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État, république et tyrannie marchande… Vers l’organisation progressive des massacres sous le joug de la violence pseudo-légitime d’état !

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, Uncategorized, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 26 janvier 2020 by Résistance 71

Globalement d’accord avec l’analyse de Jézéquel ; petit bémol quand il dit qu’il faut s’attacher à démanteler le “capitalisme ultralibéral”… Celui-ci n’est qu’un épiphénomène paroxystique d’une tare bien plus vaste: le capitalisme dans son ensemble en tant qu’’arrangement économique des choses avec l’État comme outil de maintient de la division politique et du rapport dominant/dominé initialement déclenché.
Tout ce qui se passe aujourd’hui sous Micronus 1er n’est que la continuation de ce qui a été commencé il y a des décennies, déjà, entre autre, sous le premier président « rothschild » avant celui-ci : Georges Pompidou, continué par un autre banquier Giscard et cette gauche du capital traîtresse et complice. Tout n’est que supercherie, mensonge et tromperie du matin au soir. Le « néolibéralisme » et « l’ultralibéralisme » qui lui succèdent, ne sont que des outils de destruction plus avancés, plus affinés pour finir de tout phagocyter et terminer dans l’apothéose génocidaire planétaire encouragée par plus d’un psychopathe du haut de la pyramide.

Ainsi, toute lutte politico-sociale, pour taper et changer juste, doit se consacrer à la mise à bas de l’État, de la marchandise, de l’argent et du salariat qui seront remplacés par les associations libres de producteurs et de consommateurs, au sein de Commune des communes libres et librement associées, formant de fait la société des sociétés réalisée de notre humanité dans la complémentarité de notre diversité utile et nécessaire, sans rapport de force, sans pouvoir coercitif, sans rouages oppresseurs.
Vive la Commune universelle de l’être qui triomphera de la tyrannie de l’avoir ! Ce que dit certes, en substance Jézéquel à la fin de sa conclusion.
~ Résistance 71 ~

 


Vive les communes libres librement associées

 

État policier en France : vers l’organisation progressive des massacres

 

Jean-Yves Jézéquel

 

20 janvier 2020

 

url de l’article original:

https://www.mondialisation.ca/etat-policier-en-france-vers-lorganisation-progressive-des-massacres/5640686

 

Protestant, parce que souffrant de la vie qu’on leur impose, des anciens ont été matraqués, jetés à terre, roués de coups de pieds, tirés par les cheveux, traînés sur les trottoirs. Des handicapés en chaise roulante ont été jetés à terre et roués de coups. On a tiré à coups de LBD sur des gens qui ne présentaient aucun danger, notamment des adolescents. On a agenouillé des jeunes de lycée et on les a humiliés en les traitant comme des terroristes. Des grenades ont été lancées dans les appartements. Une dame a été tuée par l’une d’elles. Des gens qui exerçaient leur droit légitime de manifester ont été éborgnés; On a lancé les GLI-F4 en cloche, arraché des mains, fracassé des mâchoires, enfoncé des côtes, défoncé des crânes, brisé des jambes et des bras…

C’est un fait: la haine de la police devenue milice est désormais acquise dans toute la France.

Ce qu’il faut donc désormais appeler la « milice française » est à l’image du voyou Castaner et du psychopathe Macron. Elle obéit aveuglément, comme Philippe, toujours aux ordres de l’arriération mentale incarnée par l’usurpateur de l’Élysée et ses complices recrutés dans le banditisme ordinaire.

La milice a reçu la consigne qu’elle « pouvait faire ce qu’elle voulait »!

Elle a reçu carte blanche pour brutaliser, insulter, humilier, pratiquer l’abus de pouvoir sans borne, la criminalité en toute impunité…

La milice de Macron a tous les droits y compris celui de tuer! Le « droit » a disparu, il est mort, envolé! Nous savons qu’il n’était pas au service de la vérité et pas plus de la justice mais de la loi. Comme chacun le sait, la loi est créée par un petit nombre de gens censés nous « représenter » et dont les tares multiples inévitables se retrouvent naturellement comme inspiratrices de ces lois érigées en « révélation » quasi sacralisées entraînant notre soumission aveugle, obligatoire et forcée.

La milice s’amusait chaque samedi et maintenant tous les jours; elle attend le matin comme une « fête » cette sorte de « chasse à l’homme », au cours de laquelle elle va brutaliser en poussant des cris barbares et en se réjouissant à chaque impact de LBD dans un visage fracassé…

Puis, c’est un milicien qu’on voyait sur une vidéo jouir littéralement en public, après avoir massacré une femme syndicaliste, le 9 janvier!

Un autre milicien, pratiquant le croc en jambe, faisait tomber volontairement et arbitrairement une femme qui n’était en rien une menace pour lui. Il se réjouissait de l’humilier, de la traîner dans le sang et la boue de l’infamie. Il était sans âme, sans conscience, sans honneur, sans dignité et c’est pourtant à de tels arriérés mentaux qu’on a donné une arme!

Pour entrer dans la police, faut-il être une ordure, un salaud, un goujat, un raté, une raclure ou un crétin prêt à obéir à n’importe quelle consigne, même immorale ou carrément criminelle? Voilà, en effet, ce qui arrive, le genre de policier que l’on va avoir, lorsque ce n’est pas le peuple qui contrôle la police et toutes les autres Institutions de l’État.

La milice pratique couramment la garde-à-vue sans motif, en toute illégalité: la dictature pure et dure, le hors-la-loi explicite. La majorité des Français ne savait pas encore que la démocratie n’existait pas en France; maintenant elle le sait par expérience. 

La milice de Macron pratique le chantage, comme les mafieux ou les terroristes; elle menace de « s’en prendre à la jolie fille » d’un Gilet jaune si celui-ci ne se soumet pas à son abus de pouvoir.

Pour la milice, il n’y a plus de RIO, plus de règlement du maintien de l’ordre, plus de code de déontologie: les articles 8,9,10 notamment du code de déontologie de la police nationale ont été effacés définitivement. Quant à la Constitution elle a été enterrée depuis longtemps…

Lorsqu’un citoyen a la main arrachée par une grenade, théoriquement interdite, les responsables se contentent de dire, comme en février 2019, que « c’est bien fait pour la gueule de celui qui a osé utiliser son droit de manifester »!

Non contents de faire ce qu’elles veulent, les milices organisent la chasse aux journalistes indépendants sur les réseaux sociaux, car ceux-ci dénoncent leurs exactions. Puis, comme cela était prévisible, elles s’en prennent désormais également aux journalistes des médias collabos, car il ne faut pas demander à un milicien de raisonner.

Les chefs sont les premiers pervers installés dans la toute-puissance. Ils communiquent tout naturellement leur pathologie à ces milices lâchées dans le « permis de réprimer pour réprimer ». Ils font ce qu’ils veulent: il n’y a pas de loi, pas de droit, pas de contre-pouvoir, pas de compte à rendre: l’impunité absolue!


L’État, c’est ça !…

C’est Papon réincarné en Lallement qui dirige la milice parisienne. La réalité d’aujourd’hui, c’est que la milice ne peut pas être la gardienne de l’ordre républicain. La République est une vaste blague qui fait la nique aux  aspirations démocratiques! La fiction républicaine et le discours sur la « démocratie représentative » sont enfin dévoilés: la supercherie a assez duré. 

Désormais chacun sait que l’État est terroriste par essence, pervers par nécessité, odieux par vocation, inutile par nature. L’État c’est la criminalité « légitimée », un organisme mafieux qui a éliminé les autres mafias et qui s’est autoproclamé le seul autorisé. L’État légitime sa violence par sa « violence légitime »! Macron dit qu’il faut utiliser la violence policière car elle est « légitime »! Lui-même n’est pas légitime à l’Élysée où il est « entré par effraction » et l’État en soi n’a aucune légitimité lorsqu’il n’est pas là pour obéir au peuple qui lui seul peut commander. L’État peut avoir une légitimité lorsqu’il se contente d’obéir au peuple. C’est le seul cas de figure dans lequel l’État sans étatisme peut avoir une utilité et un rôle à jouer. 

On en est donc très loin en France.

Ni un décret, ni une loi, ne peuvent donner à l’État sa « légitimité ». Seul le peuple donne sa légitimité à l’État qui est là pour exécuter les ordres du peuple souverain.

Le pouvoir est en soi une perversion qui croit qu’il « peut faire ce qu’il veut » tout comme la milice à son service. Personne n’a jamais donné un pouvoir à qui que ce soi. C’est tout un peuple qui détient le pouvoir de se gouverner lui-même, par lui-même et pour lui-même. Le reste n’est que structures au service de la volonté du peuple sans avoir aucun pouvoir sur le peuple qui conserve son contrôle permanent des structures de l’État à son service.

Oui, le droit fondamental de manifester a été détruit en France, par une bande de prédateurs au service exclusif de la finance internationale. La France est pillée, volée, dépecée et les Français qui protestent et défendent leur bien se font massacrer par les milices fascistes du pouvoir mafieux macronien au service des flibustiers de la finance.

Manifester aujourd’hui en France c’est se mettre en grand danger et risquer sa vie.

Macron disait refuser « la haine, la violence et l’irrespect qui ne sont acceptables que dans une dictature »! Il aurait déjà pu dire « imaginables dans une dictature » et non pas « acceptables dans une dictature », comme si la dictature était finalement une bonne solution éventuelle! Nonobstant cette incohérence de langage, c’est de plus exactement la description de ce qu’il fait en France: il est justement dans la haine du peuple, dans la violence policière et dans l’irrespect absolu des citoyens. Il est dans le mépris et l’arrogance. Comment ne voit-il pas que ce qu’il « dénonce » est précisément ce qu’il pratique lui-même?

Parce que l’adhésion à la notion étatique du pouvoir, implique en soi l’idée de « l’innocence », car tout pouvoir déclaré comme tel ne peut se justifier que de théocratie. Le pouvoir, pour être acceptable par ceux qui vont devoir se soumettre, ne peut être qu’innocent. Il faut donc qu’il provienne de dieu qui est pur et saint (innocent). L’État est de ce fait le Pontife de la société laïque, jouissant de « l’infaillibilité pontificale » pour décréter ce qui est le bien et le mal du peuple! Macron est installé dans cette illusion associée à une arriération mentale avérée. Il est donc malade et il faudrait qu’il soit en psychiatrie et non pas à l’Élysée! 

Pourquoi les choses vont-elles aussi mal? Réponse: parce que nous sommes dirigés par des arriérés mentaux, des malades psychotiques, des tarés et des escrocs… Macron est entouré de pervers à son image avec sa bande des Philippe, Castaner, Belloubet, Bergé, Rebeyrotte, Nogal, Goulard, Maillard, Park et Cie… pour ne citer que ceux qui ont encore frayé la chronique par leurs déclarations consternantes de sottise!


L’asile armé aux manettes…

Macron pratique à jets continus le « renversement projectif » qui est un mécanisme inconscient hautement révélateur du délabrement mental qui l’habite. Macron dénonce les « radicalisés », et c’est précisément ce qu’il donne à voir de lui-même. L’idée fixe de la « lutte contre le terrorisme » menaçant de l’extérieur indique le terrorisme intérieur de l’État.

Les tirs à bout portant de LBD, comme celui rapporté par « Arrêt sur images » du 9 janvier dernier, n’ont pour seul but que de terroriser le peuple qui manifeste et préfigurent, en soi, les massacres prévisibles à venir. 

Dans la Convention de Genève, on trouve cette déclaration :

« Sont interdits les actes ou les menaces de violence dont le but principal est de répandre la terreur parmi les populations civiles. ».

De plus, Selon l’Article 7 du Statut de Rome, qui a été signé par la France, traitant des Crimes contre l’humanité, il est dit :

« 1. Aux fins du présent Statut, on entend par crime contre l’humanité l’un quelconque des actes ci-après lorsqu’il est commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque:
a) Meurtre … etc.;
e) Emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique en
violation des dispositions fondamentales du droit international;
f) Torture…etc.;
h) Persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d’ordre politique… etc. ;
k) Autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement
de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la
santé physique ou mentale… » 

Mais, dans la « Constitution Européenne » imposée aux Français en 2008, et qui fait loi surpassant toutes les autres lois, ces dispositions sont annulées et contournées. « La mort n’est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d’un recours à la force rendu absolument nécessaire: pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale; pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l’évasion d’une personne régulièrement détenue; pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection » (Cf., article 2 – 2 de la Convention européenne des droits de l’homme) « Un Etat peut prévoir dans sa législation la peine de mort dans certaines situations (article 2 du protocole N° 6 annexé à la CEDH). (Cf., Le traité de Lisbonne 152 pages, contenant plus de 350 dispositions de droit primaire, auxquelles s’ajoutent 13 protocoles et 59 déclarations. Voir : article 2-2 du protocole N°6 annexé à la Convention Européenne des Droits de l’Homme) 

L’État illégitime a ouvertement pris parti pour la logique destructrice du capitalisme sous sa forme ultralibérale actuelle. Il utilise donc la violence absolue pour nous imposer sa logique de destruction. Les serviteurs de cette vision du pouvoir pervers par essence, doivent être réduis au silence avec ce pouvoir lui-même et ses moyens démesurés de répression. 

Dans un tel contexte de trahison totale des Institutions de la République, il n’est pas étonnant qu’un Luc Ferry ait de nouveau récidivé sur LCI dans un « débat » en compagnie de Daniel Cohn Bendit, au cours duquel il en appelait une nouvelle fois au meurtre:

« Les djihadistes de Daech n’avaient qu’une envie, c’est d’organiser la guerre civile en France et de répandre la terreur. C’est ce qu’on est en train de faire avec nos propres moyens… Emmanuel Macron ne mérite pas la haine. Il n’y a aucune raison pour que cet homme suscite une haine pareille. » « Cette logique de la terreur, de la haine, ces menaces de mort en permanence, tout cela réjouit tous ceux qui dans le monde nous détestent. » Les « Gilets jaunes » et tous « ceux qui les ont rejoints » font  « le jeu de Daech ». CQFD: tous ceux qui protestent sont des terroristes qui réalisent le projet de Daech!

Luc Ferry le 13 janvier sur LCI : « Quand on voit un malheureux policier qu’ils tabassent par terre, franchement, que les policiers se servent de leurs armes une fois pour toute et puis voilà!»

Récidive d’un appel au meurtre. Luc Ferry n’a absolument pas été inquiété pour son premier appel au meurtre dans les médias; il ne le sera pas plus pour ce second appel au meurtre, puisque le pouvoir judiciaire pris en otage par les prédateurs macroniens est dans le « camp » des oppresseurs.

Étrangement, monsieur Luc Ferry ne voit pas, lui non plus, que ce qu’il dénonce, concernant le souhait de Daech, c’est précisément ce qu’il accompli: encourager le vœu de Daech, puisqu’il fait un appel au meurtre de citoyens français par la police, ce qui manifestement provoquerait immédiatement une guerre civile! Ce sont bel et bien Macron et ses partisans « radicalisés » qui volontairement font le jeu de Daech.

L’ensemble de cette violence extrême baigne dans un bouillon habituel de mépris et d’arrogance de la part de ce Macron qui n’a que faire de la France et des Français. Pendant que la majeure partie de ses concitoyens proteste et se bat  péniblement pour sauver le principe de la solidarité nationale, au lieu de livrer la France au « chacun pour soi et au tous contre chacun », Macron se rendait au théâtre ce vendredi 17 janvier comme si rien ne se passait en France. Le plaisir de sa belle soirée était gâché par l’arrivée aux « Bouffes du Nord » des manifestants alertés via Twitter. L’auteur de l’alerte était évidemment placé en Garde-à-vue et sous le coup de la répression impitoyable des milices du régime.

Au même moment, on découvrait la circulaire de Castaner aux préfets, leur demandant de ne plus prendre en compte, à l’occasion des élections municipales de 2020, les résultats des villes de moins de 9000 habitants! En ne divulguant, pour les statistiques nationales, que les résultats des villes de plus de 9000 habitants, cela allait représenter une mise à l’écart automatique de 96% des localités qui seront instantanément ignorées dans la prise en compte des résultats. Par la même occasion, c’est le vote de 54% des électeurs qui sera également ignoré par ce gouvernement! Les macroniens annoncent ouvertement comment ils vont s’y prendre pour trafiquer les résultats des municipales et imposer leur triomphe factice à l’ensemble des Français qui luttent contre la politique de destruction de ces pervers se maintenant artificiellement au pouvoir par la tromperie, le mensonge, l’arrogance, la manipulation et les violences policières!

CONCLUSION

Le cynisme et l’arrogance de ces gens n’ont plus de limites: nous allons logiquement vers l’organisation progressive de massacres qui, dans cette logique répressive « radicalisée » par les charlatans politiques qui nous dirigent, deviennent peu à peu nécessaires.

Derrière chaque résistant, il y a nous tous qui formons le peuple français. Le principe de destruction du capitalisme ultralibéral est servi par des individus qui n’ont pas la conscience de la solidarité: ils n’en ont aucune idée, puisque faisant partie des profiteurs d’en haut, ils ne se sentent pas concernés par l’injustice sociale et fiscale, la perte de tous les droits et les sens interdits dressés de toutes parts par les directives de l’Union Européenne. 

Nous devons ensemble détruire le capitalisme ultralibéral et tous ceux qui, par leur radicalisation, le servent avec fanatisme, persuadés qu’ils sont de faire le bon choix « politique » (pour eux)… La macronie se sent « légitimée » et appuyée par l’Union Européenne avec sa volonté acharnée « radicalisée » de politique ultralibérale. Le malheur de la France actuelle passe par Bruxelles: il faut donc supprimer cet anachronisme de l’enfermement dans cette UE qui n’a pas été voulue par les peuples européens et surtout pas par le peuple français. « Si nous ne voulons pas tous crever comme des idiots », (dixit Martin Luther King) il va falloir arrêter le capitalisme sauvage et ses serviteurs dévoués. Il s’agit d’arrêter une perversion en marche contre la vie et le peuple qui souffre et ose le dire aujourd’hui dans la rue!

Va-t-on le faire encore longtemps avec des manifs, des paroles, des chansons et des actes symboliques ou des fleurs, alors que la seule réponse obtenue est celle du mensonge arrogant, de la criminalité de l’État qui se déchaîne sans complexe sur tous les contestataires, c’est-à-dire, sur la majeure partie du peuple qu’il était théoriquement chargé de « représenter »?

En disant ce que nous pensons et en agissant conformément à cette pensée inspirée de solidarité, nous savons tous que nous nous exposons à l’éventualité certaine de la répression et peut-être même, dans les jours qui viennent, de la mort, mais peu importe. La vie doit toujours être totalement inspirée par le « critère » de la générosité. 


Il suffit de dire NON !…

Torturer, maltraiter, mutiler ou tuer un homme qui combat avec la force de sa liberté et la détermination inflexible de sa conviction intériorisée, ne peut en aucun cas éradiquer le sens, la volonté, l’idée qu’il porte dans son esprit et dans ses gestes. Car tout cela le transcende! L’homme, en lui-même, à travers les limites et la vulnérabilité de son humanité peut être anéanti, mais pas la conscience qu’il proclame à la face du monde. Cette conscience supérieure est immortelle, elle transcende l’espace et le temps, elle ne peut pas être réduite à néant par le mensonge des manipulations exécrables d’un pouvoir pervers qui se croit tout-puissant, elle construit même l’univers visible et invisible, elle est en soi révolutionnaire. 

Si la cause de cette conscience supérieure de la vie du mouvement et de l’être, au sein de la nature humaine et de la nature tout court, veut bien que cette étape de l’existence se prolonge encore quelque temps pour l’espèce humaine, portons-la comme un drapeau fédérateur des combats pour la libération de l’homme de toutes les formes de tyrannie. 

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 

Sur le chemin de l’émancipation finale : « Appel à la vie contre la tyrannie étatique et marchande » (Raoul Vaneigem, extraits, format pdf)

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Résistance 71

 

25 janvier 2020

 

Nous avons réalisé une compilation d’extraits du dernier ouvrage de Raoul Vaneigem « Appel à la vie contre la tyrannie étatique et marchande » (2019), mise en format PDF par Jo avec son talent habituel de mise en page.

Nous encourageons les lecteurs à lire le livre intégralement il en vaut la peine. Il est publié aux édition Libertalia.

Nous avons choisi de compiler de larges extraits de ce petit livre car l’analyse de Raoul Vaneigem, comme à son habitude, est particulièrement pertinente à la situation socio-politique que nous subissons et elle donne de très bonnes pistes à suivre pour nous retrouver, ensemble, sur le chemin de l’émancipation finale, celui de la gratuité mettant à bas état, marchandise, argent et salariat, piliers centenaires de la tyrannie qui nous oppriment toujours plus avant.

A lire et à diffuser sans aucune modération…

 

Compilation d’extraits version PDF :
Raoul_Vaneigem-extraits-de-lappel-a-la-vie-contre-la-tyrannie-etatique-et-marchande

 

Ce pdf est le 150ème de notre e-biblio

 


A bas la tyrannie marchande…
pour la société des sociétés

 

Gilets Jaunes, grévistes et peuple en lutte… Réfléchissons sur l’ordre et le désordre et agissons en conséquence !

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le penseur… Gaulois réfractaire

 

 

État, anarchie, ordre et désordre

 

Pierre Kropotkine

 

Source: Encyclopédie Anarchiste (1934)

 

De quel ordre s’agit-il ? Est-ce de l’harmonie que nous rêvons, nous, les anarchistes? De l’harmonie qui s’établira librement dans les relations humaines, lorsque l’humanité cessera d’être divisée en deux classes, dont l’une est sacrifiée au profit de l’autre? De l’harmonie qui surgira spontanément de la solidarité des intérêts, lorsque tous les hommes formeront une seule et même famille, lorsque chacun travaillera pour le bien-être de tous et tous pour le bien-être de chacun? Evidemment, non! Ceux qui reprochent à l’Anarchie d’être la négation de l’Ordre, ne parlent pas de cette harmonie de l’avenir ; ils parlent de l’ordre tel qu’on le conçoit dans notre société actuelle. Voyons donc ce qu’est cet « Ordre » que l’Anarchie veut détruire.

L’Ordre, aujourd’hui, ce qu’ils entendent par « l’Ordre », c’est les neuf dixièmes de l’humanité travaillant pour procurer le luxe, les jouissances, la satisfaction des passions les plus exécrables à une poignée de fainéants. L’Ordre, c’est la privation, pour ces neuf dixièmes, de tout ce qui est la condition nécessaire d’une vie hygiénique, d’un développement rationnel des qualités intellectuelles. Réduire les neuf dixièmes de l’humanité à l’état de bêtes de somme vivant au jour le jour, sans jamais oser penser aux jouissances procurées à l’homme par l’étude des sciences, par la création artistique, voilà « l’Ordre! ».

« L’Ordre » c’est la misère, la famine devenue l’état normal de la société. C’est le paysan irlandais mourant de faim ; c’est le peuple d’Italie réduit à abandonner sa campagne luxuriante, pour rôder à travers l’Europe en cherchant un tunnel quelconque à creuser, où il risquera de se faire écraser, après avoir subsisté quelques mois de plus. C’est la terre enlevée au paysan pour l’élève du bétail ou du gibier qui servira à nourrir les riches, c’est la terre laissée en friche plutôt que d’être restituée à celui qui ne demande pas mieux que de la cultiver.

L’Ordre, c’est la femme qui se vend pour nourrir ses enfants ; c’est l’enfant réduit à être enfermé dans une fabrique ou à mourir d’inanition. C’est le fantôme de l’ouvrier insurgé aux portes du riche, le fantôme du peuple insurgé aux portes des gouvernants.

L’Ordre, c’est une minorité infime élevée dans les chaires gouvernementales, qui s’impose pour cette raison à la majorité et qui dresse ses enfants pour occuper plus tard les mêmes fonctions, afin de maintenir les mêmes privilèges par la ruse, la corruption, la force, le massacre.

L’Ordre, c’est la Guerre continuelle d’homme à homme, de métier à métier, de classe à classe, de nation à nation. C’est le canon qui ne cesse de gronder, c’est la dévastation des campagnes, le sacrifice des générations entières sur les champs de bataille, la destruction en une année des richesses accumulées par des siècles de dur labeur.

L’Ordre, c’est la servitude, l’enchaînement de la Pensée, l’avilissement de la race humaine, main­ tenue par le fer et par le fouet. C’est la mort soudaine par le grisou, la mort lente par l’enfouissement de milliers de mineurs déchirés ou enterrés chaque année par la cupidité des patrons et pourchassés à la baïonnette, dès qu’ils osent se plaindre. Voilà « l’Ordre! » 

Et le désordre, ce qu’ils appellent le désordre : C’est le soulèvement du peuple contre cet ordre ignoble, brisant ses fers, détruisant ses entraves et marchant vers un avenir meilleur. C’est ce que l’humanité a de plus glorieux dans son histoire : c’est la révolte de la pensée à la veille des révolutions ; c’est le renversement des hypothèses sanctionnées par l’immobilité des siècles précédents ; c’est l’éclosion de tout un flot d’idées nouvelles, d’inventions audacieuses, c’est la solution des problèmes de la science.

Le désordre, c’est l’abolition de l’esclavage antique, c’est l’insurrection des communes, l’abolition du servage féodal, les tentatives d’abolition du servage économique.

Le désordre, c’est l’insurrection des paysans soulevés contre les prêtres et les seigneurs, brûlant les  châteaux pour faire place aux chaumières, sortant de leurs tanières pour prendre leur place au soleil.

Le désordre – ce qu’ils nomment le désordre – ce sont les époques pendant lesquelles des générations entières supportent une lutte incessante et se sacrifient pour préparer à l’humanité une meilleure existence, en la débarrassant des servitudes du passé. Ce sont les époques pendant lesquelles le génie populaire prend son libre essor et fait, en quelques années, des pas gigantesques, sans lesquels l’homme serait resté à l’état d’esclave antique, d’être rampant, de brute avilie dans la misère.

Le désordre, c’est l’éclosion des plus belles passions et des plus grands dévouements, c’est l’épopée du suprême amour de l’humanité! 

= = =

Pierre Kropotkine sur Résistance 71

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

 


Veuillez laissez l’État dans les WC…
où vous l’avez trouvé en entrant !

 


Gilets Jaunes… par Cernunnos !…

Canada: Vol des terres de la nation Wetsuweten… le pillage colonial continue encore et toujours… (Mohawk Nation News)

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Or noir et profit vs souveraineté ancestrale

 

Nation Wetsuweten : Toutes les guerres sont des guerres de banquiers

 

Mohawk Nation News

 

15 janvier 2020

 

url de l’article original:

https://mohawknationnews.com/blog/2020/01/15/wetsuweten-all-wars-are-banker-wars/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

“La règle de la loi” n’est que la loi de l’amirauté, imposée par l’invasion de l’Île de la Grande Tortue. Ils peuvent tuer qui ils veulent au nom des banques, den entreprises transnationales et du fric ! Les financiers de l’oléoduc pensent qu’ils peuvent gagner.

De nos alliès / supporteurs : “Nous nous préparons ce matin pour une nouvelle attaque paramilitaire sur un peuple désarmé, celui des clans de la nation Wet’suwet’en, des Unist’o’ten, leurs voisins Gitxsan et alliés d’autres nations indigènes.

“John Horgan, le premier ministre de la province de la Colombie Britannique (Canada), qui a récemment laissé passer une version du Droits des Peuples Indigènes de l’ONU au parlement provincial, refuse de reconnaître la supremacie territoriale de la loi de la terre Wet’suwet’en sur leurs terres que ni lui ni le gouvernement fédéral du Canada ne peuvent fouler aucun traité ne le supportant.” Pour montrer à ses soutiens entrepreneuriaux qu’il honorera leurs investissements sur une bande d’Indiens issue de l’âge de pierre, portant des couvertures colorées et des plumes et faisant barrage à la voie du “progrès”.

“Dans les quelques heures ou jours à venir, nous verrons l’anéantissement inévitable des lois de la terre Wet’suwet’en vieilles de plus de 10 000 ans pour le bien exclusif d’actionnaires tout en continuant à tuer la planète.

Muse a tout dit dans “Uprising” / “Rébellion”: “la paranoïa en fleur, la transmission propagandiste va reprendre. Ils vont essayer de pousser pour toute sorte de drogues et de médicaments pour nous abrutir et ils espèrent que nous ne verrons jamais le jour de la vérité [alors allons-y] !! Ils ne nous forcerons pas… Ils ne nous dégraderons pas… Ils ne nous contrôlerons pas. Nous serons victorieux !

“Maintenant vous tous les Canadiens… Tout cela vous concerne. vos retraits et  os dollars d’impôts soutiennent la casse de la loi Wet’suwet’en et le dénigrement sans fin de leur peuple qui est maintenant assiégé et encerclé par le blocus de la faim instauré par la GRC dans sa zone d’exclusion. Ce gouvernement est en train de commettre ce crime contre l’humanité pour vous, en votre nom. Le canada n’a JAMAIS obtenu le droit d’accès à la terre si ce n’est sous la menace des armes et d’une ´´norme force de répression et d’oppression.

Voilà ce que vous soutenez, vous les Canadiens… par votre silence…

En se cachant derrière leurs rideaux en se disant qu’un crime contre l’humanité ne les concerne pas parce que la “règle de la loi” (coloniale) a dit que c’était légal.

#WetsuwetenStrong#WhiteFragility#Genocide#CrimesAgainstHumanity

John HorganJustin TrudeauMarc Miller

wisk niwatsen tsata. wisk nikon kayenkwireh iohniron tsi skatneh tekaneren ne kenton tsi rahisaststeh ne wisk nihononwentsakeh tsi yatehonatieston, enskka wahonton, skanentsista, skayeronta tahnon skanikonra. skatne tsi enhotihyoten, enhatiyanerensehronni tanon skatneh enhatisenhayenstakeh ne  akotsennonnia ne tahatikons-tontie.

rotiynerson sjkatneh tenhontonteh enkneh sakaksa ne yori tsaniton ohtason. tsinikariwest tehonatskahon iatahonsteh nahoten ioio tihye, oen kineheh iatatahontatreneh tanon ahontenekwensariron. akwekon tsinahoton enhotenienten ne tosa ahontenekwensariron.

 


Esprit de lutte…

Dictature technotronique et l’illusion des crypto-monnaies… A bas l’argent (quel qu’il soit), à bas le salariat, à bas la marchandise !

Posted in actualité, altermondialisme, économie, crise mondiale, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, Internet et liberté, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, sciences et technologies, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 18 janvier 2020 by Résistance 71

Crypto ou non, toute monnaie n’est qu’un outil de la mise en esclavage, de la division toujours plus avant entre les « ayant » et les « n’ayant pas ». Le système de crypto-monnaie est non seulement contrôlé par la même clique d’usuriers esclavagistes, mais il représente le symbole moderne du réformisme qui pourrait s’exprimer selon la formule suivante: « changer quelque chose pour qu’en fait rien ne change »… mais tout en ayant donné L’ILLUSION au passage, que quelque chose ait ou puisse changer.
La crypto-monnaie ne représente pas « l’émancipation » car elle est monnaie, elle représente le changement de la merdasse systémique, le passage de la monnaie de singe « papier » numériquement transcrite, à une forme cybernétique de contrôle de la puissance financière. En fait la crypto-monnaie emmène les gogos là où oligarchie veut nous emmener depuis un bail, vers le contrôle total cybernétique dont un des outils sera « la société sans argent liquide, sans monnaie physique ». La seule différence, c’est qu’avec la chimère crypto, l’oligarchie ne forcera pas les gens, ceux-ci y accèderont de leur plein gré. Ils se mettront eux-même les (block) chaînes aux pieds et aux poings sous l’hypnose de l’illusion du changement et de l’émancipation.

Il est essentiel de bien comprendre qu’il n’y a pas de solution a sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir. La crypto-monnaie n’est qu’une accommodation supplémentaire de la division basée sur l’avoir. La seule solution viable est à bas l’argent, à bas la marchandise, à bas le salariat ! En plus d’à bas l’État bien entendu…
La crypto-monnaie est un miroir aux alouettes, une « réforme » de plus pour un système n’en finissant pas de mourir et qui cherche désespérément à se métamorphoser une énième fois pour survivre et faire survivre sa clique de nantis dans l’imposture prolongée de la finitude dictatoriale marchande. Halte au sketch ! Halte à la supercherie spéculative ! Toute monnaie n’est qu’outil spéculatif de notre mise en esclavage perpétuel par le chantage au revenu, le chantage au travail.
La crypto-monnaie est un des outils de la dictature technotronique !

~ Résistance 71 ~

 


Émancipation ou… outil de la dictature technotronique ?

 

L’illusion libertaire de la monnaie cryptée (crypto-monnaie)

 

Le Bitcoin, c’est ceux qui en vendent qui en parlent le mieux

 

19h17 Info

 

Septembre 2018

 

url de l’article original:

https://www.19h17.info/2018/09/10/lillusion-libertaire-de-monnaie-cryptee-bitcoin-crash-14/

 

Voici quelques formules tirées des nombreux sites qui proposent de vendre du Bitcoin.

« Le Bitcoin a été pensé et inventé pour redonner le contrôle à la population sur la monnaie. »[2]

«  De par sa nature libre et décentralisée, Bitcoin est le premier réseau de paiement qui fonctionne uniquement grâce à ses utilisateurs et sans autorité centrale. [… ] Bitcoin permet à chaque personne de stocker et échanger de la valeur de façon sécurisée sur un réseau qui ne peut être saisi, manipulé ou stoppé par aucune organisation ou individu. » [3]

« Le Bitcoin n’est pas basé sur l’or; c’est basé sur les mathématiques [… ] Cette monnaie n’est pas physiquement imprimée dans l’ombre par une banque centrale, ne rendant pas compte à la population, et établissant ses propres règles. Ces banques peuvent simplement produire plus d’argent pour couvrir la dette nationale, dévaluant ainsi leur monnaie. [… ] Le réseau Bitcoin n’est pas contrôlé par une autorité centrale. [… ] Cela signifie qu’en théorie, une autorité centrale ne peut pas modifier la politique monétaire et provoquer un effondrement – ou simplement décider de retirer les Bitcoins des gens, comme la Banque centrale européenne a décidé de le faire à Chypre au début de 2013. »[4]

Résumons. Selon ses partisans, le Bitcoin serait indépendant de toute autorité et de toute banque centrale, autrement dit des États qui peuvent manipuler les monnaies pour couvrir leurs déficits. Cette monnaie serait décentralisée et resterait sous le contrôle d’une communauté égalitaire que tout le monde pourrait rejoindre.

Bitcoin et États

Les crypto-monnaies prétendent échapper à toute autorité parce que chaque échange est codé dans un programme conservé dans des ordinateurs éparpillés tout autour du monde, et qui tous participent à la validation des transactions en vérifiant qu’elles sont conformes à l’historique commun.

Pourtant, le système mondial d’échange d’information qui permet ces validations est tout sauf indépendant des États. Bien au contraire, ceux-ci ont mesuré depuis longtemps l’importance stratégique d’Internet et on sait que les principaux nœuds du réseau, comme les points d’atterrissement des câbles sous-marins, sont surveillés par les services de renseignement. Les différents États ont la possibilité de limiter, suspendre ou couper les communications sur Internet à leur guise.

Il est incontestable que couper le réseau mondial aurait des conséquences phénoménales sur l’économie de ces États et que cette mesure ne saurait être prise à la légère. Mais qui pourrait douter que des pays qui clament qu’ils utiliseraient des armes atomiques si leur existence était menacée n’oseraient pas débrancher Internet ? Les pertes induites par cette mesure seront assumées en regard de l’importance de la menace et de la nécessité de la riposte. Bref, les tenants de la crypto-monnaie veulent construire un système qui prétend s’affranchir de l’emprise de l’État en utilisant une technologie entièrement entre les mains de l’État.

Bitcoin et Capital

L’organisation à la base par le biais des outils numériques présuppose l‘existence des ordinateurs et des connections indispensables à son fonctionnement, et donc du mode de production capable de les fournir. Or, ce mode de production ne produit pas que des ordinateurs : il produit et reproduit aussi les formes sociales qui vont avec.

« Le procès de production capitaliste considéré dans sa continuité, ou comme reproduction, ne produit donc pas seulement des marchandises ni seulement de la plus-value; il produit et éternise le rapport social entre capitaliste et salarié »[5]

Il est vrai que les ultra-libéraux ne seront pas sensibles à ces arguments, puisqu’ils partagent l’illusion que la société capitaliste organise des individus dont les caractéristiques seraient immuables et intemporelles, au lieu de comprendre que la manière dont ces individus se rapportent les uns aux autres est un produit de l’histoire. C’est en réalité le système capitaliste tout entier qui est présupposé par la forme d’auto-organisation décentralisée que veulent promouvoir les tenants de la monnaie cryptée. Les  individus qui s’auto-organisent sont déjà pris dans les rapports sociaux qu’ils sont censés modifier par leur auto-organisation. Un seul phénomène  possède le potentiel de s’évader de cette tautologie : la lutte dans et contre le capital par et pour le communisme.

Chute tendancielle ou tendance à la chute ?

Les crypto-monnaies sont fragiles par nature. Plus le nombre de transactions augmente, plus le nombre d’informations emmagasinées dans l’historique s’accroit. La dépense d’énergie pour faire fonctionner les ordinateurs qui valident les transactions s’incrémente en proportion. On sait que les personnes qui mettent à disposition leurs moyens informatiques sont appelés, par une sorte de métaphore avec le métal précieux, des « mineurs » et qu’elles sont rémunérées en Bictoin pour ce service indispensable au fonctionnement du système. Mais le service coute de plus en plus cher en énergie. L’intérêt qu’il y a à miner dépend donc du cours de la monnaie cryptée[6], et un effondrement de celui-ci mettrait en péril l’existence même de la monnaie : si plus personne ne la mine, l’historique des transactions, qui est sa seule forme d’existence, disparait.

Les cas historiques d’effondrement suite à des spéculations effrénées sur des monnaies ne sont pas nouveaux. Le système de Law aura tenu quatre ans, entre 1716 et 1720. Mais au moins, au cours de l’hiver 1720, les épargnants ruinés pouvaient-ils se chauffer en brûlant le papier des billets dévalorisés. Avec le Bictoin, tout est dématérialisé. L’hiver sera rude.

Notes

[1] « Libéral », « libertaire », « libertarien » : le mot « liberté » se décline sous trop de formes. Quelque soit le sens que l’on donne à ces dérivés, aucun n’est synonyme d’anarchisme.

[2] courscryptomonnaies.com

[3] https://bitcoin.fr/Vices-et-vertus/#vices

[4]  https://bitcoin-house.fr/

[5]  K. Marx, Le Capital, Livre I, dernière phrase du chap. « Reproduction simple », traduction Roy, et p. 648 pour la traduction Lefebvre.

[6] Certains ont soutenu que la monnaie cryptée, n’étant pas dépourvue de valeur par elle-même puisqu’elle possède un coup de production, fonctionne comme une monnaie marchandise : par exemple le magasine Controverses de mai 2018, N°5, p.10 à 15. Cette position, qu’on pourrait qualifier de marxiste orthodoxe, croit en la pérennité de la monnaie marchandise comme en un dogme soviétique et ignore les subtilités de la théorie de Marx sur le sujet (voir les épisodes 9 et 10).

 


Dictature Technotronique en marche…

 

Lectures complémentaires:

Notre dossier « crypto-monnaies »

Dire-NON-a-la-dictature-technotronique

Dossier-complet–pour-stopper-net-la-dictature-technotronique

dossier-complet-pour-refuser-le-tout-connecte-via-la-5g-la-smart-city-ou-ville-connectee

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Résistance politique : Déclaration EZLN 1er janvier 2020… 26 ans de guerre contre l’oubli

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Paroles du comité révolutionnaire indigène clandestin du commandement général de l’Armée Nationale de Libération Zapatiste (EZLN) à l’occasion du 26ème anniversaire du début de la guerre contre l’oubli

 

Subcommandante Moisès, EZLN

 

1er janvier 2020

 

Bonsoir, bonjour, bonne nuit et aube à toutes, à tous et à tou*te*s,

Compañeras et compañeros bases d’appui zapatistes,

Compañeros et compañeras commandantes et commandants zapatistes,

Autorités autonomes zapatistes,

Compañeras et compañeros miliciens, miliciennes, insurgées et insurgés,

Congrès national indigène – Conseil indigène de gouvernement,

Sexta nationale et internationale,

Réseaux de résistance et de rébellion,

Sœurs et frères du Mexique et du monde,

Par ma voix parle la voix de l’Armée zapatiste de libération nationale.

« Canek a dit :

Dans un livre que j’ai lu, qu’autrefois dans les temps anciens les seigneurs ont voulu former des armées pour défendre les terres qu’ils gouvernaient.

Ils ont d’abord convoqué les hommes les plus cruels car ils supposaient qu’ils étaient accoutumés au sang ; et ainsi ils ont recruté leurs troupes parmi les gens des prisons et des abattoirs.

Mais il est bientôt arrivé que, lorsque ces gens se sont trouvés face à l’ennemi, ils ont pâli et jeté leurs armes.

Ils ont alors pensé aux plus forts : aux travailleurs des carrières et aux mineurs.

Ils leur ont donné des armures et des armes lourdes.

Ainsi ils les ont envoyés se battre.

Mais il est arrivé que la seule présence de l’adversaire a rendu leurs bras faibles et leurs cœurs défaillants.

Puis ils ont recouru, sur de bons conseils, à ceux qui, sans être sanguinaires ni forts, étaient courageux et avaient quelque chose à défendre en justice : comme la terre qu’ils travaillent, la femme avec laquelle ils dorment et les enfants dont la grâce les réjouit.

C’est ainsi que, le moment venu, ces hommes se sont battus avec une telle fureur qu’ils ont dispersés leurs adversaires et se sont libérés à jamais de leurs menaces et de leurs discordes. »

Sœurs, frères,

Il y a vingt-six ans, un soir comme celui-ci, nous sommes descendus de nos montagnes vers les grandes villes pour défier le puissant.

Nous n’avions alors rien d’autre que notre mort.

Une mort double, car nous mourions de la mort et nous mourions de l’oubli.

Et nous avons dû choisir.

Choisir entre mourir comme des animaux ou mourir comme des êtres humains qui se battent pour la vie.

Alors le jour s’est levé sur ce 1er janvier avec le feu dans nos mains.

Le puissant que nous affrontions alors était le même qui nous méprise aujourd’hui.

Il avait un autre nom et un autre visage, mais il était et il est toujours le même aujourd’hui.

Il s’est passé alors ce qui s’est passé et s’est ouvert un espace pour la parole.

Nous avons alors ouvert notre cœur au cœur frère et compagnon.

Et notre voix a trouvé soutien et réconfort dans toutes les couleurs du monde d’en bas.

Le puissant a triché, il a joué un tour, il a menti et il a suivi son plan pour nous détruire.

Tout comme le fait le puissant d’aujourd’hui.

Mais nous avons résisté et brandi bien haut le drapeau de notre rébellion.

Avec l’aide de toutes les couleurs du monde entier, nous avons commencé à construire un projet de vie dans ces montagnes.

Persécutés par la force et le mensonge du puissant, alors comme maintenant, nous nous sommes obstinés tenacement à construire quelque chose de nouveau.

Nous avons connu des échecs et des erreurs, c’est vrai.

Nous en ferons sûrement d’autres sur notre long chemin.

Mais nous ne nous sommes jamais rendus.

Nous ne nous sommes jamais vendus.

Nous n’avons jamais capitulé.

Nous avons cherché toutes les voies possibles pour que la parole, le dialogue et l’accord soient les voies pour construire la paix avec justice et dignité.

Mais, alors comme maintenant, le puissant a fait la sourde oreille et s’est caché derrière le mensonge.

Comme pour le puissant de maintenant, le mépris a été et est encore l’arme qui accompagne ses militaires, policiers, gardes nationaux, paramilitaires et programmes anti-insurrectionnels.

Tous les puissants, ceux qui ont été en place et ceux de maintenant, ont fait la même chose.

Autrement dit, ils ont essayé et essayent de nous détruire.

Et chaque année tous les puissants se consolent et se font des illusions en pensant qu’ils en ont fini avec nous.

Ils disent qu’il n’y a plus de zapatistes.

Que nous ne sommes plus que très peu en résistance et en rébellion.

Qu’il ne reste peut-être plus qu’un seul zapatiste.

Et ils célèbrent chaque année leur victoire.

Et chaque année, les puissants se félicitent en disant qu’ils en ont fini avec les rébellions indigènes.

Que nous sommes déjà vaincus, disent-ils.

Mais chaque année, nous, zapatistes, nous nous montrons et nous crions :

Nous sommes là !

Et nous sommes de plus en plus nombreux.

Comme toute personne au cœur honnête peut le voir, nous avons un projet de vie.

Dans nos communautés fleurissent les écoles et les hôpitaux.

Et la terre est travaillée collectivement.

Et nous nous soutenons collectivement.

Nous sommes donc une communauté.

Une communauté de communautés.

Les femmes zapatistes ont leur propre voix, leur propre chemin.

Et leur destin n’est pas la mort violente, l’enlèvement, l’humiliation.

L’enfance et la jeunesse zapatistes ont santé, éducation et différentes options d’apprentissage et de diversion.

Nous conservons et défendons notre langue, notre culture, notre façon de faire.

Et nous accomplissons tenacement notre devoir de peuples gardiens de la Terre Mère.

Tout cela a été possible grâce à l’effort, au sacrifice et au dévouement des peuples organisés.

Et tout cela a été possible grâce au soutien d’individus, de groupes, de collectifs et d’organisations du monde entier.

Avec eux, elles, elleux, nous nous sommes engagés à construire la vie avec leur soutien.

Ainsi nous pouvons dire sans honte que nos avancées, nos réalisations, nos victoire se doivent à leur soutien et à leur aide.

Les erreurs, les revers et les échecs sont de notre seule responsabilité.

Mais, de même que notre vie a avancé et grandi, la force de la bête qui veut tout manger et tout détruire elle aussi a grandi.

La machine de mort et de destruction qu’on appelle le système capitaliste a grandi elle aussi.

Et la faim de la bête n’est pas rassasiée.

Elle est prête à tout pour son profit.

Peu lui importe de détruire la nature, des peuples entiers, des cultures millénaires, des civilisations entières.

La planète elle-même est détruite par les attaques de la bête.

Mais l’hydre capitaliste, la bête destructrice, cherche d’autres noms pour se cacher, attaquer et vaincre l’humanité.

Et un de ces noms derrière lesquels se cache la mort est « mégaprojet ».

« Mégaprojet » signifie détruire un territoire entier.

Tout.

L’air, l’eau, la terre, les gens.

Avec le mégaprojet, la bête ne fait qu’une bouchée des villages entiers, des montagnes et des vallées, des rivières et des lacs, des hommes, des femmes, des autr@s, des petits garçons et petites filles.

Et une fois qu’elle a fini de détruire, la bête va ailleurs en faire autant.

Et la bête qui se cache derrière les mégaprojets a sa ruse, son mensonge, sa tricherie pour convaincre.

La bête dit que c’est pour le progrès.

Elle dit que, grâce à ces mégaprojets, les gens auront un salaire et les nombreux avantages de la modernité.

Et sur ce discours de progrès et de modernité nous voulons nous rappeler ici un compañero du Congrès national indigène qui a été assassiné cette année : notre frère et compañero Samir Flores Soberanes.

Et nous nous souvenons de lui parce qu’il se demandait et demandait pour qui est ce progrès dont on parle tant.

Autrement dit notre frère Samir demandait où va cette route qu’ils appellent « progrès », ce nom que porte comme une enseigne la bête des mégaprojets.

Et il se répondait que cette route mène à la destruction de la nature et à la mort des communautés originaires.

Alors il a dit clairement qu’il n’était pas d’accord, et il s’est organisé avec ses compañeras et compañeros, et a résisté, et n’a pas eu peur.

Et c’est pourquoi le puissant qui est en place maintenant l’a fait tuer.

Il a été assassiné par le mauvais gouvernement parce que le travail de contremaître du mauvais gouvernement est de veiller à ce que la bête, le puissant, obtienne son profit.

Regardez et écoutez : le premier à saluer les mégaprojets et à dire qu’ils sont bons, c’est le grand capital, le grand patron.

Et il a le cœur content, le grand capitaliste, parce qu’avec les mégaprojets il va faire de gros profits.

Mais ni le contremaître ni le puissant ne disent clairement que ces mégaprojets vont semer la mort partout où ils avancent.

Il y a quelques jours, nos sœurs zapatistes ont organisé une Rencontre internationale de femmes qui luttent.

Elles nous disent, nous parlent, nous enseignent, nous éduquent avec ce qu’elles ont vu et entendu dans cette rencontre.

Et ce qu’elles nous montrent est comme un enfer pour les femmes et les enfants.

Elles nous parlent de meurtres, de disparitions, de viols, de mépris et de violence diabolique.

Et toute cette horreur se produit dans le progrès et ce qu’ils appellent la civilisation moderne.

Et il y a quelques jours, nous étions aussi avec les peuples compañeros du Congrès national indigène – Conseil indigène de gouvernement.

Et nous étions aussi au Forum pour la défense du territoire et de la Terre Mère.

Et dans ces rencontres, nous avons écouté avec inquiétude ce qu’ils racontent.

Et ils nous parlent de villages désertés, de leurs habitants expulsés.

De tueries des délinquants, parfois illégales et parfois légales. En d’autres termes, il n’est pas rare que ce soit les gouvernements eux-mêmes qui font ces atrocités.

De petites filles et petits garçons victimes d’abus et vendus comme des animaux.

De jeunes hommes et femmes dont la vie a été détruite par les drogues, la délinquance et la prostitution.

De commerces subissant des extorsions, de la part parfois de voleurs et parfois de fonctionnaires.

De sources polluées.

De lacs et de lagunes asséchés.

De rivières qui charrient des ordures.

De montagnes détruites par les mines.

De forêts rasées.

D’espèces animales en extinction.

De langues et de cultures assassinées.

De paysannes et de paysans qui avant travaillaient leurs propres terres, et qui maintenant sont des péons qui travaillent pour un patron.

Et de la Mère Terre qui meurt.

Alors, en tant que zapatistes que nous sommes, nous disons clairement que seul un imbécile peut dire que les mégaprojets sont bons.

Un imbécile ou un être malveillant et rusé qui sait qu’il ment et peu lui importe que sa parole cache la mort et la destruction.

Alors le gouvernement et tous ses défenseurs devraient dire clairement ce qu’ils sont : si ce sont des imbéciles ou des menteurs.

Il y a un an, en décembre 2018, le contremaître qui commande maintenant l’hacienda qui s’appelle « Mexique » a fait un simulacre pour demander la permission de la Terre Mère de la détruire.

Alors il s’est trouvé quelques personnes déguisés en Indiens et ils ont posé sur la terre un poulet, une boisson et des tortillas.

Ainsi le contremaître croit que la Terre Mère lui donne la permission de la tuer et de faire un train qui devrait porter le nom de famille du contremaître.

Il le fait parce qu’il méprise les peuples originaires et parce qu’il méprise la Terre Mère.

Et de plus, le contremaître ne s’en tient pas là, il a aussi défié tous les peuples indiens et dit que peu lui importait ce que nous pensons et ressentons, que « cela plaise ou non » aux indigènes, il va faire ce que lui a ordonné son patron, c’est-à-dire le puissant, c’est-à-dire le grand capital.

Tout comme les contremaîtres du temps de Porfirio Díaz.

C’est ce qu’il a dit, et c’est ce qu’il dit, car il y a quelques semaines il a fait un autre simulacre, une prétendue consultation où il a seulement informé qu’il y a beaucoup de bonnes choses dans les mégaprojets, mais il n’a rien dit de tous les malheurs qu’entraînent ces mégaprojets pour les gens et la nature.

Et de toute façon, seules quelques personnes ont participé à cette consultation pour dire qu’elles voulaient les mégaprojets.

Si c’est ainsi qu’il méprise les pensées et les sentiments des gens, alors il va mépriser tout autant la nature et les villages.

Et il le fait parce que son patron n’a rien à faire des gens ou de la nature, il ne se soucie que de ses profits.

« Que cela leur plaise ou non », dit le gouvernement.

Ça veut dire « que vous soyez vivants ou morts », on va le faire.

Et nous, les peuples zapatistes, nous l’entendons comme un défi, comme s’il disait qu’il a la force et l’argent, et à voir qui s’oppose à son mandat.

Il dit que ce qui va se faire, c’est ce qu’il dit, pas ce que disent les peuples, et que peu lui importe leurs raisons.

Alors nous, les peuples zapatistes, nous relevons notre part de ce défi.

Et nous savons que le contremaître actuel des puissants nous pose certaines questions.

Autrement dit, il nous demande ceci :

« Les peuples zapatistes sont-ils prêts à perdre tout ce qu’ils ont avancé avec leur autonomie ? »

« Les peuples zapatistes sont-ils prêts à subir des disparitions, des emprisonnements, des assassinats, des calomnies et des mensonges pour défendre la terre qu’ils gardent et dont ils prennent soin, la terre où ils naissent, élèvent leurs enfants, croissent, vivent et meurent ?

Et avec ces questions, le contremaître et ses gardes nous donnent le choix « vivants ou morts, mais il faut obéir ».

En d’autres termes, il nous demande si nous sommes prêts à mourir en tant que société alternative, en tant qu’organisation, en tant que peuples originaires aux racines mayas, en tant que gardiens de la Terre Mère, en tant qu’individus et individues zapatistes.

Alors nous, peuples zapatistes, nous continuons notre façon d’être et notre calendrier.

Dans nos montagnes, nous avons fait l’offrande à la Terre Mère.

Au lieu de boisson, nous lui avons donné à boire le sang de nos morts dans la lutte.

Au lieu de poulet, nous lui avons offert notre chair.

Au lieu de tortillas, nous avons fait l’offrande de nos os, car nous sommes faits de maïs.

Et nous avons fait cette offrande non pour demander à la terre la permission de la détruire, ou de la vendre, ou de la trahir.

Nous avons fait cette offrande seulement pour avertir la Terre Mère que nous la défendrons.

Nous la défendrons jusqu’à la mort si nécessaire.

Et alors nous avons compté le nombre de personnes qu’il faut pour défendre la terre.

Et il s’est avéré qu’il suffit d’une seule personne zapatiste.

Il suffit d’une femme zapatiste, ou un homme zapatiste, ou un*e zapatiste, qu’il soit vieux, ou jeune, ou enfant.

Il suffit qu’une personne zapatiste s’obstine à défendre la terre pour qu’elle, notre mère, sache qu’elle n’est pas seule et abandonnée.

Il suffit qu’une personne s’obstine dans la résistance et la rébellion.

Alors nous sommes allés chercher dans le cœur collectif que nous sommes.

Nous cherchons seulement une personne qui soit zapatiste et qui soit prête à tout.

À tout.

Et nous avons trouvé non une, ni deux, ni cent, ni mille, ni dix mille, ni cent mille.

Nous avons trouvé tout ce qui s’appelle Armée Zapatiste de Libération Nationale, prête à tout pour défendre la terre.

Alors nous avons la réponse à la question que nous pose le contremaître.

Et la réponse est :

« Oui, nous sommes prêts à disparaître comme proposition d’un nouveau monde. »

« Oui, nous sommes prêts à être détruits en tant qu’organisation. »

« Oui, nous sommes prêts à être anéantis en tant que peuples originaires aux racines mayas. »

« Oui, nous sommes prêts à mourir en tant que gardiens et gardiennes de la terre. »

« Oui, nous sommes prêts à être battus, emprisonnés, séquestrés et assassinés en tant qu’individus zapatistes. »

Ainsi le contremaître a sa réponse.

Mais comme c’est notre façon d’être, à nous zapatistes, notre réponse comporte aussi une question que nous posons aux contremaîtres :

« Les mauvais gouvernements sont-ils prêts à essayer de nous détruire À TOUT PRIX, à nous battre, à nous emprisonner, à nous faire disparaître et à nous assassiner ? »

Sœurs, frères, frères*sœurs,

Compañeros, compañeras et compañeroas,

Vous vous appelons,

En tant que Congrès national indigène – Conseil indigène de gouvernement,

En tant qu’individus, groupes, collectifs et organisations de la Sexta nationale et internationale…

En tant que réseaux de résistance et de rébellion…

En tant qu’êtres humains…

À vous demander à quoi vous êtes prêts, prêtes et prêt*e*s pour arrêter la guerre menée contre l’humanité, chacun dans sa propre géographie, son propre calendrier et à son propre mode.

Et quand vous aurez votre réponse selon votre pensée, faites-la connaître aux patrons et contremaîtres.

Tous les jours et en tous lieux, la bête pose à l’humanité la même question.

Il ne manque que la réponse.

C’est tout.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain.

Au nom des femmes, hommes et autres zapatistes.

Sous-commandant insurgé Moisés.

Mexique, 31 décembre 2019 – 1er janvier 2020.

Source:

https://www.lavoiedujaguar.net/Paroles-du-Comite-clandestin-revolutionnaire-indigene-Commandement-general-de-l

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Lectures complémentaires:

Murray_Bookchin_Ecologie_Sociale_1982

Voline_La_synthese_anarchiste

Murray_Bookchin_Ecoute_Camarade

Murray_Bookchin_Le_municipalisme_libertaire

Guy_Debord_La_societe_du_spectacle

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

TAZ_Fr

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Nous_sommes_tous_des_colonisés (PDF)

Pierre_Clastres_Echange-et-pouvoir-philosophie-de-la-chefferie-indienne

Leducation-comme-pratique-de-la-liberte_Paulo_Freire_1965

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

3ri-et-societe-des-societes-du-chiapas-zapatistes-aux-gilets-jaunes-en-passant-par-le-rojava-fevrier-2019

Paulo_Freire_La_pedagogie_des_opprimes

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

Un monde sans argent: le communisme

6ème_déclaration_forêt.lacandon (Zapatista)

 

Une curiosité de l’époque Thatcher: « Vive la révolution » une aventure de Tintin (1989)

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Résistance 71

 

31 décembre 2019

 

Voici le dernier PDF que nous publierons en 2019 : une curiosité en bien des points en directe provenance de l’Angleterre de la fin des années Thatcher. Publié en 1989 sous le titre « Breaking Free » qu’on peut traduire par « S’évader » dans le sens de « Se libérer », l’album fut traduit et publié en français en 2010 sous le tire de « Vive la révolution ! » Il reprend les personnages principaux des célèbres aventures de Tintin, les plaçant dans un contexte de révolution sociale en Angleterre. 30 ans plus tard, dans le contexte des Gilets Jaunes et du mouvement de grève qui devra s’étendre de manière sauvage s’il veut triompher, il conserve une certaine pertinence, en faisant abstraction de certains poncifs du genre.
Cet album n’est bien entendu pas une « recette » pour la révolution sociale, mais il donne quelques conseils pertinents d’organisation locale contre les institutions et pour le mieux-vivre ensemble dans la lutte organisée hors système… L’analyse faite des syndicats est particulièrement réaliste et savoureuse.

On pourra du reste s’amuser à reconnaître certains personnages et les replacer dans le contexte des albums de la célèbre série.
L’Angleterre des années 80, c’est le royaume des casses sociales thatchériennes, des briseurs de grèves, du dépeçage des acquis sociaux britanniques au seul profit de l’argent et de la marchandise régnant.
La Grande-Bretagne thatchérienne (1979-1990) peut se résumer en quelques citations de cette « dame de fer » soutenue par la City de Londres et dont le fils, au sus de la mère, trempera dans nombre de scandales d’état impliquant des ventes d’armes et des rétro-commissions, sale business habituel de la caste du pouvoir coercitif, qui a le sang de millions de personnes sur les mains…

« C’est un combat pour les fondations même de l’ordre social, c’est une croisade non pas pour simplement freiner le socialisme, mais pour mettre un terme une fois pour toute à sa marche en avant. »
~ Margaret Thatcher, octobre 1976 ~

« Mon boulot est de stopper la Grande-Bretagne de devenir rouge ! »
~ Margaret Thatcher, novembre 1977 ~

Voici ce qui est écrit en exergue de l’album:

« Cet ouvrage peut être librement reproduit entièrement ou en parties par n’importe quel groupe anarchiste, mais le copyright protège l’œuvre originale de toute récupération commerciale pour que crève enfin le capitalisme. Ce livre est régulièrement réédité, il ne s’agit donc pas d’une pièce de collection ou d’une rareté. Ne payez pas plus de 8 euros pour ce livre. Sinon, volez-le ! »

Bonne lecture de ce dernier PDF 2019 !…

 


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illimitée et expropriatrice !