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La Chine, capitalisme et Nouvel Ordre Mondial…

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Le Nouvel Ordre Mondial : instrument

Pertinente analyse de Michel Chossudovsky de GR ci-dessous, nous ajouterions ceci : la Chine est inféodée à l’empire (alors empire britannique) depuis les guerres de l’opium du XIXème siècle, le flot de fric recyclé via les banques chinoises est énorme, la toute nouvelle BAII (Banque Asiatique d’Investissements et d’Infrastructures) de Shanghaï est une autoroute à fric circulant dans les deux sens, le tout en dollar bien sûr. Un autre truc pour les “gens de gauche”, marxistes et autres dogmatiques : tout comme Lénine et Trotsky, Mao fut financé et mis en place par l’empire, qui largua Chang Kaï Chek en rase campagne, lui laissant le rôle de “gardien du triangle d’or” si lucratif et lui permettant de financer Formose devenue Taïwan avec la part du fric de la came lui revenant et s’assurant d’un marché captif tant la Chine était en retard technologiquement.
De plus, si la Chine est ce qu’elle est aujourd’hui, ce n’est que par la grâce des délocalisations industrielles voulues et planifiées de l’occident qui ce faisant, rendit la Chine toujours plus captive et dépendante. L’empire anglo-americano-sioniste est étiré à son maximum et ne peut plus rien vraiment contrôler, il a besoin que la force militaire chinoise s’étende et gendarme le monde. Depuis le tristement célèbre éditorial de David Rockefeller dans le New York Times en 1971 où il vantait les vertus du “timonier Mao” et sa grande maîtrise, préparant ainsi la reconnaissance par Yankland de la RPC par Nixon en 1973, Rockefeller y avait envoyé son mignon Kissinger préparer le terrain avec Chou en Laï en 1971 ; nous savons dès lors que le modèle chinois de contrôle social est modèle à étendre au monde pour le Nouvel Ordre Mondial qu’ils désirent tant mettre en place en grand remplacement d’un système étatico-marchand en totale décomposition.
Ce que dit Chossudovsky dans son analyse ci-dessous est juste, mais demeure incomplet. Il est important de bien saisir la vue panoramique de l’affaire qui se met en place depuis le XIXème siècle. C’est ce que nous reprochons à un fin journaliste comme Pepe Escobar que nous apprécions vraiment et avons traduit longuement et diffusé sur ce blog. Il fait la promotion inconditionnelle de l’Eurasie et de la ceinture commercial chinoise et la nouvelle route de la soie, alors que tout ceci n’est que la mise en place de l’étape suivante de contrôle post-capitaliste qui doit nécessairement passer par la destruction et l’avilissement final de l’Europe. La guerre en Ukraine depuis 2014 n’a pas d’autre finalité. Tout se tient dans la pourriture ambiante.

On nous présente la Chine comme « le concurrent mortel de l’empire », l’ennemi du XXIème siècle avec la Russie, qui elle, résiste à l’empire sous sa forme génocidaire, mais dans le même temps, Yankland, l’UE (France) et la GB financent et travaillent main dans la main avec l’armée chinoise au laboratoire P4 d’armes biologiques de Wuhan en Chine ? Ennemis, vraiment ?… Allons, allons…
Il y a un excellent roman qui fut écrit par un grand connaisseur des cultures occidentales et orientales, Eric Van Lustbader, en 1985 : « Jian ». Ce roman explique à une échelle particulière, le plan de longue durée impliquant la Chine et l’occident, nous recommandons la lecture de ce livre, sans doute plus qu’un « simple roman »… Van Lustbader commence avec cette citation de Sun Tzu : « Celui qui est prudent et attend patiemment un ennemi qui ne l’est pas, sera victorieux. » Le double sens est époustouflant dans le contexte actuel révélé par les évènements… Lisez le livre, une des meilleures intrigues géopolitiques jamais écrites.
~ Résistance 71 ~

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“Ce n’est pas du socialisme” : La Chine est une économie capitaliste de main d’œuvre bon marché, basée sur des salaires extrêmement bas

Les gens de gauche affirment que la RPC est un pays socialiste

Michel Chossudovsky

25 janvier 2023

Url de l’article en français:

https://www.mondialisation.ca/ce-nest-pas-du-socialisme-la-chine-est-une-economie-de-main-doeuvre-capitaliste-bon-marche-basee-sur-des-salaires-extremement-bas/5674298

Introduction

La plupart des analystes et des historiens ne comprennent pas qu’à partir du début des années 1980, la Chine est devenue un pays capitaliste à part entière.  Il existe de puissants milieux d’affaire américains, notamment Big Pharma, de grandes entreprises de haute technologie, des institutions bancaires fermement ancrées en Chine. 

Les États-Unis ont de fidèles « alliés » au sein de l’establishment économique et financier chinois ainsi que parmi les universitaires, les scientifiques et les médecins qui ont tendance à être « pro-américains ».

L’Académie des sciences de Chine (中国科学院),  les écoles d’administration chinoises (par exemple Pékin, Dalian, Guangzhou) remontant au début des années 1980 ont des liens avec les institutions de l’Ivy League. Beaucoup d’entre eux ont des programmes de MBA conjoints, par exemple l’école de gestion de l’Université Fudan de Shanghai avec le MIT. Stanford a un campus en Chine ainsi qu’un accord avec l’Université de Pékin, etc.  

Un autre exemple est le programme d’études supérieures de l’École de journalisme de l’Université Tsinghua, financé par Bloomberg et plusieurs institutions bancaires de Wall Street.

Les intérêts de puissants groupes économiques et financiers chinois (en particulier au sein de l’industrie pharmaceutique), y compris les milliardaires chinois ( Forbes List 2022, Forbes New Billionaires ) sont représentés aux plus hauts niveaux de la direction du Parti communiste chinois (PCC).

Ironiquement, ces « alliances »  contrastent fortement avec les menaces continues des États-Unis et de l’OTAN dirigées contre la République populaire de Chine, sans parler des divers actes de déstabilisation de l’économie nationale chinoise. 

Inutile de dire qu’il existe de profondes divisions au sein de la direction du PCC. 

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La Chine et l’échiquier géopolitique

Alors que la Chine joue actuellement un rôle d’équilibre important et positif sur l’échiquier géopolitique, ce n’est pas un État-nation «socialiste». 

Il est important que les gens de gauche qui décrivent la Chine comme un pays socialiste prennent conscience de la nature oppressive de l’économie d’exportation de main-d’œuvre bon marché de la Chine, établie à la fin des années 1970 au début de l’ère post-Mao, en liaison avec leur commerce et Partenaires d’investissement de Wall Street. 

Actuellement, plus d’un tiers de la main-d’œuvre de la RPC sont des travailleurs migrants ruraux saisonniers qui sont utilisés comme main-d’œuvre bon marché dans l’économie florissante d’exportation à bas salaires de la Chine.

Ce processus de main-d’œuvre migrante interne s’est déroulé avec l’abolition de la Commune populaire dans la  Constitution de 1983, ce qui a conduit à la disparition de la propriété collective avec la privatisation des terres agricoles.

Réserves illimitées de main-d’œuvre bon marché : 292 millions de travailleurs migrants internes

La Chine compte actuellement, selon les chiffres officiels, 292 millions  (2021) de travailleurs migrants internes employés dans l’économie d’exportation de main-d’œuvre bon marché, les projets de construction et d’infrastructure ainsi que dans l’économie des services urbains. 275 millions (2015), 287 millions (2017 )

Selon le Financial Times  2015 :

Environ 275 millions [2015], soit plus d’un tiers de l’ensemble de la main-d’œuvre chinoise, sont des travailleurs migrants de la campagne, sans droit de s’installer de façon permanente ni d’accéder à l’éducation, aux retraites ou aux soins de santé fournis aux personnes ayant un statut «urbain» héréditaire.

Ces travailleurs – qui sont en grande partie mais pas exclusivement issus des zones rurales et des cantons – constituent plus d’un tiers de la main-d’œuvre de la RPC. ( Voir la définition et les détails concernant le passeport huku )

Selon les statistiques officielles, on   estime à 292 millions le nombre de travailleurs migrants ruraux en Chine en 2021 , soit plus d’un tiers de l’ensemble de la population active. (statistiques officielles)

Une force de travail impressionnante presque la taille de la population des États-Unis : 332 403 650 (2022)

Les 292 millions de travailleurs migrants chinois  (dernières données de 2021) constituent également le moteur du développement des infrastructures, des routes et des corridors de transport, sans parler des initiatives commerciales et d’investissement eurasiennes « la Ceinture et la Route » de la RPC.

Les salaires

Le salaire mensuel moyen des travailleurs migrants saisonniers, y compris les heures supplémentaires en 2021 sur la base de statistiques officielles (rapportées et souvent peu fiables et gonflées) était  de 4 432 RMB (équivalent à 685 USD).

La semaine de travail officielle sans heures supplémentaires est de 44 heures ; avec les heures supplémentaires, cela peut aller jusqu’à 11-12 heures par jour, 6 jours par semaine.

« Une enquête auprès de 1 518 travailleurs migrants en 2013 a révélé qu’ils passaient en moyenne 11 heures au travail chaque jour ».

Le paiement dans secteur manufacturier se fait souvent à la pièce.

Les secteurs les mieux rémunérés pour les travailleurs migrants en 2021 étaient le transport et la logistique (5 151 yuans par mois) et la construction (5 141 yuans par mois), tandis que ceux employés dans les services d’hôtellerie et de restauration, et les services ménagers, les réparations, etc., étaient les plus bas. payé, gagnant un peu plus de 3 710 yuans par mois

La « culture de travail 996 » : 996工作制

Ce qui tend à prévaloir dans de nombreuses grandes entreprises industrielles et chaînes de montage de haute technologie chinois est la soi-disant « 996 Work Culture » (996工作制), à savoir le travail de 9h à 21h, 6 jours par semaine, 72 heures par semaine. (près de 300 heures par mois)  souvent imposées sans rémunération des heures supplémentaires. Une étude récente intitulée :

« Comment les managers utilisent la culture et les contrôles pour imposer un régime de travail ‘996’ en Chine qui constitue l’esclavage moderne »  par Jenny Jing Wang , 23 juillet 2020 

décrit l’imposition de 996工作制

« … comme un  capitalisme mondial sans restriction et une culture confucéenne de hiérarchie et d’obéissance … Les cas cités impliquent des entretiens semi-structurés avec 11 managers et 19 ouvriers travaillant dans les secteurs de l’hôtellerie et de la fabrication. Les entretiens sont analysés pour déterminer comment les managers utilisent les contrôles pour exploiter le pouvoir/la distance, les niveaux élevés d’insécurité et les droits du travail non appliqués pour imposer des conditions de travail difficiles.

Ce système est régulièrement approuvé par les milliardaires et les groupes d’entreprises chinois. Selon Jack Ma, fondateur du géant du e-commerce Alibaba (BABA) :

.« Si nous trouvons des choses que nous aimons, le 996 n’est pas un problème »…

« … les employés qui ont travaillé plus d’heures recevront les » récompenses du travail acharné « .

Le salaire minimum

Actuellement, Shanghai a le salaire minimum mensuel le plus élevé parmi 31 provinces (2 590 RMB/400 USD par mois) et Pékin a le salaire minimum horaire le plus élevé (25,3 RMB/3,9 USD par heure). Huit régions – Shanghai, Guangdong, Pékin, Tianjin, Jiangsu, Shandong, Hubei et Zhejiang – ont dépassé la barre des 2 000 RMB (308 USD) dans leurs normes de salaire minimum mensuel. [ne s’applique pas aux travailleurs migrants saisonniers]

Au bas de l’échelle des salaires, le niveau de salaire minimum du Liaoning (1 420 RMB/224 USD par mois) est légèrement supérieur à celui de l’Anhui (1 340 RMB/212 USD par mois).

Ingénierie sociale et dérogation aux droits des travailleurs. Les méga-usines de main-d’œuvre bon marché de la Chine 

Voir la vidéo ci-dessous : La soi-disant plus grande usine du monde (2009) EUPA est une propriété privée.

« EUPA fonctionne uniquement avec la sueur humaine [Human Sweat Alone] »

Elle produit du « Made in China » pour l’exportation au profit de nombreuses entreprises étrangères. Il est situé dans la zone économique spéciale de Xiamen dans la province du Fujian.

La vidéo documentaire [en anglais] suivante de 2009 décrit une tendance vers un tissu social hautement réglementé et oppressif qui sert le développement de l’économie d’exportation industrielle à bas salaires (axée sur le profit).

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Fusion-Action : le NOM en marche !

L’éthique confucéenne d’obéissance et de subordination sociale de la force de travail en est la force motrice

Les socialistes et les progressistes doivent reconnaître la nature de ce processus. La Chine n’est pas un pays socialiste. Plutôt l’inverse. C’est une économie à bas salaires (Voir Karl Marx sur la plus-value relative et absolue, les salaires et la durée de la journée de travail, Capital (Livre I, Parties IV-VI)

Remarque : l’uniforme jaune coïncide avec la couleur de l’usine . Le documentaire évoque une semaine officielle de 40 heures et des salaires (2009) variant de 90 à 300 dollars par mois. Ces chiffres officiels n’incluent pas les heures supplémentaires.

Plus de dix ans plus tard, cette « structure de méga-usine » est devenue un modèle du capitalisme industriel chinois dans les principales zones manufacturières, notamment la  base manufacturière du sud du Guangdong, la région du Grand Shanghai et le delta du Yangtze  (140 millions d’habitants) et la  méga-industrie de Chongqing. région située dans le Sichuan qui compte plus de 30 millions d’habitants.

Histoire de l’économie du travail bon marché en Chine

En 1978, une « politique de la Porte ouverte » a été mise en avant par Deng Xiaoping parallèlement au lancement des zones économiques spéciales (ZES) chinoises à Shenzhen et Xiamen, puis dans les grandes villes industrielles.

Ces réformes constituent l’épine dorsale de l’économie d’exportation de main-d’œuvre bon marché de la Chine.

De plus, tout en contribuant à appauvrir le peuple chinois (en particulier dans les zones rurales), une grande partie des bénéfices de ce processus de croissance capitaliste a été transférée via le commerce international des matières premières aux partenaires commerciaux occidentaux de la Chine.

Il convient toutefois de noter que le concept de « Porte ouverte » a été inventé pour la première fois par le secrétaire d’État américain John Hay en 1899, dans le cadre d’un programme colonial américain qui consistait à obliger la Chine à ouvrir sa porte au commerce « sur un pied d’égalité ». » avec les puissances coloniales.

De plus, depuis l’abolition de la Commune populaire (1983), les terres agricoles ont été en grande partie privatisées.

Les habitants des zones rurales dépendent largement des envois de fonds provenant de l’emploi des migrants dans les villes et les «zones économiques spéciales» dans l’industrie manufacturière et la construction.

Le courant dominant socialiste a rejeté avec désinvolture toute reconnaissance des faits relatifs à la concentration et à la propriété des terres, à l’augmentation des inégalités sociales et au développement d’un secteur des produits de luxe florissant pour une petite minorité sociale privilégiée.

La restauration du capitalisme 

Je conclurai sur une note personnelle.

En 1981-82, basé à l’Université de Hong Kong, Centre d’études asiatiques (CAS), j’ai commencé mes recherches sur le processus de restauration capitaliste en Chine. Cette recherche – qui s’est étendue sur une période de 4 ans – comprenait des travaux de terrain dans plusieurs régions de Chine (1981-83) axés sur les réformes économiques et sociales, l’analyse de la défunte Commune populaire (abolie en 1983) et le développement de l’industrie capitaliste privée. y compris l’économie d’exportation de main-d’œuvre bon marché.

J’ai commencé à passer en revue l’histoire économique chinoise, y compris les structures du système d’usine avant 1949, le développement des ports de traité établis à la suite des guerres de l’opium (1842) et j’ai réalisé que ce qui était rétabli en termes d’économie spéciale zones, la politique de la Porte ouverte avait été influencée par l’histoire des ports du traité, qui accordaient des droits extraterritoriaux à la Grande-Bretagne, à la France, à l’Allemagne, aux États-Unis, à la Russie et au Japon.

J’ai terminé le manuscrit de mon livre intitulé « Towards Capitalist Restoration? Le socialisme chinois après Mao » en 1984.

Il a été nonchalamment refusé par la gauche : « Nous n’avons malheureusement pas de marché pour un livre sur ce sujet ».

Le livre a été publié par Macmillan en 1986. Cliquez pour télécharger en pdf   (gratuit. très lent en raison de la taille du fichier)

Michel Chossudovsky est un auteur primé, professeur d’économie (émérite) à l’Université d’Ottawa, fondateur et directeur du Centre de recherche sur la mondialisation (CRM), Montréal, rédacteur en chef de Global Research.

Il a entrepris des recherches sur le terrain en Amérique latine, en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique subsaharienne et dans le Pacifique et a beaucoup écrit sur les économies des pays en développement en mettant l’accent sur la pauvreté et les inégalités sociales. Il a également entrepris des recherches en économie de la santé (Commission économique des Nations Unies pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPA), FNUAP, ACDI, OMS, gouvernement du Venezuela, John Hopkins International Journal of Health Services (1979, 1983)

Il est l’auteur de douze livres dont The Globalization of Poverty et The New World Order (2003) – La mondialisation de la pauvreté,  America’s « War on Terrorism » (2005) – Guerre et Mondialisation, The Globalization of War, America’s Long War against Humanity (2015).

Il collabore à l’Encyclopédie Britannica. Ses écrits ont été publiés dans plus de vingt langues. En 2014, il a reçu la médaille d’or du mérite de la République de Serbie pour ses écrits sur la guerre d’agression de l’OTAN contre la Yougoslavie. On peut le joindre à crgeditor@yahoo.com

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Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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5 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Société des sociétés organique avec Gustav Landauer

A-spirituelle
Le remède

Par la spiritualité nous vaincrons… Repenser l’apocalypse, un manifeste indigène anti-futuriste (Collectif Indigenous Action)

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Repenser l’apocalypse

Un manifeste indigène anti-futuriste

Indigenous Action

Mars 2020

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

…Ceci est une transmission depuis un futur qui n’arrivera pas. D’un peule qui n’existe pas…

“La fin est proche. Ou est-elle venue et repartie auparavant ?”
– Un ancêtre ~

Pourquoi peut-on imaginer la fin du monde et pas la fin du colonialisme ?

Nous vivons le futur d’un passé qui n’est pas le notre.

C’est l’histoire de fantasmes utopiques et d’une idéalisation apocalyptique.

C’est un ordre social global pathogène du futurs imaginés, construit sur le génocide, la mise en esclavage, l’écocide et la ruine totale.

Quelles conclusions peuvent se réaliser dans un monde construit sur des ossements et des métaphores vides de sens ? Un monde de finalités fétichisées calculées parmi la fiction collective de spectres virulents. De tomes religieux à un spectacle scientifique fictif, chaque ligne de temps imaginée construite de manière si prévisible : un début, un milieu et éventuellement… une fin.

Inévitablement dans ce narratif, il y a un protagoniste combattant un Autre, ennemi et attention… ce n’est ni vous ni moi. Tant de gens s’apprêtent avidement à être les derniers survivants de “l’apocalypse zombie”. Mais tout cela n’est que métaphores interchangeables, cet Autre / Zombie, cette apocalypse.

Ce ne sont que des métaphores vides, cette linéarité n’existe que dans le langage des cauchemars, elles fait partie d’emblée de l’imagination et de l’impulsion apocalyptiques.

Cette façon de “vivre” ou cette “culture”, est celle de la domination qui consomme tout pour son propre bénéfice. C’est une réorganisation économique et politique pour se calquer sur une réalité reposant sur les piliers de la concurrence, de la propriété et du contrôle dans le but du profit et de l’exploitation permanente. Elle professe la “liberté” et pourtant son fondement même est basé sur des terres volées alors que sa structure même est construite sur des vies volées.

C’est cette même culture qui doit toujours avoir Un Autre Ennemi, pour le blamer, pour pouvoir réclamer, affronter, assassiner et réduire en esclavage.

Une ennemi sous-homme que toutes formes de violence ne sont pas seulement attendues pour le vaincre, mais fortement encouragées. S’il n’y a pas d’Autre immédiat, alors la “culture” en construit un de toutes pièces. Cet Autre n’est pas construit de la peur mais sa destruction est motivée par celle-ci. Cet Autre est constitué d’axiomes apocalyptiques et de misère permanente. Ce monde Autre, cette maladie de weitko, est peut-être le mieux mis en évidence dans son plus simple stratagème, dans le silence de la refabrication :

Ils [les ennemis] sont sales, ne méritent pas de vivre, ils sont incapables, inutiles ; ce sont des non-croyants, des impis, ils n’en valent pas la peine, n’ont aucune valeur ; ils sont faits pour que nous en profitions, ils détestent notre liberté ; ils sont ignorants, mal documentés ; ils sont noirs, indigènes ; ce sont des moins que rien, ils sont contre nous jusqu’à ce que finalement, ils n’existent plus.

Avec ce mantra constant de violence, on ne peut comprendre qu’une chose : c’est vous ou eux…

C’est toujours l’Autre qui est sacrifié à une continuité cancéreuse et immortelle. C’est l’Autre qui est empoisonné, bombardé et abandonné dans le silence sous les gravas.

Cette voie de non-être, qui a infecté tous les aspects de nos vies, qui est responsable de l’annihilation d’espèces entières, de l’empoisonnement des eaux et des océans, de l’air et de la terre, des abattages massifs de forêts, de l’incarcération de masse, de la possibilité technologique d’une fin du monde par les armes, de la pollution généralisée, voilà la politique mortelle du capitalisme, elle est là la pandémie.

“Cher colon,
Ton futur est terminé.”
~ Un ancêtre ~

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Une fin qui s’est déjà produite

L’invasion physique, mentale, émotionnelle et spirituelle de nos terres, de nos corps et nos esprits afin de s’établir et d’exploiter, est le colonialisme. Des navires ont fait voiles sous des vents empoisonnés et des marées sanglantes à travers les océans les ont poussés d’un souffle court et mis en place l’entrave, des millions et des millions de vies furent tranquillement éteintes avant même qu’elles ne puissent nommer leur ennemi. 1492, 1918, 2020…

Des couvertures infectées de germes en guise de guerre biologique, le massacre de notre frère le bison, la damnation polluante de nos rivières donneuses de vie, l’incendie d’une terre immaculée, les marches forcées de déportation, l’emprisonnement suivant des traités scélérats et jamais respectés, une éducation coercitive par l’abus et la violence.

L’humiliation quotidienne d’après-guerre (indienne), post génocide dans les postes avancés du commerce, notre lent suicide sur l’autel du capitalisme. Travaillez, payez vos loyers, buvez, baisez, reproduisez, prenez votre retraite et mourrez. C’est sur la route, c’est en vente sur les marchés indiens, servir les boissons dans les casinos, Les Indiens laissés pour compte.

Ce sont les cadeaux des destinées manifestes infectieuses, voilà l’imaginaire futur que nos geôliers voudraient nous voir perpétuer et être parties prenantes. L’imposition sans pitié de ce monde mort fut motivée par une utopie idéalisée, tout ceci fut “pour notre propre bien”, ce fut sans conteste disent-ils “un acte de civilisation”.

“Tuer “l’Indien”, tuer notre passé et avec lui notre futur en “sauvant l’homme”, cet humain en imposant un autre passé débouchant sur un autre futur.

Ce sont les idéaux apocalyptiques d’abuseurs, de violeurs, de racistes et de patriarches. La foi doctrinaire aveugle de ceux qui ne peuvent voir la vie qu’à travers un prisme, un caléidoscope fracturé  d’une guerre totale et sans fin.

Une idée apocalyptique qui colonise nos imaginations et détruit notre passé et notre futur simultanément. C’est une lutte pour dominer le sens de la vie humaine et toute existence.

Voilà le futurisme du colonisateur, du capitaliste. Il est en même temps tout le futur volé par le pilleur, le va t’en guerre et le violeur.

Ceci a toujours été une question d’existence et de non-existence. C’est l’apocalypse actualisée avec pour seule certitude une fin mortelle, le colonialisme est une peste.

Nos ancêtres comprirent bien vite que cette façon d’être ne pouvait pas être ramenée à la raison ni qu’on pouvait négocier avec elle. Qu’on ne pouvait pas faire de compromis ni qu’elle ne pouvait être sujette à rédemption. Ils avaient compris que l’apocalyptique n’existe que dans l’absolu.

Nos ancêtres rêvèrent contre la fin du monde

Bien des mondes s’en sont allés avant celui-là. Nos histoires traditionnelles sont étroitement imbriquées dans la fabrique de la naissance et de la fin de mondes. Au travers de ces cataclysmes, nous avons retenu de nombreuses leçons qui nous ont forgée et fait de nous qui nous sommes et comment nous interagissons avec les autres. Nos façons d’être sont informées de la nature des choses en trouvant l’harmonie de et par la destruction des mondes. L’elliptique naissance, mort, renaissance…

Nous avons une connaissance d’histoires après histoires du monde qui fait partie de nous. C’est la langue du cosmos. Elle parle en prophéties taillées dans les cicatrices où nos ancêtres rêvèrent. C’est la ghostdance, les sept feux, la naissance du bison blanc, la 7ème génération, les cinq soleils, c’est écrit dans la pierre près d’Oraibi et au-delà. Ces prophéties ne sont pas juste des prédictions, elles ont aussi été des diagnostiques et des instructions.

Nous sommes les rêveurs rêvés par nos ancêtres. Nous avons traversé tout le temps entre les respirations et nos rêves. Nous existons avec nos ancêtres et les générations non-nées. Notre futur est au creux de nos mains. C’est notre mutualité et notre interdépendance. C’est notre famille. C’est dans les crevasses de nos souvenirs, gentiment pliés par nos ancêtres. Cette notre Rêverie collective et c’est Maintenant. Jadis, demain, hier.

L’imagination anti-coloniale n’est pas une réaction subjective aux futurismes coloniaux, c’est un futur anti-colon, anti-occupation. Nos cycles de vie ne sont pas linéaires, notre futur existe sans temps ; c’est un rêve non-colonisé.

Ceci est l’anti-futur indigène

Nous ne sommes en rien concernés du comment nos ennemis nomment leur monde de mort ni comment ils nous reconnaissent, nous ou cette terre. Nous ne sommes pas concernés par le re-travail de leurs façons de contrôle de gestion ou d’honorer les accords ou traités morts et enterrés. Nous ne les supplions pas de mettre un terme à ce réchauffement climatique qui n’est que la conclusion de leur impératif apocalyptique ; leurs vies sont construites sur la destruction de notre Terre-Mère.

Nous enterrons la gauche et la droite ensemble dans cette terre qu’ils sont si avides de consumer. La conclusion de la guerre idéologique de la politique coloniale est que les peuples indigènes perdent toujours, à moins que ce ne soit nous qui nous perdions nous-mêmes.

Les capitalistes et les colons ne vont pas nous mener vers leurs futurs de mort.

L’idéalisation apocalyptique est une prophétie auto-réalisatrice. C’est le monde linéaire qui prend fin et se détruit de l’intérieur La logique apocalyptique existe au sein d’une zone morte spirituelle, mentale et émotionnelle qui se cannibalise elle-même. Les morts se lèvent pour consumer toute vie.

Notre monde vie quand le leur cesse d’exister.

En tant qu’anti-futuristes indigènes, nous sommes la conséquence de l’histoire du futur des colonisateurs. Nous sommes la conséquence de leur guerre contre la Terre-Mère. Nous ne permettrons pas au spectre du colon, aux fantômes du passé de hanter les ruines de ce monde. Nous sommes l’actualisation de nos prophéties.

Ceci constitue la ré-émergence des cycles du monde.

Ceci est notre cérémonie.

Entre les cieux silencieux. Le monde respire de nouveau et la fièvre tombe.

La terre est tranquille. Attendant que nous écoutions

Quand il y a moins de distractions, nous allons à l’endroit d’où ont émergé nos ancêtres.

Et leur/notre voix.

Il y a une chanson plus vieille que les mots ici. Une chanson qui guérit et cicatrise plus profond encore que la lame du colon ne puisse jamais couper.

Voilà notre voix. Nous avons toujours été des guérisseurs.. C’est la première des médecine.

Le colonialisme est une peste, le capitalisme une pandémie.

Ces systèmes sont anti-vie, ils ne pourront pas se soigner.

Nous ne permettrons pas à ces systèmes malades et corrompus de guérir.

Nous nous étendrons, nous multiplierons.

Nous sommes les anticorps

Addendum

Dans notre passé / votre futur, ce furent les attaques non-systémiques non linéaires sur l’infrastructure critique vulnérable comme les facilités de gaz, les couloirs de transport, les fournisseurs d’énergie, les systèmes de communication et plus, qui firent du colonialisme d’occupation une impossibilité sur ces terres.

  • Notre organisation était cellulaire, elle n’avait pas besoin de mouvements formels.
  • La pratique de la cérémonie fut et est notre libération, notre libération fut et est cérémonie.
  • Nous avons honoré nos enseignements sacrés, nos ancêtres et les générations à venir.
  • Nous n’avons pris de crédit pour rien. Nous n’avons pas fait de communiqués. Nos actions furent notre propagande.
  • Nous avons célébré la mort de la solidarité gauchiste et de son romantisme apocalyptique myope.
  • Nous n’avons rien demandé des capitalistes / colonisateurs.

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Lectures complémentaires :

“Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”, Steven Newcomb

« Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada », Kevin Annett

Taiaiake Alfred (Ph.D, Mohawk, prof. science politique) sur Résistance 71

« Effondre le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés », Résistance 71

“Si vous avez oublié les noms des nuages, vous avez perdu votre chemin”, Russell Means

Gustav Landauer

N’oublions jamais…

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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5 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Société des sociétés organique avec Gustav Landauer

Indigenous-Resistance
La colonisation est une peste
Résistance !

Pour l’avènement de la société humaine véritable en corps et en esprit : Compilation PDF essentielle de textes et d’analyses de ce grand penseur spirituel, Gustav Landauer (Résistance 71 et JBL1960)

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GL sur R71 cobra

Gustav Landauer, compilation pour une société des sociétés organique et spirituelle (PDF) :
Gustav_Landauer_Ultime_Compilation_pour_une_societe_des_societes

A lire et diffuser sans aucune modération

Résistance 71

13 janvier 2023

Nous espérons que les textes présentés dans cette compilation PDF ci-dessous vous feront comprendre à quel point le pensée pratique de Gustav Landauer résonne (raisonne) toujours si parfaitement quand il s’agit d’envisager la suite de notre histoire. Nous ne le répèterons jamais assez, et il est clair que la situation vécue par le monde dans cette ère de guerres par proxy et de génocide planétaire par armes biologiques ne fait que corroborer ce fait, qu’il n’y a pas et ne saurait y avoir de solution au sein du système. Nous devons en sortir, prendre cette tangente échappatoire du cercle vicieux mortifère étatico-marchand, pour enfin nous retrouver en humanité vraie, dans cette société des sociétés de la complémentarité bien comprise qui ne demande qu’à se réaliser dans cette bascule de l’histoire s’annonçant aussi nécessaire que définitive et si bien pressentie par Gustave Landauer.
L’heure est venue de cesser d’avoir peur et de lâcher prise de ces illusoires futilités présentes pour nous retrouver, frères et sœurs en humanité, de l’autre côté du miroir et des ponts du surhumain. Nous y sommes presque, il suffit de dire NON ! au cirque ambiant, de se tenir par la main et de les traverser pour que naisse enfin cette société des sociétés, réalité affirmée de notre nature ancestrale et universelle la plus profonde. Gustav Landauer avait compris il y a plus d’un siècle, que la nouvelle société, cèle de l’avènement ultime de notre humanité vraie et profonde, sera une société spirituelle. Regardons autour de nous, regardons ces évènements tous plus iniques les uns que les autres pour comprendre que le monde a totalement perdu sa spiritualité. Landauer expliquait il y a plus d’un siècle, que cet esprit, ce « Geist » de la société, quand il est évincé de la société, est remplacé par l’État et ses institutions rigides, violentes et dominatrices. L’esprit de la société ne demande qu’à être ravivé et il suffit de regarder alentour pour comprendre que son heure est venue… Vive la Commune Universelle de notre humanité enfin réalisée.
~ Résistance 71 ~

GL_le visionnaire

Landauer est pour moi celui qui se sera le plus approché de la philosophie amérindienne que les Natifs de l’Île de la Grande Tortue et Nations premières pratiquent au quotidien et même enseignent aujourd’hui un anarcho-indigénisme qui explose complètement le narratif officiel des colons de papier de l’Amérique moderne ; Comme l’a parfaitement analysé Steven Newcomb : « Le style de vie américain est fondé sur un “rêve américain” impérialiste fait de richesses et de fortune obtenues au moyen d’un système de domination qui est utilisé pour abuser et profiter de la Terre, des territoires et des eaux de nos nations originelles. »
Aussi après avoir lu, intégré et conscientisé, l’essentiel de Landauer, il est totalement impossible de laisser dire que l’esclavagiste George Washington ou l’instigateur de l’Indian Removal Act / Loi sur la déportation des Indiens ; Andrew Jackson ou plus près de nous Bill Clinton, Barack H. Obama, Joe Biden tous Présidents du Parti Démocrate qui désigne la Gauche américaine auraient quelque chose à voir avec le socialisme comme exploré par Gustav Landauer.
De la même manière, nous avons ainsi les moyens de démontrer que le National-Socialisme qui porta Hitler au pouvoir avait tout du Nationalisme et absolument RIEN à voir avec le Socialisme…
Enfin, il nous permet de comprendre la (de moins en moins) subtile manipulation des Zélites qui placent à des moments clefs des hommes liges et grandes figures de la Gauche étatique partout dans le monde et même dans le fauteuil élyséen, comme les derniers prétendus socialistes ; Mitterand, Hollande, Macron en alternance avec les hommes de partis ou d’appareils politiques dits de Droite, ce afin de se maintenir, le plus longtemps possible, au sommet de la pyramide.
Nous sommes arrivés à la croisée des chemins, soit continuer de les laisser-faire et c’est fin de partie pour l’Humanité ; Soit réaliser que la société future sera spirituelle et non plus religieuse ou ne sera tout simplement pas ; Soit se rejoindre ICI et MAINTENANT puisque NOUS sommes TOUT COMMENCE
~ JBL1960~

Gustav Landauer, compilation pour une société des sociétés organique et spirituelle (PDF) :
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Chapeau bas et merci Dr Louis Fouché, promoteur de la société des sociétés organique dans un entretien avec Epoch Times France (vidéo)

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Résistance 71

12 janvier 2023

Le Dr Louis Fouché est médecin réanimateur des hôpitaux, spécialiste en éthique de la santé, conférencier et écrivain. Il est un des membres fondateurs du Conseil Scientifique Indépendant (CSI) et de l’association ReinfoCOVID, qui ont vu le jour suite aux énormes erreurs (en était-ce vraiment ou est-ce un crime parfaitement planifié ?…) commises par les institutions lors de la crise COVID 19 en France, toujours pas terminée.
Le Dr Fouché et son épouse pharmacienne ont été suspendus sans salaires depuis plus d’un an du fait de leur refus de suivre le protocole d’injections ARNm que nous savons depuis un moment mortifère, imposé pour les personnels de la santé publique, entre autres. Dans cet entretien du 9 janvier 2023 « Tout s’effondre » de plus d’une heure accordé au média indépendant Epoch Times France, il livre les dessous de la turpitude entrepreneuriale hospitalière en France et nous livre son vécu dans et hors du système institutionnel hospitalier, informations des plus instructives.
Entretien à voir et diffuser alentour sans aucune modération, tant il préfigure l’avènement plus avant de ce qui se met déjà en place pas à pas devant l’adversité dans un premier temps et qui deviendra seconde nature sous peu : une société de communes indépendantes, libres, basée sur l’association libre et l’entraide. Une société qui remplace les relations sociales créant et maintenant l’État en place, par des relations humaines d’entraide et de coopération. Demain, nous publierons un PDF de compilation d’analyses et de textes originaux, expliquant ce que le Dr Louis Fouché relate de ses expériences hors système. En cela, cette vidéo entretien est une parfaite introduction aux écrits que nous replierons demain sous format PDF.
Il n’y a pas de solution au sein du système, le Dr Fouché l’a perçu et le clame maintenant à sa manière, écoutons ces voix de sagesse ancestrale, de cet esprit, ce « Geist », de notre humanité vraie qui ne demande qu’à revenir remplacer cette anomalie évolutionnaire que représente le système étatico-marchand qui nous domine depuis quelques 5000 ans de bifurcation.

La vidéo entretien du Dr Fouché sur Epoch Times France :

Lire notre page mise à jour depuis 2019 : « Coronavirus, guerre contre l’humanité »

« Le véritable A. Fauci, Bill Gates, Big Pharma et la guerre globale contre la démocratie et la santé publique » (RFK Jr, PDF)

« SRAS-CoV-2 COVID 19 et injections ARNm, attaque nano-bio-technologique contre l’humanité » (Karen Kingston, PDF)

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6 puissantes stratégies pour protéger la génération suivante de la dictature technotronique et ne pas laisser se mettre en place la grille de contrôle 5G / NanoTech / Smart Cities (Children Health Defense de RFK Jr)

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6 stratégies de non-conformité pour protéger enfants et adolescents en 2023

Association Children Health Defence

7 janvier 2023

Source de l’article en français : 

https://www.mondialisation.ca/6-strategies-de-non-conformite-pour-proteger-les-enfants-et-les-adolescents-en-2023/5673840

Depuis 2020, les parents doivent faire face à des efforts de plus en plus effrontés de la part des gouvernements, des écoles, des fondations, de Big Tech, de Big Pharma et d’autres pour détourner, blesser ou détruire l’esprit et le corps des enfants.

Loin d’être des réponses fragmentaires ou simplement opportunistes à une « pandémie » commode, ces agressions contre les enfants – et les adultes aussi – sont le reflet d’un programme de contrôle à long terme bien financé visant à la mise en œuvre des identités numériques, le scoring social et « la surveillance et le suivi complets de chaque être humain grâce aux mécanismes déjà en place ».

Lors du rassemblement « Defeat the Mandates » en janvier 2022, le président de la Children’s Health Defense et avocat en chef des litiges, Robert F. Kennedy Jr, a affirmé que « personne dans l’histoire de la planète n’a jamais réussi à se conformer pour échapper à un contrôle totalitaire » et a rappelé au public que « chaque fois que vous vous conformez, vous vous affaiblissez ».

M. Kennedy a également averti, « ils viennent pour nos enfants ».

Comme s’il s’agissait d’une confirmation, des nourrissons, des enfants de maternelle et des étudiants ont été harcelés tout au long de l’année pour recevoir des injections contre la COVID-19, qui leur ont causé des dommages atroces, malgré les preuves accablantes que ces vaccins devaient être retirés du marché de toute urgence.

Conscients de ces dangers et d’autres qui entourent leurs enfants, un nombre croissant de parents ont reconnu la nécessité de la non-conformité.

En gardant la non-conformité comme mot d’ordre pour 2023, voici quelques actions qui pourraient faire une réelle différence dans l’année à venir.

Choisir l’enseignement à domicile

Dans une série en neuf parties écrite au début de l’année, la journaliste Corey Lynn, de Corey’s Digs, a décrit les efforts globaux d’ingénierie sociale – « formation à l’obéissance » – déployés de manière coordonnée dans 110 pays, en partie par le biais de programmes scolaires d’ « apprentissage social et émotionnel ».

Mis en œuvre par des éducateurs, des conseillers et d’autres professionnels dans « les écoles publiques, les écoles à charte, les programmes extrascolaires, les camps d’été, les écoles virtuelles et l’enseignement à distance », l’objectif est, selon Lynn, « de former les esprits, de réguler les émotions, de contrôler les comportements, d’inculquer des croyances tordues et de constituer une main-d’œuvre obéissante ».

Comme le dit Anna L. Noble dans un article paru en avril 2022 dans The Defender, « les écoles constituent un terrain d’essai utile pour expérimenter des moyens de retenir l’attention des enfants, de développer des coups de pouce et de susciter des réponses comportementales souhaitables ».

La cinglante dénonciatrice de l’éducation Charlotte Thomson Iserbyt, ancienne conseillère politique principale du ministère américain de l’éducation, aujourd’hui décédée, a décrié « l’abrutissement délibéré de l’Amérique » et a retracé le passage du système éducatif « de l’académie à la modification du comportement » depuis au moins 1965.

Mme Iserbyt a fait remarquer que le ministère de l’éducation n’existait pas avant sa création en 1979 sous l’administration Carter, déclarant : « La constitution ne prévoit nulle part la création d’un ministère de l’éducation. »

Même les écoles privées, sous la coupe de l’Association nationale des écoles indépendantes [National Association of Independent Schools], semblent avoir perdu tout vestige d’« indépendance », les contrats d’inscription interdisant aux parents de « [voicing] désaccord profond avec la politique ou les programmes de l’école, sous peine d’expulsion ».

Au lieu de continuer à attendre quelque chose de différent d’un système éducatif « abusif », Mme Lynn suggère que l’enseignement à domicile peut être une forme puissante de non-conformité.

De nombreux parents sont apparemment d’accord : en réponse à l’imposition désastreuse par les écoles de mesures telles que l’apprentissage à distance et le masquage en 2020, un nombre record de ménages se sont tournés vers l’enseignement à domicile.

Avant COVID-19, environ 3,4 % des enfants d’âge scolaire étaient scolarisés à domicile, mais au début de l’année scolaire 2020-2021, l’estimation du Bureau du recensement des États-Unis était passée à 11,1 %.

L’enseignement à domicile est aujourd’hui la forme d’enseignement qui connaît la plus forte croissance aux États-Unis.

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Compilation Karen Kingston en PDF

Arrêtez l’empoisonnement

Au début du mois, plus d’un tiers des parents interrogés (35 %) – contre moins d’un quart (23 %) en 2019 – ont remis en question le mandat de vaccination scolaire,

Et ce n’est que le dernier d’une série de rapports traitant de l’ambivalence croissante des parentsà l’égard des vaccins infantiles « de routine ».

Ces tendances suggèrent qu’une masse critique de parents en vient à considérer les vaccins comme un « truc d’escroc », comprenant que les promesses de sécurité des vaccins étaient fausses et empreintes de conflits d’intérêts bien avant l’arrivée des vaccins contre la COVID-19 – et en fait, depuis le tout début des programmes de vaccination des enfants.

Les experts mondiaux en matière de vaccins ont concédé ce point de manière détournée lors d’un sommet mondial sur la sécurité des vaccins organisé par l’Organisation mondiale de la santé fin 2019, comme l’a fait à peu près au même moment la chercheuse danoise Christine Stabell Benn, initiée de longue date aux vaccins.

Mme Benn a déclaré: « Les opposants à la vaccination ont raison d’être inquiets [about safety] », ajoutant :

« Aucun vaccin n’a été étudié pour ses effets non spécifiques sur la santé globale, et avant de les avoir examinés, nous ne pouvons pas réellement déterminer si les vaccins sont sûrs. »

Le collègue de Mme Benn, Peter Aaby, a admis, également en 2019 : « La plupart d’entre vous pensent que nous savons ce que font tous nos vaccins ; ce n’est pas le cas. »

Au milieu de l’année 2021, Mme Benn et M. Aaby ont prudemment plaidé contre les injections contre la COVID-19 pour les enfants dans la très prestigieuse revue scientifique BMJ.

Compte tenu des probabilités choquantes de lésions vaccinales qui prévalaient déjà avant COVID-19 – estimées de manière prudente dans un rapport commandé par le gouvernement en 2010 à un vaccin sur 39 administrés – il n’est pas surprenant que le carnage des piqûres contre la COVID-19 vienne maintenant grossir les rangs des contestataires et des « ex-vaxxers ».

Cependant, la vaccination – même avec sa charge d’ingrédients toxiques connus et non divulguéset son apparente variabilité d’un lot à l’autre – est loin d’être le seul moyen d’empoisonner nos plus vulnérables.

Les parents désireux d’effectuer leurs propres recherches et de forger le propre parcours nutritionnel et sanitaire de leur famille constateront qu’il est peut-être à leur portée de réduire, voire d’éliminer complètement, l’exposition de leurs enfants à d’autres poisons courants tels que les additifs alimentaires, le glyphosate, les pesticides organochlorés et organophosphorés et les médicaments en vente libre comme l’acétaminophène, dont les dangers sont largement sous-estimés.

Réduire le temps passé devant l’écran

En 2006, l’auteur Richard Louv a inventé le terme « trouble déficitaire de la nature » dans le sous-titre de son livre « Last Child in the Woods », suggérant que la « génération branchée » d’aujourd’hui, avec la permission consciente ou inconsciente des parents, a imprudemment privilégié les écrans au détriment du temps passé dans la nature.

Avec l’aggravation des habitudes des enfants face aux écrans au cours des dernières années, le déficit de nature est devenu un « sujet brûlant ».

Des chercheurs inquiets décrivent également comment les écrans supplantent des « activités bénéfiques pour le développement » aussi fondamentales que le sommeil, l’activité physique, les interactions familiales et la lecture de livres.

Le problème connexe de l’addiction aux écrans ou aux médias sociaux – lié non seulement à l’insomnie mais aussi aux troubles de l’alimentation et à des conséquences comme le suicide – est devenu l’objet de poursuites judiciaires alléguant que les sociétés de médias sociaux déploient « agressivement » des algorithmes conçus pour rendre les enfants et les adolescents dépendants.

Découvrant le rôle majeur que les « influenceurs sociaux » semblent jouer dans le phénomène explosif de la « dysphorie de genre à apparition rapide » chez les filles, l’auteur Abigail Shrierrecommande dans son livre, « Irreversible Damage : The Transgender Craze Seducing Our Daughters », est de ne pas donner de smartphone à sa fille.

Comme l’explique Catherine Austin Fitts, de « Financial Rebellion » et du Solari Report, « les enfants sont la cible de certaines des personnes les plus puissantes et des technologies les plus dangereuses de la planète » , et c’est aux parents de « comprendre cela et de les protéger ».

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Apprenez aux enfants à utiliser de l’argent comptant, pas du plastique

Fin 2020, le directeur général de la Banque des règlements internationaux, Augustín Carstens, a fait part de la vision hostile des banquiers centraux d’un système monétaire permettant le contrôle total de toutes les transactions par le biais des monnaies numériques des banques centrales [central bank digital currency (CBDC)] qui, de manière inquiétante, permettraient également aux banques centrales d’activer et de désactiver l’argent des gens à volonté.

Malheureusement, les jeunes générations se dirigent résolument vers cette vision dystopique. Selon une étude réalisée par Capital One en 2021, les milléniaux « délaissent de plus en plus les dépenses en espèces » au profit des systèmes de paiement numériques.

Dans un souci de commodité, certaines banques – qui semblent ignorer que les CBDC menacent leur propre avenir – font la promotion de l’agenda sans numéraire en proposant aux lycéens des cartes de débit qui font également office de carte d’identité scolaire, en disant aux parents qu’ils n’auront plus à « s’inquiéter de la perte de l’argent du déjeuner ».

Mme Fitts est une fervente partisane de la revitalisation de l’ utilisation de l’argent liquide.

Les parents peuvent aider en étant eux-mêmes des modèles d’argent liquide, mais aussi en faisant en sorte que leurs enfants « commencent à manipuler de l’argent liquide dès leur plus jeune âge ».

En 2015, la rédactrice en chef Janet Bodnar du Kiplinger’s Personal Finance a estimé que « l’utilisation d’argent comptant est le meilleur moyen d’amener les jeunes esprits à penser sagement à l’argent », y compris les adolescents plus âgés qui peuvent bénéficier de « la discipline de la gestion d’une réserve d’argent réel ».

Mme Bodnar a rejeté comme imparfait l’argument parental selon lequel le plastique peut enseigner aux enfants la « responsabilité financière ».

Un expert britannique en mathématiques a déclaré au Guardian en 2021 : « Être capable de manipuler de l’argent et d’acheter quelque chose soi-même est très spécial : cela renforce votre confiance avec l’argent. »

Ne tombez pas dans les pièges de la santé mentale

Au fil des ans, de nombreux parents ont appris à se méfier des recommandations émanant des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), une agence tellement habituée aux conflits d’intérêts et à la fausse science qu’elle n’a pas honte de faire appel au même cabinet de relations publiques que Big Pharma.

Ainsi, les appels en faveur d’un dépistage accru de la santé mentale et d’un accès plus large aux « soins » – de la naissance au début de l’âge adulte – lancés par les CDC et les groupes de façadeCDC/pharma comme l’American Academy of Pediatrics méritent un examen minutieux.

Comme l’a récemment souligné The Defender, la surveillance psychiatrique du berceau à la tombe est un outil furtif de contrôle social, et risque également d’avoir des conséquences stigmatisantes et potentiellement mortelles comme le surdiagnostic, la surmédicalisation et la surmédication.

Les écoles servent de plus en plus de mécanisme de prestation de services pour le dépistage et les services de santé mentale, mais comme l’a fait l’organisation de la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme (CCDH) – un groupe de surveillance de la santé mentale – a prévenu dans une fiche d’information que les outils de dépistage de la santé mentale « subjectifs et non scientifiques » que les écoles utilisent sont « développés par des psychiatres ayant principalement des liens financiers avec l’industrie pharmaceutique ».

Selon la CCDH :

« Le dépistage de la santé mentale pose aux jeunes étudiants des questions embarrassantes, personnelles et potentiellement bouleversantes que les psychiatres ont formulées de telle manière qu’aucun étudiant ne pourrait échapper à l’étiquette de malade mental à un moment ou à un autre de sa scolarité. »

La CCDH ajoute : « Ces questionnaires peuvent déboucher sur une intervention psychologique ou psychiatrique dans la vie d’un enfant et de sa famille – souvent contre leur gré ou sous la menace. »

Pour les foyers qui ne pratiquent pas l’enseignement à domicile, le groupe de surveillance recommande aux parents de prendre conscience de ce qui se passe, de signer des formulaires d’exemption avant tout dépistage ou conseil en matière de santé mentale et de « s’unir pour faire expulser le dépistage psychiatrique des écoles ».

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Cessez de financer l’ennemi

L’auteure et chercheuse Naomi Wolf a récemment bravé le froid devant son alma mater, l’université de Yale, pour démontrer que le vaccin contre la COVID-19 imposé par l’université transforme les étudiants en « otages médicaux » et constitue un trafic d’êtres humains.

Dans son compte rendu de la visite à Yale, Mme Wolf décrit les conversations avec les parents, qui ont déclaré que « leurs enfants les avaient suppliés de ne pas parler, de ne pas appeler le doyen, de ne pas plaider en leur faveur pour les protéger de ces injections, de quelque manière que ce soit », par crainte de représailles et d’expulsion.

Cependant, les parents ont le devoir de s’assurer que leurs jeunes comprennent ce qu’ils échangent contre le prestige – y compris, potentiellement, leur santé, leur fertilité future ou leur vie.

En outre, même si, comme le prétend Mme Wolf, les universités sont désormais plus redevables aux contrats gouvernementaux qu’à ceux qui paient les frais de scolarité, les étudiants et leurs parents représentent toujours un bloc économique puissant capable de voter avec ses pieds.

L’un des outils à la disposition des parents, suggère Mme Wolf, est de mettre les dons potentiels sous séquestre pour montrer aux universités les fonds qui leur échappent.

Mais les parents qui donnent à leurs étudiants actuels ou futurs la permission et le courage de fuir tout établissement d’enseignement supérieur qui se montre prêt à les empoisonner et à les priver de leurs libertés constitutionnelles peuvent offrir à leurs enfants une leçon de vie encore plus puissante.

Un lycéen qui a reconnu que « les mandats ne cesseront pas tant que nous participerons » a élaboré une lettre destinée aux bureaux d’admission des universités (disponible comme modèle pour d’autres) qui dit ceci :

« Pour l’instant, je n’envisage que les écoles, collèges et universités qui n’exigent pas de vaccin contre la Covid-19, c’est-à-dire la série initiale, les rappels éventuels et les exigences à venir pour être considéré comme « à jour ». La liberté médicale et l’autonomie corporelle sont ma priorité absolue. »

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Le futur planifié pour nous en une photo-montage…

Dites non à la grille de contrôle

Bien que cet article se soit concentré sur les mesures visant à protéger les jeunes, la grille de contrôle – sous la forme d’interventions telles que les identifications numériques, les passeports vaccinaux et les CBDC – s’en prend également aux adultes.

Comme M. Kennedy l’a écrit dans la postface de son best-seller, « The Real Anthony Fauci », « Nous pouvons nous incliner et nous conformer… Ou nous pouvons dire non. Nous avons le choix, et il n’est pas trop tard. »

L’émission « Financial Rebellion » de la CHD.TV propose chaque semaine des suggestions sur la manière de ne pas se conformer.

Selon les mots de M. Kennedy :

« Nous pouvons dire non à la conformité avec les vaccins pour le travail, non à l’envoi des enfants à l’école avec des tests et des masques forcés, non aux plateformes de médias sociaux censurées, non à l’achat de produits des entreprises qui font faillite et cherchent à nous contrôler. Ces actions ne sont pas faciles, mais vivre avec les conséquences de l’inaction serait bien plus difficile. En faisant appel à notre courage moral, nous pouvons arrêter cette marche vers un État policier mondial. »

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Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

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Merci Jo…

2023 : l’esprit Gilet Jaune soufflera t’il de nouveau ? (Press TV)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 2 janvier 2023 by Résistance 71

L’esprit Gilets Jaunes, c’est l’occupation des ronds-points, une présence de terrain, de la communication, des assemblées et maisons populaires, la restructuration des relations sociales sur le local et la mise en place de zones autonomes temporaires que l’on voudra permanentes dans le temps. 2023 doit devenir l’année du début de l’organisation collective pour l’émancipation finale en Commune Universelle au sein d’une société des sociétés organique qui court-circuitera les institutions imbéciles et obsolètes du système étatico-marchand au bout de son rouleau. Le système se meurt ? Achevons-le ! Mais cela ne se produira pas entre deux cordons de CRS dans une manif’ encadrée et nassée à Paris, ça c’est une certitude ! Il n’y a pas de solution au sein du système, il faut en sortir et reprendre le pouvoir pour le diluer là où il est particulièrement soluble : dans le peuple, dans le corps social ! Lectures complémentaires sous l’article à lire et diffuser sans modération…
~ Résistance 71 ~

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Tout le pouvoir aux ronds-points !…

Gilets Jaunes : Appels à manifester le 7 janvier…

Press TV France

31 décembre 2022

Source:

https://french.presstv.ir/Detail/2022/12/31/695489/Vers-un-retour-des-Gilets-jaunes-en-2023—

Des appels à manifester le 7 janvier 2023 émergent sur les réseaux sociaux, notamment avec le hashtag #GiletsJaunes7janvier sur Twitter. 

A l’approche d’un début 2023 qui s’annonce particulièrement dense en matière de mobilisations sociales, un parfum de nostalgie semble imprégner divers groupes de Gilets jaunes sur les réseaux sociaux, où plusieurs appels à manifester portent sur la journée du 7 janvier.
Entre autres thématiques mises en avant dans les principaux appels à manifester : l’inflation, les salaires, le recours répété du gouvernement au 49.3, «le massacre des chômeurs» ou encore, de façon plus globale, la pauvreté, selon l’édition française de RT.
Si la capitale apparaît comme un incontournable point de rassemblement pour certains, des comptes plus ou moins influents appellent également à se mobiliser d’un bout à l’autre du pays.
«Metz, Strasbourg, Paris, Marseille, Lyon, Poitiers, Besançon, Épinal, Remiremont, Nice, Pau, Béziers, Carcassonne, etc. Les Gilets jaunes du 7 janvier seront partout ! Reprenons les ronds-points ! Fer de lance de la communication et de la communion», peut-on ainsi lire dans une récente publication du compte militant A , fort de plus de 10 000 abonnés sur Twitter.
«Etudiants, travailleurs, chômeurs, retraités… Unissons-nous face à Macron et son monde ! Utilisez en masse le hashtag : #GiletsJaunes7janvier !», a pour sa part écrit le compte Peuple Révolté, qui relaie également l’appel à manifester le 7 janvier.
Alors que la mobilisation dont l’ampleur est difficile à évaluer face à l’émergence de ces appels à la mobilisation, certains observateurs restent pour l’heure circonspects quant à l’ampleur du mouvement dans un contexte difficile. Ainsi, dans les colonnes du Figaro, Christophe Assens, professeur de stratégie à l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, on estime que «les conditions ne sont pas réunies pour une manifestation massive».

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Pour rappel, le mouvement des Gilets jaunes a pris forme fin 2018 en opposition à une hausse de la taxation des carburants, à travers des rassemblements hebdomadaires autour des ronds-points, devenus emblématiques du mouvement, ainsi que des manifestations d’ampleur en milieu urbain.

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Lire_diffuser_sans_moderation

Lectures complémentaires :

« Tout le pouvoir aux ronds-points » (Les Gilets Jaunes de Montreuil, video 2021)

“Gustav Landauer et le changement des relations sociales” (Anarqxista Goldman)

L’appel au socialisme de Gustav landauer (Renaud Garcia)

Lire notre page “Gustav Landauer et la société organique”

Et n’oubliez jamais :

Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

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2022 année terrible mais aussi année du commencement du grand éveil des peuples…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, documentaire, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, OGM et nécro-agriculure, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 31 décembre 2022 by Résistance 71

Montagnier_nonvax_gardienshumanite

En hommage au Professeur Luc Montagnier et du Dr Vladimir Zelenko, tombés durant la lutte de l’humanité contre la guerre biologique menée contre elle…

Résistance 71

31 décembre 2022

2022 a été l’année de la continuité dans l’attaque biologique de l’oligarchie étatico-marchande contre l’humanité par injections multiples à ARNm OGM et bio-nano-technologiques mortifères. Des dizaines de millions de personnes dans le monde ont subi des effets secondaires désastreux, bon nombre sont morts. Nous ne voyons toujours que la partie émergée de cet iceberg génocidaire à l’échelle planétaire, de cette guerre biologique que la pourriture oligarchique a engagé contre nous,  les peuples. Nous n’avons pas fini de constater les effets néfastes engendrés, mais cela a aussi pour effet de faire prendre conscience à de plus en plus de personnes que la science et la médecine ont, de longue date, été détournées à des fins criminelles servant un agenda de domination totale global au détriment de l’intérêt général.
Aussi, pour cette année 2022, avons-nous sélectionné pour (re)lecture impérative, ce que nous considérons être les trois textes les plus importants de l’année écoulée résultant de nos traductions et toujours superbement mis en page par Jo :

« Le véritable Anthony Fauci, Bill Gates, Big Pharma et la guerre globale contre la démocratie et la santé publique  » (RFK Jr)

Karen_Kingston_SRAS-CoV-2-COVID19-lattaque-nano-bio-technologique-sur-lhumanite

Bilan de trois ans de guerre biologique contre l’humanité (Résistance 71)

Nous désirerions aussi ajouter quelques lectures des plus importantes pour nous préparer efficacement à l’action qui s’annonce pour l’année 2023 et suivantes, pour préparer la société des sociétés organiques et spirituelles du post-marasme étatico-marchand en fin de parcours d’implosion. Nous devons individuellement et collectivement comprendre que l’État-marchand et son oligarchie nous ont déclaré ne guerre sans merci et que des évènements comme la guerre en Ukraine ne sont tristement que des épiphénomènes participant plus à l’illusion de l’arbre cachant la forêt, ce, même si la misère du peuple ukrainien est bien réelle. Nous devons nous lever et dire NON ! ainsi qu’agir de concert en frères en humanité… Le vieux monde se meurt… achevons-le et construisons la société harmonieuse de demain, hors état, hors marchandise, hors argent et hors salariat, une société des sociétés unie dans la diversité de sa complémentarité et de nouveau en harmonie avec une Nature qu’elle cessera de vouloir dominer.

Lire_diffuser_sans_moderation

Du chemin de la société vers son humanité réalisée (Résistance 71)

Appel au socialisme (Gustave Landauer)

Saul_Newman_L-anarcho-mysticisme-de-gustav-landauer

Anarqxista_Goldman_Gustav-Landauer-sur-les-relations-anarchistes

Zenon_Catharsis

A_feu

R71 ON NE SE SOUMETTRA PAS

Sortir du marasme mortifère étatico-marchand par la société des sociétés : la voie du changement relationnel de Gustav Landauer 2/2 (Anarqxista Goldman)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 30 décembre 2022 by Résistance 71

GL1
et la société organique…

“Une vie alors est comme un délai au cours duquel l’homme peut, et a le devoir, de mettre son esprit en accord avec la compréhension qu’il a du but de l’existence humaine.”
~ Andreï Tarkovski ~

“En ce monde, le bonheur n’existe pas, mais il existe la paix de l’âme et la libre volonté.”
~ Alexandre Pouchkine ~

“Nous sommes crucifiés dans une seule dimension, alors que le monde est multidimensionnel. Nous le sentons et nous souffrons de l’impossibilité de connaître la vérité. Mais il n’est pas nécessaire de connaître. Il faut aimer et croire. La foi est la connaissance acquise à l’aide de l’amour.”
~ Andreï Tarkovski ~

Gustav Landauer sur les relations anarchistes

Anarqxista Goldman

Chapitre 6 de son livre “Mini-manual of anarchists relations”, 2022

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71

Décembre 2022

1ère partie
2ème partie

Le texte complet en PDF mise en page de Jo :
Anarqxista_Goldman_Gustav-Landauer-sur-les-relations-anarchistes

De là, Landauer en vient avec son explication pour dire que quelques soient les libertés que nous avons pu avoir à un moment donné, elles nous ont été retirées et la servitude les a remplacées. Ceci est important pour Landauer qui pense que quoi que ce soit de mis en valeur et incité finira par l’emporter : “Le naturel peut être bon comme il est, mais il disparaît si on n’en prend pas soin. Nous sommes déterminés par ce dont nous prenons soin, quelque soit la forme prise et quelque soit notre nature.”, citant La Boétie. Le fait est que bon nombre d’humains “ne connaissent pas mieux que d’être soumis” car “ils ont toujours ainsi.” Ainsi, citant toujours La Boétie : “Ils se tournent en la propriété de ceux qui les oppriment, parce que le temps a rendu cela comme inévitable. En réalité, le temps ne corrige jamais une erreur, mais la multiplie une multitude de fois.

Ce que déduit ici Landauer de La Boétie est que “l’amour et l’amitié n’existent que parmi les gens de bien. Là où il y a cruauté, malhonnêteté, injustice, il ne peut pas y avoir d’amitié.” Il n’y a que l’attention au meilleur, s’occuper de soi-même avant tout, toujours regarder par dessus son épaule et s’inquiéter de savoir quand la prochaine coercition ou le prochain abus vont se produire. Tout est question de relations. Mais du point de vue individuel : “Nous n’avons besoin de rien… si ce n’est que du désir et de la volonté d’être libre. Nous souffrons de fait d’une servitude volontaire.” Nous avons besoin d’une conscience révolutionnaire, un esprit libre insurrectionnel et donc :

Le feu de la tyrannie ne peut pas être combattu de l’extérieur avec de l’eau. C’est sa source qui doit être éliminée. Les personnes qui l’alimentent doivent arrêter de le faire. Ce qu’ils sacrifient à ça, ils doivent le garder pour eux-mêmes.

Il cite de nouveau La Boétie pour marteler ce point toujours plus fort :

“Il n’est pas nécessaire de combattre le tyran, ni non plus de se défendre contre lui. Le tyran va éventuellement perdre de lui-même. Les gens doivent juste cesser d’accepter la servitude. Ils n’ont pas besoin de prendre quoi que ce soit du tyran, ils doivent simplement cesser de lui obéir. Ils n’ont pas besoin de changer, simplement d’arrêter d’entraver leur propre développement… Quand le tyran ne reçoit plus et qu’on ne lui obéit plus, il finit nu, sans force et sans pouvoir. Il finit par ne plus rien être. Il partage la destinée d’une racine qui est laissée sans eau et sas nourriture : il devient un vieux morceau de bois sec et mort.

A-ChristO

Ceci articule un point fondamental chez Landauer, quelque chose qui est à la base de sa pensée et essentiel à la construction de son anarchisme : ce point essentiel est que l’anarchisme vient DE L’INTERIEUR DE NOUS-MEMES [tout comme Jésus pensait au sujet du royaume de dieu, Luc : 17) Il écrit :

“Si les révolutions individuelles sont des microcosmes récurrents qui résument et précèdent les idéaux généraux de la révolution, alors l’essai de La Boétie est le plus parfait de tous les microcosmes de révolution. Il représente un esprit qui apparaît d’abord comme étant seulement négatif. Mais qui bientôt tire suffisamment de pouvoir de sa négativité pour proclamer le positif à venir même s’il ne peut pas être encore décrit. L’essai de La Boétie a déjà dit ce que d’autres diront plus tard en différentes langues : Godwin, Stirner, Proudhon, Bakounine, Tolstoï… Le message est : C’est en vous ! Pas en dehors. C’est vous. Les humains ne doivent pas s’unir sous la domination, mais comme frères, sans domination : an-archie…

La négation émise par les âmes rebelles est emplie d’amour ; un amour qui est force, dans le sens si bien formulé par Bakounine : ‘la joie de destruction est une joie créatrice.’ Les âmes rebelles savent que les humains sont frères et qu’ils doivent vivre en fraternité. Mais ils croient qu’il suffit de vaincre des obstacles externes des puissances externes ; ceci ne fera fraterniser les humains que quand ils luttent et peut-être renversent ces obstacles externes. Un esprit commun peut être ressenti durant une révolution, mais il ne prend pas vie. Une fois la révolution finie, il est parti. Nous pouvons entendre les gens dire : oui, mais l’esprit demeurera une fois que la révolution aura été couronnée de succès, quand le monde ancien ne pourra plus ressurgir ! D’après cette même logique, on pourrait dire : si je pouvais me rappeler de mes rêves et les fusionner dans ma mémoire et ma conscience, alors je serai le plus grand poète. La réalité et l’idée de la révolution la définissent comme une période de santé entre deux périodes de maladie. S’il n’y avait pas de maladie avant et après, alors elle ne serait pas ce qu’elle est.

Un véritable changement de l’humanité a besoin d’un supplément à la révolution, quelque chose d’une nature totalement différente. Nous pouvons ajouter une variation au slogan ci-dessus : sans domination, avec esprit ! Cela ne suffira pas de juste l’appeler esprit. L’esprit doit nous parvenir. Il a besoin d’une couverture et d’une forme. Personne ne connait son nom et ce qu’il est vraiment. Ceci crée une angoisse qui nous aide à nous impliquer à la transition et au progrès. Ne pas savoir à quoi s’attendre veut dire garder les idées en vie. Que voudraient dire les idées si elles étaient déjà réelle ?”

La formule de Landauer ici est donc “sans domination, avec esprit”. Mais cela est plus que nous et donc Landauer conçoit non pas seulement des gens d’esprit, mais des communautés de gens, hors de l’État, communautés d’esprit également. Ce ne “sont pas une somme d’atomes d’individus, mais une unité organique, un réseau de beaucoup de groupes.” Landauer pense que ceci n’est pas nouveau et “a existé depuis longtemps”. Landauer pense que “un esprit commun peut exister quand il y a quelque chose pour lui à remplir et duquel il peut s’étendre. Ainsi ces groupes de gens d’esprit doivent donner une forme à leur existence commune et leur “esprit commun”. Ceci nous ramène au point de vue de Landauer sur la révolution :

C’est la destinée de la révolution à notre époque : fournir un lac spirituel à l’humanité. C’est dans le feu de la révolution, dans son enthousiasme, sa fraternité, son agressivité que l’image et le sentiment d’unification positive s’éveillent ; une unification qui vient au travers d’une qualité de connection : l’amour comme force. Sans régénération temporaire nous ne pouvons pas continuer et sommes condamnés à nous noyer.

Ainsi donc Landauer voir l’amour dans la révolution, la joie et l’espoir fondus dans les cœurs et les esprits de beaucoup comme énergies régénératrices Il ne se fait pas d’illusion sur ce que les révolutions fonctionnent, même s’il concède qu’elles peuvent amener certains bénéfices qui peuvent être perdus par la suite, ou pas… mais cela n’a pas d’importance, car c’est la mise en mouvement de cet esprit qui est la chose la plus importante. Dans les temps révolutionnaires, les gens agissent et croient. Ils agissent pour eux-mêmes et ceux qu’ils aiment et invitent les autres à les rejoindre. Une solidarité de cause se crée avec d’autres êtres humains. C’est cet esprit, et tout ce qu’il peut générer et créer, dont nous avons besoin. C’est là que réside la véritable révolution, ainsi :

Certains essaient de nous convaincre en ces temps faibles et stériles, privés de sentiment et honteux de l’amour et de l’affection, que la fraternité n’est plus juste qu’un mot vide de sens. Rien ne peut être plus éloigné de la vérité ; nous devons le déclarer haut et fort et sans hésitation : les êtres humains sont frères ! C’est ce que toutes les révolutions passées nous ont enseigné et ce que nous enseignerons aux futures révolutions. Il y a des mots dont les origines sont suffisamment fortes pour supporter toutes les adaptations les plus frivoles et les plus étriquées, ainsi que toutes les formes de ridicule. Nous devons ce mot de Fraternité à la révolution française. Il résume sa joie et son bonheur : les humains se sentirent comme des frères, et, ne l’oublions surtout pas, comme des sœurs aussi !

Ces mots sont prononcés dans l’intention de dire que le problème avec l’État est qu’il remplace l’esprit et cette fraternité avec “la domination, le contrôle externe et la mort.” Landauer pense cet esprit comme étant la “souveraineté intérieure” d’une façon très stinerienne / nietzschéenne et totalement compatible avec l’inservitude volontaire tant voulue par La Boétie. Ses communautés sont des communautés de ces personnes, c’est pour cela qu’elles sont aussi considérées comme des communautés d’esprit. Ainsi, “à la fin, la révolution sociale veut dire d’autre que la construction et l’organisation pacifique fondées sur un nouvel esprit et créant ainsi un nouvel esprit.” Landauer prévoit un “Bund de communautés économiques” [Bund en allemand voulant dire une alliance, une union ou une association] qui remplacera l’État. Mais ceci n’est pas comme dans les actions bibliques des apôtres, dans l’attente que l’esprit tombe sur nous. “Ce n’est pas l’esprit qui nous met sur la voie, c’est notre voie qui permet à l’esprit de naître.” Nous qui sommes conscients de cet esprit en notre sein, devons nous soulever et agir pour alimenter cet esprit en nous-mêmes.

Nous avons maintenant l’époque de la vie de Landauer où il s’est retrouvé impliqué à créer un tel Bund appelé le “Bund socialiste”. En conséquence, vers cette période 1909-1910, il écrivait plusieurs articles et pamphlets qui furent publiés pour en faire la promotion. Le premier d’entre eux que je considère est “Que veut le Bund socialiste ?” Et la question y trouve quasiment sa réponse dans sa première ligne : “Le Bund socialiste veut unifier tous les humains qui sont sérieux au sujet de vraiment réaliser le socialisme.” (C’est à dire l’anarchisme). Contrairement aux autres idées voulant que l’anarchisme ne soit qu’un rêve distant accessible après que la société ait été adéquatement préparée et éduquée, Landauer ajoute que “le socialisme ne viendra jamais si vous ne le créez pas.” A ceux qui disent que la révolution doit d’abord venir, Landauer répond “Mais comment ? Et de où ?” Le Bund de Landauer donc, et son idée, est de ne pas attendre, de ne pas se fixer sur des meta-narratifs d’apocalypse absolue et de changement du monde, mais de s’y mettre localement avec ce que ceux ayant le même esprit et la même volonté peuvent faire ici et maintenant.

Il est clair sur ce que “Nous disons que rout doit être renversé ! Nous refusons d’attendre la révolution afin de commencer la réalisation du socialisme ; nous commençons la mise en place du socialisme afin d’amener la révolution !” Une préoccupation ici est que les gens, y compris les révolutionnaires, créent des vies au SEIN DU CAPITALISME alors que ce dont on a besoin est de vies EN DEHORS DU CAPITALISME. Ceci semble être une distinction vitale, car le capitalisme est en lui-même une série de relations coercitives et donc comment l’anarchisme peut-il surgir si vous restez dedans ? Une coupure, une sécession définitive doit être entreprise. De nouvelles relations doivent commencer.

A cet égard, Landauer voit l’État comme jouant le rôle du gardien du capitalisme, en faisant juste assez ou juste ce qui est nécessaire, pour maintenir les gens dans le capitalisme :

Que fait l’État ? Il allège quelques unes des plus grandes souffrances, il sauve le capitalisme de se suicider en utilisant des assurances, la sécurité sociale et des interventions légales ; il maintient aussi le système de l’injustice, de la production inepte et de l’incompétence de distribution des biens et denrées. Le capitalisme avance. C’est le résultat des efforts de l’État et ceci inclut les efforts de la classe travailleuse et de ses représentants.

Le seul intérêt des capitalistes, qu’ils soient PDG ou Politiciens, est que le CAPITALISME AVANCE. C’est souvent avec l’accord et l’aide de gens qui, nominativement, seraient voués à le détruire [ce que La Boétie a décrit comme la “servitude volontaire”]. Mais le capitalisme se contre-fout de savoir si vous l’aimez ou pas, pourvu que, que vous le vouliez ou pas, vous allez dans son sens. Pourtant, le capitalisme n’est qu’un système relationnel que nous soutenons tous par notre participation. Oui, entreprises et gouvernements peuvent bien nous harceler ou nous cajoler afin de maintenir la relation capitaliste, mais, comme l’a suggéré La Boétie, nous pourrions tout aussi bien dire NON! Nous avons ce pouvoir du refus… Il y a bien sur des conséquences à cela [de bonnes conséquences d’un point de vue anarchiste égoïste, comme prendre la responsabilité de soi-même], mais il y a aussi des conséquences pour continuer à maintenir cette relation capitaliste, comme par exemple la destruction de l’environnement à l’échelle planétaire et une misère croissante sur cette planète (NdT: y compris de nos jours dans les pays dits “industrialisés”…)

Le capitalisme ne fait que prendre, exploiter et jeter ses déchets. Il ne fait pas grand chose d’autre et n’a que peu de préoccupation pour la vie. Pourtant même les travailleurs et les consommateurs jouent leur rôle dans ceci, comme je l’ai dit, ceci n’est pas grand chose d’autre qu’un système relationnel dans la réalité. Quelques soient les “réformes” toujours offertes dans un tel scenario par les politiciens, tout ceci n’est fait que pour maintenir le capitalisme en ordre de marche. Il y a une chose que tous ceux qui en profitent sur le court terme ne veulent pas, c’est que cela cesse d’être une façon d’organiser complètement les humains et leurs relations.

Comment arrêtons-nous le capitalisme ? En agissant et autres façons inter-relationnelles. Une idée de Landauer est “la grève générale active”, ce qui veut dire cesser de travailler pour les propriétaires et travailler pour nous-mêmes (NdT : ce que les anarchistes appellent aussi “la grève générale expropriatrice”, Landauer fut assassiné en 1919, les conseils ouvriers italiens de Lombardie la mirent en application acec succès en 1920, la trahison des communistes autoritaires d’état y mit un terme…) Landauer introduit l’idée ainsi : 

Nous demandons la grève générale active ! Cela ne veut pas dire que nous tournons immédiatement pour “combattre l’État et la capital”. On ne commence pas à la fin, mais au début ! Si rien n’a été fait pour le socialisme jusqu’ici, s’il n’y a aucun signe de lui jusqu’ici, alors pourquoi allons-nous combattre et couru ? Pour la domination de quelques leaders, qui nous diront toujours ce qu’il faut faire, que produire et comme le distribuer ? Ne serait-il pas beaucoup mieux si nous savions tout cela et le faisions nous-mêmes ? C’est pourquoi nous disons que l’action de la classe travailleuse est… le travail ! Dans la grève générale active, les travailleurs vont affamer les capitalistes, parce qu’ils vont travailler pour eux-mêmes et pour leurs besoins ! Vous les capitalistes, aurez toujours de l’argent, des documents et des machines bien entendu. Mangez-les ! Echangez-les ! Vendez-les ! Faites ce que vous voulez. Si cela ne vous aide pas… alors, travaillez ! Comme nous. Vous ne vous accaparerez plus notre travail, nous en avons besoin pour nous-mêmes et nous l’avons libéré de vos entraves. Nous l’utilisons maintenant pour la création du socialisme. Le jour où ceci se produira marquera le seul véritable commencement du socialisme.

heroisme

Un second article de Landauer publié en regard du Bund socialiste, et dans la publication “Le socialiste” qu’il éditait, fut “La voie socialiste” où il expliqua ouvertement qu’un anarchisme qu’il comprenait était un anarchisme qui laissait le terrain capitaliste où il se tenait pour d’autres terrains. Il l’a dit de manière simple comme étant “nous désirons des formes différentes de relations humaines”. En conséquence :                                                                                           

La première étape dans la lutte des opprimés et des classes qui souffrent, tout autant que pour l’esprit individuel en rébellion, est toujours l’insurrection, la rage, un sentiment sauvage. Si ceci est suffisamment fort, les actions et réalisations y sont directement connectées, à la fois les actions de destruction et les actions de construction… Dans une telle période, nous ne devons plus réfléchir sur la réalité qui nous entoure et les idées qui emplissent nos têtes. Nous devons trouver les gens qui ont la volonté de quitter cette réalité laide, corrompue et oppressive et désirent en créer une nouvelle. Nous devons poser la question de savoir qui sont les créateurs. Nous ne devons pas questionner les théories et les idées des personnes, mais leur force à ne plus vouloir participer.

Ceci mène Landauer une fois de plus à se référer à “la communauté par la séparation” comme son idéal, il concède de nouveau que les véritables révolutionnaires qui sont prêts à risquer leur vie sans et contre le capitalisme et préférant en lieu et place poursuivre une vie d’amour, de fraternité et de liberté, sont de fait très précieux. De telles personnes [dont Landauer lui-même ne fit jamais partie puisqu’il n’a jamais mis ces idées en pratique à l’encontre de quelqu’un comme Emile Armand qui suivit ses idées associées à la camaraderie d’amour.], sont perçues comme “des modèles et de brillants exemples à suivre pour le monde entier” et comme ceux de par leur propre mouvement, fournissent cette impulsion qui propulsent les autres. En cela, Landauer voit une miette d’égoïsme mais pas une miette vraiment détrimentale :

Les individualistes anarchistes ont toujours eu recours à la fierté, le respect de soi et la souveraineté de l’individu. Leur conseil habituel aux opprimés a été : si vous aviez eu autant d’égoïsme que vos maîtres, vous n’auriez pas de maîtres. En tant que simple calcul, ceci n’est pas totalement faux : l’égoïsme garde l’égoïsme en contrôle. Les individualistes ont toujours dit que le véritable égoïste respectera toujours les droits des autres parce qu’il se respecte lui-même ; de plus il sera suffisamment intelligent de ne pas attaquer les autres parce qu’il ne veut pas qu’on l’attaque, etc… Il y a toujours eu, de son début avec Mr (maître) Stirner, une certains de froideur de raison dans ces enseignements.

Cela ne surprendra donc pas tant que ça le lecteur quand Landauer en vient à dire que “personne n’est plus qualifié de maintenir une économie communiste que le véritable individualiste. De fait, une véritable économie communiste ne peut qu’être mise en place et maintenue par de véritables individualistes.” La notion ici de Landauer est que de telles personnes créent un nouveau groupe, c’est à dire un nouveau groupe de personnes qui est défini par de nouvelles relations entre ses membres, Ainsi dit-il :

Nous demandons qu’ils agissent, qu’ils fassent sécession et qu’ils s’unissent. Aucune théorie va leur dire quel genre de relation et quels systèmes ´´économiques seront possibles. Ils apprendrons du moment historique, de leurs nombres, de leurs valeurs, de leur détermination. Si possible, ils créeront des coopératives et des banques du peuple ainsi que leurs propres marchés. Ils formeront une alliance économique parce qu’ils sont peu nombreux, mais aussi parce qu’ils voudront expérimenter avec l’entraide et le respect, sachant pertinemment que l’économie dans ses rapports est une affaire collective, tout comme la spiritualité est une affaire individuelle.

Ceci en vient à évoluer dans un autre article du journal “Le Socialiste” intitulé “La mise en place” vers la description de communautés autonomes rurales que Landauer envisage comme le contexte de développement pour des groupes d’anarchistes à l’esprit approprié, déterminés de vivre en dehors du capitalisme. Landauer fonde l’idée en partie sur son observation d’autres communautés auto-établies, qu’elles soient strictement communistes ou qu’elles aient survécu en produisant des produits à vendre sur le marché capitaliste. Ce que Landauer voit de différent dans son idée néanmoins est que “nous voulons nous préoccuper des autres et nous voulons qu’ils se préoccupent de nous. Parmi notre pays, notre peuple, nous voulons planter un jalon, un poteau indicateur et dire à quiconque peut nous entendre  Regardez, voici le signe, suivez-le !” Les communautés imaginées par Landauer ne sont donc pas juste des refuges pour ceux qui veulent se séparer du capitalisme mais sont des centres sociaux d’extension, des noyaux d’action communautaire et des poteaux indicateurs d’une nouvelle société et d’un nouveau futur où les gens sont en r elation les uns avec les autres d’une manière totalement différente, articulée sur des valeurs nouvelles et différentes. A ce sujet, Landauer a beaucoup à dire :

Nos gens forment un nouveau peuple, ce sont les gens et la culture que notre esprit imagine et crée. Ceci veut aussi dire que dans un certain sens, nous faisons sécession et innovons pour notre propre vie, nous le faisons essentiellement pour l’amour du mode de vie, pour la satisfaction d’un désir profondément enraciné, pour ce que nous avons fait du cœur même de nos êtres. Nous ne nous séparons pas pour notre confort, nous le faisons pour nous tous, pour la révolution en autre terme.

Ce mot “révolution”, aide vraiment à tracer une ligne entre nous et les solitaires, ceux qui ne visent pas à la totalité et qui ne comprennent pas que notre mouvement doit avoir un impact historique, qu’il doit créer un nouvel esprit et de nouvelles conditions ; autrement, il ne peut pas être notre mouvement. Mais quand on parle de révolution, nous devons aussi tracer une ligne entre nous-mêmes et ceux qui s’appellent “révolutionnaires” même s’ils sont dormants ou semi-éveillés et ne font rien d’autre qu’imaginer et parler.

Cela n’a pas d’importance pour nous si dix, cinquante, cent ou cent cinquante personnes constituent et fondent une communauté, ou combien de nouvelles communautés vont s’établir dans un laps de temps donné. Notre mouvement a des siècles d’expérience et s’avance vers les siècles à venir. Quelques années ici ou là importent peu. Nous sommes suffisamment fiers et confiants pour demander un âge nouveau ; un âge où les gens vont vivre dans un monde superbe et joyeux. Nous voulons directement lier la production de produits aux besoins réels des gens. Nous voulons créer la forme de base d’une nouvelle société véritable, libre, socialiste et sans état, en un autre terme : une communauté. En revanche, nous aimerions l’aide de quiconque désire le socialisme, même s’ils ne sont pas capables de se séparer des conditions actuelles de vie de la même manière que nous le faisons.

Ils peuvent trouver des façons de nous soutenir, même s’ils restent, du moins pour l’instant, dans leurs partis (politiques), leurs syndicats et leurs coopératives. Ils peuvent nous aider à créer l’exemple que nous voulons créer et montrer. Ceci sera un défi et demandera des sacrifices.

Alors que Landauer continue son explication, cela ressemble de plus en plus aux idées de Pierre Kropotkine émises dans “Champs, usines et ateliers” ou dans “La conquête du pain” (ce bien que Kropotkine ne croyait pas en de petites communautés auto-suffisantes, car il concevait plus que TOUT LE MONDE allait se soulever et changer la société…), Landauer parle du “village socialiste” avec ses “ateliers et ses usines locales, ses prés, pâtures, potagers, cheptels, vous les prolétaires des grandes villes, habituez-vous à cette idée aussi étrange et bizarre qu’elle puisse paraître, ceci est la seule façon restante de mettre en place le socialisme. Le socialisme est le retour au travail naturel ; c’est une connexion naturelle et à multi-faces de toutes activités ; c’est l’union du travail intellectuel et du travail manuel, de l’artisanat et de l’agriculture, de l’éducation et du travail, du jeu et du travail.” (NdT : Ceci fut mis en place à Barcelone et dans les collectifs aragonais entre 1936 et 1939, ce ne fut éradiqué que parce que toutes les formes étatiques, y compris la pourriture marxo-stalinienne, se sont liguées pour les écraser…)

Landauer en vient à cette conclusion parce qu’il est le plus convaincu que cet anarchisme ne peut venir que s’il y a des anarchistes qui vivent un mode de vie différent, qui se sont séparés du capitalisme et offre un exemple visible et vécu que l’on peut interagir avec et que cela modèle l’arrangement alternatif des relations entre individus. L’anarchisme pour Landauer est une activité vécue. Ainsi :

Il y a bien des gens aujourd’hui qui ne voient aucune alternative à la vie que nous vivons. Ceci doit changer ! Une fois ce changement en place, il ne sera plus nécessaire de rendre vos heures de loisirs les plus longues possible, de vous accrocher à chaque d’entre elles. Travail et loisir, plaisir vont devenir parties intégrantes d’un flot naturel des choses. Chaque jour la vie sera transformée. Vos personnalités vont croître, comme des rochers, des montagnes, hautes et puissantes ! Une nouvelle vie va fleurir. Vous aurez des heures pour vous-mêmes et vous partagerez les heures qui appartiennent à tout le monde avec la communauté. Cette communauté doit être créée, pour vous-mêmes et pour les autres. Ceci ne veut en rien dire que quiconque va vous priver de votre solitude et de vos moments privés, mais que la solitude va retrouver son rôle de plénitude, que la religion va cesser d’être ce qu’elle est devenue aujourd’hui : une commodité.

Comme l’a dit Landauer dans de précédents essais, ce qu’il voulait c’était des pionniers préparés à être les premiers à s’engager dans de nouveaux “styles de vie anarchistes”, ruptures définitives d’avec ceux du capitalisme et qui modèlerait de nouvelles relations humaines. Ils devraient “établir la base d’une nouvelle vie communale, un terreau duquel de nouveaux riches, beaux et nouveaux individus émergeraient.” Il était franc et direct à ce sujet car il concédait que de telles personnes “devraient commencer de rien.” Pourtant, ce fut aussi nécessaire car “personne n’a essayé de commencer jusqu’ici ; de faire du socialisme une réalité.” Il termine ensuite cet essai avec ces impératifs : “Saisissez ! Poussez “ Agissez ! Faites de la vie un plaisir à vivre !

L’article suivant de cette série faisant la promotion d’un nouveau mode de vie anarchiste est intitulé “Début socialiste”. Il s’intéresse aux moyens et aux fins et au Bund socialiste que Landauer essayait d’attiser en une flamme novatrice. Dans le premier sujet abordé, Landauer nous dit que :

Les moyens et les fins ne doivent pas être distinguées si on poursuit une vie réelle, c’est à dire la réalisation de pensées. C’est une vieille erreur d’imposer un idéal inventé, un imaginaire aveuglant. C’est une vieille erreur que de nommer un but pour ensuite demander avec résignation : ‘que pouvons-nous faire pour le réaliser ?’ Aucun but utile ne peut résider dans un futur lointain. Nos buts doivent être derrière nous et nous pousser de l’avant. Ils doivent nous conduire et nous motiver. Nous devons nous libérer de la notion d’apparence et schématique qu’il puisse jamais y avoir de socialisme complet et que tout ce qu’il y a à faire et de faire disparaître cette ligne fine entre les conditions sociales d’aujourd’hui et les conditions sociales que nous souhaitons . “L’Amérique est ici, ou nulle part !” Le socialisme n’est pas un but qui demande des moyens. Le socialisme est ACTION qui porte ses buts en lui-même !

Ce raisonnement va très bien avec les idées de Landauer pour des “villages socialistes”, car il dit que nous devons vivre maintenant le comment nous imaginons que tout le monde devrait vivre. (NdT : le “devenez ce que vous voulez que le monde soit”, de Gandhi…) C’est en ce sens, une question de performance anticipée, préfigurée [utilisant une pensée socialiste anarchiste] ou du plus égoïste !nous sommes libres en agissant librement”. Quant à la violence discutée auparavant, Landauer ne pense jamais que vous pouvez obtenir ce que vous voulez en agissant ou en se reliant de telles façons qui ne soient pas déjà des manifestations de cela dans l’ici et maintenant.

Ainsi, dans ce court essai, Landauer parle d’aller au delà d’appeler pour une sympathie et un soutien pour les buts et idéaux du Bund socialiste et de devenir de gait un Bund socialiste vivant, respirant et actif. Il dit : “Il suffit que ceux d’entre nous qui sont les plus motivés, déterminés et supporteurs se mettent au centre de ceux qui veulent quitter le vide, la confusion et la misère de la production de commodités aléatoire capitaliste afin de parvenir à la raison et à l’unité.” Le point important ici est que ceux qui sont le plus motivés ayant l’esprit nécessaire CRÉENT LES RÉALITÉS plutôt que de rechercher inutilement un soutien ou rechercher ceux qui ont de la sympathie pour une réalité faite de relations maternelles que personne en fait ne crée vraiment. Seul l’organisme vivant, respirant est réel, tout le reste n’est que discours plus ou moins creux. Créons-nous de véritables réseaux de vie communale et d’entraide d’attaque insurrectionnelle contre la coercition systématique et l’exploitation, ou ne faisons-nous qu’en parler en “essayant de battre les tambours du rassemblement et du soutien” ? Ce que Landauer veut dans son écrit est que ces idées prennent vie et cette vie ne peut être qu’incorporée dans ces idées lorsqu’elles se manifestent dans de véritables relations humains, réelles et vécues.

Cette vision est réfléchie plus avant dans ce très court article “Faibles hommes d’état, peuples encore plus faibles” de juin 1910, dans lequel Landauer, de manière mémorable et probablement pour son texte le plus cité, définit l’État comme “une relation sociale, une certaine façon dont les gens interagissent les uns avec les autres” et qui est détruit tout simplement en interagissant d’une autre façon. Cette pensée est en fait facile à comprendre et à voir comme modelée d’après les réflexions de La Boétie sur la servitude où il imaginait que la façon de vaincre la servitude qui était acceptée était simplement de dire NON ! Ainsi donc ici, Landauer exhorte les masses à comprendre qu’elles doivent “fuir l’État et le remplacer” et qu’elles doivent “construire une alternative”. Ceci est basé exactement sur penser comme La Boétie dans lequel il dit que “le système disparaîtra sans laisser de traces si les gens commencent à se constituer en peuple séparé de l’État.” Ceci est un raisonnement que j’accepte facilement bien ´´vivement et donc, nous devons accepter notre responsabilité :

Le monarque absolu a dit : L’État, c’est moi. Nous, qui nous sommes emprisonnés dans l’état absolu, devons réaliser la vérité : C’est nous qui sommes l’État ! Et nous serons l’État aussi longtemps que nous ne sommes rien de différent, aussi longtemps que nous n’ayons pas créé les institutions nécessaires pour une vraie communauté, une vraie société d’êtres humains.

Jusqu’ici, j’ai relayé tout ça sans faire de référence à l’œuvre majeure de Landauer sur l’anarchisme : son texte de 1911 “Appel au socialisme”. Mais pour dire vrai, ce texte n’ajoute pas grand chose à ces idées de base déjà élaborées auparavant par Landauer. Dans la préface de la seconde édition par exemple (NdT : 1919, celle que nous avons traduite il y a plusieurs années…), écrite juste quelques mois avant son assassinat par les Frei Korps (Corps Francs) fascistes, Landauer parle une fois de plus de “la transformation des institutions sociales, des relations de propriété, du type d’économie” et dit que “le socialisme doit être construit, érigé, organisé depuis un nouvel esprit.” Ce qu’il désire achever  sont “des résultats permanents”, ce qui semble vouloir dire un état permanent de relations humaines nouvellement créées, vécues et pratiquées.

Ainsi, “La seule rédemption est le travail, le véritable travail effectué, fait et organisé par un esprit altruiste et fraternel. De nouvelles formes de travail doivent être développées, libérées de ce tribut à payer au capital, créant dans cesse de nouvelles valeurs et de nouvelles réalités, moissonnant et transformant les produits de la nature pour satisfaire les besoins humains. L’âge de la productivité du travail commence, car nous avons atteint le bout de la ligne.” Landauer est ici clair que ces nouvelles relations qu’il souhaite voir se construire sont à la fois le début de quelque chose de nouveau mais aussi la destruction du capitalisme, car il souhaite rien de moins que les gens trouvent inconcevable de devoir louer leur force due travail en des termes capitalistes. Ainsi donc :

Parce que le socialisme doit débuter et parce que la réalisation de l’esprit et de le vertu n’est jamais quelque chose qui provient de la masse mais plutôt le résultat du sacrifice d’un petit nombre et la nouvelle entreprise de quelques pionniers, le socialisme doit se libérer de la ruine par la pauvreté et se réjouir dans le travail. Nous devons donc retourner à la vie rurale et à l’unification de l’industrie, de l’artisanat et de l’agriculture afin de nous sauver et d’apprendre, dans la pratique, les notions de justice et de communauté.

En conséquence, Landauer conclut :”Rien ne vit si ce n’est ce que nous faisons de nous-mêmes, de ce que nous faisons par nous-mêmes. La création vit, pas la créature, seulement le créateur. Rien ne vit et ne perdure si ce n’est l’action de mains honnêtes et la gouvernance d’un esprit pur et véritable.” Landauer conçoit cela comme l’association de personnes, d’hommes et de femmes, dans un “esprit communal” qui est union et liberté, une association d’êtres humains qui :

[association] qui sera un peuple, une culture, une joie de vivre. Qui sait aujourd’hui ce qu’est la joie ? L’amant qui contemple son aimée avec ce sentiment, clair ou indistinct, qu’elle/il est la quintessence de tout ce qu’est la vie et crée la vie ; l’artiste créateur dans une heure rare avec un ami ou quelqu’un comme lui, ou quand dans son esprit, son travail, il anticipe la beauté et la plénitude qui vivra un jour dans le peuple ; l’esprit prophétique, qui qui voit si vite des siècles en avance et qui est certain de l’éternité. Qui d’autre connaît la joie aujourd’hui ? Qui sait combien la joie est superbe, complète et captivante ?…”

Qui donc. Par dessous tout, Landauer parle d’un appel à l’amour et à la joie dans la construction d’une nouvelle société émergeant de nouvelles relations entre les hommes et qui remplit les objectifs de ceux qui s’y engagent depuis une contrainte arbitraire étouffante ou coercitive. A la fin de son “Appel au socialisme”, Landauer appelle donc à :

J’en appelle à tous ceux voulant faire tout ce qu’ils peuvent pour construire le socialisme. Seulement le présent est réel et ce que les gens ne font pas maintenant, ne commencent pas à faire immédiatement, ils ne le feront pas dans toute l’éternité. Le but est le peuple, la société, la communauté, la liberté, la beauté et la joie de vivre. Nous avons besoin de personnes pour lancer le cri de ralliement ; nous avons besoin de tous ceux emplis de ce désir créateur ; nous avons besoin de gens d’action. Cet appel au socialisme s’adresse aux gens d7action qui veulent faire acte de commencement.

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Je termine ici cette discussion sur l’anarchisme relationnel de Landauer en citant les 12 articles (dans leur seconde version de 1912) qu’il écrivait pour son Bund socialiste et qui fonctionnait comme son programme et qui donnait un résumé des plus compacts de l’anarchisme de Landauer. Ensuite, je présenterai quelques réflexions concises de ce que j’ai partagé des idées de Landauer.

1. Le socialisme est la création d’une nouvelle société.

2. La société socialiste est un Bund de communautés économiquement indépendantes qui échange leurs produits équitablement. Les individus de ces communautés sont libres dans leurs affaires personnelles et unifiés de manière volontaire pour tout ce qui concerne le bien commun.

3. Le Bund socialiste est destiné à remplacer l’État et le capitalisme. Il ne peut devenir une réalité que lorsque des socialistes actifs organisent leurs vies quotidiennes de manière commune et sortent de l’économie capitaliste aussi loin que les circonstances le permettent.

4. Les établissements socialistes seront préparés par la consommation commune et en remplaçant l’économie monétaire par un crédit mutuel. Ceci permettra aux travailleurs de communautés indépendantes de produire et d’échanger les produits d leur travail sans la médiation de parasites profiteurs et spéculateurs.

5. Dans le Bund socialiste, le capital d’aujourd’hui sera remplacé par deux facteurs sociaux : A) des institutions fondées sur un esprit de connexion garantissant la satisfaction des besoins des travailleurs (à la fois en regard de la production et de la consommation). Ces institutions et l’esprit mutuel remplaceront l’usure et le vide de l’´´économie monétaire. B) la terre : la terre est un requis nécessaire pour toute économie, capitalist ou socialiste ; celle-ci appartient à la nature de la même manière que les institutions appartiennent à l’esprit de la société.

6. Les requis pour une création réelle et globale du socialisme parmi les gens sont l’expropriation et la redistribution de la terre parmi des communautés indépendantes ; ceci doit se faire sur des principes de justice et des besoins réels des gens et dans la compréhension qu’il ne puisse pas y avoir de propriété permanente de la terre.

7. Pour rendre la transformation des droits à la terre possible, les travailleurs doivent mettre en place le plus de socialisme que leur nombre et leur énergie le permettent. Ils doivent fournir des exemples d’une réalité socialiste. Ceci doit se produire sur la base d’un esprit commun (notre capital à nous, socialistes).

8. Aussi longtemps que des exemples de socialisme ne peuvent pas être constatés et vécus, l’espoir pour une transformation des relations sociales et des droits de propriété demeure futile.

9. Le socialisme n’a absolument rien à voir avec une politique d’état, la démagogie ou la classe travailleuse luttant pour conquérir le pouvoir. Il n’est pas non plus réduit à la transformation des conditions matérielles. Il est avant tout un mouvement de l’esprit.

10. L’anarchie est juste un autre nom pour le socialisme. Le véritable socialisme est l’opposé à la fois de l’État et de l’économie capitaliste. Le socialisme ne peut émerger que de l’esprit de liberté et de l’union, association volontaire ; il ne peut surgir qu’au sein des individus et leurs communautés.

11. Plus le socialisme s’étend et plus il exprime la véritable nature des êtres humains, et plus vite les hommes se détournent de ces institutions dénuées d’esprit qui ont amené à l’oppression, à la stupidité et à la paupérisation. Un contrat social englobant tout va remplacer la violence de l’autorité et le Bund des communautés libres et des associations, ce que nous appelons la société, remplacera l’État..

12. La création du Bund socialiste demande le départ des prolétaires des villes industrielles et leur rétablissement en zones rurales, où l’agriculture, l’industrie et l’artisanat se réuniront et la distinction entre le travail Manuel et le travail intellectuel sera abandonnée. Le travail sera joyeux et tout le monde aura un sens profond d’appartenance ; ceci nous permettra en tant qu’individus de former à la fois des communautés et un peuple.

L’anarchisme de Landauer me semble être une sorte de “kropotkisme pour égoïste” ou mieux, un “anarchisme social pour nietzschéens”. Ses idées combinent l’individu et le social comme dualité nécessaire, chacun nourrissent l’autre dans une relation complète (NdT : ce que nous appelons le “complémantarisme”, qui fait que rien ne s’oppose, tout se compose..) et ses idées organisationnelles sont essentiellement une théorie de l’association qui est appropriée au problème posé.

Landauer recherche à initier un mouvement pionnier pour de nouvelles relations sociales et il semble être à la fois une conclusion et une assertion pour lui, que cela ne sera nécessairement pas un mouvement de masse ou une idée meta-narrative pour un très petit nombre ; en cela je compare l’application de la pensée de Landauer des premiers suiveurs de Jésus dans les évangiles, attendus d’errer en prêchant le royaume de dieu mais sans argent, sans possession etc… Jésus a aussi initialement mis en place de nouvelles relations, tout comme Landauer le suggère ici…

Que Landauer soit un pacifiste et fortement orienté vers la non-violence est important car Landauer n’est pas un penseur qui ne focalise que sur la question de l’immédiat. Il demande ce que la trajectoire doit être et où nous voulons aller. Pour lui, l’équation devient simple : vous ne pouvez pas faire votre chemin vers l’anarchie à coup de bombes et de pistolets (en cela, le propagandiste par le fait, Alexandre Berkman, compagnon d’Emma Goldman, le reconnaîtra dans la dernière partie de sa vie lorsqu’il écrira son tract sur l’anarcho-communisme) et en fait, le lancer de bombe et le flinguage ne sont à terme que l’expression d’une frustration exprimée au travers de la destruction. Ceci n’est en rien un mede systémique de parvenir à ce que vous désirez en termes relationnels.

Je suis d’accord avec Landauer sur cela et ai toujours été hésitante à me précipiter sur le flingue ; mais je ne suis pas d’accord avec Landauer quand il dit qu’il n’y a jamais de justification de la violence. Est-ce que les gens qui sont attaqués doivent se laisser faire et aller au sacrifice ? Ceci ressemble à un suicide. Ainsi, je vois toute la motivation possible pour une violence de défense, d’auto-protection. Ce qui constitue la défense et ce qui est au-delà et débouche sur autre chose.

NdT : ici Anarqxista fait la confusion entre “violence “ (construction sociale) et “agressivité” (partie de l’instinct de préservation naturel). Landauer parle de “violence” dans sa construction sociale pour l’essentiel, c’est à dire l’expression d’un pouvoir absolu de vie ou de mort sur autrui… La violence est acquise socialement et est nocive, l’agressivité fait partie de notre nature et est un mécanisme de défense, c’est à dire que la nature fournit un mécanisme intégré de préservation, d’auto-defense pour la survie. La réaction agressive faisant suite à une attaque est un phénomène naturel et n’est pas “violence”. Sait-on quel était la position de Landauer sur ce point ?…

La violence appelle la violence et est sur le chemin de toujours plus d’abus d’autorité.

[…]

La pacifisme de Landauer doit, bien entendu, être mis dans le contexte de ses vues ainsi que de la culture et la politique de son époque, lorsque des gens utilisaient des pistolets et lançaient des bombes artisanales. Ceci fait réfléchir Landauer, comme il se doit, sur qui correspond le mieux à l’anarchisme. L’anarchie est-elle pour tout le monde (imaginée comme un ethos, un mode de vie) ? Les anarchistes doivent-ils entreprendre la tache “d’évangéliser” le monde entier à l’anarchie ? Voulons-nous une révolution mondiale et ceci est-il une ambition réaliste ou simplement un fantasme ? Est-ce que la tache de l’anarchisme est d’avancer jusqu’à ce que tout le monde soit devenu anarchiste ? Landauer ne semble pas le penser et est venu à la conclusion que, en tant qu’ethos, en tant qu’idée, séries de pratiques et de croyances, l’anarchisme ne sera que pour un groupe de personne, si ce n’est pour e “petit nombre”. Pour lui, c’est une question “d’esprit”, de conscience, d’ethos, qui , par définition, échappera à un certain nombre de personnes qui jamais n’y viendront.

Ainsi, Landauer semble vouloir trouver et motiver ces personnes pour qui cela est une réalité ou une possibilité future plus qu’autre chose. Pour Landauer, l’anarchisme n’est pas une “imposition bénévole” sur le monde et ne pourra jamais l’être [ceci étant une idée autoritaire et dictatoriale]. Il s’agit de la façon dont les gens interagissent entre eux, comment ils vivent et s’associent librement, quelque chose [devons-nous conclure] qe tout le monde ne pourra pas faire. C’est une “colonisation interne” et les gens “s’unifiant en de nouvelles formes de culture”, mais, quoi doit le dicter la logique, cela veut dire que cela est différent de ce que les autres font, peut-être même de ce qu’ils voudront faire. Après tout, les anarchistes peuvent-ils forcer leur mode de vie et leurs relations aux autres ? Ceci est une question très sérieuse.

Landauer distingue donc les gens par leur “esprit” [il préfère ce terme], qui est leur conscience, leur ethos (et aussi leur éthique), leur vertu. Son idée est que ces personnes, depuis leurs propres communautés (peu importe la taille, juste une question de choix d’association) font ces connexions matérielles d’esprit et d’ethos qu’ils partagent. Ces communautés deviennent ensuite des phares brisant dans le noir et sont faites pour attirer d’autres vers la lumière par leur énergie active et connexions sociales fondées sur la vie anarchiste. Il fonde cela, sur l’idée que les gens démontrent quelque chose d’analogue aux connexions familiales simplement en existant en commun, comme des exemples de la même espèce. C’est aussi fondé sur l’amour des autres, quelque chose qui peut être développé ou découragé par et dans les vies actuelles vécues. Ceci doit être communautés de vies nouvelles et de plaisir mutuel qui attire de manière naturelle l’intérêt des autres, parce qu’ils ne sont pas isolationnistes par conception, mais font toujours partie d’un monde plus vaste. (NdT : ce que nous appelons la “complémentarité dans notre diversité”…)

Pourtant, nous devons nous rappeler que pour Landauer, tout cela se trouve dans une fondation intellectuelle quasiment en territoire égoïste. Landauer conçoit certains types de personnes s’auto-organisant et qui sont capables de faire de telles choses. Son utilisation du texte de La Boétie par exemple, tend vers cette direction également. L’anarchisme pour Landauer, est une question de relations auxquelles nous consentons ou pas pour nous-mêmes. L’anarchisme, pour lui, comme le royaume de Dieu pour Jésus dans l’évangile de Luc : 17, est “en nous” [comme ce le fut également pour Tolstoï et son amalgame du christianisme et de l’anarchisme], comme un esprit, une vertu, une ´´éthique, une conscience”. Il semble presque, dans l’anarchisme spirituel de Landauer, que nos vies sont une question de la compréhension et de l’utilisation des conditions de notre existence lorsqu’il parle des êtres humains comme “frères est sœurs”, une relation constituée par et pour elle-même du fait de notre seule existence commune. Landauer veut que personne n’ignore ce fait et se concentre, imagine, ce que cela veut dire et implique.

C’est en fait à cause de tout cela que l’anarchisme de Landauer ne devient pas une activité qui attend une utopie future ou que le paradis vienne sur terre, mais une activité du MAINTENANT, un changement de relations MAINTENANT, l’imagination et la creation d’un nouveau MAINTENANT ! Sa conception que ce maintenant doit être totalement construit en dehors du capitalisme est, bien entendu, totalement juste. L’anarchisme doit être construit en dehors du capitalisme ou il n’est qu’une addition identitaire à celui-ci mis en place par des couards, pour des pouvoirs médiatiques et sociaux et ceux qui veulent passer pour “branchés” et “cool”. En d’autres termes, l’anarchisme doit être réel ou ce n’est juste qu’un mot. Il doit incorporer, personnifier l’anarchisme dans de véritables relations dans la vraie vie. Des idées comme celle de Landauer de “la grève générale active”, si mises en place, commenceraient à changer notre réalité. Il est donc tout a fait correct de dire, comme le fait Landauer  que ce qui compte vraiment par dessus tout est notre désir profond de changer, de vivre différemment  et de s’engager dans des relations autres avec les gens que celles dont nous sommes habitués. L’anarchisme est la CREATION DE NOUVELLES RELATIONS, CREER DE NOUVELLES REALITES MATERIELLES et il est AUTO-ORGANISE, AUTO-CREE ! C’est une action d’AUTO-EMANCIPATION. Pas étonnant donc, que Landauer semble penser que les égoïstes feraient en fait les meilleurs anarcho-communistes…

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Mais il y a une affaire dans tout cela, une qui se produisit avec son collègue allemand de la Bund socialiste Erich Mühsam. Comme déjà mentionné, Landauer était socialement assez conservateur. Il croyait en la famille et le pensait comme quelque chose sur laquelle ses idées devaient êtres construites. Ainsi, sur le sujet de “l’amour libre” et “la question de la femme”, qui circulaient à la fin du XIXème siècle et au début du XXème et qui vit des femmes anarchistes comme Emma Goldman et Voltairine de Cleyre s’y trouver très impliquées, il était du côté de ceux qui les trouvaient goujates si pas corruptrices des conditions sociales. Landauer semble avoir trouvé l’emphase sur la question du sexe dans l’émancipation humaine comme une corruption de la morale, du moins la sienne, et de la fabrique sociale nécessaire. Ainsi, Landauer écrivait des articles dans le journal “Le socialisme” qu’il éditait, critiquant l’amour libre comme étant facteur de destruction sociale, articles qui félicitaient par contre, la solidité donnée à la société par l’unité familiale, ce de la façon traditionnellement comprise.

Mais pas tout le monde, y compris parmi ses collègues et amis, était d’accord avec lui. Une personne qui était en désaccord avec lui était Erich Mühsam, auteur et dramaturge anarchiste, qui sera arrêté en 1919 alors que Landauer sera assassiné et qui fut interné 5 ans dans une prison bavaroise avant d’être relâché au cours d’une amnistie qui libèrera aussi un certain Adolf Hitler, incarcéré après son putsch de la brasserie de Munich en 1923. Mühsam passera les 10 ans suivantes de sa vie à être un agitateur politique pour un socialisme anarchiste très similaire de celui de Landauer, avant de succomber à la montée des nazis, qui l’arrêteront, le tortureront et le tueront dans un camp de concentration au nord de Berlin en 1934. Mühsam. Tout comme Landauer, était juif.

Le socialisme anarchiste de Mühsam avant cette époque, et spécifiquement vers la période du Bund socialiste promut par Landauer, semble avoir été très similaire à celui de ce dernier. Une des grandes différences entre les deux anarchismes reposait sur deux sujets : celui de la sexualité et la place des femmes dans la société.

Dans un curt article en réponse à un article de Landauer dans “Le socialiste”, Mühsam déclare :

Le socialisme ne peut avoir pour tache d’approcher la sexualité sur la base de la morale puritaine. Les sujets d’ordre sexuels sont par nature d’ordre intime, dépendant de la personnalité et des sentiments de chaque individu, qui ne peut jamais être décrit comme étant dépravé ou laid, ni non plus comme malade ou décadent. La relation et rapport sexuel est connectée aux sensations de plaisir. L’ambition de réduire l’activité sexuelle humaine au but de la reproduction ne peut jamais être justifiée. Ceux qui prennent un tel argument sérieusement doivent impérativement demander que toutes les femmes stériles deviennent sexuellement abstinente. De plus, nous ne devons jamais oublié, quand on aborde ce sujet difficile et délicat, que le partage de plaisirs sexuels entre êtres humains est l’expression la plus intime et forte d’amour entre des personnes. Et l’amour existe et s’exprime même lorsqu’une faible constitution (physique) ou d’autres raisons importantes ne recommandent pas la procréation.

Sur la monogamie, Mühsam argumente : “Il est complètement arbitraire que des personnes amoureuses l’une de l’autre doivent demeurer “fidèles” l’une à l’autre. Il n’y a pratiquement jamais eu de temps où le mariage fut une institution véritablement volontaire.” Mühsam suggérant ici que l’institution même du mariage pourrait bien être en contradiction avec une philosophie d’émancipation. Mühsam continue :

Il est certain que l’amour est libre. Il est aussi vrai que la liberté dans le domaine de l’amour doit toujours être gagnée, spécifiquement dans le cas des femmes. Ce qui rend “l’amour libre” un droit particulier des femmes, un droit qui semble plus important que tous les droits politiques qui n’aidât en rien. Obtenir l’indépendance dans des sujets les plus intimes, le contrôle sur son corps, non réprimé par les codes moraux sociétaux. Libération du contrôle public de la virginité. Observer un respect sans partage de l’humanité des femmes. Ce sont des droits pour les femmes pour lesquels nous socialistes devons nous battre ! Que cette augmentation de liberté des femmes ait un impact quelconque sur leurs vies sexuelles n’est en rien notre affaire.

[…] Je pense que ceci fut une erreur de la part de Landauer et qui constitue un chaînon manquant chez lui, chose qui est corrigé dans la relation sociale d’Emile Armand par exemple et sa notion de “camaraderie amoureuse”. Je suis aussi d’accord avec Mühsam lorsqu’il dit :

Que les femmes donnent naissance à autant d’enfants que leurs cœurs le désirent ! qu’elles vivent afin d’honorer le peuple avec de forts, sains, et intelligents enfants, heureux de vivre ! Et qu’elles choisissent comme père ou comme pères de leurs enfants, qui elles désirent !… Lorsque ceci sera le cas alors on pourra vraiment parler de liberté des femmes et des droits des femmes !

En d’autres termes, je rejette le conservatisme de Landauer entièrement et rejette l’idée traditionnelle de la famille sur laquelle il insiste et reste bloqué. La construction d’une société nouvelle ne peut pas être fondée sur de vieilles constructions sociales mais doit être réimaginé tout comme ce qu’est la relation sociale et la communauté. La liberté et l’émancipation du vieux monde doivent se produire de bas en haut, sur tout et pour tout. Ceci en fait, est le seul espoir de ne pas retomber facilement dans les travers du passé et de voir renaître les vieilles hiérarchies et les vieilles coercitions. Comme le dira Mühsam lui-même dans un article subséquent “Anarchie” dans sa propre publication “Caïn” :

L’anarchie est la liberté de toute coercition, violence, servitude, loi, centralisation et de l’État. Une société anarchiste repose sur le volontariat, la communication, le contrat, l’accord, l’alliance et le peuple… La vie politique des peuples civilisés est toujours limitée à la conception de toujours plus de rênes, de selles, de harnais, de mors et de cravaches/fouets. L’humain travailleur ne se distinguant du cheval de labeur qu’en aidant son maître à développer de meilleurs outils pour mieux l’entraver et en s’y ajustant volontairement… C’est pourquoi, le moyen de changer les conditions que vous savez être néfastes est l’action.

Cette action néanmoins, ne peut pas laisser des zones de relations humaines sans changement. Les relations humaines doivent devenir entières, complètes. Ceci inclut le problème de la famille, de la sexualité, des relations sexuelles. En fait, je suggérerais que nous prenions la solidarité fraternelle de Landauer, parce que nous existons ensembles comme des exemples de la même espèce (ce que répète Mühsam dans son texte “Anarchie”, comme référence, mais que, à l’encontre de Landauer, allions en ce sens jusqu’au bout du bout du banc, comme le dit Mühsam sans son “Anarchie” :

L’anarchie est la société des humains frères. Son alliance économique est appelée socialisme. Les humains frères existent. L’anarchie vient dès qu’ils se rassemblent. Ils n’ont pas besoin de domination ni de hiérarchie, mais ils ont toujours besoin de créer le socialisme. Ceci demande un effort, du travail. Ceux qui refusent d’aider, de créer et de s’engager dans un travail socialiste en communion fraternelle, ceux qui veulent attendre que les choses changent sans qu’eux-mêmes ne lèvent le petit doigt, peuvent continuer de réparer, de laver la vaisselle, ils peuvent continuer de se plaindre et de voter, mais ils ne peuvent pas se dénommer socialistes et en particulier, ils ne pouvant en aucun cas parler de l’anarchie ! L’anarchies est une question de cœur et ces gens ne connaissent rien à cela !

[…]

Pourtant, une question demeure et pas seulement pour Landauer : étant donné la construction d’un anarchisme relationnel de ceux qui mettent en place leurs propres communautés de relations, pourquoi cela n’a t’il pas marché ? La réponse est en fait comme Landauer l’avait diagnostiqué quand il écrivit là dessus (tout en ne mettant pas en pratique ses propres idées lui-même) : personne en fait ne le fait. Personne ne vit cette vie. Virtuellement personne n’est un anarchiste réel, vivant ce mode de vie (ou faisant partie d’une communauté anarchiste de relations sociales ou culture anarchiste). Tout le monde (il y aura bien sûr des exceptions) vit dans une sorte de relation volontaire et délibérée au capitalisme, peut-être même en disant aux autres de ne pas le faire…Donc, Landauer avait parfaitement raison ici : peu sont ceux qui marchent sur ce chemin. Ce fut son défi, c’est mon défi et celui de quiconque va lire cette phrase. Ne faites pas que le lire. Ne faites pas que le penser, le théoriser. FAITES-LE ! Incorporez-le ! Faites en une réalité, un fait réel et actuel !

Mais, puisque c’est un corollaire évident de ces impératifs, qu’en est-il du/des moyens ? Comment ? Landauer a offert quelques façons de procéder dans “la grève générale active” et “la communauté rurale autonome”. […] Je pense avant toute chose que l’anarchie est une AUTO-EMANCIPATION. Elle est de votre propre responsabilité, de votre propre autonomie et agencement. Ultimement, ceux qui veulent trouver une façon la trouveront. En conséquence, je ne fournit aucun schéma, encore moins de plan à suivre. Pour moi, l’anarchisme est la philosophie du “trouve ça par toi-même”.

Ceci n’est pas dit de manière j’en foutiste, mais afin d’insister sur le fait que l’anarchisme active votre action propre dans votre propre intérêt. Cela ne vous nie pas l’opportunité de rassembler vos talents et de joindre vos esprits avec ceux des autres. Comme l’a argumenté Landauer, l’anarchisme est par lui-même un phénomène social nécessaire. Mais cela veut aussi dire que cela ne veut pas dire de faire ce qu’on vous dit de faire car ceci n’encourage pas les valeurs que les anarchistes en sont venus à valoriser. Le seul véritable critère ici est que vous vous engagiez dans la création de nouvelles relations et de nouvelles cultures dans votre propre intérêt, des relations qui détruisent notre passé collectif coercitif socialement, politiquement, économiquement et moralement, à la poursuite d’émancipations présentes est futures toujours en évolution. Voilà ce que nous devons faire et je suis convaincue que pour ceux qui ont l’esprit de le faire, tout ce qu’ils ont à faire est de mettre tout ça en pratique effective dans leurs vies.

Gustav Landauer sur Résistance 71

Gustav Landauer en PDF :

Vie et œuvre de Gustav Landauer

Appel au socialisme (traduction partielle de R71)

Cobra_soleil
Et dans une aube nouvelle,
Le peuple se dressa…

Sortir du marasme mortifère étatico-marchand par la société des sociétés : la voie du changement relationnel de Gustav Landauer 1/2 (Anarqxista Goldman)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 29 décembre 2022 by Résistance 71

GL1

“Une vie alors est comme un délai au cours duquel l’homme peut, et a le devoir, de mettre son esprit en accord avec la compréhension qu’il a du but de l’existence humaine.”
~ Andreï Tarkovski ~

“En ce monde, le bonheur n’existe pas, mais il existe la paix de l’âme et la libre volonté.”
~ Alexandre Pouchkine ~

“Nous sommes crucifiés dans une seule dimension, alors que le monde est multidimensionnel. Nous le sentons et nous souffrons de l’impossibilité de connaître la vérité. Mais il n’est pas nécessaire de connaître. Il faut aimer et croire. La foi est la connaissance acquise à l’aide de l’amour.”
~ Andreï Tarkovski ~

Gustav Landauer sur les relations anarchistes

Anarqxista Goldman

Chapitre 6 de son livre “Mini-manual of anarchists relations”, 2022

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71

Décembre 2022

1ère partie
2ème partie

“L’État est une relation sociale ; une certaine façon qu’ont les gens à se relier les uns aux autres. Il peut être détruit en créant de nouvelles relations sociales, par exemple en faisant que les gens aient des relations différentes entre eux.” — Gustav Landauer —

Gustav Landauer était un anarchiste allemand, juif, né en 1870. Personne de très bonne éducation, il devint un des leaders théoriciens allemands de l’anarchisme vers la fin du XIXème siècle, mais il avait une vision particulière de l’anarchisme auquel il préférait se référer (ce qui est confus pour le lecteur d’aujourd’hui) au socialisme. Sans doute parce que Landauer était un pacifiste et que l’anarchisme était associé souvent dans l’esprit des gens à force de propagande capitaliste, comme étant violent, ce qu’il condamnait et contre quoi il écrivait (il fut aussi contre la 1ère guerre mondiale de par ses vues pacifistes), alors que ses idées étaient profondément anarchistes, comme nous allons le voir.

L’anarchisme de Landauer a de nombreuses sources et trahit ses attachements aux idées philosophiques et intellectuelles de Nietzsche et de Stirner mais aussi aux idées sociales et communistes anarchistes de la réunion communale telle que prônée par Kropotkine. Il a mis en avant plusieurs théories novatrices auxquelles je reviendrai ci-dessous, et créa un ethos anarchiste très distinct fondé sur l’idée, comme l’indique la citation en début de ce chapitre, disant que la “société” ou “l’État” ne sont vraiment rien d’autre que des relations sociales créées et maintenues. En tant que diffuseur de ses idées, Landauer fut condamné à plusieurs reprises et mis en prison. Il écrivit à la fois pour éduquer et pour cajoler ses lecteurs, mais il écrivit aussi très sérieusement sur l’histoire, la critique et la construction théorique. Landauer était un conservateur social qui croyait en la famille et avait un certain dégoût pour la sexualité libre ou l’emphase mise sur la sexualité, il pensait que cela mettait en place une “pornocratie”.

Il fut assassiné pour ses croyances socialistes libertaires en mai 1919 dans une cour de prison bavaroise par des membres des Corps Francs (fascistes), qui furent envoyés en Bavière pour réprimer la révolution qui s’y tenait après l’abdication du roi de Bavière après la fin de la 1ère guerre mondiale. Rudolf Rocker a décrit Landauer comme “un des plus grands esprits et meilleur homme que l’Allemagne ait connus” et “sans aucun doute le plus grand penseur parmi les socialistes libertaires allemands.

Regardons donc les idées de Landauer plus en détail pour tenter de comprendre son anarchisme des relations. Dans les citations faites, je conserverai le plus de références au “socialisme” intactes aussi loin qu’il soit bien compris que lorsque Landauer parle de “socialisme”, il veut dire une conception socialement bien comprise de l’anarchisme… De la collection aujourd’hui classique des ´´écrits de Landauer dans le texte “Révolution et autres écrits : une lecture politique”, traduite, compilée et éditée par Gabriel Kuhn qui donne une présentation chronologique et annotée des idées de Landauer avec une très bonne introduction. Je me concentrerai ici sur plusieurs morceaux de ce livre visant à présenter des idées clefs de Landauer et de sa théorie philosophique anarchiste, qui ajoute de la substance à mes propres idées sur les relations anarchistes telles que je les ai présentées.

Mais ce faisant, ceci ne veut pas suggérer que Landauer aurait soutenu mes idées (mon insistance sur la sexualité par exemple aurait sans aucun doute été un sujet de désaccord entre nous), ce dont parlait Landauer était un anarchisme des relations qui nous parle grandement aujourd’hui.

Le premier morceau choisi de Landauer que je désire analyser date de 1895 et est intitulé “Anarchisme-Socialisme” et fut originellement publié dans le “Journal Anarchisme et Socialisme” de langue allemande. Ici, établissons-nous le point de départ de la première période de sa carrière de théoricien anarchiste. Il est clair depuis le début que la vision de Landauer est une vision hybride qui rassemble des branches diverses de pensée en une idée ainsi résumée :

L’anarchisme est le but que nous poursuivons : l’absence de domination et d’état ; la liberté de l’individu. Le socialisme est le moyen par lequel nous voulons atteindre et sécuriser cette liberté : solidarité, partage et travail coopératif.”

Subséquemment, ajoute t’il, au moment ou le parti politique allemand du SPD (social-démocrate), montait comme la voix orthodoxe du socialisme démocratique allemand :

Quiconque n’est pas aveuglé par les dogmes des partis politiques reconnaîtra que l’anarchisme et le socialisme ne sont pas opposés mais co-dépendant. Le véritable travail coopératif et la véritable communauté ne peuvent exister que là où l’individu est libre et les individus libres ne peuvent exister que là où nos besoins sont satisfaits en solidarité fraternelle.

Ici Landauer argumente que l’anarchisme et le socialisme ne sont en rien opposés mais complémentaire dans une situation ou le socialisme est pris pour la collectivisation forcée et le premier est imaginé comme un individualisme qui “veut dire atomisation et égoïsme”. Ainsi le quidam moyen est toujours amené à penser que ce sont des opposés incompatibles. Landauer ne le pense pas. Se décrivant au passage comme un anarchiste socialiste, Landauer, donnant une analogie de protection d’un endroit de la pluie, décrit sa vision de cette façon :

Lorsque c’est utile nous partageons un toit commun aussi loin qu’il puisse être retiré lorsque non nécessaire. Dans le même temps, tous les individus peuvent avoir leurs parapluies et pour ceux qui veulent être mouillés, et bien nous ne les forcerons en rien à rester secs…ce dont nous avons besoin est de ceci : des associations de l’humanité dans les affaires concernant l’humanité ; les associations de personnes particulières dans des affaires qui concernent les intérêts de gens particuliers, de groupes sociaux particuliers dans des affaires qui concernent des groupes ; associations de deux personnes dans des affaires concernant deux personnes, individualisation des affaires ne concernant qu’une personne.

Puis il ajoute que “nous, les anarchistes, voulons un ordre libre d’associations multiples, imbriquées les unes dans les autres et colorées… il n’y a aucun besoin d’avoir un parlement mondial ou quelque autre institution mondiale que ce soit…” A ce niveau, Landauer pense que les choses doivent être gérées par ceux qu’elles concernent, les problèmes globaux par la communauté mondiale, les affaires locales par les associations locales etc et qu’en aucun cas des institutions et régimes fixes ne jouent un rôle dans la gestion des affaires ; ceci représente un concept tout à fait anarchiste. Par essence, il pense que “cet ordre de gestion doit être fondé sur le principe que tous les individus sont plus proches de leurs intérêts” et que les gens doivent rester focalisés sur ces intérêts et sont ceux les mieux outillés pour les gérer sans interférence aucune de sources extérieures arbitraires. Landauer parle aussi ici d’un peuple “bien éduqué” où les “talents” des personnes sont “bien développés” comme bases d’une saine société. Il dit que “le principe d’entraide y sera central” et que “il sera impossible pour des individus d’accumuler des richesses menant à l’exploitation, car tout le monde dans une société anarchiste comprendra que l’usage commun de la terre et des moyens de production va dans le sens de leur intérêt particulier.

Il veut une société où “aucun groupe ne gagnera quoi que ce soit en devenant exclusif” car ils abandonneraient la bonne volonté de leurs compagnons et voisins ce faisant. Il ne veut pas d’un système social fondé sur la nécessité du travail car il pense que cela créera un nouveau système moral de ceux qui méritent leur existence et ceux qui ne la méritent pas (ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas travailler). Ainsi, il place “la contrainte de l’intérêt particulier” au dessus de la “contrainte morale”. Fondamentalement, Landauer est convaincu que “l’anarchie n’est pas un système dénué de vie fait de pensées toutes faites. L’anarchie est la vie, la vie qui nous attend après que nous nous soyons libérés du carcan qui nous restreint.

En 1897, on demanda à Landauer d’écrire quelque chose sur l’anarchisme pour un journal libéral berlinois qui faisait une série d’articles intitulée : “Les partis politiques de leurs propres mots”. Intitulé “Quelques mots sur l’anarchisme”, Landauer commença par réfuter sa tache car l’anarchisme n’est pas et ne peut pas être conçu comme un “parti politique”. Mais il utilisa cette opportunité pour parler à une vaste audience comme une occasion de réfuter la violence imputée à l’anarchisme et son association populaire avec des assassins et des lanceurs de bombe. Il écrit : 

On ne peut pas nier que des anarchistes ont été impliqués dans un certain nombre d’assassinats ces dernières décennies, mais par principe, l’anarchisme et la violence n’ont rien en commun. L’idée anarchiste est pacifique, opposée à l’agression et à la violence. Ceci ne veut pas dire que les anarchistes sont des moutons. Cela veut dire que nous voulons vivre pleinement et brillamment, entièrement comme personnalités matures…

Mais, retour aux assassins : ils ne sont pas motivés par les idéaux anarchistes et ne poursuivent pas une intention anarchiste : en fait, l’intention n’a rien à voir avec leurs actions. Ce sont des personnes froides, fermées, haineuses. Les vagues de leurs désirs se brisent sur les digues d’une côte déprimée : le présent. Ni leurs attentes de bonheur et de liberté ni leurs besoins les plus élémentaires ne peuvent être satisfaits. Toutes leurs émotions sont concentrées et comprimées. Ils contemplent la bonne vie de l’anarchie et la réalisation de leur être intérieur alors qu’ils ne peuvent pas se nourrir ni eux ni leurs enfants. Graduellement, bien des éléments de leur personnalité meurent : réflexion, considération, empathie, même leur sens de survie. Leur vie commence à être consumée par un seul et unique sentiment : la rage de la vengeance.

Finalement arrive le moment où tout ce qui est caché surgit à la surface, quand tout ce qui a été gelé commence à bouillir et mijoter, quand tout ce qui a été durci, fond et quand tout ce qui a été supprimé explose. Alors, le monde réagit avec force et met en place des lois d’urgence pour se protéger contre la bonne vie de l’anarchie et ses adhérents secrets. Le même monde qui ne considère jamais de prendre des mesures contre lui-même, qui ne considère jamais d’opprimer l’oppression. Bien sûr qu’il ne le fera pas. S’il le faisait, ce ne serait plus le monde : tout le monde (en français dans le texte), pas seulement les lundis mais tous les jours de la semaine…

Il est facile de condamner les assassins. Mais j’essaie de les comprendre psychologiquement et si j’étais un avocat, je les défendrais contre les limites de la “justice” bourgeoise. Mes mots de fin seront : abdiquez la violence autoritaire et la protection des privilèges et du vol et il n’y a aura plus de hors-la-loi et plus de violence rebelle !

Landauer prend ainsi une position publique contre la violence, mais il comprend aussi que ces gens réagissent à une cause et ne sont pas des monstres venus de nulle part. Landauer a en fait lu plusieurs plaidoiries de défense d’anarchistes assassins incluant celles de Ravachol, d’Auguste Vaillant et d’Emile Henry et il était familier avec leurs actions et leurs revendications. Landauer n’est pas lui même une personne de “la propagande par le fait”. Ses réflexions sur la violence ici mènent à ces conclusions :

De ce que j’ai dit jusqu’ici, il s’ensuit ceci : d’abord que l’anarchisme ne peut pas être un mouvement de masse à notre époque, mais seulement ceux d’individus de pionniers… Ensuite que nous sommes des optimistes invétérés malgré notre scepticisme principal. Nous ne sommes pas des individualistes de la vieille école. Nous croyons en la bonté de l’humanité et en ses immenses capacités. Nous voulons une société anarchiste où les individus peuvent vivre ensemble sur la base des associations libres et du respect mutuel, en un autre terme (économique) : en socialisme.

Ainsi, Landauer inscrit deux marqueurs précurseurs dans sa compréhension de l’anarchisme : ce n’est pas un mouvement de masse ni une collectivité populiste mais plutôt un mouvement de pionniers individuels rendus potent par le truchement de leur association libre et de leur respect commun. En d’autres termes, c’est un mouvement éthique de certaines personnes (relativement peu nombreuses).

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Landauer est enclin à écrire de nouveau sur la violence, mais de manière différente de celle d’Emma Goldman en la même occasion, l’assassinat du président américain McKinley par Leon Czolgosz. Ici, il se démarque rhétoriquement des “anarchistes” (semblant accepter l’association des anarchistes avec la violence, si ce n’est pour un effet rhétorique) et il commence maintenant à distinguer ses propres vues de l’anarchisme de celles des autres, sur le chemin de pouvoir décrire une construction spécifique de l’anarchisme comprenant sa propre compréhension de celui-ci. Dans cet essai “Pensées anarchiques sur l’anarchisme”, Landauer commence par trouver l’idée de “l’anarchisme par la violence” quelque peu bizarre, il écrit :

Il me semble que la déclaration de Mowbray correspond à l’expression de ce qui est presque devenu le dogme anarchiste, à savoir de percevoir l’assassinat de personnes au pouvoir comme un acte anarchiste. De fait, il est vrai que la plupart des personnes impliquées dans ce genre d’action ces dernières décennies, furent motivées par des croyances anarchistes. Tout observateur objectif dira que ceci est bizarre. Qu’est-ce qu’a à voir avec l’assassinat de personnes l’anarchisme, une théorie politique désirant une société sans gouvernement ni autorité coercitive, un mouvement contre l’État et la violence légalisée ? La réponse est : rien, rien à voir. Cependant, certains anarchistes tendent à penser que discuter et éduquer n’a pas jusqu’ici porté ses fruits. Ils pensent donc que la destruction doit aller de paire avec la construction et la promotion par la parole. Ils sont trop faibles pour faire tomber les frontières, alors ils se tournent vers la propagation de la propagande par le fait. Les partis politiques s’engagent dans l’action politique, alors certains anarchistes pensent qu’ils doivent individuellement s’engager dans des formes anti-politiques, une politique négative. Ces logiques expliquent leur “action politique” : la propagande par le fait et le terrorisme individuel.

Landauer accuse de telles personnes d’avoir des motivations égocentriques et d’agir comme les États dont ils veulent se débarrasser. Il pense “l’anarchisme de la violence” comme celui de ceux qui n’ont pas suffisamment anarchisé leur pensée et ne sont devenus que le reflet de miroir de ce qu’ils détestent et méprisent. Ainsi donc, il dit ouvertement : “Ces anarchistes ne sont pas assez anarchistes à mes yeux” et il les accuse de se conduire comme “des partis politiques” et d’être “simples d’esprit”. “Qu’obtient-on par la violence ?” Est son processus de pensée. Il appelle bien des anarchistes de simples dogmatistes dans leurs croyances et leur attachement à l’action violente. Quand on lit entre les lignes, on constate que Landauer critique la psychologie de la violence et demande quel est son but final. En tant qu’homme qui se révèlera être l’homme pour qui les moyens doivent être indistincts des fins, la violence ne peut jamais être une solution pour lui. La violence ne fait que mener à un cercle vicieux de haine, de guerre, de mort, de destruction, cycle sans fin de violence. Est-ce cela que les anarchistes veulent ? Ainsi donc :

Ceci est la fallacie de base des anarchistes révolutionnaires (fallacie que j’ai longtemps partagée avec eux…) : l’idée que l’on puisse atteindre l’idéal de non-violence par la violence et des moyens violents. Dans le même temps ils objectent fondamentalement à la “dictature révolutionnaire” que Marx et Engels appellent de leurs vœux dans leur “Manifeste du parti communiste”, comme une courte période de transition après la révolution. Mais tout cela n’est qu’auto-déception. Toute forme de violence est dictatoriale, à moins qu’elle soit volontairement endurée, acceptée par des masses subjuguées. Ceci n’est pas le cas dans les assassinats anarchistes, qui ne sont que sujet de violence autoritaire. Toute violence n’est que despotisme ou autorité.

Il est important de souligner ici la position de Landauer contre la violence, parce que cela ouvre de fait la porte à la question : “Si pas de violence, alors quoi ?…” Mais Landauer a une réponse à cette question et il commence à l’articuler dans ce passage :

Ce que les anarchistes doivent comprendre c’est q’un but ne peut être atteint que s’il est déjà réfléchi dans ses moyens. La non violence ne peut pas être atteinte par la violence. L’Anarchie existe là où on trouve de véritables anarchistes : des gens qui ne s’engagent pas dans la violence. Ce que je dis ici n’est pas nouveau. C’est ce que Tolstoï nous a dit depuis longtemps… Les anarchistes révolutionnaires vont objecter : si nous sommes non violents, nous permettons notre exploitation et notre suppression et nous ne serons donc pas libres mais esclaves. Quand nous parlons de non violence, affirment-ils, cela ne concerne pas l’attitude des individus mais de l’organisation sociale. Nous voulons la société anarchiste, mais nous devons d’abord récupérer ce qui nous a été volé et ce qu’on nous refuse.

Mais ceci n’est qu’une autre fallacieuse cruciale : celle disant qu’on peut ou qu’on doit amener l’anarchie au monde, que l’Anarchie est une affaire relevante de toute l’humanité ; qu’il y aura un jour de jugement suivi par une ère millénaire. Ceux qui veulent “amener la liberté au monde”, ce qui sera toujours leur vue de la liberté, sont des tyrans et non pas des anarchistes.

L’Anarchie n’appartient pas au futur, c’est une affaire du présent. Ce n’est pas l’affaire de demander, c’est l’affaire de la façon dont les gens vivent. L’Anarchie, ce n’est pas la nationalisation des résultats du passé, mais c’est un peuple niveau naissant d’humbles débuts dans de petites communautés qui se forment au sein de l’ancien : une colonisation interne. L’Anarchie n’est pas une lutte de classes, les dépossédés contre les possesseurs, mais c’est le mouvement d’individus souverains, libres, forts et motivés qui se libèrent de la culture de masse et qui s’unissent sous de nouvelles formes. La vieille opposition (NdT : antagonisme) entre destruction et construction commence à perdre de sa signification : ce qui est en jeu ici sont de nouvelles formes d’existence sociale qui n’ont jamais existé.

Si les anarchistes comprenaient que le cœur même de l’anarchie réside dans les profondeurs de la nature humaine et s’ils pouvaient suivre cela comme guide principal de leur conduite, alors cela les mènerait loin des masses et ils comprendraient avec effroi la distance séparant leurs convictions et leurs actions présentes et ils comprendront alors que cela devient bien trop banal et fade pour un anarchiste de tuer un McKinley ou de commettre de telles actions tragiques et stériles. Quiconque tue, meurt. Ceux qui veulent créer la vie doivent aussi l’embrasser et renaître de l’intérieur.

Ceci me semble venir en droite ligne des cogitations de Max Stirner, que Landauer connaissait et de sa distinction entre “révolution” et “insurrection”. Les insurgés, comme se le rappelle sans doute mes lecteurs, ne permettent pas d’être organisés, pour paraphraser Stirner. Les révolutionnaires veulent juste imposer leur ordre et Landauer accuse bon nombre d’anarchistes d’être des “révolutionnaires” plutôt que des “insurgés”. Ceci est une ERREUR. Pour Landauer, comme nous allons le voir, l’anarchisme est essentiellement quelque chose à votre sujet, de qui vous êtes, votre éthique, qui vous êtes intellectuellement, politiquement, ces choses qui irradient de vous à travers vos relations aux autres, de et à travers de nouvelles formes sociales. Ce n’est pas, ne sera jamais, un “anarchisme” dogmatique et forcé à imposer aux autres, même en le voyant comme une manière bienveillante d’agir “pour le bien de tous”. L’anarchisme pour Landauer n’est pas du tout quelque chose d’imaginer par analogie à la “fin des temps” chrétienne ou de la guerre pour en finir avec la guerre. Ce n’est pas au sujet de “tuer les méchants” afin que seuls demeurent les “bons”. Le comment Landauer termine cette réflexion nous instruit sur la façon dont il perçoit les conceptions anarchistes des choses qu’il pense être dans l7erreur et d’un ´´état d’esprit anarchiste” qu’il pense devoir être mis à jour :

Les anarchistes ont toujours été trop attirés par des systèmes et attachés à des concepts rigides et étriqués. Ceci en fait, est la réponse finale à la question du comment les anarchistes peuvent-ils trouver une valeur quelconque à tuer des êtres humains. Ils ont pris l’habitude de ne considérer que des concepts et non plus des personnes de la vie réelle. Ils ont divisé l’humanité en deux classes statiques et hostiles. Lorsqu’ils tuent quelqu’un, ils ne tuent plus une personne mais un concept, celui de l’exploiteur, de l’oppresseur, du représentant de l’État. C’est pourquoi ceux qui sont souvent les plus doux et gentils dans leurs vies privées, commettent les actions les plus inhumaines dans la sphère publique. Là, ils ne ressentent plus, ils sont isolés de leurs sens. Ils agissent comme des êtres exclusivement rationnels, qui, comme Robespierre, sont les serviteurs de la raison ; une raison qui divise et qui juge. Cette logique froide, spirituellement vide, et destructrice est celle utilisée par les anarchistes pour condamner à mort. Mais l’anarchie n’est ni facilement atteignable ni moralement si dure, elle n’est pas non plus si définie comme ces anarchistes le pensent. Ce n’est que quand l’anarchie devient pour nous un rêve sombre et profond et non pas une vision atteignable par des concepts, que notre morale et nos actions deviennent une.

Dans son essai “La communauté par la séparation”, Landauer ne répond pas à des évènements ou des idées, mais présente sa vision de l’anarchisme et le titre choisi représente de fait l’idée. Ici, Landauer explique plus précisément sa distinction entre les gens basée sur leur conscience ou esprit (certain on dit que Landauer était un mystique anarchiste, je pense qu’il est le pourvoyeur d’un “anarchisme spirituel” si nous comprenons cela dans le sens nietzschéen, de sens “d’esprit libre” et non pas dans le sens chrétien), d’une véritable conscience active, intelligente, spatiale, d’eux-mêmes et des autres dans a société. Par exemple Landauer commence dans cet essai à distinguer le fossé entre une “avant-garde” et “le reste de l’humanité”. Ce qui distingue les gens, c’est la façon dont ils réagissent à leur contextualisation sociale. Il dit :

Ce n’est pas une question de connaissance ou de capacité, mais de perspective et d’orientation. La position sociale de l’individu de la masse dérive d’un héritage qui détermine son existence à la fois de l’extérieur que de l’intérieur : il appartient à une certaine famille, à une certaine classe, il acquiert certaines connaissances et suit une certaine foi, il se tourne vers une certaine profession, il est catholique ou protestant, allemand ou anglais, français, patriote, c’est un commerçant ou un éditeur de presse. Autorité, habitude, coutume, moralité, temps et classe définissent son existence.

Mais comme il y a peu de gens qui réagissent à leurs circonstances en les ignorant pour gagner une nouvelle conscience d’eux-mêmes et des autels dans le monde (les médias de masse, la propagande politique et maintenant les réseaux sociaux s’assurent que cela ne se produise pas ou très peu…). Que doit faire un anarchiste ? Là-dessus Landauer est très clair :

Nos âmes ne peuvent plus tolérer plus longtemps cette confusion. La conclusion est que nous devons cesser de descendre vers les masses. Nous devons les précéder. Dans un premier temps, il peut paraître que nous nous en détachions ; mais nous ne pouvons trouver la communauté que nous attendons et dont nous avons besoin si nous, la nouvelle génération, nous séparons des vieilles communautés. Si nous opérons une séparation radicale et si nous, en tant qu’individus séparés, nous plongeons dans les profondeurs de notre être afin d’atteindre le cœur même de notre nature cachée, alors nous trouverons la plus ancienne et la plus complète des communautés ; une communauté qui non seulement comprend et englobe notre humanité mais aussi l’univers entier. Quiconque découvre cette communauté en lui-même sera éternellement heureux et joyeux et le retour à des communautés communes et arbitraires telles que celles d’aujourd’hui sera impossible.

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Ici, Landauer distingue trois types de communauté : une communauté individuelle (c’est à dire une communauté d’individus) ; les états et sociétés bourgeoises et une communauté anarchiste qu’il définit comme “les associations libres momentanées d’individus basées sur des intérêts communs”. Landauer dit : “J’essaie de me construire un nouveau monde sachant que je n’ai pas vraiment de terrain pour le construire ; tout ce que j’ai est un besoin.” Il voit la communauté à construire comme “notre ouverture à ce qui est au-delà de notre “je”, en utilisant notre “je”. Nous utilisons nos sens pour nous étendre sur ce qui est au-delà d’eux ; nous essayons de comprendre le monde avec toute la richesse de nos vies, avec nos passions, et avec notre contemplation la plus profonde.” Il suggère que “Nous devons comprendre que nous ne faisons pas que juste percevoir le monde, mais que nous sommes le monde.” Il demande que “nous retournions à nous-mêmes et qu’alors nous trouverons véritablement l’univers” dans une conception qui imagine que le monde est dans tout être vivant. Il fonctionne au sein d’une notion philosophique de l’infini qui fait de nous une partie d’un “courant, d’un ruisseau éternel” :

Clarifions tout ceci et nous savons maintenant ce que signifie de clarifier, c’est à dire de créer une disposition nécessaire, que le passé, le présent et le futur, ainsi que les notions d’ “ici” et de “là-bas”, ne sont qu’un ruisseau unique/unifié éternel qui s’écoule de l’infini vers l’infini. Il n’y a ni cause ni effet de ce monde.

Ceci paraît être de circonstance pour contre-carrer une compréhension du monde purement matérialiste (et souvent simplement économique) prévalent chez les marxistes, les communistes et les anarchistes de cette époque. Landauer imagine que nous pensons de toute façon avec “un langage psychologique métaphorique”. En fin de compte, il trouve que “la matière est rigide, ce n’est donc pas surprenant que les matérialistes le soit également”. Mais ce n’est pas pour la cause de spéculations religieuses que Landauer accepte les arguments de Stirner et ce qu’il décrit comme son agenda de détrônent permanent de tous les dieux et de toute pensée “sacrée”. Il écrit :

Le dernier grand nominaliste fut Max Stirner, qui, avec la plus radicale rigueur, a libéré nos esprits du fantôme de ce que les notions abstraites sont. L’essence de ses enseignements peut être résumée dans ces quelques mots paraphrasés : “Le concept de dieu doit être détruit. Mais ce n’est pas dieu qui est l’ennemi, c’est le concept.” Stirner a découvert que toute oppression vient en fin de compte, de concepts et d’idées qui sont acceptés comme sacrés. D’une main ferme et déterminée, il démonta des notions comme celles de dieu, du sacré, de la moralité, d’état, de la société et de l’amour et démontra de manière rigolarde leur vacuité.

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Ainsi, Landauer localise la source de notre oppression dans nos idées et nos croyances, celles que nous acceptons intellectuellement et que nous justifions moralement. Mais Landauer ne s’arrête pas en si bon chemin et accuse Stirner de fabriquer une nouvelle sorte de sacré : “l’individu concret et isolé”. Landauer désire abolir aussi cela et suggère “il n’y a pas d’individus, seulement des affinités et des communautés” ; il n’y a que “vie immanente” et “forces présentes”. Un être humain n’est jamais seul mais il est un être ayant plus ou moins de connexions actives avec et envers les autres, qui ne sont pas moins vivants que lui, tout existe d’un seul coup et vous faites partie du tout :

Nous faisons partie d’une chaîne indestructible qui vient de l’infini et va vers l’infini, même si de petits segments peuvent se déchirer et avoir des complications. Tout ce que nous faisons durant notre existence nous connecte avec l’univers et même notre corps mort, sans vie, est un pont qui est utilisé pour continuer notre voyage dans l’univers.

Ainsi, le monde est un “complexe ruisseau d’âmes” et “notre monde ne peut être compris que si nous comprenons quelques parallèles, perspectives supplémentaires par lesquelles nous l’avons créé”, une sorte d’intersection anarcho-sprituelle. Vous pouvez bien vous demandez maintenant qu’est-ce que tout ce blablabla philosophico-spirituel a à faire avec l’anarchisme, mais voilà le but : “l’efficacité est réalité…ce qui est réel, ce sont les connexions et les communautés”. Donc :

Les corps individuels qui ont vécu sur terre depuis le début ne sont pas la somme d’êtres individuels isolés ; ils forment une véritable grande communauté, très réelle, un organisme ; un organisme qui change en permanence, qui se manifeste toujours en de nouvelles formes individuelles. Aussi peu que notre conscience ne connaisse habituellement au sujet de la puissante et réelle vie de nos désirs supposément inconscients, de nos désirs, nos réflexes et nos automatismes physiques et aussi peu connaissons-nous de la vie de nos ancêtres en nous-mêmes. Et pourtant leur existence est indéniable. Si nous ne reconnaissons pas cela, le sens de la vie et du monde demeurera un mystère pour nous, ils seront tous composés de matière, toute perception et fantôme. L’humanité n’est pas une abstraction, ce n’est pas un mort mort pour nous ; l’humanité est réelle et vivante et les individus le sont aussi, ainsi que leur conscience, les individus changent, ils émergent individuellement, changent et ne sont que des ombres qui disparaissent, un autre changement.”

Ainsi, Landauer voit une connexion avec les autres en chacun de nous, simplement par le vertu du fait que nous existons. Nous ne sommes pas des êtres uniques ; nous ne vivons ni ne venons d’un vide. Nous sommes des particules d’un organisme ou une communauté de nos êtres propres. Là est la connexion, un indice de nos natures inter-connectées en nous-mêmes. Ainsi, Landauer se fait l’avocat de la communauté, imaginant chacun d’entre nous être un en miniature, nos connexions sociales constituant ce qui fait de nous ce que nous sommes. Mais nous ne parlons pas ici de “commodités arbitraires renforcées par l’autorité.” Ce sont, nous dit Landauer, “la superficialité de la mentalité de troupeau” [cette dernière expression trahissant l’intégration de la lecture de Nietzsche par Landauer]. Ce que veut dire Landauer est que “la véritable individualité est celle que nous trouvons au plus profond de nous-mêmes, c’est la communauté” et par là donc :

Lorsque les individus se sont transformés en communautés, ils sont alors prêts à former des communautés plus vastes avec des individus pensant de même. Ceci sera une nouvelle forme de communautés, établies par des individus ayant le courage et le besoin de se séparer de la fadeur de la superficialité.

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Pourtant, il y a une autre chose de mystique, de spirituel qui va avec ça, une façon de ressentir et de matérialiser cette nature de communauté. Cela s’appelle “amour” :

Il y a une autre façon de sentir l’infini, la plus splendide de toutes. Nous sommes tous familiers avec elle tant que nous ne sommes pas entièrement corrompus par la décadence et la superficialité égoïste de nos communautés arbitraires et déformées. Je parle ici de l’amour. L’amour est une chose tellement merveilleuse et universelle, un sentiment qui nous chavire et nous élève jusqu’aux étoiles, parce qu’il est ce cordon ombilical qui connecte notre enfance avec l’univers. Là se trouve un sens plus profond du fait que le nom et l’expérience de la communauté, le sentiment qui nous connecte avec l’humanité : l’amour, l’amour humain, est le même terme que nous utilisons pour l’amour entre les sexes qui nous connecte avec les générations suivantes. Maudit soit le sans-âme qui ne frémit pas quand il entend parler d’amour ! Maudit soit ceux pour qui la satisfaction sexuelle n’est rien d’autre qu’un plaisir sensoriel ! L’amour illumine le monde et envoie des étincelles au travers de nos êtres. Il est le moyen le plus profond et le plus puissant pour comprendre ce que nous avons de plus précieux.

Un amour pour l’humanité”, suggère Landauer, “fait partie de notre être le plus profond. Mais attendez… Landauer n’a t’il pas commencé par dire qu’il y avait un vaste fossé de conscience entre les anarchistes et le reste ? Il n’est pas inconscient de cela :

J’ai parlé de ce fossé qui nous sépare, les nouveaux êtres humains et les masses et au sujet de la nécessité de nous séparer de ceux unifiés par l’État. Ceci pourrait sembler contredire ma pensée qu’un amour pour l’humanité fait partie de notre être le plus véritable. Laissez-moi expliquer : d’un côté, il semble clair que tous les êtres humains contemporains, les civilisés et les autres, sont si reliés à nous qu’il est difficile de ne pas les aimer comme nous aimons quiconque est plus proche de nous. D’un autre côté, la relation est difficile, aussi difficile que celle parfois avec nos proches : ils sont très proches de nous dans leurs êtres et leurs caractéristiques et nous ressentons ce lien de sang et nous les aimons, mais nous ne pouvons pas vivre avec eux. La plupart de nos contemporains ont déformé leur humanité à cause de leur étatisme et de leur bassesse sociale ainsi que leur stupidité ; ils ont aussi déformé leur animalité par leur hypocrisie, leur fausse moralité, leur couardise et leur anti-naturalisme. Mais durant les quelques occasionnelles heures de clarté ou de désespoir, ils ne peuvent pas retirer leur masque. Ils ont bloqué leur chemin vers l’univers ; ils ont oublié qu’ils peuvent se transformer en dieux. Nous voulons pourtant être tout : humains, animaux et dieux ! Nous voulons être des héros !

Ainsi, la proposition de Landauer est que ceux qui ont cette conscience anarchiste, ces esprits libres, ces “nouveaux êtres humains”, se séparent de la société et créent leurs propres et nouvelles communautés. Il justifie ceci non pas seulement par la nécessité mais “pour l’amour de l’humanité”. Ces personnes doivent vivre une nouvelle vie pour l’intérêt général et créer des “centres de nouveaux êtres” et il lance cet appel à tous ceux qui veulent entendre, qui veulent vivre une nouvelle vie anarchiste selon des valeurs et des principes différents, vivre selon une nouvelle ´´éthique et de nouveaux idéaux :

Pour l’amour de l’humanité qui a perdu son chemin, pour l’amour de ceux qui viendront après nous, pour finalement l’amour du meilleur en nous, nous voulons quitter ces gens, nous désirons notre propre compagnie et nos propres vies ! Loin de l’État, aussi loin que nous le puissions ! Loin de la marchandise et du commerce ! Loin des Philistins ! Laissez-nous, nous qui nous sentons les héritiers du millénaire, nous qui nous sentons simples et éternels, qui sommes des dieux, laissez-nous former une petite communauté de joie et d’activité. Laissez-nous nous créer comme êtres humains exemplaires. Laissez-nous exprimer tous nos désirs : le désir de quiétisme et d’activisme , le désir de réflexion et de célébration, le désir de travail et de loisir. Il n’y a pas d’autre voie pour nous ! Cette croyance intime est née du chagrin : nous voulons ressentir la plus grande joie de la création parce que nous sommes désespérés. Ceux qui en ont déjà fait l’expérience savent que la seule façon de réveiller les gens est par le génie religieux, c’est à dire par la vie exemplaire de ceux qui font tout pour se hisser hors de l’abîme. Ces individus savent que toutes ces questions sont de très sérieuses questions existentielles.

Voilà ce que veut dire Landauer par “la communauté par la séparation”

NdT: Cette conception de Landauer a été mis sous forme romanesque par l’excellente écrivaine de science-fiction Ursula K. Leguin dans son roman “The Disposessed”, “Les dépossédés” (prix Nebula du meilleur roman de science-fiction, 1974, publié en français en 1975), qui met en scène la visite sur une planète, organisée comme la nôtre, de représentants d’une communauté anarchiste s’étant “séparée”, retirée de la vie de la planète en créant, il y a des générations, une communauté séparée sur la lune, satellite naturel de cette planète, le choc des civilisations est conséquent. Excellent bouquin aux grandes ramifications anthropologiques existentielles. A lire…

Le morceau suivant que je vais considérer est l’essai historique d’amplitude écrit par Landauer en 1907 : “Révolution”. Cet essai analyse la révolution dans différentes ères historiques afin de proposer une compréhension de la révolution, ses buts et ses utilisations. Il ne devrait pas être surprenant que la conclusion ici ne peut pas être un évènement catastrophique qui change les circonstances du monde pour toujours et pour le meilleur comme une sorte d’apocalypse anarchiste, comprise de manière matérielle. Nous devons savoir maintenant que pour Landauer, les choses ne peuvent pas se dérouler de la sorte. Cela ne nous fait donc pas ici révéler la fin avant le début lorsque Landauer conclut que “aucune révolution ne remplira jamais ses buts. La révolution est un moyen en soi : elle sert la revitalisation d cela force et de l’esprit.” Ici, Landauer ne suggère pas que la révolution physique n’a pas de sens, simplement si c’est là tout ce qu’elle est, alors elle loupe complètement le coche de ce qu’il veut dire. Mais alors, qu’est-ce que la “révolution” pour Landauer ?

La révolution concerne la communauté dans toutes ses dimensions. C’est à dire pas seulement l’État, les propriétés de ce monde, les institutions religieuses, la vie économique, la vie intellectuelle, les écoles, les arts ou l’éducation, mais une combinaison de tout ceci, une combinaison qui, durant une certaine période de temps, reste dans un état relatif de stabilité autoritaire.

Ici, Landauer révèle le coté conservateur de sa société, il ira jusqu’à dire “peuple d’esprit, l’esprit étant l’amour et création de communauté, a besoin de la famille, du troupeau, de la nation (langage, coutumes, arts). Ces formes sociales sont les ponts de lumière qui connectent nos mondes différents. Ils créent aussi de nouvelles formes de communautés qui dépassent les formes rigides de la communauté créée et construite sur la haine, le manque d’esprit, et la méchanceté.” Je ne suis pas d’accord avec ceci, mais Landauer veut construire sa révolution sur ces fondations et qu’elles soient bonnes ou pas pour la révolution et l’esprit est juste la question. Ainsi, plus loin dans l’essai, il dit ceci :

Pendant une révolution, les gens sont emplis d’un esprit et sont complètement différents de ceux qui n’en ont pas. Les gens sont emplis de cet esprit qui est autrement réservé aux personnes exemplaires ; tout le monde est courageux, sauvage et fanatique, plein d’attention et d’amour dans le même temps. Une fois l’esprit parti, ils veulent tous Panem et Circenses, du pain et des jeux, une fois de plus.”

Ici, j’espère que vous pouvez voir pourquoi j’ai parlé de “conscience” en référence à Landauer car cela semble analogique à ce à quoi le mot “esprit” semble vouloir se référer. Dans les temps révolutionnaires, les gens sont possédés par une conscience, un esprit révolutionnaire. Mais en des temps non révolutionnaires, Landauer semble se référer à l’esprit en des termes plus restrictifs, plus élitistes peut-être, puisqu’il pense que ce une sont que les êtres exemplaires qui le possèdent.

Landauer cite La Boétie pour répondre à la question de savoir pourquoi les gens se laissent-ils abuser, torturer et opprimer :

Comment le tyran peut-il avoir tant d’yeux afin de vous contrôler si vous ne lui prêtez pas les vôtres ? Comment peut-il avoir tant de mains pour vous frapper si vous ne leur fournissez pas ? Comment peut-il avoir du pouvoir sur vous si ce n’est au travers vous ? Comment peut-il vous persécuter si vous ne le lui permettez pas ? Que peut-il vous faire si vous n’êtes pas le receleur des voleurs qui vous volent et l’aide des meurtriers qui vous assassinent ? Que peut-il vous faire si vous n’êtes pas votre propre traître ?

A suivre…

Gustav Landauer sur Résistance 71

Gustav Landauer, PDF :

Vie et œuvre de Gustav Landauer

Appel au socialisme (traduction partielle de R71)

RIEN ne s'oppose TOUT se compose

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En 1994, ils ont dit : ¡Ya Basta! et ils continuent !…

Anarcho-indigénisme et rejet du diktat « civilisateur » impérialiste (Ziq)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, chine colonialisme, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, sciences et technologies, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 29 novembre 2022 by Résistance 71

“La vaste majorité des humains est déconnecté de la terre et de ses produits, de la terre et des moyens de production, de travail. Ils vivent dans la pauvreté et l’insécurité. […] L’État existe afin de créer l’ordre et la possibilité de continuer à vivre au sein de tout ce non-sens dénué d’esprit (Geist), de la confusion, de l’austérité et de la dégénérescence. L’État avec ses écoles, ses églises, ses tribunaux, ses prisons, ses bagnes, l’État avec son armée et sa police, ses soldats, ses hauts-fonctionnaires et ses prostituées ; là où il n’y a aucun esprit et aucune compulsion interne, il y a forcément une force externe, une régimentation, un État. Là où il y a un esprit, il y a société. La forme dénuée d’esprit engendre l’État, L’État est le remplaçant de l’esprit.”
~ Gustav Landauer ~

“La révolte est, dans l’homme, le refus d’être traité en chose et d’être réduit à la simple histoire. Elle est l’affirmation d’une nature commune à tous les hommes, qui échappe au monde, la puissance.”
~ Albert Camus ~

“Vous ne serez et ne demeurerez que des commodités aussi longtemps que l’empire existera…”
~ Russell Means, Oglala, Lakota ~

“Il y a des connexions philosophiques entre les sociétés indigènes et quelques sensibilités anarchistes sur l’esprit de la liberté et les idéaux pour une bonne société. Des idées critiques parallèles et des visions d’un futur post-impérialiste ont bien été notées par quelques penseurs, mais quelque chose qu’on pourrait appeler ‘anarcho-indigénisme’ doit toujours se développer en une philosophie et une pratique cohérentes. Il y a également une grande similitude entre les façons de voir le monde des anarchistes et des peuples autochtones: un rejet des alliances avec des systèmes légalisés, centralisés d’oppression et une non-participation aux institutions qui structurent la relation coloniale, ainsi que la croyance d’amener le changement par l’action directe et la résistance au pouvoir d’état.”
~ Taiaiake Alfred, professeur sciences politiques, Mohawk ~

“L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !”
~ Résistance 71 ~

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Anarchie indigène et le besoin du rejet de la “civilisation” du colon

Ziq

Novembre 2018

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Novembre 2022

Définissons d’abord quelques termes de base. “Indigène” veut dire “de la terre sur laquelle nous sommes”. “Anarchie” veut dire “rejet de l’autorité”. Les principes de l’anarchisme incluent l’action directe, l’entraide, et la coopération volontaire. “Anarchie : un journal de désir armé” envisionne une anarchie primitive qui est “radicalement ccopérative et communautaire, écologique, égalitaire, spontanée et sauvage”.

La “civilisation” [occidentale] est une culture qui tourne autour des villes. Une ville est un agglomérat de personnes qui vivent dans un endroit de manière permanente, dans des densités de population suffisantes pour que ces personnes doivent importer leur nourriture et leurs ressources de l’extérieur de la ville afin de survivre et d’assurer la continuité de la croissance de la ville. Donc, les villes dépendent de l’exploitation d’entités externes pour se maintenir en existence.

Cette relation exogène nous aliène a la fois de notre source de nourriture et de nos déchets. Notre nourriture est achetée depuis un supermarché, produite loin de chez nous, préparée et empaquetée sur des chaînes alimentaires industrielles. On nous refuse toute participation dans le processus qui nous nourrit. Nos déchets sont emmenés par camions pour être traités hors de notre vue immédiate et nos déjections naturelles sont tirées dans un réseau de canalisations. Nous ne savons pas vraiment où tout cela va, si cela affecte l’environnement et quelle place cela a dans l’écosystème moderne.

La civilisation vise à dominer la vie au travers des structures variées qui sont faites pour nous domestiquer. Ces structures incluent l’industrie, le colonialisme, l’étatisme, le capitalisme, l’agriculture, le racisme, l’éducation scolaire, la religion, les médias, la police, les prisons, l’armée, le patriarcat, l’esclavage et plus encore…

Les peuples indigènes au travers de l’histoire ont combattu et sont morts pour résister à l’imposition de force de la civilisation sur leurs vies. Cette lutte est toujours active aujourd’hui, alors que les “non-civilisés” sont poussés toujours plus avant vers les limites de la survie par les “civilisés” de par le monde et le déséquilibre technologique entre nous continue de s’étendre et de créer une division sociologique qui nous rend incapables de nous comprendre les uns les autres ce même à un niveau des plus basiques.

Les modes de vie des civilisés et non-civilisés ont divergé dans de telles proportions qu’il est devenu quasiment impossible pour les civilisés de voir que leur civilisation est devenue un obstacle à notre survie de base. Au lieu de cela, ils pensent que leur civilisation est l’instrument clef de leur survie et craignent de vivre dans un monde sans. Ils sont si conditionnés à l’ordre établi par leur civilisation, qu’ils ne peuvent pas sonder la possibilité d’une vie sans elle.

Le concept même de “civilisation” dépend de la règle émise par le colon et sa subjugation brutale des peuples indigènes. La marche perpétuelle vers la globalisation, la civilisation, se fait à marche forcée par le travail forcé et l’exploitation des ressources naturelles dans le grand sud et historiquement sur toutes terres au delà du continent européen.

Afin de pouvoir piller les ressources naturelles sur les terres occupées, les peuples y vivant doivent être éliminés ou déplacés dans des villes compactes, des fermes ou des “réserves” où ils seront forcés de travailler afin de transformer ces ressources en produits de consommation pour les marchés occidentaux. Ce processus de “civilisation” des peuples indigènes est rapide et notre culture, notre langue et notre histoire sont souvent éliminés par les colons afin d’assurer que nous ne tenterons pas de retourner à notre mode de vie précédent “non-civilisé” et que nous ne réclamerons jamais plus ces terres qu’ils ont volé pour leurs industries.

Les classes dirigeantes recherchent toujours de nouvelle façons et nouveaux endroits pour accumuler les richesses pour elles-mêmes. Les dirigeants créent des sous-castes soumises et privent les peuples non-civilisés de leur habitat naturel, ils n’ont donc pas d’autre choix que d’accepter la domestication et être intégrés dans le système industriel capitaliste. Le dirigeant peut alors convertir avec succès le peuple qu’il a apprivoisé et domestiqué en une commodité générant du profit ; des travailleurs dociles qui peuvent travailler toute leur vie afin de créer toujours plus de richesse pour les dirigeants.

Le dirigeant ne voit aucun intérêt dans le chasseur-cueilleur ni dans aucune personne qui ne crée pas de richesse ni de pouvoir pour la classe dirigeante. Si les gens ne devaient pas travailler pour elle afin d’obtenir nourriture et toit, les dirigeants cesseraient immédiatement d’avoir du pouvoir. Donc le pire ennemi du dirigeant est une personne qui ne dépend pas de lui pour vivre, pire même : une culture entière de gens auto-suffisants. Une culture non-civilisée sur laquelle il n’a aucun contrôle est le pire des cauchemars d’un dirigeant.

Sous le joug de la “civilisation”, les peuples indigènes ne sont plus permis de subsister et de vivre depuis leurs terres ancestrales en chassant et en récoltant. Maintenant pour survivre dans ce nouveau monde forcé sur nous par les colons, nous devons endurer des heures de labeur imbécile dans des usines, dans des entrepôts, des mines ou des fermes industrielles. Nos enfants doivent être éduqués de la façon des colons pour en faire, à terme, des travailleurs soumis et producteurs. Nous devons dépendre de l’état et des colons pour nous nourrir et nous vêtir. Nous devons consommer et gaspiller et participer à la destruction des écosystèmes qui nous ont entretenus pendant des millénaires. Nous devons être “civilisés” ainsi la classe dirigeant peut prospérer à nos dépends.

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Liberté par le rejet

Rejeter la civilisation [occidentale, coloniale] est s’opposer à cet arrangement coercitif par lequel notre culture, notre histoire, la connaissance collective qui nous a permis de vivre et de prospérer sur nos terres, nous sont retirées par des industrialistes parasites qui voudraient que nous dévouions notre vie entière à trimer pour leur profit alors qu’ils nous refusent l’accès à nos terres et à nos ressources.

Rejeter la civilisation, c’est s’opposer à l’urbanisation, à l’agglutination des gens dans de petites zones bétonnées qui peuvent encore mieux être contrôlées par les dirigeants pour qu’ils nous empêchent de refuser leurs demandes que nous soyons “civilisés” et obéissants.

Rejeter la civilisation, c’est s’opposer aux méthodes exploiteuses industrielles et agricoles qui forcent les pauvres des zones rurales à sacrifier leur travail pour aller entretenir la veulerie de riches cités, tout en privant rapidement la terre de sa fertilité et pompant les nappes phréatiques pour l’irrigation à un rythme plus grand qu’elles peuvent se régénérer.

La civilisation dépend d’une massive concentration inégale de richesse ; d’une brutale hiérarchie capitaliste où quelques uns ont eu la chance de gravir les échelons et de pouvoir contrôler les autres du haut de la pyramide. Tout en bas de celle-ci se trouvent les peuples indigènes du monde.

Contrôle & Domestication

Les voix des peuples indigènes, qu’elles soient acceptées par leurs colons comme raisonnablement “civilisées”, ou rejetées comme “non-civilisées”, ont été ignorées depuis bien longtemps par toux ceux qui bénéficient de la marche en avant de la “civilisation” et toutes ces choses brillantes et clinquantes qu’elle leur donne. Leurres marchands rendus possibles par l’exploitation rampante des terres indigènes, la manipulation et le contrôle des peuples  indigènes au travers de la domestication.

“Contrôle” est ici le mot clef pour comprendre pourquoi la civilisation est venue à l’existence. Les colons capitaliste travaillent d’arrache pied pour nous convaincre que nous devons être contrôlés par eux et leur civilisation. Que nous avons besoin de leur civilisation pour nous protéger de tout danger et que si nous travaillons pour eux, nous n’aurons plus faim. Si nous leur donnons nos terres et acceptons de nous relocaliser dans des “réserves”, ou dans leurs fermes ou dans leurs villes, en adoptant leur langue et leur religion, alors ils nous donneront leur protection et nous permettront de survivre avec “dignité”, nous accepteront comme des peuples domestiqués et civilisés avec succès.

L’ironie de tout cela est époustouflante. Les colons déciment nos forêts et éventrent notre terre pour la vider de ses ressources. Ils massacrent la vie sauvage de nos territoires jusqu’à extinction et arrosent nos cultures d’herbicides pour s’assurer que nous ne puissions pas subvenir à nos besoins. Ils rendent notre eau toxique et imbuvable. Ils polluent et nous assassinent si nous osons nous dresser sur leur chemin.

Puis ils nous offrent le sanctuaire de leur propre tyrannie. Nous laissent le choix entre la mise en esclavage ou l’extinction. Allez dans leurs villes, plantations, bidonvilles et réservent, pour être acceptés comme “civilisés” ou mourir de leurs mains en tant que “sauvages sous-hommes” qui ne peuvent pas être “sauvés” Tout ce que la “civilisation” ne peut pas contrôler doit être expurger afin d’assurer que la marche de la civilisation puisse continuer sans obstacles.

Embrasser l’anarchie, c’est s’opposer à l’idée même de contrôle. Rejeter l’autorité du colon et sa civilisation coercitive qui nous prend tout. L’anarchie c’est avoir confiance en soi et en ses voisins pour travailler ensemble dans l’entraide pour résoudre nos problèmes communs, sans avoir recours à la “charité” d’autorités aussi puissantes soient-elles.

Les anarcho-indigènes, anti-civilisation [occidentale] reconnaissent que le concept même de civilisation dépend de la capacité de nos colonisateurs à nous contrôler. Notre assimilation forcée dans la civilisation aliénée et aliénante des colons et les lois punitives auxquelles nous devons obéir sont faites pour nous maintenir serviles et ne pas résister à l’ordre pervers établi par les colons et qu’ils nous imposent. Leur ordre dépend exclusivement de notre domestication et de la destruction de nos modes de vie. Leur civilisation est ainsi faire qu’elle détruit tout ce qu’elle touche.

Embrassons notre “sauvagerie inhospitalière”

La soi-disante “sauvagerie inhospitalière” que la civilisation a vu nécessaire de soumettre à ses diktats est l’âme même de notre existence. Pendant des millénaires, nous avons vécu en paix avec la nature, en prenant soin au même titre qu’elle prenait soin de nous. Nous étions les gardiens de la terre plutôt que ses exploiteurs. Maintenant, “civilisés”, nous travaillons notre vie durant pour le droit d’affirmer un droit de propriété sur un tout petit lopin de terre, que nous pouvons bétonner pour y ériger un bloc de ciment dans lequel nous vivons, si on a cette chance. La plupart d’entre nous n’a même pas ce privilège et est forcé de payer un loyer à un propriétaire pour avoir ce droit de vivre dans un bloc de ciment dont il n’est pas le propriétaire et dont le loyer nourrit un parasite.

Non civilisés, nous bougions librement, fruits et plantes poussant dans les quatre directions, prêts à être recueillis. Des cours d’eau pure remplis de poissons abondaient dans le paysage. Les sons de la vie sauvage emplissaient l’air. Nous ne travaillions que peu et les récompenses étaient instantanées. Nous ne connaissions que l’abondance, ou par être plus précis, le confort du juste milieu sans l’abondance.

Les chasseurs-cueilleurs sont capables de subvenir à leurs besoins immédiats sans avoir besoin de stocker du surplus comme le font les civilisés pour survivre (avec l’agriculture, les boulots les prêts bancaires, les économies, les emprunts immobiliers, les retraites, les assurances de toute sorte). Les non-civilisés n’ont aucun désir de possession matérielle car une telle chose frivole serait un obstacle à leur capacité de vivre en nomades au gré des saisons. Avoir trop de biens vous force à rester en un endroit et à monter la garde pour défendre ces possessions de vos vies, ce afin de pouvoir continuer à les posséder et ne pas risquer de les voir dérober. Ceci crée un style de vie paranoïaque centrée sur la sécurité mettant la possession et la propriété privée au dessus des besoins nécessaires.

Les chasseurs-cueilleurs peuvent faire confiance en une chose : l’environnement va s’occuper d’eux, leur mode de vie va fournir tout le nécessaire à leurs familles, toute la nourriture et l’eau nécessaires pour quelques jours jusqu’à la prochaine collecte. Après avoir fait cette recherche de quelques heures, le reste de la journée est libre pour les plaisirs de la vie.

Les gens “civilisés” aiment se référer au mode de vie des chasseurs-cueilleurs comme étant un mode de vie de survie de tous les instants, de “pauvreté” et de promiscuité. Mais cette pauvreté est matérielle, un manque de surplus certes, de luxes, de choses souvent inutiles. En termes réels, ce mode de vie est bien plus riche que le mode de vie de la dette perpétuelle du travailleur “civilisé” qui n’a que très peu de temps pour le loisir, l’épanouissement personnel et qui ne mesure son existence entière qu’en matière de “temps”. Les “civilisés” et leurs sociétés fondées sur l’agriculture doivent travailler 5 ou 6 jours par semaine, 8 heures par jour ou plus, pour simplement survivre dans leur mode de vie. Les non civilisés n’ont que faire d’une telle absurdité. Comme l’a si bien noté l’anthropologue Marshall Sahlins, la société des chasseurs cueilleurs est la société affluente originelle. Sans désirs matériels, il n’y a aucune raison pour la richesse et la pauvreté. Tout le monde peut être égal à tout le monde ; la véritable anarchie.

Les gens civilisés plantent des rangés de céréales ou autres dans des monocultures barricadées dans des zones industrielles stérilisées qui ne ressemblent plus en rien aux forêts de nourriture interconnectées si diversifiées, qui nous ont nourri durant toute notre histoire. Les fermiers épuisent constamment les mêmes lopins de terre année après année pour faire pousser une unique récolte, noyant leur culture dans des tonnes d’engrais chimiques et de pesticides. Rien ne peut survivre sur le lopin de terre si ce n’est ce qui a été planté (NdT : comme le disait le toujours excellent ingénieur agronome Claude Bourguignon : “les agriculteurs ne font plus que de la gestion de pathologie”…) La terre est érodée, vide de toute vie, stérile, dépendante de concoctions chimiques qui endettent l’agriculteur en permanence. (NdT : agriculteurs qui le plus souvent ne possèdent même plus leur terre, hypothéquée aux banques pour rembourser une dette toujours croissante)

En civilisation, l’eau se fait rare, contrôlée et chère. Le fruit vous est vendu enveloppé de plastique et vous devez trimer misérablement un jour entier pour pouvoir vous le payer. Le poisson est contaminé par les produits toxiques rejetés par les industries et on nous demande toujours de l’argent pour avoir ce “privilège” de le manger. Le gibier et la viande sauvage ont été remplacés par de vastes usines à animaux emprisonnés. Les rivières sans fin d’excréments de ces usines à bétails finissent aussi dans nos cours d’eau, parachevant l’empoisonnement de l’écosystème et stérilisant la terre.

La nature qui autrefois nous caractérisait a été forcée hors de nous par nos colonisateurs. Comme les chiens fabriqués depuis le loup pour être obéissants et soumis à leurs maîtres, nous en sommes venus à dépendre de l’état et des capitalistes pour notre survie. Malades et domestiqués, nous entrons en concurrence les uns avec les autres pour les miettes de nourriture que les dirigeants nous jettent, ces miettes dirigeants qui nous ont privé de notre terre et de nos vies mêmes.

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Peuple indigène opprimé…

Comprendre le Neo-colonialisme 

Le premier président du Ghana, Kwame Nkrumah a succinctement expliqué le Neo-colonialisme en ces termes en 1965 :

“L’essence du Neo-colonialisme est que l’état qui y est soumis est, en théorie, indépendant et possède tous les signes extérieurs de la souveraineté internationale. En réalité, son système économique et donc toute sa politique, est dirigé depuis l’extérieur. Les méthodes et formes de cette direction peuvent prendre des formes variées. Le plus souvent, le contrôle neo-colonial est exercé au travers des moyens économiques et/ou monétaires. Le contrôle de la politique gouvernementale peut être exercé et sécurisé par des paiements envers le coût de fonctionnement de l’état, par la mise en place de hauts-fonctionnaires pouvant dicter la politique et par un contrôle monétaire sur les changes avec l’étranger au travers de l’imposition Dun système bancaire contrôle par la puissance impérialiste (NdT : superbe exemple de cela toujours en cours : le Franc CFA, qui donne contrôle à la France des économies de ses anciennes colonies africaines devenues “indépendantes” dans l’après seconde guerre mondiale…).”

Cette description du Neo-colonialisme sonne toujours comme juste aujourd’hui, avec les cultures indigènes du monde faisant l’expérience de ce qu’avait décrit Nkrumah dans des formes variées. Plus récemment, des néo-colonisateurs chinois sont venus sur des terres indigènes, promettant de nous élever socialement avec leur richesse. Leurs investisseurs, banquiers, commençants, prêteurs sur gage, développeurs et charités, ont tous promis d’améliorer nos vies.

Les pays africains spécifiquement sont en train de développer une dette colossale envers Pékin, offrant leur terre, pétrole, gaz naturel, minéraux et autres ressources en garantie pour chaque nouveau milliard de dollars emprunté. Lorsqu’immanquablement ils feront défaut de cette dette gigantesque qui ne peut être repayée, la Chine va saisir les garanties et dépouiller le continent de sa richesse naturelle. La Malaisie a récemment compris ce danger du piège de la dette et s’est retirée des arrangements de prêts chinois et de développement. Le premier ministre malais Mahatir Mohamad a prévenu le monde “il y a aujourd’hui une nouvelle version du colonialisme qui se met en place.

L’Institut Confucius qui officie en terres indigènes, est un véhicule de la propagande chinoise, restreignant ce que les professeurs qu’il supplée depuis la Chine, peuvent dire, déformant ce que les étudiants apprennent. Cette propagande par l’école est faite pour promouvoir les intérêts économiques chinois en conditionnant mentalement les élèves indigènes à accepter la colonisation et une vie de soumission. Les colonisateurs se dépensent sans compter pour normaliser la terreur qu’ils amènent et nous convaincre que tout cela est bon pour nous. Toujours la même rengaine.

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Kwame Nkrumah:

Le Neo-colonialisme est peut-être aussi la pire forme d’impérialisme. Pour ceux qui le pratiquent, cela veut dire pouvoir sans responsabilité et pour ceux qui en souffrent, cela veut dire exploitation sans rémission. Au bon vieux temps de l’ancien colonialisme, le pouvoir impérialiste avait au moins à expliquer et justifier en métropole les actions entreprises dans les colonies. Dans celles-ci, ceux qui servaient le pouvoir impérialiste pouvaient au moins s’attendre à sa protection contre toute action violente de l’opposition. Avec le Neo-colonialisme, plus rien de ceci ne vaut.

Similairement à la Chine, la Corée du Sud et ses entreprises multinationales a acheté des droits agricoles sur des millions d’hectares de terres agricoles dans des pays “sous-développés”, afin de sécuriser des ressources de nourriture pour ses citoyens. L’histoire du colonialisme et des républiques bananières nous a montré que ce type d’arrangement n’a fait que mener à la misère les peuples indigènes et à la d´´gradation de notre terre.

South Korea’s RG Energy Resources Asset Management CEO Park Yong-Soo:

La nation (sud-coréenne) ne produit pas une seule goutte de pétrole brut ni d’autres minerais vitaux pour l’industrie. Pour générer de la croissance économique et soutenir le mode de vie de son peuple, nous ne pouvons qu’insister sur la s´´curarisation de ressources naturelles vitales pour notre future survie.

Le patron de la Food and Agriculture Organisation (FAO), Jacques Diouf, a averti que l’augmentation de ces accords sur la terre pourrait créer une nouvelle forme de Neo-colonialisme voyant les régions le plus pauvres produire de la nourriture pour les plus riches aux dépends de leurs peuples affamés. Il est raisonnable de dire que cette dernière forme de Neo-colonialisme en date se produit déjà et que nos gouvernements corrompus signent des accords qui nous rendent de plus en plus dépendants de ces nations étrangères et de leurs promesses de nous “élever” en nous construisant des villes et de l’infrastructure.

Il est vital que nous résistions à leurs tentatives de civiliser nos terres afin que nous soyons forcés de travailler pour elles, les aidant dans le processus à voler nos ressources naturelles afin de faire croitre leurs empires, qu’ils puissent s’étendre toujours plus loin et exploiter les populations indigènes du monde.

Et nos autorités locales, toujours si promptes à vendre nos futurs pour le luxe des tours de béton et des trains toujours plus rapides, sont aussi responsables et coupables de cette poussée néo-coloniale pour nous façonner en ces travailleurs mendiants appartenant aux empires étrangers.

Les Masaï, peuple semi-nomade vivant essentiellement entre le Kenya et la Tanzanie, ont migré avec les saisons depuis des siècles. Ils ont de plus en plus été poussés hors de leurs terres ancestrales par les intérêts des états alliés aux intérêts privés entrepreneuriaux, provoquant une collusion pour l’écriture des lois que interdisent aux Masaï de cultiver leurs plantes et de faire brouter leurs troupeaux sur de larges portions de leurs terres traditionnelles.

Des dizaines de milliers de Masaï se retrouvèrent sans logis après que leurs habitations situées dans le cratère devenu touristique de Ngorongoro furent incendiées afin de soi-disant “protéger l’écosystème de la région” et d’attirer plus de touristes.

Le gouvernement tanzanien travaille de concert avec Tanzania Conservation Limited,, qui est la propriété de l’entreprise américaine Thomson Safaris et Ortelle Business Corporation, une entreprise organisant des safaris chasse de luxe, basée aux Emirats Arabes Unis, afin d’expulser les Masaï de leurs terres. Ils se font agresser, frapper, tirer dessus et leur propriété est confisquée. Les jeunes pastouriaux ont si peur pour leur vie maintenant, qu’ils se sauvent dès qu’ils voient un véhicule approcher.

L’état a maintenant ordonné aux Masaï de quitter leur terre ancestrale afin qu’il puisse transformer cette région en terres de chasse pour des touristes friqués qui paient beaucoup d’argent pour pouvoir abattre du gros gibier et ramener les carcasses empaillées et les têtes chez eux comme trophées.

Dans ces actions génocidaires, l’état participe en sécurisant les investissements étrangers  pour construire ses villes. L’État mettra toujours les “civilisés” devant les “non-civilisés” parce que la raison pour laquelle l’État existe est de faire pousser des villes et de piller les ressources et la nourriture pour nourrir cette croissance.

La civilisation a toujours été l’arme utilisée par les puissants pour nous condamner à ue vie de servitude. Rejetons la civilisation. Rejetons l’État. Rejetons le capitalisme. Rejetons toutes les tentatives de conquérir nos terres et de réduire nos peuples en esclavage.

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Tyrannie technologique

La division technologique

Nous devons comprendre qu’il y a une grande différence entre “outil” et “technologie”. Les outils peuvent être fabriqués à petite échelle avec des matériaux locaux, soit par des individus, soit par de petits groupes de gens quand ils ont besoin d’outils. A l’encontre de la technologie, les outils ne peuvent pas construire des systèmes d’autorité et d’obéissance pour permettre à un groupe de dominer les autres, juste dans la mesure où tout le monde est capable d’acquérir réalistiquement ses propres outils. La technologie dépend de la capacité de monter de grandes opérations d’extraction, de production, de distribution et de consommation. Ceci demande une autorité coercitive et une hiérarchie, une oppression.

Le Cinquième Pouvoir a expliqué les pièges e la technologie en 1981 :

La technologie n’est pas un simple outil qui peut être utilisé de la façon dont on le désire. C’est une forme d’organisation sociale, une série de relations sociales. Elle a ses propres lois. Si nous devons nous engager dans son utilisation, nous devons accepter son autorité. L’énorme taille, les interconnexions complexes et la stratification des taches qui composent les systèmes technologiques modernes rendent un commandement autoritaire nécessaire et toute prise de décision individuelle et indépendante impossible.

La technologie est utilisé par les dirigeants pour contrôler et pacifier leurs citoyens. Les sociétés colonialistes sont bourrées de merveilles technologiques. Mais leur gens sont détachés de la terre sur laquelle ils vivent, aliénés les uns des autres, leurs yeux constamment fixés sur des distractions futiles émanant de leurs écrans et leurs terres se dessèchent et brûlent pour payer leur addiction à tous ces produits industriels toxiques.

La technologie est utilisé pour conquérir pour affirmer une domination, pour détruire d’entières autres cultures qui osent rejeter l’empire et son ordre mondial. La Libye, l’Afghanistan, l’Irak, des pays entiers décimés par la grande technologie des impérialistes faisant pleuvoir la mort depuis le ciel.

Les colonisateurs auront toujours une meilleure technologie que nous. Quelque soit cette technologie qu’ils nous promettent en retour de notre coopération avec leur agenda fera pâle figure en comparaison des technologies qui mènent leurs propres sociétés. Ils nous disent que nous avons besoin de leur technologie pour être civilisés, pour éviter d’être à la traine dans le monde, mas on ne peut pas rattraper la machine technologique de l’empire. Il va nous rattraper et nous broyer bien avant qu’il ne nous donne les secrets promis.

La technologie est une arme brandit par les plus puissants et nous ne pouvons pas rétablir l’équilibre de la puissance, pourquoi essayer ?…. Pourquoi dédier nos vies à jouer le jeu qu’il veulent nous faire jouer selon leur propres règles ? Pour recevoir en retour leurs machines obsolètes ? Ils utilisent leur technologie pour nous convaincre que nous sommes moins qu’eux, que nous sommes “arriérés” et qu’ils doivent nous “sauver” de notre existence “sauvage”. Ils disent tout cela et dans le même temps leur technologie dépend de nos ressources et de notre travail et sur leur capacité à nous forcer à nous sacrifier et nos enfants et les enfants de nos enfants pour qu’ils leur donnent le carburant pour leurs précieuses machines. Ces machines qui leur permettent de maintenir leur domination sur nous de façon à ce que nous demeurions toujours inférieurs à eux. S’ils nous donnent ce qu’ils nous ont promis , la libération qu’ils disent leur technologie apporter, alors leur pouvoir sur nous sera perdu. Nous n’aurons plus besoin d’eux pour nous “sauver” de l’état sauvage parce que nous serons aussi civilisés qu’eux.

Lorsque nous donnons suffisamment de nous-même pour recevoir leur technologie, ils s’assurent que nous aurons toujours besoin d’eux pour la maintenance. Nous devenons alors dépendants de leur technologie et aussi dépendants d’eux pour continuer à nous nourrir et pour réparer ce que nous cassons à l’usage. Nos vies alors tournent autour de leur technologie et nous oublions comment vivre sans. Et alors que nous sommes apaisés par la petite lumière émanant de nos petits écrans, nos écosystèmes sont décimés par les colonisateurs.

La technologie est la carotte au bout de la perche et elle ne peut en rien nous libérer, elle ne peut que nous domestiquer et nous réduire en un esclavage moderne. Rejetons la. Rejetons cette idée d’être mesurés, évalués par nos prouesses technologiques ou par à quel point nous sommes “civilisés”. Rejetons les colons et leurs faux cadeaux ainsi que leurs manipulations incessantes. Rejetons leur civilisation. Rejetons leur contrôle sur qui nous sommes et qui nous serons.

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“Deviens celui que tu es.” (F. Nietzsche)

“La joie veut l’éternité de toute chose, elle veut une profonde, profonde éternité !”
(F. Nietzsche)

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Lecture complémentaire :

“Résistance politique et anarcho-indigénisme avec Taiaiake Alfred et Gordon Hall”

https://resistance71.wordpress.com/2017/04/12/resistance-politique-anarcho-indigenisme-entretiens-avec-taiaiake-alfred-et-gord-hall/

“Le colonialisme et la dépendance étatique” (Taiaiake Alfred) :

https://resistance71.wordpress.com/2015/08/12/resistance-a-limperialisme-occidental-le-colonialisme-et-le-dependance-etatique-taiaiake-alfred/

Notre dossier “Anarcho-Indigénisme”

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