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Gilets Jaunes 10ème round: Tout le pouvoir aux ronds-points !!

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Résistance 71

 

18 janvier 2019

 


Simple mot d’ordre !!

 

Nous pensons que ce célèbre poème romantique anglais
du XIX ème siècle sied à merveille au mouvement:

 

Levez-vous tels les lions après la sieste,
En nombre invincible,
Secouez vos chaînes et jetez-les
au sol comme rosée du matin,
Chaînes sur vous tombées durant votre sommeil.
Vous êtes nombreux, ils sont peu.

En anglais (mieux):

Rise like lions after slumber,
In unvanquishable number
Shake your chains to earth like dew,
which in sleep had fallen on you.
Ye are many, they are few.

~ Percy Bisshe Shelley (1792-1822) ~

 

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Gilets Jaunes: De Commercy à Montreuil… Pour une France des Assemblés Populaires…

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… de la Commune des communes menant à la Société des sociétés, parce qu’il n’y a pas, n’y a jamais eu et ne peut y avoir de solutions au sein du système étatico-capitaliste. Ainsi, du Chipas mexicain, au Rojava kurde en passant par la France et tous les peuples natifs des continents, le vent de la révolte et du changement radical de paradigme politique s’est mis à souffler de plus en plus fort. Il est plus que grand temps de réaliser que la lutte d’émancipation de l’humanité est universelle et qu’en cela et bien plus encore, nous sommes tous inter-reliés.

~ Résistance 71 ~

 

 

Appel des Gilets Jaunes de Montreuil (93) en réponse à l’appel de Gilets Jaunes de Commercy (Meuse)

 

Paris-Luttes Info

 

11 janvier 2019

 

Source: https://paris-luttes.info/appel-des-gilets-jaunes-de-11468?lang=fr

 

Les gilets jaunes de Montreuil ont entendu l’appel de l’assemblée populaire de Commercy à se retrouver dans une grande assemblée des assemblées, une commune des communes, le 26 janvier prochain. Nous les remercions et leur répondons avec l’appel de Montreuil.

 

 

A Montreuil aussi, nous avons enfilé des gilets jaunes et nous nous sommes installés tous les jours en face du rond-point de Croix de Chavaux comme partout en France. Ça nous a permis de nous rencontrer autour d’une soupe, de débattre autour d’un brasero, de tisser des solidarités malgré des horizons très différents et de parvenir à sortir de l’isolement. Cela nous a aussi permis de rappeler que les banlieues parisiennes, comme à Pantin, à Saint-Denis, à Ivry, à Aulnay, ont bien rejoint le mouvement.

Le gilet jaune est le symbole d’une révolte. 

Il est bien trop tôt pour rentrer chez soi et il n’est pas trop tard pour en sortir !

Nous sommes révoltés à cause de l’humiliation et du mépris. L’extrême richesse de certains, la soif de pouvoir des politiciens, le saccage de la planète par les plus riches et les violences de l’État sont allés trop loin.

Les mains arrachées, les manifestants éborgnés, la jeunesse alignée à genoux, les milliers d’inculpés et les centaines d’incarcérés sont venus s’ajouter à la répression policière quotidienne exercée à l’encontre des quartiers populaires depuis des années. Nous n’oublions aucune victime du « maintien de l’ordre » et nous affirmons notre solidarité aujourd’hui comme demain.

On essaie comme toujours de séparer les « bons gilets jaunes » et les « casseurs ». 300 personnes qui s’affrontent avec la police pour défendre un rond point, c’est de l’autodéfense populaire et 3000 personnes qui attaquent des banques ou des ministères, c’est le soulèvement d’un peuple en colère !

Pour obtenir ce que nous désirons, ne tombons pas dans le piège des médias et du pouvoir en définissant des limites à notre mouvement.

Ni les miettes que nous propose le gouvernement, ni un « débat national » dirigé par lui-même, ni l’obtention du RIC n’arrêteront le magnifique moment qui est en train de s’ouvrir.

Certains doutent et ont peur de l’incertitude de l’après. Nous répondons que dans la façon dont s’organise la révolte des gilets jaunes nous avons déjà beaucoup de pistes pour vivre dans des territoires désirables.

Face à la révolte, la plus vieille des techniques du pouvoir est de nous diviser. Nous ne devons pas tomber dans ce piège.

Plutôt que le chacun pour soi, l’individualisme et la soif d’argent qui permettent le maintien de ce pouvoir, c’est la solidarité et le partage que nous avons à développer : Nous avons vu qu’ensemble nous sommes bien plus forts !

Nous savons bien que ceux qui privent les habitants de ce pays d’une vie digne ne sont ni les immigrés ni les exilés mais bien l’insolente richesse de certains et ce système injuste

Voilà pourquoi nous pensons que la différence ne doit pas constituer une frontière : ni la couleur de peau, ni le lieu de naissance, ni le genre, ni l’orientation sexuelle, ni la religion ne serviront de prétexte pour nous diviser. Nous devons être unis dans nos différence si nous voulons bâtir un monde plus juste et plus beau.

En Irak, Tunisie, Belgique, Kurdistan, Syrie, Japon, Hongrie, Espagne, Burkina Faso, Égypte, Angleterre, Maroc, Italie et dans bien d’autres endroits des gens mettent des gilets jaunes pour montrer leur colère : Notre révolte n’a pas de frontière !

Nous ne laisserons plus personne, qu’il soit président, maire ou « représentant » décider à notre place de nos conditions d’existence.

L’organisation par rond point, par quartier, par village, par commune nous permet de reprendre le contrôle de nos territoires et donc de nos vies.

C’est cela qu’il nous faut continuer et viser si nous voulons que les choses changent vraiment.

A Montreuil, nous lançons un « club gilets jaunes » à l’image de ce qui se faisait durant la Révolution Française où l’on se rencontrait dans des clubs d’éducation populaire. Car se réapproprier le savoir permet de nous rendre moins manipulables et de faire émerger une intelligence collective au service d’actions concrètes pour améliorer notre quotidien.

Nous appelons à la multiplication de ce genre de club sur tous les territoires.

Sans pour autant effacer la diversité et l’autonomie de nos organisations et initiatives locales nous pensons qu’il est important de nous lier et de nous rencontrer pour renforcer le mouvement des gilets jaunes.

C’est pour cela que nous serons présents à Commercy et que nous appelons depuis Montreuil à ce que des gilets jaunes de partout participent à l’assemblée des assemblées.

C’est le début d’une révolution qui veut construire une société plus digne et plus juste, pour nous et nos enfants. Nous nous arrêterons pas même si cela doit prendre 100 ans. Pour que le peuple décide lui-même de comment il veut vivre.

Entendez cet appel : continuons le début, prenons le chemin de la révolution !

P.-S.

Mail : chavaux@riseup.net

Groupe Facebook : Les Gilets Jaunes de Montreuil

Point fixe de 16h à 20h du lundi au vendredi Place Jacques Duclos (Métro Croix de Chavaux)

Club Gilet Jaunes de Montreuil tous les vendredis à partir de 19h30 à la Parole Errante

Départ collectif à 10h Place Jacques Duclos tous les samedis

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

Quelques textes politiques fondateurs

 

« Pourquoi suis-je anarchiste ? » (Zénon l’ailé)

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, politique et social, résistance politique, société des sociétés, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 11 janvier 2019 by Résistance 71

Ô homme ! Prends garde !
Que dit le profond minuit ?
“Je donnais, je dormais,
Je me suis éveillé d’un rêve profond :
Le monde est profond.
Et plus profond que ne le pensait le jour.
Profonde est sa douleur, —
Et la joie, — plus profonde encore que la peine du cœur.
La douleur dit : Péris !
Cependant la joie veut l’éternité,
— elle veut une éternité profonde, profonde !”

~ Friedrich Nietzsche, “La ronde de Zarathoustra” ~

 

Pourquoi suis-je anarchiste ?

Parfois, les questions les plus simples révèlent davantage que le peu de certitudes auxquelles nous tenions. Celle-ci m’apporte trop de réponses différentes pour les laisser se perdre au vent.

Il y a d’abord, bien sûr, l’idéal de l’Homme enfin libéré de toute servitude. Là où certains n’y verraient qu’une inatteignable utopie, je trouve au contraire primordial de garder pour cap l’émancipation de chacun vis-à-vis de tous les pouvoirs. Sans la visibilité du ciel ni des étoiles, pas plus la boussole que le sextant ne sont utiles au marin à se repérer.

Il y a aussi la lutte spirituelle, exigeant la pleine et entière souveraineté de chaque être, sa plus pure liberté de conscience, afin que sa révélation de l’universel prenne source dans l’Amour et non dans l’ego.

Il y a le deuil nécessaire d’institutions à l’agonie. À celles et ceux qui croiraient que l’État serait le dernier rempart contre l’ogre insatiable de la finance, qu’il suffise d’observer la porosité du haut-fonctionnariat et du politique, les renvois d’ascenseurs public/privé, ou bien le comportement des flics en manifs, et nous constaterons que nous n’avons rien à envier aux « républiques bananières » dont les dirigeants ont pour beaucoup fait leurs classes ici.

Il y a encore la dimension stratégique. Au-dessus des États-Nations et de leurs marionnettes exhibées aux peuples, trône un cartel bancaire international jouant des idéologies et des écoles de pensée comme d’autant d’instruments de discorde et d’antagonismes factices. Les magnats de la finance ne s’embarrassent pas de questions dogmatiques pour affamer les individus ni pour piller la planète. À la liberté de prédation totale qu’ils exercent, celle positive d’union, de complémentarité des talents est la seule attitude en retour susceptible de les défaire.

Il y a, enfin, l’intuition presque enfantine que l’anarchie est l’autre nom de ce que certains nomment le Tao, d’autres Dieu, d’autres encore la voie naturelle, et que sous ces diverses appellations se cache un plan de réalité où nous ne sommes pas unis, mais où nous sommes un, par le cœur et par l’esprit. Il nous appartient de cultiver hors de toute contrainte cette lumière intérieure pour vivre en paix et en harmonie.

Zénon (8 janvier 2019)

 


zenon_pourquoi suis je anarchiste ? (PDF)

Résistance politique et illusion démocratique: L’État comme construction de l’oppression organisée

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Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !… Union dans notre complémentarité, halte à l’antagonisme fabriqué et à la division qui a mené au pouvoir coercitif ; halte à l’illusion démocratique.
A bas l’État, à bas la société marchande, à bas l’argent, à bas le salariat, pour que vive la Société des Sociétés…

~ Résistance 71 ~

 


Gilets Jaune, sortons de l‘illusion démocratique

 

L’État est une construction théorique

 

Le Monde Libertaire

 

0ctobre 2018

 

url de l’article:

https://www.monde-libertaire.fr/?article=LEtat_est_une_construction_theorique

Concrètement, l’État n’a aucune légitimité, ce n’est qu’une construction théorique pour les besoins politiques des différents régimes politiques qui ont détenu le pouvoir. En France, l’État est le résultat d’un assemblage de comtés qui, à l’origine, n’avaient aucun lien entre eux. Pour fabriquer la « France », il a fallu unifier le pays et lui donner des frontières. Cela s’est réalisé dans la douleur et à coup de guerres ou de trahisons de la part des potentats locaux. Une fois le but atteint, et pour préserver cette unité artificielle, les politicards aidés par les cléricafards, ont imposé leur autorité. Pour fonctionner, ils ont créé une administration, des services, des organismes divers et variés (police, justice, armée et Église…) qu’ils ont nommé État.

Cette escroquerie s’appelle la délégation perpétuelle

L’existence de ce pouvoir « politique » et de celui de l’Église joueront au fil des siècles un rôle important au nom de l’ordre social, militaire et religieux. Il s’agissait de créer de toute pièce un pays, un État et de lui donner des frontières, par l’unification des comtés (souvent forcée) et l’établissement d’une langue commune au détriment des langues comme le breton, le basque, le catalan, le corse, l’alsacien… L’État deviendra alors le siège de la puissance souveraine, ainsi, il usurpera la souveraineté du peuple. Les tenants du pouvoir, lui donneront un os à ronger en lui faisant croire que la démocratie c’est le vote, qui lui permet de choisir, de décider et d’être représenté ! Dans la réalité ce n’est qu’une vaste supercherie qui également au fil des siècles s’est ancrée dans les têtes. Cette escroquerie s’appelle la délégation ! D’autant qu’il n’est dit nulle part que par son vote le peuple délègue…

Au XVIIIe siècle, la constitution d’un État/Nation, d’un pays enchaîne le peuple et le prive de sa souveraineté et fait que c’est l’État qui détient la souveraineté. L’État et la Nation apparaissent dès lors comme deux réalités étroitement liées, au point qu’à partir du XIXe siècle la notion État/Nation s’impose pour justifier l’unité d’un pays et sa puissance… L’État se caractérise alors, par la superposition d’une entité politique souveraine, d’une administration qui lui sera toujours dévouée, quelle que soit sa couleur politique avec un ensemble culturel unifié du point de vue linguistique et religieux.

L’État un outil créé de toute pièce

Autrement dit, l’État n’est surtout pas le gouvernement, ni même la présidence de la République, pas plus qu’une nation. C’est un outil créé de toute pièce pour asseoir le pouvoir des représentants des partis politiques afin d’usurper aux peuples toutes possibilités de gérer eux-mêmes leur destin (économique, social et professionnel) et de s’approprier illégalement le droit de pondre des lois pour maintenir les peuples sous leur domination et de les punir s’ils enfreignent « leurs » lois ou s’ils remettent en cause « leur » pouvoir. Avec le développement du capitalisme industriel, commercial et financier, les représentants des partis politiques qui se succèdent au pouvoir ne sont là que pour gérer et protéger les affaires des capitalistes.

Un autre outil a été mis en place pour justifier ce hold-up, c’est le système électoral et, ce, au nom de la démocratie. Or, le système électoral qu’il soit censitaire, représentatif, majoritaire, uninominal à un tour ou deux tours, proportionnel, de liste à un ou deux tours… est une vaste escroquerie intellectuelle destinée à donner l’illusion que l’électeur décide et choisit… Or, une fois que cet acte inconscient est effectué, l’électeur se trouve pieds et poings liés. Il n’a plus aucune possibilité de réagir ni d’agir puisqu’il a donné quitus, souvent à un inconnu pour, qu’il croit, défendre ses intérêts. Rapidement, il se rend compte que ce ne sont pas ses intérêts que son représentant défend, mais bien les siens, ceux de son parti et du grand capital dont cet individu est le serviteur.

L’État est intimement lié et a évolué en fonction des besoins du système capitaliste et de son développement. Il va permettre et renforcer les rapports d’exploitation par le vote de lois scélérates et répressives, afin de maintenir les travailleurs sous la férule du patronat et sous la domination du pouvoir politique. L’État est donc avant tout un appareil de violence et d’oppression au service de la classe dominante et non comme les politicards voudraient nous faire avaler, au service du peuple.

Les faquins ont associé État/Nation, en sous-entendant que la Nation c’est le peuple. Il s’agit pour les politicards de taire l’existence des classes sociales. Il faut à tout prix masquer les conflits d’intérêts qui opposent les classes sociales, selon leur position dans le processus de production et nier la nécessaire lutte des classes. Ces luttes des classes sont un danger pour les dominants, elles peuvent à tout moment mettre en danger le système. Il faut donc que les tenants du pouvoir donnent l’illusion que nous sommes tous égaux en droits, alors que les inégalités existent de fait entre les prolétaires, les capitalistes et les bourgeois. Elles sont inhérentes au système qui les génère et les creuse.

Comme l’écrit si justement Victor Considerant, en 1851, dans Le Gouvernement direct du peuple :

« Ce que veulent les homme de la délégation, c’est-à-dire ces hommes qui, vaincus par la puissance de l’idée politique moderne, reconnaissant l’impossibilité de ressusciter le droit divin, de nier le dogme de la souveraineté du Peuple, s’y attachent et l’embrassent, mais à la manière des serpents, pour l’étouffer ; ce que veulent ces vaincus, c’est bien la Souveraineté du Peuple effectivement, seulement c’est la Souveraineté du Peuple mort sur le Peuple vivant. Écoutons-les : La nation, (vous remarquerez qu’ils disent la Souveraineté nationale et non la Souveraineté du peuple) ; d’abord ils n’aiment pas le mot Peuple ; et puis, le Peuple, c’est quelque chose de trop actuel, de trop vivant pour que le mot se prête avec quelque chance de succès à la jonglerie de leur argumentation), la nation, disent-ils donc, fait acte de souveraineté en se donnant un roi, en déléguant son pouvoir sur elle-même à un homme, à une famille, ou à des corps constitués. Cette famille ou ces corps deviennent les pouvoirs légaux. Si nous avons ainsi un roi, c’est un roi par délégation, un roi du vœu et consentement de la nation. Le principe de la souveraineté nationale est sauf et nous nous tenons notre monarchie. C’est toujours la même mystification que confond toujours la même réponse : « Ou la Souveraineté du Peuple subsiste, et votre prétendu roi n’est qu’un chef amovible du pouvoir national, un chef à chaque instant révocable par la volonté nationale ; ou bien la Souveraineté du Peuple ne subsiste plus , et alors n’en parlez pas.…

S’il était nécessaire d’éclairer la lumière pour qu’elle fût visible, j’ajouterais, à l’adresse de ces gens-là, ceci : je leur dirais : « Vous avez compris et revendiqué pour vous-mêmes la liberté civile. Il en est résulté que vous avez déclaré et dû, de toute nécessité, déclarer nul le contrat par lequel un homme se ferait, librement, volontairement, l’esclave d’un autre homme. Vous ne reconnaissez point l’aliénation, pour un motif quelconque, de la liberté, de la personnalité d’un homme. Cette imprescriptibilité de la personnalité, de l’autonomie humaine, elle est à la base de votre droit civil. Et vous voudriez faire, de l’aliénation de la liberté et de la personnalité d’un Peuple, de l’hétéronomie d’une nation, la base de son droit politique ? Bonnes gens, réveillez-vous, vous rêvez creux. » Non, les vivants ne sauraient aliéner leur liberté, fût-elle faite en bonne forme, elle est nulle de plein droit. »

Cette analyse de Victor Considerant a aujourd’hui 167 ans. Elle garde toute sa fraîcheur, sa pertinence. Il serait bien que les citoyens et les citoyennes les plus conscients(es) se l’approprient et que collectivement, ils mettent tout en œuvre pour mettre à bas ce système castrateur. En jetant les bases d’une société égalitaire et autogestionnaire, en remplaçant l’État et le gouvernement par le fédéralisme autogestionnaire et le système électoral par le mandatement (le mandat impératif). Sous le contrôle des diverses composantes de la société qui, en libre association, prendront possession de la gestion économique et sociale des entreprises et des communes et ce, sans intermédiaire, sans dirigeant, sans institution décisionnaire. Pour que personne ne décide à notre place.

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Message de Gilets Jaunes depuis 1492 !… Nous sommes tous inter-reliés (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, canada USA états coloniaux, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 9 janvier 2019 by Résistance 71

Ce texte ci-dessous s’applique bien entendu à l’ensemble des territoires et peuples volés, pillés, usurpés, exploités sur l’ensemble du continent des Amériques, de l’extrême pointe nord du Québec arctique jusqu’au Cap Horn, incluant l’espace des Caraïbes, continent étant toujours de nos jours sous le joug colonial de l’Europe christo-capitaliste…

Gilets Jaunes !… Comprenons que la lutte n’est pas uniquement la nôtre, pour notre survie ou l’amélioration de nos conditions de vie. La lutte d’émancipation du joug oppresseur est MONDIALE ! Nous n’en sommes aujourd’hui qu’une partie et ne pourrons réussir l’émancipation qu’unis dans notre complémentarité avec les autres peuples globalement opprimés. Nous devons comprendre que nous luttons pour quelque chose de bien plus grand que de changer la merdouille macronienne ambiante, qui n’est qu’un aléa conjoncturel de l’histoire, qui elle est en marche… Nous appartenons, que nous le voulions ou non, à un Réseau de Résistance et de Rébellion International.

Qu’on se le dise !

Akwe tewatatenoh, nous sommes tous inter-reliés.

~ Résistance 71 ~

 

A lire en complément:
« Gilets Jaunes: ne pas succomber aux chants des sirènes »

 

 

Le crime du Canada contre la Nature

 

Mohawk Nation News

 

7 janvier 2019

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2019/01/07/canadas-crime-against-nature/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

De KANISTERNSERA, LES MERES [DE CLANS], P.O. BOX 2125, KAHNAWAKE [VIA QUEBEC CANADA] J0L IB0

Courrier enregistré avec accusé de réception

DATE: Jan. 7, 2019

NOTIFICATION DE CESSATION ET DE DESISTEMENT

Cette notification s’adresse à :  Prime Minister Justin Trudeau; David Eby, Attorney General of BC; Michelle Mungall, BC Minister of Energy, Mines & Petroleum Resources; George Heyman, BC Minister of Environment & Climate Change; Scott Fraser, Minister of Indigenous Relations & Reconciliation; Jody Wilson-Raybould, Minister of Justice and Attorney General of Canada; Royal Canadian Mounted Police, BC [E Division]; Carolyn Bennett, Minister Aboriginal Affairs Canada; Queen Elizabeth; Governor General, Coastal GasLink Pipeline, TransCanada Pipeline; Northern Gateway Pipeline; Fatou Bensouda,chief prosecutor International Criminal Court The Hague.

She:kon.

Kanistensera de rotino’shonni:onwe, d’après Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix, sont les progénitrices de toute vie sur Onowarekeh, l’Île de la Grande Tortue, et ce depuis le tout début de l’existence de la vie humaine sur Terre.

Teioha’teh (wampum deux rangées) fait que nous vivons et coexistons avec toute vie en tant que frères et sœurs sur notre terre-mère. Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix est la volonté de la nature/création.

Cet ordre naturel est une objection au viol et au pillage de toutes vies, arbres, plantes, sols, animaux, eau, air, oiseaux, territoires et peuples d’Onowarekeh, de toute vie qui forme et appartient au cercle de la vie. Les entreprises privées ne vont pas violer Kaianerekowa en continuant leur carnage sur terre pour le profit sans aucune considération pour quelque forme de vie que ce soit autre que celles bénéficiant des dividendes de leurs actionnaires.

Nous vous rappelons qu’une fois que vous aurez abattu le dernier arbre, pollué la dernière gorgée d’eau et empoisonné la dernière bouffée d’air, vous réaliserez alors que vous ne pouvez pas manger votre argent.

Kanistensera affirme que les organisations indiennes issues de l’Indian Act (loi sur les Indiens), les conseils de bandes, de tribus au niveau provincial et territorial, sont des organisations qui ont vendu leur droit de naissance et ne parlent en aucun cas pour le peuple natif. Ils ont quitté le canoë et ont rejoint le navire corporatiste de l’entreprise coloniale.

NOUS ORDONNONS QUE: 

  1. L’ETAT COLONIAL MILITAIRE DU CANADA ET LES ENTREPRISES ENGAGEES DANS LE VIOL, LE PILLAGE ET L’ASSASSINAT DE NOTRE MERE, cessent immédiatement leurs activités et se désistent et que
  1. L’ETAT COLONIAL MILITAIRE DU CANADA ET LES ENTREPRISES ENGAGEES DANS LE VIOL, LE PILLAGE ET L’ASSASSINAT DE NOTRE MERE, respectent teiohateh, le traité wampum deux rangées comme base fondamentale de notre relation sur cette terre ;

AINSI: Onkwehonweh, le peuple qui existe sur cette portion de terre pour toujours, puisse appliquer son devoir et ses responsabilités et ordonne à toutes les entités coloniales de quitter l’Île de la Grande Tortue comme le stipule Kaianerekowa et ce en accord avec la relation originelle entre nous et la création/nature, Onkwehonweh, le peuple naturel parlant pour toute la vie existante.

Nous informons L’ETAT COLONIAL MILITAIRE DU CANADA ET LES ENTREPRISES ENGAGEES DANS LE VIOL, LE PILLAGE ET L’ASSASSINAT DE NOTRE MERE, de cesser leur carnage et de se désister immédiatement. 

Kanistensera ordonne que L’ETAT COLONIAL MILITAIRE DU CANADA ET LES ENTREPRISES ENGAGEES DANS LE VIOL, LE PILLAGE ET L’ASSASSINAT DE NOTRE MERE,  cessent et se désistent de toutes leurs occupations sur Onowarekeh immédiatement, ainsi que cessent et se désistent du massacre de masse entrepris de toute vie ; arrangez vos affaires en conséquence.

Akwe tewatatenoh, nous sommes tous inter-reliés.

ENVOYEZ VOS COMMENTAIRES A:

-Province of BC. David Eby, Attorney General of BC, 250-387-1866, Fax: 250-387-6411, AG.minister@gov.bc.ca

-Honourable Michelle Mungall, Minister of Energy, Mines and Petroleum Resources, PO Box 9060, Station Prov Gov, Victoria, BC, V8W 9E2 Ph: 250-953-0900, Fax: 250-356-2965, EMPR.Minister@gov.bc.ca

–Honourable George Heyman, Minister of Environment and Climate Change Strategy, ENV.Minister@gov.bc.ca Phone: 250 387-1187 Fax: 250 387-1356

–Honourable Scott Fraser, Minister of Indigenous Relations and Reconciliation IRR.Minister@gov.bc.ca, Phone: (250) 953-4844 Fax: (250) 953-4896

–Federal: The Right Honourable Justin Trudeau – Telephone: 613-992-4211 justin.trudeau@parl.gc.ca

Fax: 613-941-6900
–The Honourable Jody Wilson-Raybould, Minister of Justice and -Attorney General of Canada mcu@justice.gc.ca Fax: 613-954-0811- —–RCMP BC (E Division), 778-290-2929 bcrcmp@rcmp-grc.gc.ca

National RCMP headquarters Ottawa 613-843-5999 ——-RCMP.HQMediaRelations-DGRelationsmedias.GRC@rcmp-grc.gc.ca media office)

-Carolyn Bennett, Minister Aboriginal Affairs, 10 Wellington, Ottawa K1A 0H4.

-Governor General, Rideau Hall, 1 Sussex Dr., Ottawa K1A 0A1;

-Queen Elizabeth, Buckingham Palace +44 303 123 7300.

-Coastal Gaslink Pipeline, coastalgaslink@transcanada.com

Ph: 1-855-633-2011 –TRANSCANADA PIPELINE, 517 – 10TH Ave. SW, Calgary AB-Northern Gateway Pipeline 343-292-6096

-Fatou Bensouda, Chief Prosecutor, International Court of Justice, Peace Palace, Carnegicplcin 2, 2517 KJ The Hague, The Netherlands, information@icj-cij.org +31[0]703022323.

-Contact: Office of the wetsuweten: 250-847-3630 http://www.wetsuweten.com/contact/

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Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

Lectures complémentaires sur le colonialisme:

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Friedrich-Nietzsche_L’Antéchrist_1888

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Gilets Jaunes: Non au RIC ! A bas le despotisme de l’argent et de la société marchande ! (Francis Cousin)

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, gilets jaunes, militantisme alternatif, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 4 janvier 2019 by Résistance 71

Résistance 71 est parfaitement en ligne avec les propos de Francis Cousin que nous reproduisons ci-dessous. Nous invitons les Gilets Jaunes et leurs soutiens à y réfléchir et à y voir le plus clair possible afin de toujours garder bon pied bon œil et de prendre les décisions collectives qui s’imposent.

Assez de la volonté servile et futile de vouloir réformer l’irréformable et de vouloir rendre “vertueux” un système inique et criminel qui ne peut, par essence , que diviser et contribuer à notre exploitation.

Il n’y a pas de solutions au sein du système, il n’y en a jamais eu et ne peut y en avoir.

A bas l’État, à bas la société de la dictature marchande, à bas l’argent, à bas le salariat, pour que vivent la Commune des communes dans la Société des sociétés enfin émancipée de l’illusion démocratique marchande et de cette mascarade politique qui n’a que trop durée. Le danger est la récupération, la phagocytose du mouvement dans le blob infâme de la tyrannie en place. Méfiance et solidarité !

~ Résistance 71 ~

 


1+1+1+…n = Société des Sociétés

 

Directe ou pas… A bas la démocratie du despotisme de l’argent équilibré !…

 

Francis Cousin

 

17 décembre 2018

 

Source:

https://www.leretourauxsources.com/blog/directe-ou-pas-a-bas-la-democratie-du-despotisme-de-l-argent-equilibre–n2669

 

L’État et la tyrannie de l’argent sont les deux faces d’un même monde, celui de notre emprisonnement dans le marché des lois adéquat aux lois du marché. Les institutions ne sont pas de simples outils neutres. La prise du pouvoir d’État ou la mise en œuvre de référendums d’initiative citoyenne ou populaire ne peuvent être autre chose que des artifices illusoires pour faire croire trompeusement que l’on change la société sans en réalité y toucher. La politique faisant ici semblant d’encadrer et de réguler le social et l’économie alors qu’au contraire, le mensonge politique doit être considéré avant tout comme une activité spécifique de l’activité sociale de notre dépossession elle-même.

Les rapports sociaux entre les individus passent d’abord par le travail et l’argent. Les interventions de l’État et toutes les politiques se réduisent toujours à des mises en forme des contraintes obligatoires du monde du profit illimité. Avec la crise économique accélérée, l’État ne peut être que le gestionnaire du désastre capitaliste sans fin. Le vrai changement social ne passe pas par l’État, par des réaménagements constitutionnels ou des bricolages référendaires mais par une rupture radicale avec les mystifications institutionnelles, la duperie de la représentation et les supercheries de la délégation pour inventer de nouvelles formes d’interventions directes émancipées de l’absolutisme de l’argent.

Le formalisme, le narcissisme et toutes les chefferies inavouées des assemblées générales du bas singent invariablement le pourrissement et la corruption de celui des assemblées parlementaires formalisées en haut. La société demeure là continuellement perçue comme une collection d’individus séparés. Les décisions collectives sont considérées comme une simple addition disparate de décisions individuelles. Les simulations et simulacres de la démocratie directe peuvent s’accommoder de laisser s’exprimer un flot d’opinions individuelles avant de les canaliser et les cadrer afin de déléguer la prise de décision à quelques responsables familiers de la jacasserie inconsistante. A l’heure où tous les rackets politiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche du Capital, appellent au calme, à l’organisation, à la négociation et au retour à l’ordre de la servitude tranquille, Il faut insister sur le fait que la lutte des Gilets Jaunes, si elle ne veut pas mourir, ne doit surtout pas se réduire aux problèmes de modes d’organisation en se transformant en force supplétive politique ou parapolitique d’un monde en train de disparaître. La victoire des humains sur les barrages doit barrer la route à tout ce qui aménage le présent de l’inhumain et doit exclusivement ouvrir de nouvelles possibilités individuelles et collectives pour permettre le surgissement de l’auto-émancipation non pas sur le terrain syndical et politique de l’amélioration de la misère mais sur celui de son nécessaire dépassement…

Le référendum citoyen pour avoir accès au droit de décider comment gérer la merde marchande est la pire imposture pour briser les Gilets Jaunes…

Nous ne voulons pas être les agents constitutionnels de notre propre misère…

Nous voulons abolir toutes les constitutions de la misère…

RIC, RIP et autres épiceries politiciennes de rechange constituent un PIEGE FATAL du SYSTEME pour TUER le MOUVEMENT…

REFUSONS D’ECOUTER LES POMPIERS SOCIAUX QUI VEULENT LIQUIDER NOTRE INSUBORDINATION !

NOUS N’AVONS RIEN A NEGOCIER, NOUS VOULONS SIMPLEMENT AMPLIFIER LA FORCE IRRECUPERABLE DE NOTRE SOIF DE VIVRE…

Non au RIC du Capital…

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« Quoi qu’il en soit, le jour de la crise et le lendemain, notre seul adversaire, ce sera la masse réactionnaire regroupée autour de la démocratie pure – et c’est ce qu’il ne faut pas, à mon avis, perdre de vue. »
– Engels à A. Bebel, 11 décembre 1884.

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Dossier « Gilets Jaunes »

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 

Gilets Jaunes: Les rond-points de la sociale

Posted in actualité, altermondialisme, crise mondiale, démocratie participative, gilets jaunes, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, politique française, résistance politique, société des sociétés, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 3 janvier 2019 by Résistance 71

Ce texte fait toucher du doigt là où réside le processus qui fait trembler l’oligarchie et les institutions la préservant: la résolution des antagonismes par le lâcher-prise et la co-existence complémentaire. On a toutes et tous besoin de l’autre, partout, c’est inéluctable. Nous sommes tous dans le même bateau destination bonheur terrestre, pour tous, sans exception, y œuvrant ensemble. Seule la société marchande capitaliste fait se dresser les individus les uns contre les autres de manière durable au nom d’un égoïsme contre-nature, façonné dans la fange marchande, pour le seul profit du petit nombre.
Ce qui se vit sur les rond-points, dans la diversité est organique, vrai et sans fioritures, cela constitue le ciment de la société des sociétés qui se met en marche. Les graines de notre humanité finissent toujours par germer par delà les antagonismes factices et les divisions créées pour nous maintenir en esclavage.
L’heure vient pour la Commune des communes, elle prendra une forme différente de celle du Chiapas ou celle du Rojava ou celles de Zomia chez nous, mais elle répond au même désir universel de la nature humaine: vivre en groupe, égalitairement et en paix. Tout le reste n’est que mesure artificielle et donc, contre-nature et Nuage Fou ci-dessous touche du doigt la nature profonde de notre existence sociale qu’il suffit de canaliser pour lui fare reprendre le dessus sur la fiction criminelle qui nous asservit depuis bien trop longtemps. Sous ce texte, quelques textes complémentaires pour éclairer le chemin.
Qu’on se le dise !…

~ Résistance 71 ~

 


Dossier Gilets Jaunes

 

De mon rond-point de Seine et Marne

 

Nuage Fou

 

1er janvier 2019

 

Source:

https://www.monde-libertaire.fr/?article=De_mon_rond-point_de_Seine-et-Marne

 

J’ai beaucoup/un peu lu et entendu parler de « La sociale », ben là, c’est couillon, mais j’ai l’impression d’avoir le nez dedans… aussi de voir ce que peut bien contenir ce slogan : ZAD Partout!

Faut voir comment ça se passe sur les ronds-points ; pas de théories, pas de surplomb, un peu d’analyse bien sûr, mais surtout des gens qui voient bien qu’ils se font enfumer depuis des décennies; et ils veulent que ça s’arrête, ils en ont marre et pour le coup qu’ils s’y sont mis, ils veulent pas trop lâcher l’affaire. Smicards, artisans, petits entrepreneurs, chauffeurs de cars, profs, fonctionnaires, chômeurs, retraités.

C’est pas des zanarchistes, ils trouvent juste que c’est trop dur, et que pour leurs enfants ça va être vraiment merdique. Au passage histoire de changer la donne, ils découvrent qu’on pourrait oser la « vraie démocratie ». Y’a la chaleur aussi et l’amitié qui se crée d’être ensemble pendant des heures à bricoler, discutailler, faire la nique gentiment aux flics du coin qui font les rondes et grands signes aux klaxons qui soutiennent bien au chaud.

Bon on est pas tous d’accord, le rond-point c’est des croisements, y’en a bien des un peu xénophobes, et y’en a aussi qui se disent que Marine, elle les mettrait peut-être bien tous au pas, ces pourris. Mais c’est pas tous, et d’ailleurs c’est pas beaucoup, et si t’envoie la tchatche y zappent vite fait, la queue basse. Et d’ailleurs, je dois bien être un des rares dont parents et grand-parents sont parigots.

Ici, en Seine et Marne, y’a beaucoup de portosses de la deuxième génération, toujours chauds pour croquer la morue et pousser le Fado; y’a des beurs aussi sur le rond-point, et c’est sûr y’a des beaufs. Un musicien de Guyanne aussi et sa femme Colombienne, de retour d’un concert à Dakar, qui a atterri là et avec qui on a fait le bœuf.

Ici, on insiste plus sur ce qui nous réunit que sur ce qui pourrait nous séparer, c’est juste l’endroit pour ceux qu’en ont plein le cul et qui veulent pas lâcher l’affaire. Du coup personne en a trop à faire faire d’où tu viens. Deux gars aussi, un bavard genre rigolo, avec pas trop de dents, et un qui dit pas grand-chose. L’air d’avoir du faire plus de taule qu’autre chose et qui sont de la petite dizaine des piliers du rond-point, et à qui aussi tu laisserais tes minots en garde tellement ils ont cette drôle de douceur juste derrière les grosses épaules et le front buté, et cette allure de gros durs, et la peau façon Ripolin.

On a fait banquet avec tout ce que les voitures apportent – pas de cagnotte, y’a pas besoin – des bûches et des palettes pour se chauffer, des chocolats (pas bio) , des merguez et des côtes de porc et de mouton – Paix à leur âme innocente. Des bonbons par bonbonnes, et puis des huitres par douzaines – Paix à leur poignant silence. Le gars qui les apportait a dû rebrousser chemin au rond point de l’Obélisque à Fontainebleau attaqué par les robocops et les voyous de la BAC (faut dire qu’avec leur château et son bel escalier, les bourges Bellifontains se la pètent sérieux, façon Versaillais, et ont les jetons de la Marée Jaune.) Autour de notre rond-point les voitures klaxonnent méchant, certaines s’arrêtent; les gens viennent de partout et on sent que tant de gens qui s’arrêtent pas soutiennent fort les zozos qui mouillent le gilet et tiennent le rond-point. Les flics l’ont évacué une première fois et détruit les abris, mais peine perdue, la petite communauté a repris la place deux jours après.

Chacun a son prénom sur le gilet; chacun se connait et s’aime ou s’embrouille, comme on fait en famille. Le froid, les heures à deux, trois ou quatre ont figé le noyau dur, mais qui bouge aussi avec le gel du soir, le temps qui lasse, la famille qui râle. Les piliers, quatre ou cinq, qui veulent pas lâcher l’affaire; aussi durs qu’ils sont doux. Un retraité, raflé et passé à tabac en juin 68, au commico central sur les quais à Paris, puis 48 heures à Beaujon, quand ça y’allait sec encore dans le quartier latin. Un autre qu’a mis en place les tracts sur le marché. C’est pas un débutant, syndiqué à quinze ans parce que le gars qui lui avait trouvé le boulot de vitrier lui avait dit que c’était comme ça. La plupart, instinctivement et joyeusement anticapitalistes, mais avec des codes qui s’inventent au fil des discussions et des facebook lives.

Et le rond point, c’est rond, c’est pas macho; pas mal de femmes, avec un mélange d’humour, de gentillesse et détermination. Et même si c’est les mamies qui tiennent le barbecue, les sandwiches, le clacos et les gâteaux, y’a les gamines en première ligne qu’ont le verbe sérieux, et que chacun écoute et respecte. Tu vois vite que c’est pas à la testostérone que l’affaire se règle. Du coup aussi, c’est un peu chaud sur le rond-point, ça rigole, ça gazouille et ça dragouille. Bonne ambiance, et façon bal popu quand les guitares s’échauffent et qu’un vieux Johnny, Bob ou Renaud remonte à la surface. Et c’est clair, certains soirs, ça finit crapuleux. Et c’est cette communauté qui se crée. qui prend confiance, qui prend plaisir à juste être là, là où elle a pas le droit d’être, et niquer les méchants, à juste exister un peu plus fort, comme si c’était déjà le printemps, et vivre un peu plus grand. Y’a une tribu qui se crée là dans cette lutte pour garder le rond-point – un groupe affinitaire on dirait – mais ça paraitrait tellement intello-bureaucratique ici, ce mot. 

Il y a un peu de danger – dix morts déjà, et on se le répète en hochant la tête – beaucoup de plaisir surtout, dont celui de prendre le dessus, affronter les puissants et prendre possession de ce bout de la ville, et pas lâcher l’affaire.

À vivre ça, je me dis que peut-être la sociale c’est pas la révolution des happy fews qui sont d’accord sur tout – forcément pas bien nombreux – mais peut-être plutôt de ceux qui ne veulent juste plus de cette injustice et qui se réunissent à cause de ça. Et puis de discussion en discussion, de délires en ennui, de guitares en barricades, se disent que peut-être c’est la cité qu’il faut changer, que c’est « la vraie égalité » et la « vraie démocratie » qui doivent passer en premier, et que la solution, sans être partisane, doit être politique.

Y’a bien un zozo qu’est passé sur le rond-point, dents blanches et haleine fraîche, expliquer qu’il se dévoue à la cause, blablabla. Réunion vendredi prochain de coordination des ronds-points de Seine et Marne… on va voir.

En attendant, et depuis plus d’un mois, depuis dix morts, des centaines de blessés, des milliers d’arrêtés, c’est là que quelque chose se passe. Et il y a cette hésitation entre passer le Nouvel An sur notre ZAD à deux balles ou aller réchauffer le touriste sur les Champs. 

Nuage Fou.

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Textes complémentaires:

Six textes fondamentaux pour nous aider à  y parvenir, ensemble, à  lire, relire et diffuser sans aucune modération:

 


1+1+1+…n = Société des Sociétés