, comme le supposait Hardin, mais aux clôtures [enclosures] que les propriétaires capitalistes et l’industrialisation ont imposées aux villages et aux villes pour s’approprier et privatiser les terres communes, les forêts et les ruisseaux. L’enclos des biens communs au XVIIIe siècle était également nécessaire afin que l’industrialisation naissante trouve suffisamment de prolétaires pour travailler dans les usines urbaines. Nous ne pouvons pas parler de biens communs aujourd’hui sans nous souvenir de ces anciennes clôtures, et nous ne pouvons pas parler de nouveaux biens communs sans regarder les nouvelles clôtures qui ont lieu partout dans le monde.

En 1755, Rousseau a été le premier à comprendre ce que l’enclos des biens communs signifiait réellement pour l’humanité. Il a écrit :

« Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : “Ceci est à moi”, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, que de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : “Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne”. » (Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1755)

Cette privatisation signifie piraterie, violence, vol, accaparement de ce qui appartient au peuple : la terre, les forêts, l’eau, les rivières, les espaces ouverts dans les villes et les villages, mais aussi la connaissance, la culture et la langue. Ces voleurs capitalistes ne font que mettre un prix partout où ils peuvent déclarer : « Ceci est ma propriété privée. » Cela signifie qu’ils ont transformé les biens communs en marchandises. Le mot « privé » vient du mot latin privare, qui signifie voler, piller, coloniser. Ce vol n’a pas lieu sans violence ni sans guerre. Guerre contre la nature et guerre contre la subsistance des peuples. Cette méthode est encore utilisée aujourd’hui pour voler, coloniser et marchandiser les biens communs partout, en particulier dans le Sud. Mais aujourd’hui, ces clôtures sont appelés développement et modernisation. En fait, sans ces clôtures, le Sud et le Nord n’auraient pas pu « développer » leur industrie et leur marché mondial capitaliste et ne pourraient pas poursuivre leur manie de la croissance (Shiva et al., 1997).

Les nouvelles enclosures

Mon intérêt pour les biens communs a commencé au début des années 1990. À cette époque, un nouveau discours sur les biens communs se diffusait dans le monde entier. Nous — Veronika Bennholdt-Thomsen et moi-même — avons participé aux débats sur la destruction, la défense et la réinvention des biens communs (Bennholdt-Thomsen et Mies, 1999). Ce nouvel intérêt pour les biens communs était dû au mouvement mondial d’enclosure qui a commencé vers 1990 avec l’introduction de la politique néolibérale de libre-échange. Cette restructuration de l’économie mondiale est fondée sur les principes suivants : mondialisation, libéralisation (déréglementation), privatisation et concurrence universelle.

Les institutions qui ont restructuré le monde entier selon ces principes sont les suivantes : la Banque mondiale (BM), le Fonds monétaire international (FMI), l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) qui a été transformé en Organisation mondiale du commerce (OMC). Ces institutions ont travaillé et travaillent dans l’intérêt des sociétés transnationales principalement américaines, européennes et japonaises.

Ces institutions mondiales ont « ouvert » pratiquement toutes les économies du monde au « libre marché », c’est-à-dire au pillage par le capital international. Les pays du Sud ont été les premières victimes de ce nouveau mouvement d’enfermement mondial. Parce qu’elles étaient redevables à la BM et au FMI, ces institutions les ont obligées, par leurs programmes d’ajustement structurel, à ouvrir leurs frontières aux investissements étrangers, à privatiser leurs systèmes nationaux de santé, leurs systèmes d’éducation, leurs systèmes de transport et leurs secteurs de services et autres domaines jusqu’alors sous contrôle national. Leurs connaissances culturelles locales et nationales ont été volées et appropriées par les sociétés transnationales. Cela a été possible grâce à l’accord sur les droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC) de l’OMC. La méthode permettant de voler cette propriété intellectuelle commune est le nouvel Accord sur les brevets de l’OMC. Mais contrairement à l’Occident, les populations des pays pauvres du Sud ont résisté à cette nouvelle vague d’enfermement de leurs biens communs.

Résistance aux enclosures dans le Sud

Dans de nombreuses régions du Sud, les masses populaires ont résisté à cette nouvelle politique d’accaparement de leurs biens communs, souvent avec succès. Voici deux de ces réussites.

Papouasie-Nouvelle-Guinée

Lorsqu’en 1997 les sociétés transnationales occidentales ont tenté d’accéder aux richesses de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, elles ont été confrontées au fait que toutes les terres étaient encore sous contrôle communal. Elles appartenaient à différents clans qui parlaient des langues différentes et avaient des cultures différentes. Aucune entreprise capitaliste ne peut être rentable dans de telles conditions. Le principal journal local a écrit :

« Dans la plupart des régions du pays, la terre est propriété communautaire. Ce système ôte tout son sens au concept de l’entreprise privée occidentale dans la mesure où il sera difficile à des individus d’immobiliser la terre pendant tout le temps nécessaire à la création d’une plantation ou de toute autre entreprise. De toute manière, la pression communautaire ferait échouer l’affaire. » (The National, 17 juillet 1995)

La Banque mondiale, dont le but était et est toujours de développer le monde pour les intérêts capitalistes, a exigé que le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée adopte une « loi sur la mobilisation des terres » afin de « libérer les terres » pour les investissements étrangers. Mais le peuple a dit NON à ce plan de développement. Ils ne voulaient pas renoncer à leurs biens communs coutumiers : la terre, la langue, la culture, bref leur identité, leur terre natale. Le Premier ministre était désespéré. Il pensait que les crédits de la Banque mondiale pour le « développement » ne pouvaient pas être rejetés par les pauvres. Il a exhorté les gens à respecter la nouvelle loi en déclarant : « les mendiants ne sauraient choisir » [Beggars can’t be choosers, équivalent en anglais de l’adage « Nécessité fait loi » (NdT)]. Cette phrase a déclenché une vague de lettres furieuses de protestation à la presse. En voici un exemple :

« NOUS NE VOULONS PAS ÊTRE DES MENDIANTS DANS UN PAYS RICHE.

Le dictionnaire définit un mendiant comme un personne sans argent ni ressources. Et mendier signifie demander quelque chose poliment, humblement et du fond du cœur. Mais on peut se demander : pourquoi mendions-nous ?

Cette déclaration est une réaction à la manifestation populaire du 18 juillet, dirigée par les étudiants et la Coalition pour la justice socio-économique qui rassemble des ONG, des syndicats, Melsol et les Églises contre l’enregistrement des terres coutumières et tous les autres volets du programme d’ajustement structurel prévus par la Banque mondiale et le FMI.

Nous, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, n’avons jamais été des mendiants et ne souhaitons pas le devenir. Pendant des milliers d’années, nos ancêtres ont parcouru cette terre et ont survécu sans mendier auprès de l’étranger. Ils ont élaboré leur propre système de survie et de soutien de la vie. S’ils avaient vécu comme vous le suggérez, Monsieur le Premier ministre, vous et moi serions inscrits au registre des espèces humaines disparues.

Si nos ancêtres nous ont appris quelque chose, c’est qu’il est possible de vivre sans être excessivement contrôlés et manipulés par des peuples étrangers et des institutions internationales. Le Premier ministre nous réduit à n’être rien alors que nous nous savons abondamment pourvus en ressources. Ce que nous possédons fait de nous un peuple riche. Les gens conscients du lien qui les lie à la terre comprendront. Prenez nos terres et nous serons de véritables mendiants sur notre propre sol…

Le peuple, les ONG, les syndicats étudiants, les Églises et les habitants de Papouasie-Nouvelle-Guinée inquiets sont mis au défi de formuler des alternatives maison…

Nous n’avons pas d’autre projet que la survie de notre personnalité authentique, de notre bien-être et de notre droit à ne point recevoir d’ordres de l’étranger… » (The National, 27 juillet 1995)

Cette lettre montre que la colère du peuple n’a pas été déclenchée uniquement parce que ses biens communs ancestraux allaient être volés par des investisseurs étrangers. Le plus important semble être qu’ils ont eu le sentiment que leur dignité a été bafouée lorsque le Premier ministre les a traités de « mendiants sur leur propre terre ». Ce sentiment de dignité commune trouve son origine dans le fait que les gens savent qu’ils peuvent produire leur propre subsistance sans aucune aide des étrangers. Pourtant, la résistance contre le piratage des biens communs en Papouasie-Nouvelle-Guinée montre que les préoccupations de subsistance ne sont pas seulement économiques, elles sont intrinsèquement liées à la culture, à la langue, à l’identité et surtout au sentiment de dignité d’une communauté. Sans une communauté qui défend cette dignité, aucune résistance aux enclos ne sera possible.

Inde

Le deuxième exemple de résistance contre les nouvelles enclosures des biens communs est l’histoire de la manière dont le savoir local et communautaire sur l’arbre à neem [le margousier (NdT)] a été volé, breveté et donc privatisé par une entreprise chimique américaine et comment ce bien commun a été restauré par la résistance des gens contre ce piratage.

Le neem pousse à l’état sauvage partout en Inde, dans les campagnes et dans les villes. Tout le monde l’utilise librement. Les gens utilisent ses brindilles comme brosse à dents et les agriculteurs mélangent des feuilles de neem à leur riz parce que le neem protège le grain contre les champignons. Vandana Shiva écrit :

« Le neem est utilisé comme médicament prophylactique, biopesticide, biofertilisant, biofongicide, fixateur d’azote dans le sol. L’arbre à neem trouve une myriade d’utilisations dans chaque foyer et chaque communauté en Inde. » (Shiva et al., 1997)

La substance qui rend le neem si précieux est l’azadirachtine.

Après l’introduction de la nouvelle politique mondiale de libre-échange et de l’accord ADPIC [Agreement on Trade-Related Aspects of Intellectual Property Rights (TRIPS) ou Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC)], une foule de sociétés pharmaceutiques transnationales ont tenu à obtenir des brevets sur le neem. La société chimique américaine W.R. Grace a obtenu un brevet pour l’utilisation du neem dans la production de toutes sortes de produits pesticides et médicinaux. Il s’agissait d’un cas classique de nouvel accaparement d’un arbre et de la connaissance commune de son utilisation qui, depuis des milliers d’années, était gratuite pour tous. Après avoir breveté l’arbre à neem, les gens ont dû acheter des produits à base de neem, car les produits à base de neem étaient désormais la propriété privée de W.R. Grace.

Mais ce piratage et cette privatisation des connaissances séculaires du peuple indien sur le neem ont provoqué un mouvement de protestation massif en Inde. Vandana Shiva écrit :

« L’intérêt agressif de la société Grace pour la production indienne de neem a provoqué un concert de protestations de la part de scientifiques, d’agriculteurs et de militants politiques indiens, qui considèrent que les sociétés transnationales n’ont pas le droit d’exproprier le fruit de siècles d’expérimentation indigène et de plusieurs décennies de recherche indienne. Cela a suscité un débat transcontinental sur l’éthique de la propriété intellectuelle et les droits de brevet. » (Shiva et al., 1997)

Les agriculteurs et les activistes ont organisé d’énormes manifestations contre le brevetage du margousier ; mais cette protestation n’a pas été couronnée de succès au début. Ce n’est qu’après que Vandana Shiva (Inde), Florianne Koechlin (Suisse) et Magda Aalfort (Belgique) eurent déposé une plainte contre le brevetage du neem auprès de l’Office européen des brevets, dans laquelle elles déclaraient que le neem n’était pas une invention de M. W.R. Grace, mais une création de la nature qui avait été utilisée et modifiée par les agriculteurs indiens pendant des milliers d’années, que l’Office européen des brevets a reconnu que le neem n’était pas une « invention ». Il a retiré le brevet de W.R. Grace pour le neem.

Le nouveau discours sur les biens communs : Internet

Aujourd’hui, nous assistons à un nouveau discours sur les biens communs dans le monde entier. Mais contrairement au discours précédent, je ne vois guère de résistance aux enclosures d’aujourd’hui. Je ne comprends pas encore bien pourquoi et comment ce nouveau discours sur les biens communs a commencé. Mais je sais que de nombreuses personnes qui sont critiques par rapport à la destruction de l’environnement, aux crises économiques dans tous les pays et au manque de perspectives dans le monde entier cherchent une alternative. Certains d’entre eux voient le mal dans le principal pilier du capitalisme, à savoir la propriété privée. Ils cherchent une nouvelle façon de sauver un nouveau type de biens communs mondiaux. Et beaucoup d’entre eux considèrent Internet comme le grand sauveur. Ils parlent de biens communs de la connaissance ou de biens communs de la création [creative commons] et leur enthousiasme repose évidemment sur Internet. Tout le monde parle d’Internet comme du créateur de nouveaux biens communs. Même dans les journaux grand public, on trouve des articles sur les « nouveaux biens communs ». Je ne partage pas l’enthousiasme que suscitent ces nouveaux biens communs. En fait, je pense que cet enthousiasme n’est pas seulement fondé sur des illusions mais aussi sur des mythes. Je considère que ce nouveau discours n’est qu’un autre battage publicitaire qui occupe les gens pendant que les nouveaux et les anciens dirigeants du monde enferment et détruisent notre mère la Terre, le seul bien commun mondial que nous ayons tous.

Les mythes sur Internet en tant que bien commun

Le nouveau discours sur les communaux est dans une large mesure inspiré par la conviction qu’Internet est un bien commun mondial. Même les personnes qui critiquaient autrefois les enclosures capitalistes et les politiques de libéralisation, de mondialisation et de privatisation pensent qu’Internet est un nouveau bien commun mondial qui résoudrait tous les problèmes économiques, sociaux, écologiques et politiques du monde. Voici quelques-uns des principaux arguments de cette croyance en l’Internet comme bien commun. Il y en a certainement d’autres, Mais je pense que ce sont les plus importants. Je les considère tous comme des mythes. Dans ce qui suit, je compare l’Internet en tant que nouveau bien commun avec les anciens communaux.

1. L’Internet n’est ni une propriété privée ni la propriété de l’État. Il s’agit donc d’un bien commun mondial. Il peut être utilisé par tout le monde, partout, sans frais.

2. L’Internet fait du savoir un bien commun universel. Tout le savoir dans le monde ne peut plus être la propriété privée ou le privilège d’une seule personne ou d’une élite.

3. En outre, l’Internet a véritablement créé de nouvelles communautés sociales où les gens peuvent se faire des amis partout. Ils peuvent les voir, discuter avec eux, échanger des nouvelles et des points de vue avec eux, dans un salon de discussion privé ou social comme Facebook et Youtube, comme un réseau social mondial. Et ce, gratuitement.

4. L’Internet crée une véritable démocratie parce qu’il offre la possibilité de participer et de faire preuve de transparence. Aucun gouvernement, aucun parti, aucune entreprise, aucune bureaucratie ne peut garder quoi que ce soit secret, car les spécialistes d’Internet peuvent découvrir ces secrets immédiatement et les exposer au public.

5. L’Internet a créé la possibilité pour chaque citoyen d’influencer la politique locale, régionale, nationale et internationale. L’Internet va donc accroître le sens des responsabilités de chaque citoyen.

6. L’Internet mettra fin à la violence dans le monde, car si les gens ne se rencontrent pas face à face, ne s’attaquent pas, ne se tuent pas dans la réalité mais seulement virtuellement, ils ont un exutoire pour leurs agressions et n’ont pas besoin de tuer de « vraies personnes ». Les guerres deviendront une chose du passé. À terme, tous les conflits sur terre pourront être résolus pacifiquement par la « communauté internationale » représentée par les Nations unies, qui est chargée de maintenir la paix sur terre et de résoudre tous les conflits entre les nations.

7. L’Internet dépasse toutes les limites du temps, de l’espace et même du monde réel et matériel. Il est donc une source de liberté pour tous.

8. L’Internet une fois inventé et installé sur notre planète restera. L’Internet est synonyme de progrès. On ne peut pas arrêter le progrès, on ne peut pas revenir à l’âge de pierre. Quoi qu’il en soit, l’Internet est indispensable et notre vie quotidienne n’est plus possible sans lui.

Mes contre-arguments

L’Internet n’est pas un bien commun. Il est en fait la propriété privée d’une poignée d’énormes monopoles mondiaux comme Microsoft, Apple, Google, Amazon, Facebook et quelques autres acteurs mondiaux. Ils contrôlent le matériel et les logiciels de toutes les usines qui produisent et vendent des produits basés sur Internet. Ces produits ont un prix. Dans une économie capitaliste, rien n’est produit gratuitement. Mais qui en paie le prix ?

Tout d’abord, c’est la nature qui paie le prix. La terre est exploitée plus ou moins gratuitement à la recherche de ces « métaux rares » comme l’or, le coltan, le tantale, le platine et d’autres sans lesquels aucun ordinateur ne pourrait fonctionner. Ces « métaux rares » se trouvent par exemple en République du Congo, mais aussi en Chine, en Bolivie et dans d’autres pays. Une fois que les énormes bulldozers ont quitté les sites miniers, ils ne laissent que d’énormes trous dans la terre, des trous comme des blessures dans le corps de la Terre Mère. Apple et les autres géants de l’informatique ne veulent pas et ne peuvent pas soigner ces blessures. Et le résultat de cette violence contre la Terre Mère est une guerre entre les communautés locales, comme c’est le cas en République du Congo. Par conséquent, chaque ordinateur est le produit d’un nouveau processus d’enfermement global.

Mais il y a aussi des coûts humains qui n’apparaissent pas dans les bilans des sociétés informatiques. L’Internet peut paraître « bon marché » ou même gratuit pour les utilisateurs, mais les coûts humains réels sont payés par les travailleurs qui extraient ces « métaux rares » de la terre en Afrique ou ailleurs. Les récentes grèves des mineurs en Afrique du Sud qui extraient le platine de la terre sont la conséquence de leur exploitation par les sociétés informatiques. Les travailleurs réclament de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail et de vie. Ces conditions sont pires aujourd’hui qu’elles ne l’étaient sous le régime de l’apartheid.

L’Internet n’est pas non plus gratuit, même pour ses utilisateurs. Le matériel informatique (ordinateurs, téléphones portables, téléphones intelligents, i-pads, i-phones, etc.) coûte cher, notamment en raison de son obsolescence programmée. Dès qu’un nouveau gadget apparaît sur le marché, il est presque immédiatement rendu obsolète et remplacé par un autre, qui est présenté comme « meilleur ». L’ancien ne peut pas être réparé. Les grandes sociétés informatiques se font concurrence pour obtenir du matériel et des logiciels toujours plus innovants, toujours plus rapides, toujours plus sophistiqués et encore moins chers sur le marché mondial. Mais chaque nouvelle invention tue les anciennes qui deviennent alors des déchets électroniques, qui doivent ensuite être jetés dans des décharges d’ordures quelque part dans le monde. Ce déversement d’ordures électroniques est gratuit pour les entreprises informatiques, mais pas pour l’environnement et les personnes qui vivent à proximité de ces décharges.

Alors, qui paie les véritables coûts de l’Internet si l’on inclut tous ces « coûts externes » ? En fait, si tous ces coûts étaient inclus dans le prix d’un ordinateur ou d’un téléphone portable, la plupart des gens n’auraient pas les moyens de les payer. Et les grandes sociétés informatiques feraient faillite.

Qu’en est-il de l’Internet en tant que « bien commun de la connaissance » ? L’Internet a-t-il vraiment amélioré nos connaissances dans et sur ce monde ? Le psychologue et neurologue allemand Manfred Spitzer (2012) a découvert que les enfants et les jeunes qui restent assis pendant des heures devant leur ordinateur ou leur PlayStation souffrent de « démence numérique ». Leurs résultats scolaires sont très faibles. Beaucoup d’entre eux ne savent ni lire ni écrire. Beaucoup quittent l’école sans avoir passé d’examen. Ils ne connaissent pratiquement rien du monde réel. Ils vivent dans leur monde virtuel et ne sont guère capables de faire face aux exigences de la vie quotidienne. Les images qu’ils voient sur leur écran d’ordinateur sont disponibles dans le monde entier par un simple clic. Mais je pose la question suivante : s’agit-il du bien commun de la connaissance ou du bien commun de la créativité que les gens entendent lorsqu’ils parlent de l’Internet comme d’un bien commun ?

Pour les anciens communs, le savoir signifiait que chacun savait manier un marteau, une bêche et tous les autres outils nécessaires pour produire et reproduire leur vie. Ils savaient également à quelle heure on pouvait planter ou non des jeunes arbres, tout le monde connaissait les chansons chantées lors des rassemblements communs et à la maison, tout le monde connaissait les histoires racontées par les anciens sur la communauté et le monde. Tous partageaient la langue, la culture de leur village, de leur région et de leur pays. Ils connaissaient donc toutes les compétences nécessaires pour vivre leur vie dans le monde réel, dans une vraie communauté où ils se sentaient en sécurité et chez eux. Ils étaient fiers de leur identité et ils se sont battus pour leur propre dignité, comme nous l’avons vu dans l’histoire de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Où est l’identité, où est la dignité des internautes ?

Le mythe suivant est que l’Internet, et surtout Facebook, crée une « communauté mondiale » : tout le monde peut communiquer avec tout le monde dans le monde. On peut bavarder, se faire des amis, échanger des photos, parler de ses hobbies. Facebook est particulièrement populaire auprès des jeunes filles et des jeunes garçons. Ce sont des utilisateurs, pas des personnes, et chaque utilisateur est assis seul devant un ordinateur, utilisant Facebook ou un autre gadget informatique. L’échange entre ces individus atomisés n’a lieu que virtuellement, pas dans la réalité. Ces utilisateurs ne sont qu’une masse d’individus isolés, qui ne peuvent pas se toucher, se sentir et se voir comme des personnes vivantes. Leur communication est totalement désensualisée. Une telle masse d’utilisateurs ne peut pas être une « communauté » au sens propre, où chacun est responsable du bien-être de la communauté tout entière et de tous ses membres, comme nous l’avons vu dans les anciennes communautés de base. Sur Internet, aucun utilisateur ne peut se protéger contre les attaques vicieuses, les insultes ou tout autre cyber-harcèlement [cyber-mobbing]. Le cyber-harcèlement a déjà conduit à des suicides. Personne qui participe à ce « réseau social » ne peut rien faire contre ce cyber-harcèlement. L’anonymat de l’Internet conduit même à des insultes de communautés entières, comme ce fut le cas récemment lorsqu’un « utilisateur » inconnu a mis sur l’Internet une photo qui insultait le prophète Mahomet. Cette insulte a conduit à des manifestations de masse de personnes vivant dans des pays musulmans dans le monde entier, au cours desquelles même un ambassadeur américain a été tué. L’Internet ne connaît pas l’éthique, il est amoral, ce qui signifie que personne ne se sent responsable des conséquences de ses actes dans le monde réel, même si ces conséquences peuvent conduire à de véritables guerres.

Nous voyons ici une différence importante entre les anciens biens communs et les biens communs dits « virtuels ». Comme nous l’avons vu, dans les anciens biens communs, tout le monde était responsable de l’entretien et de la protection des biens communs. Chacun était également tenu de respecter la communauté et toutes les personnes qui y vivaient. Tout le monde était responsable du maintien de la paix dans la communauté. Cette responsabilité est absolument absente dans les réseaux sociaux mondiaux de l’Internet.

Certaines personnes pensent qu’Internet favorise la démocratie dans le monde entier. Elles disent que le « printemps arabe » et la lutte pour la démocratie en Égypte n’auraient pas eu lieu si l’Internet n’avait pas existé. Il est vrai qu’Internet a facilité l’échange rapide d’informations sur les rassemblements de la place Tahrir au Caire et dans d’autres pays d’Afrique du Nord. Mais la démocratie a besoin d’autre chose qu’une information rapide. Pour établir une véritable démocratie, où tout le monde peut participer pour discuter de ce que signifie la démocratie dans un pays donné, à une période donnée et dans des conditions sociales et économiques particulières — tout cela nécessite du temps et de nombreux débats et dialogues sur la nouvelle perspective sociale et une nouvelle vision. L’Internet ne peut à lui seul créer une telle vision. Il n’est qu’une machine. La démocratie ne peut pas être créée par une machine, par un deus ex machina.

Le fait qu’Internet promeuve la paix est un autre mythe encore plus dangereux. Il favorise plutôt les guerres. Il suffit de regarder les jeux meurtriers auxquels des millions de joueurs — pour la plupart des jeunes garçons ou des hommes — sont accros.

Enfin, les partisans de l’Internet comme bien commun soutiennent que l’Internet libère l’humanité des contraintes du temps, de l’espace et même de la matière. Dans quelle mesure ces affirmations sont-elles vraies ? En effet, l’Internet semble avoir surmonté les limites du temps : les gens peuvent communiquer en une seconde avec d’autres personnes. Tout le système financier mondial est fondé sur cette communication immédiate. Mais les gens normaux communiquent aussi de plus en plus par courrier électronique et par Internet plutôt que par courrier papier ou par téléphone. Ils peuvent également communiquer avec plus de personnes en moins de temps. Mais quel est le prix à payer pour cette communication rapide ? Les gens s’épuisent, se sentent obligés de répondre à tous les courriers stupides. Ou bien ils renoncent tout simplement à regarder le courrier électronique tous les matins. Le temps est la seule chose qui ne peut pas « grandir ». Nous pouvons emballer de plus en plus d’activités en une heure, mais nous ne pouvons pas « gagner » du temps, ni prolonger une heure. Le temps passe sans cesse. Nous ne pouvons pas arrêter le temps.

Il en va de même pour l’espace. L’Internet crée l’illusion que je peux être ici à Cologne et en même temps en Irlande. Mais ce n’est qu’une illusion. En réalité, je suis assise ici devant mon ordinateur et je tape sur le clavier pour terminer cet article. En réalité, je ne peux pas être à deux endroits en même temps. Ces limitations du temps et de l’espace sont dues au fait que nous faisons partie intégrante de la nature, ce qui signifie que nous faisons partie intégrante du monde matériel sans lequel la vie n’existerait pas sur cette planète. Même cette planète n’existerait pas, elle n’existe pas « virtuellement ». La mère matière est importante [Matter matters].

Maria Mies

Community Development Journal,

Volume 49, Issue suppl_1, January 2014.

Traduction Jacques Hardeau, mai 2020.

Et vous n’avez encore rien vu…

21 mai 2020.

Bibliographie

Bennholdt-Thomsen V., Mies M.,

La Perspective de subsistance [1999],

Traduction française à paraître aux éditions La Lenteur.

Hardin G., “The tragedy of the commons”, Science, 1968, vol. 162.

Mies M., Rilling R., Spitzer H., Green O., Hucho F., Pati G.,

“Moral economy-a concept and a perspective”, Science and Peace
in a Changing Environment, 1992, Vol. I, Marburg BdWi :

Schriftenreihe Wissenschaft und Frieden.

Shiva V., Jafri A., Bedi G. & al.,

The Enclosure and Recovery of the Commons,

1997, New Delhi : Research Foundation for Science,

Technology and Ecology.

Spitzer M., Digitale Demenz, 2012, München, Droemer Verlag ;

traduction française Les Ravages des écrans, L’Échappée, 2019.

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

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Résistance 71-Du-chemin-de-la-société-vers-son-humanité-realisée

 

 


Tout le pouvoir aux ronds-points !

 

 

Le trafic de drogue, pilier de l’impérialisme anglo-saxon : La Compagnie des Indes Orientales, la Chine et les guerres de l’opium

Posted in actualité, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, N.O.M, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 28 juin 2020 by Résistance 71

 

La British East India Company Inc. (Compagnie des Indes Orientales Britannique) ou BEIC est une entreprise commerciale incorporée par charte royale du 31 décembre 1600. Établie sous ce nom de 1600 à 1708, elle devint l’United Company of Merchants of England Trading in the East Indies de 1708 à 1873. Elle devient très rapidement un corps commercial monopoliste impliqué très étroitement dans l’impérialisme britannique du début du XVIIIème siècle à  la mi-XIXème. L’entreprise fut instrumentale dans l’expansion coloniale britannique en Chine.
( Source: Encyclopaedia Britannica)

 

Le trafic de drogue colonial et l’empire britannique

 

Michel Chossudovsky

 

25 juin 2020

 

Source de l’article en français:

 

https://www.mondialisation.ca/le-trafic-de-drogue-colonial-et-lempire-britannique/5646882

 

Par sa résolution 42/112 du 7 décembre 1987, l’Assemblée générale des Nations unies a décidé de célébrer le 26 juin la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite des drogues, afin d’exprimer sa détermination à renforcer l’action et la coopération pour atteindre l’objectif d’une société internationale libérée de la toxicomanie.

Sensibiliser ?

Rarement reconnu, le trafic de drogue (« légal ») a été initié par l’Empire britannique. Il y a une continuité. L’étiquette coloniale a été abandonnée. Aujourd’hui, le commerce (« illicite ») de la drogue est une opération de plusieurs milliards de dollars.

Les deux principaux centres de production sont aujourd’hui :

  • L’Afghanistan qui produit environ 90 % de l’offre mondiale d’opium (transformé en héroïne et en produits dérivés). Un programme d’éradication de la drogue a été lancé avec succès en 2000-2001 (avec le soutien des Nations unies). avant l’invasion menée par les États-Unis et l’OTAN en octobre 2001. Depuis l’invasion et l’occupation militaire, selon l’ONUDC, la production d’opium a été multipliée par 50, pour atteindre 9000 tonnes en 2017.
  • La région andine de l’Amérique du Sud (Colombie, Pérou, Bolivie) qui produit de la cocaïne. La Colombie est un narco-État soutenu par les États-Unis.

L’économie de la drogue fait partie intégrante de la construction d’un Empire. Le trafic de drogue est protégé par l’appareil militaire et de renseignement étasuniens.

(Ce sera l’objet de plusieurs articles de Global Research qui seront publiés dans les prochains jours en réponse à l’ »observance mondiale de sensibilisation » parrainée par l’ONU le 26 juin 2020).

Le rôle de l’Empire britannique

Historiquement, le trafic de drogue a fait partie intégrante du colonialisme britannique. Il était « légal ».

L’opium produit au Bengale par la Compagnie britannique des Indes orientales (British East India Company -BEIC) était expédié vers le port de Canton, au sud de la Chine.

L’exportation d’opium de l’Inde britannique vers la Chine, financée par l’État, a été sans doute la plus grande et l’opération la plus persistante de trafic de drogue de l’histoire. À son apogée, au milieu du XIXe siècle, elle représentait environ 15 % du revenu colonial total de l’Inde et 31 % des exportations indiennes. Pour approvisionner ce commerce, la Compagnie des Indes orientales (EIC) – et plus tard le gouvernement britannique – a développé un système de culture très réglementé dans lequel plus d’un million d’agriculteurs par an étaient sous contrat pour cultiver du pavot à opium. …

Le système des agences a permis de s’assurer que les agriculteurs ne partagent pas les importants bénéfices du commerce de l’opium. Grâce à leur pouvoir de monopsone, les agences de l’opium ont pu « maintenir le prix de l’opium brut juste à la limite de l’économie. » (Jonathan Lehne, 2011)

Si la part des terres agricoles allouée à l’opium était relativement faible, la production d’opium sous le régime colonial n’en a pas moins contribué à appauvrir la population indienne, à déstabiliser le système agricole et à déclencher de nombreuses famines.

Selon un reportage incisif de la BBC:

« La culture de rente [l’opium] occupait entre un quart et la moitié de l’exploitation d’un paysan. À la fin du XIXe siècle, la culture du pavot a eu un impact sur la vie de quelque 10 millions de personnes dans ce qui est aujourd’hui les États de l’Uttar Pradesh et du Bihar.

Le commerce était géré par la Compagnie des Indes orientales, la puissante multinationale établie pour le commerce avec une charte royale qui lui accordait le monopole des affaires avec l’Asie. Ce commerce d’État a été réalisé en grande partie grâce à deux guerres, qui ont forcé la Chine à ouvrir ses portes à l’opium des Indes britanniques. …

Les objectifs de production stricts fixés par l’Agence de l’opium signifiaient également que les agriculteurs – le cultivateur de pavot typique était un petit paysan – ne pouvaient pas décider de produire ou non de l’opium. Ils étaient obligés de soumettre une partie de leurs terres et de leur travail à la stratégie d’exportation du gouvernement colonial ».

La Chine et les guerres de l’opium

Lorsque l’empereur chinois Qing Daoguang a ordonné la destruction des stocks d’opium dans le port de Canton (Guangzhou) en 1838, l’Empire britannique a déclaré la guerre à la Chine sous le motif qu’il entravait la « libre circulation » du commerce des marchandises.

Le terme « trafic » s’applique à la Grande-Bretagne. Il a été toléré et soutenu pendant tout le règne de la reine Victoria (1837-1901). En 1838, 1 400 tonnes d’opium par an étaient exportées de l’Inde vers la Chine. Au lendemain de la première guerre de l’opium, le volume de ces envois (qui s’est prolongé jusqu’en 1915) a augmenté de façon spectaculaire.

La « première guerre de l’opium » (1838-1842), qui a représenté un acte d’agression contre la Chine, a été suivie par le traité de Nankin de 1842, qui non seulement a protégé les importations britanniques d’opium en Chine, mais a également accordé des droits extra-territoriaux à la Grande-Bretagne et à d’autres puissances coloniales, ce qui a conduit à la formation des ports ouverts (« Treaty Ports »).

Les revenus massifs du commerce de l’opium ont ensuite été utilisés par la Grande-Bretagne pour financer ses conquêtes coloniales. Aujourd’hui, on l’appellerait le « blanchiment d’argent de la drogue ». La canalisation des revenus de l’opium a également été utilisée pour financer la Banque de Hong Kong Shanghai (HKSB) créée par le BEIC en 1865 au lendemain de la première guerre de l’opium. [NdeR71: aujourd’hui la HSBC…]

En 1855, Sir John Bowring a négocié, au nom du ministère britannique des affaires étrangères, un traité avec le roi Mongkut (Rama IV) du Siam, intitulé « The Anglo-Siamese Treaty of Friendship and Commerce » (avril 1855), qui permettait l’importation libre et sans restriction de l’opium dans le royaume du Siam (Thaïlande).

Alors que le commerce de l’opium de la Grande-Bretagne avec la Chine a été aboli en 1915, le monopole britannique sur le trafic de drogue a continué jusqu’à l’indépendance de l’Inde en 1947. Les sociétés affiliées à la Compagnie britannique des Indes orientales (BEIC), telles que Jardine Matheson, ont joué un rôle important dans le commerce de la drogue.

Racisme, narcotiques et colonialisme

Les historiens se sont concentrés sur la traite triangulaire des esclaves de l’Atlantique : des esclaves d’Afrique exportés par les puissances coloniales vers les Amériques, suivis de marchandises produites dans des plantations utilisant de la main-d’œuvre esclave et exportées vers l’Europe.

Le commerce colonial de la drogue en Grande-Bretagne avait une structure triangulaire similaire. L’opium produit dans les plantations coloniales par les fermiers pauvres du Bengale était exporté vers la Chine, dont les revenus (payés en pièces d’argent) servaient en grande partie à financer l’expansion impériale de la Grande-Bretagne, y compris l’exploitation minière en Australie et en Afrique du Sud.

Aucune compensation n’a été versée aux victimes du trafic de drogue de l’Empire britannique. Les paysans appauvris du Bengale.

Avec la traite des esclaves de l’Atlantique, le trafic de drogue colonial constitue un crime contre l’humanité.

La traite des esclaves et le trafic de drogue sont tous deux alimentés par le racisme. En 1877, Cecil Rhodes met en avant un « projet secret » qui consiste à intégrer les empires britannique et étasunien en un seul Empire anglo-saxon :

« Je soutiens que nous sommes la plus belle race du monde … Il suffit d’imaginer les régions qui sont actuellement habitées par les plus méprisables spécimens d’êtres humains … Pourquoi ne formerions-nous pas une société secrète … pour faire de la race anglo-saxonne un seul Empire …

L’Afrique est toujours prête pour nous ; il est de notre devoir de la prendre. … Il est de notre devoir de saisir toutes les occasions d’acquérir plus de territoire et nous devrions garder constamment sous les yeux cette seule idée que plus de territoire signifie simplement plus de la race anglo-saxonne, plus de la meilleure, de la plus humaine, de la plus honorable race que le monde possède. »

Il y a une continuité entre la « guerre de la drogue » légitime de style colonial menée par l’Empire britannique et les structures actuelles du trafic de drogue : l’Afghanistan sous occupation militaire étasunienne, le narco-État en Amérique latine.

Aujourd’hui, le trafic de drogue est un commerce de plusieurs billions de dollars. Le bureau des Nations unies sur les drogues et la criminalité estime que le blanchiment de l’argent de la drogue et d’autres activités criminelles est de l’ordre de 2 à 5 % du PIB mondial, soit 800 à 3 000 milliards de dollars. L’argent de la drogue est blanchi par le biais du système bancaire mondial.

Rappelez-vous le scandale du crack, révélé en 1996 par le journaliste Gary Webb. Le crack était vendu aux communautés afro-américaines de Los Angeles.

Depuis 2001, la vente au détail d’héroïne et d’opioïdes est de plus en plus « armée » pour lutter contre le racisme, la pauvreté et les inégalités sociales.

Alors que le commerce de la drogue est aujourd’hui source de richesse et d’enrichissement, la toxicomanie, y compris la consommation d’héroïne, d’opioïdes et d’opioïdes synthétiques, a explosé. En 2001, 1 779 Étasuniens ont été tués à la suite d’une overdose d’héroïne. En 2016, la dépendance à l’héroïne a entraîné 15 446 décès.

Ces vies auraient été sauvées si les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN n’avaient pas envahi et occupé l’Afghanistan en 2001.

 

Lectures complémentaires :

La City de Londres au cœur de l’empire

Effondrer le colonialisme

Nous sommes tous des colonisés !

Résistance politique avec Ricardo Florès Magon, textes choisis

Résistance 71-Du-chemin-de-la-société-vers-son-humanité-realisée

 

 

CoV19 la baisse drastique de l’économie mondiale n’influe pas sur l’augmentation du CO2 atmosphérique (Dr Roy Spencer)

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La « climatologie », science des modèles informatiques
erronés déteint sur le reste de la science…

 

Entre – 444 millions et -426 millions d’années, soit durant 18 millions d’années, la planète Terre expérimenta un des plus gros âges glaciaires de son histoire avec un taux de gaz carbonique (CO2) atmosphérique se situant entre 12 et 17 fois ce qu’il est aujourd’hui, ce qui indique le peu d’importance de ce gaz comme facteur d’interférence climatique…
(source: « Trends in Global Climate Changes Inferred from Geological Data », N.M Chumakov, Geological Institute, Russian Academy of 
Science , Moscow, July 2003, publié dans « Stratigraphy and Geological Correlation », vol. 12, No. 2, 2004)

 

La grande baisse de l’activité économique due au CoV19 n’affecte pas l’augmentation du CO2 atmosphérique (mise à jour de mai 2020)

 

Dr Roy Spencer

(Climatologue, Ph.D ex-NASA)

 

5 juin 2020

 

url de l’article original:

https://www.drroyspencer.com/2020/06/covid-19-global-economic-downturn-not-affecting-co2-rise-may-2020-update/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les données de concentration en CO2 atmosphérique de Mauna Loa continuent de montrer qu’il n’y a pas de réduction dans l’augmentation du CO2 à cause de la baisse récente de l’économie mondiale (CoV19). Ceci démontre combien il est difficile de réduire les émissions globales de CO2 sans causer une perturbation majeure de l’économie globale et une grande exacerbation de la pauvreté.

Après le retrait du cycle saisonnier fort des données CO2 Mauna Loa et une estimation de premier ordre de l’influence sur le CO2 de l’activité d’El Niño et de la Niña (ENSO), la mise à jour de mai 2020 ne montre aucune indication de réduction du taux d’augmentation de CO2 ces derniers mois, alors que la grosse réduction de l’activité économique et donc industrielle aurait dû se voir.

J’ai expliqué auparavant pourquoi la baisse économique ne serait pas suffisamment importante pour affecter la mesure des niveaux de CO2 atmosphériques comparée aux variations naturelles des sources et des absorbants du CO2 J’ai calculé que les réductions de 11% estimés d’émissions de CO2 par l’Energy Information Administration pour 2020, devraient être 4 fois plus importantes pour stopper l’augmentation du CO2 atmosphérique au delà des valeurs de 2019 (en assumant aucune variation substantielle des sources et des absorbants  naturels du CO2).

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Lire notre page: « Escroquerie du Réchauffement Climatique Anthropique »

 


Escroquerie RCA = pompe à fric

Rapport dominant / dominé : Une vue sur l’esclavage et la domination blanche (Steven Newcomb)

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“D’abord les Hollandais, puis les Anglais, dominèrent  le commerce des esclaves. dès 1795, Liverpool avait plus de 100 navires transporteurs d’esclaves et comptait pour environ la moitié du commerce négrier européen… En 1800, entre 10 et 15 millions d’Africains avaient été transportés vers les Amériques, représentant environ un tiers de tous les noirs africains capturés en Afrique. On estime que le continent africain a perdu plus de 50 millions de personnes entre les morts violentes et l’esclavage au cours de ces siècles que nous appelons le début de la civilisation moderne occidentale et ce aux mains d’esclavagistes commerçants et propriétaires de plantations en Europe occidentale et en Amérique, ces pays dits les plus avancés au monde…”
~ Howard Zinn, “Une histoire populaire des Etats-Unis”, 1980 ~

“Votre révérence m’écrit que vous désireriez savoir si les nègres qui sont envoyés vers vos contrées ont été légalement capturés. A ceci je répond que votre révérence ne doit avoir aucun scrupule sur ce point, parce que ceci est une question qui a été posée au comité de conscience de Lisbonne et que tous ses membres sont des hommes instruits et consciencieux, ainsi qu’aux évêques de Sao Tomé, du Cap Vert et ici à Loando, tous des hommes savants, pieux et vertueux, ne trouvent aucun défaut à tout ceci. Nous sommes nous-mêmes ici depuis 40 ans et il y a eu parmi nous des Pères très instruits… Ils n’ont jamais considéré ce commerce comme illicite. Ainsi, nous, ainsi que les Pères du Brésil, achetons ces esclaves pour notre service sans aucun scrupule.”
~ Frère Luis Brandaon en réponse à une lettre du Père catholique Sandoval dans laquelle celui-ci demandait la position de l’église catholique sur le commerce des esclaves, lettre du 12 mars 1610, cité par Howard Zinn dans son “Histoire populaire des Etats-Unis”, 1980 ~

 

 

Une vue sur l’esclavage et la domination blanche

 

Steven Newcomb

 

30 avril 2020

 

url de l’article original:

https://originalfreenations.com/a-view-of-slavery-and-white-domination/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Depuis l’élection de D. Trump comme président des Etats-Unis, on insiste de nouveau sur la “suprématie blanche” et le “nationalisme blanc” et leurs rôles dans l’origine des Etats-Unis.

En résultat de la commémoration du 400ème anniversaire de l’arrivée du premier vaisseau chargé d’esclaves en Virginie en 1619, les gens en 2019 ont passé pas mal de temps à réfléchir sur la connexion entre l’esclavage et l’origine des Etats-Unis. Menant à cette année, James Oliver Horton et Lois E. Horton ont publié leur livre “Slavery and the Making of America” (Oxford University Press), comme compagnon de lecture à une série télévisée éponyme du Public Broadcasting Service (PBS).

Il semble remarquable que la forme de domination appelée “esclavage” ne s’est officiellement terminée aux Etats-Unis qu’il n’y a qu’un peu plus de 150 ans Je trouve curieux que le dictionnaire Webster’s Third New International Dictionary (1996), ne liste pas une seule fois le mot “domination” dans sa définition de l’esclavage.

Parmi les entrées effectuées sous le mot “esclavage” / “slavery” nous trouvons : “travail forcé, corvées” et “soumission à une influence dominante”. focaliser sur la personne dominée comme étant “soumise” garde l’attention hors du dominant qui est activement engagé dans un acte de domination sur l’autre personne ou en d’autres termes, qui impose un système sur l’esclave.

La définition du dictionnaire Webster’s liste aussi “l’exploitation inhumaine d’un bien”, plutôt que les termes “d’exploitation inhumaine d’autres êtres humains”. Le mot anglais “chattel” remonte aux temps médiévaux et du mot “chatel” voulant dire “biens, propriété” et le terme latin moyen “capitale”.

Une question se pose du point de vue du maître d’esclave : est-il possible de s’engager dans une “exploitation inhumaine” d’un bétail non-humain, de biens ou de propriété ? Le philosophe anglais William Backstone appelait la propriété “le dominion despotique”, qui est correctement traduit par “domination”.

d’après Dictionnary.com “la suprématie blanche” est la croyance, la théorie ou la doctrine disant que les humains de race blanche sont supérieurs de manière inhérente aux personnes de tous les autre groupes raciaux, spécifiquement noirs et sont donc de droit le groupe dominant de toute société. Wikipedia, bien que ne considérant pas une source faisant autorité ajoute:

Le terme est aussi typiquement utilisé pour décrire une idéologie politique qui perpétue et maintient la domination sociale, politique, historique ou institutionnelle des blancs.” Wikipedia ajoute de plus qu’une telle domination est “prouvée par les structures socio-politiques historiques et contemporaines comme la traite d’esclaves trans-atlantique, les lois de Jim Crow aux Etats-Unis et le régime d’apartheid en Afrique du Sud.

Voici donc la question à laquelle je veux en venir : étant donné que la suprématie blanche est vue comme une idéologie politique qui perpétue et maintient la “domination des hommes blancs”, pourquoi n’est-elle jamais appelée “domination blanche”  lorsqu’elle est défiée ou débattue dans les médias ou les forums sociaux ?…

Nous avons vu comment le dictionnaire place une emphase sur l’être caractérisé comme “soumis”. Pourquoi ne pas dire “ils sont dominés” plutôt que de dire qu’ils sont “soumis”. Sans doute parce que cela mettrait alors l’emphase sur ceux qui s’engagent dans la domination systématique des autres. Ce type d’attention mettrait alors l’accent sur les dominateurs plutôt que sur ceux qui sont dominés. Dans le contexte de “suprématie blanche”, le mot “suprématie” veut dire “domination”. La “domination blanche” est le terme le moins poli pour nommer précisément ce qu’il s’est passé depuis des siècles. En appelant un chat un chat avec le terme de “domination”, nous fournissons un cadre de vision et de compréhension bien plus juste et éloquent.

Les schémas et arrangements de la domination du passé continuent de dominer le présent. Nulle art ceci est plus évident que dans le domaine de la loi et politique fédérales sur les Indiens. Depuis la fondation des Etats-Unis, lorsque l’esclavage fut inscrit dans la constitution américaine, il y a eu un effort concerté d’établir et de maintenir un système de domination sur les peuples et nation natifs sur la base de la distinction entre le “peuple chrétien” et les “natifs païens”, pour citer la décision de la Cour Suprême des Etats-Unis de 1823 dans l’affaire Johnson vs M’Intosh.

Ce qui est appelé suprématie blanche a émergé de l’empire chrétien (chrétienté) et de la domination exemplifié par les documents en langue latine émis par la Papauté au XVème siècle sous forme de bulles pontificales et leurs traductions anglaises ; j’y ai trouvé un vocabulaire bien établi utilisant des expressions de domination ce de différentes façons comme : envahir, capturer, vaincre, soumettre, réduire en esclavage perpétuel et saisir toutes leurs possessions et propriétés.

Ce vocabulaire et code de la domination illustrent la signification du mot de langue anglaise “dominion”, qui expose à son tour la véritable signification de la phrase de la Cour Suprême des Etats-Unis utilisée dans son rendu de l’affaire Johnson vs McIntosh “ultimate dominion”, en 1823. Cette décision est la base fondamentale de l’affirmation des Etats-Unis de leur droit de domination sur toutes les nations natives. Il est intéressant de savoir que dans le temps de Rome le fléau à flageller, utilisé par le maître pour flageller son esclave, était un symbole de dominio qui en latin veut dire dominer. (NdT: pour voir cette saloperie à l’œuvre, cf la scène de la flagellation de Jésus dans le “Passion” de Mel Gibson, réaliste à souhait…)

Le mot “dominion” peut paraître bénin en anglais, mais c’est un mot horrible, précisément défini comme “un droit affirmé de domination avec droit de vie ou de mort”. (NdT: Notons qu’il n’y a pas encore si longtemps, la Canada ne pouvant émettre ses propres passeport que depuis 1982… Le Canada et ses “citoyens” se déplaçaient avec un passeport britannique où il était notifié : “Dominion of Canada”, c’est à dire que le Canada était, et est toujours, une domination de la couronne britannique, qui y exerce son “droit” de domination, en clair, le Canada est une entité coloniale servant la “couronne”, de fait La City de Londres qui est la “couronne”…)

Rappelez-vous que cette idée de “domination blanche chrétienne” sur les “païens” est toujours le fondement du système idéologique actuel américain appelé “Loi et politique fédérales indiennes”.

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Lectures complémentaires:

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb, 2008

Compilation Howard Zinn

« Comprendre le système légal de l’oppression coloniale », Steven Newcomb

« Les chaînes de l’esclavage », Jean-Paul Marat

« Discours sur e colonialisme », Aimé Césaire

« Peau noire, masque blanc », Frantz Fanon

« La pédagogie des opprimés », Paulo Freire

 

Dictature marchande et mystification socio-politique… Pour un monde sans argent ni État ! (Collectif Guerre de Classe)

Posted in actualité, crise mondiale, documentaire, guerres hégémoniques, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 11 juin 2020 by Résistance 71

 

« La société modernisée jusqu’au stade du
spectaculaire intégré se 
caractérise par l’effet combiné
de cinq traits principaux, qui sont :
le renouvellement technologique incessant, la fusion
économico-étatique, le secret généralisé, le faux
sans réplique, un présent perpétuel. » (Guy Debord)

 

Pour un monde sans argent ni État !

 

Collectif Guerre de Classe

 

10 juin 2020

 

Source du texte:

https://guerredeclasse.fr/2020/06/10/pour-un-monde-sans-argent-ni-etat/

 

[…]

Le taux de délire de l’idéologie anti-raciste est inversement proportionnel à la puissance des tendances radicales de  la conscience distincte de l’époque.

De nos jours, l’ampleur  spectaculaire de l’indistinction multi-culturaliste traduit positivement la misère intellectuelle du temps-marchand tout-puissant et l’absence de volonté de changement critique qui en découle.

L’endiguement actuel de tous les conflits sociaux potentiellement radicaux se retrouve systématiquement grevée de la mythologie des « minorités visibles » copieusement favorisées et entretenues à titre de clientèles spectaculaires privilégiées du temps inchangeable.

Le clivage anti-raciste intervient ici comme l’essentialité  de la normalisation spectaculaire en ce qu’il offre cette possibilité anesthésiante permanente de passionner les foules hébétées dans la prison mentale de questions indistinctes constamment infra-réelles et anti-critiques  puisque le spectacle des mystifications socio-politiques n’a en vérité pas d’autre objectif que de masquer et de consolider la disparition radicale de toute réalité et de toute critique distinctes.

Le temps humain devenu intégralement temporalité marchande, la consommation du spectacle a d’abord pour finalité de faire oublier la réalité historique et d’arrimer la conscience spectatrice à la seule puissance dominante du fétichisme de l’indistinction.

C’est partout le même projet communautaire d’une histoire sans histoire pour une communauté sans autre communauté que la matérialité indistincte de l’argent.

Le spectacle de l’indistinction est le langage collectif de l’action sociale anti-critique. Il est la temporalité de la production marchande en tant que production constante de séquences aliénées dans leur équivalence et équivalentes dans leur aliénation.

Le fétichisme de la marchandise est tout, l’homme en tant qu’homme n’est plus rien car il n’est plus désormais que la matière première du temps de l’indistinction.

Le temps irrévocable de la production spectaculaire indistincte est primordialement la mesure marchande de tous les actes humains puisqu’il est l’acte marchand de toutes les mesures humaines.

Temporalité officielle de toutes les surfaces du monde de l’aliénation, l’indistinction signifie spectaculairement qu’elle est le mouvement général de l’histoire présente précisément en ce seul sens qu’elle n’est que la dynamique particulière du temps fermé aspirant à liquider toute mémoire d’un temps ouvert.

La liberté dictatoriale du marché dont la seule ambition est le système spectaculaire de la fatalité démocratique inévitable repose sur le caractère a priori immuable et impérissable du regard illusionné.

L’abondance marchande est l’abondance de la non-distinction qui se signale par une accumulation sans limites d’artificialité, d’adultération et d’inversion qui aboutit à ce que les errements du fétichisme de l’argent produisent l’aberration spectaculaire selon laquelle il serait fatidique d’accepter l’identification des hommes à l’indistinction marchande.

C’est l’unité du mensonge social de l’indistinction qui se dissimule derrière les oppositions spectaculaires de la mythologie anti-raciste actuelle qui est d’abord élaborée pour masquer les contradictions réelles de la société marchande qu’elle est justement destinée à refouler et proscrire puisque le spectacle de l’argent abomine la critique sociale radicale qui n’est pas autre chose que la distinction poussée à bout des contradictions en question.

Dans le monde de l’indistinction marchande, toute réalité est spectaculairement renversée et le vrai en tant que distinct dissimulé n’est plus que ce que le faux doit faire disparaître indistinctement.

Le spectacle de l’indistinction est la mondialisation sociale du métissage qui socialise le métissage du monde. Et le snobisme médiatique par lequel le spectacle mimétique de l’aliénation reproduit la dynamique marchande révéle ainsi que si la fascination du « jeune » de banlieue c’est l’argent, la fascination de l’argent c’est bien le « jeune » de banlieue.

De peur d’être accusé de racisme, il est donc interdit de soulever la question de l’immigration et des ghettos urbains autrement que dans les termes autorisés par le spectacle de l’indistinction et selon les intérêts généraux du temps de la marchandise.

Hier, la dictature démocratique du marché criminalisait le mouvement critique des grèves dures, aujourd’hui, la démocratie du marché dictatorial criminalise toute critique de l’immigration puisque c’est là le moyen le plus pertinent qu’elle a trouvé afin d’évacuer justement la problématique de la dureté critique des grèves mouvementées.

Toutefois avant de criminaliser, le spectacle de l’indistinction préfère sidérer. Ainsi, le spectateur qui renâcle est d’abord considéré comme un malade qu’il convient de soigner ou un égaré qui doit être ré-éduqué puisque en un temps aliénatoire  où la xénomanie est devenu le transcendantal du fétichisme marchand, il va de soi que tout ce qui n’est pas férocement xénophile est forcément xénophobe féroce.

Dans le numéro 2967 de Paris Match du 30 mars 2006, l’on peut découvrir de la page 36 à la page 40, une série de photographies très étonnantes prises le jeudi 23 mars sur l’esplanade des Invalides lors d’une manifestation contre le contrat premier emploi. L’on y voit notamment et très distinctement une jeune femme prise à partie, frappée, dépouillée, jetée au sol et longuement agressée par une bande de « lascars » de banlieue visiblement tous d’origine non-européenne devant un public de même provenance qui suit la scène avec complicité amusée et même délectation.

Imagine t-on un seul instant que de tels événements qui furent alors le lot commun de quasiment toutes les manifestations étudiantes et lycéennes – et dont évidemment la couverture et l’indignation médiatiques furent réduites à leur plus simple expression – aient eu lieu dans un contexte inverse à partir d’une bande  de skinheads attaquant dans des conditions similaires une jeune femme noire.

Bien entendu, c’eût été là le tollé médatico-politique de commande spectaculaire habituelle puisque dans le monde de l’indistinction qui renverse le réel, le réel renversé donne à penser que le faux est vrai puisque le vrai y est toujours pensé comme faux.

~ Critique de la Société de l’Indistinction ~

Aujourd’hui, les faunes urbaines de l’économie souterraine qui brûlent rituellement des voitures ne sont pas des enfants d’ouvriers en révolte qui se battent par haine de la marchandise, mais des paumés incultes adorateurs du fric, de ses modes insanes et de toutes ses grossières insipidités… Bien loin d’être des persécutés en rupture, ce sont les enfants chéris du système de la discrimination positive de l’anti-subversif, les talismans médiatiques de l’ordre capitaliste à révérer, bref ce que Marx désignait sous le terme de lumpenprolétariat : cette « masse strictement différenciée du prolétariat industriel recrutée dans les bas fonds, voleurs et criminels de toutes sortes, vivant en marge de la société, des gens sans travail défini, sans foi ni loi » et qui sont, bien sûr, toujours les meilleurs alliés de l’État lorsqu’il s’agit de livrer combat à la véritable désobéissance prolétarienne.

~ Commentaires sur l’extrême radicalité des temps derniers ~

Après la mystification étatique du Coronavirus, la guerre civile ethnique marchande est la dernière arme de la crise mondiale du Capital pour empêcher la guerre civile de classe contre la marchandise !

La tentative de substituer à la subversion sociale réelle une contestation commerciale et raciale toute entière manufacturée par le spectacle de la marchandise, constitue là l’une des dernières cartes de la crise historique du taux de profit pour nous enfermer dans le cercle vicieux des manipulations de sauvetage de la prison salariale !

Nous ne marcherons jamais dans l’embrigadement anti-raciste du Capital car nous combattons pour la communauté humaine universelle qui abolira tous les mensonges de la pourriture capitaliste repeinte en arc-en-ciel !

Pour un Monde sans argent, ni État !

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Lectures complémentaires:

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Colonialisme d’hier et d’aujourd’hui… La continuité coloniale au Canada et la farce de la Commission Vérité et Réconciliation (Steven Newcomb)

Posted in actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 10 juin 2020 by Résistance 71

 


Natifs vs Colons (Oka 1990)

 

La réconciliation et l’affirmation du Canada d’un droit de domination sur les nations natives

 

Steven Newcomb

 

21 mai 2020

 

url de l’article original:

https://originalfreenations.com/reconciliation-and-canadas-claim-of-a-right-of-domination-over-native-nations/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Regardons de plus près le processus de “Vérité et Réconciliation” embrassé par le Canada. Dans un contexte particulier, “réconcilier” veut dire “restaurer l’amitié”. Soyons clair ici, il n’est pas possible de “restaurer” une amitié qui n’a jamais existé en première instance entre la société dominante du Canada et les peuples et nations originels du continent. 

Considérons une autre définition de réconciliation, “causer la soumission ou accepter” et “amener à l’acquiescement”. Supposez que le gouvernement du Canada (et des ses provinces variées) aient utilisé le mot “réconciliation” dans un effort de “causer” le fait que les peuples indigènes “se soumettent ou acceptent” l’affirmation faite par le Canada d’un droit à la “domination de la Couronne”. Supposez qu’il ait voulu amener les nations natives du continent à “acquiescer” à l’affirmation du Canada et de son droit de domination sur les nations natives.

Il y a une excellente raison pour un pays comme le Canada de mettre en marche un processus étiqueté “réconciliation” en relation à nos nations originelles. Le Canada a voulu utiliser ce processus pour tromper les nations natives à accepter passivement l’idée que le Canada possède un droit légitime de “souveraineté” sur les nations originelles et les peuples de ce continent. Le potentiel de sécuriser l’acquiescement, financièrement très lucratif, des nations natives à l’affirmation de la domination de la “couronne” (NdT: de fait la City de Londres, qui est la “couronne”…) créa une excellente raison pour le gouvernement du Canada d’utiliser ce concept de “réconciliation”.

Réconciliation n’est pas un mot de libération. C’est un mot de soumission et de mise au pas. Il est maintenant typiquement utilisé par l’église catholique en remplacement du mot de “confession”. C’est un mot piège. Il peut mener par exemple, à l’acceptation par nos nations natives de l’affirmation de souveraineté fédérale ou de la couronne, de leur domination sur nos existences mêmes. Le mot réconciliation est fait pour apaiser et pacifier le mécontentement bruyant de mouvements comme Idle No More et Standing Rock. De mon point de vue, ce mot est utilisé pour nous endormir.

La preuve pour soutenir cette assertion se trouve dans le rapport final de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) du Canada de juillet 2019. Après avoir discuté dans les grandes largeurs de la soi-disante doctrine de la découverte, le rapport dicte : “Nous ne suggérerions pas que la répudiation de la doctrine de la découverte mène nécessairement à l’invalidation de la souveraineté de la couronne.


Reconciliation mohawk…

Exprimons ceci de nouveau en langage plus simple : l’analyse de la doctrine de la découverte par ceux qui ont écrit ce rapport final de la commission n’a pas provoqué chez ces rédacteurs le moindre questionnement sur la validité de l’affirmation d’un droit de domination (exprimé sous la forme de “souveraineté”) de la part de la couronne. Les rédacteurs semblent dire : “Nous sommes prêts à accepter l’affirmation de domination de la couronne (“souveraineté”) comme étant valide bien que le fondement de cette affirmation de droit de domination par la Couronne est l’invalide doctrine de la découverte, qui mérite elle, d’être répudiée.

Le rapport final de la CVR exprime la vision du gouvernement du Canada, en tant que pays appartenant au Commonwealth. Cela ne devrait pas surprendre que des représentants de la “couronne” soient prêts à accepter l’affirmation par cette même couronne d’un droit de domination (‘“souveraineté”) en relation avec les peuples et nations originels.

Le rapport final de la CVR dit : “La doctrine de la découverte… a été invoquée comme justificatif de l’exploitation continue jusqu’à ce jour des ‘terres, territoires et ressourcesdes peuples indigènes.” Soyons plus précis sur ce point : C’est l’affirmation d’un droit de domination par la couronne britannique, que l’on peut tracer depuis la charte donnée à John Cabot et son fils en 1496 et toute la série de bulles pontificales remontant au XVème siècle (NdT: Dum Versitas (1452), Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493) pour être plus précis), que le Canada a utilisées pour justifier l’exploitation continuelle jusqu’à ce jour des ‘terres, territoires et ressources’ des peuples indigènes. L’affirmation d’un droit de domination de la couronne puise son origine dans l’image d’un monarque chrétien devenant le premier représentant de l’empire chrétien (chrétienté, NdT: qui n’est autre qu’une extension de l’empire romain depuis l’empereur Constantin…) à localiser des terres non chrétiennes, terres sur lesquelles aucun système de domination chrétienne ne s’est encore exercé. Une définition de la propriété se colle à l’affirmation de la couronne sur les terres et les territoires des nations originelles du continent : “le premier établissement d’une domination physique socialement approuvée sur des parties du monde naturel.


Doctrine chrétienne de la découverte

Nous trouvons cette imagerie exprimée dans la charte de John Cabot de 1496 par exemple. Les Cabot devaient avancer et “subjugare” (subjuguer, dominer) les terres au nom du roi, de ces païens infidèles inconnus du peuple chrétien.” Cette commission royale donnée aux Cabot n’est juste qu’un document utilisé pour justifier de la domination et exploitation perpétuelles des terres, territoires et ressources de nos nations originelles de l’Île de la Grande Tortue.

Pourtant, le rapport final de la CVR s’arrête court de défier l’affirmation de droit de domination de la couronne. Ce rapport ne fait que cadrer la doctrine de la découverte en termes d’”histoire européenne et évite de l’étiqueter ‘chrétienne’. (NdT: Rappelons ici que le livre de l’auteur de cette article s’intitule: “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”… dont nous avons traduit de larges extraits.) Le rapport de la commission évite donc soigneusement de reconnaître que la soi-disante doctrine de la découverte est enracinée dans l’idée de Peuple Élu, de Terre Promise, de la bible et de christianisme. Le rapport dit que la souveraineté de la couronne est toujours valide même après que la base fondamentale de cette affirmation de “souveraineté de la couronne” (domination) ait été rejetée.

Comment pouvez-vous répudier la fondation conceptuelle de l’affirmation de la couronne sur son droit de domination sur les peuples et nations originels tout en maintenant l’affirmation de la couronne sur son droit de domination ? Vous le faites en affirmant que bien que la source de l’affirmation de la couronne sur son droit de domination se soit révélé être invalide, vous devez affirmer que cette révélation ne mène pas à la conclusion que l’affirmation qui a émergé de cette source invalide, soit elle-même invalide.

En écrivant soigneusement d’une manière “réconciliante” (“acquiesçante” donc) envers l’affirmation du Canada d’un droit de domination de la couronne, les scribes du rapport final de la CVR ont appelé à la répudiation de la fondation conceptuelle de la “souveraineté de la couronne” sans appeler à la répudiation de l’idée de la “souveraineté de la couronne” (“domination”). Les auteurs du rapport final de la CVR ont dit “il y a d’autres moyens d’établir la souveraineté de la couronne”, mais ils n’ont as mentionné lesquels. Peut-être se sont-ils arrêtés courts dans le partage de cette information parce qu’ils ne pouvaient pas se figurer quels pouvaient bien être ces “autres moyens”.

Quoi qu’il en soit, le rapport final de la CVR échoue à expliquer pour quelle raison les nations originelles de ce continent devraient avoir pour acquiescer à l’affirmation du Canada sur un droit de domination de la couronne sur elles. Maintenant, la base conceptuelle de l’affirmation de droit de domination de la couronne sur les nations natives s’est révélée n’être qu’une escroquerie basée sur la bible, le christianisme, des bulles pontificales et le racisme européen ainsi que les idées exprimées par le juge de la Cour suprême des Etats-Unis John Marshall dans sa décision dans l’affaire Johnson contre M’Intosh qui fut édictée par la Cour Suprême en 1823.

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Résistance au terrorisme depuis… 1492 !

 

Lire le contre-rapport de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) du Canada (PDF):

“Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada”, Tribunal International des Disparus du Canada (TIDC)

Lectures complémentaires en PDF :

“Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte, Steven Newcomb, 2008

“Comprendre le colonialisme” avec Peter D’Errico et Steven Newcomb

“Wasase” et “Manifeste indigène”, Taiaiake Alfred

« Effondrer le colonialisme », Résistance 71

 


Steven Newcomb, Shawnee
Historien & légiste

 

Petit précis historique sur la création de l’entité sioniste… La décolonisation d’Israël a commencé (Thierry Meyssan)

Posted in actualité, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 4 juin 2020 by Résistance 71

 

 

La décolonisation d’Israël a commencé

 

Thierry Meyssan

 

26 mai 2020

 

url de l’article original: https://www.voltairenet.org/article209739.html

 

Voilà trois quarts de siècle qu’une colonie anglo-saxonne, devenue un arsenal US, tente de conquérir toutes les terres du Nil à l’Euphrate (l’Égypte, la Palestine, la Jordanie, le Liban, la Syrie et une partie de l’Iraq). Et voici quelques années que des citoyens de cette même colonie aspirent à la transformer en un État normal. Ce conflit d’un autre âge a franchi une étape avec la nomination d’un gouvernement bicéphale : deux Premiers ministres représentant les deux visions politiques vont se paralyser mutuellement. Les seules avancées ne pourront être qu’en matière sociale et de santé, accélérant encore la modernisation de la société et donc, la fin du fantasme colonial.

La nomination du gouvernement de coalition israélien ne clôt pas la bataille acharnée ouverte depuis six ans entre deux visions opposées et inconciliables d’Israël [1], ni la paralysie gouvernementale qui dure depuis un an et demi. Au contraire, elle marque le début de l’agonie d’un des deux protagonistes et la lente transformation du pays en un État normal.

Il n’est pas fortuit que ce débat ait éclaté sous les coups de l’ex-Soviétique Avigdor Liberman autour des privilèges des étudiants de yeshivas. L’ancien ministre de la Défense en affirmant que l’alibi religieux ne dispense personne du service national a contesté le nœud du mensonge sur lequel est fondé l’Israël d’il y a soixante-douze ans.

L’appel du général Ehud Barack d’en finir avec Benjamin Netanyahu par la voie judiciaire a échoué. Les partisans du rêve colonial sont toujours là. Ils ont plongé leurs concitoyens dans une sorte d’effroi en les persuadant qu’ils sont menacés par les étrangers. Comme au temps des ghettos, pour les « protéger », ils les ont enfermés derrière un Mur qui les sépare même de leurs concitoyens arabes.

Rappelons qu’Israël n’est pas le produit de la culture juive, mais de la volonté des puritains anglais [2].

Dès le XVIIème siècle, le Lord protecteur Cromwell s’engagea à créer un État juif en Palestine, thème qui ne fut pas repris lors de la restauration dynastique. Au XVIIIème siècle, les leaders de la guerre d’Indépendance US, héritiers de Cromwell, se prononcèrent également pour cette création de sorte que le Royaume-Uni et les États-Unis sont les parrains naturels de cette entité. Au XIXème siècle, le Premier ministre de la reine Victoria, Benjamin Disraeli, théorisa le sionisme comme instrument de l’impérialisme britannique et inscrivit la « Restauration d’Israël » au programme du Congrès international de Berlin de 1878. À cette époque aucun juif ne soutenait ce projet farfelu.

Il fallut attendre l’affaire Dreyfus en France pour que Theodor Herzl s’engage à convertir la diaspora juive au sionisme anglo-US. Il conçut un système colonial sur le modèle de celui mis en pratique par Cecil Rhodes en Afrique et parvint à rallier progressivement de nombreux intellectuels juifs athées.

Lorsque les gouvernements britannique et états-unien furent occupés par des puritains (David Llyod George et Woodrow Wilson) durant la Première Guerre mondiale, un accord fut conclu entre les deux pays pour créer Israël. Le principe d’un « foyer national juif » fut rendu public par une lettre du ministre des Affaires étrangères Lord Balfour à Lord Rotschild, puis le président Wilson fixa officiellement la création d’Israël comme l’un des 14 buts de guerre des États-Unis. À la conférence de la paix, l’émir Fayçal souscrivit au projet sioniste et s’engagea à le soutenir.

Des juifs commencèrent à coloniser la Palestine mandataire avec l’aide de la bourgeoisie locale, mais au détriment du petit peuple, puis à s’émanciper de Londres. En 1948, un juif athée, Ben Gourion, précédant cette fois de cinq ans le modèle rhodésien, proclama l’indépendance d’Israël avant que les Nations unies n’en aient défini les frontières. Ce n’est qu’alors que les rabbins apportèrent massivement leur soutien au projet colonial.

Depuis soixante-douze ans, la Palestine endure une guerre perpétuelle. À l’issue de plusieurs vagues d’immigration successives, l’État d’Israël s’est inventé de toutes pièces une « culture » autour d’un peuple imaginaire (incluant des ethnies allant du Caucase à l’Éthiopie), d’une langue artificielle (l’hébreu actuel n’a pas grand rapport avec le patois antique et s’écrit en caractères araméens) et d’une histoire fictive (malgré les objurgations de l’Unesco, on a confondu l’antique cité-État de Jérusalem avec l’État d’Israël). 

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L’assimilation de cette création intellectuelle au projet colonial puritain s’est solidifiée autour d’une interprétation sacralisée de certains crimes nazis, qualifiés d’« holocauste » par les puritains et de « shoah » par les juifs.

Rien dans cette construction factice ne résiste à l’analyse. Tout y est fait pour faire accroire en la continuité d’un Peuple et d’un État, alors qu’il ne s’agit que d’une colonie anglo-saxonne.

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Cependant tous les États coloniaux ont disparu aujourd’hui à l’exception d’Israël et, avec le temps, la majorité des Israéliens d’aujourd’hui sont nés en Israël. Désormais deux conceptions de cet État cohabitent : 

  • d’un côté les partisans du colonialisme anglo-saxons qui revendiquent la souveraineté des terres du Nil à l’Euphrate. Ils se pensent en île des pirates, abritant des criminels du monde entier et refusant tout accord d’extradition. Ils s’affirment comme un « peuple élu », supérieur aux autres hommes, et considèrent Israël comme « L’État juif ». 
  • de l’autre des gens qui veulent vivre en paix avec leurs voisins, quelle que soit leur religion ou leur absence de religion et quelle que soit leur ethnie. Ils ne veulent rien avoir à faire avec les fantasmes coloniaux des siècles passés, mais n’entendent rien abandonner de ce qu’ils ont hérité de leurs pères, même si ceux-ci l’ont volé. Ils aimeraient que l’on résolve les ahurissants problèmes sociaux de leur patrie.

Ce sont deux visions inconciliables qui sont incarnées par deux Premiers ministres, Benjamin Netanyahu et son « suppléant » le général Benny Gantz.

Jamais ce tandem ne pourra résoudre quoi que ce soit des conflits avec les peuples arabes. Tout au plus pourra-t-il enfin considérer les terribles injustices du pays. Par exemple près de 50 000 citoyens étant passés par les camps de la mort nazis survivent aujourd’hui dans le pays comme ils peuvent, sans aide de l’État qui les ignore, mais a encaissé les indemnités qui leur étaient destinées en prétendant les sauver.

Par la simple pression du Temps et de la Démographie, après trois élections législatives successives et inutiles, la décolonisation d’Israël a commencé.

Notes

[1] “The Geopolitical Approach : Two States for Two Peoples”, by Commanders for Israel’s Security, Voltaire Network, 30 October 2014. La solution à deux États pose l’inégalité essentielle des Juifs et des Arabes. Elle est profondément raciste, mais elle représente une rupture avec le projet de conquête coloniale en lui opposant une forme de paix. L’assassinat de son concepteur, le Premier ministre Yitzhak Rabin, en 1995, atteste qu’Israël n’était pas encore prêt à y renoncer.

[2] « Qui est l’ennemi ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 août 2014.

 

1920-2020 : un siècle de sagesse politique anarchiste, le manifeste makhnoviste « A bas le fratricide ! » (Makhnovistes Insurgés)

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1920-2020 : Ceci est un manifeste publié par les Makhonovistes en 1920, appelant les soldats de l’Armée Rouge (bolchévique, menée par Trotski qui écrasera la commune de Cronstadt en 1921… et combattra les Makhnovistes jusqu’à leur chute en 1923, Nestor Makhno partant en exil) à venir les rejoindre du côté de la révolution sociale anarchiste.
Un texte court, lucide et percutant, d’une actualité on ne peut plus brûlante un siècle plus tard, pourquoi ? Parce que nulle part, rien n’a changé.
État = Dictature… Tout n’est qu’une question de degré. Il est temps d’en sortir et de comprendre en masse qu’il n’y a pas de solution au sein du système et qu’il ne saurait y en avoir ! Qu’on se le dise !

Traduction : Résistance 71

Voir nos lectures complémentaires sous le texte…

A bas le fratricide !

Frères de l’Armée Rouge ! Les sbires de Nicolas [le tsar] vous maintiennent dans l’obscurité et vous ont ordonné cette guerre fratricide contre les Japonais, puis contre les Allemands et contre d’autres peuples pour le simple but d’augmenter leur richesse, beaucoup d’entre vous sont tombés au front et ont été ruinés de retour à la maison.

Mais les nuages noirs et le brouillard, au travers desquels vous ne pouviez rien voir, se sont levés ; le soleil a commencé à briller. Vous avez compris et en avez fini avec les guerres fratricides. Mais ce ne fut que le calme avant la nouvelle tempête. On vous envoie de nouveau vous battre, cette fois-ci contre nous, les “makhnovistes insurgés”, ce au nom d’une supposée autorité “ouvrière-paysanne”, qui une fois de plus est en train de vous enchaîner et vous réduire en esclavage produisant richesse et plaisirs pour cette horde d’un million de parasites bureaucrates, créés avec votre sang. Est-il vraiment possible qu’au cours de ces bientôt trois ans de guerre fratricide vous n’ayez pas encore compris cela ? Est-il possible que même maintenant vous répandiez votre sang pour cette fraîche bourgeoisie nouvellement créée et pour ces demi-sels de commissaires politiques qui vous envoient au casse-pipe comme on envoie le bétail à l’abattoir ?

Est-il vraiment possible que jusqu’à aujourd’hui, vous n’ayez toujours pas compris que nous, les “makhnovistes insurgés”, nous battons pour une émancipation politico-économique totale des travailleurs, pour une vie libre sans ces commissaires politiques autoritaires, ces tchékistes, etc ?…

Laissez venir la lumière du jour dans votre camp et qu’elle vous montre le chemin qui mène à l’abolition des guerres fratricides entre travailleurs. Sur ce chemin vous nous atteindrez et vous continuerez à vous battre pour un meilleur futur mais cette fois-ci dans nos rangs, pour une vie libre. Avant chaque confrontation avec nous, envoyez-nous un délégué pour négocier ; mais si cela ne fonctionne pas et que les commissaires vous forcent à vous battre après tout, alors jetez vos fusils et venez rejoindre les embrassades de vos frères !

A bas la guerre fratricide entre les travailleurs !

Longue vie à la paix et à l’union fraternelle des peuples travailleurs de tous les pays et de toutes les nationalités !

Les Makhnovistes Insurgés

Mai 1920

Source:

https://robertgraham.wordpress.com/2020/05/30/insurgent-makhnovists-down-with-fratricide-1920/ 

Traduction Résistance 71

A lire sur Résistance 71:

« Nestor Makhno ou l’anarchie dans la révolution russe » (écrits de N. Makhno)

« Petits précis sur la société et l’État » (Résistance 71)

« Appel au socialisme » (Gustav Landauer)

« La liberté de chacun est la liberté de tous » (Erich Mühsam)

« Inévitable anarchie » (Pierre Kropotkine)

« Manifeste pour la société des sociétés » (Résistance 71 )

 

 

Mai 2000-mai 2020 : 20 ans de fin d’occupation du sud-Liban par Israël (Al Manar)

Posted in actualité, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 28 mai 2020 by Résistance 71

 

 

Hassan Nasrallah : “Israël ne pourra pas perdurer, plier bagages et partir est l’un des scénarios réalistes”

 

Al Manar & Al Ahed

 

27 mai 2020

 

url de l’article original: https://french.almanar.com.lb/1765304

 

Le secrétaire général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, a réitéré sa confiance envers la résistance et son environnement, assurant que « l’esprit qui a vaincu l’ennemi israélien est toujours vif, malgré toutes les tentatives de dissocier la Résistance de son environnement».

« En dépit de tous les exploits militaires, le côté spirituel restera le facteur essentiel dans cette résistance qu’il faut préserver », a affirmé Sayed Nasrallah, lors d’une interview accordée, dans la soirée de mardi 26 mai, à la radio Al-Nour et retransmise par la chaîne Al-Manar, à l’occasion du 20ème anniversaire de la fête de la Résistance et de la Libération du Sud Liban de l’occupation.

L’expérience de la défaite au sud Liban

Sayed Nasrallah a rappelé que « c’est le ministre israélien de la guerre, Benny Gantz, qui a fermé la porte frontalière le 24 mai 2000, lors de lors débâcle du sud Liban. Les principaux dirigeants actuels de l’entité sioniste ont vécu l’expérience (de la défaite) au sud Liban ».

La toile d’araignée

L’expression « Israël est plus faible que la toile d’araignée »- que j’avais lancée pour décrire la défaite de leur armée- s’est ancrée dans l’inconscient des dirigeants de l’entité sioniste. Ils ont tout fait lors de la guerre (israélienne contre le Liban) en 2006 pour entrer dans la ville de Bint Jbeil (sud), d’où j’ai lancé cette expression, pour prouver le contraire mais ils n’ont pas réussi.

Les Israéliens parlent d’une résistance largement différente que celle du passé. Celle-ci possède une force de dissuasion qui provient d’un long et sérieux travail. Depuis toujours, le Liban était envahi par l’ennemi, mais aujourd’hui, cet ennemi est conscient du développement de la force de la résistance.

Clairvoyance de la Résistance

La résistance avait une clairvoyance depuis sa genèse. Sayed Abbas et cheikh Ragheb avaient la vision claire et étaient certains de la victoire définitive sur l’ennemi. L’ancien Premier ministre israélien, Ehud Barak, a avoué que l’objectif de faire du Liban un pays allié d’«Israël» a échoué. Selon lui, le projet d’Ariel Sharon consistait à aider la famille Gemayel de prendre les rênes du pouvoir au Liban, de faire de la Jordanie un pays alternatif aux réfugiés palestiniens et de mettre la main sur la totalité de la Palestine.

Il faut toujours souligner le grand rôle de toutes les factions et mouvements de résistance qui ont avorté le projet sioniste.

Bombardement des colonies

L’ennemi qui avait tant protégé la ceinture de sécurité (villages frontalières occupées) dans le but d’épargner son territoire, a été surpris de voir la résistance procéder à des tirs de Katioucha contre les colonies frontalières. Cette politique a fait beaucoup de mal.

Alors, la résistance a instauré une nouvelle équation selon laquelle le bombardement des colonies sera le résultat du bombardement sioniste du Sud Liban.

La Résistance a épargné au Liban une guerre civile

Nous avons donc avorté l’objectif de garder la ceinture de sécurité. Ainsi, l’ennemi a dû se retirer de ce territoire qui n’a pas pu le protéger et son objectif a échoué.

Evidemment, l’ennemi a projeté de se retirer de la ceinture de sécurité et de mettre en face de la résistance l’armée collaboratrice de Lahd. Et dans ce cas, l’ennemi allait provoquer une guerre civile au Liban.

Heureusement, les frappes de la résistance contre les positions des collaborateurs de Lahd étaient douloureuses. Ce qui a accéléré leur retrait du Liban. La résistance a épargné au Liban une guerre civile planifiée par l’ennemi.

Lorsque les résistants et la population sont entrés dans les territoires libérés au Sud Liban, tout le monde a constaté qu’aucune gifle n’a été enregistrée, et que les collaborateurs avaient la pleine liberté de se remettre aux autorités libanaises ou encore de fuir vers les territoires palestiniens occupés.

‘Israël’ ne pourra pas perdurer

Nous sommes convaincus que cette Entité factice, raciste et intruse dans notre région sera vaincue et chassée. Les peuples de la région ont la foi et la confiance que l’ennemi israélien ne pourra pas perdurer.

Les USA vont droit vers la catastrophe et l’ennemi qui compte sur un facteur extérieur connaitra le même sort que les USA.

Nous voyons clairement qu’il n’existe aucun espoir pour la survie d’«Israël». Voir les Israéliens plier bagage et partir est l’un des scénarios réalistes. Il s’agit d’une question de temps.

Équilibre de force entre la résistance et l’ennemi

Lorsque les USA trouvent qu’«Israël» ne peut plus assurer sa protection, lorsque les USA réalisent que les pays alliés ne sont plus en mesure de protéger leurs intérêts, ils dépêchent alors leurs navires et arsenaux militaires pour soutenir ces derniers. Il s’agit là, d’un facteur positif qui démontre la montée en puissance de l’axe de la résistance.

En Palestine, on misait sur les négociations avec l’ennemi. Aujourd’hui, les Palestiniens ne croient plus en ce processus, et ceci représente un changement stratégique pour le peuple palestinien.

Les changements en cours ans la région montrent que nous possédons des points de force en notre intérêt. Il existe un équilibre de force entre la résistance et l’ennemi. Les deux parties ont le pouvoir d’initiative.

Force de dissuasion

L’ennemi a adopté la politique de ‘la bataille entre les guerres’ dans tous les pays comme le Liban, la Palestine et la Syrie. Au Liban, cette option n’a mené nulle part et s’est avérée vaine.

Nous avons riposté à l’attaque sioniste à Janta dans l’Anti-Liban en bombardant dans le Golan occupé. Nous avons montré à l’ennemi que toutes les zones frontalières sont dans la ligne de mire de la résistance. Pour cette raison, on n’assiste plus à des bombardements israéliens. Cette politique fait partie des règles d’engagements, instaurés depuis 2006.

Quand l’ennemi a envoyé des drones dans la Banlieue, il a voulu faire une opération sécuritaire sans aucune empreinte. Mais il a échoué.

Autre exemple de la force de dissuasion, quand les Israéliens ont annoncé la découverte des tunnels du Hezbollah à la frontière, l’ennemi a veillé à transférer des messages rassurants au gouvernement libanais, via des médiateurs, comme quoi il ne mènera aucune frappe et qu’il se contentera de les découvrir.

L’objectif de l’intervention israélienne en Syrie

En Syrie, l’ennemi misait sur la défaite du régime au début et du retrait du Hezbollah et de l’Iran. Quand il a réalisé que ses calculs étaient faux, il a adopté la bataille entre les guerres, et ceci montre que la Syrie a gagné, et que l’ennemi ne peut plus compter sur les groupes terroristes et certaines factions de l’opposition syrienne qu’il soutenait.

Un dirigeant sioniste avoue que cette décision a été prise puisque l’axe de la résistance a multiplié les victoires sur le champ de bataille.

L’ennemi est dans une situation de faiblesse extrême. Il a vu que la Syrie devient plus forte, et que les groupes terroristes ne sont plus en mesure de la détruire, il a alors passé à l’acte : il a commencé à mener des frappes, mais là aussi sous des contraintes bien claires.

Concernant la dernière frappe israélienne à la frontière syrienne, l’ennemi pouvait tuer les combattants du Hezbollah mais il ne l’a pas fait, parce que l’équation est claire: si vous tuez nos combattants, nous riposterons fermement. Donc, l’ennemi est dissuadé et respecte les règles d’engagement. A ce jour, l’ennemi mène des frappes bien calculées.

L’ennemi a échoué dans sa tentative de mener une opération sécuritaire dans la Banlieue Sud et il a suspendu cette politique. La résistance peut à n’importe quel moment prendre la décision de riposter au survol des drones en abattants quelques-uns.

Force de dissuasion en Syrie ?

La question qui se pose est la suivante : pourquoi on n’instaure pas une équation d’équilibre de force et de dissuasion en Syrie ? Ceci dépend de la volonté de la direction syrienne.

La bataille bat son plein contre les groupes terroristes, et les Israéliens interviennent dans le but d’entrainer la Syrie dans une guerre régionale.

Donc, ceci ne s’inscrit pas dans l’intérêt de la Syrie au moment où elle lutte contre les groupes terroristes.

Sachant que les frappes israéliennes ne réalisent pas grand-chose. Elles n’ont pas stoppé l’acheminement des armes à la résistance, mais l’ennemi doit savoir que notre patience et celle des dirigeants syriens a des limites. Mais, l’ennemi pourra commettre une bêtise qui poussera le Syrien à perdre sa patience et mènera à une guerre régionale.

Les armes de précision

Depuis des mois, les Américains n’ont pas évoqué la question des armes de haute précision du Hezbollah avec les dirigeants libanais. Ils sont occupés par le coronavirus, et au Liban nous sommes occupés par notre crise économique.

En effet, la résistance doit œuvrer pour transformer toutes ses armes en armes de haute précision.

Mission de la Finul

En raison des pressions israéliennes, les Américains font pression sur l’ONU pour modifier la mission de la FINUL comme par exemple donner le feu vert à ces forces multinationales de mener des perquisitions dans des propriétés privées. Sachez que le maintien ou le retrait des forces de la FINUL est une demande israélienne. Les USA ont tort de croire que c’est une carte de pression sur le Liban. Donc, nous ne sentons aucune pression quand on menace de diminuer le nombre d’effectifs, mais le fait de modifier la mission de la FINUL nous pousse à prendre des mesures similaires.

Le Hezbollah n’est pas contre la force onusienne, mais un changement dans sa mission violerait la souveraineté libanaise. Israël ne pourra pas imposer de conditions au Liban, même sous un masque américain.

Lutte contre la corruption sans tomber dans le piège

Certaines parties considèrent que le Hezbollah a la phobie de la guerre fratricide. L’imam Moussa Sadr disait que les armes servent à lutter et à repousser l’ennemi, mais on ne peut les utiliser pour changer la donne sur la scène interne.

Le problème au Liban est que personne ne peut isoler ni exclure qui que ce soit.

Si les Libanais sont unanimes à donner au Hezbollah l’opportunité de gouverner le pays, nous refuserons. Nous ne voulons pas nous accaparer du pouvoir. Le Liban doit être gouverné par toutes les parties. C’est vrai que ceci peut entraver le processus de direction, mais les outils du changement du pays doivent prendre en compte les calculs internes.

Il faut être réaliste, nous ne voulons pas entendre les propos sur le partage du pays selon le projet du fédéralisme.

Notre plafond est clair : ne pas aller à la guerre civile, ne pas diviser le pays confessionnellement, ne pas fournir l’occasion à l’ennemi pour diviser et détruire le Liban.

L’ennemi organise des colloques pour étudier comment vaincre le Hezbollah. Il conclut que le seul moyen disponible est d’entrainer le Hezbollah dans une guerre civile et dans un conflit armé interne. C’est ce que nous refusons tout le temps. L’ennemi cherche alors à inciter la population à rejeter le Hezbollah.

C’est vrai qu’il existe encore un environnement qui couve la résistance mais l’ennemi projette d’infiltrer notre public par la porte économique.

Sachez que nous sommes les premiers au monde à subir les menaces et nous figurons en tête de la liste des parties visées. Que faire alors ? Aller droit vers le piège tendu par l’ennemi ? Nous avons donc un plafond à respecter : nous avons tissé des alliances et préparé un projet pour la lutte contre la corruption. Mais le Hezbollah ne peut pas prendre la place de l’Etat. Il ne peut pas juger et poursuivre les corrompus. Ce n’est pas envisageable.

Permettez-nous alors de lutter contre la corruption à notre manière.

Dans la lutte contre la corruption, nous avons peut-être besoin de nombreuses années, mais résoudre la situation économique ne peut pas attendre de nombreuses années, et la crise économique doit être traitée de manière urgente et exceptionnelle aux côtés de la lutte contre la corruption.

Rétablir les relations avec Damas

Le Hezbollah a élaboré un plan économique qu’il n’a pas annoncé car il sera combattu dès le premier jour, sans même être lu. Nous avons donc décidé de travailler pour amener le pays à notre plan sans déclarer que c’est notre plan pour qu’il ne soit pas condamné à mort.

Il est possible de sortir de la situation actuelle et ne pas aboutir à un effondrement, mais la question nécessite une volonté politique.

Le gouvernement actuel devra rétablir les relations avec Damas afin d’assurer le passage des produits libanais vers l’Irak, et par conséquent renforcer le secteur agricole et industriel.

Mais, il y a ceux qui refusent cela pour se rendre au Fonds monétaire international afin que les Américains dictent leurs conditions pour humilier le Liban. Les USA veulent humilier le Liban et lui imposer ses conditions.

Nous ne nous opposons pas au Fonds monétaire international, malgré notre connaissance préalable de la mentalité et des conditions de l’organisation, qui doivent être discutées. Mais ce serait une erreur de s’adresser au FMI en pensant qu’il n’y a pas d’autres options car cela affaiblit la position du gouvernement dans les négociations.

Cap vers l’Est

La solution de la crise économique au Liban est de se débarrasser de l’emprise d’obtenir la satisfaction des USA et de se diriger vers l’Est.

Il y a ceux qui empêchent le Liban de traiter avec la Chine dans les dossiers économiques.

Le gouvernement a besoin de temps pour aller vers l’Est et cela nécessite une décision politique encouragée par l’opinion publique et loin des pressions extérieures.

Confrontation globale avec les USA

La confrontation avec les USA après l’assassinat du commandant martyr Hajj Qassem Soleimani est une confrontation globale, et pas seulement militaire.

La présence d’une volonté populaire en Irak pour expulser les Américains est décisive.

Il en est de même pour les forces américaines en Syrie qui sont considérées comme des troupes d’occupation. Les forces de résistance et la population œuvrent pour les expulser de la Syrie.

L’échec de la guerre au Yémen est un échec américain. Idem pour le deal du siècle qui est né mort et rejeté par tous les Palestiniens. Il s’agit des simples mesures prises unilatéralement.

Une guerre entre les USA et l’Iran ou sur plusieurs fronts est exclue.

Disparition d’Israël

Il n’y a pas d’indices sur une intention d’Israël de lancer une guerre contre le Liban.

Mais toute confrontation majeure qui sera déclenchée par l’ennemi israélien impliquera plusieurs fronts de l’axe de la résistance. Cette confrontation majeure entrainera la disparition d’Israël. La préparation de l’axe de la résistance à cette guerre est une forme de dissuasion.

Israël disparaitrait avec le changement des conditions sur lesquelles il a été fondé, sans avoir même besoin de recourir à la guerre. Ce n’est pas un rêve, c’est l’un des scénarios réalistes.

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Lecture complémentaire:

« Hezbollah, son histoire de l’intérieur », Naïm Qassem (PDF)

 

Commentaires sur le grand mensonge spectaculaire du coronavirus, la crise historique de la marchandise mondiale et le retour des luttes de classes radicales (Guerre de Classe)

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Texte certes long et ardu mais grandement nécessaire à la compréhension de ce qui se passe en ce moment, où en sommes-nous dans le déroulement de l’histoire ? Où se situe cette “crise sanitaire du coronavirus”, nous l’avons vu induite et forcée sur les peuples ? L’essai du collectif ci-dessous se fonde sur l’analyse nécrologique de Marx concernant le capital et si Marx a dit des conneries et a proposé une méthodologie scabreuse de son temps, pour influer sur le cours de l’histoire et celle du “prolétariat”, il n’en est pas moins vrai que son analyse des rouages du Capital une fois le processus de la division enclenché, est ce qui s’est fait de mieux en ce domaine dans l’histoire de la philosophie et mérite d’être comprise dans sa finalité profonde.

L’analyse ci-dessous met en valeur les phases ultimes de la domination réelle du Capital que nous vivons depuis un peu plus d’un demi-siècle et qui mènent à son effondrement final, ce qui aidera grandement bien entendu, à l’émancipation finale de l’humanité.

Le “grand mensonge spectaculaire du coronavirus” n’est pas quelque chose d’aléatoire, il est une des nécessités historiques de notre réalisation finale à venir en tant qu’humanité enfin accomplie dans notre réalité organique.

Lisez cet essai, il en vaut la peine… il se positionne intelligemment au-delà de toutes les guerres de clocher qui ont miné l’union des luttes radicales le plus souvent et ce depuis le XIXème siècle, Marx lui-même ayant participé à cette division et son entretien à long terme, renforçant par là un antagonisme factice dont l’essentiel de la gauche radicale n’est toujours pas sortie et a tant de mal à se remettre.

L’heure n’est plus à la division, mais à embrasser notre complémentarité pour mener à bien la mise en place de cette commune universelle de l’Être ci-dessous mentionnée. 

Contre toutes les impostures et dictatures étatico-marchandes et pour la réalisation de notre humanité enfin achevée nous rejoignons la conclusion de l’essai pour clamer : à bas l’État, à bas la marchandise, à bas l’argent, à bas le salariat ! Vive le retour en harmonie de l’Être et de l’Avoir pour une humanité finalement émancipée !…

~ Résistance 71 ~

 

« Aujourd’hui, nous souffrons d’une nouvelle
guerre mondiale, une guerre contre les peuples,
contre l’humanité… »
~ SCI Marcos, 1995 ~

 

Commentaires sur le grand mensonge spectaculaire du coronavirus, la crise historique de la marchandise mondiale et le retour des luttes de classes radicales

 

Guerre de Classe

 

24 mai 2020

 

url de l’article original:

https://guerredeclasse.fr/2020/05/24/commentaires-sur-le-grand-mensonge-spectaculaire-du-coronavirus-la-crise-historique-de-la-marchandise-mondiale-et-le-retour-des-luttes-de-classe-radicales/

 

Vous avez parfaitement raison d’insister sur le moment de la ré-flexion – je reconnais avec joie la voix du vieil Hegel auquel nous devons tant, nous aussi…

Engels à Cafiero, 28 juillet 1871

Le capital est en fait un simple synonyme de ce qu’est la civilisation…L’association des travailleurs, la coopération et la division du travail y apparaissent là comme simples forces de production de la capitalisation, de même que toutes les forces productives qui déterminent l’intensité et l’extension pratique du travail. Ainsi, la force collective et le caractère social du travail sont-ils la force collective du capital. Il en est de même de la science, de la division du travail et de l’échange qu’implique cette scission des tâches. Toutes ces puissances sociales de la production sont donc essentiellement des forces productives de l’aliénation capitaliste, et elle-même apparaît donc comme le simple sujet de celles-ci.

Karl Marx, Grundrisse, Chapitre du Capital

À un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui n’en est que l’expression juridique, avec les rapports de propriété au sein desquels elles s’étaient mues jusqu’alors. De formes de développement des forces productives qu’ils étaient ces rapports en deviennent des entraves. Alors s’ouvre une époque de révolution sociale

…Une formation sociale ne disparaît jamais avant que soient développées toutes les forces productives qu’elle est assez large pour contenir, jamais des rapports de production nouveaux et supérieurs ne s’y substituent avant que les conditions d’existence matérielles de ces rapports soient écloses dans le sein même de la vieille société. C’est pourquoi l’humanité ne se pose jamais que des problèmes qu’elle peut résoudre, car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours, que le problème lui-même ne surgit que où les conditions matérielles pour le résoudre existent déjà ou du moins sont en voie de devenir.

Karl Marx, Préface à la Critique de l’économie politique

L’impérialisme est à la fois une méthode historique pour prolonger les jours du Capital et le moyen le plus sûr et le plus rapide d’y mettre objectivement un terme. Cela ne signifie pas que le point final ait besoin à la lettre d’être atteint. La seule tendance vers ce but de l’évolution capitaliste se manifeste déjà par des phénomènes qui font de la phase ultime du capitalisme une période de catastrophes.

Rosa Luxemburg – L’accumulation du Capital

La plus grande section du Commissariat aux Archives, bien plus grande que celle où travaillait Winston, était simplement composée de gens dont la tâche était de rechercher et rassembler toutes les copies de livres, de journaux et autres documents qui avaient été remplacées et qui devaient être détruites. Un numéro du Times pouvait avoir été réécrit une douzaine de fois, soit par suite de changement dans la ligne politique, soit par suite d’erreurs dans les prophéties de Big Brother. Mais il se trouvait encore dans la collection avec sa date primitive. Aucun autre exemplaire n’existait qui pût le contredire. Les livres aussi étaient retirés de la circulation et plusieurs fois ré-écrits. On les rééditait ensuite sans aucune mention de modification. Même les instructions écrites que recevait Winston et dont il se débarrassait invariablement dès qu’il n’en avait plus besoin, ne déclaraient ou n’impliquaient jamais qu’il s’agissait de faire un faux.

Il était toujours fait mention de fautes, d’omissions, d’erreurs typographiques, d’erreurs de citation, qu’il était nécessaire de corriger dans l’intérêt de l’exactitude. À proprement parler, il ne s’agit même pas de falsification, pensa Winston tandis qu’il rajustait les chiffres du ministère de l’Abondance. Il ne s’agit que de la substitution d’un non-sens à un autre. La plus grande partie du matériel dans lequel on trafiquait n’avait aucun lien avec les données du monde réel, pas même cette sorte de lien que contient le mensonge direct. Les statistiques étaient aussi fantaisistes dans leur version originale que dans leur version rectifiée. On comptait au premier chef sur les statisticiens eux-mêmes pour qu’ils ne s’en souvinssent plus.

George Orwell, 1984

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“La crise sanitaire est l’auto-organisation capitaliste du gardiennage informatique global qui vient s’agréger à la crise de la valeur déjà devenue présence de toutes les contradictions historiques et faire ainsi sur-représentation exhibitionniste de l’ingénierie sociale nécessaire à toutes les combinaisons de la crise de la valeur d’échange … La science est l’incarcération de toutes les qualités humaines dans le camp de concentration du monde des objets de la quantité reproductible qui n’a pas d’autre objectif que la chosification contrôlée du vivant.”

(Citation du texte)

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Derrière les mensonges étatiques du spectacle de la crise marchande drapés dans l’apocalypse sanitaire du Coronavirus, un spectre hante l’Europe: le spectre du communisme. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : le pape et Moscou, Berlin et Paris, toutes les gauches de France et toutes les droites d’Allemagne…

Au revers des feintes, des fables et des duplicités sanitaires de la guerre économique se profile – d’abord – l’évidente certitude du retour de la guerre de classe…

En 2007, était publié la Critique de la Société de l’Indistinction. La quatrième de couverture qui présentait l’ouvrage contenait notamment le passage suivant :

Le fétichisme de la marchandise est l’universelle domination sociale du quantitatif indistinct qui partout désormais développe l’exclusion spectaculaire du qualitatif dans la luxuriance aliénatoire de la dépossession humaine.

Aujourd’hui, dans ce monde du falsifié triomphant et de l’inversion généralisée, le krach inévitable du système des fictions faramineuses de l’économie spéculative s’annonce de plus en plus proche. Aussi, le gouvernement du spectacle mondial n’a t-il rien d’autre à offrir à la planète pour échapper à la faillite et tenter de sauver un dollar sur-hypothéqué que le chaos de la guerre sans fin par la mise en scène permanente de coup montés terroristes de vaste ampleur, menés de l’intérieur même des services spéciaux de la provocation étatique…

C’était il y a treize ans et nous arrivons désormais au terme de ce processus puisque le surgissement fantastique du Coronavirus est bien l’un des derniers épisodes possibles de la crise mondialiste du despotisme démocratique de l’argent.

Après le spectacle forcené des boniments rebattus de la crise sanitaire, la vérité de la crise sociale ? C’est là, la grande frousse de tous les services spéciaux du renseignement étatique… Alors qu’au moment même où des licenciements massifs interviendront, résignation et efforts redoublés seront demandés avec insistance aux prolétaires pour qu’ils contribuent à relever l’économie de l’exploitation, la pensée critique doit d’emblée dénoncer tous les écrans de fumée idéologique qui vont être partout diffusés pour sauver la dictature démocratique de la loi du profit et asservir encore plus la vie à la tyrannie du calcul… De l’assassinat de Robert Boulin dont l’autopsie fut aussi extravagante que celle de John Fitzgerald Kennedy aux prétendues armes irakiennes de destruction massive en passant par les charniers de Timisoara, le trou de la couche d’ozone, les maboulismes sur le SIDA, le nuage de Tchernobyl et les millions de cancers camouflés et pourtant entièrement dus aux pesticides, fongicides et pilules de la chimie névrotique du Capital, chaque fois que la grosse artillerie étatique de la propagande parle c’est exclusivement aux fins de berner, abasourdir, embrigader, travestir et abêtir. Les déguisements de la marchandise-temps élaborent une vaste machinerie spectaculaire où tout est grimé et travesti et depuis la seconde guerre mondiale du temps-marchandise, l’histoire officielle s’est formalisée – comme l’avait bien vu Orwell à Barcelone lors du massacre démocratique des insurgés de mai 37 –en tant que simple récitation de la fausse conscience du temps, autrement dit comme non-conscience du temps faussé… La temporalité capitaliste est l’aliénation nécessaire à la reproduction totalitaire de la valeur d’échange… À partir de là, la dissolution du réel est l’introduction obligée à toute organisation marchande de la soumission de masse et l’ignorance programmée en toute chose est la première sécurité stratégique pour la maintenance des rentabilités conformes au règne du pouvoir établi de la réification générale… Et tout chiffrage et toute statistique se montrent toujours ici comme statistique des chiffrages de l’administration mercantile qui construit là ses mythologies nécessaires en s’annonçant ainsi toujours comme l’expression du temps aliénatoire unifié afin que la duplicité du marché puisse escompter préserver et étendre le pouvoir sans fin de sa duplicité…

Souvenons-nous avec humour et humeur de la légende des 75 000 fusillés stalinistes… Les travaux les plus récents, établis sur la base des archives départementales et municipales, indiquent que le nombre total de fusillés par les Allemands en France pendant l’occupation aurait été de l’ordre de 4 500… Sur ce chiffre global, la part des stalinistes, établie entre autres à partir d’une étude poussée des fusillés du Mont Valérien – un des principaux lieux d’exécution, avec plus de mille victimes –, a été évaluée à environ 2 500 pour toute la France. La vérité simple est donc bien plus transparente que les compliquées du Ministère de la Vérité… Ajoutons évidemment qu’en près d’un siècle de fraudes et de mutilations archivistes intenses, jamais aucun flic du crétinisme universitaire de l’ignorance, ne fut poursuivi sur le sujet pour diffusion de fausse nouvelle et tricotage historiographique, jamais ne fut, non plus, rappelée l’odieuse chasse aux boches pendant que l’ignoble tonte des femmes se perdait dans un flou savamment façonné… Combien de prisonniers allemands désarmés, sommairement exécutés par la glorieuse Résistance progressiste du Capital ? Combien de millions de civils massivement massacrés en Poméranie, Silésie ou dans les Sudètes ?

À l’époque contemporaine de la domination totalement réalisée du Capital, la démocratie de la tyrannie spectaculaire est totale et elle cache ainsi tout ce qui désigne le vrai en affichant tout ce qui fait étalage du faux… Le vrai véritable doit demeurer constamment inatteignable pendant que le vrai falsifié, doit, lui, être –en tout lieu – parfaitement et inéluctablement assimilé à perpétuité…

L’Assurance maladie a recensé en 2018 plus de 650 000 accidents du travail dont 551 mortels et l’appareillage journalistique en disserte peu… En fonction de pathologies alourdies, les chômeurs connaissent une surmortalité deux fois plus importante que les actifs du même âge et le médiatisme ne parle jamais des 10 à 15 000 décès qui en résultent chaque année en France …

Ce n’est point un hasard si dans l’armée et la diplomatie, le service du chiffre est cette section étatique bien particulière chargée de transmettre et de recevoir les correspondances secrètes. En cryptologie c’est-à-dire en science politique du secret, un chiffre désigne la manière dissimulée d’écrire un message à transmettre, au moyen de caractères et de signes disposés selon une convention convenue au préalable. Le secret, le masque, le chiffré que l’on rencontre dans les services spéciaux n’est finalement pas autre chose que l’échelle supérieure des formes extrêmes de l’occultation étatique et de l’intox propres au gouvernementalisme du spectaculaire marchand…Maintenant, en cette crise où le virtuel de l’économie de plus en plus impossible a donné naissance au virus virtuel de plus en plus nécessaire, il va de soi que la marchandise omnipotente et ce jusque dans son impuissance, ne peut plus se produire que comme rhétorique perverse où la totalité du réel retourné a muté de façon entièrement tordue, cryptique et codée…

La réalité nécessaire de tout chiffre étatiquement accrédité c’est d’être un chiffre nécessaire à l’accréditement de la réalité étatique elle-même… La situation des provenances documentaires est toujours une situation construite par le fétichisme de la marchandise. Elle élabore un moment de la vie domestiquée, concrètement et délibérément construit par l’organisation chosifiée de l’ambiance unitaire de la valeur d’échange et les jeux d’événements qui lui sont nécessaires. C’est pourquoi, puisque dans le monde totalitaire de la marchandise réalisée, tout le réel est devenu réalité inversée, il faut – pour saisir la réalité réelle – en toutes choses et tout domaine, renverser l’inversion car le vrai ne peut se trouver comme vrai qu’en tant qu’il abolit toutes les indistinctions du renversement marchand…

Dans la société de la marchandise spectaculaire ; la guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force… La transformation étatico-policière de l’existence en fantasmagorie spectaculaire inéluctable a désormais atteint son mode extrême qui se présente aujourd’hui comme permanente domination familière dans toutes les représentations qui défigurent et reconfigurent l’histoire. Le mensonge est le rapport social total entre toutes les personnes médiatisées au travers de l’image démocratique de la tyrannie fétichiste de la marchandise… De la Première guerre mondiale de la crise du Capital à la seconde et à tout ce qui a – après coup – emboîté le pas prestidigitateur du bourrage de crâne industriel alors engagé, la baisse du taux de profit a pu accéder au statut souverain de loi de l’indistinction absolue sur l’entièreté sociale des perceptions humaines incarcérées… Tout le Capital de l’humain détaché de l’humain et ré-attaché au spectacle capitaliste de l’accumulation de l’in-humain sans cesse plus brusqué et augmenté s’est alors étendu et imposé comme seule perception collective et individuelle tolérable et tolérée, celle de la réification absolument incessante et inflexible qui prescrit la règle démocratique de la loi de la valeur du toléré et de l’in-tolérable

La dictature démocratique de l’argent renvoie à ce pouvoir infini de la marchandise universelle dont la valeur consiste à mesurer toute valeur d’échange de chaque marchandise matérielle, humaine, réelle et imaginaire… Comme l’argent incarne l’échangeabilité de toutes les productions de l’histoire humaine dépossédée de sa substance tangible, il se personnifie comme force productive du spectacle impersonnel de cette substance sans âme qui fait l’évidence de l’économie mercantile des constructions techniques de l’irréalité de la vérité réelle transposée en simple réalité illusionniste du vraisemblable homologué comme seule totalité possible du monde marchand…

Le spectacle est alors l’in-distinction capitaliste pleinement réalisée et qui comme matérialité historique de toutes les incarnations mondaines, fige et sidère toutes les pratiques humaines qu’elle rapporte et relie au spectacle moderne de l’argent en tant l’équivalent général abstrait de tous les défigurements indispensables à l’exubérance pathologique de la schizophrénie mégapolitaine en marche vers la crise totale du Capital total…

Le misérabilisme de toute la culture existante explose dans tous les textes ronflants de tous les contextes prétentieux qui rédigent leur viduité dans l’immensurable vacuité des fausses questions afin d’évidemment éclipser les vraies réponses…

Pratiquer la critique pratique de l’économie spectaculaire du fétichisme de la marchandise, cela commence par ne jamais perdre de vue ce dont pratiquement tous les spectateurs ont oublié que cela fût…

Concernant le Kosovo et les bombardements planifiés de l’OTAN sur la Serbie, le ministre des Affaires Étrangères américain parlait alors de 100.000 victimes pour préparer le monde à l’agression contre le gouvernement Milosevic, désigné comme boucher des Balkans. Ultérieurement, un rapport du Département d’État américain ne parlait plus que de 4.600 morts. Entre-temps, en consultant l’acte d’accusation du tribunal pénal de La Haye, on tombait à moins de 400 morts…L’histoire de la domestication est toujours écrite par l’immanence même du fétichisme de la marchandise… Le secret qui s’y cache est le fétiche de tous les fétiches, il est le faux généralisé dans le perpétuel présent de la reproduction de la disparition de la conscience de l’histoire en tant que telle puisque l’enchaînement des faits est re-formulable à discrétion selon les vertus informatiques de la correction étatique et para-étatique sans limite… Le spectacle mondial de l’ahurissement et de l’idiotie n’est rien d’autre que la propagation matérielle et symbolique de l’argent : l’équivalent général abstrait de toutes les marchandisations dont l’homme n’est que le produit indistinct le plus abouti en toute son annihilation et sa pauvreté d’esprit achevée…

En 1957, le monde de la marchandise était frappé par la grippe asiatique… Elle fit alors entre 2 à 3 millions de morts dont 100.000 rien qu’en France. À cette époque, l’on était au cœur des Trente Glorieuses de la reconstruction capitaliste qui suivit la seconde boucherie impérialiste mondiale. Le spectacle des mises en scène médiatique de contrôle que l’on rencontre aujourd’hui en période de crise généralisée n’était évidemment pas de mise… La chose passa comme une tranquille lettre à la poste des événements habituels du capitalisme ordinaire… La grippe de 1968 ou grippe de Hong Kong s’est, elle, répandue à partir de l’été 1968 et ce jusqu’au printemps 1970. Elle a tué environ 1 million de personnes dont près de 40 000 en France. Là encore, à ce moment où le Capital venait de l’emporter sur la grève sauvage et où après les accords étatico-syndicalistes de Grenelle, l’heure était d’abord au redressement prioritaire d’une production industrielle encore concevable, il était donc inévitable que cette pandémie fût non seulement de retentissement restreint mais qu’elle fut de plus très vite oubliée…

Le spectacle de la marchandise ne valorise que ce qui le valorise et la fabrication contrôlée des diffusions statistiques n’est évidemment point neutre. Elle constitue un mode de production fallacieux totalement adéquat au mode de production capitaliste du fictif abondamment généralisé… La domination de la marchandise réalisée est ainsi une fusion dialectique de la science et de la finance dès lors que le devenir historique de la baisse du taux de profit a pleinement assujetti le Capital industriel au Capital bancaire… Dès lors, la démocratie de la valeur d’échange se fait gigantesque entreprise d’abêtissement universel dans le mouvement de charlatanerie et d’escroquerie impérialistes de la consommation idéologico-policière des cohésions totalitaires de la non-vie. Les maillages souterrains du capitalisme le plus cabalistique, au carrefour de toutes les influences qui, de la Banque mondiale à l’OTAN passent par l’OMS et tous les services spéciaux de l’État profond, impulsent les nécessités démocratiques du contrôle social et développent nombre d’écoles commerciales de formation névrotique.

Celles-ci, de Comités scientifiques de rentabilisation financière en Instituts de santé et de recherche en profitabilité savourée, parmi tant d’autres lieux d’imbécillité savante, avaient déjà aidé à convaincre en 2001 le Premier ministre Tony Blair de faire abattre 6 millions de bovins pour stopper l’épidémie de fièvre aphteuse. Cette décision ignare et saugrenue coûta 10 milliards de livres de plus-value extorquée pour la simple reproduction chimérique du capital fictif… En 2002, on vit paraître des prévisions frénétiques prophétisant que la maladie de la vache folle tuerait d’abord 50 000 britanniques puis 150 000 de plus lorsqu’elle se transmettrait aux moutons. Il y en eut en réalité que moins de 200.

En 2005, des prédictions qui se voulaient très studieuses imaginèrent que la grippe aviaire anéantirait 65 000 Britanniques. Il y en eut finalement moins de 500. Ainsi en est-il des pulsions abstraites de l’universel aliénatoire et de ses illusions matérialisées dans le phénomène de l’argent péremptoire ; c’est-à-dire de la pulsion de mort, se mouvant en le soi-même de la schizophrénie mégapolitaine du Capital…

En matière de modélisation capitaliste des épidémies, des mirages, des peurs, des menteries et de la mise en résidence surveillée, les statisticiens de l’Imperial College London du spectacle de la marchandise forment là en quelque sorte l’avant-garde de la forfanterie et du charlatanisme du fétichisme de la marchandise le plus élaboré. C’est d’ailleurs de ce lieu symbolique obtus et taré qu’une note de synthèse annonça un demi-million de morts pour la France si le confinement n’était point urgemment proclamé. Après la paupérisation accentuée du milieu hospitalier et les milliers de lits fermés en cascade, voici venu le temps de la comptabilisation délirante des morts, des fraudes statistiques accélérées, des manipulations généralisées de toutes les données, des chiffrages de morts du Coronavirus sans aucun test et de la mise au boycott de la chloroquine et de l’azithromycine avec simultanément asservissement au diktat des vaccins du gain hygiéniste… La Direction générale de la Santé et l’Agence nationale de sécurité du médicament veillent à ce que ne puissent fructifier que ce qui correspond à leurs vastes projets financiers de placements et de revenus puisque leur champ d’activité est uniquement un domaine de mise de fonds… Et sur cette base, l’industrie policière de l’apothicairerie capitaliste est bien le bras armé de l’orchestration étatique de la peur collective qui s’offre là une occasion inappréciable de resserrer massivement la surveillance sociale mise en place afin de conditionner des spectateurs encore bien trop rétifs et ainsi reculer le plus possible le temps si menaçant où les prolétaires de la gauloiserie réfractaire reviendront crier leur refus incendiaire de se mouler dans la mondialisation heureuse de l’avilissement démocratique de la valeur d’échange…

Distilbène, hormone de croissance, chlordécone, sang contaminé, amiante, isoméride, mediator, dépakine… Combien de morts, combien de milliards en combien de monnaies, combien d’hypocrisies, d’illusions, d’impostures, d’inexactitudes et d’inventions poisseuses ? Le mouvement d’innovation et de productivité scientifique dure depuis longtemps et il est inhérent au mode de production capitaliste lui-même. Mais depuis la grande accélération technologique issue du deuxième charnier mondial de sur-production, la technologie de l’innovation productive renforce toujours davantage l’autorité spectaculaire de la rentabilisation scientifique du progrès et d’abord dans la santé ; lieu magique d’accumulation privilégié qui se contrefiche des malades en se préoccupant exclusivement de la mise en valeur des maladies… La fusion économico-scientifique terminée est ainsi la tendance étatique la plus indéniable de ce nouveau siècle… Elle y est du reste, devenue le moteur du développement économique le plus récent et la Santé officielle, ses ordres médicaux, ses officines étatico-médiatiques et ses laboratoires pharmaceutiques en sont le plus bel exemple de rapine et de concussion, d’inintelligence et de jobarderie

C’est la crise historique de la domination spectaculaire de la raison marchande qui a créé les conditions objectives d’une permanente manipulation des spectateurs par le biais de la fabrication industrielle du terrorisme étatique qui en tant que mode de production de la panique de masse permet la mise en œuvre d’un contrôle social généralisé… On ne peut brûler une cathédrale chaque semaine et susciter un attentat d’importance tous les mois sans qu’à la fin une certaine habitude lassée ne finisse par improductivement s’instaurer… L’histoire du terrorisme de notre temps est posée, rédigée et énoncée par la crise historique de l’économie politique et le pourrissement de l’État lui-même… La crise sanitaire cosmopolite du Capital est le stade suprême de l’impérialisme de la marchandise et elle représente à ce titre le degré supérieur des mystifications terroristes dont use l’État pour tenter de reproduire la possibilité d’un globalisme capitaliste de plus en plus en situation d’auto-invalidation…Les mystères du Coronavirus nous renvoient aux mystères du terrorisme et de même qu’il existe un État profond des dynamiques industrielles et militaires relié à un État profond des manipulations policières, il existe un État profond de la recherche médicale et pharmaceutique bien entendu relié aux deux autres en une unité dialectique de toutes les intériorités aliénatoires qui découlent du gouvernement du spectacle mondial en l’État invisible du fétichisme de la marchandise, puissance anonyme et impersonnelle de la dialectique des forces productives de l’indistinction et de la chosification universelle…

Être informé de tout dans l’enfermement du fallacieux afin de se trouver simultanément condamné à ne pouvoir rien comprendre du véritable sens des choses, tel est le sort des imbéciles solipsistes encasernés dans la logique démocratique développée de la fausse conscience atomisée parfaitement réalisée… Lorsque l’idéologie de la valeur d’échange, devenue absolument absolutiste par la maîtrise mondialiste de sa toute-puissance entière, s’est trans-formée d’une connaissance parcellaire en une connaissance mensongère pleinement totalitaire, l’interrogation historique a été si intégralement ruinée que l’histoire de l’interrogation elle-même, au niveau de la connaissance la plus élémentaire, ne peut même plus tenter d’exister. La société spectaculaire du fétichisme de la marchandise totalitaire vit de la sorte dans l’immédiateté d’un présent perpétuellement immobilisé, où tout ce qui est advient existe seulement pour elle comme un espace-temps accessible et assimilable à la police de la dictature démocratique de l’argent illimité

Le spectacle impérialiste du marché mondial de l’escroquerie démocratique du rendement perpétuel, est le moment où la marchandise est parvenue à l’occupation totale de la vie sociale. Non seulement, la simulation, la sournoiserie, la tartuferie, la tromperie, la vanité, la vanterie y deviennent le seul rapport percevable en tant que perception répandue de la marchandise visible comme seule centralité possible du monde, mais on ne voit plus que cet enchevêtrement d’hermétismes et de leurres… Le seul monde que l’on voit est donc le monde du fétichisme de la marchandise. La production économique de la crise du taux de profit étend alors sa dictature en chaque aspect de l’inversion de la vie, en ce moment où la marchandise est parvenue à l’occupation totale de la vie sociale. C’est le mouvement autonome de la cybernétique capitaliste du non-vivant qui ne cesse de ne point cesser de mentir…

En l’exactitude de réalité, la France a eu à connaître moins de décès pour le premier trimestre 2020 que pour la même période de 2018. Même le bureau des comptages gouvernementaux de l’INSEE est contraint de le concéder… Si 57 441 décès furent enregistrés pour la phase 2020, il y en avait eu 58 641 en 2018, année où la grippe saisonnière demeurait pourtant très virulente sur le mois de mars. Ainsi, il va de soi que l’on est bien éloigné du grand carnage prévu par le catastrophisme idéologique des pouvoirs publics de la marchandise… Souvenons-nous d’ailleurs qu’il meurt annuellement en France en moyenne 600 000 personnes soit 50 000 chaque mois… Enfin, l’alchimie sensationnelle des classements de Santé publique France a transmuté merveilleusement nombre de décès dus à la grippe saisonnière dans l’icône virtuelle du Coronavirus…

Toute la réalité de la crise historique du mode de production capitaliste dans laquelle règnent les conditions modernes de fabrication du terrorisme d’État omni-présent s’annonce comme une immense accumulation de spectacles où la totalité du vécu s’est éloignée dans une représentation fallacieuse d’indistinction et de renversement généralisés. Tout ce qui est vrai doit être ainsi regardé comme faux puisque la contre-vérité est désormais devenue partout le principe absolu de toutes les croyances officielles qui construisent l’imaginaire sordide des populations enchaînées au mouvement cybernétique autonome et obligatoire de la non-vie

Qui organise le spectacle de la gouvernance mondiale du Coronavirus ? Qui en tire les ficelles terroristes de sidération, d’engourdissement et d’hébétement ? Ce sont assurément les nécessités secrètes et pourtant si indiscutables des ténébreux mystères de l’État profond mondial de la crise généralisée de la marchandise… La vérité se situe toujours radicalement à rebours des grandes campagnes médiatiques de la crise historique du mensonge étatique de la marchandise qui entendent précisément en dissimuler et en déguiser la véritable nature…

Le terrorisme mondial du gouvernementalisme du Coronavirus est donc une des dernières énigmes de la crise du taux de profit capitaliste que seuls ceux qui réfléchissent dialectiquement contre les mystifications démocratiques de la valeur d’échange seront capables de pouvoir solutionner…

Le secret terroriste de la marchandise domine le monde de la dictature démocratique de la valeur d’échange et évidemment – en premier lieu – comme secret de la domination de la dictature terroriste mondiale de la démocratie qui a fait justement du Coronavirus, la valeur d’échange supérieure des nécessités symboliques et matérielles de l’actuelle circulation hystérique de la tyrannie de la simulation, de l’inexactitude et du boniment …

L’État n’est en sécurité que lorsqu’il parvient à se perpétuer au maximum de ses simulacres et simulations possibles afin de faire oublier la puante lourdeur du discrédit dans lequel la crise mondiale de l’économie de la domestication l’a fait tomber… Dans la crise sanitaire terroriste et son climat anxiogène, l’entité thaumaturgique des soignants représente un pouvoir spectaculaire de persuasion beaucoup mieux reçu que celui du chef de l’État, du premier ministre ou du ministre de la santé. Les Soignants comme catégorie marchande compassionnelle sont là donc d’autant plus nécessaires au pouvoir capitaliste en crise généralisée qu’ils lancent des appels émotionnels aux spectateurs pour que ces derniers les aident en se protégeant et se confinant de façon à éviter de surcharger des hôpitaux délabrés, en demeurant de la sorte dans le discours officiel de servilité où le traitement de la pandémie se veut plus social que sanitaire avec comme objectif de freiner la diffusion de la pandémie pour aplanir la courbe des contaminations au niveau de la capacité d’accueil.

L’intoxication de la population est dorénavant devenue une urgence absolue de sûreté pour les organes de diffusion de légitimation des circuits de l’exploitation qui ont fait de la fausse information, de l’angoisse industrielle et de l’ignorance sacralisée, les lieux majeurs de manipulation de la pandémie esclavagiste

Face à cela, le renversement révolutionnaire de l’économie et de la politique est en train de devenir mondialement la seule priorité historique envisageable, en se souvenant comme le disait Marx – dans l’expression accomplie des groupes prolétariens les plus maximalistes – , il y a déjà près de deux siècles, que le seul mot d’ordre révolutionnaire est bien celui de l’abolition du salariat

Économistes, politiques, syndicalistes, scientifiques, universitaires, médecins, policiers, psychiatres, journalistes, informaticiens, spécialistes charlatans en toutes disciplines de crétinisme et de servitude, imbéciles prostitués de tout acabit, entendent nous lessiver quotidiennement le cerveau afin de nous faire oublier que la bonne santé de la déplorable vie captive, calme et habituelle est déjà une mort bien plus terrible que le pauvre décès bactériologique ou virologique qui viendrait éventuellement frapper des citoyens débiles et déjà morts-vivants depuis fort longtemps dans le cirque de l’abondance serviliste de la misère consommatoire qui a transmuté tous les désirs en simples et dérisoires identifications au fétichisme de la marchandise…

Le dépassement révolutionnaire de l’industrie de la soumission est partout le seul projet de mobilisation humaine sensé depuis que l’histoire du monde a définitivement prouvé que la falsification marchande de la vie ne parvenait plus à surmonter ses contradictions et que ne pouvant plus régner qu’en implacable chosification de l’être humain, la fourberie démocratique de la loi du profit devait nécessairement être liquidée

L’État est toujours et par nécessité, le plus grand monstre terroriste de l’histoire et au moment où le règne autocratique de la crise de la tyrannie marchande voit tout s’effondrer, la seule technique de gouvernement apte à permettre la sur-vie de la société spectaculaire du fétichisme marchand en décomposition, c’est celle de son dernier spectacle le plus pathologique, celui du grotesque et frénétique Coronavirus qui vient là conclure la grande charlatanerie du 11 septembre 2001 et toutes les machineries d’infections et de sournoiseries ultérieures…

Maintenant que plus personne, à condition qu’il s’interroge véritablement sur le sens de la vie, ne peut plus raisonnablement douter de l’existence et de la puissance terroriste du spectacle démocratique de la bêtise furieusement et colossalement répandue, il faut bien saisir que l’idiote jacasserie insondable sur le Coronavirus, c’est-à-dire sur ce que font les falsificateurs du monde, est ainsi et essentiellement planifiée par eux-mêmes afin de justifier les grandes techniques délirantes du spectacle de l’oppression qu’ils entendent voir demeurer éternelles

Tout ceci a pour objet chimérique et sournois de mettre en jachère intensive de larges parts de la sur-production interminable du Capital in-commensurable de la crise sans fin tout en mettant en œuvre le contrôle social répressif renforcé et absolu du prolétariat…

Le Coronavirus est là, le dernier garant de la cohésion totalitaire de la société de classe en décomposition… Avant que d’être l’objet d’une réalité virale, il est bien et fondamentalement le rapport social policier obligatoire de la crise historique mondiale du monothéisme de la marchandise…

Si l’on aborde dialectiquement les fondations historiques du fétichisme de la marchandise en posant la question essentielle de l’auto-présupposition du Capital et notamment son Livre III, consacré à la synthèse déterministe du procès d’ensemble de la production devenue circulation, il est évident qu’il existe bien deux types de limitation dans le déployer général des crises de la valorisation capitaliste… Il y a les limites surmontables qui donnent lieu à des crises de restructuration et qui permettent le mouvement de modernisation continu du procès d’extorsion de plus-value et la crise finale qui elle, et elle seule, prend un caractère in-surpassable en tant qu’elle exprime l’espace-temps d’une limite historique rendue définitive pour la reconduction de la capitalisation…

Le système du crédit qui vise à constamment anticiper des plus-values non objectivées en argent réel mais toutefois posées à l’égal de réalisées établies – comme si ce qui n’était pas encore vendable était néanmoins déjà vendu, permet certes de repousser les échéances de la saturation des marchés qui résulte de la baisse du taux de profit qui se compense par le grandissement précipité de la masse. Cependant, le développement du crédit qui cherche continuellement à surmonter cette barrière matérielle et symbolique revient constamment se heurter contre l’irréalité romanesque de la fausse vente, du faux profit, de la fausse monnaie mais surtout et bien sûr de la véridique dévalorisation…

Au cours de chaque crise comme les Grundrisse nous l’indiquent, le capital fictif du crédit chimérique s’effondre puisque le spectacle des contradictions de la reproduction capitaliste ne peut parvenir à dominer la loi de la baisse historique du taux de profit. Mais tant qu’une reconfiguration plus exhaustive demeure possible, le devenir du fétichisme de la marchandise – après avoir résolu commercialement, financièrement ou militairement, l’obligation de liquider son engorgement de capital, peut redémarrer un nouveau cycle de renouvellement…

La loi de la baisse tendancielle du taux de profit ( en ce qu’elle implique aussi dialectiquement ses contre-tendances ) exprime historiquement à la fois l’auto-disposition du Capital à pouvoir dépasser ses propres limites tant que son devenir objectif parvient à encore objectiver son devenir et le procès de caducité de la loi de la valeur elle-même quand ne pouvant plus parvenir à dominer les contradictions de la loi en question, la tendance à la constante rénovation du procès de valorisation – qui se voit irréparablement obérée par la prépotence de la dévalorisation – ne peut plus produire que la production de son auto-destruction…

La pléthore de fausses controverses, d’informations frelatées et de stupidité fastidieuse sur le Coronavirus à laquelle nous soumet le spectacle de la marchandise n’a point d’autre objectif que de troubler le jugement et de nous détourner de la question historique centrale… La démocratie dictatoriale de la valeur d’échange en sa crise catastrophique désormais engagée, tente de trouver dans l’immanence aliénatoire du spectacle pandémique, le moyen domesticatoire de sidérer l’humanité pour tenter de continuer à l’asservir à un monde qui cependant a commencé de mourir…

Par le Coronavirus et à travers le mythe du confinement s’élabore le tumulte et la confusion d’un choc idéologique décisif visant par l’entremise des établissements, des simulations et des pilonnages du gouvernement du spectacle mondial de l’indistinction, à chercher les moyens d’anticiper la crise in-interrompable du monde existant.

L’économie spectaculaire du Coronavirus n’existe que pour préparer le spectacle économique de l’après–Coronavirus…

Le temps de l’histoire et de ses luttes semble s’être aboli dans le confinement concentrationnaire de trois milliards d’hommes emprisonnés dans la règle obligatoire et abrutissante de la prison sanitaire de la valeur d’échange en crise généralisée… Le monde entier réduit à une seule peur se soumet au spectacle du Coronavirus devenu le discours continu que l’ordre de la crise capitaliste entretient sur lui-même, en un radotage soliloquant qui justifie la distanciation sociale de la servitude volontaire, ornementée d’attestations dérogatoires, de robots et de drones…

Le catastrophisme du combat maximaliste de la lutte de classe intransigeante refait ainsi son apparition historique brutale, enthousiaste et joyeuse, non pas comme prophétie grisâtre de fin des temps à la manière des gourous charlatans de la servitude ré-aménagée qui pullulent à nouveau, mais comme une réalité tangible de l’anti-domestication véritable.

Le premier lieu historique de méthode est celui qui permet de discerner comment et pourquoi la crise du spectacle marchand détermine les conditions de fabrication concrète du délire aliénatoire présent. Il faut là, d’abord voir et dire que le cirque fabuleux du virus a pour fonction de recouvrir, travestir et occulter l’histoire de la lutte des classes… Le système de camouflage de la crise économique généralisée s’est, de cette manière, fondé sur la réclusion et le confinement en tant que production totalitaire de la claustration qui interrompt les continuités géographiques où se retrouvent les prolétaires en tant que ce retrouver est un rapport social de classe que le Capital redoute, ce qui explicite pourquoi la crise étendue érige le processus technique d’incarcération familiale comme usage imposé de renforcement permanent des conditions d’isolation des troupeaux humains de l’esseulement et de la résignation.

Il faut ensuite considérer la pandémie comme un événement historique, au même titre que celui des Gilets jaunes et exclusivement dans sa relation dialectique avec ce qui a fait surgir précisément cette radicalité prolétarienne que le Capital ne veut plus jamais apercevoir et qu’il tente d’éliminer par le trouble, l’épouvante et l’individualisme désespéré

Les chiffres du Coronavirus, c’est d’abord et évidemment l’histoire hallucinatoire des études scientifiques de la mythomanie marchande… Il n’existe plus rien, dans le monde des hommes prisonniers de l’in-humain, qui n’ait été réécrit, suivant les instruments et les rentes industrielles de la décadence capitaliste. La totalité de la science industrielle devenue industrie scientifique totale est devenue pleinement expression sophistique des forces dominantes de la société faussaire. Le chaos voulu et organisé par l’immanence même de la crise du taux de profit s’offre comme un nouveau 11 septembre – mille fois plus épanoui – qui précipite le monde de la valeur dans un gigantesque simulacre censé faire oublier que le spectacle de la saturation des marchés et de la dette incommensurable est l’autre visage crisique de l’argent lequel ne peut plus désormais reproduire le fonctionnement de sa fonction étant donné que l’équivalent général abstrait de toutes les marchandises est en train de perdre son aptitude à pouvoir signifier cet équi-valoir

La désintégration économique, bancaire et monétaire s’annonçant donc d’autant plus redoutable qu’elle serait trop longtemps repoussée et cela alors même qu’elle devenait toujours davantage in-repoussable, la ruse de la raison si souvent rappelée par Hegel dans les grands moments d’histoire qui font novation, apparut…La malédiction que le monde de l’Avoir a indubitablement prononcée contre sa propre existence, nous ramène au texte d’Engels sur l’Histoire du Christianisme primitif lorsqu’il examine les conditions historiques de production de la radicalité de l’Apocalypse de Jean. … En grec primordial, apocalypse signifie révélation en tant qu’acte réalisé du dé-couvrir, du dé-voiler et du dé-masquer vers le faire connaître en tout son jour… La crise hallucinatoire du Coronavirus est l’étape première de l’auto-destruction programmée de la dictature démocratique de la valeur d’échange… Le totalitarisme hygiéniste hystérique du Capital et la mise en scène démentielle de l’obsession épidémique, pandémique et parano-épidémique est là cette situation surprenante où la désintégration de l’histoire, devient événement fabuleux d’une récitation absurde construite à partir de statistiques hors de contrôle, de clowneries sur les masques, les gants, les gels hydroalcooliques et tutti quanti…avec tous les boursoufflements possibles et toutes les bouffonneries échafaudables par le Capital, en toutes les interprétations effarantes et insoutenables qui en résultent en la masse de leurs spéculations loufoques.

Le spectacle fétichiste du Capital nous trompe forcément en tout sur tout… Il nous cache évidemment l’essentiel de l’escroquerie du Coronavirus comme il planque la vraie nature terroriste étatique de l’incendie de Notre-Dame de Paris… La forêt de poutre de chênes ininflammable qui s’est transformée en brasier en quelques minutes mystérieuses de mégot cabalistique ou de fils électriques envoûtés nous indique là, la véritable ascendance des parcours d’obscurité qui nous amènent à dé-mêler les véritables objectifs historiques de la matrice fétichiste du Coronavirus cosmopolite en tant que clef de l’impossible reproduction advenue du devenir de la production… Dans le monde de la domination totale de la marchandise absolue, où le réel est totalement devenu irréel puisque la totalité de la réalité s’est effectivement inversée en son anti-thèse,le vrai a été totalement falsifié jusqu’à ne plus être que l’imposture générale et sempiternelle du spectacle de la crise du taux de profit avec tous ses défigurements, ses comédies, ses salades et ses galéjades…

La fusion terroriste étatique de l’économie du mensonge Coronaviral et du mensonge de l’économie saturée est l’orientation la plus manifeste de la période actuelle et elle y est très visiblement devenue le seul principe réalisable du développement économique devenu lui-même in-réalisable… La supercherie scientifique, le dressage social, l’arnaque humanitaire et la flouerie financière se dissimulent derrière le spectacle de la crise mondiale de la marchandise comme secret fétichiste généralisé cachant évidemment ce qui se tient au verso de ce qui s’affiche… Dans la phase la plus accélérée de la crise du taux de profit de l’économie spectaculaire, le plus décisif est toujours ce qui est le plus camouflé par ce qui est le plus ostentatoire… Ce dont le spectacle de la marchandise totalitaire a décidé de ne jamais parler peut être considéré par le marché du spectacle totalitaire comme n’ayant jamais existé… La science officielle de la marchandise est le marché officiel de la science qui est d’abord un empêchement de penser vrai qui permet ainsi d’effacer tout ce qui doit disparaître en faisant éclore tout ce qui doit proliférer… La domination spectaculaire de la crise intensive du mode de production capitaliste est l’expansion technologique de la démocratie spectaculaire supérieure de la science prostituée qui génère l’État de terreur absolue… Ainsi, le quotidien ne doit plus être l’ex-istence, ses conflits, la conscience, le jouir possible et la capacité d’ouvrir l’horizon critique du vivant, cela doit être simplement l’obligation triste de la peur terne, morose et cendreuse de cette mort qui réceptionnée et magnifiée par la production spectaculaire de la dissimulation et de la contrefaçon d’État, diffuse indéfiniment la merde de l’économie politique des mathématiciens modélisateurs de la virtualité fétiche de la foutaise capitaliste…

Le confinement généralisé en tant qu’anti-thèse du confinement sélectif, est la pire option humaine mais le meilleur choix pour le Capital afin de répandre l’épidémie dans un mode par ailleurs interdit d’hydroxychloroquine … Générer le spectacle de l’État de terreur par la terreur étatique disséminée, faire perdre tout contact avec le réel, organiser la convulsion et la distorsion des perceptions, promouvoir et distribuer le totalitarisme hygiéniste de la crise du Capital, véhiculer l’obsession pathologique de l’épidémie, encourager la doctrine sanitaire étatique de l’union sacrée de la marchandise… C’est comme cela que la propagande se déploie maintenant sur une planète fantastique où il n’y a plus aucune place pour aucune vérification effective puisque les morts du Coronavirus sont des morts nécessaires à la continuation du capitalisme en crise catastrophique…

La marchandise en tant que pouvoir cybernétique absolu d’un monde en train de mourir appuyé sur des ordinateurs qui essayent de proroger un univers qui n’existe plus, ne doit cependant plus être contre-dite par personne… C’est un univers sans intelligence dont la seule subtilité repose sur le fait d’être pleinement sans finesse et sans connaissance et dont tous les experts – reconnus par le médiatisme étatique du marché – sont, en premier lieu, des spécialistes de la docilité et de la discipline du système général de vérification de la marchandise impérieusement incritiquable

La loi de la valeur est cette puissance établie qui ne parvient justement plus à s’établir…

… Comme il était méthodologiquement aisé de l’envisager tant en pratique qu’en théorie, le devenir objectif de l’élaboration sans borne de l’hubris, c’est à dire de la dé-mesure des déterminations de l’auto-présupposition marchande aura établi que le mouvement-univers de la mystification marchande mondiale est bien aussi l’univers mystificateur du mouvement-marchandise du monde. En prolongement du chapitre inédit du Capital, nous savons que la production capitaliste moderne est production et reproduction du rapport de production spécifiquement capitaliste qui tend précisément à ne pouvoir reproduire cette spécificité…

Par conséquent, le secret du Coronavirus domine le monde de la baisse du taux de profit, et d’abord comme secret de la domination devenue de plus en plus impossible de la production industrielle capitaliste elle-même… Les savants des ténèbres scientifiques du vandalisme de la quantité fabuleusement reproductible en laboratoires morbides, sont toujours choisis par les représentants du système de la fétichisation marchande. Du coup, les labyrinthes, les indistinctions, les entrelacements et les filets de la pestilence scientifique, gavés de faux, n’ont pour occupation que de maintenir le spectacle des stratagèmes apologétiques de la sorcellerie marchande…

À mesure que la domination réelle du Capital s’est réalisée jusqu’à son point ultime, l’on a pu voir se constituer partout des réseaux d’influence concentrée de la marchandise totalitaire qui ont su naturellement faire surgir des sociétés discrètes ou secrètes conformes au mouvement d’ensemble de la concentration des capitaux… Plus le Capital est fatigué plus son spectacle s’énerve, et plus il s’épuise, plus il tend à devenir spectaculairement et excessivement maniaque et frénétique… La plus acharnée des prétentions de la Mafia scientifique est forcément d’exiger que l’on admette fatalement qu’elle n’a pas d’existence et que tout ce qui pourrait la désigner comme telle est précisément irrationnel… On la reconnaît à ce trait fondamental que simple cancer de la Mafia technocratico-politicienne des multinationales bancaires et financières, elle passe son temps à ne jamais vouloir parler des eaux troubles de ses ressources, subsistances, projets et commanditaires… La Mafia scientifique en tant qu’entreprise financière du progressisme humanitaire le plus poussé exprime parfaitement bien l’unité terroriste de l’époque qui a fait précisément de la terreur pathologique de la maladie, le modèle supérieur du contrôle policier de la guerre sociale préventive. Grâce au Coronavirus, nous savons indubitablement que la science est bien désormais ce savoir étatique de surveillance et d’observation très singulier, complètement conforme à la sécurité de la marchandise, qui déguise à plein les policiers en médecins et les médecins en policiers en développant le spectacle prophylactique des impératifs stratégiques de l’art de gouverner…

La politique sanitaire mythologique de confinement constitue une auto-destruction capitaliste des formes de sur-production devenues in-soutenables… Derrière le paravent des extravagances fétichistes du médiatisme étatique, il va de soi que cet auto-anéantissement économique mondial n’est nullement consécutif à un plan machiavélique subjectif – construit en circuit idéologique fermé – mais qu’il résulte des nécessités objectives ouvertes par la crise mondiale du taux de profit dont les gymnastiques financières de la sphère spéculative, bien loin d’être dictée autonome de politique mondiale, sont les simples instrumentistes pré-déterminées du procès dépressif de fièvre tremblante qui anime les spéculations du Capital financier, dans les termes minutieusement explicités par le Livre III du Capital…

Il n’y a là nul coup monté mécanique forgé dans quelque bureau obscur constructeur d’intrigues, c’est là simplement et toujours la vaste conjuration im-personnalisée de l’autonomisation mystificatrice de la forme fétiche du Capital qui revient sans cesse et de manière toujours plus épouvantable accomplir le capitalisme de la crise sur-développée… Ce ne sont point les forces policières occultistes qui déterminent la marche historique du spectacle absolutiste de la décadence capitaliste, c’est l’histoire de la décadence spectaculaire du capitalisme absolu qui détermine la marche occultiste des forces policières… Le coup d’État mondial Coronaviral contre le Prolétariat entrepris par l’OMS, le FMI, l’ONU, l’OTAN et tous leurs comptoirs, annexes et magasins vient nous montrer à quel point le Capital s’est assujetti la science pour l’incorporer dans le procès de production de la domestication des hommes mis sous le joug de la crise catastrophique de la plus-value…La mystification du Coronavirus est le rapport que le Capital entretient avec lui-même et lorsque se produit cette opération, elle fait simplement circuler les qualités secrètes et manipulatoires du Capital en crise qui lui sont inhérentes…Plus se détruit le rapport de valorisation du spectacle de la marchandise, plus la mystification va croissant et plus cette phase inédite qui va vers la mort du mode de production capitaliste, se doit de produire le moment inédit historiquement de la mystification Coronavirale du procès de la valorisation de plus en plus impossible du Capital…

Il y a quelque chose de clair dans la décomposition sociale actuelle…Le monde du spectacle de la crise marchande ne peut être dépeint pour les hommes d’aujourd’hui qu’à la condition qu’il soit dépeint comme un monde qui est en train – lui-même – de travailler à sa propre mort… Les tendances inhérentes au devenir de la baisse du taux de profit ont immanquablement produit l’immanence spontanée d’une stratégie de la commotion impulsée par la forme fétiche du Capital en laquelle l’auto-présupposition de la reproduction de la mystification mondiale du Capital a dû confectionner la scénographie du Coronavirus… Ceci exclusivement pour faire naître la dialectique crisique de la dissolution des sur-productions in-acceptables par mascarade médicalement travestie plutôt que d’attendre passivement la venue au monde d’un écroulement violent et direct. Le Coronavirus fait ainsi office de déguisement gigantesque de l’auto-effacement des forces sociales excédentaires du spectacle du capitalisme drogué. Et le confinement est, lui, l’instrument neurasthénique permettant cette tentative de re-démarrage du mode de production capitaliste, lorsque le règne autocratique de l’économie cybernétique de la marchandise étant devenu le mouvement d’anonymat de la valeur comme toute-puissance de la société à irresponsabilité illimitée ne peut plus désormais essayer de sortir de sa crise qu’en annihilant des parts grandissantes de la pléthore de capital…

L’affolement est le cœur de l’histoire de la domestication irritée lorsque la tyrannie de la crise du Capital entre dans ses phases les plus ultimes et que cette dernière doit – du dedans même de l’indistinction généralisée – nommer, désigner et dénommer, sans le dire, ceux qu’elle entend continuer de dominer et qui l’inquiètent tant pour les temps futurs; les Prolétaires… Épouvanter et endoctriner la population dangereuse en l’asservissant le plus possible au spectacle de la marchandise en décomposition, est donc le but le plus évident du terrorisme d’État dont le terrorisme sanitaire constitue le degré supérieur de manipulation et de catéchisation.

Dès lors que l’on a saisi toute l’importance historique de la première section du Capital en son Livre premier et que l’on a correctement appréhendé ce que signifie le caractère fétiche de la marchandise et son secret, il va de soi que tout ne peut être qu’objectivement de plus en plus faussé et inventé dans tout ce qu’exprime cette société qui sans aucune perspective de pouvoir se sauver durablement, est devenue radicalement et totalement allergique à toute vérité et donc bien sûr à toute intelligence… La question du Coronavirus telle qu’elle est posée par le spectacle de la crise marchande généralisée débouche évidemment dans le cul-de-sac idéologique de la contre-révolution, comme d’ailleurs toute interrogation médiatiquement posée dans la société de la domination capitaliste achevée… Dans le spectacle de la crise mondiale cataclysmique de la valeur d’échange en voie de réalisation, la société du camouflage et du fardage universalisés qui entend très systématiquement nous faire sortir de l’histoire use du Coronavirus comme équivalent général abstrait de l’égalisation de toute la planète dans l’affolement terroriste d’un environnement policier nouveau qui conduit à l’in-intelligence totale de tout… Les humains dépossédés de leur humanité, qui ont accepté cela sans encore beaucoup de sédition sont encore mal placés pour dire qu’ils se sentent mal à l’aise à cause de leur emprisonnement à domicile… Ils ont certes tout lieu de ne plus se sentir chez eux chez eux, c’est très vrai mais il en est ainsi parce qu’il n’y a plus personne d’autre, dans cet horrible nouveau monde de l’aliénation étatico-médicale que des internés écroués dans la conscience malheureuse de leur propre absence à eux-mêmes…

Comme le dit Marx dans la III° section du Livre Premier du Capital; le Capital est du travail mort, qui, semblable au vampire, ne s’anime qu’en suçant le travail vivant, et sa vie est d’autant plus allègre qu’il en pompe davantage. Le grand tout de la totalité cannibale et vampirique de la marchandise en crise universelle s’en va ainsi toujours davantage sacrifier au diktat de la démocratie du profit infini lorsque toujours davantage de trilliards doivent être consumés sans compter pour soutenir un système destructeur et thanatique. Et cette fois, le sacrifice au monothéisme de la valeur d’échange semble toujours plus exiger de sang, de douleurs et de larmes… En effet, le système du capitalisme mondial est entré dans la crise la plus grave de son histoire, dont les conséquences, puisque cette convulsion ne pourra pas être surmontée, surpasseront celles de l’ébranlement de 1929. L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a jamais été autre chose que l’histoire de luttes de classes et la France confinée des nécessités du Capital évoque bien une ligne stratégique de classe à l’encontre de cette autre France en Gilet jaune dont l’État a si peur que, sous une forme ou une autre, elle revienne écrire les caractères si distinctivement récalcitrants de notre époque…

Pendant que la France idiotisée des bobos métropolitains du confinement privilégié applaudissait bien fort chaque soir à 20 heures, comme Big Brother en blouse blanche le lui avait recommandé, les personnels de santé des hôpitaux publics de la décomposition économique précipitée et tandis que l’État laissait mourir les plus vieux, renfermés dans les EHPAD, la contradiction sociale des intelligences infinies de la Vieille Taupe persistait à travailler… Lobotomisé par de longues semaines de propagande médicalo-étatique, le pays acceptait tout, se résignait à tout et n’objectait rien. Il s’était habitué aux procédures de désinfection carnavalesque, aux contrôles de police et de gendarmerie, au tripotage hydroalcoolique, aux gants et aux masques funambulesques, aux caméras de l’intelligence artificielle du Capital et surtout au fait mille fois rabâché médiatiquement que l’hydroxychloroquine pourrait être finalement encore plus indésirable que le virus lui-même…

La France des prolétaires qui avaient revêtu le Gilet jaune indiquait le chemin de la communauté d’in-subordination. La France du confinement discipliné, se délectait de sa petitesse dans l’angoisse complaisante de l’union-sacrée de toutes les médiocrités capitalistes, déjà mûre pour une longue servitude. La première est déjà en train de se réveiller dans une indiscipline qui, peu à peu, se ragaillardit alors que la seconde ne cesse de s’endormir au moment où les avortoirs subventionnés de la marchandise et la préférence immigrée clientélisée – elle, non confinée – continuent de bien fonctionner et alors que les racailles du haut protègent toujours autant les racailles du bas et qu’on les retrouve d’ailleurs toutes deux aux deux pôles aliénatoires de la chaîne commerciale non-interrompue de la came du Capital. Ainsi se voit historiquement confirmée l’intégralité de tous les inévitables effets qui résultent du mouvement historique de la Septième section du Livre premier du Capital et de la compréhension des flux nécessaires au marché docile du travail surnuméraire

Le confinement, ce n’est pas seulement la géographie physique de la matérialité de l’interdit puisque l’obligation qui en ressort est aussi et d’abord mentale et spirituelle au sens où la puissance de la machine du spectacle marchand vise – en premier lieu – à dé-cérébrer, autrement dit à décerveler historiquement afin de proscrire toute pensée et tout désir ne convenant pas à l’anti-pensée du monothéisme de la valeur d’échange… On le voit, plus redoutable et vénéneux que le Coronavirus, simple grippe saisonnière classique devenue ultra-spectacliste par l’entremise de la crise intensifiée du taux de profit ! – il existe ce virus mental de la tyrannie démocratique de la servitude capitaliste insondable qui s’emploie à bêtifier la conscience de telle sorte qu’elle se dé-fasse et sombre dans les réseaux sociaux de la désastreuse fausse conscience suprême

La contradiction entre le développement des forces productives de la réification qui ont généré la religion [religio – religo – religāre – relier- ré-attacher] du Coronavirus et les rapports sociaux de production de l’aliénation générale a là atteint un moment historique déterminant puisqu’elle s’est manifestée centralement comme un antagonisme de plus en plus impossible à assumer entre la sur-production mondiale du Capital et son idéologie de crédit et de dette in-exhaustiblesEt c’est donc pour cette raison que le Coronavirus comme religion de la réification de la crise intégrale apparaît comme le cynisme d’un monde sans autre avenir que de produire cette gigantesque manipulation censée cacher que le fétichisme de la marchandise n’a plus pour perspective que de dissimuler qu’il n’a plus aucun horizon.

Le mouvement unitaire de la substance du Capital se pose et se compose en deux dynamiques historiques complémentaires et indissociables : la première ; celle des investissements technologiques en moyens de production matériels et la seconde ; celle de la force de travail humaine exploitée… Cette seconde catégorie en tant que travail vivant de l’humanité arraisonnée par la domestication capitaliste renvoie au procès de travail immédiat du prolétariat qui s’écrit socialement comme capital variable car sa réalité est – en plus d’être dépense – œuvre de valeur nouvelle alors que la première en tant que travail mort de la chosification en progression, reflète le procès du travail cristallisé en machinerie comme capital constant car ce dernier ne varie point et se contente de transmettre sa propre valeur ( elle-même simple coagulation du travail humain préalable qui l’a concrétisée ) …

Dès lors, la valeur d’une simple marchandise tout comme celle de la totalité planétaire du Capital social de l’usine mondiale s’exprime selon la formule :

C+V+PL

C représentant la Valeur des moyens de production matériels et techniques.

V représentant la Valeur de la force de travail exploitée. 

PL représentant la Valeur du sur-travail en tant que la valeur du travail prolétarien effectué est supérieure à sa rétribution salariale

Ce rapport dialectique particulier entre capital constant et capital variable (C/V ) qui indique le niveau de composition organique du Capital qui ne cesse de s’accroître à mesure que la marchandise devient domination pleinement réalisée d’elle-même, est ce qui désigne le seuil où se situe le niveau de devenir du capitalisme mondial, à chaque période du déploiement contradictoire de sa modernité…

L’augmentation continue du mouvement de la productivité capitaliste intensifie sans cesse la masse du profit alors même qu’elle conduit à une baisse de son taux puisque le taux de plus-value ( PL/V) qui signale le volume social de plus-value produit par la force de travail en son rapport historique au capital variable ( comme coût de l’exploitation du travail ) dépensé pour la produire, se voit progressivement sur-déterminé par la prépotence du taux de profit (PL/C+V) lequel énonce le mouvement dialectique qui détermine le rapport de la plus-value au capital total ( constant et variable conjugués )…

Si en domination formelle c’est-à-dire avant 1914, il existe une prévalence du taux de plus-value sur le taux de profit – compte-tenu du seuil de composition organique alors rencontré, postérieurement à cette grande césure militaire du marché mondial, se met en marche la prévalence inverse du taux de profit sur le taux de plus-value qui vient signifier que la proportion toujours plus montante du travail cristallisé vient nécessairement diminuer d’autant la partie du Capital qui seule génère la plus-value ; le travail immédiat, qui est la seule énergie vitale du profit véritable en tant que son possible taux concrètement vérifié – c’est-à-dire comme capital investi et réalisé en force de travail exploitée… L’histoire de la domination réalisée de la valeur est celle d’un financement de plus en plus massif dans les moyens techniques de production du travail mort lesquels ne font que transmettre leur valeur à ce qui est produit, et donc de moins en moins dans la force de production du travail vivant laquelle seule engendre de la nouvelle valeur…

Ainsi s’établit la loi historique de la baisse du taux de profit telle qu’examinée dans la Section III du Livre troisième du Capital qui montre l’incontournable détermination historique des rendements décroissants du mouvement d’ensemble du capital engagé en l’ensemble de ses manifestations. Mais cette baisse n’est évidemment pas une simple diminution des taux de rendement industriel, elle exprime d’abord le mouvement dialectique spécifique à partir duquel le développement de la productivité capitalistique vient lui-même saper les conditions de reproduction historique de la production capitaliste elle-même…La baisse du taux de profit n’est pas une chute linéaire, c’est un mouvement dialectique tendanciel qui possède ses contre-effets… C’est uniquement sur le temps long qu’elle se réalise pleinement à mesure que le développement de la productivité établit les conditions de domination du spectacle de la marchandise totale. Cette conflictualité historique permanente entre le procès de valorisation et celui de la dé-valorisation se signale par l’immanquable mouvement chronique qui voit le Capital essayer de rattraper les conséquences de la baisse du taux de profit par l’augmentation incessante de sa masse qui à son tour précipite pourtant et toujours la baisse en question.

Dans le mode de production capitaliste, le temps de travail du prolétaire se décompose, d’abord, en temps de travail nécessaire et, ensuite, en temps de sur-travail. Le travail nécessaire est le travail que le prolétaire – quand il vend sa force de travail sur le marché de l’aliénation générale – exécute afin d’approvisionner la production et la reconduction de sa propre force de travail exploitée, autrement dit, le travail qu’il lui faut fournir pour pourvoir à ses besoins et se reproduire en tant que force sociale de production asservie. Le sur-travail est quant à lui, le mouvement du travail effectué au-delà de ce temps de travail nécessaire, c’est-à-dire accompli gratuitement à l’avantage de l’évolution impérative des lois de l’appropriation du Capital qui achète la force de travail dans l’intention d’en retirer ainsi une sur-valeur toujours plus grande.

Le mouvement historique du travail vivant se trouve, à un certain niveau de productivité, en capacité de créer et de faire circuler toujours plus de valeur qu’il ne lui en faut pour reproduire sa propre vie… C’est pourquoi évidemment le Capital de la modernité contemporaine qui achète la force de travail prolétarienne dans le but d’agrandir de façon persistante la valeur du capital fait du salaire relatif [mesure de l’écart existant entre le salaire et le profit généré], la base historique de toute compréhension révolutionnaire du réel réellement existant. Le spectacle capitaliste des moyens de production achète la force de travail à un niveau de valeur, invariablement inférieur à la valeur du travail total effectué. Le sur-travail est donc au jour d’aujourd’hui, cette réalité historique particulière du travail non payé retenu et soustrait par le mouvement autocratique de la détention anonyme fétichiste des moyens de production de la cybernétique marchande sous forme de temps de travail et de produit découlant du travail de ce temps. La fonction du travail productif est seulement, pour le capitaliste, de transférer la valeur du capital constant au produit final, et lui ajouter de la valeur.

Étant donné que le sur-travail est la différence entre le temps de travail effectué et le temps de travail nécessaire à la reproduction de la force de travail, il existe donc nécessairement deux manières d’amplifier le sur-travail et par là même, la plus-value. Le Capital peut soit – augmenter la part du temps de travail effectué qui donne naissance à ce sur-travail – soit -baisser le niveau de rémunération de la part du temps de travail nécessaire. On se situe alors sur le territoire historique de la plus-value absolue puisque ce qui est ici en jeu c’est uniquement l’élargissement de la grandeur absolue des séquences qui permettent d’augmenter le sur-travail… Le Capital peut aussi diminuer le temps de travail nécessaire à la reproduction de la force de travail. Il intervient alors au niveau de la plus-value relative car la durée de travail ici ne change pas, ce qui se modifie, c’est le rapport entre temps de travail nécessaire et temps de sur-travail qui change. L’optimisation de la plus-value relative réside dans l’amenuisement du temps de travail nécessaire à la production des moyens de subsistance des prolétaires et donc dans la majoration de la productivité du travail en général et en particulier dans les branches industrielles qui produisent les moyens de subsistance du prolétariat. L’augmentation de la plus-value relative demande donc prioritairement de modifier le procès de travail en bouleversant les conditions machiniques et sociales de sa reconduction toujours plus axée vers la domination réalisée du spectacle de la technologie marchande.

La plus value relative qui prend le pas sur la plus-value absolue en tant qu’elle exprime le temps advenu de la prépondérance du travail mort sur le travail vivant comme résultat historique de la hausse continue de la composition organique du Capital vient là signifier la marche en avant vers la crise totale du marché mondial qui doit être comprise comme la concentration réalisée de ce qui appert de la péréquation violente de toutes les contradictions de la baisse du taux de profit planétaire. Par cette dynamique, la crise de surproduction des marchandises n’est pas simplement une crise de sur-production de capital déterminée par le manque de débouchés sur le marché mondial mais – en dernière analyse – une crise de sur-production des rapports sociaux de la réification dans l’usine totale de la domination réelle devenue impossible…

En domination formelle, l’on avait le champ d’équations suivantes :

PL/V > PL/C+V

Ce qui voulait dire que le mouvement du taux de plus-value déterminait historiquement celui du taux de profit…

En domination réelle, l’on a le champ historique d’équations suivantes :

PL/C+V > PL/V

Ce qui veut dire que le mouvement du taux de profit détermine à présent celui du taux de plus-value …

A partir de l’entrée en domination réelle, le procès scientifique du travail mort tend à assumer la fonction essentielle dans la dialectique du procès de production des conditions générales du spectacle totalitaire de la réification…Le Capital n’a plus à liquider son antériorité puisqu’il l’a alors toute entière avalée.. Il n’est plus alors que sa propre puissance en contradiction directe et permanente avec elle-même et il unifie ainsi le monde par le jeu contradictoire qui le pose et l’oppose à lui-même dans la détermination valorisation/dé-valorisation qui recoupe la contradiction travail vivant/travail mort… Le Capital et l’État fusionnent dans le mouvement d’autonomisation de la dynamique universelle qui instaure la marchandise globale constituée en totalité conduite par sa propre loi irresponsable et autocratique, celle de la baisse du taux de profit et de son corollaire déterministe ; la saturation des marchés qui mettent en œuvre le processus global de la tyrannie démocratique du marché infini de toutes les actions humaines dirigées par l’être impersonnellement monstrueux de l’argent en mouvement perpétuel… Avec les débauches de crédit nécessaire qui dérivent des engorgements de plus en plus lourds des débouchés commerciaux inondés par la surproduction résultant de la masse exponentielle de profit nécessaire pour compenser la chute de plus en plus exorbitante du taux (PL/C+V), l’on assiste à une transformation qualitative éminente dans l’acte de reproduction historique de la valeur en mouvement. Le capital financier et bancaire sur-détermine de plus en plus le capital industriel et le travail improductif qui fait simplement circuler la valeur en la consommant prend de plus en plus le pas sur le travail productif qui, lui, est le seul à produire de la valeur.

La crise de 1968, au terme de la reconstruction alors terminée qui a suivi les gigantesques dévastations capitalistes de la seconde boucherie impérialiste a vu réapparaître la saturation du marché mondial et le mouvement du crédit généralisé s’est alors mis à intensivement reculer imaginairement les limites objectives du marché… Baisse du taux de profit, surproduction et sur-abondance de crédit disent la même chose…Le spectacle de la marchandise est à tous les niveaux l’expression de cette contradiction fondamentale entre le procès de valorisation et la tendance inévitable à la dévalorisation…

Toutefois, aucune des fuites en avant mises en œuvre sur le terrain de la modernité de la domination réelle de la valeur – durant les dernières décennies qui vont de 1968 à 2008 puis à 2018 n’ont pu effectivement résoudre la crise du Capital comme structure contradictoire à lui-même. Comme la vie sociale aliénatoire est médiatisée par le spectacle de l’argent et le diktat de la valeur d’échange, pour que l’objectivation de la marchandise fonctionne, il faut que le fonctionnement de la marchandise s’objective au travers de cette médiatisation. Il convient que puisse encore et toujours se déployer la substance de la valeur, qui est le quantum de temps de travail représenté dans chaque marchandise. Comme Marx n’a cessé de le dire et de le redire des Grundrisse au Capital, le mode de production de la chosification cosmopolite est un processus social contradictoire qui produit in-consciemment le mouvement de son propre effondrement. Au-delà de la saturation des marchés, et en fonction de la baisse du taux de profit qui voit la plus-value relative issue du mouvement technologique de la productivité générale du Capital, se présenter désormais comme la phagocytose advenue du travail vivant par le travail mort, la loi de l’augmentation de la composition organique met en conflit de plus en plus poussé l’extension de la production et la dialectique de valorisation. Ainsi, comme cela est bien posé dans toute la trame de la critique de l’économie politique, à tous points de vue, la loi de la baisse du taux de profit est bien la plus importante du devenir historique le plus moderne car elle est l’embasement de la crise historique généralisée qui investit le Capital dans sa totalité et qui s’étend dans la totalité de son espace-temps au fur et à mesure que la valorisation est étranglée par la dévalorisation et que le despotisme du Capital devient puissance auto-dévastatrice

L’utilisation intensive de techniques productives structurées sur la plus-value relative qui réduisent la part du travail humain de la plus-value absolue rend peu à peu impossible l’objectivation de la valeur, et compromet en conséquence le mouvement de reproduction de l’ensemble des médiations sociales de la matérialité aliénatoire. Le Coronavirus, véritable monstre capitaliste allégorique – en prolongement des catastrophes terroristes étatiques du gouvernement du spectacle mondial de la marchandise – vient donc désormais logiquement hanter quotidiennement la vie de l’ensemble de la population planétaire asservie à la loi fétichiste des démences de la baisse du taux de profit. Vivre aux dépens de l’avenir, c’est la loi du crédit chimérique intensif qui essaye désespérément de repousser les bornes du marché engorgé et cela n’est désormais plus possible. La temporalité sociale du fétichisme de la marchandise a atteint un moment crisique culminant où tout n’est plus que le présent continu de l’accélération historique de l’auto-destruction de la valeur.

Le problème est maintenant clairement visible…Les numéros illusionnistes des Banques centrales et la prestidigitation gouvernementaliste importeront peu, la crise catastrophique de la domination réelle de l’indistinction est à l’ordre du jour et évidemment elle ne sera pas la conséquence du Coronavirus puisqu’elle en est la cause en tant que ce dernier est indéniablement spectacle obligé de diversion et de camouflage… La quarantaine policière imposée par l’état d’exception est essentiellement la question de la fabrication étatique du consentement qui porte sur ce que les humains entendent faire de leurs vies à l’époque où la valeur – qui ne peut se passer du travail mort de la machinerie – affirme violemment et en même temps qu’elle ne peut plus coexister avec elle à ce point où leur opposition détruit le mouvement même de la valorisation. Depuis la crise des années 1968-70, le devenir du Capital a atteint une limite catégorique dans le mouvement de production industrielle de sa propre cristallisation, comme cela est expliqué longuement dans le texte Il y a 50 ans lorsque la contradiction fondamentale valorisation/ dévalorisation est entrée en domination réelle supérieure… Le passage à l’au-delà de cette date inaugurale de limite de validité a ensuite complètement enserré la société du fétichisme marchand dans des lendemains d’emprunt et de commande qui l’ont ainsi re-composée au préjudice même de l’objectivité de son avenir. Les cinq décennies qui ont suivi cette crise devenue ainsi permanente et qui nous ont mené au surgissement des Gilets Jaunes tel que ceci est formulé dans le texte Bilan et perspectives autour du mouvement des Gilets Jaunes,se sont présentées comme le passage dialectique à la complète prévalence de l’accumulation fictive de capital sur le développement de la totalité du cycle de la valeur par le biais des ingénieries automates du crédit monumental et de la spéculation déchaînée des marchés financiers. Ces cinquante années de contorsions monétaires et bancaires afin de faire comme si la marche vers l’auto-dissolution du marché n’aboutissait pas en fait au marché de sa propre auto-dissolution, n’auront rien pu faire d’autre que de bousculer encore davantage les échéances vers ce moment où le déploiement de la valeur devient sénescence de la valorisation de tous ses déploiements…

Le développement des forces productives de l’aliénation n’est donc, depuis 1968-70, plus rien d’autre qu’une imposante gymnastique de projection vers un futur improbable de masses de productions postiches que le présent irrémédiablement bloqué dans le travail mort ne peut plus réaliser en tant que valorisation de vraie valeur et qu’il doit donc déménager dans de volumineuses ostentations d’endettement incalculable… En d’autres termes, la mesure de la société moderne de la domination réalisée, productrice de la marchandise totale, à savoir, le temps de travail exploité, s’est auto-abrogée par le sur-développement technologique propre à la dialectique de la baisse du taux de profit qui est la dynamique même de son développement. Le présent aberrant qui jaillit de cette irrationalité rationnelle est le procès effectif d’une survenance bien particulière, celle de l’accélération de la destruction de la valeur comme lien social de généralisation de la production de la réification et donc de son autodestruction en tant que la valeur tue là la valeur – expression déterministe du travail général abstrait comme seule équivalence possible à tous les besoins de la tyrannie du solvable. Comme chaque marchandise individuelle contient moins de valeur, puisqu’elle résulte d’une production réalisée par un appareil technique de cristallisation toujours plus poussé qui n’emploie plus, que de manière décroissante, le travail immédiat, qui est la seule source de production réelle de plus-value, il est désormais requis de produire des quantités faramineuses de marchandises pour continuer à parodier la création de valeur valorisable.

Toutefois, comme aucune fuite en avant dans la mise en œuvre de transferts allégoriques sur le terrain du capital fictif n’a pu concrètement résoudre la crise de sur-accumulation du Capital, l’ensemble de la vie sociale médiatisée par l’argent et les marchandises est en train de buter sur sa propre reproduction puisque l’abstraction de l’activité historique qui fonde la réalité des rapports entre les hommes pour que ces rapports soient reconduits, sur le principe de cette objectivation fonctionnant, n’arrive plus à se manifester en réalité. Il faudrait encore et toujours plus créer de la substance de valeur laquelle s’identifie au quantum historique de temps de travail exploité représenté dans chaque marchandise alors même que le renversement introduit par le passage à la domination réelle ( inférieure ) en 1914 puis supérieure à compter de 1968 a mis le travail général abstrait devenu maître absolu de la totalité mondiale du spectacle marchand, dans la situation impossible de pouvoir assumer la réalisation générale du travail de cette abstraction… Comme la critique de l’économie politique, seule et elle-seule, a su le voir, le dé-chiffrer et l’annoncer, contre toutes les fadaises réformistes de la simple économie politique critique, le capitalisme est bien l’histoire d’un processus social contradictoire qui produit inconsciemment et inéluctablement son propre effondrement.

Sans l’économie terroriste de guerre sanitaire, le capital fictif, déjà abondant dans cette phase empressée du capitalisme de la domination réelle de la valeur, aurait en s’asphyxiant, étouffé la continuité du système de la réification.

La période de domination réelle de l’indistinction est celle de l’effondrement du procès de valorisation lequel n’a pas cessé de se dissimuler derrière le rideau bancaire des mirages de l’endettement. En fin de phase de reconstruction, les sollicitations de remboursements en or des multiples quantités de dollars excédentaires qui se sont répandues sur le monde depuis 1945 commencent à s’exacerber. Washington ne peut accepter de voir ainsi s’échapper son encaisse-or. L’impérialisme américain décide donc de suspendre la convertibilité du dollar en métal précieux au mois d’août 1971. Dès lors, le système des taux de change fixes expire définitivement l’année suivante avec l’adoption du régime des changes flottants lesquels s’établissent désormais en fonction des seules forces et variations du marché. Ainsi, à force de payer à crédit, tout le présent finit par s’acheter en extrapolation future et donc en argent seulement supposé… Ce qui se réalise là, c’est la dématérialisation monétaire telle que prévue par Marx ; l’argent qui accélère constamment son cycle en va jusqu’à se dématérialiser en tant que simple marchandise générale des échanges de l’irréalitéIl n’y a plus d’équivalent réel, ce qui passe de banque en banque, c’est un équivalent général abstrait féerique tout entier assis sur la crise incoercible de la baisse du taux de profit… Pour valider ce mouvement irrésistible d’une émission planétaire d’argent sans valeur qui a vu la fin des accords de Breton-Woods, l’ensemble de l’activité des banques centrales des États-Unis et d’Europe ont dû ordonnancer l’accumulation capitaliste à partir d’une systématisation financière qui a ainsi arraisonné toute la sphère de production. C’est ce mécanisme de financiarisation à outrance qui en héritant de la dynamique de l’économie de guerre toujours davantage endettée telle que la première boucherie impérialiste mondiale le généralisa, structure la guerre commerciale contemporaine et ce alors même que la guerre militaire classique universelle n’a jamais reparu depuis 1945 puisque l’Europe seule puissance rivale de haute technologie globale des USA leur est vassale après cette date au travers de multiples processus d’infiltration et de neutralisation via la CIA, l’OTAN, et sa Communauté économique européenne… Cette contradiction dialectique propre à une économie de crise sans fin qui reproduit l’ivresse financière de l’économie de guerre se mouvant néanmoins sans guerre généralisée, comme ce fut les cas des deux grandes hécatombes mondiales, marque la limite atteinte par le système universel du fétichisme de la marchandise… Du coup, cela démontre pleinement l’importance stratégique de toutes les fantasmagories idéologiques utilisées afin de légitimer l’état de guerre et d’exception que la crise généralisée du taux de profit promeut aujourd’hui…

L’écroulement étatiquement organisé des tours emblématiques du World Trade Center n’était qu’une répétition générale… Les exigences de la pandémie onirique et légendaire sont du même ordre mais évidemment d’un degré supérieur correspondant à la marche générale et redoublée de la saturation actuelle du marché mondial…Les exigences étatiques de quarantaines planifiées sous la forme de lois d’exception, visent à encelluler les consciences de telle sorte que les prévisions d’effondrement du taux de profit général et l’écroulement du PIB mondial qui va s’en déduire et qui étaient déjà parfaitement prévisibles en 2019 soient enrobés et dissimulés et ainsi présentés comme simple contrecoup accidentel du virus… Le cinéma de la lutte étatique contre la pandémie chimérique de longue durée est partie intégrante du processus d’impossibilisation de la valorisation du capital qui allait obligatoirement se produire comme paralysie de l’industrie productrice de marchandises et qui a donc nécessité justement d’obscurcir, d’abriter et de recouvrir la ruine imminente qui se préparait dans tous les pays du cœur géo-politique du système capitaliste mondial…

La mise en jachère de tous les secteurs saturés du spectacle de la marchandise était la seule solution possible pour tenter de dissoudre les milliards de milliards de dollars qui ont alimenté le scénario de la fiction des 50 dernières années. Le seul problème c’est que si le niveau atteint par la baisse du taux de profit n’a pas encore touché le seuil de la crise finale, il est toutefois en train d’atteindre celui qui rend impraticable une recomposition nouvelle et durable… On voit donc mal comment de nouveaux milliards de milliards de dollars créés sur le terrain d’un système de monnaie de singe universalisée à un rythme démentiel pourrait tenir étant donné qu’il s’exclut ainsi et par avance de tout futur historique vraisemblable… Tenter de faire obstacle à l’affaissement en produisant les conditions d’un krach comme l’histoire n’en a jamais rencontré, telle est finalement la seule porte de sortie pour le Capital et cette ouverture se présente là comme une fermeture qui pourrait être définitive car elle le mène invariablement et évidemment à ce point dialectique où ce qui paraît seul possible du point de vue de l’immédiateté peut devenir mortel dans la perspective des déterminations d’ensemble.

Il y a peu de doute quant à savoir si ces efforts redoublés de fictivité monétaire reconduite peuvent véritablement prolonger longtemps l’agonie du fétichisme de la marchandise. La constitution pathologique de nouvelles boursouflures financières indénombrables comme ce fut le cas au moment de l’éclatement de la bulle immobilière de la décennie passée est finalement aussi une ruse de la raison au sens hégélien du terme. C’est une opération de vraie fausse conscience puisque la machinerie capitaliste est un automate aliénatoire d’anti-conscience historique et de stricte impulsion machinale dont l’ensemble des opérations automatiques contient toujours l’inconvénient de reporter sur lui-même ce que justement il devrait s’employer à repousser… C’est d’ailleurs pourquoi, la crise terminale qui exprime le procès de caducité du spectacle de la marchandise s’énonce avant tout comme le moment historique de son auto-négation pleine et entière…

La crise sanitaire est l’auto-organisation capitaliste du gardiennage informatique global qui vient s’agréger à la crise de la valeur déjà devenue présence de toutes les contradictions historiques et faire ainsi sur-représentation exhibitionniste de l’ingénierie sociale nécessaire à toutes les combinaisons de la crise de la valeur d’échange … La science est l’incarcération de toutes les qualités humaines dans le camp de concentration du monde des objets de la quantité reproductible qui n’a pas d’autre objectif que la chosification contrôlée du vivant. La séparation est ce par quoi se fonde l’unité fétichiste du monde de la marchandise qui asservit la réalité à ses représentations et le confinement n’en est que la dimension la plus extrémiste à ce moment où toute relation sociale est en-fermée dans la narration exclusiviste du spectacle aliénatoire qui fait ainsi du discours étatique de la domination la seule réalité percevable pour l’ensemble des dominés… Le spectacle totalitaire de la marchandise en tant que surveillance numérique universalisée a donc accouché naturellement du Coronavirus qui est l’accoutrement sournois d’un marasme économique faramineux que la dictature démocratique du capitalisme universel essaye désespérément d’escamoter et d’amoindrir par l’injection désespérée de nouveaux milliards de nouvelle fausse monnaie… Cela ne manquera pas ainsi de venir interférer avec le rapport de production des décombres financiers précédents dans un système financier mondial tellement hypertrophié que cela ne pourrait qu’entraîner une sensationnelle précipitation de dévalorisation et donc un krach irréversible. C’est là le terrible danger qui se dissimule au cœur de la crise actuelle : la faillite visible et prononcée de l’inextinguible amoncèlement des dettes mondiale qui occasionnerait alors un véritable sabordage de l’économie politique. La classe capitaliste mondiale s’en est parfaitement rendue compte, c’est pourquoi les vannes de la Réserve fédérale et de la Banque centrale européenne sont désormais ouvertes de façon paroxystique mais le feu du nouveau crédit qu’elles vont ainsi déverser sur l’explosif risque de réserver d’éminentes surprises inflammables

Le taux d’intérêt c’est le loyer aliénatoire de l’argent. Selon la logique du mouvement de la valeur, un taux d’intérêt ne peut évidemment qu’être positif… Toutefois, l’on a pu voir apparaître fin 2019 dans les pays où la crise du taux de profit est la plus développée des taux d’intérêt négatifs. Comment expliquer un tel niveau d’auto-négation du mouvement des taux du crédit qui semble conduire tout bonnement à l’insanité financière ? La raison qui a mené les taux en question à devenir négatifs est simple et c’est bien entendu le niveau désormais touché par la baisse du taux de profit mondial et évidemment le niveau de crédit chimérique redondant qui en résulte depuis la survenue de la crise des années 1970… C’est après la crise financière de 2008 que la baisse des taux s’est amorcée. À cette époque, les banques centrales ont dû abaisser leurs taux directeurs de manière à essayer de stimuler le mouvement des investissements. Cependant cette technique de politique monétaire habituelle face à une stagnation classique a en la circonstance été totalement inefficace puisqu’au regard du seuil de saturation du marché international, cela n’a pu relancer la croissance et quand les taux sont finalement parvenus à 0 %, les banques centrales se sont retrouvées dans une impasse totalement inédite. En effet, en faisant entrer les taux dans l’espace du rendement négatif, le Capital venait d’initier une démarche financière totalement nouvelle qui ne peut se comprendre qu’au regard de la crise de la valorisation en domination réelle supérieure. Il avouait ainsi que le mouvement de la valorisation était tout entier dévoré par celui de la dé-valorisation et que la réalité de toute l’économie devenue de plus en plus hypothétique avait fini par hypothéquer réellement l’économie en tant que telle…

Les banques centrales ont mis en place des mesures qualifiées de non-conventionnelles en raison du fait qu’elles contredisaient là toute l’histoire bancaire encore reliée à la réalité traditionnelle de l’équivalent-général abstrait monétaire. Elles ont ainsi lancé de considérables programmes d’acquisition d’actifs des banques en difficulté de manière à leur permettre de faire descendre les taux d’intérêt des obligations. Puis en rachetant massivement des obligations d’État ou d’entreprises, les banques centrales en ont fait artificiellement grimper le cours et donc descendre le taux d’intérêt du fait que selon la dialectique générale de la valeur, les cours et les taux se meuvent en sens inverse. En effet, pour apprécier la valeur d’une obligation, il est indispensable d’actualiser les flux futurs par le taux d’intérêt puisque le taux se place au dénominateur. Ainsi, si le taux baisse, le dénominateur est plus bas, donc la valeur de l’obligation croît… Enfin, les banques centrales ont instauré des taux de dépôt négatifs à destination des établissements bancaires qui possédant un compte de réserves auprès d’elles, se sont vues encouragées à apporter encore plus d’argent virtuel à l’économie de la virtualité. En plus des taux de dépôts, les taux souverains (c’est-à-dire ceux se rapportant aux emprunts d’État) sont également devenus négatifs. Ce mouvement historique du capital fictif qui tente de se sauver en capitalisant à outrance le fictif est bien sûr une impasse mais c’est le seul lieu de passage qui reste aux derniers restes du mode de production capitaliste imaginaire C’est la conséquence du rachat compulsif d’actifs par les banques centrales qui n’avaient plus qu’un but : faire baisser les taux à tout prix, de façon à alléger la charge explosive de la soif d’emprunt. Concomitamment, la dynamique des investissements a pu se reporter sur les obligations à taux négatifs, ce qui semble tout à fait paradoxal si l’on ne voit pas que c’est là le strict produit logique des injonctions de la dévalorisation contemporaine… L’anticipation furibonde d’une hausse future des cours devient le dernier lot de consolation. En effet, si les taux continuent de baisser, le prix des obligations augmente encore davantage. Ce que les mouvements de l’investissement perdent sur les taux tente donc d’être gagné sur les variations de la valeur de l’obligation. C’est l’écroulement annoncé de la production de la valeur d’échange qui annihile la valeur d’échange…

C’est la dynamique crisique des taux négatifs qui a rendu nécessaire le Coronavirus fantasmagorique qui avait justement pour fonction que l’on ne puisse voir l’ampleur dévastatrice de ce qui arrivait et qu’il devait donc draper et éclipser… C’est la phase mourante de la domination réelle totale qui a produit le passage obligé de 2019 à 2020 en tant que processus historique du spectacle de la mégapole informatisée qui ne parvient plus à régler l’espace-temps dans lequel se produit la marchandise et le besoin essentiel de cette dernière ; les conditions de réalisation omnipotente de la plus-value relative. Pour saisir l’ampleur de cette réalité, il ne faut jamais oublier que le spectacle du Capital n’est pas une chose mais un rapport social de production aliénatoire déterminé… Ainsi, le taux de plus-value (PL/V) ne mesure pas seulement le rapport dialectique entre le temps de travail non payé et le temps de travail payé mais d’abord le rapport ontologique de la complexité domesticatoire entre les hommes : le taux d’exploitation qui fixe la matérialité concrète entre la vie érotique du désir humain générique et la violence thanatique du mouvement général de l’asservissement… L’augmentation du taux de plus-value dans le devenir du mode de production capitaliste n’est pas qu’accroissement de l’exploitation, il est approfondissement de l’antagonisme Prolétariat/ classe capitaliste et donc aiguisement historique de la contradiction existentielle entre Être et Avoir…La composition organique ( C/V ) n’est pas simplement un rapport quantitatif entre la machinerie technologique et les hommes exploités, c’est en premier lieu, l’expression historique des relations de domination de la machine de mort du Capital sur l’homme-force de vie enchaînée au travail. Sa hausse est donc immédiatement le mouvement de croissance/expansion du despotisme toujours plus réalisée de cette domination vers son auto-dépérissement. La baisse du taux de profit n’est pas seulement un indice numérique de la décroissance du gain capitalistique, c’est le signe de la perte de capacité historique du développement du spectacle de la formation sociale marchande tout entière. C’est la mesure capitaliste du décès du Capital lui-même laquelle ne correspond nullement à une certaine valeur quantitative puisque la mesure de sa mort est fondamentalement qualitative… La production capitaliste devient impossible, non pas parce que la valeur d’échange tend vers une zéro mathématique mais parce que le développement valorisation/dévalorisation voit dialectiquement le devenir de son auto-présupposition annihiler l’auto-présupposition de son devenir…

Les taux négatifs qui ont conduit le rapport monétaire cybernétique de la valeur fictive à créer le fétichisme spectaculaire du Coronavirus dessinent la temporalité en mouvement de la crise générale historique parce que la matière sociale globale produite par le mode de production de l’usine totale de la domination réelle accomplie a atteint sa masse qualitative critique rendant toute nouvelle croissance obligatoirement fallacieuse, destructrice et ingérable… Le caractère absolument irréductible du lien dialectique taux négatifs <=> Mythe du Coronavirus exprime le mouvement en déluge de la formation marchande spectaculaire et les limites toujours plus étroites de la logique de la plus-value relative qui imposent alors la nécessité d’anéantir des parts exponentielles de la matière sociale afin de produire des contre-tendances à la crise du taux de profit. Mais là les contre-tendances dont use la cybernétique de l’automatisme du Capital ne font en dernier ressort qu’exalter ce qu’elles devaient atténuer. Ainsi que Marx nous l’explique dans le Livre III, Troisième section du Capital, dans tous les cas de mise en friche, la destruction de capitaux plus ou moins importants aboutit ultérieurement à une confusion encore plus aggravée au sein du système des contradictions de la valeur et donc à des effondrements inévitables du système de crédit lui-même…

L’arrêt de la production qui résulte de la reproduction marchande des taux négatifs transmuté dans le fétichisme socio-biologique de la schizophrénie mégapolitaine mondiale qui a fomenté le Coronavirus en tant qu’hallucination policière de masse aboutira évidemment au contraire de ce qui était envisagé…

La violence du fétichisme de la marchandise va se retourner contre elle-même en auto-destruction des fétiches eux-mêmes sous la forme d’une crise encore plus violente et plus aiguë, à des dévalorisa­tions soudaines forcées et à la paralysie effective du processus de reproduction et, par suite, au déclin total de la repro­duction…

La suite des événements renvoie à ce simple constat suivant : le gouvernement anonyme et impersonnel du spectacle mondial de l’indistinction comme chaos terroriste de l’ingénierie sociale de la crise du taux de profit n’a plus désormais après le terrorisme étatique militaire et sanitaire qu’une seule dernière carte ; celle de la grande crise cybernétique du virus informatique qui bouclerait alors la planète dans la relégation de l’ensorcellement d’un Internet réduit à la seule version étatique des événements de la crise de surproduction capitaliste, constamment retardée, embuée et obscurcie pour, tout compte fait, et quand même sans cesse revenir plus accentuée… Ainsi, quoi qu’elle fasse, la mégapole de la domination réelle supérieure est bien l’usine totale de la plus-value relative de plus en plus im-matérialisable, du crédit inconcevable, de la dette inexécutable, de la banque insoutenable, de la monnaie inextricable, de la valorisation in-naccessible et de la crise universelle irréfragable… C’est là le langage universel de l’automate Capital qui a perdu toute capacité de pouvoir activer ses codes, ses informations et ses normes car l’usine mégapolitaine de la marchandise absolutiste achoppe irréparablement sur sa propre formation sociale puisque sa domination réelle totale in-firme pour l’avenir la totalité de la réalité de sa domination… Ainsi, dans cette phase de crise historique généralisée qui vient clore la décadence du Capital déclenchée en 1914, le fétichisme de la marchandise qui ne peut plus rien maîtriser de la vie, ne peut se mettre qu’à l’irresponsable production robotique illimitée de la mort mais celle-ci par re-bondissement et répercussion dialectique le pousse ainsi à sa propre auto-annulation…

Notre temps est celui de la crise de la valorisation intensive qui détermine la totalité de l’espace du travail mort dominant et la conduite même du processus de crédit généralisé au travers du passage de la dette rampante à la dette cumulative. En permanence, le processus d’endettement est une course à la productivité qui repose – en fonction du mouvement de la baisse du taux de profit – sur la disjonction grandissante entre crédit, investissement et niveau de valorisation du capital. Le crédit chimérique généralisé atteste bien d’une crise de la valorisation intensive qui est crise intensive de la valorisation en ce que tout le processus impliqué se voit là déterminé par le rapport contradictoire entre le cheminement de la productivité et celui de la valorisation. Cette réalité profonde de la domination réelle de la valeur implique donc que dès l’origine l’accroissement de la productivité est devenu la dynamique dominante de l’accroissement de la contradiction valorisation/dévalorisation…À ce titre, elle est donc et structurellement la manifestation de l’échec de toutes les contre-tendances à la baisse du taux de profit, ce qui marque le passage dialectique vers l’irréversibilité de la syncope auto-destructive.

La détermination qui relie la course à la productivité, la recherche de plus-value, la fièvre de sur-profit et la dévalorisation générale se situe, en période de crise de la plus-value relative – dans la sphère centrale du crédit central de l’indistinction. Chaque espace capitaliste a là un besoin inextinguible de crédit que ce soit pour financer les investissements nécessaires, pour maintenir sa position concurrentielle ou pour acheter les marchandises matérielles et humaines nécessaires à la production de sa reproduction. C’est là qu’il convient de remarquer que ni la recherche d’un accroissement de productivité, ni le crédit ne sont en eux-mêmes producteurs de capital fictif. C’est la domination réelle et surtout sa phase supérieure qui font du crédit cette bombe à retardement qui – visant à compenser les tares congénitales de l’extraction de plus-value relative – en viennent à réaliser le moment principal de la plus-value relative irréalisable. Le crédit repose sur une anticipation de la plus-value à venir, et si celle-ci est effectivement produite, l’augmentation de la masse monétaire qu’il a occasionnée est justifiée. Le crédit ne se présente comme la cause de capital illusoire que lorsque la formation capitalistique qu’il est amené à mettre en mouvement ne conduit plus à une augmentation suffisante de la productivité, ce qui devient la rigidité substantielle du procès de production-reproduction de la domination réelle totale.

Mais, c’est alors bien sûr la formation du Capital elle-même qui est fictivante car elle est alors plus rapide que le surgissement du Capital qui accompagne la hausse de la productivité, de sorte qu’une partie du Capital nouveau ne peut jamais correspondre à aucune valeur existante réelle. Ceci revient à dire que l’augmentation du sur-travail est trop lente par rapport au développement des forces productives nécessaires pour l’obtention du profit croissant à nécessairement faire surgir pour que se valorise le procès de valorisation. Il faut alors que la sur-croissance de valeur exigée provienne de la sphère monétaire… Les crédits d’une première phase n’ayant pas donné l’augmentation de productivité escomptée, le déficit doit être couvert par un nouveau crédit. Il y a ainsi accumulation de dettes et ce sont ces créances sur l’économie qui, du côté des sources émettrices de monnaie constituent de plus en plus la contrepartie de la masse monétaire, c’est de cette façon que s’établissent les structures d’endettement instables et que la dynamique de la fictivation redoublée devient cumulative.

Naturellement, tout ce système artificiel d’extension forcée du processus de reproduction – comme le montrent en particulier les Livres III et IV du Capital – est un processus de reproduction d’extension forcée des camouflages de la plus-value relative qui ne cesse de dissimuler – en artificialité systémique – qu’elle ne peut plus répéter le devenir de son renouvellement à mesure que le rapport social de la production de ses déterminations se détermine comme anti-production du rapport social de sa mesure indistincte… Dans une telle cybernétique sociale de crédit où l’ensemble de la matière économique devient fétiche, idolâtrie, talisman et artificialité, tout peut doubler et tripler, et se changer en chimère, fumée, fantôme et songerie sans restriction… La question fondamentale qui se pose maintenant est donc de savoir à quel point la récession qui vient sera pire que l’intense décomposition qui a suivi 2008. À l’époque, l’économie mondiale avait fait régression dans une importante reculade suite à l’éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis puis dans l’Union européenne bruxelliste… L’économie n’avait pu repartir que grâce à un programme de création bancaire gigantesque et une injection étatique massive de liquidités. Mais cette fois le problème essentiel provient du brusque écroulement rapide de la demande générale, de l’arrêt de la quasi-totalité de la production et de l’interruption des liaisons d’approvisionnement global et ce dans des proportions telles que cela ne pourra que provoquer une contraction historique explosive sans précédent du Produit Intérieur Brut et de l’exploitation salariale dans l’ensemble des centres de reproduction du système mondial.

Le synopsis de la débâcle du machinisme du travail mort est manifestement là dans toute la logique de son rapport social déterministe ; chute formidable de la production, ébranlement bancaire effarant, crise pétrolière inusitée et imposant écroulement de la demande de toutes les matières premières, explosion tonitruante du chômage…Le cours boursier des principales banques va s’effondrer et produire une déflagration … Depuis 1945, jamais le PIB mondial n’était tombé au niveau où il va se rendre avec une dégringolade envisageable de plus de 10 trillons, c’est-à-dire de plus de 10 000 milliards de dollars… L’économie française va certainement reculer de bien plus de 10 %, les déficits budgétaires vont partout continuer de gonfler et le ratio Dette/PIB dépassera certainement en moyenne mondiale les 120 %… Le spectacle moderne de la baisse intensive du taux de profit se dévoile ainsi en toute son essence : la souveraineté autocratique de la falsification marchande ne peut rien devenir d’autre que sa propre auto-décomposition. Elle est certes parvenue à la domination absolue par l’usine globale planétaire de l’indistinction universelle mais en accédant ainsi à un statut d’omnipotence anonyme et inconsciente, cette réalité monstrueuse de froideur technologique qui duplique le gouvernementalisme totalitaire de la plus-value relative ne peut plus se dénouer qu’en agencement du règne ultime de la véritable limite de la production capitaliste ; l’illimitation du Capital lui-même…

Le mouvement de l’économie du monde est partout devenu l’univers du monde de l’économie à mesure que se réalisait la totale domination du règne de la quantité qui a tout absorbé…Et la crise générale historique qui se dessine en tant que phase dernière de cette absorption est en train d’investir le capitalisme mondial dans sa totalité étant donné que l’accumulation du Capital ne peut plus être autre chose que l’accumulation des conditions d’auto-négation de la valeur d’échange elle-même… La baisse du taux de profit n’est pas un modèle de gravitation statique ou mécanique qui ferait s’affaler le Capital dans un énorme gadin d’écrasement et de pesanteur, c’est un rapport historique de qualité contradictoire qui renvoie au processus historique du devenir global des rapports sociaux mondiaux de l’indistinction… C’est donc l’expression d’une dialectique déterministe des propriétés de la vie aliénatoire elle-même en tant que la baisse du taux de profit n’est point un paramètre industriel ou boursier mais la manifestation générique de la relation d’oppression de l’usine robotique planétaire sur l’être de l’homme entièrement corvéabiliséCette baisse du taux de profit qui fait connaître – par-delà la gratification capitalistique envisageable ou pas – la dégradation de l’aptitude du rapport social fétichiste à se renouveler, ne se traduit pas par le fait que l’auto-écroulement réel de la valeur d’échange serait une poussée mathématique particulière mais – à l’inverse – la mesure historique de la mort existentielle de l’emprisonnement social puisque la domination réelle totale de la réification a rejoint le point historique déterministe où toute expansion ultérieure deviendrait nécessairement processus d’auto-destruction

La loi de la baisse du taux de profit produit certes des contre-tendances – sur le terrain de réagencements commerciaux, industriels ou salariaux – qui permettent de retarder le procès de caducité du mode de production capitaliste mais là, il faut bien saisir que les contre-tendances en question ne sont pas des paramètres survenant de l’extérieur de la loi elle- même, mais des constituants propres à la dialectique historique de la loi en tant que telle… Ce sont les chevilles de conjugaison qui fondent la dialectique de la crise toujours et nécessairement aggravée… Il n’existe plus rien désormais, dans l’histoire, la culture, la nature et la vie, qui n’ait été arraisonné, approprié et pollué, suivant les modes, techniques et intérêts des lois de valorisation de l’industrie du profit généralisé. Comme le montre Marx dans le VI °chapitre inédit du Capital, la science est enfin devenue pleinement elle-même en tant que puissance la plus déployée de toutes les forces dominantes de la société du faux omni-présent, dans le cadre absolutiste de la domination de la baisse du taux de profit intarissable…Les vaines conversations sur le spectacle du Coronavirus, c’est-à-dire sur les charlatanismes et leurres épidémiques que fabriquent les vautours du monde capitaliste sont ainsi combinées par eux-mêmes et les réformistes de tout poil s’obstinent à bavarder sur les inefficacités et incuries de ce spectacle afin de mieux dissimuler l’enjeu révolutionnaire de ses trucages et fantasmagories fondatrices.

Le gouvernement du spectacle mondial de la baisse du taux de profit qui dans le temps présent de la domination totale de la marchandise possède tous les moyens de fausser et défigurer l’ensemble de la reproduction sociale nécessaire est devenu le lieu de maîtrise absolu des sensations, des émotions et des affolements par lesquels se perpétue le contrôle de l’avenir. La crise généralisée du Capital règne ainsi seule et partout en imposant pour sa survie, le contrôle social de masse du terrorisme sanitaire… La société moderniste la plus accomplie de la domination réelle de l’indistinction est parvenue à ce point où le spectaculaire démocratique totalitaire s’unifie dialectiquement en l’extension technologique ininterrompue de la science de la domination… Ceci par le permanent fusionnement économico-étatique de la loi absolutiste de la valeur, le secret généralisé du fétichisme de la marchandise, le faux désormais partout devenu dogme obligatoire de toutes les vérités officielles de l’indistinction – devenues interdites de tout débat véritable dans le présent continu de l’esclavage infini…

Le mensonge généralisé se tient derrière le spectacle du Coronavirus, comme le couronnement incontestable de ce qu’il affiche mais, si l’on fouille correctement au fond du mouvement réel de l’histoire afin de surprendre la plus importante manigance de ce qui se cache, l’on rencontre bien sûr l’état d’urgence sanitaire indéfiniment prolongé qui vient accomplir ici l’état d’urgence pour terrorisme… À travers la voix de toutes les entités supérieures de la classe capitaliste mondiale, on a compris que l’on avait atteint un niveau jusqu’alors jamais abordé de grégarisme, de conformisme, de docilité, d’ignorance et d’in-intelligence imposée à des masses géo-localisées, universellement fichées dans un traçage partout mis en marche pour lobotomiser les consciences, embrigader les perceptions dans la crise du taux de profit du monde fétichiste des marchandises de la dictature numérique et médicale …

 À un premier niveau, on peut être surpris de l’apparente docilité du prolétariat face aux restrictions sans précédent qui sont imposées à son quotidien, le plaçant de facto en résidence surveillée sous la garde des forces médiatiques, médicinales et policières de l’ordre de la répression capitaliste, à coups de menaces, d’amendes et de peines de prison en cas de récidive.

Le prolétaire si récalcitrant de l’histoire de France – en éclaireur du Prolétariat européen, lui-même annonciateur du prolétariat universel – dont nous parlent Marx et Engels dans la Nouvelle Gazette rhénane est certes réputé rétif et allergique aux contraintes de la normalisation sociale mais en même temps et après le reflux du mouvement des Gilets Jaunes, il ne pouvait pas être autre que ce qu’il fut et que ce qu’il est Entre les tensions historiques d’hier et celles de demain, entre la crise de la réalisation de la plus-value relative ébauchée et sa formalisation parachevée qui travaille à se pleinement réaliser, il existe une distance logique qui mène historiquement de la matérialisation de la crise de la domination réelle totale à la crise de la totalité réalisée de la domination devenue positivement im-matérialisable… C’est pourquoi derrière l’apparence des fauxsemblants qui nous enferment dans le fatalisme du consentement et de la dépendance résignée aux croyances, maximes et catéchisme de la loi de la valeur et au bon vouloir de son administration pénitenciaire qui nous claquemure pour contenir le virus mythologique – et donc de fait enrayer la lutte de classe prolétaire réelle – il faut sentir venir et bien venir la puissante, redoutable et pénétrante colère qui va débouler devant l’indécence, les malversations et l’inconvenance des autorités du fétichisme de la marchandise qui ont échafaudé une telle pandémie funambulesque et désopilante…

Il n’y a pas de rupture de continuité entre la lutte de classe réformiste telle qu’elle est le développement modernisateur encore possible du Capital et la révolution telle qu’elle est la production du communisme lorsque la dite modernisation a terminé son cours lorsque le possible de la modernisation se fait alors impossibilité définitive… Il s’agit simplement – en fonction de la crise du taux de profit pleinement formalisée jusqu’au point ultime de sa forme historique – d’une transformation dialectique du rapport déterministe entre les classes qui rend la révolution communiste vraisemblable quand le mouvement de la valorisation capitaliste est, lui, enfin devenu invraisemblable et que dès lors le capitalisme en tant que nécessité de son in-faisabilité produit là la faisabilité de la nécessité du communisme…

La contradiction entre le Prolétariat et le Capital a un nom et ce nom se nomme exploitation et il exprime le mouvement de leur reproduction réciproque tout en portant simultanément – en fonction de la crise terminale de la cybernétique du spectacle social de la plus-value relative – la nécessité de son dépassement. Cette contradiction entre le Prolétariat et le Capital est le développement déterministe du Capital et elle ne peut revêtir une forme révolutionnaire anti-capitaliste – à un moment donné – que parce qu’elle n’est rien d’autre là que la formalisation ultime de la dynamique déterministe de leur propre impossibilisation réciproque quand les conditions schizo-mégapolitaines de la domination réelle de la valeur aboutissent à l’auto-dissolution de la réalité de la valeur dominante…

Les crises du marché mondial fétichiste doivent être comprises comme la dialectique de la concentration réelle et la péréquation violente de toutes les contradictions de l’économie politique. La révolution communiste est le dernier acte de l’histoire déclenché par le Capital parvenu au terme de son devenir quand les contradictions de cette péréquation réalisent leur concentration maximale… C’est une action née de l’auto-abolition du Capital en un processus déjà au-delà de la crise terminale du Capital rendant enfin faisable l’auto-réalisation de l’être humain du Prolétariat – transcendant à la fois sa situation de classe et le spectacle de l’économie politique tout entier. La révolution communiste est le véritable aboutissement du rapport contradictoire entre les classes dans le mode de production capitaliste dès lors que celui-ci ne peut plus historiquement produire sa propre reproduction. La crise finale de la marchandise mondialiste consiste, selon le développement même des contradictions du Capital, dans le rapport de l’auto-négation du prolétariat au Capital et vice–versa, comme à un prolégomène nécessaire d’un mode nouveau de production de la vie humaine. C’est alors une situation dans laquelle le rapport entre les classes, dans le mode de production capitaliste, est production consciente de l’immédiateté émancipée de la communauté générique : le communisme.

Quand on parle de surproduction de Capital, il ne s’agit pas seulement de surproduction de marchandises mais fondamentalement d’une sur-production de moyens de production et de reproduction en tant que leur mouvement d’ensemble peut précisément travailler comme capital pour l’unité mondiale de la substance Capital…Le procès d’accumulation capitaliste est l’auto-effectuation continue de l’augmentation sociale de la composition organique du Capital. Ainsi, avec l’amplification toujours reconduite de la diminution du taux de profit général, le mouvement qui précise la détermination historique générale de la plus-value ( PL ) mondiale augmente toujours moins vite que celui qui joint le capital matériel ( C ) et le capital humain ( V ) avancés … C’est la raison pour laquelle le développement historique des forces productives du spectacle marchand parvient obligatoirement à un certain point dialectique où le procès contradictoire valorisation/dévalorisation se montre être celui de cette nécessité si particulière où la rencontre plus-value absolue/plus-value relative ne parvient plus à se mettre en mouvement de pertinence… La masse de la plus-value sociale de l’usine totale de la domination réelle de la valeur rendue à son stade supérieur total ne parvient plus à supporter le poids contradictoire qui lui vient de son rapport au capital universellement accumulé. De cette façon, la masse mondiale de plus-value est mise en situation de ne plus pouvoir valoriser la base productive de la mégapole planétaire de la valeur d’échange à partir de quoi la dialectique de l’accumulation peut poursuivre son procès de nécessaire reproduction élargie. L’accumulation ne peut que s’interrompre sauf à s’esquiver massivement dans la dette immense et filandreuse qui ainsi s’exagère indéfiniment depuis les années 1970 et encore bien davantage depuis l’exaltation de 2008 … Le Capital n’a pas cessé de tenter d’ensevelir cette incompatibilité qui sans discontinuer rappelait pourtant avec véhémence que plus-value relative et plus-value absolue se bloquaient irrévocablement dans un mouvement d’auto- négation de plus en plus sensible de tout le spectacle planétaire de la production fétichiste dont la sphère des fictions bancaires est le lieu d’ailleurs le plus combustible…

1968 annonçait, à l’intérieur de l’aire historique de la réification parvenue en domination réelle supérieure et investie par le retour massif des symptômes de la crise de la valorisation en devenir intensif, les ébranlements majeurs de la structure productive du taux de profit qui allaient faire naître les développements ultérieurs du crédit incontinent qui à leur tour augmentent la concentration du Capital, haussent sa composition organique et agrandissent sa base productive sur le seul terrain de l’argent fantomatique…Le fantôme de l’argent virtuel produit le marché fantomal de l’élargissement d’un profit purement platonique et à partir de cette dérobade fonctionnelle qui s’échauffe et s’emballe en 2008, le cercle vicieux toujours plus destructif s’en va – en passant par la crise sociale des Gilets Jaunes – jusqu’à la désarticulation endémique de l’espace monétaire, financier et bancaire… Le syndrome de la crise terminale se rapproche… Jamais autant qu’à ce jour, l’essence thanatique du Capital dévorateur de temps humain confisqué n’était apparu avec autant d’insistance dans cette circularité pathologique de la charogne toujours plus objectivée ; produire pour détruire, détruire pour reproduire, monnaie de la production de la mort, monnaie de la mort de la production puis enfin production de la mort de la monnaie et de la production elle-même… Tout tourne en rond dans l’usine totale de la folie des fétiches de la chosification en crise exhaustive… La marchandise universelle, embourbée dans les sables mouvants de sa déchéance programmée ne peut même plus se mouvoir sur le terrain de la sorcellerie monétaire dont elle avait fait son temple de prédilection… Et c’est ainsi pourquoi est survenue l’hystérie étatique du Coronavirus telle que le gouvernement du spectacle de la crise mondiale est venue nous l’imposer…La censure préventive dépêchée et l’inoculation scientifique et médiatique sont arrivées là uniquement pour contrer les nouvelles émergences révolutionnaires du Prolétariat qui s’esquissent au fur et à mesure que l’auto-immobilisation du taux de profit mondial se dialectise dans l’espace et la durée comme activité de crise de sur-production totale des rapports sociaux de la fétichisation marchande…

À partir de la fin des années soixante du siècle dernier, toutes les données qui avaient engendré l’énergie et la robustesse de la phase d’expansion capitaliste depuis la crise de 1929 et la Deuxième hécatombe mondiale se sont dialectiquement retournées en s’orientant à la baisse. L’enjeu historique de la crise de 1929 avait été le passage à une valorisation intensive qui préparait à la domination réelle supérieure de la fin des années 1960, passage qui impliquait le développement d’une nouvelle période de la reproduction mondiale de la force de travail prolétaire vers la consécration des mégapoles de la plus-value relative – et du gauchisme de la marchandise comme triomphe fétichiste de la libération infinie des forces productives de la société ouverte du travail mort à tous les tabous et totems féministes, immigrationnistes, homosexualistes et écologistes de l’indistinction marchande complètement encastrée dans le hors-sol mobile, anonyme et fluide du marché narcissique des échanges solipsistes perpétuels

Arrivé au terme du déroulement de tout ce qui ressort de la première phase de la crise entre la fin des années 1960 et la dévalorisation effective entamée en 1971-1973, il est aisé de conclure que dans tous ses aspects, cette phase créatrice est bien déterminable comme crise de la valorisation intensive de l’usine globale de la domination réelle si difficile. Elle est telle, tout d’abord dans sa formalisation spectaculaire d’ensemble, comme processus de l’endettement massif et foudroyant, dans les causes que lui font agencer cette formalisation de la baisse du taux de profit irréfrénable comme le mode de valorisation obligé qui entre en crise obligatoire – en tant qu’émanation déterministe d’un procès de travail qui perd toutes ses déterminations et qui erre dans une restructuration de plusieurs décennies inopérantes lesquelles ont déterminé de 1968 jusqu’à 2018 en passant évidemment par 2008, la longue pérégrination improductive du machinisme de la domination réalisée du trépas capitaliste. C’est tout le mode de valorisation intensive mis en place depuis la Seconde Boucherie mondiale qui entre en crise, c’est par là aussi naturellement, une transformation du rapport – dans la production des objets marchandises et dans la circulation-consommation de la chosification mégapolitaine qui fait le lien social entre le Prolétariat et le Capital….

Produire l’analyse communiste de la crise actuelle du capitalisme, c’est saisir en profondeur la généalogie du comment s’élabore – dans toutes les crises qui vont de 1871 à 1968 – le contenu de la contre-révolution lequel est toujours de préparer les conditions de la reprise et de la restructuration supérieure du Capital vers un niveau de domination davantage réalisé vers l’omnipotence de la plus-value relative. En préparant cette reprise dans le mouvement de modernisation de la contradiction avec le Prolétariat, la contre-révolution est l’activité pratique du fétichisme de la valeur rendant encore impossible la pratique révolutionnaire de l’auto-négation du Prolétariat. Tant que ce dernier ne se trouve pas dans la situation dialectique de l’auto-invalidation de l’auto-présupposition de sa situation de simple capital variable, pauvre et triste catégorie du Capital, le Prolétariat continue d’être lui-même défini par et dans l’accumulation de la chosification capitaliste…Pratique réformiste et restructuration supérieure s’impliquent. La pratique réformiste implique la contre-révolution comme restructuration supérieure en tant que les limites encore viables de la reproduction capitaliste rendent encore impossible à toute contestation d’enfreindre ce qui précisément circonscrit les dites restrictions

La pratique réformiste est la pratique du Prolétariat contre le Capital qui peut encore se restructurer tandis que la restructuration est la pratique contre-révolutionnaire du Capital contre le Prolétariat tant que ce dernier a une pratique réformiste. Ce mouvement dialectique permet seul de saisir pourquoi et en fonction de la croissance de la composition organique ( C/V ), c’est la possibilité ou la non possibilité du développement fétichiste du marché capitaliste qui permet de voir que la contre-révolution n’est pas une simple défense de l’existant qui est mais qu’elle est renouvellement de cet existant car elle est congénitalement une reproduction supérieure de tout ce qui fait exister l’existant comme effectuation réifiée en contradiction avec la communauté humaine émancipée. Tant que le renouvellement modernisateur du taux de profit est en capacité de développement, la formation sociale du spectacle de la marchandise peut continuer à se développer et il ne peut d’ailleurs s’effectuer que de la sorte. C’est pour cela que les limites historiques de la révolution et de la contre-révolution se produisent et se reproduisent réciproquement dans un déterminisme précis et que tant l’une que l’autre et que chacune par rapport à l’autre constituent de simples moments complémentaires et indissociables d’une même substance organique : celle de l’histoire des forces productives de la chosification en tant que devenir normal des contradictions de la valeur d’échange auto-destructrice.

C’est l’expérience historique de l’exploitation telle qu’elle établit le taux de plus-value (PL/V ) dans sa relation particulière à la prévalence actuelle du taux de profit ( PL/C+V ) en baisse immuable qui s’exerce sur lui, en domination réelle supérieure, qui devient la contradiction centrale de l’usine globale elle-même. Et c’est la dialectique de reproduction de cette contradiction comme système de rapports sociaux en crise profonde irréversible qui fait de l’accumulation de la décadence capitaliste entamée depuis 1914, sur-accélérée depuis 1968 et renouvelée en 2008 vers l’ébranlement des taux négatifs et le séisme mystérieux du Coronavirus, le moment supérieur du processus contradictoire de l’exploitation lequel – et lui seul – est définitoire de l’histoire du Prolétariat, de sa pratique, de sa conscience et de ses désirs comme de sa puissance révolutionnaire envisageable lorsque la restructuration supérieure envisagée du Capital met en mouvement le mouvement de sa mise en échec historique irréparable

Avec la pré-dominance fétichiste absolue dans la reproduction du Capital mondial de l’usine du spectacle total, de la domination réelle de la valeur totalitaire, la pratique réformiste du Prolétariat, dans sa contradiction avec le Capital, entre nécessairement dans l’espace-temps de la décomposition toujours plus violente des rapports sociaux de la matière aliénatoire toute entière.. En effet, le rapport contradictoire entre le Prolétariat et le Capital ne peut plus concerner la lutte pour l’amélioration du travail – créateur de valeur – puisque la valeur fait désormais disparaître directement toutes les créations du travail dans l’hypertrophie des emphases machiniques de la plus-value relative… Abolir le Capital, c’est donc nécessairement pour le Prolétariat s’abolir lui-même, en s’auto-supprimant comme classe du travail salarié, et non pas se simplement dégager des excès et abus de ce dernier en tant que classe des travailleurs productifs de valeur qui voudraient illusoirement gérer mieux et pour eux-mêmes l’ignoble merde de l’économie politique. Maintenant, la crise actuelle de la reproduction du spectacle de la marchandise se montre bien être l’accentuation de la décomposition de la pratique réformiste et la décomposition du réformisme est positivement le contenu de la lutte de classe du Prolétariat contre le Capital en tant que c’est bien elle qui a fait débouler les Gilets Jaunes dans l’arène de toutes les putréfactions du fétichisme mégapolitain et que c’est encore elle qui est en train – par-delà un refluement temporaire – de préparer le grand retour vers autre chose de différent et de bien plus dévastateur

Les limites de la révolution impossible sont toujours celles du réformisme encore possible… Seule une transformation radicale du rapport entre les classes telle qu’elle peut dialectiquement résulter de l’irréalisable restructuration de la baisse du taux de profit a capacité à être productrice d’un rapport révolutionnaire du Prolétariat universel contre le Capital mondial. Dans ce mouvement qui porte à la communisation du monde, l’accomplissement de la signification historique crisique du Capital étant devenue le contenu déterministe de la contradiction entre le Prolétariat et le Capital, le Prolétariat, dans le moment même où il est impliqué de manière in-extricable comme classe par le Capital, se pose indispensablement comme – classe contre le Capital – et donc en tant que commencement affirmé d’un véritable développement générique de l’humanité auto-émancipée. Face au Capital, le Prolétariat comme classe des travailleurs salariés aliénés, est simultanément qualitativement impuissant à le valoriser en ce que l’ensemble des forces sociales du travail se trouve objectivé dans le capital d’un travail mort faramineux … Cette contradiction comporte alors en elle-même le contenu de sa résolution : la Gemeinwesen de la communauté humaine émancipée…. Si la transformation révolutionnaire du rapport présent entre les classes est nécessaire pour en arriver à l’implication réciproque ; crise terminale nécessaire du Capital <=> révolution communiste possible, il va de soi qu’il est décisif de pouvoir définir le processus révolutionnaire en question comme Au-delà enfin atteignable de l’horizon anti-capitaliste… C’est ce que vient dire la dialectique du déterminisme de l’histoire lorsqu’elle sonne le glas du monothéisme de la valeur d’échange ; science pathologique de toutes les schizophrénies possibles des élucubrations fétichistes du capitalisme aujourd’hui en décomposition…

Au regard du déterminisme de l’histoire qui fait l’histoire des déterminations de la réalité historique concrète, il n’existe donc que deux modes d’extraction possibles du prélèvement de plus-value, le mode absolu et le mode relatif et dès lors, il est d’évidence qu’il ne peut, au-delà de la domination réelle advenue, y avoir une troisième saison du Capital qui irait au-delà de cette réalité précisément dernière… Certes, la domination réelle de la valeur se produit bien comme le développement de l’histoire qui avance mais le développement historique de la domination réelle, de 1914 jusqu’à aujourd’hui, s’est effectué, en premier lieu, comme tentative de résolution des contradictions et des limites de la domination formelle…À compter de la première boucherie capitaliste mondiale, le fonctionnement de la société du spectacle de la marchandise se trans-substantie pour insensiblement se faire mode de production du vaste métabolisme réifiant de l’usine totale de la valeur d’échange perpétuelle, c’est-à-dire qu’il se fait conquête par le Capital de l’ensemble de la société… Ainsi le procès de production de l’histoire-monde se signale comme monde-histoire devenu pleinement conforme au Capital universel, ce qui signifie que se réalise l’intégration de toute la reproduction de la force de travail dans le cycle propre du Capital pleinement advenu à lui-même, ce qui témoigne du fait déterministe que le Capital détermine désormais lui-même la totalité de la valeur de la force de travail complètement réifiée, condition d’existence totalitaire de la plus-value relative partout répandue. Malgré tout, ce développement impeccable de la domination réelle formidable crée ses propres contradictions spécifiques qui sont les axes de détermination de la plus-value relative exaspérée à partir desquels se place et se déplace la baisse foudroyante du taux de profit qui conduit ainsi à la crise actuelle des taux d’intérêt négatifs qui mène dès lors à la logique du culte du Coronavirus…

Pénétrer ce qui fait la crise actuelle, c’est bien sûr comprendre que le fondement et le processus dialectique de toute crise du mode de production capitaliste est la baisse du taux de profit et la pénurie de plus-value qui en ressort par rapport au capital pré-accumulé. Le mouvement de la pénurie de plus-value pose nécessairement la crise comme dynamique historique de surproduction. L’augmentation de la force productive du travail ne s’agrandit pas dans le même rapport que le sur-travail pendant que la masse des productions engagées croit, elle, pour ce qui la concerne, dans un rapport identique à celui de la force productive, d’où le fait que la pénurie de profit s’accompagne nécessairement d’une crise de surproduction.

Évidemment, la surproduction de Capital ne signifie rien d’autre que la surproduction des moyens aliénatoires de production (moyens de travail et subsistances matérielles de reproduction de la chosification…) susceptibles de remplir la fonction de Capital, c’est-à-dire pouvant être utilisés pour participer à l’exploitation du travail à un degré d’exploitation déterminé, susceptible de faire encore davantage avancer les métamorphoses de la valorisation. Le procès historique de la valeur se développant ainsi au niveau de la reproduction mondiale du Capital apparaît alors comme une démonétisation spectaculaire de tous les parcours du capital marchandise et comme un enrayement massif tant au niveau du marché général de l’usine du spectacle mondial que pour chaque capital qui se découvre là comme sa propre limite à lui-même en même temps qu’il se bloque sur l’insuffisance endémique de la demande solvable. Pour chaque capital, l’issue semble résider dans l’élargissement de sa part de marché dans le but de conquérir une part supplémentaire de sur-travail social, devenu globalement et sans cesse de plus en plus insuffisant. Par surcroît, toutes les obstructions disposées par la baisse décuplée du taux de profit – en tant que dialectique déterministe du procès d’augmentation de la composition organique- à la création substantielle de capitaux additionnels signifiants et donc à l’élargissement cohérent de la circulation nécessaire à la réalisation de la plus-value donne alors aux sources premières de la crise ce caractère de volumineuse sur-production de marchandises.

Avec la domination réelle mondiale du Capital, devenue totale sur la phase 1968-2008, les causes qui contrecarrent la baisse du taux de profit deviennent le principe même de l’accumulation fondée sur la plus-value relative, la dévalorisation devient dès lors le principe de l’accumulation lui-même. Le spectacle de la marchandise est alors par sa valorisation même – comme production frénétique de plus-value relative – dévalorisation constante de la dynamique de la reproduction du Capital en tant que telle. Cela, par-delà le mouvement de toutes les crises antérieures qui vont de la domination formelle telle qu’on peut la rencontrer dans la Florence marchande et bancaire du XIVe siècle jusqu’à la domination réelle de toutes les dévalorisations brutales qui produisirent l’ensemble des ébranlements commerciaux et industriels des deux derniers siècles, vient en synthèse dialectique produire le monumental bouleversement du procès inflationniste effarant de la longue et implacable crise actuelle.

Le processus de la dette surexcitée n’est pas une recette bancaire ou un moyen monétaire permettant d’échapper à la pénurie de plus-value et à la crise du taux de profit accéléré. Le crédit est dans le procès contradictoire de l’accumulation du Capital qui entend transformer la plus-value en capital additionnel, une simple assignation sur du travail futur. La pénurie de plus-value se voit là trivialement occultée puisque ce que l’on cache ne cesse précisément d’augmenter à proportion des efforts pour le camoufler…L’endettement a pour objet de ne nous faire point voir que l’accumulation se poursuit dans des masses toujours plus lourdes et toujours plus spécieuses comme anticipation sur des cycles à venir – qui dans le temps artificieux de la crise historique totale – ne viendront jamais. Ce processus de capital fictif ubiquiste qui produit à l’infini de nouvelles formations de capital ainsi exclusivement rendues possibles par le roman du crédit ne débouche bien entendu jamais sur une augmentation suffisante de véritable productivité. C’est alors la formation du Capital de toute l’usine globale mondiale elle-même qui devient hallucinatoire en ce que toute l’augmentation du sur-travail devient – par essence – trop lente et trop réduite par rapport au développement des forces productives nécessaires à son obtention. La validation sociale de cette croissance psychédélique des investissements sans vrai rapport avec la valorisation ne peut provenir que de jongleries et simagrées sur le terrain de l’espace monétaire. Le processus de l’endettement de la domination réelle totale de la valeur est celui de la domination réelle de l’endettement total. Bien loin de pouvoir supprimer la dévalorisation effective du Capital mondial, l’endettement l’y conduit à marches forcées au travers de la formation de structures d’emprunts et de déficits de plus en plus instables qui amènent à affirmer brutalement la tension monétaire qui finit nécessairement par revenir en boomerang comme tension des liquidités.

La domination réelle a fait de la décennie 2008-2018 le moment crisique ravageur où la pénurie de plus-value est devenue visibilité explosive d’un processus enivré de dette insondable dont les caractéristiques confirment, renforcent et poussent à bout cette pénurie en tentant vainement de la résorber – par la magie industrielle du faux-semblant sans répit – … Mais en s’escrimant de la sorte à ne plus fonctionner que sur l’anticipation d’une plus-value mirifique, le fétichisme de la marchandise exprime qu’il ne peut plus se matérialiser que comme limite historique de sa propre matérialité car la plus grande entrave à la loi de la valeur, c’est la valeur de cette loi… Cela se vérifie dans l’expérience même de la dialectique générale de la domination de la valeur absolument réalisée à partir de cet en soi premier qu’est la détermination historique du crédit. Lorsque la composition organique ( C/V )est de plus en plus lourdement élevée et que donc le taux de profit est de plus en plus massivement bas, la circulation qui permet la réalisation de la valeur tend objectivement à ne plus pouvoir s’agrandir… Dans cette trajectoire, la plus-value n’a plus la capacité de s’incarner en capital productif réel, elle doit donc afficher et avoir l’air de faire ce qu’elle ne peut pas faire et ceci ne se peut qu’à la condition de confondre en un même mouvement, le travail présent et l’ensemble du travail futur dans toutes les productions de toutes les cascades de cycles de production à venir. En ce mouvement de contradictions toujours plus contradictoires, la mégapole totalitaire de la démocratie de la valeur d’échange ne peut donc continuer à apparaître qu’en se supposant mythologiquement déjà fertilisée maintenant de plusieurs cycles successifs ultérieurs.

En un pour soi dialectique qui vient dire le mouvement gigantesque du crédit qui n’arrête pas de sortir de lui-même, l’industrie spectaculaire de l’intervention étatique des chimères de la dette chronophage expose que la progression de la masse des marchandises est toujours plus imposante que la portion représentant, dans ladite masse, la plus-value. Et évidemment, c’est cette défaillance bien désignable et non la masse en tant que telle qui constitue la pierre d’achoppement du mouvement économique de la crise économique…

L’importance croissante de l’État comme agent de plus en plus dominant de l’industrie, du commerce et de la banque donne la juste mesure de cette pesante surproduction inépuisable. L’argent qui n’est plus du vrai argent, l’achat qui n’est plus un vrai achat, la vente qui n’est plus une vraie vente, la production de valeur qui produit de moins en moins de vraie valeur…Toute la crise de sur-production capitaliste du fétichisme de la marchandise se dirige vers la sur-production crisique du marché des fétiches en tant que tel… Et même si la sur-production semble amortie et étanchée par les achats croissants de l’État, tout finit par se dé-voiler et laisser voir que si la totalité de ce qui se passe est fraude et tricherie afin de faire croire qu’il y aurait davantage de plus-value disponible alors que c’est exactement l’inverse, le développement incessant de la baisse du taux de profit conduit à l’anti-développement de la réification capitaliste en son ensemble. Les marchandises ainsi achetées sur le marché mondial ne parviennent plus à fonctionner comme capitaux véritables, ni entrer réellement dans le partage d’une plus-value réelle… La rentabilité s’invalide pendant que l’État se décompose et l’action désespérée de l’État ne peut faire semblant d’être rentable qu’en redistribuant la plus-value par la concentration fictive de commandes toutes plus erronées et obreptices les unes que les autres…

Enfin, en un pour soi revenu à soi, la dialectique de dématérialisation de la monnaie vient définitivement conclure la crise des agencements monétaires et bancaires de 1971 pour nous signaler et pour toujours que l’or ne pourra plus jamais servir de mesure des valeurs puisqu’étant lui-même un produit du travail inadéquat à l’impérialisme de la plus-value relative gigantale, il a dû pour toujours s’en aller même si dans l’ombre, il continue de hanter la valeur qui ne cesse de se chercher pour ne plus jamais se retrouver… Le développement mondialiste du Capital sur la base cosmopolite de la plus-value relative et de sa crise sans fin remet définitivement en cause la capacité du travail à valoriser le capital et donc à être la mesure de la production. Dans l’usine totale de la domination réelle complète, la monnaie doit donc perdre son caractère de monnaie marchandise, mais cette perte est totalement antagonique aux bases mêmes de l’auto-présupposition du Capital en tant qu’il est immanquablement valeur en procès du procès de la valeur…À partir de là, se réalise pleinement ce que Marx a mis en perspective dans les Livres III et IV du Capital ; la spéculation s’universalise en tant que crise générale des fétiches de la valeur qui ne peuvent plus se valoriser que comme fétiches toujours plus fétichisés d’une valeur qui est par suite de moins en moins valeur… La crise qui remanie ainsi des parties démultipliées du Capital en simples constituants grandissant du Capital fictif de plus en plus fabuleusement fantaisiste vient annoncer que le mouvement de la crise de l’économie mondiale finit par tout transformer en titres de propriété féerique donnant simplement droit à une partie de la plus-value sociale devenue caricature indistincte et farfelue d’elle-même…

Dorénavant, toute la société du profit impérialiste voit le Capital s’auto-obliger à se constituer en Capital fictif en ce que la crise intensive de la plus-value relative le contraint à rechercher sa valorisation dans un procès fantasmé de plus en plus indépendant du procès réel de production jusqu’à finalement ne plus être que spéculation de la spéculation…

Le concept de plus-value contient d’emblée le principe d’accélération temporelle qui fait la nécessité de la dialectique d’anticipation par laquelle l’espace de l’usine globale de la domination totale tente de s’exempter de sa mort programmée. En tant qu’orientation spécifique de la production capitaliste, la plus-value n’a d’existence réelle qu’en tant que mouvement de trans-formation en capital nouveau et ainsi de par la nature même de son procès, elle est ad-venir d’un procès dont la nature est d’être assignation espérée sur du travail futur fanatiquement convoité. Pourtant, si le travail prolétaire exploité a pour contenu spécifique la production de plus-value qui fournit le point de départ historique de la tendance à l’autonomisation du Capital mondial, il s’oppose réciproquement à ce que cette tendance puisse se parachever réellement et totalement. Le mouvement de la crise de la valeur en domination réelle supérieure revêt un caractère historiquement et immédiatement antagoniste à lui-même qui correspond à la violence fétichiste exaspérée de la baisse du taux de profit qui constitue le produit historique spécifique de l’auto-négation de la domination réelle totale du spectacle du Capital..

Jusqu’à aujourd’hui, le développement déterministe de la domination réelle de la valeur s’est effectué synthétiquement comme résolution de toute l’ampleur des mouvements, des contradictions et des limites de la domination formelle qui avaient produit la domination réelle encore possible… Le fonctionnement cybernétique de la société irresponsable illimitée de la marchandise comme vaste métabolisme du Capital impersonnel, est le procès de reproduction, au travers duquel le développement du Capital machinique devient conforme à la loi du taux de profit rendant la domination réelle éperdument in-envisageable… Ce qui signifie l’auto-destruction de toutes les déterminations réalisables de la reproduction de la force de travail dans le cycle propre du Capital dans les conditions d’existence de la plus-value relative envahissante. C’est ce développement de la domination réelle devenue titanesque qui crée ses propres contradictions – mortelles – en rendant de plus en plus sans échappatoire l’impossible reproduction du capital social de l’usine globale ( C + V + + PL ) qui forge imperceptiblement les axes de l’auto-destruction du spectacle de la Cité planétaire des fétiches sur lesquels se module la baisse du taux de profit qui a conduit à la crise actuelle de dévalorisation universelle.

En tant que dépassement – à la fois illusoire et réel, réel et illusoire – des limites de la domination formelle, la domination réelle ne peut être chose que l’être de l’abaissement de l’être de la valeur des marchandises entrant dans la consommation générale du Prolétariat exploité pour cette raison toute simple que le spectacle de l’usine globale de la force de travail arraisonnée à la plus-value relative fait production d’une intégration dialectique de la continuité de tous les cycles de maintien, entretien et perpétuation de la reproduction du Capital comme engendrement de la valorisation intensive devenue inapte à recevoir les effets de la croissance de plus en plus mythomaniaque de la valeur anti-croissante du taux de plus-value.

Toutes les manières historiques dont agit et se diversifie la baisse du taux de profit dans la valorisation intensive telle qu’elle s’est formulée comme dépassement des frontières de la domination formelle puis développée depuis 1914 jusqu’à la crise actuelle en passant notamment par les délimitations-différentiations de 1968 et 2008, tient au mode de substantialisation de la force de travail du Prolétariat exploité que la phase supérieure de développement de la domination réelle a produit en produisant l’épouvantable exaltation fétichiste du Coronavirus ou, ce qui revient au même, au rapport de détermination historique nécessaire qui voit surgir le procès de valorisation de la forme sociale de la réification comme invalidation de plus en plus évidente de ses propres conditions d’existence et de reproduction.

L’exploitation est un mouvement qui dit à la fois la vie du spectacle de la marchandise et sa mort en tant que cela figure dialectiquement l’issue draconienne de la contradiction déterministe entre le Prolétariat et le Capital qui se définissent – par là même et simultanément – tout à la fois en se récusant et en se dupliquant, par le même mouvement, comme implication réciproque de leur situation respective, c’est-à-dire comme terme et production de la spécificité contradictoire de l’un à l’autre à partir d’elle-même et pour les deux quant à la situation et à la pratique du devenir de l’antagonisme conscience émancipée/ conscience fétichisée… Ce n’est donc pas – en général – l’exploitation en soi, ou le développement du mode de production capitaliste qui portent leur dépassement, ils ne le portent que par la situation et l’activité spécifiques – du moment final de l’auto-néantisation de la plus-value relative – quand cela fait et seulement là, production du Prolétariat comme classe révolutionnaire en tant que classe du mode de production capitaliste qui s’auto-abolit parce qu’elle abolit le mode en question lorsque ce dernier devient production du devenir de son auto-anéantissement…

La production historique de la révolution anti-capitaliste est le devenir déterministe du communisme inévitable : révolution communiste de la destruction de la valeur et crise définitive du taux de plus-value sont ensemble et inséparablement le dépassement que chaque cycle de luttes a spécifiquement produit vers le temps contemporain – qui contient la totalité de tous les temps antérieurs – et où la croissance toujours plus autocratique et oppressante de la composition organique du Capital ( C/ V ) exécute mondialement l’organicité de sa propre composition vers la nécessaire dé-composition de la totalité de son monde … La contradiction entre le Prolétariat universel et le Capital de l’usine spectaculaire globale est en même temps la dynamique du développement fétichiste du mode de production capitaliste et celle de son inéluctable dépassement anti-fétichiste… Il en résulte dialectiquement qu’un cycle de luttes se définit en totalité – à partir de ce qu’il renferme de tout son passé vers tout son futur – comme rapport entre, d’une part, le cours quotidien de la lutte de classe qui en ressort et, d’autre part, la révolution communiste qui abolit à la fin toutes les quotidianités dans ce contenu historique de dialogue radical entre le passé dé-passé et l’avenir qui vient en recueillir tous les passages balayés par le déterminisme de l’auto-invalidation de la cybernétique sociale de la plus-value relative…

L’exploitation comme rapport dialectique entre le prolétariat universel et le Capital de la mégapole de l’usine globale mondialiste est une contradiction déterministe en ce qu’elle est un mouvement d’histoire en contradiction avec la propre histoire de son mouvement – dans la reproduction de sa reproduction posée par la baisse du taux de profit…Cette totalité où Prolétariat et Capital s’ajustent et se combinent en une même substance en procès et dont chaque élément n’existe que dans sa relation à l’existence de l’autre et en se définissant dans cette relation comme contradiction essentielle à l’autre et par là à soi-même nous ramène bien sûr à Hegel et donc à la Postface de la seconde édition allemande du Capital telle qu’elle nous fait bien comprendre que le rapport qui définit la vie du monde fétichiste des marchandises est le même que celui par lequel se définit sa mort… C’est dans cet espace-temps contradictoire toujours plus violent des fétiches qui définissent l’explosion de la valeur d’échange que toutes les catégories de l’économie politique ; travail productif, travail improductif, accumulation du capital réel, accumulation du capital fictif, valorisation, dé-valorisation, sur-travail, travail nécessaire, travail cristallisé et travail immédiat se montrent et se précisent comme contre-tendances à la crise du taux de profit devenues elles-mêmes contre-tendance à elles-mêmes. Le Capital est la contradiction en procès de l’auto-présuppostion de lui-même avec le procès de sa propre auto-présupposition, ce qui signifie que le mouvement historique qu’est l’exploitation est une contradiction dialectique pour les rapports sociaux de production de la réification spectaculaire dont elle est le contenu et le mouvement vers l’ultime crise du taux de plus-value. En ce sens, et comme le montre l’Introduction à la critique de l’économie politique de 1857, c’est essentiellement un jeu de détermination historique qui doit nécessairement mener à l’annulation de la règle historique de sa propre détermination. Le Capital comme contradiction de la domination réelle en procès de l’usine globale cybernétique, c’est la lutte de classe qui mène de 1968 à 2018, de la grève sauvage radicale aux Gilets jaunes séditieux, en ce que l’exploitation est une contradiction pour elle-même qui définit le devenir de la situation et de l’activité du Prolétariat devenant révolutionnaire par le mouvement de son avancer vers l’auto-négation du spectacle de la mégapole de la plus-value relative incompatible à elle-même…

L’exploitation c’est la dialectique de valorisation du mouvement du Capital mondial qui s’extériorise suivant les trois moments constitutifs de son déploiement déterministe en tant que triade adéquate à la logique hégélienne, reçue par Marx et simultanément dépassée – par le désir radical impersonnel et anonyme de la tendance à l’auto-émancipation humaine – en tant que mouvement réel et radical de la lutte de classe prolétarienne contre l’argent, la marchandise, le salariat et l’État. En premier lieu, c’est le face à face de la force de travail du Prolétariat exploité et du Capital comme Capital à toujours amplifier… Cette confrontation n’a de signification historique que dans l’affrontement de cette résolution qui est résolution de cet affrontement ; l’achat-vente de la force de travail exploitée qui se réalise en argent sur le marché mondial. En deuxième lieu et dans un mouvement de mondialisation du procès en question, c’est la domination réelle de la valeur qui – dans le trajet historique de 1914 tel qu’il nous transporte à aujourd’hui à travers les crises de 1968 et 2018 – nous fait parvenir à la mégapole totale de l’usine globale du taux de profit auto-asphyxié par la domination complètement réalisée de la valeur en tant que production de plus-value relative partout sur-présente. En troisième lieu, c’est la transformation de la plus-value en capital additionnel de plus en plus impossible à réaliser dans une dialectique de reproduction où le face à face Prolétariat/ Capital en tant que procès de production de la valeur se voit tout entier consommé par la baisse du taux de profit qui est désormais l’épouvante et le resserrement constant de l’essentialité de l’auto-présupposition capitaliste qui ne cesse de s’anti-présupposer à mesure que la transformation en capital additionnel devient inexécutable

Dans ces conditions, le renouvellement du procès historique de la valeur glisse, dérape et s’embourbe puisque l’implication réciproque Prolétariat <=> Capital a de plus en plus de difficultés à produire chaque nouveau cycle de modernisation étant donné que l’on se rapproche de l’espace-temps de la modernisation justement in-faisable… Le caractère explosif de la trans-formation de la plus-value en capital additionnel, c’est là tout autant les transformations étranglées du Capital, ses suffocations monétaires, ses faillites foisonnantes, ses licenciements de masse que l’augmentation de l’exploitation à la fois si impérieuse et tant improbable qui s’écrase dans l’automatisme machinique de la plus-value relative …La transformation de la plus-value en capital additionnel c’est essentiellement cette nécessité que le mouvement de l’extraction de la plus-value soit effectivement suffisant pour permettre cette transformation de PL en réel capital supplémentaire. Le rapport d’exploitation est là – en premier lieu – le contenu déterministe de l’implication réciproque qui lie dialectiquement le Prolétariat universel et l’usine globale du Capital mondial et – subséquemment le fait que le devenir critique de cette implication réciproque les arrime en une même totalité historique qui en un temps précisément donné de leur production, les pousse comme sujets réellement actifs de cette totalité à la fracasser eux-mêmes car le seul mouvement que cette totalité peut encore provoquer est celui qui résulte de l’action réciproque de l’auto-abolition de ses deux sujets constitutifs devenus abrogations de l’un et de l’autre, de l’un par l’autre et inversement. C’est, dans ce rapport produit par la crise générale historique de la plus-value relative que se formalise l’unité générale de tous les moments de l’histoire de la loi de la valeur et qu’existe ainsi la révélation finale de tout son devenir constamment recomposé par l’ensemble de toutes ses restructurations nécessaires jusqu’à ce moment crucial dont le caractère essentiel est celui de déboucher sur l’impossible reproduction de l’action par laquelle le Capital-travail mort vampirique ne peut s’animer que dans la succion toujours exécutable du travail vivant.

Le temps long des contradictions qui produit la dialectique de chaque cycle de lutte prolétarienne entre 1968 – surgissement de la crise de la domination réelle supérieure de la valeur – et 2018 – accomplissement de la crise supérieure de la domination de la valeur réelle – repose sur l’identité déterministe entre ce qui va faire du Prolétariat universel une classe révolutionnaire mondiale et ce qui en fait encore une classe de la reproduction aliénée du mode de production capitaliste. C’est à partir de l’auto-présupposition historique du mode de production de l’usine globale du monde du fétichisme de la marchandise tel qu’il définit les principes génériques de chaque flux et reflux caractérisant un cycle de luttes données comme exprimant un seuil particulier de l’exploitation que découle la détermination globale de la lutte des classes comme mouvement de la réification centré sur les contradictions de la loi de la valeur… Et ainsi – par celle-ci – s’induit la non-séparation déterministe de ce qui fait que le Prolétariat est à la fois la dynamique révolutionnaire de la dernière classe de l’histoire – à partir de la définition même de sa place comme classe du mouvement du mode de production capitaliste vers son procès d’auto-caducité… En tant que particularisation de la totalité, les deux termes de la contradiction n’entretiennent pas la même relation avec cette totalité. La contradiction constitutive de cette totalité, l’exploitation, se définit comme subsomption du travail sous le Capital. Face au travail salarié, le Capital subsume le travail vivant, par là il est l’agent de la reproduction réciproque des deux pôles. En conséquence il n’y a pas égalité, simple complémentarité entre les termes, mais contradiction et sur-détermination, contradiction dans la sur-détermination et sur-détermination dans la contradiction.

Le mouvement déterministe de reproduction du Capital implique le mouvement de reproduction déterministe du Prolétariat parce que ce dernier ne peut exister qu’en tant que constamment mis justement en situation de mouvement par le Capital de devant toujours l’impliquer davantage…C’est ainsi la dialectique du Capital qui est l’agent de la reproduction générale des forces productives du spectacle de la marchandise totalitaire et les deux termes impliqués; Prolétariat et Capital ne sont pas à égalité dans le parcours de l’exploitation… Comme il y a extorsion et domestication dans le procès de développement du taux de plus-value et dans celui du taux de profit qui enveloppe et identifie désormais le premier, cela entraîne que l’implication réciproque Capital <=> Prolétariat n’est pas un rapport de proportions symétriques mais une relation toujours plus poussée de dissymétries conjuguées

Avec cette in-équivalence organique des termes de la contradiction historique, il est clair que par rapport à la totalité de cette implication réciproque qui permet à la fois la contre-révolution et la révolution, c’est toujours à chaque moment du devenir de la formation sociale, le contenu même de cette contradiction que l’on retrouve et qui se rapproche vers le processus révolutionnaire de la crise terminale du rapport social de la chosification. Le Prolétariat est – par essence – en contradiction avec l’existence sociale nécessaire de son travail, en tant qu’exploitation produisant du capital, comme valeur autonomisée face à lui et ne pouvant le demeurer qu’en se valorisant contre lui… C’est pourquoi, la baisse du taux de profit qui signale le niveau du rendement capitaliste est d’abord une contradiction entre les classes qui aboutit en fin de parcours à l’écroulement de toute la cybernétique des mouvements de la plus-value relative. La dynamique même de l’accumulation ne peut se comprendre que si l’on apprécie le mouvement de la plus-value au regard du mouvement de toute la valeur produite et transmise lors de chaque temporalité d’exploitation. En domination réelle totale, la crise du taux de profit atteint son intensité maximum et l’exploitation du prolétariat en tant que production de plus-value rencontre là comme sa propre limite intégrale l’existence sociale même du travail comme producteur de valeur et l’accumulation de cette valeur qui est en contradiction avec la valeur elle-même…. La formulation spécifique des ambivalences dialectique de la contradiction et la forme même de cette contradiction avec l’in-équivalence de ses termes définissent le déterminisme d’une classe qui est constamment contradictoire à elle-même et au développement historique de la reproduction de la totalité mondiale qui la définit et l’implique du point de vue de la crise totale de la baisse du taux de profit. Dans le temps présent du recul des Gilets Jaunes toujours présents mais ailleurs et sous une autre forme, nous avons ici tout autant la lutte quotidienne qui s’englue que, dans la règle déterministe du présent qui se résilie en un demain in-habituel, la possibilité de l’abolition de toutes les captivités présentes. À l’intérieur du mouvement des profondeurs historiques de la baisse du taux de profit, le Prolétariat est constamment en contradiction déterministe avec la totalité des conditions aliénatoires accumulées face à lui comme valeur extorquée et c’est le déterminisme de cette contradiction qui existe comme forme révolutionnaire nécessairement possible en mouvement même de la contradiction en procès vers son explosion, qui permet de définir ce qu’est le Prolétariat, comme situation ontologique dans un rapport d’aliénation historique de réification obligatoire et en même temps comme nature générique de la Gemeinwesen qui ouvre l’histoire…

Le concept subversif du cycle de luttes prolétaires maximalistes vers le communisme intégral est d’emblée et en lui-même une critique radicale du réformisme puisqu’il dépasse la sèche opposition rigide entre ce qui caractérise le Prolétariat comme la seule classe révolutionnaire des temps qui viennent et ce qui le définit cependant comme classe du mode de production capitaliste de la période présente. Le Prolétariat est la force historique de l’acte produit par son auto-négation qui fait émergence du mouvement communiste contre le Capital et cela signifie qu’il est le sujet conscient de ce dépassement existentiel radical et ontologique, non comme simple déclinaison d’aboutissement mais comme pôle actif et re-définitoire de la contradiction elle- même. Ainsi, c’est à partir de la dialectique déterministe de l’exploitation que s’en-racine ce qui fait du Prolétariat – demain – une classe révolutionnaire à dater de ce qui le définit – aujourd’hui – comme classe du mode de production capitaliste… Autrement dit, c’est seulement dans son implication dialectique au Capital que le Prolétariat peut produire une liaison organique nécessaire entre les déterminations du cours quotidien de la lutte de classe réformiste et la révolution communiste… Ce procès est alors la phase historique du cycle des luttes modernisatrices du Capital devenue obsolète… Dans la phénoménologie du concept qui agrippe l’essence de la vie – en négation des apparences du spectacle de la marchandise – on saisit là que le cycle réformiste des luttes de classes est dépassé par le mouvement de l’ambivalence outre-passée entre le Prolétariat, force de rénovation capitaliste et le Prolétariat qui précisément dépasse ce qu’il est dans le mode d’amélioration de la production capitaliste – pour devenir l’être révolutionnaire. Néanmoins, pour correctement apprécier la nature logique de cette dynamique déterministe, il convient en faisant lien dialectique entre les Manuscrits de 1844, l’Idéologie Allemande, les Grundrisse et le Capital, de positionner le concept de cycle de luttes dans la vraie matérialité du devenir des forces productives mondiales de l’aliénation et de l’anti-aliénation… La révolution communiste est une production historique qui abolit tous les contenus de l’aliénation en cette nécessité que leur substance n’a plus là aucune capacité de se reproduire… Ce qui veut dire que définir le concept de cycle de luttes vers le communisme envisageable, c’est définir une succession de cycle de luttes réformistes qui cessent de pouvoir se reproduire comme concevables…Ce qui signifie que la dialectique du communisme possible est bien celle du capitalisme impossible puisque l’auto-présupposition du premier n’est en définitive que l’extension déterministe de l’auto-négation de l’auto-présupposition du second… Si l’exploitation est effectivement la contradiction entre le Prolétariat universel et l’usine globale du Capital mondial, cette contradiction est donc simultanément la dynamique du mode de production capitaliste du taux de profit encore reconductible et celle d’une histoire nouvelle qui est née depuis 2018 et qui signale – au rebours – l’impossibilité désormais radicale d’un tel mouvement renouvelable

Il n’est possible de correctement situer le rapport dialectique entre le cours quotidien de la lutte de classe qui prolonge le spectacle de la marchandise et la révolution communiste qui le supprime qu’en définissant le Prolétariat comme l’identité d’un rapport contradictoire à lui-même qui en fait à la fois une classe du mode de production capitaliste et une classe révolutionnaire contre le mode en question lorsque ce dernier ne peut plus engendrer le renouvellement de son auto-engendrement… La révolution communiste est la production historique de la communauté du naturalisme achevé qui paraît quand le capitalisme comme matérialité de l’anti-naturalisme accompli cesse de pouvoir apparaître à lui-même…Spécifier le déroulement de la lutte de classe – de 1968 à l’heure actuelle – comme mouvement de tous les cycles de luttes qui ont pu surgir jusqu’au débordement des Gilets Jaunes, c’est comprendre que chaque cycle de luttes est le procès dynamique du rapport historique déterministe qui le fait poindre comme expression de la baisse du taux de profit, à un niveau donné de nécessité particulier du déterminisme de l’omnipotence explosive de la plus-value relative. Rattacher le déroulement antérieur de tous les réformismes passés à la lutte de classe présente qui se cherche pour trouver le chemin de la révolution sociale future c’est comprendre cette révolution comme résiliation et arrachement, dépassement dialectique subversif de toutes les situations antérieures devenues irrémédiablement ir-reproductibles mais c’est spécialement discerner la rupture produite et rendue objectivement inexorable par le cumul dialectique de toutes les situations antérieures à la crise finale de la valeur… Ceci via le développement historique du déterminisme spécifique de la plus-value relative dans laquelle tant le Capital que le Prolétariat ont leur activité propre dans la situation générale de la crise ultime et simultanément leur place distincte quant à l’histoire de ce dépassement radical.

Il s’agit, en fonction de chaque cycle de luttes de déchiffrer pourquoi et comment la lutte de classe s’arrête sur ses propres limites et attribue à la révolution communiste un contenu déterminé historiquement par l’histoire déterministe de l’auto-abolition de ses limites quand le mouvement dialectique universel de la plus-value additionnelle ne permet plus de compenser la dialectique universelle de la chute du taux de profit.. L’entrelacement pratico-théorique entre le cours quotidianiste de la lutte de classe réformiste du prolétariat –capital variable – simple catégorie de l’usine totale aliénatoire ; C + V + PL – et la révolution communiste – qui abolit la totalité des catégories usinières de l’aliénation – se situe dialectiquement dans la situation constamment contradictoire de l’histoire du Prolétariat face-à-face avec la forme sociale nécessaire de son travail exploité comme valeur accumulée face et contre sa propre existence et ne le demeurant qu’en se valorisant comme réification capitaliste tant que les contre-tendances à la baisse du taux de profit ne se renversent point en procès d’auto-invalidation de la loi de l’accumulation capitaliste elle-même.

Cette contradiction qui a fait naissance des Gilets Jaunes en 2018 et qui a produit la rétrogression de 2019 est celle qui va faire renouveau insubordonné de bien plus vaste ampleur dans la temporalité qui s’annonce, est pour le Capital mondial sa propre dynamique de vie et de mort. Domestiquant le travail au travers de cette contradiction dialectique qui s’appelle l’exploitation, le mouvement de la valeur est constamment l’agent de la reproduction générale du rapport de l’aliénation et toutes les conditions de la reproduction s’y retrouvent ainsi continuellement comme Capital face au travail et par cette dynamique là, le cours de la quotidianité réformiste de la lutte de classes est substantiellement limité par sa résistance au Capital intégrée dans le mouvement des simples changements capitalistes. Pour que la longue trajectoire historique qui va de 1968 à 2018 puisse rebondir et rejaillir sur la totalité de l’usine globale en crise historique catastrophique, le cours quotidien du réaménagement capitaliste doit achopper sur ses propres limites historiques dans sa contradiction avec le Capital, à un seuil de contradiction où les facteurs qui atténuaient la tendance à l’aggravation de la crise de la loi de la valeur, en permettant son provisoire dépassement – deviennent les moyens de conduire l’économie fétichiste vers sa chute dernière. C’est par là essentiellement que le Prolétariat en produisant la révolution de l’anti-travail la produit en signifiant que toutes les refondations possibles du travail sont bien devenues impossibles en tant que détermination historique spécifique et qu’il appelle à leur dépassement radical en produisant la radicalité du sien propre. Le devenir de la soumission quotidienne de la lutte de classe est un mouvement qui, contre le Capital en le Capital, devient un mouvement contre le Capital à l’encontre du Capital et qui appelle à son auto-dépassement car s’il bute sur ses propres limites en le Capital c’est parce que ce dernier devenu crise irréparable du taux de profit ne peut plus être que son propre auto-anéantissement et donc liquidation de toutes ses contradictions constitutives… C’est cela la propre dynamique de l’auto-négation du Prolétariat vers la Gemeinwesen de la Commune universelle des hommes émancipés lorsque s’auto-décompose l’usine globale mondiale de l’automation technologique du travail mort…

Ce processus historique radicalement novateur qui abolit l’histoire de l’aliénation des hommes écroués dans l’indistinction spectaculaire, devient alors celui des ultimes contradictions internes du procès de l’accumulation capitaliste dernière. C’est pour cela que l’économie politique de l’exploitation ne peut être liquidée qu’une fois que son dépôt de bilan historique a été définitivement mondialement vérifié… La fin de l’économie comme activité de spoliation humaine enfermée dans le diktat de la quantité, passe par l’économie attendu que le cours quotidien de la lutte de classe prolétaire n’appelle pas à son dépassement de par un processus interne de simple volonté subjectiviste articulée sur un champ de hasard incertain mais bien au travers de l’objectivité déterministe de la crise historique cataclysmique du Capital. Des Manuscrits de 1844 au Capital en passant par les Grundrisse éclairés par l’Idéologie Allemande, le concept communiste de cycle de luttes synthétise dialectiquement le cours quotidien de la lutte de classe, la contradiction Prolétariat universel <=> Capital mondial comme dynamique de la crise finale du mode de production capitaliste et la production historique de la révolution communiste contre l’argent, le salariat et l’État…

L’eau qui semblait dormir et qui cachait une lame de fond nous a ramené avec le mouvement des Gilets Jaunes au principe du vrai mouvement réel de l’histoire concrète. Ce n’était qu’un début et le reste va suivre… L’histoire enseigne qu’il ne suffit pas de donner du pain, des jeux, du bourrage de crâne idéologique, des attentats étatiques sous faux drapeau et à la fin une grande peur pour assurer à long terme la pérennité d’un pouvoir qui ne peut plus reproduire les conditions matérielles de sa reproduction spectaculaire. Lorsqu’apparaît la preuve totale d’une crise mondiale de toutes les facticités industrielles, monétaires et financières de l’usine globale de la baisse mortelle du taux de profit qui incube depuis des dizaines d’années, il est net que ce ne peut être à partir de ce qui crève que l’on peut retrouver les chemins de la vie…

Le Grand confinement a tenté de masquer le Grand effondrement… Il va le rendre évidemment bien plus désopilant et dévastateur… En pleine crise sanitaire mythologique du Coronavirus, le ministère de l’Intérieur a passé commande de multiples quantités de gaz lacrymogène et de drones de surveillance… Selon des notes confidentielles datées du début avril et d’ailleurs alors rapportées par le journal Le Parisien, le SCRT ; Service Central du Renseignement Territorial avertit d’une radicalisation des contestations sociales au sortir du déconfinement… En fin d’année 2019, lors des grèves pourtant sous lourd contrôle syndical des diverses officines capitalistes subventionnées, on a pu voir se rencontrer des Gilets Jaunes récalcitrants et des cheminots insubordonnés vers un autre champ d’action qui s’il commence à s’ébaucher dans ses maturations subversives mettra un certain temps à s’affermir et se confirmer… Cela est certes – et c’est normal rapporté au niveau de crise de la composition organique – demeuré réduit et localisé mais ceci nous laisse bien apercevoir de quoi demain sera fait…On peut aisément prévoir l’aiguisement de la lutte des classes pour le proche avenir car le procès de restructuration en cours de l’irrationalité de la plus-value relative sur-abondante et la crise généralisée de l’équivalent-général abstrait vont faire éclater la mégapole spectaculaire de la loi de la valeur dans la détermination antithétique d’elle-même…

La formation sociale mégapolitaine du spectacle de la marchandise totale est cybernétique schizophrénique globale jusqu’à ce point de délire fétichiste du crédit qui rompt la monnaie elle-même… Le temps qui approche est défini ainsi historiquement par la dialectique de proximité approchante de l’auto-étranglement de la masse critique monétaire par l’auto-déprédation inter-active des trois temps fonctionnels de la dialectique-argent : unité de compte de la valeur, réserve de la valeur et inter-médiation de la valeur des échanges… La masse critique sociale du fétichisme de la marchandise qui s’alimente du vécu quotidien de la réification en se nourrissant des manifestations concrètes des résultats objectifs de la concentration catastrophique du rapport social de la crise mondiale généralisée est en train de sur-abonder…Et dès lors, le mouvement de la valeur en la monnaie est ici en train de stranguler le mouvement de la monnaie en la valeur…La valeur d’échange en ce moment de domination totale incendiaire est la mise au feu du mode de production capitaliste en tant que tel et sachant que la loi qui anime toute l’histoire contemporaine est celle de la loi destructrice des fétiches du Capital, il faut saisir que se retournant sur elle-même, elle ne peut que tendre maintenant à se réaliser en loi auto-destructrice de la valeur elle-même…

Le champ social de la domination réelle inférieure ( 1914 => 1968) qui conservait/dépassait les déterminations de la domination formelle s’est progressivement désagrégé dans une paupérisation brusquée et une prolétarisation hâtée qui – dans la période présente de la crise du taux de profit démultipliée – a fait production d’un Prolétariat universel propre à la crise globale de la domination réelle supérieure… Une masse considérable d’ouvriers, d’employés, d’auto-entrepreneurs irréels, d’ indépendants supposés et de paysans démunis, se retrouvent tous absorbés dans le procès de production spécifiquement capitaliste tel que le met en perspective le fameux chapitre inédit du Capital…Le Prolétariat de l’usine globale du capitalisme total est un rapport social en mouvement ; c’est la totalité des hommes forcés de produire le travail vivant exploité dont la domination par le travail mort du machinisme de la valeur totalitaire met en œuvre le rapport de production chosifié de l’indistinction thanatique dénommée Capital…

La question qui doit là être posée est celle-ci : Est-ce que la dictature démocratique du spectacle numérique et sanitaire qui a produit l’état d’urgence du mensonge du Coronavirus afin d’obscurcir le croulement bancaire et industriel de la crise du taux de profit, va pouvoir immobiliser et désactiver la tendance insurrectionnelle sous-jacente qui monte ? La réponse est celle de l’intelligence pratique du sens historique…Le confinement visait fondamentalement à figer la lutte de classe du Prolétariat… Le dé-confinement progressif, observé, surveillé et espionné va-t-il laisser apparaître une rage radicale explosive, rapide ou lente ? Les semaines et les mois à venir – en fonction du niveau de gravité des commotions et déflagrations de l’économie réelle des fictions spectaculaires du crédit indescriptible et halluciné de la valeur d’échange – vont être décisifs… L’épisode pandémique de la crise financière renvoie à l’épisode financier de la crise pandémique. Tout se tient en une liaison déterministe par laquelle le Coronavirus légendaire escamote le 11 septembre bancaire qui vient et qui sera finalement le stade supérieur du terrorisme étatique de la marchandise spectaculaire … L’algorithme totalitaire de l’usine globale de la cybernétique crisique à irresponsabilité illimitée est venu là nous dire que les finalités sociales de l’aliénation sont elles-mêmes aliénées par la forme même à partir de laquelle elles se matérialisent : le profit. Et en même temps, il nous a déclaré que le temps présent était celui où la dynamique du développement de l’économie du Capital entrait en contradiction sans appel avec l’économie du développement de la dynamique capitaliste elle-même. Après le Capital, il ne pourra y avoir que l’Anti-Capital… Cela vient de commencer… La contre-révolution découle de l’indétermination historique du Prolétariat pendant que la communisation se définit par l’homogénéisation de son auto-détermination et c’est exclusivement quand le vieux monde de la valeur s’enfonce dans le péricliter que le nouveau est apte à apporter enfin la formulation jouissive que la misère de l’économie politique doit tomber partout…La centralité du Prolétariat va se montrer pour ce quelle est ; l’expression dialectique du plus haut niveau d’antagonisme ontologique contre le spectacle de la marchandise totale.

Ceux qui approuvent la critique révolutionnaire doivent commencer par prouver qu’ils savent la vivre… Le Prolétariat n’a rien à attendre de quiconque. C’est seulement en agissant franchement et sans compromis contre tous les rackets améliorantistes qu’il pourra faire évoluer les luttes qui viennent en les amenant vers l’abolition de l’argent, de la marchandise, du salariat et de l’État… La théorie communiste que le Prolétariat va reconnaître comme sienne n’est point un ensemble d’idées artificiellement élaborées, c’est l’intelligence du mouvement de vie humaine qu’il va décider de faire naître en détruisant l’ordre des choses de la politique et de l’économie de toutes les servitudes concevables… Lire Le Capital est un acte redoutable car c’est là certainement le plus terrible missile qui ait encore jamais été lancé à la face des capitalistes à condition toutefois de ne point être bouquiné à partir des télescopes de l’ignardise universitaire ou de lorgnettes subjectivistes… C’est, en effet, le déployer de la loi concrète de la société spectaculaire marchande qui aboutit à la crise générale totale du capitalisme et son vrai mode d’emploi n’est rien d’autre là que l’auto-mouvement du mode de production de l’aliénation qui se renverse dialectiquement en mode de production de l’auto-mouvement de l’émancipation…

Notre analyse est la seule vision révolutionnaire de l’Époque car pas un pouce ne peut en être récupéré par l’ennemi afin de lui permettre de tenter de gérer autrement ou plus longtemps la reproduction du mensonge historique de sa justification… Le compte à rebours de la société du temps humain confisqué a bien commencé… Le crash financier mondial de la dé-réalisation industrielle du Capital en sera, à l’évidence, la première étape et le mouvement révolutionnaire montant du Prolétariat va donc devenir très réellement la référence profondément humaine de tous les événements du jeu historique qui se prépare……

Non, nous ne voulons pas de retour à la normale !

À bas la guerre sanitaire des bobards du spectacle étatique contre l’humanité pour préserver la dictature de la domestication capitaliste !

Vive la Guerre sociale du Prolétariat contre tous les États de la planète-marchandise et pour un monde sans exploitation ni aliénation !

L’ennemi principal est dans notre pays, c’est l’État de la dictature démocratique du profit, avec tous ses partis et tous ses syndicats!

MOBILISATION GÉNÉRALE POUR LA COMMUNE INSURRECTIONNELLE VERS UN MONDE SANS ARGENT NI ÉTAT !

23 Mai 2020, anniversaire du 23 Mai 1968…

 Jour de mémoire communarde où brisant les cordons sanitaires des services d’ordre syndicaux et politiques de toutes les gauches et extrêmes gauches du Capital, le Prolétariat d’un Paris encore ouvrier s’est levé en des barricades de radicalité qui appelaient à la grève sauvage maximaliste …

Le texte en format PDF (créé par le collectif Guerre de Classe) :

GDC_Coronavirus_et_spectacle_marchand