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Société occidentale en phase terminale de cancer: Le capitalisme de pillage et la mort annoncée du système (Paul Craig Roberts)

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L’analyse de PCR est bonne, mais une fois de plus, pas de solution apportée si ce n’est le cynisme. Pour entrevoir la porte de sortie…

Manifeste de la societe des societes

~ Résistance 71 ~

 

Le capitalisme de pillage

 

Paul Craig Roberts

 

4 décembre 2017

 

url de l’article:

http://www.informationclearinghouse.info/48341.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Je fustige l’exonération d’impôts qu’a passée le congrès. Ce n’est pas une politique économique de coupe dans les impôts et cela n’a absolument rien à voir avec une économie dite du ruissellement (NdT: l’idiotie qui dit que si on taxe moins les riches… le fric disponible va redescendre vers le bas… cette imposture était un des piliers des “Reaganomics” dont PCR fut un des chantres dans les années 1980, il revient de loin…). Le but est de faire croître le prix des équités boursières (equity) en offrant à leurs propriétaires plus de gains sur capital et plus de dividendes. En d’autres termes, c’est une législation qui va rendre les propriétaires d’équités plus riches, polarisant toujours plus avant la société vers une vaste zone de pauvreté et de quasi-pauvreté pour la masse tandis qu’une fraction des 1% va se gorger de milliards de dollars… A moins que nos maîtres ne puissent continuer à contrôler le narratif explicatif, cette (nouvelle) exonération d’impôts pour les plus riches nous rapproche encore plus d’une révolution qui résultera du rejet et du manque total de confiance dans le gouvernement.

La nouvelle législation fait chuter le taux d’imposition sur les entreprises à 20%. Ceci veut dire que les entreprises/corporations mondialistes, transnationales enregistrées aux Etats-Unis vont payer moins d’impôts sur le revenu qu’une infirmière diplômée qui fait 50 000 US$ par an. L’Infirmière, si elle est célibataire, va payer en 2017, à un taux marginal de 25% pour tout revenu supérieur à 37 950 US$ par an.

Un(e) célibataire est imposé(e) à un taux de 33% sur tous les revenus s’ils dépassent 191 651 US$ par an. 33% était la tranche maxime d’imposition tirée des serfs médiévaux et approche la taxe sur les esclaves aux Etats-Unis au XIXème siècle. Un tel revenu de classe moyenne supérieurs de 191 651 US$ paraît extraordinaire pour la plupart des Américains qui sont loin de gagner cela, mais c’est toujours très très loin des multi-millions annuels des riches. En Amérique (NdT: et pas seulement…), c’est la classe moyenne, fondant comme beurre au soleil, qui porte le fardeau de l’impôt. Les riches avec leurs gains sur capital réalisés sur leur détention d’equity ne sont taxés eux, qu’à 15%.

Même les personnes célibataires qui gagnent entre 1 et 9325 US$ par an sont imposés à 10% sur leur pitance.

Les économistes néo-libéraux qui sont les faire-valoir des riches, de Wall Street et des banques “trop importantes pour se planter”, affirment de manière totalement erronée qu’en diminuant l’impôt d’entreprise à 20%, plein de bénéfices maintenus offshore (NdT: à l’étranger ou dans des paradis fiscaux) seront ramenés aux Etats-Unis et que cela aura pour résultat un boum économique et une augmentation des salaires. Ceci est un non-sens total. L’argent ne reviendra pas, parce qu’il est investi à l’étranger où le coût du travail est moindre, s’il est même investi au lieu de racheter les actions de l’entreprise ou d’acheter celles d’autres entreprises. Après 20 ans de délocalisation de l’industrie et des techniques professionnelles vendables ainsi que les revenus à l’avenant, qui va investir aux Etats-Unis ? La population américaine n’a absolument aucun revenu avec lequel acheter les biens et les services en provenance d’un nouvel investissement, de plus les cartes de crédit de la population sont à leur maximum d’endettement.

Il va se produire la chose suivante: Wall Street va calculer le plus bas taux d’imposition au plus haut prix d’équité (equity). Wall Street peut le faire sans avoir à rapatrier un sou du fric investi ou planqué à l’étranger. Ainsi d’un seul coup, ceux qui possèdent ces titres vont faire l’expérience d’une croissance de leur richesse, à moins que cette croissance n’ait déjà eu lieu en anticipation de la manne à venir.

Les républicains, concernés par le déficit, ont mis dans cette loi du Enhancement of the Rich’s Wealth, des coupes drastiques dans les services sociaux afin de “protéger les travailleurs de plus hauts taux d’intérêt émanant des déficits budgétaires”. Ceci représente toujours plus de malhonnêteté. Si la Fed laisse les vrais taux d’intérêt augmenter de manière signifiante, les dérivatifs vont dévisser et la Fed va devoir créer, de l’air du temps, des milliers de milliards de dollars juste pour maintenir leur escroquerie en place. Le déficit qui résulte de la coupe d’imposition sera couvert par la Fed qui va acheter de la trésorerie et non pas augmenter les taux d’intérêt.

Ce à quoi nous assistons aux Etats-Unis et en fait dans tout le monde occidental est ni plus ni moins que l’échec total du capitalisme. Celui-ci n’est plus maintenant qu’exclusivement une machine à piller. Le secteur financier ne fournit plus de capital pour la production depuis belle lurette. Ce que le secteur de la finance fait est de transformer le revenu du consommateur à discrétion en intérêt et en frais bancaires.. La demande générale ne peut augmenter que par l’expansion de la dette et les consommateurs atteignent un point où ils ne peuvent plus étendre leur dette. (Ndt: comme nous l’avons dit à maintes reprises, le capitalisme arrive au bout du bout du banc…)

Le capitalisme, se cachant derrière le “mondialisme”, qui est mal représenté comme étant une bonne chose alors qu’il ne représente que la mort elle-même, localise la production là où le travail est le meilleur marché, privant ainsi le monde industrialisé des bons salaires et des opportunités de carrière, le mettant ainsi sur la voie de la tiers-mondisation. Les hauts bénéfices à court terme et les dividendes à payer aux CEOs et autres membres des conseils d’administration des entreprises ainsi que les récompenses en stock options, sont maximisés au prix de la destruction du marché de la consommation domestique.

Le capitalisme de pillage privatise aussi le plus possible le secteur public, comme l’armée, si possible, ce qui a pour effet de booster le budget du Pentagone. Les travaux qui étaient accomplis par les soldats eux-mêmes, sont donnes à des entreprises privées connectées au système. Ce qui était connu avant sous le vocable de la Patrouille de Cuisine (KP pour “Kitchen Patrol”, la bonne vieille cantine) est maintenant sous-traité à une firme privée. Les services de mercenaires sont loués par le Pentagone, ceux-ci collectent plus en un mois de service qu’un soldat sur un an. Je ne suis pas sûr que l’armée possède encore ses régiments de logistique (NdT: l’équivalent des régiments de commandement et de soutien de l’armée française) ou une organisation privée de soutien logistique en contrat avec le Pentagone (NdT: genre Halliburton, chère à Dick Cheney et Donald Rumsfeld… et autres). La sécurité sociale du Medicare et du Medicaid sont les prochains à être privatisés. La coupe dans l’imposition aura pour conséquence un déficit et une course aux plus hauts taux d’intérêt et ces mensonges seront utilisés pour sauver les travailleurs d’un plus haut taux d’intérêt sur leurs emprunts fonciers, sur la dette de leur carte de crédit et des emprunts étudiants en réajustant ou en privatisant la sécurité sociale et assurances maladies.

L’environnement et les terres publiques seront sacrifiés pour les profits privés dans les domaine du bois, de l’exploitation minière et des entreprises d’énergie. Les ours grizzly et les loups sont en train de perdre leur protection en tant qu’espèces en voie de disparition afin que les états puissent vendre des licences de chasse à trophée à des hommes qui doivent prouver leur “virilité” en tuant un animal avec un puissant fusil depuis une distance garantissant toute la sécurité nécessaire a ces grands courageux.

Ce à quoi nous assistons est le pillage total de l’Amérique et du monde occidental dans son entièreté. Tandis que le monde occidental s’effondre, le peuple soumis et insouciant est assis à sucer son pouce tandis que sa ruine est en cours.

Il n’y a plus rien en occident si ce n’est le pillage à l’œuvre.

Cette loi sur l’impôt des entreprises est une abomination, un acte de pillage brutal et sans vergogne. Ses promoteurs devraient être sur le champ passés au goudron et aux plumes et expulsés des villes à cheval sur un rail (NdT: merde !… PCR a lu Lucky Luke…), sinon pendu haut et court au premier réverbère venu.

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« Hezbollah, son histoire de l’intérieur » (version PDF de larges extraits du livre de Naïm Qassem)

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Résistance 71

 

5 décembre 2017

 

Jo de JBL1960 nous a fait un superbe pdf de notre traduction partielle de l’ouvrage de Naïm Qassem, SG adjoint du Hezbollah (version arabe 2004, version anglais 2005, version française 2008), « Hezbollah, son histoire de l’intérieur ».

Nous conseillons à nos lecteurs de se procurer ce livre et de le lire en entier dans la langue de leur choix, car il est à notre sens sans doute le meilleur livre publié à ce jour, pour comprendre l’histoire complexe et ses implications géopolitiques dans le Moyen-Orient de l’après première (chute de ’empire ottoman et déclaration Balfour) et seconde guerres mondiales (résolution ONU 1947, création de l’état d’Israël en 1948, Nakba, guerres israélo-arabes et civile libanaise…), au travers de la genèse d’un groupe de résistance à l’occupation sioniste, devenu parti politique influent et hautement respecté au-delà des frontières, pour son honnêteté et son intégrité.

L’ouvrage remet en perspective l’idée que nous avons été souvent amenés à nous faire au sujet du Hezbollah, idée bien entendu et comme il se doit, façonnée par la propagande impérialiste occidentale qui diabolise toute résistance à la pensée et action politico-économique dominante du moment.

Il est temps de rétablir un équilibre des connaissances pour que plus de personnes sachent de quoi il retourne lorsqu’on va leur vendre la nouvelle guerre à venir contre l’Iran et ses alliés, dont le Hezbollah fait partie. Ce processus est déjà … en marche…

Cette traduction fait partie de notre démarche de prise de conscience et de travail pour que toujours plus d’occidentaux se débarrassent des chaînes principalement idéologiques du colonialisme et de la suprématie de la civilisation occidentale écrasant le reste du monde, afin de se tenir debout, main dans la main avec tous les peuples autochtones des continents pour établir à terme la société de l’union dans la complémentarité, abandonnant l’antagonisme induit et se fondant dans la société des sociétés des associations libres. Les membres du Hezbollah, Libanais, musulmans et politiquement conscients, sont partie intégrante de la résistance des peuples autochtones au colonialisme exacerbé de la marchandise en mouvement. Le comprendre, c’est déjà agir…

Version PDF de notre traduction partielle:

Hezbollah son histoire de linterieur naim qassem

 

Communiqué suite au 76ème Congrès de la Fédération Anarchiste

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La Fédération Anarchiste, réunie en son 76e congrès à Paris les 11 et 12 novembre 2017, a débattu de la situation politique et sociale et des enjeux de la lutte des classes.

Source: FA, novembre 2017

L’Etat « macroniste » se radicalise et accèlere le programme capitaliste mené par Gattaz, l’OCDE, le FMI et consorts, dans la continuité des gouvernements précédents.

Le capitalisme ne connait pas de frontières et la lutte pour l’émancipation doit également s’affranchir des Etats et étendre le combat révolutionnaire à l’échelle mondiale. C’est pourquoi nous développons l’Internationale des Fédérations anarchistes.

Le mouvement social et syndical peine à construire un rapport de forces et la convergence des luttes.

La strategie de mobilisation dans la rue ne remplace pas le blocage économique. Seule la grève générale reconductible peut menacer les profits et ouvrir ainsi une perspective révolutionnaire.

La Fédeération anarchiste est engagée dans ce mouvement social et syndical qui doit assumer et affirmer sa légitimité politique et opposer un projet de société en rupture avec le modèle capitaliste et du chacun-pour-soi qu’on nous impose.

La Fédération anarchiste participera de toutes ses forces au mouvement social et s’opposera a toute tentative de tutelle politique y compris celle de Mélenchon qui crée la division en portant la lutte sur le terrain parlementaire.

Notre rôle est de préserver le mouvement social de toute contamination politicienne et électorale.

La Charte d’Amiens demeure pertinente aujourd’hui ; malgré ses imperfections et ses limites, elle reste à nos yeux un outil nécessaire affirmant les principes de l’action syndicale :

  • L’amélioration continue et immédiate des conditions de travail et la transformation sociale ;
  • L’indépendance par rapport aux partis et a l’Etat ;
  • La construction de la grève générale expropriatrice et autogestionnaire qui abolira le salariat.

Notre mouvement doit également diffuser des pratiques d’auto-organisation et d’action directe. La propagande par l’exemple et les alternatives en actes sont à même de développer des pratiques en rupture avec le consumérisme et la délégation.

Les religions ont toujours été l’outil des puissants, du patriarcat et du militarisme. Au côté du Capital, elles incitent à la résignation et à l’ignorance. La Fédération anarchiste revendique haut et fort « Ni dieu ni maitre ». L’émancipation de l’humanité nécessite une lutte radicale et définitive avec l’idée de dieu.

La Fédération anarchiste appelle les individus et les groupes attachés à l’émancipation sociale a s’organiser et à oeuvrer pour une société fédéraliste libertaire et autogestionnaire, pour un monde débarrassé des classes, des religions et des Etats et toutes les dominations.

Fédération Anarchiste

Paris, le 12 novembre 2017

= = =

Il n’y a pas de solution au sein du système, il n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !

Pour un changement radical de paradigme politico-social:

Manifeste de la societe des societes

~ Résistance 71 ~

Politique, État et société: le marxisme contre la révolution russe (Emma Goldman)

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Un texte de plus pour comprendre qu’il n’y a pas de solutions au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et qu’il n’y en aura jamais…

Solution ? Petit précis ici:  Manifeste de la societe des societes

~ Résistance 71 ~

 

Le désillusionnement d’Emma Goldman avec le marxisme-léninisme (bolchévisme) et non pas la révolution russe

Le marxisme contre la révolution russe

 

Emma Goldman (1924)

 

Novembre 2017

 

Source:

https://robertgraham.wordpress.com/2017/11/18/emma-goldmans-disillusionment-with-marxism-leninism-not-the-russian-revolution/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les critiques socialistes non bolchéviques (NdT: non marxiste-léniniste) de l’échec russe soutienne que la révolution n’aurait pas pu être un succès en Russie parce que les conditions industrielles n’avaient pas encore atteint le niveau supérieur nécessaire dans ce pays. Ils pointent vers Marx qui enseigna que la révolution sociale n’est possible que dans des pays ayant un haut système industriel couplé avec ses antagonismes sociaux attenants. Ils affirment donc que la révolution russe ne pouvait pas être une révolution sociale et qu’historiquement, elle devait évoluer le long de lignes constitutionnelles et démocratiques, complétées par une industrie croissante afin que le pays soit mûr pour un changement de base.

Cette vue marxienne orthodoxe ne tient pas compte d’un facteur, un facteur peut-être le plus vital à la possibilité de succès d’une révolution sociale, plus vital que l’élément industriel: celui de la psychologie des masses à une époque donnée. Pourquoi n’y a t’il pas par exemple, de révolution sociale aux Etats-Unis, en France ou même en Allemagne ? Ces pays ont certainement atteint le point culminant industriel établi par Marx. (NdT: en fait non, Goldman se trompe ici, le point culminant n’était pas atteint, la marchandise n’avait pas encore atteint le stade ultime de sa tyrannie… Comparons simplement avec aujourd’hui, nous en sommes bien plus proche, un siècle plus tard…) La vérité est que le développement industriel et les grands contrastes sociaux ne sont pas en eux-mêmes des moyens suffisants pour donner naissance à une nouvelle société ou appeler à une révolution. La conscience sociale nécessaire, la psychologie de masse requise manquent à l’appel dans des pays comme les Etats-Unis et autres cités. Cela explique pourquoi aucune révolution sociale ne s’y est tenue.

A cet égard, La Russie avait l’avantage sur d’autres terres plus industrialisées, plus “civilisées”. Il est vrai que la Russie n’était pas aussi industriellement avancée que ses voisins européens. Mais la psychologie des masses russes, inspirée et intensifiée par la révolution de février (1917) mûrissait à une telle vitesse qu’en quelques mois, le peuple fut prêt pour des slogans ultra-révolutionnaires tels que “Tout le pouvoir aux Soviets” et “La terre aux paysans, les usines aux ouvriers”.

La signification de ces slogans ne doit pas être sous-estimée. Exprimant de manière large la volonté instinctive et semi-consciente des gens, ils signifiaient pourtant la réorganisation sociale, économique, politique et industrielle de la Russie. Quel pays en Europe ou aux Amériques est préparé à interprété de tels slogans révolutionnaires pour les mettre en pratique dans la vie de tous les jours ? Pourtant en Russie, aux mois de juin et juillet 1917, ces slogans sont devenus populaires et de manière enthousiaste, active, mis en avant sous la forme de l’action directe, par la masse de la population agraire et industrielle de plus de 150 millions de personnes. Ceci fut la preuve suffisante pour dire que le peuple russe était “mûr” pour la révolution social.

Quant à la “préparation économique” dans le sens marxien, on ne doit pas oublier que la Russie est un pays essentiellement agraire. Le diktat de Marx présuppose l’industrialisation de la population paysanne dans tous les pays développés, comme une étape de santé sociale pour la révolution. Mais les évènements en Russie de 1917 ont démontré que la révolution n’attend pas ce processus d’industrialisation et, ce qui est le plus important, ne peut pas attendre. Les paysans russes ont commencé à exproprier les grands propriétaires terriens et les ouvriers ont commencé à prendre possession des usines sans attendre, sans avoir connaissance du diktat de Marx. Cette action populaire, par la vertu de sa propre logique interne, a poussé la révolution sociale en Russie, renversant tous les calculs marxiens. La psychologie slave a prouvé être plus forte que les théories socio-démocrates.

Cette psychologie a impliqué ce désir passionné de liberté entretenu par un siècle d’agitation révolutionnaire parmi toutes les classes de la société. Le peuple russe était heureusement demeuré politiquement non-sophistiqué et vierge de la corruption et de la confusion créées au sein du prolétariat des autres pays par la liberté “démocratique” et l’auto-gouvernement. Les Russes restèrent en ce sens, naturels et simples, étrangers aux subtilité de la politique politicienne, aux tricheries parlementaires et au bidouillage légal. D’un autre coté, son sens primordial de la justice et du droit était fort et vital, sans cette finesse de la désintégration de la pseudo-civilisation. Le peuple savait ce qu’il voulait et il n’a pas attendu “l’inéluctable raison historique” pour le faire: il a employé l’action directe. Pour lui, la révolution était un fait de la vie et non pas une théorie à discuter.

Ainsi la révolution sociale se produisit en Russie et ce malgré le retard industriel du pays. Mais faire la révolution n’était pas suffisant. Il était nécessaire qu’elle progresse et s’élargisse, qu’elle se développe en une reconstruction socio-économique. Cette phase de la révolution nécessitait la participation pleine de l’initiative personnelle et de l’effort collectif. Le développement et le succès de la révolution dépendaient du plus large exercice du génie créateur du peuple, sur la coopération du prolétariat intellectuel et manuel. L’intérêt commun est le leitmotiv de toute destinée révolutionnaire, spécifiquement dans son côté constructif. Cet esprit de but mutuel et de solidarité souffla sur la Russie en cette puissante vague dès les premiers jours d’octobre/novembre 1917. Inhérent à cet enthousiasme furent les forces qui auraient pu déplacer des montagnes si elles avaient été guidées par la considération exclusive du bien-être de tout un peuple. L’environnement pour une telle efficacité était possible: les organisations du travail et les coopératives agricoles qui abondaient en Russie et la recouvraient comme un réseau de ponts reliant les villes ; les soviets qui devinrent actifs et efficaces aux besoins du peuple russe et finalement, l’intelligentsia dont les traditions depuis un siècle exprimaient la dévotion héroïque à la cause de l’émancipation de la Russie.

Mais un tel développement n’était en aucun cas au programme des bolchéviques. Depuis plusieurs après Octobre, ils endurèrent la manifestation des forces populaires, de ce peuple qui portait la révolution dans des endroits toujours plus élargis. Mais dès que le parti communiste se sentit suffisamment fort sur la selle gouvernementale, il commença à limiter le champ d’action populaire. Toutes les actions bolchéviques qui s’en suivirent, toutes leurs politiques subséquentes, changements de politique, leurs compromis, leurs retraites et traîtrises, leurs méthodes de suppression et d’oppression, de persécution, leur terrorisme et l’extermination des autres idées politiques, ne furent que les moyens justifiés par la fin: la rétention du pouvoir d’état aux mains du parti communiste. En fait, les bolchéviques eux-mêmes, en Russie, n’en firent pas un secret. Le parti communiste dirent-ils, est l’avant-garde du prolétariat et la dictature doit rester entre ses mains. Hélas, les bolchéviques ne tinrent pas compte de leur hôte, sans la paysannerie que ni la razvyoriska, la Tchéka, ni les massacres, ne purent persuader de soutenir le régime bolchévique, la paysannerie est devenue la pierre sur laquelle les meilleurs plans de Lénine furent fracassés. Mais Lénine, agile acrobate, était performant dans l’action à marge de sécurité minimum. La “nouvelle politique économique” ou NEP fut introduite juste à temps pour éviter le désastre qui doucement mais sûrement, minait l’édifice communiste complet.

(NdT: La NEP fut une mesure de capitalisme d’état avec laquelle Lénine et Trotsky remplissaient leur part du contrat passé avec la City de Londres et sa succursale de Wall Street, faire de la future URSS un marché captif pour les financiers et industriels de l’empire qui émergera de la première guerre mondiale: l7empire anglo-américain)

Ne vous laissez pas enfumer sur la guerre qui se prépare… Pour avoir un avis informé: « Le Hezbollah, son histoire de l’intérieur » de Naïm Qassem 2/3

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Hezbollah son histoire de l’intérieur 2/3

 

Naïm Qassem*

 

Traduction de larges extraits de la version anglaise (2005) par Résistance 71

 

Une version française de ce livre existe sous le titre: “Hezbollah, la voie, l’expérience, l’avenir”, publiée aux éditions Al Bouraq en septembre 2008 (376 pages)

 

(*) L’auteur de l’ouvrage Sheikh Naïm Qassem est le secrétaire général adjoint du Hezbollah (“Parti de Dieu”) depuis 1991, né au Liban en 1953, il possède une éducation universitaire et religieuse. Il fut professeur de chimie pendant plusieurs années en université. Il est l’auteur de plusieurs livres sur des sujets d’ordre politique et religieux. Mr Qassem est considéré comme l’historien du Hezbollah. 

 

1ère partie

2ème partie

3ème partie

La version intégrée en PDF réalisée par Jo:

Hezbollah son histoire de linterieur naim qassem

 

II. Organisation et travail public

[…] Il y eut un besoin de répondre à la question qui pose la direction générale à adopter: Est-ce que le parti devait juste être appelé “Hezbollah” (Parti de Dieu) ou “Nation (Oumma) du Hezbollah”? (Nation du Parti de Dieu)

Un danger inhérent à la structure des partis politiques est que cela restreint la taille du parti à ses membres, menant ainsi à l’exclusion des “autres”. Quelque soit la taille et la capacité de l’organisation, un parti est toujours limité en termes de rang et de fonctions. Ce fait pourrait facilement se traduire en un renoncement à un potentiel humain et une montée de l’esprit partisan, un esprit qui dénigre les non-membres et les individus dont les buts ne sont pas alignés sur les objectifs du parti.

D’un autre côté, le concept de la nation ou de corps politique repose sur une plateforme qui reconnaît tout le monde, quelque soit les allégeances, obligations ou préparation à la participation, mais qui ne manque pas d’obstacles quant à sa réalisation. La direction à suivre est donnée dans un contexte général et en des occasions particulières, auxquels la nation réagit et répond. Mais dans une société diversifiée comme l’est le Liban, une telle direction ne répond pas au défi de rassembler le potentiel de la nation et d’organiser son rôle et ses capacités, sa variété d’opinions, ses obligations individuelles, ses différences de niveaux intellectuels et son expérience pratique, son processus de décision et ses liens inter-factions.

Ainsi, une structure hiérarchique pyramidale fut finalement adoptée comme formule organisationnelle du Parti et fut agencée avec des lignes de conduite excluant les désavantages des deux propositions mentionnées ci-dessus. L’organisation prit ainsi cette forme:

  1. Le statut de membre a été conféré à ceux qui ont adopté les objectifs du parti dans leur totalité et se sont engagés à suivre les directives organisationnelles. […]
  2. Il ne fut distribué aucun signe de reconnaissance d’appartenance au parti, car les affiliés n’étaient pas les seuls individus contribuant aux objectifs du parti. La définition de l’affiliation au parti ne fut pas liée à l’obtention d’une “carte”.
  3. Les individus furent requis d’observer et d’accepter leurs fonctions au sein du parti, la plus importante étant celle de la résistance. […]
  4. Un large processus de recrutement fut lancé dans les districts et les villages, rassemblant tous ceux désirant rejoindre le parti. La gestion hiérarchique de ces recrues fut fondée sur la démographie et la distribution géographique. La participation, fonction des circonstances individuelles et de la disponibilité de temps. Tous les affiliés prirent part à l’entraînement militaire et culturel, aux fonctions de combat et de sécurité ainsi que des fonctions générales requises.
  5. Des sociétés de femmes furent créées et des rôles spécifiques distribués dans les mosquées et les districts. L’objectif était de parvenir à un recrutement culturel et sociétal afin de sécuriser la participation dans les activités et l’appel général du parti.
  6. Le recrutement de la jeunesse fut canalisé au travers du financement des Scouts de l’Iman al-Mahdi qui faisait participer aux activités du parti dans les grandes lignes et dans des activités en harmonie avec les besoins de la jeune génération.
  7. Des organisations gérées totalement indépendamment dans les domaines culturel, éducationnel, de la santé, des médias, de l’agriculture, de la construction et autres domaines, furent créées, ce qui était en plein accord avec les objectifs et la vision du parti.
  8. Le recrutement culturel ciblant les étudiants et les écoles secondaires ainsi que les professeurs d’université fut aussi activé. […]
  9. Une coopération continuelle avec les membres du clergé, les associations et les organisations variées était requise et devait être en harmonie avec les objectifs généraux du Hezbollah.
  10. Tous ceux qui participaient aux manifestations, rallies, activités et préoccupations du Hezbollah tout autant que ceux qui soutenaient l’idéologie du parti étaient (et sont) considérés comme soutiens du parti.

[…] Le choix fut fait de devenir le “Hezbollah” ou “Parti de Dieu”, qui couvre et inclut tous les segments de la nation comme détaillé ci-dessus et observe une totale promptitude à procéder à des amendements de politique interne lorsque le besoin d’un agrandissement d’échelle ou de stature se fait se fait sentir.

Le Conseil et le cadre organisationnel

Le choix a été en faveur du groupe et non pas du leadership individuel, le titre de ceci fut choisi comme étant al-Choura, le Conseil. Le nombre de membres délégués élus différaient d’un conseil à l7autre et il n’y eut initialement pas de tête individuelle ni de secrétariat général. A partir de 1985 se fit sentir le besoin d’une apparence politique officielle manifestant l’expression de la position du parti.

[…] En mai 1991, le Conseil a élu al-Sayyed Abbas al-Moussaoui comme secrétaire général, qui devint martyre le 16 février 1992. Le Conseil a alors élu son successeur en la personne de Sayyed Hassan Nasrallah. Son élection eut lieu à la mi-mai 1993. Il a été réélu depuis.

[…] De l’organisation générale initiale, des amendements furent mis en place afin de se conformer aux demandes fonctionnelles du Hezbollah. Cinq comités ou assemblées de conseil furent finalement créées: l’assemblée du djihad, l’assemblée politique, l’assemblée exécutive, l’assemblée parlementaire et l’assemblée judiciaire. Chaque assemblée se vit confier son leadership à un membre du conseil.

[…] Le Conseil est considéré être au sommet de la pyramide des objectifs stratégiques, en charge de créer la vision générale et la politique afférente, de superviser les stratégies des fonctions du parti et de prendre les décisions politiques. Le secrétaire général (SG) est en charge des responsabilités de supervision et de guidage administratif, de la coordination entre les membres du Conseil et les variés chefs d’assemblées ainsi que d’assumer la position politique du parti du manière officielle.

Attirer de nouveaux membres

Pour certains, une implication directe avec le parti et son cadre d’action était un obstacle, car pas tous ceux qui croyaient en la rectitude et la justesse de la résistance du Hezbollah pouvaient se conformer à son idéologie islamique. Similairement, ceux qui croient dans le mouvement politique du parti ne peuvent pas tous être d’accord avec le système de croyance et de réglementations de l’Islam, ou peuvent être intéressés tout en gardant une marge personnelle qui pourrait entrer en conflit avec les buts du parti et les requis pour être membre. De plus, la capacité du parti à accommoder les individus et à leur assigner des fonctions particulières n’est peut-être pas en ligne avec les perceptions individuelles des personnes de ce qui est approprié pour leurs carrières ou leurs chemins personnels.

Ainsi, le leadership a spécifiquement demandé aux assemblées de discuter des modes d’attraction de nouveaux membres de ses groupes spéciaux. Les suggestions suivantes furent faites:

  1. La création d’un nouveau cadre pour le parti afin de réduire les spécifications et les objectifs adoptés par le Hezbollah. […]
  2. La création de groupes indépendants et de cercles sympathisants ou la participation à leur création. Ces groupes doivent se conformer à certains objectifs du parti et observer un certain nombre de spécifications et de lignes de conduite. Dans le principe, il n’y a aucune objection à ce concept car il résulte d’un accord commun tacite. […]
  3. Membre périphérique: lorsqu’il n’y a pas conformité avec le minimum requis par la parti, il y a toujours une possibilité d’indépendance complète et de prise en compte des caractéristiques individuelles. […]

La différence entre les gens est une condition humaine des plus naturelle, liée à la culture, l’éducation, les inclinations et pôles d’Intérêt et de la sorte ne peut pas être géré au sein d’un cadre unique et unificateur. La responsabilité du choix est laissée aux individus en accord avec leurs propres convictions. Le parti fut lancé avec des objectifs particuliers soutenus par des mécanismes organisationnels afin de fonctionner adéquatement. Ceux qui sont d’accord et sont en harmonie avec ces objectifs sont sur la voie de l’affiliation comme membre, tandis que ceux qui ne le sont pas demeurent à une certaine distance du parti tout comme le parti accommode ou exclut des postulants sur la base de règles individuelles ou de groupe. Tel est le mode de vie. […] Les objectifs demeurent le point important et l’affiliation suit sur ce principe.

La résistance islamique

Les débuts

L’invasion du Liban par Israël en 1982 fut le 6ème conflit israélo-arabe:

  1. L’occupation par Israël des territoires de la Palestine en 1948 couvrant 20 770 des 27 027 Km2 que comprend la terre palestinienne. Ces terres sont appelées depuis “Les territoires occupés”.
  2. L’agression du trio France, Grande-Bretagne et Israël sur l’Egypte en 1956
  3. L’agression israélienne de 1967 occupant ce qu’il restait des territoires palestiniens (appelés maintenant “Les territoires de 1967” en plus de l’occupation et de l’annexion du Sinaï égyptien, des plateaux du Golan syrien et de la vallée Arabah jordanienne.
  4. La guerre d’octobre 1973 de l’Egypte et de la Syrie contre Israël fut marquée par la réclamation de territoires perdus par ces deux pays.
  5. L’agression israélienne de 1978 résultant par l’occupation par Israël de larges portions de territoires au sud-Liban et menant à la création d’une “zone de sécurité” dans laquelle demeurèrent un certains nombre de collaborateurs libanais emmenés par Saad Haddad.

Cinq guerres furent initiées par les sionistes tandis qu’une le fut par les Arabes. Ces guerres ont eu pour effet d’agrandir le contrôle géographique d’Israël, incluant des terres au-delà de la Palestine, dans les pays arabes voisins d’Egypte, du Liban, de la Syrie et de la Jordanie. La puissance militaire israélienne, soutenue par les moyens politiques internationaux, menés par les Etats-Unis, a créé suffisamment de pression pour imposer des concessions et légitimer le fait accompli (NdT: en français dans le texte original) de l’occupation des dits territoires.

Les sionistes considéraient que l’invasion du Liban handicaperait les structures de la résistance militaire palestinienne et aliénerait les combattants palestiniens au Liban, brisant ainsi leur capacité future de continuer leur quête pour la réclamation de leur terre.

[…]

Mais, alors que la Palestine est une terre musulmane et arabe occupée et qu’il est du devoir de chaque musulman de travailler pour sa libération et étant donné que d’autres zones de la terre arabe sont similairement occupées (incluant le Liban), zones auxquelles le devoir islamique de libération est aussi applicable, le juriste-théologien, l’Imam Kohmeini, a déclaré: “Israël est une glande cancéreuse.” Ansi le Hezbollah s’est dressé contre cette cible et a lancé des opérations de résistance islamique contre Israël avec les moyens humains limités dont il disposait. Ceci fut une étape sur le chemin vers un mouvement de résistance plus complet et intégrateur qui ne compromet pas la terre et qui refuse l’exploitation des faiblesses du monde arabe et de la Palestine par l’ennemi.

La priorité fut donc donnée à la confrontation, ce qui demanda l’emploi de toutes les ressources possibles pour remplir cet objectif. Les camps d’entraînement mis en place dans la Bekaa et supervisés par le corps des GRI iranien constituèrent la ressource première des combattants de la résistance ou “moudjahidines” de la “Résistance Islamique”. Ces camps furent une source d’inspiration culturelle, spirituelle, comportementale renforçant les qualités nécessaires au Djihad, ce qui étaient de fait les caractéristiques des membres du CGRI. Beaucoup de membres du Hezbollah participèrent à ces entrainements indépendamment de leurs fonctions au sein du parti, car l’entraînement est un pré-requis pour être accepter comme membre à part entière. L’ancien SG du parti, tombé en martyre, al-Sayyed Abbas al-Moussaoui, fut parmi les premiers à participer à l’entraînement qu’il termina vers la fin de 1982.

A cette époque, la capitale du Liban et ses proches banlieues, ainsi que le sud, l’ouest de la Bekaa et des parties du Mont Liban, étaient sous le joug de l’occupation israélienne. Les combattants de la résistance œuvrèrent dans des cercles secrets sans aucune apparence politique ou médiatique. S’activa en parallèle un mouvement de recrutement général qui se tint sans aucun cadre organisationnel formalisé.

Les combattants de la résistance accumulèrent très rapidement une grande expérience militaire. A ce moment furent créés des points de focalisation sur des tâches spéciales comme l’ingénierie, l’artillerie et autres spécificités dans le domaine militaire.

Jeunesse et efficacité

Le travail de résistance ne fut pas limité à ceux qui se dédièrent spécifiquement à celui-ci, mais s’étendit à l’enrôlement général de volontaires […] Les participants menaient leur vie quotidienne normalement, sur les lieux de travail, à l’université, dans le secteur privé. Il y eut un grand nombre de jeunes hommes attiré par ce volontariat et nous ne fûmes jamais à court de volontaires membres ou affiliés.

[…] Un développement militaire notoire fut celui associé à la précision du ciblage. Les unités d’ingénieurs et d’artillerie firent d’énormes progrès dans ce domaine, les rendant capables de frapper au cœur même de l’ennemi. Tout cela grâce à une meilleure maîtrise de l’environnement géographique, de la technique de mise à feu des roquettes Katiouchas, d’une meilleure compréhension des point faibles des véhicules blindés ennemis tant dans leurs formes les plus classiques qu’avec les chars à haute technologie Merkava qui devinrent très rapidement, les cercueils de leurs équipages [Note: un contrat de vente de chars Merkava à la Turquie fut annulé après la démonstration de l’efficacité des combattants du Hezbollah contre ces unités blindées israéliennes. L’opération servit à démontrer l’incapacité des chars Merkava à résister aux attaques de ceux qui comprennent son mode de confrontation…], d’une maîtrise dans la préparation des bombes sous leurs formes variées, le développement de l’expertise dans le placement de ces bombes sur le terrain des opérations, du développement d’une véritable expertise dans la reconnaissance du terrain permettant aux combattants de la résistance de s’infiltrer efficacement et d’atteindre les postes militaires ennemis avec précision, de la mise en place de technique de surveillance 24/24 de jour et de nuit des positions ennemies et de l’emploi des tactiques de pièges, des opérations de martyre et autres stratégies avancées.

De tels niveaux de performance militaire ne peuvent pas être vus en isolation de la croyance des combattants en leur cause, de la culture, du courage et de l’intrépidité de ces combattants, de leur volonté de tomber en martyre. Ceci est la véritable essence du succès de la résistance islamique.

[…] Il n’y a aucun cas de défaillance ni de désertion. […] La personnalité individuelle est le cœur même de la configuration de la résistance. C’est pour cette raison que le dossier de chaque postulant est étudié en détail avant que d’accorder le statut de membre de la Résistance. Sont analysées sa croyance individuelle en le Hezbollah, sa volonté et motivation à toujours développer plus avant sa conviction, ses capacités culturelles et militaires et la non-existence de quelque question ou doute que ce soit concernant la sécurité du postulant et de son entourage. L’individu est personnellement suivi au travers de sa formation afin de déterminer son plus fort potentiel pour le parti.

Les méthodes de combat et d’opération militaires

Le secret fut et est la clef du succès sur le champ de bataille du djihad. Surprendre l’ennemi permet les meilleurs résultats sur celui-ci tout en minimisant les pertes humaines dans les rangs de la résistance. L’ennemi œuvrait (et œuvre toujours) au moyen d’espions et d’agents de terrain pour découvrir des cibles, bénéficiant également de la reconnaissance aérienne et de moyens de surveillance militaire variés afin de détecter toute préparation d’attaque (NdT: comme la reconnaissance par satellites). Ainsi le secret devint de première importance afin de rendre ces opérations de surveillance futiles. Un groupe très restreint étaient au courant des opérations. Seuls ceux directement impliqués dans la préparation et la réalisation de ces opérations faisaient partie de ce cercle. De plus les participants du Hezbollah à ces opérations étaient choisis avec grande précision. Ainsi, l’ennemi fut incapable de découvrir quelle opération allait les frapper avant qu’elle n’ait lieu. C’est ce qui a rendu les opérations de la résistance si efficaces et imprévisibles.

L’équipement de combat était facilement transporté et caché. Il n’y avait pas besoin de chars ou d’artillerie lourde qui auraient pu facilement être ciblés par les forces aériennes ennemies, ceci n’était pas non plus en harmonie avec le plan sélectionné par la résistance en fonction de son armement.

La résistance, même lorsqu’elle fut à court d’armes et de munitions, a toujours combattu avec ce qu’elle avait sous la main. La sagesse employée dans la gestion des rares ressources militaires ont mené à la tactique de n’utiliser l’armement qu’en des lieux et temps bien déterminés. La sagesse tactique ne fut pas moins importante que les ressources militaires.

Des procédures pratiques furent mises en place pour construire un mouvement de résistance complètement différent d’une organisation militaire plus formelle. Habituellement, la résistance agissait au sein de cercles secrets, et ce même sur le champ de bataille. Ceci permettait plus de flexibilité et aussi permettait aux membres de continuer une vie normale dans les villes et villages d’où ils venaient, que ceux-ci soient proches ou éloignés de la ligne de combat. […] Les camps d’entraînement tombèrent aussi sous cette méthodologie et devinrent ainsi plus mobiles et mieux camouflés afin d’éviter les bombardements par l’aviation israélienne qui volait continuellement dans le ciel libanais.

[…] La résistance n’avait pas besoin de postes militaires fixes sauf dans quelques terrains montagneux ou zones forestières. Il y eut un besoin de poste afin de lancer des opérations, mais ceux-ci ne furent jamais établis près des zones de combat.

Ainsi, il n’était aucunement attendu que la résistance occupe quelque terre libérée que ce soit, comme ce fut le cas à la libération des postes de Sujud, Aramta et Dabshe, qui virent le déploiement du drapeau du Hezbollah et la brève présence des combattants de la résistance sur les lieux avant que l’aviation israélienne ne vienne intensément bombarder les places. Une opération de la résistance était considérée réussie si les occupants des positions ennemies étaient tués, blessés ou contraints d’évacuer et non pas nécessairement une opération qui reprenait pour l’occuper la position ennemie.

Il n’était pas non plus attendu de la résistance qu’elle concentre ses ressources humaines et militaires sur la ligne de front pour s’engager dans une guerre classique avec l’ennemi, ceci revenait à une armée régulière ayant le nombre suffisant. Le travail de la résistance était essentiellement “frapper et décrocher”, laissant l’ennemi surpris, choqué, en désarroi et sans aucune cible pour répliquer.

Une telle intensité, diversité et extension des opérations a aidé à remplir plusieurs objectifs capitaux:

  1. Confusion de l’ennemi et obliger son commandement à maintenir un état d’alerte permanent, menant éventuellement à l’extrême fatigue physique et mentale des troupes et un déclin en puissance et en efficacité.
  2. Extension du sentiment de panique au sein des troupes ennemies, la peur de la mort persistait après chaque attaque réussie de la résistance ou chaque attaque potentielle. Ceci a servi à secouer le moral de l’ennemi et à directement affecter le rendement des troupes ennemies.
  3. L’interdiction pour l’ennemi d’étendre ses objectifs expansionnistes étant donné l’intense pression exercée sur les zones déjà occupées.
  4. La libération de la terre comme objectif final et ultime, ceci s’est produit par étapes et au travers de bien des confrontations. [note: retrait progressif des forces israéliennes zone par zone jusqu’à la grande victoire en cinq décennies que représente l’évacuation par Israël du sud-Liban et de la Bekaa occidentale le 24 mai 2000…]

Le choix du temps et de l’endroit pour chaque opération était de la plus haute importance pour le succès, mais la stratégie principale était aussi celle des opérations constantes (selon les circonstances de terrain), évitant ainsi toute ouverture de feu inutile et inefficace, tout en travaillant totalement indépendamment de tout développement se tenant sur la scène politique. Un tel plan opérationnel a aidé de manière la plus importante au succès des opérations militaires de terrain et ceci a eu des répercussions inévitables sur le front politique.

Entre libération et négociation

La Résistance a toujours défini ses opérations de djihad comme visant à la libération de la terre et n’ayant aucune incidence politique. Les opérations de libération de la terre sont planifiées et exécutées sur le terrain sans recours à quelque développement politique que ce soit ou à la volatilité de politiciens. Les opérations politiques quant à elles, appellent à un effort d’amélioration des conditions de la négociation politique avec l’ennemi, qu’on lui offre des périodes de grâce, de rémission et qu’on relie les opérations de terrain avec la nature et le cours des négociations en cours.

[…] Ainsi, le Hezbollah ne vit pas de conséquence positive à la négociation politique… La solution pratique, légitime et objective est donc représentée par les opérations de résistance qui forcent, en effet clair et direct, un retrait de l’ennemi et la reconsidération tout à la fois de son agenda politique et de ses méthodes. Il n’est pas possible d’isoler tout mouvement de djihad de ses répercussions politiques et la sagesse nous demande de faire quelques pas pratiques à la suite d’un important changement politique.

[…] Il n’y a aucune restitution de terres suite à des négociations et l’occupation ne peut pas soutenir la pression de la résistance. La dépendance et la subordination aux régimes politiques enferme l’activité de résistance dans une zone d’obligations et de systèmes de requis ; ceci compromet la liberté et l’efficacité qui caractérisent habituellement de telles activités. […]

La sphère cible

Les ressources disponibles au mouvement de la résistance sont, par défaut, plus faibles que les moyens de l’envahisseur occupant. […] La résistance a identifié que la sécurité est le point faible et décisif de l’ennemi israélien. Les opérations de terrain se sont donc concentrées à lui infliger le plus grand nombre de pertes et la topographie libanaise bien particulière, a permis d’y parvenir.

Lorsque l’ennemi persista à outrepasser les limites du combat au moyen de bombardements incessants de cibles civiles au Liban, la Résistance s’est résolue à diriger les tirs de ses roquettes Katiouchas sur les colonies du nord d’Israël. La formule de blesser l’ennemi seulement au travers de ses pertes militaires ne fut pas suffisante pour empêcher l’armée israélienne de cibler les civils libanais. Ainsi, le bombardement direct de zones civiles israéliennes fut une réaction, en réciproque de la tactique initiée par l’armée israélienne. Ces mesures ont permis d’aboutir aux accords du juillet 1993 et d’avril 1996 ; accords qui établirent que toutes les zones civiles devenaient des zones neutres. Un fait qui n’est approprié et harmonieux qu’avec les objectifs de la Résistance.

[..] De plus, la résistance considère futile de cibler des Israéliens à travers le monde. La confrontation avec l’ennemi dans les zones occupées est la seule action valide et légitime, ceci amène beaucoup de soutien au mouvement. Limiter la sphère cible aux territoires occupés sert à parvenir au bris de la sécurité ennemie, de sa stabilité et de son sentiment auto-protecteur. Ceci a un effet cumulatif et n’a pas de conséquences néfastes ou d’effets secondaires sur la résistance. Cette vision des choses n’est en aucun cas séparée de l’aspect de la doctrine déterminant les règles et les lignes de conduite de la confrontation.

[…] L’objectif est de toujours maintenir le tempo et la fréquence des opérations de terrain au niveau requis approprié.

L’activité de résistance est un effort cumulatif qui ne peut pas se réaliser au travers d’un nombre limité de coups, car c’est la persistance d’une telle activité qui porte les fruits du futur.

[…] Les opérations martyres ont émergées comme une approche adoptée par la résistance. Malgré le fait que seulement 12 opérations au véhicule piégé ne furent enregistrées, ces opérations dangereuses de résistance où la possibilité de devenir martyre sont très hautes, ont été d’une valeur incommensurable.

[…]

Nomenclature islamique

Le nom “Hezbollah” ou “Parti de Dieu” provient du Coran: “Le parti d’Allah, ce sont eux les victorieux.” [Sourate 5, verset 56]

[…]

La Résistance et le travail public

Le délai entre la création d parti et ses interactions politiques est lié à ces raisons:

  1. La période de fondation s’est concentrée sur le développement militaire car l’objectif principal était la résistance à l’occupation israélienne.
  2. Le secret fut la caractéristique principale de la période fondatrice. Le travail de résistance demande qu’une bonne partie de travail soit réalisée dans le secret pour des raisons de sécurité évidentes. Le secret était une nécessité absolue dans la mesure où l’espace aérien libanais était ouvert à l’aviation israélienne. Le travail politique demande une représentation publique, le temps n’était pas venu…
  3. Depuis 1975, le Liban est le domaine de circonstances compliquées générées par une guerre civile qui mena à des conflits internes importants. Ceci fut associé à l’expulsion de l’OLP du Liban. […]
  4. La préoccupation initiale de la préservation coûte que coûte de la Résistance demanda une attention sans équivoque de tous les instants, celle-ci força à repousser l’implication politique du parti. […] Une fois que la résistance fut sortie de son enfance et qu’elle eut prouvé sa valeur et pesait de sa présence, de telles préoccupations furent diluées. Ainsi vint le temps de poser une définition du Hezbollah qui peut se lire comme suit: “Le Hezbollah est un mouvement de djihad ayant pour mission principale d’entreprendre le djihad contre l’occupant israélien. Un effort politique sage et intelligent pourrait et devrait être un soutien important pour un tel mouvement.”
  5. La stabilisation de l’identité et de l’individualité du parti fut une grande préoccupation, ainsi que de clarifier ses objectifs théologiques et pratiques, résolvant quelques préoccupations internes, comme les pensées du parti concernant le gouvernement libanais, spécifiquement après l’accord de Taïf et aussi de définir sa politique générale quant à son approche des relations envers les différents pouvoirs politiques en place.
  6. Ce n’est pas un secret que ce parti naissant absorbait les expériences de ses membres, ce qui fut d’un grand bénéfice au cours de l’année de fondation. Puis le parti grandit et ses plans et méthodes se cristallisèrent, ses positions sur certaines préoccupations devenant plus claires et déterminées.
  7. Au niveau de sa relation avec le peuple, l’action décisive du parti fut celle qui amena à la décision de participer aux élections législatives du Liban. […]

[…]

Services sociaux

Le Hezbollah est tout particulièrement attentif au travail social. Aucun aspect de l’aide aux pauvres ne fut négligé alors que le parti travaillait a réaliser une responsabilité sociale commune, répondant ainsi au besoin urgent d’introduire des programmes bénéfiques. Ce travail est simplement considéré comme un devoir du parti et a consisté en des efforts de levées de fonds et de les rendre disponibles aux ressources des services sociaux. Le parti a travaillé au mieux de ses capacité, coopérant avec les institutions publiques officielles pour répondre aux besoins sociétaux. […]

De plus, le Hezbollah a créé l’association Jihad al-Binaa (construction et développement), servant l’effort de reconstruction après les bombardements de 1985 […]  Chaque maison endommagée par les raids israéliens depuis 1991 a été restaurée par cette institution, ce qui porte un total de 17 212 maisons, magasins et structures d’utilité publique, réparés.

Entre 1988 et 1991, la parti a travaillé à enlever toute l’accumulation d’ordures ménagères et de débris dans les banlieues sud de Beyrouth, où vivent plus de 500 000 habitants. Une moyenne de 65 tonnes de détritus par jour furent retirées, ce qui résolut un problème grandement négligé par le gouvernement. Aune compensation financière ne fut demandée aux habitants et ce service a continué à être fourni gratuitement aux résidents depuis, comme part de ses efforts humanitaires.

Avec 110 citernes d’eau potable distribuées dans la banlieue sud de Beyrouth, la parti donne ainsi de l’eau potable dans des zones qui ne sont pas fournies par les services publics. 300 000 litres d’eau atteignent ainsi quelques 15000 familles quotidiennement. Ce service est fourni gratuitement à ces familles depuis 1990 jusqu’à ce jour.

Le Hezbollah est aussi concerné par les activités agricoles allant d’études de terrain à la prévision de crédit agricole en passant par la distribution de tracteurs, la fertilisation des sols, le transfert de connaissance pour l’apiculture et autres productions et le conseil de centres pilotes de développement.

[…] Pour la santé, le parti a créé L’Organisation Islamique de la Santé (OIS) qui gère 9 centres de santé, 16 cliniques fixes et 3 mobiles desservant 51 villages. Ces centres fournissent une assistance médicale gratuite, des médicaments aux personnes résidentes et à 88 écoles. Ils mettent en place des campagnes régulières contre la tabagie et la prévention de maladies. L’OIS a aussi dix antennes pour la protection civile.

Le parti fut attentif à l’éducation pour ceux dans le besoin et a fourni un support éducatif pour plus de 16 000 élèves tout en payant l’éducation de plus de 6000 étudiants. Des bourses d’études allant de 25 à 100% furent données à plus de 8000 élèves.

L’Institution pour les Blessés prend en compte plus de 3000 blessés dont plus de 2000 combattants de la résistance. La prise en charge est totale. Elle consiste en assistance médicale, pension, rééducation des handicapés. […]

Les occidentaux ont suspecté que le travail social du Hezbollah était essentiellement un outil de recrutement, alors même que ceci fut une conséquence naturelle des activités sociales du parti. Ils ont aussi suspecté que les gens qui se rassemblent autour du parti le font afin de bénéficier de ces services. Bien que ces services ont indéniablement un grand effet sur le peuple, l’essence pour la participation à de tels programmes réside ultimement en la croyance à la voie sur laquelle on s’engage. Le travail social sert à enrichir la confiance des soutiens dans la viabilité du parti, de sa cause et de son chemin, alors qu’il coopère, collabore et joint ses forces pour le bien commun afin de demeurer fort et tenace dans ses rôles de résistance et de représentation politique.

A suivre…

Ne vous laissez pas enfumer sur la guerre qui se prépare… Pour avoir un avis informé: « Le Hezbollah, son histoire de l’intérieur » de Naïm Qassem 1/3

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, altermondialisme, colonialisme, crise mondiale, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 19 novembre 2017 by Résistance 71

L’oligarchie nous concoctant la prochaine guerre devant impliquer l’Arabie Saoudite, Israël et la clique sioniste usuelle contre l’Iran et ses alliés, il est important de ne pas se laisser enfumer par les salades propagandistes dont nous allons immanquablement être inondés via les merdias de base, notamment sur le croquemitaine forcément « terroriste » que serait le Hezbollah, allié de l’Iran et grand vainqueur en Syrie des mercenaires pseudo-djihadistes de Daesh/Al CIAda. C’est ainsi que nous pensons le temps venu pour aider ceux qui le veulent encore, à mieux comprendre qui est le Hezbollah et quelles sont ses relations avec la politique internationale. Pour ce faire nous avons traduit de larges extraits du livre de son SG adjoint, Naïm Qassem.
~ Résistance 71 ~ 

 

Hezbollah son histoire de l’intérieur 1/3

 

Naïm Qassem*

 

Traduction de larges extraits de la version anglaise (2005) par Résistance 71

 

Une version française de ce livre existe sous le titre: “Hezbollah, la voie, l’expérience, l’avenir”, publiée aux éditions Al Bouraq en septembre 2008 (376 pages)

(*) L’auteur de l’ouvrage Sheikh Naïm Qassem est le secrétaire général adjoint du Hezbollah (“Parti de Dieu”) depuis 1991, né au Liban en 1953, il possède une éducation universitaire et religieuse. Il fut professeur de chimie pendant plusieurs années en université. Il est l’auteur de plusieurs livres sur des sujets d’ordre politique et religieux. Mr Qassem est considéré comme l’historien du Hezbollah. 

 

1ère partie

2ème partie

3ème partie

La version intégrée en PDF réalisée par Jo:

Hezbollah son histoire de linterieur naim qassem

 

Note de Résistance 71:

Le présent ouvrage a été publié en arabe en 2004, traduit en anglais en 2005 et publié aux éditions Saqi (Londres). C’est cet ouvrage qui a servi de base à notre traduction partielle certes mais substantielle.

Nous invitons les lecteurs à se procurer ce livre et de le lire en entier. On ne regarde plus jamais la géopolitique moyen-orientale et mondiale avec les mêmes yeux après l’avoir lu. Nous le considérons comme essentiel pour une compréhension accrue et pointue de la situation passée, présente et à venir du Moyen-Orient sous influence.

La version anglaise du livre fait 282 pages index et références compris. Il est inévitable pour l’auteur de couvrir certains aspects religieux concernant la génèse et l’évolution du Hezbollah. Nous devons ici dire que les 54 premières pages de l’ouvrage situent la toile de fond religieuse de la création du parti depuis 1982 et sa relation profonde à l’Islam, ce qui représente moins de 20% du livre. N. Qassem présente la chose de manière posée, sans prosélytisme et avec grand savoir et humilité, ce qui rend la lecture de ce passage beaucoup plus digeste pour un lectorat non averti, ou non chiite, non musulman, voire même, ce qui est notre cas… complètement athée. Nous traduirons le strict nécessaire de ce segment en nous attachant essentiellement à ce qui est décrit et expliqué comme étant les “trois piliers du Hezbollah”, le second étant l’inévitable Djihad. Nous avons appris bien des choses durant la lecture de ce passage et y avons trouvé de grandes similitudes avec des codes chevaleresques occidentaux et orientaux comme par exemple celui du Bushido japonais. Mr Qassem explique de manière assez détaillée ce qu’est le Jihad, nous ne nous y attarderons pas car ce n’est pas l’objectif du livre, mais néanmoins un aspect important à saisir pour mieux comprendre l’ensemble.

Nous réitérons ici le fait que Résistance 71 est un collectif anarchiste pour qui toute religion est une aliénation et un frein à la pensée humaine et la liberté intrinsèque de l’Homme et de son être générique. Nous pensons néanmoins qu’il est sectaire d’ignorer les réalités culturelles et religieuses du monde dans lequel nous vivons et que nous appelons à changer.

Nous considérons ce travail de traduction comme une action pédagogique destinée à l’ouverture des esprits et non pas à l’enfermement communautaire que l’oligarchie et sa pressetituée de service ne vont pas hésiter à promouvoir pour nous vendre la salade de leur prochaine guerre contre l’Iran et ses alliés. Le Hezbollah a du reste prouvé sur le terrain, encore et encore, son ouverture d’esprit et son humanité universelle à chaque fois que ses membres en ont eu l’occasion. Ce sont les membres du Hezbollah dans le Liban-sud qui portèrent assistance et aide logistique aux familles chrétiennes victimes de la nouvelle invasion sioniste en 2006. Depuis des années, les chrétiens libanais de l’ex-général et actuel président du Liban Michel Aoun, sont de proches alliés du Hezbollah, les raisons en sont claires.

La traduction partielle de ce livre à mettre en ligne est un projet que nous avons depuis pas mal d’années, nous avons mentionné et cité l’ouvrage à maintes reprises sur le blog, mais nous avons pensé que le moment n’était alors pas venu. A la vue de l’orientation que prennent les choses au Moyen-Orient avec une nouvelle guerre, sans doute bien plus meurtrière, en préparation dans cette région où serait impliqués le Hezbollah (Liban), l’Arabie Saoudite, Israël, la Syrie et sans aucun doute l’Iran sur toile de fond militaire russo-américaine, il devient aujourd’hui évident que le temps est venu pour qu’une plus large audience comprenne un peu mieux qui est le Hezbollah, d’où vient-il et que fait-il  et que se passe t’il vraiment au Moyen-Orient ?

Nous publierons notre traduction partielle en 3 parties qui ne sont pas les parties du livre, qui lui est divisé en 7 chapitres + une préface.

Bonne lecture

= = =

1ère partie

I. Visions et objectifs

[…] Dans le même temps, Israël avait envahi le Liban [1982]. Des groupes d’hommes croyant en l’Islam, participèrent à la confrontation avec l’envahisseur dans les faubourgs de Beyrouth, coopérant avec l’armée syrienne, quelques Palestiniens et quelques combattants libanais de la résistance. Leurs efforts eurent pour résultat d’handicapper l’avance d’Israël vers Beyrouth, Mais, aucune de ces entités islamiques factuelles n’avaient été préparées pour cette grande mission. La préoccupation et le besoin de trouver une organisation islamique unifiée fit alors surface. Une telle organisation devait reposer sur trois objectifs clef:

  • L’Islam est un programme approprié complet et compréhensif pour une vie meilleure. Il est la fondation intellectuelle, religieuse, idéologique et pratique de l’organisation proposée
  • La résistance contre l’occupation d’Israël qui est un danger pour le présent et le futur, reçoit une priorité ultime de confrontation étant donnés les effets anticipés qu’aura une telle occupation sur le Liban et sur toute la région. Ceci nécessite la création de la structure d’un Jihad (guerre sainte) qui prolongera cette obligation et en faveur duquel toutes les capacités devront être employées
  • Le leadership légitime est désigné par le théologien-juriste qui est considéré être le successeur du prophète et des imams (QLPSAE) [note: il est ici fait référence aux 12 imams descendants du prophète Mahomet et qui sont de grandes figures de révérence pour les Chiites]. Le théologien-juriste élabore les lignes de conduite générales pour la nation de l’Islam. Ses commandements et prescriptions doivent être exécutés

Pour parvenir à ces fins, un nombre de représentants des groupes islamiques principaux commencèrent de grandes discussions en ce qui concerne la perception de l’activité islamique au Liban. Les résultats de ces discussions furent résumés dans un document final suivant lequel neuf représentants furent élus pour parler aux parties participantes: trois représentants pour le clergé de la Bekaa (Liban oriental), trois représentants les comités islamiques variés et trois représentants pour le Mouvement Islamique Amal [note: successeur du mouvement historique Amal qui en arabe veut dire “Espoir” et dont l’acronyme veut dire “Les Rangs de la Résistance Libanaise”, originellement emmené par Nabih Berri. Il y eut une scission du mouvement Amal suite à l’occupation d’Israël, en émergea le Mouvement Islamique Amal, mené par Hussein al-Moussaoui]

Ce document devint connu sous le nom du “Manifeste des Neuf”, qui mirent en place les objectifs sus-mentionnés et fut présenté à l’ayatollah Khomeini, qui l’approuva, prenant ainsi en charge la responsabilité de la position de théologien-juriste.

Plusieurs groupes islamiques adoptèrent ensuite le manifeste, dissolvant leurs organisations existantes en faveur d’un nouveau cadre de fonctionnement, qui devint un peu plus tard connu sous le nom de “Hezbollah”.

Des programmes d’intégration des membres furent mis en place, d’abord de manière erratique et une activité de mobilisation effective fut lancée avec les membres du clergé convaincant les nouveaux membres de rejoindre l’entrainement militaire et tout travail mis en place focalisé sur la résistance à l’occupation d’Israël. Tout ceci se passa au sein de cadre défini par le théologien-juriste.

Ces développements se produisirent à une époque de grande solidarité de l’Iran avec la Syrie et le Liban. L’Ayatollah Khomeini demanda aux Gardiens de la Révolution Islamique (GRI) de soutenir la confrontation du Liban avec Israël, essentiellement avec un entrainement militaire, l’envoi de provisions et l’infrastructure nécessaire. Une délégation de hauts-dignitaires des GRI se rendit en Syrie qui accepta son passage au Liban par sa frontière et des camps d’entrainement furent établis dans la plaine de la Bekaa et son district ouest.

[…]

Les trois piliers du Hezbollah

Premièrement: La croyance en l’Islam

Note de Résistance 71: Cette partie procure un très bon résumé de ce qu’est l’Islam et sa croyance chiite. Cette partie fait 14 pages. Cela vaut la peine d’être lu. L’auteur explique et ne cherche pas à “convaincre”, ce n’est pas un texte prosélyte, ce qui lui évite de s’aliéner une partie potentielle du lectorat. Le style est posé, emprunt de conviction, mais modéré au sens le plus large.

Dans la fin de ce passage, voici ce que Mr Qassem dit de manière si visionnaire si on se réfère aux évènements se déroulant dans la région depuis 2011…

La création d’un état islamique n’est donc pas une fonction d’adoption de celui-ci par un groupe ou une branche et l’imposition subséquente de cet état de fait aux autres groupes. Un tel chemin est refusé à la fois dans ce projet et dans les autres et ce indépendamment de qui en serait l’instigateur.

La toute première expression, communication officielle dans ce contexte fut émise par la Lettre Ouverte du Hezbollah de 1985 (Lettre Ouverte, Hezbollah, 1985, adressée au peuple opprimé du Liban et au reste du monde), dans laquelle il fut dit ceci:

“Nous confirmons par la présente notre conviction en l’Islam comme pilier de notre système à la fois intellectuel et législateur et nous appelons le plus de monde à apprendre de son enseignement et de se conformer à son code. Nous appelons le peuple à l’adopter et à se commettre à ses instructions tant aux niveaux individuel que politique et social. Quand la liberté de choisir un système de gouvernement est attribuée au peuple du Liban, il ne trouvera pas une meilleure alternative que l’Islam ; c’est pourquoi nous appelons à la mise en place d’un système islamique fondé sur le choix libre et direct du peuple et non pas au travers de l’imposition forcée comme cela pourrait être assumé par certains.”

Le message de la lettre est clair et encourage la création d’un état islamique basé seulement sur le libre choix public. Nous sommes ainsi en parfaite harmonie avec nos convictions et avec les circonstances pratiques et objectives qui nous entourent.

[…]

Deuxièmement: le djihad

[note de Résistance 71: cette partie fait 17 pages dans le livre et est un élément important. Nous allons essayer de le retranscrire au mieux par la traduction de passages clef, mais nous encourageons nos lecteurs à lire le texte intégral qui vaut la peine d’être lu entièrement]

Le djihad ou la guerre sainte, a ses racines éthymologiques dans le verbe “lutter”. Cela signifie pousser et faire tous les efforts possibles pour combattre un ennemi. Dans son contexte islamique, le mot possède un sens plus large que le combat militaire, car le combat inclut également celui contre les ennemis internes à l’Homme comme représenté par les tentations et les insinuations de l’âme vers le mal ou les appels sataniques du faux et tout ce qui mène à l’errance et à la corruption.

[…]

Vision du monde

Un tel chemin vers le djihad est étroitement associé avec la vision de la vie qu’a l’Islam. Ce monde est une maison périssable, un plaisir éphémère et une vie temporaire. C’est un endroit de tribulation et de test permanents pour l’Homme dont le résultat de ses actions détermine sa destinée le jour de la Résurrection lorsque Dieu fait revivre toute la création, envoyant les incroyants en enfer et les croyants au paradis. […]

Personne ne peut éviter les vicissitudes de la vie, car cette capacité est au-delà du contrôle de l’Homme et du code naturel de la vie. Et si certains croient qu’au travers du blasphème, de la désobéissance ou de l’errance, ils repousseront ces vicissitudes, alors simplement ils se trompent, car de plus grandes difficultés les attendent en résultat de leur conduite néfaste, alors que leur chance d’endurance positive durant leur temps de vie est passée, menant à la punition dans l’au-delà. Il est donc bien mieux que la souffrance soit au bénéfice de la rectitude et de la bonté afin que tout à chacun y gagne à la fois dans le présent et dans l’au-delà. Ainsi, nous endurons tous, car nous sommes tous dans le cercle de l’examen, la différence entre nous étant dans le résultat final.

L’argument principal réside en deux logiques: la première est celle adoptée par les matérialistes qui dévouent leurs vies à croire que le monde est la fin de toute existence et qui donc placent tous leurs efforts dans la vie, se résolvant à tous les moyens possibles, sans regard pour les répercussions maléfiques que cela pourrait avoir. Leur vision de base est celle de l’intérêt personnel, même si cela peut mener à la corruption, à la diversion individuelle ou collective du droit chemin, à l’oppression, au meurtre ou au viol des droits d’autrui.

La seconde, est la logique des croyants en dieu qui vont dans la vie comme sur un chemin menant à l’au-delà. Pour ceux-là, la vie n’est pas la résidence éternelle et s’ils doivent souffrir une perte en résultat de suivre leurs obligations et en étant indifférents à leurs sautes d’humeur, alors ils auront la promesse de la récompense au jour de la Résurrection. Il n’y a donc aucun besoin à l’oppression, à la tyrannie, à l’agression, car ceci ne portent que des résultats éphémères. Il est du devoir des croyants de refuser et de confronter l’oppression et de lutter avec eux-mêmes pour la victoire de la vertu, de la justice, des droits humains et de la droiture. Ils ne sont pas libres de marginaliser leur rôle ni de demeurer des observateurs, de renoncer à leurs choix et de s’abandonner à leurs tourmenteurs. [citation d’une sourate du Coran]

[…] Ce qui importe est la dédication au chemin de la droiture, qui est représenté par ces droits et obligations ordonnés et compréhensifs, l’objectif est le bien, la bonté, non pas le plaisir ; la justice et non pas la domination et la suprématie, le consentement et la soumission à ce que Dieu nous donne comme récompense après que nous ayons prouvé la valeur de nos efforts et de ne pas se résoudre au chemin de l’abomination, de la répression et de l’antagonisme. La vision doit être de libérer la terre et l’Homme quelqu’en soit le prix, non pour l’acquiescence et la soumission à une vie abjecte ou pour la résignation, l’abandon des rôles influents et vertueux de la vie.

Les fondements du djihad

L’Islam considère le djihad comme une attitude basique de la vie d’un musulman, que ce soit le djihad de l’âme ou le djihad contre un ennemi extérieur. La seconde forme est  à l’évidence la pratique la plus difficile du concept et ne vient qu’après la réussite de la première, après que l’Homme ait lâché prise de ses désirs et se soit préparé pour la confrontation pratique de terrain avec l’oppresseur et l’occupant. Le djihad de l’âme est le plus grand des deux défis, car il est une lutte permanente et quotidienne, présent dans chaque conflit entre le vice et la vertu, entre l’obéissance à la parole de dieu et les impulsions de l’âme. La lutte contre l’ennemi est le moindre des deux tests.

[…]

L’Islam a construit le djihad sur un nombre spécifiques de piliers objectifs desquels quatre sont plus importants:

  • Tribulation et mauvais coups du sort. La vie est un continuum d’obstacles et de difficultés. Il ne se passe pas un jour où l’Homme n’est pas confronté aux difficultés face soit à lui-même, soit face à la société ou face à tout intervenant de ce monde. […]
  • Le chemin vers dieu. Le djihad pour la gloire de dieu est l’objectif. Ainsi celui qui s’abstient de faire le mal est sur le chemin de dieu et celui qui combat pour la gloire de la parole de dieu par dessus tout et exécute Sa volonté, est sur le chemin de dieu. Mais celui qui combat pour gagner de l’argent, un salaire ne fait que lutter pour cela, il est donc celui qui se bat par prédisposition ou par fanatisme. Nous n’avons pas été ordonné au djihad pour rien ou à des fins de souffrance, mais pour être sur le chemin de dieu avec ses instructions pour guide et modèle. […]
  • De l’intérêt de l’Homme: Quand vous réussissez à déloger votre ennemi de votre terre, cela est dans votre intérêt. Quand vous réussissez dans votre djihad contre vos démons, c’est dans votre intérêt également. Quand vous vainquez le mal et travaillez pour voir le bien et la bonté prédominer parmi les gens, ceci est aussi dans votre intérêt. […] Le djihad est une anxieuse récompense en faveur de l’humanité, tandis que la poursuite des désirs, des pêchés et des actions désapprouvées ne peut résulter que dans la souffrance des individus et de la société. […] Ainsi, la domination et le commandement peuvent être attractifs et une source de plaisir intense, mais portent des répercussions sociales bien douloureuses ainsi que de futures ramifications.
  • Illumination: […] Le djihad est une porte sur la vie et non pas sur la mort. Car la droiture est un concept de vie, tout comme l’est la fierté, la libération de la terre occupée et la victoire sur soi-même. Même le martyre est la vie dans le sens où il est le triomphe de pouvoir passer sa vie éternelle au Paradis et ainsi est la verve, la fierté et la victoire d’une nation influencée par le sang des martyres. […]

Le djihad militaire:

Dans sa représentation de combattre l’ennemi, il est une partie intégrante de ce livre, analysons le plus avant. Le clergé divise le djihad militaire en deux parties:

  1. Le djihad de base: la confrontation des musulmans avec d’autres et l’entrée sur leurs terres pour des raisons qui ne sont pas liées à la réclamation de terre ou pour combattre une agression. C’est une ordonnance du Prophète ou d’un des imams infaillibles (QLPSAE) et donc ceci n’est pas considéré applicable dans le temps présent étant donné que l’imam al-Mahdi n’est toujours pas apparu, puisse son émergence arriver au plus tôt.
  2. Le djihad défensif: Ceci correspond à la défense de leur terre par les musulmans, leurs peuples ou eux-mêmes individuellement faisant face à une agression ou une occupation. Ceci n’est pas seulement considéré comme légitime, mais comme un devoir. […]

Mais la décision du djihad est liée au théologien-juriste sur lequel repose le diagnostique de la situation et la catégorisation dans laquelle celle-ci tombe, si celle-ci peut-être considérée comme un djihad défensif ou pas. Il est responsable de définir les fondamentaux et les lignes de conduite de la confrontation. La responsabilité de répandre le sang est grande et les combattants ne doivent jamais être consignés dans quelque bataille que ce soit sans avoir identifié ce qui est en harmonie avec l’objectif et le devoir au djihad.

Bien que l’opinion cléricale puisse différer de celle du juriste-théologien, le verdict de ce dernier est suprême et est décisif car il est le défenseur principal et la personne que les gens ont désigné . […]

Martyre contre suicide

La culture du martyre renforce l’acceptation de la mort pour la gloire de dieu, car la logique fondamentale derrière cela est la conception qu’il y a une vie après la mort, une vie dans laquelle la personne vit heureuse et réalise ses rêves. […] Le martyre est un acte volontaire entreprit par une personne qui a toutes les raisons du monde de vouloir vivre, qui a l’amour de la vie et s’y attache. C’est l’acte d’une personne qui ne souffre pas de quelque raison que ce soit de vouloir commettre un suicide […] Ceci correspond à l’acte suprême d’abandon de soi, une confrontation avec l’ennemi dans la droite ligne claire et légitime de la loi islamique. […] Ainsi, le martyre est bien différent du suicide, qui est l’expression ultime du désespoir, de la frustration et de la défaite, tout ceci menant à la perte d’objectif de l’existence et pousse un homme désespéré à mettre fin à ses jours. Ceci est généralement un acte commis par un non-croyant. Par contraste, le croyant espère une récompense divine, sait que sa patience sera remboursée et réalise qu’il ne met pas fin à ses jours par désespoir, car ce serait l’enfer qui l’attendrait. Il sait qu’il n’a pas le droit de mettre fin à cette existence que dieu lui a donné et qu’il n’est pas libre de disposer de sa vie comme bon lui semble.

[…]

Les résultats pratiques au Liban:

  • Compensation du déséquilibre militaire et affliction de pertes considérables dans les rangs de l’ennemi
  • La reconsidération par le commandement israélien de son approche militaire au Liban: difficulté de reconsidérer une invasion, une agression n’était plus possible sans la peur d’une riposte appropriée dévastatrice… Menacer ceux qui aspirent au martyre avec la notion de mort n’a plus aucun sens et devient une menace creuse et futile. Admission par l’ennemi des effets de leur mauvais calcul ne prenant pas en compte les aspirants au martyr. […] Le membre de la Knesset, le parlement israélien, Yossi Beilin a dit: “Les membres du Hezbollah ne font pas que rendre dingue notre armée, mais ils rendent tout Israël fou. Tout le monde est concerné par ce problème.
  • Montée sans précédent d’une ferveur patriotique dans toute la région, l’avènement de l’Intifada palestinienne et la restauration de l’espoir envers une libération compréhensive
  • La mise en évidence du soldat israélien se cachant dans ses machines militaires pour se protéger et ayant peur de la confrontation militaire directe.

Le martyre seul ne peut pas donner la victoire totale et renverser l’équilibre des choses et tous les autres moyens possibles doivent aussi être employés dans un conflit. Mais les opérations des martyrs comblent un vide signifiant en ce qui concerne le déséquilibre des forces en présence. Tenter de battre un ennemi avec le moins d’effusion de sang possible est un devoir.

[…]

Troisièmement: la juridiction du juriste-théologien (al-Wali al-Faqih)

[…] Note de R71: Ce segment est très important pour comprendre le fonctionnement du parti.

L’inter-relation caractéristique des verdicts de l’Islam place l’individu au centre de toute responsabilité, à laquelle il se doit de répondre au mieux de ses capacités en accord avec la situation. Si une distinction entre les gens doit être appliquée, elle ne peut l’être qu’en réponse à des différences de capacité, de situation, ou des circonstances objectives entourant les individus.

Le gardiennage du juriste-théologien est impératif pour la préservation et la mise en application de l’Islam. Il n’est pas possible de réaliser le large projet de l’Islam au travers des initiatives individuelles ou de programmes détachés. Il y a un besoin pour une voie bien tracée qui rassemble la nation. Avec le gardiennage et la tutelle le juriste-théologien parvient à ces fins.

L’autorité du juriste-théologien représente ainsi une continuation de celle du Prophète et des Imams infaillibles (QLPSAE) aussi loin que son rôle soit concerné. Ceci ne veut en aucun cas dire qu’il y a une ressemblance personnelle entre le juriste-théologien et le Prophète ou quelque infaillible imam que ce soit, ni une similarité dans le statut d’élu de dieu. Plutôt, le juriste-théologien est le second de l’Imam, celui qui conduit la doctrine et les fonctions de jurisprudence de l’Imam comme cela est nécessaire.

L’autorité du juriste-théologien

Le degré d’autorité qui lui est alloué est certainement important car il est responsable de mettre en application la jurisprudence islamique, de garder la structure islamique, de prendre des décisions politiques d’un poids considérable et de porter l’intérêt général de la nation. Il a l’autorité de décider de la guerre et de la paix, il rend des compte à tout le monde. Il est aussi le tuteur de la richesse de la nation collectée par le zakat et le khoum [NdT: tout musulman doit payer 1/5 soient 20% de ses revenus annuels qui sont redistribués aux nécessiteux ou selon les circonstances sur avis du dirigeant] et autres sources. Il établit les lignes de conduite pour tout état islamique dès sa création, le dirigeant vers l’obédience au moyen de la jurisprudence et à la préservation des intérêts constituants en accord avec l’Islam.

[…]

Depuis les jours des Imams infaillibles (QLPSAE), il n’y a eu aucune stature similaire en tant que figure religieuse que celle de l’imam Kohmeini. Il est parvenu à une telle stature par son mérite, sa compétence juridique et politique et la haute qualité de ses qualifications requises. Le simple fait d’assumer les rôles de Commandant des fidèles, de Caliphe ou de juriste-théologien ne qualifie pas nécessairement la personne pour cela, car le tuteur de la loi islamique n’est pas celui qui l’exécute comme il pense être le mieux, mais plutôt celui qui possède la connaissance adéquate et le charisme pour ce faire.

La relation du parti [Hezbollah] avec le juriste-théologien

La terre native du juriste-théologien n’a pas de relation avec son leadership. La même chose est vraie en ce qui concerne l’autorité spirituelle et l’amplitude géographique d’une telle autorité. Il peut être iranien ou irakien, libanais ou koweïtien ou de quelqu’autre nationalité que ce soit. Sa nationalité n’est en rien liée à ses qualifications, car il porte le fardeau de l’Islam et travaille pour cette religion qui a de la compassion pour tous les êtres. “Nous t’avons envoyé pour rien d’autre que la compassion envers toutes les créatures” (Sourate 21, al-Anhiya, verset 107). Les limites de l’autorité sont définies par la réponse de ces individus responsables.

En tant que gardiens des musulmans, l’imam Khomeini gouvernait l’état islamique en Iran, il en était le guide, le leader ainsi que le superviseur du système islamique mis en place sur ce territoire, mais il définissait les commandements de politique générale pour tous les musulmans, où qu’ils vivent dans le contexte de la préservation des ressources des états musulmans, de l’animosité envers l’hégémonie, de la protection de l’indépendance contre toute domination et subjugation, du travail vers l’unité spécifiquement dans le domaine des affaires courantes, de la confrontation avec le cancer coercitivement implanté en Palestine et représenté par l’entité sioniste d’Israël, du refus de toute forme d’oppression, de l’attention portée aux plus démunis et réprimés et du renforcement de la pratique de la responsabilité conjointe parmi le peuple. Son successeur l’imam Ali Khamenei assume le même rôle et la même autorité.

[…]

Ainsi, lorsque le Hezbollah bénéficie du soutien de la République Islamique d’Iran (RII), tout comme la république de Liban en bénéficierait, ceci est en harmonie avec la conviction de l’Iran que le chemin du Hezbollah est vertueux, juste dans le djihad et la résistance étant bien compris le droit du Liban de récupérer des terres perdues, ce qui est également un droit du peuple palestinien. Ceci est aussi en harmonie avec la conviction du Hezbollah du chemin vertueux emprunté par la RII dans son approche et sa pratique, dans les changements qu’elle apporte à la carte de la région au travers de son indépendance de toute subordination à l’occident et à l’adoption d’une vision islamique prometteuse. L’engagement de l’Iran envers les commandements du juriste-théologien a facilité l’identification d’un terrain commun avec la vision du Hezbollah en ce qui concerne les objectifs de libération et d’avenir pour la région. Il n’y a absolument aucune connexion entre l’administration interne de l’Iran et l’administration du Hezbollah. Elles sont deux affaires complètement séparées, chacune ayant ses propres caractéristiques, particularités et corps administratifs malgré l’engagement des deux parties envers les commandements et directions du juriste-théologien, qui est la tuteur de toute la nation de l’Islam et dont le pouvoir de commandement n’est pas confiné à quelque cercle interne.

L’engagement du parti envers l’Islam se traduit comme une obligation pour tout ce qui est commandé et interdit par Dieu. Le parti a donc juré de ne jamais dévier des instructions divines. Pour ces raisons, l’engagement envers une instruction doctrinale ou une opinion n’est pas considéré comme étant un point de vue ouvert à négociation ou changement.

Quoi qu’il en soit, lorsqu’un problème tombe dans le cercle des choix permis, une ré-évaluation et un changement d’opinion deviennent des choses possibles fondée sur une preuve, l’intérêt général ou toutes autres considérations valides et importantes. L’occupation [d’un territoire] est donc considérée comme un pêché et ceci représente un verdict juridique qui est irréversible et ce quelque soit les conditions. Néanmoins, le mode de confrontation à adopter entre dans le domaine du choix, qui à son tour est une fonction des circonstances.

A suivre…

Pétrole, géopolitique, Maison des Saoud et Nouvel Ordre Mondial…

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A lire:

« Les huit familles du cartel de la réserve fédérale » (Dean Henderson)

« Cartel de la réserve fédérale: Francs-Maçons et la maison Rothschild »

« La Maison Rothschild » (Dean Henderson)

Théorie_russo_ukrainienne_origine_profonde_abiotique_du_pétrole

 


4 cavaliers du pétrole:
Royal Dutch-Shell / Exxon-Mobil /
Chevron-Texaco & BP-Amoco

 

Les maîtres payeurs saoudiens se lâchent au gré d’un revirement géopolitique

 

Dean Henderson

 

7 novembre 2017

 

url de l’article original:

https://hendersonlefthook.wordpress.com/2017/11/07/saudi-paymaster-lashes-out-amid-geopolitical-shift/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Samedi (dernier), le président Trump a appelé le géant saoudien du pétrole  ARAMCO à mettre en vente 5% de ses actions que les Saoudiens ont décidé de vendre à cause de prix pétroliers très bas et d’une économie saoudienne en dépression.

ARAMCO a été “officiellement” nationalisée dans les années 1970, mais est toujours contrôlée par ce que j’appelle les 4 cavaliers du pétrole à savoir: la Royal Dutch/Shell, Exxon-Mobil, Chevron Texaco et BP Amoco et en fait leurs banquiers de soutien (NdT: les intérêts essentiellement Rothschild et Rockefeller).

Le même jour, le prince héritier saoudien Mohamed bin Salman (MBS) a fait arrêté 11 autres princes, annonçant durant le week-end qu’ils seraient jugés pour corruption. Tous ceux détenus sont des membres du clan Sudairi de la famille royale saoudienne, descendants du roi fondateur de la dynastie Abdoulaziz et son épouse favorite Hussa bint Ahmed al Sudairi.

Le plus important de la clique, le prince Al Walid bin Talal, est un propriétaire principal du géant de la finance Citigroup, formé dans les années 1990 suite à une fusion entre Citibank (intérêts Rockefeller), Discover, Travellers, Salaman Brothers et autres.

Bin Talal est aussi le second plus gros actionnaire, derrière Ruppert Murdoch, de la News Corporation, parente de Fox News et du Wall Street Journal (NdT: une des voix de la CIA avec le New York Times). J’ai déjà dit auparavant que Fox News paraît être une opération de guerre psychologique (PsyOp) entre Israël (Murdoch) et l’Arabie Saoudite (bin Talal) afin d’abrutir toujours plus le public américain. Le torchon cité avec Fox News, le WSJ, sert de fait aux mêmes fonctions.

En septembre, le roi Salman a sévi contre les critiques du régime. Il avait déjà secoué son cabinet économique et militaire, tout en bombardant les rebelles du Ansar Allah Houthi au Yémen.

Toujours samedi, tandis que Trump paradait devant ARAMCO et que MBS mettait au frais les princes à l’hôtel Ritz-Carlton, Ansar Allah a tiré un missile sur l’aéroport de Ryad. Les Saoudiens ont dit qu’ils l’ont abattu et ont blâmé l’Iran.

Mais le cirque n’était toujours pas fini.

En visite en Arabie, le premier ministre libanais Saad Hariri a soudainement démissionné dans une adresse télévisée en direct. Hariri a affirmé que sa vie était en danger et a encore pointé du doigt l’Iran et son influence grandissante dans la région.

Le ministre des affaires étrangères iranien a répondu que “La démission de Hariri a été coordonnée entre le président américain Trump et le prince saoudien MBS.”

Hassan Nasrallah, SG du Hezbollah a déclaré: “La démission fut une décision saoudienne… Hariri fut forcé de le faire.”

Le jour suivant, les Saoudiens avaient retourné leur rhétorique va t’en guerre sur le Liban, disant que celui-ci avait, en votant pour un parlement à majorité du Hezbollah, “déclaré la guerre à l’Arabie”.

Puis, le lundi les Saoudiens annonçaient un blocus du Yémen, qui mettrait un terme à l’aide humanitaire de l’ONU dans une nation où déjà 13 000 enfants sont morts, où le choléra est une réalité quotidienne et bon nombre de personnes font face à la famine à cause des bombardements saoudiens soutenus par les Américains.

Ce qui se passe vraiment avec les Etats-Unis et leur marionnette MBS est que l’emprise anglo-israélo-américano-saoudienne sur la région est en train de sérieusement s’affaiblir. C’est une déroute en fait depuis que les troupes irakiennes ont récupéré le nord de l’Irak des griffes des proxies kurdes de la CIA. (NdT: la clique de la mafia Barzani)

L’Iran, l’Irak, le Liban, la Syrie et même maintenant le Qatar  et la Turquie ont formé un front unifié, soutenu par la Russie et sa force militaire, pour battre les faux islamistes créés par les services de renseignement et d’actions de l’occident pour diviser les peuples arabes et voler leur pétrole et ressources naturelles.

Israël et l’Arabie Saoudite ont toujours servi de goupille de sécurité néo-coloniale pour la main mise sur les ressources par les 4 cavaliers du pétrole des Rothschild/Rockefeller. La couronne britannique (NdT: La City de Londres…) a fait établir tout cela par la déclaration de Balfour en 1917 et le traité de Djeddha de 1927.

La déroute des mercenaires de l’EIIL/Daesh et des Peshmergas kurdes en Irak et en Syrie veut dire que ces jours touchent à leur fin. Et les financiers saoudiens sont plus que nerveux.