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L’anarchie pour la jeunesse… Version pdf à télécharger !

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Résistance 71

26 septembre 2017

En janvier de cette année, nous avions publié ce petit pamphlet pour la jeunesse, mais aussi pour ceux qui ont toujours voulu en savoir plus sur l’anarchie sans jamais osé le demander… Il est temps de comprendre qu’alternative à l’État et au capitalisme il y a, que le système nous aveugle depuis bien trop longtemps et surtout… Qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il ne peut pas y en avoir. Pour en savoir plus, téléchargez le document ci-dessous.

La Mère Peinarde nous en a fait un très beau PDF que nous republions ici à fin de téléchargement et de diffusion gratuite. A lire, relire et diffuser donc sans aucune modération. Bonne lecture !

L’anarchie pour la jeunesse (version PDF)

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Résistance à la tyrannie de l’État: Désobéir aux lois (Henry David Thoreau)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 25 septembre 2017 by Résistance 71

Désobéir aux lois

 

Henri David Thoreau

 

La Revue Blanche, 1886

Henry David Thoreau est né à Concord (Massachusetts) le 12 juillet 1817. Son père, d’origine française, était fabricant de crayons ; sa mère, Cynthia Dunbar, était fille d’un pasteur du New Hampshire. De 1833 â 1837, il étudia à l’Université Harvard. À l’exception de brèves absences, il vécut à Concord, où il subvenait à ses besoins par les occupations les plus diverses, et où il mourut le 6 mai 1862. Sa vie a été écrite par M. Henry S. Salt.].

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Henry David Thoreau est l’auteur, entre autres, de “La désobéissance civile”, publié en 1849, qui fut et demeure un des grands textes de la contestation sociale aux Etats-Unis. Il posa tout au long de sa vie, les questions fondamentales sur la société et l’État qui l’opprime comme: la liberté doit-elle être subordonnée au libre-échange ? Sommes-nous en droit de nous contenter d’un sort confortable quand on sait que celui-ci repose sur l’exploitation et l’oppression d’autrui ? Peut-on vivre dans la lâcheté et l’erreur ? La loi de la majorité est-elle forcément démocratique ? Doit-on obéir à la loi quand celle-ci ordonne ou prescrit l’inacceptable ? La loi naturelle est-elle compatible avec l’État et le droit positif ?

~ Résistance 71 ~

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs »
(Article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, et préambule de la Constitution du 24 juin 1793).

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J’accepte de bon cœur la formule : « Ce gouvernement est le meilleur, qui gouverne le moins » ; et j’aimerais la voir réaliser plus vite et plus systématiquement, — ce qui aboutit à ceci, à quoi je souscris également : « Ce gouvernement est le meilleur, qui ne gouverne pas du tout » ; et quand l’éducation des hommes sera faite, ce sera là le genre de gouvernement qu’ils auront. Un gouvernement peut tout au plus prétendre à être opportun ; mais la plupart sont ordinairement inopportuns, et tous le sont quelquefois.

Dans un État populaire, quand la majorité détient le pouvoir, ce n’est pas qu’elle soit plus probablement dans le vrai que la minorité, ni que son pouvoir semble à celle-ci équitable, c’est qu’elle est matériellement la plus forte. Mais un gouvernement dans lequel la majorité règle tout ne peut être basé sur la justice. Le citoyen doit-il, fût-ce un moment et si peu que ce soit, sacrifier sa conscience au législateur ? Je pense que nous devons être d’abord des hommes, et seulement ensuite des citoyens. Il est inadmissible de confondre le respect de la loi avec le respect du juste. La seule obligation que j’aie à assumer est de faire ce que je crois bien. On a assez dit qu’une communauté n’a point de conscience, mais une communauté d’hommes consciencieux est une communauté avec une conscience. Jamais la loi ne rendit le moins du monde les hommes plus justes ; et souvent les bien intentionnés deviennent, de par leur respect pour elle, les agents de l’injustice. Comme illustration au respect abusif de la loi, voici une colonne de soldats, colonel, capitaine, caporaux, singes à poudre. Tous marchent dans un ordre admirable par monts et par vaux, contre leur volonté, en dépit du bon sens et malgré leur conscience, vers les guerres. Ils savent que c’est là une besogne damnable et tous s’inclinent. Que sont ils ? des hommes ? ou des petits forts, des arsenaux ambulants au service de quelque gaillard sans scrupule qui détient le pouvoir ? Visitez le Navy-Yard, et considérez un marin ; un homme tel que le gouvernement américain peut en faire, ou cette chose qu’il peut faire d’un homme avec sa magie noire : c’est une ombre, une réminiscence d’humanité, un être consumé vivant et debout, et enterré sous les armes, avec accompagnements funéraires.

La masse des hommes servent l’État non comme des hommes, mais comme des machines, avec leurs corps. Ils sont l’armée permanente, et la milice, et les geôliers, et les constables, la force publique. Il n’y a plus ici exercice libre du jugement ou du sens moral. Peut-être pourrait-on en fabriquer qui fonctionneraient aussi bien. Ces hommes-là s’élèvent à la dignité d’un épouvantail en torchis ou d’un tas de boue. Cependant de tels hommes sont généralement considérés comme de bons citoyens. D’autres, — comme les législateurs, les politiciens, les hommes de loi, les ministres, les fonctionnaires, — mettent, eux, leur intelligence au service de l’État, et comme il est rare qu’ils soient capables de faire quelque distinction morale, ils sont bien aussi propres à servir le diable qu’à servir Dieu. Un très petit nombre, tels les héros, les patriotes, les martyrs, les réformateurs, dans le grand sens du mot, et les hommes, servent aussi l’État, mais avec leurs consciences. Nécessairement ils résistent : et l’État les traite en ennemis. Un sage voudra être utilisé comme homme ; il ne consentira pas à être de « l’argile » avec quoi « boucher un trou pour arrêter le vent ». Il laisse cet office à ses cendres.

Je suis d’une naissance trop haute pour appartenir à quelqu’un,

Pour être soumis à un contrôle

Ou pour être l’utile serviteur et l’instrument

De n’importe quel maître au monde.

Tous les hommes admettent le droit à la révolution, c’est-à-dire le droit de refuser obéissance et de résister au gouvernement quand sa tyrannie ou son incapacité passent les limites. Presque tous disent que tel n’est pas le cas aujourd’hui, — mais ils pensent que tel était le cas lors de la révolution de 1775. On me dit que le gouvernement ne valait rien à cette époque, parce qu’il imposait certaines denrées étrangères amenées dans les ports. Il est plus que probable que cela m’eût laissé indifférent, car je puis me passer de ces denrées. Mais quand, dans un pays qui a la prétention d’être le refuge de la liberté, le sixième de la population est composé d’esclaves, quand toute une contrée est injustement envahie [1], conquise par une armée étrangère, et soumise à la loi martiale, je crois qu’il n’est pas trop tôt pour que les honnêtes gens se rebellent et fassent une révolution.

Nous disons que la masse des hommes n’est pas préparée. Mais le progrès est lent, parce que ceux qui forment le petit nombre ne sont ni plus sages ni meilleurs que le grand nombre. Ce qui importe n’est pas que beaucoup soient bons, mais qu’il y ait, là ou là, quelque vertu effective, parce que c’est ce qui fera lever toute la masse. Il y a des milliers d’hommes opposés, en principe, à l’esclavage et à la guerre et qui cependant ne font rien pour y mettre fin, qui, suffisamment fiers d’être les enfants de Washington et de Franklin, restent assis sur leur derrière, les mains dans les poches, disent qu’ils ne savent que faire et ne font rien, qui même placent la question de liberté après la question de commerce, et tranquillement lisent les prix courants tout au long, en même temps que les derniers avis de Mexico, après dîner, et peut-être s’endorment dessus. Quel est aujourd’hui le prix courant d’un honnête homme, d’un patriote ? Ils hésitent, ils regrettent, quelquefois même ils pétitionnent ! Mais en réalité ils ne font rien qui produise un résultat. Ils attendront, tout disposés du reste à les applaudir, que d’autres remédient au mal, afin de n’avoir pas à déplorer plus longtemps son existence. Tout au plus accordent-ils un vote bon marché, un petit encouragement et un « Dieu te bénisse » au bon droit quand il passe à portée. Il y a 999 patrons de la vertu pour un homme vertueux. Mais il est plus facile de traiter avec le possesseur réel d’une chose qu’avec son gardien temporaire.

Tout vote est une sorte de jeu, comme les échecs ou le tric-trac, avec une légère teinte morale ; on joue le bien et le mal, et il y a un betting. Le caractère des votants n’est pas en cause. Je jette mon vote, admettons-le, comme je crois juste ; mais il n’y a pas là pour moi de question vitale. Volontiers je m’incline devant la majorité. Voter pour ce qui est bien et ne rien faire pour le bien, c’est simplement exprimer, et d’une façon si timide, votre désir de justice. Un sage ne laissera pas le droit à la merci de la chance, pas plus qu’il ne souhaitera le voir triompher de par la majorité. Il n’y a que petite vertu dans l’œuvre des masses. Quand la majorité votera l’abolition de l’esclavage, c’est qu’elle sera indifférente à l’esclavage, ou que, en fait, l’esclavage sera déjà aboli. Ils seront alors les seuls esclaves.

Oh ! un homme qui soit un homme et, comme le dit mon voisin, ait dans le dos un os au travers duquel on ne puisse passer la main ! Vos statistiques sont inexactes : la population a été évaluée trop haut. Combien d’hommes y a-t-il dans ce pays par mille milles carrés ? à peine un. L’Amérique n’offre-t-elle donc pas quelque prime qui engagerait des hommes à s’établir sur son territoire ? L’Américain est dégénéré en un drôle de corps reconnaissable à sa manie de vivre en troupe.

Ce n’est pas un devoir, une chose toute naturelle, que de se dévouer à la destruction de telles et telles injustices, fussent-elles des plus scandaleuses : un homme peut fort bien être absorbé par d’autres soins. Mais au moins est-il de son devoir de s’en laver les mains et de ne pas donner en pratique son appui à l’injustice. Voyez quelle contradiction énorme entre les idées et les actes. J’ai entendu de mes concitoyens dire : Je voudrais voir qu’ils m’ordonnassent d’aider à écraser l’insurrection des esclaves, ou de marcher sur Mexico ; vous verriez si j’irais ! Et cependant chacun d’eux a fourni un remplaçant… Ceux qui, tout en désapprouvant le caractère et les actes d’un gouvernement, lui accordent leur allégeance, sont indubitablement ses soutiens les plus sûrs et les obstacles les plus sérieux aux réformes. Certains pétitionnent à l’Etat pour dissoudre l’Union. Pourquoi ne rompent-ils pas eux-mêmes leur union avec l’État ? Pourquoi ne refusent-ils pas de payer leur quote-part au trésor ? Ne sont-ils point par rapport à l’État dans une situation semblable à celle où l’État se trouve par rapport à l’Union ? Et les raisons qui ont empêché l’État de résister à l’Union sont tout simplement celles qui les empêchent, eux, de résister à l’État.

Comment un homme peut-il se contenter de concevoir une opinion, simplement, et de s’y complaire ? Y a-t-il une jouissance à savoir qu’on est lésé ? Si vous êtes volé d’un seul dollar par votre voisin, il ne vous suffit pas de savoir que vous êtes volé, ni de dire que vous êtes volé, ni de l’obliger à avouer le vol : immédiatement vous faites le nécessaire pour lui faire rendre gorge, puis vous prenez des mesures pour l’empêcher de recommencer. Il y a des lois injustes. Leur obéirons-nous bénévolement, ou travaillerons-nous à les réformer ? Obéirons-nous à ces lois jusqu’à ce qu’elles soient modifiées, ou les enfreindrons-nous tout de suite ? Généralement les gens pensent qu’ils doivent attendre d’avoir persuadé à la majorité de modifier les lois. Ils pensent que, s’ils résistaient, le remède serait pire que le mal. Mais si le remède est pire que le mal, la faute en est au gouvernement lui-même. C’est lui qui le fait pire. Pourquoi n’est-il pas plus apte à présenter les réformes et à y pourvoir ? Pourquoi n’écoute-t-il pas sa sage minorité ? Pourquoi crie-t-il et résiste-t-il avant d’être blessé ? Pourquoi n’encourage-t-il pas les citoyens à signaler ses fautes, pourquoi ne fait-il pas mieux qu’ils ne feraient eux-mêmes ?

Une fois l’an, pas plus, je rencontre face à face le gouvernement américain ou son représentant, le gouvernement de l’Etat, en la personne du percepteur d’impôts. C’est le seul mode selon lequel un homme dans ma situation soit forcément en rapports avec lui. Par la voix de ce fonctionnaire, il dit alors distinctement : Reconnais-moi. Et la façon la plus simple, la plus effective et, dans l’état présent des affaires, la meilleure de lui exprimer votre peu de satisfaction et votre mince amour est de refuser de le reconnaître à ce moment là. Mon voisin le percepteur d’impôts est justement l’homme avec lequel j’ai à traiter, — car c’est après tout avec des hommes que je me querelle, non avec des parchemins, — et il a, lui, volontairement choisi d’être un agent du gouvernement. Comment saura-t-il jamais ce qu’il est et ce qu’il fait comme fonctionnaire du gouvernement, ou comme homme, avant qu’il soit obligé de se demander comment il me traitera, moi, son voisin pour lequel il a de la considération : comme un voisin et un homme sociable, ou comme un maniaque et un perturbateur de la paix ?

Sous un gouvernement qui emprisonne injustement, la vraie place d’un homme juste est la prison. C’est la vraie place aujourd’hui, la seule que l’État des Massachusetts ait préparée pour ses esprits les plus libres, afin qu’ils soient écartés, mis hors l’État par l’État lui-même, comme ils se sont mis eux-mêmes hors l’État par leurs principes. C’est là que les trouveraient l’esclave fugitif, le mexicain prisonnier sur parole, l’indien qui vient plaider pour sa race, oui, là, sur ce terrain écarté, mais plus libre et mieux fréquenté, où l’État envoie ceux qui ne sont pas avec lui, mais contre lui, en cette seule maison, où, dans un État d’esclaves, un homme libre puisse résider avec honneur. Si certains pensent que leur influence se perdra là, que leur voix n’atteindra plus l’oreille de l’État, qu’ils ne seront pas là tels que des belligérants derrière les murs de leur ville, c’est qu’ils ne savent pas combien la vérité est plus forte que l’erreur, ni combien plus éloquemment et plus efficacement peut combattre l’injustice celui qui a payé un peu de sa propre personne. Que votre volonté ne se manifeste pas uniquement par le dépôt d’un morceau de papier dans une urne. Une minorité n’est impuissante qu’aussi longtemps qu’elle se conforme à la majorité ; alors elle n’est même pas une minorité. Mais elle est irrésistible quand elle pèse de tout son poids. Si l’État se trouve dans cette alternative : garder en prison tous les hommes justes, ou renoncer à la guerre et à l’esclavage, il n’hésitera pas dans son choix. Si un millier d’hommes refusaient de payer l’impôt cette année, ce ne serait pas là une mesure violente ni sanguinaire, comme c’est une de les payer et de mettre ainsi l’État à même de commettre une violence et de verser le sang innocent. En fait cela constituerait une révolution pacifique, si ces termes sont conciliables…

Si le percepteur de taxes ou quelque autre fonctionnaire, sur mon refus de payer l’impôt me demande — comme l’un d’eux me l’a demandé : Que dois-je faire ? voici ma réponse : Si réellement vous désirez faire quelque chose, résignez vos fonctions ! — Quand le sujet a refusé obéissance et que le fonctionnaire a résigné ses fonctions, la révolution est accomplie. Supposez même que le sang coule, n’y a-t-il pas une sorte de sang versé quand la conscience est blessée ? Par cette blessure la virilité réelle et l’immortalité de l’homme s’écoulent, et elle saigne jusqu’à une mort éternelle. Ce sang-là, je le vois couler maintenant.

J’ai parlé d’emprisonnement plutôt que de la saisie des biens, parce que ceux qui sont les soutiens du droit le plus pur et par conséquent sont les plus dangereux pour un État corrompu n’ont généralement pas passé beaucoup de temps à accumuler des richesses. À de tels, l’Etat rend comparativement peu de services, et une faible taxe leur paraît souvent exorbitante, surtout si c’est par un travail supplémentaire qu’ils sont obligés d’acquérir de quoi la payer. Si un homme vivait entièrement sans argent, l’État lui-même hésiterait à lui en réclamer. Mais le riche, sans faire aucune allusion personnelle, est toujours vendu à l’institution qui le fait riche. Et nous pouvons dire d’une manière absolue : plus d’argent moins de vertu. L’accroissement des moyens de vivre est proportionnel à la diminution de l’opportunité de vivre.

Quand je parle aux plus indépendants de mes voisins, je m’aperçois, quoi qu’ils disent d’ailleurs, qu’ils ne savent pas se passer du gouvernement, qu’ils craignent pour leurs biens et leurs familles les conséquences d’une désobéissance. Pour ma part, je n’aimerais pas sentir que je ne puisse me passer de la protection de l’État. Si je dénie l’autorité de l’État en refusant de payer l’impôt, il s’emparera de mes biens, nous ruinera et nous accablera, mes enfants et moi. Cela est dur et fait qu’il est impossible, en apparence, de vivre à la fois honnêtement et confortablement. Si l’on était certain de perdre ses biens, ce ne serait pas la peine de les accumuler : il faut donc payer, — ou se blottir quelque part et ne faire lever qu’une faible récolte, et la manger rapidement. Il faut vivre en soi-même, ne dépendre que de soi, être prêt à tout événement et n’être pas surchargé d’affaires. Un homme peut s’enrichir, même en Turquie, s’il veut être un bon sujet du gouvernement turc. Confucius dit : « Si un État est gouverné selon les principes de la raison, la pauvreté et la misère sont sujets de honte ; si un État ne se conforme pas à ces principes, les richesses et les honneurs sont des sujets de honte. » Il m’en coûte moins, de toute façon, d’encourir les pénalités qui frappent la désobéissance qu’il ne m’en coûterait d’obéir. Il me semblerait que je vaux moins.

Il y a quelques années, l’État m’ordonna de payer une certaine somme pour soutenir un pasteur, au prêche duquel mon père assistait, moi, non. Payez, disait-il, ou vous serez mis en prison. Je refusai de payer. Malheureusement quelqu’un paya. Je ne comprenais pas que le maître d’école dût payer un impôt pour entretenir le prêtre, et non le prêtre, le maître d’école ; je n’étais pas instituteur de l’État, et vivais de souscriptions volontaires. À la requête qui m’en fut faite, je déclarai ce qui suit : « Que tous sachent, par ces présentes, que moi, Henry Thoreau, je ne désire pas être considéré comme membre d’une société constituée quelconque », et je remis cette déclaration au commis de la ville. L’État ayant appris ainsi que je ne désirais pas être membre de l’Église en question ne m’a pas inquiété à ce sujet depuis lors. Si j’avais su comment les appeler, j’aurais retiré alors mon adhésion, en détail, à toutes les sociétés auxquelles je n’ai jamais accordé ma signature, mais j’ignorais où en trouver la liste complète.

Pendant six ans, je n’ai pas payé l’impôt de capitation. Je fus mis en prison pour ce fait, et y restai une nuit [2]. Comme je considérais les murs de pierre, la porte de bois et de fer, et la grille de fer par où filtrait la lumière, je ne pus m’empêcher d’être frappé de la bêtise d’une société qui me traitait comme si j’étais fait uniquement de chair, de sang et d’os. Je m’étonnais qu’on eût conclu à la longue que ce fût là le meilleur moyen à employer envers moi, et qu’on n’eût jamais songé à demander mes services de quelque façon que ce fût. Je vis que s’il y avait une muraille de pierre entre mes concitoyens et moi, eux en avaient une autre bien plus rude encore à franchir ou à percer pour être aussi libre que j’étais. Je ne me sentis pas un moment enfermé ; et ces murs me semblaient un grand gaspillage de pierre et de mortier. Je me sentais le seul de tous mes concitoyens qui eût acquitté la taxe. Eux, franchement, ne savaient comment me traiter. D’eux, tout, menace ou approbation, était une bévue, car ils croyaient que mon principal désir était de me trouver de l’autre côté de cette muraille de pierre. Je souriais de voir combien industrieusement ils fermaient la porte sur mes méditations, qui les suivaient quand même au dehors, sans obstacles — et ces méditations seules étaient dangereuses. L’État m’apparut un pauvre idiot, je perdis tout ce qui me restait de respect pour lui, et je le plaignis.

Ainsi, jamais l’État n’attaque de front le sens intellectuel et moral d’un homme ; il s’attaque uniquement à son corps. Il n’est pas armé d’une sagesse ni d’une honnêteté supérieure, mais d’une force physique supérieure. Je ne suis pas né pour être contraint. Je veux respirer à ma mode. Voyons qui est le plus fort. Quelle est la force de la multitude ? Seuls peuvent me faire plier ceux qui obéissent à une loi plus haute que moi. Ceux-là m’obligent à devenir comme eux. Je n’admets pas qu’il y ait des hommes forcés de vivre de telle ou telle façon par des masses d’hommes. Quelle vie serait-ce là à vivre ? Quand je me trouve en présence d’un gouvernement qui me dit : « l’argent ou la vie. » pourquoi me hâterais-je de donner mon argent ? — je puis être dans une grande gêne, et ne savoir que faire. Que le gouvernement s’aide lui-même, comme je fais. Ce n’est pas la peine de pleurnicher pour cela. Je ne suis pas responsable de la réussite du travail de la machine sociale : je ne suis pas le fils de l’ingénieur.

Je n’ai pas refusé de payer la taxe des routes, parce que je suis aussi désireux d’être un bon voisin que je le suis d’être un mauvais citoyen, et, quant au fonctionnement des écoles, j’y contribue maintenant en éduquant mes compatriotes. Ce n’est pas pour tel ou tel article de l’impôt de capitation que je refuse de payer cet impôt. Je refuse obéissance à l’État pour m’éloigner de lui d’une façon effective. Je ne me soucie pas de suivre à la trace la course de mon dollar, le pourrais-je, jusqu’à ce qu’il achète un homme ou un mousquet ; le dollar est innocent ; mais je suis intéressé à suivre les effets de mon allégeance. En fait, je déclare paisiblement la guerre à l’État, à ma façon, quoique d’ailleurs je veuille l’utiliser quand il peut m’être utile à quelque chose. Dans de tels cas, que l’on se garde d’être esclave de son entêtement ou d’un souci exagéré des opinions des hommes. Il faut que chacun agisse selon soi-même et selon l’heure.

Je me dis quelquefois : Quand des millions d’hommes, sans colère, sans mauvais vouloir, sans nul sentiment personnel d’aucune sorte, réclament de vous quelques shillings, sans la possibilité, telle est leur servitude, de renoncer à leur demande ou de la modifier et sans la possibilité, de votre côté, d’un appel à d’autres millions d’individus, pourquoi vous exposer à cette écrasante force brute ? Vous ne vous insurgez pas contre le froid et la faim, contre le vent et les vagues ; vous vous soumettez docilement à mille nécessités analogues. Vous ne mettez pas votre tête dans le feu. Soit. Mais la force contre quoi je lutte n’est pas strictement une force brute ; elle est partiellement une force humaine ; elle n’est pas formée de matière inanimée, mais d’hommes, et je vois que je puis faire appel, d’abord et instantanément, d’eux à leur maître, et, secondement, d’eux à eux-mêmes. Si je mets délibérément ma tête dans le feu, il n’y a pas d’appel possible au feu ou au maître du feu, et j’ai fait une sottise. Et je n’ignore pas que je ne puis changer, comme Orphée, la nature des rochers, des arbres et des bêtes.

Je ne désire pas me quereller avec homme ou nation qui soit. Je ne désire pas fendre des cheveux, faire de subtiles distinctions ou supplanter mes voisins ; bien plutôt, je cherche même, je puis dire, des défaites. Je suis trop disposé, presque, à me conformer aux lois du pays. En vérité, je suis sujet à caution, et, chaque année, quand le percepteur d’impôts rôde, je me sens enclin à revoir les actes et la situation du gouvernement général et du gouvernement des Massachusetts et l’état d’esprit du peuple, pour y découvrir prétexte à adhésion.

Oui, la Constitution, avec toutes ses erreurs, est vraiment belle, la loi et les tribunaux sont bien respectables, cet État et ce gouvernement américain sont, à maints égards, d’admirables, rares et bienfaisantes choses, — comme force publicistes les ont décrits, d’un peu bas ; mais, vus d’un peu plus haut, ils sont bien tels que je les ai décrits ; et d’un point de vue plus élevé encore, qui dira qu’ils méritent seulement qu’on les regarde et qu’on y pense ?

Au surplus, le gouvernement m’importe assez peu, et je penserai à lui le moins possible. Ils sont rares les moments ou je vis sous un gouvernement. Si un homme pense librement, aime librement et voit clair, ce qui n’est pas ne lui paraîtra pas longtemps être, et de bas législateurs ou réformateurs s’agiteront sans qu’il soit à leur merci.

L’autorité du gouvernement, même d’un gouvernement auquel je consentirais à me soumettre — car j’obéirais de bon cœur à ceux qui peuvent faire mieux que moi et, en maintes choses, même à ceux qui ne sauraient faire aussi bien — est impure : pour être strictement juste, elle doit avoir la sanction et le consentement des gouvernés. Il ne peut avoir de droit légitime sur ma personne et ma propriété que celui que je lui concède. Le passage d’une monarchie absolue à une monarchie constitutionnelle, et de celle-ci à une démocratie est intéressant parce qu’il constitue un progrès vers le respect de l’individu. Le philosophe chinois était assez sage pour considérer l’individu comme la base de l’empire. Une démocratie comme celle que nous connaissons est-elle le dernier progrès réalisable ? N’est-il pas possible de faire un pas de plus vers la reconnaissance et le jeu des droits de l’individu ? Il n’y aura jamais d’État réellement libre et harmonieux que l’État ne reconnaisse l’individu pour un pouvoir supérieur et autonome, duquel son propre pouvoir est issu et qui doit être traité en conséquence. Je me plais enfin à imaginer un État qui serait juste pour tous et traiterait l’individu avec respect, comme un voisin ; qui même n’estimerait pas inadmissible que quelques hommes vivent absolument en dehors de lui, hors de la bienveillance de ses grands bras, tranquillement à l’écart. Un État qui porterait cette sorte de fruit, et consentirait à s’en aller peu à peu tandis que ce fruit mûrirait, préparerait l’avénement d’un État plus parfait et plus glorieux encore, que je n’ai vu nulle part, mais que j’imagine fort bien.

Médias, Rojava, censure et propagande ou le maquillage d’une trahison…

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Articles connexes à lire et diffuser sans modération:

« Que se passe t’il au Rojava ? » (Résistance 71)

« Kurdistan et le voile de mensonge » (VT)

 

Tout “Le Monde” déteste le PKK

 

Pierre Bance

 

21 septembre 2017

 

url de l’artice:

http://www.autrefutur.net/Tout-Le-Monde-deteste-le-PKK 

 

En juin 2017, Pierre Bance, auteur de « Un Autre Futur pour le Kurdistan ? » contactait Le Monde. Après lui avoir réservé une tribune libre sur le Rojava, le quotidien rejetait sa publication… Retour sur cette censure.

Le 13 juin 2017, j’envoyais au quotidien Le Monde une tribune libre avec pour titre « Après Rakka, l’ambition démocratique de la Fédération de la Syrie du Nord ». Son objet était de montrer que la conquête de Rakka par les Forces démocratiques syriennes n’est pas seulement une opération militaire, mais qu’elle porte aussi le projet politique d’installer, dans la Syrie septentrionale, un système fédéral basé sur des communes autonomes. Cette « auto-administration démocratique », phase préalable au confédéralisme démocratique du leader kurde Abdullah Öcalan, lui-même inspiré par le municipalisme libertaire du philosophe américain Murray Bookchin, est déjà une réalité dans les trois cantons du Kurdistan de Syrie (Rojava). Elle est actée dans deux documents de nature constitutionnelle. Le premier qui date du 14 janvier 2014 est connu sous le nom de Charte du Rojava. Le deuxième en date du 29 décembre 2016 renforce le fédéralisme avec pour vocation de l’étendre aux territoires libérés. D’où son nom, Contrat social de la Fédération démocratique de la Syrie du Nord. Comme vous pourrez le lire ci-dessous en annexe, ce libre propos n’est pas une apologie du projet, les critiques qui peuvent lui être adressées comme les interrogations qu’il soulève ne sont pas cachées.

Le 14 juin, Le Monde me répond qu’il souhaite réserver cet article et « qu’une date sera fixée pour sa parution dans le quotidien et, ou, sur son site ». Mais, le 25 juin, c’est une tribune de Jean-Pierre Filiu intitulée « Le vrai visage des libérateurs de Rakka » que Le Monde publie sur la page « Débats » de son site [1]. Je signale aussitôt aux journalistes du Monde que pour nourrir le débat, il serait bon de publier mon texte en contrepoint car il propose une toute autre lecture du contexte kurde.

  • Le personnage Filiu et sa relation avec Le Monde méritent qu’on s’y arrête un instant. Ce spécialiste des pays arabes, professeur à Science Po, membre de divers cabinets ministériels socialistes dont celui de Lionel Jospin entre 2000 et 2002, s’est pris de passion pour les révolutions arabes, spécialement pour l’opposition démocratique syrienne bien que celle-ci ne représente qu’elle-même et la fantomatique Armée syrienne libre. Concomitamment, Filiu s’est pris d’aversion envers le Mouvement révolutionnaire kurde en général, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et son organisation sœur en Syrie, le Parti de l’union démocratique (PYD) en particulier [2]. Le soutien aux premiers n’impliquait pas, au premier regard, la détestation des seconds. Or, l’homme ne se contente pas de critiquer les Kurdes, ses propos frôlent le délire complotiste quand il voit la main malfaisante du PKK partout. Pour s’en convaincre on regardera ses tribunes publiées, plus souvent qu’à leur tour, dans la page « Débats » du Monde.fr. Le Monde qui en fait d’ailleurs sa référence préférée pour le Proche-Orient [3]. Outre sa dernière livraison, « Le vrai visage des libérateurs de Rakka », précitée, on lira avec délice jusqu’où peut conduire l’enferment idéologique dans « La question kurde dans l’impasse » [4] et la sottise en politique dans « Comment le PKK de Cemil Bayik a trahi les Kurdes de Syrie ». Écrits tous démentis par les faits, [5].

Cela étant, ma tribune n’est pas publiée en réponse. Je laisse passer les vacances et relance Le Monde le 4 septembre lui demandant les raisons de son abstention. Je fais valoir que le sujet est plus que jamais d’actualité. Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont étendu leur territoire, libérant le canton d’al-Shabba, la région de Mambij et celle de Rakka, encerclant la ville sur le point de tomber, tout en faisant une percée vers Deir ez-Zor. Que, par ailleurs, la Fédération démocratique de la Syrie du Nord a réorganisé son administration en conséquence et que des élections se dérouleront dans quelque quatre mille communes le 22 septembre, et sont prévues aux assemblées des six cantons le 3 novembre, des trois régions et de la Fédération le 29 janvier 2018. Aucune réponse de la rédaction du Monde.

Comment ne pas conclure à une censure ? Certes Le Monde est libre de publier les tribunes qu’il veut, mais il perd cette liberté une fois qu’il s’est engagé sur leur parution. Pourquoi alors cette décision de retrait et ce silence ? Certes, dans mon livre Un autre futur pour le Kurdistan. Municipalisme libertaire et confédéralisme démocratique [6], je reconnais ne pas avoir été tendre pour un journaliste du Monde, Alan Kaval.

  • J’ai dit que certains écrits d’Alan Kaval pourraient l’avoir été par une agence de presse pro-gouvernementale turque [7]. Kaval, qui connaît bien son sujet, n’ignore pas que le PKK a abandonné le marxisme-léninisme pour « son idéologie propre » [8] mais jamais il ne précise honnêtement le projet du confédéralisme démocratique, car un tel exposé ruinerait ses dénigrements. Tout est ramené à des « fantasmes utopiques » [9], une intention démocratique qui « masque mal la mainmise du parti sur les institutions et l’éviction de ses rivaux  » [10] quand il ne se lance pas dans une (perfide) présentation de ce qu’il qualifie d’« assemblage labyrinthique » : « En se retirant de la région, le régime a permis au mouvement kurde de se servir des territoires passés sous son contrôle pour imposer son modèle, celui dit de “l’autonomie démocratique”, la grande idée théorique d’Abdullah Öcalan. Elle est censée aboutir, selon la vulgate diffusée par le PKK, à la construction d’un “système politique sans État où la société se gouverne elle-même”. Sa mise en pratique se traduit concrètement par la construction d’un assemblage institutionnel labyrinthique composé de “maisons du peuple”, de communes, de municipalités, d’assemblées locales, de comités divers et de ministères autoproclamés, où tous les postes à responsabilités sont soumis à une règle de parité stricte entre hommes et femmes. En réalité, chacune de ces institutions, prétendument représentatives, est noyautée par des cadres du PYD, qui ont fait leurs armes au sein du PKK face à l’armée turque durant les décennies précédentes. » [11].

Mais Filiu et Kaval ne sont pas les seuls à abhorrer le PKK, à s’obstiner à voir en lui une organisation nationaliste, autoritaire et terroriste.

  • Quelques exemples. Marie Jégo, correspondante permanente du Monde à Istanbul, continue de qualifier le PYD et le PKK d’organisations marxistes [12] et Alain Frachon, spécialiste du Proche-Orient, de partis marxistes-léninistes [13]. Erdogan pourra aussi remercier Louis Imbert qui explique que les Forces démocratiques syriennes sont une alliance « dominée par les cadres issus du PKK » [14] et encore Pierre Breteau qui écrit à peu près la même chose en s’appuyant sur Jean-Pierre Filiu [15]. Enfin, et c’est tout dire de la philosophie générale du journal, dans un récent éditorial à propos du procès de journalistes turcs, Le Monde écrit : «  À qui fera-t-on croire que ces femmes et ces hommes, patriotes responsables, ont maille à partir avec le terrorisme que pratique le mouvement kurde PKK ? » [16].

Y aurait-il un lobby anti-PKK au Monde qui serait intervenu pour stopper la publication de ma tribune préalablement décidée par des imprudents ? Sans doute non, mais plus certainement un groupe de pression qui se fédère naturellement autour de préjugés.

Ainsi, les lecteurs du Monde, s’ils n’ont pas eu la curiosité d’aller voir ailleurs, ne sauront rien de la société sans État des Kurdes. Un projet nouveau pour un Proche-Orient nationaliste, étatiste et si peu démocratique, un projet qui s’adresse également à toute l’humanité. Même si tout n’est pas rose au Kurdistan, loin de là, et je renvoie encore à Un autre futur pour le Kurdistan comme à la tribune ci-dessous, il y a beaucoup à apprendre de l’expérience de la Syrie du Nord, non seulement pour les révolutionnaires tombés dans un trou noir mais pour tous ceux qui, à gauche, souhaitent se libérer du carcan partidaire et étatique. Le vieux monde de la démocratie représentative n’est pas une fatalité. La Commune n’est pas morte, le Mouvement kurde le prouve en Syrie et en Turquie.

Aussi, pour conclure et préciser mon propos, je ne dirai pas que « Tout « Le Monde » déteste le PKK », mais bien que « Tout Le Monde déteste la démocratie directe ».

Paris, le 20 septembre 2017

La tribune censurée par Le Monde.

Après Rakka, l’ambition démocratique de la Fédération de la Syrie du Nord

En entrant dans Rakka, les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance de milices kurdes et arabes, ne libèrent pas seulement la population de la dictature et de l’obscurantisme, elles lui proposent l’adhésion à une société progressiste fondée sur le fédéralisme. Leur ambition démocratique est inscrite dans deux textes de nature constitutionnelle : la Charte du Rojava du 29 janvier 2014 appliquée dans les cantons kurdes de Syrie et le Contrat social de la Fédération démocratique de la Syrie du Nord adopté par une assemblée multi-ethnique le 29 décembre 2016. Comme elles le furent pour les soldats de l’an II, les idées émancipatrices expliquent mieux la bravoure des miliciennes et miliciens, que la soif d’exploits militaires ou de conquêtes territoriales.

Rappelons-nous. Au début des années 2000, Abdullah Öcalan et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) firent le constat d’une double impasse : le marxisme-léninisme n’est pas une idéologie en mesure de répondre à la modernité capitaliste ; la guerre de libération nationale pour fonder un État-nation kurde est sans issue. S’inspirant des travaux d’un philosophe américain, Murray Bookchin, fondateur de l’écologie sociale et théoricien du municipalisme libertaire, ils imaginent le confédéralisme démocratique. À la faveur de la révolution syrienne de 2011, les révolutionnaires du Kurdistan de Syrie avancent cette théorie et mettent en place de nouvelles institutions civiles et politiques. Chaque communauté ethnique, culturelle, économique, professionnelle, politique… a la possibilité de s’organiser en conseils autonomes lesquels s’unissent au sein de la commune d’un village ou d’un quartier. Les communes se fédèrent aux divers niveaux utiles à la gestion des affaires collectives en observant une stricte parité entre les femmes et les hommes, en garantissant la représentation des minorités. On ne crée pas un État nouveau, on marginalise l’idée même d’État en étendant le champ des autonomies, en s’appropriant ses missions de service public (santé, éducation, infrastructures, transports, énergie, etc.) et en réduisant le plus possible ses fonctions régaliennes. Par exemple, le maintien de l’ordre public et la justice de proximité sont assurés par les citoyens eux-mêmes. Comme l’État est progressivement subverti par la commune, le capitalisme le sera par une économie sociale, écologique et autogérée, initiée par les coopératives de producteurs et de consommateurs. L’utopie prend vie au Rojava (Kurdistan de l’Ouest). Elle s’étend aujourd’hui dans tout le Nord de la Syrie et se présente comme une solution pour la paix au Proche-Orient.

On se doute que mettre en œuvre ces fichues idées, droit venues de la Commune de Paris, n’est pas chose facile avec Bachar al-Assad en embuscade, avec une lutte intense contre l’État islamique, contre les milices nationalistes ou djihadistes de l’opposition syrienne et les menaces récurrentes d’invasion du gouvernement turc. Comment un tel contexte de guerre n’exacerberait-il pas les contradictions ? La Charte du Rojava et le Contrat social de la Syrie du Nord, en maintenant les institutions d’une démocratie occidentale avec la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, ne consacrent pas le modèle fini de démocratie directe qu’ils invoquent, même si le gouvernement se nomme pudiquement « auto-administration démocratique » parce qu’il estime que son seul devoir est d’exécuter les directives venues d’en bas, des communes. L’organisation sur un mode représentatif, en septembre et novembre, des élections locales puis, en janvier 2018, des élections régionales et nationales, n’est pas non plus une preuve de démocratie directe. On objectera encore que le Parti de l’union démocratique (PYD) est omniprésent dans les institutions politiques, civiles et militaires, qu’une petite-bourgeoise s’installerait volontiers au pouvoir, que les Unités de protection du peuple (YPG, YPJ) et les FDS sont plus proches d’une armée classique avec son décorum militariste que des milices anarchistes de la guerre d’Espagne, que la propriété privée des moyens de production et d’échange n’est pas remplacée par l’autogestion généralisée, etc. L’autonomie démocratique du Nord de la Syrie n’est pas encore le confédéralisme démocratique où l’État n’a plus de légitimité parce qu’il n’a plus d’utilité, elle est une phase intermédiaire d’État fonctionnel nécessitée par les contraintes géopolitiques.

Il reste qu’elle est porteuse d’espoir et à ce titre mérite attention. Que le Mouvement pour une société démocratique (TEV-DEM), fédération des communes et commu-nautés diverses, assure le fonctionnement de la société civile et régule l’économie. Que la plupart des porteurs de délégations, de mandats, de missions ou de commandements, Kurdes, Arabes, Assyriens ou Turkmènes manifestent la volonté de vivre ensemble, en paix, pour aller vers « cette étrange unité que se dit multiple » que Gilles Deleuze et Félix Guattari dans Mille plateaux n’imaginaient pas qu’elle fleurirait au cœur de ce Proche-Orient si peu libertaire.

Pierre Bance

Docteur d’État en droit, ancien directeur des éditions Droit et Société. Auteur d’Un autre futur pour le Kurdistan ? Municipalisme libertaire et confédéralisme démocratique, Les Éditions Noir & Rouge, février 2017, 400 pages.

Texte libre de droits avec mention de l’auteur : Pierre Bance, et de la source : Autre futur.net, espace d’échanges pour un syndicalisme de base, de lutte, autogestionnaire, anarcho-syndicaliste, syndicaliste révolutionnaire (www.autrefutur.net).

[1] Le Monde.fr, 25 juin 2017 (http://filiu.blog.lemonde.fr/2017/06/25/le-vrai-visage-des-liberateurs-de-rakka/). Lire la réponse cinglante et argumentée d’André Métayer sur le site des Amitiés kurdes de Bretagne (http://www.akb.bzh/spip.php?article1217)

[2] Voir la notice que consacre Wikipédia à Jean-Pierre Filiu (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Filiu).

[3] Pas moins de six mentions entre juillet 2017 et aujourd’hui, sans compter les rappels fréquents à son blog en page d’accueil (http://lemonde.fr/recherche/?keywords=filiu&page_num=1).

[4] Le Monde.fr, 30 avril 2017 (http://filiu.blog.lemonde.fr/2017/04/30/la-question-kurde-dans-limpasse/)

[5] Le Monde.fr, 4 septembre 2016 (http://filiu.blog.lemonde.fr/2016/09/04/comment-le-pkk-de-cemil-bayik-a-trahi-les-kurdes-de-syrie/).

[6] Noir et Rouge, 2017, 400 pages (http://www.autrefutur.net/Un-Autre-Futur-pour-le-Kurdistan).

[7] Un autre futur pour le Kurdistan, page 180, note 717. Est plus spécialement visé un article, « La guerre perdue du PKK », paru dans Le Monde du 25 septembre 2016,

[8] « Les Kurdes préparent l’après-EI à Rakka », Le Monde, 30 août 2017. Malgré le titre de l’article, on ne saura rien de ce que préparent les Kurdes sinon des manœuvres de couloir avec les tribus arabes et, toujours, sous le contrôle sans partage du PKK.

[9] « Kobané, “ville musée” de la résistance kurde », Le Monde, 24 mai 2016.

[10] « Les Kurdes, combien de divisions ? », Le Monde diplomatique, novembre 2014

[11] « Les Kurdes, combien de divisions ? », Le Monde diplomatique, novembre 2014

[12] « Les Kurdes de Syrie voient l’intervention russe d’un bon œil », Le Monde, 3 octobre 2015.

[13] « Poutine s’en va-t-en guerre », Le Monde, 2 octobre 2015.

[14] « De l’Irak au Liban, l’organisation État islamique seule sur tous les fronts », Le Monde, 26 août 2017.

[15] « Syrie : jour par jour, les combats pour la reprise de Rakka en cartes », Le Monde, 27 juillet 2017.

[16] « Les procès du Bosphore », éditorial du Monde du 26 juillet 2017.

Changement radical: Une possibilité d’organisation de la société du futur (AIT, Bâle, 1869)

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Voici, présentée par l’AIT (1ère Internationale), réunie en congrès à Bâle en septembre 1869, une possibilité d’organisation de la société du futur sur une base économique. C’est une possibilité, à laquelle nous n’adhérons pas dans la mesure où, avec le recul possible du temps (le texte ci-dessous fut écrit en 1869 rappelons-le) et de la connaissance anthropologique, le marasme de la société humaine ne peut pas avoir de solution économique, mais seulement politique en relation avec la division politique (et non pas économique, cf P. Clastres) origienelle de la société.

D’autre part, il est ici fait état de changer le mode organisationnel de la société en attendant de pouvoir supprimer le salariat, cet esclavage des temps capitalistes modernes. Cette proposition est de la même veine que la proposition marxiste de saisie du pouvoir par le prolétariat organisé en son parti communiste, exerçant sa dictature (sur qui ?) jusqu’à la disparition inéluctable de l’Etat, remplacé par la société communiste achevée. Ici, organisons-nous différemment afin de préparer l’éradication du salariat. Les anarchistes affirment qu’il faut se défaire de l’État sans “attendre” son éventuelle “chute” des plus aléatoires, aux mains du prolétariat organisé. De même, pourquoi “attendre” pour se départir du salariat. Ceui-ci doit être éradiqué en même temps que l’État. Ceci découlera naturellement de la redilution du pouvoir politique dans le peuple, pouvoir qui réintégrera le corps social et ne pourra plus nuire aux mains de contrôleurs privilégiés organisés en entité séparée du corps social. En cela, la solution à nos problèmes est politique et non pas économique.

Nous présentons le texte ci-dessous afin de montrer qu’il peut aussi exister des solutions fondées sur le mode de fonctionnement “économique” de notre société, même si celles-ci ne peuvent être qu’incomplètes et sujettes. à terme. à corruption. Elles valent d’y réfléchir.

~ Résistance 71 ~

A lire: “Appel au socialisme” pour une société des sociétés de Gustav Landauer, 1911

 

Vers la société du futur

 

Jean-Louis Pindy

 

AIT, congrès de Bâle, septembre 1869

 

url de l’article original:

https://robertgraham.wordpress.com/2017/09/09/the-origins-of-anarcho-syndicalism-the-1869-basle-congress/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Nous anticipons que les travailleurs s’organisent de deux façons: premièrement, en groupement local qui permettra aux travailleurs de la même zone de se lier entre eux de manière quotidienne ; puis en se reliant à des localités, régions variées etc.

Le premier mode: ce groupement doit conserver les relations politiques de la société existante qu’il remplace avec un certain avantage. Ceci a été jusqu’ici l’approche de l’International Working Men’s Association (NdT: AIT ou Association Internationale des Travailleurs plus communément connue sous le nom de la 1ère Internationale, qui vit une lutte d’influence entre marxiste et anarchiste, Marx finissant par réussir à en faire expulser les anarchistes…) De manière implicite et là où sont concernées les sociétés mutualistes, se situe la fédération des sociétés locales, s’aidant l’une l’autre au moyen de réunions de discussions des affaires sociales, de prêts et , de concert, prenant des mesures d’intérêt mutuel.

Mais, alors que l’industrie se développe, un autre type d’organisation en parallèle de l’ancienne est nécessaire. Dans chaque pays, les travailleurs sentent bien que leurs intérêts sont inter-connectés et communs et qu’ils se retrouvent incapacités un par un. Le futur demande une organisation qui va au-delà des limites des villes et qui ignore les frontières, établissant une relocalisation rapide du travail à l’échelle mondiale ; pour satisfaire ce double besoin, les sociétés de commerce doivent être organisées internationalement: chaque corps de commerce devrait maintenir un échange de correspondance et d’information au sein du pays et avec les autres pays (…)

Ce type d’association devient alors un facteur de décentralisation, car il n’est plus question de fonder un centre industriel dans chaque pays, chacun d’entre eux se retrouvant concentré là où il est le plus développé, par exemple dans le cas de la France, tandis que la houille sera fédérée autour de St Etienne, les ouvriers de la soie seront fédérés autour de Lyon et les industries de luxe autour de Paris. Une fois ces deux organisations mises en place, le travail s’organise dans le présent et pour le futur afin d’éliminer l’esclavage du salariat. (…)

L’association des différentes corporations sur la base de la ville ou du pays mène à la Commune du futur, tout comme l’autre mode d’organisation mène à la représentation future du travail.

Le gouvernement (L’État) est remplacé par des conseils des corps de commerce et par un comité de leurs délégués respectifs, supervisant les relations du travail qui prendront la place de la politique (..) Nous proposons les solutions suivantes:

“Il est de l’avis commun que tous les travailleurs devraient activement s’engager dans la création de fonds de soutien aux grèves dans les différents corps de métier et de commerce.

Alors que ces sociétés prennent forme, elles invitent des sections, des groupes fédérés et des conseils généraux afin de maintenir les sociétés d’une même corporation informées, de façon à ce qu’elles puissent procéder à la formation de corps d’associations au niveau national.

De telles fédérations devront être chargées de collecter et rassembler toute information concernant leur industrie respective, supervisant les étapes à prendre de concert, régulant les grèves et travaillant activement pour leur succès, jusqu’à ce que le temps vienne pour que l’esclavage du salariat soit remplacé par la fédérations des producteurs libres.”

Quand l’empire assassine bien l’histoire… (John Pilger)

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Assassiner l’histoire

 

John Pilger 

 

21 septembre 2017

 

Url de l’article en français:

https://www.legrandsoir.info/assassiner-l-histoire.html 

L’un des « événements » les plus en vogue de la télévision américaine, The Vietnam War (La guerre du Vietnam), a débuté sur la chaîne de télévision PBS. Les auteurs sont Ken Burns et Lynn Novick. Acclamé pour ses documentaires sur la guerre de Sécession, la Grande Dépression et l’histoire du jazz, Burns dit que ses films sur le Vietnam « vont encourager notre pays à commencer à parler et à réfléchir sur la guerre du Vietnam d’une manière entièrement nouvelle ».

Dans une société souvent dépourvue de mémoire historique et en proie à la propagande sur son « exceptionnalisme », la guerre du Vietnam « entièrement nouvelle » de Burns est présentée comme une « œuvre historique épique ». Sa campagne de publicité luxueuse fait la promotion de son plus grand bailleur de fonds, Bank of America, qui, en 1971, a été incendié par les étudiants de Santa Barbara, en Californie, comme symbole de la guerre haïe au Vietnam.

M. Burns dit qu’il est reconnaissant envers « toute la famille de Bank of America », qui « a longtemps soutenu les anciens combattants de notre pays ». Bank of America était le soutien d’une entreprise à une invasion qui a peut-être tué jusqu’à quatre millions de Vietnamiens et a ravagé et empoisonné une terre autrefois fertile. Plus de 58 000 soldats américains ont été tués, et on estime qu’environ autant se seraient suicidés.

J’ai regardé le premier épisode à New York. Dès le départ, il ne laisse planer aucun doute sur ses intentions. Le narrateur dit que la guerre « a été déclenchée de bonne foi par des gens décents à cause de malentendus fatals, d’une confiance excessive des Américains et de malentendus liés à la guerre froide ».

La malhonnêteté de cette déclaration n’est pas surprenante. La fabrication cynique de ’faux drapeaux’ qui ont conduit à l’invasion du Vietnam est un fait historique – l’’incident’ du golfe du Tonkin en 1964, que Burns soutient comme vrai, n’en était qu’un parmi d’autres. Les mensonges jonchent une multitude de documents officiels, notamment les Pentagon Papers, que le grand lanceur d’alerte Daniel Ellsberg a publiés en 1971.

Il n’y avait pas de bonne foi. La foi était pourrie et cancéreuse. Pour moi – comme cela doit être le cas pour beaucoup d’Américains – il est difficile de regarder ce fouillis de cartes sur le ’péril rouge’, d’interviews inexpliquées, d’archives montées de façon incompétente et de séquences de champs de bataille américains malhonnêtes.

Dans le communiqué de presse de la série en Grande-Bretagne – la BBC a l’intention de la diffuser — il n’y a aucune mention des morts vietnamiens, seulement des morts Américains. « Nous sommes tous à la recherche d’un sens à cette terrible tragédie », aurait dit Novick. Très post-moderne.

Tout cela sera familier à ceux qui ont observé comment les médias américains et le mastodonte de la culture populaire ont révisé et nous ont servi le grand crime de la seconde moitié du XXe siècle : des films comme Les Bérets verts, Voyage au Bout de l’Enfer et Rambo ont légitimé les guerres d’agression qui ont suivi. Le révisionnisme ne s’arrête jamais et le sang ne sèche jamais. L’envahisseur se voit apitoyé et lavé de toute culpabilité, tout en « cherchant un sens à cette terrible tragédie ». Pour citer Bob Dylan :’Où étais-tu, mon fils aux yeux bleus ?’ [paroles de la chanson A Hard Rain’s A-Gonna Fall – NdT]

J’ai pensé à la « décence » et à la « bonne foi » en me souvenant de mes premières expériences en tant que jeune reporter au Vietnam : je regardais hypnotiquement la peau des enfants touchés par le napalm tomber comme du vieux parchemin, et les pluies de bombes qui laissaient les arbres pétrifiés et ornés de chair humaine. Le général William Westmoreland, le commandant américain, qualifiait les gens de « termites ».

Au début des années 1970, je me suis rendu dans la province de Quang Ngai, où, dans le village de My Lai, entre 347 et 500 hommes, femmes et enfants ont été assassinés par les troupes américaines. À l’époque, cela fut présenté comme une aberration : une « tragédie américaine » (Newsweek). Dans cette province, on estime que 50 000 personnes avaient été massacrées à l’époque des ’zones franches’ américaines [zones où il était permis de tirer sur tout ce qui bougeait – NdT]. Un homicide collectif. Ce n’était pas nouveau.

Au nord, dans la province de Quang Tri, plus de bombes ont été larguées que dans toute l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Depuis 1975, les munitions non explosées ont causé plus de 40 000 morts dans le ’Sud Vietnam’, le pays que l’Amérique prétendait ’sauver’ et, avec la France, conçu comme une ruse singulièrement impériale.

Le ’sens’ de la guerre du Vietnam n’est pas différent de celui de la campagne génocidaire contre les Amérindiens, des massacres coloniaux aux Philippines, des bombardements atomiques du Japon, du nivellement de toutes les villes de la Corée du Nord. L’objectif fut décrit par le colonel Edward Lansdale, le célèbre homme de la CIA qui inspira Graham Greene pour son personnage central dans son roman Un Américain bien tranquille .

Citant The War of the Flea de Robert Taber, Lansdale a dit : « Il n’y a qu’un seul moyen de vaincre un peuple insurgé qui ne veut pas se rendre, c’est de l’exterminer. Il n’y a qu’une seule façon de contrôler un territoire qui résiste, c’est de le transformer en désert. »

Rien n’a changé. Lorsque Donald Trump s’est adressé à l’Organisation des Nations Unies le 19 septembre – un organisme créé pour épargner à l’humanité le « fléau de la guerre » -, il a déclaré qu’il était « prêt, disposé et capable » de « totalement détruire » la Corée du Nord et ses 25 millions d’habitants. Son auditoire fut ébahi, mais le langage de Trump n’était pas inhabituel.

Sa rivale pour la présidence, Hillary Clinton, s’était vantée qu’elle était prête à « totalement anéantir » l’Iran, une nation de plus de 80 millions d’habitants. C’est la Voie Américaine ; il ne manque plus que les euphémismes.

De retour aux Etats-Unis, je suis frappé par le silence et l’absence d’opposition – dans la rue, dans la presse et les arts, comme si la dissidence, autrefois tolérée dans le ’mainstream’, avait régressé en une dissidence métaphorique et clandestine.

Il y a beaucoup de bruit et de fureur dirigés contre Trump l’odieux, le « fasciste », mais pratiquement aucun contre Trump le symptôme et la caricature d’un système durable de conquête et d’extrémisme.

Où sont les fantômes des grandes manifestations anti-guerre qui ont déferlé sur Washington dans les années 1970 ? Où est l’équivalent du mouvement qui a envahi les rues de Manhattan dans les années 1980, réclamant que le président Reagan retire les armes nucléaires des champs de bataille d’Europe ?

L’énergie et la persévérance morale de ces grands mouvements ont largement réussi ; en 1987, Reagan négocia avec Mikhaïl Gorbatchev un traité sur les forces nucléaires de portée intermédiaire (INF) qui mit fin à la guerre froide.

Aujourd’hui, selon des documents secrets de l’OTAN obtenus par le journal allemand Suddeutsche Zetung, ce traité vital est susceptible d’être abandonné car « le recours aux armes nucléaire est de plus en plus envisagé ». Le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel a mis en garde contre « la répétition des pires erreurs de la guerre froide… Tous les bons traités sur le désarmement et la maîtrise des armements de Gorbatchev et Reagan sont en péril. L’Europe est à nouveau menacée de devenir un terrain d’entraînement militaire pour les armes nucléaires. Nous devons élever la voix contre ça. »

Mais pas en Amérique. Les milliers de personnes qui se sont ralliées à la « révolution » du sénateur Bernie Sanders pendant la campagne présidentielle de l’an dernier sont collectivement muettes sur ces dangers. Le fait que la majeure partie de la violence des États-Unis à travers le monde a été perpétrée non pas par des Républicains ou des mutants comme Trump, mais par des Démocrates libéraux, demeure un tabou.

Barack Obama a fourni l’apothéose, avec sept guerres simultanées, un record présidentiel, dont la destruction de la Libye en tant qu’État moderne. Le renversement par Obama du gouvernement élu ukrainien a eu l’effet escompté : une concentration de forces de l’OTAN dirigées par les Américains sur la frontière occidentale de la Russie, par laquelle les nazis ont envahi le pays en 1941.

Le ’pivot vers l’Asie’ d’Obama en 2011 a marqué le transfert de la majorité des forces navales et aériennes américaines vers l’Asie et le Pacifique, sans autre but que de confronter et de provoquer la Chine. La campagne mondiale d’assassinats du lauréat du prix Nobel de la paix est sans doute la plus vaste campagne de terrorisme depuis le 11 septembre 2001.

Ce que l’on appelle aux Etats-Unis « la gauche » s’est effectivement alliée aux plus sombres secteurs du pouvoir institutionnel, notamment au Pentagone et à la CIA, pour empêcher un accord de paix entre Trump et Vladimir Poutine et pour réintégrer la Russie en tant qu’ennemie, sur la base d’aucune preuve de son ingérence présumée dans l’élection présidentielle de 2016.

Le véritable scandale est l’arrivée insidieuse au pouvoir d’intérêts sinistres et guerriers pour lesquels aucun Américain n’a voté. L’ascension rapide du Pentagone et des agences de surveillance sous Obama a représenté un changement historique de pouvoir à Washington. Daniel Ellsberg a à juste titre qualifié cela de coup d’État. Les trois généraux qui dirigent Trump en sont témoins.

Tout cela ne parvient pas à pénétrer ces « cerveaux libéraux marinés dans le formaldéhyde de la politique identitaire », comme l’a noté Luciana Bohne de façon mémorable. C’est la « diversité », devenue un produit de grande consommation et testée sur les marchés, qui est la nouvelle marque du progressisme, et non pas l’appartenance à une classe sociale, indépendamment de son sexe et de leur couleur de sa peau, ni la responsabilité de tous d’arrêter une guerre barbare pour mettre fin à toutes les guerres.

Michael Moore dans son spectacle à Broadway, Terms of My Surrender, un vaudeville pour les désaffectés sur fond de Trump dans le rôle de Big Brother, dit « Comment sommes-nous tombés dans ce merdier ? »

J’ai admiré le film de Moore, Roger & Me, sur la dévastation économique et sociale de sa ville natale de Flint, Michigan, et Sicko, son enquête sur la corruption des soins de santé aux Etats-Unis.

Le soir où j’ai vu son spectacle, son public était joyeux et applaudissait sa réassurance que « nous sommes la majorité » et les appels à « destituer Trump, un menteur et un fasciste ». Son message semblait être que si vous vous bouchez le nez et votez pour Hillary Clinton, la vie serait à nouveau prévisible.

Il a peut-être raison. Au lieu de bousculer le monde comme Trump, le Grand Obliterator aurait peut-être attaqué l’Iran et lancé des missiles sur Poutine, qu’elle a comparé à Hitler : un blasphème particulier étant donné les 27 millions de Russes morts dans l’invasion d’Hitler.

« Ecoutez, a dit Moore, mis à part ce que font nos gouvernements, les Américains sont vraiment aimés du monde entier ! »

Il y eut un silence dans la salle.

Guerre coloniale au Moyen-Orient: La forfaiture de la vraie fausse indépendance du Kurdistan sous l’égide impérialiste… (Veterans Today)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 22 septembre 2017 by Résistance 71

A lire: “Que se passe t’il au Rojava ? Le Confédéralisme Démocratique a t’il été trahi ?”

« Manifeste pour un Confédéralisme Démocratique » 2011

Gordon Duff de VT est un spécialiste de l’endroit où il a vécu (nord de l’Irak, “Kurdistan d’Irak”) et a travaillé. Duff nous rejoint tout à fait pour confirmer que le nœud de l’affaire est le “Kurdistan” mafieux de Barzani à la solde de la CIA depuis des lustres et que ce qu’il se passe au Rojava est une trahison du Confédéralisme Démocratique du peuple kurde de cette région et de l’autonomie kurde par quelques mafieux corrompus du PYD. Le but pour l7empire, étant de relier le “Kurdistan occidental” (syrien) au “Kurdistan oriental” (irakien) sous la même bannière mafieuse contrôlée par l’empire. 

Duff le dit clairement, la corruption et le chantage sont à l’œuvre et le plan israélo-yankee ne pouvait pas fonctionner avec le CD des assemblées populaires en place. Il fallait impérativement casser le CD et imposer une forme étatique “édulcorée” pour donner le change, ceci fut fait l’an dernier avec l’application de cette escroquerie qu’est le “contrat social du Rojava” (suffit de le lire pour s’en convaincre… ce n’est qu’un document constitutif d’un état n’ayant rien à voir avec le CD établi et renforcé depuis 2012 au Rojava). Une fois ce “contrat social” en place, le CD devient impossible et la jonction avec le Kurdistan d’Irak et sa mafia devient une réalité voulue et planifiée par l’empire. Tel est le plan et il est impossible pour tout anarchiste ayant les idées en place, de soutenir une telle forfaiture ! Telle est notre vision de la chose et G. Duff confirme notre position avec cet article ci-dessous.

~ Résistance 71 ~

 

Kurdistan et le voile de mensonges

 

Gordon Duff

 

20 septembre 2017

 

url de l’article:

https://www.veteranstoday.com/2017/09/20/neo-kurdistan-and-the-veil-of-lies/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Avec le vote au referendum kurde à venir (NdT: en Irak le 25 septembre), plusieurs choses sont claires, “claires comme du jus de chaussettes” comme on dit. Après tout, tout le monde aime bien les Kurdes, les gens les plus charmants et gentils de la planète. Est-ce pour ça que les Turcs les ont massacrés ou que Baghdad est sens dessus-dessous à ce sujet ou pourquoi, lorsqu’on remonte un peu dans le temps, le président américain George H.W Bush (le père) a permis à un Saddam Hussein vaincu de gazer à mort 30 000 Kurdes avec l’accord tacite des Américains ?

Peut-être que ce n’est pas en fait le peuple kurde en lui-même, mais quelque chose d’autre. Nous allons analyser ce vote à venir et ceux qui sont impliqués derrière le rideau. Commençons.

Le referendum kurde est, peut-être, l’évènement le plus mal documenté et le plus mal rapporté des temps récents. Pour l’avide consommateur de fausses nouvelles, le peuple kurde veut avoir un gouvernement indépendant et ne plus être dirigé par Baghdad. Ceci est vrai, bien que saupoudré de faits alternatifs, de pirouettes et de conjecture. En réalité, nous assistons à l’escroquerie du siècle.

Allons droit au but sans perdre de temps inutilement. La nouvelle nation kurde sera un “fourre-tout” pour les clients qui ont manipulé le peuple kurde comme des marionnettes  au travers de leur leadership oligarchique. Et oui, nous parlons ici de gros comptes en banque suisses et de bien des années d’affiliation avec les agences de renseignement israélienne, américaine, turque et saoudienne.

Le peuple kurde lui-même, peut-être parmi les peuples les plus décents et les plus enclins au pardon de la planète, possède quelques uns des biens les plus précieux sur Terre. Il est assis sur d’énormes réserves de pétrole et de gaz naturel, est sur la route des oléoducs et, peut-être de manière plus importante, peut–être modelé en une nation en forme de serpent s’étendant de la Méditerranée en Syrie, à travers cette nation, à travers l’Irak, vers l’Iran et la Mer Caspienne.. Les Kurdes qui ne désirent que leur diaspora disséminée dans le monde, retourne à la maison, vers la sécurité et la stabilité, vont se retrouver une nouvelle fois “dans la panade”. Voyez-vous, il n’y aurait jamais eu d’EIIL/Daesh en Irak sans ll’accord fait entre les anciennes forces baathistes de Saddam, l’armée construite par le général américain David Petraeus (NdT: avant qu’il ne devienne directeur de la CIA sous Obama, aujourdhui en “disgrâce”..), le tout combiné avec le fric saoudien (NdT: et qatari), l’entraînement fourni par la CIA et les conseillers militaires en armement d’Israël.

Les excellents hôtels de la ville d’Erbil et non plus le seul hôtel d’il y a 10 ans le “Erbil International”, ont depuis des années maintenant été les lieux d’hébergement des équipes des ISR (Intelligence/Reconnaissance and Surveillance), qui ont aidé l’EIIL à devenir cette force militaire crainte.

Erbil, avec son aéroport international, était le véritable QG de l’EIIL/Daesh. Des “hommes d’affaire” travaillant pour des compagnies pétrolières imaginaires entraient et sortaient sans cesse, des agences de sécurité les escortaient au “front”, eux et leur expertise, leur équipement haute technologie, les yeux et les oreilles et la planification stratégique de l’Etat Islamique, d’Al Nosra (NdT: Al Qaïda en Syrie), de l’Armée Libre Syrienne et de douzaines d’autres groupes.

De l’équipement lourd qui ne fut pas seulement suppléé par des traîtres payés par la CIA en Syrie et en Irak et qui détournèrent des milliards de matos militaire vers les terroristes, inondèrent les ratières, Aqaba en Jordanie, Israël, l’Arabie Saoudite, mais surtout la route des Balkans à travers la Turquie, tout y passa, des gaz chimiques jusqu’aux missiles les plus avancés TOW (anti-chars).

Derrière tout ceci est l’histoire, pas seulement de ces 20 dernières années, mais de milliers d’années, alors que le Moyen-Orient fut martelé par un empire après l’autre, les plus importants comme l’Egypte, l’empire perse, l’empire ottoman ou les derniers “acteurs colioniaux vif-argent” en date comme les Français, les Britanniques et maintenant les Américains. Le Kurdistan était Sumaria et Chaldea, Ur et Nineveh, 6000 ans d’histoire commençant avant les contes de la création des derniers venus israélites.

Nous reconnaissons les Kurdes comme une ethnicité unique et ce dès le XVème siècle lorsque commença leur relation bancale avec la Turquie et l’empire Ottoman ; un de ces épisodes étant combattu aujourd’hui, quelques 500 ans plus tard, dans le nord de la Syrie actuelle.

Alors que l’occident divisait le Moyen-Orient à la fin de la grande guerre, créant de telles entités telles que la Turquie moderne et le royaume des Saoud, il n’y eut pas de patrie pour les Kurdes, un peuple laissé à la dérive de l’histoire, un peu beaucoup comme les Palestiniens dans l’après seconde guerre mondiale. Là où les Palestiniens furent expulsés et marginalisés, les Kurdes existaient comme une petite épine dans le pied du géant turc jusqu’à ce que l’heure sonne pour la CIA de se servir d’eux contre Saddam Hussein.

De là, La CIA a infiltré les régions kurdes de l’Iran, fomentant la discorde dans l’après révolution islamique de 1979, évènement qui fut si catastrophique pour les intérêts des Etats-Unis.

Israël a utilisé les Kurdes pour infiltrer l’Irak, espionnant sur les programmes d’armement de Saddam en achetant son chemin au sein des tribus dissidentes qui joueraient un rôle lorsque Saddam serait parti. Est-ce que ce fut Israël qui manœuvra Saddam dans l’invasion du Koweît, servant de relais à l’accord des Américains pour l’incursion de Saddam et qui fut complètement soutenu par Bush (père), du moins initialement ?

Est-ce un des premiers évènements où le nexus israélo-saoudien montra sa sale tête ? Ceci serait-il aussi un signe montrant à quel point est importante la pénétration des affaires étrangères américaines par les entités israélienne, saoudienne et turque ? La montée des nouveaux cons à la fin des années 1990 fut-elle un autre signe ? Quid du 11 septembre ?…

La “situation” kurde aujourd’hui n’est peut-être qu’un “plan de secours” considérant la défaite à venir de l’EIIL. Si Trump est contrôlé par une agence de renseignement étrangère, ne serait-ce pas bien plus possible que ce soit celle d’Israël plutôt que celle de la Russie ? Est-ce que l’action de l’Amérique, poussant les Kurdes sur Deir Ezzor et vers une confrontation directe avec l’Armée Arabe Syrienne et la Russie sur place, ne va pas bien servir les intérêts d’Israël ? L’effort simultané saoudien offrant ses “bons services” pour régler la dispute Erbil/Baghdad n’est-il pas aussi cousu de fil blanc ?…

Si l’Amérique de Trump est, comme bon nombre le suspecte, un état-client israélo-saoudien, l’effort concerté de l’AS, d’Israël et des Etats-Unis pour utiliser un état kurde comme un tremplin pour bouger contre l’Iran et renouveler le terrorisme dans toute la région, ne serait-il pas une certitude ?…

La Turquie d’Erdogan va t’ellle laisser passer, minimisée, dépassée, bloquée qu’elle est par sa demande d’intégration dans l’UE ou une alliance rivale va t’elle se former ?… Est-ce que le Pakistan, maintenant en porte-à-faux avec les Etats-Unis, va t’il finir pas se séparer de l’AS ? Reconnaissant l’effort de cette nation en Afghanistan et le rôle négatif qu’il a eu sur la sécurité pakistanaise ?…

Quand on examine les intérêts nationaux et le contexte historique, on ignore souvent trop simplement la simple corruption et le chantage et le rôle que joue de tels efforts sur la scène internationale ?

La plupart de la “magie” derrière l’EI était simplement cela, corruption et chantage, les généraux Irakiens et Syriens et même des gouvernements entiers siégeant à Washington, Erbil et Ankara. Sans une plus grande “boîte à outils”, le referendum à venir va peut-être bien fournir le terreau pour une nouvelle génération de massacres, la dernière des choses que veuille le peuple kurde…

Résistance au colonialisme: Mettre fin à l’occupation militaire du sous-contient nord-américain (Mohawk Nation News)

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L’occupation militaire du Canada

 

Mohawk Nation News

 

16 septembre 2017

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/09/16/military-occupation-of-canada/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Lire notre dossier sur la “sémantique coloniale” et notre analyse de mai 2013 : “Nous sommes tous colonisés!”

 

Nous avons un droit de nous défendre, nous et notre patrie. Il n’y a absolument aucune justification pour abattre nos arbres, inonder nos terres et nous en retirer, nous et toutes nos relations de la terre. C’est un massacre d’humains et de toute vie. Nous refusons de bouger de terres convoitées par de veules entreprises commerciales, malfaisantes et mortifères. Les occupants ravageant la terre vont la quitter.

L’aile droite politique du Canada envoie ses politiciens pour justifier de notre retrait et de la transformation de l’Île de la Grande Tortue en cimetière. Ils défient onkwe’onweh, le véritable peuple naturel endémique à cette terre avec un tissu de mensonges.

Ils ne veulent pas que quiconque questionne l’occupation illégale à laquelle ils se livrent, le fait que nous ayons un droit sur notre terre, nos ressources et de protéger toute vie naturelle sur l’Île de la Grande Tortue.

On trompe le monde au sujet de la réalité des blessures et des morts nous concernant, nous et notre terre-mère, infligées par l’occupation entrepreneuriale coloniale illégale.

On nous présente comme un peuple idiot et l’occupant comme le bon œuvrant pour le bien. Hé, ils nous ont quasiment exterminé, violé et pillé notre mère. Le Canada refuse d’enquêter et de traduire ces criminels devant la justice.

Les tombes et les montagnes de nos os se trouvent sous leurs villes, sous ou derrière leurs pensionnats pour Indiens. Le Canada doit expliquer où sont les morts, les disparus et les assassinés parmi nos enfants et nos peuples.

La véritable réponse est qu’ils admettent nous avoir assassiné nous et nos enfants, mais qu’ils ne s’accuseront jamais eux-mêmes. Ils admettent leurs atrocités. Ils pensent être immunisés contre le karma universel, ils ne le sont pas.

Nos langues disent et expliquent les histoires véritables, La langue anglaise est la langue forcée sur nous pour que l’entreprise puisse tout contrôler. Notre lien avec la terre est au travers de nos langues et de leur fréquence. On nous force à penser sur nous-mêmes et sur le monde dans un patois mondialiste, un jargon artificiel, inventé par ceux qui nous contrôlent. Nos esprits sont colonisés au travers des mensonges répétés sans cesse dans le système éducatif de l’État et son système de communication.

Des mensonges écrits pleuvent constamment sur nous.