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Escroquerie Réchauffement Climatique Anthropique: la décrépitude du processus de révision des articles scientifiques publiés (Dr Roy Spencer)

Posted in actualité, altermondialisme, écologie & climat, économie, colonialisme, désinformation, ingérence et etats-unis, média et propagande, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, réchauffement climatique anthropique, résistance politique, sciences et technologies, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 17 novembre 2018 by Résistance 71


Dossier: « Escroquerie RCA »

 

Pour apporter de l’eau au moulin des « Gilets Jaunes » en ce 17 novembre 2018… Pas plus de Réchauffement Climatique Anthropique que de beurre en branche !…
~ Résistance 71 ~

 

L’état déplorable du processus de révision (peer review) de la science climatique et félicitations à Nic Lewis

 

Dr. Roy Spencer, Ph.D climatologie (ex-NASA)

 

14 novembre 2018

 

url de l’article original:

http://www.drroyspencer.com/2018/11/the-sorry-state-of-climate-science-peer-review-and-kudos-to-nic-lewis/

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Depuis maintenant quelques décennies, ceux d’entre nous essayant de faire publier des articles scientifiques non alignés avec le narratif apocalyptique officiel sur le climat, ont remarqué une nette tendance à la révision approximative et partiale dans le domaine des articles de recherche soumis à publication dans des journaux et/ou revues scientifiques.

Une partie du problème est l’augmentation de la spécialisation de la science climatique (et des autres sciences de manière plus générale), de façon à ce qu’il y ait relativement très peu de pairs ayant suffisamment de connaissance du sujet qu’ils révisent et corrigent avant publication, pour donner un avis d’expert compétent sur le sujet présenté. En lieu et place, ils donnent simplement au(x) rédacteur(s) de l’article le bénéfice du doute. Je me suis retrouvé moi-même dans cette situation à plusieurs reprises alors que je lisais et révisais un article pour sa publication. Ceci mène à la pensée de groupe, alors que le nombre d’experts dans les sous-discplines fond comme beurre au soleil.


Pompe à fric climatique

Si les conclusions d’un article de recherche soutiennent un narratif plus alarmiste sur la sériosité du réchauffement climatique anthropique (RCA), sa révision par les pairs sera bien moins stricte. Je suis maintenant totalement convaincu de ce fait. Si l’article a un ton plus sceptique, il endure des niveaux de critiques que les articles alarmistes ne voient jamais. J’ai eu au moins un de mes articles rejeté, sur la base d’un simple analyste qui manifestement n’avait pas lu l’article et critiquait des affirmations qui n’étaient aucunement dans celui-ci.

Un article récent (NdT: lien vers l’article en anglais dans l’article original de Spencer) publié dans la revue “Nature”, qui est possiblement la meilleure revue scientifique au monde, a affirmé que les océans se sont considérablement réchauffés et de manière plus rapide que les estimations faites par les actuels relevés de températures par thermomètres, qui demeurent toujours très rares même dans la zone de bouée Argo.

Entre en matière Nic Lewis, qui avec Judith Curry a publié parmi les plus strictes estimations de la sensibilité du climat basées sur des données d’observation empiriques et les forçages climatiques anthropiques assumés (essentiellement l’augmentation de CO2). Malgré le fait que Mr Lewis ne soit pas un scientifique du climat agréé, il a immédiatement identifié une erreur signifiante dans l’artocle publié, erreur qui altère de manière substantielle les conclusions, ce que les auteurs de l’article reconnaissent maintenant (NdT: lien dans l’article original en anglais)

La bonne nouvelle réside dans le fait que ceci est en fait une erreur qui a été identifiée et finalement reconnue comme telle.

La mauvaise nouvelle est que le processus de révision de l’article scientifiques par les “pairs”, qui impliqua de manière présumée des scientifiques du climat accrédités, aurait dû intercepter cette erreur avant publication.

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Résistance au colonialisme sioniste : Appel au soutien de Gaza (Front Populaire de Libération de la Palestine / FPLP)

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, démocratie participative, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 15 novembre 2018 by Résistance 71

Nous relayons aussi cette information dans le cadre de l’appel pour la création d’un Réseau de Résistance et de Rébellion International des peuples opprimés émanant du Chiapas (Mexique) depuis octobre 2018.

~ Résistance 71 ~

Lectures complémentaires:

Aime_Cesaire_Discours_sur_le_colonialisme

Ricardo_Flores_Magon_Textes_Choisis_1910-1916

Manifeste pour la Société des Sociétés

 

 

Appel urgent : Gaza sous attaque !
Soutien à la Palestine, Soutien à la Résistance

 

Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP)

 

12 novembre 2018

 

Source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article10604

 

Le Front populaire de libération de la Palestine appelle à une action urgente les amis de la Palestine, les mouvements pour la justice et la libération et les communautés arabes et palestiniens partout dans le monde pour se tenir aux côtés de Gaza sous l’attaque en ce moment critique. Nous lançons cet appel en l’honneur et dans le deuil de nos deux héroïques camarades, Mohammed al-Tatari et Mohammed Odeh, martyrisés aujourd’hui par les forces d’occupation sionistes qui les ont attaqués alors qu’ils combattaient pour la liberté de leur terre, la Palestine et tout son peuple.

Ce meurtre aux mains des forces coloniales intervient après une attaque hier, dans laquelle les forces sionistes cherchaient à envahir la bande de Gaza dans une opération secrète pour enlever ou assassiner des dirigeants de la résistance palestinienne. Les sionistes ont tué 7 palestiniens qui sont morts en combattant pour défendre leurs terres – mais la résistance palestinienne n’ a pas laissé ces crimes impunis. La résistance a tenu bon, en luttant héroïquement contre une des puissances les plus lourdement armées du monde et en portant des puissants coups aux assassins et meurtriers.

Ce soir, les bombes sont une fois de plus en train de frapper Gaza. Les forces sionistes canonnent et bombardent les stations de télévision et les universités, et menacent de commencer à attaquer une fois de plus des hôpitaux. C’est là le dernier assaut militaire vicieux dirigé contre les Palestiniens dans la bande de Gaza, après les guerres de 2009, 2012 et 2014 et les innombrables bombardements et assassinats, au milieu de 11 ans d’un siège brutal et impitoyable.

Cette attaque est une tentative pour réprimer les réalisations de la Grande Marche du Retour, dans laquelle des milliers de Palestiniens de Gaza ont exigé leur droit fondamental au retour et la rupture du siège. Contre ce mouvement populaire, les forces sionistes ont laché leurs tireurs d’élite, causant la mort de plus de 200 manifestants palestiniens. Malgré toutes ces agressions, les Palestinien de Gaza restent engagé dans la résistance, ils refusent d’abandonner leurs défenseurs et restent inébranlables dans la lutte pour le retour et la libération.

Les Palestiniens de Gaza ne sont pas seuls ! Et ils ne doivent pas être laissés seuls. Cette attaque n’a pas été effectuée par l’occupation israélienne seule, mais par les puissances impérialistes, comme les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne qui arment et soutiennent autant qu’elles peuvent l’État colonial raciste. Les régimes arabes réactionnaires qui complotent comment démanteler les droits et l’existence des Palestiniens tout en faisant pleuvoir la destruction et la mort sur le Yémen sont aussi complices de cette attaque.

Maintenant est le temps d’agir. Envahissez les rues et les places, organisez-vous, manifestez, protestez et mobilisez pour vous montrer du côté du peuple palestinien de Gaza sous l’attaque, qui continue de résister malgré tous les obstacles. Renforçons le boycott d’Israël et faisons face à l’impérialisme partout où il existe. Soutenons le peuple palestinien, la résistance palestinienne et la cause palestinienne – la lutte pour le retour et la lutte de libération, du fleuve jusqu’ à la mer !

Front populaire de libération de la Palestine 

12 novembre 2018

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Palestine colonisation sioniste

Résistance politique: Frontières… outil de contrôle système mondial de caste ! (CrimethInc)

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Lectures complémentaires:

« Migration et population »

« Colons ! Arrêtez de nous emmerder ! »

Réseau de Résistance et de Rébellion International 

Manifeste pour la Société des Sociétés

 

 

Frontières
Le système mondial de caste

 

CrimethInc

 

Novembre 2018

 

url de l’article original:

https://crimethinc.com/posters/borders-the-global-caste-system

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

[…] Dans une première partie, l’auteur commente sur une série de posters réalisés en association avec leur livre. Nous n’avons pas traduit ce passage —

(Résistance 71 )

La frontière n’est pas seulement un mur ou une ligne sur une carte. C’est une structure de pouvoir, un système de contrôle. La frontière est partout où les gens ont peur d’être déportés, partout où les migrants se voient refuser les droits accordés aux citoyens, partout où les êtres humains sont divisés entre inclus et exclus.

La frontière divise le monde entier entre des communautés emmurées et des prisons, l’une au sein de l’autre en cercles concentriques de privilège et de contrôle. A un bout de cette continuité, il y a les milliardaires qui peuvent voler en jet privés où bon leur semble et de l’autre côté, les détenus en réclusion solitaire. Tant qu’il y a une frontière entre vous et ceux moins fortunés que vous, vous pouvez aussi être certains qu’il y aura une frontière au-dessus de vous, vous empêchant d’atteindre les choses dont vous avez besoin ; et qui va déchirer la seconde frontière avec vous, si ce n’est les gens qui sont séparés de vous par la première frontière ?

Défier l’apartheid global

Parlez de liberté autant que vous le voulez, nous vivons dans un monde de murs. Il y en avait peu auparavant, nous pouvions alors savoir lesquels, comme le mur d’Adrien, la Grande Muraille de Chine, le mur de Berlin. Maintenant ils sont partout. Les murs des jours anciens sont devenus viraux, pénétrant chaque niveau de la société. Wall Street, nommée après le rempart construit par des esclaves africains pour protéger les colons européens, est un exemple de cette transformation: il n’est plus question de garder les natifs en dehors du périmètre, mais c’est devenu une question d’économie de marché qui impose ses divisions partout dans le monde.

Ces divisions prennent plusieurs formes. Il y a des frontières physiques, les murs des centres de détention, les clôtures de barbelés et de ciment, les périmètres qui entourent les campus universitaires privés et les communautés emmurées.

Il y a des frontières contrôlant le flot de l’information: les autorisations de sécurité, les bases de données secrètes et classifiées, les pare-feux d’internet qui coupent la communication de pays entiers. Il y a des frontières sociales, les privilèges de la citoyenneté, les barrières du racisme, tous les moyens par lesquels l’argent calibre ce que chaque personne peut et ne peut pas faire.

Toutes ces divisions sont fondées sur une violence incessante. Pour certains, cela veut dire l’emprisonnement, la déportation, la torture, le confinement carcéral, les attaques de milices et de vigilantes, l’assassinat commandité par l’État. Pour d’autres, cela veut dire patrouilles de police, points de contrôle, harassement routier, surveillance, bureaucratie et propagande.

Le frontières ne font pas que diviser les pays: elles existent là où les gens vivent dans la peur des raids de l’immigration, partout où les gens doivent accepter des bas salaires parce qu’ils n’ont pas de “papiers”. Le monde n’est pas juste divisé horizontalement en juridictions différentes, il est aussi divisé socialement en différentes zones de privilèges, d’accès. La frontière américano-mexicaine fait partie de la même structure que la barrière en chaîne qui empêche l’accès d’un parking vide à des SDF et les prix qui empêchent l’ouvrier de pouvoir acheter des la nourriture bio dans son supermarché, même si ce fut lui un de ceux qui ont ramassé ces légumes dans les champs.

Le but de la frontière n’est jamais celui de réguler l’immigration, mais de contrôler les communautés des deux côtés du mur. Le régime des frontières permet aux autorités de forcer les salaires à la baisse, de supprimer la dissidence, et de canaliser le ressentiment envers ceux qui ont le moins de pouvoir dans la société plutôt qu’envers ceux qui en ont le plus.

On nous raconte que les frontières nous protègent des étrangers. Mais comment sont-ils devenus des étrangers en première instance ?… Nous sommes tous dans une économie globale dans laquelle les ressources sont exploitées depuis un pays et envoyées dans un autre et dans laquelle les profits engrangés dans un pays sont envoyés dans un autre. Ce n’est pas nouveau… Cela se passe depuis la colonisation du continent des Amériques.

[NdT: voir notre traduction du livre de Seven Newcomb: “Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte”]

Alors, qui envahit qui ? Les entreprises coloniales qui pillent le sud, ou les migrants qui vont au nord, suivant les ressources et les opportunités qu’on leur a enlevées ?… Si quelqu’un a bien le droit de traverser ces terres, n’est-ce pas les descendants de ces peuples qui vivaient ici très très longtemps avant l’invasion européenne (NdT: christo-européenne devons-nous toujours préciser car ceci est un fait de par la “doctrine chrétienne de la découverte” mise en place au XVème siècle par bulles pontificales) ?

Il y a aujourd’hui quelques 11 millions de personnes n’ayant aucun papiers vivant aux Etats-Unis. Ces gens sont essentiels au maintien de l’économie ; sans leur labeur à très bon marché, le travail dans l’agriculture et dans la construction BTP serait interrompu. Beaucoup d’entre ces personnes ont vécu aux Etats-Unis depuis très longtemps, certains plus de 10 ans, voire plusieurs décennies. De tous ceux qui traversent la frontière en provenance du Mexique sans papiers, au moins 50% d’entre eux sont des déportés qui essaient de retourner vers leurs familles demeurées aux Etats-Unis.

La frontière n’est pas faite pour maintenir dehors les personnes n’ayant pas les bons documents. Le but est de faire comprendre que rentrer sans papiers est dangereux, traumatisant, cher, mais possible. Le but de déporter les gens n’est pas de vider les Etats-Unis des gens sans papiers. C’est de terroriser ceux qui demeurent dans le pays avec la menace de la déportation ; ainsi finalement ceci sert à maintenir le système de caste en faisant chanter une population captive.

Aussi longtemps qu’une partie de la population US vit en danger constant et sans aucuns droits, les employeurs ont accès à un très vaste réservoir de travailleurs jetables facilement exploitables. Ceci tire aussi les salaires vers le bas pour les travailleurs citoyens américains. Mais ce ne sont pas les travailleurs immigrants sans papiers qui “volent leur travail”, c’est la frontière elle-même.

Accuser les migrants de voler les boulots des citoyens américains c’est blâmer les victimes. Si tout le monde avait les mêmes droits, si les frontières nationales ne créaient pas des populations artificiellement appauvries dans des pays qui sont volés, pillés de leurs ressources naturelles et traités comme des dépôts d’ordure, le travailleur migrant ne pourrait en rien couper l’herbe sous le pied de quiconque en ce qui concerne les opportunités de boulot.

S’il n’y avait pas toutes les pressions et les risques encourus auxquels doivent faire face les travailleurs sans papiers, ils pourraient obtenir le même salaire que tout le monde. Encore et toujours, les travailleurs sans papiers ont démontré leur courage dans leur lutte pour des salaires plus importants, malgré les obstacles auxquels les autres travailleurs ne doivent pas faire face. Mais frontière et pression sur l’immigration forcent les salaires à la baisse partout. Là est tout le problème.

En déportant ces gens qui ont vécu aux Etats-Unis pour certains depuis des décennies, le gouvernement américain utilise le Mexique comme camp de concentration pour cacher et divertir du problème du chômage et autres problèmes. Le désespoir et les armes à feu produits aux Etats-Unis réapparaissent au Mexique au sein d’une économie parallèle illégale et brutale motivée par l’appétit croissant des consommateurs américains pour les narcotiques en tout genre. C’est une façon d’exporter la violence tant nécessaire au maintien d’un tel déséquilibre du pouvoir. C’est donc devenu plus difficile et donc plus cher de pouvoir entrer aux Etats-Unis sans documents légaux, les cartels ont été attirés par ce nouveau business juteux, créant un retour de bâton brutal que les autorité américaines utilisent pour continuer toujours plus de harcèlement.

Le cycle se répète à l’infini et s’intensifie.

La frontière envoie les ressources et les profits d’un côté et les êtres humains de l’autre. C’est ainsi que les riches amassent une énorme concentration de richesse: pas seulement en accumulant toutes les ressources en un endroit, mais aussi en en excluant les gens. C’est à ça que servent tous ces murs érigés. Si un prisonnier est quelqu’un contenu dans des murs, qu’est-ce que cela fait de nous ? Les prisons ne font pas que retenir les gens en leur sein.

Lorsque la frontière est partout, tout le monde est transformé en prisonnier ou en gardien de prison. Il est très facile d’être corrompu par les avantages de la citoyenneté: être capable de voyager un peu plus librement, pouvoir participer légalement au marché du travail, avoir accès à ce qu’il reste de l’assistance de l’État, être reconnu comme partie prenante de la “société”. Pourtant, ces privilèges s’obtiennent à un terrible prix, car les documents qui sont en la possession d’une personne n’ont de valeurs que parce que d’autres n’en ont pas. Leur valeur est entièrement créée et repose sur une rareté artificiellement créée.

Tant qu’il y a une frontière entre vous et ceux qui sont moins fortunés que vous, vous pourrez être certains qu’il y aura aussi une frontière au-dessus de vous, vous empêchant l’accès à des choses dont vous avez besoins. Des gens sont déportés, d’autres sont expulsés mais le mécanisme fondamental demeure identique.

Qui va vous aider à déchirer les frontières se situant au-dessus de vous si ce n’est les gens bloqués par les frontières situées sous vous ? Les frontières ne sont que des constructions sociales, elles sont des cadres imaginaires imposés sur le monde réel. Il n’y a absolument rien de nécessaire ni d’inévitable à leur sujet. Si ce n’est à cause de la violence de ceux qui y croient, elles cesseraient immédiatement d’exister. Traverser une frontière sans documents est une manière de résister ; de la même manière qu’est de connaître mieux les gens qui sont affectés par la frontière de façons dont vous ne l’êtes pas, aidant ainsi à comprendre et à partager leur lutte.

Ensemble, nous pouvons rendre les frontières incontrôlables, un pas en avant vers la création d’un monde dans lequel tout le monde sera libre de voyager absolument où il le désire, d’utiliser l’énergie créatrice de la manière qu’il le désire afin de remplir le potentiel individuel selon ses propres termes.

Illusion démocratique: Le criminel c’est l’électeur ! (Albert Libertad)

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Lumineux !

Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et ne peut y en avoir !
~ Résistance 71 ~

Notre dossier “Illusion démocratique”

Explication et esquisse de solutions

Manifeste pour la Société des Sociétés

Réseau de Résistance et de Rébellion International

Le criminel c’est l’électeur !

 

Albert Libertad

1906

 

C’est toi le criminel, ô Peuple, puisque c’est toi le Souverain. Tu es, il est vrai, le criminel inconscient et naïf. Tu votes et tu ne vois pas que tu es ta propre victime.

Pourtant n’as-tu pas encore assez expérimenté que les députés, qui promettent de te défendre, comme tous les gouvernements du monde présent et passé, sont des menteurs et des impuissants ?

Tu le sais et tu t’en plains ! Tu le sais et tu les nommes ! Les gouvernants quels qu’ils soient, ont travaillé, travaillent et travailleront pour leurs intérêts, pour ceux de leurs castes et de leurs coteries.

Où en a-t-il été et comment pourrait-il en être autrement ? Les gouvernés sont des subalternes et des exploités : en connais-tu qui ne le soient pas ?

Tant que tu n’as pas compris que c’est à toi seul qu’il appartient de produire et de vivre à ta guise, tant que tu supporteras, – par crainte,- et que tu fabriqueras toi-même, – par croyance à l’autorité nécessaire,- des chefs et des directeurs, sache-le bien aussi, tes délégués et tes maîtres vivront de ton labeur et de ta niaiserie. Tu te plains de tout ! Mais n’est-ce pas toi l’auteur des mille plaies qui te dévorent ?

Tu te plains de la police, de l’armée, de la justice, des casernes, des prisons, des administrations, des lois, des ministres, du gouvernement, des financiers, des spéculateurs, des fonctionnaires, des patrons, des prêtres, des proprios, des salaires, des chômages, du parlement, des impôts, des gabelous, des rentiers, de la cherté des vivres, des fermages et des loyers, des longues journées d’atelier et d’usine, de la maigre pitance, des privations sans nombre et de la masse infinie des iniquités sociales.

Tu te plains ; mais tu veux le maintien du système où tu végètes. Tu te révoltes parfois, mais pour recommencer toujours. C’est toi qui produis tout, qui laboures et sèmes, qui forges et tisses, qui pétris et transformes, qui construis et fabriques, qui alimentes et fécondes !

Pourquoi donc ne consommes-tu pas à ta faim ? Pourquoi es-tu le mal vêtu, le mal nourri, le mal abrité ? Oui, pourquoi le sans pain, le sans souliers, le sans demeure ? Pourquoi n’es-tu pas ton maître ? Pourquoi te courbes-tu, obéis-tu, sers-tu ? Pourquoi es-tu l’inférieur, l’humilié, l’offensé, le serviteur, l’esclave ?

Tu élabores tout et tu ne possèdes rien. Tout est par toi et tu n’es rien.

Je me trompe. Tu es l’électeur, le votard, celui qui accepte ce qui est ; celui qui, par le bulletin de vote, sanctionne toutes ses misères ; celui qui, en votant, consacre toutes ses servitudes.

Tu es le volontaire valet, le domestique aimable, le laquais, le larbin, le chien léchant le fouet, rampant devant la poigne du maître. Tu es le sergot, le geôlier et le mouchard. Tu es le bon soldat, le portier modèle, le locataire bénévole. Tu es l’employé fidèle, le serviteur dévoué, le paysan sobre, l’ouvrier résigné de ton propre esclavage. Tu es toi-même ton bourreau. De quoi te plains-tu ?

Tu es un danger pour nous, hommes libres, pour nous, anarchistes. Tu es un danger à l’égal des tyrans, des maîtres que tu te donnes, que tu nommes, que tu soutiens, que tu nourris, que tu protèges de tes baïonnettes, que tu défends de ta force de brute, que tu exaltes de ton ignorance, que tu légalises par tes bulletins de vote, – et que tu nous imposes par ton imbécillité.

C’est bien toi le Souverain, que l’on flagorne et que l’on dupe. Les discours t’encensent. Les affiches te raccrochent ; tu aimes les âneries et les courtisaneries : sois satisfait, en attendant d’être fusillé aux colonies, d’être massacré aux frontières, à l’ombre de ton drapeau.

Si des langues intéressées pourlèchent ta fiente royale, ô Souverain ! Si des candidats affamés de commandements et bourrés de platitudes, brossent l’échine et la croupe de ton autocratie de papier; Si tu te grises de l’encens et des promesses que te déversent ceux qui t’ont toujours trahi, te trompent et te vendront demain : c’est que toi-même tu leur ressembles. C’est que tu ne vaux pas mieux que la horde de tes faméliques adulateurs. C’est que n’ayant pu t’élever à la conscience de ton individualité et de ton indépendance, tu es incapable de t’affranchir par toi-même. Tu ne veux, donc tu ne peux être libre.

Allons, vote bien ! Aies confiance en tes mandataires, crois en tes élus.

Mais cesse de te plaindre. Les jougs que tu subis, c’est toi-même qui te les imposes. Les crimes dont tu souffres, c’est toi qui les commets. C’est toi le maître, c’est toi le criminel, et, ironie, c’est toi l’esclave, c’est toi la victime.

Nous autres, las de l’oppression des maîtres que tu nous donnes, las de supporter leur arrogance, las de supporter ta passivité, nous venons t’appeler à la réflexion, à l’action.

Allons, un bon mouvement : quitte l’habit étroit de la législation, lave ton corps rudement, afin que crèvent les parasites et la vermine qui te dévorent. Alors seulement tu pourras vivre pleinement.

LE CRIMINEL, c’est l’Électeur !

 

1918-2018… Centenaire de la grande boucherie de l’oligarchie

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L’histoire de la violence collective organisée (la guerre)
se confond avec l’histoire de l’État…

Résistance 71
11 novembre 2018

Analyse politique: L’abécédaire de Daniel Guérin

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Daniel Guérin: écrivain, essayiste et militant anarcho-communiste (1904-1988). Il a publié 33 ouvrages entre 1992 et 1983, dont les deux plus connus sont « Ni dieu, ni maître, une anthologie de l’anarchisme » (1965), ouvrage que nous conseillons toujours en guise d’introduction aux concepts et pratiques anarchistes, simple, clair et concis et « Anarchie, de la théorie à la pratique » (1970).
Daniel Guérin était un militant pour les droits des homosexuels et un anti-colonialiste de terrain. Il a passé pas mal de temps au Liban et en Indochine française.
Il est celui qui a sans doute le plus essayé de synthétiser marxisme et anarchisme pour le bien de la cause humanitaire. Son travail est une référence dans la voie synthétique de réunification de la gauche radicale anti-étatiste et donc forcément anti-colonialiste.
~ Résistance 71 ~

 

 

L’abécédaire de Daniel Guérin

 

Revue Ballast

 

2 novembre 2018

url de l’article original: https://www.revue-ballast.fr/labecedaire-de-daniel-guerin/

 

Abstraction : « L’impartialité est un de ces mots creux, une de ces abstractions suspendues dans le vide, comme la Morale universelle et éternelle, ou l’Intérêt général. […] Il n’existe pas, il ne peut pas exister d’impartialité en histoire. L’histoire ne s’occupe pas de figures géométriques ou de phénomènes d’optique, elle met en scène les classes en lutte, elle fait revivre les passions politiques des hommes. […] L’historien appartient lui-même, bien qu’il s’en défende, à une classe ; il épouse, bien qu’il s’en défende, les passions de sa classe. Entre les événements du passé qu’il évoque et les luttes que mène sa classe dans le présent, il y a un lien de continuité. Il ne peut pas ne pas prendre parti. » (La Lutte de classes sous la Première République, Gallimard, 1968)

Blanc : « Le prolétaire blanc, avant d’être un prolétaire, demeurait un Blanc. Il défendait désespérément ce qu’il croyait être ses privilèges de Blancs. Bien qu’exploité, il s’imaginait que son intérêt se liait au pouvoir blanc. Dans l’immédiat, les hommes de couleur ne pouvaient se permettre d’attendre une hypothétique alliance, ni de désespérer, si elle tardait trop à se produire. » (De l’Oncle Tom aux Panthères, Les éditions de Minuit, 1963-1973)

Cloisonnements : « J’ai horreur des sectes, des cloisonnements, des gens que presque rien ne sépare mais qui, pourtant, se regardent en chiens de faïence. […] Voulant être, si possible chez tous, avec tous, je voudrais, présomptueusement, réconcilier, rassembler. » (Front populaire révolution manquée, Maspero, 1970)

Durruti : « La Révolution espagnole a montré, elle, malgré les circonstances tragiques d’une guerre civile, bientôt aggravée par une intervention étrangère, la remarquable réussite de l’autogestion, à la ville comme à la campagne, et aussi la recherche, par les libertaires, d’une conciliation entre les principes anarchistes et les nécessités de la guerre révolutionnaire à travers une discipline militaire, sans hiérarchie ni grades, librement consentie, à la fois pratiquée et symbolisée par un grand combattant anarchiste : Durruti. » (Pour un communisme libertaire, Spartacus, 2003)

Exploitation : « On cherche en vain sur la planète un seul pays qui soit authentiquement socialiste. En gros, le socialisme a été l’objet de deux falsifications principales, sous son étiquette, on écoule deux marchandises également frelatées : un vague réformisme parlementaire, un jacobinisme brutal et omniétatique. Or, le socialisme a pour moi une signification très précise : la cessation de l’exploitation de l’homme par l’homme, la disparition de l’État politique, la gestion de la société de bas en haut par les producteurs librement associés et fédérés. » (Entretien paru dans La Chronique sociale de France, 1960)

Fascisme : « J’ai appris que, si la carence ouvrière se prolonge, le fascisme se généralisera dans le monde. Attendrez-vous, ici, que pleuvent les coups de matraque ? Le fascisme est essentiellement offensif : si nous le laissons prendre les devants, si nous restons sur la défensive, il nous anéantira. Il use d’un nouveau langage, démagogique et révolutionnaire : si nous ressassons, sans les revivifier par des actes, les vieux clichés usés jusqu’à la corde, si nous ne pénétrons pas jusqu’au fond de ses redoutables doctrines, si nous n’apprenons pas à lui répondre, nous subirons le sort des Italiens et des Allemands. » (La Peste brune [1932], Spartacus, 2018)

Gestion ouvrière : « Issue d’une entreprise militaire, sous la direction de petits-bourgeois à l’origine nationalistes, amenée par la suite à prendre pour modèles les pays socialistes de l’Est, la révolution cubaine n’a peut-être pas accordé une attention suffisante à la gestion ouvrière de la production du type espagnol, yougoslave ou algérien. Le “Che” Guevara, du temps où il dirigeait le ministère de l’Industrie, était méfiant à son égard. Une suspicion qui reposait, d’ailleurs, sur un malentendu : il s’imaginait, à tort, que l’autogestion excluait la planification centralisée et qu’elle était synonyme d’égoïsme d’entreprise. » (Cuba-Paris, Chez l’auteur, mai 1968)

Homosexualité : « Les avantages remportés sur l’homophobie par ses victimes ne peuvent être, en tout état de cause, que limités et fragiles. En revanche, l’écrasement de la tyrannie de classe ouvrirait la voir à la libération totale de l’être humain, y compris celle de l’homosexuel. Il s’agit donc de faire en sorte que la plus grande convergence possible puisse être établie entre l’une et l’autre. Le révolutionnaire prolétarien devrait donc se convaincre, ou être convaincu, que l’émancipation de l’homosexuel, même s’il ne s’y voit pas directement impliqué, le concerne au même degré, entre autres, que celle de la femme et celle de l’homme de couleur. De son côté, l’homosexuel devrait saisir que sa libération ne saurait être totale et irréversible que si elle s’effectue dans le cadre de la révolution sociale, en un mot que si l’espèce humaine parvient, non seulement à libéraliser les mœurs, mais, bien davantage, à changer la vie. » (Homosexualité et révolution, Le vent du ch’min, 1983)

Internationalisme : « Le principe fédéraliste conduit logiquement à l’internationalisme, c’est-à-dire à l’organisation fédérative des nations “dans la grande et fraternelle union internationale humaine”. […] Les États-Unis d’Europe, d’abord, et, plus tard, ceux du monde entier, ne pourront être créées que lorsque, partout, l’ancienne organisation fondée, de haut en bas, sur la violence et le principe d’autorité, aura été renversée. » (L’Anarchisme, Gallimard, 1965-1981)

Jeunesse : « Les jeunes révolutionnaires aux yeux bridés, désintéressés jusqu’au sacrifice, prodigieusement intelligents et raffinés, sortis dans les premiers rangs de nos grandes écoles, ils les traitèrent de ratés, d’ambitieux déçus, avides de places et de profits, et ils éprouvèrent une joie sadique quand la fleur de la jeunesse du Viet-nam monta sur l’échafaud, en criant des vers de Victor Hugo. » (Autobiographie de jeunesse, Belfond, 1972)

Kropotkine : « Isolés du monde ouvrier que monopolisaient les social-démocrates, [les anarchistes des années 1890] se calfeutraient dans de petites chapelles, se barricadaient dans des tours d’ivoire pour y ressasser une idéologie de plus en plus irréelle ; ou bien ils se livraient et applaudissaient à des attentats individuels, se laissant prendre dans l’engrenage de la répression et des représailles. Kropotkine, un des premiers, eut le mérite de faire son mea culpa et de reconnaître la stérilité de la “propagande par le fait”. » (L’Anarchisme, Gallimard, 1965-1981)

Luxemburg : « Son immense mérite [à Rosa Luxemburg] est d’avoir à la fois contesté les conceptions d’organisation autoritaire de Lénine et tenté d’arracher la social-démocratie allemande à son légalisme réformiste en insistant, comme aucun marxiste ne l’avait fait avant elle, sur la priorité déterminante de l’auto-activité des masses. […] Nous avons donc aujourd’hui beaucoup à puiser dans ses écrits, mais à condition de ne pas les accepter ni les repousser en bloc, de ne pas les dénigrer ni les portées aux nues. » (Rosa Luxemburg et la spontanéité révolutionnaire, Flammarion, 1971)

Malentendu : « Ma formation a été marxiste antistalinienne. Mais, depuis longtemps déjà, je me suis avisé de puiser à pleines poignées dans le trésor de la pensée libertaire, toujours actuelle et toujours vivante — à condition de l’épouiller, au préalable, de pas mal d’infantilisme, d’utopies, de romantismes aussi peu utilisables que désuets. D’où un malentendu à peu près inévitable, mais aigri par une certaine mauvaise foi de mes contradicteurs : les marxistes se sont mis à me tourner le dos en tant qu’“anarchiste”, et les anarchistes du fait de mon “marxisme” n’ont pas toujours voulu me regarder comme un des leurs. » (Pour un communisme libertaire, Spartacus, 2003)

Nausée : « Les célèbres abattoirs [de Chicago] — aujourd’hui déplacés — empestent à plusieurs lieues à la ronde. J’ai la curiosité morbide de voir égorger en série et mettre en boîtes porcs et moutons. À en avoir la nausée. Encore épargne-t-on aux âmes sensibles la vue, sans doute insoutenable, du massacre des bovidés. » (Le Feu du sang — autobiographie politique et charnelle, éditions Grasset & Fasquelle, 1977)

Organisation : « Communiste libertaire est qui honnit l’impuissante pagaille de l’inorganisation tout autant que le boulet bureaucratique de la sur-organisation. » (À la recherche d’un communisme libertaire, Spartacus, 1984)

Proudhon : « Je réponds à l’avance qu’il ne m’est guère possible d’accepter Proudhon en bloc, ni de le mythifier, que je vois en lui un Protée aux multiples visages, un créateur versatile et contradictoire, emporté trop souvent par sa faconde, son tempérament passionné et que cette surabondante diversité de son génie, cette violence paysanne et plébéienne, […] font de lui un personnage extraordinairement attachant. » (Proudhon oui et non, Gallimard, 1978) 

Querelle : « L’anarchisme est inséparable du marxisme. Les opposer, c’est poser un faux problème. Leur querelle est une querelle de famille. Je vois en eux des frères jumeaux entraînés dans une dispute aberrante qui en a fait des frères ennemis. Ils forment deux variantes, étroitement apparentées, d’un seul et même socialisme ou communisme. » (À la recherche d’un communisme libertaire, Spartacus, 1984)

Réformisme : « Condamner le réformisme ne signifie pas toujours faire fi des réformes. Aucun fléau social ne peut être combattu seulement en luttant pour la suppression ultime de ses causes. […] Mais où le réformisme est malfaisant, c’est lorsqu’il se propose comme une fin en soi et vise à estomper l’urgence de transformations plus profondes. » (De l’Oncle Tom aux Panthères, Les éditions de Minuit, 1963-1973)

Sous-prolétariat : « La composition essentiellement sous-prolétarienne du parti [des Black Panthers] a, par ailleurs, posé des problèmes d’ordre à la fois théorique et pratique. Certains de ses porte-paroles ont poussé à l’extrême la glorification du lumpen [sous-prolétariat, ndlr]. Eldridge Cleaver s’est livré à une véritable apologie de ces parasites involontaires de la société américaine : “Très bien. Nous sommes des lumpen. C’est vrai. […] Ceux qu’on nomme la pègre. […]”. Mais l’aspect contestable de l’analyse de Cleaver, c’est […] d’omettre le fait que la délinquance tend, trop souvent, à se développer “à l’intérieur du cadre de l’ordre existant” où elle agit comme une force de conservation sociale. C’est ce que reconnut l’ami de Cleaver, Geronimo, ex-lumpen lui-même, ex-trafiquant, ex-souteneur : Oui, admit-il, certains lumpen ont été “fourvoyés par l’idéologie capitaliste”. » (De l’Oncle Tom aux Panthères, Les éditions de Minuit, 1963-1973)

Tomates : « Ils me font rire, ceux dont les muscles ne sont jamais contractés par l’effort et qui serrent entre leurs doigts un petit gadget à l’aide duquel ils noircissent du papier. J’aime manier ces réalités tangibles que sont un cageot de tomates, un sac de charbon. Elles me reposent de la courbature cérébrale, me délivrent de l’épuisante compagnie de ces gnomes invisibles et décevants qui naissent au fil de l’écriture et que l’on fait passer pour des “idées”. » (Le Feu du sang — autobiographie politique et charnelle, éditions Grasset & Fasquelle, 1977)

URSS : « Loin de prouver l’impraticabilité du socialisme libertaire, l’expérience soviétique, dans une large mesure, a confirmé, au contraire, la justesse prophétique des vues exprimées par les fondateurs de l’anarchisme et, notamment, de leur critique du socialisme “autoritaire”. » (L’Anarchisme, Gallimard, 1965-1981)

Vélos : « Au surplus, ma venue aux idées révolutionnaires avait été, pour une part plus ou moins large, le produit de mon homosexualité, qui avait fait de moi, de très bonne heure, un affranchi, un asocial, un révolté. Dans mes essais autobiographiques, j’ai rapporté que mes convictions n’avaient pas tant été puisées dans les livres et les journaux révolutionnaires, bien que j’en eusse absorbé des quantités énormes, que dans le contact physique, vestimentaire, fraternel, pour ne pas dire spirituel, dans la fréquentation des cadres de vie de la classe prolétaire. J’ai appris et découvert bien davantage chez tel marchand de vélos, avec sa clientèle de loubards, dans telle salle de boxe et de lutte libre du quartier de Ménilmontant. J’ai échangé plus de libres et enrichissants propos dans l’arrière-boutique fumeuse de tel petit “resto” ouvrier, peuplé de célibataires endurcis, que dans les appartements cossus des quelques anciens condisciples que je m’étais forcé de continuer à fréquenter. » (Homosexualité et révolution, Le vent du ch’min, 1983)

Wagon : « Je lui réponds qu’il ne sera pas très difficile à Hitler d’envahir la France mais qu’ensuite, plus tard, le peuple français pourrait bien lui donner du fil à retordre. Ce vainqueur trop lucide sue d’angoisse. De Settin, on nous embarque dans un wagon cellulaire pour une destination inconnue. Des prisonniers allemands nous y enseignent l’art d’allumer un mégot de cigarette avec un clou et un débris de miroir. » (Le Feu du sang — autobiographie politique et charnelle, éditions Grasset & Fasquelle, 1977)

X : « Peu de jours avant de disparaître, Malcolm [X] avouait à la femme du pasteur Martin Luther King : “Je suis en train de dériver et je ne sais pas où je vais.” En fait, il était sur la voie d’une synthèse, plus ou moins élaborée, entre le nationalisme noir et une attitude où apparaissent déjà, au-delà d’une certaine confusion persistante dans son esprit, des tendances révolutionnaires, internationalistes, anticapitalistes, anti-impérialistes. » (De l’Oncle Tom aux Panthères, Les éditions de Minuit, 1963-1973)

Yeux : « J’ai vu, de mes yeux, le fascisme. Je sais aujourd’hui ce qu’il est. Et je songe qu’il nous faut faire, avant qu’il soit trop tard, notre examen de conscience. Depuis dix ans, nous n’avons pas prêté au phénomène une attention suffisante. César de Carnaval, blaguait Paul-Boncour. Non, le fascisme n’est pas une mascarade. Le fascisme est un système, une idéologie, une issue. Il ne résout certes rien, mais il dure. Il est la réponse de la bourgeoisie à la carence ouvrière, une tentative pour sortir du chaos, pour réaliser, sans trop compromettre les privilèges de la bourgeoisie, un nouvel aménagement de l’économie, un ersatz de socialisme. » (La Peste brune [1932], Spartacus, 2018)

Zéro : « Mais un monde qui s’écroule est aussi un monde qui renaît. Loin de nous laisser aller au doute, à l’inaction, à la confusion, au désespoir, l’heure est venue pour la gauche française de repartir a zéro, de repenser jusque dans leurs fondements ses problèmes, de refaire, comme disait Quinet, tout son bagage d’idées. » (« La révolution déjacobinisée », Les Temps Modernes, avril 1957)

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Lectures complémentaires:

Daniel_Guerin_L’anarchisme

Inevitable_anarchie_Kropotkine

L’anarchie pour la jeunesse

Entraide_Facteur_de_L’evolution_Kropotkine

Résistance au colonialisme: Quand un colonialisme en cache un autre (Bruno Guigue)

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Bonne analyse de Bruno Guigue mais qui ne va pas encore assez loin à notre sens. 

En effet, nous ne vivons même pas dans un monde “post-colonial / néo-colonial”, mais toujours bel et bien dans un monde colonial comme nous l’avons expliqué à maintes reprises ici.

Les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, tous les pays d’Amériques centrale et du sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et bien entendu Israël sont TOUS des pays coloniaux à l’heure actuel. Des pays qui ne sont que des projections commerciales de contrôle et de pillage des grands centres industrio-financiers, chapeautés par la City de Londres, la véritable “couronne” et entité coloniale.

Ceci en toile de fond d’un néo-colonialisme issus du libéralisme vendu comme une globalisation des échanges politico-économiques. Nous devons le comprendre si nous voulons critiquement et radicalement agir sur la réalité qui nous échoit.

Parce que:

L’avenir de l’humanité passe par les peuples occidentaux émancipés de l’idéologie et de l’action coloniales, se tenant debout, main dans la main avec les peuples autochtones de tous les continents pour instaurer l’harmonie de la société des sociétés sur terre. Il n’y a pas de solutions au sein du système, n’y en a jamais eu et n’y en aura jamais !

~ Résistance 71 ~

« Quand nous disons aux colons: ‘rendez-le’, voulons-nous dire que nous voulons qu’ils nous rendent le pays et qu’ils s’en aillent ? Non. Ceci n’est pas la vision de nos peuples. Lorsque nous disons ‘rendez-le’, nous parlons de ce que les colons établis montrent du respect pour ce que nous partageons, la terre et ses ressources et corrigent les torts en nous offrant la dignité et la liberté qui nous sont dues et nous rendent notre pouvoir et suffisamment de terre pour que nous soyons totalement auto-suffisant en tant que nations… […] La restitution est purification. […] Il est impossible de transformer la société coloniale de l’intérieur de ses institutions ou de parvenir à la justice et à une coexistence pacifique sans transformer fondamentalement les institutions de la société coloniale elles-mêmes. Simplement, les entreprises impérialistes opérant sous le déguisement d’états démocratiques libéraux (NdT: USA, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Mexique, tous les pays d’Amériques centrale et du sud…) sont par construction et culture, incapables de relations justes et pacifiques avec les peuples autochtones. Le changement ne se produira que lorsque les colons seront forcés à reconnaître ce qu’ils sont, ce qu’ils ont fait et ce qu’ils ont hérité ; alors seulement ils ne pourront plus fonctionner comme des coloniaux et commenceront à respecter les autres personnes et à les considérer comme des êtres humains… »

~ Taiaiake Alfred, professeur de science politique, université de Victoria, CB, Canada, nation Mohawk, 2009 ~

 

Quand un colonialisme en cache un autre

 

Bruno Guigue

 

5 novembre 2018

 

url de l’article:

https://www.legrandsoir.info/quand-un-colonialisme-en-cache-un-autre.html

 

Que les enfants yéménites meurent de faim par milliers, que les Palestiniens tombent sous les balles de l’occupant, que la Syrie soit un champ de ruines et la Libye plongée dans le chaos, tout cela ne nous émeut guère. On manifeste, on fait grève, on proteste ? Pas vraiment. Ni manifestations significatives, ni débats dignes de ce nom. Le crime néocolonial passe comme une lettre à la poste. Et pourtant, si nous subissions ce que nos gouvernements infligent à des peuples qui ne nous ont rien fait, que dirions-nous ? Si une alliance criminelle nous condamnait à mourir de faim ou du choléra, comme au Yémen ? Si une armée d’occupation abattait notre jeunesse parce qu’elle ose protester, comme en Palestine ? Si des puissances étrangères armaient des milices pour détruire notre république, comme en Syrie ? Si une coalition étrangère avait bombardé nos villes et assassiné nos dirigeants, comme en Libye ?

La tendance des pays dits civilisés à jeter un voile pudique sur leurs propres turpitudes n’est pas nouvelle. Propre sur lui, le démocrate occidental voit plus facilement la paille dans l’œil du voisin que la poutre qui loge dans le sien. De droite, de gauche ou du centre, il vit dans un monde idéal, un univers heureux où il a toujours la conscience de son côté. Sarkozy a détruit la Libye, Hollande la Syrie, Macron le Yémen, mais il n’y aura jamais de tribunal international pour les juger. Mesurés à l’aune de notre belle démocratie, ces massacres ne sont que des broutilles. Un égarement passager, à la rigueur, mais l’intention était bonne. Comment des démocraties pourraient-elles vouloir autre chose que le bonheur de tous ? Surtout destiné à l’électeur moyen, le discours officiel des Occidentaux traduit toujours l’assurance inébranlable d’appartenir au camp du bien. ’Vous souffrez de l’oppression, de la dictature, de l’obscurantisme ? Ne vous inquiétez pas, on vous envoie les bombardiers !’.

Il arrive toutefois qu’au détour d’une phrase, dans le secret des négociations internationales, un coin de voile soit levé, subrepticement. On assiste alors à une forme d’aveu, et voilà qu’un margoulin confesse le crime en esquissant un sourire narquois. En 2013, au moment où la France intervient au Sahel, Laurent Fabius, ministre français des affaires étrangères, appelle son homologue russe pour obtenir l’appui de la Russie à l’ONU. Lavrov s’étonne alors de cette initiative française contre des djihadistes que Paris avait soutenus lors de l’intervention en Libye, en 2011 : ’C’est la vie !’, lui rétorque le ministre français. Semer la terreur pour abattre un Etat souverain ? C’est ’la vie’ selon Fabius. Mais que ce criminel se rassure : aucun juge ne lui demandera des comptes. La Cour pénale internationale (CPI) est une Cour pour les indigènes : c’est réservé aux Africains. Les gens comme Fabius ont l’art de passer entre les gouttes.

Abreuvés d’un discours qui leur dit que leur pays est toujours du bon côté, les Français semblent à des années-lumière du chaos que contribuent à bâtir leurs propres dirigeants. Les problèmes du monde ne les affectent que lorsque des hordes de miséreux se pressent aux portes, et ils sont nombreux à accorder leurs suffrages – comme beaucoup d’Européens – à ceux qui prétendent leur épargner cette invasion. Bien entendu, cette défense d’un ’chez soi’ devrait logiquement s’accompagner du refus de l’ingérence chez les autres : que vaudrait un patriotisme qui autoriserait le fort à s’ingérer dans les affaires du faible ? Or l’expérience montre que ces ’patriotes’ sont rarement à la pointe du combat pour l’indépendance nationale en dehors du monde prétendument civilisé. Quels partis de droite européens, par exemple, soutiennent le droit des Palestiniens à l’autodétermination nationale ? Manifestement, ils ne se précipitent pas pour honorer leurs propres principes.

Mais ce n’est pas tout. On peut même se demander si ces prétendus patriotes le sont vraiment pour eux-mêmes : combien d’entre eux, en effet, sont-ils favorables à la sortie de leur propre pays de l’OTAN, cette machine à embrigader les nations européennes ? Comme pour la question précédente, la réponse est claire : aucun. Ces ’nationalistes’ font le procès de l’Union européenne pour sa politique migratoire, mais c’est le seul morceau de leur répertoire patriotique, véritable disque rayé aux accents monocordes. Ils gonflent les muscles face aux migrants, mais ils sont beaucoup moins virils face aux USA, aux banques et aux multinationales. S’ils prenaient leur souveraineté au sérieux, ils s’interrogeraient sur leur appartenance au ’camp occidental’ et au ’monde libre’. Mais c’est sans doute beaucoup leur demander.

Dans cette incohérence généralisée, la France est un véritable cas d’école. Une certaine droite – ou extrême-droite, comme on voudra – y critique volontiers les interventions à l’étranger, mais de manière sélective. Le Rassemblement national, par exemple, dénonce l’ingérence française en Syrie, mais il approuve la répression israélienne contre les Palestiniens. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes serait-il à géométrie variable ? En fait, ce parti fait exactement l’inverse de ce que fait une prétendue gauche, qui soutient les Palestiniens – en paroles – et approuve l’intervention occidentale contre Damas, trouvant même qu’on n’en fait pas assez et qu’il faudrait bombarder ce pays plus sévèrement. Le drame, c’est que ces deux incohérences jumelles – et en miroir – aveuglent le peuple français. On mesure cet aveuglement au résultat, lorsqu’on voit des gauchistes souhaiter le renversement d’un Etat laïc par des mercenaires de la CIA (au nom de la démocratie et des droits de l’homme), et des nationalistes soutenir l’occupation et la répression sionistes en Palestine (au nom de la lutte contre le terrorisme et l’islamisme radical).

Il est vrai que ce chassé-croisé entre pseudo-patriotes et pseudo-progressistes a aussi une dimension historique. Il charrie à sa façon l’héritage empoisonné des temps coloniaux. Ainsi la droite nationaliste critique le néocolonialisme occidental en Syrie, mais elle trouve insupportable qu’on évoque les crimes coloniaux commis par la France dans le passé en Indochine, en Algérie ou à Madagascar. On suppose que ce n’est pas volontaire, mais la gauche universaliste contemporaine – au nom des droits de l’homme – fait exactement l’inverse : elle fait le procès du vieux colonialisme façon « Algérie française » mais elle approuve l’intervention néocoloniale en Syrie contre un Etat souverain qui a arraché son indépendance à l’occupant français en 1946. Bref, la droite aime follement le colonialisme au passé, la gauche l’aime passionnément au présent. La boucle est bouclée, et en définitive tout le monde est d’accord. Principale victime : la lucidité collective.

La France est l’un des rares pays où un colonialisme en cache un autre, le vieux, celui qui plonge ses racines dans l’idéologie pseudo-civilisatrice de l’homme blanc, se trouvant comme régénéré par le sang neuf du bellicisme droit-de-l’hommiste. Ce néocolonialisme, à son tour, est un peu comme l’ancien colonialisme ’mis à la portée des caniches’, pour paraphraser Céline. Il veut nous faire pleurer avant de lancer les missiles. En tout cas, la connivence implicite entre les colonialistes de tous poils – les vieux et les jeunes, les archéo et les néo – est l’une des raisons de l’errance française sur la scène internationale depuis qu’elle a rompu avec une double tradition, gaulliste et communiste, qui lui a souvent permis – non sans errements – de balayer devant sa porte : la première par conviction anticolonialiste, la seconde par intelligence politique. Un jour viendra sans doute où on dira, pour faire la synthèse, que si la France a semé le chaos en Libye, en Syrie et au Yémen, au fond, c’était pour « partager sa culture », comme l’a affirmé François Fillon à propos de la colonisation française des siècles passés. Au pays des droits de l’homme, tout est possible, et même prendre des vessies pour des lanternes.

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Lectures complémentaires:

Païens en terre promise, décoder la doctrine chrétienne de la découverte

La Grande Loi du Changement (Taiaiake Alfred)

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Meurtre par décret le crime de génocide au Canada

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