Archives de octobre, 2011

Ingérence américaine et guerre impérialiste: opération barbouze contre l’Iran, la continuité dans le crime et le terrorisme d’état…

Posted in 3eme guerre mondiale, actualité, guerre iran, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, terrorisme d'état with tags , , , , , , on 31 octobre 2011 by Résistance 71

La barbouzerie de Washington contre l’Iran

Le congrès américain envisage une longue série d’opérations clandestine

 

Par le Dr. Ismail Salami

Url de l’article orignal:

http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=27364

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

L’agenda secret américain pour renforcer son étau sur la république islamique d’Iran a apparemment pris une nouvelle tournure après que le soi-disant complot d’assassinat de l’ambassadeur saoudien aux Etats-Unis Adel al-Jubeir ait fait lever quelques sourcils parmi les experts et les analystes du monde entier.

Avec son fort penchant pour pousser à plus d’actions contre l’Iran, le gouvernement Obama a déjà imposé toutes une série de sanctions contre la république islamique. Quoi qu’il en soit, un comité du congrès à dominante républicaine vient de demander le déploiement d’une série d’opérations clandestines contre le pays.

Ces opérations qui vont d’attaques cybernétiques aux assassinats politiques, doivent être effectuées sous le couvert de la faible excuse que l’Iran a été l’architecte derrière le complot d’assassinat de l’envoyé saoudien aux Etats-Unis. En parlant d’assassinats politiques, les membres de congrès américains parlent de la liquidation physique des scientifiques nucléaires iraniens, actions qui ont déjà commencé il y a un moment.

Le général en retraite John Keane a dit Mercredi durant une audition avec deux sous-comités clé du départment de la sécurité nationale (DHS): “Nous devons mettre nos mains autour de leur cou maintenant. Pourquoi ne les tuons-nous pas ?… Nous tuons d’autres gens qui en tuent d’autres.”

La députée Jackie Speier (Démocrate-Californie) a émis quelques perles  de sagesse les unes au dessus des autres en appellant pour plus de “discussion sobre et raisonnée”.

“Les leaders de l’Iran doivent être tenus pour responsables de leur action”, a t’elle dit, “mais nous ne pouvons pas prendre de mesures iraisonnées qui pouraient rouvrir un autre front dans la ‘guerre contre la terreur’, ce que les Américains ne veulent pas et ne peuvent pas se permettre financièrement.”

Bien entendu, le gouvernement ne peut pas se payer une autre guerre du moins en ce qui concerne le désastre économique qu’il a amené sur les citoyens américains et ceci indépendemment d’autres facteurs influents.

La pierre qui roule arriva dans les mains du député de New York Peter King, qui fit un commentaire pour le moins bizarre. Il suggéra que les Etats-Unis devraient virer les officiels iraniens des Nations-Unies à New York et de Washington et de les accuser d’espionnage, ignorant le simple fait que les Nations-Unies sont considérées comme un corps international indépendant et que les Etats-Unis n’ont aucune autorité pour expulser en masse des diplomates accrédités aux Nations-Unies.

Débordant d’un faux sentiment d’urgence, il renouvela les accusations de soi-disant complot d’assassinat de l’Iran et dit fébrilement: “vous avez l’assassinat d’un ambassadeur étranger, vous avez la volonté d’assassiner des centaines d’Américains, ceci est un acte de guerre.” A dit King “Je ne pense pas que nous pouvons continuer comme si de rien n’était ou même appliquer des sanctions comme d’habitude.”

De fait, les actions anti-Iran ont commencé dès 2007 lorsque le congrès tomba d’accord avec Bush, le président d’alors, pour financer une augmentation d’opérations clandestines contre l’Iran. D’après les officiels du renseignement qui parlèrent de cela sur la chaîne ABC News.com, la CIA obtint un accord de la présidence pour commencer ses opérations de déstabilisation clandestines en Iran. A ces fins, plus de 400 millions de dollars furent débloqués grâce à un décret signé par le président. Son but ultime était d’handicaper le gouvernement religieux iranien et les opérations impliquaient de soutenir la minorité Ahwazi arabe et baluchis ainsi que d’autres groupes d’opposition ainsi que de collecter des renseignements sur les sites nucléaires iraniens.

Les officiels du renseignement, parlant sous le couvert de l’anonymat à cause de la nature “sensible” du sujet, confirmèrent que Bush avait signé un “décret présidentiel non-léthal”, donnant carte blanche à la CIA pour s’engager dans toute activité de sabotage, incluant une campagne coordonnée de propagande, de désinformation et de manipulation de la monnaie iranienne et des transactions financières internationales dans le but de déstabiliser et d’éventuellement parvenir à opérer un changement de régime en Iran.

“Je ne peux pas confirmer ou réfuter qu’un tel programme existe et si le président l’a signé, mais cela serait très en accord avec la ligne de conduite américaine essayant de trouver des moyens de pression sur le régime iranien”, a dit Bruce Riedel, un officiel de la CIA en retraite et expert sur l’Iran et le Moyen –Orient (ABCNews.com le 22 Mai 2007)

En Juin 2007, le magazine New Yorker publia un article similaire de Seymour Hersh, confirmant que le décret avait été signé par Bush dans l’intention de déstabiliser le gouvernement islamique. “Son point de focalisation était de miner  les ambitions nucléaires de l’Iran et d’essayer de changer le gouvernement”, l’article citait une personne qui connaissait bien le programme et impliquée “a travaillé avec les groupes d’opposition et passé l’argent”.

D’un point de vue du renseignement, le fait que le gouvernement des Etats-Unis se soit résolu à des opérations clandestines contre l’Iran élimine la possibilité d’une frappe militaire contre le pays.

D’après certains rapports, les ambassadeurs américains à Islamabad ont demandé répétitivement l’ouverture d’un consulat dans la province du Baluchistan, ce qui est une demande très suspicieuse venant des Etats-Unis. En 2011, la demande fut renouvellée par l’ambassadeur américain Cameron Munter à Islamabad. Cette persistance dans cette demande est à prendre très séreusement. Le Baluchistan est stratégiquement très important car c’est la hâvre du groupe terroriste anti-iranien le Jundallah en première instance et une province séparatiste du Pakistan en second lieu.

En fait, Washington favorise grandement l’établissement d’un “grand Baluchistan” qui intégrerait les zones baluches du Pakistan avec celle de l’Iran. L’expert militaire lieutenant-colonel Ralph Peters suggère que le Pakistan devrait être morcelé, ceci menant à la formation d’un pays séparé: “le Baluchistan libre” (Juin 2006 dans le journal des Forces Armées). Ceci aurait pour résultat d’incorporer les provinces baluches du Pakistan et d’Iran en une entité politique unifiée, qui pourrait être ciselée suivant les intérêts de Washington dans la région.

Ainsi il apparaît que les Etats-Unis aient deux motifs ultérieurs si cette demande obtient le succès escompté. D’abord, cela pourra fournir l’occasion de réaliser ce rêve d’un grand Baluchistan, de consolider une présence ferme dans cette zone séparatiste du Pakistan et dans un second temps, offrir l’opportunité d’utiliser cette influence pour porter des activités de sabotage en Iran.

Plus tôt en 2007, ABCNews.com révéla le rôle du gouvernement américain dans son soutien du groupe terroriste iranien, qui est responsable d’un certain nombre d’assassinats partculièrement horribles sur es civils iraniens à la frontière irano-pakistanaise. Le groupe terroriste ne perd aucune occasion de semer la terreur dans la province du sud iranien du Sistan-Baluchistan et leur appétit de meurtre et de cruauté ne connaît aucune rémission. Les victimes de ce groupe sont essentiellement des femmes, des enfants qui sont devenus la cible directe de leurs meurtres. En Juillet 2010, le group organisa une paire d’attaques suicides dans une mosquée shi’ite majeure dans la ville de Zahedan, la capitale de la province iranienne du Sistan-Baluchistan, attentats qui ont tués des douzaines de fidèles et blessés plus de cent personnes.

Bien que les officiels américains réfutent la notion de “financement direct” du groupe terroriste, ils reconnaissent être en contact avec le leader du groupe de manière régulière. Une attaque terroriste similaire fut lancée par le même groupe dans une mosquée de Zahedan en Mai 2009, attaque qui éleva beaucoup de fidèles au rang de martyrs.

De manière très décevante, le service de renseignement pakistanais l’ISI (Inter-Service Intelligence) soutient implicitement le groupe et est dit abriter quelques uns de membres de haut niveau de l’organisation, en coordination avec la CIA.

N’est-il pas paradoxal que le Jundallah, groupe terroriste et branche d’Al Qaïda, est directement financé par le gouvernement américain, qui continue à avancer sa soi-disant “guerre à la terreur” dans le monde ?

Ceci est bien suffisant pour que les Etats-Unis baissent la tête en signe de honte et d’humilité.

Dr. Ismail Salami est un analyste politique et écrivain iranien. Ecrivain prolixe, il a écrit de nombreux livres et articles sur le Moyen-Orient. Ses articles ont été traduits dans bon nombre de langues.

Crise économique et résistance politique: La dette ?… c’est le vol !

Posted in actualité, autogestion, économie, crise mondiale, démocratie participative, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , on 30 octobre 2011 by Résistance 71

La dette ? C’est le vol !

 

Par la Fédération Anarchiste (Strasbourg)

 

Le vendredi 28 octobre 2011

 

Face à la vaste entreprise de conditionnement que subissent les exploité-e-s ces dernières semaines, la Fédération anarchiste dénonce le règne de la pensée unique et appelle à pratiquer l’autodéfense intellectuelle.

Asséner sans sourciller que payer une dette est un devoir impérieux revient à passer sous silence que, comme la propriété privée des moyens de production et de distribution, la dette est un vol. Le même vol que celui qui consiste à empocher à la place des exploité-e-s la plus-value créée par le travail lui-même. Lorsqu’un prêteur accorde une somme donnée, il sait que c’est par le travail de l’emprunteur qu’il pourra recouvrer les intérêts dans un premier temps, le capital en second lieu. C’est la preuve incontestable que l’intérêt financier est un prélèvement de plus sur la force de travail. C’est sur ce principe qu’a pu se construire et se complexifier le système du crédit, jusqu’à aboutir en 2008 à la crise dite des subprimes : des millions d’Américain-e-s se retrouvent jetés à la rue parce que la variabilité de leur taux d’intérêt est en faveur des organismes de prêt, et qu’ils ne peuvent faire face à des engagements intenables. On n’insistera jamais trop sur le rôle de contrôle social que joue l’emprunt dans l’économie capitaliste : quand le ou la prolétaire paye son logement, il ou elle y réfléchit à deux fois avant de faire grève, avant de se syndiquer, avant d’être solidaire de ceux et celles qui luttent autour de lui ou d’elle. Pour les possédant-e-s, le système n’a donc que des avantages !

Concernant la dette dite publique, contractée par l’État et ses déclinaisons locales que sont les régions et les départements, on cherche à nous faire croire que l’argent emprunté le serait pour une bonne cause : assurer à chacun-e l’accès aux services publics qui caractérisent l’État-Providence. C’est oublier que, si l’on prend l’exemple de la Sécurité Sociale, ce n’est pas l’État qui finance les caisses, mais les salarié-e-s, qui payent à la fois pour eux et pour le patronat (dont les cotisations, on ne le rappellera jamais assez, proviennent de la plus-value dégagée par le travail). C’est oublier que l’indemnisation du chômage n’est pas davantage payée par l’État, que les entreprises dites « publiques », rapportent davantage qu’elles ne coûtent, et que les salarié-e-s des trois fonctions publiques font les frais de la rigueur salariale depuis qu’en 1983 le gouvernement Fabius a montré, par la désindexation des salaires par rapport à l’inflation, le vrai visage du socialisme de gouvernement, qui change la vie, mais au seul profit de la bourgeoisie…

Que fait l’État de l’argent qu’il ventile dans son budget, si ça n’est pas, comme voudraient nous le faire croire les bien-pensants de la gauche réformiste, pour redistribuer les richesses ? Réponse : il attribue le premier poste au service de sa dette, il rembourse du capital, un peu, mais, surtout, il paye les intérêts des intérêts de tout ce qu’il a pu emprunter depuis que le monde est monde… Ainsi, pour 2010, l’État français a dû rajouter à un déficit budgétaire de 149,7 Mds d’€ (dont 42,5 Mds d’€ d’intérêts), les « amortissements » des dettes à moyen et long terme arrivant à échéance en 2010 pour un montant de 83 Mds d’€. Les intérêts à payer représentent 96 % des engagements financiers. En 2010, ce sont 125,5 Mds d’€ (83 de capital + 42,5 d’intérêts) que l’État nous fait rembourser, prix d’une austérité bien réelle, mais qui ne dit pas son nom. En 1995, le stock de la dette publique s’élevait à 431 Mds d’€. Fin 2011, le total cumulé des intérêts servis et des capitaux remboursés s’élèvera lui, à 2 013 Mds d’€, soit 4,6 fois plus qu’en 1995 ! Dans le même temps, la dette aura été élevée à 1 333 Mds d’€, soit plus de 3 fois le montant de 1995. Les intérêts payés (658 Mds d’€) représenteront plus du double du total des dépenses du budget général (285,7 Mds d’€ pour 2011). La dette publique représente 37 % des dépenses publiques !

De tels chiffres peuvent donner le vertige à tous ceux et toutes celles qui survivent avec leur RSA : ainsi, ce dont ont peur les marchés, c’est la simple perspective qu’une partie infime de la dette d’un État puisse ne pas être remboursée, et c’est là que le système dévoile toute sa perversité : les organismes financiers ont tout intérêt à maintenir leurs débiteurs en état de dépendance, autrement dit, ils pratiquent avec les États le plus grand crédit-révolving du monde, ils prêtent pour rendre possible le remboursement de ce qu’ils ont déjà prêté, parce que l’État est une sorte de super-huissier qui possède tous les moyens coercitifs : loi, police, armée, pour persuader la classe laborieuse de payer toujours plus…

La grande originalité de la situation qui se dessine en cet automne 2011, c’est qu’elle révèle, à celles et ceux qui ne veulent pas l’admettre, l’extrême similitude des problèmes qui se posent au prolétariat où qu’il soit dans le monde : les exploité-e-s, salariés ou sans emploi, des pays dits « développés » connaissent à leur tour les difficultés que vivent depuis des dizaines d’années leurs camarades du tiers-monde, écrasés sous la dette dans l’indifférence générale. En Grèce, en Italie, en Islande, en Espagne, au Royaume-Uni, aux USA, en France, le couperet est financier, mais c’est toujours un couperet, comme celui qui naît du renchérissement des matières premières agricoles, et qui a poussé dans la rue l’ensemble des travailleurs d’Afrique du Nord.

Face à cette avalanche de mauvais coups, il est impératif de réagir. Qu’on ne compte pas sur la Fédération anarchiste pour bêler avec ceux ou celles, de gauche ou d’extrême-gauche, qui, tout en déplorant la lourdeur de la dette, ne remettent pas en cause le vol caractérisé qu’elle constitue ; qu’on ne compte pas sur la Fédération anarchiste pour souscrire à une déclaration de collaboration de classe comme celle qu’a publiée le 18 août 2011 l’intersyndicale nationale, qui, en appelant aux journées d’action machines-à-perdre, s’affirme soucieuse de sauver l’Europe et de réduire les déficits publics, ou pour exonérer de leurs responsabilités les organisations syndicales qui n’en font pas partie. Le seul mot d’ordre pour réagir au chaos capitaliste, c’est « Faut pas payer ! * ». Cela suppose, dans le cadre d’une grève générale expropriatrice et autogestionnaire, l’effacement pur et simple de toutes les dettes : privées pour soustraire les salariés à la mainmise de la classe possédante, publique par destruction de l’État en tant que structuration politique destinée à faire perdurer le capitalisme. Une phase transitoire avant la disparition de l’économie monétariste pourrait consister en la mise en place d’un service public autogéré de crédit gratuit sur la base des principes proposés par Proudhon. On comprend dans ces conditions qu’il est encore plus illusoire que jamais d’attendre un quelconque changement des élections à venir.

Fédération anarchiste

  • · titre d’une pièce du dramaturge italien Dario Fo ( 1974)
  • url de l’article original:

http://fastrasbg.lautre.net/?La-dette-C-est-le-vol

Changement de société: les modèles viables existent, il suffit de les appliquer

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La société autonome et autogérée existe et fonctionne. Il serait très simple de l’étendre à une fédération d’associations volontaires. Nous, les peuples, n’avons absolument pas besoin de l’état et des institutions administratives, politiques, économiques et financières pour faire tourner la boutique.

Délégation de pouvoir et centralisation n’ont amené dans l’histoire que muselage, oppression, répression, parasitisme, corruption et incompétence institutionnalisée. Voici un exemple d’autogestion qui a pour racine un mouvement catholique. Au bout du compte la seule chose qui compte réellement est de sortir du piège à rats dans lequel l’oligarchie nous a enfermé depuis bien trop longtemps.

Tous les mouvements des « indignés » et de contestation actuels doivent prendre cela en compte. L’alignement sur le statu quo, la récupération réformiste pour le contentement et consentement général sont des fléaux dont il faut se garder sous peine d’être maintenus dans la sphère d’influence oligarchique consciemment ou non. Regardons où en sont les « printemps arabes »… Un junte militaire en Egypte et des élections amenant le radicalisme religieux au pouvoir en Tunisie… Les oligarques se marrent bien une fois de plus aux dépends des peuples !

Il suffit de dire NON, solidairement et en masse et la foutaise s’arrêtera, remplacée par la créativité et l’autonomie naturelle de la société débarrassée de ses parasites.

— Résistance 71 —

 

Mondragón Corporación Cooperativa – Un modèle coopératif d’économie efficace et socialement supportable au Pays basque espagnol

 

par Erika Vögeli

Le 23 Octobre 2011

 

url de l’article original:

http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=2937

 

L’exemple de la coopérative Mondragón montre de manière convaincante ce que les hommes peuvent faire en matière de responsabilité sociale sans perdre de vue pour autant les aspects économiques d’une bonne direction d’entreprise. L’initiative de ses fondateurs apporte des suggestions qui pourraient inspirer de nombreuses régions ébranlées par la crise, notamment pour lutter contre le chômage des jeunes.

L’entreprise coopérative Mondragón Corporación Cooperativa (MCC) est une réalisation du mouvement coopératif qui a commencé par la création, en 1956, de la première coopérative dans la petite ville basque de Mondragón, à quelque 50 kilomètres de Bilbao. Aujourd’hui, le mouvement possède environ 100 coopératives et plus de 250 entreprises et institutions dans plus de 20 pays qui emploient quelques 84 000 salariés. Elles opèrent dans 4 domaines: finances, industrie, commerce et éducation. L’éventail va des banques et des fonds sociaux indépendants aux universités en passant par les appareils ménagers, les composants pour l’industrie automobile, les robots et d’autres produits de haute technologie.
Ce qui est caractéristique de Montragón, ce sont les valeurs coopératives de collaboration, de participation, de responsabilité sociale et d’innovation. Elles imprègnent l’organisation dans tous les domaines, créent du sens et de la cohésion, déterminent toute la culture d’entreprise, le comportement et les attitudes de l’ensemble des salariés à l’égard de leur travail et induisent une philosophie du management tout à fait différente. Ainsi Montragón poursuit «tous les objectifs essentiels d’une entreprise ordinaire qui soutient la concurrence sur les marchés internationaux en recourant à des méthodes d’organisation démocratiques, crée des emplois et se consacre à la promotion professionnelle et humaine de ses salariés et au développement social de son environnement.»

Une conscience sociale: José Maria Arizmendiarrieta

Ce qui est aujourd’hui la plus importante entreprise du Pays basque et le dixième plus grand groupe industriel d’Espagne a commencé avec l’initiative d’un homme, le prêtre catholique José Maria Arizmendiarrieta. En 1941, lorsqu’il arriva à Mondragón (en basque: Arrasate), cette petite ville avait été sévèrement frappée par la guerre et le chômage des jeunes était élevé. Convaincu que «vivre dans la dignité signifiait que l’homme devait prendre son destin en main, non seulement il s’engagea en faveur d’institutions sociales et fonda un club de football mais il créa, avec l’aide de la population, une petite école professionnelle. Se fondant sur la doctrine sociale de l’Eglise catholique et l’idée coopérative, il chercha des solutions permettant de créer des emplois dans sa vallée, afin que les élèves sortant de l’école professionnelle ne soient pas obligés d’émigrer. Finalement, en 1955, cinq jeunes ouvriers qualifiés qui avaient collaboré avec le prêtre pendant des années et avaient fréquenté l’Ecole polytechnique fondèrent la première coopérative de production. Maintenant, les usines Fagor, qui ont commencé par produire des cuisinières et des poêles, sont leader, en Espagne, en matière d’appareils ménagers et emploient plus de 4000 salariés. Ce succès n’aurait pas été imaginable sans son père spirituel Don José. C’est lui qui, pendant des années, en dialoguant patiemment avec les travailleurs de sa commune, n’a cessé de leur donner des idées. L’autonomie des personnes, l’égalité fondamentale de tous les hommes et le souci de l’intérêt général ont toujours inspiré sa conduite: «Le dialogue et la coopération, la liberté et le dévouement sont des méthodes efficaces pour unir la volonté et les forces permettant d’organiser et de maîtriser le travail humain et de rendre l’économie plus humaine.»
L’économie doit être subordonnée aux hommes et à l’intérêt général car, selon Arizmendiarreta, «la personne humaine est de toute évidence le moteur, le centre et l’objectif de toute vie économique et sociale».

La «Caisse des travailleurs», une banque qui veille à l’indépendance économique

La coopérative de Don José fut également influencée par l’expérience de la Rochdale-Society anglaise qui, en recevant des capitaux d’investisseurs extérieurs, finit par devenir une société anonyme ordinaire. Aussi, en 1959, Don José fonda-t-il une banque, la Caja Laboral. Elle permit l’indépendance financière, encouragea de nouvelles créations et aida constamment à surmonter les crises.

Structure démocratique

La coopérative est fondée sur l’égalité fondamentale de ses membres, ce qui suppose une organisation démocratique de l’entreprise. Une de ses caractéristiques consiste dans la souveraineté de l’assemblée générale composée de la totalité des coopérateurs et fonctionne selon le principe «une personne, une voix». Elle élit et révoque les membres du conseil de surveillance et les commissaires aux comptes au vote secret. Elle contrôle la gestion de la coopérative, elle approuve les comptes annuels et la répartition des bénéfices ou des pertes. Elle se prononce sur les grandes lignes stratégiques de la coopérative, l’augmentation du capital, les intérêts distribués aux actionnaires, les contributions d’admission des nouveaux membres, les modifications des statuts et les changements concernant la structure économique, organisationnelle et fonctionnelle de la coopérative. Il existe parallèlement un «congrès coopératif» dont la fonction consiste à fixer les critères stratégiques de gestion de la coopérative au moyen de la planification et de la coordination des différentes unités commerciales. Il se compose de 650 délégués désignés par les différentes coopératives.
En principe, tout salarié peut devenir membre de la coopérative après une période d’essai de 6 à 12 mois, et donc copropriétaire de l’entreprise, s’il en partage et défend les valeurs.
La qualité de membre implique également la participation aux bénéfices, celle-ci obéissant aux principes de raison et de modération car le premier objectif est le maintien et la création d’emplois. Ainsi, les différentes sociétés – organisées au sein de la MCC en associations interprofessionnelles qui créent des synergies en matière d’éducation et de systèmes sociaux – remettent 20% de leurs bénéfices au groupe auquel elles appartiennent. La fédération reçoit 14%, un fonds d’investissement 10%; 2% vont à l’éducation et 2% au fonds de solidarité. Des 52% restants du bénéfice net, 10% (c’est-à-dire 5,2% du bénéfice total) sont destinés à un fonds social, 45% (c’est-à-dire 23% du bénéfice total) constituent une réserve et le même montant est versé sur les comptes des coopérateurs. D’ailleurs, les salaires doivent être corrects, ils doivent correspondre à peu près aux salaires normaux des autres travailleurs du secteur et les salaires maximaux ne doivent pas être plus de huit fois plus élevés que les salaires minimaux.

L’éducation et la formation sont un autre facteur clé

L’importance qui a dès le début été accordée à la formation témoigne d’un sens de la prudence et de la prévoyance. L’école professionnelle est devenue plus tard l’«Ecole polytechnique de Montragón», une «institution étatique vouée à la formation technique», c’est-à-dire une école d’ingénieurs. D’autres écoles, comme le «Centre technologique», qui forme du personnel qualifié pour les entreprises, sont venues s’y ajouter. En 1997, les deux Ecoles polytechniques et deux écoles d’administration et de management ont été fusionnées pour constituer l’Université de Montragón. Toutes ces réalisations sont, à l’ère de la société de l’information et du savoir, un facteur clé pour l’évolution des coopératives et des entreprises.

Une autre gestion est possible

Cet exemple montre qu’il est tout à fait possible de diriger avec succès une entreprise qui est avant tout au service des salariés et pas seulement à celui d’actionnaires anonymes avides de profits rapides. L’histoire de la MCC est une véritable success story. Le fait qu’elle ait réussi jusqu’à aujourd’hui, aussi bien en tant que coopérative qu’en tant qu’entreprise, à sortir renforcée de toutes les crises économiques des 55 dernières années est très certainement lié au fait qu’on y a constamment été conscient de l’importance des valeurs coopératives fondamentales et qu’on leur est resté fidèle. Sur le site web de la MCC, sous la rubrique «valeurs corporatives», on peut lire ceci: «Les valeurs corporatives doivent être connues et mises en œuvre par tous ceux qui travaillent dans l’entreprise de telle sorte que le comportement individuel et collectif soit dirigé quotidiennement par le courant des croyances corporatives. Les équipes de direction ont la responsabilité de communiquer et de mobiliser leurs collectifs dans la pratique effective des valeurs et les salariés-associés la responsabilité de les rendre effectifs. Mondragón, en tant qu’unité corporative, doit assumer l’engagement et la responsabilité d’unifier ses modes fondamentaux de comportement et, pour ce faire, outre les essentialités propres de l’expérience coopérative exprimées dans les principes de base et la mission, elle doit affirmer ses propres valeurs corporatives. Parmi les nombreuses valeurs qui enrichissent notre expérience, nous prétendons continuer, à l’avenir, à focaliser l’attention sur celles qui nous caractérisent le plus et dont nous considérons la pratique singulièrement transcendante comme modèles de comportement généralisés.»
Et, à propos du succès de la MCC, il est écrit ceci: 
«Il n’est pas facile de résumer en quelques mots les raisons du succès de notre réalité coopérative et entrepreneuriale. Mais on pourrait néanmoins les synthétiser comme suit:

•    Le rôle primordial du leadership d’Arizmendiarrieta, promoteur de l’expérience, avec sa grande vision d’avenir et son ascendant sur ses élèves et disciples lors de la mise en pratique de ses idées.

•    Le caractère personnaliste de la coopérative dans laquelle la personne prime sur le capital, ce qui se traduit par une grande implication de l’associé dans sa coopérative, par sa participation directe au capital et à la gestion, ce qui contribue ainsi à créer une ambiance positive de consensus et de collaboration.

•    Une démarche ouvertement entrepreneuriale du fait coopératif, en assumant comme question de principe la rentabilité de l’entreprise et l’efficacité de la gestion planifiée, rigoureuse et exigeante.

•    Le réinvestissement pratiquement total des ressources générées.

•    L’adaptation permanente aux changements du milieu.

•    La création d’instruments efficaces d’intercoopération dans les domaines financier, de la protection sociale, de l’innovation et de la recherche et développement, dans la gestion coordonnée de l’emploi et dans les situations de crise.

•    Et, finalement, un élément clé du succès de l’expérience de Mondragón, aussi bien à l’origine qu’actuellement, est l’importance accordée aussi bien à la formation officielle, dispensée dans nos facultés universitaires et écoles professionnelles, qu’à la formation continue liée au recyclage et au perfectionnement professionnel.»

 

Sources: 
–    www.mcc.es/ALE.aspx (version française) 
–    Annual Report 2010 (www.mondragon-corporation.com/LinkClick.aspx?fileticket=EY-PMCWxTRQ%3d&tabid=331)
–    Susan Clayton Rather, Christian Economic Principles Underlying 21st-Century Practices: Joseph Smith Jr. and José Maria Arizmendiarrieta. Quodlibet Journal: Volume 8, 2009.
–    Les citations de José Maria Arizmendiarrieta sont traduites de l‘anglais et tirées de l‘article de Susan Clayton Rather qui les a puisées elle-même dans l‘ouvrage suivant: Arizmendiarrieta, J. M.  Reflections (J. Azurmendi, Ed., C. Herrera, D. Herrera, T. Lorenzo, & V. Lorenzo, Trans.) (2000).  Aretxabaleta, Spain: Otalora (Azatza).
(Traduction Horizons et débats)

Résistance politique: petit guide de la désobéissance civile (Howard Zinn)…

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Petit guide de la désobéissance civile en 7 points essentiels

 

Par Howard Zinn

 

Traduit de son livre “Disobedience and Democracy” (Vintage Book, 1968, pages 119-122) par Résistance 71

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Pour nous guider dans nos décisions de quand obéir et quand désobéir à la loi, peut-être pouvons-nous assembler pour nous-mêmes un petit guide, qui pourrait avoir cette forme pour squelette:

1-   La désobéissance civile est l’infraction délibérée et discriminative à la loi au nom d’une cause sociale vitale. Cela devient non seulement défendable mais nécessaire lorsqu’un manquement à un ou plusieurs droit humain est de rigueur et quand la voie légale n’est pas ou plus adéquate pour garantir ce droit. Ceci peut prendre la forme d’enfreindre une loi odieuse, de protester contre une ou des conditions injuste ou en moquant symboliquement une loi ou une condition existante. Cela pourra ou ne pourra pas être rendu légal à cause de la loi constitutionnelle ou de la loi internationale, mais son objectif est toujours de réduire l’écart entre la loi et la justice et ce dans un processus infini du développement de la démocratie.

2-   Il n’y a aucune valeur sociale à une obéissance générale à la loi, pas plus qu’il n’y a de valeur à une désobéissance générale à la loi. L’obéissance à de mauvaises lois est une façon d’inculquer une soumission abstraite à la “règle de la loi” et ne peut qu’encourager à la tendance déjà très forte pour les citoyens de s’incliner devant le pouvoir de l’autorité, de renoncer à défier le statu quo. Exalter la règle de la loi est une marque absolue de totalitarisme et il est très possible d’avoir une atmosphère de totalitarisme dans une société qui possède beaucoup des attributs d’une démocratie. Insister sur le droit des citoyens à désobéir à des lois injustes et le devoir des citoyens de désobéir à des lois injustes et dangereuses, est l’essence même de la démocratie, qui assume que le gouvernement et ses lois ne sont pas des choses sacrées, mais des outils servant certains buts: la vie, la liberté, le bonheur. Les outils ne sont pas indispensables, les buts si.

3-   La désobéissance civile peut parfois impliquer l’effraction de lois qui ne sont pas odieuses afin de pouvoir protester contre un problème important. Dans chaque cas, l’importance de la loi enfreinte devra être évaluée par rapport à l’importance de l’objet de la contestation. Une loi sur la circulation routière, temporairement désobéie, n’est pas aussi important que la vie d’un enfant renversé par une voiture; l’envahissement illégal de bureaux n’est en rien aussi sérieux que l’assassinat d’innocents dans une guerre, l’occupation illégale d’un bâtiment n’est pas aussi maléfique que le racisme dans l’enseignement. Comme non seulement des lois spécifiques, mais aussi des conditions générales peuvent devenir insupportables, les lois qui ne sont pas ordinairement dures, peuvent aussi être désobéies en signe de protestation.

4-   Si un acte spécifique de désobéissance civile est un acte moralement justifiable de protestation, alors l’emprisonnement de ceux qui s’engagent dans cet acte est immoral et se doit d’être opposé, et contesté jusqu’à la fin. Les manifestants ne doivent pas être plus amènes d’accepter la punition qui va avec l’infraction de la loi, que d’accepter la loi qu’ils enfreignent. Il se peut qu’il y ait des occasions où les manifestants désireront aller de leur plein gré en prison, voyant cela comme un moyen de continuer leur protestation, comme d’une façon de montrer à leurs concitoyens l’injustice occasionnée. Mais ceci est très différent que de dire que les manifestants qui enfreignent la loi doivent aller en prison car cela est la règle du jeu pour ceux qui commettent la désobéissance civile. Le point clé ici est de s’assurer que l’esprit même de la protestation doit être maintenu tout au long du processus, que ceci soit fait par le moyen de rester en prison ou en évitant d’y aller. Accepter  d’aller en prison comme faisant partie de la “règle du jeu” revient en fait à changer brusquement d’un état d’esprit combattant à un état d’esprit soumis, diminuant ainsi le sérieux de l’affaire et du processus de manifestation.

5-   Ceux qui s’engagne dans la désobéissance civile doivent choisir des moyens d’action et des tactiques les moins violents possibles, remplissant de manière adéquate l’efficacité des objectifs à atteindre en fonction de l’importance du sujet. Il doit y avoir une relation raisonnable entre le degré de désordre occasionné et la signifiance de l’affaire du moment. La différence entre nuire aux personnes et nuire aux biens et aux propriétés est à prendre en considération par dessus tout. Les tactiques employées contre les biens et propriétés peuvent inclure (là encore après évaluation de l’efficacité et de l’affaire): la dépréciation (comme le boycott), les dégâts matériels, l’occupation temporaire et l’appropriation permanente. Dans tous les cas de figures, la force de tout acte de désobéissance civile doit être clairement focalisée de manière discriminatrice sur l’objet de la cause de la protestation.

6-   Le degré de désordre causé dans l’acte de désobéissance civile ne doit pas être soupesé contre une “fausse paix” présumée existante dans le statu quo, mais contre le véritable désordre et la violence qui font parties de la vie quotidienne, exprimés ouvertement internationalement par les guerres, mais caché localement sous une façade “d’ordre”, qui enbrouille la question de l’injustice dans la société contemporaine.

7-   Dans notre raisonnement et notre pensée au sujet de la désobéissance civile, nous ne devons jamais oublier que nous et l’État avons des intérêts divergents et nous ne devons pas être leurrés de l’oublier par les agents de l’État. L’État recherche le pouvoir, l’influence, la richesse, comme étant des finalités en eux-mêmes. L’individu recherche la santé, la paix, l’activité créatrice, l’amour. L’État par son pouvoir et sa richesse possède un réservoir sans fin  de portes-parole pour ses intérêts. Ceci veut dire que le citoyen doit comprendre le besoin de penser et d’agir pour et par lui-même, de concert avec ses concitoyens.

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Howard Zinn (né le 24 août 1922 à Brooklyn, New York, mort le 27 janvier 2010 à Santa Monica, Californie1) est un historien et politologue américain, professeur au département de science politique de l’Université de Boston.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il s’engage dans l’armée de l’air et est nommé lieutenant bombardier naviguant. Son expérience dans l’armée a été le déclencheur de son positionnement politique pacifiste qui élève au rang de devoir la désobéissance civile2.

Il a été un acteur de premier plan du mouvement des droits civiques comme du courant pacifiste aux États-Unis.

Auteur de vingt livres dont les thèmes (monde ouvrier, désobéissance civile et « guerre juste » notamment) soulignent l’articulation entre ses travaux de chercheur et son engagement politique, il est particulièrement connu pour son best-seller Une histoire populaire des États-Unis, qui « l’a consacré comme l’un des historiens américains les plus lus, bien au-delà des campus américains »3.

(Source Wikipédia)

État, société et démocratie: l’abîme a t’il un fond ?

Posted in actualité, économie, crise mondiale, démocratie participative, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , , , , , , on 28 octobre 2011 by Résistance 71

Très bonne analyse de Patrick Mignard, qui se doit d’être lue et assimilée. Ceci dit, quelle(s) solution(s) peuvent-elles être apportées à cette société globale glissant (à dessein) vers l’abîme ?

Nous avons dit ici à maintes reprises que la société capitaliste étatisée, contrôlée et phagocytée par l’oligarchie tentaculaire des cartels, est au delà de toute rédemption.

L’historien et politologue activiste américain Howard Zinn disait déjà en 1968: « Laissons l’état s’inquiéter de son pouvoir; les faits concernant l’histoire de notre gouvernement, en fait de tous les gouvernements, est un catalogue de cruauté, de violence, de dureté, d’intrusion; nous, les citoyens ferions bien mieux d’augmenter notre propre pouvoir, parce que nous sommes les défenseurs les plus dépendants de notre liberté. »

Comme « augmenter notre propre pouvoir » ? La seule solution est de et par nous-même, hors du schéma manichéen induit d’un paradigme « gauche-droite » obsolète et totalement dénué de toute logique sociale dans la mesure où les institutions au sein du système sont manipulés par les intérêts particuliers du plus petit nombre aux dépends de la vaste majorité.

Voter ne sert plus à rien, n’a jamais servi à rien et ne fait que cautionner et entériner le consensus du statu quo oligarchique voulu par la caste dominante. Tout n’est que mensonge, oppression, répression, tromperie et escroquerie.

Quand nous prendrons-nous nous-mêmes par la main et poserons-nous  solidairement les fondations de la société égalitaire, seule possible garant du progressisme, de l’émancipation sociale et à terme de la liberté de toutes et tous les citoyens.

Il y a potentiellement une multitude de solutions viables selon ce que les peuples décident, mais toutes ces solutions partent d’une racine commune: celle d’une société égalitaire, libertaire et donc libre… État et institutions ont eu leur époque nécessaire dans l’histoire, le temps est venu de faire passer ces mécanismes d’oppression et de contrôle aux oubliettes et d’enfin grandir, sans tutelle parasitaire.

Passer notre temps à cogiter d’avec quel Bozo allons-nous remplacer Kiri le clown par le moyen du vote: bulletin d’abdication politico-sociale, est non seulement une perte de notre précieux temps, mais également la preuve d’une immaturité caractétisée. Le but de l’oligarchie n’est-il pas de garder le peuple dans un état adolescent ?… Tellement plus facile.

Et si on grandissait un peu ?

— Résistance 71 —

Vers l’Abîme ?

Patrick MIGNARD

 

Le 27 Octobre 2011,

 

Url de l’article original:

http://www.legrandsoir.info/vers-l-abime.html

 

Bien sûr, il est toujours dangereux, voire contreproductif de « crier au loup ». Pourtant, en certaines circonstances cet appel est nécessaire parce que le loup est effectivement là.

La sonnette d’alarme a été activée depuis longtemps au point que le cordon nous est resté entre les mains et que, petit à petit, nous nous laissons, par notre impuissance à analyser les situations, à accepter les solutions « prédigérées », et à notre incapacité à concevoir des stratégies nouvelles,… glisser vers le chaos.

UN POURRISSEMENT GENERAL

Les « affaires » et scandales d’Etat qui se multiplient, n’en finissent plus et occupent l’essentiel de l’actualité pourraient paraître anecdotiques si elles ne touchaient que la classe politique, traditionnellement corrompue. En fait le mal est nettement plus profond et plus grave. C’est l’ensemble du corps social, de la société civile, qui entre en décomposition,… les « affaires d’Etat » n’étant qu’un révélateur du mal qui ronge notre société.

L’Histoire est pleine de ce genre d’épisodes où, lentement, subrepticement, sans que l’on s’en rende vraiment compte, les esprits se corrompent, les consciences s’obscurcissent, voire s’éteignent, le sens critique s’émousse et la fatalité gagne au point de laisser, à une bande de parvenus et de démagogues sans scrupules, les affaires publiques.

Le mensonge, la félonie, le népotisme, l’injustice, l’arrivisme, la démagogie… sont érigés en pseudo « valeurs » morales sous le sobriquet ridicule de « droite décomplexée »… ou de « gauche réaliste ».

Le dialogue, aussi vain qu’il puisse paraître, entre les dirigeants et le corps social est quasi totalement rompu. Seuls, des médias complaisants à l’égard de ceux-ci entretiennent la fiction d’un fonctionnement qui se veut transparent et démocratique de l’ensemble social. La pression, le chantage, le mensonge, l’espionnage,la désinformation et la violence sont devenus des méthodes quotidiennes de gouvernement…

La pseudo adhésion à la classe politique n’est en fait que l’expression d’un désarroi qui fait dire à beaucoup : « Qui pouvons nous ?… Faut bien qu’il y ai quelqu’un ! Celui là ou un autre !… »

Tout ce que le mouvement social avait conquis, d’amélioration des conditions de vie, depuis un demi-siècle est en voie de liquidation pour satisfaire les puissances économiques et financières assoiffées de profits… sans que, en dehors de quelques protestations symboliques (grèves de 24 heures et manifestations folkloriques à répétition) la moindre réaction sérieuse et conséquente n’ai lieu.

Ce pourrissement général entraîne, comme l’Histoire du 20e siècle nous l’a montré, l’émergence sur le plan politique, de forces qui, sachant habilement exploiter la misère, l’écoeurement général et la perfidie des tenants du pouvoir, essaye d’instaurer un état fort au profit d’une nouvelle maffia sans changer évidemment les fondamentaux du système. L’expérience du 20e siècle montre que ce processus n’avait rien d’hypothétique et qu’il pourrait une fois encore et sous la pression des évènements se reproduire.

UN TISSU SOCIAL EN DECOMPOSITION

Prenons trois exemples très significatifs de cette décomposition.

Le monde du travail

Il est aujourd’hui à la dérive, aussi bien dans ce qui le structurait que dans ses perspectives.

Le lien social salarial, nécessitant, pour l’appareil de production capitaliste, d’une force de travail et son utilisation dans le cadre national a assuré pendant des décennies une relative stabilité de l’ensemble – les conflits internes au système ne l’ont jamais remis en question. Ceci a donné naissance à une société ; certes conflictuelle (revendications diverses…), mais somme toute stable, voire offrant une relative sécurité aux salariés (emploi, santé, retraites, services publics,…).

L’ouverture massive au monde, du capital, la décolonisation, le développement des moyens de transports et de communication, ont brisé, pour les anciens pays industrialisé, cette relative stabilité.

L’internationalisation du capital a rendu obsolètes les politiques économiques nationales. Les marchés, y compris celui de la force de travail, sont devenus mondiaux.

Ce qui faisait la spécificité nationale du lien social a été anéanti : on peut trouver ailleurs une force de travail moins chère, voire en faire venir en la payant moins.

Le consensus économico-social, quoique conflictuel, a été rompu, la lente perte des acquis sociaux a commencé.

Le syndicalisme, qui constituait le fer de lance de la défense des salariés et de leurs désirs de conquêtes sociales, est exsangue, non seulement incapable de conquérir de nouveaux acquis sociaux, mais même de conserver les anciens. Souvent, devant le chantage patronal à la liquidation d’entreprise, ils – les syndicats – sont désavoués par les salariés qui préfèrent assurer leur emploi. Les syndicats sont de fait devenus obsolètes.

La pensée ultra libérale, fondée sur une rationalité à courte vue et confortée par une légitimité acquise à coup de démagogie, détruit ce qui reste de lien social. La société devient une véritable jungle où c’est désormais « chacun pour soi ».

Travailleurs pauvres, statuts précaires, chômeurs, assistés, sont en passe d’être la norme d’un système fondé essentiellement sur la réduction des coûts et les gains à tout prix,… sans égard pour les dégâts sociaux provoqués.

Un exemple significatif de ces dégâts sont les banlieues aujourd’hui.

Les banlieues

Pour quiconque veut être lucide et s’informer, elles sont au bord de l’explosion.

Les anciennes cités ouvrières ou régnaient des activités culturelles, syndicales, associatives sont devenues en quelques décennies des ghettos de pauvres, d’exclus où se crée un « nouveau lien social », celui des bandes et des dealers, celui des trafics et la recherche d’une nouvelle identité au travers de la religion.

Ce « nouveau lien social », qui s’étend, exclu à son tour celles et ceux qui le refusent,… qui partent,… surdéterminant le processus de ghettoïsation de la cité.

Le « système d’intégration républicain » a complètement fait faillite.

Le recours à la répression apparaît alors n’être que la seule réponse des politiciens à une situation qu’ils acceptent, qu’ils gèrent pour donner le change à une opinion publique qui s’interroge sur les raisons d’une telle décadence sociale. Avec l’appui complaisant de la plupart des médias, ils donnent le spectacle de la fermeté dite « républicaine »,… le temps d’un évènement monté en épingles devant les caméras,… et de préférence la veille d’élections. L’essentiel des aides sociales – sensées compenser les inégalités et l’exclusion – est abandonné aux associations caritatives, de charité,… ce qui permet de réduire – conformément à la pensée libérale – les budgets sociaux.

La situation actuelle des banlieues, conséquence logique du fonctionnement du capitalisme, donne une idée de la tâche à accomplir : une refonte complète du système de relations sociales… ce qu’aucune force politique n’envisage sérieusement, et n’est d’ailleurs capable.

L’écologie

La découverte officielle des ravages causés sur l’environnement par les conditions de la production marchande, ne s’est fait que sur le tard,… et encore parée de bien des hésitations.

Les gestionnaires politiques du système, de droite comme de gauche, se sont alors trouvé devant un dilemme :

soit reconnaître le bien fondé des accusations de destruction de l’environnement par le fonctionnement du système dont ils sont les garants ;

soit nier en bloc.

La sensibilisation de l’opinion publique – et donc l’impact probable sur les résultats électoraux (seule chose qui les intéresse ! ), a obligé les politiciens à tenir compte de ces nouveaux paramètres.

Ne reniant en rien les fondements d’un système fondé sur l’exploitation illimité des ressources naturelles et la maximisation des profits, ils ont usé et usent toujours du double discours… repeignant subtilement en vert, un appareil économique toujours aussi nocif à la planète.

L’écologie,… ou plutôt les écologistes, se sont parfaitement intégré au folklore politicien, et même pour certains, elle est devenu un instrument de promotion politique et un véritable looby politique et idéologique. (Des noms ?)

UNE OPPOSITION ETEINTE

Le système dit « démocratique » a aboutit à une seule chose : déresponsabiliser le citoyen… ce qui, peu à peu a donné naissance à une classe politique parasite qui se reproduit au sein de véritables « syndicats d’intérêt », les partis politiques, et dont le seul objectif est la survie du système en place et par la même le sien.

Ainsi, Droite et Gauche, et apparentés se relaient pour assurer sa pérennité.

L’opposition radicale, celle qui voulait un changement radical du système a vite cédé la place à un « opposition de consensus implicite » : sa seule radicalité, du moins à celle qui en a, c’est son discours,… pour le reste elle se coule dans les vieilles pratiques obsolètes : élections, participation, manifestations, pétitions..

Une telle attitude a pu faire illusion tant que, dans le cadre national, le « Capital pouvait payer »… Le Capital ne cédait rien, il ne faisait que s’ « acheter la paix sociale »…. Ce qui correspondait aux intérêts immédiats de celles et ceux (les salariés) qui voulaient améliorer leurs conditions de vie (avantages sociaux / acquis sociaux).

On croyait ces acquis sociaux comme définitifs… Erreur !

La mondialisation du Capital, nous l’avons vu, a rompu ce bel équilibre. Ainsi les marges de manœuvre d’une éventuelle opposition – du moins officiellement reconnue et acceptable par le système – se sont considérablement réduites.

Aucune opposition n’est en réalité capable aujourd’hui de garantir , si elle parvenait au pouvoir, la récupération des acquis sociaux détruits ces dernières années (retraite à 60 ans, services publics, système de santé,…), la sauvegarde de ceux qui existent encore et à fortiori, la conquête de nouveaux.

L’expérience des « gauches » au pouvoir en Europe, ces dernières années, en est la triste confirmation.

Il n’y a donc pas/plus de véritable opposition pouvant offrir une réelle alternative. Le discours oppositionnel est un discours convenu, qui se coule dans le moule de « démocratie formelle », qui garanti d’abord les intérêts fondamentaux du système, mais qui permet aussi, par le mécanisme de la représentation et des promesses électorales, de donner l’illusion au peuple d’une maîtrise, par lui, de son propre destin.

L’expérience a toujours montré qu’il n’en était en réalité rien,… et qu’une fois l’enthousiasme et les illusions passés, … tout redevenait comme avant. Rien n’avait changé sur le fond.

Il n’existe pas d’instrument ou de méthode capables de mesurer le degré de patience, de possibilité d’accumulation de frustrations, de glissement progressif vers le désespoir d’une population. Mais l’Histoire montre que tout fini par exploser.

L’explosion n’est d’ailleurs pas synonyme de changement. Les systèmes résistent, en général, facilement aux forces centrifuges de la révolte. Seule, la lente transformation des relations sociales, des pratiques alternatives, se substituent efficacement au pourrissement du système en place. Elles seules peuvent assurer concrètement un changement durable, en instaurant des modes de vie, de production, de distribution des richesses, mais aussi ce qui est indispensable en façonnant des comportements, un état d’esprit, de nouvelles valeurs.

L’abîme, c’est lorsqu’on laisser jouer les contradictions du système sans perspective d’alternative.

Or, c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui. L’action politique se résume à des déclarations plus ou moins velléitaires, sans lendemain,… ou à des coups de gueule sporadiques. (Des noms ?… Des exemples ?).

L’abîme c’est quand un système s’écroule miné par ses contradictions et qu’aucun relais n’est pris. C’est le cas de l’Empire Romain qui à sa chute a vu l’installation d’un chaos politique et social avant qu’un nouveau ordre social s’impose par la force : la féodalité.

L’abîme ça peut être aussi la réaction du système en place qui, craignant pour sa survie, impose un pouvoir autoritaire dont on connaît tous les dangers potentiels – voir l’exemple du 20e siècle.

C’est aujourd’hui dans ce cadre incertain que nous évoluons.

L’avenir n’est pas assuré,… pas plus qu’il n’est rassurant.

Patrick MIGNARD

Au cœur du Nouvel Ordre Mondial: Wall Street et la montée en puissance d’Hitler (Professeur Antony Sutton)… 2ème partie.

Posted in actualité, économie, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, N.O.M, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme with tags , , , , , , , on 27 octobre 2011 by Résistance 71

Lire la 1 ère partie

Lire la 3ème partie

Lire la 4ème partie

 

= Traduit de l’anglais par Résistance 71 =

 

Chapitre 4

La Standard Oil fournit le carburant pour la seconde guerre mondiale

“Dans deux ans, L’Allemagne fabriquera suffisamment de pétrole et de gaz depuis le charbon pour pouvoir soutenir une longue guerre. La Standard Oil de New York lui procure des millions de dollars en aide.” (Rapport de l’attaché commercial de l’ambassade américaine de Berlin de Janvier 1933 au département d’état à Washington D.C)

Le groupe de compagnies de la Standard Oil, dans lequel la famille Rockefeller possède un quart des intérêts de contrôle, fut d’une importance critique pour l’aide apportée à l’Allemagne nazie dans sa préparation de la guerre. Cette assistance en préparation militaire vînt à propos car les ressources insuffisantes de l’Allemagne en matière de produits pétroliers, ne lui permettaient pas de pouvoir soutenir une guerre mécanisée moderne; en 1934 par exemple, environ 85% des produits finis à base de pétrole étaient importés. La solution adoptée par l’Allemagne nazie fut de produire du pétrole et du carburant synthétiques à partir de leur ressource importante de charbon. Ce fut le processus d’hydrogénisation pour produire de l’essence synthétique et les propriétés iso-octane dans cette essence qui permit à l’Allemagne de conduire la guerre en 1940. Ce processus d’hydrogénisation a été développé et financé par les laboratoires de la Standard Oil aux Etats-Unis en partenariat avec IG Farben […]

[…] De manière regrettable, les comités du congrès américain n’explorèrent pas plus avant l’aspect évident de la collusion entre la Standard Oil et IG Farben, à savoir qu’à cette époque, les directeurs de la Standard Oil du New Jersey n’avaient pas seulement des affiliations stratégiques de guerre avec IG Farben, mais avaient également d’autres liens avec l’Allemagne hitlérienne, jusqu’à la contribution par l’intermédiaire de compagnies sous-traitantes allemandes, au financement personnel d’Heinrich Himmler et de membres affiliés au cercle des amis de Himmler jusqu’aussi tard que 1944.

Pendant la seconde guerre mondiale, la Standard Oil du New Jersey fut accusée de trahison pour ses alliances d’avant-guerre avec IG Farben, alors même que ses activités continuelles au sein du cercle des amis d’Himmler durant la guerre demeuraient inconnues. Les accusations de trahison furent démenties véhémentement par la Standard Oil […]

[…] En Avril 1929, Walter C. Teagle, président de la Standard Oil du New Jersey, devint un des directeurs de la nouvellement formée IG Farben USA, pas parce que Teagle était intéressé par l’industrie chimique, mais parce que:

“Il a savouré ces dernières années des relation étroites avec certaines branches du secteur de la recherche d’IG Farben Industrie, recherches qui sont très liées avec l’industrie pétrolière.”

[…] En Novembre 1929, la nouvelle compagnie jointe Standard Farben Research fut établie sous la gestion de la Standard Oil compagny of New Jersey et toutes les recherches et patentes relevantes à la production de pétrole depuis le charbon tenues conjointement par Standard et IG, furent misent en commun…

La nouvelle compagnie Standard IG Company fut officiellement créée en Décembre 1929. F. A. Howard en fut le président et ses directeurs allemands et américains furent annoncés comme suit: E.M Clark, Walter Duisberg, Peter Hurll, R.A Reidemann, H.G Seidel, Otto von Schenk et Guy Wellman.

La majorité des parts étaient détenue par la Standard Oil…

Les résultats des recherches furent mis aux services d’IG Farben et devinrent la base de développement du programme d’Hitler “pétrole pour charbon” qui rendit possible la seconde guerre mondiale[…]

[…] En 1944, une note confidentielle d’IG Farben appellée le “Farben memorandum”, répondit à une question clef: Qu’est-ce qu’ IG Farben acquît alors de la Standard Oil qui fut “si vital pour conduire la guerre” ? Le memo examine en détail les produits cités par Haslam (NdT: étude citée pour la défense de la Standard Oil) comme par exemples: l’iso-octane, le tuluol, l’oppanol-paratone and la buna et démontre qu’au contraire de ce que déclarait publiquement la Standard Oil, leur technologie provînt en grande partie des Etats-Unis et non d’Allemagne […]

Ethyl de plomb pour la Wehrmacht

Un autre exemple de l’assistance importante de la Standard Oil à l’Allemagne nazie et ce en coopération avec la General Morors, furent les livraisons d’ethyl de plomb. Ce fluide est un composant anti-choc à la fois utilisé par les carburants de l’aviation et des engins au sol, celui-ci permet d’éliminer les chocs et coups internes répétés dûs à la combustion et ainsi permettant d’augmenter l’efficacité des moteurs, sans ces composants anti-choc la guerre moderne mobile serait beaucoup moins pratique…

Jusqu’en 1935, la fabrication de ces produits ne se faisait qu’aux Etats-Unis. En 1935, Ethyl Fasoline Corporation (NdT: une entreprise jointe de la Standard Oil et de la General Motors créée en 1924), transferra son savoir-faire en Allemagne pour le programme de réarmement nazi. Ce transfert de technologie fut fait malgré les protestations du gouvernment américain […]

[…] Les dossiers d’IG Farben saisis à la fin de la guerre confirment l’importance de ce transfert technologique particulier au profit de l’armée allemande:

“Depuis le début de la guerre nous avons pu produire du tétraethyl parce que peu avant le début de la guerre, les Américains avaient établi chez nous des usines toutes prêtes pour la production et nous ont fourni toute l’expérience nécessaire. De cette façon, nous n’avons pas eu à effectuer tout le lourd travail de recherche et de développement et nous pûmes ainsi commencer directement la production sur la base du transferts d’expérience que les Américains avaient accumulé depuis des années.”

La Standard Oil du New Jersey et le caoutchouc synthétique

Le transfert de technologie de l’ethyl de plomb à l’Allemagne nazie fut répété avec le caoutchouc synthétique. Il ne fait aucun doute que la capacité de l’armée allemande à pouvoir conduire la guerre dépendait du caoutchouc synthétique, tout comme de l’essence synthétique, simplement parce que l’Allemagne n’avait pas de caoutchouc naturel et que la guerre aurait été simplement impossible sans la capacité de Farben à produire du caoutchouc synthétique. Farben avait un quasi monopole sur la fabrication et le programme pour en fabriquer les vastes quantités nécessaires étaient totalement financé par le Reich […]

[…] En conséquence, l’assistance de la Standard Oil à l’Allemagne nazie ne fut pas limitée au pétrole depuis le charbon, bien que ceci fut de fait lew transferts de technologie le plus important; non seulement le processus technique de fabrication de tétraethyl fut transféré à IG Farben et une usine fabriquée en Allemagne même, en co-propriété IG Farben, Standard Oil et General Motors, mais également aussi tard qu’en 1939, la branche allemande de la Standard fît une usine pour la production du carburant synthétique pour l’aviation. Du tétraethyl fut exporté en urgence depuis les Etats-Unis pour la Wehrmacht et une assistance majeure fut donnée pour la fabrication du caoutchouc butyl, tout en maintenant secret aux Etats-Unis le processus d’IG Farben pour le buna, agent de fabrication du caoutchouc synthétique.

En d’autres termes, La Standard Oil du New Jersey, d’abord sous son président W.C. Teagle puis sous son président W.S. Farish, aida continuellement la machine de guerre nazie tout en refusant d’aider les Etats-Unis.

Cette séquence d’évènement ne fut pas un accident. Le président Farish argumenta que ne pas avoir donné cette assistance technique à la Wehrmacht “aurait été injustifié”. L’assistance était faite en connaissance de cause, s’est produite sur plus d’une décennie et fut si substantielle que sans elle l’armée allemande n’aurait pas pu entrer en guerre en 1939.

La Deutsche Amerikanische Petroleum A.G (DAPAG)

La succursale de la Standard Oil en Allemagne la Deutsche Amerikanische Petroleum A.G (DAPAG) était propriété a 94% de la Standard Oil du New Jersey. La DAPAG avait des bureaux à travers l’Allemagne, une rafinerie à Brême et son QG à Hambourg. Par la DAPAG, la Standard Oil était présente dans les cercles intimes du nazisme, dans le cercle Keppler et le cercle des amis d’Himmler. Un des directeurs de la DAPAG était Karl Lindemann, également président de la chambre de commerce en Allemagne et directeur de plusieurs banques incluant la banque de Dresde, la Deutsche Reichsbank et de la firme supportrice des nazis la banque C. Melchior… Lindemann fut un membre du cercle Keppler jusqu’en 1944 et fut un représentnat de la Standard Oil au cœur même du nazisme.

Ainsi la Standard Oil avait deux de ses membres au sein du cercle Keppler. Les paiements au cercle de la compagnie subsidiaire de la Standard Oil continuèrent jusqu’en 1944, c’est à dire un an avant la fin de la guerre.

Chapitre 5

International Telephone and Telegraph (ITT) travaille pour les deux côtés de la belligérance

“Bien que les avions Folcke-Wolfe d’ITT bombardaient les navires alliés et que les lignes d’ITT passaient des informations aux sous-marins allemands, les traceurs de direction d’ITT sauvaient d’autres navires des torpilles.” (Anthony Sampson, the Sovereign State of ITT, New York, Stein & Day, 1973, p.40)

La compagnie multinationale International Telephone and Telegraph (ITT) fut fondée en 1920 par l’entrepreneur des Iles Vierges Sosthenes Behn. Durant toute sa vie, il fut le modèle de l’homme d’affaire politisé, faisant des profits et bâtissant l’empire ITT plus par des manœuvres politiques que par sa supériorité dans la concurrence du marché. En 1923, par sa dextérité politique, il acquît le monopole de la téléphonie espagnol, Compania Telefonica de Espana. En 1924, soutenu dès lors par JP Morgan, acheta ce qui devint plus tard International Standard Electric, un groupe de construction de centrales électriques à travers le monde.

Le comité directeur d’ITT reflétait les intérêts de la maison JP Morgan avec les associés de Morgan, Arthur Anderson et Russell Leffingwell […]

[…] En 1930, Behn acheta la holding allemande Standard Elekrizistäts A.G, contrôlée à 62% des actionnaires votant par ITT, AEG avec 81% des actionnaires votant et Felton et Guilleuame, 6% des actionnaires votant […]

Le baron Kurt von Schroder et ITT

Il n’y a aucune trace qu’ITT fît des versements directs à Hitler avant sa prose de pouvoir en 1933. Par contre, un certain nombre de versements furent faits à Himmler à la fin des années 1930 et durant la seconde guerre mondiale, et ce par les succursales allemandes d’ITT. La première entre Hitler et les responsables d’ITT fut reportée, aussi loin que nous sachions, en Août 1933, lorsque Sosthenes Behn et le représentant allemand d’ITT Henry Manne, rencontrèrent Hitler à Berchtesgaden. Suivant ce meeting, Behn prît contact avec le cercle Keppler (voir chapitre 9) et par son influence, la baron nazi Kurt von Schröder devînt le gardien et garant des intérêts d’ITT en Allemagne. Schröder devînt le canal de financement par lequel l’argent d’ITT parvenant à Himmler et son organisation SS jusqu’en 1944, alors que la guerre se déroulait et que les Etats-Unis étaient en guerre avec l’Allemagne.

Par l’intermédiare de Schröder, Behn et ITT eurent accès aux profits de l’industrie de l’armement allemande et acheta des parts subastantielles dans ces entreprises d’armement incluant la compagnie aéronautique Focke-Wolfe…

[…] Le réinvestissement des profits dans l’industrie de l’armement allemande suggère que la déclaration de Wall Street qu’elle était innocente de fautes de collaboration dans le réarmement allemand, et qu’elle ne connaissait en fait pas les intentions d’Hitler, n’est qu’une fraude. De manière spécifique, l’achat substantiel de parts dans l’industrie Focke-Wolfe par ITT veut dire, comme l’a très bien dit Anthony Sampson, qu’ITT produisait en fait des avions qui étaient utilisés pour tuer des Américains et leurs alliés, et qu’ITT fît de surcroi d’excellents bénéfices de cette entreprise.

Avec Kurt von Schröder, ITT avait accès au cœur même de l’élite nazie au pouvoir. Qui était-il ?… Né en 1889 dans une vieille famille de la finance allemande; un membre de la famille émigra plus tôt en Angleterre et changea son nom en Schroder et créa l’institution financière J. Henry Schroder à Londres et la J. Henry Schroder Banking Corporation à New York. Kurt von Schröder fut aussi un associé de la banque privée de Cologne, J.H Stein & Company…

Immédiatement après la prise de pouvoir d’Hitler en 1933, Kurt von Schröder devint le représentant de la BIS, que Quigley appelle le cœur du système de contrôle international, ainsi que chef d’un groupe de banquiers privés qui conseillait la Reichsbank. Heirich Himmler nomma Schröder comme chef de groupe SS […]

[…] Vers le milieu des années 1930, un autre lien fut forgé entre Wall Street et Schröder, cette fois-ci au travers des Rockefeller. En 1936, les affaires de sous-traitances de la J. Henry Schroder Banking de New York furent fusionnées dans une nouvelle firme d’investissement la Schroder, Rockefeller & Co, Inc sise au 48 Wall Street. Carrlton P. Fuller de la Schroder Bank Corp. devint le président et Avery Rockefeller, fils de Percy Rockefeller (frère de John D. Rockefeller) en devint le vice-président et directeur de la nouvelle firme.

Westrick, Texaco et ITT

ITT avait un autre contact sûr au sein de l’Allemagne nazie en la personne de l’avocat Dr. Gerhard Westrick. Westrick était un des membres d’un groupe sélectionné d’Allemands qui avaient espionné pour le compte de l’Allemagne aux Etats-Unis durant la première guerre mondiale. Ce groupe comprenait non seulement Kurt von Schröder et Westrick, mais aussi Franz von Papen, que nous reverrons en compagnie de James Paul Warburg de la banque de Manhattan dans le chapitre 10 et du Dr. Heinrich Albert. Celui-ci, ancien attaché commercial de l’Allemagne pendant le première guerre mondiale, était en fait le responsable du financement du programme d’espionnage de von Papen…

Juste avant la seconde guerre mondiale, l’opération d’espionnage Albert-Papen et Westrick aux Etats-Unis commença à se répéter, mais cette fois-ci, les autorités américaines furent plus alertes. Westrick revînt aux Etats-Unis en 1940 avec la couverture d’attaché commercial, mais était en fait le représentant personnel de von Ribbentrop (NdT: ministre des affaires étrangères de l’Allemagne nazie de 1938 à 1945, fut reconnu coupable de crimes contre l’humanité et condamné à mort au procès de Nüremberg, exécuté en 1946) […]

[…] Parmi les contrats négociés par Westrick, il y avait un contrat pour que Texas Oil Company (Texaco) fournisse du pétrole à la marine allemande, chose qu’il arrangea avec Torkild Rieber, chairman du comité directeur de Texaco.

En 1940, Rieber négocia un contrat de livraison de pétrole avec Hermann Goering, et Westrick aux Etats-Unis travaillait pour la Texaco. Sa voiture fut achetée avec l’argent de Texaco, et le formulaire de demande de permis de conduire de Westrick donnait l’adresse de Texaco comme son adresse de travail. Ces activités apparurent au grand jour le 12 Août 1940. Rieber dût démissioner de Texaco et Westrick retourna en Allemagne.

Deux ans plus tard, Rieber devînt le président des chantiers navals de Caroline du Sud et un des directeurs de la compagnie Barber Asphalt Corporation and Seaboard Oil Company de l’Ohio.

ITT dans l’Allemagne en guerre

[…] En bref, durant la seconde guerre mondiale, la firme américaine ITT faisait des transferts de fonds au chef de la SS Heinrich Himmler. Ces paiements permettaient à ITT de pouvoir protéger son investissement dans l’industrie Focke-Wolfe, une entreprise aéronautique qui fabriquait des avions de combat qui étaient utilisés contre les Etats-Unis.

L’interrogatoire de Kurt von Schröder le 19 Novembre 1945 démontre la nature délibérée de la proche et fructifiante relation entre Sosthenes Behn d’ITT, Westrick, Schröder et la machine de guerre nazie durant la seconde guerre mondiale et que ceci était surtout une relation délibérée et en toute connaissance de cause. (NdT: suit ici dans le livre un extrait de l’interrogatoire  de Kurt von Schröder) […]

[…] C’est cette histoire de la coopération d’ITT et de l’Allemagne nazie pendant la seconde guerre mondiale et l’association d’ITT avec Kurt von Schröder, qu’ITT voulait cacher; elle y parvînt presque.

Chapitre 6

Henry Ford et les Nazis

Dans une interview avec le New York Times en 1938, Ford déclara:

“Quelqu’un a dit un jour que soixante familles ont présidé au destin de la nation. On pourrait bien dire que si quelqu’un voulait bien focaliser les lumières de la rampe sur les vingt-cinq personnes qui s’occupent des finances de la nation, nous mettrions en exergue les véritables faiseurs de guerres du monde.” […]

[…] Ce fut Henry Ford qui dans les années 1930 construisît la toute première usine moderne automobile en URSS, localisée à Gorki et qui produisît dans les années 50 et 60 les camions utilisés par les nord-vietnamiens pour transporter leurs armes et munitions à utiliser contre les Américains. Au même moment, Ford était également le soutien le plus célèbre d’Adolf Hitler; il fut récompensé dans les années 1930 de la plus haute distinction de l’ordre nazi pour un étranger, pour son long et indéfectible soutien […]

Henry Ford premier soutien étranger d’Hitler

Le 20 Décembre 1922, le New York Times rapporta que le manufacturier automobile Henry Ford finançait les mouvements nationalistes et antisémites d’Adolf Hitler à Munich… Le portrait d’Henry Ford était disposé sur les murs du bureau personnel d’Hitler[…]

[…] Le financement de Ford fut utilisé par Hitler pour fomenter la rebellion bavaroise. Celle-ci échoua et Hitler fut capturé […]

[…] Hitler fut condamné à une peine mineure de prison qu’il mît à profit pour rédiger son livre “Mein Kampf”. Le livre d’Henry Ford “Le juif international”, fut auparavant circulé par les nazis, qui le firent traduire dans une douzaine de langues; Hitler utilisa des sections complètes verbatim de ce livre pour écrire “Mein Kampf”.

Nous verrons plus tard que le soutien d’Hitler dans les années 1920 et 1930 venait plus des cartels industriels de la chimie, de l’acier et de l’électricité que d’industriels. En 1928, Ford fusionna ses biens allemands avec le cartel chimique d’IG Farben… Simultanément aux Etats-Unis Edsel Ford rejoignît le comité de direction d’IG Farben USA.

Henry Ford est décoré par les Nazis

En Août 1938, Henry Ford dut décoré de l’ordre de la grande croix de l’aigle allemand, une décoration nazie pour leurs soutiens étrangers distingués[…]

La compagnie Ford Motors assiste l’effort de guerre allemand

Un sous-comité du congrès enquêtant après la guerre sur le soutien américain à l’effort de guerre nazi, décrivit la manière par laquelle les nazis réussirent à obtenir l’assistance financière et technique des Etats-Unis comme étant “assez fantastique” […]

[…] D’après les preuves présentées à ce comité, Ford-Werke A.G fut techniquement transformée en compagnie allemande dans les années 1930. Tous les véhicules et leurs pièces de rechange furent produits en Allemagne, par des ouvriers allemands utilisant du matérial allemand, sous une direction alemande et étaient exportés dans les territoires européens et outre-mer aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Toutes les matières premières, caoutchouc et métaux non-ferreux, furent obtenus par la compagnie Ford. L’influence américaine fut plus ou moins convertie en une position de soutien logistique (hilfsstellung) pour les usines allemandes de Ford[…]

[…] Bien qu’il existe des preuves que que les usines européennes propriétés de partis intéressés de Wall Street ne furent pas bombardés par l’US Air Force dans la seconde guerre mondiale, cette restriction n’atteignît apparemment par le commandement britannique. En Mars 1942, la RAF bombarda l’usine Ford de Poissy en France. Dans une lettre qui suivit le raid de la RAF, Edsel Ford commenta à son gérant en chef Sorenson: “des photos du l’usine en feu ont été publiées dans des journaux américains, mais fort heureusement aucune référence ne fut faite concernant la compagnie Ford Motor.”

Quoi qu’il en soit, le gouvernement de Vichy paya 38 millions de francs à Ford en compensation des dégâts infligés à l’usine de Poissy. Ceci ne fut pas rapporté dans la presse américaine et n’aurait pas du tout été apprécié par les Américians en guerre avec le nazisme […]

[…] En bref, il y a des preuves documentées que Ford Motor Company travailla pour les deux cotes de la belligerance durant la seconde guerre mondiale. Si les industriels nazis qui furent traduits en justice au procès de Nüremberg étaient coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, alors il en va de même avec leurs collaborateurs dans la famille Ford, Henry et Edsel Ford. Mais l’histoire de Ford fut cachée par Washington, comme tout ce qui du reste aurait pu porter préjudice au nom et à la réputation de l’élite financière de Wall Street.

Chapitre 7

Qui finança Adolf Hitler ?

[…] Le financement d’Hitler et du mouvement nazi se doit toujours d’être exploré de manière plus exhaustive.

Quelques soutiens d’Hitler de la première heure

Nous savons pour sûr que d’importants industriels européens et américains finançaient tous les groupes totalitaires de cette époque, que ce soit les communistes ou les groupes fascistes et nazis. Le comité américain Kilgore enregistra:

“Dès 1919, Krupp donnait déjà un soutien financier à un des groupes politiques réactionnaires, qui semèrent les graines de l’idéologie nazie présente. Hugo Stinnes était un contributeur financier de la première heure du parti NSDAP (National Socialistische Deutsche Arbeiter Partei ou nazi en abrégé). Dès 1924, d’autres industriels et financiers importants comme Fritz Thyssen, Albert Voegler, Aldolph Kirdorf et Kurt von Schröder, donnaient secrètement des fonds aux Nazis. En 1931 les membres de l’association des propriétaires de mines de charbon dont Kirdorf était le directeur, s’engagèrent à payer 50 pfennigs sur chaque tonne de charbon vendue; les fonds ainsi collectés allaient à l’organisation qu’Hitler était en train de construire.”

Le procès d’Hitler à Munich en 1924 donne les preuves que la parti nazi reçut l’équivalent de 20 000 dollar US de la part d’industriels de Nüremberg. Le nom le plus intéressant à noter dans cette ériode est celui d’Emil Kirdorf, qui fut auparavant l’homme par qui fut permis le financement allemand de la révolution bolchévique en Russie […]

[…] Au début des années 1930, l’assistance financière à Hitler commença à être plus fluide et régulière. Il y eut une série de réunions en Allemagne, documentés de manière irréfutable par plusieurs sources, réunions entre des industriels, Hitler et plus souvent des représentants d’Hitler comme Hjalmar Schacht et Rudolf Hess. Le point critique est que les industriels allemands qui finançaient Hitler étaient de manière prédominante, des directeurs de cartels avec des associations, avaient des titres de propriété, des participations ou certaines formes de sous-traitances avec des firmes américaines. Les soutiens financiers d’Hitler n’étaient pas loin s’en faut, des entreprises d’origine purement allemande ou représentant des familles du monde des affaires allemand. Mis à part Thyssen et Kirdorff, il y avait dans la plupart des cas des entreprises allemandes multinationales, comme par exemple IG Farben, AEG, DAPAG, etc; qui avaient été construites avec des prêts américains dans les années 1920 et qui dans les années 1930, avaient des directeurs américains et une participation financière américaine très importante […]

[…] De manière similaire en France (le 11 Janvier 1932), Paul Faure, ancien député, accusa l’entreprise industrielle française Schneider-Creuzot de financement d’Hitler et impliqua Wall Street de manière incidentelle dans d’autres réseaux de financement […]

[…] L’usine Skoda de Pilsen, dit alors Faure, était contrôlée par la famille française Schneider et ce furent les directeurs de Skoda Von Duschnitz et von Arthaber qui firent les versements à Hitler, Faure conclut:

“.. Je suis dérangé en constatant que les directeurs de Skoda, contrôlée par Schneider, soutient la campagne électorale de Mr Hitler; je suis dérangé de voir vos entreprises, vos financiers, vos cartels industriels s’unir avec le plus nationaliste des Allemands…”

La compagnie Fritz Thyssen et W.A. Harriman de New York

Un autre cas élusif est celui du financement rapporté d’Hitler par Fritz Thyssen, le magnat de l’acier allemand, qui s’associa avec le nazisme au début des années 1920.

Interrogé en 1945 dans le cadre du projet Dustbin (Ndt: “dustbin” = ramasse poussière), Thyssen se rappelle qu’il fut approché par le général Lüdendorf en 1923, au moment de l’occupation française de la Ruhr. Peu de temps après cette réunion, Thyssen fut introduit auprès d’Hitler et débloqua des fonds pour les nazis qui furent attribués par le truchement du général Lüdendorf. En 1930-31, ce fut Emil Kirdorff qui approcha Thyssen et qui envoya Rudolph Hess pour négocier plus de fonds pour le parti nazi. Cette fois, Thyssen arrangea un crédit de 250 000 Reichsmark à la banque Voor Handel en Scheepvaart N.V de Rotterdam en Hollande, banque qui fut fondée en 1918. Cette banque était une sucursale de la banque August Thyssen d’Allemagne, connue auparavant sous le nom de: Banque von der Heydt A.G. C’était l’institution banquière personnelle de Thyssen et elle était affiliée avec les intérêts financiers de W.A. Harriman de New York […]

[..] Les associés américains de Thyssen étaient bien sûr des membres importants de l’establishment financier de Wall Street. Edward Henry Harriman, la magnat des chemins de fer du XIXème siècle, avait deux fils: W. Averell Harriman (né en 1891) et E. Roland Harriman (néen 1895). En 1917, W. Averell Harriman était un des directeurs de la Guaranty Trust Company et fut impliqué dans la révolution bolchévique […]

[…] Le financier nazi Hendrik Josef Kouwenhoven, un co-directeur avec Roland Harriman de l’Union Banking Corporation de New York, était le managing director de la banque Voor handel en Scheepvaart N.V (BHS) de Rotterdam. En 1940, la BHS tenait a peu près 2,2 millions de dollars dans l’Union banking Corporation, qui en retour faisait la plupart de ses affaires avec la BHS. Dans les années 1930, Kouwenhoven était aussi le directeur du Vereinigte Stahlwerke AG, le cartel de l’acier fondé avec les fonds de Wall Street dans les années 1920. Tout comme le baron von Schröder, il était un grand supporteur d’Hitler…

[…] Cette affiliation entre les intérêts d’affaires mutuelles d’Harriman et de Thyssen ne suggèrent pas qu’Harriman finança directement Hitler. Par contre, elle montre que les Harriman étaient intimement liés avec des nazis importants tels Kouwenhoven, Groeninger et une banque façade du financement nazi, la banque voor Handel en Scheepvaart de Rotterdam. Il y a toutes les raisons de penser que les Harriman connaissaient le soutien de Thyssen pour les nazis. Dans le cas des Harriman, il est important de toujours garder à l’esprit leur relation intime et de longue durée avec l’URSS et la position des Harriman au centre de la politique de la Nouvelle Donne de Roosevelt et du parti démocrare américain. L’évidence suggère que quelques membres de l’élite de Wall Street sont connectés avec et ont certainement eut une influence avec tous les groupements politiques significatifs de monde contemporain s’impliquants dans le vaste spectre de l’idée socialiste, que ce fut le socialisme soviétique, la national socialisme hitlérien ainsi que le socialisme du new deal rooseveltien.

Le financement d’Hitler pour l’élection de Mars 1933

En Mai 1932 se tînt “la réunion Kaiserhof” entre Schmitz d’IG Farben, Max Ilgner d’IG Farben USA, Kiep d’Hamburg America Line et Diem du trust allemand Potash Trust. Plus de 500 000 Reichsmark furent collectés à cette réunion et déposés à La Deutsche Bank sur le compte de Rudolf Hess. Il convient ici de noter, à la lumièrre du “mythe Warburg” décrit dans le chapitre 10, que Max Ilgner d’IG Farben USA contribua de 100 000 reichsmarks, soit 20% du total de la somme collectée…

Il existe des preuves documentées irréfutables d’un rôle encore plus prominent des banquiers internationaux et des industriels dans le financement du parti nazi et du Volkspartei pour l’élection allemande de Mars 1933. Au total, 3 millions de Reichsmarks furent contribués par d’importants hommes d’affaire et entreprises, fonds “lavés” de manière utile au travers d’un compte à la banque Delbrück Schickler pour ensuite passer entre les mains de Rudolf Hess pour l’utilisation par Hitler et le NSDAP. Ce transfert de fonds fut suivi par l’incendie du Reichstag, l’abrogation des droits constitutionnels et la consolidation du pouvoir nazi. L’accès au Reichstag par les criminels s’opéra par un tunnel depuis une maison où restait Putzi Hanfstaengel; cet incendie fut utilisé par Hitler comme un prétexte pour abolir les droits constitutionnels. Ainsi, dans les semaines qui suivirent le gros financement d’Hitler, il y eut une chaîne d’évènements majeurs: le financement substantiel venant de banquiers et d’industriels importants pour l’élection de 1933, l’incendie du Reichstag, l’abolition des droits constitutionnels et la saisie du pouvoir par le parti nazi.

La réunion de levée de fonds fut organisée le 20 Février 1933 dans la maison de Goering, qui était alors le président du Reichstag, avec Hjalmar Horace Greeley Schacht agissant comme l’hôte officiel. D’après le témoignage de von Schnitzler d’IG Farben, il y avait présent à la réunion: Krupp von Bohlen qui était en 1933 le président de la Reichsverband der Deutschen Industrie Reich, association de l’industrie allemande, le Dr. Albert Voegler de Vereinigte Sthalwerke, von Loewenfeld, Dr. Stein, patron de la Gewerkschaft Auguste-Victoria, une mine qui appartien à IG Farben […]

[…] Après qu’Hitler eut parlé, Krupp von Bohlen exprima concrètement le soutien des banquiers et des industriels rassemblés sous la forme d’une donation de 3 millions de RM pour le financement politique de la campagne. Cela s’avéra même être de trop pour s’emparer du pouvoir puisque 600 000 RM demeurèrent après les élections […]

[…] Brièvement, 45% de la totalité des fonds de la campagne électorale de 1933 provinrent d’IG Farben. Si nous regardons qui étaient les directeurs d’IG Farben USA, la sucursale américaine d’IG Farben, nous touchons très près de la racine de l’implication de Wall Street avec Hitler. Le comité de direction d’IG Farben USA à cette époque avait à bord quelques uns des plus beaux fleurons des industriels américains tels Edsel Ford de Ford Motors, C.E. Mitchell de la banque de la réserve fédérale de New York et Walter Teagle, directeur de la banque de la réserve fédérale de New York, de la Standard Oil du New Jersey (NdT: à dominante Rockefeller) et président de la fondation Franklin D. Roosevelt Georgia Warm Springs.

Paul M Warburg, le premier directeur de la banque de la réserve fédérale de New York et PDG de la banque de Manhattan, était un directeur de Farben et en Allemagne, son frère Max Warburg était aussi un directeur d’IG Farben. H.A. Metz d’IG Farben était aussi un des directeurs de la banque Warburg de Manhattan et finalement, Carl Bosch d’IG Farben USA était aussi un des directeurs de Ford Motor Company AG en Allemagne.

Trois membres du comité directeur d’IG Farben USA furent jugés coupables au procès de Nüremberg: Max Ilgner, F. Ter Meer er Hermann Schmitz. Comme nous l’avons déjà noté, les membres américains, Edsel Ford, C.E. Mitchell, Walter Teagle et Paul Warburg , ne furent pas inculpés ni déférés devant le tribunal et aussi loin que les archives soient concernées, il apparaît qu’ils ne furent même pas questionnés sur leur connaissance de la provenance des fonds de la campagne électorale d’Hitler.

Les contributions politiques de 1933

Qui sont donc les industriels et les banquiers qui mirent des fonds de campagne à a disposition des nazis en 1933 ? La liste des contributeurs et la somme de leur contribution est comme suit:

Contributions financières à Hitler: 23 Février au 13 Mars 1933

(Le compte de Hjalmar Schacht de la banque Delbruck-Schickler)

  • Verein für die Bergbaulichen Interessen (directeur: Kirdorf) => 600 000 US$
  • IG Farbenindustrie (directeurs: Edsel Ford, C.E. Mitchell, Walter Teagle et Paul Warburg) => 400 000 US$
  • Automobile Exhibition, Berlin => 100 000 US$
  • AEG, General Electric Allemagne (directeurs: Gerard Swope, Owen Young, CH Minor et Arthur Baldwin) => 50 000 US$
  • Osram GmbH (directeur: Owen Young) => 40 000 US$
  • Telefunken Gesellschaft => 85 000 US$
  • Accumulatoren-Fabrik AG (sucursale AEG) => 25 000 US$
  • Total reçu de l’industrie: 1 310 000 US$

Plus les contributions politiques d’hommes d’affaires privés:

  • Karl Hermann => 300 000 US$
  • Directeur A. Steinke de BUBI AG) => 200 000 US$
  • Directeur Karl Lange de l’industrie de la machinerie industrielle => 50 000 US$
  • Dr. F. Springorum, PDG de la Eisen-und Sthalwerke Hoeasch AG) => 36 000 US$
  • Total des fonds individuels privés: 586 000 US$

Comment pouvons-nous prouver que ces versements ont bien eu lieu ?

Les versements de fonds pour la dernière étape du chemin de Hitler vers le pouvoir et la dictature nazie furent effectués par le biais de la banque privée Delbruck-Schickler. Cette banwue était une sucursale de la Metallgesellschaft AG (“Metall”), un g´ánt industriel, la plus grosse entreprise de métaux non-ferreux d’Allemagne et l’influence dominante mondiale dans le commerce des métaux non-ferreux. Les principaux actionnaires de “Metall” étaient IG Farben et la British Metal Corporation. Notons au passage que les directeurs britanniques de “Metall” Aufsichsrat étaient Walter Gardner (Amalgamated Metal Corporation) et le capitaine Oliver Lyttelton (aussi dans le comité directeur d’Amalgamated Metal et paradoxalement plus tard durant la seconde guerre mondiale, devint le ministre britannique de la production).

Les bordereaux bancaires de transfert de fonds existent dans les archives du procès de Nüremberg, transferts émanant de la branche bancaire d’IG Farben et des autres firmes citées, à la banque Delbruck-Schickler de Berlin, informant la banque du transfert de fonds de la Dresdner Bank et d’autres banques sur leur compte de la Nationale Treuhand (trust national). Ce compte fut débité par Rudolf Hess pour les dépenses du parti nazi durant les élections. (NdT: suit la traduction d’un des bordereaux de transfert du département financier d’IG Farben, daté du 27 février 1933 et à destination de la banque Delbruck Schickler).

A ce point de l’analyse nous devons prendre note sur les efforts qui ont été faits pour diriger notre attention ailleurs que sur les financiers américains (et les financiers allemands connectés avec des entreprises affiliées américaines) et qui étaient impliqués dans le financement d’Hitler. En règle générale, le blâme du financement d’Hitler retombe toujours sur Fritz Thyssen ou Emil Kirdorf […]

[…] Comme nous l‘avons vu la preuve concernant le soutien politique et financier d’Hitler pour sa prise de pouvoir à un moment crucial en Allemagne, est irréfutable; de plus le discours d’Hitler aux industriels révéla clairement que la prise de pouvoir et la coercition qui s’en suivit furent intentionnelles et préméditées.

Nous savons exactement qui contribua, de combien et par quelle voie. Il est à noter que les plus grands contributeurs IG Farben, General Electric Allemagne (AEG) et sa sucursale Osram et Thyssen, étaient affiliés avec les financiers de Wall Street. Ces financiers de Wall Street étaient au cœur même de l’élite de la finance internationale et ils étaient très influents dans la vie politique américaine du moment. Gerard Swope de la General Electric a été l’auteur du New Deal de Roosevelt, Teagle fut un des administrateurs de pointe du NRA, Paul Warburg est ses associés d’IG Farben USA étaient les conseillers de Roosevelt. Peut-être cela n’est-il pas qu’une simple coïncidence que le New Deal de Rossevelt, qui fut appelé une “mesure fasciste” par Herbert Hoover, ressembla si fort au programme d’Hitler pour l’Allemagne et qu’à la fois Hitler et Roosevelt prirent le pouvoir le même mois de la même année: Mars 1933.

A suivre …

Guerre imperialiste en Libye: OTAN, non-droit et barbarie…

Posted in actualité, France et colonialisme, guerre Libye, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, politique française, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 26 octobre 2011 by Résistance 71

Un assassinat brutal et gratuit en Libye ou le Nouvel Ordre Mondial dans toute la transparance de sa barbarie

 

Par Rick Rozoff

Le 22 Octobre 2011,

 

url de l’article original:

http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=27224

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

 

Interview avec Rick Rozoff, manager du site internet Stop NATO et contributeur de www.globalresearch.ca

 

Comment allez-vous aujourd’hui, Mr. Rozoff?

Plutôt déprimé par la nouvelle de ce matin, ou hier matin dans votre cas.

Ok, quelle est votre première impression?

Ce fut la mise a mort brutale et gratuite d’un homme de près de 70 ans, assassiné après sa capture. Si l’intention de l’OTAN après 216 jours de bombardements était de le tuer en première instance, ce qui est véritablement le cas en considérant les bombardements multiples de sa résidence à Tripoli, qui dans un cas tua un de ses fils et trois de ses petits-enfants, ceci est clairement de l’assassinat ciblé; à ce titre je suppose que l’OTAN peut maintenant clamer un certain succès. Elle a eu ce qu’elle voulait.

Le président Barack Obama a dit qu’il allait y avoir un retrait de Libye très bientôt, dans votre esprit, cela veut-il dire que l’objectif a été atteint ?

Oui, totalement. Changement de régime, appropriation de la plus grosse réserve pétrolière du continent africain, la privatisation de la Libye, qui fut du reste le seul pays de l’Afrique du Nord à ne pas être un membre du soi-disant dialogue méditerranéen, dans ce qui est maintenant d’après le secrétaire général Anders Fogh Rasmussen un partenariat militaire avec l’alliance atlantique… Ainsi dans toute l’acceptation du terme, leur objectif a été atteint. Ceci n’est sûrement pas quelque chose qui bénéficiera au peuple libyen.

Vous ne voyez pas ceci comme étant justice pour le peuple libyen? Il y a des gens qui disent que Kadhafi était quelqu’un de terrible. Qu’il a tué des milliers de gens et qu’il méritait de mourir.

Il y a tant de… Comment dire ? Mauvais goût, satisfaction gratuite au sujet du meurtre de cet homme qui est né il y a 70 ans dans la même ville où il a été assassiné, dans le 216ème jour de bombardement de son pays. Il est né sous l’occupation fasciste italienne et il est mort sous l’occupation de l’OTAN. Je pense que le parallèle ici ne peut échapper à quiconque, incluant le fait que l’Italie a fourni quelques avions qui ont aidé à dévaster son pays depuis la mi-Mars, depuis le 19 Mars. S’il était le monstre dont ils ont fait le portrait et j’invite votre audience à visiter le site internet de l’OTAN et d’y lire quelques unes des grossières caricatures de Kadhafi postées ces derniers jours, graffitis muraux et plus, le dépeignant de manière avilissante afin de continuer à le déshumaniser plus avant en préparation de son assassinat.

Ok, j’ai vu un reportage de télévision montrant son corps nu jeté alentours comme un morceau de viande. Je suis désolé de l’expression.

Oui, ils l’ont amené à Misrata. C’est écœurant, barbare, plus que barbare et ceci est dans la longue lignée de choses similaires. Ceci est vrai avec Slobodan Milosevic en Yougoslavie et avec Saddam Hussein en Irak, avec n’importe quel leader d’un pays qui ne se conforme pas entièrement. Je ne mets pas tous ces gens dans le même panier. Rephrasons ceci. Tout leader dont le temps est échu selon les Etats-Unis et l’OTAN peut s’attendre à mourir. Hussein fut pendu, Kadhafi abattu.

Bien que Kadhafi fut considéré, il ne l’était que nominalement, mais on le considérait comme tel, être le chef de l’état et même le chef de l’armée, avec le bombardement de ses résidences privées sous couvert de dire qu’elles étaient des centres de commandement et de contrôle suggérant qu’il était considéré comme étant en charge de l’armée libyenne d’après l’OTAN, son statut et son traitement lorsqu’il fut capturé Jeudi dernier, étaient régis par les conventions de Genève. Au lieu de cela, il fut assassiné d’une balle dans la tête. Ceci est le nouveau régime politique qui est implanté en Libye et cela montre au delà des belles paroles de l’occident sur la loi et les préoccupations humanitaires, une image des plus graphiques de ses véritables intentions; de la même manière que la mort de Slobodan Milosevic dans un véritable donjon aux Pays-Bas, parce qu’on lui refusa un bon traitement médical en Russie, ainsi que la pendaison grotesque de Saddam Hussein. Ceci est l’image du Nouvel Ordre Mondial, un ordre mondial dans toute la transparence de sa barbarie.

Que voulez-vous dire par on lui refusa un traitement médical en Russie ?

La Russie offrît de faire un arrangement avec le TPI de l’ancienne Yougoslavie, d’amener Slobodan Milosevic à Moscou pour traitement médical, mais on lui refusa cette opportunité et il mourut peu de temps après. Il y a peut-être même eu plus de malfaisance, mais le message est très clair.

Voyez-vous un phénomène récurrent, désolé de vous interrompre… Voyez-vous un phénomène récurent entre Hussein, Ben Laden et maintenant Kadhafi ? Je veux dire, nous a vons des pays, comme ceux d’Hussein et Kadhafi qui ont arrêter leurs programmes d’arment. Ils ont coopéré avec la CIA, dans ce cas-ci, d’après ce que j’ai entendu dire et c’est pratiquement entendu, Kadhafi assistait les Etats-Unis dans la guerre contre le terrorisme en autorisant les vols de rendition en Libye. Il avait arrêté son programme d’armement. Y voyez-vous quelque chose de récurent ?

Oui, de manière évidente. Celle des Etats-Unis et de l’alliance atlantique qui utilisent quelqu’un pour quelque but que ce soit et ensuite de s’en débarasser et de le tuer après-coup. Slobodan Milosevic, au prix de grands riques pour lui-même au sein de la république fédérale de Yougoslavie, joua un rôle important dans la négociation de la fin des hostilités armées en Bosnie. Pour toute gratitude, son pays fut bombardé pendant 78 jours en 1999 par les Etats-Unis et ses alliés de l’OTAN; il fut par la suite abandonné en prison pour y mourir.

Il avait un arrangement avec la CIA, je pense, ceci a fini par sortir et je pense que cela est maintenant pour le moins dans l’acceptation publique générale, qu’il croyait qu’il serait protégé.

Je ne connais pas les détails de tout cela, mais ce que nous voyons au bout du compte est un bon paquet de cadavres et les meurtres de chefs d’état. Nous devons nous rappeler de ceci, même s’il n’était que nominalement chef d’état, Mouammar Kadhafi était le leader politique le plus ancien au monde. Il était le dernier lien personnel, puisque Fidel Castro de Cuba a pris sa retraite, entre le mouvement de lutte pour la libération nationale de l’après seconde guerre mondiale et l’émergence de nations nouvelles durant l’ère de la guerre froide et l’ère post-guerre froide, qui a érigée l’OTAN comme une force de frappe militaire qui peut renverser et renversent des gouvernements de part le monde. L’OTAN se vante sur son site internet, d’avoir à ce jour effectué 26 000 missions aériennes au dessus d’un pays de 6 millions de personnes, avec plus de 9000 de ces sorties étant des missions de combat. Ce monstre a donc été lâché sur le monde ces vingt dernières années et la Libye ne sera sûrement pas le dernier pays pris pour cible. Vous pouvez être certain de cela.

Que pensez-vous qu’il va arriver ensuite ?

Je ne sais pas si la Libye pourra de nouveau s’unifier. Les puissances occidentales ont incité aux différences régionales et tribales afin de renverser le gouvernement de Kadhafi et penser qu’on peut remettre le génie dans la lampe est faire preuve de beaucoup d’optimisme et aussi pas très intelligent. Avec le commandant militaire du conseil transitoire (Abdel Hakim Belhaj) qui est quelqu’un que les Etats-Unis ont incarcéré et interrogé comme partie de son programme de “rendition extraordinaire”, ancien combattant en Afghanistan, ancien leader du groupe de lutte islamique armée libyenne, vous avez des éléments d’Al Qaïda et des séparatistes tribaux; ils ont tous créé le chaos et maintenant veulent stabiliser la Libye… Je ne vois rien de cela se produire. Au bout du compte, avec la zone d’exclusion aérienne et l’intervention humanitaire, l’OTAN a clairement mené la guerre contre une nation au profit de ses insurgents, point barre.

Ceci était définitivement l’intention de départ et cela est maintenant un succès.