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Illusion démocratique: Censure d’internet au pays du goulag levant… La FCC fait passer une réglementation de 332 pages… que personne n’a lue !

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, presse et média, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 26 février 2015 by Résistance 71

Quand nous disons que la démocratie telle que conçue dans le système étatico-corporatiste est une illusion, ce n’est rien de le dire… La réalité dépasse de jour en jour la fiction ! Attention, ceci est le préambule, nous disons depuis longtemps que cela couve et nos baltringues de tout bord politique en France concoctent de concert la même loi liberticide. L’internet est un cauchemar pour l’oligarchie.

« Nous n’aurions jamais dû inventer l’internet » (Sénateur Jay Rockefeller)

– Résistance 71 –

 

Si le texte de la Commission Fédérale de la Communication (FCC) sur la “neutralité de l’internet” est si bon, pourquoi personne ne peut-il le voir?

 

Paul Joseph Watson

 

25 février 2015

 

url de l’article original (avec vidéo):

http://www.infowars.com/if-the-fccs-net-neutrality-plan-is-so-great-why-cant-anyone-see-it/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Si le plan de la FCC pour “protéger” la neutralité de l’internet et de brider le pouvoir et la veulerie des entreprises est si fantastique, pourquoi donc les 332 pages de cette réglementation n’ont-elles pas été rendues publiques ?

Dans un vote qui aura lieu demain, la FCC est attendue de reclassifier l’internet comme étant une utilité publique sous le Titre II de la loi sur la Télécommunication.

Malgré cet énorme changement dans la fonction du web, il n’y a eu aucun débat parlementaire à ce sujet, il n’y a eu aucune proposition de lois introduite et aucune législation n’a été signée. La très grande majorité du public américain n’est absolument pas au courant de ce qui se trame dans la mesure où les merdias de masse n’en offrent qu’une couverture au compte-goutte.

Le changement se passe sous la forme d’une “loi administrative” en accord avec les directives de l’administration Obama, qui clâme haut et fort qu’elle a le soutien de millions d’Américains.

Si cela est le cas, pourquoi ne pouvons-nous donc pas voir ce super plan pour une utopie de l’internet ? Pourquoi donc le président de la FCC, Tom Wheeler, a t’il refusé de témoigner et d’être interrogé par le Congrès des Etats-Unis à ce sujet ?

Pourquoi Wheeler a t’il échoué de s’adresser aux critiques parfaitement légitmes, incluant celles du commissaire de la FCC même Ajit Paj, un des très peu nombreux Américains qui a lu les 332 pages du document, et qui a dit que les nouvelles règles allaient donner aux autorités fédérales la microgestion, la license et la censure de l’internet et que ce plan est une “solution” à un problème qui n’existe même pas.

Pourquoi Wheeler renvoie t’il à la tristement célèbre déclaration de Nancy Pelosi (NdT: représentante des démocrates au congrès et ex-chairwoman de l’assemblée/chambre basse), qui avait dit: “Nous devons passer la loi de façon à ce que vous puissiez en prendre connaissance…”, claire rhétorique refusant de rendre les règles publiques ?

Pourquoi est-ce que la vaste majorité des libéraux et des tech enthousiastes, qui dépensèrent beaucoup d’énergie pour lutter contre les efforts de geler les libertés sur internet par le biais des projets de lois SOPA et PIPA (NdT: équivalent LOPI en France) et qui endorsent maintenant le cadre de réglementation de la FCC sans poser de questions ?

Pensent-ils vraiment qu’une administration gouvernementale qui a prouvé qu’elle est la plus antagoniste et répressive de l’histoire de la Maison Blanche en ce qui concerne les lanceurs d’alerte et la libre circulation des informations, a soudainement viré sa cutie ?

Font-ils confiance à un président qui a dit à la nation: “Si vous aimez votre plan santé, vous pourrez garder votre plan santé” (NdT: Les faits d’implémentation de l’Obamacare prouvent qu’il a menti sur toute la ligne à ce sujet… d’où la réflexion ironique de Watson…), pour qu’il n’abuse pas de ces pouvoirs ?…

Résistance politique: Sionisme et suprématisme… une analyse (Jacob Cohen)

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Le nouveau suprématisme juif

 

Jacob Cohen

 

Février 2015

 

url de l’article original:

http://jacobdemeknes.blogspot.fr/2015/02/le-nouveau-suprematisme-juif.html

 

L’Histoire connaît parfois de ces retournements qu’on pourrait qualifier de comiques s’ils ne traînaient leurs doses de tragédies, surtout celles qui s’annoncent et qu’on s’aveugle pour ne pas les affronter.

Mais n’est-ce pas ainsi que l’Humanité a toujours fonctionné ? Depuis quand les sociétés humaines règleraient-elles leurs problèmes de manière rationnelle et avec un minimum de justice ?

Ces éléments prennent une dimension particulièrement dramatique s’agissant du peuple juif, si on veut intégrer dans cette entité tous ceux qui, chacun à sa manière et à son niveau, s’y rattachent.

Les juifs ont connu un rétablissement fantastique, inespéré. Après 10 siècles de soumissions, de harcèlements, de bannissements, d’interdictions, d’expulsions, d’assassinats, les voici soudain au faîte de leur puissance. Tout en ne représentant que 0,2% de la population mondiale, on peut dire qu’ils influencent grandement les politiques de tous les pays qui comptent. Rien ou presque ne peut se faire qui aille contre leurs intérêts. Les politiques de tous bords, en dehors de quelques extrêmes qui comptent peu, leur déroulent le tapis rouge, les caressent dans le sens du poil, les mettent au pinacle, devancent leurs moindres désirs, au mépris parfois de leurs principes fondamentaux et de leurs intérêts nationaux.

L’idéal d’Attali serait quasiment près d’être atteint : un gouvernement mondial dont la capitale serait à Jérusalem. Grâce à ses dizaines de milliers de Sayanim implantés aux plus hauts niveaux et dans les secteurs clé de la plupart des États, Israël peut plus ou moins contrôler la politique des pays occidentaux. Jamais dans l’histoire de l’humanité un pays de taille modeste n’était arrivé à étendre ainsi son influence.

Le basculement s’est fait autour de la guerre de juin 1967. Les nations arabes, qui sortaient du colonialisme, ont été laminées par une nouvelle puissance militaire stupéfiante. Israël a conquis des territoires énormes. Un nouvel empire était né. Avec cette incroyable manipulation universelle qui a fait passer Israël pour la victime et permis de resserrer les liens avec la diaspora. Le sionisme venait de réussir la vampirisation des communautés juives de par le monde. Jusqu’alors, l’idéologie sioniste ne fascinait pas les masses juives. Désormais, il y aura une force de frappe judéo-sioniste de par le monde d’une redoutable efficacité.

Israël est devenu intouchable. C’est le seul État au monde qui depuis plus de 60 ans viole impunément le droit international, occupe et annexe des territoires conquis par la force, se torche avec les résolutions internationales. Même les Etats-Unis arrêtent leurs agressions au bout de quelques années.

Depuis cette époque, le monde juif a imposé la religion de la Shoah. Journée internationale. Visites obligées des sites. Constructions de mémoriaux. Enseignement de la Shoah jusqu’en Afrique et en Chine. Lois mémorielles. Harcèlements, diabolisations en condamnations des « contestataires ».

Les élites juives ont connu une transformation radicale. Connues de tous temps pour porter les valeurs de progrès et de l’humanisme ; toujours mêlées à toutes les révolutions politiques, sociales, culturelles et philosophiques qui ont ébranlé le monde. Aujourd’hui elles sont du côté du pouvoir, du pouvoir le plus réactionnaire et impérial comme aux États-Unis (11 septembre, Irak, Iran, etc.). La France n’échappe pas à la règle.

Les historiens pourront se délecter de cette transformation fascinante. D’un « peuple du livre » en une puissance colossale, cynique, impitoyable, avide, satanique, infernale, dominatrice, cruelle. Géniale tant elle fait preuve de qualités manipulatrices exceptionnelles. Ou le génie du Mal.

Le jour où les médias se libéreront de l’emprise juive, on découvrira avec quelle cruauté et quelle maestria ces juifs venus des ghettos ont détruit systématiquement une société, un peuple, une culture, une économie, des traditions, des bâtiments, des fermes, des villages, des lieux de cultes, des cimetières, des commerces, de tout un peuple pacifique qui a eu le malheur de se retrouver sur leur « terre promise ». Et les Palestiniens continuent à payer dans leur chair, leur quotidien, les humiliations, les dépossessions, les enfermements, la domination coloniale, de juifs qui se croient tout permis parce qu’ils sont en liaison directe avec Dieu et parce qu’ils tiennent le monde par les couilles.

Un jour on écrira le livre noir du sionisme et de la domination juive. Et je crois que même la Shoah n’y survivrait pas.

Enivrés par leur puissance sans égale, les juifs en veulent plus, ne laissent rien passer, exigent même qu’on réhabilite Israël (BHL) et qu’on le sanctifie comme au bon vieux temps.

Pendant ce temps, le sentiment de rejet monte de partout dans le monde et envahit jusqu’aux classes éclairées en Occident. Israël est sur la voie inéluctable de la délégitimation. Mais au lieu d’un examen de conscience, les juifs hurlent à l’antisémitisme. Toute attitude critique est rejetée comme antisémite.

On me demande parfois, comment un peuple aussi intelligent peut ne pas voir cette dangereuse dérive. D’une part, le pouvoir et la puissance rendent aveugle à la raison. D’autre part, il y aurait là un sentiment de revanche sur l’Histoire. Et l’idée que le malheur serait consubstantiel à leur existence. Pourtant des voix s’élèvent ici et là pour mettre en garde, de grandes voix autorisées, mais elles sont étouffées par ce gang qui veut aller de l’avant coûte que coûte. Jusqu’à la fin. Jusqu’à Massada.

La France est certainement le pays qui s’est laissé soumettre à la domination juive et sioniste. C’est une France enjuivée et sionisée. L’industrie du cinéma est contrôlée par des juifs. De même que le secteur publicitaire qui veut déjà nous imposer le parfait larbin du CRIF : Manuel Valls. Ainsi que l’industrie du spectacle. La « Justice » (sic) frappe tous ceux qui osent se lever contre eux. Et que dire des médias ? Infiltrés, influencés, dominés, manipulés, possédés par des juifs au service du sionisme. Les hommes politiques sont des carpettes à leur service. Ils servent de paillassons sur lesquels les dirigeants sionistes viennent essuyer leurs bottes maculées du sang de leurs victimes.

Le monde n’aime pas plus les juifs aujourd’hui qu’avant la seconde guerre et la création d’Israël. Et il les aimera de moins en moins. Mais on applique la dissuasion nucléaire qu’est « l’antisémitisme » pour imposer le silence. À défaut de se faire aimer, les juifs se font craindre.

Médias et propagande: Qui sont-ils et qui les contrôlent?…

Posted in actualité, désinformation, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, presse et média, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 18 février 2015 by Résistance 71

“Il y a une guerre de l’information et nous sommes en train de la perdre”

~ Hillary Clinton ~

 

“La propagande est l’organe exécutif du gouvernement invisible”.

~ Edward Bernays ~

 

La concentration des médias ou l’illusion du choix

 

Résistance 71

 

18 février 2015

 

Le cas des médias n’est plus inquiétant, il est désespéré et fort heureusement de plus en plus de personnes dans le monde ne prêtent plus aucune attention sérieuse à la propagande déversée par le truchement de ces haut-parleurs de l’oligarchie façonnant les foules à ne demeurer que des serfs bien dociles qu’on mène à l’abattoir au doigt et à l’œil.

Si on prend le cas des Etats-Unis, 6 géants des médias contrôlent plus de 90% de tout ce qui se lit, se voit ou s’écoute dans ce qui se veut être l’information au pays du goulag levant.

Ces 6 géants sont directement ou indirectement contrôlés par les familles Rothschild, Rockefeller, Morgan et Oppenheimer. La famille Rothschild par exemple possède les deux plus grandes agences de presse au monde: Associated Press (dont le QG est dans le Rockefeller Centre de New York…) et Reuters.

Quels sont ces géants et que contrôlent-ils ? (listes non exhaustives, mais représentatives)

  1. General Electric (GE):
    – Comcast
    – NBC
    – Universal Pictures
    – Focus Features
  2. News Corp: (groupe Murdoch)
    – Fox
    – Wall Street Journal
    – New York Post
  3. Disney:
    - ABC
    – ESPN
    – Pixar
    – Miramax
    – Marvel Studios
  4. Viacom:
    - MTV
    – Nick Junior
    – BET
    – CMT
    – Paramount Pictures
  5. Time-Warner:
    - CNN
    – HBO
    – Time
    – Warner Bros
  6. CBS:
    - Showtime
    – Smithsonian Channel
    – NFL.com
    – Jeopardy
    – 60 minutes

Ces 6 géants, conglomérats, sont gérés par 232 directeurs exécutifs (DE), qui règlent l’information, ce que 277 millions de personnes vont lire, voir ou écouter dans leur régime d’information quotidien. Ceci revient à un DE pour 850 000 abonnés, ceci correspond à un DE pour une audience de la taille de celle de San Francisco.

En 2010, les revenus de ces 6 géants ont été de plus de 276 milliards de dollars.

Qu’en est-il de la France ?

Les médias appartienent en très grande partie aux milliardaires et/ou aux marchands de canons. Des gens comme Bernard Arnault avec “Les Échos” est la 1ère fortune de France (officiellement), François Pinault (“Le Point”), 3ème fortune, Serge Dassault (“Le Figaro”), 4ème fortune, Patrick Drahi (“Libération” et “l’Express”), 6ème fortune, Xavier Niel (“Le Monde”, “Le Nouvel Observateur”), 7ème et Vincent Bolloré (Canal +), 10ème fortune. Le banquier Drahi reprenant “Libé” à un autre milliardaire de la banque Edouard de Rothschild. Le grand capital possède tous les médias d’importance, même si cela se fait à perte, le jeu n’est plus de gagner de l’argent, mais de contrôler l’info, ce qui se dit, s’écrit et se fomente en coulisse.

Ce grand capital de part et d’autre de l’Atlantique a encore besoin d’une grande guerre pour s’en sortir et repartir pour un tour de manège de l’escroquerie généralisée. Les médias, même si de moins en moins lus, sont toujours bien importants pour influencer les opinions publiques en faveur des guerres.

En dernier recours, la guerre ne peut pas se faire sans nous, les peuples, c’est donc entre nos mains que réside vraiment la décision de faire la guerre ou pas. Les esprits libérés de l’emprise hypnotique de la société du spectacle et du crime organisé seront d’autant plus critiques à l’appel permanent des sirènes de la guerre et de ses harpies des médias pressetitués.

En France, 38 titres nationaux sont possédés par le groupe Lagardère (EADS, armement), un gros marchand de canons qui soutien ouvertement et sans retenue financière la French American Foundation et ses “Young Leaders”, est en tête de liste du contrôle propagandiste. Puis viennent les sbires comme:

  • Bernard Tapie après son rachat du groupe de presse Hersant
  • Bernard Arnault de l’empire LVMH, propriétaire (actionnaire principal) de “La Tribune” et des “Échos”
  • François Pinault du groupe Artemis, possédant “Le Point” et le groupe de presse Agefi
  • Serge Dassault l’avionneur et autre marchand de canons et ses parts du “Figaro”
  • Edouard de Rothschild cédant récemment “Libération” à Patrick Drahi
  • Mathieu Pigasse de la banque Lazard, Xavier Niel et Pierre Bergé possédant “Le Monde” et la société “Le Monde Libre”
  • Xavier Niel du groupe Free quant à lui s’est offert “Médiapart” et “Atlantico”
  • L’inamovible Bouygues et TFI-LCI et actionnaire important de Canal +
  • Yves de Chaisemartin patron du groupe Carlyle Europe (armement, USA, directement lié à la CIA avec un de ses directeurs Franck Cartalucci et où Olivier Sarkozy “sévit” en tant que directeur exécutif) possédant “Marianne”…

Avec tout cela, on nous demande, que disons-nous, on nous somme, de croire l’information formatée et pré-digérée pour nos cerveaux avilis, qui nous est servie matin, midi et soir, comme étant “la vérité vraie, impartiale et sans équivoque”… Sans blague !

Dormez, dormez braves gens… Tout va pour le mieux dans le monde créé par les tontons flingueurs de la société du spectacle.

Sources:

Information Clearing House

Acrimed

Yahoo France

Rense

Média, propagande et désinformation: Les vrais-faux journalistes espions du système…

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La CIA par exemple a des agents dans tous les organes de presse aux Etats-Unis depuis le début de l’ « Opération Mockingbird » dont le but est le contrôle de la presse à des fins propagandistes. L’opération commença dans les années 1950 sous les frères Dulles puis fut continuée sous Frank Wisner (le père du beau-père de Sarkozy, Frank Wisner Jr., lui-même cadre de la CIA…). Tous les pays occidentaux ont adopté des variantes de ce programme yankee. Les équipes de journalistes occidentales « intégrées » sur les théâtres d’opérations armées comportent au moins un agent de renseignement (cf le témoignage de T. Meyssan depuis la Libye en 2011). Au pays du goulag levant, il est de notoriété publique que des organes de presse comme le New York Times par exemple sont devenus la « voix de la CIA ». Lorsqu’un journaleux incriminé pour espionnage à l’étranger est officiellement (et normalement) en apparence du moins, « lâché » par son gouvernement qui nie tout en bloc, rappelons nous toujours le bon mot du journaliste Claud Cockburn qui disait: « Ne jamais rien croire tant que ce n’est pas officiellement nié. » Dans le cas de Roger Auque: Il est enlevé par le Hezbollah en 1987, qui l’accuse d’être un agent de la DGSE… Paris dément catégoriquement. En 2014, Auque confirme dans son autobiographie qu’il était bien un agent de la DGSE… qui avait raison en 1987 ?… Et la liste est longue, trop longue…

Cette pratique met en danger la vie des véritables journalistes de terrain, qui ne trouvent apparemment rien à  redire… C’est sans doute qu’il n’y a plus de vrais journalistes de terrain, remplacés par les barbouzes encartés.

– Résistance 71 –

 

Roger Auque, faux journaliste et vrai espion

 

Silvia Cattori

 

10 février 2015

 

url de l’article:

http://arretsurinfo.ch/roger-auque-faux-journaliste-vrai-espion/

 

Toute la presse en parle maintenant.

Roger Auque, le « grand reporter », que s’arrachaient jadis les « grands médias », était, dès les années 80, un agent double travaillant pour le compte de la CIA et des services secrets israéliens et français.

Il n’y a plus de doute à ce sujet depuis qu’il l’a lui-même révélé dans ses mémoires rédigées en 2014, au cours des dernières semaines de sa vie, intitulées « Au service secret de la République ».

Les journaux et chaînes télévisées qui, pendant des années, ont déroulé le tapis à cet imposteur, prétendront bien sûr qu’ils l’ignoraient.

Pourtant, toute personne avertie pouvait comprendre que Roger Auque, du Liban, à l’Irak et à la Syrie, était payé pour mentir ; que ses reportages étaient « bidon ». Sa couverture de la guerre de G.W Bush en Irak, respirait le mensonge. Il sautait aux yeux que ce prétendu journaliste ne faisait que distiller de la propagande au service d’Etats engagés dans la déstabilisation du Moyen-Orient et, avant tout, au service des intérêts d’Israël (il a avoué avoir été recruté dès 1989 par le Mossad).

Chaque passage de Roger Auque au téléjournal de la Télévision suisse romande (RTS) [1]  nous laissait dans un état de révolte. Ses commentaires faisaient systématiquement apparaître la victime comme le criminel.

Tout le monde sait aujourd’hui que Roger Auque n’était qu’un menteur. Mais le mal est fait. Tout le Moyen-Orient est à feu et à sang.

Et la vraie question reste posée : quand les rédactions des médias traditionnels cesseront-elles de s’appuyer sur des faux reporters, vrais propagandistes, payés pour abreuver le public de fausses nouvelles sur les conflits et les guerres en cours ?

[1] Cet agent du Mossad  – présenté comme « grand reporter », « journaliste indépendant » – a travaillé comme correspondant de la RTS au Liban, en Syrie, en Irak jusqu’en 2007. A noter que ce n’est ni le premier ni le dernier agent à travailler pour la télévision publique romande. La RTS va-t-elle s’excuser auprès du public qu’elle a trompé durant de longues années sur ce qui passait au Moyen-Orient ?

= = =

Note de résistance 71 :

Roger Auque, “journaliste”, fut enlevé au Liban par le Hezbollah en 1987, qui l’accusait d’être un agent de la DGSE, ce qui fut bien sûr démenti à l’époque, mais confirmé depuis par l’intéressé dans un livre autobiographique publié après son décès fin 2014. Il fit parti de cette opération de libération des otages du Liban entre les deux tours de la présidentielle de 1988, manœuvre politique menée par le tandem Pasqua/Marchiani qui ne suffît néanmoins pas à faire élire Chirac, puisque Miterrand fut réélu au second tour.

Media et propagande: Le « J’accuse » québecois…

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J’accuse

 

Serge Charbonneau

 

14 février 2015

 

url de l’article:
http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/jaccuse/

 

Lors de la préparation de l’horrible destruction de la Libye, je constatais que jamais la population n’avait été soumise de façon aussi marqué à un lavage de cerveau collectif d’une si grande intensité et d’une si grande efficacité.

L’histoire se répète aujourd’hui avec cette guerre contre la Russie.

Pour revitaliser nos esprits, il est important de visiter les liens où l’on voit les Ukrainiens s’exprimer sur cet horrible conflit.

La journalisme se fait sur le terrain et la propagande se fait derrière les micros.

J’accuse…

J’accuse tous les grands médias occidentaux et spécialement Radio-Canada d’opérer un lavage de cerveau des citoyens.

J’accuse spécifiquement Anne-Marie Dussault de Radio-Canada et ses invités, Charles-Philippe David et Dominique Arel de tromper l’auditoire sur la réalité ukrainienne.
Comme vous pouvez le voir ici :
http://www.radio-canada.ca/widgets/…

J’accuse aussi le régime Harper du Canada de tromper les contribuables canadiens et de manipuler la réalité afin de déclencher une guerre immonde avec la Russie.

Il est déconcertant de voir tant de manipulation de la réalité sur le plateau de 24/60, une émission dite d’information !

Parlons de la réalité :
 Où donc tombent les bombes ?

Les bombes tombent sur des gens qui sont pro-russes.
Est-ce Poutine qui bombarde ces gens qui lui sont favorables ?
NON.

En Ukraine de l’Est, il y a la guerre.
Voyez et écoutez ces gens, ces gens que nos médias nous cachent :
« Ouglegorsk. Évacuation de l’enfer »
https://www.youtube.com/watch?v=HST…

La guerre se fait dans l’Est de l’Ukraine.
C’est là où les bombes détruisent des maisons, des quartiers, des villes.
C’est là où les citoyens vivent maintenant dans la peur et la misère la plus totale.
C’est là où les citoyens se terrent dans leur sous-sol.

Ces citoyens sont des gens qui refusent la dictature de Kiev et demandent que leur région soit autonome ou même devienne rattachée à la Russie.
Ces faits sont indéniables.

Ce n’est pas Poutine qui bombarde ces gens.
Ceci est indéniable.

Les bombes ne tombent nulle part ailleurs que sur ces villes de l’Ukraine de l’Est.
Ceci est indéniable.

Ce ne sont pas les Russes qui font la guerre dans le Donbass.
Ceci est indéniable.

Ce ne sont pas les Russes qui bombardent les citoyens ukrainiens.
Ceci est indéniable.

Poutine, Poutine, toujours Poutine !
 Radio-Canada à l’instar de toute l’armée médiatique occidentale, s’applique à mener une campagne de propagande haineuse contre le président de la Russie.
Une campagne de calomnies et de haine afin de justifier une action militaire inadmissible.

Anne-Marie Dussault et ses invités martèlent que c’est Poutine qui est « LE » responsable de cette tuerie immonde.
Elle martèle que c’est Poutine qui est responsable de la guerre en Ukraine.
Elle martèle que Poutine doit arrêter cette guerre, cette guerre qu’il ne fait pas.

Poutine ne fait pas la guerre en Ukraine de l’Est.

Ceci est un fait indéniable.
Tous les documents tournés sur place le prouvent.Et pourtant, Anne-Marie Dussault et ses invités martèlent que c’est Poutine qui est l’instigateur de cette guerre et doit l’arrêter !
Comment peut-on être aussi malhonnête ?

Que disent les gens dans cette vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=HST…
Demandent-ils à Poutine d’arrêter de les bombarder ?
Pour eux, qui est « le » responsable ?
Ont-ils raison ?

Qui donc bombarde qui ?

Que disent et que veulent les gens de l’Ukraine de l’Est ?
« L’Ukraine se révolte : Kramatorsk contre la mobilisation  »
https://www.youtube.com/watch?v=XCD…

Pourquoi Anne-Marie Dussault et ses invités ne mentionnent à aucun moment que cette population de l’Ukraine se fait bombarder et surtout pourquoi ne disent-ils pas QUI bombarde ces gens ?

Pourquoi taisent-ils ce que disent et ce que veulent ces gens ?
« Ukraine. Mobilisation : pourquoi ? Par qui ? Contre qui ? »
https://www.youtube.com/watch?v=2oq…

On dit respecter la démocratie. Ces gens se sont clairement exprimés par référendum. Qu’ont dit ces gens ?
« Forte mobilisation des électeurs dans le Donbass »
http://www.agoravox.fr/actualites/i…

«  Le Donbass vote pour son autodétermination »
http://tinyurl.com/nt9t6f7

« Ukraine : large « oui » à l’indépendance du Donbass, nouveaux tirs à Slaviansk »
http://www.rtbf.be/info/monde/detai…

Que veulent les gens de l’Ukraine de l’Est ?
« Viktoria Shilova, Ukraine. « Je suis contre la mobilisation ! » »
https://www.youtube.com/watch?v=veZ…

« Donetsk aux Charlie de Kiev [sous-titres français] »
https://www.youtube.com/watch?v=dYG…

Pourquoi ne parler que de Poutine ???
Pourquoi défigurer ainsi la réalité ?

En Ukraine de l’Est, qui donc mentionne Poutine pour l’arrêt la guerre  ?
Personne.
Tous demandent au riche roi du chocolat [1], Porochenko, de cesser de les bombarder puis de s’asseoir et négocier.

Ce n’est pas Poutine qui bombarde en Ukraine de l’Est.
« Documentaire complet massacre d’Odessa du 02/05/14 VOSTFR »
https://www.youtube.com/watch?v=HOn…

C’est une honte d’entendre sur Radio-Canada cette promotion de la guerre et cette insensibilité face à la misère de ces gens.
Une honte pour le journalisme.

On nous sert de la propagande visant à encourager des rivières de sang.

Parallèlement, le régime Harper multiplie ses publicités télé pour refaire le stock de chair à canon.
Les réclames de milliers de $ en publicité pour les Forces armées canadiennes. Du recrutement militaire et de la propagande haineuse contre la Russie.
Du lavage de cerveau nous conduisant vers une autre guerre.
Une honte pour Radio-Canada.

Le journalisme, ça se fait sur le terrain. La propagande, ça se fait derrière des micros.

La documentation disponible pour voir ce qui se passe en Ukraine est abondante.
Voici un exemple parmi tant d’autres de document sérieux fait sur le terrain :
« La face cachée de la guerre en Ukraine – 1re partie »
https://www.youtube.com/watch?v=zKv…

« La face cachée de la guerre en Ukraine : 2e partie »
https://www.youtube.com/watch?v=9jG…

Où donc voyez-vous Poutine dans ces documents ?
Pourquoi vouloir une guerre contre la Russie, alors que ce sont les fascistes de Kiev qui bombardent et tuent des Ukrainiens dans l’Est dans leur propre Pays ?

Mme Dussault, qu’est-ce qui vous incite à faire cette ignoble propagande ?

On nous a fait un lavage de cerveau pour détruire la Libye et assassiner Kadhafi et maintenant on nous fait un lavage de cerveau pour enclencher une guerre contre la Russie !
Il est grand temps que les journalistes fassent leur métier et cessent de mettre ainsi l’épaule à la roue de la propagande. Une propagande qui endort les citoyens et les entrainent à avaliser d’horribles massacres et la destruction de milliers de vies.

Ces ex-journalistes devenus propagandistes devraient être condamnés pour participation active aux crimes contre l’Humanité.

La guerre n’est pas un jeu vidéo.
 Nos dirigeants hypocrites nous jouent la comédie de la négociation.
Il est clair qu’on ne cherche pas la Paix, mais la guerre.
Lorsqu’on envoie des CF-18 [2], des frégates [3], des armes [4] et des troupes, ce n’est pas parce qu’on travaille à faire la Paix [5], mais c’est qu’on se prépare à faire la guerre.

Les journalistes ont le devoir de rapporter la réalité et non de se faire les haut-parleurs de la propagande.

Serge Charbonneau
, Québec

Références

[1] On dénonçait la « richesse » de Ianoukovitch, mais on garde sous silence la fortune de Porochenko.
Petro Porochenko, 7e fortune du pays (1,3 milliard de dollars, selon Forbes)
http://www.lefigaro.fr/internationa…

[2] Crise en Ukraine : le Canada transfère ses CF-18 en Lituanie
http://ici.radio-canada.ca/nouvelle…

[3] La frégate NCSM Toronto des Forces canadiennes a quitté Halifax, ce matin, afin de participer à une mission de l’OTAN liée à la situation en Ukraine.
http://ici.radio-canada.ca/regions/…

Tensions en Ukraine : Ottawa envoie un navire de guerre
http://fr.canoe.ca/infos/internatio…

[4] La frégate canadienne NCSM Fredericton et ses 250 marins a appareillé mardi du port d’Halifax, sur la côte atlantique, pour rejoindre les forces de l’OTAN déployées en mer Méditerranée en marge de la crise ukrainienne.

Le navire, qui transporte un hélicoptère Sea King et est accompagné d’un détachement aérien, remplacera le NCSM Toronto, qui s’était joint aux Forces maritimes permanentes de l’OTAN en juillet dernier.

Dans son appui à l’Ukraine, le Canada a multiplié les sanctions contre la Russie et a fourni une aide logistique aux soldats ukrainiens combattant les séparatistes prorusses.
http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/le…

[5] L’honorable Rob Nicholson, C.P., c.r., député de Niagara Falls et ministre de la Défense nationale, a aujourd’hui annoncé que le Canada se joindra à la Commission mixte É.-U.-Ukraine sur la réforme de la Défense et la collaboration bilatérale, afin de mieux coordonner la prestation continue d’aide aux Forces armées ukrainiennes.
http://nouvelles.gc.ca/web/article-…

Syriza en Grèce ou quand le train « électoraliste » en cache un autre…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique française, presse et média, résistance politique, société libertaire, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , on 8 février 2015 by Résistance 71

Que signifie la victoire de Syriza ?

 

Fred du groupe Proudhon de Besançon (Fédération Anarchiste)

 

7 Février 2015

 

url de l’article original:

http://groupe.proudhon-fa.over-blog.com/2015/02/que-signifie-la-victoire-de-syriza.html

 

Une situation économique et sociale catastrophique

Depuis la « crise » de 2008, la Grèce vit sous des politiques d’austérité à grande échelle : impôts et taxes supplémentaires, réduction des retraites, réduction du salaires des fonctionnaires, réduction des subventions publiques à la Santé par exemple, non remplacement des départs en retraite, licenciement des contractuels, privatisations des biens publics, vente des infrastructures, etc.

La population s’est révoltée et a manifesté en nombre, dans tout le pays, tout au long de ces années mais les mobilisations n’ont pas suffi à inverser la tendance. Malgré les milliers de personnes dans les rues, les gouvernements, retranchés derrière les barrages policiers, votaient toutes les lois de casse sociale.

Les émeutes, les affrontements, les grèves n’ont pas été victorieuses. Il y a eu une valse des différents partis politiques et, comme dans chaque crise, les partis d’extrême-droite (Aube dorée) ont essayé de canaliser et détourner la colère populaire contre les étrangers. Des attaques ont eu lieu faisant de nombreuses victimes. Des antifascistes ont été tués. Heureusement, la contre-attaque a été à la hauteur et a permis de limiter, voire détruire, la menace fasciste. Il faut dire que la Grèce a une histoire marquée par la dictature des colonels, jusque dans les années 70. La tradition antifasciste est donc encore fortement présente. Le gouvernement avait même pris, tardivement, des mesures condamnant des leaders de ces partis d’extrême-droite.

Victoire de la « gauche radicale »

Aujourd’hui, c’est « Syriza » qui tient le haut du pavé avec des nuances et des accents populistes, souverainistes inquiétants. Le discours anti-européen, contre les politiques d’austérité, peut plaire. Reste à voir quelles seront leurs marges de manœuvres et leurs choix politiques. « Syriza » a donc recueilli 36 % des voix (exprimées) en Grèce. Si ces résultats conduisaient à redonner de l’espoir et de la dignité à celles et ceux parmi les prolétaires et les incitait surtout à investir les luttes sociales en cours, nous ne bouderions pas notre joie. Tant mieux si Syriza parvient à améliorer un peu le sort des millions de Grecs en galère, plongés dans la misère que leur imposent cyniquement les capitalistes et les dirigeants politiques de Grèce et d’Europe.

Or hélas, nous doutons que cet événement donne un meilleur environnement aux luttes sociales et aux conditions de vie sinistrées des prolétaires de Grèce et d’ailleurs. L’arrivée au pouvoir de Syriza risque d’entraîner des illusions mortelles pour une bonne partie du prolétariat, en le détournant des luttes.

Contrairement aux idées reçues, « Syriza » ne se réclame pas de l’anti-capitalisme. « Syriza » n’est qu’une coalition hétéroclite de gauche. Une fois élu, Syriza a fait une alliance avec un parti de droite souverainiste ! Certaines personnes, pleines d’espoir et d’illusions, voient déjà un réveil des peuples européens et attendent la victoire de « Podemos » en Espagne. Notons que dans ces deux pays, la résistance aux politiques d’austérité s’est faite, avant tout, par la société civile, par des mouvements sociaux comme les Indignés, par des récupérations, des occupations, des collectifs citoyens, des assemblées générales de quartier, etc. Il y a donc une vraie base militante qui lutte quotidiennement contre les effets des politiques de casse sociale en Grèce, en Espagne et ailleurs.

C’est cette force qui constitue notre espoir et qui ne doit pas se laisser berner par les illusions électoralistes. N’oublions pas qu’en France, la victoire du Front populaire, en 1936, a été suivie de grèves et d’occupations qui ont permis d’obtenir des avantages sociaux réels. Cela est vrai partout et en tous temps. Dans le meilleur des cas, les gouvernements ont besoin d’une pression populaire pour prendre des mesures d’intérêt public, collectif. Mais le plus souvent, ils ont besoin que le peuple les rappelle à l’ordre et les contraigne à faire ce pour quoi ils ont été élus.

Quelles suites ?

En France, comme ailleurs, tout le monde essaie de s’attribuer la victoire de « Syriza » (même le PS qui y voit une victoire de Hollande dans sa soi-disant remise en cause de la politique d’austérité européenne. Quand on voit la politique anti-sociale du gouvernement, on a de quoi rire.. ou pleurer). Or la gauche institutionnelle du « Pasok » (PS), qui gouvernait jusque là, obtient moins de 5 % des suffrages exprimés. Une claque sans précédent ! La gestion politique du capitalisme, par essence inégalitaire et autoritaire, quels que soient les atours de “gauche” dont il se pare, ne peut conduire qu’aux désillusions. Avec la victoire de « Syriza », la bourgeoisie prévoit déjà l’étape prochaine. Partout en Europe, elle s’oriente vers une gestion autoritariste de la société, en forme d’occupation policière renforcée de l’espace social, de nouveaux dispositifs législatifs liberticides au nom de la “lutte antiterroriste”, de mise au pas des espaces de lutte dans et hors le monde du travail.

Pour en revenir à la Grèce, contrairement à ce que le spectacle médiatique prétend, la victoire de « Syriza » ne fait pas l’unanimité chez les militants, bien loin de là. Les anarchistes, très présents en Grèce dans les mouvements sociaux, ont appelé à une grève du vote. Force est de constater que, dans un pays où l’abstention est interdite, conduisant à des difficultés pour l’obtention de papiers (passeport, permis de conduire), l’abstention reste impressionnante pour ces élections grecques pourtant surmédiatisées, s’élevant à 36 %. Soit bien plus d’abstentionnistes que de personnes votant « Syriza »… c’est étrange, les médias en parlent peu.

En tous cas, la population n’a pas attendue la victoire éventuelle d’une nouvelle clique de politiciens. Face aux effets dévastateurs de la crise, des alternatives se sont mises en place afin d’assurer les besoins vitaux des habitants et des habitantes. Ce sont des squats, des cuisines autogérées, des dispensaires, etc. Dernièrement, la Fédération anarchiste a fait le choix de soutenir un dispensaire dans le « quartier anarchiste », d’Athènes, Exarcheia.

Soutien aux alternatives concrètes

En Grèce, la sécurité sociale, qu’on appelle IKA, profondément remaniée, est supprimée au bout d’un an de chômage, alors que plus de 60 % des jeunes sont sans emploi et qu’il n’y a pas de RSA. Sauver des vies, diminuer la souffrance et s’organiser autrement, tel sont les enjeux des dispensaires sociaux et sanitaires autogérés, face au drame d’innombrables demandes de soins. Le nombre d’hôpitaux diminue, mois après mois. Les pharmacies se vident, ayant du mal à se procurer des médicaments, faute de garantie de paiement.

Exarcheia, célèbre quartier d’Athènes, est le cœur de la résistance en Grèce depuis plus d’un siècle. Une structure médicale gratuite autogérée a été créée à l’initiative de l’assemblée générale des habitants du quartier. Elle est située dans le grand sous-sol de l’espace social libre K-VOX, sur la place centrale d’Exarcheia.

Elle propose gratuitement l’accès à un médecin généraliste, un psychologue, un gynécologue, un pédiatre, ainsi qu’un cabinet de radiologie et d’échographie. Et cela, pour toutes et tous, quelles que soient la couleur de peau, la religion, l’orientation sexuelle et l’origine.

D’autres alternatives de vie et de luttes existent déjà en nombre à travers toute la Grèce, mais aussi en France, en Europe, dans le monde.

Ce sont elles qui changent le rapport de force, loin du spectacle médiatique et politicien.

Cybertechnologie et Nouvel Ordre Mondial… Le lien Google-CIA et l’empire technotronique en devenir ~ 2ème partie ~

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et lobbyisme, politique et social, presse et média, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 5 février 2015 by Résistance 71

Comment la CIA créa Google

 

Nafeez Ahmed

 

30 Janvier 2015

 

url de l’article en français:

http://globalepresse.com/2015/01/30/comment-la-cia-crea-google/

 

1ère partie

2ème partie

 

Lorsque j’ai demandé au Prof. Ullman de confirmer ou d’infirmer le financement partiel de Brin via le programme MDDS de la communauté du renseignement, et si Ullman était au courant que Brin rendait régulièrement des comptes à Rick Steinheiser, de la CIA, sur ses progrès dans le développement du moteur de recherche de Google, les réponses d’Ullman furent évasives: « Puis-je savoir qui vous représentez et pourquoi vous êtes intéressé par ces sujets? Quelles sont vos « sources »? » Il nia aussi que Brin ait joué un rôle significatif dans le développement du système « Query Flocks », bien qu’il soit évident à la lecture des articles de Brin qu’il s’est inspiré de ce travail en co-développant le système PageRank avec Page.

Quand je demandai à Ullman s’il niait le rôle de la communauté US de l’espionnage dans le soutien octroyé à Brin au cours du développement de Google, il répondit: « Je ne vais pas accorder à ces bêtises la dignité d’une réponse. Si vous ne m’expliquez pas quelle est votre théorie et où vous voulez en venir, je ne lèverai pas le petit doigt pour vous. »

Le résumé du MDDS publié en ligne à l’Université du Texas confirme que le raisonnement derrière ce projet conjoint CIA-NSA était de « fournir un capital d’amorçage pour développer des technologies de gestion des données à haut risque et à haut rendement », y compris des technologies pour « exprimer des requêtes, naviguer et filtrer; traiter les transactions; accès, méthodes et indexation; gestion des métadonnées et modelage des données; et intégration de bases de données hétérogènes; ainsi que le développement d’architectures appropriées. » La vision ultime du programme était de « prévoir pour l’accès sans accroc à, et la fusion de quantités massives de données, d’informations et de connaissances dans un environnement hétérogène en temps réel  » à l’usage du Pentagone, de la communauté de l’espionnage et potentiellement à travers tout le service public.

Ces révélations corroborent les affirmations de Robert Steele, ancien officier haut gradé de la CIA et directeur adjoint civi fondateur de la Marine Corps Intelligence Activity (activité de renseignement du corps des US Marines, ndlr), dont j’ai fait l’interview pour The Guardian l’année dernière au sujet des renseignements dits « open source ». Citant des sources à la CIA, Steele avait affirmé en 2006 que Steinheiser, un ex-collègue, était le principal agent de liaison chez Google et qu’il avait arrangé le financement précoce de l’entreprise pionnière en IT. À l’époque le fondateur de Wired John Batelle était parvenu, en réponse aux affirmations de Steele, à obtenir cette dénégation officielle de la part d’un porte-parole de Google:

Les déclarations en rapport avec Google sont complètement fausses.

Cette fois-ci, en dépit de multiples requêtes et conversations, la possibilité de commenter fut déclinée par le porte-parole de Google.

MISE À JOUR: À 5:41 GMT, le directeur de la communication d’entreprise de Google prit contact avec moi et me demanda d’inclure la déclaration suivante:

Sergey Brin ne faisait pas partie du Programme Query Flocks à Stanford, et aucun de ses projets n’a été financé par des organismes du renseignement US.

Voici ce que je répondis par écrit:

Ma réponse à cette déclaration est la suivante: Brin reconnaît lui-même, dans son propre article, le financement du Community Management Staff de l’initiative du Massive Digital Data Systems (MDDS), fourni par l’intermédiaire de la NSF. Le MDDS était un programme de la communauté du renseignement mis en place par la CIA et la NSA. J’ai également archivé cela, ainsi qu’il est noté dans le document de la part du Prof. Thuraisingham de l’Université du Texas, selon quoi elle a dirigé le programme MDDS pour le compte de la communauté US du renseignement, et qu’elle et Rick Steinheiser de la CIA rencontraient Brin à peu près tous les trois mois pendant deux ans, afin d’entendre le résumé de ses progrès dans le développement de Google et de PageRank. Que Brin ait travaillé sur Query Flocks n’a rien à voir.

Dans ce contexte, vous pourrez vouloir songer aux questions suivantes:

1) Google nie-t-il, que le travail de Brin ait été partiellement financé par le MDDS via une bourse de la NSF?

2) Google nie-t-il, que Brin ait régulièrement rendu compte à Thuraisingham et Steinheiser entre 1996 et jusqu’à septembre de 1998, où il leur présenta le moteur de recherche de Google?

Conscience totale de l’information

Un appel à des articles pour le MDDS fut envoyé par mailing électronique le 3 novembre 1993 par le haut fonctionnaire du renseignement US David Charnovia, directeur du bureau de coordination de recherche et développement du CMS de la communauté de l’espionnage. La réaction de Tatu Ylonen (inventeur acclamé du protocole largement répandu de protection de données « secure shell » [SSH]) à ses collègues sur la mailing list est révélatrice: « Crypto-pertinence? Cela fait se demander s’il ne vaut pas mieux protéger ses données ». L’email confirme également que l’entreprise de défense et partenaire du Highlands Forum, SAIC, gérait le processus de soumission d’articles au MDDS, les résumés devant être ensuite adressés à Jackie Booth, du Bureau de Recherche & Développement de la CIA via une adresse mail de SAIC.

En 1997, révèle Thuraisingham, peu de temps avant que Google devienne une entreprise à part entière et alors qu’elle supervisait toujours le développement de son logiciel de moteur de recherche à Stanford, ses pensées se tournèrent vers les applications du programme MDDS en termes de sécurité nationale. Dans les remerciements pour son livre, « Web Data Mining and Applications in Business Intelligence and Counter-Terrorism » (Extraction de Données sur le Web et Applications en Renseignement Commercial et en Contre-Terrorisme, 2003, ndlr), Thuraisingham écrit qu’elle et « le Dr. Rick Steinheiser de la CIA ont commencé des discussions avec la Defense Advanced Research Projects Agency sur l’application de l’extraction de données dans le cadre du contre-terrorisme, » une idée qui résulta directement du programme MDDS et qui finança Google, en partie. « Ces discussions évoluèrent éventuellement vers le programme actuel EELD (Evidence Extraction and Link Detection, Extraction de Preuves et Détection de Liens, ndlr) à DARPA. »

Donc, le même haut fonctionnaire de la CIA et la sous-traitante de la CIA-NSA impliqués dans la fourniture du capital d’amorçage pour Google considéraient au même moment le rôle de l’extraction de données pour des objectifs de contre-terrorisme, et développaient des idées pour des outils en réalité avancés par DARPA.

Aujourd’hui, comme l’illustre son récent éditorial dans le New York Times, Thuraisingham demeure une ferme avocate de l’extraction de données dans des objectifs de contre-terrorisme, mais insiste également sur le fait que ces méthodes doivent être développées par le gouvernement en coopération avec des juristes des libertés civiques et des défenseurs de la vie privée, pour garantir que de robustes procédures soient en place afin de prévenir d’éventuels abus. Elle souligne, sévère, qu’avec la quantité d’information qui est recueillie, il y a un grand risque de faux-semblants.

En 1993, quand le programme MDDS fut lancé et géré par MITRE Corp pour le compte de la communauté US de l’espionnage, une informaticienne de l’Université de Virginie, le Dr. Anita K. Jones – une tutrice de MITRE – décrocha le poste de directrice de DARPA et celui de recherche et d’ingénierie pour tout le Pentagone. Elle avait été au conseil d’administration de MITRE depuis 1998. De 1987 à 1993, Jones siégea simultanément au conseil d’administration de SAIC. Comme nouvelle directrice de DARPA de 1993 à 1997, elle co-présida également le Highlands Forum du Pentagone durant la phase du développement de Google antérieure à son lancement à Stanford, dans le MDDS.

Donc, quand Thuraisingham et Steinheiser parlaient avec DARPA d’applications des recherches de MDDS en contre-terrorisme, Jones était directrice de DARPA et co-présidente du Highlands Forum. Cette année-là, Jones quitta DARPA pour retrouver son poste à L’Université de Virginie. L’année suivante, elle rejoignit le conseil de direction de la National Science Foundation, qui bien sûr venait de financer Brin et Page,  et revint aussi au conseil d’administration de SAIC. Quand elle quitta le DoD, le Sénateur Chuck Robb lui rendit l’hommage suivant: « Elle a réuni les communautés militaires de technologies et d’opérations pour concevoir des plans détaillés afin de maintenir la domination US sur le champ de bataille dans le prochain siècle ».

Au conseil de direction de la National Science Foundation, de 1992 à 1998, (dont un épisode en tant que président, en 1996) siégeait Richard N. Zare. C’était l’époque où la NSF sponsorisait Sergey Brin et Larry Page en association avec DARPA. En juin 1994, le Prof. Zare, un chimiste à Stanford, participa avec le Prof. Jeffrey Ullman (qui supervisait les recherches de Sergey Brin), à un comité sponsorisé par Stanford et le National Research Council évoquant le besoin pour les scienfitiques de démontrer comment leur travail « était en adéquation avec les besoins nationaux ». Le panel rassembla des scientifiques et des décideurs politiques, dont des « membres du cénacle à Washington ».

Le programme EELD de DARPA, inspiré du travail de Thuraisingham et Steinheiser sous la surveillance de Jones, fut rapidement adapté et intégré à une série d’outils pour pratiquer une surveillance intensive durant le mandat de l’administration Bush.

Selon le responsable de DARPA Ted Senator, qui dirigea le programme EELD pour l’éphémère Information Awareness Office (Bureau de Conscience des Informations, ndlr) de l’agence, EELD faisait partie d’une gamme de « techniques prometteuses » en préparation pour intégration « dans le prototype de système TIA ». TIA est l’acronyme pour Total Information Awareness (Conscience Totale de l’Information, ndlr), et était le principal programme global d’écoutes eléctroniques et d’extraction de données déployé par l’administration Bush après le 11 septembre 2001. TIA avait été élaboré par le conjuré des Contras iraniens l’Amiral John Poindexter, qui fut nominé en 2002 par Bush pour diriger le nouveau Bureau de Conscience des Informations de DARPA.

Le Xerox Palo Alto Research Center (PARC, Centre de Recherches Xerox de Palo Alto, ndlr) fut une autre entreprise parmi 26 (comprenant également SAIC) en tout, qui remporta des contrats à hauteur de millions de dollars auprès de DARPA (les quantités spécifiques demeurent confidentielles) sous Poindexter, pour faire avancer le programme de surveillance TIA à partir de 2002. Les recherches incluaient « le profilage basé sur le comportement », « la détection, l’identification et le suivi automatisés » d’activités terroristes, parmi d’autres projets d’analyse des données. À cette époque, le directeur de PARC et son plus éminent chercheur était John Seely Brown. Brown et Poindexter étaient tous les deux des participants au Highlands Forum du Pentagone – Brown, de façon régulière jusqu’à récemment.

Le projet TIA fut soi-disant arrêté en 2003, en raison de l’opposition publique qui suivit l’exposition publique du programme dans les médias, mais l’année suivante Poindexter prit part à une session du Highlands Group du Pentagone à Singapour, aux côtés de responsables de la défense et du renseignement du monde entier. Pendant ce temps, Ted Senator continuait à gérer le programme EELD, parmi d’autres projets d’extraction et d’analyse de données à DARPA jusqu’en 2006, où il partit pour devenir vice-président à SAIC. Il est maintenant conseiller technique honoraire de SAIC/Leidos.

Google, DARPA et la piste de l’argent

Longtemps avant l’apparition de Sergey Brin et de Larry Page, le département d’informatique de l’Université de Stanford avait eu une longue relation de travail avec le renseignement militaire US. Une lettre datée du 5 novembre 1984 de l’expert renommé en intelligence artificielle (AI), le Prof. Edward Feigenbaum, et adressée à Rick Steinheiser, donne à celui-ci des instructions pour le Programme de Programmation Heuristique de Stanford, s’adressant à Steinheiser comme à un membre du « Comité d’Orientation de l’AI ». Une liste de participants à une conférence d’entreprises de cette période, sponsorisée par l’Office of Naval Research (Bureau de Recherches Navales, ndlr) du Pentagone (ONR), inclut Steinheiser comme délégué sous la désignation « OPNAV Op-115″ – qui fait référence au programme du Bureau du Chef des Opérations Navales sur l’état de préparation opérationnelle, qui a joué un rôle majeur dans l’avancement des systèmes numériques pour les militaires.

Depuis les années 1970, le Prof. Feigenbaum et ses collègues ont dirigé le Projet de Programmation Heuristique de Stanford sous contrat avec DARPA, et ce continuellement jusqu’aux années 1990. Feigenbaum à lui seul avait reçu plus de $7 millions pendant cette période de DARPA pour son travail, avec d’autres financements provenant de la NSF, de la NASA et de l’ONR.

Le superviseur de Brin à Stanford, le Prof. Jeffrey Ullman, faisait en 1996 partie d’un projet conjoint du programme d’Intégration Intelligente de l’Information de DARPA. Cette année-là, Ullman co-présida les réunions sponsorisées par DARPA sur l’échange de données entre systèmes multiples.

En septembre 1998, le même mois où Sergey Brin fit son résumé devant les représentants du renseignement US Steinheiser et Thuraisingham, les entrepreneurs en technologie Andreas Bechtolsheim et David Cheriton ont chacun investi $100.000 dans Google. Ces deux investisseurs étaient liés à DARPA.

Alors qu’il était étudiant doctorant à Stanford en ingénierie électronique dans les années 1980, le projet pionnier de la station de travail SUN, de Bechtolsheim, avait été financé par DARPA et le département de sciences informatiques de Stanford – ces recherches furent la fondation de l’établissement par Bechtolsheim de Sun Microsystems, qu’il co-fonda avec William Joy.

Pour ce qui est du co-investisseur de Bechtolsheim dans Google, David Cheriton, celui-ci est un professeur de sciences informatiques vétéran de Stanford, qui possède une relation encore plus entremêlée avec DARPA. Sa biographie à l’Université de l’Alberta, qui en 2014 lui a accordé un doctorat scientifique honorifique, dit de Cheriton que ses « recherches ont reçu le soutien de la Defense Advanced Research Projects Agency US (DARPA) pendant plus de 20 ans. »

Pendant ce temps-là, Bechtolsheim quitta Sun Microsystems en 1996, co-fondant Granite Systems avec son co-investisseur dans Google Cheriton comme partenaire. Ils vendirent Granite à Cisco Systems en 1996, conservant des parts conséquentes dans Granite et devenant des cadres exécutifs de Cisco.

Un email extrait du Corpus Enron (une base de données de 600.000 emails acquise par la Commission Fédérale de Régulation de l’Énergie par la suite livrée au public) de Richard O’Neill, invitant des cadres exécutifs d’Enron à prendre part au Highlands Forum, démontre que les cadres supérieurs de Cisco et de Granite sont intimement liés au Pentagone. L’email révèle qu’en mai 2000, le partenaire de Bechtolsheim et co-fondateur de Sun Microsystems, William Joy – qui y était alors directeur de recherche et Président Directeur Général – avait assisté au Forum pour parler de nanotechnologie et d’informatique moléculaire.

En 1999, Joy avait aussi co-présidé le Comité de Conseil Présidentiel sur les Tehcnologies de l’Information, supervisant un rapport prenant acte du fait que DARPA avait:

… revu ses priorités pendant les années ’90 pour que tout le financement de la technologie informatique soit jugé en fonction de son bénéfice pour le combattant de guerre.

À travers les années 1990, donc, le financement de Stanford par DARPA, y compris pour Google, concernait explicitement des technologies pouvant augmenter les opérations de renseignement militaire du Pentagone sur des théâtres de guerre.

Le rapport Joy recommandait davantage de financement guvernemental du Pentagone, de la NASA, et d’autres agences pour le secteur de l’IT. Greg Papadopoulos, un autre des collègues de Bechtolsheim alors chef du secteur technologique chez Sun Microsystems, participa aussi à la réunion du Highlands Forum du Pentagone en septembre 2000.

En novembre, le Highlands Forum du Pentagone accueillit Sue Bostrom, qui était vice-présidente pour Internet chez Cisco, siégeant aux côtés des co-investisseurs pour Google, Bechtolsheim et Cheriton, au conseil d’administration. Le Forum accueillit également Lawrence Zuriff, alors partenaire de direction à Granite que Bechtolsheim et Cheriton avaient vendu à Cisco. Zuriff avait auparavant été commercial chez SAIC de 1993 à 1994, travaillant avec le Pentagone sur des sujets de sécurité nationale, spécialement pour l’ONA de Marshall. En 1994, à la fois SAIC et l’ONA furent, bien entendu, impliqués dans l’aide à l’établissement du Highlands Forum du Pentagone. Parmi les productions de Zuriff au cours de son temps à SAIC fut un article intitulé « Understanding Information War » (Comprendre la Guerre de l’Information, ndlr), présenté lors d’une Table Ronde de l’US Army sponsorisée par SAIC sur la Révolution des Affaires Militaires.

Après l’incorporation de Google, l’entreprise reçut $25 millions de capitaux propres en 1999, apportés par Sequoia Capital et Kleiner Perkins Caufield & Byers. Selon Homeland Security Today (La Sécurité du Territoire Aujourd’hui, ndlr), « Un certain nombre de start-ups financées par Sequoia ont signé des contrats avec le Ministère de la Défense, surtout après le 11 septembre 2001 où Mark Kvamme de Sequoia rencontra le Ministre de la Défense Donald Rumsfeld pour discuter de l’application de technologies émergentes dans la conduite des guerres et le recueil d’informations ». De façon similaire, Kleiner Perkins avait développé « une relation étroite » avec In-Q-Tel, la firme de capital-risque de la CIA qui finance des start-ups « pour faire progresser les technologies de valeur prioritaire » aux yeux de la communauté de l’espionnage.

John Doerr, qui dirigea l’investissement de Kleiner Perkins au profit de Google, obtenant ainsi un siège au conseil d’administration, avait été un investisseur majeur précoce dans Sun Microsystems de Bectholsheim, dès son lancement. Sa femme Anne et lui sont les principaux mécènes derrière le Centre pour le Leadership en Ingénierie de la Rice University (RCEL), qui en 2009 a reçu $16 millions de DARPA pour son programme de R&D en « calcul informatique omni-dimensionnel en environnement de compilation conscient de plateforme » (platform-aware-compilation-environment, PACE). Doerr a aussi une relation étroite avec l’administration Obama, qu’il a brièvement conseillé après qu’elle ait pris le pouvoir pour augmenter le financement du Pentagone en direction de l’industrie technologique. En 2013, à la conférence Fortune Brainstorm, Doerr applaudissait « la façon dont le DARPA du Dod avait financé le GPS, la CAD, la plupart des secteurs majeurs de la science informatique et, bien sûr, Internet. »

Dès sa conception, en d’autres termes, Google a été incubé, nourri et financé par des intérêts qui étaient directement affiliés ou étroitement alignés avec la communauté US de l’espionnage, dont beaucoup étaient intégrés au Highlands Forum du Pentagone.

Google capture le Pentagone

En 2003, Google commença à customiser son moteur de recherche sous contrat spécial avec la CIA pour son Bureau de Gestion Intelink, « supervisant des intranets top-secrets, secrets et sensibles mais déclassifiés pour la CIA et d’autres agences de la communauté du renseignement, » selon Homeland Security Today. Cette année-là, le financement de la CIA était « discrètement » canalisé à travers la National Science Foundation vers des projets pouvant aider à créer « de nouvelles aptitudes pour combattre le terrorisme à travers l’usage de technologies avancées ».

L’année suivante, Google acheta la firme Keyhole, qui avait à l’origine été financée par In-Q-Tel. Se servant de Keyhole, Google commença à développer le logiciel de cartographie satellitaire avancée derrière Google Earth. L’ancienne directrice de DARPA et co-présidente du Highlands Forum Anita Jones était au conseil d’administration d’In-Q-Tel à ce moment-là, et y demeure encore aujourd’hui.

Puis, en novembre 2005, In-Q-Tel émit des notices pour la vente de $2,2 millions d’actions de Google. La relation de Google avec le renseignement US fut davantage mise en lumière quand une entreprise d’IT déclara dans une conférence privée de professionnels du renseignement, sur une base officieuse, qu’au moins une agence d’espionnage US travaillait pour « utiliser la capacité de surveillance des données [des usagers] de Google », comme élément d’un effort d’acquisition de données « d’intérêt du domaine du renseignement pour la sécurité nationale ».

Une photo sur Flickr datée de mars 2007 révèle que le directeur de recherche de Google, et expert en AI Peter Norvig, avait assisté à une réunion du Highlands Forum du Pentagone cette année-là à Carmel, en Californie. Le lien intime de Norvig avec le Forum dès cette année est également corroboré avec son rôle dans l’édition de la liste de lecture du Forum de 2007.

La photo montre Norvig en conversation avec Lewis Shepherd, qui à l’époque était officier supérieur de la technologie pour la DIA, et responsable de l’examen, de l’approbation et de l’architecture « de tous les nouveaux systèmes de hardware/software et d’acquisitions pour l’Entreprise IT de Renseignement de Défense Globale, » incluant les « technologies de très grandes quantités de données ». Shepherd travaille désormais chez Microsoft. Norvig était chercheur en informatique à l’Université de Stanford en 1991 avant de rejoindre Sun Microsystems de Bechtolsheim comme chercheur attitré jusqu’en 1994, continuant pour devenir directeur de la division d’informatique de la NASA.

Norvig apparaît sur le profil Google Plus d’O’Neill comme l’un de ses proches contacts. Un examen du reste des connexions Google Plus d’O’Neill illustre qu’il est non seulement directement lié à un large éventail de cadres de Google, mais aussi à certains des noms les plus prestigieux de la communauté technologique aux USA.

Ces connexions comprennent Michele Weslander Quaid, anciennement sous contrat avec la CIA et ancienne responsable supérieure du renseigement au Pentagone qui est aujourd’hui la responsable de la technologie chez Google où elle développe des programmes pour « satisfaire au mieux les besoins des agences gouvernementales »; Elizabeth Churchill, directrice du rapport clients chez Google; James Kuffner, un expert en robotique humanoïde qui dirige maintenant la division de robotique chez Google et qui a introduit le terme « robotique de réseau »; Mark Drapeau, directeur de l’engagement à l’innovation pour le secteur commercial public de Microsoft; Lili Cheng, directrice générale des Future Social Experiences (FUSE) Labs (Laboratoires des Futures Expériences Sociales, ndlr); Jon Udell, « l’évangaliste » de Microsoft; Cory Ondrejka, vice-président de l’ingénierie à Facebook; pour n’en nommer que quelques-uns.

En 2010, Google signa un contrat sans appel d’offres avec l’agence sœur de la NSA, la National Geospatial-Intelligence Agency (NGA, Agence Nationale de Renseignement Géospatial, ndlr). Le contrat consistait à utiliser Google Earth pour des services de visualisation pour la NGA. Google avait développé le logiciel derrière Google Earth en achetant Keyhole à la boîte de capital-risque de la CIA, In-Q-Tel.

Puis un an plus tard, en 2011, une autre des connexions Google Plus d’O’Neill, Michele Quaid – qui avait occupé des positions de cadre exécutive à la NGA, au Bureau National de Reconnaissance et au Bureau du Directeur du Renseignement National – quitta son poste gouvernemental pour devenir « l’évangéliste de l’innovation » chez Google et la personne en pointe sur la recherche de contrats auprès du gouvernement. Le dernier poste de Quaid avant son départ chez Google avait été celui de haute représentante du Directeur du Renseignement National auprès du Groupe de Travail sur le Renseignement, la Surveillance et la Reconnaissance, ainsi que conseillère supérieure du directeur du Joint and Coalition Warfighter Support (J&CWS, Soutien au Combattant de Guerre Allié et de Coalition, ndlr), auprès du sous-secrétaire à la défense pour le renseignement. Les deux postes comprenaient en leur cœur des opérations d’information. Avant de bouger chez Google, en d’autres termes, Quaid avait étroitement travaillé avec le Bureau du Sous-Secrétaire à la Défense pour le Renseignement, auquel le Highlands Forum du Pentagone est subordonné. Quaid a elle-même assisté au Forum, bien que je n’aie pu confirmer quand et combien de fois.

En mars 2012, la directrice de DARPA de l’époque Regina Dugan – qui à ce titre était aussi co-présidente du Highlands Forum du Pentagone – suivit sa collègue Quaid chez Google pour diriger le nouveau Groupe de Projets et de Technologies Avancés de l’entreprise. Pendant son temps au Pentagone, Dugan fut en pointe sur la cyber-sécurité stratégique et les médias sociaux, parmi d’autres initiatives. Elle était responsable d’avoir concentré une « part grandissante » du travail de DARPA « sur l’examen de capacités offensives pour faire face à des besoins spécifiquement militaires », assurant $500 millions de dollars de financement gouvernemental pour la recherche cybernétique de DARPA de 2012 à 2017.

En novembre 2014, l’expert éminent en AI et en robotique James Kuffner était un délégué aux côtés d’O’Neill à l’Island Forum 2014 de Highlands à Singapour, pour explorer « Le progrès en robotique et en intelligence artificielle: les implications pour la société, la sécurité et les conflits ». L’événement a inclus 26 délégués d’Autriche, d’Israël, du Japon, de Singapour, de Suède, de Grande-Bretagne et des USA, à la fois de l’insudtrie et du gouvernement. L’association de Kuffner avec le Pentagone, pour sa part, commença beaucoup plus tôt. En 1997, Kuffner était un chercheur pendant son doctorat à Stanford pour le compte d’un projet financé par le Pentagone sur des robots mobiles autonomes, sponsorisé par DARPA et l’US Navy.

Rumsfeld et la surveillance persistante

En somme, beaucoup des cadres les plus élevés dans la hiérarchie de Google sont affiliés au Highlands Forum du Pentagone qui, au cours de la croissance de Google pendant la dernière décennie, a fait surface à plusieurs reprises comme force de connexion et de rassemblement. L’incubation de Google par la communauté du renseignement US dès sa conception s’est déroulée à travers une combinaison de soutien direct et de réseaux informels d’influence financière, eux-mêmes étroitement alignés sur les intérêts du Pentagone.

Le Highlands Forum lui-même a utilisé la construction de relations informelles dans de tels réseaux privés pour réunir les secteurs de la défense et de l’industrie, permettant la fusion d’intérêts corporatistes et militaires en étendant l’appareil de surveillance dissimulé au nom de la sécurité nationale. Le pouvoir manié par le réseau fantôme représenté au Forum peut, cependant, être au mieux évalué par son impact pendant la durée des administrations Bush, quand il a joué un rôle direct pour rédiger littéralement les stratégies et les doctrines motivant les efforts US pour réussir la « supériorité de l’information ».

En décembre 2001, O’Neill confirma que les discussions stratégiques au Highlands Forum alimentaient directement la mise en revue stratégique d’Andrew Marshall de tout le Dod ordonnée par le Président Bush pour moderniser les militaires, dont la Quadrennial Defense Review (revue de la défense tous les quatre ans, ndlr) – et que certaines des premières réunions du Forum « ont abouti à la rédaction d’un ensemble de politiques, de stratégies, et de doctrines au DoD pour les forces armées dans la guerre de l’information ». Ce processus de « rédaction » des politiques de guerre de l’information du Pentagone « a été réalisé en conjonction avec des gens comprenant différemment l’environnement – pas seulement des ressortissants des USA, mais également des personnes étrangères, et des gens développant l’IT corporatiste ».

Les doctrines post-11 septembre 2001 du Pentagone pour la guerre de l’information n’étaient à cette époque pas seulement rédigées par des fonctionnaires de la sécurité nationale des USA et d’ailleurs: mais également par de puissantes entités corporatistes des secteurs de la défense et de la technologie.

En avril de cette année-là, le Gén. James McCarthy termina sa revue de transformation de la défense, ordonnée par Rumsfeld. Son rapport soulignait à plusieurs reprises la nature de la surveillance de masse comme partie intégrante de la transformation du DoD. Pour ce qui est de Marshall, son rapport pour Rumsfeld qui suivit s’en allait développer un plan directeur, pour déterminer l’avenir du Pentagone dans « l’ère de l’information ».

O’Neill avait aussi affirmé que pour développer la doctrine de la guerre de l’information, le Forum avait tenu des discussions exhaustives sur la surveillance électronique et sur « ce qui constitue un acte de guerre dans un environnement d’informations ». Des articles alimentant la politique de défense US écrits durant les années 1990 par les consultants de RAND John Arquilla et David Rondfelt, tous les deux membres de longue date du Highlands Forum, furent produits « en conséquence de ces réunions », explorant les dilemmes politiques sur la portée possible de l’objectif de « Supériorité de l’Information ». « L’une des choses qui était choquante pour le public américain était que nous ne prélèvions pas électroniquement sur les comptes de Milosevic, alors qu’en fait nous en étions capables », avait commenté O’Neill.

Malgré le fait que le processus de R&D autour de la stratégie de transformation du Pentagone demeure classée confidentielle, un indice sur les discussions du DoD ayant lieu durant cette période peut être glanée d’une monographie de recherches de l’US Army School of Advanced Military Studies (École d’Études Militaires Avancées de l’Armée US, ndlr) de 2005 dans le journal du DoD, Military Review, écrite par un officier du renseignement de l’Armée en service actif.

« L’idée de la Surveillance Persistante comme capacité transformatrice a circulé au sein de la communauté nationale du renseignement (IC) et du Ministère de la Défense depuis au moins trois ans », lisait l’article, faisant référence à l’étude de transformation commissionnée par Rumsfeld.

L’article de l’Armée poursuivait en passant en revue une gamme de documents militaires officiels de haut niveau, dont un du Bureau du Président des Chefs d’État-Major Interarmées (Joint Chiefs of Staff) qui démontrait que la « Surveillance Persistante » était un thème fondamental de la vision centrée sur l’information de la politique de défense pour tout le Pentagone.

Nous savons maintenant que deux mois avant le discours d’O’Neill à Harvard en 2001, sous le programme TIA, le Président Bush avait secrètement autorisé la surveillance domestique par la NSA des citoyens US sans autorisation préalable délivrée par un tribunal, dans ce qui semble avoir été une modification illégale du projet de récupération de données ThinThread – ainsi que l’exposèrent les lanceurs d’alerte de la NSA William Binney et Thomas Drake.

Le nœud de start-ups de la surveillance

Dès lors SAIC, le partenaire du Highlands Forum, joua dès le départ un rôle central dans l’essor de la NSA. Peu après le 11 septembre 2001 Brian Shrakey, responsable en charge du Secteur ELS3 de SAIC (qui se focalisait sur les systèmes d’IT pour les balises d’urgence), fit équipe avec John Poindexter pour proposer le programme de surveillance de TIA. Sharkey, de SAIC, avait auparavant été directeur adjoint du Bureau des Systèmes d’Information à DARPA durant les années 1990.

Pendant ce temps et à peu près au même moment, le vice-président de SAIC pour le développement d’entreprise, Samuel Visner, devint directeur des programmes de renseignements par transmissions de la NSA. SAIC faisait alors partie d’un consortium bénéficiant d’un contrat de $280 millions pour mettre au point l’un des systèmes secrets d’écoutes électroniques de la NSA. En 2003, Visner retourna à SAIC pour devenir directeur de la prévision stratégique et du développement commercial au sein du groupe de renseignement de la firme.

Cette année-là, la NSA consolida son programme TIA de surveillance électronique sans mandat, afin de garder « des traces sur les individus » par le biais de profils à risque de citoyens US et d’étrangers. Le TIA accomplissait cela en intégrant des bases de données d’archives financières, médicales, de voyages, d’éducation et autres dans une « énorme base de données virtuelle et centralisée ».

Ce fut aussi l’année où l’administration Bush esquissa sa notoire Feuille de Route des Opérations d’Information. Décrivant l’Internet comme un « système d’armement vulnérable », la feuille de route d’IO selon Rumsfeld avait plaidé que la stratégie du Pentagone « devrait être fondée sur la présomption que le Ministère [de la Défense] allait ‘combattre le Net’ comme il combattrait un système d’armement ennemi ». Les USA avaient intérêt à rechercher un « contrôle maximal » du « spectre entier de systèmes, capteurs et armes de communication émergeant au niveau mondial », plaidait le document.

L’année suivante, John Poindexter, qui avait proposé et géré le programme de surveillance TIA via son poste à DARPA, était à Singapour pour prendre part à l’Island Forum 2004 de Highlands. Parmi les autres délégués figuraient le co-président du Highlands Forum d’alors et Chief Intelligence Officer (CIO) du Pentagone Linton Wells; le président de l’entreprise notoire sur la guerre de l’information du Pentagone, John Rendon; Karl Lowe, directeur du Joint Forces Command (JFCOM) Joint Advanced Warfigthing Division; le Vice-Maréchal de l’Air Force Stephen Dalton, directeur de l’aptitude à la supériorité de l’information au Ministère de la Défense britannique; le Lt. Gén. Johan Kihl, chef d’état-major du QG du Commandant Suprême de l’armée suédoise; parmi d’autres.

Dès 2006, SAIC avait remporté un contrat à multiples millions de dollars avec la NSA pour développer un gros projet de repêchage de données dénommé ExecuteLocus, en dépit de l’échec retentissant de son projet précédent ayant coûté $1 milliard, connu sous le nom de « Trailblazer ». Des éléments centraux de TIA étaient « discrètement poursuivis » sous de « nouveaux noms de code », selon Shane Harris de Foreign Policy, mais avaient été dissimulés « derrière le voile du budget confidentiel du renseignement ». Le nouveau programme de surveillance avait alors été entièrement transféré de la juridiction de DARPA à celle de la NSA.

Ce fut aussi l’année d’encore un autre Island Forum à Singapour, dirigé par Richard O’Neill pour le compte du Pentagone, qui a compris parmi ses invités des responsables haut placés de la défense et de l’industrie issus des USA, du Royaume-Uni, de France, d’Inde et d’Israël. Les participants comptaient également parmi eux des spécialistes en technologie de Microsoft, IBM, ainsi que Gilman Louie, partenaire de la firme d’investissement technologique Alsop Louie Partners.

Gilman Louie est un ancien PDG d’In-Q-Tel – la firme de la CIA qui investit surtout dans les start-ups développant la technologie de repêchage de données. In-Q-Tel fut fondée en 1999 par le Directoire de Science et de Technologie de la CIA, sous lequel le Bureau de Recherche & Développement (ORD) – qui avait fait partie du programme MDDS finançant Google – avait opéré. L’idée était essentiellement de remplacer les fonctions naguère remplies par l’ORD, en mobilisant le secteur privé pour mettre au point des solutions de technologies de l’information pour toute la communauté de l’espionnage.

Louie avait dirigé In-Q-Tel de 1999 à janvier 2006 – y compris quand Google acheta Keyhole, le logiciel de cartographie satellitaire financé par In-Q-Tel. Parmi ses collègues au conseil d’In-Q-Tel durant cette période se trouvaient l’ancienne directrice de DARPA et co-présidente du Highlands Forum Anita Jones (qui y est toujours), ainsi que le membre fondateur du conseil d’administration William Perry: l’homme qui, dès le début, avait désigné O’Neill pour mettre en place le Highlands Forum. Se joignant à Perry comme membre fondateur du conseil d’administration d’In-Q-Tel se trouvait John Seely Brown, alors chercheur éminent chez Xerox Corp et directeur de son Centre de Recherches de Palo Alto (PARC, Palo Alto Research Center) entre 1990 et 2002, et qui est aussi de longue date membre distingué du Highlands Forum depuis son démarrage.

En sus de la CIA, In-Q-Tel a aussi été soutenu par le FBI, la NGA et la DIA, entre autres agences. Plus de 60% des investissements d’In-Q-Tel sous la direction de Louie l’ont été « dans des entreprises qui se spécialisent dans la collecte automatique, le filtrage et la compréhension d’océans d’informations », selon News21 de la Medill School of Journalism, qui releva également que Louie en personne avait reconnu qu’il n’était pas clair « si la vie privée et les libertés civiques seraient protégées » par l’usage par le gouvernement de ces technologies « pour la sécurité nationale ».

La transcription du discours de séminaire de Richard O’Neill à Harvard fin 2001 démontre que Le Highlands Forum du Pentagone avait initialement engagé Gilman Louie longtemps avant l’Island Forum, en fait peu après le 11 septembre 2001 pour explorer « ce qui se passe avec In-Q-Tel ». Cette session du Forum s’est focalisée sur la méthode pouvant « tirer avantage de la vitesse du marché commercial qui était absente au sein de la communauté scientifique et technologique de Washington », et afin de comprendre « les implications pour le DoD en termes de revue stratégique, du QDR (Quadrennial Defense Review, revue de la défense tous les quatre ans, ndlr), de l’action du Capitole et des parties concernées ». Les participants à la réunion comprenaient « des militaires haut gradés », quelques « gens de l’industrie de la défense » et divers élus US dont le Représentant Républicain au Congrès William Mac Thornberry et le Sénateur Démocrate Joseph Lieberman.

Thornberry et Lieberman sont tous les deux de farouches supporters de la surveillance par la NSA, ils ont constamment agi pour rallier du soutien à une législation pro-guerre et pro-surveillance. Les commentaires d’O’Neill indiquent que le rôle du Forum ne consiste pas seulement à permettre à des entrepreneurs corporatistes d’écrire la politique du Pentagone, mais à rallier un soutien politique aux orientations prises par le gouvernement, par le biais de la marque de fabrique d’entremetteur du Forum.

À plusieurs reprises, O’Neill a dit à son auditoire de Harvard que son boulot en tant que président du Forum était de jauger des études de cas, issues de réelles entreprises de l’ensemble du secteur privé, telles eBay et Human Genome Sciences, afin d’évaluer les bases d’une « Supériorité de l’Information » US – « comment dominer » le marché de l’information – et de s’en servir aux fins de « ce que veulent faire le président et le ministre de la défense vis-à-vis de la transformation du DoD et de la revue stratégique ».

En 2007, un an après la réunion de l’Island Forum incluant Gilman Louie, Facebook reçut son second versement de $12,7 millions de financement de la part d’Accel Partners. Accel était dirigé par James Breyer, ancien président de la National Venture Capital Association (NVCA, association nationale de capital-risque, ndlr) où Louie avait aussi siégé au conseil d’administration quand il était encore PDG d’In-Q-Tel. Louie et Breyer avaient tous deux siégé ensemble au conseil de BBN Technologies – qui avait recruté l’ancienne patronne de DARPA et tutrice d’In-Q-Tel, Anita Jones.

La fournée de 2008 de financement de Facebook qui s’élevait à $27,5 millions fut emmenée par Greylock Venture Capital. Les partenaires principaux de la firme comptent en leur sein Howard Cox, un autre ancien président de NVCA qui siège également au conseil d’administration d’In-Q-Tel. Hors Breyer et Zuckerberg, le seul autre membre du conseil d’administration de Facebook est Peter Thiel, co-fondateur de l’entreprise de défense Palatir qui fournit toutes sortes de technologies d’extraction et de visualisation de données au gouvernement US, à des agences militaires et d’espionnage dont la NSA et le FBI, et qui fut elle-même nourrie jusqu’à la viabilité financière par des membres du Highlands Forum.

Les co-fondateurs de Palatir Thiel et Alex Karp ont rencontré John Poindexter en 2004, selon Wired, la même année où Poindexter avait assisté à l’Island Forum de Highlands à Singapour. Ils se sont vus au domicile de Richard Perle, un autre acolyte d’Andrew Marshall. Poindexter aida Palantir à ouvrir des portes, et à réunir « une légion d’avocats des plus hautes strates du gouvernement ». Thiel rencontra également Gilman Louie d’In-Q-Tel, s’assurant du soutien de la CIA lors de cette phase précoce.

Et ainsi nous avons bouclé la boucle. Des programmes d’extraction de données comme ExecuteLocus et d’autres qui lui sont liés, qui furent développés tout au long de cette période, ont apparemment posé les fondations des nouveaux programmes de la NSA qui seront éventuellement dévoilés par Edward Snowden. En 2008, alors que Facebook recevait sa fournée suivante de financement de Greylock Venture Capital, des documents et des témoignages de lanceurs d’alerte ont confirmé que la NSA ressuscitait effectivement le projet TIA avec une attention donnée à l’extraction de données sur Internet via une surveillance intensive des emails, des messages texte et des navigations sur le Web.

Grâce à Snowden, maintenant nous savons aussi que le système d’exploitation d’ « Intelligence de Réseau Numérique » XKeyscore de la NSA était conçu pour permettre aux analystes non seulement de fouiller de telles bases de données d’Internet que celles des emails, des discussions en ligne et des historiques de navigation, mais aussi les services téléphoniques, la piste audio des téléphones mobiles, les transactions financières et les communications mondiales des transports aériens – grosso modo la totalité de la grille mondiale de télécommunications. SAIC, le partenaire du Highlands Forum y a joué, parmi d’autres entreprises, un rôle de premier plan en produisant et en administrant XKeyscore de la NSA, et fut récemment mis en cause dans le hack par la NSA du réseau privé Tor.

Le Highlands Forum du Pentagone a donc été intimement mêlé à tout ceci comme réseau entremetteur – mais aussi très directement. Venant confirmer son rôle essentiel dans l’expansion de l’appareil de surveillance mondiale emmené par les USA, le co-président d’alors du Forum, le CIO du Pentagone Linton Wells, déclara à FedTech Magazine en 2009 qu’il avait supervisé la mise en application d’une « impressionnante architecture à long terme l’été dernier qui fournira jusqu’aux alentours de 2015 une sécurité de plus en plus sophistiquée ».

La connexion Goldman-Sachs

Lorsque j’interrogeai Wells sur l’influence exercée par le Forum sur la surveillance de masse aux USA, il ne me répondit que pour m’informer qu’il préférait ne pas commenter, et qu’il ne dirigeait plus le groupe.

Comme Wells n’est plus au gouvernement, il fallait s’y attendre – mais il est encore connecté à Highlands. À partir de septembre 2014, après avoir livré son important papier blanc sur la transformation du Pentagone, il rejoignit l’Initiative de Cyber-Sécurité (CySec) de l’Institut d’Études Internationales de Monterey (MIIS, Monterey International Institute for International Studies, ndlr) en tant que membre honoraire distingué.

Malheureusement, il ne s’agissait pas là d’une façon de rester actif pendant sa retraite. Le geste de Wells a souligné que le Pentagone conçoit que la guerre de l’information ne concerne pas que la surveillance, mais l’exploitation de la surveillance pour influencer à la fois le gouvernement et l’opinion publique.

L’initiative CySec du MIIS est désormais officiellement associée au Highlands Forum du Pentagone à travers un Protocole d’Accord signé avec la principale du MIIS, le Dr. Amy Sands, qui siège au Comité Consultatif de Sécurité Internationale du Ministre des Affaires Étrangères (Secretary of State’s International Security Advisory Board, ndlr). Le site web de CySec au MIIS déclare que le Protocole d’Accord signé avec Richard O’Neill:

… pose les jalons des réunions conjointes à venir du CySec du MIIS et du Highlands Group, qui exploreront l’impact de la technologie sur l’engagement en matière de sécurité, de paix et d’information. Pendant presque 20 ans le Highlands Group a engagé le secteur privé et des dirigeants du gouvernement dont le Directeur du Renseignement National, DARPA, le Bureau du Ministre de la Défense, le Bureau du Ministre à la Sécurité du Territoire et le Ministre de la Défense de Singapour dans des conversations créatives pour encadrer les domaines de la politique et de la recherche technologique.

Qui est le mécène financier de la nouvelle initiative conjointe de Highlands du Pentagone et de CySec au MIIS? Selon le site de CySec au MIIS, l’initiative fut lancée « à travers une donation généreuse de capital de départ provenant de George Lee. » George C. Lee est un associé principal chez Goldman-Sachs, où il est le directeur principal de l’information de la division d’investissement bancaire, et président de Global Technology, Media and Telecom (TMT) Group.

Mais voici le meilleur. En 2011, ce fut Lee qui élabora l’estimation de Facebook à $50 milliards, et qui s’était précédemment occupé des contrats d’autres géants du secteur connectés à Highlands tels Google, Microsoft et eBay. Le patron de Lee à l’époque, Stephen Friedman, un ex-PDG et président du conseil de Goldman-Sachs puis plus tard associé principal du conseil exécutif de la firme, avait également été membre fondateur du conseil d’In-Q-Tel aux côtés du grand seigneur du Highlands Forum William Perry et du membre du Forum John Seely Brown.

En 2001, Bush nomma Stephen Friedman au Comité Consultatif sur le Renseignement du Président (President’s Intelligence Advisory Board, ndlr), puis ensuite à la présidence de ce comité de 2005 à 2009. Friedman avait précédemment été membre, avec Paul Wolfowitz et d’autres, de la commission d’enquête présidentielle de 1995-6 sur les capacités US en termes de renseignement, et en 1996 du Jeremiah Panel qui produisit un rapport pour le Directeur du Bureau National de Reconnaissance (NRO) – l’une des agences de surveillance branchée au Highlands Forum. Friedman siégea au Jeremiah Panel avec Martin Faga, alors vice-président et directeur général du Centre pour des Systèmes de Renseignement Intégrés de MITRE Corp – où Thuraisingham; qui avait dirigé le programme CIA-NSA-MDDS inspirateur de l’extraction de données contre-terroristes de DARPA, avait aussi été ingénieur en pointe.

Dans les notes en bas de page d’un chapitre du livre, Cyberspace and National Security (Cyber-espace et Sécurité Nationale, ndlr) (Georgetown University Press), le cadre de SAIC/Leidos Jeffrey Cooper révèle qu’un autre associé principal de Goldman-Sachs, Philip J. Venables – qui en tant que directeur principal au risque informatique dirige les programmes de sécurité informatique de la firme – livra une présentation au Highlands Forum de 2008 lors de ce qui fut intitulé une « Session d’Enrichissement sur la Dissuasion ». Le chapitre de Cooper puise dans la présentation de Venables à Highlands « avec autorisation ». En 2010, Venables prit part avec son patron du moment Friedman à une réunion de l’Institut d’Aspen sur l’économie mondiale. Au cours des dernières années, Venables a également siégé à divers comités d’attribution de prix de la NSA sur la cybersécurité.

En somme, la firme responsable de la création des fortunes milliardaires à sensations du 21è siècle, de Google à Facebook, est intimement liée à la communauté US du renseignement militaire; avec Venables, Lee et Friedman liés soit directement au Highlands Forum du Pentagone, soit à des membres distingués de celui-ci.

Combattre la terreur avec la terreur

La convergence de ces intérêts militaires et financiers puissants autour du Highlands Forum, à travers l’appui de George Lee au nouveau partenaire du Forum, l’initiative CySec du MIIS, est en elle-même révélatrice.

La directrice de CySec au MIIS, le Dr. Itamara Lochard, fait depuis longtemps partie du décor à Highlands. Elle « présente [régulièrement] les recherches en cours sur les acteurs non-étatiques, la gouvernance, la technologie et les conflits au Bureau US du Highlands Forum au Ministère de la Défense », selon sa biographie de Tufts University. Aussi, elle « conseille régulièrement des officiers combattants US » et se spécialise dans l’étude de l’usage de la technologie de l’information par « des groupes sous-étatiques violents et non-violents ».

Le Dr. Lochard entretient une base de données sur 1700 acteurs non-étatiques comprenant « des insurgés, des milices, des terroristes, des organisations criminelles complexes, des gangs organisés, des cyber-acteurs malveillants et des acteurs non-violents stratégiques », afin d’analyser leurs « schémas d’organisation, leurs domaines de coopération, leurs stratégies et leurs tactiques ». Prenez bien note, ici, de la mention « acteurs non-violents stratégiques » – ce qui couvre peut-être des ONGs et autres groupes ou organisations engagées dans une activité ou une campagne politique et sociale, à en juger par le centre d’attention d’autres programmes de recherche du DoD.

À partir de 2008, Lochard a été professeure adjointe à l’Université US des Opérations Spéciales Conjointes (US Joint Special Operations University) où elle enseigne un cours avancé top secret en « Guerre Irrégulière », qu’elle a conçu pour les officiers supérieurs des Forces Spéciales US. Elle avait auparavant enseigné des cours sur la « Guerre Interne » pour des « officiers politico-militaires » supérieurs de divers régimes du Golfe Persique.

Ses points de vue dévoilent une grande part de ce que le Highlands Forum a défendu toutes ces années. En 2004, Lochard a co-écrit une étude pour l’Institut de l’US Air Force pour les Études de Sécurité Nationale (US Air Force Institute for National Security Studies, ndlr) sur la stratégie US envers les « groupes armés non-étatiques ». L’étude arguait d’une part que les groupes armés non-étatiques devaient être d’urgence reconnus comme une « priorité sécuritaire de premier niveau », et d’autre part que la prolifération de groupes armés « fournit des opportunités stratégiques qui peuvent être exploitées pour appuyer l’application d’objectifs politiques. Il y a eu et il y aura des occasions où les États-Unis peuvent trouver que la collaboration avec un groupe armé est dans son intérêt stratégique ». Mais « des outils sophistiqués » doivent être développés pour différencier les groupes entre eux et comprendre leurs dynamiques, pour déterminer quels groupes doivent être contrés, et lesquels peuvent être exploités au bénéfice des intérêts des objectifs US de politique extérieure ».

En 2008, WikiLeaks dévoila au public un manuel de terrain confidentiel des Opérations Spéciales de l’armée US, qui démontrait que la façon de penser promue par le genre d’expert de Highlands qu’est Lochard avait été adoptée à la lettre par les forces spéciales US.

Le travail de Lochard démontre ainsi que le Highlands Forum se tenait au croisement de la stratégie avancée du Pentagone sur la surveillance, les opérations secrètes et la guerre irrégulière: la mobilisation de la surveillance de masse pour développer des informations détaillées sur des groupes violents et non-violents perçus comme potentiellement menaçants pour les intérêts US, ou offrant des opportunités d’exploitation, versant directement dans les opérations secrètes US.

Ceci, en fin de compte, est la raison pour laquelle la CIA, la NSA et le Pentagone ont enfanté Google. Afin qu’ils puissent mener leurs sales guerres secrètes avec encore plus d’efficacité que jamais auparavant.

Source: https://medium.com/@NafeezAhmed/how-the-cia-made-google-e836451a959e

Le Dr. Nafeez Ahmed est un journaliste d’investigation, auteur à succès et spécialiste de la sécurité internationale. Ancien auteur au Guardian, il écrit la chronique « System Shift » pour le Motherboard de VICE et est également chroniqueur pour le Middle East Eye. Il est le lauréat d’un Project Censored Award en 2015 pour un journalisme d’investigation exceptionnel, en vertu de son travail au Guardian.

Nafeez a également écrit pour The Independent, le Sydney Morning Herald, The Age, The Scotsman, Foreign Policy, The Atlantic, Quartz, Prospect, New Statesman, Le Monde Diplomatique, New Internationalist, Counterpunch, Truthout, parmi d’autres. Il est l’auteur de « Un guide de l’utilisateur à la crise civilisationnelle: et comment la sauver » (2010), du roman de science-fiction ZERO POINT, entre autres livres. Son travail sur les causes premières et les opérations secrètes en lien au terrorisme international ont officiellement contribué à la Commission du 11 septembre sur les attentats du World Trade Center et à l’enquête du Coroner sur les attentats de Londres.

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