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Résistance politique avec Ricardo Flores Magon, journaliste, anarchiste et révolutionnaire mexicain (1874-1922)

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Ricardo F. Magon et son frère Enrique

Nous allons publier une douzaine de textes de Magon qui ont pour la plupart l’avantage d’être courts dans un style puncheur rappelant la prose d’un autre grand militant anarchiste italien celui-là: Errico Malatesta.
En voici les deux premiers…
~ Résistance 71 ~

 

Je ne veux pas être tyran !

Ricardo Flores Magon*

1910

Je ne lutte pas pour un poste au gouvernement.

J’ai reçu des propositions de beaucoup de madéristes de bonne foi -car il y en a, et en assez grand nombre- pour que j’accepte un poste dans ce qu’on appelle le Gouvernement « provisoire », et le poste que l’on m’offre est celui de vice-président de la République. Avant tout, je dois dire que les gouvernements me répugnent. je suis fermement convaincu qu’il n’y a pas, qu’il n’y aura jamais de bon gouvernement. Tous sont mauvais, qu’ils s’appellent monarchies absolues ou républiques constitutionnelles. Le gouvernement c’est la tyrannie parce qu’il limite la libre initiative des individus et sert seulement à soutenir un état social impropre au développement intégral de l’être humain. Les gouvernements sont les gardiens des intérêts des classes riches et éduquées, et les bourreaux des saints droits du prolétariat. je ne veux donc pas être un tyran. je suis un révolutionnaire et le resterai jusqu’à mon dernier soupir. je veux être toujours aux côtés de mes frères, les pauvres, pour lutter avec eux, et non du côté des riches ni des politiciens, qui sont les exploitants des pauvres. Dans les rangs du peuple travailleur je suis plus utile à l’humanité qu’assis sur un trône, entouré de laquais et de politicards. Si le peuple avait un jour la très mauvaise idée de me demander d’être son gouverneur, je lui dirai: Je ne suis pas né pour être bourreau. Cherchez-en un autre !

Je lutte pour la liberté économique des travailleurs. Mon idéal est que l’homme arrive à posséder tout ce dont il a besoin pour vivre, sans qu’il ait à dépendre d’un quelconque patron, et je crois, comme tous les libéraux de bonne foi, qu’est arrivé le moment où nous, les hommes de bonne volonté, devons faire un pas vers la vraie libération, en arrachant la terre des griffes du riche, Madero inclus, pour la donner à son propriétaire légitime: le peuple travailleur. Dès qu’on aura obtenu cela, le peuple sera libre.

Mais il ne le sera pas s’il fait de Madero le Président de la République, parce que, ni Madero, ni aucun autre gouverneur, n’aura le courage de faire un pas dans ce sens et que s’il le faisait, les riches se soulèveraient et une nouvelle révolution suivrait la présente. Dans cette révolution, celle que nous sommes en train de contempler et celle que nous essayons de fomenter, nous devons enlever la terre aux riches.

= = =

Je ne veux pas être esclave !

Ricardo Flores Magon

1912

Note de R71: Il faut replacer ce texte dans son contexte politico-social de 1912. La révolution sociale a échoué là-bas comme ailleurs parce que la conjoncture politico-économique n’était pas propice. Elle l’est aujourd’hui mais les peuples n’ont plus de conscience politique affermie. De plus la révolution violente a historiquement montré ses limites. Il conviendra mieux de remplacer les institutions par les associations libres confédérées et créer la base de la société des sociétés, sans haine, ni armes, ni violence.

Camarades, Je ne veux pas être esclave ! crie le Mexicain, et, prenant le fusil, il offre au monde entier le spectacle grandiose d’une vraie révolution, d’une transformation sociale qui est en train de secouer les fondations mêmes du noir édifice de l’Autorité et du Clergé.

La présente révolution n’est pas la révolte mesquine de l’ambitieux qui a faim de pouvoir, de richesse et de commandement. Celle-ci est la révolution de ceux d’en bas; celle-ci est le mouvement de l’homme qui dans les ténèbres de la mine sentit une idée jaillir de son crâne et cria:  » Ce métal est à moi! « ; c’est le mouvement du péon qui, courbé sur le sillon, épuisé par la sueur de son front et les larmes de son infortune, sentit que sa conscience s’illuminait et cria:  » Cette terre est à moi, ainsi que les fruits que je lui fais produire! « ; c’est le mouvement de l’ouvrier qui, contemplant les toiles, les habits, les maisons, se rend compte que tout a été fait par ses mains et s’exclame ému: « Ceci est à moi! « ; c’est le mouvement des prolétaires, c’est la révolution sociale.

C’est la révolution sociale, celle qui ne se fait pas d’en haut vers le bas, mais d’en bas vers en haut; celle qui doit suivre son cours sans chefs et malgré les chefs; c’est la révolution du déshérité qui dresse la tête dans les festins des repus, réclamant le droit de vivre. Ce n’est pas la révolte vulgaire qui finit par le détrônement d’un bandit et la montée au pouvoir d’un autre bandit, mais une lutte de vie ou de mort entre les deux classes sociales: celle des pauvres et celle des riches, celle des affamés contre les satisfaits, celles des prolétaires contre les propriétaires, dont la fin sera, ayons foi en cela, la destruction du système capitaliste et autoritaire par la poussée formidable des courageux qui feront offrande de leur vie sous le drapeau rouge de Terre et Liberté !

Eh bien, cette lutte sublime, cette guerre sainte, qui a pour but de libérer le peuple mexicain du joug capitaliste, a des ennemis puissants qui, à tout prix et par tous les moyens, veulent empêcher son développement. La liberté et le bien-être – justes aspirations des esclaves mexicains – sont choses gênantes pour les requins et les vautours du Capital et de l’Autorité. Ce qui est bon pour l’opprimé est mauvais pour l’oppresseur. L’intérêt de la brebis est diamétralement opposé à celui du loup. Le bien-être et la liberté du Mexicain, de la classe ouvrière, signifie la disgrâce et la mort pour l’exploiteur et le tyran. C’est pour cela que lorsque le Mexicain met vigoureusement la main sur la loi pour détruire, et arrache des mains des riches la terre et les machines, des cris de terreur s’élèvent du camp bourgeois et autoritaire, et on demande que soient noyés dans le sang les généreux efforts d’un peuple qui veut son émancipation.

Le Mexique a été la proie de la rapacité d’aventuriers de tous les pays, qui se sont installés sur sa belle et riche terre, non pas pour faire le bonheur du prolétariat mexicain, comme le prétend continuellement le Gouvernement, mais pour exercer l’exploitation la plus criminelle qui ait existé sur la terre. Le Mexicain a vu passer la terre, les forêts, les mines, tout, de ses mains à celles des étrangers, ceux-ci appuyés par l’Autorité, et maintenant que le peuple fait justice de ses propres mains, désespéré de ne pouvoir la trouver nulle part, maintenant que le peuple a compris que c’est par la force et par lui-même qu’il doit retrouver tout ce que les bourgeois du Mexique et de tous les pays lui ont volé; maintenant qu’il a trouvé la solution au problème de la faim; maintenant que l’horizon de son avenir s’éclaircit et lui promet des jours de bonheur, d’abondance et de liberté, la bourgeoisie internationale et les gouvernements de tous les pays poussent le Gouvernement des Etats-Unis à intervenir dans nos propres affaires, sous le prétexte de garantir la vie et les intérêts des exploiteurs étrangers. Ceci est un crime ! C’est une offense à l’humanité, à la civilisation, au progrès ! On veut que quinze millions de Mexicains souffrent de la faim, des humiliations, de la tyrannie, pour qu’une poignée de voleurs vivent satisfaits et heureux !

Ainsi, le Gouvernement des États-Unis prête main forte à Francisco Madero pour étouffer le mouvement révolutionnaire, en permettant le passage des troupes fédérales par le territoire de ce pays, pour aller battre les forces rebelles, et exercer une persécution scandaleuse sur nous, les révolutionnaires, à qui on applique cette législation barbare qui a pour nom « lois de neutralité « . Eh bien : rien ni personne ne pourra arrêter la marche triomphale du mouvement révolutionnaire. La bourgeoisie veut la paix ? Elle n’a qu’à se convertir en classe ouvrière ! Ils veulent la paix ceux qui la font autoritairement ? Ils n’ont qu’à enlever leurs redingotes et empoigner, comme des hommes, la pelle et la pioche, la charrue et la bêche !

Parce que tant qu’il y aura inégalité, tant que quelques-uns travailleront pour que d’autres consomment, tant qu’existeront les mots bourgeoisie et plèbe, il n y aura pas de paix: il y aura guerre sans trêve, et notre drapeau, le drapeau rouge de la plèbe, continuera à provoquer la mitraille ennemie, soutenu par les braves qui crient: Vive Tierra y Libertad !

Au Mexique, les révolutions politiques sont passées à l’histoire. Les chasseurs de postes ne sont plus de ce temps. Les travailleurs conscients ne veulent plus de parasites. Les Gouvernements sont des parasites, c’est pour cela que nous crions : Mort au Gouvernement! Camarades, saluons notre drapeau.

Ce n’est pas le drapeau d’un seul pays, mais du prolétariat entier. Il contient toutes les douleurs, tous les supplices, toutes les larmes, ainsi que toutes les colères, toutes les protestations, toute la rage des opprimés de la Terre. Et ce drapeau ne renferme pas que des douleurs et des colères; il est le symbole de souriants espoirs pour les humbles et de tout un nouveau monde pour les rebelles. Dans les humbles demeures, le travailleur caresse la tête de ses enfants, rêvant ému que ces créatures vivront une vie meilleure que celle qu’il a vécue; ils ne traîneront plus de chaînes; ils n’auront plus besoin de louer leurs bras au bourgeois voleur, ni de respecter les lois de la classe parasitaire, ni les ordres des fripouilles qui se font appeler Autorité. Ils seront libres sans le patron, sans le curé, sans l’Autorité, l’hydre à trois têtes qui en ce moment, au Mexique, traquée, convulsée par la rage et la terreur, a encore des griffes et des crocs que nous libertaires lui arracherons pour toujours.

Voilà notre tâche frères de chaînes, écraser le monstre par le seul moyen qui nous reste : la violence ! L’expropriation par le fer, par le feu et par la dynamite !

Eh bien: cette lutte sublime, cette guerre sainte, qui a pour but de libérer le peuple mexicain du joug capitaliste, a des ennemis puissants qui, à tout prix et par tous les moyens, veulent empêcher son développement. La liberté et le bien-être – justes aspirations des esclaves mexicains – sont choses gênantes pour les requins et les vautours du Capital et de l’Autorité. Ce qui est bon pour l’opprimé est mauvais pour l’oppresseur. L’intérêt de la brebis est diamétralement opposé à celui du loup. Le bien-être et la liberté du Mexicain, de la classe ouvrière, signifie la disgrâce et la mort pour l’exploiteur et le tyran. C’est pour cela que lorsque le Mexicain met vigoureusement la main sur la loi pour détruire, et arrache des mains des riches la terre et les machines, des cris de terreur s’élèvent du camp bourgeois et autoritaire, et on demande que soient noyés dans le sang les généreux efforts d’un peuple qui veut son émancipation.

Le Mexique a été la proie de la rapacité d’aventuriers de tous les pays, qui se sont installés sur sa belle et riche terre, non pas pour faire le bonheur du prolétariat mexicain, comme le prétend continuellement le Gouvernement, mais pour exercer l’exploitation la plus criminelle qui ait existé sur la terre. Le Mexicain a vu passer la terre, les forêts, les mines, tout, de ses mains à celles des étrangers, ceux-ci appuyés par l’Autorité, et maintenant que le peuple fait justice de ses propres mains, désespéré de ne pouvoir la trouver nulle part, maintenant que le peuple a compris que c’est par la force et par lui-même qu’il doit retrouver tout ce que les bourgeois du Mexique et de tous les pays lui ont volé; maintenant qu’il a trouvé la solution au problème de la faim; maintenant que l’horizon de son avenir s’éclaircit et lui promet des jours de bonheur, d’abondance et de liberté, la bourgeoisie internationale et les gouvernements de tous les pays poussent le Gouvernement des Etats-Unis à intervenir dans nos propres affaires, sous le prétexte de garantir la vie et les intérêts des exploiteurs étrangers.

Ceci est un crime ! C’est une offense à l’humanité, à la civilisation, au progrès !

On veut que quinze millions de Mexicains souffrent de la faim, des humiliations, de la tyrannie, pour qu’une poignée de voleurs vivent satisfaits et heureux !

L’hypocrite bourgeoisie des États-Unis dit que nous, Mexicains, sommes en train de faire une guerre de sauvages. Ils nous appellent sauvages parce que nous sommes résolus à ne pas nous laisser exploiter ni par les Mexicains, ni par les étrangers, et parce que nous ne voulons pas de Présidents, ni blanc ni métis. Nous voulons être libres, et si un monde se met en travers de notre route, nous détruirons ce monde pour en créer un autre. Nous voulons être libres et si toutes les puissances étrangères se jettent sur nous, nous lutterons contre toutes ces puissances comme des tigres, comme des lions. je le répète, c’est une lutte de vie ou de mort. Les deux classes sociales sont face à face: les affamés d’un côté, de l’autre les satisfaits, et la lutte se terminera lorsque l’une des deux classes sera écrasée par l’autre. Déshérités, nous sommes les plus nombreux; nous triompherons !

En avant !

Nos ennemis tremblent; il faut être plus exigeants et plus audacieux; que personne ne se croise les bras : levez-vous tous ! Camarades !

Rien ne pourra parvenir à écarter les Mexicains du combat : ni la duperie du politicien qui promet monts et merveilles « après le triomphe », pour qu’on l’aide à prendre le Pouvoir : ni les menaces des sbires de ce pauvre clown qui s’appelle Francisco Madero, ni l’aide militaire des États-Unis. Cette lutte doit être menée jusqu’à son terme: l’émancipation économique, politique et sociale du peuple mexicain, qui se fera lorsqu’auront disparu de cette belle terre le bourgeois et l’Autorité, et flottera triomphant, le drapeau de Tierra y Libertad. Vive la Révolution Sociale !

(*) Ricardo Flores Magon (1874-1922) était un journaliste et activiste anarchiste mexicain, né à Oaxaca, influencé par les pensées de Bakounine, Reclus et surtout Kropotkine dont l’ouvrage “La conquête du pain” fut une grande source d’éveil politique pour lui. A partir des années 1910, il fut impliqué avec la révolution sociale mexicaine d’Emiliano Zapata et Pancho Villa. En exil aux Etats-Unis, il fut un farouche opposant à a première guerre mondiale. Il fut arrêté pour sédition et condamné à 20 ans de réclusion sous la loi scélérate contre “l’espionnage” de 1917. Il mourut des mauvaises conditions de sa détention sur sa santé fragile dans un pénitencier du Kansas en 1922 à l’âge de 48 ans.

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Résistance économique: l’Irak et l’Iran larguent la monnaie impérialiste… Russie et Turquie à suivre ?…

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L’Irak et l’Iran renoncent au dollar bientôt la Russie et la Turquie

 

Al Manar

 

2 septembre 2018

 

url de l’article; http://french.almanar.com.lb/1025246

 

C’est décidé pour les Iraniens et le Irakiens : ils ont renoncé au dollar dans leurs échanges commerciaux. En même temps, les Russes et les Turcs semblent emprunter la même voie.

«Le dollar américain a été retiré de la liste des monnaies utilisées par l’Iran et l’Irak dans leurs transactions commerciales. Le rial iranien, l’euro et le dinar irakien seront désormais utilisés dans les transactions financières», a déclaré samedi dernier Yahya Ale-Eshagh, cité par Mehr News, rapporte l’agence russe Sputnik.

«La résolution du problème du système bancaire doit être une priorité pour l’Iran et l’Irak, les deux pays opérant pour au moins 8 milliards de dollars de transactions», a-t-il souligné.

Il a ajouté qu’un système d’échanges de marchandises contre des produits de base serait prévu dans certains cas.

Les USA, un loup sauvage

Le Président turc Recep Tayyip Erdogan aussi pour sa part semble lui aussi opter pour cette option, lorsqu’il a appelé à mettre un terme à la domination du dollar dans les échanges commerciaux.

«Il est nécessaire de mettre fin à l’hégémonie du dollar dans le commerce international et de passer aux monnaies nationales», a déclaré le Président turc intervenant devant les participants au forum des affaires Turquie-Kirghizstan organisé dans la capitale kirghize, Bichkek, rapporte l’agence turque Anadolu, selon l’agence russe Sputnik.

Le numéro un turc a également accusé les États-Unis de se comporter comme un «loup sauvage» et a invité les hommes d’affaires à «ne pas les croire», selon l’AFP.

M. Erdogan a en outre fait savoir qu’Ankara était en négociations avec Moscou pour s’affranchir du dollar dans leurs échanges commerciaux bilatéraux en réaction aux sanctions économiques américaines, indique l’agence.

Alors que les relations entre Ankara et Washington se dégradent, la livre turque a perdu 40% de sa valeur face au dollar depuis le début de l’année. En août, le dirigeant turc a constaté une «guerre économique» menée contre son pays tout en promettant que la Turquie ne la perdrait pas.

Résister à la dégénérescence sociale des boulots inutiles (David Graeber)

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique with tags , , , , , , , , , , on 3 septembre 2018 by Résistance 71

Imaginez un monde sans boulots de l’inutile

Entretien de Chris Brooks avec l’anthropologue David Graeber

 

7 août 2018

 

url de l’article:

https://roarmag.org/essays/graeber-bullshit-jobs-interview/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

« Les 5 types de boulots inutiles »

 

Est-ce que votre boulot est inutile ? Avez-vous le sentiment que votre position pourrait parfaitement être éliminée sans que cela change quoi que ce soit au cours des choses ? Peut-être même pensez-vous que la société serait en fait meilleure si votre boulot n’avait jamais existé ?

Si vous répondez par “oui” à ces question, alors réjouissez-vous. Vous êtes loin d’être le/la seul(e). Jusqu’à la moitié des boulots qui occupent la population active de nos jours, peut être considérée comme inutile, dit David Graeber, professeur d’anthropologie à la London School of Economics et auteur de “Bullshit jobs: A theory”.

D’après Graeber, les mêmes politiques qu’épouse le marché du libre-échange et qui ont rendu la vie et le travail bien plus difficile pour un grand nombre de personnes ces dernières décennies, ont simultanément produit plus de managers grassement payés, de telemarketers, de bureaucrates de compagnies d’assurance, d’avocats et de lobbyistes qui ne font absolument rien de productif de leurs journées. Le journaliste travailliste Chris Brooks s’est entretenu avec David Graeber afin de savoir comment tant de ces boulots inutiles ont pu même apparaître et ce que cela veut dire pour les activistes socialistes.

Dans votre livre, vous faites la distinction entre les boulots inutiles et les boulots de merde. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cette différence entre les deux ?

C’est assez facile: les boulots de merde sont justes des boulots durs, pénibles. Un de ceux que vous ne voudriez jamais avoir, des boulots qui brisent le dos, sous-payés, mal appréciés, dont ceux qui les font sont traités irrespectueusement. En fait, pour la plupart, les boulots de merde ne sont pas des boulots inutiles dans le sens de leur inutilité, de leur non-sens, parce qu’en fait ils impliquent faire quelque chose de particulièrement utiles: conduire les gens, construire, prendre soins des gens, nettoyer après eux…

Les boulots de l’inutile sont souvent bien payés, impliquent de beaux packages d’avantages, on vous traite comme quelqu’un d’important et comme quelqu’un qui fait quelque chose qui doit être fait, mais en fait, vos savez que ce n’est en rien le cas. Donc en ce sens, ils sont à l’opposé les uns des autres.

Combien de ces boulots de l’inutile pensez-vous qu’on pourrait éliminer et quel genre d’impact cela aurait-il sur la société ?

En fait la plupart d’entre eux, c’est là toute l’affaire. Les boulots inutiles sont ceux où les personnes les faisant pensent secrètement que si le boulot (ou même parfois l’activité entière à laquelle ils appartiennent)  disparaissait, cela ne ferait aucune différence ou peut-être, comme ce serait le cas avec les telemarketers, les lobbyistes et bien des boulots des firmes du droit des affaires, le monde n’en serait que meilleur.

Et ce n’est pas tout: pensez à tous les gens travaillant vraiment en soutien de ces boulots de l’inutile, qui nettoient leurs burlingues et leurs bâtiments, qui en font la sécurité et qui les chaperonnent, s’occupant des dégâts psychologiques occasionnés sur des personnes travaillant dur dans des fonctions illusoires ne servant à rien. Je suis certain qu’on pourrait éliminer la moitié des boulots qu’on fait et que cela aurait des effets positifs sur tout, ainsi que sur l’art, la culture et l’environnement.

J’ai été fasciné par la connexion que vous avez faite entre la montée de ces boulots de l’inutile et le divorce productivité du travailleur et salaire. Pouvez-vous expliquer ce processus et comment cela s’est développé ces dernière décennies  ?

Honnêtement, je ne suis pas sûr du tout de l’aspect novateur de ceci. La question n’était pas tant celle de la productivité, au sens économique du terme, que le bénéfice social. si quelqu’un nettoie, prodigue des soins infirmiers, cuisine ou conduit un bus, on sait exactement que ce qu’ils font est important. Ce n’est pas aussi clair et net pour un manager de département d’entreprise ou un consultant financier. Il y a toujours eu quelque chose d’inversé dans la relation entre l’utilité d’une forme donnée de travail et la compensation reçue. I y a quelques exceptions bien connues à cette règle comme les médecins et les pilotes de ligne, mais en général ceci demeure vrai.

Ce qui s’est produit a été moins un changement de schéma qu’une vaste inflation du nombre de ces boulots inutiles et relativement bien payés. Nous nous référons ici de manière erronée à la montée de l’économie du service, mais la plupart des boulots du service sont utiles et mal payés, je parle ici des serveuses, serveurs, des chauffeurs uber, des coiffeurs etc… et leur nombre n’a pas grandement varié. Ce qui a bien changé est le nombre de boulots bureaucratiques et de gestions, qui semble avoir triplé par rapport à la proportion de travailleurs au siècle dernier. C’est là, dans ce domaine que surgissent ces boulots de l’inutile.

Kim Moody argumente que la hausse de la productivité et la baisse de salaire ont plus à faire avec les techniques d’intensification du management, comme la production à point et la technologie de surveillance qui régit les travailleurs, qu’avec l’automatisation du travail. Si cela est vrai, alors il semble que nous soyons coincés dans un cercle vicieux d’entreprises créant toujours plus de boulots inutiles pour gérer et régenter les travailleurs, rendant leur travail par là toujours plus merdiques. Qu’en pensez-vous ?

C’est définitivement vrai si on prend on considération Amazon ou UPS ou Wallmart. Je suppose qu’on pourrait dire que les boulots de supervision qui causent l’accélération du service ne sont pas vraiment des boulots inutiles parce qu’ils font quelque chose, même si c’est par le truchement de quelque chose qui n’est pas bien sympa. Si la robotisation de l’industrie a vraiment causé de gros gains en productivité dans la plupart des secteurs, ce qui veut aussi dire qu’il y a moins d’ouvriers, bien que ceux qui demeurent soient mieux payés que ceux des autres secteurs de manière générale.

Quoi qu’il en soit, dans tous ces domaines, il y a la sérieuse tendance à ajouter des niveaux inutiles de gestion entre le patron, ou les gens du pognon et les ouvriers, les travailleurs et en bien des points, leur “supervision” n’accélère en rien quoi que ce soit, cela aurait même plutôt tendance à ralentir les choses. Ceci est prouvé encore plus vrai lorsqu’on bouge vers le secteur de l’assistance qu’elle soit médicale, éducative, sociale. Là la création de boulots inutiles et le processus concomitant de rendre inutile le travail réel est rampant, forçant les infirmières, les médecins, les enseignants à remplir des formulaires administratifs sans fin tout au long de la journée. Ceci a pour effet de ralentir la productivité. C’est ce qu’en fait montrent les statistiques: la productivité dans l’industrie explose le plafond avec les profits qui vont avec, tandis que dans le secteur des services sociaux et éducatifs, la productivité décline, donc les prix grimpent et les profits ne se dégagent qu’en pressant sur les salaires, ce qui explique en retour pourquoi il y a tant de grèves et de mécontentement chez les enseignants, les personnels médicaux et même les médecins dans bien des parties du monde.

Un autre de vos arguments est celui de la structure féodale de l’entreprise moderne loin de l’idéal hypothétique du capitalisme de marché. Que voulez-vous dire par là ?

Quand j’étais au lycée, on m’a enseigné que le capitalisme voulait dire que des capitalistes, propriétaires des moyens de production, comme disons des usines, louaient de la main d’œuvre pour produire des choses et ensuite les vendaient. Ils ne pouvaient donc pas trop payer leurs ouvriers afin de dégager un bénéfice, mais ils devaient les payer suffisamment pour qu’ils puissent acheter ce qu’ils produisaient. Par contraste, le féodalisme c’est quand vous prenez votre profit directement, en facturant des loyers, des frais, des dûs, tournant les gens en esclave de la dette ou en les secouant durement économiquement.

De nos jours, la très vaste majorité des bénéfices d’entreprises ne provient pas de ce qui est produit et vendu, mais de la “finance” ce qui est un doux euphémisme pour dire “la dette des autres”, facturant des loyers, des frais, des agios etc… C’est du féodalisme dans sa définition la plus primaire et classique. “l’extraction directe juridico-politique”, comme ils le disent parfois si bien.

Ceci veut aussi dire que le rôle du gouvernement est bien différent. Dans le capitalisme classique, celui-ci ne fait que protéger la propriété privée et peut-être aussi régule la main d’œuvre pour que ce ne soit pas trop difficile, mais dans le capitalisme financier, vous tirez vos bénéfices du système légal et judiciaire, ainsi les lois, règles et réglementations sont absolument cruciales, vous avez en permanence besoin que le gouvernement vous soutienne alors que vous secouez toujours plus les gens pour toucher les dividendes de leurs dettes.

Ceci aide aussi à expliquer pourquoi les enthousiastes du marché ont tort lorsqu’ils affirment qu’il est impossible ou du moins très peu probable que le capitalisme ne produise des boulots inutiles.

Oui, exactement. De manière amusante, les libertariens et les marxistes tendent à m’attaquer sur ces positions, la raison en est que ces deux idéologies opèrent toujours sous une conception du capitalisme qui a existé peut-être dans les années 1860: plein de petites entreprises en concurrence pour produire et vendre des trucs. C’est toujours partiellement vrai si vous parlez de restaurants et il est vrai que ce type d’entreprises ne vont pas employer de la main d’œuvre dont ils n’ont pas besoin. Mais si vous parlez des grandes entreprises qui dominent l’économie de nos jours, celles-ci opèrent sous une logique totalement différente. Si les bénéfices sont créés par les frais, les loyers et en créant et en demandant le recouvrement de la dette, si l’État est impliqué dans l’extraction du surplus, alors la différence entre la sphère politique et la sphère économique a une sérieuse tendance à se dissoudre. Acheter la loyauté politique pour vos plans d’extraction est en soit une action économique.

Il y a aussi des racines politiques à la création des boulots inutiles. Dans votre livre vous citez  de manière frappante le président Obama. Pouvez-nous nous parler de cette citation et ce qu’elle implique au sujet de la politique de soutien à ces boulots de l’inutile ?

Lorsque j’ai suggéré qu’une des raisons pour que ces boulots inutiles existent est l’utilité politique pour certaines personnes puissantes, alors bien entendu, on m’a accusé d’être paranoïaque et d’être un théoricien du complot., même si ce que j’écrivais était en fait une anti-théorie du complot, pourquoi les riches et puissants ne se rassemblent-ils pas et ne font ils rien au sujet de ce problème ?

La citation d’Obama fut comme l’arme du crime au canon encore chaud à cet égard, il avait dit en substance “bon tout le monde dit qu’une assurance maladie a ticket simple serait bien plus efficace, mais pensez un peu, nous avons des millions de personnes qui travaillent dans ces boulots avec toutes ces firmes en concurrence à cause de toute cette redondance et de toute cette inefficacité. Que va t’on faire de tous ces gens ?” Il avait alors admis que le libre-échange, la loi du marché libre était moins efficace, dans le secteur de la santé du moins et que c’était précisément le pourquoi de sa préférence: cela maintenait en place ces boulots de l’inutile.

C’est intéressant de constater que vous n’entendez jamais de politiciens parler de boulots manuels, là c’est toujours la loi du marché pour en éliminer autant que possible, ou couper leurs salaires et s’ils souffrent, et bien il n’y a vraiment rien qu’on puisse faire. Par exemple, Obama ne se préoccupait pas des ouvriers de l’industrie automobile rendus au chômage ou qui devaient consentir à d’énormes sacrifices sur les salaires juste pour garder leur boulot après que leur industrie ait été renflouée. Donc certains boulots ont vraiment plus d’importance que d’autres.

Dans la cas d’Obama il est assez clair pourquoi: comme l’a récemment fait remarquer Tom Frank, la parti démocrate a pris une décision stratégique dans les années 1980 de larguer la classe laborieuse qui le soutenait et de la remplacer par la caste de la classe moyenne gestionnaire. c’est maintenant la base de l’électorat du PD ; et bien entendu, c’est exactement la strate de la société où sont concentrés tous les boulots inutiles…

Dans votre livre vous insistez que ce ne sont pas seulement les démocrates qui sont institutionnellement investis des boulots inutiles, mais les syndicats également. Pouvez-vous expliquer comment les syndicats ses ont investis à soutenir et à faire proliférer tous ces boulots de l’inutile et qu’est-ce que cela veut dire pour les activistes syndicalistes ?

Ils avaient l’habitude de parler d’édredon de plumes, d’insister sur l’emploi de travailleurs non nécessaires. Bien entendu, toute bureaucratie aura tendance à accumuler un certain nombre de positions bidons. Mais ce dont je voulais parler était simplement la demande constante pour “plus de boulots” comme étant la solution de tous les problèmes sociaux.

C’est toujours ça que vous pouvez demander sans que personne n’y objecte, vous demandez à être autorisé à gagner votre part. Même la célèbre marche de Martin Luther King Jr sur Washington fut nommée la “marche du travail et de la liberté”, parce que si vous avez le soutien des syndicats, alors la demande pour plus de boulot doit figurer. Et paradoxalement, si les gens bossent en free lance ou dans des coops et ben ils ne sont pas syndiqués n’est-ce pas ?…

Depuis les années 1960, il y a eu une lignée radicale qui a toujours vu les syndicats comme partie du problème et non pas de la solution pour cette raison. Mais je pense que nous devons penser à ce problème en des termes plus larges: comment les syndicats qui autrefois revendiquaient moins d’heures de travail, moins de travail, en sont venus à accepter cet échange bizarre entre hédonisme et puritanisme, ce sur quoi est fondé le capitalisme de consommation, que le travail devait être “dur” (ainsi les bonnes gens sont “ceux qui travaillent dur”) et que le but du travail est la prospérité matérielle et que nous devons souffrir pour gagner le droit de consommer jouets et gadgets.

Dans votre livre vous parlez en longueur de la fausse vision conceptuelle traditionnelle de la classe laborieuse. Vous argumentez que les boulots cols bleus ont plus ressemblé au travail avec les femmes plutôt que celui des hommes en usine. Ceci veut dire que les travailleurs des transports en commun ont plus de choses à voir avec les boulots d’aide sociale ou d’enseignant que de porteurs de briques sur un chantier. Pouvez-vous nous en parler plus et aussi comment cela se connecte t’il avec les boulots inutiles ?

Nos sommes obsédés par l’idée de “production” et de “productivité” (qui doit “croître”, d’où le terme de “croissance”), ce qui je le pense a une origine théologique. Dieu a créé l’univers. Les humains sont condamnés à devoir imiter dieu en créant leur propre nourriture et leurs vêtements, etc, le tout dans la douleur et la misère. Ainsi nous pensons le travail en matière de sa “productivité”, même l’industrie de l’immobilier ! alors qu’en fait, un simple moment de réflexion devrait nous montrer que le travail n’est pas faire quelque chose, mais que c’est nettoyer et polir et surveiller et faire attention, aider et maturer et réparer et prendre soin des choses.

Vous fabriquez une tasse ou un bol une fois ; vous la lavez mille fois. C’est ça le boulot essentiel de la classe laborieuse. Il y a toujours eu beaucoup plus nourrices, de cireurs de chaussure, de jardiniers, de ramoneurs, de prostituées, de nettoyeurs et de bonnes, que d’ouvriers d’usine.

Et oui, même les contrôleurs de tickets de métro, qui semble n’avoir plus rien avoir à faire avec les poinçonneuses automatiques, sont vraiment là au cas où un enfant se perde, quelqu’un soit malade, ou calmer un pochetron qui ennuie les usagers… Pourtant nous laissons tout cela livré à nos théories de la valeur, ce qui revient toujours à la “productivité”.

Je suggère l’inverse, comme les économistes féministes l’ont suggéré, nous pourrions penser au travail d’usine comme un boulot d’attention, parce que vous voulez construire des voitures ou construire des routes pour que les gens puissent aller là où ils doivent. Il est certain que quelque chose de similaire est sous-jacent le sens que les gens ont de leur boulot en tant que “valeur sociale”, je dirais même plus, que rien n’a de valeur sociale s’ils ont un boulot de l’inutile.

Il est très important à mon sens de commencer à reconsidérer la valeur sociale que nous attachons au travail entrepris et accompli et ceci va devenir encore plus important alors que l’automatisation rend le travail d’attention encore plus important, spécifiquement parce que cela représente les zones que nous ne voudrions pas être automatisées. On ne voudrait pas de robots s’occupant du poivrot du coin ni pour réconforter un enfant perdu. Nous devons voir la valeur sociale dans le type de boulot qu’on ne voudrait voir que des humains faire.

Quelles sont les implications de votre théorie des boulots inutiles pour les activistes du travail ? Vous dites qu’il est difficile de se représenter quelle forme pourrait prendre une campagne contre les boulots de l’inutile, mais pouvez-vous lancer quelques idées et manières dont les syndicats et les activistes pourraient se servir pour affronter ce problème ?

Je voudrais parler de “la révolte des classes attentives”. La classe laborieuse a toujours été une classe de l’attention, non pas parce qu’elle fait l’essentiel du boulot d’attention, mais aussi parce que, peut–être en résultat, elle ressent plus d’empathie que la classe des riches. Bon nombre de recherches psychologiques le démontrent. Plus vous êtes riche, le moins compétent vous êtes à même comprendre les sentiments des autres. Alors essayer de repenser le travail, non pas en tant que valeur de profit ou une fin en soi, mais comme un matériel d’extension de l’attention qu’on porte à la société, est un bon début.

Je proposerai même que nous remplacions les termes de “production” et de “consommation” par les termes d’ “attention, apporter des soins” et “liberté”, porter attention est ultimement dirigé vers le maintien du niveau ou l’augmentation du niveau d’une personne ou de la liberté d’autrui, tout comme une mère prend soin de ses enfants, pas seulement pour qu’ils soient en bonne santé, croissent et fleurissent, mais dans l’immédiat pour qu’ils puissent jouer, ce qui est l’expression ultime de la liberté.

Ceci est pour le long terme. Dans un sens plus immédiat, je pense que nous devons nous figurer comment nous opposer à la domination des gestionnaires professionnels, pas seulement dans les organisations de gauche existantes, bien que dans bien des cas comme celui du PD, je ne sais pas si on peut les appeler “la gauche”, et donc, nous opposer effectivement à la croissance de l’inutile.

Maintenant, les infirmières en Nouvelle-Zélande sont en grève et un de leurs problèmes majeurs est celui-là: d’un côté leur salaire réel a diminué, mais d’un autre, elles pensent aussi qu’elles passent trop de temps à remplir des formulaires et qu’elles n’ont plus de temps de s’occuper de leurs malades. Ceci représente parfois plus de 50% du travail de bon nombre d’infirmières.

Les deux problèmes sont liés parce que bien sûr l’argent qui aurait normalement été utilisé pour maintenir leurs salaires est maintenant détourné pour engager de nouveaux administrateurs inutiles qui alors les emmerdent avec toujours plus de conneries et de paperasserie juste pour justifier l’existence de leur activité.. Mais souvent, ces administrateurs sont représentés par les mêmes partis, parfois les mêmes syndicats !

Comment peut-on sortir un programme pratique pour contrer ce genre de chose ? Je pense que cela est une question stratégique très très importante.

Education sous Nouvel Ordre Mondial: La vaste fumisterie élitiste de Parcoursup et de ses sponsors privés…

Posted in actualité, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, science et nouvel ordre mondial, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 31 août 2018 by Résistance 71

L’escroquerie de Parcoursup inféodé au “marché”

 

Anonyme

 

31 août 2018

 

Bon, voilà, l’idée principale pour détruire Parcoursup, c’est qu’il faut dénoncer le fait que son vrai objectif n’est pas d’orienter les étudiants, mais de réduire les places à l’université et dans les prépas d’écoles en fonction des débouchés c’est à dire du taux d’insertion.

Ci-dessous quelques éléments qui appuient le fait que Parcoursup a été créé pour permettre de réduire les capacités d’accueil en fonction du taux d’insertion: 

Le 25 mai 2018, ( 3 mois après la mise en place de Parcours Sup), un président d’université avoue qu’il va faire exprès de réduire sa capacité d’accueil dans son université pour que l’insertion à l’emploi soit de 100%. Donc ce président veut réduire la capacité d’accueil en fonction des débouchés.

il dit que le taux d’insertion est un critère de qualité d’une formation, et que pour une formation qui accueille 69 élèves c’est 100% de taux d’insertion de réussite, par contre si on ajoute 15 élèves de plus, c’est 90% de taux d’insertion de réussite donc le taux d’insertion baisse, donc le KPI (Key Performance Indicator) baisse aussi:

« On pourra d’ailleurs fixer cette capacité d’accueil en fonction d’un objectif particulier. Par exemple, 68 places permettront d’avoir 100% d’insertion, alors que 15 places permettront en plus d’avoir un taux de réussite de 90% »

« Au final, la réduction des capacités d’accueil est une réponse efficace »

« toutes les formations ont donc intérêt à progressivement réduire leur nombre de places… »

http://blog.educpros.fr/julien-gossa/2018/05/25/parcoursup-les-universites-font-leur-marche/ 

« Au plus ces trois indicateurs  (dont le taux d’insertion est un des trois indicateurs) sont élevés, au plus la formation sera considérée comme performante »

« l’insertion dépend essentiellement de facteurs extérieurs à la formation, comme le nombre d’emplois disponibles dans le secteur de la formation… »

http://blog.educpros.fr/julien-gossa/2018/05/25/parcoursup-les-universites-font-leur-marche/

Le président rêve de formations avec uniquement 15 places de disponibles :

« Avec une capacité d’accueil d’un groupe TP (15), son taux de réussite sera de 90%

Les taux de pression et d’insertion seront aussi de 95% et 100% »

http://blog.educpros.fr/julien-gossa/2018/05/25/parcoursup-les-universites-font-leur-marche/

Pourquoi il ne veut pas ajouter 30 places de plus :

« En ouvrant un groupe TD (30), on pourra notamment remarquer l’écroulement du taux d’insertion de la filière normale, dont les diplômés auront un désavantage certains sur le marché du travail « http://blog.educpros.fr/julien-gossa/2018/05/25/parcoursup-les-universites-font-leur-marche/

Là, encore, on réduit les places en fonction des débouchés

On pourra d’ailleurs fixer cette capacité d’accueil en fonction d’un objectif particulier. Par exemple, 68 places permettront d’avoir 100% d’insertion, alors que 15 places permettront en plus d’avoir un taux de réussite de 90% »

« Au final, la réduction des capacités d’accueil est une réponse efficace

Toutes les formations ont donc intérêt à progressivement réduire leur nombre de places… »

« Parcoursup est une avancée selon le cadre théorique d’un marché parfait, totalement dérégulé, et que le choix rationnel sur le plan économique pour une formation est de réduire sa capacité d’accueil »

http://blog.educpros.fr/julien-gossa/2018/05/25/parcoursup-les-universites-font-leur-marche/

= = =

Rentrée des classes du MEDEF

Anonyme

Le patron du Medef Pierre Gattaz a publié un article pour soutenir la réforme du Bac de Blanquer et la sélection à l’Université

Le patron du MEDEF veut la fin de l’université pour tous

sources http://www.a-droite-fierement.fr/pierre-gattaz-les-verites-interdites/

https://www.capital.fr/economie-politique/ces-idees-deroutantes-selectionnees-par-pierre-gattaz-pour-emmanuel-macron-1241685

«Il faut que l’université s’adapte aux besoins du marché du travail»

https://radio-dzair.com/il-faut-que-luniversite-sadapte-aux-besoins-du-marche-du-travail-qui-va-tout-droit-vers-le-numerique/

.«Depuis quelques années, on observe de plus en plus de collaboration entre l’université et le marché de l’emploi, dont les entreprises. L’éducation étant un service public, il est néanmoins légitime de lancer le débat sur la place qu’elle devrait occuper dans les besoins du marché.

http://espritsimple.com/?p=2916

Le système d’éducation est toujours menacé par un utilitarisme latent. J’ai vécu à l’université assez longtemps pour toucher du doigt cette tendance tous les jours. Chez les étudiants, chez les collègues, à la direction de l’université, peu importe, partout, on est toujours tenté par la préparation au marché du travail tel qu’on l’imagine à ce moment.

http://www.ledevoir.com/societe/education/506633/les-cegeps-sont-encore-menaces-par-ceux-qui-veulent-les-soumettre-aux-besoins-du-marche-du-travail-selon-guy-rocher

Le gouvernement veut baisser le nombre d’heures de cours dans les lycées

http://www.leparisien.fr/societe/moins-d-heures-de-cours-dans-les-lycees-01-07-1998-2000140630.php

Les enseignants protestent contre la réforme du Bac de Macron qui va entrainer la diminution du nombre d’heures de cours dans les lycées

https://www.francebleu.fr/infos/education/tours-manifestation-d-une-cinquantaine-d-enseignants-du-lycee-albert-bayet-1516896204

les lycéens de seconde avec le BAC 2021 perdront un mois d’heures de cours pour faire des tests de troisième sur ordinateur où seul un ordinateur le servira de prof et les répondra, comme cela fera réduire le budget de l’éducation nationale

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Bac2021/48/0/Fiche_Test_2nde_958480.

les lycéens mèneront une vie déréglée avec professeurs non remplacés, centaines voire milliers d’élèves sans-affectation faute de place dans les lycées, professeurs mal formés… Voilà la réalité à laquelle sont confrontés deux-millions et demi de lycéens en cette rentrée. À cela s’ajoutent les conséquences de la formation des enseignants, ou nos jeunes professeurs savent désormais bien rarement tenir une classe et faire preuve de pédagogie.

https://unl13.wordpress.com/2011/10/03/mobilises-les-lyceens-refusent-de-payer-une-cirse/

Parcoursup éliminera les redoublants lycéens même s’ils ont des bonnes notes

https://twitter.com/les_repliques/status/987721516547805185/photo/1

l’expression lycéenne sera muselée

https://questionsdeduc.wordpress.com/2018/04/09/une-enquete-sur-la-presse-lyceenne/

https://collectif-aede.org/on-en-parle/une-nouvelle-enquete-sur-la-liberte-de-publication-des-journaux-lyceens-autocensure-et-non-respect-des-droits-5194

Le rattrapage au bac pourrait être supprimé pour 2021

http://www.huffingtonpost.fr/2018/01/08/le-rattrapage-au-bac-pourrait-etre-supprime-pour-2021_a_23326956/?utm_hp_ref=fr-baccalaureat

Sarkozy avait aussi tenté à cette époque en même temps que la privatisation des universités de lancer la sélection des universités.

« Alors que depuis près de quarante ans, les principales tentatives des différents gouvernement d’instaurer la sélection à l’université ont été balayées par des grèves et manifestations, la réforme Précresse-Sarkozy sur l’université revient sur le droit à étudier dans la filière de son choix »

https://www.legrandsoir.info/LRU-Reforme-Pecresse-Sarkozy-de-l-Universite-unite-pour-exiger.html

Sarkozy voulait déjà des formations avec seulement 2 places !

« Pourquoi sélectionner ? Sarkozy donne lui-même la réponse : « Vous avez le droit de faire de la littérature ancienne, mais le contribuable n’a pas forcément à payer vos études de littérature ancienne si au bout il y a 1000 étudiants pour deux places »

https://www.legrandsoir.info/LRU-Reforme-Pecresse-Sarkozy-de-l-Universite-unite-pour-exiger.html

l’Université de Lyon identifiera ainsi les laboratoires et les candidats docteurs en fonction de leur expertise et des besoins des entreprises (donc même les places au doctorat sera décidé par le MEDEF qui réduira le nombre de places en fonction du besoin des entreprises)

Bruno Coulmance, Directeur du Consulting Innovation d’Ayming commente : « Ce partenariat inédit université-entreprise est une formidable opportunité pour les entreprises d’être accompagnées par les universités pour recruter et intégrer les meilleurs profils afin d’améliorer leur innovation et leur R&D et d’accélérer la mise sur le marché de leurs produits.»

http://presse.ayming.com/communique/163294/Ayming-l-Universite-de-Lyon-partenaires-pour-recrutement-de-profils-doctorants-Docteurs?EMAILID=18985082

Quand le Medef pose son cartable à l’université

Merci patron ! Depuis un an et demi, le gouvernement, sous couvert de favoriser l’insertion professionnelle des étudiants, n’en finit plus de confier les clés des facs aux entreprises. Pas un mois ne passe sans que la ministre de l’Enseignement supérieur, ne célèbre ce « rapprochement » entre les universités et « les acteurs économiques » (les entreprises) .

https://www.humanite.fr/societe/quand-le-medef-pose-son-cartable-l-universite-555864

Le Medef critique les formations universitaires et réclament qu’elles répondent davantage aux besoins des entreprises

https://www.lesechos.fr/17/04/2001/LesEchos/18385-019-ECH_licences-professionnelles—les-universites-jouent-le-jeu.htm

les universités de France se soumettent au MEDEF qui veut réduire les places en fonction des débouchés:

le Medef signe un partenariat avec l’Université de Bretagne Sud.

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/morbihan/universite-de-bretagne-sud-partenariat-avec-le-medef-19-06-2012-1743141.php#Z7Gg8L49XolgWBft.99

Le Medef signe des partenariats avec les universités de Versailles

http://www.ac-versailles.fr/cid113317/partenariat-avec-medef.html (bizarrement la source a été censurée)

Le Medef signe un partenariat avec L’Université Jean Monnet

https://www.univ-st-etienne.fr/fr/tous-les-faits-marquants/annees-precedentes/annee-2010-2011/signature-d-une-convention-entre-l-universite-jean-monnet-et-le-medef.html

Le Medef signe un partenariat avec l’université de Lille

http://www.univ-lille1.fr/Accueil/Entreprise/partenaires/

Le Medef signe un partenariat avec l’université Lyon 1

https://www.aderly.fr/2008/04/article-2055-charte-de-partenariat-entre-l-8217-universit-201-lyon-i-et-le-medef/

Le Medef signe un partenariat avec l’université d’Evry

http://alaune.univ-evry.fr/evenement/partenariat-medef-ueve/

Le Medef signe un partenariat avec l’université de Nanterre

http://www.parisnanterre.fr/presentation/partenaires-552928.kjsp

Le Medef signe un partenariat avec l’université Paris Descartes

http://www.mondedesgrandesecoles.fr/l%e2%80%99action-du-medef-ile-de-france/

http://www.masterirh.org/le-master/notoriete/

Le Medef a signé un partenariat avec l’université Clermont-Auvergne (voir présentation formation)

http://www.uca.fr/formation/nos-formations/catalogue-des-formations/licence-professionnelle-metiers-de-la-gestion-et-de-la-comptabilite-comptabilite-et-paie-10138.kjsp?RH=1396003096371#programContente7b46f2a-a68e-418c-ab4c-f680dd11ac1c-1

Une université de Versailles et son partenaire entreprise industriel Valeo ont été récompensés ensemble par Pierre Gattaz, président du MEDEF dans le cadre des meilleures initiatives partagées universités/entreprises.

http://www.uvsq.fr/l-uvsq-et-son-partenaire-industriel-valeo-ont-ete-recom

l’Université de Lyon fait des partenariats avec BAYER- Monsanto  et le MEDEF et la banque populaire

http://iut.univ-lyon3.fr/partenariats-174193.kjsp?RH=1202810969654&RF=1203588127902

Safran l’industrie militaire française et l’Université Paris-Sud signent une convention de partenariat

http://www.publicnow.com/view/712A83F2EF49DFA1B814ED1112381625E07F4FA5

Thales et Safran s’associent dans l’optronique militaire

M. Sarkozy avait appelé à cette consolidation du secteur de la défense.

https://www.lemonde.fr/economie/article/2011/12/21/thales-et-safran-s-associent-dans-l-optronique-militaire_1621112_3234.html

Bayer- Monsanto fait un partenariat avec l’université de Strasbourg

http://www.industrie.com/chimie/bayer-le-cnrs-et-l-universite-de-strasbourg-collaborent-dans-le-fluor,54087

Le Medef encourage les universités à devenir dépendantes des entreprises industriels pour leur formation.

L’objectif principal du Medef est de mettre en place un Comité d’Orientation Université-Entreprises Régional comprenant des représentants du Medef et d’obtenir une sorte de « label Medef » dans la construction et la réhabilitation de ces diplômes

les licences pro deviennent, progressivement, le modèle des licences en général, c’est progressivement toutes les

formations qui devront être « certifiées Medef » avant l’envoi des maquettes au ministère.

https://fsu-nancy2.blogspot.fr/

Sarkozy a lancé la loi LRU en 2007 pour ruiner les universités et les obliger à se privatiser.

Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur a été la première en tant que directrice de l’université de Sophia Antipolis à lancer la privatisation

(amener l’université Sophia Antipolis à faire des partenariats avec des écoles de businness et de commerce).

Quand Vidal ancienne présidente d’université Sophia Antipolis a obligé l’université Sophia Antipolis à renoncer à son indépendance pour faire des liens avec les multinationales privées et c’est celui qui a amené le patronat à la choisir comme ministre de l’enseignement supérieur par Macron de Rothschild:

Frédérique Vidal va monter au front, s’engageant notamment à convaincre les entreprises azuréennes de participer au projet de l’université Sophia Antipolis. Elle n’hésitera pas à expliquer et réexpliquer pourquoi il était important que les PME comme les grands groupes industriels apportent leurs implications à l’université et leurs projets d’entreprises privés industriels dans le projet université. L’objectif avait alors été de convaincre 150 d’entre elles d’écrire noir sur blanc de quelle façon leurs propres investissements s’inscrivaient en droite ligne dans les axes définis par l’Université Côte d’Azur (l’université côté d’azur est l’association de l’université Sophia Antipolis avec les écoles de commerce) notamment sur le numérique, l’espace, l’environnement, ou le territoire intelligent.

Ce regard bienveillant de Frédérique Vidal, directrice de l’université côte d’azur envers les entreprises c’est aussi ce qui a permis à Frédérique Vidal d’emporter les suffrages du côté du patronat. Philippe Renaudi, le président de l’UPE06, estime que la nomination par Macron de Frédérique Vidal est « une excellente nouvelle ». Car justement, « elle a le souci et l’inquiétude des besoins des entrepreneurs, elle sait être à l’écoute ».

Frédérique Vidal s’est aussi fortement engagée auprès de l’entreprise industriel cluster EducAzur- EdTech qui veut devenir le n°1 français

Frédérique Vidal arrive donc au gouvernement, auréolée de ses actions fortes pour le territoire azuréen universitaire en faveur des multinationales. Appliquera-t-elle la même méthode du mariage des universités avec les entreprises au niveau national ?

Il va sans dire que tous ceux qui militent pour l’abolition de la frontière entre le monde universitaire et le monde économique des entreprises sont désormais tournés vers Paris

https://marseille.latribune.fr/economie/2017-05-17/frederique-vidal-la-scientifique-qui-a-depoussiere-l-universite-nice-sophia-antipolis-715885.html

Comme on peut le voir, le mariage des universités avec les entreprises a inévitablement conduit à des formations qui ne répondent plus à la connaissance elle même mais qui servent les intérêts des entreprises et créent le minimum de places dans les formations en fonction des débouchés.

Donc Parcoursup est une arnaque, car il réduit les places d’accueil en fonction des débouchés, voilà pourquoi Macron dès le début de l’année scolaire et donc sans savoir les notes d’aucun lycéen de terminale puisque l’année scolaire n’avait même pas commencé,  a déclaré que c’était la fin du mythe de l’université pour tous.(l’a annoncé en août 2017 même

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/08/30/01016-20170830ARTFIG00337-emmanuel-macron-souhaiterait-la-fin-du-mythe-de-l-universite-pour-tous.php)

Retour à la réalité: le déclin de l’empire américain ou l’imbécilité programmée…

Posted in actualité, crise mondiale, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 31 août 2018 by Résistance 71

Jamais facile pour quelqu’un qui aime son pays de regarder la réalité en face, de ne pas se voiler la face et de dire les choses telles qu’elles sont, sans fioritures… Mais c’est à ce prix qu’on peut avancer et progresser, réellement.
Ceci dit, Duff parle de ce qu’il connaît bien, mais il est clair que son analyse transfère et s’applique très bien au monde occidental en général puisque que celui-ci est un satellite de l’empire marchand yankee qui force ses « valeurs » mortifères et obsolètes au reste du monde.

~ Résistance 71 ~

 

L’Amérique ou la tyrannie de l’imbécile

 

Gordon Duff

 

26 août 2018

 

url de l’article:

https://www.veteranstoday.com/2018/08/26/america-the-tyranny-of-the-stupid/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les gens dans le monde entier sont convaincus que les Etats-Unis sont une nation gérée par des criminels psychopathes et imbéciles. Une plus grande peur encore est que les leaders du monde assument de manière erronée que leurs contre-parties américaines qui disent et font des choses les plus folles et de manière continue sont, réellement, des gens normaux fonctionnant au sein d’un “maître plan”. Puis, lorsque encore et toujours, un tel plan ne se matérialise jamais et qu’il est démontré que les Etats-Unis sont englués dans une mélasse diplomatique, économique ou militaire pour une raison inconnus, se produit une “remise à jour” et les mauvaises suppositions sont de nouveau faites.

A tout niveau, l’humanité se galvaude à assumer que ceux en charge sont là à cause de leur talent et de leur valeur ou que parce que l’Amérique est riche et puissante, qu’il en va de même pour son peuple à cause d’une supériorité morale et intellectuelle. L’acceptation aveugle de l’exceptionnalisme en soi est une maladie dangereuse Si vous demandez à l’Américain de base quel est son QI, il est prompt à répondre. Invariablement, il dira “140” ou plus. Pourtant, lorsque vous regardez la société américaine et sa culture, l’idée d’une nation de type Mensa est irréaliste.. Les Américains ne sont pas plus stupides que d’autres personnes, ils sont juste bien plus dangereux.

La vérité est que l’Américain moyen a un QI d’environ 96. Il était de l’ordre de 100 auparavant, le chiffre établi comme “moyen”. Environ 40% des Américains sont entre 60 et 85, suffisant pour fonctionner à un niveau de base mais avec une intelligence suffisamment basse pour déranger les fonctions supérieures comme le jugement ou la pensée critique.

C’est là où réside le véritable problème, de ces 40%, un nombre important sort des universités et de ceux qui proviennent de castes supérieures socio-économiques, comme ceux qui proviennent de l’héritage de fortunes, ils n’ont pas seulement accès à des diplômes snobinards, mais le plus souvent sortent de ces “moulins à diplômes”, de ces faux programmes d’études supérieures de la Wharton School of Business, de Yale et de Harvard.

En Grande-Bretagne bien entendu, les “idiots”, et ceci par gentillesse parce que “idiot” est un terme réel avec une véritable définition qui s’applique ici gentiment, vont à Eaton, puis à Oxford et Cambridge.

En Amérique, ceux ayant des capacités limitées sont dirigés vers le commandement militaire, le gouvernement, dans des positions d’enseignement, même en universités et aussi vers la Maison Blanche.

Donc, le vrai talent, la brillance, l’excellence sont remplacés par la malignité et même par des formes variées de déficience morale sur l’échelle de la sociopathie.

Lorsque le monde regarde l’Amérique, “dans le bus vers Barjotville”, il est toujours assumé que le pire doit être nié, repensé afin de le faire disparaître. Même en Amérique, ceux qui ont du talent, par simple besoin de se détourner d’une vérité déplaisante, regardent le plus souvent des imbéciles psychopathes au sein du gouvernement et de l’armée ou pire même, des géants des médias/réseaux sociaux et entreprises de la haute-technologie, comme des “gens normaux”.

Cette forme de déni, de “normalisation” de l’anormal, de l’exaltation de l’idiot, de prendre des vessies pour des lanternes et crier au génie, est en soi une maladie, une faiblesse, un échec et une menace à la survie de notre espèce.

Ce n’est pas un secret que le monde, en tout cas les Etats-Unis, sont dirigés par l’élite économique dont la position sociale est entièrement héritée, une élite qui possède maintenant une poigne puissante sur la vie politique et économique. Leurs origines, les familles banquières de l’Europe moyenne-âgeuses ou les “Barons voleurs” du XIXème siècle, peut-être les familles de l’import-export qui transportèrent esclaves et opium à travers le monde, ceux-là et plus encore, ont donné à l’Amérique une classe dirigeante élitiste qui a démontré de longue date sa dépravation morale. Ce groupe a appris par la manipulation sociale en contrôlant les mouvement eugénistes des années 1920-30, qu’il n’a pas besoin d’utiliser la procréation sélective pour créer des esclaves, que cela peut bien être fait au moyen du système éducatif qu’il contrôle par le truchement de puissantes fondations et groupes de réflexion d’influence (think tanks)

On peut démontrer jusqu’à un certain point que le règne de la terreur nazie a été financé et construit par les élites des Etats-Unis, les familles Bush (NdT: dont le grand-père Prescott qui fut un des banquiers transférant l’argent sur les comptes nazis en Allemagne…), Harriman, Rockefeller, Farish et Walker firent une association avec Hitler et IG Farben. Auschwitz fut un des efforts de ces gens et ce qui commença comme un programme eugéniste devint l’assassinat de masse sous Hitler, seulement pour réapparaître plus tard sous la forme de “Google” et de “Facebook” (NdT: et de toute la branche scientifique de la “génétique” qui n’est qu’une resucée du bon vieil eugénisme des XIXème et XXème siècles jusqu’à 1945…). Entre les deux, les fondations ont réécrit l’histoire, recréé un système éducatif abrutissant allant comme un gant à a société.

Dans le gouvernement américain, le congrès s’est emmuré dans un système de réglementation qui étouffe tout débat et toute velléité de changement, donne tout le contrôle à une poignée d’individus, des chefs de comités de districts isolés et rétrogrades qui dirigent l’Amérique pour l’élite dirigeante et ce depuis des générations.

Une des clefs pour maintenir tout cela fonctionnel fut le remodelage de toutes les institutions en faveur de l’intelligence limitée et “moralement flexible” d’une nation de législateurs, de médecins, de juges de hauts-fonctionnaires de la police, de professeurs d’universités, d’amiraux, de généraux et même de capitaines d’industrie, tous à moitié illétrés.

Le résultat de tout ça a été 50 ans de salaires en déclin, de baisse d’espérance de vie malgré les avancées scientifiques, une société en guerre avec elle-même, radicalisée, superstitieuse et facilement contrôlable.

Renforçant tout ça est la faiblesse humaine du déni, le besoin d’ignorer des défis en apparence insurmontables alors que simplement “aller avec le flot du programme” permet de survivre et quand aussi faire partie du problème peut aussi rapporter gros.

Derrière tout cela se cache le faux narratif, un flot sans fin de patriotisme va t’en guerre bidon, d’exceptionnalisme, tout cela en fait cachant une seule chose: la peur.

Par extension. la technologie elle-même est l’ennemi. Il y a un siècle, lorsque les Etats-Unis étaient en géant industriel en bouton, des millions de personnes travaillaient dans les usines. Là, la hiérarchie n’était pas tant les patrons d’entreprises et leurs contre-maîtres voyous, Ford Motor Company louait les services de violents criminels pour contrôler les ouvriers.

Cela demandait un vrai talent, même une certaine brillance, pour inventer les outils, innover, améliorer les processus ; tout ceci était effectué par une véritable élite au sein de la classe laborieuse. Quiconque aurait pu penser être en charge, rien ne pouvait se passer sans les outils et les fabricants de teinture.

Tout cela parti, les systèmes CAD, la robotique, un monde de gadgets et d’apps, une Amérique faite de fausses universités délivrant de faux diplômes, une armée qui distribue de fausses médailles à de faux héros qui combattent par là-même de fausses guerres, tout ce qui pouvait rester de l’élite naturelle, un “vestige” en fait, a totalement disparu.

Vers le milieu des années 1970, sous le couvert de créer des opportunités pour les minorités, on a descendu la barre des standards, permettant aux moins talentueux de monter et le petit nombre menaçant de ceux capables de quelque chose fut contenu et étouffé. Ceci ne fut pas un accident et n’avait absolument rien à voir avec l’opportunité ou l’égalité.

Ceci avait tout à voir avec l’obéissance et avec la construction d’une société dans laquelle les questions morales n’auraient pas de réponses, ne seraient plus posées et éventuellement disparaîtraient.

La réalité, un congrès d’élus où un QI de 70 n’est pas quelque chose de jamais vu, des académies militaires où l’attitude psychopathe est promue et où ceux qui manifestent les tendances les plus déviantes sont mis en processus accéléré vers les postes de commandement. Le journalisme et son associée de l’industrie du spectacle sont bien pires.

Rien de tout cela n’est arrivé par accident.

Résistance politique: « Du Principe Fédératif » Pierre Joseph Proudhon (version PDF)

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Résistance 71

 

10 juillet 2018

 

Jo de JBL1960 nous propose un très bon pdf du grand classique de Pierre Joseph Proudhon publié en 1863 « Du Principe Fédératif ».

Si nous pensons que Proudhon n’avait pas été assez loin dans sa vision politique d’une société nouvelle, il n’en resta pas moins vrai que cet ouvrage à (re)lire et diffuser sans aucune modération, est une très bonne introduction à la voie de la « société des sociétés ».

PDF

Du_Principe_Federatif_Proudhon

3 textes essentiels de Proudhon en pdf

 

Résistance politique: « La conquête du pain » Pierre Kropotkine version PDF

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Résistance 71

 

7 juillet 2018

 

A l’initiative de Jo de JBL1960 nous republions sous format PDF le remarquable texte de Pierre Kropotkine « La conquête du pain » (1892), texte qui analyse et met en place les fondements de la révolution sociale qui établira enfin la « société des sociétés » si chère à Gustav Landauer (1, 2) et à l’ensemble des anarchistes.

Elle est l’avenir de l’humanité, car il doit être évident maintenant qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir. Texte à lire, relire, méditer et diffuser sans aucune modération.

Bonnes lecture à toutes et à tous !

La_Conquête_du_Pain_Kropotkine