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Gilets Jaunes 10ème round: Tout le pouvoir aux ronds-points !!

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Résistance 71

 

18 janvier 2019

 


Simple mot d’ordre !!

 

Nous pensons que ce célèbre poème romantique anglais
du XIX ème siècle sied à merveille au mouvement:

 

Levez-vous tels les lions après la sieste,
En nombre invincible,
Secouez vos chaînes et jetez-les
au sol comme rosée du matin,
Chaînes sur vous tombées durant votre sommeil.
Vous êtes nombreux, ils sont peu.

En anglais (mieux):

Rise like lions after slumber,
In unvanquishable number
Shake your chains to earth like dew,
which in sleep had fallen on you.
Ye are many, they are few.

~ Percy Bisshe Shelley (1792-1822) ~

 

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Gilets Jaunes 10ème round: Le peuple installe son pouvoir…

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Gilets Jaunes, gardons-nous des leurres et des subterfuges que sont le « Grand Débat » proposé par Micronus et le RIC dans son contexte étatique puisque constitutionnel.
Généralisons les assemblées populaires et le pouvoir des ronds-points comme l’ont appelé les GJ de Commercy et de Montreuil.
Entrer en palabres avec l’État et sa clique de représentants ne peut être que stérile et nous amener à la division.
Pour que vive la Commune des communes dans une société des sociétés horizontale et émancipée.

~ Résistance 71 ~

Voir aussi:
« Gilets Jaunes 10ème round: Tout le pouvoir aux Ronds-Points! »

 

 

Le “Peuple profond” installe son pouvoir

 

Philippe Grasset

 

13 janvier 2019 

 

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article10813

Au hasard des heures, j’ai vu quelques images et échanges des habituels convives des talk-shows de cette fin de journée, samedi. C’était désespérément plat, morne, croulant sous les redites et les sempiternelles analyses, les gémissements que nous entendons depuis des semaines, quelques vociférations fatiguées de la même indignation ahurie et désormais chuchotée (au cas où la fortune du destin les priverait de leurs maîtres en cours pour leur en désigner de nouveaux). Enfin, couvrant tout cela de l’ombre sinistre d’une grande aile noire, l’inévitable constat d’une mobilisation de plus en plus montante des GJ, après le premier samedi de rentrée qui avait démontré la vacuité de la narrative de l’“essoufflement”, et des GJ dans un désordre de mieux en mieux organisé sans perdre la vertu du désordre, évitant autant que faire se peut les violences, déployant une insoumission pacifique d’une remarquable efficacité, s’installant dans leurs domaines comme dans leurs meubles

Je me suis fait alors la remarque que nous étions en train de vivre un moment historique de plus : de voir se mettre en place une structuration extraordinaire, à la fois dépourvue de structures contraignantes et visibles, à la fois complètement libérée de ce fait et en voie d’institutionnalisation sans emprisonnement, suffisamment enfin pour manifester une légitimité désormais évidente. C’est un deuxième pouvoir, une sorte de “pouvoir des samedis” qui se met en place ; le “Peuple profond” contre un DeepState qui n’a plus rien de régalien, qui se dissout dans l’imposture comme son modèle de “D.C.-la-folle”. (C’est la raison de l’emploi de l’expression anglo-américaine installée en un néologisme comme marque de l’infamie.)

Les GJ forment désormais un pouvoir parallèle et une structure souveraine encore plus que souterraine, dont la légitimité tend évidemment à surpasser celle des autorités pseudo-“légales” ; il ne leur est même pas nécessaire de la supplanter tant les autres font bien cela, tous seuls, sans aide de quiconque… La morosité de tout l’appareil du communicationnisme de soutien, dont les nantis de la presseSystème en première ligne, est désormais la marque d’un réel découragement et la confirmation du sentiment que j’essaie ici de restituer.

Je considérerais donc, d’une façon symbolique pour le jour, que la France est entrée samedi dans une ère nouvelle. Désormais deux pouvoirs sont installés, et la façon stupide et indigne dont le nouveau pouvoir (les GJ) a été traité explique qu’il se soit radicalisé dans son essence, pour déployer toutes ses exigences, révéler sa vraie nature et s’affirmer clairement antiSystème.

La résilience et l’entêtement impassibles des insaisissables et inclassables GJ, l’espèce d’entente collective qui les meut et semble les ordonner comme en un ballet, comme si tous ces gens répondaient à un élan qui est en-dehors d’eux pour mieux les rassembler, tout cela ne cesse de me stupéfier. Les GJ, c’est tout le monde, c’est vous, c’est moi, c’est votre voisin, que sais-je encore ; et pourtant c’est un mystère, une énigme, comme une sorte de bataillon immense, sacrée et secret, venue d’un ailleurs dont on ne sait rien pour on ne sait quelle mission chargée de tant de secrets marqués du sceau du sacré… La seule certitude qui veuille bien nous habiter, c’est celle de juger que tout cela, et leur mission par conséquent, est décisif...

En face, les mots nous manquent… C’est le désordre et la confusion, la panique et la colère, la haine et l’incompréhension, et dominant le tout, comme un Empereur qui vient d’être oint de la ruse moqueuse du Seigneur, l’omniprésente Bêtise trône. La bêtise des modernes puissants et des postmodernes très-intelligents est un phénomène qui vous coupe le souffle. Passez en revue la violence policière exacerbée par la consigne de la bourgeoisie globaliste en son pouvoir de pacotille ; les boutades furieuses-monstrueuses et infantiles-impuissantes du philosophe de salon à la belle chevelure, qui voudrait bien qu’on en finisse en tirant la chasse, non pardon en tirant avec la quatrième armée du monde sur les Gilets-Jaunes ; les complots italiens de la secrétaire d’État de l’Égalité des Chances, des femmes et des hommes, et de leur Sottise bien-tempérée…

Par-dessus tout ça, l’Angelot du miracle de Noël, Jupiter tonnant des mécaniques, rappelant que la République“ c’est des droits” mais “c’est aussi des devoirs”… Cet homme est une énigme d’impuissance et de maladresse, une énigme invertie parce que sa mise à nu ne peut être qu’une catastrophe. J’arrête là, pour souffler un peu et surtout pour citer cette actrice, – surprenante incursion pourrait-on penser, – qui trouve des mots absolument appropriés pour décrire l’énigme (Isabelle Adjani, dans Elle, repris par Spoutnik-français) :

» “C’est incroyable d’être à ce point dans l’incapacité de communiquer !” […] Il y a une grande “frilosité gênée” dans [sa] façon de communiquer… Comme [s’il] refusait d’être associé, d’une façon ou d’une autre, à la frange la plus pauvre de la population. “On a l’impression qu’il ne faut pas qu’il soit touché par ça, et qu’il ne faut pas toucher à ça. Une impossibilité tactile, en tout cas avec le corps du pauvre. Il ne sait pas. Il y a là quelque chose qui est complètement en réserve et qui rend les gens fous.”

 » […Les] Gilets jaunes ne peuvent plus tolérer le discours aseptisé des politiques qui les gouvernent. “Ils ont mal, ils ont des échardes sur la langue à force d’avaler la langue de bois des politiques qui les assomment depuis des décennies”. »

Que voudrais-je dire de plus, à ce point ?

… Eh bien, ceci :la révolution s’est installée en France, sans crier gare, sans slogan ni guillotine. Elle ne la quittera plus jusqu’à ce que les événements qui doivent se faire, se fassent en vérité.

= = =

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Gilets Jaunes: Lettre ouverte au larbin de la finance, occupant temporaire de l’Élysée et aux autres larbins le soutenant ou voulant le remplacer…

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« Ni Macron, ni personne »
~ Bombage mural, janvier 2019 ~ 

 

 

Lettre ouverte au technicien de surface financier qui occupe temporairement l’Elysée et à tous les larbins de la marchandise qui voudraient le soutenir ou le remplacer…

 

Collectif humain sans étiquette (transmis par F. Cousin)

 

15 Janvier 2019

 

Un spectre hante l’Europe et d’abord la France: le spectre de la révolution d’une vraie vie humaine débarrassée de toutes les obligations de la tyrannie marchande. Toutes les puissances du vieux monde de l’oppression se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : les diverses cliques de toutes les gauches et de toutes les droites, les réformistes de tout acabit et les policiers de tous les services. Il en résulte un double enseignement. 

Déjà le mouvement des Gilets jaunes qui porte en lui la dynamique montante d’une colère in-subordonnable est reconnu comme une puissance terriblement dangereuse par tous les gangs gouvernementalistes qui entendent maintenir le règne de l’exploitation économique et du mensonge politique. 

Il est donc grand temps que des hommes d’intransigeance exposent à la face du monde entier, la véritable signification du séisme actuel; qu’ils opposent aux contes et boniments des politiciens, syndicalistes, journalistes, artistes, sociologues, flics, juges, publicitaires et autres parasites sociaux de toutes sortes une claire déclaration du mouvement lui-même. 

C’est à cette fin que nous, simple expression anonyme parmi d’autres du prolétariat universel en soulèvement d’histoire – c’est à dire des humains privés de tout pouvoir sur leur existence asservie par l’argent et venant de tous les territoires ouvriers, paysans ou artisanaux écrasés par la crise généralisée du capitalisme mondial – avons rédigé la Lettre ouverte suivante. Celle-ci vient signifier que la force spontanée des Gilets jaunes va continuer d’avancer afin de contrecarrer les nombreux pièges que ne cesse de lui tendre le pouvoir du spectacle de la marchandise lequel est d’ailleurs condamné à tomber à mesure que va s’effondrer l’ordre économique international de l’illusion qui le fonde. 

Alors que la crise totale de la mystification mercantile ne peut que partout se poursuivre, l’État intervient massivement pour toujours renforcer ses batteries de mesures sécuritaires et anesthésiantes …Une frénésie qui dénote la peur et l’impuissance d’une mafia aux abois et qui est ici couronnée par la tentative d’endormissement du baratin propagandiste et des causeries sous contrôle pour distraire et gagner du temps… 

Emmanuel Macron, affligeant représentant de commerce de l’OTAN et des diktats de l’Europe américaine de Bruxelles, petit commis inculte des privilégiés métropolisés du mondialisme de la marchandise vient aujourd’hui de nous pondre une pitoyable bafouille totalement creuse et affligeante supposée endiguer la désobéissance de la France périphérique du prolétariat infiniment méprisé. Le dérisoire ancien associé-gérant de la banque d’affaires Rothschild & Cie nous presse ainsi d’accepter un système social d’obéissance rénovée en nous implorant d’aller nous perdre en de multiples bavardages insipides et grotesques. Mais il a cependant raison sur un point ; La France n’est pas un pays comme les autres… En effet, elle est l’éclaireur de la lutte de classe internationale qui voit s’opposer depuis des lustres les insurgés de la vie aux gestionnaires de la fausseté généralisée. Et dès lors, cette France communarde de la longue histoire, avec un mépris total pour le « grand débat national » de la manipulation qui nous propose d’être esclaves autrement, va prouver à tous qu’elle sait faire la différence entre le chemin de la parole insoumise et celui du jacasser servile. C’est pourquoi la France réfractaire refusera de perdre son temps à discutailler avec les représentants de l’oppression… 

L’immense tremblement de terre historique que nous connaissons aujourd’hui et qui a déclenché la panique répressive du pouvoir qui s’affirme désormais publiquement comme le parti policier de l’ordre capitaliste en décomposition a démontré que l’offensive sociale ne doit pas se contenter de cibler les marionnettes mises aux commandes de l’État par les multinationales du rendement et du saccage. Tous les successeurs appliqueraient à quelques degrés près, les mêmes politiques d’escroquerie et de prédation. C’est le système de la liberté despotique du profit lui-même qu’il faut éradiquer en commençant par comprendre que toute négociation est un traquenard destiné à briser la lutte. 

Le mouvement social n’en est qu’à ses débuts mais il ira loin même si ce loin est encore éloigné car la crise de la dictature du marché mondial va prochainement tout faire exploser, industriellement, monétairement et bancairement… 

À bas les carriéristes, les donneurs de leçons et tous les récupérateurs qui posent leur candidature pour « structurer » le mouvement ! 

À bas les chefs et tous les falsificateurs qui entendent canaliser et chapeauter le combat pour l’assagir, le divertir et le faire mourir dans des cahiers de somnolence ! 

À bas les gadgets référendaires et l’arnaque des débats citoyens pour améliorer la misère et nous manipuler dans les parleries débiles de l’asservissement repeinturluré ! 

Non à toutes les foires électorales et d’abord celle de l’esbroufe européenne. Non à toutes les refondations du contrat social de la domestication… 

NOUS REFUSONS DE DEMEURER ASSIGNÉS DANS LE MONDE DU CHIFFRE D’AFFAIRES… 

NOUS N’ACCEPTERONS JAMAIS QUE NOTRE VIE SOIT UN ARTICLE DE COMMERCE ENFERMÉ DANS LES VOTATIONS MORTIFÈRES DU SUFFRAGE UNIVERSEL DE LA CITÉ DU CAPITAL … 

VIVE la grève générale sauvage et illimitée pour un monde anti-mercantile qui corresponde aux seuls besoins de l’humain ! 

VIVE LA COMMUNE !

Des humains sans étiquette qui entendent bien demeurer in-contrôlables… 

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

Le texte ci-dessus en version PDF:

lettre ouverte au technicien de surface financier…

 


Vive la Commune !

Gilets Jaunes: De Commercy à Montreuil… Pour une France des Assemblés Populaires…

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… de la Commune des communes menant à la Société des sociétés, parce qu’il n’y a pas, n’y a jamais eu et ne peut y avoir de solutions au sein du système étatico-capitaliste. Ainsi, du Chipas mexicain, au Rojava kurde en passant par la France et tous les peuples natifs des continents, le vent de la révolte et du changement radical de paradigme politique s’est mis à souffler de plus en plus fort. Il est plus que grand temps de réaliser que la lutte d’émancipation de l’humanité est universelle et qu’en cela et bien plus encore, nous sommes tous inter-reliés.

~ Résistance 71 ~

 

 

Appel des Gilets Jaunes de Montreuil (93) en réponse à l’appel de Gilets Jaunes de Commercy (Meuse)

 

Paris-Luttes Info

 

11 janvier 2019

 

Source: https://paris-luttes.info/appel-des-gilets-jaunes-de-11468?lang=fr

 

Les gilets jaunes de Montreuil ont entendu l’appel de l’assemblée populaire de Commercy à se retrouver dans une grande assemblée des assemblées, une commune des communes, le 26 janvier prochain. Nous les remercions et leur répondons avec l’appel de Montreuil.

 

 

A Montreuil aussi, nous avons enfilé des gilets jaunes et nous nous sommes installés tous les jours en face du rond-point de Croix de Chavaux comme partout en France. Ça nous a permis de nous rencontrer autour d’une soupe, de débattre autour d’un brasero, de tisser des solidarités malgré des horizons très différents et de parvenir à sortir de l’isolement. Cela nous a aussi permis de rappeler que les banlieues parisiennes, comme à Pantin, à Saint-Denis, à Ivry, à Aulnay, ont bien rejoint le mouvement.

Le gilet jaune est le symbole d’une révolte. 

Il est bien trop tôt pour rentrer chez soi et il n’est pas trop tard pour en sortir !

Nous sommes révoltés à cause de l’humiliation et du mépris. L’extrême richesse de certains, la soif de pouvoir des politiciens, le saccage de la planète par les plus riches et les violences de l’État sont allés trop loin.

Les mains arrachées, les manifestants éborgnés, la jeunesse alignée à genoux, les milliers d’inculpés et les centaines d’incarcérés sont venus s’ajouter à la répression policière quotidienne exercée à l’encontre des quartiers populaires depuis des années. Nous n’oublions aucune victime du « maintien de l’ordre » et nous affirmons notre solidarité aujourd’hui comme demain.

On essaie comme toujours de séparer les « bons gilets jaunes » et les « casseurs ». 300 personnes qui s’affrontent avec la police pour défendre un rond point, c’est de l’autodéfense populaire et 3000 personnes qui attaquent des banques ou des ministères, c’est le soulèvement d’un peuple en colère !

Pour obtenir ce que nous désirons, ne tombons pas dans le piège des médias et du pouvoir en définissant des limites à notre mouvement.

Ni les miettes que nous propose le gouvernement, ni un « débat national » dirigé par lui-même, ni l’obtention du RIC n’arrêteront le magnifique moment qui est en train de s’ouvrir.

Certains doutent et ont peur de l’incertitude de l’après. Nous répondons que dans la façon dont s’organise la révolte des gilets jaunes nous avons déjà beaucoup de pistes pour vivre dans des territoires désirables.

Face à la révolte, la plus vieille des techniques du pouvoir est de nous diviser. Nous ne devons pas tomber dans ce piège.

Plutôt que le chacun pour soi, l’individualisme et la soif d’argent qui permettent le maintien de ce pouvoir, c’est la solidarité et le partage que nous avons à développer : Nous avons vu qu’ensemble nous sommes bien plus forts !

Nous savons bien que ceux qui privent les habitants de ce pays d’une vie digne ne sont ni les immigrés ni les exilés mais bien l’insolente richesse de certains et ce système injuste

Voilà pourquoi nous pensons que la différence ne doit pas constituer une frontière : ni la couleur de peau, ni le lieu de naissance, ni le genre, ni l’orientation sexuelle, ni la religion ne serviront de prétexte pour nous diviser. Nous devons être unis dans nos différence si nous voulons bâtir un monde plus juste et plus beau.

En Irak, Tunisie, Belgique, Kurdistan, Syrie, Japon, Hongrie, Espagne, Burkina Faso, Égypte, Angleterre, Maroc, Italie et dans bien d’autres endroits des gens mettent des gilets jaunes pour montrer leur colère : Notre révolte n’a pas de frontière !

Nous ne laisserons plus personne, qu’il soit président, maire ou « représentant » décider à notre place de nos conditions d’existence.

L’organisation par rond point, par quartier, par village, par commune nous permet de reprendre le contrôle de nos territoires et donc de nos vies.

C’est cela qu’il nous faut continuer et viser si nous voulons que les choses changent vraiment.

A Montreuil, nous lançons un « club gilets jaunes » à l’image de ce qui se faisait durant la Révolution Française où l’on se rencontrait dans des clubs d’éducation populaire. Car se réapproprier le savoir permet de nous rendre moins manipulables et de faire émerger une intelligence collective au service d’actions concrètes pour améliorer notre quotidien.

Nous appelons à la multiplication de ce genre de club sur tous les territoires.

Sans pour autant effacer la diversité et l’autonomie de nos organisations et initiatives locales nous pensons qu’il est important de nous lier et de nous rencontrer pour renforcer le mouvement des gilets jaunes.

C’est pour cela que nous serons présents à Commercy et que nous appelons depuis Montreuil à ce que des gilets jaunes de partout participent à l’assemblée des assemblées.

C’est le début d’une révolution qui veut construire une société plus digne et plus juste, pour nous et nos enfants. Nous nous arrêterons pas même si cela doit prendre 100 ans. Pour que le peuple décide lui-même de comment il veut vivre.

Entendez cet appel : continuons le début, prenons le chemin de la révolution !

P.-S.

Mail : chavaux@riseup.net

Groupe Facebook : Les Gilets Jaunes de Montreuil

Point fixe de 16h à 20h du lundi au vendredi Place Jacques Duclos (Métro Croix de Chavaux)

Club Gilet Jaunes de Montreuil tous les vendredis à partir de 19h30 à la Parole Errante

Départ collectif à 10h Place Jacques Duclos tous les samedis

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

Quelques textes politiques fondateurs

 

Gilets Jaunes… 9ème round et terrorisme d’état

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“Il faut sinon se moquer, en tout cas se méfier des bâtisseurs d’avenir. Surtout quand pour bâtir l’avenir des hommes à naître, ils ont besoin de faire mourir les hommes vivants. L’homme n’est la matière première que de sa propre vie. Je refuse d’obéir.”

~ Jean Giono ~

 

 

“Aucun État centralisé, bureaucratique et par là même militaire, s’appela-t-il même république, ne pourra entrer sérieusement et sincèrement dans une confédération internationale. Par sa constitution, qui sera toujours une négation ouverte ou masquée de la liberté à l’intérieur, il serait nécessairement une déclaration de guerre permanente, une menace contre l’existence des pays voisins. Fondé essentiellement sur un acte ultérieur de violence, la conquête, ou ce que dans la vie privée on appelle le vol avec effraction, — acte béni par l’Église d’une religion quelconque, consacré par le temps et par là même transformé en droit historique, — et s’appuyant sur cette divine consécration de la violence triomphante comme sur un droit exclusif et suprême, chaque État centraliste se pose par là même comme une négation absolue du droit de tous les autres États, ne les reconnaissant jamais, dans les traités qu’il conclut avec eux, que dans un intérêt politique ou par impuissance.”

~ Michel Bakounine, 1895 ~

 

Gilets Jaunes… De Commercy à Montreuil pour une France des Assemblées Populaires !

Gilets Jaunes: Compte-rendu de l’AG des Gilets Jaunes du Loiret du 4 janvier 2019

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« Ce n’est pas avec la désobéissance civile
que nous avons un problème… mais avec
l’obéissance civile ! »
~ Howard Zinn ~

 

Assemblée Générale des Gilets Jaunes du Loiret le 4 janvier 2019

 

Nuage Fou

 

9 janvier 2019

 

Source:

https://www.monde-libertaire.fr/?article=Assemblee_Generale_des_Gilets_Jaunes_du_Loiret_le_04_Janvier

 

Une première assemblée générale des « Gilets Jaunes du Loiret » s’est tenue le vendredi 4 Janvier à Chalette sur Loing, à l’endroit même où se déroulait le 77ème congrès de la Fédération Anarchiste au printemps dernier. La convocation s’est faite en mode propagation horizontale, par des contacts sur le terrain entre les personnes des nombreux ronds-points occupés du Loiret. Des animateurs du mouvement soucieux de faire émerger un niveau régional ont circulé pour annoncer l’événement et connaître et recruter de nouveaux activistes afin d’assurer la préparation et le bon déroulement de l’AG. Il y a effectivement beaucoup à faire et toutes les bonnes volontés semblent acceptées. Annoncée pour 19 heures, l’assemblée a réuni de l’ordre de cinq à six cents participants, peut-être plus. On trouve des participants de tous les âges, pas mal de 40 ans et plus, et à en juger par les styles vestimentaires pas ou peu de ces cadres et cadres-sups qui représentent la base électorale de Macron. Un bon tiers de femmes et à titre d’exemple, le petit rond-point de l’entrée de Nemours était représenté par une douzaine de personnes.

Une estrade meublée de quelques tables alignées fait face à des rangées de chaises, alors que sur le mur, un projecteur passe quelques planches qui introduisent les thèmes de discussion et structurent le déroulement de l’AG. Sur l’estrade ce sont huit hommes et une femme, qui assurent le déroulement de l’assemblée. Alors que chaque « coordinateur » dispose du micro assez librement pour introduire ou commenter les thèmes discutés, la prise de parole par les participants se fait simplement et sans contrôle ; il suffit de venir devant l’estrade et se manifester ou prendre la queue lorsqu’il y a du monde qui attend. Un mode FIFO – Premier Arrivé, Premier Servi. Les personnes qui parfois réagissent en hurlant dans le fond la salle sont invitées à se rendre devant l’estrade pour articuler clairement (autant que possible) leur message. Certains se déplacent alors que d’autres se désistent et se taisent ; il y a de l’écoute, bien que globalement, on assiste plutôt à une suite de monologues qu’à des échanges contradictoires sur le mode du dialogue. Chacun expose ses vues. Malgré une organisation un peu bricolée sur le pouce, au fil de son déroulement, pas de prise de pouvoir des organisateurs, et le souci de laisser chacun s’exprimer sans censure. 

Actions directes et répression

Le contenu des débats oscille entre un ordre du jour bien préparé par les organisateurs et des prises de paroles individuelles de l’assemblée, pour certaines structurées, soucieuses de mettre en avant des propositions ou analyses, et d’autres plus viscérales, telle ou tel venant à l’estrade pour y prendre le micro et soulager sa colère en la partageant avec l’assemblée. Ces sorties sont de l’ordre du cri, de la révolte, contre le gouvernement, contre sa politique, et contre la répression qui s’abat de plus en plus durement sur les gilets jaunes, soit en manifestation, soit de façon beaucoup moins médiatisée sur chacun des ronds-points occupés.

Les réactions à la répression du mouvement sont nombreuses, et en particulier – et cela n’étonnera personne – contre la brutalité de la répression policière, que de nombreux Gilets Jaunes découvrent à l’occasion du mouvement, mais aussi contre la montée en puissance des actions judiciaires à l’encontre de l’action directe. Ce mouvement qui est non parlementaire, non partisan, non électoral et n’est pas encadré par des organisation ayant intérêt à s’approprier des négociations, met l’action directe au cœur de ses modes d’actions, avec au centre, l’occupation – illégale – des ronds-points. Après plusieurs semaines de sidération, l’Etat a commencé à cibler judiciairement les occupants des ronds-points ainsi que les militants engagés dans des actions illégales.

Un appel à eu lieu pour soutenir les neufs inculpés pour le murage aux parpaings du centre d’impôts de Montargis. Leur procès pour « dégradation de biens publics » doit s’ouvrir le 3 avril prochain.

Afin de garder l’initiative et prendre de vitesse policiers et gendarmes qui surveillent les sites FB, il est proposé et décidé que les appels à action ne mentionnent plus que le lieu et les dates et heures des rassemblement. Les actions faites ou proposées vont du blocages de routes et de points d’accès aux centres logistiques, aux manifestations devant les préfectures, les banques ou les centres des impôts. La communication bienveillante avec la population, qui continue de soutenir très massivement le mouvement – son mouvement – sans toutefois s’y impliquer directement, est considérée comme très importante, avec la promotion d’actions symboliques ou non-violentes et qui ne nuisent pas à la population: lâcher de ballons jaunes dans les centre villes, diffusion de tracts expliquant les lois devant les centres Pôle Emploi, les banques, les MacDo, sur les marchés, ou encore la participation massive aux conseils municipaux. Suite à une action de participation citoyenne au conseil, le maire de Montargis a décrété un huit-clos. N’étant pas ou peu prisonnier de formes d’actions traditionnelles qui faudrait répéter ou réactiver, on constate – avec le plus grand plaisir – que l’imagination est au pouvoir et il y a une réelle créativité. Un Gilet jaune a, par exemple, mis l’Élysée en vente sur Le Bon Coin.. 

Des luttes spécifiques

On note également la parole donnée à des associations mobilisées pour des causes spécifiques. Deux d’entre elles ont pris la parole: l’une lutte contre la pédophilie sur l’Internet et l’autre contre le trafic d’organes. A priori peu de rapport avec les Gilets Jaunes, sauf peut-être le partage d’une lutte contre une forme d’horreur insupportable… chacune émeut la salle en décrivant l’horreur contre laquelle elle se bat et le peu de soutien, voire les coups, qu’elle reçoit de l’Etat. Plus directement connectée à l’histoire du mouvement, le collectif d’action directe Orléanais « Action Non Violente COP21 », dont depuis 2015 les membres endossent le gilet jaune, font un discours sur l’aéroport subventionné par le Conseil Régional et détaillent l’absence de taxes sur le kérosène utilisé par les avions au service de la mondialisation du commerce et des loisirs des plus aisés – un des sujets « écolos » révélé au grand public par le mouvement des gilets jaunes. Ils rappellent que la COP21 qui a réuni la totalité des pays moteurs de la mondialisation aurait pu, si elle l’avait voulu, décider de taxer ce kérosène ainsi que le fioul qui propulse sur les mers les porte-containers, l’infrastructure marine de la mondialisation. Le discours se conclue par l’annonce d’un appel prochain pour bloquer l’aéroport subventionné contre leur gré par les impôts de Gilets Jaunes. Les handicapés sont également représentés, avec un discours sur la dureté de leur condition et le peu d’intérêt de l’état pour les plus démunis d’entre eux. Il est vrai que l’on voit des fauteuils roulants sur nombre de ronds-points.

Trois thèmes nationaux

Trois thèmes d’ordre national ont été débattus: la « Consultation Nationale » annoncée par E. Macron dans son discours, les Élections Européennes à venir, et le RIC – Référendum d’Initiative Citoyenne. 

Pour la « Consultation » c’est essentiellement un grand scepticisme qui s’est manifesté. Elle est perçue comme un enfumage, une tactique de démobilisation visant à reprendre l’initiative perdue, occuper durablement le terrain tout en affichant une forme d’ouverture bienveillante, le temps de déployer efficacement et massivement l’autre tactique, juridico-policière, destinée à faire taire par la force les gilets jaunes les plus motivés. Donc essentiellement un appel à la méfiance, si ça n’est au boycott. 

Pour le second thème, les élections européennes, le débat tourne autour d’un éventuel vote pour une liste Gilets Jaunes. En introduction, il est annoncé qu’il y aura au moins une liste se réclamant des Gilets Jaunes (il semble que Florian Philippo, l’ancien leader du Front National ait déposé la marque…). On sent que la tribune est moins en accord avec l’assemblée, en particulier un intervenant, présenté comme « parisien » qui explique trop longuement que voter est « un droit », est nécessaire, que ne pas voter c’est voter Macron, etc. etc. La mayonnaise ne prend pas, l’assemblée est massivement contre une telle liste et contre le vote. En complément un jeune participant prend longuement et vigoureusement le micro pour inciter l’assemblée à se mobiliser sur la reconnaissance du vote blanc, et en particulier à son utilisation pour invalider des élections où il serait majoritaire. 

Le RIC 

Dernier thème traité, le RIC suscite une adhésion quasi unanime, à part celle du « parisien » (à la pensée complexe) qui tente justement de présenter la complexité d’un tel référendum. Sur la planche projetée au mur, le RIC est techniquement présenté comme un simple ajout à l’article de la constitution relatif aux modalités par lesquelles le peuple souverain exprime ses volontés. Pour l’assemblée, il est perçu comme l’arme par laquelle un peuple qui depuis des décennies a vu sa souveraineté confisquée par une toute puissante et arrogante oligarchie politico-financiaro-médiatique, la recouvrerait soudainement. L’outil lui permettrait de reprendre l’initiative : décider de lois, contrôler et éventuellement démettre les élus, invalider des décisions indûment prises par des parlementaires soumis à la botte du gouvernement ou à la soupe des lobbies, ou encore décider de la validité de traités internationaux qui engagent le pays et restreignent son autonomie décisionnelle. En toile de fond, et treize années plus tard, on sent dans la salle que l’ombre du « NON » au référendum de 2005 sur la constitution européenne reste très présente. La décision citoyenne prise en dépit des menaces des « économistes » et du pilonnage médiatique en faveur du « oui », a été piétinée par Nicolas Sarkozy et, sur le moment, sans grande réaction populaire. Mais elle pèse lourdement ; les gens de rien ont quand même de la mémoire, et le vase de Pandore est plein à ras bord de dénis de justice et de démocratie ; maintenant qu’il est ouvert, il se déverse. La revendication du RIC résume à la fois le fondement de ce mouvement : reprendre l’initiative et la conserver, et son évolution express, en six semaines : pour ne pas subir des lois injustes il faut les définir soi-même. Parti d’une simple revendication économique apparemment anecdotique – une taxe de trop sur l’essence – et se politisant au fil de son essor, le mouvement a réalisé l’ampleur et la complexité des réformes à apporter pour inverser les fondamentaux de la gestion du pays. Plutôt qu’une courte liste de revendications vitales, ou à l’opposé, qu’une liste potentiellement infinie et contradictoire de revendications particulières, la proposition consensuelle est de redonner aux citoyens, non plus « la parole », mais tout à la fois l’initiative et la décision pour les fabrication des lois et le contrôle de ses représentants. Réactiver la démocratie en retournant à sa source, la démocratie directe. 

Deux grands absents

Pour conclure, quelques mots sur le sujet de la représentation du mouvement et de la difficile coordination des initiatives locales. Une méfiance radicale de la représentation continue d’irriguer ce mouvement parti de la base et qui entend continuer de se diriger de lui-même. Les organisateurs de l’AG se présentent comme des facilitateurs et sont très en retrait ; lorsqu’ils se présentent ils prennent grand soin d’indiquer qu’ils ne représentent personne. Alors que le terme de « mandaté », pourtant classique dans le cadre de cette problématique, est absent, on trouve pléthore de mots utilisés pour éviter celui de « représentant », un mot qui fait bondir l’assemblée. Ainsi, B…, lors de sa première prise de parole, indique qu’elle n’est que la « porte-voix » de son groupe, qu’elle aucun pouvoir, n’en veut surtout pas, qu’elle est révocable à tout moment et que cela lui convient parfaitement. 

De fait, il y a du leadership et des leaders, en particulier ceux qui ont pris l’initiative de cette nécessaire assemblée régionale, mais deux phénomènes d’égale importance empêchent leur transformation en chef. La population des Gilets Jaunes a un tel sentiment de s’être fait manipuler depuis des décennies par des « représentants démocratiquement élus » qu’aucun leader n’ose en endosser, ni le titre, ni le rôle ; il se ferait réduire en poudre (de perlimpinpin). De façon complémentaire, la nature émergente du mouvement, totalement décentralisé et composé de centaines ou de milliers de groupes autonomes et autogérés, fait qu’il n’y a pas (encore?) de procédure de légitimation de leader/représentant/délégué/mandaté/etc. acceptée par un nombre suffisant de groupes pour être valide et s’imposer au niveaux régionaux ou national. A ce stade c’est la capacité individuelle de leadership conjuguée à une implication très réelle et visible dans l’occupation physique des rond-points et lors les actions, qui produit et légitime des figures à même de partager et propager des propositions et des décisions au-delà de chaque micro-communauté. 

Derniers mots sur les accusations de beaufisme, racisme, antisémitisme, etc. utilisés entre autres par le gouvernement pour dénigrer le mouvement. On ne peut pas bien sûr ignorer la présence active des militants et sympathisants du RN au sein du mouvement des gilets jaunes ; c’est un fait. Pour être plus catégorique, il faudrait consulter le travail des géographes qui analysent les cartes du vote FN et celles de la mobilisation des Gilets Jaunes. Mais, et seuls à titres d’exemples, on sait que c’est le cas par exemple sur le rond-point Cacahuètes, comme l’a noté un compagnon de Montargis, ou encore dans la région Lyonnaise où des groupes identitaires sont très actifs. Ces frontistes étaient donc nécessairement présents au sein l’assemblée, mais en mode silencieux. A un moment, lors d’un bref échange sur le pouvoir des banques, on a entendu une voix stridente hurler contre les « sionistes », mais elle s’est tue aussitôt et n’en entraîné derrière elle ni approbations ni applaudissements – Flop. Aucune thèse raciste ou anti-migrant n’a été soutenue, proposée au débat ou même criée anonymement du fond de la salle. 

De façon intéressante – et peut-être symétrique – on peut noter un autre grand absent dans l’imaginaire convoqué pendant les discussions de cette AG, c’est le capitalisme et l’idéologie néolibérale qui le soutient. Les innombrables critiques ou invectives se focalisent sur les personnes, essentiellement les acteurs politiques les plus visibles – le président, son gouvernement, la « représentation » – mais on voit peu apparaître les commanditaires et pas du tout l’idéologie, soit parce que le moment n’est pas théorique, ou par manque d’une solide culture politique, soit plutôt parce qu’une telle critique, nécessairement radicale risquerait de promouvoir au sein du mouvement une image « gauchiste », voire extrême-gauchiste. Une bonne partie de l’assemblée ne s’y reconnaîtrait probablement pas, en particulier la frange des artisans, petits entrepreneurs et employés du care ou du tertiaire qui fournit au mouvement une partie substantielle de ses acteurs. On peut interpréter ce double silence très présent au sein du débat par le fait que tant l’extrême-droite que l’extrême-gauche ou les libertaires retiennent leur parole, afin de ne pas nuire à leur intégration dans un mouvement qui ne les accueillerait pas en tant que tels. Ils se réservent pour accompagner, le moment venu et dans l’action concrète, la mutation en cours d’une révolte sociale en contestation politique, un instant disponible pour basculer et prendre telle ou telle orientation. 

Une dernière remarque… malgré quelques appels minoritaires à l’armée pour « mettre de l’ordre » dans le pays, le refus fondamental et ancré dans la durée d’une verticalité, qui priverait à nouveau les nofaces de visage et de voix les novox, est une problématique peut-être inédite pour la récupération du mouvement à court terme par une extrême-droite dont le culte du chef est une, si cela n’est la, valeur fondamentale.

Un rajout à l’article reçu : 

Lundi 14 janvier 2019 Emission « trous noirs » de 16h à 18h sur Radio libertaire : Luttes sociales

« Chaud, chaud, lʼhiver sera chaud ! », Jupiter craint lʼ« annus horrribilis » qui sʼannonce, fustige ceux qui ne sont « que les porte-voix dʼune foule haineuse », encourage ses forces du désordre à évacuer les points de blocage, afin de rafistoler un État qui nʼest pas de droit, mais de guingois. Autour des ronds-points, ces « ZAD du pauvre », plusieurs directions divergentes sʼouvrent, dont celle des Gilets Jaunes de Commercy appelant à une grande réunion nationale des comités populaires locaux le 26 janvier : « Ensemble créons l’assemblée des assemblées, la commune des communes, c’est le sens de l’histoire, c’est notre proposition ».

Lʼhiver des métamorphoses ? sʼinterroge Freddy Gomez, notre invité avec Samuel Hayat, Les Gilets jaunes, lʼéconomie morale et le pouvoir, avec Patrick, muni de ses armes de dérision massive sur le rond-point de Nemours, une chanson et sa guitare, et avec Mohamed, animateur de l’émission La santé dans tous ses états.

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Résistance politique et illusion démocratique: L’État comme construction de l’oppression organisée

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 10 janvier 2019 by Résistance 71

Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !… Union dans notre complémentarité, halte à l’antagonisme fabriqué et à la division qui a mené au pouvoir coercitif ; halte à l’illusion démocratique.
A bas l’État, à bas la société marchande, à bas l’argent, à bas le salariat, pour que vive la Société des Sociétés…

~ Résistance 71 ~

 


Gilets Jaune, sortons de l‘illusion démocratique

 

L’État est une construction théorique

 

Le Monde Libertaire

 

0ctobre 2018

 

url de l’article:

https://www.monde-libertaire.fr/?article=LEtat_est_une_construction_theorique

Concrètement, l’État n’a aucune légitimité, ce n’est qu’une construction théorique pour les besoins politiques des différents régimes politiques qui ont détenu le pouvoir. En France, l’État est le résultat d’un assemblage de comtés qui, à l’origine, n’avaient aucun lien entre eux. Pour fabriquer la « France », il a fallu unifier le pays et lui donner des frontières. Cela s’est réalisé dans la douleur et à coup de guerres ou de trahisons de la part des potentats locaux. Une fois le but atteint, et pour préserver cette unité artificielle, les politicards aidés par les cléricafards, ont imposé leur autorité. Pour fonctionner, ils ont créé une administration, des services, des organismes divers et variés (police, justice, armée et Église…) qu’ils ont nommé État.

Cette escroquerie s’appelle la délégation perpétuelle

L’existence de ce pouvoir « politique » et de celui de l’Église joueront au fil des siècles un rôle important au nom de l’ordre social, militaire et religieux. Il s’agissait de créer de toute pièce un pays, un État et de lui donner des frontières, par l’unification des comtés (souvent forcée) et l’établissement d’une langue commune au détriment des langues comme le breton, le basque, le catalan, le corse, l’alsacien… L’État deviendra alors le siège de la puissance souveraine, ainsi, il usurpera la souveraineté du peuple. Les tenants du pouvoir, lui donneront un os à ronger en lui faisant croire que la démocratie c’est le vote, qui lui permet de choisir, de décider et d’être représenté ! Dans la réalité ce n’est qu’une vaste supercherie qui également au fil des siècles s’est ancrée dans les têtes. Cette escroquerie s’appelle la délégation ! D’autant qu’il n’est dit nulle part que par son vote le peuple délègue…

Au XVIIIe siècle, la constitution d’un État/Nation, d’un pays enchaîne le peuple et le prive de sa souveraineté et fait que c’est l’État qui détient la souveraineté. L’État et la Nation apparaissent dès lors comme deux réalités étroitement liées, au point qu’à partir du XIXe siècle la notion État/Nation s’impose pour justifier l’unité d’un pays et sa puissance… L’État se caractérise alors, par la superposition d’une entité politique souveraine, d’une administration qui lui sera toujours dévouée, quelle que soit sa couleur politique avec un ensemble culturel unifié du point de vue linguistique et religieux.

L’État un outil créé de toute pièce

Autrement dit, l’État n’est surtout pas le gouvernement, ni même la présidence de la République, pas plus qu’une nation. C’est un outil créé de toute pièce pour asseoir le pouvoir des représentants des partis politiques afin d’usurper aux peuples toutes possibilités de gérer eux-mêmes leur destin (économique, social et professionnel) et de s’approprier illégalement le droit de pondre des lois pour maintenir les peuples sous leur domination et de les punir s’ils enfreignent « leurs » lois ou s’ils remettent en cause « leur » pouvoir. Avec le développement du capitalisme industriel, commercial et financier, les représentants des partis politiques qui se succèdent au pouvoir ne sont là que pour gérer et protéger les affaires des capitalistes.

Un autre outil a été mis en place pour justifier ce hold-up, c’est le système électoral et, ce, au nom de la démocratie. Or, le système électoral qu’il soit censitaire, représentatif, majoritaire, uninominal à un tour ou deux tours, proportionnel, de liste à un ou deux tours… est une vaste escroquerie intellectuelle destinée à donner l’illusion que l’électeur décide et choisit… Or, une fois que cet acte inconscient est effectué, l’électeur se trouve pieds et poings liés. Il n’a plus aucune possibilité de réagir ni d’agir puisqu’il a donné quitus, souvent à un inconnu pour, qu’il croit, défendre ses intérêts. Rapidement, il se rend compte que ce ne sont pas ses intérêts que son représentant défend, mais bien les siens, ceux de son parti et du grand capital dont cet individu est le serviteur.

L’État est intimement lié et a évolué en fonction des besoins du système capitaliste et de son développement. Il va permettre et renforcer les rapports d’exploitation par le vote de lois scélérates et répressives, afin de maintenir les travailleurs sous la férule du patronat et sous la domination du pouvoir politique. L’État est donc avant tout un appareil de violence et d’oppression au service de la classe dominante et non comme les politicards voudraient nous faire avaler, au service du peuple.

Les faquins ont associé État/Nation, en sous-entendant que la Nation c’est le peuple. Il s’agit pour les politicards de taire l’existence des classes sociales. Il faut à tout prix masquer les conflits d’intérêts qui opposent les classes sociales, selon leur position dans le processus de production et nier la nécessaire lutte des classes. Ces luttes des classes sont un danger pour les dominants, elles peuvent à tout moment mettre en danger le système. Il faut donc que les tenants du pouvoir donnent l’illusion que nous sommes tous égaux en droits, alors que les inégalités existent de fait entre les prolétaires, les capitalistes et les bourgeois. Elles sont inhérentes au système qui les génère et les creuse.

Comme l’écrit si justement Victor Considerant, en 1851, dans Le Gouvernement direct du peuple :

« Ce que veulent les homme de la délégation, c’est-à-dire ces hommes qui, vaincus par la puissance de l’idée politique moderne, reconnaissant l’impossibilité de ressusciter le droit divin, de nier le dogme de la souveraineté du Peuple, s’y attachent et l’embrassent, mais à la manière des serpents, pour l’étouffer ; ce que veulent ces vaincus, c’est bien la Souveraineté du Peuple effectivement, seulement c’est la Souveraineté du Peuple mort sur le Peuple vivant. Écoutons-les : La nation, (vous remarquerez qu’ils disent la Souveraineté nationale et non la Souveraineté du peuple) ; d’abord ils n’aiment pas le mot Peuple ; et puis, le Peuple, c’est quelque chose de trop actuel, de trop vivant pour que le mot se prête avec quelque chance de succès à la jonglerie de leur argumentation), la nation, disent-ils donc, fait acte de souveraineté en se donnant un roi, en déléguant son pouvoir sur elle-même à un homme, à une famille, ou à des corps constitués. Cette famille ou ces corps deviennent les pouvoirs légaux. Si nous avons ainsi un roi, c’est un roi par délégation, un roi du vœu et consentement de la nation. Le principe de la souveraineté nationale est sauf et nous nous tenons notre monarchie. C’est toujours la même mystification que confond toujours la même réponse : « Ou la Souveraineté du Peuple subsiste, et votre prétendu roi n’est qu’un chef amovible du pouvoir national, un chef à chaque instant révocable par la volonté nationale ; ou bien la Souveraineté du Peuple ne subsiste plus , et alors n’en parlez pas.…

S’il était nécessaire d’éclairer la lumière pour qu’elle fût visible, j’ajouterais, à l’adresse de ces gens-là, ceci : je leur dirais : « Vous avez compris et revendiqué pour vous-mêmes la liberté civile. Il en est résulté que vous avez déclaré et dû, de toute nécessité, déclarer nul le contrat par lequel un homme se ferait, librement, volontairement, l’esclave d’un autre homme. Vous ne reconnaissez point l’aliénation, pour un motif quelconque, de la liberté, de la personnalité d’un homme. Cette imprescriptibilité de la personnalité, de l’autonomie humaine, elle est à la base de votre droit civil. Et vous voudriez faire, de l’aliénation de la liberté et de la personnalité d’un Peuple, de l’hétéronomie d’une nation, la base de son droit politique ? Bonnes gens, réveillez-vous, vous rêvez creux. » Non, les vivants ne sauraient aliéner leur liberté, fût-elle faite en bonne forme, elle est nulle de plein droit. »

Cette analyse de Victor Considerant a aujourd’hui 167 ans. Elle garde toute sa fraîcheur, sa pertinence. Il serait bien que les citoyens et les citoyennes les plus conscients(es) se l’approprient et que collectivement, ils mettent tout en œuvre pour mettre à bas ce système castrateur. En jetant les bases d’une société égalitaire et autogestionnaire, en remplaçant l’État et le gouvernement par le fédéralisme autogestionnaire et le système électoral par le mandatement (le mandat impératif). Sous le contrôle des diverses composantes de la société qui, en libre association, prendront possession de la gestion économique et sociale des entreprises et des communes et ce, sans intermédiaire, sans dirigeant, sans institution décisionnaire. Pour que personne ne décide à notre place.

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération: