Archive for the documentaire Category

Résistance politique : le séisme Gilets Jaunes (David Graeber)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 24 septembre 2022 by Résistance 71

DG1

Les Gilets Jaunes montrent à quel point le terrain bouge sous nos pieds

David Graeber*

Décembre 2018

(*) David Graeber (1961-2021) anthropologue politique anarchiste, fut professeur à la London School of Economics après avoir été viré de Yale pour raisons politiques. Il est l’auteur d’un grand nombre d’ouvrages de recherche tels : “Fragments d’anthropologie anarchiste”, “Dette : les 5000 premières années”, “Bullshit jobs”, “Possibilités” et son dernier ouvrage avant son décès, conjointement avec l’archéologue David Wengrow “L’Aube de tout, une nouvelle histoire de l’humanité” dont nous traduirons et publierons de larges extraits avant la fin de l’année. Il fut un des activistes proéminents du mouvement Occupy Wall Street et une figure de la gauche académique anglo-saxonne.

=> Lire David Graeber sur Résistance 71 et sur notre page “anthropologie politique”.

Cela me frappe que la profonde confusion, voire même l’incrédulité, démontrées par les commentateurs français, plus même, par les commentateurs mondiaux, devant chaque acte successif du drame des Gilets Jaunes, approchant maintenant rapidement un climax insurrectionnel (NdT: Graeber avait raison en décembre 2018, ce fut très très chaud jusqu’en février 2019, l’Élysée fut bien près de tomber…), soit le résultat d’une presque totale incapacité de prendre en compte que les manières dont le pouvoir, le travail et les mouvements alignés contre le pouvoir, ont changé ces 50 dernières années et particulièrement depuis 2008. Les intellectuels [de gauche] ont pour l’essentiel fait un pathétique travail de compréhension de ces changements.

Laissez-moi commencer par offrir deux suggestions en ce qui concerne la source d’une partie de cette confusion :

1. Dans une économie totalement financiarisée, seuls ceux très proches des moyens de création monétaire (essentiellement, les investisseurs et les classes professionnelles de la gestion), sont en position d’employer le langage de l’universalisme. En résultat, toutes demandes politiques étant basées sur des intérêts et des besoins particuliers, ont eu tendance à être traitées comme des manifestations de l’identité politique et dans le cas de la base sociale des Gilets Jaunes, ceci ne peut donc pas être imaginé comme autre chose que proto-fasciste.

2. Depuis 2011, il y a eu une transformation mondiale des assomptions de sens commun sur ce que devrait vouloir dire de participer à un mouvement de masse démocratique, du moins au sein de ceux ayant le plus de chances d’y participer. Les vieux modèles “verticaux” avant-gardistes d’organisation ont rapidement laissé la place à un ethos d’horizontalité où la pratique démocratique égalitaire et l’idéologie sont ultimement deux aspects de la même chose. L’incapacité de comprendre cela donne la fausse impression que des mouvements comme celui des Gilets Jaunes sont anti-idéologiques, voire même nihilistes.

Laissez-moi vous présenter quelques données de fond au sujet de ces assertions.

Depuis que les Etats-Unis ont largué en rase campagne l’étalon or en 1971, nous avons été les témoins d’un profond glissement de la nature du capitalisme. La vaste majorité des profits entrepreneuriaux maintenant ne dérivent plus de la production ni même du marketing de quoi que ce soit, mais de la manipulation du crédit, de la dette et des “loyers régulés”. Alors que les gouvernements et les bureaucraties financières deviennent de plus en plus imbriqués, il devient de plus en plus difficile de les distinguer l’un de l’autre, la richesse et le pouvoir tout particulièrement, le pouvoir de créer l’argent (c’est à dire le crédit), devient aussi la même chose. C’est ce sur quoi nous attirions l’attention lors du mouvement Occupy Wall Street lorsque nous avons parlé des fameux “1%”, ceux qui ont la capacité de tourner leur richesse vers l’influence politique et cette influence politique, en retour, vers plus de richesse…

Malgré cela, les politiciens et les commentateurs des médias refusent systématiquement de reconnaître les nouvelles réalités, par exemple, dans le discours public, il est toujours de bon ton de parler de la politique fiscale comme étant le moyen principal du gouvernement de lever des revenus pour financer ses opérations, alors que c’est en fait devenu de plus en plus le moyen de 1) s’assurer que le moyen de la création de crédit ne puisse jamais être démocratisé (car seul un crédit officiellement approuvé est acceptable en paiement d’impôts) et 2) de redistribuer le pouvoir économique d’un secteur social à un autre.

Depuis 2008, les gouvernements ont injecté du nouvel argent dans le système, qui, en accord avec le célèbre effet de Cantillon, a eu tendance à augmenter de manière disproportionnée la richesse de ceux qui détiennent les biens financiers et les alliés technocrates des classes professionnelles gestionnaires. En France, bien évidemment, ceux-ci sont exactement les macronistes. Les membres de ces castes ressentent qu’ils sont la personnification de tout possible universalisme, leurs conceptions de l’universalisme étant fermement enracinées dans le marché, ou de manière de plus en plus importante, cette atroce fusion entre le marché et la bureaucratie qui constitue l’idéologie régnante de ce qui est appelé le “centre politique”. Les travailleurs, dans cette nouvelle réalité centrée se voient de plus en plus refuser toute possibilité à l’universalisme, car ils ne peuvent pas se le permettre financièrement. [celui-ci étant devenu une commodité]

La capacité d’agir pour la planète par exemple, plutôt que par les exigences de la survie, est maintenant un effet secondaire direct des formes de création monétaire et de la distribution gestionnaire des loyers ; quiconque est forcé de ne penser qu’à soi ou aux besoins immédiats de sa famille est perçu comme affirmant et démontrant une certaine identité ; et alors que certaines identités pourraient être être pardonnées de manière bien condescendante, celle de la “classe travailleuse blanche” ne peut prendre que la forme de racisme. On a vu la même chose aux Etats-Unis, où des commentateurs libéraux, gauchisant, ont réussi à argumenter que les mineurs de charbon des Appalaches avaient voté pour Bernie Sanders, un juif socialiste, et que ceci ne pouvait être quelque part que l’expression d’un racisme ; tout comme il en va de même avec cette étrange insistance que les Gilets Jaunes doivent être des fascistes, même s’ils ne l’ont pas encore compris.

Ceci représente des instincts profondément anti-démocratiques.

Pour bien comprendre l’appel du mouvement [des Gilets Jaunes], c’est à dire, l’émergence soudaine et la propagation comme une traînée de poudre, d’une politique véritablement démocratique, voire même insurrectionnelle, je pense qu’il y a ici deux facteurs très largement ignorés à prendre en considération.

Le premier est que le capitalisme financier implique un nouvel alignement des forces de classe, surtout la caste techno-manageuriale qui emploie de plus en plus de personnes dans une foule de “bullshit jobs” en tant que redistribution systémique néolibérale, contre une classe du travail qui est maintenant mieux vue comme la “classe de l’attention”, comme ceux qui bichonnent, s’occupent, entretiennent des “producteurs” plus que démodés. Un effet paradoxal de la numérisation est qu’alors que cela a rendu la production industrielle infiniment plus efficace, cela a rendu aussi la santé, l’éducation et autre secteur social de plus en plus sans travail, donc ceci combiné avec la diversion des ressources vers la caste administrative sous un régime néolibéral (en attente de coupes sévères dans les budgets sociaux, ce qui est en marche…), cela veut dire que pratiquement partout, ce sont les enseignants, les infirmières, les personnels sociaux et para-médicaux et autres membres de la caste des services qui se sont retrouvés au front pour la contestation et la militance du travail… [où sont les ouvriers de plus en plus remplacés par une technologie IA ?…]

Les clashes entre les ambulanciers et les forces de police à Paris la semaine dernière peuvent être pris comme un symbole vivant des nouvelles forces en présence. Une fois de plus, le discours public n’a pas encore compris les nouvelles réalités qui se font jour, mais avec le temps, nous allons devoir nous poser de toutes nouvelles questions : non pas quelles formes de travail peuvent être automatisées par exemple, mais lesquelles désirerions-nous qu’elles le soient et lesquelles ne le désirerions-nous pas ; pendant combien de temps allons-nous encore continuer de maintenir en place un système dans lequel plus vous travaillez à aider les autres et moins vous êtes payés pour le faire ?

Secondo, les évènements de 2011, à commencer avec les “printemps arabes” et avec les places des mouvements Occupy, paraissent avoir marqué une cassure fondamentale dans le sens commun politique. Une manière de savoir qu’à un moment donné une révolution mondiale a eu lieu est que les idées qui étaient considérées comme folie peu de temps auparavant deviennent les assomptions de base de la vie politique. La structure horizontale, sans leader et de démocratie directe adoptée par le mouvement Occupy Wall Street par exemple, était presque universellement considéré comme idiotique de manière caricaturale et non pratique à l’emploi et dès que le mouvement fut supprimé, fut prononcé comme la raison de son “échec”. Cela était sans doute exotique de tirer non seulement sur l’ambulance de la tradition anarchiste, mais aussi sur le féminisme radical et même sur certaines formes de spiritualité indigène.

Mais il est maintenant devenu clair que c’est devenu le mode par défaut d’organisation démocratique partout, de la Bosnie au Chili en passant par Hong Kong et le Kurdistan. Si un mouvement démocratique de masse émerge, c’est la forme qu’il peut maintenant prendre le plus souvent. En France, Nuit Debout fut peut-être le premier à embrasser l’horizontalité à grande échelle, mais le fait qu’un mouvement originellement de travailleurs ruraux et de petites villes de province et de travailleurs indépendants, ait spontanément adopté une variation de ce modèle, montre juste à quel point nous sommes immergés dans un nouveau sens commun de la véritable nature de la démocratie.

La seule caste de personnes qui ne semble pas être capable de saisir cette nouvelle réalité est celle des intellectuels. Tout comme durant Nuit Debout, beaucoup de ces “leaders” auto-proclamés ont semblé incapables ou sans intérêt à accepter l’idée que les formes horizontales d’organisation étaient en fait une forme d’organisation (ils ne pouvaient pas comprendre la différence essentielle entre le rejet pur et simple d’une hiérarchie d’organisation pyramidale et le chaos total), ainsi maintenant, les intellectuels de gauche comme de droite affirment que les Gilets Jaunes sont “anti-idéologiques”, incapables de comprendre que pour des mouvements sociaux horizontaux, l’unité de la théorie et de la pratique (ce qui pour les anciens mouvements sociaux radicaux tendaient plus à se produire en théorie qu’en pratique), existe de fait dans la pratique. Ces nouveaux mouvements n’ont besoin en rien d’une avant-garde intellectuelle pour leur fournir une idéologie parce qu’ils en ont déjà une : le rejet de l’avant-garde intellectuelle et l’adoption de la multiplicité et de la démocratie horizontale sans leadership.

Il y a un rôle pour les intellectuels dans ces mouvements, certainement, mais cela devra impliquer moins de parlotte et plus d’écoute.

Aucune de ces nouvelles réalités, que ce soit celle des relations argent-pouvoir ou la nouvelle compréhension de la démocratie, ne va cesser d’être dans un futur proche, quoi qu’il arrive dans le prochain acte du drame en cours. Le terrain a bougé sous nos pieds, et nous avons tout intérêt à penser où réside notre allégeance : avec la pourriture universaliste du pouvoir financier, ou avec ceux qui agissent au quotidien se préoccupant de rendre la société possible et meilleure.

= = =

Voir notre dossier « Gilets Jaunes »

4 textes modernes pour changer notre réalité

« Du chemin de la société vers son humanité réalisée » (Résistance 71, 2019)

gilets-jaunes-pouvoir_au_peuple

manifGJ

Tout le pouvoir aux ronds-points !…

SlogBD5

Quand la pourriture réformiste constituante fait systématiquement le jeu de l’exploitation et de la domination (Tract chilien distribué à l’occasion de l’anniversaire du 11 septembre 1973)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 20 septembre 2022 by Résistance 71

ZAD_Partout

Le réformisme n’a jamais fait de révolutions

Ceux qui s’impliquent dans des demies-révolutions creusent leur propre tombe

Tract distribué dans les rues à l’occasion de l’anniversaire du 11 septembre 1973 et du coup d’´état au Chili

NB : le tract est originellement en espagnol, mais nous l’avons traduit de sa version anglaise (Résistance 71)

20 septembre 2022

Quand les exploités décident de prendre leur destinée et leur vie entre leurs mains, ces secteurs dont l’existence dépend de l’exploitation, s’unissent contre eux, appliquant des stratégies variées pour les contenir et les vaincre. C’est pourquoi, de la droite à la gauche du spectre politique, tous les partis qui défendent les catégories fondamentales de la civilisation capitaliste sont impliqués.

Dans les années 60 et 70, une immense vague révolutionnaire internationale a déferlé et au Chili, un processus qui captura l’attention du monde entier prit forme. Ce processus ne se cantonnait pas aux vicissitudes de l’alliance réformiste de l’Union Populaire avec Allende à sa tête. Au contraire, cela émergeait d’un mouvement social grandissant qui s’exprimait de manière hétérogène via l’occupation des usines, les saisies de terres et de fermes, de soupes populaires, d’associations culturelles et un grand nombre d’expériences communautaires et anticapitalistes. Comme cela se produit dans ces cas là, ce mouvement s’est levé contre les limites qui germèrent et grandirent au sein de sa propre dynamique, ainsi que contre la répression étatique de plus en plus féroce (il y eut plusieurs massacres documentés en quelques années comme ceux de Pampa Irigoin et de Puerto Montt en 1969, sous le gouvernement d’Eduardo Frei Montalva, lorsque 11 occupants furent tués incluant un nourrisson de 3 mois…) et le cadre réformiste.

Soutenu par ces luttes, l’UP est parvenue au gouvernement en 1970 pour appliquer un programme social-démocrate tout en combattant ouvertement ceux qui brisèrent depuis la base, le cadre de la légalité bourgeoise et osèrent agir de manière autonome.

Pendant trois ans, l’activité autonome des travailleurs, ouvriers, paysans et occupants porta ses fruits avec la formation de cordons industriels, de l’expropriation que l’UP ne put pas contrôler malgré tous ses efforts ; les commandements communaux et les comités de contrôle des approvisionnements et des prix (JAP), devinrent de plus en plus intolérables pour la classe capitaliste.

Le coup d’état militaire se produisit alors en dernière mesure de la protection de la classe dirigeante, coincé dans une réponse contre-révolutionnaire qui restructurait le capital en crise dans le monde entier. Mais son succès à vaincre le prolétariat ne peut pas être expliqué sans comprendre le travail réactionnaire constant de la gauche elle-même, qui désorganise, réprime et littéralement désarme le mouvement.

45 jours avant le coup d’état, Allende considérait que les problèmes principaux du pays étaient une demande excessive de réajustement des salaires des travailleurs, leur “économisme” et “le syndicalisme parallèle” des branches industrielles. Il prononça un sermon sévère contre la classe travailleuse et clarifia de manière catégorique : CE PAYS VIT UN PROCESSUS CAPITALISTE, il annonça une politique salariale sévère avertissant que dans l’année à venir, les réajustements des salaires seraient plus bas que l’augmentation du coût de la vie, il clarifia le fait que les forces armées continueraient d’appliquer strictement la loi sur le contrôle des armes et il suggéra dans une ovation des ses hôtes “communistes” que le MIR pourrait bien agir comme complice de la CIA. Comme on peut le voir, une excellente politique pour préparer le prol´´tarit aux confrontations à venir.

Il devient alors inévitable de se poser la question du rôle démobilisateur de la gauche du capital, qui bouge et agit au sein du cadre politique bourgeois et qui ne propose rien d’autre que le réarrangement de la logique mercantile, investissant en cela dans son rôle des années 70 et celui qu’elle a joué depuis la révolte de 2019 au travers de partis politiques aujourd’hui au gouvernement, mais aussi du rôle de ces groupes ayant donné un “soutien critique”, les secondant dans leurs manœuvres aves cette “naïve” prétention de les “submerger”. De cette façon, du “Pacte pour la paix et la nouvelle constitution” signé par presque tous les partis politiques ayant une représentation législative au 15 novembre 2019, tout l’ordre du parti a été dédié à la dilution du pouvoir de l’imposant mouvement développé depuis les jours historiques des 18 et 19 octobre. Son objectif explicite fut de sauver les institutions, essentiellement le gouvernement et le congrès, au travers d’évènements électoraux successifs qui ont diverti et kidnappé l’autonomie de la classe du travail, sabotant les assemblées territoriales et donnant le pouvoir “au propre sens commun” de cette société organisée autour de l’exploitation et de la domination sociales et donc, par là même, du fétichisme de l’État.

Ceci est l’objectif déclaré du processus constituant. (NdT : comme il le serait également en France du “processus constituant” réformateur qui avait émergé du mouvement des Gilets Jaunes, mouvement qui n’est qu’un vœu pieux pour rendre le système “plus vertueux”, “plus compatissant” aux besoins des gens, mais en préservant les institutions et les rouages de l’exploitation et de la domination étatico-marchandes) Son rôle fut certainement efficace : les campagnes électorales, d’abord pour le plébiscite de l’entrée, puis pour l’´action des constituants et autres, ont eu pour but de vider les rues, retirant la force des expressions variées de l’auto-organisation et des luttes de revendication, tout en donnant l’impunité à ceux responsables du terrorisme d’état, réaffirmant l’emprisonnement politique de dizaines de militants de la révolte. Mais pour satisfaire les illusions d’un large secteur qui vit dans l’écriture d’une nouvelle constitution une manière d’accéder aux droits sociaux, cette voie résulta en un gigantesque échec, consommé le 4 septembre dernier.

Le prolétariat n’est pas mobilisé par des slogans idéologiques ou des promesses qui lui sont présentés comme étant étrangères, mais par ses besoins concrets, ce qui ne veut pas dire qu’il ne peut pas agir consciemment. La réduction et la codification des luttes vindicatives prolétariennes en catégories propres aux niches du marché académique n’ont pas d’autre effet que de fragmenter les luttes, de les isoler et finalement de les déconnecter de leur sens original, les imposant plus tard comme quelque chose d’externe semant la déception et l’impuissance. Ceci est un des facteurs derrière l’écrasante défaite électorale de “l’approbation”. En plus d’une campagne pathétique, les groupes politiques réactionnaires savaient comment avoir un avantage sur des thèmes comme l’unité nationale, la sécurité et l’ordre public, choses “propres” à leur “sphère” d’action politique.

Les thèmes de la gauche du capital ne semblent jamais approfondir les choses, mais mis en couple avec leurs rivaux de droite, ils utilisent également une méthode de prosélytisme. Les slogans patriotiques, réponses aux mensonges et aux “campagnes de terreur” de la droite, qui fait tout ce qui est possible pour se dissocier de toute véritable menace au pouvoir et ses laquais, la centralité de la famille et autres valeurs frelatées, incluant le sexisme, le racisme et l’homophobie, sont des éléments communs à observer dans des secteurs supposément critiques, ce qui a atteint un paroxysme après le récent triomphe du “rejet”, dans lequel une véritable vague de mépris envers la “populace” fut observée par ceux qui prétendaient combattre pour elle.

A la fois les processus des années 70 et ceux depuis 2019 interrompent leur extension et leur profondeur quand ils ne dirigent pas leur critique et leurs luttes contre le cœur des relations capitalistes (travail, argent, salariat, valeur) et l’État en tant que tels. Les leçons évidentes à tirer du rôle des secteurs réformistes, qui ne sont pas juste une version modérée au sein des luttes contre le capital, mais possèdent des objectifs radicalement différents (préservation de l’ordre social capitaliste contre sa négation radicale et son dépassement), ne devraient pas être balayés sous le paillasson pour retourner à l’abattoir.

Notre voie n’est en rien l’intégration dans la politique actuelle, mais sa destruction. Ceci est une nécessité provenant des mêmes expériences. Continuer à nous heurter la tête contre le mur des institutions, demander encore et toujours pour une véritable  et démocratique “assemblée constituante” et une nouvelle constitution au lieu de créer et de donner le pouvoir à nos propres espaces, de renforcer les liens et les discussions fraternelles entre les individus et les collectivités et de façonner les relations de solidarité, qui répondent à nos besoins les plus pressants et immédiats, ne peut en aucun cas être la voie à suivre.

Nous n’oublions pas ceux d’entre nous qui sont tombés. Nous ne pardonnons pas aux assassins, aux bourreaux et leurs complices de droite comme de gauche.

QUE LA MEMOIRE HISTORIQUE ENTERRE CEUX QUI CONDAMNENT LA VIOLENCE PROLETARIENNE!

Allons vers la vie, Septembre 2022

=*=*=*

Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

permaculture2
Applicable à toute communauté…

relation_extatique

GJ_vive_la_commune

La société organique spirituelle pour un changement de paradigme politique avec Gustav Landauer et Saul Newman (1ère partie)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 18 septembre 2022 by Résistance 71

Superbe essai du professeur Saul Newman que nous publions ici en deux parties et compilation PDF. La société future, celle de notre émancipation finale, la Commune Universelle de notre humanité enfin réalisée sera une société organique spirituelle (et non pas religieuse…), qui nous verra opérer un grand retour à la loi naturelle en tant qu’espèce humaine. Le système étatico-capitaliste se meurt, achevons-le et allons de l’avant… Comment, lisez la suite !
A bas l’État, à bas la marchandise, à bas l’argent et à bas le salariat, tout le reste n’est que pisser dans un violon !
~ Résistance 71 ~

gustav-landauer_biblio

L’anarcho-mysticisme de Gustav Landauer et la critique de la théologie politique*

Saul Newman

2020

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Septembre 2022

(*) théologie politique : croisée du chemin entre la philosophie politique et la théologie chrétienne, comment des concepts religieux, des croyances peuvent être sous-jacents à des modes d’organisation politiques, économiques et sociaux. Ceci peut également s’appliquer à d’autres religions comme l’Islam par exemple pour qui la théologie politique est inhérente.

1ère partie

2ème partie

Résumé

Cet article explore la pensée anarcho-mystique de Gustav Landauer comme réponse critique à la théologie politique centrée sur la souveraineté. Il a été disputé que la pensée politique de Landauer, centrale à tout ce qui est de retraite, retranchement mystique des institutions étatiques existantes et des relations sociales qui en résultent, effectue un déplacement radical du concept de souveraineté de l’État au travers l’émergence de nouvelles formes autonomes de subjectivité, d’affinité et de communauté. L’article commence avec une discussion de la réponse critique de Carl Schmitt à l’anarchisme, qui, j’argumente, est le registre par lequel nous devons interpréter sa version de la théologie politique. Je me tourne ensuite sur l’articulation originale de Landauer sur l’anarchisme, définie au travers d’une auto-transformation spirituelle ou micro-politique et de l’expérience mystique, comme manière de décentraliser la souveraineté. Finalement, je développe quelques parallèles entre Landauer et des interventions récentes dans la pensée (im)politique italienne, dans laquelle la fonction de la représentation souveraine de la théologie politique est radicalement mise en question. Je conclus en disant que l’anarcho-mysticisme, en tant qu’engagement avec la théologie politique, ne fait pas que seulement élargir cette catégorie, mais offre une manière d’interpréter de nouvelles formes d’activisme politique et de protestation dans lesquelles la représentation souveraine est fondamentalement délégitimisée.

[NdT : Nous nous focalisons ici sur ce qui est dit de la pensée de Landauer et n’avons pas traduit la première partie de ce texte sur Carl Schmitt]

Les pensées de Landauer sur l’anarchisme

Gustav Landauer était un penseur socialiste, anarchiste, juif, allemand et un activiste qui, en 1919, fut assassiné par des forces paramilitaires d’extrême-droite (NdT: les corps-francs) après l’écrasement de la république de Bavière. L’implication directe de Landauer dans la révolution communiste allemande de la fin de la première guerre mondiale aura représenté une des forces principales de la déstabilisation politique dont Schmitt voulait défendre l’ordre social contre. Ce qui revient à dire que Landauer, pour Schmitt, aurait sans doute été la figure emblématique de l’ennemi. Ici, je veux argumenter que l’anarchisme plus hérétique de Landauer, inspiré par une pensée mystique, est peut-être une réponse plus efficace à la théologie politique centrée sur la souveraineté, que la marque de fabrique révolutionnaire plus familière de l’anarchisme. En mettant face à face le “spirituel” plutôt que le matériel contre le théologique et en faisant la promotion de manières autonomes de vivre et de s’associer plutôt que de prôner un assaut direct sur l’État, Landauer évite de tomber dans le piège de la théologie politique qui attend quasiment toutes formes de politiques révolutionnaires.

Anarchiste avoué, Landauer avait en fait une relation ambivalente avec bon nombre d’anarchistes de son époque. L’assassinat par un anarchiste du président américain McKinley en 1901 mena Landauer à critiquer l’utilisation de la violence par les anarchistes en tant qu’outil révolutionnaire. Dans un essai intitulé “Pensées anarchistes sur l’anarchisme” (publié en 1901), Landauer argumentait que cette sorte de “propagande par les faits” n’était pas seulement contre-productive et même quelque peu vaniteuse et arrogante de la part de certains anarchistes, mais qu’elle allait contre l’orientation éthique de l’anarchie, qui est par essence non-violente et opposée à toute forme de coercition et de domination. Il était donc impossible, selon Landauer, de construire une société anarchiste sur la base de la violence. L’action révolutionnaire devrait plutôt refléter les principes éthiques et les idéaux de l’ordre social qu’on voulait créer, plutôt que de n’être qu’un moyen vers une fin : “Toute violence est soit despotisme soit autorité. Ce que les anarchistes doivent comprendre est que le but ne peut être atteint que s’il se reflète déjà dans son, ses moyens. La non-violence et la non-coercition ne peuvent pas être atteintes par la violence.

Ceci invoque l’idée de politique pré-figurative, qui est un ethos anti-instrumentaliste qui refuse de sacrifier ou de subordonner les moyens aux fins ; un refus qui peut mener certains à réfuter l’anarchisme de Landauer comme étant anti-politique mais qui, pourrais-je argumenter, mène à une expérience différente et plus intense de la politique. Les anarchistes “politiques” qui conseillèrent la violence comme moyen envers une fin qu’est la révolution “n’étaient pas suffisamment anarchistes”, selon Landauer.

En fait, pour Landauer, l’anarchisme ne devrait pas être vu du tout comme une fin, comme une certains sorte de société qu’on chercherait à établir, car ceci automatiquement impliquerait l’imposition d’une vision particulière de la société aux autres. “Ceux qui veulent amener la liberté au monde, ce qui sera toujours leur idée de la liberté, sont des tyrans et non pas des anarchistes.Plutôt que de rechercher l’anarchisme comme un but à atteindre, il devrait être quelque chose du présent ; c’est au sujet de la façon dont chacun vit dans l’ici et maintenant. L’anarchisme est une certaine forme de disposition, une façon d’être et de se conduire de se positionner aux autres. En fait, l’anarchisme implique une certaine forme de transformation spirituelle de soi-même et l’accomplissement d’un certain niveau de compréhension et de maîtrise de soi.Pour moi, quelqu’un qui n’a pas de maître, quelqu’un de libre, un individu, un anarchiste, est quelqu’un qui est son propre maître, qui est sorti des tréfonds, le désir lui disant qui il ou elle veut vraiment être. Ce désir est sa vie.

Pourtant cette maîtrise de soi demande une sorte d’auto-immolation en relation très étroite avec une expérience mystique. Pour Landauer, l’anarchisme est la rédemption spirituelle et la renaissance de l’humanité, mais qui passe au travers du tumulte de l’âme individuelle. L’éthique de la préfiguration, si importante dans l’anarchisme, est aussi spirituelle qu’un projet politique. C’est parfois obscur et seulement accessible par une expérience mystique, plutôt que quelque chose qui pourrait s’articuler comme une vision rationnelle des relations sociales : “Seulement lorsque l’anarchie devient pour nous, un rêve noir et profond et non pas une vision atteignable au travers de concepts, alors notre éthique et nos actions peuvent devenir UN.

Néanmoins, la concentration sur le soi ne doit pas être confondu avec un individualisme soliptique ou un désengagement de la politique. Au contraire, pour Landauer, nous devrions toujours agir dans le monde extérieur, nous impliquer dans des coopératives et des associations, construire des communautés et des organisations locales etc. Nous pouvons plutôt voir la forme individualiste, singulière de l’anarchisme en termes d’une sorte de micro-politique dans laquelle la transformation de la société et des institutions politiques au sens plus large, commence avec la transformation de l’individu et de ses relations immédiates avec les autres.

L’État en tant que relation

L’emphase sur la micro-politique est la base de la formulation originale de Landauer sur l’État, qu’il voit comme composé d’une série de relations individuelles : “L’État est une relation sociale ; une certaine façon pour les gens d’être en relation.” C’est ici que la pensée de Landauer représente une véritable césure de la théologie politique. Au lieu de voir l’État comme une institution simple, absolue, séparée de la société, comme Schmitt et les révolutionnaires anarchistes du XIXème siècle le voyaient, bien que de manière différente, Landauer le voit de la façon la plus ordinaire, en des termes quotidiens, comme une relation multiple entre des individus. Ainsi, l’État est désaffranchi de toute sacralité, de toute unité, de toue transcendance, il est démuni, en d’autres termes, de la dimension de souveraineté. La souveraineté n’est agitée que comme simplement une illusion pour masquer la banalité et l’inutilité déconcertantes de l’État.

C’est comme si Landauer dit que le pouvoir n’existe pas vraiment ou plutôt, s’il existe, c’est simplement une relation sociale produite par nos relations quotidiennes avec les autres. Notre sens de domination de l’état sur nous provient en réalité d’une sorte d’auto-domination, il en va de même en ce qui concerna la domination des autres, ce sont les deux faces de la même pièce. Ceci est un commentaire sur notre servitude volontaire, une idée que Landauer emprunte à l’écrivain humaniste français du XVIème siècle Etienne de la Boétie. Celui-ci affirmait que le pouvoir ne dépendait pas de la coercition mais de notre obéissance volontaire et de la soumission de notre propre pouvoir au sien. Ceci voulait dire que le pouvoir du tyran sur nous n’est en fait qu’une illusion et que cela n’était en fait que notre pouvoir sous une forme aliénée. Landauer fait exactement la même remarque dans son essai intitulé “Faibles hommes d’état, peuple encore plus faible !” (1910)

L’homme d’état, ou souverain, est de fait faible. Il est comparé à un compositeur, un individu singulièrement imparfait qui donne néanmoins l’illusion du pouvoir parce qu’il commande un orchestre, pourtant ce que l’audience, pour continuer dans cette métaphore, ne comprend pas c’est que son pouvoir provient vraiment de l’orchestre qu’il commande et non pas de lui-même. De la même manière, le pouvoir souverain dérive de l’obéissance de ceux qu’il gouverne. Il est, d’après Landauer et La Boétie, un individu faible et couard. Mais la véritable faiblesse réside dans l’obéissance volontaire, la docilité et le laisser-faire des masses qui permettent de se laisser gouverner. Dans l’analyse de Landauer, à la fois l’homme d’état et le public sont pris dans la spirale d’une illusion spéculative, l’homme d’état ne reconnaissant pas sa propre impuissance et le peuple ne reconnaissant pas son propre pouvoir. L’État n’a donc aucun pouvoir réel, aucune substance, aucun “esprit” [NdT: ce que Landauer appelle “Geist” en allemand, mot qui a cette consonance mystique qu’il n’a pas en français et est donc difficile à traduire…]. En fait, Landauer se réfère à l’État comme une “entité non spirituelle”, une coquille vide maintenu seulement par “l’ignorance et la passivité du peuple”. Voir l’État comme étant tout puissant, c’est s’engager dans un fétichisme qui finit par donner à l’illusion une forme réelle.

L’analyse de Landauer est une tentative de déloger la souveraineté en la désacralisant, en niant son esprit. Ceci est donc en contraste direct avec la théologie politique de Schmitt qui est concernée par revigorer cet esprit. De plus, le message de Landauer sur notre servitude volontaire est essentiellement émancipateur. Disant que nous sommes complice du pouvoir de l’État et que nous le produisons et le reproduisons dans nos relations et interactions quotidiennes. Nous pouvons aussi renverser la vapeur en nous comportant différemment, avec une relation différente envers les autres et envers nous-mêmes. “Ceci peut être détruit en créant de nouvelles relations sociales.En d’autres termes, c’est précisément parce que l’homme d’état dérive son pouvoir du peuple que son pouvoir est si précaire, qu’il peut-être renversé par le peuple formant des relations non dominantes et autonomes entre ses membres. C’est parce que la domination de l’État sur nous est simplement la réflexion de notre propre auto-domination que nous pouvons nous libérer de ce lien en nous détournant simplement de ce pouvoir. La révolution est moins un assaut direct et violent sur le pouvoir politique qu’un travail éthique conduit sur soi-même et qui résulte en une rédemption spirituelle dans laquelle la volonté d’être libre est réclamée par les individus.

Profondément influencé par l’idée de l’anarchiste individualiste allemand Max Stirner de l’insurrection ou du “soulèvement” [Empörung], Landauer pensait que toute forme de révolution commence d’abord avec un changement de soi. C’est comme si la révolution contre des institutions externes, contre un état souverain, doit d’abord commencer avec la mise à bas des institutions intérieures, intériorisées, d’un état d’esprit étatique ou autoritaire de cette, comme le dirait Landauer, disposition “non spirituelle” en chacun de nous qui mène à la création de nouvelles formes de pouvoir étatique dans le sillage de chaque révolution. L’État est plus dans nos têtes et nos cœurs, bien plus même, que dans le monde extérieur des relations sociales.

L’expérience mystique

Pour bien saisir cette notion de retrait de soi des institutions, nous devons comprendre l’anarchisme de Landauer comme une forme de mysticisme ; une façon de penser et une approche du monde qui dérivent en grande partie des traditions mystiques chrétiennes et, en particulier, du théologien des XIIIème-XIVème siècles, Maître Eckhart, dont les sermons radicaux et les écrits menèrent à des accusations d’hérésie. L’idée d’Eckhart de l’unité mystique de l’âme ou de l’UN avec Dieu fut d’une influence clef sur la compréhension de “l’esprit” par Landauer et de l’expérience mystique.

NdT : Si maître Eckhart était allemand, Gustav Landauer fut un de ceux qui firent la transcription des textes anciens d’Eckhart en allemand moderne. Il avait une profonde connaissance du sujet.

Il y a plusieurs éléments de la pensée mystique de Landauer auxquels je voudrais ici emprunter, avec pour but d’exciter au sujet des implications de son anarchisme pour la critique de la théologie politique. J’ai déjà fait allusion à l’idée de séparation ou de détachement des relations sociales existantes et particulièrement des institutions politiques, comme une manière de gagner une autonomie en rapport à celles-ci et de mettre en valeur des relations alternatives. Afin que l’individu puisse réclamer son autonomie, il ou elle doit se détacher du monde extérieur et retourner en lui ou elle-même. Ce retour à l’intérieur de soi implique même une sorte d’auto-destruction métaphorique, mais c’est cela, paradoxalement, qui permet qu’on ressente une connexion plus profonde avec le monde. Comme l’a dit Landauer dans un essai sur le mysticisme intitulé “De la séparation à la communauté” (1901) :

Je fais ceci afin de me sentir UN avec le monde dans lequel mon moi s’est dissout. Tout comme quelqu’un qui se jette à l’eau pour se suicider, je saute dans le monde, mais au lieu de la mort, je trouve la vie. Le moi se tue afin que le moi du monde puisse vivre. Ainsi, même si cela n’est pas absolu, ce qui veut vraiment dire “isolé”, la réalité que je crée, c’est la réalité qui est importante pour moi, née en moi-même, mise en place par moi-même et venant à la vie en moi-même.

Ce qui est important ici n’est pas seulement de quitter le monde extérieur, mais aussi de se quitter soi-même, de quitter une certaine conception pré-existante de soi-même. L’auto-annihilation spirituelle dont parle Landauer est, en même temps, une création d’un nouveau soi plus profondément connecté avec la vie et avec le monde. L’acte d’auto-rédemption ou d’auto-création, est nécessairement précédé d’un nettoyage du terrain, d’une destruction de soi pré-existant, qui demeure attaché aux conditions et aux relations sociales existantes. Nous trouvons une idée tout à fait similaire chez Maître Eckhart, qui conseille de se détourner du monde matériel externe et de se tourner vers l’intérieur de soi afin d’y trouver la liberté et de réaliser une connexion bien plus proche avec dieu. Mais ceci implique aussi un départ de soi : “Commencez par vous-même et donc quitter votre vous. Véritablement, si vous n’abandonnez pas votre vous-même, alors où que vous preniez refuge, vous y trouverez des obstacles et du tumulte et ce, où que ce soit.

De fait, pour Landauer, le désengagement ou le retrait de relations extérieurement définies, de rôles et d’identités du soi est la précondition à de nouvelles formes de communalisme pour qu’une véritable communauté émerge :

Mais nous ne pouvons trouver la communauté dont nous avons besoin et que nous désirons aussi loin que nous, la nouvelle génération, nous séparons des vieilles communautés. Si nous faisons de cette séparation, une séparation radicale et si nous, en tant qu’individus séparés, nous autorisons à couler au plus profond de notre être et d’y atteindre notre centre, celui de notre nature la plus cachée, alors nous trouverons la plus ancienne et la plus complète des communautés : une communauté qui englobe non seulement toute l’humanité, mais l’univers entier. Quiconque découvre cette communauté en lui-même sera éternellement béni et heureux et un retour aux communautés arbitraires et banales d’aujourd’hui deviendra impossible.”

Par cette séparation mystique, la grande distinction entre l’individu et la communauté est effacée. L’individu se découvre lui-même ou elle-même dans une communauté et la communauté se découvre elle-même dans l’individu. L’individu devient une sorte de conduit pour la communauté, mais pas dans le sens où il est éclipsé par celle-ci. C’est plutôt une expérience mystique de communion avec les autres, avec le monde, avec la nature, les individus deviennent comme le dit Landauer “L’étincelle électrique de quelque chose de plus grand, de quelque chose englobant tout.De plus, Landauer comprenait la communauté comme quelque chose étant supérieure à la somme de ses parties, plus qu’une collection d’individus. Nous avons plutôt une sorte de figure composée dans laquelle individu et communauté parviennent à une union extatique, dans laquelle chacun trouve un sens plus profond de soi-même.

Communauté mystique

La nouvelle communauté est mystique, une communauté impossible qui comprend, comme le dit Landauer, non seulement toute l’humanité mais aussi l’univers tout entier. Comment peut-on concevoir une telle communauté ? L’absence de véritables frontières bien définies et de limites ne rend-il pas une telle communauté impensable ? Il y a sans aucun doute un élément utopique dans cette communauté, une utopie qui est partagée par des penseurs juifs comme Martin Buber, pour qui la communauté est aussi définie par une profonde affinité spirituelle. (NdT : qui se caractérisera par le mouvement des khiboutzim, dont l’idée embrasse en apparence une telle vision de la communauté, mais qui en réalité, est un instrument de contrôle sioniste en “milieu hostile”, au service d’un état colonial et génocidaire… Landauer se rapprocha du concept mais s’en détacha, de la même manière qu’il se détacha du sionisme qu’il comprît dans sa vraie nature étatiste coloniale)

Mais la communauté mystique de Landauer doit en même temps être distingué de la communauté messianique. Pour Buber, seule la communauté messianique pourrait transcrire des idéaux religieux en forme politique et sociale, c’est à dire de devenir une “véritable” communauté, alors que la communauté mystique, quoi que réflexive sur les idéaux religieux, était essentiellement irréalisable. Jusqu’à ce que l’idée de Landauer de communauté résiste la politisation directe et ne prenne pas une forme distincte, ça n’est peut être pas du tout utopique du tout. Au moins et à l’encontre de Buber, elle ne peut pas être facilement assimilée en théologie politique parce qu’elle évite toute sorte de transcription directe de la théologie au politique.

La distinction entre anarcho-mysticisme et théologie politique devient plus nette si l’on contraste la notion de communauté de Landauer avec celle de Schmitt. La compréhension politico-théologique de la communauté de Schmitt est définie par la souveraineté, par un principe transcendant d’autorité politique qui maintient la communauté en place et définit ses frontières politiques conceptuelles. Et il en va de cette figure de souveraineté que les membres de cette communauté doivent leur allégeance et leur loyauté et pour ça ils doivent être prêts à se sacrifier eux-mêmes. (NdT : toujours cette notion de dette envers la “communauté-système”) Schmitt invoque l’idée d’une communauté politique cimentée par la foi et l’obéissance à l’autorité politique ainsi que par une animosité envers l’autre, l’étranger, l’outsider. Ceci fait parallèle à une communauté religieuse ancrée dans sa foi et son obéissance à une révélation divine.

Ceci est entièrement différent avec la communauté mystique anarchiste de Landauer dans laquelle il n’y a pas de souveraineté ou de forme centralisée d’autorité politique et dans laquelle un déterminant théologique est totalement absent. Au lieu d’une communauté tenue étroitement ensemble par l’obéissance et la foi aveugle, Landauer perçoit et pense à une forme totalement volontaire de participation. Comprise en ces termes, la notion de communauté de Landauer est complètement opposée à la communauté artificielle de l’état-nation. Bien que Schmitt et Landauer voient la communauté en terme “spirituel”, l’une définie théologiquement et l’autre mystiquement, elles ne pourraient pas être plus radicalement différentes l’une de l’autre. Pour Landauer, l’État en tant que communauté est le summum du “manque d’esprit / Ungeist” parce qu’il contraint les gens dans une fausse unification dans laquelle ils vivent une vie atomisée en isolation sans véritable esprit d’affinité. En ce sens, l’état-nation est une anti-communauté :Là où il n’y a pas d’esprit pas de compulsion interne, il y a une force externe, une régimentation, l’état. Là où il y a esprit, il y a société. Lorsque manque d’esprit il y a, l’état apparaît. L’État est un remplacement, un Ersatz de l’esprit.

Alors que Landauer rejette la communauté de l’état-nation, il évoque parfois l’idée de nation en tant que communauté de l’esprit, mais là il pense à la façon dont les racines partagées de traditions culturelles et les coutumes peuvent former la base d’une véritable affinité entre les gens. bien que ceci puisse paraître en porte-à-faux avec sa notion de communauté universelle mentionnée auparavant, son idée de la communauté nationale est sans état et donc par conséquent sans frontières et donc, complètement opposée à toutes formes de nationalisme, que Landauer déteste tout particulièrement : “L’État avec ses frontières et les nations et leurs conflits sont les substituts d’un manque d’esprit des membres de la communauté.

A suivre…

= = =

Saul_Newman

Saul Newman : 

Ph.D en Science Politique de l’université de Nouvelle-Galles-du-Sud (Australie) et co-directeur de l’Unité de Recherche sur la Théorie Politique Contemporaine de l’University of London (Goldsmiths). Il est spécialiste des théories politiques radicales et a extensivement publié sur le sujet (livres et articles), notamment sur le “post-anarchisme”, la théologie politique et des penseurs comme Max Stirner, Gustav Landauer.

Lire Gustav Landauer sur Résistance 71 (format PDF) :

L’appel au socialisme (traduction Résistance 71) et Texte complet

Vie et Œuvre de Gustav Landauer 

Notre page « Gustav Landauer et la société des sociétés organique »

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

SN_Postanarchisme

GL1

La nouvelle société des sociétés sera spirituelle ou ne sera pas… Trouver la voie du milieu, aujourd’hui avec Simone Weil (OSRE)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, documentaire, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , on 14 septembre 2022 by Résistance 71

« Le totalitarisme moderne est au totalitarisme catholique du XIIe siècle ce qu’est l’esprit laïque et franc-maçon à l’humanisme de la renaissance. L’humanité se dégrade à chaque oscillation. Jusqu’où cela ira-t-il ? »
~ Simone Weil, “La pesanteur et la grâce”, 1940 ~

« L’enracinement reste peut-être le besoin le plus important de l’âme humaine. Un être humain a une racine par sa participation réelle, active et naturelle à l’existence d’une collectivité qui conserve vivants certains trésors du passé et certains pressentiments d’avenir. Participation naturelle, c’est-à-dire amenée automatiquement par le lieu, la naissance, la profession, l’entourage. Chaque être humain a besoin d’avoir de multiples racines. Il a besoin de recevoir la presque totalité de sa vie morale, intellectuelle, spirituelle par l’intermédiaire dees milieux dont il fait naturellement partie. »
~ Simone Weil, “L’enracinement”, 1943 ~

“Ecarter les croyances combleuses de vides, adoucisseuses des amertumes. Celle à l’immortalité. Celle à l’utilité des péchés : etiam peccata. Celle à l’ordre providentiel des événements — bref les « consolations » qu’on cherche ordinairement dans la religion.
Aimer Dieu à travers la destruction de Troie et de Carthage, et sans consolation. L’amour n’est pas consolation, il est lumière.”
~ Simone Weil, “La pesanteur et la grâce”, 1940 ~

“Tout ce qui est fait par amour est fait par delà le bien et le mal.”
~ Friedrich Nietzsche, “Le gai savoir”, 1882 ~

SW2

Simone Weil : Rencontre avec dieu

Camille Mordelynch

22 juillet 2022

Source: https://rebellion-sre.fr/simone-weil-rencontre-avec-dieu/

Simone Weil est une météorite dans le ciel de la pensée. Professeur de philosophie, ouvrière, militante syndicale, combattante et mystique chrétienne, elle fût, le temps de sa courte vie, un esprit libre et indocile, aussi lumineux qu’aucun carcan doctrinal ne pût le brider. Au-dessus de tout parti idéologique, à rebours de quelque chapelle dogmatique qui soit, Weil brille par son grand amour – à entendre au sens de quête – pour la vérité : « J’aimais mieux mourir que vivre sans elle.» (S. Weil, Autobiographie spirituelle). Cette vérité, qui a valeur de bien absolu, ne peut être conçue que comme transcendante, surnaturelle, et par là même anhistorique, approchée de plus ou moins près par les différentes civilisations. Passionnée par le génie de l’esprit grec, elle voit dans ses mythes et dans la philosophie antique une anticipation, une préfiguration de ce qui sera pour elle l’image culminante de la vérité : la figure du Christ.

« Le Christ aime qu’on lui préfère la vérité, car avant d’être le Christ il est la vérité. Si on se détourne de lui pour aller vers la vérité, on ne fera pas un long chemin sans tomber dans ses bras » (Autobiographie spirituelle).

Si Simone rejette son judaïsme initial et le Dieu qu’elle présente comme cruel et vengeur dans l’Ancien Testament, elle finit par embrasser un christianisme d’amour qui, bien que n’ayant jamais été concrétisé par le baptême à cause de sa méfiance vis-à-vis de l’Eglise institutionnelle et censeure, l’a rendue chrétienne au sens étymologique du terme : disciple du Christ. Sa spiritualité est la confluence de ses influences qui, par absence de cloisonnement, se sont nourries mutuellement : elle réussit le pari de conjuguer à la fois la pensée grecque comme la sagesse orientale, l’inspiration marxiste et socialiste de ses débuts, et sa fascination profonde pour le Christ et son message, percevant l’ensemble comme autant de réverbérations de la vérité. Celles-ci n’en sont par ailleurs pas restées à de simples spéculations métaphysiques, mais ont raisonné jusque dans son vécu : passée par l’usine pour endurer la condition ouvrière et donner corps à son engagement auprès des travailleurs, elle s’enrôlera dans la guerre d’Espagne en 1936 puis dans la résistance, tout en rencontrant le Christ au cours d’expériences mystiques.

Dans son recueil Attente de dieu, Simone Weil raconte avoir été d’abord touchée par la beauté des chants d’une procession dans un village portugais, voyant l’essence populaire du christianisme : « Là j’ai eu soudain la certitude que le christianisme est par excellence la religion des esclaves, que des esclaves ne peuvent pas ne pas y adhérer, et moi parmi les autres ». Puis, lors d’une visite dans une chapelle à Assise, elle est submergée par une force qui la pousse à se mettre à genoux. Enfin, à la récitation du poème Amour de George Herbert, elle est saisie par la présence du Christ : « C’est au cours d’une de ces récitations que, comme je vous l’ai écrit, le Christ lui-même est descendu et m’a prise. Dans mes raisonnements sur l’insolubilité du problème de Dieu, je n’avais pas prévu la possibilité de cela ». Cette révélation, cette levée du voile suivant son étymologie latine revelare, est le geste de la vérité au sens grec et platonien du terme : la vérité, l’alètheia, est dévoilement ; elle transperce le voile des apparences. Dans l’expérience mystique, c’est Dieu qui transperce le voile et se manifeste sous le mode de l’amour ; mais un tel contact, s’il gagne le cœur, est un défi pour la raison. Comment l’intelligence peut-elle consentir à ce qui la dépasse ? Et comment, dès lors, penser ensemble un Dieu qui est absolutisation de l’amour, et le mal sur Terre ? Cette question parcourt la pensée weilienne. Pour quiconque que la souffrance d’autrui affecte, l’écharde de la foi, épine tant conceptuelle que morale, est de faire coexister la perfection d’un Dieu-Bien et omnipotent, avec un monde chaotique qui, même né de Lui, ne connaît que son miroir inverse : un malheur qui s’abat indistinctement sur les bons comme sur les mauvais. Simone Weil concevait ce monde comme le règne de la pesanteur, cette force descendante qui dirige tout vers le bas. Pesanteur matérielle, pesanteur morale : tout ce qui se rapporte à de la bassesse, qu’il s’agisse de la force gravitationnelle qui précipite les corps au sol ou des vicissitudes de l’âme qui la pousse à dominer, à posséder, à se rapporter à soi. La pesanteur nous place à une distance infinie de Dieu : nous sommes infiniment loin de Dieu, parce qu’infiniment loin du Bien. Ici-bas, nous ne connaissons que le mal ; telle est, pour nous, la tragédie de la pesanteur, mais aussi, paradoxalement, notre plus grande chance. Nous sommes au point où le mal est extrême, « point où l’amour est tout juste possible » écrit Simone Weil dans La pesanteur et la grâce (PG). Mais cela ne débouche sur aucun pessimisme existentiel ; au contraire pour elle, il s’agit là d’une faveur : « C’est un grand privilège, car l’amour qui unit est proportionnel à la distance » (PG). L’écart incommensurable qui nous sépare de Dieu donne la mesure de l’amour nécessaire pour s’unir : seul un amour incommensurable peut vaincre un éloignement infini. Plus on est loin, et plus il faut d’amour pour venir jusqu’à l’autre ; Dieu est celui qui a fait le premier pas, et qui n’a cessé de le faire, de son amour sans faille. C’est lui qui, dans la Création, « renonce à tout pour que nous soyons quelque chose » (PG), lui qui, dans l’incarnation, traverse l’épaisseur du temps et de l’espace pour s’abaisser jusqu’à nous. A nous, maintenant, de le recevoir, nous laissant toucher par son amour. Comment ? Simone Weil parle de l’attention, cette mise à disposition de nous-même offerte à la rencontre avec Dieu. Par l’attention, il s’agit d’accueillir Dieu en lui laissant l’espace nécessaire pour venir à notre rencontre. L’attention est comparable à une prière profonde qui n’est qu’attente, et qui exige de faire le vide en et autour de soi :

« L’attention est un effort, le plus grand des efforts peut-être, mais c’est un effort négatif. […] La pensée doit être vide, en attente, ne rien chercher, mais être prête à recevoir dans sa vérité nue l’objet qui va y pénétrer. […] Les biens les plus précieux ne doivent pas être cherchés, mais attendus » (PG)

Le vide que réclame l’attention n’est pas un vide privatif, pas une néantisation qui serait pure négation, mais un vide qui accueille la présence de Dieu. Il faut pouvoir endurer et accepter le vide, sans consolation, pour laisser Dieu venir le combler. Pour ce faire, Weil pense un dépouillement extrême, à la fois objectif et spirituel, qui passe par un renoncement aux biens matériels, avec pour seul vêtement intérieur celui de l’humilité : tel est le prix de la vérité. L’attention demande donc de faire taire l’ego : il faut accepter sa condition d’étant né de Dieu, et maintenu à l’existence par lui, pour intégrer le fait de n’être rien en dehors de l’intercession divine. Il faut concéder à n’être, par soi, strictement rien. Simone ira jusqu’à parler du « suicide du je », cet ego encombrant, source d’illusions et d’idolâtrie, qui s’aveugle et s’enorgueilli sur ses capacités. Nous devons être capables de détruire le je pour être pleinement attentifs, autrement dit réceptifs, à la rencontre avec Dieu :

« Il faut reconnaître que rien dans le monde n’est le centre du monde, que le centre du monde est hors du monde, que nul ici-bas n’a le droit de dire je. Il faut renoncer en faveur de Dieu, par amour de Lui et de la vérité, à ce pouvoir illusoire qu’Il nous a accordé de penser à la première personne. Il nous l’a accordé pour qu’il nous soit possible d’y renoncer par amour. » (PG)

Il faut aimer la vérité jusqu’à se mettre à nu, jusqu’à s’anéantir soi-même. Mais cela nécessite de renoncer à ce qui, fatalement, nous commande en ce monde : la pesanteur. Comment déjouer la loi naturelle qui nous pousse à l’expression de notre puissance, à la domination, à l’égoïsme ? Comment renoncer à être, abandonnant tout, y compris soi-même, dans l’attention soutenue ? « Cela est contraire à toutes les lois de la nature : la grâce seule le peut. », écrit Weil. Une seule force est capable de contrer l’implacable pesanteur : la grâce. La grâce est le mouvement ascendant qui lutte contre la descente de la pesanteur, la force qui, comme les plantes qui défient l’attraction terrestre, fait croître vers le haut. Mais cette élévation ne se fait que dans un second temps, qui suit un abaissement : la grâce est la montée, mais une montée qui ne passe que par l’amoindrissement. La pesanteur entraîne tout vers le bas : la grâce, elle, ne va vers le bas que pour grandir. « Abaisser quand on veut élever. » écrit Simone, là réside le cœur du christianisme : la croix est le levier du monde. Elle est le point de renversement où Dieu tout puissant meurt en esclave ; où le Bien absolu, maculé du sang innocent, s’humilie dans la mort infâme. Mais, aussi incompressible que ce pût l’être pour les juifs et les grecs disait Saint-Paul, c’est précisément là que réside toute sa grandeur. A nous, maintenant, d’imiter la kénose divine ; mais cela, on ne le fait pas par nos propres moyens. Assumer le vide, aller à sa néantisation, ce n’est pas l’œuvre de la volonté ; c’est celle de la grâce qui nous pousse à nous « décréer » : la grâce, estime Simone, est un processus de décréation. Dans la Création, Dieu a renoncé à être tout pour que nous puissions être quelque chose : il a permis l’existence d’une réalité extérieure à la sienne, indépendante de lui, et par là même indifférente au Bien. Dieu s’est retiré, et c’est ce qui explique le mal en ce monde. A nous maintenant de consentir au mouvement inverse, d’abdiquer, de « renoncer à être » écrit Simone, pour que Dieu soit tout.

« La création est un acte d’amour et elle est perpétuelle. À chaque instant notre existence est amour de Dieu pour nous. Mais Dieu ne peut aimer que soi-même. Son amour pour nous est amour pour soi à travers nous. Ainsi, lui qui nous donne l’être, il aime en nous le consentement à ne pas être. Notre existence n’est faite que de son attente, de notre consentement à ne pas exister. » (PG)

La mystique weilienne est une prouesse d’humilité, qui pense un don d’amour infini dont nous ne pouvons nous faire que le réceptacle. Dans la Création, Dieu a consenti par amour à se retirer, à renoncer à sa toute-puissance, tolérant un monde sous domination d’une mécanique implacable, à l’épreuve du mal : mais le mal ne peut atteindre le Bien pur. La lumière divine, faisceau de vérité, perce les couches qui nous en sépare pour descendre jusqu’à nous et infiltrer l’âme : à nous, en retour, de l’accueillir, de nous abandonner à la grâce, pour ne faire plus qu’un.

Camille Mordelynch

NOTE

1 « Nous, nous prêchons Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens […] » ( 1 Co 1-23)

2 « La grâce comble, mais elle ne peut entrer que là où il y a un vide pour la recevoir, et c’est elle qui fait ce vide. » (PG)

“Dans le péché deux choses se brisent : la communion des hommes entre eux et la communion de l’homme avec dieu. Le souci de l’autre et de l’universel s’enferme dans l’égoïsme et dieu devient le rival d’un trône que l’homme convoite. La communauté de biens de Jérusalem n’est pas seulement une pratique sociale et économique accommodante : elle contient toute la métaphysique de la déchéance de l’humanité, dont elle est une tentative de réparation. 

On peut interpréter le mode de vie des premiers chrétiens comme une remontée de l’homme à son origine, empruntant le chemin inverse à celui de la chute : s’élever du privé au souci du commun et de l’universel, se dresser contre la possession de l’Avoir, pour retrouver l’Être de dieu. La dénaturation du christianisme primitif par l’église elle-même, qui se constituera comme une institution de pouvoir s’alliant aux classes dirigeantes, apparaît dès lors d’autant plus flagrante. Le moment de bascule, celui qui donne à la propriété son statut de droit naturel dans la théologie chrétienne, s’opère certainement après la divinisation de l’homme, où toute l’attention est portée à la place qu’il occupe dans le monde, au sommet de la hiérarchie d’une création qu’il domine…”

~ Camille Mordelynch, “Le Christ contre l’Avoir”, 2020 ~

= = =

Lecture complémentaire sur Résistance 71 :

Léon Tolstoï sur la politique et la religion, textes choisis (PDF)

L’Appel au socialisme de Gustav Landauer et l’anarcho-mysticisme (PDF)

Et l’incontournable et puissant :

“L’Antéchrist” de Friedrich Nietzsche, 1895 (PDF)

yin-yang_univers

L’anarchisme est la rédemption spirituelle et la renaissance de l’humanité…

Astyle

Résistance 71, COVID19 et protocole ivermectine

Posted in actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, documentaire, militantisme alternatif, pédagogie libération, résistance politique with tags , , on 24 août 2022 by Résistance 71

variant-omekisonkon

Résistance 71

24 août 2022

Quelques membres de Résistance 71 résidant dans des endroits géographiques totalement différents, ont contracté récemment la COVID19, vraisemblablement le variant Omicron. Toutes et tous étaient non-injecté(e)s à zéro dose, mais en contact quasi permanent avec des injectés, qui représentent aujourd’hui statistiquement quelques 80% des malades COVID ou des hospitalisés en rapport avec la maladie. Les patients étaient âgés de 25 à 60 ans, en bonne santé, sans aucun facteur pathologique aggravant.
Des tests furent effectués (non RT-PCR bidons mais anti-géniques salivaires), dont certains se sont révélés positifs. Les malades et leur entourage ont immédiatement suivi un protocole thérapeutique pour les malades et préventif pour les non-symptomatiques, positifs ou négatifs au test anti-génique à base de Vitamines C et D3 (4000 UI ou 100mcg / jour) et d’ivermectine ( 1 pilule de 12mg/jour pendant 5 jours 45 min avant un repas ou 2h30 après un repas).
Nous pouvons affirmer la chose suivante : tous les malades symptomatiques avaient une charge virale nulle après 3 jours de traitement (second test totalement négatif en fin de 3ème jour), fin de la fièvre dès le second jour. Deux patients avaient perdu goût et odorat, aujourd’hui revenus quasiment à la normale. Tous les traitements ont été effectués jusqu’au bout du protocole même lorsque les symptômes avaient disparu.
En conséquence, nous avons constaté de manière pratique personnelle sur un échantillon d’un quinzaine de personnes, que le traitement à l’ivermectine qu’il soit thérapeutique ou préventif, couplé à des prises vitaminiques C et D, fonctionne parfaitement et réduit très fortement la charge virale des symptomatiques et non-symptomatiques, c’est à dire réduit à quasi néant la contagion en 3 jours, ce qui correspond à une réduction de la charge virale de l’ordre de 65% ce qui est énorme, ceci en plus d’aider à réduire les symptômes. Cerise sur la gâteau : les personnes infectées ont maintenant une immunité naturelle, bien supérieure à quelque immunité « obtenue » par injection dite vaccinale.
Nous tenions à faire part de cette expérience de terrain à notre lectorat. Cessez d’avoir peur ! Des traitements simples, efficaces et très bon marché existent pour cette maladie bénigne (99,97% des gens atteints de la maladie survivent !…). Halte à l’arnaque Big Pharma, reprenons nos vies en main ! Qu’on se le dise !

Additif du 25 août 2022 : Comme vous pouvez le lire en commentaires, un médecin, complice en résistance de longue date, se propose d’aider gratuitement pour les ordonnances, merci à lui. Toute personne dans le besoin thérapeutique COVID peut nous contacter par courriel et nous vous mettrons en contact avec lui.
Page contact

Lectures complémentaires:

Notre page « Coronavirus, guerre contre l’humanité »
« Le véritable Anthony Fauci, Bill Gates, Big Pharma et la guerre globale contre la démocratie et la santé publique », Robert F. Kennedy jr dans une traduction de Résistance 71 

monpassanitairedantonq

pinocchiovid

Lire, analyser, comprendre pour un changement faste de notre société, 8ème partie : Anarchie et société des sociétés et pause estivale 2022 (Résistance 71)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, documentaire, gilets jaunes, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 2 août 2022 by Résistance 71

lecture1

« C’est notre conviction et notre mode de pratique que pour se rebeller et lutter, aucun leader, patron, messie ou sauveur n’est nécessaire. Pour lutter, les gens ont besoin d’un sens de la honte, d’un peu de dignité et de beaucoup d’organisation. Pour le reste… Cela sert le collectif… ou pas. »
~ SCI Marcos ~

Résistance 71

2 août 2022

1ère partie : introduction
2ème partie : Histoire, anthropologie et archéologie
3ème partie : Science
4ème partie : religion et philosophie
5ème partie : spirituel et arts
6ème partie : analyse politique
7ème partie : colonialisme
8ème partie : anarchie et société des sociétés

Nous vous laissons avec une saine lecture pour les semaines à venir, Résistance 71 se met en veilleuse, pause estivale jusqu’à la première semaine de septembre. Dans ce dernier segment de lecture, nous récapitulons nos pages sur la pensée et la pratique anarchistes menant vers l’avenir de notre société humaine, celui de la société des sociétés émancipée de toutes les escroqueries et impostures étatico-marchandes.
Nous le disons et répétons sans cesse : il n’y a a et ne saurait  avoir de solution au sein du système, la seule option viable pour l’humanité est de se départir du paradigme de contrôle tyrannique et mortifère mis en place depuis des siècles et arrivant au bout du bout du banc et ayant la volonté de se métamorphoser une énième fois en ce monstre froid au nouveau visage, celui de la dictature technotronique, déjà en phase avancée. Il suffit de dire NON ! et de reprendre notre liberté individuellement et collectivement, liberté usurpée il y a bien longtemps, au point que plus personne ne se rappelle de quoi il s’agit vraiment.
Quelques lectures pour vous en rappeler, et comprendre pourquoi et comment agir !…
Solidarité Union Persévérance Réflexion Action (directe), devenons S.U.P.R.A résistants au Nouvel Ordre Mondial qui pense et met en place notre extermination et esclavagisme post-modernes.
A la rentrée, nous publierons quelques textes essentiels sur la reconquête de la spiritualité pour une société équilibrée avec les pensées lumineuses de Gustav Landauer et de Simone Weil, pour que le « souffle du dragon » revigore notre société décadente et sans esprit aucun et la mène enfin vers sa réalité universelle de diversité, de complémentarité et de bien-être doucereux pour toutes et tous.

A lire et diffuser sans aucune modération pour mieux comprendre anarchie et société des sociétés :

Les pages ci-dessus contiennent déjà un grand nombre de lectures en format PDF, ci-dessous, 10 textes à notre sens vitaux pour aider à la facilitation d’un changement radical de paradigme politique et notre émancipation finale :

yin-yang_univers

cerveau_gratuit

Le pape reconnaît le génocide dans les pensionnats pour Indiens du « Canada » (Mohawk Nation News)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, canada USA états coloniaux, chine colonialisme, colonialisme, crise mondiale, documentaire, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 1 août 2022 by Résistance 71

papepfizer
Georges… comme tous les autres ensoutanés en chef,
tu as le sang de millions de personnes sur les mains !
Expie !!

Le pape reconnaît que les écoles pensionnats religieux ont commis un génocide

Mohawk Nation News

31 juillet 2022

Url de l’article original :
https://mohawknationnews.com/blog/2022/07/31/pope-acknowledges-church-schools-committed-genocide-audio/

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Le samedi 30 juillet 2022, le pape François 1er a admis les atrocités qui furent perpétrées contre les peuples indigènes. “Oui, c’est un génocide, oui, oui, clairement. Vous pouvez dire que j’ai dit que c’était un génocide”, a dit le pape. Khanisensera, les mères de clans de la nation mohawk, ont ajouté que “la culpabilité retombe aussi sur le gouvernement canadien qui a financé et a minutieusement  planifié le génocide.

Tout contrôle de l’Île de la Grande Tortue occupée en tant que “terre de la couronne” doit maintenant retourner immédiatement à ses propriétaires originaux. Le Canada qui se situe sur Onowaregeh, l’île de la tortue, ne fait que squatter notre terre. Il a admis le crime, de la même manière que le Canada admet ses abus sur les élèves pensionnaires indiens dans ses écoles, qui furent aussi gérées et administrées par les églises (NdT : catholique, anglicane et unifiée du canada), pour le gouvernement fédéral canadien.

On dirait que le serpent noir s’en est allé dans l’océan pour ne plus revenir, d’après les anciennes histoires des peuples indigènes.

Le Vatican est la toute première entreprise au monde, créée en l’an 902 au moment de la rupture, du schisme du grand empire romain entre ses branches orientale et occidentale. La reine d’Angleterre est actionnaire de l’entreprise connue sous le nom de “la Couronne”, les citoyens canadiens sont ses sujets. Les entreprises reçoivent leur numéro IPO du Vatican, là où est localisée la couronne. Toute entreprise au Canada est une sous-entreprise de la Couronne et tout cela va maintenant être dissout. Tout a toujours appartenu aux peuples indigènes originels.

Les envahisseurs appellent l’île de la tortue, “terre de la couronne”. Notre souveraineté n’a JAMAIS été rendue, vendue à qui que ce soit… JAMAIS ! Tous les documents que présentent les envahisseurs concernant leurs titres de propriétés sont des faux. Aucun ne montre de véritable titre de propriété de quoi que ce soit, où que ce soit sur Onowaregeh.

Ainsi maintenant, le chef de l’entreprise a admis le crime de génocide sur Onowaregeh. La Croix qui est sur le Mont Royal (tekanontaki) est le symbole de ce génocide et doit être immédiatement retirée. Elle représente pour les peuples indigènes la même chose que la svatiska représente pour le reste du monde.

= = =

Le Tribunal International contre les Crimes de l’Eglise et de l’Etat (TICEE) sur Résistance 71

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la sécouverte », Steven Newcomb

« Nous sommes tous des colonisés », Résistance 71

heritage_des_pensionnats_pour_indiens
Souillé à tout jamais !…

Huron
A bas la « couronne »… et donc, à bas l’état,
à bas la marchandise et l’argent !…

Petit précis historique… Le nazisme et sa pourriture par l’autre bout de la lorgnette (Le Saker)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 29 juillet 2022 by Résistance 71

AmAzNazflag

Que signifie le nazisme ?

Batiuschka*

Mars 2022

Publié en français juillet 2022

Source : https://lesakerfrancophone.fr/que-signifie-le-nazisme

“Vous devez comprendre que les principaux bolcheviks qui ont pris le pouvoir en Russie n’étaient pas des Russes. Ils détestaient les Russes. Ils détestaient les chrétiens. Poussés par la haine ethnique, ils ont torturé et massacré des millions de Russes sans une once de remords humain. On ne saurait trop insister. Le bolchevisme a commis le plus grand massacre humain de tous les temps. Le fait que la majeure partie du monde soit ignorante et indifférente à cet énorme crime est la preuve que les médias mondiaux sont aux mains des auteurs de ce crime.”
~ Alexandre Soljenitsyne ~

“L’Occident a gagné le monde non pas par la supériorité de ses idées ou de ses valeurs religieuses (auxquelles peu de membres des autres civilisations se sont convertis), mais plutôt par sa supériorité dans l’application de la violence organisée. Les Occidentaux oublient souvent ce fait, les non-Occidentaux jamais.”
~ Samuel Phillips Huntington, Le choc des civilisations, chapitre 2 ~

Le président ukrainien Zelensky est de race juive, comme l’était d’ailleurs le président Porochenko avant lui. Pourquoi alors le gouvernement fédéral russe appelle-t-il son opération spéciale en Ukraine « dénazification » ? Cela semble contradictoire pour la plupart des esprits occidentaux, où le mot « nazi » ne se rapporte étroitement qu’au génocide anti-juif de l’Allemagne du Troisième Reich (Reich = Empire). En d’autres termes, quelle est la compréhension russe, et d’ailleurs non occidentale, du nazisme ?

Tout d’abord, pour les Russes, comme pour beaucoup d’autres, le nazisme est le credo qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, a organisé avant tout l’holocauste des Slaves (plus de 30 millions de morts), dépassant de loin l’holocauste des Juifs (près de 6 millions de morts), ainsi que le génocide d’autres minorités à cette époque. Le nazisme est le programme pour envahir, tuer, violer, piller et asservir. C’est exactement ce que les nazis ont fait en Union soviétique après 1941. Ils ont envahi les territoires des autres, tué les hommes, violé les femmes (puis les ont tuées – un soldat allemand sur deux était un violeur et un meurtrier en URSS), pillé l’art et la culture, et fait de ceux qui restaient des esclaves, les emmenant dans des usines et des camps d’esclaves en Allemagne, où ils travaillaient jusqu’à leur mort comme serfs du Troisième Reich.

Cependant, les nazis, exclus de la colonisation dans le reste du monde, n’ont fait en Europe centrale et orientale, notamment en Russie, que ce que les autres peuples d’Europe occidentale ont fait dans leurs colonies, comme nous le verrons plus loin. En d’autres termes, ce que l’on entend par « nazisme » n’est pas du tout spécifique à ce que les Allemands ont fait pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans ce sens plus large, qui est celui que le gouvernement fédéral russe a à l’esprit aujourd’hui, le nazisme est ce que l’on peut appeler le « suprémacisme occidental », l’idée que les races non occidentales sont des « Untermenschen », des sous-hommes. Par conséquent, comme les « nègres », les « sauvages », les « singes », les « nips », les « gooks », les Russes aussi peuvent être « annulés ».

Cette mentalité trouve ses racines loin dans la barbarie qui a détruit la partie occidentale de l’Empire romain aux quatrième et cinquième siècles de notre ère. Au début, il semblait que les Barbares allaient être christianisés, en particulier aux confins de l’Europe occidentale, en Irlande, en Angleterre, dans la péninsule ibérique et en Italie. Mais dans le noyau géographique central, contrôlé par les Francs, la tentation des barbares de restaurer l’Empire romain païen était trop forte.

Ce renouveau et cette justification de la barbarie sont visibles dans le premier « Reich » (Empire), fondé par le prince germanique Charles le Grand, également connu sous le nom de Charlemagne (747-814). Avant même qu’il ne fonde ce Reich en 800 et ne se nomme lui-même « Empereur », ses forces franques, commandées par Roland, avaient envahi le Pays basque et avaient été vaincues par les Basques encore libres à Ronceveaux en 778 (l’un des mythes fondateurs de la barbarie occidentale), puis en 782 lors du massacre de 4 500 Saxons à Verden. En conséquence, ce barbare génocidaire a été appelé « Le Grand » et « Le Père de l’Europe » et a été « béatifié » par le catholicisme romain, la nouvelle religion franque, venue de la Babylone de Rome, que Charlemagne a en fait fondée, en la substituant à l’ancien christianisme orthodoxe, venu de Jérusalem.

Bien que Charlemagne et son Reich se soient rapidement effondrés, ce n’était que le début de la fin. Après lui, les barbares occidentaux ont commencé à rejeter le christianisme. (Voir, The Formation of a Persecuting Society : Power and Deviance in Western Europe, 950-1250 par R. I. Moore, 1987). En effet, au XIe siècle, les barbares, sous la conduite de leurs nouvelles troupes de choc normandes, les SS de l’époque, ont commencé à massacrer et à opprimer les Grecs autochtones dans le sud de l’Italie, puis les musulmans dans la péninsule ibérique et, un peu plus tard, les Mozarabes autochtones chrétiens. Dans le cadre du même processus, en 1066, les SS normands ont envahi l’Angleterre et conquis ce pays, massacrant les indigènes, imposant l’esclavage (« féodalisme ») et le catholicisme romain. De nombreux Anglais se réfugient à Constantinople et dans le sud de la Russie.

Les barbares occidentaux avaient trouvé une justification à leur barbarie, ils n’avaient pas besoin d’essayer de devenir chrétiens, ils pouvaient continuer comme avant, mais sous les nouveaux noms de « catholiques » ou, en langage moderne, de « globalistes ». Après tout, les barbares étaient déjà sauvés, car ils appartenaient désormais à une organisation infaillible, dont le chef détenait pour eux les clés du paradis et qui justifiait toutes sortes de pillages et de meurtres.

Après 1066, l’invasion, le massacre et le pillage du Pays de Galles et de l’Écosse, ainsi que l’imposition de l’esclavage féodal et de la nouvelle « Église » ont rapidement suivi. En 1096, les mêmes barbares occidentaux ont massacré les Juifs en Rhénanie, en route pour massacrer les « Grecs » (= les Chrétiens) et les Musulmans dans leur campagne génocidaire qu’ils ont appelée « la première croisade ». Dans la seconde moitié du 12e siècle, ces barbares, que l’on appellerait aujourd’hui des nazis, ont poursuivi leurs massacres (« croisades ») au Proche et au Moyen-Orient et ont également envahi l’Irlande entre 1169 et 1172. En 1204, ils massacrent et pillent la capitale chrétienne, la Nouvelle Rome, qu’ils appellent Constantinople.

Au début du 13e siècle, les barbares du nord, appelés « Chevaliers teutoniques », ont commencé à envahir, tuer, violer et piller les terres russes. (Voir, Guy Mettan, Russie-Occident, une guerre de mille ans, Genève 2015, en français). Cependant, ce n’est que le début. A la fin du 15ème siècle arrive le nazi italien Colomb. En l’espace de 400 ans, ses disciples barbares et primitifs ont massacré environ 100 millions de personnes, qu’ils appelaient les « Indiens », c’est-à-dire les peuples indigènes des Caraïbes (les Espagnols, les Britanniques, les Français et les Hollandais), de l’Amérique du Sud (les Espagnols et les Portugais), de l’Amérique centrale (les Espagnols) et de l’Amérique du Nord (les Britanniques, les Français et les Espagnols). Ils ont volé les vastes territoires américains de deux continents et leurs ressources naturelles, et ont violé, pillé et réduit en esclavage dans des « réserves ».

Cependant, dans le même laps de temps, ils ont fait de même dans une grande partie de l’Afrique (le commerce des esclaves, la guerre des Boers), en Asie, en Inde (voir la « mutinerie des Indes » 1, la haie de sel, la famine du Bengale) et en Australasie, en massacrant les Aborigènes, les Maoris, ainsi que les Micronésiens et les Polynésiens. Ce que les nazis ont fait lors de l’holocauste des Slaves (30 millions de morts) en Europe de l’Est, les autres Européens l’avaient déjà fait parmi les peuples indigènes dans le reste du monde, à l’exception des Amériques et de l’Australasie, des Britanniques en Inde, en Chine et en Afrique, des Portugais en Angola et au Mozambique, des Hollandais dans ce qui est aujourd’hui l’Indonésie, des Français en Afrique centrale et du Nord-Ouest et en Asie du Sud-Est, des Belges au Congo, des Allemands en Afrique du Sud-Ouest et plus tard des Italiens en Éthiopie. Tout cela au nom de la « civilisation, de la liberté et de la démocratie ». Pourquoi ne pas planter votre drapeau sur la Lune et la revendiquer ?

Cette barbarie occidentale s’appelait autrefois « le monde libre » (ce n’était pas vraiment ironique…), mais se nomme aujourd’hui « la communauté internationale » (= mafia). Il s’agit du même groupe de pays, totalisant peut-être un milliard de serfs zombifiés, dont les dirigeants se sont octroyés le droit divin de s’asseoir au sommet de la pyramide mondiale des républiques bananières et de racketter et exploiter les autres sous le prétexte du « Globalisme », c’est-à-dire de leur contrôle mondial personnel. Aujourd’hui, ils appellent leur doctrine « laïcité » ; en Russie, elle est appelée « nazisme » ; ailleurs, elle est simplement appelée « exploitation impitoyable ».

Aujourd’hui, à la suite de ce qui se passe en Ukraine, une seule question se pose : Allons-nous directement vers la fin du monde en raison de la corruption globale de cette élite de dirigeants, ou la fin sera-t-elle retardée parce que le monde est sur le point d’être nettoyé de cette élite nazie ?

(*) Batiushka : Recteur orthodoxe russe d’une très grande paroisse en Europe, il a servi dans de nombreux pays d’Europe occidentale et a vécu en Russie et en Ukraine. Il a également travaillé comme conférencier en histoire et en politique russes et européennes.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Notes

  1. Voyez comment les nazis camouflent toujours leurs massacres et leurs guerres avec des noms différents : Chrétiens anglais = les Anglo-Saxons
    Les chrétiens = les Grecs
    Le génocide des peuples indigènes et le vol de leurs terres = La découverte du Nouveau Monde
    L’invasion franco-britannique de la Russie = La guerre de Crimée
    La première guerre de libération des Indiens = la mutinerie des Indes
    Le génocide des Chinois par les Britanniques = les guerres de l’opium
    Le génocide des colons néerlandais = la guerre des Boers
    La Grande Guerre européenne = Première Guerre mondiale
    La guerre euro-américaine = Seconde Guerre mondiale

= = =

Lectures complémentaires en format PDF :

« Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte », Steven Newcomb

« Wall Street et la montée de Hitler », Anthony C. Sutton

« Comprendre le système d’oppression coloniale pour mieux le démonter, 1ère partie »

« Comprendre le système d’oppression coloniale pour mieux le démonter, 2ème partie »

« Confession d’un évêque jésuite », Alberto Rivera

La City de Londres, au cœur de l’empire

« Les 8 familles derrière le cartel banquier », Dean Henderson

« Réflexions sur le peuple en arme, 3 textes »

Messages aux nazillons civilistes, tract

« La nature humaine : une illusion occidentale », Marshall Sahlins

« L’art de ne pas être gouverné », James C. Scott

Entretien avec James C. Scott

« Propaganda, comment manipuler l’opinion publique en démocratie », Edward Bernays

formatage

« J’accuse »… Lettre ouverte à Mary Simon, Gouverneur Général du Canada sur le génocide passé et présent et les crimes du pape François 1er, de l’église et de l’état (Kevin Annett)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 26 juillet 2022 by Résistance 71

Bergoglio_Videla

J’ACCUSE :

Lettre ouverte à Mary Simon, Gouverneur Général du Canada

De Kevin D. Annett, M.A., M.Div.             

Secrétaire exécutif du Tribunal International contre les Crimes de l’Eglise et de l’Etat (TICEE)

https://youtu.be/o-1KwXmt2wo

Le 26 juillet 2022

Mme Simon,

J’ai été particulièrement choqué lorsque j’ai lu votre déclaration auto-gratifiante sur le fait d’être le premier gouverneur général du Canada indigène. En fait, vous avez bien peu à célébrer en ce premier anniversaire de votre nomination lorsque le grand chef officier de l’église qui a exterminé tant de gens de votre peuple est sur notre sol avec la bénédiction et la coopération officielles de votre bureau.

Il serait bien plus honnête et certainement plus respectueux pour les légions d’enfants indiens assassinés dans les pensionnats, de déclarer une journée nationale de deuil.

C’est un fait avéré établi légalement et reconnu par votre propre gouvernement que pendant plus d’un siècle, l’église catholique romaine a mené un génocide délibéré qui a tué plus de 60 000 enfants autochtones dans les pensionnats pour Indiens à travers le Canada, ce d’après un contrat approuvé par l’église et le Privy Council d’Ottawa en 1910.

C’est un fait avéré et établi par la Cour Suprême du Canada que les dirigeants de l’église catholique, de l’église anglicane et de l’église unifiée du Canada qui ont géré ces “écoles” assassines sont responsables personnellement et par procuration de ces crimes et peuvent être traduits en justice.

C’est un fait et un requis sous la Convention sur le Génocide de l’ONU, dont le Canada est signataire, que de telles “traductions en justices et peines assorties” doivent avoir lieu et être exécutées.

Et pourtant, c’est un fait que, en violation de la loi internationale, pas un seul représentant des églises ou de l’état, n’ait été mis en accusation pour ces crimes au Canada et que votre gouvernement et ses tribunaux ont aidé et permis une telle obstruction de la justice en dissimulant de manière active les crimes commis dans les pensionnats pour Indiens et ont légalement exonéré et protégé les dites églises coupables ainsi que leurs représentants.

C’est un fait, que Jorge Bergoglio, alias “le pape François”, est personnellement et corporellement responsable de ces crimes en tant que chef représentant fiduciaire de l’église catholique apostolique et romaine et qu’il soutient et maintient les politiques et attitudes qui ont causé le génocide dans les pensionnats pour Indiens, ceci incluant la politique vaticane et conspiration criminelle connue sous le vocable de Crimen Sollicitationas, qui violent la loi en cachant officiellement, les viols, tortures et mises à mort d’enfants au sein de l’église catholique romaine.

C’est un fait, que sous la loi internationale, Jorge Bergoglio a été condamné par des tribunaux internationaux de conscience pour avoir commis et avoir caché des crimes contre des enfants et contre l’humanité, au Canada, en Europe et en Argentine et qu’un mandat d’arrêt citoyen a été émis contre lui, que la police, les tribunaux et le public ont pour devoir d’exécuter.

C’est un fait que les conseils des anciens traditionnels de cinq nations indigènes du Canada ont banni Jorge Bergoglio ou “le pape François”, de leurs territoires et ont appelé à son arrestation immédiate en tant que danger réel et présent à leurs enfants et leurs communautés.

C’est un fait que le déplacement, la destruction et l’extermination des nations indigènes et le trafic et l’assassinat de leurs enfants, continuent aujourd’hui à travers le Canada aux mains de l’église catholique romaine, de la GRC et des entreprises chinoises, ce grâce aux lois qui ont été votées par les gouvernements Trudeau et Harper.

C’est un fait qu’il en incombe à vous-même, Mary Simon, en tant que chef d’état officiel du Canada, de reconnaître ces faits indiscutables et d’agir en conséquence, ceci incluant l’aide à apporter à la mise en état d’arrestation de Jorge Bergoglio, dans le cas contraire vous serez tenue pour complice de ces crimes.

Finalement, c’est un fait que malgré ces requis légaux irréfutables et spécifiques, le crime de génocide et sa dissimulation continue au Canada à cause de la complicité officielle active de chaque niveau de votre gouvernement et de votre système judiciaire et que vous, Mary Simon, portez la responsabilité personnelle et par procuration de ces crimes perpétrés sans discontinuation.

Ainsi donc, JE VOUS ACCUSE, vous, Mary Simon, de trahir vos ancêtres, les liens de parenté indigènes assassinés et votre responsabilité publique, en utilisant votre fonction pour aider et permettre des pouvoirs criminels à agir et de perpétuer un crime contre l’humanité ininterrompu ainsi que de participer à une conspiration criminelle.

J’ACCUSE Elisabeth de Windsor, alias la “reine d’Angleterre”, la chef d’état officielle et de la condamnée église anglicane, d’être de principales actrices de ce crime et de cette conspiration et d’avoir personnellement kidnappé et fait disparaître dix enfants du pensionnat pour Indiens catholique de Kamloops le 10 octobre 1964, en compagnie de son mari Philip.

J’ACCUSE Jorge Bergoglio, alias “le pape François”, d’être un acteur principal de ce crime et de cette conspiration, d’avoir personnellement violé, torturé et assassiné, trafiqué des enfants en Argentine, en Hollande, en Belgique, au Pays de Galles, en Italie et au Canada entre 1981 et aujourd’hui et de complicité dans la mort de deux enfants indigènes à l’Est de Prince Rupert, Colombie Britannique, à ou vers minuit le 23 juillet 2022.

J’ACCUSE Justin Trudeau, premier ministre du Canada, d’être un acteur principal de ce crime et de cette conspiration et d’avoir commis un acte de trahison et autres actions criminelles pour et sous paiement du gouvernement chinois et de ses entreprises.

J’ACCUSE Ivan Jurkovic, le nonce du pape au Canada et les cardinaux Gerald Lacroix et Thomas Collins, d’être des acteurs principaux de ce crime et de cette conspiration, et de dissimuler le trafic, la torture, le viol et l’assassinat d’enfants indigènes et autres par le clergé de l’église catholique apostolique et romaine à travers le Canada, à Québec City, à Cornwall en Ontario et entre Prince Rupert et Prince George en Colombie Britannique.

J’ACCUSE Brenda Lucki, commissaire de la Police Montée Royale canadienne, d’être une actrice principale de ce crime et de cette conspiration et d’aider au crime de trahison, de trafic de drogue et de mineurs et d’enlèvement et d’assassinat de personnes indigènes sur la côte ouest canadienne, en collusion avec Justin Trudeau, le gouvernement chinois, Jorge Bergoglio et l’église catholique romaine.

J’ACCUSE Roseanne Archibald, Roseanne Casimir et autres officiels aborigènes financés par l’état d’être des acteurs principaux dans ce crime et cette conspiration et d’aider le Canada et le Vatican à détruire les preuves de leur assassinat des enfants dans les pensionnats pour Indiens et du génocide ininterrompu contre le peuple indigène.

J’ACCUSE Cong Peiwu, ambassadeur de Chine au Canada et Dai Houliang, le directeur de Petrochina Ltd., d’être des acteurs principaux de ce crime et de cette conspiration et de planifier, d’aider à l’enlèvement et au meurtre de personnes indigènes sur la côte ouest du Canada, ce en collusion avec Justin Trudeau, Jorge Bergoglio, Brenda Lucki et autres et de subvertir activement les lois de souveraineté du Canada.

J’incite par la présente ces personnes accusées à démissionner de leurs fonctions et de se rendre afin d’être traduits en justice ou pour la mise en exécution des peines déjà prononcées à leur encontre en tant que criminels condamnés.

Je charge par la présente la police, les tribunaux et le peuple du Canada ainsi que les nations indigènes à aider à la mise en arrestation de ces personnes et de leurs complices, ce en accord avec le verdict parfaitement légal et les mandats d’amenée émis par l’International Common Law Court of Justice le 15 janvier 2022. (Breaking News from the International Common Law Court of Justice, January 15, 2022 (GMT) Big pharma, government, church leaders face arrest as Court convicts them of Genocide, prohibits injections – Murder by Decree ).

J’adresse cette accusation et cette inculpation à Mary Simon et aux autres personnes ci-dessus nommées et au peuple du Canada et des nations premières indigènes en ma capacité de secrétaire exécutif du Tribunal International contre les Crimes de l’Eglise et de l’Etat.

Je parle aussi en tant que personne qui a une connaissance et une expérience de tout ce qui est décrit dans cette missive et qui possède plus d’un quart de siècle de leadership dans la campagne publique d’exposition, de mise en accusation et d’arrêt de tous ces crimes haineux au Canada et dans le monde.

Que justice soit faite, arrêtons l’assassinat des innocents !

Kevin D. Annett / Eagle Strong Voice (signée dans l’original)

26 juillet 2022

(Traduction Résistance 71, 26 juillet 2022)

https://youtu.be/o-1KwXmt2wo

angelfire101@protonmail.com , www.murderbydecree.com , www.republicofkanata.org

= = =

Lecture complémentaire sur le sujet :

« Les dessous de la visite du pape François au Canada le 23 juillet 2022 » (Kevin Annett)

« Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada » (Contre-rapport de la CVR par the TICEE)

« Nous sommes tous des colonisés ! » (Résistance 71)

tuer-dans-loeuf
la bête immonde colonialiste…

reflexionaborigene

Lire, analyser, comprendre pour un changement faste de notre société, 6ème partie – Analyse politique (Résistance 71)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, gilets jaunes, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 21 juillet 2022 by Résistance 71

lecture1

Résistance 71

21 juillet 2022

1ère partie : introduction
2ème partie : Histoire, anthropologie et archéologie
3ème partie : Science
4ème partie : religion et philosophie
5ème partie : spirituel et arts
6ème partie : analyse politique
7ème partie : colonialisme
8ème partie : anarchie et société des sociétés

Ce chapitre se passe de commentaires superflus, nous ne pourrons nous unir efficacement que si une masse critique d’entre nous comprend et agit en conséquence sur la futilité réformiste et met en place ici et maintenant les prémices de la société des sociétés organiques, émancipée et révélatrice de notre humanité enfin réalisée.
Sortir du marasme actuel ne peut se faire qu’en maturant politiquement, qu’en cessant de jouer le jeu inique et criminel des oligarques et du système de contrôle, L’outil pour ce faire est notre capacité de refus et d’analyse, essentielle à notre émancipation. Celle-ci passe par un éveil des connaissances, par la lecture, les rencontres, les discussions  ouvertes et critiques, le regroupement, pa prise de décision commune et l’action directe politique.
Pour nous aider dans cette démarche, quelques échantillons de lecture, d’analyse et de discussions ouvertes et critiques possibles… Retrouvons par la communion de pensée l’Esprit perdu de notre société humaine, perte comblée dans la pratique par l’État et ses rouages institutionnels coercitifs. L’heure est venue de nous en séparer.. de faire SÉCESSION une fois pour toute…
Dans l’esprit de Cheval Fou !

Pages d’analyse politique sur Résistance 71, PDF inclus sur quasiment toutes les pages :

Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Etat_revolution_anarchiste

A bas l’État ! A bas la marchandise !
A bas l’argent ! A bas le salariat !

BPKM