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Résistance au colonialisme: Masque et fierté ancestrale

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Sans visage

 

Ancestral Pride

 

18 janvier 2017

 

url de l’article original:

http://ancestralpride.org/faceless/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ce que je sais du fait que je porte un masque. Il y a des fois, lorsque les gens sont en actions “politiques” ou regardent des photos, des vidéos d’actions directes se rapportant à la défense de la terre indigène ou toute forme de résistance au gouvernement ou aux entreprises, nous sommes masqués. Il y a alors toujours des personnes pour vous questionner comme si elles étaient ces grands arbitres, sur le pourquoi, comment et si vous pouvez participer à la résistance.

Ils ont l’audace de vous demander de la manière la plus abrupte “pourquoi portez-vous un masque ?” “Avez-vous honte de vous-mêmes ?” ou bien “Nos ancêtres ne portaient pas de masques” ou encore “Si vous ne faites rien de mal pourquoi vous cacher ?” et toute la litanie de commentaires usuels relevant de l’ignorance et faite pour nous faire honte, nous diaboliser ou nous tourner en dérision en tant que guerriers. Malgré le fait que cela ne soit en rien leurs affaires et le fait que personne n’a à se justifier envers personne sur les raisons du pourquoi on s’engage dans le combat contre le colonialisme, l’oppression, les extractions minières et de ressources naturelles etc, la façon dont ces personnes le font leur font penser qu’elles ont toujours le droit de recevoir une explication. Ce qui est rageant est que lorsque vous prenez le temps d’expliquer le pourquoi du comment, pourquoi les gens portent des masques, vous vous rendez vite compte qu’en fait leur problème n’est pas l’affaire du masque, mais de ce que vous faites en termes de résistance.

Ceux d’entre nous qui portent un masque n’ont en aucun cas honte de quoi que ce soit, porter un masque signale notre intention, cela ne veut pas dire que nous avons peur, bien au contraire. Le masque est notre vrai visage, le visage du guerrier (NdT: en terme amérindien au travers des difféentes nations, le mot “guerrier” n’existe pas, c’est une invention sémantique occidentale. Le “guerrier” amérindien est “celui qui porte la responsabilité de la paix”…) qui est pleinement éveillé et attentif, qui sait que ce qu’ils font est bien au-delà de leur ego et de tout gain personnel. Le masque montre notre totale engagement, que nous sommes parfaitement conscients du sérieux de la tâche qui nous incombe de protéger la sacralité ancestrale de nos terres, de protéger nos enfants et leur futur.
Je ne peux parler que pour moi-même, mais je pense grandement que ceci peut bien être un sentiment tout à fait partagé par ma famille de la résistance. Je porte un masque parce que lorsque je suis sur la ligne de front, non seulement dois-je me protéger de la guerre chimique en cours, mais je dois aussi me protéger et par extension protéger ma famille d’être reconnus, parce que dans l’état policier fasciste dans lequel nous vivons qui se révèle absolument dans son système judiciaire totalement corrompu et obsolète, miné par un racisme rampant, ils nous détiendront comme prisonnier de guerre simplement pour défendre nos droits inhérents et ceux de défendre la terre et l’eau. Trop de personnes de nos peuples sont déjà en prison et nous ne pouvons plus nous permettre d’avoir toujours plus des nôtres incarcérés et intégrés dans ce complexe militaro-industriel et de la sécurité, créant les esclaves modernes.
Les statistiques montrent clairement que les autochtones constituent une très grande majorité de la population carcérale. (NdT: chiffre encore plus énorme lorsqu’on le rapporte sous forme de ratio par rapport à la population incriminée)

Plus important encore dans mon esprit est que porter un masque est un acte d’amour pour la terre-mère, c’est une façon de montrer notre profond respect d’avoir l’honneur de la protéger. Lorsque vous vous engagez comme guerrier de la terre mère, vous laissez votre identité et votre ego derrière vous. Vous êtes sans nom et sans visage et n’avez besoin d’aucune gloire à rattacher à vos faits d’armes, après tout, vous êtes un guerrier, vous ne faires pas cela pour les selfies et la reconnaissance, en tout cas vous ne le devriez pas. La raison du combat est la protection de la terre ancestrale, l’eau et votre mère, vous combattez pour le futur de votre peuple et non pas pour être reconnu pour que les gens viennent vous lècher les bottes lorsqu’ils vous voient. Ce genre d’arrogance et de prétention n’a aucune place sur les lignes de front des sociétés des guerriers.

Le devoir qui vous incombe en tant que Protecteur est celui d’assurer la continuité de votre culture, de vos traditions et de votre façon de vivre en tant que membre de votre nation ; lorsque vous combattez le colonialisme, l’oppression, le racisme, le néocolonialisme, l’extraction minière et des ressources, le gouvernement illégal (colonial) et parfois votre propre peuple dans sa partie corrompue, cela vous oblige à montrer un front uni avec vos frères et sœurs guerriers qui se tiennennt à côté de vous, quelle est la meilleure façon de montrer au monde, à l’ennemi que vous êtes seul, mais connecté d’une façon qu’ils ne comprendront jamais. Sur le front, où que ce soit, vous devez faire face à des racistes, une police raciste, et d’autres agences dont le seul agenda est de continuer le génocide et de protéger les entreprises, les corporations qui veulent ruiner notre planète avec leur veulerie. Ainsi afin de vous sauvegarder vous et vos camarades de lutte, se masquer est une protection pour tous,

La résistance indigène n’est pas au sujet de l’identité personnelle, de ma propre expérience, ceux qui veulent être le visage de la résistance ou veulent toujours être sous les feux de la rampe sont en général impliqués dans une forme passive de résistance rattachée à de quelconques ONG et ils reçoivent en général une forme de paiement compensatoire pour leur “action de porte-parole natif” et pour délivrer un narratif qui est sûr et bien politiquement correct, dans le moule des paramètres d’une désobéissance civile ou d’une justice sociale acceptables si vous voulez. Ils ou elles ont un bon fond mais ces personnes sont lourdement investies dans le statu quo (oligarchique) et maintiennent de bonnes relations avec les envahisseurs colonisateurs.

La différence entre ce type de natifs et ceux d’entre nous qui se sont dédiés à l’abolition du colonialisme est que nous savons parfaitement que nous sommes un seul guerrier, nous n’essaypns pas de maintenir des relations avec les gens qui gèrent et dirigent les institutions coloniales ou autres, parce que nous savons pertinemment que ces gens ne nous respectent pas, ni nos tactiques et nous ne voulons pas nous inscrire en faux avec des gens qui pensent qu’ils peuvent continuer à nous écraser, parce qu’en réalité nous savons qu’ils ne sont pas d’accord avec une complète décolonisation et qu’ils ne sont en fait engagés que dans ce vieux jeu des conflits d’intérêts et de gains de pouvoir et de contrôle sur autrui. Lorsque nous nous masquons, nous nous protégeons les uns les autres dans les grandes largeurs et nous avons une vision panoramique des choses. Nous sommes une voix et un corps collectifs ayant un but commun. Nos identités n’ont plus aucune importance et n’influent pas sur le résultat et objectif finaux: la libération totale de nos peuples et de nos terres.

Construire une communauté et une culture de résistance n’est pas chose aisée et il y aura toujours des personnes négatives qui questionneront et remettront en cause ce que nous faisons, disons, pourquoi nous masquons-nous, nos actions directes, comment nous créons une économie durable et viable. Ce genre de personnes essaiera même de vous lancer les lois en pleine figure afin de masquer leur propre peur de ce à quoi ressemble un monde en changement. Les lois anti-masques qui ont été passées par le parlement colonial du KKKanada en juin 2013, condamnent jusqu’à 10 ans d’emprisonnement si prouvé coupable ; tout ceci n’est qu’une tactique et une tentative de nous empêcher de faire notre boulot de protecteur et de créer des espaces de sécurité souverains pour nous tous coexister librement de toute forme de surveillance de la part de l’occupation militaire illégale de la terre communément appelée Canaduh…

Ils peuvent bien faire toutes les lois qu’ils veulent pour tenter de nous contrôler, mais le fait est que NOUS N’AVONS PAS PEUR des gouvernements (coloniaux) et des tentatives citoyennes de toujours plus nous opprimer et de nous supprimer en tant que peuple indigène de la terre. Nous ne nous sommes jamais rendus ni n’avons jamais céder nos droits d’exister en tant que Nations. Malgré leurs meileures tentatives de nous éradiquer de la surface de la Terre, de nous contrôler par le programme génodidaire des pensionnats pour Indiens ou de nous briser au moyen de lois scélérates telle la loi sur les Indiens (Indian Act pour la Canada) et ses politiques racistes, nous sommes toujours là, nous avons fleuri et nous ripostons. Nous sommes des prières de chair et de sang.

Nous nous masquons pour être libres, nous nous masquons pour être nous-même de la manière la plus authentique, nous nous masquons pour nous protéger, nous nous masquons pour protéger les êtres qui nous sont chers, nous nous masquons par amour et par respect l’un envers l’autre et envers notre terre-mère, nous nous masquons pour honorer nos ancêtres qui portaient des masques et des peintures de guerre, ainsi le ferons-nous également.

Ne pas avoir peur du masque, mais le respecter.

Avec amour et rage

Ancestral Pride

Red Warrior Society

http://ancestralpride.org/faceless/

Résistance au colonialisme: Red-X et la fin de l’entreprise coloniale USA/Canada (Mohawk Nation News)

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“L’histoire serait une belle chose, si seulement elle était vraie.”
~ Léon Tolstoï ~

“Savons-nous où nous allons ? Oui.
Savons-nous ce qui nous attend ? Oui.
Cela en vaut-il la peine ? Oui.”

“Planter l’arbre de demain, voilà ce que nous voulons.
L’arbre de demain est un espace où chacun se trouve, où tout le monde respecte tout le monde et où la fausse lumière perd sa dernière bataille. Si vous insistez, je vous dirais donc que c’est un endroit ayant la démocratie, la justice et la liberté, voilà ce qu’est cet arbre de demain…”
~ Subcommandante Insurgente Marcos, EZLN ~

 

Red X prédit le dernier président des Etats Unis

 

Mohawk Nation News

 

15 janvier 2017

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/01/15/red-x-last-u-s-president/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Red-X, le grand visionnaire de la 5ème dimension est apparu pour illuminer les gardiens de la porte orientale (NdT: en accord avec Kaia’nere:kowa, la Grande Loi de la Paix, la nation Mohawk, qui est la gardienne de la porte orientale des territoires de la confédération iroquoise, la nation Seneca étant la gardienne de la porte occidentale, ces deux nations ont donc des prérogatives spéciales au sein de la confédération).

Red-X a dit que la grande confusion et le désordre qui sont en cours aux Etats-Unis, sont dûs à la décision de qui sera le nouveau PDG de la corporation coloniale USA ou America Inc. un empire criminel propriété des banquiers de la “couronne” / City de Londres. Nous connaissons les dangers et les faiblesses de cet ennemi qui essaie de flotter autour de nous comme un fantôme.
Red-X prévoit qu’Obama ou Trump sera le tout dernier président de cette entité coloniale. Les Etats-Unis ne remplissent pas les qualifications pour être appelés “un pays”. Ils n’ont pas de terre (NdT: Nous l’avons dit ici même à maintes reprises: Un empire sans terre est un empire à terre! Pour la toute première fois dans l’histoire de l’humanité, un empire est sis sur une terre totalement usurpée, volée à grand renfort d’ethnocide et de génocide, depuis le XVIème siècle en ce qui concerne le sous-continent nord-américain, mieux connu sous son nom natif d’île de la Grande Tortue ou Onowa’regeh et qui englobe ce que sont aujourd’hui par usurpation totale, les USA, le Canada et le Mexique…), celle-ci appartient dans sa totalité aux peuples et nations originelles de la terre ; ils n’ont de plus aucun langage si ce n’est la langue étrangère qu’ils parlent, et en provenance d’Europe.

Le président/PDG de l’entrprise coloniale est élu tous les 4 ans. La corporation USA est enregistrée au Vatican, avec des actionnaires et des investisseurs parties prenantes pour engranger des bénéfices. Cette entité fait frauduleusement du commerce et de l’échange sur le marché des commodités en utilisant des terres et des ressources naturelles volées en garanties de ses transactions.
Ce pseudo-état criminel a mis en place une occupation militaire totalement illégale de la terre.

Les actionnaires veulent un autre PDG. Pour en changer, une corporation doit se dissoudre et tous ses biens et ressources volés doivent retourner à leurs propriétaires légitimes, Onk’we:onweh ou le peuple natif d’Ono’ware:geh.

Red-X s’est gratté le menton et a dit: “espèce de menteurs, tricheurs, voleurs, déguerpissez de notre terre ou vous allez mourir.”

L’empire du crime des Etats-Unis, ses escadrons de la mort et ses portes-flingues seront arrêtés. Ils ne veulent pas vivre en accord avec Kaia’nere:kowa, la Grande Loi de la Paix. Ils nient l’ordre naturel des choses. Ils n’ont cure de l’intérêt général de tout le monde.

Red-X nous a rappelé: “les guerriers de la 5ème dimension accélèrent leurs actions pour assister le peuple originel à mettre en pratique ses instrictions originelles. Ils ne permettront plus d’autre destruction.”

Nous devons mettre un terme à la guerre contre la vérité.

Le peuple est Kaia’ner:kowa, la Grande Loi de la Paix. Le serpent sera tué. Pas par la violence ; mais par la transformation des esprits, de façon à ce que la vérité absolue pénètre tous les esprits et toutes les consciences (NdT: mettons cette dernière phrase en parallèle avec ce qu disait Gustav Landauer lorsqu’il disait que l’État changera pour disparaître lorsque les gens changeront d’attitude à son égard et entrerons en confédération des associations libres, formant librement la société des sociétés… Au-delà des différences culturo-géographiques, ce principe est universel à l’humain et à sa société…).

L’ennemi déposera ses armes de destruction massive et partira.
Red-X a dit qu’une fis que le gouvernement colonial, les commandants militaires, les oligarques et tous leus mignons seront partis, il n’y aura plus de chaos, de fausse histoire ou de fausses nouvelles. Tous ceux qui demeureront en cette contrée vivront “sur le chemin rouge” (NdT: en accord avec le Wampum Deux Rangées, guswenta, accepté puis bafoué fin XVIIème siècle par les Hollandais puis par les Français et les Anglais en 1701 suite à la “Grande Paix de Montréal”)

Puis, le profond Red-X chevaucha son grand aigle argenté, salua et s’en alla vers l’Ouest, vers là où le soleil ne se couche jamais.

Appel à la résistance du sein de l’empire: « Soyons ingouvernables !… »

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Les jours d’après élection et les jours avant la révolution

 

Anarchist Resistance New York City

 

2 janvier 2017

 

url de l’article original:

https://robertgraham.wordpress.com/2017/01/02/anarchist-resistance-after-the-elections-before-the-revolution/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Aujourd’hui, beaucoup de radicaux politiques se demandent comment ils vont bien pouvoir se réveiller avec la présidence de Trump. Mais notre question en fait est de savoir ce que cela veut dire pour la gauche dans ce pays (USA) ? Des mythes paralysant ont maintenant été pulvérisés et cette situation pourrait bien, avec un bon travail, avec passion et une pensée critique claire, mener à une stratégie d’action et un bien plus grand changement politique que voter pour le statu quo. Le changement dont nous parlons est générationnel et aura un bien plus grand effet que tout un chapelet d’élections, aussi répugnantes soient-elles.

Ceux qui voient la grandeur de l’Amérique comme étant misogyne, nativiste, anti-urbaine et racialement, sexuellement et religieusement homogène, mènent un combat d’arrière-garde contre le futur, combat qu’ils ne peuvent en aucun cas espérer gagner.

D’abord, ces dernières élections ont bousculé le mythe, diffusé durant la période du mouvement Occupy Wall Street, que la division principale de ce pays se situe entre les 99% et le 1%. La victoire de Trump démontre que le problème est bien plus profond que cela et que cela ne se réduit pas à une fonction intégrale économique simpliste et incorrecte: les 99% doivent sûrement gagner contre le 1%. Beaucoup des membres de ces soi-disants 99% ont voté pour le milliardaire Trump, tandis que l’autre moitié soutenait une démocrate de Wall Street pro libre-marché. Oui il y a bien un conflit entre les riches et les pauvres, mais ceci n’a jamais constitué la seule division dans ce pays. Ceux qui voient la grandeur de l’Amérique comme étant misogyne, nativiste, anti-urbaine et racialement, sexuellement et religieusement homogène, mènes un combat d’arrière-garde contre le futur qu’ils ne peuvent en aucun cas espérer gagner. Ceci ne veut pas dire qu’ils vons céder la place tranquillement et sans occasionner de grands dommages, mais ceci est dans la nature des idéologies moribondes.

Ce qui est déprimant, c’est que cette rhétorique désespérée a capturé l’imagination de beaucoup de ceux qui ont vraiment soufferts une véritable humiliation et une grande douleur sous le néo-libéralisme du 1%. La tragédie est que l’échec et le rejet du néo-libéralisme a mené les laissés-pour-compte de se retrancher dans cette idéologie de l’échec et de l’oppression qu’est le paléo-conservatisme, avec sa litanie de xénophobie, d’isoloationnisme et d’anti-intellectualisme. Ceci a créé un nouvel alignement politique désespéré que rejette toutes choses qui puissent restaurer le respect et le mode de vie de ses adhérents.

De ce point de vue, la politique électorale américaine n’a rien été d’autre qu’une horde de zombies aux visions du monde défuntes combinées avec une idéologie oppressive et dangereuse rampant dans les états bleus (démocrates) et rouges (républicains). Aucun président ne peut renverser la réalité démographique qui veut que ce pays va continuer à s’urbaniser, va devenir toujours plus ethniquement divers et que la fabrication mythologique du travail du passé demeurera morte et enterrée. Ces réalités sont la véritable roue de l’histoire, les morts laisseront la place aux vivants, le passé au futur et aucune élection ne peut changer tout çà.

Le second mythe qui a été pulvérisé est celui qui veule que la politique électorale est une arène valide pour un changement populiste de gauche.
Que ce soit Syriza ou Trump, Podemos ou Hillary, au bout du compte, la gauche doit et devra confronter les pouvoirs oppresseurs de l’État et du capitalisme, dont aucun des deux ne peut être subverti par des jeux électoraux. Ceci ne veut pas dire qu’il n’y aurait pas de différences entre une administration Trump et une administration Bernie Sanders, mais plutôt que cette dernière ne servirait qu’à faire caler la confrontation inévitable. La politique électorale tient sa promesse de l’avancée socio-politique lente et progressive, mais la véritable évolution ne provient que d’un changement radical d’environnement politique et ceci ne peut se faire qu’au travers de la révolution sociale.

Une révolution n’est pas un évènement qui se passe d’un seul coup, soudainement, mais c’est quelque chose qui est minutieusement préparé, construit et éventuellement mis en place par ceux qui sont alignés sur le futur. Tout gouvernement, qu’il soit libéral ou conservateur, va combattre de manière semblable contre toute menance envers l’État ou la structure de pouvoir capitaliste. Ainsi, si nous recherchons une confrontation promettant un changement substantiel et irreversible de la société, il importe peu si le régime en place est libéral ou conservateur. Les gouvernements libéraux et conservateurs sont équitablement réactionnaires et résistants à tout changement politique subséquent ; ceci parce que leur existence même dépend du gel du présent et de l’obscurcissement du mieux possible de tous futurs possibles.

Nous avons vu ceci se dérouler récemment en Espagne, en Grèce, au Royaume-Uni et dans bien d’autres pays. C’est toujours le même paradigme: la structure politique refuse de vraiment changer et continue le cycle sans fin de ramper entre libéralisme et conservatisme. Cette impulsion aveugle et brutale vers l’auto-préservation n’est pas seulement trouvée dans les régime de droite. A la fois des régimes de droite et de gauche ont utilisé la mise en place de mesures totalitaires, de prisons, de police secrète, d’instillation de la peur, de la guerre, de l’oppression économique afin de maintenir le statu quo oligarchique. Pour avoir un futur, nous devons rejeter tous les appareils d’oppression de l’État et ceci inclut bien évidemment la politique électorale et son mode opératoire de la division et des fausses promesses de changement et d’espoir, qui ne font en fait que servir mieux l’oligarchie en place.

Le troisième mythe est que le gouvernement ait jamais été notre gouvernement. Il n’est que l’outil de l’État (NdT: lui-même un outil de maintien de la division politique originelle ayant établi la relation contre-nature de dominant/dominé…), il est maintenant une force d’occupation, tout comme il le fut auparavant. Toutes les forces d’occupation du XXème siècle se sont accouplées d’une obéissance générée avec une bonne dose de peur et de répression. Nous avons toujours compris cette formule et avons toujoues lutté contre. La victoire de Trump néanmoins, augmente la sensation d’urgence à mettre bas le masque de l’obéissance, ne gâchons pas cette opportunité. Le gouvernement n’a jamais été notre protecteur et maintenant ceux qui sont coincés dans le piège de la “démocratie représentative” vont peut-être aussi s’en apercevoir…

Sans ces mythes, quels chemins nous sont ouverts dans les sombres jours à venir ? La situation a changé et va continuer de changer pendant ces quatre longues prochaines années. Ce ne sera pas facile, en grande partie parce que la “gauche” actuelle est petite et manque de cette maturité utile pour mitiger et contrer bien des attaques à venir. Des attaques sur les femmes, le LGBTQ, les immigrants, les dissidents politiques et bien d’autres. Tout ceci existe depuis trop longtemps et ce ne sera pas différent dans les années à venir. La victoire de Trump n’a fait qu’augmenter le nombre de petits caïds qui vont faire régner la terreur et le nombre de gens qui ont peur.

On doit prendre notre courage à deux mains, prêts ou pas, et agir contre ces caïds de cours d’écoles. Nous avons besoin non seulement d’audace, mais aussi d’imagination, notre théâtre d’action doit aller au-delà de l’opposition symbolique infiltrable à la réalité vécue quotidiennement, de ses luttes contre l’oppression. Nos actions doivent être franches et directes comme celles des anarchistes grecs qui squattèrent un hôtel pour héberger des immigrants ou la gauche activiste allemande qui ferma physiquement et redirigea une station radio néo-fasciste. Nous devons prendre un espace dans l’Amérique de Trump et soutenir les autres pour parler, agir et aimer dans leur propre voisinage sans avoir peur. Nous devons continuer à exposer la brutalité systémique contre ceux que la police cible racialement.

Tandis que les trumpettistes débitent leurs théories conspiratrices, nous redoublerons d’efforts sur la réalité. Oui, nous serons piétinés, nous perdrons quelques batailles, mais il y a trop en jeu pour rester sur la touche à attendre “une prochaine fois”. Il n’y a pas de mythique cavalerie pour venir nous sauver, pas de tribunaux, pas de grille du congrès, pas de pétitions, pas de médias; il est maintenant clair que le seul moyen est l’action directe depuis la base. Le temps est venu de nous demander: voulons-nous vraiment nous tenir aux côtés de tous ceux qui sont malmenés et ce même si cela peut nous coûter en matière de notre propre sécurité ? Cela vaut-il la peine de nous tenir côte à côte avec ceux qui sont ciblés, appeurés, démotivés, sachant qu’il y a des risques ? Cette fois-ci nous ne pouvons pas nous voiler la face. Grâce à Trump les risques seront certes plus grands mais aussi plus grande seront les récompenses.

On peut se planquer dans un coin ou on peut se dresser et faire de nouveaux camarades avec qui nous grossirons la résistance. Nous devons devenir INGOUVERNABLES pour les forces d’occupation et ne devons pas bouger d’un iota concernant notre soutien à ceux qui se sentent ciblés. C’est ainsi que naît la résistance et c’est ainsi que se forge la victoire…

Les “libéraux” ont promis de protéger tout le monde avec rien d’autre qu’un bulletin de vote et maintenant ils se sont faits botter le cul et sont en débâcle complète sur tous les fronts. Ils nous demandent de passivement accepter quelques soient les injustices que Trump et son équipe ont planifié pour nous, nos voisins, nos amis, nos collègues de boulot et pour ces camarades que nous n’avons pas encore rencontrés. Nous n’avons jamais cru en le fait de cacher qui nous sommes, ce que nous sommes ni à être honteux de nos aspirations libératrices.

Nous connaissons parfaitement le pouvoir de la solidarité. On s’en est remis à elle pendant des générations et nous savons que c’est une manière plus forte, bien plus honnête de nous protéger et d’assurer notre futur. Le temps est venu de nous redresser, de faire front et de défendre les communautés que les “libéraux” ont abandonné à leur triste sort sans s’occuper d’eux, tout en leur demandant bien sûr de revenir (aux urnes) dans quatre ans… Quatre ans, c’est bien trop long pour se morfondre dans la peur et pour regarder de l’autre côté. N’ayons pas (plus) peur, ne faisons aucune concession, nous savons que notre travail a commencé et que le futur arrive.

Communiqué EZLN et Conseil National Indigène janvier 2017

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Décision politique très intéressante dans un contexte politique mexicain très particulier.
Notre position: cela peut s’avérer être une expérience intéressante, mais cela peut aussi être la source de l’infiltration, de la discorde et de la destruction étatique, l’histoire nous enseigne que toutes les expériences anarchistes d’accoquinage avec l’État et ses institutions se sont mal terminées. Nous sommes donc sceptiques et prudents, mais en même temps avons une grande confiance dans l’analyse et l’action (praxis) zapatiste. A suivre donc avec intérêt dans le courant de cette année…

~ Résistance 71 ~

 

Et elle a tremblé, rapport depuis l’épicentre

 

EZLN &CNI

 

10 janvier 2017

 

url de l’article en français:

http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2017/01/10/et-elle-a-tremble-rapport-depuis-lepicentre/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+EnlaceZapatista+%28Enlace+Zapatista%29

 

Aux Peuples Originaires du Mexique

À la Société Civile du Mexique et du Monde

À la Sexta Nationale et Internationale

Aux Médias de Communication Libres

Frères, sœurs

Le moment des peuples est venu, de semer ce que nous sommes et de nous reconstruire. Le moment est venu de passer à l’offensive et voici l’accord qui se dessine sous nos yeux, dans les individus, dans les communautés, dans les peuples, dans le Congrès National Indigène ; le temps est venu que la dignité gouverne ce pays et ce monde et qu’à son passage fleurisse la démocratie, la liberté et la justice.

Nous annonçons que lors de la deuxième étape du Ve CNI, nous avons minutieusement évalué les résultats de la consultation des peuples que nous sommes, le Congrès National Indigène, qui a eu lieu les mois d’octobre, novembre et décembre 2016, résultats qui de toutes les manières, formes et langues qui nous représentent dans la géographie de ce pays, nous émettons les accords des assemblées communales, des terres collectives, des collectifs, municipales, intermunicipales et régionales, qui une fois de plus nous amène à comprendre et assumer avec dignité et révolte la situation que traverse notre pays, notre monde.

Nous saluons les messages de soutien, d’espoir et de solidarité qu’ont envoyés des intellectuels, des collectifs et des peuples qui reflètent l’espérance face à notre proposition que nous avons nommé « Que Tremble la Terre Jusque dans Ses Entrailles » et que nous avons rendue publique lors de la première étape du Ve CNI, nous saluons également les voix critiques, nombre d’entre elles avec des arguments fondemmentalement racistes, qui reflètent une indignation rageuse et le mépris à la pensée qu’une femme indigène prétende non seulement concourrir à l’élection présidentielle, mais envisager de changer réellement, depuis en-bas, ce pays endolori.

À eux tous, nous disons qu’en effet tremble la terre et nous avec elle, et que nous prétendons secouer la conscience de la nation, qu’en effet nous prétendons que l’indignation, la résistance et la rébellion figurent sur les bulletins électoraux de 2018, mais que notre intention n’est d’entrer en rien en compétition avec les partis et toute la classe politique qui nous doit encore beaucoup ; chaque mort, chaque disparu, chaque prisonnier, chaque expulsion, chaque répression et tout le mépris. Ne vous méprennez pas sur nous, nous ne prétendons pas rivaliser avec eux parce que nous ne sommes pas les mêmes, nous ne sommes pas leurs discours mensonger et pervers.

Nous somme la parole collective d’en-bas et à gauche, celle qui secoue le monde lorsque la terre tremble avec des épicentres d’autonomie, et qui nous rend si orgueilleusement différents que :

  1. Alors que le pays est submergé de peur et de terreur qui naissent des milliers de morts et de disparus, dans les municipalités de la montagne et de la côte du Guerrero, nos peuples ont créé les conditions pour la sécurité et la véritable justice ; à Santa Maria Ostula, Michoacan, le peuple Nahua s’est uni à d’autres communautés indigènes afin de maintenir la sécurité entre les mains des peuples, où l’épicentre de la résistance est l’assemblée communale de Ostula, garante de l’étique d’un mouvement qui a imbibé les municipalités de Aquila, Coahuayana, Chinicuila et Coalcomán. Sur le plateau purépecha la communauté de Cheran a démontré que par l’organisation, en sortant les politiciens de leurs structures du mauvais gouvernement et en exerçant leurs propres formes de sécurité et de gouvernement on peut non seulement construire la justice, mais aussi comme dans d’autres géographies du pays depuis en-bas, depuis la rébvellion se reconstruisent de nouveaux pactes sociaux, autonomes et justes, et nous ne cesserons pas de construire depusi en-bas, la vérité et la justice, niée pour les 43 étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa, Guerrero, disparus, pour les 3 compagnons étudiants qui ont été assassinés et pour les compagnos nblessés, tous par le narco-gouvernement mexicain et ses forces répressives.

Pendant ce temps, les mauvais gouvernements criminalisent la lutte sociale, la résistance et la rébellion, persécutant, traquant, faisant disparaître, emprisonant et assassinant des hommes et des femmes accomplies qui luttent pour des causes justes.

  1. Alors que la destruction gagne tous les coins du pays, sans connaître de limites, éloignant l’appartenance à la terre et au sacré, le peuple Wixarika, avec les comités de défense de la vie et de l’eau de l’altiplano de la région de San Luis Potosi ont démontré que peuvent être défendus un territoire, son envoirronement et équilibres, en se basant sur la reconnaissance que nous ne formons qu’un avec la nature, avec une vision sacrée qui renouvelle chaque jour les liens ancestraux avec la vie, la terre, le soleil et les ancêtres, incluant 7 municipalités sur le territoire sacré cérémonial de Wirikuta à San Luis Potosi.
  2. Alors que les mauvais gouvernements déforment les politiques de l’État en matière éducative en la mettant au service des entreprises capitalistes afin que ça cesse d’être un droit, les peuples originaires créent des écoles primaires, des collèges, des lycées et des universités avec leurs propres systèmes éducatifs, basés sur la protection de note terre mère, la défense du territoire, la production, les sciences, les arts, sur nos langues et bien que la majorité des ces processus se développent sans soutien d’aucun niveau du mauvais gouvernement, ils sont au service de toutes et tous.
  3. Alors que les médias de communication à gages, porte-voix de ceux qui prostituent chacun des mots qu’ils répandent et qu’ils trompent les peuples du champ et de la ville en les endormant, faisant passer pour des déliquants ceux qui pensent et défendent ce qui leur appartient et sont toujours présentés commes des méchants, des vandales, des inadaptés. Alors que ceux qui vivent de l’ignorance et de l’aliénation sont présentés comme socialement bons, et ceux qui oppriment, répriment, exploitent et spolient sont toujours les bons, ceux qui méritent d’être respectés et qui gouvernent pour se servir. Et pendant que cela se passe, les peuples ont créé elurs propres médias de communication élaborant diverses formes afin que la conscience ne soit pas occulté par les mensonges que les capitalistes imposent, les utilisant en plus pour renforcer l’organisation d’en-bas, où naît la parole vraie.
  4. Alors que la « démocratie » représentative des partis politiques est devenue une façon de moquer la volonté populaire, où les votes s’achètent et se vendent comme une marchandise de plus et se manipulent par la pauvreté dans laquelle les capitalistes maintiennent les sociétés des champs et des villes, les peuples originaires continuent à prendre soin et à renforcer des formes de consensus et des assemblées en tant qu’organes de gouvernement où la voix de toutes et tous deviennent des accords profondément démocratiques, incluant des régions entières à travers des assemblées concernant les accords d’autres assemblées et ceux-ci à leur tour surgissant de la volonté profonde de chaque famille.
  5. Alors que les gouvernements imposent leurs décisions bénéficiant à quelques-uns, supplantant la volonté collective des peuples, criminalisant et réprimant ceux qui s’opposent à leurs projets de mort qu’ils imposent sur le sang de nos peuples, comme pour le Nouvel Aéroport de la Ville de Mexico, feignant de consulter pendant qu’ils imposent la mort, nous, peuples originaires, possédons les manières et les formes constante de consultation préalable, libre et informée pour des sujets, grands ou petits.
  6. Alors qu’à travers leurs privatisations les mauvais gouvernements remettent la souveraineté énergétique du pays à des intérêts étrangers et que les hausses du prix de l’essence dénoncent le mensonge capitaliste qui trace uniquement des voies inégalitaires, et que la réponse rebelle des peuples indigènes et non-indigènes du Mexique, que les puissants ne pourront ni occulter ni faire taire ; nous, les peuples, faisons front et luttons pour arrêter la destruction de nos territoires par le fracking, les parcs éoliens, les mines, les puits de pétrole, les gazoducs et les oléoducs dans des états tel le Veracruz, le Sonora, le Sinaloa, La Basse Californie, le Morelos, l’Oaxaca, le Yucatan et tout le territoire national.
  7. Alors que les mauvais gouvernements imposent une alimentation toxique et transgénique à tous les consommateurs des champs et des villes, les peuples Mayas maintiennent une lutte infatigable afin d’arrêter la culture de transgéniques dans la péninsule du Yucatan et dans tout le pays afin de conserver la richesse génétique ancestrale, qui, en plus, représente notre vie et l’organisation collective et la base de notre spiritualité.
  8. Alors que la classe politique ne fait que détruire et promettre, nous, les peuples, construisons non pour gouverner mais pour exister dans l’autonomie et la libre détermination.

Nos résistances et rébellions constituent le pouvoir d’en-bas, elles n’offrent ni promesses ni bons mots, mais des processus réels de transformation radicale où toutes et tous participent et qui sont tangibles dans les diverses et gigantesques géographies indigènes de cette antino. C’est pourquoi en tant que Congrès National Indigène, réuni pour ce Ve Congrès, 43 peuples de ce pays, nous nous sommes ACCORDÉS pour nommer un Conseil Indigène de Gouvernement avec des représentants, hommes et femmes, de chacun des peuples, tribus et nations qui le composent. Et que ce conseil se propose de gouverner ce pays. Et qui aura comme voix une femme indigène du CNI, c’est à dire ayant du sang indigène et une connaissance de sa culture. C’est à dire qui aura comme porte-parole une femme indigène du CNI qui sera candidate indépendante à la présidence du Mexique lors des élections de l’année 2018.

C’est pour ça que le CNI, en tant que Maison de Tous les Peuples, nous sommes les principes qui configure l’étique de notre lutte et dans laquelle tiennent tous les peuples origianires de ce pays, ces principes auxquels se réfèrent le Conseil Indigène de Gouvernement sont :

Obéir et non commander

Représenter et non supplanter

Servir et non se servir

Convaincre et non vaincre

Descendre et non monter

Proposer et non imposer

Construire et non détruire

C’est ce que nous avons inventé et réinventé non par goût, mais comme l’unique forme que nous avons de continuer à exister, c’est à dire ces nouveaux chemins sortis de la mémoire collective de nos propres formes d’organisation, qui sont les produits de la résistance et de la révolte, du faire front chaque jour à la guerre qui n’a jamais cessé et qui n’a jamais pu en finir avec nous. Dans ces formes il n’a pas seulement été possible de tracer la voie pour la reconstitution intégrale des peuples, mais aussi de nouvelles formes plus civilisées, des espoirs collectifs qui deviennent communautaires, municipales, régionales, d’état et qui apportent des réponses précises aux problèmes réels du pays, loin de la classe politique et de sa corruption.

Depuis ce Ve Congrès National Indigène nous appelons les peuples originaires de ce pays, aux collectifs de la Sexta, aux travailleurs et travailleuses, fronts et comités de lutte du champ et des villes, à la communauté étudiante, intellectuelle, artistique et scientifique, à la société civile non organisée et à toutes les personnes de coeur à serrer les rangs et passer à l’offensive, à démonter le pouvoir d’en-haut et nous reconstituer non seulement comme peuple, mais aussi comme pays, depuis en-bas et à gauche, à nous unir en une seule organisation où la dignité sera notre dernier mot et notre première action. Nous vous appelons à nous organiser et arrêter cette guerre, à ne pas avoir peur de nous construire et de nous semer sur les ruines laissées par le capitalisme.

C’est ce que nous demande l’humanité et notre mère qui est la terre, en cela nous découvrons qu’est venu le temps de la dignité rebelle que nous matérialiserons en convoquant une assemblée constitutive du Conseil Indigène de Gouvernement pour le Mexique au mois de Mai 2017 et dès ce moment-là, nous jeterons des ponts aux compañeros et compañeras de la société civile, lesmédias de communication et les peuples originaires afin de faire trembler la terre jusque dans ses entrailles, vaincre la peur et récupérer ce qui appartient à l’humanité, à la terre et aux peuples, pour la récuppération des territoires envahits ou détruits, pour le retour des disparus du pays, pour la liberté de toutes et tous les prisonniers politiques, pour la vérité et la justice pour les assassinés, pour la dignité du champ et de la ville. C’est à dire, n’ayez aucun doute, nous y allons pour tout, après tout nous savons que nous avons face à nous peut-être la dernière chance, en tant que peuples originaires et en tant que société mexicaine, de changer pacifiquement et radicalment nos propres formes de gouvernement, en faisant que la dignité soit l’épicentre d’un monde nouveau.

Depuis Oventik, Territoire Zapatiste, Chiapas, Mexique

Plus Jamais un Mexique Sans Nous

Congrès National Indigène

Armée Zapatiste de Libération Nationale

Résistance au colonialisme: Standing Rock et la nième trahison par l’état colonial yankee des édits de ses propres lois… (Steven Newcomb)

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, canada USA états coloniaux, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 10 janvier 2017 by Résistance 71

La méthodologie coloniale, même si perfectionnée sous la dictature chrétienne, existe depuis l’antiquité. Voici ce que nous en dit l’anthropologue politique (Yale) James C. Scott dans son remarquable ouvrage “The Art of not Being Governed”, Yale University Press, 2009:
“Où que possible les Romains créèrent des territoires, promulguèrent plus ou moins arbitrairement des distinctions ethniques et nommèrent ou reconnurent un chef unique qui était de fait le vecteur local de l’autorité romaine et répondait pour le ‘bien de son peuple’… Les barbares administrés dans les provinces gérées par les Romains perdirent leur désignation éthnique et devinrent tout comme les aysans, redevables de l’impôt et de la conscription. Tous ceux au-delà de cette sphere étaient invariablement étiquetés ethniquement, on leur donnait des chefs, et furent rendus responsables de payer le tribut (obsequium) distinctement des impôts, spécifiquement lorsqu’ils étaient perçus commes des peuples non agriculteurs.”
~ James C. Scott ~

Toutes les administrations coloniales de l’histoire n’ont pas fait autre chose. C’est ce que font toujours aujourd’hui les états coloniaux états-unien et canadien…

~ Résistance 71 ~

L’ordonnance du Nord-Ouest et les brutales actions de police du Nord-Dakota à Standing Rock

Un dédain flagrant du système légal organique des Etats-Unis est placardé à la vue de tous

 

Steven Newcomb

 

29 décembre 2016

 

url de l’article original:

https://indiancountrymedianetwork.com/news/opinions/northwest-ordinance-north-dakotas-brutal-standing-rock/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Il est enrageant de voir les photos des gens blessés par les actions d’une brutalité inouïe de la police du Dakota du Nord à Standing Rock. La police a utilisé des canons à eau sur les protecteurs de l’eau de Standing Rock et ce dans des conditions climatiques sub-zéro, les soumettant ainsi à un stress physique d’hypothermie mettant en danger la sécurité et la vie des manifestants. Ils ont tiré dans la foule avec des balles de caoutchouc et les ont aspergé de mace, un agent chimique irritant. 167 personnes ont été blessées en une nuit, plusieurs gravement. Une jeune-femme de 21 ans, Sophia Wilansky a été horriblement blessée et a perdu un bras après avoir été touchée par une grenade à concussion tirée par les forces de police. Les médecins disent qu’elle va avoir besoin de 20 opérations chirurgicales et qu’elle pourrait perdre complètement son bras malgré cela. Un jeune cheval fut également tué.

Plusieurs personnes ont reçu de sévères blessures à la tête à cause des actions de police protégeant les intérêts corporatistes liés au projet du Dakota Access Pipeline. Une chose est sûre: de telles actions de police déshumanisantes ne suivent pas la promesse de “la plus sincère bonne foi” que les congrès continental et fédéral ont fait aux nations natives en 1787, 1789 et 1861.

Le vendredi 13 juillet 1787, le congrès continental des Etats-Unis a adopté l’ordonnance du nord-ouest. Le 3ème article de cette ordonnance stipile: “La meilleure des bonne fois devra toujours être observée envers les Indiens et leurs terres, leurs propriétés ne devront jamais leur être enlevée sans leur consentement préalable et dans leurs droits, propriétés et liberté, ils ne devront jamais être envahis, perturbés, à moins que ce ne soit sous le coup de guerres justes et légales autorisées par le Congrès…

Quelqu’un devrait informer le gouverneur Dalrymple du Nord-Dakota, qui, de manière très rusée a fait détourner la route de l’oléoduc de son propre voisinage, que le Congrès des Etats-Unis n’a pas autorisé une guerre légale et juste contre l’Oceti Sakowin (le conseil des sept feux de la Grande Nation Sioux). Ses actions inconsidérées dans un territoire oceti Sakowin reconnu par les traités constituent de fait la plus grande des mauvaises fois et sont entièrement injustes et illégales.

Assurez-vous de bien (re)penser à la promesse “d’ultime bonne foi” du Congrès envers les Indiens quand vous regardez les photos ou vidéos de la police blessant physiquement les protecteurs de l’eau autochtones et non-autochtones et lorsqu’elle s’engage dans des actes oppresseurs et terroristes.

Lorsque vous voyez les corps meurtris et les visages tuméfiés des protecteurs de l’eau, faisant du mieux qu’ils peuvent pacifiquement pour défendre les eaux de la rivière Missouri qui suppléent des millions de personnes non-autochtones, de la malfaisance et des dégâts d’un oléoduc, pensez à cette “ultime bonne foi” professée dans l’article 3 de l’ordonnance du nord-ouest. Lorsque vous voyez ces ingaes très perturbantes, pensez à la promesse du congrès des Etats-Unis de ce que “les Indiens dans leurs droits, propriétees et liberté, ne devront jamais être envahis ni perturbés.”

Le tout premier acte du nouveau congrès des Etats-Unis sous sa nouvelle constitution de 1789 a réaffirmé l’ordonnance du nord-ouest de 1787. Cette ordonnance fait partie intégrante de la fondation même des Etats-Unis d’Amérique. L’ordonnance du nord-ouest sert de constitution pour tous les nouveaux territoires ou colonies US, incluant la promesse que les “Indiens, leurs terres et propriétés ne leur seront jamais retirés sans leur consentement.” Soixante-quatorze ans après l’adoption initiale de l(ordonnance du nord-ouest, le Congrès inclua la promesse “de bonne foi ultime” de la loi de 1861 pour établir le territoire du Dakota.

Une provision clef de la loi territoriale du Dakota de 1861 suit l’article 3 de l’ordonnance du nord-ouest de 1787. C’est la clause disant qu’aucune terre indienne ne deviendra partie du territoire de l’état du Dakota avant que les Indiens n’aient donné leur consentement dans un traité avec les Etats-Unis. Les Oceti Sakowin n’ont JAMAIS consenti pour que ceci ne se produise.

L’oceti Sakowin, le conseil des sept feux de la Grande Nation Sioux a eu les deux traités de Fort Laramie de 1851 et 1868 avec les Etats-Unis. Ces documents de traités reconnaissent le territoire oceti sakowin qui n’a pas été abandonné, donné ou cédé aux Etats-Unis.

Laissez-moi répéter cela clairement:
La loi organique des Etats-Unis requiert que l’oceti sakowin donne d’abord sa permission afin que son territoire ne devienne partie du territoire fédéral et de l’état du Dakota. Une telle permission des Indiens (nations natives originelles) est requise avant que toute partie ou totalité du territoire oceti sakowin ne devienne partie intégrante du Nord-Dakota et du Sud-Dakota. De fait, jusqu’à aujourd’hui, le territoire traditionnel de la Grande Nation Sioux Oceti Sakowin n’est JAMAIS devenu quelconque partie des états du nord ou sud-Dakota !!

En conséquence, la violence et la brutalité pratiquées par la police du Nord-Dakota contre les protecteurs de l’eau pacifiques à Standing Rock rappelle l’article 6, section 2 de la constitution des Etats-Unis. Ce langage nous dit que “les traités établis et ceux qui seront établis par les Etats-Unis, sont la loi suprême de la terre du pays, les juges des états y étant liés de droit”. Il est ici important de noter que les traités des nations indiennes avec les Etats-Unis sont des traités établis entre des nations indépendantes. (NdT: ceci est d’autant plus évident avec les traités de Fort Laramie de 1851 et 1868, tous deux résultants de défaites militaires des Etats-Unis face aux nations d’Oceti Sakowin et de leurs alliés Cheyennes et Arapaho, aucune concession ne fut faite aux Etats-Unis, absolument aucune bien au contraire…)

Résumons maintenant les éléments mentionnés ci-dessus:

1) Le territoire d’Oceti Sakowin n’est jamais devenu partie du territoire fédéral du Dakota ou partie des états du nord et dus-Dakota. Pourquoi ? Parce qu’Oceti Sakowin n’a pas donné son consentement sur un traité ratifié pour que ceci se produise.

2) Les traités de Fort Laramie de 1851 et 1868 reconnaissent la nation libre, indépendante et de plein droit d’Oceti Sakowin ; ces traités constituent la loi suprême de la terre pour les Etats-Unis et les juges des états du nord et sud-Dakota sont de ce fait liés à ces traités pour toutes leurs décisions.

3) Sans le consentement d’Oceti Sakowin, le gouverneur Dalrymple du Nord-Dakota et les forces de police de cet état n’ont absolument aucune juridiction légale au sein des territoires délimités par les traités de Fort Laramie de 1851 et 1868, qui jusqu’à ce jour et pour les raisons citées ci-dessus, sont toujours le territoire de la Grande Nation Sioux Oceti Sakowin.

Qu’est-ce que le système judiciaire des Etats-Unis a  employé dans un effort de détourner l’attention de l’ordonnance du nord-ouest, de la clause de suprémacie territoriale et de la loi d’établissement du territoire de l’état du Dakota ? Voici un argument exprimé par un juge fédéral des Etats-Unis en 1975:

“Il est indéniable que la politique officielle des Etats-Unis jusqu’à au moins la fin du XIXème siècle, fut motivée par une volonté résolue de contrôler tout territoire substantiel pour ses gens s’établissant vers l’Ouest. Tout ce qui pouvait empêcher ce mouvement migratoire, incluant les Indiens, devait être balayé, dominé ou détruit. Des guerres, maladies, des traités tissés de emnsonges et de duplicité et la décimation des bisons par les blancs, poussèrent les Sioux vers les réserves, firent décliner leur population et ont éviscéré leurs corps constitués. Ils devinrent [par force] un peuple involontairement dépendant et de fait, dominé par les Etats-Unis.”

(United States v. Consolidated Wounded Knee Cases, Judge Warren Urbom, 1975)

Avec ces mots, le juge Urbom a montré, tout comme le gouverneur Darymple aujourd’hui, le plus grand dédain pour le système légal organique des Etats-Unis, la provision de “bonne foi ultime” de l’ordonnance du nord-ouest et de la loi établissant le territoire du Sakota. Ce qui fut et continue d’être démontré contre les peuples Lakota et Dakota et leurs supporteurs est la “pire, l’ultime mauvaise foi” contre le peuple autochtone et ses alliés non-autochtones.

La décision d’Urbom et ce qui se passe maintenant à Standing Rock sont fondés sur le principe que “sur leurs droits, propriétés et liberté, les Indiens seront TOUJOURS envahis et perturbés, même quand il n’y a aucune guerre juste et légale déclarée par le congrès. Les abus policiers sur les protecteurs de l’eau à Standing Rock est le type d’attitude qui suit parfaitement les documents du Vatican datant du XVème siècle qui stipulent d’aller de l’avant, de localiser et de dominer, subjuguer toutes les nations non-chrétiennes.

=*=*=*=

En rapport avec les bulles pontificales Romanus Pontifex et surtout Inter Caetera de 1455 et 1493, qui devinrent le fondement, la base “légale” de la colonisation du monde “païen”, l’auteur de l’article a publié un livre en 2008 que nous avons traduit en très grande partie en 2015 et que nous avons republié en version pdf suite à la réalisation de Jo de JBL1960

Ce livre: “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte” est disponible en version PDF gratuite en cliquant sur le lien du titre.

A lire et diffuser sans modération pour mieux comprendre l’empire et comment le détruire.

~ Résistance 71 ~

Résistance politique pour une societé des sociétés: le Conseil National Indigène et l’heure des peuples…

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Voilà une source de départ de la société des sociétés… Que 2017 soit fructueuse ! Les nations indigènes nous montrent la voie (du jaguar… 😉 )

~ Résistance 71 ~

 

Es la hora de los pueblos

C’est l’heure des peuples

 

Georges Lapierre

 

6 janvier 2017

 

url de l’article en français:

http://www.lavoiedujaguar.net/Es-la-hora-de-los-pueblos

 

Es el momento de los pueblos, de sembrarnos y reconstruirnos.
 Es el momento de pasar a la ofensiva…

Le moment des peuples est venu, celui de semer ce que nous sommes et de nous reconstruire.
 C’est le moment de passer à l’offensive [1].

C’est l’heure des peuples ou de nos peuples, affirme le Congrès national indigène, c’est vite dit et pourtant… Comme si nous nous trouvions au début d’une aventure, sur la ligne d’un départ, nous ne savons pas encore où cela va nous mener, cette entrée dans l’action, ce commencement à être, cette affirmation de ce que nous sommes, de ce que nous aimons, de ce que nous voulons, de nos désirs, de nos souhaits : se mettre en mouvement, les premiers pas, la première parole, dans le sens où l’entendent les Kanak, le premier acte d’une aventure qui consiste à construire un autre monde, une alternative au capitalisme, un monde qui contiendrait d’autres mondes, d’autres vies, d’autres modes de vie. Il faut bien commencer, sans doute allons-nous trébucher au premier pas, pour nous relever ou pour ne pas nous relever. Nous n’avons pas une idée bien définie de ce que nous cherchons, ce n’est pas une idéologie qui nous anime, mais le refus d’être emportés par cette tourmente dévastatrice de toute forme de vie sociale qu’est devenu notre présent. Nous ne partons pas de rien, nous ne partons pas du vide, de cette apesanteur sociale dans laquelle tournent les individus du premier monde, nous ne sommes pas des individus isolés, nous partons de ce que nous sommes encore, de ce qui nous constitue encore : un vivre ensemble, un savoir-vivre, une communauté de pensée. Nous partons de notre mémoire, de notre histoire, de nos nostalgies, de nos usages, de nos coutumes, ce que l’on appelle couramment la tradition. Nous nous appuyons sur quelques fondamentaux qui rendent possible un vivre ensemble : la prise en commun des décisions touchant la collectivité, c’est le rôle de l’assemblée, elle est souveraine, incontournable. Aucune décision nous concernant ne peut venir d’ailleurs, d’en haut, pour nous être imposée contre notre volonté. À cela, nous pouvons ajouter un autre élément, le dialogue, le va-et-vient incessant entre les institutions collectives et l’assemblée ou les différentes assemblées communautaires. Le Conseil indigène de gouvernement reposera sur ce va-et-vient, sur un continuel dialogue entre les déléguées et délégués qui composent ce Conseil de gouvernement et les différentes assemblées communautaires qui les ont désignés.

Du 29 décembre au 1er janvier 2017 eut lieu la deuxième étape du Congrès national indigène. Cette rencontre s’est tenue au Cideci de San Cristóbal de Las Casas. Y étaient invités les délégués des peuples consultés au sujet de la constitution d’un Conseil indigène et de la participation d’une candidate indienne à l’élection présidentielle de 2018. Le Congrès National Indigène s’est ainsi trouvé subitement grossi de tous ces délégués issus des 43 peuples et des 523 communautés qui ont pu être consultés dans 25 États de la République mexicaine — ce qui n’a pas été sans poser quelques problèmes de préséance, mal réglés, à mon sens, par la distinction entre délégués participants et délégués observateurs. Tous ces mandataires ont bien précisé qu’ils ne voulaient pas de partis politiques ni de programmes de gouvernement sur leurs territoires, mais qu’ils retenaient la proposition de l’EZLN et du CNI de former un Conseil indigène de gouvernement, dont le porte-parole serait une candidate indienne à la présidence de la République. « Il n’est pas dans nos intentions de batailler avec les partis politiques et toute la classe politique… Nous ne prétendons pas rivaliser avec eux. Nous ne sommes pas du même monde… Nous ne sommes pas leurs paroles mensongères et perverses. Nous sommes la parole collective venue d’en bas, à gauche, celle qui secoue le monde…
Pretendemos sacudir la conciencia de la nación, que en efecto pretendemos que la indignación, la resistencia y la rebeldía figuren en las boletas electorales de 2018. Nous prétendons secouer la conscience de la nation, nous prétendons, en effet, que l’indignation, la résistance et la rébellion figurent dans les bulletins électoraux de 2018. » Il fut aussi précisé le premier jour, au cours de la lecture des accords, qu’il ne fut pas toujours possible de réaliser cette consultation à cause de l’insécurité due à la présence des narcotrafiquants. Il y eut tout de même 430 actes signés par les communautés approuvant l’initiative de l’EZLN et du CNI. Entre janvier et mai, d’autres actes d’approbation devraient parvenir au CNI.

Il devait y avoir entre 700 et 1 000 délégués, qui ont fait le voyage depuis le Nord désertique du Mexique jusqu’aux montagnes pleines de brouillard du Sud-Est mexicain ; aussi bien ceux qui, comme les Yaquis du Sonora, les Wixáritari de Jalisco, les Purhépechas de Cherán ou les Nahua d’Ostula dans le Michoacán, ont marqué l’histoire récente des luttes indiennes pour l’autonomie que tous ceux qui s’organisent et qui résistent obstinément, au quotidien, pour défendre leur territoire, leur coin de vie, face aux grands projets multinationaux, des chauffeurs indigènes des taxis de Xochimilco ou des vendeurs ambulants de la capitale aux déléguées et délégués des villages perdus dans les montagnes de la Sierra Sur de l’Oaxaca. Tous sont appelés à désigner les membres, femmes et hommes, qui formeront le Conseil national indigène de gouvernement ainsi que la future candidate, qui sera la voix de ce Conseil lors de la compétition électorale de 2018. Cette prochaine étape du cinquième Congrès national indigène aura lieu le 27 et 28 mai.

Au cours de cette rencontre, un contraste a pu se faire jour entre différentes attitudes, entre l’éthique qui préside aux rapports entre les gens dans les petites communautés campagnardes, marquée par le respect mutuel, l’attention, la patience et l’écoute, et l’individualisme caractérisé par le machisme, l’irrespect et le goût pour le pouvoir, avec ce qu’il suppose de petits secrets, de commandements et de passe-droits. Sans aucun doute, les peuples indigènes sauront se garder de l’intrusion dans leur projet d’attitudes et de comportements contraires à l’éthique dont ils sont porteurs. Au-delà de présenter un mode de gouvernement respectueux des vœux de la population, ils proposent aussi, et surtout, une éthique de vie, une manière d’être ensemble reposant sur un certain nombre de règles acquises dès l’enfance, reconnues et assimilées par tous — pour former ainsi une communauté de pensée. L’art du bon gouvernement repose d’ailleurs sur cet art de vivre en collectivité, il en est l’émanation. Cette éthique sourd de la vie communautaire, de la réciprocité des échanges et de la reconnaissance mutuelle (en tant que sujet social).

Le samedi 31 fut consacré à une discussion en groupes réduits (trois tables de discussion) sur deux sujets : les chemins du Congrès national indigène face à la spoliation, au dédain, à l’exploitation capitaliste, et le renforcement de nos résistances et de nos rébellions. C’est le premier thème de discussion, le second portant sur les étapes pour la constitution du Conseil indigène de gouvernement pour le Mexique et la nomination de la candidate pour 2018. La fin de la journée fut consacrée à la synthèse des réponses apportées à ces deux questions. Deux phénomènes préoccupent au plus haut point les peuples indiens : l’activité minière et les projets de mines à ciel ouvert des entreprises transnationales, soutenus et imposés par le gouvernement ; et, dans ce domaine, la militarisation du pays, reconnue tout dernièrement par une loi votée par le Parlement, est des plus inquiétantes (l’armée mexicaine aura désormais pour tâche de protéger et de défendre les intérêts des multinationales et les capitaux engagés au Mexique). L’autre phénomène particulièrement préoccupant est l’extension de la culture et du trafic de la drogue, qui, si elle offre des débouchés commerciaux aux petits paysans, favorise, avec la complicité du pouvoir politique (des pouvoirs politiques, devrai-je dire), la constitution de bandes armées à caractère paramilitaire.

Il est encore trop tôt pour entreprendre une analyse critique des courants souterrains qui parcourent ce mouvement naissant, lui conférant force ou faiblesse. Cependant je me permettrai deux remarques, l’une concernant son implication dans la société mexicaine, l’autre touchant le pragmatisme du mouvement zapatiste. La société mexicaine se trouve dans une position des plus ambiguës : elle est emportée par un mouvement général de décomposition sociale accompagné d’une ouverture sur le monde prestigieux et enchanteur de la marchandise, cet accès soudain à la marchandise venant compenser dans une certaine mesure la perte des valeurs sociales. Le temps passé à gagner de l’argent, à travailler, donc, devient du temps perdu pour le plaisir de se retrouver. Je sens la société mexicaine hésitante, comme assise entre deux options : le goût pour la fête, la dépense somptuaire, la rencontre, la musique, la poésie, la danse, entraînant dans son sillage une activité effrénée, c’est un versant ; l’autre versant consiste à trouver de l’argent, travailler, s’exiler, ou survivre dans un état de manque permanent, frôlant la pauvreté et la misère, la cigale devant se faire fourmi si elle veut continuer à chanter. La société mexicaine peut avoir le sentiment, justifié, de se trouver coincée entre le chant de sirènes des marchandises, pour beaucoup inaccessibles, et le désenchantement permanent d’une vie sociale de plus en plus appauvrie. L’appel du CNI pourrait, non seulement, « secouer la conscience nationale », comme il est dit dans le communiqué, mais, plus fondamentalement, l’état de torpeur hypnotique dans lequel se trouve la société mexicaine.

Le mouvement zapatiste, quant à lui, semble avoir laissé de côté toute idéologie, il n’a pas abandonné pour autant la critique de ce qu’il appelle le système capitaliste, c’est toujours l’idée, ou, plutôt, le souhait qui l’anime, mais cette critique se fait pragmatique, elle s’accroche à ce qui existe, aux autres mondes, aux autres modes de vie, aux autres réalités sociales qui existent encore et qui, du simple fait de leur existence, sont une critique du « système-monde » capitaliste. Il ne s’agit pas de proposer ou d’imposer un modèle abstrait de gouvernement selon l’idée que l’on peut se faire d’un bon gouvernement, mais de partir d’un modèle existant, qui a fait ses preuves et qui a donné satisfaction. Les zapatistes partent de ce qu’ils ont construit à partir de ce qui existait déjà : la forme d’autogouvernement des communautés indiennes tzotziles, tzeltales, choles, tojolabales, mames et métisses du Chiapas. Ils ne proposent pas l’inconnu mais le déjà connu de la société autochtone, dont est en grande partie issue la société mexicaine, un retour aux sources vives de la société mexicaine, en quelque sorte. Ce pragmatisme les conduit à avoir une intelligence stratégique de la réalité ; ils ne se présentent pas comme une avant-garde révolutionnaire mais comme des hommes et des femmes engagés dans une guerre sociale terrible opposant, sur toute la planète, l’humain aux forces d’extermination représentées par le « système-monde » capitaliste.

Oaxaca, le 4 janvier 2017,

Georges Lapierre, avec la collaboration de Luna,
 déléguée de l’assemblée régionale chontale.

Notes

[1] Se reporter aux dernières déclarations du CNI, ¡Y retembló ! Informe desde el epicentro, diffusées par le CSPCL

2017: Année de la résistance anti-coloniale et de la libération autochtone

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, crise mondiale, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 7 janvier 2017 by Résistance 71

Toute guerre impérialiste est coloniale, toute guerre est la manifestation ultime de la violence d’État, l’État est colonialiste par essence, c’est sa fonction en tant qu’objet et sujet oligarchique.

« Les Américains sont le seul peuple moderne, à l’exception des Boers, qui, de mémoire d’homme, ont totalement balayé du sol où ils se sont installés la population autochtone. »
~ Frantz Fanon ~

Fanon ajouterait-il aujourd’hui Israël ?

« Les chercheurs de Berkeley ont tracé pour la région de l’Anuhac la courbe de dépopulation. Elle est terrifiante, puisque des 25 millions d’Indiens en 1500, il n’y en a plus qu’un million en 1605. Wachtel donne, pour l’empire Inca, des chiffres à peine moins accablants: 10 millions d’Indiens en 1530, 1 million en 1600… »
~ Pierre Clastres ~

Respectivement 95% et 90% d’élimination de la population en 100 et 70 ans. Les colons chrétiens européens n’y ont pas été avec le dos de la cuillère.

~ Résistance 71 ~

 

Appel pour l’année de la libération indigène

 

Déclaration de:

Ts’Peten Defence Committee/

Imperial No More/

Yuct Ne Senxiymetkwe/

Secwepemc Women Warriors Society

 

Source

 

2 janvier 2017

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Partagez ! Agissez ! Libérez !

Des feux de nos maisons aux lignes de front, de nos cœurs et de nos esprits, nous entrons dans ce qui est appelé la nouvelle année avec ce cri de guerre ! Ce que nous avons vu cette année passée, nous ne l’avons jamais vu auparavant, le visage si laid du colonialisme est mis à nu une fois encore, dans le meurtre de nos camarades, repose en paix Berta Caceres, dans la destructions de nos terres et territoires, dans l’empoisonnement de notre eau et dans tous les abus des défenseurs de la terre et de l’eau. C’est le temps où nous nous regardons et nous demandons ce que nous avons fait pour combattre nos oppresseurs, pour protéger nos familles et pour nous tenir côte à côte ensemble dans la guerre, l’amour et la solidarité. C’est le temps où nous regardons devant nous, armes et outils à la main, nos cœurs grands, généreux et ouverts, nos mocassins bien campés au sol et nos poings dressés vers le ciel. Nous sommes unis et nous sommes puissants, nous sommes indigènes, nous sommes Africains, nous sommes les opprimés et nous disons çà suffit !

Le champ de bataille à Standing Rock n’a été qu’un avant-goût de ce qui arrive. Nous sommes pressés de commencer cette année, qui sera l’année de la libération indigène. Pendant des années, des décennies, des siècles, nous avons combattu, nous avons construit notre résilience, nous nous sommes préparés, nous avons survécu, nous avons dépassé en nombre et avons manœuvré le gouvernement hors de position, ainsi que la police et les systèmes qui n’ont apporté que destruction et désolation à nos pas de portes et la violence sur nos corps. Nous avons construit des mouvements et des alliances et nous avons pratiqué la résistance et bien qu’il y ait encore de nombreux défis devant nous, il y a de plus en plus de guerriers parmi nous et il est temps pour nous tous, avec nos familles et camarades, à commencer de se préparer pour ce qui va être une longue et difficile année de lutte et une longue et belle année de résistance à l’oppression.

C’est l’année de la célébration des 150 ans du “Canada” (NdT: comme une entreprise ou inscrit sur un fronton d’usine en briques très XIXème, “Established in 1867”…) Cette année sera celle où la Canada saura finalement ce que veut dire le mot “nation”, ce que notre idée de nation veut dire et à quoi cela ressemble, de tout notre pouvoir et de toute notre force. Il n’y aura pas de demie-mesure sur laquelle se réfugier, nous devons choisir, être du côté de l’oppresseur et se joignant à lui ou en ne faisant rien, ou choisir le côté de la vie, de l’humanité. Prenez un peu de temps et de recul pour décider. Que savez-vous faire ? quelles sont les zones dans lesquelles vous êtes privilégiés ? A quelles ressources avez-vous accès ? A quelles communautés avez-vous accès ? Appliquez les réponses à chaque question, en quoi contribuez-vous à la lutte de libération indigène ?

A travers le soi-disant Canada, à travers l’Île de la Grande Tortue (NdT: L’amérique du Nord), les feux de conseils brûlent. Allumez le feu de votre maisonnée. Rassemblez vos gens. Pour la saumon, pour l’eau, les montagnes, pour vos fils et vos filles et toutes les générations futures, STOP Kinder Morgan, STOP Enbridge, STOP aux dispartions de nos femmes et de nos enfants, STOP Imperial Metals, STOP au génocide perpétuel, STOP DAPL, STOP KKKANADA, il est plus que grand temps de choisir la dignité, il est temps de choisir LA VIE.

Ceci est un appel, un cri, une prière spéciale adressés à tous nos guerriers et à nos ancêtres guerriers qui sont avec nous depuis le début. Nous invoquons la force de leurs esprits et nous les portons avec nous en cette nouvelle année. Longue vie à Wolverine, longue vie à la Résistance, longue vie à notre libération !…

Statement issued/published by: Ts’Peten Defence Committee/Imperial No More/Yuct Ne Senxiymetkwe/Secwepemc Women Warriors Society