Archive pour avril, 2018

Médias et propagande: Le MI6 derrière le « Russiagate » (Dean Henderson)

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Les services de renseignement britanniques derrière le “RussiaGate”

 

Dean Henderson

 

20 avril 2018

 

url de l’article original:

https://hendersonlefthook.wordpress.com/2018/04/19/british-intelligence-behind-russiagate/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Lorsque le président Trump a dit en mars 2017 que le GCHQ (Government Communications Headquarters)  espionnait la Trump Tower, il avait raison. L’affirmation initiale, faite sur Fox & Friends par l’analyste juridique et ancien juge de cour suprême Andrew Napolitano, fut ridiculisée par les merdias et la chaîne Fox a dû se rétracter de cette information.

GCHQ travaille officiellement pour “le gouvernement de sa majesté” britannique avec les services de renseignement extérieur britannique, le MI6 et son pendant du contre-espionnage le MI5. En 2013, Edward Snowden avait révélé que le GCHQ se trouvait derrière “Tempora”, un programme de surveillance téléphonique et de données cybernétiques en Grande-Bretagne.

Le GCHQ est au sommet de l’alliance des “5 yeux” du renseignement, qui comporte les agences de renseignement de la GB, des USA, du Canada, de l’Australie et de la NZ. Tous sont membres de la couronne, à l’exception ostentatoire des Etats-Unis. Les 5 yeux coopèrent également avec le programme Echelon, qui analyse les données de communication du monde entier.

Michael Wolff parle dans son livre “Fire & Fury: Inside the Trump White House” de l’avertissement a Trump fait par l’ancien premier ministre britannique Tony Blair qu’il y avait une possibilité “que les Britanniques aient eu la campagne présidentielle sous surveillance, espionnant ses communications téléphoniques et autres communications et de manière plus que probable Trump lui-même”. Blair bien entendu, nie ceci.

Le scandale impliquant Cambridge Analytica renforce les possibilités que le GCHQ ne surveillait pas seulement Trump mais qu’il essayait de faire basculer les élections en sa faveur. Le conseiller spécial Robert Mueller pourrait très bien être un agent du MI6. Mueller a un historique de couvrir pour les crimes de la couronne, incluant les scandales de BNL et de la BCCI (NdT: Bank of Commerce and Credit International, ex-banque de la CIA).

Le but de l’enquête est de forcer Trump à rester antagoniste envers la Russie. Ceci sert parfaitement les intérêts de la couronne en maintenant divisés les Etats-Unis et la Russie. C’est la raison du vocable très spécialement sélectionné pour cette affaire du “Russiagate”.

Mais alors que des acteurs importants de ce drame de la propagande sont effectivement russes, une attention plus particulière révèle leur animosité envers Poutine et leur allégeance à la couronne franc-maçonne. Rien ne le prouve mieux que l’affaire si extravagante mais si peu enquêtée de l’affaire de l’Alfa Bank, qui avaient de fait des serveurs informatiques communicant avec les gens de la campagne électorale de Trump.

Ce que les merdias propagandistes insinuent est qu’Alfa Bank est quelque part un outil de Vladimir Poutine. Rien ne peut être plus éloigné de la vérité. Bien que Poutine ait déclaré il y a longtemps la guerre aux oligarques russes qui aidèrent le MI6 à détruire son pays en 1998, les merdias continuent d’amalgamer Poutine avec les oligarques à fin propagandiste et de tromperie.

En 1997, Poutine a fait enquêter sur Alfa Bank. Le FSB russe trouva qu’Alfa travaillait avec les familles du crime organisé tchétchène pour faciliter le commerce illicite de la drogue dans cette région puis plus tard au Kosovo. Alfa travaillait aussi avec la firme de Dick Cheney Halliburton et sa succursale Brown & Root pour la construction d’oléoducs passant à travers la région poudrière disputée de la Tchétchénie et du Daguestan Ces deux choses étaient toutes deux subversives envers l’état russe.

En 1999, Alfa a repris Marc Rich Holdings du financier fugitif éponyme. Rich fut condamné pour évasion fiscale et avait travaillé avec Bruce Rappaport et le directeur de la CIA sous Ronald Reagan Bill Casey dans leur projet de démantèlement de l’URSS. Alfa était un partenaire important de cet effort. Le président Bill Clinton a grâcié Marc Rich juste avant de quitter la Maison Blanche.

Alfa Bank est la propriété de l’Alfa Group Consortium qui a des intérêts dans le pétrole, le gaz entre autre. Ses propriétaires Mikhaîl Fridman et German Khan ont tous deux des liens importants et extensifs en Ukraine et ont plus que certainement eu leurs mains dans la manipulation et la montée au pouvoir de Petro Porochenko dans le coup d’état perpétré par le MI6 dans ce pays.

Trois “coïncidences” supplémentaires:

  • Cambridge Analytica s’est vantée d’utiliser des prostituées ukrainiennes pour truquer les élections et le trafic d’organes est devenu épidémique là-bas
  • Le bras commercial d’Alfa pour le commerce européen de pétrole et de commodité est appelé “Crown Resources”
  • Le directeur commercial d’Alfa Group International, Alexeï Kouzmichov a fondé le projet Babylone en 2002. Le groupe a joué un rôle majeur dans la restauration du musée national irakien qui fut de manière intéressante pillé de ses vestiges summériens un an après en 2003.

Fridman, Khan et le quatrième homme d’Alfa Petr Aven sont tous juifs. Fridman et Khan ont la double nationalité israélienne tandis qu’Aven fut nommé par le président russe Boris Eltsine à la tâche de rendre le rouble convertible. Peu de temps après qu’Aven et les gars de la Goldman Sachs aient rendu cela possible, le rouble s’est effondré. Une vente éclair d’après dégâts de biens auparavant possédés par l’état russe, eut lieu, ventes qui engrossa les associés oligarques russes et leurs partenaires de Big Oil et de Wall Street, qui engrangèrent les profits de ces privatisations. Depuis lors, le président Poutine s’est attaqué répétitivement à cette mafia russo-israélienne, en expulsant et en faisant mettre en prison un certains nombre de ses membres.

C’est à cause de cela qu’Alfa opère maintenant essentiellement depuis l’Ukraine. Mikhaïl Fridman a virtuellement coupé tous les ponts avec la Russie et a demandé résidence définitive à la… devinez… bingo ! à la Grande-Bretagne. Kahn possède aussi un passeport ukrainien et est impliqué avec TNK Oil, qui en 2003 a formé un partenariat à 50-50 avec… devinez qui ?… et oui la British Petroleum (BP, intérêts Rothschild) dans ce qui fut le plus gros investissement étranger en Russie. Depuis, Poutine a viré BP de Russie…

Il est parfaitement évident que les mêmes diablotins qui nous ont récemment concocté le faux-empoisonnement Skripal et les fausses attaques au gaz en Syrie sont aussi derrière le Russiagate. Les services de renseignement britanniques, au service des banquiers de la City de Londres dirigés par les Rothschild, la couronne, vont continuer à semer le chaos et le désastre dans le monde, comme ils l’ont fait depuis des siècles, à moins que nous ne décodions le plus gros mensonge d’entre tous:

l’empire britannique n’est jamais mort. Il est juste devenu particulièrement efficace à s’effacer dans le décor tandis que ses sbires font le sale boulot alentour.

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La source biblique du colonialisme occidental… (Steven Newcomb)

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La doctrine chrétienne de a découverte

 

Le fondement biblique de la loi et de la politique fédérales indiennes

 

Steven Newcomb

 

Février 2018

 

url de l’article original:

http://originalfreenations.com/the-biblical-basis-of-federal-indian-law-policy/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Je me suis souvent demandé pourquoi les avocats de la loi fédérale indienne n’osent pas mentionner la tradition croisée des Etats-Unis contre les “païens et les infidèles” et les nommer comme étant les nations natives nord-américaines. La nation Shoshone défie directement cette tradition devant un tribunal et le congrès des Etats-Unis. Leur défi met en lumière cet étrange et surprenant fait, celui qui établit que la loi fédérale indienne et fondée sur un préjugé religieux.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, les définitions courantes fédérales du titre de propriété et de nation indiens trouvent leur fondement dans la tradition de l’ancien testament (bible). Cette tradition est fondée sur l’idée d’un “peuple élu” possédant un traité, un accord avec leur déité afin de prendre en charge et de coloniser certaines terres que cette déité leur a promis, dans ce cas précis: la terre native et ancestrale indienne.

L’histoire et le narratif historique des Etats-Unis sont remplis d’exemples de cette tradition croisée qui est profondément enracinée dans l’ancien testament de la bible. Même Thomas Jefferson, pourtant connu pour son soutien à la séparation de l’église et de l’État, proposa que le sceau officiel du pays représente les Israélites en exode vers la “terre promise”, guidés par des nuages et du feu.

En 1987, le président R. Reagan fit un discours à l’Independance Hall de Philadelphie pour commémorer le 200ème anniversaire de la constitution des Etats-Unis. La constitution a dit Reagan, n’est pas un document ordinaire mais “un pacte avec l’être suprême que nos pères fondateurs appelaient constamment pour son assistance”.

D’après le livre: “A Covenanted People: The Religious Origins of American Constitutionalism”, publié la même année que le discours de Reagan, depuis que les pèlerins établirent la colonie du Massachussetts (NdT: les puritains anglais, eux-mêmes échappant les persécutions de Cromwell pour mieux persécuter les autres peuples sur de nouvelles terres qu’il volèrent… au nom de dieu, on connaît la suite), “les Américains ont cru qu’ils sont le peuple choisi, élu par dieu pour remplir une mission spéciale”, prendre et coloniser la “terre promise” de l’Amérique du Nord. Le président Reagan a expliqué plus avant la tradition du pacte des Etats-Unis dans son discours lorsqu’il cita George Washington et sa référence à la “main invisible” qui conduit les affaires humaines. “chaque pas que les Américains ont fait vers leur statut de nation indépendante, a dit Washington, semble avoir été guidé par la divine providence.”

Lorsque Washington a fait cette déclaration, a dit Reagan, il pensait sans aucun doute “à la grande et bonne fortune de cette jeune terre: le continent abondant et fertile qui nous fut donné,” Bien sûr la déclaration de Reagan contient la croyance en un pacte divin par lequel dieu donna la terre indienne du continent en héritage aux Etats-Unis.

Reagan aurait pu citer une autre déclaration de Washington. On la trouve dans une lettre adressée à David Humphrey et concernant les terres indiennes du nord et de l’ouest de la rivière Ohio, le vieux territoire du nord-ouest. Washington écrivit: “Plutôt que de se quereller au sujet du territoire, laissons les pauvres, ceux dans le besoin et les opprimés de la terre et ceux qui veulent la terre, se résoudre aux plaines fertiles de notre pays de l’ouest, la seconde terre promise, et laissons les vaquer en paix dans l’accomplissement de premier et grand commandement de la bible.”

Ce premier et grand commandement auquel se référait Washington était le psaume1:28 de la Génèse:Croissez et multipliez, renflouez la terre et subjuguez la et dominez les poissons de la mer et la volaille de l’air et les êtres vivants qui bougent sur la terre.

Deux mots-clef dans ce “premier commandement” sont “subjuguer” et “dominer”. en hébreu, subjuguer veut dire “piétiner” ou “faire prisonnier” et colporte l’image d’un conquérant plaçant son pied sur le cou du conquis. Cela veut aussi dire “violer”. Un mot hébreu pour dominer vient d’un mot qui veut dire “piétiner” ou “presser”.

“Subjuguer” et “dominer” dans le “premier grand commandement” de la bible connote: “pouvoir sans restriction, dominium absolu, seigneurie, tyrannie, despotisme”. Un pouvoir politique acquis de la propriété privée, de dominium, est égal à la domination, dit William Brandon dans son livre “New Worlds for Old” (1987).

En 1823,  en rendant compte du verdict de la cour suprême des Etats-Unis dans l’affaire Johnson contre M’intosh, le juge de la CS John Marshall a dit que les nations de la chrétienté affirmaient avoir “l’ultime dominion” sur les terres “découvertes” qui étaient occupées par “des indigènes qui étaient païens”. Se basant sur l’éthymologie ci-dessus, la mention par la CS de l’”ultime dominion” était sa façon de dire que le “premier peuple chrétien” à découvrir “des terres païennes” s’est donné un pouvoir politique absolu sur le continent car fondé sur leur affirmation d’un droit absolu de propriété, qui est un droit affirmé de domination.

En d’autres termes, les “découvreurs” chrétiens se sont donnés le pouvoir de dominium et de souveraineté, ou un droit de domination sur les terres indiennes. Le terme légal actuel plus sympathique à l’oreille pour cette idée ancrée dans la religion et fondamentalement raciste est l’exercice du “pouvoir plénier”.

Dans le film “To Protect Mother Earth,” de 1989 réalisé par Joel L. Freedman au sujet du peuple natif Shoshone, le réalisateur a un entretien avec un assistant procureur fédéral qui lui dit: “Le titre [de propriété] indien n’est pas un titre comme on l’entend habituellement. C’est un titre d’occupation des sols dans le sens de vivre de la terre dans la zone impartie et établi comme étant entre les tribus indiennes mais en aucun cas entre les tribus indiennes et les Etats-Unis.

La logique derrière l’argument que le titre indien n’est qu’un titre de déplacement et d’occupation des sols et non pas un titre plein de propriété de la terre, n’est pas valide contre les Etats-Unis, elle est celle qui dit que le supposé droit de domination de la chrétienté est fondé sur le livre de la Génèse 1:28: “je vous donne les païens en héritage et la grande partie de la terre pour être votre possession.”

Un héritage est une forme de propriété. Ainsi dans les psaumes 2:8 on trouve l’idée biblique du “peuple élu” ayant le droit divin de posséder les nations “païennes” et leurs peuples en propriété héritée, avec le mandat divin de saisir et de posséder toutes les terres de la terre en tant que “terres promises” ou dans ce cas précis des Etats-Unis, les terres indiennes de toute l’Amérique du Nord.

La lutte actuelle des Shoshone pour garder leur terre ancestrale est peut-être l’exemple moderne le plus visible pour voir comment la tradition de l’ancien testament continue de fonctionner comme une couverture du pouvoir des Etats-Unis. La lutte des Shoshone est très symbolique de ce que les nations indiennes ont dû endurer et continueront à endurer aussi longtemps que la tradition de pacte de l’ancien testament raciste demeure intégrée et vivace dans la “loi” et la politique des Etats-Unis.

Bien que ces arguments archaïques soient intellectuellement nuls et non avenus et moralement indéfendables, ils continuent de servir comme prétexte caché et comme rationalisation des politiques de conquêtes des Etats-Unis. Ce que de tels arguments ignorent est notre existence propre en tant que nations complètement distinctes et indépendantes depuis des milliers et des milliers d’années, sur nos propres terres ancestrales et notre droit inhérent d’être libres tout comme nos ancêtres l’étaient.

Lectures complémentaires:

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Effondrer le colonialisme

Manifeste pour la societe des societes

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

Collusion impérialiste: Les Etats-Unis fournissent toujours du matériel militaire (électronique) à la Russie, rien n’a changé !…

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Ceci s’est déjà produit auparavant lorsque les Etats-Unis via des entreprises à vocation transnationale, aidaient technologiquement l’URSS, établie en 1917 comme « marché captif » pour l’entreprise coloniale anglo-américaine. L’historien Antony Sutton l’avait déjà magistralement démontré lors d’un exposé devant une commission sénatoriale en Floride dans les années 1970 en pleine guerre du Vietnam.
Ceci n’a en fait JAMAIS cessé et prouve s’il en était encore besoin que tout n’est que paravent et écran de fumée, « guerre froide », guerre chaude, tout n’est que racket, crime et profit pour la caste privilégié du haut de la pyramide transnationale.
~ Résistance 71 ~

A lire: « Le meilleur ennemi qu’on puisse acheter » (Antony C. Sutton)

 

Les Etats-Unis fournissent à la Russie de nouveaux équipements militaires violant les sanctions

 

Alterinfo

 

25 avril 2018

source: http://www.alterinfo.net/Les-Etats-Unis-fournissent-a-la-Russie-de-nouveaux-equipements-militaires-violant-des-sanctions_a138123.html

 

La politique d’agression envers les pays limitrophes, la negligeace grave des normes du droit international et le détriment au système international de la sécurité ont forcé la communauté internationale d’imposer les sanctions politiques et économiques contre la Russie. Les restrictions les plus sévères ont touché la sphère de la coopération militaro-technique. 

Dans cette question les États-Unis ont pris la position de principe, et aujourd’hui continuent à tenir le concept orienté sur le durcissement du régime des sanctions, particulièrement dans les questions concernant le renforcement des ressources militaires de la Fédération de Russie. Mais, malgré cela, certaines compagnies américaines continuent à coopérer avec le pays, qu’aujourd’hui est considéré le paria politique. Et non simplement coopérer, mais aider à l’armée russe à améliorer l’armement (*), utilisé dans les conflits militaires au Donbass ukrainien et contre les populations civiles en Syrie. Il n’y a aucunes garanties que demain la Russie ne voudra pas utiliser cette arme contre d’autres États. 

Voici quelques exemples de la coopération russo-américaine dans la sphère militaro-technique. Dès 2014 la compagnie américaine FLIR livre aux forces navales de la Fédération de Russie des caméras thermiques. La Russie installe ces caméras de la production américaine sur des bateaux antisabotages dans le cadre du projet de 03160 « Raptor » (les navires P-415 et P-425 se trouvent à Sébastopol dans la Crimée annexée), sur des vedettes de combat à l’usage spécial BК-10, BК-16 et BК-18, ainsi que sur des croiseurs lance-missile (« Schtorm » et « Okhotsk ») du projet 22800 fabriqués par l’usine de Sébastopol « More ». 

De plus, les résultats de l’ investigation de véhicules aeriens sans pilote russe Orlan-10 (les numéros de bord 10212 и 11057), abattus en 2014 et en 2017 lors de combats dans le Donbass ont montré qu’ils étaient presque entièrement assemblés de composants de production américaines: moteur, optique et toutes électronique des companies américaines: Filtronetics, Texas Instruments, Linéair, Pulse Electronics. Aussi les résultats de l’analyse des relevés statistiques sur la production des véhicules aériens sans pilote en Russie témoignent que la fabrication de ces véhicules s’augmente constamment. Ainsi, en février 2014 le Ministère de la Défense de la Russie avait 500 véhicules aériens sans pilote, près de 650 véhicules aériens sans pilote étaient livrés aux forces armées de la Russie au mois d’avril 2015, et en novembre 2016 – près de 1000. La croissance considérable en Russie au début de 2014 de la production de véhicules aériens sans pilote « Orlan » (à 4 fois), témoigne que des pièces de rechange nécessaires de la production étrangère etaient déjà aquises lors de l’invasion militaire en Ukraine et meme pendant le régime des sanctions. 

Ainsi, contrairement aux declarations du Washington, certaines compagnies américaines continuent la coopération militaro-technique avec la Russie, ignorant la position officielle de leurs pays.

(*)

Résistance au colonialisme: de la communauté des traîtres (MNN)

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Chaque communauté, face au système de l’inhumanité achevé étatico-capitaliste dans lequel nous vivons depuis trop longtemps, ourdit ses traîtres, ses collabos et ses rascals. Nous avons les nôtres, la traîtrise par apathie générale étant devenue la traîtrise collaborationniste par défaut.
Tout cela n’est fort heureusement pas irrémédiable. Nous vous proposons quelques lectures complémentaires sous l’article.
~ Résistance 71 ~

 

Eh grand chef, quel est ton prix ?

 

Mohawk Nation News

 

25 avril 2018

 

url de l’article: http://mohawknationnews.com/blog/2018/04/25/hey-chief-whats-your-price/

 

Les Indiens vendus au système font tout pour de l’argent et du prestige bidon. Récemment dans un tribunal, Joe Norton de Kahnawake (NdT: territoire mohawk près de Montréal) a dit au juge: “Ne m’appelez pas Mr Norton. Appelez-moi grand chef Norton !” Nous l’appelons “gros chef dégueulasse”. Dès que les chefs ont une opportunité, ils filent sous les feux de la rampe de Las Vegas, où on les engraisse et fait boire en veux-tu en voilà et où ils se font caresser dans le sens des plumes par les Affaires Indiennes et où sévissent les loups du monde affairiste toujours à l’affût de voler terres et ressources.

Les parachutés politiques agitent leurs mains alentour, montrant les lustres, les sols en marbre, les grosses limousines et les groupies à la solde qui couinent: “Chef, vous pourriez avoir tout çà un jour. Signez ce contrat de vente de terres, de municipalisation, d’imposition, d’extraction minière ou de ressource, d’implantation de casino. Eh eh eh eh…

Le chef apoplexique, verre de champagne et jetons de casino en mains, s’écrie: “Vite ! Donnez-moi le contrat que je le signe..” le tout en buvant son verre de champagne Bollinger. Les Affaires Indiennes pourraient les titiller pour corruption, dérangement sexuel, pédophilie, quelque chose pour eux devenir les caïds à l’Assemblée des Nations Premières (ANP) ou quelque autre association gouvernementale coloniale bidon. Les traîtres autochtones veulent la belle vie sans bosser, le pognon, la plus grosse TV à écran plat et une position politique avec un gros titre bien clinquant. La plupart se vendent pour des queues de cerises. Certains sont très bien payés pour amener les bonnes personnes à bord du navire entrepreneurial colonial.

Les chefs adorent se déguiser avec des bottes et des chapeaux de cow-boy, portent de la bijouterie en argent sertie de turquoises et des gadgets futiles, bien sûr déambulant avec la blonde de service en trophée pendue à leur bras [bisou, bisou]. Ils ne résistent pas parce qu’ils n’ont absolument aucune éthique. Pour ces quelques babioles, ils sont heureux de vendre tout le monde. Les prédateurs et les psychopathes n’ont aucune conscience.

Pendant l’attaque par l’OTAN de la Yougoslavie par le régime de Bill Clinton, il y avait cette femme journaliste [serbe] qui luttait très efficacement pour son peuple et disait la vérité, on lui offrit alors 5 millions de dollars pour écrire deux articles faisant la promotion de la vision américaine des choses et donc trahissant son peuple. Elle a pris le fric et s’est barrée, le forfait accompli. La vaste majorité des “chefs” coloniaux et des escrocs Injuns font ça tous les jours.

Des millions de gens de nos peuples ont été et continuent à être appauvris et assassinés avec l’aide de ces monstres sans foi ni loi. La nature a ses remèdes ! Le premier ministre canadien se pointe à leurs réunions pour leur tapoter les plumes, il les embrasse, les étreints, leur donne des récompenses, les nomme à des positions importantes, distribuent les chèques, les sièges dans des commissions coloniales indiennes pour couper des rubans d’inauguration. Il met un bonnet de guerre et pose pour les photos d’usage avec eux.

Personne ne sait ce qui va se passer afin de gérer cet amour à sens unique pour les autochtones manifesté par les traîtres.

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Lectures complémentaires:

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

La_voie_Lakota_et_Crazy_Horse

Effondrer le colonialisme

Manifeste pour la societe des societes

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

si-vous-avez-oublie-le-nom-des-nuages-vous-avez-oublie-votre-chemin

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

Résistance politique: solidarité avec NDDL (Raoul Vaneigem)

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Solidarité avec Notre Dame des Landes

 

Raoul Vaneigem

 

Avril 2018

 

Source: https://www.lavoiedujaguar.net/Solidarite-avec-Notre-Dame-des-Landes

 

Ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes illustre un conflit qui concerne le monde entier. Il met aux prises, d’une part, les puissances financières résolues à transformer en marchandise les ressources du vivant et de la nature et, d’autre part, la volonté de vivre qui anime des millions d’êtres dont l’existence est précarisée de plus en plus par le totalitarisme du profit. Là où l’État et les multinationales qui le commanditent avaient juré d’imposer leurs nuisances, au mépris des populations et de leur environnement, ils se sont heurtés à une résistance dont l’obstination, dans le cas de Notre-Dame-des-Landes, a fait plier le pouvoir. La résistance n’a pas seulement démontré que l’État, « le plus froid des monstres froids », n’était pas invincible — comme le croit, en sa raideur de cadavre, le technocrate qui le représente —, elle a fait apparaître qu’une vie nouvelle était possible, à l’encontre de tant d’existences étriquées par l’aliénation du travail et les calculs de rentabilité.

Une société expérimentant les richesses de la solidarité, de l’imagination, de la créativité, de l’agriculture renaturée, une société en voie d’autosuffisance, qui a bâti boulangerie, brasserie, centre de maraîchage, bergerie, fromagerie. Qui a bâti surtout la joie de prendre en assemblées autogérées des décisions propres à améliorer le sort de chacun. C’est une expérience, c’est un tâtonnement, avec des erreurs et des corrections. C’est un lieu de vie. Que reste-t-il de sentiment humain chez ceux qui envoient flics et bulldozers pour le détruire, pour l’écraser ?

Quelle menace la Terre libre de Notre-Dame-des-Landes fait-elle planer sur l’État ? Aucune si ce n’est pour quelques rouages politiques que fait tourner la roue des grandes fortunes. La vraie menace est celle qu’une société véritablement humaine fait peser sur la société dominante, éminemment dominée par la dictature de l’argent, par la cupidité, le culte de la marchandise et la servitude volontaire.

C’est un pari sur le monde qui se joue à Notre-Dame-des-Landes. Ou la tristesse hargneuse des résignés et de leurs maîtres, aussi piteux, l’emportera par inertie ; ou le souffle toujours renaissant de nos aspirations humaines balaiera la barbarie. Quelle que soit l’issue, nous savons que le parti pris de la vie renaît toujours de ses cendres. La conscience humaine s’ensommeille mais ne s’endort jamais. Nous sommes résolus de tout recommencer.

Barcelone, le 13 avril 2018,
Raoul Vaneigem

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Lectures complémentaires:

Manifeste pour la societe des societes

Un monde sans argent: le communisme

Manifeste contre le travail

Inevitable_anarchie_Kropotkine

Appel au Socialisme (PDF)

Guerre impérialiste en Syrie: La France envoie des troupes en Syrie… Le cimentier Lafarge travaille pour la DGSE et Daesh en Syrie

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Nouveau numéro sous le plus grand chapiteau du monde… (R71)

 

Des forces militaires françaises à Deir Ezzor en Syrie

 

Al Manar

 

23 avril 2018

 

Url de l7article: http://french.almanar.com.lb/865852

 

Sources: Arabi 21, Press TV, Orient News

 

Plusieurs sites arabes dont Arabi 21 et Orient news a annoncé que les troupes françaises étaient arrivées à Deir ez-Zor, en compagnie de quelques éléments de la milice à majorité kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS).

Selon Arabi 21, un site d’opposants syriens les forces françaises sont passées par la région pétrolifère d’al-Jafra située dans le désert d’Aqeedat pour arriver jusqu’au village de Kam Al-Atallah situé au nord-est de la ville de Deir ez-Zor.

100 soldats sont arrivés ces deux derniers jours dans laprovince orientale de Deir Ezzor , équipés de véhicules blindés, d’armements lourds, de lance-missiles et de radars mobiles, a indiqué pour sa part le site de la télévision qui diffuse depuis Dubaï, Orient News.

Les Français occupent déjà une zone pétrolifère, celle du gisement Al-Omar, qu’il semble vouloir transformer en leur base principale dans le nord syrien.

Les forces françaises sont actuellement présentes dans cinq régions du nord de la Syrie : dans les hauteurs de Kobané, Aïn al-Arab, la région de Sarin, la cimenterie Lafarge(*), le village de Kharab-e-Eshq et la région d’Aïn-Issa dans la banlieue de Raqqa. Des témoins oculaires ont vu ces forces françaises entrer au champ pétrolier d’al-Jafra puis s’installer dans le désert d’Aqeedat et enfin dans la localité d’al-Thour, indique Arabi 21.

Mais cela fait deux mois que la présence des militaires français est devenu plus visible dans cette région conquise par la milice kurde avec l’aide de la coalition internationale, a assuré le journaliste syrien Firas Allawi pour Orient news.

Quant à Hussein al-Bassi, un ancien membre de la Coalition des négociations syriennes (CNS), il a déclaré dans son entretien avec Arabi 21 que l’objectif poursuivi par les Français était de pérenniser la présence de leurs forces en Syrie et de montrer qu’ils sont des acteurs influents pour ce pays et pour son avenir.

Al-Bassi a indiqué aussi que l’arrivée des troupes françaises à Deir ez-Zor s’était faite avec l’aval de la prétendue coalition internationale de «lutte contre le terrorisme » et aussi après que plusieurs dirigeants kurdes se soient rendus en France. Il ajoute que la France jouera un rôle majeur dans la solution politique finale à la question syrienne.

Al-Bassis a ajouté que la France était à la recherche d’une région pour exercer son influence et son rôle international d’antan. Et que les miliciens kurdes, eux, cherchaient un nouveau garant après l’effacement du bon parrain, l’Amérique.

Pour Allawi, « les Français voudraient surtout obtenir une part du gateau de la reconstruction de la Syrie, et un rôle dans la solution polique ».

« Il y a un message politique pour le régime d’Assad, un autre pour l’Iran, en corrélation enrte autre avec la participation de la France », dans le bombardement tripartite contre la Syrie, perpétré la semaine passée, estime Allawi.

(*) Article sur l’affaire Lafarge publié par le Réseau Voltaire le 23 avril 2018:

“Lafarge travaillait pour les services secrets français en Syrie”

L’enquête judiciaire française sur l’affaire Lafarge vient de mettre en lumière les liens très étroits entre le cimentier et les services secrets français en Syrie.

Alors qu’elle est chargée d’instruire une plainte d’anciens salariés de la multinationale contre leur employeur, la juge Charlotte Bilger étend progressivement ses investigations à l’activité du cimentier. De fil en aiguille, elle en est venue à s’interroger sur une éventuelle fourniture de ciment à Daesh.

Avant même l’ouverture de cette affaire à Paris, Thierry Meyssan avait révélé que Lafarge avait fourni environ 8 millions de mètres cubes de ciment à divers groupes jihadistes afin de construire un ensemble de fortifications et d’installations souterraines ; ce que le cimentier refuse de commenter. Il avait également révélé qu’Hillary Clinton avait été avocate et administratrice de la firme, ainsi que les services rendus par la multinationale à la CIA.

Source: http://www.voltairenet.org/article200911.html

Anthropologie politique et changement de l’histoire humaine (David Graeber) ~ 2ème partie ~

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, démocratie participative, militantisme alternatif, pédagogie libération, philosophie, politique et social, résistance politique, sciences et technologie, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 23 avril 2018 by Résistance 71

“Le socialisme vient des siècles et des millénaires précédents, en cela, aucun politicien du quotidien ne peut être un socialiste. Le socialisme englobe toute la société et son passé, sent et sait d’où nous venons et ensuite détermine où nous allons…”
~ Gustav Landauer ~

 

 

Comment changer le cours de l’histoire humaine

 

David Graeber et David Wengrow

 

2 mars 2018

 

url de l’article:

https://www.eurozine.com/change-course-human-history/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

1ère partie

2ème partie

 

3. Mais nous sommes nous vraiment précipités vers nos chaînes ?

La chose la plus bizarre au sujet de ces évocations sans fin de l’innocent état de la Nature de Rousseau et de notre chute de cet état de grâce, est que Rousseau lui-même n’a jamais affirmé que l’état de nature se soit réellement produit. Ce n’était qu’une expérimentation de l’esprit. Dans son “Discours sur l’origine de l’inégalité” (1754) d’où la plupart de l’histoire que nous avons relatée (et répétée encore et encore) tire son origine, il a écrit:

… les recherches dans lesquelles nous pourrions nous engager en cette occasion, ne doivent pas être prises pour vérités historiques, mais comme un raisonnement hypothétique et conditionnel, plus fait pour illustrer la nature des choses que pour montrer leur véritable origine.

“L’état de nature” de Rousseau n’a jamais eu l’intention de représenter une étape du développement. Il n’était pas supposé être un équivalent à la phase de la “sauvagerie”, qui ouvre le schéma évolutionniste des philosophes écossais tels Adam Smith, Ferguson, Millar et plus tard Lewis Henry Morgan. Ces autres personnes furent intéressés à définir des niveaux de développement social et moral correspondant aux changements historiques dans les modes de production: récolte sauvage, mode pastoral, fermage, agriculture, industrie. Ce que Rousseau présenta fut, en contraste, plus une parabole. Comme l’a bien montré Judith Shklar, la théoricienne politique célèbre de Harvard, Rousseau essayait d’explorer ce qu’il considérait comme le paradoxe fondamental de la politique humaine: notre attirance innée pour la liberté nous a mené quelque part, encore et encore, dans une “marche spontanée vers l’inégalité”. Des mots de Rousseau (NdT: nous retraduisons ici de l’anglais, depuis l’article, les propos de Rousseau et ne citons pas le texte original, les mots que vous allez lire ne sont donc pas les mots originaux de Rousseau qu’il faudrait retrouver dans son livre, il en va de même pour toutes les citations de Rousseau faite dans cette traduction) : “Tous se précipitèrent tête baissé vers leurs chaînes dans la croyance qu’ils assuraient de fait leur liberté ; bien qu’ils aient suffisamment de raisons de voir les avantages des institutions politiques, ils n’eurent pas assez d’expérience pour en prévenir les dangers.” L’état de la nature imaginaire est juste une façon d’illustrer ce point.

Rousseau n’était pas un fataliste. Ce que les humains faisaient, il pensait qu’ils pouvaient le défaire. Nous pouvons nous libérer des chaînes, simplement ce ne serait pas facile. Shklar suggère que la tension entre “la possibilité et la probabilité” (la possibilité de l’émancipation humaine et la probabilité que nous allons nous remettre dans une forme de servitude volontaire) était la force centrale animant les écrits de Rousseau sur l’inégalité. Tout ceci peut sembler un peu ironique car, après la révolution française, beaucoup de critiques conservateurs ont tenu Rousseau pour être personnellement responsable de la guillotine. Ce qui amena la Terreur, insistèrent-ils, fut précisément sa foi naïve dans la bonté innée de l’humanité et sa croyance qu’un ordre social plus égalitaire pouvait simplement être imaginé par des intellectuels pour être ensuite imposé par la “volonté générale”. Mais bien peu de ces anciennes figures du passé maintenant mis au pilori comme romantiques et utopistes étaient vraiment si naïfs. Karl Marx par exemple, a soutenu que ce qui nous rend humains est notre pouvoir de réflexion imaginative ; à l’encontre des abeilles, nous imaginons les maisons dans lesquelles nous voudrions vivre et alors seulement nous décidons nous à les construire. Mais il croyait aussi qu’on ne pouvait pas procéder de la sorte avec la société et essayer d’en imposer un modèle d’architecture. Le faire serait commettre le pêché du “socialisme utopique” pour lequel il n’avait que mépris. Au lieu de cela, les révolutionnaires devaient acquérir un sens des plus grandes forces structurelles qui façonnaient le cours de l’histoire humaine et prendre avantage des contradictions sous-jacentes: par exemple, le fait que les propriétaires individuels d’usine devaient instiller la concurrence chez leurs ouvriers, mais que si on avait trop de succès à le faire, plus personne n’aurait les moyens d’acheter les produits des usines. Pourtant, tel est le pouvoir de 2000 ans d’écriture, même lorsque des têtes de mule réalistes commencent à parler de la grande histoire de l’humanité, ils retombent dans une forme de variation de l’histoire du jardin d’Eden, de la chute de l’état de grâce ‘habituellement, comme dans la Génèse, à cause de la poursuite inique de la Connaissance), la possibilité d’une rédemption future.  Les partis politiques marxistes ont rapidement développé leur propre version de l’histoire, faisant fusionner l’état de nature de Rousseau avec l’idée des lumières écossaise du développement par étapes. Le résultat fut une formule pour l’histoire du monde qui commença avec le “communisme primordial”, renversé par la naissance de la propriété privée, mais un jour destiné à revenir.

Nous devons en conclure que les révolutionnaires, quelques soient leurs idées visionnaires, n’ont pas été particulièrement innovateurs, spécifiquement lorsqu’il en vient de relier le passé au présent et au futur. Tout le monde raconte toujours la même histoire. Ce n’est probablement pas une coïncidence si aujourd’hui les mouvements révolutionnaires les plus vitaux et innovateurs à l’aube de ce nouveau millénaire, les Zapatistes du Chiapas, les Kurdes du Rojava n’étant que les exemples les plus évidents venant à l’esprit, sont ceux qui s’enracinent dans un passé traditionnel profond. Au lieu d’imaginer une sorte d’utopie primordiale, ils peuvent tirer d’un narratif bien plus sophistiqué. En fait, il semble qu’il y ait une reconnaissance croissante dans les cercles révolutionnaires, que la liberté, la tradition et l’imagination ont toujours été et seront toujours intimement liés et ce d’une façon que nous ne comprenons pas encore totalement. Il est plus que temps que le reste d’entre nous rattrapions notre retard et commencions à sérieusement envisager une version non-biblique de l’histoire humaine et comment celle-ci pourrait bien être.

4. Comment le cours de l’histoire (passée) peut maintenant changer

Bon, qu’est-ce que la recherche archéologique et anthropologique nous a vraiment appris depuis le temps de Rousseau ?

D’abord, sûrement que se questionner au sujet des “origines de l’inégalité sociale” n’est pas la bonne question, du moins pas la bonne question de départ. Il est vrai qu’avant le début de ce qu’on appelle le paléolithique supérieur, nous n’avons vraiment aucune idée de ce que la plupart de la vie sociale humaine était, ni de quoi elle avait l’air. La vaste majorité des preuves de terrain accumulées se compose de fragments épars de pierre taillée, d’os et quelques autres matériaux durables s’étant conservés. Des espèces différentes d’hominidés co-existaient et il n’est pas clair de savoir si une analogie ethnographique peut s’appliquer. Les choses commencent à être plus claires au cours du paléolithique supérieur en soi, qui a commencé il y a environ 45 000 ans et qui comprend le pic de glaciation et le refroidissement global (il y a environ 20 000 ans) connu sous le nom du dernier âge glaciaire maximum. Ce dernier grand âge glaciaire fut ensuite suivi d’un grand réchauffement climatique et une retraite graduelle des glaces, ceci menant à notre époque géologique L’Holocène. Des conditions plus clémentes s’ensuivirent, créant la fenêtre d’opportunité durant laquelle Homo sapiens, ayant déjà colonisé le vieux monde, compléta sa marche dans le nouveau, atteignant les côtes sud du continent des Amériques il y a plus de 15 000 ans.

Que savons-nous de cette période de l’histoire humaine ? La plupart des preuves substantielles de l’organisation sociale humaine au paléolithique dérive de l’Europe où notre espèce s’est établie aux côtés de l’Homo neanderthalensis, après l’extinction de celui-ci vers -40 000 ans. (la concentration de données dans cette partie du monde reflète sûrement un biais historique de l’investigation archéologique plutôt que de dépeindre un caractère exceptionnel de l’Europe…) A cette époque et durant la dernier maximum glaciaire, les parties habitables de l’Europe sous âge glaciaire ressemblaient plus au parc du Serengeti en Tanzanie qu’à tout habitat européen contemporain. Au sud des glaces, entre la toundra et les côtes très boisées de la Méditerranée, le continent était divisé entre la steppe et des vallées riches en gibier et animaux de toute sorte, traversées de manière saisonnière par les grands troupeaux migrants de daims, de bisons et de mammouths laineux Les préhistoriens ont fait remarquer depuis plusieurs décennies, bien que peu remarqué, que les groupes humains habitant ces environnements n’avaient rien en commun avec ces bandes de chasseurs-cueilleurs simples et égalitaires, qu’on imagine toujours être nos ancêtres lointains.

Pour commencer, il y a l’existence indéniable de sites funéraires riches, remontant du temps de la profondeur de l’âge glaciaire. Certains d’entre eux, comme les tombes retrouvées à Sungir à l’Est de Moscou et datée d’il y a 25 000 ans, sont connues depuis des décennies et sont très célèbres. Felipe Fernandez-Armesto qui a fait une synthèse de “Creation of Inequality” pour le Wall Street Journal exprime son étonnement à leur omission: “Alors qu’ils savaient que le principe d’hérédité datait d’avant l’agriculture, MM Flannery et Marcus ne peuvent pas se débarrasser de l’illusion rousseauiste que cela commença avec la vie sédentaire. C’est pourquoi ils dépeignent un monde sans pouvoir hérité jusqu’à environ 15 000 ans av.JC, tout en ignorant un des sites archéologiques les plus importants pour leur but.” Car enfoui sous le permafrost en dessous de l’établissement paléolithique à Sungir, se trouvait la tombe d’un homme d’âge moyen, comme l’observe Fernandez-Armesto, qui présentait “des signes honorifiques tout à fait exceptionnels: des bracelets polis en os de mammouth, un diadème ou couvre-chef de dents de renard et environ quelques 3000 perles d’ivoire sculptées et polies.

Et quelques mètres plus loin , dans une tombe identique, “reposaient deux enfants, d’environ 10 et 13 ans respectivement, parés du même type d’ornements, incluant pour le plus vieux, quelques 5000 perles aussi raffinées que celle de l’adulte mais plus petites et une très grande lance en ivoire massif.

De telles trouvailles semblent ne trouver aucune place dans aucun des livres que nous avons considérés. Les dénigrer ou les réduire en simples notes de bas de page serait plus facile à pardonner si Sungir était un cas isolé  mais voilà. il ne l’est pas. On trouve maintenant des sites funéraires aussi richement décorés dans des excavations du paléolithique supérieur sous protection naturelle et dans des sites de plein-air. et ce dans presque toute l’Eurasie, du fleuve du Don à la Dordogne. Par exemple ces trouvailles datant de 16 000 ans de la “dame de St Germain la Rivière”, dont le sol de la tombe était tapissé d’ornements faits de dents de jeunes cerfs chassés à quelques 300km de là, dans ce qui est aujourd’hui le pays basque espagnol, ainsi que les sites funéraires de la côte ligurienne (Espagne), comme l’ancien Sungir, incluant “Il Principe”, un jeune homme dont les artéfacts enterrés avec lui incluaient un sceptre exotique de silex taillé, des bâtons sculptés de bois de cerfs et un couvre-chef de coquillages perforés et de dents de daims. De telles trouvailles défient l’interprétation. Est-ce que Fernandez-Armesto a raison de dire que ceci est la preuve d’un “pouvoir hérité” ? Quel était le statut de tels individus dans la vie sociale ?
Non moins intriguant est la preuve sporadique et édifiante d’une architecture monumentale, remontant à la période du maximum de l’âge glaciaire. L’idée qu’on pourrait mesurer la “monumentabilité” en termes absolus est bien sûr aussi idiot que de quantifier les dépenses de l’âge glaciaire en dollars et centimes [de 1990] C’est un concept relatif, qui ne prend son sens que dans un contexte particulier d’échelle de valeurs sociale et d’expériences précédentes acquises. Le Pléistocène n’a pas d’équivalent à l’échelle des pyramides de Giza ou du Colisée de Rome ; mais il a des bâtiments qui, aux standards du temps, auraient été considérés comme travaux publics, impliquant des designs sophistiqués et une coordination du travail sur une échelle assez impressionnante. Parmi eux trouvent-on les incroyables “maisons de mammouth”, faites de peaux tendus sur un cadre de défenses de mammouths, des exemples de ce qui, datant de plus de 15 000 ans, peuvent être trouvées le long d’une section à la limite de glaciers couvrant une surface allant de Cracovie en Pologne jusqu’à Kiev en Ukraine aujourd’hui.

Plus impressionnant encore sont les pierres du temple de Göbekli Tepe, mise à jour il y a plus de 20 ans à la frontière turco-syrienne et qui sont toujours l’objet d’un débat scientifique enflammé. Datant d’il y a environ 11 000 ans, à la toute fin de l’âge glaciaire, ils comprennent quelques 20 mégalithes se dressant des flancs dénudés de la plaine de Harran. Chacun d’entre eux est fait de piliers de granite de 5m de haut et pesant jusqu’à une tonne (ce qui est respectable du point de vue du standard de Stonehenge en Angleterre, mais faits quelques 6000 auparavant…). Pratiquement chaque pilier de Göbekli Tepe est une œuvre d’art en soi comprenant des reliefs sculptés d’animaux menaçants se projetant de la surface, exposant leurs organes génitaux mâles. Des rapaces sculptés apparaissent combinés avec des images de têtes humaines sectionnées. Ceci atteste de la technique de sculpture, sans doute au préalable maîtrisée dans la structure plus molle du bois (qui était abondant aux pieds des collines des Montagne Taurus), avant que d’être appliquée dans la pierre de Harran. Bizarrement et ce malgré leur taille, chacune de ces structures massives a eu une durée de vie assez courte, se terminant dans la grande fête et le remplissage rapide de ses murs: des hiérarchies s’élevèrent seulement pour être encore abattues. Les protagonistes de cette mise en scène préhistorique de construction, de festivité et de destruction étaient, de ce que nous savons, des chasseurs-cueilleurs, ne vivant que des ressources de la nature sauvage.

Que devons-nous tirer de tout cela ? Une réponse universitaire fut d’abandonner l’idée entièrement d’un âge d’or égalitaire et de conclure que l’intérêt personnel rationnel et l’accumulation de pouvoir étaient les forces persistantes à l’œuvre derrière le développement social de l’être humain. Mais ceci ne fonctionne pas vraiment non plus. La preuve d’une inégalité institutionnelle dans les sociétés de l’âge glaciaire, que ce soit sous la forme de sépultures grandioses ou de constructions monumentales n’est que sporadique. Les sépultures richement décorées apparaissent à des siècles et des centaines de kilomètres de distance. Ainsi, nous devons nous demander pourquoi la preuve est si disséminée dans le temps et dans l’espace, car enfin, si ces “princes” de l’âge glaciaire s’´étaient comportés de la même façon que ceux de l’âge du bronze puis du fer, nous aurions aussi retrouvé des fortifications, des endroits de stockage, des palaces et tous les artéfacts habituels des états émergents. Au lieu de cela, sur des dizaines de milliers d’années, nous voyons des monuments et de riches sépultures, mais très peu d’autres choses pour indiquer la croissance de sociétés hiérarchisées. Puis il y a d’autres facteurs, plus étranges encore, comme par exemple le fait que ces sépultures “princières” consistent en des tombes renfermant des individus présentant des anomalies physiques surprenantes. Ces personnes seraient considérées aujourd’hui comme des géants, des bossus ou des nains.

 

Quand on regarde de plus près les preuves archéologiques, elles suggèrent une clef pour résoudre le dilemme. Elle se trouve dans les rythmes saisonniers de la vie sociale préhistorique. La plupart des sites paléolithiques discutés jusqu’ici sont associés avec la preuve de période de rassemblement annuel ou bi-annuel, lié aux flux migratoires des troupeaux de gibiers, que ce soit des mammouths laineux, des bisons des steppes, des rênes ou (dans le cas de Göbekli Tepe), de gazelles, aussi bien que des récoltes cycliques de poissons et de noix en tout genre. Dans les époques moins favorables de l’année, pour sûr certains de nos ancêtres du dernier âge glaciaire vivaient en petites bandes de collecteurs. Mais il y a des évidences conséquentes montrant que d’autres se rassemblaient en masse au sein de “micro-villes” comme celle trouvée à Dolni Vestonice, dans le bassin morave du sud de la ville actuelle de Brno, festoyant des super abondantes ressources sauvages, s’engageant dans des rituels complexes, des entreprises artistiques ambitieuses, l’échange de minéraux, de coquillages marins et de fourrures d’animaux. Ces gens venaient de distances considérables. Des équivalents en Europe de l’ouest de ces rassemblements saisonniers seraient les sites des grandes cavernes du Périgord français et de la côte cantabrienne avec leurs fameuses peintures rupestres et sculptures, qui furent aussi parties de congrégations saisonnières et de la dispersion à l’issue.

De telles schémas de vie sociale se sont répétés longtemps après “l’invention” de l’agriculture et que celle-ci fut supposée avoir tout changé. De nouvelles preuves montrent que les alternances de ce type sont peut-être la clef pour comprendre les célèbres monuments néolithiques de la plaine de Salisbury et pas seulement en termes de symbolisme de calendrier. Il se trouve que Stonehenge, ne fut que la dernière d’une très longue séquence de structures rituelles, érigées également en bois comme en pierre, alors que les gens convergeaient vers la plaine des coins les plus reculés des îles britanniques durant des époques spécifiques de l’année. Des excavations minutieuses ont  montré que beaucoup de ces structures, maintenant interprétées de manière plausible comme monuments aux progéniteurs de puissantes dynasties néolithiques, furent démantelés quelques générations après leur construction. Plus surprenant encore, la pratique de l’érection et du démantèlement de grands monuments coïncide avec une période qui vit les gens de la Grande-Bretagne ayant adopté l’économie agricole du néolithique en provenance de l’Europe continentale, semblent avoir tourné le dos à au moins un aspect crucial, abandonnant le culture céréalière et retournant, vers 3300 AEC, à la collecte de noisettes comme source essentielle de nourriture. Gardant leurs troupeaux desquels ils festoyaient régulièrement saisonnièrement près du proche Durrington Walls, les bâtisseurs de Stonehenge n’ont sans doute été ni collecteurs, ni fermiers, mais quelque chose d’entre les deux. Et si quelque chose comme une cour royale pouvait exister durant la saison festive, lorsque les gens se rassemblaient en grand nombre, alors elle ne pouvait que se dissoudre pour la vaste majorité de l’année, lorsque les gens se dispersaient de nouveau à travers la vaste étendue de l’île.

Pourquoi ces variations saisonnières sont-elles si importantes ? Parce qu’elles révèlent que depuis le départ, les êtres humains expérimentaient consciemment différentes possibilités sociales. Les anthropologues qualifient les sociétés de cette sorte comme possédant une “double morphologie”. Marcel Mauss, au début du XXème siècle avait observé que le peuple Inuit de la région du pôle nord “ainsi que bon nombre d’autres sociétés,,, ont deux structures sociales, une pour l’été et une pour l’hiver et en parallèle, ils ont deux systèmes religieux et légal.Dans les mois d’été, les Inuit se dispersent en petites bandes régies par un système patriarcal, ils pêchent le poisson d’eau douce, chassent le caribou et le rêne, le tout sous l’autorité d’un ancien. La propriété était marquée et le patriarche exerçait un pouvoir autoritaire et coercitif, parfois même tyrannique sur ses relatifs.. Mais dans les longs mois d’hiver, lorsque les phoques et les morses viennent sur les côtes arctiques, une autre structure sociale radicalement différente prend le dessus alors que les Inuit se rassemblent pour construire de grandes maisons de rassemblement en bois, en côtes de baleines et en pierres. Au sein de cette nouvelle structure, les vertus de l’égalité, de l’altruisme et de la vie collective prévalaient ; la richesse était partagée, les maris et les femmes échangeaient de partenaires sous les auspices de Sedna, la déesse des phoques.

Une autre exemple furent les chasseurs-cueilleurs indigènes de la côte nord-ouest du Canada pour qui l’hiver et non pas l’été, fut le temps où la société se cristallisait en ce qu’elle avait de plus inégalitaire et ce de manière spectaculaire. Des palaces de bois sortaient d terre comme des champignons le long de la côte de ce qui est aujourd’hui la Colombie Britannique, avec des nobles héréditaires tenant cour sur le commun et les esclaves, se faisant les hôtes de gigantesques banquets connus sous le nom de “potlach”. Et pourtant, ces cours des plus aristocratiques se démantelaient pour laisser place au travail estival de la saison de la pêche, la société se muant de nouveau en petites formations claniques, toujours hiérarchisées, mais avec une structure totalement différente et bien moins formelle. Dans ce cas-ci, les gens adoptaient des noms différents en hiver et en été, littéralement devenant quelqu’un d’autre selon la période de l’année.

Le plus surprenant peut-être, en termes de renversement de mode politique, étaient les pratiques saisonnières des confédérations tribales des grandes plaines de l’Amérique du nord au XIXème siècle, qui furent des agriculteurs qui adoptèrent une vie nomade de chasseur. Tard dans l’été, de petites bandes très mobiles de Cheyennes et de Lakotas se rassemblaient dans de très grands campements pour permettre les préparations logistiques de la grande chasse au bison. A cette période très sensible de l’année, ils nommaient une sorte de force de police qui exerçait une force coercitive, incluant le droit d’emprisonner, de fouetter ou de mettre à l’amende toute personne qui entraverait ou mettrait en danger le processus. Pourtant, comme l’observait l’anthropologue Robert Lowie, cet “autoritarisme sans équivoque” ne se produisait que sur une base temporelle saisonnière très stricte, laissant la place à des formes relationnelles et organisationnelles plus “anarchistes” une fois la saison de la chasse et les rites collectifs qui s’ensuivaient terminés.

La connaissance scientifique ne fait pas que progresser, parfois elle régresse. Il y a cent ans, la plupart des anthropologues avaient compris que ceux qui vivaient essentiellement des ressources naturelles n’étaient normalement pas restreints à vivre en “petits groupes”. Cette idée est véritablement un produit des années 1960 lorsque les pygmées Mbuti du désert du Kalahari devinrent l’image préférée de l’humanité primordiale pour les audiences télévisées tout comme pour les chercheurs scientifiques. En résultat, nous avons assisté à un retour des étapes évolutionnistes, pas vraiment différentes ce celles provenant de la tradition des lumières écossaises: c’est ce à quoi Fukuyama par exemple se réfère lorsqu’il écrit que la société évolue constamment de “bandes” au “tribus” puis aux “chefferies”, puis finalement, aux “états” plus stratifiés et complexes dans lesquels nous vivons aujourd’hui, habituellement définis par leur monopole de “l’emploi légitime de la force coercitive”. Quoi qu’il en soit, de cette logique, Cheyennes et Lakotas auraient dû “évoluer de bandes et tribus vers des états chaque mois de novembre environ pour redevenir plus laxistes vers le printemps”. La plupart des anthropologues reconnaissent aujourd’hui que ces catégories sont carrément inadéquates et pourtant personne n’a proposé une façon alternative de penser l’histoire du monde en termes plus larges.

De manière assez indépendante, l’évidence archéologique suggère que dans les environnements hautement saisonniers du dernier âge glaciaire, nos ancêtres lointains se comportaient de manière généralement assez similaire: en passant d’arrangements sociaux alternatifs, permettant la mise en place de structures autoritaires pendant certaines périodes de l’année pourvu que ces structures soient éphémères et ne soient pas permanentes et ce sur la compréhension qu’aucun ordre social ne peut être fixé ou immuable. Au sein de la même population, quelqu’un pouvait vivre, vu de loin, comme dans ue bande, une tribu et parfois dans une société qui possédait bien des caractéristiques que nous identifions maintenant comme étant étatiques. Avec une telle flexibilité institutionnelle se trouve la capacité de sortir des limites de toute structure sociale donnée et réfléchit sur la capacité de faire et de défaire les mondes politiques dans lesquels nous vivons. Si rien d’autre, ceci explique les “princes” et les “princesses” du dernier âge glaciaire qui semblent apparaître d’un tel superbe isolement, comme des personnages de quelques contes de fées ou drames costumés. Peut-être l’étaient-ils littéralement ; s’ils ont jamais “régné” alors peut-être était-ce, comme les reines et les rois de Stonehenge, simplement juste pour une saison.

5. Un temps pour repenser

Les auteurs modernes ont tendance à utiliser la préhistoire comme un support pour résoudre des problèmes philosophiques: les êtres humains sont-ils fondamentalement bons ou mauvais, coopératifs ou compétitifs, égalitaires ou hiérarchiques ? En conséquence, ils ont aussi tendance à écrire comme si 95% de notre histoire, des sociétés humaines étaient toutes la même chose. Mais même 40 000 ans est une très très longue période, Cela semble possible de manière inhérente, et les preuves le confirment, que ces mêmes humains qui furent les pionniers qui colonisèrent la plus grande partie de la planète ont aussi fait l’expérience d’une grande variété d’arrangements sociaux. Comme l’a souvent fait remarquer Claude Lévi-Strauss, les anciens Homo sapiens n’étaient pas juste identiques aux hommes modernes, ils étaient aussi nos pairs sur le plan intellectuel. En fait, la plupart était sans doute plus sensible au potentiel de la société que les gens ne le sont de nos jours, passant alternativement d’une forme d’organisation à une autre dans l’année.. Plutôt que de se masquer d’une certaine innocence primordiale jusqu’à ce que le mauvais génie de l’inégalité sorte à un moment donné de la lampe magique, nos ancêtres préhistoriques semblent avoir réussi à ouvrir et refermer la lampe et à faire entrer et sortir le génie de manière régulière, confinant l’inégalité au rang de drames costumés, construisant des dieux et des royaumes comme ils le faisaient de leurs monuments pour les démanteler joyeusement une fois encore.

Si c’est le cas, alors la véritable question n’est pas de savoir “quelles sont les origines de l’inégalité sociale”, mais ayant vécu tant de temps et passant de l’un à l’autre des systèmes politiques, “comment sommes-nous restés coincés dans celui qui nous gouverne à présent?” Tout ceci est très loin de la notion des sociétés préhistoriques dérivant aveuglément vers les chaînes institutionnelles qui les enchaînent. C’est aussi très loin des prophéties déprimantes des Fukuyama, Diamond, Morris et Scheidel, pour qui toute forme d’organisation sociale “complexe” veut nécessairement dire qu’une petite élite est en charge des ressources clef et commence à piéter le reste des gens. La vaste majorité de la science sociale traite ces sombres pronostiques comme des vérités évidentes par elles-mêmes. Mais clairement elles sont sans fondement. Ainsi nous pourrions raisonnablement demander quelles autres vérités chouchoutées doivent maintenant être jetées sur le tas de poussière de l’histoire ?…

Un certain nombre en réalité, dans les années 1970, le brillant archéologue de Cambridge David Clarke avait prédit qu’avec la recherche moderne, pratiquement chaque aspect de vieil édifice de l’évolution humaine, “les explications du développement de l’Homme moderne, la domestication, la métallurgie, l’urbanisation et la civilisation, pourraient en perspective, émerger comme des collets sémantiques et des mirages métaphysiques.” Il apparaît qu’il avait raison. L’information provient maintenant de tous les coins du monde, fondée sur un sérieux travail empirique de terrain, des techniques avancées de reconstruction climatiques, datation chronométrique et d’analyses scientifiques de restes organiques. Les chercheurs observent, examinent les matériaux historiques et ethnographiques sous une nouvelle lumière ; et presque tout ce qui provient de cette nouvelle recherche va à l’encontre du narratif familier de l’histoire du monde. Pourtant, les découvertes les plus remarquables demeurent confinées au travail de spécialistes ou doivent être extirpées en lisant entre les lignes de publications scientifiques. Concluons donc avec quelques nouvelles de notre cru, juste quelques unes pour donner un sens à ce à quoi ressemble la nouvelle histoire du monde qui est en train d’émerger.

La première grande déflagration de notre liste concerne les origines et la dissémination de l’agriculture. Il n’y a plus rien aujourd’hui pour soutenir la thèse que cela a marqué une transition majeure dans l’histoire des sociétés humaines. Dans ces parties du monde où les plantes et les animaux furent en premier lieu domestiqués, il n’y a pas eu de “passage” évident des collecteurs paléolithiques aux fermiers néolithiques. La “transition” de la vie essentiellement sur des ressources naturelles sauvages à un mode de vie basé sur la production de nourriture a typiquement pris environ 3000 ans. Tandis que l’agriculture a permis la possibilité de concentrations bien plus inégales de richesses, dans la plupart des cas ceci n’a vraiment débuté que des millénaires après le début de la pratique. Dans cet intervalle de temps, les gens de zones aussi reculées et séparées que l’Amazone et le croissant fertile du Moyen-Orient essayèrent l’agriculture dans son envergure, “un “jeu de fermage” si vous voulez, passant annuellement d’un mode de production à l’autre, tout comme ils passaient d’un mode de structure sociale à l’autre. De plus, “la dispersion de l’agriculture” dans des zones secondaires comme l’Europe, souvent décrite en termes si triomphants, comme étant le début de l’inévitable déclin de la chasse et de la collecte, s’est en fait avérée être un processus très pénible, qui parfois échoua, menant à des effondrements démographiques chez les agriculteurs et pas chez les chasseurs-collecteurs.

Clairement, cela n’a plus aucun sens aujourd’hui d’utiliser des phrases telles que: “la révolution agricole” quand on est confronté à des processus d’une telle longueur et complexité. Comme il n’y a jamais eu d’état naturel de style Eden d’où les agriculteurs auraient pu faire leurs premiers pas sur le chemin de l’inégalité, cela a encore moins de sens de parler de l’agriculture comme étant le marqueur historique des origines de la hiérarchie ou de la propriété privée. C’est parmi ces populations du mésolithique qui refusèrent l’agriculture dans les premiers siècles se réchauffant de l’Halocène, que nous trouvons la stratification sociale la plus marquée, du moins si on s’en réfère aux riches rites funéraires, aux guerres prédatrices et constructions de monuments. Dans au moins quelques cas, comme le Moyen-Orient, les premiers fermiers semblent avoir développé des formes alternatives conscientes de communauté, afin d’adapter leur mode de vie devenu plus laborieux et intensif dans leur rituel de vie. Ces sociétés néolithiques semblent être incroyablement égalitaires lorsque comparées avec leurs voisins chasseurs-cueilleurs, avec une augmentation dramatique de l’importance économique et sociale des femmes, ceci est clairement reproduit dans leur art et rituel de vie (contrastez ici les figurines de femmes de Jéricho ou de Çatalhöyük avec la sculpture hyper-masculine de Göbekli Tepe).

Une autre déflagration conséquente: la “civilisation” ne vient pas sous forme de colis tout prêt. Les toutes premières villes du monde n’ont pas juste émergées dans une poignée d’endroits avec un système de gouvernement et de contrôle bureaucratique, le tout centralisé. En Chine par exemple, nous savons maintenant que vers 2500 AEC, des établissements humains sur plus de 300 hectares existaient dans les parties basses de la Rivière Jaune et ce plus de 1000 ans avant la fondation de la première dynastie Shang. De l’autre côté du Pacifique et vers la même époque, des centres de cérémonies de très grande magnitude ont été découverts dans la vallée du Rio Supe au Pérou, notoirement le site de Caral où furent trouvés des restes énigmatiques de plazas effondrées et des plateformes monumentales, 4000 ans plus vieilles que l’empire Inca. De telles découvertes récentes indiquent combien nous en savons vraiment peu sur la distribution et l’origine des premières cités et simplement O combien plus anciennes ces villes peuvent être comparées aux systèmes de gouvernement autoritaires et de l’administration lettrée que nous assumions être nécessaire pour leur fondation. Dans les cœurs plus établis de l’urbanisation, comme l’ancienne Mésopotamie, la vallée de l’Indus et la bassin de Mexico, il y a de plus en plus de preuves montrant que les premières villes étaient organisées sur des lignes égalitaires conscientes, les conseils municipaux maintenant une autonomie signifiante d’avec le gouvernement central. Dans les deux premiers cas, les villes ayant des infrastructures civiques sophistiquées fleurirent pendant plus de 500 ans sans aucune traces de rituels funéraires royaux ou de monuments grandioses, pas d’armées de métier ni tout autre moyen important de coercition ; il n’y a pas non plus de traces d’un contrôle bureaucratique direct sur l’essentiel de la vie des habitants.

Nonobstant ce que dit Jared Diamond, il n’y a absolument aucune preuve que des structures hiérarchiques pyramidales sont la conséquence nécessaire d’organisation humaine de grande échelle. Nonobstant Walter Scheidel, il n’est tout simplement pas vrai que des classes dirigeantes, une fois établies, ne peuvent plus disparaître sauf dans le cas d’une grande catastrophe. Pour prendre juste un seul exemple très bien documenté: aux alentours du IIIème siècle de notre ère, la ville de Teotihuacan dans la vallée de Mexico, ayant une population de 120 000 habitants (une des plus grandes villes du monde à cette époque), semble avoir subi une profonde transformation, tournant le dos à ses temples-pyramides et ses sacrifices humains en se reconstruisant en une vaste congrégation de villas très confortables, toutes quasiment de la même taille. La ville demeura ainsi pendant environ 400 ans. Même du temps de Cortez, le Mexique central abritait toujours des villes comme Tlaxcala, gérée par un conseil élu dont les membres étaient périodiquement fouettés par leurs constituants afin de leur rappeler qui était ultimement en charge.

Les pièces du puzzle sont toutes là afin de créer une histoire du monde entièrement différente. Pour l’essentiel, nous sommes juste trop aveuglés par nos préjugés pour voir les implications de tout cela. Par exemple, presque tout le monde aujourd’hui insiste pour dire que la démocratie participative, ou l’égalité sociale, peuvent fonctionner dans une petite communauté ou des groupes activistes mais ne peuvent pas fonctionner à l’échelle d’une ville et encore moins d’une région ou d’un état-nation. Mais les preuves mises devant nos yeux, si toutefois nous décidons de les regarder, suggèrent entièrement le contraire. Les villes égalitaires, même des confédérations régionales, sont historiquement des choses très courantes. Les familles et foyers égalitaires ne le sont pas. Une fois que le verdict historique sera là, nous verrons que la perte la plus douloureuse des libertés humaines a commencé sur la petite échelle, le niveau de relations inter-genre, de générations et de servitude domestique, le type de relations qui contient la plus grande intimité et les formes les plus profondes de violence structurelle. Si nous voulons vraiment comprendre comment il est devenu d’abord acceptable pour certains de transformer leur richesse en pouvoir et pour d’autres de finir par s’entendre dire que leurs besoins et leurs vies n’ont aucune importance, ne comptent pas, c’est là que nous devons regarder. C’est là également prédisons-nous, que réside le travail le plus difficile pour qu’une société libre puisse prendre place.

L’esprit est une compréhension de l’entièreté dans un universel vivant. L’esprit est une unité des choses séparées, de concepts et d’humains. L’esprit est une activité constructive…
L’humanité obtient sa véritable existence de la chaîne infinie des plantes ancestrales. L’humanité obtient sa véritable existence de la partie humaine de l’individu, tout comme cette partie humaine n’est que l’héritière des générations infinies du passé et de toutes leurs relations mutuelles. Ce qui advint est ce qui devient, le microcosme est le macrocosme. L’individu est le peuple, l’esprit est la communauté, l’idée est le lien de l’unité. UNISSEZ-VOUS PAUVRES HOMMES. Donnez-vous du crédit les uns aux autres ; le crédit, la mutualité EST  le capital.”
~ Gustav Landauer, 1911 ~ [citation rajoutée par R71]

Les auteurs discutent de certains des sujets abordés dans ces vidéos (en anglais):

1. David Graeber and David Wengrow: Palaeolithic Politics and Why It Still Matters (13 October 2015) (Vimeo) 

2. David Graeber and David Wengrow: Teach-Out (7 March 2018) (Facebook)

3. David Graeber and David Wengrow: Slavery and Its Rejection Among Foragers on the Pacific Coast of North America: A Case of Schismogenesis? (22 March 2018) (Collège de France)

  1. ‘To Each Age Its Inequality’ by Ian Morris. New York Times, 9 July 2015. See: https://www.nytimes.com/2015/07/10/opinion/to-each-age-its-inequality.html
  2. ‘It’s Good To Have a King’ by Felipe Fernández-Armesto. Wall Street Journal, 10 May 2012. See: https://www.wsj.com/articles/SB10001424052702304363104577389944241796150

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Lectures complémentaires:

Manifeste pour la societe des societes

40ans_Hommage_Pierre_Clastres

Clastres_Préface_Sahlins

On a retrouvé l’histoire de france (Jean Paul Demoule)

le_defi_celtique_aguillerm

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