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Colonialisme et guerre impérialiste: Opération Condor 2.0 en marche contre le Venezuela… pétrole oblige (RT)

Posted in actualité, canada USA états coloniaux, chine colonialisme, CIA et traffic de drogue, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 8 juin 2019 by Résistance 71


… aussi au Venezuela

 

Armées des ombres: paramilitaires, mercenaires et forces spéciales au Venezuela

 

Romain Mingus (RT)

 

7 juin 2019

 

url de l’article:

https://francais.rt.com/opinions/62807-armee-ombres-paramilitaires-mercenaires-forces-speciales-venezuela

 

Mercenaires, forces spéciales étrangères… à qui Washington essaie-t-il d’avoir recours pour arriver à ses fins au Venezuela? Romain Migus poursuit son analyse.

Le 14 mars 2018, Erick Prince, le fondateur de l’entreprise militaire privée Academi (NdR71: ex-Blackwater), réunissait une centaine de personnalités dans son ranch de Virginie. L’invité d’honneur, ce jour-là, n’était autre que Oliver North, figure principale avec Elliott Abrams, l’actuel envoyé spécial des Etats-Unis pour le Venezuela, de la sale guerre contre le Nicaragua dans les années 80. Ce retour de Erick Prince sous le feu des projecteurs, après sa mise à l’écart des administrations états-uniennes (tout comme son collègue Abrams), aurait dû être un signal d’alerte. Mais ce n’est qu’un an plus tard que l’on apprendra que le fondateur d’Académi se disposait à recruter 5 000 mercenaires pour le compte de Juan Guaido. Ce plan macabre n’aurait, pour l’instant, trouvé ni l’écho de la Maison Blanche, pourtant sensible à l’influence de Prince, ni le financement nécessaire de 40 millions de dollars, somme ridicule si l’on tient compte du vol de plusieurs milliards de dollars appartenant à l’Etat vénézuélien par l’administration étatsunienne.

Pourtant, le recrutement de mercenaires a déjà commencé. Le 29 novembre 2018, le président Maduro dénonçait lors d’une allocution télévisée la constitution d’un bataillon de 734 chiens de guerre sur les bases militaires d’Eglin en Floride et de Tolemaida en Colombie. Le 23 mars 2019, le ministre de la Communication, Jorge Rodriguez, annonçait que 48 mercenaires recrutés au Salvador, au Honduras et au Guatemala étaient rentrés sur le territoire vénézuélien, dans le but d’y commettre des attentats contre les hautes autorités du pays, ainsi que des actes de sabotages, et d’opérations sous fausses bannières. Selon les services de renseignement du Venezuela, ces mercenaires avaient été recrutés par Roberto Marrero, bras droit de Juan Guaido. Que ce soit via Erick Prince ou par d’autres modalités, le recrutement de mercenaires afin de déstabiliser le Venezuela, est une sinistre réalité.

Le jour de l’arrestation de Marrero, les services de sécurité vénézuéliens ont capturé Wilfrido Torres Gómez alias Necocli, le chef de la bande narcoparamilitaire colombienne «Los Rastrojos». Comme les mercenaires, les paramilitaires colombiens sont un acteur étranger fondamental de la future armée dont pourrait disposer Guaido.

Le jour de l’arrestation de Marrero, les services de sécurité vénézuéliens ont capturé Wilfrido Torres Gómez alias Necocli, le chef de la bande narcoparamilitaire colombienne «Los Rastrojos». Comme les mercenaires, les paramilitaires colombiens sont un acteur étranger fondamental de la future armée dont pourrait disposer Guaido.

Les paramilitaires sont une excroissance du conflit colombien. D’abord créés par des propriétaires terriens et des militaires, ou dans le sillage des cartels de la drogue, ces groupes chargés des besognes les plus inavouables, se sont rassemblés sous le commandement des Autodéfenses Unies de Colombie (AUC). De 1997 à 2006, ils firent régner la terreur en déplaçant des populations entières sur le territoire colombien, et se chargeant des exactions que ne voulaient pas assumer les services de l’Etat. Sous le gouvernement d’Alvaro Uribe (2002-2010), les paramilitaires ont acquis une véritable prestance sur la scène politique, en tissant des liens avec des responsables politiques et économiques et allant même jusqu’à financer un tiers des parlementaires de ce pays, comme l’ont montré les documents saisis dans l’ordinateur du chef paramilitaire Jorge 40. Si leur activité principale reste liée au trafic de cocaïne, les paramilitaires agissent comme un Etat parallèle et influent. Dotés d’une autorité acquise au moyen d’une violence extrême et d’une terreur psychologique, ils imposent leurs normes sociales, politiques et économiques sur les territoires qu’ils contrôlent. La «démobilisation» des AUC en 2006 a eu pour conséquence l’implosion en plus petites structures, qui ont gardé le même modus operandi.

Les paramilitaires colombiens arrivent au Venezuela après le coup d’Etat contre Hugo Chávez en 2002. D’abord comme tueurs à gage de certains propriétaires terriens, soucieux d’éliminer les leaders paysans qui revendiquaient l’application de la réforme agraire. Ils commencent alors à investir certains quartiers des grandes villes tout en restant très actifs à la frontière colombienne.

Ils deviennent connus des vénézuéliens en mai 2004, après que 124 paramilitaires furent arrêtés dans les alentours de Caracas. Ils avaient été amenés par Roberto Alonso, un politicien d’opposition, dans le but d’assassiner Hugo Chávez et de hauts responsables de la Révolution. Au fil des ans, leur présence s’est confortée le long de la frontière, ainsi que dans certains quartiers des grandes villes où ils ont constitué plusieurs cellules dormantes. Sans oublier l’axe de communication stratégique menant des Andes à la côte caribéenne, couloir primordial pour la distribution de la cocaïne. C’est sur cette portion de territoire qu’ont d’ailleurs été arrêtés ou abattus la plupart des dirigeants paramilitaires qui se trouvait au Venezuela. C’est aussi sur cet axe que se trouvent, et ce n’est pas un hasard, les villes où ont eu lieu les affrontements les plus rudes lors des guarimbas de 2014 et 2017.

A la différence du crime organisé «classique», les paramilitaires disposent d’une hiérarchie militaire*, d’un appareil de renseignement, d’un armement conséquent, mais surtout agissent en fonction d’une politisation marquée par leur anticommunisme, acquise dès leur genèse dans la lutte contre les guérillas. Ils imposent leur orientation idéologique aux populations qu’ils soumettent.  A la différence de la pègre, ils gardent de très bonnes relations avec les élites colombiennes, pour qui ils jouent le rôle d’une armée parallèle. Leur utilisation contre le Venezuela permettrait à la Colombie de ne pas dégarnir les fronts internes que son armée maintient avec la guérilla.

A la frontière avec le Venezuela, les paramilitaires contrôlent le trafic de drogue, ainsi que la contrebande d’essence et d’aliments. Comme nous l’a rappelé Freddy Bernal dans une interview exclusive : «La Colombie produit 900 tonnes de cocaïne. Pour produire un kilo, tu as besoin de 36,5 litres d’essence et la Colombie n’en produit pas suffisamment. Les paramilitaires sont chargés d’acheminer par contrebande 36 millions de litres d’essence en provenance du Venezuela et destinés en grande partie à la production de cocaïne», et en retour contrôlent la distribution de drogue dans le pays voisin, par le biais des bandes criminelles vénézuéliennes.

Les affrontements de l’Etat bolivarien avec les paramilitaires sont de plus en plus récurrents. Non seulement pour lutter contre leurs multiples trafics mais surtout pour défendre la souveraineté de l’Etat sur le territoire. Selon Freddy Bernal, «les paramilitaires jouent le même rôle que celui qu’a tenu Daesh en Irak, en Libye et en Syrie. Ils visent à fragmenter notre territoire. C’est le Daesh d’Amérique Latine». Ils sont un rouage essentiel dans l’atomisation de l’Etat-Nation vénézuélien, un des objectifs majeurs de la guerre qui s’annonce.

De Roberto Alonso à Roberto Marrero, il existe de nombreux exemples montrant que les paramilitaires colombiens sont en lien avec l’opposition vénézuélienne. Mais ils répondent aussi aux desseins du Pentagone dans ses actions planifiées contre le Venezuela. Comme nous l’a révélé un document du SouthCom, la force militaire des Etats-Unis responsable de l’Amérique latine, les stratèges militaires étatsuniens préconisent de «recruter des paramilitaires principalement dans les camps de réfugiés de Cúcuta, La Guajira et le nord de la province de Santander, vastes zones peuplées de citoyens colombiens qui avaient émigré au Venezuela et maintenant rentrent au pays, pour fuir un régime qui a augmenté l’instabilité aux frontières, en mettant à profit l’espace vide laissé par les FARC, l’ELN toujours belligérant, et les activités [paramilitaires] dans la région du cartel du Golfe».

Comme on peut le voir, les Etats-Unis et leurs alliés latino-américains disposent déjà d’une armée. Celle-ci est composée d’une poignée de déserteurs et de combattants civils vénézuéliens, de membres du crime organisé, de mercenaires étrangers et de paramilitaires colombiens, le tout structuré par des forces spéciales des Etats-Unis, déjà présentes dans la région, et de l’appui tactique des armées des pays limitrophes. D’autres acteurs pourraient même s’inviter dans ce conflit. Ce qui expliquerait la présence de plusieurs centaines de militaires israéliens au Brésil et au Honduras.

L’armement de cette force militaire irrégulière est lui aussi en cours. Comme l’a dénoncé le gouvernement russe par la voix de  Maria Zakharova, porte-parole du ministère des affaires étrangères de ce pays : «Les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN étudient actuellement la possibilité d’acquérir dans un pays d’Europe de l’Est d’un lot important d’armes et de munitions destinés aux opposants vénézuéliens. Il s’agit de mitrailleuses lourdes, de lance-grenades intégrés et automatiques, de missiles sol-air portables, de différentes munitions pour armes à feu et de pièces d’artillerie. Cette cargaison devrait être transportée au Venezuela via le territoire d’un pays voisin à l’aide d’avions-cargos de l’entreprise d’Etat ukrainienne Antonov.» Pas besoin d’être un expert militaire pour comprendre que ce type d’arsenal est le même que celui utilisé par les belligérants qui combattent la République Arabe Syrienne. Dans ce cas de figure, les Etats-Unis ou les pays voisins n’auraient même pas à assumer un rôle protagonique de premier plan dans la guerre irrégulière contre le Venezuela.

Dans le cas où l’étranglement économique, politique et financier du Venezuela ainsi que les différentes pressions psychologiques et diplomatiques ne parviendraient pas à renverser le président Maduro, alors le scénario que nous décrivons s’appliquera immanquablement. Les différentes composantes du front militaire auront la tâche de morceler le Venezuela, sans forcément répondre à un commandement central, mais avec l’objectif commun de rendre impossible le contrôle du territoire par le pouvoir légitime. Il convient maintenant d’analyser les stratégies pour arriver à de telles fins.

(*) Note de R71:
Les groupes paramilitaires, devenus une spécialité créative de la CIA depuis l’opération Condor des années 70, sont partout du Mexique au Chili. Ces groupes criminels liés par essence au narco-trafic (gérée par la CIA et rendant compte à la Maison Blanche) sont ceux qui harcèlent sans cesse les mouvements d’autonomie natifs au Mexique (Chiapas, Oaxaca, Guerrero), au Guatemala, au Brésil, en Argentine, au Chili etc… Ces groupes sont partie intégrante du programme de « contre-insurrection » de la CIA (COINTELPRO) dans tous les pays au sud de sa frontière. Au Moyen-Orient, de tels groupes furent créés par cette même CIA et les forces spéciales de l’OTAN et sont connues sous les dénominations d’Al Nosra et de l’EIIL ou Daesh de son acronyme arabe et tous les groupes affiliés…

 

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Guerre impérialiste au Moyen-Orient : La marchandise à tout va… Les mercenaires de Blackwater forment Daesh en Irak…

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Gilets Jaunes !… Le jour où les mercenaires de Blackwater (et autres) viendront faire le « maintien de l’ordre oligarchique » dans les rues des villes de France n’est non seulement plus de la « science-fiction », mais sûrement plus proche qu’on ne le croit…
La dictature marchande ne peut plus qu’employer des mercenaires à tous les niveaux pour faire un boulot de plus en plus sale et qui salira aussi de plus en plus…

Le mercenariat est le passage obligé de la dictature de la marchandise en mouvement, nous le disons depuis des années, les jours de la flicaille d’état sont comptés, bientôt l’ordre fasciste marchand sera maintenu par les hordes de mercenaires qui ne rendront compte qu’aux entreprises transnationales qui les emploient. Blackwater / Academi ou quelque soit le nom actuel de cette entité, en est le meilleur exemple. N’oublions pas que l’entité mercenaire a créé une entreprise en Chine et sera (grassement) payée pour assurer la protection de la « nouvelle route de la soie » chinoise… L’empire en mutation et ses armées privées se mettent en place. La Chine est entrée au capital de Blackwater depuis 2017.

« Blackwater en route pour la Chine » (février 2017)

Il ne tient qu’à nous de dire NON ! Assez ! ¡Ya Basta! En masse…
A bas l’État, à bas les institutions, à bas la société marchande, à bas l’argent, à bas le salariat ! Pour que vive la Commune des communes libres, la société des sociétés de notre humanité émancipée en enfin épanouie. Tout le reste n’est que pisser dans un violon !

~ Résistance 71 ~

 


Erik Prince… Prince de Chine avec Blackwater/Academi

 

Blackwater revient en Irak… pour entraîner les djihadistes takfiristes (Daesh)

 

Al Manar

 

6 mai 2019

 

url de l’article: http://french.almanar.com.lb/1352760

 

Le tristement célèbre groupe paramilitaire américain Blackwater est retourné en Irak pour former des miliciens jihadistes takfiristes contre le gouvernement irakien, a révélé le journal libanais al-Akhbar, le samedi 4 mai.

Selon le rapport, une source proche du chargé de mission étatsunien en Irak, Judy Hood, a déclaré que Blackwater a transféré des équipements militaires étatsuniens depuis la Jordanie à destination de la province occidentale d’al-Anbar, en pleine coordination avec la base de Ain al-Assad, ajoutant que la compagnie forme actuellement les terroristes de l’EI dans cette base.

A la foi de sources sur le terrain, le journal libanais ajoute que durant les affrontements à Baghouz, la dernière poche de Daech à Deir Ezzor, des camions escortés par des véhicules américains ont transporté des miliciens de Daech depuis cette ville en direction de Ain al-Assad.

L’information de retour de Blackwater en Irak avait auparavant été rendue publique par le site en ligne de la télévision qatarie al-Jazeera, se fiant au site américain BuzzFeed News. Selon ce dernier, c’est la sénatrice américaine Jan Schakowski qui est derrière cette révélation, indiquant qu’il s’est fait  cette fois-ci sous une nouvelle appellation, « Frontier Services Group»

Le 29 avril dernier, BuzzFeed  a assuré que le fondateur de cette société Eric Prince a créé une nouvelle société sécuritaire dans le sud de l’Irak, et plus précisément dans la région de Bassorah, riche en pétrole.

Avec son quartier général à Hong Kong et une succursale aux Emirats arabes unis, elle serait financée par des capitaux chinois, d’après BuzzFeed News.

Blackwater avait été expulsé d’Irak en 2007, après des tirs de feu meurtriers perpétrés contre 14  civils à Bagdad.  Pour échapper aux poursuites judiciaires, elle a opéré un premier changement d’appellation vers Academi.

 

Ingérence impérialiste en Chine: La CIA utilise la Turquie pour implanter des groupes terroristes au Xinjiang

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La CIA utilise la Turquie pour faire pression sur la Chine

 

Thierry Meyssan

 

19 février 2019

 

url de l’article original: 

https://www.voltairenet.org/article205216.html

 

Alors que la Turquie s’était économiquement rapprochée de la Chine pour résoudre sa crise économique, elle a publiquement dénoncé la répression des Ouïghours en s’appuyant sur de fausses informations. Beijing a répliqué très sèchement. Tout se passe comme si, une fois Daesh disparu en Iraq et en Syrie, Ankara reprenait les actions secrètes pour le compte de la CIA, cette fois au Xinjiang.

> Depuis plusieurs semaines, la presse turque évoque le sort des Ouïghours, cette population turcophone et musulmane de Chine. Les partis politiques d’opposition, y compris les kémalistes, ont dénoncé à qui mieux mieux la répression Han de cette minorité et de sa religion.

Cette effervescence fait suite 

  • Au rapport de la Jamestown Foundation sur les « 73 centres de détention secrets chinois » [1] ; 
  • À la campagne de Radio Free Asia, qui a diffusé de nombreux interviews d’anciens prisonniers des camps chinois et est allée jusqu’à prétendre que la Chine interdisait le Coran (sic) [2] ; 
  • À la campagne, lancée le 13 novembre 2018, par les États-Unis et leurs alliés au Conseil des Droits de l’homme de Genève contre la répression de l’islam en Chine [3] ; 
  • Et à l’audition, organisée à Washington le 28 novembre 2018, par le sénateur Marco Rubio (R-FL) et le représentant Chris Smith (R-NJ) devant la Commission conjointe du Congrès et de l’Exécutif sur la Chine (Congressional-Executive Commission on China — CECC) sur « La répression des religions par le Parti communiste chinois » [4]. On y apprenait qu’un à trois millions d’Ouïghours seraient soumis à des tortures électriques dans des camps de rééducation. 
  • Ces imputations ont été reprises par Amnesty International et Human Rights Watch.

C’est dans ce contexte que le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hami Aksoy, a publié le 9 février 2019 un communiqué dénonçant officiellement la « sinisation (…) des identités ethniques, religieuses et culturelles des Turcs Ouïghours » et la mort en prison du célèbre poète Abdurehim Heyit qui y purgeait « huit ans » de réclusion « pour une de ses chansons » [5].

Cette prise de position a éclaté comme un coup de tonnerre entre Ankara et Beijing : depuis que le président Donald Trump avait retiré le soutien US à l’économie turque, le pays s’était tourné vers la Chine, en août 2018, et ne peut plus vivre sans elle.

Le lendemain soir, la Chine publiait une vidéo de 26 secondes du prétendu mort. Il y déclarait : « Mon nom est Abdurehim Heyit. Aujourd’hui est le 10 février 2019. Je fais l’objet d’une procédure d’investigation pour suspicion de violation des lois nationales. Je suis maintenant en bonne santé et je n’ai jamais été abusé ».

Le surlendemain, 11 février, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, se livrait à une sévère critique des « erreurs » et de « l’irresponsabilité » de la Turquie [6].

Si l’emprisonnement d’au moins 10 000 Ouïghours impliqués dans des activités terroristes est attesté, le chiffre de 1 à 3 millions de prisonniers ne l’est absolument pas.

Déjà le 1er juin 2017 et le 13 décembre 2018, le gouvernement chinois avait diffusé deux documents, l’un sur Les Droits de l’homme au Xinjiang [7] et l’autre sur La Protection de la Culture et le Développement au Xinjiang [8].

Cependant, le Parti communiste ne sait pas trop comment gérer l’islam politique. Il aborde cette question avec un passé particulier, celui de la Révolution culturelle et de l’interdiction non pas de l’islam, mais de toutes les religions. Après avoir établi la liberté en la matière, il voit resurgir les divisions de la Guerre civile, et les attentats jihadistes se multiplier [9]. Le 1er février 2018, il a lancé une nouvelle politique religieuse visant à assimiler l’islam en supprimant certaines pratiques identitaires [10]. Ainsi les membres du Parti doivent montrer l’exemple en refusant de manger halal. Il n’en reste pas moins que 24 400 mosquées sont ouvertes au Xinjiang pour les 13 millions de musulmans.

Depuis vingt-cinq ans, des organisations ouïghoures revendiquent de créer un État indépendant, d’abord laïque et désormais « islamique » (au sens politique et non pas religieux des Frères musulmans), le Turkestan oriental (selon l’appellation médiévale du Xinjiang). Elles ont immédiatement bénéficié du soutien de la CIA contre les autorités de Beijing.

  • En 1997, le Mouvement islamique du Turkestan oriental (MITO) est créé et part se former en Afghanistan auprès des Talibans et de certains éléments d’Al-Qaïda. Il ressortit à l’islam politique et est directement financé par la CIA. 
  • En septembre 2004, un « gouvernement du Turkestan oriental en exil » est fondé à Washington par Anwar Yusuf Turani. Il reconstitue l’alliance du Kuomintang avec le Dalaï Lama et Taïwan, dans le prolongement de la guerre civile chinoise (1927-1950). 
  • En novembre de la même année, un Congrès mondial des Ouïghours est créé à Munich, dont Rebiya Kadeer deviendra présidente. Il promeut un séparatisme ethnique. 

Ces deux dernières entités sont financées par la National Endowment for Democracy, une agence des « Cinq Yeux » [11].

De graves émeutes ont éclaté au Xinjiang, d’abord en février 1997, puis en juillet 2009. Les manifestants se réclamaient à la fois du séparatisme ouïghour, de l’anticommunisme du Kuomintang et de l’islam politique.

Beijing a ramené le calme en accordant divers privilèges aux Ouïghours, les dispensant par exemple de la politique de l’enfant unique (aujourd’hui abandonnée) [12].

La campagne états-unienne contre la répression des Ouïghours semble contredite par l’investissement d’Erik Prince, fondateur de Blackwater, auprès des autorités du Xinjiang [13]. Or Prince n’est pas simplement le principal homme d’affaire spécialisé dans la création d’armées privées, il est aussi le frère de Betsy DeVos, secrétaire à l’Éducation de Donald Trump. Ses agents de sécurité seraient des mercenaires agissant pour le compte du Bingtuan, une milice Han du Xinjiang.

Il se trouve que, durant les années 90, alors que l’actuel président turc Recep Tayyip Erdoğan était le chef de la Millî Görüs et le maire d’Istanbul, il fournissait une base arrière à divers mouvements terroristes islamistes, qu’ils soient tatars, tchétchènes ou ouïghours [14].

La question se pose donc : la déclaration turque contre la répression han des Ouïghours est-elle une simple prise de position intérieure pour ne pas se laisser déborder par les partis d’opposition ou est-elle une nouvelle politique de l’État, conforme aux responsabilités antérieures du président Erdoğan dans le dispositif terroriste de la CIA ?

Le Mouvement islamique du Turkestan oriental (MITO) a été très actif durant la guerre contre la Syrie, avec le soutien des services secrets turcs (MİT). Depuis de nombreux mois, 18 000 Ouïghours (dont au moins 5 000 combattants jihadistes) vivent en vase clos à al-Zambari, une ville syrienne à la frontière turque, dans le gouvernorat d’Idleb. Ils s’y maintiennent avec l’aide des Forces spéciales allemandes et françaises [15].

Alors que le président Donald Trump entreprend un bras de fer commercial avec Beijing, tout se passe comme si une réconciliation était intervenue entre la CIA et la Turquie prévoyant la reprise des actions secrètes contre la Chine.

[1] “List of government bids related to re-education facilities”, Jamestown Foundation, May 15, 2017.

[2] « Selon Washington, Pékin vient d’interdire le Coran (sic) », Réseau Voltaire, 5 octobre 2017.

[3] « Campagne occidentale pour les Droits des islamistes chinois », Réseau Voltaire, 15 novembre 2018.

[4] Cette commission, créée en 2001, est composée de 15 membres : 5 pour le Sénat, 5 pour la Chambre des Représentants et 5 pour le gouvernement fédéral. L’administration Trump n’a pas désigné de personnalités pour y siéger.

[5] « La Turquie condamne la Chine », Réseau Voltaire, 9 février 2019.

[6] « La Chine répond à la Turquie », Réseau Voltaire, 11 février 2019.

[7] “Human Rights in Xinjiang – Development and Progress”, Voltaire Network, 1 June 2017.

[8] “Cultural Protection and Development in Xinjiang”, Voltaire Network, 13 December 2018.

[9] « Jihadistes revenus de Syrie : déjà plus de 150 morts en Chine », Réseau Voltaire, 3 novembre 2014.

[10] “China revises regulation on religious affairs”, Voltaire Network, 7 September 2017.

[11] Les « Cinq Yeux » sont une alliance militaire fondée durant la Seconde Guerre mondiale, réunissant l’Australie, le Canada, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni. Elle gère aussi bien le système d’interception Echelon que la « promotion de la démocratie ».

[12] « Que se passe-t-il dans le Xinjiang ? », par Domenico Losurdo, Traduction Marie-Ange Patrizio, Réseau Voltaire, 12 juillet 2009.

[13] « Erik Prince investit en Chine », Réseau Voltaire, 5 février 2019.

[14] Lors de son alliance avec la Russie, le président Erdoğan a suspendu son dispositif de soutien aux islamistes tatars et tchétchènes. Voir : « L’Ukraine et la Turquie créent une Brigade internationale islamique contre la Russie », par Thierry Meyssan, Télévision nationale syrienne , Réseau Voltaire, 12 août 2015.

[15] « Les 18 000 Ouïghours d’Al-Qaïda en Syrie », Réseau Voltaire, 19 août 2018.

Résistance au colonialisme: L’origine coloniale de la xénophobie américaine et de l’occident (Peter d’Errico)

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La xénophobie américaine: Une force en provenance de l’origine coloniale

 

Peter d’Errico

 

1er juillet 2017

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/american-xenophobia-force-colonial-onset/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

Pourquoi la xénophobie a t’elle été d’une telle force dans un pays construit par des immigrants ?” a demandé le professeur d’histoire Moshik Temkin dans un récent éditorial du New York Times.

(“Why has xenophobia been such a force in a country built by immigrants?” asked history Professor Moshik Temkin in a recent op-ed piece in the New York Times. )

Temkin n’a pas répondu à sa question. Il l’a posée comme un exemple de requête historique au sujet “du changement politique et social au cours du temps… le pain quotidien de la profession de l’historien”, qui devrait prendre le dessus sur le rôle de bruit de fond que jouent les historiens dans les débats médiatiques actuels.

Je n’ai rien contre ce que montre Temkin, son “souci au sujet de la façon très superficielle et saccadée dont l’histoire est présentée, comme s’il ne s’agissait que de tirer des analogies historiques. Le résultat est que les lecteurs et les spectateurs reçoivent des leçons d’histoire qui sont souvent mal orientées lorsqu’on en arrive à Mr Trump et ne font que peu de lumière sur les travaux courants.” Quiconque est familier avec le “pays indien” connaît la vérité en cette déclaration et pas seulement au sujet de Trump. Comme l’a dit Philip Deere se référant aux étudiants imitant le “cri de guerre indien” si stéréotypé: “Ces gosses ont été à l’université pour obtenir une éducation supérieure et pourquoi ne l’ont-ils pas obtenu ?.. Dans leur esprit ils sont toujours dans un film de John Wayne.”

Quoi qu’il en soit, la question de Temkin porte en elle-même une vision étriquée de l’histoire à savoir la référence à “un pays construit par des immigrants”. Cette notion est devenue une sorte de fétiche dans des débats polarisés mélangeant le statut “d’étrangers” aux Etats-Unis. Ceux qui fréquemment accepte l’immigration assument le “nous sommes tous des immigrants”. Les opposants demandent la déportation des immigrants qui ne sont pas “légaux”. Et les deux côtés se tapent dans le dos en se félicitant de leur “exactitude”, aucun des deux ne prend le recul nécessaire pour examiner l’histoire, “le changement politico-social au fil du temps”, qui permettrait de faire la lumière sur ce sujet. Faisons donc un instant une pause et faisons donc la lumière sur ce point.

L’histoire rend problématique la notion de “pays”. Beaucoup de personnes avaient des pays sur ces terres avant l’invasion coloniale chrétienne. Que ces colonies en terminent dans un “pays” appelé Etats-Unis d’Amérique n’efface en rien l’existence continuelle des pays précédents et originels, et ce malgré les énormes efforts des colons pour le faire, colons qui pratiquèrent le génocide, la violence politique et la fabrication de mythes dans leur tentative d’effacement de l’histoire indigène.

Les envahisseurs, qui sont des immigrants sur ces terres des Amériques, ont même développé des narratifs historiques quasi-scientifiques comme par exemple ce concept largement discrédité aujourd’hui de la migration par le détroit de Béring afin d’insister lourdement sur le fait que les indigènes étaient eux-mêmes des immigrants. Cette imagerie colonialiste se réverbère dans la rhétorique de ceux qui soutiennent l’immigration en affirmant que nous sommes tous des immigrants.

La position de ceux qui font la distinction entre immigrants “légaux” et “illégaux” présente une histoire tout aussi problématique. L’aspect le plus aliénant (de “rendre étranger”) de l’insistance sur la “légalité” provient des efforts des colonisateurs d’affirmer un “titre de propriété” sur les terres qu’ils ont envahies par cette “extravagante prétention” de la “découverte chrétienne”. La Cour Suprêmes des Etats-Unis (CSEU) a gravé dans le marbre cette doctrine en 1823 avec son verdict dans l’affaire Johnson c. McIntosh, qui ne dépeignit pas les peuples originels comme des immigrants, mais de les déposséder de leur statut de propriétaires terriens et par là de “légaliser” le statut de propriété des colonisateurs. Ce tour de passe-passe judiciaire fait écho à la rhétorique de ceux qui demandent la déportation des “immigrants illégaux”.

Ces précédents historiques au débat courant nous permettent de suggérer une réponse à la question du professeur Temkin au sujet de la xénophobie. Une définition encyclopédique du mot xénophobie la décrit comme “une haine ou peur intense ou irrationnelle de personnes en provenance d’un autre pays.” On ne peut pas trouver un meilleur mot pour décrire les visions du monde des colonisateurs chrétiens, qui arrivèrent emplis de xénophobie envers les “personnes étrangères” qu’ils trouvèrent au “nouveau monde”. Le fait que ces gens accueillirent et même aidèrent les nouveaux arrivants colons n’eut que très peu d’effet sur une tempérance à leur xénophobie.

“L’empire américain” s’est développé d’une croisade messianique violente ayant pour but d’éliminer les non-chrétiens, leurs pratiques et leurs croyances, partout où ils pouvaient les trouver. De fait, le commandement des autorités chrétiennes fut de “croissez et multipliez-vous” et assumez la “domination/dominion”. Les décrets du Vatican et les chartes coloniales insistaient sur le fait que les “découvreurs” chrétiens devaient dominer les non-chrétiens, les païens. Dans l’affaire pénale Johnson de 1823, la CSEU a dit: “Ces affirmations ont été établies et maintenues par l’épée”. L’imposition de l’empire n’a pas éliminé les peuples originels, mais la rhétorique de la loi et politique américaine obscurcit et ne permet pas leur existence en tant que peuples séparés.

Comme l’écrit Jens Bartelson dans son livre de 1996, A Genealogy of Sovereignty, la “découverte au XVIème siècle de formes de vie non-chrétiennes sur le continent des Amériques posa… une menace à la stabilité des valeurs chrétiennes.” qui étaient déjà vacillantes de par la “fragmentation de la chrétienté” dans le “vieux monde”. Bartelson ajoute: “la découverte des peuples amérindiens posa le problème de la confrontation avec quelque chose de radicalement différent du mode de vie chrétien et posa la question de quelles types de relation étaient-ils possible d’entretenir avec cet Autre. D’abord dans quelle mesure est-il possible de connaître l’Indien mis à part comme être inférieur à la civilisation chrétienne ? Secundo, dans quelle mesure est-il possible de lui donner un statut de sujet légal ?” Ces questions animèrent la colonisation et propulsèrent la décision de la CSEU dans l’affaire Johnson c. McIntosh.

Bref, la xénophobie cette peur ou haine de l’Autre, a caractérisé l’histoire américaine depuis son début dans le tumulte des colonies rivales enclines à la domination et à l’exploitation de tout un continent. La position des USA là dessus a toujours été consistante au travers des méandres de ce que nous appelons “la loi fédérale indienne”, de la soi-disante “trilogie du juge Marshall” des deux affaires passées devant la CSEU (Johnson c. MIntosh et deux affaires concernant les indiens Cherokee), jusqu’à la loi de répartition “Allotment Act” et la politique de de termination jusque dans les relations de “gouvernement à gouvernement” du XXIème siècle. La position fondatrice des Etats-Unis est que les peuples indigènes du continent ont été et sont subjugués de manière inhérente à l’autorité politique du gouvernement fédéral américain. Les fêtes nationales que sont “Columbus Day” et “Thanksgiving/jour d’action de grâce” fournissent des vacances fantasmagoriques aux Américains qui parlent de la “découverte” du “nouveau monde”, essayant de faire oublier le bain de sang de la rencontre des deux mondes.

Les tribunaux , les politiciens et même bizarrement certains leaders autochtones, ont répétitivement insistés sur ce qu’ils appellent le “pouvoir plénier” du congrès des Etats-Unis pour faire ce qu’il lui plait avec les Indiens et les terres indiennes. Une histoire critique et juste des lois américaines, incluant bien des lois que beaucoup considèrent comme “pro-indiennes”, montrent ce processus à l’œuvre: La loi sur la citoyenneté de 1924 a “prolongé le projet d’assimilation des nations autochtones dans les Etats-Unis plutôt que de reconnaître leur souveraineté.La loi de réorganisation indienne de 1934 a “remplacé les structures de gouvernance traditionnelles par un système électoral occidental.. les constitutions tribales. La Commission des Doléances Indiennes de 1944 fut “le début de l’ère de fin de non-recevoir”. Les “amis des Indiens” appelant pour des “droits égaux” aujourd’hui visent à l’élimination finale de la nationalité native séparée.

Retournons à l’appel du professeur Temkin pour les historiens de “faire mieux à expliquer à Mr Trump et rendre plus clair que les Américains peuvent améliorer leur histoire.” Cela ne servira à rien de célébrer le “tout inclusif” qui obscurcit le débat, tout comme ce très bizarre show sur Broadway “Hamilton”, dans lequel des acteurs non-blancs chantent et dansent l’histoire des hommes blancs qui fondèrent le projet fédéral de la construction de l’empire, tout comme il ne serait pas acceptable de sanctifier le statut “légal” comme le facteur déterminant des droits d’immigration. L’histoire que les Américains ont faite existe toujours. Le débat autour des immigrants demandent de se préoccuper des lois, des pratiques et des politiques d’héritage qui exercent jusqu’à ce jour une force dominante sur les peuples originels de la terre.

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Lectures complémentaires:

Abolir l’empire, mouvement pour la répudiation de la doctrine chrétienne de la découverte

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

Manifeste pour la societe des societes

si-vous-avez-oublie-le-nom-des-nuages-vous-avez-oublie-votre-chemin

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte


A l’abordage !

Résistance politique: La vérité sur le Nouvel Ordre Mondial chinois (James Corbett et Luke Rudkowski)

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Résistance 71

 

16 septembre 2018

 

Excellente vidéo d’un dialogue entre deux « pointures » de la dissidence non-contrôlée (et ces gens sont rares de nos jours…), que nous suivons depuis plus de 10 ans: Luke Rudkowski de WeAreChange.org et James Corbett du CorbettReport.com qui débattent que le rôle de la Chine dans le Nouvel Ordre Mondial.

En une vingtaine de minutes, ils abordent les sujets suivants, que nous avons aussi abordé il y a plusieurs années dans différents articles:

La vidéo est en anglais, durée 23 minutes qui ne font que confirmer ce que nous avons également dit ici même.

https://www.bitchute.com/video/2A5txSbuYr4/

Origine et critique de l’État avec James C. Scott 1ère partie: « L’art de ne pas être gouverné, une histoire anarchiste des hauts-plateaux d’Asie du Sud-Est » (version PDF)

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Nous avons traduit de larges extraits du professeur d’anthropologie James C. Scott « The Art of Not Being Governed, an Anarchist History of Upland South-East Asia » dans le but de faire mieux comprendre au plus large public une partie de l’histoire de l’État, son développement dans une zone donnée de la planète et comment des peuples depuis des siècles vont et viennent dans et hors des états, qu’un anthropologue hollandais a nommé « Zomia » et qui regroupe près de 200 millions de personnes au travers de 6 pays allant du Vietnam à l’Inde. Scott nous fait aussi comprendre que l’État, la centralisation et les institutions inhérentes ne sont pas inéluctables et que ce processus d’origine humaine est parfaitement réversible comme cela s’est déjà produit à maintes reprises dans l’histoire de l’humanité post-« révolution néolithique ».

Jo de JBL1960, comme à son habitude, nous en a fait un superbe pdf à télécharger et lire que vous pourrez trouver sous cette introduction.

Le livre existe dans une version française sous le titre de “Zomia, l’art de ne pas être gouverné”, édition Seuil, 2013. Nous encourageons bien évidemment les lecteurs à lire cet ouvrage dans sa totalité, il en vaut la peine.

(*) L’auteur James C Scott est professeur de science politique et d’anthropologie à l’université de Yale aux Etats-Unis. Il y est le co-directeur du programme sur les études agraires et membre de l’Académie des Arts et des Sciences des Etats-Unis.

James C Scott est devenu par ses recherches profondes et pertinentes, un universitaire spécialiste incontournable pour ceux qui désirent analyser et comprendre l’histoire de la société humaine depuis ses lointaines origines en battant en brèches les poncifs et dogmes de ce que l’anthropologie politique “orthodoxe” a prêché au service du statu quo oligarchique depuis des décennies. Scott s’inscrit dans la lignée anthropologique des Pierre Clastres, Marshall Sahlins et du plus jeune David Graeber. Clastrien revendiqué, Scott commence souvent ses livres et conférences avec cette citation de Clastres tirée de “La société contre l’État” (1974):

Il est dit que l’histoire des peuples qui ont une histoire est l’histoire de la lutte des classes. On pourrait dire avec au moins tout autant de véracité que l’histoire des peuples sans histoire est une histoire de leur lutte contre l’État.

James C Scott est l’auteur de 10 livres dont, outre cet ouvrage dont nous traduisons quelques extraits de l’anglais, les célèbres ‘Seeing like a State”, Yale U, 1998 et son tout dernier ouvrage dont nous traduirons également de larges extraits au plus tôt: “Against the Grain, a Deep History of the Eartliest States”, Yale U, 2017 (notre traduction est achevée et sera publiée sous format pdf sous peu). Il participe à de nombreuses conférences dans le monde et la plupart de celles-ci sont disponibles pour visionner gratuitement sur la toile.

Notons pour l’anecdote que le titre complet en anglais du livre de Scott est:

“The Art of Not Being Governed, an Anarchist History of Upland Southeast Asia” qu’on pourrait traduire par: “L’art de ne pas être gouverné, une histoire anarchiste des hauts-plateaux d’Asie du Sud-Est” or la traduction du titre du livre tel que publié en français aux éditions du Seuil en 2013 est comme suit: “Zomia, l’art de ne pas être gouverné”… Il est intéressant de constater que le mot “histoire anarchiste” du titre anglais et publié comme tel, en toute honnêteté et sans censure par les éditions de l’université de Yale, est passé à la trappe dans la traduction française “officielle”, est-ce bien surprenant ?… De quoi ont-ils donc si peur dans le pays qui fut si longtemps le berceau de l’anarchisme ?…

~ Résistance 71 ~


Zomia

La version PDF de notre traduction :

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

 


James C. Scott

Censure de l’internet et opération psychologique de masse…

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Un peu de perspective sur la censure des médias alternatifs

 

Résistance 71

 

31 août 2018

 

Note d’ouverture: nous avions pris des notes pour rédiger ce billet dès le 8 août… durant notre pause rédactionnelle estivale. Nous les mettons en page quelques semaines plus tard donc pour formuler une hypothèse qui, peut-être, mérite réflexion.

Depuis début août 2018 le monde des médias de masse et alternatif est en émoi. Rappelons les faits.

De manière manifestement concerté, des géants d’internet et des réseaux sociaux: Google, Facebook, Apple et autres décident de supprimer les comptes du géant médiatique alternatif: InfoWars d’Alex Jones, site devenu outrageusement pro-Trump depuis 2016. Depuis lors, nous assistons bien évidemment à une levée de bouclier en faveur du muselage du pouvoir des géants de l’internet et dans quelques cas ubuesques, nous voyons des médias alternatifs demander une “intervention gouvernementale” pour réguler les salauds de Silicon Valley qui font ce qu’ils veulent en toute impunité.

Déjà là cela devrait nous interpeler un peu plus, titiller notre instinct de survie.

Donc une figure des médias alternatifs est censurée et la solution demandée serait d’autoriser le gouvernement, tout gouvernement de fait, à “réguler” la toile pour “sauvegarder la liberté d’expression”… vraiment ?… Personne n’a trouvé mieux ?…

Nous avons publié des informations sur InfoWars et Wikileaks récemment et sous cette perspective, nous voudrions soumettre une hypothèse, qui à notre sens, mérite d’être considérée.

Indépendamment de ce que fut InfoWars à ses débuts (de la fin des années 90 jusqu’à environ 2010-11), il est indéniable que sa croissance a nécessité des fonds et que d’une manière ou d’une autre, Jones s’est retrouvé, volontairement ou non, c’est une autre histoire, inféodé à des investisseurs qui l’ont piraté de l’intérieur. Le virage adulateur trumpiste de 2016 ayant été la cerise sur le gâteau. Lorsqu’on sait qui soutient Donnie “mains d’enfant”, il n’est pas idiot d’envisager que les mêmes personnes puissent être derrière les derniers investissements des studios InfoWars. Suivez notre raisonnement.

InfoWars est compromis financièrement, Jones, par conviction ou par chantage, est amené à jouer le jeu de la clique oligarchique. Il est décidé que les géants de l’internet vont le censurer. Il fait le foin habituel dont il a le secret, rameute la sphère alternative, le tout devant amener pas à pas à une demande au “chevalier blanc Trump” d’intervenir et de mettre en œuvre des moyens de contrôle des voyous milliardaires de l’internet qui y font la pluie et le beau temps et censurent ce qui ne les arrange pas. Bien entendu tout le monde est de connivence, la “solution” est déjà au chaud toute prête et prendra la forme de textes législatifs de réglementation de la toile.

Ainsi, l’oligarchie crée une situation de crise, attaquant quelqu’un qu’on “ne peut pas suspecter de ne pas être ce qu’il prétend être” et pousse ceux-là mêmes qui réclament des libertés, à demander une intervention régulatrice des entités gouvernementales, historiquement favorisant la constitution des monopoles. Le peuple qui demande à être enchaîné selon la formule toute préparée et éprouvée de “problème-réaction-solution”, en omettant de dire bien entendu que toutes les étapes de la formule sont pilotées de l’intérieur.

Ainsi, ironie du sort, le géant de la dissidence contrôlée deviendrait le support d’une intervention régulatrice visant à mettre un terme à la neutralité et la liberté d’internet, intervention qui ne manquera pas de donner encore plus de pouvoir aux grands monopoles de la toile et d’éradiquer leur concurrence décentralisée. C’est de fait ce que veulent les Google, Facebook, Apple, Twitter et autres plateformes centralisées d’internet, plus de centralisation régulée pour verrouiller leur monopole et annihiler la concurrence dévastatrice des médias et logiciels libres et décentralisés qui eux SONT L’AVENIR DE LA TOILE… dans leur nébuleuse P2P incontrôlable et constante innovation technologique.

N’oublions pas que des lois liberticides de contrôle du net, partout dans le monde occidental, sont prêtes à être votées par les sbires autocrates élus du système de contrôle, il ne leur manque que le prétexte. Les hackers en furent un, ça n’a pas marché, seconde tentative: l’attaque et la censure organisée d’un grand média alternatif pour rallier la “dissidence” derrière un effort de régulation qui serait ACCEPTÉ de tous !

L’objectif de cette clique de contrôleurs oligarques est un contrôle de la toile à la chinoise. Ironie du sort c’est le même Alex Jones, auteur du remarquable documentaire “EndGames, Blueprint for Global Enslavement” en 2007 où il expliquait avec brillance, que le modèle de contrôle chinois était celui envisagé pour la grille de contrôle planétaire du Nouvel Ordre Mondial, qui est en train de servir (à l’insu de son plein gré ?…) de leurre pour ce qui pourrait bien être une escroquerie et arnaque organisées afin de nous emmener toutes et tous, de notre plein gré, là où les ingénieurs sociaux ont toujours voulu nous emmener: en cage puis à l’abattoir. La différence ? Cela ne nous sera pas imposé, mais nous, la masse décérébrée, à grand renfort de gadgets électroniques, le demanderons. L’oligarchie n’aura alors plus qu’à satisfaire notre “désir” d’être enchaînés, car c’est bien connu, i n’y a pas meilleur esclave que celui qui veut l’être.

Délire saugrenu ou hypothèse à envisager ? A vous de voir, d’analyser, de réfléchir, mais surtout de ne pas vous laissez embarquer dans une aventure sans y avoir réfléchi de manière critique auparavant.

C’est tout ce que ce billet espère susciter chez les lecteurs…

Gardons bon pied bon œil

Fraternellement

= = =

A noter également que ces entités cybernétiques sont impliquées dans la vaste opération psychologique de masse (psyop) mise en place actuellement pour museler la toile : Google, Facebook, Twitter, Apple, Google Podcast, Spotify, iHeartradio, Mailchimp, Disqus, Linkedin, Flickr, Pinterest…

Il ne tient qu’à nous, par choix de les boycotter et de nous orienter vers des plateformes P2P décentralisées et par définition très difficile à contrôler. Le flot régulateur veut nous parquer dans la centralisation, c’est de là que survient le problème en toute première instance. On n’a pas besoin de centralisation mais de complète décentralisation, que ce soit pour le Net ou autre chose ; tout comme notre problème n’est pas, comme le disait si bien Howard Zinn, la désobéissance civile mais l’obéissance civile.

Lou Reed le disait il y a 40 ans: “Hey babe, take a walk on the wild side…”

Lectures complémentaires:

« Fausse victimisation: Assange et Jones sbires de l’état profond »

« Il est temps d’en finir avec Google et Facebook, pas l’Iran »

« Google, Technologie et espionnage en règle »

Notre dossier sur « Wikileaks et Julian Assange »