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Et pendant ce temps là… Le nettoyage ethnique continue en Palestine occupée

Posted in actualité, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, N.O.M, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 26 avril 2017 by Résistance 71

« Les Israéliens refusent catégoriquement de reconnaître la ‘Nakba’ ni d’être tenus pour responsables, moralement et légalement, pour le nettoyage ethnique qu’ils ont commis en Palestine en 1948. »
~ Illan Pappe ~

« Le peuple natif de Palestine, à l’instar de tous les peuples natifs d’autres pays du monde arabe, d’Asie, d’Afrique, d’Amérique et d’Europe, refusèrent de partager la terre avec des membres d’une communauté coloniale. »
~ Walid Khalidi ~

« L’occupation sioniste de la Pelestine est devenue undroit affirmee international, tandis que la revendication palestinienne d’être réinstaurés sur leur terre de droit a été perçue comme une agression inacceptable. Le Conseil de Sécurité de l’ONU n’a agi qu’en soutien de cette vision déformée, falsifiée de la réalité. […]
La création d’une entité sioniste sur la terre de Palestine représente une agression manifeste du peuple palestinien pacifique et remplace une population par une autre, dispersant les véritables propriétaires de la terre à travers les territoires du monde. Ceci n’est pas un conflit frontalier entre deux pays voisins. Il s’agit du déracinement d’une nation et d’un peuple et leur substitution par un autre. »
~ Naïm Qassem ~

 

Des voix concordantes pour confronter l’histoire d’Israël

 

Ramzy Baroud

 

25 avril 2017

 

url de l’article en français:

http://chroniquepalestine.com/voix-concordantes-confronter-histoire-coloniale-israel/

 

Israël a eu recours à trois principales stratégies pour contrecarrer les appels palestiniens à la justice et aux droits de l’homme, dont le droit de retour pour les réfugiés.

L’une est consacrée à la réécriture de l’histoire, une autre consiste à écarter l’attention des réalités actuelles, et une troisième vise à récupérer le récit palestinien pour en faire un récit israélien.

La réécriture de l’histoire a été mise en branle beaucoup plus tôt que certains historiens ne l’imaginent. La machine de la hasbara [propagande] israélienne a été mise en mouvement presque simultanément avec le Plan Dalet (Plan D) qui a vu la conquête militaire de la Palestine et le nettoyage ethnique de ses habitants.

Mais le discours actuel concernant la « Nakba » – ou la « Catastrophe » – qui a frappé le peuple palestinien en 1947 et 1948 a été élaboré dans les années 1950 et 60.

Dans un article intitulé « Pensée catastrophique : Ben Gurion a-t-il réussi à réécrire l’histoire? » Shay Hazkani a révélé la manière impressionnante dont le premier Premier ministre d’Israël, Ben Gurion, a travaillé en étroite collaboration avec un groupe d’érudits juifs israéliens pour développer une version d’événements pour ce qui s’est passé en 1947-1948 : la fondation d’Israël et la destruction de la Palestine.

Ben Gurion voulait propager une version de l’histoire qui soit compatible avec la position politique d’Israël. Il avait besoin de « preuves » pour appuyer cet objectif.

Les « preuves » sont finalement devenues « l’histoire », et aucun autre récit n’a été autorisé à contester le discours d’Israël sur la Nakba.

« Ben Gurion n’a probablement jamais entendu le mot ‘Nakba’, mais au début des années 1950, le premier ministre israélien a saisi l’importance du récit historique », a écrit Hazkani.

Le leader israélien a donné pour mission à des chercheurs payés par l’État de façonner une histoire alternative qui continue d’imprégner la pensée israélienne à ce jour.

S’écarter des réalités historiques – ou de la réalité actuelle de l’horrible occupation de la Palestine – est une volonté qui remonte à près de 70 ans.

Des premiers mythes de la Palestine d’une « terre sans peuple pour un peuple sans terre » selon la revendication d’aujourd’hui, à celui d’Israël icône de la civilisation, de la technologie et de la démocratie entourée de sauvages arabes et musulmans… les mensonges israéliens sont implacables.

Par conséquent, alors que les Palestiniens se préparent à commémorer la guerre du 5 juin 1967 qui a conduit à une occupation militaire qui date maintenant de 50 ans, Israël prévoit une grande fête, une « célébration » majeure de son occupation militaire des terres des Palestiniens.

L’absurdité échappe à tous les Israéliens, bien sûr.

« Un Etat qui célèbre 50 ans d’occupation est un Etat dont le sens de l’orientation a été perdu, comme sa capacité à distinguer le bien du mal », a écrit le commentateur israélien Gideon Levy dans le journal Haaretz.

« Qu’est-ce que les Israéliens ont à célébrer? Cinquante ans de sang, d’abus, de vols et de sadisme? Seules les sociétés qui n’ont pas de conscience célèbrent ces anniversaires. »

Levy soutient qu’Israël a gagné la guerre de 1967 mais a « perdu presque tout le reste ».

Depuis lors, l’arrogance d’Israël, lsa haine du droit international, « le mépris permanent pour le monde, la vantardise et l’intimidation », ont tous atteint des sommets sans précédent.

L’article de Levy est intitulé: « Notre Nakba ».

Levy n’essaie pas de reprendre le récit palestinien, mais il rappelle de façon résumée que les succèss militaires d’Israël sont une affliction, d’autant plus qu’ils ne sont jamais suivis de la moindre réflexion nationale ni d’aucune tentative de corriger les injustices du passé et du présent.

Mais le processus de revendication du terme « Nakba » a été mené par des écrivains israéliens durant de nombreuses années.

Pour ces penseurs, « la Nakba juive » se réfère aux Juifs arabes qui sont arrivés dans l’Israël nouvellement indépendant, fondé en grande partie sur l’incitation des dirigeants sionistes à l’égard des Juifs du monde entier à « retourner » dans la patrie biblique.

Un éditorial dans The Jerusalem Post s’est plaint que « la propagande palestinien a persuadé l’opinion publique mondiale que le terme ‘réfugié’ est synonyme de ‘Palestinien’ ».

Ce faisant, les Israéliens qui tente de dénaturer le récit palestinien espèrent créer un équilibre dans le discours, ce qui, bien sûr, est incompatible avec la réalité.

Cette construction place le nombre de « réfugiés juifs » de la « Nakba juive » à 850 000, légèrement au-dessus du nombre de réfugiés palestiniens qui ont été expulsés par les milices sionistes lors de la fondation d’Israël.

Heureusement, des affirmations aussi mensongères sont de plus en plus contestées par des voix juives.

Quelques voix, mais significatives, parmi les intellectuels israéliens et juifs à travers le monde ont franchi le pas réexaminer le passé d’Israël.

Ils se confrontent à juste titre à une version de l’histoire qui a été acceptée en Israël et en Occident comme la vérité incontestée à l’origine de la naissance d’Israël en 1948, l’occupation militaire de ce qui restait de la Palestine en 1967 et d’autres périodes historiques.

Ces intellectuels imprègnent la façon d’aborder la question de la Palestine et d’Israël partout où ils vont. Leurs voix sont particulièrement significatives dans le défi des poncifs officiels israéliens et des mythes historiques.

Écrivant dans le Forward, Donna Nevel refuse d’accepter que la discussion sur le conflit en Palestine commence par la guerre et l’occupation de 1967.

Nevel est critique à l’égard des soi-disant sionistes progressistes qui prétendent devoir limiter le débat à la question de l’occupation, restreignant ainsi toute possibilité de résolution à la « solution à deux États ».

Non seulement une telle « solution » est défunte et pratiquement impossible, mais la discussion même évacue la Nakba, ou la Catastrophe, de 1948.

La « Nakba n’entre pas dans ces discussions parce que c’est l’héritage et la manifestation la plus claire du sionisme », écrit Nevel.

« Ceux qui ignorent la ‘Nakba’ – ce que les institutions sionistes et israéliennes ont constamment fait – refusent de reconnaître le sionisme comme illégitime dès le début de sa mise en œuvre ».

C’est précisément la raison pour laquelle la police israélienne a récemment bloqué la « Marche du retour » organisée chaque année par des Palestiniens en Israël.

Pendant des années, Israël s’est méfié du fait qu’un mouvement croissant parmi les Palestiniens, les Israéliens et d’autres à travers le monde, a poussé pour un changement de paradigme afin de comprendre les racines du conflit en Palestine.

Cette nouvelle pensée a été le résultat logique de la fin du dit « processus de paix » et de la disparition de la perspective d’une solution à deux États.

Incapable de sauvegarder ses mythes fondateurs, mais incapable également d’offrir une alternative, le gouvernement israélien utilise maintenant des mesures coercitives pour répondre au mouvement en essor : punir ceux qui veulent commémorer la Nakba, frapper d’amendes les organisations qui participent à de tels événements, et même traiter comme parias les individus et les groupes juifs qui s’écartent de sa pensée officielle.

Dans ces cas, la coercition ne donne guère de résultats.

« La marche (du retour) a rapidement augmenté en taille au cours des dernières années, au mépris des mesures de plus en plus répressives des autorités israéliennes », a écrit Jonathan Cook sur le site d’Al-Jazeera.

Il semble que 70 ans après la fondation d’Israël, le passé est de plus en plus présent.

Heureusement, les voix palestiniennes qui ont depuis toujours contesté le récit officiel israélien sont maintenant associées à un nombre croissant de voix juives.

C’est grâce à un nouveau récit commun qu’une vraie compréhension du passé peut être saisie, avec l’espoir qu’une vision pacifique de l’avenir puisse remplacer l’actuelle, faite de domination militaire, de ségrégation et de pure propagande.

Nouvel Ordre Mondial: Trump président fantôme délègue la guerre a ses sbires… (Paul Craig Roberts)

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La disparition du président Trump

 

Paul Craig Roberts

 

20 avril 2017

 

url de l’article original:

http://www.paulcraigroberts.org/2017/04/20/president-trumps-disappearance/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

De ma longue expérience avec Washington, les vice-présidents ne faisaient pas de grandes déclarations sur la politique étrangère ni ne menaçaient les autres pays de guerre. Pas même Dick Cheney n’a volé ce rôle au faiblard président George W. Bush.

Mais hier, le monde a été témoin de la menace du VP Pence contre la Corée du Nord, la menaçant de guerre ouverte. “L’épée est prête”, a dit Pence comme s’il était le commandant en chef.

Peut-être l’est-il après tout.

Où est Trump ? Aussi loin que je puisse dire d’après les nombreux courriels que je reçois de lui, il bosse à la promotion de sa présidence. Une fois que Trump eut gagné les élections, j’ai commencé à recevoir des offres sans fin pour acheter la casquette de Trump, des T-Shirts, des boutons de manchettes Trump, des tasses à café et de faire un don de 3US$ pour une tombola qui ferait gagner des souvenirs de campagne. Le dernière des offres en date est la chance de pouvoir gagner une des “cinq photos incroyables signées de notre grande et historique intronisation”.

Pour Trump, la présidence est un outil de lever de fonds. Si son VP, son conseiller à la sécurité, son ministre de la défense, son ambassadeur à l’ONU, son directeur de la CIA ou qui que ce soit d’autre, veulent déclencher des guerres, cela fera encore plus de souvenirs à mettre dans les tombolas pour 3US$ du bout.

En résultat direct de l’échec de Trump quant à gouverner son propre gouvernement, on a le VP Pence qui dit à la Russie et à la Chine qu’il se pourrait qu’il y ait un échange de feu nucléaire à leurs frontières entre les Etats-Unis et la Corée du Nord. Bien que Pence ne soit pas assez intelligent pour savoir que ceci est quelque chose que ni la Chine ni la Russie ne pourront accepter.

Washington s’inquiète des armes nucléaires de la Corée du Nord, quand le monde entier s’inquiète de savoir que Washington possède des armes nucléaires. Et si nombreuses. Des études dans le monde ont montré que la majorité de la population mondiale est bien plus inquiète et concernée au sujet de la menace à la paix posée par Washington et Israël, que par celle de l’Iran, de la Corée du Nord, de la Russie et de la Chine.

Pence a préfacé sa remarque de “l’épée est prête” avec un “Les Etats-Unis rechercheront toujours la paix.” ce qui après les aventures en Serbie, Somalie, Afghanistan, Irak, Libye, Yémen, Pakistan et Syrie est le mensonge le plus éhonté qui soit. Du point de vue de Washington, ce sont toujours ses victimes qui sont “inconscientes et provocatrices”, jamais elle-même.

Les Etats-Unis sont synonyme de guerre. Si le monde est mené à l’armaguédon nucléaire, ce sera Washington, et non pas la Corée du Nord ou l’Iran ou la Russie ou la Chine, qui mettra un terme à toute vie sur terre.

Antony Sutton: Nos traductions de « Wall Street et la révolution bolchévique » et « WS et la montée d’Hitler » en version PDF

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Résistance 71

21 avril 2017

Larges extraits traduits par nos soins, mise en page de Jo de JBL1960, voici les deux versions PDF de deux des ouvrages de la trilogie de l’historien Antony Sutton au milieu des années 1970 sur l’implication de Wall Street dans la révolution russe de 1917 et le soutien à Hitler et au parti nazi des années 1920 jusqu’à 1944.

Un peu de lecture pour les abstentionnistes politiques des dimanche 23 avril et du 7 mai parce que comprendre l’histoire, celle qui s’écrit hors de la propagande officielle, c’est comprendre mieux aujourd’hui et ainsi anticiper demain…

 

Sutton_Wall-Street_et_la_Révolution_Bolchévique

Sutton_Wall_Street_et_la_montée_d’Hitler

Résistance politique: Analyse et critique de la révolution bolchévique (inédit de Pierre Kropotkine)

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Texte visionnaire de Kropotkine écrit donc en 1919 en Russie, en pleine révolution russe, 2 ans avant sa mort, Dans cette analyse, Kropotkine non seulement prédit la future URSS, sa dictature du parti d’avant-garde et son échec retentissant, mais aussi, chose inédite jusqu’ici se laisse aller à nous donner un aperçu de ce que sera la véritable révolution sociale et l’inévitabilité de son déferlement naturel.

En avril 1919, la révolution russe, commencée en février 1917, a à peine deux ans. Lénine et Trotski ont gagné du temps pour renforcer la dictature du parti bolchévique, en adhérant en façade au désir du peuple de donner “tout le pouvoir aux soviets”, c’est à dire aux assemblées / conseils ouvriers et paysans. Lénine trahira le peuple et les soviets en passant à un plan économique, la NEP, qui satisfera ses commanditaires de la finance internationale. Kropotkine et bien des anarchistes ne sont pas dupes et voient la révolution trahie, partir en sucette. La répression sanglante de l’insurrection de Cronstadt en 1921 par Trotski et Lénine, marquera la fin de l’illusion révolutionnaire et le début de la longue nuit bureaucratique du capitalisme d’état voulu par la City de Londres et Wall Street pour offrir un marché captif à la finance et aux entreprises industrielles anglo-américaines. Staline parachèvera la trahison de ce qui aurait pu être la révolution des assemblées et des conseils ouvriers et paysans. Le peuple a voulu s’émanciper et il a eu Lénine, Trotski, Staline et la Guépéou (GPU)… Chercher l’erreur.

Nous n’avons pas trouvé ce texte en français ailleurs et pensons être les premiers à l’avoir traduit, si un lecteur trouve une autre version française, merci de nous le signaler.

~ Résistance 71 ~

 

Lettre aux ouvriers d’Europe de l’Ouest

 

Pierre Kropotkine (1919)

 

~ Traduit de l’anglais au français par Résistance 71 et pour la première fois à notre connaissance ~

 

Avril 2017

 

On m’a demandé si je n’avais pas un message pour les travailleurs, les ouvriers du monde occidental. Il y a certainement beaucoup à dire et à apprendre des évènements se déroulant actuellement en Russie. Comme le message serait trop long afin de tout couvrir, je ne vais m’attarder que sur les points principaux.

D’abord, les travailleurs du monde occidental et leurs amis des autres classes doivent prévaloir sur les gouvernements afin de totalement abandonner l’idée d’une intervention armée en Russie qu’elle soit ouverte ou secrète. La Russie est en train de faire maintenant une révolution de la même ampleur et importance que celle qui se produisit en Angleterre de 1639 à 1648 et en France de 1789 à 1794. Toute nation devrait refuser de jouer le rôle honteux joué par l’Angleterre, la Prusse, l’Autriche et la Russie durant la révolution française.

De plus, il doit être compris que la révolution russe, qui essaie de bâtir une société dans laquelle tout le travail productif, la capacité technique et la connaissance scientifique seront entièrement communaux, n’est pas un simple accident dans la lutte des parties en lice. Elle fut préparée par près d’un siècle de propagande socialiste et communiste, depuis les jours de Robert Owen, Saint Simon et Fourier. Et bien que les efforts pour introduire le nouveau système social au moyen de la dictature d’un parti politique est apparemment condamné à l’échec, on doit reconnaître que déjà la révolution a introduit dans nos vies quotidiennes de nouvelles conceptions quant aux droits du travail, de sa juste place dans la société et des devoirs de chaque citoyen et ce qu’il vont endurer.

Non seulement les travailleurs, mais toutes les forces progressistes du monde occidental devraient mettre un terme au soutien donné jusqu’à maintenant aux ennemis de la révolution. Ce n’est pas qu’il n’y ait rien à opposer aux méthodes du gouvernement bolchévique, Loin s’en faut ! Mais toute intervention armée étrangère renforce nécessairement les tenfances dictatoriales de tout gouvernement et paralyse les efforts des Russes qui sont prêts à aider la Russie et ce indépendemment du gouvernement, dans la restauration de sa vie.

Les maux inhérents à une dictature de parti (politique) ont été accentués par les conditions de guerre qui ont été un prétexte de renforcement des méthodes dictatoriales que centralisent le contrôle de chaque détail de la vie aux mains du gouvernement et ce avec l’effet d’arrêter une immense partie des activités de vie ordinaire du pays. Les maux naturels au communisme d’état ont décuplé sous le prétexte que toute notre misère provient d’une intervention étrangère.

Je me dois aussi de faire remarquer que si l’intervention militaire alliée continue, cela aura sûrement pour effet de développer en Russie même, un sentiment d’amertume envers les nations occidentales, un sentiment qui sera utilisé un jour dans de futurs conflits. Cette amertume est toujours en développement.

Bref, il est grand temps que les nations d’Europe entrent en relations directes avec la nation russe. De ce point de vue, vous, les travailleurs et les éléments progressistes de toutes nations, devez avoir votre mot à dire.

Un mot encore sur la question générale. Le rétablissement des relatios entre les nations européennes, américaine et la Russie ne veut en rien dire la suprématie de la nation russe sur les nationalités qui composaient l’empire tsariste. La Russie impérialiste est morte et ne ressucitera pas. Le futur de ces différentes provinces demeurent en une vaste fédération. Les territoires naturels des parties de cette fédération sont bien différentes, comme le savent très bien ceux qui sont au courant de l’histoire et de l’ethnographie russes. Tous les efforts pour réunir les parties naturellement séparées sous un contrôle centralisé sont voués à l’échec. Il est donc parfait de dire que les nations occidentales devraient reconnaître le droit à l’indépendance de chaque partie de l’empire russe.

Mon avis est que ce développement va continuer. Je vois le temps venir où chaque partie de cette fédération sera elle-même une fédération de communes et de villes libres, librement associées et je pense aussi que certaines parties de l’Europe occidentale suivront bientôt ce chemin.

En ce qui concerne notre situation économique et politique actuelle, la révolution russe, étant une continuation des grandes révolution d’Angleterre et de France, elle essaie d’arriver au point où s’arrêta la révolution française avant qu’elle ne réussisse à créer ce qu’ils appelaient “l’égalité de fait”, c’est à dire l’égalité économique.

Malheureusement, cet effort a été entrepris en Russie sous une dictature de parti fortement centralisé. Cet effort fut le même dans l’aventure jacobine centralisée de Babeuf. Je dois vous dire dores et déjà et de manière la plus franche possible, que cet effort de construire une république communiste sous la loi de fer de la dictature d’un parti se terminera en échec total. Nous apprenons en Russie comment ne pas introduire le communisme, même avec un peuple fatigué à l’extrême de l’ancien régime et n’opposant aucune résistance active aux expériences de leurs nouveaux dirigeants.

L’idée des soviets, c’est à dire des conseils de travailleurs, d’ouvriers et de paysans, fut conçut la toute première fois lors de la tentative révolutionnaire de 1905 et fut immédiatement réalisé par la révolution en février 1917, dès que le tsarisme fut renversé, l’idée que de tels conseils contrôlent la vie politique et économique du pays est une excellente idée. Qui plus est que cela suit nécessairement le fait que ces conseils devraient être composés de tous ceux qui prennent réellement part à la production de la richesse nationale au travers de leurs efforts et leur travail.

Mais tant que le pays est gouverné par une dictature de parti, les conseils ouvriers et paysans perdent évidememnt toute leur raison d’être. Ils sont réduits au rôle passif joué anciennement par les “états généraux”, lorsqu’ils furent convoqués par le roi de France et durent combattre un conseil royal tout puissant.

Un conseil de travailleurs cesse d’être libre et d’avoir une quelconque utilité lorsque la liberté de la presse n’existe plus et nous sommes sous cette condition depuis maintenant deux ans, sous prétexte que nous sommes en guerre. Mais plus encore, les conseils ouvriers et paysans perdent leur signification lorsque des élections ne sont pas précédées d’une libre campagne électorale et quand les élections sont faites sous la pression d’une dictature de parti. Naturellement, l’excuse habituelle est qu’une dictature est inévitable afin de combattre l’ancien régime. Une telle situation est bien évidemment une régression, la révolution devant être dévouée à la construction d’une nouvelle société basée sur un nouveau fondement économique. Ceci représente l’arrêt de mort du nouveau système.

Les méthodes pour renverser un gouvernement déjà affaibli sont bien connues de l’histoire ancienne et moderne. Mais quand il est nécessaire de créer de nouvelles formes de vie, spécifiquement de nouvelles formes de production et d’échange, sans avoir d’exemple à imiter ; lorsque tout doit être reconstruit à neuf, lorsqu’un gouvernement qui entreprend de fournir à chaque citoyen une lampe et même une allumette pour l’allumer et qu’il ne peut même pas le faire avec un nombre illimité de fonctionnaires, alors ce gouvernement devient une nuisance de fait. Il développe une bureaucratie si formidable que la bureaucratie française, qui demande l’aide de quarante fonctionnaires pour vendre un arbre abattu par une tempête sur une route nationale, n’est qu’une simple bagatelle en comparaison. Voilà ce que nous apprenons en Russie. Et c’est ce que vous, les travailleurs de l’occident, devexz éviter à tout prix, puisque vous avez à cœur le succès d’une véritable reconstruction sociale. Envoyez vos délégués ici pour voir comment une révolution sociale fonctionne dans la réalité.

L’énorme travail de construction que demande une révolution sociale ne peut pas être accompli par un gouvernement centralisé, même s’il avait pour le guider quelque chose de plus substantiel que quelques opuscules socialistes et anarchistes. Il a besoin de connaissance, de cerveaux et de la collaboration volontaire d’une multitude de forces spécialisées locales, qui peuvent attaquer la diversité des problèmes politico-économiques dans leur aspect local. Rejeter cette collaboration et s’en remettre exclusivement au “génie” de la dictature du parti et de ses dictateurs est simplement détruire le cœur indépendant de votre vie, les syndicats, les organisations coopératives locales, en les transformant en des entités bureaucratiques de parti, comme c’est maintenant le cas en Russie. Ceci est en fait la méthode du comment ne pas réaliser la révolution sociale, de rendre impossible sa réalisation dans l’histoire. C’est pour cela que je considère qu’il est de mon devoir de vous avertir d’emprunter à de telles méthodes…

La guerre en cours a apporté de nouvelles conditions de vie pour tout le monde occidental. Le socialisme fera certainement des progrès considérables et de nouvelles formes de vie indépendante seront créées basées sur l’autonomie locale et la libre initiative. Elles seront créées de manière pacifique ou par des moyens révolutionnaires.

Mais le succès de cette reconstruction dépendra en grande partie de la possibilité de la coopération directe entre les différents peuples. Pour y parvenir, il est nécessaire que la classe travailleuse de toutes les nations soit directement unie et que l’idée d’une grande internationale des travailleurs du monde soit de nouveau reprise, mais pas sous la forme d’une union dirigée par un parti politique unique, comme ce fut le cas lors de la seconde et troisième internationales. Ces unions ont bien entendu le droit d’exister et bien des raisons les justifient, mais en dehors d’elle, unifiant tout, il devrait y avoir une union des organisations des travailleurs du monde, fédérée pour délivrer la production mondiale de sa présente soumission au capitalisme.

Que faire ?

La révolution que nous avons vécue est la somme totale, non pas des efforts individuels séparés, mais c’est un phénomène naturel, indépendant de la volonté humaine, similaire à un de ces typhons qui se lève soudainement sur les côtes de l’Asie orientale.

Des milliers de causes, parmi lesquelles le travail d’individus séparés et même de parties entières n’ont été que des grains de sable, chaque petit souffle de vent local a contribué à former le grand phénomène naturel, la grande catastrophe qui soit renouvellera ou détruira, voire les deux: détruira et reconstruira.

Chacun d’entre nous a préparé ce grand changement inévitable. Mais il fut aussi préparé par toutes les révolutions précédentes de 1793, 1848, 1871, par tous les écrits des Jacobins, des socialistes ; par tous les résultats de la science, de l’industrie et de la technologie, de l’art etc…

En un mot, des millions de causes naturelles ont contribué de la même manière que des millions de particules en mouvement d’air et d’eau causant la tempête qui coule des centaines de bateaux ou détruit des centaines de maisons côtières, tout comme le tremblement de la terre est causé par des milliers de petites secousses et par les mouvements préparatoires de particules séparées.

De manière générale, les gens ne voient pas les évènements de manière concrète, solidement. Ils pensent plus en termes de langage que d’images clairement imaginées et ils n’ont absolument aucune idée de ce qu’est une révolution, de ces millions de causes qui ont existé pour donner cette forme présente et ils sont par là même enclins à exagérer l’importance du progrès de la révolution de leur personnalité et de cette attitude qu’ils, leurs amis et ceux qui pensent comme eux, vont prendre dans cet énorme défi. Bien entendu, ils sont complètement incapables de comprendre le niveau d’impuissance de chaque individu, quelque soit son intelligence et son expérience au sein de ce tourbillon de centaines de milliers de forces qui ont été mis en mouvement par l’évènement.

Ils ne comprennent pas que lorsqu’un tel évènement naturel a commencé, comme un tremblement de terre ou plutôt, un typhon, des individus séparés sont impuissants pour exercer quelque influence que ce soit sur le cours des évènements. Un parti peut-être peut faire un peu mieux, mais bien moins qu’on ne le pense généralement et à la surface des vagues qui arrivent, son influence pourrait peut-être, être notable. Mais de petits rassemblements disparates ne formant pas une large masse sont sans nul doute sans puissance aucune, leur puissance est proche de zéro. C’est dans cette position que moi, en tant qu’anarchiste, je me retrouve. Mais même des entités à l’heure actuelles en Russie ayant un plus grand nombre, sont dans une position très similaires.

J’irai même plus loin. Le parti gouvernant, lui-même, est dans la même position. Il ne gouverne plus, il est porté par le courant qu’il a aidé à créer mais qui est maintenant des milliers de fois plus fort que le parti lui-même…

Que doit-on alors faire ?

Nous faisons l’expérience d’une révolution qui n’a pas du tout avancé selon ces voies pour lesquelles nous nous étions préparées, mais n’avions pas eu le temps de trop nous préparer. Que faire maintenant ?

Empêcher la révolution ? Absurde !

Trop tard. La révolution va avancer de sa propre façon, dans la direction de la moindre résistance, sans faire une quelconque attention à nos efforts.

En ce moment, la révolution russe est dans la position suivante (NdT: Kropotkine rappelons-le écrit ceci en 1919, c’est à dire avant la NEP de Lénine, dans la phase de renforcement du parti bolchévique, pas encore prêt à totalement gouverner, dans la phase de renforcement dictatorial allant à terme, à l’encontre du slogan de la révolution qui était “Le pouvoir aux soviets (assemblées)”…)

Elle commet des horreurs. Elle ruine tout le pays. Dans sa folie furieuse, elle annihile des vies humaines. Voilà pourquoi elle est révolution et non pas une progression pacifique, parce qu’elle détruit sans regarder ce qu’elle détruit, elle se déssèche.

Et nous sommes impuissants pour le moment à la diriger vers une autre voie, jusqu’à ce qu’elle se soit épuisée. Elle doit s’épuiser.

Et ensuite ? Ensuite, viendra inévitablement la réaction, telle est la loi de l’histoire et il est facile de comprendre pourquoi il ne peut pas en être autrement. Les gens imaginent qu’on peut changer la forme du développement de la révolution. Ceci est une illusion puérile. Une révolution est une telle force que sa croissance ne peut pas être changée.

Une réaction est absolument inévitable, juste comme après chaque vague un creux se forme, tout comme une faiblesse est inévitable chez un être humain après une période d’activité fiévreuse.

Ainsi la seule chose que nous pouvons faire est d’utiliser notre énergie pour minimiser la furie et la force de la réaction à venir.

En quoi donc doivent consister nos efforts ?

Pour modifier les passions sur quelqu’un de l’autre côté ? Qui va nous écouter ? Même si de tels diplomates existent afin de remplir une fonction dans ce rôle, le temps de leur début n’est pas encore venu, ni du reste ce côté ou l’autre de la barrière ne sont disposés à les écouter. Je vois une chose: nous devons rassembler les gens qui seront capables d’enteprendre le travail constructif dans chaque et tout groupe après que la révolution se soit épuisée.

Pierre Kropotkine

Dmitrov, Russie, le 28 avril 1919

 

Source:

https://archive.org/stream/al_Petr_Kropotkin_The_Russian_Revolution_and_the_Soviet_Government_Letter_to_the_Wo/Petr_Kropotkin__The_Russian_Revolution_and_the_Soviet_Government__Letter_to_the_Workers_of_Western_Europe_a4_djvu.txt

 

 

Guerres impérialistes et Nouvel Ordre Mondial: Trump sur un air de tango… ou de pipeau ?…

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Point de vue intéressant de Meyssan à considérer, il nous dit que Trump fait deux pas en avant et un pas en arrière… On a tendance à penser qu’il fait un pas en avant et deux pas en arrière, mais… à suivre les aventures de Donald à Washington…

~ Résistance 71 ~

 

Trump deux pas en avant un pas en arrière

 

Thierry Meyssan

 

18 avril 2017

 

url de l’article original:

http://www.voltairenet.org/article196024.html

 

Alors que la presse internationale décrit le grand retournement de Donald Trump, Thierry Meyssan montre qu’il n’en est rien : loin d’avoir abandonné son idéal de paix, le président des États-Unis hurle et bombarde, tout en faisant attention à ne rien commettre d’irréversible.

Le changement radical de rhétorique du président Trump sur l’ensemble de sa politique extérieure s’est accompagné du bombardement de la base syrienne de Cheyrat et de celui d’une montagne afghane.

Le monde a tremblé devant ce déploiement de force : 59 missiles Tomahawks en Syrie et une méga-bombe GBU-4/B3 en Afghanistan. Pourtant, la base de Cheyrat était à nouveau opérationnelle dès le lendemain, tandis que « la mère de toutes bombes » a certes provoqué l’effondrement de trois sorties d’un tunnel naturel, mais n’a pas détruit les kilomètres de passages souterrains creusés avec le temps par les rivières dans la montagne. Bref, beaucoup de bruit pour rien.

Ces deux opérations étaient manifestement destinées à convaincre l’État profond US que la Maison-Blanche soutenait à nouveau la politique impériale. Elles ont eu l’effet escompté sur l’Allemagne et la France. La chancelière Angela Merkel et le président François Hollande ont applaudi leur suzerain et appelé à en finir avec la Syrie. La surprise est venue d’ailleurs.

Le Royaume-Uni ne s’est pas contenté de suivre le mouvement. Son ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, a proposé de prendre des sanctions contre la Russie, complice selon lui des « crimes » syriens, et responsable d’une manière ou d’une autre de la résistance afghane et de bien d’autres choses.

Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7, Johnson a annoncé l’annulation de son déplacement à Moscou et a invité tous ses partenaires à rompre leurs relations politiques et commerciales avec la Russie. Ces derniers, tout en approuvant l’initiative britannique, se sont prudemment tenus en retrait. Rex Tillerson, le secrétaire d’État états-unien, a quant à lui, clairement écarté cette folle proposition et a maintenu son voyage à Moscou. Avec aplomb, Johnson a alors déclaré que les Européens auraient mandaté Tillerson pour faire entendre raison aux Russes.

Alors que le protocole international prévoit la réception d’un ministre par son homologue et non par le chef d’État local, la presse atlantiste présentait l’accueil de Tillerson par Lavrov comme un refroidissement des relations américano-russes. Avant qu’il ait eu le temps de saluer son hôte, Sergey Lavrov fut interrompu par une journaliste de Washington qui le prit à partie. La rappelant à la politesse, le ministre russe refusa de lui répondre et écourta les présentations.

L’entretien, à huis clos, dura plus de quatre heures, ce qui paraît bien long pour des gens qui n’auraient rien à se dire. En définitive, les deux hommes demandèrent audience au président Poutine qui les reçut deux heures supplémentaires.

À l’issue de ces rencontres, les ministres délivrèrent une conférence de presse. Ils assurèrent sans rire avoir exclusivement pris note de leurs divergences. Sergey Lavrov mit en garde les journalistes devant le danger que cette rupture faisait courir au monde.

Cependant le lendemain, le même Lavrov, s’adressant à la presse russe, indiquait avoir conclu un accord avec son hôte. Washington se serait engagé à ne plus attaquer l’armée arabe syrienne et la coordination militaire entre le Pentagone et l’armée russe pour la circulation aérienne dans le ciel syrien aurait été rétablie.

En apparence, l’administration Trump hurle sa puissance et bombarde, mais en réalité, elle veille à ne rien commettre d’irréparable. Le pire et le meilleur sont donc possibles.

Mettre fin au colonialisme: démantèlement des corporations « USA et Canada » par les peuples (Mohawk Nation News)

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“Regardez bien ce qui se passe ici, parce quand ils en auront fini avec nous ce sera votre tour.”

~ Membre du conseil des femmes de la nation Mohawk aux Québécois locaux venus aux nouvelles lors du siège d’Oka en 1990~

 

A lire: « Païens en terre promise, décoder la doctrie chrétienne de la découverte » (Steven Newcomb, 2008, traduction Résistance 71, mise en page Jo de JBL1960) et « Meurtre par décret, le crime de génocide au Canada », TIDC, 2016, traduction Résistance 71

 

Guerre mondiale zéro

 

Mohawk Nation News

 

17 avril 2017

 

Url de l’article original:

http://mohawknationnews.com/blog/2017/04/17/world-war-0/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Une personne a été frappée et sortie d’un vol de l’Unitedf Airlines par des agents de sécurité de la compagnie aérienne à l’aéroport O’Hare. Les gens dans le monde entier ont manifesté leur colère et leur désaprobation. Il y a maintenant des discussions internationales afin de protéger les passagers de telles violences.

Depuis 2016, Standing Rock est la scène d’une brutalité étatique ouverte et vicieuse, des attaques chimiques ont eu lieu contre des protecteurs pacifiques et désarmés de l’eau si précieuse. L’entreprise coloniale appelée USA attaque et essaie de tuer ceux qui se mettent en travers de son chemin. Depuis plus de 500 ans nous avons combattu cette entreprise seuls. Maintenant les autres sont ciblés également.

Les Etats-Unis, le Canada et le Mexique ont systématiquement couvert leur brutalité à notre encontre. Des milliers des nôtres sont brutalisés et victimisés, assassinés en prison comme prisonniers politiques et otages. Beaucoup sont vicieusement battus à mort pour être déclarés “mourir de pneumonie”. Nos prisonniers politiques et économiques doivent être libérés. L’ordre d’extermination totale de nos peuples doit être répudié. Le système carcéral nous individualise et nous sépare. Pour être libéré, vous devez vous soumettre et obéir.

Des forums publics se tiennent maintenant au sujet des problèmes et affaires indigènes afin “d’enregistrer” notre souffrance émanant de la politique du génocide qui continue jusqu’à ce jour. L’entreprise coloniale a mis en place des conseils de bandes (Canada) et de tribus (USA) et des organisations d’état et provinciales pour nous représenter de manière frauduleuse au travers du prisme politique colonial. Les membres de ces conseils aident au vol de notre terre, de nos ressources, de nos possessions et au meurtre de masse.

De véritables négociations doivent faire valoir un tiers neutre que les deux côtés jugent équitable.

Le gouvernement a mis en place notre souffrance et notre mort planifiée, chose que nous essayons d’enrayer. On nous met sous pression d’accepter les termes entrepreneuriaux coloniaux. Le public est soumis à une intense propagande pour qu’il soutienne les concessiosn en leur faveur.
Les criminels ne peuvent pas tracer la voie, Ils n’ont du reste jamais essayé de rectifier leur tort.

Des attaques faux-drapeau régulières et des menaces créent la peur de ce qui en découle. Nous sommes le peuple de la paix mondiale. Nous n’avons pas d’armée qui puisse être achetée ou contrôlée.

Le sens des mots doit bien être compris par les deux parties impliquées dans les deux langues utilisées. Le gouvernement dit généralement: “Nous avons dit ceci mais nous voulions dire cela…” Nous, Onkwe’honweh, le peuple originel de l’Île de la Grande Tortue, ne pouvons qu’utiliser notre cerveau, notre esprit, et ne nous occuper que de la vérité.

L’État utilise la propagande menée par ses merdias de masse afin de tromper le public. Celui-ci est conditionné à croire que “c’est une situation sans espoir” et que nous devons abandonner et nous en remettre à la corporation. Les critiques sont étiquetés comme terroristes et ciblés. Nous avons refusé d’être dépeints comme des terroristes pour ne faire que défendre nos vies, notre terre-mère et la vie qu’elle supporte en révélant le passé.

L’ennemi est rompu à la tactique du diviser pour mieux règner, de séparer les gens en groupes afin de créer des conflits de toute pièce.
Le peuple va dissoudre la corporation coloniale et tous les actionnaires seront traînés devant la justice pour les crimes commis par leurs entreprises. Nous déciderons qui parle pour nous, en accord avec notre processus politique traditionnel et ancestral. Notre position sur tel ou tel sujet sera lue ouvertement et publiquement, aux conseils et assemblées publiques. Le monde va enfin savoir la vérité au sujet du plus grand holocauste de l’histoire de l’humanité qui se perpétue jusqu’à aujourd’hui.

La corporation coloniale semble ne pas se sentir concernée du fait que le monde entier voit sa brutalité éhontée. Les actionnaires de l’entreprise ne pourront jamais échapper aux conséquences des crimes commis et des génocides passés et présents. Nous continuons inlassablement à suivre la loi naturelle de la terre.

Les piètres compensations (financières) n’y feront rien. Les règles entrepreneuriales seront démantelées et ne domineront plus jamais les lois naturelles d’Ono’waregeh (Île de la Grande Tortue).

Les Etats-Unis doivent prendre un engagement ferme de paix pour le monde.

 

 

Politique et pensée critique: Extraits choisis des « Commentaires sur la société du spectacle » de Guy Debord

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“L’être humain n’est ni une proie ni un prédateur. Assurer la primauté de la vie sur l’économie, c’est opposer un non ferme et définitif à toute forme de prédation en apprenant à vivre au lieu d’apprendre à tuer, à réprimer, à exploiter.”

“Le monde est à nous, prenons-le, multiplions les territoires libérés de l’emprise marchande !”

“Des ghettos de la misère à la misère des ghettos de luxe, la conscience mercenaire supplante la conscience humaine.”

~ Raoul Vaneigem, 2002 ~

Avec la nouvelle affaire de Londres et le terrorisme d’état à tout va, cette compilation de Guy Debord est on ne peut plus d’actualité. Nous sommes entrés de plein pied dans l’ère du Gladio 2.0 et une nouvelle phase active du terrorisme d’état dirigée contre nous, les peuples, afin de faire passer une fois de plus toutes lois liberticides idoines, pays par pays, pour nous asservir plus avant, pour nous faire mettre à genoux devant toujours plus d’état, toujours plus de coercition, toujours plus de domination, seule chose que sache faire l’État dans les grandes largeurs… Il est grand temps de dire NON ! à cette vaste escroquerie et de refuser de jouer le jeu plus avant.

Ceci commence avec le boycott du vote et des institutions ici et maintenant ! Assez de cette escroquerie qu’est l’illusion démocratique proposée… Voter, c’est abdiquer, voter c’est acquiescer à la mascarade de la pseudo-démocratie dont on nous gave depuis 1789.

~ Résistance 71 ~

 

Extraits choisis des “Commentaires sur la société du spectacle”

 

Guy Debord, 1988

Folio, #2905

 

Compilés par Résistance 71

 

Avril 2017

 

En 1988, Guy Debord, écrivain et cinéaste français, fondateur du mouvement politique de l’Internationale Situationiste en 1957 (et dissoute en 1972), publie la suite de son ouvrage phénomène et culte de 1967: “La société du spectacle”, sous une forme similaire mais plus condensée: “Commentaires sur la société du spectacle”.

Si les deux ouvrages sont des incontournables de la pensée radicale au service de la transformation ultime de la société hors du champ induit de l’État et de l’économie spectacles, le second a toujours un retentissement géopolitique important quand on considère ce que Debord nous disait au sujet de ce qu’il est devenu un cliché de nos jours d’appeler “l’état profond”. En 1988, il y a donc 29 ans de cela, Debord dressait un portrait politique lucide et implacable sur l’État, l’état profond, le terrorisme et la manipulation constante de nos vies dans la société du spectacle, devenue au fil du temps la “société du spectacle intégré”.

Au long d’extraits choisis (et donc forcément subjectifs, c’est pourquoi nous encourageons la lecture complète des deux livres) de ses “Commentaires sur la société du spectacle”, nous allons vous faire découvrir, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, l’impressionnante perspicacité d’un Debord, dont les analyses d’alors éclairent si bien le monde d’aujourd’hui et malheureusement de demain encore.

Ces deux ouvrages sont à lire de toute urgence pour ceux qui désirent comprendre en profondeur le monde dans lequel nous avons été contraints de vivre et d’entrevoir la porte de sortie hors du cercle vicieux de cette société du spectacle tout autant factice qu’inutile et criminelle, négation même de l’humanité.

Debord a mis fin à ses jours le 30 novembre 1994. Suicide qui ne peut que rappeler la célèbre phrase d’ouverture d’Albert Camus pour son essai “Le mythe de Sisyphe” (1942):

“Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux: c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie.

Les deux livres de Guy Debord sont disponibles dans la collection Folio sous les # 2788 et 2905.

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Voici comment dès les premières lignes Debord annonce la couleur, le reste du bouquin sera à l’avenant:

Ces commentaires sont assurés d’être promptement connus de cinquante ou soixante personnes ; autant dire beaucoup dans les jours que nous vivons et quand on traite de questions si graves. Mais aussi c’est parce que j’ai, dans certains milieux, la réputation d’être un connaisseur. Il faut également considérer que de cette élite qui va s’y intéresser, la moitié, ou un nombre qui s’en approche de très près, est composée de gens qui s’emploient à maintenir le système de domination spectaculaire, et l’autre moitié de gens qui s’obstineront à faire tout le contraire. Ayant ainsi à tenir compte de lecteurs très attentifs et diversement influents, je ne peux évidememnt parler en toute liberté. Je dois surtout prendre garde à ne pas trop instruire n’importe qui.

Debord revient sur sa “Société du spectacle” de 1967:

En 1967, j’ai montré dans un livre, La Société du Spectacle, ce que le spectacle moderne était déjà essentiellement: le règne autocratique de l’économie marchande ayant accédé à un statut de souveraineté irresponsable et l’ensemble des nouvelles techniques de gouvernement qui accompagnent ce règne.

Debord parle sur les trois différents types de pouvoir spectaculaire: le concentré, le diffus et l’intégré, nouveau concept introduit dans cet ouvrage.

“… la première [forme de pouvoir], concentrée, mettant en avant l’idéologie résumée autour d’une personnalité dictatoriale, avait accompagné la contre-révolution totalitaire, la nazie aussi bien que la stalinienne. L’autre [diffuse], incitant les salariés à opérer librement leur choix entre une grande variété de marchandises nouvelles qui s’affrontaient, avait représenté cette américanisation du monde, qui effrayait par quelques aspects, mais aussi bien séduisait les pays où avaient pu se maintenir plus longtemps les conditions des démocraties bourgeoises de type traditionnel. Une troisième forme s’est constituée depuis, par la combinaison raisonnée des deux précédentes, et sur la base générale d’une victoire de celle qui s’était montrée la plus forte, la forme diffuse. Il s’agit du spectaculaire intégré, qui désormais tend à s’imposer mondialement.

[…] La société modernisée jusqu’au stade du spectaculaire intégré se caractérise par l’effet combiné de cinq traits principaux, qui sont: le renouvellement technologique incessant, la fusion économico-étatique, le secret généralisé, le faux sans réplique, un présent perpétuel.

“Le mouvement d’innovation technologique dure depuis longtemps et il est constructif de la société capitaliste, dite parfois industrielle ou post-industrielle […] La fusion économico-étatique est la tendance la plus manifeste de ce siècle et elle y est pour le moins devenue le moteur du développement économique le plus récent. […] Cette union s’est aussi montrée extrêmement favorable au développement de la domination spectaculaire, qui précisément, dès sa formation n’était pas autre chose. Les trois derniers traits sont les effets directs de cette domination, à son stade intégré.

Le secret généralisé se tient derrière le spectacle. […] Le seul fait d’être désormais sans réplique a donné au faux une qualité toute nouvelle. C’est du même coup le vrai qui a cessé d’exister presque partout, ou dans le meilleur des cas s’est vu réduit à l’état d’une hypothèse qui ne peut jamais être démontrée. Le faux sans réplique a achevé de faire disparaître l’opinion publique, qui d’abord s’était retrouvée incapable de se faire entendre ; puis, très vite par la suite, de seulement se former.”

La première intention de la domination spectaculaire est de faire disparaître la connaissance historique en général.

[…] Avec la destruction de l’histoire, c’est l’évènement contemporain lui-même qui s’éloigne aussitôt dans une distance fabuleuse, parmi ses récits invérifiables, ses statistiques incontrôlables, ses explications invraisemblables et ses raisonnements intenables.

Debord passe ensuite dans le vif de son sujet des “commentaires”, celui de l’État et de sa construction coercitive, manipulatrice et terroriste. Il poursuit:

L’histoire du terrorisme est écrite par l’État ; elle est donc éducative. […] L’emploi d’un peu de logique historique permettrait de conclure assez vite qu’il n’y a rien de contradictoire à considérer que des gens qui manquent de tout sens historique peuvent également être manipulés et même encore plus facilement que d’autres. Il est aussi plus facile d’amener à “se repentir” quelqu’un à qui l’on peut montrer que l’on savait tout, d’avance, de ce qu’il a cru faire librement. C’est un effet inévitable des formes organisationnelles clandestines de type militaire, qu’il suffit d’infiltrer peu de gens en certains points du réseau pour en faire marcher, et tomber, beaucoup.”

[…]

Les méthodes de la démocratie spectaculaire sont d’une grande souplesse, contrairement à la simple brutalité du diktat totalitaire.

De la connexion entre l’état terroriste, le capitalisme et la subjugation de la science:

“On entend dire que la science est maintenant soumise à des impératifs de rentabilité économique ; cela a toujours été vrai. Ce qui est nouveau, c’est que l’économie en soit venue à faire ouvertement la guerre aux humains ; non plus seulement aux possibilités de leur vie, mais aussi à celles de leur survie. C’est alors que la pensée scientifique a choisi, contre une grande part de son passé anti-esclavagiste, de servir la domination spectaculaire. La science possédait, avant d’en venir là, une autonomie relative. Elle savait donc penser sa parcelle de réalité et ainsi elle avait pu immensément contribuer à augmenter les moyens de l’économie. […] la domination spectaculaire a fait abattre l’arbre gigantesque de la connaissance scientifique à seule fin de s’y faire tailler une matraque.

[…] La science de la justification mensongère était naturellement apparue dès les premiers symptômes de la décadence de la société bourgeoise, avec la prolifération cancéreuse des pseudo-sciences dites “de l’homme” ; mais par exemple la médecine moderne avait pu, un temps, se faire passer pour utile, et ceux qui avaient vaincu la variole ou la lèpre étaient autres que ceux qui ont bassement capitulé devant les radiations nucléaires ou la chimie agro-alimentaire. On remarque très vite que la médecine aujourd’hui n’a, bien sûr, plus le droit de défendre la santé de la population contre l’environnement pathogène, car ce serait s’opposer à l’État, ou seulement à l’industrie pharmaceutique.

Sur la propagande et la désinformation

Le concept encore jeune de désinformation a été récemment importé de Russie, avec beaucoup d’autres inventions utiles à la gestion des états modernes.

Debord est d’une actualité brûlante sur le sujet, jugez-en plutôt en gardant à l’esprit qu’il écrit cela en 1988, fruit de sa réflexion et de son analyses depuis sa “société du spectacle” de 1967.

Il faut aussi replacer ce livre des “commentaires” dans son contexte historique subjectif particulier. L’édition originale de ses deux ouvrages fut publiée aux éditions Gérard Lebovici, ami de Debord. Celui-ci fut assassiné dans des circonstances toujours non éclaircies en 1984, soit 4 ans avant la publication des “commentaires”. La dédicace du livre est la suivante:

A la mémoire de Gérard Lebovici, assassiné à Paris le 5 mars 1984, dans un guet-apens resté mystérieux”.

Peut-on en déduire que ses “Commentaires sur la société du spectacle” seraient son règlement de compte avec l’État et l’état profond ? Ce qui est sûr, c’est que 13 ans avant les attentats du 11 septembre 2001 à New York, Debord nous mettait sur la piste du Gladio et du terrorisme institutionnel d’état. En fut-il également la victime ? Indirectement, sans aucun doute.

Ce qui peut s’opposer à une seule vérité officielle doit être forcément une désinformation émanant de puissances hostiles, ou au moins de rivaux et elle aurait été intentionnellement faussée par la malveillance. [..] Contrairement au pur mensonge, la désinformation, et voilà en quoi le concept est intéressant pour les défenseurs de la société dominante, doit fatalement contenir une certaine part de vérité, mais délibérément manipulée par un habile ennemi.

[…]

“La désinformation se déploie maintenant dans un monde où il n’y a plus de place pour la vérification.

Dans ce qui suit Debord fait preuve d’une analyse et d’une clairevoyance exceptionnelle considérant qu’il écrit cela dans les tristement célèbres “années de plomb” qui sévirent en Europe entre le milieu des années 1970 et le milieu des années 1990. Nous allons également voir que dans deux citations spécifiques que nous marqueront d’un (*), il fait une allusion directe à l’assassinat de son éditeur et ami Gérard Lebovici.

Notre société est bâtie sur le secret, depuis les sociétés-écrans qui mettent à l’abri de toute lumière les biens concentrés des possédants jusqu’au ‘secret défense’ qui couvre aujourd’hui un bien immense domaine de pleine liberté extra-judiciaire de l’État.

[…]

C’est ainsi qu’en Italie, lorsque Aldo Moro était prisonnier de Potere Due (Note de R71: ou “Loge P2” maçonnique) ; il n’a pas été détenu dans un bâtiment plus ou moins introuvable, mais simplement dans un bâtiment impénétrable. Il y a toujours un plus grand nombre d’hommes formés pour agir dans le secret ; instruits et exercés à ne faire que cela. […] Enfin, quand il s’agit de leur branche “Action”, ils peuvent également être équipés d’autres capacités de simplification des problèmes étudiés. (*).

[…]

Depuis longtemps on s’est habitué partout à voir exécuter sommairement toutes sortes de gens. Les terroristes connus ou considérés comme tels, sont combattus ouvertement d’une manière terroriste. Le Mossad va tuer au loin Abou Djihad ou les SAS anglais des Irlandais ou la police parallèle du GAL des militants basques. Ceux que l’on fait tuer par de soi-disants terroristes ne sont pas eux-mêmes choisis sans raison ; mais il est généralement impossible d’être assuré de connaître ces raisons. On peut savoir que la gare de Bologne a sauté pour que l’Italie continue d’être ‘bien gouvernée’ ; et ce que sont les ‘escadrons de la mort’ au Brésil et que la Mafia peut incendier un hôtel aux Etats-Unis pour appuyer un racket. Mais comment savoir à quoi ont pu servir en fait, les ‘tueurs fous du Brabant’ ? Il est difficile d’appliquer le principe du Cui prodest ? dans un monde où tant d’intérêts agissants sont si bien cachés. De sorte que, sous le spectaculaire intégré, on vit et on meurt au point de confluence d’un très grand nombre de mystères. (*)

[…]

“Pour tout service de renseignement, sur ce point en accord avec la juste théorie clausewitzienne de la guerre: tout savoir doit devenir un pouvoir.”

[…]

“On se trompe chaque fois que l’on veut expliquer quelque chose en opposant la Mafia à l’État: ils ne sont jamais en rivalité… La Mafia n’est pas étrangère à ce monde ; elle y est parfaitement chez elle. Au moment du spectaculaire intégré, elle règne en fait comme le modèle de toutes les entreprises commerciales avancées.”

[…]

Des réseaux de promotion-contrôle, on glisse insensiblement aux réseaux de surveillance-désinformation. Autrefois, on ne conspirait jamais que contre un ordre établi. Aujourd’hui, conspirer en sa faveur est un nouveau métier en grand développement. Sous la domination spectaculaire, on conspire pour la maintenir et pour assurer ce qu’elle seule pourra appeler sa bonne marche. Cette conspiration fait partie de son fonctionnement même.

[…]

“Depuis que l’art est mort, on sait qu’il est devenu extrêmement facile de déguiser des policiers en artistes… On ouvre des pseudo-musées vides ou des pseudo-centres de recherche sur l’œuvre complète d’un personnage inexistant, aussi vite fait que l’on fait la réputation de journalistes-policiers (Note de R71: ou journalistes-barbouzes comme en zone de guerre hégémonique impérialiste), ou d’historiens-policiers ou de romanciers-policiers. […] Les services secrets étaient appelés par toute l’histoire de la société spectaculaire à y jouer le rôle de plaque tournante centrale ; car en eux se concentrent au plus fort degré les caractéristiques et les moyens d’exécution d’une semblable société.”

[…]

La cohérence de la société du spectacle a, d’une certaine manière, donné raison aux révolutionnaires, puisqu’il est devenu clair que l’on ne peut plus y réformer le plus pauvre détail sans défaire l’ensemble. Mais en même temps, cette cohérence a supprimé toute tendance révolutionnaire organisée en supprimant les terrains sociaux où elle avait pu plus ou moins bien s’exprimer: du syndicalisme aux journaux, de la ville aux livres.

[…]

“ Il existe aussi beaucoup de compagnies privées qui s’occupent de surveillance, protection, enseignement. Les grandes firmes multinationales ont naturellement leurs propres services ; mais égalemement des entreprises nationalisées, même de dimension modeste, qui n’en mènent pas moins leur politique indépendante, sur le plan natonal et quelque fois sur le plan international. On peut voir un groupement industriel nucléaire s’opposer à un groupement pétrolier, bien qu’ils soient l’un et l’autre la propriété du même état et, ce qui est plus, qu’ils soient dialectiquement unis l’un à l’autre par leur attachement à maintenir élevé le cours du pétrole sur le marché mondial.. Chaque service de sécurité d’une industrie particulière combat le sabotage chez lui et au besoin l’organise chez le rival.”

[…]

Le destin du spectacle n’est certainement pas de finir en despotisme éclairé. Il faut conclure qu’une relève est imminente et inéluctable dans la caste des cooptés qui gère la domination et notamment dirige la protection de cette domination.”

Guy Debord avait-il prévu le Nouvel Ordre Mondial que l’oligarchie s’applique à mettre en action ? Debord est mort à la fin de l’ère Reagan et au début de l’ère Bush (père), qui a dit dans un discours en 1991 qu’ils travaillaient à l’établissement d’un “nouvel ordre mondial”…

Guy Debord disait en 1967: “L’anarchisme a réellement conduit en 1936 [en Espagne], une révolution sociale et l’ébauche la plus avancée qui fut jamais d’un pouvoir prolétarien.