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Technologie totalitaire: Le logiciel d’anonymat en ligne TOR et sa connexion militaire ~ 1ère partie ~

Posted in actualité, désinformation, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, presse et média, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 30 août 2016 by Résistance 71

“[…] Quelque soit l’année, Tor a tiré entre 90 et 100% de son budget de contrats et de donnations venant de trois branches du renseignement militaire du gouvernement fédéral américain: le Pentagone, le ministère des affaires étrangères et une bonne vieille organisation émanant de la CIA appelée BBG

Pour le dire simplement: les données financières ont montré que Tor n’était pas une organisation anti-étatique venant de la base, ce qu’il clâme être. C’est un contractant militaire. Il a même eu son propore numéro gouvernemental de contractant militaire. […]”

~ Yasha Levine décembre 2015 ~

 

Presque chaque personne impliquée à développer le logiciel TOR était ou est financé par le gouvernement américain

 

Yasha Levine

 

16 Juillet 2014

 

url de l’article original:

http://pando.com/2014/07/16/tor-spooks/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

1ère partie
2ème partie

 

Début juillet, le hacker Jacob Appenbaum et deux autres experts en sécurité ont publié une histoire canon en conjonction avec la presse allemande. Ils avaient obtenu des documents fuités top secrets en provenance de la NSA et un code source montrant que l’agence de surveillance avait ciblé et potentiellement infiltré le réseau Tor, un outil de vste audience pour préserver son anonymat sur internet et considéré comme le Graal de l’anomymat en ligne.

Les activistes et organisations pro défense de la vie privée réagirent à la nouvelle avec effarement. Pendant une décennie, ils avaient fait la promotion de Tor, une technologie en provenance de la base populaire, certes un peu bordélique mais néanmoins très efficace, pour protéger les journalistes, les dissidents et les lanceurs d’alerte des forces puissantes de gouvernements qui voulaient tracer tous leurs mouvement en ligne. C’était supposé être le meilleur outil disponible. Tor étant une partie intégrante de la boîte à outils de “L’auto-défense contre la surveillance” de l’Electronic Frontier Foundation ou EFF. Edward Snowden en était apparemment un grand fan, ainsi que Glenn Greenwald qui dit “qu’il permet aux gens de surfer la toile sans que les gouvernemnts ou les services secrets ne soient capables de les repérer.

Mais l’exposé allemand de l’affaire a montré que Tor en fait fournissait le contraire de l’anonymat: il singularisait, isolait ses utilisateurs pour une surveillance totale par la NSA, pompant et enregistrant potentiellement tout ce qu’ils faisaient en ligne.

Pour beaucoup dans la communauté de la sauvegarde de la vie privée, l’attaque de la NSA sur Tor était bien proche de la haute trahison: une violation fasciste du droit sacré et fondamental humain à une vie privée et à la liberté d’expression.

L’Electronic Frontier Foundation pense Tor être “essentiel à la liberté d’expression”. Appelbaum, un volontaire pour Wikileaks et un développeur de Tor, considère travailler bénévolement pour Tor être un acte de vaillance du même accabi que la participation d’Orwell ou d’Hemingway “à l’effort en Espagne de se battre contre les fascistes de Franco.” Du côté des révolutionnaires anarchistes.

C’est une belle histoire, celle lançant les uns contre les autres, des techno-anarchistes rustres contre la machine impérialiste américaine. Mais les faits concernant Tor ne sont pas si simples et clairs que ces gens le laissent paraître…

Commençons par la base: Tor a été développé, construit et financé par le complexe de surveillance militaire. Le but original et toujours prévalent de Tor est de masquer l’identité des agents du gouvernement en ligne ainsi que de ses informateurs tandis qu’ils opèrent sur le terrain collectant des informations, mettant en place des opérations pièges, donnant à des agents ou des membres de la communauté un moyen de communiquer avec leurs officiers traitant et tous les trucs de ce style. Cette information est divulguée, même si peu connue et elle n’est certainement pas mise en avant par ceux qui en font la promotion.

Regardez sous le capot de Tor et vous comprendrez très rapidement que tous ceux impliqués à développer la technologie Tor ont été ou sont toujours financés par le Pentagone ou un bras connexe de l’empire américain. Cela inclut Roger Dingledine, qui créa la technologie sous une série de contrats avec l’armée et le gouvernement fédéral. Dingledine a passé un complet été à travailler à la NSA.

Si vous lisez en détail le site de Tor, vous verrez que Tor est toujours activement utilisé par le gouvernement des Etats-Unis: “une branche de la marine US utilise Tor pour la collecte de renseignements open source et une de ses équipes a utilisé Tor lorsqu’elle fut déployée récemment au Moyen-orient. Les forces de police utilisent Tor pour visiter ou surveiller des sites internet sans avoir à laisser des adresses IP gouvernementales dans les archives web et aussi pour la sécurité de leurs opérations pièges.
NSA, DoD, US Navy ? Surveillance policière ? Que se passe t’il ? Comment est-il possible qu’un outil visant à demeurer privé a été créé par les mêmes services de renseignement civil et militaire desquels ce service est supposé protéger ? Est-ce une ruse ? Une escroquerie ? un piège ? Mais peut-être que je suis simplement trop paranoïaque…

Malheureusement, ceci n’est pas une théorie de la conspiration de barjot. C’est un fait réel établi.

Un bref historique de Tor

Les origines du projet Tor remontent à 1995, lorsque des scientifiques militaires du Laboratoire de recherche naval (Naval Research Laboratory ou NRL) ont commencé à développer une technologie de masquage qui préviendrait l’activité de quelqu’un sur internet d’être tracée à sa source. Ils appelèrent le procédé “onion routing” ou le “transfert en couches d’oignon”, une méthode redirigeant le trafic dans un réseau parallèle P2P (peer to peer) et le faisant rebondir de manière aléatoire avant de l’envoyer vers sa destination finale. L’idée était de faire bouger l’information de manière confuse et de déconnecter son origine de sa destination et ainsi rendre impossible pour quiconque d’observer qui vous êtes et où vous allez sur internet.

L’onion routing était comme un arnaqueur aux cartes joue la monte à trois cartes avec votre trafic: le type qui essaie de vous espionner peut voir votre info passer sous une carte, mais ne peut pas savoir où çà va sortir.

La technologie fut financée par le Bureau des Recherches Navales et le DARPA (laboratoire de recherche Hi-Tech du Pentagone). Le développement initial fut mené par Paul Syverson, Michael Reed et David Goldschlag, tous trois des mathématiciens militaires et chercheurs en systèmes informatiques travaillant pour le labo de recherche navale à la base jointe d’Anacostis-Bolling dans le sud-est de Washington DC.

Le but originel de cette transmission via des “couches d’oignon” n’était pas de protéger le côté privé des choses, ou du moins ce que les gens pensent être le côté “privé” ; le but était de permettre aux personnels du renseignement et militaires de travailler en ligne masqués sans craindre d’être démasqués par quelqu’un surveillant leur activité sur internet.

Alors que les engins de communication de niveau militaire dépendent de plus en plus de l’infrastructure générale de communication, il est important d’utiliser cette infrastructure de façons à ce que ce soit résistant à l’analyse de trafic. Cela peut aussi être utile pour communiquer anonymement, par exemple lorsqu’on collecte du renseignement depuis des bases de données publiques”, expliqua en 1997 un article (voir lien dans l’article original) faisant part d’une version primaire de l’ “Onion Routing” et qui fut publié dans ke journal du Naval Research Labs Review.

Dans les années 1990, alors que l’utilisation et l’infrastructure de l’internet public augmentaient, les espions eurent besoin d’un moyen de cacher leur identité alors qu’ils étaient visibles de tous en ligne. Un espion assit dans sa chambre d’hôtel dans un pays hostile quelque part ne pouvait simplement pas se rendre sur CIA[point]gov dans son navigateur et log in car quiconque sniffait sa connexion et sa communication aurait su automatiquement qui il était. Un agent du renseignement militaire ne pourrait pas infiltrer un groupe terroriste potentiel déguisé en ligne sous la forme d’un forum pour les droits des animaux s’il devait créer un compte sur ce site et s’enregistrer au moyen d’une adress IP émanant d’une base militaire.

C’est là qu’intervient Tor. Comme l’a expliqué Michael Reed, un des inventeurs du sytème des “couches d’oignon”: fournir une couverture pour les opérations militaires et de renseignement en ligne était leur tout premier objectif ; tout le reste était secondaire: la QUESTION originale posée qui mena à l’invention des “couches d’oignon” fut: “Peut-on construire un système qui permette des communications bi-directionnelles sur internet où la source et le destination ne pourraient pas être déterminées par un point intermédiaire ? L’OBJECTIF était une utilisation pour le renseignement et le ministère de la défense (collecte de données open source, couverture d’agents déployés etc…)

Pas d’aider des dissidents dans des pays répressifs, pas d’assister des criminels couvrant leurs traces électroniques, pas de protéger les utilisateurs de bit-torrents à éviter les poursuites du MPAA/RIAA, pas non plus de donner à un gamin de 10 ans un moyen de passer outre un filtre anti-porno. Bien entendu, nous savions que tout ceci représenterait une autre façon inévitable d’utiliser la technologie, mais cela n’était pas une chose concrète dans le moment de plus si ces utilisations allaient nous donner encore plus de couverture de trafic, ce serait encore mieux… J’ai dit cela un jour à un fonctionnaire de la censure, ce qui l’a fortement chagriné.

Apparemment, résoudre ces problèmes ne fut pas très facile. La recherche sur l’onion router progressa doucement, il y eut plusieurs versions développées puis écartées. Mais en 2002, 7 ans après ses débuts le projet bougea dans une phase plus active. Paul Syverson du lab de recherche de la marine US, resta sur le projet, mais deux nouveaux, fraîchement issus du MIT, Roger Dingledine et Nick Mathewson arrivèrent. Ils n’étaient pas employés par le Lab de recherche de la Navy, mais ils étaient sous contrat avec le DARPA et le Center for High Assurance Computer Systems du Laboratoire de Recherche Navale. Pendant les années qui suivirent, les trois travaillèrent sur une nouvelle version de l’Onion routing qui serait plus tard connu sous le nom de Tor.

Très tôt, les chercheurs comprirent que juste créer un système qui anonymiserait juste le trafic ne serait pas suffisant, pas si le système est utilisé exclusivement par l’armée et le renseignement. Afin de mieux planquer les espions en ligne, Tor avait besoin d’être utilisé par divers groupes de personnes: des activistes, des étudiants, des chercheurs dans les entreprises, par des mères du foot, des journalistes, des dealers de drogue, des hackers, des pornographes pédophiles, des agents étrangers, des terroristes, le plus de groupes variés possible afin que les barbouzes puissent mieux se cacher dans la foule à la vue de tous.

Tor avait aussi besoin d’être retiré du site et dissocié de la recherche navale. Comme Syverson l’a dit à Bloomberg en janvier 2014: “Si vous avez un système qui n’est qu’un système de l’US Navy, tout ce qui en sort vient forcément de l’US Navy. Vous avez besoin d’un réseau qui transporte le trafic pour d’autres personnes également.

Dingledine a dit la même chose une décennie plus tôt lors de la conférence “Wizard of OS” de 2004 en Allemagne: “Les Etats-Unis ne peuvent simplement pas mettre en place et opérer un système d’anonymat pour tout le monde et ne l’utilisert que pour leurs agences uniquement. Parce qu’à chaque fois qu’une connexion serait faite, les gens diraient immanquablement: ‘Ah tiens encore un autre gusse de la CIA…’ s’ils sont les seuls à utiliser le réseau.

La version consommateur de Tor serait alors promue pour tout le monde et de manière toute aussi importante, permettrait éventuellement à quiconque d’utiliser le node/relais, et ce même à partir de leur ordi à la maison. L’idée était de créer une énorme source populaire de style torrent, réseau fait de milliers et de milliers de volontaires à travers le monde.

A la fin 2004, la technologie Tor était prête à être déployée, l’US Navy coupa son financement, le mit en service sous une licence open source et, bizarrement, le projet fut rendu à l’Electronic Fountier Foundation (EFF)

Nous avions financé Dingledine et Nick Mathewson pour qu’ils travaillent sur Tor pendant un an seulement de Novembre 2004 à Octobre 2005 pour 180 000 $. Nous avons ensuite servi se sponsor fiscal pour le projet jusqu’à ce qu’ils obtiennent leur statut 501(C)(3) sur les deux prochaines années (NdT: équivalent du statut d’association loi 1901). Pendant ce temps, nous avons pris moins de 50 000 $ pour le projet”, m’a dit Dave Maass de l’EFF par courriel.

Dans un communiqué de presse de décembre 2004 annonçant le soutien de Tor, l’EFF a curieusemet oublié de mentionner que cet outil d’anonymat était principalement développé pour usage militaire et de renseignement. Au lieu de cela, elle focalisait purement sur la capacité de Tor de protéger la liberté d’expression des régimes oppresseurs existant dans l’ère de l’internet.

Le projet Tor est parfait pour l’EFF, parce qu’un de nos buts principaux et de protéger la vie privée et l’anonymat des utilisateurs d’internet. Tor peut aider les gens à exercer leur droit fondamental du 1er amendement de la constitution pour une parole libre et anonyme en ligne”, a dit le gérant du département de la technologie de l’EFF Chris Palmer.
“Votre trafic est plus en sécurité avec Tor”

Ce n’est que plus tard que des infos en ligne de l’EFF mentionnèrent que Tor avait été développé par le Naval Research Lab, mais minimisa la connexion, expliquant que tout cela “était dans le passé”. Dans le même temps, l’organisation continua de pousser à la promotion de Tor comme d’un sérieux outil pour maintenir l’anonymat.

Minimiser les liens relationnels de Tor avec l’armée

Les gens de l’EEF ne furent pas les seuls à minimiser les liens de Tor avec l’armée.

En 2005, le magazine “Wired” publia ce qui pourrait bien être le tout premier profil majeur de la technologie Tor. L’article fut écrit par Kim Zetter et intitulé: “Tor Torches Online Tracking.” Bien que Zetter fut un peu critique de Tor, elle fit en sorte de faire croire que la technologie de l’anonymat fut donnée par l’armée sans rien demander en contre-partie aux “deux programmeurs de Boston”, Dingledine and Nick Mathewson, qui avaient complètement reconstruit le produit et le géraient indépendamment.

Dingledine et Mathewson étaient peut-être basés à Boston, mais ils, aussi bien que Tor, n’avaient rien d’indépendant.

A l’époque où l’artivle de Wired fut publié en 2005, les deux compères étaient tous deux payés par le Pentagone pour au moins les trois dernières années. Ils continueront à être payés par le gouvernement américain pendant plus de 7 ans après.

En fait, en 2004 à la conférence “Wizard of OS” en Allemagne, Dingledine annonça fièrement qu’il construisait de la technologie espionne pour le gouvernement: “j’ai oublié plus tôt de mentionner quelque chose qui va vous faire porter un autre regard sur moi. Je suis sous contrat avec le gouvernement des Etats-Unis pour consttuire une technologie de l’anonymat pour eux et pour la déployer en ligne. Ils ne la voient pas comme une technologie de l’anonymat, bien que nous utilisions ce terme. Ils la regardent comme une technologie de sécurité. Ils ont besoin de ces technologies pour rechercher sur les gens auxquels ils sont intéressés, ainsi ils pourront avoir des contacts anonymes, ils pourront acheter des choses anonymement à d’autres personnes dans d’autres pays sans qu’ils puissent savoir d’où ils viennent et où cela va, et toutes ces sortes de choses.

Le soutien du gouvernement continua à affluer grandement après cette déclaration.

En 2006, la recherche sur Tor fut financée par des contrats fédéraux accordés à la compagnie Dingledine Consulting, Moria Labs. En 2007, le Pentagone mot de l’argent directement dans le Projet Tor, grâce au fait qie l’équipe de Tor quitta l’EEF et s’enregistra en tant qu’association à but non lucratif indépendante.

A suivre…

Guerre mondiale: Alliance OTAN, Médias, Politiques contre la Russie pour renchérir toute la misère du monde… (John Pilger)

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« Le mythe d’Al Qaïda est bâti sur une base extensive de semies-vérités et de faits cachés. C’est une création de la CIA, élaborée pour se substituer à un ennemi de l’Amérique remplaçant l’URSS. Des officiels américains, à un moment donné, ont pris la décision de fabriquer l’histoire d’un réseau mondial mythique de terroristes islamistes à partir des exploits des moudjahidines afghans. »
~ Peter Chamberlin, BBC ~

« Les peuples, les gouvernements et les économies de toutes les nations doivent servir les besoins des banques et des entreprises multinationales. »
~ Zbigniew Brzezinski ~

 

Provoquer une guerre nucléaire via les médias

 

John Pilger

 

23 août 2016

 

url de l’article original:

http://johnpilger.com/articles/provoking-nuclear-war-by-media

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’exonération d’un homme accusé du pire des crimes, celui de génocide, n’a pas fait les manchettes des journaux, Ni la BBC ni CNN n’ont couvert l’information. Le Guardian de Londres a juste fait un bref commentaire. Une telle admission officielle, si rare en soi, a été enterrée ou supprimée, de manière tout à fait compréhensible. Cela expliquerait bien trop du comment les dirigeants du monde dirigent.

Le Tribunal Pénal International (TPI) pour l’ancienne Yougoslavie de La Haye a lavé subrepticement l’ancien président serbe décédé, Slobodan Milosevic, de tous crimes de guerre commis durant la guerre de Bosnie entre 1992 et 1995, incluant le massacre de Srebrenica.

Loin de conspirer avec le leader serbo-bosniaque condamné Radovan Karadzic, Milosevic a, quant à lui, “condamné le nettoyage ethnique”, s’est opposé à Karadzic et a essayé d’arrêter la guerre qui démantelait la Yougoslavie.

Enterrée vers la fin d’un rendu de jugement sur Karadzic long de 2590 pages en février dernier, cette vérité démolit plus avant la propagande qui justifia l’assaut illégal de l’OTAN sur la Serbie en 1999.

Milosevic est mort d’une crise cardiaque en 2006, seul dans sa cellule de La Haye, pendant ce qui s’avéra être un procès bidon fait par un “tribunal international” inventé par les Américains. Une opération cardiaque qui aurait pu lui sauver la vie fut refusée, ses conditions de santé empirèrent, il fut surveillé et maintenu au secret par les officiels américains, comme l’a révélé depuis Wikileaks.

Milosevic était la victime d’une propagande de guerre, qui aujourd’hui ruisselle à torrents sur nos écrans et dans nos journaux et nous apporte un très grand danger, à tous autant que nous sommes. Il fut le démon prototype, vilifié par les médias occidentaux comme étant le “boucher des Balkans”, responsable d’un génocide, spécifiquement dans la province sécessionniste yougoslave du Kosovo. Le premier ministre britannique Tony Blair l’avait affirmé, avait invoqué “l’holocauste” et avait demandé une intervention contre ce “nouvel Hitler”. David Sheffer, l’ambassadeur américain, en fuite pour crimes de guerre (sic), avait déclaré que plus de 220 000 Albanais ethniques mâles de 14 à 59 ans “auraient été massacrés par les forces de Milosevic.”

Ceci fut la justification des bombardements de l’OTAN, emmenés par Clinton et Blair, qui tuèrent des centaines de civils dans les hôpitaux,, les écoles, les églises, les jardins publics, les studios de télévision et qui détruisirent l’infrastructure économique de la Serbie. Ce fut ouvertement idéologique ; dans une célèbre “conférence de paix” à Rambouillet en France, Milosevic fut confronté par Madeleine Albright, la ministre américaine des affaires étrangères, qui plus tard perpétra l’infâmie avec sa remarque que la mort de plus d’une demi million d’enfants irakiens “en valait la peine”.

Albright fit une “offre” à Milosevic, une de celle qu’aucun leader national ne pourrait accepter. A moins qu’il n’accepte l’occupation militaire étrangère de son pays, avec des “forces d’occupation” se tenant en dehors de toute procédure légale et l’imposition de mesures économiques libérales de “libre-échange”, la Serbie serait bombardée. Ceci était contenu dans un “Appendice B”, que les médias ne retranscrirent pas ou supprimèrent purement et simplement. L’objectif était d’écraser le dernier des états socialistes indépendants d’Europe.

Dès que l’OTAN commença les bombardements, il y eut une précipitation de réfugiés kosovars “fuyant l’holocauste”. Lorsque ce fut terminé, des équipes de police internationale allèrent au Kosovo pour exhumer les victimes de “l’holocauste”. Le FBI échoua à y trouver une seule fosse commune et retourna à la maison. L’équipe d’experts légistes espagnole fit de même, son patron dénonçant en colère: “une pirouette sémantique de la part des machines propagandistes de guerre.” Le décompte final des morts au Kosovo fut de 2788 personnes ; ceci incluaient les combattants des deux côtés ainsi que les Serbes et Roms assassinés par le Front de Libération du Kosovo pro-OTAN. Il n’y avait pas eu de génocide. L’attaque de l’OTAN était à la fois une fraude et un crime de guerre.

Mis à part une toute petite fraction des tant vantés missiles de “haute précision” américains, ceux-ci ne touchèrent pas de cibles militaires mais des cibles civiles, incluant les nouveaux studios de la télévision serbe à Belgrade. Seize personnes y furent tuées, incluant un caméraman, des producteurs de programmes et des maquilleuses. Blair décrivit profanement les morts comme étant partie d’un “centre de commandement et de contrôle” serbe. En 2008, la procureure du TPI pour l’ancienne yougoslavie, Carla Del Ponte, a révélé qu’elle avait subi d’énormes pressions pour ne pas faire enquêter sur les crimes de l’OTAN.

Ce fut le modèle dès lors des futures invasions par Washington de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Libye et par procuration de la Syrie. Tout ceci, sous les conventions de Nüremberg, constitue des “crimes importants”, mais tout dépend de la propagande des médias. Tandis que le journalisme de tabloïde/presse de caniveau a joué son rôle traditionnel, ce fut le journalisme sérieux, crédible et le plus souvent de gauche libérale qui fut le plus efficace, comme la promotion évangélique des guerres de Blair par le Guardian de Londres, les mensonges incessants au sujet de Saddam Hussein et ses armes de destruction massive non-existantes, dans l’Observer et le New York Times (NdT: la voix de la CIA) et le martèlement des tambours de guerre sans discontinuer de la part de la BBC ainsi que le silence assourdissant de ses omissions.

Au pic des bombardements, la journaliste de la BBC Kirsty Wark s’entretint avec le général chef des opérations de l’OTAN, Wesley Clark. La ville serbe de Nis venait juste d’être arrosée par des bombes à fragmentation américaines, tuant des femmes des enfants et des personnes âgées dans un marché et dans un hôpital. Wark ne posa aucune question à ce sujet, ni au sujet des morts de civils en Serbie. D’autres furent bien plus éhontés. En février 2003, le jour d’après la mise à feu de l’Irak par le tandem Bush et Blair, la patron du service politique de la BBC, Andrew Marr, se tenait au 10 Downing Street et y faisait un véritable discours de victoire. Il dit à ses auditeurs que Blair avait dit “être capable de prendre Baghdad sans bain de sang et qu’à la fin les Irakiens célébreraient l’évènement et en ces deux points, il a été prouvé vrai.” Aujourd’hui, avec plus d’un million de morts et une société en ruine, les entretiens de Marr sont recommandés par l’ambassade des Etats-Unis à Londres.

Les collègues de Marr firent la queue pour laver Blair plus blanc. Le correspondant de la BBC à Washington, Matt Frei a dit: “Il ne fait aucun doute que le désir d’amener le bien, d’amener les valeurs américaines au reste du monde et spécifiquement au Moyen-Orient… est maintenant lié de manière croissante au pouvoir militaire.”

Cette obéissance aux Etats-Unis et leurs collaborateurs comme force sans importance “amenant le bien” est profondément ancrée dans le journalisme de l’establishement occidental. Elle assure que la catastrophe actuelle en Syrie n’est exclusivement blâmée que sur Bachar Al-Assad, contre lequel l’occident et Israël ont conspiré à renverser depuis longtemps, non pas pour des raisons humanitaires, mais pour consolider le pouvoir agressif d’Israêl dans la région. Les forces djihadistes qui ont été lâchées, armées par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et la Turquie et leur “coalition” par procuration, servent leur rôle à merveille. Ce sont ces forces qui distillent la propagande et les vidéos diffusées en occident, donnent un accès aux journalistes et garantissent une couverture médiatique à sens unique des médias de la guerre en Syrie.

La ville d’Alep fait les manchettes. La plupart des lecteurs ne seront pas au courant que la vaste majorité de la population d’Alep vit dans la partie occidentale de la ville contrôlée par le gouvernement syrien. Que ces gens souffrent de tirs d’artillerie quotidiens de la part de groupes d’Al Qaïda financés et soutenus par l’occident n’est pas nouveau. Le 21 juillet, les bombardiers français et américains ont attaqué un village tenu par le gouvernement dans la province d’Alep, tuant 125 civils. Ceci fut rapporté en page 22 du journal the Guardian, sans aucune photographies.

Ayant créé un djihadisme sous-jacent en Afghanistan dans les années 1980 comme une partie de l’Opération Cyclone, une arme de destruction de l’URSS, les Etats-Unis font la même chose en Syrie. Tout comme les “moudjahidines” afghans, les “rebelles” syriens sont les fantassins des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. Beaucoup se battent pour Al Qaïda et ses multiples variantes; certains comme le Front Al Nosra, ont changé de nom pour être en accord avec les sensitivités américaines de l’après 11 septembre. La CIA les gère, avec difficulté, comme elle gère tous les djihadistes dans le monde.

Le but immédiat est de détruire le gouvernement de Damas, qui d’après un sondage des plus crédibles (YouGov Siraj), est soutenu par la majorité des Syriens, ou du moins considéré comme une protection légitime, nonobstant le barbarisme se tenant dans son ombre. Le but à long terme est de refuser à la Russie un allié clef au Moyen-Orient, comme partie d’une guerre d’attrition de l’OTAN contre la Fédération de Russie, qui éventuellement la détruira.

Le risque nucléaire est évident, bien que supprimé par les médias du “monde libre”. Les éditorialistes du Washington Post, après avoir promu la fiction des armes de destruction massive en Irak, demandent qu’Obama attaque la Syrie. Hillary Clinton, qui s’est réjouie publiquement de son rôle de bourreau au cours de la destruction de la Libye, a indiqué de manière répétitive que, comme présidente, elle “irait plus loin” qu’Obama (NdT: Elle a publiquement dit il y a plusieurs années: “moi présidente, nous bombarderons l’Iran !”, la Syrie n’est pas seule dans le colimateur de la harpie laquais des financiers…)

Gareth Porter, un journaliste samizdat (NdT: dissident en URSS) rapportant récemment depuis Washington, a révélé les noms de ceux ayant toutes les chances d’être incorporés dans le cabinet Clinton planifiant d’attaquer la Syrie. Tous ont un historique belligérant datant de la guerre froide. L’ancien directeur de la CIA, Leon Panetta, dit que le prochain président des Etats-Unis devra “considérer ajouter des forces spéciales sur le terrain”. Ce qui est le plus remarquable maintenant avec la marée propagandiste actuelle, c’est son absurdité et sa familiarité patentée. J’ai regardé un certain nombre de films propagandistes d’archives américains des années 1950 lorsque des diplomates, des fonctionnaires, des journalistes étaient victimes d’une “chasse aux sorcières” sous le régime du sénateur McCarthy, après avoir défier la paranoïa et ses mensonges au sujet de la Russie et de la Chine. Comme une tumeur tenace, le culte anti-russe a ressurgit.

En Grande-Bretagne, Luke Harding du Guardian mène la haine anti-Russie du journal au gré d’un flot de parodies journalistiques qui assignent à Vladimir Poutine tous les défauts du monde. Lorsque les fuites dites des documents du Panama furent publiées, la une du Guardian mentionnait Poutine et il y avait une photo de Poutine, même si Poutine n’était nulle part mentionné dans ces fuites.

Comme Milosevic, Poutine est devenu le démon en chef. Ce fut Poutine qui fit abattre l’avion de ligne malais au dessus de l’Ukraine. Titre: “Aussi loin que je sois concerné, Poutine a tué mon fils.” Aucune preuve requise. Poutine fut aussi responsable du renversement par Washington (documenté et acheté) du gouvernement de Kiev en 2014. La sévère campagne russophobe qui s’en suivie, menée par des milices fascistes, contre les populations parlant russe ne fut que le résultat de “l’agression” de Poutine. Empêcher la Crimée de devenir une base de missiles de l’OTAN et protéger une population essentiellement russe qui avait positivement votée dans un referendum pour rejoindre la Fédération de Russie, de laquelle la Crimée fut enlevée et annexée, étaient toujours plus d’exemples de “l’agression” de Poutine. La diffamation par les médias devient immanquablement une guerre par les médias. Si une guerre se déclenche avec la Russie, par design ou par accident, les journalistes en porteront une énorme responsabilité .

Aux Etats-Unis, la campagne anti-russie a été élevée à un niveau de réalité virtuelle. Le colonniste du New York Times, Paul Krugman, un économiste avec un Prix Nobel, a appelé Donald Trump le “candidat sibérien” parce que dit-il, Trump est l’homme de Poutine. Trump a osé suggérer, dans un très rare moment de lucidité, qu’une guerre avec la Russie pourrait bien être une mauvaise idée. En fait, il a été plus loin et a enlevé les livraisons d’armes américaines à l’Ukraine de la plateforme républicaine. “Ne serait-ce pas excellent si nous nous entendions bien avec la Russie ?” a t’il lâché.

Voilà pourquoi l’establishment libéral va t’en guerre américain le déteste. Le racisme de Trump et sa démagogie hurlante n’ont rien à voir là-dedans. Les archives de Bill et Hillary Clinton sur le racisme et l’extrémisme battent Trump à plate couture à n’importe quel moment (cette semaine est le 20ème anniversaire de la “réforme” clintonnienne de la sécurité sociale qui lança de facto une guerre contre les africains-américains). Quant à Obama: tandis que la police américaine abat à coup de flingues ses compatriotes noirs, le grand espoir siégeant à la Maison Blanche n’a rien fait pour les aider, rien fait pour soulager leur appauvrissement, le tout en menant quatre guerres rapaces et une campagne d’assassinats (par drones) sans précédent.

La CIA a demandé que Trump ne soit pas élu ; les généraux du Pentagone ont fait de même, le New York Times va t’en guerre, soufflant un peu de ses diffamations de basse classe sur Poutine, demande qu’il ne soit pas élu. Il se passe quelque chose. Ces tribunes de la “guerre perpétuelle” sont terrifiées que les affaires rapportant des milliards de dollars avec la guerre, par laquelle les Etats-Unis maintiennent également leur domination, seront amoindries si Trump arrive à un accord avec Poutine, puis avec Xi Jinping de la Chine. Leur panique à la possibilité que la plus grande puissance du monde puisse parler de paix, même si cela a peu de chances d’arriver, serait la farce la plus noire, si les choses n’étaient pas si tendues.

“Trump aurait adoré Staline!” a gémi le vice-président Joe Biden lors d’un rally pour Clinton. Clinton hochant de la tête, il cria “Nous ne courbons jamais l’échine. Nous ne nous agenouillons jamais. Nous n’abandonnons jamais. La ligne d’arrivée nous appartient. Voilà ce que nous sommes. Nous sommes l’Amérique !”

En GB, Jeremy Corbyn a aussi excité une hystérie collective de la part des faiseurs de guerre du parti travailliste ainsi que des médias dévoués à le laminer. Lord West, ancien amiral de la flotte et ministre travailliste l’a bien dit. Corbyn prenait une position anti-guerre jugée “inconcevable” “parce que cela amène les masses non pensantes à voter pour lui.”

Dans un débat avec celui qui défi le leadership Owen Smith, le modérateur demanda à Corbyn: “Comment agiriez-vous devant la violation par Poutine de l’intégrité d’un état membre de l’OTAN?” Corbyn répondit: “Vous devriez en première instance éviter cela. Vous construiriez un bon et durable dialogue avec la Russie… Nous essaierions d’introduire une démilitarisation de la zone frontière entre la Russie, l’Ukraine et les autres pays frontaliers de la Russie en Europe de l’Est. Ce que nous ne pouvons pas permettre, c’est une série d’escalades militaires calamiteuses de chaque côté, ce qui ne peut mener qu’à un grand danger.”

Acculer pour savoir s’il autoriserait la guerre contre la Russie, Corbyn répliqua: “Si vous le devez, je ne veux pas entrer en guerre, ce que je désire est un monde où nous n’aurions pas besoin d’entrer en guerre.”

La ligne qu’emprunte le questionnement des médias doit beaucoup à la montée en flèche des faiseurs de guerre libéraux en Grande-Bretagne (NdT: Idem en France, ce qui démontre bien que tout ceci est planifié ailleurs et transmis aux rouages politiques à la botte de l’agenda oligarchique). Le parti travailliste et les médias leur ont offert de longue date des opportunités de carrière. Pendant un certain temps, le tsunami moral du grand crime commis en Irak les a laissé quelque peu en suspend, leurs inversions de la vérité étant un embarassement temporaire. Nonobstant Chilcot et la montagne de faits incriminants, Blair demeure leur inspiration, parce qu’il fut un “vainqueur”.

Le journalisme ou l’érudisme dissidents ont depuis été systématiquement bannis ou vus comme inappropriés, les idées démocratiques vidées de leurs sens et remplies par une “politique identitaire” qui méprend le genre pour le féminisme et l’angoisse publique avec la libération et ignore volontairement l’état de violence et le profit généré par les armes qui détruisent un nombre incalculable de vies dans des endroits reculés comme le Yémen ou la Syrie et acquiesce pour une guerre nucléaire en Europe et dans le monde.

Le brassage de gens de tous les âges autour de la montée spectaculaire de Jeremy Corbyn contre tout cela dans une certaine nesure. Sa vie a été passée à mettre les feux de la rampe sur les horreurs de la guerre. Le problème de Corbyn et de ses supporteurs, c’est le parti travailliste. En Amérique, le problème des dizaines de milliers de suiveurs de Bernie Sanders fut le parti démocrate, sans mentionner la trahison ultime de leur grand espoir blanc. Aux Etats-Unis, patrie des grands droits civiques et des mouvements anti-guerre, c’est le mouvement Black Lives Matter et ceux comme Codepink qui sont en train de poser les jalons de la version moderne.

Car seul un mouvement qui grossit dans toutes les rues et au travers des frontières, sans abandonner, peut arrêter les va t’en guerre. L’an prochain, il y aura un siècle depuis que Wilfred Owen écrivit ce qui suit. Chaque journaliste devrait le lire et surtout, s’en rappeler.

If you could hear, at every jolt, the blood

Come gargling from the froth-corrupted lungs,

Obscene as cancer, bitter as the cud

Of vile, incurable sores on innocent tongues,

My friend, you would not tell with such high zest

To children ardent for some desperate glory,

The old lie: Dulce et decorum est

Pro patria mori.

Note de Résistance 71: Ce petit “poème en prose”, comme tout texte de ce style, est très difficile à traduire sans en trahir le style et la teneur, nous nous y essayons, mais gardons le texte original ci dessus en référence…

Cela pourrait se traduire comme suit:

 “Si tu pouvais entendre, à chaque décharge, le sang

Gargouillant depuis les poumons viciés de spume,

Obscène comme un cancer, amer comme un surillon

D’aphtes vils et incurables sur des langues innocentes,

Mon ami, tu ne parlerais pas avec un tel enthousiasme

Aux enfants ardents de quelque gloire désespérée,

Du vieux mensonge: Qu’il est doux et bienséant de mourir pour la patrie*.”

 

(*) traduction du latin dans le texte: Dulce et decorum est pro patria mori.

Sport spectacle, enfumage et scandale procédurier de l’exclusion des athlètes russes des JO de Rio…

Posted in actualité, désinformation, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, politique et lobbyisme, politique et social, presse et média, résistance politique, sport, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 16 août 2016 by Résistance 71

Scandale du dopage olympique russe: le rapport McLaren a impliqué des athlètes propres

 

Alexander Mercouris

 

8 août 2016

 

url de l’article original en français:

http://arretsurinfo.ch/scandale-du-dopage-olympique-russe-le-rapport-mclaren-a-implique-des-athletes-propres/

 

La presse australienne a rendu compte des profondes divisions apparues entre le CIO (Comité International Olympique) et l’AMA (Agence Mondiale Antidopage) sur le scandale du dopage russe. Deux articles ont été publiés sur le site web The Australian. Un des articles, dont l’accès est payant, rapporte des conversations confidentielles avec des responsables du CIO. L’autre article, en accès libre, donne la version du professeur McLaren. Il fait allusion à l’article payant et reproduit une partie du texte.

La chaîne internationale d’actualités RT cite l’article payant :

« …Il y a des membres au sein du Comité international olympique (CIO) qui croient que la publication du rapport McLaren à la veille des Jeux Olympiques a été conçu pour déclencher une sorte « d’option nucléaire » en émettant une interdiction de la Russie aux Jeux ».

Ceci est très similaire à ce que je disais dans un article que j’ai écrit il y a quelques jours. Je disais que la manière dont la campagne avait été menée ainsi que les dates de publication des rapports de l’AMA, montre que le but était d’obtenir l’expulsion des Jeux de l’ensemble des équipes russes. Voici ce que je disais :

« Le programme de la campagne anti-dopage contre la Russie est assez clair. Il semble que la décision d’expulser la Russie du mouvement olympique a été prise probablement à l’époque de l’échec de la campagne de boycott des Jeux olympiques d’hiver à Sotchi en 2014. Toutes les diverses allégations de dopage en Russie qui ont circulé depuis 2010, et même avant, ont ensuite été passées au crible pour monter une argumentation de toute pièce. Le tout a été mis dans un dossier et épicé avec des témoignages de gens comme Stepanova et Rodchenkov. Ensuite, une série d’articles malveillants et des documentaires ont été publiés dans les médias occidentaux, relançant ainsi les pires allégations. Une série de rapports de l’AMA a ensuite suivi en succession rapide à partir de l’automne 2015, juste à temps pour produire un impact maximum et laisser le moins de temps possible pour une vérification indépendante des faits ou pour toutes autres mesures à prendre avant le début des Jeux de Rio. De cette façon, les allégations ne pouvant pas être correctement et indépendamment évaluées, aucun arrangement équitable ne pouvait être conclu pour permettre l’admission des athlètes russes indiscutablement propres. Les Jeux de Rio étant sur le point de commencer, le CIO pouvait présenter sa demande pour une interdiction générale. »

Dans mon article, je disais aussi sur la base de certains commentaires faits par le président du CIO Thomas Bach, que le CIO était furieux contre l’AMA pour sa conduite de toute l’affaire. Encore une fois le résumé de RT le confirme :

« Une fois qu’il a été clairement établi que le CIO n’allait pas soutenir une interdiction complète, l’auteur du rapport, l’avocat canadien Richard McLaren, a remis les noms des athlètes russes cités dans son document aux 28 fédérations. Ces noms n’avaient initialement pas été publiés lorsque le rapport a été rendu public le 18 juillet. Cependant, les sources du papier auraient relaté que l’AMA a maintenant un problème car il n’avait pas suffisamment de détails pour justifier certaines sanctions contre les athlètes. »

« Ils se sont débrouillés pour améliorer le rapport et le rendre plus attractif, ce qui est « fou » parce que maintenant l’ensemble du rapport est sous supervision et je suis sûr ce rapport est tout à fait exact. Il met juste des points d’interrogation là où ils ne devraient pas y en avoir » a déclaré un fonctionnaire du sport.

Le président du Comité olympique australien, John Coates, qui est aussi un vice-président du CIO, aurait écrit au ministre australien de la Santé Susan Ley, en disant que le CIO avait un « manque de confiance dans l’AMA. »

« McLaren a dit qu’il y avait des preuves que 170 athlètes russes, la majorité d’entre eux sélectionnés pour Rio, avaient déjà eu des tests de dopage positifs et que ces tests avaient été détruits par le laboratoire de Moscou contre le dopage. Après de nouvelles analyses des échantillons effectués au laboratoire de Moscou, il a été constaté que les échantillons russes ont été divisés en quatre catégories distinctes de gravité. Une de ces catégories était pour les échantillons considérés comme peu ou pas graves du tout. »

« On nous a demandé de porter un jugement sur des concurrents russes sur la base du rapport McLaren, mais sans avoir aucun détail pour mieux comprendre ce qui les a amenés à être nommé dans ce rapport, » a déclaré un haut fonctionnaire du sport cité par The Australian. « Maintenant, pour ce qui est des quatre catégories différentes – pourquoi n’avons-nous pas été averti de cela au début ? C’est un gâchis et c’est la faute de l’AMA. »

La citation exacte de RT est confirmée par l’article en libre accès :

« Des responsables sportifs ont accusé l’AMA de ternir le cas des athlètes russes en remettant aux fédérations sportives les noms des concurrents alors qu’ils n’avaient aucune preuve contre eux et d’invoquer « l’option nucléaire » d’expulser la Russie des Jeux. Mark Adams, porte-parole du CIO, a déclaré hier que la confusion a montré les dangers de travailler avec un rapport inachevé : « Avoir quelqu’un qui n’a pas commis une infraction de dopage, mais le compter en tant que tel est une chose dangereuse. Nous encourageons le professeur McLaren à nous fournir un rapport complet avant que nous puissions prendre des décisions franches et définitives. »

Le rapport de McLaren étant « inachevé » et la nécessité d’un « rapport complet » fait référence à quelque chose d’autre comme je l’ai dit dans un autre article écrit que j’ai écrit il y a une semaine :

« Ce qui aurait dû se passer dans un monde rationnel lorsque les allégations de Rochenkov et Stepanova sont devenues publiques est qu’une enquête complète et adéquate auraient dû être mise en place, les témoins examinés et représentés par un avocat, et les preuves médico-légales examinés par un panel d’experts scientifiques, qui auraient pu être contre-interrogés et dont les rapports auraient été rendus publics. Puisque cela aurait pris du temps – un an au moins – des arrangements auraient dû être mis en place dans l’intervalle par le CIO pour s’assurer qu’il n’y avait pas de tricheries de la part des athlètes russes à Rio. Compte tenu de l’ampleur des allégations et des soupçons d’implication de l’Etat dans le dopage, les athlètes russes déjà soupçonnés de dopage auraient dû être retirés de la compétition à Rio. A la fin du processus, l’enquête aurait remis un rapport correct – pas comme le rapport défectueux fourni par McLaren – confirmant ou réfutant les allégations, et formuler des recommandations spécifiques pour éviter que le problème ne se reproduise. »

Le CIO est évidemment en droit de se plaindre puisqu’il a été invité à prendre une décision sur la base d’un rapport incomplet fourni seulement 2 semaines avant que les Jeux de Rio ne commencent. Toutefois, compte tenu de ses actions dans la préparation de son rapport et la façon dont il l’a présenté, le professeur McLaren est évidemment la mauvaise personne pour préparer un rapport complet.

L’article en libre accès dans The Australian montre la mesure dans laquelle McLaren et l’AMA ont été jetés sur la défensive. Il rend compte de McLaren se plaignant que :

« Le centre d’intérêt a été perdu et la discussion ne porte pas sur les laboratoires russes et les Jeux Olympiques de Sotchi, qui étaient sous la direction du CIO. Ce qui se passe maintenant est une chasse aux personnes censées s’être dopées, mais cet aspect de la question n’a jamais fait partie de mon travail, même si ça commence à le devenir. Mon rapport sur le dopage sponsorisé par l’état russe s’est transformé en une poursuite des athlètes. »

Je ne comprends pas comment le professeur McLaren peut penser qu’un rapport au sujet d’un soi-disant système de dopage financé par l’Etat ne devrait pas aussi se pencher sur les preuves de dopage des athlètes. Ce sont précisément les cas individuels de dopage qui sont la preuve qu’il y avait un système de dopage parrainé par l’Etat.

L’enquête menée par le professeur McLaren a duré 57 jours. De toute évidence, ce temps était trop court pour examiner correctement chaque allégation de dopage. Conduire une enquête appropriée dans un délai si court était impossible. Le professeur McLaren aurait dû l’admettre et demander plus de temps pour mener son enquête correctement, laissant à l’AMA et au CIO le soin de mettre en place les dispositions nécessaires pour empêcher une tricherie possible par les athlètes russes aux Jeux Olympiques de Rio. Ce n’est pas ce qu’il a fait. Au lieu de cela, il a livré un rapport incomplet et déficient et a exigé une interdiction générale des russes sur cette base. Le seul objectif du professeur McLaren était probablement de prouver la culpabilité des russes. A en juger par ce que les responsables du CIO auraient dit à The Australian, il semble que ce soit aussi leur opinion.

Une autre confirmation de cet objectif est fournie par la façon dont l’AMA essaie maintenant de se dissocier de la manière dont McLaren a « impliqué » des athlètes russes dans son rapport. Le directeur général de l’AMA, Olivier Niggli, est cité par The Australian dans ce que l’on peut appeler une explication plutôt tordue des faits.

« Chef de la direction de l’AMA, Olivier Niggli dit que la confusion a surgi parce que les responsables sportifs n’avaient pas compris ce que le mot « impliqué » voulait dire. Le professeur McLaren a donné, pour chaque sport, une liste des athlètes qui ont été impliqués. C’est le mot utilisé par le CIO. Maintenant, nous abordons la partie confuse. Il a donné aux fédérations internationales tout ce qu’il avait, chaque nom. Pour certains noms, il n’y avait pas d’information au sujet du dopage, mais les fédérations sportives ont pensé que les personnes qui portent ces noms étaient impliquées et qu’elles devraient retirer ces athlètes et, suivant les directives du CIO, ils devraient aussi les retirer de la compétition des Jeux olympiques. »

Ce professeur McLaren (qui est un avocat) a « impliqué » des athlètes de manière à jeter la suspicion sur eux ; ceci me semble franchement absurde. Maintenant, il commence à présenter ses conclusions de manière à créer l’impression qu’il y avait beaucoup plus de preuves au sujet des athlètes russes impliqués dans le dopage que ce qui était effectivement le cas.

Tout cela apporte de l’eau au moulin des avocats des athlètes russes. Certains auteurs de commentaires sur le fil de l’article dans lequel je discutais de ces affaires judiciaires doutent qu’ils auront beaucoup d’effet. Au contraire, c’est précisément parce que ces affaires judiciaires sont présentées devant une cour de justice que le CIO et l’AMA sont maintenant publiquement en désaccord les uns avec les autres. Ce que l’on peut voir dans ces échanges teintés de colère et de récriminations sont les étapes frénétiques des deux organes sportifs qui essaient désespérément de couvrir leurs positions en prévision des cas judiciaires qui viennent maintenant. En outre, dans tous les cas, il y a une obligation légale de divulgation complète que les athlètes russes peuvent utiliser pour exiger la présentation de toute la correspondance (y compris les transcriptions téléphoniques et les e-mails) qui ont conduit à la décision de les exclure. Je m’attend à ce que leurs avocats vont leur conseiller d’utiliser ce droit sans restriction. Cela commence à ressembler à une débâcle. Comme je l’ai dit avant, cette affaire n’est qu’à son début.

Par Alexander Mercouris, 5 août 2016

Article original: http://theduran.com/russian-olympic-doping-scandal-mclaren-report-sexed-implicated-clean-atheletes/

Traduit par Michael Rubin pour Arrêt sur Info

Source: http://arretsurinfo.ch/scandale-du-dopage-olympique-russe-le-rapport-mclaren-a-implique-des-athletes-propres/

Média, mensonge et propagande: Les rouages du système médiatique… Entretien avec Michel Collon ~ 2ème partie ~

Posted in actualité, altermondialisme, désinformation, guerres hégémoniques, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, presse et média, résistance politique with tags , , , , , , , , , , , on 12 mars 2016 by Résistance 71

L’information est trop importante pour la laisser aux journalistes 2ème partie

Entretien avec Michel Collon

11 Mars 2016

url de l’article:

http://www.michelcollon.info/L-information-est-trop-importante,5803.html?lang=fr

1ère partie

« Vous remarquerez d’ailleurs que les médias n’organisent jamais de vrais débats contradictoires entre leurs « experts ». Je ne demande qu’à ce qu’on m’invite pour discuter avec des gens du Pentagone, du lobby sioniste ou des grandes multinationales. Mais ils refusent ! »

Quand un média affirme qu’il existe des armes de destruction massive en Irak, ses journalistes sont-ils manipulés ou non ? Savent-ils ou ne savent-ils pas ?

L’existence d’armes de destruction massive a été immédiatement mise en doute, arguments à l’appui. Cela méritait au moins un débat. Pour favoriser l’entrée en guerre contre l’Irak, y compris lors de la première guerre du Golfe, les « médiamensonges » se sont multipliés. Rappelez-vous en 1990 le faux témoignage faisant état d’atrocités commises contre des nouveau-nés koweïtiens, ou des télévisions affirmant qu’une gigantesque marée noire avait été provoquée par Saddam Hussein dans le Golfe, mais qui montraient des images des côtes bretonnes. Les journalistes ne pouvaient pas dire qu’ils ne savaient pas. Tout le monde y allait d’ailleurs de son petit ouvrage pour expliquer les bavures commises.

La guerre du Golfe a provoqué plus de livres sur les médias que sur la guerre elle-même !

Absolument. Le discours de l’époque était unanime : « On s’est fait avoir, c’est la faute aux Américains, etc. » Les journalistes se présentaient comme des victimes. Le problème, c’est que les mêmes se sont encore fait avoir en Yougoslavie en avalisant le « massacre de Markale » à Sarajevo (4), les charniers et les viols en Bosnie, le fameux plan Fer à cheval (5) au Kosovo. Puis ils ont avalé des couleuvres en Libye, en Syrie. On peut leur accorder le bénéfice du doute une fois, mais pas à chaque fois. Ce n’est pas admissible. Pour préserver leur crédibilité et admettre qu’ils se sont trompés sur « certaines choses », les médias publient de temps en temps un petit dissident dans un courrier des lecteurs ou une tribune libre. C’est leur soupape de sûreté.

En même temps, de plus en plus de médias semblent être sensibles à la critique de manipulation et créent des rubriques du genre « décryptage de l’info ».

C’est ce que j’appelle la tactique du coupe-feu : ils font semblant de décrypter l’info, mais ne la décryptent pas en réalité. Si ces médias appellent les gens à débattre, c’est toujours dans un cadre soigneusement délimité. Par exemple, ils discuteront de la manière de faire la guerre, mais jamais des raisons de cette guerre. Celui qui sort de la ligne est éjecté. Aujourd’hui, Le Monde ou Libération peuvent publier des calomnies sur moi ou me faire dire choses que je n’ai jamais dites, mais ils refusent tous les droits de réponse, censurent tous les courriers des lecteurs qui protestent… Paradoxalement, c’est cette censure de plus en plus forte qui nous éclaire sur leur point faible : l’opinion. Quand les lecteurs ne voient jamais leurs courriers publiés, cela doit les inciter à écrire davantage, faire circuler leurs idées dans le public ! Les gens doivent devenir actifs, il faut organiser une pression citoyenne pour une information de véritable confrontation.

Internet est un bon moyen, non ?

En effet. Il y a quelques années, les grands médias pouvaient mentir en toute tranquillité. Même un livre qui dénonçait leurs bêtises ne les dérangeait pas, dans la mesure où il était édité plusieurs mois après… Aujourd’hui, sur la Toile, nous sommes capables de nous faire entendre très rapidement. Dans les 24 heures qui suivent un événement, nous pouvons dire s’il y a eu manipulation ou, en tout cas, prévenir les gens, leur demander de ne pas se précipiter, de se méfier. Les médias se sentent d’autant plus en danger que la jeune génération s’informe davantage sur Internet que sur le papier ou à la télé. Ils sont pris entre deux feux : celui de la propagande qu’ils doivent servir à leurs clients, et celui de la contre-propagande qui devient très accessible. 

Le problème, c’est qu’on trouve à boire et à manger sur Internet… 

Le meilleur, c’est qu’Internet est un support presque gratuit où on est capable de produire une information de meilleure qualité que celle des grands médias. 

Le pire : il est aussi une vitrine pour tous les fantasmes et autres théories du complot. Il faut condamner cela : les guerres ne sont pas l’œuvre d’un complot quelconque, mais la continuation normale de la politique des multinationales qui veulent sortir de la crise économique qu’elles ont elles-mêmes provoquée en puisant les matières premières, les mains-d’œuvre et les marchés des pays qu’elles envahissent. 

Le complotisme est l’enfant non reconnu des médias. Quand des gens contestent les versions des médias, ils sont aussitôt traités de complotistes. En réalité, ce sont les médias qui, en n’apportant pas une information correcte, poussent les gens dans le complotisme. Chaque guerre peut s’expliquer de façon rationnelle et logique. On peut montrer qui la provoque, comment elle est préparée et pourquoi elle est menée. Le complotisme non seulement ne permet pas de comprendre la société et donc de la transformer, mais il est défaitiste car il fait croire à l’opinion qu’elle ne peut pas agir. Il est important que les journalistes, mais aussi les citoyens, fassent l’effort de se documenter. Car l’Histoire, y compris l’Histoire récente, montre que la résistance est parfaitement possible. Certains médiamensonges ont été révélés par la pression populaire, et c’est grâce à elle qu’on a pu arrêter des guerres, empêcher des coups d’État, libérer des pays.

Vous avez des exemples ?

Lorsque le 11 mars 2004, à trois jours des élections espagnoles, des bombes explosent à Madrid, Aznar, qui veut être réélu, accuse l’ETA. L’information est reprise en chœur par les médias, mais l’opinion réagit immédiatement : par SMS, elle affirme que le premier ministre ment, que c’est Al-Qaïda et non l’ETA qui est à l’origine des attentats. À l’époque, l’engagement de l’Espagne en Irak était très critiqué. Aznar perdra les élections. 

Un autre exemple : en 2002 au Venezuela, des snipers de la CIA tirent sur la foule pour justifier un coup d’État contre Chavez. Des médias répandent l’information d’une démission du président pour accélérer l’installation de la dictature. Là encore, l’opinion réagit rapidement : des motards vont porter la contre-info de la non-démission de Chavez dans tous les quartiers de Caracas. Des dizaines de milliers de gens se ruent vers le palais présidentiel où sont réfugiés les putschistes. Le coup d’État échoue en moins de 48 heures ! La pression populaire est l’arme décisive contre les médiamensonges.

En France, le taux de crédibilité des médias est de 12 %, autrement dit rien. À quoi bon imprimer des vérités quand le journal sert surtout à envelopper les épluchures de pommes de terre ?

Dans les sondages d’opinion, le journaliste se situe entre la prostituée et le politicien, c’est dire… Sauf que, pendant différents conflits, les vidéos-trottoir que nous avons faits ont révélé une réalité contradictoire : les gens se méfient très fort des médias, mais ils avalent quand même leurs informations ! Tout le monde savait que l’intervention en Irak était fondée sur des bobards, pourtant cela n’a pas empêché ces mêmes bobards de fonctionner en Libye et en Syrie. 

Le problème est là. Il nous faut réfléchir aux moyens de produire et diffuser les bonnes informations au plus grand nombre, peut-être par la mise en place d’une sorte d’alliance des médias indépendants au niveau d’Internet. Un point fort de notre plateforme Investig’Action est d’organiser ce que j’appelle un « activisme citoyen de l’information ». Nous accueillons des bénévoles qui, quelques heures par semaine, portent l’information et la contestation. 

L’information est trop importante pour la laisser aux seuls journalistes, il faut vraiment que tout le monde s’en empare. Je vais régulièrement dans les écoles pour sensibiliser les élèves aux médiamensonges. Ces jeunes éprouvent beaucoup de méfiance à l’égard de l’information, mais aussi une grande curiosité et une envie de vérité. Ils ont un sentiment de révolte et la volonté de lutter contre l’injustice. Je crois qu’ils représentent l’avenir du travail que nous menons. Nous devons mobiliser les jeunes pour qu’ils soient actifs et jouent leur rôle…

Aujourd’hui, dans nos médias « Nescafé » – ou instantanés –, il pleut des « experts » de tout et de n’importe quoi. Est-ce le signe d’un manque de compétence des journalistes ?

C’est encore plus pervers que cela. L’expert est la voix du journaliste puisqu’il est généralement choisi par lui. Son rôle est de donner un vernis de neutralité et de scientificité aux opinions du journaliste lui-même. Le mécanisme est largement répandu : le journaliste développe les faits qui l’arrangent et invite « son » expert pour corroborer son discours. Les « experts » ne sont pas tous ignorants du sujet, bien sûr. Mais pour comprendre leur place dans le système actuel, il faut analyser le camp pour lequel ils travaillent, leur idéologie, leurs intérêts.

Il y a une vraie opacité autour de ces « spécialistes ». Un tueur des forces libanaises de Sabra et Chatila peut se retrouver expert du Liban sur une télévision française et avoir à se prononcer sur la guerre et les massacres…

Absolument ! Dans les médias audiovisuels et de la presse écrite, les experts de prétendus ONG, think tanks ou centres de ceci ou cela sont toujours présentés de façon vague et neutre. Et on les retrouve tous dans les titres, Le Monde, Libé ou L’Obs… Soyons sérieux : ces gens ne font pas dans l’humanisme ; ils sont payés, ou plutôt achetés, par de grosses multinationales et sont là pour nous embobiner. Vous remarquerez d’ailleurs que les médias n’organisent jamais de vrais débats contradictoires entre leurs « experts ». Je ne demande qu’à ce qu’on m’invite pour discuter avec des gens du Pentagone, du lobby sioniste ou des grandes multinationales. Mais ils refusent. Lorsque je passais à l’émission française Ce soir ou jamais, certains invités se décommandaient quand ils apprenaient que j’allais venir.

On ne vous invite plus à Ce soir ou jamais ?

Il y avait un très petit nombre de lieux à la télévision où – tard le soir, bien entendu – on pouvait encore entendre des opinions résistantes. Pour le moment, ce n’est plus possible. Il faut dire que, depuis les attentats, un climat d’hystérie est entretenu pour bloquer les vrais débats. Quand Nathalie Saint-Cricq, responsable du service politique de France 2, appelle à « repérer et traiter ceux qui ne sont pas Charlie », quand Najat Vallaud-Belkacem, ministre française de l’Éducation nationale, déclare qu’il est intolérable que des élèves posent des questions parce que l’école est là pour transmettre des valeurs (6), on est en pleine police de la pensée.

N’êtes-vous pas utilisé par cette police de la pensée ? On vous laisse parler pour attester qu’on accepte le débat, mais lorsque vous en dites trop, on ne vous invite plus.

Mais je suis totalement boycotté par les médias ! Ma dernière intervention remonte à 2011. On ne me donne même pas cinq minutes comme alibi. Cette tactique dont vous parlez existe certainement, mais je la prends comme un compliment. En fait, si les médias ne me donnent pas ces cinq minutes, c’est parce qu’ils savent que je peux être dangereux en moins de cinq minutes !

Les médias ont tenté de diaboliser Bachar, sans succès, contrairement à Saddam ou Kadhafi. Comment l’expliquez-vous ?

À mon avis, cet échec en Syrie n’est pas lié aux médias, mais au changement du rapport de force politique dans le monde. Nous basculons vers un monde multipolaire, ce que les États-Unis, superpuissance en déclin, cherchent désespérément à empêcher. Pour plonger la Libye dans le chaos – pardon, dans la démocratie occidentale ! –, ils ont réussi à manipuler Moscou et Pékin avec la promesse d’une zone d’exclusion aérienne, alors qu’en réalité le but était clair dès le début : renverser Kadhafi et neutraliser un pays riche en pétrole qui prenait trop de place dans la région et sur le continent africain. 

Cette tromperie a marqué un véritable tournant. Quand les États-Unis ont voulu refaire le coup en Syrie, ils ont pensé que le régime allait tomber rapidement. Erreur ! En mentant sur les armes chimiques, ils ont cru que la pression médiatique internationale allait obliger la Russie et la Chine à accepter une intervention. Nouvelle erreur ! Le rapport de force a changé à Damas et les États-Unis ont été forcés de revoir leurs calculs : ils ont réalisé que Bachar al-Assad ne quitterait pas le pouvoir – ou pas aussi vite –, et ils ont pactisé avec l’Iran alors qu’ils voulaient le briser…

Comment l’opinion publique peut-elle s’y retrouver quand l’information est aussi faussée ?

Bachar al-Assad n’est pas un ange loin de là, mais tout le battage médiatique de 2011 disant qu’il ne méritait pas d’être sur terre, etc. a laissé une trace. Aujourd’hui, les gens n’ont pas les moyens de se former une image claire du conflit, encore moins de prendre position. Mais ils sont demandeurs et ouverts. 

D’où notre grande responsabilité. Nous devons aider l’opinion à se faire son avis sur les grands conflits internationaux. Ces guerres qui paraissent lointaines ne sont pas du tout exotiques, elles sont menées par les multinationales pour renforcer leur puissance et mieux exploiter les gens d’ici. Quand Angela Merkel ouvre les portes aux Syriens, ce n’est pas par bonté d’âme, mais parce que l’Allemagne souffre d’une chute de sa natalité et a besoin d’une main-d’œuvre qualifiée à même de baisser les coûts, c’est-à-dire les salaires des cadres, travailleurs et techniciens allemands…

N’y a-t-il pas aussi tout un battage médiatique autour des migrants en Europe ?

Les belles démocraties occidentales font preuve d’une hypocrisie absolue sur le thème « Il faut les aider, mais nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde. » Il faudrait leur répondre ceci : « Vous ne seriez pas obligés d’accueillir toute la misère du monde si vous ne l’aviez pas provoquée, en détruisant l’économie de ces pays et en appauvrissant leur population. » Les migrants ne viennent pas en Europe pour la beauté de la météo, mais parce qu’on ne les laisse pas vivre chez eux !

Qu’est-ce que l’Occident a à gagner en provoquant le chaos en Libye et ailleurs ?

Je ne pense pas que Clinton et Sarkozy aient voulu la Libye d’aujourd’hui. Le problème, c’est que la seule force qui pouvait aider à renverser Kadhafi était Al-Qaïda. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les rapports de West Point et de la CIA. Les villes de Tobrouk et Benghazi concentraient à elles seules la plus grande masse de terroristes de tout le Moyen-Orient. Al-Qaïda n’aurait pas pris cette ampleur si l’Otan n’avait pas conclu une alliance avec cette organisation. 

Ce faisant, elle n’a pas saisi que les terroristes avaient leur propre agenda, qu’ils ne se gêneraient pas de passer à autre chose lorsqu’elle ne leur servira plus à rien. Comme dans Frankenstein, la créature a échappé à ses créateurs. Idem avec Daech.

 

Fin de la 2ème partie de l’interview. A suivre

 

Notes :

(4) Le « massacre de Markale » à Sarajevo a permis à l’Otan d’intervenir contre les Serbes. Or tout indique que ce sont les Bosniaques qui ont tiré.

(5) Le plan Fer à cheval, aurait été préparé par Milosevic pour massacrer les Albanais du Kosovo. En vérité, cette campagne d’intoxication qui a utilisé de faux témoins fut orchestrée par le gouvernement allemand pour justifier l’intervention de l’Otan.

(6) « Il y a eu de trop nombreux questionnements de la part des élèves, et nous avons tous entendu les “oui je soutiens Charlie, mais…”, les “deux poids deux mesures”, “Pourquoi défendre la liberté d’expression ici et pas là ?” Ces questions nous sont insupportables, surtout lorsqu’on les entend à l’école qui est chargée de transmettre des valeurs. » Réponse de Najat Vallaud-Belkacem à Claude Goasguen, député de Paris, janvier 2015.

Média, mensonge et propagande: Les rouages du système médiatique… Entretien avec Michel Collon ~ 1ère partie ~

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L’information est trop importante pour la laisser aux seuls journalistes

 

Entretien avec Michel Collon

 

9 mars 2016

 

url de l’article:

http://www.michelcollon.info/L-information-est-trop-importante.html?lang=fr

 

2 ème partie

 

Pour nombre de nos collègues, Michel Collon, c’est l’horreur : hors de la bien-pensance médiatique, décryptant la manipulation de l’information organisée dans leurs journaux, télévisions ou radios pour égarer les citoyens, soulevant les lièvres sur la propagande de guerre, l’économie mondiale, les rapports de domination… Alors, c’est l’omerta.

Ce qu’il dit pourtant, notamment sur sa plateforme Investig’Action (1), est d’une pertinence redoutable. 

Ouvrier en usine à Liège, en Belgique, dans les années 1970, Michel Collon fait ses premières armes de journaliste en couvrant les grèves et luttes sociales pour Solidaire, hebdomadaire du Parti du travail de Belgique. En 1990, sa rédaction lui demande d’écrire sur la première guerre du Golfe. 

« Je ne connaissais rien au Moyen-Orient, ne parlais pas l’arabe, n’avais jamais été en Irak. J’ai donc essayé de me documenter. » 

Il lit Le Monde, regarde TF1, Antenne 2 (ex-France 2) et leurs équivalents belges, Le Soir, la RTBF et RTL. Puis il téléphone, envoie des fax à des experts du Moyen-Orient. Et là, surprise : 

« Les faits qu’on me présentait ici étaient complètement différents de ceux que j’entendais de là-bas. Je parle des faits, et non des opinions. Chacun a son opinion, mais les faits sont noirs ou blancs. » 

À la fin de la guerre, en 1991, il s’entoure d’une dizaine de personnes mobilisées, « dont un certain Majed Nehmé », et procède à ce qu’il appelle un « test-médias ». 

Tous les articles du Monde et du Soir de cette période sont passés par une grille de lecture : nombre de lignes, temps employé (présent ou conditionnel) et aspects de censure.

Et que vous montrait ce test-médias ?

C’était hallucinant : s’étalait devant nous le cortège de tout ce qui est interdit dans les écoles et manuels du journalisme : des informations sans source, non vérifiées, fabriquées, des victimes d’un camp attribuées à l’autre, etc. Avant le lancement des premiers missiles, on a compris qu’une autre guerre avait préparé l’intervention en Irak : celle de l’information. J’ai constaté plus tard les mêmes phénomènes en Yougoslavie et dans d’autres pays. De cela, j’ai tiré un principe : chaque guerre est précédée et accompagnée d’une propagande poussant l’opinion publique à l’approuver, ou en tout cas à ne pas la désapprouver.

Les envoyés spéciaux du Monde et du Soir produisaient exactement les mêmes infos ?

En fait, l’envoyé spécial est généralement utilisé pour valider l’opinion dominante du journal. On appelle cela le « Hilton journalisme » : le rédacteur interroge un barman ou un chauffeur de taxi pour confirmer dans son papier deux ou trois infos qui ont été décidées à Paris ou Bruxelles. Mais, de temps en temps, il arrive que l’un d’eux, spécialement courageux, donne sa propre version des faits. Il voit alors son papier déformé ou retitré par la rédaction centrale. On a des exemples frappants de titres réécrits à Paris ou Bruxelles qui disent exactement le contraire du contenu des articles. Or, sachant que la plupart des gens ne regardent que les titres… Le journaliste américain Peter Arnett a rué dans les brancards lorsqu’il s’est rendu compte qu’il était exploité par sa chaîne. Je l’ai rencontré à Bagdad en 2002 et il était très en colère sur la couverture CNN de l’Irak (2).

Les sources sont-elles toujours accessibles ?

Absolument. Nul besoin d’être Superman ou de se transformer en plombier ou en espion pour accéder à l’info, car les sources sont là, à portée de main. Et elles sont souvent données par les pays eux-mêmes. Aux États-Unis par exemple, tout est écrit noir sur blanc sur les rapports du Congrès, des think tanks, etc. Les États-Unis disent toujours ce qu’ils font, pourquoi ils le font et comment ils le feront mieux la prochaine fois. Au sein de la presse occidentale, il suffit de lire les Américains contredire les Français, lesquels les désavouent à leur tour. Ou encore les Allemands ou les Italiens, jamais bien d’accord avec les guerres qui nuisent à leurs intérêts – en Libye par exemple –, qui n’hésitent pas à balancer des infos, via leurs services secrets, contre les Français, les Britanniques ou les Américains… 

Avec Internet, on trouve très facilement d’autres sources, parfois moins audibles, de l’autre camp par exemple. Dire qu’on n’a pas accès à l’info est donc un prétexte qui ne tient plus.

Mais les journalistes n’ont souvent pas les moyens d’exercer leur métier de façon indépendante et approfondie…

Je ne suis pas d’accord : les journalistes doivent justement aller chercher ce qu’on leur cache. Quand ils disent qu’ils n’ont pas eu l’info, cela veut dire qu’ils n’ont pas su ou voulu la chercher… Qu’on déforme les faits n’est pas nouveau. Lorsque Jules César écrit La Guerre des Gaules, il cache soigneusement ce qui le dérange. On ment aussi à chaque fois qu’on parle de questions économiques et sociales, parce que la politique économique et sociale est une guerre à part entière. On fait croire que des mesures prises défendent tout le monde, alors qu’elles n’avantagent que 1 % de la population.

Que pensez-vous des journalistes qui renoncent à consulter des sources au motif qu’elles pourraient nuire à la ligne de leur journal ?

Je fais une distinction entre médias et journalistes, car les journalistes n’ont pas de pouvoir dans leur média. Cela étant dit, les journalistes se divisent en trois catégories : 5 à 10 % représentent le haut du gratin, vivent très bien, mentent et le savent ; 5 à 10 % travaillent courageusement et difficilement, cherchent à donner la parole aux deux camps, respectent une déontologie. Et le reste : 80 ou 90 % de journalistes qui font leur boulot mais ont aussi une famille à nourrir. Ils ne sont pas forcément malhonnêtes, mais sont placés dans une situation de prolétaires de l’info. On ne leur demande plus d’aller sur le terrain, de faire des enquêtes, de vérifier leur information. Pis : on les en empêche. 

Parce qu’avec la commercialisation de plus en plus forte des médias, jouer Tintin n’est pas rentable : il faut vendre de la pub. Rappelez-vous la fameuse citation de Patrick Le Lay, alors PDG de TF1 : « Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. » Le journaliste est juste bon à recopier les dépêches des gouvernements, administrations, entreprises, lobbys, armée. Lorsqu’il arrive au bureau, les informations qu’il doit transmettre sont déjà sur sa table. Il transforme une matière première – la dépêche, le communiqué – en un produit fini – une brève, un papier – qui permet d’engranger de la pub. Il est devenu un prolétaire non seulement mal payé, mais sciemment précarisé. La raison est toute simple : il doit impérativement rester dépendant de son média. 

Pas mal de journalistes prétendent que je les critique. C’est un réflexe purement corporatiste. Ce que je dénonce, ce n’est pas eux, mais le système des médias, c’est-à-dire les patrons, généralement bien placés et très riches. Regardez les grands médias en France. Ceux qui sont à la tête du Figaro, du Monde, de Libé ou de TF1 sont des milliardaires, la plupart liés à l’armement, à Israël et profitant généreusement des guerres menées par la France. Ce sont eux qui décident de ce que vous allez lire, qui désignent « les gentils » et les « méchants », etc.

Mais il existe des médias du service public qui ne dépendent pas principalement de la publicité…

Le service public subit aussi le filtre de la publicité. Comment pourrait-il dénoncer les crimes de Total alors que Total paie grassement ses passages à l’écran ? Comment peut-il appeler à une révolution des transports quand Renault et Peugeot assurent une partie du budget des médias ? Et il y a d’autres filtres. Par exemple les liens entre les dirigeants – ou les journalistes vedettes – des médias et les responsables des affaires et politiques. Ces gens viennent du même monde, et les vases communiquant entre eux biaisent tout accès à l’information. Enfin, il ne faut pas négliger une chose : l’idéologie dominante touche toute la société, et l’individu doit faire un très gros travail sur lui-même pour trier le vrai du faux… Les médias ne sont donc pas libres. La presse est dominée par le 1 % qui nous vend son point de vue.

Y compris en censurant les faits et opinions divergents ?

La censure de l’information est logique dans un système de propagande. Dans leur ouvrage La Fabrication du consentement, Herman et Chomsky expliquent que le but des médias n’est pas d’informer le citoyen, mais de lui faire approuver la politique de son gouvernement. Lorsqu’on est dans un système de propagande, on écarte complètement les principes de base enseignés dans les écoles de journalisme : écouter les deux parties, vérifier les faits, permettre aux lecteurs de se faire une opinion. Aujourd’hui, Le Monde est la voix du CAC 40, Libération celle de ses patrons… On assiste à un phénomène qui se développe de plus en plus : l’achat de médias par des patrons de multinationales. Ces opérations ne leur rapportent pas forcément de l’argent, mais elles leur permettent de contrôler l’opinion et de promouvoir leurs intérêts ainsi que leur guerre. Toutes les guerres sont économiques, je l’ai toujours affirmé. Le rôle des médias est de faire le service promotion de ces guerres. 

Durant la guerre du Kosovo, des dizaines de journalistes grecs étaient sur place, mais la presse occidentale n’en a pas tenu compte : leurs dépêches ne correspondaient pas au scénario officiel. Le Monde a titré « 100 000 morts au Kosovo », ce qui était totalement faux… Le reportage à Pristina de Régis Debray a été donné à lire à Bernard-Henri Lévy avant même sa publication dans Le Monde (3), ce qui a permis à ce dernier d’aussitôt activer la propagande… Cette censure appelle deux commentaires. L’arrogance coloniale d’abord : l’idée de se référer à des journalistes grecs, mais aussi russes, chinois, palestiniens est impensable, car ils sont forcément suspectés de servir un camp… Contrairement à leurs confrères de Paris, Londres et Bruxelles qui, eux, ne font jamais de propagande ! L’ethnocentrisme des médias est terrible. Régis Debray avait écrit : « Ils ont enlevé le casque, mais dessous la tête est restée coloniale. » On en est exactement là. 

Deuxième remarque : les médias censurent en effet tout ce qui ne correspond pas à la ligne qu’ils défendent. Rappelez-vous Timisoara en 1989, au moment du renversement de Ceausescu. Un charnier de 4 630 cadavres – un chiffre dont la précision peut déjà étonner – est découvert. On affirme alors que ces victimes ont été éventrées à la baïonnette par la police politique du président roumain. À l’époque, quelques cadavres sont montrés à la presse, parmi lesquels une femme avec un bébé posé sur son ventre dont la photo fera le tour du monde… Le rédacteur en chef de Solidaire, qui était médecin (nous n’étions pas des professionnels du journalisme), a tout de suite vu l’erreur : primo, les corps étaient recousus bien droit du pubis jusqu’à la gorge. « Très fort quand on éventre à la baïonnette ! », m’a-t-il dit. Secundo : le cadavre de la femme était blanc alors que celui de son bébé avait noirci, marque d’une décomposition avancée du corps. Pour mon rédacteur en chef-médecin, ces morts avaient donc non seulement subi une autopsie, mais n’étaient pas morts à la même date.

Nous avons décidé de titrer en une de notre hebdomadaire « Timisoara : les images, c’est bidon », en communiquant l’article à toute la presse. Bien sûr, il y a eu un silence total. Trois semaines plus tard, un journal allemand titrait « Timisoara, c’est bidon » et publiait les mêmes analyses. En fait, Timisoara était une vaste mise en scène à laquelle ont adhéré les journalistes. Pas tous, heureusement. Colette Braeckman, envoyée spéciale du Soir, avait écrit qu’elle n’y avait rien vu. Ses patrons lui ont répondu qu’elle se trompait. Ils ont titré : « Charnier à Timisoara »…

Que peuvent faire les journalistes contre les détournements de leur direction ?

Colette Braeckman a eu le courage de dénoncer cette grande manipulation. Le fait est assez exceptionnel pour être rapporté, car les médias occidentaux ne font jamais leur autocritique ni ne procèdent à l’analyse de leurs erreurs. Il y a là un vrai syndrome du journaliste qui se prend pour Dieu, sait tout et ne s’excuse jamais. S’il commençait par se dire : « Je ne sais pas, je vais vérifier », s’il admettait après coup s’être trompé ou avoir été manipulé, il aiderait les citoyens à mieux appréhender l’information et à ne pas l’avaler comme une pizza. Mais cette posture est interdite par l’audimat, la concurrence, la rivalité. Aujourd’hui, il faut être les premiers, les meilleurs, ne pas subir d’autocritique… et surtout ne jamais admettre que de « petits » journalistes sur Internet ou dans un « petit » magazine font mieux qu’eux. Sinon ils perdraient totalement leur raison d’être. La loi du silence les protège.

 

Propos recueillis par Samy Abtroun, Jacques-Marie Bourget, Majed Nehmé, Corinne Moncel et Hassen Zenati

 

Notes :

(1) http://www.investigaction.net/

(2) Peter Arnett sera licencié par CNN en 1998 pour avoir mis en cause le comportement de l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam, puis en 2003 par la chaîne NBC pour avoir critiqué la stratégie américaine en Irak.

(3) Dans sa « Lettre d’un voyageur au président de la République », datée du 13 mai 1999, l’anti-guerre Régis Debray écrit notamment : « À Pristina, où vivent encore des dizaines de milliers de Kosovars, on peut déjeuner dans des pizzerias albanaises, en compagnie d’Albanais. » Le lendemain, l’interventionniste Bernard-Henri Lévy critiquera en une du Monde « l’hallucinante naïveté de ce maître médiologue, expert en soupçon et en pensée critique, que l’on voit gober sous nos yeux les plus énormes bobards de la propagande serbe ». 

Fin de la 1ère partie de l’interview (à suivre)

Média et manipulation: Cryptome sur Snowden et la NSA… Questions pour un espion…

Posted in actualité, désinformation, guerres hégémoniques, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, presse et média, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 19 février 2016 by Résistance 71

Critique aigüe de Snowden Inc. par l’équipe fondatrice de Cryptome

 

Tim Shorrock

 

13 février 2016

 

url de l’article original:

http://timshorrock.com/?p=2354

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

“Le modèle actuel de business médiatique corporatiste de célébrité comme producteur de revenus et de la célébrité comme un outil de spectacle titillant afin d’augmenter la valeur du contenu est ce que nous fuyons comme la peste. Il est profondément cynique de sensasionaliser cette transaction de confiance lorsque quelqu’un vient vers vous avec un document et vous l’offre.”

— Deborah Natsios, Cryptome —

Cette semaine, John Young et Deborah Natsios, les fondateurs de Cryptome, un des plus anciens et plus connus sites de publication de documents secrets fuités, ont discrètement posté un lien vers un entretien URL to an interview qu’ils ont eu le 6 février courant lors d’une conférence à Berlin en Allemagne.

Young et Natsios sont correctement présentés comme des “figures très connues au sein d’une plus grande communauté de personnes intéressées de rendre les gouvernements et leurs institutions responsables de leurs actes et d’utiliser des documents pour ce faire.” Mais ils offrent aussi une profonde vision sur les médias et comment ceux-ci ont géré les révélations au sujet du renseignement américain et de la National Security Agency (NSA). Leurs remarques, comme celle citée ci-dessus, ont souvent pris leur hôte au dépourvu.

A la 18ème minute de l’entretien, ils diffusent une critique des plus acerbes sur le journalisme de “célébrité” comme il est pratiqué, à leur avis, par The Intercept, la publication de First Look Media de Pierre Omidyar (NdT: créateur et patron de Paypal, autre jeune milliardaire du système…). L’entretien en anglais vaut la peine d’être écouté dans sa totalité et je conseille fortement quiconque a des questions et des préoccupations sur Edward Snowden et sa relation avec The Intercept et ses éditeurs Glenn Greenwald, Jeremy Scahill et Laura Poitras, d’écouter cet entretien et de bien considérer leurs arguments.

Pourquoi ? Parce que Cryptome pose de sérieuses questions dont personne ni dans les médias ni dans la “gauche” ne veut parler, incluant comment Omidyar a créé une affaire juteuse de la cache de Snowden ; que faisait exactement Snowden lorsqu’il travaillait pour la CIA avant de passer quelque temps à la NSA (et quoi d’autre faisait-il à la NSA elle-même ?) et pourquoi Snowden and The Intercept continue le prosélytisme pour Tor, l’outil d’anonymité ( Tor, the anonymization tool,), malgré son énorme financement par le gouvernement US, le Pentagone et l’état de sécurité national (NdT: Tor a été créé et est utilisé par l’équipe cybernétique de l’US Navy. Le Cyberwarfare Command du Pentagone échoit à… l’US Navy…)

Un des grands moments de l’entretien survient lorsque l’hôte, Pit Schultz, devient très nerveux au sujet du comment ses questions sont répondues. C’est une triste vision de voir comment la gauche libertarienne répond à toute critique de ses héros et de voir l’arrogance et le vitriol jetés aux gens qui osent poser des questions au sujet de Snowden, Tor ou Omidyar et ses opérations “médiatiques”. A son crédit, Schultz ne plie pas, mais seulement après que Natsios lui assure qu’un “robuste débat” est toujours crucial à la démocratie.

Comme exprimé dans l’entretien, la critique de Cryptome n’est pas nouvelle. Depuis que Greenwald a publié les premiers documents de Snowden dans le quotidien britannique du Guardian en 2013, l’organisation a fait un décompte attentif de la vitesse extrêmement lente à laquelle les documents sont publiés ainsi que de leur préoccupation sur le quasi contrôle par The Intercept de la cache électronique où ces documents sont entreposés. Le dernier décompte montre que 6 318 pages des 58 000 clâmées par le Guardian ont été diffusées.

Dès le départ, Young and Natsios ont été très clairs sur leur désaccord total sur le fait que cette cache n’ait pas été rendue publique et postée pour toutes et tous à lire et étudier, comme ils l’ont fait pour les dizaines de milliers de fichiers de renseignement qu’ils ont publiés depuis la fin des années 1990 et comme Daniel Ellsberg le fit pour les fameux “documents du Pentagone”. Regardez comment Gawker, une publication très sympathisante de The Intercept, fit un reportage sur Cryptome en Juin 2013:

Lorsque le Guardian et le Washington Post ont publié leurs incroyables rapports sur la NSA basés sur les fuites de documents d’Edward Snowden, les journalistes se sont agglutinés pour les féliciter sur ces scoops. Mais pas Cryptome. Au lieu de cela, le site tueur de secrets engueula le Guardian et le Post pour n’avoir publié que 4 des 41 diapositives que Snowden leur avait donné au sujet de PRISM, le système de surveillance internet utilisé par la NSA pour espionner dans le monde.

“Mr Snowden, envoyez SVP vos 41 diapos sur PRISM et autre information à des entreprises commerciales moins facilement influençables et sur-protectrices que le Washington Post et le Guardian”, avait écrit Cryptome dans une brève du 10 juin 2013 intitulée: “Snowden censuré par des médias couards.”

Pour ceux qui suivent Cryptome depuis longtemps, cette réponse n’est pas surprenante. Avant Wikileaks, avant Snowden, il y avait Cryptome. Les architectes basés à Manhattan John Young and Deborah Natsios ont fondé Cryptome.org en 1996 comme un site de publication de documents que personne d’autre ne voulait publier, incluant des listes d’agents de la CIA, des schémas techniquement très détaillés d’installations ayant un caractère de sécurité nationale et des matériaux soumis aux droits d’auteurs. Comme le fuitage a créé un écosystème médiatique assez vibrant des dernières années, avec ses facilités en ligne, ses journalistes et ses sources, Cryptome s’est positionné comme un contrôleur grincheux, discrètement mais efficacement critiquant le blablatage de sa concurrence tout en se faisant l’avocat d’une forme de transparence radicale aussi directe que son site internet dépouillé sur cryptome.org

Quoi qu’il en soit, jusque maintenant, je n’ai jamais vu une analyse comme celle-là. Ce qui suit est ma transcription des points clefs de l’entretien.

L’hôte Schultz, commence avec une discussion impliquant Natsios, qui a grandi dans une “famille CIA”, au sujet de son art, et ensuite focalise sur les racines de Cryptome, la guerre froide et sa fondation en 1996 (Young fut aussi actif avec Julian Assange de Wikileaks au sein du mouvement des Cypherpunks au début des années 1990 ~ Note de Résistance 71: Assange étant bien plus jeune, il vint sur le tard, Young étant un “pilier” des Cypherpunks à cette époque… En 2010, nous avions publié ceci sur Wikileaks) Au travers de notre existence explique Young, “nous n’avons jamais recherché la célébrité. Nous avons pensé que nous devions faire du service public discrètement et sans ostentation. Nous n’aimons pas les activités à haut-profil parce que nous pensons que cela perturbe le processus.”

Ceci est déjà un énorme contraste avec l’approche prise par les fondateurs de The Intercept. Mais ce qui suit est impressionnant. Après que Natsios eut fait sa déclaration au sujet de “célébrité en tant que productrice de revenus”, Young ouvre le feu, d’abord sur l’ACLU (American Civil Liberties Union)

Young: Laissez-moi nommer quelques noms. L’ACLU, une des organisations les plus corrompues de la ville de New York et dans le monde. Nous détestons la façon dont ils gèrent Snowden. Ils l’utilisent à des fins de levée de fonds. Dans le même temps, ils refusent des gens qui en ont plus besoin simplement parce qu’ils ne sont pas matière à faire lever des fonds. Regardez les salaires de ces gens. Ils se paient des salaires faramineux. Des salaires faramineux sont payés aux gens de The Intercept. Ce sont ce genre d’organisations corrompues qui se paient grassement tandis que d’autres qui donnent l’info vont soit en prison ou ne reçoivent jamais rien. Je pense que ceci représente le schéma de base dans ce monde de sécurité nationale.

Maintenant je devrais dire que les archives de la sécurité nationale et la Federation of American Scientists ne font pas cela. Mais certains de ces nouveaux venus dans le domaine de la sécurité nationale le font. L’ACLU est une organisation ancienne. Mais nous connaissons des gens qui ont quitté l’ACLU à cause de cela, parce qu’ils sont devenus serviteurs du fric et non plus du public et ils ne veulent plus rien voir à faire avec l’ACLU, ce qui est bien dommage, c’est une tragédie parce qu’elle a eu une très belle histoire. Maintenant la question est: qui d’autre est sur la liste ? Il y en a plein d’autres qui sentent l’odeur du café faiseur de fric…

L’entretien glisse ensuite vers le journalisme bénévole, comme pratiqué par First Look.

Natsios: Comme vous le savez, le modèle économique néo-libéral inclut le monde du bénévolat, mais ce monde est maintenant dans une pensée de groupe en termes de ses pratiques opérationnelles.

Young: Vous n’ignorez pas que vous bénéficiez d’une bonne exonération d’impôts quand vous montez une organisation de journalisme a but-non lucratif parce que c’est considéré comme une “industrie dure”. N’est-ce pas complètement absurde ? Omidyar a économisé pas mal d’argent en créant First Look parce qu’il bénéficie d’une réduction d’impôts pour industrie difficile, comme si c’était quelque chose comme être fermier. Ainsi quand vous voyez le proprio d’Amazon Jeff Bezos et d’autres personnes investir, c’est pour une exonération d’impôts. Donc un paquet de gens dans les médias à but non-lucratif disent “Oh c’est le déclin du journalisme d’enquête, blablabla, et bien il s’agit de ce que c’est le résultat d’un lobbying extrême pour être déclaré “industrie difficile” et Bingo !…

La section suivante de l’entretien (pas transcrite ici) focalise sur le système d’anonymisation Tor, qui est lourdement promu par Snowden, Poitras et Greenwald et financé par le gouvernement des Etats-Unis, principalement par le Pentagone, et par Omidyar lui-même, un sujet sur lequel je parlerai plus longuement dans un prochain article. La discussion semble perturber l’interviewer.

Shultz: Nous sommes loyaux ici à cette communauté ; mais quelques critiques internes peuvent-être constructrices. Ces questions sont importantes. Je suppose que vous pouvez dire ce que vous dites. Nous avons la liberté de parole ici.

Natsios: Vous dites cela de manière très hésitante et avec précaution, vous devriez le dire de manière robuste, que ne pas être d’accord au sein de quelque organisation que ce soit est crucial dans un contexte démocratique. Ne vous excusez surtout pas pour cela.

Après cet échange, la conversation pivote sur une discussion au sujet de Snowden et de son rôle en tant qu’espion. Young mentione l’expérience de Snowden avant la NSA à Hawaii comme agent du contre-espionage pour la CIA.

Shultz: A la conférence il fut fait référence à Snowden en tant que héros des droits civils. Mais il ne fut pas mentionné qu’il était un espion. Comment pouvez-vous faire confiance à un espion ?

Young: Vous ne pouvez pas. Vous ne pouvez faire confiance à personne qui a une classification secret défense (NdT: nous avons adapté la traduction à la langue française, le texte anglais stipule “security clearance”, c’est du kif…).., Ces personnes doivent vous mentir. Ce n’est pas un rôle bien glorieux, c’est un sale rôle.

Young retourne ensuite à la relation entre The Intercept et Snowden. Il mentionne deux journalistes qui sont venus bien avant Greenwald & Co et qui ont très tôt exposé les opérations de la NSA outremer: Duncan Campbell et Nicky Hager.

Young: Je ne sais pas pourquoi Snowden ne les a pas contacté au lieu de ces trous du cul avec lesquels ils s’est acoquiné. Il y a une histoire là dessous qui n’a pas été dite. Pourquoi a t’il contacté ces gens électroniquement et technologiquement illettrés pour leur révéler ces choses ? Quelqu’un lui a raconté des sacs. Nous ne savons pas qui l’a introduit dans ce groupe.

Shultz: Vous êtes donc critiques du fait qu’il donne la bacquée aux médias de masse ?

Natsios: C’est un second régime secret qui a été imposé par les médias par procuration. La supposition serait qu’il y ait un passage, qu’il devrait y avoir un passage médiatique vers le public. Cela pourrait être une erreur.. Si nous devons en croire les médias par procuration de Snowden et son témoignage à travers eux, il a été très prudent et contrôle bien ses fuites d’info. Il veut aussi avoir sa part du gâteau. Il est très particulier au sujet de ce qu’il désire qui soit fuité et ce qu’il tient en réserve. C’est son choix. Mais tout ceci sont des documents payés par l’argent du contribuable et qui appartiennent au domaine public. Quelle autorité a t’il de contrôler l’ouverture du robinet de où il est maintenant et de maintenir une façon autoritaire et doctrinaire sur ce qui va arriver à son coffret doré, à sa cache ?…

Young: Snowden dit qu’il les a donné au public ; non, il ne l’a pas fait. Il les a donné à une clique de journalistes veules qui ont décidé de faire passer une certaine histoire avec, à savoir aussi d’expliquer aux gens. Et leur putain d’explication a vraiment un problème.

Natsios: C’est un sérieux conflit d’intérêts. Ils s’inscrivent eux-mêmes dans l’histoire en tant que héros, co-héros. Conflit d’intérêts. Ils n’ont pas de distance avec leur source. Ils se sont inscrits eux-mêms dans le narratif, et donc toutes les décisions prises ne peuvent être que très suspectes parce qu’ils profitent du résultat du narratif dans tous les sens du terme.

Young: Ils devraient consulter des gens qui peuvent lire ces documents, ne pas rapporter sur ceux-ci. Rapporter n’est pas honnête. C’est faire la manchette des journaux, c’est de l’hyperventilation et ils appellent cela du journalisme alors qu’en fait tout ceci est hautement sélectif. C’est une attitude criminelle. [note: dans ce contexte, il est assez incroyable de voir ce tweet de Snowden lui-même attaquant un journaliste de Washington pour être dirigé dans son écriture par un fonctionnaire de la Maison Blanche, ce qui est exactement ce que fit Snowden avec ses sténographes…]

Pour en avoir la saveur complète, j’encourage une fois de plus les lecteurs d’aller écouter l’entretien entièrement ( listen). Après l’avoir écouté, j’ai passé une partie de cette transcription à Bill Binney, le légendaire analyste de la NSA qui fut à une époque le directeur technique du directorat des opérations de la NSA. Il est très connu pour avoir lancé l’alerte sur la corruption corporatrice et la surveillance illégale de la NSA, une histoire que j’ai documenté dans The Nation en 2013 ( I documented in The Nation in 2013), avant l’apparition de Snowden sur la scène internationale dois-je préciser.

Binney, jamais avare de blagues, m’a rappelé une des célèbres déclarations de Sam Visner, un haut-fonctionnaire de la NSA, qui disait à un groupe de contractants après les attaques du 11 septembre 2001: “On va pouvoir traire cette vache jusqu’en 2015.” Dans le courriel de Binney qu’il m’a adressé au sujet des arguments de Young et Natsios, il y dit ceci: “Comme l’a si bien dit Sam, on va pouvoir traire cette vache pendant bien 15 ans, c’est juste du business…

Cryptome le dit de cette façon là: “A la vitesse actuelle de Snowden, cela prendra entre 20 et 60 ans pour obtenir tous les documents”. Si çà ce n’est pas non plus de la traite de vaches à long terme… Alors oui, “l’argent ne parle pas, il insulte.”

Pour une biographie complète de Young et Natsios, cliquez here.

Médias occidentaux, mensonges, falsification et propagande… Quand la BBC déguise un gugusse d’Al Qaïda en « rebelle modéré » pour un entretien…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, désinformation, France et colonialisme, guerre iran, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, presse et média, résistance politique, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , on 16 février 2016 by Résistance 71

Plus rien ne les arrête !… Rien du tout, c’est du foutage de gueule à tous les étages. En fait à ce niveau de la compétition, il faut totalement inverser la problématique et se poser cette question des plus pertinentes: Qui de nos jours, qui, peut encore faire confiance aux merdias de cette pressetituée abjecte occidentale ?

Boycott de toute cette fange médiatique, du vote, des institutions ! Retirons notre consentement à cette équipe de baltringues oligarchiques et l’ensemble de ce système corrompu, pourri jusqu’à la moëlle, s’effondrera à tout jamais, sans arme, ni haine ni violence.

Qui, qui peut encore croire un traître mot (bien pesé) de ce que raconte ce cirque merdiatique, ce pathétique Barnum de la pseudo-information ? Il n’y a plus aucune excuse aujourdhui. Croire, écouter, lire, regarder un merdia de masse, tout comme voter, c’est acquiescer, c’est dire: « Oui, je consens à vos crimes ! Continuez à voler, piller et ruiner le monde en mon nom ! » Aujourd’hui, plus personne ne peut se réfugier derrière un « je ne savais pas » de lâche facilité. Qu’on choisisse !

Comprendre et refuser c’est déjà agir, c’est déjà résister !

Et FR3… même combat du médiamensonge au sujet du Burundi

— Résistance 71 ~

 

En Syrie si vous ne pouvez pas trouver des modérés, déguisez donc des extrémistes…

 

Tony Cartalucci

 

11 Février 2016

 

url de l’article original:

http://landdestroyer.blogspot.fr/2016/02/in-syria-if-you-cant-find-moderates.html#more

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

En lisant les manchettes de plus en plus désespérées pondues par les merdias occidentaux, alors que les forces terroristes soutenues par l’occident commencent à plier sous l’offensive plus qu’efficace russo-syrienne afin de renprendre contrôle du pays, les lecteurs remarqueront que bien que le terme de “rebelles modérés” ou d’“opposition modérée” est souvent utilisé, les médias occidentaux sont de même parfaitement incapables de nommer une seule faction ou leader parmi eux.

La raison en est simple: il n’y a pas et n’y a jamais eu de modérés en Syrie. Depuis 2007, les Etats-Unis ont conspiré pour armer et financer des exrémistes affiliés à Al Qaïda (NdT: alias Al CIAda…) afin de renverser le gouvernement syrien et déstabiliser l’influence iranienne à travers le Moyen-Orient.

Exposé dans l’article de Seymour Hersh en 2007, « The Redirection Is the Administration’s new policy benefitting our enemies in the war on terrorism?, » qui expliqua explicitement que :

Les Etats-Unis ont aussi pris part dans des opérations clandestines visant l’Iran et son allié syrien. Un effet secondaire de ces activités fut le développement des groupes extrémistes sunnites qui épousent une vision militante de l’Islam et sont hostiles aux USA et amis d’Al Qaïda.

La “catastrophe” constamment citée par les merdias occidentaux dans ses manchettes toujours plus hystériques est la manifestation prévisible non pas des opérations de sécurité syrienne et russe en Syrie aujourd’hui, mais la conspiration décrite par Hersh en 2007 qui a été mise en action de manière indiscutable en 2011 sous le couvert de ce qui fut appelé “le printemps arabe”.

Lorsque l’occident tente de donner des noms et mettre des visages sur ces soi-disants “modérés”, il est en fait baucoup plus simple de la tracer directement depuis Al Qaïda.

Le “commandant rebelle” de la BBC se déguise

Dans un reportage récent de la BBC intitulé « Syria conflict: Rebels ‘feel abandoned’ by Britain and US, » le journaliste de la BBC Quentin Sommerville affirme qu’il a contacté “secrètement » des rebelles soutenus par les Etats-Unis en Turquie. Ce soi-disant “entretien” dans un endroit isolé fut fait dans les deux endroits par une équipe de télévision professionnelle, malgré le fait que Sommerville ait déclaré que la sitiuation était si mauvaise, que les rebelles ne pouvaient pas être contactés. Le “commandant rebelle dans Alep” interviewé par la BBC n’était autre que Yaser Abdulrahim. Bien qu’apparaissant dans un tout nouvel uniforme flambant neuf de l’Armée Syrienne Libre (ASL), qui manifestement ne fut jamais porté sur un théâtre d’opération réel, assis à côté d’un drapeau de l’ASL tout aussi flambant neuf (en fait le drapeau de la Syrie coloniale française…), Yaser Abdulrahim n’a absolument aucune affiliation avec l’ “Armée Syrienne Libre” qui du reste n’existe pas.

Au lieu de cela il est un des commandants de Faylaq Al-Sham, composé de terroristes d’Al Qaïda et d’extrémistes de la confrérie des Frères Musulmans. Ils font partie du plus grand groupe du Fatah Halab incluant des affiliés d’Al Qaïda du Ahrar ash-Sham et du Jaysh-al-Islam, le dernier groupe ayant placé des civils syriens dans des cages sur les toits des bâtiments pour protéger ceux-ci des bombardements russes et syriens.

Human Right Watch (NdT: ONG de George Soros…), dans leur rapport, « Syria: Armed Groups Use Caged Hostages to Deter Attacks, » révèlerait que:

Au cours de combats entre des groupes armés et des forces gouvernementales dans la commune voisine de Adra al-Omalia en décembre 2013, Jabah al Nosra et Jaysh al-Islam ont enlevés des centaines de civils, pour la plupart des Alaouites, d’après la commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie. Les otages pour beaucoup d’entre eux des femmes et des enfants, sont détenus dans des endroits inconnus de la partie Est de la Ghouta, il est probable qu’ils soient parmi les boucliers humains maintenus dans ces cages.

Le rapport de HRW est aussi très alarmant considérant que cela implique Jaysh al-Islam, groupe membre du Fatah Halab de Yaser Abdulrahim, collaborant et combattant aux côtés du groupe terroriste Al Nosra.

La déclaration officielle du ministère des AE américain listant Al Nosra comme une organisation terroriste étrangère est intitulée:

« Terrorist Designations of the al-Nusrah Front as an Alias for al-Qa’ida in Iraq, » où il est dit ceci:

Depuis novembre 2011, le Front Al Nosra (NdT: vous vous rappelez ?… Ceux-là même félicités par Laurent Fabius, “Mr sang contaminé”, pour “faire du bon boulot en Syrie” !!…) a clâmé plus de 600 attaques, incluant 40 attaques suicides, ainsi qu’avec des engins explosifs improvisés (EEI) et ce dans des centres importants tels que Damas, Alep, Hama, Daraa, Homs, Idlib et Daïr al-Zaouar. Un grand nombre de Syriens innocents ont été tués durant ces attaques. Durant tout ce temps, le Front Al Nosra s’est dépeint lui-même comme faisant partie de l’opposition légitime syrienne alors qu’il n’est qu’un groupe d’Al Qaïda en Irak (AQI) qui tente de détourner la lutte du peuple syrien à ses propres fins maléfiques. (NdT: n’oublions pas qu’AQI est devenu par la suite Al Qaïda en Irak et au Levant: AQIL, puis l’Etat Islamique en Irak et au Levant: EIIL, puis Etat Islamique: EI ou “Daesh”…)

Le déguisement par la BBC d’un des commandants membre littéral d’AQ dans cet entretien récent, se fond dans un objectif plus large de mensonge et de déception visant à sauvegarder la conspiration dénoncée par Hersh et mis à mal à partir de Septembre dernier par les bombardements de l’intervention russe en Syrie (NdT: à la demande du gouvernement syrien…)

Avec Alep au bord d’être libérée de ce qui est clairement une force terroriste, la propagande de la BBC et celle qui a été propagée tout au long par l’occident, représentent une tentative cynique de perpétuer et non pas de mettre fin, à la souffrance du peuple syrien.

Pis encore est l’affirmation par la BBC que leur commandant du Fatah Halab-Al Qaïda déguisé en membre de l’ASL, est soutenu par les Américains.

Ceci est soit une tentative par la BBC de continuer à embobiner son audience ou une admission accidentelle que les Etats-Unis sont en fait en train de financer les groupes terroristes et leurs associés, qui font partie de leur propre liste d’organisations terroristes.

Quoi qu’il en soit, le fait que même une production bien mise en scène comme celle faite par la BBC soit si facilement exposée comme une tentative délibérée de couvrir l’identité terroriste de ce que l’occident appelle des “rebelles modérés”, ajoute à l’impératif pour le gouvernement syrien est ses alliés russe, libanais, irakien et iranien de mettre fin à la guerre et de restaurer la paix et l’ordre sur tout le territoire syrien.

Négocier avec des “rebelles” qui sont de manière si évidente des terroristes déguisés est une absurdité que l’occident n’accepterait jamais qu’on manigance à son encontre, donc aucune autre nation sur terre ne devrait accepter une telle fourberie de la part de l’occident.