Archive pour janvier, 2018

Pause musicale… politique…

Posted in actualité, militantisme alternatif, pédagogie libération, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , on 31 janvier 2018 by Résistance 71

American Errorist

 

NoFx (“War on Errorism” 2003)

 

~ Traduction Résistance 71 ~

 

Vidéos des deux chansons en section commentaires…

 

It’s ok, allow yourself a little hate
Hatred is not so bad when directed at injustice
You can turn the other cheek, just don’t turn the other way

C’est bon, permettez-vous un peu de haine
Haïr n’est pas si mal quand dirigé vers l’injustice
Vous pouvez tendre l’autre joue, ne vous tournez juste pas de l’autre côté

Enemy of the planet we finally have a common aim
A reason to forget about our differences
And stand as a united front

Ennemi de la planète, nous avons finalement un but commun
Une raison d’oublier nos différences
Et nous lever en un front unifié

It’s up to us, we must expose
Humiliate American errorists
We’ll start with one
The war has just begun

C’est à nous de jouer, nous devons exposer
Humilier les erroristes américains
Commençons par un
La guerre a juste commencé

The war has just begun!

La guerre a juste commencé !

= = =

Re-gaining Uncousciousness

NoFx (“War on Errorism” 2003)

~ Traduction Résistance 71 ~

First they put away the dealers
Keep our kids safe and off the streets
Then they put away the prostitutes
Keep married men cloistered at home
Then they shooed away the bums
Then they beat and bashed the queers
Turned away asylum-seekers
Fed us suspicions and fears
We didn’t raise our voice
We didn’t make a fuss
It’s funny there was no one left to notice
When they came for us

D’abord ils ont emmené les dealers
Pour garder nos enfants en sécurité et hors de la rue
Puis ils ont emmené les prostituées
Pour garder les hommes mariés cloîtrés à la maison
Puis ils ont fait fuir les clodos
Puis ils ont bastonné les queers
Repoussé les chercheurs d’asile
Nous ont gavé de suspicions et de peurs
Nous n’avons pas élevé la voix
Nous n’avons pas mouffeté
C’est marrant il n’y avait  plus personne pour remarquer
Quand ils sont venus pour nous

Looks like witches are in season
You better fly your flag and be aware
Of anyone who might fit the description
Diversity is now our biggest fear

On dirait que les sorcières sont de saison
Vous avez intérêt à faire flotter votre drapeau et à faire gaffe
A quiconque pourrait ressembler à la description
La diversité est maintenant notre plus grande peur

Now with our conversations tapped
And our differences exposed
How ya supposed to love your neighbor
With our minds and curtains closed?

Maintenant avec nos conversations enregistrées
Et nos différences exposées
Comment pouvez-vous aimer votre voisin ?
Avec nos esprits et rideaux fermés ?

We used to worry ’bout big brother
Now we got a big father and an even bigot mother

On se souciait de Big Brother
Maintenant nous avons a grand père et même une mère bigotte

And still you believe
This aristocracy gives a fuck about you
They put the mock in demockracy
And you swallowed every hook

Et vous croyez toujours
Que cette aristocratie fait une putain d’attention à vous
Ils ont mis “moque” dans démoque-ratie
Et vous avez avalé chaque hameçon

The sad truth is you would rather
Follow the school into the net
Cause swimming alone at sea
Is not the kind of freedom you actually want

La triste vérité est que vous préféreriez
Suivre le banc de poissons dans le filet
Parce que nager tout seul en mer
N’est pas le genre de liberté que vous voulez

So go back to your crib and suck on a tit
Go bask in the warmth of your diaper
You’re sitting in shit and piss
While sucking a giant pacifier
A country of adult infants
A legion of mental midgets

Alors retournez dans votre berceau et sucez un téton
Allez vous vautrer dans la chaleur de votre couche
Vous êtes assis dans la merde et dans la pisse
Tout en suçant une tétine géante
Un pays d’adultes nourrissons
Une légion de nains mentaux

All regaining their unconsciousness

Tous regagnant leur inconscience

= = =

 

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L’empire continue son passage en force: Trump signe une loi de renforcement de l’espionnage des citoyens par la NSA et le FBI… L’occident devient l’archipel du Goulag !

Posted in actualité, canada USA états coloniaux, colonialisme, ingérence et etats-unis, Internet et liberté, média et propagande, militantisme alternatif, N.O.M, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, politique et lobbyisme, politique et social, presse et média, résistance politique, sciences et technologies, technologie et totalitarisme, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , , on 29 janvier 2018 by Résistance 71

Ceci est une preuve de plus s’il en fallait toujours une, que le système étatico-capitaliste qu’il soit américain, français, ou tout autre, est au-delà de toute rédemption et qu’il n’y a de fait absolument aucune solution au sein du système, qu’il n’y en a jamais eu et ne peut pas y en avoir.
L’auteur de cet article, le juge Napolitano est une star du droit constitutionnel outre-atlantique et a sa propre émission de télé. C’est un homme intègre, qui croit en la “république”, c’est un fervent constitutionnaliste qui ne désire que réformer le système pour que le peuple retrouve la “république” qui soi-disant lui échut en 1776, date de l’indépendance concrétisée de manière bien illusoire par la constitution des Etats-Unis d’Amérique en 1788.
Ses illusions sont en train de s’effriter une à une, ils sot des millions dans ce cas à Yankland et en occident… Puissent ces gens au bon fond réaliser qu’il est temps de lâcher-prise et que la solution est de fait non pas dans l’État et toute structure de la division et de la marchandisation, mais dans la société des sociétés, seule capable de nous réunifier dans l’Un… Planétairement…
Qu’on se le dise !
~ Résistance 71 ~

 

Trump signe une loi autorisant l’espionnage de masse sur les citoyens américains

 

Andrew Napolitano

 

25 janvier 2018

 

Source: http://www.informationclearinghouse.info/48656.htm

 

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

 

Ces dernières trois semaines, le congrès a passé et le président Trump a signé en loi de nouveaux très grands pouvoirs pour que la National Security Agency (NSA) et le FBI puissent mieux espionner les citoyens américains innocents de tout et sélectivement passer sous forme de loi d’application les fruits de cet espionnage en règle.

Les fruits de cette moisson d’information peuvent maintenant inclure toutes les donnés par fibre-optique transmises depuis ou vers les Etats-Unis, comme les enregistrements numériques de tous messages téléphoniques qu’ils soient de postes fixes ou mobiles, les copies en temps réel de tous les messages de messagerie internet, les courriels et toutes les archives bancaires, médicales ou légales qui ont été stockées numériquement ou transmises.

Toute cette histoire de surveillance de masse a pu voir le jour parce que la NSA a convaincu des juges fédéraux en réunion secrète que ceux-ci devaient l’autoriser. Maintenant le congrès et le président ont fait de tout cela la loi de la terre.

Cette mise en application pratique est arrivée nonobstant la garantie sur la vie privée des personnes, le droit d’être laissé tranquille, articulés autour du 4ème amendement de la constitution des Etats-Unis et ailleurs. Bien que cette expansion de la surveillance n’ait passé le sénat que d’une simple voix, elle marque apparemment une détermination politique publique que la constitution puisse être ignorée ou qu’on puisse ne plus y adhérer juste par la simple règle de la majorité à chaque fois que cela pose un obstacle aux objectifs des gouvernements. Le langage du 4ème amendement est un obstacle intentionnel au gouvernement en défense de la dignité humaine et de la liberté de l’individu. Il dit ceci: “Le droit du peuple d’être sécurisé dans ses personnes, habitations, documents et effets, contre toutes recherches et saisies déraisonnable, ne doit pas être violé et aucun mandat ne peut-être émis, à moins d’une cause de probabilité et ce soutenu par un serment ou une affirmation décrivant en particulier les endroits recherchés et les personnes ou biens à être saisis.

Ce langage très spécifique fur expressément écrit pour empêcher la surveillance de masse sans suspicion raisonnable que le gouvernement britannique avait utilisé contre les colons. Les tribunaux britanniques de Londres émirent des mandats généraux aux soldats britanniques en poste en Amérique, les autorisant à rechercher, fouiller où ils le désiraient et de saisir tout ce qu’ils trouvaient. Ces mandats n’étaient aucunement fondés sur une cause de probabilité évènementielle et ne décrivaient en rien les endroits, les choses ou les personnes à rechercher et à saisir.

La réaction des colons à l’utilisation par les Britanniques de tels mandats fut de prendre les armes et de combattre pour la révolution américaine.

La semaine dernière, le congrès des Etats-Unis et le président ont choisi d’ignorer notre histoire et les valeurs humaines sous-jacentes au droit à la vie et au domaine privés. Ces valeurs reconnaissent que la poursuite individuelle du bonheur est bien mieux effective dans une atmosphère libre de tout espionnage de la part du gouvernement. Pour le dire différemment, les auteurs et ceux qui ont ratifié le 4ème amendement de la constitution ont reconnu qu’une personne ne peut pas être pleinement heureuse lorsqu’elle est sujette à une surveillance constante de la part de son gouvernement.

Pourtant les valeurs constitutionnelles et les leçons universelles de l’histoire furent non seulement rejetées par le congrès mais aussi rejetées par ignorance et cette ignorance fut grandement facilitée par les membres du comité parlementaire du renseignement (NdT: commission du renseignement de l’assemblée nationale américaine)

Voici les dessous de l’affaire.

L’attitude récente du comité parlementaire du renseignement constitue au mieux de l’incompétence et au pire une faute professionnelle criminelle. Le leadership de ce comité était dépositaire de la connaissance sur les abus de surveillance de la NSA et du FBI, fait que quelques membres du comité ont qualifié “d’époustoufflant”, de “punissable de licenciement” et de “style KGB”, alors que les deux chambres du congrès (sénat et chambre basse, parlement), ignorantes de ce que leurs collègues du comité savaient, ont voté pour étendre les autorités de la NSA et du FBI en matière de surveillance des citoyens.

En d’autres termes, les 22 membres de ce comité ont volontairement tenu leurs 500 et quelques collègues à l’écart d’informations incendiaires qui, si elles avaient été révélées en temps et en heure, auraient sans aucun doute affecté l’issue du vote, particulièrement au sénat, où une différence de juste un vote aurait empêché le passage de cette extension de pouvoir pour la surveillance de masse des citoyens. Pourquoi les membres du congrès à l’exception des 22 du comité furent-ils tenus dans l’obscurité totale concernant les activités hors-la-loi de la NSA et du FBI ? Pourquoi le comité n’a t’il pas révélé au congrès ce qu’il trouve trop choquant de discuter en public avant que le congrès ne voter pour le passage de l’extension de capacité pour ces deux entités ? Où est le scandale sur le fait que cette information était en fait connue de quelques personnes au sein du congrès et gardée sous silence pour le reste des membres du congrès des Etats-Unis tandis que celui-ci votait en toute ignorance pour un assaut en règle sur la vie et le domaine privés ?

La nouvelle loi place trop de pouvoir aux mains de gens qui de l’avis même de ceux qui l’ont écrite ne bénéficient pas de suffisamment de confiance pour posséder ces pouvoirs. J’ai argumenté la semaine dernière que le président du comité parlementaire sur le renseignement, Devin Nunes, avait quelque chose en tête lorsqu’il a publiquement attaqué la confiance mise dans la NSA et le FBI et ces gens dont il finit par faire voter les pouvoirs secrets de manière inexplicable. Maintenant nous savons de quoi il parlait.

Que peut-on faire à ce sujet ?

Le CPR devrait publiquement révéler le contenu de son rapport de 4 pages qui résume les abus dans le domaine de la NSA et du FBI. Si cela échoue, un membre courageux de ce comité devrait prendre la parole au parlement comme la sénatrice Dianne Feinstein amena en son temps le rapport sur la torture de la CIA (NdT: certes édulcoré et tronqué) devant le sénat afin de révéler non pas juste le rapport de 4 pages mais aussi les données sous-jacentes sur lesquelles ce rapport est fondé. Les membres du congrès bénéficie de l’immunité totale concernant ce qui est révélé devant le parterre sénatorial, et pourtant, le courage personnel pour ce faire ne court plus les rues…

Mais il y a pire que les membres du comité s’asseyant sur du renseignement de valeur et le plaçant sous le boisseau. Le peuple américain a le droit de savoir comment le gouvernement dans les mains duquel il a placé la garde de la constitution a utilisé et abusé des pouvoirs qui lui ont été délégués. Le peuple américain a aussi le droit de savoir qui a abusé du pouvoir, qui le savait et qui a gardé le silence à ce sujet…

Le gouvernement travaille t’il pour nous ou travaillons-nous pour lui ? En théorie bien entendu, le gouvernement travaille pour nous ; en pratique, il nous traite comme des enfants. Pourquoi acceptons-nous cela d’un gouvernement auquel nous avons consenti ? La démocratie meurt dans l’obscurité tout autant que le liberté individuelle.

Judge Andrew P. Napolitano fut le plus jeune juge de la Cour Suprême du New Jersey. Il est l’auteur du livre à grand succès “Les mensonges que vous a raconté le gouvernement: Mythe, pouvoir et mensonge dans l’histoire américaine”

Impérialisme et entité sioniste: quand le chantage fait les collabos…

Posted in actualité, altermondialisme, colonialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , , , on 28 janvier 2018 by Résistance 71

En Palestine occupée, nos dirigeants sont les “collabos” de la politique coloniale

 

Daniel Vanhove

 

23 janvier 2018

 

Source: http://chroniquepalestine.com/en-palestine-occupee-dirigeants-collabos-politique-coloniale/

 

La liste des plaintes, des blâmes et des condamnations que l’on peut adresser à l’État factice israélien (*) est longue. Très longue. Trop longue même.

A tel point qu’aucun autre État ne pourrait se permettre le 10è, le 100è de ce que l’administration israélienne s’autorise. N’importe quel autre État aurait été soumis depuis longtemps aux sanctions et embargos utilisés comme actuels moyens de coercition sur ceux qui ne respectent pas les Résolutions et décisions prises par l’ensemble des nations lors de leurs réunions à l’ONU… quand ce n’est pas le simple fait de s’opposer à l’empire !

Dans le cas présent, les gouvernements successifs israéliens peuvent tout se permettre. Aucun État de par le monde ne réagit de manière adaptée aux graves infractions que n’importe quel citoyen peut constater, et cela, quelles que soient les tendances « de droite ou de gauche » des États en question.

Pourquoi ? Sinon grâce un sentiment de culpabilité toujours bien présent et d’ailleurs savamment entretenu par ceux qui y trouvent leur intérêt, à savoir les protagonistes et défenseurs de l’idéologie sioniste. Ces derniers utilisent les victimes du génocide perpétré par les nazis lors de la seconde guerre mondiale afin de pousser toujours plus loin leurs exigences. Ce que j’ai appelé dans un précédent article, l’un de leurs « jokers » : dans une attitude victimaire qu’ils maîtrisent à la perfection, ils se servent de ces victimes pour entretenir et alimenter une dette morale des pays qui y ont participé de près ou de loin. Et à ce compte-là, ces pays sont nombreux. Les premiers concernés étant les pays européens où se sont déroulés les pogroms et autres actes proprement ignobles. L’autre « joker » étant l’antisémitisme qu’ils jettent à la tête de tout individu ou association osant se mettre en travers de leur abjecte idéologie coloniale.

La question qu’il serait vraiment temps de se poser est de savoir si ces « jokers » peuvent permettre à cet État factice devenu « terroriste » dans ses pratiques, toute licence pour se comporter depuis des décennies de manière aussi brutale et inhumaine envers les Palestiniens que les nazis de l’époque envers eux. Aux yeux du Droit international, la liste des délits gravissimes commis par l’État factice israélien est impossible à reprendre dans ce billet, tant elle est longue. L’histoire de cette nouvelle entité créée de toutes pièces en 1947 sur les terres palestiniennes n’est qu’une succession de massacres, de bombardements, d’assassinats, de guerres, de spoliations, de destructions massives et diverses tant privées que publiques comme des hôpitaux, des écoles, des ambulances, le port et l’aéroport de Gaza, des mosquées, des centres de jeunesse… sans parler des multiples Résolutions onusiennes dont aucune n’est respectée. Ni que cet État factice en est à appliquer un régime d’apartheid vis-à-vis d’une large partie de la population qui y réside, et qui peut désormais être assimilé à un terrorisme d’État.

Encore une fois, quel État digne de ce nom, pourrait-il à notre époque s’autoriser le 100è de ce que les gouvernements israéliens se permettent ? La réponse est simple : aucun ! Dès lors, l’impunité arrogante dont jouit Israël doit bien trouver sa justification dans certains éléments qui échappent à l’entendement et qui se situent dans ce sentiment de culpabilité insidieusement entretenu d’une part, et peut-être aussi dans un sentiment raciste d’autre part, dans la mesure où ceux-là mêmes qui traitent les uns d’antisémites sont la plupart du temps d’une islamophobie avérée.

Le paradoxe est à son comble dans la mesure où, plus la ainsi nommée « Communauté internationale » recule devant l’accumulation de délits de cet État factice sans prendre de sanctions méritées à son encontre, plus ce dernier se sent autorisé à poursuivre ses exactions. Ce qui, dans les faits, est devenu un véritable cercle vicieux dont il semble de plus en plus difficile de sortir au fil du temps. Ainsi, plus l’ensemble des Nations reste sans réactions concrètes, plus les responsables israéliens se sentent libres d’appliquer n’importe quelle odieuse politique à l’encontre des Palestiniens. Et les gouvernements israéliens le savent : à ce jeu-là et jusqu‘à présent, le temps a joué pour eux.

Sauf que, les paradigmes sont en train de changer. La guerre en Syrie où la colonie israélienne s’est rangée du côté des mercenaires anti-Assad a déjoué tous les plans des stratèges américano-sionistes. Le président Assad n’a pas été démis, et de l’avis général, ressort renforcé de cette terrible épreuve. Tout comme l’Iran et la Russie. Les temps de l’impunité semblent donc arriver à leur terme et le rapport des forces, s’inverser.

En effet, les États-Unis, Israël et leurs sinistres alliés – dont l’UE – sont affaiblis. Cette guerre qui n’est pas encore achevée est un tournant dans le remodelage qu’avaient prévus les USA pour le Moyen-Orient. Il n’en sera pas selon leurs plans, ni ceux de la colonie israélienne qui magnifie à grands cris la décision de D. Trump de déclarer Jérusalem capitale d’Israël pour mieux dissimuler son désarroi face à l’étau qui se resserre lentement mais sûrement.

Certains pensent que la colonie israélienne sort gagnante de ces guerres au Moyen-Orient. Je pense que c’est le contraire. Si l’on veut bien regarder les choses en face, la colonie israélienne n’a cessé de perdre du terrain, chose qu’elle convoite pourtant par-dessus tout ! Contre le sentiment répandu, elle a dû abandonner les colonies qui s’étaient implantées à Gaza ; de même, elle a dû lâcher des terres qu’elle occupait illégalement dans le sud du Liban et les quelques fermes du Chaaba finiront par être récupérées ; suite à sa guerre perdue en Syrie, ses positions sur les hauteurs du Golan sont de plus en plus fragiles et finiront par céder… ce qui finit par faire beaucoup !

Certes, à l’intérieur de la Palestine, les colonies se multiplient, continuent à s’étendre, et Jérusalem vient d’être déclarée par leur soutien majeur que sont les USA de D. Trump, capitale d’Israël… mais à y regarder de près, c’est une bien maigre consolation, toute éphémère, d’autant que le résultat au niveau de l’image internationale de la colonie israélienne n’a, tout comme celle des USA, de cesse de se détériorer au point d’être au plus bas. La perte est donc autant territoriale que morale et se répand au niveau psychologique au sein même de la population israélienne, y compris en son armée où les désertions et suicides sont nombreux.

Ne sachant plus qu’inventer pour briser l’opiniâtre résistance de la population palestinienne, voici ce que les députés psychopathes israéliens ont sorti de leurs kippas : une loi pour condamner à la peine capitale – c’est-à-dire, la peine de mort – tout résistant palestinien qui se verrait qualifié par les autorités de « terroriste ». Ce projet de loi présenté par le ministre d’extrême-droite des Affaires extérieures Avigdor Liebermann a été fermement soutenu par le 1er ministre B. Netanyahu, et est passé en première lecture à la Knesset en ce début d’année. Il doit encore faire l’objet de trois lectures avant son éventuelle adoption. Actuellement, la peine de mort ne peut être décidée que si elle est prononcée à l’unanimité par trois juges militaires. Si la nouvelle loi devait être adoptée, la majorité suffira. Pas belle, « la seule démocratie dans la région » à qui nos éminences européennes déroulent le tapis rouge et multiplient les accords spéciaux ?!

Franchement, jusqu’où faudra-t-il fermer les yeux face à cet État factice qui enfreint toutes les règles du Droit international ?! Jusqu’où nos responsables politiques s’abaisseront-ils pour lécher les bottes d’un occupant qui mène une odieuse guerre coloniale contre une population démunie, privée pour une partie d’entre elle des besoins les plus élémentaires, comme l’électricité, une eau saine et en suffisance, et pour certains, une nourriture qui ne soit pas rationnée ?! Jusqu’où ces ténors politico-médiatiques s’imaginent-ils que les citoyens sont dupes de leur justice à géométrie variable et comment peuvent-ils encore espérer être respectés et pris au sérieux dès lors que dans les faits, eux-mêmes ne respectent en rien les leçons de moralité qu’ils n’ont de cesse de claironner à longueur d’antenne ?!

Décidément, il faut qu’ils soient vraiment incompétents pour ne pas comprendre ce qui fait l’abc de n’importe quel comportement, à savoir : la cohérence ! Vous voulez que les citoyens respectent les lois et adoptent en toutes circonstances un comportement civique ? Commencez donc à être cohérents avec ce que vous prônez pour les autres ! Tant que vous ne le serez pas, ne soyez pas étonnés que des citoyens ne vous suivent pas. Ce n’est que logique… et il ne fait pas avoir fait Bac + 10 pour le comprendre. Tout enfant sent et sait cela, dès le plus jeune âge !

Note:

(*) Je parle « d’État factice » dans la mesure où d’après la Résolution 181 du 29.11.1947 recommandant le partage de la Palestine en deux États, l’un arabe et l’autre juif, la lecture stricte de cette Résolution implique qu’aucun de ces deux Etats ne peut exister sans la reconnaissance explicite de l’autre. Ils sont liés l’un à l’autre par cette Résolution. Si donc, Israël ne reconnaît pas la Palestine selon les frontières comprises dans cette Résolution 181, celle-ci est caduque ce qui entraîne de facto l’inexistence de l’État israélien et le retour à la Palestine historique.

Résistance au colonialisme: 26 janvier « Jour de l’Invasion » ou briser le Grand Silence Australien

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26 janvier 2018, un autre jour de l’invasion en terre australe

 

Résistance 71

 

26 janvier 2018

 

Dans leur grande mascarade habituelle, les chantres du colonialisme occidental fêtent ce qu’ils appellent “Australia Day” tous les 26 janvier en commémoration de la prise de possession de la plus grande île du monde, l’Australie, par la troupe impériale de sa très disgrâcieuse empaffée.

Si beaucoup d’encre alimentée par les témoignages a coulé sur le destin tout aussi tragique qui a sévi sur les populations autochtones des continents africain et américain, on sait peu de l’invasion, du vol, du pillage et de l’appropriation de ces lointaines terres australes par ces colons blancs et chrétiens, les mêmes ou peu s’en faut qui sévirent sous d’autres cieux, ce pour le bien des “sauvages” et l’expansion de la “civilisation” bien entendu.

Depuis 1788, date néfaste d’arrivée des bateaux britanniques au sud de ce qui est aujourd’hui Sydney, à Botany Bay, la chape du “Grand Silence” s’est étendue sur un continent entier. Rien ne semble avoir existé avant et juste après l’arrivée des colons, qui agirent sous la doctrine du “terra nullius” voulant que lorsque les forces impériales arrivent quelque part, elles arrivent dans un grand désert humain et se saisissent des terres et ressources vacantes. Officiellement, personne ne vit là, puisqu’il n’y a pas de blancs chrétiens, seuls dignes de considération.

Ainsi donc, un pays artificiellement créé sur un vol de terre flagrant n’est pas soudainement frappé d’amnésie sur son passé, il fonctionne et écrit son histoire moderne sur une ardoise vierge en maintenant ce mécanisme narratif du “il ne s’est rien passé puisque la terre était vierge à notre arrivée”… Et pourtant l’histoire est toute autre. Certains historiens ont levé la chape de plomb dont est enveloppée l’histoire de cette jeune colonie. L’un d’entre eux est le professeur Henry Reynolds, historien, chercheur à l’université de Tasmanie, qui a publié plusieurs livres dont son devenu célèbre ouvrage “Pourquoi ne nous a t’on rien dit ? Une recherche personnelle pour la vérité au sujet de notre histoire”, publié en 1999 aux éditions Penguin Australia.

Nous en avons traduit quelques exergues à l’occasion des célébrations du “jour de l’invasion”, échantillons qui font monter le volume sur l’exécrable bruit de fond du “Grand Silence” australien. Laissons lui donc la parole…

= = =

-[]- Pourquoi ne savions nous pas ? Pourquoi ne nous a t’on rien dit ? Pourquoi la même question revient-elle toujours encore et encore de la part des gens qui au gré des différentes époques ont souvent agi comme s’ils lisaient tous le même script ? Pourquoi tant de gens se demandent-ils, me demandent-ils, toujours les mêmes questions sur leur éducation (historique), leur héritage culturel et sur l’ensemble de la société australienne ?…

[…] J’ai commencé à lire au sujet de l’histoire de l’Australie durant ma licence en 1959, puis lors de ma maîtrise en 1961-62… Les livres qui me donnèrent une compréhension rudimentaire de notre histoire nationale ne fournissaient aucune logique sur les problèmes et conflit récurrents. Le passé et le présent semblaient n’avoir aucune connexion l’un avec l’autre. En 1916, l’historien Ernest Scott publia un livre qui devint essentiel dans le système éducatif australien: “Une courte histoire de l’Australie”. Dans ce livre, Scott expliquait comment l’histoire de l’Australie commença avec un “grand espace vide sur la carte” qui fut au fur et à mesure comblé en résultat de l’aventure de la découverte européenne. Les Aborigènes n’y furent mentionnés subrepticement que 4 fois dans tout l’ouvrage.

[…] En 1966, je fus professeur dans un collège à Townsville (Queensland) […] mes cours y reflétaient l’état de l’histoire écrite australienne de l’époque. Le livre que j’utilisais pour mes cours était bien entendu le classique “L’Australie: une histoire politique et sociale”, livre compilation édité par le professeur Gordon Greenwood.

Une des caractéristiques les plus étonnantes du livre de Greenwood était que les Aborigènes en étaient pratiquement complètement absents. Ils ne furent mentionnés que 4 fois, en passant. Ils n’eurent même pas droit à une note dans l’index de fin de livre. Dans son chapitre sur “L’ascendance pastorale 1820-50”, l’historien économique R.M. Hartwell a déclaré que dans sa période désignée l’Australie avait “de larges pans de terres vides pour les pâturages, une terre qui n’attendait qu’à être occupée.” Plus loin il insistait sur un point: “En tant que processus de colonisation, l’aménagement de la terre fut peu compliqué: le continent était vide, car les infortunés Aborigènes n’offraient aucune opposition culturelle ou économique sérieuse et les colonisateurs n’étaient que d’une seule nationalité.”

[…]

Plus je lisais et plus il devenait clair qu’entre 1900 et 1960, les Aborigènes furent littéralement sortis de l’histoire australienne. “Le Grand Silence Australien” s’est étendu sur la nouvelle nation dès sa fédération et ne fut pas brisé pendant plus d’un demi siècle. En 1959, un professeur d’histoire à l’université nationale australienne, J.A. La Nauze, fit une conférence à ses pairs  sur l’écriture de l’histoire nationale pendant les trente années s’étalant de 1929 à 1959. Il nota un profond manque d’intérêt pour les Aborigènes et ceci était de fait une des caractéristiques principales du manque dans l’écriture historique qui se démarquait des autres histoires racontées dans d’autres sociétés coloniale blanches: “à l’encontre des Maoris de Nouvelle-Zélande, des Amérindiens ou des Bantous d’Afrique du Sud, l’aborigène australien n’est noté dans notre histoire que comme une note anthropologique mélancolique de bas de page.” Néanmoins, La Nauze ne trouva pas cela bizarre et ne dit pas que cela se devait de changer.

[…]

Au cours de ma recherche, je suis retourné vers Greenwood et son Australie et l’ai vu de mes propres yeux. C’était un des derniers et un des plus signifiant produits du culte de l’oubli du pays. […] Comme beaucoup de jeunes universitaires en Australie à cette époque, j’ai noté la relégation aborigène dans l’obscurité avec une intense insatisfaction qui souvent explosait en cris de colère à la condescendance culturelle et l’insensibilité que cela impliquait. Nous sentions bien que l’Australie avait sérieusement été trahie par ses historiens.

[…]

La terrible vérité fut que dans ces zones “pionnières” où blancs et noirs vivaient côte à côte, les Européens avaient virtuellement pouvoir et droit de vie et de mort sur les Aborigènes. Ceci fut effectif dans les endroits les plus reculés de l’Australie jusqu’à la fin des années 1930. Quiconque pouvait tuer un homme aborigène ou violer une femme aborigène sans risquer grand-chose devant un tribunal.

[…]

Un correspondant anonyme du Lancaster Advertiser écrivit ceci au journal en 1831:

“[…] Sont-ils même des sujets britanniques ? Ou sont-ils des ennemis étrangers qui n’ont pas encore été subjugués et qui résistent notre autorité et domination usurpées ? Nous sommes en guerre contre eux ! Ils nous regardent comme des ennemis, des envahisseurs, des agresseurs et des persécuteurs. Ils résistent à notre invasion. Ils n’ont jamais été subjugués, ils ne sont donc pas des sujets en rébellion, mais une nation blessée, se défendant à sa façon, défendant ses possessions de droit qui lui ont été arrachées de force…

[…] Ainsi en Tasmanie, comme nous l’avons vu, les officiers de l’armée comparèrent les tactiques employées par les Aborigènes avec celles de la guérilla qu’ils avaient observé en Espagne lors des guerres de conquête napoléoniennes. A la fin des années 1850, les habitants de la province du Queensland faisaient même un parallèle avec la mutinerie indienne. En 1861, un membre de l’assemblée du Queensland a dit à ses collègues qu’ils devaient considérer les Aborigènes comme une “tribu hostile, comme ils le firent des Maoris de Nouvelle-Zélande”. En 1865, des colons du nord Queensland argumentaient que les indigènes locaux étaient tout aussi difficiles à gérer que “les hordes sauvages du Soudan”.

[…] Au moins 2000 Européens et 20 000 Aborigènes moururent de mort violente et plus encore furent blessés. Bien des colons en vinrent à réaliser qu’ils étaient impliqués dans une forme de guerre bien distincte et que les Aborigènes étaient quant à eux engagés dans une défense tout à fait compréhensible et légitime de leur territoire contre des envahisseurs.

[…] Quelques années plus tard, un colon de Tasmanie leva quelques points sensibles au sujet de la conquête, de la résistance et de la guerre. Il argumenta de la sorte: “Les Aborigènes étaient originellement les propriétaires légaux de l’île… Les colons britanniques avaient pris leur terre de force, ils les avaient persécutés, les avaient sacrifiés… Nous sommes en guerre avec eux: ils nous regardent comme des ennemis, des envahisseurs, des persécuteurs, ils résistent notre invasion…”

[…] De fait, nous ne trouvons aucun problème à considérer nos jeunes hommes mourant pour des bouts de terre en France et en Belgique (1ère guerre mondiale), mais nous avons un problème à admettre que les colons ont combattu pour établir la règle britannique sur l’Australie. Nous aimons penser que le continent nous est tombé sur les genoux et nous balayons d’un revers de main le fait que nous avons tué et détruit pour l’acquérir. Nous nous sentons plus confortables dans la peau d’innocents sous-fifres que de nous voir comme des maîtres et seigneurs calculateurs.

~ Fin de notre traduction des extraits ~

Titre original: “Why Weren’t We Told ? A personal search for the truth about our history”, Reynolds H., 1999, Penguin Australia

 

Art impérialiste… Spielberg boycotté au Liban…

Posted in actualité, altermondialisme, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, ingérence et etats-unis, militantisme alternatif, politique et lobbyisme, politique et social, résistance politique, terrorisme d'état with tags , , , , , , , , on 25 janvier 2018 by Résistance 71

Boycott d’Israël: “Tous les films de Spielberg vont dans l’intérêt de l’ennemi”

Al Manar

24 janvier 2018

Source: http://french.almanar.com.lb/752706

L’Association libanaise pour le boycott d’ »Israël » ainsi que les partis et les forces nationales et islamiques ont tenu une réunion au syndicat de la presse pour condamner toutes les tentatives de normalisation avec l’ennemi sioniste au niveau culturel, artistique, économique et autres.

Les conférenciers ont appelé à la nécessité d’appliquer les lois libanaises relatives au boycott, et ce après l’autorisation de projeter le film « The Post » pour le réalisateur américain qui soutient l’entité sioniste, Steven Spielberg.

Le chef du bloc parlementaire de la résistance, Mohammad Raad, a expliqué qu’ « il ne s’agit pas du film mais de la position de son réalisateur qui se tient aux côtés du front de l’ennemi (israélien) et finance ses agressions ». Et d’ajouter : « tous les films du réalisateur Spielberg vont dans l’intérêt de l’ennemi ».

« Le slogan brandi par ce réalisateur est qu’il est à prêt à mourir pour Israël. Il n’a pas honte de le dire, alors que certains d’entre nous ont honte de dire qu’ ils sont prêts à mourir pour la Palestine ou le Liban », a lancé M.Raad.

Et d’expliquer : « il est inadmissible de séparer l’art et la culture de la politique surtout quand il s’agit de grandes questions nationales ».

Il convient de noter que Spielberg a octroyé un million de dollars à ‘Israël’ lors de sa guerre contre le Liban en 2006, qui a coûté la vie à des centaines d’innocents.

Nouvel Ordre Mondial: Les deux Corées exaspèrent la City de Londres et l’oligarchie de la haute finance… La guerre est un bon business !…

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Les pourparlers entre les deux Corées dégoûtent la City de Londres

 

Dean Henderson

 

18 janvier 2018

 

url de l’article original:

https://hendersonlefthook.wordpress.com/2018/01/18/korean-talks-irk-city-of-london/

 

~ Traduit de l’anglaiis par Résistance 71 ~

 

Les Corées du Nord et du Sud ont choqué le monde lorsqu’elles se sont mises d’accord pour marcher sous un seul drapeau aux JO qui arrivent à Pyeong Chang. Bien qu’elles l’aient déjà fait aux JO de Pékin en 2000, les récentes tensions entre les deux, orchestrées par Washington, ont rendu cette déclaration très surprenante.

L’administration Trump a pourtant fait de son mieux pour pourrir l’ambiance, avec son ministre des AE Rex Tillerson disant que les Américains devraient être “sérieux” au sujet d’une possibilité de guerre contre la Corée du Nord.

Aujourd’hui, la bonne vieille main d’Exxon-Mobil en a rajouté au couche, cette fois-ci en accusant la Russie d’aider Kim Jong Un à contourner les sanctions de l’ONU en lui procurant du carburant. La Russie a répondu en se demandant si les missiles japonais fabriqués aux Etats-Unis ciblaient en fait la Chine et la Russie et non pas la Corée du Nord.

Trump lui-même a fait des commentaires négatifs envers la diplomatie coréenne plus tôt dans la semaine, disant qu’il y avait une réelle possibilité que la crise avec la Corée du Nord ne puisse pas être résolue pacifiquement parce que discuter avec Pyongyang était “quasiment impossible”.

La députée Tulsi Gabbard (démocrate de l’Ohio), une des quelques critiques de la politique étrangère US au sein du congrès et spécifiquement sur celle liée à la péninsule coréenne a dit que les Etats-Unis mettaient des “pré-conditions totalement irréalistes” pour discuter avec la Corée du Nord.

Gabbard a mis une claque à l’agenda géopolitique néo-con en disant: “La politique de guerre du changement de régime est la raison pour laquelle la Corée du Nord voit l’arme nucléaire comme le seul moyen de prévenir une attaque menée par les Etats-Unis. Kim Jong Un voit parfaitement ce que les USA ont fait à Kadhafi en Libye, Saddam Hussein en Irak ainsi que les efforts pour sortir de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran.

Exactement.

Malgré les menaces militaristes des Etats-Unis et de leurs patrons trafiquants d’armes et de drogue de la City de Londres, les deux Corées continuent de discuter. La plus grande partie des Coréens du sud et du Nord veulent une réunification. Du reste, représentant ce vaste sentiment bien partagé, les deux gouvernements ont des ministres de l’unification.

Ce sont les banksters qui veulent maintenir les deux pays divisés. Un conflit perpétuel est alimenté pour le commerce de l’armement nord-asiatique et sert de justification pour le maintien des bases militaires américaines en Corée du Sud, au Japon et dans l’entière région du Pacifique.

La guerre est un business et ce business est très, très lucratif…

Résistance politique: Anarchie et organisation (Errico Malatesta)

Posted in actualité, altermondialisme, autogestion, militantisme alternatif, néo-libéralisme et paupérisation, neoliberalisme et fascisme, pédagogie libération, philosophie, politique et lobbyisme, politique et social, politique française, résistance politique, société libertaire with tags , , , , , , , , , on 22 janvier 2018 by Résistance 71

Anarchie et organisation

 

Errico Malatesta (1927)

 

Un opuscule français intitulé: “Plateforme d’organisation de l’Union générale des Anarchistes (Projet)“ me tombe entre les mains par hasard. (On sait qu’aujourd’hui les écrits non fascistes ne circulent pas en Italie.)

C’est un projet d’organisation anarchique, publié sous le nom d’un “ Groupe d’anarchistes russes à l’étranger “ et qui semble plus spécialement adressé aux camarades russes. Mais il traite de questions qui intéressent tous les anarchistes et, de plus, il est évident qu’il recherche l’adhésion des camarades de tous les pays, du fait même d’être écrit en français. De toute façon, il est utile d’examiner, pour les Russes comme pour tous, si le projet mis en avant est en harmonie avec les principes anarchistes et si sa réalisation servirait vraiment la cause de l’anarchisme. Les mobiles des promoteurs sont excellents. Ils déplorent que les anarchistes n’aient pas eu et n’aient pas sur les événements de la politique sociale une influence proportionnée à la valeur théorique et pratique de leur doctrine, non plus qu’à leur nombre, à leur courage, à leur esprit de sacrifice, et ils pensent que la principale raison de cet insuccès relatif est l’absence d’une organisation vaste, sérieuse. Effective.

Jusqu’ici, en principe, je serais d’accord.

L’organisation n’est que la pratique de la coopération et de la solidarité, elle est la condition naturelle, nécessaire de la vie sociale, elle est un fait inéluctable qui s’impose à tous, tant dans la société humaine en général que dans tout groupe de gens ayant un but commun à atteindre.

L’homme ne veut et ne peut vivre isolé, il ne peut même pas devenir véritablement homme et satisfaire ses besoins matériels et moraux autrement qu’en société et avec la coopération de ses semblables. Il est donc fatal que tous ceux qui ne s’organisent pas librement, soit qu’ils ne le puissent pas, soit qu’ils n’en sentent pas la pressante nécessité, aient à subir l’organisation établie par d’autres individus ordinairement constitués en classes ou groupes dirigeants, dans le but d’exploiter à leur propre avantage le travail d’autrui.

Et l’oppression millénaire des masses par un petit nombre de privilégiés a toujours été la conséquence de l’incapacité de la plupart des individus à s’accorder, à s’organiser sur la base de la communauté d’intérêts et de sentiments avec les autres travailleurs pour produire, pour jouir et pour, éventuellement, se défendre des exploiteurs et oppresseurs. L’anarchisme vient remédier à cet état de choses avec son principe fondamental d’organisation libre, créée et maintenue par la libre volonté des associés sans aucune espèce d’autorité, c’est-à-dire sans qu’aucun individu ait le droit d’imposer aux autres sa propre volonté. Il est donc naturel que les anarchistes cherchent à appliquer à leur vie privée et à la vie de leur parti ce même principe sur lequel, d’après eux, devrait être fondé toute la société humaine.

Certaines polémiques laisseraient supposer qu’il y a des anarchistes réfractaires à toute organisation; mais en réalité, les nombreuses, trop nombreuses discussions que nous avons sur ce sujet, même quand elles sont obscurcies par des questions de mots ou envenimées par des questions de personnes, ne concernent au fond, que le mode et non le principe d’organisation. C’est ainsi que des camarades, en paroles les plus opposées à l’organisation, s’organisent comme les autres et souvent mieux que les autres, quand ils veulent sérieusement faire quelque chose. La question, je le répète, est toute dans l’application.

Je devrais donc regarder avec sympathie l’initiative de ces camarades russes, convaincu comme je le suis qu’une organisation plus générale, mieux formée, plus constante que celles qui ont été jusqu’ici réalisées par les anarchistes, même si elle n’arriverait pas à éliminer toutes les erreurs, toutes les insuffisances, peut-être inévitables dans un mouvement qui, comme le nôtre, devance les temps et qui, pour cela, se débat contre l’incompréhension, l’indifférence et souvent l’hostilité du plus grand nombre, serait tout au moins, indubitablement, un important élément de force et de succès, un puissant moyen de faire valoir nos idées.

Je crois surtout nécessaire et urgent que les anarchistes s’organisent pour influer sur la marche que suivent les masses dans leur lutte pour les améliorations et l’émancipation. Aujourd’hui, la plus grande force de transformation sociale est le mouvement ouvrier (mouvement syndical) et de sa direction dépend, en grande partie, le cours que prendront les événements et le but auquel arrivera la prochaine révolution. Par leurs organisations, fondées pour la défense de leurs intérêts, les travailleurs acquièrent la conscience de l’oppression sous laquelle ils ploient et de l’antagonisme qui les sépare de leurs patrons, ils commencent à aspirer à une vie supérieure, ils s’habituent à la lutte collective et à la solidarité et peuvent réussir à conquérir toutes les améliorations compatibles avec le régime capitaliste et étatiste. Ensuite, c’est ou la révolution ou la réaction.

Les anarchistes doivent reconnaître l’utilité et l’importance du mouvement syndical, ils doivent en favoriser le développement et en faire un des leviers de leur action, s’efforçant de faire aboutir la coopération du syndicalisme et des autres force qui comporte la suppression des classes, la liberté totale, l’égalité, la paix et la solidarité entre tous les êtres humains. Mais ce serait une illusion funeste que de croire, comme beaucoup le font, que le mouvement ouvrier aboutira de lui-même, en vertu de sa nature même, à une telle révolution. Bien au contraire: dans tous les mouvements fondés sur des intérêts matériels et immédiats (et l’on ne peut établir sur d’autres fondements un vaste mouvement ouvrier), il faut le ferment, la poussée, l’oeuvre concertée des hommes d’idées qui combattent et se sacrifient en vue d’un idéal à venir. Sans ce levier, tout mouvement tend fatalement à s’adapter aux circonstances, il engendre l’esprit conservateur, la crainte des changements chez ceux qui réussissent à obtenir des conditions meilleures. Souvent de nouvelles classes privilégiées sont crées, qui s’efforcent de faire supporter, de consolider l’état de choses que l’on voudrait abattre.

D’où la pressante nécessité d’organisations proprement anarchistes qui, à l’intérieur comme en dehors des syndicats, luttent pour l’intégrale réalisation de l’anarchisme et cherchent à stériliser tous les germes de corruption et de réaction,

Mais il est évident que pour atteindre leur but, les organisations anarchistes doivent, dans leur constitution et dans leur fonctionnement, être en harmonie avec les principes de l’anarchie. Il faut donc qu’elles ne soient en rien imprégnées d’esprit autoritaire, qu’elles sachent concilier la libre action des individus avec la nécessité et le plaisir de la coopération, qu’elles servent à développer la conscience et la capacité d’initiative de leurs membres et soient un moyen éducatif dans le milieu où elles opèrent et une préparation morale et matérielle à l’avenir désiré.

Le projet en question répond-il à ces exigences? Je crois que non. Je trouve qu’au lieu de faire naître chez les anarchistes un plus grand désir de s’organiser, il semble fait pour confirmer le préjugé de beaucoup de camarades qui pensent que s’organiser c’est se soumettre à des chefs, adhérer à un organisme autoritaire, centralisateur, étouffant toute libre initiative. En effet, dans ces statuts sont précisément exprimées les propositions que quelques-uns, contre l’évidence et malgré nos protestations, s’obstinent à attribuer à tous les anarchistes qualifiés d’organisateurs.

Examinons:

Tout d’abord il me semble que c’est une idée fausse (et en tout cas irréalisable) de réunir tous les anarchistes en une “Union générale”, c’est-à-dire, ainsi que le précise le Projet, en une seule collectivité révolutionnaire active.

Nous, anarchistes, nous pouvons nous dire tous du même parti si, par le mot parti, on entend l’ensemble de tous ceux qui sont d’un même côté, qui ont les mêmes aspirations générales, qui, d’une manière ou d’une autre, luttent pour la même fin contre des adversaires et des ennemis communs. Mais cela ne veut pas dire qu’il soit possible- et peut-être n’est-il pas désirable- de nous réunir tous en une même association déterminée. Les milieux et les conditions de lutte diffèrent trop, les modes possibles d’action qui se partagent les préférences des uns et des autres sont trop nombreux et trop nombreuses aussi les différences de tempérament et les incompatibilités personnelles pour qu’une Union générale, réalisée sérieusement, ne devienne pas un obstacle aux activités individuelles et peut-être même une cause des plus âpres luttes intestines, plutôt qu’un moyen pour coordonner et totaliser les efforts de tous.

Comment, par exemple, pourrait-on organiser de la même manière et avec le même personnel, une association publique faite pour la propagande et l’agitation au milieu des masses, et une société secrète, contrainte par les conditions politiques où elle opère, à cacher à l’ennemi ses buts, ses moyens, ses agents? Comment la même tactique pourrait-elle être adoptée par les éducationnistes persuadés qu’il suffit de la propagande et de l’exemple de quelques-uns pour transformer graduellement les individus et, par conséquent, la société et les révolutionnaires convaincus de la nécessité d’abattre par la violence un état de choses qui ne se soutient que par la violence, et de créer, contre la violence des oppresseurs, les conditions nécessaires au libre exercice de la propagande et à l’application pratique des conquêtes idéales? Et comment garder unis des gens qui, pour des raisons particulières, ne s’aiment et ne s’estiment pas et, pourtant, peuvent également être de bons et utiles militants de l’anarchisme?

D’autre part, les auteurs du Projet déclarent inepte l’idée de créer une organisation réunissant les représentants des diverses tendances de l’anarchisme. Une telle organisation, disent-ils, “ incorporant des éléments théoriquement et pratiquement hétérogènes, ne serait qu’un assemblage mécanique d’individus qui ont une conception différente de toutes les questions concernant le mouvement anarchiste; elle se désagrégerait infailliblement à peine mise à l’épreuve des faits et de la vie réelle “.

Fort bien. Mais alors, s’ils reconnaissent l’existence des anarchistes des autres tendances, ils devront leur laisser le droit de s’organiser à leur tour et de travailler pour l’anarchie de la façon qu’ils croient la meilleure. Ou bien prétendront-ils mettre hors de l’anarchisme, excommunier tous ceux qui n’acceptent pas leur programme? Ils disent bien vouloir regrouper en une seule organisation tous les éléments sains du mouvement libertaire, et, naturellement, ils auront tendance à juger sains seulement ceux qui pensent comme eux. Mais que feront-ils des éléments malsains?

Certainement il y a, parmi ceux qui se disent anarchistes, comme dans toute collectivité humaine, des éléments de différentes valeurs et, qui pis est, il en est qui font circuler au nom de l’anarchisme des idées qui n’ont avec lui que de bien douteuses affinités. Mais comment éviter cela? La vérité anarchiste ne peut pas et ne doit pas devenir le monopole d’un individu ou d’un comité. Elle ne peut pas dépende des décisions de majorités réelles ou fictives. Il est seulement nécessaire- et il serait suffisant- que tous aient et exercent le plus ample droit de libre critique et que chacun puisse soutenir ses propres idées et choisir ses propres compagnons. Les faits jugeront en dernière instance et donneront raison à qui a raison.

Abandonnons donc l’idée de réunir tous les anarchistes en une seule organisation, considérons cette “ Union générale “ que nous proposent les Russes comme ce qu’elle serait en réalité: l’union d’un certain nombre d’anarchistes, et voyons si le mode d’organisation proposé est conforme aux principes et aux méthodes anarchistes et s’il peut aider au triomphe de l’anarchisme. Encore une fois, il me semble que non. Je ne mets pas en doute le sincère anarchisme de ces camarades russes; ils veulent réaliser le communisme anarchiste et cherchent la manière d’y arriver le plus vite possible. Mais il ne suffit pas de vouloir une chose, il faut encore employer les moyens opportuns pour l’obtenir, de même que pour aller à un endroit il faut prendre la route qui y conduit, sous peine d’arriver en tout autre lieu. Or, toute l’organisation proposée étant du type autoritaire, non seulement elle ne faciliterait pas le triomphe du communisme anarchiste, mais elle fausserait l’esprit anarchiste et aurait des résultats contraires à ceux que ses organisateurs en attendent.

En effet, une “ Union générale “ consisterait en autant d’organisations partielles qu’il y aurait de secrétariats pour en diriger idéologiquement l’oeuvre politique et technique, et il y aurait un Comité exécutif de l’Union chargé d’exécuter les décisions prises par l’Union, de “ diriger l’idéologie et l’organisation des groupes conformément à l’idéologie et à la ligne de tactique de l’Union “.

Est-ce là de l’anarchisme? C’est à mon avis, un gouvernement et une église. Il y manque, il est vrai, la police et les baïonnettes, comme manquent les fidèles disposer à accepter l’idéologie dictée d’en haut, mais cela signifie simplement que ce gouvernement serait un gouvernement impuissant et impossible et que cette église serait une pépinière de schismes et d’hérésies. L’esprit, la tendance restent autoritaires et l’effet éducatif serait toujours antianarchiste.

Écoutez plutôt: “ L’organe exécutif du mouvement libertaire général- l’Union anarchiste- adopte le principe de la responsabilité collective; toute l’Union sera responsable de l’activité révolutionnaire et politique de chacun de ses membres, et chaque membre sera responsable de l’activité révolutionnaire et politique de l’Union. “

Et après cette négation absolue de toute indépendance individuelle, de toute liberté d’initiative et d’action, les promoteurs, se souvenant d’être anarchistes, se disent fédéralistes et tonnent contre la centralisation dont les résultats inévitables sont, disent-ils, l’asservissement et la mécanisation de la vie sociale et de la vie des partis.

Mais si l’Union est responsable de ce que fait chacun de ses membres, comment laisser à chaque membre en particulier et aux différents groupes la liberté d’appliquer le programme commun de la façon qu’ils jugent la meilleure? Comment peut-on être responsable d’un acte si l’on a pas la faculté de l’empêcher? Donc l’Union, et pour elle le Comité exécutif, devrait surveiller l’action de tous les membres en particulier, et leur prescrire ce qu’ils ont à faire ou à ne pas faire, et comme le désaveu du fait accompli n’atténue pas une responsabilité formellement acceptée d’avance, personne ne pourrait faire quoi que ce soit avant d’en avoir obtenu l’approbation, la permission du Comité. Et, d’autre part, un individu peut-il accepter la responsabilité des actes d’une collectivité avant de savoir ce qu’elle fera, et comment peut-il l’empêcher de faire ce qu’il désapprouve ?

De plus, les auteurs du Projet disent que c’est l’Union qui veut et dispose. Mais quand on dit volonté de l’Union, entend-on volonté de tous ses membres? En ce cas, pour que l’Union puisse agir, il faudrait que tous ses membres, sur toutes les questions, aient toujours exactement la même opinion. Or, il est naturel que tous soient d’accord sur les principes généraux et fondamentaux, sans quoi ils ne seraient pas unis, mais on ne peut supposer que des être pensants soient tous et toujours du même avis sur ce qu’il convient de faire en toutes circonstances et sur le choix des personnes à qui confier la charge d’exécuter et de diriger.

En réalité, ainsi qu’il résulte du texte même du Projet- par volonté de l’Union on ne peut entendre que la volonté de la majorité, volonté exprimée par des Congrès qui nomment et contrôlent le Comité exécutif et qui décident sur toutes les questions importantes. Les Congrès, naturellement, seraient composés de représentants élus à la majorité dans chaque groupe adhérant et ces représentants décideraient de ce qui serait à faire, toujours à la majorité des voix. Donc, dans la meilleure hypothèse, les décisions seraient prises par une majorité de majorité qui pourrait fort bien, en particulier quand les opinions en présence seraient plus de deux, ne plus représenter qu’une minorité.

Il est, en effet, à remarquer que, dans les conditions où vivent et luttent les anarchistes, leurs Congrès sont encore moins représentatifs que ne le sont les Parlements bourgeois, et leur contrôle sur les organes exécutifs, si ceux-ci ont un pouvoir autoritaire, se produit rarement à temps de manière efficace. Aux Congrès anarchistes, en pratique, va qui veut et qui peut, qui a ou trouve l’argent nécessaire et n’est pas empêché par des mesures policières. On y rencontre autant de ceux qui représentent eux-même seulement ou un petit nombre d’amis, que de ceux qui portent réellement les opinions et les désirs d’une nombreuse collectivité. Et sauf les précautions à prendre contre les traîtres et les espions, et aussi à cause même de ces précautions nécessaires, une sérieuse vérification des mandats et de leurs valeur est impossible.

De toute façon, nous sommes en plein système majoritaire, en plein parlementarisme.

On sait que les anarchistes n’admettent pas le gouvernement de la majorité (démocratie), pas plus qu’il n’admettent le gouvernement d’un petit nombre (aristocratie, oligarchie, ou dictature de classe ou de parti), ni celui d’un seul (autocratie, monarchie, ou dictature personnelle).

Les anarchistes ont mille fois fait la critique du gouvernement dit de la majorité qui, dans l’application pratique, conduit toujours à la domination d’une petite minorité. Faudra-t-il la refaire encore une fois à l’usage de nos camarades russes?

Certes les anarchistes reconnaissent que, dans la vie en commun, il est souvent nécessaire que la minorité se conforme à l’avis de la majorité. Quand il y a nécessité ou utilité évidente de faire une chose et que, pour la faire, il faut le concours de tous, le petit nombre doit sentir la nécessité de s’adapter à la volonté du grand nombre. D’ailleurs, en général, pour vivre ensemble en paix sous un régime d’égalité, il est nécessaire que tous soient animés d’un esprit de concorde, de tolérance, de souplesse. Mais cette adaptation d’une partie des associés à l’autre partie doit être réciproque, volontaire, dériver de la conscience de la nécessité et de la volonté de chacun de ne pas paralyser la vie sociale par son obstination. Elle ne doit pas être imposée comme principe et comme règle statutaire. C’est un idéal qui, peut-être, dans la pratique de la vie sociale générale, sera difficile à réaliser de façon absolue, mais il est certain que tout groupement humain est d’autant plus voisin de l’anarchie que l’accord entre la minorité et la majorité est plus libre, plus spontané, et imposé seulement par la nature des choses.

Donc, si les anarchistes nient à la majorité le droit de gouverner dans la société humaine générale, où l’individu est pourtant contraint d’accepter certaines restrictions parce qu’il ne peut s’isoler sans renoncer aux conditions de la vie humaine, s’ils veulent que tout se fasse par libre accord entre tous, comment serait-il possible qu’ils adoptent le gouvernement de la majorité dans leurs associations essentiellement libres et volontaires et qu’ils commencent par déclarer qu’ils se soumettent aux décisions de la majorité avant même de savoir ce qu’elles seront?

Que l’anarchie, l’organisation libre sans domination de la majorité sur la minorité, et vice versa, soit qualifiée, par ceux qui ne sont pas anarchistes, d’utopie irréalisable ou seulement réalisable dans un très lointain avenir, cela se comprend; mais il est inconcevable que ceux qui professent des idées anarchistes et voudraient réaliser l’anarchie, ou tout au moins s’en approcher sérieusement aujourd’hui plutôt que demain, que ceux-là même renient les principes fondamentaux de l’anarchisme dans l’organisation même par laquelle ils se proposent de combattre pour son triomphe.

Une organisation anarchiste doit, selon moi, être établie sur des bases bien différentes de celles que nous proposent ces camarades russes. Pleine autonomie, pleine indépendance et, par conséquence, pleine responsabilité des individus et des groupes; libre accord entre ceux qui croient utile de s’unir pour coopérer à une oeuvre commune, devoir moral de maitenir les engagements pris et de ne rien faire qui soit en contradiction avec le programme accepté. Sur ces bases, s’adaptent les formes pratiques, les instruments aptes à donner une vie réelle à l’organisation: groupes, fédérations de groupes, fédérations de fédérations, réunions, congrès, comités chargés de la correspondance ou d’autres fonctions. Mais tout cela doit être fait librement de manière à ne pas entraver la pensée et l’initiative des individus et seulement pour donner plus de portée à des effets qui seraient impossibles ou à peu près inefficaces s’ils étaient isolés.

De cette manière, les Congrès, dans une organisation anarchiste, tout en souffrant, en tant que corps représentatifs, de toutes les imperfections que j’ai signalées, sont exempts de toute autoritarisme parce qu’ils ne font pas la loi, n’imposent pas aux autres leurs propres délibérations. Ils servent à maintenir et à étendre les rapports personnels entre les camarades les plus actifs, à résumer et provoquer l’étude de programmes sur les voies et moyens d’action, à faire connaître à tous la situation des diverses régions et l’action la plus urgente en chacune d’elles, à formuler les diverses opinions ayant cours parmi les anarchistes et à en faire une sorte de statistique, et leur décision ne sont pas des règles obligatoires, mais des suggestions, des conseils, des propositions à soumettre à tous les intéressés, elles ne deviennent obligatoires et exécutives que pour ceux qui les acceptent. Les organes de correspondance, etc. – n’ont aucun pouvoir de direction, ne prennent d’initiatives que pour le compte de ceux qui sollicitent et approuvent ces initiatives, n’ont aucune autorité pour imposer leurs propres vues qu’ils peuvent assurément soutenir et propager en tant que groupes de camarades, mais qu’ils ne peuvent pas présenter comme opinion officielle de l’organisation. Ils publient les résolutions des Congrès, les opinions et les propositions que groupes et individus leur communiquent; ils sont utiles à qui veut s’en servir pour de plus faciles relations entre les groupes et pour la coopération entre ceux qui sont d’accord sur les diverses initiatives, mais libres à chacun de correspondre directement avec qui bon lui semble ou de se servir d’autres comités nommés par des groupes spéciaux. Dans une organisation anarchiste, chaque membre peut professer toutes les opinions et employer toutes les tactiques qui ne sont pas en contradiction avec les principes acceptés et ne nuisent pas à l’activité des autres. En tous les cas, une organisation donnée dure aussi longtemps que les raisons d’union sont plus fortes que les raisons de dissolution; dans le cas contraire elle se dissout et laisse place à d’autres groupements plus homogènes. Certes la durée, la permanence d’une organisation est condition de succès dans la longue lutte que nous avons à soutenir et, d’autre part, il est naturel que toute institution aspire, par instinct, à durer indéfiniment. Mais la durée d’une organisation libertaire doit être la conséquence de l’affinité spirituelle de ses membres et des possibilités d’adaptation de sa constitution aux changements des circonstances; quand elle n’est plus capable d’une mission utile, le mieux est qu’elle meure.

Ces camarades russes trouveront peut-être qu’une organisation telle que je la conçois et telle qu’elle a déjà été réalisée, plus ou moins bien, à différentes époques, est de peu d’efficacité. Je comprends. Ces camarades sont obsédés par le succès des bolchevistes dans leur pays; ils voudraient, à l’instar des bolchevistes, réunir les anarchistes en une sorte d’armée disciplinée qui, sous la direction idéologique et pratique de quelques chefs, marchât, compacte, à l’assaut des régimes actuels et qui, la victoire matérielle obtenue, dirigeât la constitution de la nouvelle société. Et peut-être est-il vrai qu’avec ce système, en admettant que des anarchistes s’y prêtent et que les chefs soient des hommes de génie, notre force matérielle deviendrait plus grande. Mais pour quels résultats? N’adviendrait-il pas de l’anarchisme ce qui est advenu en Russie du socialisme et du communisme? Ces camarades sont impatients du succès, nous le sommes aussi, mais il ne faut pas, pour vivre et vaincre, renoncer aux raisons de la vie et dénaturer l’éventuelle victoire. Nous voulons combattre et vaincre, mais comme des anarchistes et pour l’anarchie.

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Lectures connexes:

Manifeste de la societe des societes

Inevitable_anarchie_Kropotkine

L’anarchie pour la jeunesse

faramineuse conversation sur l’avenir (Père Peinard 1896)

Appel au Socialisme (PDF)

Errico_Malatesta_écrits_choisis