Mouvement des Gilets Jaunes, allocution Macron du 10 décembre 2018… Macronus 1er postule t’il à un “César” 2019 ?…

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ou L’allocution d’un mignon

 

Résistance 71

 

11 décembre 2018

 

N’était-il pas mignon ce Macron avec ses petites pattes posées bien à plat devant lui sur le burlingue ? On aurait dit une marmotte aux abois, prête à siffler pour que toutes rentrent dans leur tanière.

Grand numéro de démagogie pleurnicharde se voulant solennelle. Il a passé ces quelques dernières semaines à répéter le numéro avec ses dresseurs: il fallait à tout prix lui faire perdre cette condescendance, cette attitude hautaine si son clan voulait avoir un minimum de crédibilité. Pas mal, en si peu de temps d’avoir corrigé le comportement de Macronus 1er, marionnette des banquiers transnationaux, mais gageons que le naturel reviendra au galop dans pas si longtemps.

Alors, 13 minutes de démagogie et d’hypocrisie sans borne qui ont vu le Zident d’une ripoublique à la dérive nous faire le numéro de politique politicienne d’usage. On se serait cru en campagne électorale sous stéroïdes, c’est pas peu dire !

On commence par la fermeté sur la violence, le “désordre et l’anarchie”, bien entendu, mots particulièrement choisis pour continuer à faire peur au quidam au sujet de “l’anarchie”, ce chaos innommable qui voit un black bloc cagoulé dormant sous le lit de chaque citoyen, alors qu’en réalité, en chaque citoyen sommeille un anarchiste qui le plus souvent s’ignore à grand renfort de propagande, car l’anarchie (qui veut dire sans hiérarchie) fait partie de la nature sociale profonde de l’être humain, qui a vécu en anarchie dans ce que certains ont appelé un “communisme primordial” pendant des centaines de milliers d’années (pour plus de détails voir notre “Manifeste pour la société des sociétés”). Bien entendu le Zident ne fait aucune mention du monopole pseudo-légal de la violence étatique.

Macron et les siens doivent se rendre à une évidence: tant qu’il y a dans la société une classe minoritaire dominante qui écrase et exploite l’autre classe majoritaire et nie l’égalité intrinsèque de chaque être humain, la classe dominée par la violence physique et sociale est en état de légitime défense permanent !… L’ordre “républicain” est une construction oligarchique, un moyen de contrôle parmi d’autres et tout aussi despotique que les autres, ce n’est qu’une question de degré. Nous en mesurons quotidiennement les variations thermostatiques régulées par l’oligarchie en place.

Macron et les siens devraient se référer à la violence de la domination et l’analyser de ce point de vue. Bien entendu, ils ne le feront jamais !

Puis on a eu droit au numéro de Cosette chez les Ténardier, avec la pensée “émue” pour les petits retraités, les salariés qui ne peuvent plus joindre les deux bouts, les mères célibataires ou divorcées. Là, Micronus n’a pas du tout convaincu, il ne fut pas faux-cul mais tout simplement faux. Obama lui, y allait de sa petite larme de crocodile, ah Hollywood quand tu nous tiens ! Macronus 1er est trop sec, pas assez impliqué dans son rôle, ses maîtres vont l’envoyer en stage à l’Actors Studio à n’en pas douter, bien qu’il arrive bientôt au rideau final. Il n’arrive pas à pleurer à la commande. Il demeure un dandy trop prisonnier de son image sans doute.

Pour en revenir à ce passage, une question simple à Gugusse 1er: pourquoi ne pas y avoir pensé avant de prendre tes mesures de destruction ? Réponse simple: pas prévu le coup des gilets jaunes et de la colère profonde du peuple surgissant telle un geyser, c’est pêché par arrogance. La cause n’est pas “40 ans de politique” antérieure, mais le système de fonctionnement lui-même dont il est un des cerbères et un des maîtres d’œuvre de la destruction sociale pour ses maîtres de la banque transnationale.

Ensuite vient le morceau de choix, vers le milieu de l’allocution. Macronus prend l’air grave et concerné et fait son “autocritique”, terminant ce passage sur sa “légitimité” qu’il ne tiendrait, selon lui, que du peuple français qui l’aurait élu (avec 53% d’abstention politique) et qu’il ne tiendrait, tenez-vous bien, “d’aucun parti et d’aucune coterie”… Là les bras nous en tombent…

Quid de la banque Rothschild, quid du clan Drahi, quid de toute la… coterie… qui l’a fait installer au pouvoir pour y parfaire leur œuvre de destruction ? ah Macronus… sur ce coup là le masque est bien tombé, mais y en avait-il vraiment un ? Tu es transparent d’hypocrisie et de mépris, tu n’est qu’un petit marquis qu’une clique de malfaisant essaie de faire jouer dans les hautes sphères politiques. Il n’y a pas de “hautes sphères” politique ou autres, tout ceci n’est que fabrication, illusion, tour de passe-passe et il est temps de faire redescendre tout ce petit monde sur terre.

Puis, le Zident nous dit que le peuple se “divise” dans le chaos de la contestation… Pardon ?… Il n’a jamais été aussi uni qu’hors des boisseaux de la ripoublique et uni sur les ronds-points et dans les rues de la colère. Là encore tu prends les gens pour des cons Manu… Tout le monde a vu la cohésion du peuple hors des instances et des institutions dont il n’a absolument pas besoin.

Dans la relation étatique de la division nécessaire, le peuple est effectivement divisé à dessein par la coterie au pouvoir. Hors sol républicain, hors de l’État, le peuple reprend NATURELLEMENT sa relation organique à l’autre et s’organise le plus naturellement du monde. Les gens n’ont pas besoin de toi et de toute la clique politicarde et patronale pour exister… absolument pas, pas contre VOUS avez besoin du peuple pour exister dans votre bulle factice et illusoire. On va y mettre un terme, ce n’est qu’une question de temps.

On a vu le peuple uni plus que jamais les 17 et 24 novembre et 1er et 8 décembre derniers. N’es-tu pas convaincu Manu ?… Regarde et écoute bien les entretiens de rue et regarde la suite. Le peuple est une entité organique qui suit les lois naturelles qui le meuvent. L’État, les institutions, la société marchande, l’argent, le salariat ne sont que des inventions de la division qu’il nous faut transcender, desquels nous devons lâcher-prise pour nous unir dans cette complémentarité naturelle qui nous a été retirée de force, muselée qu’elle est dans le carcan des institutions rigides et anti-naturelles d’un État, outil de la division oligarchique et cancer de la société humaine.

Vinrent ensuite, les promesses, sur l’augmentation du SMIC (alors que sa propre ministre du travail venait de dire qu’il n’en était pas question… quelle cohésion, quelle synchronisme dans le discours, les idées et les convictions !…), les impôts, des primes demandées aux patrons, primes non imposables et exemptes de charges… On veut voir ça… “vivre mieux de son travail”, faudrait d’abord qu’il y en ait Manu… et tout le blablabla qui s’ensuit: pure démagogie d’apaisement, même en campagne électorale, t’aurais pas osé faire ce coup là. Le désespoir transpire trop Manu, aucune crédibilité. Toi et les tiens faites dans vos frocs… et à juste titre, le ras le bol va renverser le système demain, après-demain, dans 6 mois ?.. peu importe, c’est la logique naturelle des choses Manu ! La nature reprend ses droits !

Ensuite pour parler de “vraie amélioration”, cela ne pourra se produire qu’en dehors de la relation dominant/dominé qui n’existe que parce que le pouvoir a été autorisé à sortir du corps social pour se créer et se maintenir en une entité séparée. C’est cela qu’il faut abolir Manu et pour ce faire il faut redissoudre le pouvoir politique dans le peuple et te court-circuiter, toi et les tiens, ceux de ta coterie.

Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !… L’histoire objective est formelle là-dessus.

Tout ce que Macronus 1er a fait est de lâcher du lest en période de crise du pouvoir face à un peuple en colère incontrôlable de l’intérieur. Le fait est que si la crise se durcit, c’en est fait du système, et Manu et sa coterie le savent et tente la division ultime.

Tout ce qu’a annoncé Macronus ne sera pas appliqué, sera renégocié à un moment ou un autre. Le but du gouvernement est de faire rentrer les Gilets Jaunes à la niche pour les fêtes de fin d’année et penser qu’ils ne ressortiront plus en 2019 en les ayant divisé, anesthésié sur leur base de revendications entre ceux qui se contenteront de la parole du Zident et ceux qui voudront continuer la lutte.

Ce discours est un discours de dupes. N’oubliez jamais que ce que ces ordures donnent d’une main, ils le reprennent en double de l’autre main dans le temps.

La formule de clôture de son allocution met la cerise sur le gâteau de l’hypocrisie consommée: “Mon seul souci, c’est vous, mon seul souci c’est la France…” nous dit-il. Grosse ficelle pour un type mis en place par la banque Rothschild et soutenu financièrement et politiquement par une coterie de milliardaires ultra-libéraux dont le seul but est le démantèlement du pays et la vente de tous ses biens aux privés les plus offrants.

Qui peut croire un seul instant aux paroles d’un tel vendu, d’une telle marionnette ?… C’en serait risible si ce n’était pas tant cousu de fil blanc.

Gilets Jaunes ! La lutte continue !… Union, Réflexion, Action pour la société des sociétés, la Commune des communes, sans armes, ni haine, ni violence ! Lâchons prise de cette société marchande inique et criminelle favorisée par l’outil qu’elle a fini par acheter: l’État et sa violence de tous les instants contre nous, le peuple aujourd’hui dans la rue, pour y rester.

Nous sommes tous inter-reliés.

= = =

Lectures complémentaires pour mieux comprendre et agir:

Manifeste pour la Société des Sociétés

La_City_de_Londres_au_coeur_de_lempire

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

Manifeste contre le travail

Un monde sans argent: le communisme

Que faire ?

40ans_Hommage_Pierre_Clastres

6ème_déclaration_forêt.lacandon

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

Appel au Socialisme Gustav Landauer

petit_precis_sur_la_societe_et_letat

Notre dossier Gilets Jaunes

Soutien au moule,ment des gilets jaunes

 

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Gilets Jaunes résistance politique: Les raisons de la colère (Raoul Vaneigem)

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Les raisons de la colère

 

Raoul Vaneigem

 

8 décembre 2018

 

Source: https://www.lavoiedujaguar.net/Les-raisons-de-la-colere

 

On est en droit de s’étonner du temps qu’il a fallu pour que sortent de leur léthargie et de leur résignation un si grand nombre d’hommes et de femmes dont l’existence est un combat quotidien contre la machine du profit, contre une entreprise délibérée de désertification de la vie et de la terre.

Comment a-t-on pu tolérer dans un silence aussi persistant que l’arrogance des puissances financières, de l’État dont elles tirent les ficelles et de ces représentants du peuple, qui ne représentent que leurs intérêts égoïstes, nous fassent la loi et la morale.

Le silence en fait était bien entretenu. On détournait l’attention en faisant beaucoup de bruit autour de querelles politiques où les conflits et les accouplements de la gauche et de la droite ont fini par lasser et sombrer dans le ridicule. On a même, tantôt sournoisement, tantôt ouvertement, incité à la guerre des pauvres contre plus pauvres qu’eux, les migrants chassés par la guerre, la misère, les régimes dictatoriaux. Jusqu’au moment où l’on s’est aperçu que pendant cette inattention parfaitement concertée la machine à broyer le vivant tournait sans discontinuer.

Mais il a bien fallu s’aviser des progrès de la désertification, de la pollution des terres, des océans, de l’air, des progrès de la rapacité capitaliste et de la paupérisation qui désormais menace jusque la simple survie des espèces — dont la nôtre.

Le silence entretenu par le mensonge de nos informateurs est un silence plein de bruit et de fureur.

Voilà qui rectifie bien des choses. On comprend enfin que les vrais casseurs sont les États et les intérêts financiers qui les commanditent, pas les briseurs de ces vitrines de luxe qui narguent les victimes du consumérisme et de la paupérisation croissante avec le même cynisme que les femmes et les hommes politiques, de quelque parti ou faction qu’ils se revendiquent.

Celles et ceux qui prirent la Bastille le 14 juillet 1789 n’avaient guère connaissance, si ce n’est par de vagues lueurs, de cette philosophie des Lumières, dont ils découvriront plus tard qu’ils avaient, sans trop le savoir, mis en pratique la liberté que voulaient éclairer les Diderot, Rousseau, d’Holbach, Voltaire.

Cette liberté, c’était d’abattre la tyrannie. Le refus viscéral des despotismes a résisté à la guillotine des Jacobins, des Thermidoriens, de Bonaparte, de la restauration monarchiste, elle a résisté aux fusilleurs de la Commune de Paris, elle a passé outre à Auschwitz et au goulag.

Certes s’emparer de l’Élysée serait faire trop d’honneur à l’ubuesque palotin que l’Ordre des multinationales a chargé des basses besognes policières. Nous ne pouvons nous contenter de détruire des symboles. Brûler une banque, ce n’est pas foutre en l’air le système bancaire et la dictature de l’argent. Incendier les préfectures et les centres de la paperasserie administrative, ce n’est pas en finir avec l’État (pas plus que destituer ses notables et prébendiers).

Il ne faut jamais casser les hommes (même chez quelques flics, il reste une certaine conscience humaine à sauvegarder). Que les gilets jaunes aient plutôt choisi de casser les machines qui nous font payer partout et de mettre hors d’état de nuire les excavatrices qui creusent à travers nos paysages les tranchées du profit, c’est un signe encourageant du progrès humain des révoltes.

Autre signe rassurant : alors que les foules, les rassemblements grégaires, sont aisément manipulables — comme ne l’ignorent pas les clientélismes qui sévissent de l’extrême gauche à l’extrême droite —, on note ici, au moins pour le moment, l’absence de chefs et de représentants attitrés, ce qui embarrasse bien le pouvoir ; par quel bout saisir cette nébuleuse en mouvement ? On observe çà et là que les individus, habituellement noyés dans la masse, discutent entre eux, font preuve d’un humour créatif, d’initiatives et d’ingéniosité, de générosité humaine (même si des dérapages sont toujours possibles).

Du mouvement des gilets jaunes émane une colère joyeuse. Les instances étatiques et capitalistes aimeraient la traiter d’aveugle. Elle est seulement en quête de clairvoyance. La cécité des gouvernants est toujours à la recherche de lunettes.

Une dame en jaune déclare : « Je voudrais bien qu’il m’explique, Macron qui habite un palais, comment je peux vivre avec 1 500 euros par mois. » Et comment les gens peuvent supporter les restrictions budgétaires qui affectent la santé, l’agriculture non industrielle, l’enseignement, la suppression des lignes de chemin de fer, la destruction des paysages au profit de complexes immobiliers et commerciaux ?

Et la pétrochimie et la pollution industrielle qui menace la survie de la planète et ses populations ? À quoi Palotin Ier répond par une mesure écologique. Il taxe le carburant que doivent acheter les usagers. Cela le dispense de toucher aux bénéfices de Total et consorts. Il avait déjà montré son souci environnemental en envoyant 2 500 gendarmes détruire, à Notre-Dame-des-Landes, les potagers collectifs, la bergerie, les autoconstructions et l’expérience d’une société nouvelle.

Et que dire des taxes et des impôts qui loin de profiter à celles et ceux qui les paient servent à renflouer les malversations bancaires ? Des hôpitaux manquant de personnel médical ? Des agriculteurs renaturant les sols, privés de subventions qui vont à l’industrie agroalimentaire et à la pollution de la terre et de l’eau ? Des lycéennes et des lycéens parqués dans des élevages concentrationnaires où le marché vient choisir ses esclaves ?

« Prolétaires de tous les pays, disait Scutenaire, je n’ai pas de conseils à vous donner. »

À l’évidence, comme le vérifie la vogue du totalitarisme démocratique, tous les modes de gouvernement, du passé à nos jours, n’ont fait qu’aggraver notre effarante inhumanité. Le culte du profit met à mal la solidarité, la générosité, l’hospitalité. Le trou noir de l’efficacité rentable absorbe peu à peu la joie de vivre et ses galaxies. Sans doute est-il temps de reconstruire le monde et notre existence quotidienne. Sans doute est-il temps de « faire nos affaires nous-mêmes », à l’encontre des affaires qui se trament contre nous et qui nous défont.

Si l’on en juge par les libertés du commerce, qui exploitent et tuent le vivant, la liberté est toujours frêle. Un rien suffit pour l’inverser et la changer en son contraire. Un rien la restaure.

Occupons-nous de notre propre vie, elle engage celle du monde.

 

Réflexions sur le mouvement des Gilets Jaunes, son importance et la violence sociale exercée par la classe dominante (Groupe Proudhon, FA)

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QUELQUES REFLEXIONS SUR LE MOUVEMENT DES GILETS JAUNES, SUR SON IMPORTANCE, ET SUR LE MÉPRIS ET L’EXTRÊME VIOLENCE À LAQUELLE ON ASSISTE AUJOURD’HUI A L’ÉGARD DES CLASSES POPULAIRES

 

Edouard Louis

 

Groupe Proudhon, FA

 

6 décembre 2018

 

url de l’article:

http://groupe.proudhon-fa.over-blog.com/2018/12/quelques-reflexions-sur-le-mouvement-des-gilets-jaunes-sur-son-importance-et-sur-le-mepris-et-l-extreme-violence-a-laquelle-on-assis

 

Depuis quelques jours j’essaye d’écrire un texte sur et pour les gilets jaunes, mais je n’y arrive pas. Quelque chose dans l’extrême violence et le mépris de classe qui s’abattent sur ce mouvement me paralyse, parce que, d’une certaine façon, je me sens personnellement visé.

J’ai du mal à décrire le choc que j’ai ressenti quand j’ai vu apparaitre les premières images des gilets jaunes. Je voyais sur les photos qui accompagnaient les articles des corps qui n’apparaissent presque jamais dans l’espace public et médiatique,

des corps souffrants, ravagés par le travail, par la fatigue, par la faim, par l’humiliation permanente des dominants à l’égard des dominés, par l’exclusion sociale et géographique, je voyais des corps fatigués, des mains fatiguées, des dos broyés, des regards épuisés.

La raison de mon bouleversement, c’était bien-sûr ma détestation de la violence du monde social et des inégalités, mais aussi, et peut-être avant tout, parce que ces corps que je voyais sur les photos ressemblaient aux corps de mon père, de mon frère, de ma tante. ..

Ils ressemblaient aux corps de ma famille, des habitants du village où j’ai vécu pendant mon enfance, de ces gens à la santé dévastée par la misère et la pauvreté, et qui justement répétaient toujours, tous les jours de mon enfance « nous on ne compte pour personne, personne ne parle de nous »

– d’où le fait que je me sentais personnellement visé par le mépris et la violence de la bourgeoisie qui se sont immédiatement abattus sur ce mouvement. Parce que, en moi, pour moi, chaque personne qui insultait un gilet jaune insultait mon père.

Tout de suite, dès la naissance de ce mouvement, nous avons vu dans les médias des « experts » et des « politiques » diminuer, condamner, se moquer des gilets jaunes et de la révolte qu’ils incarnent.

je voyais défiler sur les réseaux sociaux les mots « barbares », « abrutis », « ploucs », « irresponsables ». Les médias parlaient de la « grogne » des gilets jaunes : les classes populaires ne se révoltent pas, non, elles grognent, comme des bêtes.

J’entendais parler de la « violence de ce mouvement » quand une voiture était brulée ou une vitrine cassée, une statue dégradée.

Phénomène habituel de perception différentielle de la violence : une grande partie du monde politique et médiatique voudrait nous faire croire que la violence, ce n’est pas les milliers de vie détruites et réduites à la misère par la politique, mais quelques voitures brûlées.

Il faut vraiment n’avoir jamais connu la misère pour pouvoir penser qu’un tag sur un monument historique est plus grave que l’impossibilité de se soigner, de vivre, de se nourrir ou de nourrir sa famille.

Les gilets jaunes parlent de faim, de précarité, de vie et de mort. Les « politiques » et une partie des journalistes répondent : « des symboles de notre République ont été dégradés ». Mais de quoi parlent ces gens ? comment osent ils ?? d’où viennent ils ??

Les médias parlent aussi du racisme et de l’homophobie chez les gilets jaunes. De qui se moquent-ils ? Je ne veux pas parler de mes livres, mais il est intéressant de noter que chaque fois que j’ai publié un roman, j’ai été accusé de stigmatiser la France pauvre et rurale

justement parce que j’évoquais l’homophobie et le racisme présents dans le village de mon enfance. Des journalistes qui n’avaient jamais rien fait pour les classes populaires s’indignaient et se mettaient tout à coup à jouer les défenseurs des classes populaires.

Pour les dominants, les classes populaires représentent la classe-objet par excellence, pour reprendre l’expression de Pierre Bourdieu ; objet manipulable du discours : de bons pauvres authentiques un jour, des racistes et des homophobes le lendemain.

Dans les deux cas, la volonté sous-jacente est la même : empêcher l’émergence d’une parole des classes populaires, sur les classes populaires. Tant pis s’il faut se contredire du jour au lendemain, pourvu qu’ils se taisent.

Bien-sûr, il y a eu des propos et des gestes homophobes et racistes au sein des gilets jaunes, mais depuis quand est-ce que ces médias et ces « politiques » se soucient du racisme et de l’homophobie ? depuis quand ?

Qu’est-ce qu’il ont fait contre le racisme ? Est-ce qu’ils utilisent le pouvoir dont ils disposent pour parler d’Adama Traoré et du comité Adama ? est-ce qu’ils parlent des violences policières qui s’abattent tous les jours sur les Noirs et les Arabes en France ?

est-ce qu’ils n’ont pas donné une tribune à Frigide Barjot et à Monseigneur je-ne-sais-plus-combien au moment du mariage pour tous, et, en faisant cela, est-ce qu’ils n’ont pas rendu l’homophobie possible et normale sur les plateaux de télé ?

quand les classes dominantes et certains médias parlent d’homophobie et de racisme dans le mouvement des gilets jaunes, ils ne parlent ni d’homophobie ni de racisme. Ils disent : « Pauvres, taisez-vous !  »

Par ailleurs, le mouvement des gilets jaunes est encore un mouvement à construire, son langage n’est pas encore fixé : s’il existe de l’homophobie ou du racisme parmi les gilets jaunes, c’est notre responsabilité de transformer ce langage.

Il y a différentes manières de dire : « Je souffre » : un mouvement social, c’est précisément ce moment où s’ouvre la possibilité que ceux qui souffrent ne disent plus : » Je souffre à cause de l’immigration et de ma voisine qui touche des aides sociales »,

mais : « Je souffre à cause de celles et ceux qui gouvernent. Je souffre à cause du système de classe, à cause d’Emmanuel Macron et Edouard Philippe. » Le mouvement social, c’est un moment de subversion du langage, un moment où les vieux langages peuvent vaciller.

C’est ce qui se passe aujourd’hui : on assiste depuis quelques jours à une reformulation du vocabulaire des gilets jaunes. On entendait uniquement parler au début de l’essence, et parfois des mots déplaisants apparaîssaient, comme « les assistés ». On entend désormais les mots inégalités, augmentation des salaires, injustices.

Ce mouvement doit continuer, parce qu’il incarne quelque chose de juste, d’urgent, de profondément radical, parce que des visages et des voix qui sont d’habitude astreints à l’invisibilité sont enfin visibles et audibles.

Le combat ne sera pas facile : on le voit, les gilets jaunes représentent une sorte de test de Rorschach sur une grande partie de la bourgeoisie ; ils les obligent à exprimer leur mépris de classe et leur violence que d’habitude ils n’expriment que de manière détournée, ce mépris qui a détruit tellement de vies autour de moi, qui continue d’en détruire, et de plus en plus, ce mépris qui réduit au silence et qui me paralyse au point de ne pas réussir à écrire le texte que je voudrais écrire, à exprimer ce que je voudrais exprimer.

Mais nous devons gagner : nous sommes nombreuses et nombreux à se dire qu’on ne pourrait pas supporter une défaite de plus pour la gauche, et donc pour celles et ceux qui souffrent.

= = =

Lectures complémentaires:

Resistance71_L’essentiel_articles_2010_2018

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

Chiapas-Feu-et-Parole-dun-Peuple-qui-Dirige-et-dun-Gouvernement-qui-Obeit

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

JP-Marat_Les_chaines_de_lesclavage_Ed_Fr_1792

Discours de la Servitude Volontaire La Boetie 1548

Manifeste pour la Société des Sociétés

La nation Mohawk avec les Gilets Jaunes: Revêtir le gilet jaune pour effondrer le colonialisme (Mohawk Nation News)

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Un exemple de société des sociétés

 

Colonisation et corporatisme entrepreneurial sont bientôt finis

 

Mohawk Nation News

 

9 décembre 2018

 

url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2018/12/08/colonization-corporatism-soon-gone/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Pour ceux d’entre nous sous oppression coloniale, la révolution française actuelle des gilets jaunes est le commencement de la décolonisation du monde.

A tous les fonctionnaires canadiens, décoloniser est très simple. Renier votre serment à la reine d’Angleterre. Vous serez immédiatement virés et ce serait très bien si vous le faisiez tous en même temps histoire d’accélérer le processus.

Tous les fonctionnaires ou quiconque a juré allégeance à la reine d’Angleterre devraient renier leur serment. Alors nous pourrons démanteler le Privy Council, conseil privé de la couronne, le bureau du gouverneur général du Canada (nommé(e) par la reine…) On n’en a plus besoin, ils ne servent qu’à protéger les actionnaires de la colonie du Canada.

Vous devrez être d’accord pour suivre Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix de l’Île de la Grande Tortue, ou devrez quitter les lieux.

La version canadienne de la loi est illégale parce qu’elles est fondée sur la domination et le génocide comme ce fut le cas avec l’Indian Act (loi sur les Indiens) et la législation sur le quota sanguin.

Lorsque les chrétiens européens ont émigrés sur l’Île de la Grande Tortue, ils furent d’accord pour vivre en accord avec Kaianerekowa. Ils ont renié leur vœu depuis et sont devenus des immigrants illégaux. Afin de demeurer ici, ils doivent de nouveau se mettre en accord avec la Grande Loi de la Paix. Ils furent accueillis sous le traité du Wampum Deux Rangées ou Tekeni Teiohateh, furent d’accord de vivre sous les auspices de Kaianerekowa, la Grande Loi de la Paix. Celle-ci émergera pour construire une société paisible, une société que le monde regardera comme un grand modèle à suivre.

La terre, les ressources, l’eau, toute forme de vie sur l’Île de la Grande Tortue fait partie de la Grande Loi de la Paix.

Ce sera la fin de l’état policier instauré. tous les systèmes coloniaux de contrôle: les banques, tribunaux, police, armée et gouvernement seront dissous et tout reviendra sous Kaianerekowa, le peuple !


Teiohateh

Les gens seront libres de décider s’ils veulent demeurer ici sous Kaianerekowa et Tekeni Teiohateh, le wampum deux rangées.

Les patries des inventeurs européens (et chrétiens) du colonialisme sont en train de s’effondrer devant nos yeux ébahis. Leurs structures brutales de contrôle colonial sont en train d’être démantelées par leurs propres peuples qui ont revêtus le gilet jaune. (NdT; rappelons-nous toujours que “Nous sommes tous des colonisés !”)

Le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande sont toujours des colonies de la Grande-Bretagne. Les Etats-Unis n’ont jamais gagné une quelconque indépendance de l’Angleterre (NdT: de la “couronne”, City de Londres en l’occurence). Ils sont toujours contrôlés aujourd’hui par les banquiers de la City au travers de Wall Street, leur succursale.

Les Rosbifs peuvent virer la reine de Buckingham Palace et la laisser partir. Cette maison est une propriété qu’elle leur a volée alors qu’ils lui lèchent les bottes depuis tout ce temps. La mafia et la monarchie sont la même chose. La monarchie est le plus vicieux et criminel de tous les systèmes de contrôle.

= = =

Lectures complémentaires:

Resistance71_L’essentiel_articles_2010_2018

Pierre_Bance_Lheure_de_la_commune_des_communes_a_sonne

Marshall-Sahlins-La-nature-humaine-une-illusion-occidentale-2008

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

Manifeste pour la Société des Sociétés

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

Que faire ?

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

si-vous-avez-oublie-le-nom-des-nuages-vous-avez-oublie-votre-chemin

 

Gilets Jaunes: le bon sens et l’éveil sont dans la rue…

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… ça sent de plus en plus le sapin pour l’oligarchie et le système étatico-capitaliste. Quand on commence à parler dans le public de manière générale de chose comme la loi inique Pompidou-Giscard-Rothschild de 1973, on commence à chatouiller là où ça coince vraiment ! Le nœud gordien de l’affaire se trouve à la City de Londres, là où François Hollande lui-même était allé prendre sa feuille de route.

A suivre, parce que c’est pas fini… quand les verrous de la digue pètent..derrière vient le tsunami.

Quelques éléments de compréhension et de solution:

Manifeste pour la Société des Sociétés

Résistance 71

10 décembre 2018

 

 

 

Gilets Jaunes résistance politique : 8 décembre 2018 ~ 4ème round ~

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, gilets jaunes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , on 7 décembre 2018 by Résistance 71

 

Résistance 71

 

7 décembre 2018

 

Face à nous, face au peuple, une oligarchie délétère, arrogante et aux abois, servant un système politico-économique qui n’a aucune raison d’être et protégée par des milices d’état de moins en moins volontaires. Compagnon(e)s de lutte, Gilets Jaunes, ne cédons pas aux chants des sirènes. Le temps vient où nous devons mettre en place  une nouvelle société répondant aux critères du seul bien commun, de la solidarité, de la complémentarité, de la justice et de l’égalité réelle.

Revendiquer hausses de salaires, du SMIC et l’abandon des taxes sur les carburants est une chose certes de la vie de tous les jours, mais cela ne fait que gérer à court terme la conjoncture de la merde du quotidien ; pour ne plus revenir dans la rue à intervalles de plus en plus réguliers, changeons radicalement de système et de mode décisionnaire.

Il n’y a pas de solutions au sein du sytème, il n’y en a jamais eu et ne saurait y en avoir !

A bas l’État (société de la division politique induite), à bas la société marchande, à bas l’argent, à bas les salaires, pour que vive la société des sociétés dans notre complémentarité achevée.

 

 


Pour la Commune des communes

Nouvel Ordre Mondial: l’oligarchie mise à mal (Dean Henderson)

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Cabossage de l’armure oligarchique

 

Dean Henderson

 

6 décembre 2018

 

url de l’article original:

https://hendersonlefthook.wordpress.com/2018/12/05/chinks-in-oligarchy-armor/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Les rues de Paris (NdT: les Champs-Elysées en fait et les alentours du palais de l’Elysée…) sont devenues une zone de guerre alors que des manifestants Gilets Jaunes affrontent la police à cause de mesures d’austérité et une série d’augmentations d’impôts pressant toujours plus la classe moyenne, annoncées par le gouvernement Macron, pion de la banque Rothschild. Macron a déjà dû annuler une taxe sur les carburants, que  les manifestants pour l’essentiel savent être une tentative inspirée de l’Agenda 21 qui veut imposer à la classe travailleuse le coût de la ruine de la planète par l’oligarchie.

Ici, aux Etats-Unis, hier le Dow Jones a perdu près de 800 points. Les profits de Phantom tech continuent à être exposés, une guerre commerciale mondiale est à l’horizon et le marché des bons du trésor indique une courbe inversée indiquant aussi par là une récession à venir aux Etats-Unis. Déjà pratiquement toute l’économie mondiale est en pièces.

En Afghanistan, une série d’attaques des Talibans a mis en situation de précarité le régime marionnette de l’empire à Kaboul, alors que l’administration Trump se dépêche de relocaliser l’empire de l’opium et de la came de la Couronne/City/CIA dans une zone de guerre différente, dans un autre pays.

https://hendersonlefthook.wordpress.com/2016/02/15/afghan-history-suppressed-islamists-heroin-the-cia/

Les prix du pétrole s’effondrent à cause de l’annonce des 8 pays à être exemptés de l’embargo sur le pétrole iranien et qui seront “autorisé” à en acheter, ce malgré l’introduction d’une nouvelle série de sanctions médiévales sur ce pays. Le Qatar (NdT: c’est à dire Exxon-Mobil des Rockefeller….) est sorti de l’OPEP, exacerbant les fractures de l’hégémonie saoudienne sur les marchés pétroliers mondiaux, exposée après l’affaire de la boucherie Khashoggi.

Pire encore, pour les banquiers de la City de Londres qui ont créé et fermement soutenu la maison des Al Saoud et leur régime despotique, il y a des paroles qui se répandent disant que le pétrole sera bientôt obsolète alors que les énergies alternatives continuent de gagner des parts de marché.

L’immobilier semble entrer dans une autre galère après que l’entreprise Toll Brothers et autres compagnies de la construction aient annoncé une faible demande et offert une pâle vision pour ce qui du futur. Les jeunes couples ne peuvent tout simplement plus acheter de maisons, il est donc prédit une longue et inévitable entrée en récession de ce marché.

Alors que la nation se ferme virtuellement aujourd’hui en signe de deuil de ce qui est probablement le pire président de l’histoire des Etats-Unis, les évènement semblent partir hors de contrôle tout azimut pour l’élite mondialiste. Les Français ont raison. Il est plus que grand temps de fermer et de mettre un terme à ce système, de refuser d’obéir à ses diktats et de renverser l’ordre existant.

Cette fois-ci, la tactique de la réserve fédérale de baisser les taux d’intérêt pour freiner la chute des marchés boursiers et immobilier ne marchera sans doute pas pour maintenir leur économie zombie moribonde. Mais seulement si toujours plus de gens se réveillent et prennent une position courageuse, militante et révolutionnaire contre ce système truqué qui nous réduit en esclavage, pourrons-nous alors créer une société nouvelle et juste pour prendre sa place.

Réveillez-vous esclaves !

¡Ya Basta !