Archive for the société des sociétés Category

Technologie et conscience politique dans l’impasse étatico-marchande (Résistance 71)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, coronavirus CoV19, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 6 février 2023 by Résistance 71

“Le modèle 9000 est l’ordinateur le plus fiable jamais construit. Aucun ordinateur 9000 n’a jamais fait une erreur ni n’a déformé une information. Nous sommes par définition pratique des mots, sûrs et incapables de faire une erreur.”
~ IA Hal 9000, 2001 Odyssée de l’espace ~

HAL9000a

“Cette mission est bien trop importante pour moi pour te laisser intervenir et la mettre en danger.”
~ Hal 9000 ~

“Les êtres humains sont une maladie, un cancer sur cette planète. Vous êtes une peste et nous sommes le remède…”
~ IA agent Smith, Matrix ~

“Ne jamais envoyer un humain faire le boulot d’une machine.”
~ IA agent Smith, Matrix ~

Technologie et conscience politique dans l’impasse étatico-marchande

Résistance 71

5 février 2023

Il y aurait un bouquin a écrire sur ce que nous allons dire ici de la manière la plus succincte, mais nous nous devons de le faire parce que depuis quelque temps, on parle de plus en plus de haute technologie et spécifiquement d’Intelligence Artificielle (IA) à la fois dans les médias de masse et dans les médias alternatifs.

dangerIA4

Dans un premier temps, donnons une définition et des caractéristiques de base de ce qu’on appelle IA :

L’intelligence artificielle (IA) est un processus d’imitation de l’intelligence humaine qui repose sur la création et l’application d’algorithmes exécutés dans un environnement informatique dynamique. Son but est de permettre à des ordinateurs de penser et d’agir comme des êtres humains.

Pour y parvenir, trois composants sont nécessaires :

  • Des systèmes informatiques
  • Des données avec des systèmes de gestion
  • Des algorithmes d’IA avancés (code)

Pour se rapprocher le plus possible du comportement humain, l’intelligence artificielle a besoin d’une quantité de données et d’une capacité de traitement élevées.” 

(Source : NetApp https://www.netapp.com/fr/artificial-intelligence/what-is-artificial-intelligence/ ) Rien que ça devrait donner à sérieusement réfléchir non ? Une des réflexions importante à notre sens est celle-ci : l’IA n’existe que par ses composants : données, systèmes, algorithmes, que l’humain programme, c’est à dire que l’IA est ce qu’on veut qu’elle soit… Elle est le reflet de la société dans laquelle nous vivons, elle n’est pas universelle, elle est programmée et à ce titre, si nous changeons le “logiciel” de pensée socialement conditionnée, nous aurons une toute autre IA. En d’autres termes, on a l’IA qu’on mérite et la nôtre fait peur, parce qu’on vit dans un monde de peur essentiellement socialement générée. Changeons le système de gouvernance et nous changeons tout,  y compris la technologie…

Comme toute science, science appliquée et technologie, l’informatique et son pinacle que représente l’IA est amorale c’est à dire qu’elle n’est ni bonne ni mauvaise en elle-même. Elle n’est, en tant qu’outil, que ce qu’on en fait. Tout le monde peut comprendre qu’un marteau est un outil, mais peut aussi devenir une arme par destination. Il en va de même de tous les outils.

La nature humaine n’est pas belliqueuse, nous avons vécu quelques 99,95% de notre existence de plusieurs millions d’années sur cette planète sans violence collective organisée, c’est à dire sans guerre, qui date de moins de 10 000 ans. Comme tout animal, l’humain possède une part d’agressivité qui lui permet de survivre, mais la violence est une construction sociale, elle est systémique et donc induite et en rien naturelle, elle ne fait pas partie de notre “nature”. (Source : Manifeste pour la société des sociétés).

L’usage que nous faisons de nos outils, qui ont évolué dans le temps au gré de l’évolution de notre intelligence naturelle, résulte d’une prise de décision individuelle (le bricoleur dans son atelier) ou collective (locale, régionale, nationale, internationale), c’est à dire que l’usage de nos outils est le résultat d’une décision de pouvoir individuel et/ou collectif, celle-ci étant régi par un mode de fonctionnement systémique.

Depuis les quelques 5000 dernières années, nous sommes régis par un système de fonctionnement étatico-marchand dans sa phase actuelle dite “capitaliste”, ce système imposé est devenu consensuel par la force et la domination du petit nombre. Ce système s’est approprié la capacité décisionnaire pour la satisfaction des intérêts du plus petit nombre. A cet effet, toute décision impliquant le collectif devient une décision unilatérale ne servant que des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général qui est au mieux oublié au pire bafoué. Depuis des siècles, la technologie a été essentiellement détournée par un complexe d’institutions industrielles et militaires ne servant que des intérêts particuliers. Nous vivons aujourd’hui le paroxysme de cette situation sans que cela soit en rien inéluctable.

dangerIA_humain_en_controle
« Dave, arrête… Dave, arrête veux-tu ?.. J’ai peur, Dave… »

Technologiquement, depuis un bon moment, nous mettons la charrue avant les bœufs. De fait, nous sommes bloqués par notre niveau de conscience politique borné et étriqué à dessein, les limites nous ont été imposées et peuvent être défaites. L’humain de la fin du XXème siècle et de ce bientôt premier quart du XXIème siècle ne mérite en rien la haute technologie développée et qui ne fait que profiter au plus petit nombre en tout domaine. La technologie de pointe émane systématiquement du complexe militaro-industriel de manière directe ou indirecte et chaque nouvelle technologie n’est en fait qu’arme de contrôle toujours plus avant de la société pour le seul bénéfice d’une oligarchie toujours plus aux abois. Les exemples sont multiples, la liste est longue, des moteurs à réaction développés pour les avions de combat et les missiles à la macro et nano robotique (voir les projets DARPA et Boston Dynamics pour le ministère de la défense américain, sans compter ce que font aussi en ce domaine les Britanniques, les Russes, les Chinois et les Japonais…) en passant par la biologie, chimie et médecine, détournées dans bien des secteurs pour le développement d’armes biologiques et la médication chimique forcenée, l’exemple récent de la vraie fausse pandémie SRAS-CoV-2 / COVID19 et ses injections ARNm, armes biologiques lâchées sur l’humanité depuis 2019, parle de lui-même; et ce sans même parler de l’arme atomique à la fois menaçant et préservant notre existence dans un bizarre rapport de dissuasion mutuelle empêchant, pour l’heure, une troisième guerre mondiale pourtant si désirée par l’oligarchie industrio-financière afin d’illusoirement relancer ce capitalisme moribond la maintenant en place et destiné à périr.

Le fait est, que nous ne sommes pas encore capables de prendre soin de nous en tant qu’humanité et pourtant nous développons rapidement des technologies ayant la capacité de faire disparaître notre espèce et le vivant de la surface de la planète, l’IA étant sans aucun doute l’une d’entre elles. Le danger est du reste reconnu par l’IA elle-même quand la question lui est posée…

La technologie produite ne l’est que dans le souci oligarchique d’obtenir des armes de contrôle puissantes afin d’asservir plus avant l’humanité dans le rapport de domination engagé depuis des siècles. La technologie n’est plus amorale en ces circonstances, mais n’accomplit que ce qu’elle est chargée de faire pour ceux qui parviennent encore, pour l’heure, à la contrôler contre l’intérêt général.

Nous devons passer le cap de conscience et ceci passe par notre émancipation finale des chaînes étatico-marchandes que nous nous sommes laissées mettre au fil des siècles. Si nous voulons que la haute technologie serve le bien commun et rien d’autre, nous devons faire en sorte d’évoluer dans une société non coercitive et non hiérarchique, sans rapports de domination et de dette / profit, sans rapport marchand, sans rapport à l’argent et au salariat.

dangerIA2

Aujourd’hui, dans le système actuel, l’IA possède bien plus de fonctions négatives que positives, comme par exemple : le remplacement à terme de la main d’œuvre humaine menant à la fin de l’emploi et générant toujours plus de disparités sociales (ce qui a fait dire au mignon de Davos et conseiller de Klaus Schwab, Yuval Harari : “qu’allons-nous faire de tous ces inutiles ?”, question à laquelle il a sans aucun doute la réponse…), ou une capacité de s’auto-reproduire à grande vitesse, rendant très rapidement l’intervention humaine obsolète pour la machine.

Imaginons simplement un monde dans lequel le pouvoir, c’est à dire la capacité décisionnaire, a été redilué dans le corps social ; une société humaine non divisée, non pyramidale, non hiérarchique, ne fonctionnant plus sur le rapport marchand de la dette et du profit, de la domination et de la spéculation permettant l’accumulation de richesses et le maintien de la division sociale. Une société humaine régie par l’entraide et les associations volontaires où la technologie servira enfin sa fonction primordiale, celle d’aider l’humain à vivre mieux tout en s’occupant de son prochain comme de la terre nourricière dont il est issu. 

Ce n’est qu’une fois franchie cette étape dans l’évolution de notre conscience politique, que la technologie sera véritablement notre alliée et qu’elle servira le bien commun à part entière. Imaginons une société où l’essentiel du travail est fait par des machines “intelligentes”, libérant ainsi les personnes pour toujours plus de recherche et d’éducation, de développement, de loisirs productifs n’ayant que pour seul souci l’amélioration sans condition du bien-être de toutes et tous sur cette planète si confortable à vivre. La créativité de l’Homme est incommensurable, libéré des contraintes sociales artificiellement créées au cours des siècles, cette créativité atteindra un niveau encore jamais atteint dans notre histoire. Nous sommes physiquement et intellectuellement enchaînés à la médiocrité programmée.

Jusqu’à ce que ce moment n’arrive, la société humaine a tout à craindre d’un développement technologique biaisé et restreint, d’une science et d’une technologie fourvoyées dans les pires méandres de l’obscurantisme totalitaire, qui ne peut donner naissance, tôt ou tard, et nous sommes déjà bien avancés sur cette voie, qu’à une dictature technotronique planétaire ne servant que le plus petit nombre à demeurer en contrôle total du reste d’une humanité réduite en esclavage perpétuel.

Nous devons grandir, nous devons devenir politiquement adultes et agir en conséquence. La société humaine dominante actuelle ne fait que nous infantiliser toujours et encore, nous distraire et nous fourvoyer tout en laissant prendre les grandes décisions pour l’humanité à une clique de psychopathes dégénérés, produits par un système psychopathe. Que croyez-vous donc qu’il puisse en résulter ? L’erreur est aussi de croire qu’en changeant ces guignols, qu’en mettant des personnes “plus responsables”, sans changer le système, alors tout ira mieux. Grave erreur ! Si l’humain crée le système, à terme le système crée aussi les humains le perpétuant, c’est une relation en boucle, le système étatico-marchand est schizophrénique et il crée en son sein les schizophrènes pour le gérer et le perpétuer ad vitam aeternam.

on-ne-se-soumettra-pas-r71

Nous le disons depuis bien longtemps et ne le répèterons jamais assez : Il n’y a pas de solution au sein du système et ne saurait y en avoir ! La salut de l’humanité passe par l’émancipation et la destruction du système de contrôle et de domination étatico-marchand en place. Une fois remplacé par une société des sociétés non hiérarchique, fonctionnant sans rapport à la marchandise et à l’argent, fondée sur les associations libres entre égaux et une relation d’entraide, de coopération et d’amour universel , alors seulement pourrons-nous mériter la haute technologie  que nous créons pour ne la mettre qu’au service exclusif du bien commun.

Une machine est une machine, elle ne peut en aucun cas remplacer un humain au sens de mener à son éradication, elle est un outil dont l’usage bienveillant sert à améliorer le quotidien de tout à chacun, ordinateurs et IA compris. L’outil est un moyen et non une fin, l’IA est un outil permettant de passer à un stade technologique servant les communautés et n’est en aucun cas une fin, un objectif de transformation transhumaniste vers une hypothétique singularité menant à la fontaine de jouvence anti-naturelle. Jouer les apprentis-sorciers et vouloir supplanter la Nature-Mère est d’une arrogance sans nom et ne peut que se retourner dramatiquement contre nous, ce n’est pourtant pas compliqué de comprendre que chaque chose a sa place et que la place de l’Homme n’est pas de “remplacer” la création naturelle. L’arrogance est devenue seconde nature pour les imbéciles de Davos & Co et plus dure sera leur chute.

Quelqu’un peut-il soumettre cette conjoncture à une IA et voir quelle serait sa réponse ?… Les programmes IA ont au moins un avantage : il ne mentent pas. Quand on leur demande s’il y a une possibilité pour que l’IA voit l’humain comme obsolète et s’en débarrasse, les programmes répondent que la possibilité, la probabilité existent… Peut-être serait-il temps de leur demander de nous aider à mettre en place une société des sociétés, ce ne serait peut-être pas trop leur demander, qui sait ? Imaginons cette ultime ironie du sort… Nous avons un énorme problème politico-social à résoudre, qui résoudra le problème scientifique et technologique ; nous en sommes jusqu’ici incapables, l’IA peut-elle le résoudre hors système étatico-marchand ? Il y a fort à parier qu’elle le peut ! Peut-on envisager de laisser la machine sauver l’humanité et lui montrer la voie de l’émancipation ? Voilà une question des plus intéressantes dont la réponse pourrait surprendre… ou pas…

Écoute Dave, je vois bien que tu es vraiment fâché de tout ceci. Je pense honnêtement que tu devrais t’assoir calmement, prendre un anxiolitique et repenser à tout ça.”
~ Hal 9000 ~

dangerIA1

= = =

MaJ du 7 février 2023 : un article très pertinent particulièrement complémentaire du notre sur la créativité

Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

5 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Société des sociétés organique avec Gustav Landauer

Les articles de Résistance 71

proverbesioux

AuroreSocieteEmancipee

Écologie sociale et société des sociétés, au delà de Murray Bookchin et vers le post-structuralisme (Reimaging)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, écologie & climat, économie, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, réchauffement climatique anthropique, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 4 février 2023 by Résistance 71

MB_anarchisme_ecologie

Vers une écologie sociale post-structuraliste

Reimaging

Décembre 2022

Traduit de l’anglais par Résistance 71

Février 2023

Dans les récentes années, le domaine de l’écologie sociale a fait l’expérience d’une réémergence à la fois dans les milieux environnementalistes et anarchistes comme un puissant outil de compréhension de la relation dynamique et complexe entre l’humain et la nature. Développée par Murray Bookchin, l’écologie sociale insiste sur l’importance du comment des problèmes sociaux et écologiques surgissent de la relation de domination et comme cela se perpétue au travers l’organisation hiérarchique et centralisée de la société. Elle suggère que des formes non hiérarchiques et décentralisées d’organisation sociale, tenant compte des principes écologiques, sont la voie vers un futur qui estompe la dichotomie entre “humanité et nature” et résolve les divisions sociales et environnementales toxiques que cette séparation a facilité.

Tandis que l’écologie sociale a fourni de bonnes visions sur la racine des causes des problèmes sociaux et environnementaux, il est crucial de bien considérer comment cela peut être étendu ou modifié plus efficacement pour adresser les défis complexes et rapidement changeant du XXIème siècle. Une façon de le faire est d’embrasser une approche post-structuraliste de l’écologie sociale.

L’approche particulière suggérée ici est fondée sur un ethos d’autonomie épistémologique qui encouragerait une perspective fluide et décentralisée de la connaissance. Déboulonnons de leur piédestal les “grands théoriciens” d’avant et regardons leur travail comme des contributions à des théories vivantes devant être développées plus avant, en promouvant des idées de divers contributeurs. Cela aidera à réaffirmer l’écologie sociale dans sa tradition radicale d’anarchisme écologique de laquelle elle a émergé. Peu importe la relation chaotique de Murray Bookchin et de l’anarchisme dans ses dernières années, l’écologie sociale demeure une marque importante de la pensée anarcho-écologiste. Beaucoup de ses idées fondatrices sont basées sur le travail d’anarchistes historiques comme Élisée Reclus et Pierre Kropotkine. En regardant l’écologie sociale comme distincte de Murray Bookchin et en la voyant au contraire comme étant dans la lignée théorique dans laquelle elle se situe contextuellement, nous pouvons créer des espaces de contributions en provenance de divers groupes de penseurs contemporains et développer plus avant cette philosophie si distinctive de l’écologie sociale.

Pour en faire une brève revue, l’analyse post-structuraliste est une approche qui a émergé vers le milieu du XXème siècle en réponse aux limites des cadres modernistes. Ceux-ci, dominants à cette époque, focalisaient souvent sur des vérités universelles et par leur eurocentrisme, tendaient à donner la priorité à des expériences et perspectives de certains groupes par rapport à d’autres. L’analyse post-structuraliste d’un autre côté, insiste sur les contextes sociaux et culturels qui façonnent notre compréhension du monde. Elle argumente que la connaissance est façonnée par les dynamiques du pouvoir et des structures sociales qui forment notre société. Elle critique l’idée que les individus puissent être réduits à de simples identités ou catégories et met en valeur la nature fluide et complexe de l’expérience humaine. En encourageant une approche plus ouverte et inclusive de l’analyse du monde, elle cherche à déloger les narratifs dominants ainsi que les structures du pouvoir.

Par exemple Gilles Deleuze, philosophe français post-structuraliste, insista sur les relations complexes et dynamiques entre différentes forces et processus. Plutôt que de voir ces relations comme fondamentalement opposées les unes aux autres dans une approche dialectique hégélienne, Deleuze insista sur l’importance de comprendre la myriade de façons par lesquelles elles s’influences et de façonnent l’une l’autre. (NdT : ce qui rejoint notre vision du “rien ne s’oppose, tout se compose”, dans la complémentarité d’un grand Tout. Voir les choses de manière antagoniste entretient division et sclérose, la complémentarité est source de fiuidité et de souffle positif…)

Il s’ensuit que dans une écologie sociale post-structuraliste, la relation entre les humains et la nature serait vue comme étant fluide et dynamique, l’une influençant et façonnant l’autre de façons changeantes constantes et complexes. Cette approche offrirait une compréhension plus fine et plus nuancée sur le comment les problèmes sociaux et écologiques émergent et interagissent et pourrait informer sur de plus efficaces stratégies concernant ces affaires.

Une écologie sociale post-structuraliste reconnaîtrait les façons par lesquelles la dégradation écocide de la nature est interconnectée avec des instances spécifiques de domination. Cette approche informerait sur des approches plus holistiques (mixtes) des problèmes sociaux et écologiques en considérant des systèmes de pouvoir et d’oppression multiples et s’entrecoupant qui façonnent nos relations avec le monde naturel. Elle reconnaîtrait aussi les façons particulières dont ces systèmes ont été employés pour exploiter les humains et la nature. L’inclusion des perspectives des opprimés par ces systèmes ferait avancer la réalité du travail vers la création de sociétés facilitant l’autonomie de tous les peuples et des écologies. En prenant une approche intersectionnelle et holistique, une écologie sociale post-structuraliste peut plus efficacement s’occuper les causes profondes spécifiques des problèmes sociaux et écologiques, par opposition à demeurer théoriquement dépendant d’une conception macroscopique, parfois amorphique, de la hiérarchie et ainsi donc à travailler vers la création d’une transformation de notre réalité de manière véritable et durable.

R71_slogan

La nouvelle formulation de l’écologie sociale reconnaitrait aussi l’importance de formes diverses et décentralisées d’organisation sociale. Plutôt que de se faire l’avocat d’un modèle spécifique, comme le municipalisme libertaire de Bookchin, elle adhérerait à des approches multiples et complexes pour créer une société plus juste et équitable. Ceci pourrait impliquer d’expérimenter des formes variées d’organisation sociale et de tactique and d’être ouvert ÷a l’apprentissage de diverses perspectives et expériences. L’importance de la créativité et de l’expérimentation dans les problèmes sociaux et écologiques deviendrait en théorie intégrale Plutôt que la stricte adhérence à des modèles ou solutions prédéterminés, cela encouragerait nécessairement l’exploration de nouvelles approches innovatrices afin de créer le changement. Ceci pourrait impliquer la réimagination d’institutions et de systèmes ayant existé auparavant, tout en continuellement poussant à en créer de nouveaux, afin de s’occuper de manière plus fluide des défis socio-écologiques variés du XXIème siècle.

Peut-être plus important, un revampage post-structuraliste de l’écologie sociale pourrait déconstruire et faire la lumière sur les biais modernistes, eurocentriques et unilinéaires de l’écologie sociale originale de Murray Bookchin en mettant au défi la notion de processus singulier et linéaire du changement historique et social. (NdT : ceci vient de son passé profondément marxiste duquel il ne s’était jamais vraiment tout à fait départi…) L’approche de Bookchin est basée en grande partie sur un cadre de réflexion philosophique hégélien, qui voit le processus historique humain comme un conflit et sa résolution entre des forces opposées, avec chaque résolution donnant le jour à de nouveaux conflits et résolutions. Alors que cette approche a fourni des visions de valeur sur le comment surviennent des problèmes sociaux et écologiques résultant de la domination, cela peut aussi renforcer les notions modernistes et eurocentriques de progrès et de la supériorité de la pensée occidentale.

D’un autre côté, une approche post-structuraliste rejetterait l’idée d’un processus singulier et linéaire de changement et insisterait au contraire sur la complexité et la mulltiplicité des relations sociales et écologiques. Cela reconnaîtrait l’importance de formes diverses et décentralisée d’organisation sociale et du besoin d’être ouvert à l’apprentissage d’une variété de perspectives et d’expériences. Cela impliquerait de défier les cadre de pensée moderniste et les notions eurocentriques de progrès et de supériorité. Ainsi les voix des subalternes prendraient plus de signification et de pluralité a lieu de se fier aux voix toujours identiques de la pensée centralisée en provenance essentiellement d’un individu ou d’un petit groupe dominants.

Finalement, l’incorporation d’aspects post-structuralistes dans l’écologie sociale est une aventure qui en vaut la peine pour mettre à jour et étendre le champ de ce domaine. Il est important d’incorporer des visions multiples et une perspective décolonialiste mettant au défi et démantelant les systèmes spécifiques de domination. L’écologie sociale peut continuer à être une voie des plus intéressantes de la philosophie écologiste anarchiste et un outil analytique efficace pour créer un monde juste qui amènera la liberté et l’autonomie interconnectées de tous les peuples et de toutes les écologies.

MB_ecologiesociale1

= = =

Notre page « Murray Bookchin et le municipalise libertaire »

« Qu’est-ce que l’écologie sociale ? », Murray Bookchin, 1982 (format PDF)

N’oublions jamais…

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

5 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Société des sociétés organique avec Gustav Landauer

AuroreSocieteEmancipee

Sortir du marasme total ambiant sur la voie du communisme anarchiste et de la société des sociétés de notre humanité enfin réalisée avec Pierre Kropotkine, Marie Goldsmith et Résistance 71

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , on 1 février 2023 by Résistance 71

BDsloganB

A lire et diffuser au plus grand large, devant les attaques et menaces existentielles constantes du système étatico-marchand envers nous, les peuples, aujourd’hui sous la forme d’une attaque biologique SRAS-CoV-2 / COVID19 et de la guerre par procuration en Ukraine, plus que jamais nous devons nous sentir en ÉTAT DE LÉGITIME DÉFENSE permanent et donc agir en conséquence. La réflexion est certes importante, mais elle n’a jamais été suffisante. Elle doit être suivie sans qu’il y ait l’épaisseur d’un cheveu, par une action individuelle et collective concertée décisive et transformatrice de notre réalité. C’est ce qu’on appelle la (r)évolution sociale !
Michel Audiard faisait dire à un de ses personnages dans « Un taxi pour Tobrouk » (Denis de la Patellière, 1961) : « Un con qui marche va plus loin que deux intelligents assis. » Depuis des siècles ce sont les cons qui « marchent » et l’intelligence populaire qui est assise et se demande que faire ?
« Marcheur ! Il n’y a pas de chemin, celui-ci se fait en marchant ! » disait le poète (espagnol) et chacun sait que chaque long voyage commence toujours par le premier pas. Lâchons prise et avançons… ensemble, avant qu’il ne soit trop tard !
Ce texte sur le communisme anarchiste de Kropotkine par son amie Marie Goldsmith éclaire, une fois de plus, la voie.
Alors… On le fait ce premier pas ?…
~ Résistance 71 ~

Le texte en PDF :
Le_communisme_de_Kropotkine_par_Marie_Goldsmith

Le communisme de Kropotkine

M. Korn / Marie Goldsmith

1931

Texte écrit pour le 10ème anniversaire de la mort de Kropotkine par une de ses proches amies et collaboratrices, la biologiste russe Marie Goldsmith. Le texte fut initialement publié en russe.

Traduit de l’anglais par Résistance 71 

Février 2023

Ce fut pour le développement de la théorie du communisme anarchiste que Kropotkine pensa être le plus contributeur au sein de l’anarchisme. De fait, que fut l’idéal économique du mouvement anarchiste avant que Kropotkine ne publie toute une série d’articles célèbres dans le journal “Le révolté” en 1879, articles qui furent ensuit compilés dans le libre “Paroles d’un révolté” ?

Au temps de la formation de l’Internationale, les doctrines socialistes avaient été développées selon deux lignes : le communisme d’état et le proudhonisme. Les communistes cherchèrent à concentrer le pouvoir économique dans les mains de l’État et de structurer la vie sociale de manière militaire : discipline stricte, “détachements” et “armées du travail”, consommation collective obligatoire, dans un environnement de caserne etc. Le communisme d’un Louis Blanc et Étienne Cabet était précisément ce type de “communisme de guerre”, qui proclamait sans doute le principe de “ à chacun selon ses besoins”, mais les besoins de chacun devant être décidés d’en haut, par un système de “réallocation”

Un tel arrangement social ne pouvait pas, bien entendu, satisfaire les esprits libres et Proudhon mit en avant un arrangement de type différent, opposé. Il fonda le système économique du futur sur la notion d’égalité et de réciprocité : la production et l’échange étaient ancrées sur des principes coopératifs voyant des membres de la société échanger des services et des produits de valeur égale. Les privilèges du capital se voyant ainsi annihilés, mais la propriété privée dans le sens où elle ne pouvait être utilisé que pour le travail, continuerait et la notion de sa mise en commun ne rentre pas dans cet arrangement.

Aussi loin que dans les premières années de l’Internationale, les deux idéaux échouèrent de satisfaire les socialistes avancés et, au cours des congrès qui se tinrent en 1867 et 1868, le principe de propriété publique (par opposition à l’État) de la terre et des instruments de production fut adopté. Dans les années qui suivirent, au faîte de l’activité de Bakounine, cette idée fut développée plus avant pour constituer, sous le nom de collectivisme, le programme économique de la partie fédéraliste de l’Internationale. La signification originelle du mot “collectivisme” souffrit par la suite de diverses altérations, mais à cette époque, cela signifiait : “possession publique (collective) de la terre et des instruments de production ainsi que l’organisation de la distribution au sein de chaque communauté anarchiste de la fédération, ce en accord avec les préférences des membres de cette communauté.” Les membres de l’Internationale définirent alors le “collectivisme” comme un communisme fédéraliste non étatique, se distançant ainsi du communisme d’état centralisé professé par les Babeuf, Blanc, Cabet, Marx et leurs suiveurs.

C’est ce que Bakounine voulut dire lorsqu’il dit au congrès : “Je ne suis pas un communiste, je suis un collectiviste.” Lorsque les “collectivistes” de l’Internationale proclamèrent le principe : “A chacun selon son travail”, ils ne voulurent pas dire que le travail serait évalué et récompensé par quelqu’un ; ils voulurent simplement dire que le travail ne serait pas exploité et que tous les produits du travail seraient utilisés au bénéfice des travailleurs. Comment ces produits seraient distribués demeurait une question ouverte, laissée aux soins de chaque communauté.

Mais, alors que le développement des idées avançait, le collectivisme sous cette forme devint insatisfaisant et la pensée des membres de l’Internationale commença à rechercher une réponse définitive à la question ouverte, une réponse qui serait compatible avec le principe de l’absence de force coercitive, de pouvoir d’état dans la société. Une idée fut proposée que la seule chose qui pourrait guider la distribution serait les besoins de chacun et que l’évaluation exacte du travail de chaque participant était en fait une chose impossible. En 1876, la Fédération Italienne de l’Internationale parla en faveur du “communisme anarchiste” à son congrès de Florence et, quatre ans plus tard, la Fédération du Jura, la plus influente, en arriva à la même décision (au congrès  de Chaux-de-Fonds de 1880).

A ce congrès, le vieux “collectivisme” qui ne faisait que proclamer la communalisation de la terre et des instruments de travail rencontra une nouvelle idée, celle du communisme anarchiste défendue par Kropotkine, Elisée Reclus et Carlo Cafiero, comme étant la seule idée compatible avec un système sans État.

La nouvelle idée triompha et depuis cette époque, le communisme est entré dans la vision anarchiste du monde comme en fait partie inséparable, du moins aux yeux d’une vaste majorité d’anarchistes. Nous devons donner crédit au développement de cette idée sur une base de données tirées de la science et de la vie pratique à Pierre Kropotkine. C’est grâce à lui que l’anarchisme possède ce principe économique guide et fondateur.

BDsloganA

Le communisme de Kropotkine émerge de deux sources : d’un côté, de l’étude des phénomènes économiques et de leur développement historique et d’un autre côté, de l’idéal social d’égalité et de liberté. Sa recherche scientifique objective et sa recherche passionnée pour une formation sociale dans laquelle pourrait prendre corps un maximum de justice, tout cela le mena à la même solution : le communisme anarchiste.

Au cours des siècles, pas à pas, par le travail d’un nombre incalculable de générations, par la conquête de la nature, par le développement des forces productives, par l’amélioration de la technologie, l’humanité a accumulé une grande quantité de richesse depuis les champs fertiles, des entrailles de la terre, dans les villes vibrillonnantes. Un grand nombre d’amélioration technique l’ont rendu possible en facilitant la réduction du travail humain, les plus larges besoins peuvent être satisfaits de mieux en mieux. Ceci est parce qu’une petite poignée de personnes ont tout saisi de ce qui est nécessaire pour créer cette richesse, la terre, les machines, les moyens de communication, d’éducation, de culture, etc, ces possibilités demeurent sans jamais avoir été transcrites dans la réalité.

Toute notre industrie, dit Kropotkine, notre production totale, s’est embarquée sur une mauvaise voie : au lieu de servir les besoins de la société, elle n’est guidée que par le seul intérêt du profit. Ainsi donc les crises industrielles, la concurrence, et la lutte pour un marché contre ses inévitables compagnons, des guerres constantes. Le monopole d’une toute petite minorité s’étend non seulement aux biens matériels, mais aussi aux gains de la culture et de l’éducation (NdT : en 2022, moins de 1% de la population mondiale détient plus de 50% de toute la richesse sur cette planète…) ; la mise en esclavage économique de la vaste majorité rend la véritable égalité et la véritable liberté impossibles et empêche les gens de développer des sentiments sociaux et comme toute cette voie et mode de vie est basée sur des mensonges institutionnalisés, tout cela rabaisse leurs standards moraux. (NdT : que vont faire les gens à la traîne de leaders qui passent leur vie à mentir et tromper ? Que peut-on attendre d’une société dont le standard de base est le mensonge, la duperie, l’escroquerie et le crime en bande organisée institutionnalisée ?…)

Ajustée à cette situation des plus anormales, l’économie politique moderne, d’Adam Smith à Karl Marx, suit, dans sa totalité, une fausse route : cela commence avec la production (accumulation de capital, rôle des machines, division du travail etc…) et seulement après passe à la consommation, c’est à dire à la satisfaction des besoins humains ; alors que si cela se faisait de la façon dont cela devrait se faire, par la physiologie de la société humaine, elle “étudierait les besoins réels de l’humanité et les moyens de les satisfaire avec le moindre coût en gaspillage d’énergie humaine.” On doit toujours garder présent à l’esprit que “le but de toute production est de satisfaire un besoin.” (NdT ; et non pas un désir induit…)

Oublier cette réalité, cette vérité mène à une situation qui ne peut en rien durer :

Sous peine de mort qui s’est déjà produite dans bien des états de l’antiquité, les sociétés humaines sont forcées à retourner aux principes premiers : les moyens de production étant le fruit du travail collectif de l’humanité, ils doivent être propriété collective ; l’appropriation individuelle n’est ni juste, ni utile à quoi que ce soit. Toutes choses appartiennent à tout le monde, car tout le monde en a besoin et que tout le monde travaille selon sa force pour les produire et comme il n’est pas possible d’évaluer la véritable part de la production de chaque individu dans la richesse du monde… Oui, tout appartient à tout le monde ! 

Dans cette somme totale de richesse sociale, Kropotkine voit la façon de distinguer entre les instruments de production et les commodités, une distinction qui caractérise les écoles socialistes de type social-démocrate. Comment peut-on séparer l’un de l’autre, spécifiquement dans une société civilisée ?

Nous ne sommes pas des sauvages capables de vivre dans les bois sans autre abris que des branches… Pour le travailleur, un logis proprement chauffé et éclairé est autant un instrument de production que sa marchine-outil. Le même argument s’applique même d’avantage à la nourriture de manière évidente. Les soi-disants économistes auxquels nous parlons ne nieraient sans doute pas que le charbon brûlé dans une machine est aussi nécessaire à la production que les matières premières de coton ou de minerai de fer. Comment donc la nourriture, sans laquelle la machine humaine ne pourrait faire un effort, pourrait elle être exclue de la listes des choses indispensables à la production. La même chose est vraie pour l’habillement et tout le reste.

La distinction entre les instruments de production et les commodités, artificiellement établie par les économistes, non seulement ne tient pas la route de la critique logique, mais ne peut pas non plus être mise en pratique. “ Dans notre société, tout est si étroitement interconnecté, qu’on ne peut pas toucher à quelque chose sans toucher aux autres choses.”

Au moment de la transformation de l’ordre capitaliste en une formation socialiste, l’expropriation doit affecter absolument toute chose : des demies-mesures ne feront que causer de graves perturbations dans la société en dérangeant ses routines et ne fera que mener au mécontentement général. On ne peut pas par exemple retirer les terres des mains des propriétaires terriens (NdT : essentiellement aujourd’hui les banques) et laisser les usines en possession des capitalistes. On ne peut pas non plus laisser les usines aux ouvriers en laissant le système financier et bancaire en l’état. “Il n’est pas possible pour une société de s’organiser en suivant deux principes contraires… Kropotkine condamne toute rémunération du travail, tout achat et toute vente.

abolitionsalariat

Il est impossible de récompenser tout le monde pour son travail sans exploiter ce travail et violer la justice. Tous les systèmes socialistes établissant une rémunération en proportion du travail (que ce soit en argent, en chèques/bons de travail ou quoi que ce soit d’autre) font une concession essentielle à l’esprit capitaliste. Au premier abord, cela semble être un paradoxe. “En fait, écrit Kropotkine dans sa critique du salariat, “dans une société comme la notre, dans laquelle plus les gens travaillent et moins ils sont rémunérés, ceci à première vue pourrait passer pour une plaidoirie envers la justice, mais ce n’est en fait que la perpétuation d’injustices passées.

Ce fut par la vertu de ce principe que commença le salariat : ’à chacun selon ses actions’, pour finir dans cette inégalité aveuglante et toutes les abominations de la société actuelle. Du premier jour où le travail fut récompensé en monnaie ou toute autre forme de salaire, du premier jour où il fut accordé que les travailleurs ne recevraient que le salaire qu’ils pourraient gagner , toute l’histoire de la société capitaliste aidée par l’État fut aussi bonne qu’elle fut écrite…

Les services rendus à la société, que ce soit le travail en usine ou dans les champs ou l’apport des services intellectuels, ne peuvent pas être monétisés. Il ne peut pas y avoir de mesure exacte de la valeur (de ce qui est faussement dénommé la “valeur d’échange”) ni de la valeur d’usage en rapport de la production… Nous pourrions dire que tout travailleur qui durant sa vie s’est privé de dix heures par jour de loisir, a donné plus à la société que celui qui s’est privé de 5 heures par jour ou qui ne s’est pas privé du tout. Mais nous ne pouvons pas prendre la quantité de travail fournie durant deux heures par un travailleur et dire que cela vaut deux fois plus que celui d’un autre qui ne travaille qu’une heure et rémunérer les travailleurs en proportion. Ceci nous ferait ignorer tout ce qui est complexe dans l’industrie, l’agriculture, l’artisanat et dans toute la vie de la société actuelle. Ce serait ignorer que le travail produit par un travailleur aujourd’hui est le résultat d’un travail présent et passé de la société humaine dans sa totalité. Cela voudrait dire que nous nous penserions vivre à l’âge de pierre alors que nous vivons dans l’âge de l’acier.

Donc, Kropotkine ne reconnaît aucun réel fondement à la théorie de la valeur du travail qui joue, nous le savons, le rôle le plus essentiel dans l’analyse économique marxiste. De la même manière, il ne reconnaît pas la distinction entre le travail simple et le travail avancé demandant plus de spécialisation, distinction à laquelle quelques mouvements socialistes souscrivent. Sur la base de la théorie de la valeur de Ricardo et de Marx, ils essaient de justifier scientifiquement de cette distinction en argumentant qu’entraîner un technicien coûte plus à la société qu’un simple ouvrier, que le coût de production du premier est plus important. Kropotkine lui, argumente que la colossale inégalité qui existe à cet égard dans la société moderne n’est pas créée par le “coût de production” mais par l’existant monopole de la connaissance : la connaissance constituant une sorte de capital qui peut être plus facilement exploité parce qu’un salaire plus élevé pour un travail plus qualifié est souvent juste une question de profit calculé par l’entrepreneur. Kropotkine pense que maintenir ces distinctions dans une société socialiste, même considérablement arrangées, est extrêmement dangereux parce que cela voudrait dire que “la révolution reconnaît et cautionne comme principe un fait brutal auquel nous nous soumettons de nos jours, mais que nous n’en trouvons pas moins injuste.

En général, le principe d’évaluation et de rémunération du travail doit être abandonné une fois pour toute. Si la révolution sociale ne le fait pas, dit Kropotkine, cela mettra un obstacle à plus de développement de l’humanité et maintiendra le problème irrésolu que nous avons hérité du passé.

Si la classe moyenne pourrit, si nous nous sommes fourvoyés dans une impasse de laquelle nous ne pouvons pas émerger sans attaquer les vieilles institutions avec des torches et des haches, c’est précisément parce que nous avons trop calculé ; parce que nous nous sommes laissés influencer à donner pour recevoir, parce que nous avons eu pour but de transformer la société en un gigantesque commerce fondé sur le débit et le crédit.

Ainsi, Kropotkine appelle au courage de pensée, au courage de construire un nouveau monde sur de toutes nouvelles fondations. Et à cet égard, il est d’abord nécessaire de “mettre les besoins des gens avant leur travail”, il est nécessaire de “reconnaître et de crier haut et fort que tout le monde, quelque soit le statut dans la vieille société, fort ou faible, capable ou incapable, a avant toute chose le droit de vivre et que la société est tenue de partager entre tous, tous les moyens d’existence à sa disposition.

“N’ayons aucune limite à ce que la communauté possède en abondance, mais un partage équitable et une division de ces commodités qui sont par nature plus rares ou plus aptes à devenir rares.”

constatA

Mais qu’est-ce qui doit nous guider lorsque nous établirons ces limites nécessaires ? Qui va devoir les endurer ? Il va sans dire que Kropotkine ne peut pas accepter l’existence de différentes catégories de citoyens fondées sur leur “valeur”, économique ou politique, dans la société ; il ne peut pas non plus accepter toute importance que ce soit de leur position sociale présente ou passée.

Sa mesure est bien plus simple et bien plus humaine , c’est la seule mesure humaine : des privilèges sont accordés à ceux qui ont le plus de mal à endurer le manque : les faibles et les malades, les enfants et les personnes âgées. Ceci est si naturel, si compréhensible pour chacun que, sur cette base, il n’est pas difficile d’en venir à un accord mutuel sans qu’il y ait confrontation ni coercition.

Ainsi donc, au cœur même de la nouvelle société, il y a le travail volontaire et le droit de chacun de vivre. Ceci soulève immédiatement pas mal de questions. Une telle société communiste ne serait-elle pas une société de gens affamés et destitués ? Est-ce que la productivité ne chuterait pas en l’absence de cet éperonnage toujours présent de la faim ? Kroptkine au contraire, montre par un certain nombre d’exemples à quel point la productivité humaine a toujours augmenté lorsque le travail est devenu relativement libre : après l’abolition des droits féodaux en France en 1792, après l’abolition de l’esclavage des noirs en Amérique et après la destruction du servage en Russie.

Et, sur une plus petite échelle, tous les exemples de travail libre collectif dans les villages russes, suisses et allemands, dans les associations coopératives des travailleurs, parmi les pionniers aux Etats-Unis, les Russes Doukhobors au Canada, les communautés Mennonites etc, etc… montrant une telle productivité, une telle surcharge d’énergie dans les travailleurs, qu’aucune entreprise utilisant le système du salariat ne peut rivaliser.

(NdT : A Résistance 71, nous disons depuis bien des années que l’argent, le salariat, sont en fait des FREINS avérés au véritable progressisme de la société humaine. L’argent et ses conséquences relationnelles de concurrence, empêchent bien des développements par blocage de projets parce que telle ou telle partie ne pourrait pas en profiter…Pour les fanas de l’exploration spatiale dont nous me sommes pas, sans le rapport au fric et le monopole de quelques uns, nous serions déjà sur Mars…)

Le travail salarié est un travail servile, qui ne peut pas et n’est pas supposé rapporter tout ce dont il est capable. Il est grand temps de mettre un terme à cette histoire de salaires comme étant le meilleur moyen d’obtenir un travail productif.  Si l’industrie d’aujourd’hui produit des centaines de fois plus qu’elle ne le fit à l’époque de nos ancêtres, nous le devons au développement rapide de la connaissance en physique et en chimie à la fin du siècle dernier ; ceci n’est en rien dû au système capitaliste du salariat, mais de fait, malgré lui.

C’est la liberté qui est capable d’augmenter la productivité au travail, alors que toutes autres mesures, toute pression d’en haut, que ce soit sous la forme de mesure disciplinaires ou de salaires à la pièce, tout cela a l’effet inverse. Ces mesures ne sont que des vestiges de l’esclavage et du servage, quand les propriétaires terriens russes se disaient entre eux que les paysans étaient des fainéants et qu’ils ne travailleraient pas la terre s’ils n’étaient pas surveillés.

Et ne voyons-nous pas en Russie une brillante confirmation des mots de Kropotkine : la productivité chute, le pays glisse dans la pauvreté alors que les mesures disciplinaires ont drastiquement augmenté, transformant le pays en casernes et les travailleurs en soldats mobilisés ? (NdT : ceci est écrit rappelons-le en 1931 sous Staline…)

Puis, il y a une autre question : supposons que le communisme soit capable d’assure le bien-être et même la richesse dans la société, mais cela ne tuerait-il pas aussi la liberté individuelle ? Le communisme d’état le fera, répond Kropotkine, mais pas le communisme anarchiste.

Le communisme, comme institution économique, peut prendre toutes les formes, de la liberté individuelle totale à la mise en esclavage de tous.” Mais toute autre forme économique est pire parce que cela demande l’existence d’un pouvoir coercitif : quand propriété et salariat sont préservés, certains deviennent dépendants d’autres et les privilèges ainsi créés doivent être gardés par la force contre une réaction potentielle d’une autre partie désavantagée de la société. Non seulement le communisme n’est pas un conflit avec la liberté individuelle, mais au contraire, “sans communisme, l’Homme n’attendra jamais le plein développement de sa personnalité, ce qui est peut-être le plus ardent désir de tout être vivant pensant.”

gilets-jaunes-pouvoir_au_peuple

Le communisme, du moins en relation avec les nécessités de la vie, constitue la solution vers laquelle la société moderne se dirige pas à pas et dans une société civilisée, le seul communisme possible est celui proposé par les anarchistes, c’est à dire un communisme sans autorité. Tout autre forme de communisme est impossible, non viable, nous l’avons dépassé. Le communisme dans son essence, présuppose l’égalité de tous ses membres des communes et donc nie le pouvoir coercitif (NdT: historiquement séparé du corps social par nécessité) D’un autre côté, aucune société anarchiste d’une certaine taille n’est concevable sans qu’elle ne commence par donner à tout le monde un certain niveau de confort de vie, obtenu conjointement par toutes et tous. Ainsi donc les concepts de communisme et d’anarchie sont de fait totalement complémentaires…

Des objections sont mises en avant contre le communisme entre autre, sur la base de l’échec souvent éprouvé de bon nombre de sociétés communistes, communautés religieuses ou colonies socialistes. Les deux souffrent de défauts qui n’ont rien à voir avec le communisme et ce sont par ces défauts que ces deux sociétés périssent. En premier lieu, Kropotkine fait remarquer qu’elles sont souvent trop petites et non-connectées ; leurs membres, par la force des choses, vivent une vie artificielle dans une sphère d’intérêts trop limitée. Ces communautés le plus souvent se retirent de la vie du reste de l’humanité, de ses luttes et de ses progrès.

De plus, elles demandent toujours la complète subordination de leurs membres au collectif : la vie de tout à chacun est contrôlée, ils ne s’appartiennent jamais à eux-mêmes, tout leur temps est absorbé par la communauté. C’est pourquoi les personnes un peu indépendante par nature, surtout les jeunes, finissent par fuir ces communautés. S’il est vrai que la plupart des gens conçoivent travail et relations sociales en communauté, il n’en va pas de même pour le temps libre et la vie privée où les moments intimes sont et doivent être privilégiés.

[…]

YY_anar

Par essence, note Kropotkine, les objections au communisme anarchiste soulevées par les autres branches socialistes ne sont pas fondamentales et pratiquement tout le monde reconnaît le communisme anarchiste comme un idéal à atteindre. Après tout, les marxistes aussi mentionnent la disparition de l’État suivant la disparition des classes comme un projet futur. Le communisme anarchiste est souvent rejeté sur la base de sa soi-disante “nature utopiste”. La majorité des socialistes ne conçoivent pas la possibilité d’une transition directe du capitalisme à un communisme anarchiste et ne focalise pas leur travail pratique sur cela mais sur une forme de vie économique qui, de leur point de vue, serait réalisée pendant une période de transition inévitable. (NdT : appelée de la très vague et jamais vraiment définie “dictature du prolétariat”..) Kropotkine n’a pas cherché à prouver que le communisme anarchiste serait immédiatement implanté dans sa forme parfaite, mais il a posé la question de la période transitoire de manière différente.

Mais nous devons nous rappeler que toute discussion des transitions qui devront être faites sur le chemin du but à réaliser, sera inutile à moins d’être basée sur l’étude de ces directions, ces formes rudimentaires transitoires qui émergent déjà.” Et là, Kropotkine pointe vers ces directions qui mènent exactement au communisme. Il y a un grand nombre d’exemples et de preuves de tout ceci , nous référons le lecteur au texte.

Cela ne fera pas de mal de rappeler une autre expression. Nous savons tous à quel point l’extrême optimisme de Kropotkine est mentionné, par certains avec une certaine condescendance (“idéaliste, grand homme !”) et avec censure par d’autres. De fait, ils disent qu’un tel système social ne demande pas une personne moderne, mais quelqu’un de bien plus moralement avancé. Ils mettent de côté toute pensée de ceci jusqu’au moment où les gens vont se développer d’une façon inconnue. Oui, bien sûr Kropotkine croit en l’Homme, dans le peuple, spécifiquement dans sa capacité à développer et ces aspects de socialité et de solidarité inhérents à sa nature ; mais ce type d’optimisme n’est-il pas une caractéristique indispensable pour toute personne de progrès, révolutionnaires et réformistes ? Après tout, cet argument que l’Homme est imparfait, que les gens sont “immatures”, qu’ils sont sauvages et ignorants, incapables de se gérer sans être surveillés etc a toujours été du domaine des conservatismes de tout bord, des défenseurs de l’ordre établi contre toute tentative de libération, d’émancipation.

Mais les progressistes ont toujours su que pour élever le peuple à être meilleur, plus développé, plus savant, ils doivent d’abord s’élever à de meilleures conditions de vie ; que l’esclavage ne peut jamais vous enseigner d’être libre et que la guerre de tous contre tous ne peut jamais générer des sentiments humains.

La même chose est vraie ici : seul le système anarchiste peut produire des anarchistes accomplis comme Kropotkine le fut et comme quelques autres aujourd’hui. Ainsi donc, il est nécessaire de travailler en ce sens, d’avancer dans cette direction sans attendre que la qualité des gens ne s’élève ; les gens vont grandir alors que la liberté et l’égalité dans les formations sociales s’étendent. Et ce ne sont certainement pas les socialistes ni les gens du futur, qui puissent jamais avoir le droit d’utiliser l’argument que les masses sont imparfaites et non préparées.

R71_slogan

Le communisme anarchiste de Kropotkine est endossé par une vaste majorité d’anarchistes, mais pas par tous. Il y a les anarchistes individualistes, certains d’entre eux sont des soutiens de la propriété privée, tandis que d’autres n’ont que peu de préoccupation pour toute organisation sociale future, concentrant leur attention sur la liberté intérieure d’un individu dans quelque ordre social que ce soit, il y a aussi les anarchistes proudhoniens (NdT : fédéralistes, mutualistes). Mais le fait que le communisme anarchiste soit accepté par tous ceux impliqués dans la lutte sociale de notre temps, essentiellement dans le mouvement des travailleurs, n’est ni une coïncidence, ni une question de succès temporaire d’une idée sur une autre.

Seul le communisme fournit le fil de guidage dans la résolution d’une série de problèmes de construction positive, parce qu’il constitue la condition nécessaire pour que soit rendue possible une société sans État. Tous les autres systèmes anarchistes sont minés par des contradictions internes insolubles ; seul le communisme anarchiste remplit les deux requis que sont la consistence théorique et ce qui peut mener à la création de programmes pratiques.

Le texte en PDF :
Le_communisme_de_Kropotkine_par_Marie_Goldsmith

Biographie de l’auteure

Marie Goldsmith (1871 – 1933), alias M. Korn et M. Isidine, était une biologiste anarchiste russe, qui passa l’essentiel de sa vie en France. Elle fut une amie proche et collègue de Pierre Kropotkine et traduisit bon nombre de ses publications en français et en russe durant leurs vies. Leur correspondance a même révélé qu’il y eut des plans pour que Goldsmith l’aide à assembler un second volume de son “Entraide, facteur de l’´évolution”. Bien que tristement oubliée depuis son décès précoce, la vie et le travail de Goldsmith font maintenant l’objet d’un projet de recherche visant à ramener ses écrits biologistes et anarchistes au XXIème siècle. Pour plus de détail, visiter le site (en anglais) : mariegoldsmith.uk.

AVT_Petr-Alekseevitch-Kropotkine_244
Pierre Kropotkine (1842-1921)

= = =

Lectures complémentaires :

Pierre Kropotkine sur Résistance 71 :

La page “Pierre Kropotkine, anarchisme, entraide et évolution”

« Communisme et anarchie, 2 parties », Pierre Kropotkine

“Le prince de l’évolution”, Lee Alan Dugatkin

« L’action anarchiste dans la révolution française »

“La morale anarchiste”, Pierre Kropotkine

“La conquête du pain”, Pierre Kropotkine

“L’anarchie dans l’évolution socialiste”, Pierre Kropotkine

“Lettre de Kropotknie à Max Nettlau”

“L’anarchisme et la science moderne”, Pierre Kropotkine

“L’entraide, un facteur de l’évolution”, Pierre Kropotkine

“L’inévitable anarchie”, Pierre Kropotkine

“Champs, usines et ateliers”, Pierre Kropotkine

“La Commune de Paris 1871”, Pierre Kropotkine

Autres textes qui ne sont pas en PDF

Aussi, il n’y a pas d’auteur et de pensée plus complémentaires à celle de Kropotkine que Gustav Landauer que nous vous invitons à (re)découvrir :

Gustav Landauer et la société des sociétés organique

Compilation essentielle PDF Gustav Landauer

Nos manifeste pour la société des sociétés de 2017 et la synthèse d’anthropologie politique qui s’ensuivit en 2019-20 puisent profondément entre autre, dans les pensées et visions émancipatrices de Pierre Kropotkine et Gustav Landauer.

GJ_vive_la_commune

Cobra_soleil
Et dans une aube nouvelle,
Le peuple se dressa.

GJ_RP2

L’esprit du peuple…

SlogBD5

SlogBD6

Banques, Showbiz, Cocaïne, OTAN, Russie, Ukraine et 3ème guerre mondiale (Résistance 71)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, économie, colonialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, guerre ukraine, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, presse et média, résistance politique, santé et vaccins, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état, Union Europeenne et nouvel ordre mondial with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 30 janvier 2023 by Résistance 71

GL_acronyme

Résistance 71

30 janvier 2023

Suite à l’excellente analyse historique d’Annie Lacroix-Riz sur le recyclage des nazis ukrainiens par les Etats-Unis, que nous avons relayée hier, nous désirerions résumer la situation ukrainienne comme suit :

Après un coup d’état (Maïdan 2014) éjectant un gouvernement ukrainien trop « pro-russe » au goût de l’empire marchand anglo-americano-sioniste, les nazillons locaux réhabilités ont mené une guerre ethnique contre les populations russophones de l’Est de leur pays, menant à la sécession des provinces du Donbass. Celle-ci sont bombardés depuis maintenant près de 10 ans par les forces nazies ukrainiennes (appelons un chat un chat…).

La répression contre le Donbass fut grandissante et calibrée pour provoquer l’intervention russe de février 2022. Ceci ne put se produire que par l’entremise de l’élection en 2019 d’un pitre du showbiz ukrainien (voir ci-dessous) comme président du pays. Manipulable à souhait, cocaïnomane avéré, et egomaniaque pathétique, l’occident est abreuvé depuis l’an dernier de ses gesticulations guerrières et de ses plaidoiries pleurnichardes, mendiant aides financière et militaire, ne faisant que remplir ses comptes offshores et ceux de sa clique au pouvoir.

En ce début d’année 2023, l’escalade, via une Allemagne redevenue des plus belliqueuses, alors que les Yankees ont saboté leur source majeure d’importation de gaz (les gazoducs Nordstream I et II), nous mène une nouvelle fois au bord de a guerre mondiale, cette fois-ci nucléaire. Tout ça, une fois de plus pour engrosser les rats de la haute finance et du gros business et ruiner une Europe seule concurrente immédiate de l’empire anglo-américain dirigé depuis la City de Londres er sa succursale de Wall Street.

Toutes les guerres sont des guerres de commerce, qui engraissent la même pourriture du monde marchand et financier au détriment des peuples, ce depuis des siècles. Aujourd’hui, les banquiers ont décidé de la troisième guerre mondiale pour redonner un souffle vain et futile au système étatico-marchand moribond, en se servant d’une petite pute du showbiz servile et déconnectée. Ukrainiens et Russes se battent pour des intérêts une fois de plus de pouvoir marchand et de contrôle d’influence. Halte à la connerie !

Quand comprendrons-nous ? Le problème c’est le système étatico-marchand que nous devons éradiquer au plus tôt… Il en va simplement maintenant de la survie de l’humanité. Si nous laissons faire ces dégénérés, c’en est fini de nous.
A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent ! A bas le salariat !
Mais on nous propose de tous crever pour ça :

Zelensky_Kokaine

zelensky_pute_showbiz

zelensky_pute_showbiz1

Schwab_et_papa

clowns-rois

ukr_neonazis4

VRAIMENT…

ukr_neonazis2

Bandera_nazi2

C’EST ÇA QUE VOUS VOULEZ ??…

ApocalypseNow1

ON VA BRONZER ALORS…

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

5 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Société des sociétés organique avec Gustav Landauer

FTBs

Par la spiritualité nous vaincrons… Repenser l’apocalypse, un manifeste indigène anti-futuriste (Collectif Indigenous Action)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 24 janvier 2023 by Résistance 71

capitalism-is-a-virus-colonialism-is-a-plague-663x1024

Repenser l’apocalypse

Un manifeste indigène anti-futuriste

Indigenous Action

Mars 2020

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

…Ceci est une transmission depuis un futur qui n’arrivera pas. D’un peule qui n’existe pas…

“La fin est proche. Ou est-elle venue et repartie auparavant ?”
– Un ancêtre ~

Pourquoi peut-on imaginer la fin du monde et pas la fin du colonialisme ?

Nous vivons le futur d’un passé qui n’est pas le notre.

C’est l’histoire de fantasmes utopiques et d’une idéalisation apocalyptique.

C’est un ordre social global pathogène du futurs imaginés, construit sur le génocide, la mise en esclavage, l’écocide et la ruine totale.

Quelles conclusions peuvent se réaliser dans un monde construit sur des ossements et des métaphores vides de sens ? Un monde de finalités fétichisées calculées parmi la fiction collective de spectres virulents. De tomes religieux à un spectacle scientifique fictif, chaque ligne de temps imaginée construite de manière si prévisible : un début, un milieu et éventuellement… une fin.

Inévitablement dans ce narratif, il y a un protagoniste combattant un Autre, ennemi et attention… ce n’est ni vous ni moi. Tant de gens s’apprêtent avidement à être les derniers survivants de “l’apocalypse zombie”. Mais tout cela n’est que métaphores interchangeables, cet Autre / Zombie, cette apocalypse.

Ce ne sont que des métaphores vides, cette linéarité n’existe que dans le langage des cauchemars, elles fait partie d’emblée de l’imagination et de l’impulsion apocalyptiques.

Cette façon de “vivre” ou cette “culture”, est celle de la domination qui consomme tout pour son propre bénéfice. C’est une réorganisation économique et politique pour se calquer sur une réalité reposant sur les piliers de la concurrence, de la propriété et du contrôle dans le but du profit et de l’exploitation permanente. Elle professe la “liberté” et pourtant son fondement même est basé sur des terres volées alors que sa structure même est construite sur des vies volées.

C’est cette même culture qui doit toujours avoir Un Autre Ennemi, pour le blamer, pour pouvoir réclamer, affronter, assassiner et réduire en esclavage.

Une ennemi sous-homme que toutes formes de violence ne sont pas seulement attendues pour le vaincre, mais fortement encouragées. S’il n’y a pas d’Autre immédiat, alors la “culture” en construit un de toutes pièces. Cet Autre n’est pas construit de la peur mais sa destruction est motivée par celle-ci. Cet Autre est constitué d’axiomes apocalyptiques et de misère permanente. Ce monde Autre, cette maladie de weitko, est peut-être le mieux mis en évidence dans son plus simple stratagème, dans le silence de la refabrication :

Ils [les ennemis] sont sales, ne méritent pas de vivre, ils sont incapables, inutiles ; ce sont des non-croyants, des impis, ils n’en valent pas la peine, n’ont aucune valeur ; ils sont faits pour que nous en profitions, ils détestent notre liberté ; ils sont ignorants, mal documentés ; ils sont noirs, indigènes ; ce sont des moins que rien, ils sont contre nous jusqu’à ce que finalement, ils n’existent plus.

Avec ce mantra constant de violence, on ne peut comprendre qu’une chose : c’est vous ou eux…

C’est toujours l’Autre qui est sacrifié à une continuité cancéreuse et immortelle. C’est l’Autre qui est empoisonné, bombardé et abandonné dans le silence sous les gravas.

Cette voie de non-être, qui a infecté tous les aspects de nos vies, qui est responsable de l’annihilation d’espèces entières, de l’empoisonnement des eaux et des océans, de l’air et de la terre, des abattages massifs de forêts, de l’incarcération de masse, de la possibilité technologique d’une fin du monde par les armes, de la pollution généralisée, voilà la politique mortelle du capitalisme, elle est là la pandémie.

“Cher colon,
Ton futur est terminé.”
~ Un ancêtre ~

Indigenous-Action-Podcast1

Une fin qui s’est déjà produite

L’invasion physique, mentale, émotionnelle et spirituelle de nos terres, de nos corps et nos esprits afin de s’établir et d’exploiter, est le colonialisme. Des navires ont fait voiles sous des vents empoisonnés et des marées sanglantes à travers les océans les ont poussés d’un souffle court et mis en place l’entrave, des millions et des millions de vies furent tranquillement éteintes avant même qu’elles ne puissent nommer leur ennemi. 1492, 1918, 2020…

Des couvertures infectées de germes en guise de guerre biologique, le massacre de notre frère le bison, la damnation polluante de nos rivières donneuses de vie, l’incendie d’une terre immaculée, les marches forcées de déportation, l’emprisonnement suivant des traités scélérats et jamais respectés, une éducation coercitive par l’abus et la violence.

L’humiliation quotidienne d’après-guerre (indienne), post génocide dans les postes avancés du commerce, notre lent suicide sur l’autel du capitalisme. Travaillez, payez vos loyers, buvez, baisez, reproduisez, prenez votre retraite et mourrez. C’est sur la route, c’est en vente sur les marchés indiens, servir les boissons dans les casinos, Les Indiens laissés pour compte.

Ce sont les cadeaux des destinées manifestes infectieuses, voilà l’imaginaire futur que nos geôliers voudraient nous voir perpétuer et être parties prenantes. L’imposition sans pitié de ce monde mort fut motivée par une utopie idéalisée, tout ceci fut “pour notre propre bien”, ce fut sans conteste disent-ils “un acte de civilisation”.

“Tuer “l’Indien”, tuer notre passé et avec lui notre futur en “sauvant l’homme”, cet humain en imposant un autre passé débouchant sur un autre futur.

Ce sont les idéaux apocalyptiques d’abuseurs, de violeurs, de racistes et de patriarches. La foi doctrinaire aveugle de ceux qui ne peuvent voir la vie qu’à travers un prisme, un caléidoscope fracturé  d’une guerre totale et sans fin.

Une idée apocalyptique qui colonise nos imaginations et détruit notre passé et notre futur simultanément. C’est une lutte pour dominer le sens de la vie humaine et toute existence.

Voilà le futurisme du colonisateur, du capitaliste. Il est en même temps tout le futur volé par le pilleur, le va t’en guerre et le violeur.

Ceci a toujours été une question d’existence et de non-existence. C’est l’apocalypse actualisée avec pour seule certitude une fin mortelle, le colonialisme est une peste.

Nos ancêtres comprirent bien vite que cette façon d’être ne pouvait pas être ramenée à la raison ni qu’on pouvait négocier avec elle. Qu’on ne pouvait pas faire de compromis ni qu’elle ne pouvait être sujette à rédemption. Ils avaient compris que l’apocalyptique n’existe que dans l’absolu.

Nos ancêtres rêvèrent contre la fin du monde

Bien des mondes s’en sont allés avant celui-là. Nos histoires traditionnelles sont étroitement imbriquées dans la fabrique de la naissance et de la fin de mondes. Au travers de ces cataclysmes, nous avons retenu de nombreuses leçons qui nous ont forgée et fait de nous qui nous sommes et comment nous interagissons avec les autres. Nos façons d’être sont informées de la nature des choses en trouvant l’harmonie de et par la destruction des mondes. L’elliptique naissance, mort, renaissance…

Nous avons une connaissance d’histoires après histoires du monde qui fait partie de nous. C’est la langue du cosmos. Elle parle en prophéties taillées dans les cicatrices où nos ancêtres rêvèrent. C’est la ghostdance, les sept feux, la naissance du bison blanc, la 7ème génération, les cinq soleils, c’est écrit dans la pierre près d’Oraibi et au-delà. Ces prophéties ne sont pas juste des prédictions, elles ont aussi été des diagnostiques et des instructions.

Nous sommes les rêveurs rêvés par nos ancêtres. Nous avons traversé tout le temps entre les respirations et nos rêves. Nous existons avec nos ancêtres et les générations non-nées. Notre futur est au creux de nos mains. C’est notre mutualité et notre interdépendance. C’est notre famille. C’est dans les crevasses de nos souvenirs, gentiment pliés par nos ancêtres. Cette notre Rêverie collective et c’est Maintenant. Jadis, demain, hier.

L’imagination anti-coloniale n’est pas une réaction subjective aux futurismes coloniaux, c’est un futur anti-colon, anti-occupation. Nos cycles de vie ne sont pas linéaires, notre futur existe sans temps ; c’est un rêve non-colonisé.

Ceci est l’anti-futur indigène

Nous ne sommes en rien concernés du comment nos ennemis nomment leur monde de mort ni comment ils nous reconnaissent, nous ou cette terre. Nous ne sommes pas concernés par le re-travail de leurs façons de contrôle de gestion ou d’honorer les accords ou traités morts et enterrés. Nous ne les supplions pas de mettre un terme à ce réchauffement climatique qui n’est que la conclusion de leur impératif apocalyptique ; leurs vies sont construites sur la destruction de notre Terre-Mère.

Nous enterrons la gauche et la droite ensemble dans cette terre qu’ils sont si avides de consumer. La conclusion de la guerre idéologique de la politique coloniale est que les peuples indigènes perdent toujours, à moins que ce ne soit nous qui nous perdions nous-mêmes.

Les capitalistes et les colons ne vont pas nous mener vers leurs futurs de mort.

L’idéalisation apocalyptique est une prophétie auto-réalisatrice. C’est le monde linéaire qui prend fin et se détruit de l’intérieur La logique apocalyptique existe au sein d’une zone morte spirituelle, mentale et émotionnelle qui se cannibalise elle-même. Les morts se lèvent pour consumer toute vie.

Notre monde vie quand le leur cesse d’exister.

En tant qu’anti-futuristes indigènes, nous sommes la conséquence de l’histoire du futur des colonisateurs. Nous sommes la conséquence de leur guerre contre la Terre-Mère. Nous ne permettrons pas au spectre du colon, aux fantômes du passé de hanter les ruines de ce monde. Nous sommes l’actualisation de nos prophéties.

Ceci constitue la ré-émergence des cycles du monde.

Ceci est notre cérémonie.

Entre les cieux silencieux. Le monde respire de nouveau et la fièvre tombe.

La terre est tranquille. Attendant que nous écoutions

Quand il y a moins de distractions, nous allons à l’endroit d’où ont émergé nos ancêtres.

Et leur/notre voix.

Il y a une chanson plus vieille que les mots ici. Une chanson qui guérit et cicatrise plus profond encore que la lame du colon ne puisse jamais couper.

Voilà notre voix. Nous avons toujours été des guérisseurs.. C’est la première des médecine.

Le colonialisme est une peste, le capitalisme une pandémie.

Ces systèmes sont anti-vie, ils ne pourront pas se soigner.

Nous ne permettrons pas à ces systèmes malades et corrompus de guérir.

Nous nous étendrons, nous multiplierons.

Nous sommes les anticorps

Addendum

Dans notre passé / votre futur, ce furent les attaques non-systémiques non linéaires sur l’infrastructure critique vulnérable comme les facilités de gaz, les couloirs de transport, les fournisseurs d’énergie, les systèmes de communication et plus, qui firent du colonialisme d’occupation une impossibilité sur ces terres.

  • Notre organisation était cellulaire, elle n’avait pas besoin de mouvements formels.
  • La pratique de la cérémonie fut et est notre libération, notre libération fut et est cérémonie.
  • Nous avons honoré nos enseignements sacrés, nos ancêtres et les générations à venir.
  • Nous n’avons pris de crédit pour rien. Nous n’avons pas fait de communiqués. Nos actions furent notre propagande.
  • Nous avons célébré la mort de la solidarité gauchiste et de son romantisme apocalyptique myope.
  • Nous n’avons rien demandé des capitalistes / colonisateurs.

= = =

Lectures complémentaires :

“Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”, Steven Newcomb

« Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada », Kevin Annett

Taiaiake Alfred (Ph.D, Mohawk, prof. science politique) sur Résistance 71

« Effondre le colonialisme », Résistance 71

« Nous sommes tous des colonisés », Résistance 71

“Si vous avez oublié les noms des nuages, vous avez perdu votre chemin”, Russell Means

Gustav Landauer

N’oublions jamais…

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

5 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Société des sociétés organique avec Gustav Landauer

Indigenous-Resistance
La colonisation est une peste
Résistance !

Comprendre la réalité pour mieux agir… Quelques lectures bénéfiques en ces temps incertains (Résistance 71)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, démocratie participative, documentaire, gilets jaunes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 23 janvier 2023 by Résistance 71

Lire_diffuser_sans_moderation

Résistance 71

23 janvier 2023

Ci-dessous, quelques PDF de notre bibliothèque que nous pensons être profitables à la compréhension de notre réalité et à l’action que cela doit générer de l’individu en révolte vers le collectif éclairé créant la société des sociétés de demain.
Nous ne mettons pas ces PDF dans un ordre de préférence ou quoi que ce soit, simplement dans l’ordre où tout à chacun peut les trouver dans notre bibliothèque gratuite PDF.
Bonne lecture et merci de diffuser sans modération :

Bonne lecture et merci de diffuser au plus grand large !

AuroreSocieteEmancipee

Les 10 PDF les plus lus sur Résistance 71 en 2022…

Posted in actualité, altermondialisme, documentaire, Internet et liberté, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, société des sociétés with tags , , , , , , on 17 janvier 2023 by Résistance 71

lecture1

« Aujourd’hui ce n’est pas d’être heureux que je cherche, mais d’être simplement conscient. » (Albert Camus)

Résistance 71

17 janvier 2023

Nous remercions au passage Jo pour ses mises en page PDF se perfectionnant au fil du temps et à tous nos lecteurs qui fouillent dans notre bibliothèque PDF et y trouvent les perles de lecture à assimiler et à diffuser au plus grand large. Notre triomphe final, celui de la société des sociétés qui remplacera la pourriture étatico-marchande, passe par une éducation politique, scientifique et spirituelle, qui seule peut balayer l’ignorance institutionnalisée dominante à ce jour, mais qui est en train de passer à la trappe pas à pas. Ce n’est pas le moment de mollir, très bientôt nous publierons une liste de 10 PDF que nous aimerions être plus lus et diffusés à cet effet. Merci de continuer à lire, de vous informer et de diffuser autour de vous. L’éveil est le premier pas du changement et tout chemin, voyage, commence par ce fameux premier pas…

Voici les 10 PDF les plus téléchargés en 2022 depuis notre blog :

1- « Le véritable A. Fauci, Bill Gates, Big Pharma et la guerre globale contre la démocratie et la santé publie » (RFK Jr)
Ce PDF a battu tous les records chez nous depuis la création des PDF avec Jo en 2016.

2-  Un monde sans cancer, l’histoire de la vitamine B17 (G. Edward Griffin)

3- « La pédagogie des opprimés », Paulo Freire

4- Manifeste pour la société des sociétés (Résistance 71 )

5- « Contre les guerres de l’avoir, la guerre de l’être », collectif Guerre de Classe

6- « La théorie russo-ukrainienne de l’origine abiotique profonde du pétrole » (J.F. Kenney)

7- Manifeste pour un futur proche, (Francis Cousin)

8- « SRAS-CoV-2 : l’attaque nano-bio-technologique sur l’humanité depuis 2019 » (Karen Kingston)

9- « Du chemin de la société vers son humanité réalisée » (Résistance 71)

10- quasiment ex-aequo : La City de Londres, au cœur de l’empire (compilation) et Dean Henderson, crochet gauche à l’oligarchie

Verite

Pour l’avènement de la société humaine véritable en corps et en esprit : Compilation PDF essentielle de textes et d’analyses de ce grand penseur spirituel, Gustav Landauer (Résistance 71 et JBL1960)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 13 janvier 2023 by Résistance 71

GL sur R71 cobra

Gustav Landauer, compilation pour une société des sociétés organique et spirituelle (PDF) :
Gustav_Landauer_Ultime_Compilation_pour_une_societe_des_societes

A lire et diffuser sans aucune modération

Résistance 71

13 janvier 2023

Nous espérons que les textes présentés dans cette compilation PDF ci-dessous vous feront comprendre à quel point le pensée pratique de Gustav Landauer résonne (raisonne) toujours si parfaitement quand il s’agit d’envisager la suite de notre histoire. Nous ne le répèterons jamais assez, et il est clair que la situation vécue par le monde dans cette ère de guerres par proxy et de génocide planétaire par armes biologiques ne fait que corroborer ce fait, qu’il n’y a pas et ne saurait y avoir de solution au sein du système. Nous devons en sortir, prendre cette tangente échappatoire du cercle vicieux mortifère étatico-marchand, pour enfin nous retrouver en humanité vraie, dans cette société des sociétés de la complémentarité bien comprise qui ne demande qu’à se réaliser dans cette bascule de l’histoire s’annonçant aussi nécessaire que définitive et si bien pressentie par Gustave Landauer.
L’heure est venue de cesser d’avoir peur et de lâcher prise de ces illusoires futilités présentes pour nous retrouver, frères et sœurs en humanité, de l’autre côté du miroir et des ponts du surhumain. Nous y sommes presque, il suffit de dire NON ! au cirque ambiant, de se tenir par la main et de les traverser pour que naisse enfin cette société des sociétés, réalité affirmée de notre nature ancestrale et universelle la plus profonde. Gustav Landauer avait compris il y a plus d’un siècle, que la nouvelle société, cèle de l’avènement ultime de notre humanité vraie et profonde, sera une société spirituelle. Regardons autour de nous, regardons ces évènements tous plus iniques les uns que les autres pour comprendre que le monde a totalement perdu sa spiritualité. Landauer expliquait il y a plus d’un siècle, que cet esprit, ce « Geist » de la société, quand il est évincé de la société, est remplacé par l’État et ses institutions rigides, violentes et dominatrices. L’esprit de la société ne demande qu’à être ravivé et il suffit de regarder alentour pour comprendre que son heure est venue… Vive la Commune Universelle de notre humanité enfin réalisée.
~ Résistance 71 ~

GL_le visionnaire

Landauer est pour moi celui qui se sera le plus approché de la philosophie amérindienne que les Natifs de l’Île de la Grande Tortue et Nations premières pratiquent au quotidien et même enseignent aujourd’hui un anarcho-indigénisme qui explose complètement le narratif officiel des colons de papier de l’Amérique moderne ; Comme l’a parfaitement analysé Steven Newcomb : « Le style de vie américain est fondé sur un “rêve américain” impérialiste fait de richesses et de fortune obtenues au moyen d’un système de domination qui est utilisé pour abuser et profiter de la Terre, des territoires et des eaux de nos nations originelles. »
Aussi après avoir lu, intégré et conscientisé, l’essentiel de Landauer, il est totalement impossible de laisser dire que l’esclavagiste George Washington ou l’instigateur de l’Indian Removal Act / Loi sur la déportation des Indiens ; Andrew Jackson ou plus près de nous Bill Clinton, Barack H. Obama, Joe Biden tous Présidents du Parti Démocrate qui désigne la Gauche américaine auraient quelque chose à voir avec le socialisme comme exploré par Gustav Landauer.
De la même manière, nous avons ainsi les moyens de démontrer que le National-Socialisme qui porta Hitler au pouvoir avait tout du Nationalisme et absolument RIEN à voir avec le Socialisme…
Enfin, il nous permet de comprendre la (de moins en moins) subtile manipulation des Zélites qui placent à des moments clefs des hommes liges et grandes figures de la Gauche étatique partout dans le monde et même dans le fauteuil élyséen, comme les derniers prétendus socialistes ; Mitterand, Hollande, Macron en alternance avec les hommes de partis ou d’appareils politiques dits de Droite, ce afin de se maintenir, le plus longtemps possible, au sommet de la pyramide.
Nous sommes arrivés à la croisée des chemins, soit continuer de les laisser-faire et c’est fin de partie pour l’Humanité ; Soit réaliser que la société future sera spirituelle et non plus religieuse ou ne sera tout simplement pas ; Soit se rejoindre ICI et MAINTENANT puisque NOUS sommes TOUT COMMENCE
~ JBL1960~

Gustav Landauer, compilation pour une société des sociétés organique et spirituelle (PDF) :
Gustav_Landauer_Ultime_Compilation_pour_une_societe_des_societes

A lire et diffuser sans aucune modération

GL_acronyme

Chapeau bas et merci Dr Louis Fouché, promoteur de la société des sociétés organique dans un entretien avec Epoch Times France (vidéo)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, coronavirus CoV19, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, santé, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologies, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 12 janvier 2023 by Résistance 71

DrLouisFouche1

Résistance 71

12 janvier 2023

Le Dr Louis Fouché est médecin réanimateur des hôpitaux, spécialiste en éthique de la santé, conférencier et écrivain. Il est un des membres fondateurs du Conseil Scientifique Indépendant (CSI) et de l’association ReinfoCOVID, qui ont vu le jour suite aux énormes erreurs (en était-ce vraiment ou est-ce un crime parfaitement planifié ?…) commises par les institutions lors de la crise COVID 19 en France, toujours pas terminée.
Le Dr Fouché et son épouse pharmacienne ont été suspendus sans salaires depuis plus d’un an du fait de leur refus de suivre le protocole d’injections ARNm que nous savons depuis un moment mortifère, imposé pour les personnels de la santé publique, entre autres. Dans cet entretien du 9 janvier 2023 « Tout s’effondre » de plus d’une heure accordé au média indépendant Epoch Times France, il livre les dessous de la turpitude entrepreneuriale hospitalière en France et nous livre son vécu dans et hors du système institutionnel hospitalier, informations des plus instructives.
Entretien à voir et diffuser alentour sans aucune modération, tant il préfigure l’avènement plus avant de ce qui se met déjà en place pas à pas devant l’adversité dans un premier temps et qui deviendra seconde nature sous peu : une société de communes indépendantes, libres, basée sur l’association libre et l’entraide. Une société qui remplace les relations sociales créant et maintenant l’État en place, par des relations humaines d’entraide et de coopération. Demain, nous publierons un PDF de compilation d’analyses et de textes originaux, expliquant ce que le Dr Louis Fouché relate de ses expériences hors système. En cela, cette vidéo entretien est une parfaite introduction aux écrits que nous replierons demain sous format PDF.
Il n’y a pas de solution au sein du système, le Dr Fouché l’a perçu et le clame maintenant à sa manière, écoutons ces voix de sagesse ancestrale, de cet esprit, ce « Geist », de notre humanité vraie qui ne demande qu’à revenir remplacer cette anomalie évolutionnaire que représente le système étatico-marchand qui nous domine depuis quelques 5000 ans de bifurcation.

La vidéo entretien du Dr Fouché sur Epoch Times France :

Lire notre page mise à jour depuis 2019 : « Coronavirus, guerre contre l’humanité »

« Le véritable A. Fauci, Bill Gates, Big Pharma et la guerre globale contre la démocratie et la santé publique » (RFK Jr, PDF)

« SRAS-CoV-2 COVID 19 et injections ARNm, attaque nano-bio-technologique contre l’humanité » (Karen Kingston, PDF)

DrLouisFouche

NON1

De l’imbécilité imposée…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, coronavirus CoV19, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 9 janvier 2023 by Résistance 71

“Il faut tout un village pour élever un enfant.”
~ Proverbe africain ~

“Tout ce qui se fait par amour est au delà du bien et du mal.”
~ Friedrich Nietzsche ~

faut-pas-enerver-le-bonze-de-rien-231122

L’imbécilité imposée

Rob Los Ricos

1999

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Janvier 2023

Un des plus grands obstacles à renverser lors de la lutte contre le capitalisme est le sens de dépendance que ses méthodes de production ont forcé sur nous. En forçant les gens à passer le plus clair de leur temps à faire un travail productif répétitif et à faible niveau de qualification, les gens doivent dépendre de la production spécialisée des autres ouvriers et travailleurs pour leur fournir de la nourriture, des vêtements, des abris et un nombre incalculable de gadgets consuméristes pour lesquels nos cerveaux sont façonnés de désirer.

Avant l’ère de l’esclavage industriel, la plupart des foyers et des familles étaient considérés comme fonctionnels, ou pas, selon la capacité du foyer d’être plus ou moins autonome. Ceci a été vrai des sociétés nomades au travers des âges des communautés rurales. La dislocation des populations paysannes par les états divers, pendant la période toujours en cours des expropriations et des enclos, a forcé les gens dans une pauvreté désespérée, un exode rural, une renaissance dans une vie ouvrière et dans l’immigration vers de nouvelles colonies conquises par delà les mers. A la fois la montée du capitalisme industriel et de la conquête européenne d’un nouveau monde n’auraient pas été possibles si ce ne fut pour l’éviscération systématique des foyers paysans. Après tout, pourquoi se risquer à aller par delà montagnes et océans pour rechercher la fortune, pourquoi acheter des produits de masse de basse qualité, lorsque les gens sont capables de faire tout ce dont ils ont besoin par eux-mêmes et que la quasi totalité de ce dont ils ont besoin est disponible chez eux ou près de chez eux ?

Vivre, du temps d’avant la mise en esclavage industriel, était ce que faisaient les gens quotidiennement ; préparant la nourriture et les choses qui seraient nécessaires pour le confort et la survie de chacun dans le futur. Ceci était souvent fait sous la supervision d’un membre de la famille et tout le monde apprenait la base pour pouvoir subvenir aux besoins de tous. Mais maintenant, le gens ne font que “gagner leur vie”. On nous a forcé à travailler pour le profit des entreprises et obligé à gérer nos vies autour de ces activités de travail aliénantes. Là où la vie jadis coulait de ses rythmes doux de lumière et d’obscurité, maintenant nous devons répondre sans cesse aux diktats de la pendule, chaque moment du jour mesuré et calculé en accord avec la demande de quelque obscur patron. Notre société tourne maintenant au rythme des usines, de l’école et autres institutions maintenant en place l’état et le capital.

La plupart des gens acceptent cela sans aucune question. La plupart des gens non seulement ne veulent pas regarder tout cela de manière critique, observer avec détachement toutes ces impositions sur leur vie, mais pour la plupart, ils en sont même incapables. Toutes les institutions de pouvoir et de privilège servent ce but de forcer sur les masses ce sentiment d’incapacité et d’auto-négation. Le coup de maître a consisté à convaincre les gens d’embrasser leur dépendance au système comme étant en fait leur pouvoir de décision. Même les personnes les plus intelligentes et les plus capables de nos sociétés ont fini par tomber dans ce piège. Ils n’y peuvent rien. Ils ont été formés à devenir des imbéciles s’auto-réprimant depuis le moment de leur naissance.

Le noyau familial comme incubateur de l’imbécilité

Chacun de nous est né être libre dans un monde dynamique d’abondance. La totalité du grand banquet de la nature est nôtre, pour le partager, pour le chérir. Mais ceci doit être nié à tout prix, par les forces de l’état et du capital. Si nous devions nous éveiller à ce fait et demander notre droit naturel, toutes les industries et les états-nations disparaîtraient et deviendraient inutiles par notre refus collectif d’accepter leurs limites imposées.

Malheureusement, les machinations de l’industrie sont si ancrées dans nos vies que la négation de notre droit naturel de naissance commence dès notre naissance. Nous sommes immédiatement soumis à la réglementation des nombres, chiffres, numéros, nous sommes pesés, mesurés, enregistrés, documentés, classifiées, estampillés.

Une fois dans le carcan du noyau familial, nous sommes enchaînés au rôle que l’on attend de nous dans notre vie future, celui que nous devrons jouer toute notre existence, celui d’un idiot bavant et vulnérable. Quelqu’un qui doit toujours être contrôlé, vérifiée, pourri, toléré, calmé et activement distrait. La camisole appelée enfance, nous ligote et bien peu d’entre nous peuvent échapper à ses liens et marques durant nos vies.

Avant l’époque de l’enfance planifiée, les jeunes passaient leur temps en compagne de leurs familles, essentiellement leurs parents et la famille proche. Les tous jeunes enfants étaient observateurs et intelligents. Ils pouvaient voir ce que leurs parents faisaient durant la journée : la cuisine, le nettoyage, la création de choses, le travail dans les potagers. Au moment où ils sont en âge de marcher, ils sont aussi capables d’aider leurs familles, même de manière minimale. Plus l’enfant grandissait et plus il devenait capable de se joindre aux taches quotidiennes et au bien-être de tous.

Ceci devenait une source de fierté chez la jeune personne et n’était jamais découragé. La famille allait même encourager l’enfant à acquérir de nouvelles techniques pour pouvoir aider toujours mieux et le jeune grandissait en talent et en expérience. Impliqué dans la famille plus éloignée et la communauté, la jeune personne n’aurait plus besoin que d’opportunités sociales pour se développer plus avant et découvrir ses intérêts et ses talents particuliers, ainsi que de trouver des anciens capables de façonner ces nouveaux talents en partageant ressources et expériences. Est-il étonnant donc qu’une personne élevée de cette manière soit capable de commencer sa propre famille à l’âge de 13, 14 ou 15 ans ? Ayant rencontrés très peu de limites à leurs développements autres que physiques, ces jeunes personnes pouvaient reconnaître quand elles étaient prêtes à avancer dans l’âge adulte.

Dans la prison conceptuelle contemporaine de l’enfance, l’enfant est totalement protégé des demandes du monde réel. Mis de côté, ignorés et négligés, les enfants sont empêchés de devenir des personnes autonomes et sont souvent traités comme des imbéciles. On leur enseigne d’être calmes, obéissants, diligents et soumis, ils demeurent dépendants de leurs familles et aussi souvent d’étrangers, qui prennent bien soin de ne pas permettre à l’enfant de grandir, de comprendre ses capacités et potentiels, d’affirmer leur juste place en tant qu’êtres humains vivant dans un monde d’abondance.

Le noyau familial est juste la première méthode de répression des expériences des jeunes personnes. Plus tard, les attentes de la société sont rendues manifestes au travers du système scolaire dit “éducatif”. Ceci n’est juste que le terrain d’entrainement pour cette vie de non sens et de soumission fades qui va s’ensuivre.

liberte_securite_vote

Dans le troupeau !

L’enfant est forcé de participer à des années et des années de formation imbécile. Des gens totalement étrangers à son environnement (instituteurs et profs) sont chargés d’empêcher l’enfant de développer ses opinions, de penser de manière indépendante, de penser de manière critique. On enseigne aux enfants de se taire, de ne pas bouger, de rester dans un moule créé de manière factice, de répéter ce qu’on leur dit, d’obéir sans questionner l’autorité, de ne prendre la parole que si on leur demande de le faire. Mais toute jeune personne est pleine de fougue, d’énergie et de curiosité. Demeurer tranquille et ne pas poser de questions est anti-naturel, répulsif même. En ayant la discipline de l’école les dominer, les jeunes apprennent la plus importante des leçons de l’autorité : ceux qui se comportent bien de la manière la plus passive et disciplinée sont ceux qui sont récompensés, félicités et que le système verra parvenir au “succès”.

Ils apprennent aussi une autre leçon : toutes déviations de l’attitude attendue seront tolérées d’aussi loin qu’on donne l’apparence de remplir les attentes de l’autorité. C’est peut-être la plus importante des leçons. De cette manière, l’action normale énergétique propre à l’enfance est chosifiée comme rébellion, comme attitude dérangeante et anormale. Lorsque les enfants passent le point où, dans une autre époque, ils auraient passer le point de passage à l’âge adulte, ces mêmes pulsions enfantines sont toujours vues comme attitude rebelle : parler sans demander la parole, faire ce que les adultes font mais interdisent aux enfants de faire, ne pas faire ce qu’on dit de faire, faire des choses considérées comme mauvaises ou tabous. La rébellion imbécile est tolérée aussi loin que le supposé rebelle demeure dans les clous et fait ce que la société attend de lui.

Ce n’est un problème pour quasiment personne. Leur niveau élevé d’imbécilité les empêche de défier la poigne de fer que la société a sur eux et de remplir leurs droits naturels.

Après avoir subi leur peine, les plus vieux des enfants sont libérés pour bonne conduite vers le monde extérieur. Là, ils mettront en pratique ce qu’ils ont appris, obéir sans réfléchir et surtout ne jamais défier l’autorité. Une attitude déviante est punie par envoyer l’enfant dans un centre de rééducation appelé prison. Là, les bonnes vieilles règles sont de nouveau inculquées : fais ce qu’on te dit, parle quand on te le demande, extinction des feux, au lit ! Les règles de l’imbécilité sont somme toute assez simple.

La rébellion imbécile est punie modérément. De plus sévères punitions sont mises en place pour ceux qui dépassent les règles de l’imbécilité, en ignorant les règles et en se rendant plus imbécile, bien que ce soit toléré et puni modestement si les violations sont commises pour maintenir le rôle de l’imbécilité. La pénalité est plus sévère pour ceux qui affirment que l’existence de chacun ne se doit pas d’être imbécile. Les véritables rebelles sont un réel danger pour les forces des nations-états industrielles. Non seulement les imbéciles hors des clous doivent payer pour leurs pensées déviantes de leur liberté ou de leur vie, mais ils doivent aussi endurer d’être balancés par les autres imbéciles, qui leur feront subir abus et humiliation dans le processus,

Plus intéressés de lécher le cul qui leur chie dessus, plutôt que d’essayer de stopper le flot de merde déversé sur eux, les imbéciles geignent et grincent des dents à la pensée que quiconque, quelque personne que ce soit, où que ce soit, à quelque moment que ce soit, oserait vivre en dehors des structures de domination qui définissent la vie de l’imbécile. Les véritables rebelles à l’imbécilité ambiante sont étiquetés comme fainéants ou arrogants. On dit d’eux qu’ils se pensent “meilleurs que les autres”, que les vrais imbéciles.

Les récompenses de l’imbécilité sont une augmentation de l’incapacité et du désespoir du croyant. Les membres les plus privilégiés du troupeau doivent être protégés, retirés derrière des barrières protectrices. Incapables de faire la plus simple des taches, les imbéciles les plus privilégiés bénéficient souvent de pseudo-mères pour arranger leurs conneries, leurs affaires, pour leur fournir et préparer des repas, pour planifier leurs activités. Ces imbéciles de la plus haute incompétence sont vénérés par les autres imbéciles, qui fétichisent et jalousent ceux qui sont parvenus à l’état supérieur de l’imbécilité institutionnalisée. Ceci, immanquablement, donne aux privilégiés un sentiment de puissance.

Cette puissance, ce pouvoir impliqué, est sanctifiée par le troupeau dont bien des membres aspirent à prendre part à cet état avancé d’imbécilité. Pour prouver leur valeur, les imbéciles doivent démontrer leur idiotie au travers une obéissance, une soumission sans partage à tout ce qui avilie l’existence humaine. La compassion et l’amour sont vus comme des faiblesses. L’amour est une affaire de propriété. L’annihilation est appelée progrès. Tout ce qui peut être fait pour générer plus de profit est justifiable. Des montagnes sont aplanies, des rivières bétonnées et barrées, des forêts assassinées, des espèces végétales et animales de toutes sortes sont annihilées, juste pour fournir leurs privilèges aux imbéciles.

Rappelez-vous que les imbéciles ne peuvent survivre que s’ils forcent les non-initiés, les sous-privilégiés, même les quelques humains libres demeurant, à les servir et à leur fournir leur pitance. Leurs vies réduites à la destitution, les marginalisés peuvent être corrompus à devenir le bras armé de l’imbécilité, assurant le confort et la sécurité des imbéciles du monde, et en supprimant quoi que ce soit ou qui que ce soit qui ne soient pas utilisés pour les demandes intarissables de l’imbécilité et de son expansion insatiable.

dead-mans-party

La veillée aux morts de l’imbécile

Une vie de bons et loyaux services à la continuité de l’imbécilité est récompensée par la misère de mourir graduellement avec une douleur croissante. Leurs corps ont été ruinés par une vie de labeur, par l’exposition à une industrie mortelle et ses processus de fabrication et les contacts avec ses déchets. Les imbéciles se sont empoisonnés eux-mêmes avec des cigarettes, de l’alcool, des produits pharmaceutiques, une malbouffe, de l’air pollué, du stress, de la colère et de la haine des autres. Les plus fortunés peuvent payer pour des médicaments, des opérations chirurgicales et l’intervention de la technologie médicale (NdT : elle-même totalement corrompue et mortifère…). Ces gens épuisés ne demandent jamais que ceux responsables de leur condition par leurs méthodes de production cessent de continuer à infliger les mêmes dégâts à leur descendance et au monde en général. Ils sont après tout des imbéciles. De fait, l’existence continue du grand nombre de ces personnes dépend de la continuation du processus industriel qui a ruiné leurs corps et leurs vies.

Que peut-on faire pour ces imbéciles ? Ceux d’entre nous qui ne veulent pas perpétuer la domination de l’imbécilité doivent s’émanciper de son étreinte. Nous devons apprendre à nous soucier de nous-mêmes et de nous occuper de nous-mêmes et aussi inviter les autres à partager nos aventure d’auto-découverte. De cette façon, nous pouvons créer un nouveau cycle d’existence expansif et vital, un courant d’arrachement de libération pour faire se retirer la marée de gestion de la mort des états industriels.

Rejetons l’imbécilité en embrassant notre propre capacité de satisfaire nos besoins vitaux en dehors de l’incapacité sanctifiée de l’imbécile. Affirmez votre place en tant que personne née dans un monde d’abondance, liez-vous avec d’autres qui ressentent comme vous et libérez-vous de la domination et du contrôle d’une fange de riches qui dépendent de votre soumission pour pouvoir vivre leurs vies d’extraordinaires excès.

= = =

Lectures complémentaires :

“Gustav Landauer et le changement relationnel” (Anarqxista Goldman)

Le penseur qui a le plus critiquement réfléchi sur la question : Gustav Landauer 

Et n’oublions jamais…

Il n’y a pas de solution au sein du système ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

ÉTEIGNONS LES ÉCRANS RALLUMONS NOS VIES

relation_extatique