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Société contre l’État: Justice et droit positif ou l’organisation de la vindicte (Pierre Kropotkine)

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Quelques réflexions fondamentales sur ce qu’est la « justice » étatique et pourquoi elle ne peut être qu’une mascarade au service du pouvoir et de la classe dominante oppressive. Une analyse faite il y a 117 ans et toujours d’une brûlante actualité simplement parce que depuis tout ce temps nous n’avons absolument rien résolu, bien au contraire, nous n’avons fait qu’acquiescer aux « réformes » maintenant le consensus du statu quo oligarchique sur nos vies et nos existences.
~ Résistance 71 ~

 

Organisation de la vindicte appelée justice

 

Pierre Kropotkine

“Les temps nouveaux” n19, 1901

 

Le saint-simonien Adolphe Blanqui avait eu parfaitement raison de faire ressortir, dans son Histoire de l’économie politique, l’importance que les formes économiques ont eue dans l’histoire de l’humanité, pour déterminer les formes politiques de la société et même ses conceptions sur le droit, la morale et philosophie. À cette époque, les libéraux et les radicaux donnaient toute leur attention au régime politique et méconnaissaient les conséquences du régime bourgeois qui s’intronisait alors en France, sur les ruines de la Première République. Il était donc tout naturel que, pour faire ressortir l’importance du facteur économique, et pour attirer l’attention sur un sujet méconnu par les meilleurs esprits, ainsi que sur un immense mouvement socialiste qui commençait à peine (son Histoire est datée de 1837), il exagérât même l’importance du facteur économique et qu’il cherchât à construire toute l’histoire comme une superstructure sur les relations économiques. C’était nécessaire, ou en tout cas inévitable. Cela se répète continuellement dans l’histoire des sciences. « À d’autres », devait-il se dire, « la tâche de faire ressortir l’importance des autres facteurs : formes politiques du gouvernement, idées sur la justice, conceptions théologiques et le reste. Moi, je dois faire ressortir toute l’importance de mon sujet. L’importance des autres facteurs n’est déjà que trop démontrée. »

On sait jusqu’à quelles exagérations cette idée fut portée depuis par l’école social-démocratique allemande, et on connaît les efforts que nous, anarchistes, faisons pour attirer l’attention et l’étude sur cet autre facteur de la vie des sociétés, l’Etat.

Il faut reconnaître cependant que nous-mêmes, en luttant pour l’abolition de la structure nécessairement hiérarchique, centralisée, jacobine et anti-libertaire par principe, qui a nom Etat, — que nous aussi nous avons forcément négligé jusqu’à un certain point dans notre critique des institutions actuelles la ci-nommée Justice. Nous en avons souvent parlé, les journaux anarchistes ne cessent de la critiquer, et cependant nous ne l’avons pas encore suffisamment sapée dans ses fondements mêmes.

C’est pour attirer davantage l’attention et pour provoquer la discussion sur ce sujet, que ce rapport fut écrit.

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L’étude du développement des institutions amène forcément à la conclusion que l’Etat et la Justice — c’est-à-dire le juge, le tribunal, institués spécialement pour établir la justice dans la société — sont deux institutions qui, non seulement coexistent dans l’histoire, mais sont intimement liées entre elles par des liens de cause et effet. L’institution de juges spécialement désignés pour appliquer les punitions de la loi à ceux qui l’auront violée, amène nécessairement la constitution de l’Etat. Et quiconque admet la nécessité du juge et du tribunal spécialement désignés pour cette fonction, avec tout le système de lois et de punitions qui en découlent, admet par cela même la nécessité de l’Etat. Il a besoin d’un corps qui édicte les lois, de l’uniformité des codes, de l’université pour enseigner l’interprétation et la fabrication des lois, d’un système de geôles et de bourreaux, de la police et d’une armée au service de l’Etat.

En effet, la tribu primitive, toujours communiste, ne connaît pas de juge. Dans le sein de la tribu, entre membres de la même tribu, le vol, l’homicide, les blessures n’existent pas. L’usage suffit pour les empêcher. Mais dans le cas excessivement rare où quelqu’un manquerait aux usages sacrés de la tribu, toute la tribu le lapiderait ou le brûlerait. Chacun lui jettera alors sa pierre, chacun apportera son fagot de bois, afin que ce ne soit pas un tel ou un autre, mais bien la tribu entière qui l’aura mis à mort.

Et si un homme d’une autre tribu a blessé un des nôtres, ou lui a infligé une blessure, toute notre tribu doit, ou bien tuer le premier venu de cette autre tribu, ou bien infliger à n’importe qui de cette autre tribu une blessure absolument du même genre et de la même grandeur : pas un grain de blé (le millimètre d’alors) plus large ou plus profonde.

C’était leur conception de la justice.

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Plus tard, dans la commune villageoise des premiers siècles de notre ère, les conceptions sur la justice changent. L’idée de vengeance est abandonnée peu à peu (avec beaucoup de lenteur et surtout chez les agriculteurs, mais survivant dans les bandes militaires), et celle de compensation à l’individu ou à la famille lésée se répand. Avec l’apparition de la famille séparée, patriarcale et possédant fortune (en bétail ou en esclaves enlevés à d’autres tribus), la compensation prend de plus en plus le caractère d’évaluation de ce que « vaut » (en possessions) l’homme blessé, lésé de quelque façon, ou tué : tant pour l’esclave, tant pour le paysan, tant pour le chef militaire ou roitelet que telle famille aura perdu. Cette évaluation des hommes constitue l’essence des premiers codes barbares.

La commune de village se réunit et elle constate le fait par l’affirmation de six ou douze jurés de chacune des deux parties qui veulent empêcher la vengeance brutale de se produire et préfèrent payer et accepter une certaine compensation. Les vieux de la commune, ou les bardes qui retiennent la loi (l’évaluation des hommes de différentes classes) dans leurs chants, ou bien des juges invités par la commune, déterminent le taux de la lésion : tant de bétail pour telle blessure ou pour tel meurtre. Pour le vol, c’est simplement la restitution de la chose volée ou de son équivalent, plus une amende payée aux dieux locaux ou à la commune.

Mais peu à peu, au milieu des migrations et des conquêtes, les communes libres de beaucoup de peuplades sont asservies ; les tribus et les fédérations aux usages différents se mêlent sur un même territoire, il y a les conquérants et les conquis. Et il y a en plus le prêtre et, l’evêque — sorciers redoutés — de la religion chrétienne qui sont venus s’établir parmi eux. Et peu à peu, au barde, au juge invité, aux anciens qui déterminaient jadis le taux de la compensation, se substitue le juge envoyé par l’évêque, le chef de la bande militaire des conquérants, le seigneur ou le roitelet. Ceux-ci, ayant appris quelque chose dans les monastères ou à la cour des roitelets, et s’inspirant des exemples du Vieux Testament, deviendront peu à peu juges dans le sens moderne du mot. L’amende qui était jadis payée aux dieux locaux — à la commune — va maintenant à l’évêque, au roitelet, à son lieutenant, ou au seigneur. L’amende devient le principal, tandis que la compensation allouée aux lésés pour le mal qui leur fut fait, perd de son importance vis-à-vis de l’amende payée à ce germe de l’Etat. L’idée de punition commence à s’introduire, puis à dominer. L’Eglise chrétienne surtout ne veut pas se contenter d’une compensation ; elle veut punir, imposer son autorité, terroriser sur le modèle de ses devancières hébraïques. Une blessure faite à un homme du clergé n’est plus une simple blessure ; c’est un crime de lèse-divinité. En plus de la compensation, il faut le châtiment, et la barbarie du châtiment va en croissant. Le pouvoir séculier fait de même.

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Aux dixième et onzième siècles se dessine la révolution des communes urbaines. Elles commencent par chasser le juge de l’évêque, du seigneur ou du roitelet, et elles font leur « conjuration ». Les bourgeois jurent d’abandonner d’abord toutes les querelles surgies de la loi du talion. Et lorsque de nouvelles querelles surgiront, de ne jamais aller vers le juge de l’évêque ou du seigneur, mais d’aller vers la guilde, la paroisse, ou la commune. Les syndics élus par la guilde, la rue, la paroisse, la commune ou, dans les cas plus graves, la guilde, la paroisse, la commune, réunies en assemblée plénière, décideront la compensation à accorder à la personne lésée.

En outre, l’arbitrage à tous les degrés — entre particuliers, entre guildes, entre communes — prend une extension réellement formidable.

Mais, d’autre part, le christianisme et l’étude renouvelée du droit romain font aussi leur chemin dans les conceptions populaires.Le prêtre ne fait parler que des vengeances d’un dieu méchant et vengeur. Son argument favori (il l’est encore jusqu’à ces jours) est la vengeance éternelle qui sera infligée à celui qui aura péché envers les prescriptions du clergé. Et, s’appuyant sur les paroles des évangiles concernant les possédés par le diable, il voit un possédé dans chaque criminel et invente toutes les tortures pour chasser le diable du corps du « criminel ». Il le brûle au besoin. Et comme, dès les premiers siècles, le prêtre conclut alliance avec le seigneur, et que le prêtre lui-même est toujours un seigneur laïque, et le pape un roi, le prêtre fulmine aussi et poursuit de sa vengeance celui qui a manqué à la loi laïque imposée par le chef militaire, le seigneur, le roi, le prêtre-seigneur, le roi-pape. Le pape lui-même, auquel on s’adresse continuellement comme à un arbitre suprême, s’entoure de légistes versés dans le droit impérial et seigneurial romain. Le bon sens humain, la connaissance des us et coutumes, la compréhension des hommes, ses égaux, — qui faisaient jadis les qualités des tribunaux populaires — sont déclarés inutiles, nuisibles, favorisant les mauvaises passions, les inspirations du diable, l’esprit rebelle.

(Note de R71: ceci constituait ce qu’on appelle le “droit coutumier” ou “common law” en anglais. Les anglo-saxons reconnaissent toujours ce droit même s’il est de nos jours tombés en désuétude, il connaît néanmoins une certaine résurgence depuis quelques années devant la méfiance croissante des personnes envers le droit positif fondateur des lois gérant les états…)

 Le « précédent », la décision de tel juge, fait loi, et pour lui donner plus de prise sur les esprits, on va chercher le précédent dans les époques de plus en plus reculées — dans les décisions et les lois de la Rome des empereurs et de l’Empire hébraïque.

L’arbitrage disparaît de plus en plus à mesure que le seigneur, le prince, le roi, l’évêque et le pape deviennent de plus en plus puissants et que l’alliance des pouvoirs temporel et clérical devient de plus en plus intime. Ils ne permettent plus à l’arbitre d’intervenir et exigent par la force que les parties en litige comparaissent devant leurs lieutenants et juges. La compensation à la partie lésée disparaît presque entièrement des affaires « criminelles », et se trouve bientôt presque entièrement remplacée par la vengeance, exercée au nom du Dieu chrétien ou de l’Etat romain. Sous l’influence de l’Orient, les punitions deviennent de plus en plus atroces. L’Eglise, et après elle le pouvoir temporel, arrivent à un raffinement de cruauté dans la punition, qui rend la lecture ou la reproduction des punitions infligées aux quinzième et seizième siècles presque impossibles pour un lecteur moderne.

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Les idées fondamentales sur ce point essentiel, cardinal de tout groupement humain, ont ainsi changé du tout au tout entre le onzième et le seizième siècle. Et lorsque l’Etat, en vertu des causes que nous avons cherché à éclaircir dans l’étude sur L’État et son rôle historique [2], lorsque l’Etat s’empare des communes qui ont renoncé déjà, même dans les idées, aux principes fédératifs d’arbitrage et de justice compensative populaire (essence de la commune du douzième siècle) — la conquête est relativement facile. Les communes, sous l’influence du christianisme et du droit romain, étaient déjà devenues de petits Etats, elles étaient déjà devenues étatistes dans leurs conceptions dominantes.

Certainement, il est extrêmement intéressant de tracer comment les changements économiques intervenus pendant ces cinq siècles, comment le commerce lointain, l’exportation, la création de la banque et les emprunts communaux, les guerres, la colonisation et les germes de production sous la conduite d’un entrepreneur capitaliste, se substituent à la production, la consommation et le commerce communaux — il est très intéressant, disons-nous, de tracer comment ces divers et nombreux facteurs économiques influaient sur les idées dominantes du siècle. De superbes recherches dans ce sens ont été disséminées, en effet, par les historiens des communes dans leurs œuvres, de même que quelques recherches (beaucoup plus difficiles, cependant, et toujours hétérodoxes) sur l’influence des idées dominantes, chrétiennes et romaines se trouvent aussi disséminées dans ces œuvres. Mais il serait tout aussi faux et anti-scientifique d’attribuer une influence exagérée, déterminante, au premier de ces facteurs, comme il serait faux en botanique de dire que la somme de chaleur reçue par une plante détermine seule ou surtout sa croissance, et d’oublier l’influence de la lumière ou de l’humidité. D’autant plus faux s’il s’agissait de préciser les facteurs qui déterminent les variations dans telle espèce.

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Ce court aperçu historique permet déjà d’apercevoir jusqu’à quel point l’institution pour la vengeance sociétaire, nommée Justice, et l’Etat sont deux institutions corrélatives, se supportant mutuellement, s’engendrant l’une l’autre et historiquement inséparables.

Mais il suffirait aussi d’une calme réflexion pour comprendre combien les deux sont logiquement inséparables ; combien toutes deux ont une origine commune dans un même cercle d’idées sur l’autorité veillant à la sécurité de la société et exerçant vengeance sur ceux qui rompent les précédents établis — la Loi.

Donnez-nous des juges, spécialement nommés par vous ou par vos gouvernants, pour nous venger contre ceux qui auront manqué aux précédents légaux réunis dans les codes, — ou seulement pour venger la Société au nom de la Loi contre les infractions aux coutumes sociables — et l’Etat en est la conséquence logique. Et, d’autre part, retenez l’institution pyramidale, centralisée, s’immisçant dans la vie des sociétés, que nous nommons l’Etat — et vous avez nécessairement les juges nommés ou sanctionnés par l’Etat, soutenus par le pouvoir exécutif pour se venger au nom de l’Etat contre ceux qui auront enfreint ses règlements.

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Nous vivons aujourd’hui dans une époque où une révision complète se fait de toutes les bases, de toutes les idées fondamentales sur lesquelles repose la société moderne. Nous qualifions de vol ou d’usurpation légalisée les droits de propriété sur le sol et le capital social ; nous nions ces droits. Nous qualifions de monopoles, constitués par une Mafia gouvernante, les droits acquis par les sociétés d’actionnaires des chemins de fer, de gaz, etc. Nous qualifions d’usurpateurs nos gouvernants puissamment organisés pour nous tenir sous leur tutelle. Et nous qualifions de brigands les Etats qui se ruent les uns sur les autres avec des buts de conquête.

Et il dépend aujourd’hui de nous-mêmes, soit de nous arrêter à moitié chemin et, payant tribut à notre éducation de vengeance chrétienne et romaine, respecter l’enfant bâtard de ces deux courants d’idées — la ci-nommée Justice — ou bien porter la hache tranchante de notre critique à cette institution qui est la vraie base du capitalisme et de l’Etat.

Ou bien, imbus de préjugés de vengeance, d’un Dieu vengeur dont nous devons alléger la tâche, et d’un Etat divinisé au point de le considérer comme l’incarnation de la justice, nous garderons l’institution — le bras séculier du Dieu — que nous nommons Justice. Nous nous donnerons des juges, nommés par nous-mêmes ou par nos gouvernants, et nous leur dirons : « Veillez à ce que les us et coutumes et les précédents judiciaires connus sous le nom de Loi soient respectés. Frappez, vous, incarnations de la justice, ceux qui auront manqué aux usages sociaux de la communauté. Nous vous donnerons les moyens physiques de coercition nécessaire ainsi que notre appui moral… Faites. »

Alors l’Etat — la force qui est placée au-dessus de la Société et qui fatalement cherche à centraliser, à agrandir ses pouvoirs — est constitué et durera, jusqu’à ce qu’une nouvelle révolution vienne le renverser.

L’arbitre pouvait juger et jugeait selon sa compréhension de la justice dans chaque cas séparé, sa connaissance et sa compréhension des rapports humains existants, sa conception de la conscience individuelle et sociétaire. Le juge nommé pour juger, le spécialisé pour punir, doit avoir un code. Donc, il faut une machine législative, une organisation pour fabriquer le code, pour choisir entre les divers précédents et cristalliser sous forme de loi ceux d’entre eux qu’elle trouvera utile à conserver. Le gouvernement direct, c’est-à-dire la nation questionnée sur la manière de formuler le précédent obligatoire (la loi), est évidemment une chimère à laquelle les partisans mêmes du gouvernement direct ne croient pas. Il faut le gouvernement indirect, les hommes supérieurs, les Übermensch (héros) de Nietzsche, nommés pour formuler les lois.

Il faut aussi des hommes pour interpréter les formules des lois, l’université des légistes. Et ces hommes deviendront nécessairement les maniaques du verbe et de la lettre ; ils feront peser sur la société tout le poids des survivances héritées de nos ancêtres. Ils nous crieront « Arrière ! » quand nous voudrons marcher de l’avant.

Il faut, en outre, le licteur armé de verges et de la hache — le pouvoir exécutif — la force mise au service du « Droit », comme disent les apologistes de leurs propres vertus. Il faut la police, le mouchard, l’agent provocateur et leur aide, la prostituée [3] ; il faut le bourreau ; il faut la prison, le gardien de prison, les travaux dans les prisons et tout le reste — toute la saleté inimaginable qui entoure et fait tache d’huile autour des universités du crime, des pépinières de tendances antisociales que deviennent fatalement toutes les prisons.

Et il faut enfin le gouvernement pour surveiller, organiser, grader l’armée de surveillants. Il faut un impôt formidable pour maintenir cette machine, une législation pour la faire marcher, et encore des juges, de la police et des prisons pour faire respecter la législation pénitentiaire.

Le juge amène avec lui l’Etat, et quiconque voudra étudier dans l’histoire la croissance des Etats verra quelle part immense, fondamentale, primordiale le juge a jouée dans la constitution de l’Etat centralisé moderne.

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Ou bien, après avoir révolutionné nos idées sur tant de points fondamentaux, que l’on croyait très sincèrement constituer la base même de toute société (propriété, mission divine des rois, etc.), nous descendrons encore plus, jusqu’aux fondements mêmes, jusqu’à l’origine de toutes les oppressions. Nous porterons la torche de notre critique jusqu’à l’application de la justice confiée à une caste spéciale, jusqu’au ramassis de précédents antiques : le Code.

Nous verrons alors que le Code (tous les codes) représente un rassemblement de précédents, de formules empruntées à des conceptions de servitude économique et intellectuelle, absolument répugnantes aux conceptions qui se font jour parmi nous — socialistes de toutes écoles [4]. Ce sont des formules cristallisées, des « survivances », que notre passé esclave veut nous imposer, pour empêcher notre développement. Et nous répudierons le Code — tous les codes. Peu nous importe qu’ils contiennent certaines affirmations de morale dont nous partageons nous-mêmes l’idée générale. Une fois qu’ils imposent des punitions pour les affirmer, nous n’en voulons pas — sans parler des nombreuses affirmations serviles que chaque code mêle à son œuvre de moralisation de l’homme par le fouet. Tout code est une cristallisation du passé, écrite pour entraver le développement de l’avenir.

Continuant notre critique, nous découvrirons sans doute que toute punition légale est une vengeance légalisée, rendue obligatoire ; et nous nous demanderons si la vengeance est nécessaire. Sert-elle à maintenir les coutumes sociables ? Empêche-t-elle la petite minorité de gens enclins à les violer d’agir à l’encontre des coutumes ? En proclamant le devoir de la vengeance, ne sert-elle pas à maintenir dans la société précisément les coutumes anti-sociables ? Et quand nous nous demanderons si le système de punitions légales, avec la police, le faux témoin, le mouchard, l’éducation criminelle en prison, le maniaque du code et le reste, ne sert pas à déverser dans la société un flot de perversité intellectuelle et morale, bien plus dangereux que les actes anti-sociables des « criminels » — quand nous nous serons seulement posé cette question et aurons cherché la réponse dans l’étude de l’actualité, nous verrons tout de suite qu’il ne peut y avoir d’hésitation sur la réponse à donner. Nous rejetterons alors le système de punitions, comme nous aurons rejeté les codes.

Affranchis intellectuellement de cette « survivance » — la plus mauvaise — nous pourrons alors étudier (sans nous préoccuper de ce que firent pour cela l’Eglise et l’Etat) quels sont les moyens les plus pratiques (étant donnés les hommes, ce qu’ils sont) pour développer en eux les sentiments sociables et entraver le développement des sentiments anti-sociables.

Eh bien ! quiconque aura fait cette étude, après s’être débarrassé de la tradition judiciaire, n’arrivera certainement pas à conclure en faveur du juge et du système pénitentiaire. Il cherchera ailleurs.

Il verra que l’arbitrage par un tiers, choisi par les parties en litige, serait amplement suffisant dans l’immense majorité des cas. Il comprendra que la non-intervention de ceux qui assistent à une bagarre, ou à un conflit qui se prépare, est simplement une mauvaise habitude que nous avons acquise depuis que nous avons le juge, la police, le prêtre et l’Etat, — et que l’intervention active des amis et des voisins empêcherait déjà une immense majorité de conflits brutaux.

Il comprendra aussi que se donner une police, des gendarmes, des bourreaux, des gardes-chiourmes et des juges, seulement pour opérer la vengeance légale sur cette petite minorité de gens qui rompent les coutumes sociables ou deviennent agressifs, au lieu de veiller tous pour soi et pour chacun à empêcher l’agression ou à en réparer les torts ; qu’agir de cette façon est aussi irraisonnable et antiéconomique que de laisser le soin de diriger l’industrie à des patrons, au lieu de se grouper entre soi pour satisfaire ses besoins. Et si nous croyons l’homme capable d’arriver un jour à se passer de patrons, c’est simplement par habitude et par paresse de la pensée que nous ne sommes pas arrivés à comprendre que les hommes qui se passeront de patrons seront assez intelligents pour se passer de patrons en morale — des juges et de la police. Tout comme ils chercheront et trouveront le moyen de satisfaire leurs besoins sans patrons, ils sauront trouver les moyens (déjà amplement indiqués) d’augmenter la sociabilité humaine et d’empêcher les êtres trop emportés ou anti-sociables par nature (existent-ils seulement ?) d’être un danger pour la société. L’éducation, l’existence plus ou moins garantie, le contact plus étroit entre hommes, et surtout l’adoucissement des peines ont déjà opéré bien des changements frappants dans cette direction. Serions-nous, dans une société collectiviste ou communiste, socialiste ou anarchiste, moins capables de pousser encore plus loin ces changements ? Serions-nous inférieurs en cela à nos chers gouvernants actuels ?

Conclusions

La vindicte sociétaire organisée, appelée Justice, est une survivance d’un passé de servitude, développée d’une part par les intérêts des classes privilégiées et d’autre part par les idées du droit romain et celles de vengeance divine qui font tout aussi bien l’essence du christianisme que ses idées de pardon et sa négation de la vengeance humaine.

L’organisation de la vengeance sociétaire sous le nom de Justice est corrélative dans l’histoire avec la phase Etat. Logiquement aussi, elle en est inséparable. Le juge implique l’Etat centralisé, jacobin ; et l’Etat implique le juge nommé spécialement pour exercer la vengeance légale sur ceux qui se rendent coupables d’actes antisociaux.

Issue d’un passé de servage économique, politique et intellectuel, cette institution sert à le perpétuer. Elle sert à maintenir dans la société l’idée de vengeance obligatoire, érigée en vertu. Elle sert d’école de passions antisociales dans les prisons. Elle déverse dans la société un flot de dépravation qui suinte autour des tribunaux et des geôles par le policier, le bourreau, le mouchard, l’agent provocateur, les bureaux pour la moucharderie privée, etc. — ce flot grandissant tous les jours. Le mal excède en tout cas le bien que la justice est supposée accomplir par la menace de punition.

Une société qui trouverait antiéconomique et sociétairement nuisible la présente organisation de la vie économique livrée au patron capitaliste, découvrirait certainement aussi que livrer le développement des sentiments sociables à une organisation de vengeance judiciaire est aussi antiéconomique et anti-libertaire. Elle comprendrait que le Code n’est qu’une cristallisation, une divinisation de coutumes et de conceptions appartenant à un passé que tous les socialistes répudient. Elle saurait se passer de l’institution judiciaire.

Elle trouverait les moyens de s’en passer dans l’arbitrage volontaire, dans les liens plus serrés qui surgiraient entre tous les citoyens et les moyens puissants éducatifs dont disposerait une société qui n’abandonnerait pas le soin de son hygiène morale au gendarme.

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Lectures complémentaires:

Marshall-Sahlins-La-nature-humaine-une-illusion-occidentale-2008

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

La_Conquête_du_Pain_Kropotkine

Manifeste pour la Société des Sociétés

David Graber Fragments Anthropologiques pour Changer l’histoire de l’humanité

L’anarchisme-africain-histoire-dun-mouvement-par-sam-mbah-et-ie-igariwey

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

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Clastres_Préface_Sahlins

La Morale Anarchiste de Kropotkine)

le-prince-de-levolution-Dugatkin

Appel au Socialisme Gustav Landauer

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Résistance politique Moyen-Orient: « Le Hezbollah représente la résistance face à Israël » (Michel Aoun)

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Liban: Michel Aoun “Le Hezbollah représente la résistance face à Israël”

 

Stefano Mauro

 

6 octobre 2018

 

source en français:

https://www.investigaction.net/fr/liban-aoun-le-hezbollah-represente-la-resistance-face-a-israel/

 

« Une partie de l’opinion publique étrangère prétend que le Hezbollah est le principal problème de notre pays. Au contraire, le mouvement chiite représente la Résistance contre la menace israélienne, comme on l’a vu en 2000 et 2006 ». Interviewé par le journal français Le Figaro, le chrétien-maronite Michel Aoun, Président de la république libanaise, a clairement dénoncé les accusations persistantes des médias étrangers selon lesquelles le pays des cèdres est l’otage du Hezbollah.

Aoun a également précisé que, compte tenu de l’excellent climat de collaboration avec le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, un accord précis avec les milices chiites fait « partie intégrante du système de défense nationale, sous le commandement du Président qui est son chef ».

A propos des polémiques internes sur l’intervention chiite en Syrie, le président libanais a répété que l’action menée contre Daech et Al Nousra avait permis au pays des cèdres de résister à la menace djihadiste et au risque de désintégration en cantons ou régions communautaires et confessionnelles.

« Notre problème » – a déclaré Aoun – « est plutôt une ingérence étrangère dans nos politiques ainsi que les fréquentes provocations israéliennes à l’intérieur des frontières nationales ».

Une référence précise à l’épisode de lundi dernier où, pour la première fois, deux F-16 israéliens ont été interceptés par deux chasseurs russes et ont été forcés de retourner dans l’espace aérien de Tel-Aviv étant donné que, après le fait du II 20 qui a été abattu, Moscou a interdit officiellement l’utilisation de l’espace aérien libanais et syrien “pour des exercices militaires”.

Aoun a ensuite abordé la question de l’impasse politique interne. En effet, le Premier Ministre Saad Hariri n’a pas encore réussi à former un gouvernement pour le pays, quatre mois après la victoire de la coalition “8 mars” (Hezbollah et Amal pour les chiites, le Courant Patriotique Libanais d’Aoun pour les maronites, le Parti Communiste Libanais et d’autres partis minoritaires) sur celui du “14 mars” (le parti Mustaqbal de Saad Hariri pour les sunnites, le PSP druse de Jumblatt et les Forces Libanaises de Geagea pour les maronites).

« Notre coalition a une majorité au parlement avec 79 sièges sur 128 et essaie de jouer un rôle de médiateur pour former un gouvernement d’unité nationale et sortir de cette impasse», a déclaré le président libanais, «même si, derrière le veto du FL et du PSP pour obtenir des ministères de poids, il y a les Etats-Unis et leurs alliés saoudiens qui visent à déstabiliser le pays d’un point de vue politique et économique après avoir échoué avec l’arme du terrorisme djihadiste».

Le dernier “cadeau” de l’administration Trump a été la suspension du financement pour l’Unrwa dans le but d’obliger les pays de la diaspora à absorber les 500 000 palestiniens présents dans les camps de réfugiés du pays et à annuler définitivement leur “Droit de retour”.

Situation difficile confirmée par le secrétaire général du Hezbollah qui a déclaré qu’une «solution pour la formation d’un gouvernement est encore loin, principalement en raison de l’ingérence des Saoudiens et des Américains”. En ce qui concerne les attaques de Tel-Aviv contre de “prétendues” cibles du Hezbollah en Syrie ou aux passages dans le territoire libanais, Nasrallah a été péremptoire : « la Résistance est prête à toute éventualité et elle est plus forte que l’armée israélienne grâce à ses nouveaux armements et à son expérience en Syrie».

Déclarations qui ont déclenché des discussions dans la presse israélienne. Selon Yossi Melman, expert militaire et journaliste du quotidien Maariv, un rapport des services de renseignements israéliens révèle que le Hezbollah possède « un arsenal de plus de 120 000 missiles de dernière génération capables de frapper tout le territoire national pour lequel le système de défense Iron Dome serait inefficace “.

Selon Abdel Bari Atwan, rédacteur en chef du journal en ligne Rai Al Youm, « l’affirmation de Nasrallah ne serait ni fantaisiste ni exagérée, puisque le seul avantage de Tel-Aviv est l’utilisation de l’aviation que le Hezbollah ne possède pas ». « Un tel nombre de missiles anti-aériens » – conclut Atwan – « éliminerait cet avantage parce que le Hezbollah possède actuellement des unités spéciales, blindées et amphibies, qui rendraient difficile l’avancée terrestre sur le territoire libanais par Tel Aviv, après l’échec dans le conflit du 2006.”

Enfin, comme rapporté par le site israélien Debkafile, la décision de Moscou de fournir à la Syrie, et probablement au Hezbollah, le système de défense antimissile S-300 a suscité beaucoup d’inquiétude dans l’état-major de Tel-Aviv «car cela empêcherait tout type de raid aérien avec un risque élevé de pertes d’avions »

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Lectures complémentaires:

Hezbollah son histoire de linterieur naim qassem

Manifeste pour la Société des Sociétés

Société contre l’État: Réflexion sur l’association libre volontaire comme solution politique…

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Le communisme libertaire: une alternative au capitalisme et à l’étatisme

 

CGA / IAL 76

2009

 

Elisée Reclus a écrit: « l’anarchie est la plus haute expression de l’ordre ». Si cette idée peut paraître farfelue au premier abord à celles et ceux qui ne connaissent pas du tout l’anarchisme, c’est parce qu’elle heurte le préjugé selon lequel l’Etat est garant de l’ordre et de la justice. C’est parce que nous pensons précisément le contraire que nous sommes anarchistes. Pour nous, toute l’histoire humaine montre que c’est la hiérarchie sous toutes ses formes qui génère de l’injustice et donc du désordre. Nous pensons que plus le pouvoir est concentré entre peu de mains plus l’injustice qui en découle est puissante. Aussi, l’Etat est la forme typique et parfaite de la domination de quelques-un-es sur tous les autres. Nous pensons au contraire que la justice sociale c’est à dire l’égalité d’accès à tous les biens matériels et immatériels (et en particulier l’accès au pouvoir de décision) est la seule chose qui fait reculer le chaos et la violence. L’ordre ce n’est pas la police, c’est la justice.

L’histoire de l’anarchisme est ainsi caractérisée par une recherche et une expérimentation des formes sociales à mettre en œuvre pour concrétiser la justice, bref une recherche concrète et pragmatique d’une alternative à tous les systèmes d’oppression que sont le capitalisme, le féodalisme, le marxisme, la domination masculine, les religions, etc. L’histoire de l’anarchisme, entre les conjectures théoriques et leurs expérimentations dans le réel débouche en ce début de 21ème siècle sur une réponse synthétique au problème social que l’on peut qualifier de Communisme Libertaire.

Le projet de société anarchiste est donc communiste mais sûrement pas marxiste. Communiste, c’est à dire que sur le plan économique tous les moyens de production relèvent de la propriété commune. Libertaire, c’est à dire que tout doit être librement consenti pour que ça fonctionne. Ce libre consentement dépend de la nature des institutions typiquement libertaires que nous proposons pour faire fonctionner la société à laquelle nous aspirons.

Il s’agit de mettre à jour des méthodes et techniques d’organisation horizontale des activités humaines qui permettent de satisfaire nos valeurs (liberté, égalité et solidarité). Le communisme libertaire repose donc sur l’autogestion économique, politique et sociale de la société. Il s’agit de se doter d’institutions adéquates pour que chacun et chacune participe aux décisions qui le/la concerne, de l’échelle locale à l’échelle internationale. L’objectif: donner le contrôle à la base, pour que les décisions soient prises par toutes et tous afin que les choix politiques soient réellement faits dans l’intérêt général. Ce système politique c’est la démocratie directe. Loin de toute conception référendaire qui suppose l’existence d’une minorité politique en place qui « consulte » la base, il s’agirait de généraliser l’assemblée générale souveraine à tous les secteurs: usines, bureaux, écoles, agriculture, quartiers, communes. Si la démocratie directe, pour être au plus près des besoins humains réels, s’exerce naturellement et spontanément à l’échelle locale, le champ économique comme le champ politique aurait ensuite leur propre logique fédérative: de la commune vers la région, de la région vers la « nation » puis vers l’international. Chaque passage d’un niveau à l’autre s’effectue du bas vers le haut à l’aide de mandaté-e-s révocables à tout moment. C’est ce mécanisme, le fédéralisme libertaire, qui rend l’autogestion généralisable à une très large échelle géographique. Ainsi la fédération des communes libres est l’alternative aux prétentions organisatrices de l’Etat qui, rouge, rose, bleu ou vert a toujours été et sera toujours l’outil de domination d’une minorité privilégiée. La démocratie représentative est incapable de servir l’intérêt général précisément parce que ses élus, étant irrévocables pendant leur mandat, constituent une classe sociale à part entière, particulièrement consciente de ses intérêts. Privilégié-e-s politiques, ils ne peuvent qu’avoir des rapports d’entente plus ou moins formels avec les privilégié-e-s économiques: les patrons et notamment les plus gros et les plus influents d’entre-eux. Mais encore, la compétition pour l’accès aux postes de pouvoir rend les pratiques immorales indispensables pour qui veut gagner une élection.

Sur le plan économique, pour nous, la seule façon de garantir une véritable propriété collective des moyens de production c’est l’autogestion. Il n’y a pas de véritable propriété collective si les travailleurs et travailleuses ne décident pas eux-mêmes ce qu’il faut produire et comment le produire. En dernier ressort, être propriétaire de quelque-chose c’est décider souverainement de l’usage que l’on fait de cette chose. La propriété étatique des moyens de production telle qu’elle est défendue par le marxisme, ne consiste donc qu’à transmettre le pouvoir de décision économique à une nouvelle minorité: l’Etat.

Par conséquent, le communisme libertaire consiste à abolir les mécanismes du marché. Le marché « parfait » est un mythe propre à l’idéologie libérale, la concurrence débouche toujours sur des monopoles, des rentes de situation, sur la concentration de la richesse entre quelques mains et donc sur des crises, bref une certaine forme de féodalité…. il faut bien comprendre que le « marché » est synonyme d’opacité. En effet, faire fonctionner l’économie par le marché c’est accepter l’idée que la société ne contrôle pas de façon démocratique ce qu’elle produit, c’est accepter de tout accepter sans avoir son mot à dire. A l’heure de la crise écologique et financière où tout le monde s’accorde à dire que l’économie doit être rationalisée, le marché doit nous apparaître archaïque. Qu’on le veuille ou non, l’explosion mondiale des inégalités et le dépassement des limites écologiques à venir nous oblige à repenser un autre modèle économique et politique qui ne soit ni capitaliste ni marxiste. Le point commun de ces deux drames des deux derniers siècles n’est-il pas le refus de la démocratie c’est à dire le refus de donner le contrôle à la base? Plus que jamais, l’anarchisme et son projet communiste libertaire largement accrédité par les expériences historiques dont il peut se prévaloir peut et doit apporter aux mouvements sociaux le projet alternatif qui leur fait tant défaut et qui explique pour une large part leurs échecs trop fréquents.

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Lectures complémentaires:

Marshall-Sahlins-La-nature-humaine-une-illusion-occidentale-2008

James-C-Scott-Contre-le-Grain-une-histoire-profonde-des-premiers-etats

James_C_Scott_L’art_de_ne_pas_être_gouverné

JP-Marat_Les_chaines_de_lesclavage_Ed_Fr_1792

Rudolph Rocker_Anarchie de la theorie a la pratique

Manifeste pour la Société des Sociétés

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

Manifeste contre le travail

Un monde sans argent: le communisme

La Morale Anarchiste de Kropotkine)

Appel au Socialisme Gustav Landauer

Analyse politique: Une ferme, un monde, une guerre, la nécessité d’un réseau de résistance internationale (EZLN), suite et fin…

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, colonialisme, crise mondiale, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, police politique et totalitarisme, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, société libertaire, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 11 octobre 2018 by Résistance 71

 

Un continent comme arrière-cour, un pays comme cimetière, une pensée unique comme programme de gouvernement et une petite, très petite, minuscule rébellion

 

SCI Galeano, SCI Moisés

 

9 octobre 2018

 

url de l’article en français:

https://www.lavoiedujaguar.net/Un-continent-comme-arriere-cour-un-pays-comme-cimetiere-une-pensee-unique-comme

 

1ère partie

 

Suite de la participation de la Commission Sexta de l’EZLN à la rencontre des réseaux de soutien au Conseil indigène de gouvernement et à sa porte-parole. Août 2018.

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Deuxième partie

Du monde, nous descendons vers le continent.

Si on regarde vers le haut…

On voit les exemples de l’Équateur, du Brésil et de l’Argentine, où non seulement on déplace des gouvernements supposés progressistes, mais aussi où on les poursuit en justice et met à leur place des gouvernements formés en bons contremaîtres, en contremaîtres obéissant au capital (même si, soyons justes, ils sont encore assez maladroits dans leur cynisme) pour la nouvelle restructuration de la finca (ferme) mondiale ; il s’agit de Temer au Brésil, Macri en Argentine et, en Équateur, celui qui était un bon parce qu’il a été mis par le récemment accusé Correa (celui de la « révolution citoyenne » — « de gauche », l’argument de vente de l’intelligentsia progressiste) et maintenant il s’avère qu’il est de droite, Lenin Moreno — paradoxalement il s’appelle Lénine.

Sous la vigilance de l’État qui s’est converti en policier de la région, la Colombie, et d’où ils menacent, déstabilisent et planifient des provocations qui justifient les invasions des « forces de paix », partout en Amérique du Sud on en revient aux temps brutaux de la colonie, maintenant avec le « nouvel » extractivisme, qui n’est que le pillage ancestral des ressources naturelles, classifiées comme « matières premières », et qui est avalisé par les gouvernements progressistes de la région et promu comme un « extractivisme de gauche » — quelque chose comme un capitalisme de gauche ou une gauche capitaliste ou qui sait ce que ça veut dire —, mais on détruit et dépouille pareillement, sauf que c’est pour une « bonne cause » (?). Toute critique ou mouvement opposé à la destruction des territoires des peuples originaires est catalogué « promu par l’Empire », « inspiré par la droite » et autres équivalents à « c’est un complot de la mafia du Pouvoir ».

Bref, sur le continent, « l’arrière-cour arrière » du Capital s’étend jusqu’au Cap Horn.

Mais si on regarde en bas….

On voit des rébellions et des résistances, en premier lieu, des peuples originaires. Vouloir les nommer tous ne leur rendrait pas justice, car il y aurait toujours le risque d’en omettre quelques-uns. Mais leur identité se manifeste dans leur lutte. Là où la machine rencontre une résistance à son avancée prédatrice, la rébellion revêt des couleurs nouvelles tellement elles sont anciennes et parle des langues « étranges ». Le pillage, également déguisé en mise en valeur de la terre, tente d’imposer sa logique mercantile à ceux qui appellent la terre la mère.

Ces résistances sont accompagnées par des groupes, des collectifs et des organisations qui, sans faire eux-mêmes partie des peuples originaires, partagent avec eux leurs efforts et leur destin, c’est-à-dire leur cœur. Ce qui les amène à subir calomnies, persécutions, emprisonnements et, souvent, la mort.

Pour la machine, les peuples originaires sont des choses, incapables de penser, de sentir et de décider ; il n’est donc pas étranger à sa logique automatisée de penser que ces groupes en réalité « dirigent », « utilisent » et « manipulent » ces « choses » (les peuples originaires) qui refusent d’adhérer à l’idée que tout est marchandise. Tout, y compris leur histoire, leur langue, leur culture.

Pour le système, le destin des indigènes est dans les musées, dans les spécialisations de l’anthropologie, dans les marchés d’artisanat et dans l’image de la main tendue attendant l’aumône. Il doit être désespérant, pour les théoriciens et les avocats de la machine, cet analphabétisme qui ne comprend pas les mots : « consommation », « profit », « progrès », « ordre », « modernité », « conformisme », « achat et vente », « reddition », « capitulation ». Ce qu’il faut pour alphabétiser ces réfractaires à la civilisation, ce sont les programmes d’aide qui divisent et confrontent, les barreaux des prisons, le plomb et la disparition. Et, bien sûr, il y a ceux qui se vendent et livrent les leurs au bourreau, mais il y a des communautés qui restent rebelles parce qu’elles savent qu’elles sont nées pour la vie, et que les promesses du « progrès » cachent la pire mort : celle de l’oubli.

Continuons avec l’Amérique centrale — où Shakespeare se répète au Nicaragua, et le couple Macbeth, Daniel et Rosario, se demande : « Qui aurait pu imaginer que le vieux (Sandino) avait tant de sang dans le corps ? » et tente en vain de s’essuyer les mains sur un drapeau rouge et noir —, qui commence à se transformer, d’un territoire oublié (après un pillage impitoyable), en un problème pour le grand capital car c’est un grand fournisseur et tremplin de migrants ; et c’est ce qui va conférer au Mexique, et en particulier au Sud-Est mexicain, un rôle de mur.

Et nous avons décidé d’inclure le Mexique dans l’Amérique centrale parce que son histoire le lie à l’Amérique latine et que, même sur les cartes du monde, l’Amérique centrale est le bras tendu de ceux qui sont frères dans la douleur et la colère.

Mais leur vocation étrangère conduit les différents gouvernements que ce pays a subi et subira et ses milieux politiques à admirer, imiter, servir et chercher « l’annexion des peuples de notre Amérique au Nord troublé et brutal qui les méprise » (José Martí, « Lettre à Manuel Mercado », 18 mai 1895).

Quand Donald Trump dit qu’il veut construire son mur, tout le monde pense au rio Bravo, mais le capital pense au rio Suchiate, à l’Usumancita et au rio Hondo. En réalité le mur se trouvera au Mexique pour arrêter ceux qui viennent d’Amérique centrale et cela peut aider à comprendre pourquoi Donald Trump, le 1er juillet, a salué Juanito Trump, qui venait de remporter les élections du Mexique.

Ce qui donne son sens à un mur, c’est qu’il s’oppose à « quelque chose ». Tous les murs sont dressés contre ce « quelque chose », qu’il soit appelé zombies, extraterrestres, délinquants, sans-papiers, migrants, indocumentados, illégaux, clandestins, étrangers. Les murs ne sont qu’une variante de la porte et des fenêtres fermées d’une maison, qui se protège ainsi de l’étranger, de l’étrange, de l’Alien qui, dans sa différence porte la promesse de l’apocalypse finale. L’une des racines du mot « ethnicité » renvoie à la notion de « gens étrangers ».

Dans les plans de capital, le mur contre l’Amérique latine aura la forme de l’impossible corne d’abondance et s’appellera « le Mexique ».

Dans la région du Sud-Est, nous l’avons dit, la première étape du mur Trump est en construction. Le bureau « national » d’immigration continuera à agir en subordonné de la Border Patrol ; et le Guatemala et le Belize sont la dernière étape avant d’arriver à la douane nord-américaine. Cela fait du Sud-Est mexicain l’une des priorités de conquête et d’administration.

Ainsi, dans les nouveaux plans « géopolitiques », on propose de créer un « tampon », un « amortisseur », un filtre qui réduise radicalement les migrations. Ainsi on propose un placebo pour dissiper le cauchemar du capital : une horde de zombies (c’est-à-dire de migrants) au pied de ses murs, menaçant son style de vie et « gravant » sur la surface indifférente de fer et de béton un graffiti qui signale :

« Ton bien-être est construit sur mon malheur. »

Dans ce pays, également appelé « République mexicaine », les dernières élections fédérales ont réussi à cacher la réalité… pendant un instant : la crise économique, la décomposition sociale (avec sa longue liste de féminicides) et la consolidation (malgré les prétendus « coups mortels » portés au narco) des États parallèles (ou imbriqués dans les États nationaux) de ce qui est appelé « le crime organisé ». Pendant un bref moment, les meurtres, enlèvements et disparitions de femmes de tous âges ont été relégués au second plan. Ainsi que la cherté de la vie et le chômage. Mais, à mesure que l’enthousiasme pour le résultat des élections s’estompe, la réalité dit une fois de plus : « Me voici, il manque mon vote… et ma faux. »

De l’horreur qui a fait du Mexique un cimetière dans les limbes, le non-lieu des disparitions, nous ne parlerons pas beaucoup. Il suffit d’écouter les médias pour en avoir une vague idée. Mais on peut en trouver une description, une analyse et une évaluation plus approfondies dans les participations de Jacobo Dayán, Mónica Meltis, Irene Tello Arista, Daniela Rea, Marcela Turati, Ximena Antillón, Mariana Mora, Edith Escareño, Mauricio González González et John Gibler, dans le séminaire du mois d’avril dernier, « Regards, écoutes, paroles ; interdit de penser ? », au Cideci de San Cristóbal de Las Casas, au Chiapas, et dans leurs écrits, chroniques, reportages et tribunes. Et pourtant, lire ou entendre parler de l’horreur quotidienne est très différent de la vivre jour après jour.

Le grand capital ne se soucie pas des disparitions, des enlèvements et des féminicides. Ce qui le préoccupe, c’est sa sécurité et celle de ses programmes. La corruption qui le dérange est celle qui réduit son profit. C’est pourquoi on lui propose : « Je vais faire un bon contremaître, avec moi la plèbe sera tranquille et contente, tu auras de nouveau la sécurité que les gouvernements précédents n’ont pas su t’assurer, tu vas pouvoir prendre ce que tu veux prendre, et je ne vais rien te voler. »

Une chose continue de gêner le système, c’est l’État national, et il lui assignera de plus en plus la seule fonction pour laquelle naît tout État, à savoir assurer par la force la relation entre dominateurs et dominés.

Les plans de développement des nouveaux gouvernements partout dans le monde ne sont que des déclarations de guerre particulières dans les territoires où ces plans de développement vont s’appliquer.

En termes crus, on dirait qu’on se propose de construire des friches et des déserts, et en même temps on construit déjà l’alibi pour esquiver la responsabilité de cette destruction : « Nous vous avons anéantis, mais c’était pour le bien de tous. »

Je me suis trompé. Nous avions prévu qu’il allait y avoir une fraude électorale (et il y en a eu une, mais dans un autre sens). Nous avions prévu que López Obrador allait gagner, mais que le système allait escamoter son triomphe par la triche. Et nous avons réfléchi aux options du système après cette fraude. Selon notre analyse le scandale ne leur faisait pas peur parce qu’ils avaient déjà enduré le scandale de la Maison Blanche, d’Ayotzinapa, de la Estafa Maestra (la Parfaite Arnaque), les affaires de corruption des gouvernements des régions, alors au cas où la fraude aurait fait scandale, Peña Nieto n’en avait rien à faire. Nous pensions que le dilemme du système était de choisir entre Meade et Anaya, choisir celui qui était le plus à droite, le plus efficace pour ses plans, lequel des deux serait le meilleur contremaître.

La possibilité d’une résistance soutenue et radicale du candidat qui allait être évincé étaient minimes, rien de dangereux pour le système n’allait donc se produire, mais il allait y avoir des protestations. C’est l’excuse que je vous présente, parce que c’est en pensant à ça que nous avons retardé la convocation des réseaux, parce que nous pensions qu’il y aurait des protestations, des blocages et tout ça, et que si nous les invitions, peut-être qu’ils allait être coincés quelque part ; pour cette raison, l’appel vous est arrivé tard, excusez.

Nous, zapatistes, nous nous préparons toujours au pire. Si ça arrive, on y était prêts. Si ce n’est pas le cas, nous y étions aussi prêts.

Nous pensons donc maintenant, d’après ce que nous voyons, que nous ne nous sommes pas trompés, qu’en effet le système a choisi, parmi les quatre candidats, celui qui se propose comme le plus efficace, M. López Obrador. Et les preuves d’amour que M. López Obrador a données, ou que ce monsieur donne, au grand capital, c’est-à-dire au finquero, sont entre autres la reddition des territoires des peuples originaires. Ses projets pour le Sud-Est, pour n’en citer que quelques-uns, pour l’Isthme, pour les États du Chiapas, du Tabasco, du Yucatán et de Campeche, sont en réalité des projets de dépossession.

Et ce qui préoccupe surtout un gouvernement sortant, c’est l’impunité, pas ses taux de popularité. Alors le « vote » gouvernemental devait aller à ceux qui garantissent qu’ils ne seront pas poursuivis en justice. Que l’exil ou la prison ne soient pas le recours toujours nécessaire pour légitimer la nouvelle administration. Le nouveau contremaître devait promettre (et prouver) qu’il ne criminaliserait pas le contremaître précédant.

Mais ne croyez pas que le nouveau gouvernement va être comme n’importe quel autre contremaître, avec lui vient la « nouvelle » pensée unique.

Il y a une espèce de nouvelle religion en gestation. On dirait que la religion du marché, qui apparaît partout où les gouvernements de droite s’emparent du pouvoir, ne suffit plus, qu’une sorte de nouvelle morale s’impose avec l’argument quantitatif et attaque le travail scientifique, l’art et la lutte sociale.

Il n’y a plus de luttes pour une revendication, ce qu’il y a, ce sont de bonnes luttes et de mauvaises luttes. En termes plus clairs : il y a les bonnes luttes et il y a les luttes qui servent la mafia du pouvoir, le « bon » art et celui qui sert la mafia du pouvoir, le travail scientifique « correct » et celui qui sert la mafia du pouvoir. Tout ce qui n’est pas guidé par la nouvelle pensée unique qui est en cours de définition fait partie de l’ennemi. Et la foi, ou plutôt la nouvelle foi qui est en train de naître, a besoin d’un individu exceptionnel, d’une part, et de masses qui le suivent.

C’est arrivé au cours d’autres épisodes de l’histoire mondiale, et maintenant ça va commencer à arriver ici. Ce qui fait qu’au lieu de répondre avec des arguments aux critiques et objections que vous faites, ou que nous faisons, on dit, par exemple, que nous sommes grossiers ou que nous sommes envieux.

Nous ne doutons pas qu’il y ait des gens qui, honnêtement, ont pensé que le changement promis, en plus de ne pas coûter cher (il suffisait de cocher un bulletin de vote), mènerait à un changement réel, « véritable ». Ça doit faire enrager que dans le panorama d’en haut on retrouve les noms des criminels d’avant, même s’ils ont changé de couleur pour adopter le rouge cerise.

Mais la vocation de droite de la nouvelle équipe gouvernementale est indéniable. Et son entourage « intellectuel » et social revendique sans rougir sa tendance autoritaire. Le scénario que nous avons décrit il y a treize ans, en 2005, est suivi à la lettre. Celui qui a été mauvais dans la défaite est mauvais dans la victoire. Dire que le prochain gouvernement est de gauche ou progressiste n’est qu’une calomnie. Alors nous utilisons la métaphore de l’œuf du serpent. Il y a un film d’Ingmar Bergman qui s’appelle comme ça, et il y a une scène où un médecin (qui, soit dit en passant, a été joué par l’acteur de Kung Fu David Carradine) explique que ce qui se passe à l’époque en Allemagne — qui va devenir fasciste — peut se comparer à un œuf de serpent, si on le regarde à contre-jour, on voit ce qu’il y a dedans, et on y voyait alors ce qui se passe actuellement.

Vous savez que tous les efforts du Movimiento de Regeneración Nacional, de López Obrador et de son équipe, depuis le 1er juillet, sont de se mettre bien avec la classe dominante et le grand capital. Il n’y a aucun indice (personne ne peut dire qu’il a été trompé), aucune indication qu’il s’agit d’un gouvernement progressiste, aucune. Ses principaux projets vont détruire les territoires des peuples originaires : le million d’hectares de la Lacandona, le Train Maya, ou le corridor de l’Isthme qu’il veut faire, entre autres. Sa franche empathie avec le gouvernement de Donald Trump est déjà une confession publique. Sa « lune de miel » avec des hommes d’affaires et le grand capital transparaît dans les principaux membres de son cabinet et dans ses plans pour la « Quatrième Transformation ».

Il est clair, nous croyons, que l’approbation du Pouvoir, de l’Argent, est plus qu’une reconnaissance du « triomphe » de López Obrador. Dans les rangs du grand capital, il y a un réel enthousiasme pour les opportunités de conquête qui s’ouvrent avec le programme du gouvernement lopezobradoriste.

Nous avons des faits concrets et beaucoup de rumeurs (qui ne peuvent être prouvées) sur ce qui s’est passé dans le récent processus électoral. Nous ne les rendons pas publics parce qu’on pourrait en déduire qu’il y a eu fraude, et rien n’est plus éloigné de nos intentions que de tenter de gâter l’euphorie qui gagne les « 30 millions ».

Mais ce que personne ne veut souligner, c’est qu’il y avait une sorte d’« effet d’annonce », tout comme cela s’était produit lors des élections précédentes, celles de Calderón et de Peña Nieto. En d’autres termes, ce ne sont pas les « institutions » qui ont dit qui avait gagné, mais les médias. Alors que le Programme de résultats électoraux préliminaires (PREP) commençait à peine, Televisa et TV Azteca disaient déjà qui était le vainqueur ; quelques minutes après, avec moins de un pour cent des votes comptabilisés, vint la reconnaissance de Meade, Anaya et la Calderona. Quelques heures plus tard, le « camarade » Trump se félicite et, à l’aube du lendemain, Carlos Salinas de Gortari (qu’on a cessé d’appeler l’innommable) se joint aux félicitations. Sans qu’on connaisse les résultats officiels, commence le baisemain que le PRI a institué en patrimoine national. Et l’Institut national électoral ? Eh bien, il remplit la fonction pour laquelle il a été créé : être le faire-valoir de la « démocratie électorale ». Les « institutions » responsables du scrutin se sont limitées à suivre l’avalanche médiatique.

Les intellectuels progressistes qui, au cas où il ne se serait pas agi de leur leader, auraient dénoncé ce qui s’est passé comme un « coup d’État médiatique », souscrivent maintenant sans rougir au « d’une façon ou d’une autre » : « on a gagné, peu importe comment ». Le fait est que tout semble indiquer que le résultat a été négocié et accepté en dehors des bureaux de vote et du calendrier électoral. Mais rien de tout cela n’a plus d’importance, le grand électeur a décrété : « Habemus Contremaître, les affaires continuent. »

Cette nouvelle pensée unique va remplacer l’argument de la raison par l’argument quantitatif : « 30 millions de gens ne peuvent se tromper », qui a été utilisé par le père, je ne me souviens plus comment il s’appelle, Solalinde ? Celui-là même (désolé, je ne le prononce jamais bien et le SubMoy me corrige toujours), et qu’on utilise sans cesse : « Pourquoi vous opposez-vous à 30 millions ? Vous êtes à peine 300 personnes et en plus sales, laides, méchantes et grossières. » Enfin, ils parlent de vous (les réseaux) ; moi, je suis juste grossier.

Avec cette nouvelle forme de foi (qui nous fait insister sur le fait qu’il manque le vote qui compte, le vote de réalité), on commence à faire prévaloir dans l’imaginaire collectif la raison de la quantité sur l’analyse et la raison argumentée.

Et l’histoire commence à se réécrire et devient la nouvelle Histoire officielle. Selon elle, tous les mouvements sociaux et politiques du passé visaient en fait à amener López Obrador à la présidence. Nous lisons maintenant que le mouvement de 68 n’a été que l’antécédent de la « fin des temps », cinquante ans plus tard. Nous lisons que Manuel Bartlett et des criminels du même type sont purifiés parce qu’ils sont du côté du vainqueur. Nous lisons qu’Alfonso Romo est un homme d’affaires « honnête » qui ne s’intéresse qu’au bien-être son prochain.

Nous avons lu que ceux qui hier étaient du PRI, du PAN, du PRD, du Parti vert écologiste, ou qui se sont formés comme militants dans le show-business, sont maintenant des leaders illustres de la « Quatrième Transformation ». Et nous lisons aussi que le soulèvement zapatiste de 1994 a été le prélude au soulèvement « citoyen » de 2018 ! Et le leader a déjà instruit que soient élaborées des théories sur son ascension au pouvoir. Il ne faudra pas longtemps pour que les historiens proches de lui modifient les manuels d’histoire.

Nous avertissons qu’une avalanche se prépare, un tsunami d’analyses frivoles et emberlificotées, de nouvelles religions laïques, de prophètes mineurs — très mineurs — parce qu’ils ont la plate-forme pour le faire. Il y aura plein de sornettes pour ceux qui veulent les avaler. Et puisque nous parlons de néo-religion, les roues du moulin seront démocratisées pour que tous puissent communier.

Apparaîtront de nouveaux boy-scouts, les éclaireurs prêts à faire le bien, mais en regardant bien à qui.

Les « représentants des citoyens » qui promeuvent la citoyennisation : ce que veulent les « autochtones » (j’te jure, c’est comme ça qu’ils disent), c’est être comme celui qui les dépouille. Être « égal », ne serait-ce que dans la fugace temporalité de l’urne, et « libre » lorsqu’il s’agit de signer la concession de la mine-hôtel-chemin de fer, le contrat d’« embauche », les versements échelonnés, le « ferme soutien à notre président », la sollicitude d’« aide gouvernementale ».

Il y aura un boom prévisible des services administratifs, mais, au lieu de ressources, on aura un dialogue. Et ça vaut la peine, même si ça ne paie pas. Parce que le modèle des « guichets » se décentralisera. Vous n’aurez plus besoin d’aller dans un bâtiment, de faire la queue et de vous rendre compte, après une longue attente, qu’il manque la copie rose. Maintenant, le guichet viendra chez vous : « Demandez, nous irons ; comme certificat vous recevrez une promesse. »

S’il y a quelqu’un qui n’a rien, il y a de fortes chances qu’il ait de l’espoir. Les nouveaux escrocs seront chargés d’administrer cet espoir, de doser leur encouragement et de le transformer en chimère qui réconforte mais ne résout rien.

On recyclera l’argument utilisé dans certains secteurs de la lutte sociale : il n’est pas possible de changer le système, ce qu’il faut faire, c’est l’administrer ou limer ses aspérités pour qu’elles ne fassent pas trop mal, autrement dit on peut vous transformer en bons contremaîtres, voire arriver à créer un bon capitalisme ; il est possible de changer le système de l’intérieur.

On devine déjà la silhouette à travers la coquille : on exige le renoncement à la raison et à la pensée critique ; l’exaltation du nationalisme fondé sur le « bon » autoritarisme ; la chasse à ce qui diffère ; la légitimité acquise à grands cris ; la néo-religion laïque ; l’unanimité imposée ; la capitulation de la critique ; la nouvelle devise nationale : « Interdit de penser ». Bref, l’hégémonie et l’homogénéité qui sont les piliers des fascismes qui ne s’avouent pas.

Ce qu’on met à notre disposition, est-ce que ce sont des concepts qui permettent de comprendre (et d’agir) ? Des termes tels que « citoyenneté », « jeunesse », « femmes », « progrès », « développement », « modernité », « démocratie électorale » comme synonyme de démocratie ?

Le terme « citoyen », comme concept pour comprendre ce qui se passe, ne sert à rien : Carlos Slim est « citoyen », tout comme le paysan dépouillé par le nouvel aéroport de Mexico. Il en est de même pour Ricardo Salinas Pliego et quelqu’un qui vit dans la rue à la suite du séisme de septembre 2017. Alfonso Romo et les membres de la communauté tzeltal qui vont être dépossédés de leurs terres pour laisser passer un train dans lequel les touristes prendront des selfies.

Un autre : « jeunesse ». « Jeunes » sont les filles de Peña Nieto, et les ouvriers et étudiants assassinés.

Un autre : « femmes ». Les « femmes » sont les Aramburuzavala, Gonda, Sánchez Cordero, González Blanco Ortiz Mena, Merkel et May, tout autant que les assassinées de Ciudad Juárez, les violées aux quatre coins du monde, les battues, les exploitées, les persécutées, les détenues, les disparues.

Tous les concepts qui éliminent la division ou qui n’aident pas à comprendre une division de classe entre dominateurs et dominés sont une tromperie et leur permettent de coexister en un seul, les uns et les autres. Cette transversalité — qu’ils disent — entre capital et travail ne sert à rien, n’explique rien et mène à une cohabitation perverse entre exploiteur et exploité et il semble un instant qu’ils soient les mêmes, alors qu’il n’en est rien.

Il y a aussi cette tentative de revenir au système d’avant, cet impossible saut en arrière vers « l’État providence », vers le « l’État bienfaiteur » de Keynes, vers le vieux PRI (ce qui a fait dire à quelqu’un en blaguant que la première transformation a été le PNR, la deuxième le PRM, la troisième a été PRI, et maintenant la quatrième transformation est le PRIMOR).

Et ainsi revient l’ancienne discussion entre réforme et révolution. Les « débats » entre les « radicaux », qui luttaient pour la révolution, et les « ringards », qui étaient pour un changement graduel, pour des réformes progressives pour atteindre le royaume du bonheur. Ces discussions avaient lieu autrefois dans les cafés. Les agoras d’aujourd’hui sont les réseaux sociaux et on peut suivre cet exercice d’auto-érotisme chez les influencers (comme on dit).

Nous pensons qu’il n’est même pas nécessaire d’en discuter, parce que la réforme n’est plus possible ; ce qu’a détruit le capitalisme n’est plus récupérable, il ne peut plus y avoir un capitalisme bon (nous pensons que cette possibilité n’a jamais existé), il nous faut le détruire totalement.

Et pour paraphraser ce qu’ont dit les femmes zapatistes à la Rencontre des femmes en lutte : il ne suffit pas de mettre le système en feu, il faut s’assurer qu’il se consume totalement et qu’il ne reste que des cendres.

On en reparlera en une autre occasion. Pour l’instant, nous voulons juste souligner que la contre-révolution sociale est tout à fait possible. Non seulement elle est possible, mais elle va être continuellement à l’affût, parce qu’on va essayer d’anéantir toute lutte extérieure à ce processus de domestication qui se prépare. On va essayer de la détruire, surtout violemment.

Non seulement par la marginalisation, non seulement par la diffamation, mais aussi par les attaques paramilitaires, militaires et policières.

Pour quiconque conteste ces nouvelles règles — qui sont en fait les anciennes —, il n’y aura pas d’amnistie, pas de pardon ni d’absolution, pas de câlins ni de photos ; il y aura la mort et la destruction.

La lutte contre la corruption (qui n’est autre que la lutte pour la bonne administration de la domination) non seulement n’inclut pas la lutte pour la liberté et la justice, mais même s’y oppose, car sous le prétexte de la lutte contre la corruption il y a une lutte pour un appareil d’État plus efficace dans la fonction quasi unique qu’a l’État national : la répression. Et il ne lui restera bientôt même pas celle-là.

Le gouvernement ne sera plus le contremaître voleur qui garde plusieurs génisses et taurillons qu’il ne signale pas au finquero. Le nouveau contremaître ne volera pas, il remettra au patron l’intégralité des gains.

Ils veulent redonner à l’État national, du Mexique en l’occurrence, ses véritables fonctions. En d’autres termes, quand on parle du besoin de sécurité, c’est la sécurité du capital ; c’est l’introduction et l’amélioration d’un nouvel État policier : « Je vais bien faire les choses parce que je vais garder un œil sur tout. » La sécurité exigée par la citoyennisation est en fait la réimplantation d’un système policier, un mur modernisé et professionnalisé qui sache faire la distinction entre « les bons » et « les méchants ».

La police de la capitale sera professionnalisée. Le taux de criminalité y sera réduit et il y aura de « beaux » policiers qui aideront les personnes âgées à traverser la rue, iront à la recherche des animaux de compagnie égarés et s’assureront que la circulation est amicale pour ce qui compte : les voitures.

À l’extérieur, à la périphérie, la collusion continuera entre ceux qui doivent prévenir et poursuivre le crime et ceux qui le commettent. En contrepartie, le tourisme extrême sera encouragé : dans la capitale, des « tours » et des « safaris » seront organisés pour connaître ces créatures rares qui habitent les ombres ; les touristes pourront prendre un selfie avec le jeune homme arrêté-battu-assassiné, son sang brouillant les couleurs des tatouages, éclipsant l’éclat des piercings et des rivets, tachant le vert-violet-bleu-orange des cheveux. Qui c’était ? Qui s’en soucie ? Dans un selfie tout ce qui n’est pas le « moi » est juste mise scène, anecdote, émotion « forte » à montrer sur le face, sur instagram, parmi les chats, les autobiographies. Et, dans le haut-parleur du véhicule blindé, la sympathique guide touristique met en garde : « Nous vous rappelons que la consommation de tacos, tortas et autres garnachas est à vos risques et périls ; l’entreprise n’est pas responsable des indigestions, gastrites et infections stomacales. Pour ceux qui sont descendus, voici du gel antibactérien. »

Le nouveau gouvernement promet de récupérer le monopole de l’usage de la force (dont l’a privé ledit « crime organisé »). Mais plus seulement avec la police et les armées traditionnelles. Également avec les « nouveaux » vigiles : les nouvelles chemises « brunes » ou rouge cerise, que vont devenir les paroissiens de la nouvelle religion laïque ; les masses qui vont attaquer les mouvements sociaux qui ne sont pas domestiqués. Les « bataillons rouges » recyclés (aujourd’hui « cerise » pour la « Quatrième Transformation ») qui devront mener à bien le « nettoyage » des sales, des laid·e·s, des méchant·e·s, des grossier·e·s, et de quiconque résiste à l’ordre, au progrès et au développement.

Alors nous continuons à descendre pour voir comment résistent (avec d’autres organisations, groupes et collectifs), nos communautés — aujourd’hui une partie de la direction collective de l’EZLN est là avec nous, quatre-vingt-dix commandantes et commandants ; ils sont plus, mais ce sont ceux qui nous accompagnent cette fois en l’honneur de votre visite (la visite des réseaux).

Nous continuons à marcher avec deux pieds : la rébellion et la résistance, le non et le oui ; non au système et oui à notre autonomie, ce qui signifie que nous avons à construire notre propre chemin vers la vie. Il se fonde sur certaines des racines des communautés originaires (ou indigènes) : le collectif, l’entraide mutuelle et solidaire, l’attachement à la terre, le fait de cultiver les arts et les sciences, la vigilance constante contre l’accumulation de richesses. Cela, ainsi que les sciences et les arts, c’est notre guide. C’est notre « façon », mais nous pensons que dans d’autres histoires et identités, c’est différent. C’est pourquoi nous disons que le zapatisme ne peut pas être exporté, pas même sur le territoire du Chiapas, mais que chaque calendrier et chaque géographie doit suivre sa propre logique.

Les résultats de notre cheminement sont visibles pour ceux qui veulent voir, analyser et critiquer. Bien sûr, notre rébellion est tellement, tellement petite, qu’il faudrait un microscope ou, mieux encore, un périscope inversé pour la détecter.

Et ce n’est pas non plus un exercice très encourageant : nos possibilités sont minimes.

On n’approche même pas, il s’en faut de beaucoup, les 30 millions.

On n’est peut-être que 300.

300

Troisième et dernière partie

Un défi, une autonomie réelle, une réponse

Et maintenant ?

Ramer à contre-courant. Rien de nouveau pour nous autres zapatistes.

Nous voulons le réitérer — nous en avons discuté avec nos peuples : nous nous confronterons à tout contremaître, quel qu’il soit ; pas seulement celui qui propose une bonne administration et une répression correcte — autrement dit cette lutte contre la corruption et le plan de sécurité fondé sur l’impunité —, mais aussi ceux qui derrière des rêves avant-gardistes tentent d’imposer leur hégémonie et de nous homogénéiser.

Nous ne changerons pas notre histoire, notre douleur, notre rage, notre lutte pour le conformisme « progressiste » et sa marche derrière le leader.

Il se peut que les autres l’oublient, mais nous, nous n’oublions pas que nous sommes zapatistes.

Et dans notre autonomie et à propos d’elle — vu qu’on discute de savoir si elle va être reconnue ou ne va pas être reconnue —, nous avons fait ce raisonnement : l’autonomie officielle et l’autonomie réelle. Celle qui est officielle est celle qui est reconnue par les lois. La logique serait : vous avez une autonomie, maintenant je la reconnais dans une loi, alors votre autonomie commence à dépendre de cette loi et ne conserve plus ses formes, puis, quand il va y avoir un changement de gouvernement, alors vous devez soutenir le « bon » gouvernement, et voter pour lui, promouvoir le vote pour lui, car si arrive un autre gouvernement, ils vont vous enlever la loi qui vous protège. Ça fait donc de nous les pions des partis politiques, comme cela s’est produit pour des mouvements sociaux dans le monde entier. Ce qui compte, ce n’est plus ce qui s’effectue dans la réalité, ce qui est défendu, mais ce que la loi reconnaît. La lutte pour la liberté se transforme ainsi en lutte pour la reconnaissance légale de la lutte elle-même.

On a parlé à nos chefs femmes et hommes. Ou plutôt nous avons parlé avec les peuples qui nous donnent le pas, le cap et le destin. Avec leur regard, nous voyons ce qui vient.

Nous avons discuté, et nous avons dit, eh bien, si nous disons cela, que va-t-il se passer ?

Nous allons rester seuls, on va nous dire que nous sommes marginalisés, que nous restons en dehors de la grande révolution… de la « Quatrième Transformation » ou de la nouvelle religion (quel que soit le nom qu’on lui donne), et il nous faudra encore une fois ramer contre le courant.

Mais ça n’a rien de nouveau pour nous, de nous retrouver seuls.

Et puis nous nous sommes demandé : bon, avons-nous peur de nous retrouver seuls ? Avons-nous peur de nous en tenir à nos convictions, de continuer à nous battre pour elles ? Avons-nous peur que ceux qui étaient en notre faveur se retourne contre nous ? Avons-nous peur de ne pas nous rendre, de ne pas nous vendre, de ne pas capituler ? Et finalement nous avons conclu : bon, nous sommes en train de nous demander si nous avons peur d’être zapatistes.

Nous n’avons pas peur d’être zapatistes et nous allons continuer à l’être.

C’est comme ça qu’on s’est demandé et qu’on s’est répondu.

Nous pensons qu’avec vous (les réseaux), envers et contre tout, parce que vous n’aviez pour vous ni moyens, ni consensus, ni mode, ni salaire — vous avez même dû payer de votre poche —, que malgré tout ça, autour d’un collectif d’indigènes et d’une petite femme chaparrita, et, elle, réellement morena, de la couleur de la terre, nous avons dénoncé un système prédateur et défendu la raison d’être d’une lutte.

Et donc nous cherchons d’autres personnes qui n’aient pas peur. Nous vous demandons donc à vous (les réseaux) : vous avez peur ?

Pensez-y, si vous avez peur, eh bien on cherchera ailleurs.

Pour un Réseau de résistance et de rébellion

Lectures complémentaires:

Manifeste pour la Société des Sociétés

la-sixta

Résistance au colonialisme: De l’hystérie des célébrations de la « découverte » de nouveau monde (Mohawk Nation News)

Posted in actualité, altermondialisme, canada USA états coloniaux, colonialisme, France et colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , on 11 octobre 2018 by Résistance 71


Génocide & crimes de l’église et de l’état

 

L’hystérie de Thanksgiving / jour d’action de grâce et du jour de Colomb

 

Mohawk Nation News

 

10 octobre 2018

 

source: http://mohawknationnews.com/blog/2018/10/10/columbus-thanksgiving-hysteria/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Tous les ans, les envahisseurs de l’Île de la Grande Tortue célèbrent le génocide continu du peuple naturel de la terre. Christophe Colomb et le jour d’action de grâce vont de paire avec l’hystérie marchande du Vendredi Noir mis en place pour une fois de plus détourner l’attention de l’annihilation de millions d’Onwehonwe (peuples natifs), les véritables peuples naturels de ce continent.

Nos enfants furent enlevés et emprisonnés dans des “centres d’élimination pour enfants” appelés pour la circonstance “pensionnats pour Indiens”. Ils furent kidnappés, torturés, assassinés et brûlés dans les chaudières des caves. (NdT: ils furent aussi essentiellement enterrés dans des charniers/fosses communes aux alentours des pensionnats). Les pensionnats ne furent qu’une extension de la politique du génocide qui continue aujourd’hui.

Un régime répressif constitué d’imposteurs fut mis en place finançant et organisant l’opération de génocide.

Les envahisseurs établirent des règles sur tous les aspects de notre vie. Nous avons vécu comme des morts-vivants pendant des siècles. La connaissance de notre existence même fut presque totalement effacée par les envahisseurs. Ils ont recruté des Indiens pour faire le sale boulot à leur place.

L’État maintient une surveillance accrue sur nous. Nous sommes sur ce qui reste de nos terres, tentant de survivre.

Nous sommes naturels, nous nous sauverons les uns les autres. Le monde sait que le Canada et les Etats-Unis sont des entités assassines.

Nous sommes retenus otages. Nous sommes nés libres et recouvrerons notre liberté. Les envahisseurs sont venus ici pour tuer et exploiter, ils ne sont pas venus en paix. Ils constituent un monumental échec en regard de cette planète. Ils sont maintenant en train de penser et de mettre en œuvre leur propre extinction. La Nature prendra de difficiles décisions pour assurer notre survie.

Lectures complémentaires:

Comprendre-le-systeme-legal-de-loppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-peter-derrico1

Comprendre-le-systeme-legal-doppression-coloniale-pour-mieux-le-demonter-avec-steven-newcomb1

Effondrer le colonialisme

Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

Un_manifeste_indigène_taiaiake_alfred

kaianerekowa Grande Loi de la Paix

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

si-vous-avez-oublie-le-nom-des-nuages-vous-avez-oublie-votre-chemin

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte


Wampum Deux Rangées

Technologie et totalitarisme: toujours plus avant dans l’escroquerie des compteurs « intelligents » Linky…

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Le compteur Linky et autres gadgets inutiles avenants comme la 5G ou la grille de contrôle électronique planétaire se refermant sur les peuples…

Il suffit de dire NON ! Beaucoup le font, levons-nous en masse dans la désobéissance et le refus pur et simple de consentir et ce sera fin de partie garantie assurée pour l’oligarchie en place.

A bas l’État, à bas l’argent, à bas la marchandise, à bas le salariat !

Tous unis pour une société des sociétés !

~ Résistance 71~

 

Compteur Linky: l’ADEME s’enfonce dans le mensonge et la tromperie

 

Stéphane L’Homme

 

9 octobre 2018

 

url du communiqué:

http://refus.linky.gazpar.free.fr/com-mensonge-ademe.htm

 

Le 8 octobre 2018 (cf communiqué ci-dessous), nous avons révélé comment l’Ademe trichait délibérément en faveur du compteur Linky, en prétendant de façon mensongère que « l’installation des compteurs communicants électriques fait partie des quatre principales mesures que les français souhaiteraient voir adoptées pour limiter les émissions de gaz à effet de serre » (cf document, page 4).

Pour faire cette affirmation, l’Ademe s’est appuyée sur une de ses précédentes études… dans laquelle il n’était absolument pas question de compteurs communicants. Après que nous ayons révélé sa tromperie, l’Ademe a réagi… mais pas pour rétablir la vérité : le document de départ (de 181 pages) a simplement été supprimé et remplacé par un bien plus court qui ne permet plus de constater le mensonge pro-Linky de l’Ademe.

Heureusement, nous avions pris soin d’enregistrer le document de départ et le voici en ligne sur notre site : vous pouvez bien noter en page 107 qu’il n’est nullement question de compteurs électriques communicants mais seulement de compteurs électriques.

Il était déjà honteux que l’Ademe mente ouvertement pour favoriser le programme Linky, mais il est encore plus grave que, prise en flagrant délit, l’Ademe continue de mentir et tente de masquer la preuve de sa forfaiture.

Honte aux dirigeants de l’Ademe, tout aussi malhonnêtes que ceux d’Enedis, de l’UFC-QueChoisir ou de Promotelec.

Stéphane Lhomme

Conseiller municipal de Saint-Macaire

= = =

Compteur Linky : l’ADEME prise en flagrant délit de tromperie

L’ADEME (agence dite « de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie ») vient de publier un rapport (1) entièrement à la gloire du compteur communicant Linky. Ce n’est pas une surprise puisque l’Ademe est placée sous la tutelle du gouvernement qui est lui-même promoteur de ce compteur. Pour autant, rien ne peut justifier que l’Ademe s’autorise à mentir ouvertement pour tenter de soutenir l’industriel Enedis, confronté à un refus de plus en plus massif du compteur Linky.

Il se trouve que dans son rapport, l’Ademe s’appuie (en page 4) sur une de ses précédentes enquêtes, titrée « Représentations Sociales de l’effet de serre – 18ème vague, septembre 2017« , pour prétendre que « l’installation des compteurs communicants électriques fait partie des quatre principales mesures que les français souhaiteraient voir adoptées pour limiter les émissions de gaz à effet de serre« .

Mais, en se reportant à la dite enquête (2), on peut noter (page 107) que l’item proposé aux sondés était « Installer dans les foyers des compteurs électriques qui analysent les consommations pour permettre aux gens de faire des économies d’énergie ».

A aucun moment il n’était question de compteurs communicants comme le prétend aujourd’hui l’Ademe. Il s’agit donc d’un mensonge délibéré de l’Ademe dont nous exigeons une rectification immédiate et des excuses.

Par ailleurs, les items du sondage étaient proposés par l’Ademe et n’étaient absolument pas cités spontanément par les sondés, dont l’Ademe prétend aujourd’hui malhonnêtement qu’ils « souhaitent » les compteurs communicants, et même qu’il s’agit d’une demande « des français ».

Qui plus est, l’item « compteur », pratiquement présenté comme étant plébiscité, ne devance en réalité que les items relevant de mesures obligatoires, d’interdiction ou de taxation. Le comble est que l’item « compteur » n’est pas, lui, mentionné comme une obligation (assurément dans le but d’augmenter les réponses favorables) alors qu’Enedis et les pouvoirs ne cessent de prétendre que le Linky est obligatoire.

Il est par ailleurs notable que ce mensonge éhonté de l’Ademe renvoie à une tromperie d’Enedis selon qui l’installation de compteurs communicants serait « nécessaire » pour avoir accès à sa courbe de consommation et ainsi « faire des économies d’énergie ». Or :

– il est parfaitement possible d’obtenir en temps réel sa courbe de consommation avec un compteur ordinaire, et même avec un bon vieux compteur électromécanique (3) ;

– consulter une courbe de consommation ne fait faire aucune économie d’énergie, contrairement à des actions concrètes comme isoler son habitation et autres mesures (4) ;

– il n’y a par ailleurs aucun besoin d’avoir sa courbe de consommation pour connaître les moments où il est conseillé de faire fonctionner ses appareils énergivores, la nuit en particulier.

Globalement, le rapport de l’Ademe se contente de reprendre la propagande et les éléments de langage d’Enedis, avançant par exemple de prétendues « économies d’énergie » (inexistantes en réalité), l’intégration des énergies renouvelables (massive en Allemagne depuis 20 ans… sans le moindre compteur communicant), ou la « nécessité » de recharger les voitures électriques… dont l’Ademe feint d’ignorer qu’elles sont aussi nocives que les voitures thermiques (5).

En conclusion, bafouant sa mission d’information de la population, l’Ademe a menti délibérément pour promouvoir indûment le compteur Linky. L’Ademe doit présenter ses excuses, rectifier son rapport et, surtout, informer enfin honnêtement sur les tares et fausses « vertus » du compteur Linky.

SL

(1) https://www.ademe.fr/compteurs-communicants-lelectricite-linky

(2) Le document de départ a été retiré par l’Ademe pour cacher sa tromperie. Voir désormais ce document ici.

(3) http://refus.linky.gazpar.free.fr/preuve-tromperie-enedis-linky.htm

(4) https://www.consoglobe.com/15-astuces-reduire-facture-electricite-3524-cg

(5) https://www.lemonde.fr/economie/article/2015/10/23/emissions-de-co2-l-impasse-de-la-voiture-electrique_4795636_3234.html

 

France, le goulag est en marche: des lycéens, mineurs arrêtés au lycée Arago (Paris 12ème) détenus dans des conditions dignes de la gestapo…

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Peuple de France, le goulag est en marche… La répression systémique de la jeunesse est la marque de l’infamie totalitaire. Il est grand temps que le peuple réalise qu’il n’y a pas plus de liberté et de liberté d’expression au sein de l’État que de beurre en branche. La France et sa république bananière n’échappe en rien à la règle, il suffit de lire ce qui suit pour s’en convaincre.
Tout pouvoir coercitif induit en lui-même sa résistance,… Tout peuple sujet à la coercition et au muselage de ses droits (devenus privilèges temporaires…) est en état de légitime défense, à ce titre…

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme.
Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite…

C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève…

Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place.
Demain du sang noir séchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute…

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?

~ Résistance 71 avec Joseph Kessel et Maurice Druon ~

Mise à jour du 10/10/18: Couverture internationale de la répression de l’état français sur les Gaulois Réfractaires aux inepties d’un système à la dérive total(itair)e. Cette photo de ce lycéen couvert de sang va faire le tour du monde sûr et certain…

https://www.rt.com/news/440806-paris-demonstration-clashes-police/

 

 

Soutien aux interpellé.e.s lycéens pacifiques d’Arago qui ont manifesté pacifiquement contre parcoursup, rendez-vous  les 19 et 22 octobre 2018 au TGI

 

Source anonyme

 

9 octobre 2018

 

« On les a traités comme des terroristes » : la colère des parents des jeunes interpellés au lycée Arago, à Paris

Après avoir occupé le lycée Arago, dans le 12e arrondissement de Paris, plusieurs dizaines de manifestants ont été interpellés et placés en garde à vue, mardi. Interrogés par franceinfo, leurs parents s’indignent des conditions de leur détention.  

« Cinq heures dans un bus sans sortir puis une nuit à croupir dans une cellule où des gens font leurs besoins par terre… Ça me révolte en tant que parent qu’une jeune de 16 ans soit confrontée à ce genre de situation ! » Réunis devant les grilles du tribunal de grande instance de Paris, jeudi 24 mai, plusieurs parents d’élèves du lycée Arago, situé dans le 12e arrondissement, dénoncent les conditions dans lesquelles leurs enfants ont été interpellés 

« Enfermés sans manger ni aller aux toilettes »

Autour de 20 heures, les manifestants sont transportés vers un commissariat du 18e arrondissement. « Mon mari les a suivis. Il a vu que les jeunes étaient restés enfermés dans des bus pendant près de cinq heures, jusqu’à environ minuit et demi, sans manger ni aller aux toilettes. C’est très grave », raconte la mère de Lila*, adolescente de 16 ans, scolarisée dans un autre lycée parisien.

Après la signification de leur placement en garde à vue, les jeunes sont répartis dans différents commissariats de la capitale. Lila passe la nuit dans des locaux du 4e arrondissement. « Nous, nous avons eu de la chance parce que nous avons réussi à savoir où elle avait été transportée, mais beaucoup de parents sont restés sans aucune nouvelle de leurs enfants », s’indigne sa mère. 

« J’ai passé la nuit à passer des coups de fil »

Pour retrouver la trace de sa fille, Hélène* a ainsi multiplié les appels. « J’ai passé la nuit à passer des coups de fil à tous les commissariats de Paris, mais on ne me disait rien. Ce n’est que le lendemain à midi que j’ai réussi à savoir où elle était. » Une mère de famille présente devant le tribunal de grande instance de Paris livre un récit similaire. « Heureusement, ma fille a pu me téléphoner lorsqu’elle était dans le bus pour me prévenir qu’elle avait été arrêtée, explique-t-elle. Sinon je n’aurais rien su avant 3 heures du matin, au moment où la police m’a appelée pour me dire que ma fille était placée en garde à vue. »

« Certains jeunes ont été baladés de commissariat en commissariat, sans pouvoir contacter leur famille ! C’est tout bonnement scandaleux », estime de son côté Jean-Jacques Renard, vice-président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de Paris.

”Ces jeunes sont juste rentrés dans un lycée pour manifester et on les a traités comme des terroristes. C’est absolument disproportionné comme réaction.”

— Jean-Jacques Renard, vice-président de la FCPE Paris

https://www.francetvinfo.fr/economie/greve/on-les-a-traites-comme-des-terroristes-la-colere-des-parents-des-jeunes-interpelles-au-lycee-arago-a-paris_2767807.html

Non à la répression policière et judiciaire ! Non aux procès politiques ! Que vive la solidarité face à la répression !

Le 22 mai dernier, suite à la manifestation de la fonction publique, 102 personnes dont une quarantaine de mineurs sont interpellées dans le lycée Arago qu’ils occupaient afin d’organiser pacifiquement une assemblée générale.

Leur garde à vue, prolongée par une nuit au dépôt et un déferrement au parquet pour la plupart d’entre eux, sera particulièrement indigne, longue (48h en moyenne, jusqu’à 60h pour certains) et entachée d’erreurs de procédures. Quasiment tous ces jeunes ont fait l’objet d’un fichage photo, digital et souvent ADN. Pour deux d’entre eux, sans aucun antécédents judiciaires : de la détention provisoire, plus de trois semaines pour l’un d’eux !

Les charges retenues contre ces jeunes sont délirantes et scandaleuses : « intrusion dans un établissement d’enseignement scolaire, les faits ayant été commis en réunion dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement », « rassemblement en vue de commettre des dégradations », etc.

Il s’agit, selon juristes et avocats, d’un détournement, à des fins de répression, d’un article du code pénal destiné à réprimer des “casseurs”, d’un dévoiement des droits politiques et syndicaux. Ces procès sont donc bien plus graves que de simples histoires de jeunes qui passent devant la justice pour quelques bêtises en manifestation ; ces procès soulèvent des questions beaucoup plus dérangeantes, qu’il est temps d’écouter et d’affronter : jouissons-nous encore, en France, de la liberté d’expression ? Sommes-nous toujours en État de droit ? Pouvons-nous accepter que des citoyens soient inquiétés alors qu’ils ne faisaient qu’exercer leur droit à manifester, à se rassembler pour discuter pacifiquement de lois iniques : Parcousup, loi ORE en l’occurrence ? Pouvons-nous accepter de glisser vers un musellement de la parole du peuple sans réagir ? 

Le 19 octobre sera examinée l’incompétence ou non du tribunal vu le caractère politique de cette affaire. 

Enfin, n’oublions pas et restons solidaires avec les 26 personnes 

Passage au tribunal : 

* Rendez-vous le vendredi 19 octobre à 13h30 au tgi, 10e chambre correctionnelle, section 2 (7 prévenus en procès)

* Rendez-vous le lundi 22 octobre à 9h au tgi, 29e chambre correctionnelle (5 prévenus en procès)

Rendez-vous de soutien : 

* Rendez-vous le mardi 16 octobre à 18h30 à la bourse du travail République pour préparer la mobilisation et organiser le soutien au tgi, à l’appel de la coordination contre la répression et les violences policières

* Rendez-vous le mercredi 17 octobre à 19h pour la 8e ronde des libertés autour du lycée arago, ronde qui préparera les rassemblements au TGI des 19 et 22 octobre

https://paris.demosphere.eu/rv/63910

contact : comitearago22mai@framalistes.org

https://paris-luttes.info/soutien-aux-interpelle-e-s-d-arago-10856

Le but du procès contre les lycéens manifestant contre Parcoursup est de « Traumatiser les jeunes pour les empêcher de se mobiliser »

témoignages de la maltraitance des lycéens manifestants contre Parcoursup pacifiquement pendant leur arrestation « on a été parqué 5 heures dans un bus de CRS, sans eau, sans nourriture, sans pouvoir contacter nos parents »

https://youtu.be/LEpcwl0n6BE

Une vidéo qui montre comment les lycéens qui ont manifesté pacifiquement contre Parcoursup au lycée d’Arago ont été traités comme des terroristes:

Des CRS casqués, armés encerclant le lycée pour attraper les lycéens qui voulaient manifester contre la réforme Blanquer. Lequel veut interdire le téléphone portable…On se demande pourquoi…Pour empêcher de filmer les bavures policières par exemple…

https://youtu.be/cUizXPtzZhM

le président de l’UNL est intelligent, il a compris que la suppression des profs c’est pour mieux fliquer les élèves:

«Nous allons supprimer 2600 postes de professeur•e•s au lycée. Ces économies nous permettront de financer une brigade spéciale qui sera chargée de tabasser les lycéen•ne•s qui protestent contre les 2600 suppressions de postes ».https://twitter.com/l_boyard/status/1046805932905238528

En plus du flicage dans les lycées, une directrice de lycée lance une interdiction du portable pour empêcher de filmer les bavures policières

https://twitter.com/unl57/status/1047529098673840128

Sarkozy voulait mettre des flics dans les lycées

http://www.leparisien.fr/societe/des-policiers-dans-les-53-etablissements-les-plus-durs-06-05-2010-911243.php

Sarkozy est pour la sélection à l’université

https://www.letudiant.fr/educpros/actualite/nicolas-sarkozy-prone-la-liberte-de-selectionner-a-l-universite.html

Les portables au lycée interdits dès la rentrée prochaine

Le Sénat veut autoriser les lycées à interdire les portables via leur règlement intérieur pour empêcher les lycéens de filmer les bavures policières, car on l’a vu, les flics arrêtent les journalistes qui filment les arrestations de lycéens par les policiers 

http://www.lepoint.fr/societe/vers-une-interdiction-du-portable-dans-les-lycees-17-07-2018-2236896_23.php

2 journalistes qui ont filmé la violente arrestation des lycéens manifestant contre Parcoursup au lycée Arago ont été arrêtés

https://www.streetpress.com/sujet/1528812614-reporters-independants-occupation-arago

Le 22 mai, environ 130 lycéens inquiets qui protestaient contre Parcoursup et occupaient

pacifiquement le lycée Arago ont été arrêtés. D’autres arrestations, y compris de mineurs ont eu lieu dans plusieurs établissements parisiens.

Ces jeunes ont été frappés par une répression inouïe, et cette première rencontre avec la Justice les a traumatisés ainsi que leur famille. Retenus 6 heures dans un bus bondé, sans toilettes, ni eau ni nourriture, gardes à vue prolongées, conditions de détention indignes, mineurs fouillés à corps, mineurs et jeunes majeurs déférés au Parquet placés sous contrôle judiciaire, jeunes placés en détention provisoire…

Les témoignages sont nombreux et concordants, et ils n’émanent pas de prétendus casseurs.

Le SNES-FSU condamne avec la plus grande fermeté les violences policières dont sont victimes les jeunes qui manifestent leur opposition au projet de tri social qu’est Parcoursup.

Il soutient les jeunes et leurs familles indûment poursuivis, et appelle à les soutenir en participant au rassemblement qui aura lieu à Paris le 15 juin 2018.

https://www.snes.edu/Lyceens-contre-Parcoursup-en-garde-a-vue-le-peril-jeune.html

2 journalistes qui ont filmé la violente arrestation des lycéens manifestant contre Parcoursup au lycée Arago ont été arrêtés

https://www.streetpress.com/sujet/1528812614-reporters-independants-occupation-arago

Avec le LPC, l’Etat français entreprend silencieusement le fichage informatique centralisé des compétences des citoyens, dès l’école et tout au long de la vie

l’éducation nationale n’a cessé de développer le fichage des enfants jusque dans l’enseignement supérieur et en apprentissage, multipliant notamment les environnements numériques de travail (ENT) et les téléservices en partenariat avec les collectivités territoriales et/ou au bénéfice de partenaires privés

Un courrier interne a également été dévoilé en mai 2017, démontrant que le ministère s’apprête à mettre les bases de données scolaires, y compris les répertoires des élèves, à disposition des GAFAM (Google, Appel, Facebook, Amazon, Microsoft et autres géants du web) et ce, dans un vide juridique total reconnu par la Cnil, ouvrant la porte à la commercialisation des données scolaires et au profilage des élèves par des sociétés privées (assureurs, recruteurs…).

Aujourd’hui, avec le retour de Blanquer aux commandes, mais cette fois comme ministre, de nombreux projets menacent l’éducation nationale et les pédagogies émancipatrices. La liberté pédagogique des équipes est menacée par un management pseudo-scientifique aux résultats, avec notamment le retour et la multiplication des évaluations nationales, favorisant les méthodes transmissives. La réforme du travail placera plus que jamais l’école dans un rôle de préparation à l’employabilité, dans un esprit de compétition exacerbée du marché des travailleurs, où chacun devra se vendre, sur la base de ses compétences. La lutte contre le Livret scolaire numérique LSUN ne peut être isolée de ces « réformes » qui sapent l’éducation.

https://retraitbaseeleves.wordpress.com/2017/09/12/appel-a-la-convergence-des-luttes-contre-le-lsun/

https://resistance71.wordpress.com/2018/08/31/education-sous-nouvel-ordre-mondial-la-vaste-fumisterie-elitiste-de-parcoursup-et-de-ses-sponsors-prives/

Le 22 mai 2018 se tenaient à Paris et dans toute la France des manifestations, regroupant des fonctionnaires, des étudiant.e.s, des lycéen.ne.s, des cheminot.e.s , des salarié.e.s de l’énergie. 

Des dizaines de milliers d’individu.e.s sont descendu.e.s dans la rue pour se dresser et protester contre les réformes de notre gouvernement et contre les politiques actuelles.

Le 22 mai 2018, à Paris, 12e arrondissement, s’est tenu un rassemblement devant le lycée Arago, improvisé par des étudiant.e.s et des lycéen.ne.s, venu.e.s protester contre les inégalités engendrées par ParcourSup. Ces manifestant.e.s sont rentré.e.s dans le lycée afin de tenir une occupation pacifique, et ont organisé rapidement une Assemblée Générale afin de discuter de la suite des événements dans le calme et le respect des lieux.

Le 22 mai 2018, dans le lycée Arago, 101 jeunes ont été interpellé.e.s, arrêté.e.s, et placé.e.s en garde à vue. Parmi ces 101 étudiant.e.s, nous constations la présence de mineur.e.s, parfois très jeunes. En résumé, ce sont 101 jeunes non masqué.e.s, non armé.e.s et non agressif.ve.s, venu.e.s avec pour seule intention celle de débattre, que le gouvernement a arrêtés.

Nous dénonçons les conditions de détention absolument honteuses, enfermé.e.s à plus de 60 dans un bus de 30 places pendant plus de 4 heures, garé dans le parking souterrain du commissariat du 18e arrondissement, puis parqué.e.s dans ce même parking comme des animaux, sans eau, sans droit d’aller aux toilettes, sans information. Nous dénonçons aussi les interrogatoires, la pression mise à des jeunes mineur.e.s, les cellules de 9 mètres carrés remplies par 25 personnes, les actes de violence de certains policiers, les mensonges sur les heures de sortie, les nombreux vices de procédures. Ces jeunes ont été pour la plupart retenus 60h en garde à vue avec l’impossibilité de contacter leurs proches.

Ce procès est un procès politique

Le Jeudi 24 mai 2018, 67 d’entre eux ont été déférés en comparution immédiate : parmi eux la plupart ont été mis en examen pour des charges telles que “intrusion” et “rassemblement en vue de commettre des dégradations” ; amenant une interdiction de pénétrer dans Paris jusqu’à la date du procès.

Ce procès est un procès politique. Aucune violence de la part des interpellé.e.s, aucune dégradation : rien ne justifie de telles sanctions, une telle dureté, si ce n’est faire peur aux lycéen.ne.s qui se mobilisent, aux manifestant.e.s, à ceux et celles qui font entendre leur voix !

Ces procès sont bien plus graves que de simples histoires de jeunes qui passent devant la justice pour quelques bêtises en manifestation ; ces procès soulèvent une question beaucoup plus dérangeante, que certains voudraient étouffer : avons-nous encore une totale liberté d’expression ?

Ces actes sont la preuve que nous glissons peu à peu vers un musèlement de la colère du peuple, vers un État de droit privatisant tout ce qu’il y a à privatiser et qui ne fonctionne que pour la machine bien huilée du patronat. 

La masse grondante dans la rue n’est pas une bande de gauchistes en manque d’attention ; nous sommes les étudiant.e.s mécontent.e.s, réclamant un libre accès aux études supérieures et du budget pour nos universités. 

Nous sommes les lycéen.ne.s à qui l’on refuse le droit d’étudier parce que nous n’avons pas eu les mêmes chances que certain.e.s plus aisé.e.s, et qui voyons nos rêves balayés par la politique de sélection profondément inégalitaire de ParcourSup. 

Nous sommes les cheminot.e.s , les fonctionnaires, les professeurs, les révolté.es, nous sommes la voix de toutes et tous les mécontent.e.s et nous sommes celles et ceux qui nous battons pour des droits que l’on nous refuse.

 Militant.e.s de tous bords, citoyens et citoyennes : le gouvernement préfère aujourd’hui arrêter 101 d’entre nous plutôt que d’écouter les dizaines de milliers qui sont dans la rue. Nous ne nous laisserons pas faire ; et nous avons besoin de vous. Nous avons besoin de votre voix, vos déclarations, de votre parole, mais aussi et surtout de votre présence devant le TGI

https://paris-luttes.info/101-a-arago-des-milliers-devant-le-10418

Mathilde Larrere, enseignante, s’est rendue au rassemblement organisée devant le lycée en soutien aux lycéens arrêtés dans la manifestation pacifique contre Parcoursup, elle raconte :

« Je suis allé au rassemblement en soutien aux gamins interpellés, ils seraient une soixantaine, dont un très grand nombre de mineurs. Ils sont élèves à Arago, Condorcet (Montreuil), Voltaire, etc. Ils sont rentrés dans le lycée Arago pour tenir une assemblée générale. La proviseure a appelé la police qui est alors entrée dans l’établissement. Les élèves ont été pressés, tous fouillés, palpés plusieurs fois. Une gamine a fait une crise d’angoisse, les pompiers ont donc été appelés et ont dû arracher à la police le droit d’entrer dans l’établissement. La mère a été appelée mais la police a refusé de la faire entrer. Finalement les pompiers sont parvenus à la faire rentrer puis la gamine a été évacuée en ambulance : c’est la seule qui n’ait pas été interpellée. Elle a pris la parole en larme lors du rassemblement, inquiète pour ses copains les autres gamins emmenés dans des bus. Certains ont 15 ans, ils sont restés dans ces bus plus de 4 h, sans eau, sans accès au toilettes, sans pouvoir voir d’avocat et sans pouvoir appeler leur parents. Certains parents ont écumé les commissariats toute la nuit à la recherche de leur progéniture. Lors du rassemblement de soutien, soit 24h après leur arrestation, certains parents ne savaient toujours pas où leur enfant était gardé à vue.

Sur twitter, un parent élu FCPE évoque des ordres venant de « beaucoup plus haut ».

A l’issue de leur garde à vue, les lycéens passent ce soir une deuxième nuit derrière les barreaux et seront déférés au Parquet demain matin, à la stupéfaction des policiers qui pensaient les relâcher et déclarent aux parents que « l’ordre vient de beaucoup beaucoup plus haut ! »

Le message gouvernemental est clair : ceux qui refusent d’être évalués, sélectionnés et triés par des algorithmes de Parcoursup, le seront par la police. Les lycéens l’entendront-ils de cette oreille ?

https://lundi.am/Arago-101-lyceens-et-grevistes-places-48h-en-garde-a-vue

Témoignage d’une arrêtée du lycée Arago

« J’ai les jambes qui tremblent, mon corps se place dans la forme de mon voisin. Je commence à concevoir pleinement l’espace qui nous entoure comme une denrée précieuse et rare. Cela fait quatre heures déjà, que nous sommes enfermés. »

Pour ma part, j’ai eu l’honneur de me faire fouiller deux fois de suite étant donné que la première flic avait oublié de transmettre à l’OPJ ma feuille de fouille.

Je suis emmenée un peu plus tard, en compagnie de 3 filles que je ne connais pas, dans un camion fourrière qui nous divisera dans deux commissariats différents. Nous arriverons, avec Sardine, dans le commissariat du Xe arrondissement. L’idée de me faire encore enfermer dans une boîte sans air me file une nausée terrible. Une fois dans la cellule, on arrive tout de même à s’endormir, à même le sol, en compagnie d’une Bulgare avec qui nous n’avons pas vraiment fait connaissance puisque cette dernière ne parle pas un mot de français. Il est environ 3 heures du matin. Je fais tout au long de la nuit des rêves étrangement heureux, me promenant, libre, en compagnie d’êtres imaginaires. Songes, bien sûr, qui se solderont par la frustration de se retrouver derrière les barreaux.

Nous sommes réveillées aux alentours de 7 heures avec l’offre de nous sustenter de gâteaux bretons périmés depuis 2014 et une brique de jus d’orange concentré. Je décline la proposition. Sardine part ensuite avec un de ces porcs. Elle revient quelques instants plus tard : elle a refusé les empreintes. C’est à mon tour, je m’exécute (il m’ont, par le passé, déjà volé mes mains). Le type en question qui m’imprime les doigts est une sorte de nain à l’expression remarquablement apathique, nous l’appellerons ici Humpty Dumpty. Hmpty Dumpty étant remarquablement petit, il fut donc dans l’impossibilité d’atteindre le mètre mesureur, relevé alors à son maximum. Je vis qu’il était dans l’embarras, et lui proposa avec amusement de le descendre à sa place.

Je regagnais ma cellule quand Sardine fut remmenée par le même gars, suivi, cette fois-ci, d’un bonhomme de deux mètres de haut, soi-disant « chef du département des empreintes » (qui, à mon avis, n’était qu’un malabar de la BAC). L’entretien me paraît long, trop long. Quinze minutes, une demi-heure passent, quand revient, toute abattue, ma petite compagne de cellule. « Ils m’ont dit que si je refusais ils m’enverraient en prison, que j’aurais une amende… 

— Mais je t’avais dit que c’était faux, c’est que du mensonge ! 

— Je sais, j’ai craqué, c’est tout. »

Les larmes lui viennent et ma haine s’aiguise immanquablement.

Nous faisons peu à peu connaissance en jouant aux devinettes, pour nous divertir de la situation. L’heure du déjeuner se fait sentir. On nous porte, par une petite trappe dérobée, deux plats en plastique fumants. Le riz méditerranéen est une première pour Sardine, qui le goûte sans trop rechigner. Pour ma part, j’aborde la nourriture fossilisée avec autant de méfiance qu’une tarentule m’inspire. Je n’ai pas faim de toute façon.

Nous devons passer désormais en audition. Nous nous étions accordées au préalable, pour ne rien dire. « Je n’ai rien à déclarer ». Fallait voir sa gueule à l’OPJ. On ne démordait pas. Ayant remarqué notre obstination, les flics décident de nous faire la totale. Sardine sera encore la première. En 5 minutes cette fois ils ont réussi à la convaincre de donner son ADN. Je fulmine. Le géant de deux mètre s’amène pour moi, je réplique :

« —Si c’est pour me prendre mon ADN ça sert à rien de me faire

déplacer. Je ne le donnerai pas. 

— C’est ce qu’on va voir. On va s’expliquer d’abord. 

— Ouais, on va s’expliquer. »

J’avais le mord. Une envie de tuer presque. Il me jette dans la petie salle des empreintes, se tient en face de moi, ce colosse à la voix pincée (on aurait dit qu’il s’était coincé les couilles dans un tiroir) et me dit, en montrant ses dents, comme un chien enragé :

« — Bon, tu va me le donner maintenant ton ADN, comme ta petite copine ! 

— Je n’ai rien à déclarer, en serrant les dents, pour l’imiter. 

— Mais encore ?

Je ne réponds pas. 

— MAIS ENCORE ? 

— Je vous ai déjà répondu. J’ai rien à vous dire. 

— Mais encore ? 

— Vous êtes sourd ou quoi ? Je changerai pas d’avis.

Il me cause toujours tandis que je lutte pour garder mon sang froid. Je finis pour dire : 

— Bon tu vas me frapper maintenant pour que je donne c’est ça ? 

— Tu joues à quoi là ? t’es gogol ou quoi ? 

— Ouais j’suis gogol, totalement gogol. »

Il finit par me faire sortir :

« Tu vas voir, tu vas te retrouver avec trois mois fermes ! j’te mets en prime une remarque sur ton comportement ! »

Je retrouve Sardine.

« J’l’ai pas donné. » et là, j’éclate en sanglots, à la fois de joie pour lui avoir tenu tête mais aussi pour libérer ma réelle frousse.Le garçon se débat, il crie : « Pourquoi ? Non…Non ! »

J’entends alors une volée de coups s’abattre sur lui. Il le supplie d’arrêter. Je me mets à gueuler et à tapper contre les vitres. En vain. Je me sens comme témoin d’une scène de torture de la Gestapo. En ressortant, le petit saigne près de l’oeil, sur la tempe, et marche avec peine

Nous sommes sorties à ce moment là de notre cellule avec Sardine et menottées au même banc que les nouveaux arrivants

Le baceux qui a frappé le premier se rend devant sa cellule. « Alors, comment il va le nabot ? » Un flic le fait sortir, le présente à l’homme de main. Il prend le visage du jeune homme entre ses deux doigts, le tourne en l’inspectant comme un vulgaire morceau de viande.

« — Ca va, je pensais qu’il serait plus amoché. Il a une bosse et arrive à marcher. C’est déjà ça. »

Les coups de vingt heures sonnent. Quatre policiers viennent pour moi. Je suis détachée du banc pour être remenottée, les mains dans le dos. Dans la voiture, je regarde les passants et essaye d’attirer le regard de certains. Un me regarde, me fait un geste de compassion. Arrivées au TGI flambant neuf nous devons passer une multitude de sas dont les portes restent encore défectueuses. La suite de l’histoire n’est pas exotique : je resterai quelques 16 ou 17 heures dans une cellule insonorisée à dormir, chanter … en attendant de voir mon avocat et la proc’.

Je sortirai avec une feuille m’annonçant mon procès, prévu dans 5 mois c’est à dire pour octobre 2018.

https://lundi.am/Temoignage-d-une-arretee-du-lycee-Arago

 


La république massacrante, hier…

 

 
… et aujourd’hui…


… en attendant demain !

 

Fragments de solution au problème:

Manifeste pour la Société des Sociétés