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30 Mai 1814 ~ 30 Mai 2014: Le bicentenaire d’un grand penseur… 2ème partie

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , on 31 mai 2014 by Résistance 71

« C’est bien contre le seigneur que se soulève la commune du Moyen-Age, c’est de l’État que la commune d’aujourd’hui cherchera à s’affranchir […] La commune de demain saura qu’elle ne peut admettre personne au dessus d’elle si ce n’est les intérêts de la fédération, librement consentie par elle-même avec d7autres communes. »
~ Pierre Kropotkine, 1882 ~

 

1814-2014 bicentenaire d’un socialiste révolutionnaire: Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine

 

Résistance 71

 

31 Mai 2014

 

1ère partie

2ème partie

Déjà à l’époque de Bakounine, le gouvernement de la science en tant que nouvelle religion, les prémisses de la technocratie émergeaient ; pour lui la “science du gouvernement, de l’administration et de la finance” n’était qu’une autre manière de tondre le peuple déjà tondu à bien des reprises. Bakounine a toujours défendu l’idée, comme la vaste majorité des anarchistes, que tout le monde dans la société doit être éduqué et doit travailler de manière productive et non parasitaire. De fait il disait que “dans l’intérêt à la fois du travail et de la science, il ne doit plus y avoir de manuels et d’intellectuels, mais ne plus y avoir que des êtres humains.” Quand quelqu’un lui soumettait l’argument classique que tout le monde ne peut pas être éduqué au même niveau, Bakounine rétorquait: “Les héritiers stupides des riches recevront une éducation supérieure, tandis que la progéniture la plus intelligente du prolétariat continuera à hériter de l’ignorance…” Sur un plan éducatif, il est impossible de savoir à l’avance qui pourra se développer en grand intellectuel, ceci renforce le besoin d’un système éducatif complet pour tous, ne formant pas des travailleurs serviles, mais des humains critiques et responsables, théorie qui fut plus tard approfondie par un des plus grands pédagogues critiques, sinon le plus grand: le Brésilien Paolo Freire.

Dans l’ouvrage compilé après sa mort par ses deux amis Élisée Reclus et Carlo Cafiero, “Dieu et l’État” (publié en 1882, six ans après la mort de Bakounine), voici ce que dit Bakounine au sujet de l’éducation:

“… il faudra fonder toute l’éducation des enfants et leur instruction sur le développement scientifique de la raison, non sur celui de la foi, sur le développement de la dignité et de l’indépendance personnelles, non sur celui de la piété et de l’obéissance, sur le seul culte de la vérité et de la justice et avant tout sur le respect humain, qui doit remplacer en tout et partout le culte divin… Toute éducation rationnelle n’est au fond rien d’autre que cette immolation progressive de l’autorité au profit de la liberté, le but final de l’éducation ne devant être que celui de former des Hommes libres respectueux et amoureux de la liberté d’autrui… Il n’y aura plus d’écoles mais des académies populaires dans lesquelles il ne pourra plus être question d’écoliers ni de maîtres, où le peuple viendra librement apprendre, s’il le trouve nécessaire, un enseignement libre et dans lesquelles, riche de son expérience il pourra aussi enseigner à son tour bien des choses à ses professeurs, qui lui apporteront des connaissances qu’il n’a pas. Ce sera donc un enseignement mutuel, un acte de fraternité intellectuelle entre la jeunesse instruite et le peuple, car la véritable école pour le peuple et les Hommes, c’est la vie. La seule grande et toute puissante autorité naturelle et rationnelle à la fois, la seule que nous puissions respecter, ce sera celle de l’esprit collectif et public d’une société fondée sur l’égalité et sur la solidarité, aussi bien que sur le respect humain de la liberté de tous ses membres. Voilà une autorité toute humaine, nullement divine, devant laquelle nous nous inclinerons de grand cœur, certain que loin d’asservir les Hommes, elle les émancipera. Elle sera mille fois plus puissante, soyez-en certains, que toutes vos autorités divines, théologiques, métaphysiques, politiques et juridiques instituées par l’Église et l’État, plus puissante que vos codes criminels, vos geôliers et vos bourreaux.

Dans son enseignement dans les zones rurales brésiliennes, le pédagogue Paolo Freire reprit les grandes lignes de tout ceci avec grand succès dans les années 1960 et 70.

Lorsque vint la Commune de Paris en 1871, après la défaite de l’armée française à Sedan contre les Prussiens, la rivalité avec Marx, qui était contre la Commune et une insurrection ouvrière contre les Prussiens, reprit de plus belle, ce dernier dit ceci à propos de l’engagement simultanné de Bakounine dans l’autre Commune, celle de Lyon: “Ces deux trous du cul de Bakounine et de Cluseret sont arrivés à Lyon et ont tout ruiné…” mais devant les évènements politiques de Paris, Marx dût réviser sa pensée politique et il finit par se résoudre à féliciter les communards. La fin de la Commune et la semaine sanglante aux mains des Versaillais de Thiers donna raison à la thèse de Bakounine disant que “la réaction est souvent bien plus violente que la révolution ne puisse jamais l’être”… Plus de 20 000 personnes furent massacrés, fusillés par l’armée française, pourtant émanant d’une “jeune république modérée”, et des dizaines de milliers, comme Louise Michel, d’autres furent arrêtées et déportées dans les bagnes de Guyane ou en Nouvelle-Calédonie.

Pour Bakounine, la Commune de Paris fut la toute première tentative dans l’Histoire de réaliser les principes du socialisme révolutionnaire et de remplacer l’état par l’organisation du peuple. La différence pratique entre les anarchistes et les communistes autoritaires d’état (marxistes) devint également plus claire: Si le but est similaire, celui de la création d’un ordre social et politique fondé exclusivement sur l’organisation du travail collectif, l’égalité économique et l’appropriation collective des moyens de production, de services et de distribution ; néanmoins les moyens pour y parvenir différaient et diffèrent toujours grandement aujourd’hui.

Pour les anarchistes, ceci peut et doit être réalisé par le peuple organisé en communes libres et autogérant directement tous les aspects politiques et sociaux de la société, tandis que pour les communistes autoritaires, le parti des prolétaires saisit le pouvoir et se substitut à l’État, devient l’État et en assume les fonctions dans la phase dite de la “dictature du prolétariat”. A l’opposé, les anarchistes prônent eux la dissolution, la liquidation, de l’État et des institutions. Pour l’anarchisme, la société s’est laissée gouvernée, bernée, bien trop longtemps et la quête du bohneur individuel et collectif ne peut plus être laissé dans les mains de quelque forme de gouvernement oligarchique et coercitif que ce soit. De fait, toute forme de gouvernement ne fait pas partie de la solution aux problèmes de nos sociétés, mais fait partie des problèmes eux-mêmes. En conséquence, il est nécessaire d’attaquer le mal à sa racine: l’État et la division de la société.

Ainsi, dans sa préface à une nouvelle édition du “Manifeste du Parti Communiste” en 1872, Marx écrivit ceci: “La classe ouvrière ne peut simplement pas mettre la main sur la machinerie toute prête de l’état et s’en servir pour ses propres objectifs.” Ce à quoi Bakounine rétorqua: “C’est ce que je dis depuis le départ !

Cette même année 1872 vit la réunion de l’Internationale Ouvrière à La Hague en Hollande. Une cabale fut montée pour évincer les membres de l’Alliance anarchiste du Jura de l’IO. Personne ne put jamais rien prouver des accusations lancées par Marx concernant une soi-disante conspiration de l’Alliance pour récupérer et dominer l’Internationale. Un dossier approximatif et mensonger fut monté et seulement le tiers de l’assemblée qui était restée aux débat vota pour exclure Bakounine et James Guillaume de l’IO. 1872 vit aussi une motion passée par Marx et Engels, qui voyant que les syndicalistes britanniques, les blanquistes et les anarchistes non membre de l’Alliance bakouniniste, gagnaient une audience de plus en plus grande, ils décidèrent de faire transférer le Conseil Général de l’Internationale de Londres… à New York… au plus près également de leurs maîtres de Wall Street.

Ainsi depuis toutes ces années, il demeure que la différence essentielle entre les anarchistes (bakouniniens ou non) et les marxistes, ne réside pas tant dans la question de la réforme (marxiste) contre la révolution sociale (anarchiste), que dans le désaccord fondamental des deux camps au sujet de … l’État.

L’anarchisme est fondamentalement opposé à l’État, qui pour le marxisme, doit demeurer sous contrôle ouvrier durant un laps de temps suffisamment long pour qu’il puisse disparaître… C’est à dire, jamais ! La démocratie dite représentative est un leurre qui ne fait que maintenir l’oligarchie au pouvoir, Marx était un social-démocrate qui pensait que le mouvement ouvrier devait aidé le capitalisme avant d’en prendre les commandes. Le marxisme n’est qu’un capitalisme d’état, le revers de la même médaille, car s’il y a une chose que Marx et le marxisme ne remettent absolument pas en cause, c’est le fameux “marché”, qui lui-même, en tant que création humaine, est autant futile qu’illusoire. L’histoire subséquente a montré que toutes les “branches” de la franchise marxiste, qu’elles soient “léniniste”, “trotskiste”, “staliniste”, “maoïste”, “castriste”, représentant des états “ouvriers” ou “paysans”, ont eu, ont et auront, par définition un gouvernement de la minorité dominante et que ce pouvoir a corrompu, corrompt et corrompra ceux qui l’exerceront. Pour le marxisme, le capital et l’état coexistent et demeurent de manière édulcorée, ce qui en fait le revers de cette médaille capitaliste. Pour les anarchistes, le capital(isme) et l’état doivent être abolis simulanément. Pour Marx et ses suiveurs, la propriété privée doit se transformer en propriété collective, ce processus étant accompli par l’état (socialiste). Pour les anarchistes, il est évident qu’au contraire, la capacité à œuvrer collectivement et égalitairement ne peut se produire qu’une fois l’État aboli. Pour Bakounine et les anarchistes, “l’État c’est la force et il a pour lui avant tout le droit de la force.” Dans son ouvrage “Étatisme et Anarchie” Bakounine clâme: “Quiconque est investi du pouvoir par une loi sociale invariable deviendra inévitablement un oppresseur et un exploiteur de la société.” Que l’on compare cette phrase avec ce qu’il se passe aujourd’hui dans nos sociétés étatiques, partout dans le monde… Pour Marx, le peuple doit d’abord encore plus être réduit en esclavage avant d’être “libéré”, la position anarchiste est la suivante: La liberté ne peut provenir que de la liberté, que de l’insurrection de tout le peuple et l’organisation volontaire des travailleurs dans une société horizontale, non hiérarchique et non coercitive. Bakounine demanda à Marx sur qui le prolétariat règnerait-il s’il devenait la classe régnante ? Marx suggéra que tant que les autres classes subsisteraient, notamment la classe capitaliste, le prolétariat aurait alors “besoin de moyens coercitifs et donc de moyens gouvernementaux afin de se protéger.” Ceci prouva en fait être pire que ce que Bakounine avait de fait critiqué.

A partir de 1874, Bakounine se retira de la vie politique et activiste, il se retira de la fédération anarchiste du Jura, il mit en garde ses compagnons de lutte contre Marx et Bismark et du danger que tous deux représentaient pour l‘anarchisme et déclara en conclusion de sa vie de lutte et de travail progressiste: “Rappelez-vous que si faibles que vous soyez en tant qu’individus, vous serez immenses dans des communautés isolées et des nations, vous serez une irrésistible force en tant que communauté mondiale.”

Épuisé par une vie de combat et de maladie, Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine, géant de l’anarchisme, décéda à Berne le 1er Juillet 1876. Proudhon, Bakounine et Guillaume furent les trois premiers théoriciens et activistes anarchistes revendiqués. Leur héritage est immense et c’est sur ces traces que marcha Pierre Kropotkine quelques années plus tard (né en 1842), autre grand penseur qui mena la pensée anarchiste toujours plus haut. Si Bakounine fut la némésis de Marx et Engels, Kropotkine fut celle du darwinisme-social et de ses imposteurs Malthus (dogme pré-darwinien), Thomas Huxley et Herbert Spencer.

Il est à noter qu’un bon nombre de dogmes politiques, économiques, scientifiques, religieux ont été pourfendus avec grande efficacité et progressisme par les penseurs anarchistes.

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Sources utilisées pour cet article:

 

– “Bakunin, a biography”, Mark Leier, 2006

– “Dieu et l’État”, Michel Bakounine (compilé par Reclus et Cafiero), 1882

– “Étatisme et Anarchie”, Michel Bakounine, 1873

-“Manifeste du Parti Communiste”, Marx, Engels, édition anglaise 1888

 

Bibliographie en français:

 

http://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Michel_Bakounine

 

Résistance politique: La voie légale à la chute de l’empire… Les Mohawks montrent le chemin…

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Encore un hiver

 

Mohawk Nation News

 

28 Mai 2014

 

url de l’article:

http://mohawknationnews.com/blog/2014/05/28/one-more-winter/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Le système de conseil de bande (tribu) entrepreneurial fait partie intégrante de la corporation, de l’entreprise Canada. La mission de l’entreprise est de distribuer la pauvreté parmi nos peuples afin de pouvoir accélérer les extractions des ressources de nos territoires pour leurs entreprises multinationales. Pour que notre peuple récupère son pouvoir inhérent et ses possessions, le conseil de bande doit dissoudre la grille du pouvoir entrepreneurial.

Les chefs corporatistes essaient finalement d’arrêter le vol constant de notre toujours croissant Indian Trust Fund (fond fiduciaire indien). 50% du bénéfice sur chaque caillou, arbre et ressource naturelle, sont partis dans nos fonds fiduciaires depuis que les envahisseurs sont arrivés les mains vides sur nos côtes. L’entreprise de la Couronne (City de Londres) appelée “Canada” a commis un génocide et nous a placé dans des camps de prisonniers appelés “réserves” tandis qu’elle volait toutes nos possessions.

Les chefs entrepreneuriaux peuvent instantanément dissoudre leur entité de conseil de bande (tribu) ~ NdT: qui est un système étatique fédéral de contrôle des populations autochtones. Les conseils de bandes (tribus aux USA), n’ont aucune validité dans le système de gouvernance traditionnel des nations autochtones. Ces conseils sont des fabrications de l’administration coloniale pour contrôler le processus de prise de décision des peuples indigènes sous domination ~
Procurez-vous la paperasserie, remplissez-la et allez en personne au Registre Général pour dissoudre l’entité de conseil de bande entrepreneurial. Dès que ceci est fait, allez immédiatement à la banque et retirez tout du compte et ferme-le. De là, chaque communauté envoie une facture à l’entreprise “Canada” pour sa part des quelques 950 000 milliards de dollars du fond fiduciaire indien, part bien sûr “payabe en or seulement”.

Lorsque le Canada refuse de payer la facture, une action en justice peut-être commencée au Tribunal Arbitral International de La Hague.

La guerre coloniale de plus de 500 ans est presque finie. Comme le dit le juge Murray Sinclair de la Commission Vérité & Réconciliation (CVR) dans ses communiqués: le mandat de la CVR est de trouver la vérité et de développer une stratégie de réconciliation. La commission et ses membres n’ont aucun mandat pour faire payer la couronne.

Ils ne le peuvent pas parce que tous les tribunaux du Canada sont contrôlés par l’amirauté au travers du Vatican, qui est la couronne (NdT: voir le lien entre la City de Londres et le Vatican. La City de Londres a été créée par le Vatican il y a plus de 800 ans et gère ses intérêts…)
Des plaintes peuvent être déposées pour abus de confiance et génocide contre l’entreprise de la couronne “Canada” devant le Tribunal Arbitral International de La Hague. Ce tribunal n’est pas un tribunal de l’amirauté contrôlé par la couronne/Vatican.

Plantez plus de cultures parce que nous allons avoir un mauvais hiver. Rien ne peut-être pire que les expériences brutales que nos ancêtres ont vécues il y a deux générations de cela aux mains de ces envahisseurs sans pitié.

La guerre est bientôt finie. Encore un dur hiver froid à passer. Comme le chante Vera Lynn: “We’ll meet again. Don’t know where, don’t know when. But I know we’ll meet again, some sunny day. Keep smiling through, just like you always do. Til the blue skies drive the dark clouds far away”.

Corpo Chiefs kill education bill.

30 Mai 1814 ~ 30 Mai 2014: Le bicentenaire d’un grand penseur… 1ère partie

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, démocratie participative, documentaire, militantisme alternatif, philosophie, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 30 mai 2014 by Résistance 71

“Ce que je prêche, c’est donc jusqu’à un certain point, la révolte de la vie contre la science, ou plutôt contre le gouvernement de la science.” (Michel Bakounine)

 

1814-2014 bicentenaire d’un socialiste révolutionnaire: Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine

 

Résistance 71

 

30 Mai 2014

 

1ère partie

2ème partie

 

Connu, révéré ou maudit, grand pourfendeur de Marx et du marxisme, dont les joutes oratoires avec l’intéressé sont demeurés légendaires, fondateur de la fédération anarchiste du Jura à St Imier, nous proposons un éclairage sur l’homme, la pensée, l’œuvre et les réalisations de ce grand révolutionnaire que fut Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine né à Priamoukhino en Russie le 30 Mai 1814, décédé à Berne en Suisse en 1876, à l’occasion du bicentenaire de sa naissance.

Issu de la petite noblesse russe, Bakounine sera cadet, élève officier à l’école militaire d’artillerie de St Pétersbourg qu’il intégra en Novembre 1828. Il en sort pour être nommé officier de l’armée du tsar en 1833. Quitte l’armée après une désertion récupérée en 1835. Il étudie la philosophie allemande et plus particulièreement Friedrich Hegel et Johann Fichte dont il se sent plus proche, un Fichte qui disait: “Le but de la philosophie n’est pas d’échapper au monde, mais d’agir, agir, agir ; c’est pour cela que nous sommes ici !” Quelques années plus tard, c’est Pierre Joseph Proudhon qui influencera le plus Bakounine dans sa pensée et pratique politiques. Comme Proudhon, il pense que les propriétaires terriens et les capitalistes ne sont que des parasites qui utilisent la propriété privée pour faire du profit non pas de leur propre travail mais de celui des autres. De fait, c’est l’ouvrier agricole, le paysan qui rendent la terre productive et non pas le propriétaire terrien ; il en va de même pour les usines: ce sont les ouvriers qui produisent. Ni le propriétaire terrien, ni l’industriel capitaliste n’ont créé la terre, ni construit l’usine et ses machines outils. Ils ont acheté terres et usines avec les machines avec un argent qui n’était en fait que le fruit du travail exproprié des autres. Ainsi, capitalistes et propriétaires terriens n’ont aucun droit moral à la propriété, celle-ci n’étant de fait qu’une fiction légale, créée et maintenue pour eux, par eux, par l’instrument du statu quo oligarchique et de la préservation des privilèges: l’État. Flirtant un temps avec le parlementarisme (Proudhon fut député pendant moins d’un an et Bakounine demeura convaincu qu’en certaines circonstances, des anarchistes peuvent se faire élire pour “réformer et lutter” de l’intérieur du système, chose réfutée par Kropotkine et les autres courants anarchistes), Proudhon déclara dépité: “Les hommes qui sont le plus complètement ignorants de l’état d’une nation sont presque invariablement ceux qui finissent par la représenter… La peur du peuple est la maladie de ceux qui appartiennent à l’autorité, au pouvoir ; pour ceux qui possèdent le pouvoir, le peuple est l’ennemi.” Bakounine reprochera néanmoins à Proudhon d’être trop idéaliste. Bakounine et Proudhon demeurèrent grands amis jusqu’au décès de ce dernier en 1865. A cette époque, Marx avait déjà écrit le “Manifeste du Parti Communiste” (1848), qui n’eut de succès que dans des cercles restreints. Bakounine faisait se lever les foules de l’époque, pas Marx. La rivalité ouverte entre Bakounine et Marx commençait. Marx était un attentiste, un “social-démocrate” désirant avant tout faire passer le parti aux élections à l’encontre de ses contemporains comme Proudhon, Weitling et Bakounine, qui ne voulaient pas attendre le développement “adéquat” des forces productives poussant le capitalisme où le prolétariat et la bourgeoisie seraient les deux seules classes signifiantes. Le “Manifeste du Parti Communiste” de 1848 clairement incite les ouvriers à rejoindre la bourgeoisie pour faire en sorte que se produise une révolution bourgeoise. Certes, il préconisait une prise de pouvoir du prolétariat par la suite, mais le message fondamental était que la première lutte était celle de l’établissement et le renforcement du capitalisme. Pour Marx, le socialisme demande un développement complet du capitalisme et des classes le composant, avant que de pouvoir réussir à s’imposer. Ce n’était pas du tout la vision des anarchistes bien évidemment. Pour Marx, seul le prolétariat était la “classe révolutionnaire”, même si attentiste, tandis que pour Bakounine et les anarchistes, une révolution ne survit pas sans nourriture, donc sans paysans et que de surcroit, ouvriers et paysans ont ensemble beaucoup à apprendre aux intellectuels. Bakounine, comme Proudhon et la très vaste majorité du mouvement anarchiste, pensent que la propriété (terrienne en l’occurence) ne doit être ni privée ni d’état, mais doit s’établir sur la base de communes paysannes autogérées. La terre, tout comme tout ce que crée l’Homme, ne sont-ils finalement pas le patrimoine de l’Humanité ?

Bakounine entra à Paris lors de la révolution de 1848 et rejoignit la milice de Caussidière où il participa aux évènements tant que possible, puis il fut exfiltré vers Poznan en Pologne et de là vers Francfort. En Allemagne, il fut arrêté, mis au secret, transféré en Autriche, qui l’extrada, après 2 ans de forteresse, en Russie où il était recherché. Il fut incarcéré à la forteresse Pierre et Paul de St Pétersbourg. Là où le furent également Dostoïevski, les Décembristes, puis plus tard, Pierre Kropotkine et Tchernitchevski. Il y restera 3 ans jusqu’en 1854, souffrira du scorbut, et y perdra ses dents.

Politiquement, contrairement à la théorie établie qui dit que la liberté individuelle est limitée et liée à la liberté des autres dans la société, Bakounine, comme Proudhon, pense que l’indidivu ne peut être libre que si les autres le sont. Ainsi la véritable liberté demande l’égalité économique. Comme Adam Smith et Marx, il pensait que “le travail est le seul producteur de richesse”, mais il était contre la division du travail en “travail intellectuel” et en “travail manuel”, une division du travail qui n’est que source de clivage inutile. Bakounine pense dans la tradition anarchiste que “lorsque le penseur travaille et le travailleur pense, un travail libre et intelligent en émergera comme l’aspiration la plus haute de l’humanité, véritable fondement de sa dignité et de sa loi et la personification de la représentation humaine sur Terre, ce n’est qu`à ce moment que l’Humanité sera instituée.” Bakounine, comme par la suite tout le mouvement anarchiste, incluait les femmes dans le schéma égalitaire. De fait, l’implication de la pensée bakouninienne pour l’égalité des femmes dans une société libre et ses idées radicales sur la liberté et l’égalité de toutes et tous, le mirent à l’avant-garde des penseurs progressistes du XIXème siècle. Ses idées sont toujours d’actualité aujourd’hui tant le règne du capital parasitaire et de l’impérialisme qui en découle, sont dominants dans leur forme métamorphique moderne.

Bakounine réfuta la théorie de Rousseau du “Contrat Social” et il démontra intelligemment que les affirmations de toute “nécessité de gouvernement” étaient “essentiellement fondées sur le principe d’autorité,” et assumaient de manière non prouvée ni conclusive que “le peuple était plus ou moins ignorant, immature, incompétent, incapable de se prendre en compte et de prendre des décisions”… et qu’il était “juste un peu au dessus de la canaille”. De fait, Bakounine démontra que n’importe quelle forme de gouvernement (étatique), y compris une république, n’était en fait fondée que sur “l’inégalité héréditaire des métiers, de la richesse, de l’éducation, des droits et divisée en plusieurs classes menant inévitablement à l’exploitation de la vaste majorité par une petite minorité et qu’en fait l’État n’était rien d’autre qu’une domination et une exploitation systématisée et réglementée.” La pauvreté est sytémique et non pas arbitraire et à ceux qui clâmaient que le peuple pauvre était ignorant et devait être guidé par de plus “compétents”, il rétorquait que “l’ignorance ne provoque pas la pauvreté, mais qu’au contraire la pauvreté est la cause de l’ignorance” ; en cela le système est construit pour les capitalistes et non pas pour les travailleurs. Ainsi, le système économique capitaliste (privé ou marxiste-d’état peu importe) récompense le petit nombre qui contrôle les moyens de production, de service et de distribution, que ce soit la terre, les mines, les usines, les machines, les transports, les services financiers et qui au moyen de ce contrôle, peut forcer les autres, la très vaste majorité, à travailler pour lui. Leur statut de propriétaire n’est pas un droit, mais un privilège exercé, volé au patrimoine de l’humanité et protégé par les lois, les tribunaux, la police et les armées de l’État, gardien de facto de ces privilèges.

Bakounine, comme Proudhon, se distinguèrent des “socialistes d’état” et se nommèrent anarchistes et popularisèrent la notion de liberté individuelle selon la formule “je ne peux pas être libre si vous ne l’êtes pas” et ainsi prônèrent “l’action volontaire des associations libres” et que celles-ci remplaceraient le régulation et les institutions gouvernementales. De fait, historiquement, les évènements de 1848 démontrèrent le côté totalement réactionnaire de la république et du soi-disant “libéralisme” et que tout cela était bien plus proche du consensus du statu quo oligarchique et des privilèges que du socialisme. Les évènements de1848 furent importants pour comprendre de manière définitive, et l’histoire l’a prouvé continuellement depuis avec la Commune de Paris de 1871, puis avec la grève générale expropriatrice italienne de 1920 et la révolution espagnole de 1936-39, ces deux évènements amenant au pouvoir les fascismes mussolinien et franquiste, que lorsque la bourgeoisie est terrifiée par le spectre “rouge”, elle choisira toujours un régime militaire plutôt que les dangers menaçants de l’émancipation politique et sociale du peuple.

Un des faits marquant de la vie politique de Bakounine fut la lutte de quatre ans qu’il eut contre Marx lors de la 1ère Internationale Ouvrière. Cette lutte fut de deux ordres: idéologique certes, mais aussi emprunte d’un clash de personnalités. Les différences politiques et le clash entre Marx et Bakounine menèrent à la dissolution de la 1ère Internationale et les plaies entre les deux camps sont toujours ouvertes depuis cette époque.

Dans un programme politique et éducatif intégré à l’Alliance Internationale de la Démocratie Socialiste que Bakounine créa en Suisse en 1868, l’alliance resta fidèle aux principes fondamentaux anarchistes en déclarant que la propriété des moyens de production, de service et de distribution devaient demeurer une propriété collective en tant que patrimoine de l’humanité et ne pourront être utilisés que par les travailleurs unis en associations agricoles et industrielles libres. L’Alliance proclamait une éducation égalitaire pour tous en science, art, technologie pour les enfants des deux sexes (ce qui était doublement progressiste à l’époque). L’alliance rejettait tout programme politique qui n’aurait pas eu des conséquences positives directes pour les travailleurs de l’industrie et de l’agriculture (notons au passage que contrairement aux marxistes, les anarchistes n’oublient JAMAIS le monde rural…), un point fut particulièrement mis sur le fait que les États devaient réduire toutes leurs fonctions administratives, décentraliser aux communes jusqu’à l’abolition progressive mais rapide de celui-ci. L’Alliance rejetait toute forme de patriotisme et de rivalité entre nations (qui n’auraient plus aucune raison d’être dans une société véritablement égalitaire et horizontale), remplaçant cette fumisterie par une “solidarité internationale des travailleurs de tous les pays”. Le dernier point du programme et non des moindres, était “L’association universelle des associations locales sur la base de la liberté” (confédération, même si Bakounine n’employa pas le terme).

Au travers de ce programme collectivement dressé, Bakounine et ses partenaires projetèrent les grandes lignes du fonctionnement de la société anarchiste. Ceci ne fut pas édicté en directives, car il est évident que chaque association locale se devrait de s’adapter à des conditions qui ne sont pas identiques pour tout le monde dans la pratique, mais dont les principes fédérateurs le sont. Ainsi, il est impossible de suivre les “directives” de “gourous” disparus depuis longtemps, les associations libres devant faire preuve d’adaptation et de créativité.

Quelques grandes lignes furent néanmoins tracées:

  • Plus de travail pour le profit des autres. Création d’associations libres de producteurs sur la terre, dans les usines et les ateliers. Ces associations libres forment des coopératives et des communes qui se fédéreront avec d’autres localement, régionalement et nationalement afin de fournir et obtenir ce que d’autres ne peuvent pas ou peuvent avoir.
  • Sans capitalisme dans une société égalitaire, les classes sociales disparaissent, ainsi disparaît également le besoin d’une force coercitive (l’État) pour maintenir la classe dominante au pouvoir
  • Besoin de coordination et de développement des fermes et magasins/dépots collectifs pour la distribution régionale et au-delà, mais chaque unité demeure autogérée et s’associe librement avec qui bon lui semble
  • Plus besoin de centralisation, de contrôle bureaucratique ni d’autorité dans une société horizontale non hiérarchisée.
  • Disputes et différences sont résolues démocratiquement et non coercitivement. Sans classes, sans relation dominant/dominé, il n’y a plus de camp pour “profiter” plus de l’autre. Beaucoup de “problèmes” dans notre société hiérachisée et pyramidale n’en seront plus dans une société égalitaire, car le profit pour un segment de la population et l’exploitation pour l’autre n’existera plus. Les conflits d’intérêts seront rendus impossibles, rendant l’unanimité des décisions à prendre bien plus possible.

Si cela semble “utopique”, considérons l’utopie de notre société actuelle où une petite partie de la population toute puissante a “convaincu”, forcé serait plus correct, la vaste majorité à croire que l’inégalité est une bonne chose, que “l’élite éclairée” veille sur eux et que tout le monde peut arriver en haut de la pyramide, il suffit de le vouloir et d’y “croire” très fort…

Les anarchistes n’ont JAMAIS clâmé que le but était de créer un monde où il n’y aurait plus de désaccords, simplement qu’il n’y a aucun besoin d’une force coercitive qui possède l’apanage et le monopole de la violence “légitime” pour que “force reste à la loi”, force édictée par les privilégiés et protégée par leurs tribunaux et forces coercitives, le tout en continuant benoîtement à exploiter ceux qui ne font pas partie du “club privilège”. En fait, sans les hiérarchies du pouvoir et le profit qui en résulte, le pouvoir collectif de l’humanité pourrait se consacrer entièrement à développer une société pleine et égalitaire pour tous.

C’est avec ce programme que l’Alliance rejoignit l’internationale Ouvrière ou 1ère internationale où ses membres cotoyèrent de véritable révolutionnaires tout comme une frange réformiste. Voici ce que Marx écrivit à sa fille et son beau-fils au sujet de l’alliance le 10 Juillet 1868: “Cette veille connaissance, le Russe Bakounine, a commencé une bonne petite conspiration contre l’Internationale, le programme de l’Alliance aurait, par un intelligent subterfuge, placé notre société sous la guidance et l’initiative suprême du russe Bakounine… Je ne pouvais pas laisser cette première tentative de désorganiser notre société réussir.” En fait, Bakounine n’avait fait que suggérer que l’Alliance aurait pour “mission spéciale” au sein de l’Internationale Ouvrière “d’étudier les questions politiques et philosophiques sur la base du grand principe d’une égalité réelle et universelle de tous les êtres humains sur terre”, ceci fit voir rouge ou plutôt “noir” Marx. La paranoïa de Marx fit que l’Alliance ne put rejoindre l’Internationale, seule ses membres pouvaient y adhérer à titre personnel. Bakounine n’avait absolument aucune intention de “dominer” ou de “récupérer” l’internationale ouvrière et il n’y a aucune preuve qu’il l’ait même désiré. Le désir de Bakounine était que l’Alliance agisse en sorte de garde-fou, de “think tank” avant la lettre afin de promouvoir et de faire avancer des idées et des stratégies révolutionnaires qui profiteraient aux travailleurs directement et immédiatement. Maintenir un équilibre radical dans ce qui s’annonçait devenir un marais réformiste mangeant dans la main de l’oligarchie. Marx passa le plus clair de son temps à décrire Bakounine comme étant un “inculte, dénué de toute connaissance théorique”, doublé d’un “théoricien pathétique”, ce qui est parfaitement démontrable comme étant faux. Bakounine en fait, était un sérieux concurrent de Marx et d’Engels sur le plan de l’exactitude théorique et était de plus quelqu’un qui avait un charisme naturel pour parler aux non-intellectuels et les gagner à la cause, ce que Marx ne savait pas faire.

Là où Bakounine avait un certain avantage comparé à Marx, était dans le domaine de l’éducation et de sa vision du comment éduquer le peuple pour en faire des citoyens responsables. Ceci est une constante de tous les programmes anarchistes qui mettent une grande emphase sur l’éducation par la pensée et la pédagogie critiques.

A suivre…

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Sources utilisées pour cet article:

– “Bakunin, a biography”, Mark Leier, 2006

– “Dieu et l’État”, Michel Bakounine (compilé par Reclus et Cafiero), 1882

– “Étatisme et Anarchie”, Michel Bakounine, 1873

-“Manifeste du Parti Communiste”, Marx, Engels, édition anglaise 1888

Bibliographie en français:

http://fr.wikisource.org/wiki/Auteur:Michel_Bakounine

De grand-messe en grand-messe: Après les élections bidons… la coupe du monde de foot bidon(ville)…

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Signe (implacable) des temps: même les Brésiliens ne veulent plus du football, de ce symbole de l’indécence inégalitaire capitaliste, du grand cirque sportif du Globalistan criminel et exploiteur… Quand on en arrive là, il est forcément l’heure… Un seul mot d’ordre: Boycott de cette fumisterie et de toutes les multinationales impliquées !

— Résistance 71 —

 

“On a besoin de nourriture pas de football”… Les graffitis de rue brésiliens expriment la rage contre la coupe du monde

 

RT

 

29 Mai 2014

 

url de l’article original:

http://rt.com/news/162340-graffiti-brazil-football-worldcup/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

A juste deux petites semaines du début de la coupe du monde de football au Brésil, ceux qui pensent que cet évènement global est trop lourd à supporter pour un pays comme le Brésil dont l’économie vacille, ont trouvé une nouvelle méthode pour canaliser leur énergie contestataire… avec les graffitis.

Des artistes de rue ont couvert les murs de Rio de Janeiro et de Sao Paulo avec des dessins qui blâment l’association mondiale du footbal la FIFA, pour avoir exploité le Brésil et le gouvernement local pour ignorer les besoins des pauvres.

Ils partagent tous la croyance que les quelques 11 milliards de dollars dépensés pour la coupe du monde auraient été bien mieux utilisés pour améliorer les transports, le système de santé et l’éducation. “C’est une bonne manière d’exposer les problèmes du pays”, a dit au journal The Guardian l’artiste de graffiti Pauo Ito. “Si le gouvernement ne veut pas montrer ces choses, c’est parce qu’il se sent honteux et s’il se sent honteux, il pourrait le prendre un peu plus au sérieux, du moins, c’est notre intention avec cette campagne”.

Malgré la passion des Brésiliens pour le football, plus d’un million de personnes sont descendues dans les rues à travers le pays l’an dernier pour demander l’annulation de la coupe du monde. La rage des gens ne fait qu’augmenter au fur et à mesure qu’on se rapproche de l’évènement, même les sessions d’entrainement de l’équipe du Brésil ont été marquées par des manifestations et des protestations du public.

Au même moment, des graffitis célébrant le tournoi à venir et les héros du football national, qui espèrent gagner un sixième titre à domicile, sont vandalisés.

A voir: La série de photos de cet art de la rue (pas toujours il est vrai…) que sont les graffitis sur l’article original en anglais:

http://rt.com/news/162340-graffiti-brazil-football-worldcup/

 

Anarchie, véritable expression de l’ordre politique et social…

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“Les anarchistes sont tellement férus d’ordre qu’ils n’en supportent aucune caricature” (Antonin Artaud)

 

L’anarchie c’est l’ordre

 

Anselme Bellegarrigue

 

L’Anarchie, Journal de l’Ordre, Avril 1850)

 

Si je me préoccupais du sens communément attaché à certains mots, une erreur vulgaire ayant fait d’anarchie le synonyme de guerre civile, j’aurais horreur du titre que j’ai placé en tête de cette publication, car j’ai horreur de la guerre civile.

Je m’honore et je me flatte tout à la fois de n’avoir jamais fait partie d’un groupe de conspirateurs ni d’un bataillon révolutionnaire; je m’en honore et je m’en flatte, parce que cela me sert à établir, d’un côté, que j’ai été assez honnête pour ne pas duper le peuple, et, de l’autre, que j’ai été assez habile pour ne pas me laisser duper par les ambitieux. J’ai regardé passer, je ne dirai pas sans émotion, mais au moins puis-je dire avec le plus grand calme, les fanatiques et les charlatans, prenant en pitié les uns et méprisant souverainement les autres. Et quand, ayant dressé mon enthousiasme à ne bondir que dans l’étroite circonscription d’un syllogisme, j’ai voulu, après des luttes sanglantes, additionner la somme de bien-être que m’avait rapportée chaque cadavre, j’ai trouvé zéro au total; or, zéro c’est néant.

J’ai horreur du néant; j’ai donc horreur de la guerre civile.

Que si j’ai écrit ANARCHIE sur le frontispice de ce journal, ce ne peut être, par conséquent, pour laisser à ce mot la signification que lui ont donné, fort à tort, ainsi que je l’expliquerais tout à l’heure, les sectes gouvernementalistes, mais pour lui restituer, tout au contraire, le droit étymologique que lui concèdent les démocraties.

L’anarchie est le néant des gouvernements. Les gouvernements, dont nous sommes les pupilles, n’ont naturellement trouvé rien de mieux à faire qu’à nous élever dans la crainte et l’horreur du principe de leur destruction. Mais comme, à son tour, les gouvernements sont le néant des individus ou du peuple, il est rationnel que le peuple, devenu clairvoyant à l’endroit des vérités essentielles, reporte sur son néant propre toute l’horreur qu’il avait d’abord ressentie pour le néant de ses instituteurs.

L’anarchie est un vieux mot, mais ce mot exprime pour nous une idée moderne, ou plutôt un intérêt moderne, car l’idée est la fille de l’intérêt. L’histoire a appelé anarchique l’état d’un peuple au sein duquel se trouvaient plusieurs gouvernements en compétition, mais autre chose est l’état d’un peuple qui, voulant être gouverné, manque de gouvernement précisément parce qu’il en a trop, et autre chose l’état d’un peuple qui, voulant se gouverner lui-même, manque de gouvernement précisément parce qu’il n’en veut plus. L’anarchie antique a été effectivement la guerre civile et, cela, non parce qu’elle exprimait l’absence, mais bien la pluralité des gouvernements, la compétition, la lutte des races gubernatives.

La notion moderne de la vérité sociale absolue ou de la démocratie pure a ouvert toute une série de connaissances ou d’intérêts qui renversent radicalement les termes de l’équation traditionnelle. Ainsi, l’anarchie, qui au point de vue relatif ou monarchique signifie guerre civile, n’est rien de moins, en thèse absolue ou démocratique, que l’expression vraie de l’ordre social.

En effet :

Qui dit anarchie, dit négation du gouvernement;
Qui dit négation du gouvernement, dit affirmation du peuple;
Qui dit affirmation du peuple, dit liberté individuelle;
Qui dit liberté individuelle, dit souveraineté de chacun;
Qui dit souveraineté de chacun, dit égalité;
Qui dit égalité, dit solidarité ou fraternité;
Qui dit fraternité, dit ordre social;
Donc qui dit anarchie, dit ordre social.

Au contraire:

Qui dit gouvernement, dit négation du peuple;
Qui dit négation du peuple, dit affirmation de l’autorité politique;
Qui dit affirmation de l’autorité politique, dit dépendance individuelle;
Oui dit dépendance individuelle, dit suprématie de caste;
Qui dit suprématie de caste, dit inégalité;
Qui dit inégalité, dit antagonisme;
Qui dit antagonisme, dit guerre civile;
Donc qui dit gouvernement, dit guerre civile.

Je ne sais si ce que je viens de dire est ou nouveau, ou excentrique, ou effrayant. Je ne le sais ni ne m’occupe de le savoir.

Ce que je sais c’est que je puis mettre hardiment mes arguments en jeu contre toute la prose du gouvernementalisme blanc et rouge passé, présent et futur. La vérité est que, sur ce terrain, qui est celui d’un homme libre, étranger à l’ambition, ardent au travail, dédaigneux du commandement, rebelle à la soumission, je défis tous les arguments du fonctionnarisme, tous les logiciens de l’émargement et tous les folliculaires de l’impôt monarchique ou républicain, qu’il s’appelle d’ailleurs progressif, proportionnel, foncier, capitaliste, rentier ou consommateur.

Oui, l’anarchie c’est l’ordre; car, le gouvernement c’est la guerre civile.

Quand mon intelligence pénètre au-delà des misérables détails sur lesquels s’appuie la polémique quotidienne, je trouve que les guerres intestines qui ont, de tout temps, décimé l’humanité se rattachent à cette cause unique, c’est-à-dire le renversement ou la conservation du gouvernement.

En thèse politique, s’égorger a toujours signifié se dévouer à la durée ou à l’avènement d’un gouvernement. Montrez-moi un endroit où l’on s’assassine en masse et en plein vent, je vous ferais voir un gouvernement à la tête du carnage. Si vous cherchez à vous expliquer la guerre civile autrement que par un gouvernement qui veut venir et un gouvernement qui ne veut pas s’en aller, vous perdrez votre temps: vous ne trouverez rien.

La raison est simple
Un gouvernement est fondé. À l’instant même où le gouvernement est fondé il a ses créatures, et, par suite, ses partisans; et au même moment où il a ses partisans, il a aussi ses adversaires. Or, le germe de la guerre civile est fécondé par ce seul fait, car vous ne pouvez point faire que le gouvernement, investi de la toute puissance, agisse à l’égard de ses adversaires comme à l’égard de ses partisans. Vous ne pouvez point faire que les faveurs dont il dispose soient également réparties entre ses amis et ses ennemis. Vous ne pouvez point faire que ceux-là ne soient choyés, que ceux-ci ne soient persécutés. Vous ne pouvez donc point faire que, de cette inégalité, ne surgisse tôt ou tard un conflit entre le parti des privilégiés et le parti des opprimés. En d’autres termes, un gouvernement étant donné, vous ne pouvez pas éviter la faveur qui fonde le privilège, qui provoque la division, qui crée l’antagonisme, qui détermine la guerre civile.

Donc, le gouvernement, c’est la guerre civile.

Maintenant s’il suffit d’être, d’une part, le partisan, et, de l’autre, l’adversaire du gouvernement pour déterminer un conflit entre citoyens; s’il est démontré qu’en dehors de l’amour ou de la haine qu’on porte au gouvernement, la guerre civile n’a aucune raison d’exister, cela revient à dire qu’il suffit, pour établir la paix, que les citoyens renoncent, d’une part, à être les partisans, et, de l’autre, à être les adversaires du gouvernement.

Mais, cesser d’attaquer ou de défendre le gouvernement pour impossibiliser la guerre, civile, ce n’est rien de moins que n’en plus tenir compte, le mettre au rebut, le supprimer afin de fonder l’ordre social.

Or, si supprimer le gouvernement c’est, d’un côté, établir l’ordre, c’est, d’un autre côté, fonder l’anarchie; donc, l’ordre et l’anarchie sont parallèle.

Donc, l’anarchie c’est l’ordre.

Avant de passer aux développements qui vont suivre, je prie le lecteur de se prémunir contre la mauvaise impression que pourrait faire sur lui la forme personnelle que j’ai adopté dans le but de faciliter le raisonnement et de précipiter la pensée. Dans cet exposé, MOI signifie bien moins l’écrivain que le lecteur ou l’auditeur, moi c’est L’HOMME.

Source:

http://www.panarchy.org/bellegarrigue/manifesto.html#t49575

Histoire, deux poids deux mesures…. Le négationnisme d’Israël…

Posted in actualité, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, média et propagande, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 29 mai 2014 by Résistance 71

A lire impérativement sur le sujet:

« Le nettoyage ethnique de la Palestine », Ilan Pappe, Fayard, 2008

— Résistance 71 —

 

Comment Israël veut falsifier le récit de la Nakba

 

Dimi Reider

 

23 Mai 2014

 

Url de l’article:

http://www.info-palestine.net/spip.php?article14567

 

Des contre-manifestants israéliens distribuent des tracts censés prouver que l’expulsion de la moitié des habitants arabes de la Palestine en 1948, était une fiction.

La réplique israélienne aux évènements de la Journée de la Nakba de cette année, comprenait la répression des manifestants en Cisjordanie, avec un caractère plus meurtrier dans Betunia où deux adolescents palestiniens – Muhammad Abu Daher et Nadim Siam – ont été froidement abattus. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est fendu d’un commentaire un peu vexé sur la façon dont l’Autorité Palestinienne a fait retentir les sirènes « pour pleurer la création de l’État d’Israël », et l’ancien ministre Lieberman a lancé un appel pour que soit retiré le financement de l’Université de Tel-Aviv dans le cadre de « la loi de la Nakba ».

Cette loi permet à l’État de refuser le financement des institutions publiques qui marquent la création de l’État d’Israël comme une occasion de deuil, et l’ex-ministre a fait valoir que l’université violait cette loi en envoyant des employés d’une société privée de sécurité protéger une cérémonie de commémoration de la Nakba d’une contre-manifestation d’extrême-droite. Mais son appel est resté lettre morte, et la contre-manifestation elle-même était relativement calme.

Nakba est le mot arabe pour « catastrophe ». En 1947-8, les milices sionistes ont expulsé 750 000 Palestiniens de leur patrie et construit l’État d’Israël sur des ruines. Chaque année, le 15 mai, les Palestiniens commémorent cet événement, le lendemain du jour de « l’indépendance » d’Israël.

Les contre-manifestants israéliens brandissaient des pancartes sur lesquelles on lisait : « Nakba = connerie », et ils ont distribué des tracts tendant à démontrer que l’expulsion de la moitié des résidents arabes de la Palestine en 1948 était une fiction. Quelques jours plus tôt, une « Marche du retour » au village vidé de ses habitants de Lubya était accompagnée par une autre contre-manifestation, cette fois-ci avec des bagarres occasionnelles entre les deux camps. Mais dans l’ensemble, les Israéliens semblent avoir pris l’habitude de la présence de ce mot autrefois tabou dans le discours public.

Même le quotidien pro-Netanyahu, Yisrael Hayom – qui il y a encore trois ans faisait des titres scandalisés sur les étudiants palestiniens qui osaient tenir des cérémonies de commémoration pour les événements de 1948 – s’est contenté cette année de reportages impartiaux, allant jusqu’à utiliser le mot de « déracinés » pour parler des réfugiés, un terme évocateur traditionnellement utilisé par la droite pour qualifier les Israéliens expulsés des colonies de Gaza en 2005. Les guillemets qui autrefois encadraient le mot « Nakba » comme une paire de gants isolants n’étaient plus visibles plus nulle part.

« Comme chaque année, la semaine entre le Jour de l’Indépendance d’Israël et la Journée de la Nakba palestinienne a été une semaine très intense », dit Liat Rosenberg, la directrice de l’organisation israélienne Zochrot qui vise à instruire les Israéliens sur la Nakba et encourage à penser de façon pratique au retour des réfugiés palestiniens en Israël même. « Je pense que chaque année, nous voyons une intensification du discours public sur la Nakba, et plus d’intérêt de la part des médias. Mais je peux dire que cette année 2014, le débat a été plus précis et moins polémique ; il y avait moins de volonté de nous faire passer pour des extrémistes, moins de volonté de nous utiliser comme contrepoids aux organisations d’extrême-droite. C’était moins antagoniste, même si c’était loin d’être amical. »

La semaine dernière, Rosenberg était l’invitée de l’une des principales émissions de télévision de la chaine 10 israélienne pour mettre la lumière sur cette tendance. Sur le plateau de London & Kirschenbaum, elle a parlé de iNakba, la nouvelle application lancée par Zochrot. L’application, actuellement disponible pour iOS [Apple] seulement, permet aux utilisateurs de visualiser sur une carte guidée par GPS, les villages Palestiniens dépeuplés depuis 1948, tout en permettant aux utilisateurs d’effectuer une promenade en temps réel à travers un paysage dévasté et transformé.

Les villages, dont la plupart ont été remplacés par des communautés juives, après avoir été rayés de la carte ou transformés en forêts par le Fonds National Juif, sont représentés par des épingles sur la carte. En pointant sur l’une des épingles, l’histoire d’un endroit ou d’un site s’affiche, ainsi que le jour et les circonstances qui ont conduit à l’expulsion, des témoignages des survivants et des photos archives du village tel qu’il était avant la guerre. Les utilisateurs peuvent également s’abonner à un village donné pour recevoir des notifications lorsque de nouvelles photos ou images sont ajoutées, ce qui permettra aux communautés dispersées de rétablir le contact et de renouer avec ces endroits, espère Zochrot.

Si Rosenberg avait fait cette apparition à la télévision il y a deux ou trois ans, son passage aura été « pondéré » par une voix de la droite, ses arguments auraient été contestés ou ridiculisés et son travail présenté comme une folie extrémiste. Cette année, le présentateur vétéran Yaron London a interrogé Rosenberg avec une curiosité de grand-père en faisant tout son possible pour présenter l’application comme apolitique et ne soulevant pas de controverses. Toutefois, la reconnaissance de la large véracité historique de la Nakba semble presque s’accompagner du rejet de la nécessité de faire quelque chose ou de changer quoi que ce soit pour pouvoir aujourd’hui procéder à des réparations et des dédommagements.

London évoque le passage dans l’émission d’un ancien secrétaire du cabinet qui a réveillé le spectre des « Arabes » qui effectuent le pèlerinage auprès des anciens tombeaux. « Je me suis dit : et alors ? Les Juifs vont en Espagne, » poursuit-il, ignorant apparemment que l’Espagne a récemment offert la citoyenneté aux descendants des Juifs expulsés au lendemain de la conquête chrétienne de la péninsule. « C’est toujours bon de savoir, non ? La question ne m’effraie pas, vous savez ? Vous venez, mais cela ne veut pas dire que vous retournez chez moi à Tel Aviv, mais je veux juste savoir ce qui était là avant. »

Rosenberg réagit en amenant la conversation sur la mise en œuvre du droit au retour des réfugiés Palestiniens. Et là, le ton du présentateur devient visiblement moins amical. C’est une « illusion », a-t-il protesté. « Je veux connaitre l’ histoire, tout comme l’histoire mamelouke et l’histoire ottomane du pays. L’histoire de mes ancêtres. Ça ne me dérange pas. Mais votre organisation soutient le retour réel. »

L’échange, moitié approbateur, moitié incrédule, est emblématique à la fois du début de la reconnaissance israélienne de la Nakba en tant que fait historique (avec réserves), et le revers de la médaille : la relégation de l’expulsion de 1948, dont la plupart de ses survivants sont toujours de ce monde, dans un livre d’histoire aussi lointain et irréparable que la conquête Mamelouke (de 1260 à 1517) ; ou, plus effroyablement encore, sa justification.

L’an dernier, le commentateur de centre-droite israélien Ari Shavit a été honoré dans les médias américains pour avoir abordé la question de l’expulsion de la population palestinienne de la ville de Lydda. Toutefois, il a poursuivi en exprimant sa gratitude envers les auteurs de l’expulsion (y compris le massacre qui s’en est suivi), pour avoir perpétré le sale travail du sionisme qui a permis la création de l’État juif. Ce type d’acceptation est exactement le défi que relève Zochrot, en élargissant davantage son objectif, allant de l’éducation sur le passé à la discussion projetée sur l’avenir, et particulièrement l’application du droit au retour.

La conférence annuelle de Zochrot tenue le mois d’octobre dernier a été consacrée presque exclusivement au Droit au Retour ; non pas à ses aspects moraux ou même humanitaires, mais plutôt aux défis majeurs et pratiques de sa mise en œuvre sur le terrain. Ces défis sont ardus. Dans un sondage réalisé récemment par l’Institut Israélien de Démocratie, seulement 16% des personnes interrogées ont soutenu l’idée de permettre à un nombre de réfugiés Palestiniens, aussi réduit soit-il, d’entrer en Israël, tandis que 80.5% ont immédiatement rejeté l’idée, le retour illimité tel que préconisé par Zochrot leur étant inimaginable et c’est à peine si la question est posée dans des sondages, sans oublier que toutes les institutions d’Israël, à commencer par sa loi sur l’immigration, sont préparées pour qu’un tel scénario n’ait jamais lieu.

A présent, Zochrot tente d’aller au-delà de savoir comment rendre la notion de retour populaire chez les Israéliens, une tâche presque impossible, et se concentre plus sur la démystification du concept. La conférence d’octobre a présenté des plans cadres en architecture pour la reconstruction des villages spécifiques dépeuplés, sans le déplacement catégorique des communautés juives installées sur les terres de ces villages. Zochrot a présenté également des documents sur les aspects juridiques du droit au retour en mettant un accent tout particulier sur le droit des biens et d’héritage, ainsi que les aspects éducatifs, culturels et de justice de transition pour la mise en œuvre de ce droit.

L’appel est lancé pour la réalisation de films, long métrage et documentaires, traitant du sujet du retour. L’application iNakba qui superpose les villages détruits sur la carte moderne d’Israël et des évènements rétrospectifs des auditions informelles de la « Commission de la Vérité » devant commencer ses travaux cet été, semblent transformer le discours sur la Nakba en un fait quotidien, contrairement au passé. Rosenberg conclue : « Dans un sens, il servira au gouvernement qui limite les activités liées à la Nakba à seulement dix jours dans l’année. Notre objectif est que le récit sur Nakba soit évoqué pendant les autres jours. »

Leçon politique: Le contrôle des « chefs » par la société non-autoritaire

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 29 mai 2014 by Résistance 71

Ceci est une illustration nord-américaine de ce que Pierre Clastres avait théorisé concernant les sociétés non-étatiques ou la société est une et indivisée et où les « chefs » n’ont aucun pouvoir et ne sont que les portes-parole de la communauté envers laquelle ils sont endettés pour le prestige accordé. Pierre Clastes et Marshall Sahlins ont tous deux mentionné la mise à pied, voire la mise à mort de chefs de sociétés indigènes (Amérique du Sud pour Clastres, sociétés mélanésiennes pour Sahlins) lorsque ceux-ci se mettaient à errer du mauvais côté du pouvoir…

Après lecture de la procédure de contrôle d’un ou de chef(s) errant dans la société iroquoise, imaginons une situation de contrôle similaire de contrôle par le peuple de ses « chefs » de gare tels Bush, Obama, Sarkozy, Blair, Hollande et on en passe…

François, Barack auraient-ils les c…. d’aller jusqu’au lâcher du wampum noir ?

Faudra filmer la scène et le pantalon des intéressés…

— Résistance 71 —

 

Les chefs errant

 

Mohawk Nation News

 

26 Mai 2014

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2014/05/26/errant-chiefs/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Royaner oya tahontahonton ensonwarontiakeh. Royaner oya tahontahonton ensonwarontiakeh. Ces chefs qui amènent l’autorité entrepreneuriale violent la Grande Loi de la Paix. Ils peuvent en conséquence être soit déposés, soit exécutés. Ils seront avertis trois fois en conseil ouvert: d’abord par les femmes de famille, ensuite par les hommes de famille et enfin par les chefs de la nation à laquelle il(s) appartient (nnent). En continuant de se soumettre aux lois étrangères comme la loi sur les Indiens et la loi fédérale indienne, les chefs renient leur droit.

Wampum 25.

Pour remettre les chefs errant dans le chemin. Un wampum est créée, large de trois mains, la moitié supérieure est blanche et représente les femmes. La moitié inférieure est noire et représente des contributions égales des hommes de la nation. Ils se sont combinés en une tête, un corps et une pensée pour ratifier le pacte de paix du peuple.

Après que le troisième avertissement ait été ignoré, le conseil des femmes considèrent l’affaire et s’en remet aux hommes. Le peuple doit se rencontrer en réunion. Les chefs de guerre doivent entrer dans le conseil public pour avertir à leur tour tous les chefs errant et leur demander de revenir dans la Grande Loi de la Paix.

Il y a alors deux options si le(s) chef(s) refuse(nt) de prendre en considération le troisième avertissement. Soit les hommes déposent le(s) chef(s). Ses bois de cerfs, symbole de la chefferie, “tombent” de son (leur) front mais demeurent néanmoins au sein de la nation, puis le chef de guerre récuse le chef offensant et renégat. Au travers d’Onowarageh (l’île de la grande tortue), il sera alors appelé: “celui ou ceux qui se sont aliénés” de leur peuple et de leur nation [tehonatonkoton].

Dans la seconde option, le chef de guerre devra faire un wampum noir. Les hommes entrent dans le conseil et se tiennent à côté du ou des chef(s) errant. Le chef de guerre tient le wampum noir et dit: “Tu n’as pas entendu les avertissements des conseils généraux des femmes et des hommes des nations. Il n’y a plus qu’une seule solution.” Le chef de guerre laisse alors tomber le wampum noir et les hommes se redressent d’un bond et frappent à mort le(s) chefs errant avec leurs massues de guerre. Tout chef peut se resoumettre au peuple avant que le wampum noir ne soit lâché.

Wampum 58.

Le droit d’exécuter un traître est tenu par le conseil général des hommes et le conseil général des femmes. Le wampum noir symbolise le pouvoir des hommes d’exécuter. Le wampum noir est ensuite enterré, mais peut-être déterré pour agir de nouveau comme cela a été décrit ci-dessus.

Wampum 59.

The Band enrage au sujet de la grande peine de la trahison “Tears of rage, tears of grief. Why must i always be the thief? Come to me now, you know we’re so alone, and life is brief“. The Band. “Tears of Rage”.

UNCED. The new [old] world order.