Archive for the société des sociétés Category

Mars 1871 ~ Mars 2021, esprit communard de la Commune aux Gilets Jaunes (Tract PDF)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, coronavirus CoV19, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 8 mars 2021 by Résistance 71

Résistance 71

8 mars 2021

Tract PDF à diffuser sans aucune modération :

1871-2021-Esprit_communard_de_la_Commune_aux_Gilets_Jaunes


Tout le pouvoir aux ronds-points !…

Chronique du (presque) docteur Tché Rien: « Tas saisi » (PDF)

Posted in actualité, altermondialisme, coronavirus CoV19, crise mondiale, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , on 7 mars 2021 by Résistance 71

 

 

Ou quand la désobéissance civile et la rébellion deviennent des devoirs civiques, des mesures de salubrité publique
Resistance 71

 

Tas-saisi-derniere-chronique-de-rien-ou-presque-du-24-fev-2021
(PDF)

 

1921-2021… Cronstadt, l’autre commune massacrée par le capitalisme d’état lénino-trotsko-bolchévique (Résistance 71)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, syndicalisme et anarchisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 3 mars 2021 by Résistance 71


1921 : Tout le pouvoirs aux soviets (assemblées populaires)
2021 : Tout le pouvoir aux ronds-points !

“Je ne pouvais pas croire que Lénine et Trotski pensaient vraiment que les hommes de Cronstadt étaient coupables d’une contre-révolution. […] Léon Trotski est outragé que l’on ait fait revivre ‘l’épisode’ Cronstadt et posé des questions sur la part qu’il y a prise.”
~ Emma Goldman, 1931, 1938 ~

Mars 1921-Mars 2021 : Centenaire de la Commune de Cronstadt (Russie)

Résistance 71

3 mars 2021

En mars 1921, les marins, ouvriers et habitants de la commune de Cronstadt (île au large de Pétrograd) soutiennent la grèves des ouvriers de Pétrograd contre le régime de la NEP (Nouvelle Politique Economique) de Lénine (programme libéral capitaliste d’état) et de son parti communiste bolchéviste. Le but de la grève et de la rébellion est un retour aux sources de la révolutions russes : tout le pouvoir aux “soviets” ou assemblées populaires. Ceci a été trahi dans les grandes largeurs par Lénine et Trotski dès qu’ils purent consolider leur pouvoir afin de renvoyer l’ascenceur à ceux qui les mirent là où ils étaient: la City de Londres (via des banques allemandes) et sa succursale de Wall Street (pour Trotski).

Les deux énergumènes frappèrent du sceau de l’infamie “contre-révolutionaire” la rébellion alors que ce furent eux les contre-révolutionnaires depuis au moins 1920 dans les faits et depuis toujours dans l’intention et décidèrent d’écraser la commune de Cronstadt dans un bain de sang. Plus de 10 000 ouvriers, marins et communards locaux seront massacrés par l’armée rouge alors commandée par Trotski.

Les mots d’ordre des communards de Cronstadt étaient:

  • Tout le pouvoir aux soviets et non aux partis
  • Les soviets et non la constituante sont le rempart des travailleurs
  • Vive Cronstadt la Rouge avec le pouvoir des soviets libres

Nestor Makhno, leader de la rébellion anarchiste paysanne ukrainienne écrira en 1926 :

Cronstadt défendit tout ce qu’il y avait de meilleur dans la lutte des ouvriers et des paysans dans la révolution russe, contre l’oligarchie bolchéviste. C’est pour cela que cette dernière exterminera les Cronstadtiens, en partie physiquement lors de la victoire militaire et le reste dans les cachots des casemates, héritées par elle de l’ordre tsariste et bourgeois ; parmi ceux qui purent gagner l’étranger, beaucoup pourrissent dans des camps de concentration, en Finlande en particulier.
Ainsi comprise, la journée du 7 mars (1921) apparaît comme un moment douloureux pour les travailleurs de tous les pays. Ce jour-là, ce n’est pas seulement de la poitrine des travailleurs russes que jaillira un grand cri de douleur, en souvenir des révolutionnaires de Cronstadt ayant péri dans la lutte et des rescapés pourrissant dans les geôles des bagnes bolchévistes.

Voici ce que disait la presse ouvrière du Cronstadt révolutionnaire le 3 mars 1921 (No1 des Izvestia), publié par le comité révolutionnaire provisoire :

A la population de la forteresse et de la ville de Cronstadt,

Camarades et citoyens,

Notre pays traverse une période difficile.Voici déjà trois ans que la famine, le froid et le chaos économique nous enserrent dans un étau terrible. Le Parti Communiste qui gouverne le pays, s’est détaché des masses et s’est révélé impuissant de les sortir d’un état de débIâcle générale. Le parti n’a tenu aucun compte des troubles qui ont eu lieu, ces temps derniers, à Pétrograd et à Moscou, et qui ont démontré clairement qu’il a perdu la confiance des masses ouvrières. Il n’a tenu, non plus, aucun compte des revendications formulées par les ouvriers. Il considère tout cela comme des menées de la contre-révolution. Il se trompe profondément.
Ces troubles, ces revendications, c’est la voix du peuple entier, de tous ceux qui travaillent. Tous, les ouvriers, marins et soldats rouges voient nettement aujourd’hui que seuls les efforts communs, seule la volonté commune des travailleurs pourront donner au pays du pain, du bois et du charbon, pourront vêtir et chausser le peuple, pourront sortir la république de l’impasse où elle se trouve.

Question simple : pourquoi cent ans plus tard, tout ceci résonne (raisonne ?) toujours si juste dans nos têtes et dans nos cœurs ? Serait-ce parce qu’au fond, mise à part quelques arrangements cosmétiques, cent ans plus tard, nous en sommes toujours au même point ?… Celui de l’oppression oligarchique étatico-capitaliste tout azimut ?

Retrouvons le chemin des communards de Cronstadt et avant eux de la Commune de Paris dont le cent-cinquantenaire approche (18 mars) et après eux des conseils ouvriers de Budapest en 1956 et des grèves sauvages de 1967-68 qui ébranlèrent un système déjà défaillant, avant que la contre-révolution de la gauchiasse trotskiste et maoïste ne vienne une fois de plus, saboter l’élan révolutionnaire de la base au profit de ses maîtres du capital et de l’État.

Tirons les leçons de l’histoire !

A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent ! A bas le salariat !

Vive les associations libres de la société des sociétés menant à la Commune Universelle de notre humanité enfin réalisée !

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie


France des sections 1790-93
Commune de Paris 1871, Kronstadt 1921, Budapest 1956
Grèves sauvages de France 1967-68
Gilets Jaunes 2018 à aujourd’hui…

L’Esprit Communard en marche !

En France et partout: Halte à la dictature sanitaire ! Boycott et désobéissance civile… Dans l’esprit communard de nos aïeux !

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L’heure de dire NON ! et de foutre tout ce bazar par dessus bord sonne. Boycott par quartier, par village, par voisinage, par commune. Associons-nous librement dans le boycott et la désobéissance civile pour aller plus loin. La dictature sanitaire et la répression étatique menée tambour battant sur fond de « crise sanitaire COVID 19 » fabriquée est un leurre, une PsyOp pour mettre en place et faire accepter la dictature technotronique en marche.
Solidarité, Union, Persévérance, Réflexion, Action, c’est en devenant  S.U.P.R.A que nous vaincrons !
~ Résistance 71 ~

Halte à la dictature sanitaire !

OSRE

Février 2021

Source: http://rebellion-sre.fr/liberons-nous-de-la-tyrannie-sanitaire/

Le mouvement « #jenemeconfineraipas » est le fruit d’une année d’utilisation de la peur comme outil de contrôle social. Plongés durant de longs mois dans l’isolement et l’absence de vie, des milliers de Français et d’Européens ne veulent plus plier sous cette chape de béton.

Le Covid-19 est un prétexte

La question du Covid-19 n’est finalement qu’un prétexte supplémentaire puisque déjà, des solutions hypothétiques sont proposées mais d’autres menaces apparaissent aussitôt. Que ce soit d’un pays exotique ou plus proche de nous, déjà ce pouvoir agite le chiffon du confinement et prend prétexte de n’importe quelle occasion pour nous enfermer avec notre consentement.

Leur extinction doit inclure celui de tout le système qui les supporte. Tel l’hydre de Lerne, le mythique serpent à plusieurs têtes qui repoussent dès qu’elles sont tranchées, Leur système de gouvernance n’aura aucun mal à faire apparaître une nouvelle marionnette, suffisamment séductrice pour attirer les passions et annihiler toute critique de leur monde et mise en place d’un autre paradigme.

C’est un long combat à mener face au Léviathan, d’autant plus que celui-ci nous a déclaré la guerre. Objet de leur biopolitique séparatrice, nous continuons d’être considérés comme un enjeu : celui de maximiser la plus-value, d’être et de rester leur facteur premier de création de valeur. Les dernières déclarations de l’exécutif le confirment : nos vies ne doivent être considérées qu’à l’aune de la production de marchandises. Leur biopolitique ne régente plus des masses mais toute la population. 2022 ne doit pas être la date de sortie de crise, mais la confirmation de ce vaste mouvement de réappropriation de nos vies et de notre imaginaire.

L’emprise sur nos vies

Nous sommes cernés par un pouvoir toujours plus avide de contrôle, déployant, pour ce faire, censure, traçage, mainmise sur l’information, narration de la peur, désintégration du tissu social.

L’oligarchie nous veut solitaires et dociles. Parler de totalitarisme n’est pas une élucubration si, par ce terme, nous entendons ce que le philosophe Michel Weber en retient : « l’absence de différence entre la sphère publique et privée ». Désormais, c’est le pouvoir en place qui régit les différents aspects de la vie et de la sociabilité, codifiant jusque dans votre intimité les comportements adéquats.

Port du masque, respect des gestes-barrières, isolement, couvre feu : le pouvoir s’introduit progressivement dans la sphère privée, érodant les espaces de libertés.

Insidieusement donc, le totalitarisme s’installe, mais toujours à visée curative : la liberté est sacrifiée sur l’autel de la sécurité, au nom d’un prétendu bien commun qui ne profite pourtant qu’à l’éternelle minorité aux commandes, nous ayant de toujours évincés du contrat social.

La véritable distanciation sociale, c’est le mur que l’oligarchie construit pour se protéger des masses qu’elle réduit à l’exploitation et à l’aliénation. Cette crise n’est pas simplement « sanitaire »: elle n’est que la politique de notre propre extinction. C’est le génocide orchestré de la classe moyenne et de l’économie réelle, l’écrasement des plus faibles, la spoliation de nos libertés et l’atrophie de ce qui, en tant qu’être social, constitue notre humanité.

Mais l’approche d’un troisième confinement ranime la foudre des masses : la colère gronde, le seuil de tolérance est en voie d’être dépassé. Bientôt nous nous lèverons, lançant notre refus à la face de l’ennemi : « Nous n’avons plus peur, ni du virus ni de vous ». Puisse nos espoirs de révolte les hanter et alimenter la paranoïa des élites : non seulement nous ne nous soumettrons pas mais bientôt notre soulèvement sera irrésistible, pour notre liberté… et leur extinction !

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Notre page “Coronavirus, guerre contre l’humanité”, mise à jour régulièrement…

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

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Turlututu… Chapeau pointu !

1871-2021 : De la Commune aux Gilets Jaunes… Tout le pouvoir aux ronds-points ! (Appel des Gilets Jaunes de Montreuil-93)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 28 février 2021 by Résistance 71

 

 

 

Appel des Gilets Jaunes de Montreuil (93) Commune 1871 ~ 2021

Le 18 mars 2021, que vive la Commune, et vivent les Gilets Jaunes !!

 

Février 2021

 

Vidéo : Gilets Jaunes, le 18 mars on reprend les ronds-points :

 

 

Le 17 novembre 2018, nous, les petits, les sans-droits, les premiers de corvée, enfilions un gilet jaune et occupions ronds-points, places, esplanades, rues… Avec, sur le dos, un seul mot : justice !
Décliné en justice sociale, justice fiscale, justice écologique, et, dans la tête, un espoir fou : la démocratie directe, par le peuple, et pour le peuple !
Depuis ce jour, une pluie de lois liberticides s’est abattue sur nous, visant à nous dépouiller de tous les moyens de défense devant l’absolutisme du pouvoir.
Le 18 mars 1871, les petits, les sans-droits, les premiers de corvée, prenaient les armes, dressaient des barricades, fraternisaient avec la troupe, se soulevaient, pour donner corps à leur rêve de… démocratie directe, par le peuple et pour le peuple !
Ils défendaient leurs canons, seuls garants de leur sécurité face à l’arbitraire et la scélératesse du pouvoir qui voulait les asservir.
1871-2021, même combat contre les états dits « d’urgence », qui désarment ou suppriment systématiquement les mouvements contestataires.
Nous, Gilets Jaunes de Montreuil, toujours assoifé.es de justice, appelons tous.tes les Gilets Jaunes de l’Univers à rendre hommage à tous.tes les révolutionnaires d’hier et d’aujourd’hui, à commémorer les avancées humanistes du Conseil de la Commune de 1871, et à réitérer nos revendications de 2018, la principale restant la démocratie directe, par le peuple et pour le peuple !
Le 18 mars 2021, on reprend nos ronds-points, nos places, nos esplanades, la rue ! On allume nos braseros, on fait la fête et on continue à lutter pour un monde meilleur !!!

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Gilets Jaunes 2018-2021 : Tout le pouvoir aux ronds-points !

Il n’y a pas de solution au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir ! (Résistance 71)

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

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Manifeste pour la Société des Sociétés

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Révolution sociale, lâcher-prise et non violence, 3 textes lumineux de Léon Tolstoï

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, gilets jaunes, média et propagande, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 26 février 2021 by Résistance 71


Gandhi et son mentor

L’ACTIVITÉ QUI AIDERA LE PLUS À LA FUTURE RÉVOLUTION

Léon Tolstoï

1906

La transformation sociale qui s’opère maintenant consiste en la délivrance de la tromperie de l’obéissance à tout pouvoir humain. L’objet de cette transformation étant tout autre que celui des révolutions qui eurent lieu dans le monde chrétien, l’activité des hommes qui y participent doit être aussi toute différente.

Le but des auteurs des révolutions anciennes était de renverser, par la force, le pouvoir et de s’en emparer. Le but de ceux qui participent à la révolution actuelle ne peut et ne doit être que d’obtenir la cessation de l’obéissance à n’importe quel pouvoir imposé, — obéissance qui a perdu tout sens — et d’organiser leur vie indépendamment de tout gouvernement.

Non seulement l’activité des révolutionnaires futurs doit être autre que celle des révolutionnaires d’autrefois, mais les hommes de cette révolution sont autres, le milieu où elle doit se passer est autre, et le nombre des participants n’est pas le même.

Les révolutionnaires de jadis appartenaient surtout aux professions libérales : c’étaient des hommes affranchis du travail physique qui entraînaient les ouvriers et les citadins ; tandis que les militants de la révolution future devront être et seront principalement les paysans.

Les anciennes révolutions commencèrent et se déroulèrent dans les villes, la révolution présente doit être essentiellement rurale.

Les participants des anciennes révolutions formaient 10, 20 % de la population ; le nombre de ceux qui prennent part à la révolution en Russie doit être de 80 à 90 %.

Il en résulte que l’activité des citadins qui bouleversent maintenant la Russie et qui, à l’instar de l’Europe, se groupent en unions, font des grèves, des démonstrations, des émeutes, inventent de nouvelles formes sociales — sans parler de ces malheureuses brutes qui commettent des meurtres pensant servir ainsi la révolution qui commence — toute cette activité, non seulement ne correspond pas à la révolution en marche, mais mieux que le gouvernement (sans même le savoir, ils en sont les aides les plus fidèles) arrête la révolution, la dirige faussement et lui fait obstacle.

Le danger qui menace maintenant le peuple russe n’a rien à voir avec la chute du gouvernement basé sur la violence et son remplacement par un autre gouvernement, basé également sur la violence — quel qu’il soit, démocratique ou même socialiste. Le seul danger, c’est que le peuple russe, appelé par sa situation particulière à indiquer la voie pacificatrice et sûre de la délivrance, ne soit entraîné, par des hommes qui ne comprennent pas tout le sens de la révolution actuelle, vers l’imitation servile des révolutions passées, et, abandonnant la voie salutaire où il se trouve, ne s’engage dans cette voie fausse où marchent à leur perte sûre les autres peuples du monde chrétien.

Pour éviter ce danger, les Russes doivent, avant tout, rester eux-mêmes, ne pas se renseigner ni prendre le mot d’ordre dans les constitutions européennes et américaines ou dans les projets socialistes ; ils n’ont qu’à interroger et écouter leur propre conscience. Que les Russes, pour exécuter la grande œuvre qui est devant eux, ne se soucient pas de la direction politique de la Russie et de la garantie de la liberté des citoyens russes, mais qu’avant tout ils s’affranchissent de la conception même de l’État russe, et, par conséquent, des soucis des droits de citoyen de cet État.

Les Russes, en ce moment, pour atteindre l’affranchissement, doivent, non seulement ne rien entreprendre, mais au contraire s’abstenir de toutes entreprises, aussi bien de celles dans lesquelles l’entraîne le gouvernement que de celles que pourraient tenter les révolutionnaires et les libéraux.

Le peuple russe, — sa majorité de paysans — doit continuer de vivre, comme il a toujours vécu, de la vie agricole, rurale, communale et supporter sans lutte, — c’est-à-dire se soumettre — toute la violence gouvernementale ou autre. Qu’il refuse d’obéir aux exigences de participation dans n’importe quelle violence gouvernementale, de payer volontairement l’impôt, de servir volontairement — dans la police, dans l’administration, dans la douane, dans l’armée, dans la flotte, dans n’importe quelle institution imposée. De même et encore plus strictement, les paysans doivent s’abstenir des violences auxquelles les poussent les révolutionnaires. Toute violence des paysans sur les propriétaires fonciers provoquera des représailles, et, en tout cas, se terminera par l’institution d’un gouvernement quelconque, mais toujours basé sur la force. Et avec un gouvernement de ce genre, comme il arrive dans les pays les plus libres d’Europe et d’Amérique, éclatent des guerres insensées et cruelles, et la terre reste la propriété des riches.

Seule la non-participation du peuple dans n’importe quelle violence peut anéantir tous les maux dont il souffre, faire cesser les armements sans fin et les guerres, et détruire la propriété foncière.

C’est ainsi qu’il faut qu’agissent les paysans agriculteurs pour que la révolution actuelle ait de bons résultats.

Quant aux hommes des classes citadines : gentilshommes, marchands, médecins, savants, ingénieurs, littérateurs, etc., qui sont maintenant occupés à faire la révolution, ils doivent avant tout comprendre leur insignifiance — au moins numérique : 1 % du peuple agricole. Qu’ils se persuadent bien que le but de la révolution actuelle ne peut et ne doit consister en l’institution d’un nouvel ordre politique, — basé sur la violence, — avec n’importe quel suffrage universel, ou quelle organisation socialiste perfectionnée, mais qu’il se trouve dans l’affranchissement de cent millions de paysans de la violence sous quelque forme qu’elle se présente : militarisme, exactions fiscales, propriété individuelle. Pour atteindre ce but, point n’est besoin de cette activité remuante, déraisonnable et mauvaise, qui est maintenant celle des libéraux et des révolutionnaires russes.

La révolution ne se fait pas sur commande : « Allons-y, faisons la révolution ! » On ne peut la faire selon un modèle tout prêt, en pastichant ce qui se faisait il y a cent ans, dans des conditions tout autres. La révolution, en effet, n’améliore le sort des hommes que si ces hommes, reconnaissant la faiblesse et le danger des anciennes bases de la vie, aspirent à la rétablir sur de nouvelles institutions pouvant leur donner le vrai bien, que s’ils ont un idéal de vie nouvelle, meilleure.

Or, les hommes qui désirent, maintenant, faire en Russie une révolution politique sur le modèle des révolutions européennes, n’ont ni nouvelles bases, ni nouvel idéal. Ils n’aspirent qu’à remplacer une vieille forme de la violence par une autre, qui apportera avec soi les mêmes maux que ceux dont souffre maintenant le peuple russe. C’est ce que nous voyons en Europe et en Amérique où existent même militarisme, mêmes impôts, même accaparement de la terre.

Et le fait que la majorité des révolutionnaires pose comme idéal l’État socialiste, qui ne peut s’obtenir que par la violence la plus cruelle, et qui, s’il était un jour atteint, priverait les hommes des dernières bribes de liberté, ce fait montre uniquement que ces hommes n’ont aucun nouvel idéal.

L’idéal de notre temps ne peut être la modification de la forme de la violence, mais son anéantissement complet, qu’on peut atteindre par la non-obéissance au pouvoir humain.

De sorte que si les hommes des classes citadines veulent réellement contribuer à la grande transformation qui s’opère, la première chose qu’ils doivent faire c’est de renoncer à cette activité révolutionnaire, cruelle, antinaturelle, inventée, qui est la leur maintenant, de s’établir à la campagne, y partageant les travaux du peuple ; puis, après avoir appris de lui la patience, l’indifférence et le mépris du pouvoir, et principalement l’amour du travail, non seulement ne pas exciter les hommes à la violence, comme ils le font maintenant, mais, au contraire, les garder de toute participation dans l’activité violente, de toute obéissance à n’importe quel pouvoir imposé, enfin, les aider, si besoin en est, de leurs connaissances scientifiques, dans l’explication des questions qui, inévitablement, surgiront avec l’anéantissement du gouvernement.

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L’ORGANISATION DE LA SOCIÉTÉ AFFRANCHIE DU GOUVERNEMENT PAR LA VIOLENCE

Léon Tolstoï

1906

Mais comment, sous quelle forme, peuvent vivre les hommes du monde chrétien s’ils ne vivent pas sous forme d’État, en obéissant au pouvoir gouvernemental ?

Ce sont ces mêmes qualités du peuple russe, grâce auxquelles j’estime que la révolution doit commencer et se faire non ailleurs, mais précisément en Russie, qui donnent la réponse à cette question.

L’absence de pouvoir, en Russie, n’empêcha jamais la constitution de communes agricoles. Au contraire, l’immixtion du pouvoir gouvernemental fit toujours obstacle à cette organisation intérieure, propre au peuple russe.

Le peuple russe, comme la plupart des peuples agricoles, s’est naturellement groupé, telles les abeilles dans les ruches, en certaines agglomérations sociales, satisfaisant entièrement aux besoins de la vie communale des hommes. Partout où les Russes s’installèrent sans l’immixtion du gouvernement, ils établirent entre eux une direction, non violente, mais basée sur l’entente réciproque, avec possession commune de la terre, et qui satisfaisait complètement aux besoins de la vie en commun.

De telles communes ont peuplé, sans aucune aide du gouvernement, toutes les frontières orientales de la Russie. Elles sont allées en Turquie, comme les Nekrassovtsé, et, gardant là leur caractère de commune chrétienne, ont vécu et vivent en paix sous le pouvoir du sultan. De pareilles communes, sans le savoir elles-mêmes, allèrent en Chine, en Asie Mineure, et vécurent là très longtemps, n’ayant besoin d’aucun gouvernement, sauf leur direction intérieure.

Ainsi vivent les agriculteurs russes, — la grande majorité de la population russe — sans avoir besoin du gouvernement, mais le supportant seulement. Pour le peuple russe, le gouvernement ne fut jamais un besoin, mais toujours un fardeau.

L’absence du gouvernement — de ce même gouvernement qui maintient par force, en faveur du propriétaire terrien, le droit de jouir de la terre — ne fera qu’aider à cette vie communale, rurale, que le peuple russe regarde comme la condition nécessaire de la bonne vie. Elle y aidera parce que, détruisant le pouvoir qui soutient la propriété foncière, elle affranchira la terre et donnera à tous les hommes des droits égaux sur elle.

C’est pourquoi les Russes n’ont pas besoin de renverser le gouvernement, et d’inventer de nouvelles formes de la vie communale destinées à remplacer les anciennes. Les formes communales, propres au peuple russe, existent déjà et ont toujours satisfait aux besoins de sa vie sociale.

Elles consistent dans cette direction commune, avec l’égalité de tous les membres du mir, dans cette formation d’artels pour les entreprises industrielles, et la propriété commune de la terre. La révolution qui se prépare dans le monde chrétien et qui commence maintenant chez le peuple russe se distingue des autres révolutions, précisément en ce que celles-ci détruisaient sans réédifier ou remplaçaient une forme de la violence par une autre, tandis que la révolution future ne doit rien détruire : il n’y a qu’à cesser de participer à la violence, à ne pas arracher la plante et la remplacer par quelque chose d’artificiel sans vie, mais à écarter ce qui gênait sa croissance. En conséquence, ce ne sont pas les hommes pressés, hardis, ambitieux, — qui, ne comprenant pas que la cause du mal contre lequel ils luttent est dans la violence, ne se représentent aucune forme de la vie sociale en dehors d’elle, attaquent aveuglément, sans réfléchir, la violence existante pour la remplacer par une nouvelle — qui aideront à la grande révolution qui va s’accomplir. Seuls les hommes qui, sans rien abattre, sans rien briser, arrangeront leur vie indépendamment du gouvernement, et qui, sans lutte, supporteront toute violence commise sur eux, mais ne participeront point au gouvernement, ne lui obéiront point, ceux-là seuls aideront à la révolution actuelle.

Le peuple russe, en immense majorité agricole, ne doit que continuer de vivre comme il vit maintenant, de la vie agricole communale, et ne point participer aux œuvres du gouvernement ni lui obéir.

Plus le peuple russe tiendra à cette forme de la vie qui lui est propre, moins le pouvoir gouvernemental, violateur, s’immiscera dans sa vie, et plus facilement il sera anéanti, car il trouvera toujours de moins en moins de prétextes pour s’immiscer et de moins en moins d’aide pour accomplir ses actes de violence.

Ainsi, à la question : Quelles seront les conséquences du refus d’obéissance au gouvernement ? on peut répondre avec assurance que ce sera l’anéantissement de cette violence qui force les hommes à entrer en guerre les uns contre les autres, et qui les prive du droit de jouir de la terre.

Et les hommes affranchis de la violence, ne se préparant plus à la guerre, ne se battant plus les uns contre les autres, et pouvant jouir de la terre, naturellement retourneront à ce travail agricole, propre à l’homme, au labeur le plus sain, le plus moral, avec lequel les efforts de l’homme sont dirigés vers la lutte contre la nature et non contre les hommes, à ce labeur sur lequel sont basées toutes les autres branches du travail et qui ne peut être abandonné que par les hommes soumis à la violence.

La cessation de l’obéissance au gouvernement doit amener les hommes à la vie agricole. Et la vie agricole les conduira à l’état communal le plus naturel, à cette vie de petites communes placées dans des conditions agricoles équivalentes. Il est très probable que ces communes ne vivront pas séparément et formeront entre elles, suivant les conditions économiques de race et de religion, de nouvelles unions libres, mais absolument différentes des anciennes communes gouvernementales basées sur la violence.

La négation de la violence ne prive pas les hommes de la possibilité de s’unir, mais les unions basées sur l’accord mutuel ne peuvent se former que quand seront détruites les unions basées sur la violence.

Pour construire une nouvelle maison solide à la place de celle qui tombe en ruines, il faut enlever de celle-ci jusqu’à la dernière pierre et bâtir tout à neuf.

De même avec ces unions qui pourront se former entre les hommes après la destruction de celles qui ont pour fondement la violence.

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CE QUE DEVIENDRA LA CIVILISATION

Léon Tolstoï

1906

Eh bien ! qu’adviendra-t-il de tout ce que les hommes ont élaboré ? Que deviendra la civilisation ?

« Le retour au singe, la lettre de Voltaire à Rousseau, disant qu’il faut apprendre à marcher à quatre pattes : le retour à une vie animale quelconque », disent les hommes qui sont tellement convaincus que la civilisation dont nous jouissons est un très grand bien qu’ils n’admettent pas même la pensée de renoncer à la moindre chose donnée par elle.

« Comment remplacer par la forme déjà dépassée par l’humanité — les communes agricoles, grossières, perdues au fond de la campagne — nos villes avec leurs chemins de fer électriques, souterrains et aériens, leurs phares électriques, leurs musées, leurs théâtres, leurs monuments ? » diront ces hommes. — « Oui, et avec leurs quartiers miséreux, les slums de Londres, de New-York, des grandes villes, avec leurs maisons de tolérance, les banques, les bombes explosives contre les ennemis extérieurs et intérieurs, avec leurs prisons, leurs échafauds, leurs millions de soldats » dirai-je, moi.

« La civilisation, notre civilisation, est un grand bien », disent les hommes. Mais ceux qui ont cette conviction appartiennent à cette minorité qui vit non seulement dans cette civilisation, mais par elle ; qui vit dans l’aisance, presque dans l’oisiveté, en comparaison du labeur des ouvriers, et ainsi uniquement parce que cette civilisation existe.

Tous ces hommes : rois, empereurs, présidents, princes, ministres, fonctionnaires, militaires, propriétaires fonciers, marchands, ingénieurs, médecins, savants, peintres, professeurs, prêtres, écrivains, sont si sûrs que notre civilisation est un grand bien qu’ils ne peuvent admettre la pensée de la voir disparaître ou même se modifier.

Mais demandez à la grande masse des peuples agriculteurs, des peuples slave, chinois, hindou, russe, aux neuf dixièmes de l’humanité, si cette civilisation, qui semble un bien supérieur à ceux qui vivent en dehors de l’agriculture, est un bien ou non ? Chose étrange, les neuf dixièmes de l’humanité répondront tout autrement. Ils savent qu’ils ont besoin de la terre, du fumier, de l’arrosage, du soleil, de la pluie, des forêts, des récoltes, de quelques instruments aratoires très simples, qu’on peut fabriquer sans abandonner la vie agricole. Mais de la civilisation ou ils ne savent rien, ou elle se présente à eux sous l’aspect de la débauche des villes, avec leurs prisons et leurs bagnes, ou sous l’aspect des impôts et des monuments inutiles, des musées, des palais, ou sous forme de douanes qui empêchent la libre circulation des produits, ou sous l’aspect des canons, des cuirassés, des armées, qui ravagent des pays entiers. Et alors ils disent que si c’est cela la civilisation elle ne leur est pas nécessaire ; et qu’elle est même nuisible.

Les hommes qui jouissent des avantages de la civilisation, prétendent qu’elle est un bien pour toute l’humanité, mais dans ce cas ils ne peuvent être témoin, étant juge et partie.

On ne peut nier que nous ne sommes maintenant loin dans la voie du progrès technique ; mais qui est loin dans cette voie ? Cette petite minorité qui vit sur le dos du peuple ouvrier. Et le peuple ouvrier, celui qui sert les hommes qui jouissent de la civilisation, dans tout le monde chrétien, continue de vivre comme il vivait il y a cinq ou six siècles, profitant seulement de temps en temps, des rogatons de la civilisation.

Si même il vit mieux, la distance qui sépare sa situation de celle des classes riches est plutôt plus grande que celle qui existait il y a six siècles. Je ne dis pas, comme pensent plusieurs, que la civilisation n’étant pas un bien absolu nous devons rejeter d’un coup tout ce que les hommes ont élaboré pour la lutte contre la nature, mais je dis que pour affirmer que ce que les hommes ont élaboré sert réellement à leur bien, il est nécessaire que tous, et non une petite minorité, en jouissent, il ne faut pas que certains soient privés par force de leur avoir pour les autres, sous prétexte que ces biens retourneront un jour à leurs descendants.

Nous regardons les pyramides d’Égypte et nous sommes stupéfiés de la cruauté et de la folie de ces hommes qui en ordonnèrent la construction et de ceux qui exécutèrent leurs ordres. Mais combien plus cruelle et plus inepte est la construction de ces maisons de dix, trente-six étages que les gens de notre monde civilisé construisent dans les villes, et dont ils sont fiers. Autour, la terre avec ses plantes, ses forêts, ses eaux limpides, son air pur, son soleil, ses oiseaux, ses animaux ; et les hommes, avec d’énormes efforts barrant aux autres le soleil, édifient des maisons de trente-six étages qui se balancent au vent, et où il n’y a ni herbe, ni arbre, où l’air et l’eau sont souillés, où toute la nourriture est falsifiée et corrompue et la vie difficile et malsaine. N’est-ce pas une preuve évidente de l’insanité de toutes les sociétés, qui, non seulement conseillent des folies pareilles mais encore en sont fières ? Et ce n’est pas un exemple unique. Regardez autour de vous, et à chaque pas vous verrez de pareilles maisons de trente-six étages qui valent les pyramides d’Égypte.

Les défenseurs de la civilisation disent : « Nous sommes prêts à réformer ce qui est mal, seulement que tout ce que l’humanité a élaboré reste intact. »

Mais c’est ce que dit à son docteur le débauché, qui, par sa mauvaise conduite, a gâché sa situation et sa santé, et qui est prêt à faire tout ce que le médecin lui ordonnera à condition qu’il puisse continuer sa vie de débauche. À un tel homme, nous disons que pour améliorer son état, il doit cesser de vivre comme il vit. Il est temps de dire la même chose à l’humanité chrétienne et de le lui faire comprendre.

L’erreur inconsciente — et parfois consciente — que commettent les défenseurs de la civilisation, c’est de la prendre pour but, tandis qu’elle n’est qu’un moyen, et de la considérer toujours comme un bien. Mais elle ne sera le bien que quand les forces dominantes de la société seront bonnes. Les substances explosibles sont très utiles pour construire une route, mais très dangereuses dans les bombes. Le fer est très utile pour les instruments aratoires mais très pernicieux quand il est employé pour les engins de guerre et les verrous des prisons. La presse peut répandre de bons sentiments et des idées sages, mais, avec un succès plus grand encore, des idées fausses et dépravantes. La civilisation est un bien ou un mal selon que le bien ou le mal domine dans la société. Dans notre société où la minorité exploite la majorité, elle est un grand mal. La civilisation, chez nous, n’est qu’une arme de trop de l’oppression de la majorité par la minorité dominante.

Il est temps que les hommes des classes supérieures comprennent que ce qu’ils appellent la civilisation — la culture — n’est qu’un moyen et la conséquence de cet esclavage dans lequel la petite minorité oisive du peuple tient l’immense majorité laborieuse. Notre salut n’est pas dans cette voie que nous avons suivie ; il n’est pas dans la conservation de tout ce que nous avons élaboré, mais il se trouve dans notre aveu de nous être engagés dans une voie fausse, d’être tombés dans l’ornière d’où il nous faut sortir, sans se soucier de retenir ce que nous avons, mais, au contraire, en jetant bravement tout ce qui nous est le moins nécessaire, ce que nous avons traîné avec nous, afin d’arriver d’une façon quelconque (même à quatre pattes) sur un sol ferme.

La vie bonne et raisonnable consiste à choisir, parmi beaucoup d’actes ou entre beaucoup de voies qui se présentent, les actes les plus raisonnables, la direction la meilleure. Or l’humanité chrétienne, dans sa situation présente, doit choisir entre ces deux choses : ou poursuivre dans cette mauvaise voie, où la civilisation existante donne les plus grands biens au plus petit nombre, retenant les autres dans la misère et l’esclavage ; ou immédiatement, sans le remettre à un avenir plus ou moins éloigné, renoncer en partie ou totalement aux avantages qu’a donnés cette civilisation à quelques privilégiés, et qui empêchent l’affranchissement de la majorité des hommes de la misère et du servage.

Pas de « réforme » systémique possible, dire Non!… et agir en conséquence

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Gilets Jaunes : Tout le pouvoir aux ronds-points

Pour que finalement le plus grand nombre comprenne qu’il n’y a pas de solution au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir.
Nous devons nous rassembler au delà des guerres de clochers qui ne sont que divisions sociale induites et comprendre que notre émancipation totale et définitive passe par l’entraide, la coopération, les associations libres volontairement confédérées, qui mettront en place la Commune Universelle planétaire de notre humanité enfin réalisée dans sa complémentarité organique et fonctionnelle.
Le seul mot d’orde qui tienne la route pour cet objectif est:
A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent ! A bas le salariat !
Devenons enfin ce que nous sommes en devenant politiquement adulte et en cessant de geindre et de passer notre temps à déléguer notre capacité décisionnaire, c’est à dire notre pouvoir, le seul qui compte vraiment pour œuvrer et réaliser l’intérêt commun non seulement de notre espèce, mais de toute la planète dans une vaste harmonie symbiotique organique.
Depuis des siècles, l’oligarchie nous a mis un voile d’illusion devant les yeux. Nous avançons dans une réalité artificielle, bien réelle certes au quotidien, mais qui n’a aucune raison d’être. Il suffit de dire NON !
Arrêtons de consentir, retrouvons l’esprit communard, il n’est pas si profondément enfoui, pour certain(e)s il est juste là… à fleur de peau.
L’heure vient…

~ Résistance 71 ~

Contre la politique des “sauveurs”

Pour qui veut changer le monde, mais pour de vrai ; pas en réformant le capitalisme

Le Monde Libertaire

Septembre 2020

Source: https://www.monde-libertaire.fr/?article=Contre_la_politique_des_

AVANT-PROPOS

Dans ce livre, et après une vaste table-ronde, on a voulu employer le féminin et le masculin. Au début nous avions décidé de tout mettre au féminin, qui se serait rapporté aux personnes, mais on avait du mal à accepter de parler de pouvoirs au féminin alors que l’on sait d’où vient le pouvoir. C’est pourquoi, tout ce qui a rapport au pouvoir est au masculin, le reste du texte sera un mélange des deux genres. Nous voulons faire comprendre à la lectrice que nous ne sommes pas seulement en train de parler de celles-ci mais de l’ensemble de la population, de même que pendant des siècles on a toujours voulu inclure toute personne dans le générique masculin mais que beaucoup se sont senties en réalité exclues ou méprisées. Nous sommes conscientes que cette décision donnera lieu à controverse. C’est pourquoi, nous vous demandons de tenir compte de l’importance du genre ; nous espérons que dans un avenir proche il n’y ait pas de divergence à ce sujet et que toutes les personnes se sentent inclues dans les textes. 

PRÉSENTATION

Ce petit livre essaye d’être un outil utile pour tout compagnon ou compagne intéressée par la lutte sociale, pour celles qui sont fatiguées par tant de promesses, celles qui ont été maltraitées par le pouvoir et ont la rage, pour les travailleuses, c’est-à-dire le peuple. Il peut être utile à qui ne connaît pas bien le monde libertaire et l’action directe. 

En se démarquant et en s’affichant contre tout parti politique ou organisation pyramidale ou institutionnelle, il cherche à ouvrir le chemin à d’autres formes d’organisation fondées sur le dés-apprentissage, la solidarité et l’entraide, puisque telles ont été les armes les plus puissantes pour le peuple dans son chemin vers l’émancipation. 

Nous n’allons pas proposer une solution selon le mode habituel des partis politiques et des syndicats qui promettent, proposent et ne changent rien. Nous voulons démonter les pièges du système capitaliste et tous ceux qui suivent ce jeu, en découvrant au grand jour l’inefficacité de la classe politique et la force que l’État exerce sur le peuple. 

Nous espérons que ces pages seront une contribution utile pour nous organiser de façon efficace et arriver à des résultats au bénéfice de toutes parce que nous devons comprendre que le changement est en nous. Si nous voulons un changement, nous devrons toutes travailler. Il n’y a pas de sauveurs. 

ORGANISE TA COLÈRE

Nous sommes nombreuses à vivre dans ce monde et une majorité d’entre nous souffre de la domination croissante d’un système, fait sur mesure pour quelques-uns. Un système qui, tout en nous utilisant comme marchandise et main d’œuvre bon marché quand cela l’intéresse, nous abandonne sans le moindre scrupule et de plus en plus souvent, à notre sort. 

Dans les mouvements de contestation, les grèves, les manifestations, nous avons pu constater le ras-le-bol et la colère du peuple, mais un simple coup de gueule ou une action ponctuelle ne suffisent pas à changer notre situation. Une protestation à elle seule, ne change rien, contrairement à ce qu’on nous a fait croire. 

Il est très important de comprendre le fonctionnement du système et le rôle que nous y jouons en tant que classe ouvrière, pour créer une conscience critique et de classe. Notre niveau d’information et notre envie constante d’apprendre peut devenir la plus grande crainte des puissants. Devant un peuple éduqué, le pouvoir ne peut que trembler. 

Comprendre les raisons de notre misère, identifier le problème et nous unir pour l’attaquer à la racine est la seule façon de parvenir à améliorer notre condition. Une conscience de la situation est nécessaire pour pouvoir agir efficacement. Si nous ne comprenons pas et que nous ne remettons pas en question notre fonction dans ce système au quotidien, toute tentative de changement ou de révolution sera impossible, parce que le capital dispose de multiples outils pour éliminer tout foyer de résistance visible, puisqu’aujourd’hui la grande majorité des mouvements contestataires est facilement contrôlée. 

On ne peut rien construire sans une base solide. 

Dans le chaos, les mensonges et la désinformation, en absence d’une conscience claire en tant que classe laborieuse ou classe moyenne, ou bien dans l’ignorance de la lutte des classes en cours, nous restons bras croisés pour voir si cette fois ce sera le parti socialiste, celles de Podemos, ou tout autre parti vendeur de vent qui nous rassurera et nous dira qu’il va nous sauver d’une incertitude et d’une précarité continuelle. Pendant ce temps-là, nous voyons que rien ne change dans le bon sens. 

Plus de 150 ans de lutte contre l’industrialisation et la mécanisation des humaines ont marqué toute une histoire de victoires et de défaites, puisque la bourgeoisie n’a jamais rien cédé gracieusement et que les travailleurs ont dans le passé ont gagné au prix de beaucoup d’efforts et de leurs vies ce que nous sommes en train de perdre maintenant très rapidement. 

Il faut aussi dire au préalable que nous avons une profonde méconnaissance de notre histoire et de la façon dont ont été acquis ces droits, que nos arrière-grands-mères et nos grands-pères ont gagnés. On s’est chargé d’effacer notre histoire et de nous éduquer en nous faisant croire que nos ancêtres étaient dans l’ignorance et l’incapacité de s’organiser mais n’est pas l’exacte vérité. On nous dit que leur qualité de vie fut mauvaise et que nous vivons bien mieux à présent et que nous sommes plus libres, mais en réalité, la structuration sociale est toujours la même qu’il y a cent ou deux cents ans, il est même possible que le partage inégal ou la différence entre riches et pauvres se soit creusé aujourd’hui. Les organisations ouvrières du passé étaient beaucoup mieux organisées que les nôtres pour cette bataille que nous devrons gagner si nous voulons vivre libres. C’est pour toutes ces raisons que nous devons tirer des enseignements de l’histoire. 

Aujourd’hui comme hier, nous croyons à la solidarité, à l’entraide et à l’autogestion, parce qu’elles se sont avérées les outils les plus efficaces pour l’émancipation de la classe ouvrière. Nous constatons que l’égoïsme, l’individualisme et la passivité ont poussé la société à la perte de valeurs et à la folie, mais le plus important est que nous avons appris qu’avec l’union et la solidarité, on peut tout obtenir. Ces méthodes oubliées de l’histoire ont permis d’atteindre de grands objectifs dans le passé. Parmi les acquis, nous trouvons, par exemple, la journée de travail de huit heures, qui n’est certes pas l’objectif final des travailleuses mais a constitué néanmoins une grande victoire. Nos ancêtres ont réussi à toucher au but. Un objectif clair, l’union et une lutte acharnée de leur part ont réussi à mettre en échec l’État et la bourgeoisie, inquiète de voir trembler les soubassements de ce monde conçu à sa mesure et pour son profit et le voir devenir un monde où il n’y aurait pas de place pour l’exploitation et la pauvreté. Aujourd’hui, les gouvernements se chargent parfaitement de nous tenir dans l’oubli de toute cette histoire : mais même si on ne nous la raconte pas, l’anarchisme a une histoire digne de nous remplir de fierté. 

L’histoire est la lutte constante entre ceux qui essayent de soumettre le peuple et ceux qui ne veulent pas se laisser soumettre. La domination et l’esclavage ont toujours été le rêve des grands de ce monde. Ils cherchent à avoir une population soumise, en proie à la peur et la tristesse, allant de la maison au travail et du travail à la maison, produisant pour eux de la richesse et leur procurant du pouvoir. Mais, d’un autre côté, la résistance et la lutte pour se libérer des chaînes et encourager le peuple à apprendre, lutter et décider de son propre avenir, ont toujours existé. 

Les défaites, les coups durs et la paralysie des dernières années ont conduit la société travailleuse à l’oubli et à ne pas s’interroger sur les mécanismes de leurs vies, à abandonner en cours de route les aspirations et les rêves de nos grands-mères, qui ont tout donné pour essayer de franchir la barrière et sortir de la misère économique et mentale que produit le système dans lequel nous vivons. 

Nous nous croyons libres en tant que pièces ou un maillon d’un vaste mécanisme, sans nous rendre compte que nous vivons plus que jamais dans les entrailles d’un capitalisme avancé qui nous mène de façon accélérée à la destruction. 

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Nous ne vivons pas au XIX siècle ni au XX ; les mécanismes et les duperies du capital ont su mieux se dissimuler et se cacher, sous une couche de fausse liberté et démocratie, le système se régénère et continue à tourner à plein rendement. Au nom de la démocratie, on travaille à créer la plus grande des dictatures. Au nom de la démocratie, on arrête, on torture, on contrôle, etc. Quiconque ne voudrait pas participer à leur jeu, est appelé terroriste et l’État paternaliste, en faisant croire à la population que la police et l’armée défendent leur liberté, devient le protecteur et le contrôleur du peuple. 

À la différence de nos ancêtres, qui grâce au lien de la complicité de classe, ont su s’unir et lutter ensemble pour essayer d’œuvrer pour le bien commun, nous aspirons au bien-être personnel. Même le petit patron ou la travailleuse aspirent au succès et à la richesse. L’éducation individualiste que nous recevons depuis l’enfance nous apprend que le succès est en rapport avec l’argent et le pouvoir, et nous y aspirerons tous pour essayer de « réussir dans la vie » comme on dit. Au lieu de nous soutenir mutuellement, nous vivrons selon « la loi de la jungle » pour essayer de nous placer au premier rang. La triste réalité, c’est que tandis que nous nous marchons dessus dans une course absurde pour arriver au sommet, seule une minorité contrôle la situation et elle appartient à une catégorie privilégiée. Nous autres, des classes populaires, nous continuerons sur le mode de la survie pour aller de l’avant. Certaines obtiendront beaucoup, d’autres perdront tout et continueront à être victimes de l’exploitation. L’éducation dans la rivalité fait en sorte que les travailleuses se battent entre elles dans une lutte qui n’a pas de sens, tandis que les riches, les véritables coupables de leur misère, continuent à accumuler des richesses. L’accumulation de richesses non nécessaires n’est pas viable si nous voulons créer une société fondée sur la solidarité et l’entraide. La planète est riche et la terre généreuse, aussi pour en finir avec la pauvreté, le seul chemin est d’en finir avec la richesse, avec sa distribution injuste. En nous battant entre nous, nous n’améliorerons jamais notre situation, notre ennemi est en train de compter des billets de banque dans les grands bureaux où il continue à gagner de l’argent aux dépens de la misère d’autrui, en profitant de la misère des travailleurs. 

Une autre victoire du capital a été que les classes populaires voient les grands patrons comme des battants. Aujourd’hui nous admirons ceux qui se sont enrichis aux dépens du travail d’autrui et nous envions leur vie. Cela marque la mort de la conscience de classe et de l’union des travailleuses pour nous soutenir dans la recherche d’une vie plus juste. Maintenant nous voulons être chefs ! Des gens aisés ! Un exemple frappant en est le nouveau gérant ou propriétaire d’une entreprise qui, après avoir passé des années à un poste plus bas soumise à ses supérieurs, passe dans le camp des oppresseurs pour refaire mille fois ce qu’elle a subi, faisant souffrir les personnes à des postes inférieurs. Quel sens est-ce que ça a ? Que sont devenues la fraternité et la camaraderie ? Maintenant le travailleur croit que l’entreprise lui appartient même si elle est une simple salariée et que son patron garde pour lui une grande partie de la richesse qu’elle produit. 

La personne chef d’entreprise se vante toujours d’avoir su monter une affaire au bon moment, d’avoir su faire le bon investissement etc. Pour justifier son gros compte en banque, elle dira que c’est elle qui a risqué son capital pour monter cette affaire. Elle n’a pas tort, elle a risqué cet argent, mais elle n’aurait pas pu faire fonctionner son entreprise sans ses travailleurs. Pour donner deux exemples, dans une fonderie, celle qui prend vraiment des risques, c’est celle qui travaille tous les jours à verser le liquide brûlant et dans les hauts fourneaux. Dans une mine, celle qui prend des risques, c’est celle qui extrait des minéraux à des centaines de mètres sous terre, et il n’est pas juste qu’un investisseur ou dirigeant de l’entreprise prenne une plus grande part d’argent qu’elles, parce que ce sont elles qui véritablement font fonctionner l’entreprise. Ce qui a permis à la société de progresser pendant des années, c’est la capacité des êtres humains à s’unir pour travailler en groupe et atteindre leurs objectifs. Il est beaucoup plus facile de travailler en groupe que seule, mais quand sonne l’heure de la distribution des bénéfices ou des produits, il n’est pas juste qu’une personne prenne la plus grande part. 

Dans toute entreprise, c’est le chef ou le groupe dirigeant qui gagne davantage, parce que l’économie et notre société sont fondées et soutenues par l’accumulation de capitaux pour un petit nombre et de travail salarié pour les autres. L’inégalité est visible dans la plupart des entreprises, petites, moyennes et grandes et elles sont toutes un exemple clair de capitalisme et de distribution injuste. Actuellement, dans ce féroce marché globalisé. Beaucoup des affaires en question restent de petites entreprises en comparaison avec les monstrueuses multinationales qui brassent l’économie et contrôlent la vie de milliers de travailleuses, celles que nous connaissons toutes. Les grandes multinationales sont au sommet de la pyramide capitaliste. 

De nos jours ce qu’on considèrerait une vie normale, consiste à étudier pour travailler, travailler dur, acheter une maison, procréer et essayer de cotiser pour avoir une retraite. Nous allons toutes au travail, nous faisons notre journée de travail et nous recevons un salaire mais quelle partie de la richesse générée par un travailleur lui revient-elle exactement ?

Le travail salarié, c’est totalement du vol et la fixation de nos salaires est fonction des marchés qui marchent au pas des banques et les multinationales. Le salaire d’une travailleuse normale ne permet quasiment que de tenir le mois, c’est-à-dire payer la maison, construite par les travailleuses, payer la nourriture, également cultivée par les travailleuses et payer les factures de biens communs ou de ressources naturelles détenus par les riches pour prendre ton argent et avoir le bénéfice de l’effort de toute la population. Tu croyais faire partie de l’entreprise, mais l’affaire c’est toi. Devoir payer le crédit immobilier, l’électricité, l’eau, le téléphone, etc t’obligera à travailler toute ta vie. Ils parviennent à nous lier à la vie salariée en nous faisant payer pour tout et en fixant un prix exorbitant pour des besoins de première nécessité comme le logement. Si le prix d’un appartement tourne au bas mot autour de 150 000 euros, combien de salaires et d’années de travail es-tu en train de consacrer à quelque chose d’aussi essentiel qu’avoir un toit digne ?

Se rendre au travail et remplir les fonctions quotidiennes, c’est dur, mais ça l’est encore plus de travailler 40 heures par semaine pour pouvoir survivre ou pour ne pas joindre les deux bouts chaque mois parce que les bénéfices de ce que tu as produit ne te reviennent pas. La liberté ce n’est pas de l’argent et du travail ; dans la société dans laquelle nous vivons, on ne recherche pas le bien-être de la société quand on produit, c’est-à-dire que nous ne travaillons pas pour produire ce dont nous avons besoin pour vivre, nous travaillons pour enrichir les patrons. 

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Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

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4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Ce qui nous est promis (Résistance 71)

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, écologie & climat, économie, coronavirus CoV19, crise mondiale, gilets jaunes, guerres hégémoniques, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, OGM et nécro-agriculure, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, presse et média, réchauffement climatique anthropique, résistance politique, santé et vaccins, science et nouvel ordre mondial, sciences et technologie, société des sociétés, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , on 24 février 2021 by Résistance 71

“Ce n’est plus un 1830 ni un 1848, [1871] c’est le soulèvement d’un grand peuple qui veut vivre libre ou mourir.”
~ Manifeste de la mairie du 18e, 1871 ~

“Temps futurs, vision sublime ! (Victor Hugo)

Ce qui nous est promis

Résistance 71

24 février 2021

Avec plus d’un an maintenant de recul possible sur cette “crise sanitaire” du SRAS-CoV -2 donnant ce qui a été appelé la COVID-19, acronyme pour COronaVIrusDisease-2019 en anglais, “disease” voulant dire “maladie”, que savons nous ?


Science COVID : Zo + Meu = Ga.ZoBu

Pour la partie sanitaire, nous savons que :

  • Le SRAS-CoV-2 n’est pas naturel et a été créé en laboratoire entre 2006 et 2015
  • La maladie qui en résulte est une infection aigüe sévère des voies respiratoires et des poumons qui peut avoir de graves conséquences chez les personnes infectées ayant une déficience immunitaire avérée naturelle (personnes âgées de plus de 70-75 ans) ou présentant de multiples facteurs dits de co-mortalité (plus d’une maladie connexe) ou les deux. Cette maladie est assez contagieuse mais très peu létale avec un taux de mortalité similaire à celui de la grippe saisonnière, essentiellement chez les personnes symptomatiques présentant les caractéristiques ci-dessus mentionnées
  • Certains médicaments existants et peu onéreux sont efficaces pour son traitement dans un protocole thérapeutique sous contrôle médical
  • La décision de l’OMS de déclarer la “pandémie” tient du fait de la prévalence actuelle de la science des modèles informatiques sur la science de l’observation des faits, c’est à dire sur une science de l’extrapolation mathématique chiffrée par algorithmes falsifiable à souhait, contre une science de l’observation naturelle et de l’analyse des faits empiriques. Ce travers vaut également pour toute la polémique (pseudo) scientifique sur le réchauffement climatique anthropique. La science des “modèles” est une science de la falsification, qui sert parfaitement l’agenda oligarchique selon ses besoins
  • Le test RT-PCR (Real Time Polymerase Chain Reaction) reconnu standard par l’OMS, n’est pas efficace dans le dépistage thérapeutique de surcroit au-delà de 20 cycles d’amplification, créant une masse potentielle de faux positifs à l’infection et rendant les chiffres officiels publiés du nombre de personnes infectées plus que suspicieux
  • Le port du masque généralisé aux plus de 99% de population saine est une mesure inutile et contre-productive
  • Jamais dans l’histoire de la médecine, une épidémie n’a été contrôlée par le confinement d’une population entière, mais par celui des malades et des proches infectés en les soignant
  • La priorité demeure le diagnostic et la pratique médicale, c’est à dire de SOIGNER les malades avec tous les moyens efficaces reconnus et disponibles. Pour ce faire il convient de laisser les médecins faire leur métier et de leur laisser la liberté de prescrire dans les stades précoces de la maladie, chose qui leur a été interdite de faire. A l’analyse, ceci constitue un crime contre l’humanité
  • En conséquence, il est inepte de se référer exclusivement à une méthodologie préventive sous la forme de la vaccination pour une maladie virale qui ne tue que 0,5% des personnes infectées et dont les causes virales sont connues pour être particulièrement aptes à l’adaptation par voie de mutation constante
  • La “solution” apportée se dévoile sous la forme d’une thérapie génique ou vaccin chimérique à ARN messager (ARNm) aux tests douteux voire quasi inexistants, technique qui n’a jamais auparavant été employée sous cette forme et à cette échelle et qui présente un sérieux potentiel de nuisance sur la santé publique à court, moyen et long termes
  • Il n’y a pas eu de “surmortalité” en 2020 en accord avec les chiffres de l’INSEE. Non seulement ça, mais aussi qu’une surmortalité dans la tranche d’âge des plus de 60 ans devient normal avec l’arrivée massive en fin de vie des “baby boomers”, ces personnes nées dans l’immédiat après seconde guerre mondiale, ce avec ou sans COVID
  • Il existe quelques variants / mutants de la maladie (notamment variants dits « anglais » et « sud-africain ») qui sont plus contagieux, mais moins létaux


Croque-mitaine : d’Al Qaïda à Bébert Corona

Pour la partie décisionnaire (politique) de la gestion de la “crise”, nous savons que :

  • Tout et son contraire a été dit et fait
  • Les voix de la raison médicale et scientifique ont été ignorées pour ne mettre en place qu’une vision biaisée de la situation et une doxa coercitivement maintenue en place
  • La politique de la peur a très vite pris le dessus sur la raison, ce suivant un agenda liberticide bien précis
  • L’imposition à la masse des populations de mesures “sanitaires” des plus contraignantes a plus d’effets néfastes que bénéfiques tant sur un plan physique que psychologique et social
  • Très tôt, seules les voix “d’experts” des gouvernements ont prévalu, “experts” qui le plus souvent se sont avérés être en conflit d’intérêt avec le bien et la santé publics
  • Il s’avère que l’organisme international qui a décrété la “pandémie” mondiale, l’OMS, est contrôlé (financièrement) par les “dons” d’un milliardaire de l’informatique et sa fondation omniprésente dans bon nombre de scandales vaccinaux dans le monde
  • Les mesures de restriction “sanitaire” planétaires ont contribué directement à l’effondrement de pans entiers de secteurs économiques comme le tourisme et autres industries de service et industriels dans le monde entier
  • La richesse en conséquence ne fait que se concentrer toujours plus en de moins en moins de mains et de vastes segments des populations des pays développés sont entrés en précarité critique
  • Il s’est instauré une véritable dictature sanitaire planétaire dont les cerbères sont les médias propriétés de grands groupes financiers et industriels associés à l’industrie pharmaceutique et ses lobbies
  • Nous sommes entrés dans une ère de nouvelle idéologie liant entre elles les idéologies de l’écologisme de désastre et du covidisme, nouvelle idéologie de la religion du catastrophisme induit et contrôlé
  • Cette idéologie est martelée sans cesse par les médias et la chasse est ouverte aux esprits et actions dissidents
  • La “crise sanitaire” COVID est fabriquée et présentée comme étant la responsable du marasme économique déjà préalablement existant et dû à la mort imminente du capitalisme, incapable de reproduire son propre modèle ayant tout vampirisé et succombant à ce que Marx avait prévu depuis les années 1860 : la baisse irrémédiable du taux de profit en phase de domination réelle du capital menant à son auto-destruction irrémédiable dans son incapacité à reproduire son propre modèle de la valeur marchande
  • La “crise sanitaire” n’en est pas une, elle est une décision politique d’en faire une “crise sanitaire”, tout comme l’idéologie réchauffiste est une idéologie politique et en rien scientifique
  • Les acteurs industrio-financiers via les forums usuels (Davos, G7 etc…) poussent pour la solution du “Great Reset” qui entérinera un monde néo-féodal géré par une dictature technotronique déjà partiellement mise en place et à laquelle la crise COVID donne le dernier petit coup de pouce de verrouillage de la grille de contrôle planétaire

Voilà donc la solution proposée à la mort programmée du capitalisme, masquée internationalement par une “crise sanitaire” fabriquée, pas au sens où le virus n’existe pas, mais au sens de la falsification des données pour générer la peur sans laquelle rien ne pourrait passer: sa mutation en une entité de fusionnement entre les états-nations devenus obsolètes et les grandes entreprises transnationales, GAFAM, Big Pharma et complexe militaro-industriel en tête, le tout géré par des moyens technotroniques (5G puis 6G, nanotechnologie, cybernétique etc…) de plus en plus envahissants et liberticides.

Dans ce monde, ce nouvel ordre mondial qui se profile, il n’y aura plus de places pour la vaste majorité des humains qui devront donc disparaître. Il y a une quarantaine d’années, dans l’état de Georgie aux Etats-Unis, furent mystérieusement érigées des stèles géantes dans une sorte de néo-Stonehenge post-moderne, sur lesquelles furent gravés des “commandements” pour un monde futur (jusqu’à ce jour, personne ne sait vraiment qui a commandité ces stèles géantes, même si une piste a mené un temps vers Ted Turner, le magnat de l’audio-visuel, propriétaire de Warner et autres médias). Un de ceux-ci stipule que la population de la Terre ne devra jamais excéder plus de 500 millions d’individus. Bon nombre des oligarques contrôlant le système depuis le haut de la pyramide systémique sont depuis bien longtemps des adeptes convaincus de l’idéologie néo-malthusienne du contrôle et de gouvernance et pour qui la “surpopulation” est un leitmotiv bien que touchant plus au mythe qu’à la réalité, ce qui les rend obsédés par la dépopulation et le contrôle de l’énergie et de la nourriture (cf. NSSM 220 d’Henry Kissinger des années 70).

Alors soit la crise COVID est exploitée en ce sens par l’oligarchie (dans l’optique connue de “ne jamais laisser perdre une bonne crise qui se présente”), soit elle a été créée de toute pièce pour adhérer à cet agenda. La seconde option n’est en rien délirante, de multiples précédents existent…

Quoi qu’il en soit, peu importe que cette situation soit volontaire ou non, tout est fait et mis en œuvre pour diriger le monde et sa population vers un cauchemar sociétal dont l’ampleur totalitaire sera sans précédent dans l’histoire de l’humanité. L’oligarchie aux manettes n’a pas le choix, il en va de sa survie de criminels privilégiés, pour elle, nous ne sommes que de la vermine inutile, des sans-dents, ceux qui n’ont rien et sont devenus inutiles pour leur monde technotronique où la machine sera reine et fusionnera avec l’humain dans un délire de fontaine de jouvence sauce transhumaniste.

Le capitalisme se meurt certes, mais il est en train de muter sous nos yeux en cette entité dictatoriale supra-nationale qui écrase, vampirise déjà tout et met en place une société néo-féodale ou le néo-servage verra quelques centaines de millions d’individus décérébrés faire fonctionner la machinerie et remplir la paperasserie nécessaire à son contrôle. Plus de 7 milliards de personnes doivent disparaître, cela se fera à la fois brutalement (l’euthanasie a déjà commencé), mais aussi par stérilisation de masse volontaire ou forcée qui, sur plusieurs générations, verra s’effondrer la démographie planétaire. Pour les sans-dents, ce sera la mort ou la mise en esclavage perpétuel post capitalisme.

Cette mutation est déjà en marche, nous vivons en ce moment même au sein de la chrysalide métamorphique, ce qui en sortira sera un véritable monstre tel que jamais vu auparavant. La plupart d’entre nous l’ignorons et sommes divertis par le spectacle encore marchand permanent qui nous aveugle et obscurcit l’esprit et l’entendement toujours plus avant.

Notre chance est de pouvoir détruire ce monstre en métamorphose depuis l’intérieur, de là où nous sommes, ensemble, unis, nous devons sortir de la torpeur hypnotique induite et agir pour restaurer l’esprit organique de notre humanité en devenir. C’est l’amour de la vie, de notre puissance vitale qui sauvera l’humanité de cette monstruosité en cours. La mise en commun de notre complémentarité naturelle sera l’élément crucial, c’est bien pour cela que depuis la mise en place du rapport dominant / dominé, oppresseur / opprimé il y a quelques 5000 ans, toutes les oligarchies du pouvoir qui se sont succédées n’ont eu de cesse que de maintenir les peuples divisés et ont gouverné coercitivement par la force et la peur. 

L’unification finale vers notre humanité émancipée et donc réalisée est donc ce qui terrorise l’oligarchie. Car cet évènement signera leur arrêt de mort et celui de leur système d’exploitation criminel et anti-naturel.

Ils ne peuvent réussir dans cette entreprise que si nous les laissons faire. C’est parce que nous consentons depuis des siècles que nous en sommes là. L’heure arrive de retirer notre consentement, de boycotter cette infamie totalitaire et de mettre en place la Commune Universelle hors État, hors marchandise, hors argent et hors salariat. Il suffit de dire NON ! en masse et c’est fin de partie pour les gugusses oligarques.

Mettons à bas et achevons capitalisme et État ; retrouvons l’esprit social organique qui fera de nous ce que nous sommes : des êtres vivants amoureux de la vie, de notre prochain, de notre capacité de transformation de notre réalité pour en faire une harmonie symbiotique par delà toutes les idéologies et les carcans des corps et des esprits.

Ce qui nous est proposé par la voie et la voix officielles est la Mort au sens propre comme au sens figuré.

Choisissons la Vie ! A tout jamais !… Il n’en tient qu’à nous et à personne d’autre de faire ce choix, individuellement dans un premier temps et simultanément collectivement. « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux » disait déjà La Boétie au XVIème siècle, rien n’a changé, tout est une question de perspective et de volonté. Rien n’est inéluctable sauf la mort, pour l’heure…

Qu’on se le dise.

Dans l’esprit de Cheval Fou

“Commander, certainement pas, obéir, jamais !” (Friedrich Nietzsche)

Note : ne nous croyez pas sur paroles ! Faites vos propres recherches, analysez, critiquez, réfléchissez par vous-mêmes. Refusez de vous laisser dicter quoi et comment penser. Quasiment toute l’information qui provient de sources et d’organes officielles est fausse ou sévèrement trafiquée, biaisée pour influencer les peones que nous sommes à suivre la doxa sans poser de question. Rejetez cette attitude qui est une insulte à votre intelligence et votre souveraineté. Halte à l’exploitation sociale, intellectuelle et idéologique ! Comprenons une fois pour toute qu’il n’y a pas de solution au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et qu’il ne saurait y en avoir, ainsi agissons ensemble en conséquence.

Ci-dessous quelques lectures pointant dans la bonne direction, elles sont loin d’être les seules. 

Solidarité, Union, Persévérance, Réflexion, Action pour une S.U.P.R.A (r)évolution vers la société des sociétés et sa Commune Universelle.

A bas l’État ! A bas la marchandise ! A bas l’argent ! A bas le salariat !

Et si proche de son cent-cinquantenaire: Vive la Commune et l’esprit communard universel, cet esprit qui terrorise l’oligarchie !

Lectures complémentaires :

Comprendre et transformer sa réalité, le texte:

Paulo Freire, « La pédagogie des opprimés »

+

4 textes modernes complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Guerre_de_Classe_Contre-les-guerres-de-l’avoir-la-guerre-de-l’être

Francis_Cousin_Bref_Maniffeste_pour _un_Futur_Proche

Manifeste pour la Société des Sociétés

Pierre_Clastres_Anthropologie_Politique_et_Resolution_Aporie

Notre page “Coronavirus, guerre contre l’humanité” régulièrement mise à jour au fil de l’actualité

“L’essentiel de Résistance 71 2010-2021” (PDF)

“COVID du mythe aux statistiques” (PDF)

Le masque comme rite de passage vers le Nouvel Ordre Mondial (Résistance 71, juillet 2020)

Gustav Landauer et la société organique

La fin de l’État

Textes fondateurs pour un changement politique

Tas-saisi-derniere-chronique-de-rien-ou-presque-du-24-fev-2021 (chronique de Rien, 24/2/21, PDF)


(R)évolution Sociale

La résistance qui ne dit pas son nom… Entretien avec l’anthropologue politique James C. Scott (PDF)

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Résistance 71

 

23 février 2021

 

Le PDF de notre traduction de l’entretien de l’anthropologue politique James C. Scott sur le sujet de la résistance qui ne dit pas son nom…

Entretien_avec_James_C_Scott_2018

 

 

Analyse du dernier livre de Pierre Bance « La fascinante démocratie du Rojava »… Du Confédéralisme Démocratique au proto-état une nécessité implacable ?

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Au sujet du livre de Pierre Bance “La fascinante démocratie du Rojava”

Du contrat social au principe égalité

Une recension de Freddy Gomez (acontretemps.org)

Février 2021

Source:
http://www.autrefutur.net/Sur-LA-FASCINANTE-DEMOCRATIE-DU-ROJAVA

C’est, à n’en pas douter la bataille de Kobané, en 2015, qui rendit populaire la lutte des Kurdes en Syrie. On se souvient que la lutte acharnée des Unités de protection du peuple (YPG) et des Unités de protection de la femme (YPJ) conduisit, après des combats acharnés, à la déroute des cinglés de l’Organisation de l’État islamique (OEI) – plus connu sous le nom de Daesh. L’enthousiasme fut tel, dans certains cercles de l’activisme militant du Premier Monde, que le Rojava devint une sorte de terre promise, de référence absolue. Ineffable fut alors l’attrait qu’exerça sur ces nouveaux adeptes de la cause kurde, souvent jeunes et se réclamant d’un anarchisme d’époque, les images guerrières de combattantes en treillis. Postérisée, leur représentation – souvent accolée à celles de souriantes miliciennes en armes du bref été espagnol de l’anarchie de 1936 – était censé rejouer, sur un tempo féministe révolutionnaire et en terre inconnue, le énième retour du peuple en armes sur la scène de l’histoire. Le problème avec l’exotisme révolutionnaire, c’est qu’il ne voit que ce qu’il veut voir : des images qui confortent l’idée romantique qu’il se fait, à un moment historique donné, de l’écart absolu. Et jamais ce qui couve sous l’apparence, notamment la complexité et les contradictions d’un combat qui exige, pour en saisir la portée, d’en connaître les tenants, la tradition, les mutations et les raisons profondes. Hélas, la forte couverture spectaculaire que connut la bataille de Kobané passait largement sous silence l’objet réel de cette résistance acharnée aux fous d’Allah : la mise en branle d’un processus politique de longue haleine fondé sur une idée – le confédéralisme démocratique – qui prétendait rien moins qu’incarner, en cet Orient compliqué, une nouvelle voie au socialisme ayant pour piliers la démocratie directe, l’émancipation des femmes, l’écologie et l’inclusion de toutes les composantes ethniques et religieuses de la société.

Située entre Tigre et Euphrate, sur le territoire du nord et de l’est de la Syrie, la petite République du Rojava fait aujourd’hui doublement symbole. Pour avoir, d’une part, largement contribué à vaincre l’État islamique en y mettant le prix : 11.000 de ses combattants, femmes et hommes, y ont perdu la vie et 24 000 y ont été blessés, ce qui représente la moitié de l’effectif de son armée de 70 000 combattants. Pour s’entêter, de l’autre, même menacée au quotidien par les forces armées turques d’Erdogan, à défier, dans un monde qui marche sur la tête, toutes les logiques de mort et de conquêtes qui ravagent le Moyen-Orient depuis un temps infini. En clair, sous son autre nom – la Fédération de la Syrie du Nord –, la République du Rojava [1] est devenue cet étrange lieu où se joue, dans l’histoire et contre l’histoire, un défi qui relève pour beaucoup d’un pari audacieux ou impossible.

Grande comme le Benelux, la Fédération démocratique de la Syrie du Nord, qui représente un tiers de la surface totale de la Syrie, inclut le Rojava proprement dit [2], peuplé en majorité de Kurdes, et les territoires à dominante arabe libérés [3] de l’emprise islamiste. La population du Rojava est d’environ 3,5 millions d’habitants, le reste des territoires libérés en concentrant 5 à 6 millions. Bordée au nord par la Turquie – qui l’a déjà envahie par trois fois en 2016, 2018 et 2019 [4] –, l’entité autonome doit également se défier, au nord encore et à l’ouest, des mercenaires turcos-islamistes qui n’ont de cesse de harceler les populations kurde, assyrienne ou arabe vivant en bordure de la frontière. À l’ouest et au sud, le régime de Bachar El-Assad rêve de reconquérir tous les territoires de la Fédération. À l’est, la région autonome du Kurdistan d’Irak se montre peu portée à la solidarité, même inter-ethnique, avec elle. C’est dire que rien ne lui est épargné et qu’il n’est pas vain de penser qu’elle pourrait être rapidement rayée de la carte d’autant qu’on sait que, faisant fi du cessez-le-feu de 2019, la Turquie et ses alliés islamistes, qui presque quotidiennement bombardent villes et villages dans le nord du Rojava, préparent activement une quatrième invasion du territoire. Dans le silence complice des forces dites de la Coalition et des Russes qui sont aussi peu enclins, d’un côté comme de l’autre, à faire en sorte que puisse prospérer cette expérience autonome de construction d’une République sociale.

Dans son précédent ouvrage datant de 2017 consacré au Kurdistan [5], Pierre Bance retenait de l’expérience alors en cours au Kurdistan une méthode, fondée sur « la convergence et l’autonomie démocratique », susceptible de devenir le pivot d’un projet d’émancipation unitaire capable, à une échelle plus vaste, de dépasser les anciens clivages idéologiques rendus caducs par l’avancée du désastre occidentalo-capitaliste. Son essai attestait, preuves à l’appui, que se jouait, dans cet ailleurs en guerre contre le fascisme islamiste, un de ces contretemps dont l’histoire est parfois – rarement – capable pour défaire le pessimisme dominant qu’induit son désastreux cours.

C’est dans la claire continuité de cette entrée en matière que se situe le dernier opus de Pierre Bance, une impressionnante somme de 600 pages doté d’un appareil critique de belle envergure. L’auteur, qui se méfie du romantisme révolutionnaire et des illusions qu’il véhicule, s’y revendique de la même approche pragmatique qu’il avait appliquée à la réalité de 2017 et fonde sa minutieuse analyse de la situation actuelle dans la République du Kurdistan sur l’observation précise, méticuleuse et critique de la réalité observable. Il admet préférer juger sur pièces les avancées et les reculs d’un processus démocratique en construction, sans chercher à lui appliquer une quelconque grille de lecture fondée sur des préjugés idéologiques. C’est à partir du réel et de sa seule liberté de jugement qu’il s’interroge sur la profondeur d’un processus en cours qui, dans les conditions les plus hostiles qui soient, ose parier sur un avenir communaliste démocratique. Et il est vrai que cet incroyable rendez-vous avec l’histoire de l’émancipation semble capable de défaire les obstacles. Comme si rien, pas même l’hypothèse réaliste de sa défaite, ne pouvait suspendre un espoir qui avait déjà résisté à la dispersion de populations traumatisées et précarisées par la guerre, aux trahisons internationales répétées, à la fureur de Daesh, à l’État turc et à la Syrie alliée de l’Iran et de la Russie. Les Kurdes ont, c’est vrai, la mémoire longue et la ténacité millénaire. Ils savent que plus la cause est juste, plus elle mérite persévérance.

Éloigné de toute mythologie, on comprend que ce qui « fascine » Pierre Bance, dans ce processus démocratique au long cours, c’est que, déjà, cette inédite démocratie qui lève au cœur d’un Proche-Orient pourri de dictatures, nourri de chaos, gangréné de régimes mafieux et d’États-nations aux visées hégémoniques et livré à des coutumes patriarcales et à des pratiques religieuses d’un autre âge, s’est mise en tête de protéger les droits humains et les libertés fondamentales. Ce qui n’est pas rien, convenons-en. Comme d’unir des populations kurde, arabe, assyrienne, chaldéenne, turkmène, arménienne, tchétchène, tcherkesse de diverses confessions – musulmane, chrétienne et yézidie – au sein d’une même fédération, à égalité de droits et de devoirs. Comme d’encourager et de protéger une mosaïque culturelle où toutes les langues ont droit de cité, du jardin d’enfants à l’université. Comme d’instituer la parité dans toutes les instances publiques et civiles. Comme de faire en sorte que, là où régnait la loi mâle du plus fort, prévalent désormais le principe égalité et une justice du consensus.

Pas rien, en effet ! Mais pas assez non plus pour qui se réclame, comme Pierre Bance, d’une perspective anticapitaliste, libertaire et autogestionnaire. Car il a pris le confédéralisme démocratique suffisamment au sérieux pour ne pas oublier que le processus démocratique en cours doit aussi fonder les bases d’un socialisme original capable de mettre en place une société le moins étatisée possible où les principales missions de service public, mais aussi certaines fonctions régaliennes, devront être transférées de l’État vers les institutions locales auto-administrées : communes, conseils, assemblées.

Si ce nouvel essai de Pierre Bance est précieux, c’est qu’il s’appuie sur une lecture juridique de fond des énoncés du Contrat social [6], qui fait aujourd’hui fonction, en prolongeant la charte du Rojava de 2014, de charte constituante de la Fédération démocratique de la Syrie du Nord.

Ce Contrat social, Pierre Bance l’analyse par le menu, « dans sa triple dimension du droit, de la pratique institutionnelle, de la critique politique ». Il le fait en juriste de formation qu’il est, sans lyrisme, avec prudence, mais surtout en prenant soin d’y pointer, dans une démarche clairement solidaire, les avancées et les manques. Ce texte sert de charte à l’Administration autonome démocratique, entité qui, sans se vouloir gouvernement du peuple, aspire à fédérer les communes, les assemblées populaires et les conseils de canton et de région des zones placées sous son contrôle. Pariant sur un alliage inédit entre deux formes de démocratie – l’une représentative ; l’autre directe –, ce Contrat social, qui dénonce « le régime tyrannique de l’État-nation », garantit, entre autres, les droits relevant du principe d’égalité des sexes et des ethnies, du principe de la liberté d’aller et venir, de pratiquer sa religion, d’exprimer son opinion, de s’organiser, de se syndiquer, mais aussi les droits à la protection sociale, à la santé et au travail [7]. Par ailleurs, son article 18 interdit la peine de mort.

Sans préjuger des obstacles intérieurs et extérieurs, voire des entraves qui pourraient compliquer ce processus d’émancipation assumé comme « stratégie révolutionnaire d’attente » capable de concilier, voire de fédérer, des contraires pour avancer vers la voie communaliste de la démocratie directe, il faut rendre hommage à Pierre Bance de laisser ouvertes, tout au long de son essai, deux perspectives : celle, autoritaire, d’une conformation progressive du projet émancipateur à une logique étatiste qui serait sa négation même et celle, libertaire, d’un approfondissement de l’auto-organisation et de la démocratie directe. Il n’y a pas davantage d’angélisme dans son très méticuleux exposé de la situation que de surmoi anarchiste critique. Et c’est heureux. Nous sommes ici en territoire d’incertitude, mais aussi de désir, non de croire, mais d’espérer que pourrait s’inventer, en cette vieille terre mésopotamienne, berceau de civilisation, une autre voie pour l’humanité. Avec ce désir au cœur et cet espoir en tête, Pierre Bance cherche à comprendre comment ça marche, comment ce processus s’articule, qu’elle est la réalité administrative et politique de ce Rojava, sur quoi elle repose, en quoi le Contrat social qui la fonde et la régit fait écho – ou pas – au projet de confédéralisme démocratique qui l’inspire, comment le proto-État que le Contrat social met en place – et dont il serait, à vrai dire, difficile de se passer au vu des difficultés politiques, économiques, militaires, diplomatiques que doit affronter le Rojava – pourrait n’être que l’expression d’une phase transitoire vers son dépérissement.

Le point de vue qu’il adopte est clair, c’est celui d’un socialiste libertaire cultivé qui connaît l’histoire et ses lois. Il sait, par exemple, qu’aucune structure étatique reconstituée ne se dissout d’elle-même, qu’il faut l’aider à désencombrer le paysage pour que s’épanouisse la République des égaux. Il sait encore que c’est là une intuition devenue postulat de l’anarchisme historique. Il sait enfin que la chose est d’autant moins simple que l’État, qui a sa propre logique, s’autonomise en tant que tel et que, de toutes ses forces, il résiste au dépérissement. Mais voilà, Pierre Bance n’est pas un anarchiste de la dernière averse, ce qui lui permet de savoir aussi qu’aucun postulat ne se suffit à lui-même, qu’il faut en permanence le confronter à l’analyse objective, serrée, désidéologisée tant que faire se peut, de l’indépassable réalité d’une situation donnée et des circonstances qu’elle ne manque jamais de créer. Confronté aux circonstances de la guerre civile, l’anarcho-syndicalisme espagnol des années 1930, massif, impétueux et conquérant, dut cesser de cultiver l’esprit de fugue, abandonner partie de ses postulats les plus ancrés et repenser in vivo quelques-unes de ses contradictions. Jusqu’à occuper quatre ministères au gouvernement central de la République. La comparaison vaut ce qu’elle vaut, mais elle a le mérite de poser un principe : on peut se situer hors limites du possible, mais il est impossible, sauf à la déserter, d’ignorer une réalité concrète, une circonstance en somme. C’est un peu ce que, de livre en livre sur le Rojava, fait Pierre Bance : il cherche à comprendre les circonstances qui font que les luttes d’émancipation, répondant à leur seule dynamique, sont toujours obligées de composer avec le réel. Sans perdre d’esprit le rêve émancipateur.

Ce qui ressort de cette forte lecture, c’est une belle espérance et un vrai questionnement.

Freddy GOMEZ

Articles de Pierre Bance  :

[1] Ce changement d’appellation de « Rojava » (qui veut dire « l’Ouest » en kurde) en « Fédération de la Syrie du Nord » répond à une claire volonté d’inclusion des populations non kurdes dans le processus constituant en cours.

[2] Le Rojava proprement dit est composé de trois régions kurdes : Cirizé, Euphrate et Efrin.

[3] Les quatre régions arabes libérées sont Raqqa, Tubqa, Manbij et Deir ez-Zor. Elles forment, avec les trois régions kurdes précédemment citées, l’actuel territoire sous contrôle de l’Administration autonome de la Syrie du Nord. Cette entité ne prétend pas faire État, mais fédération de régions autonomes intégrée à une Syrie démocratique, elle-même dotée d’une constitution républicaine, laïque et fédérale.

[4] Occupation du triangle Azaz-Bad-Jarablous en 2016, du canton d’Afrin en 2018 et de la bande Girê Spî-Serêkaniyê en 2019

[5] Un autre futur pour le Kurdistan ? Municipalisme libertaire et confédéralisme démocratique, Éditions Noir et Rouge, 2017.

[6] Adoptés le 29 décembre 2016 lors d’une Assemblée constituante où étaient représentés vingt-deux partis et organisations politiques, le préambule et les quatre-vingt-trois articles de ce Contrat social sont donnés, en annexe de ce livre, dans une traduction de l’arabe vers le français réalisée par la Représentation du Rojava en France.

[7] Sur la question du droit à la propriété privée, en revanche, le Contrat atteste (article 43) qu’il est « garanti, sauf s’il contredit l’intérêt général » et qu’il doit être « régulé par la loi ». Cela dit, on notera qu’il est aussi précisé, dans son article 11, que la Fédération démocratique de la Syrie du Nord, « fondée sur l’appropriation collective de la terre, de l’eau et de l’énergie […], adopte les principes de l’économie sociale et de l’industrie écologique », ce qui peut traduire une aspiration anticapitaliste.

= = =

Lectures complémentaires :

Abdullah Ocalan « Condédéralisme Démocratique » (Texte complet, 2011)

6ème déclaration zapatatise de la forêt de Lacandone (2005)

Un exemple de charte condédérale, Michel Bakounine, 1895

Manifeste pour la société des sociétés

Rojava, entretien avec des membres du Tekosîna Anarsîst (PDF)