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Marasme économico-politique inévitable : L’UE amorce sa dissolution (Thierry Meyssan)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, colonialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , on 4 décembre 2021 by Résistance 71

deshumanisation
Solution… dissolution…

L’Union européenne amorce sa dissolution

Thierry Meyssan

30 novembre 2021

url de l’article original: https://www.voltairenet.org/article214870.html

Le Traité du Quirinal, conclu par la France et l’Italie, ainsi que le projet de gouvernement du prochain chancelier allemand, Olaf Schotz, sont incompatibles avec l’histoire de l’Union européenne. Paris et Berlin viennent de poser des actes concrets qui ne peuvent qu’amorcer l’inévitable dissolution de l’Union européenne.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill imagina un système permettant aux Anglo-Saxons de s’assurer que l’Europe occidentale ne tomberait pas dans les mains de l’Union soviétique et qu’ils en conserveraient le contrôle. Il s’agissait de créer un marché commun européen avec les pays ruinés qui acceptaient le Plan Marshall [1].

Les États-Unis et le Royaume-Uni avançaient alors de concert. En quelques années, ils jetèrent les bases de notre monde : l’Otan est une alliance militaire dominée par eux, tandis que ce qui est devenu l’Union européenne est l’organisation civile pour leurs alliés. Certes, les membres d’une institution ne sont pas nécessairement membres de l’autre, mais il n’en reste pas moins que, basées à Bruxelles, l’une et l’autre sont les deux faces d’une même médaille. Les services communs des deux structures sont discrètement installés au Luxembourg.

Après la crise entre Washington et Londres lors de l’expédition de Suez, le Royaume-Uni qui était en train de perdre son Empire, décida d’entrer dans ce qui n’était pas encore l’Union européenne. Si Harold Macmillan échoua en 1958, Edward Heath y parvint en 1973. Mais l’équilibre des forces évoluant encore, le Royaume-Uni quitta l’Union européenne fin 2020, se tournant à nouveau vers son ancien Empire (« Global Britain »).

Tous les documents de l’Union européenne sont traduits dans chaque langue officielle des pays membres. Plus l’anglais qui en est devenu la langue officielle alors qu’il ne l’est plus d’aucun de ses membres. Ce n’est pas parce que les Britanniques en ont fait partie, mais parce que l’Union est sous la coupe de l’Otan ainsi que le précise l’article 42, paragraphe 7 du Traité sur l’Union européenne modifié par le Traité de Lisbonne (qui a remplacé par la force le Traité constitutionnel rejeté par les peuples) [2].

L’Allemagne, qui fut occupée par les quatre vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale jusqu’en 1990, c’est-à-dire après sa réunification, s’est toujours satisfaite de ne plus être une puissance militaire. Aujourd’hui encore, ses services secrets, réorganisés par les USA avec leur ancien personnel nazi, leur sont toujours tout dévoués, tandis que le Pentagone y dispose de très importantes bases militaires avec fiction d’exterritorialité.

La France, au contraire, rêve d’indépendance militaire. C’est pourquoi Charles De Gaulle, qui avait été le leader de la France Libre durant la Seconde Guerre mondiale, la fit quitter le commandement intégré de l’Otan, en 1966. Mais Nicolas Sarkozy, qui avait été élevé adolescent par le fils du créateur états-unien du réseau Stay-behind de l’Otan (« Gladio »), la réintégra en 2009. Aujourd’hui, les opérations extérieures de l’armée française sont donc, en pratique, commandées in fine par des officiers états-uniens.

Durant des années, l’Allemagne et la France prirent le leadership de ce qui est devenu l’Union européenne. François Mitterrand et Helmut Kohl imaginèrent de transformer le marché commun en un État supranational —toujours vassal des États-Unis— capable de rivaliser avec l’URSS et la Chine : l’Union européenne. Cette structure, à la quelle les États-Unis exigèrent que les anciens membres du Pacte de Varsovie adhérent en même temps qu’ils rejoignaient l’Otan, devint une bureaucratie colossale. Malgré les apparences, le Conseil des chefs d’État et de gouvernement n’est pas un super-gouvernement, mais une chambre d’enregistrement des décisions de l’Otan. Celles-ci sont élaborées par l’Alliance atlantique —toujours dominée par les États-Unis et le Royaume-Uni—, puis transmises à la Commission européenne, soumises au Parlement et en définitive ratifiées par le Conseil.

Il faut bien comprendre que l’Otan à vocation à se mêler de tout : de la composition du chocolat (il y a une barre de chocolat dans la ration du soldat) à la construction des ponts (ils doivent être utilisables par des blindés), en passant par les vaccins anti-Covid (la santé des civils conditionne celle des militaires) ou les virements bancaires (il faut surveiller les transactions ennemies).

Les armées britannique et française étaient les deux seules qui pesaient dans l’Union européenne. Elles se sont donc rapprochées avec les Traités de Lancaster House, en 2010. Mais lorsqu’intervint le Brexit, l’armée française se retrouva encore seule, comme l’atteste la résiliation des contrats franco-australiens de construction de sous-marins au profit de Londres. La seule option qui restait à la France était de se rapprocher de l’armée italienne, pourtant deux fois plus petite que la française. C’est ce qui vient d’être décidé avec le Traité du Quirinal (2021). Cette opération a été facilitée par l’idéologie commune d’Emmanuel Macron (ancien banquier chez Rothschild) et Mario Draghi (ancien banquier chez Goldman Sachs) et leur leadership commun sur la réponse politique à l’épidémie de Covid. Au passage, on remarquera l’invraisemblable jargon politiquement correct dans lequel ce document est rédigé, très loin des traditions latines [3].

Il se trouve que dans le même temps, la chancelière Angela Merkel cède sa place à Olaf Scholtz. Celui-ci n’a que faire, ni des questions militaires, ni des déficits budgétaires français et italiens. L’accord de coalition de son gouvernement [4] aligne la politique étrangère allemande en tous points sur celle des Anglo-Saxons (USA + Royaume-Uni).

Jusqu’alors les gouvernements d’Angela Merkel luttaient contre l’antisémitisme. Le gouvernement Scholz va plus loin en s’engageant à soutenir « toutes les initiatives qui promeuvent la vie juive et promeuvent sa diversité ». Il ne s’agit plus de protéger une minorité, mais de la promouvoir.

Concernant Israël, que le Royaume-Uni et les États-Unis ont créés dans une logique impériale [5], le nouvel accord stipule également que « la sécurité d’Israël est un intérêt national » de l’Allemagne, et promet de bloquer « les tentatives antisémites de condamner Israël, y compris à l’ONU ». Il déclare que l’Allemagne continuera à soutenir la solution à deux États du conflit israélo-palestinien (c’est-à-dire qu’elle s’opposera au principe « un homme, une voix ») et se félicite de la normalisation des relations entre Israël et les pays arabes. Ce faisant, le gouvernement Scholz enterre la politique traditionnelle du SPD, dont le ministre des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel (2013-18), qualifiait le régime israélien d’« apartheid ».

Olaf Schotz est un avocat préoccupé de faire fonctionner l’industrie de son pays sur la base d’un compromis entre les ouvriers et le patronat. Il n’a jamais trop été présent sur les questions internationales. Il a désigné la juriste verte Annalena Baerbock comme ministre des Affaires étrangères. Elle n’est pas seulement une partisane des énergies décarbonées, mais un agent d’influence de l’Otan. Elle soutient haut et fort le principe de l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan et à l’Union européenne. Elle est opposée à la Russie et donc refuse le gazoduc Nord Stream 2 et encourage le projet de terminaux gaziers pour importer du gaz des États-Unis par méthaniers malgré le prix exorbitant de ces installations. Enfin elle qualifie la Chine de « rival systémique » et soutient tous ses séparatismes, taïwanais, tibétains et ouïghours.

Il est prévisible que les politiques de Berlin et de Paris vont donc lentement s’éloigner jusqu’à faire ressurgir le conflit qui opposa les deux pays, causant trois guerres de 1870 à 1945. Contrairement à la publicité, ainsi que je l’ai rappelé plus haut, l’Union européenne n’a pas été créée pour assurer la paix en Europe occidentale, mais pour stabiliser les populations dans le camps anglo-saxon durant la Guerre froide. Le conflit franco-allemand n’a jamais été résolu. L’Union européenne, bien loin de faire la paix, a posé un édredon sur le problème plutôt que de le régler. Durant les guerres de Yougoslavie, les deux pays se sont durement affrontés militairement : l’Allemagne soutenait la Croatie, tandis que la France soutenait la Serbie. Berlin et Paris s’entendaient dans les frontières de l’Union, mais se faisaient la guerre à l’extérieur. Les spécialistes des opérations spéciales savent qu’il y a eu des morts des deux côtés.

Les politiques étrangères qui fonctionnent sont celles qui traduisent l’identité de leur nation. Aujourd’hui, le Royaume-Uni et l’Allemagne poursuivent leur route, fiers de ce qu’ils sont, pas la France qui traverse une crise d’identité. Emmanuel Macron assurait au début de son mandat qu’« il n’y a pas de culture française ». Il a changé de discours depuis, sous la pression de son peuple ; de discours, mais pas de pensée. La France a des moyens, mais ne sait plus qui elle est. Elle poursuit la chimère d’une Union européenne indépendante rivalisant avec les États-Unis alors que les 26 autres membres n’en veulent pas. L’Allemagne commet cependant une erreur en s’abritant sous le parapluie nucléaire états-unien alors que cette grande puissance est entrée en décomposition.

Il est évident que nous venons d’enter dans la phase de dissolution de l’Union européenne. C’est une chance pour chacun de retrouver sa pleine indépendance, tant cette structure est sclérosée. Mais c’est aussi, et surtout, un défi qui peut vite tourner au drame. Les États-Unis s’effondrent sur eux-mêmes et bientôt l’Union européenne n’aura plus de suzerain. Ceux qui la composent devront se positionner chacun face aux autres. Il est extrêmement urgent de commencer à nous comprendre non plus comme de simples partenaires commerciaux, mais comme des partenaires en toutes choses. Ne pas le faire conduira inévitablement à la catastrophe, à la guerre généralisée.

Chacun a pu constater que tous les membres de l’Union européenne —sauf les Anglais, mais ils sont partis— partagent des éléments culturels communs. Ces éléments sont aussi ceux de la Russie qui est plus proche de l’Union que ne l’est le Royaume-Uni. Il est désormais possible de reconstruire l’Europe comme un réseau d’États et non plus comme une bureaucratie centralisée, en s’ouvrant à ceux qui étaient artificiellement séparés par les Anglo-Saxons pour assurer leur domination sur le continent durant toute la Guerre froide. C’est ce dont parlait Charles De Gaulle lorsque, s’opposant à Winston Churchill, il déclarait vouloir l’« Europe de Brest à Vladivostok ».

Notes :

[1] « Histoire secrète de l’Union européenne », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 28 juin 2004.

[2] Art. 42 §7 : « Au cas où un État membre serait l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, conformément à l’article 51 de la charte des Nations unies. Cela n’affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres.

Les engagements et la coopération dans ce domaine demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, qui reste, pour les États qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en œuvre ».

[3] « Traité du Quirinal », Réseau Voltaire, 26 novembre 2021.

[4Mehr Fortschritt wagen. Bündnis für Freiheit, Gerechtigkeit und Nachhaltigkeit, Sozialdemokratischen Partei Deutschlands (SPD), Bündnis 90 / Die Grünen und den Freien Demokraten (FDP), 2021.

[5] « Qui est l’ennemi ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 août 2014.

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Gladio

Fraude COVID et dictature technotronique sanitaire… De la tyrannie douce au totalitarisme ultime, plus nous acceptons, plus ils nous boufferont !

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Totalitarisme pathologique

C.J. Hopkins

26 novembre 2021

source:
https://www.mondialisation.ca/totalitarisme-pathologique-101/5662646

GloboCap a donc franchi le Rubicon. La phase finale de sa transformation de la société en une dystopie pathologisée-totalitaire, où les injections obligatoires de thérapie génétique et les papiers de conformité numériques sont monnaie courante, est maintenant officiellement en cours.

Le 19 novembre 2021, le gouvernement de l’Autriche Nouvelle Normale a décrété qu’à partir de février, les injections expérimentales d’ARNm seront obligatoires pour toute la population.  Ce décret intervient au milieu de la persécution officielle par l’Autriche des « non-vaccinés ». c’est-à-dire les dissidents politiques et autres personnes de conscience qui refusent de se convertir à la nouvelle idéologie officielle et de se soumettre à une série d’injections d’ARNm, censées combattre un virus qui provoque des symptômes grippaux légers à modérés (ou aucun symptôme) chez environ 95 % des personnes infectées et dont le taux de létalité global est d’environ 0,1 à 0,5 %.

L’Autriche n’est que la pointe de la lance de la Nouvelle Normalité. D’éminents fascistes de la Nouvelle Normalité en Allemagne, comme Der Führer of Bavaria, Markus Söder,, et le Ministre de la Propagande Karl Lauterbach, réclament déjà un allgemeine Impfpflicht (c’est-à-dire une « obligation de vaccination »), ce qui ne devrait surprendre personne. Les Allemands ne vont pas rester les bras croisés et laisser les Autrichiens les ridiculiser publiquement, n’est-ce pas ? Ils ont une réputation à défendre, après tout ! L’Italie sera probablement la prochaine à se joindre à eux, à moins que la Lituanie ou l’Australie ne les devance.

Mais, sérieusement, ce n’est que le début du siège d’hiver dont j’ai parlé récemment. Le plan semble être de commencer par une nouvelle normalisation de l’Europe – en général, les Européens sont plus dociles, respectueux de toute autorité et pas très bien armés – puis de l’utiliser comme levier pour imposer le nouveau totalitarisme pathologisé aux États-Unis, au Royaume-Uni et au reste du monde.

Je ne crois pas que ce plan réussira. Malgré la campagne de propagande la plus longue et la plus intensive de l’histoire de la propagande, nous sommes encore assez nombreux à refuser catégoriquement d’accepter la « nouvelle normalité » comme notre nouvelle réalité.

Et beaucoup d’entre nous sont en colère, extrêmement en colère… militairement, explosivement en colère..

Nous ne sommes pas des « hésitants vaccinaux », des « anti-vax » ou des « théoriciens de la conspiration niant le vaccin ». Nous sommes des millions de gens de la classe ouvrière, des gens qui ont des principes, qui valorisent la liberté, qui ne sont pas prêts à aller doucement dans la nuit mondialisée, pathologisée et totalitaire. Nous ne nous soucions plus de savoir si nos anciens amis et membres de la famille qui sont passés à la nouvelle normalité comprennent ce que c’est. Nous comprenons. Nous comprenons exactement ce que c’est. C’est une forme naissante de totalitarisme, et nous avons l’intention de la tuer – ou au moins de la blesser gravement – avant qu’elle ne devienne un mastodonte à part entière.

Maintenant, je veux être absolument clair. Je ne préconise ni ne tolère la violence. Mais elle va se produire. Elle l’est déjà. Le totalitarisme (même cette version « pathologisée » de celui-ci) est imposé à la société et maintenu par la violence. La lutte contre le totalitarisme passe inévitablement par la violence. Ce n’est pas la tactique que je préfère dans les circonstances actuelles, mais elle est inévitable maintenant que nous avons atteint ce stade, et il est important que ceux qui mènent ce combat reconnaissent que la violence est une réponse naturelle à la violence (et à la menace implicite de violence) qui est déployée contre nous par les autorités de la Nouvelle Normalité, et par les masses qu’elles ont plongées dans une frénésie fanatique.

Il est également important (essentiel, je dirais) de rendre visible la violence de la Nouvelle Normalité, c’est-à-dire d’encadrer ce combat en termes politiques, et non en termes pseudo-médicaux propagés par le récit officiel de Covid). Il ne s’agit pas d’un débat académique sur l’existence, la gravité ou la réponse à un virus. Il s’agit d’un combat pour déterminer l’avenir de nos sociétés.

Ce fait, par-dessus tout, est ce que les classes dirigeantes mondialistes-capitalistes sont déterminées à dissimuler. Le déploiement de la nouvelle normalité échouera s’il est perçu comme politique (c’est-à-dire une forme de totalitarisme). Il s’appuie sur notre incapacité à le voir tel qu’il est. Elle se cache donc, ainsi que la violence qu’elle perpètre, dans un récit officiel pseudo-médical, ce qui l’immunise contre toute opposition politique.

Nous devons lui refuser cette redoute perceptive, cette cachette herméneutique. Nous devons l’obliger à se montrer tel qu’il est, une forme « pathologisée » de totalitarisme. Pour ce faire, nous devons le comprendre… sa logique interne, ses forces et ses faiblesses.

Le totalitarisme pathologisé

J’ai décrit la Nouvelle Normalité comme un « totalitarisme pathologisé » et prédit que la « vaccination » obligatoire allait arriver depuis au moins mai 2020.  (Voir, par exemple, Le nouveau totalitarisme pathologisé).  J’utilise le terme « totalitarisme » intentionnellement, non pas pour faire de l’effet, mais par souci d’exactitude. La nouvelle normalité est encore un totalitarisme naissant, mais son essence est indubitablement évidente. J’ai décrit cette essence dans une chronique récente :

« L’essence du totalitarisme – quels que soient les costumes et l’idéologie qu’il porte – est le désir de contrôler complètement la société, chaque aspect de la société, chaque comportement et pensée individuels. Tout système totalitaire, qu’il s’agisse d’une nation entière, d’une minuscule secte ou de toute autre forme de corps social, évolue vers cet objectif irréalisable … la transformation idéologique totale et le contrôle de chaque élément de la société … Cette poursuite fanatique du contrôle total, de l’uniformité idéologique absolue et de l’élimination de toute dissidence, est ce qui fait du totalitarisme le totalitarisme. »

En octobre 2020, j’ai publié The Covidian Cult, qui s’est depuis transformé en une série d’essais examinant le totalitarisme New-Normal (c’est-à-dire pathologisé) comme  » un culte écrit en grand, à l’échelle d’une société. »  Cette analogie est valable pour toutes les formes de totalitarisme, mais surtout pour le totalitarisme New Normal, car il s’agit de la première forme globale de totalitarisme de l’histoire, et donc :

« Le paradigme secte/culture a été inversé. Au lieu que la secte existe comme une île au sein de la culture dominante, la secte est devenue la culture dominante, et ceux d’entre nous qui n’ont pas rejoint la secte sont devenus les îles isolées au sein de celle-ci. »

Dans The Covidian Cult, (Partie III), j’ai noté :

« Pour s’opposer à cette nouvelle forme de totalitarisme, nous devons comprendre en quoi elle ressemble et diffère des systèmes totalitaires antérieurs. Les similitudes sont assez évidentes – c’est-à-dire la suspension des droits constitutionnels, les gouvernements qui gouvernent par décret, la propagande officielle, les rituels de loyauté publique, la mise hors la loi de l’opposition politique, la censure, la ségrégation sociale, les escadrons d’élite qui terrorisent le public, etc.

Et j’ai décrit comment le totalitarisme de la nouvelle normalité diffère fondamentalement du totalitarisme du XXe siècle en termes d’idéologie, ou d’absence apparente d’idéologie.

« Alors que le totalitarisme du XXe siècle était plus ou moins national et ouvertement politique, le totalitarisme de la nouvelle normalité est supranational et son idéologie est beaucoup plus subtile. La nouvelle normalité n’est pas le nazisme ou le stalinisme. C’est le totalitarisme mondial-capitaliste, et le capitalisme mondial n’a pas d’idéologie, techniquement, ou plutôt, son idéologie est la ‘réalité’. »

Mais la différence la plus significative entre le totalitarisme du 20ème siècle et ce totalitarisme mondial naissant est la façon dont le totalitarisme de la Nouvelle Normalité « pathologise » sa nature politique, se rendant effectivement invisible, et donc immunisé contre toute opposition politique. Alors que le totalitarisme du XXe siècle affichait sa politique sur sa manche, le totalitarisme de la nouvelle ère se présente comme une réaction non idéologique (c’est-à-dire supra-politique) à une urgence de santé publique mondiale.

Ainsi, ses caractéristiques totalitaires classiques – par exemple, la révocation des libertés et des droits fondamentaux, la centralisation du pouvoir, le règne par décret, le maintien de l’ordre oppressif de la population, la diabolisation et la persécution d’une classe inférieure « bouc émissaire », la censure, la propagande, etc.

Les Untermenschen deviennent les « Non-vaccinés ». Les insignes de boutonnière à croix gammée deviennent des masques d’apparence médicale. Les papiers d’identité aryens deviennent des « cartes de vaccination ». Les restrictions sociales irréfutablement insensées et les rituels obligatoires d’obéissance publique deviennent des « confinement », des « distanciations sociales »,etc. Le monde est uni dans une guerre totale à la Goebbelsienne, non pas contre un ennemi extérieur (c’est-à-dire un ennemi racial ou politique), mais contre un ennemi intérieur, pathologique.

Ce récit officiel pathologisé est plus puissant (et insidieux) que n’importe quelle idéologie, car il fonctionne, non pas comme un système de croyances ou une éthique, mais plutôt comme une « réalité » objective. Vous ne pouvez pas argumenter avec ou vous opposer à la « réalité ». La « réalité » n’a pas d’opposants politiques. Ceux qui contestent la « réalité » sont« fous », c’est-à-dire des « théoriciens du complot », des « anti-vaxx », des « négateurs du Covid », des « extrémistes », etc. Ainsi, le récit pathologisé de la nouvelle normalité pathologise également ses opposants politiques, nous privant simultanément de toute légitimité politique et projetant sur nous sa propre violence.

Le totalitarisme du XXe siècle a également rejeté sa violence sur ses boucs émissaires (juifs, socialistes, contre-révolutionnaires, etc.), mais il n’a pas tenté d’effacer sa violence. ), mais il ne cherchait pas à effacer sa violence. Au contraire, il l’affichait ouvertement, afin de terroriser les masses. Le totalitarisme New Normal ne peut pas faire cela. Il ne peut pas être ouvertement totalitaire, car le capitalisme et le totalitarisme sont idéologiquement contradictoires.

L’idéologie capitaliste mondiale ne fonctionnera pas en tant qu’idéologie officielle dans une société ouvertement totalitaire. Elle nécessite la simulation de la « démocratie », ou au moins une simulation de la « liberté » basée sur le marché. Une société peut être intensément autoritaire, mais, pour fonctionner dans le système capitaliste mondial, elle doit accorder à son peuple la« liberté » de base que le capitalisme offre à tous les consommateurs, le droit/obligation de participer au marché, de posséder et d’échanger des marchandises, etc.

Cette « liberté » peut être conditionnelle ou extrêmement limitée, mais elle doit exister dans une certaine mesure. L’Arabie saoudite et la Chine sont deux exemples de sociétés GloboCap ouvertement autoritaires qui ne sont néanmoins pas entièrement totalitaires, car elles ne peuvent pas être et rester une partie du système. Leurs idéologies officielles annoncées (c’est-à-dire le fondamentalisme islamique et le communisme) fonctionnent essentiellement comme des superpositions superficielles sur l’idéologie mondiale-capitaliste fondamentale qui dicte la « réalité » dans laquelle chacun vit. Ces idéologies « superposées » ne sont pas fausses, mais lorsqu’elles entrent en conflit avec l’idéologie capitaliste mondiale, devinez quelle idéologie gagne.

Le fait est que le totalitarisme de la Nouvelle Normalité – et toute forme de totalitarisme global-capitaliste – ne peut pas s’afficher comme un totalitarisme, ni même comme un autoritarisme. Il ne peut pas reconnaître sa nature politique. Pour exister, il ne doit pas exister. Par-dessus tout, il doit effacer sa violence (la violence à laquelle toute politique se résume en fin de compte) et nous apparaître comme une réponse essentiellement bienfaisante à une légitime « crise sanitaire mondiale » (et une « crise du changement climatique », et une « crise du racisme », et toute autre « crise mondiale » que GloboCap pense pouvoir terroriser les masses et les plonger dans une hystérie aveugle, obéissant aux ordres).

Cette pathologisation du totalitarisme – et le conflit politique/idéologique dans lequel nous sommes engagés depuis 20 mois – est la différence la plus significative entre le totalitarisme de la Nouvelle Normale et le totalitarisme du 20ème siècle. L’ensemble de l’appareil capitaliste mondial (c’est-à-dire les entreprises, les gouvernements, les entités supranationales, les médias d’entreprise et d’État, les universités, etc.) a été mis au service de cet objectif.

Nous devons accepter ce fait. Nous le devons. Pas les nouvelles normes. Nous.

GloboCap est sur le point de transformer la société en une dystopie pathologisée-totalitaire où ils peuvent imposer des « thérapies » génétiques expérimentales, et tout autre type de « thérapies » qu’ils veulent, et nous forcer à montrer nos « papiers de conformité » pour mener les aspects les plus fondamentaux de la vie. Cette refonte de la société est violente. Elle est menée par la force, avec la violence et la menace omniprésente de la violence. Nous devons y faire face et agir en conséquence.

Ici, dans l’Allemagne de la nouvelle normalité, si vous essayez de faire vos courses sans masque médical, la police armée vous expulsera des lieux (et je le dis par expérience personnelle). Dans l’Australie nouvellement normale, si vous allez à la synagogue, les médias seront alertés et la police vous encerclera. En Allemagne, en Australie, en France, en Italie, aux Pays-Bas, en Belgique et dans de nombreux autres pays, si vous exercez votre droit de vous réunir et de protester, la police vous arrose avec des canons à eau, vous tire dessus avec des balles en caoutchouc (et parfois de vraies balles), vous pulvérise des agents toxiques dans les yeux et vous tabasse de manière générale.

Et ainsi de suite. Ceux d’entre nous qui se battent pour leurs droits et s’opposent à ce totalitarisme pathologisé connaissent trop bien la réalité de sa violence et la haine qu’elle a fomentée dans les masses de la Nouvelle Normalité. Nous la vivons au quotidien. Nous la ressentons chaque fois que nous sommes obligés de porter un masque, qu’un fonctionnaire (ou un serveur) exige de voir nos « papiers ». Nous le ressentons lorsque nous sommes menacés par notre gouvernement, lorsque les médias, les médecins, les célébrités, de simples inconnus, nos collègues, nos amis et les membres de notre famille nous exploitent et nous diabolisent.

Nous reconnaissons ce regard dans leurs yeux. Nous nous souvenons d’où il vient, et à quoi il mène.

Ce n’est pas seulement de l’ignorance, de l’hystérie collective, de la confusion, une réaction excessive ou de la peur… ou, OK, oui, c’est tout cela, mais c’est aussi du totalitarisme classique (malgré la nouvelle tournure pathologisée). Totalitarisme 101.

Regardez-le dans les yeux, et agissez en conséquence.

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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Solidarité Union Persévérance Réflexion Action
… Soyons S.U.P.R.A résistants !

Colonialisme et ingérence : la bataille de l’indépendance du Liban sous la menace sioniste (Al Manar)

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Quand Nasrallah parle… le monde écoute !

H. Nasrallah : “Nous sommes engagés dans la bataille de l’indépendance tant que les menaces israéliennes et les ingérences américaines persistent”

Al Manar

27 novembre 2021

url de l’article en français: https://french.almanar.com.lb/2199562

Le secrétaire général du Hezbollah , sayyed Hassan Nasrallah, a rappelé, à l’occasion de la commémoration de la  Fête de l’Indépendance  du Liban, que « cette Indépendance, quelle que soit sa forme, nécessite la poursuite de la lutte pour la défendre contre les ingérences des puissances occidentales, contre les menaces israéliennes qui se sont intensifiées ces deux derniers jours, et aussi longtemps que les hameaux de Chebaa seront occupés »..

Son éminence a souligné que « la responsabilité de tous les Libanais consiste à préserver leur indépendance, et si leur indépendance est formelle, de la transformer en une indépendance réelle et totale ».

Sayyed Nasrallah a affirmé que tant « le Liban est menacé par l’ennemi israélien, cela implique que nous sommes toujours engagés dans le cœur de la bataille pour l’Indépendance et pour la souveraineté du Liban, et nous avons remporté à plusieurs de ses étapes diverses victoires, voire nous sommes convaincus que si nous poursuivons dans cette voie avec détermination et constance, nous réaliserions encore plus de victoires ».

Et d’ajouter : « Lorsque nous assistons chaque jour à une ingérence américaine flagrante dans les systèmes judiciaire, politique, sécuritaire voire dans l’organisation des prochaines élections législatives, cela signifie que notre Indépendance est incomplète. »

Commentant l’inscription récente du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes en Australie, S. Nasrallah a déclaré que cela « pourrait être lié aux développements dans la région ou aux élections législatives », soulignant que « l’inscription de la résistance sur les listes terroristes n’affectera point la détermination de la résistance encore moins la conscience de son environnement. »

Concernant le dossier de l’enquête judiciare sur l’explosion du port de Beyrouth, menée par le juge d’instruction Tarek Bitar, il a rappelé que  » les récentes décisions judiciaires dans l’affaire du port de Beyrouth confirment tout ce dont nous avons mis en garde depuis le début de l’enquête, à savoir la partialité et la politisation de cette affaire « , s’interrogeant,  « existe-t-il aujourd’hui un seul juge libanais qui oserait révoquer le juge Bitar ou accepter les mises en accusations soulevées contre lui ? »

Et de poursuivre :  » toutes les données indiquent que les juges impliqués dans le dossier du port de Beyrouth sont dans le circuit des accusations et des soupçons « , notant que « le processus judiciaire actuel dans l’affaire du port de Beyrouth est un processus discrétionnaire qui ne mènera pas à la vérité ».

Principaux points du discours

1- Fête de l’Indépendance

A chaque occasion de commémoration de la Fête de l’indépendance, on lance le débat sur l’histoire du Liban, de son indépendance ..

Nul doute qu’en 1943 le Liban est entré dans une nouvelle étape, celle de la construction de l’état. Certains qualifient cette indépendance d’incomplète, d’autres de semi-indépendance en raison de l’ingérence des certaines puissances, mais il faut reconnaitre que le Liban a formé un état.

Le plus important est que les libanais doivent assumer leur responsabilité envers cette indépendance, ainsi si elle est formelle, ils doivent la rendre réelle, ils doivent préserver sa souveraineté. Et pour ce faire, il faut lutter pour cette indépendance.

Durant notre époque contemporaine, les Libanais se sont battus pour défendre leur indépendance face à l’ennemi israélien en 1982 qui a occupé la capitale Beyrouth, tout le monde se souvient les images des soldats israéliens dans le palais présidentiel. Cette période du Liban était la plus dangereuse qu’a connue le Liban car elle a failli entrainer le Liban dans l’ère israélienne, d’en faire un état assujetti.

Or les libanais se sont regroupés dans la résistance, et en 1985 ils ont remporté une importante victoire contre l’occupation israélienne la repoussant jusqu’au sud du Liban, puis en l’an 2000, sous les coups de la résistance islamique, les forces de l’occupation israélienne ont déguerpis du Liban-sud, marquant une grande victoire pour le Liban, pour son indépendance, sa souveraineté empêchant le Liban de basculer sous le règne israélien.

Or cette indépendance est incomplète tant que les hameaux de Chebaa sont toujours occupés, tant que les USA s’ingèrent dans les systèmes judicaire, sécuritaire, politique, dans les prochaines élections. On peut qualifier que l’indépendance du Liban est incomplète.

Tant que les israéliens nous menacent, nous sommes toujours engagés dans la bataille de l’indépendance et nous sommes convaincus que si nous poursuivons cette voie, celle de la lutte pour l’indépendance totale du Liban, nous réaliserons ce dessein. Nous allons défendre l’indépendance totale du Liban avec notre sang et nos corps.

2- Liste de terrorisme

Récemment, de nombreux mouvements de résistance à travers le monde, ont été inscrits sur la liste des organisations terroristes, que ce soit leurs dirigeants, leur cadres, ou tout le mouvement. Ce processus se poursuit avec les pays où la résistance est effective et ce qui se passe au Liban aura des répercussion graves. Parallèlement, le processus d’accélération du processus de normalisation israélien avec de nombreux pays arabes, dont le dernier en date est ce qui s’est passé au Maroc, est honteux et indigne. Ces deux processus sont accompagnés du processus de l’étau économique de celui des menaces émises par de nombreux états contre toute personne qui soutient la résistance ou tout mouvement de résistance …

L’inscription du Hezbollah sur les listes du terrorisme, pourrait être liée aux développements dans la région ou les élections législatives, l’inscription de la résistance sur des listes terroristes n’affectera pas la détermination de la résistance encore moins la conscience de l’environnement de la résistance.

Tout cela n’affectera point la détermination de la résistance et de tous les mouvements de résistance, les efforts de nos ennemis pour casser toute résistance sont voués à l’échec.

3 – Covid-19

Le monde est de nouveau le témoin d’une recrudescence du coronavirus, et au Liban,  la hausse du nombre  des décès et de ceux atteints par le coronavirus est très inquiétant, j’appelle l’Etat libanais à prendre au sérieux cette recrudescence, les hôpitaux ont sonné l’alerte, ce qui exige des efforts de la part de la population en respectant le port du masque etc.

Au début de la pandémie, nous avons annoncé un plan de lutte contre le coronavirus, aujourd’hui j’annonce que nous allons relancer ce plan à 100 pour 100. J’appelle les frères et les sœurs dans nos établissements à se mobiliser, pour servir les gens et les protéger. Le ministre de la Santé doit doubler ses efforts, je souhaite m’adresser au ministre de la Santé et lui dire que nous sommes prêts à lui offrir toute aide en ce qui concerne le cadre humain, certes nous étions aux côtés de l’ex- ministre de la Santé connu pour ses affinités avec le Hezbollah mais notre soutien n’était pas motivé par ses affinités avec le Hezbollah mais plutôt par notre sens du devoir religieux et humain. Nous sommes confrontés à un vrai danger. La question n’est pas liée au succès d’un ministre ou de marquer des points pour un parti ou un autre.

Concernant la question des médicaments, j’appelle l’Etat à revenir sur sa décision de lever son soutien sur certains médicaments.

Notre position sur la levée de tout soutien sans un plan alternatif est claire : nous sommes contre cette décision, or certaines forces politiques ont encouragé cette levée sans élaborer de plan alternatif… il y a des médicaments qu’il faut soutenir car la vie des gens en dépend, qu’on ne prétende pas qu’il n’y a pas de l’argent dans l’Etat, l’Etat peut annuler certains ministères. On peut vivre sans essence mais pas sans médicaments, j’exhorte le Premier ministre, la banque centrale, il faut que l’Etat intervienne car c’est la vie des gens qui est en danger, il ne faut pas lever le soutien aux prix de certains médicaments, et cela n’a rien avoir avec la politique ..

Nous avons convenu de mobiliser nos centres médicaux, nos hôpitaux pour garantir un nombre de médicaments.

4- la hausse du dollar

Il ne faut pas que l’Etat prétende qu’il ne peut rien faire, il ne faut pas permettre au dollar de grimper de manière incontrôlée, comme si l’Etat a réduit son rôle à celui d’un média qui nous prévient que le dollar risque de grimper mais il ne prend aucune mesure courageuse et j’insiste sur le terme courageuse.

5- L’enquête de l’explosion du port de Beyrouth

Concernant les mesures judicaires sur l’enquête de l’explosion du port de Beyrouth… je tiens à rappeler que nous avons exprimé nos craintes que l’enquête menée par le juge d’instruction Tarek Bitar ne soit partiale mais partisane, ces craintes se sont avérées êtres réelles car nous avons découvert que certaines parties judiciaires sont partisanes, et que l’enquête est politisée.

Ce qui s’est passé ces deux derniers jours prouvent que tout ce que nous avons mis en garde durant un an s’est réalisé… récemment , des voix se  sont élevées pour s’interroger comment peut-on révoquer un juge alors qu’il jouit du soutien du monde entier, ces voix traduisent la position des USA qui s’ingèrent dans ce dossier via leur ambassadrice au Liban, et là une question s’impose : y a-t-il  un juge qui osera révoquer le juge Bitar ou d’accepter de mener des poursuites judiciaires contre le juge Bitar ? Un seul a osé prendre une telle position et depuis il a été menacé, sa résidence a été attaquée, son honneur bafoué. Puis vous nous accusez de terroriser des juges ??

Mais encore, nous n’avons pas vu  des juges  impliqués dans cette affaire c’est- à- dire ceux qui ont autorisé l’emmagasinement et le stockage du nitrate d’ammonium dans le port,  poursuivi en justice ?? Ne sont-ils pas suspects ? une question s’impose, elle est adressée aux parties judiciaires :   avez-vous pris des mesures contre ces juges ou bien vous cherchez à les protéger ? Autrement dit, certains juges protègent d’autres juges  alors qu’il y a des fonctionnaires qui pourrissent depuis un an dans les prisons sans avoir été jugé.

6-Le massacre de Tayyouné

Il y a quelques jours, les familles des martyrs, 7 martyrs, ont commémoré la quarantième jour de leurs martyrs tués par le parti des Forces Libanaises, et malgré toutes nos remarques sur le pouvoir judicaire, nous avons convenu avec les familles des martyrs de nous remettre à la justice, et de laisser l’enquête suivre son parcours normal pour juger les coupables, loin de toute vengeance personnelle.

Or, la justice militaire et l’enquête militaire ont subi d’énormes pressions de la part de forces politiques et de la part de références religieuses voire de nombreux suspects se sont refugiés à Maarab (fief du parti des Forces Libanaises de Samir Geagea) pour ne pas être poursuivis en justice, d’autres ont été libérés pour des raisons ridicules, il faut dire qu’il s’agit là d’un comportement dangereux, suspicieux.

Car, les pressions exercées par les forces politiques et références religieuses sur la justice militaire reflètent un mépris des familles, mais ce qui est plus grave c’est que cela pourrait encourager les familles des martyrs à chercher vengeance par eux-mêmes. Je ne menace point mais j’attire l’attention sur ce point, sachant que le Hezbollah et Amal cherchent à leur rendre justice à travers le processus judiciaire traditionnel.

Bref, ce genre de comportement sert leur projet initial, celui de provoquer une zizanie,  or j’insiste de rester dans le cadre de la justice,   mais si l’enquête se poursuit ainsi et que la justice manque à ses obligations,  alors nous serons confrontés à une situation dangereuse.

7-Le projet de distribution du mazout (en chiffres) intitulé alléger la souffrance du peuple libanais

Il y a quelques mois, nous avons lancé notre plan de sauvetage du peuple libanais pour faire face à la pénurie en essence et en mazout, et mettre un terme aux interminables files d’attente devant les stations d’essence, files d’humiliation. Cela dit, la soi-disant pénurie n’était en fait qu’un sale jeu entre des forces politiques, des cartels corrompus, car ces matières premières étaient bloquées en mer, bref.

A l’époque, nous avons annoncé notre intention de demander le soutien d’un ami, soit l’Iran qui a accepté de nous assurer ces matières, dans le but de briser l’hégémonie des cartels d’essence et de mazout. Or, quand il a été décidé de lever le soutien au prix de ces matières, et quand l’essence est devenue accessible à tous, et que les files d’attente ont disparus, notre promesse d’assurer au peuple libanais de l’essence n’avait plus lieu d’être.

Aujourd’hui, nous réitérons notre volonté et détermination à alléger la souffrance des gens. Nous insistons que nous ne voulons pas entrer en compétition avec les sociétés d’essence etc, et donc nous accordons la priorité au mazout car l’essence est accessible alors que le mazout ne l’est toujours pas à cause de son prix plus élevé sachant qu’il est primordial pour la vie des gens, surtout que nous sommes aux portes de l’hiver..

Notre espoir était de faire venir les navires au port de Tripoli mais, selon nos informations, les USA ont menacé et nous ne voulions pas embarrasser le gouvernement libanais, nouvellement formé, nous avons donc détourné le parcours des navires vers le port de Banias, en Syrie, et nous avons transporté le mazout et l’essence dans des camions citernes, depuis Banias vers Baalbek, malgré tous les dangers du trajet.

Notre projet d’alléger la souffrance du peuple libanais comprend deux étapes, la première s’étalait sur deux mois, et la 2e étape débutera dans quelques jours. Durant notre 1ere étape nous avons défini les parties qui devraient bénéficier prioritarement de mazout durant 2 mois . Puis, nous avons défini les parties à qui nous comptons offrir le mazout à des prix soutenus. Le groupe des dons comporte 80 maisons de retraite, les municipalités les plus démunies qui ont besoin du mazout pour faire fonctionner leurs trombines à eau, 320 sociétés de distribution d’eau, 176 puits, 22 hôpitaux publics, 17 unités de pompiers, sachant que nous leur avons délivrés directement le mazout. Cela dit, nous avons fait face à quelques complications à cause de l’infrastructure de la société Amana qui n’était pas préparée à des demandes aussi nombreuses, provenant de toutes les régions du Liban.

La valeur des dons en mazout est de 2 millions et 600 milles dollars.

Le 2e groupe de ceux qui ont bénéficié du mazout à un prix soutenu comprenait , les boulangeries (316), les générateurs d’électricité  (22.779), les puits d’agricultures (3.787), les usines et les firmes (437), les hôpitaux privés 157, etc

Le coût du soutien au prix du mazout que nous avons vendu au 2e groupe :  7 millions 750 milles dollars. Certains au Liban ont prétendu que le Hezbollah a réalisé des gains, arguant que le Hezbollah a pu soutenir le prix du mazout qu’il a vendu parce qu’il n’a pas payé d’impôt ou de taxes ou de douanes, or un simple calcul prouve le contraire, car ces ignares, noyés dans leur haine et leur rancune, ont oublié que le mazout au Liban n’est soumis ni aux impôts ni aux douanes ni à aucune taxe…

Cela dit, j’avoue que nos mécanismes de distribution étaient lents, ce qui est normal, car nous devions nous assurer que le mazout ne se revende pas dans le marché noir et donc nous devions nous assurer de l’identité des bénéficiaires que ce soit du groupe 1 ou 2.

Nous avons consommé trois navires. Nous avons clôturé la première étape de notre projet d’alléger la souffrance du peuple libanais.

Conclusion : la première étape est estimée à 10 millions de dollars.

Pour ce qui est de la 2 étape de ce projet, elle comprend elle aussi deux groupes : Nous allons offrir un don pour un mois pour le même groupe 1 de la première étape. Par contre, le 2e groupe comprend exclusivement des familles.

Nous avons défini un seul critère, il s’agit de toutes les familles au Liban qui résident dans les régions situées à 500 mètres au dessus de la surface de la mer, le mazout sera offert aux familles démunies  comme dans  la Békaa, et la distribution touchera toutes les régions, le cout du baril sera vendu moins que son prix officiel d’un million de L.L , les frères vont assurer trois services :Distribution, vente en L.L et soutien du prix.

Les moyens de distribution seront différents de la 1ere étape de notre projet car nous ne pouvons couvrir une distribution directe à des centaines de milliers de familles résidant  dans les régions de plus 500 mètres d’altitude, alors nous allons compter sur les municipalités, qui vont définir les familles résidentes et la quantité de mazout qu’ils comptent demander, nous n’avons pas besoin des noms des résidents, ce sont les municipalités  qui coopéreront et coordonneront la distribution du mazout avec Amana .

Avec cette étape, nous aurions clôturé ce projet de soutenir nos gens. Un important stock de mazout se trouve déjà à Beyrouth , d’autres sont en Syrie et des navires sont en route.

8- la  campagne de diffamation contre le Hezbollah

Les armées cybernétiques ou de réseaux sociaux font rage contre le Hezbollah, ce n’est pas la première ni la dernière fois qu’elles tentent de nuire à l’image du Hezbollah et tentent de lui coller des étiquettes erronées.  Sauf que cette fois, si j’en parle c’est qu’il y a une nouveauté dans ces campagnes.

Ces armées cybernétiques diffusent de faux documents accusant le Hezbollah d’actes ou d’actions inexistantes, le plus hilarant dans cette campagne est que ces documents sont fabriqués par des amateurs, qui ne sont pas des libanais et qui ne connaissent pas le langage du Hezbollah, et donc quand ils prétendent diffuser un document émanant du Hezbollah, les titres utilisés, les verbes, les allocutions prouvent la fausseté du document.

Par exemple :  quand le Hezbollah signe un document, il écrit le Hezbollah- Bureau médiatique, ou bureau politique etc, mais jamais le mouvement de résistance islamique. Ne soyez pas aussi ridicules.

Cela dit, ce qui est regrettable c’est que certains libanais croient ces documents, au point de les diffuser sur certains médias, d’en faire toute une analyse, ou de les exploiter à des fins politiques afin de soulever l’opinion publique contre le Hezbollah. .

FIN

= = =

Lecture complémentaire :

Qu’est-ce que le Hezbollah ? D’où sort-il ? Quels sont ses objectifs politiques, sociaux et militaires ? Est-ce une entité terroriste ou résistante ? Réponses ici :

« Le Hezbollah, son histoire de l’intérieur », Naïm Qassem, 2005

HBgroupe
Voix et voie de résistance…

Compte-rendu du discours de Robert F. Kennedy Jr à Berne en vue d’un « NON » au referendum sur la « loi COVID » en Suisse du 28/11/21

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Suisse, le dernier bastion de la “démocratie” au monde ? La “loi COVID” équivaut à la loi martiale

Discours de Robert F. Kennedy Jr à Berne au sujet du referendum sur la “loi COVID” en Suisse du 28 novembre 2021

Peter Koenig

24 novembre 2021

url de l’article :
https://www.mondialisation.ca/suisse-le-dernier-bastion-de-la-democratie-au-monde-la-loi-covid-equivaut-a-loi-martiale/5662518

Dans une manifestation sous le plein soleil d’automne, Robert F. Kennedy Jr. s’est adressé à une foule d’environ 10 à 20 000 personnes à Berne le 12 novembre. Il a parlé des mensonges Covid aux États-Unis, ainsi que dans le monde entier – il n’a pas épargné l’Europe, ce qui permet aux enfants d’être vaccinés à partir d’un âge aussi bas que 5 ans – tout comme aux États-Unis, le Big Brother. Il a souligné que le taux de mortalité à cause de ce qu’ils appellent faussement un vaccin est bien plus élevé que les décès attribués au Covid, y compris chez les enfants.

La manifestation à Berne a été organisée par Public Eye on Science (L’oeuil public en science, suisse), une association créée en 1968, dans le but d’exiger des relations plus équitables entre la Suisse et les pays les plus pauvres du monde. Public Eye, qui compte actuellement 27 000 membres, défend également l’équité dans les relations commerciales et défend les droits de la personne et les droits civils en Suisse et dans le monde entier.

M. Robert Kennedy Jr. est venu à Berne pour une raison spécifique et ce qu’il a dit aux Suisses, c’est que la Suisse était le dernier bastion de la démocratie dans le monde. Le prochain référendum du 28 novembre 2021, où les Suisses ont la possibilité de voter pour ou contre une loi Covid – une loi martiale déguisée – qui avait été discrètement ratifiée en septembre 2020 par le Parlement, mais qui a dû être mise sur la glace, car un référendum a été immédiatement lancé contre cette loi. Ce référendum a recueilli des signatures en un temps record, jamais vues auparavant en Suisse.

Robert Kennedy Jr. a fait référence à la discrimination totalement antidémocratique qui a déjà lieu aujourd’hui dans la majeure partie de l’Europe, y compris en Suisse, où les « non vaccinés », ceux qui n’ont pas de « vaxx-pass » (passe sanitaire) sont exclus de la société. Ils ne peuvent pas entrer dans un restaurant, ne peuvent pas aller à une salle de sport, à un club, au cinéma, à un théâtre ou à tout événement public. Ils sont confinés. Ils sont discriminés.

La Suisse veut-elle une société divisée avec des privilèges pour ceux qui se laissent injecter un poison modificateur de gènes pour leur simple plaisir, alors que ceux qui résistent à cette coercition et au chantage illégaux et inconstitutionnels du gouvernement seront punis et discriminés ? C’est une question que tous les Suisses – « vaccinés » ou non – doivent se poser. Et cela, bien que nous ayons l’occasion unique d’un référendum populaire, où nous pouvons décider de ce que nous voulons pour notre avenir et celui de nos enfants et de leurs enfants.

L’Autriche en est un bon exemple. À minuit, le dimanche 14 novembre, le gouvernement autrichien a déclaré le premier confinement au monde pour les non-vaccinés – du jamais vu. Toute personne qui ne s’est pas laissée injecter ce poison à ARNm (ou qui a été guérie du Covid « prouvé par un test PCR ») est strictement confinée.

Peu importe le mensonge du test PCR. Même l’OMS a admis plus tôt cette année que le test PCR n’est pas une mesure fiable pour établir la présence du virus de la Covid.

Les dirigeants mondiaux ignorent l’OMS et continuent d’utiliser le faux test PCR pour identifier la Covid, quelle que soit son invalidité. Mais ses faux positifs dont les chiffres sont élevés (près de 100 % de ceux-ci) permettent de manipuler les statistiques. Dans le cadre de ce nouveau verrouillage autrichien, les personnes non vaccinés se voient interdire d’aller travailler ou aller dans les magasins, de quitter leur logement sous la menace de grandes sanctions, et les employeurs qui les laissent aller au travail reçoivent des amendes astronomiques – voir ce rapport RT.

Cela peut également se produire en Suisse si la loi Covid est approuvée. CHERS COMPATRIOTES SUISSES – SOYEZ CONSCIENTS ET MÉFIEZ-VOUS ! Votez NON, le 28 novembre 2021. Quiconque aime la liberté pour sa propre personne, pour la société et pour le monde doit aller voter NON, en grand nombre.

Nous, le peuple, devons et pouvons surmonter cette tyrannie.

Notre cri de guerre est LIBERTÉ ! – LIBERTÉ ! – LIBERTÉ ! Robert Kennedy et tous les orateurs  et tous les orateurs ont prononcé le cri de ralliement LIBERTÉ ! C’était un événement vraiment très important. Une énergie extraordinaire se dégageait de la foule.

Ce que la plupart des Suisses ne savent pas et ne sont pas informés par leurs autorités et surtout pas par les grands médias  (mainstream) hautement rémunérés – un meilleur terme serait d’employer le terme « corrompue ».  Cette « loi martiale de la santé » est valable jusqu’au 31 décembre 2031, jusqu’à un an après la fin de l’Agenda 2030 des Nations Unies, sous lequel ce crime Covid est en cours (et, il est bien sûr prolongeable si nécessaire) ; pendant cette période, le gouvernement peut prendre n’importe quelle décision – et je répète N’IMPORTE QUELLE décision – sans consulter le Parlement, et encore moins le peuple ; le droit de déclencher des référendums, une forme unique de démocratie directe, sera immédiatement suspendu. À moins que nous, le peuple, ne votions massivement NON le 28 novembre 2021 à cette loi criminelle. Cela pourrait être le dernier référendum sur lequel nous pourrions voter.

Comme dans la plupart des cas où un coup d’État est instigué à l’intérieur d’un pays, et croyez-moi, un oui équivaudrait à un coup d’État interne, une modification radicale de la Constitution serait mise en place. Les référendums populaires ne feront pas partie d’une nouvelle Constitution. La plupart des gens ne s’en rendent pas compte. Leur gouvernement ne leur raconte jamais la vraie histoire, encore moins les médias.

Croyez-vous, chers lecteurs, que le gouvernement suisse « subventionne » – un meilleur mot serait « corrompt » – les grands médias au coût de 1,7 milliard de francs suisses par an, soit environ l’équivalent de près de 2 milliards de dollars américains. Et cela pour une population suisse de 8,4 millions d’habitants. Vous pouvez comprendre par vous-même quel est le coût par habitant de l’argent du contribuable de mentir et de désinformer le peuple suisse, tous les jours ; ces mêmes Suisses qui financent cette fraude à leur insu avec l’argent de leurs impôts.

Si la loi Covid était acceptée par une majorité – Dieu nous en préserve – la Suisse ne serait plus un modèle de démocratie dans le monde, ni le dernier bastion de la démocratie, pour citer Robert Kennedy Jr.

Au lieu de cela, la Suisse se transformerait presque immédiatement en un « balise » de la banque entièrement numérique. Chaque transaction monétaire serait contrôlée par la Banque centrale. Votre compte bancaire pourrait être vidé à tout moment : si vous ne vous comportez pas bien, l’argent est retiré ; ou si vous ne suivez pas les ordres, ou si vous vous rebellez, ils pourraient vous empêcher d’acheter des aliments à l’épicerie. Tout cela grâce à des algorithmes, à l’intelligence artificielle (IA) et à des robots. Une surveillance totale.

Vous êtes-vous déjà demandé comment il était possible que, fondamentalement le même jour de mars 2020, vers le 11 mars, le monde entier, les 193 pays membres de l’ONU, avaient adopté exactement les mêmes mesures pour lutter contre un virus très similaire – et pas du tout plus mortel  – à un simple virus de la grippe saisonnière ? En fait, le taux de mortalité du virus est d’environ 0,07 %. Dans un article publié dans le New England Journal of Medicine (NEJM), intitulé « Covid-19 – Navigating the Uncharted », le Dr Anthony Fauci, le spécialiste du Covid, a déclaré que le coronavirus était comparable au virus de la grippe.

Il doit y avoir d’énormes pouvoirs d’argent derrière cela pour prendre le contrôle du monde, à la fois, et personne n’est capable de s’y opposer. Les milliardaires de la Silicon Valley et les médias sociaux font partie du jeu, ainsi que le grand secteur financier, comme Black Rock et Vanguard – et d’autres forces obscures.

L’ensemble du système des Nations Unies est contraint de suivre ces ordres dictatoriaux, et le fait que littéralement tous les gouvernements jouent le jeu, cela doit indiquer que l’ordre est accompagné d’un « bâton » lourd, très lourd – peut-être mortel. Et peut-être une petite « carotte »aussi, pour ces politiciens, qui obéissent en opprimant et en tyrannisant leur peuple. Voir ci-dessous un discours vidéo d’Ernst Wolff, économiste financier allemand de renom (en allemand). Il démontre par des comparaisons claires où se trouve le pouvoir du monde ; plus que le pouvoir, tel que nous le connaissons, le pouvoir sur la vie et la mort ; le pouvoir sur la survie de notre civilisation – et s’ils lui permettent de survivre – dans quelles conditions.

Ensuite, il y a le livre infâme et célèbrede Klaus Schwab, « Covid-19 – The Great Reset », qui parle de la transformation des humains en « transhumains », où ces derniers seront manipulables comme des robots grâce à ce qu’il appelle des puces implantées – bien sûr, il ne veut pas dire ça de façon négative. Tout cela se fera pour le bien de l’humanité. À la fin, « Vous ne posséderez rien, mais vous serez heureux« . Telle est la conclusion du président du FEM et son point de vue sur l’avenir. Cela correspond à la conclusion de la 4e révolution industrielle – robotisation, numérisation et transfert des actifs du bas et du milieu de l’échelle vers quelques ultra-riches au sommet.

Tel est le plan. Mais nous pouvons l’arrêter.

Aujourd’hui, tout ce que nous observons, se déplace dans cette direction néfaste. Pourtant, Nous, le peuple, avons le pouvoir de l’arrêter. Sans haine, osciller sur une fréquence plus élevée – et oui, nous tous, vaccinés et non vaccinés devons s’unir parce qu’en fin de compte, nous sommes dans le même bateau. Cela, mes chers compatriotes du monde, nous devons le comprendre. Il ne sert à rien de dire dans dix ans, à la fin de l’Agenda 2030 de l’ONU, « oui, désolé, vous aviez raison ». Peu importe de savoir qui a raison. Le fait est que nous devons arrêter cela ensemble, en solidarité, vaccinés et non vaccinés, tous ensemble. Pas de discrimination – LIBERTÉ !!! Pour tout le monde.

Les injections de poison qu’on simpose à la population – y compris les enfants, imaginez !!! – transforment les humains en transhumains, ce qui signifie que notre esprit pourrait éventuellement être manipulé par la 5G et les ultra-micro-ondes 6G à venir bientôt.

C’est pourquoi vous aurez besoin chaque année d’une piqûre de « rappel ». Cela n’a rien à voir avec votre santé. Aucune des soi-disant « vaccinations » n’a rien à voir avec votre santé. Tout a à voir avec la préparation de notre corps à devenir réceptif aux ultra-micro-ondes 5G et éventuellement 6G. Et le Conseil fédéral suisse, ainsi que tous les dirigeants du monde qui suivent ce scénario et ce diktat diabolique, le savent.

Si vous regardez autour de vous, vous voyez déjà des antennes 5G partout. Dans de nombreux pays, y compris en Suisse, la 5G est déjà en service de manière sélective, malgré le fait que le peuple suisse ait voté pour et que les autorités suisses avaient accepté d’imposer un moratoire sur l’introduction de la 5G, jusqu’à ce que plus d’informations sur la sécurité et les effets possibles sur la santé soient connues. Même l’OMS – les co-maîtres du crime Covid – n’a pas osé s’exprimer sur les effets potentiels sur la santé de ces ultra-ultra-courtes.

Une question cruciale que nous devons tous nous poser : la Suisse restera-t-elle le bastion de la démocratie et le phare du monde, influençant peut-être les peuples du reste du monde – les appelant à se réveiller et à mettre fin pacifiquement par la non-obéissance à ce crime de type biblique – ce qui risque franchement d’anéantir l’humanité ?

C’est ce que Robert Kennedy Jr. – et d’autres personnalités éminentes, qui ont pris la parole à la manifestation de Berne vendredi dernier, promettaient – un Grand NON-VOTE – pour notre liberté – LIBERTÉ ! – LIBERTÉ ! – LIBERTÉ ! – était le cri de guerre en cours à cette Assemblée très spéciale du peuple bernois.

Parmi les autres orateurs éminents figuraient le Dr. Reiner Fuellmich, l’avocat allemand qui , avec un groupe de plus de 1 000 professionnels de la santé et autres, mène des actions en justice contre les auteurs d’atteintes à nos libertés civiles et à nos droits civils dans le monde entier. Il appelle les Suisses à ne pas tolérer la discrimination prévue et déjà en cours entre les vaccinés et les non-vaccinés. Il appelle à la solidarité des deux groupes, et non à la division, car la solidarité finira par reconquérir notre liberté – et peut-être exercer une influence sur les peuples d’autres nations, de faire de même – pacifiquement, mais en adoptant la non-obéissance collective.

Ce point sur la solidarité entre les vaccinés et les non-vaccinés, la nécessité de se tenir la main lors de ce prochain vote référendaire, a également été soulevé par Christoph Pfluger, le fondateur des Amis suisses des Constitutions. Il a souligné un point important : ensemble, nous gagnerons ce vote pour la liberté et contre la tyrannie covid. La solidarité, c’est l’amour de l’autre et la lutte contre la discrimination. L’unité et la solidarité brisent le dos de la tyrannie covid.

La police et l’armée, maintenant largement sous contrôle et au service des gouvernements et des riches et puissants, ceux qui sont si bien décrits dans le discours d’Ernst Wolff – voir ci-dessus – quand ces gardiens de la sécurité et de la sûreté des gens commenceront à réaliser qu’ils sont dans le même bateau que le peuple, avec le peuple opprimé et de plus en plus tyrannisé – ils pourraient enlever leurs casques et marcher avec nous.

Le Dr. Sucharit Bhakdi, ancien professeur de microbiologie et d’hygiène à l’Université de Mayence, en Allemagne, et le Dr. Wolfgang Wodarg, médecin et homme politique allemand étaient également présents par vidéo. Ce dernier a été membre du Parlement jusqu’en 2009. Ils sont tous deux été de proches collaborateurs du Dr Fuellmich.

Tous deux ont souligné l’importance pour les gens, en particulier les jeunes, d’aller aux urnes le 28 novembre et de voter NON contre la loi sur le Covid ; contre la discrimination. Ce sont les générations à venir qui devront supporter le poids d’un coup d’État Covid qui s’installerait en Suisse – et dans tous les pays occidentaux. Eux aussi ont souligné que la Suisse pourrait faire une différence dans le monde entier avec un vote sans vote.

Catherine Austin-Fitts, une ancienne banquier d’investissement américaine, a également pris la parole lors du rassemblement, qui connaît les tenants et aboutissants non seulement de la banque et de ce que la banque est devenue, mais aussi du rôle toujours croissant des banques centrales. Elle a déclaré que si cette loi sur le Covid était acceptée, la Suisse, en particulier la Suisse – la capitale mondiale de la banque et en particulier de la banque centrale avec la Banque internationale des règlements (BRI) – la Banque centrale de toutes les banques centrales, siégeant à Bâle, en Suisse, pourrait être le premier pays entièrement numérisé et financièrement asservi.

Elle prédit que la Suisse sera numérisée à la vitesse de l’éclair – un fait qui m’a été  confirmé par d’autres banquiers privés suisses, qui ne sont peut-être pas d’accord avec le système, mais qui y sont liés par un travail qui nourrit et soutient leurs familles. Ils ont réitéré que nous serions contrôlés par chaque mouvement ; que l’accès à notre argent, à nos actifs, sera proportionnel à notre comportement et à notre obéissance au système.

En outre, le Dr. Thomas Binder, cardiologue suisse et Dr. Astride Stuckelberger, scientifique international de la santé, anciennement à l’OMS. Tous deux rappelaient à l’auditoire les mesures et les diktats ordonnés contre les droits de l’homme, en Suisse et simultanément dans les 193 pays membres de l’ONU. Ils ont souligné le préjudice que ces mesures causeront à l’ensemble de la population mondiale si elles ne sont pas arrêtées. Et surtout à nos enfants, parce qu’ils sont la prochaine génération, qui prépare l’avenir.

Dr. Thomas Binder a soulevé un autre point important. Il a appelé tous les professionnels médicaux et scientifiques à rester fidèles à leur profession de guérisseurs au meilleur de leurs connaissances. Il a fait référence au serment d’Hippocrate, que tous les médecins doivent signer. Il a été écrit par Hippocrate au Ve siècle av. J.-C., et il est toujours considéré sacré par les médecins : traiter le malade du mieux de ses capacités, préserver la vie privée d’un patient, enseigner les secrets de la médecine à la prochaine génération, etc.

Dr. Binder a appelé ses collègues médecins en Suisse et dans le monde entier à être fidèles à son serment et sortant de la contrainte gouvernementale, en suivant leur conscience. Si cela se produisait au sein de la communauté médicale et scientifique mondiale – et malgré les menaces – le récit de la covid et la tyrannie s’effondreraient.

Ensuite, il y a une destruction économique mondiale, le résultat d’une maladie qui, en fait, n’a jamais existé sous forme pandémique. Selon Robert Kennedy Jr., le mensonge à ce sujet a anéanti 3,8 billions de dollars dans le monde entier, la plupart dans les soi-disant pays en développement, laissant derrière eux la misère, la pauvreté et la mort, tout en transférant la valeur des actifs aux quelques super riches. – Voir aussi ceci. Le professeur Chossudovsky, auteur de cet article très documenté et directeur et rédacteur en chef de Global Research à Montréal, rassemble toutes les preuves, montrant que le SRAS-CoV-2, alias Covid-19, n’a jamais été identifié et démontre comment les chiffres des cas et des décès dans le monde ont été manipulés, pour faire régner  la peur – et pour contrôler et opprimer globalement la population mondiale.

Compatriotes – votons massivement NON le 28 novembre 2021, afin que la Suisse reste effectivement le phare de la démocratie dans le monde – et pour le monde entier LIBERTÉ – LIBERTÉ – LIBERTÉ !

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Vers la société des sociétés: anarchisme, sciences sociales et autonomie du social (Julien Vignet PDF)

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julien-vignet-pdf-novembre-2021

Nous avons récemment déniché ce texte… Une véritable perle, qui peut servir de base à une compréhension à la fois a minima mais aussi profonde de l’anarchie. Difficile de mieux résumé la pensée et l’action anarchiste depuis ses origines. Ce texte est une excellente base pour ceux qui désirent creuser plus avant et débroussailler le chemin de notre humanité réalisée. Nous l’avons publié le 8 novembre dernier
A lire et diffuser sans modération. Jo nous en a fait un PDF canon, digne de ce texte ainsi que les montages photos illustrant ce billet et le PDF.
~ Résistance 71 ~

Anarchisme-sciences-sociales-et-autonomie-du-social
Format PDF

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Entretien traduit et résumé entre James Corbett et Robert F. Kennedy Jr : COVID19, Big Pharma et la guerre globale contre les peuples et la santé publique + vidéo

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Entretien de James Corbett avec Robert F. Kennedy Jr sur sa recherche et son livre “Le véritable Fauci”, Bill Gates, Big Pharma et la guerre globale contre la démocratie et la santé publique

James Corbett & Robert F. Kennedy Jr

19 novembre 2021

Résumé des points importants de la discussion

Traduction Résistance 71

Introduction de R71:

En fin d’entretien James Corbett fait cette précision en substance : je sais que certains autres médias alternatifs, voire même une certaine partie de mon audience vont me reprocher d’avoir fait cet entretien avec Mr Kennedy et que l’on va certainement m’accuser d’être un faux-nez de la dissidence en m’entretenant avec un membre de l’establishment, représentant des factions établies du système. Ma position est que, tout comme le pense Mr Kennedy, nous sommes tous engagés dans une bataille à mort entre l’oligarchie et nous, les gens du commun et que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre cette bataille. Nos travaux respectifs parlent d’eux-mêmes et nous devons nous unir pour combattre cette menace planétaire à l’espèce humaine.
L’ensemble de l’équipe de R71 est d’accord avec cette analyse et prise de position. L’oligarchie perpétuant le système étatico-capitaliste crée sans cesse des divisions artificielles pour nous empêcher de nous unir et de balayer cette gangrène à l’épanouissement de l’humanité. La dernière ligne artificielle de division en date étant celle entre “injectés” et “non-injectés”, que l’oligarchie essaie de jeter les uns contre les autres comme à son habitude avec plus ou moins de succès cette fois-ci.

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Robert F. Kennedy (né en 1954), neveu de John Fitzgerald Kennedy, (JFK) président des Etats-Unis, assassiné (par la CIA) en 1963, et fils de Robert “Bobby” Kennedy Sr, sénateur américain, assassiné en 1968 (à la fin de l’entretien avec Corbett qui lui pose une question sur le sujet, RFK Jr démontre que son père a été abattu par des agents de la CIA), est avocat spécialisé dans les affaires d’environnement, il a été assistant du ministre de la justice de l’état de New York, activiste anti-vaccin et fondateur de l’association Children’s Health Defense (Défense de la Santé des Enfants). RFK Jr est atteint d’une rare maladie neurologique appelée dysphonie spasmique, qui affecte les cordes vocales chez 0,02% de la population, ce qui affecte son élocution.

La vidéo de l’entretien (en anglais, 63 minutes)

Les points clefs de l’entretien de 63 minutes entre Corbett et Kennedy (19/11/21)

Nous résumerons ici l’entretien au fil de ses points importants dans l’ordre chronologique du déroulement de la discussion. A noter que James Corbett pose peu de questions, mais elles sont précises, et qu’il laisse RFK Jr parler sans jamais l’interrompre.

Il est précisé au cours de l’entretien que le livre de RFK se fonde sur 2200 références scientifiques et gouvernementales, toutes listés en appendix, faisant de cet ouvrage une source analytique majeure. Le livre sera t’il traduit en français et une maison d’édition aura t’elle le courage de le publier ? Rien n’est moins sûr. En moins d’une semaine de parution, le livre est déjà classé #2 des ventes aux Etats-Unis, ce qui confirme le gigantesque mouvement de réveil des populations dans le sillage d’initiative telle celle du “I will not comply !” Qui s’étend à travers le pays.

  • La Food and Drug Administration ou FDA, l’agence fédérale américaine régulatrice des licences pour nourriture et médicaments (NdT :“drug” en anglais dans ce contexte veut dire “médicament” et non pas “drogue”, les américains utilisent souvent le terme “narcotic” quand ils se réfèrent aux drogues) reçoit 45% de son budget annuel de l’industrie pharmaceutique !
  • Le National Institute of Health (NIH) dont Anthony Fauci est le patron depuis plus de 40 ans, détient de nombreuses patentes pharmaceutiques
  • Le Center for Disease Control (CDC, agence fédérale de contrôle des maladies) dépense environ 40% de son budget annuel soient 3,9 milliards de dollars dans la distribution de vaccins, ce qui fait de cette agence fédérale américaine la plus grosse entreprise de vaccins au monde
  • Les personnels qui travaillent pour ces agences reçoivent des primes annuelles dont la valeur dépend de la qualité de leur promotion des vaccins
  • Le NIH possède 50% de la patente du vaccin ARNm anti-COVID de Moderna
  • Ces agences ne sont plus des agences régulatrices, mais des agences, des postes avancés, de Big Pharma
  • Quand Fauci est arrivé en fonction il y a 40 ans, 6% des Américains étaient atteints de maladies chroniques (NdT: maladies non contagieuses de longue durée, telles que les allergies, diabète, arthrose inflammatoire, cancer, altzheimer, scléroses, syndromes variés, pour lesquelles il n’y a ni vaccins, ni médicaments…), ils sont 54% aujourd’hui… Tout c ela n’est pas le fruit du hasard, la génétique n’est pas impliquée dans ces maladies ni la contagion, il faut un facteur environnemental toxique
  • Sous Fauci, les Etats-Unis sont tombés au 79ème rang mondial concernant la santé publique
  • Les Etats-Unis consomment trois fois plus de médicaments que le reste des pays occidentaux et les Américains sont les plus malades de tous devant aussi couvrir des coûts de soins toujours plus chers
  • 68% du salaire personnel de Fauci proviennent de la recherche sur les armes biologiques. De fait, le développement de vaccins fait partie intégrante du développement d’armes biologiques. La recherche sur les vaccins cautionne la recherche sur les armes biologiques et la manipulation virale et bactériologique en laboratoire. De fait, la recherche sur les “vaccins” masque la recherche principale sur l’armement biologique en en contournant les interdictions par les agences internationales
  • Fauci a été l’intermédiaire entre la CIA et les laboratoires chinois comme celui de Wuhan afin de développer des armes biologiques sous couvert de “recherche vaccinale”. L’argent de la CIA pour le financement de la recherche de Wuhan sur le virus SRAS-CoV-2 est passé par les mains de Fauci et de ses agences du NIH et NIAID
  • L’agence de programmes de recherche avancée de la défense (la DARPA de Pentagone) a fourni 40 millions de dollars pour la recherche
  • Le virus à couronne SRAS-CoV-2 donnant la COVID19 est réel, mais est un virus mineur, c’est la réponse à ce virus qui a été fabriquée, planifiée, militarisée et produite pour faire engranger des milliards de dollars et instaurer un régime de contrôle totalitaire planétaire
  • Les agences de Fauci ont participé à l’élimination de l’information, sa mise sous le boisseau, sur les médicaments efficaces et bon marché pour vaincre la maladie et pour ne faire que la promotion de la “seule solution” valide : celle des vaccins
  • Fauci a rempli sa mission de fermer toute discussion et débat scientifique sur le sujet
  • Dans le passé, les agences de Fauci (essentiellement la NIAID) ont utilisé des enfants défavorisés, placés en familles d’accueil (pour la plupart de groupes ethniques afro-américain et hispanique), pour des tests sur les médicaments contre le SIDA. Des enfants furent pharmaceutiquement torturés à mort et au moins 85 enfants (NdT: dont les corps furent retrouvés) sont morts durant ces expériences
  • Les agences de Fauci ont aussi mené des expériences en Afrique, qui ont vu périr bon nombre de femmes enceintes
  • L’Event 201 de 2019 (NdT: simulation planétaire de la “réponse” à une pandémie mondiale) ne fut rien d’autre qu’un protocole de répétition générale sur le “comment utiliser une pandémie pour mettre en place une emprise et un contrôle totalitaires sur le monde”
  • La mise en place des confinements a eu bien plus d’effets désastreux que la maladie elle-même, spécifiquement pour les catégories de personnes défavorisées
  • Nous sommes dans une période sans précédent dans l’histoire, une période de totalitarisme à haute capacité scientifique et technologique
  • Nous sommes aujourd’hui dans une situation qui voit la CIA et le Pentagone être de mèche avec leurs contre-parties chinoises afin de mettre en place un état totalitaire planétaire
  • Toute une série de courriels ont exposé le fait que Fauci était parfaitement au courant du travail entrepris à Wuhan sur le “gain de fonction” du virus..
  • Nous sommes aujourd’hui tous dans le même bateau, celui de combattre les force de l’Armaguédon

En fin d’entretien, suite à une question de Corbett, RFK Jr parle de l’assassinat de son père Robert Francis “Bobby” Kennedy, de l’utilisation d’un tireur de diversion qui est maîtrisé, tandis que son père est abattu à bout portant de 4 balles dans le dos. Un agent de sécurité, plus tard reconnu comme agent de la CIA déplacé dans l’équipe de sécurité du sénateur avec d’autres membres de la CIA au sein du même groupe, se situe juste derrière Bobby Kennedy au moment des faits, il sera vu l’arme à la main quelques secondes après la mêlée, il déclarera qu’il avait dégainé pour riposter. Le tireur de diversion a fait feu par deux fois, les deux projectiles manquant Bobby Kennedy. l’un touchant à la tête sans la tuer, une personne près de Kennedy, la seconde se fichant dans un chambranle de porte. L’autopsie du corps de Kennedy a révélé qu’aucun des projectiles ayant touché le sénateur ne provenait de l’arme du tireur désigné. Ainsi donc, RFK Jr affirme dans l’entretien, que son père a été assassiné par la CIA. Il est à noter que le tireur de diversion, qui ne savait sans aucun doute pas qu’il l’était, était un Palestinien du nom de Sirhan Sihran, qui a revendiqué son geste en représailles de la livraison d’avions de combat à Israël par les Etats-Unis.
La question revient au goût du jour car l’intéressé, placé en détention suite à la commutation de sa peine de mort en peine de prison à vie depuis cette époque, est en passe d’être libéré sous condition après 53 ans d’incarcération. RFK Jr fait partie des membres de sa famille qui savent et admettent que Sirhan Sirhan n’est pas l’assassin de Bobby Kennedy.
Lors de son assassinat, Bobby Kennedy était le candidat du parti démocrate pour les présidentielles, il militait pour la fin de la guerre du Vietnam, s’appuyait avec grand succès sur les communautés afro-américaines, hispaniques et catholiques ; il surfait la vague de succès des Kennedy et aurait sans doute gagner les élections. Il dérangeait pas mal de monde comme son frère avant lui. Qui avait donc intérêt à le faire disparaître ? Les Palestiniens ? Vraiment ?…

Pour finir, RFK Jr rend hommage à James Corbett pour la qualité de son travail. Ce compliment ne vient pas finir sur un brossage de manche après avoir lu une fiche qu’un de ses staffs lui aurait préparé sur le Corbett Report et James Corbett ; il est évident qu’il connaît personnellement non seulement le travail effectué par James, mais aussi le travail de fourmi effectué par le nombre des médias alternatifs non vendus au système ou créés en tant que leurre et opposition contrôlée. L’hommage de Kennedy rendu à James Corbett est un hommage rendu à l’ensemble des médias alternatifs sérieux, quelque soit la langue dans laquelle ils émettent.
James Corbett s’est déclaré anarchiste il y a quelques années, même s’il traîne encore parfois ses idées du côté les libertariens dont il fut membre et avec qui il garde (pourquoi pas) de bonnes relations amicales et ne peut pas être du bord politique de Kennedy, membre du parti démocrate des Etats-Unis et membre d’une “élite” politique qui se voudrait homogène et pédalant dans le même sens, dans le sens des Fauci, Gates et consorts. James et Robert nous montrent l’exemple de ce qu’il y a à faire en premier lieu : cesser les guerres de clochers, des paroisses politiques désuètes et obsolètes et œuvrer ensemble pour le bien commun entre gens de bonne volonté et spiritualité.
L’heure est à l’union des gens du peuple, des gens du commun au-delà de toutes les divisions factices, parce que la bataille qui s’engage n’est ni plus ni moins que celle de notre survie sur cette planète, mieux que notre survie.. de notre humanité enfin réalisée.
A R71 nous pensons exactement ce que pensent James et Robert, mieux que “penser”, nous le ressentons au plus profond de nos êtres : ce sera eux ou nous. Beaucoup ne choisiront pas, espérons que suffisamment le fassent pour que nous sortions vainqueur de cette mère de toutes les batailles qui s’annonce et que l’humanité fleurisse enfin dans la solidarité, la compassion, l’amour et la réalisation de notre être organique complété dans la complexité et la générosité de notre diversité.
L’entretien improbable d’un petit activiste des médias alternatifs et d’un “géant” de la dissidence systémique nous montre le chemin. Merci à Mr Kennedy de l’avoir compris et à James d’avoir su saisir l’opportunité… Que cet exemple puisse être le plus suivi possible.

= = =

Voir notre page “Coronavirus, guerre contre l’humanité”

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

sitting_bull_guerrier
Dans l’esprit de Cheval Fou…
Hoka Hey !

Manifeste des travailleurs industriels d’Afrique, Johannesbourg, 1917… 2021, rien n’a changé, nous sommes tous des travailleurs bantous !

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 13 novembre 2021 by Résistance 71

Harangue universelle contre l’État, contre la marchandise, contre l’argent et contre le salariat ! Qu’y a t’il de fondamentalement changé en 2021 ?… Nous sommes tous des travailleurs bantous, nous sommes tous les damnés de la terre ! Jusqu’à ce que nous disions haut et fort, ensemble, unis et solidaires  : ¡Ya Basta! comme ce fut fait au Chiapas (Mexique) par exemple depuis 1994.
Qu’attendons-nous pour foutre toute cette merdasse étatico-capitaliste par dessus bord ? Que l’oligarchie ait fini d’empoisonner 90% de la population mondiale comme elle est en train de le faire au moyen de ses injections OGM mortifères ?
De plus, l’histoire du « passe » mentionnée devrait certainement nous titiller toujours plus en les circonstances actuelles…

Comme dit plus bas : REVEILLONS-NOUS  ! et surtout AGISSONS !
~ Résistance 71 ~

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Travailleurs africains !
Écoutez, travailleurs, écoutez !

Manifeste des Travailleurs Industriels d’Afrique

Johannesbourg, septembre 1917 en Sesotho et isiZoulou

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

November 2021

Travailleurs Bantous :

Pourquoi vivez-vous en esclavage ? Pourquoi n’êtes-vous pas libres alors que les autres hommes le sont ? Pourquoi vos maîtres vous piétinent-ils et vous crachent dessus ? Pourquoi devez-vous être en possession d’un passe pour aller n’importe où ? Et si on vous trouve sans ce passe, pourquoi vous jette t’on en prison ? Pourquoi travaillez-vous si dur pour si peu d’argent ? Et une fois de plus pourquoi êtes-vous jetés en prison si vous refusez de travailler ? Pourquoi vous parquent-ils comme du bétail ?

POURQUOI ?

Parce que vous êtes les damnés de la terre. Parce que vos maîtres veulent extorquer votre travail par leur seul profit. Parce qu’ils paient le gouvernement et la police pour vous maintenir en esclavage pour trimer pour eux. Si ce n’était pour l’argent qu’ils font en vous extorquant votre travail, vous ne seriez pas opprimés.

Notez le bien : vous êtes la force vive de ce pays. Vous faites tout le boulot, vous êtes leur moyen de subsistance. C’est pourquoi vous êtes volés des fruits de votre travail et aussi volés de votre liberté.

Il n’y a qu’une seule voie de délivrance pour les travailleurs bantous. Unissez-vous en tant que travailleurs. Unissez-vous ! Oubliez les choses qui vous divisent. Qu’il n’y ait plus de disputes entre Basuto, Zoulou et Shangaan. Vous êtes tous des travailleurs, que le travail soit votre lien commun !

Réveillez-vous ! Ouvrez grandes vos oreilles. Le soleil s’est levé, le jour pointe, depuis trop longtemps vous étiez endormis tandis que le moulin de l’homme riche broyait et extirpait la sueur de votre travail pour rien. Vous êtes fortement encouragés à vous rencontrer et à vous unir au sein de réunion de travailleurs pour vous battre pour vos droits.

Venez écouter la bonne nouvelle et délivrez-vous vous-même des entraves et des chaînes du capitaliste. L’union fait la force. C’est un grand combat contre les nombreux passes et le système qui vous persécutent et contre les bas salaires et la misère de votre existence.

Travailleurs de tous les pays, unissez-vous ! Vous n’avez rien à perdre que vos chaînes. Vous avez tout un monde à gagner !

Lecture complémentaire :

L’anarchisme africain, histoire d’un mouvement, Sam Mbah (PDF)

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Devenons S.U.P.R.A résistants
Solidarité Union Persévérance Réflexion Action

Analyse et réflexions sur la dictature post-moderne : Retour au meilleur des mondes d’Aldous Huxley – 2ème partie –

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Aldous Huxley (1894-1963)

“La science a pour mission unique d’éclairer la vie et non de la gouverner.”
“La vie non la science crée la vie ; l’action spontanée du peuple lui-même peut seule créer la liberté populaire.”
~ Michel Bakounine ~

Le meilleur des mondes revisité (larges extraits)

Aldous Huxley

Essai, 1958

~ Traduction des extraits Résistance 71 ~

Novembre 2021

1ère partie
2ème partie
3eme partie

V – La propagande sous dictature

A son procès après la seconde guerre mondiale, le ministre de l’armement d’Adolf Hitler, Albert Speer, délivra un long discours dans lequel, avec une remarquable précision, il décrivit la tyrannie nazie et analysa ses méthodes. “La dictature d’Hitler”, déclara t’il, “différait en un point fondamental de toutes ses prédécesseuses dans l’histoire. Ce fut la première dictature de la période présente du développement technique moderne ; une dictature qui utilisa totalement tous les moyens de domination de son propre pays. Au moyen d’outils comme la radio et les hauts-parleurs, 80 millions de personnes furent privées de pensée indépendante. Il fut donc alors possible de les soumettre à la volonté d’un homme… Les dictateurs précédents eurent besoin d’assistants hautement qualifiés, ce même au plus bas niveau, d’hommes qui pouvaient penser et agir indépendamment. Le système totalitaire de l’époque du développement technologique moderne peut se dispenser de tels hommes, grâce aux méthodes de communication, il est possible de mécaniser le plus bas leadership. En conséquence de cela, nous avons vu l’avènement d’un nouveau type de récipiendaires non critiques des ordres.

Dans ma fable prophétique du “Meilleur des mondes”, la technologie a avancé bien au-delà de ce qui fut achevé durant la période d’Hitler, en conséquence, les récepteurs d’ordres étaient bien moins critiques que leurs contre-parties nazies, bien plus obéissants à l’élite donneuse d’ordres. De plus, ils ont été génétiquement standardisés et conditionnés après la naissance à faire leur fonctions subordonnées et ainsi agir pratiquement comme des machines.

[…] depuis Hitler, l’armurerie des outils techniques à la disposition des dictateurs en herbe a été considérablement élargie. En plus de la radio, des hauts-parleurs, du cinéma et de la presse écrite, le propagandiste moderne peut maintenant utiliser la télévision afin de diffuser les images et les voix de ses clients et peut même enregistrer les images et les voix sur des bandes magnétiques. Grâce au progrès technologique, Big Brother peut maintenant être aussi présent que dieu…

Depuis le temps d’Hitler, il y a eu une grande avancée dans les domaines de la psychologie appliquée et de la neurologie qui sont la zone d’intérêt particulière des propagandistes, des endoctrineurs et des spécialistes du lavage de cerveau. Auparavant, ces spécialistes  de faire changer d’idée les gens étaient des empiriques qui fonctionnaient avec la méthode de l’essai et de l’erreur appliquée à un certain nombre de techniques et de procédures, qu’ils utilisaient très efficacement sans néanmoins connaître précisément pourquoi elles étaient efficaces. Aujourd’hui, l’art de contrôler les esprits est en phase de devenir une science à part entière. Ceux qui la pratiquent savent ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Ils sont guidés dans leur travail par des théories er des hypothèses solidement établies sur des bases de preuve expérimentale et empirique. Grâce aux nouvelles visions et nouvelles techniques, le cauchemar qui n’était pas encore réalisé sous Hitler et son régime totalitaire deviendra très bientôt de l’ordre du faisable.

[…]

Voyons ce que Hitler pensait des masses qu’il faisait bouger et comment il les faisait bouger. Le premier principe était un jugement de valeur : les masses sont exécrables, incapables de pensée abstraite et désintéressées de tout fait en dehors de leur expérience immédiate. Leur comportement n’est pas déterminé par la connaissance et la raison, mais par les sentiments et les pulsions inconscientes. Ce sont dans ces passions et impulsions que “sont implantées les racines positives et négatives de leurs attitudes.” Pour réussir, le propagandiste  doit apprendre à manipuler ces instincts et émotions.

[…] Une personne entre en contact direct avec la société de deux façons : en tant que membre d’une famille professionnelle ou groupe religieux, ou comme membre d’un groupe communautaire, d’une foule. Les groupes de personnes sont capables d’être aussi intelligents et moraux que les individus qui les forment ; une foule est chaotique, n’a pas de but personnel et est capable de tout sauf d’une action intelligente menée par une pensée réaliste. Assemblée en foule, les gens perdent leur pouvoir de raisonnement et leur capacité de choix moral. […] Une personne dans la foule se comporte comme si elle avait ingurgité une grosse dose d’intoxicant. Elle devient la victime de ce qu’on a appelé “un empoisonnement de troupeau”. Pendant sa longue carrière d’agitateur, Hitler a étudié les effets de cet empoisonnement de troupeau et a appris comment l’exploiter pour son propre but. Il a découvert qu’un bon orateur peut en appeler à ces “forces cachées” qui motivent l’action humaine et ceux de manière bien plus efficace que celle d’un écrivain. Lire est une activité privée et non pas collective. L’écrivain ne parle qu’à des individus séparés assis dans un état de sobriété naturelle. L’orateur lui, parle aux masses d’individus, déjà bien intoxiquées par ce poison de troupeau. Elles sont à sa merci et s’il sait manipuler comme il faut, il peut en faire ce qu’il en veut. Hitler était particulièrement talentueux à cet effet. Il était capable de ses propres mots : “de suivre le chemin des grandes masses de telle façon que des émotions vivantes de ses auditeurs, les bons mots dont il avait besoin lui seraient suggérés et alors cela irait droit au cœur de l’audience.” […] Hitler explorait et exploitait systématiquement les peurs et espoirs secrets, les désirs, les angoisses et les frustrations des masses allemandes. C’est en manipulant les “forces cachées” que les experts de la publicité nous induisent à acheter leurs produits que ce soit un dentifrice, une marque de cigarettes ou un candidat politique. et c’est en appelant à ces mêmes forces cachées, et d’autres trop dangereuses pour que Madison Avenue joue avec, qu’Hitler a induit les masses allemandes à acquérir un Führer, une folle philosophie et la seconde guerre mondiale.

[…] Hitler écrivit : “Toute propagande efficace doit demeurer attachée à quelques nécessités vitales qui doivent ensuite être exprimées en quelques formules stéréotypées. Celles-ci doivent être constamment répétées car seule une répétition constante réussira finalement à imprimer une idée dans la mémoire de la foule.

[…] Comme Bertrand Russel l’a noté : “Des systèmes dogmatiques sans fondations empiriques comme la scolastique, le marxisme et le fascisme, ont l’avantage de produire une grande cohérence sociale au sein de leurs disciples.” Le propagandiste démagogue doit donc toujours être constamment dogmatique. Toutes ses déclarations sont faites sans qualification. Il n’y a pas de gris dans son image du monde tout est soit diaboliquement noir ou d’un blanc céleste. Des propres mots d’Hitler : “le propagandiste doit adopter une attitude uni-dimensionnelle envers chaque problème qu’il doit gérer.” Il ne doit jamais admettre qu’il peut avoir tort ou que des gens ayant une vue différente pourrait avoir partiellement raison. On ne doit pas discuter rationnellement avec les opposants, on doit les attaquer, les réduire au silence ou, s’ils deviennent trop ennuyeux et importants, les liquider.

Telle était donc la vision des masses de Hitler. Il en avait une très basse opinion. Etait-elle incorrecte ? […] Sous le régime nazi, beaucoup de gens furent obligés de marcher au pas d’un point A à un point B… Marcher au pas tue la pensée. Marcher au pas met fin à l’individualité. Marcher au pas est la chose magique indispensable à faire afin d’accoutumer les gens à une activité mécanique quasi-rituelle, jusqu’à ce que cela devienne une seconde nature. De son point de vue et au niveau choisi pour parfaire son travail de sape, Hitler a eu parfaitement raison dans son estimation de la nature humaine. […] Dans un âge de surpopulation et sur-organisation accélérées et de moyens de communication de plus en plus efficaces, , comment pouvons-nous préserver la revalorisation de l’intégrité et réaffirmer la valeur de l’humain en tant qu’individu ? Ceci est une question qu’on peut toujours poser et qui peut toujours être répondue de manière satisfaisante. Mais une génération dans le futur et ce sera peut-être trop tard pour trouver une réponse et peut-être que cela sera même impossible, dans le climat collectif de plus en plus rigide des temps futurs, de même poser la question.

VI – Les arts de vente

La survie de la démocratie dépend de la capacité d’un large groupe de personnes de faire des choix réalistes en fonction d’une information adéquate. Une dictature en revanche se maintient au pouvoir en censurant ou en déformant les faits, en n’appelant jamais à la raison ni à l’intérêt commun, mais à la passion, à l’émotion et au biais, aux “forces cachés” si puissantes, comme les appelait Hitler, présentes dans les profondeurs inconscientes de tout esprit humain.

[…] Après tout, peut-il être avancé “le capitalisme est mort et le consumérisme est roi” et celui-ci demande les services de vendeurs experts versés dans tous les arts (y compris les plus insidieux) de la persuasion. Dans un système de libre-entreprise, la propagande commerciale par tous les moyens est absolument indispensable. Mais l’indispensable n’est pas nécessairement le désirable. Ce qui est prouvé bon dans la sphère économique ne l’est pas nécessairement pour les hommes et les femmes à la fois en tant qu’électeurs et qu’êtres humains.

[…]

Pensez donc”, écrit Mr Clyde Miller de manière jouissive “ce que cela peut vouloir dire pour votre entreprise si vous pouvez conditionner des millions, des dizaines de millions d’enfants, qui vont grandir en des adultes totalement entrainés à acheter vos produits, tout comme les soldats sont entrainés à avancer lorsqu’ils entendent les mots déclencheurs “en avant… marche !’ Pensez à cela !” Pensez également que tous les dictateurs et dictateurs en herbe ont pensé à ce genre de choses pendant des années et que des dizaines, des centaines de millions d’enfants sont en train de grandir au sein d’un tel processus d’acheter dans le produit idéologique de leur despote local, comme de bons petits soldats bien entrainés à répondre aux mots déclencheurs implantés dans leurs esprits avec l’attitude appropriée désirée par les propagandistes du despote.

[…]

Les êtres humains agissent de bien des façons irrationnelles mais tous sont capables semble t’il, si on leur donne une bonne chance de le faire,  de faire un choix raisonnable à la lumière d’une information et preuve disponibles. Les institutions démocratiques ne peuvent véritablement fonctionner que si tous ceux concernés font de leur mieux pour acquérir une connaissance et encourager la rationalité sur l’émotion. Mais aujourd’hui, dans les démocraties les plus puissantes, les politiciens et leurs propagandistes préfèrent des procédures de non-sens en faisant appel presque exclusivement à l’ignorance et à l’irrationalité des électeurs.

[…] Les marchands de politique ne font appel qu’aux faiblesses des électeurs et jamais à leur force potentielle. Ils ne font aucune tentative d’éduquer les masses pour qu’elles deviennent aptes à s’auto-gouverner, ils ne font que les manipuler et les exploiter. A cet effet, toutes les ressources de la psychologie et des sciences sociales sont mobilisées et mises en action.

[…] Sous un nouvel angle, les principes politiques et les plans d’action spécifique en sont venus à perdre la plupart de leur importance. La personnalité du candidat et la manière dont il est projeté par les experts en marketing sont vraiment ce qui compte le plus.

[…] La nature même de l’art oratoire est telle qu’il y a toujours eu une tendance parmi les politiciens et les leaders religieux à sur-simplifier les affaires complexes. Depuis leur pupitre ou leur scène, même les orateurs les plus consciencieux trouvent toujours difficile de dire toute la vérité. Les méthodes utilisées maintenant pour promouvoir le candidat politique de manière marchande comme s’il était un déodorant, garantit de manière positive que l’électorat ne puisse entendre la vérité sur quoi que ce soit.

VII – Lavage de cerveau

Dans les deux chapitres précédents, j’ai décrit les techniques de ce qui pourrait être appelé la manipulation générale et outrancière des esprits, comme pratiquées par le plus grand démagogue et les plus talentueux vendeurs de l’histoire. Mais aucun problème humain ne peut être résolu par juste des méthodes générales. Le fusil y trouve sa place mais également la seringue hypodermique. Dans les chapitres qui suivent, je vais décrire d’autres techniques encore plus efficaces pour manipuler non pas les foules, non pas le public, mais les individus isolés.

[NdT: s’ensuit ici une longue description de plusieurs page des travaux de recherche du russe Ivan Pavlov sur les chiens et les techniques de conditionnement. Information très intéressante au demeurant, mais à lire dans le bouquin…)

[…]

L’efficacité de la propagande politique et religieuse dépend des méthodes employées et non par des doctrines enseignées. Ces doctrines peuvent être vraies ou fausses, complète ou pernicieuse, ceci ne fait que peu ou pas de différence. Si l’endoctrinement est fait de la bonne manière et au bon moment de la fatigue nerveuse induite, elle marchera. Sous des conditions favorables, pratiquement tout le monde peut être converti à pratiquement n’importe quoi.

[NdT : s’ensuit ici une longue description de méthodes de fatigue et d’épuisement physiques et psychologiques mises au point dans les régimes marxistes de domination étatique contre les opposants au régime. A lire dans le bouquin]

Le lavage de cerveau, tel qu’il est maintenant pratiqué, est une technique hybride. Il dépend pour être efficace, partiellement d’une utilisation systématique de la violence, partiellement sur une manipulation précise psychologique. Il représente la tradition de “1984”, en route pour devenir la tradition du “Meilleur des mondes”… Conditionné depuis la prime enfance et peut-être aussi biologiquement prédestiné, l’individu de la caste la plus basse ou de la caste moyenne ne demandera jamais une conversion ni même un rappel de la vraie foi. Les membres de la caste la plus haute devront être capables de penser de nouvelles pensées en réponse à de nouvelles situations, en conséquence leur entrainement sera bien moins rigide en comparaison de celui qui s’adresse aux gens qui n’utilisent pas la raison pour demander le pourquoi des choses, mais plutôt de faire et de mourir avec le minimum de tumulte.

[…] Sur le chemin du Meilleur des Mondes, nos dirigeant devront se reposer sur les techniques transitionnelles et provisionnelles du lavage de cerveau.

soma
Soma pour tous !…

VIII – La persuasion chimique

NdT : Il est bien connu qu’Aldous Huxley était un grand expérimentateur de drogues hallucinogènes notamment il faisait une recherche sur la perception psychédélique et sa relation potentielle avec l’expérience mystique, plus de 20 ans avant l’ère hippie et la consommation de masse du LSD. Huxley consacrait ses expériences à la mescaline (dérivé du cactus peyote) et au LSD, drogue synthétique dérivée de a substance chimique d’une moisissure céréalière. En 1954, il écrivit un livre sur ces expériences “Les portes de la perception”, en anglais “The Doors of Perception”. C’est ce livre qui inspira Jim Morisson et Ray Manzarek pour nommer leur groupe “The Doors”… En 1956, il écrivit un autre livre moins connu, suite logique de ses recherches psychéliques “Heaven and Hell” ou “Paradis et Enfer”. Aldous Huxley était considéré comme un expert des substances hallucinogènes expérimentées sous divers dosages. Certains l’ont considéré comme une sorte de gourou précurseur du mouvement hippie et de l’ère psychédélique de la fin des années 60 et des années 70, ce que réfuta son frère Julian.

Dans le meilleur des mondes de ma fable il n’y avait pas de whisky, pas de tabac, pas de drogues illégales comme l’héroïne ou la cocaïne. Les gens ne buvaient pas, ne fumaient pas, ne sniffaient pas, ni ne s’injectaient. Si quelqu’un se sentait déprimé ou un peu au dessous du par, il ou elle avalait une ou deux tablettes d’un composé chimique appelé “soma”. La soma originale de laquelle j’ai pris le nom pour créer cette drogue hypothétique, était une plante inconnue (possiblement Asclepias acida), utilisée par les anciens envahisseurs aryens de l’Inde dans un de leur plus solennel rite religieux. Le jus intoxicant provenant des tiges de cette plante était bu par les prêtres et les nobles au cours d’une cérémonie très élaborée. Dans les hymnes védiques, on nous dit que les buveurs de soma étaient bénis de bien des façons. Leurs corps étaient plus forts, leurs esprits et leurs cœurs remplis de courage, de joie et d’enthousiasme, leurs esprits étaient illuminés et ils recevaient l’assurance de leur immortalité dans une expérience immédiate de vie éternelle Mais ce jus sacré avait ses inconvénients. Soma était une drogue dangereuse, si dangereuse que même la déesse du ciel Indra, était parfois malade de la boire. Les simples mortels pouvaient même en mourir par overdose ; mais l’expérience en était si enchanteresse et lumineuse que boire la soma était considéré comme un privilège. Et pour ce privilège, aucune prix était trop élevé.

La soma du Meilleur des mondes n’avait rien de ces inconvénients. A petite dose, elle permettait d’atteindre un sentiment euphorique, à plus forte dose, elle avait une capacité hallucinogène et si vous en preniez trois tablettes, vous sombriez alors dans le plus heureux et revigorant des sommeils et ceci sans aucun coût physiologique ou mental. Les membres du Meilleur des Mondes pouvaient prendre congé de leurs humeurs noires et dépressives ou  des ennuis familiers de la vie de tous les jours, sans sacrifier leur santé ni réduire de manière permanente leur efficacité.

Dans le Meilleur des Mondes, l’habitude de la consommation de soma n’était en rien un vice privé. C’était une institution politique, clairement l’essence de la vie. Liberté et poursuite du bonheur comme garanties par les droits civiques. Mais ce plus impérieux privilège inaliénable était aussi le plus puissant des instruments dans l’armurerie des dictateurs. L’intoxication systémique des individus pour le bénéfice de l’État (et bien entendu accidentellement pour leur propre plaisir) était un pilier de la politique des contrôleurs du monde. La ration quotidienne de soma était une assurance contre le mécontentement personnel, social et la divulgation d’idées subversives. Karl Marx a dit que la religion était l’opium du peuple. Dans le Meilleur des Mondes, c’est l’inverse. L’opium, dans ce cas précis, la soma, était devenu la religion du peuple. Tout comme la religion, la drogue avait le pouvoir de consoler et de compenser. elle faisait appel à des visions d’un monde meilleur, elle offrait l’espoir, renforçait la foi et promouvait la charité.

[NdT : ici, Huxley se lance dans un long descriptif sur les différentes drogues, leurs effets, leur niveau d’addiction etc… Il y parle du peyote dont on extrait la mescaline, du cannabis / marijuana, du Lysergic acid diethylamide ou LSD-25, qu’Huxley considère “soma extraordinaire”…]

Qu’un dictateur puisse s’il le désirait utiliser ces drogues à des fins politiques est évident. Il pourrait s’assurer contre le tumulte et la résistance politiques en changeant la chimie du cerveau de ses sujets en les rendant heureux de leur condition de servilité. Il pourrait utiliser des tranquillisants pour calmer les excités et des stimulants pour enthousiasmer les indifférents, des hallucinogènes pour distraire les damnés de leur misère.

[…] Il ne fait aucun doute que si les tranquillisants pouvaient être achetés plus facilement et aussi bon marché que l’aspirine, ils seraient consommés par les masses non pas par milliards de pilules mais par centaines de milliards. Un bon stimulant bon marché serait tout aussi populaire.

Sous dictature, les pharmaciens seront instruits de changer de refrain avec chaque changement de situation. Dans des temps de crise nationale, ils seront ordonnés de pousser à la vente de stimulants. Entre les crises, trop d’énergie et d’éveil peut être un danger pour le tyran. Donc dans les périodes de calme, les gens seront incités à prendre des tranquillisants et des hallucinogènes produisant un paradis artificiel. Avec ces syrops adoucissants, pas de troubles pour leur maître.

[…] Lors d’un récent symposium sur le meprobamate auquel je participais, un éminent biochimiste fit même la remarque amusante de suggérer que les Etats-Unis envoient en cadeau au peuple soviétique 50 milliards de doses de son plus populaire des tranquillisants. La plaisanterie avait un rien de sérieux. […]

La soma de ma fable avait à la fois un effet tranquillisant, hallucinogène et stimulant et avait le pouvoir d’élever la capacité de suggestion et donc renforçait les effets de la propagande gouvernementale.

Moins efficaces et à plus haut coût physiologique existent déjà des drogues dans la pharmacopée qui pourraient être utilisées dans le même but. Il y a la scopolamine par exemple, le principe actif de l’henbane et en larges doses un poison violent, il y a aussi le pentothal (NdT : vulgairement appelé le “sérum de vérité”) et l’amytal de sodium.

[…] La pharmacologie, la biochimie et la neurologie vont de l’avant et nous pouvons être certains que dans les quelques années à venir, de nouvelles et meilleures méthodes chimiques pour augmenter la suggestibilité et réduire la résistance psychologique seront découvertes. Comme tout le reste, ces nouvelles découvertes pourront être ben ou mal utilisées. Elles pourront aider les psychiatres dans leur lutte contre les maladies mentales, ou elles pourront aider les dictateurs dans le bataille contre les libertés. Le plus probablement, puisque la science en elle-même est impartiale, elles feront les deux. Elles réduiront en esclavage et rendront libre, elles guériront et dans le même temps détruiront.

A suivre…

“Un corps scientifique auquel on aurait confié le gouvernement de la société finirait bientôt par ne plus s’occuper du tout de science, mais d’une toute autre affaire. Et cette affaire, l’affaire de tous les pouvoirs établis, serait de s’éterniser en rendant la société confiée à ses soins, toujours plus stupide et par conséquent plus nécessiteuse de son gouvernement et de sa direction.”
“La science étant appelée désormais à représenter la conscience collective de la société, doit réellement devenir la propriété de tout le monde.”
~ Michel Bakounine ~

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Analyse et réflexions sur la dictature post-moderne : Retour au meilleur des mondes d’Aldous Huxley – 1ère partie –

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“La science a pour mission unique d’éclairer la vie et non de la gouverner.”
“La vie non la science crée la vie ; l’action spontanée du peuple lui-même peut seule créer la liberté populaire.”
~ Michel Bakounine ~

Mesurez ce qui suit avec ce que nous vivons et pensez que ceci fut écrit en publié il y a 63 ans !… (Résistance 71)

Le meilleur des mondes revisité (larges extraits)

Aldous Huxley

Essai, 1958

~ Traduction des extraits Résistance 71 ~

Novembre 2021

1ère partie
2ème partie
3eme partie

Lisez le texte intégral, il en vaut la peine. Il est publié en français sous le titre “Retour au meilleur des mondes”. La version “poche” coûte moins de 5 euros.

A Résistance 71, nous n’avons que la version de langue anglaise mentionnée ci-dessous et qui a servi de base à notre traduction.

Présentation Résistance 71 :

Aldous Huxley (1894-1963) : écrivain britannique auteur de deux ouvrages majeur : “Le meilleur des mondes”, roman d’anticipation publié en 1931 (George Orwell publia son “1984” en 1948) et “Les portes de la perception” (1954). Le célèbre groupe de Rock “The Doors” (Ray Manzarek, Jim Morrison) adopta ce nom en hommage aux “Portes (doors) de la perception”, dans lequel A.Huxley relate ses expériences psychédéliques avec la mescaline et le LSD, drogues hallucinogènes très puissantes. Aldous Huxley était très proche des expériences mystiques multi-culturelles et aussi écrivit longuement à ce sujet.

Sur son lit de mort, atteint d’un cancer du larynx, il demande à son épouse de lui injecter du LSD, ce qu’elle fera à deux reprises le même jour, en doses suffisantes pour sans doute mettre fin à ses jours.

Aldous Huxley est le frère cadet de Julian Huxley (1887-1975), biologiste, eugéniste et fondateur de l’UNESCO. Tous deux sont les petits fils de Thomas Huxley, zoologiste évolutionniste, darwiniste, malthusien et eugéniste, obsédé par la surpopulation et autres thèses eugénistes. Ennemi intellectuel et idéologique juré de Pierre Kropotkine, celui-ci publia une série d’articles à Londres afin de répondre et de démonter les thèses malthusiennes et social-darwinistes que Huxley soutenait. Cette série d’articles fut plus tard compilé en un ouvrage devenu phare de Kropotkine: “L’entraide, facteur de l’évolution”.

Aldous Huxley vient d’une famille à la longue lignée indubitablement élitiste, eugéniste et social-darwiniste. A ce titre, il est une des voix de l’oligarchie, même s’il éprouve encore parfois une certaine compassion pour les “masses” imbéciles que nous sommes. Dans un entretien où un journaliste lui demandait où il avait eu ses idées pour décrire la société qu’il mettait en scène dans son ouvrage “Le meilleur des mondes”, Aldous Huxley répondit qu’il lui avait suffit le plus souvent d’écouter les conversations que son frère avait avec ses collègues et amis ; que ces longues discussions étaient émaillées de théories qu’il avait reproduites et adaptées dans sa fable.

Son essai “Retour au meilleur des mondes” publié en 1958 est composé de 12 chapitres. Ci-dessous, nous avons traduit de larges extraits de l’ouvrage chapitre par chapitre, que nous publierons en trois parties au vu d sa longueur. Il est intéressant de noter que le tout premier chapitre de l’essai est intitulé “Surpopulation”, ce thème était une obsession chez les Huxley et de fait chez tous les néo-malthusiens et darwinistes-sociaux eugénistes d’hier et d’aujourd’hui. Dans le contexte actuel de la dictature sanitaire sous couvert de “pandémie” fabriquée COVID19 et les thèses néo-malthusiennes sous-jacentes à l’inoculation de la population mondiale avec un cocktail nanotech OGM chimérique, nous ne pouvons que constater la pertinence et l’actualité des propos avancés dans cet essai. Aldous Huxley faisait partie du sérail de la caste pensante de ce génocide mondial et la mise sous tutelle des masses, mais aussi il était parfois sincèrement compatissant et ses écrits furent de véritables fusées éclairantes du milieu et des idées d’où il venait et des sombres desseins de ses leaders. Touché, comme sa première épouse, par le cancer qui les terrassa tous deux, Aldous Huxley fit sans doute œuvre de rédemption avec son dernier ouvrage “anarchisant” de 1962.

Nous attirons néanmoins l’attention des lecteurs sur la conclusion de l’essai qui est puissante considérant la toile de fond familiale de Huxley… Sans jamais le dire, le catalogue de propositions de sortie du marasme dictatorial qu’il prédit, est tout droit sorti de la pensée et des principes anarchistes, ce qui est assez époustoufflant, compte tenu de son grand-père Thomas Huxley, eugéniste et darwiniste-social patenté par l’oligarchie dirigeante rêvant de contrôle absolu sur les populations et de ce fait ennemi juré de Kropotkine et du mouvement anachiste dans son ensemble, Aldous, par sa conclusion, désavoue son grand-père et la continuité eugéniste familiale via son frère aîné Julian et boucle la boucle en embrassant, certes sans les nommer, les principes anarchistes de solidarité, d’entraide, de société des associations libres et de communautés autonomes, se réapropriant les campagnes et éclatant le contrôle bureaucratique urbain étatico-capitaliste pour inscrire l’humanité sur le chemin de sa réalisation.

Quatre ans plus tard, en 1962, Aldous Huxley publiera son dernier roman “Island”, qui est de son propre aveu, l’anti-“Meilleur des mondes” qui décrit une société utopique sur une île du Pacifique.

Pour la traduction de ces larges extraits, nous avons utilisé l’édition de 2004 de Harper Perennial ; l’essai fait une centaine de pages et est publié en français en format poche.

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AH_retour-au-meilleur-des-mondes
Plon se plante… ce n’est pas un roman..
Mais un essai…

Brave New World Revisited ou Retour au meilleur des mondes

Aldous Huxley

1958

Larges extraits traduits par Résistance 71

Novembre 2021

I – Surpopulation

En 1931, lorsque j’écrivais Le meilleur des mondes, j’étais convaincu qu’il y avait toujours beaucoup de temps. La société complètement organisée, le système de caste scientifique, l’abolition du libre arbitre par un conditionnement méthodique, la servitude rendue acceptable par des doses régulières de produit chimique du bonheur, les pensées orthodoxes martelées de nuit au cours de séances éducatives durant le sommeil, tout ceci se produirait, mais pas en mon temps, pas même dans le temps de vie de mes petits-enfants. […] Vingt-sept ans plus tard, dans le troisième quart du XXème siècle, je ne me sens plus aussi optimiste que lorsque j’écrivais Le meilleur des mondes. Les prophéties faites en 1931 se réalisent bien plus tôt que je l’aurais pensé. […] Le cauchemar de l’organisation totale planifiée que j’avais située dans mon roman vers le 7ème siècle A.F (après Ford), a émergé d’un future lointain et sécurisé et nous attend maintenant, là, juste au coin de la rue.

Le 1984 de George Orwell (1948) était une projection magnifiée dans le futur, d’un présent qui contenait le stalinisme et un passé immédiat qui avait vu fleurir le nazisme. Le meilleur des mondes fut écrit avant l’accession de Hitler au plus haut pouvoir en Allemagne et lorsque le tyran russe (NdT: georgien en fait) n’avait pas encore atteint sa vitesse de croisière. En 1931, le terrorisme systémique n’était pas encore ce fait obsessionnel de 1948 et la dictature future de mon monde imaginaire était de fait bien moins brutal que cette dictature du futur si brillamment dépeinte par Orwell. Dans le contexte de 1948, “1984” semblait particulièrement horrible et convaincant. Mais après tout, les tyrans sont mortels et les circonstances changent. De récents développements en Russie et de récentes avancées scientifiques et technologiques ont privé le livre de Orwell de quelques unes de ses horribles véri-similitudes.

[…] La société décrite dans 1984 est une société contrôlée presque exclusivement par la punition et la peur de celle-ci. Dans le monde imaginaire de ma propre fable, la punition est très rare et souvent très légère. Le contrôle quasi parfait exercé par le gouvernement se fait au travers d’un renforcement systématique de l’attitude favorable, par le moyen d’un grand nombre de manipulations non-violentes, physiques et psychologiques et par la standardisation génétique. Les bébés éprouvettes et le contrôle centralisé de la reproduction ne sont peut être pas impossibles, mais il est clair que pour les temps à venir nous demeurerons une espèce vivipare se reproduisant de manière aléatoire. Pour des raisons pratiques, la standardisation génétique sera sans doute mise à l’écart. Les sociétés continueront d’être contrôlées de manière post-natale, par la punition, comme dans le passé et par une extension toujours croissante de méthodes toujours plus efficaces de récompense et de manipulation scientifique.

En Russie, la dictature stalinienne démodée de style 1984 a commencé à faire la place à une forme de tyrannie mise à jour. Dans les strates supérieures de la société hiérarchique soviétique, le renforcement de la bonne conduite sociale a commencé à remplacer les vieilles méthodes de contrôle par la punition des comportements sociaux indésirables. Les scientifiques, ingénieurs et enseignants ainsi que les administrateurs sont de mieux en mieux payés et taxés modérément de façon à ce qu’ils soient sous un système de récompense du mieux faire.

[…] 

Au ratio de croissance démographique prévalent entre l’époque du Christ et la mort de la reine Elisabeth I, il a fallu 16 siècles pour que la population de la terre double. Au ratio actuel, la population va encore doubler en un demi-siècle et ce doublement de la population très rapide va se produire sur une planète dont les zones de production sont déjà très densément peuplées et dont les sols sont érodés par les efforts frénétiques des paysans de produire toujours plus de nourriture et dont le capital disponible de minerais est dilapidé à la vitesse d’un marin en goguette dilapidant sa paie.

Dans le Meilleur des mondes de ma fable, le problème de la surpopulation a été résolu. Un chiffre optimal de population a été calculé et le chiffre a été maintenu en accord (un peu moins de deux milliards d’individus si je me rappelle bien), ce génération après génération. Dans le monde réel contemporain, le problème de la surpopulation n’a pas été résolu. En fait, il devient un problème de plus en plus grave au fil du temps qui passe.

[…] Voyons brièvement les raisons de cette proche relation entre trop de gens, se multipliant rapidement et  la formulation de philosophies autoritaires et la montée de systèmes gouvernementaux totalitaires.

[…]

Pour le moment, la surpopulation n’est pas une menace directe à la liberté individuelle des Américains. Néanmoins, elle demeure une menace indirecte. Si la surpopulation devait mener les pays sous-développés au totalitarisme et si ces nouvelles dictatures devaient s’allier avec la Russie, alors la position militaire des Etats-Unis deviendrait bien plus précaire et les préparations pour la défense et la riposte devront être intensifiées. Mais la liberté, comme nous le savons tous, ne peut pas fleurir dans un pays qui est en permanence sur le pied de guerre ou même un demi pied de guerre. Une crise permanente justifie un contrôle permanent de tout et de tout le monde par les agences du gouvernement centralisé. Et la crise permanente est ce que nous devons nous attendre dans un monde où la surpopulation produit un état des choses dans lequel la dictature sous des auspices communistes, devient presque inévitable.

II – Quantité, qualité, moralité

Dans le meilleur des mondes de ma fantaisie, l’eugénisme et le dysgénisme sont pratiqués de manière systémique. Dans un set d’éprouvettes, des ovules biologiquement supérieures, fertilisées par des spermatozoïdes biologiquement supérieurs, le résultat reçoit le meilleur traitement prénatal possible et est finalement décanté en sujets Bétas, Alphas, voire Alphas Plus. Dans d’autres éprouvettes, des ovules biologiquement inférieures fertilisées par des spermatozoïdes inférieurs résultaient via la processus de Bokanovsky (96 jumeaux identiques en provenance d’un seul œuf) et traités de manière prénatale à l’alcool et autres poisons protéiniques. Les créatures qui en résultaient étaient presque sous-humaines, mais elles étaient capables de faire le travail de base ne demandant aucune qualification particulière et lorsque conditionnées correctement, en ayant de fréquentes interrelations avec le sexe opposé, en étant constamment distraites par un spectacle pathétique et gratuit et leur bonne attitude étant récompensée pour leurs doses quotidiennes de drogue soma, elles ne donneraient aucun trouble ni fil à retordre à leurs supérieurs.

En cette seconde moitié du XXème siècle, nous ne faisons rien de systémique au sujet de la reproduction mais avec notre façon de faire non régulée et aléatoire, nous ne laissons pas seulement la population croître hors de contrôle, mais il semble que nous laissions aussi le plus grand nombre d’individus être de bien plus basse qualité biologique. Dans les anciens mauvais jours, les enfants avec des défauts héréditaires moindres ou sévères ne survivaient que rarement. Aujourd’hui, grâce à l’hygiène, à la pharmacologie moderne et à la conscience sociale, la plupart des enfants nés avec des défauts héréditaires, arrivent à maturité et se reproduisent.

[…]

Dans un pays sous-développé et surpeuplé où les 4/5 de la population reçoit moins de 2000 cal par jour et 1/5 reçoit une nourriture adéquate, des institutions démocratiques peuvent-elles apparaître spontanément ? Ou si elles étaient imposées de l’extérieur ou d’en haut, pourraient-elles survivre ?

Maintenant, considérons le cas d’une société industrialisée, riche et démocratique dans laquelle, grâce à la pratique de la dysgénie aléatoire mais efficace, les QI et la vigueur physique sont sur le déclin. Pendant combien de temps une telle société pourra t’elle maintenir ses traditions de liberté individuelle et de gouvernement démocratique ? Dans cinquante ou cent ans d’ici, nos enfants apprendront la réponse à cette question.

Dans le même temps, nous nous retrouvons confrontés à un problème moral plus perturbant. Nous savons que la poursuite de bons objectifs ne justifie pas l’emploi de mauvaises méthodes. Mais que dire de ces circonstances, maintenant de plus en plus fréquentes, dans lesquelles de bon moyens mis en œuvre ont des résultats pas si bon que ça ou finissent par être mauvais ?

Par exemple, nous allons sur une île tropicale et avec l’aide des DDT, nous éradiquons le paludisme et en deux ou trois ans sauvons des centaines de milliers de vie. Ceci est bien évidemment bon. Mais ces centaines de milliers de personnes sauvées deviennent des millions qu’elles procréent et qui ne peuvent pas être correctement habillées ou nourries. Une mort rapide par le paludisme a été abolie, mais la vie misérable d’un grand nombre de sous-alimentés dans des endroits surpeuplés est maintenant la nouvelle règle, ainsi que son pendant : la mort lente par famine graduelle menace un plus grand nombre encore.

Et que dire des organismes congénitalement déficients que notre médecine et nos services sociaux maintenant préservent afin qu’ils puissent propager leur lot ? Aider les infortunés est évidemment une bonne chose. Mais la transmission directe à nos descendants des résultats de mutations défavorables et de la contamination progressive de nos gènes desquels les membres de notre espèce devront puiser, n’en est pas moins évidemment mauvais. Nous sommes sur les cornes d’un dilemme éthique, moral, et trouver la voie du milieu va demander toute notre intelligence et notre bonne volonté.

III – Surorganisation

Le chemin le plus large et le plus court vers le cauchemar du “Meilleur des mondes” passe, comme je l’ai signalé, par la surpopulation et l’accroissement de la démographie humaine. 2,8 milliards de personnes aujourd’hui [en 1958], quelques 6 milliards au tournant du siècle, avec la plupart de l’humanité devant faire le choix entre l’anarchie et le contrôle totalitaire.. Mais la grosse pression du nombre sur les ressources disponibles n’est pas la seule force qui nous propulse dans la direction du totalitarisme.

L’ennemi biologique aveugle de la liberté est allié avec des forces immensément puissantes générées par l’avance même de la technologie dont nous sommes si fiers. Fierté bien placée pourrait-on ajouter, car ces avancées sont le fruit du génie humain et d’un gros travail de persistance, de la logique, de l’imagination, de la créativité et de l’abnégation, dans un monde de vertus morales et intellectuelles pour lesquelles nous ne pouvons éprouver que de l’admiration. Mais la nature des choses de ce monde fait que personne ne peut avoir quoi que ce soit pour rien. Ces avancées technologiques ont un prix et ont du être payées. De fait, tout comme la machine à laver de l’an dernier, on les paie toujours et chaque traite est plus élevée que la dernière. Un grand nombre d’historiens, de sociologues et de psychologues ont écrit à profusion et avec la plus profonde des préoccupations, au sujet du prix que l’homme occidental a du payer et continuera de payer pour le progrès technologique. Ils ont fait remarquer par exemple qu’on ne peut pas attendre que la démocratie fleurisse dans des sociétés où le pouvoir politique et économique est progressivement concentré et centralisé. Mais le progrès de la technologie mène à toujours plus de concentration et de centralisation du pouvoir.

Alors que la machinerie de production de masse devient de plus en plus efficace, elle tend à devenir plus complexe et plus chère et donc moins disponible aux entreprises au moindre budget. De plus la production de masse ne peut pas marcher sans distribution de masse. Et la production de masse lève des problèmes que seuls les gros producteurs peuvent résoudre. Dans un monde de production de masse et de distribution de masse, le petit business avec son capital et son stock inadéquats est gravement désavantagé. En concurrence avec le gros business, il perd de l’argent et à terme son existence et son indépendance de producteur. Le gros business l’a avalé. Alors que de plus en plus de petits business sont absorbés, de plus en plus du pouvoir économique se concentre en le moins de mains possible.

Sous une dictature, le gros business, rendu possible par la technologie avancée et la ruine conséquente des petites entreprises, est contrôlé par l’État, c’est à dire par un petit groupe de leaders de partis politiques et de soldats, de flics et de fonctionnaires qui sont à leurs ordres. Dans une démocratie capitaliste comme les Etats-Unis, ceci est contrôlé par ce que le professeur C. Wright Mills a appelé “l’élite du pouvoir”. Celle-ci emploie directement plusieurs millions des travailleurs du pays dans ses usines, ses bureaux et magasins, en contrôle quelques millions de plus en leur prêtant de l’argent afin d’acheter les produits et par le fait qu’elle possède les médias de communication de masse, influence les pensées, les sentiments et les actions de virtuellement tout le monde. Pour parodier les mots de Winston Churchill, jamais autant de personnes n’ont été manipulées par si peu. Nous sommes en fait bien loin de l’idéal de la société libre de Thomas Jefferson composée de couches d’unités s’auto-gouvernant, “les républiques élémentaires des districts, des comtés et la république de l’Union, formant une graduation de l’autorité.

Nous voyons donc que la technologie moderne a mené à la concentration du pouvoir économique et politique et au développement d’une société contrôlée (implacablement dans les états totalitaires, poliment et de manière voilée dans les démocraties) par le gros business et le gros gouvernement. Mais les sociétés sont composées d’individus et ne sont bonnes que tant qu’elles aident les individus à réaliser leur potentiel et à mener une vie heureuse et créative.

Comment les individus ont-ils été affectés par les avances technologiques de ces dernières années ? Voici une réponse à la question faite par un psychiatre philosophe, le Dr Erich Fromm :

Notre société occidentale contemporaine, malgré ses progrès intellectuels, politiques et matériels, est de moins en moins propice à la santé mentale et tend à diminuer la sécurité interne, le bonheur, la raison et la capacité d’amour de chaque individu ; elle tend à le transformer en un automate qui paie pour ses échecs en humanité par le biais  de maladies mentales toujours croissantes et par son désespoir caché derrière une frénétique poussée vers le travail refuge et le soi-disant plaisir.

[…]

“Le meilleur des mondes” présente une image originale et crue d’une société dans laquelle la tentative de recréer l’humain comme des termites a été poussée aux limites du possible. Il est évident que nous sommes propulsés dans la direction du “meilleur des mondes”, mais il n’en est pas moins évident que nous pouvons, si nous le désirons vraiment, refuser de coopérer avec les forces aveugles qui nous y emmènent. Pour le moment en tout cas, le désir d’y résister ne semble pas encore très fort ni très répandu.

[…]

Il est intéressant de noter que dans “1984”, les membres du parti sont obligés de se conformer à une morale sexuelle plus sévère que le puritanisme. Dans “Le meilleur des mondes”, d’un autre côté, tous sont permis de satisfaire leurs pulsions sexuelles sans aucune restriction ni tabou. La société décrite dans la fable d’Orwell est une société en guerre permanente, et le but de ses dirigeants est d’avant tout bien entendu, d’exercer le pouvoir pour lui-même et la jouissance qu’il apporte et ensuite de maintenir leurs sujets dans cet état de tension constante inhérent à l’état de guerre perpétuelle et les incessantes demandes de ceux qui la mènent. En entrant en croisade contre la sexualité, les patrons sont capables de maintenir la tension sur leurs suiveurs et dans le même temps peuvent satisfaire leur faim de pouvoir de la façon la plus gratifiante possible. La société décrite dans “Le meilleur des mondes” est celle d’un État, d’une gouvernance mondiale, dans lequel la guerre a été éliminée et dans lequel le but principal des dirigeants est d’empêcher à tout prix leurs sujets de causer des problèmes. Ceci est réalisé entre autre méthode, par la légalisation d’une liberté sexuelle (rendue possible par l’abolition de la famille), qui garantit pratiquement à tout membre de ce “meilleur des mondes” une impunité contre toute forme de tension émotionnelle destructrice (ou créatrice). Dans “1984”, le désir de pouvoir est satisfait en infligeant la douleur ; dans “Le meilleur des mondes”, en infligeant un plaisir non moins humiliant.

L’´éthique sociale actuelle, de manière évidente, n’est qu’une justification du fait des conséquences les moins désirables d’une sur-organisation. Elle représente une pathétique tentative de rendre comme vertu nécessaire d’extraire une valeur positive de données déplaisantes. C’est un système de moralité irréaliste et donc dangereux. Le social et sa valeur dans leur entièreté sont assumés être plus grands que leurs composants, n’est pas un organisme dans le sens d’une ruche d’abeilles ou d’une termitière, qui elles peuvent être pensées comme un organisme. Ce n’est qu’une organisation, une création sociale, une pièce de machinerie sociale. Il ne peut y avoir aucune valeur si ce n’est celle de la relation à la vie et à la conscience. Une organisation n’est ni consciente, ni vivante. Sa valeur est instrumentale et dérivative. elle n’est pas bonne en elle-même, elle n’est bonne que dans la mesure où elle promeut la bonté des parties individuelles qui la composent et font parties du tout collectif. Donner plus d’importance à l’organisation qu’aux personnes, c’est subordonner la fin aux moyens. Ce qu’il se passe lorsque la fin est subordonnée aux moyens fut clairement démontré par Hitler et Staline. Sous leur contrôle hideux et pervers, les fins personnelles furent subordonnées aux moyens organisationnels au gré d’une mixture de propagande et de violence, de terreur et de manipulation systémiques des esprits. Dans les dictatures de demain, il y aura sans doute moins de violence que sous Hitler et Staline. Les sujets des dictatures futures seront administrés et régimentés par un corps d’ingénieurs sociaux très entraînés.

Le défi de l’ingénierie sociale dans notre époque”, écrit un enthousiaste de cette nouvelle science, “ressemble au défi de l’ingénierie technologique d’il y a 50 ans. Si la première partie du XXème siècle fut l’ère des ingénieurs, la seconde partie pourrait bien être celle des ingénieurs sociaux.” Et le XXIème siècle, je suppose, sera l’ère des contrôleurs du monde, le système de la caste scientifique et du meilleur des mondes. Pour la question quis custodiet custodes ? qui va garder les gardiens, qui va créer les ingénieurs sociaux, la réponse est un déni aveugle disant que ces gens n’ont pas besoin de supervision, de superviseurs. Il semble y avoir une certaine croyance chez les PhD en sociologie que ces mêmes Phd ne seront jamais affectés ni corrompus par le pouvoir… Comme Galahad, leur force est la force de dix parce que leur cœur est pur, et leur cœur est pur parce qu’ils sont scientifiques et qu’ils ont suivi plus de 6000 heures d’études sociales.

Hélas, une éducation supérieure n’est pas nécessairement la garanti d’une plus grande vertu ni d’une plus grande sagesse politique.

[…]

IV – La propagande dans une société démocratique

[…] Il y a deux sortes de propagandes: une rationnelle en faveur d’une action en accord avec l’intérêt personnel bien compris de ceux qui la font et de ceux à qui elle est adressée et une propagande non rationnelle qui n’est pas en accord avec l’intérêt personnel de quiconque, mais qui est dédiée et en appelle à la passion, au passionnel, aux émotions. Dans celle-ci, les actions des individus se préoccupent plus de motifs plus exaltés que de l’intérêt bien compris, mais là où une action collective doit être prise dans le domaine politique et économique, l’intérêt personnel bien compris est probablement le plus efficace de tous les motifs.

[…] Des mots de John Dewey : “un renouveau de foi en la nature humaine commune, dans ses potentialités de manière générale et dans son pouvoir en particulier de répondre à la raison et à la vérité, est un rempart plus sûr contre le totalitarisme qu’une démonstration de succès matériel ou d’une adoration dévote de formes légales ou politiques spécifiques.” Le pouvoir de répondre par la raison et la vérité existe en chacun de nous. Mais malheureusement aussi celui de répondre par la déraison, l’erreur et le mensonge.

[…]

La communication de masse n’est en fait ni bonne ni mauvaise ; elle est simplement une force et comme toute autre force, elle peut être utilisée à bon ou à mauvais escient. Utilisés du bon côté, la radio, la presse, le cinéma sont indispensables à la survie de la démocratie ; utilisés du mauvais côté, ils sont parmi les pires armes dans l’armurerie d’un dictateur. Dans le domaine de la communication de masse, comme dans presque tout autre domaine de l’entreprise, le progrès technologique a handicapé les petits et favorisé les grands. Il y a encore une cinquantaine d’années, chaque pays démocratique pouvait jouir d’un très grand nombre de petits journaux et d’organes de presse locaux. Des milliers d’éditeurs exprimaient des milliers d’opinions indépendantes Partout, pratiquement n’importe qui pouvait faire imprimer quelque chose quelque part. Aujourd’hui la presse est toujours légalement libre, mais la très vaste majorité des petites publications ont disparu. Le prix de la pâte à papier et de l’imprimerie et de l’information organisée est trop important pour la petite publication. Dans l’Est totalitaire, il y a une censure politique et les médias de masse sont contrôlés par l’État. En occident démocratique, il y a une censure économique et les médias de communication de masse sont contrôlés par une élite du pouvoir (politico-financier) et censure par l’augmentation des coûts de fonctionnement et la concentration du pouvoir de communication en moins de mains ceci est moins sujet à la controverse, mais n’est en rien ce que pourrait approuver un démocrate jeffersonien.

[…]

Une société dont les membres passent le plus clair de leur temps, non pas sur le terrain, pas dans l’ici et maintenant et dans un futur calculable et gérable, mais ailleurs, dans les autres mondes totalement sans importance que sont le sport, les jeux et les séries télévisées et dans la fantasmagorie métaphysique et la mythologie, verra qu’il est très difficile de résister à l’incrustation de ceux qui veulent la manipuler et la contrôler.

Les dictateurs actuels se fient la plupart du temps à la répétition, à la suppression et à la rationalisation ; la répétition de phrases toute faite, de mots clefs qu’ils veulent être acceptés comme vérité, la suppression de faits qu’ils veulent être ignorés et la mise en place d’une réaction émotionnelle qui peut être utilisée dans les intérêts du Parti de l’État. Alors que l’art et la science de la manipulation en viennent à être mieux compris, les dictateurs du futur vont sans aucun doute apprendre à combiner ces techniques avec des distractions ininterrompues qui, en occident, menacent maintenant de noyer dans un océan de futilité la propagande rationnelle essentielle à la maintenance de la liberté individuelle et la survie des institutions démocratiques.

A suivre…

“Un corps scientifique auquel on aurait confié le gouvernement de la société finirait bientôt par ne plus s’occuper du tout de science, mais d’une toute autre affaire. Et cette affaire, l’affaire de tous les pouvoirs établis, serait de s’éterniser en rendant la société confiée à ses soins, toujours plus stupide et par conséquent plus nécessiteuse de son gouvernement et de sa direction.”

“La science étant appelée désormais à représenter la conscience collective de la société, doit réellement devenir la propriété de tout le monde.”

~ Michel Bakounine ~

meilleur-des_mondes
Le meilleurs des mondes ?… Il suffit de dire NON ! Ensemble !

Retour aux fondamentaux !… Nous avons déniché cette perle de texte : « Anarchisme, sciences sociales et autonomie du social » de Julien Vignet…

Posted in actualité, altermondialisme, démocratie participative, documentaire, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 8 novembre 2021 by Résistance 71

GJRP
Tout le pouvoir aux ronds-points !… Vive la Commune Universelle !…

Nous avons récemment déniché ce texte… Une véritable perle, qui peut servir de base à une compréhension à la fois a minima mais aussi profonde de l’anarchie. Difficile de mieux résumé la pensée et l’action anarchiste depuis ses origines. Ce texte est une excellente base pour ceux qui désirent creuser plus avant et débroussailler le chemin de notre humanité réalisée.
A lire et diffuser sans modération. Jo va sûrement nous en faire un PDF canon… Qu’elle en soit remerciée par avance.
~ Résistance 71 ~

Anarchisme, sciences sociales et autonomie du social

Julien Vignet

Source:
http://www.journaldumauss.net/?Anarchisme-sciences-sociales-et-autonomie-du-social

Novembre 2018

L’anarchie des anarchistes n’est pas le chaos, le désordre, ni le laissez-faire poussé jusqu’au bout des libéraux. Ils promeuvent en réalité une constitution sociale de la société, plutôt qu’une constitution politique ou religieuse. Ce sont les individus ordinaires, à la base, qui décident de se regrouper librement et dans les formes qui leur conviennent. Cette autonomie du social est aussi à la base des sciences sociales, qui émergent en même temps que l’anarchisme. Proudhon et Bakounine sont deux figures de l’anarchisme historique permettant de dévoiler les passerelles entre anarchisme et sciences sociales à partir de cette autonomie du social. En même temps, les anarchistes participent à remettre la science à sa place, mettant en garde contre le gouvernement des savants et développant des pratiques populaires pour entraver la spécialisation et l’émergence d’une élite séparée de scientifiques.

Anarchy of anarchists is not chaos, disorder, or laissez-faire pushed to the end of the liberals. They actually promote a social constitution of society, rather than a political or religious constitution. It is the ordinary individuals, at the base, who decide to group themselves freely and in the forms that suit them. This autonomy of the social is also at the base of social sciences, which emerge at the same time as anarchism. Proudhon and Bakunin are two figures of historical anarchism that unravel the links between anarchism and social sciences from this social autonomy. At the same time, anarchists are helping to put science back in its place, warning against the government of scientists and developing popular practices to impede the specialization and emergence of a separate elite of scientists.
Julien Vignet est sociologue, CERReV, Université de Caen Normandie.

Les anarchistes portent une conception particulière de la vie sociale. En révolte aussi bien contre les structures hiérarchiques anciennes, comme la religion, que face à l’ordre capitaliste se mettant alors en place, ils et elles ont une détestation de la politique. C’est comme si la vie sociale était entravée par l’Etat, le capital et la religion.

Cependant, les anarchistes [1] ne promeuvent pas le laissez-faire à la manière des économistes libéraux. Ils et elles en sont de farouches opposants. L’anarchie est, à certains égards, une sorte de constitution sociale, par les gens eux-mêmes et leurs activités, plutôt qu’une constitution à partir de l’hétéronomie de la politique, de l’économie capitaliste ou de la religion. Or, cette autonomie du social n’est-elle pas aussi à la base des sciences sociales, qui émergent en même temps que l’anarchisme ?

Nous nous intéresserons à cette autonomie du social chez deux figures de l’anarchisme historique, à savoir Proudhon et Bakounine, qui ont par ailleurs appuyé leurs propositions révolutionnaires sur des analyses empruntant à la science de l’époque. Nous essaierons ensuite de creuser la question de savoir sur quel fondement les anarchistes font reposer cette sorte d’intelligence intrinsèque du social, avant d’évoquer les formes d’organisation sociale imaginées pour incarner l’anarchie. Enfin, nous verrons quel lien peut être tissé entre cette conception anarchiste et les sciences sociales, au-delà de la concordance de temps. En effet, de telles sciences ne reposent-elles pas elles aussi sur l’affirmation d’une irréductibilité, voire d’une autosuffisance du social ? En même temps, les anarchistes participent à remettre la science à sa place, mettant en garde contre le gouvernement des savants et développant des pratiques populaires pour entraver la spécialisation et l’émergence d’une élite séparée de scientifiques.

L’autonomie du social chez Proudhon

Le social contre la religion et la politique

Pierre-Joseph Proudhon est le premier à se définir anarchiste positivement en 1840. Il s’oppose à la propriété privée, à l’Eglise, au parlementarisme et au gouvernement en général. Il fait un lien étroit entre domination politique, domination économique et domination religieuse, considérées toutes comme des entraves à l’épanouissement de la justice.

Proudhon confiait ainsi dans ses Carnets de 1852 : « Je fais de la politique pour la TUER. EN FINIR AVEC LA POLITIQUE » [2]. Ce n’est alors pas seulement l’abolition de tous les gouvernements qui est visé, c’est aussi l’idée que la société peut se constituer d’elle-même, par la libre organisation des forces économiques et sociales. Il est encore plus clair dans Les confessions d’un révolutionnaire, où il distingue la constitution politique de la constitution sociale de la société. La seconde repose sur la libre association, l’égalité et la réciprocité et vise à affaiblir et écarter la première, fondée sur l’autorité et la hiérarchie.

« Je distingue en toute société deux espèces de constitutions : l’une que j’appelle la constitution SOCIALE, l’autre qui est la constitution POLITIQUE ; la première, intime à l’humanité, libérée, nécessaire, et dont le développement consiste surtout à affaiblir et écarter peu à peu la seconde, essentiellement factice, restrictive et transitoire. La constitution sociale n’est autre chose que l’équilibre des intérêts fondé sur le libre contrat et l’organisation des forces économiques qui sont, en général : le Travail, la Division du travail, la Force collective, la Concurrence, le Commerce, la Monnaie, le Crédit, la Propriété, l’Egalité dans les transactions, la Réciprocité des garanties, etc. La constitution politique a pour principe l’AUTORITE, ses formes sont : la Distinction des classes, la Séparation des pouvoirs, la Centralisation administrative, la Hiérarchie (…) » [3].

L’anarchisme de Proudhon vise explicitement à sortir de l’aliénation politique. Comme l’affirme Pierre Ansart, il « tend à libérer les force sociales des pouvoirs aliénants » [4], permettant ainsi d’instituer une société qui ne serait plus divisée en fractions ennemies et prise par un ensemble d’illusions.

Proudhon ne considère pas seulement l’exploitation capitaliste ou la domination étatique. Il est conscient qu’il existe des sacralisations qui empêchent la société de prendre conscience d’elle-même et de ses capacités. La refondation des rapports sociaux sans autorité révélée ou transcendante passe par la critique de la religion. C’est pourquoi Proudhon s’en prendra aussi à l’Eglise.

Il va plus loin en affirmant que politique et religion sont indissociables. Non seulement il fait alors de la religion un pouvoir politique, ne pouvant exister « qu’en s’appropriant la politique profane et les lois civiles » [5], mais il atteste du caractère sacré que prennent les institutions politiques pour se légitimer. Etat et Eglise, deux formes d’autorité instituées, utilisent les mêmes fondements pour justifier leur existence, et produisent les mêmes effets.

« Quoi qu’il en soit, il importe, pour la conviction des esprits, de mettre en parallèle, dans leurs idées fondamentales, d’un côté, le système politico-religieux, – la philosophie, qui a distingué si longtemps le spirituel du temporel, n’a plus droit de les séparer ; – d’autre part, le système économique.

Le Gouvernement donc, soit l’Église et l’État indivisiblement unis, a pour dogmes :

1. La perversité originelle de la nature humaine ; 

2. L’inégalité essentielle des conditions ; 

3. La perpétuité de l’antagonisme et de la guerre ; 

4. La fatalité de la misère. D’où se déduit : 

5. La nécessité du gouvernement, de l’obéissance, de la résignation et de la foi.

Ces principes admis, ils le sont encore presque partout, les formes de l’autorité se définissent elles-mêmes. Ce sont :

a) La division du Peuple par classes, ou castes, subordonnées l’une à l’autre, échelonnées et formant une pyramide, au sommet de laquelle apparaît, comme la Divinité sur son autel, comme le roi sur son trône, l’autorité ; 

b) La centralisation administrative ;

c) La hiérarchie judiciaire ; 

d) La police ; 

e) Le culte » [6].

Il n’est pas étonnant que ce philosophe de l’immanence s’attache à critiquer les formes de transcendance productrices d’illusions, et dont l’Eglise est une incarnation de l’époque. L’antithéisme de Proudhon est pourtant peu rappelé, et parfois même mis en doute.

Proudhon se réfère régulièrement à Jésus, et ne cache pas son admiration pour la morale égalitaire et communautaire des évangiles [7]. Cela facilite probablement qu’il soit parfois assimilé à un spirituel finalement hanté par son enfance religieuse. Il y a certes pour Proudhon un mystère de l’existence et une inquiétude du sens. C’est pourquoi il ne balaie pas d’un revers de la main la question de la foi, si présente dans l’histoire de l’humanité. Cette sensibilité le fait respecter le questionnement religieux, associé dans le même temps à une critique virulente des institutions religieuses de son époque. Il n’en est pas moins clair sur ses positions contre l’Eglise et sur la nécessité de purger le socialisme de son arrière-fond religieux, présent notamment chez Fourier, Saint-Simon ou Leroux. C’est pourquoi il peut affirmer « je n’adore rien, pas même ce que je crois : voilà mon antithéisme » [8].

Probablement l’expérience sociale et politique de son époque, dans laquelle l’Eglise joue le rôle d’appui de la répression des révoltes populaires, influence-t-il son anticléricalisme. Il est difficile de ne pas malmener celui qui vous calomnie et attise les condamnations à votre égard.

SL

Une science proudhonienne de la société à visée normative

Pour Proudhon, la société est immanente, traversée d’antagonismes, et faite par des forces collectives, toujours en mouvement. Il cherche donc une science de la société se promettant d’instaurer le meilleur état social par rapport à ce qu’est la société : une science à visée normative capable d’instaurer l’égalité et la justice. La société se fait en vertu de forces inconscientes, et les individus obéissent sans en avoir l’intelligence. La science ainsi promue doit permettre la compréhension de ses forces, et permettre à l’humanité en quelque sorte de prendre conscience d’elle-même [9].

Proudhon, ancien ouvrier typographe, se méfie de la métaphysique. Il rejette l’idée de savoir absolu. De la même manière, l’action est première par rapport aux idées : il met ainsi l’accent sur l’effort collectif, en opposition au déterminisme et à la providence ; la révolution est la manifestation la plus forte de cet effort collectif créateur. C’est en cela que la société est immanente : c’est l’action humaine qui produit non seulement le monde matériel, mais aussi les idées, les valeurs et les mentalités [10]. De fait, pour Proudhon, « la philosophie doit être essentiellement pratique

» [11]. Elle n’a pas une fonction spéculative, et s’inscrit dans la vie quotidienne. De la même manière, elle n’est pas une pratique élitiste d’oisifs, mais a une finalité d’action à visée émancipatrice par les prolétaires. La science ne se perd pas dans les limbes de la théorie, elle reste ancrée dans la réalité ordinaire et liée à la recherche de l’amélioration des conditions humaines.

Conformément à cette position, la science promue par Proudhon ne peut être qu’empirique. Elle part de l’observation. Proudhon l’incarnera en étant attentif aux expérimentations sociales des classes populaires qui jaillissent à son époque : mutuelles, coopératives et sociétés secrètes. C’est probablement lors de son passage à Lyon, avec son effervescence portée par les canuts, que mûrira chez lui son mutuellisme. Il y restera entre 1843 et 1847, à la veille de la révolution associationniste de 1848, et y côtoie le socialisme le plus agité.

Dans La capacité politique des classes ouvrières [12], testament politique de Proudhon, il évoque et justifie les efforts des prolétaires pour affirmer leur autonomie politique et matérielle à travers des mutuelles, des coopératives et des syndicats. Il enjoint les ouvriers à l’abstention lors des élections. Leur capacité politique réelle réside dans l’organisation d’un mouvement social autonome. Un temps méfiant vis-à-vis de l’association, il devient l’un de ses plus ardents défenseurs. Pour lui, les gens de bras ne sont pas dépourvus de capacité politique, bien au contraire. Ils n’ont pas à être guidés par une avant-garde, mais créent ici et maintenant des expérimentations sociales sur le terrain économique, permettant d’affirmer immédiatement l’autogestion généralisée future. C’est ce que les socialistes « partageux » sont alors en train de faire. C’est en cela que l’analyse du social par Proudhon est profondément anarchiste : la société, qui est toujours autoproduite, peut se faire consciemment elle-même. Elle résulte de l’association de forces sociales, et non d’un principe organisateur transcendant, que ce soit la religion ou l’Etat. Or, l’anarchie est impossible si ce n’est pas le cas : s’il n’y a pas d’autonomie du social, il n’y a pas d’anarchie possible. L’anarchisme ne vise en ce sens rien d’autre que de favoriser l’autonomisation du social, notamment par rapport au politique dont il se défie.

La prédominance du social chez Proudhon repose sur le fait qu’il est une condition de l’humanité de l’être humain : « l’homme le plus libre est celui qui a le plus de relation avec ses semblables » [13]. L’être humain est un être sociable parce qu’il a besoin des autres, et ce non seulement pour assurer sa survie ou perpétuer l’espèce, mais surtout parce qu’il ne peut s’épanouir sans autrui ni culture partagée. La liberté ne trouve pas sa limite chez les autres. Elle n’est pas non plus un vide investi d’un pouvoir infini, qui fait que l’expérience radicale de l’existence humaine est d’abord angoisse absolue. La liberté est dans la relation. La plus grande liberté se développe à travers des formes d’activités mutuelles entre égaux. La politique, la religion, l’économie capitaliste empêchent ce développement, et c’est pourquoi il faut selon Proudhon les combattre en leur substituant graduellement d’autres pratiques sociales qui finiront immanquablement à créer d’autres formes de vie au sein d’une autre société. Ce ne sera pas pour autant un point d’arrivée ou une fin de l’histoire. La société est un mouvement de forces diverses, et l’anarchie n’est qu’une sorte d’équilibre en gestation continue, appuyé sur le plan politique par le confédéralisme, et sur le plan économique par le mutuellisme.

Précisons que Proudhon pose deux problèmes de principe aux anarchistes : il est antisémite et misogyne. L’antisémitisme de Proudhon est lié au fait qu’il considère que les Juifs sont à l’origine du capitalisme [14]. Cet antisémitisme, sous une forme différente et plus nuancée, on le retrouvera chez Bakounine à la fin de sa vie, suite à ses polémiques avec Karl Marx. Il ne faut pas les taire, comme il est souvent fait. Cependant, l’antisémitisme de Proudhon n’apparaît pas dans ses constructions théoriques. En revanche, il en est différemment de sa misogynie. Il fait du mariage un pivot de la société, et de la famille l’unité sociale de base.

Joseph Déjacque, l’inventeur du terme libertaire, publie un pamphlet en réponse à et en rupture avec Proudhon : De l’Être humain mâle et femelle. Lettre à P.-J. PROUDHON. Exilé depuis la révolution manquée de juin 1848, il est sans doute le plus virulent contre Proudhon, ce « vieux sanglier qui n’est qu’un porc » [15]. Il y défend l’égalité homme-femme : « dites à l’homme et dites à la femme qu’ils n’ont qu’un seul et même nom comme ils ne font qu’un seul et même être, l’être-humain ». De même, il défendra l’émancipation de tous les êtres, quels que soient leur sexe, leur couleur de peau, leur âge. La révolution consiste en un combat dans les rues et dans les foyers contre un modèle social fondé sur la propriété et la famille. Depuis New-York et la Nouvelle-Orléans, il dénonce le massacre et le pillage des indiens d’Amérique ainsi que l’esclavage des noirs dans plantations. Joseph Déjacque est en ce sens bien plus anarchiste que Proudhon, qui aura pourtant été l’un de ses maîtres à penser.

L’autonomie du social chez Bakounine

Bakounine était un lecteur de Proudhon. Après 50 ans, il s’est lui-même déclaré anarchiste, et est devenu l’un des principaux théoriciens de l’anarchisme révolutionnaire. Il est alors somme toute logique de retrouver cette autonomie du social chez lui. Elle est clairement affirmée dans Fédéralisme, socialisme et antithéologisme, dont il termine la rédaction en 1868 :

« La société, c’est le mode naturel d’existence de la collectivité humaine indépendamment de tout contrat. Elle se gouverne par les mœurs ou par des habitudes traditionnelles, mais jamais par des lois. Elle progresse lentement par l’impulsion que lui donnent les initiatives individuelles et non par la pensée, ni par la volonté du législateur. Il y a bien des lois qui la gouvernent à son insu, mais ce sont des lois naturelles, inhérentes au corps social, comme les lois physiques sont inhérentes aux corps matériels » [16].

Bakounine l’antipolitique

Pour Bakounine, formé à l’hégélianisme, l’humanité a une nature sociale. Le social, régi par ses propres lois, préexiste même à l’individu et à la constitution politique. Il peut néanmoins se transformer par des efforts individuels. On retrouve ici à la fois la position antipolitique de Bakounine, sa conception fondée sur une philosophie de la nature de l’autonomie du social, et sa considération de l’action humaine comme productrice de la société. Ces trois éléments, que Bakounine peine parfois à concilier, constituent la base de sa pensée anarchiste, nourrie perpétuellement par son activité révolutionnaire. Si Bakounine appelle lui aussi, comme Proudhon, à s’appuyer sur la science, il considère toutefois que la connaissance rationnelle du monde – naturel et social – est insuffisante à l’émancipation. Il n’appelle pas au sentiment de révolte contre la science. Il n’associe pas non plus science et émancipation. Mais la science peut bien permettre de favoriser la conscience des individus des lois naturelles et des prescriptions sociales. Si les premières ne sont pas modifiables, les secondes peuvent être transgressées, et même bouleversées en vue de l’émancipation individuelle et collective. C’est le but de la révolution sociale. On retrouve donc chez Bakounine la même idée que chez Proudhon, celle de la possibilité d’une constitution de la société par le social lui-même, débarrassée du capitalisme, de la politique et de la religion.

Bakounine est célèbre pour sa polémique avec Marx, qui entraînera une rupture au sein de la Première Internationale, celle de l’Association Internationale des Travailleurs. Il a à la fin de sa vie une défiance absolue envers le pouvoir, qu’il soit bourgeois ou populaire : la lutte n’est pas politique, dans les couloirs des palais et les délégations parlementaires, mais strictement sociale. C’est pourquoi il refuse d’utiliser l’appareil d’Etat et la mise en place d’une dictature du prolétariat, contrairement aux communistes – qu’il nomme « autoritaires ».

Bakounine prophétise d’ailleurs ce que deviendra le bolchévisme. Dès le 19 juillet 1866, dans une lettre à Alexandre Herzen et Nicolaï Ogarev [17], Bakounine écrivait : « Toi qui es un socialiste sincère et dévoué, assurément, tu serais prêt à sacrifier ton bien-être, toute ta fortune, ta vie même, pour contribuer à la destruction de cet Etat, dont l’existence n’est compatible ni avec la liberté ni avec le bien-être du peuple. Ou alors, tu fais du socialisme d’Etat et tu es capable de te réconcilier avec ce mensonge le plus vil et le plus redoutable qu’ait engendré notre siècle : le démocratisme officiel et la bureaucratie rouge ». Il annonce les dérives que contiennent les positions sur la participation au jeu politique et sur la prise de l’appareil d’Etat dans une phase transitoire. Il pressent que la mise en place d’un Etat populaire s’accompagnera inévitablement de l’émergence d’une nouvelle classe privilégiée, celle des directeurs et des fonctionnaires, c’est-à-dire de la bureaucratie.

Suite à l’éclatement de la Première Internationale [18], il participe à la fondation de l’Internationale antiautoritaire à Saint-Imier en 1872, avec entre autres Carlo Cafiero, Errico Malatesta et James Guillaume. Celle-ci regroupe les sections espagnoles, italiennes, françaises, jurassiennes et américaines, et est alors l’organisation révolutionnaire la plus nombreuse. Son orientation, influencée par les idées de Bakounine, est clairement antipolitique. Elle déclare que « la destruction de tout pouvoir politique est le premier devoir du prolétariat » dans sa troisième résolution. Conformément à l’orientation anarchiste des carnets proudhoniens de 1852, il s’agit de faire de la politique pour détruire la politique.

Bakounine a bien conscience que son activité révolutionnaire comporte une composante politique. Il critique d’ailleurs l’indifférence à la question politique. Contrairement à ce que déclareront ces détracteurs à l’époque, il ne s’agit pas d’apolitisme, mais d’une position antipolitique – donc d’une affirmation de l’autonomie du social.

Le conflit avec Marx sur la question politique ne se situe pas seulement sur la prise de l’appareil d’Etat en vue de sa décomposition future – option de Marx – ou la lutte immédiate pour le dépérissement de l’Etat – option de Bakounine. Il y a chez Bakounine l’intuition d’une part maudite du pouvoir. 

« Je ne craindrai pas d’exprimer cette conviction, que si demain on établissait un gouvernement et un conseil législatif, un parlement, exclusivement composé d’ouvriers, ces ouvriers, qui sont aujourd’hui de fermes démocrates socialistes, deviendraient après-demain des aristocrates déterminés, des adorateurs hardis ou timides du principe d’autorité, des oppresseurs et des exploiteurs. Ma conclusion est celle-ci : il faut abolir complètement, dans le principe et dans les faits, tout ce qui s’appelle pouvoir politique ; parce que tant que le pouvoir politique existera, il y aura des dominants et des dominés, des maîtres et des esclaves, des exploiteurs et des exploités » [19].

La question n’est pas de savoir si tel ou tel dirigeant est corrompu, manipulateur, violent. Le pouvoir en lui-même pervertit. Le fait de se retrouver en position de pouvoir transforme l’individu et le place en situation où il ne peut qu’exercer une domination sur les autres.

Cette position antipolitique se confirme dans la Lettre à un français [20], au moment de la guerre franco-prussienne, où il déclare que l’émancipation sociale et économique du prolétariat entraînera son émancipation politique, ou plutôt son émancipation de la politique. Ce n’est pas pour autant qu’il n’y aurait pas de décisions collectives à prendre, bien au contraire. Bakounine considère que c’est une nécessité. Ce qui est rejeté, c’est la séparation d’une instance décisionnelle du corps social, et son institutionnalisation qui finit par la consacrer théologiquement.

Suffrage universel ou censitaire, là n’est pas la question pour Bakounine. L’élargissement du suffrage ne supprime en rien le mensonge qu’est la représentation. Le pouvoir corrompt, et se trouver en position de représentant ne peut que couper des aspirations populaires. Les assemblées centralisatrices favorisent le passage des « palpitations vivantes de l’âme populaire » vers des abstractions [21]. Ce n’est pas pour cela que Bakounine n’admet pas la représentation des sections au sein de l’A.I.T., via des mandats impératifs. Mais cette représentation n’intervient alors pas au sein d’un petit Etat en gestation – c’est du moins le sens de son engagement et de ses polémiques avec les tenants du centralisme – mais dans une fédération qui préfigure celle qu’il appelle de ses vœux.

Cette critique du pouvoir, il va jusque la formuler à destination des organisations ouvrières risquant de se bureaucratiser. De son expérience au sein de l’A.I.T., entre 1868 et son éviction en 1872, il en tire plusieurs leçons. Il note d’abord la tendance à la constitution d’une élite militante, qui se considère indispensable. Mécaniquement, elle s’habitue à décider à la place des autres, et les délégués se coupent de leur base. L’autonomie des sections et des individus doit justement venir empêcher cette dégénérescence, de même que les assemblées générales des membres.

Antithéologisme et philosophie de la nature chez Bakounine

L’anarchisme a, on l’a vu, dès son origine mis en avant une critique radicale tant du capitalisme et de l’Etat, que de l’Eglise. La domination n’est pas seulement matérielle, elle est aussi idéologique, et la religion vient couvrir la conscience d’un voile tout en légitimant les dominations existantes. Bakounine ne déroge pas à la règle. Il a très bien synthétisé cette pensée dans Dieu et l’Etat, ouvrage posthume recomposé par son ami Elisée Reclus en 1882. Il y proclame que « si Dieu existait, il n’y aurait pour lui qu’un seul moyen de servir la liberté humaine, ce serait de cesser d’exister » [22].

Pour Bakounine, une religion, et particulièrement l’Eglise catholique, se constitue comme pouvoir politique et économique. L’idéalité divine s’appuie sur l’exploitation économique et l’oppression politique des masses, richesse et puissance s’autoalimentant l’un l’autre [23]. Les religions instituées transforment la spiritualité en s’accaparant le fruit du travail des autres, et tombent dans un matérialisme étroit de privilégiés. Bakounine peut ainsi renvoyer dos à dos idéalisme et matérialisme : l’idéalisme religieux se concrétise sur terre en servant les forces matérielles, tandis que le matérialisme scientifique appuie l’idéalisme pratiques des classes populaires et des laissés-pour-compte.

Il met aussi à jour le fétichisme contenu dans l’idée de dieu, qui vient écraser l’humanité. « Dieu est tout, donc l’homme et tout le monde réel avec lui, l’univers, ne sont rien » [24]. Ce qui est ordinaire et passager est ainsi traité avec dédain, alors que « toute la vie des hommes réels, des hommes en chair et en os, n’est composée que de choses passagères » [25]. Il faut ainsi rendre à l’humanité et la nature ce dont elles ont été dépouillées en s’opposant à la religion. Cette dernière est l’incarnation idéale de ce dépouillement, celui de la capacité à produire le monde. Bakounine fait alors de son antithéologisme l’un de ses trois piliers fondamentaux de son anarchisme, avec le fédéralisme et le socialisme.

Bakounine s’oppose donc à l’hétéronomie de la politique et de la religion. D’où vient pour lui l’autonomie du social ? Bakounine est matérialiste. Il considère donc que l’esprit n’est pas séparé du corps, et que l’individu, qui est d’abord un corps, est le produit de la nature, puis de la société. De la nature d’abord, règne de la nécessité. Il n’y a aucune échappatoire, et aucun projet bakouninien de la sortie des forces naturelles. Il faut au contraire les reconnaître et les faire sienne. Il les distingue des forces sociales, qui elles ne sont pas inhérentes à notre être, mais viennent de l’extérieur de soi-même [26]. Il n’en reste pas moins qu’elle constitue l’individu, être irrémédiablement social pour Bakounine.

L’être humain « naît dans la société comme la fourmi dans la fourmilière et comme l’abeille dans la ruche ; il ne la choisit pas, il en est au contraire le produit, et il est aussi fatalement soumis aux lois naturelles qui président à ses développements nécessaires, qu’il obéit à toutes autres lois naturelles » [27]. La société précède l’individu, et l’imprègne, tant « la pression de la société sur l’individu est immense, et il n’y a point de caractère assez fort ni d’intelligence assez puissante qui puisse se dire à l’abri des attaques de cette influence aussi despotique qu’irrésistible » [28]. C’est d’ailleurs cela qui prouve le caractère social de l’être humain, tant la culture propre à un individu donné se reflète jusque dans les détails de sa vie.

L’individu est comme happé par le social, en même temps qu’il permet la création de liens avec les autres, par la confiance, la routine et les habitudes. A tel point que l’humanité se fonde d’abord sur la sociabilité : il n’y a pas d’êtres humains qui à un moment se mettent d’accord afin de créer volontairement la société, comme chez Rousseau. L’individu ne la crée pas, il en hérite. Il ne peut donc qu’être façonné intimement par la situation sociale-historique dans laquelle il naît.

Les prescriptions sociales prennent presque la consistance des nécessités biologiques. D’ailleurs, Bakounine considère l’espèce humaine comme une continuité des espèces animales : « ce qui n’existe pas dans le monde animal au moins à l’état de germe, n’existe et ne se produira jamais dans le monde humain » [29]. Bakounine distingue le milieu naturel, celui des biologistes, du milieu social, celui des sciences sociales et de l’activité révolutionnaire, mais les pense en continuité. En dernière instance, c’est la nature qui fixe le devenir humain. Si Bakounine en restait là, ce serait une autonomie du social en réalité dépendante des lois naturelles de l’univers ; une autonomie qui n’en serait alors pas une. Dans tous les cas, il y aurait un déterminisme incapable de penser le changement social.

Mais il n’en est rien chez Bakounine, révolutionnaire bien avant d’être philosophe. La continuité chez lui ne veut pas dire qu’il n’y a pas une différence qualitative nette entre l’animalité et l’humanité. L’être humain a pleinement accès à l’abstraction. Il peut penser et parler – et donc transmettre. S’il concède que certains animaux ont des capacités troublantes, ce ne sont que des bribes de ce que l’humanité possède en termes de faculté. De cette capacité de penser, il en fait le second de ces trois fondements du développement humain, avec lesquels s’ouvre le Dieu et l’Etat reconstitué en 1882 par Elisée Reclus [30].

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Bakounine et la liberté

L’individu est capable de s’élever à la conscience, et par là de se déterminer lui-même au sein du milieu qui lui préexiste. Il sait reconnaître le monde qui l’enveloppe et les forces qui le déterminent, étape nécessaire avant de pouvoir agir dessus.

« Grâce à cette faculté d’abstraction, l’homme en s’élevant au-dessus de la pression immédiate que tous les objets extérieurs ne manquent jamais d’exercer sur chaque individu, peut les comparer les uns avec les autres, observer leurs rapports. Voilà le commencement de l’analyse et de la science expérimentale » [31].

L’être humain est un individu parlant et pensant. C’est pour cela qu’il peut échapper à la fatalité et s’ouvrir au règne de la liberté. La connaissance, que la science doit développer, est ainsi un maillon essentiel chez Bakounine : c’est par elle qu’il est doué de volonté et peut s’affirmer.

Pour autant, l’être humain ne saurait s’ouvrir à la liberté sans dépasser ce moment de la pensée. L’être humain humanise la nature, à partir de ses idées, par ses activités. C’est bien par l’action dans ce monde qu’il peut réaliser sa liberté : la science ne permet que la conscience de la liberté, qui demande à se réaliser par des actes.

S’il n’y a qu’à faire siennes les lois naturelles, sommes-nous condamnés à toujours nous incliner face aux prescriptions sociales ? Une telle affirmation serait contradictoire avec la vie que Bakounine a menée. Issu d’une famille de l’aristocratie russe, son père l’envoie faire ses classes dans l’armée à 14 ans. Il supporte mal la discipline militaire, et en opposition avec sa famille quitte l’armée quelques années plus tard pour s’inscrire à l’université à Moscou, où il fréquente un cercle révolutionnaire. Il voyage en Allemagne et en France, où il rencontre des socialistes. En 1848, il prend une part active à la révolution qui se déroule alors en France. Il tente de la propager en Allemagne, puis en Pologne où il est l’un des meneurs de l’insurrection populaire de Dresde. Il est finalement arrêté par les prussiens et condamné à mort. Sa sentence est commuée en travaux forcés à perpétuité, avant d’être livré à la Russie. Incarcéré dans des conditions difficiles, il est finalement déporté en Russie en 1857. Il réussit à s’enfuir en 1861, à 47 ans, via le Japon et les Etats-Unis, avant de gagner l’Europe. Il renoue avec les milieux révolutionnaires et adhère en 1868 à l’A.I.T. En 1870, il participe à une insurrection à Lyon, qui proclame la Commune, préfigurant celle de Paris quelques mois plus tard. Le soulèvement échoue, et Bakounine se réfugie à Marseille, puis en Suisse. Après le massacre des communards en 1871, les tensions sont vives au sein de l’A.I.T. Bakounine en est exclu en 1872 avec d’autres membres, et participe à la fondation de l’Internationale antiautoritaire. En 1873, épuisé, il décide d’arrêter le militantisme. Malade, il prend part aux préparatifs d’une insurrection à Bologne, espérant mourir sur les barricades. L’insurrection tourne court, et il meurt en 1876. Toute sa vie, il n’a cessé de braver les déterminismes de la société, depuis sa rupture familiale jusqu’à ses engagements révolutionnaires, debout sur les barricades et armes à la main. Son existence ne colle pas avec l’idée d’une action humaine entièrement engluée dans le milieu social.

Sa théorie n’est pas non plus une théorie du déterminisme. Elle fait la part belle à la liberté, et donc à la capacité humaine de transformer la société. Pour Bakounine, il est possible d’extirper les mauvaises habitudes pour les remplacer par des bonnes. La société est ainsi en partie productrice d’elle-même.

Chaque chose et chaque être possèdent une individualité propre, certes née de circonstances antérieures et issue du milieu social au sens large, mais qui permet des capacités autonomes d’action. C’est une parcelle d’autonomie minuscule devant l’infini du monde et des forces qui façonnent l’univers. C’est néanmoins un pouvoir créatif et imaginatif qui permet à l’individu, au moins de manière abstraite ou en tous cas incomplète, de s’élever au-dessus de la pression immédiate des choses qui l’entourent comme de ses mouvements propres et de ses appétits.

S’il n’y a pas de libre-arbitre, il y a la liberté au prix d’efforts et d’une révolte en partie dirigée contre soi-même – la partie façonnée par le milieu social. L’individu est pourvu de volonté. Sinon, l’individu serait réduit à une machine ou à des instincts. L’individu, par ses expériences et ses actions, modifie non seulement le monde dans lequel il s’insère, c’est-à-dire la société actuelle comme l’humanité et les choses dans leur ensemble, mais aussi sa psychologie. Cette volonté n’est pas un mystère de la vie, elle est fondée dans la chair et le sang, et possède sa propre dynamique. Elle peut ainsi grandir par les efforts de l’individu, la pensée ou les conditions sociales favorables. Ce que Bakounine nomme un ruisseau dans le courant universel de la vie, peut se transformer en torrent. Jusqu’à un certain point, l’individu qui s’émancipe peut alors devenir son propre éducateur et le créateur de soi-même et de son milieu social. Cette auto-détermination reste relative, enchaînée au monde naturel et social comme tout être vivant, mais elle existe et participe à façonner le monde. Donc l’individu n’acquiert pas cette petite partie d’autonomie de manière isolée, en s’arrachant au milieu social, mais en agissant dessus, et donc en s’y mêlant encore plus. Même l’action individuelle est immédiatement sociale.

L’individu chez Bakounine n’est donc pas constitué entièrement par les rapports sociaux, comme chez Marx ; ou plutôt, s’il est constitué par ses relations sociales, il y a aussi une part de subjectivité, qui permet notamment les ruptures non seulement personnelles mais aussi collectives, et les arrachements à la voie tracée par ses conditions, y compris les révoltes. Il n’y a pas de sujet révolutionnaire, tel le prolétariat chez Marx, voué à transformer de manière mécanique et nécessaire la société. Pour Bakounine, il existe bien des classes sociales, mais pas de classe révolutionnaire en soi. Certaines classes sociales peuvent jouer un rôle temporairement révolutionnaire, mais elles sont toutes en rivalité pour le pouvoir. Or, il s’agit pour lui d’en finir par la volonté avec la domination, et donc avec la division en classes sociales, mais aussi avec l’Etat, la religion, la famille patriarcale, avec les mœurs qui ont pénétré profondément l’individu, « de sorte que chacun en est en quelque sorte le complice contre lui-même » [32]. Il n’y a pas de mécanique révolutionnaire chez Bakounine, mais des voies expérimentales et des tentatives créant des ruptures et des chocs modifiant non seulement le milieu social général, mais aussi les structures psychologiques des individus.

Ces ruptures sont d’autant plus possibles que l’une des manifestations de cette part de liberté chez l’humain est le sentiment de révolte. Si la pensée est la facette positive de la liberté, la révolte en est la composante négative. Mais cette dernière est puissante, et le véritable moteur du développement de la liberté – c’est-à-dire de la capacité des êtres humains à développer leurs facultés leur permettant d’intervenir sur le monde. Elle est inscrite dans la condition humaine, et même si elle est toujours située dans un contexte historique et culturel particulier, elle est en ce sens universelle. La révolte, que Bakounine considère comme instinctive, fonde des traditions et des capacités d’organisation contre l’autorité, qui se transmettent à travers les âges. Immédiatement, elle est socialisée et participe à une sédimentation historique, faisant de l’histoire (sociale) de l’humanité ce qu’elle est. Cet « instinct de révolte », déjà très social, est à encourager face à bien d’autres dispositions humaines moins reluisantes, pour devenir un élan révolutionnaire. De négative, la révolte dans toute son ambigüité, à la fois violence ravageuse et destruction créatrice, devient positive et émancipatrice, une force matérielle capable de triompher. La révolution sociale, avec les destructions qu’elle suppose, est évidemment le choc par excellence, la rupture qui transforme non seulement le monde et les rapports sociaux (l’union libre plutôt que la famille patriarcale par exemple) mais suscite aussi un autre type d’humain, plus libre.

Bakounine tire de tout cela une définition sociale de la liberté. La liberté d’autrui n’est pas une limite, au contraire elle confirme et étend la mienne à l’infini.

« Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m’entourent, hommes et femmes, sont également libres. La liberté d’autrui, loin d’être une limite ou la négation de ma liberté, en est au contraire la condition nécessaire et la confirmation. Je ne deviens libre vraiment que par la liberté d’autres, de sorte que plus nombreux sont les hommes libres qui m’entourent et plus profonde et plus large est leur liberté, et plus étendue, plus profonde et plus large devient ma liberté » [33].

Ce n’est donc pas une liberté du libre arbitre, avec un individu abstrait et atomisé. Il n’y a pas de liberté spontanée et isolée, indépendante du monde extérieur. Bakounine fournit ainsi des armes aux sciences sociales, dans les débats qui les animent avec les économistes étroits, tenants du libéralisme et de la liberté exclusive de l’individu contre la société. L’individu n’en est pas moins l’élément de base de l’anarchie, et donc de la société. Dans sa complétude, il est irréductible, singulier, vivant, bien plus qu’une simple incarnation du système institutionnel et social, et il convient de respecter absolument sa dignité.

L’anarchie et le fondement de l’intelligence intrinsèque du social 

Sur quel fondement se constitue le lien social pour les anarchistes ? Si l’équilibre ne repose ni sur la constitution politique, ni sur la nature humaine – égoïste pour les utilitaristes, altruiste pour Kropotkine – sur quoi d’autre peut-il reposer ? L’anarchisme semble parfois reposer sur une conception presque vitaliste de la société, où le mouvement de la vie aurait ses propres finalités qu’il conviendrait de ne pas entraver. C’est quelque chose que l’on retrouve en filigrane dans la pensée des anarchistes Bakounine ou Libertad, par exemple, et surtout chez Kropotkine.

Reprenant à son compte la morale sans obligation ni sanction de Guyau [34], Kropotkine considère quant à lui que la vie contient en elle-même le mobile de l’activité et de la morale. Le géographe russe va plus loin, et finit par fonder la morale sur une solidarité inscrite dans la nature – donc biologique [35].

Celui-ci fonde l’autonomie sur la biologie, ce qui est donc en réalité une négation de l’autonomie du social. Il publie en effet en 1902 L’entr’aide, un facteur d’évolution [36]. Il s’agit non seulement de montrer que la solidarité est un principe moteur tant de l’évolution animale que du changement humain, mais aussi de prendre le contrepied du darwinisme social mettant en avant la lutte concurrentielle pour la survie. L’entraide prime sur la lutte pour la survie des plus aptes. Kropotkine partage tout de même avec les socio-darwinistes l’idée qu’il y a une continuité absolue entre le naturel et le social. Cependant, contrairement à eux, il estime que l’entraide n’est pas simplement un comportement hérité, mais qu’il peut et doit se cultiver. Pour Kropotkine, il n’y a pas de principe biologique prédéterminant de l’entraide, mais des habitudes qui s’acquièrent et se modifient en fonction des situations et des milieux. C’est en fait une force réelle et importante dans le monde vivant, capable de contrebalancer la loi du plus fort. Il cède toutefois au même postulat consistant à reposer les comportements humains sur la biologie. Les sciences sociales comme l’activité révolutionnaire doivent se fondre dans une science de la nature. Qu’il y ait de l’altruisme dans la nature, et profondément ancré dans les sociétés humaines encore aujourd’hui [37], ne vient pas expliquer la socialisation et la transmission des pratiques les plus libertaires de la vie sociale.

L’évolutionnisme, qui considère que le changement est continuel, sans césures, intrinsèquement positif, est en réalité une négation du caractère immédiatement et intégralement social de l’humanité, et surtout des possibilités d’une action humaine libre, donc aussi transgressive et contestataire à l’issue incertaine. Le temps social n’est ni le temps biologique, ni le temps physico-cosmique [38]. Salvador Juan en élabore une critique systématique et précise dans son ouvrage Critique de la déraison évolutionniste (2006), dans lequel un chapitre est consacré au naturalisme anarchiste [39]. Un glissement des sciences de la nature vers les sciences sociales est à l’œuvre depuis la constitution de ces sciences, et les anarchistes s’essayant à la théorie reflètent aussi les travers de cette époque. Aujourd’hui, les prétentions de la biologie à expliquer le social s’appuient sur les nouveaux développements des technosciences, comme la génétique. Comme l’affirme Salvador Juan, la constitution des sciences sociales passe pourtant par son dégagement d’un certain impérialisme de la biologie. A l’autonomie de la discipline – qui n’empêche aucunement des collaborations fructueuses [40] – correspond l’autonomie du social.

La recherche des continuités (au demeurant réelles [41]) entre humanité et le reste du vivant se fait par une négation des caractères distinctifs, et animalise du même coup l’humanité, donnant la part belle aux idéologies les plus réactionnaires et conservatrices, dont la génétique se fait aujourd’hui largement le relai. Il y a, rappelle Salvador Juan, bel et bien une distinction entre humanité et animalité – distinction ne veut pas dire meilleur, justifiant du même coup une domination possessive et ravageuse de la nature. Dès qu’il y a humanité, il y a immédiatement culture, c’est-à-dire symbole, outil, transmission. L’humanité est en ce sens beaucoup plus ancienne qu’on ne le considère habituellement [42].

Il est aisé de comprendre pourquoi un certain nombre d’anarchistes ont cédé à l’évolutionnisme de l’époque. Ils étaient aussi guidés par des motivations de rupture avec la religion, mais aussi par la volonté de remettre en cause la naturalité revendiquée des hiérarchies constituées. Bien souvent, la séparation radicale entre humanité et animalité s’intégrait parfaitement à l’évolutionnisme classique : les véritables humains étaient les blancs européens, les bourgeois, les êtres masculins… tandis que les autres étaient à des stades inférieurs encore marqués par l’animalité. Poser une continuité entre humanité et animalité permettait de désamorcer ces manières de légitimer l’ordre existant et les conquêtes coloniales. Cela ne remet néanmoins pas en cause son affirmation de l’autonomie du social. Il ne s’agit là que d’une contradiction initiale, en général corrigée par les anarchistes qui ont continué de s’inscrire dans ce mouvement.

Sans transcendance, le social livré à lui-même s’est parfois réfugié dans la biologie pour trouver son fondement. La reconnaissance entière de son autonomie ne peut pourtant passer qu’en prenant acte de sa dimension pleinement culturelle, produit d’une sédimentation historique qui pénètre les moindres détails de l’individu, ainsi que de l’action et de la contestation toujours situées. Peut-il y avoir autonomie du social sans s’inscrire finalement dans le mouvement de la vie sociale elle-même ? Il y aurait donc une sorte d’intelligence intrinsèque du social. Voilà un champ qui mériterait peut-être d’être exploré.

En réalité, les anarchistes ne fondent pas l’anarchie sur la biologie, mais sur l’action humaine. S’il n’y a pas constitution politique de la société pour les anarchistes, cela ne les empêche pas de promouvoir l’auto-institution par des individus conscients. Chez Proudhon, elle s’incarne dans des associations, mutuelles, coopératives des classes populaires et demain dans le confédéralisme associé au mutuellisme. Il promeut les liens contractuels directs entre égaux. Ce contractualisme peut cependant parfois être qualifié de « comptable », et reste enraciné chez lui dans un prisme économiste. Chez Bakounine se retrouve les mêmes ensembles sociaux, mais aussi les communes et les assemblées de base. Kropotkine, avec ses comparses anarchistes-communistes, vantera quant à lui les mérites de la commune, à la portée sociale plus large que les organisations économiques. Elle ne s’arrête pas à la production, et intègre les femmes, les enfants, les chômeurs, les anciens, les paysans, dans une optique d’élargissement par la solidarité, bouleversant sans cesse ses frontières et ses contours.

Au fondement de l’anarchisme, il y ainsi une distinction subtile entre instances séparées et social immanent. La religion est l’institution emblématique du dépouillement des capacités autonomes des personnes à produire leur société et à vivre leur vie librement. La constitution politique, incarnée par l’Etat et la législation, bénéficie de davantage de crédit, puisqu’il repose dans les sociétés contemporaines sur l’idée du contrat social. Pour les anarchistes, la politique est un lieu séparé, depuis lequel sont fixés les lois et les mœurs. Qu’elle soit monarchique, aristocratique ou démocratique, elle reste toujours surplombante et vient fixer les forces sociales. A l’inverse, l’anarchie peut se définir comme la situation où la société se fait elle-même, à la base, dans l’épaisseur du social : des lieux décisionnels non séparés, les mœurs, les usages et la sociabilité animés par l’éthique et la réciprocité. Les décisions communes prises dans les lieux institutionnels appropriés ne se substituent pas à un système de règles informelles gérant la vie collective, dans lequel les discussions directes de voisinage sont essentielles et des marges de manœuvre laissées aux individus. L’anarchie, fondée sur les principes de l’entraide, ce sentiment de solidarité conscient et volontaire, et de l’auto-organisation entre égaux, n’est pas le chaos. C’est une société sans dirigeants ni dirigés, où les accords et les règles ne sont pas figés mais définis librement et réciproquement au sein de structures collectives souples. Il n’y a pas de forme adéquate qui préexisterait au contenu – il est possible d’autogérer en capitaliste ou de discuter sans oppression d’une invasion – mais un souci permanent de maintenir vivant les raisons rendant l’anarchie désirable. D’où l’importance que tous les anarchistes accorderont à l’éducation, la transmission et la culture.

Anarchisme et sciences sociales

Les anarchistes ont creusé avec force le sillon d’une reconnaissance de l’autonomie du social. Cette dernière, on la retrouve dans les sciences sociales émergentes. N’est-ce pas ce qu’affirme Durkheim, pourtant très éloigné de l’anarchisme, quand il affirme en 1895 que l’objet de la sociologie se trouve entièrement dans les faits sociaux, et que les faits sociaux doivent être expliqués par d’autres faits sociaux [43] ? Mauss renforcera cette affirmation par la notion de « fait social total », en montrant notamment que les dimensions économiques ne sont pas dissociables des dimensions sociales et culturelles, cet ensemble venant façonner l’individu jusque dans son corps. La socio-anthropologie considère à sa suite le concept d’institution comme central. C’est alors « une création humaine dont personne n’est l’auteur et qui s’impose à tous mais que chacun adapte et peut participer à changer » [44].

L’autonomie du social s’affirme au sens d’une sphère séparée des autres sphères sociales, qui viendraient la pervertir. Cela ne pose pas seulement l’existence d’une sphère qui serait le social, à côté de la sphère politique, économique, technoscientifique, culturelle, religieuse, mais le fait que cette sphère est celle qui constitue réellement la société, et qui peut être source d’émancipation. La réalité de la société, c’est le social, qui s’engendre par lui-même et pour lui-même, de manière anarchique donc. A l’autonomie du social correspondrait ainsi une exigence à l’autonomie des sciences sociales.

La reconnaissance de l’autonomie du social est à la base d’une théorie des sciences sociales débarrassée de la politique et de l’économie. Aujourd’hui plus qu’hier, elles sont largement instrumentalisées et orientées par les objectifs économiques fixés par l’Etat et les grandes industries stratégiques. Il suffit pour s’en convaincre d’observer la plupart des programmes de recherche financés. De manière moins reconnue, les sciences sociales viennent aussi appuyer les modes d’administration et de gouvernement des populations, dont les statistiques sont nécessaires. N’est-ce pas ce que soufflait Foucault avec son concept de biopouvoir ?

Michel Foucault a approfondi ses réflexions sur les sociétés disciplinaires avec son concept de biopouvoir [45]. A l’enfermement succède un nouveau type de normativité. Il ne s’agit plus seulement de dresser les corps, mais d’organiser la vie, c’est-à-dire de se constituer comme une force de régulation. Le pouvoir est de plus en plus gestionnaire et bureaucratique : inciter, contrôler, surveiller, normaliser y sont des prérogatives essentielles. Il catégorise et il prescrit des modes de vie et des manières d’agir et de penser. Il investit la vie pour mieux être à même de l’administrer, s’inscrivant dans le corps, et venant gouverner les corps. Or, un tel pouvoir exige de nouvelles attentions : taux de croissance, taux de natalité, taux de mortalité, analyses socio-démographiques et socioéconomiques. Dès lors, les sciences sociales deviennent un outil pour gouverner.

Les anarchistes ont contribué à l’essor des sciences sociales, non seulement par leur affirmation de l’autonomie du social, mais aussi en empruntant des analyses théoriques et en discutant de la société à la manière de praticiens de ces sciences. Déjà Bakounine, homme d’action davantage que théoricien, s’était employé à fonder un matérialisme scientifique, reposant sur les avancées dans les connaissances de la nature et de la vie aussi bien que sur les sciences sociales en cours d’élaboration. Il lit et commente notamment Auguste Comte, commence la traduction du Capital de Karl Marx en russe, s’intéresse à l’anthropologie. Il considère comme Comte que la sociologie vient couronner l’édifice scientifique, en la rattachant toutefois à un strict prolongement des autres disciplines. Si les sciences sociales ont une spécificité, elles sont néanmoins ramenées à une sorte d’extension des sciences de la nature et de la vie. On l’a vu, il y a pour lui une continuité entre les phénomènes physiques, intellectuels et sociaux.

C’est pour lui dans la matière que tout réside, aussi bien la vie que l’esprit. Il se méfie de la métaphysique, dans laquelle il perçoit une abstraction semblable au divin. La nature procède donc d’un « mouvement progressif et réel du monde appelé inorganique au monde organique, végétal, et puis animal, et puis spécialement humain ; de la matière ou de l’être chimique à la matière ou à l’être vivant, et de l’être vivant à l’être pensant » [46]. La matière est au départ, l’idée est à la fin.

Le monde naturel est déjà pour lui une esquisse de l’anarchie, incarnée dans sa conception du fédéralisme, allant du bas vers le haut, et de la périphérie vers le centre. L’émancipation de l’humanité s’inscrit dans la continuité avec le mouvement universel de la nature, mais la pensée – et donc l’étude du social – en est une condition. L’être humain comme l’ensemble du vivant est pris par les lois naturelles. Il est toutefois davantage encore pris par le milieu social, à l’aspect spécifique. Il peut néanmoins s’en défaire par l’exercice de la pensée et de la volonté, ce qui est une caractéristique de l’humanité et un cheminement progressif. La reconnaissance de ce qui détermine le monde et nous détermine en tant que nous en sommes une partie permet à l’être humain, de comprendre son environnement et de s’affranchir par la culture. La culture n’est pas pour autant pensée comme une guerre à la nature, fidèle au projet très moderne, et donc récent, du capitalisme et des technosciences.

Pour Bakounine, il y a donc tout intérêt à étudier les régularités sociales, les mœurs et les habitudes : il y a des régularités dans le social qui préexistent aux règles que les individus prétendent se donner, et surtout à la conscience qu’ils en ont. Pour que le ruisseau devienne un torrent capable de nager à contre-courant, il doit lever les barrages. Comprendre la réalité par l’étude du social est un dévoilement du monde permettant une conscience plus éclairée. Connaître les forces déterministes est une étape nécessaire pour s’en libérer et permettre à l’humanité de prendre possession d’elle-même – de devenir autonome, dirait Castoriadis [47].

La science, et les sciences sociales en particulier, a un rôle important dans la lutte pour l’émancipation chez Bakounine, et chez les anarchistes qui lui ont succédé. Il n’y aurait pour autant pas de sens à fonder une science sociale anarchiste, comme n’importe quelle autre discipline universitaire. L’anarchisme ne peut pas être bridé par les murs d’une institution par essence élitiste, ou fondu dans le moule de la pensée académique. Proudhon comme Bakounine se méfiaient d’ailleurs des intellectuels et des philosophes. Mais Proudhon participe à sa manière à l’avènement de la sociologie [48].

Bakounine distingue deux conditions à partir desquelles la science peut devenir émancipatrice. La première consiste dans la reconnaissance des lois naturelles et des régularités sociales, donc dans la connaissance de la réalité, comme nous l’avons vu. Il en affirme une autre qui sépare radicalement l’anarchisme de la conception académique des sciences modernes. Il n’y aurait ainsi pas de sens à fonder une science sociale anarchiste, comme n’importe quelle autre discipline universitaire. L’anarchisme ne peut pas être bridé par les murs d’une institution par essence élitiste, ou fondu dans le moule de la pensée académique.

Bakounine est aussi un critique de la science. Il met en garde contre le gouvernement des savants, qui serait « une monstruosité » [49]. Déjà la science, surtout quand elle s’applique aux sociétés humaines, est nécessairement imparfaite. Ensuite, ce serait une législation surplombante de la société, que les individus se verraient vénérer sans la comprendre. Les scientifiques, formant une caste à part, pourraient alors même être comparés aux prêtres. Une institution scientifique mise dans cette position, déclare Bakounine, se trouverait rapidement corrompue, perdant sa puissance de pensée, diluée dans la jouissance de ses privilèges. Conformément à son idée que le pouvoir pervertit, il affirme que « c’est le propre du privilège et de toute position privilégiée que de tuer l’esprit et le cœur des hommes » [50].

Bakounine ne remet pas en doute le changement de registre qu’opère la démarche scientifique avec la religion ou la métaphysique. La science fait autorité, mais ses représentants sont faillibles. Elle n’est qu’une projection mentale, une interprétation issue d’un corps humain. Il n’y a pas à sacrifier les individus sur l’autel des abstractions, quand bien même elles seraient d’une autre nature que celles émanant de la religion, de la politique ou de la législation. « La science, c’est la boussole de la vie ; mais ce n’est pas la vie » [51]. La vie est une force créatrice que la science se contente d’essayer de reconnaître. C’est pourquoi la science ne peut qu’éclairer la vie, et non la gouverner.

Décidément prophétique, Bakounine prévient que lorsque la science se mêle de création vivante dans le monde réel, il ne peut en sortir que quelque chose de pauvre et de dégradé [52]. Il n’imagine certes pas encore jusqu’où va aller la déraison scientifique, avec ses manipulations génétiques ou le développement de l’atome, entre autres innovations morbides. Il prévoit toutefois la capacité de la science à considérer l’humanité comme cobaye. La reproduction artificielle du vivant est pour lui vouée à l’échec. De fait, ce qui échappe à la science, c’est la singularité contenue dans ce qui est vivant. L’abstraction scientifique est incomplète et imparfaite, condamnée au général, incapable de saisir le mouvement spontané et singulier de la vie. Elle n’est que plus indifférente envers l’être humain fait de chair et de sang.

C’est pour toutes ces raisons que Bakounine est un critique du scientisme avant l’heure. Mais il n’est pas seulement un précurseur mettant en garde contre les excès de la science, il lui définit une place sociale modeste au potentiel émancipateur.

« Ce que je prêche, c’est donc, jusqu’à un certain point, la révolte de la vie contre la science, ou plutôt contre le gouvernement de la science. Non pour détruire la science – à Dieu ne plaise ! Ce serait un crime de lèse-humanité –, mais pour la remettre à sa place, de manière à ce qu’elle ne puisse plus jamais en sortir. […] Elle n’est elle-même qu’un moyen nécessaire pour la réalisation d’un but bien plus élevé, celui de la complète humanisation de la situation réelle de tous les individus réels qui naissent, qui vivent et qui meurent sur la terre » [53].

Le rôle de la science est finalement pour Bakounine d’être une sorte de conscience collective de l’humanité, contribuant aux efforts pour se défaire des illusions politiques, morales et religieuses qui la recouvrent. Les sciences sociales quant à elles ont pour vocation de révéler « les causes générales des souffrances individuelles » [54]. Elles peuvent alors éclairer la route de l’émancipation. Au-delà, elles s’égarent en instrument de pouvoir. C’est pourquoi la science doit être investie par les gens ordinaires et devenir populaire. Elle n’a pas à être une sphère séparée de spécialistes. La liberté humaine est inaccessible à la science, mais elle est à la portée de « l’action spontanée du peuple » [55].

Libertad était de son côté un ferme partisan de l’hygiène tant physique qu’intellectuelle. Il lisait d’ailleurs de la sociologie, certes « avec peine » [56]. Il n’hésite tout de même pas à en faire une critique détaillée dans son journal L’anarchie. Il a surtout développé les causeries populaires en réaction aux universités populaires, où la même séparation entre expert et profane instituait de fait une hiérarchie. On imagine comment il considérait les universités académiques. Libertad est sur ce point représentatif des mouvements anarchistes, à la fois critiques virulents de la science des salons et des instituts, liés aux autorités constituées, et inlassables vulgarisateurs des théories scientifiques. Le spécialiste cède sa place au profane revendiquant la non appartenance au cercle des savants. Bibliothèques, conférences, causeries, excursions, éditions, journaux, chansons, spectacles, sont quelques pratiques populaires visant non seulement à propager l’anarchie, mais surtout à affiner l’esprit critique et à établir une existence libre.

Ces anarchistes ont ainsi contribué à remettre la science à sa place, tant dans le contexte social que dans sa portée. Outre ces deux apports, celui de poser une autonomie du social et par la même de donner une place particulière aux sciences sociales dans la compréhension des sociétés humaines, ainsi qu’une contribution même modeste au développement de telles sciences, l’anarchisme donne une vision à l’activité scientifique. Cette dernière n’est jamais neutre. Elle s’inscrit dans des rapports sociaux. Tant pis pour les esprits étroits qui protesteront toujours sur les jugements et les pensées critiques : il y a bel et bien des valeurs dans les faits. Aujourd’hui, l’activité scientifique contribue surtout à la croissance économique, au développement des technosciences, et à l’administration étatique. Pour les anarchistes, la science devait servir l’élan de la révolution sociale – et non politique. La fièvre révolutionnaire est peut-être aujourd’hui difficilement partageable pour de nombreuses personnes sincères dans leur démarche scientifique. Disons que l’activité scientifique doit s’orienter vers l’émancipation, et donc la subversion. Elle n’a pas le choix : servir les pouvoirs, c’est s’affaiblir elle-même et venir obscurcir davantage le voile qu’elle se donne comme mission de lever.

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Autre écrit de Julien Vignet :

Vignet_L’Autonomie_sociale_par_le_mutuellisme

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

silversurfer8
« Encore combien de temps avant que mes yeux admirent une fois de plus les merveilles de l’univers toujours changeant…
Encore combien de temps avant la fin de mon exil… et que je puisse de nouveau me tenir sur la terre qui m’a vu naître ??
Même encore maintenant, je me rappelle de ces jours primordiaux… de ces années de jeunesse… sur la planète ANARCHIE ! »
~ Le Surfer d’Argent ~