Archive for the guerres hégémoniques Category

Dictature technologique: L’appli WhatsApp de Facebook espionne les usagers…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, sciences et technologie, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 19 mai 2019 by Résistance 71

Nous l’avons dit il y a longtemps et le répèterons sans cesse: vivons heureux, vivons cachés et débranchés !… La technologie moderne qui culmine avec la 5G se mettant en place n’est qu’un outil de contrôle et de destruction de nos vies, au sens social comme au sens physique du terme, la 5G est un projet eugéniste de génocide planétaire.

Une résistance efficace s’organise hors électronique, l’humain prime, l’humain sauvera l’humain et rien d’autre.

~ Résistance 71 ~

 

 

La vulnérabilité de WhatsApp ?… Soyons sérieux, Le Mossad possède et a créé WhatsApp pour les imbéciles (comme moi…)

 

Veterans Today

 

15 mai 2019

 

url de l’article original:

https://www.veteranstoday.com/2019/05/14/whatsapp-vulnerability-get-real-the-mossad-owns-and-created-whatsapp-for-idiots-like-me/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Note des éditeurs: Les révélations d’aujourd’hui que WhatsApp est hacké par la sécurité israélienne n’est pas vraiment une info. Des millions de personnes utilisent cette application pour téléphoner gratuitement sous WiFi dans le monde entier.

Les créateurs de cette app ont toujours eu des liens très étroits avec Israël mais lorsque Fakebook l’a achetée, le Zuckstein, ce fut totalement abandonné au renseignement militaire israélien (NdT: Shinbeth), pas le Mossad, mais ceci est un mot que certains pourront comprendre.

Des groupes comme l’EIIL / Daesh communiquent via Google, utilisent des vidéos YouTube (propriété de Google) et des écrans de communication pour faire passer des messages. Nous avons dénoncé cela il y a des années, un jour peut-être que la NSA le fera aussi.

Nous pensons que Google est l’EIIL / Daesh…

 

RT/Moscow: 

L’application WhatsApp messenger, propriété de Facebook, a été transformée en arme électronique afin de piéger les téléphones de ceux qui font campagne pour les droits de l’Homme, ainsi que d’autres dissidents, avec des logiciels espions israéliens, ce qui a déclenché un feu nourri contre le fabricant du programme.

Le groupe NSO vend ses produits aux gouvernements qui sont connus pour leurs violations outrancières des droits de l’Homme, leur donnant ainsi des outils de traçage des activistes et des critiques politiques. L’attaque sur Amnesty International fut la goutte d’eau.” a déclaré Danna Ingelton, directrice adjointe d’Amnesty Tech dans un communiqué lundi dernier. “Il est temps d’arrêter d’utiliser le groupe NSO et ses outils d’infiltration, d’intimidation et de réduction au silence de la société civile.

Amnesty, qui a été ciblée avec plusieurs autres avocats des droits de l’Homme par WhatsApp, travaille avec un groupe de citoyens israéliens et des groupes de protection légale sur une action en justice qui forcerait le ministère israélien de la défense à révoquer la licence d’exportation du groupe NSO, affirmant que le produit phare de l’entreprise, appelé Pégase, est dangereux et prône aux abus et que NSO le vend délibérément à des gouvernements répressifs.

Après avoir découvert la “vulnérabilité la semaine dernière, WhatsApp affirme travailler 24/24 pour développer une protection pour les utilisateurs, chose qui fut apparemment faite lundi. WhatsApp a aussi rapporté la chose au ministère de la justice américain, qui a refusé de faire tout commentaire au Financial Times. L’entreprise ne sait pas comment les quelques 1,5 milliards de personnes utilisant son App ont été affectées.

Les agresseurs ont installé Pégase sur les téléphones de leurs utilisateurs cibles au travers la fonction d’appel de WhatsApp, d’après l’entreprise. Les utilisateurs n’avaient même pas à répondre au téléphone pour être infectés. Pégase peut allumer la caméra et le microphone d’un utilisateur ciblé à la commande, espionner et utiliser la messagerie, tracer la géo-location, tout cela sans que la victime ne sache quoi que ce soit. Alors que l’entreprise affirme que Pégase n’est que pour l’utilisation de gouvernement, son site internet insiste sur le fait que sa mission est de “développer une technologie pour empêcher et enquêter sur le crime et le terrorisme”, NSO affirme sélectionner ses clients ; un certain nombre d’activistes et de défenseurs des droits de l’Homme au Moyen-Orient se sont retrouvés du mauvais côté de l’application et de l’attaque de Pégase. Amnesty International affirme que des activistes, journalistes, défenseurs des droits de l’Homme au Mexique ont été inquiétés, un employé, des activistes saoudiens, un activiste des droits de l’Homme aux EAU et même soi-disant le dissident saoudien Jamal Kashoggi dont les tortionnaires et tueurs utilisèrent l’application pour le suivre et le tracer, tous ces gens ont été des victimes de Pégase.

En aucun cas NSO serait impliquée dans le fonctionnement ou l’identification de cibles de sa technologie, qui est uniquement utilisée par des agences de renseignement ou autorités légales”, a dit NSO ajoutant que l’entreprise n’aurait pas la capacité technique de cibler des individus ou des organisations. AI n’est pas la seule organisation traduisant NSO en justice. Alaa Mahajne, une avocate de Jérusalem, se porte partie civile pour des citoyens mexicains et saoudiens ciblés par le logiciel. “C’est déconcertant mais pas surprenant que mon équipe ait été ciblée avec la même technologie que nous attaquons en justice”, a t’elle ajouté.

Rapporté il y a deux ans en Israël:

Comment WhatsApp expose vos données

WhatsApp, service de messagerie propriété de Facebook, chiffre (code) les messages des utilisateurs, mais un développeur de logiciel a découvert des utilisateurs partageant des liens internet pouvant exposer des données personnelles.

Un des avantages majeurs du service de messagerie texte, photo, audio, et vidéo de WhatsApp est son chiffrage des messages d’un bout à l’autre de la chaîne de transmission. L’appli, propriété de Facebook, n’offre pas nécessairement le service le mieux protégé, mais cette caractéristique est un avantage majeur pour un service de messagerie qui est le plus largement utilisé de par le monde. L’encryptage peut permettre la protection des messages d’être hacké par des particuliers ou des gouvernements, mais il est devenu apparent cette semaine que la façon dont WhatsApp gère les liens avec les sites internet envoyées sur l’application expose les données des utilisateurs.

Ce point faible fut d’abord dévoilé cette semaine par un développeur de logiciel gardant l’anonymat, répondant au pseudonyme de “mulander” sur Twitter, après que cette personne ait remarqué quelque chose de bizarre lorsqu’elle examina la fonction du serveur pour son blog. Il se passe que lorsque quelqu’un tape des adresses de sites internet sur l’application, WhatsApp envoie l’adresse au serveur du site désiré lettre par lettre. Ceci donne à l’utilisateur un pré-visionnage plus rapide de la page demandée, mais cela provoque aussi un défaut dans la sécurité du message…

Facebook n’a pas encore répondu à la demande du journal Haaretz à ce sujet.

 


Résistance universelle à la tyrannie…

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Lutte contre le colonialisme: Les Mayas du Guatemala en rébellion

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Entretien avec Vilma, activiste Maya du Guatemala

 

La Voie du Jaguar

 

14 mai 2019

 

url de l’article:

https://www.lavoiedujaguar.net/Entretien-avec-Vilma-activiste-maya-du-Guatemala-en-visite-aux-Lentilleres

 

Au cours d’une promenade printanière dans les jardins occupés du Quartier libre des Lentillères, après avoir fait une visite explicative de l’histoire de ce territoire en lutte, nous nous sommes entretenues avec Vilma, activiste guatémaltèque qui a partagé avec nous son expérience de résistance communautaire indigène.

Pour commencer si tu veux bien te présenter. Tu viens d’où ? Comment es-tu arrivée ici ?

Je m’appelle Vilma Judith Sor, je suis une femme maya kaqchikel [1] du Guatemala et je travaille dans une organisation qui s’appelle Association communautaire pour le développement Serjus. Je suis ici parce que le travail que nous faisons reçoit le soutien du CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement) dans un lieu qui s’appelle Ixcán, au nord du Quiché [2].

Quel type de travail réalise votre association ?

Nous avons plusieurs axes de travail mais nous travaillons surtout l’organisation et l’articulation communautaire parce qu’on pense qu’il est nécessaire de récupérer le sens communautaire depuis la base, depuis les communautés, car la guerre a détruit le tissu social. Alors nous cherchons à reconstruire ce tissu social depuis les principes et valeurs de la cosmologie [3] maya et dans ce sens l’idée de communauté est très importante. Et avec cette organisation et articulation communautaire nous mettons en place des propositions comme l’agriculture écologique et la défense du territoire, spécifiquement l’eau et la biodiversité car il y a une intention de privatiser les graines et les plantes médicinales, et en général les connaissances ancestrales. Nous luttons aussi en ville pour le droit à un logement digne. Nous travaillons également beaucoup dans la recherche des droits des femmes et contre les violences faites aux femmes. Pour tout ça, nous cherchons à avoir une incidence réelle dans les gouvernements municipaux. Par exemple, à Ixcán, nous avons travaillé à construire une politique municipale de souveraineté alimentaire et un autre programme municipal pour l’égalité de genres. Ce sont de petits apports que nous faisons pour le bien des communautés. Mais tout ça est également indissociable d’un travail de formation politique pédagogique depuis l’éducation populaire. Nous pensons en effet que l’organisation, si elle ne se forme pas, peut se perdre sur le chemin et peut aussi perdre ce désir et cet espoir de construire une société différente, un monde meilleur où il y ait une place pour tous et toutes.

Tu parlais de la guerre, ici en France peu de gens connaissent cette histoire et ses conséquences aujourd’hui. Tu peux nous donner quelques pistes pour que l’on comprenne un peu mieux ?

Au Guatemala, il y a aujourd’hui une inégalité mais cette inégalité que nous vivons maintenant a existé historiquement depuis l’invasion. De 1944 à 1954, il y a eu des gouvernements progressistes qui ont cherché à donner un peu plus de justice aux paysans en travaillant notamment une réforme agraire. Mais cela n’était pas bien vu par l’oligarchie guatémaltèque mais aussi par les entreprises des USA. Alors, ils ont fait tomber le gouvernement de Jacobo Árbenz Guzmán et installé un gouvernement militaire. Et à partir de là, la situation du pays est devenue très difficile avec un conflit interne armé qui a été l’un des plus sanglants du monde. Il y a eu beaucoup de violences, avec la politique de la terre brûlée où ils ont fait disparaître des communautés entières, les enfants, les femmes, les vieilles et les vieux, tout le monde. C’est une histoire terrible, très dure dans notre processus historique. Après trente-six années sanglantes, il y a eu des accords de paix qui ont enfin été signés. Malheureusement, ceux-ci sont restés un bout de papier puisqu’ils n’ont jamais réellement été appliqués. Et alors, les conditions de la grande majorité de la population, surtout indigène restent très précaires. De là, les accords de paix ont ouvert des possibilités. Par exemple, on peut aujourd’hui s’organiser collectivement, ce qui pendant la guerre était impossible, et ainsi pouvoir exercer nos droits d’une manière un peu meilleure. Mais la situation d’inégalité n’a dans le concret pas tant changé que ça et c’est pour ça que les peuples s’organisent et luttent pour défendre leurs territoires et leurs vies.

Tu parles de défendre le territoire parce qu’il y a des mégaprojets en ce moment au Guatemala ?

Ce système capitaliste colonial et patriarcal s’est imposé dans le monde entier, il s’est exprimé au Guatemala d’une manière bien concrète. Ça a beaucoup de lien avec les axes de développement de ce système comme les mines, l’exploitation du gaz ou du pétrole, la monoculture de la palme pour l’huile ou la canne à sucre. Il y a aussi de grands projets d’infrastructure comme des barrages hydroélectriques. Ceux-ci provoquent le plus de conflits dans tout le pays parce qu’ils sont très importants. Ils dévient les rivières, et les communautés en aval n’ont donc plus accès à la rivière et donc plus d’eau. Ce sont souvent des communautés indigènes qui vivent de la pêche mais aussi du maïs et des haricots, qui sont les moyens de subsistance basiques pour les communautés indigènes. Alors si on n’a plus d’eau, on n’a plus de vie.

Dans tous les territoires du Guatemala il y a beaucoup de conflictualité sociale sur cette question et beaucoup de résistance pour s’opposer à ces projets. Malheureusement, comme ils sont soutenus par le capital transnational mais aussi par les dominants locaux qui ont beaucoup de pouvoir économique, ils manipulent et utilisent les institutions gouvernementales pour développer leurs projets sans avoir consulté les peuples alors que c’est un droit collectif. Certains projets ont pu être empêchés mais malheureusement pas tous, notamment du fait de la répression. Nous avons ainsi beaucoup de leaders et persécuté·e·s et criminalisé·e·s et même prisonnier·e·s politiques. Au Guatemala, on n’emploie pas cette formulation mais nous les considérons comme des prisonnier·e·s politiques.

Pour pouvoir te mettre en prison parce que tu défends la forêt ou la terre, ils vont inventer des délits et nuire à ta réputation. Certains ont ainsi dû sortir du pays pour ne pas subir cette répression et ça a également fragilisé les mouvements de résistance.

Et l’histoire d’extrême violence dont tu parlais auparavant doit également marquer les luttes aujourd’hui ? Quand nous avons parlé dans l’après-midi des luttes en Europe comme à la ZAD, il était évident qu’ici ils ne nous tirent pas dessus à balle réelle et que ça ouvre plus de possibilités pour s’opposer à un mégaprojet. Quelle stratégie vous mettez en place pour pouvoir affronter tout ça ?

Au Guatemala, du fait de l’histoire de guerre que nous avons connue, beaucoup de ces résistances qui s’opposent à ces projets ont choisi la résistance pacifique. Concrètement ça veut dire faire des plantones [4] permanents pendant des mois ou même des années. On vient de fêter les quatre ans du planton de la Pula. Et il y en a beaucoup d’autres ainsi contre les barrages ou les monocultures, mais toujours en revendiquant la résistance pacifique pour éviter les agressions violentes de la police ou de l’armée. Malgré cela, les autorités ont commis de nombreux abus. Hier, justement je lisais une nouvelle qui disait que les militaires responsables du massacre de camarades indigènes avaient été relaxés. (…)

On a le sentiment que le pouvoir militaire se consolide et est de plus en plus présent dans toutes les instances du gouvernement. Par exemple le président n’est pas issu officiellement de l’armée mais on sait bien que derrière lui ce sont les militaires qui ont la main sur une partie du pouvoir tant législatif qu’exécutif ou judiciaire. (…) Il y a des leaders indigènes qui sont assassiné·e·s prétendument dans des crimes de droit commun mais c’est évident que derrière ces actions il y a les services secrets de l’armée. C’est la manière d’opérer de l’armée. Pendant la guerre, ils ont massacré des villages entiers en disant qu’il fallait « enlever l’eau des poissons », c’est-à-dire qu’ils attaquaient les communautés qui soutenaient la guérilla en partageant leur nourriture par exemple.

Aujourd’hui, ils s’attaquent de la même manière aux ONG qui soutiennent les luttes communautaires mais avec un changement législatif. Ils veulent nous limiter à un rôle assistancialiste pour nous empêcher de nous organiser politiquement. Mais nous poursuivons notre chemin d’autoformation pour contribuer à développer le sens critique dans nos communautés. Avec cette loi, des organisations comme la mienne pourraient être fermées. (…) Il y a aussi cette nouvelle loi contre le terrorisme. Il y a peu, ils nous cataloguaient encore de communistes mais depuis les attentats du 11 septembre 2001 ils nous accusent d’être des terroristes. En réalité, c’est juste un moyen de faire taire la voix de nos communautés en lutte en facilitant les voies légales pour mettre des activistes en prison. (…)

Au Quartier libre des Lentillères, comme tu l’as vu, une des sources d’inspiration c’est le processus zapatiste au Chiapas avec la construction de structures autonomes et d’une gestion collective des questions communes. On voit que ces formes de gouvernance indigène existent dans beaucoup d’autres endroits en Amérique latine. Par exemple, dans ta communauté, est-ce qu’il y a pour parler d’un sujet sensible des mises en pratique de justice communautaire autonome ?

Les communautés indigènes en général ont leurs propres moyens d’organisation, d’autogouvernement et d’administration de la justice. Par exemple, s’il y a un conflit communautaire, ce sont les autorités communautaires qui s’en chargent. Elles font une médiation et interviennent pour trouver une solution au conflit. C’est comme ça que ça se résout, surtout dans les communautés les plus isolées. Pour celles qui se trouvent plus près des villes, comme il y a le système de justice occidental, elles se servent également de celui-ci. Au Guatemala, il y a des choses bizarres. Par exemple, j’ai connu le cas d’un juge qui avait un souci avec son fils dans sa communauté et il a réglé ça par le biais des autorités communautaires. C’est dire à quel point ce système est reconnu par les gens, mais le système occidental lui ne le reconnaît pas.

Mais nous, aujourd’hui, on dit qu’il nous faut réaliser un « processus de décolonisation ». Certains par exemple utilisent le système occidental en disant « ils ne me laissent pas prendre ce morceau de forêt ». Mais ce sont des terrains communaux et les autorités occidentales leur donnent raison parce qu’elles ne prennent pas en compte les règles communautaires. En ce moment, nous sommes donc dans une lutte parce que ces règles communautaires ont toujours existé, sur les questions de répartitions de l’eau, de la terre ou pour une bonne entente entre les voisins. On est même obligé·e·s de faire appel au Conseil constitutionnel pour défendre nos droits collectifs, qui en principe sont reconnus au niveau national et international dans les accords des Nations unies. Et les juges ne respectent pas ces règles. La communauté a une relation et une dynamique au quotidien mais au contact de ce système comme il est établi au Guatemala, elle se brise. C’est pour ça que nous disons que nous devons vivre au milieu de deux systèmes. Notre propre système et le système occidental, et ça provoque des conflits. (…) Par exemple, dans une de nos communautés, on a constaté que les violences faites aux femmes étaient fortement liées à des problèmes avec l’alcool. Les camarades de cette communauté ont donc pensé un plan de prévention aussi bien à travers l’administration communautaire indigène qu’en faisant adopter par l’institution municipale une interdiction de la vente d’alcool. Ça a provoqué de fortes tensions dans les communautés mais c’est le moyen qu’elles ont trouvé pour ne plus subir ces violences.

Pour conclure, nous avons passé toute la journée ici aux Lentillères. Est-ce que tu vois des points communs entre les formes de vie de ta communauté et ce que tu as vu ici ? Y a-t-il des choses que tu as vues ici qui t’ont également inspirée ? Des formes que tu peux imaginer utiles pour les luttes dans vos communautés ?

Cette visite me remplit d’espoir et de joie. Effectivement je sens ici des paris similaires à ce qu’on porte dans nos communautés. Par exemple, la récupération d’espaces en ville comme vous le faites ici me semble une idée très intéressante. Dans notre réalité, c’est compliqué parce que la répression est beaucoup plus dure mais ça me motive à articuler les combats autour du droit au logement. Chez nous, c’est un grave problème et beaucoup de gens n’ont pas accès à des conditions dignes pour se loger. C’est inspirant de penser qu’on peut, au milieu d’une ville chercher des solutions collectives pour lutter sur ce front-là. D’autant plus que chez nous ce n’est pas évident de mobiliser les jeunes et ça pourrait les intéresser de développer des espaces de ce type. La combinaison de ça avec la récupération de la terre comme moyen de production de nourriture et de vie me semble similaire à ce que nous faisons au Guatemala. L’agriculture « écologique » c’est quelque chose de nouveau mais qui nous vient du passé. Nos ancêtres depuis leur propre cosmologie produisaient des aliments pour la vie, pas pour le profit. Alors effectivement, c’est inspirant de penser qu’au Nord comme au Sud nous avons ce même désir de générer des relations de pouvoir différentes entre les êtres humains mais également avec la Terre-Mère.

Notes

[1] Communauté ethnolinguistique indigène.

[2] Département du Guatemala.

[3] Manière d’interpréter le monde.

[4] Sorte de campement qui sert de point de ralliement mais aussi pour informer voire parfois bloquer les flux.

 

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 


Civilisation Maya: plus de 4500 ans d’histoire…

Guerre impérialiste au Moyen-Orient: Les armes françaises tuent au Yémen… La DGSI veille au grain pour que ça ne se sache pas…

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La France confirme: dictature officielle

 

Armes françaises au Yémen: ce qui s’est dit lors de l’audition des deux journalistes par la DGSI

 

RT France

 

14 mai 2019

 

url de l’article:

https://francais.rt.com/france/62075-armes-francaises-yemen-ce-qui-sest-dit-auditon-deux-journalistes-dgsi

 

Après leurs révélations sur l’usage d’armes françaises au Yémen, deux journalistes de Disclose ont été entendus par la DGSI. Une enquête préliminaire a été ouverte par la section «terrorisme et atteintes à la sûreté de l’Etat» du parquet de Paris.

Geoffrey Livolsi et Mathias Destal, deux des trois journalistes à l’origine d’une enquête intitulée «Made in France» révélant l’utilisation d’armes françaises au Yémen, ont été entendus ce 14 mai par la DGSI. Plus tôt, les deux fondateurs du site d’investigation Disclose avaient reçu leur convocation pour «compromission du secret de la défense nationale» suite à une plainte du ministère des Armées. Selon Mediapart, la convocation qu’ils ont reçue précise que le délit reproché est «puni d’une peine d’emprisonnement», en l’occurrence cinq ans de prison et 75 000 euros d’amendes.

Disclose dénonce une audition bafouant «les libertés de la presse»

Dans un communiqué publié le 14 mai, Disclose rapporte que ses deux journalistes ont appris que l’enquête préliminaire ouverte en décembre dernier «était conduite sous l’autorité de la section terrorisme et atteinte à la sûreté nationale du parquet de Paris». Une procédure que le média dénonce en arguant qu’elle «prive» ses journalistes «de libertés apportées par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse». Selon Disclose, «l’absence de toute référence dans la convocation de la DGSI à la publication de l’article et à la qualité de journaliste, montre bien une volonté d’exercer une pression personnelle».

Dénonçant un interrogatoire violant des «dispositions fondamentales et protectrices du droit de la presse sur le secret des sources», Disclose explique en outre que Geoffrey Livolsi et Mathias Destal ont été interrogés au sujet de «publications de leur compte Facebook et Twitter personnels dont certaines n’avaient aucun lien avec le sujet de l’audition».

Le communiqué informe enfin que les deux journalistes ont signifié aux enquêteurs qu’ils «avaient agi dans l’exercice de leur mission d’information au public».

Communiqué de Disclose: (cf article original sur RT)

[COMMUNIQUÉ] Lors de leur audition mardi 14 mai, qui fait suite à la publication de l’enquête « Made in France », les journalistes de @Disclose_ngo se sont vus notifier par les enquêteurs de la DGSI qu’ils n’étaient pas entendus comme journalistes. Proprement scandaleux.

Publiées le 15 avril sur le site de Disclose ainsi dans plusieurs médias français, les révélations sur l’emploi d’armes françaises dans la guerre au Yémen par la coalition menée par l’Arabie saoudite, se basent notamment sur la fuite d’un document portant la classification «Confidentiel Défense».

Ce document aurait été rédigé le 25 septembre 2018 par des officiers de la Direction du renseignement militaire, selon Disclose. Y figure notamment «la liste détaillée des armes françaises impliquées dans la guerre au Yémen» qui fait depuis 2015 des milliers de morts parmi les civils. Les Nations unies considèrent que la situation au Yémen constitue la pire crise humanitaire actuelle sur la planète.

De son côté, Paris a toujours expliqué que les armes vendues à ses partenaires étaient utilisées dans des positions défensives, principalement dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Mise à jour 15/5/19 (vidéo):

 

 

 

Colonisation et totalitarisme: Israël état d’apartheid… ou pire ?…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 14 mai 2019 by Résistance 71

“Le sionisme a sécularisé et nationalisé le judaïsme. Pour y parvenir, les penseurs sionistes affirmèrent la possession du territoire biblique et recréèrent, en fait le réinventèrent, comme le berceau de leur nouveau mouvement nationaliste. Comme ils le voyaient, la Palestine étaient occupée par des ‘étrangers’ et avaient été repossédée. ‘Étrangers’ ici voulait dire tout non-juif qui avait vécu en Palestine depuis la période romaine. En fait pour bien des sionistes, la Palestine n’était même pas une terre ‘occupée’ quand ils arrivèrent dessus en 1882, mais plutôt une terre ‘vide’: les natifs palestiniens qui vivaient là leur étaient invisibles ou sinon, ils faisaient partie de la dureté et des obstacles de la nature et à ce titre devaient être conquis et retirés du paysage. Rien, ni pierres, ni Palestiniens, devaient se mettre sur le chemin de la ‘rédemption’ nationale de la terre convoitée par le mouvement sioniste. Jusqu’à l’occupation de la Palestine par la Grande-Bretagne en 1918, le sionisme était un mélange d’idéologie nationaliste et de pratique colonialiste…”

“Comme les théoriciens du nettoyage ethnique l’ont reconnu, là où est adoptée une idéologie d’exclusivité dans une réalité ethniquement lourdement chargée, il ne peut y avoir qu’un seul résultat possible: le nettoyage ethnique…”

“De fait, si vous étiez juif sioniste en 1948, ceci ne voulait dire qu’une seule chose: adhésion et implication totales à la dé-arabisation de la Palestine.”


~
Ilan Pappe, professeur et chaire d’histoire à l’université d’Exeter, “The Ethnic Cleansing of Palestine”, 2006, traduction Résistance 71 ~ 

 

 

Israël état d’apartheid… ou pire ?

 

Résistance 71 

 

11 mai 2019

 

Il est de plus en plus fréquent de lire ou d’entendre qu’Israel est un état d’apartheid de la même manière que l’était l’Afrique du Sud jusqu’en 1995. Cette qualification est souvent utilisée pour justifier les campagnes de boycott du régime sioniste d’occupation de la Palestine, comme celle mise en place par le mouvement BDS (Boycott-Divestment-Sanctions).
Qu’en est-il exactement ? Les deux situations sont-elles pour autant identiques ? Comparables ?
Regardons d’abord ce qu’est “l’apartheid” ou une situation d’apartheid.
Que nous dit l’Encyclopedia Britannica sur le sujet ?

Apartheid: mot de la langue afrikaan voulant dire “mise à l’écart, mise à part”: politique gouvernant les relations entre la minorité blanche d’Afrique du Sud et la majorité noire / métisse du pays, politique sanctionnée par une politique de ségrégation raciale et de discrimination économique contre les non-blancs. Cette politique fut mise en place par la loi du Population Registration Act de 1950, qui classifiait la population en trois catégories: les Bantous, les colorés (métis) et les blancs. Une 4ème catégorie: asiatique, pour les Indiens et Pakistanais, fut ajoutée plus tard…”

Israël est un “état juif” auto-proclamé et reconnu, notamment par les Etats-Unis. Sous la doctrine politique du “sionisme”, Israël est un état colon qui colonise une terre étrangère et procède à un nettoyage ethnique de celle-ci depuis 1948.
Il y a donc en Israël des “citoyens à part entière” de confession judaïque et des “citoyens de second rang”, une ségrégation politique, économique, culturelle, sanitaire, administrative virulente étant appliquée à la population ancestrale palestinienne, qui refuse de se laisser dominer, écraser et éliminer et est entrée en mode de survie en milieu particulièrement hostile.

Y a t’il donc une différence entre Israël et l’Afrique du Sud ?

Oui, elle est de taille et personne n’en parle vraiment..
Pour analyser la différence entre les apartheids de ces deux pays, il faut avoir conscience de leur démographie.
Quelle était la situation coloniale en Afrique du Sud ?
Durant la période de l’apartheid, la répartition de la population était la suivante:

– Population blanche (colons): 20%, qui chuta à environ 13% juste avant la fin de l’apartheid.

– Population non-blanche: 80%

Depuis la fin de l’apartheid en 1995 et au dernier recensement de 2011, la population blanche sud-africaine n’est plus que de 9% soient environ 4,5 millions de personnes.

Qu’est-ce que cela veut dire en ce qui concerne la période de l’apartheid sud-africain ?
Qu’une population coloniale minoritaire implantée possédait pouvoir, argent, force coercitive et soutiens étrangers pour imposer sa règle de domination sur une grande majorité opprimée. Il était impossible pour la population blanche de se débarrasser en totalité de la population autochtone et donc la politique d’apartheid permettait, tout comme dans les états ségrégationnistes du sud des Etats-Unis jusqu’à la fin des années 1960, de maintenir le pouvoir colonial en place et d’imposer son mode de vie et hégémonie culturelle. La disparité démographique fut bien trop importante et donc le pouvoir colonial ne fit que régner d’une main de fer pour protéger les privilèges du petit nombre.

Qu’en est-il d’Israël ?

La population d’Israël (Palestine occupée) se décompose comme suit:

– 75% de juifs à l’origine de provenance essentiellement exogène

– 20% d’arabes (population autochtone)

– 5% autres (chrétiens, Druzes etc… population autochtone)

Cette situation démographique dans un pays colonial engendre bien évidemment une situation et un agenda politiques totalement différents. La situation de cet “état/entité sioniste” de par son idéologie suprémaciste est similaire à celle des Etats-Unis, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande où très rapidement, la population des colons envahisseurs a dépassé celle des autochtones originels, permettant une répression génocidaire.

Ainsi, la politique est celle d’une domination totale par génocide et nettoyage ethnique, par des persécutions visant à soit éliminer les populations indigènes, soit à les chasser définitivement et sans espoir de retour des territoires occupés colonisés (négation du droit au retour pourtant lui,faussement appliqué à la population des envahisseurs colons…), soit éventuellement à les parquer dans des zones concentrationnaires (réserves amérindiennes US et canadiennes, aborigènes, Gaza et Cisjordanie…). Israël est passé à l’étape finale de ne plus “convertir” ni “assimiler”, chose du reste jamais voulue, mais celle d’annihiler, d’en finir physiquement avec le “problème palestinien”, comme les Etats-Unis, le Canada ont voulu en finir avec leur “problème indien” et ont fort heureusement échoué, ce afin de parvenir à un état 100% juif.

Ainsi, l’apartheid israélien est en cela pire que l’apartheid sud-africain dans la mesure où il est toujours démographiquement possible de réaliser un nettoyage ethnique complet par la persécution et le génocide, ce qui n’était démographiquement pas possible en Afrique du Sud, même si le régime le désirait, la réalité pratique étant toute autre. On peut dès lors dire que le régime politique sud-africain était un régime d’apartheid conçut pour durer dans une situation ségrégationniste obligée, tandis que le régime politique de l’entité sioniste occupant violemment la Palestine officiellement depuis 1948 mais en fait depuis l’insertion des premières colonies après la première mondiale dès les années 1920, est plus orienté vers l’extermination / expulsion des populations palestiniennes autochtones à l’endroit depuis au moins deux millénaires, afin d’en finir avec le “problème non-juif”.

Nous ne disons bien évidemment pas que tous les juifs d’Israël et du monde sont d’accord et adhèrent à cette démarche, mais que le fait sans doute une majorité suffisante permettant au système politique d’un état raciste, suprémaciste colonialiste, de perdurer dans le temps et l’espace et d’exercer ses crimes perpétuels contre l’humanité, après avoir hypnotisé et terrorisé l’occident de ne pas critiquer ses violations permanentes du “droit international”, pour s’en référer au système étatique standard et obsolète de contrôle pathétiquement en vigueur et fermer les yeux sur les ignominies en vigueur.

Il est plus que grand temps de lever l’omerta générale sur une situation coloniale toujours active en Palestine qui a débouché sur la mise en place et la réalisation d’un nouveau génocide.

Il suffit de dire NON ! De retirer notre consentement à cette entité comme à toute entité étatique de contrôle pour qu’enfin nous parvenions à notre humanité accomplie, par la solidarité et la complémentarité acceptée ; ceci ne pourra se réaliser que lorsque nous nous tiendrons main dans la main avec tous les peuples colonisés et asservis du monde, lorsque nous aurons pleinement réalisé et intégré que nous sommes tous de fait des colonisés et que cela n’est bien entendu en rien inéluctable.

= = =

« Les trois axiomes de la politique intérieure d’Israël » (extrait du livre d’Ilan Pappe « The Ethnic Clearing of Palestine », 2006 page 239), traduit de l’anglais par Résistance 71

« La première des trois lignes de conduite, ou plutôt axiomes, d’Israël est que le conflit israélo-palestinien a son origine en 1967. Pour le résoudre tout ce dont on avait besoin était un accord qui déterminerait le statut futur de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. En d’autres termes, comme ces zones ne constituent que 22% du territoire de la Palestine, Israël a réduit d’un coup de crayon toute résolution de paix à seulement une toute petite partie du territoire originel palestinien. Non seulement cela, mais Israël demandait et continue à demander aujourd’hui, toujours plus de compromis territoriaux, soit en résonance avec l’approche économique favorisée par les Etats-Unis ou comme dictés par une carte sur laquelle les deux camps politiques se sont mis d’accord en Israël.

Le second axiome est que tout ce qui est visible dans ces zones, la Cisjordanie et la bande de Gaza, peut toujours encore être divisé et que ces divisions, cette faculté à toujours plus diviser, est une des clefs du processus de paix. Pour Israël, cette division du visible inclut non seulement la terre mais aussi le peuple et les ressources naturelles.

Le troisième axiome israélien est que rien de ce qui s’est produit avant 1967, incluant la Nakba et le nettoyage ethnique, ne sera jamais négociable. Les implications ici sont très claires: cela retire complètement de l’équation du processus de paix le problème des réfugiés et met directement sur la touche et sans appel le droit des Palestiniens au retour à la terre. »

Lectures complémentaires:

La Bible Déterrée Israel Finkelstein

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

la-peste-religieuse-par-johann-most-1892

Manifeste pour la Société des Sociétés

Effondrer le colonialisme

Ashraf Ezzat Mythe Biblique

Nous sommes tous des colonisés !

 

 

 

 

Gilets Jaunes… Les Zapatistes du Chiapas nous montrent la voie… 25 ans d’autonomie à étendre au monde !

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, documentaire, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 12 mai 2019 by Résistance 71

 

25 ans plus tard, le zapatisme poursuit sa lutte

 

Julia Arnaud

 

Mai 2019

 

Source:

https://www.revue-ballast.fr/25-ans-plus-tard-le-zapatisme-poursuit-sa-lutte/

 

Le 1er janvier 2019, les zapatistes ont célébré les 25 ans de leur soulèvement. L’occasion de réaffirmer leur engagement dans la construction, ici et maintenant, de leur autonomie et la défense de leur territoire au sud du Mexique. Leur mot d’ordre ? « Le peuple gouverne et le gouvernement obéit. » Face à la pression toujours croissante du capitalisme et des mégaprojets défendus par le nouveau gouvernement « progressiste », de nombreux soutiens nationaux et internationaux se sont exprimés au cours de ces quatre derniers mois. La répression ne faiblit pas ; la lutte non plus : récit, sur place, d’une commémoration et d’un appel, lancé le 10 avril dernier, « à lever un réseau mondial de rébellion et de résistance contre la guerre qui, si le capitalisme triomphe, signifiera la destruction de la planète »*

(*) Note de R71: Nous avons relayé cet appel et même créé une page spéciale à cet effet sur Résistance 71, ici

Le 1er janvier 1994, sortis de la nuit, les zapatistes ont occupé cinq villes du Chiapas — dont la touristique San Cristóbal de las Casas — et donné à connaître au Mexique et au monde entier leurs revendications : travail, terre, logement, alimentation, santé, éducation, indépendance, liberté, démocratie, justice et paix. Après plusieurs jours de combat et sous pression de la société civile, l’EZLN — l’organisation militaire du mouvement fondée en 1983 — et le gouvernement s’assoient à la table des négociations : elles donnent naissance, en 1996, aux Accords de San Andrés. Ils ont pour but de permettre la reconnaissance de l’autonomie et du droit à l’autodétermination des peuples indigènes1 ; sans surprise, ils ne seront jamais respectés par les gouvernements successifs. Dans une situation de contre-insurrection permanente, dans un territoire occupé par les militaires et les paramilitaires, l’EZLN et les communautés zapatistes choisissent alors la voie de la construction de leur autonomie et de la mise en pratique unilatérale de leurs exigences. En 2003, les cinq caracoles — et avec eux les Conseils de bon gouvernement — sont fondés ; ils deviennent les centres politiques et culturels des cinq zones autonomes.


« Vous êtes en territoire zapatiste en rébellion
Ici le peuple commande et le gouvernement obéit. »

À mon arrivée, en 2010, alors que les questions me brûlaient les lèvres, la première réponse que l’on m’a donnée à Querétaro, au centre du pays, bien loin du Chiapas, fut : « Mais non señorita, les zapatistes n’existent plus, c’était en 1994… » Tout le monde a entendu parler de la lutte zapatiste. Peut-être du café rebelle. Sans doute du sous-commandant insurgé Marcos. Mais peu, même au sein des espaces militants, savent ce qui se trame encore ici, en 2019, dans les montagnes du sud-est mexicain. Si depuis bien longtemps les médias officiels ont entrepris un méthodique travail de désinformation, le silence public des zapatistes n’en a pas moins été volontaire : entre 2009 et 2012, pas un seul communiqué n’a été publié alors qu’ils nous avaient habitués, par la plume dudit sous-commandant, à une prose prolifique depuis 1994. Ce mutisme était celui de la construction, en interne, de leur autonomie ; ils l’ont rompu avec fracas le 21 décembre 2012 — tandis que 50 000 membres des communautés zapatistes (les « bases d’appui ») remplissaient sans le moindre bruit les rues de San Cristóbal, poing levé, visage couvert —, par la détonation d’un communiqué des plus brefs : « Vous avez entendu ? / C’est le son de votre monde qui s’écroule, / C’est le son du nôtre qui resurgit. / Le jour qu’a été le jour, était la nuit, / Et la nuit sera le jour qui sera le jour. / DÉMOCRATIE / JUSTICE / LIBERTÉ. »

Ce monde, ils en poursuivent la création. Leur autonomie se développe jour après jour : des écoles, des hôpitaux, une autre justice, des collectifs agricoles et artisanaux ont fleuri dans toute les zones. Nous sommes de plus en plus nombreux à leur avoir rendu visite, à avoir appris à leur côtés, notamment grâce à la « Petite école zapatiste » — plusieurs milliers de personnes se sont alors rendues dans les communautés afin d’apprendre de leur quotidien et d’étudier les quatre livres de cours réalisés par des membres des différents caracoles, ceci sous le regard attentif de leur votán, ces « gardiens » et « gardiennes » qui ont accompagné chacun d’entre nous et ont répondu patiemment à nos questions. « Ici, c’est le peuple qui dirige, il a sa propre politique, il a sa propre idéologie, il a sa propre culture, il crée, il améliore, il corrige, il imagine et il va continuer de travailler » : c’est là ce que nous rappelle le sous-commandant Moisés, successeur de Marcos en tant que porte-parole depuis 2013. Quand on leur demande combien de personnes représentent les zapatistes, la réponse est évasive, toujours, mais pourtant claire : « Beaucoup ! »


Conseil de bon gouvernement 

Sur la route de la Realidad

« Demain, départ 6 heures, lever 4 heures. » Tels ont été les derniers mots des compas2 zapatistes : la Rencontre de Réseaux, qui s’est tenue du 26 au 30 décembre 2018 en terres récupérées, près du village de Guadalupe Tepeyac, afin que se rencontrent, se retrouvent et s’organisent les différents « individus, groupes, collectifs, organisations » qui luttent pour un autre monde, s’est terminée après une assemblée plénière de trois heures. Si au Mexique les horaires sont toujours assez flexibles et relatifs, ici, en territoire zapatiste, l’autodiscipline est primordiale : sans elle, ils n’en seraient pas là. « Que vous votiez ou que vous ne votiez pas, organisez-vous ! », nous ont-ils maintes fois répété. Comme dans de nombreuses communautés originaires, le changement d’heure n’existe pas pour les zapatistes ; c’est « la hora de Dios », « l’heure de Dieu », celle du monde, du soleil et de la vie — 4 heures, c’est donc 3 heures.

Les lumières s’allument, le matériel a été chargé dans des camionnettes prêtes à partir ; des visages, fatigués par ces derniers jours de discussions et ces dernières nuits de musique autour du feu, émergent des tentes. Nous sommes tous prêts à embarquer dans les bus, les bétaillères et les autres véhicules ; la longue caravane s’avance bientôt. De la Municipalité autonome rebelle zapatiste (MAREZ) San Pedro Michoacán, où s’est tenue la rencontre, jusqu’au caracol de la Realidad, dit « Mère des caracoles de la mer de nos rêves », il faut une heure et demie de route sur un petit chemin de terre qui monte, descend, serpente. Les passagers se rendorment tant bien que mal ; le convoi avance, s’arrête ; « Tiens, que se passe-t-il ? », « Rien, ce sont ceux de devant qui ont perdu les sacs sur le toit », « Ah », ça repart. Le soleil se lève, la forêt apparaît et avec elle la brume matinale que percent les montagnes — en contrebas, se dessinent la vallée et la communauté. Nous arrivons maintenant à l’entrée du village ; des hommes, des femmes, des enfants, des jeunes et des anciens accueillent la caravane par de francs sourires de bienvenue. Les maisons, petites et en bois, sont pour certaines d’entre elles recouvertes de panneaux solaires.

Il y a huit ans, en pleine période de silence, j’étais venue ici. J’avais demandé à rencontrer le Conseil de bon gouvernement : les compas m’avaient donné de quoi manger et un endroit où dormir mais, à 4 heures du matin, ils m’avaient prévenu que le Conseil ne pourrait pas me recevoir et que le prochain bus passait dans 30 minutes. L’un d’entre eux m’avait murmuré : « Aujourd’hui, ce n’est pas possible, mais on te promet que la prochaine fois tu rentreras. » Cette prochaine fois arrive ce 31 décembre 2018. La journée se passe entre siestes et retrouvailles. Les discussions vont bon train : on nous interroge longuement sur les gilets jaunes qui, vus d’ici, incarnent la révolution en cours. La lumière du jour commence à faiblir et nous rejoignons le préau qui surplombe la place centrale du caracol. La foule est dense, les bases d’appui zapatistes sont au premier rang ; nous nous tassons à l’arrière ; par la porte principale, une partie des troupes fait son entrée ; un long défilé commence. Il durera plus d’une heure. Conduits par le sous-commandant Galeano (anciennement Marcos), plus de 3 000 hommes et femmes, vêtus d’une chemise marron et d’un pantalon vert accordé à leur casquette, foulard rouge autour du cou, d’abord à cheval et à moto puis à pied, avancent et, déjà, s’alignent au rythme des bâtons qu’ils frappent à chaque pas. Ils sont la nouvelle génération, les enfants de celles et ceux qui, partis de ce même lieu, étaient allés combattre et donner leur vie 25 ans plus tôt. Il n’y a pas d’armes, mais cette démonstration nous rappelle que l’Armée zapatiste de libération nationale n’a jamais baissé la garde.


L’escargot de l’émancipation !

« Nous sommes seuls »

L’assistance attend les traditionnels discours d’anniversaire. Le Conseil de bon gouvernement de La Realidad s’exprime par la voix d’une jeune commandante, qui, comme beaucoup, est née après le soulèvement de 1994. Elle déclare : « Aujourd’hui, nous célébrons nos déjà 25 ans de lutte, nous sommes les plus oubliés, les plus marginalisés, les plus exploités par le système capitaliste néolibéral. » Et poursuit : « En tant que peuple en résistance et en rébellion, nous avons compris qu’il n’y a pas d’autre chemin que celui de nous organiser, depuis n’importe quel recoin du monde. Chaque organisation a des manières et des habitudes différentes de s’organiser, mais oui, tous et toutes contre le même ennemi qu’est le système capitaliste néolibéral. » Puis, par la voix du sous-commandant insurgé Moisés, combattant de la première heure et aujourd’hui « gardien de la porte » qui interagit entre l’intérieur et l’extérieur du mouvement (depuis que le sous-commandant Marcos est parti tenter de réparer son ordinateur, selon le communiqué envoyé à cette occasion…), ces mots : « Nous sommes seuls. » Même si quelques voix affirment le contraire, nous savons que c’est vrai. Nous, la Sexta3 et les sympathisants nationaux et internationaux, sommes loin d’avoir atteint le niveau d’organisation qu’il conviendrait pour affronter la guerre en cours.

Fin 2018, le peuple mexicain a élu à sa tête Andrés Manuel López Obrador : un homme qui se réclame de la « gauche progressiste » et entend mener à bien les mégaprojets chers aux néolibéraux — le Train Maya, le Projet intégral Morelos (PIM4). Le nouveau président avait promis d’abandonner ce dernier projet, avant de le remettre à l’ordre du jour ; il vient de faire sa première victime, Samir Flores — 100 ans après Emiliano Zapata, et ce pour défendre la même cause, celle de la terre et de la liberté. Figure de l’opposition au PIM et membre du Congrès national indigène, il a été assassiné le 20 février 2019 après s’être exprimé, la veille, contre la « consultation populaire » à venir lors d’un forum organisé par le gouvernement. Ces consultations ont pour but de légitimer les mégaprojets alors que les principaux concernés — les habitants de ces terres — ont déjà exprimé clairement et ouvertement leur refus…

« Et nous ne vous avons pas menti, compañeras et compañeros, poursuit Moisés. Il y a cinq ans, nous l’avons dit au peuple du Mexique et au monde entier, que quelque chose d’encore pire allait arriver. Dans les langues que parlent celles et ceux de l’extérieur, ils l’appellent crise, hydre, monstre, mur. Nous le leur avons dit en essayant d’utiliser leurs mots, la manière dont ils parlent, mais même comme ça, ils ne nous ont pas écouté. Et, du coup, ils croient que nous leur mentons parce qu’ils écoutent celui dont je ne veux même pas prononcer le nom, celui qui est au pouvoir, je préfère l’appeler l’escroc, le fourbe. » En vue des dernières élections, les « peuples, tribus, nations et quartiers » composant le Congrès national indigène (CNI5) ont désigné une femme indigène en tant que représentante du CNI et de l’EZLN à la présidentielle de 2018. Marichuy et le Conseil indigène de gouvernement (CIG6) ont été nommés avant d’entamer une tournée dans tout le pays pour récolter les signatures nécessaires ; en raison d’un nombre insuffisant, Marichuy n’a pu se présenter mais elle a mis en évidence les vices du système électoral. Elle était la seule à représenter le Mexique d’en bas, à gauche.

Depuis plusieurs années, les zapatistes ont organisé un grand nombre d’événements afin que nous nous connaissions, que nous nous reconnaissions et que nous nous organisions. Car il y a urgence. Les victimes de la Quatrième Guerre mondiale, celle du capitalisme contre l’humanité, ne se comptent plus. Ce concept a été longuement développé par le sous-commandant Marcos dans un communiqué en date de l’année 2003 : « À la fin de ce que nous osons appeler la “Troisième Guerre mondiale” et que d’autres appellent la Guerre froide, il y a eu une conquête de territoire et une réorganisation. […] À partir de là, on voit se dessiner ce que nous appelons la Quatrième Guerre mondiale. […] La conception théorique qui donne des bases à la globalisation c’est ce que nous appelons “néolibéralisme”, une nouvelle religion qui va permettre de mener à bien le processus. Avec cette Quatrième Guerre mondiale, une nouvelle fois, les territoires sont conquis, les ennemis sont détruits et la conquête de ces territoires est administrée. […] Puisque l’ennemi antérieur a disparu, nous, nous disons que l’ennemi c’est l’humanité. La Quatrième Guerre mondiale détruit l’humanité dans la mesure où la globalisation est une universalisation du marché, et tout humain s’opposant à la logique du marché est un ennemi et il doit être détruit. En ce sens, nous sommes tous l’ennemi à vaincre : indigènes, non-indigènes, observateurs des droits humains, enseignants, intellectuels, artistes. N’importe qui se croyant libre alors qu’il ne l’est pas. »

L’heure n’est plus à la contemplation du désastre planétaire. Si les zapatistes l’ont compris depuis longtemps, et ont agi en conséquence dans leurs territoires, nous ne pouvons en dire autant. Moisés, debout à la tribune aux côtés des commandants et commandantes de l’EZLN ainsi que des représentants des Conseils de bon gouvernement, poursuit : « Nous sommes seuls. Nous sommes seuls comme il y a 25 ans », mais « nous allons faire face », « nous allons défendre ce que nous avons construit ». Les zapatistes ont déjà donné leurs vies, celle du sous-commandant insurgé Pedro7 — et de bien d’autres. « Ce n’est pas facile d’affronter depuis 25 ans ces milliers de soldats, protecteurs du capitalisme, qui sont ici, là où nous nous trouvons, nous sommes passés sous leur nez ces jours-ci. Ce n’est pas facile d’affronter les paramilitaires, ce n’est pas facile d’affronter les petits leaders qui ont aujourd’hui acheté tous les partis politiques, en particulier la personne et le parti qui sont au pouvoir. Mais ils ne nous font pas peur. Ou bien si ? Ils nous font peur, compañeras et compañeros ? » L’assemblée répond d’une seule voix : « Non ! »

« Compañeros, compañeras, celui qui est au pouvoir va détruire le peuple du Mexique mais principalement les peuples originaires, il vient pour nous, et spécialement pour nous l’Armée zapatiste de libération nationale. » Mais cette décision, ils la prennent seuls, sans engager celles et ceux qui les soutiennent et marchent à leurs côtés. La réponse du CNI-CIG ne s’est pourtant pas faite attendre : par un communiqué publié le jour suivant, ils déclarent : « Nous avertissons les mauvais gouvernements que n’importe quelle agression [contre l’EZLN] est aussi une agression contre le CNI-CIG » — et d’appeler, par la même occasion, « les réseaux de soutien dans tout le pays ainsi que les réseaux de résistance et de rébellion au Mexique et dans le monde entier à être attentifs et organisés pour agir ensemble et construire un monde dans lequel nous pourrons toutes et tous vivre ». Bien d’autres messages de soutien ont suivi. L’un d’eux a notamment été signé par des centaines de femmes ; il fait suite à la « Première rencontre internationale politique, artistique, sportive et culturelle de femmes qui luttent », convoquée par les femmes zapatistes le 8 mars 2018 au caracol de Morelia (la seconde édition a du être annulée cette année en raison des conditions de sécurité et de pression). Cette rencontre avait réuni plus de 7 000 femmes du monde entier : les femmes zapatistes nous appellent a organiser, partout, d’autres évènements de ce type « pour que la petite lumière qu’elles nous ont offerte ne s’éteigne pas ». Plusieurs rassemblements de femmes ont déjà eu lieu depuis le mois de mars dans tout le Mexique ; d’autres restent à venir (notamment au mois de juillet 2019, dans l’État de Veracruz, à l’appel des femmes du CNI-CIG). Nous espérons que d’autres encore suivront dans les prochains mois — et, qui sait, dans le monde entier.

Les zapatistes ne demandent à personne de prendre les armes ; « pendant ces 25 ans [ils n’ont] pas gagné avec des balles, avec des bombes, mais par la résistance et la rébellion ». Cette position de l’EZLN est, de longue date, sans équivoque ; elle avait d’ailleurs été rappelée lors de l’assassinat du professeur Galeano par des paramilitaires, en 2014 — Marcos avait alors symboliquement échangé sa place dans la tombe, en prenant son nom. Aujourd’hui, ils continuent de demander « justice et non vengeance ». Ce n’est pas avec des armes que l’on construit des écoles et des hôpitaux. Mais, comme l’écrit le journaliste Luis Hernández Navarro, « ce 31 décembre [2018], ils ont mis sur la table leur visage militaire. Celui qui n’implique pas de prendre une arme, mais qui implique de résister. Le message symbolique de leur déploiement ne pouvait pas être plus explicite ».

30 millions de personnes ont voté pour l’actuel président Andrés Manuel López Obrador. Dans un contexte aussi difficile que celui du Mexique où la corruption, la violence, les féminicides, la mort et les disparitions forcées sont le pain quotidien, c’est sans aucun doute l’espoir du changement qu’ont recherché les électeurs. Mais les différents gouvernements « progressistes » latino-américains de ces dernières années l’ont prouvé : les peuples originaires ne seront pas pris en compte. « Ils viennent pour nous », martèle Moisés. Et cela, le gouvernement n’a pas tardé à le confirmer : l’investiture présidentielle du 1er décembre 2018 n’a été qu’une grande mascarade. En rassemblant de soi-disant représentants des peuples indigènes, le nouvel élu s’est vu remettre le « bastón de mando », le bâton de commandement, symbole de pouvoir et de représentation dans les cultures originaires. Quelques jours plus tard, la farce s’est rejouée au Chiapas lors d’une cérémonie visant à « demander son autorisation à la Terre-mère » pour la construction du Train Maya, qui entend traverser les États de Quintana-Roo, Campeche, Chiapas et Tabasco afin d’interconnecter différentes « zones économiques spéciales » (ZEE) en atteignant la côte Pacifique, via le couloir transisthmique8, autre mégaprojet hautement contesté… « C’est ça que fait le gouvernement actuel, il consulte pour pouvoir venir nous affronter, nous, les peuples originaires et en particulier nous, l’Armée zapatiste de libération nationale, avec sa saleté de Train Maya — et, en plus, en lui donnant le nom de nos ancêtres ! Nous ne l’acceptons pas. Il peut bien lui donner le nom qu’il veut, ça ne veut rien dire. Nous ne lui avons rien demandé. Il n’a qu’à lui donner le nom de sa mère ! », poursuit le porte-parole.

Selon le gouvernement, ce projet favoriserait la mobilité, les échanges et l’emploi des peuples occupant ces territoires ; en réalité, il favorisera le tourisme de masse et le saccage des terres du Sud, si convoitées pour leurs richesses naturelles par les puissances internationales. Autrement dit : ce fut là une cérémonie pour demander à la Terre le droit d’exterminer les peuples originaires. « Qu’il se passe ce qui doit se passer, que ça coûte ce que ça doit coûter et que vienne ce qui doit venir. Nous allons nous défendre, nous nous battrons s’il le faut ! Ou non, compañeros et compañeras ? » On entend « Si ! » à l’unisson. « Donc que ce soit bien clair, compañeros et compañeras ; ici, il n’y a ni sauveur, ni sauveuse. Les seuls sauveurs et sauveuses, ce sont les hommes et les femmes qui luttent et qui s’organisent, ceux qui le font devant leur peuple. Le changement que nous voulons, donc, c’est qu’un jour, le peuple, le monde, les femmes et les hommes décident de comment ils veulent vivre leur vie, qu’il n’y ait pas un groupe qui décide la vie de millions d’êtres humains. Non ! Nous le résumons en seulement deux mots : le peuple commande, le gouvernement obéit. »

C’est ensuite par la voix d’une autre jeune commandante que s’exprime le Comité clandestin révolutionnaire indigène-Commandement général (CCRI-CG) de l’Armée zapatiste de libération nationale : « Même s’ils consultent un milliard de personnes, nous ne nous rendrons pas. Même s’ils demandent la permission à leur putain de mère, nous ne céderons pas. De 1492 à 2018, se sont écoulées 525 années de résistance et de rébellion contre les grandes humiliations étrangères et mexicaines et ils n’ont jamais pu nous exterminer. Nous, ceux de sang brun, couleur de la terre-mère, nous réitérons que nous sommes là et que nous continuerons à l’être. Un milliard d’années pourront s’écouler, les femmes zapatistes et les hommes zapatistes seront toujours là. » Sur ces mots, et après avoir annoncé qu’à partir de cet instant leur participation et leur parole passeraient par l’art, les représentants zapatistes se taisent. La foule se disperse. Poèmes, chansons : place aux délégations des différentes régions. Dans l’après-midi, une pièce de théâtre a mis en scène l’entrée des troupes dans la petite ville de Las Margaritas, le 1er janvier 1994, et la chute du compañero Pedro, tombé sous les premières balles ; en cet instant et sous nos yeux, c’est au rythme d’une guitare que l’on honore une nouvelle fois la mémoire de celui qui a « accompli son devoir » : « Quand le sous-commandant Pedro passait dans les villages, il disait toujours : “Nous devons nous préparer car la lutte continue, politique et militaire.” Alors la lutte a commencé, très secrète et très discrète, alors que les insurgés et les troupes se préparaient à devenir guérilleros en faisant très attention à leur sécurité. Aujourd’hui, que tout le monde sache que le Sup Pedro n’est pas mort, qu’il vit dans les cœurs des hommes qui, très dignement, luttent avec un immense amour pour un monde plus humain. »

Un jeune garçon s’avance, sous son passe-montagne, pour lire quelques vers : « Avec cette poésie, je te dis au revoir, / En me rappelant pour toujours ton nom, / En résistant. / Liberté. Justice. Démocratie. / Mourir pour vivre. » Puis la musique reprend. Un morceau de rap (« Nous avons une guerre à gagner et beaucoup de choses à fêter ! »). Ne pas oublier. Et pour eux, continuer — dans la joie. Éclate un feu d’artifice ; dans la nuit retentissent les slogans : « Vive l’EZLN ! », « Mort au capitalisme ! », « Vivent les Conseils de bon gouvernement ! », « Vive le Chiapas ! Vive le Mexique ! » Nous dansons jusqu’au petit matin.

Que le peuple gouverne !

« Un pas important consiste à assumer clairement la possibilité de se libérer du capitalisme, écrit l’historien Jérôme Baschet. On ne peut pas continuer de dénoncer les crimes de ce système pour finalement s’incliner devant son apparente invincibilité ou ajourner son hypothétique fin à un futur si lointain que, dans la pratique, cela signifie la même chose. » Le 10 avril 2019, à Chinameca, le CNI et le CIG se sont déclarés en état d’alerte et ont enjoint « les peuples de ce pays et les peuples du monde à [s’écouter] et à unir les chemins qui ont un même horizon, en bas et à gauche ». L’EZLN a quant à elle dénoncé les intrusions militaires qui se sont accentuées sur son territoire au cours des derniers mois, ainsi que « les mauvais gouvernements qui séquestrent l’image d’Emiliano Zapata Salazar », dont la cause est aujourd’hui honorée « sur tout le territoire que nous appelons encore le Mexique : le zapatisme ». Alors oui, le capitalisme doit mourir : c’est lui ou nous. Au Brésil, les peuples originaires et leurs territoires sont attaqués par le pouvoir fasciste, évangéliste, néolibéral ; au nord de la Syrie, où se mène l’expérience résistante du Rojava — qui a salué l’anniversaire zapatiste et dont une délégation était présente lors de la commémoration à Chinameca —, la Turquie de l’OTAN constitue une menace vitale permanente ; en France, on frappe les ZAD et on éborgne les gilets jaunes ; et partout, on traque les personnes en situation de migration. C’est pourquoi l’EZLN a réitéré son appel, ce même mois d’avril 2019, « à lever un réseau mondial de rébellion et de résistance contre la guerre qui, si le capitalisme triomphe, signifiera la destruction de la planète ». Il ne tient qu’à nous.

Notes:

1. Au Mexique, ce terme est largement préféré à celui d’« indien », controversé et, selon le contexte, parfois péjoratif.
2. De compañeros, camarades.
3. La Sexta nationale et internationale rassemble les adhérents à la Sixième déclaration de la Selva Lacandona, prononcée en 2005. Ce texte clé est une analyse politique de la situation locale et globale ; il propose de marcher ensemble contre l’ennemi commun.
4. Le PIM regroupe des centrales électriques, un aqueduc et un gazoduc. Il est contesté par les peuples originaires de ces territoires ainsi que par de nombreux scientifiques en raison des risques sismiques.
5. Cette organisation rassemble les différents peuples indigènes en lutte ; elle a été fondée peu de temps après le soulèvement.
6. Conseil rassemblant les représentants paritaires de toutes les langues composant le CNI.
7. Second commandement de l’EZLN en charge du premier régiment lors de la prise de Las Margaritas et de l’attaque de la base militaire de Comitán, en 1994.
8. Qui passe à travers un isthme.

Lectures complémentaires:

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Manifeste pour la Société des Sociétés

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Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

confederalisme_democratique

6ème_déclaration_forêt.lacandon

 

Guerre impérialiste au Moyen-Orient : La marchandise à tout va… Les mercenaires de Blackwater forment Daesh en Irak…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, chine colonialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 8 mai 2019 by Résistance 71

Gilets Jaunes !… Le jour où les mercenaires de Blackwater (et autres) viendront faire le « maintien de l’ordre oligarchique » dans les rues des villes de France n’est non seulement plus de la « science-fiction », mais sûrement plus proche qu’on ne le croit…
La dictature marchande ne peut plus qu’employer des mercenaires à tous les niveaux pour faire un boulot de plus en plus sale et qui salira aussi de plus en plus…

Le mercenariat est le passage obligé de la dictature de la marchandise en mouvement, nous le disons depuis des années, les jours de la flicaille d’état sont comptés, bientôt l’ordre fasciste marchand sera maintenu par les hordes de mercenaires qui ne rendront compte qu’aux entreprises transnationales qui les emploient. Blackwater / Academi ou quelque soit le nom actuel de cette entité, en est le meilleur exemple. N’oublions pas que l’entité mercenaire a créé une entreprise en Chine et sera (grassement) payée pour assurer la protection de la « nouvelle route de la soie » chinoise… L’empire en mutation et ses armées privées se mettent en place. La Chine est entrée au capital de Blackwater depuis 2017.

« Blackwater en route pour la Chine » (février 2017)

Il ne tient qu’à nous de dire NON ! Assez ! ¡Ya Basta! En masse…
A bas l’État, à bas les institutions, à bas la société marchande, à bas l’argent, à bas le salariat ! Pour que vive la Commune des communes libres, la société des sociétés de notre humanité émancipée en enfin épanouie. Tout le reste n’est que pisser dans un violon !

~ Résistance 71 ~

 


Erik Prince… Prince de Chine avec Blackwater/Academi

 

Blackwater revient en Irak… pour entraîner les djihadistes takfiristes (Daesh)

 

Al Manar

 

6 mai 2019

 

url de l’article: http://french.almanar.com.lb/1352760

 

Le tristement célèbre groupe paramilitaire américain Blackwater est retourné en Irak pour former des miliciens jihadistes takfiristes contre le gouvernement irakien, a révélé le journal libanais al-Akhbar, le samedi 4 mai.

Selon le rapport, une source proche du chargé de mission étatsunien en Irak, Judy Hood, a déclaré que Blackwater a transféré des équipements militaires étatsuniens depuis la Jordanie à destination de la province occidentale d’al-Anbar, en pleine coordination avec la base de Ain al-Assad, ajoutant que la compagnie forme actuellement les terroristes de l’EI dans cette base.

A la foi de sources sur le terrain, le journal libanais ajoute que durant les affrontements à Baghouz, la dernière poche de Daech à Deir Ezzor, des camions escortés par des véhicules américains ont transporté des miliciens de Daech depuis cette ville en direction de Ain al-Assad.

L’information de retour de Blackwater en Irak avait auparavant été rendue publique par le site en ligne de la télévision qatarie al-Jazeera, se fiant au site américain BuzzFeed News. Selon ce dernier, c’est la sénatrice américaine Jan Schakowski qui est derrière cette révélation, indiquant qu’il s’est fait  cette fois-ci sous une nouvelle appellation, « Frontier Services Group»

Le 29 avril dernier, BuzzFeed  a assuré que le fondateur de cette société Eric Prince a créé une nouvelle société sécuritaire dans le sud de l’Irak, et plus précisément dans la région de Bassorah, riche en pétrole.

Avec son quartier général à Hong Kong et une succursale aux Emirats arabes unis, elle serait financée par des capitaux chinois, d’après BuzzFeed News.

Blackwater avait été expulsé d’Irak en 2007, après des tirs de feu meurtriers perpétrés contre 14  civils à Bagdad.  Pour échapper aux poursuites judiciaires, elle a opéré un premier changement d’appellation vers Academi.

 

Guerre coloniale en Palestine: La résistance palestinienne humilie le « dôme de fer » de l’entité sioniste…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, colonialisme, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 7 mai 2019 by Résistance 71

 

La tactique gagnante de la résistance pour briser le “dôme de fer” israélien

 

Al Manar et Press TV

 

6 mai 2019

 

url de l’article: http://french.almanar.com.lb/1353981

 

Entre les 4 et 6 mai 2019, sur un total de près de 700 missiles palestiniens tirés contre Israël, seuls 173 ont été interceptés. C’est plus qu’une catastrophe quand on sait l’écart gigantesque entre le coût d’un missile du Dôme de fer (80 000 dollars) et le coût d’un missile palestinien  (300 à 1000 dollars), estimaient les analystes israéliens, approuvant à mots couverts ceux des colons sionistes qui dénonçaient leurs officiers pour s’être servi d’eux à titre de « bouclier humain » en les plaçant sous la protection d’une « passoire » dénommée « Dôme de fer »!

Le porte-parole des brigades Ezzedine al-Qassam revient sur ce nouvel échec du soi-disant bouclier antimissile israélien face à la Résistance et explique comment celle-ci a su le franchir.

« La tactique qui nous a aidée à percer le bouclier et à atteindre nos objectifs a consisté à maintenir une puissance de feu élargie impliquant de nombreux missiles tirés en un laps de temps compact. La puissance de la charge a fait le reste », a souligné Abou Obaida, le porte-parole des brigades Ezzedine al-Qassam

« Avec une haute puissance de destruction, les missiles que Qassam a tirés sur les cibles israéliennes, ont causé de lourds dégâts au régime sioniste et changé de tout en tout le rapport des forces. Surtout que des dizaines de missiles ont été lancés de façon coordonnées et simultanée, ce qui a pris de court à la fois les radars et le dispositif d’interception du bouclier israélien ».

En 48 heures de combats, près de 700 missiles ont été tirés contre les colonies du sud d’Israël et à mesure que le rayon des bombardements israéliens s’amplifiaient, les frappes aux missiles visaient des cibles israéliennes plus distancées de Gaza et plus proche du centre d’Israël.

Pour la première fois depuis 70 ans, les missiles palestiniens ont visé des maisons, des usines et des bâtiments dans les colonies et la presse israélienne évoque même l’incapacité dans certains cas à « se mettre à temps à l’abri ».

En Israël les médias restent trop vagues sur le bilan des dégâts tandis qu’ils n’avancent qu’un bilan de 4 morts et de 115 blessés.

Un simulacre de déploiement en vue d’une opération terrestre a eu lieu sur les frontières avec Gaza impliquant la 7e brigade blindée de l’Armée israélienne et les forces dites d’élite de Golani, mais selon le site israélien DEBKA, Tel-Aviv n’a pas osé s’y aventurer, rapatriant le tout au bout de deux heures.

Une trêve a ainsi été conclue lundi à 4h30 (heure locale) sous l’égide de l’ONU et de l’Égypte, engageant Israël à signer les accords prévoyant la levée du blocus de Gaza. Ce qui veut dire que le régime israélien entre pleinement dans une nouvelle ère, non pas celle promise par le Deal du siècle mais celle où « l’adversaire se mesure à lui et a de quoi le faire acculer ».

En effet, des dizaines de missiles tirés en 48 heures ont frappé le sud, l’est pour s’étendre au nord d’Israël sans que la « défense antimissile tri-couche » israélienne puisse servir à grand chose.

Dans une interview avec le journal israélien, Jerusalem Post, l’ancien chef du département de la recherche des renseignements militaires, Yaakov Amidrror reconnaît que le Dôme de fer n’a pas été en mesure d’intercepter tous les missiles lancés depuis Gaza et il invente pour cette contre-performance diverses raisons.

Selon lui, il y a d’abord la distance de tir : certains missiles ont été lancés depuis des zones limitrophes aux colonies, ce qui a privé Dôme de fer d’avoir le temps nécessaire pour entrer en action d’interception. Mais le manque de temps ne serait pas la seule raison de l’échec du Dôme de fer. Les particularités de la conception de ce système lui feraient échapper aussi « les projectiles destinés à des zones qu’il considère comme vides ou inhabitées ». Il a donc un problème de localisation, a déclaré l’expert militaire israélien arguant que cela avait été le cas du véhicule blindé israélien qui avait été visé et détruit par le missile Kornet de la Résistance palestinienne à Yad Mordechai, près de la frontière avec Gaza.

« Du point de vue du système, il s’agissait d’une zone ouverte sans personnes. Nous n’interceptons pas de telles roquettes », a justifié Yaakov Amidrror sans vraiment convaincre le public israélien qui sur les images de la vidéo diffusée de cette opération, voit un train passer juste derrière le véhicule, ce qui veut dire que le Kornet palestinien aurait bien pu cibler non seulement le blindé mais aussi le train. Un deuxième véhicule blindé israélien a d’ailleurs été visé, le lundi 6 mai. À ceci s’ajoute une autre faille : Les interceptions effectuées par le système n’ont pas fait exploser les charges des roquettes ce qui confirme son échec ».

Le Dôme de fer est un système de défense aérienne mobile israélien, développé par la société Rafael Advanced Defense Systems, conçu pour intercepter des roquettes et obus de courte portée. Le système a été créé à l’origine pour faire face aux attaques de roquettes lancées depuis la bande de Gaza et le Liban.

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Lectures complémentaires:

Paulo_Freire_Extension ou Communication

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

La Bible Déterrée Israel Finkelstein

Zenon_Inversion

Hezbollah son histoire de linterieur naim qassem