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Résistance politique: Un exemple progressiste… Le fédéralisme proudhonien

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, démocratie participative, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 30 juillet 2013 by Résistance 71

Fouillant la toile, nous avons trouvé cette perle sur le fédéralisme comme le conçoit Proudhon. Ceci correspond à un concept de société sans doute plus accessible pour les citoyens.  Ce texte donne les fondamentaux d’un nouveau paradigme social plus qu’intéressant et réellement émancipateur…

— Résistance 71 —

 

Proudhon: Anarchisme ou Fédéralisme ?

 

 

Pierre Ansart

 

 

Janvier 2010

 

Les fondaments de l’anarchisme proudhonien

Le choix lexical de Proudhon

Quelles conclusions provisoires

 

Depuis le début des polémiques entre marxistes et anarchistes, l’œuvre complexe et foisonnante de Pierre-Joseph Proudhon a suscité de multiples jugements péremptoires et contradictoires. Notamment, se trouvent opposées deux interprétations globales de l’œuvre, – l’une majorant les thèmes anarchistes tels que Proudhon les a développés dans les premiers Mémoires sur la propriété, dans Les Confessions d’un révolutionnaire (1849) et l’Idée générale de la révolution au XIXème siècle (1851), – l’autre considérant comme plus synthétiques et significatives les œuvres de la maturité, tels l’ouvrage de 1863, Du principe fédératif et de la nécessité de reconstituer le parti de la révolution et l’œuvre posthume, De la capacité politique des classes ouvrières.

Ces divergences d’interprétation conduisent à des lectures fortement différenciées, à des choix différents des œuvres tenues pour importantes ou secondaires. La lecture anarchisante met l’accent sur les dimensions les plus critiques dans la ligne de pensée du Premier mémoire sur la propriété(1840) ; la seconde, que l’on peut qualifier de fédéraliste, met l’accent sur les dimensions que Proudhon considérait lui-même comme plus constructives que critiques. En prolongeant quelque peu cette polarité des interprétations, on serait conduit à proposer l’image de deux Proudhon, ou, à tout le moins, l’image de deux œuvres, une œuvre de jeunesse portée par l’ardeur juvénile de la révolution, l’autre que l’on attribuerait à la modération de la maturité.

Les difficultés d’une telle polarisation sont trop nombreuses pour que l’on puisse la soutenir intégralement. Il est difficile, sinon impossible, de tracer une ligne de séparation évidente entre les textes de la période que l’on dirait anarchiste et les textes que l’on attribuerait à la période de la maturité. La tâche est irréalisable pour la plupart des articles destinés à des journaux, à partir de l’année 1847. Proudhon est alors amené, dans l’effervescence des années 48 à aborder de multiples sujets d’actualité qui échappent à une classification simplifiante. De plus, et plus gravement, l’hypothèse dualiste clôt la question des continuités, impose le schéma d’une rupture entre les deux périodes et les deux théorisations, celle de l’anarchisme et celle du fédéralisme.

Je souhaiterais reprendre ces questions en d’autres termes. Nous interroger sur le dynamisme, sur les raisons du mouvement intellectuel et affectif de Proudhon, nous interroger moins sur des formulations provisoires anarchistes ou fédéralistes, mais davantage sur les exigences, sur les aspirations, les intuitions et les passions qui soutiennent la créativité et les choix de Proudhon, et pas seulement sur les idées et leur formulation.

Les fondements de l’anarchisme proudhonien

Il nous faudra, tout d’abord, nous rappeler les principes fondamentaux de l’anarchisme spécifiquement proudhonien tels qu’ils sont exposés dans les textes antérieurs à la Révolution de 1848, puis suivre l’évolution de sa pensée dans les années 1850-1860, et, enfin confronter les positions de ces années et les textes de la maturité dans lesquels le fédéralisme fait l’objet d’une élaboration systématique. Au terme de ce parcours, nous tenterons de répondre aux questions initiales : y a-t-il bien deux constructions successives dans l’œuvre de Proudhon et deux périodes de création celle des Mémoires sur la Propriété et celle du « Principe fédératif »,- ou -, au contraire, approfondissement progressif d’une même théorisation ? Selon la réponse à cette interrogation, on ne pourra éviter de porter un jugement d’ensemble sur la cohérence de l’œuvre. Nous pourrons aussi en attendre une compréhension plus précise des deux concepts par leurs comparaisons.

Bien que les termes anarchie ou anarchisme ne soient guère présents dans le vocabulaire du Premier Mémoire de 1840, on ne manque pas d’y trouver les éléments critiques qui constituent l’essentiel de ce texte, trois critiques à caractère anarchiste qui se trouvent exprimées dès les premières pages. Proudhon résume, en une formule lapidaire et simpliicatrice, les liens étroits entre ces trois critiques :

« Puisque la propriété est la grande cause du privilège et du despotisme, la formule du serment républicain doit être changée. Au lieu de : Je jure haine à la royauté, désormais, le récipiendaire d’une société secrète doit dire : Je jure haine à la propriété1 »

C’est ainsi par une dénonciation virulente de la propriété privée que Proudhon aborde la critique de l’économie capitaliste. La propriété est bien, comme l’affirment les théoriciens conservateurs, le principe, la base de la société et donc la question la plus importante du problème social. Ce principe a été unanimement soutenu au cours de la Révolution de 1789, et les annnées qui l’ont suivie n’ont fait que l’aggraver avec l’expansion des activités commerciales et industrielles.

Proudhon, à partir de ce constat, associe directement ce rappel relevant de l’économie politique à la critique sociale et aux rapports de classes. Dès le Premier Mémoire, il établit un lien étroit entre le rapport d’exploitation qui sépare les propriétaires et les non-propriétaires, la bourgeoisie et la classe des travailleurs, les exploiteurs et les exploités. Thème qui sera amplement développé dans les textes ultérieurs et qui constitue, pouvons-nous dire, le deuxième niveau d’analyse de sa conception anarchiste.

Avant de poursuivre, posons la question du pourquoi de ces diatribes contre la propriété, et contre la guerre des classes. Proudhon pose la question préalable, celle de la violence, des guerres et des souffrances sociales :

« D’où vient, écrit-il dans Les Confessions d’un révolutionnaire, que la société est divisée en fractions ennemies, intolérantes, obstinées chacune dans son erreur, implacables dans leurs vengeances ? Où est la nécessité pour la marche du monde et les progrès de la civilisation, que les hommes se détestent et se déchirent ? Quelle destinée, quel satan a voulu, pour l’ordre des
cités et le perfectionnement des individus, qu’ils ne puissent penser, agir librement les uns à côté des autres, s’aimer au besoin, et, en tout cas, se laisser tranquilles ?2 »

La réponse à cette question, suggère Proudhon, sera donnée par l’analyse et l’explication de toutes ces violences, économiques, sociales, politiques.

Le troisième niveau d’analyse, celui de l’Etat, et du rejet de ses pouvoirs, trouvera, dans les textes des années 1849, Les Confessions d’un révolutionnaire, et 1851, Idée générale de la Révolution, des développementsconsidérables, mais ils trouvent leur première expression dans le Premier Mémoire qui fait aussi de la propriété un rapport politique en tant qu’elle génère des rapports de pouvoir et fonde ainsi, selon l’expresion employée, le despotisme.

Enfin, pour caractériser plus précisément l’anarchisme proudhonien, il conviendrait d’associer, à ces trois négations, l’ensemble des illusions, des affirmations mensongères, des sacralisations qui accompagnent ces trois piliers d’une société aliénée (par le Capital, la division entre les deux classes sociales, par l’Etat enfin et ses prestiges), mais les thèses anarchistes, trouvent dans ces thèses initiales, leurs arguments essentiels. La critique de l’Etat, telle qu’elle est exprimée dans le Premier Mémoire, annonce la théorie du dépérissement et du refus de l’Etat, la théorie de la disparition de l’Etat dans la Révolution démocratique et sociale. Les Confessions d’un révolutionnaire écrites dans une sorte de colère au lendemain de l’échec d’une révolution sociale espérée, développe ces thèses avec un virulence renouvelée :

« Qui donc osera dire enfin : Tout pour le peuple et tout par le peuple, même le gouvernement ?3»

Cette élimination de l’aliénation politique n’est pas seulement un vœu conforme aux exigences de la justice et de l’égalité, elle prolonge la division sociale qui s’approfondie à travers les révolutions successives et qui sé- pare deux sphères : celle des pouvoirs et de l’Etat, d’une part, et, d’autre part, le monde du travail, de la production, le monde des travailleurs. Dans Les Confessions d’un révolutionnaire, Proudhon emploie le mot de Constitution pour désigner ces deux réalités opposées :

« Je distingue en toute société deux espèces de constitutions : l’une que j’appelle la constitution SOCIALE, l’autre qui est la constitution POLITIQUE ; la première, intime à l’humanité, libérée, nécessaire, et dont le développement consiste surtout à affaiblir et écarter peu à peu la seconde, essentiellement factice, restrictive et transitoire. La constitution sociale n’est autre chose que l’équilibre des intérêts fondé sur le libre contrat et l’organisation des forces économiques qui sont, en général : le Travail, la Division du travail, la Force collective, la Concurrence, le Commerce, la Monnaie, le Crédit, la Propriété, l’Egalité dans les transactions, la Réciprocité des garanties, etc. La constitution politique a pour principe l’AUTORITE, ses formes sont : la Distinction des classes, la Séparation des pouvoirs, la Centralisation administrative, la Hiérarchie (…). Ces deux constitutions (…) sont de nature absolument diverse et même incompatible4 »

On voit comment l’anarchisme, en luttant contre l’aliénation politique, tend à libérer les forces sociales des pouvoirs aliénants, comment, aussi, l’anarchisme tend à expliquer les haines et les violences et projette de les dissiper. La révolution sociale, en détruisant l’aliénation politique aurait aussi pour effet d’écarter les haines liées aux inégalités de pouvoir, aux soumissions, aux dépendances et aux impuissances.

Ces pages des Confessions consacrées surtout au récit des événements politiques des années 48-49, retracent aussi, dans un tableau rapide, les révolutions antérieures, 1789 et 1830. Et c’est dans un passage consacré à la révolution de 1789, que Proudhon introduit le mot de FEDERATION dans un sens positif, pour évoquer notamment la fête de la Fédération du 14 Juillet 1790. Quelques lignes plus loin, il associe le mot de Fraternisation au mot de fédération, en ces termes :

En 1789, « Les fédérations ou fraternisations se formèrent spontanément de toutes parts ; elles prouvaient que la souveraineté du peuple n’est autre chose que l’harmonie des intérêts, résultant d’un libre contrat et que la centralisation des pouvoirs (…) est l’aliénation même des libertés5 ».

Phrase écrite en 1849 et qui annonce précisément les thèses qui formeront la trame théorique de celles qui seront exposées en 1863 dans Le Principe Fédératif.

Le choix lexical de Proudhon

Il s’agit là d’un moment important et révélateur dans le cheminement de Proudhon vers un certain fédéralisme. Il se produit, en effet, dans le vocabulaire de Proudhon et dans l’usage qu’il fait de ce mot, un choix original qui demande explication. Associer, rendre synonymes ces deux termes (fédération et fraternisation) annonce une rupture avec l’usage courant. En effet, dans la langue commune comme dans le vocabulaire juridique, la fédération désigne un type de régime politique, et n’implique nullement un régime socio-affectif particulier dont le modèle serait donné par les liens fraternels au sein d’une famille.

En désignant la fédération comme une communauté d’entente, il s’oppose au langage courant qui fait de la fédération l’un des régimes politiques et refuse la confusion entre le fédératif et l’aliénation politique. Si l’on prend en compte la vigueur de la dénonciation de l’oppression politique, on mesure l’importance de cette nouvelle définition des rapports fédératifs.

Pour mieux comprendre ce changement de vocabulaire, il est utile d’évoquer des événements qui se sont produits auparavant dans la Fédération suisse. En Septembre 1845, les sept cantons catholiques de la Confédération avaient formé une ligue – le Sondebund – pour protester contre une décision du Conseil fédéral. Celui-ci, en violation des droits des cantons en matière religieuse, avait décidé l’expulsion des Jésuites sur tout le territoire de la Suisse (Il s’agissait, en fait, d’un épisode dans le conflit qui opposait alors les tenants de la centralisation contre les défenseurs des libertés traditionnelles et fédérales).

En France, la majorité des journaux, des politiques, et la plupart des socialistes prenaient parti pour les centralisateurs suisses et contre le Sondebund.

Or, Proudhon ; (et c’est ce qui nous intéresse dans cet épisode), Proudhon, dès le début de cette querelle, s’insurge contre le coup de force du conseil fédéral, et prend la défense des Jésuites qu’il n’hésite pas à considérer comme, dit-il, « plus progressifs que leurs adversaires ». En aôut 47, il écrit à un ami suisse :

« Je déplore les dissenssions qui menacent sans cesse d’abîmer votre bonne et heureuse Suisse. Vous êtes aujourd’hui la nation la mieux placée pour tenter l’avenir, faire la leçon aux peuples et aux gouvernements ; est-il écrit que vous vous épuiserez dans une vaine imitation de nos utopies politiques, constitutionnelles et parlementaires6 ? »

Déclaration non rendue publique mais sans ambiguïté, favorable au fédéralisme et explicitement critique à l’égard des régimes centralisateurs. Or Proudhon ne poursuit pas, alors, ces réflexions et semble, tout au long de la période révolutionnaire de 1848, s’en désintéresser. On a ainsi une chronologie singulière de l’usage du mot : En 1840, en pleine période anarchiste, le mot de fédération n’apparaît pas dans son vocabulaire ; c’est plus tard, au cours de l’année 47 qu’il commence à s’en préoccuper et qu’il y consacre de nombreuses notes dans ses Carnets comme s’il poursuivait, pour lui-même, sa réflexion sur le sujet.

Mais, avec la Révolution de 48, l’intérêt pour le fédéralisme disparaît, sinon en de brêves allusions, comme on vient de le voir dans les Confessions. La question du fédéralisme revient en force après 1860 alors que Proudhon a quitté Paris en 1858 et s’est réfugié à Bruxelles pour échapper à la police et à sa nouvelle condamnation à 3 ans de prison. Tous les biographes sont d’accord pour attribuer la reprise de la réflexion sur le fédéralisme à la conjoncture politique (unification de l’Italie, projets d’unification en Allemagne …) mais cette conjoncture ne rend pas suffisamment compte de tout le cheminement de la pensée de Proudhon à ce sujet.

Comment expliquer ce long silence de Proudhon qui, en 1847 prend vigoureusement parti, dans son courrier, dans ses Carnets, pour le fédéralisme, contre la centralisation politique, et qui ne rend public ces positions politiques que 14 ans plus tard, en 1861 dans son gros volume, La Guerre et la Paix, et plus explicitement deux ans après, dans son ouvrage Du principe fédératif ?

Nous pourrions faire à ce sujet deux remarques, l’une sur les significations, sur les usages publics du mot, dans les années qui ont suivi la Révolution de 89 – l’autre sur le sens du mot dans le vocabulaire de Proudhon.

Avant la Révolution, l’ancien usage du mot latin foedus (union, être lié par alliance) est usité pour désigner l’union que les villages d’une vallée, par exemple, ou de villes voisines cotractent , se fédèrent, éventuellement contre une menace, contre le seigneur local par exemple. Mais le mot prend des significations nouvelles en fonction des évolutions politiques. A la veille de la Révolution, en 1788-89, à l’occasion de la rédaction des Cahiers de doléances, des fédérations se forment, des villes s’associent, la Fête de la Fédération, le 14 Juillet 179O couronne ce mouvement social qui sera magnifié par Jules Michelet. Mais lors des tensions entre Jacobins et Girondins ces derniers sont accusés de sympathie pour une république fédérative et soupçonnés de projets contre-révolutionnaires.

L’adjectif « fédéré » désigne aussi les gardes nationaux qui se réunirent au Champ de Mars en juillet 90 ; mais aussi les corps de volontaires enrôlés par l’Empereur pendant les Cent jours. Après tant de polémiques et de confusion, les mots de Fédération, Fédérés, Fédéralistes, étaient devenus suspects et, pour beaucoup, incompréhensibles. On peut penser que Proudhon, en 1850-1860, n’aie pas souhaité reprendre un terme si chargé de contradictions et de violences verbales, un terme si dévalué.

Aurait-ll, été inspiré, dans ces changements de vocabulaire, par l’ancienne tradition qui, depuis l’histoire des villes grecques, pouvait être source de réflexion sur les fédérations et leurs avatars ? On peut en douter : il n’évoque jamais la pensée de Montesquieu et, s’il fallait trouver des influences sur sa propre réflexion, il faudrait plutôt reprendre sa correspondance et ses échanges avec ses amis, tel Joseph Ferrari.

Ma deuxième remarque préalable concerne le mot de « Fédération » et la signification que Proudhon va privilégier. Ce terme peut désigner un régime politique établi comportant ses règles et ses hiérarchies, mais il peut aussi mettre l’accent sur les actions collectives conduisant à l’édification d’une fé- dération : sur le fait de « se fédérer ». Proudhon utilise ces deux significa- tions selon les situations et les conjonctures mais, dans la perspective  historique et dynamique qui est la sienne, c’est bien sur ce processus de création qu’il met l’accent et sur sa « spontanéité ». Lorsqu’il rappelle le mouvement collectif qui porta les citoyens, en 1788-89, à former des fédérations, c’est bien de ce processus actif et créatif qu’il s’agit : les citoyens se sont alors, eux-mêmes, fédérés. Dans Le Principe fédératif, il écrit, évoquant l’avenir : « ils se fédéreront… ».

Quelles conclusions provisoires

Quelles conclusions (provisoires) peut-on tirer de ces réflexions, pour ce qui concerne l’anarchisme et le fédéralisme ?

Proudhon a traité tant de sujets, évoqué tant de questions, que l’on pourrait dresser une liste impressionnante de sujets sur lesquels il n’a pas hésité

à rectifier ses affirmations. Il y était poussé par la diversité des questions posées par l’actualité révolutionnaire autant que par sa propre avidité à y répondre. Son propre penchant aux formules tranchantes (La propriété, c’est le vol… Dieu, c’est le mal) incitent le lecteur à la simplification d’une pensée, en réalité, complexe et nuancée.Mais ces changements ou rectifications ne doivent pas dissimuler les continuités sélectives depuis les premières affirmations anarchistes jusqu’aux thèses fédéralistes.

La dénonciation virulente de la propriété capitaliste qui constitue le premier thème de l’anarchisme ne donne pas lieu, dans les œuvres de la maturité, à des répétitions explicites. Cette critique est tenue pour acquise et surmontée dans la réalisation de la « Fédération agricole industrielle » placée à la base de l’édifice fédéral. La révolution sociale et économique, en suscitant ses multiples associations de production, dissiperait les possibilités d’accaparements financiers propres à un régime dépassé.

Il en est de même pour le deuxième thème de l’anarchisme, celui du « vol » capitaliste et de la division en deux classes qui en est la conséquence Ce ne serait qu’en cas d’échec de l’évolution vers la fédération que le retour à la division en classes rivales pourrait se renouveler.

Par contre, la généralisation du principe fédératif à la totalité du système social et politique remet en question la nature et les fonctions de l’Etat. Alors que l’Etat, dans les régimes de féodalité ou de démocratie traditionnelle tend à se saisir de tous les pouvoirs et à constituer ou reconstituer le despotisme, l’Etat d’un régime fédéral se trouve face à tous les contre-pouvoirs d’une société de liberté. Cette question de la délimitation du rôle de l’Etat est, écrit Proudhon, « une question de vie et de mort pour la liberté collective et individuelle7 »

« Le contrat de fédération, dont l’essence est de réserver toujours plus aux citoyens qu’à l’Etat, aux autorités municipales et provinciales plus qu’à l’autorité centrale pouvait seul nous mettre sur le chemin de la vérité. Dans une société libre, le rôle de l’Etat ou Gouvernement est par excellence un rôle de législation, d’institution, de création, d’inauguration ; – c’est, le moins possible un rôle d’exécution8 ».

Proudhon poursuit en donnant l’exemple de la monnaie. Dans un univers de fédérations, il entrerait, parmi les fonctions de l’Etat, de fixer les valeurs et les divisions des monnaies :

« C’est l’Etat qui fixe les poids et mesures, qui donne le module, la valeur et les divisions des monnaies9 »

écrit Proudhon dans le Principe fédératif. Mais le rôle de l’Etat se limiterait strictement à cette fonction d’initiation ; la fabrication des pièces ne relevant ensuite que des entreprises locales. En fait, le danger d’extension des pouvoirs, le danger d’expansion de l’emprise gouvernementale est permanent et c’est à l’esprit anarchiste d’exercer la vigilance nécessaire.

« Dans la fédération, le principe d’autorité étant subalternisé, la liberté prépondérante, l’ordre politique est une hiérarchie renversée dans laquelle la plus grande part de conseil, d’action, de richesse et de puissance reste aux mains de la multitude confédérée, sans pouvoir jamais passer à celles d’une autorité centrale10.

La notion même de gouvernement change radicalement de sens. Il ne s’agit plus d’un « pouvoir » mais, l’autorité étant « subalternisée », les fonctions autrefois dominantes cèdent place à l’ensemble des fonctions générales d’administration des échanges entre les fédérations et les confédérations.

Ainsi, ne peut-on aucunement confronter et comparer les positions et critiques à caractère anarchiste et les développements exposés dans le « Principe fédératif ». Il s’agit, dans les Mémoires sur la propriété ou dans Les Confessions d’un révolutionnaire, de recherches critiques sur les réalités économiques et politiques des temps présents. Dans le Principe fédératif, tout au contraire, et comme l’indique bien le titre de l’ouvrage, il s’agit d’une réflexion résolument théorique sur ce que serait une logique socio-politique étendue à l’ensemble d’une société, et même à l’universalité des sociétés politiques. De plus, les oppositions entre ces sociétés, réelles et imaginées, ne sont aucunement secondaires ou de détail, mais en oppositions radicales. Proudhon ne cesse de confronter les régimes par les antinomies entre les régimes centralisateurs et les régimes décentralisés, entre les systèmes de classes antagonistes et les systèmes égalitaires.

Ces deux modes de raisonnement conduisent, éventuellement, à ce qui peut apparaître comme des contradictions. On le voit bien dans les réflexions concernant l’Etat au sujet duquel Proudhon peut, dans Les Confessions d’un révolutionnaire, affirmer que l’Etat est nécessairement porté à l’extension de l’emprise, de la répression et, dans le Principe fédératif, insister, tout au contraire, sur son action positive, dans le cadre des liens d’égalité dans l’administration des rapports de confédérations pacifiques.

La contradiction n’est cependant qu’apparente. Proudhon oppose, en effet, deux approches opposées. Il veut clairement démontrer qu’un Etat unitaire et centralisé est inéluctablement porté à poursuivre son expansion et à renforcer ses oppressions et que, d’autre part, un Etat fédéral et décentralisé sera porté, au contraire, à multiplier ses actions dans le sens des libertés individuelles et collectives.

Par delà ces contradictions apparentes, les deux approches se confirment l’une l’autre. Elles poursuivent le même but, celui de démontrer combien la révolution démocratique et sociale répondrait aux aspirations collectives.

Comme on l’a souvent évoqué, la Commune de Paris, en 1871, n’a-t-elle pas été, par la spontanéité des fraternisations, par la recherche des liens de fédérations et de confédérations, une confirmation historique des thèses et des intuitions proudhoniennes ?

 

Notes

1  Qu’est-ce que la propriété ? Premier mémoire, Ed. Marcel Rivière, p. 286

2  Confessions d’un révolutionnaire, p. 69.

3  Ibid., p. 83

4  Ibid,, p. 217

5  Ibid., p. 87- 88

6  Cor., t. III, p. 391

7 Du principe fédératif, p. 326.

8  Ibid

9  Ibid. p. 327

10  Ibid. p. 409

 

Pour citer ce document

 

Pierre Ansart, «Proudhon : Anarchisme ou Fédéralisme?», Les cahiers psychologie politique [En ligne], numéro 16, Janvier 2010.

URL : http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=1412

 

De la déliquescence de la société occidentale…

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Érigé

 

Mohawk Nation News

 

29 Juillet 2013

 

url de l’article:

http://mohawknationnews.com/blog/2013/07/29/straight-up/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Que feriez-vous si un vieil homme envoyait des photos de son pénis en érection à votre fille adolescente, avec en sus quelques invitations suggestives pour avoir des relations sexuelles avec elle ? C’est comme suggérer qu’un père viole sa fille. L’ancien député Anthony Weiner, un riche politicien faisant campagne pour la mairie de New York donne l’exemple. L’ancien gouverneur de l’état de New York, un autre vieillard, a été pris la main dans le sac de solliciter une jeunette de 22 ans. Il démissionna et devint une star des médias. Tous deux commirent des crimes contre des femmes.

Les dirigeants sont en train de démanteler les Etats-Unis et le Canada légalement, socialement, politiquement, commercialement et moralement. Le Canada est en phase d’être donné à l’empire américain (NdT: Il n’est pour l’heure qu’un des satellites majeurs de l’empire, mais la fusion du Canada et du Mexique avec les Etats-Unis est prévue avec le projet d’Union Nord-Américaine, les commandements militaires de ces nations sont déjà sous contrôle américain avec le NORAD). Le premier ministre Harper démantèle tout ce qui peut l’être de façon à ce que les banquiers internationaux puissent avoir accès direct à nos ressources.

Des membres de la famille royale aux liens consanguins sont mis en vitrine, l’armée de l’air et la reinette sont partout en photo. Charles et Camilla seront sans doute installés comme roi et reine du Canada. La classe laborieuse continue de servir de mineurs et d’extracteurs de ressources.

Anthony Weiner est une mise à l’épreuve pour un empire mourant, un empire de parasites qui volent tout et ne produisent rien, un empire de l’escroquerie générale et d’une société pourrie se décomposant. Des milliers d’années de morale, de normes décentes et d’intelligence sont foulées au pied. Le voyeurisme sexuel attaque les femmes et les enfants en premier lieu, il s’en suit le massacre de l’humanité.

Les épouses de Spitzer et Weiner ont pris parti pour leur homme. Elles ont pardonné à leur mari parce qu’elles se moquent bien des autres. La vanité, le statut social et être la femme d’un maire ou d’un PDG est bien plus important. Elles font partie du problème et sont tout aussi coupables. La culpabilité et la corruption commencent de manière interne. Les collaborateurs sont protégés. La société dépourvue de morale ne se préoccupe plus de la politique. Weiner nous dit: “Je peux être aussi décadent que je le veux.”

Les dirigeants ont promu le pénis et la pornographie pour être les représentants du pouvoir, de la guerre et du statut social. Cette strate décadente de la société doit être éliminée de la race humaine ou nous allons tous plonger. Ceci doit être la toute dernière classe exploiteuse autorisée à régner.

Auparavant, des hommes poursuivaient le perpétrateur, l’attrapaient, l’attachaient à un arbre et le castraient. Les femmes le fouettaient avec des branches de saule rouge devant les gens. Chacun fait son choix. Nos communautés ont la responsabilité de prendre soin de nos femmes et de nos enfants. Les masses font confiance en leur police, leurs politiciens, leur députés et sénateurs, dont beaucoup commettent des indécences. Si les gens ne confrontent pas Weiner, c’est qu’ils sont d’accord avec lui.

Weiner, Spitzer, l’ancien président Bill Clinton et bien d’autres ont contribué à ouvrir la porte de cette société écœurante. Ces modèles sont promus à dessein. Maintenant d’autres psychopathes peuvent approcher et attaquer des jeunes filles qui refusent leurs avances. Nos garçons et filles doivent résister même si leurs parents sont trop occupés dans un système qui rend les jeunes filles si vulnérables. Un coup-monté contre la prostitution enfantine se déroule en ce moment dans 74 villes des Etats-Unis.

Comme l’a si bien chanté Frank Zappa au sujet du contrôle planifié par le gouvernement:

“I am the tool of the Government/And industry too/For I am destined to rule And regulate you.”

“Je suis l’outil du gouvernement/et de l’industrie aussi/car je suis destiné à vous diriger et vous réglementer.”

“I’m the Slime”.

Résistance politique: L’expérience anarchiste ukrainienne 1918-1923 (suite)…

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Texte essentiel visionnaire et analytique de l’anarchiste leader du mouvement ukrainien Nestor Makhno qui lutta en Ukraine entre 1918 et 1923 contre les tsaristes, l’invasion étrangère et… les bolchéviques eux-mêmes des contre-révolutionnaires à la solde de leurs commanditaires de la City de Londres et de Wall Street.

L’expérience anarchiste ukrainienne est une des seules expériences libertaires rurale de l’histoire et mérite d’être bien plus connue… Son analyse de l’oppression par la caste parasitaire défendue par les institutions étatiques est un classique du genre, son analyse de la révolution russe, comme celle des anarchistes Kropotkine, Emma Goldman, Voline et Alexandre Berkmann est d’une précision remarquable.

— Résistance 71 —

 

L’ABCdaire du révolutionnaire anarchiste

 

Nestor Makhno

 

Probuzhdeniye, N°18, Jan. 1932, pp. 57-63 and N°19-20, Feb.-March 1932, pp. 16-20. 

 

Source:

http://www.nestormakhno.info/english/abc.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

L’anarchisme, c’est la vie libre et l’oeuvre créatrice de l’homme. C’est la destruction de tout ce qui est dirigé contre ces aspirations naturelles et saines de l’homme.

L’anarchisme, ce n’est pas un enseignement exclusivement théorique, à partir de programmes élaborés artificiellement dans le but de régir la vie ; c’est un enseignement tiré de la vie à travers toutes ses saines manifestations, passant outre toutes les normes artificielles.

La physionomie sociale et politique de l’anarchisme, c’est une société libre, antiautoritaire, celle qui instaure la liberté, l’égalité et la solidarité entre tous ses membres.

Le Droit, dans l’anarchisme, c’est la responsabilité de l’individu, celle qui entraîne une garantie véritable de la liberté et de la justice sociale, pour tous et pour chacun, partout et de tous temps. C’est là que naît le communisme.

L’anarchisme naît naturellement chez l’homme; le communisme, lui, en est le développement logique.

Ces affirmations demandent à être appuyées théoriquement à l’aide de l’analyse scientifique et de données concrêtes, afin de devenir des postulats fondamentaux de l’anarchisme. Cependant, les grands théoriciens libertaires, tels que Godwin, Proudhon, Bakounine, Johann Most, Kropotkine, Malatesta, Sebastien Faure et de nombreux autres n’ont pas voulu, du moins je le suppose, enfermer la doctrine dans des cadres rigides et définitifs. Bien au contraire, on peut dire que le dogme scientifique de l’anarchisme, c’est l’aspiration à démontrer qu’il est inhérent à la nature humaine de ne jamais se contenter de ses conquètes. La seule chose qui ne change pas dans l’anarchisme scientifique, c’est la tendance naturelle à rejeter toutes les chaînes et toute entreprise d’exploitation de l’homme par l’homme. En lieu et place des chaînes et de l’escalvage instaurés actuellement dans la société humaine – ce que, d’ailleurs, le socialisme n’a pu et ne peut supprimer -, l’anarchisme sème la liberté et le droit inaliénable de l’homme à en user.

En tant qu’anarchiste révolutionnaire, j’ai participé à la vie du peuple urkainien durant la révolution. Ce peuple a ressenti instinctivement à travers son activité l’exigeance vitale des idées libertaires et en a également subi le poid tragique. J’ai connu, sans fléchir, les mêmes rigueurs dramatiques de cette lutte collective, mais, bien souvent, je me suis retrouvé impuissant à comprendre puis à formuler les exigences du moment. En général, je me suis rapidement repris et j’ai clairement saisi que le but vers lequel, moi et mes camarades, nous appelions à lutter était directement assimilé par la masse qui combattait pour la liberté et l’indépendance de l’individu et de l’humainté entière.

L’expérience de la lutte pratique a renforcé ma conviction que l’anarchisme éduque l’homme d’une manière vivante, organique. C’est un enseignement tout aussi révolutionnaire que la vie, il est tout aussi varié et puissant dans ses manifestations que la vie créatrice de l’homme et, en fait, il s’y indentifie intimement.

En tant qu’anarchiste révolutionnaire, et tant que j’aurai un lien au moins aussi ténu qu’un cheveu avec cette qualification, je t’appellerai, toi frère humilié, à la lutte pour la réalisation de l’idéal anarchiste. En effet, ce n’est que par cette lutte pour la liberté, l’égalité et la solidarité que tu comprendra l’anarchisme.

L’anarchisme existe, donc, naturellement chez l’homme: il l’émancipe historiquement de la psychologie servile – acquise artificiellement – et l’aide à devenir un combatant conscient contre l’esclavage sous toutes ses formes. C’est en cela que l’anarchisme est révolutionnaire.

Plus l’homme prend conscience, par la reflexion, de sa situation servile, plus il s’en indigne, plus l’esprit anarchiste de liberté, de volonté et d’action s’incruste en lui. Cela concerne chaque individu, homme ou femme, même s’ils nont jamais entendu parler du mot « anarchisme ».

La nature de l’homme est anarchiste: elle s’oppose à tout ce qui tend à l’emprisonner. Cette essence naturelle de l’homme, selon moi, s’exprime dans le terme scientifique d’anarchisme. Celui-ci, en tant qu’idéal de vie chez l’homme, joue un rôle significatif dans l’évolution humaine. Les oppresseurs, tout aussi bien que les opprimés, commencent peu à peu à remarquer ce rôle; aussi, les premiers aspirent-ils par tout les moyens à déformer cet idéal, alors que les seconds aspirent, eux, à les rendre plus accessibles à attiendre.

La compréhension de l’idéal anarchiste chez l’esclave et le maître grandit avec la civilisation moderne. En dépit des fins que celle-ci s’était jusque là données – endormir et bloquer toute tendance naturelle chez l’homme à protester contre tout outrage à sa dignité -, elle n’a pu faire taire les esprits scientifiques indépendants qui ont mis à nu la véritable provenance de l’homme et démontré l’innexistence de Dieu, considéré auparavant comme le créateur de l’humanité. Par suite, il est devenu naturellement plus facile de prouver de manière irréfutable le caractère artificiel des « onctions divines » sur terre et des relations infâmantes qu’elles entraînaient contre les homes.

Tous ces évènements ont considérablement aidé au développement conscient des idées anarchistes. Il est tout aussi vrai que des conceptions artificielles ont vu le jour à la même époque: le liberalisme et le socialisme prétendument « scientifique », dont l’une des branches est représentée par le bolchevisme-communisme. Toutefois, malgrés toute leur immense influence sur la psychologie de la société moderne, ou du moins sur une grande partie d’entre elle, et malgré leur triomphe sur la réaction classique d’une part, et sur la personnalité de l’individu, d’autre part, ces conceptions artificielles tendent à glisser sur la pente menant aux formes déja connues du vieux monde.

L’homme libre, qui prend conscience et qui l’exprime autour de lui, enterre et enterrera inévitablement tout le passé infâmant de l’humanité, ainsi que tout ce que cela entraînerait comme tromperie, violence arbitraire et avilissement. Il enterrera aussi ces enseignements artificiels.

L’individu se libère peu à peu, dès à présent, de la chape de mensonges et de lâcheté dont l’ont recouvert depuis sa naissance les dieux terrestres, cela à l’aide de la force grossière de la baïonnette, du rouble, de la « justice » et de la science hypocrite – celle des apprentis sorciers.

En se débarrassant d’une telle infamie, l’individu atteint la plénitude qui lui fait découvrir la carte de la vie: il y remarque en premier lieu son ancienne vie servile, repoussante de lâcheté et de misère. Cette vie ancienne avait tué en lui, en l’asservissant, tout ce qui avait de propre, clair et valable au départ, pour le transformer soit en mouton bêlant, soit en maître imbécile qui piétine et déchire tout ce qu’il y a de bon en lui-même et chez autrui.

C’est seulement à ce moment que l’homme s’éveille à la liberté naturelle, indépendante de qui ou de quoi que ce soit et qui réduit en cendre tout ce qui lui est contraire, tout ce qui viole la pureté et la beauté captivante de la nature, laquelle se manifeste et croît à travers l’oeuvre créatrice autonome de l’individu. Ce n’est qu’ici que l’homme revient à lui-même et qu’il condamne pour toujours son passé honteux, coupant avec lui tout lien psychique qui emprisonnait jusqu’ici sa vie individuelle et sociale, par le poids de son ascendance serville et aussi, en partie, par sa propre démission, encouragée et accrue par les chamans de la science.

Désormais, l’homme avance d’année en année autant qu’il le faisait auparavant de génération en génération, vers une fin hautement étique: ne pas être, ni devenir lui-mêmme un chaman, un prophète du pouvoir sur autrui et ne plus permettre à d’autres de disposer d’un pouvoir sur lui.

Libéré des dieux célestes et terrestres, ainsi que de toutes leurs prescriptions morales et sociales, l’homme élève la voix et s’oppose en actes contre l’exploitation de l’homme par l’homme et le dévoiement de sa nature, laquelle reste invariablement liée à la marche en avant, vers la pleinitude et la perfection. Cet homme révolté ayant pris conscience de soi et de la situation de ses frères opprimés et humiliés, s’exprime dorénavant avec son coeur et sa raison: il devient un anarchiste révolutionnaire, le seul individu qui puisse avoir soif de liberté, de plénitude et de perfection tant pour lui que pour le genre humain, foulant à ses pieds l’esclavage et l’idiotie sociale qui s’est incarnée historiquement par la violence – l’Etat. Contre cet assassin et bandit organisé, l’homme libre s’organise à son tour avec ses semblables, en vue de se renforcer et d’adopter une orientation véritablement communiste dans toutes les conquètes communes accomplies sur la voie créatrice, à la fois grandiose et pénible.

Les individus membres de tels groupes s’émancipent par là même de la tutelle criminelle de la société dominante, dans la mesure où ils redeviennent eux-mêmes, c’est à dire qu’ils rejettent toute servilité envers autrui, quelqu’ils aient pu être auparavant: ouvrier, paysan, étudiant ou intellectuels. C’est ainsi qu’ils échappent à la condition soit d’âne bâté, d’esclave, de fonctionnaire ou de laquais se vendant à des maîtres imbéciles.

En tant qu’individu, l’homme se rapproche de sa personnalité authentique l’orsqu’il rejette et réduit en cendres les idées fausses sur sa vie, retrouvant ainsi tous ses véritables droits. C’est par cette double démarche de rejet et d’affirmation que l’individu devient un anarchiste révolutionnaire et un communiste conscient.

En tant qu’idéal de vie humaine, l’anarchisme se révèle consciemment en chaque individu comme une aspiration naturelle de la pensée vers une vie libre et créatrice, conduisant à un idéal social de bonheur. A notre siecle, la société anarchiste ou société harmonieuse n’apparaît plus comme une chimère. Cependant, autant que son élaboration et son aménagement pratique, sa conception paraît encore peu évidente.

En tant qu’enseignement portant sur une vie nouvelle de l’homme et de son développement créateur, tant sur le plan individuel que social, l’idée même de l’anarchisme se fonde sur la vérité indestructible de la nature humaine et sur les preuves indiscutables de l’injustice de la société actuelle – véritable plaie permanente. Cette constatation conduit ses partisants – les anarchistes – à se trouver en situation à demi ou entièrement illégale vis-à-vis des institutions officielle de la société actuelle. En effet, l’anarchisme ne peut être reconnu tout à fait légal dans aucun pays; cela s’explique par son serviteur et maître: l’Etat. La société s’y est complètement dissoute; toutes ses fonctions et affaires sociales sont passées aux mains de l’Etat. Le groupe de personnes qui a parasité de tous temps l’humanité, en lui construisant des « tranchées » dans sa vie, s’est ainsi identifié à l’Etat. Que ce soit individuellement ou en masse innombrable, l’homme se retrouve à la merci de ce groupe de fainéants se faisant appeler « gouvernants et maîtres », alors qu’ils ne sont en réalité que de simple exploiteurs et oppresseurs.

C’est à ces requins qui abrutissent et soumettent le monde actuel, qu’ils soient gouvernants de droite ou de gauche, bourgeois ou socialistes étatistes, que la grande idée d’anarchisme ne plaît en aucune sorte. La différence entre ces requins tient en ce que les premiers sont des bourgeois déclarés – par conséquents moins hypocrites -, alors que les seconds, les socialistes étatistes de toutes nuances, et surtout parmis eux les collectivistes qui se sont indûment accolés le nom de communistes, à savoir les bolcheviks, se dissimilent hypocritement sous les mots d’ordre de « fraternité et d’égalité ». Les bolcheviks sont prêt à repeindre mille fois le société actuelle ou à changer mille fois la dénomination des systèmes de domination des uns et d’esclavage des autres, bref à modifier les appellations selon les besoins de leurs programmes, sans changer pour autant un iota de la nature de la société actuelle, quitte à échaffauder dans leurs stupides programmes des compromis aux contradictions naturelles qui existent entre la domination et la servitude. Bien qu’ils sachent que ces contradictions soient insurmontables, ils les entretiennent tout de même, à la seule fin de ne pas laisser apparaître dans la vie le seul idéal humain véritable: le communisme libertaire.

Selon leur programme absurde, les socialistes et communistes étatistes ont décidé de « permettre » à l’homme de se librer socialement, sans qu’il soit possible pour autant de manifester cette librerté dans sa vie sociale. Quant à laisser l’homme s’émanciper spirituellement en totalité, de manière à ce qu’il soit entièrement libre d’agir et de se soumettre uniquement à sa propre volonté et aux seules lois naturelles, bien qu’ils abordent peu ce sujet, il ne saurait pour eux en être question. C’est la raison pour laquelle ils unissent leurs efforts à ceux des bourgeois afin que cette émancipation ne puisse jamais échapper à leur odieuse tutelle. De toute façon, l' »émancipation » octroyée par un pouvoir politque quelconque, on sait bien désormais quel aspect cela peur revêtir.

Le bourgeois trouve naturel de parler des travailleurs comme d’esclaves condamné à le rester. Il n’encouragera jamais un travail authentique susceptible de produire quelquechose de réellement utile et beau, pouvant bénéficier à l’humanité entière. Malgrè les capitaux colossaux dont il dispose dans l’industrie et l’agriculture, il affirme ne pas pouvoir aménager des principes de vie sociale nouvelle. Le présent lui paraît tout fait suffisant, car tout les puissants s’inclinnent devant lui: les tsars, les présidents, les gouvernements et la quasi-totalité des intellectuels et savants, tout ceux qui soumettent à leur tour les esclaves de la société nouvelle. « Domestiques » crient les bourgeois à leur fidèles serviteurs, donnez aux esclaves le servile qui leur est dû, gardez la part qui vous revient pour vos dévoués services, puis conservez le reste pour nous!… Pour eux, dans ces conditions, la vie ne peut être que belle!

« Non nous ne sommes pas d’accord avec vous là-dessus! rétorquent les socialistes et communistes étatistes. Sur ce, ils s’adressent aux travailleurs, les organisent en parti politiques, puis les incitent à se révolter en tenant le discours suivant: « Chassez les bourgeois du pouvoir de l’Etat et donnez-nous-le, à nous socialistes et communistes étatistes, ensuite nous vous défendrons et libererons ».

Ennemis acharnés et naturels du pouvoir d’Etat, bien plus que les fainéants et les privilégiés, les travailleurs expriment leur haine, s’insurgent accomplissent la révolution, détruisent le pouvoir d’Etat et en chassent ses détenteurs, puis, soit par naïveté soit par manque de vigilance, ils laissent les socialistes s’en emparer. En Russie, ils on laisser les bolcheviks-communistes se l’accaparer. Ces laches jésuites, ces monstres et bourreaux de la liberté se mettent alors à égorger, à fusiller et à écraser les gens, même désarmés, tout comme auparavant les bourgeois, si ce n’est pire encore. Ils fusillent pour soumettre l’esprit indépendant, qu’il soit individuel ou collectif, dans le but d’anéantir pour toujours en l’homme l’esprit de liberté et la volonté créatrice, de le rendre esclave spirituel et laquais physique d’un groupe de scélérats installés à la place du trône déchu, n’hésitant pas à utiliser des tueurs pour se subordonner la masse et éliminer les récalcitrants.

L’homme gémit sous le poids des chaînes du pouvoir socialiste en Russie. Il gémit aussi dans les autres pays sous le joug des socialistes unis à la bourgeoisie, ou bien sous celui de la seule bourgeoisie. Partout, individuellement ou collectivement, l’homme gémit sous l’oppression du pouvoir d’Etat et de ses folies politiques et économiques. Peu de gens s’intéressent à ses souffrances sans avoir en même temps d’arrières-pensées, car les bourreaux, anciens ou nouveaux, sont très forts spirituellement et physiquement: ils disposent de grands moyens efficaces pour soutenir leur emprise et écraser tout et tous ceux qui se mettent en travers de leur chemin.

Brûlant de défendre ses droits à la vie, à la liberté et au bonheur, l’homme veut manifester sa volonté créatrice en se mêlant au tourbillon de violence. Devant l’issue incertaine de son combat, il a parfois tendance à baisser les bras devant son bourreau, au moment même où celui-ci passe le noeud coulant autour du cou, cela alors qu’un seul de ses regards audacieux suffirait à faire trembler le bourreau et à remettre en cause tout le fardeau du joug. Malheureusement, l’homme préfère bien souvent fermer les yeux au moment même où le bourreau passe un noeud coulant sur sa vie toute entière.

Seul, l’homme qui a réussi à se débarasser des chaînes de l’oppression et observé toutes les horreurs se commettant contre le genre humain, peut être convaincu que sa liberté et celle de son semblable sont inviolables, tout autant que leur vies, et que son semblable est un frère. S’il est prêt à conquerir et à defendre sa liberté, à exterminer tout exploiteur et tout bourreau (si celui-ci n’abandonne pas sa lâche profession), puis s’il ne se donne pas pour but dans sa lutte contre le mal de la société contemporaine de remplacer le pouvoir bourgeois par un autre pouvoir tout aussi oppresseur – socialiste, communiste ou « ouvrier » (bolchevik) -, mais d’instaurer une société réellement libre, organisée à partir de la responsabilité individuelle et garantissant à tous une liberté authentique et une justice sociale égale pour tous, seul cet homme là est un anarchiste révolutionnaire. il peut sans crainte regarder les actes du bourreau-Etat et recevoir s’il le faut son verdict, et aussi énoncer le sien à l’occasion en déclarant: « Non, il ne saurait en être ainsi! Révolte-toi, frère opprimé! Insurge-toi contre tout pouvoir de l’Etat! Détruis le pouvoir de la bourgeoisie et ne le remplace pas par celui des socialistes et des bolcheviks-communistes. Supprime tout pouvoir d’Etat et chasse ses partisants, car tu ne trouveras jamais d’amis parmis eux. »

Le pouvoir des socialistes ou communistes étatistes est tout aussi nocif que celui de la bourgeoisie. Il arrive même qu’il le soit encore davantage, l’orsqu’il fait ses expériences avec le sang et la vie des hommes. A ce moment, il ne tarde pas à rejoindre à la dérobée les prémices du pouvoir bourgeois; il ne craint plus alors de recourrir aux pires moyens en mettant et en trompant encore plus que tout autre pouvoir. Les idées du socialisme ou communisme d’Etat deviennent même superflues: il ne s’en sert plus et se rapproche à toutes celles qui peuvent lui servir à s’aggriper au pouvoir. En fin de compte, il ne fait qu’employer des moyens nouveaux pour perpetuer la domination et devenir plus lâche que la bourgeoisie qui, elle, pend le révolutionnaire publiquement, alors que le bolchevisme-communisme, lui, tue et étrangle en cachette.

Toute révolution qui a mis aux prises la bourgeoisie et les socialistes ou communistes d’Etat illustre bien ce que je viens d’affirmer, en particulier si l’on considère l’exemple des révolutions russes de fevrier et d’octobre 1917.  Ayant renversé l’empire russe, les masses laborieuses se sentirent en conséquence à demi émancipée politiquement et aspirèrent a parachever cette libération. Elles se mirent à transmettre les terres, confisquées aux grands propriétaires terriens et au clergé, à ceux qui les cultivaient ou qui avaient l’intention de le faire sans exploiter le travail d’autrui. Dans les villes, ce furent les usines, les fabriques, les typographies et autres entreprises sociales qui furent prises en main par ceux qui y travaillaient. Lors de ces réalisations saines et enthousiastes, tendant à instaurer des relations fraternelles entre les villes et les campagnes, les travailleurs ne voulurent pas remarquer qu’à Kiev, Kharkov et Pétrograd, des gouvernements nouveaux se mettaient en place.

A travers ses organisations de classe, le peuple aspirait à poser le fondement d’une société nouvelle et libre devant éliminer, en toute indépendance, au cours de son developpement, du corps social tous les prarasites et tous les pouvoirs des uns sur les autres, jugés stupides et nuisibles par les travailleurs.

Une telle démarche s’affirma nettement en Ukraine, dans l’Oural et en Sibérie. A Tiflis, kiev, Petrograd et Moscou, au coeur même des pouvoir mourants, cette tendance se fit jour. Toutefois, partout et toujours, les socialistes et communistes d’Etat avaient et on encore leurs nombreux partisants, ainsi que leurs tueurs à gages. Parmi ceux-ci, il faut malheureusement constater qu’il y eu de nombreux travailleurs. A l’aide de ces tueurs les bolcheviks ont coupé court à l’oeuvre du peuple, et d’une manière si terrible que même l’inquisition du Moyen Age pourrait les envier.

Quant a nous, connaissant la véritable nature de l’Etat, nous disons aux guides socialistes et bolcheviks: « Honte à vous! Vous avez tant écrit et discuté de la férocité bourgeoise à l’égard des opprimés. Vous avez défendu avec tant d’acharnement la pureté révolutionnaire et le dévouement des travailleurs en lutte pour leur émancipation et maintenant, parvenu au pouvoir, vous vous révélez ou bien les même lâches laquais de la bourgeoisie ou bien vous devenez vous même bourgeois en utilisant ses moyens, au point même qu’elle s’en étonne et s’en moque. »

D’ailleurs à travers les expériences du bolchevisme-communiste, la bourgeoisie a compris, ces dernieres années, que la chimère scientifique d’un socialisme étatique ne pouvait se passer ni des moyens, ni même d’elle même. Elle l’a si bien compris qu’elle se moque de ses élèves qui n’arrivent même pas à sa hauteur. Elle à compris que, dans le système socialiste, l’exploitation et la violence organisée contre la majorité de la masse laborieuse ne suppriment nullement la vie débauchée et le parasitisme des fainéants, qu’en fait l’exploitation ne change que de nom puis croît et se renforce. Et c’est bien ce que la réalité nous confirme. Il n’y a qu’à constater la maraude des bolcheviks et leur monopole sur les conquètes révolutionnaire du peuple, ainsi que leur police, leurs tribunaux, prisons et armée de geôliers, tous employés contre la révolution. L’armée « rouge » continue d’être recrutée de force! On y retrouve les mêmes fonctions qu’auparavant, bien qu’elles s’y dénomment autrement, en étant encore plus irresponsable et devoyées.

Le libéralisme, le socialisme et le communisme d’Etat sont trois membres de la même famille empruntant des voies différentes pour exercer leur pouvoir sur l’homme, afin de l’empêcher d’atteindre son plein épanouissement vers la liberté et l’indépendance en créant un principe nouveau, sain et authentique à partir d’un idéal social valable pour tout le genre humain.

« Revolte-toi! déclare l’anarchiste révolutionnaire à l’opprimé. Insurge-toi et supprime tout pouvoir sur toi et en toi. Et ne participe pas à en créer un nouveau sur autrui. Sois libre et défends la liberté des autres contre toutes atteintes! »

Le pouvoir dans la société humaine est sourtout prôné par ceux qui n’ont jamais vécu véritablement de leur propre travail et d’une vie saine, ou bien, encore, qui n’en vivent plus ou qui ne veulent pas en vivre. Le pouvoir d’Etat ne pourra jamais donner la joie, le bonheur et l’épanouissement à une société quelle qu’elle soit. Ce pouvoir à été créé par des fainéant dans le but unique de piller et d’exercer leur violence, souvent meurtrière, contre tous ceux qui produisent, par leur travail – que ce soit par la volonté, l’intelligence ou les muscles – , tout ce qui est utile et bon dans la vie de l’homme.

Que ce pouvoir se qualifie de bourgeois, de socialiste, de bolchevik-communiste, d’ouvrier ou de paysan, cela revient au même: il est tout aussi nocif à l’individualité saine et heureuse et à la sociètè dans son ensemble. La nature de tout pouvoir d’Etat est partout identique: anéantir la liberté de l’individu, le transformer spirituellement en laquais, puis de s’en servir pour les besognes les plus sâles. Il n’y a pas de pouvoir innofensif.

« Frère opprimé, chasse en toi le pouvoir et ne permet pas qu’il s’instaure ni sur toi ni sur ton frère, proche ou lointain! »

La vraie vie, saine et joyeuse, de l’individu et de la collectivité ne se construit pas à l’aide du pouvoir et de programmes qui tentent de l’enfermer en des formules et des lois écrites. Non, elle ne peut s’édifier qu’à partir de la liberté individuelle, de son oeuvre créatrice et indépendante, s’affirmant par les phases de destruction et de construction.

La liberté de chaque individu fonde la société libertaire; celle-ci atteit son integralité par la décentralisation et la réalisation but commun: le communisme libertaire.

Lorsque nous nous représentons la société communiste libertaire, nous la voyons comme une société grandiose et harmonieuse dans ses relations humaines. Elle repose principalement sur les individus libre qui se groupent en associations affinitaires – que ce soit par intérêt, nécéssité ou penchants -, garantissant une justice sociale à titre égal pour tous en se liant en fédérations et confédérations.

Le communisme libertaire, c’est une société qui se fonde sur la vie libre de tout homme, sur son droit intangible à un développement infini, sur la suppression de toutes les injustices et de tous les maux qui ont entravé le progrès et le perfectionnement de la société en la partageant en couches et en classes, sources de l’oppression et de la violence des uns sur les autres.

La société libertaire se donne pour but de rendre plus belle et plus radieuse la vie de chacun, au moyen de son travail, de sa volonté et de son intelligence. En plein accord avec la nature, le communisme libertaire se fonde par conséquent sur la vie de l’homme pleinement épanoui, indépendant, créateur et absolument libre. C’est la raison pour laquelle ses adeptes apparaissent dans leur vie comme des êtres libres et radieux.

Le travail et les relation fraternelles entre tous, l’amour de la vie, la passion de la création belle et libre, toutes ces valeurs motivent la vie et l’activité des communistes libertaires. Ils n’ont nul besoin de prisons, de bourreaux, d’espions et de provocateurs, utilisés par contre en grands nombre par le socialistes et communistes étatistes. Par principe, les communistes libertaire n’ont aucun besoin des bandits et assassins à gages dont le pire exemple et le chef suprème est en fin de compte, l’Etat. Frère opprimé! Prépare-toi à la fondation de cette société là, par la reflexion et au moyen de l’action organisée. Seulement, souviens-toi que ton organisation doit être solide et constante dans son activité sociale. L’ennemi absolu de ton émancipation, c’est l’Etat; il s’incarne au mieux par l’union des cinq types suivants: le propriétaire, le militaire, le juge, le prêtre et celui qui est leur serviteur à tous, l’intellectuel. Dans la plupart des cas, ce dernier se charge de prouver les droits « légitimes » de ses quatre maître à sanctionner le genre humain, à normaliser la vie de l’homme sous tous ses aspects individuels et sociaux, cela en déformant le sens des lois naturelles pour codifier des lois « historiques et juridiques », oeuvres criminelles de plumitifs stilipendiés.

L’ennemi est très fort car, depuis des millénaires, il vit de pillages et de violences; il en a retiré de l’expérience, il a surmonté des crises internes et il adopte maintenant une nouvelle physionomie, étant menacé de disparition par l’apparition d’une science nouvelle qui reveille l’homme de son sommeil séculaire. Cette science nouvelle libère l’homme de ses préjugés et lui fournit des armes pour se découvrir lui-même et trouver sa véritable place dans la vie, malgrè tous les efforts des apprentis-sorciers de l’union des « cinq » pour l’empêcher d’avancer sur cette voie.

Ainsi une telle modification du visage de notre ennemi, frère opprimé, peut être remarqué, par exemple, dans tout ce qui sort du cabinet des savants réformateurs de l’Etat. Nous avons pu observer d’une mainère caractéristique cette métamorphose lors des révolutions que nous avons vécues nous-même. L’union des « cinq », l’Etat, notre ennemi, parut au début disparaître complètement de la terre…

En réalité, notre ennemi ne fit que changer d’apparence et se découvrit de nouveau alliés qui oeuvrèrent criminellement contre nous: la leçon des bolcheviks-communistes en Russie, en Ukraine, en Georgie, et parmis de nombreux peuples d’Asie centrale est très édifiante à ce égard. Cette époque ne sera jamais oubliée par l’homme qui combat pour son émancipation, car il car il saura se rappeler ce qu’il y a eu de cauchemardesque et de criminel.

Le seul et le plus sûr moyen qui s’offre à l’opprimé dans sa lutte contre le mal qui l’enchaîne, c’est la révolution sociale, rupture profonde et avancée vers l’évolution humaine.

Bien que la révolution sociale se développe spontanément, l’organisation déblaie sa voie, facilite l’apparition de brèches parmis les digues dressée contre elle et accélère sa venue. Lanarchiste révolutionnaire travaille dès maintenant à cette orientation. Chaque opprimé qui tient sur lui le joug, en étant conscient que cette infâmie écrase la vie du genre humain, doit venir en aide à l’anarchiste. Chaque être humain doit être conscient de sa responsabilité et l’assumer jusqu’au bout en supprimant de la société tous les bourreaux et parasites de l’union des « cinq », afin que l’humanité puisse respirer en toute liberté.

Chaque homme et surtout l’anarchiste révolutionnaire – en tant qu’initiateur appelant à lutter pour l’idéal de liberté, de solidarité et d’égalité – doit se rappeler que la révolution sociale exige pour son évolution créatrice des moyens adéquats, en particulier des moyens organisationnels constants, nottament durant la période où elle détruit, dans un élan spontané, l’esclavage, et sème la liberté, en affirmant le droit de chaque homme à un libre développement ilimité. C’est précisément la période où, ressentant la véritable liberté en eux et autour d’eux, les individus et les masses oseront mettre en pratique les conquêtes de la révolution sociale, que celle- ci éprouvera le plus grand besoin de ces moyens organisationnels. Par exemple, les anarchistes révolutionnaires ont joué un rôle particulièrement remarquable lors de la révolution russe mais, ne possédant pas les moyens d’action nécessaires, n’ont pu mener à terme leur rôle historique. Cette révolution nous a, d’ailleurs, bien démontré la vérité suivante: après s’être débarassé des chaînes de l’esclavage, les masses humaines n’ont nullement l’intention d’en créer de nouvelles. Au contraire, durant les périodes révolutionnaires, les masses recherchent des formes nouvelles d’associations libres pouvant non seulement répondre à leurs élans libertaires,mais défendre aussi leurs acquis lorsque l’ennemi s’y attaque.

En observant ce processus, nous sommes constament parvenu à la conclusion que les association les plus fertiles et les plus valables ne pouvaient être que les union-communes, celles dont les moyens sociaux sont créés par la vie même: les soviets libres. En se fondant sur cette même conviction, l’anarchiste révolutionnaire se jette dans l’action avec abnégation et il rappelle les opprimés à la lutte pour les actions libres. Il est convaincu qu’il ne faut pas seulement manifester les principe organisationnels fondamentaux et createurs, mais aussi se donner les moyens de défendre la vie nouvelle contre les forces hostiles. La pratique montre que cela doit être réalisé de la manière la plus ferme et soutenue par les masses elles-même, directement sur place.

En accomplissant la révolution, pousées par l’anarchisme naturellement en elles, les masses humaines recherchent les associations libres. Les assemblées libres retiennent toujours leur sympathie. L’anarchiste révolutionnaire doit les aider à formuler le mieux possible cette démarche. Par exemple, le problème économique de l’association libre des communes doit trouver sa pleine expression par la création de coopératives de production et de consommation, dont les soviets libres seraient les promoteurs.

C’est par l’intermédiaire des soviets libres, durant le développement de la révolution sociale, que les masses s’empareront directement de tout le patrimoine social: la terre, les forêts, les fabriques, les usines, les chemins de fer et transports maritimes, ect., puis, se regroupant selon leurs interêts, leurs affinités ou l’idéal commun, elles construiront leur vie sociale de la façon la plus variée et appropriée à leurs besoins et désirs.

Il va sans dire que cette lutte sera pénible; elle provoquera un grand nombre de victimes, car elle opposera pour la dernière fois l’humanité libre et le vieux monde. Il n’y aura pas de place à l’hésitation ni au sentimentalisme. Ce sera à la vie et à la mort! Du moins c’est ainsi que devra le concevoir chaque homme qui attache de l’importance à ses droits et à ceux de l’humanité entière, s’il ne veut pas demeurer un âne bâté, un esclave, comme on le force à l’être actuellement.

Lorsque le raisonnement sain et l’amour autant de soi-même que d’autrui prendront le dessus dans la vie, l’homme deviendra le véritable createur de sa propre existance.

Organise-toi, frère opprimé, fais appel à tous les hommes de la charrue et de l’atelier, du banc d’école du lycée et de l’université, sans oublier le savant et l’intellectuel en général, afin qu’il sorte de son cabinet et te porte secours sur ton pénible chemin. Il est vrai que neuf intellectuels sur dix ne pourront pas répondre à ton appel ou bien, s’il le font, ce sera avec l’arrière pensée de te tromper, car n’oublie pas que ce sont de fidèles serviteur de l’union des « cinq ». Il y en aura tout de même un sur dix qui s’avèrera être ton ami et t’aidera à déjouer la tromperie des neuf autres. En ce qui concerne la violence physique, la force grossière des gouvrenant législateurs, tu l’écartera avec ta propre violence.

Organise-toi, appelle tout tes frères à rejoindre le mouvement et exige de tous les gouvernants de mettre fin volontairement à leur lâche profession de régenter la vie de l’homme. S’ils refusent, insurge-toi, désarme les policiers, les miliciens et autres chiens de garde de l’union des « cinq ». Arrête pour le temps nécessaire tout les gouvernants, déchire et brûle leurs lois! Détruis les prisons, anéantis les boureau, supprime tout pouvoir d’Etat!

De nombreux tueurs à gages et assassins se trouvent dans l’armée, mais tes amis, les soldats mobilisés de force, y sont présents aussi, appelle-les à toi, ils viendront à ton secours et t’aideront à neutraliser les mercenaires.

Après s’être tous réunis en une grande famille, frères, nous irons ensemble sur la voie de la lumière et du savoir, nous éloignerons les ténèbres et marcherons vers l’idéal commun de l’humanité : la vie fraternelle et libre, la société où personne ne sera plus jamais esclave ni humilié par quiconque.

A la violence grossière de nos ennemis, nous repondrons par la force compacte de notre armée révolutionnaire inssurectionnelle. A l’incohérence et l’arbitraire, nous répondrons en construisant avec justice notre nouvelle vie, sur la base de la responsabilité de chacun, vraie garantie de la liberté et de la justice sociale pour tous.

Seuls, les criminels sanguinaires de l’union des « cinq » refuseront de se joindre à nous sur la voie novatrice; ils tenteront de s’y opposer pour conserver leurs privilèges, ce en quoi ils se condamneront eux-mêmes.

Vive cette conviction claire et ferme en la lutte pour l’idéal de l’harmonie humaine généralisée : la société anarchiste !

Probouzdénié,n°18, janvier 1932, pp.57-63, et n°19-20, février-mars 1932, pp.16-20.

Nouvel Ordre Mondial: Déploiement de zones d’entrainement urbaines au pays du goulag levant…

Posted in actualité, crise mondiale, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 29 juillet 2013 by Résistance 71

Le développement de l’état policier est en phase finale outre-atlantique. Les derniers détails se mettent en place, les camps de concentration de la FEMA sont opérationnels… Il ne manque qu’une crise domestique majeure, économique ou autre, pour mettre en place la loi martiale. Les attentats fausse-bannière de Boston ont été une répétition générale. Les manœuvres de police ultra-militarisée habituent les citoyens à voir des hélicos, des transporteurs de troupes blindés, des forces masquées, partout…

Ceci est aussi en place en Grande-Bretagne, l’impunité policière en France et dans d’autres pays européens ne fait que croître. L’État policier et le goulag planétaire sont à nos portes, l’ennemi est dans nos murs et un un nom: l’oligarchie capitaliste et son garde-chiourme l’État.

Temps d’agir contre non ou serons-nous toujours satisfaits d’un état providence gestapiste ?…

— Résistance 71 —

 

La militarisation de l’Amérique

 

Bill Van Auken

 

29 Juillet 2013

 

url de l’article:

http://french.irib.ir/analyses/item/267709-la-militarisation-de-l’amérique,-par-bill-van-auken

 

 

Le déploiement d’hélicoptères Blackhawk à Chicago cette semaine n’est que le dernier d’une série d’exercices d’« entraînement au combat en zone urbaine » qui sont devenus un élément familier de la vie américaine.

Comme ailleurs, cet exercice a été lancé devant une population civile ébahie et sans avoir été annoncé. Conduits en secret, apparemment avec l’accord des services de police locaux et des élus, démocrates comme républicains, l’objectif évident de ces exercices est de donner aux troupes américaines de l’expérience dans ce que le Pentagone appelle « des opérations militaires en terrain urbain. »

Ce type d’opération est sans conteste d’une importance cruciale pour l’armée américaine. Au cours de la décennie écoulée, sa mission principale, comme l’ont prouvé l’Afghanistan et l’Irak, a été l’invasion et l’occupation de pays relativement faibles militairement et la soumission de leur population qui résistait à l’occupation, souvent dans des combats maison par maison dans les centres urbains.

L’armée dispose d’un Centre d’entraînement urbain de 4 kilomètres carrés au centre-sud de l’Indiana qui se targue de plus de 1500 « structures d’entraînement » conçues pour simuler des maisons, des écoles, des hôpitaux et des usines. Le site web du centre affirme qu’il « peut être adapté pour reproduire des situations étrangères tout comme nationales. »

Qu’est-ce que cela peut apporter de faire voler des Blackhawks à faible altitude au-dessus des immeubles de logements de Chicago ou de faire rouler des convois militaires blindés dans les rues de St Louis qu’il ne serait pas possible d’obtenir avec les simulations du centre d’entraînement ? Rien que l’année dernière, il y a eu au moins sept exercices de ce type, à Los Angeles, Chicago, Miami, Tampa, St Louis, Minneapolis et Creeds en Virginie.

La réponse la plus évidente est que ces exercices habituent les troupes à opérer dans les villes américaines, tout en désensibilisant la population américaine au déploiement de la puissance militaire américaine à l’intérieur du pays.

Les préparatifs pour ce genre de déploiement sont déjà très avancés. Au cours de la décennie passée, sous le prétexte de la « guerre mondiale contre le terrorisme, » Washington a promulgué une série de lois répressives et créé une vaste nouvelle bureaucratie de contrôle d’Etat sous l’autorité du département de la sécurité intérieure. Sous le gouvernement Obama, la Maison Blanche s’est arrogé le pouvoir de mettre les ennemis de l’Etat en détention militaire pour une durée indéfinie, ou même de les assassiner sur le sol américain par des frappes de drones, tout en développant fortement l’espionnage électronique de la population américaine.

Une partie de ce processus est l’augmentation incessante du pouvoir de l’armée américaine et son intervention croissante dans les affaires intérieures. En 2002, la création de l’US Northern Command a attribué pour la première fois un commandement militaire pour les opérations à l’intérieur des États-Unis eux-mêmes.

Encore en mai dernier, le Pentagone a annoncé l’application de nouvelles règles d’engagement pour les forces militaires américaines opérant sur le sol américain pour apporter un « soutien » aux autorités civiles chargées de faire respecter la loi, y compris pour faire face aux « troubles civils. »

Ce document déclare des pouvoirs militaires très larges et sans précédent dans une section intitulée « Autorité d’urgence. » Elle affirme l’autorité d’un « commandant militaire » dans « des circonstances d’urgence extraordinaire où une autorisation préalable par le président est impossible et où les autorités locales régulières sont incapables de contrôler la situation, de s’engager temporairement dans des activités qui sont nécessaires pour contenir des troubles civils inattendus de grande ampleur. » En d’autres termes, les huiles du Pentagone s’arrogent l’autorité unilatérale d’imposer la loi martiale.

Ces pouvoirs ne sont pas pris dans le but de défendre la population des États-Unis contre le terrorisme ou pour contrer une urgence hypothétique. Le commandement militaire américain est tout à fait conscient d’où se trouve le danger.

Dans un récent article, un instructeur de haut niveau au Commandement de Fort Leavenworth et au General Staff College [qui forme les hauts gradés de l’armée américaine, ndt] et ex-directeur de l’École militaire des études militaires avancées a présenté un scénario révélateur pour une situation dans laquelle l’armée pourrait intervenir.

« La grande récession du début du vingt-et-unième siècle dure plus longtemps qu’on ne l’avait anticipé. Après un changement de pouvoir à la Maison Blanche et au Congrès en 2012, le parti au pouvoir coupe tous les financements qui étaient attribués à la relance de l’économie et à l’aide sociale. L’économie des États-Unis se trouve en stagnation, comme le Japon dans les années 1990, pour la majeure partie de la décennie. En 2016, l’économie montre des signes de reprise, mais les classes moyennes et les classes moyennes inférieures n’en ressentent presque pas les effets en matière d’emploi ou d’augmentation des salaires. Le chômage continue à osciller périlleusement près d’un pourcentage à deux chiffres … »

En d’autres termes, le Pentagone voit que de telles conditions – qui diffèrent très peu de celles en cours aux États-Unis aujourd’hui – pourraient produire des soulèvements sociaux qui ne pourraient être contenus que par le recours à la force militaire.

Ce qui est mis au rebut, en coulisses et pratiquement sans aucune couverture médiatique, et encore moins de débat public, ce sont les principes constitutionnels qui remontent à des siècles et qui interdisent l’utilisation de l’armée pour maintenir l’ordre public contre des civils. Dans la déclaration d’indépendance elle-même, la justification de la révolution contre le roi George comprenait l’accusation qu’il avait « décidé de rendre l’armée indépendante du pouvoir civil et supérieure à ce dernier. »

Allant de pair avec l’accroissement des pouvoirs de l’armée à l’intérieur du pays, la police censée être civile a été militarisée. Un article publié par le Wall Street Journal le week-end dernier et intitulé « l’avènement du policier guerrier » décrivait très clairement ce processus :

« Poussées par une rhétorique martiale et la disponibilité d’équipements de type militaire, des baïonnettes et des fusils M-16 jusqu’aux transports de troupes blindés, les forces de police américaines adoptent souvent un état d’esprit qui était, par le passé, réservé au champ de bataille. La guerre contre la drogue et, plus récemment, les actions anti-terroristes qui ont suivi le 11 septembre ont créé une nouvelle figure sur la scène américaine : le policier guerrier – armé jusqu’aux dents, prêt à traiter durement les malfaiteurs, et une menace croissante contre les libertés américaines ordinaires. »

Cet article décrit la vaste prolifération des unités SWAT (Special Weapons and Tactics) dans pratiquement chaque ville d’Amérique, grâce aux 35 milliards de dollars alloués par le ministère de l’Intérieur, « avec l’essentiel de l’argent allant à l’achat de matériel militaire comme les transports de troupes blindés. »

Cette force armée a été étalée à la vue de tous en avril durant ce qui revenait à être l’imposition d’un état de siège sur la ville de Boston, apparemment pour ne capturer qu’un adolescent suspect. Toute la population d’une grande ville américaine a été enfermée chez elle pendant que des policiers équipés pour le combat, pratiquement impossible à distinguer des militaires, ont occupé les rues et mené des fouilles maison par maison sans mandat.

Ce qui sous-tend cette militarisation sans précédent de la société américaine ce sont deux processus parallèles. L’immense élargissement du gouffre social qui sépare les milliardaires et multimillionnaires qui contrôlent la vie politique et économique de la classe ouvrière américaine qui constitue la grande majorité de la population, est fondamentalement incompatible avec la démocratie et exige d’autres formes de pouvoir. En même temps, le passage au militarisme comme principal instrument de politique étrangère américaine a largement augmenté le pouvoir de l’armée au sein de l’appareil d’Etat américain.

L’oligarchie dirigeante américaine et le Pentagone reconnaissent tous deux qu’une polarisation sociale profonde et une crise économique qui s’aggrave ne peuvent qu’aboutir à des soulèvements sociaux. Ils s’y préparent en conséquence.

Les travailleurs doivent tirer les conclusions appropriées et faire ses propres préparatifs politiques pour les confrontations inévitables à venir.

Crise économique planifiée: Pour l’oligarchie, le plan suit son cours…

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Une fois de plus, ne nous leurrons pas en nous disant: « c’est en Amérique, çà n’arrivera pas chez nous… » Ceci est le plan des parasites oligarques pour le monde entier ! La création d’un vaste sous-prolétariat (qui sera massivement éliminé lorsque l’état fasciste mondial sera en place et la grille de contrôle verrouillée…) d’Hommes nomades comme le caractérise Attali, idéologue français du Nouvel Ordre Mondial, abrutis et serviles, une caste de gardes-chiourme du système et la petite élite du haut de la pyramide (cf le film visionnaire de Fritz Lang « Metropolis ») qui manipule le reste.

La précarité généralisée fait partie du plan d’instauration de N.O.M: laminés groggy dans les cordes, assommés par la pauvreté, les guerres incessantes et l’insécurité généralisée, les peuples supplieront à genoux les « élites » auto-proclamées de les sortir de cette condition. Les psyhopathes ont la solution toute prête: la gouvernance mondiale de leur état fasciste supranational.

Le seul moyen d’arrêter cela ? Dire NON ! En masse et reprendre le pouvoir pour le diluer dans le peuple à l’échelle planétaire. Toujours croire aujourd’hui que changer de figures dans l’État parasite changera quoi que ce soit est non seulement naïf, mais complice des crimes commis en permanence « en notre nom ».

Il n’y a pas de solutions au sein du système… Beaucoup l’ont dit dans le passé, bon nombre d’intellectuels et d’activistes l’ont dit de manière contemporaine: Zinn, Pilger, Roberts, Chomsky, le temps d’agir dans nos communautés, en autogestion, de créer le contre-pouvoir nécessaire par la désobéissance civile de masse, est venu. Réflexion dans nos communautés, mise en commun de nos idées, communication, action directe autogestionaire et de désobéissance civile, boycott des institutions, de l’impôt sont nos meilleures armes. Le système repose sur deux piliers essentiels: le pilier économique capitaliste et monopoliste, le piler des institutions, garde-chiourme des privilèges économiques.

Il nous faut détruire ces piliers pierre par pierre, posément et avec conviction ; nos outils ? Ceux mentionnés ci-dessus… Rien ne peut s’opposer à un peuple uni qui agit avec la conscience politique de gagner une liberté qu’il n’a jamais eu… mais seulement goûté  l’illusion !…

— Résistance 71 —

 

80% des adultes états-uniens font face à la précarité et au chômage

 

Press TV

 

28 Juillet 2013

 

url de l’article original:

http://www.presstv.ir/detail/2013/07/28/316090/80-of-us-adults-face-nearpoverty-no-jobs/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les données d’une nouvelle étude montrent que le chômage, la précarité ou la dépendance aux subsides est un problème pour 80% des adultes américains durant au moins une partie de leurs vies.

Des données exclusives divulguées par l’agence Associated Press indiquent que le fossé grandissant entre les riches et les pauvres aux Etats-Unis et le manque de travail bien payé dans le secteur secondaire (industrie) sont les deux raisons majeures du pourquoi les adultes etats-uniens éprouvent des difficultés dans leurs vies.

“Je pense que cela va empirer”, a dit Irene Salyers, 52 ans, résidente du County de Buchanan en Virginie.

“Si vous demandez un emploi, ils n’y en a pas, et lorsqu’il y en a c’est mal payé”, a ajouté Salyers alors qu’elle mettait en garde que les enfants américains “n’avaient rien de mieux à faire que de se droguer.”

Les données d’AP ont montré que bien que les minorités ethniques et raciales ont toujours plus de chances de vivre dans la pauvreté, le nombre de pauvres blancs a augmenté de manière plus que significative depuis les années 1970. Il y a 46,2 millions d’Américains, ce qui constitue 15% de la population états-unienne, qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, et plus de 19 millions de blancs sont pauvres, ou 41% des destitués de la nation.

De plus, les données montrent que si l’inégalité des revenus continue à croître aux Etats-Unis, vers 2030, 85% des adultes américains feront l’expérience d’une insécurité économique durant certaines périodes de leur vie.

L’insécurité économique pour les adultes étant définie comme faire face au chômage durant sa vie active et devant être dépendant pendant une année ou plus des aides de l’état comme les tickets alimentaires.

Les données de l’agence AP ont aussi montré que le nombre de blancs pauvres de la classe laborieuse aux Etats-Unis a augmenté plus vite que le nombre de travailleurs non blancs depuis l’an 2000.

Comment les sionistes manipulent les mouvements autochtones du Canada…

Posted in actualité, désinformation, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, terrorisme d'état on 28 juillet 2013 by Résistance 71

Nous avons souvent mentionné ici-même la similitude de la cause palestinienne et de celle des mouvement d’émancipation anti-coloniaux des Indiens des Amériques. Les mouvements prenant de plus en plus d ‘ampleur d’année en année au sein des peuples natifs et en dehors (les colons devenant de plus en plus anti-coloniaux..), il devenait évident que les mouvements sionistes de lobby allaient s’intéresser à la chose. Nous ne savions pas que c’était chose faite, voici comment. Le tout sur fond de génocides, d’expériences médicales et de manipulation de l’histoire de la Palestine.

— Résistance 71 —

 

Natifs du Canada et Israël: La manipulation du génocide

 

Eric Walberg

 

27 Juillet 2013

 

url de l’article original:

http://www.ericwalberg.com/index.php?option=com_content&view=article&id=485

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ce mois-ci, les médias du Canada ont solennellement relaté “la triste vérité au sujet du pays s’étant engagé dans une politique délibérée de génocide contre les premières nations”, se référant aux abus sur les enfants financés par le gouvernement il y a un siècle au travers de son programme de pensionnats, que le médecin en chef du Canada Peter Bryce dénonça en 1907, mais qui fut éludé. Bryce fut renvoyé de ses fonctions et la position de médecin en chef du Canada fut abolie en 1919. Ceci, bien sûr, est un crime terrible, bien que les faits soient connus depuis bien longtemps (la recherche de référence ayant été publiée en 2006). Une autre étude publiée par Ian Mosby en Mai de cette année a remis de l’huile sur le feu, révélant que de 1942 à 1952, le gouvernement canadien conduisit des “expériences nutritionnelles” sur des enfants indigènes pensionnaires des tristement célèbres pensionnats où les rations de lait furent reduites de moité pendant des années, les vitamines essentielles prévues ne furent pas distribuée et les soins dentaires furent interrompus, car la santé des gencives était une référence sanitaire pour les médecins de la recherche et que tout soin dentaire aurait altéré l’étude. Les éclaboussures médiatiques furent l’œuvre de Phil Fontaine, un ancien chef de l’Assemblée des Premières Nations (AFN) et de Bernie Farber, vice-président de l’entreprise Gemini Power Corporation et ancien secrétaire général  du Congrès Juif Canadien (CJC), devenu depuis 2011, le Centre pour les Affaires Juives et d’Israël (CAJI).

Ceci n’est pas la première fois que le CAJI a exprimé son “soutien” pour les natifs assiégés. Depuis des années maintenant, de la même manière que des centaines de parlementaires fédéraux et provinciaux canadiens, ainsi que des policiers et bien d’autres, sont invités en Israël aux frais de la princesse par le CAJI ou autres groupes pro-Israël; les “activistes sociaux” auto-proclamés du CAJI font maintenant les yeux doux aux groupes indigènes locaux en leur offrant de pareils voyages d’agrément. Par exemple, le représentant du CAJI de Winnipeg Shelley Faintuch a organisé une mission de développement de la jeunesse Cree de 10 jours en Israël en 2012 et encore cette année avec le soutien de chef de la nation Cree de Norway House Ron Evans “afin de développer la nouvelle génération de leaders natifs en regardant au travers de la lorgnette de l’histoire inspirée d’Israël.” Pourquoi les leaders juifs canadiens auraient soudainement un intérêt dans les nations indigènes et soutiendraient leur lutte pour obtenir réparations du gouvernement canadien pour les siècles de subjugation coloniale et d’exploitation ? Est-ce par altruisme, parce que la tradiition juive est d’être “une lumière pour les peuples “ ? C’est ce que le CAJI voudrait nous faire croire, avec ses affirmations de “profondes similarités culturelles et historiques” de “lutte pour l’acceptation, des droits égaux et des droits à leur propre terre.”

Il y a une autre explication, bien différente. Le mouvement de résistance autochtone a continué à croître ces 50 dernières années. Et quiconque avec ne serait-ce que la plus petite connaissance du comment les peuples natifs ont été dépossédés et abusés par les colons, peut très facilement voir un parallèle entre les autochtones du Canada et les Palestiniens, qui ont soufferts un siècle de traitement identique par les juifs immigrants en Palestine, qu’ils ont arbitrairement renommé “Israël” en 1948. Alors que les peuples indigènes deviennent de plus en plus éveillés à leur lutte commune avec d’autres peuples indigènes dans le monde, ils sont obligés de reconnaître et de s’identifier avec les Palestiniens et leur lutte contre les colons qui les oppriment. Il est donc tous à fait logique pour les sionistes canadiens d’anticiper et d’assayer de convaincre les nations natives du Canada que ce sont en fait les juifs (provenant pour leur grande part des pays européens et des Etats-Unis) qui sont les indigènes à la terre de Palestine et non pas les Arabes. L’histoire qui est racontée aux jeunes Cree participant à ces missions de développement des jeunes leaders est que les Israéliens, tout comme les autochtones canadiens, essaient simplement de réassumer leurs droits légitimes à la terre et à leur territoire.

Les manchettes voyantes des journaux au sujet du gouvernement canadien et de son génocide contre les populations indigènes il y a un siècle, sont accompagnées par des narratifs au sujet de l’holocauste nazi, de la “solution finale” et même de certaines allusions au tristement célebre Dr Mengele expérimentant sur ses victmes juives. Cette manipulation honteuse des évènements autour d’une véritable tragédie indigène est détestable. C’est aussi une gifle dans la figure du premier ministre Harper et de ses serviles allégences à Israël, comme codifié par une de ses premières actions de politique étrangère une fois en poste, le “partenariat” de coopération de sécurité publique signé avec Israël en 2008. Farber n’a t’il aucune allégence au premier ministre canadien ? Son accolade soudaine aux mouvements de résistance autochtones n’est-elle pas un chouia suspicieuse ? Le vice-président de Gemini Power Corporation n’est pas seulement un nabab de l’industrie, mais aussi un “activiste social” auto-proclamé, qui, d’après Wikipedia, “travaille en partenariat avec les Nations Indigènes pour les aider à développer des affaires durables.”

Ceci se traduit par: convaincre les natifs de vendre leurs ressources à des entreprises gourmandes comme Gemini Power et leurs laquais du gouvernement, avoir l’intention de constriuire de telles merveilles comme les terminaux de gaz naturel liquéfié sur la côte Ouest, les mines et l’exploitation du chromite et les projets de fonderies de la Baie James et les sables bitumeux pour la production de pétrole en Alberta. Est-il possible donc que Farber, avant qu’il ne publie son article dans le Toronto Star le 19 Juillet, ait eu un pow-wow avec le grand-chef Harper, s’excusant pour la comparaison du gouvernement canadien avec les fous génocidaires nazis, tout en expliquant que cela n’était en fait qu’une partie d’un plan où tous les deux y gagnent et qui escroquerait les indigènes sans recours plus avant de leurs ressources ? Que représentent quelques “tirs de fronde et de flèches” entre un big-boss d’entreprise et son laquais du gouvernement ? Harper peut utiliser toute l’aide qu’il peut avoir ces jours-ci, considérant le fait que le cœur même de la communauté native du Canada soutien Idle No More ces jours et non pas Israël. Le mouvement a déclaré la guerre à la tentative conservatrice de remplacer les obligations de traités du gouvernement par des mécanismes de marché comme les lois C-45 et C-38.

Farber n’a pas mentionné le fait qu’Israël lui-même a fait des expériences similaires à celles faites par le Dr Mengele sur ses propres citoyens juifs, comme des juifs nord-africains et éthiopiens, qui avalèrent la propagande sioniste et s’enfuirent de leurs terres traditionnelles et de leurs cultures pour s’en aller vivre “dans l’état juif”. D’après le documentaire “100 000 radiations”, montré à la télévision israélienne en 2003, à partir de 1951, l’armée américaine paya le ministère de la santé israélien pour que celui-ci irradie des enfants pour tester les effets des radiations. Une génération entière de jeunes juifs séfarades fut utilisé comme cobayes à son insu. Un autre documentaire de la tv israélienne diffusé en 2012 a révélé que jusqu’à récemment, des juifs éthiopiens furent injectés de force avec du Depo-Provera, un médicament destiné à les stériliser, avant qu’ils ne soient autorisés à immiger vers Israêl. Le contrôle sioniste des médias est-il si puissant qu’il empêche les Canadiens et les surtout les natifs de voir au travers les mensonges éhontés proférés par Israël et son lobby ainsi que les vérités qu’ils cachent ? Il n’y a pas qu’Harper qui est dupé.

Le chef Cree Ron Evans a personnellement souffert des expériences à la “Dr Mengele”, qui furent conduites à Norway House et Le Pas Cree dès 1942. Mais au lieu de relier les points ensemble, Evans a été acheté par le CAJI de Winnipeg et son sponsor affilié de la “Mission Cree en Israël”, où il prononça le peuple juif  comme étant “le véritable peuple indigène historique d’Israël”. Puis il y eut les autochtones de l’Ontario avec le “grand espoir blanc” Bob Rae, grand supporteur d’Israël, dont l’épouse était la vice-présidente du CJC. Rae a quitté le NDP en 2002 pour avoir refusé d’embrasser la mondialisation et les marchés libres et il est maintenant le négociateur des indigènes pour les intérêts miniers du “cercle de feu” de la Baie James.

Aussi sympathique l’ancien homme d’état Rae puisse être, ses intérêts communs, économiques et politiques, avec Farber, demeurent et il n’y a aucun doute qu’au mieux les autochtones percevront des millions de dollars, mais vous pouvez être absolument sûr que l’option “Pas d’exploitation minière du chromite” n’est pas sur la table. Il est clair aujourd’hui que les nations indigènes doivent obtenir de nouveaux accords sur leurs relations avec Corporate Canada. C’est tout le but du mouvement Idle No More. Mais l’option du “Non!”, doit toujours être sur la table et non pas seulement celle du “combien de fric obtiendrons-nous des entreprises pour qu’elles puissent continuer à détruire notre terre ?”

Il y a des signes montrant ce qu’une nouvelle donne pourrait être et les soudainement supporteurs pro-natifs sionistes comme Farber et Rae n’ont absolument rien à contribuer à cela. Le parc national de 1987 de Gwaii Haanas et le site héritage haida permet à Haida de règlementer l’exploitation du bois et de maintenir intacte les forêts sacrées, permettant l’utilisation durable de ressources naturelles. Thomas Berger appelle à la re-tribalisation des terres: “Tant que la terre est un bien corporatif, d’entreprise, elle sera vulnérable.”

*** 
Eric Walberg est l’auteur de From Postmodernism to Postsecularism: Re-emerging Islamic Civilization

Une version de cet article a été publié sur  PressTV

Résistance politique: L’inéluctabilité de l’action directe et de la désobéissance civile (John Pilger)

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Comment on nous appauvrit, embourgeoise et réduit au silence et que faire à ce propos

 

John Pilger

 

25 Juillet 2013

 

url de l’article:

http://johnpilger.com/articles/how-we-are-impoverished-gentrified-and-silenced-and-what-to-do-about-it

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Je connais mon facteur depuis plus de vingt ans. Consciencieux doté d’un bon sens de l’humour, il est la personalisation du service public dans ce qu’il a de mieux. L’autre jour, je lui demandais: “Pourquoi vous tenez-vous devant chaque porte comme un soldat à la parade ?”

“Nouveau système, me répondit-il, je ne suis plus supposé simplement poster les lettres. Je dois aussi approcher chaque porte d’une certaine manière et mettre les lettres d’une certaine manière.”

« Pourquoi ? »

« Demandez-lui. »

De l’autre côté de la rue se tenait un jeune homme à l’allure solennelle, écritoire à pince dans les mains et dont le travail consistait à suivre les facteurs et d’observer s’ils obéissaient aux nouvelles règles, une préparation à la privatisation sans aucun doute. J’ai expliqué au suiveur que mon facteur était admirable. Son visage demeura de marbre, à l’exception peut-être d’une petite expression furtive de confusion.

“Dans son livre “Brave New World Revisited”, Aldous Huxley décrit une nouvelle classe conditionnée à une normalité qui n’est pas normale “parce qu’ils sont tellement bien ajustés à notre mode d’existence, parce que leur voix a été réduite au silence si tôt dans leurs vies, qu’ils ne luttent même pas ni ne souffent ni ne développent de symptômes comme tout neurotique le ferait.”

La surveillance est nornale dans l’Âge de la Régression, comme l’a révélé Edward Snowden. Avoir des caméras partout est normal. Il est nornal de voir les libertés subverties. La dissidence publique effective est maintenant contrôlée par la police, dont les méthodes d’intimidation sont normales.

La diffamation de mots si nobles tels que “démocratie”, “réforme”, “bien-être” et “service public” est nornal. Des premiers ministres qui mentent ouvertement au sujet de groupes de pression (lobbyistes) et de la guerre est normal. L’exportation de plus de 4 milliards GBP d’armement britannique, incluant des munitions de contrôle des foules, à un état médiéval comme l’Arabie Saoudite, où l’apostat est puni de mort, est normal.

La destruction volontaire d’institutions publiques populaires et efficaces comme la poste est normal. Un facteur n’est plus un facteur, vaquant à son travail décent, il est un automate qui doit être observé, une case dans laquelle on doit mettre une marque. Huxley avait décrit cette régression comme une insanité et notre “ajustement parfait à cette société anormale” comme un signe de folie.

Sommes-nous “parfaitement ajustés” à tout ceci ? Non, pas encore. Les gens manifestent contre la fermeture des hôpitaux, UK Uncut force des succursales bancaires à fermer et six femmes courageuses grimpent sur le plus haut bâtiment d’Europe pour montrer la chaos causé par les compagnies pétrolières dans l’Arctique. De là, la liste commenene à s’affiner.

Au festival annuel de Manchester, l’épique poème de Percy Bysshe Shelley “Le masque de l’anarchie”, les 91 strophes écrites dans la rage du massacre des gens de Lancashire protestant contre la pauvreté en 1819, est devenu une pièce théâtrale acclamée dans son divorce avec le monde extérieur. En janvier dernier, la commission sur la pauvreté de la conurbation de Manchester a révélé que 600 000 personnes y vivent dans une “pauvreté extrême” et que 1,6 millions, ou près de la moitié de la population urbaine de cette conurbation, étaient en train de “glisser dans une plus grande pauvreté”.

La pauvreté a été embourgeoisée. Le domaine de Parkhill à Sheffield était autrefois un bâtiment HLM, détesté de beaucoup pour sa brutalité à la Le Corbusier, son manque d’entretien et son manque de facilités. Avec sa classification en monument historique de classe 2, il a été rénové et privatisé. Les deux tiers des anciens appartements ont été transformé en appartements modernes se vendant à des “professionnels”, incluant des designers, des architectes et un historien social. Dans le bureau de vente, vous pouvez y acheter des mugs et des coussins. Cette façade ne dit en rien que Sheffield, devastée par les coupes budgétaires “d’austérité” du gouvernement, a une liste d’attente de 60 000 personnes pour l’obtention de logements sociaux.

Parkhill est le symbole de la société des deux-tiers qu’est la Grande-Bretagne aujourd’hui. Le tiers embourgeoisé se porte bien, certains même très bien, un tiers lutte pour s’en sortir à crédit et le reste glisse dans la pauvreté.

Bien que la vaste majorité de la population britannique appartienne à la classe laborieuse, que les gens se voient comme tel ou pas, une minorité embourgeoisée domine le parlement, l’exécutif corporatif et les médias. David Cameron, Nick and Ed Milliband en sont leurs véritables représentants, n’ayant que des différences mineures entre leurs partis politiques. Ils fixent les limites de la vie et du débat politiques, aidés en cela par un journalisme gentrifié et l’”identité” de l’industrie. Le plus grand transferts de richesse du bas vers le haut de l’histoire est une réalité. La justice sociale a été remplacée par une “équité” qui n’a aucun sens.

Tout en faisant la promotion de cette normalité, la BBC récompense un vieux fonctionnaire avec près d’un million de GBP. Bien que se regardant comme le média équivalant à l’église d’Angleterre, la corporation a maintenant une morale comparable à celle des entreprises de “sécurité” G4S et Serco, qui, comme le dit le gouvernement, ont surfacturé en services publiques pour des dizaines de millions de GBP. Dans d’autres pays, ceci est appelé corruption.

Tout comme les ventes des facilités énergétiques, de distribution d’eau et des chemins de fer, la poste royale sera vendue à grand renfort de pots-de-vin et de la collaboration des instances syndicales, indépendemment de leurs cris d’orfraie. En ouverture de son documentaire datant de 1983 “Questions de leadership”, Ken Loach montre les patrons des syndicats exhortant les masses. Les mêmes hommes sont ensuite montrés, plus vieux et bien rougeauds, accoutrés d’hermine à la chambre des Lords. Aux récentes cérémonies de l’anniversaire de la reine, le secrétaire général du TUC (syndicat), Brendan Barber, a été anobli.

Pendant combien de temps encore les Britanniques peuvent-ils regarder les soulèvements populaires autour du monde et faire si peu, à part porter le deuil de leur parti travailliste (NdT: soi-disant socialiste) ? Les révélations d’Edward Snowden montrent l’infrastrucxture d’un état policier émergerant en Europe, spécifiquement en Grande-Bretagne. Les gens sont plus éveillés qu’auparavant et les gouvernements ont peur de la résistance populaire, ce qui est le pourquoi les diseurs de vérité sont isolés, trainés dans la boue et poursuivis.

Un changement radical provient presque toujours du courage de quelques personnes reprenant leurs propres vies contre toute attente. Il n’y a pas d’autre manière maintenant. Action directe. Désobéissance civile. C’est indubitable. Lisez Percy Shelley; “Ye are many, they are few,” (“Vous êtes nombreux, ils sont peu”). Faites-le.